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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 14:07

 

 

 

http://www.dw.com/ 14 février 2016

 

En Centrafrique, le 2nd tour de la présidentielle est censé mettre fin à des violences qui règnent dans le pays depuis 2013. Mais bon nombre d'électeurs ne trouvent pas leurs noms sur les listes dans les bureaux de vote.

 

Depuis le petit matin de ce dimanche, les Centrafricains sont appelés d’aller aux urnes pour élire leur nouveau président. Ils ont le choix entre les deux anciens Premiers ministres Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra. Les deux étaient arrivés premier et deuxième lors du premier tour fin décembre 2015. En même temps, les quelque deux millions électeurs doivent voter pour la nouvelle assemblée nationale.

 

Pour ce second tour à pronostic difficile et incertain, les deux candidats à la présidentielle ont reçu des soutiens à degrés différents. Anicet Georges Dologuélé, premier de la course, a reçu moins de soutien que son rival, mais a eu la chance d’obtenir le plus influent soutien, celui de Désiré Kolingba (arrivé troisième le 30 décembre) de le rejoindre – ce qui était loin d’être acquis. Ajouter à cela celui du KNK, le parti de l’ancien président François Bozizé, renversé en 2013, lequel lui a apporté son soutien juste avant le premier tour (même si c’est en partie car une partie du KNK s’est ralliée à Touadéra). Il a enfin obtenu le ralliement de Sylvain Patassé, un autre candidat à la présidentielle, puis de nombreux hommes d’affaires.

 

Faustin Archange Touadéra: Ses soutiens politiques sont une partie du KNK de l’ancien président Bozizé. Il a également obtenu le ralliement du grand perdant du premier tour, Martin Ziguélé, et de l’ancien ministre Karim Meckassoua. Ensuite, il y’a eu 18 candidats, tous originaires du Sud, qui lui ont apporté leur soutien, dont Jean-Serge Bokassa. Il demeure jusque-là la plus grande surprise de ce scrutin.

 

Beaucoup d'espoir que la paix revienne

 

L’élection est censée mettre fin à trois ans de violences et de crise politiques : en mars 2013, l’ancien président François Bozizé avait été renversé par une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, avec leur chef Michel Djotodia. Sous la présidence de transition de ce dernier, le pays a vécu des mois de violences qui ont culminé en décembre 2013 par des massacres à grande échelle entre musulmans et chrétiens et le déplacement de centaines de milliers de personnes.

 

Pour la présidente de l'Autorité nationale des élections (ANE), Marie Madeleine N'Kouet Hoornaert, "dans l'ensemble ça se déroule très bien, sauf quelques soucis dans certains bureaux de vote" de province et de Bangui où les électeurs se plaignent d'avoir été refoulés car contrairement au 1er tour, le seul récépissé ne suffit plus, il faut être inscrit sur les listes et présenter une pièce d'identité. Un des correspondants de la DW a confirmé que beaucoup d’électeurs cherchaient en vain leurs noms sur les listes électorales.

 

Peu d'affluence dans les bureaux de vote

 

L’optimisme de la présidente de l’ANE n’est pas partagé par certains candidats aux élections législatives. Comme, c’est le cas de Bertin Béa, le secrétaire général du KNK, le parti du président déchu, François Bozizé. Bertin Béa est candidat de son parti Bouali, ville située à une centaine de kilomètres de Bangui, la capitale.

 

Par rapport au premier tour, l’affluence des électeurs a été faible, comme le confirme le président du MDREC, Mouvement Démocratique pour la Renaissance et l'Evolution de Centrafrique, Joseph Bendounga.

 

L’élection est censée mettre fin à trois ans de violences et de crise politiques en République centrafricaine (RCA): en mars 2013, l’ancien président François Bozizé avait été renversé par une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, avec leur chef, Michel Djotodia. Sous la présidence de transition de ce dernier, le pays a vécu des mois de violences qui ont culminés en décembre 2013 par des massacres à grande échelle entre musulmans et chrétiens et le déplacement de centaines de milliers de personnes.

 

L'opération militaire française Sangaris, qui a chassé la Séléka du pouvoir, et la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) tentent depuis de ramener le calme dans le pays, un des plus pauvres du monde. Les deux missions de paix sont mobilisées pour assurer la sécurité du vote, notamment dans le quartier musulman du PK5, afin d'éviter toute provocation.

 

AUDIOS ET VIDÉOS SUR LE SUJET

 

"Dans l'ensemble ça se déroule très bien... enfin... bien" (Marie Madeleine N'Kouet Hoornaert, présidente de l'ANE)  

 

 

"Ca ne se passe pas bien..." (Bertin Béa, secrétaire général du KNK)  

 

 

"Il y a peu d'engouement dans la ville de Bangui..." (Joseph Bendouga, président du MDREC)  

 

 

"On laisse les choses se faire..." (François Bozizé, l'ancien président centrafricain, renversé en 2013)  

 

 

RCA: vote dans le calme mais pas sans problèmes (Deutsche Welle)
Centrafrique-Presse.com
15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 13:52

 

 

http://www.franceinfo.fr/  Rédaction de France Info dimanche 14 février 2016 08:24

 

Alors que le second tour de l’élection présidentielle en Centrafrique se tient aujourd’hui, le général Vincent Desportes était l’invité de France Info ce dimanche matin. Il est revenu sur le désengagement programmé de l’armée française en mission dans ce pays depuis décembre 2013 : "C’est terrible ! Nous quittons la Centrafrique non pas parce que la mission est remplie mais parce que nous n’avons plus assez de troupes et qu’il faut les projeter ailleurs. Certes, nous avons rétabli un semblant de normalité dans le pays mais la situation est très instable."


Le général Desportes, également enseignant à Sciences-Po et HEC, estime que "l’armée française va au-delà de ses capacités de déploiement" et critique le manque de moyens alloués à l’armée. "Il y a une extravagante contradiction entre les missions demandées aux armées françaises et les moyens accordés. La baisse du budget de la Défense a été arrêtée, heureusement, par François Hollande après l’attaque de Charlie Hebdo. Mais c’est loin d’être suffisant. Le budget des armées est de 32 milliards d’euros, soit 1,5% de PIB. C’est insuffisant puisque les pays membres de l’OTAN se sont mis d’accord sur un seuil minimum de 2% du PIB".

 

Il y a deux semaines, Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait annoncé la fin de l’opération Sangaris en Centrafrique. "L’objectif est de l’arrêter cette année" avait-il déclaré.

Lu pour vous : Général Vincent Desportes : "L’armée française n’a plus assez de troupes"
Centrafrique-Presse.com
15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 13:32

 

 

 

French.xinhuanet.com   2016-02-14 15:42:54 Par Raphaël MVOGO, envoyé spécial à Bangui

 

BANGUI, 14 février (Xinhua) -- Au terme de six jours de campagne électorale sans heurts clôturée vendredi, les Centrafricains se rendent aux urnes dimanche pour élire leur futur président pour les cinq prochaines années entre Anicet Georges Dologuelé et Faustin Archange Touadéra lors d'un scrutin de sortie de crise pour lequel les camps des deux adversaires s'accusent mutuellement de fraudes.

 

Grand favori des sondages, Anicet Georges Dologuelé, ancien Premier ministre d'Ange-Félix Patassé (1999-2001) et ex-président de la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC), a confirmé les pronostics en se classant en tête du premier tour de la présidentielle tenue le 30 décembre avec 23,74% des voix, selon les résultats officiels proclamés par la Cour constitutionnelle.

 

Son suivant immédiat avec 19,05% des voix, l'ex-recteur de l'Université de Bangui et professeur de mathématiques pures Faustin Archange Touadéra, dernier chef du gouvernement de François Bozizé avant l'offensive suivie de la prise du pouvoir de l'ex-coalition rebelle de la Séléka le 24 mars 2013 à Bangui, a, lui, créé la surprise en s'imposant comme le challengeur inattendu du second tour.

 

Un total de trente candidats a pris part à cette compétition. L'un et l'autre, les deux adversaires incarnent chacun pour ses partisans l'espoir d'un renouveau en Centrafrique, pour faire tourner la page de trois ans de violences et de chaos sécuritaire et humanitaire puis de recul économique sans précédent, dus à cette crise.

 

"Pour la première fois dans notre pays, nous avons la possibilité de sortir réellement de la crise que nous vivons, pas depuis trois ans, mais depuis trente ans", a déclaré lors d'une réunion tenue avec les dirigeants de l'Autorité nationale des élections (ANE) et des partenaires au développement samedi à Bangui, Patrick Dejean, représentant de Dologuelé.

 

Depuis trois décennies en effet, la République centrafricaine (RCA) vit au rythme de coups d'Etat militaires et de rébellions armées. A ce jour, il compte un président élu démocratiquement, en la personne d'Ange-Félix Patassé, renversé un an avant la fin de son deuxième mandat de cinq ans le 15 mars 2003 par un putsch mené par François Bozizé.

 

De fait, les principaux défis du futur chef de l'Etat centrafricain se résument par la restauration de la paix et de la sécurité, la relance économique et la réconciliation nationale, trois chantiers autour desquels Dologuelé et Touadéra ont eux-mêmes axé leurs programmes politiques respectifs proposés à la sanction des quelque 1,9 million d'électeurs inscrits centrafricains.

 

Dans leur duel pour la conquête du pouvoir, les deux adversaires, en dépit de leur tempérament pondéré, ne se sont pas fait de cadeau, leurs camps respectifs ayant ouvertement fait lors de la réunion tenue samedi dans les locaux de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) à Bangui, des déclarations faisant état d'accusations mutuelles de fraudes.

 

C'est Patrick Dejean qui a dégainé le premier en affirmant, mais sans pointer explicitement la partie adverse, qu'"il y a des cartes d'électeur qui sont vendues en fraude et massivement. Les cartes d'électeurs sont vendues comment ? Sur la base des listes électorales", jugées non sécurisées et favorables aux votes multiples.

 

"Certaines urnes ont été remplacées par des sacs de manioc au premier tour. Il y a des urnes qui sont au moment où je vous parle chez certaines personnalités centrafricaines", a-t-il poursuivi, sans donner de précision au sujet des allégations exprimées.

 

Il a fait état d'une série de propositions adressées à l'ANE pour permettre de "mettre en place des mesures de transparence suite au constat qui a été fait au premier tour" et pour lesquelles une action commune a été suggérée au camp de Touadéra, accusé d'y avoir opposé un refus.

 

Ce responsable politique estime que le système électoral mis en place par les autorités de transition ne rassure pas assez. En face, Charles Armel Doubane, membre du collectif de vingt-deux candidats recalés du premier tour alliés à Touadéra, a plutôt choisi de rassurer quant au respect des engagements pris pour faire en sorte que "la situation reste apaisée".

 

"Nous respecterons la loi, a-t-il au demeurant prévenu, mais il faut qu'elle soit respectée par tout le monde. La Cour constitutionnelle, nous lui faisons entièrement confiance. Quand nous ne serons pas satisfaits, nous nous tournerons vers elle".

 

"Aidez-nous à faire de bonnes élections pour notre pays", a lancé le candidat indépendant malheureux du premier tour. Et d'ajouter : "Le ciel ne nous tombera pas dessus. Il y aura des élections, et de bonnes élections. En ce qui nous concerne, les résultats seront respectés, si et seulement si les standards seront requis pour valider un scrutin".

 

C'est une mise en garde qui trahit la persistance d'un climat lourd, en dépit de l'apparente accalmie observée dans le pays depuis la visite du pape François à Bangui fin novembre, événement salué par le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies et chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), Parfait Onanga-Anyanga.

 

Rencontré par Xinhua plus tard le soir à son domicile de Castor, quartier du 5e arrondissement de Bangui à peine libéré de l'étau des ex-rebelles de la Séléka et dont l'accès aujourd'hui est contrôlé par des check-points tenus par des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA), le directeur national de campagne adjoint de Touadéra, Félix Moloua, a renvoyé au camp adverse ses accusations.

 

"Nous sommes allés en campagne sans moyen. C'est pour cela que les gens ne nous attendaient pas. Au premier tour, nous n'avons formé que 5.000 personnes", s'est-il défendu.

 

Selon le démographe encore, "pour frauder, il faut avoir de l'argent. C'est eux qui vont faire ça. En province, ils ont envoyé plein d'argent pour acheter les consciences. Nous, on n'a même pas de T-shirts. Faites la comparaison. Notre atout, c'est le bilan positif de notre candidat lors de son passage à la tête du gouvernement [entre 2008 et 2013]".

 

L'ANE s'est quant à elle défendue par la voix de son rapporteur général et porte-parole Julius Rufin Ngouabé-Baba d'avoir "pris le souci de gérer ce processus [électoral] de façon équitable et de manière transparente".

 

Pour faire prévaloir le climat d'apaisement, le chef de la MINUSCA a une fois de plus recommandé la retenu.

 

"Je demande simplement au peuple centrafricain d'être serein, parce que ce sera un scrutin historique pour l'avenir du pays. Des efforts énormes ont été fournis par l'ANE pour corriger les insuffisances qui ont émaillé le premier tour des résidentielles et des législatives annulées par la Cour constitutionnelle", a souligné à Xinhua le diplomate gabonais.

 

Il a exhorté les irréductibles à "quitter le rive de la colère, de la haine pour aller vers l'harmonie, l'accueil, la convivialité et la fraternité". D'après lui, "le gagnant, ce sera le peuple centrafricain. Personne ne perdra ces élections".

 

Centrafrique/présidentielle : les camps de Dologuelé et de Touadéra s'accusent mutuellement de fraudes
Centrafrique-Presse.com
15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 12:16
L’UPC de Darrass, en route vers la stabilité !  par Blanche Kere

 

 

 

L’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) a entamé une transition inédite. Souvent discrédités dans la presse, le mouvement et son chef de file, le général Ali Darrass, montrent à présent un autre visage. Alors, intéressons-nous de plus près aux actes et aux perspectives que propose l’UPC.  

 

Récemment, Darrass a signé un pacte de non-agression national avec monsieur Patrice Edouard Nguessona, chef des Anti-Balakas. Quelle surprise d’autant qu’il paraitrait que l’origine de cette initiative est à attribuer à l’UPC ! Dans les cercles banguissois, qui aurait pensé que Darrass puisse un jour mettre en place un tel projet ! Ce pacte a certainement été initié par ses conseillers politiques, notamment Hassan Bouba et Souleymane Daouda, et force est de constater que depuis sa signature, aucune entrave aux différents points de l’accord n’a été constatée et les élections se déroulent sans accrocs.

 

Alors, les leaders de l’UPC, déjà très impliqués dans les questions de sécurité dans la région de Bambari, veulent-ils se refaire une image ? En effet, très souvent accusés d’actes de rackets ou de vols, les groupes armés du mouvement peul seraient responsables de tous les problèmes sécuritaires sur Bambari et, plus largement, de toute la Ouaka ! Alors, stop et pas d’amalgame ! Il ne faut pas tout confondre : l’UPC est essentiellement composé de Peuls mais tous les Peuls ne font pas parti de l’UPC ! A ce titre, nombreux sont les petits groupes sans attache, ni contrôle, qui perpétuent des exactions… Alors, que les groupes de défense de Darrass ont une mission : sécuriser les populations de leur zone !  D’ailleurs, l’UPC aurait même proposé la création d’une brigade des archers chargée de sécuriser la route de la transhumance, toujours source d’inquiétude chez les éleveurs.

 

En parallèle, je m’interroge également sur le risque sans cesse grandissant que fait planer la Lord Resistance Army (LRA). En effet, les groupes armés de Joseph Kony, déjà implantés dans le Mbomou, menacent maintenant la Haute-Kotto et la Ouaka. Récemment, ils ont commis des actes de pillage aux portes de Bria ! Alors, si les forces de sécurité de notre pays ne sont pas en mesure de contenir ces agissements, qui va assurer la protection des populations ? Je vous laisse deviner…

 

Comme vous l’aurez compris, alors que l’UPC s’est résolument orientée vers la protection de nos compatriotes, le mouvement s’est également positionné sur la voie du dialogue politique. Ca, peu de gens le savent… Car la réputation de ce dernier est écornée par l’image que donnent des personnes à la recherche de scoop ! Et, oui, l’UPC propose aussi des solutions en termes de développement socio-économique pour sortir la Centrafrique de l’impasse (notamment pour l’agriculture et l’élevage) mais aussi de réinsertion de ses combattants. Sur ce deuxième point, l’UPC a déjà donné les garanties de sa participation au processus de désarmement, démobilisation, reconversion (DDR) réalisée par la MINUSCA. Ce virage vers le « politique » est également réalisé par l’adoption de statuts officiels et la volonté de mettre en place une représentation officielle sur Bangui. En outre, l’UPC encourage et soutient la candidature de candidats du mouvement aux élections législatives.

 

L’Union pour la Paix en Centrafrique n’a jamais aussi bien porté son nom ! Mal médiatisé, le mouvement de Darrass se politise, sécurise et apporte des solutions dans un seul but : le retour à une stabilité durable.

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Blanche Kéré

 

journaliste indépendante

 

Centrafrique-Presse.com
15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 11:39

 

 

 http://lepays.bf/  Lundi 15 février 2016

 

Les Centrafricains ont été appelés, hier 14 février, aux urnes pour départager les deux finalistes de l’élection présidentielle, Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra. Ils devront également revoter pour le premier tour des législatives qui, on se rappelle, avaient été annulées en raison des nombreuses fraudes et irrégularités qui avaient entaché le scrutin. Après trois années d’une Transition politique balbutiante pendant lesquelles les populations ont été livrées à la loi du gourdin et de la machette édictée par les anti-balaka et la Séléka, tous les Centrafricains épris de paix et de démocratie fondent beaucoup d’espoir dans le second tour de la présidentielle et dans la reprise du premier tour des législatives. Le challenge est donc grand. Et bien des Centrafricains semblent en être conscients. A commencer par la présidente de la Transition, Catherine Samba-Panza.

 

On peut dire que les choses vont dans la bonne direction

 

Dans un discours à la nation, en effet, celle-ci a appelé tous ses compatriotes à la responsabilité, les suppliant de se rendre massivement aux urnes mais surtout «de le faire dans le respect du Code électoral et du Code de bonne conduite». Dans la même veine, Catherine Samba-Panza, en guise de conclusion à son discours, a lancé un avertissement aux uns et aux autres par ses mots qui ne souffrent d’aucune ambiguïté : «Nous ne pouvons plus nous permettre le risque d’une autre annulation, nous entraînerions de ce fait notre pays dans le chaos». Il n’y a donc pas à pinailler. Car ce scrutin s’apparente à un ultime test soumis à tous les Centrafricains. Et le  monde entier les observe. S’ils le réussissent, et c’est tout le mal qu’on leur souhaite, ils apporteront la preuve qu’ils ont encore un minimum d’amour pour leur pays. A contrario, s’ils échouent à ce test, ils porteront pour toujours la responsabilité morale et politique d’avoir assené le coup de grâce au grand grabataire que la RCA n’a jamais cessé d’être depuis son indépendance. Le peuple centrafricain mérite donc enfin un minimum de compassion de la part de tous, en général et en particulier de la part des  acteurs politiques. Si l’on s’en tient à la manière civilisée dont la campagne en vue du scrutin d’hier s’est déroulée, l’on peut dire que les choses vont dans la bonne direction. A cela, l’on peut ajouter, en tout cas au moment où nous tracions ces lignes, que le vote d’hier s’est déroulé dans les règles de l’art. Si cette dynamique se poursuit jusqu’à la proclamation des résultats, l’on ne devrait pas hésiter à tresser une couronne de lauriers pour l’ensemble du peuple centrafricain et pour la communauté internationale. Cette dernière, en effet, aura mis un point d’honneur à accompagner contre vents et marrées l’ex-Oubangui Chari à négocier comme il le fallait le tournant le plus dangereux de son histoire, en s’investissant sans compter pour remettre le pays sur ses deux pieds. Et cela, de la part de la communauté internationale, est assez rare pour être apprécié à sa juste valeur. Mais comme il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui lui revient, il faut reconnaître, dans l’hypothèse où les choses ne dégénèreraient pas, que le plus grand mérite revient d’abord aux Centrafricains.

 

Le deuxième tour de la présidentielle doit relever 3 défis

 

Car il aurait fallu pour cela, que les recalés du premier tour de la présidentielle, fassent contre mauvaise fortune bon cœur en acceptant de ne pas tirer sur l’ambulance malgré le fait que tout le monde avait reconnu que le scrutin de décembre 2015 dernier avait été entaché de fraudes et d’irrégularités. Certes, l’on peut dire que la pression exercée sur eux par la communauté internationale n’est pas étrangère à cette posture sage, mais il faut avouer que si les perdants avaient voulu mettre le feu à la baraque en brandissant l’iniquité du scrutin et en appelant à une annulation de l’ensemble des résultats du 1er tour de la présidentielle, personne n’aurait crié au scandale et à leur irresponsabilité. En effet, Désiré Kolingba, Martin Ziguélé et tous les autres ajournés du 1er tour de la présidentielle avaient des arguments objectifs pour faire de la reprise totale de la présidentielle la condition sine qua non de leur participation à la poursuite du jeu électoral. Ils sont donc à saluer et avec eux, l’ensemble du peuple centrafricain. Car pour moins que ces irrégularités et ces fraudes, l’on a assisté sous nos tropiques à des interruptions de processus électoraux par la violence. L’on peut associer à cet hommage rendu aux recalés du 1er tour de la présidentielle, l’ensemble du peuple centrafricain. Les uns et les autres semblent s’être rendus à l’évidence que le second tour de la présidentielle représente le dernier rendez-vous de la Centrafrique avec son destin. Et personne n’a intérêt à ce que ce dernier rendez-vous signe la mort du pays. Car, ne dit-on pas, que c’est parce qu’il y a la tête que les yeux peuvent s’offrir le luxe de souffrir de conjonctivite ? Dans le cas d’espèce, la tête, c’est la RCA. Vaille que vaille, tout le monde doit la protéger. C’est pourquoi, le deuxième tour de la présidentielle doit impérativement relever les 3 défis suivants. Le défi de l’organisation, le défi de la transparence et celui de la proclamation des résultats dans les délais légaux. Pour le moment, le défi de l’organisation semble avoir été relevé, puisqu’aucun manquement majeur n’a été constaté. Il reste les défis de la transparence et de la proclamation définitive des résultats dans les délais prescrits par les textes. Si par bonheur, ils venaient à être relevés, nul doute que la RCA prendrait avec fierté sa place dans le concert des nations démocratiques. Et ce sera sa manière de signifier au monde qu’elle a enfin vaincu le signe indien. Ce qui ne sera pas pour déplaire à Barthélémy Boganda qui, du fond de sa tombe, saura que son sacrifice pour une RCA forte et démocratique n’a pas été vain.

 

« Le Pays »

 

Lu pour vous : SECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELE EN RCA : Le dernier rendez-vous de la Centrafrique avec son destin
Centrafrique-Presse.com
15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 10:57

 

 

Par : LIANG Chen French.china.org.cn  le 14-02-2016

 

Les électeurs centrafricains se rendaient timidement aux urnes dimanche pour élire leur futur président pour les cinq prochaines années, lors du second tour de la présidentielle tenu dans le calme et qui oppose les ex-Premiers ministres Anicet Georges Dologuelé et Faustin Archange Touadéra, arrivés en tête le 30 décembre face à 28 autres candidats.

 

Dans beaucoup de bureaux de vote à Bangui, la capitale du pays, ont débuté les opérations électorales après l'heure officielle de 06H00 locales (05H00 GMT) prescrite par la loi électorale centrafricaine.

 

La République centrafricaine (RCA) tente de tourner la page de trois ans de violences sans précédent dues à la prise du pouvoir le 24 mars 2013 à Bangui de Michel Djotodi, leader de l'ex-coalition rebelle, la Séléka, qui a renversé le régime de François Bozizé, aujourd'hui en exil à Kampala (Ouganda).

 

Sur une population estimée à près de 5 millions d'habitants, plus de 1,9 million d'électeurs inscrits sont enregistrés sur les listes électorales publiées par l'Autorité nationale des élections (ANE).

 

AUCUN INCIDENT MAJEUR

 

Jusqu'en mi-journée, aucun incident majeur n'est à déplorer, en dépit des accusations de planification de fraudes mutuellement exprimées par les camps des deux candidats en lice lors d'une réunion tenue la veille avec les dirigeants de l'ANE et les partenaires dans les locaux de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) à Bangui.

 

Faustin Archange Touadéra, qui avait réussi à déjouer les pronostics des observateurs non avisés de la scène centrafricaine pour se classer deuxième au terme du premier tour, avec 19,05% des voix, et qui passe pour être aujourd'hui en pole position, a voté aux environs de 10h00 locales (09h00 GMT) au bureau de vote numéro 7 du lycée Barthélémy Boganda, dans le 1er arrondissement de Bangui.

 

"Je viens juste de voter, je suis arrivé donc dans ce centre-là, je n'ai pas encore eu des informations, mais je crois que tout se passe dans le calme. Et c'est déjà ça : les compatriotes viennent voter avec érénité et dignité", a-t-il déclaré à Xinhua à propos du déroulement du scrutin.

 

"Pour l'instant, rien ne présage quoi que ce soit et je ne peux qu'être serein", a-t-il ajouté, s'exprimant notamment sur les accusations de fraudes, se déclarant plutôt "serein".

 

"Le message, c'est que tous les compatriotes, je les invite à aller remplir le devoir citoyen, comme nous venons de le faire, a conclu l'ex-recteur de l'Université de Bangui et professeur de mathématiques pures âgé de 58 ans qui a choisi de se présenter en candidat indépendant et a mené sa campagne sur son "bilan positif" à la tête du gouvernement sous Bozizé entre 2008 et 2013.

 

Anicet Georges Dologuelé, grand favori des sondages au premier tour, où il s'est finalement imposé avec un score de 23,74% des voix, a voté près d'une heure plus tard au bureau de vote de l'Hôtel de ville de Bangui, entouré de son épouse.

 

Cet ancien Premier ministre sous feu Ange-Félix Patassé (seul chef d'Etat démocratiquement élu de l'histoire de la RCA) de 1999 à 2001, et ex-président de la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC), également âgé de 58 ans, a lui aussi balayé les appréhensions au sujet de la sincérité et de la régularité de l'élection.

 

"Vraiment, ce serait important qu'il y ait de l'affluence comme la première fois. Parce que la première fois quand j'étais venu voter, il y avait une longue queue. Aujourd'hui il n'y a pas de queue du tout", a-t-il cependant regretté.

 

Le 30 décembre, le taux de participation s'était établi à 62,57% de l'électorat. Le constat établi lors de ce second tour de la présidentielle continuait de laisser découvrir en mi-journée une présence timide des électeurs devant la plupart des bureaux de vote de la capitale centrafricaine, que ce soit dans le 1er, le 2e, le 6e ou encore le 7e arrondissement plusieurs fois visités par Xinhua.

 

Mais le leader de l'Union pour le renouveau centrafricain (URCA, formation créée il y a un peu plus de deux ans) a tenté d'expliquer cette tendance baissière par le fait que "la première fois, c'était un jour de semaine".

 

"Aujourd'hui, c'est dimanche et les Centrafricains sont très pieux. Et j'espère que d'ici 11h00-midi il y aura de l'affluence", a-t-il affirmé.

 

"Je ne pense pas qu'il y aura un fort taux d'abstention. Il est trop tôt pour le dire. Comme je l'ai dit, c'est parce que c'est dimanche et à partir de 11h00-midi il y aura plus de monde", a-t-il insisté.

 

La loi électorale fixe à dix heures la durée des opérations de vote.

 

Autrement dit, la clôture officielle est prévue à 16h00 locales (15h00 GMT). Mais, les bureaux de vote ayant démarré leurs activités en retard seront autorisés à aller au-delà de cette limite légale.

 

Comme lors des deux précédents rendez-vous, le référendum constitutionnel du 13 décembre et le premier tour de la présidentielle du 30 décembre, la sécurisation du vote est assurée par les Casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), visibles avec des patrouilles motorisées et héliportées.

 

DEUXIEME TOUR MIEUX ORGANISE

 

Chef de la mission d'observation électorale de l'Union africaine (UA), l'ex-Premier ministre sénégalais Souleymane Ndéné Ndiaye, s'est félicité de ce que "le deuxième tour est mieux organisé".

 

"Il y a d'abord que le matériel a été mis en place bien avant, dans la plupart des centres de vote que j'ai visités. Les gens avaient démarré à 06h00 du matin, parce que le matériel était là bien avant", a-t-il dit.

 

"Ensuite, il me semble que le personnel des bureaux de vote aussi a connu une amélioration, parce qu'on s'est plaint de ce que les PV [procès-verbaux] étaient mal remplis, que ceux qui devaient les remplir n'avaient pas de formation ou simplement ne savaient ni lire ni écrire".

 

"Jusque-là il n'y a rien à signaler d'anormal. Jusque-là tout se déroule normalement", a-t-il aussi relevé.

 

C'est la même appréciation faite par la présidente de l'ANE, Marie Madeleine N'Kouet Hoornaert, qui a précédé de quelques minutes pour son vote Dologuelé à l'Hôtel de ville de Bangui, qui enregistrait une arrivée au compte-gouttes des électeurs, à l'instar de l'école mixte de Ngaragba, dans le 7e arrondissement, où a voté pour sa part la présidente de transition Catherine Samba-Panza.

 

"Déjà, je peux vous confirmer que dans l'ensemble ça se déroule très bien, sauf quelques soucis, parce que je profite ici, j'espère bien qu'il y a des radios, pour dire que on a été d'accord avec les candidats à la présidentielle et puis tous les autres candidats que ne voteront que les gens dont le nom figure sur la liste électorale", a précisé la dirigeante de l'organe électoral.

 

"Parce que vous savez que la Cour constitutionnelle nous a reproché le fait qu'il ait eu beaucoup de fraudes. Pour éviter ces fraudes, on ne plus venir avec un récépissé seul. Donc, c'est par rapport à ces directives-là qu'il y a quelques incidents dans certains quartiers", a-t-elle poursuivi.

 

C'est l'une des sources des préoccupations notamment exprimées avant le déroulement du scrutin par le camp de Dologuelé, qui a fait état de votes multiples au premier tour, favorisés selon celui-ci par l'établissement de cartes d'électeur non sécurisées, car non accompagnées d'une photo jugée utile pour permettre l'identification des électeurs.

 

La directive de l'ANE s'est cependant heurtée à la résistance des électeurs, qui ont fini par se faire admettre dans les bureaux de vote, sans la présentation d'une pièce d'identité exigée en plus par cette structure.

 

Au lycée Barthélémy Boganda, certains sont allés jusqu'à accuser les responsables des bureaux de vote de manœuvre visant à les empêcher d'exercer leur devoir citoyen.

 

A l'école d'excellence Centrafrique-Chine située à côté du palais présidentiel, la poignée d'électeurs arrivée tôt a dû attendre plus de trente minutes après l'heure officielle pour être admise dans les bureaux de vote, à cause de l'absence du vigile de service qui a amené leurs responsables à user de grosses pierres pour casser les portes d'accès.

 

"C'est l'urgence de l'Etat", s'est défendu l'un d'eux pour justifier cet acte.

 

Qu'il s'agisse des partisans de Dologuelé ou ceux de Touadéra, les Centrafricains attendent désormais avec impatience de connaître le nom de leur futur président qui sera connu au terme de ce scrutin dont le principal enjeu se résume par l'urgence d'un retour à une paix durable, la relance de l'économie nationale et la réconciliation nationale.

 

Pour l'heure, les sondages au sortir des urnes à Bangui sont favorables à l'ex-Premier ministre de Bozizé. Fin

 

Source: Agence de presse Xinhua

 

 

Elections en RCA: dépouillement en cours

 

Par RFI  15-02-2016 Modifié le 15-02-2016 à 02:38

 

Les quelque deux millions d'électeurs centrafricains étaient appelés aux urnes dimanche pour choisir qui de Faustin Archange Touadéra et Anicet Georges Dologuélé sera le prochain président. Ils votaient aussi à l'occasion du nouveau premier tour des législatives, invalidées en raison des nombreuses fraudes et irrégularités fin décembre. Le scrutin a donné lieu à une mobilisation moins importante que fin décembre. Mais l'organisation avait été sérieusement revue. Dans la soirée, l'heure était au dépouillement.

 

« Dologuélé ! Touadéra ! » Les noms des deux prétendants résonnent dans ce bureau de vote du nord de Bangui. Un à un les membres du bureau comptent les bulletins de l'élection présidentielle devant les représentants des candidats. Saint Simon est venu en curieux, il observe par la fenêtre : « Ce matin, j’ai pu faire mon devoir civique, j’ai voté. Et là maintenant on assiste au dépouillement des résultats », commente-t-il. Une façon pour lui de « soutenir (son) candidat, de connaître sa position ».

 

Dans le sud de la capitale centrafricaine, les curieux sont là aussi. Ici, on a fini un peu plus tard, la nuit est tombée, on a allumé les bougies et les lampes torches. On recompte après une erreur. Il faudra ensuite s’attaquer aux bulletins des législatives. Mais les choses iront plus vite qu’au premier tour. Les électeurs étaient moins nombreux.

 

Premiers résultats d'ici une semaine

 

Dehors, le président du démembrement de l’Autorité nationale des élections (ANE) supervise : « J’attends, explique-t-il. Mon travail tout à l’heure, c’est la réception des documents afin de faire les plis et d’envoyer au centre de traitement des dossiers. Et de là, ils vont commencer le second dépouillement. »

 

Les urnes arriveront avant ce lundi matin au centre de traitement des données, rejointes d’ici quelques jours par celles de provinces. Les premiers résultats devraient être annoncés avant la fin de la semaine.

 

 

REVUE DE PRESSE AFRIQUE

 

A la Une: la présidentielle en Centrafrique

 

Par Frédéric Couteau RFI  lundi 15 février 2016

 

« Deux millions d’électeurs étaient rappelés hier aux urnes, note RJDH Centrafrique, le réseau des journalistes pour les droits de l’homme, pour départager Anicet George Dologuelé et Faustin Archange Touadera qui briquent la présidence de la République afin de remplacer Catherine Samba-Panza qui dirige le pays depuis janvier 2014. En dehors de ce duel des deux anciens premiers ministres, a eu lieu hier également le 1er tour des législatives après l’annulation de celles du 30 décembre 2015. L’organisation de ce double scrutin a été améliorée, note le site centrafricain. De l’avis de nombreux observateurs, les problèmes de déploiement des matériels et celui de la formation des membres de bureaux ont été résolus un peu partout sur le territoire national. De manière globale, aucun incident majeur n’a été signalé à travers le pays, relève encore RJDH, en dehors certaines tentatives de fraudes très vite détectées dans le Ve arrondissement de Bangui ainsi dans quelques villes de province. Il faut souligner que même dans les villes sous contrôle des Antibalaka ou des ex-Séléka, les scrutins ont eu lieu globalement dans de conditions acceptables. »

 

Par ailleurs, poursuit RJDH, « la participation à la mi-journée qui était faible dans plusieurs bureaux de vote n’a pas beaucoup évolué dans la soirée. De nombreux présidents de démembrements de l’Autorité sous-préfectorale des élections ont confirmé la baisse du niveau de participation à ces élections. Au scrutin du 30 décembre dernier, le taux de participation était de 73% selon l’Autorité Nationale des Elections. Pour ces échéances du 14 février, une baisse sensible est attendue. Certains observateurs estiment qu’il sera difficile d’atteindre les 50% de participation à travers le pays. Si cette estimation se confirme, conclut RJDH, le vainqueur de ce double scrutin sera l’abstention. »

 
Qui va l’emporter ?

 
Alors « qui occupera le palais de la Renaissance ? » s’interroge le quotidien Aujourd’hui à Ouagadougou. « Le duel au sommet d’hier reste ouvert, estime le journal, au regard et de la carte électorale du pays et du poids des deux adversaires. En effet, Dologuélé et Touadera sont quasiment issus du même moule politique : le KNK de l’ex-président François Bozizé. Ils ont tous deux été Premier ministre, Dologuélé sous Ange Patassé, et Touadera sous Bozizé. Et les deux duellistes comptent chacun 58 hivernages. »

 
Difficile de dire qui va l’emporter, note également le site guinéen Ledjely.com : « la chute de la participation n’est pas pour faciliter un quelconque pronostic quant au vainqueur ultime des élections. Déjà, à l’issue du premier tour, Anicet Georges Dologuélé ne dépassait Faustin Archange Touadera que d’un peu plus de 4 petits points. Entre les deux, le duel est d’autant plus incertain que si Dologuélé peut bien renforcer son avance, Touadera pour sa part, est bien capable d’aller au bout de la surprise qui l’a hissé au second tour. »

 

Défis

 

En tout cas, pour Le Pays au Burkina, « le deuxième tour de la présidentielle centrafricaine doit impérativement relever les 3 défis suivants. Le défi de l’organisation, le défi de la transparence et celui de la proclamation des résultats dans les délais légaux. Pour le moment, le défi de l’organisation semble avoir été relevé, puisqu’aucun manquement majeur n’a été constaté. Il reste les défis de la transparence et de la proclamation définitive des résultats dans les délais prescrits par les textes. Si par bonheur, ils venaient à être relevés, nul doute que la RCA prendrait avec fierté sa place dans le concert des nations démocratiques. Et ce sera sa manière de signifier au monde qu’elle a enfin vaincu le signe indien. Ce qui ne sera pas pour déplaire à Barthélémy Boganda qui, du fond de sa tombe, saura que son sacrifice pour une RCA forte et démocratique n’a pas été vain. »

 
Enfin, il n’est pas de « meilleur jour que celui de la Saint-Valentin pour remettre la Centrafrique sur les rails, pointe pour sa part le site d’information Fasozine. Il faut en effet beaucoup d’amour pour sortir ce pays de toutes les contradictions qu’il a connu ces dernières années et qui ont rendu la transition encore plus difficile que prévue. Que d’épreuves supplémentaires également du fait de l’organisation de ces élections couplées qui ont été non seulement plusieurs fois reportées mais également des plus chaotiques ! Lorsque l’abstention ou la démobilisation des électeurs s’en mêle, conclut Fasozine, c’est l’espoir de la renaissance politique qui est mise à rude épreuve. »

 

Centrafrique : vote timide lors du duel Dologuelé-Touadéra au 2e tour de la présidentielle (REPORTAGE)
Centrafrique : vote timide lors du duel Dologuelé-Touadéra au 2e tour de la présidentielle (REPORTAGE)
Centrafrique-Presse.com
14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 13:34

 

 

http://rjdh.org/  PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 14 FÉVRIER 2016

 

Un mois et deux semaines après le premier tour du double scrutin du 30 décembre 2015, 1.954.400 électeurs centrafricains sont rappelés aux urnes pour départager deux candidats à la présidentielle et plus de 2000 candidats aux législatives répartis dans 140 circonscriptions électorales.

 

A l’issue des élections de ce jour, le successeur de Mme Catherine Samba-Panza devra être connu puisqu’il s’agit du second tour opposant Anicet George Dologuelé et Faustin Archange Touadéra. Mais en ce qui concerne les législatives, un second tour est attendu dans les circonscriptions où aucun candidat n’aura atteint la majorité absolue, c’est-à-dire 50% des voix. Au premier tour des législatives du 30 décembre, 22 candidats étaient passés dès le 1er tour avant son annulation.

 

Le constat fait par le RJDH depuis le début du double scrutin de ce dimanche 14 février 2016, révèle une nette amélioration dans l’organisation. Nos correspondants, envoyés spéciaux ont remarqué qu’il n’y a pas eu beaucoup de retard dans l’ouverture de bureau de vote et l’épineux problème des matériels électoraux qui a fragilisé les élections du 30 décembre 2015, a été corrigé pour l’essentiel, car tant à Bangui que dans plusieurs villes de provinces, les matériels lourds et sensibles ont été disponibles à temps. Ce problème ne s’est pas posé dans les villes reculées comme Obo, Ndélé, Birao, Kaga Bandoro, Zémio…

 

L’Autorité Nationale des Elections et les partenaires ont réussi à combler les lacunes des membres des bureaux de vote. De nombreux membres des bureaux de vote des élections du 30 décembre ont été remplacés par d’autres qui ont été formés sur comment gérer un bureau de vote.

 

A la mi-journée, aucun incident majeur n’a été signalé sur toute l’étendue du territoire. Dans les villes sous contrôle des forces non-conventionnelles comme Kabo, Batangafo, Bambari, Mbrès, Moyenne Sido, Ndéla et Birao, aucun coup de feu n’a été entendu, ce qui a permis aux électeurs de se déplacer dans le calme. Un commandant de l’ex-Séléka de Kabo a confié avoir donné des consignes à ses éléments pour soutenir le processus. « Nous avons aussi besoin des autorités légitimes pour discuter avec elles de notre avenir. Tout est fini avec ces élections que nous avons soutenues de toutes nos forces » a-t-il expliqué.

 

Si les manquements du 30 décembre 2015 ont été corrigés, la participation à la mi-journée a été faible, si on la compare aux élections de décembre 2015.

 

Selon des observateurs et certaines autorités locales, la participation pourrait être rattrapée dans la soirée car, de leur avis, cela est dû aux activités religieuses puis que les scrutins du 30 décembre 2015 s’étaient tenus un mercredi déclaré férié.

 

Ces élections devront mettre un terme à la transition amorcée avec la signature de l’accord politique de Libreville en janvier 2013 entre l’opposition démocratique, le pouvoir de François Bozizé et les rebelles de la Séléka qui, en ces temps étaient à Damara, ville située à 95  km de Bangui.

 

Cette transition prendra une nouvelle forme avec le renversement du régime de Bozizé par la Séléka, le 24 mars 2013 et la prestation de serment de son chef Michel Djotodia le 18 avril 2013.

 

Face à la persistance des violences sur le terrain compliquées par l’avènement des Anti-Balaka, Michel Djotodia sous pression, va démissionner le 10 janvier 2014 permettant au président du Conseil National de Transition Alexandre Nguendet, proche de Djotodia de gérer deux semaines d’intérim à la fin de quoi, Catherine Samba-Panza, une inconnue de la vie politique centrafricaine, sera élue, présidente de la transition. Première femme à occuper ce poste en Centrafrique, elle va rester au pouvoir un peu plus de deux années.

 

Décryptage du double scrutin du dimanche 14 février 2016 à la mi-journée
Centrafrique-Presse.com
14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 12:46

 

 

 

Le Secrétaire général appelle tous les Centrafricains, y compris les candidats, à assurer la conduite pacifique et crédible du second tour de l’élection présidentielle et du nouveau tour des élections législatives, prévues ce dimanche 14 février.

 

Le Secrétaire général félicite les autorités de transition pour leurs efforts visant à mener à son terme le processus de transition d'ici au 31 mars 2016. Les scrutins prévus ce dimanche permettront au pays d'avancer vers la fin de la période de transition et le retour à l’ordre constitutionnel. Ils constituent une étape importante vers la stabilité politique et le redressement économique à long terme.

 

Le Secrétaire général rappelle l’appui significatif de la MINUSCA à ce processus électoral. Il réitère la détermination de la Mission à prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher toute perturbation.

 

Le Secrétaire général appelle toutes les parties prenantes à continuer d’agir dans l’esprit du code de bonne conduite signé par les candidats et les partis politiques participant au scrutin. Il les encourage à maintenir un environnement propice à des élections pacifiques et crédibles, et à résoudre toute contestation qui pourrait résulter de ces élections à travers les moyens juridiques établis. Les instigateurs ou auteurs d’actes de violence seront tenus responsables.

 

Le Secrétaire général réaffirme l’engagement résolu des Nations Unies, en étroite collaboration avec la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale et l’Union africaine, ainsi que les autres membres de la communauté internationale, à accompagner le peuple centrafricain vers un futur de paix, de stabilité et de réconciliation.

 

New York. le 13 février 2016

 

Déclaration attribuable au porte-parole du Secrétaire général à la veille du second tour de l’élection présidentielle et du nouveau tour des élections législatives en République centrafricaine
Centrafrique-Presse.com
14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 12:37

 

 

14 février 2016 (AFP)

 

Les Centrafricains votent dimanche pour choisir, entre les deux anciens Premiers ministres Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra, un président qui devra sortir le pays de trois ans de violences intercommunautaires.

 

Quelque deux millions d’électeurs sont appelés à départager les deux candidats à la magistrature suprême, qui se sont affrontés lors d’un débat télévisé vendredi soir, une première dans le pays.

 

« C’est un choix crucial, le futur président va reconstruire notre pays, nous attendons beaucoup de lui », a déclaré à l’AFP Gaston, un habitant du quartier Lakouanga, à la veille du vote qui doit débuter à 06h00 locales (05h00 GMT).

 

Dans ce pays de 4,8 millions d’habitants, les électeurs, chrétiens comme musulmans, se sont massivement inscrits sur les listes électorales. Mais dans les rues de Bangui, rares sont ceux qui osent un pronostic pour dire lequel des deux finalistes, sur 30 candidats au départ, va l’emporter au second tour.

 

Pour les deux technocrates aux promesses assez similaires, les priorités s’imposent d’elles-mêmes pour relever un pays ravagé par trois années de violences: sécurité, justice et relance de l’économie.

 

Le renversement du président François Bozizé, en mars 2013, par la rébellion à dominante musulmane Séléka de Michel Djotodia, avait précipité le pays dans un cycle de violences intercommunautaires qui a culminé fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement de centaines de milliers de personnes.

 

L’opération militaire française Sangaris, qui a chassé la Séléka du pouvoir, puis la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) tentent depuis de ramener le calme dans ce pays, l’un des plus pauvres du monde.

 

M. Dologuélé, bien implanté dans le milieu des affaires, faisait dès le premier tour le 30 décembre, lors duquel il a remporté 23,78% des voix, figure de favori, surtout avec le ralliement en sa faveur du parti KNK de M. Bozizé.

 

M. Touadéra (19,42%), qui disposait de moins de moyens, a créé la surprise et est désormais considéré comme un très sérieux concurrent. Dernier Premier ministre de M. Bozizé, il a attiré une partie de la base électorale du KNK, en dépit des directives du parti.

 

– Eviter un nouveau fiasco –

 

Chacun des deux adversaires compte des appuis politiques de poids. M. Dologuélé a obtenu le ralliement de Désiré Nzanga Kolingba, troisième au premier tour (12,04%). Quant à M. Touadéra, il compte le plus grand nombre de soutiens avec outre le quatrième, Martin Ziguélé (11,43%), 21 des 30 candidats en lice en décembre.

 

L’autre enjeu majeur de ce scrutin sera l’organisation d’un nouveau premier tour pour les élections législatives, tenu en même temps que la présidentielle, mais dont les résultats ont été annulés en raison de trop nombreuses irrégularités.

 

La Cour constitutionnelle avait invalidé ce scrutin en janvier après avoir constaté de « nombreuses irrégularités » dans la quasi-totalité des 140 circonscriptions: absence de bulletins de vote, de listes électorales, de cartes d’électeurs, procès-verbaux de bureaux de vote inexploitables, fraudes…

 

Acheminer le matériel électoral (urnes, bulletins) dans les temps est parfois très compliqué dans ce vaste territoire aux routes quasiment inexistantes.

 

Pour éviter un nouveau fiasco, l’Autorité nationale des élections (ANE) a mis en place une formation de 48 heures pour les agents des bureaux de vote: comment établir des procès-verbaux, faire le décompte des voix, etc.

 

Dans les bureaux où il y a eu le plus de problèmes, plusieurs centaines d’agents ont été remplacés par des enseignants, des cadres de la fonction publique ou des retraités sélectionnés, selon une source de la Minusca chargée de l’appui au processus électoral.

 

« Une fois que vous avez voté, ne restez pas autour des bureaux de vote pour créer une certaine tension. Rentrez chez vous, et évitez les fraudes, parce qu’il y a eu trop de fraudes et d’irrégularités au premier tour », a d’ailleurs demandé vendredi la présidente de transition, Catherine Samba Panza.

 

Le pays connaît une relative période d’accalmie depuis plusieurs mois, et le premier tour s’est déroulé sans incident majeur. Par précaution, les frontières aériennes, terrestres et maritimes seront toutefois fermées dimanche toute la journée, ainsi que les débits de boissons, bars, dancings et commerces, selon un arrêté du ministère de la Sécurité.

 

La Minusca, forte de 10.000 hommes, appuyée par les forces de Sangaris, reste mobilisée pour assurer la sécurité du vote et apporter une aide logistique.

 

 

Présidentielle en RCA: un scrutin crucial qui s'annonce serré

 

Par RFI  13-02-2016 Modifié le 14-02-2016 à 02:55

 

Près de deux millions de Centrafricains sont appelés aux urnes ce dimanche pour départager les deux finalistes de l'élection présidentielle, Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra. Ils devront également revoter pour le premier tour des législatives, annulé en raison des nombreuses fraudes et irrégularités qui avaient entaché le scrutin.

 

Entre les deux prétendants à la présidence, le vote s'annonce serré. Arrivé en tête du premier tour avec 23,78 % des voix, Anicet Georges Dologuélé, à la tête de sa propre formation l'URCA, peut compter sur l'appui de Désiré Kolingba, qui avait pris la troisième place du scrutin avec 12,04% des suffrages. Son parti, le RDC, est l'un des mieux implantés du pays.

 

Son adversaire, Faustin Archange Touadéra, crédité de 19,42%, est lui parvenu à rallier le soutien d'une vingtaine de candidats malheureux dans une volonté affichée de large ouverture, dont Martin Ziguélé, arrivé quatrième avec un score de 11,43%. Mais difficile de savoir à quel point les consignes de report seront suivies par les électeurs.

 

Le financier et l'universitaire, tous deux 58 ans, ont en commun d'avoir été Premier ministre, mais ils rejettent tout autre comparaison.

 

Eviter le scénario du 30 décembre

 

Les Centrafricains voteront aussi, à nouveau, pour le premier tour des législatives, annulé par la Cour constitutionnelle. Les magistrats ont estimé que le scrutin du 30 décembre dernier avait été entaché de trop d'irrégularités pour être validé.

 

Les observateurs des deux camps seront présents dans tous les bureaux de vote pour veiller au bon déroulement des opérations et éviter une répétition du scénario du premier tour. L'ANE, l'autorité organisatrice du scrutin, est attendue au tournant. Mais du côté des autorités, on assure que les erreurs de décembre ont été corrigées. Le matériel a été acheminé à temps et les membres de bureaux défaillants remplacés ou formés davantage.

 

Samba-Panza lance un avertissement

 

« Des mesures correctives ont été prises pour éviter que ces irrégularités se reproduisent », a assuré samedi la présidente de transition. Dans un discours à la nation, Catherine Samba-Panza a appelé tous les Centrafricains à la responsabilité, leur demandant de se rendre massivement aux urnes, mais surtout « de le faire dans le respect du code électoral et du code de bonne conduite ».

 

Et la présidente de conclure par cette mise en garde : « Nous ne pouvons plus nous permettre le risque d'une autre annulation, nous entraînerions de ce fait notre pays dans le chaos. »

 

J'en appelle aux leaders d'opinion, aux partis politiques de bannir du rang de leurs partisans les actes et les comportements susceptibles d'attiser des tensions politiques et inter-communautaires.

 

Ecoutez le message de Catherine Samba-Panza

 

13-02-2016 - Par Pierre Pinto

 

Les Centrafricains face à un « choix crucial » pour choisir un président
Centrafrique-Presse.com
14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 12:37

 

 

14 février 2016 (AFP)

 

Les Centrafricains votent dimanche pour choisir, entre les deux anciens Premiers ministres Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra, un président qui devra sortir le pays de trois ans de violences intercommunautaires.

 

Quelque deux millions d’électeurs sont appelés à départager les deux candidats à la magistrature suprême, qui se sont affrontés lors d’un débat télévisé vendredi soir, une première dans le pays.

 

« C’est un choix crucial, le futur président va reconstruire notre pays, nous attendons beaucoup de lui », a déclaré à l’AFP Gaston, un habitant du quartier Lakouanga, à la veille du vote qui doit débuter à 06h00 locales (05h00 GMT).

 

Dans ce pays de 4,8 millions d’habitants, les électeurs, chrétiens comme musulmans, se sont massivement inscrits sur les listes électorales. Mais dans les rues de Bangui, rares sont ceux qui osent un pronostic pour dire lequel des deux finalistes, sur 30 candidats au départ, va l’emporter au second tour.

 

Pour les deux technocrates aux promesses assez similaires, les priorités s’imposent d’elles-mêmes pour relever un pays ravagé par trois années de violences: sécurité, justice et relance de l’économie.

 

Le renversement du président François Bozizé, en mars 2013, par la rébellion à dominante musulmane Séléka de Michel Djotodia, avait précipité le pays dans un cycle de violences intercommunautaires qui a culminé fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement de centaines de milliers de personnes.

 

L’opération militaire française Sangaris, qui a chassé la Séléka du pouvoir, puis la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) tentent depuis de ramener le calme dans ce pays, l’un des plus pauvres du monde.

 

M. Dologuélé, bien implanté dans le milieu des affaires, faisait dès le premier tour le 30 décembre, lors duquel il a remporté 23,78% des voix, figure de favori, surtout avec le ralliement en sa faveur du parti KNK de M. Bozizé.

 

M. Touadéra (19,42%), qui disposait de moins de moyens, a créé la surprise et est désormais considéré comme un très sérieux concurrent. Dernier Premier ministre de M. Bozizé, il a attiré une partie de la base électorale du KNK, en dépit des directives du parti.

 

– Eviter un nouveau fiasco –

 

Chacun des deux adversaires compte des appuis politiques de poids. M. Dologuélé a obtenu le ralliement de Désiré Nzanga Kolingba, troisième au premier tour (12,04%). Quant à M. Touadéra, il compte le plus grand nombre de soutiens avec outre le quatrième, Martin Ziguélé (11,43%), 21 des 30 candidats en lice en décembre.

 

L’autre enjeu majeur de ce scrutin sera l’organisation d’un nouveau premier tour pour les élections législatives, tenu en même temps que la présidentielle, mais dont les résultats ont été annulés en raison de trop nombreuses irrégularités.

 

La Cour constitutionnelle avait invalidé ce scrutin en janvier après avoir constaté de « nombreuses irrégularités » dans la quasi-totalité des 140 circonscriptions: absence de bulletins de vote, de listes électorales, de cartes d’électeurs, procès-verbaux de bureaux de vote inexploitables, fraudes…

 

Acheminer le matériel électoral (urnes, bulletins) dans les temps est parfois très compliqué dans ce vaste territoire aux routes quasiment inexistantes.

 

Pour éviter un nouveau fiasco, l’Autorité nationale des élections (ANE) a mis en place une formation de 48 heures pour les agents des bureaux de vote: comment établir des procès-verbaux, faire le décompte des voix, etc.

 

Dans les bureaux où il y a eu le plus de problèmes, plusieurs centaines d’agents ont été remplacés par des enseignants, des cadres de la fonction publique ou des retraités sélectionnés, selon une source de la Minusca chargée de l’appui au processus électoral.

 

« Une fois que vous avez voté, ne restez pas autour des bureaux de vote pour créer une certaine tension. Rentrez chez vous, et évitez les fraudes, parce qu’il y a eu trop de fraudes et d’irrégularités au premier tour », a d’ailleurs demandé vendredi la présidente de transition, Catherine Samba Panza.

 

Le pays connaît une relative période d’accalmie depuis plusieurs mois, et le premier tour s’est déroulé sans incident majeur. Par précaution, les frontières aériennes, terrestres et maritimes seront toutefois fermées dimanche toute la journée, ainsi que les débits de boissons, bars, dancings et commerces, selon un arrêté du ministère de la Sécurité.

 

La Minusca, forte de 10.000 hommes, appuyée par les forces de Sangaris, reste mobilisée pour assurer la sécurité du vote et apporter une aide logistique.

 

 

Présidentielle en RCA: un scrutin crucial qui s'annonce serré

 

Par RFI  13-02-2016 Modifié le 14-02-2016 à 02:55

 

Près de deux millions de Centrafricains sont appelés aux urnes ce dimanche pour départager les deux finalistes de l'élection présidentielle, Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra. Ils devront également revoter pour le premier tour des législatives, annulé en raison des nombreuses fraudes et irrégularités qui avaient entaché le scrutin.

 

Entre les deux prétendants à la présidence, le vote s'annonce serré. Arrivé en tête du premier tour avec 23,78 % des voix, Anicet Georges Dologuélé, à la tête de sa propre formation l'URCA, peut compter sur l'appui de Désiré Kolingba, qui avait pris la troisième place du scrutin avec 12,04% des suffrages. Son parti, le RDC, est l'un des mieux implantés du pays.

 

Son adversaire, Faustin Archange Touadéra, crédité de 19,42%, est lui parvenu à rallier le soutien d'une vingtaine de candidats malheureux dans une volonté affichée de large ouverture, dont Martin Ziguélé, arrivé quatrième avec un score de 11,43%. Mais difficile de savoir à quel point les consignes de report seront suivies par les électeurs.

 

Le financier et l'universitaire, tous deux 58 ans, ont en commun d'avoir été Premier ministre, mais ils rejettent tout autre comparaison.

 

Eviter le scénario du 30 décembre

 

Les Centrafricains voteront aussi, à nouveau, pour le premier tour des législatives, annulé par la Cour constitutionnelle. Les magistrats ont estimé que le scrutin du 30 décembre dernier avait été entaché de trop d'irrégularités pour être validé.

 

Les observateurs des deux camps seront présents dans tous les bureaux de vote pour veiller au bon déroulement des opérations et éviter une répétition du scénario du premier tour. L'ANE, l'autorité organisatrice du scrutin, est attendue au tournant. Mais du côté des autorités, on assure que les erreurs de décembre ont été corrigées. Le matériel a été acheminé à temps et les membres de bureaux défaillants remplacés ou formés davantage.

 

Samba-Panza lance un avertissement

 

« Des mesures correctives ont été prises pour éviter que ces irrégularités se reproduisent », a assuré samedi la présidente de transition. Dans un discours à la nation, Catherine Samba-Panza a appelé tous les Centrafricains à la responsabilité, leur demandant de se rendre massivement aux urnes, mais surtout « de le faire dans le respect du code électoral et du code de bonne conduite ».

 

Et la présidente de conclure par cette mise en garde : « Nous ne pouvons plus nous permettre le risque d'une autre annulation, nous entraînerions de ce fait notre pays dans le chaos. »

 

J'en appelle aux leaders d'opinion, aux partis politiques de bannir du rang de leurs partisans les actes et les comportements susceptibles d'attiser des tensions politiques et inter-communautaires.

 

Ecoutez le message de Catherine Samba-Panza

 

13-02-2016 - Par Pierre Pinto

 

Les Centrafricains face à un « choix crucial » pour choisir un président
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