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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 16:08

 

 

 

 

 

par RFI 10-06-2014 à 10:32

 

Une réunion du processus de Kimberley, ce régime international de certification des diamants bruts, qui permet d'éviter le commerce des diamants exploités pendant les conflits, a démarré, lundi, à Shanghai en Chine. Depuis mai 2013, la Centrafrique a été suspendue de ce processus et Bangui demande la levée des sanctions. L’industrie du diamant représente la première source de revenus du pays et fait travailler près de 100 000 personnes.

 

Aujourd’hui, nous sommes en train d’approcher des requis minimums. C’est-à-dire qu’il n’y ait pas de personnes en armes qui exploitent directement du diamant, qu’il n’y ait pas de personnes qui soient en mesure de détourner le diamant des mains de telle ou telle personne, que les gens qui transportent et négocient le diamant puissent le faire par la voie officielle, c’est-à-dire sur Bangui. Maintenir les sanctions, c’est renforcer les réseaux de fraudes et de fraudeur qui sont en train de se mettre en place. Parce qu’en réalité, aujourd’hui, si les réseaux se sont mis en place c’est parce que la sanction perdure, qu’il y a du diamant qui est là, disponible, et qu’il devient plus facile à ces réseaux d’opérer. Lever la sanction, avec des mesures de contrôle beaucoup plus important des trafics, fera en sorte que ce diamant-là sera plus facile et moins coûteux de l’exporter par la voie officielle à Bangui que de le faire en contrebande.

 

Maxime Kazagui secrétaire permanent adjoint du processus de Kimberley pour la RCA10/06/2014 - par Gaëlle Laleix

 

 

RCA : le prix de la crise

 

RFI  mardi 10 juin 2014 Laurent Correau

 

La Centrafrique. RFI vous fait part, jour après jour, de l’actualité de ce pays qui s’est enfoncé dans la violence en raison de l’absence d’Etat et de justice. Grand Reportage s'intéresse aujourd'hui aux conséquences de cette crise sur la population. Maisons détruites, populations déplacées, greniers et élevages pillés. L'économie de survie qui permettaient aux populations de tenir bon a été déstabilisée. Centrafrique : le prix de la crise, une enquête de Boris Vichith et Laurent Correau.

Diamants de Kimberley : la RCA demande la levée des sanctions
Diamants de Kimberley : la RCA demande la levée des sanctions

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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 16:06

 

 

 

 

 

http://www.lepoint.fr/  Le Point.fr - Publié le 10/06/2014 à 11:49 - Modifié le 10/06/2014 à 12:24

 

Haut responsable chez les ex-Seleka, Éric Massi juge que la situation actuelle en Centrafrique est le résultat de plusieurs poisons.

 

Le Point Afrique : Comment expliquez-vous ce regain de violence en Centrafrique ?

 

Éric Massi : Il faut comprendre que les ennemis de la paix sont partout. Certains cherchent la paix pour leur propre intérêt au lieu de la chercher pour tous. Alors que nous faisons justement des efforts pour sortir de la guerre, ils cherchent à maintenir la violence pour déstabiliser la transition.

 

Vous pensez à qui comme ennemi de la paix aujourd'hui ?

 

Le véritable ennemi de la paix, c'est la peur, la colère, la vengeance et la haine. Les ennemis de la paix sont ceux qui manipulent les Centrafricains et font naître tous ces sentiments.

Quelle est la responsabilité de la Seleka dans les violences actuelles ?

 

L'ex-coalition Seleka s'est réunie à Ndélé du 9 au 11 mai 2014 pour son congrès militaire. À cette occasion, une chaîne de commandement, l'état-major du Mouvement, a été mise en place afin de présenter des interlocuteurs militaires au gouvernement de transition et aux institutions internationales. Dans le même temps, nous avons choisi une coordination politique provisoire pour mieux accompagner le processus DDR (désarmement, démobilisation, réinsertion), censé ramener la sécurité dans notre pays. Je suis membre de cette coordination politique où je m'occupe de la médiation avec les ONG et les Institutions internationales. Nous avons entamé un processus politique pour ramener la paix dans notre pays, car, selon nous, la solution en Centrafrique n'est pas militaire, mais politique. Il y a certaines personnes à Bangui qui ont choisi l'option des armes et de la rue, car elles ne trouvent pas leur intérêt dans le processus politique qui a démarré après le congrès de Ndélé. Les anti-balaka ont également tenu leur assemblée générale récemment pour désigner leur chef d'état-major et leur coordinateur politique. Mais certaines divisions et querelles de leadership sont nées depuis. Nous attendons effectivement de voir si les anti-balaka s'engagent sincèrement dans un processus politique de résolution du conflit.

 

La coalition Seleka a pourtant pris les armes pour le pouvoir...

 

Tout à fait. Les éléments de l'ex-coalition sont partis de Birao et sont arrivés à Bangui. Ils ont pris le pouvoir par les armes. Ils ont remis ce pouvoir à Michel Djotodia et aux politiques. Il se trouve que Michel Djotodia n'a malheureusement pas su assumer son autorité et a été contraint à la démission. Nous avons tous une part de responsabilité dans ce conflit. C'est pour cela que son issue ne peut qu'être politique. Il appartient à tous les acteurs de ce pays de prendre leurs responsabilités et de faire en sorte que tous les éléments en armes puissent, dans le cadre du processus DDR, retrouver une place légitime dans la société. C'est la seule condition pour que la sécurité soit rétablie pour tous les Centrafricains.

 

En attendant, la communauté internationale a dû intervenir pour mettre fin au conflit, la France en premier ? 

 

Je voudrais juste préciser que la force française de la mission Sangaris intervient en support des forces africaines de la Misca (mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine). La France n'est pas à la tête de cette mission de rétablissement de la paix. Ce sont toujours les Africains qui conservent la maîtrise de l'agenda puisque la Misca est une force de l'Union africaine.

 

La réalité du terrain n'est-elle pas autre ?

 

La coopération de la France avec l'Afrique est une coopération qui dépasse le simple cadre centrafricain. Je vous rappelle qu'il y a eu un sommet France-Afrique à Paris au mois de décembre 2013. Sommet au cours duquel la France et les États africains ont défini des règles de partenariat pour la mise en oeuvre d'une force africaine d'intervention rapide visant justement à aider à la résolution des conflits. Il est important que nous puissions, dans le cadre de la réforme de notre système de sécurité, doter nos armées de moyens matériels de formation et d'encadrement adéquats. La France, en tant que partenaire, s'est engagée à apporter son aide. Et je pense que c'est dans ce cadre-là qu'elle intervient. Elle est donc bien dans son rôle.

 

Que savez-vous des circonstances de la mort de la journaliste Camille Lepage, tuée le 11 mai dernier en Centrafrique ?

 

Je n'ai pas d'informations particulières en dehors de ce que j'ai pu lire dans les médias. Je ne pourrai donc pas me prononcer sur les circonstances de sa mort. D'ailleurs, j'exprime mes condoléances à sa famille. Par contre, je tiens à rappeler que nous sommes dans une situation de conflit. Les journalistes sont très exposés. Il faut absolument que l'on puisse leur permettre de travailler partout dans de bonnes conditions. Nous attendons les résultats de l'enquête. Manifestement, les conditions de sécurité autour de Camille Lepage n'étaient pas réunies pour lui permettre, malheureusement, de survivre à sa mission. J'espère que nous en tirerons les leçons et que l'ensemble de la presse et des journalistes internationaux prendront toutes les précautions pour ne pas se retrouver exposés à de pareilles situations.

 

Lu pour vous : Eric Neris : "Nous avons tous une part de responsabilité dans ce conflit"

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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 16:04

 

 

 

 

10/06/14 (AFP)

 

Le Représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Centrafrique, le général Babacar Gaye, "souhaite" que la situation en Centrafrique permette "une réduction des effectifs" français déployés dans le pays en septembre, a-t-il dit lundi à l'AFP.

 

Le général Francisco Soriano, commandant de l'opération française en Centrafrique Sangaris, avait indiqué vendredi que le retour de ses soldats commencerait à partir du 15 septembre, date du début de l'opération de maintien de la paix de l'ONU.

 

"Nous allons voir ce que sera la situation en septembre mais (...) moi ce que je souhaite c'est que nous soyons dans un environnement où une réduction des effectifs de Sangaris puisse se faire sans que cela ne mette en cause la sécurité et la stabilité de la situation", a déclaré M. Gaye.

 

Le Représentant spécial a estimé qu'on était encore dans une "crise" en Centrafrique. "La violence a diminué mais elle reste dans le pays très largement au dessus de la normale, essentiellement car nous n'arrivons pas encore à restaurer l'autorité de l'Etat et ses outils régaliens", a-t-il souligné.

 

Sur l'effort de réconciliation mené par les autorités de transition, il a jugé que "ni la volonté ni l'engagement" ne leur avait fait défaut. "Peut être que l'effort n'a pas encore trouvé tout l'écho attendu mais la réconciliation ne se décrète pas", a-t-il dit.

 

Environ 2.000 militaires français sont déployés depuis fin 2013 en RCA dans le cadre de l'opération Sangaris, aux côtés des quelques 5.000 soldats de la force africaines Misca, pour stopper les massacres commis par les milices chrétiennes anti-balaka et les ex-rebelles Séléka, à majorité musulmane.

 

A partir du 15 septembre, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RCA (Minusca) doit se mettre en place et se substituer progressivement aux forces internationales présentes actuellement. A terme, la Minusca doit compter 12.000 hommes, issus principalement de pays de la région.

 

Depuis la prise de pouvoir de la rébellion Séléka en mars 2013, renversée en janvier 2014, la Centrafrique vit une crise sans précédent. Les exactions des groupes armés contre les civils ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

 

L'attaque de l'église de Fatima au cours de laquelle 17 personnes ont été tuées le 28 mai a provoqué un regain de violences dans les jours qui ont suivi à Bangui avec des manifestations au cours desquelles plusieurs personnes ont été tuées, avant un relatif retour au calme dans la capitale.

Centrafrique: l'ONU "souhaite" qu'une réduction des effectifs français soit possible en septembre (Gaye)

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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 16:03

 

 

 

 

10/06/14 (RFI)

 

A Bangui, les armes sont partout, sauf dans les casernes. Les FACA - les Forces armée centrafricaines - ont été désarmées par les Seleka et l’embargo de l’ONU interdit toujours de réarmer les soldats centrafricains. Les autorités de transition essaient d’obtenir la levée de cette interdiction.

 

Personne n’habite au camp Kassaï. Toutes les habitations ont été détruites et, chaque matin, des centaines de militaires aux treillis souvent dépareillés affluent en ordre dispersé au camp, comme on vient à l’usine.

 

L’entraînement est succinct : pas de maniement des armes, puisque ces hommes en sont privés, mais du sport et même, le samedi, un enseignement religieux. « Suite aux derniers évènements, nous essayons de renforcer ces séances d’enseignement public pour permettre de croire et de pardonner à son prochain », expose le lieutenant Alain Aimé, du bataillon du Génie. « Il faut que nous lavions les esprits. Donc, c’est vraiment très important pour les soldats, protestants, catholiques. Y compris les musulmans. Mais malheureusement, ils ne sont pas parmi nous, c’est dommage », note-t-il. Le lynchage d’un musulman après une cérémonie militaire officielle en février aura achevé les velléités de retour des plus courageux.

 

Une solde, mais pas de fusil

 

A Kassaï, il y a quatre bataillons d’environ 400 hommes. Mais rares sont ceux qui sont au complet. 8000 FACA ont été recensé dans tout le pays par la présidence centrafricaine qui travaille à la levée des sanctions onusiennes qui privent encore aujourd’hui ces soldats de leur armement. « Qui dit armée, dit armes. Sans armes, il n’y a pas d’armée », martèle le lieutenant Jean Gustave, du bataillon de soutien. « Il faut d’abord qu’il y ait cette base-là, il faut que ce soit des gens armés pour faire leur boulot. Donc, quand on parle d’armée, c’est nécessairement d’armement. » A défaut de toucher leur fusil, les FACA touchent à nouveau leurs soldes, depuis le mois de mars. Une motivation pour venir pointer au camp le matin.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140610-armee-centrafricaine-touj...

L’armée centrafricaine toujours privée d’armes

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 23:32

 

 

 

 

 

http://mondafrique.com/   - PAR CLEMENT FAYOL - Publié le 09 Juin, 2014

 

Martin Ziguélé, ancien premier ministre centrafricain (2001-2003) et peut-être futur président, répond aux questions de Mondafrique sur la situation sécuritaire et l’avenir du pays. Selon lui, il est urgent de désarmer tous les belligérants pour donner sa place à la politique.

 

Alors que le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian a affirmé qu’un « minimum de sécurité » était garanti en Centrafrique, la situation est encore loin d’être réglée. Les milices meurtrières Anti-balaka, composées de populations chrétiennes et animistes, et les forces musulmanes de la Selaka continuent à se répondre par d’horribles massacres de masse.

 

Alors que l’ordre milicien recule petit à petit, les personnalités politiques de premier plan du pays doivent reprendre le dessus et entamer la reconstruction du pays. La présidente de transition Catherine Samba-Panza est en poste depuis janvier 2014 pour préparer le terrain aux élections présidentielles prévues pour début 2015.

 

Parmi les personnalités qui pourraient jouer un rôle, Martin Ziguélé, 57 ans, est au premier plan. Consultant international en assurances, il occupe le poste de premier ministre du président Ange-Félix Patassé de 2001 à mars 2003, date du coup d’état de François Bozizé. Commence alors pour Ziguélé une période d’exil en France. Candidat malheureux à des présidentielles entachées d’irrégularités (2005 et 2011), il est aujourd’hui pressenti pour devenir le prochain président du pays.

 

ENTRETIEN avec MARTIN ZIGUÉLÉ

 

Mondafrique. Le commandant des forces françaises en Centrafrique, le général Soriano, a affirmé que la situation sécuritaire s’améliorait sur le terrain. Vous qui revenez de Bangui, est-ce que vous confirmez cette analyse ?

 

Martin Ziguélé. Nous sommes arrivés à un palier de sécurité qui est l’absence d’affrontements ouverts et quotidiens. À ce titre il est vrai qu’il y a eu une amélioration. Mais le pays est encore loin d’une situation qui pourrait permettre la reprise de l’activité économique ou l’installation d’une justice qui mettrait fin à l’impunité. La semaine dernière des Anti-balaka (milices de défense anti musulmans ndlr) ont attaqué à l’arme lourde une patrouille de gendarmerie dans les rues de la capitale. Il y a encore beaucoup à faire.

 

Mondafrique. Vous parlez de mettre fin à l’impunité, est-ce vraiment la priorité alors que le désarmement de la Séléka et des Anti-balaka n’est pas encore terminé ?

 

M.Z. La priorité c’est effectivement d’arrêter durablement les massacres. Ensuite il faut désarmer toutes ces personnes qui ne sont pas habilitées à porter des armes. Si tous les protagonistes locaux et internationaux arrivaient à se mettre d’accord là-dessus on aurait fait un grand pas. Tout le reste on peut en discuter.

 

Mais j’insiste sur le fait qu’il faut dès maintenant travailler pour favoriser le travail de la justice. Les Nations Unies ont dit avoir identifié des auteurs de crimes contre l’humanité, il faut aller plus loin et placer ces gens devant les tribunaux. Les criminels doivent savoir qu’ils vont être arrêtés et condamnés pour dissuader d’autres vocations.

 

Mondafrique. Vous avez à plusieurs reprises soutenu l’intervention française en Centrafrique. Étant donné le passé colonial de la France et le symbole qu’il charrie, une intervention plus internationale ou africaine n’aurait pas été plus efficace ?

 

M.Z. J’essaye d’être le plus cohérent possible. Avant l’été 2013, j’ai passé trois mois en France afin de plaider pour une intervention française avec pour objectif d’arrêter les massacres le plus rapidement possible. Dans le même temps je demandais à ce que la France défende auprès des Nations Unies une intervention. Je n’ai pas changé d’avis. Je salue le travail de la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine) et de l’armée française. Je tiens à les remercier parce que sans eux la situation était catastrophique. L’internationalisation des forces en présence est en cours je m’en réjouis. Nous avons besoin d’aide pas seulement pour la pacification mais aussi pour la construction de l’Etat.

 

Mondafrique. Beaucoup d’associations ou de militants anticolonialistes critiquent le retour de l’armée française dans les anciennes colonies. Selon eux, la France intervient aussi par intérêt économique et géostratégique, est-ce que cela vous inquiète pour la suite ?

 

M.Z. La France attend la paix, elle est dans la communauté internationale et c’est le pays qui connaît le mieux l’Afrique parmi les Etats du conseil de sécurité. Je rappelle souvent qu’en 1942, ce sont nos grands-parents qui sont partis de Bangui à pied pour aider à libérer la France. Cette solidarité s’est bâtie dans le sang et dans l’Histoire. Aujourd’hui, le président français perpétue cette tradition.

 

Sans aucun complexe, je remercie la France et les pays partenaires pour leurs efforts. L’Etat centrafricain est à genoux, nous n’arrivons même pas à payer son fonctionnement, lorsque d’autres arrivent à générer des ressources pour nous aider, il faut les remercier, c’est une question de bon sens. Nous n’arrivions pas à nous occuper de notre sécurité, il faut être reconnaissant avant de spéculer.

 

Mondafrique. Sur le terrain, un sentiment anti français semble tout de même s’être développé. Comment l’expliquez-vous ?

 

M.Z. Le contraire aurait été étonnant. Beaucoup de choses s’expliquent par l’émotion. Quand les forces françaises sont arrivées, elles avaient d’abord un plan qui visait à désarmer la Séléka, mais deux jours avant l’intervention il y a eu l’attaque de la ville de Bangui par les Anti-balaka. Ils sont les invités surprise de cette crise et ont complètement changé la donne. En désarmant les Séléka, les forces françaises se sont rendues compte que les personnes de confession musulmane désarmées étaient ensuite lynchées. Ils ont dû prendre acte de cette situation et ont changé leur mode opératoire. Naturellement les communautés musulmanes ont ressenti ça comme une injustice. Pour eux, la France les laissait sans défense face aux Anti-balaka. Le sentiment anti français est né de cette situation. Mais attention, ça ne veut pas dire que la France a voulu offrir en holocauste les musulmans à des bandes meurtrières. Ce sentiment disparaitra lorsqu’un vrai désarmement sera effectif. On s’apercevra bien que la France n’avait aucun intérêt à favoriser un camp plutôt que l’autre.

 

Ensuite il faut aussi comprendre que, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les milices bénéficient de réseaux d’influence et de propagande assez efficaces. Les Anti-balaka, soutenus par l’ancien président Bozizé ont des hommes et des femmes idéologues, des journalistes qui font croire que la RCA est chrétienne, que c’est une Nation homogène ou aryenne et que les autres, musulmans et étrangers, y compris les forces internationales,  doivent quitter le pays.

 

Mondafrique. Les massacres des milices Séléka et Anti-balaka ont créé une fracture confessionnelle très forte. Vous qui vous placez dans le champ politique, croyez-vous qu’une nation peut toujours être créée ?

 

M.Z. Cette fracture est artificielle. Quand je suis né, quand mon père est né, il y avait des musulmans. Lorsque l’on veut construire une nation on cherche à savoir ce que chacun peut apporter, on ne se préoccupe pas des croyances. L’opposition confessionnelle est née de l‘instrumentalisation par l’ancien président François Bozizé d’une frange de la jeunesse misérable et endoctrinée aux contre-valeurs d’ethnisme et de régionalisme. Il les a instrumentalisés avec l’aide de ses enfants et de ses proches. Quand une rébellion s’est constituée contre lui en décembre 2012, il a utilisé un vocabulaire défensif en expliquant que ses opposants étaient des islamistes. Ensuite les choses se sont empirées quand les forces Séleka, constituées de musulmans, ont commis des exactions. Puis les milices Anti-balaka ont commis d’horribles massacres de masse. C’est ça l’histoire, de l’artificiel qui a causé la vie de beaucoup d’hommes. Nous sommes persuadés de notre côté que nous pouvons vite faire oublier cela notamment en travaillant pour favoriser le retour de nos frères musulmans exilés.

 

Mondafrique. François Bozizé continue à avoir une base populaire importante et supporte financièrement les milices Anti-balaka. Comment faire pour contrer son influence ?

 

M.Z. C’est vrai qu’il y a un tel endoctrinement que ça va être difficile. Une fois qu’ils seront désarmés il faudra travailler à leur démontrer que leurs idées sont sans issue. S’ils pensent que leurs idées hégémoniques sont les bonnes, nous devons fonctionner comme une démocratie et les laisser aller aux élections. S’ils sont majoritaires et bien ils géreront un pays sans étrangers c’est à dire un pays composé uniquement de chrétiens centrafricains. Ce que je leur dénie c’est le droit de tuer impunément, pas d’exprimer des idées, aussi excluantes soient-elles.

 

Mondafrique. Un autre des maux qui touchent la Centrafrique est sans aucun doute la prédation des autres pays, voisins et internationaux avec en tête le Tchad et l’Afrique du Sud. Ce sera le défi du prochain chef de l’Etat, comment le pays peut-il sortir de cet engrenage ?

 

M.Z. C’est une question de responsabilité. Sans volonté politique ou capacité de gérer en paix un pays en comptant sur sa propre population, il ne faut pas aller dans les eaux du pouvoir, c’est ça le fond du problème. Moi je ne veux pas continuer à chercher les responsabilités à l’extérieur. C’est parce que nous n’arrivons pas à dicter la loi chez nous que d’autres viennent le faire. Il faut arrêter de toujours expliquer notre malheur uniquement en regardant les autres. Depuis notre indépendance nous avons échoué à construire un Etat et un sentiment de citoyenneté, c’est pour ça que nous continuons à nous massacrer sur des concepts de communautés et de religions.

 

Prenons l’exemple du Tchad et sa relation avec ses voisins. Il y a vingt ans le Tchad était un néant, il s’est reconstruit et aujourd’hui il définit sa sécurité sur des principes régionaux. N’Djamena essaye de peser sur les situations internes d’autres pays pour défendre ses intérêts, je trouve que c’est une démarche qui n’est pas inhabituelle dans les relations internationales. C’est aux Centrafricains de faire la même chose : reconstruisons notre Etat, notre économie, notre armée. Sans provocation, nous devons nous relever pour jouer dans la même division que les autres. Je n’ai jamais vu qu’un Etat faible revendique des droits. Il faut être naïf pour le penser.

 

Nous avons un pays naturellement riche avec de l’uranium, des diamants, de la pluie, il faut faire preuve de constance dans l’effort. Nous traversons notre purgatoire, tous nos défauts sont révélés, maintenant il faut faire l’inverse et durablement.

 

Mondafrique. La présidente de transition, Catherine Samba-Panza, a été choisie pour superviser la pacification et préparer le terrain pour des élections présidentielles début 2015. Etant donné la situation sécuritaire est-ce qu’à votre avis le calendrier peut-être respecté ?

 

M.Z. Ce n’est pas à moi de me prononcer, elle a reçu un mandat du Conseil de transition, si pour une raison ou pour une autre elle ne peut pas tenir ce calendrier le Conseil se prononcera. Je pense qu’il est utile de laisser planer le doute là-dessus tant qu’il n’y a pas la paix et la stabilité. Il y a encore deux millions de nos frères qui sont réfugiés à l’extérieur. Il ne faut pas comparer la situation avec le Mali où les élections ont été faites très rapidement depuis les camps de réfugiés. Chez nous c’est différent, ceux qui sont partis ce sont pour beaucoup des musulmans et faire les élections sans eux ça ressemblerait à une reconnaissance du fait accompli du communautarisme. Il faut d’abord faire en sorte qu’ils reviennent en Centrafrique.

 

Par ailleurs, il y a un problème éthique, les élections sont là pour permettre aux citoyens de choisir leurs dirigeants, mais ils sont dans une situation tellement difficile que le moment ne semble pas idéal. Il faut d’abord leur garantir un minimum de sécurité avant de faire des plans sur la comète avec un calendrier électoral.

 

Mondafrique. Alors que vous êtes fortement pressenti pour être favori aux prochaines présidentielles, vos détracteurs vous reprochent d’avoir fait partie du système qui a échoué en occupant le poste de Premier ministre du président Patassé, que répondez-vous à ces critiques ?

 

M.Z. Je les comprends. Je ne nie pas être un citoyen qui a occupé des postes de responsabilité jusqu’à être premier ministre. Il serait trop facile de dire que je suis blanc comme neige dans tout ce qui arrive. Je refuse de dire que tout ce qui est mauvais est d’un côté et que je fais partie du bien. Pour moi ce type de raisonnements qui interdit de faire le bilan des erreurs nous maintient dans une mauvaise posture. Je suis Centrafricain, c’est un pays que j’aime par dessus tout, qui m’a tout donné à moi qui suis fils de paysan. Je suis là où j’en suis grâce à l’école publique. Mon pays va mal c’est une évidence et j’ai été aux affaires, donc peut être que moi aussi je n’ai pas fait ce qu’il fallait faire.

 

Je suis militant depuis mes 22 ans - à l’époque je luttais contre Bokassa contre son empire et pour la république. Je n’ai jamais été président mais quand même je suis conscient que nous devons tous, moi le premier, accepter de regarder en face nos responsabilités avant de se mettre au travail pour reconstruire le pays.

 

Centrafrique : Pour Ziguélé, « la fracture confessionnelle est artificielle »

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 23:21

 

 

 

 

 

Le Point.fr - Publié le 05/06/2014 à 15:22

 

L'auteur du roman à clé "Radioactif" raconte au Point.fr comment une source au coeur de l'affaire UraMin a nourri son récit. Révélations.

 

Au moment où l'affaire UraMin s'emballe - mardi dernier, les policiers ont réalisé une dizaine de perquisitions chez Areva et chez son ancienne patronne Anne Lauvergeon -, la thèse du livre Radioactif, celle d'un scandale d'État sur fond de gigantesques rétrocommissions, est désormais explorée par la justice. Le Point.fr a rencontré Vincent Crouzet, l'auteur de ce livre dérangeant.

 

Le Point.fr : Quel était votre objectif en écrivant ce roman à clé ?

 

Vincent Crouzet : Tout a commencé par une rencontre, à l'automne 2009. Par l'intermédiaire d'un ami, je suis allé voir à Londres l'un des témoins-clés de l'affaire UraMin, Saifee Durbar. Cet homme d'affaires, ancien conseiller du président centrafricain de l'époque, était l'ennemi public de la France. Il se sentait menacé et voulait dire ce qu'il savait sur ce qu'il nommait déjà un scandale d'État. L'homme, dont je connaissais la réputation, n'est pas un saint. Lors de notre premier rendez-vous, j'ai mis en doute sa version des faits.

 

Qu'est-ce qui vous a convaincu que Durbar disait la vérité ?

 

Il avait des informations précises et détenait des documents. J'ai su plus tard que l'ancien président centrafricain François Bozizé, qui s'était senti lésé dans le rachat par Areva de la mine de Bakouma, avait demandé dès 2007 à Durbar de se renseigner sur les dessous de la transaction. Ce dernier avait alors sous-traité l'enquête à une agence d'intelligence économique dirigée par un ex-policier de la Special Branch de Scotland Yard.

 

Pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, Saifee Durbar, qui avait à l'époque des ennuis judiciaires, vous aurait demandé de négocier avec les autorités françaises...

 

Il faisait l'objet d'une procédure d'extradition vers la France après avoir été condamné à trois ans de prison dans une affaire d'escroquerie. En novembre 2009, il voulait se constituer prisonnier à condition d'avoir des garanties sur sa sécurité. J'ai relayé sa demande à Paris, et à ma grande surprise, le retour a été positif. Il est vrai qu'il avait fait passer le message qu'il détenait en lieu sûr, chez son avocat, des documents compromettants sur le dossier UraMin. Au final, il n'a fait que trois mois de prison, au quartier VIP de la Santé. Un étonnant traitement de faveur pour un condamné qui s'était soustrait pendant deux ans à la justice.

 

Êtes-vous surpris par les remous autour de votre livre ?

 

Non. Ce qui m'étonne, c'est que l'affaire UraMin n'ait pas explosé plus tôt. Déjà, en 2012, la presse sud-africaine avait évoqué de manière très précise l'existence de commissions qui avaient été versées à certains dirigeants de Pretoria en marge de la transaction. Le chiffre révélé par le Mail & Guardian, 490 millions de pots-de-vin payés par Areva en contrepartie de la vente de 12 EPR à l'opérateur sud-africain, correspondait exactement au montant que m'avait donné Durbar trois ans plus tôt...

 

D'après nos informations, la justice s'intéresse à votre livre. Êtes-vous prêt à être entendu si un juge vous le demande ?

 

Si je suis convoqué par la justice, je dirai ce que je sais. Je n'ai rien à cacher.

 

 

 

Scandale UraMin : quel rôle Patrick Balkany a-t-il joué ?

 

Le Point.fr - Publié le 05/06/2014 à 12:16 - Modifié le 05/06/2014 à 15:50

 

Et si le maire de Levallois-Perret était un des intermédiaires dans le rachat controversé par Areva de trois mines d'uranium en Afrique ?

 

Par MÉLANIE DELATTRE ET CHRISTOPHE LABBÉ

 

Le maire de Levallois-Perret n'est pas au bout de ses ennuis. Alors que son épouse vient d'être mise en examen pour "blanchiment de fraude fiscale", Patrick Balkany apparaît dans une autre affaire médiatique : le scandale UraMin. En 2007, le géant du nucléaire Areva avait racheté pour 1,8 milliard d'euros trois mines d'uranium en Afrique qui auraient donné lieu au versement de gigantesques commissions. Une affaire entre les mains de la justice depuis que la Cour des comptes a saisi le parquet national financier sur les dessous de cette opération controversée.

 

Sur la piste d'un trafic d'influence

 

Le juge Van Ruymbeke, qui enquête sur le patrimoine du couple, a découvert un surprenant versement de 5 millions de dollars sur un compte singapourien qui pourrait le ramener à l'affaire UraMin. Officiellement, le compte retrouvé par la justice n'appartient pas à l'édile, mais à une société fiduciaire suisse, Gestrust SA, derrière laquelle se cache l'ancien chef de cabinet du maire de Levallois, Jean-Pierre Aubry. Les policiers sont convaincus que le couple d'élus est en réalité le véritable bénéficiaire du compte singapourien, qui a servi à acheter, en 2008, le splendide riad Dar Giucy de Marrakech.

 

D'après les informations du Point.fr, c'est un homme d'affaires belgo-congolais qui a approvisionné le compte de 5 millions de dollars. George Forrest, surnommé le "vice-roi du Katanga", est un milliardaire qui a bâti sa fortune dans les mines en Afrique. Durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, c'est dans son jet privé que le maire de Levallois-Perret a sillonné le continent. C'est aussi en sa compagnie qu'il a été vu en Centrafrique, où se trouve l'une des trois mines d'uranium rachetées par Areva. Dans une interview exclusive donnée au Point, Saifee Durbar, un témoin clé, évoque le rôle joué par George Forrest et Patrick Balkany en marge de l'affaire UraMin. Saifee Durbar, businessman et conseiller de l'ancien président centrafricain François Bozizé, raconte les dessous d'une affaire qu'il qualifie de "scandale d'État"...

 

Lu pour vous : UraMin : les dessous du roman-fiction

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Centrafrique-Presse.com
9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 23:20

 

 

 

 

 

APA – Douala (Cameroun) 2014-06-09 17:29:08 - Les camionneurs camerounais observent depuis le week-end, une grève « illimitée » à la frontière avec la Centrafrique, suite à l’assassinat d’un transporteur par des milices armées centrafricaines, a appris lundi APA de sources syndicales.

 

Une grève organisée par le Syndicat national des camionneurs du Cameroun (SYNACAM) qui « exige que toute la lumière soit faite sur cet assassinat ».


Les camionneurs conditionnent également la reprise de leurs activités par l'amélioration des conditions de sécurité dans le territoire camerounais, les camionneurs indiquant notamment la multiplication des actes de vol, et de pillage des milices armées en Centrafrique.

 

« Nous ne voulons plus être à la merci des bandes armées qui pillent souvent nos marchandises sans que cela soit forcément médiatisé. Mais lorsque ces gens attentent aux vies humaines, nous ne pouvons pas prendre des risques inutiles en exposant la vie des membres de notre corporation », ont déclaré des syndicalistes.


Conséquence, des dizaines de camions sont actuellement stationnés à la frontière centrafricaine, en attendant le renforcement des mesures de sécurité, en l'occurrence, les forces françaises SANGARIS et les forces africaines de maintien de la paix, la MISCA, qui assurent le convoi des camionneurs de la localité de Garoua-Boulai (Est du Cameroun) jusqu'à Bangui, la capitale centrafricaine.

 

 http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=605778#sthash.md2zqZ3l.dpuf

Grève des camionneurs camerounais à la frontière centrafricaine

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Centrafrique-Presse.com
9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 17:10

 

 

 

 

 

http://www.adiac-congo.com/  Samedi 7 Juin 2014 - 15:30

 

Le président de la République du Congo, Denis Sassou-N’Guesso a regagné Brazzaville le 6 juin en fin d’après-midi après avoir participé au mini-sommet tripartite entre l’Angola, le Tchad et le Congo sur la Centrafrique. Accueilli à l’aéroport international Quatro-de-Fevereiro par le ministre angolais des Relations extérieures, George Rebelo Pinto Chikoti, le chef de l’État a été ovationné par la colonie congolaise de Luanda venue le saluer

 

Le mini-sommet tripartite de Luanda a réuni les présidents de l'Angola, José Eduardo dos Santos, de la République du Congo, Denis Sassou-N'Guesso, et de la République du Tchad, Idriss Déby Itno. Intervenant en premier à l'ouverture des travaux, l'hôte du sommet a invité la communauté internationale et l'ONU à renforcer leur assistance humanitaire à la population centrafricaine en détresse, mais aussi à accélérer le processus du déploiement « des forces de maintien de la paix comme prévue dans la résolution pertinente du Conseil de sécurité des Nations unies ».

 

Denis Sassou-N'Guesso et Idriss Deby Itno ont tous les deux salué l'initiative prise par leur homologue d'organiser cette tripartite qu'ils reconnaissent être « un cadre approprié de concertation pour résoudre les questions d'importance concernant la sous-région, notamment la crise centrafricaine qui demeure préoccupante ».

 

Ce sommet s'inscrit dans la suite des efforts régionaux et internationaux menés au niveau de l'Union africaine, de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Cééac), de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL), des Nations unies et d'autres partenaires internationaux pour la recherche de la paix, la stabilité et le développement de la RCA, ont-ils noté.

 

Les trois chefs d'État ont exhorté les autorités centrafricaines de transition à continuer le travail en faveur de la réconciliation nationale et à combattre toutes pratiques discriminatoires qui mineraient la cohésion nationale. Ils les ont invités à mettre en œuvre la feuille de route pour la consolidation de la sécurité et des fondements de la relance économique.

 

Il sied de rappeler qu'Eduardo dos Santos, Idriss Deby Itno et Denis Sassou-N'Guesso sont respectivement président de la CIRGL, président en exercice de la Cééac, et président du comité de suivi des Accords de Libreville, médiateur dans la crise centrafricaine.

 

Les Dépêches de Brazzaville

Angola-Congo-Tchad-Centrafrique : mini-sommet tripartite sur la RCA à Luanda

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 17:00

 

 

 

 

 

Tandis que Madame la Présidente de la transition se prend pour une Présidente élue qui s’adonne à une politique politicienne pour durer dans un pays à feu et à sang ; que son premier ministre dénonce des « complots » sans prendre les mesures de rigueur qui s’imposent ; que les forces internationales laissent massacrer d’innocentes personnes réfugiées dans un sanctuaire ; que les « Séléka » ont de fait procédé à la partition de notre pays…les candidatures à l’élection présidentielle pleuvent comme à Gravelotte . Chaque jour que Dieu fait voit naître un nouveau parti politique en RCA. Cela prêterait à rire si notre pays n’était pas véritablement en danger de mort.

 

Fondamentalement, je ne sais pas ce qui sépare idéologiquement le MLPC ( Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain ) du RDC ( Rassemblement Démocratique Centrafricain ) car je ne connais pas le corpus idéologique à la base de la formation de ces deux partis. Ces deux partis ont exercé le pouvoir de l’Etat pendant douze ans pour le RDC et dix ans pour le MLPC. Quelqu’un s’est-il amusé à faire un bilan comparé des deux régimes pour édifier le peuple centrafricain ? N’est-ce pas le népotisme, la gabegie, les malversations, les prévarications, l’ incompétence érigée en mode de gouvernement et la chasse aux sorcières qui ont été les maîtres-mots des deux régimes ?

 

Par charité, je n’évoque même pas en détail le bilan zéro du KNK ( Koua Na Koua) pendant dix ans : zéro école primaire, zéro collège, zéro lycée, zéro dispensaire, zéro hôpital, zéro kilomètre bitumé pour le gouvernement le plus soutenu financièrement de ces trente dernières années !

 

Alors quand je vois de nouveaux partis sourdre de terre comme des champignons après la pluie, je me demande ce que cela signifie ou ce que cela cache car si chaque ancien premier ministre, chaque simple ministre ou chaque Centrafricain qui sait lire et écrire doit créer un parti, notre pays est loin de sortir de l’auberge. Evidemment, chaque Centrafricain a le droit absolu de se présenter à l’élection présidentielle s’il satisfait à tous les critères d’éligibilité. Mais créer un parti politique dans les circonstances actuelles où la passivité coupable du gouvernement permet à une force non-conventionnelle de narguer les FACA et à travers eux tout le peuple centrafricain en s’arrogeant des fonctions régaliennes (nominations des directeurs de la police et de la gendarmerie, perception de l’impôt…) est à proprement parler pathétique. Et quels partis ! aux noms fleuris, sans base populaire, ce que les Centrafricains appellent dans leur sagesse « les partis alimentaires » tous situés à Bangui, tout près de la mangeoire !

 

Dans un pays d’à peine cinq (5) millions d’âmes, la prolifération des partis politiques pose plus de problèmes qu’elle n’en résout. Quel est le message envoyé au peuple centrafricain à travers ce foisonnement ? De qui se moque-t-on ? Quelle arrogance ? Quel cynisme dans un pays meurtri qui relève chaque jour des cadavres dans des caniveaux, sur des terrains vagues ? Les communiqués et interviews sur Internet ou Radio France Internationale (RFI) ne peuvent tenir lieu de programme politique. Combien de nos compatriotes accèdent à Internet où se moussent tant de partis politiques centrafricains ? Il faut arrêter cette mascarade. De même qu’une certaine presse nationale doit cesser de servir la soupe à la « Séléka » en diffusant ses communiqués propagandistes au double langage. La « Séléka » a été dissoute par son promoteur Djotodja !

 

La porosité de nos frontières laisse entrer n’importe quel aventurier sur la terre sacrée de nos ancêtres. A ce propos, le massacre de l’église de Fatima suivi d’enlèvements rappelle fâcheusement la méthode de « Boko Haram » et devrait interpeler plus d’un Centrafricain sur le devenir de la nation centrafricaine.

 

 A trop regarder leurs nombrils, les politiques centrafricains se sont laissé voler l’un des plus beaux mots de notre langue nationale le Sango . Ce mot « Séléka » qui a tant abusé une certaine jeunesse centrafricaine désoeuvrée . On peut dire la même chose aujourd’hui du nom Oubangui détourné dans un mauvais dessein par la « Séléka », mais que je sache, l’Oubangui ne coule pas au Nord.

 

Comment ces nouveaux partis politiques et leurs promoteurs envisagent-ils la démocratie en RCA ? Doit-elle découler du sommet comme une pyramide ou remonter de la base ? Les élections locales, puis législatives ne devaient-elles pas primer sur la présidentielle ?

 On dit généralement que «la main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit ». Le chronogramme des élections futures en Centrafrique n’appartient même pas aux Centrafricains. Il appartient aux bailleurs étrangers et surtout à Paris. Alors messieurs et mesdames des partis politiques, cessez de rentrer en transe et consacrez votre énergie à défendre le peuple centrafricain, à l’éduquer, pour en faire un peuple conscient de ses droits mais aussi de ses devoirs. Agir autrement reviendrait à dire que vous voulez présider un cimetière !

 

 Les Etats-Unis d’Amérique n’ont que deux partis politiques connus, pourtant ils sont puissants et donnent le LA dans les relations internationales . Conclusion à méditer par les créateurs de partis : on ne développe pas un pays avec des partis politiques .

 

 Puisque rien ne distingue fondamentalement le parti A du parti B et du parti C, pourquoi ne pas constituer un cadre de concertation, une sorte de plate-forme pour encadrer étroitement l’action du gouvernement de transition dans sa dure tâche et ainsi préparer les prochaines échéances en douceur ? Le peuple centrafricain longtemps tombé dans une profonde léthargie a été brusquement réveillé par la « Séléka » et ses pratiques d’un autre âge. Il entend dorénavant prendre son destin en mains après tant de souffrances. L’opinion internationale, les partis politiques centrafricains sont avertis . Alors, à bon entendeur, salut.

 

KOULAYOM-MASSEYO David

 

Forum de Reims 6/6/2014.

 

Point de vue : RCA : De l’indécence des candidats centrafricains à l’élection présidentielle par KOULAYOM-MASSEYO David

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 16:45

 

 

 

 

BANGUI (AFP) - 08.06.2014 19:53 - Par Stéphane JOURDAIN

 

Une soixantaine de grenades, des machettes, une quinzaine de fusils, des arcs dans le seul quartier musulman mais un bilan plutôt maigre chez les chrétiens pourtant majoritaires: le désarmement volontaire organisé dimanche à Bangui a encore accentué les divergences qui opposent les deux communautés.

 

Mahomet Abdel est arrivé en tenant la main de son jeune fils, pour déposer deux grenades chinoises à l'occasion de "la journée du désarmement volontaire" organisée par les autorités dans les mairies des huit arrondissements de Bangui et de deux communes limitrophes, Begoua et Bimbo.

 

"Je ne veux plus avoir de problème, je veux la paix, nous avons beaucoup souffert. J'ai entendu parler de cette journée et j'ai tout rendu", dit Mahomet, en short et maillot de basket, en sortant de la mairie du 3e arrondissement au coeur du PK-5, l'enclave où vivent reclus les derniers musulmans de Bangui.

 

Mahomet avait acheté dix grenades à la suite des violences du 5 décembre 2013 quand les anti-balaka, les milices chrétiennes, ont mené une attaque d'envergure visant les ex-rebelles Séléka et plus généralement les musulmans de la ville, qui se sont ensuite vengés.

 

Chaque grenade coûte 2.500 francs CFA, soit le prix de deux kilos de sucre. Il en a utilisé huit pour "gâter" (abîmer) des anti-balaka. La dernière fois, c'était il y a deux semaines, lors d'un match de foot de la réconciliation organisé entre chrétiens et musulmans. Les choses avaient dégénéré, trois musulmans avaient été décapités.

 

Au PK-5, près de 200 personnes sont venues dimanche matin rendre des armes. A chaque fois, les soldats des forces africaines récupèrent l'arme, les employés de la mairie relèvent le nom et le numéro de téléphone du déposant, puis une dizaine de femmes applaudissent pour remercier.

 

Parmi ces femmes, Awa Gonadet est un peu inquiète en voyant les hommes se presser pour rendre les armes: "On a des ennemis partout, comment on va faire?"

 

Même son de cloche chez Aïssatou Sahada, onze enfants: "Nous les femmes, nous voulons la paix. Mais ce n'est pas fini, ils veulent nous finir", dit-elle en parlant des anti-balaka dont les attaques à la grenade ou au fusil sur le quartier musulman sont récurrentes.

 

Devant elles, un homme arrive en vélo et prévient: "je ne donne pas mon nom, pas de photo". Puis il dépose une grenade et une machette par terre avant de repartir aussitôt. Un autre a envoyé sa femme pour déposer une mitraillette automatique hors d'âge.

 

Au total, 69 grenades, 62 flèches, 13 arcs, 15 fusils et mitraillettes et quelques 200 munitions ont été récupérés. Sans parler des chapeaux, bottes et gourdes militaires, aiguilles à tricoter... 192 personnes ont répondu à l'appel.

 

- 'J'aime mon pays, je désarme' -

 

De l'autre côté de la ville, à Bimbo, une commune majoritairement chrétienne, c'est la soupe à la grimace. Deux balles de kalachnikov et une grenade artisanale ont été récoltées en quatre heures. A la mairie du 5e arrondissement, près du PK-5, quelques cartouches et des explosifs.

 

A Boy-rabé, le fief des anti-balaka, milices à majorité chrétienne, 3 roquettes, 3 obus de mortier, 3 grenades et des munitions de 14-5 ont été récupérées. "C'est normal, ici les gens n'ont pas d'armes, elles sont toutes au PK-5", se justifie Blondel, tee-shirt blanc

 

"J'aime mon pays, je désarme volontairement".

 

"On nous demande de désarmer, on rapporte les armes. Si les autres ne veulent pas désarmer, c'est leur problème", s'agace Lawane Ismaël, le représentant de la mosquée Atick du PK-5.

 

En tournée dans les quartiers à la fin de la journée, le Premier ministre s'est dit "satisfait" par "l'engagement de la population". "La satisfaction vient de cet engouement populaire et pas de ce qui a été ramassé, car le triple pourrait revenir dans la nuit" de l'étranger, a-t-il dit.

 

Au PK-5, le Premier ministre a pris lui-même les photos du butin ramassé, au son des youyous des mères de familles rassemblées à la mairie. Pendant ce temps là, dans la rue, des démineurs français se préparaient à récupérer armes et munitions.

 

© 2014 AFP

Centrafrique: maigre collecte à la journée du désarmement volontaire

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