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30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 23:38
Facebook démantèle une opération de désinformation russe en Afrique

 

 

30 OCT 2019 Mise à jour 30.10.2019 à 23:00 (AFP)

 

Facebook a démantelé une opération de désinformation dans plusieurs pays d'Afrique --notamment la Centrafrique, la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo et le Cameroun-- menée à partir de la Russie par le réseau d'un proche de Vladimir Poutine, qui révèle de nouvelles stratégies pour échapper à la détection.

Les comptes, pages et groupes concernés, présents sur Facebook mais aussi sur Instagram, étaient liés "à des entités associées" à un proche du président russe, Evguéni Prigojine, déjà accusé d'avoir animé la campagne anti-Clinton et pro-Trump aux Etats-Unis en 2016 depuis l'Agence de recherche sur l'internet (Internet Research Agency) basée à Saint-Pétersbourg.

Selon les enquêtes de nombreux médias russes et occidentaux, Evguéni Prigojine finance le groupe Wagner, une entreprise de sécurité qui déploie des mercenaires à travers l'Afrique et dont le nom a été évoqué notamment dans le meurtre de trois journalistes russes en Centrafrique. L'homme d'affaires a nié à plusieurs reprises tout lien avec Wagner.

L'annonce de la suppression de ces comptes liés au pouvoir à Moscou vient quelques jours seulement après un sommet Russie-Afrique organisé à Sotchi, qui a confirmé les ambitions grandissantes de Vladimir Poutine dans un continent où Chinois et Occidentaux courtisent les dirigeants de longue date.

Outre la Côte d'Ivoire, la RDC, la Centrafrique ou le Cameroun, Madagascar, le Mozambique, le Soudan et la Libye étaient également visés par les opérations russes, a précisé le réseau social, qui a agi après avoir été alerté par le média américain Daily Beast et le Cyber Policy Center de l'université californienne de Stanford.

Au total, Facebook a éliminé 35 comptes sur son réseau, 53 pages, sept groupes et cinq comptes Instagram.

Cette opération "semble s'être appuyée sur des sous-traitants de langue maternelle du pays concerné et/ou originaires de la région. Une méthode de dissimulation qui rend plus difficile de savoir d'où viennent ces campagnes de désinformation", souligne le Cyber Policy Center.

Les contenus, qui étaient adaptés à chaque pays, se concentraient sur des informations internationales et locales, y compris des thèmes comme la politique de Moscou sur le continent africain, mais aussi les élections à Madagascar et au Mozambique ou encore des critiques de la politique des Etats-Unis et de la France dans la région, a précisé Facebook.

Les opérateurs ne se sont pas contentés d'utiliser Facebook ou Instagram. Ils étaient aussi actifs sur Twitter, dans des groupes sur WhatsApp (messagerie appartenant aussi à Facebook), et sur Telegram (messagerie cryptée).

Le Cyber Policy Center mène l'enquête pour voir si ces campagnes se sont aussi déroulées sur des réseaux plus discrets.

- Sur mesure -

Outre le véhicule, la forme prise par ces campagnes d'influence était taillée sur mesure pour qu'elles soient les plus populaires possible, y compris par le biais de vidéos live sur Facebook, d'enquêtes d'opinion par le biais de Google Forms et même un concours.

Quelque 475.000 comptes suivaient un ou plusieurs des comptes et pages supprimés. Environ 450 personnes étaient membres d'un ou de plusieurs des groupes et environ 650 suivaient un ou plusieurs des comptes Instagram incriminés.

En Centrafrique, un réseau de pages Facebook opérées de Madagascar saluait la présence russe dans le pays que ce soit en termes d'aide militaire ou d'événements culturels, sur un ton laissant entendre que cette présence était soutenue par une large partie de la population locale.

En Libye, le soutien allait à deux personnalités: le maréchal Khalifa Haftar et l'un des fils de Mouammar Khadafi.

A Madagascar, les pages Facebook ont été créées depuis 2018 mais sont devenues actives seulement après l'entrée en fonction du nouveau président Andry Rajoelina en février 2019 pour apporter leur soutien au gouvernement. Un soutien au pouvoir en place que l'on retrouve au Soudan.

Au Mozambique, l'opération colle aussi au calendrier électoral et critique l'opposition alors qu'en RDC, le ton des publications n'était pas clairement aligné avec la stratégie publique de Moscou, note le centre de Stanford.

Les opérateurs ont aussi dépensé 77.000 dollars en publicités sur Facebook (payées en dollar), entre avril 2018 et octobre 2019.

Par Christophe VOGT

© 2019 AFP

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Centrafrique-Presse.com
30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 23:36
RCA : le lent retour à la paix

 

Lu pour vous 

 

https://www.vaticannews.va 30 octobre 2019, 08:43

 

Depuis la signature de l’accord de Khartoum, le 6 février dernier à Bangui, le retour à la paix est lent en République centrafricaine. Si certains signes montrent un timide et lent retour de l’autorité de l’État comme à Bambari, les groupes rebelles continuent de mettre en coupe réglée de larges pans du territoire.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

Les premiers réfugiés centrafricains au Cameroun ont été rapatriés du Cameroun par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés vendredi 25 octobre. D’ici la fin de l’année, ils doivent être quatre mille à suivre le chemin du retour. Un quart des 4,7 millions d’habitants de la République centrafricaines ont fui leur domicile après le renversement du président François Bozizé en 2013. Aujourd’hui, ils sont 600 000 à toujours vivre dans un des États limitrophes. Ces premiers retours sont un des signes d’un progressif retour à la normale du pays.

Pourtant, malgré la signature le 6 février d’un accord de paix entre le gouvernement et treize groupes rebelles, la population vit toujours dans l’incertitude, quand ce n’est pas dans la peur. Preuve des difficultés que les autorités ont à affronter pour restaurer l’ordre et la paix, les élections qui doivent avoir lieu l’année prochaine, pourraient être reportées faute de moyens selon l’émissaire de l’ONU pour la Centrafrique, le Sénégalais Mankeur Ndiaye. Théoriquement, les premiers tours des législatives et de la présidentielle sont prévus en décembre 2020. Des élections locales sont programmées pour novembre 2021.

Retour à Bambari

Dans la région de Bambari, dans le centre, des personnes déplacées sont également revenues chez elles, aidées par différents organismes. « Ce sont des signes que nous espérons voir se développer » confie Mgr Bertrand Appora, dominicain, évêque de Bambari depuis deux ans. Mais le retour à la paix dans son diocèse est lent. « La restauration de l’État se fait à petits pas », regrette-t-il, évoquant le retour du préfet et du sous-préfet dans la ville ainsi que le déploiement de forces armées centrafricaines (FACA).

Mais «il faut du temps pour panser les plaies des uns et des autres et pour récupérer les armes » des différents groupes rebelles. Le lancement de patrouilles mixtes FACA/Minusca (la mission des Nations unies en Centrafrique), est perçu par l’évêque comme un point positif mais le manque de moyens tant humains que matériels des casques bleus est une limite à leur succès estime-t-il.

Des « brebis galeuses » toujours actives

Les groupes rebelles n’ont pas tous déposé les armes, loin s’en faut. Des pans entiers du territoire échappent au contrôle de l’État et de ses forces armées. Avec l’approche de la saison sèche, les groupes armés se disputent certaines zones pour pouvoir racketter, exploiter les ressources naturelles et entretenir ainsi leurs troupes.

Pour Mgr Appora« ce conflit a des relents économiques » : l’objectif est bien selon lui de s’emparer de l’or, des diamants, du pétrole dont regorge le sous-sol centrafricain, autant de richesses qui causent la ruine du pays. La dimension religieuse de la guerre souvent présentée ces dernières années dans de nombreux médias n’est qu’une illusion.

Éducation, chantier prioritaire

« Ces rebelles recrutent au sein de la population analphabète » explique l’évêque de Bambari. C’est pourquoi la remise en place d’un système éducatif efficace est primordial à ses yeux. Or, «si on ne pense pas sérieusement à l’éducation de nos enfants, la même crise risque de se reproduire dans quelques années », met-il en garde.

En la matière, le défi est énorme. À Birao, dans le nord du pays, aux confins de la frontière avec le Tchad et le Soudan, sur 21 enseignants, seuls deux sont titulaires, les autres étant des « maîtres-parents », autrement des parents d’élèves qui assument les cours et leçons. «  On a toujours le cœur attristé de voir que certains enfants dans pas mal de villages n’ont pas eu droit à l’éducation». Aujourd’hui, constate l’évêque, « les écoles ne fonctionnent pas ». C’est là l’un, sinon le plus grand défi, que doivent relever les Centrafricains pour bâtir un avenir meilleur.

 

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29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 19:13
Centrafrique: des milliers de personnes sans abri après une crue exceptionnelle

 

Centrafrique: des milliers de personnes sans abri après une crue exceptionnelle

 

Par RFI Publié le 29-10-2019 Modifié le 29-10-2019 à 12:08

 

Aux derniers décomptes, au moins 28 000 personnes se retrouvent sans abri à travers tout le pays après les inondations qui ont frappé la capitale et ses environs. La dernière crue de cette envergure remonte à il y a dix ans.

Dans les quartiers riverains de l’Oubangui les gens se déplacent pieds dans l’eau ou en pirogue. Dans un bâtiment en ruines, quelques bâches ont été tirées pour protéger de la pluie. Ils sont près de 200 avoir trouvé refuge ici il y a une semaine déjà.

Une dame doit s’occuper de ces 20 enfants et petits-enfants. Elle coupe quelques feuilles de manioc qu’elle a trouvées. « Il n’y a rien pour dormir, on dort par terre sur le sable avec les enfants sans moustiquaire, rien pour les protéger. Cela amène beaucoup de maladies. On souffre beaucoup. Il nous faut vite de l’aide », explique-t-elle.

Pas de décrue avant 15 jours

Jean-Bosco est pêcheur. Comme beaucoup, il n’a pas pu sauver grand-chose. « On est là à cause de l’inondation qui a cassé toutes nos maisons, tous nos bagages ont été balayés. Tous les filets ont été emportés par l’eau. Il n’y a plus rien, même les assiettes pour les femmes. Les problèmes de nourriture sont graves ; regardez, aujourd’hui, on n’a rien à manger. Nous, les hommes, on peut supporter, mais les enfants souffrent. »

Des évacuations ont été menées et des distributions effectuées par le gouvernement. La décrue n’est pas attendue avant 15 jours. Ces inondations sont dues à la conjonction de pluies exceptionnelles et incessantes depuis une semaine et la crue décennale de l'Oubangui et ses affluents.

 

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29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 18:55
En Centrafrique, Bangui ravagée par des inondations

 

Lu pour vous

 

https://www.lemonde.fr  Par Gaël Grilhot  Le Monde 29 oct 2019

 

Selon la Croix-Rouge, au moins 28 000 personnes se retrouvent chassées de leur domicile par la montée des eaux.

 

Une crise humanitaire de plus pour la Centrafrique… Depuis une dizaine de jours, le pays est en proie à une montée de ses cours d’eau, dont l’Oubangui. La rivière a quitté son lit et débordé sur de nombreux quartiers d’habitation de la capitale, Bangui. Selon la Croix-Rouge, au moins 28 000 personnes se retrouvent chassées de leur domicile par les eaux. Mardi 29 octobre, le président Faustin-Archange Touadera a rendu visite aux déplacés avec une bonne partie du gouvernement, alors que l’opposition critique l’absence de préparation des autorités.

La veille, en bottes et survêtement, la ministre de l’action humanitaire, Virginie Mbaïkoua, était venue mesurer l’étendue des dégâts, identifier les sites de déplacés et les besoins réels des habitants à Kolongo, un quartier de la périphérie ouest de Bangui. « Nous venons de faire quinze minutes en pirogue, tout le secteur est inondé, a-t-elle affirmé. L’eau est montée de 1,50 m, voire 1,70 m. Toutes les maisons sont inondées et certaines vont s’écrouler. Sur le plan humain, la situation est très sérieuse. Jusqu’à lundi, 1 100 ménages étaient touchés à Bangui, soit environ 8 000 personnes. Mais compte tenu de la météorologie, le bilan risque d’évoluer. »

De fait, le ministère évaluait mardi à plus de 10 000 le nombre de ménages sinistrés dans la capitale et à 8 000 dans le reste du pays. Mais ces données restent très partielles, car les familles préfèrent souvent se réfugier chez des proches ou dans des abris de fortune voisins, plutôt que de se signaler. Et en province, la faiblesse des services de l’Etat empêche tout recensement. « Lorsqu’on n’est pas préparé et que ce genre de catastrophe survient, c’est un désastre total », affirme Patrick Bidilou, le directeur général de la Protection civile, un corps en reformation depuis moins d’un an et qui fait face à sa première crise d’ampleur : « Les populations se trouvent dans des zones marécageuses, le plus souvent non constructibles. Les dégâts sont immenses. »

Risque de maladies

Dans le quartier de Sapéké 2, à Bangui, le promoteur de l’école Zo-Bel constate, impuissant, l’étendue du désastre « Tout le quartier est sous l’eau. Cela fait une semaine et demie que l’eau monte. » De nombreux résidents sont réfugiés dans un hangar à proximité, mais le site n’est pas sécurisé et la montée des eaux va de nouveau les menacer. Des familles préfèrent pourtant rester là, au milieu de leur volaille pataugeant dans une eau sale à l’odeur nauséabonde. Une situation qui fait craindre la propagation de maladies…

« Les risques sanitaires sont importants », confirme Patrick Bidilou. L’eau a emporté les latrines et « le risque de maladies hydriques », comme la diarrhée et choléra, se rapproche. Les autorités craignent également une infestation de moustiques et une forte poussée de paludisme au sein des populations. « La première urgence est donc de trouver des endroits sûrs pour les déplacés, poursuit Patrick Bidilou, mais aussi de leur fournir des moustiquaires. »

Plus loin, en remontant vers le centre-ville, sur la berge en face de l’île aux Singes, un grand entrepôt à ciel ouvert accueille 800 personnes. Jean, arrivé avec ses proches, s’inquiète : « L’eau n’a pas cessé de monter, monter… D’autres familles sont encore là-bas. Nous sommes bien allés les chercher, mais la plupart sont repartis sur l’île pour chercher ce qu’ils pouvaient sauver, parce que là-bas, toutes les maisons sont sous l’eau. » Eux aussi devront être évacués vers des espaces plus sûrs.

Menace sur l’eau potable

Vendredi, le premier ministre, Firmin Ngrebada, qui s’est lui aussi rendu sur place, a lancé un appel à l’aide internationale. Des vivres et des kits de première nécessité ont été distribués par les autorités, mais les prévisions météorologiques ne sont guère optimistes et, selon la Protection civile, la situation ne devrait pas s’améliorer avant une vingtaine de jours.

Plus grave : le générateur qui alimente l’unique pompe de la Société de distribution d’eau (Sodeca) pourrait être atteint si la crue continue à ce rythme. Cette fois, c’est toute la capitale qui serait privée d’accès à l’eau potable. « On n’est pas à la cote d’alerte, tente de rassurer Patrick Bidilou. Mais nous travaillons avec la Sodeca sur un plan d’intervention d’urgence. »

Si les inondations sont fréquentes en Centrafrique, cette année la montée des eaux est hors normes, au point qu’il faut remonter à 2009 pour trouver des crues similaires. A l’époque, 8 millions de dollars (environ 5,6 milliards d’euros) avaient été nécessaires pour remettre sur pied la seule ville de Bangui. Un programme d’action (système de drainage, relogement dans des quartiers plus sûrs, etc.) avait alors été envisagé par la Banque mondiale pour réduire les conséquences de ces inondations. Mais l’absence de financements et la crise politico-militaire qui a débuté en 2013 ont bloqué le processus.

Gaël Grilhot (Bangui, correspondance)

 

 

Centrafrique : des dizaines de milliers de personnes fuient les inondations

https://information.tv5monde.com

Des pluies diluviennes ont fait déborder, en Centrafrique, la rivière Oubangui. Les eaux sont remontées par les canaux d'assainissement et de nombreux riverains ont vu toute une vie détruite en quelques heures. Au moins 8 000 personnes se retrouvent sans abri à Bangui. Dans les zones inondées, on craint des épidémies de paludisme, ou de choléra. Aujourd'hui, face à cette crise sanitaire, des milliers de familles fuient leurs maisons. L'état de catastrophe naturelle a été déclaré. Le gouvernement en appelle au soutien de la communauté internationale.

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29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 18:08
Sotchi: la question de l'aide russe dans la lutte antiterroriste en Afrique

 

 

Par RFI Publié le 25-10-2019 Modifié le 26-10-2019 à 06:12

 

Avec notre envoyée spéciale à Sotchi, Florence Morice

 

Si le sommet de Sotchi, qui s'est achevé jeudi 24 octobre, a essentiellement tourné autour de questions économiques, Vladimir Poutine et les dirigeants africains ont également abordé les défis de la lutte contre le terrorisme en Afrique et du soutien que Moscou pourrait apporter aux acteurs du continent, notamment au Sahel ou sur la crise libyenne.

Depuis 2017, la Russie a signé des accords de coopération militaire avec 20 pays d'Afrique. Et compte bien poursuivre dans cette voie. Vladimir Poutine souhaite notamment apparaitre comme un possible soutien dans la lutte antiterroriste sur le continent et en rempart face aux éventuelles tentatives de renversements des régimes africains. Il l’a dit clairement jeudi en session plénière à Sotchi.

« Le terrorisme, la prolifération de l’idéologie extrémiste, la délinquance transfrontalière, et la piraterie empêchent le développement du continent africain. Plusieurs pays sont confrontés aux conséquences des printemps arabes. Résultat : toute l’Afrique du Nord est déstabilisée… Dans cette région, mais aussi dans les zones du Sahara et du Sahel, dans la région du Lac Tchad, on trouve de nombreuses organisations terroristes notamment Daech, al-Qaïda, Boko Haram et al-Shebab. C’est pourquoi il nous semble important d’accroitre les efforts conjoints de la Russie et de l’Afrique dans le domaine de la lutte antiterroriste. »

Le président russe souhaite notamment « renforcer les contacts entre les forces de l’ordre et les services spéciaux de la Fédération de Russie et des pays d’Afrique », en insistant sur le renseignement et la formation. « Il nous faut coordonner nos efforts et mettre en place des échanges dans le domaine du renseignement. Nous aspirons à former, dans l’avenir, les employés de forces de l’ordre des pays africains dans les établissements russes d’enseignement spécialisé. En ce moment, dans les écoles supérieures du ministère de la Défense russe, les militaires de vingt pays africains font leurs études. »

Un appel pour une aide dans le Sahel

Au cours de cette même séance plénière, plusieurs chefs d’États africains dont le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, président en exercice du G5 Sahel, ont appelé à ce que la Russie rejoigne la coalition internationale de lutte contre le terrorisme au Sahel notamment, dont elle ne fait pas partie pour le moment.

Le président burkinabè souhaite un partenariat « fécond » avec Moscou. Pour lui, en tant que « grande puissance militaire et économique » apparait comme un partenaire « de choix ». Tout en soulignant que la « réponse » au terrorisme ne peut pas être « que militaire », il plaide pour que la Russie soit désormais associée aux efforts de lutte contre le terrorisme au Sahel.

« Je voudrais appeler la Russie à établir un partenariat stratégique renforcé avec le Sahel et a apporté son appui au plan de lutte contre le terrorisme, adopté récemment par la Cédéao à Ouagadougou. J’appelle particulièrement la Russie à se joindre au partenariat international pour la sécurité et la stabilité dans le Sahel proposé au sommet du G7 à Biarritz. »

Un appel repris quelques minutes plus tard par le Tchadien Idriss Déby. « Le soutien de la Fédération de Russie est vital pour renforcer la stabilité régionale. L’appui en formation et en équipement militaire, le partage de renseignement et d’expérience avec les forces africaines engagées sur ce front seront d’une grande utilité. »

Selon le spécialiste de la Russie, Arnaud Kalika, Moscou a plusieurs fois demandé un poste d’observateur en G5 Sahel, mais s’est heurté jusqu’à présent au refus de la France notamment. Pour la Russie, ce serait le moyen de gagner du terrain en Afrique mais aussi de renforcer sa place dans le jeu diplomatique international.

Aucun effort, ni aucune contribution n’est de trop pour rétablir la paix en Libye. A cet égard, nous soulignons l’impérieuse nécessité et l’importance de consultations régulières entre la Russie et l’Union africaine en vue de mettre un terme à la crise libyenne.

Déby demande le soutien des Russes sur les revendications de l'UA concernant la Libye

25-10-2019 - Par Florence Morice

 

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29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 17:44
RCA : L'Université de Bangui propose des alternatives pour éviter les inondations
RCA : L'Université de Bangui propose des alternatives pour éviter les inondations
RCA : L'Université de Bangui propose des alternatives pour éviter les inondations
RCA : L'Université de Bangui propose des alternatives pour éviter les inondations
RCA : L'Université de Bangui propose des alternatives pour éviter les inondations

 

https://www.radiondekeluka.org mardi 29 octobre 2019 13:06

 

Le département de géographie de l’Université de Bangui a suggéré samedi 26 octobre 2019 au gouvernement l’installation des stations de contrôle hydraulique en amont du fleuve Oubangui pour prévenir d'éventuelles catastrophes. C’est la conclusion d'un colloque international qui a regroupé des universitaires spécialistes d’hydrologie et de mesure de débit du Fleuve en crue. Cette proposition vise à éviter les dégâts causés par les récentes inondations dans les 6ème, 7ème arrondissements de Bangui, dans la commune de Bimbo 5 et dans certaines préfectures de la RCA.

"Depuis 6 jours, le débit a beaucoup monté de 8500 à 11.500 mètres cube, 3000 mètres cube en 6 jours. Avec l'ADCP [Ndlr : Détermination de la décharge par profileurs de courant acoustiques Doppler], on a mesuré le débit de l'Oubangui dans cette période de hausse de son niveau", a précisé Professeur Cyriaque Nguimalet point focal du colloque. "Pour mieux gérer la situation, il faudrait que le pays arrive à contrôler le niveau des eaux en amont", a-t-il souligné indiquant que "s'il y a des stations sur la Kotto, la Ouaka, le Mbomou ou l'Uélé et qu’en amont on sait que l'eau monte, inévitablement en aval on doit aussi vivre le même phénomène, et donc on peut prendre des mesures pour minimiser l'effet d'une inondation en évacuant les gens".  

Professeur Cyriaque Nguimalet définit l'ADPC comme "un matériel qui permet de faire le jaugeage et d'avoir le débit mais aussi la section mouillée".  

Ce colloque international s’est déroulé du 19 au 26 octobre 2019 à l’Université de Bangui. Il a regroupé des spécialistes en Hydrologie et Environnement issus de la RD Congo, du Congo-Brazzaville, du Gabon, du Cameroun, du Sénégal et de la République Centrafricaine.

 

 

Centrafrique : des dizaines de milliers de personnes fuient les inondations

 

https://information.tv5monde.com

 

Des pluies diluviennes ont fait déborder, en Centrafrique, la rivière Oubangui. Les eaux sont remontées par les canaux d'assainissement et de nombreux riverains ont vu toute une vie détruite en quelques heures. Au moins 8 000 personnes se retrouvent sans abri à Bangui. Dans les zones inondées, on craint des épidémies de paludisme, ou de choléra. Aujourd'hui, face à cette crise sanitaire, des milliers de familles fuient leurs maisons. L'état de catastrophe naturelle a été déclaré. Le gouvernement en appelle au soutien de la communauté internationale.

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29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 17:36
La Centrafrique envisage d'accueillir une base militaire russe

 

Lu pour vous

 

https://fr.africanews.com Carole KOUASSI

 

La République centrafricaine ouverte à une plus grande coopération militaire avec la Russie. Dans la foulée du premier sommet Russie – Afrique qui s’est refermé en fin de semaine, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a affirmé que des négociations étaient en cours pour l’installation d’une base militaire russe dans son pays.

C’est une déclaration à contre-courant d’un communiqué du Kremlin qui a démenti par la suite toute entreprise pour installer une base militaire russe en Centrafrique. Mais selon le président Touadéra, les ministères de la Défense des deux pays sont à pied d‘œuvre pour étudier l‘éventualité d’un tel projet, a-t-il assuré aux médias russes, précisant que son gouvernement « envisageait les possibilités ».

À en croire le dirigeant centrafricain, en amont de ce deal, il a également demandé à la Russie de nouvelles expéditions d’armes pour les soldats centrafricains, qui mènent une féroce guerre civile contre les forces rebelles dans le pays depuis 2012. Moscou dispose déjà d’une importante présence militaire en Centrafrique où des opérateurs de sécurité privés assurent la sécurité de la présidence de la République et dispensent des formations aux forces de défense. Un investissement dans la sécurité qui prévaut également sur le continent où la Russie garde une avance non-négligeable sur les ventes d’armes.

Viser plus haut

Durant le sommet de Sotchi, le premier du genre initié par la Russie, le pays d’Europe de l’Est n’a toutefois pas caché son ambition d‘étendre son influence au-delà de la sphère sécuritaire. Moscou espère également, à l’instar des mastodontes occidentaux ou encore chinois et turques, investir en Afrique des secteurs porteurs, en se démarquant de ses concurrents. Au-delà des accords militaires, la Russie vise non seulement des contrats commerciaux privés et la formation d’une nouvelle génération de dirigeants, mais aussi l’agriculture, les mines et le nucléaire civil.

A ce jour, la Russie estime à environ 20 milliards de dollars ses échanges commerciaux avec le continent. Des chiffres loin derrière la Chine qui affiche à son tableau quelque 200 milliards de dollars pour l’année passée seulement, et encore plus loin derrière les recettes des Occidentaux qui bénéficient encore de relations privilégiées avec leurs anciennes colonies.

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29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 17:30
RCA: la Russe prête à appuyer le secteur énergétique

 

Lu pour vous

 

http://ndjonisango.com 28 OCTOBRE 2019

 

Bangui 28 Octobre 2019— (NDJONI SANGO) : Le forum économique de Sotchi a été une aubaine pour la République centrafricaine qui bénéficie davantage de l’appui de la Fédération de la Russie. Durant ce sommet de l’histoire, la Russie à travers son ministre de l’énergie, Alexandre NOVAK, se dit prête à appuyer le secteur de l’Energie en République Centrafricaine.

Le partenaire stratégique de la République Centrafricaine, veut s’engager davantage pour l’appuyer dans plusieurs domaines de développement. Cette fois-ci, le partenariat se noue dans le domaine de développement de l’énergie au bénéfice de la RCA.

L’annonce a été faite en marges d’une audience accordée par le Président de la République au ministre Russe de l’énergie dans les lignes droites du sommet Russie-Afrique. Le président centrafricain a clairement exposé le problème de l’énergie que fait face la République centrafricaine. Car le pays est dépourvu de l’électricité, un véritable handicap à l’économie.

‘‘ Je voudrais vous remercier de cette rencontre qui renforce notre coopération avec la Russie qui se développe de plus en plus. Nous envisageons de l’élargir au niveau de l’énergie car sans elle, il n’y a pas de développement. La Russie à le savoir-faire et les compétences dans le domaine d’hydro-électricité, de l’énergie renouvelable et du nucléaire. Combler notre déficit énergétique nous permettra de satisfaire les besoins de nos populations et d’amorcer le développement’’, a expliqué lors de cette audience, le Président centrafricain, Faustin Archange Touadera.

En réponse à cette demande, par, la Russie par l’entremise de son ministre de l’énergie promet dans la mesure du possible de tout faire pour apporter son soutien meilleur à la République Centrafricaine.

‘‘Nous allons demander à nos entreprises et nos sociétés d’aller discuter avec vous dans un bref délai et voir dans quelle mesure vous apporter des réponses appropriées à cette demande’’, a attesté le ministre Russe de l’énergie Alexandre Novak. 

Il faut préciser par ailleurs que l’ENERCA, Energie Centrafricaine, créée en 1963 est la seule société publique du pays qui distribue péniblement de l’énergie. Pour faire face aux problèmes d’électricité, tout dernièrement la société a eu à bénéficier de 4 générateurs pour 2,5 Méga watts à son Usine de Boali, un don du fond Saoudien pour augmenter ses capacités.

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29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 17:02
LA SITUATION EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE SELON MANKEUR NDIAYE
LA SITUATION EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE SELON MANKEUR NDIAYE

 

CONSEIL DE SÉCURITÉ

8646E SÉANCE – MATIN 

CS/13995

25 OCTOBRE 2019

 

République centrafricaine: le Représentant spécial explique au Conseil de sécurité la nécessité d’adopter « une posture robuste » pour protéger les civils

Malgré les progrès importants enregistrés dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine, les incidents violents et la réticence de certains groupes à désarmer doivent conduire la Mission de l’ONU à poursuivre la protection des civils et l’appui à la mise en œuvre de l’Accord, a recommandé le Représentant spécial du Secrétaire général ce matin au Conseil de sécurité, appuyé par les représentants de l’Union africaine et de l’Union européenne.  D’autant que la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) devra apporter son soutien au déroulement des élections présidentielle et législatives en 2020-2021.

Le Représentant spécial, M. Mankeur Ndiaye, qui est à la tête de cette mission, a admis que d’importants défis demeurent « qui entravent lourdement » les efforts de stabilisation, dont la poursuite de graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire.  Bien que le nombre d’incidents ait globalement diminué, il s’est dit particulièrement inquiet de la situation tendue dans le nord-est du pays depuis juillet: plusieurs incidents graves entre groupes armés ont provoqué de nouveaux déplacements de civils et la crainte, toujours, que ces affrontements ne dégénèrent en conflits ethniques directs entre communautés, a-t-il souligné.  La MINUSCA n’hésitera pas à prendre « toutes ses responsabilités » et à adopter « une posture robuste » face à ceux qui menacent les populations civiles, a prévenu M. Ndiaye.

Mais à l’approche des élections qui se dérouleront entre le 27 décembre 2020 et le 14 février 2021 –l’enregistrement des électeurs doit commencer dès janvier 2020– il est « capital » que la Mission soit dotée d’un mandat et de ressources adéquates, a insisté le Représentant spécial.  Selon lui, ces scrutins doivent contribuer à répondre aux causes profondes de la crise centrafricaine et à renforcer la gouvernance démocratique.

S’exprimant par visioconférence, M. Smail Chergui, Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, a assuré que l’Union africaine (UA), l’ONU, et l’Union européenne (UE) sont sur la même ligne: il est « impératif » à leurs yeux que la communauté internationale continue collectivement de soutenir la mise en œuvre de l’Accord, seul « cadre de référence pour le retour à la stabilité dans le pays ».  Et il n’y a pas d’alternative aux élections de 2020 et 2021: tout doit être mis en œuvre pour qu’elles se tiennent et tous les acteurs doivent respecter cette échéance, a-t-il insisté ajoutant qu’« il ne saurait y avoir de plan B ».

Or, a signalé M. Stefano Tomat, Directeur de l’approche intégrée pour la paix et la sécurité de l’UE –participant également à la séance par visioconférence– ,l’amélioration de la situation sécuritaire demeure fragile et plusieurs groupes armés poursuivent leurs attaques, entre eux et contre les civils.  Il a d’ailleurs soutenu la réponse robuste de la MINUSCA qui envoie, selon lui, « un signal positif aux civils ».  Si les progrès dans la réforme des services de sécurité ont permis de lever partiellement l’embargo sur les armes qui lui sont destinées, le Gouvernement centrafricain doit faire davantage dans le domaine de la justice transitionnelle pour lutter contre l’impunité, a estimé M. Tomat.

Prenant la parole au nom des trois pays africains du Conseil (A3) -l’Afrique du Sud, la Guinée équatoriale et la Côte d’Ivoire- le représentant ivoirien a également insisté sur le « besoin urgent » de renforcer la sécurité et la protection des civils, évoquant « un sentiment de méfiance » de la population envers l’Accord en raison des incidents.

Pour y remédier, l’accent doit être mis, selon lui, sur trois chantiers: restauration de l’autorité de l’État par des opérations conjointes de la MINUSCA et des Forces armées centrafricaines (FACA); déploiement opérationnel des Unités spéciales mixte de sécurité et accélération du programme de désarmement, démobilisation, réinsertion et réintégration des ex-combattants (DDRR); et réforme du secteur de la sécurité.  En ce sens, les A3 soutiennent la résolution 2488 (2019) autorisant un allègement de l’embargo sur les armes au profit du Gouvernement centrafricain, a-t-il indiqué.

Pour les États-Unis aussi, la tâche primordiale de la MINUSCA est la protection des civils: leur représentant a donc souhaité que le programme de DDRR s’accélère ainsi que le développement des Unités spéciales mixtes de sécurité comme celle installée le 16 octobre dans le nord-ouest du pays.  Et il sera alors indispensable que les élections se tiennent à la date prévue pour éviter un nouveau vide politique.

En vue de ces élections, les A3 ont dit partager les recommandations du rapport du Secrétaire général relatives à la portée du mandat d’appui électoral de la MINUSCA.  Ils espèrent que cette question sera prise en compte lors du renouvellement du mandat de la Mission, le mois prochain.

LA SITUATION EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINES/2019/822

Déclarations

Pour M. MANKEUR NDIAYEReprésentant spécial du Secrétaire général pour la République centrafricaine et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), l’année 2019 s’est ouverte avec l’espoir d’une nouvelle ère pour le peuple centrafricain, grâce à la signature en février de l’Accord de paix à Khartoum, sous l’égide de l’Union africaine, avec l’appui des Nations Unies et de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), un accord dont la mise en œuvre a mobilisé beaucoup d’efforts de la part de la MINUSCA, a-t-il souligné.  Les mécanismes de suivi sont désormais opérationnels dans leur grande majorité et ont permis d’éviter ou de contenir des crises locales, s’est-il félicité.  La première Unité spéciale mixte de sécurité (USMS) a été lancée officiellement à Bouar, dans le nord-ouest du pays, le 16 octobre.  D’autres seront déployées dans le nord-est et le sud-est dès que possible, afin de maintenir l’engagement des groupes armés dans l’Accord de paix.  Les efforts nationaux de désarmement, démobilisation, rapatriement et réintégration (DDRR) se sont également poursuivis, mais le groupe armé « 3R » reste réticent à participer à ce processus, a relevé le haut fonctionnaire.

Celui-ci a également noté des avancées dans le domaine judiciaire, avec des consultations depuis le 6 juin en vue de créer la future Commission vérité, justice, réparation et réconciliation.  Et la Commission inclusive chargée d’examiner les causes du conflit et de proposer des mesures judiciaires, devrait présenter son rapport le mois prochain, s’est-il félicité.  Mais ces deux institutions « ne sauraient totalement rendre justice aux nombreuses victimes » du conflit, a prévenu M Ndiaye.  Aussi la MINUSCA continue-t-elle son appui aux activités de la Cour pénale spéciale et au renforcement des capacités de la justice nationale, des avancées ayant aussi été enregistrées dans le domaine du développement avec la mise en œuvre du Plan national de redressement et de consolidation de la paix (RCPCA).  Et simultanément, a ajouté le Représentant spécial, l’appareil sécuritaire du pays continue de se renforcer.

Cependant, d’importants défis demeurent, a mis en garde M. Ndiaye, qui entravent lourdement les efforts de stabilisation, dont la poursuite de graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, « bien que le nombre d’incidents ait globalement diminué ».  Il s’est dit particulièrement inquiet de la situation tendue dans le nord-est du pays depuis juillet avec plusieurs incidents graves entre groupes armés qui ont provoqué de nouveaux déplacements de civils.  La MINUSCA s’est beaucoup mobilisée pour éviter que ces incidents ne dégénèrent en affrontements ethniques directs entre communautés, a assuré le haut fonctionnaire.  Il a dit craindre de nouveaux risques de violences à l’approche de la saison sèche, qui marque le début de la transhumance, mais aussi en raison de la persistance de taxations illégales, de la radicalisation du discours politique de certains acteurs et des retards accumulés dans l’adoption de certains projets de lois prévus par l’Accord de paix.  La MINUSCA n’hésitera pas à prendre « toutes ses responsabilités » et à adopter « une posture robuste » face à ceux qui menacent les populations civiles, a prévenu M. Ndiaye.

Lors de son prochain mandat, a-t-il rappelé, la MINUSCA devra non seulement poursuivre l’appui à la mise en œuvre de l’Accord de paix, mais aussi veiller à la préparation des élections présidentielle et législatives de 2020-2021.  Il est donc capital que la Mission soit dotée d’un mandat et de ressources adéquates, a insisté le Représentant spécial.  L’enregistrement des électeurs commencera en janvier 2020, un premier tour des élections présidentielle et législatives est prévu le 27 décembre 2020 et un second tour, si nécessaire, le 14 février 2021.  Les élections locales, les premières à être organisées depuis 1988, sont quant à elles prévues pour le 21 novembre 2021.  M. Ndiaye a espéré qu’elles contribueront au règlement des causes profondes de la crise centrafricaine et au renforcement de la gouvernance démocratique.  « Mais en dépit de ces pas encourageants, la tenue des élections aux dates prévues reste menacée par l’insuffisance des ressources techniques, financières et humaines et la persistance de l’insécurité, ainsi que l’absence d’un mandat approprié de la MINUSCA. »  Or, un sérieux retard dans la tenue des élections pourrait créer une vacance au sommet de l’État et conduire à une nouvelle transition politique, dommageable pour la consolidation de la démocratie et de la paix, a-t-il soutenu en conclusion, en appelant la communauté internationale à se mobiliser pour que ces consultations se déroulent selon le calendrier prévu.  En conséquence, le Représentant spécial a donc insisté en réclamant au Conseil de sécurité un « mandat approprié » pour la MINUSCA, demandant aux pays de la région de contribuer à la stabilité en République centrafricaine.

M. SMAIL CHERGUI, Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, a déclaré que la situation en République centrafricaine est, « de manière générale », marquée par une baisse sensible des violences sur l’ensemble du territoire.  C’est indéniablement un résultat tangible de la signature de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine, a-t-il dit, appelant, dans ce cadre, à se féliciter des progrès dans la mise en place des structures du mécanisme de mise en œuvre et de suivi de cet Accord.

Parallèlement à cette opérationalisation, les « démembrements » reprennent progressivement leur présence dans les zones autrefois interdites d’accès au pouvoir central, a-t-il indiqué.  Ainsi, 16 préfets et 66 sous-préfets ont déjà été déployés sur le terrain, tandis que le déploiement des forces de défense et de sécurité se poursuit sur toute l’étendue du territoire.  Par ailleurs, la formation des Unités mixtes de sécurité a été lancée le 16 octobre dernier à Bouar, localité située dans le nord-ouest du pays, en présence du Président de la République, Faustin Archange Touadéra, des membres du Gouvernement et des représentants de la communauté internationale.

M. Chergui a aussi salué le Gouvernement centrafricain pour la finalisation du Code électoral, disant attendre d’autres textes de lois, notamment ceux liés à la décentralisation, au statut des anciens chefs d’État et aux partis politiques.

Sur le plan humanitaire, la situation est également encourageante. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a dénombré 357 000 réfugiés et personnes déplacées étant spontanément retournées dans leurs régions respectives, entraînant de fait « une réduction appréciable » des besoins humanitaires.  Selon les travailleurs humanitaires, quelque 300 000 personnes devraient retourner chez elles en 2020, a-t-il encore chiffré.

Cependant, en dépit de l’amélioration de la situation sécuritaire, plusieurs cas de violation de l’Accord de paix ont été observés, notamment le 21 mai dernier à Paoua, ainsi qu’en septembre et octobre dernier à Birao.  Ces affrontements, qui ont causé des morts, n’ont cependant pas ralenti la mise en œuvre de l’Accord, a rassuré M. Chergui, appelant le Gouvernement et les autres parties prenantes à maintenir le cadre existant, tout particulièrement dans le contexte des élections prévues en 2020-2021.

Sur ce point, l’Union africaine (UA), l’ONU, et l’Union européenne (UE) sont sur la même ligne, comme en témoigne la visite conjointe que des représentants des trois entités ont effectuée à Bangui du 4 au 7 octobre dernier, a dit M. Chergui, jugeant « impératif » que la communauté internationale continue collectivement de soutenir la mise en œuvre de l’Accord, qui reste, selon lui, « le cadre de référence pour le retour à la stabilité dans le pays ».  « Il ne saurait y avoir de plan B », a-t-il déclaré, ajoutant aussi que la situation humanitaire, qui reste « précaire » nécessite une attention soutenue pour répondre aux besoins et aux pressions.

Les trois organisations pensent aussi qu’il n’y pas d’alternative aux élections générales de 2020-2021. C’est pourquoi, le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA en a appelé au Conseil de sécurité pour que ce dernier pèse de tout son poids pour que les acteurs concernés respectent cette échéance et contribuent positivement à l’organisation effective de ces élections.

M. STEFANO TOMAT, Directeur de l’approche intégrée pour la paix et la sécurité de l’Union européenne, a rappelé que l’accord de paix est le seul en place et qu’il doit être protégé et renforcé, exprimant son inquiétude face aux réticences persistantes de certains groupes armés.  Tout en notant certains progrès dans la restauration de l’autorité de l’État, il a souhaité que le Gouvernement agisse avec davantage de détermination dans certains domaines, en particulier la justice transitionnelle, élément essentiel de réconciliation et de lutte contre l’impunité.  Le Gouvernement devrait également veiller à agir de manière plus inclusive pour associer et intégrer pleinement les membres des groupes armés dans la mise en œuvre de l’Accord.

Même s’il y a eu des améliorations, la situation sécuritaire demeure fragile et plusieurs groupes armés poursuivent leurs attaques, entre eux et contre les civils, a relevé M. Tomat.  Le processus de désarmement, démobilisation, rapatriement et réintégration (DDRR) doit être accéléré et les garants de l’Accord de paix ne devraient pas hésiter à avoir recours aux dispositions de l’Accord, notamment son article 35 qui prévoit des mesures de rétorsion à l’égard des contrevenants.  À ce titre, M. Tomat a appuyé la réponse forte de la MINUSCA aux incidents, estimant qu’elle envoie ainsi un signal positif aux victimes civiles du conflit.

L’UE, avec l’UA et l’ONU, attend désormais des déploiements supplémentaires des Unités spéciales mixtes de sécurité.  Identifier les éléments démobilisés et désarmés qui doivent être intégrés est une étape décisive, a observé le représentant de l’UE avant d’indiquer que celle-ci a participé à hauteur de 3,54 millions d’euros depuis mai et continue d’entraîner les nouveaux bataillons des forces armées.  L’UE a aussi financé les observateurs militaires de l’UA qui vont surveiller le déploiement et les activités de ces unités.

La mise en place des Unités spéciales mixtes de sécurité est importante mais ne doit pas détourner l’attention des opérations de DDRR, a ajouté M. Tomat.  D’autant que la prochaine étape électorale, en 2020 et 2021, s’avère essentielle et que le calendrier électoral devra être respecté, a-t-il insisté.  L’UE est prête à apporter son soutien financier et technique et encourage les partenaires à faire de même.

M. TIÉMOKO MORIKO (Côte-d’Ivoire), au nom de l’Afrique du Sud, de la Guinée équatoriale et de la Côte d’Ivoire, pays africains élus au Conseil de sécurité (A3), a salué les progrès tangibles réalisés par les autorités centrafricaines dans la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine du 6 février 2019. Il a félicité le Gouvernement centrafricain et les facilitateurs tels que l’UA et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), ainsi que le rôle des Nations Unies via la MINUSCA, et des partenaires bilatéraux et multilatéraux.

Il a cependant rappelé que la République centrafricaine était confrontée à de nombreux défis comme les violences contre des civils et les affrontements entre groupes armés signataires de l’Accord de paix, pour le contrôle des ressources naturelles: « les événements de Paoua et Birao, survenus le 21 mai et le 1er septembre 2019, en sont la parfaite illustration ».  Il est aussi préoccupé par « le sentiment de méfiance vis-à-vis de l’Accord au sein de l’opposition politique, notamment dans la perspective des élections présidentielle, législatives et locales de 2020 et 2021 ».

Évoquant « un besoin urgent de renforcer la protection des civils, de trouver des réponses adaptées aux défis humanitaires et de renforcer les initiatives de paix et de développement », il a recommandé que l’accent soit mis sur trois chantiers: l’appui au processus de restauration de l’autorité de l’État par des opération conjointes de sécurisation menées par la MINUSCA et les Forces armées centrafricaines (FACA); l’opérationalisation des Unités spéciales mixtes de sécurité en vue de la protection des civils, « une urgence absolue »; et la réalisation du programme de désarmement, démobilisation, réinsertion et réintégration des ex-combattants (DDRR) et de la réforme du secteur de la sécurité.

Les A3 considèrent que toutes les parties prenantes doivent conjuguer leurs efforts pour rattraper les retards relevés dans la mise en œuvre de certaines dispositions clefs de l’Accord de paix, dans les domaines politique et sécuritaire.  Ils saluent et encouragent les initiatives locales de paix et de réconciliation, ainsi que l’implication de la société civile, notamment les femmes et les jeunes.  Le représentant a aussi exprimé l’espoir des A3 de voir mise en place une commission vérité, justice, réconciliation et réparation qui soit efficace.

Enfin, il a dit que les A3 soutiennent la résolution 2488 (2019) autorisant un allègement de l’embargo sur les armes au profit du Gouvernement, afin que celui-ci se dote des moyens d’accélérer l’extension de l’autorité de l’État sur le territoire national.  Il a souligné l’appui des pays de la région et salué la relance par les autorités centrafricaines des commissions bilatérales, notamment avec le Tchad, le Cameroun, la République du Congo et le Soudan, sur les questions transfrontalières.

Les A3, a-t-il conclu, partagent les recommandations du rapport du Secrétaire général relatives à la portée du mandat d’appui électoral de la MINUSCA, et espèrent que cette question sera prise en compte lors du renouvèlement du mandat de la MINUSCA, le mois prochain.

M. JONATHAN R. COHEN (États-Unis) s’est dit gravement préoccupé par le fait que certains groupes armés continuent de violer en toute impunité l’Accord pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine.  Pour lui, la tâche prioritaire de la MINUSCA est la protection des civils et ceci n’est pas contradictoire avec l’appui à la mise en œuvre de l’Accord de paix, au contraire a-t-il estimé.  Il a jugé également décisif de rompre le cycle de la violence en garantissant des normes élevées pour le processus de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (DDRR) et pour les nouvelles recrues des unités de sécurité.  Face aux attaques contre les civils et violations des droits et abus, les États-Unis appuient la Cour pénale spéciale pour juger les crimes les plus graves, a-t-il indiqué.

Enfin, a ajouté le représentant des États-Unis, si le Gouvernement de la RCA dispose maintenant de suffisamment d’armes pour équiper ses troupes, il doit désormais avoir les moyens nécessaires pour les salaires et le soutien logistique.  Le représentant a conclu en saluant le nouveau processus d’évaluation des victimes et des mesures prises en réponse à la violence à Alindao, ce qui aboutit à protéger à la fois les civils et les soldats de la paix.  Les États-Unis continueront à plaider pour une meilleure performance dans les rapports sur le maintien de la paix mené par la MINUSCA, a-t-il dit.

 

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Centrafrique-Presse.com
28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 20:02
Centrafrique : l’envoyé spécial de l’ONU sollicite un mandat « adéquat »

 

Lu pour vous

 

http://www.adiac-congo.com  Lundi 28 Octobre 2019 - 13:30

 

A quelques jours de l’expiration de l'exercice de la Minusca, Mankeur Ndiaye a demandé, le 25 octobre, devant le Conseil de sécurité, un mandat « approprié » pour accompagner les élections de 2020 dans le pays.

« Je sollicite donc du Conseil de sécurité, tel que recommandé par le secrétaire général dans son rapport, un mandat approprié pour la Minusca, afin qu’elle puisse fournir le soutien technique, logistique, sécuritaire et opérationnel nécessaire à la tenue des élections dans le respect des délais constitutionnels », a plaidé le chef de la mission de paix. Il a lancé un appel aux pays de la région afin qu'ils apportent leur appui indispensable « pour traduire le rêve de paix, de prospérité et de développement des Centrafricains en une réalité durable ».

Ainsi, le représentant spécial des Nations unies pour la Centrafrique a souligné que le contexte de mise en œuvre du prochain mandat de la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique) serait « non seulement dominé par la poursuite de l’appui à la mise en œuvre de l’accord de paix du 6 février, mais également par la préparation des élections présidentielle et législatives de 2020-2021 », avant de se féliciter des préparatifs en cours pour la tenue de ces élections, y compris l’adoption d’un nouveau code électoral, et la préparation de la cartographie des électeurs qui permettra ensuite leur enregistrement en janvier 2020. « Malgré ces pas encourageants, la tenue des élections aux dates prévues reste menacée par l’insuffisance des ressources techniques, financières et humaines », a averti Mankeur Ndiaye.

Selon lui, le manque de ressources financières, l’absence d’un mandat approprié de la Minusca et la persistance de l’insécurité suscitent des appréhensions au sein d’une partie de la classe politique centrafricaine quant à la faisabilité de ces élections sur l’ensemble du territoire et dans les délais de la Constitution.

« Il est vrai qu’un sérieux retard dans la tenue des prochaines élections pourrait créer une situation de vacance au sommet de l’Etat et conduire à une nouvelle transition politique que certains appellent de leurs vœux, mais qui serait, j’en suis convaincu, dommageable pour la consolidation de la démocratie et de la paix en RCA », a-t-il dit.

Mankeur Ndiaye a estimé important que « la communauté internationale se mobilise, afin que ces consultations se déroulent, selon le calendrier prévu, de manière libre, inclusive et équitable sur l’ensemble du territoire ».

« L’espoir d’une nouvelle ère »

L’année 2019 s’était ouverte avec l’espoir d’une nouvelle ère pour le peuple centrafricain avec l’accord de paix négocié à Khartoum, a affirmé le représentant spécial de l’ONU pour la Centrafrique, avant de signaler des avancées dans la mise en œuvre de ce texte.

Il a cité la création des mécanismes de suivi et des unités spéciales mixtes qui comprennent des membres des groupes armés, le désarmement des groupes armés, les consultations nationales pour la mise en place de la future Commission vérité, justice, réparation et réconciliation, et le lancement de plus de quatre cents projets de développement socioéconomique.

« En dépit de ces progrès, d’importants défis demeurent, défis qui, reconnaissons-le, entravent lourdement nos efforts collectifs de stabilisation de la RCA », a toutefois souligné Mankeur Ndiaye, évoquant « la situation tendue qui persiste dans le nord-est du pays depuis juillet », qui a entraîné le déplacement de plusieurs milliers de personnes.

Le chef de la Minusca s’est également inquiété des autres défis qui menacent les efforts de paix dans le pays, notamment les risques de violences liées à la transhumance qui va commencer avec l’arrivée de la saison sèche, la persistance de taxations illégales, la radicalisation du discours politique par certains acteurs et, dans une moindre mesure, les retards accumulés dans l’adoption de certains projets de lois prévus par l’accord de paix.

Il a, cependant, rassuré les membres du Conseil de sécurité que la Minusca, conformément à son mandat, continuera d'apporter aux parties signataires tout son appui politique et technique, et n’hésitera pas également à adopter une posture robuste face à ceux qui menacent la population civile, tel qu’elle l’a démontré dans le cadre de l’opération Anvil dans l’ouest du pays.

Josiane Mambou Loukoula

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