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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 01:23

 

 

 

 

 

 

Publié le 13-02-2014 à 17h29 - Modifié à 17h29

 

Par Zobel Behalal  CCFD-Terre Solidaire

 

LE PLUS. Depuis plus d'un an, la République centrafricaine se délite sous les yeux impuissants de la France, de la communauté internationale et des ONG. Le conflit, qui oppose les rebelles majoritairement musulmans et les milices d'auto-défense catholiques, déchire le pays au point que l'on craint une éventuelle famine. Pour Zobel Behalal, du CCFD, l'UE et l'ONU doivent agir sans tarder.

 

Édité par Henri Rouillier 

 

L’évolution de la situation République centrafricaine est de plus en plus inquiétante. Pour la première fois, tandis que les ONG internationales tirent la sonnette d’alarme, les représentants de l’ONU et de l’armée française présents sur le terrain disent en aparté qu’ils assistent, impuissants, au début d’une épuration ethnique à l’encontre des populations musulmanes.

 

Les filières de transports sont contrôlées par les musulmans

 

Je continue à m’opposer aux analyses qui affirment que les affrontements entre communautés sont à l’origine de la crise en RCA. Force est cependant de reconnaître que la dimension communautaire va durablement structurer cette crise. Aujourd’hui, par exemple, avec l’inversion du rapport de force en faveur des "anti-Balaka" chrétiens, une vraie menace de crise alimentaire plane sur le pays.

 

Mes interlocuteurs sur le terrain, comme la fondation "Voix du cœur", partenaire du CCFD-Terre Solidaire, confirment que le départ massif des populations musulmanes a pour conséquence la perturbation ou l’interruption de l’approvisionnement alimentaire.

 

 La viande et les autres produits alimentaires de première nécessité se font ainsi de plus en plus rares. En effet, ces filières d’approvisionnement et le transport des marchandises sont contrôlés par des membres de la communauté musulmane.

 

L'argent des humanitaires ne suffit pas

 

En conséquence, les agriculteurs qui ont encore des produits à vendre souffrent du départ de leurs principaux clients musulmans et de la baisse drastique du pouvoir d’achat : cela fait maintenant 4 mois que les fonctionnaires ne sont plus payés.

 

Et si l’afflux d’argent venant des organisations humanitaires et des forces militaires internationales apporte une bouffée d’oxygène, cela ne permet pas rééquilibrer les choses. On peut même craindre au regard de la situation dans les autres zones en crise, que cet afflux de cash aggrave l’inflation.

 

 En raison de l’insécurité, les producteurs agricoles ont fui leur milieu de vie habituel pour rejoindre les camps de réfugiés ou d’autres sites de regroupements autour desquels ils pratiquent essentiellement une culture maraîchère, au détriment d’une agriculture pérenne. Ce qui ne permettra pas de satisfaire durablement les besoins alimentaires des populations.

 

L'UE et l'ONU doivent agir

 

Il y a donc urgence aujourd’hui à intégrer la menace de crise alimentaire dans la recherche des solutions au drame centrafricain. Cela doit se traduire par une réponse d’urgence pour combler les besoins alimentaires connus et anticiper ceux qui se présenteront ultérieurement. Reconnaissons-le, seule, cette approche ne suffira pas. Il faut que la communauté internationale travaille aujourd’hui pour créer les conditions véritables pour ramener la sécurité.

 

L’Union européenne doit pour cela traduire au plus vite en actes concrets sa promesse d’envoyer des troupes sur le terrain.

 

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit transformer la MISCA en opération de maintien de la paix et permettre le surge dont ont besoin les populations centrafricaines pour leur protection. Il faut enfin investir dans le travail de réconciliation intercommunautaire, sans lequel la RCA ne sortira pas durablement de cette crise et s’attaquer aux autres facteurs structurels que j’évoquais dans un précédent billet.

Risque de famine en Centrafrique : comment le contexte religieux aggrave la situation

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 01:14

 

 

 

 

 

 

Jean-Jacques Mevel  http://www.lefigaro.fr/  Mis à jour le 13/02/2014 à 18:57

 

L'Estonie et la Géorgie devraient rejoindre l'opération européenne. Les grands pays et alliés traditionnels boudent toujours.

 

Vladimir Poutine est-il le meilleur sergent recruteur de l'Europe en Centrafrique? Le rapprochement est hardi, mais pas infondé: sur fond d'instabilité ukrainienne, la crainte de l'empire est l'un des ressorts qui conduit plusieurs voisins et ex-colonies de la Russie à donner des gages à l'UE en s'enrôlant dans sa future opération militaire à Bangui.

 

Les alliés européens traditionnels se font attendre, près de deux mois après l'appel à l'aide européenne lancé par François Hollande depuis le Brésil. Le Royaume-Uni renâcle à une opération militaire conduite sous les couleurs de l'UE. L'Allemagne est prête à aider, mais au Mali. L'Italie dit ses moyens militaires accaparés par l'immigration sauvage en Méditerranée. L'Espagne et la Belgique invoquent les restrictions budgétaires.

 

Jusqu'ici, seuls deux pays ont quasi officiellement annoncé qu'ils participeront à l'opération militaire de l'UE, commandée par le général français Philippe Pontiès: l'Estonie, petite voisine balte de la Russie (55 hommes), et la Géorgie, à l'extrémité caucasienne de l'ex-URSS (de 100 à 150  hommes). Sous bénéfice d'inventaire, les autres pressentis de la mission «Eufor-RCA» se concentrent dans la région: la Finlande, la Suède, la Lettonie et peut-être la Pologne.

 

À Bruxelles, les diplomates et les politiques avancent en privé des maladresses commises à Paris : le péché d'orgueil de l'état-major qui pensait régler l'affaire aussi vite qu'au Mali, et une opération lancée en solo qui débouche sur un appel à l'aide juste avant Noël

 

Le cas de la Géorgie, envahie sur ordre du Kremlin à l'été 2008, est le plus éclairant. Elle redoute que la Russie fasse à nouveau monter la pression à ses frontières, une fois passés les JO de Sotchi. À la différence de l'Ukraine, elle brave la colère de Poutine et maintient sa candidature à un accord politique et économique avec l'UE, dès l'été 2014. «Elle cherche peut-être une assurance», observe un haut responsable européen. Du coup, Tbilissi semble décidé à engager des troupes de retour d'Afghanistan en Centrafrique: «Nous explorons les possibilités de coopérer avec l'UE dans le domaine de la gestion de crise», confirme Tamar Kekenadze, responsable à la mission géorgienne à l'Otan. La république caucasienne n'appartient pas à l'UE. Mais jusqu'ici, d'après les diplomates, c'est elle qui a mis sur la table le plus fort contingent.

 

C'est une bonne nouvelle pour Hollande: l'Élysée et la Défense désespèrent de garnir les rangs de l'opération militaire présentée, au sommet du 20 décembre à Bruxelles, comme la preuve tangible de l'engagement européen aux côtés des 1 600 soldats français de «Sangaris». «Ce n'est pas l'UE qui vient aider la France, rectifie huit semaines plus tard Arnaud Danjean, eurodéputé PPE-UMP et spécialiste des questions militaires. C'est la France qui tente péniblement de sauver une opération européenne».

 

Eufor-RCA, ce seront à peu près 500  hommes, dont un bon tiers de Français, à proximité de l'aéroport M'Poko de Bangui, pour six mois, pas plus. À Bruxelles, les diplomates et les politiques avancent en privé une série de maladresses commises à Paris: le péché d'orgueil de l'état-major qui pensait régler l'affaire aussi vite qu'au Mali, une opération lancée en solo qui débouche sur un appel à l'aide juste avant Noël et, pour finir, de grands alliés qui détournent le regard sur ce qui s'impose chaque jour comme un bourbier humanitaire. Un responsable s'interroge: «Qui, aujourd'hui, a vraiment envie d'aller en Centrafrique?»

Lu pour vous : Centrafrique : la France trouve des alliés à l'est et au nord de l'UE

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 00:51

 

 

 

 

 

http://www.atlasinfo.fr/  Jeudi 13 Février 2014 modifié le Jeudi 13 Février 2014 - 22:13

 

Le président français François Hollande a demandé jeudi au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon "d'accélérer" l'envoi de Casques bleus en Centrafrique, alors que sur le terrain la situation s'envenime en dépit de la présence des troupes françaises

 

"Le Conseil de sécurité a fixé un mandat clair, qui doit être mis en oeuvre rapidement et fortement. Il s'agit notamment d'accélérer la préparation d'une opération de maintien de la paix, en partenariat étroit avec l'Union africaine", a indiqué la présidence française dans un communiqué à l'issue d'un entretien téléphonique avec M. Ban. 


M. Hollande n'a pas fait mention d'éventuels renforts français, alors que M. Ban avait demandé mardi à la France "d'envisager de déployer des troupes supplémentaires en Centrafrique" dans le cadre de son opération militaire visant à tenter de stabiliser un pays en proie au chaos et à des violences interconfessionnelles. 


"Il s’agit aussi de restaurer l’autorité de l’Etat, sous la présidence de Mme Samba-Panza et d’aider le gouvernement centrafricain à préparer les élections. Enfin, la commission d’enquête internationale doit entamer ses travaux sans délai, pour rendre compte des exactions et lutter contre l’impunité", ajoute-t-on de même source. 

Centrafrique: Hollande demande à Ban "d'accélérer" l'envoi de Casques bleus

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 00:48

 

 

 

 

GuineeConakry.info  13.02.2014 00:28

 

Il était temps ! Serait-on tenté de dire, à propos de la décision des nouvelles autorités centrafricaines et de la communauté internationale de dire enfin, stop aux milices anti-balaka. En effet, depuis que la violence s’est à la fois généralisée et systématisée dans la crise en RCA, ce groupe d’hommes armés hétéroclites, a commis trop de crimes et autres types de violation des droits humains; mais en face, ils n’avaient trouvé aucune résistance. Particulièrement hostile à Michel Djotodia pour son incapacité à faire valoir son autorité parmi ses propres hommes, tout le monde indexait davantage les ex-Séléka comme principaux responsables du mal centrafricain de ces derniers mois. Peut-être, sans nécessairement le vouloir, la communauté internationale notamment, par cette attitude, confortait les anti-balaka dans leur argument, selon lequel leur existence se justifiait par la défense des populations (chrétiennes), soumises aux sévices et exactions de la part de la rébellion de Djotodia. Mais avec le temps, on se rend compte que le remède qu’ils se voulaient être, est pire que le mal lui-même ! D’où cette dernière levée de bouclier à leur encontre..

 

Ceci étant, une mise en garde avait été lancée quand il fallait. Dans son approche qui a consisté à désarmer tout d’abord les rebelles ex-Séléka, l’opération Sangaris avait péché.

 

La communauté musulmane du pays et certains analystes avaient estimé que cette démarche relevait d’un parti pris, dont les conséquences pouvaient se révéler extrêmement dangereuses. Mais ils n’avaient point été écoutés. N’empêche, mieux vaut tard que jamais ! On peut se réjouir de l’unanimité qui caractérise la prise de position des principales parties prenantes dans la crise centrafricaine, au sujet des anti-balaka. Ne pas le faire aurait certainement signifié se rendre complice d’une situation d’autant plus calamiteuse qu’elle pourrait déboucher sur un génocide.

 

En effet, ces derniers temps, s’autoproclamant de fait maîtres du pays, les miliciens anti-balaka ciblaient systématiquement les populations musulmanes et leurs biens. Ceux d’entre les Centrafricains se réclamant de la religion de Mahomet, qui n’avaient pas réussi encore à fuir au Cameroun, au Tchad ou dans l’extrême nord du pays, étaient traqués comme des bêtes sauvages. A leurs trousses, il y avait des hommes arborant des tenues aussi tarabiscotées que colorées, armés de machettes, fusils de chasse ou de PMAK. Ceux qui avaient le malheur de se faire prendre étaient littéralement découpés par leurs bourreaux. Quelque fois, les cadavres étaient laissés sur place et s’y décomposaient. D’autre fois, les auteurs poussaient leur barbarie jusqu’à jeter le corps dans un brasier allumé avec les biens de ces mêmes musulmans que les badauds et autres pilleurs n’avaient pas pu emporter. Horrible.

 

Quasiment le même sort était administré aux personnalités qui osaient ouvertement dénoncer le climat de terreur ainsi instauré. A ce rythme, il n’y avait que deux issues : la disparition de la communauté musulmane ou la partition de facto du pays. Et c’est conscientes du caractère inacceptable d’aucune de ces issues que les autorités centrafricaines et la communauté internationale ont décidé de dire à l’unisson que "TROP C’EST TROP !".

 

Sauf qu’il faudra certainement aller au-delà du simple discours. En effet, entre temps, certaines factions des ex-Séléka ont eu le temps de prendre confiance. Ces éléments, se croyant désormais invincibles, n’entendent pas plier aussi facilement. Ils préfèrent se soumettre à l’épreuve de force que les troupes étrangères brandissent. 

 

Au-delà d’une confiance ordinaire, on serait bien avisé de chercher à comprendre les raisons profondes d’une telle lucidité de la part de membres d’une milice formée sur le tas et à la hâte. En tout cas, la dimension nationaliste du mouvement, ne doit pas en être l’unique raison. D’aucuns y voient la main cachée du général Bozizé. A tort ou à raison ?

     

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

Lu pour vous : CENTRAFRIQUE : Les anti-balaka, seuls contre tous

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 00:46

 

 

 

 

 

13/02/2014 à 17:22 Par Jeune Afrique

 

Une fosse commune contenant au moins six cadavres a été découverte mercredi par les soldats de la Misca. Un charnier contenant trente corps avait déjà été découvert, le 24 décembre.

 

Les soldats de la Misca (la Mission africaine en Centrafrique) ont fait, mercredi 12 février une nouvelle découverte macabre en plein cœur de Bangui : une fosse commune contenant au moins six cadavres dans une caserne du quartier des 200 Villas, jadis utilisée par des combattants de l'ex-Séléka.

 

Antoine Mbao Bogo, responsable local de la Croix-Rouge, a confirmé l'existence d'une fosse commune dans cette caserne. "Au moins six corps en état avancé de décomposition ont été retrouvés sous une dalle de béton et il n’était pas immédiatement possible d’identifier les victimes", a-t-il dit à Associated Press.

 

"Corps mutilés"

 

Un colonel rebelle toujours présent dans la région, Mahamat Aboubacar, a nié toute responsabilité et refusé de commenter l’affaire plus avant.

 

Un charnier contenant trente corps avait déjà été découvert, le 24 décembre, à quelque 300 mètres du QG de la Séléka (le camp de Roux), sur les hauteurs de Bangui. Jetés dans un ravin, situé sur la colline dite des Panthères, certains de ces cadavres avaient été retrouvés les mains ligotées, d’autres mutilés "à l’arme blanche", vraisemblablement torturés, avait indiqué le procureur de la République, Ghislain Grésenguet.

 

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a annoncé le 7 février que son bureau allait examiner les exactions commises en Centrafrique, pays signataire du Statut de Rome.

Lu pour vous : Centrafrique : une nouvelle fosse commune découverte à Bangui

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 00:43

 

 

 

 

 

avec AFP  le 12 février 2014 à 10h20

 

Alors que les milices continuent à faire régner la terreur, le ministre de la Défense est à Bangui ce mercredi pour affirmer que la France ne laissera pas les exactions continuer.

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Depuis le 5 décembre et le début de l'intervention française, c'est la 3e fois que Jean-Yves Le Drian se rend en Centrafrique. Objectif : montrer la détermination de la France à stopper les violences interconfessionnelles, qui n'ont pas cessé malgré le déploiement des forces internationales.

 

 Avant son arrivée, le ministre de la Défense a affirmé être prêt à mettre fin aux violences, "si besoin par la force". "Il faut que l'ensemble des milices qui continuent aujourd'hui à mener des exactions, à commettre des meurtres, arrêtent", a-t-il mardi lors d'une visite au Congo. Dans cette optique, il autorise donc les forces françaises à "appliquer les résolutions des Nations unies, si besoin par la force". Son message est identique pour les soldats africains.

 

Le cri d'alarme d'Amnesty

 

De son côté, Amnesty International interpelle l'opinion internationale sur le "nettoyage ethnique" de civils musulmans par les milices chrétiennes dans l'ouest du pays.

 

L'ONG souligne que les forces internationales ne "parviennent pas à empêcher" ces vengeances, consécutives aux massacres commis par les anciens rebelles de la Séléka entre mars et décembre 2013.

Centrafrique : à Bangui, Le Drian tape du poing sur la table contre les milices

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 14:56

 

 

 

 

RCA. "On assiste impuissant à l'exode forcé" des musulmans

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/   13-02-2014 à 11h39  Par Céline Lussato

 

 

"J'ai vu le dernier convoi se mettre en route à Bozoum. On assiste impuissant à cet exode forcé, c'est très dur." Delphine Chedorge, MSF, raconte.

 

Alors que la Centrafrique s'enfonce un peu plus dans le chaos, Delphine Chedorge, coordinatrice d'urgence à Médecins sans Frontières en poste à Bangui raconte la détresse de la population, la "violence intercommunautaire générale", la fuite des populations...

 

MSF a des terrains d'opération dans toute la RCA, vous êtes en quelque sorte les témoins privilégiés de la situation dans le pays. Que se passe-t-il ?

 

- Effectivement, nous sommes des témoins privilégiés des passages de groupes armés et des fuites de populations. On a mis en place dans la majeure partie du pays un maillage de structures de santé, car les personnels de santé ont dû fuir, pour soigner les victimes de maladies courantes ou gérer les afflux de blessés lors des pics de violence. On essaye d'être présents sur les routes pour faire les distributions aux populations évanouies en brousse dont les villages ont été brûlés et ils sont assez nombreux.

 

 Avec l'opération Sangaris, on a l'impression d'un changement de rapports de force, les populations musulmanes semblent désormais plus visées par les exactions… qu'en est-il ?

 

- Il y a un véritable exode massif des populations musulmanes. Mais il faut faire attention à ne pas tomber dans un schéma simpliste. On parle d'actions des "anti-balakas" mais c'est un terme très vague qui ne recouvre pas la complexité de la situation. On est en fait aujourd'hui dans des violences intercommunautaires générales. On ne parle pas là d'exactions de groupes armés organisés mais bien plus d'une cassure profonde dans la société : les populations musulmanes sont ciblées mais les populations chrétiennes sont aussi victimes de pillages et de harcèlement. L'état de chaos qui prévaut aujourd'hui suite aux derniers coups d'Etat entraîne une circulation d'hommes en arme dans tout le pays, qui harcèlent toute la population. Oui, la population musulmane est la plus ciblée et a organisé son exode massif : on voit des camions venir chercher les gens dans toutes les villes du pays. J'ai vu le dernier convoi se mettre en route à Bozoum. On assiste impuissant à cet exode forcé, c'est très dur. C'est un phénomène exceptionnel, très triste. Nous perdons nos collègues, c'est déchirant. Un jour l'un nous dit avoir mis sa famille à l'abri, quelques jours après c'est lui qui n'est plus là. Nous assistons à une fracture du pays.

 

Beaucoup partent vers le Tchad mais certains partent aussi vers le Cameroun, la RDC ou le Congo-Brazza, en fonction des villes où ils se trouvent. Et puis certains pays comme le Sénégal ont organisé le rapatriement de leurs ressortissants.

 

A quel type de maladies et de blessures avez-vous affaire ?

 

- Ce qu'on voit surtout dans nos centres médicaux, ce sont des blessures dues à des armes à feu, à des armes blanches, à des grenades… et quand on parle d'armes blanches on parle de combats d'homme à homme mais aussi d'attaques sur des civils quels qu'ils soient : hommes, femmes, enfants.

 

On voit des plaies par balles classiques. Le dernier afflux de blessés que j'ai vu à Bozoum était dû essentiellement à des plombs, des grenades mais aussi des armes blanches. Même si on sait qu'il y a des armes plus élaborées, voilà ce qui se voit en majorité. On reste sur des violences communautaires, des hommes qui se soulèvent ou se défendent et ont donc plutôt des armes traditionnelles.

 

 Qu'entraînent ces fuites de populations ?

 

- Cela crée un problème fondamental en termes d'accès aux personnes. Les soins de santé sont d'ores et déjà moins disponibles en raison de l'insécurité. Les populations sont en brousse et donc bien plus victimes de notamment de paludisme avec les moustiques, mais aussi de diarrhées parce qu'elles boivent l'eau des marigots. Et les populations qui partent en exode dans des conditions de transport abominables sont particulièrement exposées. La situation humanitaire au global est vraiment catastrophique.

 

La petite saison des pluies va commencer dans un mois et, en juin, il y aura la grande saison avec ses taux de paludisme encore plus élevés. Et les conditions de vie des déplacés dans les camps, qu'ils soient chrétiens ou musulmans, vont encore s'aggravées. Ces pluies tropicales sont absolument terribles, les gens restent debout la nuit dans les camps, ils sont dans la boue, il fait froid, c'est vraiment abominable, surtout dans l'Est qui devient un immense marécage.

 

Le pays se prépare à des mois extrêmement compliqués. Les situations sécuritaire et humanitaire s'annoncent mal. Les approvisionnements sont devenus tellement compliqués ! Comment va-t-on faire sans essence pour faire tourner les générateurs pour fabriquer de l'eau potable ? Les produits de base vont être en rupture complète. C'est catastrophique.

 

 Comment palier ces manques ? Y-a-t-il des solutions ?

 

- Il manque un investissement des bailleurs de fonds et de la communauté internationale pour enfin mettre des moyens. Il n'y avait, par exemple, pas de réserves de nourritures à distribuer aux déplacés. Cela commence un peu à arriver puisqu'un premier avion du PAM vient d'arriver, mais il y a un retard des grandes institutions qui est scandaleux. Certes, lorsqu'on est face à un pays sans Etat, réinstaller des structures est compliqué et les bailleurs ne sont pas rassurés. Mais la population de ce pays est victime d'un immense désintéressement international. Nous, on déploie beaucoup de structures sanitaires mais on a du mal à avoir du relai. On ne peut pas demander aux ONG de remplacer les institutions étatiques. Beaucoup d'ONG sont prêtes à intervenir mais attendent des financements. Les humanitaires ne sont pas ciblés par les groupes armés ou les populations, on est respecté. Mais nous avons besoin de l'attention de la communauté internationale pour faire notre travail.

 

Et puis, nous attendons un déploiement militaire international plus important. Non pas pour nous, les humanitaires, mais pour les populations. Parce que la seule chose qui peut diminuer les violences intercommunautaires, c'est le déploiement d'une force d'interposition.

 

Propos recueillis mercredi 12 février par Céline Lussato – Le Nouvel Observateur 

 

 

Centrafrique. « La guerre » aux anti-balaka est déclarée

 

   13 février 2014 à 07h22

 

Ce mercredi, la présidente centrafricaine par intérim Catherine Samba Panza a promis «la guerre» aux miliciens anti-balaka, qui multiplient les exactions contre les civils musulmans qui cherchent à fuir le pays.

 

« Les anti-balaka (milices d'autodéfense à dominante chrétienne), on va aller en guerre contre eux. (Ils) pensent que parce que je suis une femme, je suis faible. Mais maintenant les anti-balaka qui voudront tuer seront traqués », a déclaré Catherine Samba Panza, devant les habitants de Mbaïki (80 km au sud-ouest de Bangui), lors d'une visite en compagnie du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Ces propos offensifs font écho aux déclarations menaçantes tenues ces derniers jours par Jean-Yves Le Drian et les commandants des contingents français et africain en Centrafrique, qui visaient directement les miliciens et les pillards sévissant en toute impunité. « Les anti-balaka ont perdu le sens de leur mission. Ce sont eux qui tuent, qui pillent, qui volent. Est-ce que c'est normal ? », a martelé la présidente, tout en récusant le terme de « nettoyage ethnique » utilisé par Amnesty International pour décrier la crise.


Risque de partition 


La Centrafrique a sombré dans le chaos depuis le coup d'État, en mars 2013, de Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Séléka à dominante musulmane. Devenu président, il a été contraint à la démission par la communauté internationale, le 10 janvier, pour son incapacité à empêcher les tueries entre ex-Séléka et milices anti-balaka, qui ont entraîné un exode de civils musulmans, essentiellement vers le Tchad et le Cameroun voisins.

 

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, s'est ému, mardi, du risque d'une possible partition du pays, après des mois de violences interreligieuses. D'anciens responsables de la Séléka avaient déjà fait état publiquement de leur volonté sécessionniste depuis les confins nord-est du pays, majoritairement peuplés de musulmans, qui échappent depuis des années au contrôle d'un État centrafricain en état de quasi-faillite permanente. Une possibilité totalement écartée, hier, par Jean-Yves Le Drian.

Centrafrique. « La guerre » aux anti-balaka est déclarée

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 14:53

 

 

 

 

 

Mbaiki (Centrafrique) (AFP) - 13.02.2014 12:49 - Par Anne LE COZ

 

Tous deux sont nés et ont grandi à Mbaïki, à 80 kilomètres au sud-ouest de Bangui. Le premier est préfet et chrétien. Pendant des mois, il a résisté aux menaces et intimidations des rebelles qui occupaient sa ville et est resté. Le second est adjoint au maire, musulman, et à son tour, il refuse de partir.

 

"Je suis musulman, je suis né ici, ma mère, ma femme aussi, j'ai fait des enfants ici. Je ne partirai pas", assure d'une voix ferme Saleh Dido, un géant de 46 ans, qui a piqué sur son costume un badge "adjoint au maire". "Quand j'ai pris mes fonctions il y a cinq ans, j'ai juré de travailler pour mon pays. Une fois que j'ai juré, je me suis engagé devant Dieu!", explique-t-il.

 

Comme d'autres villes, Mbaïki s'est vidée, du jour au lendemain, de ses musulmans poussés à l'exode sous la pression de milices d'autodéfense majoritairement chrétiennes, les anti-balaka, avides de revanche après dix mois passés sous la férule de l'ex-rébellion à dominante musulmane, la Séléka.

 

Le 6 février, plus de 2.500 musulmans de Mbaïki ont embarqué à bord de camions militaires tchadiens pour être évacué vers un pays que beaucoup ne connaissaient pas. Aujourd'hui, il ne reste plus qu'une vingtaine de familles musulmanes, une centaine de personnes.

 

Pourtant, témoigne le préfet Alexandre Kouroupe-Awo, Mbaïki "a eu de la chance jusqu'ici". "Bien sûr, il y a eu des exactions mais à moins grande échelle que dans les communes alentour, où il y a eu des dizaines de morts, des centaines de cases brûlées".

 

Le préfet, 55 ans, taille moyenne, cheveu ras, rare représentant de l'administration centrale dans l'intérieur du pays, a le courage modeste.

 

"Je n'ai pas voulu partir. Je pensais que je pouvais résister malgré les menaces ici ou là. Je ne pouvais pas abandonner la population", explique-t-il.

 

"Les Séléka, j'allais les voir, j'ai réussi à certains moments à imposer mon point de vue mais je ne pouvais pas m'éloigner trop de la ville, car dès que j'avais le dos tourné, les exactions commençaient", dit-il.

 

- "Ils se léchaient déjà les babines" -

 

Fin janvier, le cauchemar semble terminé. Les Séléka évacuent Mbaïki, "sur la pointe des pieds, sans faire de dégâts", dans la foulée de la démission de leur chef, le président Michel Djotodia, raconte le préfet: mais, "dès le matin, on a vu arriver les anti-balaka qui se léchaient déjà les babines...".

 

"Heureusement, les soldats français sont arrivés très vite et on a passé un accord avec les anti-balaka pour qu'ils n'entrent pas en force dans la ville. Je suis allé voir leurs chefs, ils n'étaient pas d'ici mais j'ai discuté avec eux comme j'avais discuté, avant, avec les Séléka, et ils m'ont écouté", ajoute-t-il.

 

Aujourd'hui, Mbaïki reste sous la protection de soldats congolais de la force africaine (Misca), et d'une vingtaine de policiers et gendarmes centrafricains, sans armes ni même uniformes.

 

Mais les anti-balaka "ne sont pas loin", dit Saleh Dido: "sous les Séléka, j'ai été attaché, frappé... Ils disaient que j'étais un maire de (François) Bozizé", le président renversé en mars 2013 par la rébellion. "Aujourd'hui, on me menace, on cherche à m'intimider: ils disent que je suis un Séléka!", dit-il, sans se départir d'un grand sourire.

 

"Mon magasin a été pillé mais je ne vais pas mentir: je ne sais pas par qui, je n'ai pas vu. Ma femme a peur mais je lui ai dit: dans ce monde, il faut résister".

 

"Je suis triste que les musulmans soient partis mais ils reviendront, assure-t-il. Les trois quarts sont nés ici. Ils ne connaissent pas le Tchad. Ils ont tout quitté pour rien!".

 

Désormais, le préfet veut réunir la population: "Il faut qu'on décide de comment on peut faire. Ici, les habitants sont surtout des paysans, ce sont les musulmans qui tenaient les commerces. Il faut tout remettre en route, les fonctionnaires doivent reprendre le travail même s'ils ne sont pas payés, il faut rouvrir l'école..."

 

Malgré la confiance affichée, le préfet a laissé sa famille à Bangui: "comme ça, si ça chauffe, je pourrai partir en courant, tout seul".

 

© 2014 AFP

Centrafrique: à Mbaïki, rester, c'est résister

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Centrafrique-Presse.com
13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 14:48

 

 

 

 

 

 

http://www.slateafrique.com/   13/02/2014 à 9:54

 

La situation dans le pays ne s'améliore pas et l'intervention française patine.

 

 L’opération française Sangaris semble enfin décidée à mettre hors d’état de nuire les principaux fauteurs de troubles en RCA. En tout cas, le message du chef de cette opération, le général Francisco Soriano, est on ne peut plus clair:

 

«Les anti-balaka sont les principaux ennemis de la paix et on ne doit pas les cantonner mais les chasser comme ce qu’ils sont, c’est-à-dire des hors-la-loi, des bandits.»

 

Même si le coordonnateur de la milice mise en cause, Edouard Patrice Ngaissona, qualifie les propos du général Francisco Soriano d’irresponsables, les faits sur le terrain lui donnent tort. Qu’on ne s’y trompe pas: les anti-balaka ne sont pas des libérateurs encore moins des patriotes. Ils ne sont que de simples bandits qu’il convient de châtier.

 

Obstacles à la paix

 

Combien de Centrafricains, notamment musulmans, ont fui et continuent de fuir le pays? Combien de familles ont été endeuillées par ces hommes sans foi ni loi? Ni l’appel de la présidente de transition, Catherine Samba-Panza, ni les supplications de la société civile et des communautés religieuses centrafricaines, n’ont réussi à leur faire déposer machettes et fusils.

 

Certes, les anti-balaka ne sont pas les seuls à troubler la paix en RCA, car il y a aussi la Séléka dont certains éléments sèment la désolation. Mais les premiers sont actuellement les véritables obstacles à la paix. Pour se donner les chances d’endiguer un mal, il faut d’abord pouvoir bien le diagnostiquer et si l’opération Sangaris a identifié les anti-balaka comme les germes de l’insécurité, de la haine inter-religieuse, c’est qu’elle a suffisamment d’éléments de preuve.

 

A-t-on besoin d’ailleurs de consulter un charlatan pour savoir que les anti-balaka ont commis des massacres à grande échelle à Bangui? Cette barbarie n’a que trop duré et il est temps d’y mettre fin. Il est vraiment temps de siffler la fin de la recréation car les Centrafricains ont au plus vite besoin de retrouver la paix et la stabilité.

 

Mais il aurait été encore mieux que cette mise en cause formelle des anti-balaka vienne du gouvernement centrafricain, pour éviter que des individus de mauvaise foi n’accusent l’opération Sangaris d’avoir pris parti.

 

Prudence coupable

 

Certes, on comprend que les membres du gouvernement, face à la situation actuelle, se soient retenus de faire une telle déclaration de peur de subir le même sort que le parlementaire qui a été lâchement assassiné par les anti-balaka parce qu’il a eu le courage de dénoncer l’ampleur de la violence dans son pays. Mais l’opération Sangaris à elle seule peut-elle siffler la fin de la récréation en RCA?

 

Ces anti-balaka, dont le mentor n’est autre que l’ancien président François Bozizé, sont devenus une sorte de monstre immaîtrisable. La situation actuelle recommande que ce dernier, qui se la coule douce quelque part à l’étranger, sorte de son silence. On se rappelle qu’il avait, depuis son exil, appelé ses partisans à résister par tous les moyens et c’est malheureusement ce qu’ils sont en train de faire. Il serait donc bon qu’il ordonne à ces forces du mal d’arrêter cette violence, si tant est qu’il ait encore une emprise sur eux. Car, on le sait, ces derniers ont désormais des ambitions politiques. Du reste, le fait qu’ils sont dans le gouvernement, pourrait les amener à ne plus se plier aux injonctions de leur maître d’hier (...).

 

Dabadi Zoumbara

 

Cet article a d’abord été publié dans Le Pays

 

Centrafrique : les troupes françaises ne sont pas là pour protéger la population

 

Lutte Ouvrière n°2376 du 14 février 2014  http://www.lutte-ouvriere-journal.org/

 

Dans le dernier numéro de leur journal Le pouvoir aux travailleurs, nos camarades de l'Union Africaine des Travailleurs Communistes Internationalistes (UATCI-UCI) dénoncent l'intervention militaire en Centrafrique. Bien loin d'avoir rétabli la sécurité, les soldats français assistent en spectateurs aux exactions, et à la fuite désespérée de la partie musulmane de la population, accusée en bloc d'avoir soutenu les milices de l'ex-Séléka qui faisaient régner la terreur à Bangui.

 

Loin de mettre fin à la violence des bandes armées qui terrorisent les populations, les troupes françaises ne font que de « l'interposition », c'est-à-dire qu'elles n'interviennent pas pour désarmer les bandes armées et mettre fin à leurs violences envers les populations mais seulement pour faire de la « dissuasion ». Cela rappelle beaucoup les pratiques des casques bleus de l'ONU lors de la guerre civile en Côte d'Ivoire. Ils ne faisaient que regarder les massacres s'opérer devant eux sans secourir les populations victimes.

 

C'est ainsi qu'en Centrafrique, alors que les soldats français sont en place depuis longtemps et sont armés jusqu'aux dents, ils assistent presque les bras croisés à des tueries, des massacres et des pillages sans lever le petit doigt ; c'est ainsi aussi que dans l'indifférence totale, ils laissent crever de faim, de soif et de manque de médicaments, des réfugiés qui ont trouvé refuge dans un terrain vague, près de l'aéroport, non loin du lieu où s'est établi le contingent des troupes françaises.

 

La nouvelle présidente, Catherine Panza a cru que, en lançant un appel à la réconciliation et en mettant en garde les miliciens des deux bords, son message allait être entendu. Force est de constater que la situation ne fait plutôt qu'empirer. Car lorsque le sang a coulé, que les gens n'ont pas encore fini d'enterrer leurs morts, de les pleurer, et que les rancoeurs et l'esprit de vengeance animent encore les coeurs, il est difficile de demander aux populations de pardonner, de se réconcilier.

 

À Bangui, c'est toujours le chaos. Des miliciens, du nom de « anti-balaka », partisans du président déchu Bozizé, et des ex-Séléka, rebelles favorables à Djotodia, président démissionnaire, continuent de s'affronter, même si ces affrontements ont diminué d'intensité. Tous les jours on découvre de nouveaux cadavres. Les exactions et les pillages continuent, des populations fuient vers des camps de déplacés ou vers des pays voisins, le Tchad surtout.

 

En province, des éléments de l'ex-Séléka, qui ont fui Bangui avec leurs armes, sèment la terreur et la mort. L'insécurité qui régnait dans la capitale a gagné l'intérieur du pays : tueries, pillages, exactions, viols. Les populations de ces villes ont commencé à fuir, les unes vers la brousse, les autres vers des institutions religieuses.

 

Des troupes françaises, entraînant dans leur sillage des soldats africains de la MISCA, ont quitté Bangui pour la province, faisant croire que c'était pour affronter les ex-Séléka. Loin de faire régner la paix, les troupes françaises ne font que s'enfoncer, chaque jour un peu plus, dans le bourbier centrafricain.

 

Que des gens continuent de mourir, que des milliers de personnes continuent de fuir, ce n'est pas le souci des dirigeants français. Ce qui compte pour eux c'est d'être présents (comme depuis des dizaines d'années) en Centrafrique pour permettre à leurs capitalistes d'exploiter les ressources naturelles et la main-d'oeuvre locale.

 

Centrafrique : la présidente prête à «aller en guerre» contre les anti-balaka

 

AFP 12 FÉVRIER 2014 À 15:14

 

De son côté, et pour faire face à la crise alimentaire qui touche le pays, le Programme alimentaire mondial a mis en place un pont aérien depuis le Cameroun. Une opération «assez exceptionnelle», «plus importante que pour la Syrie ou les Philippines».

 

La présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba Panza, a affirmé mercredi vouloir «aller en guerre» contre les milices d’autodéfense anti-balaka, coupables de nombreuses exactions dans le pays, en particulier envers la communauté musulmane, devenue la cible de pillages et de lynchages quotidiens. «Les anti-balaka, on va aller en guerre contre eux. (Ils) pensent que parce que je suis une femme je suis faible. Mais maintenant les anti-balaka qui voudront tuer seront traqués», a-t-elle déclaré en sango, la langue nationale, devant les habitants de Mbaïki (80 km au sud-ouest de Bangui), lors d’une visite en compagnie du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

 

Lu pour vous : Centrafrique: Sangaris doit changer son fusil d'épaule

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 14:44

 

 

 

 

 

Cité du Vatican (AFP) - 13.02.2014 10:18

 

Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, a dénoncé jeudi la soif du pouvoir animant ceux qui poussent les jeunes des milices anti-balaka dans les actuels massacres de musulmans en Centrafrique, réaffirmant qu'on ne peut se dire chrétien et "tuer son frère".

 

"C’est la recherche du pouvoir, il faut avoir le courage de le dire! On ne se bat pas pour être plus proche de Dieu ou bien pour défendre sa foi. On se bat pour être au pouvoir. On se bat pour montrer qu’on est le plus fort", a-t-il dit sur Radio Vatican, dénonçant "les hommes politiques véreux" qui manipulent les jeunes.

 

"Les anti-balaka ont lancé une attaque et deux jours plus tard, j’ai écrit une lettre où j’ai été clair : je condamne les exactions ou les recours à la force comme moyens pour arriver au pouvoir".

 

"Tous ceux qui se disent chrétiens et qui sont dans ce groupe ne doivent pas croire qu’ils sont cohérents avec leur foi. On ne peut pas dire qu’on est chrétien et tuer son frère, le brûler, le détruire. On ne peut pas se dire chrétien et chasser son frère", a averti l'archevêque catholique.

 

"Je condamne les exactions et je dénonce aussi l’amalgame qui est fait autour de cette situation. L’imam, le pasteur et moi-même, nous parlons le même langage. Nous avons refusé de faire l’amalgame et nous demandons à ceux qui utilisent, qui manipulent les jeunes, d’être responsables au niveau national et au niveau international", a-t-il insisté.

 

L'imam de Bangui Oumar Kobine Layama a accompagné l'archevêque dans des démarches communes pour la paix.

 

La présidente centrafricaine de transition Catherine Samba Panza avait promis mercredi "la guerre" aux anti-balaka, qui multiplient les exactions contre les civils musulmans, tout en récusant le terme d'"épuration confessionnelle ou ethnique" utilisé par Amnesty International.

 

© 2014 AFP

Centrafrique: l'archevêque de Bangui dénonce la soif du pouvoir derrière les massacres

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