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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 14:48

 

 

 

 

 

09/09/14 (Xinhua)

 

Le Burundi est choisi pour faire partie de la nouvelle Mission Intégrée Multidimensionnelle des Nations Unies en République Centrafricaine (MINUSCA), qui va remplacer à partir du 15 septembre la Mission Internationale de Soutien en République Centrafricaine (MISCA), selon le porte- parole de l'armée burundaise, le colonel Gaspard Baratuza.

 

"Le Burundi a eu la chance d' être retenu au moment où certains autres pays qui avaient contribué à la MISCA n'ont pas eu cette chance. Il y a certains pays qui, à partir du 15 septembre, vont mettre fin à leur mission et d'autres qui vont terminer leur mandat avec la date d'une année correspondant à celle de leurs déploiements dans la MISCA", a-t-il indiqué à la presse. Selon lui, il s'agit d'un contingent de 850 militaires, qui avait été déployé sous les casques de l'Union Africaine.

 

 

Centrafrique : le Burundi participera à la nouvelle MINUSCA

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Centrafrique-Presse.com
9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 14:44

 

 

 

 

 

09/09/14 (RFI)

 

Les habitants de Bangui vont vivre une semaine au rythme des délestages. La compagnie d'électricité Energie centrafricaine (Enerca) remplace l'un de ses transformateurs vieillissants et de faible capacité. Des travaux qui vont entraîner d'importantes perturbations dans les quartiers sud de la ville. Des techniciens égyptiens sont à pied d'oeuvre à Bangui pour les travaux.

 

Il faut parfois couper le courant pour ramener la lumière. Et c'est ce que va faire cette semaine Enerca. La compagnie d'électricité centrafricaine remplace le transformateur A, situé au centre-ville de Bangui, par un appareil neuf et plus puissant. Pendant une semaine durant la journée les quartiers sud de la capitale seront privés d'électricité.

 

« Nous allons changer le transformateur. Le premier transformateur était de 5 MVA selon le terme technique. Et aujourd’hui, on nous a dotés d’un transformateur de 10 MVA, c’est-à-dire le double de ce qu’on avait avant. La capacité du premier transformateur est réduite au point où le transformateur ne peut pas supporter l’augmentation de la demande », explique Elisabeth Kofio, directrice générale d'Enerca.

 

Les hôpitaux assurés de fonctionner

 

La directrice a pris ses précautions et a envoyé ses équipes s'assurer que les hôpitaux notamment pourront continuer à travailler pendant les coupures de courant. « Ces hôpitaux ont quand même des groupes thermiques et nous avons visité ces groupes pour voir l’état de fonctionnement de ces groupes de secours. Et nous prenons sur nous d’approvisionner ces hôpitaux en carburant pour permettre leur fonctionnement », assure Elisabeth Kofio.

 

C'est l'Agence française de développement (AFD) qui a financé le nouveau transformateur que la RCA a acheté à une société égyptienne. Une fois les travaux achevés, les habitants des quartiers sud et du centre-ville devraient connaître beaucoup moins de coupures de courant, promet la compagnie d'électricité.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140908-rca-bangui-dote-nouveau-t...

 

 

Centrafrique : Nouveau transformateur électrique pour Bangui

 

http://www.legriot.info/   par Corinna Leblanc-Justin  Energie sept 9, 2014

 

En vue de remédier au problème des délestages intempestifs à Bangui, la compagnie d’électricité centrafricaine Enerca (Energie Centrafricaine) va  doter cette ville d’un nouveau transformateur électrique.

 

Ce nouvel appareil va ainsi remplacer l’un des nombreux autres installés dans la capitale centrafricaine,  mais   qui sont  de moins  en  moins  performants en raison de leur vétusté. Les manœuvres d’installation du  nouveau  transformateur ont commencé et devront entraîner de fréquentes coupures  d’électricité tout le long  de cette semaine. Mais à terme, les habitants  des quartiers  du  sud et  du centre  de Bangui  pourront  se  réjouir.

 

En effet, le nouveau transformateur sera doté d’une capacité de 10 Méga-volt-ampère (MVA), soit le double du précédent.  Selon  Elisabeth Kofio, directrice générale de l’Enerca, « la capacité de l’ancien transformateur  était réduite au point  de ne  plus supporter l’augmentation de la demande ».

 

Si l’alimentation électrique des  quartiers concernés va  être  fortement perturbée, il n’en sera  pas de même  pour les hôpitaux du fait que l’Enerca  a pris les mesures nécessaires pour s’assurer que les équipements électriques des hôpitaux continueront à fonctionner normalement pendant les délestages. Ces hôpitaux disposent notamment de groupes thermiques dont le bon fonctionnement a été vérifié par les techniciens de l’Enerca. De même, la compagnie se  charge  « d’approvisionner  ces hôpitaux en carburant pour permettre leur fonctionnement », a indiqué Mme Kofio.

 

L’installation de ce transformateur électrique a été financée par l’Agence Française de Développement (AFD). L’appareil a  été fabriqué  par une entreprise égyptienne, et ce sont des techniciens du pays des pharaons qui  œuvrent actuellement  à son installation à Bangui.

 

Ce transformateur permettra à des milliers de personnes d’avoir le courant électrique de façon permanente.

 

La République centrafricaine, d’une population  4,5 millions d’habitants, est l’un des pays les plus pauvres de la planète et  traverse depuis plus d’un an une grave crise socio-politique.

RCA: Bangui se dote d’un nouveau transformateur électrique

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Centrafrique-Presse.com
9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 01:19

 

 

 

 

 

http://www.afrique7.com/    septembre 8, 2014 

 

La Douane centrafricaine interpelle ses contribuables sur la nécessité de s’acquitter de leurs obligations vis-à-vis de la Douane. C’est la recommandation principale qui est sortie de la conférence de presse tenue vendredi dernier à Bangui,  par Mme Rachel Ngakola, Directrice de la Douane, portant sur la campagne de sensibilisation des contribuables.

 

Dans un pays où l’économie est complètement en déliquescence et les caisses de l’Etat exsangues, la remise en ordre des Services douaniers rentre parmi les priorités de la reconstruction du gouvernement de transition.  Pour  Mme Rachel Ngakola, « l’un des piliers de la feuille de route du gouvernement de transition est le recouvrement des ressources qui s’inscrit parmi les obligations de la Douane”. Elle a tenu a préciser que les ressources douanières constituent la principale source de revenu du gouvernement pour faire face à ses charges lourdes comme le paiement des salaires.

 

La sensibilisation reste donc le leitmotiv du slogan de responsabilisation : « Je paie mes droits et taxes, je participe au développement de mon pays ; Je paie mes droits et taxes, je suis un bon citoyen ; Je paie mes droits et taxes, je fais preuve de civisme, je sécurise mes affaires et j’évite les litiges ».

 

Aussi, en interne, la Direction de la Douane entreprend une cure des mesures pour assainir la machine et la rendre plus performante. En dehors de la modernisation des services, elle compte aussi cultiver, au sein du personnel, les bonnes pratiques requises à la profession à travers une formation adaptée.

 

Avec ces temps de crise où l’Etat est moins visible, et où les tentations sont bien grandes pour les citoyens de se soustraire de leurs devoirs de citoyenneté, les impôts et autres taxes sont les premiers à en pâtir. Une telle campagne de sensibilisation est un autre moyen de contribuer à la reconstruction de ce pays qui est en proie à la guerre civile.

Centrafrique : Campagne de sensibilisation pour les contribuables

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Centrafrique-Presse.com
8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 14:49

 

 

 

 

 

 

08/09/14 (RFI)

 

Visa pour l’image, le festival international de photojournalisme réserve cette année une large place à la Centrafrique : pas moins de trois expositions de trois photographes différents sont en effet consacrées au pays. Christophe Paget, a rencontré Michaël Zumstein, qui effectue des reportages photo en Afrique depuis de nombreuses années, et qui s’est rendu en RCA en septembre 2013.

 

RFI : Sur deux de vos photos on voit un jeune garçon et une jeune fille sourire largement, on sent qu’ils sont heureux et en fait ce sont des sourires de haine ?

 

C’était une période extrêmement étrange où les musulmans de la ville finissaient d’être chassés. Et immédiatement après qu’ils aient quitté la ville, les populations civiles chrétiennes partaient sur les biens des musulmans, que ce soit les maisons ou les mosquées. Et en effet sur deux images on voit des jeunes filles et des jeunes gens heureux de piller. C’est un peu l’image de la Centrafrique que j’ai retenue, il y avait énormément de haine et en même temps il y avait des gens qui s’en réjouissait. Cela montre à quel point le pays est aujourd’hui divisé.

Vous étiez là-bas quand Bangui a été attaquée par les anti-balaka, le 5 décembre. Comment s’est passée cette journée pour vous qui deviez prendre des photos ?

Dans un premier temps c’était une grande confusion, on ne savait pas qui attaquait. Très très vite on a reçu les informations de la population civile, et on a compris que les anti-balaka attaquaient la ville. Et surtout peu de temps après, dans l’après-midi, on a compris qu’il y avait une sévère répression de militaires Seleka, qui s’en sont pris à la population chrétienne et évidemment aux miliciens anti-balaka qui avaient attaqué la ville. Il faut savoir que la Centrafrique c’était quand même un trou noir dans l’information l’année dernière, personne ne savait ce qui se passait. Moi-même j’avais été dans tous les pays limitrophes, pendant les 20 dernières années de ma carrière de journaliste, mais jamais en Centrafrique. Mais les deux camps, que ce soit du côté de la Seleka ou des anti-balaka, nous laissaient travailler. Ils avaient besoin même des journalistes, ils avaient des revendications à faire passer, c’est à ce moment là qu’il faut faire attention en effet à ne pas être manipulé.

 

Je reviens à ma question, comment s’est passée la journée de l’attaque, précisément, qu’est-ce que vous avez fait en tant que photographe ?

 

La première chose c’était de pouvoir se déplacer dans la ville de Bangui, puisqu’il n’y avait plus de véhicules. On est monté dans un véhicule qui amenait des blessés à l’hôpital, on est montés à l’arrière du pick-up et en arrivant on a pu mesurer l’ampleur de l’attaque et surtout de la répression, puisqu’il y avait déjà des dizaines de corps qui arrivaient au fur et à mesure dans la morgue de l’hôpital. Et ensuite petit à petit on a élargi notre cercle de recherche pour aller voir ce qui se passait dans les quartiers chrétiens, dans les quartiers musulmans. Et là, on s’est aperçu que c’était une journée sanglante, mais que c’était surtout le début d’un cycle de violence, de vengeance, et de représailles.

 

Par rapport à la violence dans les photos, elle est bien présente mais pas forcément avec des personnes blessées. Il y a ces images d’abandon, par exemple cette vieille femme recroquevillée sur elle-même dans sa maison. Comment vous avez rencontré cette femme ?

 

En Centrafrique, les structures de l’Etat se sont effondrées il y a maintenant plus de 20 ans. Il n’y a plus d’armée pour protéger les populations, il n’y a évidemment personne à appeler en cas de danger. Sur cette image on est arrivé avec le journaliste dans un village qui était complètement abandonné et on a vu un tout petit peu de fumée qui s’échappait d’une petite hutte. On est rentré et on a vu une femme complètement isolée, on a compris en la questionnant qu’elle n’avait plus la force de fuir. Ses voisins, sa famille l’avaient abandonnée, on abandonnait les personnes qui n’étaient pas capables de marcher. On a trouvé une femme aveugle et complètement prostrée dans sa maison. On a tout fait évidemment pour pouvoir l’évacuer et l’amener à l’hôpital de Médecins sans frontières.

 

Il y a une image qui est particulièrement forte, là encore c’est de la violence indirecte. Deux enfants sur une paillasse, il y en a un qui est très jeune et qui a un énorme bandage autour de la tête et ils sont tous les deux reliés à des gouttes à gouttes qui paraissent gigantesques à côté d’eux.

 

Les premiers mois il y avait une guerre de l’information, des systèmes d’intimidation. S’attaquer aux enfants c’était aussi une façon d’intimider l’ennemi. Ce qu’on voit sur cette image c’est en effet deux petits enfants peuls qui ont été pris à parti par des milices anti-balaka. Qui n’ont pas été tués mais qui ont été blessés volontairement pour faire peur aux populations musulmanes, afin qu’elles fuient le pays. C’est le début des grands exodes des musulmans de Centrafrique.

 

Comment s’est passé votre rapport à la population dans cette ambiance de guerre civile ?

 

En septembre 2013 il n’y avait pas beaucoup de journalistes, les populations avaient besoin de témoigner, de dire leur souffrance, en espérant évidemment que les choses changent. Nous on a fait notre travail de journalistes très tôt. On est arrivés en septembre, on a alerté, on a informé pour que les massacres cessent. Ça n’a pas cessé. Aujourd’hui, il y a 12 000 hommes de l’ONU qui vont se déployer en Centrafrique. On espère qu’il va y avoir un changement et que ces populations civiles, qui souffrent maintenant depuis pratiquement plus d’un an, vont enfin pouvoir se mettre à l’abri et essayer d’avoir une vie meilleure.

 

Il y a beaucoup d’armes dans ces photos mais la plus surprenante c’est celle d’une recrue Séléka avec fusil en bois ?

 

Quelques semaines après le 5 décembre, on a pu élargir notre façon de travailler et aller à Berengo, où se trouve l’ancien palais de Bokassa. On a retrouvé des jeunes qui attendaient là d’être enrôlés dans une armée régulière, qui bien sûr n’existe plus depuis très longtemps. On est arrivé, ils se sont mis au garde-à-vous pensant qu’on était des mercenaires. Et finalement on s’est aperçu que ces jeunes-là erraient dans le palais et un peu à l’image du pays, ils attendaient des jours meilleurs. Finalement, tous ces jeunes de Centrafrique ont été déscolarisés très tôt, suite aux différents coups d’Etat, ils n’ont plus que l’armée comme seul espoir. Peu importe d’ailleurs dans quel coin ils vont se battre, c’est la seule marque d’identité valable aujourd’hui en Centrafrique, la force et la guerre.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140908-michael-zumstein-photojou...

 

En Centrafrique, c'était «le trou noir de l'information»

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 14:36

 

 

 

 

 

(BRUXELLES2) 08/09/14  - Pianissimo ! Le contingent italien a mis un peu de temps à arriver dans l’opération EUFOR Rca. On l’attendait fin juin pour la déclaration de pleine capacité opérationnelle. Les militaires italiens sont arrivés finalement … à la fin août. Ils sont « bien là », nous a confirmé un officier de l’opération. Une cinquantaine de militaires, provenant du 8e régiment de la brigade parachutiste « Folgore », sont arrivés fin août. Avec force matériels, transportés par les gros porteurs antonov russes du contrat Salis.

 

Les Italiens assureront « la mobilité des forces européennes, le nettoyage des restes de la guerre et la création d’infrastructures de base à destination de la population et du gouvernement local, ainsi que la surveillance de la reconstruction d’un pont confiée à des entreprises locales » détaille-t-on côté italien. Les Italiens n’ont pas traîné à se mettre au travail. Première tâche : améliorer et finaliser l’accès à l’aéroport de la capitale. Depuis une semaine, une équipe spécialisée a ainsi « réparé et consolidé le tronçon de route à l’entrée de l’aéroport M’Poko de Bangui », actuellement contrôlé par les forces de l’EUFOR.

 

(NGV)

http://www.bruxelles2.eu/2014/09/07/le-genie-italien-present...

Le génie italien à l’oeuvre en Centrafrique

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 22:32

 

 

 

 

 

http://mondafrique.com/   EDITOS - PAR THALIA BAYLE - Publié le 06 Sep, 2014

 

Toujours à feu et à sang malgré le cessez-le-feu signé fin juillet entre les ex-rebelles de la Séléka, majoritairement musulmans, et les milices chrétiennes "anti-balaka", la Centrafrique demeure plus que jamais un territoire stratégique où l'ancienne métropole et les Etats de la région tentent de s'imposer

 

Plongée dans le chaos, la Centrafrique ressemble à un vaste échiquier sur lequel la France et les puissances régionales avancent leurs pions. Preuve en a été donnée, une fois de plus, lors de la nomination du nouveau premier ministre Mahamat Kamoun par la présidente centrafricaine Catherine Samba Panza le 10 août dernier. Contesté par la quasi totalité de la classe politique centrafricaine, le nouveau chef de gouvernement n’était surtout pas le candidat de la France qui a vite fait de manifester son mécontentement. Quelques jours avant la nomination, le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius qui avait joint par téléphone la présidente centrafricaine avait pourtant transmis un message clair. C’est Karim Meckassoua, un universitaire musulman de haut niveau, ancien proche de l'ex président Bozizé, réputé compétent et très apprécié par Jean-Yves Le Drian qu’on avait choisi pour elle. Bel exemple parmi bien d’autres, de la manière dont la France s’immisce dans les affaires de son ancienne colonie livrée au chaos.

 

Paris, à la manoeuvre

 

Depuis le début de la crise centrafricaine, ce pays qui vit sous perfusion et dont l’Etat est en lambeaux a remis en partie son destin aux mains de l’ancienne métropole. Elue en janvier 2014, Catherine Samba Panza doit elle-même son poste au jeu d’influence français. Après avoir poussé vers la sortie l’ex-président Michel Djotodia en décembre 2013, la diplomatie française menée par Laurent Fabius a jeté son dévolu sur cette proche de… Michel Djotodia. C’est en effet à l’ancien chef de file de la Séléka que Samba-Panza doit son précédent poste comme maire de Bangui. Côté français les choses sont claires : en Centrafrique la cohérence attendra, l’important est d’abord de se placer aux avant-postes du pouvoir.

 

Depuis le début de la crise et le lancement de l’opération militaire Sangaris fin 2013, les autorités françaises donnent donc le la aux côtés de leur allié le puissant chef d’Etat tchadien Idriss Déby qui lorgne sur la zone nord du pays. A l’issue du sommet de 2013 qui a mis fin aux fonctions des ex dirigeants centrafricains, Laurent Fabius n’hésitera pas à bousculer le calendrier électoral fixé par Bangui. Celui-ci prévoyait la tenue d’élections pour février 2015. Le ministre des affaires étrangères français demande à ce qu'elles soient organisées pour fin 2014. Un timing qui s’avère rapidement bien trop serré, tout comme celui prévu par les autorités du pays qui ont fini par annuler les élections.

 

Mais le jeu français va bien au-delà des turpitudes de calendrier. L’arrivée du nouveau premier ministre Mahamat Kamoun fait d’ailleurs écho à un précédent épisode. Karim Meckassoua, grand favori de l'Elysée et du président congolais Denis Sassou Nguesso, médiateur de la crise centrafricaine, pensait déjà rafler la mise lors de la nomination du précédent premier ministre. C’est toutefois André Nzapayéké, un technocrate issu du milieu bancaire qui avait été choisi à la demande de la direction générale du Trésor français. Pour rappel, à l’issue du remaniement ministériel d’avril 2014 en France, cette « DG » est passée sous tutelle du ministère des affaires étrangères pour les domaines relevant du Commerce extérieur. Difficile dans ces conditions de ne pas voir la main de Laurent Fabius derrière la nomination d'André Nzapayéké, d’autant que rien ne le prédestinait au poste de premier ministre. Ancien de la Banque africaine de développement (BAD) et vice-président de la Banque de développement des États de l'Afrique de 2012 à 2014, l’homme se distingue par une carrière internationale très éloignée des cercles politiques centrafricains. A travers lui, Paris teste sa nouvelle « diplomatie économique » dans le laboratoire centrafricain. Résultat, le gouvernement Nzapayéké signe un bilan calamiteux et les relations avec la présidente qui s’est vue imposer ce choix sont exécrables durant tout le mandat.

 

Les vieilles recettes de la françafrique fonctionnent donc toujours à plein. La quasi totalité des acteurs politiques qui occupent le devant de la scène aujourd’hui en Centrafrique à l’image de Karim Meckassoua ou de l’un des principaux opposants Martin Ziguélé entretiennent des liens très étroits avec la France. Même chose dans l’entourage de Catherine Samba Panza où l’on retrouve notamment Jean-Jacques Demafouth, ancien rebelle proche des services français au très stratégique poste de conseiller de sécurité.

 

Chrétiens contre musulmans

 

Fin juillet dernier lors du forum de Brazzaville à l'issue duquel un cessez-le-feu est signé, la présidente Samba Panza se voit imposer une nouvelle condition par la communauté internationale pour tenter de sortir du marasme et barrer la route aux partisans d'une partition du pays : le prochain premier ministre sera musulman. Un scénario attendu qui a incité plusieurs forces politiques à ne pas se rendre au forum. « Dès le départ, il était convenu que ce sommet devait aboutir à la nomination d’un musulman à ce poste. A quoi bon s'y rendre ? Pour faire encore de la figuration ? » tonne un membre de l'Alliance des forces démocratiques pour la transition (AFDT), la plateforme regroupant les partis de l'ancienne coalition de l'opposition démocratique conduite par Martin Ziguélé qui brigue la présidence.

 

Le 10 août, le choix de Catherine Samba Panza s'est finalement porté sur Mahamat Kamoun, ancien directeur de cabinet de Michel Djotodia et l'un des principaux soutiens de la présidente lors de son accession à la tête de l'Etat. Une manière aujourd'hui de lui renvoyer l'ascenseur. S'il n'était pas le favori de Paris, et encore moins celui du président Sassou qui a fait parvenir un courrier à la présidente pour la sommer de changer d'avis, Mahamat Kamoun est pourtant soupçonné par les rebelles de la Séléka de s'être rangé du côté de Paris depuis le sommet Afrique-France de décembre 2013. Reste qu'au-delà du manque de suspense, les discussions de Brazzaville montrent aujourd'hui une scène politique centrafricaine entièrement pensée à travers la dichotomie chrétiens/musulmans. Une opposition qui, loin de rendre compte de toute la complexité de l'imbroglio centrafricain mène à l'adoption de mesures cosmétiques. Une grille de lecture enfin, que l'opération militaire française Sangaris a contribué à alimenter en tardant plus d'un mois avant d'intervenir contre les exactions des milices anti balaka chrétiennes.  

 

Lu pour vous : La Centrafrique, quintessence de la Françafrique

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 22:28

 

 

 

 

 

 http://francislaloupo.wordpress.com/   par Francis Laloupo le 7 septembre 2014

 

L’ouragan de violences qui déchire les communautés humaines du berceau des bantous continue d’opposer une farouche résistance à un prisme unique d’analyse. Ceci est loin de constituer une particularité centrafricaine. Dans l’histoire des déchirements de toute communauté humaine, chaque fois qu’il faut « historiser » les origines d’une crise, on soulève la question de la fenêtre d’entrée pertinente. C’est d’ailleurs ce qui caractérise l’Histoire des hommes racontée par les hommes, et surtout lorsque cette histoire est politique et que cette politique n’a aucun référentiel. Ce qui s’est passé à Brazzaville au début de la quinzaine du mois de juillet illustre à merveille ce constat. Les accords de cessez-le-feu de Brazzaville n’étaient que de l’esbroufe dont l’objectif était le partage de postes ministériels dans une patrie factice. Sans verser dans le procès d’intention, il faut bien constater que les milliers de victimes innocentes centrafricaines de la folie meurtrière, les stigmates et autres polytraumatismes qui marqueront de façon indélébile les survivants n’ont pas semblé préoccuper les plénipotentiaires de l’autoproclamation. Ils ont, dans la précipitation, mis en veilleuse leurs antagonismes mortifères, pour mieux accéder au partage du butin.

 

Brazzaville a réuni les maçons des murs de la séparation et non des bâtisseurs de ponts… Poser la patrie sur des fondations inébranlables doit devenir la force motrice de la nouvelle architecture nationale, à la place des dérivatifs de Brazzaville. Il faut disséquer notamment les champs sémantiques et sémiologiques des interventions des ateliers de la rencontre à Brazzaville et les critères de légitimité requis, pour réaliser le profond mépris affiché à l’égard des suppliciés et des survivants. La nouvelle idylle de ceux qui ont endeuillé et polytraumatisé la patrie a amené ces derniers à sacrifier la paix et l’unité du territoire au profit de décisions cosmétiques. Les interventions à Brazzaville ne se fondaient sur aucun postulat socio-économique, aucun postulat politico-militaire consistant à mettre en perspective le positionnement de ce pays dans le contexte premier de la CEMAC (Communauté économique des Etats d’Afrique centrale). En Centrafrique, l’action politique se confond avec la haine de l’autre et se réduit à la gestion des intérêts égoïstes des protagonistes. Les différentes tribunes de Brazzaville ont remis en mémoire le tristement célèbre DPI (Dialogue Politique Inclusif) de décembre 2008, et sa principale bénéficiaire, à savoir Catherine Samba Panza, l’actuelle présidente de la Transition. Au regard de la crise politique, qui peut oser, à l’aube de ce 21e siècle prétendre, par sa seule initiative, produire des transformations dans un pays ? Quel groupe ou quel mouvement militaro-politique pourrait prétendre réussir des transformations socio-économiques par la seule force de la baïonnette et du bâillon ?

 

Fallait-il ou pas aller à Brazzaville ? L’effondrement actuel de la patrie est imputable à l’incurie de l’Etat. Face cette réalité, la rencontre de Brazzaville a été utilisée par certains comme un paratonnerre, quand d’autres y ont vu l’occasion d’évaluer les rapports de force et les éventuelles connivences pour le partage du butin. A ceux-là, se sont ajoutés d’autres qui, en désertant ce forum, ont choisi la stratégie de l’embuscade. Au vu des atrocités commises et de la ruine du tissu social, comment expliquer à la génération d’écoliers des « années blanches », qu’il faut déconstruire les logiques dominantes qui ont conduit à la situation actuelle, et impulser de nouvelles dynamiques en construisant des logiques alternatives ? Les interventions à Brazzaville devraient être les esquisses de nouvelles architectures de base pour l’avenir, en prenant à témoin la communauté internationale. Au lieu de raser les murs et faire allégeance aux puissances tutélaires que sont devenus les Etats voisins, c’était l’occasion, plus que jamais, de s’engager à renoncer aux déchirements, de dénoncer les quincailleries politiciennes et les autocraties en tout genre, puis d’énoncer des orientations sociopolitiques post-conflit. Renouer le dialogue autour de la problématique de protection des êtres humains et déminer les foyers où fleurit la spéculation sur l’ignorance des gens : tels sont, à nos yeux, les grands enjeux. Au lieu de cela, les organisations politiques associés aux groupes armés ont fait manquer à la patrie son rendez-vous avec le projet de la reconstruction en se prévalant de dérivatifs et en préconisant des poncifs. Jamais les « décisions » de Brazzaville n’ont pris en compte le sort des polytraumatisés et les stigmates de la violence : amputations, destruction des liens sociaux, haine et esprit de vengeance, le règne de la peur et la perte de repères. Pour reconstruire, il ne suffit plus de s’atteler à la refonte du système de sécurité. Il faut surtout mettre en œuvre des politiques de reconstruction physique et morale des individus et des communautés humaines, notamment en matière de résilience…

 

Comment faire, à nouveau, de la Centrafrique une terre nourricière ouverte au monde, émancipée, pétrie de valeurs réaffirmées ? La République Centrafricaine est devenue, depuis les mutineries de 1996, le passager clandestin par excellence de la communauté internationale par le nombre des résolutions de l’ONU portant sur la sécurisation du territoire, et mises en œuvre par divers dispositifs militaires ayant pour sigles MISAB, MINURCA, BONUCA, FOMUC et FOMAC, MICOPAX, BINUCA, MISCA et bientôt MINUSCA. Pas moins de quatre résolutions ont été prononcées en l’espace d’une année: Résolution 2121 (2013), Résolution 2127 (2013), Résolution 2134 (2014), Résolution 2149 (2014), qui sera mise en oeuvre en Septembre 2014. Question : ce territoire a-t-il vocation à n’être que le terrain des échecs successifs des expérimentations onusiennes et de ses institutions ? Comment analyser l’ampleur de ce fiasco ? Comment expliquer aussi que la Croix-Rouge internationale, l’association Médecins Sans Frontière et autres ONG se retrouvent prises dans des sables mouvants, dès lors qu’elles interviennent dans ce pays ? Pour ne pas allonger la liste des échecs, nous n’osons pas aborder les champs d’action du PNUD… La Résolution 2149 comporte de nombreux volets permettant de produire les leviers d’une reconstruction post conflit. On relève dans cette panoplie d’instruments, certains dont l’efficience dépend des missions traditionnelles de l’Etat : protection des populations et du territoire, sécurité des transactions de toute nature, et d’autres dont les effets induits dépendront de la capacité des populations et des collectivités territoriales à capter les externalités positives. Les tribuns et autres chefs de guerre, présents ou pas à Brazzaville n’ont vu dans cette résolution que l’opportunité de se rendre « incontournables » afin échapper à d’éventuelles poursuites devant la Cour pénale internationale. En effet, l’une des dispositions de la Résolution prévoit la mise en oeuvre d’une enquête pour crimes de guerre… Il est vrai que l’impunité est la première vertu des virtuoses de la politique en Centrafrique.

 

Pour les organisations revendiquant leur appartenance à la société civile ainsi que les forces politiques, la Résolution 2149 constitue une opportunité pour repenser l’Etat, notamment en ce qui concerne ses relations avec la population, la conduite de l’économie nationale, la gestion des finances publiques dans un climat social apaisé. Par ailleurs, dans le cadre de la sacro- sainte refondation du système de sécurité, nous en appelons à la refonte de la carte militaire et de la gendarmerie à partir de la grille des six régions. Enfin, il s’agit d’ouvrir les vrais chantiers d’un pacte républicain, en libérant la Centrafrique de la culture de la défiance et de l’instrumentalisation de la religion par les politiques. La mise en oeuvre de la Résolution 2149 dans ses différentes dimensions requiert à la fois technicité et audace. L’enjeu est de faire de la Centrafrique un nouvel espace d’expérimentation de la relance d’un processus démocratique fondé sur l’émancipation citoyenne.

 

* Gervais Douba et Orphée Douaclé sont Membres du « Forum de Reims »

Tribune Libre : « Reconstruire la Centrafrique » – Par Gervais Douba et Orphée Douaclé*

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 22:26

 

 

 

 

 

http://www.afrique7.com/    septembre 5, 2014

 

L’ex-président centrafricain Michel Am-Nondokro Djotodia sort de son silence, dans une interview accordée à un journal béninois et publiée par l’Agence centrafricaine de presse le 04 septembre.  Aujourd’hui en exil au Bénin, l’ancien Chef de l’Etat fait de l’accès au pouvoir par des Musulmans l’exigence pour une solution au conflit politique qui ronge la RCA.

 

Celui qui expliquait, au lendemain de sa prise de pouvoir à Bangui, avoir pris un prénom chrétien de « Michel » pour masquer son identité confessionnelle musulmane afin de ne pas être discriminé dans l’accès à la Fonction publique, déclare que « pour que la paix revienne, il faut qu’il y ait équité. Pour que la paix revienne, il serait souhaitable de remettre encore le pouvoir à l’ex-Séléka. Quitte à l’ex-Séléka de diriger. Il faut bien permettre,  une fois en passant, aux musulmans de diriger ».

 

L’homme politique centrafricain voit sa propre éviction du pouvoir, en janvier dernier, sous la même loupe du fait religieux : « Après 50 ans de gouvernance par les Chrétiens, un Musulman vient au pouvoir, et on en fait un tapage de telle manière que ça a entraîné le chaos ».

 

Michel Djotodia se présente comme un artisan de paix, l’homme de la situation et un rassembleur. Lui qui se vante que ses forces contrôlent aujourd’hui 60 % du territoire centrafricain, n’hésite pas à agiter le spectre de la partition du pays. « La seconde proposition, c’est qu’il y ait partition. Il y a plusieurs manières de séparer les gens à savoir le fédéralisme et autres. Qu’il y ait partition et qu’on sépare les gens définitivement pour qu’il y ait la paix », ajoute-t-il dans cette interview.

 

Et le Chef de l’ex-Séléka de conclure : « Si on ne prend pas en compte l’une des solutions proposées, je crois qu’il n’y aura pas la paix ».

 

De plus en plus revendiquée dans le milieu Séléka, l’évocation de la balkanisation du pays de l’empereur Bokassa fait trembler tous les nationalistes.

Centrafrique : Michel Djotodia pour un retour à la paix

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 22:22

 

 

 



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Le jeudi 4 septembre 2014, l’agence de presse chinoise Xinhua publiait une interview exclusive de Madame Catherine Samba-Panza, Présidente de Transition de la République centrafricaine. Dans les déclarations de Madame la Présidente de la Transition, trois points particulièrement ont retenu l’attention du Parti du Renouveau Panafricain (P.R.P.) :

 

·L’affirmation assumée d’une option politique communautariste et confessionnalisante au sommet de l’État ;

 

· La validation d’un schéma d’instabilité gouvernementale ;

 

· La promotion du dogme de l’inclusion à tout prix comme politique à géométrie variable.

 

Interrogée sur les assourdissantes protestations à l’encontre de son cabinet gouvernemental, Madame la Présidente de la Transition répond ceci :

 

«D’abord en ce qui concerne la contestation, c’est normal, nous sommes en démocratie ». Est-ce une boutade ? Mais en pareille situation, est-ce indiqué ? Où est-ce une provocation ? La RCA actuellement est-elle une démocratie ? Vraiment, Madame La Présidente de Transition ? Suffit-il que son gouvernement soit contesté pour affirmer que l’on se trouve dans une démocratie ? C’est donc cela un pays démocratique, Madame la Présidente de Transition ? Comment une telle légèreté de parole est encore possible à un tel niveau de l’Exécutif ?

 

Madame la Présidente de Transition d’ajouter : « Dans ce gouvernement, vous avez les 16 préfectures de la République centrafricaine qui sont représentées, vous avez les grandes tribus (…) ». Cette réponse bafoue le sens même de la politique en tant qu’instrument d’organisation de la vie en société aux fins d’atteindre le bien commun. L’on n’attend pas d’un pouvoir exécutif de représenter en son sein toutes les préfectures d’une Nation, car pour cela il y a l’Assemblée Nationale qui est par excellence le lieu de la Représentation Nationale. En clair, si l’on veut représenter toutes les Préfectures de la RCA au niveau national, il ne faut pas promouvoir un « représentant » de chaque préfecture à un poste ministériel, mais s’assurer que la Représentation Nationale de Transition, en l’espèce, le Conseil National de Transition (CNT) soit effectivement représentative.

 

Le rôle de l’Exécutif de Transition est clairement défini dans l’article 44 la Charte Constitutionnelle du 18 juillet 2013 et nulle part il est fait mention de représentation des seize préfectures de la RCA. Cette confusion est d’un très mauvais genre et n’augure rien de bon. En effet, introduire le « partage » du pouvoir exécutif entre « représentants » de préfectures et les « grandes tribus » (quelle expression malheureuse) va à l’encontre de toute logique d’une politique orientée vers le bien commun. Aussi sommes-nous en droit de nous demander si ces « représentants » des préfectures ont été élus ou choisis par les administrés de cesdites préfectures comme l’exigeraient les principes démocratiques prônés par Madame Catherine Samba-Panza. Quant à ces « grandes tribus » (sic) dont parle Madame la Présidente de Transition, ont-elles procédé à des consultations internes pour établir la liste des « délégués » à proposer aux postes ministériels ? Évidemment non.

 

Et c’est avec effroi que nous sommes dans le regret de constater que l’Exécutif de Transition ne perçoit toujours pas le danger d’une gestion de la chose publique en faisant recours aux clients et aux tribus. C’est que très souvent, cette façon de faire s’est mue très vite en clientélisme et tribalisme, deux maux qui ont tant affligé notre cher Continent. Dans aucune « démocratie » le gouvernement ne cherche à représenter toutes les régions du pays en nommant un représentant par région à chaque poste ministériel.

 

Et d’ailleurs ce n’est pas ce qu’attendent les populations. Elles attendent des solutions de sortie de crise, la fin des exactions, le rétablissement de la sécurité, le retour de la paix et de la justice, le redémarrage de l’appareil économique. Que toutes ces aspirations légitimes soient réalisées par un gouvernement composé de personnes d’un même quartier, d’une même ville ou de préfectures ou de tribus différentes n’a que peu d’intérêt. L’on ne demande pas au Gouvernement de Transition de s’attarder sur les origines géographiques, tribales ou confessionnelles de ses membres, mais sur leurs compétences, leur probité, leur loyauté, leur patriotisme, leur engagement.

 

Donc l’Exécutif de Transition doit cesser ces discours basés sur des fondements divisionnistes, communautaristes, confessionnels. Un tel discours est extrêmement dangereux.

 

Cette conception dangereuse de la politique ne produit qu’instabilité, c’est d’ailleurs ce que reconnait implicitement Madame Catherine Samba-Panza quand elle répond à la question des journalistes qui lui demandent si Monsieur Mahamat Kamoun serait son dernier premier ministre jusqu’à l’échéance de la Transition. La réponse de la Présidente de Transition est cinglante : « Ça ne peut pas être le dernier ». Depuis l’indépendance en 1960, le système politique centrafricain est grevé par une instabilité congénitale à la tête de l’État. Ainsi à un président civil succédait aussitôt un président militaire et vice versa, et ce de David Dacko à Michel Djotodia. Et il semblerait que la Présidente de Transition ait malheureusement renoué avec cette politique qui épelle le nom même de l’instabilité. Nous avons besoin d’institutions fortes, stables, fussent-elles de transition, pour amener vers la sortie de crise. Changer trois ou quatre fois de Premier ministre n’est pas de nature à contribuer à ce but.

 

Madame la Présidente de Transition s’inscrit également dans une doctrine politique assez étrange au regard de la situation chaotique de la RCA. En effet, elle revendique jusqu’au dogme une certaine vision de l’ « inclusion ». « Depuis que je suis arrivée, j’ai fait de l’inclusion un principe », dit-elle. Mais la RCA souffre-t-elle d’avoir trop exclu les ennemis de la Nation, les fossoyeurs du pays ? En d’autres termes souffre-t-elle de ne pas avoir assez ouvert les bras à ces sinistres individus ? Doit-on s’ouvrir davantage à ceux qui ouvertement intentent à l’intégrité de l’État, à ceux qui s’adonnent à la prédation économique via l’extraversion des richesses du pays, ou encore à ceux qui ne s’échinent qu’à faire couler le Précieux Sang des Centrafricains ? Cette logique suicidaire conduira immanquablement la Transition vers l’échec, donc nous peuple centrafricain vers de nouvelles souffrances.

 

Et dans le même temps, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de cette logique de l’ « inclusion à tout prix » ? Pourquoi, alors, s’arrêter en si bon chemin ? Si telle est la ligne directrice, pourquoi ne pas convier MM. François Bozizé et Michel Djotodia à la table du « dialogue inclusif » ?

 

Pourquoi ne pas l’avoir fait dès le départ ? Pourquoi ne pas leur proposer (récompenser de ?) deux postes de vice-premier ministre ou de vice-président ?

 

En vérité, c’est de ne pas avoir suffisamment exclu ceux qui ne se conformaient pas aux règles, aux critères, aux modalités, aux accords et au fonctionnement du jeu politique que souffre la RCA. L’on ne peut se permettre d’hypothéquer les chances de la Transition à cause d’un dogme dont les prémices sont biaisées. L’heure n’est pas à l’inclusion à tout prix, mais à prendre la mesure du prix de l’inclusion, et à identifier celles et ceux qui font honneur aux Centrafricains et ceux qui s’érigent en ennemis déclarés en faisant sans cesse couler le sang des innocents. Se montrer inclusif avec les premiers et exclusif avec les derniers, voilà ce que la population est en droit d’attendre des Autorités de Transition, pas autre chose.

 

Aussi le Parti du Renouveau Panafricain (PRP) en accord avec cette dernière conception de la politique exhorte la Présidence de Transition et le Gouvernement de Transition d’apporter le correctif nécessaire dans la conduite de la Transition afin de nous épargner à tous de futures souffrances largement prévisibles en cas d’échec de l’équipe dirigeante actuelle.

 

Que Dieu bénisse l’Afrique, qu’il bénisse la Centrafrique. Vive la Centrafrique.

 

Fait à Dakar le 6 septembre 2014

 

Maître Tahéruka SHABAZZ, Président du PRP



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Centrafrique : Réaction du PRP aux déclarations de SAMBA PANZA

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 18:32

 

 

 

 

 

06/09/14 (Le Nouvel Observateur)

 

L'organisation internationale consacre un sujet interactif sur la Centrafrique pour mieux comprendre la situation sur place. Longtemps la Centrafrique a été un pays oublié de tous. Ce n'est qu'en mars 2013 que ce pays d'Afrique centrale se rappelle à la communauté internationale à la faveur d'un énième coup d'Etat mené par les rebelles de la Seleka, majoritairement musulmans et originaires du nord-est du pays, un territoire toujours déconsidéré par les régimes successifs. Le cycle de violence est en marche. Et avec, l'intérêt de la communauté internationale.

 

Plus d'un an après le début de la crise, la Centrafrique n'a toujours pas réussi à trouver une issue aux affrontements entre partisans de l'ex-Seleka et "anti-balaka", milices majoritairement chrétiennes mises en place pour faire face à la violence des anciens rebelles.

 

A la veille du déploiement des forces de l'ONU, prévu dans dix jours, Amnesty international consacre un dossier sur la Centrafrique, diffusé sur sa toute nouvelle plate-forme internet "AmnestyStories" et dont laquelle "Le Nouvel Observateur" est partenaire.

 

"Barbarie", "inhumanité"

 

"Ce deuxième numéro d'AmnestyStories articule l’expertise de l'ONG au travail pluriel de journalistes, envoyés spéciaux et correspondants des rédactions partenaires, et de photojournalistes. Les travaux de William Daniels et de Michaël Zumstein, photographes qui se sont régulièrement rendus en RCA depuis le début du conflit, viennent renforcer le récit", explique l'organisation internationale.

 

Interactivité, repères historiques, diaporama, archives de presse, cartes, tout à été pensé pour donner à comprendre ce pays où prédomine la haine et l'incapacité à vivre-ensemble.

 

"Rarement une visite de terrain au cours des huit années de mandat en tant que Haut Commissaire m'a causé une telle angoisse, que mon récent voyage en République centrafricaine. J'ai été profondément choqué par la barbarie, la brutalité et l'inhumanité qui caractérisent la violence présente dans le pays", s'alarmait le 6 mars 2014, Antonio Guterres, Haut Commissaire des nations Unis pour les réfugiés.

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/centrafrique/20140905.OBS8279...

Amnesty ne veut pas qu'on oublie la Centrafrique

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