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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 23:34

 

 

APA Bangui (Centrafrique) - 2016-09-13 16:25:31 - La représentation de l’Organisation Mondiale de la Santé(OMS) en Centrafrique a réuni ce mardi à Bangui les autorités sanitaires centrafricaine et congolaise en vue de mettre en place une feuille de route commune pour lutter contre l’épidémie de choléra qui sévit au bord du fleuve Oubangui frontalier aux deux pays.


Selon Michel Yao représentant de l’OMS en Centrafrique, si l’épidémie marque le pas en Centrafrique elle prend de l’ampleur de l’autre côté de la rive en RDC.

Cette situation a un impact négatif sur la lutte contre cette épidémie en Centrafrique compte tenu de la circulation entre les populations de ces régions. 

C’est d’ailleurs à partir de la RDC que le choléra est arrivé en Centrafrique a souligné le représentant de l’OMS.

La réunion est une occasion importante de se mettre ensemble pour faire face à cette maladie, en menant des actions communes.

Parmi les mesures retenues pour lutter contre le choléra dans ces deux pays on note l’intensification de la sensibilisation sur les mesures d’hygiène et d’assainissement lesquelles on fait leur preuve dans la régression de la maladie en Centrafrique.

L’épidémie de choléra a été déclarée en Centrafrique en aout 2016. 

Selon le bilan de la maladie en Centrafrique, 249 cas ont été déclarés, pour 19 morts. L’épidémie touche beaucoup de personnes qui habitent le long du fleuve Oubangui.

 

http://apanews.net/news/fr/article.php?id=4862685#sthash.En3deYsP.dpuf

 

 

Une réunion transfrontalière sur l’épidémie de choléra à Bangui
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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 23:31

 

 

13 septembre 2016 à 18h57 —Par Pacôme Pabandji - à Bangui

 

Le scandale a éclaté au grand jour en avril 2015. Les accusations d'agressions sexuelles sur mineurs ont d'abord éclaboussé les soldats français de la force Sangaris avant que d'autres accusations ne visent des Casques bleus. Alors que les enquêtes ouvertes en France suivent lentement leur cours, deux victimes ont accepté de témoigner pour Jeune Afrique.

 

« Aujourd’hui, dans le quartier je ne peux pas faire plus de deux pas sans qu’on ne se moque de moi. » Sous le hangar en paille, devant la maison familiale, un jeune garçon scrute l’emballage des rations militaires rapportées par son oncle. « Il lui est difficile de se réadapter à la vie normale aujourd’hui », raconte timidement sa mère. « Les autres garçons le traitent de ‘femme des Sangaris’. »

 

Je n’avais pas d’autre issue pour avoir à manger

 

Son fils de 15 ans serait l’une des victimes des soldats français membres de l’opération Sangaris accusés d’abus sexuels sur mineurs près du camp des déplacés de l’aéroport de Bangui.

 

 « Quand cela s’est passé, je n’avais pas d’autre issue pour avoir à manger. Ma mère est handicapée. On n’a pratiquement rien. J’étais avec mes amis, on jouait quand l’un d’eux m’a dit qu’il était possible d’obtenir à manger chez les Sangaris sans m’expliquer comment. Je l’ai suivi, puis on est allé voir les Sangaris dans la guérite, à l’entrée de l’aéroport. Il y avait deux hommes dans la petite maison. L’un d’eux m’a alors proposé de mettre son sexe dans ma bouche afin de gagner des biscuits », relate difficilement le jeune garçon, larmes aux yeux. Selon sa mère, il avait 12 ans au moment des faits.

 

Des enquêtes trop lentes

 

Depuis, l’affaire a été révélée – c’était en avril 2015 – et une information judiciaire a été ouverte par la France. D’autres scandales ont éclaté, déclenchant deux autres enquêtes. D’après Ghislain Grezenguet, le procureur de la République centrafricaine, des juges français se sont récemment rendu à Bangui pour une « visite judiciaire ». La deuxième en un peu plus d’un an.

 

Mais la Centrafrique n’est pas associée aux investigations qui sont menées, expliquait récemment à Jeune Afrique le président Faustin-Archange Touadéra. « Les enquêtes doivent aller plus vite, et la justice doit être rendue », a-t-il insisté.

 

« On attend des réparations et des dédommagements », renchérit un juge centrafricain, déplacé dans le camp en question entre 2013 et fin 2014, la période où auraient eu lieu les viols. Là encore, la justice centrafricaine ne peut rien faire. Si ce n’est engager elle-même des poursuites contre les militaires français accusés.

 

On est la risée de tous. J’ai honte

 

« Les victimes sont ici, les présumés auteurs sont de l’autre côté. Il y a aussi des règles judiciaires particulières issues des accords avec la Centrafrique avant le lancement de l’opération Sangaris. On ne peut aller au-delà », précise Ghislain Grezenguet.

 

Chancé, 16 ans, serait elle aussi l’une de ces victimes. Elle est arrivée il y a quelques mois avec sa mère dans le camp des déplacés de Saint-Sauveur. Pendant qu’elles préparent des feuilles de manioc pour le repas du soir, la mère raconte que « dans le camp de l’aéroport, il est de plus en plus difficile pour elle de vivre ».

 

« On est la risée de tous. J’ai honte. Pour moi ça passe encore. Elle, c’est vraiment difficile. Quand elle passe, on parle d’elle. Je ne puis le supporter. Mais on ne peut pas rentrer chez nous, parce que notre maison a été détruite. » Chancé avait 13 ans lorsqu’elle aurait subi les abus sexuels des soldats, aux abords du camp des déplacés de l’aéroport.

 

Quelle prise en charge ?

 

Entre la réflexion sur l’aide à apporter aux  familles comme celle de Chancé, et l’identification des « vraies » victimes, le gouvernement centrafricain dit suivre l’affaire de très près. « Nous organisons une prise en charge pour les victimes. Nous venons de nous enquérir de la situation et il est de notre devoir d’aider ceux qui sont touchés par cette histoire », assure Virginie Mbaikoua, ministre des Affaires sociales.

 

En attendant, et depuis le début de l’affaire, la prise en charge des enfants abusés est assurée par l’Unicef. « Notre rôle est de protéger les victimes », signale avec réticence la communication de l’organisme, qui n’aborde presque jamais la question. C’est aussi le rôle de l’association des femmes juristes de Centrafrique (AFJC), « l’organisation nationale qui travaille avec l’Unicef pour la prise en charge des enfants en attendant la suite des procédures », détaille le procureur de la Centrafrique.

 

« Nous nous réjouissons que la France ait pris le problème à bras le corps », ajoute-t-il. Celle-ci communique peu sur la suite qui sera donnée à cette affaire, toujours très sensible à Bangui. Seule certitude, l’opération Sangaris prendra fin en octobre 2016.

 

Pacôme Pabandji

Lu pour vous : Viols en Centrafrique : le difficile retour à la vie normale pour les victimes
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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 17:51

 

 

 

Centrafricains, Centrafricaines,

 

Chers Compatriotes,

 

Le Gouvernement a appris avec une grande stupéfaction que les anciens fonctionnaires ayant rendu d’éminents services à l’Etat et qui jouissent aujourd’hui d’une retraite bien méritée, viennent d’exprimer leur insatisfaction, voire leur mécontentement relatif au rythme de paiement de leurs pensions trimestrielles.

 

Le Gouvernement que dirige Son Excellence Simplice Mathieu SARANDJI premier Ministre, sous la Très Haute impulsion et leadership de Son Excellence Pr Faustin Archange TOUADERA Président de la République Chef de l’Etat, tient à préciser ce qui suit :

 

Dans le cadre de la mise en œuvre du contrat social qui lie le Président de la République au peuple centrafricain, le Gouvernement, sous les Très Hautes instructions de Son Excellence Monsieur le  Président de la République, s’est engagé à payer  tous les titres de pensions à termes échus.

 

Ainsi, les pensions ont été régulièrement payées selon une programmation arrêtée d’un commun accord avec les ayants-droit représentés par leurs Associations.

 

  • 3ème trimestre 2015  payé au mois de Mai 2016 ;
  • 4 ème trimestre 2015  payé au mois de Juin 2016 ;
  • 1er trimestre 2016  payé au mois de Juillet 2016.

 

Soit : trois (3) trimestres payés en trois (3) mois.

 

Vous conviendrez que cette somme représente un effort considérable au regard des ressources très limitées de l’Etat.

 

Le prochain paiement est prévu le 26 Septembre 2016. D’ailleurs, une provision d’un (1) milliard est déjà constituée à cet effet auprès de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC).

 

Dans le prolongement de cette sollicitude constante envers nos ainés, le Gouvernement a demandé à la mission du Fonds Monétaire International (FMI) en séjour d’évaluation budgétaire dans notre pays, de bien vouloir recevoir l’Association des retraités centrafricains.

 

Une première dans l’histoire de notre pays.

 

A l’issue de ces échanges qualifiés de fructueux par les participants eux-mêmes, Expert du FMI d’une part et Représentants des Associations des retraités d’autre part, nos ainés sont rentrés très rassurés :

 

  • rassurés d’abord d’avoir été bien accueillis, écoutés et compris
  •  
  • rassurés ensuite parce que leurs doléances ont été prises en comptes ;
  •  
  • rassurés enfin, parce que les processus des dispositifs complémentaires sont en train d’être mis en place afin d’améliorer sensiblement la qualité des services offerts à nos ainés retraités.

 

Toutes ces démarches conduites par le Gouvernement visent à terme à apurer le stock de dettes constitué du portefeuille des arriérés des pensions des retraités.

 

Sous ce rapport, nous pouvons affirmer que nous démarrerons le 1er janvier 2017 avec le compteur à zéro arriéré de pension.

 

Le Gouvernement, fidèle à sa politique du dialogue social et de concertation permanente avec toutes les couches de la Nation, lance un appel pressant à tous les ainés retraités d’observer le calme, leur renouvelle ses assurances que toutes les diligences seront mises en œuvre pour donner satisfaction à leurs justes et légitimes revendications.

 

Fait à Bangui, le 12 Septembre 2016.

 

Le Ministre Porte-parole du Gouvernement

 

Théodore JOUSSO

COMMUNIQUE GOUVERNEMENTAL RELATIF AU MECONTENTEMENT DES RETRAITES
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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 17:31
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Le parlement réuni en session extra ordinaire pour corriger le budget de l’année en cours

 

http://rjdh.org/ PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 13 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 13 Septembre 2016(RJDH)—Les parlementaires centrafricains sont réunis depuis ce matin en session extraordinaire. L’objectif de cette session est d’apporter des amendements au budget de l’année en cours.

 

Les élus de la nation, selon le président de l’Assemblée Nationale Karim Meckassoua sont appelés à revoir à la baise les dépenses de l’Etat afin de les mettre à la hauteur des recettes de l’Etat « ce collectif budgétaire va permettre de corriger le budget de la Nation de 2016, de manière à le faire correspondre à la réalité du moment, et aux attentes » précise t-il. Le président de l’Assemblée Nationale a indiqué que « les ressources soumises dans le collectif budgétaire sont estimées à 162.9.000.000fcfa et les dépenses à 213.800.000.000, ce qui représente 51.000.000.000 de déficit soit 4,95% du PIB ».

 

Karim Meckassoua appelle au soutien du gouvernement dans cet exercice, « pour le correctif budgétaire de l’année en cours, je demande au ministre des finances et ses collaborateurs de se rendre disponible afin de faciliter l’examen de ce document pour le bien être de notre pays », souhaite le président de l’Assemblée Nationale.

 

Cette session extraordinaire se tient deux semaines avant la session ordinaire qui doit statuer sur la loi des finances de 2017.

 

 

Centrafrique : Des réfugiés centrafricains au Mali demandent leur retour au pays

 

http://rjdh.org/ PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 13 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 13 septembre 2016 (RJDH)— Une centaine de réfugiés centrafricains au Mali demande leur rapatriement. Ces Centrafricains disent vivre dans des conditions difficiles.

 

Ces Centrafricains réfugiés au Mali organisent depuis le 08 septembre des manifestations devant la base de l’UNHCR au Mali. De sources bien informées, ces réfugiés centrafricains dénoncent leurs conditions de vie et exigent leur retour au pays « nous voulons notre retour car nous vivons très difficilement ici. Il n’y a pas d’aide humanitaire », a lâché au RJDH un de ces réfugiés.

 

La demande des réfugiés centrafricains au Mali intervient une semaine après le lancement par le gouvernement, d’une enquête sur l’enregistrement des réfugiés et déplacés.

 

L’ONG Diaspora Centrafricaine É Kiri Na Ködrö (retournons au pays), s’est proposé de soutenir le retour de ces réfugiés « nous avons pu obtenir cinq véhicules Pick-Up qui serviront au rapatriement volontaire de ces réfugiés par voie terrestre. Le transport sera gratuit pour tous, mais il n’y aura pas de prise en charge alimentaire. Chacun devra se prendre en charge durant les cinq (05) jours de voyage jusqu’ à Bangui » a expliqué Ludovic Ledo, promoteur de cette ONG.

 

É Kiri Na Ködrö confie avoir enregistré 63 réfugiés qui dorment devant le HCR dont 37 demandeurs d’asiles « tous demandent à rentrer » précise Ludovic Ledo qui déplore le manque d’engagement de l’Etat  centrafricain sur ce dossier « nous avons ainsi tenté de joindre les autorités de Bangui à cet effet par une approche administrative. Mais les procédures protocolaires nous retardent. Ici, le HCR se dit dépassé par l’évènement » fait-il savoir.

 

Le HCR au Mali n’a pas été joignable pour donner des précisions sur ce dossier.

 

La situation des réfugiés centrafricains du Mali est similaire à celle du Benin et du Burkina-Faso dont certains comptent rejoindre ceux du Mali pour descendre à Bangui.

 

Selon les données du HCR, 6.597 centrafricains réfugiés dans les pays voisins sont rentrés en 2016. La grande majorité d’entre eux  soit 6.588 étaient des retournés volontaires. Environ 468.000 Centrafricains sont encore réfugiés dans les pays de la sous-région et ailleurs.

 

 

Centrafrique : Légère hausse du nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire

 

http://rjdh.org/ PAR ANGELA PASCALE SAULET YADIBERET LE 13 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 13 Septembre 2016(RJDH)—L’insécurité alimentaire s’est légèrement détériorée en Centrafrique, selon l’Analyse de Classification Intégrée de la Phase Humanitaire et de la Sécurité Alimentaire (IPC) de la FAO rendue publique le 09 septembre dernier à Bangui.

 

Selon l’étude de la Fao, entre décembre 2015 et aout  2016, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire a augmenté d’environ 10,62 soit 212440 nouvelles personnes. L’Analyse de Classification Intégrée de la Phase Humanitaire et de la Sécurité Alimentaire (IPC) a montré qu’environs deux millions de personnes sont touchées par l’insécurité alimentaire contre un million sept cent quatre-vingt-sept cinq cent soixante personnes (1.787.560) en décembre  2015.

 

L’augmentation de nombre de personnes touchées par l’insécurité alimentaire est établie alors que le gouvernement centrafricain et la BEAC ont annoncé la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) entre 5 et 6%.

 

C’est en zone rurale que l’insécurité alimentaire est beaucoup plus significative. Selon les données de la Fao, un million huit cent soixante-dix-neuf milles huit cent vingt-sept (1.879.827) de personnes touchées se trouvent en milieu rural soit 37% de la population totale contre seulement 15% (129.028), à Bangui soit 3% de la population générale.

 

La situation alimentaire, d’après l’analyse est beaucoup plus préoccupante dans les préfectures de l’Ouham, l’Ouham-Pendé, la Nana-Gribizi et la Ouaka, préfectures dans lesquelles les mouvements des groupes armés se sont intensifiés ces derniers temps. La détérioration alimentaire est aussi significative dans le Mbomou, le Haut-Mbomou et la Haute-Kotto où la LRA a multiplié ses incursions ces derniers mois.

 

La situation alimentaire s’est par contre améliorée dans la Mamberé-Kadei, la Sangha –Mbaéré, la Lobaye et l’Ombella-Mpoko. Dans ces régions, la sécurité s’est d’avantage consolidée depuis plusieurs mois, permettant aux populations de s’adonner aux activités agropastorales.

 

Le gouvernement centrafricain bien que présent lors de la présentation de la conclusion de cette étude n’a pas encore réagi.

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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 14:35

 

RÉCIT

 

Par Christophe Châtelot (Libreville, Gabon, envoyé spécial) LE MONDE Le 09.09.2016 à 18h27 • Mis à jour le 09.09.2016 à 19h31

 

Jeudi 8 septembre, quelques minutes seulement avant la fin du délai légal, Jean Ping a finalement déposé un recours devant la Cour constitutionnelle afin de contester le résultat de la présidentielle du 27 août qu’il dit lui avoir été volée.

 

Son dossier paraît solide. Pourtant, l’ancien cacique du régime gabonais passé dans l’opposition et ex-président de la Commission de l’Union africaine a longuement hésité. Il préjuge de la partialité de cette instance présidée par l’une des belles-mères de président Ali Bongo Ondimba, déclaré vainqueur, dans le tumulte d’émeutes meurtrières, par la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap).

 

Réajustement brutal

 

Dans cette région d’Afrique centrale où les présidents sortants sont passés maîtres dans l’art de frauder les élections, n’importe quel opposant rêverait sans doute d’avoir entre les mains le dossier déposé par le Gabonais Jean Ping. En effet, n’était la défiance envers la Cour constitutionnelle – surnommée par l’opposition « la tour de Pise » parce qu’elle penche toujours du côté du pouvoir –, les chiffres présentés par la Cénap pour assurer in extremis, et fort maladroitement, la victoire au président sortant résistent mal au moindre test de crédibilité.

 

Le nœud du problème porte sur la région du Haut-Ogooué, dont le résultat « officiel » a permis à Ali Bongo Ondimba de rattraper le retard constaté après compilation des votes dans les huit autres provinces du pays. Le problème ne date pas d’hier. « Par le passé, au temps du père [Omar Bongo Ondimba qui dirigea le pays de 1967 jusqu’à sa mort en 2009], mais aussi lors de la première élection, controversée déjà, d’Ali Bongo en 2009, ce fief familial a toujours servi de variable d’ajustement pour leur assurer la victoire. Mais là, ils [le pouvoir] ont été dépassés. Ils ne s’attendaient pas au score de Jean Ping, dopé par l’union de l’opposition et l’effritement de la majorité. Ils n’ont pas mesuré le niveau de rejet du pouvoir au sein de la population », analyse Pascal Oyougou, originaire du Haut-Ogooué, membre d’Héritage et modernité, un groupe formé par des dissidents du parti au pouvoir.

 

Cette année, le réajustement a donc été brutal. Un chiffre concentre tous les soupçons : 99,83 %. Soit le taux de participation astronomique publié par la Cénap. En d’autres termes, cela signifie que seulement 50 électeurs sur les 71 786 inscrits sur la liste électorale du Haut-Ogooué publiée en avril ne sont pas allés voter« Fantaisiste », lâche un diplomate européen. Grâce aux 95,46 % des voix qui lui sont attribuées dans cette province, le candidat Ali rafle les suffrages qui lui manquaient pour finalement dépasser Jean Ping de quelque 6 000 voix au niveau national. Miracle.

 

Participation « nettement supérieure »

 

Comment en est-on arrivé à une manipulation si grossière ? Au lendemain du scrutin, la Mission d’observation électorale de l’Union européenne avait jugé « satisfaisantes » les conditions du vote et la conduite du dépouillement dans les quelque 5 000 bureaux du pays où l’opposition disposait de représentants. De même en avait-elle au sein des commissions de centralisation des résultats aux niveaux départemental, régional et national.

 

La chef de cette mission, l’eurodéputée bulgare Mariya Gabriel, notait certes que la gestion du processus avait « manqué de transparence », soulignant que « les organes de gestion des élections omettant de mettre à la disposition des parties prenantes des informations essentielles telles que la liste électorale et la liste des centres de vote ». Elle pointait aussi « un déséquilibre des moyens en faveur du président sortant ». Les chiffres du Haut-Ogooué n’étaient pas encore tombés.

 

Les ennuis du pouvoir ont commencé lorsque les gouverneurs de chaque province, chargés de transmettre les procès-verbaux de dépouillement à la commission centrale, ont commencé à publier les résultats, dès le dimanche soir, soit vingt-quatre heures après le vote. Progressivement, il est alors apparu que le candidat Ali Bongo Ondimba enregistrait 60 000 voix de retard sur Jean Ping dans huit des neuf provinces du pays. Un écart quasiment impossible à rattraper alors que seul le Haut-Ogooué n’avait pas encore annoncé ses résultats.

 

Il fallut alors attendre quarante-huit heures supplémentaires pour que le Haut-Ogooué transmette ses résultats hautement controversés. La mission d’observation de l’UE, appelant au recompte des voix bureau par bureau, a alors parlé d’« une anomalie évidente » dans la province, où « les résultats n’ont pas été annoncés publiquement », contrairement au reste du pays. Elle souligne aussi que le taux de participation, de 99,93 % rappelons-le, y est « nettement supérieure » à la moyenne, « estimée à 48 % », dans les huit autres provinces.

 

« 50 millions de francs CFA contre notre silence »

 

Il semblerait que le pouvoir s’y soit repris à deux fois pour arriver à ce chiffre. Un proche de Jean Ping nous a affirmé « disposer d’un enregistrement audio du gouverneur de la province du Haut-Ogooué sur lequel il annonce une participation de 95 % », un score insuffisant qu’il aurait ultérieurement modifié.

 

Un autre témoignage jette le doute sur la sincérité des résultats de la province. Selon René Ndémézoo Obiang, directeur de campagne de Jean Ping, trois représentants de l’opposition au sein de la commission électorale provinciale du Haut-Ogooué auraient été « achetés » pour fermer les yeux sur le décalage existant entre les PV arrivant des départements et ceux finalement annoncés au niveau de la province. L’un d’eux, Fabrice Simba, commissaire provincial pour le compte de l’opposition à la Cénap du Haut-Ogooué, joint au téléphone, affirme avoir « reçu 50 millions de francs CFA[environ 75 000 euros] en échange de notre silence ». « Nous avons partagé cette somme à trois : Marius Mbourou [vice-président de la CEP désigné par l’opposition], Josaphat Azzibrouk et moi ».

 

Dans une déclaration faite le 30 août devant un huissier de justice, dont nous avons obtenu la copie, Fabrice Simba dit avoir été informé par M. Mbourou que celui-ci « a été approché par monsieur le président de la commission provinciale électorale du Haut-Ogooué, monsieur Nguia François qui lui a dit qu’après les résultats du vote quelqu’un nous remettra une somme de 50 millions de francs CFA ». « Je n’ai pas vu la personne qui nous a remis l’argent », ajoute-t-il. Le procès-verbal de l’huissier évoque« une personne inconnue qui serait de la majorité ». Marius Mbourou se serait évanoui dans la nature et il est difficile de confirmer les accusations portées.

 

Ce qui semble clair, en revanche, c’est que les PV récupérés par l’opposition contredisent les chiffres de la Cénap, que ce soit au niveau de la participation ou du score des deux candidats.

 

Convoyage rocambolesque

 

Le récit du convoyage de ces PV originaux depuis Franceville (chef-lieu du Haut-Ogooué) jusqu’à la capitale (plus de 700 km) est en soi rocambolesque. « Il a fallu faire croire qu’on les acheminait par la route », assure Pascal Oyougou, qui coordonnait la campagne de Jean Ping dans la province. « Lors d’un arrêt, nous avons discrètement échangé des mallettes. Celle qui contenait les PV est finalement partie par avion et se trouve désormais en lieu sûr », affirme-t-il. 


Pascal Oyougou affirme donc détenir les PV de dépouillement de 126 bureaux de vote sur les 297 que compte la province. D’après ces documents, portant sur 24 000 bulletins exprimés, Ali Bongo Ondimba obtiendrait 83 % des voix, 16 % pour son concurrent direct.

 

Surtout, la lecture de ces PV ferait apparaître plus de 10 000 abstentions, loin des 50 officiellement annoncées. Dans un communiqué publié mardi, la Mission européenne rappelait également que « l’abstention observée dans l’une des quinze commissions électorales locales est à elle seule supérieure à l’abstention déclarée par la Cénap pour l’ensemble de la province. L’intégrité des résultats provisoires dans cette province est par conséquence remise en cause ».

 

Dans sa requête à la Cour constitutionnelle, l’opposition réitère sa principale revendication : le recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote pour le Haut-Ogooué, en présence de représentants de la majorité et de l’opposition « à parité égale », mais aussi d’« experts internationaux ».

 

Le pouvoir réfute toute malversation. Par la voix de son porte-parole, Alain-Claude Bilie By Nzé, il a annoncé que les avocats d’Ali Bongo Ondimba déposeront, à l’issue de l’examen du dossier de l’opposition par la Cour constitutionnelle, « des demandes reconventionnelles qui apporteront ses propres réponses aux contestations de l’opposition ». Parallèlement, ils déposeront des recours pour des « fraudes » commises, selon eux, par les amis de Jean Ping, dans les provinces de l’Ogooué-Maritime, de l’Estuaire et du Woleu-Ntem.

 

Christophe Châtelot Libreville, Gabon, envoyé spécial

Lu pour vous : Gabon : comment truquer une élection présidentielle pour 75 000 euros ?
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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 00:30

 

 

http://adiac-congo.com/ Lundi 12 Septembre 2016 - 15:15

 

Dans l’idée de renforcer la sécurité en République centrafricaine et aider l’équipe des trois cents soldats onusiens envoyés dans le pays à accomplir loyalement leur mission, la France a résolu de doter la Minusca en drones tactiques de reconnaissance.

 

L’annonce a été faite, le week-end dernier, par le ministre de la Défense, Jean Yves Le Drian, notamment au cours d’une réunion portant sur les missions de maintien de la paix de l’ONU, qui s’est tenue à Londres. 

 

 « En Centrafrique, la France mettra fin à l'opération Sangaris fin octobre, mais ne quittera pas ce pays. D’autant plus, après l’opération Sangaris, elle souhaite conserver une position centrale au sein de la Minusca en occupant des postes clés au sein de l'état-major de la force onusienne. Malgré le fait que , la présence française en RCA qui avait atteint environ 2 500 hommes, a été réduite à environ 300 soldats », a souligné les conclusions des participants à cette réunion stratégique. Avant de préciser que l'envoi de drones de reconnaissance devrait aussi renforcer la position et la capacité des forces onusiennes dans le pays. 

 

Selon les conclusions de la réunion, les Systèmes de drone tactique intérimaire (SDTI), seront déployés en fin d'année 2016. Ils disposent d'une portée de 200 km et n'ont jamais été utilisés en opération extérieure par l'armée française depuis quatre ans. Leur objectif principal est de surveiller les axes routiers. En outre, en dehors de leur mission principale, ils peuvent également être utilisés au-dessus des villes en cas de flambée de violences.

 

« L'état-major assure ne pas encore avoir établi le calendrier de déploiement. C’est pourquoi, on ne peut pas encore préciser le nombre ni les sites où ces drones seront envoyés », précise encore, les conclusions de la réunion de Londres. Tout en indiquant que le positionnement de ces drones dans une région permettra aux forces onusiennes d'avoir un temps d'avance en cas d'attaque vers la capitale Bangui. Ces drones sont facilement repérables, silencieux et équipés d'une caméra.

 

« Environ une centaine d'hommes seront déployés sous les couleurs des Nations unies pour les mettre en œuvre et pour analyser les images recueillies. Et, la France restera présente en RCA, notamment dans le secteur clé du renseignement. Et surtout qu’il y aura des équipes de militaires qui vont être affectés à l'état-major des forces de la Minusca SDTI, qui constitue le cerveau de la force onusienne en RCA », souligne encore les conclusions de cette réunion.

 

Notons que selon ces conclusions, actuellement, la France aligne une centaine d'hommes dans la mission de formation EUTM RCA et dans la force onusienne. Et, cette double présence française en RCA sera renforcée à la fin de l'opération Sangaris.
 

Rock Ngassakys

République centrafricaine : la France envisage de doter la Minusca en drones tactiques de reconnaissance
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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 00:11
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Centrafrique : Circulation routière difficile entre Bozoum et Bossemptélé

 

http://rjdh.org/ PAR ALBAN JUNIOR NAMKOMONA LE 12 SEPTEMBRE 2016

 

BOZOUM,  12 Septembre 2016(RJDH) — La défectuosité très avancée de l’axe Bozoum- Bossemptélé freine les échanges. Une situation déplorée par les conducteurs et la population de Bozoum.

 

Les 87 km séparant Bozoum de Bossemptélé sont un calvaire pour les transporteurs et les usagers de cette voie de communication. Cette détérioration est un manque à gagner pour l’économie centrafricaine car il ne facilite par les échanges.

 

A cause de la dégradation de cette route et surtout en saison pluvieuse, les véhicules s’enlisent dans les nids de poule sur la voie. Ils y passent des jours dans cet embourbement. Un conducteur a rapporté à RJDH la difficulté des usagers de cette route. Il rapporte que cinq véhicules sont restés bloquer une semaine dans la boue, « nous avons tout fait pour sortir les véhicules de la boue mais en vain, nous allons seulement patienter jusqu’à ce qu’elle se sèche. C’est vraiment pénible pour nous les conducteurs », a déploré un conducteur sous couvert de l’anonymat.

 

Même son de cloche d’une commerçante habituée de la voie qui a souligné les conséquences de cette dégradation de la route sur leur quotidien. « Nous sommes exposé aux accidents, des cas de pillage à répétition. Car, si un véhicule est enlisé, on pourra passés des jours et des gens mal intentionnés nous pillent », lamente-t-elle.

 

Devant cette dégradation critique, les usagers de cette et la population environnante ne sont pas restés muets. Ils ont rappelé ses dommages sur la ville et interpeler le gouvernement. « Nous avons de sérieux problèmes à évacuer nos produits agricoles, ce qui constitue un frein au développement de notre localité, que le gouvernement fasse un effort pour trouver une solution à ce problème », alertent-t-ils.

 

La ville de Bozoum est le Chef-lieu de la Préfecture de l’Ouham-Pendé et l’agriculture est la principale activité de la population. L’état défectueux de la route freine ses échanges avec les autres régions de la République Centrafricaine.

 

 

Centrafrique : le poste des douanes de pk 26 bientôt opérationnel

 

http://rjdh.org/ PAR SANDRINE MBAGNA LE 12 SEPTEMBRE 2016

 

Bangui, 10 septembre (RJDH) — les travaux de réhabilitation du poste douanier de PK 26 sont en finition. Sa réouverture favorisera un meilleur traitement des marchandises et le stationnement des camions.

 

A 26 Km de Bangui, sur l’axe Boali, à 1 km du pont Mpoko, sur un terrain latéritique, est installé le poste douanier avec des briques cuites.  Pour un meilleur rendement dans le traitement des marchandises, le Département des Finances et la Direction Générale des Douanes ont décidé sa réouverture, conséquence directe de la sécurité qui revient en Centrafrique notamment sur le corridor Bangui-Garoua-Mboulaye après les trois années de crise.

 

Le bâtiment qui accueillera les douaniers est en phase de finition. Un travail de fourmis se fait sur le chantier. Cela se témoigne par la présence des maçons qui s’activent sur les murs et celui des peintres qui embellissent la façade des bureaux, alors que d’autres ouvriers posent les dernières persiennes.

 

Impeccablement habillé d’un pantalon et d’un ensemble pagne aux initiales de la douane,  Sidoine Yeremi est Chef de Service du Personnel, du Matériel et de la Formation à la Direction Générale de cette structure. Ce haut cadre que nous avons rencontré à PK 26 a rappelé que «ce poste des douanes de PK26 n’est pas nouveau. Il existait bien avant, mais il a été pillé et saccagé pendant les événements militaro-politiques que le pays a connus en 2013. Donc, c’est juste sa réouverture » a-t-il expliqué.

 

Sidoine Yeremi a aussi ajouté qu’« au niveau du Bureau d’Affrètement Routier en Centrafrique (BARC)  à Bangui, cela crée un engorgement, car son parking ne peut recevoir assez de transporteurs routiers en provenance du Cameroun. Cela créé aussi un malaise dans le traitement des marchandises. C’est pour cela que le Ministère des Finances et la Direction Générale des Douanes ont décidé de rouvrir le poste de PK 26 ».

 

Il a aussi souligné que « les dispositions sécuritaires seront prisent. Les FACA et les casques bleus de la Minusca seront déployés au poste afin d’assurer d’abord la sécurité des bâtiments et multiplieront les patrouilles sur le mini corridor PK 26-Bangui. Aussi, les forces centrafricaines et internationales veilleront à la sécurité  des recettes, la déperdition des marchandises lutteront contre la fraude. Donc, je vous rassure que ce poste sera bien sécurisé » a-t-il dit.

 

La réouverture du poste douanier de PK 26 est aussi une opportunité pour la population périphérique.

 

Une aubaine pour les commerçants

 

La réouverture de ce poste commence déjà à drainer du monde sur les lieux. Déjà, les habitants de la localité et d’autres commerçants venus de Bangui s’activent à construire des cabanes et des boutiques. Chacun se bouscule à créer des activités génératrices de revenus. Tel est le cas de Yolande Redanga qui a construit son bar-restaurant et nous a donné sa motivation. « Je suis très contente, quand j’étais informé de la réouverture de ce poste, alors je me suis dit qu’il faut faire quelque chose. C’est pour cela que je suis venue construire une petite buvette avec un restaurant, cela permettra aux voyageur  de se rafraîchir et je tirerai les bénéfices», dit-elle.

 

Avec ses briques cuites aux odeurs de la terre, le poste de PK 26 sera rouverte au cours des prochains jours, un souhait pour les transporteurs et petits commerces.

 

 

Centrafrique: 16 ONG nationales pour le projet « santé sexualité et sécurité »

 

http://rjdh.org/ PAR JUDICAEL YONGO LE 12 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 12 septembre 2016(RJDH) –L’ONG internationale Cordaid entend mettre en œuvre un projet pour la prévention des grossesses précoces, les avortements, le rapport sexuel chez les jeunes filles, et le VIH/sida au profit de la jeunesse centrafricaine.

 

16 associations et organisations nationales ont été identifiées pour le processus de signature d’une convention afin de réaliser cette activité.

 

C’est un projet dénommé « Santé Sexualité et Sécurité » est piloté par l’ONG Cordaid en Centrafrique et mis en œuvre en partenariat avec l’Association Centrafricaine pour le Bien-Etre Familial qui milite pour une sexualité responsable.

 

Dr Aboubacar Bakou Coordonnateur, en charge du volet « Santé Sexualité et Sécurité » à l’ONG Cordaid a indiqué que « nous avons identifié 16 organisations et associations nationales qui vont bénéficier d’un financement et des renforcements de capacités afin d’appuyer l’ACABEF dans le but de prévenir tout ce qui touche à la problématique de la jeunesse » a indiqué le Coordonnateur Aboubacar Bakou. Et, Crépin Azouka, Coordonnateur de l’Organisation des Jeunes Leaders pour le Développement (OJLD), l’une des organisations bénéficiaire de ce projet compte profiter de ce programme afin d’atteindre des résultats satisfaisants. « Nous voulons toucher un maximum de jeunes centrafricains et leur donner des informations et des outils nécessaires à la planification familiale » souhait-t-il.

 

Ce projet durera cinq ans a rappelé le Coordonnateur de l’ONG Cordaid, Aboubacar Bakou et sera élargi à d’autres villes centrafricaine.

 

 

Centrafrique: Le Député de Paoua 1 appelle les groupes armés au DDRR

 

http://rjdh.org/ PAR SANDRINE MBAGNA LE 12 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 10 septembre 2016(RJDH) — Le retour à la paix, gage d’un développement socio-économique préoccupe la population et les autorités. Dans cet élan de pacification, le Député de Paoua I a sensibilisé les groupes armés à s’adhérer au DDRR. Sont-ils prêts à déposer les armes ? Sous quelles conditions ? Les réponses dans les lignes de cette interview.

 

RJDH: Honorable Lucien Mbaïgoto bonjour!

 

LM: Bonjour monsieur le journaliste!

 

RJDH: Paoua à l’instar des autres villes de la République Centrafricaine a vécu les affres de la crise militaro-politique. Les activités champêtres tournent au ralenti pour cause d’insécurité, sans oublier la mésentente entre les communautés. Alors Honorable Lucien Mbaïgoto, quel est déjà votre projet pour le retour de la paix à Paoua ?

 

LM: Mr le journaliste, avant de vous répondre, je voudrai rappeler que Paoua était l’un des greniers de la RCA et nous nous attelons à ce que cette région retrouve ses lettres de noblesse au bénéfice de sa population. Ainsi, pour que la paix,  denrée rare revienne dans cette cité, je ne cesse de multiplier la sensibilisation sur la cohésion sociale entre les différentes communautés. Au mois d’août dernier à l’occasion d’une cérémonie avec mes électeurs, j’ai lancé un appel pressant aux groupes armés non conventionnels de s’entendre et d’adhérer au processus du DDRR pour le retour de la paix dans la sous-préfecture de Paoua.

 

RJDH: Après cet appel et vos échanges avec les différents groupes armés qui écument votre région, croyez-vous qu’ils sont prêts à déposer les armes et adhérer au DDR ?

 

LM: Après mon élection je me suis investi à rencontrer les groupes armés et discuter avec eux sur la paix, notamment : le MPC, la Révolution Justice, le Patriote, tous basés dans les périphériques de Paoua. Mes échanges avec eux sont fructueux, ils se disent disposés à adhérer au DDRR et n’attendent que son lancement. Mais avant leur pris en charge par le DDRR, ils ne peuvent enlever les barrières, car cela constitue leur seul moyen de survie, c’est ce qu’ils m’ont dit.

Par ailleurs, ils étaient sous-informés sur le rapatriement.  Je leur ai répondu que ce point concerne que les combattants étrangers (les mercenaires). Ceux qui sont des centrafricains seront démobilisés et retourneront à la vie civile lorsque le processus sera lancé dans la région de Paoua.

 

RJDH: Vous avez demandé au parquet de Paoua la traduction en justice des responsables de crimes commis lors de votre cérémonie au mois d’août 2016. Où en sommes-nous avec ce dossier?

 

LM: Monsieur le journaliste, je ne pourrai cautionner l’impunité, la mort d’homme ne restera pas impunie. Il appartient maintenant à la justice à travers le parquet de Paoua de déterminer l’identité des responsables et de les traduire devant la justice.  Et le dossier suit son cours normal auprès des autorités judiciaires de la ville.

 

RJDH: Honorable Lucien Mbaïgoto, Député de la circonscription de Paoua I,  je vous remercie!

 

LM: Je vous en prie Monsieur le Journaliste!

 

Propos recueillis par Judicaël Yongo.

 

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 21:26

 

Nicolas TIANGAYE

 Avocat à la Cour

 Ancien Bâtonnier de l’Ordre

 Ancien Premier Ministre

 74, Avenue B. BOGANDA

 B.P. 2094 BANGUI

 (République Centrafricaine)

                                                                    

                                                                                        Bangui, le 09 septembre 2016

Objet : Protestation

                                                                              

                                                         A

                                                        Monsieur Roland MARCHAL

                                                        (CNRS/Sciences PO Paris) - France

 

                                                        Monsieur

 

         Dans un rapport intitulé « Brève histoire d’une transition singulière. La République Centrafricaine de janvier 2014 à mars 2016 », que vous aviez présenté le 08 septembre 2016  à l’hôtel Ledger vous écrivez à la page 34 :

 

« Même la réputation de Nicolas TIANGAYE sortait entamée de cette période. Les gens- y compris certains de ses alliés politiques- évoquaient des achats immobiliers à Douala et à Orléans. D’autres rappelaient que si sa demeure à Bangui avait été pillée par la Séléka au début décembre 2013 (mais également par la population ensuite), il avait bénéficié d’un dédommagement très généreux du gouvernement qu’il conduisait encore ».

 

Vos affirmations infondées et diffamatoires relèvent de la mauvaise foi. Déjà en décembre 2013, vous aviez, en portant des attaques personnelles contre moi sur les ondes de Radio France Internationale, déclaré que les Préfets centrafricains qui avaient été nommés se promenaient à Paris alors que ces derniers n’avaient pas les moyens d’aller en villégiature aux bords de la Seine. Le mensonge était grossier.

 

Au sujet des achats immobiliers de Douala et d’Orléans, il est de notoriété publique que les biens auxquels vous faites allusion dans ces 2 villes ont été acquis depuis plus de 15 ans. Je totalise 33 ans d’exercice de la profession d’avocat dont je suis actuellement le Doyen au sein du Barreau Centrafricain. Je n’ai pas attendu d’être Premier Ministre pour avoir un logement.

 

S’agissant du « dédommagement très généreux » dont j’aurais bénéficié du Gouvernement que je dirigeais, j’autorise le « chercheur » que vous êtes à rendre publics les documents attestant de la véracité de vos allégations. Il y va de votre crédibilité.

 

Si le citoyen centrafricain que je suis vous est redevable de vos efforts pour rendre plus compréhensible la crise centrafricaine dans la perspective de sa résolution,  je reste sceptique sur votre probité intellectuelle.

 

Je regrette en outre que drapé dans vos certitudes de « spécialiste de l’Afrique Centrale », vous quittiez le champ de l’investigation scientifique pour régler des comptes personnels. La raison est simple : vous êtes instrumentalisé par des adversaires politiques bien connus pour nuire. Dès lors, vous n’êtes plus dans la recherche.

 

Je connais de vrais spécialistes des sciences sociales que je respecte pour leur rigueur scientifique, leur objectivité  et la distanciation épistémologique qu’ils s’imposent  dans l’analyse des faits sociaux et politiques complexes.

 

Votre démarche est intellectuellement malhonnête et moralement abjecte.

 

Par ce que vous avez délibérément opté pour un subjectivisme débridé et puéril, et à défaut d’imprimer une quelconque autorité scientifique à vos élucubrations tropicales dont vous êtes dorénavant le spécialiste autoproclamé, vous avez désormais la triste réputation d’être un propagateur patenté de mensonges, un vulgaire colporteur  de ragots  et  un fouineur nocturne de poubelles en service commandé.

 

Recevez Monsieur, mes meilleures salutations.

 

Ampliations :

  • Invités à la présentation                                              Me Nicolas TIANGAYE

du  rapport

Lettre de protestation de Me Nicolas TIANGAYE à Roland MARCHAL
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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 21:13

 

 

POINT DE VUE

 

Par Alfred Babo  LE MONDE Le 09.09.2016 à 15h37

 

Faut-il continuer d’organiser des élections présidentielles en Afrique ? Cette question peut être jugée provocatrice par les idéologues de la démocratie enAfrique. Cependant, elle fait suite à une observation des élections sur le continent africain ces vingt-cinq dernières années, particulièrement la dernière élection présidentielle au Gabon. Lorsque Jacques Chirac jugeait, au début des années 1990, que « la démocratie est un luxe pour l’Afrique », beaucoup d’Africains, y compris les intellectuels et politiques s’en étaient offusqués. Vingt-cinq ans après, la réalité du terrain ne lui donne-t-elle pas raison ?

 

La démocratie électorale en Afrique a échoué parce que les élections, notamment présidentielles, donnent d’observer trois constantes qui militent, à mon sens, pour leur abandon.

 

La démocratie, un luxe ?

 

Premièrement, l’élection présidentielle est improductive car non seulement elle est très onéreuse pour les pays africains, mais elle produit très peu de résultats positifs dans la vie des populations. La présidentielle ivoirienne de 2010 a été reconnue par l’ensemble des observateurs comme l’une des plus coûteuses au monde. Le coût de l’organisation du scrutin a été estimé à 300 millions d’euros, ce qui en faisait l’élection la plus chère d’Afrique

 

La démocratie en Afrique, dans des pays pauvres et très endettés, est devenue un véritable luxe. Ces pays font très souvent appel à des financements extérieurs auprès de l’Union européenne et d’autres bailleurs pour organiser les présidentielles. Mais tout cela pour quels résultats ? Dans de nombreux pays, l’élection met aux prises des factions, généralement à base ethnique et depuis longtemps embourbées dans des luttes de pouvoir fratricides.

 

De fait, le niveau de violence électorale (avant, pendant et après) est devenu la jauge du bon déroulement et de la crédibilité d’une élection. La dernière présidentielle du 27 août au Gabon s’est terminée par des violences exactement comme en 2009. Les violences électorales les plus graves sont celles qui se sont déroulées au Kenya en 2008, puis en Côte d’Ivoire en 2010 et, plus récemment, au Burundi en 2015. Le scrutin présidentiel à venir en République démocratique du Congo (RDC) a déjà généré des violences avant même que l’on ne se rapproche de son organisation.

 

En outre, même dans les pays considérés comme les plus avancés dans la consolidation de la démocratie comme le Ghana, le Mali, le Sénégal, et le Bénin, la présidentielle a polarisé les tensions et l’on a parfois frôlé la tragédie. Entendons-nous bien, l’absence de brutalité visible ne signifie pas qu’il n’y a pas de violation, même symbolique, des droits de l’homme par la restriction des libertés politiques, notamment l’emprisonnement, les tortures et les menaces des opposants, ainsi que des acteurs de la société civile (syndicats, unions, journalistes, etc.) avant ou après une élection. Ces violences en général débouchent sur la conservation du pouvoir par le président sortant ou le régime en place.

 

Deuxièmement, les élections présidentielles en Afrique ne débouchent que très rarement sur une alternance. En dehors de quelques pays comme le Ghana, le Mali, le Sénégal, le Bénin et le Malawi, l’alternance politique s’est faite soit par le biais des putschs ou soulèvements populaires lors du « printemps arabe », soit elle ne s’est pas réalisée. Le même président, le même clan ou système, trentenaire, voire cinquantenaire, demeure au pouvoir. Il en est ainsi du Togo et du Gabon, puis, dans une certaine mesure, de toute la sous-région de l’Afrique centrale notamment l’Angola, le Congo, le Tchad, la Guinée équatoriale, le Cameroun et, plus loin, leZimbabwe et l’Ouganda.

 

Inculture démocratique des classes politiques africaines

 

La tendance, la grande, reste la foire aux modifications des Constitutions pour que des présidents qui avaient accepté aux forceps le multipartisme, demeurent au pouvoir vingt-cinq ans après l’instauration de la démocratie.

 

Aujourd’hui, ils sont nombreux à se lancer dans l’aventure de la modification constitutionnelle en vue de conserver le pouvoir, à l’instar du Burundi, du Congo et du Rwanda. Ce sont des présidents qui organisent l’élection, et la gagnent inéluctablement. Dans un passé récent, Abdoulaye Wade avait essayé ce passage en force. En Côte d’Ivoire, la tentation reste grande avec le projet de nouvelle Constitution prévue par le régime en place.

 

Au Bénin, ce n’est pas faute d’y avoir pensé. Au Burkina Faso, la tentative de Blaise Compaoré a connu une fin fatidique. En RDC, les manœuvres sont en cours pour trouver les ressorts juridiques d’une éventuelle prolongation du mandat de Joseph Kabila. Ces manœuvres qui très souvent provoquent des violences, débouchent inexorablement sur la contestation des résultats.

 

Ce qui nous amène justement au troisième point : la contestation des résultats est devenue quasi consubstantielle à l’exercice de ces scrutins et dénote l’inculture démocratique des classes politiques africaines. L’opposition dénonce toujours des fraudes et demande l’annulation de l’élection. Depuis le 30 août, date de proclamation des résultats de la présidentielle gabonaise, le candidat de l’opposition, Jean Ping, n’a cessé de crier à la fraude tout en s’autoproclamant lui-même vainqueur du scrutin et président de la République en dehors de tout cadre juridique.

 

En 2015, en Guinée, l’opposant Cellou Dalein Diallo réclamait la reprise de l’élection avant même la fermeture des bureaux de vote. Lors de la présidentielle ivoirienne de 2015, les candidats de l’opposition tels Mamadou Koulibaly et Essy Amara ont suspendu leur participation avant même l’ouverture des bureaux de vote, dénonçant de graves irrégularités et la mainmise du président sortant, Alassane Ouattara, sur le processus. En face, le pouvoir, qui contrôle les organes électoraux pompeusement qualifiés d’« indépendants » bat toujours en brèche les contestations et recours des opposants et proclame vainqueur le président en place.

 

Penser autre chose que l’élection

 

Sur le continent, les élections présidentielles donnent à voir cette même complainte de fraude, de tricherie et de manque de transparence et d’équité. Pourquoi organiser une élection dont le processus est de toute façon remis en cause et ne débouche que rarement sur l’alternance, mais plutôt sur des violences, et des morts ?

 

Mon argument est qu’il ne faut pas organiser d’élection présidentielle dans certains pays africains. Ne pas le faire, c’est épargner des vies humaines, c’est épargner de l’argent, c’est s’émanciper d’acteurs politiques en manque d’inspiration. Le gain humain, économique, moral et politique de la non-organisation de présidentielles l’emporte sur le maintien d’un simulacre qui ne vise qu’à satisfaire la communauté internationale. Le modèle démocratique occidental, contrairement à la pensée distillée, n’est pas universel. Chaque société devrait s’inventer son propre modèle de gouvernance qui assure sa pérennité dans la paix et le progrès.

 

A ce titre, l’élection présidentielle pourrait être maintenue uniquement dans les pays où l’expérience semble fructueuse. Mais, dans les autres, il fautpenser à autre chose, avant que l’Occident ne trouve – encore – une autre « solution » à imposer aux Africains, faute d’avoir trouvé par eux-mêmes. Le régime parlementaire, entre autres, peut peut-être contribuer à réduiretensions et violences à l’échelon régional ou local plutôt que national. Aussi, un candidat à la présidentielle ivoirienne de 2015 avait proposé la brillante idée d’un système tout à fait inédit fondé sur une présidence tournante entre les régions ou blocs ethniques.

 

L’épicentre de l’élection serait alors dans la région chargée de désigner, parmi ses élus, celui qui accédera à la présidence. L’on pourrait exiger de tout candidat visant un siège régional, puis la présidence, d’obtenir un quota de signatures dans les autres régions. Ce qui l’amènerait à organiser une campagne nationale. Le président élu se prévaudrait ainsi d’une double légitimité, régionale et nationale. Ce système parlementaire tournant aurait l’avantage de régler la question ethnique récurrente, de pacifier les élections et garantir l’alternance.

 

Alfred Babo est d’origine ivoirienne. Il est sociologue et professeur d’études internationales à l’université américaine de Fairfield (Connecticut).

 

Alfred Babo

Lu pour vous : Faut-il continuer d’organiser des élections présidentielles en Afrique ?
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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 21:05
Lu pour vous : La Françafrique ressuscitée d’Hollande l’Africain

 

 

CHRONIQUE

 

Par Abdourahman Waberi (chroniqueur Le Monde Afrique) LE MONDE Le 07.09.2016 à 09h19


C’est par la peau de la nuque que l’actualité attrape les esprits paresseux ou dotés d’une mémoire de poisson rouge. Dans ces moments intenses, l’actualité impose ses lois, son rythme et, surtout, ses mots. Le nouveau hold-up électoral perpétré par Ali Bongo occupant l’actualité, c’est le mot « Françafrique » qui est désormais sur toutes les lèvres. Comme le refoulé freudien, il nous est revenu illico en pleine figure.

 

Au début des années 2000, un homme, droit comme un fil de plomb, a réussi l’exploit d’imposer ce terme dans l’espace public francophone. Ses nombreux ouvrages décapants, décrivant par le menu les mécanismes de la machinerie françafricaine, ne passaient pas inaperçus. Cet homme, disparu en 2005, s’appelait François-Xavier Verschave. On a essayé de le faire taire à coups de procès et d’attaques malveillantes. Il a résisté à la cabale, fondé avec d’autres compagnons l’association Survie, s’est défendu devant les tribunaux tout en prenant à témoin le grand public, preuves à l’appui.

 

Manteau de probité

 

Mais qu’est-ce la « Françafrique », se demandent les boétiens ? Pour François-Xavier Verschave, c’est « une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisée sur l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’Aide publique au développement… Le système autodégradant se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie ». Quid de cette entreprise délictueuse qui fait injure à la patrie des droits de l’homme ?

 

Sous la présidence de François Hollande, les belles âmes ont voulu enterrer le mot et la chose. En vain. L’ancien député de la Corrèze eut beau déployer tout un arsenal rhétorique pour se tailler un manteau de probité candide, la tentation de sauter à pieds joints dans le fleuve Zambèze ne tient jamais longtemps pour tout occupant de l’Elysée. Pourquoi François le Second ne finirait pas par mordre dans la pomme qu’hier Nicolas, Jacques, François le Premier, Valéry, Georges et le grand Charles ont avalée avec entrain, pépins compris ?

 

Et ce qui devait arriver arriva. A la faveur de l’actualité, le mot revint presto dans l’espace public. Et avec lui le « destin africain » du président Hollande de refaire surface. « Hollande l’Africain », ça sonne comme un petit air connu, non ? Alors tendons l’oreille. Vous entendez la basse continue ?

 

Appelons à la barre un initié pour nous aider à détricoter les fils de cette histoire. Journaliste de RFI, Christophe Boisbouvier décrypte dans son ouvrage Hollande l’Africain (éd. La Découverte, 2015) la mue de l’ancien maire de Tulle, dévoilant comment l’intéressé est tombé amoureux d’un continent qu’il avait voulu longtemps tenir à distance. Un continent à présent au cœur de ses préoccupations politiques, économiques et sécuritaires.

 

Bidasses à Tombouctou

 

Pour asseoir sa politique africaine, l’Elysée a recours, aujourd’hui comme hier, aux réseaux plus ou moins occultes. Du Mali au Tchad, du Gabon à Djibouti, les conseils des hauts gradés pèsent lourd sur la balance, nous apprend Christophe Boisbouvier. En voulant se démarquer de son prédécesseur, François Hollande avait juré lors de sa campagne électorale de « rompre avec la Françafrique » et de ne plus « inviter les dictateurs en grand appareil à Paris ». Bien sûr, ces promesses se sont envolées et le locataire de l’Elysée s’est vite « africanisé »… dans la plus pure tradition de la Ve République.

 

Ainsi François Hollande continue-t-il d’inviter les satrapes africains sous les ors de l’Elysée mais il se déplace aussi pour les saluer chez eux, comme il l’a fait depuis 2012 en rendant visite au Congolais Joseph Kabila, au Camerounais Paul Biya, à l’Angolais José Eduardo dos Santos et au Tchadien Idriss Déby. Enfin, il ne se fait pas prier pour envoyer des troupes en Centrafrique, au Mali. Bref, ses amis ne reconnaîtraient pas l’homme qui s’occupe aujourd’hui des affaires africaines. L’Afrique offre à François Hollande le supplément de masculinité qui lui a fait si souvent défaut. En paradant avec les bidasses à Tombouctou, l’ancien premier secrétaire du Parti socialiste a montré au monde un visage des plus radieux. « Flamby » n’est plus. Place à Super Mario, pardon, Rambo ! La suite semble confirmer la mue survenue dans le nord du Mali et qui était loin d’être un caprice passager ou une pose destinée aux photographes.

 

L’heure du bilan sonnera bientôt pour François Hollande, son gouvernement et le PS, tous désavoués par les Français. Incapable de résister aux contraintes européennes, paralysé par les syndicats, sourd aux aspirations de ses concitoyens, flanqué d’un premier ministre agressif et omniprésent, François Hollande semble retrouver un peu d’oxygène qu’auprès de ses pairs africains. Depuis un quart de siècle, jamais la France n’a envoyé autant de militaires à l’étranger, et notamment au Sahel. Affaibli sur le plan intérieur, Hollande se donne l’illusion de la puissance, sur les champs de bataille.

 

Abdourahman A. Waberi est né en 1965 dans l’actuelle République de Djibouti. Il vit entre Paris et les Etats-Unis, où il a enseigné les littératures francophones aux Claremont Colleges (Californie). Il est aujourd’hui professeur à George-Washington University. Auteur, entre autres, d’Aux Etats-Unis d’Afrique (J.-C. Lattès, 2006), il a publié en 2015 La Divine Chanson (éd. Zulma).

 

Abdourahman Waberi chroniqueur Le Monde Afrique


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/07/la-francafrique-ressuscitee-d-hollande-l-africain_4993714_3212.html#0DYVS4FM4OUPj5mv.99

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