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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 22:49

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 24.09.2016 à 17h02 • Mis à jour le 24.09.2016 à 17h20

 

La Convention internationale sur le commerce d’espèces sauvages menacées d’extinction (Cites) s’est ouverte, samedi 24 septembre à Johannesbourg, pour débattre des restrictions commerciales visant quelque 500 espèces.

 

La lutte contre le trafic d’espèces sauvages comme les éléphants ou les rhinocéros, sévèrement menacés par un braconnage largement nourri par la demande de l’Asie, dominera les débats de cette conférence mondiale, organisée tous les trois ans pour réglementer le commerce des animaux et des plantes. Environ 3 500 délégués sont attendus lors de cette rencontre ouverte par le président sud-africain Jacob Zuma, qui s’achèvera le 5 octobre.

 

La Cites est un accord international destiné à protéger la faune et la flore menacées par la surexploitation commerciale. Ce traité, signé par 182 pays plus l’Union européenne, est entré en vigueur en 1975. Il protège, à des degrés divers, 5 600 espèces animales et 30 000 plantes.

 

Eléphants, rhinocéros, pangolins

 

« Nous entamons la rencontre la plus large des quarante-trois ans d’histoire de la Cites », a souligné samedi le secrétaire général de la Cites, John Scanlon, à l’ouverture de la conférence. « Nous allons étudier les restrictions commerciales d’environ 500 espèces d’animaux sauvages et de plantes », en particulier « l’éléphant africain, le rhinocéros, le pangolin » (un mammifère insectivore et nocturne aux singulières écailles). D’âpres débats sont aussi attendus autour de la protection du bois de rose et des requins.

 

L’enjeu de cette nouvelle réunion est capital, selon les ONG. « Au moment où tant d’espèces sont gravement menacées par un braconnage insatiable et le commerce, la réunion aura un pouvoir de vie ou de mort sur des animaux emblématiques comme les éléphants, les rhinocéros, les lions et les pangolins », a prévenu Teresa Telecky, de la Humane Society International. Soit les 182 pays de la Cites « s’entendent pour les protéger au maximum », soit « ils risquent de disparaître », met-elle en garde. Ce trafic de faune sauvage est « perpétré à un stade industriel, alimenté par des groupes criminels transnationaux organisés », avait dénoncé plus tôt M. Scanlon.

 

Légaliser le commerce de cornes et d’ivoire ?

 

Le braconnage alimente un trafic extrêmement lucratif évalué à 20 milliards de dollars par an, selon la Cites, ce qui en fait le quatrième commerce illégal sur la planète après celui des armes, de la contrefaçon et des êtres humains. Rhinocéros et éléphants, prisés respectivement pour leurs cornes et leur ivoire, paient le prix fort.

 

Trois rhinocéros sont tués chaque jour pour leurs cornes, selon l’organisation mondiale de protection de la nature WWF. Ces huit dernières années, plus de 5 000 d’entre eux, soit le quart de leur population mondiale, ont été tués en Afrique du Sud, qui abrite à elle seule 80 % de ces mammifères encore en vie. Leurs cornes sont très recherchées en Asie, où la médecine traditionnelle leur prête des vertus thérapeutiques et aphrodisiaques. Sur le marché noir, le kilo se monnaie plus cher que l’or. De son côté, la population des éléphants vivant dans les savanes d’Afrique a décliné de 30 % entre 2007 et 2014, elle aussi victime pour l’essentiel du braconnage, selon un recensement récent.

 

Le commerce international de cornes de rhinocéros et d’ivoire est officiellement interdit depuis respectivement 1977 et 1989. Mais ces mesures n’ont pas réussi à enrayer les massacres. Au point que certains envisagent désormais de légaliser certains commerces, seule façon selon eux de réduire le braconnage. Le petit royaume du Swaziland va ainsi proposer de lever l’interdiction du commerce de corne de « ses » rhinocéros, mais cette proposition est fermement combattue par les ONG. Le Zimbabwe et la Namibie doivent de leur côté demander la levée de l’interdiction du commerce de l’ivoire pour pouvoir vendre sur le marché leur stock d’ivoire confisqué ou provenant d’éléphants décédés de mort naturelle.

 


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/09/24/la-lutte-contre-le-trafic-d-especes-menacees-au-centre-d-une-conference-mondiale-en-afrique-du-sud_5002966_1652692.html#iGrwTpKTFOrkJjGg.99
 

 

L’inexorable déclin des éléphants d’Afrique

 

Par Pierre Le Hir LE MONDE Le 02.09.2016 à 06h41

 

L’éléphant d’Afrique est en danger de mort. C’est sur ce tragique constat que s’est ouvert, jeudi 1er septembre à Hawaï, le Congrès mondial de la nature organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En prélude à ses dix jours de travaux, deux études, rendues publiques la veille, brossent un très sombre tableau de l’état des populations de l’éléphant de savane (Loxodonta africana) et de son cousin de forêt (Loxodonta cyclotis), les deux sous-espèces présentes sur le continent.

 

Un recensement d’ampleur inédite, le Great Elephant Census, révèle que le nombre de pachydermes vivant dans les savanes d’Afrique a chuté de 30 % entre 2007 et 2014. Et ce déclin s’accélère, pour atteindre désormais un taux de 8 % par an.

 

Cette enquête à 7 millions de dollars (6,3 millions d’euros), financée par le cofondateur de Microsoft et mécène Paul Allen, a mobilisé une centaine de scientifiques, avec le concours de plusieurs ONG. Elle a été réalisée sur deux ans, sous forme de survols aériens, par avion ou par hélicoptère, de dix-huit pays totalisant près de 90 % des effectifs d’éléphants de savane du continent.

 

Les conclusions sont accablantes. Alors que, rappellent les chercheurs, l’Afrique a pu compter « plus de 20 millions d’éléphants avant la colonisation européenne », et que leur nombre était encore estimé à 1 million dans les années 1970, il n’en reste plus qu’un tiers aujourd’hui. Soit 352 000 individus en 2014, contre 496 000 en 2007. Leur répartition est très inégale. A eux seuls, le Botswana, le Zimbabwe et la Tanzanie abritent près des trois quarts de l’espèce. Mais la tendance démographique s’inscrit à la baisse sur la plus grande partie du continent, à l’exception de quelques pays où elle se stabilise (comme au Kenya) ou même se redresse (en Ouganda dans l’est, ou au Bénin, au Burkina Faso et au Niger, dans l’ouest).


Le trafic d’ivoire a repris de plus belle

 

Le plus inquiétant est que la situation n’a cessé de se dégrader ces dernières années. Pourtant, l’espèce, décimée pendant les décennies 1970 et 1980, avait commencé à se reconstituer dans certaines régions, à la suite de l’interdiction, en 1989, du commerce international d’ivoire. Cette embellie est terminée.

 

« Si les populations continuent de diminuer au rythme annuel de 8 %, la zone que nous avons étudiée perdra la moitié de ses éléphants de savane tous les neuf ans, préviennent les chercheurs. La disparition de certaines populations est possible, spécialement dans des pays comme le Mali, le Tchad et le Cameroun, où elles sont de petite taille et isolées. »

Les causes de ce recul sont connues. Il s’agit, d’abord, du braconnage des pachydermes, abattus pour l’ivoire de leurs défenses. Ce trafic a repris de plus belle. En 2008, le comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) a autorisé la vente à la Chine d’un stock de 108 tonnes d’ivoire provenant de quatre pays d’Afrique australe. « Ce signal, ajouté à l’émergence d’une classe moyenne de Chinois dotés d’un fort pouvoir d’achat, a entraîné la mise en place de réseaux criminels d’exportation d’ivoire, dont la Chine est le principal débouché », décrit Céline Sissler-Bienvenu, directrice pour la France et l’Afrique francophone du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW).

 

L’ivoire, s’il n’est pas doté des prétendues vertus médicinales qui alimentent le trafic de cornes de rhinocéros, constitue, pour les nouveaux riches chinois, un signe de réussite sociale, qu’il soit transformé en décoration, sceau ou baguettes. C’est un marché très juteux, le kilo d’ivoire se négociant environ 1 000 euros. Or, déplore Céline Sissler-Bienvenu, la lutte contre « le trafic d’espèces sauvages n’a jamais été une priorité pour les gouvernements, qu’ils soient occidentaux, asiatiques ou africains ». Le recensement montre que l’on retrouve autant de carcasses d’éléphants dans les aires où ils sont protégés que là où ils ne le sont pas, preuve que ces parcs ou réserves n’empêchent pas leur abattage.

 

Avenir précaire

 

Mais le braconnage n’est pas le seul fléau dont souffrent les éléphants. Ils pâtissent aussi de la perte de leurs habitats naturels devant l’extension des villages, des activités agricoles et de l’élevage, sources de « tensions » entre l’homme et l’animal. « Ces conflits sont plus difficiles à régler, car ils mettent en jeu les politiques d’aménagement du territoire », note la directrice de l’IFAW.

 

Et les éléphants de forêt ? Dissimulés par les houppiers, ils n’ont pas été répertoriés par les survols aériens. Mais leur sort n’est pas plus enviable. Une étude, parue en 2013 dans la revue PlosOne, estimait que leurs peuplements dans les forêts d’Afrique centrale (Cameroun, Congo, Gabon ou République centrafricaine) avaient fondu de plus de 60 % en dix ans. Leur population, de 500 000 individus en 1993, est tombée à moins de 100 000, vingt ans plus tard.

 

Une nouvelle étude, publiée dans le Journal of Applied Ecology le 31 août, esquisse un avenir particulièrement précaire pour ces éléphantidés – plus petits que leurs cousins de savane mais pourchassés eux aussi pour leur ivoire –, jusqu’alors peu étudiés. Il apparaît qu’ils se reproduisent à un rythme beaucoup plus lent que ceux de savane : les femelles mettent bas pour la première fois à l’âge moyen de 23 ans (au lieu de 12 pour leurs cousines), et un intervalle de cinq à six ans sépare deux naissances (contre trois à quatre ans). Si bien que, même s’il était mis fin au braconnage, il faudrait près d’un siècle (précisément quatre-vingt-un ans selon les calculs des chercheurs) pour qu’ils retrouvent leur population des années 2000.

 

Ce n’est malheureusement pas l’éléphant d’Asie (Elephas maximus) qui sauvera cet animal emblématique. De cette espèce – différente de celle d’Afrique – ne subsistent que quelque 40 000 individus. S’ils sont moins traqués pour leur ivoire, seuls les mâles étant pourvus de défenses, ils sont capturés pour effectuer de multiples tâches, notamment dans les coupes forestières. D’Afrique ou d’Asie, l’éléphant peut-il encore être sauvé ?


http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/09/02/l-inexorable-declin-des-elephants-d-afrique_4991313_1652692.html#7VrdXjZSSeDrCcsC.99

 

En dix ans, l’Afrique a perdu 20 % de ses éléphants

 

Le Monde.fr avec AFP Le 25.09.2016 à 17h00

 

La population des éléphants d’Afrique a diminué de 20 % de 2006 à 2015 en raison d’une nette recrudescence du braconnage de l’ivoire, a annoncé, dimanche 25 septembre, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

 

« Le regain de braconnage de l’ivoire qui a commencé approximativement il y a dix ans – le pire que l’Afrique ait connu depuis les années 1970 et 1980 – est le principal facteur à l’origine de ce déclin », a indiqué l’UICN.

 

La Tanzanie a perdu 60 % de ses éléphants

 

Cette organisation qui fait autorité en matière de faune sauvage dit avoir pu dénombrer avec une assez grande exactitude 415 000 éléphants en Afrique dans les zones où ont été menées des recherches approfondies, là où en 2006 on en comptait plus de 500 000.

 

Dans certaines régions comme le Soudan du Sud, le Liberia et les zones de savane de République centrafricaine, aucune étude systématique n’a pu être menée, si bien qu’il est difficile de dire comment y évoluent les populations d’éléphants.

 

Dans certains pays, le recul du nombre d’éléphants est impressionnant. La Tanzanie, qui dépend fortement du tourisme, a connu une chute de 60 % de sa population d’éléphants en dix ans.


http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/09/25/en-dix-ans-l-afrique-a-perdu-20-de-ses-elephants_5003097_1652692.html#cSIdb7Isp9HQiHcb.99

 

 

Cinq enquêtes sur les « écocides »

 

LE MONDE | 29.10.2015 à 11h29 | Par Angela Bolis

 

L’enjeu est majeur, sa prise en compte rare et dérisoire. La criminalité environnementale arrive au quatrième rang des activités illicites dans le monde, après les stupéfiants, la contrefaçon et le trafic des êtres humains, dégageant des profits colossaux, alimentant mafias et groupes armés, avec des impacts sociaux et environnementaux dévastateurs.

 

Tous ces juteux commerces conduisent à la destruction massive de la faune comme de la flore et menacent la sécurité de communautés et de régions entières. Face à ces trafics mondialisés, peu de risques, peu de sanctions. Peu de réflexions aussi.

 

C’est cette lacune que tentent de combler Les Prédateurs. La nature face au crime organisé, au fil d’une enquête, ou plutôt de cinq enquêtes, menées par des journalistes du Monde accompagnés de photographes, dans plus de dix pays.

 

Commerce illégal

 

Julien Bouissou a foulé le paysage lunaire de l’île de Bangka, en Indonésie, minée par l’extraction illégale de cassitérite, transformée en Malaisie avant d’atterrir dans les produits des géants de l’électronique comme Apple ou Intel. Marie-Béatrice Baudet est partie sur les traces des tigres, majestueux félins dans une réserve d’Inde, qu’on retrouve en pièces dans un hangar des autorités américaines de lutte contre le commerce illégal de la faune et la flore à Denver.

 

De Madagascar à la Chine en passant par les ports de Zanzibar et de Hongkong, Laurence Caramel a suivi les routes du bois de rose, reconnaissant dans l’usine d’un fabricant de meubles chinois les lourds rondins au cœur de sang qu’elle avait vu arracher à leurs forêts.

 

En Chine encore, Rémi Barroux a dû ruser pour faire parler les VRP des entreprises vendant des pesticides de contrefaçon, transitant par le port ukrainien d’Odessa avant de se déverser sur le marché européen. En Chine toujours, Gilles van Kote a visité Guiyu, « capitale mondiale des déchets électroniques  », « synonymes d’horreur écologique  », où les villageois démantèlent des claviers d’ordinateurs ou des téléviseurs, comme ceux exportés illégalement par l’entreprise française D3E Recyclage.

 

Durcir la réponse pénale

 

L’enquête ne s’arrête pas au simple constat de ces crimes. Ces informations ont servi à une équipe de juristes internationaux, menée par Laurent Neyret, professeur à l’université de Versailles, pour leur inspirer 35 propositions remises à la garde des sceaux, Christiane Taubira. Ces propositions visent à simplifier, durcir et internationaliser la réponse pénale à ces crimes, dont les plus graves pourraient être reconnus comme « écocides  », estiment-ils.

 

Ce recueil de cinq reportages, publiés dans le journal et sur le site Internet du Monde, a le mérite de lever le voile sur divers visages de l’écocriminalité. Dans cette diversité, une même petite musique  : celle de l’appât du gain et des espoirs de vie meilleure pour les petites mains, de la corruption des autorités et de l’inertie des politiques, de la faiblesse du droit à protéger la nature et, partout, du mépris de l’environnement, qui conditionne pourtant la santé des communautés humaines qui y vivent.

 

Les Prédateurs. La nature face au crime organisé. Une enquête « Le Monde », Ed. Ateliers Henry Dougier, 128 p., 17,25 euros

 

 

http://www.lemonde.fr/decryptages/article/2015/10/29/cinq-enquetes-sur-les-ecocides_4799328_1668393.html#2XcYeqS6vCIoqvIv.99

 

De l’Afrique du Sud à l’Asie, le trafic hors de contrôle des cornes de rhinocéros

 

LE MONDE | 24.09.2016 à 07h37 | Par Sébastien Hervieu (Johannesburg, correspondance)

 

Cedric Coetzee n’est guère rassuré. Une de ses patrouilles de rangers vient de découvrir la 107carcasse de rhinocéros depuis le début de l’année dans sa zone de surveillance. « C’est déjà 25 % de plus qu’à la même période en 2015, soupire le responsable anti-braconnage dans la province côtière sud-africaine du Kwazoulou-Natal. Nos parcs sont devenus des terrains de chasse, et ils sont de plus en plus nombreux. »

 

« Ils », ce sont les braconniers. Avec souvent le même mode opératoire. Ils pénètrent dans la réserve à la nuit tombée, de préférence au clair de lune, par groupes de trois ou quatre. L’équipement de ces locaux, parfois pieds nus, est rudimentaire : un fusil avec un silencieux pour abattre le pachyderme, une hache ou une machette pour arracher les deux cornes du museau, et des téléphones pour prévenir le complice à l’extérieur.

 

« Ils sont efficaces et imaginatifs, certains d’entre eux doivent être d’anciens soldats, avance Cedric CoetzeeIls brouillent les pistes en marchant en arrière, en recouvrant leurs chaussures de chaussettes… »

 

Pour protéger la réserve nationale de Hluhluwe-Umfolozi, appréciée des touristes, le responsable vient de recevoir des Etats-Unis des jumelles de vision de nuit et des caméras thermiques.« On fait au mieux, mais la demande asiatique de corne est si forte et le business si lucratif qu’ils ne sont pas près de s’arrêter », estime-t-il.

 

Vertus médicinales

 

Un braconnier revend le kilo de corne à l’intermédiaire entre 5 000 et 6 000 euros selon plusieurs sources. La marchandise dissimulée est rapidement expédiée vers le Mozambique frontalier pour quitter le continent en bateau, ou vers l’aéroport international de Johannesburg.

 

Au Vietnam, en Thaïlande et en Chine, la corne du mammifère est revendue plus de 50 000 euros au marché noir, davantage que l’or ou la cocaïne. Une demande alimentée par la classe moyenne asiatique en expansion, friande de la poudre de corne à qui elle prête des vertus médicinales traditionnelles (fertilité masculine, guérison du cancer, etc.), non prouvées scientifiquement.

 

La protubérance n’est composée que de fibres de kératine, matière de l’ongle humain, dans laquelle sont aussi sculptés des objets d’art, devenus des signes extérieurs de richesse.

 

Au moment d’accueillir les 2 500 délégués et les 183 parties de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), qui devait s’ouvrir samedi 24 septembre à Johannesburg, la ministre sud-africaine des affaires environnementales, Edna Molewa, peut toutefois présenter un meilleur bilan.

 

En effet, 702 rhinocéros ont été abattus cette année, contre 796 au même moment en 2015. « Notre stratégie de mieux coordonner et de concentrer nos moyens, en particulier dans le parc Kruger, commence à porter ses fruits », explique-t-elle.

 

Des militaires ont été déployés dans le joyau national, grand comme l’Etat d’Israël, en soutien des rangers. Une politique du bâton qui a un coût : plus de 200 suspects, souvent des frontaliers mozambicains, auraient été tués dans la brousse entre 2010 et 2015.

 

« S’attaquer aux barons »

 

L’Afrique du Sud abrite 80 % de la population mondiale de rhinocéros, soit environ 20 000 bêtes. Le nombre de naissances demeure supérieur à celui des morts, mais 6 000 rhinocéros ont été tués depuis 2007, et 2015 fut une année record (1 175).

 

Le parc Kruger devenant plus difficile d’accès, des mafias portent désormais leurs efforts ailleurs dans le pays, comme dans la province du Kwazoulou-Natal. Ou dans des pays frontaliers, au Zimbabwe et en Namibie, qui souffrent d’une recrudescence du braconnage.

 

« Une réponse uniquement défensive et sécuritaire n’est de toute façon pas viable à long terme car le problème est bien plus complexe, estime Julian Rademeyer, enquêteur pour l’ONG Initiative mondiale contre le crime organisé transnational et auteur du livre Killing For Profit (Zebra Press, 2012). C’est comme pour la lutte contre la drogue, il faut s’attaquer en priorité, non pas aux petites mains, facilement remplaçables, mais aux barons qui organisent le trafic depuis l’Asie. Aujourd’hui, ils sont intouchables en raison du manque de volonté politique des pays consommateurs. »

 

Des noms reviennent pourtant régulièrement dans des rapports d’enquête, avec des ramifications de réseaux qui s’étendent jusqu’en Europe. Il y a quelques années, des chasseurs tchèques avaient été spécialement embauchés pour rapporter des trophées de cornes à des acheteurs vietnamiens à l’occasion de chasses légales sur le sol sud-africain. Plusieurs musées français d’histoire naturelle ont également été cambriolés.

 

En Afrique du Sud, par trois fois, des diplomates vietnamiens ont été pris en flagrant délit de transport de corne de rhinocéros dans leurs bagages et véhicules, pensant qu’ils ne seraient pas fouillés. Juste avant le début de la conférence de la Cites, les autorités vietnamiennes ont réaffirmé leur volonté de combattre le trafic, illégal sur leur territoire.

 

« Lors de la précédente réunion de la Cites à Bangkok, il y a trois ans, elles avaient dit la même chose, mais ce fut vite oublié, regrette Colman O’Criodain, spécialiste du commerce d’espèces menacées chez WWF, le Fonds mondial pour la nature. Il faut une volonté politique claire pour que la loi soit réellement appliquée, mais l’élite achète aussi de la corne. » Les pays africains peinent aussi à convaincre la Chine, dont le poids économique est prépondérant sur le continent.

 

Corruption

 

Menées à coups de spots télévisés, avec des stars locales posant près de carcasses de rhinocéros dans le parc Kruger, les campagnes de sensibilisation ont un effet limité, faute de relais au plus haut niveau.

 

En Afrique du Sud, la corruption handicape la lutte contre le braconnage. Derrière les barreaux depuis la fin 2014, le principal responsable présumé du trafic de corne dans le Kwazoulou-Natal a échappé pendant des années à la justice malgré plusieurs arrestations. Des preuves disparaissaient subitement.

 

Des policiers et des rangers furent aussi pris la main dans le sac en possession illégale de cornes. Les services de renseignements sud-africains, mis à mal par des années d’interférences politiques et de mauvaise gestion, sont incapables de lutter contre le crime organisé.

 

Dans un pays où des réserves naturelles ont été créées par les Blancs aux dépens de populations noires, expulsées ou marginalisées de ces territoires, les efforts pour sensibiliser aujourd’hui les communautés locales à la protection des animaux demeurent indispensables. « Quelques programmes autour du parc Kruger ont été mis en place, mais c’est encore trop peu », estime Julian Rademeyer. Pour la jeunesse rurale, souvent pauvre et désœuvrée, la figure du braconnier est encore souvent considérée comme un modèle à suivre pour s’enrichir.

 

Pour les 330 propriétaires privés, qui possèdent un tiers du cheptel national de rhinocéros, la réponse au fléau du braconnage réside dans la légalisation du commerce de la corne. « Il faut fournir autant de cornes que possible aux consommateurs asiatiques, ce qui permettra d’assécher le marché illégal et d’avoir plus d’argent pour protéger les rhinocéros », insiste John Hume, plus grand propriétaire du monde avec ses 1 350 pachydermes dans sa ferme de 8 000 hectares.

 

Comme la plupart des autres éleveurs, il décorne chacune de ses bêtes tous les dix-huit mois lors d’une opération indolore menée en quelques minutes grâce à une flèche anesthésiante pour endormir l’animal et à une scie électrique. Initialement, il s’agissait de dissuader les braconniers, mais les fermiers veulent désormais exploiter ce produit qui repousse de cinq à dix centimètres par an, afin de financer les frais de sécurité, qui ont explosé ces dernières années. John Hume a déjà accumulé cinq tonnes. Un magot virtuel de 250 millions d’euros.

 

Levée du moratoire

 

Le gouvernement sud-africain a refusé de déposer une demande en ce sens lors de la conférence de la Cites, au contraire du royaume du Swaziland, qui réclame de pouvoir écouler 330 kilos de corne. Une requête qui n’a quasiment aucune chance d’aboutir, en raison de l’opposition de l’Union européenne, soutenue par les organisations de défense des animaux, qui craignent un accroissement de la demande.

 

Les éleveurs ont toutefois obtenu cette année la levée du moratoire imposé en 2009 sur le commerce sur le territoire sud-africain – le commerce international étant lui, banni depuis 1977 par la Cites. Pour quelle raison, alors qu’il n’y a pas de marché de consommateurs dans le pays ? « Avant 2009, des propriétaires vendaient leurs cornes d’animaux morts à des marchands, confie Pelham Jones, responsable de l’association des propriétaires privés de rhinocéros en Afrique du Sud. Nous fermions les yeux sur leur destination, même si nous nous doutions bien qu’elles étaient ensuite exportées illégalement vers l’Asie, c’était bénéfique pour tout le monde. »

 

Comme John Hume, il admet que certains propriétaires sont parties prenantes dans l’actuel trafic illégal de cornes vers l’étranger.

 

Auparavant « en danger », le gorille de l’Est (Gorilla beringei), plus grand primate du monde, est aujourd’hui considéré « en danger critique ». Ce changement de situation est dû à un déclin de population de plus de 70 % en vingt ans. On estime aujourd’hui sa population à moins de 5 000 individus. Quatre des six espèces de grands singes sont maintenant classées en « danger critique », à un pas de l’extinction.

 

 

Sébastien Hervieu (Johannesburg, correspondance) Journaliste au Monde


http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/09/24/de-l-afrique-du-sud-a-l-asie-le-trafic-hors-de-controle-des-cornes-de-rhinoceros_5002787_3244.html#ageD0qQkrpTwue0g.99
Lu pour vous : La lutte contre le trafic d’espèces menacées au centre d’une conférence mondiale en Afrique du Sud
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Centrafrique-Presse.com
25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 22:02
COMMUNIQUÉ NECROLOGIQUE

 



Madame Marie TUBIND, ses enfants et petits-enfants, ont la profonde douleur d'annoncer le décès de leur mari, père et grand-père, Jean TUBIND MAKOUNA , ancien footballeur et  ancien enseignant au Lycée Barthélémy BOGANDA de Bangui. Le décès est survenu ce jour, dimanche 25 septembre 2016, à la suite d'une longue maladie, à l'Institut Jean Godinot de REIMS (FRANCE)

Centrafrique-Presse.com
24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 23:25

 

 

 

1. Le Vice-Secrétaire général des Nations Unies, au nom du Secrétaire général, a convoqué une réunion ministérielle sur la République centrafricaine (RCA) le 23 septembre 2016, en présence du Président de la République centrafricaine, Son Excellence Professeur Faustin Archange Touadéra, et des partenaires clefs de la RCA, dont la France, les Etats-Unis, l’Union africaine, l’Union européenne, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale, la Banque mondiale ainsi que le Président de la configuration de la Commission de consolidation de la paix pour la République centrafricaine. Cette réunion a donné au Président Touadéra, l’opportunité de présenter les progrès réalisés par le Gouvernement centrafricain dans la mise en œuvre de sa vision pour la stabilisation de son pays, particulièrement dans les domaines de la réconciliation nationale, le désarmement, la démobilisation, la réintégration et le rapatriement des membres des groupes armés, les réformes clés dans le secteur de sécurité et de la défense, la bonne gouvernance, la promotion et la protection des droits de l'homme, en particulier les droits des femmes et des enfants ainsi que la lutte contre l’impunité.

 

2. Les participants ont salué la vision du Président Touadéra pour transformer le pays ainsi que ses priorités immédiates pour résoudre les causes profondes du conflit et favoriser le développement du pays à long terme. Ils ont encouragé les autorités centrafricaines à continuer leurs efforts en faveur d’une approche inclusive associant toutes les composantes de la société centrafricaine. Les participants ont également insisté sur l’importance d’actions concrètes pour obtenir des progrès rapides dans le processus de paix et la réconciliation nationale à tous les niveaux de la société, et pour permettre le retour des 468.000 réfugiés et des 384.000 personnes déplacées internes, afin qu’ils retrouvent leurs biens et leurs moyens de subsistance.

 

3. Reconnaissant que la présence continue des groupes armés représente l’obstacle le plus immédiat à la stabilité et au redressement du pays, les participants ont encouragé les autorités centrafricaines à poursuivre leurs efforts pour mettre en œuvre un processus de concertation avec les représentants des groupes armés au sein des instances prévues à cet effet en vue de permettre le lancement sans délai du programme national de désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement. Les participants ont également encouragé les autorités centrafricaines à s’assurer que ce processus s’inscrive dans le cadre plus large des stratégies visant à traiter les causes profondes du conflit, en particulier à travers un dialogue inclusif au niveau national et local et favorisant le désenclavement et le développement équitable de toutes les régions du pays. Les participants ont souligné que ces efforts devaient aller de pair avec la mise en œuvre de réformes concrètes dans les secteurs de la sécurité, de la défense et de la justice, et bénéficier du soutien indéfectible de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA) ainsi que du reste de la communauté internationale.

 

4. Le Président Touadéra a présenté la proposition du Gouvernement centrafricain de Cadre d’Engagement Mutuel entre le Gouvernement centrafricain et ses partenaires internationaux, régionaux et bilatéraux. Le Président a réaffirmé sa volonté de finaliser le document pour la conférence de Bruxelles pour la République centrafricaine, afin de donner un signal fort d’un partenariat durable entre la République centrafricaine et la communauté internationale, pour obtenir une paix durable. Le Président a souligné que le Cadre d’Engagement Mutuel (CEM-RCA) proposé et le processus de Relèvement et de Consolidation de la Paix en République centrafricaine (RCPC) devaient constituer des cadres cohérents et complémentaires pour orienter la relation entre la RCA et ses partenaires internationaux. Les participants ont salué le Cadre d’Engagement Mutuel comme un mécanisme important pour maintenir un haut niveau de partenariat stratégique entre la République centrafricaine et la communauté internationale.

 

5. Les participants ont souligné le rôle crucial que jouera la conférence des partenaires de la RCA et des bailleurs de fonds, qui se tiendra à Bruxelles le 17 novembre, pour sécuriser les ressources nécessaires afin de permettre la mise en œuvre des priorités visant le relèvement et la stabilisation du pays au cours des trois à cinq prochaines années. Les participants ont également exprimé leur préoccupation devant le manque de financement, entravant une réponse adéquate à la crise humanitaire en cours en RCA, avec 2,3 millions de personnes ayant besoin d'aide. Les participants se sont accordés à travailler ensemble durant les prochaines semaines, pour encourager de nouvelles promesses financières en soutien à ces priorités, notamment auprès de nouveaux donateurs potentiels pour la RCA. Ils ont enfin souligné la nécessité pour le gouvernement de mettre en œuvre des réformes structurelles dans le domaine de la gouvernance, de la décentralisation et de la gestion des finances publiques afin que ces fonds soient investis de manière efficiente, ainsi que l’importance d’un engagement dans la durée, y compris à travers le Groupe International de Soutien.


New York, le 23 septembre 2016

 
United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic 


Vladimir Monteiro


Spokesperson/Porte-parole 


MINUSCA - Avenue Barthélemy Boganda BP 3338 Bangui, Central African Republic 
Cellphone: + 236 75980772 / 72259932 Extension : (173) 5545/5506 | E-mail: monteiro6@un.org

Communiqué  sur la Réunion ministérielle à l'ONU sur la République centrafricaine
Communiqué  sur la Réunion ministérielle à l'ONU sur la République centrafricaine
Centrafrique-Presse.com
24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 22:31

 

 

 

NEW-YORK, le 23 septembre 2016

 

• Monsieur le Président de la 71e Session Ordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies,


• Monsieur le Secrétaire Général des Nations-Unies,

 

• Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs d’États et de Gouvernement,

 

• Mesdames et Messieurs,

 

Permettez-moi tout d’abord, d’adresser mes chaleureuses félicitations à Son Excellence Monsieur Peter THOMSON pour sa brillante élection en qualité de Président de la 71eSession ordinaire de l’Assemblée Générale de notre Organisation. Cette élection que la République Centrafricaine salue est sans doute la reconnaissance des qualités exceptionnelles de diplomate chevronné dont vous avez fait montre tout au long de votre brillante carrière et également un hommage mérité à votre pays, le Fidji.


Soyez assuré, Monsieur le Président, de la disponibilité totale de ma délégation à œuvrer au plein succès de nos travaux.


Je voudrais féliciter par la même occasion Monsieur MOGENS LYKKETOFT du Danemark pour la manière remarquable avec laquelle il a conduit les travaux de la session précédente en sa qualité de Président.


Qu’il me soit aussi permis de rendre un hommage appuyé à Son Excellence le Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Ban Ki-Moon, non seulement pour les actions réalisées depuis la dernière session, mais pour tous les efforts louables qu’il ne cesse de déployer pour la réalisation des nobles objectifs de l’Organisation des Nations Unies depuis son élection il y a huit ans, et surtout pour son implication personnelle et l’attention portée à mon pays la République Centrafricaine pendant les durs moments qu’il a traversés.

 

Monsieur le Président,


C’est pour moi un insigne honneur de m’adresser solennellement devant cette auguste Assemblée pour présenter l’évolution de la situation en République Centrafricaine et partager avec vous, la vision de mon pays sur les grandes questions qui préoccupent notre organisation commune.


Je viens devant vous pour témoigner la reconnaissance du peuple centrafricain envers l’ensemble de la communauté internationale pour son soutien inestimable à mon Pays, la République Centrafricaine, qui a retrouvé la stabilité et la légalité constitutionnelle aujourd’hui.
Du haut de cette tribune et au nom du peuple centrafricain, je rends hommage à l’action de l’ensemble du système des Nations Unies, particulièrement pour le déploiement de forces internationales qui œuvrent en ce moment pour la sécurisation et la consolidation de la paix dans mon pays.


J’aimerais saisir cette opportunité pour réitérer solennellement, la gratitude du peuple centrafricain et sa reconnaissance à l’ensemble de la Communauté Internationale pour sa solidarité et son soutien constant manifestés envers lui à travers une très forte mobilisation qui a abouti au retour à la légalité constitutionnelle, mettant ainsi fin à la Transition Politique qui a été instaurée après le coup de force du 24 Mars 2013.


Qu’il me soit permis de saluer la prise de conscience du peuple centrafricain qui, à travers sa participation massive et déterminée au processus électoral exemplaire, a ainsi fortement manifesté son attachement à la démocratie et à l’ordre constitutionnel. Je voudrais aussi rendre un hommage appuyé à toute la classe politique centrafricaine pour la maturité dont elle a fait preuve devant le monde entier en respectant la voix du peuple à travers ces élections.


En tant que Président investi de la confiance de l’ensemble du peuple centrafricain, j ai pris la mesure de l’immensité des défis à relever et des attentes de mes compatriotes qui n’aspirent désormais qu’à la paix, à la réconciliation nationale et au développement économique et social.
Monsieur le Président,

 

La République Centrafricaine vient de tourner cette page sombre de son histoire. Les centrafricains sont plus que jamais déterminés à rompre définitivement avec le cycle de la violence pour aspirer légitimement à la paix, à la sécurité, à la justice, à la liberté et au développement durable.


Depuis mon accession à la tête du pays, des mesures ont été prises pour que le Gouvernement et toutes les institutions de L’État aient pour objectif commun la reconstruction du pays à travers des réformes nécessaires.


Aucun État, ne peut prétendre au développement tant que son tissu économique, social, voire politique, est gangrené par les maux que sont la corruption, l’injustice et l’impunité.
Ainsi, je puis vous assurer que la lutte contre la corruption est au cœur de nos préoccupations. Et donc, le Gouvernement que j’ai la lourde responsabilité de diriger ne ménagera aucun effort pour mettre en place un mécanisme de lutte implacable contre la corruption et la délinquance financière.


Monsieur le Président,


La République Centrafricaine, certes, vient de renouer avec le processus démocratique, mais la situation reste encore fragile, car beaucoup reste à faire. C’est pourquoi sitôt investi président de la République, j’ai fait part de mon ambition de rassembler tous les centrafricains autour d’un projet de reconstruction de L’État afin que les centrafricains deviennent maîtres de leur destin et du développement de leur pays.


Je me suis engagé à conduire une œuvre de transformation politique, économique, sociale et culturelle qui va permettre de conjurer les périls que sont l’insécurité, la désagrégation des institutions publiques, la corruption, la dégradation des conditions de vie et la perte des repères moraux qui minent notre société.


Aussi, les priorités du gouvernement que j’ai fixées concernent les quatre(4) grands piliers à savoir :


La paix et la sécurité, la Réconciliation nationale, la réforme de l’administration, la relance économique, la justice et les droits de l’homme.


En ce qui concerne la paix et la sécurité, l’impératif pour le Gouvernement consiste à appliquer très rapidement le programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) pour permettre aux Centrafricaines et Centrafricains, de tous les horizons, de vivre en paix et en sécurité sur l’ensemble du territoire.

 

De même, la Réforme du Secteur de Sécurité (RSS), demeure une préoccupation majeure du Gouvernement. Une délégation de la République Centrafricaine a déjà présenté les stratégies et programmes de la RSS en RCA ici au siège des Nations Unies au mois de Juin 2016. Une décision avait été prise en vue de soutenir les efforts de mon pays en reconnaissance des efforts de dialogue que j’ai entrepris dès ma prise de responsabilité en direction des groupes armés.
C’est pourquoi, je saisis cette opportunité pour plaider en faveur d’une grande mobilisation des partenaires de la République Centrafricaine lors de la prochaine conférence de Bruxelles prévue le 17 novembre 2016, en vue de leur contribution pour le financement de ce volet.

 

Monsieur le Président,


S’agissant de la Restauration de l’autorité de l’Etat et du processus de redéploiement de l’administration, le Gouvernement a engagé, avec le concours de la communauté internationale dont les Nations Unies, des actions pour assurer la présence des pouvoirs publics sur l’ensemble du territoire et garantir la paix et sécurité.


Aussi, les Forces de Défense et de Sécurité doivent-elles renforcer le contrôle de nos frontières contre les menaces comme la criminalité transfrontière, la prolifération des armes légères et de petit calibre, le blanchiment d’argent, le trafic de drogue et de stupéfiants, le terrorisme (LRA) et la traite des êtres humains.

 

Le Gouvernement a pris des mesures d’urgence en vue de la refondation des Forces Armées Centrafricaines (FACA) qui vont permettre de mettre en place une Armée Républicaine inclusive.
Pour y parvenir, la République Centrafricaine, par ma voix, plaide en faveur de la levée totale de l’embargo sur les armes imposé à la RCA, qui faut –il le rappeler, même si nécessaire en son temps, ne se justifie plus aujourd’hui en cette nouvelle ère de reconstruction nationale.

 

Monsieur le Président,


La justice et les droits de l’homme impliquent la réhabilitation de l’institution judiciaire pour garantir le droit des citoyens et la lutte contre l’impunité. A cet égard, il convient de renforcer la Cour Pénale Spéciale pour la RCA, la traduction des auteurs des crimes commis devant les juridictions compétentes et la question des réparations des préjudices subis.


Concernant la relance économique, le Gouvernement a mis en œuvre des réformes pour améliorer le climat des affaires en vue d'attirer les investissements privés et s' engage à remettre en état les infrastructures d' appui à la croissance.

 

Monsieur le Président,


Les crises cycliques et à répétition en République Centrafricaine trouvent leurs explications profondes dans les conditions de vie précaires de nos populations et la paupérisation généralisée. Je suis heureux que la communauté internationale ait compris ces enjeux.
Mon Gouvernement pour sa part, s’engage résolument à ne rien épargner pour la consolidation de la paix et la réconciliation nationale, la refondation des forces de défense et de sécurité, ainsi que la relance économique.


C’est cela notre objectif, c’est cela notre priorité. Et j’ai pleinement confiance que nous y parviendrons. J’ai pleinement confiance, également, qu’ensemble les centrafricains y mettront toute leur force, toute leur énergie à cette fin.


La République Centrafricaine est de nouveau parmi vous. La République Centrafricaine a repris sa place en tant qu’Etat libre et démocratique, elle reprend sa place dans le concert des nations et elle est prête à contribuer pour l’édification d’un monde de paix, de tolérance, de liberté, de justice et de démocratie.

 

Monsieur le Président,


Bien que nous soyons déterminés plus que jamais à prendre notre destin en main, la République Centrafricaine, encore fragile, a absolument besoin de l’accompagnement de tous ses partenaires tant bilatéraux que multilatéraux. La République Centrafricaine, par ma voix, vous réitère son appel pour votre appui sans faille, car elle croit à ce principe de solidarité qui caractérise notre organisation commune. Et parce qu’elle croit en votre volonté d’accompagner son peuple et de porter secours a ses femmes et ses enfants.
Monsieur le Président,


Les Nations Unies demeurent la tribune indispensable par excellence pour aborder les questions mondiales et de recherche des solutions idoines. C’est pourquoi, nous Etats membres attachons une grande importance aux décisions qui émanent de cette instance. Et je puis vous assurer de ma détermination inébranlable à défendre les idéaux de notre organisation, fondés sur des valeurs d’égalité, de paix, de sécurité, de justice et de développement auxquels aspirent tous les peuples du monde.


Je me réjouis de la pertinence du thème du débat général de cette 71e session ordinaire, « Les objectifs de développement durable : un effort universel », une année après l’adoption des nouveaux Objectifs de Développement Durable (ODD).

 

Le choix de ce thème se justifie par le souci de voir se réaliser ces objectifs à l’horizon 2030. Car l’heure est arrivée de renverser la tendance de la pauvreté absolue qui continue malheureusement de persister dans plusieurs régions du monde notamment, en Afrique subsaharienne, de réduire les inégalités entre riches et pauvres, et de créer un environnement où il fait bon vivre pour tous les peuples épris de bien-être.

 

Monsieur le Président,

 

Il est reconnu que la majorité des pays les moins avancés (PMA) ou les pays post-conflit dont la République Centrafricaine, n’a pas atteint les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Et plusieurs raisons le justifient, notamment l’instabilité politique En effet, en 2011, le Gouvernement a élaboré un Cadre d’accélération des OMD ciblant la faim et la sécurité alimentaire. Mais la crise de 2012 a mis un terme aux actions programmées et entrainant le non aboutissement de celles-ci.


Monsieur le Président,


La République Centrafricaine a officiellement lancé le processus de mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable (ODD) impliquant toutes les parties prenantes nationales (l’Administration publique, la Société civile, le secteur privé) et internationales (les Partenaires au développement ainsi que les ONG internationales). Ce qui marque clairement la volonté du Gouvernement à conduire de manière résolue le processus des ODD et éviter les résultats mitigés connus dans la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) pour les mêmes raisons déjà énoncées.


Le Gouvernement en a tiré les leçons et il s’est engagé à mettre en œuvre les ODD sur de nouvelles bases participatives, partenariales et inclusives de toutes les couches de la société centrafricaine. Il tient ainsi à éviter les erreurs qui ont conduit le pays pendant la crise à des difficultés non seulement dans la mobilisation des acteurs et des ressources nécessaires, mais également dans la mise en œuvre effective des stratégies et actions programmées.


Aussi, le Gouvernement a–t-il entrepris dans le cadre de sa politique de reconstruction nationale la préparation du Programme de Relèvement et de Consolidation de la Paix en Centrafrique (RCPCA), qui comprend des actions d’assistance humanitaire, de relèvement précoce et de développement. Les trois axes d’intervention portent sur :


(i) La Paix, la Réconciliation et la Sécurité; (ii) Renouvellement du Contrat social entre l’Etat et la population ; et, (iii) Relèvement économique et la relance des secteurs productifs.


Pour y parvenir, le Gouvernement entend développer un partenariat avec les organisations non gouvernementales nationales et internationales, le secteur privé, les partenaires au développement et les Organisations à Assise Communautaire pour créer la synergie nécessaire au processus de sortie de crise.


Pour s’assurer les chances d’une mise en œuvre réussie des ODD, le Gouvernement entend tirer toutes les leçons ressorties de l’évaluation des OMD. A cet effet, l’étude prospective sur la vision de la RCA à l’horizon 2040 s’inscrira, d’une part, dans le cadre de la Vision africaine 2063 et, d’autre part, inclura des objectifs spécifiques à atteindre.

 

De même, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, il sera mis en place un cadre institutionnel approprié pour la conduite et le suivi – évaluation des ODD, et sous l’égide duquel seront définies les priorités en rapport avec le RCPCA, les recommandations de la Position africaine commune (PAC), ainsi que des conclusions de la Réunion régionale consultative sur les ODD tenue en octobre 2013.

 

Monsieur le Président,

 

La question des migrants et réfugiés qui touche et concerne tout le monde, n’a cessé ces dernières années, de s’aggraver au point de constituer une des préoccupations prioritaires de la communauté internationale. Elle est autant réelle qu’elle retient l’attention de tous les pays, quel que soit leur intérêt pour la gestion des processus migratoires.

 

La réunion de haut niveau qui vient de se tenir a été l’occasion de mettre en lumière au niveau mondial, les défis pressants que représentent ces mouvements massifs de nos populations afin d’y proposer des pistes de solution judicieuse dans un cadre de partage international, des charges et des responsabilités. Et je me réjouis de l’engagement des États membres à privilégier une solution plus humaine à la- dite question.

 

Déjà, au Sommet de la Valette sur les migrations et au cours du 1er Sommet humanitaire mondial tenu à Istanbul, les dirigeants du monde ont eu des partages de vue sur les causes profondes des migrations et du phénomène des personnes déplacées.

 

En République Centrafricaine, des solutions durables pour le retour de nos compatriotes déplacés à l’intérieur du pays dans leurs zones d’origine ainsi que des réfugiés, sont à l’étude en vue de la création d’une plateforme nationale de prévention et de gestion des risques, des catastrophes, les mauvaises conditions socioéconomiques, tels que les bas salaires, le chômage, le sous-emploi dans les zones rurales, la pauvreté et le manque de moyens qui sont très souvent la cause de ces mouvements.

 

Monsieur le Président,


Sur le changement climatique et le développement durable, notre monde à l’urgence d’adopter des politiques saines, génératrices de croissance qui tiennent comptent de la problématique du changement climatique, une croissance qui réduit la pauvreté. La protection de l’environnement, l’efficacité des ressources et la croissance économique dans l’intégration de la croissance verte sont une opportunité intéressante pour les pays africains. Il n’est pas juste que l’Afrique paie plus de prix alors qu’elle n’est que victime. C’est pourquoi, je voudrais insister pour une attention particulière de la communauté internationale en adoptant un mécanisme adéquat afin de soutenir l'Afrique. Et que les engagements pris lors du sommet de Paris de la Cop 21 soient respectés pour un vrai développement durable.


Monsieur le Président,

 

Avant de conclure mon propos, nous espérons que les Etats membres se résoudront tous, pour donner les moyens à notre Organisation à même de lui permettre d‘atteindre, à l’horizon 2030, les Objectifs de Développement Durable.

 

Quant à la République Centrafricaine, elle continuera d’apporter sa modeste contribution au sein de notre Organisation et dans notre œuvre commune pour la paix, la sécurité et le développement pour tous.

Je vous remercie.

 

DISCOURS DE SON EXCELLENCE, PROFESSEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, CHEF DE L’ÉTAT A L’OCCASION DE LA 71EME session ORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES
Centrafrique-Presse.com
24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 21:47

 

POINT DE VUE

 

Par Yann Gwet (chroniqueur Le Monde Afrique)

 

LE MONDE Le 23.09.2016 à 14h26 • Mis à jour le 23.09.2016 à 14h31

 

« Ici c’est la France, c’est pas le Gabon. Si vous voulez retourner au Gabon, allez-y ! » C’est par cette réplique toute sarkozyenne que l’ancien président français a répondu, mercredi 21 septembre, à un groupe de jeunes Gabonais venus perturber, aux cris de « Sarko, viens chercher Ali ! », un meeting de campagne du candidat des primaires de la droite qui se déroulait à Marcq-en-Barœul (Nord).

 

En 2009, Nicolas Sarkozy avait été le premier dirigeant occidental à reconnaître les résultats d’un scrutin pourtant contesté, et le premier à féliciter le vainqueur officiel, Ali Bongo, après les dirigeants libyen, camerounais et marocain.

 

Le moins que l’on puisse dire de cette poignée d’opposants gabonais est qu’ils sont bien « entrés dans l’Histoire », faisant écho à l’un des points les plus insultants pour les Africains du discours de Dakar de M. Sarkozy en 2007. Ils ont aussi certainement encore en mémoire cette réflexion exquise d’Omar Bongo : « Le Gabon sans la France, c’est comme une voiture sans chauffeur ; la France sans le Gabon, c’est une voiture sans carburant. »

 

Evidemment, cette présence gabonaise un peu bruyante à Marcq-en-Barœul n’était pas du goût des partisans de Nicolas Sarkozy, lesquels ont ponctué la délicatesse de leur idole « d’applaudissements nourris ». C’est que, les pauvres, eux ne sont malheureusement pas entrés dans l’Histoire françafricaine !

 

« J’ai pensé à de Gaulle, et j’ai eu honte »

 

Car leur champion a soigneusement omis de leur dire que les Gabonais présents à ce meeting n’étaient pas des trouble-fête, mais des financiers historiques de la démocratie française. Et que, à ce titre, ils méritaient un accueil d’une autre nature ! Souvenez-vous du récit fracassant de l’avocat français Robert Bourgi dans Le Journal du dimanche, en septembre 2011, intitulé « J’ai vu Chirac et Villepin compter les billets ». Celui que l’on considère comme l’héritier spirituel de Jacques Foccart, fondateur de la Françafrique, raconte les valises de billets remises à Jacques Chirac par des présidents africains, en particulier Omar Bongo et notamment pour la campagne de 2002. « Lors des grandes remises de fonds, j’étais attendu comme le Père Noël. En général, un déjeuner était organisé avec Jacques Chirac pour le donateur africain, et ensuite, la remise de fonds avait lieu dans le bureau du secrétaire général [Dominique de Villepin]. Une fois, j’étais en retard. [Omar] Bongo, qui m’appelait fiston et que j’appelaispapa, m’avait demandé de passer à 14 h 45 (…). J’avais un gros sac desport contenant l’argent et qui me faisait mal au dos tellement il était lourd. Bongo et Chirac étaient confortablement assis (…). Je les ai salués, et je suis allé placer le sac derrière le canapé. Tout le monde savait ce qu’il contenait. Ce jour-là, j’ai pensé au Général [de Gaulle], et j’ai eu honte. »

 

Mais il n’y a pas que les millions de dollars pour le RPR, puis l’UMP. Il y a aussi le pilotage, à Paris, de la politique gabonaise. A l’attention des « sarkozystes » de Marcq-en-Barœul, voici comment Jacques Foccart relate, dans ses Mémoires, un entretien avec Omar Bongo au cours d’une des visites de celui-ci à Paris, en 1968 : « Bongo vient comme prévu à 10 h 30 et il ne part que vers 18 heures. C’est dire que nous avons de très longues conversations, qui manifestement sont essentielles, car nous avons pu mettre au point beaucoup de choses sur la politique que le Gabon doit suivre. »

 

Le cadeau de la franchise

 

Vous me voyez venir : en venant interpeller un homme politique français de premier plan lors d’un meeting de campagne, ces jeunes Gabonais étaient bien dans l’esprit des relations historiques entre les deux pays. Ce qui ne les empêche pas d’avoir tort : ils n’ont pas perçu l’incohérence complète de leur démarche ! De fait, ils sont venus, au nom de la « démocratie », réclamer l’intervention d’un responsable français pour rétablir la victoire de leur champion, Jean Ping, dans ce qu’ils estiment être un vote truqué par le président sortant, Ali Bongo.

 

Chers camarades Gabonais, vassalité et démocratie sont antinomiques ! Soit vous voulez l’immixtion de la France dans les affaires gabonaises, soit vous voulez la démocratie. Car la démocratie s’accommode mal d’ingérences extérieures. Son cadre naturel, comme le disait de Gaulle, est la souveraineté nationale.

 

Le directeur de l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed), M. Jean-Louis Guigou, expliquait récemment dans ces colonnes que « l’Afrique est une chance pour la France et pour l’Europe ». Je le crois aussi. Mais l’examen de la longue histoire des relations entre la France et l’Afrique ne permet pas de soutenir la réciproque. La première s’est rarement rangée au côté des peuples de la seconde. Mais est-ce bien sa vocation ? Et donc, amis Gabonais rabroués par M. Sarkozy, celui-ci ne s’est pas montré respectueux ni très subtil, mais il vous a au moins fait le cadeau de la franchise. Vous n’avez plus rien à attendre de la France ! Détournez-vous-en une fois pour toutes et contribuez au long, difficile, improbable, mais nécessaire combat pour la pleine maîtrise de votre destin. Et donc pour l’édification de la « démocratie » que vous appelez tant de vos vœux.

 

Yann Gwet  est essayiste camerounais.

 

Yann Gwet chroniqueur Le Monde Afrique

Lu pour vous : « Camarades Gabonais, M. Sarkozy a raison : n’attendez rien de la France, retournez au pays ! »
Centrafrique-Presse.com
24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 21:08

 

 

 

http://rjdh.org/ PAR JEAN FERNAND KOENA LE 24 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 24 septembre 2016 (RJDH)–Les premiers soldats centrafricains sont en formation opérationnelle depuis le mois passé. Dans une interview accordée au RJDH, le général de division Eric Hautecloque Raisz, patron de la mission européenne chargée de former les Forces Armées Centrafricaines (FACA), a rassuré sur l’issue de cette formation et a annoncé que le comité de sanction des Nations -Unies a autorisé l’EUTM d’utiliser les armes pour entrainer les FACA.

 

RJDH : Mon général Bonjour

 

Eric Hautecloque Raisz : Bonjour.

 

RJDH : Après le conseil déjà de l’EUMAM auprès des FACA, l’EUTM a pris la relève pour s’occuper de la formation opérationnelle. Combien de bataillon avez-vous déjà formé à ce jour ?

 

EHR : Effectivement entre EUMAM et EUTM, EUTM s’occupe de la formation opérationnelle. Cette formation opérationnelle a déjà commencé au mois d’aout pendant un mois avec la première compagnie du bataillon n°3.

 

Nous avons fait un Etat des lieux pour évaluer ce que les soldats et les cadres savent faire et nous avons fait ce que nous appelons un pré-entrainement pour remettre tout le monde au même niveau. Il y a une semaine, nous avons commencé à former cette première compagnie pour un programme qui va durer douze semaines  et qui permettra de rendre la compagnie opérationnelle pour remplir les missions que l’on appelle de contrôle de zone et effectuer des missions telles que des Cheick points , la patrouille, la défense des points, l’accompagnement des convoies…

.

Ce qui est important, c’est que l’entrainement que nous pratiquons concerne la chaine de commandement donc on entraine les chefs à commander. Cela concerne l’ensemble des soldats et dans plusieurs domaines. Il ya le domaine moral, le savoir être, celui du comportement comme c’est marqué sur une affiche à l’entrée du Camp Kassaï, nos forces armées sont  au service du peuple, pour que l’armée soit bien au service du peuple. Ensuite la tactique, le tir, la condition physique, le secourisme et bien sur des matières techniques, la topographie (lire une carte) des choses comme ça.

 

RJDH : Le réarmement des compagnies formées, sera-t-il automatique après la formation ?

 

EHR : Le rétablissement de la capacité opérationnelle a trois composantes : des gens qui sont formés et entrainés, c’est ce qu’on est en train de faire, des gens qui sont équipés, on travaille dessus avec le  Ministère et avec l’état-major des armées et des gens qui seront soutenus quand ils partent en mission et ça c’est la responsabilité de l’état-major des armées que de pouvoir les soutenir.


Les soutenir ça veut dire l’alimentation, les conditions de logement. Pour le moment c’est une très bonne nouvelle nous avons reçu l’autorisation et la réponse est arrivée le 21 de la part du comité de sanction qui autorise l’autorisation de l’armement pour entrainer les FACA.

 

C’est-à-dire que depuis deux jours, nous pouvons utiliser  les armes pour faire des exercices tactiques  et de tir. En parallèle, on a avec la Minusca un projet pour rénover le chantier. Les travaux sont en cour à Kassaï et dans trois ou quatre semaines les travaux devraient être terminés. J’espère qu’ils ne prendront pas de retard. Et donc on vous invitera à l’inauguration du premier tir que pourront refaire les soldats des FACA. Ce sera très probablement en présence du ministre de la Défense d’ici quatre semaines et je trouve que ces très enthousiasmant que de pouvoir redonner cette dignité aux FACA  que de pouvoir s’entrainer au tir et de pouvoir s’entrainer au combat avec de l’armement.

 

RJDH : Mon général cette autorisation réside dans le fait que les FACA peuvent utiliser  ou que les armes doivent être utilisées par l’EUTM pour la formation ?

 

EHR : Pour le moment, le dialogue que j’ai entrepris avec le comité des sanctions c’est uniquement pour l’entrainement et la formation. Mais très clairement la prochaine étape va être de travailler que la compagnie qui soit formée qu’on puisse l’envoyer en opération pour remplir des missions et qu’à ce moment-là bien sûr qu’elle soit équipée avec des armes et des véhicules etc. Donc on est en train de travailler  sur l’équipement  de cette compagnie et ceci va s’accompagner d’une demande auprès du comité de sanction.

 

RJDH : Mon général quel est le degré de votre collaboration avec la Minusca ?

 

EHR : Nous venons de commencer  la formation il y a un mois. Pour former la première compagnie, il faut au total 14 semaines, donc la première compagnie sera formée d’ici le mois de décembre. Pour le moment au  niveau de l’EUTM, nous n’avons pas terminé la formation de la première compagnie. Je sais qu’au  niveau de la population, il y a envie de voir les FACA rétablies dans leur responsabilité et ce qu’il faut savoir c’est que ça prend du temps. Le président de la République a demandé à ce que ça soit fait de manière robuste pour que réellement les gens que l’on forme soient bien formés et capables de remplir leurs missions.

 

RJDH : Pouvez-vous nous parler un peu du chronogramme de votre mission dans l’exécution de la phase opérationnelle de cette formation ?

 

EHR : La mission EUTM est ici pour deux ans reconductibles c’est-à-dire au total, ça peut faire quatre ans. Le lancement des deux années a été fait le 20 septembre du point de vue administratif au niveau de l’Union Européenne, donc nous avons devant nous deux fois deux ans depuis le 20 septembre pour travailler à la formation.

 

La formation d’une compagnie dure au total 14 semaines et ça, nous avons commencé au mois  d’aout. Nous avons la capacité de former deux compagnies en même temps. Pour le moment, il  y’en a une qui est en formation et dans trois ou quatre semaines, on va lancer la formation de la deuxième compagnie. Et nous avons estimé que pour former un bataillon, il fallait six à sept mois pour que l’ensemble du bataillon soit formé au niveau de ses capacités opérationnelles. Donc je vous laisse faire le calcul, en un an nous pouvons former au moins deux bataillons et le travail va se poursuivre. Ce créneau-là, il faut le prendre de manière indicative parce que la pédagogie que je demande aux équipes de l’EUTM de pratiquer c’est de progresser au rythme pédagogique auxquels sont capables les personnes que nous entrainons. Donc si l’apprentissage va un peu plus vite, ça prendra moins de temps, si l’apprentissage va plus lentement ça prendra un peu plus de temps. Ce qui est important c’est que la méthode que nous mettons en place c’est aussi de former les formateurs. Donc de donner la capacité progressivement, au fur et à mesure que nous formons les compagnies et les bataillons, de redonner la capacité aux FACA et eux de redevenir des formateurs. Et on a testé ça déjà dans un principe d’auto-entrainement à la fin du mois d’aout et ça bien fonctionné.

 

RJDH : La formation prendra autant de temps alors que les FACA ne sont pas des recrus mais des Hommes déjà formés qui ont besoin d’assistance au point d’atteindre le standard international, ne voyez-vous pas l’incompatibilité dans ce que vous dites ?

 

EHR : je corrige votre question, moi je ne cherche pas à atteindre un standard international, je cherche à atteindre le standard ou la norme qui est fixé par le chef d’état-major des armées. Effectivement il y a beaucoup de soldats qui ont de nombreuses années de services derrière eux. Mais pendant les quatre dernières années, les soldats n’ont pas travaillé, n’ont pas pu exercer  leur métier. Quand on n’exerce pas son métier, on l’oublie. Il y a des soldats aujourd’hui qui depuis 4 ans n’ont pas tiré. Il y a des soldats qui depuis qu’ils sont rentrés dans l’armée centrafricaine, n’ont jamais tiré à l’instruction. Donc, ils savent des choses c’est vrai, on a beaucoup de respect pour ce que les soldats savent mais il ne faut pas se voiler la face, je dirai qu’il y a un travail de reconstruction à faire en profondeur. Et le choix qui est fait par le chef des armées, le président  de la République c’est de nous demander de faire un travail robuste avec de très belle fondation pour qu’on puisse avoir une belle armée à la fin.

 

RJDH : Mon général je remercie.


EHR : je vous en prie.


Propos recueillis par Jean Fernand Koena

 

Centrafrique : L’EUTM autorisé à utiliser les armes pour entrainer les FACA, selon le général Eric Hautecloque
Centrafrique : L’EUTM autorisé à utiliser les armes pour entrainer les FACA, selon le général Eric Hautecloque
Centrafrique-Presse.com
24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 21:05

 

 

 

A l'instar de ses pairs, le President de la République a pris part au traditionnel sommet de l'ONU à New-York aux États Unis. Le thème retenu pour ce sommet porte sur la problématique des migrants. De retour, le President de la république en escale à Paris propose de rencontrer la diaspora dans un hôtel parisien afin d'échanger positivement sur la situation tous azimuts de notre chère nation. En procédant ainsi, le citoyen lambda se pose la légitime question de savoir ce que le President de la république attend de la diaspora et de cette rencontre. La diaspora par définition est la dispersion d'un peuple ou d'une ethnie à travers le monde.

 

Certains ont quitté le pays pour rechercher des diplômes de haut niveau, d'autres pour se mettre à l'abri des conflits armés ou ont quitté la terre des ancêtres à cause de la mauvaise gouvernance. Certains membres de la diaspora ont gardé le lien ombilical avec leur pays d'origine, d'autres pour des raisons administratives n'ont de lien que de fait. Il faut noter que la diaspora est un réservoir de savoir, de connaissances, une banque de compétences dans différentes branches d'activité mais les autorités du pays se rapprochent de tradition par cooptation ou clientélisme des membres de la diaspora qui ne sont pas des personnes ressources.

 

Ainsi, elles cooptent et sollicitent les services des coquilles vides qui pensent à tort et avec arrogance que seule leur présence en France justifie une valeur ajoutée pour la Centrafrique. L'initiative du President de la république de rencontrer la diaspora de France et Europe est salutaire et permet à tous ceux qui se réclament centrafricains d'échanger avec les décideurs politiques pour créer un cadre de réflexion pour que la diaspora ait des impacts au niveau local. Pour éviter de mettre la charrue avant les bœufs, quelques questions nous brûlent les lèvres.

 

Combien de rencontres de ce genre ont été déjà organisées par le President de la République depuis son élection ? Combien ont été organisées par ses prédécesseurs ? Quelles ont été les suites réservées ? La diaspora centrafricaine à travers le monde entier veut croire aux nouvelles autorités car depuis leur avènement, elles multiplient de bonnes intentions mais le pragmatisme doit être au rendez-vous. En presque six mois de gouvernance, le gouvernement a fait appel aux compétences de la diaspora . Quels ont été leur impact ou emprunte sur le développement socio-économique du pays ?

 

Les centrafricains ont d'ores déjà pris conscience du rôle de la diaspora dans le développement de leur pays d'origine. Elle constitue une force incontournable et veut imiter leur frère malien et sénégalais. Le transfert d'argent en provenance de la diaspora représente une part importante de l'aide au développement. Les apports de la diaspora peuvent contribuer de manière significative à transformer les économies nationales.

 

Certains ont initié au pays des petites et moyennes entreprises dont la gestion est beaucoup plus confiée aux membres de la famille qui n'ont pas les compétences managériales requises. A cela s'ajoutent le manque d'études de faisabilité, le manque d'études préalable du marché qui précipitent ces initiatives à la banqueroute. Fort de ce qui précède, nous exhortons le gouvernement de créer les conditions nécessaires d'implantation et d'accompagnement car ces initiatives sont génératrices d'emploi.

 

L'Etat peut s'employer à garantir les aides techniques et financières auprès des banques locales en faveur de la diaspora, d'alléger les formalités de création et d'implantation des sociétés et surtout d'accorder des exonérations douanières et/ou fiscales pendant une période déterminée. L'Etat centrafricain doit considérer la diaspora comme des partenaires économiques et aussi comme des acteurs du jeu démocratique car elle apporte une clairvoyance et porte des critiques acerbes sur la gestion de la chose publique.

 

L'Etat peut en outre solliciter les expertises, les consultations ou recruter des experts centrafricains vivant à l'étranger et hautement qualifiés au lieu de décaisser des sommes faramineuses pour des experts étrangers. Nous espérons in fine avoir esquissé de façon non exhaustive les différentes attentes du Chef de l'Etat dans l'espoir qu'une attention particulière sera réservée à la diaspora dans l'optique de la reconstruction de notre chère patrie émiettée par les conflits armés. Mais attention, ne le dites à personne, si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.
 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections

CENTRAFRIQUE : QU'EST CE QUE LE PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ATTEND DE LA DIASPORA ? par Bernard SELEMBY DOUDOU
Centrafrique-Presse.com
23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 22:52

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

 

 

Bangui, 23 septembre 2016 - Une délégation conjointe Gouvernement de la République centrafricaine et MINUSCA devra se rendre prochainement au village de Kouango (environ 160 km à l’est de Bangui) pour évaluer la situation sur place. La visite est une des recommandations de la rencontre vendredi entre le Premier ministre et une délégation de la Mission.

 

Lors de cet entretien, la MINUSCA a informé le chef du gouvernement sur les mesures qu'elle a prises sur place après les violences enregistrées le 10 et 11 septembre sur l’axe Kouango-Bianka. La Force de la MINUSCA a immédiatement renforcé sa position, ce qui a permis de ramener le calme dans cette zone. Aucun incident n'a été enregistré depuis.

 

Selon des rapports reçus à la Mission, les violences auraient provoqué la mort de 10 à 20 personnes et quelques 3500 déplacés. La délégation conjointe essaiera de déterminer les faits concernant ces incidents.

 

 LE GOUVERNEMENT CENTRAFRICAIN ET LA MINUSCA ÉVALUENT LA SITUATION A KOUANGO
Centrafrique-Presse.com
23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 22:03

 

Décryptages

 

http://mondafrique.com/ par La redaction de Mondafrique -23 septembre 2016

 

Une enquête du Réseau d'information régional des Nations Unies (Irin) révèle le versement d''une importante somme d'argent par l'Onu à une société centrafricaine impliquée dans le trafic de diamants

 

C’est un autre coup dur qui frappe de plein fouet, la Minusca, la mission de l’Onu en Centrafrique. Après le scandale des viols sur mineurs par des casques bleus, une autre affaire embarrasse au plus haut point les responsables de la mission. Selon une enquête réalisée par le Réseau d’information régional des Nations Unies (Irin), les Nations Unies auraient versé, depuis le déploiement de la Minusca en 2014, plus d’un million de dollars à une société qui figure sur leur propre liste d’entités faisant l’objet de sanctions.

 

Le Bureau d’achat de diamant en Centrafrique (BADICA), placé sur la liste récapitulative des sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies pour son rôle dans le trafic de diamants en République centrafricaine est accusée d’avoir alimenté le conflit en République centrafricaine par la vente de « diamants de la guerre ». La société Badica est en effet soupçonnée d’avoir contribué en partie au financement de l’ex Séléka, le groupe rebelle qui avait renversé l’ex président François Bozizé en mars 2013.  Or, le Département des opérations de maintien de la paix des Nations Unies a confirmé à l’IRIN l’existence d’un contrat de crédit-bail avec cette société pour des locaux situés dans la capitale, Bangui.

 

Dan-Azoumi, le “Monsieur diamant” de la Centrafrique

 

BADICA fait partie du Groupe Abdoulkarim, une entreprise dont le siège est situé à Anvers – plateforme du monde diamantaire – et dirigée par l’homme d’affaires centrafricain Abdoulkarim Dan-Azoumi, originaire de Bouar dans l’ouest du pays et qui vit désormais en Belgique. En février 2015, Le Monde Afrique avait révélé que les flux financiers liés à l’activité de diamantaire d’Abdoulkarim Dan-Azoumi avaient été placés sur un compte HSBC Private Bank à Genève. “Les gestionnaires de fortune de HSBC Private Bank n’avaient cure de l’opacité, de la corruption, et des trafics en cours sur le marché anarchique du diamant centrafricain. Et ils n’hésitaient pas non plus à se déplacer à Anvers pour courtiser ces nantis d’Afrique centrale, les inciter placer leurs revenus du diamant dans les coffres suisses et leur distiller des conseils d’exil fiscal” révélait l’article du Monde. Suite à la clôture du compte suisse en 2005, 500 000 dollars avaient été transférés vers une société écran basée au Panama.

 

Autres entreprise à l’actif d’Abdoulkarim Dan-Azoumi, Minair, la société aérienne Minair dont les militaires français de la force Sangaris utilisent régulièrement les services, et Sofia-TP, une firme de transport, sont également répertoriées comme des « filiales » de BADICA sur la liste récapitulative des sanctions des Nations Unies. Or, selon l’enquête de l’IRIN, un contrat entre les Nations Unies et Sofia-TP pour des « services de transport et de fret » a également été conclu en 2014.

 

Centrafrique : l’Onu, dans le piège des diamants du sang
Centrafrique-Presse.com
23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 16:43
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Arrivée massive des refugiés sud soudanais à Obo

 

http://rjdh.org/ PAR RICHARDO DIMANCHE LE 23 SEPTEMBRE 2016

 

OBO, 23 Septembre 2016(RJDH)—Plus d’une centaine de réfugiés Sud-Soudanais sont arrivés à Obo depuis le mercredi 21 Septembre 2016. Ces derniers ont fui les violences dans leur pays pour trouver refuge en Centrafrique où leurs conditions de vie restent préoccupantes.

 

Ces réfugiés sud-soudanais ont été accueillis par des familles à Obo. Ces réfugiés déplorent les conditions dans lesquelles ils sont obligés de vivre à Obo, « nous sommes arrivés et on se trouve dans des familles d’accueil. Mais les conditions de vie sont difficiles et nous demandons l’aide des partenaires » a confié au RJDH,  Valentiano Moyché réfugié et père de quatre enfants.

 

Un autre réfugié évoque les problèmes liés à la santé, « nous dormons actuellement sous des hagards et nous sommes exposés à des maladies. Je crains aujourd’hui beaucoup plus les maladies pour les enfants et les femmes » se plaint ce dernier.

 

Les familles d’accueil commencent déjà à se plaindre du poids de ces réfugiés. Selon les informations du RJDH, d’autres réfugiés Sud-Soudanais sont encore bloqués à Bambouti ville située à 110Km d’Obo à cause de l’insécurité occasionnée par l’armée de résistance du seigneur qui contrôle la zone depuis 2008.

 

 

Centrafrique : Les prisonniers de Ngaragba manifestent contre les mauvais traitements

 

http://rjdh.org/ PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 23 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 23 Septembre 2016 (RJDH)— Les 600 prisonniers de la maison carcérale de Bangui, ont manifesté ce matin pour dire non à la manière dont ils sont traités. Le Directeur Général des services pénitentiaires, El Hadj Dieudonné Abacar Nyakanda trouve fondée la revendication de ces prisonniers.

 

Ces prisonniers affirment subir régulièrement des sévices corporels au sein de la maison d’arrêt. Ils disent manifester aussi contre la qualité et la quantité de la nourriture qui leur est servie. Ces revendications sont fondées aux yeux du Directeur Général des services pénitentiaires, El Hadj Dieudonné Abacar Nyakanda qui dit avoir constaté ces bavures de lui même, « certains détenus avaient des blessures suite à des coups reçus des forces sensées les protéger selon les textes juridiques. C’est vrai que le volume des rations alimentaires des prisonniers est réduit ces derniers temps »a-t-il reconnu.

 

Le Directeur Général a indiqué qu’une enquête est ouverte sur les tortures subies par les prisonniers. Mais il explique que la réduction de la nourriture est due à l’insuffisance du budget alloué, «  le budget a été voté pour environ 400 prisonniers. Aujourd’hui, la maison carcérale de Ngaragba compte environ 600 détenus. Ceci pose un réel problème dans la prise en charge des détenus », confie t-il.

 

La dernière manifestation des prisonniers à Ngaragba remonte à avril 2015.

 

 

Centrafrique : La Minusca dépêche une mission à Bayanga pour organiser la lutte contre le braconnage

 

http://rjdh.org/  PAR PROSPER KOUALI LE 23 SEPTEMBRE 2016

 

BAYANGA, 23 septembre 2016 (RJDH)–Une mission de la Minusca s’est rendue la semaine dernière à Bayanga pour organiser la lutte contre le braconnage au sein des Aires Protégées. La mission, selon nos sources envisage des patrouilles dissuasives dans la zone pour contrecarrer le braconnage.

 

La Minusca, selon sous-préfet de Bayanga, Patrice Ngaïpere, s’est rendue dans la ville sur invitation. L’objectif est, d’après le sous-préfet de discuter de l’organisation de la lutte contre le braconnage dans les Aires Protégées de Dzanga Sangha. L’objectif est de faire des patrouilles dans les Aires Protégées afin de décourager les braconniers qui opèrent dans la région, selon Patrice Ngaïpere.

 

La mission a commencé par la commune de Bayanga. Elle se rendra dans les Aires Protégées  et au niveau des frontières avec le Cameroun et le Congo Brazzaville.

 

La mission de la Minusca relative à l’organisation de la lutte contre le braconnage est effectuée alors que les Aires Protégées inscrites au patrimoine mondial en 2012, font face à la montée en puissance de cette pratique qui menace les espèces protégées.

 

Une brigade anti braconnage composée d’éléments du camerounais congolais et centrafricains essaie de combattre le phénomène la zone du tri-national de la Sangha. Pour le moment, on ne sait pas encore si la Minusca va collaborer avec cette brigade pour lutter contre le braconnage dans la région.

 

Centrafrique-Presse.com