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18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 01:33
Nouvelles nationales sur RFI
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Centrafrique : les évêques condamnent les offensives rebelles

https://www.rfi.fr/ 17/01/2021 - 19:48 Avec notre envoyée spéciale à Bangui, Alexandra Brangeon

En Centrafrique, alors que des opérations militaires continuent au nord de la capitale, Bangui, pour déloger les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) - coalition de groupes armés qui a annoncé marcher sur Bangui le mois dernier - des opérations dites de ratissage ont encore eu lieu, ce dimanche 17 janvier après midi. C’est dans ce contexte que les évêques du pays se sont réunis cette semaine.

Les évêques de la République centrafricaine, réunis en assemblée plénière, ont condamné les offensives rebelles. Dans un communiqué signé par les neuf évêques du pays, ils félicitent les Centrafricains qui sont allés voter pour la présidentielle, le mois dernier, et dénoncent l’insécurité.

Ils dénoncent également les divisions de la classe politique qui laisse le pays à la « merci des prédateurs et des mercenaires », selon Monseigneur Nestor Désiré Nongo Aziagbia, évêque de Bossangoa, ville située à 300 km au nord de Bangui, joint par RFI.

« Aujourd’hui, le pays vit malheureusement aux dépens d’hommes politiques "aigris", d’hommes politiques, je ne dirais pas corrompus mais nous ne sommes pas loin de cette réalité. Chacun cherche à asseoir son autorité, non pas pour le bien de la population, non pas pour le développement socio-économique de la nation… on s’acoquine avec des personnes de toute moralité pour continuer à exploiter le pays. Dans tout cela, la population est prise en otage », dénonce-t-il.

« Nous faisons du sur-place »

« À ces hommes politiques et à ces groupes armés, nous leur disons que la République centrafricaine n’est pas la propriété d’un individu, d’un clan, d’un groupe d’intérêts quelconque. Cela fait huit ans que nous vivons avec la crise militaro-politique. Plusieurs propositions de sortie de crise, au moyen de différents accords, ont été conclues mais nous faisons du sur-place. Nous avons fait part, dans notre message, au dialogue mais encore faut-il que ce dialogue-là soit franc et fraternel. Combien de fois, des dialogues ont été tenus mais personne ne tient compte des résolutions de ces dialogues-là. C’est ce qui qui nous manque aujourd’hui », alerte Monseigneur Nestor Désiré Nongo Aziagbia, évêque de Bossangoa.

 

Centrafrique: l'insécurité continue de faire flamber les prix

  17/01/2021 - 04:07 Avec notre envoyée spéciale à Bangui, Alexandra Brangeon

Les prix se sont envolés ces dernières semaines en raison de l’insécurité, rapporte l’Institut centrafricain des statistiques et des études économiques et sociales. Selon cet institut, les produits alimentaires importés ont enregistré une hausse allant jusqu’à 240% pour certains produits. Cette flambée est due à la paralysie des transports de marchandises en provenance du Cameroun.

Sur le marché central de Bangui, c’est la grogne. Pour cette habitante du quartier de Gobongo venue faire ses courses pour 15 personnes, tout est devenu trop cher« Tout a augmenté sur le marché, les produits de première nécessité, les oignons, la viande, le poisson, les œufs, le sel, les arachides… Tout a augmenté. »

En deux semaines, le prix d’un œuf est passé de 75 à 150 CFA. Le prix d’un oignon a été multiplié par 4. Car l’essentiel des produits sont importés du Cameroun explique ce vendeur. « Beaucoup de nos produits viennent de Cameroun, on n’a rien ici à part les légumes. Si les prix augmentent c’est ça cause de la fermeture de la route. Les convois ne rentrent pas. »

Depuis plusieurs semaines la route allant de Bangui à la frontière est coupée par les groupes rebelles. Les camions ne passent plus et la capitale n’est plus approvisionnée, explique cette vendeuse dans une supérette. « Le sucre vient du Brésil, ça arrive via le Cameroun par la route mais on peut vendre un peu pendant une semaine, mais après une semaine, il n’y a plus de stocks, donc on ne sait pas comment on va faire. »

Auparavant, les soldats des Nations unies escortaient chaque semaine des dizaines de camions de transport de marchandises mais l’offensive des rebelles fin décembre a tout interrompue.

 

 

Centrafrique: un premier convoi de camions reprend la route pour le Cameroun

 

https://www.rfi.fr/ 16/01/2021 - 00:44 Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset

Cela fait désormais près d’un mois que l’axe qui ravitaille Bangui depuis la frontière camerounaise est bloqué. Plus de 250 camions sont en attente à Bangui, plus de 600 à la frontière camerounaise. Mais ce vendredi matin, après de multiples reports et négociations, un premier convoi d’une trentaine de camions est parti de Bangui pour retourner au Cameroun.

C’était un préalable des syndicats camerounais. Une trentaine de camions ont finalement pu quitter Bangui ce matin sous escorte des Nations unies.

Un soulagement pour El Hadji Oumarou, le coordonnateur général du bureau de gestion du fret terrestre camerounais. « Nous sommes heureux, contents qu’il y ait enfin un départ. Nous sommes sereins, mais en même temps il y a de l’inquiétude, de l’appréhension. Et nous espérons que, cette fois-ci, les 30 camions partis de Bangui arriveront à bon port au Cameroun. Dès qu’ils arrivent, ça va nous réconforter, ça va décrisper la situation et nous pourrons donc sereinement nous mettre en route. »

Nous avons tous peur. Ce qui nous inquiète le plus aujourd’hui ce n’est pas tant la matériel, c’est beaucoup plus la vie de nos chauffeurs

El Hadji Oumarou, coordonnateur général du bureau de gestion du fret terrestre camerounais

Guy est coincé à Bangui. Depuis plus d’un mois il dort sous son camion. Il espère faire partie du prochain départ. « C’est une très bonne nouvelle puisque des confrères sont déjà partis. On nous a dit que demain nous pourrons partir. Donc c’est une joie pour nous de rejoindre nos familles au Cameroun. Comme des personnes sont parties, nous saurons s’il y a la sécurité sur la route. On appelle de temps en temps nos confrères chauffeurs qui sont en route. »

Les transporteurs connaissent bien la dangerosité de ce tronçon. El Hadji Oumarou déplore la mort de 15 chauffeurs ces dernières années.

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Centrafrique-Presse.com
18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 01:26
Attaques de Bangui : L’ONU va-t-elle enfin sortir l’artillerie lourde ?

 

Lu pour vous

 

ATTAQUES DES GROUPES ARMES DANS LA PERIPHERIE DE BANGUI:L’ONU va-t-elle enfin sortir l’artillerie lourde ?

https://lepays.bf/ 14 janvier 2021

Rien ne semble venir à bout de la détermination des groupes armés en République centrafricaine (RCA), qui continuent leur progression vers la capitale Bangui. Ni la présence des nombreuses troupes étrangères ni les menaces de poursuites judiciaires brandies par la communauté internationale et les autorités centrafricaines ne semblent émousser l’ardeur des spadassins de François Bozizé, qui viennent de réussir le tour de force de perpétrer des attaques à quelques encablures de la capitale centrafricaine. Même si, pour l’instant, ces assauts  lancés par la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) ont été repoussés, il n’en demeure pas moins qu’ils sont symptomatiques du péril qui se rapproche lentement mais sûrement du siège des institutions de la République. La question que l’on est en droit de se  poser suite à cette mutation récente de la géographie des combats dans le pays, est la suivante : les alliés militaires de Faustin Archange Touadéra jouent-ils franc jeu?

On n’est pas loin du syndrome du Mali

Il est difficile de répondre avec certitude à cette question par la négative, mais il existe de nombreux doutes face à des questions qui, pour l’instant, restent sans réponse. La principale de ces interrogations est la suivante : d’où viennent les équipements militaires des rebelles alors que le pays est sous embargo partiel d’armes depuis bientôt une décennie ? Tout se passe comme si certaines intelligences étrangères tirent profit de cette situation de  ni guerre ni paix   propice à  l’exploitation des ressources minières, notamment les minerais diamantifères  dont dispose le pays. Elles ont, pour ce fait, adopté la stratégie de la souris qui mord tout en soufflant. Si fait qu’en RCA,  l’on n’est pas loin du syndrome du Mali qui a l’un des plus forts taux de densité militaire au monde avec cependant une introuvable paix.

En tout cas, le Conseil de sécurité de l’ONU qui s’est réuni, hier, pour évoquer la présence des troupes étrangères et de mercenaires dans le pays, de même que la question de l’embargo sur les armes, semble avoir pris la mesure de la situation. L’on est donc en droit d’espérer  qu’à l’issue de la série des réunions prévues sur huit jours, l’ONU décidera, enfin, devant l’urgence, de muscler le mandat des Casques bleus de la Mission des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA). En tout cas, c’est le souhait du gouvernement de Faustin Archange Touadéra qui, dans une lettre adressée au Conseil de sécurité, souligne par la même occasion,  « la nécessité urgente d’accorder aux partenaires et amis de la Centrafrique, une levée temporaire de l’embargo » sur les armes. Même s’il existe des réticences au sein du Conseil dont certains membres craignent,  comme l’ont indiqué les experts de l’ONU en charge du contrôle de l’embargo, que les armes légalement importées tombent entre les mains des groupes armés qui défient le gouvernement, l’urgence du moment  indique que c’est l’unique solution pour stopper l’avancée de la rébellion et lancer la traque contre François Bozizé dont la tête doit être mise à prix. Et c’est maintenant qu’il faut le faire car plus tard, ce sera trop tard.

C’est surtout les pauvres populations dont il faut plaindre le sort

Il serait, en tout cas, dommage que Bozizé parvienne à s’emparer, à nouveau, du pouvoir en renvoyant comme un malpropre, à défaut de le faire pendre comme un bandit de grand chemin au bout d’une corde, un président issu des urnes. Ce serait dommage pour la démocratie en RCA, mais ce serait la consécration d’un cycle infernal de violences. Ce serait aussi une bien mauvaise récompense pour la communauté internationale qui, depuis plus de 5 ans, investit d’immenses ressources financières et militaires pour que le pays renoue avec la stabilité.

Mais en attendant que les grands de ce monde et les politiques centrafricains trouvent la solution à cette difficile équation de la paix dans leur pays, c’est surtout les pauvres populations dont il faut plaindre le sort. En effet, selon l’ONU, les violences survenues dans le contexte des élections ont déjà poussé sur les chemins de l’exil, plus de 30 000 personnes qui ont trouvé refuge dans des pays voisins tandis que des dizaines de milliers d’autres constituent des réfugiés à l’intérieur de leur propre pays. A cette situation humanitaire catastrophique, il faut ajouter l’indicible souffrance née des huit années de guerre civile qui ont ravagé le pays et l’ont mis sous coupe réglée des groupes armés qui contrôlent et  exploitent ses richesses minières.

Face à une telle situation, l’on peut se poser cette question : comment François Bozizé espère-t-il gouverner  s’il parvient à prendre le pouvoir par les armes ? Et si, par extraordinaire, il restait quelques poignées de Centrafricains après les massacres de populations qui pourraient joncher le chemin de son ascension au trône, l’on peut se poser cette autre question : comment parviendra-t-il à  gouverner avec l’hostilité des populations résiduelles et de la communauté internationale ? Mais il est vrai que dans la logique des dictateurs, la maxime bien connue est la suivante : « Qu’ils me haïssent s’ils veulent, pourvu qu’ils me craignent ». Reste à savoir si, en ce 21e  siècle, la communauté internationale est prête à supporter une réincarnation de Néron, fût-il en République centrafricaine où vécut un certain Jean Bédel Bokassa.

« Le Pays »  

https://lepays.bf/ 14 janvier 2021

Rien ne semble venir à bout de la détermination des groupes armés en République centrafricaine (RCA), qui continuent leur progression vers la capitale Bangui. Ni la présence des nombreuses troupes étrangères ni les menaces de poursuites judiciaires brandies par la communauté internationale et les autorités centrafricaines ne semblent émousser l’ardeur des spadassins de François Bozizé, qui viennent de réussir le tour de force de perpétrer des attaques à quelques encablures de la capitale centrafricaine. Même si, pour l’instant, ces assauts  lancés par la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) ont été repoussés, il n’en demeure pas moins qu’ils sont symptomatiques du péril qui se rapproche lentement mais sûrement du siège des institutions de la République. La question que l’on est en droit de se  poser suite à cette mutation récente de la géographie des combats dans le pays, est la suivante : les alliés militaires de Faustin Archange Touadéra jouent-ils franc jeu?

On n’est pas loin du syndrome du Mali

Il est difficile de répondre avec certitude à cette question par la négative, mais il existe de nombreux doutes face à des questions qui, pour l’instant, restent sans réponse. La principale de ces interrogations est la suivante : d’où viennent les équipements militaires des rebelles alors que le pays est sous embargo partiel d’armes depuis bientôt une décennie ? Tout se passe comme si certaines intelligences étrangères tirent profit de cette situation de  ni guerre ni paix   propice à  l’exploitation des ressources minières, notamment les minerais diamantifères  dont dispose le pays. Elles ont, pour ce fait, adopté la stratégie de la souris qui mord tout en soufflant. Si fait qu’en RCA,  l’on n’est pas loin du syndrome du Mali qui a l’un des plus forts taux de densité militaire au monde avec cependant une introuvable paix.

En tout cas, le Conseil de sécurité de l’ONU qui s’est réuni, hier, pour évoquer la présence des troupes étrangères et de mercenaires dans le pays, de même que la question de l’embargo sur les armes, semble avoir pris la mesure de la situation. L’on est donc en droit d’espérer  qu’à l’issue de la série des réunions prévues sur huit jours, l’ONU décidera, enfin, devant l’urgence, de muscler le mandat des Casques bleus de la Mission des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA). En tout cas, c’est le souhait du gouvernement de Faustin Archange Touadéra qui, dans une lettre adressée au Conseil de sécurité, souligne par la même occasion,  « la nécessité urgente d’accorder aux partenaires et amis de la Centrafrique, une levée temporaire de l’embargo » sur les armes. Même s’il existe des réticences au sein du Conseil dont certains membres craignent,  comme l’ont indiqué les experts de l’ONU en charge du contrôle de l’embargo, que les armes légalement importées tombent entre les mains des groupes armés qui défient le gouvernement, l’urgence du moment  indique que c’est l’unique solution pour stopper l’avancée de la rébellion et lancer la traque contre François Bozizé dont la tête doit être mise à prix. Et c’est maintenant qu’il faut le faire car plus tard, ce sera trop tard.

C’est surtout les pauvres populations dont il faut plaindre le sort

Il serait, en tout cas, dommage que Bozizé parvienne à s’emparer, à nouveau, du pouvoir en renvoyant comme un malpropre, à défaut de le faire pendre comme un bandit de grand chemin au bout d’une corde, un président issu des urnes. Ce serait dommage pour la démocratie en RCA, mais ce serait la consécration d’un cycle infernal de violences. Ce serait aussi une bien mauvaise récompense pour la communauté internationale qui, depuis plus de 5 ans, investit d’immenses ressources financières et militaires pour que le pays renoue avec la stabilité.

Mais en attendant que les grands de ce monde et les politiques centrafricains trouvent la solution à cette difficile équation de la paix dans leur pays, c’est surtout les pauvres populations dont il faut plaindre le sort. En effet, selon l’ONU, les violences survenues dans le contexte des élections ont déjà poussé sur les chemins de l’exil, plus de 30 000 personnes qui ont trouvé refuge dans des pays voisins tandis que des dizaines de milliers d’autres constituent des réfugiés à l’intérieur de leur propre pays. A cette situation humanitaire catastrophique, il faut ajouter l’indicible souffrance née des huit années de guerre civile qui ont ravagé le pays et l’ont mis sous coupe réglée des groupes armés qui contrôlent et  exploitent ses richesses minières.

Face à une telle situation, l’on peut se poser cette question : comment François Bozizé espère-t-il gouverner  s’il parvient à prendre le pouvoir par les armes ? Et si, par extraordinaire, il restait quelques poignées de Centrafricains après les massacres de populations qui pourraient joncher le chemin de son ascension au trône, l’on peut se poser cette autre question : comment parviendra-t-il à  gouverner avec l’hostilité des populations résiduelles et de la communauté internationale ? Mais il est vrai que dans la logique des dictateurs, la maxime bien connue est la suivante : « Qu’ils me haïssent s’ils veulent, pourvu qu’ils me craignent ». Reste à savoir si, en ce 21e  siècle, la communauté internationale est prête à supporter une réincarnation de Néron, fût-il en République centrafricaine où vécut un certain Jean Bédel Bokassa.

« Le Pays »  

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Centrafrique-Presse.com
18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 01:19
Une aventure dangereuse

Lu pour vous 

 

Une aventure dangereuse

 

https://www.cameroon-tribune.cm/ Par Paul EBOA 15 Janv. 2021 11:14

 

Les combats ayant eu lieu aux portes de Bangui, la capitale centrafricaine, avant-hier, confirment la volonté des groupes armés opposés à la réélection du président Faustin Archange Touadéra, de s’emparer du pouvoir par les armes.

Formée en mi-décembre 2020 et réunie sous la bannière de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), cette rébellion armée n’a jamais fait mystère de sa volonté de « marcher sur Bangui ». On sait que l’ancien président François Bozizé soutient cette rébellion. On sait également les anti-balaka, qui en font partie, sont réputés proches de l’ancien chef de l’Etat.

Ayant été mis au courant des manœuvres déstabilisatrices de François Bozizé, au cours du mois de décembre dernier, la communauté internationale avait dépêché auprès de l’ancien président et des groupes armé, deux émissaires. Le président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, Gilberto Da Piedada Verissimo et le représentant du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies en Afrique centrale, François Louncény Fall, étaient venus auprès de François Bozizé et des représentants des groupes armés pour se rassurer que l’intention de « marcher sur Bangui » qu’une certaine opinion leur prêtait était dénuée de tout fondement. Les interlocuteurs locaux avaient rassuré les émissaires internationaux que rien ne se tramait contre le processus électoral. La progression des rebelles jusqu’aux portes de Bangui montre que ceux-ci ont menti. Non seulement, ils persistent dans leur tentative de s’emparer du pouvoir, mais aussi, ils sont toujours soutenus par François Bozizé. Ce dernier est pourtant sous le coup d’un mandat d’arrêt international, pour avoir été l’un des acteurs principaux de la crise ayant ébranlé la République centrafricaine de 2013 à 2016. On se demande comment il a pu regagner le pays natal. Et surtout comment il demeure libre de ses mouvements.


Toujours est-il que les coups d’Etat sont interdits, en Centrafrique, comme ailleurs. « Le berceau des bantous » ne peut plus se permettre des coups d’Etat qui constituent une aventure dangereuse. Lui qui, par le passé, a déjà été ébranlé par une demi-douzaine de coups d’Etat parmi lesquels celui qui avait porté Francois Bozizé au pouvoir et le coup d’Etat de Michel Djotodia ayant chassé l’ancien président dudit pouvoir. Le moment semble indiqué pour tourner la page de ce passé ténébreux et taire les querelles intestines qui minent la stabilité du pays.  

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 20:31
CONFLITS : DERRIÈRE L’ÉCHEC DES INTERVENTIONS INTERNATIONALES

Lu pour vous

 

CONFLITS : DERRIÈRE L’ÉCHEC DES INTERVENTIONS INTERNATIONALES, LA CRISE DU MULTILATÉRALISME TRIBUNE

- Copyright ID4D, https://ideas4development.org/conflits-urgence-inventer-nouveau-modele/- Copyright

ID4D, https://ideas4development.org/conflits-urgence-inventer-nouveau-modele/

Dans un contexte géopolitique en plein bouleversement et face à l’échec des interventions internationales, il est urgent de changer d’approche pour tenter de résoudre les conflits d’aujourd’hui.

Des Casques bleus uruguayens de la force de l’ONU déployée dans l’est de la République démocratique du Congo (la MONUSCO) sur leur base de Fataki (province de l’Ituri), en octobre 2020. (Photo © ALEXIS HUGUET / AFP) Depuis les années 1990, les interventions internationales visant à résoudre les conflits reposent toujours sur le même modèle : négociation d’un accord de paix, déploiement d’une force de maintien de la paix par l’ONU et élections sous supervision internationale. Or si en Afrique certaines interventions ont effectivement abouti à la paix et des régimes stables (Liberia, Sierra Leone, Côte d’Ivoire), on note la persistance de régimes instables et de conflits de basse intensité dans plusieurs pays : République démocratique du Congo (RDC), Soudan du Sud, Mali, Centrafrique, Somalie, etc. Après s’être essoufflé, le peace template ne fonctionne tout simplement plus.

Cette inefficacité est due à trois raisons principales : la transformation du maintien de la paix en un outil de statu quo militaire, l’échec des élections pour renouveler la classe politique et l’absence de leadership international.   Interventions internationales : le maintien mortifère du statu quo militaire Loin de mettre en œuvre leur mandat « multidimensionnel » et « robuste » (selon la terminologie onusienne), les missions de maintien de la paix de l’ONU se contentent de maintenir un statu quo militaire entre rebelles et gouvernants et de veiller à ce que les lignes de démarcation entre eux soient plus ou moins respectées.

En RDC, les 15 000 Casques bleus de la MONUSCO (créée en 1999) sont concentrés dans l’est du pays où le conflit a débuté et où opèrent toujours plus d’une centaine de groupes armés dans une impunité quasi totale. Depuis huit ans, les seules vraies réactions militaires de la MONUSCO ont eu pour objectif de maintenir le statu quo dans les Kivu après des tentatives de conquête de villes par des groupes armés : lors de la prise de Goma en 2012 par le groupe armé M23 et lors de la tentative de conquête d’Uvira en 2017 par un autre groupe armé, les Mayi-Mayi Yakutumba.

En Centrafrique et au Mali, les Casques bleus servent essentiellement à sécuriser les capitales et quelques grandes villes. À défaut d’éviter la progression des groupes armés ainsi que les exactions sur les civils commises aussi bien par les rebelles que par les forces gouvernementales, les Casques bleus assurent dans les faits le gardiennage du régime en place. La plupart des contingents restreignent le « mandat robuste » qui leur est confié par le Conseil de sécurité à une interposition passive. Celle-ci constitue l’assurance vie du gouvernement face aux rebelles – comme l’a illustré l’assaut récent d’une coalition de rebelles en Centrafrique que les Casques bleus ont contribué à repousser. Ce n’est pas le cas quand le danger vient de l’intérieur, comme lors du putsch au Mali contre le président Ibrahim Boubacar Keïta en août 2020.  

Au Mali, la politique première victime du coup d’État du 18 août  

L’échec des élections en trompe l’œil Alors que ces conflits mettent en évidence un besoin de rupture politique et de gouvernance démocratique, les élections organisées à la va-vite et sans souci de transparence par les internationaux échouent à faire émerger une alternative politique. Ces scrutins reconduisent très souvent au pouvoir une classe politique vieillissante et rétive à l’État de droit démocratique. Grâce à la manipulation du cadre légal, la corruption et l’utilisation des moyens financiers et coercitifs de l’État, l’élite politique parvient à contrer la demande populaire de changement, quitte à se « réinventer » en développant des stratégies politiques caméléonesques et en cooptant des opposants.

Ainsi la liste des candidats aux élections en Côte d’Ivoire, en Centrafrique, etc., se lit comme le Who’s Who des régimes précédents. La fermeture du marché politique et l’acceptation par les bailleurs d’une compétition électorale fondamentalement déséquilibrée et d’un décompte des votes opaque consacrent ainsi l’impossibilité de l’alternance par les urnes. Avec la reconduction d’un personnel politique dont l’ethos est dominé par la corruption et l’autoritarisme, la démocratisation postconflit aboutit à une mascarade électorale. Elle équivaut à essayer de créer des démocraties sans démocrates. Il ne faut donc pas s’étonner de son échec systématique (RDC, Centrafrique, Soudan du Sud).

Parfois, après un hold-up électoral légal, la frustration populaire explose comme l’a montré au Mali le Mouvement du 5 juin qui, en 2020, fut à l’origine de la chute d’Ibrahim Boubacar Keïta réélu pour un mandat de trop, deux ans auparavant.   Trop de bonnes volontés internationales tuent la bonne volonté Enfin, le conflit attire trop de « bonnes volontés ». De très nombreux acteurs se bousculent pour soutenir les processus de paix : des organisations multilatérales, des églises, des ONG spécialisées dans la médiation, la justice transitionnelle, la gestion des conflits, etc. Sur le terrain, l’afflux d’intervenants extérieurs aux rôles redondants et aux intérêts différents crée de la confusion politique. Il permet aux acteurs locaux de les mettre en concurrence pour les salaires, les financements, les voyages et autres avantages.

Cet afflux transforme le processus de paix en un désordre où chacun essaie de se donner le beau rôle, quitte même à créer plusieurs processus concurrents : en Centrafrique, en 2018, l’Union africaine et la Russie avaient chacune son initiative de négociation entre le gouvernement et les groupes armés simultanément à des processus religieux et communautaires. Cet excès de bonnes volontés, pas toujours désintéressées, ne serait pas contre-productif si le marché de l’aide était régulé et coordonné. Or l’inflation des intervenants va de pair avec une très faible coordination. Dans la « famille onusienne », la coordination s’incarne à travers l’idée de one mission qui met sous une direction unique – le « coordonnateur résident » et son équipe – toutes les agences onusiennes intervenant dans le pays.

Or malgré une débauche de réunions de coordination, chaque agence continue de mener sa politique et de défendre jalousement ses prérogatives. Au Sahel, les plus importants bailleurs ont décidé de travailler ensemble pour fournir une réponse de développement cohérente à la crise politico-sécuritaire, sous la bannière de « l’Alliance Sahel », « une plate-forme de coopération internationale pour intervenir davantage et mieux au Sahel ». Autrement dit : il s’agit de coordonner les actions de 14 bailleurs selon les priorités définies par les pays du Sahel. Mais là aussi, l’objectif est loin d’être atteint.

Au lieu d’aboutir à une priorisation et une coordination des interventions, l’Alliance Sahel s’apparente à un exercice de compilation d’une liste d’environ 800 projets classés en six secteurs prioritaires. Loin de fournir l’exemple d’une aide internationale focalisée sur des problèmes et des zones spécifiques, l’Alliance Sahel reflète son éparpillement brouillon.   Le logiciel du multilatéralisme oligarchique est dépassé Si le logiciel international de la résolution de conflit semble cassé, c’est parce que les conditions politiques de sa réussite n’existent tout simplement plus. Conçu au temps de la pax americana et de l’hyperpuissance américaine des années 1990, il est dépassé.

Ce logiciel reposait sur le multilatéralisme oligarchique qui existait à l’époque de sa conception, quand le club des cinq membres permanents du Conseil de sécurité était de facto réduit à trois. Or les dix dernières années ont rendu évidents la contestation des régulations de l’ordre international, le retour d’un nationalisme belliqueux et l’avènement d’un désordre mondial conflictogène. Les puissances émergentes remettent en cause ouvertement les règles du multilatéralisme établies à la fin du xxe siècle, dont l’idée de la démocratie et des droits de l’homme comme normes internationales et la légitimité d’une juridiction pénale internationale.

Elles s’efforcent d’asseoir leur rang par tous les moyens et stratégies, y compris en jouant au pompier-pyromane dans certains conflits (Somalie, Yémen, Libye, Centrafrique, etc.).   A LIRE AUSSI :  Face aux nouveaux conflits, mieux coordonner l’intervention des acteurs internationaux   Sans un minimum de consensus international et de convergence des politiques étrangères, tous les outils du peace template sont en panne : les sanctions de l’ONU sont votées par des États qui les violent ou les laissent violer impunément ; la réforme du maintien de paix est impossible ; il n’y a plus d’accord sur une lead-nation pour conduire et coordonner l’intervention et l’aide internationales. De nos jours, les embargos sur les armes décidés au Conseil de sécurité sont allègrement violés par des acteurs privés et publics sans la moindre conséquence (en Libye, au Soudan, etc.).

Un temps à l’agenda du Conseil de sécurité, la réforme du maintien de la paix est complètement enterrée.   La réforme du maintien de la paix aux oubliettes Depuis quinze ans, les solutions pour améliorer le maintien de la paix par les Nations unies ont été exposées dans une myriade de rapports empilés sur le bureau des secrétaires généraux. Mais le consensus politique nécessaire pour faire le saut qualitatif du maintien à l’imposition de la paix fait défaut. Deux membres permanents du Conseil de sécurité (la Chine et la Russie) s’y refusent ainsi que la plupart des pays contributeurs de troupes. Le Conseil de sécurité vote donc des « mandats robustes » tout en sachant pertinemment qu’ils ne seront pas appliqués.

À New York, non seulement la réforme du maintien de la paix est tombée aux oubliettes, mais les antagonismes internationaux rendent même les nominations à la tête des missions de l’ONU de plus en plus difficiles, comme l’a montré récemment le cas de la Libye. Huit mois après la démission de Ghassan Salamé de son poste d’envoyé spécial de l’ONU en Libye, le Conseil de sécurité n’a pas encore réussi à s’accorder sur un successeur. De même la crise du Conseil de sécurité rend caduque l’idée même d’une lead-nation désignée pour coordonner l’intervention de paix – rôle assumé par les États-Unis au Liberia, le Royaume-Uni au Sierra Leone et la France en Côte d’Ivoire.

En lieu et place des lead-nations, il y a maintenant des clubs ad hoc formés par les parties intéressées au conflit (le G5 pour la Centrafrique, le GIC-G pour la Libye, etc.). Malheureusement, la cohésion et la bienveillance de ces groupes de contact sont plus factices que réelles et leurs bons offices sont rarement désintéressés.   Les divisions internationales mises à profit par les régimes prédateurs Les régimes en place, dont la politique prédatrice est à l’origine des conflits, utilisent les divisions internationales pour se créer des marges d’autonomie. Dans un paysage international où les compétitions économiques et stratégiques s’exacerbent et où les guerres d’influence font rage, ces régimes ne manquent pas de soutiens alternatifs aux grandes puissances : Turquie, Arabie saoudite et Qatar au Soudan ; Russie en Centrafrique ; Turquie, Qatar et Émirats arabes unis en Somalie, etc.

Ces nouvelles alliances de circonstances permettent aux régimes faibles de résister à l’injonction de démocratisation des Occidentaux et d’obtenir les ressources économico-sécuritaires sans lesquelles ils ne pourraient pas survivre. Dans le désordre mondial actuel, il ne s’agit donc plus de s’aligner sur un camp ou un autre pour bénéficier de ses largesses, comme du temps de la guerre froide : mettant à profit les jeux de rivalités régionales et internationales, ces régimes pratiquent un clientélisme compétitif sous la forme de partenariats économiques et sécuritaires pluriels. L’exportation de la rivalité qatari-saoudienne en Afrique est sans doute le meilleur exemple du clientélisme opportuniste et de ses effets délétères.   Inventer un nouveau modèle de résolution des conflits

Les interventions de paix sont un des dommages collatéraux de la crise profonde du multilatéralisme qui implique deux conséquences : d’une part, les missions de maintien de la paix sont condamnées à s’enliser. Systématiquement renouvelées par un Conseil de sécurité en crise et trop divisé pour promouvoir une véritable initiative, leur durée de vie et leur coût s’allongent. Leur enlisement en fait une rente pour plusieurs acteurs : les gouvernants en place, l’élite locale qui trouve une source d’emplois, les pays contributeurs de troupes qui n’ont plus à assurer la prise en charge financière de leurs soldats de la paix, etc.

L’inutilité coûteuse de certaines missions est telle que le Conseil de sécurité a fini par annoncer récemment leur désengagement progressif au Darfour (Soudan) et en RDC. d’autre part, la résolution des conflits est compliquée et même, dans certains cas, bloquée par la multiplication des ingérences de l’étranger proche et lointain. Si hier les conflits se régionalisaient, aujourd’hui ils s’internationalisent naturellement, rendant leur règlement de plus en plus improbable. Face à ces échecs répétés dans la résolution des conflits, il revient aux acteurs internationaux responsables d’inventer un nouveau peace template qui soit à l’unisson de notre époque, c’est-à-dire qui s’appuie sur un multilatéralisme renouvelé et non sur quelques idées dépassées de la fin du xxe siècle.

- Copyright ID4D, https://ideas4development.org/conflits-urgence-inventer-nouveau-modele/

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 20:05
Des avions français ont effectué un deuxième survol du Centrafrique
Des avions français ont effectué un deuxième survol du Centrafrique

 

Par Reuters le 09.01.2021 à 14h06

PARIS/BANGUI (Reuters) - Des avions de chasse français ont effectué ce samedi une seconde mission de survol de la République centrafricaine qui traverse de nouvelles turbulences politiques, annonce un communiqué de l'Elysée.

Cette seconde mission survient alors que des insurgés ont lancé des attaques dans deux villes du pays.

Les attaques des rebelles ont eu lieu à Bouar, à 440 km au nord-ouest de la capitale Bangui, et à Grimari, à 300 km au nord-est de la capitale.

Les assaillants ont attaqué un bourg de Bouar tôt dans la journée et de violents combats ont été signalés dans une base militaire.

"A la demande du Président Touadera, et en accord avec la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine, NDLR), le Président de la République a ordonné la réalisation d’une seconde mission de survol du territoire centrafricain par des avions de chasse, après celle effectuée le 23 décembre", dit ce communiqué.

"Elle marque la solidarité de la France avec le peuple centrafricain et sa condamnation de la poursuite des tentatives de déstabiliser le pays menées par des groupes armés."

Selon des résultats provisoires diffusés lundi par la commission électorale centrafricaine, Faustin-Archange Touadera, a été réélu avec près de 54% des voix dès le premier tour de l'élection présidentielle du 27 décembre.

L'élection a été marquée par des offensives de groupes rebelles essayant de perturber le scrutin après le rejet de la candidature de l'ancien président François Bozizé.

Le vote avait été empêché dans certaines villes après des attaques et la destruction de matériel nécessaire au vote.

François Bozizé et certains de ses alliés font l'objet d'une enquête pour notamment rébellion, assassinat et vol. Son parti a précédemment rejeté les accusations du gouvernement selon lesquelles l'ancien président préparait un coup d'Etat mais certains membres de sa formation ont laissé entendre qu'ils collaboraient avec les rebelles.

Emmanuel Macron "a réitéré sa ferme condamnation des tentatives des groupes armés et de certains leaders politiques, dont François Bozizé, de saper les accords de paix et le processus électoral constitutionnel soutenus par la communauté internationale", dit le communiqué transmis samedi par l'Elysée.

Riche en diamants, bois et or, l'ancienne colonie française a été secouée par cinq coups d'Etat et de nombreuses rébellions depuis son indépendance en 1960.

Les vagues successives de violences depuis le renversement de François Bozizé en 2013 ont fait des milliers de morts et contraint plus d'un million de personnes à fuir.

(Sudip Kar-Gupta, Nicolas Delame à Paris et Antoine Rolland à Bangui, édité par Matthieu Protard)

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 19:53
Le président Faustin Archange Touadera inaugure le 1er Centre de dialyse

 

Numelec L’entreprise Du Camerounais Alain Nkana, Choisie Pour Construire, Équiper Et Entretenir Les Premiers Centres D’hémodialyse Et D’imagerie Médicale De La République Centrafricaine

http://www.icicemac.com/ Last updated Jan 10, 2021

Les nouvelles installations sanitaires achevées viennent d’être inaugurées par un président Faustin Archange Touadera, totalement satisfait du travail réalisé.

 L’expertise camerounaise n’en finit pas d’être sollicitée en République centrafricaine. Après le groupe L’Anecdote du magnat des médias Jean-Pierre Amougou Belinga, qui y a notamment gagné le marché de la rénovation de la radio et de la télévision nationales, c’est au tour d’un autre opérateur économique issu du Cameroun voisin d’être sollicité. Pour la construction et l’équipement des tout premiers centres d’hémodialyse et d’imagerie médicale avec scanners de son pays, le président Faustin Archange Touadera a fait appel au Camerounais Alain Nkana, patron de l’entreprise Numelec Cameroun SA.

Dans un article publié le 8 décembre 2020, le site internet panafricain afrique-infos.com  revient sur la cérémonie d’inauguration  des infrastructures médicales achevées présidée par le chef de l‘Etat centrafricain le vendredi 4 décembre à l’hôpital Général de Bangui, la capitale. Notre confrère indique la présence de «plusieurs invités parmi lesquels des Ambassadeurs accrédités en Centrafrique, des membres du Gouvernement, un invité spécial venue de Russie et du PDG  Alain Nkana de l’entreprise Camerounaise Numelec S.A».

Le journal en ligne ajoute que «le président Centrafricain qui s’est dit très satisfait des travaux réalisés». L’on apprend également que Dr Abdel-Karim Zakaria,  le directeur de l’Hôpital Général qui accueille les nouveaux équipements a plaidé pour que l’entreprise Camerounaise Numelec S.A assure la maintenance et le suivi, tout en formant le personnel Centrafricain. «Une chose est d’avoir ces équipements, une autre chose est d’avoir des hommes compétents pour animer ces équipements et les entretenir pour le bien de la population, insiste le directeur. Le grand problème que nous allons avoir c’est le problème du personnel. Il faudra que nous mettions un accent particulier sur la formation du personnel et le renforcement de leur capacité. C’est vraiment urgent et nous sollicitons encore l’expertise de Numelec S.A pour un accompagnement», a-t-il dit.

En guise de réponse, Alain Nkana a déclaré que son entreprise a les moyens de mener de façon efficace cette autre mission.  «Nous avons l’expertise pour réaliser, mais aussi former à l’utilisation et la maintenance, nous accompagnerons l’hôpital Général et le personnel dans ce sens là, afin de garantir une utilisation optimale et l’amélioration de la prise en charge des patients garantissant une certaine pérennité dans l’activité», a assuré notre compatriote.

L’entreprise Numelec S.A qui a réalisé ces travaux, est spécialisée dans la construction et la fourniture des équipements et consommables médicaux.  Notamment sur des appareils ultramodernes permettant d’améliorer les diagnostics et limitant l’impact sur les corps des patients. Elle a à son actif, plusieurs réalisations dans une dizaine de pays en Afrique et en Europe. On peut citer entre autres la réalisation de 8 Centres d’imagerie et d’hémodialyse du Cameroun et plusieurs expertises de Consultation en conception, montage et réalisation des projets en santé au Gabon, Djibouti, Canton de Genève pour ne citer que ces oeuvres-là.

 Pierre Arnaud NTCHAPDA

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 19:28
Des dizaines de milliers de Centrafricains déplacés par les violences électorales

 

Des dizaines de milliers de Centrafricains déplacés par les violences électorales

 

Les violences survenues dans le contexte des élections en Centrafrique ont poussé plus de 30.000 personnes à fuir vers des pays voisins, et généré des dizaines de milliers de déplacés internes, a indiqué l'ONU vendredi.

Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) "exprime sa vive inquiétude en raison des violences et de l'insécurité survenues dans le contexte des élections présidentielles et législatives du 27 décembre" en Centrafrique, a déclaré un porte-parole du HCR, Boris Cheshirkov, lors d'un point de presse.

Dans le pays, quelque 185.000 personnes ont fui dans la brousse et la forêt depuis le 15 décembre, principalement à titre préventif. Nombre d'entre elles sont revenues depuis dans leur lieu de résidence, mais l'ONU estime qu'environ 62.000 sont toujours déplacées.

Les violences électorales ont également forcé plus de 30.000 personnes à fuir vers des pays voisins, au Cameroun, au Tchad, en République démocratique du Congo (RDC) et au Congo.

 

L'opposition centrafricaine conteste un scrutin "discrédité"

 

Près de 24.200 ont traversé le fleuve Oubangui, où le HCR a renforcé sa présence, pour rejoindre les provinces du Bas-Uélé et du Nord-Ubangui en RDC. Au moins 15.000 d'entre elles sont arrivées dans le village de Ndu, à la suite d'attaques dans les villes centrafricaines de Damara et Bangassou les 2 et 3 janvier, selon la même source.

Le HCR se dit préoccupé par les informations faisant état de violations des droits humains en Centrafrique et demande aux pays voisins de continuer à accorder l'accès aux personnes en quête de sécurité.

Ces élections présidentielle et législatives se sont tenues dans un pays en proie depuis 2013 à une guerre civile, très meurtrière jusqu'en 2018, et ravivée depuis près de trois semaines par l'annonce d'une offensive rebelle pour empêcher ces scrutins.

L'opposition conteste la réélection du président Faustin Archange Touadéra, et exige son annulation en invoquant des "fraudes massives" et l'impossibilité pour un électeur sur deux de se rendre aux urnes.

 

 

 

«Les Centrafricains veulent choisir leurs dirigeants par les urnes et non par les armes»

 

https://www.letemps.ch/ Simon Petite * mercredi 6 janvier 2021 à 14:05 *

 

Une semaine après les élections présidentielle et législatives, la capitale de la république centrafricaine oscille entre le soulagement d’avoir pu voter et la psychose d’une attaque des rebelles qui contrôlent désormais la majorité du pays. Le témoignage de Brice Ndangoui, rédacteur en chef de la radio Ndeke Luka Une semaine après les élections présidentielle et législatives, la capitale de la république centrafricaine oscille entre le soulagement d’avoir pu voter et la psychose d’une attaque des rebelles qui contrôlent désormais la majorité du pays. Le témoignage de Brice Ndangoui, rédacteur en chef de la radio Ndeke Luka

Le président sortant de la République centrafricaine, l’un des pays les plus pauvres du monde et miné depuis une décennie par l’instabilité, est en passe de rempiler pour un second mandat. Selon des résultats encore partiels annoncés lundi, Faustin Archange Touadéra a obtenu un peu plus de 50% des suffrages lors de l’élection du 27 décembre. Mais l’opposition réclame d’ores et déjà l’annulation de ce scrutin tronqué, puisque la moitié de la population n’a pas pu voter à cause de la situation sécuritaire. La Cour constitutionnelle doit encore valider les résultats d’ici au 19 janvier.

«Aucune loi ne fixe un seuil de participation pour valider les élections, juge Brice Ndangoui, le rédacteur en chef de la radio Ndeke Luka, premier média du pays fondé et créé par la fondation Hirondelle, basée à Lausanne. De nombreux Centrafricains ont voté malgré les menaces. Les gens ne veulent plus de la guerre, ils sont fatigués, ils veulent choisir leurs dirigeants par les urnes et non les armes.»

Psychose à Bangui

Le scrutin s’est déroulé sans problème majeur dans la capitale, Bangui, mais, dans les zones contrôlées par les groupes rebelles, les électeurs ont été empêchés de voter ou les urnes ont été détruites. Les partis d’opposition dénoncent pour leur part des fraudes et des bourrages d’urnes. La rédaction de radio Ndeke Luka, une trentaine de journalistes basés à Bangui et autant dans le reste du pays, ne dispose pas d’éléments dans ce sens. «Les candidats de l’opposition disent avoir des preuves de ces irrégularités, nous verrons bien», continue Brice Ndangoui.

En attendant, les habitants de la capitale vivent dans la psychose d’une attaque des rebelles. Ces derniers sont en effet «aux portes de Bangui», rapporte le rédacteur en chef de radio Ndeke Luka. «Les activités sont paralysées, certaines écoles et certains commerces n’ont pas ouvert, d’autres ont fermé à la mi-journée», témoignait-il mardi.

Dimanche, les insurgés ont attaqué Damara, la ville du président Touadéra, à près de 70 km de la capitale. L’assaut qui a eu lieu dimanche a été repoussé par l’armée centrafricaine, avec l’appui des Casques bleus de l’ONU mais aussi de militaires rwandais et russes, dépêchés avant l’élection du 27 décembre.

Rivalité entre la France et la Russie

La coalition de rebelles avait en effet juré d’empêcher le scrutin. A la veille du vote, l’ancien président François Bozizé, dont la candidature à la présidentielle avait été invalidée, s’est rallié aux rebelles. La justice centrafricaine vient de lancer des poursuites judiciaires contre cet ancien président, qui s’est volatilisé.

En plus d’une guerre civile, la Centrafrique est le théâtre d’une rivalité entre Paris et Moscou. La France, ancienne puissance coloniale et qui était intervenue militairement une énième fois en 2013, voit en effet d’un très mauvais œil la présence de mercenaires russes depuis trois ans.

Le rôle de Moscou est-il stabilisateur ou déstabilisateur? Brice Ndangoui ne se prononce pas sur cette question sensible mais rapporte les justifications du gouvernement. Selon ce dernier, la Centrafrique n’a pas le luxe de pouvoir refuser les mains tendues. Même si celles-ci sont loin d’être désintéressées. La Russie a vendu des armes à la Centrafrique et le pays n’est pas dénué de richesses, en particulier en or et diamants.

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 18:33
« La Centrafrique n’est jamais vraiment passée de la crise à la réconciliation »
« La Centrafrique n’est jamais vraiment passée de la crise à la réconciliation »

Lu pour vous

 

« La Centrafrique n’est jamais vraiment passée de la crise à la réconciliation »

 

https://www.lemonde.fr/ Tribune Jeff Hawkins

 

Pour le chercheur Jeff Hawkins, « le dernier exercice électoral en dit long sur la fragilité du pays », malgré le soutien continu de la communauté internationale.

Tribune. Lundi 4 janvier, l’Autorité nationale des élections (ANE) a annoncé les résultats préliminaires des élections présidentielle et législatives en Centrafrique. Selon l’ANE, Faustin-Archange Touadéra aurait obtenu près de 54 % des voix, écartant la nécessité d’un second tour de scrutin. Le gouvernement centrafricain et la communauté internationale se sont donné beaucoup de mal pour organiser ces élections comme prévu et on peut considérer comme un succès leur déroulement dans un contexte difficile. Mais à bien des égards, la Centrafrique ne semble pas plus proche de la résolution de son interminable crise qu’avant le scrutin ; et le dernier exercice électoral en dit long sur la fragilité du pays.

Lorsque M. Touadéra a commencé son premier mandat, il y a cinq ans, on aurait pu espérer un avenir meilleur pour la Centrafrique. Le pays s’était lentement, douloureusement éloigné d’une catastrophe humanitaire en 2013 et, deux ans après, semblait plus ou moins prêt pour des élections démocratiques. Les forces de maintien de la paix de l’ONU, en collaboration avec l’armée française, avaient apporté une certaine sécurité ; le gouvernement de transition avait accepté d’organiser le scrutin et de rendre le pouvoir au vainqueur ; la communauté internationale s’était chargée de la logistique électorale dans un pays déchiré par la guerre et en grande partie sans infrastructures.

Des groupes armés tantôt rivaux, tantôt alliés

Miraculeusement, les élections de 2015-2016 qui ont porté M. Touadéra au pouvoir ont été largement pacifiques et les observateurs internationaux se sont accordés pour dire qu’elles respectaient globalement la volonté de l’électorat. Quelques mois après le scrutin, lors d’une conférence internationale des donateurs à Bruxelles, la communauté internationale a levé 2 milliards d’euros pour aider à la reconstruction du pays. Quelques années plus tard, en 2019, le gouvernement et une douzaine de groupes armés ont signé à Khartoum un accord de paix sous les auspices de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC).

Malgré les progrès apparents, cependant, la Centrafrique n’est jamais vraiment passée de la crise à la reconstruction et à la réconciliation. Le gouvernement a toujours peiné à étendre son fief au-delà de Bangui, sans jamais toucher de façon significative les populations en dehors de la capitale. Les projets de développement, souvent entravés par des problèmes de sécurité, n’ont pas fourni suffisamment d’emplois aux jeunes. Il est impossible pour la force de maintien de la paix de l’ONU, la Minusca, d’imposer pleinement l’ordre à un pays divisé entre des groupes armés tantôt rivaux, tantôt alliés. Et pendant tout ce temps, ces mêmes groupes armés ont continué de contrôler les mines de diamants et les routes de transhumance, dont les ressources finançaient les conflits plutôt que les services gouvernementaux.

Deux facteurs additionnels expliquent la violence qu’on voit aujourd’hui en Centrafrique. Premièrement, l’accord de Khartoum, qui devait mettre fin aux combats entre groupes armés, était un exercice creux. En 2019, le gouvernement et la communauté internationale avaient clairement démontré qu’ils n’avaient ni les moyens militaires et policiers de rétablir l’ordre dans le pays ni grand-chose à offrir aux groupes armés en échange de l’abandon du contrôle des ressources nationales lucratives. S’attendre à ce que ces groupes – essentiellement des organisations criminelles sans idéologie ni aspiration régionale – baissent les armes en échange de quelques sièges dans les comités de désarmement à Bangui était irréaliste. Il va sans dire qu’il y a eu peu de désarmement réel dans les mois qui ont suivi et que les conflits violents, après une accalmie, se sont poursuivis.

François Bozizé, un facteur de déstabilisation

Deuxièmement, M. Touadéra et la Minusca ont décidé de permettre le retour au pays de l’ancien président François Bozizé. Ce choix désastreux reste inexplicable. M. Bozizé, ancien chef des forces armées centrafricaines, avait pris le pouvoir en 2003 par une rébellion de groupes armés très proches de ceux qui créent tant de problèmes aujourd’hui. Depuis qu’il avait quitté ses fonctions, il vivait en exil, sous sanction internationale. Après son départ du pouvoir, ses relations problématiques avec les milices anti-balaka étaient perçues comme l’une des raisons de l’instabilité. Sa réapparition à Bangui fin 2019 aurait dû conduire à son arrestation immédiate ou à un nouvel exil. Au lieu de cela, M. Touadéra – qui avait été premier ministre sous Bozizé et a besoin du soutien électoral des populations favorables à l’ancien président – a décidé de traiter son ancien patron avec le respect dû à un ex-chef d’Etat. M. Bozizé ne lui a pas rendu la politesse, soutenant l’organisation des principaux groupes armés en un seul mouvement avec l’intention manifeste de perturber les élections par la violence.

Le second mandat de M. Touadéra devrait donc commencer sur une note moins optimiste que le premier. Les violences se poursuivent en Centrafrique, dont certaines près de la capitale, et notamment dans la ville d’origine du président, Damara. L’accord de Khartoum est clairement mort. M. Bozizé reste un important facteur de déstabilisation. Beaucoup de personnalités politiques qui s’étaient présentées contre M. Touadéra aux élections contestent maintenant les résultats. Et même si le vote a eu lieu à Bangui et dans certaines parties du pays, il y a apparemment eu des perturbations importantes dans d’autres régions. Si elle peut se consoler du soutien continu de la communauté internationale, la Centrafrique ne semble guère mieux lotie qu’il y a cinq ans.

Jeff Hawkins est chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Il a été ambassadeur des Etats-Unis en Centrafrique et consul général à Lagos, au Nigeria.

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 18:22
Nouvelles nationales sur RFI
Nouvelles nationales sur RFI

 

Centrafrique : dix candidats demandent l'annulation de la présidentielle

 

Avec notre envoyée spéciale à BanguiFlorence Morice

Dix des seize candidats à la présidentielle annoncent dans un communiqué qu’ils ne reconnaissent pas les résultats provisoires de la présidentielle du 27 décembre, et demandent son « annulation ». Lundi, l’ANE (l’autorité en charge des élections) a annoncé l’élection du président sortant Faustin-Archange Touadéra dès le premier tour avec plus de 53% des suffrages exprimés. Des résultats qui ne portent que sur la moitié de l’électorat, l’autre moitié n’ayant pas pu voter à cause de l’offensive rebelle en cours dans le pays.

Le constat dressé par les signataires de ce communiqué est sans appel : ils estiment que la présidentielle du 27 décembre constitue « un grave recul pour la démocratie », ne « saurait conférer de légitimité » au président déclaré élu et demandent son annulation.

À l’appui de leur requête ils dénoncent de « nombreuses irrégularités » ayant émaillé, selon eux, le scrutin : un « proportion importante de votes par dérogation », le démarrage tardif des opérations électorales, ou « l’achat de votes ».

► À lire aussi : Centrafrique: le président Touadéra déclaré réélu, le scrutin déjà contesté

Ils notent également que le nombre de votants avoisine les 700 000 sur un corps électoral de 1,8 million et dénoncent le fait qu’une part importante de l’électorat n’a pas pu exercer son droit de vote. Ils pointent enfin du doigt l’échec du plan de sécurisation des élections mis en place par le gouvernement et la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine).

Neuf de ces candidats avaient déjà saisi lundi l’ANE pour dénoncer le manque « de transparence » et d’« équité du scrutin ». Parmi eux, Anicet Georges Dologuélé, arrivé deuxième au premier tour, Abou Karim Meckassoua et Mahamat Kamoun. Ils ont été rejoints dans leur contestation par l’ancienne présidente de la transition, Catherine Samba-Panza.

 

 

Centrafrique: plusieurs recours déposés pour annuler le scrutin présidentiel

RFI 08/01/2021 - 03:28

Le président sortant Faustin Archange Touadéra a été déclaré vainqueur dès le premier tour par les autorités électorales, avec 53,92% des voix. Il s’agit d’un résultat provisoire, qui doit encore être validé par la Cour constitutionnelle, qui a jusqu’au 19 janvier pour le faire. Mais avant cela, cette même instance devra examiner les différents recours.

Au total, trois recours ont été déposés hier auprès de la Cour constitutionnelle : deux au nom des candidats de l’opposition, Martin Ziguélé et Anicet Georges Dologuelé, et un troisième au nom de dix candidats.

Tous dénoncent ce qu’ils considèrent comme de nombreuses irrégularités : la disparition de bulletins de vote, l’intimidation, l’achat de votes. Pour maitre Arlette Sombo Dibele, qui a déposé la requête - au nom des dix candidats -, ces irrégularités sont nombreuses. « La non-remise de feuilles de résultats ou de procès-verbaux, le démarrage tardif des opérations électorales, la conservation des urnes par la Minusca, les candidats ont beaucoup de giefs. Il y a eu des violations de dispositions du code électoral massives et évidentes. »

Ils déplorent également le fait que la moitié des électeurs du pays n’ait pas pu voter, explique Bernard Dillah, directeur de campagne du MLPC. « Ce n'est pas tous les Centrafricains qui ont pu voter. Plus de la moitié n'ont pu voter. Or, la Constitution nous dit que l'élection présidentielle est une élection universelle. Ca veut dire que tous les Centrafricains doivent voter. Ca c'est déjà une irrégularité. »

Tous réclament l’annulation pure et simple du scrutin du 27 décembre. La Cour constitutionnelle va maintenant devoir examiner et statuer sur ces requêtes avant de valider ou non les résultats de l’élection.

Le dépôt des recours pour la présidentielle qui devait s'achever jeudi soir à minuit a été prolongé de quelques heures ce matin vendredi 8 janvier. La Cour constitutionnelle ayant dû fermer son bureau hier soir en raison du couvre-feu décrété par les autorités, de 20h à 5h du matin.

 

 

Centrafrique les plaintes des candidats aux législatives se multiplient

 

https://www.rfi.fr/ 11/01/2021 - 21:12 Avec notre envoyée spéciale à Bangui,  Alexandra Brangeon

Les résultats de la présidentielle centrafricaine du 27 décembre attendent toujours d’être validés. Le président sortant Faustin-Archange Touadéra est arrivé en tête avec 53,92% des voix. La Cour constitutionnelle a jusqu’au 19 janvier pour valider sa réélection. Concernant les législatives, de nombreux candidats à la députation continuent de venir déposer leur requête auprès de la Cour à Bangui.

Chaque jour, ils sont plus d'une vingtaine de candidats à venir déposer un recours. Écarts de voix, absence de procès-verbaux, bureaux qui n’ont ouvert que quelques heures, intimidation, ou candidats accusés d’être proches des groupes armés... les plaintes sont nombreuses.

À Kembé, 600 km à l’est de Bangui, seul un village sur les deux que compte la circonscription a pu voter déplore un candidat, venu déposer son dossier. « Les rebelles de la Seleka ont empêché les bureaux d’une des localités d’ouvrir », ajoute-t-il. Ce dernier a d’ailleurs dû passer par le Congo voisin pour atteindre Bangui, la route côté centrafricain n’étant pas sûre.

Même chose à Mbaïki, seul 4 000 électeurs ont pu voter sur plus de 10 000 inscrits, en raison de l’intrusion d’hommes armés, explique ce candidat qui vient de déposer sa requête : « Seule la moitié de la circonscription a pu voter, mais avec ce traumatisme et cette peur au ventre. Parce que quand le vote a interrompu deux fois. Quand les gens sont venus voter, il y a eu une alerte disant que les groupes armés allait venir et qu'il fallait courir. »

« Une mascarade »

« Ce scrutin a été une mascarade », s’indigne une candidate de Bambari, aussi venue déposer son dossier. Des hommes armés ont tiré à plusieurs reprises durant la matinée. Seuls 3 bureaux sur 67 ont pu ouvrir, affirme-t-elle, et encore, seulement 2 ou 3 heures.

De son côté, un candidat de Nola, dans le sud-ouest du pays accuse une rivale d'avoir trafiqué les urnes le jour du vote : « Le commissaire et le commandant de la compagnie de gendarmerie de la localité ont mis la main sur des urnes bourrés. C'était au domicile d'une candidate pendant que le vote se déroulait. La candidate était possession de ces urnes, s'exclame-t-il en présentant une photo servant de preuve. Présentement sur la photo, ce sont deux urnes, ici. »

Preuves à l’appui — photo, témoignages, copie de procès-verbaux — les requérants ont jusqu’à la fin de la semaine pour déposer leur recours. Après quoi la Cour Constitutionnelle devra étudier ces nombreuses requêtes, avant de rendre son jugement sur leur validité au plus tard le 28 janvier. Tous les candidats affichent leur confiance en la Cour constitutionnelle.

Dans leur rapport présenté fin décembre, les observateurs internationaux, notamment de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (Ceeac) et l’Union Africaine s’étaient dit satisfaits du déroulement des élections. Plus de 130 recours ont été déposés auprès de la Cour constitutionnelle.

 

 

Législatives en Centrafrique : vers un deuxième tour dans 61 circonscriptions

 

https://www.rfi.fr/ 07/01/2021 - 12:09 Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset

Les résultats provisoires des élections législatives donnent 21 députés sur 140 élus au premier tour. Dans 61 circonscriptions il faudra un deuxième tour. Cependant l’insécurité a empêché de nombreux Centrafricains, posant des questions sur la suite du processus.

A l’issue de ce scrutin, 58 circonscriptions n’ont pas pu voter à cause de l’insécurité. La question d’une tenue prochaine d’un scrutin dans ces zones est soulevée par certains observateurs.

Jean-Symphorien Mapenzi, le vice-président de l’Assemblée nationale, se veut optimiste sur les délais à tenir. « Au niveau de l’Assemblée, il n’y a pas d’inquiétude. Du moment que notre mandat court jusqu’au 2 mai, donc on attend que le deuxième tour se fasse et les circonscriptions qui n’ont pas pu voter fassent leurs élections avant de voir. »

Pour que l’Assemblée nationale puisse être investie, il faut atteindre le seuil minimum de 2/3 de députés. Si ce n’était pas le cas avant la fin de la législature début mai, la Cour constitutionnelle serait saisie pour avis.

Malgré les difficultés rencontrées lors du vote, Jean-Symphorien Mapenzi élu de la majorité estime qu’il est important de consolider le processus. « Malheureusement, des gens se sont organisés pour empêcher que ces élections se tiennent. Si on ne tient pas ces élections, c’est un recul démocratique, il faut consolider ces acquis démocratiques donc normalement il faut tenir compte de ces résultats quoiqu’il y ait un nombre faible d’électeurs qui se sont exprimés. »

Et pour les circonscriptions qui n’ont pas ou peu voté, la Cour constitutionnelle devra décider des suites à donner.

Premiers enseignements

Même s’il va donc falloir un deuxième tour dans 61 circonscriptions, déjà une tendance ressort de ces résultats : le nombre de poids lourds de la politique centrafricaine qui ont été éliminés dès le premier tour.

C’est le cas par exemple de l’ex-présidente Catherine Samba-Panza qui a été battu à Bangui par candidat indépendant, nouveau dans la politique. Ou bien l’ex-ministre Désiré Kolingba, battu également par un jeune indépendant dans la circonscription de Kembé.

C’est une marque de la lassitude des Centrafricains envers leur classe politique, analyse Gervais Lakosso, coordonnateur du groupe de travail de la société civile. « Il y a une grande crise de confiance entre les Centrafricains et toute la classe politique. Ils estiment que les politiques de tous bords ne jouent pas leur rôle, qu’ils ne sont pas sincères, engagés ou assez créatifs pour résoudre les problèmes du pays. On pense que chaque parti a une part de responsabilité et c’est pour ça que le peuple a plus confiance en des candidats indépendants sans casquette. Ils estiment que ceux-là pourront mieux les représenter. » 

Gervais Lakosso estime aussi que cette lassitude provient d’une classe qui a du mal à laisser la place à de nouvelles figures. « Il y a le facteur du vieillissement et du non renouvellement de la classe politique. Quand vous prenez Touadéra, il n’est pas si veux que ça mais autour de lui il y a des gens qui ont traversé plus de quatre régimes déjà. On prend les mêmes, on recommence. »

 

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 18:13
Centrafrique: ni paix, ni guerre
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Centrafrique: ni paix, ni guerre

Lu pour vous

 

Centrafrique: ni paix, ni guerre

https://mondafrique.com/ By Aza Boukhris 12 janvier 2021

Deux dangers menacent l’existence même de l’État: le laisser faire du clan du président Touadera, tout juste réélu, et l’enracinement des groupes armés dans leurs fiefs.

Après la proclamation des résultats provisoires donnant le président sortant réélu avec 53,92 % des voix et en attendant le verdict de la Cour constitutionnelle, le 19 janvier prochain, la situation en Centrafrique es plus fragile que jamais

Les forces armées centrafricaines ont de plus en plus de mal à faire respecter l’ordre dès qu’on s’éloigne de Bangui, la capitale de la Centrafrique

Le clan Touadera impuissant

Depuis sa première élection en mars 2016, le président Touadera n’a guère contribué à réconcilier la nation et à libérer le territoire national des groupes armés. Le fameux Accord dit de Khartoum a été signé le 6 février 2019 à Bangui, en dehors de la classe politique, de la société civile, entre le président et les chefs rebelles. Sur fond de scandales géologiques dans le nord-ouest avec l’abandon du sol et sous- sol aux entreprises chinoises.

Pollution durable et intoxications des populations ont été dénoncées notamment par des religieux, immédiatement condamnés par le gouvernement. Une police politique appelée  » Les Requins » sévit depuis une année notamment contre les opposants ou soi-disant opposants. Ce sont surtout les conseillers à la présidence, de préférence Gbaka-Mandja, qui tirent les ficelles du régime avec quelques familiers escrocs qui ont été placés aux quelques postes tirant de substantiels bénéfices. 

Le président Touadera assoie son pouvoir essentiellement sur plusieurs arrondissements de Bangui et des localités de banlieue. Même la ville de Damara, à 70 km de Bangui et fief du président Touadera, n’est pas totalement contrôlée. Comment le second mandat pourrait- il être mieux réussi ? Quand on sait que le Président Touadera est inflexible, sourd à toutes demandes, y compris de la Ceeac ou de la Cour constitutionnelle pour une concertation des forces vives de la Nation !

Le plus polémique et qui divise désormais le G5+ (ONU, Ua, UE, EU, FR, RU, BM) est désormais  la présence massive de mercenaires et de militaires russes sans autorisations expresses du Conseil de sécurité. Des armements létaux ont également été livré. Le second mandat présidentiel pourrait bien-être la satellisation russe de la Centrafrique. On.attend, dans ces conditions, les réactions de l’Administration américaine avec l’arrivée de Joe Biden aux commandes.

L’enracinement des groupes armés 

L’ Accord de Khartoum aura vécu, comme les douze autres précédents accords. Les groupes armés auront eu tout le temps de consolider leurs fiefs. Il va de soi que ces hors la loi n’ ont jamais eu la moindre volonté de contribuer positivement à la paix et à la réconciliation nationale. Ce sont des prédateurs, des criminels pour qui la vie d’ un homme,.d’une femme, d’un enfant n’ ont pas de valeur. Ce sont avec ces gens, souvent d’origine étrangère, que le président Touadera avait cru bon garantir le bon déroulement des élections et bien.sur assurer sa réélection. Certes, il sera réélu, mais sans eux et même contre eux, avec la Coalition des patriotes pour le changement ( CPN). Voilà, désormais Touadera face à ses anciens partenaires de plus en.plus remontés contre lui.

Certes, il y a encore actuellement une Coordination entre les chefs Ali Daras (UPC), Al-Khatim (MPC), Abass Sidiki (3R) au sein de la CPC. Les groupes armés sont toujours plus proches de la division que de l’ union. On.devrait donc probablement assister à la reprise à leur indépendance, voire même à leur éclatement en fonctions des ressources potentielles se présentant. 
Il est hautement probable que certain groupes armés accueillent des groupes frères qui sévissent dans d’ autres théâtres davantage islamistes comme au Sahel et dans la zone  nilo-soudanaise. Que pourront faire les Forces Armées centrafricaines ? Sans casernement, sans matériel de projection, sans intendance, avec des militaires au bord de la démission ?

Quant à Minusca, plusieurs pays contributeurs ont fait savoir que leur contingent ne saurait participer à une guerre totale. Ils demandent le respect strict du.mandat onusien. La Minusca et l’ ONU pourraient bien avoir à résoudre de gros problèmes.

L’élection du 27 décembre n’aura guère consolidé l’avenir de cet État et de sa population.

 

Centrafrique, rien de neuf dans la politique africaine française

https://mondafrique.com/ Nicolas Beau 11 janvier 2021

Alors que les troubles se multiplient en Centrafrique après une élection présidentielle contestée, le président français, Emmanuel Macron, dans un échange téléphonique avec le président Touadera, s’est félicité du « processus électoral constitutionnel et soutenu par la communauté internationale »

La France soutient toujours les Etats et combat les rebelles. C’est ce qu’elle fait en Centrafrique où elle prend parti pour le pouvoir en place face aux groupes armés du Nord du pays. Il est vrai que ces derniers qui sèment la violence et s’en prennent désormais au président Touadera, leur allié d’hier devenu leur adversaire, ne sont guère fréquentables.

Pour la diplomatie française, l’élection présidentielle centrafricaine, largement fraudée, qui vient d’avoir lieu reste l’affaire du président Touadera . Le président Macron ne cesse de répéter qu’il ne saurait se mêler des affaires intérieures des Etats, un principe mis à mal pourtant en Algérie ou au Liban où il s’est positionné sans états d’âme. Avec le seul souci de voir s’instaurer « un dialogue politique ouvert et inclusif », le président français a pris acte des résultats « provisoires » du scrutin centrafricain qui doivent encore être reconnus, le 19 janvier, par la Cour Constitutionnelle..

Positions floues

Pour le reste, la feuille de route est minimaliste: envoi de quelques forces spéciales, soutiens logistiques et survols sur les régions où ont lieu les affrontements. L’Elysee attend la proclamation officielle des résultats pour adresser alors un communiqué plus ou moins alambiqué de félicitation au président Touadera. Ce fut le cas pour les présidents ivoirien et guinéen, Ouattara et Alpha Condé, après des scrutins qui furent en partie et surtout en Guinée des mascarades électorales.

Tant pis pour les opposants, souvent réfugiés à Paris mais laissés à eux mêmes. Cette diplomatie réaliste renforce le sentiment anti français qui gagne les populations africaines qui croyaient encore dans une France patrie des droits de l’homme.

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