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20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 13:26
 Mahamat Déby Itno et Archange Touadera se parlent
 Mahamat Déby Itno et Archange Touadera se parlent

Lu pour vous

 

www.tchadinfos.com Christian Allahadjim 18 février 2022

 

Au second jour du sommet de l’Union européenne et l’Union africaine, le chef de l’Etat tchadien, Mahamat Idriss Déby et le président centrafricain, Faustin Archange Touadera ont eu un échange.

C’est la Présidence tchadienne qui a révélé la rencontre entre ces deux hommes d’Etat. Mahamat Idriss Déby et Faustin Archange Touadera ont échangé en marge du sommet UE-UA qui se tient à Bruxelles. Au menu de l’échange, le renforcement de la sécurité aux frontières des deux Etats voisins et les relations bilatérales. Aucun mot sur l’audio qui embrouille les deux Etats, à en croire la Présidence tchadienne.

LIRE AUSSI : Projet de coup d’Etat : le gouvernement estime que l’UFR de Timan Erdimi s’est exclu lui-même du pré-dialogue de Doha

Mais il faut souligner que cette rencontre intervient dans un climat de suspicion entre les deux Etats amis. En effet, un audio diffusé sur les réseaux sociaux incrimine le chef rebelle tchadien Timan Erdimi et Abdoulkassim Algoni Tidjani, un conseiller spécial du président Touadera. Le chef rebelle tchadien sollicitait de son interlocuteur son aide pour contacter le président centrafricain afin d’avoir l’appui du groupe Wagner pour renverser le régime de N’Djamena.

LIRE AUSSI : Edito : doit-on se préparer à la guerre ?

La diffusion de cet audio a amené le porte-parole du gouvernement tchadien, Abdramane Koulamallah, a déclaré : “On donne au gouvernement centrafricain le bénéfice du doute mais il est incontestable que les autorités centrafricaines doivent des explications au gouvernement tchadien“. Dans la journée du 17 février, le cabinet du président Touadera réagit à son tour. Dans son communiqué de démenti, le cabinet indique l’interlocuteur de Timan Erdimi n’est plus conseiller à la Présidence depuis un an. Qu’il n’est non plus ministre. La Présidence centrafricaine conclut en invitant les autorités de N’Djamena à travailler de concert pour lutter contre la criminalité transfrontalière.

 

« J'ai eu un entretien avec le Président de la République Centrafricaine, SEM. Faustin-Archange Touadéra. Notre échange a porté sur les efforts à déployer de part et d'autre en vue de renforcer la sécurité sur le long de notre frontière commune, ainsi que sur l'état de notre coopération bilatérale et au sein des organisations régionales notamment la CEMAC et la CEEAC. »

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20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 13:22
Des paramilitaires russes au Tchad?
Des paramilitaires russes au Tchad?

 

 

17 février 2022  AFP

La junte militaire au Tchad a accusé mercredi un chef rebelle de vouloir faire appel à des paramilitaires russes pour faire dérailler un processus de réconciliation nationale et renverser le pouvoir.

Timan Erdimi, le chef de l'Union des forces de la résistance (UFR), dont les colonnes qui fondaient sur N'Djamena en 2019 ont été stoppées grâce aux bombardements d'avions de l'armée française, est accusé d'avoir sollicité dans la Centrafrique voisine, où ils sont tout-puissants, l'aide de paramilitaires de la société privée russe Wagner.

Les autorités s'appuient sur une conversation téléphonique dont un enregistrement a fuité sur les réseaux sociaux, et impliquant selon elles M. Erdimi.

"Nous confirmons que c'est la voix de Timan Erdimi", a déclaré à l'AFP Abderaman Koulamallah, ministre de la Communication du gouvernement nommé par la junte au pouvoir depuis la mort du président Idriss Déby Itno.

Celui-ci a été tué au front en avril 2021 par des rebelles après avoir dirigé le pays d'une main de fer 30 années durant.

Le lendemain de sa mort, un de ses fils, le général Mahamat Idriss Déby Itno, prenait le pouvoir à la tête d'un Conseil militaire de transition (CMT) de 15 généraux, avant de se faire proclamer président et de dissoudre Parlement et gouvernement. Il a rapidement reçu un soutien international, notamment de la France, dont les troupes combattent les groupes islamistes armés au Sahel au côté de l'armée tchadienne, considérée comme le pilier régional de la coalition antijihadiste.

L'enregistrement incriminé par N'Djamena n'a pas pu être authentifié par l'AFP.

Selon M. Koulamallah, cette bande audio serait celle d'une discussion entre M. Erdimi, en exil au Qatar, et un "conseiller du président centrafricain Faustin Archange Touadéra" à qui le chef de l'UFR demandait de réclamer aux "Russes" de venir l'aider au Tchad "à chasser Mahamat (Déby) et la France".

"Erdimi veut la guerre"

En Centrafrique, l'ONU et la France accusent les "mercenaires" de Wagner - soutien du chef de l'Etat contre les rebelles - d'avoir fait main-basse sur le pays et de se rendre coupables de violations des droits de l'Homme.

M. Erdimi, sollicité par téléphone par l'AFP, a refusé de commenter, assurant d'abord vouloir "consulter" l'état-major de l'UFR.

A Bangui, le gouvernement a assuré que le "conseiller" du président Touadéra cité par N'Djamena avait été limogé de ce poste il y a un an. "Ce Monsieur essaie peut-être de se prévaloir de cette ancienne fonction pour servir ses intérêts", a commenté pour l'AFP Albert Yaloke Mokpeme, porte-parole de la Présidence.

Ces accusations surviennent alors qu'un dialogue national avec l'opposition politique et armée, auquel tous les chefs rebelles ont été invités par Mahamat Déby, y compris M. Erdimi qui est son cousin, a été repoussé de trois mois, au 10 mai.

Promis par la junte ce processus est censé déboucher sur "des élections libres et transparentes".

"Je constate que Timan Erdimi veut la guerre, il cherche à introduire des forces étrangères au Tchad (...), il s'exclut lui-même du dialogue", a estimé M. Koulamallah.

Au Conseil national de transition, le parlement désigné par la junte, des députés ont invoqué les propos prêtés à M. Erdimi pour réclamer mercredi un nouveau report, voire une annulation du pré-dialogue avec les groupes rebelles prévu le 27 février au Qatar. "Des acteurs en dehors du pays s'agitent pour perturber le dialogue", a accusé devant les députés Souleyman Abakar Adam, ministre de la Sécurité publique.

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20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 13:20
Un expert de l’ONU accuse les mercenaires russes d’entraver des enquêtes

 

 

 (Bangui) 18 février AGENCE FRANCE-PRESSE Un expert indépendant des Nations unies a accusé vendredi les autorités centrafricaines et les paramilitaires russes « d’entraver systématiquement le travail des enquêteurs » et dénoncé « les exactions des alliés russes contre les populations » lors d’une conférence de presse.

Cette semaine, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait une nouvelle fois mis en évidence dans un rapport les exactions commises en Centrafrique par les forces nationales et leurs soutiens étrangers, une allusion aux paramilitaires du groupe privé russe Wagner.

Mercenaires du groupe Wagner

« Il y a des blocages de la part des alliés russes » empêchant l’ONU d’« accéder aux lieux où des violations auraient été commises » ou même accomplir ses « tâches régulières », a expliqué Yao Agbetse, avocat des droits de l’homme et enseignant-chercheur originaire du Togo, à la suite d’une visite d’une semaine dans le pays.

« Cela peut laisser supposer que les entités qui procèdent ainsi ne veulent pas la manifestation de la vérité, et cela est inacceptable ». « Nous avons dit aux autorités qu’il est important de tracer une ligne rouge que les alliés ne peuvent pas franchir », a-t-il également assuré.

Dans son rapport remis mardi au Conseil de sécurité, qui couvre une période allant d’octobre à février, Antonio Guterres revient sur une opération menée en janvier près de Bria, à 600 km au nord-est de Bangui, par l’armée centrafricaine et des paramilitaires russes.  

Menée contre des rebelles présumés entre le 16 et le 18 janvier, elle a entraîné « la mort de 17 civils » et un déplacement de population, indique-t-il, sans autre détail.

Antonio Guterres indique aussi qu’à trois reprises en janvier, la Mission des Nations Unies en Centrafrique (Minusca) s’est vue interdire d’accès par l’armée centrafricaine et d’« autres personnels de sécurité », « sous prétexte que les sites étaient privés ».

La Minusca compte environ 15 000 militaires et policiers, dotés d’un budget annuel d’environ un milliard de dollars.

Fin décembre 2020, une coalition de plusieurs des groupes armés qui contrôlaient alors plus des deux tiers de la Centrafrique avait lancé une offensive en direction de Bangui pour renverser le président Faustin Archange Touadéra à la veille de la présidentielle.

Le chef de l’État, à peine réélu, a alors appelé Moscou à la rescousse de son armée démunie et mal entraînée et des centaines de paramilitaires russes étaient venus s’ajouter à de nombreux autres présents depuis trois ans. Des combattants de Wagner, selon l’ONU, des « instructeurs non armés » assure Moscou.

Depuis, les Forces armées centrafricaines (FACA) et leurs alliés ont regagné la majeure partie du territoire, poussant les rebelles hors des villes et de leurs principaux bastions. Ces derniers mènent aujourd’hui des actions furtives de guérilla contre les forces de sécurité et les civils.

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20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 13:17
Onu / RCA : encore une Rwandaise comme nouvelle patronne de la Minusca ?
Onu / RCA : encore une Rwandaise comme nouvelle patronne de la Minusca ?

 

Lu pour vous

 

Nations unies : qui sera la nouvelle patronne de la Minusca ?

 

Pour remplacer Mankeur Ndiaye à la tête de la mission de l’ONU en  Centrafrique, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres,  s’apprête à désigner une diplomate rwandaise.

Alors que le mandat du chef de la mission des Nations unies en  Centrafrique (Minusca), Mankeur Ndiaye, arrive à son terme le 28  février, le Conseil de sécurité est dans la dernière ligne droite pour  lui trouver un successeur. C’est quasiment chose faite : le nom de  l’actuelle représentante du Rwanda à New York, Valentine Rugwabiza, a  été soumis aux cinq Etats membres permanents par le secrétaire général  adjoint du Département des opérations de paix (DOP), Jean-Pierre  Lacroix. Seule la Chine n’a pas encore donné son aval, mais devrait le  faire dans les tout prochains jours.

Ancienne directrice générale adjointe de l’Organisation mondiale du  commerce (OMC) et toujours membre du cabinet du président rwandais, Paul  Kagame, la diplomate présente un profil à même de satisfaire à la fois  Paris – elle est parfaitement francophone – mais aussi Washington,  Moscou et Pékin.

Elle devrait rejoindre Bangui fin mars. En attendant sa prise de  fonction, Mankeur Ndiaye devrait jouer les prolongations durant quelques  semaines. En poste depuis février 2019, il n’a pas souhaité solliciter  un mandat supplémentaire à la tête de la Minusca (AI du 26/01/22). Il se  rendra par ailleurs à New York le 22 février, où il présentera le  rapport du secrétariat général concernant la RCA au Conseil de sécurité,  prélude à une visite de Jean-Pierre Lacroix à Bangui du 25 au 28  février.

OPA du Rwanda sur la Minusca

Si elle se confirme, la nomination de Valentine Rugwabiza  consacrerait la montée en puissance du Rwanda au sein de la mission. La  composante « police » est ainsi dirigée depuis le mois de juin 2021 par  le général Christophe Bizimungu, ex-commandant de l’école de police du  Rwanda et membre du conseil d’administration de la police du pays. Il  avait alors remplacé le Français Pascal Champion. Le bureau de  coordination humanitaire est géré quant à lui par le Rwandais Vedaste  Kalima depuis janvier 2021.

Présent dès 2014 avec 450 hommes, avant la création de la mission, le  contingent rwandais est devenu récemment le plus important de la  mission, surpassant les casques bleus pakistanais et bangladeshis. Selon le dernier décompte officiel daté de novembre, il compte désormais 1 660 soldats et 459 policiers rwandais. Au moins 250 nouveaux soldats devraient arriver au cours des prochaines semaines. Ce sont eux également qui assurent la protection de la présidence centrafricaine depuis 2015.

 

Source : Africa Intelligence du 18 février 2022

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20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 13:14
Charles Millon: « La politique étrangère d’Emmanuel Macron est illisible »

 

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com/ Nicolas Beau 17 février 2022

 

Charles Millon, ancien ministre de la Défense de Jacques Chirac, revient pour Mondafrique sur les neufs ans d’intervention militaire de la France au Mali. Comment expliquez-vous l’échec de l’intervention française au Mali ?

Charles Millon. Pour comprendre la situation actuelle, il faut revenir à la double erreur historique qui a été commise par tous les gouvernements maliens. La première est d’avoir toujours refusé de prendre réellement en compte les problèmes des minorités, qu’il s’agisse des peuls ou des touaregs.

Amadou Toumani Touré, dit ATT, le président malien entre 2002 et 2012 que j’ai bien connu et toujours apprécié avait l’obsession d’un État unitaire. Sur ce sujet, il était têtu comme une mule. . Pas question pour le pouvoir à Bamako d’envisager la moindre autonomie régionale, alors que le Nord Mali couvre une surface égale aux deux tiers du pays.

La seconde erreur aura été la cécité de la classe politique malienne à prendre en compte la terrible conjonction entre les djihadistes et les trafiquants qui transportaient la drogue à travers le Mali depuis la Guinée Bissau jusqu’au Niger ou au Burkina. Il y a eu une sorte d’alliance objective entre les mouvements irrédentistes et les groupes armés. Hélas, le pouvoir malien a toujours fermé les yeux sur ces multiples trafics qui ont financé le terrorisme

Mondafrique. La France a-t-elle commis des erreurs graves d’appréciation durant ces neuf années de présence au Mali?

Charles Millon. La première erreur dramatique aura été la guerre que Nicolas Sarkozy a menée en Libye. Lors de la chute de Khadafi, les touaregs qui avaient été enrôlés dans l’armée libyenne ont rejoint, lourdement armés, leur pays d’origine. Ils ont constitué, surtout dans le Nord du Mali, le noyau dur des groupes djihadistes.

Autre dommage collatéral, la fin brutale du régime libyen a permis Vladimir Poutine de remettre les pieds en Afrique.   La Russie possède aujourd’hui des champs de pétrole importants en Libye !

Ce n’est pas la seule erreur française. Si notre armée a eu raison d’intervenir pour éteindre l’incendie djihadiste, elle aurait du agir en pompier et très vite préparer sa sortie. En restant sur place, les soldats français qui avaient été accueillis en 2013 comme des libérateurs, ont été perçus neuf ans plus tard comme une armée d’occupation. Nos militaires ont été des boucs émissaires commodes pour des armées locales qui décampaient face aux groupes armés tandis que nos soldats étaient tués. C’est un peu comme ce qui s’est passé en Afghanistan pour les Américains. . .

Certains patrons de l’armée française réfléchissent d’ailleurs à de nouveaux modes d’intervention via des forces de réaction rapides et aéroportées qui ne s’enliseraient pas sur place. Les bases militaires, on l’a vu, deviennent des cibles pour les terroristes..

Mondafrique. On entend souvent qu’en Libye comme au Mali la France a privilégié la seule logique militaire. Est ce qu’il aurait fallu intervenir plus vigoureusement dans la vie politique malienne et imposer une gouvernance plus conforme à nos propres valeurs?

Charles Millon. Le temps de l’immixtion dans la politique intérieure des États africains est dépassé. En revanche il aurait fallu lancer, dans la foulée de l’opération militaire, des projets de développement confiés, dans le cadre d’une aide liée, à des entreprises françaises. Les populations locales doivent réaliser que les hôpitaux et les lycées construits au Mali et au Sahel sont financés par la France. C’est ainsi que l’influence française auprès de nos amis africains renaîtra dans des jours meilleurs.

Mondafrique. Le président ivoirien Ouattara a déclaré jeudi matin sur RFI et France 24 qu’il demandait « à ses frères maliens de faire un effort, de rentrer dans les rangs ». Est ce que vous lui donnez raison ?

Charles Millon Il faudrait rappeler à Monsieur Ouattara qui remet en cause la légitimité de la junte militaire à Bamako qu’il bénéficie d’un troisième mandat illégitime et non constitutionnel. Qu’il nettoie devant sa porte avant de donner des conseils aux autres.

Mondafrique. Que pensez vous de la politique étrangère d’Emmanuel Macron et de Jean Yves Le Drian, son ministre des Affaires Etrangères ?

Charles Millon. Le Drian est surtout médiocre et il n’a pas l’air de s’intéresser aux Africains et à l’Afrique. Sans doute n’est-il pas facile de travailler avec un Emmanuel Macron qui veut toujours prendre la lumière.

Ce que je reproche au Président français au Mali comme au Liban ou en Ukraine, c’est de faire une politique de coups, sans suivi, ni constance. Cette fâcheuse habitude est totalement contre productive. La diplomatie se joue dans la durée et dans des liens de confiance avec nos interlocuteurs étrangers. C’est long, très long.

La politique d’Emmanuel Macron et de Jean Yves Le Drian est finalement illisible. Comment en même temps, selon l’expression consacrée du président français, dénoncer les coups d’état en Guinée ou au Mali et apporter un soutien total au fils du président Déby qui prend le pouvoir par la force après le décès brutal de son père ?

Emmanuel Macron a des réactions d’adolescent. Ce n’est pas ainsi qu’on doit construire la politique étrangère d’un pays comme la France.

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20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 12:11
Gabon : Jean Ping demande que soit déclarée la vacance du pouvoir

 

Gabon: l'opposant Jean Ping demande que soit déclarée la vacance du pouvoir

https://www.rfi.fr/ 19/02/2022 - 23:49

L'opposant Jean Ping, candidat malheureux à la présidentielle de 2016, s'est exprimé samedi soir sur les réseaux sociaux. Il demande aux institutions de déclarer la vacance du pouvoir en raison de l'état de santé du président Ali Bongo.

Dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux, l'opposant a relancé une question sensible, en interrogeant l'état de santé du président Ali Bongo, qui avait été touché par un accident vasculaire cérébral (AVC) le 24 octobre 2018. Jean Ping estime que le président n'est plus en état de diriger le pays.

« Depuis le spectacle affligeant et dévastateur d'Ali Bongo sur le perron de l'Élysée en décembre 2021, le peuple gabonais et la communauté internationale ne peuvent plus se retrancher derrière les supputations et prétendent ne rien savoir de l'état réel de la santé d'Ali Bongo. Ali Bongo n'est plus en capacité de gérer sa propre santé, et encore moins de gérer le pouvoir usurpé, au point de servir de marionnette à de nouveaux usurpateurs qui livrent le pays aux enchères. »

Jean Ping estime que le pays est devenu « un navire sans capitaine ni boussole, livré au gré des convoitises » et qu'il a subi « un coup d'arrêt » depuis cinq ans. En conséquence de quoi, explique-t-il, il « proclame solennellement l'urgence de mettre un terme à la déliquescence de l'État gabonais » et « demande aux institutions habilitées par la Constitution, de déclarer la vacance du pouvoir. »

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18 février 2022 5 18 /02 /février /2022 13:49
Timan Erdimi s’est exclu lui-même du pré-dialogue de Doha
Timan Erdimi s’est exclu lui-même du pré-dialogue de Doha
Timan Erdimi s’est exclu lui-même du pré-dialogue de Doha

Lu pour vous

 

Projet de coup d’Etat : le gouvernement estime que l’UFR de Timan Erdimi s’est exclu lui-même du pré-dialogue de Doha

 

Tchadinfos 16 février 2022

Dans un audio diffusé sur la toile, le chef rebelle tchadien, Timan Erdimi, sollicite l’aide du groupe paramilitaire russe, Wagner, pour renverser le régime de transition en place à N’Djamena.

Selon la Radio France internationale (RFI), dans un support sonore authentifié par plusieurs sources, le président de l’Union des forces de résistance (UFR), Timan Erdimi s’entretient avec un ministre conseiller spécial du président centrafricain, Aboulkhassim Algoni Tidjani. On entend le chef rebelle tchadien faire part de sa volonté de convaincre le groupe paramilitaire russe Wagner, très actif en Centrafrique où il intervient aux côtés du gouvernement de ce pays, de l’aider « à chasser du Tchad le président du Conseil militaire de transition à la tête du pouvoir », Mahamat Idriss Déby, précisent nos confrères qui s’interrogent sur celui qui a fait fuiter cet audio sur les réseaux sociaux et ses motivations.

« Dans l’enregistrement, le rebelle fait également allusion à ses contacts avec le ministre centrafricain de l’Agriculture, et lui annonce même avoir cherché à joindre sans succès le président Faustin-Archange Touadéra qui se trouvait alors au sommet de l‘UA, qui a eu lieu il y a une dizaine de jours à Addis-Abeba », écrit la Radio France internationale.

Une révélation qui met le gouvernement tchadien hors de lui. Son porte-parole, Abderaman Koulamallah, interrogé par RFI estime que désormais que le chef de l’UFR s’est exclu de lui-même du pré-dialogue de Doha. « Sous prétexte qu’il veut chasser la France, il veut chasser le Conseil militaire de transition. Mais si Timan Erdimi est capable d’aller pactiser avec le diable pour venir semer le trouble, venir semer la déstabilisation dans le pays, c’est une chose extrêmement grave. Nous n’accepterons pas que cet homme qui projette de faire la guerre au moment où les gens veulent faire la paix puissent assister à un pré-dialogue », a-t-il fait savoir.


Toutefois, il s’en remet au comité spécial technique et au Qatar, chargés d’organiser le pré-dialogue avec les politico-militaires à Doha d’ici le 27 février.

« Le gouvernement tchadien pointe également le lien entre Timan Erdimi et un conseiller spécial du président centrafricain par ailleurs ministre de l’Agriculture. Il s’étonne de le voir en possession du numéro de téléphone de Faustin-Archange Touadéra », détaillent nos confrères.

Le porte-parole du gouvernement tchadien poursuit que « Cette affaire ne saurait être interprétée comme un simple calcul d’un homme politique mais il y a bien des connivences entre des proches conseillers et des proches membres du gouvernement Touadéra et Timan Erdimi. On donne au gouvernement centrafricain le bénéfice du doute mais il est incontestable que les autorités centrafricaines doivent des explications au gouvernement tchadien ».

Contactés par RFI, ni Timan Erdimi, ni le conseiller spécial incriminé ou le porte-parole du président centrafricain n’ont voulu réagir pour le moment.

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18 février 2022 5 18 /02 /février /2022 12:31
Nouvelles nationales sur RFI
Nouvelles nationales sur RFI

 

Bangui rejette tout contact avec le chef rebelle tchadien Timan Erdimi

https://www.rfi.fr/ 17/02/2022 - 04:59

Au Tchad, c’est l’inquiétude après la circulation sur les réseaux sociaux d’une conversation téléphonique enregistrée entre le leader d’un groupe armée tchadien et un ancien ministre centrafricain au sujet du groupe Wagner. Hier après-midi, les parlementaires tchadiens ont pris à partie le ministre tchadien des Affaires étrangères, demandant à ce que l’ambassadeur de Centrafrique vienne s’expliquer sur les liens entre Bangui et Timan Erdimi.

Dans le document sonore, authentifié par plusieurs sources, Timan Erdimi, leader de l’UFR s’entretient avec un ancien ministre conseiller spécial du président centrafricain, Aboulkassim Algoni Tidjani. On entend le chef rebelle tchadien faire part de sa volonté de convaincre le groupe paramilitaire russe Wagner, très actif en Centrafrique aux côtés du gouvernement de ce pays, de l’aider « à chasser du Tchad le président du Comité militaire de transition », Mahamat Idriss Déby.

► Lire aussi : Tchad: le chef rebelle de l'UFR voudrait faire intervenir Wagner, selon un enregistrement

Contacté, le porte-parole de la présidence centrafricaine, Albert Yaloké Mokpeme, rejette toute implication de Bangui. Abdoulkassim Algoni Tidjani est un ancien rebelle, indique-t-il, qui avait été intégré au gouvernement dans le cadre des accords de paix de Khartoum. Devenu conseiller spécial du président, il a été relevé de ses fonctions par décret il y a un an, le 19 février 2021.

« Nous ne sommes ni de près, ni de loin associés » à cette conversation, précise le porte-parole de la présidence qui ajoute : « Ndjamena n’a pas à s’inquiéter de l’implication de la Centrafrique dans ces manigances. »

Autre officiel centrafricain cité dans cette conversation entre Timan Erdimi et Aboulkassim Algoni Tidjani, le ministre centrafricain de l’Élevage Hassan Bouba. Il est présenté par les deux interlocuteurs comme un contact utile pour approcher Wagner. Joint par RFI, ce ministre s’étonne. « Je suis régulièrement en contact avec les Russes dans le cadre de mon travail pour convaincre les membres de la coalition rebelle, la CPC, de désarmer. C’est peut-être pour cela que j’ai été cité », répond-t-il. « Je travaille pour la paix en Centrafrique et non à la déstabilisation du Tchad. »

 

 

Le chef de l’ONU s’insurge des exactions commises en Centrafrique

https://www.rfi.fr/ 18/02/2022 - 09:23 Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten

Dans son dernier rapport remis au Conseil de sécurité, Antonio Guterres tacle les forces nationales de Centrafrique, ainsi que leurs « soutiens étrangers », désignant avec ce terme les mercenaires du groupe Wagner.

Dans son dernier rapport, le chef de l’ONU salue le cessez-le-feu proclamé le 15 octobre par le président Touadéra mais regrette l’absence de progrès tangibles depuis. D’une part, les tensions politiques persistent en RCA, le dialogue républicain, au point mort, met en difficulté l’application de l’accord de 2019.

Et même si les violations de l’accord de Paix ont baissé de 30% depuis son dernier rapport, la situation sécuritaire est encore très volatile, selon Antonio Guterres. Pour preuve, les atteintes aux droits humains répertoriées par la Minusca n’ont pas baissé, et continuent à le consterner.

Il exhorte d’ailleurs Bangui à mieux maîtriser les forces centrafricaines, ainsi que « d’autres personnels de sécurité » - c’est ainsi qu’il désigne les paramilitaires russes de Wagner. Il dénonce plusieurs opérations menées par l’armée et ces mercenaires, dont celle qui a causé la mort de 17 civils le mois dernier près de Bria. Il s’insurge aussi des nombreuses interdictions d’accès aux casques bleus de la Minusca.

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Centrafrique-Presse.com
17 février 2022 4 17 /02 /février /2022 13:43
Nouvelles nationales sur RNL
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Centrafrique : nouveau déplacement massif des populations vers Birao

https://www.radiondekeluka.org/ jeudi 17 février 2022 09:33

La ville de Birao, capitale de la Vakaga dans le Nord-est de la République centrafricaine, accueille depuis quelques jours plusieurs centaines de personnes fuyant la ville voisine de Sam-Ouandja. Ces déplacés, dont une partie est hébergée par des familles d’accueil, ont pour leur l’heure besoin d’aide humanitaire d’urgence.

Selon les témoignages, la plupart des déplacés viennent de Sam Ouandja, localité située au centre dans la Haute-Kotto à plus de 250 kilomètres de Birao. Tout serait parti des rumeurs d’un présumé envahissement de leur localité par des soldats russes. A vélo ou à moto, ces déplacés arrivent presque tous les jours. Seulement pour le week-end dernier, plus de 200 personnes démunies, constituées à majorité de femmes et d’enfants sont arrivées à Birao.

" J’ai pris tous mes neuf enfants avec moi"

"Je viens de Sam-Ouandja. Nous avons fui parce que nous avons appris que les soldats russes venaient dans notre direction. On a eu peur, c’est pourquoi nous avons quitté. J’ai 9 enfants. Je les ai tous pris avec moi. Malheureusement, nous avons quitté sans rien prendre ; même pas une couverture" a fait savoir Aché Bello, une déplacée.

A entendre ces déplacés, leur localité n’a pas été envahie. Cependant craignant d’éventuelles exactions, ils ont choisi de partir.

"Pour l’instant, ils sont à Ouadda. Et comme Ouadda n’est pas vraiment distant de Sam Ouandja, nous avons décidé de nous mettre à l’abri. Car pour nous, il est hors de question de subir ce qui est arrivé à nos frères. Autant se mettre à l’abri que d’attendre de voir" a soutenu Maïmouna Mahamat, une mère de famille.

Une situation préoccupante pour les autorités

Face à cette préoccupation, les autorités locales lancent un appel à l’endroit des organisations humanitaires afin de voler au secours de ces déplacés.

"Parmi ces personnes déplacées, il y a celles qui ont des parents ici. D’autres par contre n’ont personne pour les accueillir ni pour les héberger. Ainsi, j’ai demandé aux organisations humanitaires de leur chercher des abris car on compte parmi elles, plusieurs enfants ainsi que des femmes" a lancé Leonard Mbelé, préfet de la Vakaga.

Cependant pour calmer la peur et atténuer la situation, les autorités locales ont, à travers la radio locale, fait passer des communiqués pour appeler la population à garder son calme.

 

 

Centrafrique : exaspération suite à l’intensification de rackets sur les axes routiers par les forces de défense

https://www.radiondekeluka.org/ jeudi 17 février 2022 09:17

En dépit de nombreuses dénonciations, les rackets sont loin de prendre fin sur les axes routiers de la République centrafricaine. Certains éléments des forces de défense et de sécurité déployés à l’intérieur du pays font payer des sommes d’argent, communément appelés "formalités", aux usagers de la route. Le refus d’obtempérer entraîne parfois des actes de violence sur les passants. Exaspérés, certains Centrafricains dénoncent l’entrave à leur libre circulation. Ils appellent les autorités à discipliner les éléments véreux.       

Le phénomène est décrié depuis quelques mois par les députés qui avaient même interpellé le gouvernement sur la question. Les usagers des différents axes dans les régions de Bambari témoignent que les éléments de l’armée nationale exagèrent dans les rackets sur les check-points installés.

Une pratique à l’origine d’un incident avec les alliés

"Samedi dernier, un camion citerne appartenant aux russes a quitté Bangui pour Ndachima. Arrivé au village Kombélé à 10 Km de Bambari sur axe Ippy, les éléments des Faca qui se trouvaient sur un poste de contrôle ont exigé des formalités au chauffeur. Ce dernier, arrivé à destination, a informé les militaires russes de cet incident. Mécontents, ils se sont déportés sur les lieux et ont passé à tabac ces militaires avant de démanteler leur barrière", a témoigné un habitant de Bambari, précisant par ailleurs que suite à cet incident, les militaires centrafricains ont intensifié le racket sur les barrières.

"Après cela, les formalités ont augmenté sur toutes les barrières. Il est difficile de circuler sur ces axes. Nous demandons au gouvernement de déployer des policiers et gendarmes dans les localités pour contrôler les papiers et faciliter la libre circulation", a rapporté la même source.

"Votre mission, c’est de ne pas rester sur des barrières et procéder à des rackets".

Sur cette question des rackets sur les barrières, le Chef d'Etat-major des Forces armées centrafricaines, le général de corps d’armées Zéphyrin Mamadou, a mis en garde, cette semaine, des soldats déployés à Bocaranga dans le Nord-ouest.

"Il a été dit que vous devez rester dans le cadre de la discipline militaire. Il a été remarqué que partout il y a des dérapages venant de nos soldats. En tant que soldats, nous sommes appelés à travailler ou à collaborer avec la population. C’est ce manquement qui ternit l’image de nos troupes. Je sais que parmi nos troupes il y a ces poignées de soldats indisciplinés qui sont versés dans cette pratique. Votre mission, c’est de ne pas rester sur des barrières et procéder à des rackets. Votre mission est de sécuriser la zone dans laquelle vous êtes déployés", a réagi le général Zéphyrin Mamadou.

Une pratique longtemps décriée mais aucune mesure ferme

La question de rackets a été plusieurs fois au centre de débats à l’Assemblée nationale et dans les médias. Les députés ont interpellé en décembre 2021 le Premier ministre sur les mesures que le gouvernement entendait prendre face à ce phénomène. Très peu convaincant, le Chef du gouvernement n’avait pas  présenté un plan concret de riposte ou de sanctions. De son côté, le ministère de la Défense nationale avait également pris une note de service instaurant un comité d’enquête sur cette pratique. Malgré tout, rien ne semble arrêter ces éléments des forces de défense et de sécurité dans leur élan de rançonnage.

 

 

Bangui : le centre national d’hémodialyse peine à fonctionner faute de personnel qualifié

https://www.radiondekeluka.org/ jeudi 17 février 2022 09:10

Plus d’un an après son inauguration, le centre national d’hémodialyse n’est toujours pas opérationnel. A en croire les responsables, ils manquent encore de techniciens pour faire fonctionner ce centre.

Le centre national d’hémodialyse, l’unique de la République centrafricaine, est construit dans le but de limiter les évacuations sanitaires à l’étranger souvent très coûteuses pour l’Etat et les patients. Mais depuis son inauguration en décembre 2020, cette structure sanitaire n’est pas encore opérationnelle en raison d’un manque de personnes ressources.

"Nous avons un problème de ressources humaines"

"Nous avons un problème de ressources humaines au centre d’hémodialyse pour l’animer. Pour l’instant, le gouvernement a envoyé quelques techniciens en formation. Un autre qui est formé en néphrologie va bientôt rentrer au pays. Nous avons également d’autres collègues qui sont en stage au centre d’hémodialyse de Douala au Cameroun, qui sont déjà arrivés mais ils doivent d’abord être rôdés pour mettre en marche le centre", précise le Docteur El Hadj Abdel-Karim Zakaria, directeur de l’hôpital général de Bangui.

Un service très sensible

Selon Dr El Hadj Abdel-Karim Zakaria, avant de mettre en marche le centre, des garanties du point de vue technique et de savoir-faire doivent être réunies.

"L’hémodialyse est un service très sensible qui doit être fait avec beaucoup de sûreté", dit-il prudent.

Plus d’un an après son lancement officiel, le gouvernement centrafricain explore des pistes pour confier la gestion de ce centre à une structure privée. Selon les responsables de l’hôpital général de Bangui, "des discussions sont en cours avec un partenaire privé".

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Centrafrique-Presse.com
16 février 2022 3 16 /02 /février /2022 19:59
Sommet UE-UA: «Il y a un scepticisme du côté des pays africains»

 

 

https://www.rfi.fr/fr/afrique/ 16/02/2022 - 15:37

Les 17 et 18 février 2022, l’Afrique et l’Europe se retrouvent pour un sommet à Bruxelles, en Belgique. C'est la sixième rencontre du genre entre les deux continents près de cinq ans après la dernière édition d’Abidjan. Au menu des discussions : le nouveau partenariat Europe-Afrique que nous décrypte Geert Laporte, directeur de l’European Think Tanks Group, un réseau de think tanks européens. Entretien.

RFI : Dans quel état d’esprit les responsables politiques européens et africains abordent-ils cette rencontre ?

Geert Laporte : Ce sommet arrive avec beaucoup de retard. Le dernier avait eu lieu à Abidjan en 2017 et, normalement, ces rendez-vous ont lieu tous les trois ans. Mais quelques jours après le lancement par l’Union européenne de sa stratégie avec l’Afrique, en mars 2020, le Covid est arrivé et une partie du monde s’est confinée. L’enthousiasme qui a accompagné cette présentation n’est plus là. La France fait beaucoup d’efforts, Emmanuel Macron fait beaucoup d’efforts pour faire croire que ce sera un nouveau début de cette relation Europe-Afrique. Mais du côté africain, j’ai l’impression que les réactions sont assez faibles.

Comment expliquez-vous ce manque d’enthousiasme du côté des dirigeants africains ?

Du côté africain, il y a cette attitude qui fait qu’après plusieurs sommets avec de grandes déclarations, de grands mots, avec des présidents qui se sont exprimés sur un tout nouveau partenariat, j’ai l’impression qu’il y a un certain scepticisme. Les dirigeants africains ont réagi d’une manière assez attentiste. L’Europe veut faire de l’Afrique son partenaire préféré, mais est-ce que l’Europe est prête à faire des concessions ?

Les pays africains ont peur que ce sommet ne va pas tenir compte des agendas africains en ce qui concerne la migration, la transformation verte, en ce qui concerne la paix et la sécurité. Le défi de ce sommet, c’est finalement de savoir si les deux côtés vont négocier l’un avec l’autre d’égal à égal ou si ce sera toujours une relation de dépendance. Cela reste un partenariat asymétrique, l’Afrique a l’impression que l’Europe parle beaucoup de partenariat, mais qu’elle ne tient pas ses promesses et qu’elle n’est pas prête à faire des concessions.

Et de son côté, qu’attend l’Union européenne de ses partenaires africains ?

L’Union européenne est très nerveuse. Elle est consciente du fait que l’Afrique a le choix entre différents partenaires : la Chine, la Turquie, la Russie… Surtout dans les pays du champ de la France, comme le Mali, la RCA et autre. L’impression existe que le côté africain veut changer cette relation de pouvoir en démontrant qu’il a le choix. Et ça, ça rend le côté européen assez nerveux, d’où les promesses européennes d’investir plus en Afrique, de mobiliser des financements, des investissements, de l’aide internationale jusqu’à des montants que l’on n’avait jamais vus, assez impressionnants. On parle de plusieurs centaines de milliards d’euros que l’Europe promet à l’Afrique. Et le côté africain n’est pas convaincu de cette réalité, il prend une certaine distance vis-à-vis de cet enthousiasme européen.

Ce sommet, qui devait initialement avoir lieu à l’automne 2020, se déroule finalement sous la présidence française de l’Union européenne. Est-ce que cela peut avoir une influence sur les discussions ?

C’est un pays qui a un vrai intérêt dans cette relation avec l’Afrique, vu son histoire. Du côté africain, on a la présidence sénégalaise de l’UA, donc le tandem Sénégal-France est un tandem très fort. Mais de l’autre côté, il ne faut pas oublier que la France est parfois très controversée en Afrique. Il y a pas mal d’États africains qui ne font plus la même confiance. Une partie de l’opinion, surtout jeune, pense que la France n’a pas toujours été cohérente. Elle a soutenu certains leaders dans certains États dysfonctionnels, notamment parce qu’elle avait peur de perdre du terrain vis-à-vis de la Chine et d’autres pays.

Vous le disiez, la France est montrée du doigt pour son attitude avec certains chefs d’État controversés, mais l’Europe aussi finalement va accueillir des dirigeants qui sont parfois critiqués pour la gestion des droits de l’homme dans leur pays...

Ce que l’on remarque dans l’agenda de ce sommet, c’est que la question de la gouvernance a presque été entièrement évacuée des débats. Parce que le côté européen sait parfaitement qu’elle ne peut pas traiter de ce thème-là de manière cohérente. L’Europe veut éviter un débat de sourds sur ce thème. L’UE cherche des alliés et ces alliés peuvent avoir un passé assez controversé en matière des droits de l’homme. C’est le cas du Rwanda, devenu le chouchou européen, alors que le pays fait l’objet de beaucoup de critiques en matière de droit de l’homme. Avant, on pouvait passer un sommet à discuter autour de Mugabe [l’ancien président du Zimbabwe, NDLR]. Aujourd’hui, ça ne serait plus possible. L’Europe veut éviter que cela pollue l’agenda, éviter que ça ait des conséquences assez graves.

A contrario, un sujet qui risque, lui, d’être au menu de ces discussions, c’est la thématique de l’immigration...

C’est un cas exemplaire où les deux continents devraient pouvoir franchir la barrière entre leurs deux positions. L’Europe veut éviter une migration illégale alors que l’Afrique veut avoir des possibilités de voyager, de travailler et même d’étudier en Europe. Ce sera un grand débat : dans quelle mesure l’Europe est prête à faire des concessions ? Est-ce que l’on parlera uniquement des retours et du contrôle des frontières, des trafics, ou est-ce que l’on aura une volonté de parler aussi de mobilité ?

En 2017, à Abidjan, avait été mis en avant l’idée de « hot spots », des centres d’enregistrement des migrants installés directement dans les États africains. Où en est-on de cette stratégie ?

C’est un échec qui montre le paternalisme européen. Il y avait beaucoup de leaders européens qui rêvaient de ces « hot spots » pour arrêter les migrants africains. Ils pensaient qu’en donnant un peu d’argent aux États africains, ils allaient arrêter les flux. Maintenant, on sait que ça ne marche pas, les États ne sont pas prêts à le faire ou alors contre des milliards d’euros et cet argent, aujourd’hui, n’est pas disponible.

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