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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 12:46

 

 

 

 

Par RFI 05-12-2014 à 09:37

 

Le 5 décembre 2013, la France, sous mandat onusien, lançait l'opération Sangaris en Centrafrique. L’intervention était destinée à mettre fin aux violences. 2 000 soldats français ont ainsi été chargés d'accompagner les troupes africaines puis les casques bleus dans leur mission de sécurisation du pays et de protection des populations. Les forces françaises ont perdu trois hommes en un an. Elles ont à leur actif quelques réussites notables, mais elles ont aussi dû revoir leurs ambitions à la baisse en se heurtant, dès le premier jour, à la réalité du terrain. Un an après, la situation s'est un peu améliorée sur le plan sécuritaire, mais la mission n'est pas accomplie pour autant.

 

Aujourd'hui encore, Bangui est prise de poussées de fièvre épisodiques. Début octobre, un homme a lancé une grenade sur un marché bondé. Plus d'une semaine de violences s’en est suivie, faisant 11 morts et plus de 200 blessés.

 

La capitale centrafricaine se fait peur parfois aussi, comme quand des éléments de la Seleka, cantonnés dans deux camps de la ville, ont menacé de faire sauter un dépôt de munitions pour protester contre leurs conditions de vie et leur expulsion supposée. Ou encore quand la prison centrale s'est mutinée.

 

La situation sécuritaire à l'intérieur du pays toujours explosive

 

Mais c'est désormais la Minusca qui est chargée de rétablir l'ordre. Très rapidement, trop rapidement estiment certains, la Sangaris a allégé sa présence à Bangui pour se déployer en province, pour rouvrir la route qui approvisionne Bangui depuis le Cameroun et pour accompagner le déploiement des troupes africaines puis onusiennes.

 

Malgré cela, la situation sécuritaire à l'intérieur du pays demeure explosive. A Bambari, le cycle de violences et de représailles ne s'enraye pas depuis le mois de mai. Dans la zone de Kaga-Bandoro et Batangafo, aux confins des zones d'influences anti-balaka et Seleka, les frictions sont récurrentes et parfois très meurtrières, malgré la présence des soldats français.

 

Aujourd'hui, les Casques bleus poursuivent leur montée en puissance. Ils devraient atteindre leur pleine capacité opérationnelle d'ici le mois d'avril 2015. Alors seulement la France pourra envisager un désengagement progressif de Sangaris.

Opération Sangaris: un an après, les violences perdurent en RCA

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Centrafrique-Presse.com
7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 12:42

 

 

 

Invité Afrique RFI

 

Par Sébastien Nemeth RFI samedi 6 décembre 2014

 

Plusieurs partis de l'opposition gabonaise, de la diaspora, de la société civile ou encore de syndicats sont réunis depuis hier et jusqu'à dimanche, autour d'un Congrès pour l'alternance. Une initiative pour échanger idées et projets en vue de dénoncer les dérives du président Bongo, et notamment lui barrer la route à l'élection de 2016. Parmi les personnalités présentes, figure Jean Ping. Ancien ministre gabonais des Affaires étrangères, et ex-président de la Commission de l'Union africaine, il s'impose toujours comme l'un des plus virulents opposants à Ali Bongo.

 

RFI : Vous avez eu des propos assez virulents vis-à-vis du président Ali Bongo, le chef de l’Etat a dit que vous n’aviez que de la haine pour lui et son parti. Qu’est-ce que vous lui répondez aujourd’hui ?

 

Jean Ping : Je n’ai de haine vis-à-vis de personne, je n’ai pas de haine, je pense simplement qu’il est incapable et qu’il fallait mieux d’aller se voir voir ailleurs, c’est tout. Il est tout le temps en voyage et il laisse le pouvoir à une sorte de régence que les Gabonais ont appelé la Légion étrangère et qui a suscité des remous en parlant de relents de xénophobie. Ce n’est pas du tout le cas, il faut appeler un chat, un chat, un chien, un chien, c’est tout.

 

Comment comptez-vous incarner le renouveau alors que vous-même êtes issu de l’ancien système ?

 

Avez-vous posé cette question à Macky Sall, qui était le Premier ministre de Wade, et qui a mis en place une démocratie ? Avez-vous posé cette question au Burkina Faso, aux anciens ministres de Compaoré, qui sont en train de mettre en place une véritable démocratie  ? J’ai servi à cette époque-là, un régime qui, d’après moi, répondait aux critères que je me faisais du pays. Je me suis peut-être trompé, mais je ne le regrette pas. Les temps ont radicalement changé. Et le pouvoir pense qu’il peut faire entrer le Gabon dans l’histoire à reculons, en restaurant la dictature. Dans des circonstances comme ça, partout ailleurs, il ne reste que la rue. Aujourd’hui, c’est l’aire de la démocratie, ce n’est pas celle du retour au pillage des ressources du pays, c’est fini ! L’Afrique a été au début de son indépendance, partout, sous des régimes de parti unique, de dictatures, parce qu’on estimait à l’époque qu’il fallait créer une nation. Pour cela on avait des Etats mais pas de nations. Les résultats ont été catastrophiques ! Ceux qui ne comprennent pas ça n’ont qu’à se faire voir ailleurs. Moi je comprends, j’ai compris.

 

Vous avez été dans le même gouvernement qu’Ali Bongo, vous avez été membre de sa famille en tant que beau frère, que pensez-vous des conclusions du dernier livre de Pierre Péan qui dit qu’il aurait été adopté ?

 

C’est vrai que j’ai eu deux enfants avec sa sœur, mais je ne le considère pas comme un beau-frère. Avez-vous les papiers qui attestent que j’ai été son beau-frère ? Considérez-vous que le fait d’avoir un enfant signifie que vous avez des liens de famille et de sang avec cette famille ? Pensez-vous qu’il faut accepter n’importe quoi de n’importe qui parce que vous auriez été de la même famille ? Ça, c’est ce que dit le pouvoir pour se donner bonne conscience, mais je n’ai rien à voir avec lui, ni avec sa famille.

 

Ça tombe bien que vous parliez de papier, justement Pierre Péan dans son livre a avancé un certain nombre de conclusions sur sa supposée adoption, que pensez-vous de cet ouvrage ?

 

Mais le Gabonais en parle depuis dix ans. Nous avons un collègue qui s’appelle Luc Bengone Nsi qui a fait un livre à ce sujet et ce que dit Péan aujourd’hui a été démontré par Monsieur Bengone Nsi il y a dix ans. Nous avons déposé des plaintes. Une première concerne le maire du 3e arrondissement de Libreville, qui a délivré un faux, personne ne met en doute ce fait. Deuxième plainte : Monsieur Ali Bongo a utilisé ce faux comme pièce dans la confection de son dossier pour la candidature à la présidence de 2009, donc il y a faux et usage de faux, c’est indiscutable. D’autres camarades de l’UPG ont déposé une autre plainte, une troisième donc, pour demander la destitution du chef de l’Etat. Alors vous allez me dire que Le Monde, récemment, a publié un article. Moi, je vous affirme catégoriquement que Le Monde a été ou influencé, ou manipulé, ou trompé.

 

Donc le document d’état civil publié par Le Monde, qui prouverait qu’Ali Bongo est bien né à Brazzaville en 1959, fils d’Omar Bongo et Joséphine, pour vous c’est également une fausse pièce ?

 

Je vous dis que c’est une nouvelle fausse pièce  ! Allez à Brazzaville vous renseigner, allez à Nantes c’est un faux.

 

Concernant cette histoire d’adoption, aviez-vous vous-même des doutes depuis longtemps comme vous le connaissez de longue date ?

 

Moi je crois simplement que quand je suis arrivé au Gabon, je ne posais pas la question, j’ai vu ce que j’ai vu et pour moi ce n’était pas un problème, jusqu’à ce que le doute nous gagne, jusqu’à ce qu’aujourd’hui, on a des convictions. Pourquoi a-t-il produit un faux ? Et on lui demande des choses très simples, il n’a qu’à faire un test ADN, pourquoi le refuse-t-il ? Il pourrait clouer le bec à l’opposition en disant « Voici mon ADN ! », il y a anguille sous roche.

 

Le cas burkinabè est très discuté en Afrique, Pensez-vous qu’il puisse également toucher le Gabon et servir d’exemple ?

 

On ne peut pas transposer le cas d’un pays automatiquement sur un autre. Je voudrais vous dire qu’Hollande a été clair et net à Dakar, il a mis en garde un certain nombre de pays. C’est fini l’usurpation.

 

Pourtant le président Bongo dit qu’on ne touchera pas à la Constitution donc il n’y aura pas de limite de mandat ?

 

Mais Dakar c’était aussi le respect des règles démocratiques et quand il a parlé de la Tunisie, ce n’était pas une modification de la Constitution.

L'ancien ministre gabonais des Affaires étrangères, Jean Ping sur RFI

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 12:39

 

 

 

Nous, jeunes de la diaspora du FDPC (Front Démocratique du peuple Centrafricain), réunis en conclave, ce 06 Décembre 2014, à Londres, sur convocation du président FDPC Europe Mr KOSSI BADA MICHEL enfin de montrer un soutiens indéfectible au General de division Abdoulaye Miskine.

 

· Considérant l’engagement du General de Division Abdoulaye Miskine pour le soutien permanent au maintien de la paix, à la sécurisation et à la stabilité de notre pays, la République centrafricaine.

 

· Considérant le souci permanent du General de Division Abdoulaye Miskine de mener à terme, le processus démocratique du pays, avec la matérialisation récente d’entrer avec les autorités Centrafricaine dans les négociations.

 

· Considérant la réussite avec laquelle son Excellence Mr Denis Sassou Nguesso

Président de la République du Congo dans la médiation dans la crise dans notre nous

souhaitons lui dire merci, en temps qu’un grand homme de paix, son aide a été

primordiale dans la libération du General de Division Abdoulaye Miskine.

 

· Considérant l’engagement et l’amour pour la République Centrafricaine de l'ancien

ministre d'État centrafricain Karim Mekassoua, qui saute toujours au chevet des

centrafricains quand ils sont dans les conditions difficiles dans le monde nous souhaitons

lui remercier de cette nième médiations qui aidera à faire revenir la paix en Centrafrique.

· Nous jeunes de la diaspora du FDPC (Front Démocratique du peuple Centrafricain),

encourageons le Président de la République Excellence Mr Denis Sassou Nguesso à poursuivre l’assainissement dans la médiation enfin d’instaurer un Etat paisible et

prospère en Centrafrique.

 

Prions le Dieu Tout-puissant de continuer à donner santé, sagesse et intelligence au General de Division Abdoulaye Miskine pour poursuivre son plan de paix d’unité et de démocratie de notre pays la Centrafrique.

 

Je vous remercie.

 

Fait à Londres, Le 06 Décembre 2014

 

Les signataires :

 

M. KOSSI BADA MICHEL

Mme MAPOUKA SIMONE

M. AZOUKA ALPHONSE

M. YAKOUZOU JEROME

M. MOHAMMED SEDOU

 

Contact : +44 774 261 2274 Email : mkossibada@yahoo.fr

MOTION DE SOUTIEN ADRESSÉE AU GENERAL DE DIVISION  ABDOULAYE MISKINE

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 12:20

 

 

 

 

 IMMACULÉE CONCEPTION 2014

 

(Gn 3,9-15.20 ; Ps 122 ; Ep 1,3-6.11-12 ; Lc 1,26-38)

 

« JE SUIS L’IMMACULÉE CONCEPTION »

 

« Quelle joie quand on m’a dit, allons à la maison du Seigneur ». Ces mots sont ceux du chant joyeux des pèlerins de Jérusalem à leur arrivée devant le Temple (Ps 122,1). Les pèlerins de Jérusalem étaient en joie parce qu’ils arrivaient en présence de Dieu dans la ville sainte. Comme ces pèlerins de Jérusalem, nous sommes joyeux d’être ici à Ngukomba. Notre coeur est plein de joie à cause de la présence de Dieu qui remplit cette montagne de Ngukomba. Le Christ est ici et c’est Lui qui fait notre joie. C’est lui qui fait la joie de notre Eglise ; cette église du large qui est allée au-delà de la peur pour se mettre en route à la rencontre de notre Mère, l’Immaculée Conception.

 

Chers frères et soeurs,

 

Le Pape Jean XXIII a dit : « Quand on a une maman, on a tout ». Cela est vrai pour la vie quotidienne. Mais cela est aussi vrai pour la vie spirituelle. Sans Marie comme mère, la vie chrétienne, notre vie du disciple n’a pas de sens. Sans Marie comme mère, nous manquons de chaleur, de soins, de sécurité et d’amour. Sans Marie, nous manquons de modèle.

 

Aujourd’hui, sur le chemin de Noel, nous marquons une étape importante. Nous nous arrêtons pour célébrer dans la joie et la lumière la solennité de l’Immaculée Conception. Anne et Joachim, les parents de Marie sont à l’honneur. Mais la gloire est à Dieu qui comble Marie de sa grâce. Jésus Christ Sauveur est au centre de cette célébration parce que Dieu a préparé Marie à être sa future mère.

 

Aujourd’hui, nous contemplons l’oeuvre merveilleuse et gratuite de Dieu en Marie. Nous célébrons la gratuité absolue du don de Dieu. Nous reconnaissons Marie comme la « fille de la grâce » qui crie plus haut que Paul : « C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis, et sa grâce à mon égard n’a pas été stérile » (1 Co 15,10). L’immaculée conception. Qu’est que cela signifie ?

 

Le nom « Immaculée Conception » fut une énigme pour la jeune Bernadette lorsqu’elle l’avait entendu de la bouche de la vierge au cours d’une apparition à Lourdes. Bernadette SOUBIROUS, la bergère illettrée de 14ans, était obligée de redire ce nom à chaque pas pour ne pas l’oublier avant de le communiquer à son curé.

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Aujourd’hui encore, le nom fait difficulté et beaucoup confondent Immaculée Conception et Maternité Virginale. En se proclamant « Immaculée Conception », Marie se fait connaître à l’Église en utilisant la langue de l’Église. Elle montre que le pape Pie IX avait agi selon la vérité de foi en définissant quatre ans plus tôt (1854), son privilège unique en ces termes : « La Bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel… ». La proclamation de cette vérité de foi a sa racine dans la tradition qui invoquait déjà la Vierge comme « sainte Marie, Mère de Dieu ». Selon le Dogme de l’Immaculée Conception, Marie est née intacte. Elle est une créature déjà préservée et sauvée du péché et de ses conséquences. La Vierge sauvée par avance du péché et de ses conséquences annonce la réussite de l’oeuvre de salut. Elle est le signe du renouvellement de la création et d’un nouveau commencement, l’aurore de la nouvelle humanité. Elle bénéficie du plus grand privilège jamais accordé à une femme dans l’histoire du salut.

 

Néanmoins, à l’Immaculée Conception, nous ne célébrons pas seulement la sainteté de Marie. Cette fête nous rappelle aussi notre régénération par le baptême et notre vocation à la sainteté. « Soyez saints car moi le Seigneur votre Dieu je suis saint » dit le Seigneur en Lev 19,2. La sainteté signifie d’abord accueil des dons de Dieu (dons de foi, d’amour, de vie, de miséricorde et de service de ses frères et soeurs). Saint Paul dans la deuxième lecture (Ep 1,3-12), rappelle notre vocation à la sainteté. Pour lui, depuis toujours et avant la création du monde, sans aucun mérite de notre part, « Dieu nous a bénis et choisis dans le Christ pour que nous soyons dans l’amour, saints et irréprochables sous son regard… ». Si Dieu nous a choisis pour être saints, la sainteté est notre engagement, la tâche que Dieu nous a confiée, et que nous devons réaliser chaque jour.

 

Qu’est-ce que notre baptême a changé dans notre manière de vivre ? Quelle attitude avons-nous vis-à-vis de Dieu ? Que faisons-nous des dons reçus de Lui ? Comment nous comportons-nous à l’égard de nos frères et soeurs ? Vous souvenez-vous, chers frères et soeurs ? Vous souvenez-vous d’avoir rejeté le diable et ses manières le jour de votre baptême ? Pourquoi, avons-nous encore tant de peine à nous démarquer du mal et de ses agents ? Pourquoi continuer à nourrir la haine, la vengeance et la destruction ?

 

Chers frères et soeurs, dans la finale de la première lecture, Adam appelle sa femme « ‘‘Êve’’, c’est-à-dire la ‘‘vivante’’, parce qu’elle fut la mère de tous les vivants » (Gn 3,20). Ce nom est un acte de foi à la vie vécue et transmise par la mère en union avec le père. Il est donné à la première femme après que Dieu ait prononcé le jugement miséricordieux qui annonce les sanctions de la première désobéissance. Celle qui prend sa source dans le péché d’orgueil, d’envie et de méfiance.

 

En effet, se méfiant de Dieu et de sa parole, l’homme et la femme ont préféré obéir au serpent qui leur a promis deux choses : 1) la possibilité d’une expansion de la nature humaine au-delà des limites que Dieu a fixées lors de la création ; 2) l’intensification de la vie, non seulement dans le sens d’un enrichissement intellectuel, mais dans le sens d’une maîtrise des secrets qui dépassent l’homme. Le serpent tentateur représente l’idole type. Il apparait à ses victimes dans un décor magique. Le voyant, Adam et Êve pensent pouvoir acquérir le savoir propre à Dieu en cédant à des procédés magiques comme celui consistant à manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

 

Leur transgression traduit leur refus d’être ce qu’ils sont. Leur transgression traduit leur volonté de s’arroger une prérogative divine ; la prérogative de décider de ce qui est bien ou mal indépendamment de la Loi de Dieu. Ils veulent devenir dieux sans Dieu et même contre Dieu. Ils veulent renverser l’ordre des valeurs, déclarant bien ce qui est mal et mal ce qui est bien. Is 5,20 dénonce ce péché radical : « Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal ». Mi 6,8 révèle l’attitude que devrait avoir tout homme :

…/… 3

 

« " On t'a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Yahvé réclame de toi : rien d'autre que d'accomplir la justice, d'aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu. "». Am 5,14 ajoute : « Recherchez le bien et non le mal, afin que vous viviez, et qu'ainsi Yahvé, Dieu Sabaot, soit avec vous, comme vous le dites ».

 

Après la désobéissance, Adam et Êve découvrent la tromperie. « Leurs yeux s’ouvrirent à tous deux », sans qu’ils ne deviennent divins. Dieu s’approche d’eux pour engager un dialogue avec eux. Pris de peur, le couple se cache, cherche à couvrir sa nudité, symbole de sa culpabilité, sa honte et son insécurité. Dieu commence son interrogatoire par une question simple à Adam : « Où es-tu ? ». Où es tu mon frère ? Toi qui te caches derrière le péché et la honte qui te dévorent ? Le Seigneur vient te chercher. Il vient te chercher, toi. Il vient t’appeler en ton nom.

 

- Où es tu, toi le jeune qu’on a armé, drogué et envoyé pour voler, tuer, bruler des villages ? Sors de ces groupes armés, déposes ton arme et reprends le chemin de la formation pour te construire et participer au développement de la Centrafrique.

 

- Où es tu, toi le chef de milice qui manipule, t’enrichit sur le dos des pauvres en semant la peur, la mort et la désolation ? Sors de la rébellion ! Viens faire acte de contrition pour te réconcilier avec ta communauté et retrouver la paix du coeur et de l’âme.

 

- Où es tu, toi la mère ou la soeur qui entretient le feu de la confrontation armée par tes mensonges et tes incitations à la haine et à la division ? Sors de ta colère et de ton désir de vengeance pour dire désormais les mots de la paix, du pardon et de la réconciliation. Ainsi, tu engageras tes enfants et tes frères sur le chemin du bien.

 

- Où es tu, le politicien qui te cache derrière le prétexte d’une crise prétendument religieuse pour assouvir ton désir de vengeance personnelle et conquérir le pouvoir par la violence ? Sors de là, revois ton projet politique et ton engagement pour un mieux être de ce peuple qui ne connaît que la brimade depuis trop longtemps déjà.

 

- Où es tu, toi qui fournis les armes et te caches derrière les groupes armés pour te positionner et avoir des parts de marché ? Où es tu ? où es tu ? Où es tu ?

 

Le Seigneur vient te chercher. Il te parle. A toi comme à Adam et Eve, il vient proposer des lois pour t’aider à vivre en harmonie avec tout homme, en paix, en liberté et grandir en humanité. A toi, il dit : « Un seul Dieu tu adoreras » ; « ne tues pas » ; « honore ton père et ta mère » ; « Tu n'auras pas dans ton coeur de haine pour ton frère » (Lv 19,17) ; «Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas de rancune envers les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19,18). Que faisons-nous des commandements de Dieu ?

 

Dans sa seconde réponse à Dieu qui le questionne, l’homme dénonce et trahit la femme. Il se désolidarise de la faute et tend à mettre la charge sur Dieu : « C'est la femme que tu as mise auprès de moi qui m'a donné du fruit de l'arbre, et j'ai mangé !» (Gn 3,12). Cette réponse paraît un reproche contre Dieu en qui l’homme voit la cause dernière de ce qui est arrivé. C’est aussi le signe d’une communion brisée entre les humains. Le péché commis ensemble n’a pas uni, mais isolé Adam et Êve devant Dieu. Le Seigneur se tourne alors vers la femme et lui demande : « Qu'as-tu fait là ?». La femme fuit sa responsabilité et dit à Dieu : « C'est le serpent qui m'a séduite, et j'ai mangé » (Gn 3,13).

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Le dialogue de Dieu avec Adam et Êve éclaire ce que nous vivons en ce moment dans notre pays. On tue, on brûle les maisons, on fait des enlèvements, mais on accuse toujours l’autre d’être responsable. On ne commence pas encore à s’interroger sur sa part de responsabilité. On juge l’autre. On le condamne. Les auteurs de crimes odieux n’ont pas honte, ni peur, ni sentiment de culpabilité.

 

Dans son verdict, Dieu respecte la liberté d’Adam et Êve, les condamne et leur donne la possibilité de se convertir. La condamnation touche différentes sphères de la vie humaine : sexualité et mariage, naissance et mort, travail et nourriture, relation entre les hommes et le monde animal. Dieu manifeste sa miséricorde à l’homme et à la femme de plusieurs manières : Adam et Êve ne sont pas anéantis, ni maudits ; Dieu vient à leur aide en leur confectionnant des vêtements de peau, signe qu’il ne les abandonne pas ; il annonce qu’ils auront une postérité ; Adam et Êve mourront mais survivront à travers leurs descendants ; la domination du serpent sera vaincue par la descendance de la femme.

 

Chers frères et soeurs, Marie est affranchie de toutes les conséquences que le péché a introduit dans la nature humaine héritée d’Adam et Êve : ni inclination au mal, ni déséquilibre entre la sensibilité et la raison, ni désharmonie entre le corps et l’âme. L’être de Marie tout entier est orienté à l’amour gratuit de Dieu. Néanmoins la vie qui s’inaugure à l’Immaculée Conception est une vie progressive dans la lumière et l’obscurité de la foi. Le privilège de l’Immaculée Conception ne diminue pas la liberté de Marie. À l’annonciation, elle délibère, s’informe, afin de mieux dire le « oui » qui est attendu d’elle dans un projet où la gloire de Dieu et le salut des hommes sont engagés.

 

Dans l’évangile que nous avons écouté (Lc 1,26-38), la double intention de l’évangéliste Luc est de mettre en lumière la conception virginale de Jésus et son origine divine. Au début de l’évangile situé entre l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste à Zacharie et la Visitation d’Elisabeth, Dieu par l’ange Gabriel révèle la mission qu’il confie à Marie : « Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce. Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ; il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin » (Lc 1,30-33). Avant de lui faire cette grande révélation, l’ange donne un très grand nom à Marie : « comblée de grâce » qui signifie « favorisée de Dieu ». Souvent Dieu change le nom de celui à qui il confie une mission importante (Abraham, Pierre, Paul…).

 

Le nom « comblée de grâce », indique que Marie est inscrite dans une destinée universelle. Avec la grâce de l’Immaculée conception, Marie est la première créature à bénéficier du rapport positif que le Christ a établi avec le Père avant même son Incarnation. L’oeuvre de Dieu en Marie est absolument gratuite. Le nom « comblée de grâce » est suivi de l’expression « le Seigneur est avec toi » qui souligne l’assistance que Dieu accorde à ceux à qui il confie une mission importante : juges, rois, prophètes, prêtres. Le résultat de l’action de Dieu en Marie est merveilleux : une nouvelle création. Dieu fait de Marie le « Temple de Dieu », le « sanctuaire de l’Esprit Saint », « la femme du oui au Seigneur » pendant toute sa vie.

 

Marie immaculée est le signe que Dieu n’a pas abandonné l’homme à lui-même, mais le sauve à travers son Fils, lieu d’une nouvelle rencontre entre le ciel et la terre, entre la sainteté et la fragilité, entre Dieu et l’homme. Êve a rallié son mari Adam à sa révolte contre Dieu. Maintenant, c’est Marie qui va s’associer à son mari Joseph pour réaliser dans l’obéissance le dessein transcendant de Dieu pour le salut des hommes. Marie s’est laissée façonnée et habitée par la Parole de Dieu. Contrairement à Êve qui a désobéi au commandement de Dieu, le récit de l’annonciation se termine par la réponse favorable de Marie à l’ange prononcée avec une foi humaine, intelligente et proportionnée : « " Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! "» (Lc 1,38). La foi de Marie se traduit par une espérance et un engagement abandonnant tout projet personnel. Marie est servante du Seigneur comme Abraham, Moïse, David… …/… 5

 

Une telle disponibilité montre qu’elle s’est déjà préparée intérieurement. Par elle, nous sommes tous aimés du Seigneur. Avec elle, nous sommes comblés de grâce. La grâce du verbe, celle de la parole à promouvoir dans le dialogue entre factions, dans nos communautés et nos familles. Nous ne pouvons plus, aujourd’hui, attendre trop longtemps de nous mettre aux pieds de l’arbre à palabre pour traiter du problème centrafricain entre centrafricain. C’est pourquoi, nous soutenons l’idée d’un dialogue national. Mais ce dialogue doit être initié à la base de notre société. C’est dans les villages et les villes que nous pouvons porter à terre les semences d’une Centrafrique réconciliée avec elle-même, une Centrafrique qui a pris conscience de ses erreurs et qui prend l’option de les corriger pour se relever.

 

Alors, pourrons-nous accueillir la grâce de la réconciliation et de l’unité qui font les peuples solidaires, forts face à l’épreuve et heureux. Faisons-nous à nouveaux à l’idée de vivre en harmonie avec tous nos frères. Ceux qui parlent comme nous ou pas. Ceux qui mangent comme nous ou pas. Ceux qui habitent dans le même quartier que nous ou pas.

 

Nous avons encore sous les yeux tout le mal et la destruction que la confrontation et la désunion peuvent occasionner. Le moment est venu de s’arrêter. De faire place à la grâce du pardon reçu aujourd’hui pour tourner la page, se revoir à nouveau dans les yeux et marcher à nouveau ensemble. Nous souhaitons tous le retour de la paix pour permettre à chacun de vivre de son travail et d’élever ses enfants. Cette paix ne sera jamais de retour si nous ne pardonnons pas.

 

Avec Marie, nous pouvons être comblés de la grâce de la vérité. Celle qui nous interdit de faire courir les rumeurs, de mentir aux autres, de les détourner des vrais problèmes pour les plonger dans la haine, le désordre.

 

Chers frères et soeurs,

 

Notre responsabilité en temps de crise est d’être des artisans de paix et d’unité, des messagers d’amour et de vérité, les promoteurs du pardon et de la non-violence, les semeurs de la persévérance et de l’espérance.

 

Que la Vierge, mère de l’Oubangui, soit pour chacun une mère toujours disponible… Comme Marie, rendons-nous disponibles à accueillir l’impulsion que l’Esprit saint donne à notre capacité d’agir et de sentir. Qu’avec Marie, nous collaborions à la construction d’une Centrafrique plus paisible, plus unie et plus fraternelle.

 

Que l’Immaculée Conception nous dirige tout au long de notre pèlerinage de foi.

 

Amen !

 

 

 

Homélie prononcée par Mgr l'Archevêque de Bangui à la messe de clôture du pèlerinage diocésain de Ngukomba (06 décembre 2014)
Homélie prononcée par Mgr l'Archevêque de Bangui à la messe de clôture du pèlerinage diocésain de Ngukomba (06 décembre 2014)

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 12:14

 

 

 

 

Union pour  la paix en Centrafrique (UPC)

 

 

Communiqué de Presse 03/2014/12/06/BBR

 

 

Ce qui se passe actuellement à Bambari ne surprend pas outre mesure la direction politique de l’UPC. Est-il besoin de rappeler que le 22 novembre dernier, nous prenions à témoin l’opinion nationale et internationale dans un communiqué de presse valant une mise en garde contre les manoeuvres machiavéliques de Jean Jacques Demafouth, Aristide Sokambi, Gontran Djono Ahaba et Mahamat Kamoun, consistant à payer des jeunes désoeuvrés de Bambari dans le but de mettre le feu aux poudres à Bambari afin de diaboliser les éléments de l’UPC et disqualifier ce mouvement aux yeux de la communauté nationale et internationale.

 

C’est dans ce contexte que Monsieur Ferdinand Nguendet a cru devoir effectuer un déplacement dans cette ville qui n’était qu’une occasion de show médiatique qui n’a fait qu’envenimer les choses au lieu d’apaiser la situation. Alors qu’il est bien établi que c’est un élément de Joseph Zoundéko qui a tué l’un des aides de camp de du président du CNT parti en précurseur à Bambari, M.  Ferdinand Nguendet a préféré porter ses accusations contre le général Ali Darras et ces éléments de l’UPC quqi font pourtant un remarquable travail au quotidien pour ramener la paix et la sécurité à Bambari.

 

De même que ce sont les éléments de Joseph Zoundéko qui ont eu des altercations avec les anti-balaka qui ont terrorisé la population civile qui a décidé de déserter chez elle pour se mettre à l’abri chez Sangaris, Minusca et les lieux de cultes.   

 

L’UPC tient juste à rappeler aux Centrafricains qu’elle n’a pas de leçons à recevoir de celui-là même qui était la première personne à organiser une marche de soutien à la coalition Seleka et qui est aujourd’hui Président du CNT grâce à ladite Seleka. C’est dans la logique des choses s’il fait tout actuellement et est prêt à tout pour protéger ses amis pourtant présumés coupables de crimes de guerre et de crime contre l’humanité. Il lui manque aussi le courage et la volonté politique de dénoncer la barbarie des anti-balakas de peur d’être tué

 

Au lieu de faire un show médiatique pour exhiber sa montre en or, il ferait mieux en tant que Président du CNT de faire des propositions concrètes de sortie de crise de la RCA ce dont la population Centrafricaine a le plus besoin et non de la politique de salon et des calculs politiciens.             

Fait à Paris le 6 décembre 2014

 

Le Coordonnateur

 

Habylah AWAL

Communiqué de Presse 03/2014/12/06/BBR

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 12:12

 

 

 

 

PARIS, France, 5 décembre 2014/African Press Organization (APO)/

 

 Quai d'Orsay - Déclarations du porte-parole - 5 décembre 2014

 

Un an après le lancement de l'opération Sangaris pour protéger les populations centrafricaines, la France reste mobilisée sur les plans politique et militaire, ainsi que pour apporter une aide humanitaire et développer des actions de coopération, en étroite liaison avec l'Union européenne, les Nations unies et tous nos partenaires internationaux. Grâce à nos efforts, la Centrafrique n'a pas été une crise oubliée. Les troupes françaises ont été rejointes, à notre demande, par l'opération européenne EUFOR-RCA en mai dernier et par la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA). Les casques bleus sont déployés sur le terrain depuis le 15 septembre.

 

Les massacres ont été évités. Des difficultés persistent mais le nombre de personnes déplacées est en baisse constante, l'économie locale redémarre. Sur le plan politique, l'instabilité a fait place à une transition plus apaisée, dont la perspective des élections doit marquer l'aboutissement. Les besoins humanitaires restent cependant considérables, en Centrafrique comme dans les pays voisins, où se trouvent des centaines de milliers de réfugiés.

 

Le succès de la sortie de crise repose d'abord sur les Centrafricains, avec l'aide de la médiation régionale animée par le président congolais Denis Sassou Nguesso. Nous appelons tous les acteurs de la transition à participer activement au dialogue politique et à la réconciliation nationale, dans la perspective du Forum de Bangui. Des élections libres et apaisées doivent se tenir au plus tard en août 2015.

République centrafricaine - Situation un an après l'opération Sangaris

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 12:08

 

 

 

 

http://www.egaliteetreconciliation.fr   Revue de presse  2014  décembre

 

Le 5 décembre 2013, le président Hollande lançait l’opération Sangaris en Centrafrique, un pays déstabilisé par la prise du pouvoir, six mois plus tôt, par la coalition de la Séléka. Cette dernière, coupable d’exactions contre les populations chrétiennes, était alors aux prises avec les milices anti-balaka, reformées en réaction à ces violences. En outre, certaines d’entre-elles étaient – et le sont encore – manipulée par le clan de François Bozizé, le président centrafricain déchu.

 

Plusieurs raisons ont donc motivé cette nouvelle intervention française. La Centrafrique étant devenue un État failli, le risque était grand de voir se créer un vide sécuritaire susceptible de profiter à des groupes armés – jihadistes ou non – pouvant déstabiliser les pays voisins. Par ailleurs, il fallait mettre un terme au cycle violences/représailles commises par les deux camps et chercher à éviter une partition Est/Ouest du territoire centrafricain.

 

La force Sangaris est intervenue aux côtés de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), formée sous l’égide l’Union africaine. Seulement, dès le départ, certains experts, comme le général (2S) Vincent Desportes, estimèrent insuffisant son format (1 600 hommes). « Je travaille en fait avec les généraux de terrain, pas avec des experts qui regardent tout ça de Paris », répondit Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense. Finalement, les effectifs furent portés à plus de 2 000 hommes, grâce à des renforts prépositionnés au Tchad et à la mise sur pied de l’opération européenne EUFOR RCA, dont la France fut l’un des principaux contributeurs.

 

Aujourd’hui, la situation en Centrafrique reste préoccupante. Une mission des Nations unies, la MINUSCA, a certes été mise en place pour succéder à la MISCA et monte progressivement en puissance. Et, alors que l’opération Sangaris devait être courte (6 mois), il est désormais question de réduire ses effectifs à 1 500 hommes au printemps prochain et de la tranformer en QRF (Quick Reaction Force, force de réaction rapide) en appui des casques bleus. Le processus politique centrafricain est au point mort, le pays est coupé en deux, avec, à l’est, l’ex-Séléka, elle-même divisée en trois branches, et, à l’ouest, les milices anti-balaka. Quant à la situation sécuritaire, si les massacres de masse ont cessé, elle demeure fragile et volatile, avec des pics ponctuels de violence.

 

Cela étant, la mission des militaires français, qui ont perdu 4 hommes dans cette opération (2 lors d’un accrochage, 1 par accident et 1 autre par maladie) est extrêmement difficile. Dans le numéro 38 de Fantassins, le magazine publié par l’École d’Infanterie de Draguignan, les deux chefs de corps des Groupements tactiques interarmes (GTIA) qui sont entrés « en premier » sur ce théâtre ont livré leur témoignage. L’urgence était alors de faire cesser les violences à Bangui avant d’étendre les opérations au reste du pays.

 

1- Des plans contrariés

 

Chef de corps du 8e Régiment de parachutistes d’Infanterie de Marine (RPIMa) et commandant le GTIA Amarante (constitué à 90% par des unités de la 11e Brigade parachutiste), le colonel Vincent Tassel a précisé qu’il était prévue une « action de sidération, avec une sortie massive en ville et la saisie de tous les points clés afin d’empêcher tout mouvement des ex-Séléka et des milices » dès le lancement de l’opération Sangaris. Seulement, cela n’a pas été possible en raison de l’offensive lancée le 5 décembre par les anti-balakas et la réaction des ex-Séléka.

 

« Aussi, le mandat SANGARIS 1 a débuté, comme toutes les opérations d’entrée en premier, par une phase de coercition, contre un ennemi difficilement identifiable, au coeur des populations et en milieu urbain, suivie d’une phase de stabilisation. La présence d’un peloton blindé s’est avérée essentielle pour dissuader, voire neutraliser les ex-Séléka, équipés d’armement lourd. De même, l’escadron d’aide à l’engagement (EAE) est un outil très efficace en contrôle de zone urbain, sur les axes principaux, en raison de sa capacité à couvrir énormément de terrain et à appuyer l’infanterie débarquée » a expliqué le colonel Tassel.

 

2- Une situation très compliquée et dangereuse à Bangui

 

« L’imbrication, en zone urbaine de l’ensemble des éléments constitutifs de la crise, milices, population, ressortissants français et étrangers, forces africaines de la MISCA, organisations internationales, journalistes, pilleurs et voleurs, génère de facto une extrême complexité de la situation et une tension extrême sur le terrain pour les sections déployées », a souligné le colonel Tassel.

 

S’agissant plus particulièrement des difficultés et des menaces rencontrées par les militaires français, le colonel Arnaud Mettey, chef du GTIA Panthere les énumère : « multiplicité des positions de tir ennemies, difficulté pour déterminer l’origine et la cible des tirs, (…) ennemi furtif, sans signe distinctif, s’imbriquant dans la population, harcelant la force ».

 

Et il s’ajoute à cela la « menace particulière » de la foule africaine : « Curieuse, elle n’hésite pas à rester proche des combats, au risque de devenir victime collatérale. Il convient de la garder à distance pour se prémunir de ses accès de violence. Elle offre aussi refuge à de sombres individus, ou offre un masque aux pires exactions. Nous avons souvent du ‘fendre la foule’ pour aller secourir des victimes. Ma crainte aura été de voir un soldat happé par une foule soudainement en furie », a-t-il témoigné.

 

« Ainsi, le contrôle de zone et de foule est plus coercitif avec un risque important de dommages collatéraux sur la population et il faut une grande maîtrise de la force a tous les niveaux. En outre, la Force se trouve souvent démunie lorsqu’elle est confrontée à l’absence totale de système judiciaire et carcéral alors même qu’elle fait face à des crimes et délits de droit commun, notamment lors des phases de pillages et d’exactions » a ajouté le colonel Tassel.

 

3- Quels rapports avec la MISCA ?

 

Pour le colonel Tassel, les relations avec la MISCA ont été bonnes dans l’ensemble. « Bien sûr, la valeur des différents contingents pose souvent des problèmes et il faut parfois être très proactif pour que les choses avancent, de même qu’il n’est pas toujours facile de coordonner l’action de deux forces qui ont un but commun mais pas forcément les mêmes missions, les mêmes moyens et les mêmes modus operandi », a-t-il expliqué. Mais, a-t-il poursuivi, « nous avons souvent été agréablement surpris par la capacité de réaction de nos camarades africains, certes différente de nos pratiques, mais sans eux la mission aurait été impossible ».

 

Pour sa part, le colonel Mettey a estimé que « nos nos camarades africains, dès lors qu’ils nous sentent à leurs côtés, sont très capables. Ils ont besoin de se sentir soutenus ».

 

4- Des lacunes capacitaires

 

C’est le colonel Tassel qui l’affirme : au début, la force Sangaris était « taillée au plus juste au regard de l’étendue du pays, de la situation sur Bangui et de la haine accumulée de part et d’autre ». Mais, globalement, elle a été « correctement dimensionnée » sur le plan capacitaire, à l’exception des moyens de renseignement d’origine image (un drone n’aurait pas été un luxe, les hélicoptères Fennec Reco et Gazelle Viviane ne pouvant qu’assurer une présence réduite) et des moyens blindés, « principalement en VAB ». Au cours de cette première phase, explique l’officier, les GTIA ne pouvaient pas « déployer plus de 50% de leur effectif sous blindage, le reste étant motorisé sur P4, GBC et TRM 2000 ».

 

Cela étant, les VAB (véhicule de l’avant blindé) ULTIMA ont apporté une plus-value « en raison de leur tourelle TOP et de leurs optiques jour-nuit », a fait valoir le colonel Tassel. Seulement, cela n’a été valable qu’en zone urbaine. Et encore, ces véhicules « ne pouvaient progresser en appui dans toutes les rues étroites du centre-ville ».

 

Ce constat est presque partagé par le colonel Mettey. « Le VAB, par son gabarit réduit, s’est révélé tout particulièrement adapté. Un VBCI n’aurait jamais permis la même souplesse d’utilisation. Le VAB doté d’un TOP par les moyens de vision dont il dispose, la précision et la stabilité de son tir a apporté une plus value encore supérieure », a t-il estimé. Toutefois, hors de Bangui, c’est une autre affaire, car le VAB est « vite limité par son poids, pourtant contenu, tant dans les bourbiers que sur les ponts africains ». Aussi, pour l’ex-chef du GTIA Panthère, « il manque clairement un successeur au VLRA, armé, avec des moyens optiques et optroniques modernes ».

 

Ce dernier a également pointé l’insuffisance en matière de moyens aéromobiles. « L’absence d’une capacité d’appui canon s’est fait sentir au niveau des hélicoptères, tout comme la capacité d’aérotransport limitée », a-t-il dit.

 

5- Des conditions de vie très rustiques

 

En avril, le sénateur Christian Cambon, de retour d’une mission à Bangui, avait déploré les conditions de vie des militaires affectés au camp installé sur l’aéroport M’Poko. Et cela alors que cette dernière était lancée depuis 4 mois.

 

« Les conditions de vie (hébergement, alimentation, sanitaire, hygiène et loisir) du GTIA ont été précaires durant toute la mission en raison des retards pris dans le lancement des travaux sur le camp, des contraintes liées à l’acheminement des différents matériels, à l’approvisionnement en eau et en électricité. Cependant, la rusticité de nos soldats permet de compenser ces quelques difficultés même si les demandes des hommes restent basiques (besoins primaires), pouvoir dormir et manger chaud », a expliqué le colonel Tassel.

 

Toutefois, la rusticité ne fait pas tout. Dimensionné pour 250 hommes, le camp M’Poko a dû en accueillir 1 400 dans les premiers temps de l’opération Sangaris. « Nos hommes sont rustiques et les sections sont en permanence engagées sur le terrain, ce qui limite beaucoup le temps passé sur le camp », a insisté l’ex-chef du GTIA Amarante.

 

Mais tout de même : « Tout d’abord nous nous sommes serrés, à 4, puis 5 puis 6 dans les chambres et à 8 puis 10 voire 12 dans certaines tentes. Ensuite, nous avons utilisé tous les espaces disponibles pour y construire des camps de toile, sur les parkings, sur la zone hélico, etc… Il nous a fallu interdire le sport et limiter la consommation d’eau à une douche par jour. Un tour pour l’ordinaire a été mis en place (1 jour sur 4), idem pour la laverie (1 jour par semaine) », a-t-il raconté.

 

En outre, la force Sangaris a eu à déplorer de « nombreux vols ». « Les notions de sécurité, de contrôle et de filtrage de nos camarades africains sont parfois un peu différentes des nôtres », a expliqué le colonel Tassel.

 

Pour son homologue du GTIA Panthere, « offrir une vie d’unité élémentaire permet de gérer le repos, et l’assimilation psychologique des épreuves endurées ». Et le colonel Mettey d’ajouter : «  Il conviendra de repenser la question de l’eau. Une capacité de production par filtrage doit exister au niveau de l’ unité élémentaire (UE) ».

Centrafrique : Un an après, bilan et retour d’expérience de l’opération Sangaris
Centrafrique : Un an après, bilan et retour d’expérience de l’opération Sangaris

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 12:05

 

 

 

PARIS, France, 5 décembre 2014/African Press Organization (APO)/ -- L'intervention des forces armées françaises autorisée le 5 décembre 2013 par la résolution 2127 des Nations-Unies devait permettre de désarmer les groupes auteurs de violence à travers la République centrafricaine. 1 an après, la République centrafricaine est toujours en proie à la violence des armes.

 

L'ambition de désarmement des groupes armés ne s'est pas concrétisée. Des foyers de violences sont toujours actifs, des hommes en armes sillonnent toujours le pays. L'insécurité demeure le quotidien des habitants de certains quartiers de Bangui, la capitale, et de certaines provinces où les groupes rivaux s'affrontent et les bandes criminelles sévissent. Les premières victimes de ces violences ont toujours été et sont encore les civils, des populations et communautés agressées qui vivent dans la crainte. La situation humanitaire demeure alarmante, 2.5 millions de personnes ont besoin d'assistance.

 

L'insécurité alimentaire, la sous-nutrition ainsi que les conditions d'accès à l'eau demeurent une préoccupation première. Près de 30 % de la population du pays est actuellement en insécurité alimentaire sévère ou modérée, soit environ 1.4 million de personnes. Les personnes victimes ou témoins de violences souffrent également de grands stress et de chocs psychologiques qui demandent une prise en charge spécifique.

 

Dans ce contexte, l'accès aux populations et la délivrance de l'aide sont un défi grandissant. L'action des acteurs humanitaires est de plus en plus fréquemment entravée par des groupes armés, qui intimident, menacent et rackettent les populations et les travailleurs humanitaires qui leur viennent en aide.

 

L'insécurité accrue des travailleurs humanitaires est également le fruit d'une confusion des rôles entre militaires et humanitaires. Action contre la Faim déploie des programmes d'urgence humanitaire sur différentes zones en RCA, dont Bangui, Bossangoa et Sibut.

 

L'ONG rappelle que la mission et le mandat auxquels elle souscrit sont ancrés dans un socle de neutralité, d'impartialité et d'indépendance de toute partie à la crise.

 

Elle intervient et porte assistance dans le cadre de son expertise à toutes les populations vulnérables après une évaluation des besoins concrets, sans distinction de genre ou d'appartenance réelle ou supposée à une communauté quelle qu'elle soit.

 

L'instabilité que traverse la RCA depuis 1 an a également jeté sur la route des centaines de milliers de personnes. On compte aujourd'hui 430 000 déplacés internes et 420 000 réfugiés dans les pays limitrophes.

 

Plus de 250 000 réfugiés ont ainsi traversé la frontière vers le Cameroun depuis mars 2014.

 

Action contre la Faim a ouvert une nouvelle mission au Cameroun dès juillet 2014, en réponse à l'afflux de réfugiés fuyant les violences et l'instabilité en Centrafrique.

 

Les équipes de l'ONG portent assistance aux populations déplacées et traumatisées, mais aussi aux populations hôtes qui sont impactées par l'arrivée en catastrophe de milliers de familles. La pression s'accroit sur les ressources disponibles ainsi que sur les points d'eau. Les conditions d'hygiène des territoires d'accueil appellent une réponse concertée autour des questions d'accès à l'eau et à l'assainissement quand des premiers cas de choléra ont déjà été répertoriés dans l'est du pays.

 

Le long de la frontière Cameroun/RCA, Action contre la Faim met en place des programmes fixes et mobiles dans le cadre d'une réponse d'urgence en nutrition, santé mentale et pratique de soins ainsi qu'en eau, hygiène et assainissement. Ces actions permettent de réduire certaines difficultés et participent à apaiser les tensions qui pourraient naître entre réfugiés et villageois.

 

Les besoins humanitaires urgents des populations réfugiées ne doivent pas affecter le premier élan d'accueil des populations hôtes au risque de voir éclater des violences autour des questions de survie des uns et des autres. La question du retour des centrafricains dans leurs foyers ne pourra être envisagée sans des garanties tangibles et pérennes de leur sécurité en RCA.

EN RCA, L'ACCES AUX POPULATIONS ET LA DELIVRANCE DE L'AIDE SONT UN DEFI GRANDISSANT

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 12:03

 

 

 

 

BANGUI, République Centrafricaine, 5 décembre 2014/African Press Organization (APO)/ -- Après de longs mois de tensions en République centrafricaine, les défis humanitaires dans le pays sont énormes et s'aggravent de jour en jour. Dans ces conditions, les efforts déployés pour y faire face sont loin d'être suffisants. C'est pourquoi la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et la Société de la Croix-Rouge de la République centrafricaine appellent à renforcer avant qu'il ne soit trop tard l'assistance en faveur des communautés vulnérables du pays.

 

La situation actuelle est dramatique. A cause de l'insécurité et du manque de soutien, le personnel humanitaire est dans l'incapacité d'assurer des services efficaces et constants dans de nombreuses régions. Beaucoup de centres de santé du pays souffrent depuis des mois de graves pénuries de médicaments essentiels. L'économie elle-même n'a pas été épargnée, les prix ayant grimpé de plus de 40% au cours de l'année pour certains produits de base, rendant plus précaires encore les conditions d'existence de certaines communautés.

 

«Notre objectif est de couvrir tout le territoire», déclare Jean-Moise Modessi Mogedo, qui dirige l'unité de gestion des catastrophes à la Croix-Rouge centrafricaine. «Nous devons redoubler d'efforts pour faire en sorte que tous les gens comprennent bien qui nous sommes et quels sont nos objectifs, de manière à pouvoir opérer dans un environnement plus sûr et toucher les plus vulnérables.»

 

Issus des communautés qu'ils servent, les volontaires de la Croix-Rouge sont en première ligne de la réponse depuis le tout début de la crise et interviennent dans des secteurs où ils sont les seuls à pouvoir accéder ? ce qui ne les prémunit pas, hélas, contre la violence. En août, un volontaire de la Croix-Rouge centrafricaine a été tué alors qu'il secourait des personnes dans le besoin. Un autre avait subi le même sort en mars dernier.

 

«Avant le début des troubles, la situation dans notre pays était déjà très précaire à bien des égards», note Antoine Mbao Bogo, président de la Société nationale de la Croix-Rouge. «A présent, nous sommes plongés dans une catastrophe silencieuse de grande envergure. Les besoins humanitaires sont énormes et nécessitent un renforcement considérable des ressources pour apporter une réponse adéquate. C'est une question de vie ou de mort pour des centaines de milliers de personnes qui souffrent depuis beaucoup trop longtemps déjà», souligne le président.

 

De fait, la situation humanitaire en République centrafricaine devient chaque jour plus complexe, le nombre des habitants chassés de leurs foyers continuant d'augmenter sans aucune perspective de retour dans un proche avenir. On estime aujourd'hui à plus de 410 000 la population des personnes déplacées accueillies par des familles hôtes ou hébergées dans des camps. Rien qu'à Bangui, une quarantaine de sites abritent plus de 60 000 personnes au total. De plus, cette catastrophe silencieuse ne s'arrête pas aux portes du pays: avec une population de réfugiés presque équivalente à celle des déplacés à l'intérieur des frontières, les pays environnants sont confrontés eux aussi à de sérieuses difficultés. En bref, la crise n'est plus seulement nationale, mais régionale.

 

«Certes, il est crucial de maintenir et même d'intensifier nos efforts pour juguler l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, mais nous avons aussi une responsabilité collective d'apporter une réponse appropriée à d'autres crises majeures, qui sont peu à peu tombées dans l'oubli au cours des derniers mois», déclare Alasan Senghore, directeur de la Zone Afrique à la FICR. «Nous ne pouvons pas nous permettre d'abandonner la population centrafricaine à son sort.»

 

La FICR a révisé son appel d'urgence à hauteur de 10,5 millions de francs suisses afin de soutenir les opérations de la Société de la Croix-Rouge de la République centrafricaine. A ce jour, l'appel n'est couvert qu'à 12%, ce qui menace sérieusement la capacité de cette organisation à assurer durablement les services vitaux dont le pays a cruellement besoin.

La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge réclament une assistance immédiate en République centrafricaine

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 12:01

 

 

 

 

Par RFI 05-12-2014 à 23:57

 

Il y a tout juste un an, la France lançait l'opération Sangaris en Centrafrique, une intervention destinée à mettre fin aux violences. Un an après, la situation a radicalement changé. A Bangui, la capitale de la RCA, la vie a repris. Les humanitaires s’inquiètent néanmoins de la sécurité sur les routes de l'intérieur du pays. Elles restent encore peu sûres, ce qui entrave leur action.

 

Un an après le lancement de l'opération Sangaris, la situation à Bangui a radicalement changé. La vie a repris, même si la capitale n'est pas encore a l'abri de rechutes. Pour Claire Bourgeois, la coordinatrice des affaires humanitaires de l'ONU en RCA, la réduction du nombre de personnes déplacées est un bon indicateur de l'amélioration de la situation.

 

« Il y a encore énormément à faire mais le nombre de personnes déplacées, qui était autour de 400 000 en janvier-février 2013, est actuellement à moins de 60 000 autour de Bangui », explique Claire Bourgeois à RFI. « La vie a repris : les écoles ont rouvert pour la majorité, les services de santé reprennent également, les marchés ouvrent… La situation à Bangui est absolument différente de ce qui prévalait il y a un an », poursuit-elle. « Il faut savoir que 70% des gens actuellement encore déplacés viennent du 3e arrondissement de la capitale. Ces personnes sont prêtes à rentrer chez elle si la sécurité est rétablie dans leur quartier. J’ai bon espoir que le nombre de gens qui vont rentrer va encore fortement augmenter. »

 

L'insécurité des routes entrave l'action des humanitaires

 

Mais si la vie a pu reprendre à Bangui, les routes de l'intérieur du pays restent encore peu sûres. Cette insécurité entrave l'action des humanitaires. « Ce qui nous préoccupe beaucoup, sur le plan humanitaire, c’est l’accès. Sur certains axes, les humanitaires sont malheureusement arrêtés par des groupes, des gangs, des coupeurs de route. Des paiements sont demandés, des téléphones portables sont pris ou bien ce sont des vols sur les convois alimentaires ou d’autres convois d’assistance humanitaire », rapporte la coordinatrice des affaires humanitaires de l'ONU en RCA.

 

« Sur certains axes, cela prend une ampleur telle que l’accès est vraiment limités pour les humanitaires. Nous travaillons avec les autorités et les préfets pour qu’ils puissent intervenir autour de ces bandes. Nous travaillons également avec les forces pour avoir plus de patrouilles mais en tant qu’humanitaires nous refusons toutes escortes. Il faut que notre assistance soit vraiment comprise par tous. C’est une assistance pour tous, impartiale et neutre, pour laquelle le libre passage doit être assuré », explique Claire Bourgeois. 

Opération Sangaris: peu à peu, Bangui reprend vie

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