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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 12:54
Lu pour vous : Obama s’en va sans régler les fractures

 

TENSIONS RACIALES

 

http://www.liberation.fr/  Par Frédéric Autran, correspondant à New York — 10 juillet 2016 à 20:01

 

Après les tragédies de la semaine dernière, les Etats-Unis, qui ont élu il y a huit ans leur premier président afro-américain, semblent plus que jamais divisés.

 

Fracture, rupture, clivages. Après une semaine sanglante, marquée par la mort de deux Noirs aux mains de la police, puis celle de cinq policiers abattus par un Noir qui voulait «tuer des Blancs», le champ lexical de la division inonde les médias américains. «Une nation divisée, unie dans le deuil», titrait ainsi vendredi le Wall Street Journal, au lendemain de la tuerie de Dallas.

 

Des coalitions irréconciliables

 

Dans tout le pays, les drapeaux ont été mis en berne pour cinq jours. Partout, des habitants déplorent aussi bien la mort d’Alton Sterling et Philando Castile, énièmes victimes manifestes d’abus policiers, que celle de cinq officiers fauchés par les balles d’un extrémiste antiblanc. Mais derrière cette atmosphère de deuil national, les clivages demeurent. Signe des très vives tensions, malgré le choc suscité par la tuerie de Dallas, les manifestations contre les violences n’ont pas faibli au cours du week-end. Dans la nuit de samedi à dimanche, plus de 200 personnes ont été arrêtées dans le pays, dont, à Baton Rouge (Louisiane), Deray McKesson, figure du mouvement Black Lives Matter («La vie des Noirs a de l’importance»). Dans le Minnesota, un rassemblement a dégénéré, faisant une vingtaine de blessés parmi les policiers. Dimanche, Barack Obama a dénoncé les violences contre les forces de l’ordre, estimant qu’elles risquaient de «desservir la cause» de ceux qui réclament une réforme du système judiciaire et des méthodes policières. Partout dans le pays, les forces de l’ordre sont en alerte après l’attaque de Dallas, perpétrée par Micah Johnson. Cet ex-soldat de 25 ans, vétéran d’Afghanistan, était empli de rage (lire ci-contre). Cette même colère dont débordent aujourd’hui, pour des raisons diverses, de nombreux Américains, des membres de la NRA (le lobby pro-armes) aux militants de Black Lives Matter, en passant par les partisans de Donald Trump. Abasourdie par l’attaque de Dallas, la classe politique a affiché une cohésion rarement vue ces dernières années. «Nous devons faire beaucoup plus pour nous écouter les uns les autres, nous respecter les uns les autres», a déclaré Hillary Clinton. Tonalité similaire chez Trump «Notre nation est devenue trop divisée. Trop d’Américains ont le sentiment d’avoir perdu espoir. Les tensions raciales ont empiré. Ce n’est pas le rêve américain que nous voulons pour nos enfants», a souligné le candidat républicain dans un communiqué inhabituellement sobre.

 

Une présidentielle polarisée

 

Face à l’onde de choc, les deux rivaux ont mis brièvement leur campagne entre parenthèses. Mais à une semaine des conventions - républicaine d’abord, démocrate ensuite -, la trêve sera forcément de courte durée entre deux candidats qui incarnent eux-mêmes cette nation divisée. «A bien des égards, on a le sentiment que personne ne représente l’ensemble des Américains», estime le stratège démocrate Peter Hart. «Donald Trump a son électorat, Hillary Clinton a le sien. Mais aucun ne parle réellement de la façon de rassembler le pays», confie-t-il à Politico.

 

Cette campagne présidentielle, la plus polarisée depuis des décennies, ressemble en effet de plus en plus à l’affrontement de deux coalitions irréconciliables. D’un côté, un bloc démocrate composé principalement des minorités, des étudiants et des Blancs urbains et progressistes. De l’autre, un électorat républicain peu éduqué, plus âgé et majoritairement blanc. Le dernier baromètre politique du Pew Research Center confirme ces clivages : Donald Trump séduit davantage l’électorat blanc (51 % contre 42 %) alors que Hillary Clinton est soutenue massivement par les Noirs (91 % contre 7 %) et les Latinos (66 % contre 24 %). « Je pense que nous nous dirigeons vers une élection très divisée et basée sur la race», prédit le révérend Al Sharpton, figure de la communauté noire.

 

Au pouvoir depuis huit ans, Barack Obama préside aujourd’hui une nation fracturée. Fantasmé lors de son accession au pouvoir, le mythe d’une Amérique postraciale s’est effondré il y a bien longtemps. Pire : l’arrivée à la Maison Blanche du premier président noir des Etats-Unis a revigoré le racisme. Donald Trump, qui a longtemps mis en doute la nationalité de Barack Obama et bénéficie aujourd’hui du soutien des suprémacistes blancs, en est le produit. «L’Amérique n’est pas aussi divisée que certains le suggèrent, a tenté de rassurer samedi le président américain, en visite en Pologne. Il y a du chagrin, de la colère, de l’incompréhension. Mais il y a aussi de l’unité.» Unis, les Américains le sont surtout dans le constat de l’existence d’un problème racial. D’après une enquête sur le racisme publiée en juin par le Pew Research Center, seuls 46 % des Blancs estimaient que les relations raciales étaient bonnes, loin des 66 % de l’été 2009, peu après la prise de fonction d’Obama. Chez les Afro-Américains, la chute est encore plus prononcée : 34 % le mois dernier contre 59 % en juin 2009.

 

Frédéric Autran correspondant à New York

Centrafrique-Presse.com
12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 11:54

 

 

http://www.leseco.ma/ par Oumar Baldé 12 juillet 2016

 

Pour Ismaïla Nimaga, ambassadeur de la République de Centrafrique au Maroc, son pays a tourné la page de l’instabilité et se dirige désormais vers une croissance économique. Dans cette interview, il présente les secteurs porteurs de l’économie centrafricaine, tout en saluant les relations bilatérales avec le Maroc.

 

Les Inspirations ÉCO : Après un retour à la normale sur le plan politique, comment la Centrafrique compte-t-elle se relancer économiquement ?


Ismaïla Nimaga : Le retour à l'ordre constitutionnel dans notre pays après trois années de chaos, est un moment fondateur d'une Centrafrique nouvelle. Le peuple centrafricain l’a parfaitement compris et salué avec ferveur et enthousiasme. Les nouvelles autorités jouissent de la légitimité du peuple. Pour relancer l'économie centrafricaine, le gouvernement compte promouvoir la croissance par l'assainissement de la gestion des secteurs à fort potentiel de croissance tels que l'agriculture et le développement du monde rural, les mines, les forêts, le tourisme, les industries culturelles, les postes et les télécommunications, et les TIC afin de leur permettre de jouer un rôle dans l'amélioration des revenus de l'État.

Quels sont les secteurs susceptibles d'attirer les investisseurs étrangers ?


Les secteurs susceptibles d’attirer les investissements étrangers sont l’agriculture, l'énergie, le commerce, l'exploitation minière, les forêts, les transports, les télécommunications, l'habitat et les infrastructures routières. 

  
Comment le Maroc peut-il apporter son appui à la Centrafrique dans le cadre de la coopération bilatérale entre les deux pays, surtout dans ce contexte particulier ?


Le Maroc a toujours et continue encore d’apporter son appui à la Centrafrique dans le cadre de la coopération bilatérale Sud-Sud. Le royaume continue de renforcer les relations de coopération entre nos deux pays pour des partenariats «gagnant-gagnant» dans lesquels les secteurs tant publics que privés jouent un rôle majeur conformément aux contenus des accords et conventions conclus par les deux pays.

La journée de l'Afrique 2016 a été récemment célébrée à Rabat. Que retenir de cette manifestation ?


La Journée mondiale de l'Afrique a été instituée dans le but d’organiser des manifestations culturelles et artistiques en vue de favoriser un rapprochement entre les peuples africains. Cette année, à l'initiative des ambassadeurs africains accrédités au Maroc, elle a été marquée par une grande soirée de gala et de danses ethniques dans la salle de spectacle de la Fondation Mohammed VI à Rabat. Un moment de réjouissance de tous les Africains et les diplomates d'autres continents qui ont bien voulu y participer.

 
Globalement, quelles sont les activités et les réalisations du Groupe des ambassadeurs africains au Maroc ?


Le Groupe des ambassadeurs africains accrédités au Maroc est un cadre convivial qui se réunit à l'invitation du doyen tous les derniers jeudis de chaque mois, alternativement selon l'ordre alphabétique à la résidence de chaque ambassadeur. Ses activités consistent en l'accueil d'un nouvel ambassadeur, la cérémonie d'adieu à un ambassadeur en fin de mission, l'échange d'informations sur les questions d'actualité d'intérêt commun, l'harmonisation du point de vue du groupe sur les questions sensibles telles que l'immigration, le protocole lors des cérémonies officielles, les immunités et privilèges, le soutien au pays d'accréditation, les conditions de séjour des étudiants et stagiaires, la participation aux manifestations culturelles et artistiques et les préparatifs de la Journée mondiale de l’Afrique. Ces activités contribuent au renforcement des relations amicales entre le royaume du Maroc et les pays africains. La parfaite collaboration et l’entente fraternelle entre toutes les missions diplomatiques africaines, qui ont fini par rallier les autres groupes (Europe-Arabe et Asie-Amérique) depuis l’accession de la Centrafrique au Décanat, qui en est la parfaite illustration.


En tant que doyen des ambassadeurs au Maroc, quels sont les moments les plus mémorables que vous avez vécus dans le cadre de vos fonctions ?


Les moments les plus mémorables de mes fonctions en tant que doyen ont été entre autres les faits et évènements suivants : En prenant mes fonctions de doyen, j’ai trouvé un Maroc, qui ne siège plus à l’Union Africaine, mais qui a apporté son appui multiformes à tous les pays africains dans le domaine humanitaire, agricole, etc. Ce qui m’a beaucoup marqué. J’ai co-présidé, en tant que doyen du Corps diplomatique et du Groupe des ambassadeurs africains avec mon frère, le docteur Saad Eddine Othmani, en tant que ministre des Affaires étrangères et de la coopération, la cérémonie de l’inauguration de la place de l’Union africaine, qui est une marque d’attachement du Maroc à l’Afrique et cela m’a beaucoup réjoui. L’un des moments forts a été également la présentation au Corps diplomatique, que j’avais eu l’honneur de conduire à Dakhla sur invitation du gouvernement marocain, du plus grand drapeau du monde ! Ce drapeau a été entièrement confectionné par les jeunes Marocains de cette contrée. Ce fut un moment mémorable pour tous les ambassadeurs présents (plus d’une centaine). Le représentant des jeunes Marocains auteurs de cet exploit nous a encore ému en exprimant le soutien du Maroc à tous les pays du monde ; l’Afrique en particulier. Par ailleurs, la célébration du 50e anniversaire de la Journée de l’Afrique m’offrira le 25 mai 2010 une formidable opportunité de m’interroger et d'interpeller l’Afrique et le monde, dans mon discours de circonstance, sur le paradoxe marocain, qui tire sa légitimité, me semble-t-il, dans cette forte intensité d’amour et d’engagement du Maroc envers l’Afrique.

 

 

LA CENTRAFRIQUE ATTEND LES INVESTISSEURS MAROCAINS

 

Écrit par Oumar Baldé 12 juillet 2016

 

Cent jours après l’investiture du nouveau président centrafricain, le pays essaie de se redresser sur le plan économique, malgré la recrudescence d'actes de violences dans certaines régions.

 

Après la pluie, le beau temps» ! Cet adage pourrait-il s’appliquer à la République Centrafricaine? Depuis l’élection, le 12 février dernier, de Faustin-Archange Touadéra à la magistrature suprême du pays, la Centrafrique essaie de retrouver les chemins du développement. Ce 9 juillet, le nouveau président fêtait ses 100 jours passés à la tête du pays, suite à son investiture le 30 mars. À cette occasion, Faustin-Archange Touadéra a fait un bilan de ses trois premiers mois en tant que successeur de Mme Samba-Panza, qui a assuré la transition pendant deux années, suite au déclenchement de la guerre civile en 2013. L’actuel président élu au second tour avec 62,7% des voix a ainsi fait le point sur les actions accomplies par son équipe, «pour asseoir les fondements de l’État et de la démocratie durant les cent premiers jours de son mandat».


Le Maroc répond présent

 

Lors de son adresse, le président centrafricain s’est ainsi félicité d’avoir pu «renouer le contact avec la communauté internationale et replacer notre pays dans le concert des Nations», a-t-il lancé à ses compatriotes. Le royaume figure parmi les premiers États avec lesquels la Centrafrique a rouvert le canal de la coopération. «Nous avons négocié et obtenu la réouverture des coopérations bilatérales avec l’Égypte, le Maroc et la Chine», a indiqué le chef de l’État centrafricain. Sur le plan économique, le président a listé les réalisations accomplies dans plusieurs secteurs, en rappelant que «l’assainissement des finances publiques et la relance des secteurs productifs constituent des axes importants de son quinquennat, tant les méfaits de la corruption rampante sur l’économie et les finances publiques ne sont plus à démontrer». En effet, à l’instar de la situation sécuritaire qui reste encore à améliorer, comme l’a reconnu le président dans son discours, d’importants efforts sont nécessaires pour assurer la relance de l’économie locale.

 

Investissements volatils
 

Pour sa part, Coface estime que la croissance devrait rebondir en 2016 dans un contexte de reprise graduelle des activités commerciales. L’activité devrait être principalement portée par la production agricole, qui contribue à plus de la moitié du PIB et emploie près de 75% de la population. Le secteur minier devrait également contribuer à la reprise de l’activité suite à la levée partielle en juin 2015 de l’embargo contre le pays. La suspension des sanctions devrait permettre à la République centrafricaine de commercialiser du diamant, tout en écoulant les stocks existants, estimés à 70.000 carats. Par ailleurs, la demande interne devrait demeurer atone compte tenu de l’exil de près d’un quart de la population


(1 million de personnes ont quitté le pays et ne sont pas encore revenues). Malgré les aides d’urgence octroyées par l’UE et le FMI, le pays peine toujours à se redresser et les investissements devraient rester très volatils en 2016.  

 

Reprise économique progressive


Dans un contexte de détérioration du solde public, notamment la chute des recettes budgétaires, le gouvernement devrait continuer de compter sur le financement externe, compte tenu de sa capacité de financement réduite et d'une insécurité persistante, qui devraient toujours entraver la collecte des recettes. L'UE est l'un des principaux bailleurs de fonds du pays, ayant fourni un montant d’aide estimé à 360 millions de dollars depuis que le conflit a éclaté en 2013 dont 10 millions attribués aux aides humanitaires. Sur le plan économique, la reprise devrait être progressive et les exportations de bois, de café et de coton (principales richesses agricoles du pays) devraient continuer à pâtir, mais moins que les années précédentes, de l'insécurité et des perturbations qui touchent le secteur des transports et de la logistique.

 

Fiche pays
République Centrafricaine

Taille 
4,701 millions de consommateurs

Monnaie 
Franc CFA

PIB/Hbt 
1,731 milliard de dollars

Croissance
5,7% (2016p.)

Région économique 
CEMAC/CEEAC

Note Coface 
D

Doing business 2015 
185e/189

Lu pour vous : «LE MAROC CONTINUE D’APPORTER SON APPUI À LA CENTRAFRIQUE» : Ambassadeur Ismaila Nimaga
Centrafrique-Presse.com
12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 11:41
Lu pour vous : La Centrafrique au fond de l’abîme

 

 

LE MONDE | Par Cyril Bensimon 12.07.2016 À 10H23 • MIS À JOUR LE 12.07.2016 À 10H24

 

Trois ans de crises politiques et de déchirements entre chrétiens et musulmans ont laissé la RCA exsangue. Si l’espoir renaît depuis l’élection d’un nouveau président en février, les photos du reporter William Daniels montrent un pays ravagé par la misère.

 

La République centrafricaine sort peu à peu des radars de l’actualité tragi­que. L’élection, en février, d’un nouveau président, Faustin-Archange Touadéra, a suscité une authentique vague d’optimisme. L’espérance, pour ce pays à l’histoire jalonnée de coups d’Etat, de rébellions et de mutineries, de sortir enfin de sa crise la plus grave – trois ans de plongée vers l’abîme où se sont déchirées communautés chrétienne et musulmane alors que les fonde­ments du conflit reposaient principalement sur le contrôle du pouvoir et des richesses.

 

La France, qui n’attendait que cette embellie, en a profité pour annoncer la fin de l’opération Sangaris. Cette intervention militaire avait été déclenchée en décembre 2013 pour stopper les massacres intercommunautaires qui avaient suivi le ­renversement du président par la rébellion Séléka, à dominante musulmane.

 

François Bozizé avait lui-même pris le pouvoir par la force en 2003. En réaction au coup d’Etat de 2013, les anti-balaka, des milices majoritairement chrétiennes, avaient commis à leur tour des exactions contre les civils.

 

Partir sans vraiment quitter. Partir pour mieux revenir. Cela est devenu une habitude pour les soldats de l’ancienne puissance coloniale. La RCA n’en a pourtant pas fini avec ses tourments. A Bangui, la capitale, comme à l’intérieur du pays, les armes crépitent encore régulièrement. Sur ces photos de William Daniels, il n’y a ni soldat français ni casque bleu. Seulement un milicien, de dos, surveillant la mine d’or de Ndassima. « Un lieu hallucinant. Pour y accéder, il faut grimper une colline pour se retrouver au-dessus d’un cratère de 70 à 80 mètres de profondeur avec des centaines de travailleurs à ­l’intérieur. Quelques jours avant ma première visite, en septembre 2014, un ­glissement de terrain avait fait 27 morts », raconte le photoreporter.

 

Protéger des intérêts commerciaux

 

L’exploitation des richesses naturelles, si elle n’est pas le moteur du conflit entre les différents groupes armés, en est un carburant. En RCA, on se bat aujourd’hui pour protéger sa communauté, défendre ou conquérir un territoire, des intérêts commerciaux. A cela s’ajoute un banditisme en pleine expansion du fait de la profusion d’armes. Les lignes de fractures bougent mais les tensions demeurent.

 

« LA SITUATION DU PAYS DEMANDAIT ­D’EFFECTUER UN TRAVAIL EN PROFONDEUR, D’AUTANT QUE LA PLUPART DES ÉCLAIRAGES NE SE FONT QU’EN PÉRIODE DE FORTE ACTUALITÉ. »WILLIAM DANIELS, PHOTOGRAPHE

 

William Daniels a découvert la Centrafrique en novembre 2013. Il y est retourné neuf fois. « Lors de mes cinq premiers voyages, je me suis consacré à la couverture de l’actualité. Mais ensuite, j’ai ­souhaité réaliser des images plus personnelles, me concentrer sur les causes et les circonstances du conflit avec une démarche plus proche du documentaire. La situation de ce pays demandait ­d’effectuer un travail en profondeur, d’autant que la plupart des éclairages ne se font qu’en période de forte actualité », explique-t-il. Cela lui a été notamment possible grâce à la bourse Tim Hetherington, du nom d’un photojournaliste tué en avril 2011 en Libye, octroyée par le World Press Photo, le prix le plus prestigieux de la profession ; ainsi que la bourse Getty.

 

Un quotidien de douleur et d’espoir

 

Retournera-t-il en Centrafrique ? « Après mon dernier voyage, en mars 2016, je m’étais dit que c’était fini. Mais avec les nouvelles tensions à Bangui et dans le nord du pays, il n’est pas exclu que je continue », admet-il.

 

« Zo kwe zo » – un homme est égal à un autre – est l’une des devises de la RCA. William Daniels s’est attaché à montrer les Centrafricains dans leur quotidien fait de douleur et d’espoir. Plus que la violence de la guerre, c’est l’effondrement d’une nation qui transparaît derrière ses images.

 

Déchirée par les massacres entre ­communautés chrétienne et musulmane, ainsi que les conflits nés de l’exploitation de ses ressources minières, la RCA peine à se sortir du chaos. La mine d’or de Ndassima, près de la ville de Bambari, est la plus importante de Centrafrique. Des centaines de mineurs y produisent près de 15 kg d’or par mois. Elle est contrôlée par le général Ali Daras, ancien membre de la rébellion Séléka, qui protège les mineurs contre paiement.

Lu pour vous : La Centrafrique au fond de l’abîme
Centrafrique-Presse.com
12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 10:32
KWA  ti  Silili na Centrafrika par Bambote Makombo

 

 

 

            1

 

La Centrafrique

A été  appelée à

Choisir son destin

 

           2

 

Nous tous nous avons

 Voté d’un pas en

 Avant unité FACA

Combattante de Centrafrique

 

           3

 

Dans l’esprit de nos

Pères précédant la

Saison des pluies

Nous avons commencé

Les champs dans les

Clairières des arbres

 

            4

 

Mais joignez votre

Travail à la sécurité

De la République

           

 

                5

 

Certains une poignée

Votent comme des

Colonialistes étrangers

Ils revotent de nouveau

Et toujours en tuant

Le respect du Peuple

Centrafricain

 

               6

 

De quelle petite origine

Divine sont-ils auprès

De la puissante démocratie

Du Peuple de langue

Sangho dérivant toutes

Les langues de nos Pères

 

 

Bamboté Makombo

 

Le 11 juillet 2016

Centrafrique-Presse.com
11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 19:46
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Les voyages du président Touadera et leurs effets après cent jours de règne

 

http://rjdh.org/ PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 11 JUILLET 2016

 

BANGUI, 11 Juillet 2016 (RJDH)—Depuis son investiture le 30 mars 2016, le président centrafricain Faustin Archange Touadera a effectué une série de voyages à l’extérieur. Au moins 10 pays ont été visités. Quels sont les impacts de ces missions sur la situation du pays ? C’est la question que beaucoup de Centrafricains se posent au moment où le chef de l’Etat a passé le cap des cent jours de règne.

 

Du 18 au 25 avril, le président Faustin Archange Touadéra s’est rendu à Rome, en France et aux USA. Lors de ces déplacements, le président centrafricain a eu des têtes à têtes avec  le Pape François au Vatican, à l’Élysée avec François Hollande et le secrétaire général des  Nations-Unies,  Ban Ki-Moon et John Kerry, secrétaire d’Etat américain aux Affaires étrangères.

 

Le 26 avril, le président centrafricain a fait une visite éclaire de quelques heures à Brazzaville, où il s’est entretenu avec le président Denis Sassou N’Guesso, médiateur international dans la crise centrafricaine et qui venait d’être réélu, président du Congo Brazza.

 

Le président Faustin-Archange Touadera était aussi à Ndjamena, le 10 mai pour une visite de travail qui s’inscrit dans le cadre du réchauffement des relations entre les deux pays.

 

Le 19 mai, Faustin Archange Touadéra se rend à Istanbul, capitale économique de la Turquie  en passant  par Malabo où il a pris part à l’investiture de son homologue Téodoro Obiang N’Guema Mbasogo.

 

Le 07 juin, le président centrafricain se rend pour la seconde à New York où il a participé à la réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU. Avant de rentrer au pays, Faustin Archange Touadéra atterrit à Bruxelles où du 15 au 16 juin il prend part à la journée européenne du développement. Sur le chemin du retour, le chef d’Etat fait une escale à Yaoundé au Cameroun où il a rencontré le Président camerounais Paul Biya.

 

En cent jours, le président Touadéra a fait un voyage dans l’arrière-pays précisément à Bouar où il a visité le centre d’instruction militaire.

 

Les effets des voyages présidentiels

 

Ces voyages sont qualifiés dans l’entourage de Touadera « d’offensive diplomatique ». Selon un conseiller du président de la République, ces visites à l’extérieur ont permis de remettre le pays sur les rails « on ne peut que poser les fondations pour les cinq prochaines années. Nous n’allons pas tout reconstruire dans 100 jours car le pays sort d’une longue crise », a confié un conseiller à la présidence.

 

Le président Faustin Archange Touadéra, lors de la présentation de son bilan des cent premiers jours a indiqué que ses déplacements ont permis de signer des conventions et d’accord de financement dont le montant s’évaluerait à plus de 150 milliards de Fcfa.

 

Plusieurs politiques ont estimé que le nouveau président de la République a fait trop de voyages pour rien. Un leader de parti politique pense que pour certains déplacement, le chef de l’Etat aurait dû envoyer ses proches collaborateurs.

 

Ceux-ci pensent que ce que l’entourage de Touadéra appelle « offensive diplomatique » n’est que la prolongation de la transition qui n’a eu aucun effet réel sur la situation du pays.

 

Dans son discours des 100 jours, le président de la République a indiqué que sa participation aux foras internationaux et aux rencontres de haut niveau « ont permis de renouer le contact avec la communauté internationale et replacer notre pays dans le concert des Nations ». Toutefois, il a reconnu que leurs impacts sont timidement papables aujourd’hui.

 

 

Centrafrique : Les cent jours de Touadera négativement appréciés par les déplacés de Bangui

 

http://rjdh.org/ PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 11 JUILLET 2016

 

BANGUI, 11 Juillet 2016(RJDH)—Les déplacés des sites de M’poko et  de St Sauveur ont qualifié de mitigé le bilan des cent Jours du président Faustin Archange Touadera. Ces derniers pensent que le chef de l’Etat les a abandonnés.

 

Les déplacés du site de l’aéroport, interrogés par le RJDH,  ont exprimé leur mécontentement vis-à-vis du nouveau président.  Jeanne Touafe, déplacée depuis trois ans avec ses cinq enfants  dit regretter l’inaction du nouveau pouvoir par rapport aux déplacés, « le président Touadera n’a rien fait pour nous depuis qu’il est en place. Notre seul souci est que nous regagnions nos quartiers. Nous savons qu’il ne peut pas faire tout en cent jours, mais qu’il ramène la sécurité pour nous permettre de rentrer parce qu’on souffre trop ici » raconte t-elle.

 

Lestin Djimtouloum, étudiant et déplacé sur le site de M’poko pense que le nouveau président n’a pas respecté son engagement en ce qui concerne les déplacés « lors de la campagne, il nous avait promis qu’une fois élu, nous allons rentrer chez nous en trois mois mais aujourd’hui, il n’a pas tenu parole après cent jours » regrette t-il.

 

Bertin Boto, coordonnateur du site des déplacés de M’poko estime que le chef de l’Etat se préoccupe du sort des déplacés. Pour lui, il faut attendre deux ou trois ans pour faire un bilan.

 

Les déplacés interrogés sur le site de la paroisse St Sauveur, se disent abandonnés par le nouveau pouvoir. « Depuis son arrivée au pouvoir, on ne l’a pas vu. Les cent jours sont passés mais nous n’avons rien senti de nouveau. Nous sommes abandonnées ici » a confié une déplacée qui a requis l’anonymat.

 

Selon les données du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), 415000 Centrafricains ont fui leurs domiciles à cause de l’insécurité pour trouver refuge sur une centaine de sites éparpillés à travers le pays.

 

 

Centrafrique : La classe politique partagée sur le bilan des cent jours du président Touadera

 

http://rjdh.org/ PAR JEAN FERNAND KOENA LE 11 JUILLET 2016

 

BANGUI 11 juillet 2016 (RJDH)—Le bilan de 100 jours d’exercice de Faustin Archange Touadera est diversement apprécié par la classe politique centrafricaine. Certains pensent que le début est satisfaisant tandis que d’autres parlent de cent jours d’échec.

 

Bertin Bea, secrétaire général du KNK parti de l’ancien président Bozizé, ayant soutenu Anicet Georges Dologuélé, adversaire de Faustin Archange Touadéra au second tour de la présidentielle, a parlé de bilan appréciable « le bilan du Pr Faustin Archange Touadera est appréciable. Je pense aussi que les cent jours ne sont pas raisonnables pour porter un jugement et de relever tous les défis, sécuritaire, social, humanitaire et politique. Ce n’est pas aussi en cent jours qu’on peut espérer un quelconque miracle, mais je pense que la volonté de s’attaquer aux problèmes du moment, est réelle chez le président et son gouvernement, ce qui est très positif », a-t-il souligné.

 

Joseph Bendounga, président du MDREC fait remarquer qu’au lieu de faire le bilan de ses cent jours de règne, Faustin Archange Touadera a présenté un projet de société « le président Faustin Archange Touadera devait lister ce qu’il a pu faire. Il a suivi ceux qui lui ont dit qu’en cent jours, on ne peut pas évaluer l’action d’un gouvernement » a-t-il précisé.

 

Pour le président du MDREC, la situation s’empire  « nous sommes tombés trop bas que je me suis posé la question est ce  que la République a fait un pas avec les élections ? Je pense que non » a-t-il déclaré.

 

Sous anonymat, un ancien ministre proche de Catherine Samba-Panza parle d’un bilan mitigé « c’est le statu quo à mon sens. Rien n’a changé depuis qu’il est en place. Je pense que le bilan est très limité » a-t-il expliqué.

 

Faustin Archange  Touadéra est président de la République depuis le 30 mars 2016

 

Centrafrique-Presse.com
11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 19:17

 

 

11 Juillet 2016 Pierre CHEMETE

 

Ses complices et lui ont vendu 6 400 minutions, en Centrafrique, le 4 juillet dernier.

 

Fin de business pour un présumé trafiquant de minutions. Le sergent Bah Mename Donatien est aux arrêts depuis le 4 juillet 2016. L’homme en tenue officiait au Bataillon d’intervention rapide (Bir) Delta, dans le Sud-Ouest. Il a été interpellé par les éléments du contrôle mixte police-gendarmerie de Dimako, le 4 juillet, vers 5h du matin. Il rentrait alors de la frontière Cameroun-RCA, au niveau du village Bombété, dans l'arrondissement de Ndélélé, département de la Kadey. De sources autorisées, ce militaire et ses trois complices ont réussi à livrer 6 400 minutions à des acheteurs établis en RCA. Au moment de leur forfait, ils arboraient la tenue militaire sans attributs. Ils étaient alors à bord d’un véhicule de marque Toyota Carina E, immatriculé LT 409 FH.

 

Dans la localité frontalière de Bombété, les quatre comparses ont réussi à écouler vers la Centrafrique huit caisses de minutions. Les munitions ont été vendues à raison de 1 000 F la pièce. Ce qui donne plus de six millions de F. Nos sources rapportent que les douaniers commis au contrôle à cet endroit précis avaient pourtant réussi à les intercepter quelques heures plus tôt. En tant que natif du coin, le sergent Doko Bello Joseph  a pesé de tout son poids pour que le coup réussisse sans fausse note puisque maîtrisant les pistes frontalières.

 

Aussitôt le forfait commis, les poches pleines d'argent, les trafiquants décident de rentrer sur Bertoua. Dans la Carina E interceptée à Dimako, se trouvaient le sergent Bah Mename Donatien et son collègue, le sergent Doko Bello Joseph, lui aussi  en service au Bir Delta. Ce dernier profitera du tumulte de l'interpellation pour prendre le large. Bah Mename, tombé dans les mailles des éléments, dissimulera d’abord l’identité de son comparse. Au lieu de donner la vraie il dira plutôt que l'homme en tenue qui a fondu dans la nature s'appellerait Roger. Mais c’était sans compter avec le système de renseignement aussitôt mis en branle après la découverte de cette manœuvre huilée.  

Lu pour vous : CAMEROUN : Dimako : un militaire arrêté pour trafic d’armes
Centrafrique-Presse.com
11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 14:36

 

Centrafricaine, Centrafricains,

 

Mes Chers Compatriotes ;

 

Il y a 100 jours, jour pour jour, j’ai été investi Président de la République, Chef de l’Etat.

Je suis conscient qu’en ce jour, beaucoup de nos compatriotes attendent que je m’adresse à eux avec la sincérité qu’impose la situation socio-économique, humanitaire et notamment sécuritaire de notre pays.

 

Mes pensées vont d’abord vers les victimes innocentes de la grave crise qu’a connue notre pays.

Mes pensées vont également vers les nombreuses personnes déplacées internes ainsi qu’à celles qui se sont réfugiées dans les pays voisins et qui, dans un extrême dénuement, aspirent légitimement à regagner leurs domiciles et leur sol natal.

Je leur exprime donc toute ma compassion et ma sollicitude.

Je salue et encourage l’action de la communauté internationale en faveur du retour à la légalité constitutionnelle dans notre pays, et plus particulièrement les Nations-Unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC), la CEMAC, la France, les Etats-Unis d’Amérique.

En votre nom et au mien propre, Je voudrais également rendre un hommage appuyé à mes homologues et frères de la sous-région pour leur aide salutaire pendant les dures épreuves qui ont secoué notre pays et leur soutien constant aux efforts de relèvement de la République Centrafricaine.

Le peuple centrafricain et moi-même n’oublieront jamais cet extraordinaire élan de solidarité et de fraternité.

 

Mes chers Compatriotes,

 

Dans ma profession de foi que vous avez massivement approuvée lors des dernières consultations électorales, je vous ai promis la rupture.

Je me suis m’engagé à respecter strictement les exigences de gestion d’un Etat républicain et démocratique.

J’ai donc axé ma gouvernance sur la transparence dans les actes, le dialogue républicain et la recherche du consensus, sur les questions qui divisent.

Pour relever les défis majeurs auxquels le pays est confronté, je me suis fixé des priorités qui se traduisent par des engagements autour de quatre(4) axes que sont :

- La paix, la sécurité et la réconciliation nationale ;

- L’assainissement des finances publiques et la relance des secteurs productifs ;

- La réforme de l’administration et

- La satisfaction des besoins essentiels.

Fidèle à mon engagement, je viens aujourd’hui devant vous, mes Chers Compatriotes, pour faire le point des actions accomplies par mon équipe, pour asseoir les fondements de l’Etat et de la démocratie, durant les Cent premiers jours de mon mandat.

 

Mes Chers Compatriotes,

 

Comme vous le savez tous, la République Centrafricaine, notre beau pays, a été plongée dans une grave crise militaro-politique qui a durement ébranlé les fondements de la Nation et détruit le tissu économique.

Certaines parties du pays étaient occupées par des forces non conventionnelles qui ont commis des violations massives et répétées des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Nous avons assisté, de manière quasi impuissante, au déferlement des violences au nombre desquelles, des exactions sur les populations, des assassinats, des meurtres, des viols, des prises d’otages, des enlèvements, des arrestations illégales et séquestrations de personnes, des destructions des plantations, des quartiers et villages, des pillages des richesses minières, des destructions de la faune par le braconnage sauvage.

Ces crimes odieux ont été commis à grande échelle et malheureusement en toute impunité.

Les fonctionnaires et agents de l’Etat ont dû fuir leurs postes d’affectation pour la capitale, abandonnant ainsi les populations locales à leur triste sort.

Les forces de défense et de sécurité, en déconfiture, ne pouvaient assumer leur mission traditionnelle de protection des personnes, de la propriété et de défense de l’intégrité du territoire.

Malgré les efforts déployés par les Autorités de Transition dont je salue au passage le sens élevé de responsabilité, la situation ne s’est guère améliorée.

Le fil amer de la haine, de la division, de l’esprit de vengeance avait inondé tous les cœurs.

A ce tableau sombre, il faut ajouter la résurgence du phénomène des coupeurs de route, le problème des couloirs de transhumance, les effets nuisibles de la LRA et le grand banditisme.

C’est dans ce contexte difficile que j’ai accédé à la Magistrature suprême de l’Etat.

 

Mes Chers Compatriotes ;

 

Dès mon investiture, j’ai nommé le Premier Ministre, Chef du Gouvernement suivi de la formation du Gouvernement, sur la base des critères de compétence et d’intégrité morale.

L’Assemblée Nationale a été mise en place.

Le Gouvernement s’est donc immédiatement mis au travail.

Son programme a été adopté à l’unanimité par les élus de la Nation.

Mais je n’ai pas attendu la mise en place des institutions de la République pour me mettre au travail, tant les attentes de mes compatriotes sont immenses.

Ma participation aux foras internationaux ainsi qu’aux rencontres de haut niveau ont permis de renouer le contact avec la communauté internationale et replacer notre pays dans le concert des Nations.

I- Dans le domaine de la paix, de la sécurité et de la réconciliation nationale, il convient de noter que depuis mon investiture, je n’ai ménagé aucun effort pour permettre aux Centrafricaines et Centrafricains, de tous les horizons, de vivre en paix et en sécurité sur l’ensemble du territoire.

C’est donc dans la recherche effrénée de la paix que j’ai reçu et discuté avec les responsables des groupes armés et des groupes militaro-politiques, afin de les exhorter à adhérer volontairement au processus DDRR.

Ce n’est pas un acte de faiblesse, mais c’est parce que j’ai la conviction que la paix réside dans le dialogue et qu’aucun pays ne peut se développer sans la paix et la sécurité.

Pour réponde à cet impératif de sécurité et de défense du territoire national, nous avons, grâce à l’appui de la communauté internationale et le retour à l’ordre constitutionnel, entamé le processus de réorganisation des FACA.

Mon ambition, dois-je le rappeler, est de passer d’une armée de projection à une armée de garnison.

Les FACA doivent reprendre leur mission régalienne qui est celle d’assurer la protection des personnes et des biens et de défendre l’intégrité du territoire.

Pour ce faire, j’ai aussitôt mis en place la chaîne de commandement organique et fonctionnelle.

De nombreuses formations non opérationnelles et des cycles de recyclages des officiers et sous-officiers ont été dispensés par l’EUMAM et la MINUSCA/DAC.

Par ailleurs, nous avons négocié et obtenu la réouverture des coopérations bilatérales avec l’Egypte, le Maroc et la Chine.

Tirant les leçons de l’ancien DDR, j’ai créé, au sein de la présidence de la République, un Comité stratégique du DDRR/RSS/RN et un comité technique aux fins de me permettre de suivre personnellement la mise en œuvre de ce programme.

Sur invitation du Groupe des Amis de la RSS des Nations-Unies et avec l’appui de la MINUSCA, une délégation de la République Centrafricaine composée du Ministre de la Défense Nationale, du Ministre Conseiller spécial, Coordonnateur du DDRR/RSS/RN à la Présidence de la République, du Président de la Commission Défense à l’Assemblée Nationale et du Conseiller à la Présidence de la République chargé de la RSS, a effectué une mission à New-York, au siège des Nations-Unies, aux fins de présenter les stratégies et programmes de la RSS en RCA.

Au cours de cette grande rencontre, tous les participants ont décidé de soutenir nos efforts, et ce, en reconnaissance des efforts de dialogue que j’ai entrepris dès ma prise de fonction en direction des groupes armés.

Je saisis cette occasion pour saluer les engagements de la France, du Maroc, de l’Italie, de la Suède, de la Banque Mondiale et des USA qui ont annoncé des financements déjà disponibles pour certaines actions du DDRR et de la RSS.

En ce qui concerne la sécurité intérieure, la Gendarmerie et la Police ont connu une montée en puissance de leurs capacités opérationnelles, grâce au déploiement des Gendarmes et Policiers dans certaines villes de province, à savoir Bambari, Boda, Bria, Ndélé, Bozoum, Paoua, Carnot, Gadzi, Bocaranga, Bossangoa et Koui.

Sur les 122 Brigades de Gendarmerie, 96 sont déjà opérationnelles. Cette opération doit s’étendre petit à petit à d’autres villes de provinces, sur la base d’un plan prévisionnel.

Nous avons, en perspectives, de créer au moins trois(3) Légions de Gendarmerie Territoriale et Mobile et un Escadron de Gendarmerie Mobile par Groupement pour prendre en compte la densité de la population et l’augmentation du taux de criminalité dans les villes.

Aussi, les Forces de Défense et de Sécurité doivent renforcer le contrôle de nos frontières contre les menaces asymétriques, la cyber criminalité transfrontière, la prolifération des armes légères et des petits calibres, le blanchissement d’argent, le trafic de drogue et de stupéfiant, le terrorisme et la traite des humains.

Le Gouvernement s’attèle à l’assainissement des effectifs tout en veillant au changement de comportement afin d’avoir des soldats aptes à accomplir les missions qui leurs sont dévolues.

Ces mesures contribueront, j’en suis convaincu, au renforcement de la lutte contre l’insécurité.

Dans le domaine de la justice et des droits de l’homme, convaincu que seule une lutte implacable contre l’impunité peut créer les conditions de rétablissement de l’Etat de droit, j’ai promulgué, le 3 juin 2016, la loi portant création, organisation et fonctionnement de la Cour pénale spéciale.

Un comité de sélection des membres nationaux est mis en place.

Je veillerai personnellement à ce que cette sélection se fonde sur des critères de compétence et d’intégrité morale, afin que la corruption et la complaisance ne viennent pas compromettre les résultats escomptés.

S’agissant des membres internationaux, le Gouvernement a déjà approuvé la procédure et les termes de référence soumis par les Nations-Unies.

Je salue les contributions financières de la France, des Etats-Unis d’Amérique, de la Hollande et de la MINUSCA grâce auxquelles cette juridiction pénale sera bientôt rendue opérationnelle.

C’est ici l’occasion de rappeler, mes chers Compatriotes, que les auteurs des crimes graves qui ont endeuillé des milliers de foyers et qui défient au quotidien l’autorité de l’Etat répondront devant la justice de notre pays.

Je ne renierai pas mon ambition de faire de notre pays un Etat démocratique, et vous savez qu’il n’est pas d’Etat démocratique sans une justice forte et équitable.

En matière de promotion et de protection des droits de l’homme, j’exhorte l’Assemblée Nationale a voté très rapidement la loi portant création de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales en vue de sa promulgation.

Dans ce même chapitre, j’ai fait de la Réconciliation Nationale une des priorités de mon action.

C’est ainsi que j’ai instruit le Gouvernement de célébrer, le 11 mai 2016, la mémoire de victimes des conflits en Centrafrique et à organiser un séminaire gouvernemental d’échanges et d’appropriation du processus de mise en place de la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation.

Des Comités locaux de Paix ont été créés aux fins de démarrer les actions visant la cohésion sociale et le vivre ensemble au sein des communautés de base.

En perspective, nous envisageons de finaliser la stratégie de retour et de relocalisation des personnes déplacées des sites de l’intérieur du pays au début du mois de novembre 2016.

Aussi, avec l’appui de nos partenaires, il sera lancé une vaste opération de recensement des victimes de violences sur l’ensemble du territoire national afin leur prise en charge globale dans le cadre de la Commission Vérité-Justice-Réparation-Réconciliation et leur réinsertion dans les activités socio-économiques du pays.

Dans le domaine du Genre, j’ai instruit le Gouvernement de rendre opérationnelle l’Unité Mixte d’Intervention Rapide pour la Protection des femmes et des filles et lancer les activités du Centre de prise en charge holistique des victimes de violences.

 

Mes Chers Compatriotes,

 

L’assainissement des finances publiques et la relance des secteurs productifs constituent des axes importants de mon quinquennat, tant les méfaits de la corruption rampante sur l’économie et les finances publiques ne sont plus à démontrer.

C’est pourquoi, j’ai instruit le Gouvernement de faire l’état des lieux de tous les secteurs.

L’objectif est de permettre au gouvernement de tirer les leçons du passé et de mettre en place un système continu de contrôle a priori et a posteriori en vue d’obliger les administrateurs de crédits, les gestionnaires et les comptables à la bonne gouvernance qui est un gage de réussite dans le développement économique de notre pays.

Pour cela, les Ministres devront collaborer avec les institutions supérieures de contrôle de notre pays. Il ne s’agit nullement d’une chasse aux sorcières, comme d’aucuns tentent de le faire croire.

Revenant sur les Finances publiques, je voudrais dire que durant ces Cent premiers jours, l’accent a été mis sur la Coopération Internationale. Les résultats obtenus à ce jour sont satisfaisants.

En effet, le Gouvernement a signé un programme de Facilité Elargie de Crédits (FEC) avec le FMI d’un montant de 66, 7 milliards de FCFA.

Il a obtenu de la Banque Mondiale le financement des politiques sectorielles (agriculture, élevage, mines, forêts et énergie) pour un montant de 66 milliards de FCFA. Il faudra mentionner la mobilisation auprès de la Banque Africaine de la somme de 1.115, 3 millions de FCFA.

Dans le cadre de la coopération bilatérale, le Gouvernement a obtenu du Fonds Saoudien pour le Développement (FSD) :

- le versement de l’avance d’environ 1, 7 milliard de FCFA, pour le projet de réhabilitation du tarmac de l’aéroport Bangui M’POKO d’un montant total de 7, 5 milliards de FCFA ;

- la signature d’un contrat de 6 milliards de FCFA pour la réalisation du projet de reconstruction de la route aéroport-PK0 ;

- Le projet de renforcement des capacités de l’ENERCA par la construction de quatre générateurs pour un montant de 6 milliards de FCFA ;

Avec la France, le Gouvernement a obtenu un appui budgétaire d’environ 5 milliards de FCFA sous financement AFD.

Le gouvernement organisera une conférence des donateurs prévue le 17 novembre 2016 à Bruxelles, aux fins de mobiliser davantage les ressources nécessaires au développement du pays.

Dans le domaine de l’énergie, de l’hydraulique et des mines, il s’est agi d’apporter des réponses concrètes aux problèmes fondamentaux qui se posent au pays, notamment les délestages d’électricité, les pénuries d’eau potable et l’embargo sur les exportations de diamants bruts.

Les premières actions menées dans ces domaines commencent à porter leurs fruits:

- L’installation des lampadaires solaires au niveau de l’hôpital général de Bangui, du Lycée des Martyrs, des Commissariats des huit Arrondissements de Bangui et de l’Avenue des Martyrs ;

- Le remplacement des cinq turbines de l’usine de Boali 1 sur financement de la Banque mondiale ;

- La réhabilitation de trois groupes de la centrale thermique de Bangui sur financement de la BAD ;

- L’installation des lampadaires solaires photovoltaïques au PK 26 route de Boali en vue de la réouverture du site douanier et à Nguerengou, route de Damara ;

- La levée partielle de l’embargo sur l’exportation des diamants centrafricains, ce qui va certainement soulagé les acteurs du secteur et je pense ici particulièrement aux artisans miniers.

J’ai donc instruit le gouvernement de suivre les travaux de réhabilitation des installations de l’usine de Boali 1 ; la réalisation des travaux relatifs à l’augmentation des capacités de Boali 2 et Boali 3 d’ici trois ans. Grâce à l’effort du gouvernement, le Trésor a déboursé 600 millions de FCFA pour acheter du carburant et de lubrifiants dans les groupes thermiques de Bangui pour atténuer les effets de délestage d’électricité dus aux arrêts de l’usine de Boali 1.

Le gouvernement veillera également à la réalisation de l’étude de faisabilité de la centrale hydroélectrique sur le site de DIMOLI (200MW) et celui de Lobaye (72MW).

Dans le domaine du sous-secteur pétrolier aval, le gouvernement s’attèle à l’augmentation de la capacité de stockage des produits pétroliers et à la sécurisation l’approvisionnement régulier des produits pétroliers par la voie routière à partir du Cameroun et par la voie fluviale à partir d’IMPFONDO en République du Congo.

S’agissant du sous-secteur pétrolier amont, je dois dire que malgré les contraintes, les études menées pour trouver du pétrole progressent avec un espoir d’avenir heureux pour la population centrafricaine. J’ai instruit le gouvernement d’entreprendre la mise en place de la politique pétrolière et la révision du code pétrolier.

En ce qui concerne les mines, la priorité est la levée totale de l’embargo sur la commercialisation des diamants.

C’est dans ce cadre que sur mon invitation, le Président du Processus de Kimberley a séjourné du 17 au 21 juin 2016 à Bangui afin d’évaluer le niveau de sécurité dans les autres zones minières de l’Ouest du pays et discuter directement avec les acteurs de ce secteur productif.

Je réaffirme que l’embargo sur l’exportation des diamants centrafricains n’a pas atteint l’objectif escompté, bien au contraire, il a privé l’Etat d’énormes ressources et encouragé le trafic illicite de nos diamants vers des marchés parallèles.

J’ai par ailleurs instruit le gouvernement de tout mettre en œuvre pour que notre pays reprenne sa place au sein de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE).

L’accent sera également mis sur la recherche minière, la lutte contre la fraude minière, la canalisation des réseaux de collecte de diamants, la révision du code minier et la politique fiscale.

Dans le domaine de l’eau potable et de l’assainissement, le gouvernement a poursuivi le projet d’Urgence de réhabilitation des infrastructures et services urbains (PIRUSU) sur financement de la Banque Mondiale.

Il en est résulté l’approvisionnement en eau potable des populations des quartiers les plus défavorisés de la ville de Bangui, la construction de 5 microsystèmes d’approvisionnement en eau potable à Boeing, Damala, Yembi 3, au marché à bétail et Nzako.

Grâce au projet de réhabilitation de conduite d’eau potable dans la ville de Bangui financé par le CICR, 4Km de conduites primaires ont été réalisés au niveau de l’Avenue des Martyrs.

Aussi, le gouvernement a poursuivi le projet d’extension du réseau et de la construction de 8 kiosques à borne fontaine dans les 3ème et 5èmearrondissements de Bangui en vue d’accompagner le retour des réfugiés.

Il a réalisé 37 forages dont 20 dans la Préfecture de la Lobaye, 12 dans l’Ouham et 5 dans l’Ouham-Pendé et lancé 63 forages équipés de pompes à motricité humaine.

Pour faire face aux défis liés à l’insuffisance des ouvrages d’eau potable et d’assainissement, dans l’arrière-pays, j’ai instruit le gouvernement de procéder à la révision des études pour l’alimentation en eau potable des villes de Berberati, Bouar et Bossangoa et de démarrer dans les meilleurs délais les projets d’adduction d’eau potable dans les villes de Bambari et de Bozoum, financée par la Banque Arabe pour le Développement Economique de l’Afrique (BADEA) ; de procéder à la réalisation du projet de construction des points d’eau dans la Ouaka et l’Ouham.

Dans le domaine de l’agriculture et du développement rural, le Gouvernement a finalisé et édité les plans régionaux d’actions prioritaires de développement agricole 2016-2018.

Il a par ailleurs relancé les activités de la Cellule Coton de Bossangoa pour la production des semences en vue de la campagne 2017 avec reprise en vue des activités de la SDIC.

Par ailleurs, le gouvernement a renoué le dialogue avec Géo coton en vue de la relance de la filière coton dans les autres préfectures cotonnières.

Il a mis en place une cellule chargée de l’opérationnalisation de l’Office National du Matériel Agricole et pastoral et la Cellule Agriculture-Environnement chargée d’élaborer les stratégies nécessaires à la mise en application des dispositions de la COP 21de Paris 2015.

J’envisage de mettre en œuvre des plans régionaux à travers les programmes et projets en cours d’élaboration en conformité avec le plan pour la relance de notre agriculture.

La poursuite des rencontres avec les partenaires techniques et financiers bilatéraux et multilatéraux, le rapprochement du milieu rural, pour redonner confiance aux acteurs ruraux et crédibiliser la politique du Gouvernement en matière agricole sont les perspectives de mon action immédiate.

Parallèlement, le 11ème Programme Indicatif National du Fonds Européen de Développement (FED) se poursuivra par la formulation des stratégies d’intervention dans le secteur agricole et rural en prenant en compte un autre axe de concentration qui concerne l’éducation et la formation professionnelle des jeunes.

S’agissant de l’élevage et de la santé animale, et sur le plan de la production animale, le gouvernement a assuré le suivi-encadrement de 500 jeunes formés ayant bénéficié de kits avicoles dans les huit arrondissements de Bangui, Bimbo et Begoua pour la conduite d’élevage de poulet de chair et l’encadrement de 60 groupements des pisciculteurs formés aux nouveaux itinéraires techniques piscicoles et dotés en matériels piscicoles à Bangui. Il a assuré le suivi de 27 hectares aménagés et empoissonnés de tilapia niloticus.

En matière de protection animale, des campagnes de vaccination du bétail ont été réalisées avec l’appui du Fonds BEKOU et la participation de la FAO, de l’ANDE, de la FNEC et des ONG.

J’ai instruit le gouvernement d’orienter les jeunes vers l’aviculture et la pisciculture professionnelles afin qu’ils contribuent à la sécurité alimentaire et à l’économie nationale.

J’envisage donc intégrer les diplômés-chômeurs dans l’encadrement des éleveurs.

J’ai également instruit le Gouvernement de tout mettre en œuvre aux fins de démarrer la prochaine campagne de vaccination avec l’objectif d’atteindre une couverture vaccinale de 80%.

Dans le cadre de la cohésion sociale, nous suivons de près le retour des éleveurs déplacés et réfugiés. Une réunion de transhumance sera organisée, si possible au mois d’octobre 2016. A l’occasion, je donnerai des consignes claires pour l’amélioration des activités de pastoralisme et de transhumance.

La création d’un marché à bétail terminal répondant aux normes, la réduction des abattages clandestins pour ne pas porter atteinte à la santé publique, ainsi que l’ouverture progressive des marchés à bétail à l’intérieur du pays constituent l’essentiel de ce qui est envisagé dans un proche avenir.

Dans le domaine de l’environnement, du développement durable, des eaux, Forêts, chasses et pêches, différentes actions ont été menées, au nombre desquelles la mise en production des Permis d’exploitation et d’aménagement nouvellement attribués, la mise en œuvre de l’Accord de Partenariat Volontaire APV/FLEGT signé avec l’Union Européenne, l’opérationnalisation de l’Unité anti-braconnage, le démarrage des travaux de construction d’un barrage rudimentaire sur le site de la station piscicole de Landja.

En termes de perspectives, j’ai instruit le gouvernement de réviser les valeurs mercuriales et FOT des essences forestières pour une meilleure base de taxation des produits bois, de relire le code de la faune et de la pêche et aquaculture avec l’appui de la BAD et d’élaborer un plan national de lutte anti-braconnage et un plan de développement de l’aquaculture.

J’ai également ordonné le démarrage effectif du projet de développement de la Région du Sud-ouest (PDRSO) financé par l’AFD et le Fonds français pour l’Environnement Mondial (FFEM) à hauteur de 6,5 millions d’Euros sur 4 ans.

Le gouvernement devra aussi mettre en œuvre le projet de désenclavement rural et de la relance du secteur agricole financé par la Banque Mondiale à hauteur de 40 millions de Dollars US sur trois ans dans les zones d’intervention dont la zone forestière et la zone d’intérêt cynégétique du nord.

En ce qui concerne le Tourisme, plusieurs actions ont été mises en œuvre.

Ainsi, suite à mes instructions, un projet de document de création d’une Agence Nationale de Développement du Tourisme (ANDT) a été élaboré. La révision du cadre juridique et institutionnel du secteur des Arts et de la Culture est amorcée.

En termes de perspectives en matière de tourisme, j’ai instruit le Gouvernement d’organiser un grand forum du secteur en vue de renforcer le cadre de partenariat avec les opérateurs privés.

Il devra aussi élaborer un plan stratégique de développement du tourisme et mettre en place une stratégie de développement intégré de l’écotourisme à Dzanga Sangha et un plan de marketing international.

Dans le domaine des Arts, un accent est mis sur la relance de la coopération avec les partenaires techniques et financiers du secteur, à savoir, l’UNESCO, l’OMPI et l’OAPI. De même, il sera mis en place, dans un bref délai, le Bureau Centrafricain des Droits d’Auteur (BUCADA) ainsi que les textes législatifs et réglementaires régissant les droits d’auteur en vue de faire bénéficier les artistes des retombées de leurs œuvres.

S’agissant de la Francophonie, le Gouvernement s’attèle à la promotion d’un partenariat stratégique avec les opérateurs de l’OIF tels que l’Agence Universitaire de la Francophonie, la TV5 Monde, l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), l’Université Senghor d’Alexandrie, afin de tirer le meilleur parti de leurs actions pour le bonheur de notre pays.

Le gouvernement fera aussi la promotion de la culture numérique dans le sens d’une forte accessibilité des jeunes et des femmes aux technologies d’information et de communication.

 

Mes chers Compatriotes ;

 

Comme je l’ai annoncé au début de mon intervention, la réforme de l’administration constitue le troisième pilier de mon action.

Ainsi, j’ai pris des mesures tendant à la restauration de l’autorité de l’Etat par le redéploiement progressif des fonctionnaires et agents de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national.

Le bilan de la restauration de l’autorité de l’Etat est éloquent : 13 Préfets sur 16, 63 Sous-préfets et leurs collaborateurs sont en poste.

Aussi, selon le rapport de mission de redéploiement des fonctionnaires et agents de l’Etat, au moins 80% de ceux-ci sont redéployés à leurs postes d’affectation, ce qui permet de rapprocher l’administration des administrés.

Afin de moderniser notre administration, le gouvernement a mis en place un système de gestion du personnel de l’Etat et de la solde par la fusion des deux bases de données en vue de garantir la sécurité du fichier.

L’Office National d’Informatique a développé une application de suivi des mouvements mensuels (AS2M) en vue de la mise à jour régulière de la situation administrative des Fonctionnaires et agents de l’Etat par les directeurs de ressources, sous la supervision de la Direction générale de la Fonction Publique.

Parallèlement, j’ai ordonné que le projet de loi portant code des collectivités territoriales et se trouvant sur la table de l’Assemblée Nationale soit voté et promulgué dans les meilleurs délais.

J’ai instruis le gouvernement que ce dossier, qui a connu quelques dérapages pendant la période de transition, soit réexaminé afin que la réhabilitation des infrastructures administratives et sociales ainsi que l’important problème de domiciliation des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat soient réglés pour réussir la restauration de l’autorité de l’Etat.

Le gouvernement est également instruit d’élaborer une nouvelle politique nationale en matière de protection civile quant à la prévention, la gestion des crises et des catastrophes.

C’est dans ce but que j’ai participé personnellement au Sommet Humanitaire Mondial à Istanbul en Turquie.

J’ai ordonné, après avoir constaté les risques de catastrophes humanitaires sur le site de l’aéroport international de Bangui M’poko, la relocalisation à partir du mois d’août 2016, d’au moins 2400 ménages jugés plus vulnérables sur les sites D’AVICOM et 2200 à leur lieu de résidence.

Dans le même sens, des résolutions durables pour le retour de nos compatriotes déplacées à l’intérieur du pays dans leurs zones d’origine dans le pays sont à l’étude ainsi que la création d’une plateforme nationale de prévention et de gestion des risques et des catastrophes.

Dans le domaine de la promotion de la jeunesse, du développement des sports et du service civique, il convient de rappeler que les malheureux évènements intervenus dans notre pays ont entraîné dans leur sillage un bouleversement social important.

Les valeurs communautaires qui fondent l’âme du peuple centrafricain à savoir la fierté, la fraternité, la tolérance, le dialogue, la solidarité ont disparu. Pour pallier cette situation regrettable, j’ai ordonné l’exécution d’un grand projet conjoint d’appui à la prévention et réduction de la vulnérabilité des jeunes et adolescents dans huit localités, avec l’appui de l’UNFPA et de l’UNICEF pour une durée d’un an, à hauteur de 900.000.000FCFA.

Grâce à l’appui financier du Gouvernement, nos Fauves de Football ont remporté les deux matchs sur leur chemin de qualification à la Coupe d’Afrique des Nations Gabon 2016, en battant coup sur coup le Madagascar et l’Angola, une grande première dans l’histoire du football centrafricain.

Je tiens à réitérer mes félicitations aux Fauves ainsi qu’à leur encadrement technique pour cet excellent résultat.

En termes de perspectives, j’ai instruit le Gouvernement de transmettre à l’Assemblée Nationale, pour examen et adoption, le projet de loi portant création du Fonds National de Développement du Sport.

La signature prochaine d’une convention avec la Coopération française permettra de redynamiser les sports scolaires et universitaires et de détecter les jeunes talents dans les différentes disciplines sportives.

 

Mes chers Compatriotes ;

 

Dans le cadre de la satisfaction des besoins essentiels, j’ai fait de l’éducation et la formation le point nodal de mon action.

Sous mon impulsion, les besoins prioritaires ont été identifiés parmi lesquels les manuels scolaires et matériels didactiques dans nos écoles. Le Gouvernement avec l’appui multiforme de la Coopération française a élaboré le projet « Londo Education » qui vise à mettre à la disposition des instituteurs des outils techniques performants afin de leur permettre, en situation de classe, d’améliorer leurs prestations.

Préoccupé par la modernisation de l’Education Nationale, j’ai instruit le Gouvernement qui, grâce à l’appui de la Coopération Française, a formé 60 formateurs à l’utilisation des liseuses numériques et a remis 200 liseuses comprenant les fiches pédagogiques des six premières années du primaire aux instituteurs du centre pédagogique régional de Mbaïki.

Sur le plan de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le gouvernement a payé les arriérés de vacations à l’Université de Bangui et créé cinq écoles doctorales à l’Université de Bangui.

En termes de perspectives, l’éducation et la formation de qualité resteront au cœur de mes priorités. C’est ainsi qu’en ce qui concerne l’éducation de base (F1-F2) et l’enseignement général, le gouvernement a été instruit pour redynamiser le système scolaire par la formation des ressources humaines de qualité et en quantité. Ainsi, deux écoles normales d’instituteurs seront créées à l’Ouest et au Nord pour la formation de 120 instituteurs à raison de 360 enseignants et passer ainsi du ratio enseignant/élève de 1/120 – 220 à 1/80. Dans cet élan, j’ai instruit le gouvernement d’augmenter le budget de l’Education Nationale qui est de 4% à 22 % pour qu’elle s’assume pleinement.

En ce qui concerne l’enseignement technique, la réhabilitation des centres des formations techniques et professionnelles, la création d’un lycée technique de grande envergure pour limiter la main d’œuvre extérieure ainsi que la création des centres d’alphabétisation pour récupérer les enfants déscolarisés et assurer leurs réinsertions sociales, professionnelles et leurs auto-prises en charge constituent l’essentiel de mes actions dans l’avenir.

Dans le cadre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, mon souhait le plus ardent est de hisser l’université de Bangui au rang des universités internationales et surtout par rapport au système Licence – Master – Doctorat (LMD).

Pour ce faire, l’accroissement de la capacité d’accueil de l’université, la création des universités régionales à Berberati et à Bambari dont le projet de loi va être soumis bientôt à l’Assemblée Nationale, le recrutement et la formation des enseignants dans toutes les filières, l’amélioration de leurs conditions de travail, le renforcement des capacités opérationnelles et la création d’un cadre institutionnel du développement en lien avec les pôles d’excellence et le développement de la recherche scientifique devaient permettre d’atteindre les objectifs en la matière.

Dans le domaine de la Santé, de l’hygiène publique et de la population, le gouvernement a réhabilité certaines structures sanitaires détruites et équipé 170 formations sanitaires en matériel biomédical.

J’ai ordonné la poursuite des actions prioritaires du gouvernement en cours en mettant l’accent sur l’évaluation des plans existants afin d’amorcer à la fin de la période de mise en œuvre du plan de transition du secteur santé, l’élaboration du plan national de développement sanitaire III.

A cet égard, un accent particulier sera mis sur la construction d’un centre devant abriter le scanner et l’hémodialyse sur financement du projet de la BAD et le redéploiement des 15 kits solaires dans les régions sanitaires avec l’appui de la Banque Mondiale. De même, je suivrai particulièrement la mise en œuvre des Paquet Minimum d’Activités (PMA) et Paquet Complémentaire d’Activités dans les formations sanitaires et les structures de soins.

S’agissant des personnes vulnérables, j’ai instruit le gouvernement d’assurer la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant au niveau communautaire. Un projet d’un montant de 4.500.000 Euros appuyé par l’UNICEF et l’Union Européenne ciblant les enfants de moins de cinq ans dans six préfectures sanitaires est en cours d’exécution dans deux préfectures pilotes, à savoir la Nana-Gribizi et l’Ouham.

Le projet conjoint entre le Ministère de la Santé et celui de la Jeunesse intitulé « Appui à la réduction de la vulnérabilité des adolescents et jeunes » dans les localités de Bangui, Bimbo, Boda, Yaloké, Bouar, Sibut, Dékoa, Kaga-Bandoro, Kouango et Bambari d’un montant de 1.573.542 Dollars US avec l’appui de l’UNFPA et l’UNICEF, en cours d’exécution, va permettre la prise en charge de la santé des adolescents et des jeunes.

Le gouvernement continuera à appuyer les équipes-cadres des districts sanitaires dans le rôle de régulation du système de santé, la prise en charge des maladies et urgences de santé ainsi que le leadership du ministère de la Santé.

Je veillerai particulièrement sur l’amélioration de l’offre de soin et la poursuite de la gratuité ciblée des soins.

Soucieux du déficit grave en matière de logement accru par les conflits armés ayant occasionné les destructions d’habitations et les déplacements massifs des populations vers les abris de fortune, j’ai fait du logement des centrafricains en général et des personnes déplacées internes et refugiées en particulier l’une des urgences à résoudre.

Ainsi, les actions de plaidoyer que j’ai menées ont commencé à porter leurs fruits et il importe de noter l’octroi par le Maroc, pays frère, d’un don de 100 logements sociaux.

La phase opérationnelle de ce don permettra, dans un futur proche, de soulager les souffrances des compatriotes par l’attribution et le relogement progressif des personnes déplacées internes dont les habitats ont été sinistrés et dont la précarité des conditions n’est plus à démontrer.

 

Mes chers Compatriotes ;

 

La réussite de notre objectif de développement socio-économique passe par les infrastructures de base. Comme vous le savez, il ne peut y avoir développement sans un réseau routier permettant de relier nos villes et villages ainsi que notre pays à d’autres régions du monde par la desserte aérienne.

C’est ainsi que des opérations d’urgence ont été réalisées pour améliorer nos infrastructures routières prioritaires et sauvegarder le réseau routier.

J’ai instruit le Gouvernement de saisir l’entreprise chinoise pour le démarrage dans les meilleurs délais la construction du pont SAPEKE dont le coût des travaux s’élève à 5.500.000.000 FCFA.

Grâce au financement du Fonds saoudien, un projet de financement des travaux de bitumage qui s’étend de PK-0 jusqu’à l’Aéroport international de Bangui M’POKO pour un coût total de 6.500.000.000FCFA sera réalisé.

Dans le cadre des projets intégrateurs, il est prévu les études de la route OUESSO-BANGUI-NDJAMENA et de la navigation sur le fleuve Congo, les rivières Oubangui et Sangha dont le coût des travaux est de 4 milliards de FCFA.

En ce qui concerne le transport aérien, nous avons signé des accords aériens avec les EMIRATS ARABES UNIS et le RWANDA pour renforcer la desserte aérienne de notre pays. Grâce au fonds saoudien, nous avons démarré les travaux de réhabilitation de la piste de l’Aéroport et la route allant de l’Aéroport au PK-0.

Dans le domaine du commerce et de l’industrie, le gouvernement a mis en place un Programme de Restructuration et de mise à niveau des industries (PRMN) financé par l’Union Européenne et exécuté par l’ONUDI.

Ce programme vise à renforcer les capacités techniques, humaines et financières des industries nationales afin qu’elles soient à même de faire face à la forte concurrence qui découleront de la mise en œuvre de l’Accord de Partenariat Economique (APE) avec l’Union Européenne.

La réforme du cadre juridique des affaires et la promotion des investissements seront marqués par la révision de la charte nationale des investissements, l’adoption du code de commerce, des lois sur la normalisation et la métrologie.

Le développement industriel et le renforcement des capacités d’offre devront se faire à travers la création d’une zone industrielle, le renforcement des capacités commerciales du cadre intégré renforcé, la mise en œuvre des industries de développement de transformation de produits locaux.

La redynamisation de la Chambre de commerce et du guichet unique des formalités des entreprises, l’opérationnalisation du bureau national de mise à niveau des industries, la mise en place de centre de gestion agréé constitueront les points importants du renforcement du service d’appui aux entreprises que nous envisageons.

Aussi, la politique commerciale sera révisée en vue de renforcer la capacité des comités nationaux de négociation commerciale, des mesures sanitaires et phyto sanitaires et des facilitations des échanges.

En ce qui concerne l’approvisionnement du pays, j’ai veillé à ce qu’il n’y ait pas de rupture d’approvisionnements du pays en produits pétroliers et en produits de première nécessité par le renforcement de la sécurité sur le corridor Bangui-Garou Boulay.

Afin de pérenniser ces acquis, les négociations avec les pays voisins pour faciliter le transit vers la RCA, les réunions avec les producteurs, importateurs et exportateurs feront partie des mesures à prendre.

Le gouvernement soutiendra l’activité privée, notamment les grands projets étrangers, mais aussi les projets portés par les investisseurs locaux qui restent très nombreux et marquent la confiance dans l’avenir de notre pays. Nous devons garantir la sécurité des investissements étrangers et la libre circulation des capitaux.

Dans le domaine de la Communication et de l’Information, le Gouvernement a procédé au redéploiement de huit correspondants de la Radio rurale à Berberati, Bossangoa, Nola, Bouar, Bozoum, Sibut, Mbaïki et Yaloké.

Mon objectif est de permettre à toute la population sans exception d’avoir accès à l’information quel que soit son lieu d’habitation et de faire de la communication un outil de développement et un vecteur de paix et de cohésion nationale.

Dans ces perspectives, la radio et la télévision seront érigées en office avec l’appui des partenaires techniques et financiers. Des radios régionales en fonction du découpage administratif et un centre national de diffusion seront créées avec l’installation de plusieurs émetteurs en ondes courtes.

Dans ce cadre, quatre projets de conventions avec le Groupe chinois STARTIMES, sur financement de l’Etat chinois permettront de réaliser le projet de construction des infrastructures et de modernisation des systèmes d’exploitation de notre Radio et Télévision nationales.

Parallèlement, les personnels de media tant publics que privés seront formés et leur condition de travail améliorée pour un rendement meilleur. A cet égard, j’envisage de créer une école nationale de journalisme.

Dans le domaine des Postes et Télécommunications, le Gouvernement a entrepris des négociations avec les partenaires financiers dont WESTERN UNION pour l’offre très prochaine des services de transfert de fonds dans les sites pilotes comme la recette principale, le bureau de Bangui-SICA, le bureau de Poste de l’Aéroport Bangui M’POKO. Ce service sera étendu progressivement aux autres villes de l’arrière-pays.

Grâce à la remobilisation des ressources, la SOCATEL a procédé au lancement officiel de son produit internet et d’un cyber dans les locaux de Bangui-SICA.

J’ai instruit le Gouvernement de soumettre à l’Assemblée Nationale les projets de loi portant respectivement sur la communication électronique et le règlement des activés postales. La restructuration de la SOCATEL, le déploiement de la fibre optique en étude auprès des partenaires techniques et financiers, le passage de l’analogique au numérique font partie désormais de mes priorités.

Dans le domaine de l’Entreprenariat national, de l’Artisanat et de la Promotion des Petites et Moyennes entreprises, le Gouvernement a relancé les principales structures à caractère corporatiste. Il a donc validé l’étude de faisabilité relative à la création du fonds national de garantie et d’investissement. L’objectif recherché est d’encourager la propriété privée, créatrice d’emplois.

En termes de perspectives, le gouvernement fera adopter le Code des Petites et Moyennes entreprises et rendre opérationnel le Centre d’Assistance aux petites et Moyennes Entreprises, (CAPMEA) afin d’assurer l’encadrement des Petites et moyennes entreprises.

J’ai donc instruit le Gouvernement de restructurer le village artisanal touristique, de redynamiser le laboratoire national de taxidermie et de recadrer les activités du Guichet Unique de Formalités des Entreprises afin de le rendre plus performant.

 

Mes chers Compatriotes,

 

Comme vous l’avez constaté, les défis qui nous interpellent sont à la mesure des espoirs nombreux et constants et pour les relever, il me paraît logique de les inscrire dans la logique de la rupture. Le Gouvernement a déployé beaucoup d’efforts à travers la prise des mesures pour résoudre les défis qui se posent à nous.

Leurs impacts sont timidement palpables au vu de l’immensité des attentes. J’ai rappelé dans certaines circonstances que nous revenons de loin, de très loin. Le relèvement du pays prendra du temps, mais il doit se faire si nous voulons reconquérir notre place dans le concert des nations.

Le gouvernement est à l’œuvre et poursuivra les actions entreprises. Comme le dit un proverbe, « Pour bien faire, mille jours ne sont pas suffisants, pour faire mal, un jour suffit amplement ». Et pour bien faire il nous faut choisir des cadres et agents de l’Etat lucides et clairvoyants, dotés de compétences et d’intégrité morale. Nul n’ignore que la corruption au sens large a gangréné l’Etat. Chaque pas doit être assuré. Nous n’avons plus droit à l’erreur.

 

Mes chers Compatriotes ;

 

Je le reconnais, au moment où je m’adresse à vous, certaines régions entières du pays sont sanctuarisées par des groupes armés, privant ainsi certains de nos compatriotes de leurs libertés fondamentales.

Nous assistons depuis un certain temps à une recrudescence incompréhensible des actes de violences dans notre pays. Je voudrais citer ici la prise d’otages de six policiers dans l’exercice de leurs fonctions par une bande armée sévissant au KM5.

Je rappelle que les actions des bandes armées tant à Bangui que dans l’arrière-pays ne doivent pas nous décourager, mais au contraire, elles doivent renforcer notre solidarité et notre sentiment patriotique. La patrie est en danger. Nous devons la sauver avec tous les moyens légaux.

Nous savons que la stratégie de victimisation adoptée par les ennemis de la paix et du développement de la RCA cache mal leurs desseins machiavéliques de plomber les actions du Gouvernement et de retarder le processus de réconciliation et la justice qui doit être rendue aux victimes de leurs actes ignobles.

Je voudrais ici réitérer ma ferme condamnation des actes criminels qui se commettent et réaffirmer mon intention de mettre hors d’état de nuire les auteurs, coauteurs, complices et commanditaires des crimes crapuleux.

 

Centrafricaines ;

 

Centrafricaines ;

 

Mes Chers Compatriotes ;

 

Nous avons trop fait la guerre et personne n’en est sortie vainqueur.

Nous devons, tirant les leçons de cette malheureuse aventure, éviter de créer d’autres conditions d’embrasement de notre pays.

La communauté internationale est lassée de porter le poids de nos errements politiques. Il nous faut marquer un pas et retourner résolument sur la voie de la bonne gouvernance, du dialogue, de la cohésion sociale et du vivre ensemble.

Aucune autre considération ne prime sur ma volonté de rassembler les Centrafricains et d’asseoir une base saine de développement socio-économique de notre pays.

J’ai compris et je l’ai dit et souligné dans mon discours inaugural que la sécurité durable et la défense du territoire national constituaient les priorités des priorités.

J’ai compris que notre rêve à tous, le rêve d’un Centrafrique enfin pacifiée, apaisée et reconstruite, ne sera possible sans une vraie réconciliation et une forte cohésion sociale.

Ainsi, la sécurité, le DDRR, la RSS, la levée de l’embargo sur les armes imposée aux FACA, la réconciliation nationale, la question de retour des déplacés et réfugiés, la lutte contre l’impunité et les inégalités sociales, voilà ce qui continuera à mobiliser mon énergie et celle du Gouvernement dans les prochains jours.

 

Que Dieu bénisse la République Centrafricaine.

 

Je vous remercie.

 

Discours à la Nation pour les 100 jours à la présidence du Pr Faustin Archange Touadéra
Centrafrique-Presse.com
11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 13:23

 

 

http://www.afrik.com/ LUNDI 11 JUILLET 2016 / PAR MALICK HAMID

 

Les autorités camerounaises ont décidé de renforcer les mesures de sécurité le long de la frontière avec la Centrafrique, à l’Est de ce pays d’Afrique Centrale.

 

Face à la recrudescences de la violence, les autorités camerounaises ont décidé de renforcer les mesures de sécurité le long de la frontière avec la Centrafrique, à l’Est de ce pays d’Afrique Centrale.

 

L’information a été donnée par le secrétaire d’Etat à la Défense, chargé de la gendarmerie nationale, Jean Baptiste Bokam, précise Koaci. « Nous allons renforcer la sécurité sur notre frontière avec la Centrafrique », a déclaré le patron de la gendarmerie, sans préciser la natures desdites mesures.

 

Le secrétaire d’Etat à la Défense a précisé que le renforcement des mesures sécuritaires va freiner ou limiter, les multiples incursions des rebelles centrafricains, qui se soldent par des morts, ou enlèvements de personnes. D’autant que, toujours selon le dite ivoirien, les rebelles séléka et anti-balaka ont multiplié des incursions en territoire camerounais, ces derniers mois.

 

Le 19 mars 2015, au moins 15 Camerounais dont le maire de Lagdo, dans la région du Nord, ont été enlevés par des individus présentés comme des rebelles centrafricains. Après 17 mois de captivité, suite à des négociations entre les gouvernements centrafricain et camerounais, impliquant groupes armés, sous l’égide de la MINUSCA, les otages, qui étaient conduits en RCA, ont été libérés le 10 juillet 2016.

 

 

Libération de 16 otages camerounais détenus en Centrafrique

 

APA-Douala (Cameroun) 11/07/16 - Les 16 otages camerounais enlevés le 19 mars 2015 à Garoua-Boulai à l’Est du Cameroun et détenus depuis lors par des bandes armées centrafricaines, ont été libérés, a appris lundi APA de sources concordantes.

 

D’après des sources proches du dossier, l’un des otages aurait trouvé la mort des suites de maladie pendant leur détention.

 

Parmi les personnes libérées, se trouve le maire de la commune de Lagdo (Nord) Mama Abakaï, dont les membres de sa famille ont confirmé la libération.

 

«Notre grande sœur nous a appelés ce dimanche depuis Bangui en République centrafricaine pour nous annoncer qu’ils ont été libérés, mais qu’ils sont au camp de la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique) en attendant leur rapatriement au Cameroun».

 

Les mots ont manqué à Mariam Abakaï pour exprimer ses sentiments suite à la libération de son père, Maire de Lagdo.

 

«J’ai la joie de vous annoncer la libération de mon papa M. Mama Abakaï. Alhamdou lillah ! Je retrouve enfin mon vrai sourire», a-t-elle réagi.

 

Ces personnes avaient été kidnappées lors d’une attaque des bandes armées centrafricaines, lors d’une incursion armée en territoire camerounais.

 

 

PRISE D’OTAGE: LE MAIRE DE LADDO ET LES 15 AUTRES OTAGES LIBÉRÉS

 

http://www.lanouvelleexpression.info/  lundi, Juil 11 2016

 

Écrit par  Hervé Villard Njiélé

 

Selon des informations, ces derniers qui sont encore en territoire Centrafricain sont entre  les mains de la Minusca et attendent d’être transférés au Cameroun.

 

La nouvelle de la libération de Mama Abakaï n’est pas encore officiellement confirmée.  Aucune communication  officielle relative  à la libération du maire de l’arrondissement de Lagdo et des 15 autres otages n’a été faite jusqu’à présent. Pourtant, des  sources sécuritaires et des  proches de la famille des otages confirment cette  nouvelle.

 

Selon des informations, le maire et les 14 otages enlevés  depuis le 19 mars 2015sont désormais libres. Ils ont été remis aux soldats de  la Mission  des Nations Unis pour  la sécurisation de la Centrafrique (Minusca) le samedi 9 juillet 2016 en République centrafricaine (Rca) par les rebelles  centrafricains.  Parmi la quinzaine d’otages  qui se porteraient  apparemment bien, trois sont dans un état  critique et sont sous soins à  Bangui. Après  avoir  stabilisé leur état de santé,  les otages seront ensuite conduits dans les heures avenirs au Cameroun et plus précisément à Yaoundé pour exploitation avant de rejoindre par  la suite leur domicile respectif pour des liesses populaires.

 

Cependant, les circonstances de libération de ces otages restent floues. Car, rien ne filtre à ce niveau. On ne sait si l’Etat du Cameroun a payé la rançon demandé par les preneurs d’otages ou si Aboubacar Sidiki l’un des rebelles centrafricains incarcéré au Cameroun et dont la libération était réclamée par les preneurs d’otages a été faite ou pas. Du moins des indiscrétions font Etat de ce que des négociations engagées par l’Etat du Cameroun avec l’appui des forces de l’ordre de la Rca  seraient à l’origine de cette libération.

 

Lagdo, sentiment mitigé

 

Dans l’arrondissement de Lagdo arrondissement qui verra bientôt  l’administrateur  municipal de  sa commune reprendre du service avec nombreux de ses conseillers municipaux  ceci après un an et quatre mois de vie en captivité, ce n’est  pas  la grande fête. L’ambiance est plutôt calme. L’annonce de  la libération du maire et de ses conseillers n’est pas sur la place publique. La nouvelle se transmet sous cape de bouche à oreille sans toutefois créer  la moindre émotion. «Ici on est plutôt réservé. On attend de recevoir les otages dans notre  arrondissement, de les voir, de les toucher d’échanger avec eux pour nous assurer que c’est vrai», affirme un habitant de cette partie du Cameroun.

 

D’après notre source, le scepticisme de la population se justifie. «En septembre 2015, on avait annoncé  la libration du maire et de  toute  la délégation qui l’accompagnait. Mais il n’en était rien. C’était un canular, les familles avaient jubilé et il n’en était rien. Maintenant on attend de  les voir  pour croire», explique-t-il.

 

D’après notre source,  plusieurs de ces otages camerounais auraient joint  les membres de leur famille par  téléphone depuis samedi dernier  pour confirmer  leur libération. Notamment  le maire Mama Abakaî et  quelques  conseillers de  la mairie. Puisque, en plus de Mama Abakaï, le maire kidnappé, parmi les otages se comptaient aussi Sylvie Djenang conseiller municipal à la commune de Lagdo, Jacqueline Nene, présidente de la section Rdpc de Lagdo Sud 2 et autres personnalités importantes dans cet arrondissement. Les proches du maire et plusieurs autres ressortissants de cette unité administrative se comptent aussi  parmi  ces otages. «C’est plusieurs familles éplorées depuis la commission de ce rapt, qui retrouveront ainsi  leur pères, mères, amis et connaissances», précise une source joint au téléphone par La Nouvelle Expression. «Nous ne savons pas dans quelle conditions ils étaient détenus mais, l’essentiel c’est qu’ils reviennent  d’abord vivants», indique David, agent de la commune de Lagdo.

 

Le rapt

 

 Enlevés par les gangsters depuis le 19 mars 2015 dernier le maire de Lagdo et  ces autres victimes qui rentraient d’un deuil, étaient à bord des bus de l’agence «Lux Voyage» à environ 11 km de Garoua-Boulai, ville de région de l’Est Cameroun. Leur bus est tombé dans une embuscade tendue par des hommes  lourdement armés.

 

Selon le convoyeur de l’agence Lux Voyage qui les conduisait, le bus a été braqué et vidé de ses passagers «Ils ont pointé des fusils sur nous et ont demandé que tout le monde descende du bus. Quand nous sommes descendus, ils ont amené les passagers dans la brousse et ils nous ont demandé de partir avec notre bus», expliquait le convoyeur à la gendarmerie après le forfait. D’après celui-ci, les kidnappeurs, vu le français qu’ils parlaient, ne seraient pas des Camerounais. «Certainement des rebelles Centrafricains», pense-t-il.

 

Hervé Villard Njiélé

 

La liste des otages enlevés  

 

1- Mama Abakaï, maire de Lagdo

2- Jacqueline Nene, présidente de la section RDPC Lagdo Sud 2

3- Dama, Infirmière et présidente du réseau des femmes

4- Sylvie Djenam, Conseiller municipal à la commune de Lagdo

5- Odile Tchambia, opérateur économique

6- Oumarou Sadou, chef traditionnel de 3e degré

7- Alidou Abba, chef traditionnel de 3e degré

8- Danda, chef traditionnel

9- Alhadji Oumarou Liman, commerçant

10- Alhadji Souaïbou, commerçant

11- Ibrahim, commerçant

12- Aboubakar Abdoulaye, commerçant

13- Hamadou, chauffeur

14- Inoussa Malkaba, membre du comité local de vigilance

15- Robert Ndinga, membre du comité de vigilance

16- La seizième personne est le convoyeur qui n'a pu être identifié.

 

Le Cameroun renforce la sécurité à sa frontière avec la Centrafrique
Le Cameroun renforce la sécurité à sa frontière avec la Centrafrique
Centrafrique-Presse.com
11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 12:42

 

REPORTAGE

 

http://www.liberation.fr/ Par Patricia Huon, envoyée spéciale à Juba (Soudan du Sud) — 10 juillet 2016 à 16:56

 

Notre envoyée spéciale, l'une des rares journalistes présentes dans la capitale, raconte les affrontements qui auraient fait au moins 272 morts ce week-end.

 

Des explosions qui résonnent dans la ville, des échanges de tirs nourris, des hélicoptères qui tournoient dans le ciel… Ces bruits sont trop familiers au Soudan du Sud pour permettre le doute. Le pays vient de replonger dans la guerre. Au moins 272 personnes auraient été tuées ce week-end, dont 33 civils, assure l’agence Reuters, citant un responsable du gouvernement. Un bilan impossible à confirmer ou à infirmer tant la confusion sur place est grande. Et les sources peu fiables.

 

Chacun a encore en mémoire les massacres commis à Juba en décembre 2013, quand le jeune Etat avait basculé dans une nouvelle guerre civile. D’autres se barricadent chez eux. L’aéroport est fermé, les routes sont bloquées, aucun véhicule ne circule à part ceux des militaires. «Des voisins ont fui, on me dit qu’il y a des corps dans les rues. Je préfère rester à l’intérieur. Je ne bouge pas», explique un résident de la capitale joint par téléphone. Les portables sonnent, chacun tente de s’informer sur la situation, de vérifier les rumeurs qui circulent et de prendre des nouvelles de proches. Le réseau saturé ajoute à l’incertitude et la panique.

 

Des combats autour du palais présidentiel

 

Le retour du chef rebelle Riek Machar à Juba, fin avril, et sa nomination au poste de vice-président dans un gouvernement de transition, avaient marqué une étape importante dans la tentative d’application d’un accord de paix accouché au forceps en août 2015. Mais les deux armées qui se sont affrontées pendant trente mois, désormais forcées de cohabiter dans une même ville, s’observaient avec méfiance et il ne fallait qu’une étincelle pour relancer le conflit. Celle-ci a pris la forme d’un accrochage, jeudi soir, entre des soldats fidèles au président Salva Kiir (Armée populaire de libération du Soudan, APLS) et des hommes de l’ancienne rébellion, à un barrage routier. Cinq militaires de l’APLS ont été tués.

 

Vendredi, le Président et ses deux vice-présidents, Riek Machar et James Wani Igga, se retrouvent pour discuter des événements de la veille. La réunion tourne court. Des combats éclatent autour du palais présidentiel entre soldats des deux camps. Preuve, s’il en fallait, du peu de contrôle que Salva Kiir et Riek Machar ont sur certains éléments de leurs troupes.

 

Les affrontements s’étendent à d’autres parties de la ville et font au moins une centaine de morts parmi les militaires, selon plusieurs sources. Salva Kiir et Riek Machar appellent au calme et leurs partisans évitent, pour une fois, les déclarations incendiaires. La journée de samedi est calme et Juba reprend son souffle. L’accord de paix n’est pas encore totalement mort… jusqu’au lendemain matin.

 

Des corps dans la rue

 

Dimanche, vers 8h30, des tirs retentissent à l’ouest de la ville, près de Jebel, là où se trouve le camp de Riek Machar et d’une bonne partie du millier de soldats qu’il a ramené avec lui à Juba. Un porte-parole de l’opposition affirme, sur son profil Facebook, qu’il s’agit d’une attaque contre le camp des ex-rebelles, qui a été repoussée. «[Nous avons] capturé trois chars des forces du président Salva Kiir. […] Leurs hélicoptères ont arrêté leurs bombardements après que l’un d’entre eux a presque été abattu», écrit-il.

 

Le cycle de violence est enclenché, les appels à la vengeance se multiplient sur les réseaux sociaux alors que des combats éclatent à divers endroits de la capitale. Des milliers de civils se réfugient sur les bases de l’ONU, situées à l’ouest (non loin du camp de Riek Machar) et près de l’aéroport. Ces deux zones sont particulièrement touchées par les affrontements.

 

 «Il y a eu des affrontements entre nos soldats et les forces de l’opposition, mais je ne peux pas confirmer qui a commencé à tirer et pourquoi, dit le porte-parole de l’armée, Lul Ruai Koang. Maintenant, la situation est sous contrôle.» Mais des tirs continuent de se faire entendre à Juba. Et les événements de ces derniers jours laissent craindre un nouveau bain de sang.

 

Patricia Huon envoyée spéciale à Juba (Soudan du Sud)

 

 

SOUDAN DU SUD : Cinq ans d’indépendance,  cinq ans de malheurs

 

http://lepays.bf/  10 juillet 2016

 

Il y a cinq ans, plus précisément le 9 juillet 2011, le Soudan du Sud faisait son entrée dans le concert des nations en tant qu’Etat indépendant. Cette indépendance, faut-il le rappeler, acquise au prix d’énormes sacrifices, était censée mettre fin à des décennies de brimades de la part de l’autre Soudan et ouvrir des perspectives heureuses pour les populations. C’est pourquoi celles-ci l’avaient accueillie avec enthousiasme et espoir. Cinq ans après, c’est la désillusion, le désenchantement et l’espoir assassiné qui sont au rendez-vous. En effet, ces cinq ans ont été essentiellement marqués par une guerre civile de deux ans et demi, qui a du mal à connaître son épilogue, malgré la signature d’un accord de paix en août 2015 et en dépit du retour d’exil de Riek Machar en avril dernier. A ce malheur sont venus s’ajouter deux autres, à savoir l’inflation qui frôle aujourd’hui les 300% et la famine. Le bilan est donc sombre si fait que l’on peut le résumer par cette formule : cinq ans d’indépendance, cinq ans de malheurs. L’on peut donc comprendre que les autorités aient choisi de commémorer le 5e anniversaire de  l’indépendance du pays sans festivité. Le contraire aurait été moralement et politiquement indécent.  Faut-il en déduire que ces autorités ont pris conscience que la situation du pays n’autorise pas cette année à célébrer le 9 juillet avec faste ? On peut en douter. En effet, rien que la veille du 9 juillet, c’est-à-dire vendredi 8 juillet, Juba, la capitale du pays a été le théâtre d’affrontements sanglants entre l’armée et les ex-rebelles.

 

Salva Kiir et Riek Machar ont choisi d’inscrire le Soudan du Sud à l’article de la mort

 

Certaines sources font état d’environ 300 morts. Et les choses pourraient empirer puisqu’au moment où nous tracions ces lignes, des tirs d’armes automatiques étaient encore entendus. Et là où on peut perdre son latin, c’est quand on entend Salva Kiir et Machar dire qu’ils ignorent les mobiles et les acteurs de ces tirs nourris qui se passent à quelques encablures du palais présidentiel et à un moment où les 2 têtes de l’Exécutif étaient réunies pour une conférence de presse. Même dans l’hypothèse où les deux seraient de bonne foi, ce qui est invraisemblable, il y a de quoi s’inquiéter car cela voudrait tout simplement signifier que le contrôle de leurs hommes leur a complètement échappé. Et ce scénario n’augurerait rien de bon pour le Soudan du Sud. Mais quand on analyse bien la situation chaotique dans laquelle patauge ce pays depuis qu’il a accédé à l’indépendance le 9 juillet 2011, l’on peut affirmer sans courir le risque de se tromper, que tous les malheurs qui s’y déroulent portent deux signatures : la signature de l’homme qui ne se sépare jamais de son chapeau de cow-boy, c’est-à-dire Salva Kiir et celle de l’homme aux lunettes fumées, Riek Machar. Ce sont, en effet, ces deux individus aux ego surdimensionnés qui ont choisi en toute conscience, d’inscrire le Soudan du Sud à l’article de la mort pour parvenir à leurs fins. Et pour cela, ils ne crachent sur aucun moyen. Le plus répugnant de ces moyens, est l’instrumentalisation de leurs ethnies respectives. Et ils s’en donnent à cœur joie sans que cela n’agite leur conscience. Un autre moyen qui illustre la petitesse d’esprit de ces 2 fauteurs de troubles, c’est leur mauvaise foi. Et ils l’ont démontré à suffisance depuis que, par le hasard de l’histoire, ils ont été propulsés à la tête du pays, Kiir en qualité de président et Machar en tant que vice-président. Le résultat de cet attelage forcé des contraires, est que chaque jour que Dieu fait, le Soudan du Sud poursuit sa course folle vers le fond de l’abîme. Et ce n’est pas demain la veille que cette descente aux enfers va s’arrêter.

 

Les Américains ont la responsabilité morale et politique de guider le Soudan du Sud

 

En tout cas, l’on peut avoir l’impression que tant que ces deux pistoleros seront aux affaires, le présent et l’avenir de ce malheureux pays, courent le risque d’être écrits à coup sûr en termes de larmes, de sang et de famine. Aucun des deux n’a la carrure d’un homme d’Etat capable de conduire le nouvel Etat vers « de verts pâturages » pour reprendre une expression des Saintes écritures chrétiennes. Et dans ces conditions, l’on ne peut que regretter le fait que le destin ait frappé cruellement ce pays, et ce alors que le peuple du Soudan du Sud avait encore besoin de lui, celui qui, par son charisme et sa vision, incarnait l’espoir de toute la nation.  Vous l’aurez deviné, nous voulons parler du colonel John Garang, arraché à l’affection du peuple du Soudan du Sud en août 2005. Le spectacle désastreux que son pays donne aujourd’hui à voir à l’Afrique et au monde, constitue pour lui une deuxième mort. Mais de cela, les sieurs Kiir et Machar n’en n’ont cure. Ce qui préoccupe le premier, c’est de conserver le pouvoir et le second c’est de le conquérir, quitte à marcher sur les cadavres de leurs compatriotes. Et c’est à ce sport macabre que les deux hommes s’adonnent depuis le début de la guerre civile. C’est cela qui nous fait dire que la résolution du problème du Soudan du Sud passe par la neutralisation de ces deux hommes. Et cette solution pourrait favoriser l’émergence d’une personnalité qui ait l’étoffe d’un homme qui nourrit de grandes et nobles ambitions pour le pays et qui a le patriotisme et la volonté nécessaires pour les traduire en actes. Le Soudan du Sud ne peut pas en manquer. Il se pose alors la question de savoir qui peut aider à cela, ici et maintenant. La réponse ne souffre d’aucune ambiguïté. Ce sont les Etats-Unis d’Amérique. En effet, l’on se rappelle que c’est le pays de l’Oncle Sam qui avait pesé de tout son poids dans la balance pour obtenir la venue au monde de cet Etat. Les Américains ont donc la responsabilité morale et politique de le guider et de l’encadrer jusqu’à ce qu’il soit en mesure de s’assumer. A défaut de mettre hors d’état de nuire le tandem de la mort que forment Kiir et Machar, l’on peut envisager la mise sous tutelle Onusienne du pays, le temps de permettre enfin au malheureux peuple du Soudan du Sud de souffler. En attendant, la personne qui boit son petit lait  et qui peut se vanter d’avoir prédit ce qui arrive aujourd’hui au Soudan du Sud, c’est Omar El Béchir. Aujourd’hui, l’histoire lui donne raison. Cela dit, l’erreur serait de croire que l’UA (Union africaine) peut aider à sortir le pays de John Garang du trou dans lequel il se trouve aujourd’hui.  Car, non seulement cette institution, depuis sa création, n’a jamais véritablement réussi à pacifier un seul de ses membres en situation de conflit, mais aussi certains de ses dirigeants se sont déjà illustrés pour avoir joué un rôle trouble dans bien des guerres civiles. C’est le cas aujourd’hui de Yoweri Museveni en ce qui concerne la guerre civile en RDC, il y a de cela plus de 10 ans et aujourd’hui, le Soudan du Sud où ses troupes y  ont été envoyées aux côtés de Salva Kiir pour faire barrage à Riek Machar. Et l’on peut imaginer facilement ce qui a motivé  le président ougandais à voler au secours de l’homme au borsalino noir : c’est le pétrole du Soudan du Sud. Ce même calcul a pu déterminer d’autres personnes à offrir leur soutien à son rival Riek Machar. Le grand enseignement que l’on peut tirer de cela, est que le pétrole a été le plus souvent à l’origine de bien des malheurs des peuples africains. Le mieux serait alors de ne pas l’avoir, peut-on être tenté de dire. En tout cas ce n’est pas le peuple libyen qui contredira aujourd’hui cette thèse.

 

« Le pays »

 

Lu pour vous : Soudan du Sud : à Juba, au cœur de l'escalade meurtrière
Centrafrique-Presse.com
11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 12:39

 

 

Par Albert GOUNPOU - 10 Juillet 2016 - 08:10

 

Dans un Centrafrique complètement meurtri et détruit par la crise militaro-politique, l’attente de la population est très grande après les élections groupées de 2015/2016 qui ont permis le retour à l’ordre constitutionnel.

 

Elu pour un mandat de 5 ans pour diriger la République Centrafricaine, le Pr. Faustin Archange Touadera a prononcé un discours qui boucle ses 100 jours à la tête de l’Etat. Etant conscient des défis qui l’attendent, le président de la République a aussi très tôt, bien avant son investiture, mis en place un secrétariat politique qui était présidé par son actuel Ministre Conseiller Spécial en matière de DDRR, M. Jean Wilibiro Sacko. Cette structure avait pour but de réfléchir en amont sur les actions à mettre en œuvre dès la prestation de serment du nouveau président, aux fins de bien démarrer son mandat sur des bases concrètes et répondre aux attentes réelles de la population.

 

 Quelle importance revêt la période des 100 jours pour un dirigeant ? Selon Laurent Acharian, senior manager chez PwC et co-auteur du livre Cent jours des dirigeants, les 100 premiers jours sont fondamentaux, car c’est une période pendant laquelle le responsable peut tout perdre. Il faut absolument éviter certains écueils qui, sinon, peuvent plomber l’action du dirigeant jusqu’à la fin de son mandat. C’est le cas dans le monde des entreprises comme en politique. 

 

L’opposition politique regroupée autour du Chef de file de l’opposition du Burkina Faso déclare qu’on ne juge pas un mandat de 5 ans sur une action de 100 jours. Mais c’est une tradition politique que d’ausculter à la loupe les faits et gestes de tout nouveau pouvoir pendant les 100 premiers jours. Parce que, c’est par les déclarations qu’il fait, par les idées neuves qu’il avance, par les premières décisions qu’il prend ou ne prend pas, par les gens qu’il nomme, bref, par la manière dont il s’installe, qu’on voit s’il s’est bien préparé à sa nouvelle mission, s’il sait où il va, et ce qu’on peut attendre de lui.

 

 Un clin d’œil sur les gens que Pr. Touadera a nommés. Les actions gouvernementales disent tout sur le niveau et la capacité de son gouvernement à prendre des décisions et à réagir. Un premier ministre qui ne connait pas ses limites, les ministres qui n’ont aucun plan managérial de leurs départements. Les mêmes personnes utilisées pendant le régime défunt du président Bozizé sont revenues aux affaires alors que ce sont ses mêmes gens qui ont poussé l’ex président centrafricain à perdre le pouvoir en 2013. C’est ça que Pr. Touadera qualifie de « RUPTURE ». Aucune action concrète pour faciliter le retour des déplacés chez eux, mais plutôt les délocaliser. En un mot, on ne voit aucune volonté politique de sortir la RCA de son état actuel.

 

La question qui taraude la tête des Centrafricains : où sont cachées les bonnes propositions faites par le secrétariat politique dont le professeur avait mis en place ? 


Qu’à cela tienne, les Centrafricains ne doivent rien attendre de ce régime qui ne sait pas ce qu’il faut faire pour abréger leur souffrance. Un chef d’Etat qui ne sait où il va, et qui n’est d’ailleurs pas préparé à sa mission.

 

Un aspect très important de ses 100 jours dont il a oublié aussi de parler aux Centrafricains : le nombre de voyages effectués à l’étranger. 

 

Il est temps que le professeur national revoie ses actions et décisions pour sauver la situation sinon à la fin de ce quinquennat, les Centrafricains ne vont pas lui renouveler son mandat. 


Albert GOUNPOU

LE BILAN NEGATIF DES 100 JOURS DE TOUADERA par Albert GOUNPOU
Centrafrique-Presse.com