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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 12:24

 

 


Bangui, 11 mars 2015 (RJDH) — Les membres de la délégation du Conseil de Sécurité des Nations Unies ont foulé le sol centrafricain, le 10 mars dans l'après midi. C’est une fierté d’avoir tous les ambassadeurs du Conseil de Sécurité en Centrafrique. Leur présence permettra au gouvernement de réussir la transition et organiser des élections bonnes, crédibles et transparentes, a dit  Florence Limbio, ministre de l’Économie et du Plan, à l’Aéroport Bangui-M’Poko à l’arrivée de la délégation onusienne.

 

« C’est une mission particulièrement importante pour notre pays au moment où nous sommes en train de préparer le grand forum de Bangui. Et où nous notons un certain nombre d’amélioration au niveau sécuritaire. C’est donc une fierté d’avoir tous les ambassadeurs du Conseil de Sécurité en Centrafrique pour que nous puissions réussir notre transition et organiser des élections bonnes, crédibles et transparentes », souhaite Florence Limbio.

 

 Quant aux attentes du gouvernement vis-à-vis de cette visite, le membre du gouvernement trouve que « les Nations Unies nous ont déjà beaucoup aidés dans la mesure où nous avons la Minusca qui est sur place dans le pays et qui fait beaucoup déjà pour nous ».

 

Le chef de la délégation du Conseil de Sécurité, le français, François Delattre estime que « la visite intervient à un moment clé de l’histoire de la République Centrafricaine avec d’un côté des progrès importants effectués à la fois sur le plan de la transition politique et pour l’amélioration de la situation sécuritaire et d’un autre côté, les défis que l’on connait sur ces deux fronts mais aussi sur le plan humanitaire ».

 

De ce qui précède, la mission du Conseil de Sécurité a deux objectifs. Evaluer et encourager. « Évaluer les importants progrès accomplis dans la sortie de crise et la stabilisation du pays, évaluer le déploiement et la mise en œuvre du mandat des Nations-Unies six mois après le transfert d’autorité de la Misca à la Minusca. Encourager les évolutions en cours en République Centrafricaine notamment la transition politique avec le prochain forum de Bangui ».

 

L’agenda de la mission prévoit des rencontres avec les autorités  de la transition, les forces internationales et une visite terrain à Bria./

 

Naim-Kaélin Zamane

 

 

L’ONU en Centrafrique pour évaluer la situation sécuritaire

 

Par RFI 11-03-2015 à 10:55
 

Une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU est arrivée mardi 10 mars au soir en Centrafrique, première étape d'une tournée qui doit la conduire ensuite à Addis-Abeba et au Burundi. En RCA, les ambassadeurs doivent se rendre en province pour une évaluation de la situation sécuritaire et politique.

 

Evaluer et encourager sont les mots d’ordre de la visite exceptionnelle des membres du Conseil de sécurité des Nations unies, comme l’a expliqué l’ambassadeur français à l’ONU François Delattre. La France préside le Conseil en ce mois de mars, c’est donc M. Delattre qui emmène ses collègues sur le terrain. Mais cette visite est coprésidée par l’ambassadeur angolais dont le pays est également très impliqué dans la résolution de la crise centrafricaine.

 

L’enjeu est donc d’évaluer l’amélioration de la situation sécuritaire sur le terrain, six mois après le lancement de la mission onusienne, et le processus de transition à quelques semaines du forum national de Bangui. Les autorités de transition ont besoin d’être encouragées dans le difficile chemin vers les élections prévues théoriquement cet été 2015.

 

Programme chargé pour les ambassadeurs. Des rencontres étaient prévues, ce mercredi 11 mars, avec les autorités de transition, la société civile, l’autorité nationale des élections et les forces internationales. Et également un déplacement en province à Bria, théâtre récemment d’affrontements entre les forces internationales et l’ex-Seleka pour la reprise des bâtiments publics.

Centrafrique : La visite du Conseil de Sécurité, gage de la réussite de la transition, selon Florence Limbio
Centrafrique : La visite du Conseil de Sécurité, gage de la réussite de la transition, selon Florence Limbio

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 19:38

 

 

10/03/15 (Radio Ndeke Luka)

 

L’embargo des Nations Unies sur les armes à destination de la Centrafrique se pose en obstacle et empêche aujourd’hui les forces de défense et de sécurité intérieure d’assurer leur mission de rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national.

 

Trois gendarmes sont tués la semaine dernière dans une embuscade tendue par des hommes en arme non identifiés au village Nguéréngou situé à 29 Km de Bangui sur l’axe Damara. Aujourd’hui, les parents des victimes estiment qu’il est inacceptable de déployer les forces de défense et de sécurité sur le terrain sans armement.

 

« Mon neveu Mathieu vient d’être tué au village Nguéréngou. Il a été désigné par la direction générale de la gendarmerie pour aller assurer une mission dans ce village. Quand on parle de la gendarmerie, c’est dire qu’on détient une arme. Or il est parti sans arme. Ils étaient nombreux mais trois d’entre eux étaient tués sur le coup », a expliqué à RNL, Henry Dondra, le parent d’une des victimes.

 

Par ailleurs, Henry Dondra fait savoir aux autorités de la transition que le réarmement des forces de défense et de sécurité est une priorité.

 

« D’après des informations aujourd’hui, les gendarmes n’ont pas les moyens de défense. (…) Un pays qui n’a pas de défense, on ne l’a vu nulle part. On doit réarmer », a-t-il insisté.

 

Interrogés pour leur version des faits, les responsables du ministère de la Sécurité publique se réservent de tout commentaire. Du côté de la direction générale de la gendarmerie, les responsables affirment qu’une enquête est en cours à la Section des recherches et d’investigations (SRI) pour faire la lumière sur la mort des trois gendarmes.

 

Mais déjà dans une interview accordée à RNL, le Professeur des universités à la Sorbonne, Jean François Akandji-Kombé, n’a pas apprécié les mesures d’embargo imposées à la Centrafrique par le Conseil de sécurité de l’ONU.

 

« Je pense qu’un Etat qui a la responsabilité de protéger sa population ne peut pas se voir durablement interdit de reconstituer son armée via une mesure d’embargo. On ne peut en même temps, prétendre venir aider des autorités que l’on reconnaît internationalement, et les empêcher d’avoir les moyens minimum pour protéger les personnes et les biens, je dis de temps en temps que la communauté internationale a décidé de faire une levée partielle de l’embargo, je ne sais pas ce que ça veut dire en droit, levée partielle d’embargo. Soit il y a embargo, soit il n’y en a pas ; il n’y a pas de demi embargo », s’est-il révolté.

 

Montrant que la communauté internationale est partout sur le territoire centrafricain, il a ajouté qu’« Il y a une duplicité dans cette affaire qui est très gênant ». La population centrafricaine compte sur cette communauté internationale pour l’aider à sortir du chaos.

 

D’après Jean François Akandji-Kombé, « La communauté internationale joue un jeu qui ici est très ambigu. Personne ne peut comprendre qu’avec autant de problèmes sur le territoire centrafricain, il puisse avoir, y compris à Bangui, des meurtres, des pillages ou des braquages ».

 

Le Professeur des universités relève une imperfection dans l’application de la résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies. « La résolution du Conseil de sécurité est une résolution placée sous le chapitre VII, c’est-à-dire sous le chapitre de la coercition. La résolution parle de protection de la population par tous les moyens. On ne comprend pas que lorsqu’il y a des conférences de presse, on vienne nous expliquer que la mission des forces qui sont sur place n’est pas de désarmer. Mais il s’agit de protéger les populations par tous les moyens », s’est indigné le Professeur des universités Akandji-Kombé.

Trois gendarmes tués près de Bangui, l’embargo de l’ONU mis en cause

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 19:03

 

 

Centrafrique/Bangui : L’ancien ministre et cadre de la Séléka, Ousman Mahamat Ousman en garde à vue

 

Bangui, 10 mars 2015 (RJDH)---Ousmane Mahamat Ousmane, ancien ministre et cadre de l’ex-Séléka a été arrêté hier à l’aéroport Bangui M'Poko où il attendait sa femme qui devrait venir du Tchad. Ce dernier  et ses gardes du corps ont été entendus par la gendarmerie nationale et placés en garde à vue sur ordre du Procureur général.

 

Selon une source de la gendarmerie, Ousmane Mahamat Ousmane a été arrêté avec quatre de ses éléments armés. « A l’entrée de l’aéroport, les soldats de la Minusca ont retiré les armes des éléments de sécurité de l'ancien ministre après un moment de discussion. Mais en partant, il y a un des quatre qui avait réussi à garder son pistolet. C’est ainsi que la gendarmerie et la Sangaris ont été appelées. Ce sont les éléments de la Sangaris qui ont pu mettre la main sur l’équipe. En les fouillant, on a retrouvé le pistolet sur un des quatre, c’est comme cela qu’ils ont été arrêtés »,  a confié une source proche du service de l’immigration, présente à l’aéroport au moment de l’arrestation du ministre.

 

Après son arrestation, le cadre de la Séléka et ses éléments de sécurité ont été conduits à la  gendarmerie où ils ont été entendus par le Directeur Général, le Lieutenant-colonel Guy Damango et le Lieutenant Kossi de la Section de Recherches et d’Investigation.  Cette personnalité et ses éléments de sécurité ont passé la nuit du lundi à mardi à la gendarmerie nationale.

 

Le Procureur de la République Ghislain Ngrezenguet, joint par le RJDH a indiqué que c’est pour détention illégale d’arme que l’ancien ministre et ses éléments de sécurité ont été arrêtés. Pour le procureur «on a retrouvé des AK47 avec des chargeurs dans le véhicule de cette personnalité. En plus, les éléments de sécurité se sont rendus à l’aéroport avec des armes »,  souligne Ghislain Ngrezenguet.

 

Le Procureur a  noté que la procédure sera suivie dans le cadre de ce dossier pour que cette personnalité soit jugée ainsi que ses gardes du corps. « Pour le moment, ils sont en garde à vue pour nécessité d’enquête. La suite, c’est qu’un jugement sera prononcé pour cette personnalité qui a gardé les ex-Séléka pour sa protection que pour les éléments qui ont porté des tenues militaires et des armes sans avoir des matricules ».

 

Ghislain Ngurezenguet a promis l’organisation rapide d’un procès « n’eut été la grève des magistrats qui sera bientôt réglée, on devrait chercher à tenir un procès. Mais je vous rassure qu’un procès sera très vite organisé sur ce dossier », a noté le procureur.

 

Un proche de Ousman Mahamat Ousman  constaté a confié au RJDH que l’ancien ministre avait une autorisation de port d’arme qui lui a été délivré par l’Etat major des FACA. A la gendarmerie nationale, on affirme que l’autorisation en question est expirée.  

 

Les proches de l’ancien ministre disent n’avoir pas de nouvelles précises sur les conditions de sa détention. Le délai de garde à vue en Centrafrique est de 72 heures renouvelable une seule fois.

 

Notons que l’ancien ministre Ousman Mahamat Ousman et ses éléments de sécurité ont été arrêtés à l’aéroport au moment où plusieurs ministres étaient sur place pour accompagner le Premier ministre qui devrait prendre un vol pour le Congo./

 

Sylvestre Sokambi

 

 

 

10/03/15 (Agence d'information d'afrique centrale)

 

Le général Mahamat Ousman Mahamat, ancien ministre de l’Urbanisme sous la présidence de Michel Djotodia, a été arrêté lundi par la gendarmerie et la Brigade d’intervention rapide(BIR) pour possession illégale d’armes et constitution de bande armée.

 

« Cet officier ex-séléka était recherché depuis quelque temps par les services de sécurité. Il se promenait toujours avec des armes dans son véhicule ainsi que des aides de camp en dépit de la levée des mesures de confiance obtenue depuis le 20 février », selon une source proche du dossier citée par la presse locale. D’après la même source, l’ex-ministre a été appréhendé alors qu’il se rendait à l'aéroport pour accueillir son épouse qui rentrait de voyage.

 

Le général est soupçonné depuis un certain moment par les autorités et les forces internationales surplace, comme un véritable faiseur de loi dans la dernière enclave musulmane de PK5 dans le troisième arrondissement de Bangui. « Il détiendrait à son domicile de nombreux véhicules et une grande quantité d'armes. Ses hommes en majorité des ex-Séléka, ont le contrôle du quartier Camerounais, un autre quartier très populaire de PK5 », s’exclame un habitant de la localité. Et d’ajouter que l'arrestation de ce chef rebelle permettrait enfin aux habitants de PK5 de retrouver la tranquillité tant recherchée.

 

Le célèbre général Mahamat Ousman a eu sa notoriété grâce à sa proximité avec le numéro deux de la Séléka, le général Nourredine Adam. Ce dernier lui a même confié le poste de conseiller au sein du mouvement Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), qui est d’ailleurs présidé par l’ancien président Djotodia.

 

D'origine tchadienne, Mahamat Ousman était le sous-préfet de Moundou, une commune du sud du Tchad, avant de rejoindre l'ex-rébellion séléka. À en croire certaines sources, l’homme serait recherché par N'Djamena qui le suspecte de « conspiration » contre le régime d’Idriss Deby.

 

Cette arrestation est un coup dur infligé à l’ex-coalition séléka pourchassée ponctuellement par les forces internationales. Elle risque, attendant de voir, de replonger la capitale Bangui dans une spirale de violences. Justement lors de son arrestation, le chef de guerre laissait entendre qu' « il n'excluait pas de mettre Bangui à feu et à sang s'il n'était pas libéré dans les minutes qui suivaient ».

 

Fiacre Kombo

 

 

COMMUNIQUE No 00042/FPRC/RCA


Le Front Patriotique pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) Ex SELEKE, tient à informer l’opinion nationale et internationale sur les points suivants :


 Depuis quelques temps, nous assistons à un harcèlement permanent, contraire à tout acte d’un Gouvernement qui recherche l’apaisement. Nous comprenons encore moins les agissements des forces onusiennes basées en République Centrafricaine en vers nos éléments cantonnés aux camps Beal, BESS, RDOT, nos sympathisants de Km5, l’arrestation sans motif à Bangui du Général Ousmane Mahamat OUSMAN, deuxième vice-président du FPRC, ses aides de camp,de M. Adei ABDELKARIM et ses amis a Bria;


 Nous demandons leur libération sans délais et sans condition et le motif de leur arrestation;


 Ce comportement irresponsable met en cause la confiance naissante entre nous et menace gravement notre participation au FORUM de Bangui;


 Jusqu’à preuve du contraire, nous respectons nos engagements et cela ne doit pas être considérer comme un signe de faiblesse. Nous appelons les autres à faire de même afin d’aider au renforcement des initiatives de Paix auxquelles nous ne cessons d’apporter notre contribution;


 Le FPRC Ex SELEKA est plus fort et bien organisé que jamais et notre devise est la PAIX DURABLE en Centrafrique;


 Nous prenons l’opinion nationale et internationale à témoin pour les conséquences de telles provocations répétées.


Fait à Nairobi, le 10 mars 2015


La Coordination Politique du FPRC

Centrafrique : un ancien ministre de la Séléka arrêté à Bangui

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 12:58

 

 

 

10/03/15 (Afrique Actualité)

 

« L'homme qui se rendait à l'aéroport pour récupérer son épouse qui rentrait de voyage, a été intercepté avec 4 autres personnes présentées comme ses aides de camp. Ils étaient tous armés, » explique une source proche de la gendarmerie.

 

L'opération aurait été menée par la gendarmerie nationale avec le soutien de la Brigade d'Intervention Rapide (BIR), un corps des FACA (Forces Armées Centrafricaines, NDLR) nouvellement mis en place par la présidente de Transition Catherine Samba-Panza pour renforcer les actions de sécurité dans la ville de Bangui.

 

Pour les responsables de la gendarmerie, le fait de porter des armes alors que la levée des mesures de confiance leur a été notifiée est un cas de flagrance.

 

« Cet officier ex-seleka était recherché depuis quelque temps par les services de sécurité. Il se promenait toujours avec des armes dans son véhicule ainsi que des aides de camp en dépit de la levée des mesures de confiance obtenue depuis le 20 février », a ajouté la source.

 

Après avoir été entendu par les services de police judiciaire, il a été aussitôt placé sous mandat de dépôt sur instruction du Procureur de la République.

 

Pendant que le général seleka se trouvait entre les mains des gendarmes, il laissait entendre qu' « il n'excluait pas de mettre Bangui à feu et à sang s'il n'était pas libéré dans les minutes qui suivaient ».

 

Proximité

 

Pour les gendarmes, « il ne s'agit là que de chantages... une descente pourrait être effectuée à son domicile sis au quartier Pk5 (enclave musulmane) pour une perquisition en cas d'appui de la part des forces internationales ».

 

En effet, certains habitants de PK5 présentent cet ex-officier rebelle comme le principal meneur de la milice armée qui est à l'origine de nombreuses exactions dans cette dernière enclave musulmane de la capitale et qui prend en otage une bonne partie des populations du quartier. Il détiendrait même à son domicile de nombreux véhicules et une grande quantité d'armes. « Ses hommes, en majorité des ex-Séléka, ont le contrôle du quartier Camerounais, un autre quartier très populaire de PK5 », explique un habitant du secteur sous le couvert de l'anonymat.

 

La même source ajoute que l'arrestation du chef rebelle est une source de satisfaction car, la population de PK5 peut enfin connaître la tranquillité.

 

D'origine tchadienne, Mahamat Ousman Mahamat était le sous-préfet de Moundou, une commune du sud du Tchad, avant de rejoindre l'ex-rébellion seleka alors qu'il était recherché par N'Djamena qui le suspectait d'intelligence avec un groupe qui voulait destituer le régime de Deby.

 

Sa proximité avec l'un des hommes forts de la Seleka Adam Nourredine, lui a valu le poste de conseiller au sein du FPRC, Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique.

Un général ex-seleka sous les verrous à Bangui

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 23:11

 

 

 

APA Bangui (Centrafrique) 2015-03-09 18:41:12 Les tribunaux et cours de la République Centrafricaine sont encore restés fermés ce lundi indiquant que les magistrats ont mis à exécution leur décision de rentrer en grève pour 8 jours après celle de trois jours déclenchée le mardi dernier.


Ces magistrats réclament au gouvernement l'application d'un décret présidentiel qui autorise de leur payer des primes de responsabilité depuis le mois de juin dernier.

Les discussions que le syndicat des magistrats a menées la semaine dernière avec le gouvernement n'ont pas satisfaits les magistrats. Car le gouvernement les a avertis de la suspension de l'application de ce décret, en attendant la conclusion d'un accord avec le Fonds Monétaire International (FMI) pour l'exécuter.


Les juges centrafricains n'ont pas accepté cette proposition du gouvernement et ont décidé de se mettre en grève pour huit jours à partir de ce lundi 9 mars.


Beaucoup de justiciables sont nerveux de ce comportement des magistrats qu'ils jugent excessif et manque de patriotisme.


Les magistrats et d'autres corps de l'administration sont payés par la communauté internationale. Certains observateurs pensent que le moment n'est pas propice pour des revendications corporatistes.


Les populations veulent la fin de l'impunité et attendent beaucoup des magistrats pour mettre fin à cela. Leur revendication risque de constituer un blocage pour le processus de retour de la paix dans le pays.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=819001#sthash.XVGQpN1x.dpuf

La grève des magistrats centrafricains entre dans sa deuxième semaine

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 16:23

 

 

 

Par Laurent Correau RFI 09-03-2015 à 14:18

 

En Centrafrique, les consultations populaires à la base ont depuis ce week-end pu atteindre la dernière zone du pays qui leur était restée fermée : l’extrême nord-est. Une équipe de facilitateurs a en effet pu se rendre à Birao, dans la préfecture de la Vakaga. Pour les Centrafricains, ces consultations ont été l’occasion de s’exprimer sur les causes de la crise et les moyens d’y mettre fin.

 

Plusieurs points ont déjà été soulevés par les populations lors de ces consultations. Deux mots reviennent souvent : la sécurité et la paix. A Bria, par exemple, dans l’est, la population a demandé un cantonnement des combattants ex-Seleka. Un cantonnement qui doit être accompagné par la communauté internationale, pour éviter que le dénuement des ex-rebelles ne conduise au racket de la population.

 

C’est une mesure capitale pour Placide Mokosseama, un membre de la société civile de Bria : « Il y a eu une dispersion des membres de la Seleka après qu’ils ont été délogés des bâtiments administratifs par la Minusca et Sangaris. Ils se sont dispersés même dans les villages périphériques. La population est très inquiète et demande que la Seleka soit cantonnée et prise en charge par la Minusca. »

 

L’inquiétude des réfugiés

 

De nombreux réfugiés des pays voisins ont également demandé la mise en place, avant de pouvoir rentrer, d’un processus de DDR (Démobilisation, désarmement, réinsertion) pour neutraliser les groupes armés. Une préoccupation que comprend très bien la ministre de la Réconciliation nationale, Jeannette Dethoua : « Beaucoup de réfugiés réclament que le DDR devienne une réalité et que l’on puisse désarmer de gré ou de force tous les porteurs d’armes illégales afin de leur permettre de rentrer et de vivre paisiblement en République centrafricaine. »

 

A Kaga Bandoro, au nord, les consultations ont évoqué les problèmes de sécurité alimentaire, comme l’explique Eloi Anguimaté, le « ministre résident » qui a conduit les deux jours de consultations sur place la semaine dernière : « C’est une population qui a peur. Les semences ont été consommées ou détruites. Les champs ont très souvent étaient piétinés par les bœufs qui sont en transhumance et la famine menace cette région. »

 

Stopper le cycle de violences

 

A Bossangoa, la grande ville du nord-ouest, les consultations à la base ont notamment soulevé la question du développement économique pour enfin enrayer la mécanique de la crise. Monseigneur Nestor Aziagbia, évêque de Bossangoa, craint que si rien ne change, le cycle de violences ne prenne jamais fin : « La population de Bossangoa a surtout insisté sur la prise en compte des causes réelles de cette crise qui sont la pauvreté et la misère. Donc, comment engager un processus de développement pour occuper utilement la population qui sans moyen et sans ressource va reprendre la rébellion ? »

 

La lutte contre l’impunité a également été largement évoquée par les populations. Des témoignages et des images d’exactions ont été collectés par les équipes.

 

Nouvelle étape : le Forum de Bangui

 

Ces consultations ont représenté un véritable défi logistique et sécuritaire dans un pays comme la Centrafrique. Une partie de l’ex-Seleka avait décrété que les consultations n’auraient pas lieu dans les zones sous son contrôle. La Mission des Nations unies en Centrafrique a du coup largement appuyé le processus. Et suite à une intervention musclée des forces internationales, l’accès à l’est de la Centrafrique a été ouvert.

 

Désormais, les rapports issus des différentes consultations vont être compilés et vont permettre de préparer le Forum de Bangui. Un forum de réconciliation dont la date n’est pas encore connue pour l’instant. Antoinette Montaigne est ministre conseillère de la présidente de la République, chargée du suivi de la réconciliation. « Quand il y a une crise aussi profonde avec un risque de dislocation nationale, il est important d’aller construire un nouveau pacte social pour que le pays puisse redémarrer sur de bonnes bases, explique-t-elle. La commission préparatoire de ce forum est en train de s’organiser pour définir toutes les modalités de participation de manière à ce que ce moment permette à toutes les sensibilités nationales de s’exprimer. »

RCA: les consultations populaires enfin possibles dans le nord-est

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 12:23

 

 

 

(Nairobi) lundi 9 mars 2015.– Les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, dont une délégation entamera sa première visite en République centrafricaine le 9 mars, devraient dénoncer publiquement les attaques persistantes perpétrées contre les civils, notamment contre les musulmans pris au piège dans des enclaves, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Le Conseil de sécurité devrait rappeler à toutes les parties au conflit que les personnes responsables de ces crimes devront rendre compte de leurs actes.


« Cette visite est l’occasion pour les membres du Conseil de sécurité de l’ONU d’intervenir et d’affirmer à ceux qui commettent des atrocités en République centrafricaine que le temps de l’impunité est révolu », a déclaré Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. « L’amélioration de la protection des civils et la garantie de la justice pour les meurtres brutaux qui ont ravagé le pays devraient figurer en priorité de leur agenda. »

  
La délégation du Conseil de sécurité de l’ONU passera près de 36 heures en République centrafricaine, où elle rencontrera des autorités du gouvernement de transition, des hauts responsables de la mission de l’ONU pour la consolidation de la paix (MINUSCA), ainsi que des représentants d’organisations non gouvernementales. Les forces de maintien de la paix de l’ONU ont pris la suite des forces de maintien de la paix de l’Union africaine le 15 septembre 2014, avec pour mandat de protéger les civils et de faciliter la transition politique dans le pays.

La République centrafricaine traverse une crise profonde depuis que les rebelles de la Séléka, musulmans pour la plupart, se sont emparés du pouvoir en 2013, lors d’une campagne marquée par des violations des droits humains généralisées. À la mi-2013, des groupes se désignant eux-mêmes sous le nom d’anti-balaka se sont soulevés pour combattre la Séléka. Les anti-balaka, qui nourrissent une haine contre les musulmans, ont d’abord commis des attaques à grande échelle en représailles contre des civils musulmans et plus tard contre d’autres personnes. Un gouvernement de transition a été mis en place, mais les attaques contre les civils demeurent alarmantes et largement répandues.


Le cycle meurtrier de violence sectaire a dévasté des régions situées dans l’ouest du pays en 2013 et 2014. Cela a provoqué l’exode massif d’environ 415 000 personnes, musulmanes pour la plupart, vers les pays voisins. Depuis juin 2014, la violence sectaire s’est étendue à des régions du centre et de l’est du pays. Au sein et aux alentours de la ville de Bambari ainsi que dans d’autres parties des préfectures d’Ouaka et de Nana-Gribizi, des attaques contre des civils sont signalées presque quotidiennement. Un cessez-le-feu entre les parties au conflit, signé en juillet 2014 à Brazzaville, République du Congo, est resté largement ignoré.


En septembre 2014, Human Rights Watch a documenté  le meurtre d’au moins 146 personnes depuis juin au sein et autour des villes de Bambari, Bakala, Mbres et Dekoa. Ce chiffre ne représente qu’une fraction du nombre total de meurtres rapportés étant donné que de nombreux massacres ont eu lieu dans des zones reculées, difficiles d’accès. Si les forces de maintien de la paix de l’ONU ont amélioré la protection des civils à Bangui, la capitale, ainsi que dans des parties de l’ouest du pays, elles ont eu du mal à remplir leur mandat dans les zones centrales et orientales du pays.


Le rétablissement de l’État de droit représente un défi immense pour les autorités du gouvernement de transition et pour les forces de maintien de la paix de l’ONU. Le système judiciaire national a été ravagé par les conflits successifs, ainsi que par le manque de ressources et d’expertise pour traiter des crimes graves. En septembre, suite à une saisine de la  Cour pénale internationale (CPI) par le gouvernement de transition centrafricain, la Procureure de la CPI a ouvert une enquête sur les crimes commis depuis janvier 2012.


Le Conseil national de transition – le parlement intérimaire de la République centrafricaine – devrait entamer des discussions dans la semaine du 8 mars sur un projet de loi visant à créer une Cour pénale spéciale au sein du système judiciaire national qui comprendrait des juges et du personnel nationaux et internationaux. Cette cour spéciale complèterait le travail de la CPI et jugerait les auteurs de crimes graves.  

« Il est crucial de s’attaquer à l’impunité endémique régnant en République centrafricaine afin d’obtenir une paix à long terme », a déclaré Daniel Bekele. « Les membres du Conseil de sécurité devraient non seulement exprimer tout leur soutien à la CPI, mais ils devraient également garantir un soutien financier aux efforts innovants de la part du gouvernement de transition pour s’assurer que justice soit rendue aux victimes. »


Les membres du Conseil de sécurité devraient également profiter de leur visite pour évoquer le calvaire de centaines de résidents musulmans pris au piège dans des enclaves dans l’ouest de la République centrafricaine.


Dans l’enclave de Yaloké, environ 500 bergers peuls musulmans vivent dans des conditions déplorables, et le nombre de décès évitables va croissant. Depuis février 2014, au moins 44 Peuls musulmans, des enfants pour la plupart, sont morts de malnutrition, de maladies respiratoires et autres maladies. Depuis décembre, les distributions de denrées alimentaires dans cette enclave ont augmenté et quelques enfants ont pu être réunis avec leurs familles. Mais il n’y a toujours aucune solution pour la majorité des autres. 


Des agences humanitaires de l’ONU et Human Rights Watch ont appelé à maintes reprises à l’évacuation des musulmans pris au piège, qui ont clairement exprimé le souhait de partir. Le gouvernement s’oppose à toute nouvelle évacuation de musulmans sans son consentement, craignant d’être considéré comme contribuant à un nettoyage ethnique.


 Les autorités du gouvernement de transition et les forces de maintien de la paix de l’ONU empêchent les musulmans de fuir à l’étranger, ou ne fournissent aucune aide sécuritaire lorsqu’ils tentent de partir. La police viole le droit des citoyens musulmans à la liberté de mouvement dans leur propre pays et à chercher asile à l’étranger.

« Les forces de maintien de la paix ne devraient pas se rendre complices de mesures empêchant les musulmans de quitter Yaloké ou tout autre enclave, et elles devraient plutôt les aider à partir dans la dignité et en toute sécurité », a indiqué Daniel Bekele. « Les membres du Conseil de sécurité doivent signifier aux autorités gouvernementales de revoir des politiques qui violent les droits des musulmans à rechercher la sécurité à l’étranger. »


Les membres du Conseil de sécurité devraient également se pencher sur l’obligation de rendre des comptes pour les exactions commises par des forces du maintien de la paix de l’UA. Le Conseil de sécurité devrait insister pour que soient conclues rapidement les enquêtes sur les exécutions sommaires de 11 à 18 personnes perpétrées à Boali en mars 2014, et sur la mort de deux combattants anti-balaka qui ont été torturés à Bossangoa en décembre 2013 par des militaires de la République du Congo déployés dans le cadre de la mission de maintien de la paix de l’Union africaine, avant que l’ONU ne prenne la suite.


« Garantir que justice soit rendue pour tous les crimes commis en République centrafricaine, que ce soit par les groupes armés ou par les forces de maintien de la paix, est crucial pour une stabilité future », a conclu Daniel Bekele.

République centrafricaine : Visite d’une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU  (HRW)

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Centrafrique-Presse.com
9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 01:39

 

 

 

http://afrikarabia.com   08 mars 2015 par Christophe RIGAUD

 

Trois forces internationales, dont la réduction est programmée, ne parviennent pas à améliorer la sécurité de la capitale centrafricaine, analyse Thierry Vircoulon d’International Crisis Group (ICG). Une situation préoccupante à l’approche du forum de Bangui qui doit mettre les groupes armés autour d’une table et lancer le processus politique.

 

- Afrikarabia : Au moment où la force française Sangaris vient de réduire ses effectifs de 300 hommes et où la mission de l’Eufor RCA prendra fin le 15 mars prochain, quelle est la situation sécuritaire à Bangui ?

 

- Thierry Vircoulon : Malgré la présence de trois forces internationales sur le terrain (ONU, Sangaris et Eufor), il y a encore plusieurs abcès de fixation sécuritaire à Bangui. Il y a premièrement toujours une présence résiduelle d’ex-Séléka dans le camp militaire de Béal et de RDOT, avec un problème particulier à Béal, qui est la présence d’une forte quantité d’explosifs. Les membres de l’ex-Séléka ne veulent pas quitter ce camp et essaient de monnayer leur départ, avant de pour pouvoir dépolluer ce site qui est très proche du centre-ville. Le deuxième abcès de fixation est le PK5, qui reste une enclave de musulmans, plus ou moins assiégés et armés. Troisième problème : la présence de milliers d’anti-balaka qui sont particulièrement actifs dans les quartiers de Combattants, Fouh, Gobongo et leur fief de Boy Rabe. Ce que les habitants de Bangui ne comprennent pas, c’est la surabondance de moyens militaires au regard de l’insécurité qui règne toujours dans la capitale. La présence des anti-Balaka se traduit maintenant par une délinquance très forte, puisque ce groupe fonctionne désormais sur le mode de la criminalisation, et le maintien d’ex-Séléka armés au PK5 apporte toujours une justification aux anti-Balaka. Bangui n’a donc pas été désarmée et elle connait une recrudescence de délinquance.

 

- Afrikarabia : Comment expliquer que les belligérants ne sont toujours pas désarmés à Bangui, alors que les troupes internationales présentes avaient mandat pour le faire, y compris par la force ?

 

- Thierry Vircoulon : Il y a eu un vrai blocage. Les forces internationales, y compris françaises, nous disent qu’elles n’ont pas assez d’effectifs pour faire du désarmement forcé. Etrangement, les Nations unies, qui sont beaucoup plus nombreux, estiment que le désarmement forcé ne fait pas partie de leur mandat, alors que lorsqu’on lit la résolution des Nations unies, on se rend compte du contraire. Au final, personne n’a voulu faire du désarmement forcé à Bangui. Il faut également noter que le désarmement-relocalisation des Séléka, qui était le but de l’opération française Sangaris, n’a pas été achevé puisqu’on trouve encore des ex-Séléka résiduels à Bangui.

 

- Afrikarabia : Est-ce que ce désarmement peut être effectué par la Minusca, qui prend peu à peu le relai sur le terrain ?

 

- Thierry Vircoulon : A l’avenir, il va falloir penser le désarmement, pas seulement sous l’aspect du DDR (désarmement-démobilisation-réinsertion), mais être inventif sur le désarmement communautaire. Les armes ne sont plus seulement dans les mains des groupes armés, mais maintenant, elles sont dans les mains de la population ! Une autre source de préoccupation concerne le DDR : il risque de ne pas prendre en considération les anti-Balaka et de n’absorder que des Séléka, ce qui sera évidemment problématique.

 

- Afrikarabia : Que doit-on attendre du forum de Bangui qui se profile pour le mois d’avril ?

 

- Thierry Vircoulon : Ce que l’on attend avant tout de ce forum, c’est bien sûr un accord entre les groupes armés et qu’ils rendent les armes. On attend aussi du forum qu’il se prononce sur les critères d’éligibilité en vue des prochaines élections. Le forum devra aussi définir le périmètre de la lutte contre l’impunité.

 

- Afrikarabia : Où en est-on du processus politique ?

 

- Thierry Vircoulon : Le processus politique a commencé. Il y a eu des discussions sur un projet de nouvelle Constitution. Mais je voudrais dire sur ce point qu’il faudrait que les internationaux soient cohérents avec eux-mêmes. Ils ont souhaité un processus politique qui comporte le forum de Bangui, avec peut-être un référendum constitutionnel et après des élections… ils doivent donc sécuriser ce processus. Le retrait de l’Eufor RCA de Bangui et l’annonce de la réduction des effectifs de Sangaris par le ministre français de la Défense, semblent assez incohérents avec le lancement d’un processus politique.

 

- Afrikarabia : La tenue d’une élection présidentielle cet été paraît-elle toujours réaliste ?

 

- Thierry Vircoulon : Elle est tout à fait irréaliste. Il faut plus compter sur 2016 que sur 2015.

 

- Afrikarabia : Les négociations informelles de Nairobi entre les anciens présidents Bozizé et Djotodia risquent-elles de parasiter le forum de Bangui, dans la mesure où elles sont censées remettre en selle les deux ex-présidents centrafricains ?

 

- Thierry Vircoulon : Il y a unanimité dans la classe politique et la société civile à Bangui pour rejeter le retour Michel Djotodia et de François Bozizé. Il est clair que les négociations de Nairobi sont utilisées comme un geste de bonne volonté des deux ex-présidents pour se faire accepter au forum de Bangui et dans le processus électoral à venir. Mais à Bangui, beaucoup pensent que ceux qui ont été leurs bourreaux n’ont pas de place dans la discussion sur l’avenir de la Centrafrique.

 

- Afrikarabia : Le temps joue-t-il plus en faveur d’un camp plutôt qu’un autre ?

 

- Thierry Vircoulon : Le fait que les anti-Balaka s’adonnent à la criminalité joue contre eux auprès de la population centrafricaine. A Bangui leur image de « patriotes » est fortement ternie par les crimes qu’ils commettent. Idem pour les ex-Séléka. Plus ces groupes vont se criminaliser, moins la population centrafricaine va les soutenir.

 

Propos recueillis par Christophe RIGAUD – Afrikarabia

 

Lu pour vous : Centrafrique : « Bangui n’est ni sécurisée ni désarmée » : Thierry Vircoulon (ICG)

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 01:37

 

 

Par RFI  07-03-2015 à 14:44

 

Comment favoriser le retour des déplacés en Centrafrique ? Aujourd'hui, ils sont encore 50 000 rien que dans la capitale, Bangui, dont 20 000 dans le seul camp de déplacés de M’Poko, situé au niveau de l’aéroport. C'est autant qu'en septembre dernier. Le gouvernement aimerait fermer ce site, mais de nombreux obstacles empêchent encore le retour : sentiment d’insécurité, précarité économique, etc. Pour renforcer la cohésion sociale et inciter les déplacés au retour, depuis plusieurs semaines, l’ONG Première urgence aide médicale internationale (PU-AMI) organise des visites pour ces déplacés dans leurs anciens quartiers. Reportage dans le 3e arrondissement de Bangui.

 

Ils étaient une trentaine ce jour-là, à parcourir à pied leur ancien quartier. Au programme, visite du centre de santé, de l’école, rencontre avec les autorités locales, mais aussi discussions avec d’anciens voisins restés sur place, chrétiens ou musulmans. Leur objectif : faire tomber les barrières entre communautés.

 

« On est allés vraiment partout, raconte Berthe, qui n'était plus revenue chez elle depuis 13 mois. Avec les musulmans, on s’est croisés, salués, causés, y'avait un papa là qui nous a bien reçus, vraiment. Il faut qu’on pardonne nos cœurs, les musulmans ont dit comme ça. »

 

Aujourd'hui, Berthe dit avoir retrouvé la confiance et être prête pour franchir le pas du retour. Mais à deux conditions : que les autorités sécurisent davantage son quartier parfois exposé aux pillages et l'aident à reconstruire sa maison incendiée.

 

« Toutes les maisons sont détruites, ajoute Régis, un autre réfugié du camp M'Poko. Il y a le problème de l'électricité, le problème de l'eau et puis le quartier est devenu maintenant la forêt. Donc s'il y a une aide pour nous aider à enlever la forêt et reconstruire la maison, je pourrai retourner dans mon quartier. »

 

Plusieurs chantiers de reconstruction sont en cours à Bangui. Mais la tâche est immense. Et chacun sait que le processus risque de durer encore de longs mois.

Toujours 50 000 déplacés centrafricains à Bangui

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 01:35

 

 

 
Rebecca Tickle  9 mars 2015

 

Depuis que la guerre a commencé contre Boko Haram au nord du Cameroun, on ne sait pas vraiment ce qui s'y passe et surtout quels sont véritablement les enjeux. Dans une atmosphère cette fois institutionnellement francophobe, on peine parfois à saisir qui fait quoi et pourquoi.


Certains disent que « la déstabilisation du Cameroun vient de la volonté de la France et de ses complices camerounais d´exploiter sans partage le plus grand gisement d´uranium au monde.»


Malgré l'évidence d'une propagande populiste en faveur d'un Paul Biya aux abois qui n'a jamais aimé le peuple camerounais, on ne peut nier que la France, protectrice inconditionnelle jusque là du régime de Biya, ne fait jamais rien sans calculer en Afrique. Françafrique oblige.


Ce qui intéressera bon nombre sera la nature de ces "complices" camerounais. A vrai dire, ce n'est pas la chute probable de Biya qui devrait réjouir, mais plutôt de savoir quelle clique viendra après lui, si ce n'est pas la même. En tout cas, cela interpellera ceux qui pensent que la fin de Biya résoudra le problème du Cameroun, ou qu'une autre clique fera mieux que lui. La vérité est que l'argent appelle l'argent et que le rouge monte aux yeux à la vitesse de l'éclair. Les populations ne sont même pas un alibi pour les suivants. Le "choix du peuple", de la foutaise. Elles sont superflues dans ces histoires et paient toutes seules le prix de la braderie et de l'empoisonnement de leurs terres.


En attendant, Boko Haram, la peste régionale originaire du Nigeria voisin, a dépassé les frontières et sème la désolation dans les villages frontaliers du nord camerounais. L'armée nationale est sur place pour défendre l'intégrité du territoire national. Le sacrifice suprême est devenu quotidien, autant pour les soldats que pour les civils. Les Camerounais soutiennent "leur armée", ce BIR (Brigade d'intervention rapide) qui a plutôt été jusque là utilisé par Biya pour mater les Camerounais lors de manifestations ou de risques de révoltes.

 
Mais encore...


Poli. Un bled paumé de 5 700 âmes, à 136 km de Garoua, chef-lieu du département de Faro, région du Nord. Le coin est considéré par les connaisseurs comme un scandale géologique. Les longues chaînes de montagnes qui ceinturent le département regorgent d’importants gisements, notamment d’uranium et d’or.

Le paradoxe entre les importantes ressources minières que renferme le sous-sol de Poli et la relative pauvreté dans laquelle vit sa population n'a rien à envier à la psychose qui s'en est emparé depuis quelques années.


Au Cameroun, on dénombre 23 réserves d'uranium actuellement en phase d'exploration dont le gisement des monts Kitongo, à environ 12  km de Poli, localisé pour la première fois en 1958.


C'est en 2006, que la Nu Energy Corporation Cameroon, filiale de Mega Uranium Limited basée au Canada, s'intéresse au minerai des monts Kitongo et obtient l'autorisation de l'explorer.


Sans savoir exactement ce qui se trame depuis des années, la population locale et avec elle les experts, est consciente des risques sanitaires, particulièrement les maladies cancéreuses, et environnementaux liés à l'exploitation de l'uranium dans les sommets des monts Kitongo. On craint la contamination de l'air et de l'eau, sans compter l'émission de gaz toxiques. On sait aussi que la population devra faire avec les expropriations et les déplacements forcés des habitants d'au moins 12 villages des environs.


Deux principaux projets euranifères sont en cours au Cameroun, soit à Kitongo au Nord, avec une réserve probable de 13 125 tonnes, et à Lolodorf au Sud avec des réserves probables de 11 000 tonnes. Selon les experts, la teneur minimale du gisement est de 0,10%, alors que les concentrations en uranium des gisements connus dans le monde sont comprises entre 0,05 et 0,50%.


La guerre provoquée au nord par Boko Haram, avec un Deby qui accourt sur le territoire camerounais, au secours de son voisin détesté, style "loup dans la bergerie", alors que les évidences de sa complicité avec Boko Haram se sont accumulées, a de forts relents d'agendas cachés, on s'en doutait. Mais aussi un gout très amer de déjà vu et de chronique annoncée de sang et de désolation au long cours.

Dans tous les cas, Paul Biya n'est pas en train de se battre contre Boko Haram pour protéger le peuple camerounais et son territoire.

Lu pour vous : Cameroun : Uranium au parfum de poudre à canon

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