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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 21:59
L’embargo sur les armes allégé pour la Centrafrique
L’embargo sur les armes allégé pour la Centrafrique
L’embargo sur les armes allégé pour la Centrafrique

Lu pour vous

 

http://club.bruxelles2.eu/ 10 avril 2020  Leonor Hubaut

 

(B2) Depuis la mi-mars, les Européens ont introduit une nouvelle possibilité d'exporter des armes vers la République centrafricaine depuis décembre 2013. Ils suivent ainsi la décision prise au plan international le 31 janvier. Après une dure bataille entre grandes puissances. Cette levée partielle de l'embargo, la seconde après celle de septembre 2019, est une étape importante

Un état des lieux mitigé

La décision s'appuie sur le rapport du groupe d’experts de l'ONU sur la République centrafricaine (RCA), publié le 14 décembre 2019. Les experts y précisent que « le trafic d’armes par les groupes armés se poursuit effectivement ». Mais ils pointent également que « le nombre d’armes lourdes en leur possession reste cependant faible ».

Quant à l'équipement des forces centrafricaines, le tableau dressé par les experts note des lacunes. Pour les forces armées (FACA), « les dons d’armes et de munitions par la Fédération de Russie et la France en 2018 et 2019 suffisent quasiment à couvrir les besoins en armes légères et de petit calibre », jugent les experts. Cependant, « les forces de sécurité intérieure ont toujours cruellement besoin d’armes et de matériel de maintien de l’ordre ». Malgré les dons de matériel non létal, notamment de véhicules, d’uniformes et d’outils de communication, « le soutien logistique aux membres déployés des FACA et aux forces de sécurité intérieure demeurait insuffisant ».

Centrafrique et Russie en faveur d'un assouplissement majeur

Si la résolution est défendue par la France, à la manœuvre sur ce texte, comme un « bon compromis », Russie et Chine se sont abstenues au moment du vote. L'ambassadeur russe, favorable à un assouplissement plus significatif, a souligné que « cet embargo fait obstacle au réarmement de l’armée centrafricaine, alors que celle-ci a la responsabilité de protéger les civils ». Un message qui fait écho aux demandes des propres institutions centrafricaine qui insistent sur le besoin de s'équiper pour faire face aux activités criminelles, alors que « rien n'empêche les fauteurs de troubles de s'armer grâce à la contrebande ». Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a ouvertement réclamé la levée totale de l'embargo à Sotchi, pour le sommet Russie-Afrique de novembre 2019 (lire : La Russie à la reconquête de l’Afrique).

Priorité : équiper les forces centrafricaines 

L'embargo connaissait plusieurs exceptions depuis son établissement, pour la livraison de matériel aux missions internationales présentes dans le pays : celle de l'ONU (Minusca) et l'européenne (EUFOR RCA puis EUTM RCA) ou aux forces soudanaises et tchadiennes qui participent aux patrouilles de la force tripartite. Le point délicat de l'exception, négociée en septembre 2019, est maintenu : il est possible à la RCA d'importer des armes de calibre égal ou inférieur à 14,5mm et des munitions et composants spécialement conçus pour ces armes, ainsi que des véhicules militaires terrestres non armés. Ces équipements sont destinés aux forces armées centrafricaines, pour leur permettre de reprendre le contrôle de leur territoire.

Après les armes, voie libre aux blindés 

La nouveauté, et flexibilité supplémentaire apportée dans cette décision, est la possibilité de livrer des « véhicules militaires terrestres montés d’armes de calibre égal ou inférieur à 14,5 mm, destinés aux forces de sécurité centrafricaines, dont les services publics civils chargés du maintien de l’ordre ». Il est stipulé que ces véhicules ne pourrons être « utilisés exclusivement aux fins de la réforme du secteur de la sécurité ou de l’appui à celle-ci ». Après avoir pointé les problèmes sécuritaires dans le nord du pays, l'ambassadrice centrafricaine à l'ONU a déclaré que « doter les forces de défense et de sécurité de moyens roulants leur permettra une mobilité assurée dans les zones d’insécurité et facilitera une intervention rapide auprès des civils en détresse ».

Une décision valable six mois 

Outre la bataille sur les points précis de la levée de l'embargo, c'est également sur sa durée que les diplomates se sont affrontés. Le régime d'embargo adapté a finalement été ramené à 6 mois, au lieu d'un an. L'objectif étant de pouvoir ajuster la décision en juillet prochain, et pouvoir alors décider d'une prolongation d'un an. Ceci permettra de ne pas faire de l'embargo un enjeu en vue des élections législatives prévues en décembre 2020 en RCA. Les représentants du Niger, de la Tunisie et de l’Afrique du Sud, « les A3 » du Conseil de sécurité, ont ajouté que ces sanctions ne sont pas une fin en soi, mais plutôt l’expression de « notre engagement pour une transition du pays vers la stabilité et la paix ».

Une décision déjà transcrite en droit européen 

Cette résolution de l'ONU a été transposée dans l'Union européenne par une décision adoptée le 17 mars 2020 par le Conseil de l'UE durant la période de confinement, publiée le jour même dans un addendum au journal officiel (L 80i) et applicable dès le lendemain.

(Leonor Hubaut)

 

Télécharger la résolution 2507  du Conseil de sécurité de l'ONU du 31 janvier 2020 et la décision de l'UE du 17 mars 2020

 

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 15:30
Pâques 2020 par Abbé Joseph Marie Ngoui Akandji Père spirituel, Séminaire St Paul Bangui

 

Dimanche

Pâques 2020

12 Avril

"Il est vraiment ressuscité, Alléluia!"

Chers frères et sœurs en Christ,

Bonne et sainte fête de Pâques à tous. Le Christ est vraiment ressuscité, Alléluia.

"Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts? Il n'est pas ici, il est ressuscité." Ce reproche de l'Ange de Dieu s'adresse non seulement à ces dames de Galilée mais  à nous tous qui croyons à Notre Seigneur Jésus-Christ (Luc 24, 5-6). Oui, les femmes constatent que le tombeau est vide. Toutes tremblantes mais aussi toutes joyeuses (souligne l'Evangéliste) les voilà qui courent annoncer la Bonne Nouvelle aux disciples. Pierre et Jean arrivent eux aussi en courant. Ils constatent que les femmes ont dit vrai : le tombeau est bien vide; seuls les linges sont là. "Pierre retourne chez lui tout étonné de ce qui était arrivé" (Luc 24, 12).

Chers frères et sœurs,

Allons-nous aussi ce matin, avec Pierre, Jean et les saintes femmes de Galilée, nous tenir devant le tombeau du Seigneur Jésus-Christ.

Chers frères et sœurs, chrétiens et chrétiennes de Centrafrique, avouons que c'est avec un cœur serré, un cœur douloureux que nous célébrons ce mystère pascal. Oui, avec cette pandémie de Covid-19; pour la première fois, la célébration de la Semaine Sainte et de la Pâques 2020 dans notre Eglise de Centrafrique ne connaitront pas leur grande solennité, leur éclat festif. Mais nous chrétiens, chrétiennes, croyants, croyantes, nous savons que notre Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des Vivants. Le coronavirus qui décime le monde n'aura pas le dernier mot. Pâques n'est-elle pas le "passage" de la mort à la vie; de la servitude à la liberté. Tel fut le sens de la sortie des Hébreux de l'Egypte sous la conduite de Moise.

N'est ce pas qu'aujourd'hui, nous aussi nous avons besoin de traverser le désert de l'incroyance, de l'idolâtrie, de l'injustice, de la haine, de la violence, de la guerre, du terrorisme, de la pandémie de "coronavirus". Le Christ est ressuscité. En ces jours où la pandémie de coronavirus sème la terreur et la mort, le Christ-Ressuscité nous invite tous à une vie nouvelle, nous qui croyons en la puissance et à la gloire de celui qui a dit "Je suis la résurrection et le vie" (Jn 11, 25). "Ayez confiance, je suis vainqueur du monde" (Jn 16, 33).

Ecoutons l'Apôtre Paul dans sa lettre aux Romains :

"Frères, nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle nous aussi" (Rm 6, 3-11)

Chers frères et sœurs en Christ,

Nous sommes ressuscités quand nous disons non au péché, nous sommes ressuscités quand nous aimons nos frères et sœurs parce qu'ils sont l'image de Dieu notre Père céleste. Nous sommes ressuscités quand nous pardonnons comme Jésus notre Grand frère a pardonné; quand nous disons la vérité. Nous sommes ressuscités quand nous cessons de voler, de piller, de braquer, de tuer, d'être paresseux, d'être égoïstes; quand nous ouvrons nos mains pour soulager la misère de ceux qui souffrent. Enfin, nous sommes ressuscités quand nous aimons notre pays et travaillons tous, la main dans la main, pour son développement intégral et cela avec abnégation, dévouement et conscience professionnelle.

Alors vous comprenez chers frères et sœurs, pourquoi il ne s'agit pas de rester près du tombeau vide et pleurnicher avec Marie-Madeleine...Non! Non! Jésus-Ressuscité nous invite tous à le rejoindre en Galilée, carrefour des nations, pour une fraternité internationale et universelle (la famille humaine).

Chers frères et sœurs en Christ,

Permettez-moi de conclure notre partage de la parole de Dieu de ce dimanche de Pâques 2020, assombri par le confinement (dû au Covid-19) par cette parole du Pape Emérite (Benoit XVI), je cite : "Dans un monde dominé par l'ombre de la mort, la révélation pascale nous donne le droit de chanter : Alléluia"

Et avec vous tous, chantons ce cantique de Raymond FAU que vous aimez bien :

"Tu es là au cœur de nos vies,

Et c'est toi qui nous fais vivre.

Tu es là au cœur de nos vies,

Bien vivant ô Jésus-Christ."

Bonnes et Saintes fêtes de Pâques à toutes et à tous.

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 15:21
Evariste Ngamana rejette les accusations du KNK
Evariste Ngamana rejette les accusations du KNK

 

Evariste Ngamana rejette les accusations du KNK soupçonnant le régime au pouvoir de vouloir orchestrer l'arrestation de l'ancien président François Bozizé

 

https://www.radiondekeluka.org/ vendredi 10 avril 2020 13:50

 

Evariste Ngamana  est le Porte-parole du Mouvement Cœurs Unis (MCU). Au cours de l'entretien accordé à Jean Fernand Koena, il apporte des éclaircissements sur la récente opération  des Forces de défense et de sécurité dans le secteur du Pk12.

Par ailleurs, il rejette l'idée d'une intention cachée de la part du pouvoir de vouloir arrêter l'ancien président François Bozizé Yangouvonda.

 

https://www.radiondekeluka.org/actualites/politique/35390-evariste-ngamana-rejette-les-accusations-du-knk-soupconnant-le-regime-au-pouvoir-de-vouloir-orchestrer-l-arrestation-de-l-ancien-president-francois.html

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 15:09
Afrique, l’instrumentalisation des élections

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com/ La rédaction de Mondafrique 10 avril 2020

 

 

Dans de nombreux États africains, les élections nationales sont devenues des mirages de la démocratie, permettant à des régimes autocratiques vermoulus de se maintenir, au grand désespoir des populations.

Sauf de rares exceptions, comme récemment en Guinée, le système onusien, les organisations internationales et régionales ainsi que les principaux partenaires techniques et financiers sont avares d’objections pour mettre en cause des processus électoraux manifestement manipulés par les autorités politiques au pouvoir.

Le dogme des élections nationales

Au nom de la démocratie, il faut « aller aux élections « , coûte que coûte, souvent dans des conditions politiques, sécuritaires et sanitaires qui ne permettent pas des élections, libres, transparentes et crédibles.

Ce réflexe pavlovien montre à quel point l’aveuglement et la surdité sont profondément ancrés dans les centres de  décisions bureaucratiques, éloignés des réalités du pays en question.

On retrouve  les mêmes logiciels, les mêmes experts internationaux en élection, occultant les données objectives du rendez-vous électoral. Dans les pays où règne une mauvaise gouvernance endémique, la fièvre électorale accroît les tensions et souvent la violence. Les résultats sont sans surprise, car selon le dicton « on n’organise pas des élections pour les perdre ».

De telles élections, souvent organisées à grands frais, ont-elles améliorées les situations au Mali d’Ibrahim Boubacar Keita (75 ans), en Guinée d’Alpha Condé (82 ans), au Niger de Mahamadou Issoufou (68 ans), au Cameroun de Paul Biya (87ans) en RDC de Joseph Kabila, au Burundi de Pierre Nkurunziza (55 ans), au Congo de Denis Sassou-Nguesso (76 ans), en Centrafrique de Francois Bozizé puis de Faustin-Archange Touadera (63 ans), en Guinée Equatoriale de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (76 ans), au Tchad d’Idriss Deby Itno (67 ans), au Gabon d’Ali Bongo Ondimba (61 ans), en Angola de Eduardo Dos Santos puis de Joao Lourenço (66 ans), au Mozmbique de Filipe Nyusi (61ans)..? Le statu quo doit-il être encore recherché à tout prix ? Ne faut-il pas plutôt revoir le système politique ?

Les détournements du processus électoral 

Sous les yeux des experts et consultants internationaux, généralement du PNUD et de l’Organisation internationale de la Francophonie, les clans présidentiels n’ont aucune difficulté pour mettre en place les obstacles à un processus véritablement démocratique. Ces obstacles seront souvent jugés, a posteriori, par les organisations internationales comme  » n’étant pas de nature à remettre en cause la fiabilité des résultats  

.Dans un premier temps, ces clans, rompus à la corruption et à la prédation, s’assurent de la totale collaboration de la Commission nationale des élections (qui prend diverses appellations avec souvent le qualitatif trompeur d’indépendante) chargée de l’organisation des élections et de la Cour constitutionnelle qui aura à valider les résultats de l’élection. Les nominations dans ces deux organes constitutionnels sont de la seule appréciation du pouvoir exécutif qui maîtrise ainsi l’amont et l’aval du processus électoral. Les tricheries et fraudes peuvent se mettre en place, en toute quiétude.

Pour l’organisation du scrutin proprement dit, les motifs d’élimination des candidats, susceptibles d’être des adversaires dangereux, ne manquent pas. En dernier recours, la voie judiciaire permet leur inéligibilité. Les démembrements de la Commission nationale des élections, au niveau local, se font de manière unilatérale, rendant ainsi les opérations préélectorales difficilement contrôlables.

Le fichier électoral est rarement mis à jour. Dans les États en proie à des rébellions, il est quasiment impossible de l’actualiser. Que deviennent les inscriptions des réfugiés de l’étranger, des déplacés de l’intérieur et tout simplement les disparus ? De même, d’innombrables citoyens ont perdu leur carte d’électeur tandis que des officines s’activent pour en multiplier de fausses. Les bureaux de vote font souvent l’objet d’une surveillance minimale et faute de la présence de mandataires des partis de l’opposition, menacés et donc en nombre insuffisant, ils permettent rarement des votes sincères et libres. Les bulletins dans les urnes ne sont pas toujours uniquement ceux des votants. Quant au dépouillement et à la comptabilisation des bulletins, la vieille citation  de Staline est toujours d’actualité :  » ce qui compte ce ne sont pas les votes, mais ceux qui comptent les votes « .

Les crises post électorales 

Les résultats, parfois qualifiés de  » hold up électoraux » font rarement l’objet d’acquiescements de l’opposition. Le changement par les urnes est très rare. Au Sénégal, Abdou Diouf et Abddoulaye Wade se sont pliés au verdict démocratique des urnes. Ce furent aussi le cas du Nigerian Goodluck Jonathan, du Burundais Pierre Boyoya, du Zambien Rupiah Banda, de la Malawite Joyce Banda, des Béninois Nicephore Soglo et du « Caméléon » Mathieu Kerekou, en 2006 et du Tunisien Moncef Marzouki.

En revanche, d’autres chefs d’Etat s’enfermèrent dans le déni, avant de partir piteusement comme l’Ivoirien Laurent Gbagbo et le Gambien Yahya Jammeh.

Le plus souvent, les élections sont donc fermées à l’alternance et surajoutent une nouvelle crise, mettant à mal l’unité nationale. Des leaders de l’opposition,  probablement floués, ne désarment pas et vont continuer leur combat dans la Rue. Ces personnalités aussi crédibles que le Gabonais Jean Ping, le Camerounais Maurice Kamto, le Congolais de RDC  Martin Fayulu, le Guinéen Cellou Dalein Diallo et le Togolais Agbéyomé Kodjo, feraient-elles mieux que l’actuel locataire du Palais présidentiel dont le bail a été renouvelé ?  On peut se rappeler la victoire, en 2010, du prometteur Alpha Condé, alors âgé de 72 ans où celle de l’accession au pouvoir, à la mort de son père, de Joseph Kabila, alors âgé de 29 ans…Plutôt qu’une simple question de personne pour diriger un pays, peut-être ne faudrait-il pas s’interroger sur la nature du régime politique et l’organisation de l’État.

Des réformes institutionnelles

N’en doutons pas, des bouleversements viendront dans les gouvernances de tous les États de la planète avec les conséquences désastreuses de la pandémie du Covid-19 et de l’effondrement des rentes pétrolières pour certains États. Il y aura également une remise en cause d’un multilatéralisme, beaucoup trop permissif et hors sol, qui a atteint ses limites. Afin d’alimenter le débat, deux pistes peuvent être proposées :

 

1- renoncer à l’extrême présidentialisation 
 

Le mimétisme des institutions françaises a probablement été trop proche de la copie. Si le bicéphalisme de l’exécutif est à conserver, en revanche un régime de type parlementaire, voire semi-présidentiel, garantirait davantage la crédibilité des élections. Dans de tels systèmes, le président de la république n’est plus la clef voûte des institutions. Il n’est plus élu au suffrage universel direct comme en Allemagne, en Italie ou même s’il l’est,   comme au Cabo Verde, il n’est plus le chef de l’exécutif.

La réalité du pouvoir appartient au Premier ministre, chef de gouvernement, qui ne dépend plus du chef de l’État mais reste sous le contrôle d’une Assemblée nationale pluraliste, qui peut le démettre de ses fonctions.

Dans ces conditions, la fonction de chef de l’État, moins attractive, tarit le vivier de candidatures et promeut davantage la sagesse plutôt que les mauvaises pratiques.

Quant aux tricheries et fraudes électorales, elles pourraient se reporter sur les élections législatives. Elles seraient néanmoins plus difficiles, car le contrôle de proximité des citoyens serait plus efficace et le mal-élu ne pourrait pas se protéger avec un parti présidentiel tout-puissant. Quant aux corrupteurs potentiels, leur cible ne serait plus un seul candidat présidentiel national mais des cibles aléatoires parmi les candidats à la députation. Il serait plus difficile de prévoir la nomination du chef de gouvernement qu’aujourd’hui organiser l’élection du président de la république.

 

2- En finir avec la concentration du pouvoir
 

Dans les nombreux Etats devenus quasiment fictifs, le président de la république avec quelques conseillers présidentiels, dont la fidélité est souvent d’origine familiale et tribale, accapare les fonctions normalement dévolues au gouvernement. Avec une primauté du Premier ministre, les ministères  beaucoup moins nombreux, retrouveraient leur vocation première. L’administration pourrait être revitalisée avec des programmes d’objectifs et de moyens, élaborés avec les partenaires financiers et techniques. Le Secrétariat du gouvernement, organe essentiel, coordonnerait ces programmes  et les évaluations des ministères. Enfin de parfaire la déconcentration, les services extérieurs des ministères, souvent disparus depuis des lustres, seraient remis en place dans les régions, les départements et certaines communes. Les autorités déconcentrées de l’État (préfet) assureraient la tutelle des nouvelles collectivités territoriales, issues des élections locales. Déconcentration et décentralisation sont intimement liées. Ces collectivités territoriales feront le maillage du territoire national, laissé tellement en jachère. Les élections locales doteront les communes et les régions d’organes exécutif et délibératif représentant enfin les populations. Selon les pays, les chefs coutumiers reconnus pourraient retrouver leur place dans le dispositif administratif. Les projets locaux et régionaux seraient sérieusement pris en compte et réalisés effectivement car élaborés en fonction des priorités locales  sous la pression de la population. La Coopération décentralisée avec les collectivités des pays du Nord accompagnerait ce développement local et territorial.

Avec de telles réformes, à la fois institutionnelles et administratives, les élections présidentielle, législatives et régionales pourraient retrouver leur vocation d’origine qui est faire vivre la démocratie et non pas quelques centaines de personnes autour du président de la république. Le moment est bientôt venu de mettre fin à cette mascarade.

 

LIRE AUSSI LE RAPPORT DE HRW SUR LE DERNIER SCRUTIN EN GUINEE

https://www.hrw.org/fr/news/2020/04/10/guinee-un-referendum-entache-de-violences

 

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 14:45
Coronavirus, la surprenante résilience de l’Afrique

Lu pour vous 

 

Coronavirus, la surprenante résilience de l’Afrique

 

https://mondafrique.com/ La rédaction de Mondafrique 10 avril 2020

 

 

«Le virus pourrait faire des millions de morts en Afrique.» Telle est la prophétie des Nations unies suivie par d’autres prédictions tout aussi anxiogènes des stratèges du Quai d’Orsay, de l’OMS et d’une kyrielle «d’experts» patentés. Pourtant, le feu de brousse prédit ne prend pas, comme l’analyse pour nos confrères de Sputnik Leslie Varenne, directrice de l’Iveris.

Source :Sputnik

Alors qu’elle n’avait pas vocation à être rendue publique, une note diplomatique intitulée «L’effet pangolin: la tempête qui vient d’Afrique?» circule abondamment sur le Net. Cette note provient du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS), un centre directement rattaché au ministre des Affaires étrangères.

On ne badine pas avec la mort…

Dès le titre, qui sied mal à une note diplomatique, le ton est donné et un premier postulat est posé. «L’effet pangolin» consiste à prendre pour acquis le fait que la pandémie se répande en Afrique comme une traînée de poudre. Les auteurs promettent une «onde de choc à venir» et parient sur «le nombre trop élevé de décès».

Les analystes du Quai d’Orsay ne sont pas les seuls à se faire les chantres du catastrophisme. Dès le 18 mars, alors que l’Afrique tout entière ne comptait pas encore 500 cas, l’OMS appelait le continent «à se préparer au pire».

Dix jours plus tard, alors que la propagation du virus ne grimpait toujours pas en flèche, comme tous les «experts» s’y attendaient, le secrétaire général de l’ONU déclarait que «la maladie est en train de se développer rapidement aussi en Afrique, il faut une mobilisation gigantesque». Sans cette mobilisation internationale, sans cette «priorité absolue», Antonio Guterrez craignait donc qu’il y ait «des millions de morts».

Dans la culture occidentale, les chauves-souris sont souvent assimilées à la nuit avec une connotation de malheur ou de mort. Dans la catégorie «oiseaux de mauvais augure» se trouvent aussi une palanquée d’experts médicaux. Ainsi, le 3 avril, alors qu’à cette date le compteur des cas en Afrique affichait 7.177,  un épidémiologiste en annonçait, lui, 10.000 et déclarait:

«Le coronavirus est en train de se diffuser de façon massive en Afrique», sans  pour autant s’appuyer sur des données précises.

Il aurait eu des difficultés à le faire car l’évolution des chiffres ne montre pas de flambée. Au 13 mars, le continent comptait 200 cas; au 6 avril, les compteurs en affichaient 9.310 pour une population de plus de 1,3 milliard d’habitants. Compte tenu du manque de structures sanitaires, de la promiscuité, des comorbidités existantes et fréquentes –sida, hypertension, diabète–, la vitesse de propagation aurait dû être fulgurante et ressembler à celle des États-Unis. Ces derniers sont passés en un mois, entre le 6 mars et le 5 avril, de 236 cas à 336.673 pour une population quatre fois inférieure à celle de l’Afrique. 

Par ailleurs, toutes ces institutions et tous ces «experts» commettent la même erreur: ils citent toujours l’Afrique comme une entité alors que le continent compte 55 États. Il existe de très fortes différences d’imprégnation du virus entre des pays d’un même continent, ce n’est pas différent en Afrique. Dans ces conditions, évoquer une hécatombe africaine fait preuve, au mieux, d’une grande maladresse.

La nuit n’est pas si noire

Les cinq pays les plus touchés –Afrique du Sud, Algérie, Maroc, Égypte et Cameroun– comptent, à eux seuls, 5.912 cas, soit 70% des infections déclarées. Bien sûr, il est toujours possible d’arguer que les États ne réalisent pas ou peu de tests et donc que les chiffres ne sont pas conformes à la réalité. Cependant, ils ne sont pas les seuls à manquer de tests et aucun pays ne peut se targuer de la plus grande transparence. Par ailleurs, les États africains n’ont aucun intérêt à minorer le nombre de malades car ils comptent sur l’aide internationale qui sera versée aux plus affectés. Enfin, si la maladie se propageait massivement, cela ne pourrait être caché. Comme dans les pays les plus touchés –France, Espagne Italie–, toutes les familles auraient une connaissance ou un parent affecté par le virus, ce qui n’est, encore une fois, pas le cas.

Cela ne veut pas dire, bien entendu, que le coronavirus ne circule pas sur le continent, qu’il ne faut pas s’en protéger, qu’il ne faut pas s’y préparer. Cela signifie seulement que la majorité des pays africains résiste mieux à l’épidémie. Les raisons en sont encore mal connues, plusieurs hypothèses sont avancées: l’immunité grâce aux anticorps acquis pour se protéger des nombreuses bactéries en circulation; la jeunesse des populations; la prise de chloroquine pendant de nombreuses années (même si cet antipaludéen n’est plus utilisé aujourd’hui); le vaccin contre la tuberculose, toujours obligatoire dans nombre de pays africains et qui pourrait, selon des études menées actuellement, protéger du Covid-19. 

Enfin, toujours dans le registre des nouvelles rassurantes, il ne faut pas oublier non plus qu’Ebola est passé par là. Gouvernements et populations connaissent les épidémies et ne sont donc pas totalement démunis. En outre, nombre d’États comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou le Burkina Faso ont adopté le protocole du professeur marseillais Didier Raoult, associant chloroquine et azithromycine. Dans ces deux derniers pays, des unités de fabrication de chloroquine sont en train d’être lancées.

Les printemps corona?

Malgré tous ces faits incontestables, c’est pourtant sur les prévisions les plus alarmistes que se basent les stratèges du Quai d’Orsay pour bâtir leurs prospectives. À la crise sanitaire s’ajouterait «une crise de trop qui déstabilise durablement, voire qui mette à bas des régimes fragiles (Sahel) ou en bout de course (Afrique Centrale)». Comme si le coronavirus allait soulever des tempêtes populaires qui ouvriraient (enfin?) la voie aux alternances en Afrique centrale et balayeraient les pouvoirs illégitimes et honnis.

Ce n’est pourtant pas ce qui se profile. Nombre de «régimes», comme les nomme assez peu diplomatiquement le CAPS, en profitent pour renforcer leur pouvoir en durcissant leurs prérogatives sécuritaires. Le premier danger qui s’annonce est bien celui d’une consolidation des pouvoirs autocratiques plutôt que l’avènement d’un «printemps corona».

La tempête qui vient

Cette note, sa méconnaissance des pays africains, de la résilience des populations, de la solidarité familiale, de la capacité d’adaptation des citoyens devant les difficultés, ses préconisations douteuses comme celle de s’appuyer sur les autorités religieuses ou les chanteurs populaires pour gérer les crises politiques que les auteurs anticipent, a été très mal perçue. 

Tout comme les propos tenus par Jean-Paul Mira, chef de service des urgences de l’hôpital Cochin sur la chaîne LCI. Ce médecin s’est interrogé en direct sur la pertinence de tester le BCG sur les Africains, en suivant la même approche que celle effectuée sur les prostitués contre le sida, et Camille Locht, directeur de recherche à l’Inserm, a acquiescé maladroitement. Cette saillie a soulevé, à juste titre, une montagne de colère et pas seulement sur les réseaux sociaux. Le porte-parole du Président sénégalais Macky Sall a déclaré que les propos tenus dénotaient une «bêtise que je pense congénitale», mais c’est pire encore puisque les deux éminents professeurs souhaitaient tester des vaccins BCG sur une population déjà vaccinée! Peut-être qu’eux aussi méconnaissent l’Afrique.

Leslie Varenne, journaliste d’investigation, est directrice de l’IVERIS (Institut de Veille et d’Etude des Relations Internationales et Stratégiques)

 

 

Harriet A. Washington: « L’Afrique est le laboratoire de l’Occident »

 

https://mondafrique.com/ La rédaction de Mondafrique  10 avril 2020

 

La chercheuse américaine ne voit aucune ambiguïté dans les propos tenus le 1er avril par les deux professeurs français. Elle affirme que de nombreux professionnels partagent les mêmes idées, et dénonce les violations de l’éthique qui devraient être inacceptables aux yeux de tous.

Propos recueillis par Michael Pauron

Harriet A. Washington, 68 ans, est une écrivain scientifique américaine spécialiste de l’éthique médical. Militante infatigable depuis un demi siècle, ses révélations, en 2018, des chirurgies expérimentales du Dr James Marion Sims, sur les femmes afro-américaines, ont conduit au retrait de la statue du « père de la gynécologie améraine » dans Central Park, à New York.

De nombreuses fois primée pour ses travaux, elle a été chercheur à la Harvard Medical School, enseigne la bioéthique à l’Université Columbia et, depuis 2016, est membre de la New York Academy of Medicine. Elle est l’auteur de « Medical Apartheid: The Dark History of Medical Experimentation on Black Americans From Colonial Times to the Present » (Doubleday, 2006), et, plus récemment, de « A Terrible Thing to Waste: Environmental Racism and Its Assault on the American Mind » (Little, Brown Spark, 2019).

Elle réagit pour Mondafrique aux propos des professeurs Camille Locht, chercheur à l’Inserm, et du professeur Jean-Paul Mira, chef du service de médecine intensive et réanimation à l’hôpital Cochin, tenus le 1er avril sur LCI, dans lesquels ils suggèrent d’utiliser le continent africain pour tester un éventuel vaccin contre le coronavirus.

Mondafrique : Que vous inspirent les déclarations de Camille Locht et de Jean-Paul Mira?

Harriet A. Washington : Ces déclarations sont sans ambiguïté. La proposition est d’utiliser des patients africains pour tester des médicaments à des milliers de kilomètres de l’Occident où se trouvent pourtant les foyers les plus importants.

C’est contraire à l’éthique pour plusieurs raisons, mais principalement parce qu’on leur demanderait d’assumer tous les risques alors qu’il est peu probable qu’ils en bénéficient en définitive, car il y a beaucoup moins de cas dans la plupart des pays africains et parce que le prix des médicaments est hors de portée du budget des Africains. Rappelons que presque tout le monde, y compris des médecins sur place, s’était opposé à la mise à disposition du ZMapp aux Africains lors de l’épidémie d’Ebola de 2014.

J’ai été l’un des rares éthiciens à insister pour que les Africains reçoivent ce médicament. Il a été refusé, même au virologue en chef de la Sierra Leone, le Dr Sheik Umar Khan, décédé d’Ebola.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, le chef de l’Organisation mondiale de la santé, estime que ces propos sont « l’héritage d’une mentalité coloniale ». Il a raison ?

Nous sommes davantage en présence d’un animus historique [formation d’un l’inconscient collectif, NDLR].

Camille Locht et Jean-Paul Mira assurent cependant avoir été mal compris…
Je ne vois aucune possibilité d’interprétation erronée de leurs déclarations. Je ne vois que des tentatives de mettre en doute leurs déclarations et celles faites ailleurs, par des professionnels partageant les mêmes idées, car ce raisonnement est nullement exclusif aux protagonistes de cette affaire. Par exemple, l’invocation du BCG est particulièrement troublante. Quand Camille Locht, acquiesce aux propos de Jean-Paul Mira, et ajoute qu’ils sont en train de penser à une étude en Afrique en parallèle de l’approche avec le BCG, « avec un placebo (…) », il invoque l’utilisation du placebo, une pratique qui, pourtant, tombent en disgrâce en occident, car elle signifie que certains patients ne sont pas traités.

Le fait que l’Afrique serait moins équipée que l’occident pour faire face à cette pandémie ne justifie-t-il pas d’accélérer la mise en place d’un vaccin sur ce continent en particulier ?

Non. La logique développée est terrifiante : le manque de vêtements de protection, invoqué dans les propos, faciliterait l’utilisation des Africains en tant que groupe de comparaison ou de contrôle. Pourtant, il existe également une pénurie de protections aux États-Unis et en France, où il y a bien plus de cas qu’il n’y en a dans aucun pays africain. Il s’agirait donc de maintenir les Africains dans une situation de non protection, quand les ressources existent pour les protéger, pour la commodité et le bénéfice des pays occidentaux.

Un autre point apparaît dans ce débat. L’hypothèse tacite, selon laquelle l’immoralité des Africains les rend moins dignes du respect accordé à la vie des sujets blancs, se révèle dans la comparaison faite avec l’utilisation tout aussi contraire à l’éthique des femmes pour tester les antirétroviraux contre le VIH, dont certaines étaient des prostituées.

C’est ce qui ressort des propos tenus par le Dr Jean-Paul Mira, quand il compare ces essais à certaines études sur le SIDA réalisées sur « des prostituées » parce qu’elles « sont très exposées et ne se protègent pas ». On y décèle aussi une tendance à blâmer la victime, suggérant que les Africains sont responsables de leurs propres maladies. J’ajoute au passage que l’immense diversité des peuples et des cultures en Afrique est ici niée et traitée comme une masse homogène…

Face aux nombreux scandales qui ont secoué la recherche médicale en Afrique, dont l’un des derniers, en 2010, concerne le laboratoire Pfizer, responsable de la mort d’enfants suite aux tests de molécules contre la méningite, la loi internationale n’encadre-t-elle pas mieux ces pratiques ?

Hélas, non. Ces pratiques sont contraires à l’éthique et illégales, mais elles persistent. L’Afrique est le laboratoire de l’Occident et cela n’a fait que s’aggraver, puisqu’une série d’interventions afin de «moderniser» la Déclaration d’Helsinki [adoptée en 1964 et qui énonce l’éthique professionnelle des médecins en matière de recherche sur des sujets humains, NDLR] a réduit la protection des sujets de recherche à l’étranger.

Le profit, en particulier le système des brevets, encourage l’utilisation du monde en développement par l’occident, sans consentement éclairé et en exploitant les épidémies pour forcer les sujets africains à choisir entre des soins médicaux expérimentaux ou pas de soins médicaux du tout, comme cela s’est produit au Nigeria avec Pfizer.

La peur d’être à nouveau pris pour des cobayes est donc légitime ?

Oui, mais plutôt que de parler de «peur», je préfère parler de l’inacceptabilité éthique de ces pratiques, que nous devrions tous détester et dénoncer. On met trop l’accent sur l’émotion, trop peu sur l’inacceptabilité des violations de l’éthique.

Il existe des réalités éthiques, et même les partisans du relativisme éthique doivent respecter ces limites. Utiliser un groupe de personnes pour répondre aux besoins d’un autre, en particulier lorsque la capacité de consentir ou de résister est compromise, est contraire à l’éthique. Accepterions-nous de faire pression sur les habitants du Connecticut ou de la France pour qu’ils assument le risque de tester des médicaments qui ne seraient ensuite disponibles qu’au Nigeria ?

 

Coronavirus, la surprenante résilience de l’Afrique

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 14:20
Destruction complète de la base avancée de la Minusca à Béboura près de Paoua

 

Une foule en colère détruit une base avancée des casques bleus

 

AFP

 

La population du village de Béboura, dans le Nord-ouest de la Centrafrique, a détruit un poste avancé des Casques bleus de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) après un accident de la route qui a causé la mort d'un civil, a déclaré le porte-parole de la Minusca Vladimir Monteiro.

"Il y a eu un accident impliquant un véhicule des Nations unies, qui a causé la mort d'une personne. La population a ensuite décidé d'attaquer ce poste militaire avancé", a indiqué à l'AFP M. Monteiro.

"Entre une dizaine et une vingtaine de casques bleus étaient présents sur place, nous les avons évacués de là-bas. Deux ont été blessés", a-t-il précisé.

Les Casques bleus sont présents depuis 2014 en Centrafrique, un pays ravagé par un conflit depuis 2013, dont le territoire est occupé aux deux tiers par des groupes armés.

De tels incidents sont rares, mais la présence onusienne est de plus en plus critiquée par la population et une partie de la classe politique centrafricaine, alors que la paix tarde à revenir dans le pays.

"Tout en nous inclinant devant cette mort accidentelle, sur laquelle nous allons enquêter pour tirer tout au clair, nous condamnons cette réaction. Ce n'est pas en détruisant cette base que les gens seront protégés.", a dit M.Monteiro.

Malgré la signature d'un accord de paix entre le gouvernement et 14 groupes armés le 6 février 2019, les violences n'ont pas cessé dans ce pays classé parmi les plus pauvres au monde.

Le 15 mars, un casque bleu burundais avait été tué lors d'un accrochage avec des miliciens près de Bambari, au centre du pays.

 

RCA : destruction complète de la base avancée de la Minusca à Béboura.

 

Par Corbeaunews 10 avril 2020

 

Paoua (République centrafricaine) – La base opérationnelle temporaire,  Tempory Operational base (TOB) de la Minusca, située dans la localité de Béboura 3  a été complètement détruite ce jeudi soir par les populations locales en colère. Tous les agents ont été rapatriés à Paoua, dans la sous-préfecture de l’Ouham-Péndé, au Nord-ouest de la République centrafricaine, a constaté sur place un journaliste du CNC.

 Selon les témoins de la scène interrogés par CNC, tout a commencé ce jeudi 09 avril par un banal accident de circulation dans lequel une femme a été accrochée mortellement par un véhicule de patrouille de la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique ).

Malheureusement, les jeunes du village ayant assisté à la scène, ont alerté leurs amis avant de se regrouper massivement et transporter la dépouille mortelle de la victime jusqu’à la base de la Minusca.

Sans aucune forme de discussion, les jeunes auraient exigé de la Minusca des récompenses immédiates. Ce qui n’a pas été fait, et ces derniers, en colère, ont incendié et détruit complètement toutes les infrastructures de la base.

Opérationnelle temporaire de la Minusca dans le village au début de la soirée de ce jeudi 09 avril.

La Minusca, de son côté, réagit très rapidement en rapatriant son personnel local à Paoua, situé à 30 kilomètres.

Rappelons que la base opérationnelle temporaire,  Tempory Operational Base (TOB) de la Minusca située à Béboura 3 a été créée à la demande incessante des populations locales suite aux agressions répétées des rebelles de la Seleka basée à Nana-Boguila, une localité située à environ 40 kilomètres de Béboura 3.

Pour les notables locaux, le départ des forces de la Minusca dans le secteur ouvre inéluctablement la voie aux rebelles de commettre à nouveau des agressions dans la région.

Joint au téléphone depuis Paoua, le chef de bureau local de la Minusca n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

 

Copyright2020CNC.

 

A signaler qu'outre la victime de l'accident de circulation, un autre jeune homme a succombé de ses blessures suite à une balle perdue tirée par les casques bleus camerounais qui craignaient d'être lynchés. Bilan 2 morts occasionnés par les casques bleus censés protéger la population

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 14:11
L'idée de prolonger le mandat de Touadéra en raison du coronavirus fait polémique

 

RCA: l'idée de prolonger le mandat de Touadéra en raison du coronavirus fait polémique

 

10/04/2020 - 02:06 Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset RFI

 

Le premier tour de l’élection présidentielle est prévu pour le 27 décembre, mais l’épidémie de coronavirus pose la question de l’organisation des élections dans les temps. Depuis plusieurs jours, court à Bangui la rumeur d’une pétition à l’Assemblée nationale afin de prolonger le mandat du président Touadéra.

Il ne s’agit pas d’une pétition mais d’une initiative prise par plusieurs députés selon le deuxième vice-président de l’Assemblée nationale. Il faut se préparer à un possible glissement du scrutin, explique Mathurin Dimbélé.

« Nous sommes en train de prévoir un cas de figure occasionné par cette pandémie qui s’impose à tout le monde. Nous nous proposons la solution suivante. Que lorsque le processus électoral en cours est arrêté pour cas de force majeure il faut que le chef de l’Etat reste en place jusqu’à la reprise du processus électoral et jusqu’à l’installation du prochain président de la République. Et c’est la même chose pour l’Assemblée nationale et pour toutes les autres institutions. »

L’opposition est sceptique. « La COD 2020 exprime son inquiétude sur la volonté de Touadéra de tripatouiller la Constitution afin de se maintenir au pouvoirexplique Maître Nicolas Tiangaye, porte-parole de la coalition d’opposition. Il est techniquement impossible sur le plan du droit de prolonger le mandat du président de la République. Voilà pourquoi nous pensons que la question de la prorogation du mandat du président de la République est une question d’une gravité extrême parce quelle va entraîner une instabilité dans le pays. »

Mathurin Dimbélé assure que la proposition de loi prévoit un supposé glissement de 6 mois maximum. Elle aurait déjà le soutien de plus de 100 députés et devrait être déposée très bientôt au bureau de l’Assemblée nationale.

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 14:04
Scandale de corruption et tripatouillage des notes à l’Université de Bangui

 

Lu pour vous

 

Scandale de corruption et tripatouillage des notes à l’Université de Bangui

 

https://corbeaunews-centrafrique.com/ Par Gisèle Blanche Moloma 

 

Bangui (République centrafricaine) – Classée parmi les pays les plus dangereux et corrompus au monde, la République centrafricaine dispose à ce jour une seule Université publique, celle créée en 1969 par l’ex-Empereur Jean-Bedel Bokassa. Autrefois considérée comme un joyau national, l’Université de Bangui est devenue depuis quelques années un nid de corruption, pour ne pas dire un endroit où l’argent fait la loi. Le cas flagrant est celui de la Faculté des sciences juridiques et politiques, où un rapport interne avait démontré comment les enseignants orchestrent des tripatouillages des notes des étudiants. Et ce n’est pas tout. 

En République centrafricaine, l’enseignement supérieur souffre du climat général de la corruption alors que celle-ci n’a jamais fait l’objet d’un projet de  loi au parlement.

D’après les témoignages de certains étudiants interrogés par CNC, les enseignants du supérieurs, que ça soit à l’Université de Bangui que dans des établissements d’enseignements supérieurs privés, empochent régulièrement, et illégalement de petites sommes d’argent en échange de l’octroi de notes plus élevées aux examens.

Mais En 2019, sur l’initiative de Professeur Kongatoua, Doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques , une équipe de contrôle a été mise en place pour faire la lumière sur  le tripatouillage des note des Étudiants par certains enseignants en tant que responsable de saisie. D’après ce rapport parvenu au ministère de l’enseignement supérieur via le rectorat de l’Université de Bangui, le vice-Doyen de la faculté  des sciences juridiques et politiques, Monsieur Florent Ouandji, qui est à la tête de ces responsables de saisie des notes des Étudiants, a été démasqué par l’équipe de contrôle mise en place par le doyen Kongatoua.

Mais ce rapport, loin de rappeler à l’ordre tout le monde, faisait au contraire l’objet de diverses interprétations politique de la part du pouvoir de Bangui.

Pendant ce temps, à la faculté  des sciences juridiques et politiques, il ne passe jamais un jour que les étudiants se plaignent du comportement de certains enseignants, soit pour un cas d’abus sexuel, soit pour la corruption.

Notre bureau d’enquête, saisi du dossier, s’est rendu discrètement dans cette faculté de l’Université de Bangui, mais son constat est difficile à supporter que prévu.

Plusieurs cas de harcèlement sexuel et de corruption nous ont été signalés par les étudiants, mais également par certains fonctionnaires de l’Université qui déplorent le manque de réaction des autorités du pays, particulièrement celle du chef de l’État Faustin Archange TOUADERA, enseignant dans cette Université durant des décennies.

Pour de nombreuses victimes interrogées par CNC, déposer plainte à la justice revient tout simplement  à hypothéquer son avenir académique, car « dans notre pays, le plus fort, ou encore le riche a toujours raison. La justice n’est pas faite pour les faibles, encore moins pour nous les pauvres », déplorent-elles.

En République centrafricaine, selon Marcel Kassokolo, le constat est clair, « les étudiantes ne signalent pas les agressions sexuelles par peur de représailles, pour ne pas dire les insultes, les humiliations ou encore des menaces ».

D’autre part, certains étudiants, interrogés,  ont indiqué que c’est grâce à cette petite corruption des enseignants, ou encore des faveurs sexuelles sollicitées par ces derniers à leurs Étudiantes contre de meilleures notes dans les différentes facultés que bon nombre des Étudiants et Étudiantes arrivent à avancer dans leurs études. Dans le cas contraire, plus de 90% des Étudiants risquent d’abandonner après six mois d’études universitaires à Bangui.

Du côté des autorités, aucune mesure drastique n’a été prise pour endiguer ce phénomène qui est devenu malheureusement une règle administrative dans ce pays d’Afrique centrale.

Gisèle MOLOMA

Copyright2020CNC.

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 13:43
COVID-19 : Le FMI octroie 18 milliards de F CFA à la RCA
COVID-19 : Le FMI octroie 18 milliards de F CFA à la RCA

 

AIDE DU FMI A LA RCA POUR LA LUTTE CONTRE LE COVID - 19

COVID-19 : Le FMI octroie 18 milliards de F CFA à la RCA

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 13:37
USA : 603,5 millions de CFA) pour soutenir les élections en RCA

 

Le gouvernement des États-Unis annonce un million de dollars (603,5 millions de CFA) pour soutenir les élections en RCA

 

Par Corbeaunews 9 avril 2020

 

Bangui (République centrafricaine), 9 avril 2020 – Le gouvernement des États-Unis, par l’intermédiaire de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), a annoncé un nouveau financement d’un million de dollars (603,5 millions de CFA) pour soutenir les médias locaux avant les élections nationales de décembre 2020 en République centrafricaine (RCA). Ce nouveau financement s’appuie sur des années d’investissement de l’USAID dans des médias libres et indépendants en RCA, ce qui encourage une participation pacifique au processus démocratique.

L’ambassadeur Mme Lucy Tamlyn a qualifié le soutien de l’USAID aux médias locaux « d’un symbole de l’engagement des États-Unis à soutenir le processus démocratique en RCA. » Elle a ajouté : « Lorsque le secrétaire d’État adjoint Tibor Nagy s’est rendu en RCA en janvier, il a apporté un message de soutien américain et international pour des élections libres, équitables et ponctuelles en RCA. Ce financement démontre notre conviction que les élections peuvent et doivent se dérouler conformément à la constitution, et que nous considérons une presse libre comme l’un des piliers essentiels d’une société démocratique. »

Le financement aidera les institutions médiatiques locales à rendre compte des élections de manière juste et responsable et à dialoguer efficacement avec la commission électorale, les partis politiques et la société civile pendant cette période. Un média libre et indépendant fournit aux citoyens des informations précises et en temps réel sur les processus électoraux, encourage la participation démocratique pacifique et lutte contre la désinformation. Le gouvernement des États-Unis est déterminé à donner aux Centrafricains les moyens de réaliser leur objectif d’une démocratie stable qui promeut la paix et le développement

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