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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 22:19
Alpha Condé se confesse : « les erreurs que j’ai commises »
Alpha Condé se confesse : « les erreurs que j’ai commises »

 

Lu pour vous

 

https://afriqueconfidentielle.com/ 1 septembre 2022

Un an après sa chute, le 5 septembre 2021, l’ancien président guinéen Alpha Condé a brisé le silence. Le patriarche s’est confessé et reconnait avoir commis trois erreurs fatales qui ont conduit à sa déchéance. 

Réélu en octobre 2020 pour un troisième mandat très contesté, Alpha Condé croyait certainement avoir réussi son coup de force sans encombre. L’ex homme fort de Conakry avait alors pris des mesures radicales comme couper le contact avec certaines personnes qui avaient directement accès à lui. Pour ce faire, il avait changé ses numéros de téléphones portables, se privant, du coup, de précieuses sources d’information qui, l’auraient averti de ce qui se préparait contre lui, admet Alpha Condé, dans une confession faite à Jeune Afrique.

Pourtant, rapporte la même source, le chef d’antenne de la DGSE à l’ambassade de France à Conakry lui avait pourtant conseillé de rapatrier à la Présidence les services de la Direction générale du renseignement intérieur et de la placer sous son autorité directe. Condé lui avait opposé un niet catégorique. Il regrette amèrement de ne pas l’avoir écouté.

La plus grande erreur de Condé est sans doute sa trop grosse confiance à l’armée. En effet, après avoir réussi une réforme au forceps des services de sécurité, engagée depuis 2011, l’ex chef de l’Etat croyait alors tenir une armée républicaine épurée de « ses démons putschistes ». Il aimait d’ailleurs à répéter qu’il n’y aura plus jamais de coup d’État en Guinée. Il ne voyait pas venir le coup de force du 05 septembre dernier.

Condé n’a pas nommé Doumbouya !

Alpha Condé a confié à Jeune Afrique que ce n’est pas lui qui a nommé Mamady Doumbouya à la tête des fameuses Forces spéciales qui ont mené le coup d’Etat qui l’a renversé. Pourtant, l’actuel chef de la junte militaire, actuellement au pouvoir en Guinée, a soutenu avoir été reçu deux fois par le président déchu.

« Le CV de Doumbouya ne m’a jamais été soumis ; si j’avais su que c’était un ancien légionnaire français, je ne l’aurais jamais choisi », aurait confié Condé récemment à un visiteur, cité par JA.

La nomination du lieutenant-colonel Mamady Doumbouya à la tête des forces spéciales serait plutôt venue d’un groupe de pression composé de l’ancien Premier ministre Kassory Fofana, du ministre de la Défense d’alors, Mohamed Diané, de son Conseiller spécial Tibou Kamara et du général Namory Traoré.

Le même groupe qui avait été à l’origine de l’utilisation des Forces spéciales en 2019 pour réprimer la mutinerie de Kindia et le soulèvement de Ratoma, selon le magazine panafricain.

Alpha Condé est depuis plusieurs mois en Turquie, officiellement pour des soins médicaux, alors que la Guinée vit toujours sous le feu de la violence et de la contestation. Les acteurs politiques et la société civile s’opposent au nouveau gouvernement militaire qu’ils accusent d’autoritarisme et de manœuvrer pour rester le plus longtemps possible au pouvoir. 

En fin juillet et mi-août, des manifestations contre la junte militaire ont fait au moins 7 morts à Conakry.

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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 22:18
Le Gabon montre la voie à la semaine africaine du climat

 

Lu pour vous

 

dw.com

Avec une couverture forestière de 88% de son territoire, le Gabon qui abrite la semaine africaine du climat, souhaite alerter sur la déforestation et le changement climatique.

Le Gabon abrite la Semaine africaine du climat du 29 août au 2 septembre 2022. Cette conférence qui se déroule à Libreville est une étape clé sur la voie de la COP27 prévue au mois de novembre en Egypte.

Réunissant tout le continent, les politiques, les experts et la société civile vont discuter des menaces liées au changement climatique, en prélude à la COP27 en novembre prochain en Egypte. C'est aussi l'occasion de rappeler que l'Afrique n'est pas responsable du réchauffement climatique.

Responsabilité historique

"Ce n'est pas nous le problème. Le problème, ce sont les pays du G20. Le problème, ce sont les pays développés qui ont rempli l'atmosphère avec du CO2. Quelque chose qui met en risque aujourd’hui le développement de l'Afrique et même la vie de nos sœurs et de nos frères dans certains pays", a expliqué Lee White, ministre gabonais des Eaux et des Forêts. 

Si les thématiques abordées et les différents scénarios envisagés pour les prochaines décennies présentent des opportunités, des milliers d’Africains parlent d’injustice vis-à-vis du continent en matière de climat et de politique énergétique. 

"Nous voulons apporter des solutions pour l'Afrique par l'Afrique. L’Afrique aujourd'hui est le continent le plus vulnérable et le continent le moins responsable des changements climatiques. Cependant, lors des négociations, on observe qu'il y a comme une volonté de mettre l'Afrique au second rang des négociations. Nos priorités ne sont pas prises en compte, notamment celles en matière d'adaptation, en matière de résilience", a déploré Tanguy Gahouma-Bekale, le secrétaire permanent du Conseil national climat gabonais.

La transition énergétique

La Semaine africaine du climat est une plateforme de collaboration pour explorer la résilience face aux risques climatiques, la transition vers une économie à faibles émissions et les partenariats pour résoudre les défis urgents.

Pour Marc Ona, le secrétaire exécutif de Brainforest, Prix Goldman 2009, les Africains entrent dans la transition énergétique en ordre dispersé. Le continent ne se donne pas selon lui les moyens de ses ambitions. 

"Malheureusement, le fait de tendre la main, le fait de toujours quémander des ressources financières et venir à bout des problèmes que nous rencontrons dans notre continent fait de l'Afrique une victime expiatoire. Comme je l'ai dit", a regretté Marc Ona.

La Semaine africaine du climat est une plateforme de collaboration pour explorer la résilience face aux risques climatiques, la transition vers une économie à faibles émissions et les partenariats pour résoudre les défis urgents.

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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 22:16
France : "La diplomatie n’a jamais été autant en danger"
France : "La diplomatie n’a jamais été autant en danger"

 

Lu pour vous

 

https://information.tv5monde.com/ 03 SEP 2022 Mise à jour 03.09.2022 à 13:35 par  Salim Sijelmassi

Ce mercredi 31 août, des diplomates ont annoncé la création d’une association française des diplomates de métier. Comment comprendre ce rassemblement inédit des acteurs du Quai d’Orsay, d’ordinaire si discrets ? Quels sont les objectifs de cette association ? Éléments de réponse avec son président Benjamin Weisz. 

TV5MONDE : Qu’est-ce que "l’association française des diplomates de métier" ? 

Benjamin Weisz, président de l'association des diplomates de métier : 

"L’association française des diplomates de métier" est une association née le 31 août dernier. Cette association vise à faire connaitre et à faire comprendre le métier de diplomate. Récemment, nous avons réalisé que la méconnaissance du métier de diplomate peut amener à des décisions qui ne sont peut-être pas les meilleures. 
 

Cette association vise à défendre l’idée qu’être diplomate c’est une vocation. Benjamin Weisz, président de l'association des diplomates de métier

Cette association vise donc à défendre l’idée qu’être diplomate c’est une vocation, c’est un métier, c’est quelque chose qui se construit sur la base d’une expertise. Pour ces raisons, naturellement l’association se veut en protestation contre la réforme de la haute fonction publique qui supprime le métier de diplomate. 
 

Qu'est-ce que la réforme de la haute fonction publique ? 

Cette réforme, voulue par Emmanuel Macron, crée un nouveau corps d'administrateurs de l'État et
détache les hauts fonctionnaires d'une administration spécifique pour les inviter à en changer régulièrement tout au long de leur carrière.

Pour les diplomates français, cela se traduit par une fusion puis "mise en extinction" progressive d'ici à 2023 des deux corps historiques de la diplomatie française, ministres plénipotentiaires (ambassadeurs) et conseillers des affaires étrangères. Nombre de ces diplomates dénoncent une réforme qui acte "la fin de  la diplomatie professionnelle" française. 

 Le 2 juin 2022, six syndicats et un collectif de 500 jeunes diplomates ont ainsi lancés un mouvement de grève, événement extrêmement rare au Quai d'Orsay. Plus symptomatique encore, des dizaines de diplomates de haut rang ont soutenu ce mouvement sur Twitter sous le hashtag #diplo2metier. 

 À lire : France : les discrets diplomates français laissent éclater leur "malaise"

L’opposition à la réforme de la Haute fonction publique n’est évidemment pas notre seul sujet. Notre objectif est également de mieux faire comprendre le métier de diplomate. Il s'agit de présenter ce métier aux Français, aux responsables politiques aux journalistes, aux milieux associatifs, aux milieux académiques, à tous ceux que la diplomatie intéresse.

TV5MONDE : Qui compose cette association ?

 Cette association rassemblera tous les acteurs du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de la base de la pyramide jusqu’au sommet. Benjamin Weisz, président de l'association des diplomates de métier

Cette association a vocation à rassembler des diplomates de tous les niveaux et de tous les statuts. Elle rassemblera donc tous les acteurs du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, de la base de la pyramide jusqu’au sommet. 

L’ensemble de la chaîne hiérarchique doit y être présente et c’est important. Nous avons notamment une vice-présidente de catégorie C, c’est-à-dire issue du corps de la base de la pyramide.

Il est important de rappeler que le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères n'est pas composé que de cadres, ce sont aussi toutes les fonctions et notamment les fonctions supports, les fonctions consulaires. Il n’y aurait pas de diplomatie française sans tous ces gens qui font vivre la diplomatie française.

Il existe également un "statut associé" pour les conjoints d’agents, Benjamin Weisz, président de l'association des diplomates de métier

S’agissant des statuts, et je voudrais insister là-dessus, l’association est inclusive. Elle comprend des personnes travaillant pour la diplomatie française sans être membre du ministère. Il peut s’agir de contractuels, de CDD, de CDI… Il existe également un "statut associé" pour les conjoints d’agents parce que ces conjoints font vivre la diplomatie. 

TV5MONDE : Le président de la République a eu des mots durs hier à l’occasion de la conférence des Ambassadeurs. Il a demandé aux diplomates de "s’approprier" la réforme de la haute fonction publique avant d’ajouter : "défendre un métier n'a jamais signifié défendre un corps". Comment comprenez-vous cette déclaration ?

À lire : Conférence des Ambassadeurs : Emmanuel Macron expose ses stratégies diplomatiques

Ce que la réforme de la haute fonction publique met en danger, ce n’est pas juste un corps, c’est un métier. Quiconque a regardé dans le détail la manière dont cette réforme va fonctionner comprendra que le résultat se sera une diplomatie exercée par des "intermittents". Des gens exerceront le métier de diplomate pendant quelques années et partiront. 

La réforme de la haute fonction publique attaque la colonne vertébrale de la diplomatie, c’est-à-dire le cœur des gens dont c’est le métier. Benjamin Weisz, président de l'association des diplomates de métier

Être diplomate c’est une vocation, il faut des années pour apprendre son métier. Lorsque vous allez voir votre dermatologue vous vous attendez à ce qu’il ait des années d’expérience en dermatologie. Si votre dermatologue est dermatologue depuis un an, qu’il était cardiologue par le passé et dans un an devient psychiatre, vous allez vous inquiéter. 

Nous ne sommes pas fermés vis-à-vis de l’extérieur. Lorsque l’on travaille en ambassade on travaille avec des acteurs du ministère de l’Économie, du ministère des Armées, des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, de l’Agriculture… C’est formidable, ça marche très bien et c’est la richesse de notre travail. Mais la réforme de la haute fonction publique attaque la colonne vertébrale c’est-à-dire le cœur des gens dont c’est le métier. 

Nous ne défendons pas un pré carré, nous défendons un service public qui est celui de la diplomatie et que nous devons aux générations futures. Benjamin Weisz, président de l'association des diplomates de métier

Aussi, nous ne défendons pas un pré carré, nous défendons un service public qui est celui de la diplomatie et que nous devons aux générations futures. Le danger de cette réforme c’est qu’elle met en danger l’avenir de la diplomatie. Les conséquences seront très longues à voir, mais à terme c’est la politique étrangère de nos enfants que nous sommes en train de mettre en danger.

TV5MONDE : Quels peuvent être les moyens mises en œuvre par l’association pour s’opposer à la réforme de la haute fonction publique ? 

Nous allons faire porter la parole des diplomates de métier auprès de toutes les personnes qui s’intéressent à la diplomatie. Nous allons expliquer ce qu’est l’association et ce qu’est notre métier. 

Nous allons expliquer pourquoi la diplomatie a besoin de gens dont c'est le métier. Benjamin Weisz, président de l'association des diplomates de métier

Nous allons expliquer pourquoi la diplomatie a besoin de des gens dont c’est le métier. Nous allons expliquer pourquoi dans nos ministères il doit y avoir à la fois des spécialistes venant de l’extérieur, mais surtout des diplomates professionnels. 

Nous allons démontrer ce point par A plus B auprès de toutes les personnes qui s’intéressent au sujet. Et en matérialisant cette réalité, sans doute trop abstraite pour beaucoup de gens, nous arriverons à une conclusion collective qui s’impose d’elle-même "il faut absolument préserver une diplomatie de métier".

 S’agissant des actions, nous cherchons déjà à rassembler tous les diplomates dans l’association. Benjamin Weisz, président de l'association des diplomates de métier

TV5MONDE : Après les grèves de juin dernier, de nouvelles actions de ce type peuvent-elles survenir ? 

Il est un peu tôt pour le dire. L’association a quelques heures seulement. S’agissant des actions, nous cherchons déjà à rassembler tous les diplomates. Il y a déjà un enthousiasme immense pour l’association. 

Nous avons noté l’annonce du président de la République actant la création de nouveaux États généraux. Nous attendons un calendrier car pour l’instant les dates ne sont pas précisées. [NDLR, la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna doit lancer prochainement des États généraux de la diplomatie dans le but d'"enrichir" la réforme]. 

La diplomatie n’a jamais été autant en danger. Benjamin Weisz, président de l'association des diplomates de métier

Nous attendons les échéances de ces États généraux avec un état d’esprit constructif mais exigent et vigilant. Exigent et vigilant parce que la diplomatie n’a jamais été autant en danger.

Nous allons engager ce dialogue puis nous en tirerons les conclusions. Évidemment si les résultats ne sont pas au rendez-vous, tous les modes d’actions sont possibles, y compris celui de la grève, mais nous ne sommes pas encore là. 

Les professionnelles de la diplomatie ne découvrent pas complétement l'agilité. Benjamin Weisz, président de l'association des diplomates de métier

TV5MONDE : Le président a également demandé à la diplomatie française d'être"plus agile, plus experte, plus forte" notamment sur "les réseaux sociaux, les techniques et l'épidémiologie". Quelle est votre stratégie pour répondre à ces demandes présidentielles ?

En tant que diplomate, je suis soucieux, et je pense que mes collègues le sont aussi, de toujours réformer notre ministère. Le monde avance vite et il faut bien sûr que la diplomatie suive cette avancée. Évidemment il faut être agile dans notre monde et on est toujours prêt à discuter de la meilleure manière d’être plus agile. Nous diplomates, nous servons la parole présidentielle et si c’est une instruction du président nous allons bien sûr la mettre en œuvre.

Simplement, je constate que les professionnels de la diplomatie circulent d’un bout du monde à l’autre tous les trois ou quatre ans. Ces professionnels échangent avec des autorités de pays étrangers qui sont parfois un peu difficiles à aborder. Ils doivent déjà lutter contre des fausses rumeurs sur les réseaux sociaux. À priori donc, les professionnelles de la diplomatie ne découvrent pas complètement l’agilité.

Je ne dis pas que tout est parfait, le président nous a demandé de travailler sur ce sujet nous allons évidemment le faire, mais simplement je ne suis pas sûr que le Quai d’Orsay soit l’administration la moins agile en France. 

Salim Sijelmassi

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Centrafrique-Presse.com
3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 22:14
49 violations et abus des droits de l’homme documentés par la Minusca

 

Centrafrique : 49 violations et abus des droits de l’homme documentés par la Minusca la semaine dernière  

 Judicael Yongo   septembre 3, 2022 8:09

BANGUI, le 3 Septembre 2022 (RJDH) — La Minusca a confirmé ce 31 août à Bangui, avoir documenté et vérifié 49 violations et abus des droits de l’Homme et droit international, ayant affecté 107 victimes en Centrafrique. Ces infractions sont attribuées beaucoup aux groupes armés et agents de l’Etat.

Lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Minusca à Bangui, il est ressorti que les acteurs étatiques auraient été responsables de 53 violations affectant 41 victimes. Les groupes armés signataires de l’Accord politique de paix et la réconciliation (APPR) ont commis environ 26 violations qui ont affecté 18 victimes.

Pour prévenir ces d’infractions des groupes armés, la Division des droits de l’Homme de la Minusca a organisé une formation à l’intention de 120 éléments à Batangafo, sur les droits de l’homme, les droits de l’enfant, la protection de la femme et sur le respect du Droit Humanitaire, a expliqué Vladimir Monteiro, Porte-Parole de la mission onusienne.

Selon la Minusca, la Préfecture de la Basse-Kotto est la plus touchée par rapport à la semaine dernière.

Auguste Bati-Kalamet

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Centrafrique-Presse.com
3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 22:12
RCA : Les patrouilles robustes des casques bleus réduisent les mouvements des groupes armés 

 

Centrafrique : Les patrouilles robustes des casques bleus réduisent les mouvements des groupes armés 

https://oubanguimedias.com/ | 2 Sep 2022 

Les patrouilles robustes menées par les casques bleus la MINUSCA entravent les mouvements des éléments armés et contribuent à l’accalmie notée dans plusieurs régions du pays, a indiqué le porte-parole de la Force de la Mission, le Lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouédraogo. 

« La situation sécuritaire la semaine écoulée a été calme grâce aux actions de la Force dans différentes zones du pays. Les patrouilles robustes des casques bleus entravent la liberté de manœuvre des éléments armés, permettant ainsi aux populations de mener sereinement leurs activités », a affirmé le porte-parole lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Mission.  

Selon le porte-parole, « la Force de la MINUSCA a effectué 1.325 patrouilles diurnes et nocturnes sur toute l’étendue du territoire, dont 3 conjointes avec les FACA ».

A l’intérieur du pays, « dans la zone Est, l’opération de domination de zone lancée depuis plus de deux mois se poursuit.

Les efforts ont porté la semaine écoulée sur l’axe Bria-Yalinga où la quiétude est de retour et l’activité économique a repris également.

Dans la partie Ouest, on note une nette amélioration de la situation. Dans la région Centre, la Force de la MINUSCA maintient sa posture robuste. La surveillance accrue de la ville de Ndélé et ses alentours se poursuit », a-t-il ajouté. Le porte-parole a également fait le bilan des actions menées entre janvier et juin 2022 au profit des populations civiles à savoir « 1.442.100 litres d’eau potable distribués à 64.650 personnes ; 3.525 patients pris en charge dans les structures de santé ou des consultations médicales gratuites ; plus de 20 dons de médicaments à des hôpitaux ou des structures de santé centrafricaines ; plus de 155 dons de kits scolaires, de vivres, de vêtements ainsi que 175 actions de formations et/ou de sensibilisations ». 

Le porte-parole de la Police, le commissaire Serge Ntolo Minko, a également abordé la question des patrouilles de la Police des Nations Unies, conjointement avec les Forces de sécurité intérieure, qui « ont permis de ramener la quiétude dans le 7e arrondissement de Bangui, en proie aux actes de braquage ».

D’après le porte-parole, cette même collaboration s’effectue à l’intérieur du pays. Tout en appelant la population à donner les bonnes informations aux forces de l’ordre, pour une meilleure protection, le porte-parole a fait part de la poursuite de la formation en police de proximité à Berberati à l’intention des membres du Comité Local de Sécurité, composés du personnel de la mairie, de la police municipale, les agents de la douane, de la justice, des eaux et forêts et des organisations de la société civile de cette. 

« Ces formations en police de proximité commencent à porter des fruits, car de plus en plus d’actes suspects ont été rapportés aux éléments de la sécurité par la population », a-t-il dit. 

De son côté, la porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro, est revenu sur la participation de la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général, Lizbeth Cullity, à la deuxième réunion de coordination de la mutualisation de la Feuille de route de Luanda et de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR), tenue lundi à Bangui sous la présidence du Premier ministre.

La réunion avait pour objectifs « d’évaluer les progrès et d’identifier les défis du processus de paix », selon le porte-parole, ajoutant que « la Représentante spéciale adjointe s’est félicitée de sa tenue et a rappelé l’importance du processus de Désarmement et Démobilisation en cours ainsi que la tenue des commissions mixtes avec le Soudan et le Tchad ». 

Relativement à la situation des droits de l’homme dans le pays, le porte-parole de la MINUSCA a souligné qu’entre le 16 et le 30 août, la Mission a documenté et vérifié 49 violations et abus des droits de l’homme et du droit international humanitaire, ayant affecté 107 victimes.

Par ailleurs, conformément aux règles de Bangkok et de Beijing, visant à garantir le respect du principe de séparation des détenus mineurs et des femmes des autres catégories de détenus, deux quartiers de détention pour femmes et mineurs à la prison de Bria entièrement construites par la MINUSCA à travers un projet à impact rapide, ont été officiellement remis aux autorités nationales le 26 août 2022. 

Minusca

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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 22:11
Le fiasco de la cryptomonnaie Sango Coin en Centrafrique

 

Lu pour vous

 

dw.com

La Cour constitutionnelle s’oppose à la possibilité d’obtenir la nationalité centrafricaine ou un terrain en échange d’un investissement dans la cryptomonnaie du pays.

En Centrafrique, le gouvernement a subi cette semaine un sévère revers. Son projet de cryptomonnaie Sango Coin a été sanctionné par la Cour constitutionnelle.  

Le Sango coin permettait de monnayer l’acquisition d’un passeport centrafricain ou d'un titre de résidence. Les juges ont déclaré ces points non conformes à la Constitution et c’est tout l’édifice conçu par le président Faustin-Archange Touadéra qui risque de s’effondrer.  

Désormais, personne ne sait si l’Etat centrafricain va devoir rembourser les sommes déjà investies et le gouvernement semble vouloir gagner du temps pour trouver une porte de sortie.   

Lancé le 3 juillet dernier, le projet Sango repose sur la monnaie numérique nationale, le Sango Coin. Il dispose d’un portail internet qui détaille comment l’Etat centrafricain a ouvert grand ses portes aux investisseurs étrangers, au risque de brader les richesses du pays.  

Un passeport contre 60.000 dollars 

Ainsi, pour un investissement de 60.000 dollars en cryptomonnaie qui devra être bloqué pendant cinq ans, un investisseur étranger peut obtenir la nationalité centrafricaine.   

Grâce à ce passeport, un investisseur étranger aura le droit d’obtenir à faibles coûts des parts dans les secteurs miniers et forestiers centrafricains.   

Autre possibilité : faire domicilier son entreprise en Centrafrique pour 6.000 dollars ou encore acquérir un terrain de 250 mètres carré pour 10.000 dollars en Sango Coins conservés pendant dix ans.  

La plateforme internet fait miroiter un terrain dans le quartier résidentiel de Crypto City, prévu d’être bâti sur une île au milieu de la rivière Ubangui mais dont aucune pierre n’a encore été posée. 

Vendre la nationalité ou un droit de résidence étant contraire à la Constitution, un groupe constitué de représentants de la société civile, le G16, a saisi la Cour constitutionnelle qui lui a donné raison.  

Le gouvernement dos au mur 

Face à cette déconvenue, le gouvernement n’a pu que constater ce coup d’arrêt. "La décision de la Cour Constitutionnelle n’étant susceptible d’aucun recours, nous prenons seulement acte de cette décision", a-t-il indiqué.  

Mais la question qui se pose désormais est : l’Etat centrafricain va-t-il devoir rembourser les sommes déjà investies ?  

Il semble que celles-ci ne soient pas encore très importantes mais le gouvernement ne communique pas sur les chiffres.

Qui plus est, les ressources générées par le Sango Coin échappent à la comptabilité publique et sont de fait gérées directement par la présidence de la République.   

La cryptomonnaie très critiquée 

Ben Wilson Ngassan, l’un des membres du G16, met en garde contre les dangers de la cryptomonnaie.  

Pour lui, la décision de justice "est une satisfaction totale pour le peuple centrafricain, longtemps martyrisé par les lois scélérates prises par le pouvoir de Bangui, qui ne vont malheureusement pas dans le sens de l’intérêt général. En faisant ce recours, nous avons fait savoir que la loi sur la cryptomonnaie représente un réel danger pour la survie de notre nation."

Malgré tout, il est peu probable que le gouvernement renonce à un projet piloté directement par le président centrafricain. Dans une note officielle, le ministre d’Etat Obed Namsio a d’ailleurs estimé que la décision de la Cour Constitutionnelle n’a pas vidé de sa substance la loi sur la cryptomonnaie locale.   

Désormais, tout le monde attend la réaction du gouvernement pour savoir s’il va respecter ou chercher à contourner la décision de la Cour constitutionnelle.  

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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 22:09
Angola: le deuxième mandat du président semé d'embûches
Angola: le deuxième mandat du président semé d'embûches

Lu pour vous

 

https://afrique.tv5monde.com/ Mise à jour le 1 septembre 2022 à 13:00 par AFP

Le président angolais Joao Lourenço entame son deuxième mandat avec une majorité réduite pour affronter de lourds défis dans un pays où l'économie est à relancer et la jeunesse à réenchanter face à un sentiment de blues électoral, estiment des analystes.

Le parti du président, le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), au pouvoir depuis l'indépendance du Portugal en 1975, a remporté les élections législatives du 24 août avec 51,17% des voix lors du scrutin le plus disputé de l'histoire du pays.

En Angola, il n'y a pas d'élection présidentielle. La tête de liste du parti vainqueur aux législatives est investie aux fonctions de chef de l'Etat.

Le score du MPLA est le plus faible qu'il a enregistré depuis le premier vote démocratique en 1992. Et s'il conserve la majorité absolue au Parlement avec 124 sièges sur 220, il perd la majorité des deux tiers qui lui permettait jusqu'ici de passer des lois sans le soutien d'un autre parti.

Selon Augusto Santana, de la Fondation Democracy Works, Lourenço risque d'être sous pression pour mettre en oeuvre ses réformes économiques alors que l'opposition sort renforcée du scrutin, sans compter de possibles manifestations dans la rue et des désaccords au sein de son propre parti.

"Il fait face à pas mal de défis", résume auprès de l'AFP M. Santana, par téléphone depuis Luanda, la capitale angolaise.

Lourenço, 68 ans, est arrivé au pouvoir en 2017 à la suite du président José Eduardo dos Santos, qui lui a laissé un pays en profonde récession et gangrené par la corruption et le népotisme au terme de 38 années d'un règne autoritaire.

L'ancien général d'artillerie formé en URSS a lancé un ambitieux programme de réformes pour lutter contre la corruption, attirer les investisseurs étrangers et sortir l'économie du tout-pétrole.

- "Plus de manifestations" -

Si le pays a fini par émerger de la récession en 2021, les réformes ne se sont pas traduites par de meilleures conditions de vie pour la plupart des Angolais.

"Les gouvernements angolais parlent depuis des années de diversification économique et ils n'ont jamais réussi", estime Justin Pearce, de l'université sud-africaine de Stellenbosch.

La crise, aggravée par la pandémie de Covid-19 et une sécheresse, puis par une forte inflation, a été subie de plein fouet par la plupart des Angolais, les poussant à se tourner vers l'opposition.

Le principal parti d'opposition, l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), a obtenu 43,95% des suffrages, un bond par rapport aux 26,67% remportés en 2017. Il a aussi raflé la capitale.

Son dirigeant charismatique, Adalberto Costa Junior, 60 ans, s'est rendu populaire dans les zones urbaines et au sein d'une jeunesse qui considère que le parti au pouvoir est à court d'idées.

La participation au scrutin a été faible, autour de 45%.

Mardi, un cortège de partisans du MPLA célébrant la victoire à Luanda a été stoppé par de nombreux passants en colère, une scène inimaginable il y a encore quelques années, souligne M. Santana.

"Il y aura plus de manifestations parce que cette fois les gens pensent que le MPLA ne peut rien faire de plus et qu'il devrait simplement partir et laisser la place à d'autres", estime-t-il.

- Dialogue ou oppression ? -

L'opposition conteste les résultats en évoquant des divergences de comptage. Des tentatives similaires de contestation ont échoué dans le passé.

Les résultats offrent néanmoins à l'opposition une présence parlementaire accrue, lui donnant plus de poids dans la perspective d'élections locales d'ici deux ans.

"Maintenant la question c'est: Lourenço aura-t-il vraiment entendu ce que l'électorat lui dit ?", interroge Alex Vines, de l'institut de réflexion basé au Royaume-Uni, Chatham House.

"Essaiera-t-il de de faire croître l'économie, de réduire les inégalités et de trouver plus d'emplois ? Ou y aura-t-il une posture défensive avec une oppression accrue ?" poursuit-il.

Lors de son discours après la victoire, il a adopté un ton conciliant, en promettant "le dialogue et la concertation" et une attention particulière "aux attentes de la jeunesse". Il a également promis "un pays plus prospère et développé".

Mais les ressources pour y parvenir sont limitées.

L'Angola est le deuxième exportateur de pétrole d'Afrique subsaharienne mais il ne produit qu'environ 20% des produits raffinés dont il a besoin.

Et alors que la guerre en Ukraine a fait flamber les prix du pétrole, elle a aussi fait monter les prix alimentaires, annulant en partie les gains, note Justin Pearce.

Il devra aussi faire avec une opposition interne croissante, des cadres du parti ambitionnant de le remplacer à l'issue de son mandat pouvant vouloir se montrer plus critiques sur son action, relève M. Santana.

 

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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 22:06
Le dialogue tchadien à nouveau suspendu après trois jours de répression de manifestations
Le dialogue tchadien à nouveau suspendu après trois jours de répression de manifestations

Lu pour vous

 

Au Tchad, le dialogue national à nouveau suspendu après trois jours de répression de manifestations

Le Monde

Les travaux devaient être lancés samedi mais, à la mi-journée, le président de ce forum de quelque 1 400 personnalités censées représenter toute la société tchadienne a suspendu la séance jusqu’à lundi 5 septembre.

Le dialogue de réconciliation nationale lancé il y a deux semaines par la junte militaire au Tchad a de nouveau été suspendu samedi 3 septembre, après trois jours de siège par les forces de l’ordre d’un parti de l’opposition et de répression brutale de ses rassemblements.

Le jeune général Mahamat Idriss Déby Itno, autoproclamé chef de l’Etat à la tête d’un Conseil militaire de 15 généraux, en avril 2021 à la mort de son père le président Idriss Déby Itno, avait aussitôt promis un Dialogue national inclusif et souverain (DNIS) devant déboucher sur des élections « libres et démocratiques ».

Plusieurs fois reporté, ce dernier s’est ouvert le 20 août à N’Djamena mais, boycotté par la majorité de l’opposition et deux des plus puissants mouvements rebelles armés, il n’a toujours pas entamé ses travaux sur le fond, eux-mêmes reporté plusieurs fois, à quinze jours de sa clôture prévue.

Ils devaient être lancés samedi mais, à la mi-journée, le président de ce forum de quelque 1 400 personnalités censées représenter toute la société tchadienne a suspendu la séance jusqu’à lundi 5 septembre, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse. Cette suspension doit laisser un peu plus de temps à un comité chargé de rallier ceux qui le boycottent et dénoncent un « monologue » entre la junte et des personnalités proches.

Encerclement

Mais, au troisième jour, samedi, de l’encerclement par la police et l’armée du siège du parti Les Transformateurs et de répression brutale de toute tentative de rassemblement de ce parti, la principale coalition de l’opposition, Wakit Tamma, ainsi que l’un des deux principaux groupes rebelles armés, le Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT), ont réitéré leur boycott, en raison notamment de la « répression ».

Jeudi 1er septembre, la police a dispersé à coups de grenades lacrymogènes une caravane des Transformateurs qui appelait les habitants de la capitale à assister samedi à un meeting de leur jeune leader Succès Masra, et arrêté 84 jeunes militants pour « manifestation interdite et troubles à l’ordre public », selon la police. Vendredi 2 septembre, elle a de nouveau dispersé brutalement leurs rassemblements. M. Masra assurait alors que 164 de ses partisans avaient été arrêtés.

Samedi, les policiers ont de nouveau tiré des gaz lacrymogènes sur quelques dizaines de jeunes Transformateurs tentant de rallier leur siège, a témoigné un journaliste de l’AFP. Un impressionnant déploiement de policiers et militaires bloquait l’accès au quartier et empêchait les journalistes de travailler, qui étaient arrêtés s’ils tentaient de sortir du matériel de prise de vue, ont témoigné ceux de l’AFP.

En fin de journée, le quartier était toujours saturé de gaz lacrymogènes et un camion de la police a emmené une dizaine de jeunes gens arrêtés.

« Monologue »

M. Masra, qui réclame un « Dialogue du Peuple » au lieu du « monologue » actuel, dénonce sur sa page Facebook le siège de son mouvement où il assure être retranché. « Vous êtes l’âme de ce Peuple qui se met debout pour la justice et l’égalité. Nous vaincrons ensemble », écrit-il à l’adresse des Tchadiens.

Le 20 avril 2021, à l’annonce de la mort de son père tué en se rendant au front contre la rébellion du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT), après trente années d’exercice d’un pouvoir autoritaire et sans partage, le général Mahamat Déby avait dissous le Parlement, limogé le gouvernement, abrogé la Constitution mais aussitôt promis de rendre le pouvoir aux civils par des « élections libres et démocratiques » après une transition de dix-huit mois renouvelable une fois et un Dialogue national.

Article réservé à nos abonnés Au Tchad, Déby fils dans les pas de son père

L’absence d’une grande partie de l’opposition politique, d’une large frange de la société civile et d’une grande partie des rebelles les plus puissants au DNIS risque de ralentir voire de compromettre la réconciliation nationale et de retarder considérablement les élections promises.

Depuis son indépendance de la France en 1960, l’histoire du Tchad a connu plusieurs coups d’Etat, tentatives et d’offensives rebelles. Un très laborieux dialogue entre la junte et une cinquantaine de groupes armés - préalable requis pour le dialogue national - s’est soldé le 8 août par un accord de paix mais il a été signé par une quarantaine de mouvements, deux des trois réellement actifs l’ayant rejeté, dont le FACT.

 

Tchad: Succès Masra, une épine dans le pied du régime militaire tchadien

https://icilome.com/ By Adjogblé HAKA September 3, 2022

Sa voix résonne tel un stentor. Ses phrasées sont audibles et ses speechs dégagent une cohérence dans le raisonnement. Son parti les Transformateurs mis sous les fonts baptismaux en 2018 est une peau de banane entre les pieds du régime militaire du défunt président Idriss Deby Itno puis de celui de son fils le Général Mahamat Deby Itno qui a pris la succession de son père contre toutes les dispositions constitutionnelles du Tchad.

Les Transformateurs, ce sont des jeunes éparpillés partout dans le pays et qui donnent du fil à retordre au pouvoir militaire de fait adoubé par la France et Emmanuel Macron qui a personnellement assisté au sacre du nouveau dirigeant alors que la rue grondait et réclamait un retour à l’ordre constitutionnel suite au décès du Maréchal.

Né le 30 août 1983, Succès Masra est un économiste en chef à la Banque africaine de développement et avait un bel avenir professionnel devant lui. Contre toute attente et au regard de la dérive totalitaire de Deby père, des souffrances et de la misère dans lesquelles baignaient ses compatriotes, il décida de tout laisser tomber et de se consacrer à la politique intérieure de son pays. En 2018, il rentre et prend la tête de son parti et entre en combat idéologique et pacifique contre les militaires pour transformer la société tchadienne en donnant à chacun sa place dans le débat et dans les redistributions des ressources. Il combat dans le même temps le népotisme, la gabegie, le clientélisme et l’injustice sociale qui ont pignon sur rue. Et la mousse prend.

À la mort du Maréchal, il s’insurge contre la succession dynastique et avec le mouvement Walik Tama un regroupement de partis et de mouvements de la société civile, ils organisent des mouvements de contestation très vite réprimés par les nouveaux maîtres du Tchad. Mais Succès Masra n’en démord pas et organise meeting sur meeting pour faire entendre raison non seulement à la France qui est une caution au nouveau pouvoir mais aussi au Général qui régente le pays.

L’annonce d’un dialogue national par la junte militaire tchadienne ne rassure pas les Transformateurs qui posent des préalables pour leur participation à ce qui s’annonce comme une farce. Ils exigent du Conseil militaire de transition CMT des préalables de confiance notamment un référendum sur la nouvelle constitution, l’interdiction aux militaires du CMT de se représenter à la prochaine élection présidentielle, la réelle séparation des pouvoirs, la nomination d’un Premier ministre consensuel de transition détenant les pleins pouvoirs. Toutes ces revendications sont balayées d’un revers de main par le CMT qui a entamé son dialogue laissant de côté les Transformateurs et la coalition de la société civile Wakit Tama qui réclament toujours des préalables avant toute participation au dialogue.

Depuis lors l’opposition qui conteste la fiabilité et la sincérité du dialogue en cours manifeste et Succès Masra est devenue son leader incontesté. Rien que dans la seule journée d’hier, 84 manifestants de son mouvement ont été arrêtés pour troubles à l’ordre public et ce matin le siège du parti est encerclé par les militaires qui empêchent les militants de se rassembler et de dénoncer le dialogue qui en principe devrait reprendre demain 03 septembre 2022.

Succès Masra au-delà de son jeune âge a un projet politique, social et économique pour son pays et ses propos sur les réseaux sociaux incarnent ce renouveau pour le Tchad. Comme il aime le répéter si souvent sur sa page Facebook, reprenant la célèbre citation de Thomas Sankara, «on peut tuer un homme mais pas ses idées» et ses idées font tâche d’huile au-delà de son Tchad natal.

Anani Sossou

 

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2 septembre 2022 5 02 /09 /septembre /2022 23:52
Les journalistes de RFI et France 24 protestent après des déclarations d'Emmanuel Macron

 

Lu pour vous

 

Europe 1

Plusieurs journalistes de France 24 et RFI ont réagi à des propos d'Emmanuel Macron sur l'influence internationale de la France. Le chef de l'État avait alors appelé à "mieux utiliser le réseau France Médias Monde" auquel appartiennent les deux rédactions qui refusent d'être considérées comme des "porte-voix" de l'État.

Les journalistes des médias publics France 24 et RFI ont protesté vendredi après des déclarations d'Emmanuel Macron sur l'influence internationale de la France, qui les assimilent selon eux à des "porte-voix" de l'État. Jeudi, devant les ambassadeurs français réunis à l'Elysée, le président de la République a appelé à "assumer une stratégie d'influence et de rayonnement de la France".

Dans ce discours qui pointait "le narratif, russe, chinois ou turc" en Afrique, Emmanuel Macron a exhorté à "mieux utiliser le réseau France Médias Monde, qui est absolument clé, qui doit être une force pour nous". "France 24, média du groupe FMM (France Médias Monde, NDLR), n'est en aucun cas la voix officielle de la France", a répliqué la SDJ (Société des journalistes) de la chaîne de télévision d'information continue, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

"Nous ne cèderons jamais une once de notre indépendance"

"Elle est un média de service public, pas un média gouvernemental. Elle n'est pas, non plus, un opérateur de la diplomatie d'influence", a insisté la SDJ de France 24. Dans un communiqué distinct, son homologue de la radio RFI, qui appartient également à France Médias Monde, a martelé que ce groupe "n'est pas le porte-voix de l'Elysée".

La Société des journalistes réaffirme l’indépendance éditoriale de la rédaction de #France24pic.twitter.com/GpsYptQjYq

— La SDJ de France 24 (@SDJ_France24) September 2, 2022

"Nos journalistes ne sont en aucun cas et ne seront jamais un outil au service de votre communication et de votre politique", poursuit la SDJ de RFI, radio très écoutée en Afrique. "Nous ne cèderons jamais une once de notre indépendance", poursuit la SDJ de RFI, selon qui "ces phrases jettent soupçon et discrédit sur le travail de (ses) correspondants".

Une polémique sur fond de suppression de la redevance audiovisuelle

Cette polémique intervient dans la foulée de la suppression de la redevance qui finance l'audiovisuel public, votée en août après une promesse d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Les opposants à la suppression de la redevance craignent que l'audiovisuel public perde une partie de son indépendance en étant soumis aux aléas budgétaires décidés par l'État, au lieu d'un mode de financement dédié.

Le groupe France Médias Monde réunit France 24 (en français, en anglais, en arabe et en espagnol), RFI (en français et 15 autres langues) et Monte Carlo Doualiya, radio en langue arabe.

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2 septembre 2022 5 02 /09 /septembre /2022 23:40
Coopérations dans la défense : comment l'Allemagne s'éloigne de la France

Lu pour vous

 

https://www.latribune.fr/ Michel Cabirol 01 Sept 2022, 6:00

Le discours prononcé par Olaf Scholz à Prague ne contribue pas à rapprocher les positions entre l'Allemagne et la France dans le domaine de l'armement. Bien au contraire. Berlin semble vouloir marginaliser Paris dans des domaines cruciaux comme la défense aérienne et surtout en matière d'exportations.

Prononcé lundi à Prague, le discours du chancelier allemand est doublement important pour la défense européenne. Important pour ce qu'Olaf Scholz propose mais aussi tout aussi important - sinon plus - sur ce qu'il ne dit pas (volontairement ?). Le chancelier appelle à une rationalisation des acquisitions d'armement en Europe. « Nous avons besoin d'une meilleure synergie en Europe en ce qui concerne nos capacités de défense. Nous devons renforcer notre interopérabilité », a-t-il expliqué à Prague. Pourquoi ? « Par rapport aux États-Unis, il y a beaucoup plus de systèmes d'armes différents dans l'UE. C'est inefficace, car cela signifie que nos troupes doivent s'entraîner sur des systèmes différents. L'entretien et les réparations sont également plus coûteux et difficiles », a-t-il précisé.

Les outils pour mettre en musique cette rationalisation existent déjà comme l'Agence européenne de défense (AED), le Fonds de défense (FED), qui a pris son envol cette année, et surtout l'OCCAr (Organisation conjointe de coopération en matière d'armement) appelé, selon les vœux d'Olaf Scholz à « devenir le noyau d'une Europe de la défense et de l'armement communs ». Mais le chancelier allemand souhaite également aller plus loin dans la coordination de la politique de défense des États membres. « Nous avons besoin d'un Conseil des ministres de la défense » pour développer et mettre en œuvre « une coordination encore plus étroite au niveau européen ». Ce vœu englobe aussi le niveau opérationnel. Ce qui est une vraie évolution de Berlin, qui depuis la guerre en Ukraine fait tomber les tabous.

« L'Allemagne travaillera avec d'autres États membres pour faire en sorte que la force de réaction rapide de l'UE soit prête à être projetée en 2025 - et fournira les troupes nécessaires à son déploiement. Cela nécessitera une structure de commandement et de contrôle claire. Nous devons donc doter la capacité militaire de planification et de conduite de l'UE - et, à moyen terme, un véritable quartier général de l'UE - de tous les moyens financiers, personnels et technologiques nécessaires », a-t-il expliqué.

Exportations : le dessous des cartes

Une fois ces évidences énoncées - ce que demande pourtant la France depuis de très longues années sans aucun écho -, certains axes proposés par Olaf Scholz, ont de quoi hérisser les Français. Logiquement. Car Berlin tente d'imposer certaines réglementations limitant la souveraineté des États membres de l'Union européenne (UE) et s'arroge le leadership de certaines filières où la France possède un savoir-faire et une expertise de très longue date. « Je suis ici (à Prague, ndlr), dans la capitale de la présidence du Conseil de l'Union européenne, pour vous présenter, ainsi qu'à nos amis européens, quelques-unes de mes idées pour l'avenir de notre Union. Ce sont des idées, des propositions, des pistes de réflexion, pas des solutions allemandes toutes faites » a-t-il souligné.

Pour rationaliser la filière européenne de défense, Olaf Scholz demande notamment aux pays membres de l'UE de « revoir toutes nos réglementations nationales, notamment celles qui concernent l'utilisation et l'exportation de systèmes fabriqués en partenariat ». Cette proposition est une arme contre les pays qui exportent en leur âme et conscience des équipements militaires à l'international, dont la France. La proposition d'harmoniser l'exportation d'armement en Europe, une antienne en Allemagne, a encore été rappelée dans le contrat de coalition (SPD, Verts et FPD) présenté en novembre 2021. Elle va d'ailleurs faire l'objet d'une loi allemande, qui sera restrictive et gênera probablement les intérêts français puisqu'elle pourrait remettre en cause l'accord de minimis de 2019 (pas de droit de veto allemand quand la valeur de composants allemands ne dépasse pas les 20%).

Cette nouvelle loi pourrait donc à terme fermer certains marchés aux industriels français, principalement dans les pays du Moyen-Orient, où la France exporte. Et quand on sait que le modèle économique de l'industrie de l'armement française n'est viable que si elle exporte... En revanche, cette loi favorisera les exportations allemandes au sein des pays de l'OTAN, où la France n'a eu jusqu'ici que peu de succès. Et ce que l'Allemagne va mettre en œuvre chez elle, elle souhaite aussi le mettre en place au niveau de l'UE. Ce qui serait une machine de guerre mortelle pour les industriels français. D'autant que ces décisions pourraient être prises à la majorité dans l'UE (et non plus à l'unanimité), comme le préconise Olaf Scholz :

« Je pourrais imaginer, par exemple, d'instaurer le vote à la majorité dans les domaines où il est particulièrement important que nous parlions d'une seule voix. Dans notre politique de sanctions, par exemple, ou sur les questions relatives aux droits de l'homme », a-t-il expliqué.

Défense aérienne : Paris mis sur la touche par Berlin

« Outre la fabrication et l'achat en commun, nos entreprises devront coopérer encore plus étroitement sur les projets d'armement », a souligné Olaf Scholz. Mais là encore, il ne ménage vraiment pas la France quand il évoque des futures coopérations européennes. A commencer dans les systèmes de défense aérienne. « L'Allemagne concevra cette future défense aérienne de manière à ce que nos voisins européens puissent être impliqués si nécessaire - comme les Polonais, les Baltes, les Néerlandais, les Tchèques, les Slovaques ou nos partenaires scandinaves », a-t-il lancé. Curieusement, ni la France, ni l'Italie ne sont mentionnées alors que ces deux pays ont de sérieuses références dans le domaine avec le système SAMP/T, dont le champ d'action est supérieur à 100 km et armé de huit missiles supersoniques Aster 30.

C'est donc sacrément culotté d'avancer un tel argument en expliquant en outre que l'Europe a « beaucoup de retard à rattraper en matière de défense contre les menaces aériennes et spatiales ». Et c'est d'autant plus culotté que l'Allemagne a claqué la porte à MBDA (Allemagne et Italie) et son partenaire américain Lockheed Martin. Les deux industriels proposaient à Berlin le programme le MEADS pour servir de base à un futur système de défense aérienne sol-air allemand : German Taktisches Luftverteidigungssystem (TLVS). In fine, Berlin a choisi un système de défense antimissiles israélien Arrow 3 Iron Dome.

« En Allemagne, nous allons investir de manière très significative dans notre défense aérienne au cours des prochaines années. Toutes ces capacités pourront être déployées dans le cadre de l'OTAN », a-t-il fait valoir à Prague.

C'est enfin encore plus que culotté quand Olaf Scholz estime que « non seulement un système de défense aérienne développé conjointement en Europe serait plus efficace et plus rentable que si chacun d'entre nous construisait ses propres systèmes coûteux et très complexes, mais il constituerait également un gain de sécurité pour l'Europe dans son ensemble et un exemple remarquable de ce que nous entendons par renforcement du pilier européen au sein de l'OTAN ».

Coopérations : quelle exemplarité de l'Allemagne ?

En matière de coopérations européennes, notamment avec la France, l'Allemagne se révèle être un partenaire très... versatile. En dépit des promesses du conseil franco-allemand de Toulouse en juillet 2017, Berlin a renoncé à plusieurs projets lancés en coopération avec Paris (missile MHT, programme de modernisation du Tigre, projet d'un avion de patrouille maritime...). D'ailleurs, Olaf Scholz n'a cité à Prague aucun des programmes lancés en coopération avec la France comme le char du futur (MGCS) ou encore le SCAF (système de combat aérien du futur), programme dans lequel est également monté l'Espagne. Il semble lointain le temps où le chancelier expliquait en février dernier qu'« il est important pour moi (...) que nous construisions la prochaine génération d'avions de combat et de chars d'assaut en collaboration avec des partenaires européens ».

Enfin, l'Allemagne a prévu, grâce à son fonds spécial doté de 100 milliards d'euros, de réarmer la Bundeswehr en achetant des équipements sur étagère, notamment américains très coûteux : 35 F-35 (8,4 milliards de dollars), 60 hélicoptères CH-53 (5,6 milliards d'euros), jusqu'à huit avions de patrouille maritime P-8, modernisation du système antimissiles Patriot. « Les 100 milliards d'euros avec lesquels nous allons moderniser la Bundeswehr en Allemagne dans les années à venir renforceront également la sécurité européenne et transatlantique », a-t-il expliqué. Il est vrai que l'Allemagne ne jure que par l'OTAN : elle "reste le garant de notre sécurité". Soit l'alpha et l'oméga de Berlin et d'Olaf Scholz, qui a oublié volontairement (?) de citer dans son discours la dissuasion nucléaire française. Pour mieux diminuer son rôle de protection de l'Europe alors que l'Allemagne a acheté des F-35 pour continuer la mission nucléaire (bombes B61) de l'OTAN ?

 

Michel Cabirol

 

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