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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 17:50

 

 

 

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Vendredi 29 mars 2013

Communiqué de presse

 

 

Jean-Christophe Cambadélis, Secrétaire national à l'Europe et à l'international

 

 

 

Ainsi qu’il l’a déjà exprimé, le Parti socialiste condamne la prise du pouvoir par la force par la Séléka le 23 mars dernier. Il déplore les meurtres et les pillages des premiers jours, et aussi les lourdes pertes en vies humaines parmi le contingent d'Afrique du Sud. 

 

Le Parti socialiste regrette que le président déchu, François Bozizé, ait immédiatement agi à l'encontre des accords de sortie de crise signés le 11 janvier 2013 à Libreville.

 

Le Parti socialiste reste très vigilant à ce que le nouveau président, Michel Djotodia, garde comme objectif le respect strict de ces accords et à ce que des élections soient organisées dans les meilleurs délais possibles. En effet, il rappelle que les Accords de Libreville ont pour vocation essentielle de préparer une transition politique pacifique vers l'établissement d'un pouvoir légitime issu d'élections libres et transparentes, ne présentant pas comme candidats les acteurs de cette transition.

 

Le Parti socialiste observe qu'alors que les élections présidentielles devaient avoir lieu à échéance du mandat du président déchu, en 2016, son successeur ne bénéficie d'aucune raison légitime d'attendre jusqu'à ce délai.

 

Le Parti socialiste appelle l’ensemble des pays amis de la Centrafrique à agir dans ce sens. Il espère ainsi des Chefs d’État de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale, qui se réunissent dans quelques jours à N'Djaména, qu'ils rappellent avec vigueur les principes des Accords de Libreville, et qu'une feuille de route précise permette leur pleine application en impliquant dans la transition en cours les cinq parties prenantes de ces accords.

 

-- 

Service de presse

Parti Socialiste

presse@parti-socialiste.fr

01 45 56 77 23 / 78 78 / 79 96 / 78 45

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 17:23

 

 

 

Seleka-coalition-rebel-008

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 29.03.2013 à 16h00

 

La Croix-Rouge centrafricaine a annoncé vendredi 29 mars avoir "ramassé 78 corps" dans les rues de Bangui depuis la prise de la capitale le 24 mars par la rébellion du Séléka, et a appelé la population à aider à les identifier.

 

"Nous demandons à la population de se rendre dans ces formations sanitaires pour la reconnaissance des corps en vue de leur enlèvement pour une éventuelle inhumation", a déclaré l'un des responsables de la Croix-Rouge centrafricaine, Albert Yomba Eyamo.

 

SITUATION "CATASTROPHIQUE" DANS LES HÔPITAUX

 

 

La Croix-Rouge avait qualifié jeudi de "catastrophique" la situation des hôpitaux de Bangui, où "près de 200 blessés ont été admis (...) à la suite des affrontements", tandis qu'une quarantaine de personnes sont "toujours en attente d'une opération urgente. Comme l'ensemble de la ville, les hôpitaux manquent aujourd'hui d'eau courante, d'électricité en continu et bientôt de carburant".

 

La rébellion a pris le pouvoir après des affrontements à Bangui avec des soldats sud-africains, qui ont enregistré treize morts, et des combats limités avec des soldats fidèles au président renversé François Bozizé.

 

Des pillages continuent dans certains quartiers même si le centre-ville est globalement sécurisé. "L'insécurité régnante entrave les efforts humanitaires et l'acheminement de l'assistance et notamment de l'aide médicale", s'était alarmé jeudi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).

 

CONDAMNATIONS INTERNATIONALES

 

La rébellion avait lancé une première offensive le 10 décembre dans le nord du pays et enchaîné victoire sur victoire face aux forces gouvernementales désorganisées, avant de stopper sa progression sous la pression internationale à 75 km au nord de Bangui.

 

L'accord conclu à Libreville en janvier avait débouché sur la formation d'un gouvernement d'union nationale. Arguant du non-respect de ces accords, les rebelles ont déclenché à nouveau les hostilités vendredi 23 mars.

 

Michel Djotodia, le chef de la rebellion qui a pris Bangui dimanche, a également annoncé lundi qu'il légiférerait désormais par ordonnance. S'il ne s'est pas explicitement autoproclamé président de la République, il se pose clairement en nouveau maître du pays. Un coup d'Etat largement condamné par la communauté internationale, dès lundi. 

 

Paris a condamné "le recours à la force ayant abouti à la prise de pouvoir" dans le pays. La France a envoyé trois cents soldats supplémentaires, en renfort des deux cents déjà sur place, mais n'envisage pas d'évacuation de ses ressortissants.

 

 

Centrafrique : des dizaines de cadavres dans les rues de Bangui

 

La Croix-Rouge centrafricaine a annoncé vendredi avoir retrouvé 78 corps dans les rues de Bangui depuis la prise de la capitale le 24 mars par la rébellion du Séléka. Elle a appelé la population à aider à les identifier.

"Jusqu'à ce jour, nos volontaires ont ramassé 78 corps qui ont été déposés dans les morgues (...). Nous demandons à la population de se rendre dans ces formations sanitaires pour la reconnaissance des corps en vue de leur enlèvement pour une éventuelle inhumation", a déclaré l'un des responsables de la Croix-Rouge centrafricaine, Albert Yomba Eyamo.

La Croix-Rouge avait qualifié jeudi de "catastrophique" la situation des hôpitaux de Bangui, où "près de 200 blessés ont été admis (...) à la suite des affrontements", tandis qu'une quarantaine de personnes sont "toujours en attente d'une opération urgente. Comme l'ensemble de la ville, les hôpitaux manquent aujourd'hui d'eau courante, d'électricité en continu et bientôt de carburant".

Et des pillages continuent dans certains quartiers, même si le centre-ville est globalement sécurisé. La rébellion a pris le pouvoir après des affrontements à Bangui avec des soldats sud-africains, qui ont enregistré treize morts, et des combats limités avec des soldats fidèles au président renversé François Bozizé.



(ats / 29.03.2013 16h27) 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 17:09

 

 

 

 

sud afrique seleka 22 mars 2013

 

 

Jeune Afrique  29/03/2013 à 14h:39 Par Vincent Duhem

 

La Une du "Mail and Guardian" datée du 28 mars. © Capture d'écran.

 

Le général rebelle Arda Hakouma, qui a mené la conquête de Bangui, a déclaré jeudi 28 mars à l’AFP que ses troupes avaient tué 35 militaires sud-africains, alors que le bilan officiel annoncé par le président Jacob Zuma est de 13 morts.

 

Les jours passent et le mystère s'épaissit. Dans quelles conditions les soldats sud-africains sont-ils morts lors de l’offensive de la Séléka sur Bangui, le 23 mars ? Et combien ? Jusqu’à présent, les autorités de Pretoria ont affirmé que 13 militaires ont été tués et que 27 ont été blessés. Selon le porte-parole des South African National Defence Force (SANDF, forces armées sud-africaines), l’accrochage principal se serait déroulé, samedi 23 mars, près de la base du contingent sud-africain, au niveau du « PK 12 » (point kilométrique 12 sur la route vers Damara en sortant de la capitale).

 

Jeudi, le général rebelle Arda Hakouma, qui a conduit la conquête de la capitale, a contredit cette version. « C'est à Boali, à environ 70 km de Bangui que les affrontements ont été les plus difficiles contre les Sud-Africains : j'ai perdu six hommes, les Sud-Africains 35 », a-t-il déclaré à l’AFP. Il affirme également que les « Sud-Africains ne combattaient plus » lors de l’assaut final. Ce samedi 23 mars, l’offensive de la Séléka s’est faite sur deux axes. Une colonne venant de Damara, l’autre, plus à l’ouest, de Bossangoa, fief du président Bozizé. Selon le général Arda, c’est donc cette colonne rebelle, qui s’est emparé de Bossembele et de Boali dans la matinée, qui aurait affronté des troupes sud-africaines.

 

Entre deux feux

 

D’autres incidents ont également eu lieu dans Bangui. Des troupes sud-africaines y étaient stationnées dans plusieurs lieux stratégiques (palais de la Renaissance, aéroport, et télévision nationale). Selon le témoignage anonyme d’un parachutiste déployé dans la capitale, publié le 27 mars dans le quotidien The Citizen, son bataillon se serait retrouvé au beau milieu de combats entre Forces armées centrafricaine (Faca) et rebelles de la Séléka. Ce soldat, blessé à la jambe lors de l'accrochage, affirme que des éléments Faca les ont d’abord visé par erreur. « Nous avons répondu et en avons surement tués », déclare-t-il.

 

Selon un autre militaire, toujours cité anonymement par The Citizen, l’affrontement aurait duré plusieurs heures avant que des membres de la Séléka n’entament un dialogue. « Ils ont venu nous voir et nous ont dit qu’ils ne voulaient pas se battre contre l’Afrique du Sud et qu’ils allaient nous laisser tranquille. Ils ne voulaient pas nous combattre, nous étions pris entre leur tir et celui du gouvernement. »

 

Intérêts économiques

 

Si les circonstances de la mort des soldats sud-africains restent encore non élucidées, les raisons de la présence militaire sud-africaine agitent l'opinion publique. Officiellement, les quelques 200 hommes envoyés en décembre étaient chargés de sécuriser la capitale, en vertu d'un accord entre les deux pays portant sur la formation et le conseil à l'armée centrafricaine. Mais pour beaucoup, Pretoria avait également dans le viseur l'uranium, l'or et les promesses pétrolières de la Centrafrique. Une version étayée jeudi par un article du très sérieux quotidien Mail & Guardian : « La présence militaire sud-africaine en République centrafricaine a depuis le début été mêlée à des contrats impliquant directement l’ANC », écrit le journal.

 

« Nous avons été envoyés pour protéger [le président déchu François] Bozizé et sécuriser des intérêts économiques, déclare de son côté un des soldats cités plus haut. Nous sommes très en colère. On ment aux gens. »

 

À l'heure actuelle, on ne sait pas avec exactitude combien de soldats sud-africains se trouvent encore sur le sol centrafricain. Confrontées à d’importants problèmes de logistique et particulièrement limités en avion de transport de troupes, les SANDF ont mis en place une base de transit à Entebbe, la capitale de l’Ouganda. « Nous avons donné à l’Afrique du Sud une base », a confirmé, jeudi, le porte-parole de l’armée ougandaise, Paddy Ankunda.


Par Vincent Duhem

 

 

 

OIF Centrafrique Louis Michel à Bangui pour une mission d’information


 28/03/2013 à 18h:55 Par Vincent Duhem

 

Envoyé spécial de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en Centrafrique, Louis Michel conduit une mission d’information à Bangui du 30 mars au 3 avril.

Nommé cette semaine par Abdou Diouf envoyé spécial de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en Centrafrique, Louis Michel est attendu samedi 30 mars à Bangui afin d'y conduire une mission d’information de cinq jours.

Accompagné de plusieurs collaborateurs, l’ancien ministre belge des Affaires étrangères doit rencontrer à Bangui « le Premier ministre, Monsieur Nicolas Tiangaye, les autorités de fait, les acteurs politiques, la société civile ainsi que les partenaires internationaux présents sur place », précise l’OIF dans un communiqué daté du jeudi.

Louis Michel logera au Ledger Plaza, hôtel de luxe où réside Michel Djotodia depuis la prise de Bangui. Le nouvel homme fort du pays n'est d'ailleurs pas mentionné explicitement dans le communiqué de l'OIF.

Suspension

 « L’objectif de cette mission est de recueillir les informations pertinentes suite aux évènements survenus à Bangui le 24 mars dernier, dans la perspective de la session extraordinaire du Conseil permanent de la Francophonie qui statuera dans les meilleurs délais sur la situation en RCA », explique le communiqué. C’est à l’issu de ce conseil que l’OIF décidera, ou non, de suspendre la Centrafrique, comme le prévoit les statuts de l’organisation en cas de coup d’État.

 Après Bangui, Louis Michel se rendra, le 3 avril, à N'Djamena, où doit se tenir une réunion des dirigeants de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), afin de s’entretenir avec les chefs d’États de la sous-région, notamment le président tchadien Idriss Déby et son homologue congolais Denis Sassou Nguesso.

 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 14:32

 

 

 

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http://radiookapi.net  29 mars, 2013 à 11:42

 

Deux cent militaires centrafricains fidèles au régime Bozize qui ont traversé la rivière Ubangi vers Zongo créent l’insécurité dans cette ville. Ces militaires font partie des milliers des réfugiés arrivés le week-end dernier de la République centrafricaine, indiquent des sources concordantes. Selon elles, ils extorquent et torturent des habitants de cette ville située en face de Bangui, capitale de la RCA.


Samedi 23 mars, le régime de François Bozize a été renversé par la coalition rebelle de la Séléka. Plusieurs centrafricains ont trouvé refuge en RDC.

 

Des sources concordantes indiquent que deux cents militaires fidèles à François Bozizé ont également traversé la frontière. Parmi eux, seuls quatre-vingt-quatre ont été désarmés par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). D’autres qui sont entrés à Zongo sans passer par des postes frontaliers officiels détiendraient encore leurs armes.

 

L’ONG SAD-Africa qui opère à Zongo, a indiqué que quatre réfugiés ont été victimes d’extorsion, deux familles congolaises ont été visitées et dévalisées dans la nuit de mercredi à jeudi 28 mars. La même nuit, deux sentinelles ont été torturées, l’une a été blessée.

 

Quatre personnes suspectées d’être les auteurs de ces actes ont été arrêtées, indiquent des sources sur place à Zongo.

 

Une mission conjointe constituée de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco), du commandement de la 3e région militaire des FARDC, de la Police nationale congolaise, a quitté Mbandaka depuis mercredi 27 mars pour Zongo via Gemena pour évaluer la situation sur place, poursuivent ces sources.

 

Lundi dernier, le ministre des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende avait déclaré que des milliers de réfugiés avaient traversé la rivière Ubangi pour s’établir en RDC.

 

Il avait affirmé que les services congolais de migration et le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) contrôlaient tous les migrants en RDC pour s’assurer qu’ils ne portent pas sur eux des armes, précisant que des unités des FARDC et de la police avaient été déployées à Zongo pour désarmer tout celui qui demande l’asile en RDC.

 

«Ne sont entrés au pays que des personnes sans armes. Et nous ne pouvons pas refuser l’asile humanitaire à des personnes non armées », avait-il indiqué. Lambert Mende avait précisé que « s’il y a des criminels parmi eux, il y aura des mesures à prendre».

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 13:43

 

 

 

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27 March 2013 by Thierry Vircoulon

 

Thibaud Lesueur, Thierry Vircoulon, @TVircoulon

 

Le dimanche 24 mars 2013, la coalition rebelle de la Seleka a pris Bangui, la capitale de la République centrafricaine, et le président François Bozizé s’est enfui au Cameroun. Plusieurs soldats sud-africains ont été tués lors des combats qui les ont opposés aux rebelles de la Seleka aux portes de Bangui. Un de ses dirigeants, Michel Djotodia, s’est autoproclamé président et a déclaré qu’il dirigeait la transition pour trois ans. L’Union africaine a imposé des sanctions sur les auteurs du putsch et incite les autres organisations internationales à faire de même.


Q: Qui est la Seleka?

 

La Seleka –alliance dans la langue nationale, le Sango – est une coalition de plusieurs groupes armés tels que l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) et la Convention patriotique du salut du Kodro (CPSK) regroupés au sein d’une plateforme politico-militaire à laquelle se sont greffés des combattants venus du Tchad et du Darfour. Cette coalition est descendue du Nord-Est de la Centrafrique pour arriver aux portes de la capitale, Bangui, à la fin du mois de décembre 2012.1


L’émergence de la Seleka est la conséquence directe du non-règlement du problème des groupes armés du Nord-Est de la République centrafricaine, de l’absence de programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) pour ces combattants et de la paralysie sécuritaire du pouvoir. Les dirigeants, les composantes et les revendications initiales de la Seleka, appartiennent depuis longtemps au paysage politico-sécuritaire centrafricain. En effet, le désarmement des combattants est prévu depuis les accords de Libreville en 2008 mais n’a jamais eu lieu par manque de volonté politique du régime en place. Les rebelles de la Seleka sont en grande majorité originaires du Nord-Est du pays, une région géographiquement reculée, historiquement marginalisée et quasiment vide d’Etat. Le manque de gouvernance dans les régions périphériques de la Vakaga et de la Haute Kotto, la perméabilité des frontières et les trafics en tous genres ont créé un terreau favorable à l’émergence et au développement des groupes armés, dont la Seleka est le dernier avatar.

 

Q: Comment expliquer la chute du régime de Bozizé et l’échec de la transition politique?

 

La transition politique a cessé avant même d’avoir commencé. L’accord de paix signé le 11 janvier 2013 à Libreville a été suivi de la nomination d’un gouvernement de transition le 3 février dont faisait partie la Seleka. La prise du pouvoir par les rebelles et ce revirement de situation s’expliquent par quatre facteurs :


Le sentiment général dans la classe politique centrafricaine que le président Bozizé ne tiendrait pas ses engagements pris à Libreville et mènerait une politique de blocage de la transition. Il a, par exemple, fêté les dix ans de sa prise de pouvoir le 15 mars 2013 en organisant une réunion publique à Bangui et en exhortant les jeunes à résister face à la Seleka. De même il avait imposé certains de ses proches réputés pour être des faucons dans le gouvernement de transition, reconstituait ses équipements militaires (hélicoptères) et tardait à libérer les prisonniers politiques.


Le mécontentement des commandants militaires de la Seleka à l’égard de l’accord de Libreville. Des commandants ont à l’époque reproché à Michel Djotodia d’avoir signé trop vite à Libreville et d’avoir négligé le sort des combattants créant des dissensions internes au sein de la coalition armée.


L’épuisement des soutiens régionaux de Bozizé. Lors de la réunion de Libreville, l’ex-président Bozizé a été sermonné par ses pairs de la région qui l’ont forcé à accepter nombre de concessions et lui ont reproché de ne pas avoir ouvert d’espace de dialogue avec l’opposition. L’absence de réaction de la Micopax (la Mission de consolidation de la paix de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale en République centrafricaine) lors de l’avancée des rebelles sur Bangui peut être interprétée comme un abandon par la région.


L’effondrement programmé de l’armée centrafricaine. Celle-ci s’était déjà montrée incapable de s’opposer à l’avancée de la Seleka en décembre 2012 et l’ex-président Bozizé avait démis son fils, alors ministre de la Défense, et son chef d’état-major. Sous-équipée et démotivée, celle-ci n’était plus en état de combattre et les rebelles de la Seleka ont très vite pris conscience de leur ascendant militaire.

 

Q: Quelles sont les conséquences politiques et sécuritaires de la prise du pouvoir par la Seleka?

 

Actuellement la Centrafrique n’est ni gouvernée ni gouvernable. L’urgence est aujourd’hui d’ordre sécuritaire : il faut restaurer la sécurité à Bangui et dans le reste du pays. La structure hétérogène de la rébellion rend sa cohésion très fragile et on peut craindre que les dirigeants de la Seleka ne soient pas en mesure de contrôler l’ensemble de leurs troupes, comme l’attestent les pillages qui ont déjà eu lieu à Bangui. A la demande de la Seleka, des patrouilles de l’armée française et de la Micopax arpentent déjà les rues de la capitale, symbole des premières difficultés du nouveau pouvoir en place à faire respecter la loi et l’ordre. Sur le plan politique, la Seleka a tenu à envoyer des signaux positifs en conservant Nicolas Tiangaye, de l’opposition démocratique, au poste de Premier ministre, en tenant des discours d’ouverture y compris en direction des partisans de Bozizé et en s’engageant à respecter l’accord de Libreville de janvier 2013. Michel Djotodia, leader de la Seleka et président autoproclamé, a ainsi annoncé que des élections présidentielles seraient tenues en 2016 conformément aux accords de Libreville. Pour faire face à l’urgence, le leader de la Seleka n’a d’autre choix que de former un gouvernement très rapidement. La composition de ce gouvernement sera un premier indicateur du mode de gouvernance que veut instaurer la Seleka. Le 25 mars 2013, Michel Djotodia a suspendu la Constitution et annoncé la dissolution de l’Assemblée nationale, prévoyant de légiférer par ordonnance.


Enfin la prise du pouvoir par les rebelles a entrainé une forte réaction de l’Union africaine (UA) qui condamne fermement la Seleka en s’appuyant sur l’Acte constitutif de l’UA et la Déclaration de Lomé sur les changements anticonstitutionnels de gouvernements. En conséquence, l’UA a décidé de suspendre la participation de la RCA à ses activités et de prendre des sanctions ciblées telles que des restrictions de voyage et le gel des avoirs des principaux dirigeants de la Seleka au premier rang desquels figure Michel Djotodia. Par ailleurs, l’Union africaine appelle les autres organisations internationales à adopter la même approche.


Le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné les attaques sur Bangui et souligne que « les auteurs des violations graves des droits de l’homme et du droit humanitaire international doivent être tenus responsables de leurs actes ». La haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité soutient la même position.


Les Etats Unis ont fait des déclarations similaires sur l’impunité, condamnent vivement « la prise de pouvoir illégitime de la Seleka » et envisagent de suspendre deux millions de dollars d’aide non humanitaire pour la Centrafrique.

 

Q: Quel rôle pour les pays de la région et l’Afrique du Sud dans la crise centrafricaine?

 

La Centrafrique abrite de nombreuses forces étrangères qui ne sont pas toutes impliquées dans cette crise et surtout n’ont pas toutes le même positionnement face aux événements en cours.2


Après avoir arrêté la Seleka en décembre, la région incarnée par la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC), semble avoir accepté la fin du régime de Bozizé. La Mission de consolidation de la paix (Micopax) déployée par la CEEAC ne s’est pas interposée lors de l’avancée des rebelles et ce nouveau coup d’Etat présente de nombreuses similitudes avec la prise de Bangui en 2003. A l’époque, c’est Bozizé qui avait bénéficié du consentement implicite des pays de la région et notamment du Tchad pour renverser le régime de son prédécesseur, Ange Félix Patassé. La position du Tchad dans ce conflit est pour le moins ambigüe et le pouvoir tchadien est soupçonné d’entretenir des relations coupables avec la Seleka. L’armée française a une mission de soutien de la Micopax et reste dans une posture de neutralité vigilante qui consiste à protéger l’aéroport et les ressortissants français.


Paradoxalement, l’Afrique du Sud a pris le parti de l’ex-président Bozizé dans cette crise au nom de la stabilité et d’un accord de coopération remontant à 2007. Les troupes sud-africaines déployées en janvier 2013 ont tenté de s’interposer lors de la prise de Bangui mais ont perdu une dizaine d’hommes. Il s’agit des plus lourdes pertes humaines dans une opération militaire extérieure depuis la démocratisation en 1994 et donc d’un sérieux revers pour la  politique étrangère de l’Afrique du Sud en Afrique. Pretoria n’a, pour le moment, pas évoqué l’évacuation de ses troupes mais le président Zuma a qualifié les rebelles de « bandits ».


Enfin, les troupes ougandaises sont au Sud-Est de la RCA, aux côtés des Américains, pour lutter contre l’Armée de résistance du seigneur (LRA) de Joseph Kony et les soldats tchadiens et soudanais présents au sein de la force tripartite, basée à Birao, assurent la sécurité dans la région de la Vakaga, au Nord-Est de la Centrafrique.


Le fait que l’armée sud-africaine se soit retrouvée seule à défendre Bangui démontre qu’il n’y a eu que peu de coordination entre les troupes étrangères présentes sur le territoire centrafricain qui évoluent en fonction des agendas de leurs capitales respectives.

 


 

 

1 Voir « Centrafrique : éviter une nouvelle bataille de Bangui ».


2 Pour une localisation des forces étrangères en Centrafrique, voir la carte interactive de l’International Crisis Group

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 13:33

 

 

 

 

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LETTRE OUVERTE AU

 PRESIDENT DECHU DE LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 FRANCOIS BOZIZE

 

 

 

Monsieur le Président,

 

Au matin du dimanche 14 mars 2013, tout le peuple Centrafricain s'est réveillé avec l'annonce de votre fuite honteuse, abandonnant enfin le pouvoir que vous, vos enfants et vos complices avez exercé avec brutalité, cruauté, traitements inhumains et dégradants, corruption, détournements et pillage de notre pays. Comme quoi, il y a toujours dans la vie, quelqu'un de plus fort que soit et, personne sur cette terre ne peut s'identifier à Dieu et ne peut le braver indéfiniment en toute impunité. Dieu a finalement écouté les lamentations des plus faibles et des meurtris.

 

J'ai aussi appris que lors de votre fuite de la capitale Bangui, vous avez emprunté avec votre suite le même chemin que j'avais suivi avec ma famille lors de notre départ forcé en exil afin d'échapper à la brutalité de vos éléments de sécurité de l'époque, c'est à dire la traversée de l'Oubangui et le passage par la ville de GUEMENA en République Démocratique du Congo. Comme quoi, le bon Dieu a bien voulu vous faire vivre une fois de plus, combien cette épreuve est pénible pour tout être humain et surtout pour le DERNAYO pour qui, le pire ne fait que commencer.

 

Au lendemain de l'incendie du super marché RAYAN volontairement provoqué par son propriétaire Monsieur ALI EL AKHRAS, votre ami politique, membre du conseil des sages et financier de votre parti le KNK, vous avez ordonné le 11 juin 2010, sur les ondes de la radio et de la télévision nationales, à toutes vos forces de défense et de sécurité, de retrouver par tous les moyens à leurs dispositions, le Bâtonnier de l'ordre des avocats maître Symphorien BALEMBY et moi même, et de nous dépecer << döroko ala >> comme des bêtes de chasse. Sans aucune enquête préalable, vous avez donné cet ordre en violation de notre droit à la présomption d'innocence.

 

Votre ami ALI EL AKHRAS, ouvrier du KNK et propriétaire du super marché RAYAN, avait simplement pointé un doigt accusateur vers nous du simple fait du contentieux qui nous opposait devant les juridictions centrafricaines concernant l'acquisition frauduleuse de l'immeuble BANGUI 2000 qu'il avait réalisé, immeuble qui abritait le cabinet du Bâtonnier BALEMBY ainsi que depuis 1993, les bureaux de ma société dénommée ADMN SYSTEMS, malgré le fait que l'édifice était encore sous main de justice.

 

Pour le récompenser, vous lui avez accordé une exonération de douanes et des impôts pour une période de cinq (5) ans. Cette franchise lui permet depuis 2010 d'importer des marchandises et des équipements, non seulement pour son propre compte, mais également pour le compte des autres commerçants de son acabit et ceci, au détriment des caisses du Trésor Public Centrafricain

 

Le 10 juin 2010, vous aviez déjà ordonné l'arrestation et la séquestration de onze (11) otages: mon personnel administratif et technique, mon frère cadet, ma belle sœur, mon personnel domestique dont la femme de ménage Madame Olga DOUBIRO qui était  enceinte, et qui finalement est morte en couche le 13 août 2010, probablement suite aux mauvais traitements subis au Service des Recherches et Investigations (SRI) de la Gendarmerie qui était sous les ordres de l'un de vos redoutable fils ''PAPY BOZIZE''. L'épouse du Bâtonnier Symphorien BALEMBY ainsi que deux (2) de ses collaborateurs ont été également arrêtés ce même jour. Toutes ces personnes ont été mises en détention illégale dans les terribles geôles de votre prison spéciale, personnelle et d'exception de Bossembélé appelée par nos compatriotes ''GUATANAMO'', du fait des tortures et de traitements cruels que vous y faites subir aux détenus. On se souviendra de la mort du Feu Ministre MASSI.

 

Une année après, au début du mois de juillet 2011, l'ancien comptable de RAYAN, monsieur Charlemagne YAGUEME avait affirmé lors de son audition par la gendarmerie dans une autre affaire, qu'il était à l'origine de l'incendie du 9 juin 2010. Cette opération a été réalisée sur la demande express de son patron, votre ami l'ouvrier ALI EL AKHRAS, dans le but de détruire des pièces comptables afin d'échapper aux paiements des impôts qui se chiffraient dès lors à plusieurs milliards de francs CFA.

 

Malgré cet aveu, ni vous, ni votre ministre de la justice de l'époque Monsieur Laurent NGON BABA, ni les magistrats Firmin FEÏNDIRO, procureur de la république de l'époque, son premier substitut Arnaud Djoubaye Abazene, ni le procureur général près la cour d'appel de Bangui Modeste BRIA, ni le doyen des juges Alain TOLMO, ni Monsieur Claude Richard NGOUANDJIA du BDR qui avait la coordination de notre traque, ni le lieutenant KOSSI du SRI en charge de l'enquête, n'ont daigné prendre en compte cet aveu afin de dénouer ce dossier judiciaire. Certains magistrats du pays étaient à vos ordres, en violation du principe de séparation des pouvoirs, pourtant prescrite par la constitution du 27 novembre 2004 dont vous étiez le garant à cette époque.

 

Vos otages ont été finalement libérés le 7 août 2012 à la faveur d'un arrêt salutaire rendu courageusement par les rares juges encore intègres de la Cour de Cassation de la République Centrafricaine, en absence d'un dossier d'instruction de cette affaire et ceci après deux (2) ans de détention arbitraire en grande partie dans les terribles geôles de votre prison spéciale que vous redoutez sûrement vous-même en choisissant de prendre la fuite ce dimanche 24 mars 2013.

 

Je vous rappelle qu'à l'époque de cette saga ''Super Marché RAYAN'', j'étais le Conseiller Economique et Social élu de la préfecture de l'Ombella M'poko et aussi premier Vice Président du bureau du Conseil Economique et Social de Centrafrique. Ceci montre bien que le centrafricain lambda, du moment qu'il n'avait pas la couleur orange du KNK votre parti, ou qu'il semblait représenter un obstacle pour un de vos proches ou pour vous même, ne pouvait espérer une justice équitable.

 

Je reste persuadé que depuis votre chute du pouvoir le 24 mars 2013, votre ami, l'ouvrier ALI EL AKHRAS vous a déjà oublié comme il a rapidement oublié le Président PATASSE avec qui il était aussi en affaires, après votre coup de force du 15 mars 2003.

 

Après ces dix (10) années de cauchemars avec son cortège de misère, de terrorisme judiciaire, de corruption, de détournements et de violation des droits de l'homme que vous, votre famille, vos enfants, votre parti le KNK ainsi que vos autres complices ont fait subir au peuple centrafricain, je vous souhaite à tous, un exil court car vous devez tous rendre compte à la nation de tous vos crimes économiques et de sang commis dans notre pays. Votre nom sera inscrit en lettre de malheur dans la mémoire collective de notre peuple pour toutes les souffrances endurées sous votre régime politique.

 

Pour terminer, je souhaite à notre pays la République Centrafricaine qui vient de tourner ce dimanche 24 mars 2013 avec les nouvelles autorités, une nouvelle page de son histoire pleine d'espérance, de se mettre résolument sur la voie du développement basée sur un état véritablement de droit, garant de la justice pour tous et des droits de l'homme.

 

 

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Jean Daniel DENGOU

jddengou1@hotmail.com

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 04:17

 

 

 

 

Bozizé fait du sport

 

 

 

 

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fatras d'effets personnels de Bozizé abandonnés précipitamment dans ses appartements du Palais de La Renaissance. On reconnaît le même polo rayé de couleur orange ici abandonné par son propriétaire. 

 

 

 

Sur la seconde photo ci-dessus, on reconnaît aisément sur la gauche, le polo orange rayé blanc de Bozizé qu'il a revêtu pour son entraînement sur l'appareil de gym (voir photo plus haut) dans la salle de fitness de son ami Armand Ianarelli. Obligé de quitter précipitamment ses appartements du Palais de la Renaissance, Bozizé n'a même pas eu le temps de prendre avec lui ni trousse de toilette ni ce polo orange qui pourrait pourtant lui servir encore dans son exil.

 

On voit aussi sur cette photo, une mallette qui pourrait appartenir soit à son médecin ou peut-être  à lui-même. Cette photo permet de donner une idée sur la vitesse à laquelle Bozizé et son dernier carré de fidèles proches ont dû détaler du palais pour prendre la route en voiture jusqu'à Berengo afin d'embarquer dans l'hélicoptère qui leur a permis de s'enfuir jusqu'en RD Congo d'abord puis Batouri au Cmeroun après le refus des autorités congolaises d'accueillir le désormais encombrant ex-général président.

 

La Rédaction 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 04:15

 

 

 

Déby idriss

 


N'DJAMENA, 28 mars 2013 (AFP) - Le président tchadien Idriss Déby Itno a annoncé qu'un sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) consacré à la Centrafrique se tiendrait le 3 avril à N'Djaména, a rapporté jeudi la radio nationale tchadienne.


"Après examen de la situation qui prévaut à Bangui avec la prise de pouvoir par la (rébellion) Séléka, le président Idriss Déby Itno a annoncé que N'Djaména allait abriter, le 3 avril prochain, un sommet extraordinaire consacré à la crise en RCA", a annoncé la radio.

 

Selon la même source, "le sommet de la capitale tchadienne étudiera les possibilités de revenir à l'accord de Libreville", signé le 11 janvier entre le clan du président centrafricain François Bozizé, les rebelles du Séléka et l'opposition, après une première offensive qui avait mené le Séléka aux portes de Bangui.

 

Le chef de l'Etat tchadien a fait cette annonce en marge du cinquième sommet du groupe pays émergents Brics - Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud -, à Durban en Afrique du sud, auquel il était invité en qualité de président en exercice de la CEEAC.

 

En Centrafrique, les rebelles de la Séléka ont renversé dimanche le président François Bozizé au terme d'une offensive éclair, arguant que l'accord de paix de Libreville n'avait pas été respecté et leurs revendications entendues.

 

L'avocat centrafricain Nicolas Tiangaye a été reconduit mercredi dans ses fonctions de Premier ministre par le nouvel homme fort de la Centrafrique, Michel Djotodia, qui avait annoncé la suspension de la Constitution et la dissolution de l'Assemblée nationale. 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 04:13

 

 

 

 

PM Nicolas Tiangaye

 

 

BANGUI, 27 mars 2013 (AFP) - L'avocat Nicolas Tiangaye, reconduit mercredi Premier ministre en Centrafrique après la prise du pouvoir par la rébellion, apparaît dans son pays comme un juriste réputé et un défenseur des droits de l'Homme au parcours respecté.

 

"Un homme intègre dans un océan de corruption", assure un diplomate. "Il est intègre. Son parcours est impeccable. Il ne transige pas", renchérit Martin Ziguélé, un des principaux opposants. "Quelqu'un de bien", affirme Eric Massi, coordonnateur de l'alliance rebelle Séléka. "On le respecte", dit aussi un membre du pouvoir.

 

Rares sont, pour l'instant, les critiques, même si certains déplorent le tempérament "soupe au lait" de cet homme trapu au visage rond, portant fine moustache et lunettes à montures dorées.

 

Sans être charismatique, Nicolas Tiangaye, franc-maçon et avocat à la diction lente, semble peser chacun de ses mots et de ses actes.

 

Né en 1956 à Bocaranga (nord-ouest), d'un père infirmier, il a effectué ses études de droit à Bangui puis en France (à Orléans, centre), obtenant son titre d'avocat en 1980.

 

Six ans plus tard, il se rend célèbre aux côtés de l'avocat français Francis Szpiner en défendant, à Bangui, l'ex-"empereur" centrafricain Jean-Bedel Bokassa (1966-1976), qui sera condamné à mort, puis gracié et finalement libéré en 1993. "A l'époque (en 1986, ndlr), il y avait six avocats en Centrafrique. J'étais le plus jeune. Deux défendaient déjà les parties civiles, un ne voulait pas" défendre Bokassa, se souvient-il.

 

En 1989, il prend en charge une autre affaire très médiatique, celle d'un général nommé... François Bozizé, accusé de complot par le régime du général-président André Kolingba (1981-1993). "Je remplissais mon rôle d'avocat. Il a été acquitté, je ne le regrette pas", confie-t-il à propos de Bozizé, qui deviendra plus tard son "pire ennemi" en tant que chef de l'Etat, selon un diplomate occidental.

 

En 1991, Nicolas Tiangaye doit se défendre d'accusation de complot. La même année, celui qui dit trouver son inspiration chez le comique français Coluche, et les personnalités catholiques mère Teresa ou l'abbé Pierre, fonde la Ligue centrafricaine des droits de l'Homme, qu'il présidera jusqu'en 2004.

 

Entre-temps, en 1996, il défend au Tribunal pénal pour le Rwanda l'un des responsables accusés de génocide, Jean-Paul Akayesu, finalement condamné à la perpétuité.

 

Après avoir refusé un poste de Premier ministre sous la présidence d'Ange-Félix Patassé (1993 à 2003), il se lance en politique lorsque celui-ci est renversé par le général Bozizé, il y a dix ans.

 

Il préside alors le Conseil national de transition (parlement de transition). Et il est l'un des principaux artisans de l'actuelle Constitution adoptée en 2004, qui prévoit que le président ne puisse pas effectuer plus de deux mandats de suite.

 

Selon lui, il se heurte alors au chef de l'Etat qui lui en voudra toujours. Tiangaye accuse Bozizé d'avoir bloqué par deux fois son élection comme député en truquant les scrutins. Un membre du régime de Bozizé balaie ces accusations: "Tiangaye, il passe bien dans les tribunaux et en Europe, mais il n'est pas populaire. Il n'a jamais gagné une élection".

 

Il devient Premier ministre le 17 janvier dernier, après la signature de l'accord de paix de Libreville. Il renonce alors à une ambition présidentielle, cet accord interdisant au Premier ministre d'être candidat à la magistrature suprême.

 

"Tout le monde ne peut pas être président! Je vois cela comme un sacerdoce. Je veux jeter les bases de la démocratie dans mon pays", assure-t-il.

 

Au cours des deux mois qu'il a déjà passés à son poste de Premier ministre, il a dû faire face à l'inertie voire au "sabotage" du clan Bozizé qui a limité les actions du gouvernement d'union nationale, souligne un observateur.

 

L'homme de lois devra désormais composer avec l'ex-chef rebelle Michel Djotodia, qui s'est posé dimanche en nouveau maître du pays pour "trois ans", annonçant suspension de la Constitution et dissolution de l'Assemblée.

 

Mercredi, le Premier ministre a lui-même justifié cette situation en jugeant "juridiquement impossible" le maintien, "dans la situation actuelle", de la Constitution. Il veut s'arc-bouter sur l'accord de Libreville qui a posé un cadre jusqu'à la date butoir de 2016 pour l'organisation d'élections.

 

On le sent, en tout cas, soulagé de ne plus avoir à affronter le président déchu. Il assure que les relations avec M. Djotodia "seront meilleures qu'avec François Bozizé qui étaient trop conflictuelles". 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 04:11

 

 

 

 

 

Centrafrique: Soutien au Rassemblement de la Diaspora

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Face à la situation qui prévaut en Centrafrique, l'association « AS DU CŒUR » qui milite pour le droit de femmes et après analyse tient :

 

À apporter son soutien à la démarche unitaire de la diaspora centrafricaine qui entend dans l'intérêt supérieur de notre pays, disposer d'une structure sans étiquette devant rassembler tous les compatriotes épris de paix et soucieux de préserver la nation, premier pas pour un retour de la confiance entre les filles et fils de Centrafrique,  appelle tous ses adhérents à participer au rassemblement du samedi 30 mars 2013 à partir de 14heures témoigner de leur soutien et solidarité avec le peuple centrafricain.

Point de rassemblement de la manifestation, Place Edouard Herriot

Rue de l’Université, Accès Metro ligne 12 : Station Assemblée nationale.

 

La Présidente

Nelly GOUANDJIA

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