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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 01:21

 

 

 

 

Sophie BOUILLON Libération 8 décembre 2014 à 19:46

 

REPORTAGE

 

La tension monte dans un pays qui, inspiré par son voisin, espère reprendre le pouvoir détenu depuis près d’un demi-siècle par le père puis le fils Gnassingbé.

 

«Tu es riche aujourd’hui, mais ça ne va plus durer longtemps, imbécile !» Une course-poursuite s’est engagée dans les rues de Lomé. Dix chauffeurs de zem (moto-taxi) prennent en chasse une Porsche décapotable, rutilante. Le conducteur, lunettes de soleil sur le nez, musique de coupé-décalé à fond, ne les avait pas vus venir. Il slalomait entre les nids de poule, sans même prêter attention aux essaims de motos-taxis qui envahissent les rues de la capitale togolaise. Au feu rouge, les insultes fusent. «Tu te crois où, là ? Pourquoi tu conduis comme ça ?» l’interpelle un zem. L’homme continue à regarder la route, indifférent. On tape sur la voiture de luxe. Le feu passe au vert, et l’homme «riche» démarre en trombe en faisant crisser ses pneus, larguant les motos-taxis. Les abandonnant à leur colère et à leur frustration.

 

Amalgame. La tension est montée d’un cran à Lomé ces dernières semaines et les langues se délient. Chaque jour, la division sociale, politique, mais aussi ethnique se creuse un peu plus. Dans la capitale, à l’extrême sud du pays, on fait un amalgame dangereux entre «ceux du Nord» et ceux «qui ont le pouvoir et tout l’argent». «Nous avons tous vu ce qu’il s’est passé au Burkina Faso il y a un mois. Nous voulons la même chose ici», confie Daniel. Il est mécanicien la semaine et moto-taxi le week-end pour arrondir les fins de mois. «On en a marre ! On veut du changement.»

 

Depuis quelques semaines, dans les marchés, à la radio ou dans les couloirs de l’Assemblée, on ne parle plus que de ça : la réforme constitutionnelle. Actuellement en discussion au Parlement, la proposition de loi présentée par l’opposition prévoit, entre autres, une limitation du nombre de mandats présidentiels et une élection à deux tours. En bref : restaurer un vote démocratique et donner enfin une chance aux partis d’opposition d’exister sur la scène politique. Ces revendications ne datent pas d’hier : l’opposition ainsi que les organisations de la société civile appellent le peuple dans la rue quasiment toutes les semaines depuis cinq ans. Mais les manifestations avaient perdu de leur sens à force d’être répétées, et le débat avait été mis en sourdine.

 

Après le premier refus du Parlement, en juin, de modifier la Constitution pour la rendre plus démocratique, l’élection présidentielle prévue début mars 2015 n’annonçait pas beaucoup de surprise : Faure Gnassingbé serait candidat à sa propre succession, et sa victoire assurée. «Bébé Gnass» a succédé à son père en 2005, qui lui-même avait gouverné le Togo pendant trente-huit années. «Faure a fait des efforts pour le pays. Mais psychologiquement, quarante-huit ans [de pouvoir entre le père et le fils, ndlr], pour les gens, c’est trop long», analyse un journaliste local. La fuite en catastrophe du voisin Blaise Compaoré a donné des idées à la rue togolaise, le vent de la contestation souffle en Afrique de l’Ouest. «Nos frères burkinabés nous ont redonné espoir ! explique Elisabeth, une mère de famille de trois enfants, habillée d’un jean. J’ai 46 ans, et je n’ai connu qu’une seule famille à la tête de ce pays. On ne peut plus prendre le peuple pour un imbécile. On sait maintenant qu’on a une voix.»

 

Copier-coller. Leur voix, ils la font entendre dans les rues, à défaut de pouvoir la faire entendre dans les urnes. L’opposition et les mouvements des droits de l’homme profitent de cette nouvelle vague du «printemps africain» pour renforcer les manifestations. Fin novembre, ils étaient des milliers à scander le slogan, désormais mondialement célèbre : «Faure Dégage !» On utilise les mêmes ingrédients qu’au Burkina Faso, en espérant que la sauce révolutionnaire prenne : les mêmes discours sur les forces de sécurité qui «sont nos frères et nos cousins et qui souffrent autant que nous tous», les mêmes appels à la résistance face à l’armée («N’ayez pas peur des gaz ! Si nous devons mourir, nous mourrons pour un combat digne»), avec en plus les chansons reprises par le peuple pendant les marches, écrites par le chanteur de reggae Jah Cissé. Certains chefs de parti de l’opposition sont allés jusqu’à copier-coller le mouvement de contestation populaire qui a entraîné et organisé les foules à Ouagadougou, en créant le «Balai citoyen togolais». Il faut aller vite, la présidentielle approche. «Nous voulons monter en puissance et on arrive bientôt au bouquet final, confie le principal leader de l’opposition, Jean-Pierre Fabre. Je n’envoie personne se faire tuer, mais je mets en garde le pouvoir : le jour où les jeunes n’auront plus peur des gaz, ce sera fini.» Le «bouquet final», selon lui, c’est évidemment le départ de Faure Gnassingbé. Un rêve inespéré il y a encore quelques semaines.

 

«Obtus». Toutefois, les choses ne devraient pas être aussi simples que dans le pays voisin. «Le Burkina, c’est le Burkina. Le Togo, c’est le Togo assène le ministre togolais de l’Intérieur, Pascal Bodjona. Bien sûr, ce dernier a suivi les événements récents de la région : «Si je vous disais que je ne suis pas sensible à ce qu’il s’est passé, je serais obtus. Oui, on est attentif.» Mais il reçoit, confiant et souriant, dans un grand jardin de sa maison de Lomé. Même si Faure Gnassingbé ne s’est toujours pas déclaré candidat, à trois mois de l’élection, sa victoire ne fait pour lui aucun doute. «Ce sont les règles du jeu démocratique. L’opposition voudrait changer la Constitution, mais ils n’ont pas la majorité au Parlement ! C’est totalement antirépublicain !»

 

A la différence du Burkina Faso, où Blaise Compaoré voulait rester au pouvoir en modifiant la Constitution, au Togo, l’article prévoyant la limitation du nombre de mandats présidentiels a été aboli il y a bien longtemps. Comme beaucoup d’autres d’ailleurs. En 2005, Faure Gnassingbé est arrivé au pouvoir «en marchant sur des cadavres», comme aime à le répéter l’opposition. Il a déjà modifié l’âge minimum pour accéder à la présidence - il n’avait que 39 ans en 2005, alors que la Constitution prévoyait un âge minimum de 45 ans. A la mort de son père alors en plein exercice, c’est le président de l’Assemblée nationale qui aurait dû reprendre sa succession. Mais il était absent et l’armée a bloqué les frontières, pendant que «Bébé Gnass» «tripatouillait» une fois encore la Constitution avec l’aide… d’un juriste français. Son accession à la tête de l’Etat s’est faite au prix de centaines de morts dans les rues de Lomé. Plus de mille, même, selon les organisations des droits de l’homme. Quant au chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, il est mis en examen pour une sombre affaire d’incendie. Son procès n’a jamais eu lieu et il doit demander l’autorisation à l’Etat pour effectuer le moindre déplacement en dehors du territoire. Il y a quelques mois, son voyage à Paris pour rencontrer des conseillers du Quai d’Orsay a été annulé.

 

Mauvaise foi. Le parti au pouvoir, dont le ministre togolais de l’Intérieur qui accuse l’opposition d’être «antidémocratique», n’a pas le monopole de la mauvaise foi. La communauté internationale, sous l’égide de la France - soutien historique du pays, avec l’Allemagne - préfère parler de démocratie imparfaite plutôt que de dictature. Le Togo est un Etat stable dans une région volatile. Le petit pays commence à se développer économiquement, grâce à son port autonome, où la gestion du terminal est assurée par l’entreprise Bolloré, qui dispose de 250 000 m2 d’espace de stockage. Laisser le pays à une opposition sans vrai programme, sauf celui du changement, et qui n’a jamais eu l’occasion d’exercer des postes à responsabilité, ce serait un pari trop risqué. Surtout depuis le départ, du «Lion», l’ancien homme fort de la région, Blaise Compaoré. Les récentes déclarations de François Hollande, à la veille du Sommet de la francophonie, fin novembre, appelant les chefs d’Etat africains à respecter «une Constitution, une loi fondamentale» ne mettaient pas en péril le règne de Faure Gnassingbé. Au contraire, la confusion conforte un peu plus le président togolais à la tête de son pays, en attendant le «bouquet final».

 

Sophie Bouillon Envoyée spéciale à Lomé (Togo)

 

 

 

 

Lu pour vous : Togo : «Nos frères burkinabés nous redonnent espoir»

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9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 01:17

 

 

 

http://lepays.bf   Lundi 8 décembre 2014

 

Plusieurs acteurs de l’opposition, de la société civile et de la diaspora sont réunis depuis le 4 et ce, jusqu’au 7 décembre à Paris, à l’occasion du Congrès  international de l’opposition  gabonaise  (CIOGAP) pour, disent-ils, poser les jalons  d’une alternance par la voie démocratique. Pendant quatre jours, les participants à ces assises de la capitale française, scruteront les voies et moyens de donner  forme au rêve de la nouvelle nation gabonaise. L’issue souhaitée par cette rencontre, est un consensus quant à la stratégie de l’opposition  en vue des prochaines joutes électorales. S’il faut louer  l’initiative de l’opposition gabonaise dans son ensemble, qui a été sans doute inspirée par l’exemple burkinabè, des interrogations demeurent tout de même quant à la sincérité de certains  ex-  hauts responsables  et ministres  ayant servi sous le défunt régime d’Omar Bongo et  qui, aujourd’hui,   se retrouvent subitement  en première  ligne de ce front anti-Bongo. En effet, ces tirs nourris et violents  contre  Bongo fils qu’ils accusent de gabegie, de  mauvaise gouvernance, de répression, etc., sont d’autant plus inexplicables  qu’ils proviennent du camp de ceux qui ont servi son père quand celui-ci était à la tête de l’Etat gabonais.

 

Les malheurs actuels  de Bongo devraient amener tous les dirigeants africains à comprendre que la succession dynastique à la tête de l’Etat n’est pas une bonne chose

 

Pour certains Gabonais,  l’attitude de ces opposants  ressemble à un acte de lâcheté car ils  ne s’en prennent  pas à un système, mais à un homme qui ne fait que gérer un héritage  dont ils sont du reste comptables. C’est le lieu ici de s’interroger sur la sincérité, surtout au plan politique,  de certains de nos dirigeants. En tout cas, on se demande comment Ali Bongo pourra  s’en sortir,  quand on sait que ceux qui ont fidèlement servi  son  père sont aujourd’hui ses adversaires, donc connaissant tous les rouages du système. Ils pourront ainsi mettre le doigt là où ça fait mal. Et c’est ce que semble avoir compris cette opposition qui est sortie du cadre des revendications portant sur l’alternance, pour s’en prendre aux origines de Bongo. Une attitude nauséeuse  en ce sens qu’elle peut contribuer à désennoblir  son combat. Cela dit, les malheurs actuels  de Bongo devraient amener tous les dirigeants africains à comprendre que la succession dynastique à la tête de l’Etat n’est pas une bonne chose ni pour le pays, ni pour la famille présidentielle. La rencontre de Paris  qui verra la participation des forces démocratiques et panafricaines, ainsi que des amis  de l’Afrique et du Gabon qui entendent contribuer à la marche des peuples d’Afrique  vers la nouvelle Afrique  marquée par  l’Etat de droit, se terminera par la signature d’une charte commune. Reste à savoir s’il s’agira d’un texte de plus, ou s’il sera suivi d’effet Car, en Afrique, face au pouvoir, l’union de l’opposition, du fait des egos, est toujours mise à rude épreuve quand arrivent les échéances.

 

Seydou TRAORE      

Lu pour vous : TIRS NOURRIS CONTRE ALI BONGO :  Quand l’harmattan burkinabè souffle sur le Gabon

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 03:05

 

 

 

 

http://www.45enord.ca  par Jacques N. Godbout le 7 décembre 2014 à 0:01.

 

En cette semaine qui marquait l’anniversaire du lancement de l’opération Sangaris et alors que la situation en Centrafrique reste fragile, les soldats français, principaux artisans du rétablissement d’un niveau de sécurité au moins minimal dans ce pays, amorce leur retrait progressif pendant que se poursuivent, mais avec moins d’intensité,  les luttes interconfessionnelles.

 

Il y a un an déjà, le 5 décembre 2013, était lancée en Centrafrique l’opération Sangaris, sur décision du Président de la République française.

 

Fin 2012, menacé par la rébellion de la Seleka aux portes de la capitale Bangui, le président François Bozizé avait appelé, sans succès, la France et les États-Unis à l’aide.

 

En mars 2013, le chef rebelle issu de la Séléka, Michel Djotodia, renverse François Bozizé et devient le premier président musulman du pays, mais ne parvient pas à rétablir l’ordre alors que, chaque jour, les ex-rebelles, maintenant au pouvoir, terrorise un peu plus la population chrétienne

 

Le 5 décembre 2013, le conseil de sécurité des Nations unies autorise à l’unanimité le «déploiement de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) pour une période de 12 mois».

 

Les forces françaises reçoivent alors pour leur part  une double mission: rétablir en urgence un niveau de sécurité minimal pour enrayer la spirale des exactions et permettre le retour des humanitaires, et faciliter la montée en puissance progressive et l’engagement des forces de la communauté internationale (d’abord la MISCA, puis la MINUSCA).

 

Tout de suite, les Français désarment les ex-rebelles Séléka qui terrorisaient les Chrétiens, mais la situation se retourne et Bangui devient alors le terrain de chasse des anti-Balaka, une milice chrétienne qui cherche à faire payer, non seulement aux ex-Séléka, mais à tous les musulmans ce que les Chrétiens ont subi, entraînant le déplacement d’un demi-million de personnes et de nombreux morts parmi les civils.

 

La situation est alors qualifié par tous de pré-génocidaire et, malgré les surprises du début, c’est tout de même l’opération française Sangaris qui aura permis, grâce à son action face à une situation chaotique, d’éviter le pire.

 

Retrait progressif

 

Aujourd’hui, environ 2 000 militaires français sont toujours déployés dans cette opération. Leur mission vise principalement à accompagner le déploiement de la MINUSCA, la force de l’ONU, sur l’ensemble de la Centrafrique.

 

Mais, alors que les combats entre les milices d’autodéfense chrétiennes appelées anti-balakas et les ex-Seleka se poursuivent, bien qu’avec moins d’intensité, et que l’État n’est toujours pas capable de faire régner l’ordre, la France va progressivement retirer ses soldats engagés en Centrafrique, passant de 2 000 hommes actuellement à 1 500 au printemps, a indiqué le jour anniversaire de l’opération Sangaris, vendredi 5 décembre, le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, sur BFMTV.

 

«On va diminuer en fonction de la montée en puissance de la Minusca», la force de maintien de la paix de l’ONU, qui compte actuellement 8 600 hommes et doit à terme arriver à 12 000.

 

Avant le déclenchement de l’opération Sangaris, la France comptait quelques centaines de soldats en Centrafrique, basés à l’aéroport de Bangui. «Progressivement, nous reviendrons à un étiage que nous connaissions au départ», a dit le ministre, même s’il admet qu’il y a «toujours des tensions» en Centrafrique.

 

Pendant ce temps, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a rencontré vendredi à New York la Présidente de la transition en République centrafricaine, Catherine Samba-Panza.

 

Il faut accélérer le processus politique

 

Le Secrétaire général et la présidente centrafricaine ont convenu vendredi qu’il fallait faire des progrès rapidement vers un processus politique inclusif. Le chef de l’ONU s’est félicité de l’annonce de l’organisation du Forum de Bangui dès que possible l’an prochain et de la volonté d’achever le processus électoral avant août 2015.

 

Mais, «Ils ont noté que, malgré quelques progrès, la situation humanitaire et de sécurité reste fragile et la Présidente a exprimé ses regrets pour les pertes dont a souffert la Mission des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA) en octobre», a précisé le porte-parole du Secrétaire général dans une note à la presse.

 

Le 9 octobre, un convoi de l’ONU avait été attaqué par des hommes armés non identifiés dans la capitale Bangui, causant la mort d’un Casque bleu et en blessant huit autres.

 

La Coordonnatrice humanitaire principale dans le pays, Claire Bourgeois, a rappelé pour sa part vendredi que ces affrontements ont laissé des blessures profondes au sein des communautés qui ont encore du mal à vivre côte à côte aujourd’hui.

 

La Coordonnatrice a aussi dénoncé l’augmentation du nombre d’attaques contre les travailleurs humanitaires, forçant des organisations à suspendre ou à réduire leurs opérations. Dix-huit travailleurs humanitaires ont été tués depuis janvier 2014.

 

Quant à lui, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a rappelé que plus de 850.000 personnes sont toujours déracinées aujourd’hui et plus de 2,5 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire.

 

Parmi ces déracinés, plus de 187.000 ont fui dans les pays voisins l’an dernier, portant le nombre total de réfugiés centrafricains dans la région à plus de 420.000, principalement au Cameroun et au Tchad. Il y a également toujours environ 430.000 personnes déplacées à l’intérieur de la République centrafricaine.

 

En cette semaine du 1er anniversaire du lancement de la force Sangaris, après avoir évité le pire, tout le travail politique reste à faire, mais ce travail, ce sont les Centrafricains eux-mêmes qui devront le faire.

 

Centrafrique, un an déjà: on a pour l’instant qu’évité le pire

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 00:51

 

 

 

 

LE MONDE | 06.12.2014 à 10h47 • Mis à jour le 06.12.2014 à 12h04 | Par Nathalie Guibert


 

Paris a commencé à réduire les effectifs de son opération militaire en Centrafrique, « Sangaris », forte de 1 900 hommes aujourd’hui. Derrière le jeu des relèves, elle a retiré depuis le 28 novembre une compagnie de combat de 200 hommes et le mouvement va se poursuivre dans les semaines qui viennent. « Progressivement, la France va se retirer. Au printemps nous serons à 1 500 », a indiqué le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, vendredi 5 décembre, jour anniversaire de la décision présidentielle d’intervenir en République centrafricaine (RCA). Dans les faits, l’état-major planifie ce retrait depuis des mois. L’objectif est de partir pour dégager des moyens sur d’autres opérations. Il est prévu un retour au format de l’ancienne force « Boali » (400 à 600 hommes), dès que possible en 2015.

 

La fermeture des théâtres d’opérations extérieures est toujours moins glorieuse que leur ouverture, en particulier dans le cas français, marqué par une spécificité unique parmi les démocraties occidentales : la capacité pour le chef de l’Etat de décider seul, sans délai, d’envoyer les armées combattre dans un pays étranger.

 

A Bangui, la présence militaire française avait été portée de 400 à 1 600 hommes en moins de cinq jours, un déploiement « spectaculaire » du point de vue de la logistique militaire, et mis en scène par le pouvoir politique. Le mouvement inverse ne peut l’être. Le désengagement du Kosovo en février, la fin de l’opération « Epervier » en août après vingt-huit années au Tchad et la réduction de Serval au Mali (toutes deux fusionnées dans l’opération sahélienne « Barkhane ») sont passés plus inaperçus.

 

« Ni euphorie ni dramatisation »

 

Car la situation sur le terrain n’autorise aucune victoire. « Il n’y a ni euphorie ni dramatisation », résume le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l’état-major.

 

Quand François Hollande a lancé Sangaris pour stopper les massacres entre les ex-rebelles de la Séléka (en majorité musulmans) et les milices d’autodéfense anti-balaka (en majorité chrétiennes), l’exécutif annonçait une opération de quatre à six mois. Payante sur le plan politique et économe en moyens, la doctrine du « frapper et transférer » dont rêve le pouvoir politique est hors de portée. « Notre problème, c’est qu’on ne met plus les moyens qu’il faut au départ et qu’on ne sait plus finir nos opérations », estime un haut gradé.

 

« Il reste le processus politique à mettre en œuvre », admet M. Le Drian. « Sangaris a accompli sa mission, assure-t-on à l’état-major, mais on est dans le temps long. Ces affaires ne peuvent être réglées par les seules forces armées. Désormais, vous pouvez augmenter les effectifs autant que vous voulez, ça ne changera pas la crise. »

 

Au terme de « diminution » de la force, l’état-major préfère celui de « densification », plus positif

 

Paris assure qu’un palier sécuritaire a été atteint à l’été en RCA, égrenant de bons indicateurs au risque d’être contredit par une réalité volatile : une « certaine normalisation » de l’ouest du pays ; l’ouverture de l’axe économique vital vers le Cameroun ; la division par trois des rangs des ex-Séléka (le nombre de 6 000 est avancé aujourd’hui) ; le départ des rebelles soudanais et tchadiens ; le retour des déplacés chez eux (ils ne seraient plus que 20 000 à Bangui contre 100 000). Les tensions, du point de vue des militaires, ne se jouent plus que dans un triangle central entre Sibut, Dekoa et Bambari.

 

Sous-calibrée au départ, la force Sangaris a connu de nombreuses adaptations. Son commandant, le général Francisco Soriano, parti sans hélicoptères, en a obtenu dix. Le commandement de Sangaris a aussi obtenu la subordination des forces spéciales à Sangaris. Ou encore le renforcement du blindage de la force (de 50 % à 65 %). Jusqu’à un « sas de fin de mission », établi dans un hôtel de Dakar pour les soldats. Une nécessité, car la mission a été qualifiée de « très dure » et les régiments, outre leurs nombreux blessés (120), surveillent de près les dégâts psychiques de l’opération.

 

« Force de réaction rapide »

 

Il a fallu s’adapter, aussi, aux lenteurs de la mise en place des forces européenne et onusienne censées prendre le relais. La mission Eufor-RCA, qui s’achèvera au printemps 2015, a failli ne jamais voir le jour – son deuxième contributeur est un pays non membre de l’Union européenne, la Géorgie. « La mission a exigé cinq conférences de génération de force sans jamais atteindre l’effectif espéré », explique, écœurée, une source française. Quant à la mission de l’ONU, la Minusca, 7 500 soldats, elle atteint 75 % de l’effectif prévu. De nouveaux contingents, pakistanais, marocains ou encore zambiens, sont attendus.

 

Sangaris va donc rester une « force de réaction rapide ». Au terme de « diminution » de la force, l’état-major préfère celui de « densification », plus positif. De fait, des moyens beaucoup plus performants (donc moins nombreux) viennent d’être déployés dans cette perspective : deux hélicoptères Tigre munis de missiles Hellfire, qui remplaceront tout ou partie des six Puma. Des nouveaux véhicules blindés (VBCI) sont aussi arrivés en septembre. Tout comme des mini-drones de reconnaissance. Sursollicitées sur tous les autres fronts du moment, les forces spéciales ont elles aussi vocation à réduire après avoir ouvert les villes (Bambari, Bria, Ndélé) qui seront transférées à l’ONU prochainement.

 

Sur le papier, la logique semble imparable. Il faut passer le relais aux forces locales et profiter de l’approche globale de l’ONU. Mais dans les faits, la France est contrainte d’assurer l’ossature sécuritaire de ces opérations africaines. Pour des durées qui se comptent plus sûrement en décennies qu’en mois.

 

Nathalie Guibert

 
Journaliste au Monde

Lu pour vous : En Centrafrique, retrait à risques pour la France

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 00:38

 

 

 

 

Rédigé par Africa Media - modifié le 7 Décembre 2014 - 21:34

 

Un avion russe transportant une cargaison militaire française a été retenu à l'aéroport de la ville nigériane de Kano, a annoncé la mission diplomatique russe à Lagos sur son compte Twitter.


"L'avion russe se trouvant à Kano a été affrété par la mission de la paix française au Tchad et transportait du matériel appartenant à cette mission", indique l'ambassade.


Auparavant, les médias ont rapporté qu'un avion russe avec à son bord des armes et des munitions avait été intercepté par les autorités nigérianes à l'aéroport de Kano. L'appareil était à destination du Tchad voisin mais l'aéroport de Ndjamena étant fermé, a dû atterrir à Kano.


Selon les autorités aéroportuaires de la ville, l'avion-cargo parti de Bangui en Centrafrique, transportait des hélicoptères, une jeep et d'autres équipements.

 

L'avion-cargo parti de Bangui en Centrafrique, transportait des hélicoptères, une jeep ainsi que d'autres équipements, mais le contenu n'a été déclaré sur le manifeste du vol. L'avion qui devait se poser au Tchad, a rencontré un problème technique qui l'a contraint d'atterrir à l'aéroport international de Kano. L’ambassade russe au Nigeria a démenti tout lien avec l’appareil qui a été saisi à l'aéroport international de Kano.


L'armée nigériane qui fait de cette saisie une affaire d'état s'exprime sur le média exagérément et a promis de donner des détails dès la fin de l'enquête sur l'avion. Les membres de l'équipage seraient ên état d'arrestation pour l'intérêt de l'enquête a annoncé l'armée dans un message Twitter.

Niger : L'avion russe a été "affrété par la mission de la paix française" depuis Bangui

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 22:28

 

 

 

 

http://www.radiondekeluka.org   vendredi 5 décembre 2014 14:45

 

Le 5 décembre 2013, la population de la capitale Bangui s’était réveillée sous des tirs nourris d’armes lourdes et automatiques. Les miliciens Antibalaka, groupes d’autodéfense, s’attaquaient aux combattants Séléka  au pouvoir depuis le 24 mars 2013. Les Antibalaka, mouvement s’étant renforcé vers la fin du mois d’août 2013, machettes ou armes de fabrication artisanale en main, se sont soulevés contre la Séléka dont le règne était de plus en plus critiqué. Ainsi naissait la genèse d’une série de violences inter communautaires sans précédentes dans le pays. Les tirs d'armes ont retenti dans plusieurs quartiers de Bangui. Ils ont plus visé les quartiers nord et le centre-ville. 


Dès 5 heures du matin ce jeudi 5 décembre, la psychose  a gagné tous les esprits. Des sources militaires parlaient d’attaques coordonnées, simultanées sur trois fronts : le camp Kassaï, l’Assemblée nationale et le quartier de Boy-Rabe dans le 4ème arrondissement de Bangui. Les habitants des quartiers environnants se sont terrés chez eux, d’autres ont trouvé refuge dans les églises ou à l’aéroport Bangui M’Poko.

Les combats qui opposaient les éléments de la Séléka aux milices Antibalaka ont fait de nombreuses victimes. S’il est difficile de donner un bilan précis des accrochages, certaines sources évoquaient au moins 500 morts et des centaines de blessés.

Au rang des centaines de cadavres qui jonchaient les rues de la capitale centrafricaine, le Conseil de sécurité des Nations unies, peu avant la tombée de la nuit de ce jeudi 05 décembre, donnait le feu vert à la France pour lancer l’opération Sangaris en envoyant 2000 hommes pour mettre fin aux tueries et appuyer les forces de la Mission de sécurisation de la Centrafrique, Misca. Un an après le déploiement des soldats de Sangaris qui devait empêcher un désastre humanitaire dans le pays, la situation reste fragile et volatile selon de nombreux Centrafricains à Bangui.

« Je salue partiellement l’opération Sangaris parce qu’elle a réussi à rétablir un peu la sécurité dans la capitale, mais en province rien n’a encore changé jusqu’à lors », a fait savoir un jeune rencontré dans les rues le 4 décembre 2014.


Interrogée sur sa vision des choses, une jeune Centrafricaine estime que rien n’a été fait. « Dès lors que les exactions, l’insécurité et les pillages continuent, je dirais que les soldats français de Sangaris n’ont pas bien travaillé », a-t-elle indiqué.


« Dans le 3ème arrondissement, les activités sont bloquées, pas d’écoles, pas de dispensaires, la mission de Sangaris en Centrafrique n’a pas bien fonctionné. C’est du sur place », a dit un jeune commerçant


Du côté de la Sangaris, c’est le revers de la médaille. Le commandant Laurent Bastide, chargé de communication de la Sangaris, rassure que le plan de campagne de cette opération est bel et bien atteint.


« Le plan de campagne a été atteint. L’objectif de la Sangaris était de ramener le niveau minimal de sécurité de sorte que les forces internationales de la Misca puis de la Minusca puissent se déployer. C’est le cas puisque le niveau sécuritaire a atteint aujourd’hui un palier que la Minusca a pu poursuivre et amplifier son déploiement », a-t-il expliqué.


« La résolution 2127 donne mandat principalement aux forces de l’ONU, et la mission de Sangaris, est d’appuyer ces forces », a-t-il poursuivi.


Depuis le 5 décembre, les militaires français se sont portés au secours de centaines de personnes qui étaient directement menacées, quelle que soit leur confession ou leur communauté d’appartenance.


« Chaque jour Sangaris a sauvé des vies », mentionne un communiqué de Sangaris.

Et justement à propos, du 5 décembre 2014, la coordination nationale des Antibalaka, dans une interview accordée à Radio Ndeke Luka, promet de ne pas manifester. Le mouvement demande aux populations de Bangui, Bimbo et Bégoua de vaquer librement à leurs occupations. L’appel fait suite aux rumeurs d’une probable manifestation des miliciens en commémoration de cette date.

 
Le porte parole des Antibalaka, Igor Lamaka, a promis que des mesures sont déjà prises afin d’éviter tout débordement. « Je demande à la population de Bangui, Bimbo et Bégoua de rester calme, de sortir et de vaquer à ses occupations. Il y a des rumeurs qui circulent dans la ville de Bangui faisant état d’une attaque des Antibalaka et qu’il y aura des crépitements d’armes le 5 décembre. Je dis c’est faux et ce sont des intoxications », a précisé M. Lamaka.

1er anniversaire des violences inter communautaires en Centrafrique

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 22:17

 

 

 

 

(Alwihda Info) Rédigé par Issa Abakar - 7 Décembre 2014 - 19:38

 

L’ancien chef rebelle et préfet de grande Sido est sur le sol centrafricain, prétendent plusieurs sources. Sa présence aurait été signalée a 25 km de la ville de Kabo, au village Bateldje sur l’axe qui mène a Batangafo.


D’après des informations concordantes Baba Lade est arrivée dans la localité de Bateldje le 05 décembre peu avant midi. «C’est à environ 11h00 du jour que Baba Lade est arrivé dans cette ville avec quelques uns de ses éléments, tous armés », a indiqué une source contactée depuis Kabo.

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 14:29

 

 

 

 

APA-Brazzaville (Congo) 2014-12-07 12:40:20  Le président Denis Sassou N’Guesso a déclaré qu’il est suspendu au verdict du peuple et non au diktat de l’extérieur s’agissant «de la marche démocratique du Congo et notamment du changement ou non de la constitution ».

 

« Sur la Constitution, comme on le dit à souhait, vous connaissez le point de vue du président qui estime que s'agissant des institutions du Congo, surtout la Constitution, la loi fondamentale, ce sera toujours le peuple congolais qui décidera en toute souveraineté », a déclaré samedi le président Sassou N'Guesso à l'aéroport Maya-Maya de Brazzaville.


Il revenait de La Havane (Cuba) où il était en visite d'Etat dans le cadre du cinquantenaire des relations entre le Congo et Cuba.


Le chef de l'Etat congolais, à qui l'on prête l'intention de changer la constitution de son pays pour rester au pouvoir, avait rejoint la capitale cubaine tout juste après le 15ème sommet de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) à Dakar où son candidat pour le poste de Secrétaire général de la Francophonie, Henri Lopes, a été recalé au profit de la Canadienne Michaelle Jean pour succéder à Abdou Diouf.


Il a cité l'expérience française vécue sous le Général De Gaulle qui a décidé de changer la constitution de la 4ème République et a soumis les termes de la 5ème République au choix du peuple français.


« C'est le peuple français qui s'est prononcé et même plus tard lorsqu'il a décidé, demandé ou souhaité que le président de la République soit élu au suffrage universel direct, c'est le peuple français qui a décidé. Je pense que c'est une règle qui ne pourra jamais être remise en cause mais en tous les cas, il y a quand même de longues années que notre peuple a lutté ici, au prix de beaucoup de sacrifices, pour ne plus accepter qu'il ne soit plus régi par des règles qui viendraient d'ailleurs », a-t-il insisté.


« L'OIF ne s'est pas substituée aux Nations Unies et n'a pas balayé d'un revers de main les notions fondamentales qui régissent les relations internationales, c'est à dire la non ingérence dans les affaires des autres Etats, et aussi le respect mutuel », a-t-il dit.


Le débat sur le changement ou non de la Constitution fait rage dans les états majors politiques au Congo. L'alliance pour la Démocratie et la République (ARD), une plateforme de l'opposition avec comme pour chef de file Mathias Dzon, a souligné récemment à Brazzaville au cours d'une conférence de presse'', qu'il n'est pas question de changer l'actuelle constitution ».


L'ARD déclare inscrire son action dans la la paix, pour que l'actuel président « achève son mandat le 14 août 2016 et quitte le pouvoir ».


La constitution du 20 janvier 2002 qui régit le Congo, limite à deux le nombre de mandats présidentiels et fixe l'âge limite des candidats à 70 ans. Denis Sassou N'Guesso a été réélu sur la base de cette constitution en 2009 est à son dernier mandat qui prendra fin le 14 août 2016.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=811551#sthash.ufkGKIhz.dpuf

Sassou N'Guesso suspendu au verdict du peuple sur le changement ou non de la Constitution

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 12:58

 

 

 

PARIS, 5 décembre 2014 / PRN Africa / — En RCA, 2014 aura été marquée par de profonds bouleversements : partition de facto du pays[1] ; persécution et fuite des populations musulmanes centrafricaines (184 939 personnes[2] en un an vers des pays tiers), ou enclavement de celles-ci, essentiellement à Bangui, la capitale, et dans l'Ouest du pays ; dégradation du contexte sécuritaire avec d'importants regains de violence et d'affrontements en août et en octobre à Bangui (dont les grands axes sont pourtant intensément patrouillés par les forces internationales).

 

L'insécurité, notamment sur les axes routiers et d'approvisionnement menant vers le Cameroun et le Tchad, empêche toujours toute relance économique et désormais c'est l'économie de prédation qui prévaut. Une insécurité qui concerne désormais aussi le personnel humanitaire. En effet, le nombre d'incidents répétés, plus ou moins violents, impliquant et/ou visant des ONG est en nette augmentation depuis que la RCA est en crise (41 incidents en un an pour la section française de MSF). Paroxysme de cette tendance : le 26 avril dernier, 19 civils non armés – dont trois employés centrafricains de MSF – ont été assassinés au cours d'un vol à main armée à l'hôpital de Boguila, dans le Nord du pays. Pour Claude CAFARDY, chef de mission adjoint MSF, de retour de cinq mois en RCA: « La situation en Centrafrique, en cette fin d'année, est loin d'être « normalisée ». Le « job » n'a pas été fait contrairement à ce que le ministère de la défense français peut affirmer. La violence est certes plus sporadique, moins massive, mais toujours présente et d'un niveau important. Le contexte reste imprévisible et volatile ; tout peut rapidement dégénérer. »

 

Malgré la mise en place d'un calendrier fixant des étapes visant à reconstruire le pays (désarmement, préparation d'élections en juin prochain etc.), dans les faits, l'Etat centrafricain demeure fantomatique. Les services publics, notamment sanitaires, sont à terre. Il y a peu de personnel médical qualifié et ce dernier n'a – pour la plupart – pas regagné son poste au sein de centres de santé pillés ; les difficultés logistiques sont importantes ; et l'accès aux soins ou aux médicaments n'est pas une évidence pour la majorité des malades et patients. Si depuis un an, quelques progrès ont tout de même été constatés et obtenus grâce à l'augmentation du nombre d'acteurs de l'aide et de moyens sur le terrain, en l'absence de système de Santé public fonctionnel, les ONG devront continuer à s'y substituer. Mais elles n'auront jamais les moyens de couvrir – à elles seules – tous les secteurs et besoins, massifs, de la population et du pays.

 

De plus, la réalité des ONG aujourd'hui en RCA c'est un rétrécissement drastique de l'espace humanitaire. Ces derniers mois, les attaques, actes de violences et de racket exercés à l'encontre des ONG se sont multipliés. Tout camion sillonnant les parties Ouest ou Nord du pays est désormais la cible potentielle de groupes armés et autres coupeurs de route, ce qui entrave gravement la délivrance de l'aide dans ces zones. « Le manque de perspective, en province et à Bangui, conduit à ces actes de prédation et les ONG sont une cible facile. La population de ces zones vit dans la terreur et des attaques, sont régulièrement menées, y compris contre nos convois et nos véhicules. Nous avons déjà payé un lourd tribut, notamment sur l'axe Nord, avec violences physiques, mises en joue, menaces de mort…» déplore Claude.

 

La souffrance et les besoins de la population sont immenses. « Cela ne se voit pas forcément, mais la RCA est devenue un immense camp de déplacés par la violence (ils seraient encore 430 000[3], dont 166 000[4] à Bangui même) qui attendent qu'on les sorte de là » dénonce Claude. Ainsi, les conditions de vie continuent à se dégrader pour les 20 000 personnes, très vulnérables, vivant toujours dans le camp de Mpoko et ne pouvant pas rentrer chez elles soit parce qu'elles ont tout perdu ou par peur de l'insécurité dans leurs quartiers. Ce camp, situé près de l'aéroport international de Bangui, à proximité immédiate de la base de Sangaris, est une parfaite illustration de l'échec de l'assistance et des stratégies de protection de la population. Ainsi, ces derniers mois, les agences des Nations unies ont mis un terme aux distributions de nourriture et d'abris. Les groupes armés qui sillonnent Mpoko pressurisent et terrorisent les déplacés (taxes sur les petites entreprises, menaces à l'encontre de ceux qui ne veulent ou peuvent pas payer).

 

Aux maux chroniques (paludisme endémique, quasi absence de couverture vaccinale, prévalences importantes du VIH-Sida et de la tuberculose), se rajoutent aujourd'hui d'importants besoins en soins psychologiques. « La population est traumatisée par les violences, attaques, meurtres, atrocités et pillages continuels. Or cette crise – déjà chronique avant qu'elle ne devienne aigue – ne doit pas retomber dans l'oubli. Aujourd'hui, de nombreuses armes circulent et des quartiers entiers se vident lors des affrontements. Il n'y a plus d'Etat, plus d'espoir, plus de perspective. L'afflux de médicaments, de médecins et d'ONG ne feront pas décroître cette violence ni cette insécurité. La RCA ne doit pas être oubliée, ni négligée, et doit absolument rester dans le radar et l'agenda international » appelle Claude Cafardy.


SOURCE Médecins Sans Frontières

 

Copyright : PR NewsWire

« N’oubliez pas la RCA ! »

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 12:52

 

 

 

 

 

French.china.org.cn  le 07-12-2014

 

Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a rencontré vendredi à New York la présidente de la transition de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza, alors que la situation dans le pays reste fragile.

 

"Ils ont noté que, malgré quelques progrès, la situation humanitaire sécuritaire reste fragile et la présidente Samba-Panza a exprimé ses regrets pour les pertes dont a souffert la Mission des Nations unies en République centrafricaine (MINUSCA) en octobre", a précisé le porte-parole de M. Ban dans un communiqué.

 

Le 9 octobre, un convoi de l'ONU avait été attaqué par des hommes armés non identifiés dans la capitale centrafricaine Bangui, causant la mort d'un Casque bleu et en blessant huit autres.

 

M. Ban et Mme Samba-Panza ont convenu qu'il fallait faire des progrès rapidement vers un processus politique inclusif. Le chef de l'ONU s'est félicité de l'annonce de l'organisation du Forum de Bangui dès que possible l'an prochain et de la volonté d'achever le processus électoral avant août 2015.

 

Il y a un an, Bangui était capturée par les anti-Balaka, une milice chrétienne, entraînant le déplacement d'un demi-million de personnes et de nombreux morts parmi les civils.

 

La Coordonnatrice humanitaire principale dans le pays, Claire Bourgeois, a rappelé vendredi que ces affrontements ont laissé des blessures profondes au sein des communautés qui ont encore du mal à vivre côte à côte aujourd'hui.

 

Pour sa part, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a rappelé que plus de 850.000 personnes sont toujours déracinées aujourd'hui et plus de 2,5 millions de personnes ont besoin d'une assistance humanitaire.

 

Parmi ces déracinés, plus de 187.000 ont fui dans les pays voisins l'an dernier, portant le nombre total de réfugiés centrafricains dans la région à plus de 420.000, principalement au Cameroun et au Tchad. Il y a également toujours environ 430.000 personnes déplacées à l'intérieur du pays.

 

Source: Agence de presse Xinhua

Centrafrique : Ban Ki-moon rencontre la présidente de la transition à New York

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