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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 23:31

 

 

 

 Nations Unies

 

 Conseil de sécurité

 

 29 octobre 2014 Français Original : anglais

 

 

Malgré la signature à Brazzaville le 23juillet 2014 d’un accord de cessation des hostilités, les groupes armés contrôlent encore presque toutes les zones habitées de la République centrafricaine ou y exercent encore une influence.

 

Même si les conditions générales de sécurité semblent s’être en partie améliorées, en particulier à Bangui, le Groupe d’experts estime que quelque 2000 soldats de l’ex-Séléka, sans compter ceux cantonnés à Bangui, et quelque 1500 miliciens associés au mouvement anti-balaka font toujours peser une menace permanente sur la paix, la sécurité et la stabilité du pays, qui demeure de fait divisé.

 

Par ailleurs, les conditions de sécurité en République centrafricaine ne pourront vraiment s’améliorer que si les États voisins continuent de manifester leur attachement au processus de paix. Dans l’exercice de son mandat, le Groupe d’experts a recensé plusieurs incidents qui se sont produits dans le nord du pays, à la frontière avec le Tchad, notamment des meurtres de civils, des incendies de villages et des déplacements forcés. Du fait de ces attaques récurrentes commises par des groupes armés non identifiés et des unités de l’ex-Séléka sous le commandement du général de brigade Mahamat Alkhatim, une zone tampon a été créée entre le Tchad et les préfectures centrafricaines de l’Ouham et de l’Ouham-Pendé.

 

De plus, l’éclatement croissant des principaux groupes armés opérant dans le pays et l’implosion récente du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique, la nouvelle structure politique représentant les ex-Séléka, constituent des obstacles importants à la stabilisation du paysage politique dans la perspective de la tenue, en février 2015, d’élections présidentielle et législatives libres, régulières, transparentes et ouvertes à tous.

 

Depuis le 5 décembre 2013, les affrontements directs entre les ex-Séléka et les forces anti-balaka ont été rares, mais les deux groupes armés, en particulier les anti-Balaka, n’ont cessé de prendre les civils pour cible. Dans ce contexte, l’attaque contre les positions Séléka à Batangafo (préfecture de l’Ouham), menée dans la semaine qui a suivi la signature de l’accord de cessation des hostilités à Brazzaville par l’un des commandants anti-balaka les plus en vue, qui est membre de la structure de commandement et de contrôle de l’aile militaire de la Coordination nationale des libérateurs du peuple centrafricain de Patrice Édouard Ngaïssona, également connue sous le nom de Mouvement des patriotes anti-balaka, illustre le doute qui plane quant à l’engagement réel des dirigeants politiques de mettre fin aux hostilités.

 

En outre, le Groupe d’experts estime que la rivalité entre les représentants politiques des groupes armés qui convoitent des postes ministériels et entre les commandants militaires qui cherchent à contrôler les ressources est à l’origine des luttes intestines entre des éléments de l’ex-Séléka et des factions anti-balaka rivales. La nomination du chef d’un groupe armé dénommé «Révolution et justice» au poste de ministre de la jeunesse et des sports dans le nouveau cabinet de transition renforce l’impression que commander un mouvement politico-militaire peut donner accès à des postes de haut niveau au sein du Gouvernement et, partant, valide la stratégie des fauteurs de troubles politiques.

 

Depuis que la République centrafricaine a été suspendue du Processus de Kimberley en mai 2013, on estime que 140000 carats de diamants d’une valeur de 24millions de dollars des États-Unis ont été exportés clandestinement. En mai 2014, les autorités belges ont saisi 6634 carats qui avaient été expédiés via Kinshasa puis Doubaï à Kardiam, société sise à Anvers (Belgique), qui est la succursale belge de la société centrafricaine de commercialisation de diamants, Badica.

 

Le Groupe d’experts pense que certains diamants saisis en Belgique provenaient de Sam-Ouandja et de Bria (préfecture de la Haute-Kotto) dans l’est du pays, où les forces de l’ex-Séléka prélèvent des taxes sur les aéronefs qui transportent des diamants et reçoivent des collecteurs de diamants des paiements en échange d’une protection. Les membres de groupes associés au mouvement anti-balaka sont, quant à eux, impliqués dans la production artisanale de diamants autour de Berberati et de Carnot (préfecture de la Mambéré-Kadéï) dans l’ouest. Même s’ils sont souvent sortis clandestinement du pays, ces diamants entrent aussi dans le circuit de commercialisation officiel, si bien que le principal bureau d’achat, la Sodiam, a dû prendre des mesures pour combattre ce phénomène.

 

Le trafic d’or centrafricain, estimé à environ 2 tonnes par an, passe principalement par le Cameroun. Participent à ce trafic des collecteurs de Yaloké (préfecture de l’Ombella-Mpoko) et de Boda (préfecture de la Lobaye) qui se sont enfuis au Cameroun pour échapper aux attaques inspirées par des motifs religieux que des groupes anti-balaka mènent depuis janvier 2014 et qui ont abouti à leur prise de contrôle des mines d’or artisanales aux alentours de Yaloké. À Ndassima, près de Bambari (préfecture de la Ouaka), les forces de l’ex-Séléka perçoivent environ 150000 dollars par an de taxes sous forme de production d’or locale, qui est estimée à 180 kilogrammes par an. Un même montant est prélevé sur les ventes de café de Bambari au Soudan. Ces systèmes de taxation parallèles procurent aux dirigeants de l’ex-Séléka, en particulier au général Ali Darrassa Mahamat, une source constante de revenus, qui lui permet d’assurer l’entretien des forces sur le terrain.

 

Le Groupe d’experts n’a pas encore constaté de violation grave de l’embargo sur les armes au profit des groupes armés, mais il n’a pas pu se rendre dans le nord-est de la République centrafricaine en raison de difficultés logistiques et des problèmes de sécurité. Il continue néanmoins d’enquêter sur les réseaux de contrebande qui fournissent des munitions de chasse aux groupes anti-balaka. Il a également recensé le premier cas où des mercenaires occidentaux fournissaient une formation et une aide à un groupe armé.

 

La situation humanitaire reste très précaire en République centrafricaine. Dans un pays de 4,6 millions d’habitants, 2,5 millions de personnes ont toujours besoin d’une aide humanitaire. Bien que les organisations non gouvernementales et les partenaires humanitaires internationaux aient intensifié leur présence et leurs opérations, l’insécurité, les problèmes logistiques et le manque de fonds demeurent les principaux obstacles empêchant le pays de sortir de la situation d’urgence humanitaire dans laquelle il se trouve.

 

Dans le présent rapport, le Groupe d’experts décrit l’évolution de la situation politique et des conditions de sécurité en République centrafricaine depuis la publication de son rapport d’activité le 1erjuillet 2014 (S/2014/452), présente de nouvelles études de cas et formule des recommandations à l’intention du Conseil et du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 2127 (2013) concernant la République centrafricaine.

 

Le Coordonnateur du Groupe d’experts sur la République centrafricaine créé par la résolution 2127 (2013) du Conseil de sécurité(Signé) Aurélien Llorca

 

(Signé) Paul-Simon Handy Expert

(Signé) Ahmed Himmiche Expert

(Signé) Ruben de Koning Expert

(Signé) Carolina Reyes Aragón Experte

 

 

NDLR : La rédaction de Centrafrique-Presse publiera au fur et à mesure les principaux extraits et passages importants de cet édifiant rapport onusien qui compte un peu plus de 200 pages avec les annexes et qui éclaire d'un jour nouveau certains aspects cachés de la très complexe crise centrafricaine et lève un coin du voile sur beaucoup de ses zones d'ombres autour des différentes bandes armées et leurs différents chefs de guerre qui écument et sévissent dans ce pays.  

Résumé du Rapport du groupe d’Experts sur la République centrafricaine créé par la résolution 2127 (2013) du Conseil de sécurité

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 22:39

 

 

 

Fédération EAAMOO du MLPC

Communiqué de presse sur la rentrée politique de la Fédération MLPC Europe, Amérique, Asie, Moyen-Orient, Océanie
Communiqué de presse sur la rentrée politique de la Fédération MLPC Europe, Amérique, Asie, Moyen-Orient, Océanie

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 22:26

 

 

 

 

05/11/14 (Radio Ndeke Luka)

 

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont dressé, au cours d’une conférence de presse organisée mardi à Bangui, un tableau sombre de l’agriculture et de l’élevage.

 

« Je souhaite aborder avec vous aujourd’hui des sujets qui me préoccupent profondément, à savoir l’insécurité alimentaire, les lourdes pertes dans le secteur de l’agriculture, l’élevage, la pêche et la flambée de prix due à la violence chronique qui a détérioré la situation humanitaire pendant les dix derniers mois », a déclaré Claire Bourgeois, Coordonnatrice humanitaire principale aux professionnels de la presse.

 

Selon le PAM et la FAO, le secteur primaire, pilier de l’économie, a régressé de 46% par rapport au niveau d’avant la crise. Un rapport des deux organisations onusiennes a fait état d’une chute importante de la production agricole en Centrafrique à la suite de la crise qui a provoqué des déplacements massifs de population.

 

Même si en 2014, la production des principales céréales de base et de manioc est estimée à environ 763 mille tonnes métriques, supérieure de 11% à la récolte médiocre de 2013, ce taux reste inférieur de 58% à la moyenne de la période 2008-2012.

 

Malgré les efforts du PAM et de la FAO pour atténuer les effets négatifs de la crise sur la production alimentaire, les deux agences onusiennes appellent à une aide conséquente.

 

« Bien que ces efforts aient empêché une détérioration encore plus grave de la situation de l’alimentation et de l’agriculture, nous avons besoin de soutien supplémentaire pour stimuler la production alimentaire et le secteur agricole », a affirmé Alexandre Scaglia, Représentant de la FAO en Centrafrique.

 

Les chiffres de l’élevage sont également en baisse. Ils ont régressé de 77% par rapport aux niveaux d’avant la crise, du fait des razzias et des vols de bétail. Les stocks de réserves alimentaires dans les zones rurales sont actuellement inférieurs d’environ 40 à 50% à leurs niveaux moyens du fait des razzias récurrentes.

 

« Le PAM est particulièrement préoccupé par la situation des communautés isolées et des personnes déplacées à l’intérieur du pays. Les enquêtes de terrain montrent que les niveaux de consommation alimentaire de près de la moitié de ces ménages sont très bas, ce qui aggrave le risque de malnutrition et rend les familles largement dépendante de l’aide alimentaire », a souligné Arif Husain, Economiste en chef du PAM.

 

A Bangui la capitale, les deux agences ont noté que l’inflation est passée de 3,5 à 12% entre janvier et août 2014, dégradant ainsi le pouvoir d’achat des familles. Les prix des denrées de base ont de même augmenté de 30 à 70 % entre mars et août 2014.

 

Claire Bourgeois s’est également dite choquée par l’augmentation des violences basées sur le genre et par l’utilisation d’enfants et des femmes comme bouclier durant les récentes attaques inter communautaires. « J’exhorte tous ceux, impliqués dans ces violences, à respecter le droit des enfants et des femmes et à mettre immédiatement et totalement fin aux actes de violences sexuelles perpétrés sur les femmes et enfants en Centrafrique », a-t-elle souligné, rappelant que « l’utilisation des enfants et des femmes dans les combats est un crime de guerre ».

Des organisations humanitaires préviennent d’un risque d’insécurité alimentaire

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 22:25

 

 

 

La bénédiction du roi des Mossi, étape obligée de la transition

 

MARIA MALAGARDIS5 NOVEMBRE 2014 À 18:56

 

REPORTAGE

 

Burkina Faso. Le lieutenant-colonel Zida, nouvel homme fort du pays, a promis au chef traditionnel qu’il remettra le pouvoir à un civil.

 

Le roi des Mossi trône au centre de la salle d’audience de son palais, à Ouagadougou. Ce matin-là, c’est vers lui, le 37e Mogho Naba, que s’incline le nouvel homme fort (provisoire) du pays, le lieutenant-colonel Isaac Zida. Au Burkina Faso, tout le monde s’accorde à reconnaître que l’héritier de l’empire mossi (l’ethnie majoritaire), fondé en 1180, reste une autorité morale qu’aucun pouvoir politique ne peut ignorer.

 

Mercredi, trois chefs d’Etats africains - le Sénégalais Macky Sall, le Nigérian Goodluck Jonathan, et le Ghanéen John Dramani Mahama, également président en exercice de la Commuauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) - se sont déplacés à Ouagadougou pour s’assurer que les militaires en charge de la transition accepteront de céder rapidement le pouvoir aux civils, comme ils s’y sont engagés. Mais ce n’est pas un hasard, si la veille, le lieutenant-colonel Zida est allé voir le Mogho Naba. Ce dernier était certes encadré par les représentants des communautés catholique et musulmane, mais personne n’était dupe. C’est bien la bénédiction de ce petit homme rondouillard et souriant, affublé d’une toque colorée, qu’était venu chercher l’officier qui succède dans l’immédiat à Blaise Compaoré, en exil depuis le 31 octobre.

 

Caution. L’ampleur de l’insurrection populaire qui a embrasé le Burkina la semaine dernière et la rapidité avec laquelle le régime s’est effondré ont surpris le monde entier. Le retour au calme, ces jours-ci, est certes lié à la satisfaction de cette exigence populaire résumée sur les murs de la capitale : «Blaise, dégage !» Mais la caution de la plus haute autorité traditionnelle aux changements en cours (et au nouveau pouvoir) était incontournable. Or ce mardi matin, à la sortie de l’audience «demandée par les militaires eux-mêmes», rappelle le porte-parole du Mogho Naba (lequel ne s’adresse jamais directement à ses sujets), le message était clair : «Ils sont venus nous dire qu’ils vont remettre le pouvoir aux civils. Nous les avons encouragés à aller en ce sens.»

 

Le roi des Mossi ne s’était pourtant pas ouvertement manifesté pendant la crise, née de la volonté de Blaise Compaoré de modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir. «En réalité, le Mogho Naba avait, en privé, plusieurs fois suggéré au président déchu de ne pas se laisser aveugler», assure le Larlé Naba. Ce dernier est le troisième dignitaire par ordre d’importance dans le «gouvernement» du Mogho Naba. Ce sémillant quinquagénaire possède lui aussi un vaste palais et une cour qu’il réunit tous les matins. Ses visiteurs s’agenouillent en principe devant lui et l’appellent «majesté». Comme le Mogho Naba, il a été appelé à cette charge en tant que fils aîné, après le décès de son père. Mais ce doux parfum d’anachronisme est aussi un faux-semblant.

 

«Les gens pensent souvent que les chefs traditionnels sont acquis au pouvoir en place», sourit-il avec une légère malice, assis dans sa vaste concession. «Mais quand l’ambition du pouvoir est en décalage avec les attentes du peuple, les autorités traditionnelles ont le devoir de réclamer le changement», ajoute celui qui a longtemps été membre de la formation politique de Blaise Compaoré. Il avait même été élu député. Mais en janvier, il a quitté le parti comme l’Assemblée, inquiet de la dérive du régime. Avec l’appui tacite de son roi. «Je suis le seul député du parti au pouvoir à avoir démissionné et dit la vérité à Blaise», affirme-t-il aujourd’hui, avec une pointe de fierté. Mais il l’a payé cher : le 15 juillet, une bombe explosait devant son palais, faisant cinq morts. Il n’y a jamais eu d’enquête.

 

Microcrédit. Aujourd’hui le Larbé Narba est revenu à ses nombreux projets : des plantations d’arbres aux vertus pharmacologiques, le biocarburant, le microcrédit pour les femmes, etc. Désormais membre d’un parti d’opposition, il a été approché pour participer à la transition. Refus poli : «Il y a dans ce pays suffisamment d’élites patriotes et compétentes.»

 

En attendant, le Burkina Faso est toujours à la recherche de son homme providentiel, un civil pour succéder aux militaires… qui devra passer à son tour devant le Mogho Naba.

 

Envoyée spéciale à Ouagadougou Maria Malagardis

 

 

Burkina: fin de la réunion à Ouagadougou, transition d'un an, élections d'ici novembre 2015


Ouagadougou - AFP / 05 novembre 2014 23h54 - Les parties prenantes de la crise au Burkina Faso ont convenu mercredi d'une transition d'un an jusqu'à des élections en novembre 2015, sans s'accorder sur le nom du chef de cette transition, selon le communiqué final d'une journée de négociation.

Partis politiques, société civile, dirigeants religieux et traditionnels ainsi que forces armées se sont accordés sur un gouvernement de transition pour une période d'un an et l'organisation d'élections présidentielles et législatives d'ici novembre 2015, selon ce texte lu à l'issue des tractations menées à Ouagadougou sous l'égide des présidents ghanéen, sénégalais et nigérian.

Toutes les parties, qui se sont entendues sur le rétablissement de la Constitution (suspendue par l'armée), veulent également qu'une éminente personnalité civile soit nommée pour présider la transition, précise le communiqué.

Elles n'ont toutefois pu se mettre d'accord sur l'identité de cette personnalité, lors de cette journée de discussions avec le président ghanéen John Dramani Mahama et ses homologues sénégalais, Macky Sall, et nigérian, Goodluck Jonathan, venus à Ouagadougou en médiateurs au nom de la Cédéao, la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest.

Notre intention n'était pas de ramener des noms au sommet de la Cédéao, qui se réunit jeudi et vendredi à Accra sur la crise burkinabè, et dont le chef de l'Etat ghanéen est actuellement le président.

Cette décision appartient au peuple du Burkina Faso, a-t-il dit lors d'une brève conférence de presse ajoutant c'est à eux de décider.

D'ici quelques jours plutôt que quelques semaines, nous pourrons parvenir à un accord et installer un gouvernement de transition, a espéré John Dramani Mahama.

Sous forte pression internationale, l'homme fort de la transition burkinabè, le lieutenant-colonel Isaac Zida, s'est engagé mardi à remettre aux civils les rênes du pays.

M. Zida a été désigné comme chef du régime intérimaire par l'armée après la chute du président Blaise Compaoré, renversé le 31 octobre par une insurrection populaire après 27 ans de règne .


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Burkina: arrestation du chef du parti de l'ex-président Compaoré


Ouagadougou - AFP / 05 novembre 2014 19h28  Assimi Kouanda, le chef du parti du président burkinabè déchu Blaise Compaoré, a été arrêté mardi soir, a-t-on appris mercredi de sources sécuritaires.


M. Kouanda, secrétaire exécutif national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), et Adama Zongo, le président d'un mouvement pro-Compaoré, ont été convoqués par la gendarmerie suite à des propos pouvant troubler l'ordre public et appelant à des manifestations, a déclaré à l'AFP un officier de gendarmerie.

Ils ont ensuite été arrêtés, a indiqué une autre source sécuritaire.


M. Zongo est le président de la Fédération associative pour la paix avec Blaise Compaoré, un mouvement de la société civile qui soutenait l'ex-président, renversé par une insurrection populaire le 31 octobre.


L'interpellation de M. Kouanda serait en partie liée à des propos qu'il avait tenus fin octobre, à quelques jours de l'insurrection, a précisé le gendarme.


Le dossier des deux hommes a été transmis au procureur du Burkina Faso, d'après cette source.


Si une seule case d'un militant de la majorité est enflammée, normalement dans vos communes, dans vos secteurs, on ne devrait plus trouver une case de responsables de l'opposition debout, avait lancé le 25 octobre M. Kouanda à des responsables provinciaux du CDP réunis à Ouagadougou.


Si quelqu'un se hasarde à toucher à une de vos mamans ou de vos soeurs, un de vos papas ou de vos grand-frères, (...) cette personne-là ne touchera plus à personne, avait-il menacé.


Cette harangue fut l'une des plus violentes d'une guerre des mots intervenue entre majorité et opposition d'alors, quand les deux camps s'affrontaient au sujet d'une réforme de la Constitution devant permettre au président Compaoré de se maintenir au pouvoir.


Le soulèvement de la rue le jour prévu du vote par les parlementaires a conduit à la démission de Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans.


Mardi, Amadou Dabo, un responsable du Front républicain, coalition de partis alliés au CDP, s'était plaint de problèmes sécuritaires. Beaucoup de nos responsables sont menacés, certains de leurs domiciles ont été saccagés, avait-il déploré.



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Burkina: crise de nerfs entre camp Compaoré et ex-opposition dans les négociations


Ouagadougou - AFP / 05 novembre 2014 21h37 - Des incidents ont éclaté mercredi soir lors des négociations devant aboutir à une transition démocratique au Burkina Faso, menées par trois chefs d'Etat ouest-africains après la chute du président Blaise Compaoré le 31 octobre.


Alors que tous les acteurs devaient se réunir pour une séance plénière pour tenter de dégager un consensus dans l'hôtel de Ouagadougou abritant les discussions, les représentants de la société civile ont quitté la salle, demandant l'exclusion des membres de l'ex-majorité du président déchu.


On ne veut pas de la présence de la majorité !, ont crié les représentants de la société civile.


Des membres de l'opposition leur ont emboîté le pas.


Les esprits s'échauffant, le service d'ordre a dû intervenir.


Nous n'avons pas encore enterré nos morts et voilà qu'on remet en selle des gens qui étaient arrogants et qui narguaient le peuple, a lancé Luc Marius Ibriga, porte-parole de la société civile, refusant de s'asseoir à la même table que les responsables de l'ex-majorité.


Ces gens (...) devraient être jugés pour la mort de nos camarades, au lieu de venir à la table de négociation a accusé Mathias Tankoano, responsable d'une ONG de défense des droits de l'Homme.


Nous ne voulons pas discuter avec la majorité. Ce sont eux qui représentent Blaise Compaoré, a déclaré Rose-Marie Compaoré, présidente du groupe parlementaire de l'Union pour le progrès et le changement, le principal parti d'opposition, dirigé par Zéphirin Diabré. 


Les contestataires ont finalement accepté de revenir dans la salle, mais ce sont alors les membres de l'ex-majorité qui ont refusé de siéger.


La séance plénière n'avait toujours pas commencé mercredi vers 20 heures (heure locale et GMT).


Blaise Compaoré a été chassé par une insurrection populaire le 31 octobre après 27 ans de règne.


L'armée s'est portée au pouvoir, mais le nouvel homme fort du pays, le lieutenant-colonel Isaac Zida, a accepté l'idée de passer le flambeau aux civils dans les 15 jours. 

Le président ghanéen John Dramani Mahama et ses homologues sénégalais, Macky Sall, et nigérian, Goodluck Jonathan conduisent les négociations en vue d'une transition démocratique.



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Au Burkina Faso, l’ascension éclair du lieutenant-colonel Isaac Zida

 

LE MONDE | 05.11.2014 à 12h01 • Mis à jour le 05.11.2014 à 14h37 |Par Cyril Bensimon (Ouagadougou, envoyé spécial)

 

« Son Excellence le chef de l’Etat du Burkina Faso » est une énigme et son sourire en coin vissé au bord des lèvres ne fait qu’entretenir le mystère. Depuis son pronunciamiento du vendredi 31 octobre, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida multiplie les déclarations de bonnes intentions à chacune de ses sorties. L’officier, qui n’a pas quitté sa tenue de combat, jure que son ambition n’est pas de confisquer l’insurrection populaire qui a chassé Blaise Compaoré du pouvoir et ne cesse de répéter que son intention est de remettre les clés du pays aux civils « dans les plus brefs délais ».

 

Il semble cependant prendre goût aux charmes de sa nouvelle fonction. Sa prise du pouvoir n’a pas encore une semaine et son maintien à la tête de l’Etat ne durera peut-être que quelques jours, mais le cortège de véhicules tout-terrain rutilants qui démarrent en trombe, sa garde de bérets rouges qui s’empressent de chasser les malotrus qui foulent le tapis rouge démontrent que le lieutenant-colonel Zida n’a pas tardé à revêtir certains des attributs propres à sa nouvelle fonction.

 

A la lecture de son curriculum vitae, l’on apprend que ce galonné à la carrure massive fêtera dans quelques jours ses 49 ans, qu’il a été formé aux opérations antiterroristes aux Etats-Unis, au renseignement à Taïwan, qu’il a servi dans les forces des Nations unies en République démocratique du Congo, ou bien encore qu’il a une très bonne connaissance des logiciels Word et Excel. Ce que ne dit pas ce polycopié de trois pages, c’est sa proximité avec le chef d’état-major particulier de Blaise Compaoré, le général Gilbert Diendéré, l’un des personnages-clés de l’ancien régime burkinabé.

 

Avant de s’autoproclamer chef de l’état, le lieutenant-colonel Zida était le second du général Diendéré dans le régiment de sécurité présidentielle (RSP). Cette armée dans l’armée, dévouée à la défense du pouvoir défunt, s’est imposée aux autres corps militaires en profitant du rapport de forces. Le chef d’état-major des armées, Nabéré Honoré Traoré, qui par deux fois a revendiqué le pouvoir, s’est aussitôt couché lorsque le numéro deux du RSP a fait sa déclaration. En bon soldat, celui-ci savait qu’il était inutile de résister à l’unité la mieux dotée et la plus aguerrie du pays.

 

« Zida, c’est le système Compaoré sans Compaoré »

 

Selon plusieurs sources, le général Diendéré, qui n’a pas quitté Ouagadougou, demeure dans l’ombre le maître du jeu et lui-même admet : « On est en train de gérer la situation. » « Zida, c’est le système Compaoré sans Compaoré », s’agace Sidiki Dermé, le coordonnateur des organisations civiles pour l’alternance. « Rien ne dit que Blaise Compaoré est derrière lui, mais rien ne dit le contraire »ajoute avec malice Salif Diallo, qui fut des années durant l’un des piliers du régime avant de rompre.

 

Si comme le signale l’un des membres de son entourage, le nouvel homme fort a retenu les préceptes édictés par Thomas Sankara, capitaine révolutionnaire et icône nationale, qui estimait « que tout militaire sans culture politique est un criminel en puissance », il n’ignore rien également des pressions internationales qui s’exercent sur lui. Les Etats-Unis, puis la France, ont fait part de leur volonté de voir le pouvoir transféré entre les mains des civils. L’Union africaine a fait passer lundi le même message en l’assortissant d’un ultimatum de quinze jours et de menaces de sanctions« que le pays ne pourrait pas supporter », selon l’opposant Bénéwendé Sankara. Mercredi matin, trois chefs d’Etat de la région, le Nigérian Goodluck Jonathan, le Ghanéen John Dramani Mahama et le Sénégalais Macky Sall, étaient attendus à Ouagadougou pour, selon une source diplomatique occidentale, « aider à la sortie rapide du lieutenant-colonel Zida ».

 

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est au sein de l’opposition que les paroles les plus amènes sont prononcées à l’égard de cet officier subitement sorti de l’ombre. Salif Diallo le considère comme « un monsieur très honnête, travailleur et humble ». Ce fin connaisseur des rouages de l’Etat ne voit pas l’armée s’accrocher au pouvoir dans le contexte actuel mais considère, à l’instar des autres opposants, que celle-ci devra assumer un rôle dans le processus de transition. Puis il conclut que « si quelqu’un veut confisquer la victoire du peuple, son départ sera plus rapide que celui de Blaise Compaoré. La lame de fond démocratique qui vient de s’implanter est indestructible ».

 

Cyril Bensimon (Ouagadougou, envoyé spécial) 


Journaliste au Monde

http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=534478 

Au Burkina Faso, l’ascension éclair du lieutenant-colonel Isaac Zida

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 22:02

 

 

 

Porte ouverte sur la RCA le 29 novembre 2014 à Lyon organisée par les associations franco-centrafricaines de Rhônes Alpes 

Annonce : Porte ouverte sur la République centrafricaine à Lyon (Rillieux-la-Pape)
Annonce : Porte ouverte sur la République centrafricaine à Lyon (Rillieux-la-Pape)

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 21:22

 

 

 

 

 

http://www.afrikaweekly.com/   5 novembre 2014 15 h 24 min·

 

Il est le Président de l’un des plus grands partis politique de la République Centrafricaine et reste très actif dans la vie politique du pays, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Il a le langage franc et s’ouvre facilement aux médias lorsque son avis est demandé sur l’actualité. Ainsi, Mr Martin Ziguélé a bien voulu répondre à nos questions sans langue de bois.

 

Bonjour, quelle est votre analyse de la Transition qui piétine toujours ?

 

MZ : Je vous remercie de m’avoir donné la parole. S’il y’a une transition politique aujourd’hui, c’est justement parce que notre pays a connu pendant de longues années de graves dysfonctionnements qui ont abouti à la guerre civile. Dès lors, toute période de transition étant une période d’exception, elle ne pouvait que se dérouler dans la difficulté, et le « piétinement », comme vous dites, de  la Transition actuelle peut globalement s’expliquer par le niveau de l’effondrement de l’Etat et des valeurs républicaines, suite à des décennies de mauvaise gouvernance de notre pays.

 

Ce serait une grave erreur d’analyse de penser que la complexité de notre situation est née « ex-nihilo » : elle est bien l’aboutissement d’un processus de  désagrégation de l’Etat que nous avions vu venir et que nous avons vainement dénoncé dans le passé, comme Moïse dans le désert.

 

Pour en revenir concrètement à la situation actuelle, la population centrafricaine est unanime à admettre que le pays ne sort pas de l’imbroglio sécuritaire et n’avance pas non plus sur le chantier du retour à une vie constitutionnelle normale, tandis que le pays est de fait divisé en deux, sinon en trois parties : l’Ouest est contrôlé par les Anti-Balakas, l’Est par les Ex-sélékas dont certains réclament ouvertement la partition du pays et enfin Bangui dont certaines parties de la ville sont sous l’emprise  des Anti-Balakas et des groupes d’auto-défense musulmans. L’Etat est virtuel et à genoux et ni l’Armée, ni la Gendarmerie, ni la Police, ni l’Administration territoriale, ni la Justice ne sont réellement opérationnelles. Cette situation est un véritable désastre pour les droits humains, à cause de leurs massives violations, obligeant les populations à devenir des déplacés internes et aussi à s’exiler dans les pays voisins. Naturellement, l’effondrement de  notre économie qui était déjà en difficultés, est sans précédent : les chiffres les plus optimistes parlent d’un recul d’au moins un tiers, sinon de la moitié, de notre PIB, c’est-à-dire de la richesse nationale. L’informellisation de l’économie est galopante, et les recettes de l’Etat sont en chute libre.

 

Je pense que cette situation est due aux facteurs suivants, relevant aussi bien de la responsabilité de la communauté internationale que de celle du gouvernement centrafricain:

 

Sur le terrain, il a été observé jusqu’à très récemment que les forces internationales n’appliquaient pas de manière systématique leur mandat d’imposition de la paix par la force et de désarmement forcé des groupes rebelles. Les dispositions  de la Résolution 2149 du Conseil de sécurité placent pourtant ces forces sous chapitre 7. Si les groupes rebelles ne sont pas désarmés, comment peut-on arriver à la paix ?

 

En même temps que les forces internationales ne procédaient pas au désarmement systématique des groupes rebelles, le fâcheux incident de l’ENAM avait conduit la communauté internationale à s’opposer à une reprise totale d’activités des FACA. Malgré cela, le premier point de la feuille de route du gouvernement de transition avalisée par la communauté internationale est la restauration de la sécurité : comment cela est-il possible ?

 

Du côté du gouvernement centrafricain, beaucoup de temps a été inutilement perdu depuis la démission de Michel Djotodjia, puis l’élection de Madame Catherine Samba-Panza, dans des expérimentations institutionnelles hasardeuses, alors qu’il existe une Charte Constitutionnelle de Transition. La conséquence du non-respect de la légalité s’est entre autres manifestée par la nomination de Premiers Ministres et la formation de gouvernements dans une ambiance de querelle permanente qui a fragilisé l’Exécutif, ainsi que par la marginalisation subséquente des forces politiques véritablement républicaines , qui a favorisé un appel d’air objectif  en faveur de groupes armés qui ont fini par prendre en otage et l’Etat et le  régime.

 

Par ailleurs, alors bien même qu’il ne lui est pas permis d’avoir de vraies forces armées, et devant le fait que les forces internationales ont leur propre compréhension de leur mandat d’imposition de la paix et de désarmement, le gouvernement centrafricain a accepté sans sourciller de garder comme priorité de sa feuille de route l’instauration de la sécurité, ce qu’il ne pourra pas objectivement réussir dans les conditions actuelles. On ne peut pas s’engager à un objectif qu’on ne peut tenir.

 

Ce sont toutes ces raisons et ces manquements qui ont fragilisé la transition alors que l’élan pris en janvier 2014 avait suscité de réels espoirs.  Cela confirme si besoin en était qu’il ne faut jamais s’écarter des textes fondamentaux de gouvernance d’un pays, au risque de se retrouver sans cap et dans une guéguerre de personnes.

 

Que pensez-vous de l’affaire du « don angolais » ?

 

Feu Sa Majesté le Roi Hassan II du Maroc- Paix à son âme- avait coutume de dire que  pour gérer un pays, tout pouvoir exécutif  doit pouvoir disposer de la carotte et du bâton, et que ce que la main droite du Chef fait, sa main gauche ne doit pas le savoir.

 

Sur le premier point,  notre Exécutif  qui ne dispose pas encore du  bâton nécessaire pour imposer la paix ni imposer un quelconque agenda aux groupes rebelles, a voulu utiliser les carottes pour acheter la paix auprès des groupes rebelles et de leurs chefs. N’ayant pas non plus de carottes à disposition, il a dû utiliser ce qui lui tombe sous les mains y compris le don angolais qui a défrayé la chronique ces jours-ci.

 

Sur le second point, il n’y a plus aucun secret d’Etat chez nous ni de discrétion dans la gestion  de certains dossiers sensibles. Tout se répand en rumeurs qui d’ailleurs se vérifient très souvent, ce qui signifie que les rumeurs prennent leurs sources dans les milieux du pouvoir. Comme la Radio-Centrafrique, la radio nationale, n’émet que sur Bangui depuis des lustres et que presque personne ne se préoccupe de cette situation, la rumeur a ainsi remplacé l’information, à la grande joie des personnes et des forces négatives qui manipulent à leur guise l’opinion.

 

Comment entrevoyez-vous le futur dialogue politique inclusif ?

 

Dans une république démocratique, le dialogue est permanent au niveau de l’Assemblée Nationale et du Sénat s’il y’en a un.  Dans une situation de crise comme la nôtre, le dialogue est une nécessité, car dans tous les cas, il vaut mieux dialoguer que de s’affronter.

 

Dans notre cas, je pense que ce dialogue doit être « scientifiquement » préparé, c’est-à-dire qu’il faut bien le préparer sur le plan méthodologique , et ensuite produire des documents préparatoires de travail par rapport aux différents thématiques et  objectifs attendus.  Ces documents de travail seront discutés et enrichis par les parties prenantes,  y compris les communautés à la base-parce qu’elles sont aujourd’hui divisées et se haïssent alors qu’elles doivent accepter de revivre ensemble-  avant de réunir un dialogue final à Bangui.

 

Ce dialogue politique ne doit pas faire le lit de l’impunité car je ne le répèterai jamais assez, il n’y aura pas de réconciliation sans justice.

 

Que pensez-vous de cette nouvelle Brigade d’Intervention Rapide ?

 

Cette décision traduit certainement la volonté de l’exécutif de transition d’avancer sur le chantier de la réhabilitation des Forces Armées Centrafricaines. Cependant je pense qu’il faut privilégier une démarche globale et méthodique, de concert avec la communauté internationale, pour éviter que cette initiative louable dans ses intentions ne conduise à une plus grande fragilisation de l’institution militaire et de la situation.

 

Pouvez-vous nous situer sur cet embargo qui frappe les Forces Armées Centrafricaines ? Quels textes ?

 

Lisez la résolution 2149 des Nations unies, elle ne préconise nulle part un embargo sur les armes contre les Forces Armées Centrafricaines  mais plutôt contre les groupes rebelles. La preuve est qu’en mars  dernier, les FACA avaient été invités à un grand rapport à l’ENAM pour leur réengagement, en présence de la Présidente de Transition, des représentants de la communauté internationale et des medias nationaux et internationaux présents à Bangui.  C’est le drame qui s’est produit là-bas à la fin de cette cérémonie, qui a motivé le coup d’arrêt de la reprise des FACA.

 

C’est donc à tort que nous entendons beaucoup de personnes- et même des médias-  affirmer que c’est le Conseil de sécurité de l’ONU qui a demandé de désarmer les FACA. Il suffit de se donner la peine de  lire l’ensemble des résolutions pour savoir que cela est faux.

 

A quand la restructuration des FACA ? Faille-t-il attendre la venue du futur locataire du Palais de la Renaissance ?

 

La restructuration des FACA fait effectivement  partie du projet global de Réforme du Secteur de la Sécurité, avec son corollaire le programme DDR. C’est un chantier fondamental qui s’étendra naturellement au-delà de la transition mais qu’il urge de commencer sans attendre, compte tenu de la situation sécuritaire du pays, et du poids financier que représente la  prise en charge  actuellement par l’Etat des FACA, sans contrepartie réelle parce que fondamentalement le statu quo demeure.

 

Là aussi, il faut agir avec méthode et bien expliquer sa démarche : il faut discuter sereinement avec tous nos partenaires pour refonder une armée républicaine, professionnelle et véritablement nationale. Je pense à la création sur la base des effectifs actuellement recensés et mobilisés, de  nouvelles unités englobant l’ensemble des personnels militaires. Par exemple, comme du temps de Jean-Bedel Bokassa, des missions de sécurisation statique, de génie et même de reconstruction peuvent déjà leur  être confiées, et parallèlement pourra s’organiser, de manière encadrée et balisée, leur montée en puissance progressive.

 

La présence des forces internationales sur notre sol est une opportunité unique pour permettre à nos Forces de Défense et de Sécurité de se professionnaliser.  Avec la réintroduction des pratiques professionnelles aujourd’hui disparues dans nos Forces, comme la signature par tout soldat du contrat d’engagement triennal et la notation individuelle, bref avec le retour de la discipline dans les armées et sa dépolitisation, je suis convaincu que la séparation du bon grain et de l’ivraie se fera alors d’elle même.

 

La Transition s’achèvera au 15 février 2015. Au 16 février la RCA sera régi par quel texte et gouvernée de quelle manière ?

 

L’article 102 de la  Charte Constitutionnelle de la Transition dispose ce qui suit « La durée de la transition est de dix-huit (18) mois, portée à vingt-quatre (24) mois sur avis conforme du Médiateur. En cas de nécessité, la durée de la transition peut être examinée par la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC sur proposition conjointe et motivée du Chef de l’Etat de la Transition, du Premier Ministre et du Président du Conseil National de Transition. La période de transition débute  par une cérémonie officielle après l’entrée en vigueur de la présente Charte Constitutionnelle de Transition. Les Juges Constitutionnels ensuite le Chef de l’Etat de transition prêtent serment à l’occasion de cette cérémonie. »

 

L’entrée en vigueur de la Charte datant du 18 aout 2013, la fin de la transition est fixée au 18 février 2015, mais comme le dit la loi cette durée peut être portée à vingt-quatre mois, c’est-à-dire au 18 août 2015. Voilà ce que dit la loi.

 

Pensez-vous que les élections peuvent toujours avoir lieu au premier trimestre 2015 ?

L’Autorité Nationale des Elections, qui est seule compétente en la matière,  a déjà dit par la voix de son Président que les élections ne pourront pas avoir lieu  avant octobre 2015, pour des raisons principalement financières et sécuritaires. Nous en avons pris acte et demandons que le processus électoral fasse l’objet de plus d’attention  de tous, pour permettre à notre pays de sortir de cette zone de turbulences.

 

Serez-vous candidat ?

 

Le MLPC en décidera lors de son prochain congrès extraordinaire convoqué pour le 22 novembre 2014 à Bangui. Au MLPC, on ne s’autoproclame pas candidat car dans notre Parti il existe deux principes fondamentaux en la matière : le Président du Parti n’est pas automatiquement son candidat aux élections présidentielles et  tout militant peut être candidat. C’est d’ailleurs sur la base de ce principe que j’ai été candidat du Parti en 2005, sans être à l’époque Président du parti.

 

Est-ce que le MLPC ne risque pas d’être fragilisé avec 3 candidats issus de ce parti mais qui le seront pour d’autres entités pour les deux autres (Vous, Mr Sylvain Patassé et Mr Anicet Dologuélé) ?

 

Je vous répète qu’au MLPC nous ne nous autoproclamons pas candidat, donc votre assertion n’est pas vérifiée à ce jour quand vous me citez parmi les candidats. En plus il faut bien vérifier vos informations relatives à l’appartenance de telle ou telle autre personne au MLPC, qui se matérialise toujours par la détention d’une carte de militant. Dans tous les cas, l’élection présidentielle est une rencontre entre un homme - ou une femme- et le peuple, et c’est le peuple qui décide.

 

Quel est votre message aux Autorités de la Transition et au peuple Centrafricain ?

 

Mon message est que la persistance de la crise sécuritaire, politique et humanitaire de la RCA requiert de notre part beaucoup d’abnégation et de lucidité. Nous devons continuer à dialoguer avec la communauté internationale pour arriver à une application sans réserve des résolutions pertinentes des Nations Unies en vue d’imposer la paix et de désarmer les groupes rebelles. Cela induit la  reprise forcée des mains des groupes rebelles des zones d’exploitation illicite des diamants et de l’or, qui servent à leur financement et à leur résilience. Nous devons tous œuvrer  à la reconstitution des fonctions régaliennes de l’Etat, y compris les Forces de défense et de sécurité,  de la chaîne pénale et  à l’organisation rapide des élections.

 

Nous devrons aussi œuvrer sans relâche à la restauration de l’administration civile, policière et militaire à l’intérieur du pays, ce qui favorisera le retour des déplacés et des réfugiés dans leurs foyers, avant et après un dialogue bien préparé.

 

Le chantier est vaste et délicat, mais pas impossible puisque nous ne sommes pas seuls aujourd’hui. Pour la première fois de notre histoire la communauté internationale est à notre chevet de façon compréhensive comme l’atteste l’étendue du mandat conféré par la résolution 2149 à la MINUSCA.

 

Je conclus en citant notre Père Fondateur Barthélémy Boganda qui aimait répéter cet adage : « lorsque vous montrez une étoile à un demeuré, au lieu de voir l’étoile, il regarde votre doigt».

 

Malgré les indicibles souffrances qui nous brouillent la vue et l’esprit, ne voyons pas le doigt qui nous montre l’étoile, mais voyons l’étoile.

Lu pour vous : Martin Ziguélé: « il n’y aura pas de réconciliation sans justice. »

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 20:58

 

 

 


Ouagadougou - AFP / 05 novembre 2014 19h28  Assimi Kouanda, le chef du parti du président burkinabè déchu Blaise Compaoré, a été arrêté mardi soir, a-t-on appris mercredi de sources sécuritaires.


M. Kouanda, secrétaire exécutif national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), et Adama Zongo, le président d'un mouvement pro-Compaoré, ont été convoqués par la gendarmerie suite à des propos pouvant troubler l'ordre public et appelant à des manifestations, a déclaré à l'AFP un officier de gendarmerie.

Ils ont ensuite été arrêtés, a indiqué une autre source sécuritaire.


M. Zongo est le président de la Fédération associative pour la paix avec Blaise Compaoré, un mouvement de la société civile qui soutenait l'ex-président, renversé par une insurrection populaire le 31 octobre.


L'interpellation de M. Kouanda serait en partie liée à des propos qu'il avait tenus fin octobre, à quelques jours de l'insurrection, a précisé le gendarme.


Le dossier des deux hommes a été transmis au procureur du Burkina Faso, d'après cette source.


Si une seule case d'un militant de la majorité est enflammée, normalement dans vos communes, dans vos secteurs, on ne devrait plus trouver une case de responsables de l'opposition debout, avait lancé le 25 octobre M. Kouanda à des responsables provinciaux du CDP réunis à Ouagadougou.


Si quelqu'un se hasarde à toucher à une de vos mamans ou de vos soeurs, un de vos papas ou de vos grand-frères, (...) cette personne-là ne touchera plus à personne, avait-il menacé.


Cette harangue fut l'une des plus violentes d'une guerre des mots intervenue entre majorité et opposition d'alors, quand les deux camps s'affrontaient au sujet d'une réforme de la Constitution devant permettre au président Compaoré de se maintenir au pouvoir.


Le soulèvement de la rue le jour prévu du vote par les parlementaires a conduit à la démission de Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans.


Mardi, Amadou Dabo, un responsable du Front républicain, coalition de partis alliés au CDP, s'était plaint de problèmes sécuritaires. Beaucoup de nos responsables sont menacés, certains de leurs domiciles ont été saccagés, avait-il déploré.



(©)

Burkina: arrestation du chef du parti de l'ex-président Compaoré

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 20:15

 

 

 

 

05/11/14 (AFP)

 

Des dizaines de civils ont été massacrés ces dernières semaines dans le centre de la Centrafrique, affirme jeudi Amnesty International, qui demande à la force onusienne de prendre des "mesures plus fermes" pour protéger la population.

 

"Malgré le déploiement d'une nouvelle mission de maintien de la paix des Nations unies (Minusca) le 15 septembre, des dizaines de civils, dont plusieurs enfants, ont été tués et des milliers ont été déplacés ces dernières semaines", a déclaré l'ONG dans un communiqué.

 

Dans le centre du pays, les populations "paient un tribut particulièrement lourd (lié) à l'intensification du conflit entre différents groupes armés", selon Amnesty.

 

Evoquant les affrontements entre l'ex-rébellion Séléka majoritairement musulmane (au pouvoir de mars 2013 à janvier 2014), les milices à dominante chrétienne anti-balaka et des combattants peuls armés, Amnesty estime que "la situation est extrêmement explosive et dangereuse".

 

"Tous les camps (...) prennent systématiquement pour cibles les civils qu'ils soupçonnent de soutenir leurs adversaires", explique Amnesty.

 

De nombreux témoignages recueillis par Amnesty font état d'attaques d'une extrême violence contre les civils dans le centre.

 

Ainsi le 10 octobre à Dekoa (260 km au nord-est de Bangui), une attaque menée par la Séléka a fait 14 morts, dont trois femmes et quatre enfants. Certains ont été directement visés alors qu'ils tentaient de se cacher.

 

Autre exemple: à Bambari (380 km au nord-est de Bangui) début octobre, sept musulmans à bord d'un véhicule ont été tués dans une embuscade tendue par des anti-balaka.

 

Après avoir laissé partir les passagers chrétiens, "tous les hommes musulmans qu'ils ont capturés ont été tués. Ils les ont déshabillés afin de les humilier, et les ont taillés en pièces, leur tranchant les mains et les pieds", a raconté à Amnesty le propriétaire du véhicule, Saidu Daouda.

 

Des milliers de personnes, terrorisées par ces violences, ont fui vers d'autres localités.

 

"Bambari et Dekoa sont désormais deux villes fantômes, pleines de maisons vides, de magasins fermés et de bâtiments abandonnés", assure Stephen Cockburn, directeur régional adjoint pour l'Afrique de l'Ouest et centrale à Amnesty.

 

"Si l'on veut qu'elle soit un tant soit peu crédible", la Minusca "doit prendre des mesures plus fermes pour véritablement protéger les civils" et ce "de toute urgence", conclut Amnesty.

 

La Centrafrique a sombré dans le chaos après le renversement en mars 2013 du régime de François Bozizé par les Séléka, ce qui a plongé le pays dans une spirale de violences intercommunautaires ayant entraîné l'envoi de forces française, européenne et de l'ONU dans le pays.

Centrafrique: des dizaines de civils massacrés ces dernières semaines, selon Amnesty

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 20:06

 

 

 

 

Bangui (Centrafrique) 05/11/14 - (APA) - Le Premier ministre, Mahamat Kamoun, a salué les contributions des partenaires techniques et financiers à l’œuvre de redressement de la Centrafrique, les exhortant toutefois à en faire davantage et ce en collaboration avec les autorités de la transition du pays.

 

‘'Le processus de redressement national est lancé, Il faut aller de l'avant et travailler en toute intelligence pour sortir la Centrafrique et tout le peuple centrafricain de ce fléau, qu'est la pauvreté, source de tous les maux actuels'', a dit le PM centrafricain, en procédant au lancement des activités du Comité national stratégique (CNS) de la Cellule de coordination nationale (CCN) et des quatre groupes thématiques(GT).

 

Ces structures sont placées sous la coupe du Comité national stratégique du Dispositif de Coordination nationale des aides multi-bailleurs aux programme et projets

 

Les différents comités mis en place regroupent les ambassadeurs, les partenaires techniques et financiers et quelques membres du gouvernement, membres dudit comité. Ils ont pour objectif d'assurer un meilleur suivi des flux des aides et de leur gestion optimale dans le cadre de la bonne gouvernance.

 

‘'J'instruis tous les membres du gouvernement coprésidents des groupes thématiques à prendre langue, à la sortie de cette salle, avec leurs homologues coprésidents en vue d'organiser rapidement les premières réunions des groupes thématiques. Il n'y a plus de temps à perdre, l'heure est au travail'' a dit la chef du gouvernement s'adressant à ses ministres.

 

Selon Mahamat Kamoun, ce dispositif mis en place qui se veut transparent et inclusif, fait appel à la participation de tous pour l'amélioration de la situation sécuritaire et humanitaire et à la relance des activités économiques.

 

Le Comité national stratégique a été créé par arrêté du 24 juillet dernier.

Le PM centrafricain pour une augmentation de l'appui des partenaires

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 10:35

 

 

 

Par RFI 05-11-2014 à 05:08

 

Après le Congrès de la Seleka de Ndélé au mois de mai auquel il n'avait pas pris part, après celui de Birao, où il avait imposé un nouvel organigramme qui a volé en éclat depuis, Noureddine Adam tente de revenir dans le jeu. Depuis dimanche, il a réuni à Kaga Bandoro tous les cadres restés plus ou moins fidèles. A la sortie, un nouvel organigramme et une entame de discussions avec le gouvernement et les partenaires internationaux qui, pour beaucoup, rêvent de le voir à la CPI.

 

Face à deux ministres et aux représentants de la communauté internationale ou des Nations unies venus à Kaga Bandoro pour l'écouter hier, mardi, Noureddine Adam, censé incarner la ligne dure de la Seleka, n'a pas brandi de chiffon rouge. « Il a tenu un discours apaisé et apaisant », commente un participant à la réunion.

 

Un discours rassurant relayé par les cadres de son tout nouvel organigramme, tel Arda Hakouma, dernier chef en date de l'aile militaire de l'ex-Seleka : « Ma mission c’est d’amener la paix et de maintenir l’ordre. Notre programme, ce n’est pas de conquérir Bangui. Notre programme, nous, c’est la paix », affirme-t-il.

 

Face à ses interlocuteurs hier, Noureddine Adam a exprimé sa volonté de participer au Forum de réconciliation à Bangui dans quelques mois, et a promis de déposer les armes ensuite.

 

Une influence réduite

 

Mais quel poids pèse-t-il encore dans la mouvance Seleka ? Noureddine Adam a eu toutes les peines du monde à rallier à lui le puissant chef de guerre Mahamat al-Khatim. De plus, depuis la fin octobre, il doit faire face à une dissidence à Bambari. L'homme fort de la ville, Ali Darassa, a créé son propre mouvement, l'UPC, pour se démarquer de la ligne Noureddine.

 

Dans le même temps à Bria, Zakaria Damane, qui lui aussi a pris ses distances, attend de voir venir à lui tous les chefs privés de pouvoir par le dernier organigramme.

 

Au même moment, Michel Djotodia, exilé au Bénin, s'exprimait dans un journal régional français, expliquant être le seul à pouvoir éviter la partition de la Centrafrique, et à condition qu'on le rappelle au pouvoir. Un discours que Noureddine Adam, de son côté, semble donc avoir adouci.

RCA: Noureddine Adam tente de se replacer dans le jeu de la Seleka

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