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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 18:24

 

 

 

 

Hissene_Habre.jpg

 


(France 24 08/02/2013)

 

Le tribunal spécial chargé de juger le Tchadien Hissène Habré ouvre ses portes au Sénégal vendredi, 22 ans après la destitution de l’ex-dictateur. Il s'agit de la première "chambre extraordinaire" mise en place par l'Union africaine.



"On nous jetait de l’eau à nous, les prisonniers, nous devions la lécher, comme des chiens, sur le sol ou sur nos corps", raconte Souleymane Guengueng, dans un témoignage paru dans le New York Times en 2001. L’homme, aujourd’hui âgé de 64 ans, a passé plus de deux ans enfermé dans les geôles du dictateur tchadien Hissène Habré (1982 – 1990), à la fin des années 1980. Depuis 22 ans, il se bat pour que le despote exilé au Sénégal réponde de ses crimes devant une cour de justice. Il est en passe de voir son combat porter ses fruits : vendredi 8 février, un tribunal spécial chargé de juger Hissène Habré s'ouvre à Dakar. L’ex-dictateur tchadien est poursuivi pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture.

 

"Mon espoir, et celui de toutes les victimes, est très grand. Nous avons besoin de ce procès, nous avons besoin de cette guérison psychologique. Il nous faut absolument la justice", déclare Souleymane, joint par téléphone à la veille de l’ouverture du tribunal. Pris à tort pour un opposant, il a été arrêté en 1988, puis incarcéré à N’Djamena. Pendant les deux années de son calvaire dans les prisons de la Direction de la documentation de la sécurité (DDS), la police politique d’alors, Souleymane a vu des dizaines de ses co-détenus mourir sous la torture. Lui-même a failli succomber à la dengue, puis à une hépatite, contractées en prison. Il s’est juré, s’il parvenait à sortir vivant, de mener les tortionnaires en justice.



Des centaines de témoignages collectés


Il est libéré en 1990, après le coup d’État mené par Idriss Déby, actuel chef de l’État tchadien. Un an plus tard, l’homme fonde, aux côtés d’autres ex-détenus, l’Association tchadienne des victimes de crimes et de répressions politiques (AVCRP). Inlassablement, pendant plus de deux décennies, il écoute les victimes, consigne leurs récits, collecte des photos, des documents…



Pour Reed Brody, conseiller juridique et porte-parole à Human Rights Watch (HRW), "C’est grâce à la ténacité et à la persévérance des victimes, qui n’ont jamais baissé les bras, qu’on assiste aujourd’hui à la possibilité de juger Hissène Habré". Ce fervent défenseur des droits de l’Homme prête main-forte à Souleymane Guengueng depuis maintenant quatorze ans. Ensemble, ils ont réussi à récolter des centaines de témoignages de victimes ou de témoins, de membres du système Hissène Habré, mais également des documents récupérés au siège de la DDS. Des documents précieux, retrouvés presque par hasard. "En 2001, nous nous sommes rendus dans l’ancien bâtiment de la DDS, sorte de Gestapo de Hissène Habré, raconte Reed Brody. Là, abandonnés depuis des années, on tombe sur des centaines et des centaines de documents, qui jonchaient le sol de plusieurs salles. Il s’agissait de preuves tangibles, solides, qui venaient conforter les témoignages des victimes. C’était une mine d’or d’informations sur la milice politique. Un véritable trésor pour nous".


"Feuilleton politico-juridique"



En tout, l’association de Souleymane et Human Rights Watch parviennent à prouver l’assassinat de 1 208 personnes sous le régime du dictateur, et à établir plus de 12 800 dossiers de victimes de tortures et d’arrestations arbitraires. C’est grâce à ces documents que la première inculpation du dictateur est rendue possible en 2000, au Sénégal. Placé en garde à vue pendant quelques jours, l’ex-dictateur est finalement relâché, les juges sénégalais se déclarant incompétents pour le juger. Cette décision signe le début de ce que Reed Brody qualifie de "long feuilleton politico-juridique". Les victimes se tournent alors vers la Belgique, où une loi de "compétence universelle" permet de juger tout crime contre l’humanité commis à travers le monde. Un mandat d’arrêt international est émis en 2005 contre l’ancien homme fort de N’Djamena.


Pour autant, rien ne bouge au Sénégal. Le président sénégalais d’alors, Abdoulaye Wade, montre assez peu d’empressement à extrader son hôte. Au Tchad en revanche, une commission d’enquête juge Hissène Habré responsable de la mort de 40 000 personnes – un chiffre que HRW ne confirme pas – entre 1982, date de son arrivée au pouvoir, et 1990, année où il en a été chassé. Le 15 août 2008, la justice tchadienne le condamne à mort par contumace. Une décision restée, elle aussi, lettre morte. Finalement, l’élection de Macky Sall à la présidence du Sénégal, en avril 2012, et l’injonction de la Cour internationale de justice en juillet suivant, finit par changer la donne. Sur décision de l’Union africaine, les chambres africaines extraordinaires destinées à juger les crimes contre l’humanité commis sur le sol africain, sont créées. Le tribunal spécial établi à Dakar pour juger Hissène Habré est la première d’entre elles.



Les 10 juges et quatre procureurs qui composent cette cour, nommés par l’Union africaine, vont désormais pouvoir entamer la longue instruction du dossier Habré. Hissène Habré ne devrait en revanche pas être aperçu à la barre du tribunal avant fin 2014, estime Reed Brody. "Le procès ne va pas se tenir avant quelques temps mais au moins, le processus est enclenché, ce qui était presque inespéré", estime le conseiller juridique de Human Rights Watch. "En tant que défenseur des droits de l’Homme, je ne peux pas affirmer à l’avance que ce procès va être équitable. Mais le respect du droit de la défense est respecté, tout me semble en place pour que l’instruction et le procès se déroulent équitablement", jauge-t-il, avant de poursuivre : "Je pense que ce procès a vocation à être historique pour le Tchad et pour l’Afrique. Il va montrer que de simples victimes peuvent, par leur action et leur persévérance, arriver à faire juger un dictateur."



Par Gaëlle LE ROUX

 

 © Copyright France 24

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 17:57

 

 

 

carte_centrafrique_432.gif

 

 

OUBANGUI PERSPECTIVES

 

Sombres perspectives à Bangui à l’issue de la constitution du gouvernement d’Union nationale.

 

Suite aux accords de Libreville, le Président BOZIZE  et son Premier ministre Nicolas TIANGAYE sont entrés en conclave depuis deux semaines pour tenter de former un gouvernement d’Union nationale. A cette occasion, les Centrafricains s’attendaient à la mise en place d’une équipe resserrée de technocrates compétents autour de notre nouveau Premier ministre pour  conduire notre pays vers la sortie de la crise politique qui le secoue. Malheureusement, nous avons eu droit à une imposante équipe gouvernementale comprenant outre un ancien Premier ministre sept autres anciens ministres. Ces derniers n’avaient pourtant pas donné de leur action ministérielle un bilan satisfaisant lors de leur premier passage au gouvernement de la République à différentes époques. Alors pourquoi les avoir reconduits au gouvernement de Nicolas TIANGAYE ? Pour quels projets politiques. Que pourront-ils faire de nouveau ?


Le Général Président BOZIZE après avoir traîné les pieds a finalement accédé à la demande de l’opposition de nommer Nicolas TIANGAYE au poste de Premier ministre, grâce à la médiation de Denis SASSOU NGUESO. Depuis, BOZIZE fait de la neutralisation de Nicolas TIANGAYE une condition essentielle pour arriver à survive politiquement comme Président de la République  jusqu’à la fin de son mandat. C’est pour cela qu’il a tenu à avoir la haute main sur la composition du gouvernement en imposant ses hommes de mains.


Le Premier ministre de son côté a donné le sentiment de subir cette neutralisation Présidentielle en acceptant dans son gouvernement des hommes dont on sait qu’ils ne feront rien ! On sait en effet que ces hommes n’ont ni la compétence ni la maturité politique pour faire avancer l’Union et permettre à notre pays d’avancer sur certains dossiers importants. Ils ne sont là que par la volonté de leur maître pour pérenniser la mauvaise gouvernance. Dans cette perspective, l’exigence de BOZIZE d’avoir Dieudonné TOKOFESSE comme ministre délégué aux finances  correspond au désir du Généra Président de continuer à puiser dans les caisses de l’Etat. Que le Premier ministre Nicolas TIANGAYE s’attende à des divergences de fond avec son ministre délégué. Qu’il sache aussi que BOZIZE arbitra toujours en faveur de son homme de main. Alors, pourquoi accepter de conduire un tel gouvernement ?


L’image donnée par la classe politique centrafricaine dans son ensemble est celle d’une classe politique qui entre rapidement dans les rangs dès lors qu’il s’agit de formation d’un gouvernement d’Union nationale. A chaque crise politique  centrafricaine, l’évocation de la formation d’un gouvernement d’Union nationale fait frémir les acteurs politiques de notre pays et déclenche chez eux une véritable course aux portefeuilles. Cette ruée vers les postes ministériels les conduit à faire l’impasse sur les problèmes politique de fond relatifs au mode de transmission de pouvoir et la consolidation de la démocratie en République Centrafricaine. N’est-ce pas là une logique d’intérêts partisans ? Peut-on faire confiance à des gens qui donnent l’impression de ne pas être à la hauteur des enjeux ?


La question se pose et elle s’est posée une fois de plus lors du sommet de Libreville, censé résoudre de manière durable la crise politique engendrée par SELEKA en décembre2012. A l’issue des travaux de ce sommet, que de pessimisme chez les Centrafricains ! Nos compatriotes ont sans doute eu raison d’émettre des réserves sur l’issue d’une telle rencontre,  étant donné la rapidité avec laquelle l’opposition politico militaire a conclu un accord avec BOZIZE. Il semble en réalité que cet accord est identique à quelques nuances près  à celui qui avait été conclu en 2008 lors du dialogue inclusif.


Les termes de ce dernier ne remettant pas fondamentalement en cause le pouvoir de BOZIZE, ce dernier a continué à faire usage de ses prérogatives de Chef de l’Etat. Il a pesé de tout son poids sur la formation du gouvernement. Il s’est même permis de diffuser unilatéralement ce qui n’était encore qu’une proposition gouvernementale pour couper court avec les exigences de son Premier ministre. On voit bien que BOZIZE s’installe dans une logique dictatoriale alors qu’il ne contrôle même pas militairement la totalité du territoire Centrafricain. Cette logique de dictature dans un contexte d’Union nationale risque d’exacerber les contradictions entre les groupes armés et le pouvoir. Une fois de plus, le Peuple Centrafricain sera à court terme l’otage de ces contradictions.


Certes, le sommet de Libreville a interdit à BOZIZE la révocation du Premier ministre actuel. D’autre part, il lui a intimé l’ordre   de ne pas se représenter aux présidentielles de 2016. Mais, les concessions qui ont été faites au Général Président sont de taille. En effet, il est autorisé à conserver son parlement actuel, truffé des ses enfants, ses maîtresses et ses partisans. Il est également autorisé à exercer l’intégralité  de son pouvoir de Chef de l’Etat à l’exception de la révocation du Chef de gouvernement.  La question qui se pose est de savoir dans quelle mesure Nicolas TIANGAYE pourra t-il faire avancer des dossiers sans l’accord de BOZIZE ?


OUBANGGUI PERSPECTIVES pense que l’Union nationale ne se décrète pas. Elle se réalise avec des hommes et des femmes de bonne foi. Des hommes et des femmes qui peuvent mutuellement se faire des concessions en vue de  consolider la démocratie et assurer la paix dans leur pays. Or d’un côté, non seulement BOZIZE embauche des mercenaires Européens et Sud Africains pour en découdre avec SELEKA, mais aussi il distribue des armes dans certains quartiers de Bangui  pour accroître l’insécurité dans la capitale.


De l’autre côte,  SELEKA malgré sa présence au gouvernement d’Union nationale fait planer des doutes sur ses capacités à maîtriser sa branche militaire. Et pour cause ? Ses hommes de troupe se sont livrés à des exactions sur les populations de certaines villes de province. Si ces informations sont vérifient, ce serait une grave erreur de la part d’un mouvement qui veut s’inscrire dans l’opposition démocratique.


Certes, BOZIZE n’est pas l’homme qui convient à la situation politique de la République Centrafricaine aujourd’hui. Il doit être combattu. Cependant, OUBANGUI PERSPECTIVE est opposé aux moyens utilisé par SELEKA  dans son combat contre BOZIZE.


Poitiers le 11 février 2013


 Pour le Bureau Exécutif


Le Président


Maître Ignace OUNDA-MEYBI

 

 

 

 

OUBANGUI PERPECTIVES

 

L’IRRESPONSABILITE, SECONDE NATURE DE BOZIZE

 

N’oublions pas nos compatriotes kidnappés et « embastillés »

 

Depuis le début de la crise centrafricaine, Je n’ai cessé de mettre en garde contre les conspirations que BOZIZE et sa clique ne manqueraient pas d’ourdir contre le peuple centrafricain.

 

Les procédés utilisés par BOZIZE, le chef d’Etat le plus nul mais aussi l’un des plus violents que le monde ait jamais connu, ne devrait étonner personne.

 

Qui peut croire que BOZIZE a, très sincèrement la volonté de se plier aux accords de LIBREVILLE qu’il vit sans doute comme une tentative de mise à mort.

 

Ce régime épouvantable fait chaque que jour la preuve de sa capacité de nuisance et de son indifférence au sort des populations.

 

D’une part, après la publication surprise d’un gouvernement sans consensus, des indices tendent à accréditer l’information selon laquelle BOZIZE fourbirait ses armes en vue d’une solution militaire à son avantage. Le connaissant, ses adversaires et/ou ses ennemis devraient se tenir sur leur garde. D’autre part, le régime n’a libéré aucun prisonnier. Ce sont des signes qui ne trompent pas.   

 

Le pouvoir est très clairement perçu par cette engeance de prébendiers et d’hommes sans foi ni loi comme la seule façon de survivre, compte tenu du nombre incalculable de leurs forfaits.

 

Jamais régime ne s’est autant affranchi de toutes les règles aussi bien morales que juridiques, s’arrogeant, un droit de vie et de mort sur tout un peuple, un droit sans limites de jouir et de disposer de l’ensemble des richesses d’un pays. De tels pouvoirs conférant un sentiment de puissance aussi fort, ne peuvent être quittés sans crainte de contres-coups fulgurants.

 

C’est là que se niche le nœud du problème.

 

Nous avons affaire à des « fous furieux » qui préfèreront voir le pays incendié que de l’imaginer débarrassé d’eux.

 

Vue de leurs yeux égo et ethnocentristes, cette perspective ne peut être que dévastatrice, pour eux, bien entendu.

 

Nous avons très tôt appelé à la « constitution immédiate d'un Conseil de Surveillance des Centres Privatifs de Liberté, doté des pouvoirs les plus élargis pour pouvoir connaître de toutes les demandes des familles tendant à établir la vérité sur tous les enlèvements,  disparitions, arrestations, détentions arbitraires, tortures et autres exactions commis par ce régime qui ne manquera pas d’assouvir une vengeance meurtrière et implacable si une seule chance de survie lui était par malheur accordée » (Appel du 31 décembre 2012).

 

Nous réitérons notre appel à destination de Monsieur le Premier Ministre Nicolas TIANGAYE car, de jour en jour, nos craintes sur le sort de nos compatriotes kidnappés et « embastillés » par l’ogre de Benzambé se renforcent.

 

Nous devons considérer comme une priorité absolue du moment le sort de nos compatriotes dont les familles sont sans nouvelles fiables.

 

Plusieurs jours après la libération de soldats des FACA par SELEKA, le régime de BOZIZE, lui, n’a libéré personne et je doute de plus en plus, qu’il soit en mesure de libérer beaucoup de gens. Pourrait-il même en libérer un seul ?

 

Le nouveau Premier Ministre et les membres de son gouvernement feraient mieux de se poser et de poser clairement la question, faute de quoi le Peuple, un jour, exigera d’eux des comptes pour avoir fait preuve d’inertie coupable.

 

L’irresponsabilité est une seconde nature de BOZIZE dont la promptitude à user des méthodes les plus barbares pour régler des comptes soi-disant politiques n’est plus à démontrer.

 

Le Premier Ministre et certains membres de son gouvernement non affidés à BOZIZE devraient s’en souvenir à chaque instant de leur cohabitation avec celui-ci.

 

Poitiers le 11 février 2013

 

Maître Ignace OUNDA-MEYBI 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 17:47

 

 

 

Eric Massi Séléka

 

 

Le Conseil Suprême des forces combattantes de SELEKA, exige la mise en œuvre immédiate des accords de cessez-le-feu par le Président François BOZIZE et le Premier Ministre Nicolas TIANGAYE.


Nous rappelons que les courageux combattants de SELEKA, conscient du fait que le Peuple Centrafricain souhaite l’instauration d’une Paix durable permettant l’amélioration immédiate de ses conditions de vie, ont arrêté leur offensive militaire sur notre capitale Bangui et cela afin de préserver la Paix et l’Unité Nationale.


Aujourd’hui, un mois après la signature des accords de Libreville du 11 janvier 2013, nous constatons que le Président François BOZIZE n’a toujours pas procédé à la libération des prisonniers et au départ des Forces étrangères appelées à son secours.


Alors même que nous avons privilégié le Dialogue et l’Unité Nationale en acceptant :


de stationner sur nos positions,


de signer les accords de Libreville,


de constituer un Gouvernement d’Union Nationale (GUN),


de libérer nos prisonniers,


Nous constatons tous les jours que le Président François BOZIZE continue de déployer et d’entrainer « ses forces » dans les villes de Bangui, Bérengo, Bossembele, Bangassou et Damara. Ainsi, rien qu’entre Damara et Bangui, nous dénombrons une vingtaine de barrières toujours présentes actuellement.

 

Nous portons donc à l’attention des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique Centrale (CÉÉAC) que le fait pour le Président François BOZIZE :


de continuer à maintenir et à déployer des forces étrangères en provenance de l’Afrique du Sud, de l’Ouganda, du Sud-Soudan et de la République Démocratique du Congo,


de continuer à acheter et à recevoir des armes lourdes (hélicoptères) et des officiers étrangers sans en aviser le Ministre de la Défense,


-      d’utiliser des « prisonniers civils non combattants » comme moyen de pression afin d’obtenir le désarmement de nos forces en violation du droit international humanitaire,


Est de nature à remettre irrémédiablement en cause les Accords de Libreville ainsi que le statu quo que nous avons choisi d’observer dans l’intérêt du peuple Centrafricain et de toute la sous-région.


Déjà nos forces combattantes ont du se positionner à Mobaye car ce secteur est utilisé par le Président François BOZIZE comme voie de passage de ses forces mercenaires.


Aussi, la SELEKA, dans le strict respect de l’esprit et la lettre des Accords de Libreville du 11 janvier 2013 pour résoudre la crise politique en Centrafrique, soumet-elle, une fois encore, au Comité du suivi, sa demande. Nous avons l’espoir qu’elle reçue avec la considération utile et nécessaire qui permettra de favoriser la Paix et l’Amélioration immédiate des conditions de vie du peuple centrafricain.


Fait à Paris, le 11 février 2013

 

Pour le Conseil Suprême de SÉLÉKA


Le porte-parole officiel

 

Eric NERIS-MASSI

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 17:43

 

 

 

Boz et Djotodia

 

 

Bangui, 11 févr. 13 (RJDH) – Un mois après la signature des accords de sortie de crise de Libreville, la société civile, l’opposition démocratique et les leaders politico-militaires qui devraient se retrouver ce matin pour évaluer la mise en application de ces derniers, s’inquiètent de la non-volonté des uns et des autres à faire respecter les écrits de la capitale gabonaise. La réunion a été reportée à une date ultérieure et les inquiétudes s’amplifient.


Le rendez-vous organisé par la société civile a été boycotté par la coalition Séléka et la majorité présidentielle et a été reporté à une date ultérieure. La société civile a exprimé son mécontentement de l’indisponibilité de ces parties.


Fulgence Zéneth, coordonnateur du groupe de travail de la société civile dans sa déclaration de ce matin aux médias s’interroge qu’« il était prévu dans les accords de Libreville la mise en place d’une commission de suivi pour observer le cessez-le-feu. Aujourd’hui qu’est-ce qui justifie le retard dans la mise en application de ces dispositions concernant la création d’une commission de suivi ? »


Il poursuit qu’« il était décidé l’ouverture des couloirs humanitaires. Nous sommes à un mois après la signature des accords de Libreville. Il me semble capital que la question de sécurité puisse être prise à bras le corps par toutes les parties et qu’une solution rapide soit trouvée à la question. Il est important que les acteurs se mobilisent et afin de travailler pour réduire tout risque de potentiel conflit. », a-t-il conclu.


Abdoulaye Issene, président d’un des groupes politico-militaires non combattant, interpelle tous les centrafricains à prendre leur responsabilité et le destin de ce pays en main, face à la gravité de la  situation. Il ajoute : « je suis  venu moi-même dans cette réunion au lieu d’envoyer un représentant, c’est  par ce que j’ai de l’amour pour mon pays et pour le  peuple centrafricain qui souffre.  Si on peut le faire le plus vite possible cela arrangerait tout le monde, au lieu de discuter des postes ministériels. Cela fait déjà un mois que nous avons signé ces accords à Libreville et depuis un mois,  personne n’a osé respecter les termes, même parmi  les signataires, alors que l’ouverture des couloirs humanitaires était une condition sine-qua-none posée à Libreville. C’est urgent ! »


L’opposition démocratique dont 4 représentants étaient présents à cette rencontre manquée, a beaucoup remercié l’initiative de la société civile pour avoir organisé cette assise qui malheureusement n’a pas eu lieu à défaut du quorum  qui n’est pas atteint. Au nom de l’opposition démocratique  Gabriel Koyambounou a par ailleurs déploré  l’absence de la mise en application des accords de Libreville qui selon lui, par la majorité présidentielle et la Séléka.


Cette réunion est la seconde activité de la société civile après le lancement officiel de la campagne de la consolidation de la paix qui a eu lieu le samedi dernier dans la ville de Bangui.  

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 17:40

 

 

Universite-Bangui-amphi-Fac-des-Lettres.jpg

 

Bangui, 11 févr. 13 (RJDH) – Les activités académiques sont perturbées ce matin sur le campus universitaire, suite à une grève de trois jours enclenchée par des enseignants vacataires. Ceux-ci réclament le paiement de frais de vacation depuis 2010. Cette décision a été prise lors d’une assemblée générale tenue le samedi 09 février.


Il s’agit ‘’du collectif des vacataires purs et durs de l’Université de Bangui’’, qui a pour  mot  d’ordre « pas de vacation égal pas de cours ». Ce mouvement de  cessation des enseignements  est appliqué sur tout le campus, avec l’appui  de quelques  enseignants titulaires.


« Nous avons lancé ce mouvement de grève sur le campus juste pour revendiquer le versement de nos frais de vacation qui tarde à venir depuis l’année 2010. C’est notre droit le plus absolu. Ces vacations nous permettent de prendre en charge nos familles. C’est notre unique source de revenus. Comme dit cet adage ‘’toute peine mérite salaire’’, nous exigeons le versement de ces frais pour notre bien-être », a confirmé l’un des vacataires qui ont lancé ce mouvement de grève.


La même source ajoute qu’une équipe de surveillance a été mise en place pour contrôler l’effectivité de cette grève. « Ce matin nous avons sillonné pour demander à quelques-uns de nos collègues qui dispensaient leurs enseignements ou composaient leurs étudiants d’arrêter », a-t-il signalé.


Les étudiants se disent surpris et consternés par ce mouvement de grève


« Je suis surpris et déconcerté de ce mouvement de grève des enseignants vacataires. La situation du pays est telle que nous n’en avons plus besoin. Là, c’est pour trois jours d’arrêt de cours, peut-être nous ne le souhaitons pas, cela peut s’allonger encore. Ce sera très dommage. Dans beaucoup de facultés, l’année académique qui vient de s’achever pour d’autres n’a pas encore pris fin définitivement », s’est plaint Grâce à Dieu Sathé, étudiant en droit.


Pour lui, l’université a connu ce genre de grève dans le passé et aussi les conséquences qui sont des retards énormes. Lorsqu’on tente de les résorber en peu de temps, on crée d’autres situations et d’autres difficultés du genre de baisse de niveau.


« Ce matin, on devait avoir un examen mais jusqu’à maintenant nous sommes tous dehors. Je ne sais pas si c’est à cause de cette grève. Même les étudiants de la 4ème  année des Sciences économiques sont informés par leur professeur ce matin qu’il soutient ses collègues, donc il ne peut pas faire cours. La conséquence de ce genre de situation est que nous sommes toujours en retard sur les autres universités du monde », a déclaré Martinien Ulrich Zabanga, étudiant en année de licence en Administration et gestion des entreprises.


Certains étudiants souhaitent que ‘’le collectif des vacataires purs et durs’’ et le gouvernement puissent s’entendre pour la bonne marche de l’enseignement supérieur en Centrafrique.


« Ceux qui sont dans le gouvernement et le collectif des enseignants vacataires ont des enfants, des cousins, voire des parents qui étudient sur le campus universitaire. Ils savent pertinemment comment les choses se passent ici et comment les conditions d’études sont dures,  la précarité totale. Nous leur demanderons de revenir aux meilleurs sentiments afin de sauver la situation déjà désastreuse. Notre avenir est entre leur main », a expliqué Francis Mogonbé, président de l’Association syndicale de la faculté des lettres.


Une responsabilité déclinée par le SYNAES


Interrogés par le RJDH, les membres du Syndicat autonome des Enseignants du Supérieur (SYNAES), décline la responsabilité de ce mouvement de grève orchestré par le collectif des vacataires et se disent aussi surpris et non informés.


« C’est à la radio que j’ai été également informé de ce mouvement de grève. Le motif, dit-on est lié, au non-paiement de frais de leurs vacations qui remontent aux années académiques 2010-2011 et 2011-2012. Je crois que pour la plupart c’est leur source de revenus, ils ont attendu en vain. C’est leur droit », a dit Marcel Kembé, premier rapporteur du SYNAES.


Il y a un cadre juridique et institutionnel bien défini au sein duquel tous les enseignants du supérieur doivent présenter leurs problèmes au gouvernement, qui est le SYNAES.


« Pour le moment, le SYNAES n’a pas encore déclenché un mouvement de grève sur le campus. Je confirme que ce mouvement a été décidé par le collectif de ceux qui sont appelés vacataires purs et durs et qui sont au nombre de 4O personnes. Comme ils ne peuvent que vivre à travers ces frais de vacation, ces collègues se sont désolidarisés du SYNAES pour mettre ce collectif en place enfin de revendiquer leur droit », a soutenu Bertrand Kenguetona, le Secrétaire Adjoint du SYNAES.


Il a par ailleurs indiqué qu’en amont de ce mouvement de grève, le SYNAES leur a conseillé de patienter jusqu’à l’assemblée générale qui va se tenir le 15 février prochain, enfin de décider ensemble de cette situation, mais ils sont passés outre.


« C’est de leur droit mais cela ne concerne pas vraiment le SYNAES pour l’heure, puisque ces revendications sont faites hors du cadre légal. Nous leur demanderons de participer massivement à l’assemblée générale du 15 février à l’occasion de laquelle nous aurons tous ensemble à prendre des décisions dans ce cadre- là », a-t-il conclu.


Cette grève des enseignants vacataires a surpris tout le monde. Les premiers défavorisés sont les étudiants. Les uns vont manquer les séances de cours et d’autres vont certainement rater leurs examens puisque sur le campus ce n’est pas tous les enseignants qui vont respecter ce mouvement lancé par le collectif des vacataires purs et durs.

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 17:31

 

 

 

embleme-franc-maconnerie.jpg

 

 

KINSHASA, 10 fév 2013 (AFP) - Les représentants des loges maçonniques africaines francophones, réunis cette semaine à Kinshasa, ont appelé leurs membres à se mobiliser pour aider à la résolution des conflits qui secouent plusieurs pays africains, selon un communiqué publié dimanche.


Les représentants des loges maçonniques ont invité les "Puissances Maçonniques de par le monde à la mobilisation dans l'intermédiation" à propos de la République démocratique du Congo, de la Centrafrique, de la Côte d'Ivoire, du Mali, de la Tunisie et de l'Egypte.


Environ 300 maçons réunis sur le thème "franc-maçon, homme de devoir et d'obligation", ont également "encouragé et soutenu les efforts de l'Union africaine et des différentes instances régionales et internationales dans la recherche de la Paix".


Cette réunion s'est déroulée dans le cadre des "rencontres humanistes et fraternelles d'Afrique et de Madagascar" organisées chaque année depuis 1977, a expliqué à l'AFP Mbu ne Letang, l'un des participants. La prochaine réunion se déroulera en 2014 en Côte d'Ivoire, a-t-il annoncé.


Outre le Grand Orient et la Grande Loge, deux obédiences plus petites sont représentées en RDC, ainsi qu'une loge féminine.


La franc-maçonnerie, qui tenait une place relativement importante en République démocratique du Congo, alors appelée Zaïre sous le régime du maréchal Mobutu, semble avoir été supplantée par un autre mouvement philosophique, les Rose-Croix, dans les milieux gouvernementaux congolais actuels. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Annonces et divers
11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 17:08

 

 

 

Suite à l'article publié dans CAP intitulé "Démissions en cascade au CNRC-FB", nous publions également ci-dessous la réaction du compatriote MANDEKOUZOU MONDJO sous forme de soutien au Pr Gaston NGUEREKATA 

 

 

 

 

 

Mandekouzou-Mondjo.JPG

 

Mon cher Ami,


C’est mon air badin qui me renvoya, lorsque je lus le mot « cascade » dans une actualité te concernant, au souvenir de cette randonnée bucolique qui nous porta des pieds de la Soufrière et des « bains chauds » vers la Cascade des Ecrevisses. Nous avions, au passage, délivré un couple embourbé pour n’avoir pas vu que le Saut de la Lézarde qui dévoilait devant nous  un bel horizon  n’en recelait pas moins des ornières et des pièges.


La Cascade aux Ecrevisses concluait notre sortie en achevant de nous convaincre que la Guadeloupe était paradisiaque.


Mais pourquoi ce souvenir-ci plutôt que cet autre apparemment plus approprié : notre voyage à Marie-Galante ? La mer, très mauvaise, offrait un spectacle proche des  tourmentes que tu traverses et qui n’ont rien d’un long fleuve tranquille.


Egoïstement la « consolation » est pour moi retrouvant avec bonheur ces mots de Lucrèce :

 

« Il est doux, quand la vaste mer est bouleversée par les vents,

d’assister du rivage aux rudes épreuves subies par un autre que nous ;

non pas qu’on trouve une jouissance dans les souffrances d’autrui ;

mais c’est une douceur de voir les maux dont on est exempt.

Il est doux encore de contempler les luttes terribles de la guerre

et les armées rangées dans la plaine, sans prendre part au danger.» (2)

 

Je te rassure : la consolation existe aussi pour toi, mais, dirait Pascal, « elle est d’un autre ordre ». C’est celle qui nous offre la distance qu’évoque Lucrèce et qui permet de porter un regard serein, -pour le déplorer-, sur ce qui est, en toute évidence, un prurit du changement. Notre vie politique ou tout simplement le mouvement des idées, à travers le spectacle des transhumances sans fin, semblent pris dans un tourbillon infernal et toujours fatal.

 

Rien de ce qui commence n’est parfait…


Mais encore faudrait-il, pour tout ce que nous entreprenons, nous armer de la patience indispensable qui accueillera alors la perfection comme la synthèse de contributions surement inégales pour tenir compte des « facultés » respectives des partenaires ; et nécessairement divergentes dans un premier temps pour mieux faire apprécier le bonheur du consensus auquel nous pouvons enfin être parvenus.

 

Rien de ce qui commence n’est parfait…


Mais encore faudrait-il, pour tout ce que nous entreprenons, savoir éviter les écueils de la  diversion et toujours revenir à l’essentiel. Le juge était bien en peine pour « débrouiller » les deux affaires que lui avait soumises le marchand Guillaume poursuivant à la fois Maître Pathelin pour le drap acheté à vil prix et le berger Thibault pour le vol de ses moutons.


Quel procès recevable peuvent te faire ceux qui, apparemment, ont été appelés pour bâtir avec toi un projet politique ? Il y a de la précipitation –en termes de logique- et du procès d’intention –en termes de justice- à vouloir condamner ce qui n’existe pas encore. Et de surcroît en nom et place d’un être de raison et sous le prétexte de ce qu’il n’est pas.

 

Je pense proposer un jour une réflexion sur « Phénoménologie et Politique » : la réduction eidétique se situerait comme le temps de la synthèse de toutes les contributions ou du consensus réalisé autour du projet politique. Ce sera aussi le moment où s’apprécieront avec pertinence et en toute vérité les procès en sorcellerie et condamnations diverses pour infidélité ou trahison. Le temps des débats ouverts ne me paraît donc pas justifier le tintamarre des psychodrames que nous fait vivre la « cascade des démissions » moins porteur de rêves que la Cascade aux écrevisses.


Il y a « du refus à l’invocation » en pensant à Gabriel Marcel.


Mon Curé ajouterait que ce monde, sans capacité d’écoute, n’entend se placer sous aucune autorité et ne se reconnaît aucun maître.

 

Lucrèce poursuit :

 

 « Rien n’est plus agréable que d’occuper les citadelles élevées par la science, asile inexpugnable des sages, d’où l’on peut voir sous ses pieds les autres hommes errant à l’aventure, tandis qu’ils cherchent au hasard le vrai chemin de la vie, rivalisant de génie,

faisant valoir leurs ancêtres, s’efforçant nuit et jour, par des efforts surhumains,

 d’atteindre au faîte de la fortune et de la puissance » (3)

 

Voilà pour toi, cher Professeur, une petite Consolation dans tes épreuves.


Avec le talent de François de Malherbe en moins parce que tu n’es pas M. Du Perrier

 

Notes


 (1)   Dans le présent recours on voudra bien ne retenir du mot que le contenu, qui est ici une complainte ou une consolation, mais moins la forme tout à fait libre.

 

(2) Suave, mari magno turbantibus aequora ventis

e terra magnum alterius spectare laborem;

non quia vexari quemquam sit jucunda voluptas,

sed quibus ipse malis careas quia cernere suave est.

Suave etiam belli certamina magna tueri

per campos instructa tua sine parte pericli…

Lucrèce, De la nature. Livre II, v. 1 à 6. Traduction L. Crouslé, 1997

 

(3)  Sed nihil dulcius est, bene quam munita tenere

edita doctrina sapientum templa serena,

despicere unde queas alios passimque videre

errare atque viam palantis quaerere vitae,

 certare ingenio, contendere nobilitate,

 noctes atque dies niti praestante labore

ad summas emergere opes rerumque potiri.

Lucrèce, ibid. Livre II, v. 7 à 13

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 16:56

 

 

 

Ci-dessous, des photos du siège inachevé de l'Agence de Régulation des Télécoms situé dans l'enceinte de la Socatel Bangui-Sica dont le marché a été attribué à l'Agence Kodro Sarl (un cabinet d'architecture tenu par de jeunes compatriotes compétents et honnêtes) mais qui a été détourné sur les instructions de Bozizé pour être attribué à l'entreprise du député Edouard Patrice Ngaïssona. Depuis plus de deux ans, les travaux piétinent et il y a des risques certains que cet immeuble ne soit pas achevé de sitôt.

 

La Rédaction

 

 

 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 01:13

 

 

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en bleu ciel au centre, Edouard Patrice NGAISSONA, témoin du mariage de Cyriaque GONDA

 

 

Une des présences qui posent le plus de problèmes dans le gouvernement d’union nationale est celle d’un certain Edouard Patrice NGAISSONA comme ministre de la jeunesse, des sports, arts et culture. Non seulement ce monsieur a fait son entrée au gouvernement de la République sans l’accord du Premier Ministre Nicolas TIANGAYE qui avait des motifs suffisants pour récuser sa proposition faite par BOZIZE car son nom figurait bien parmi ses douze hommes dont il a fait acheminer la liste à TIANGAYE, mais la présence au gouvernement de ce monsieur est effectivement de nature à le discréditer au regard du profil et pedigree du personnage.  Le vrai problème est que BOZIZE qui déteste les intellectuels et les personnes cultivées, est pathologiquement fasciné par les individus médiocres, proches de l’illettrisme,  et sulfureux. C’est le cas de NGAISSONA.


Il ne répond d’entrée de jeu à aucun des critères de sélection avancés par Nicolas TIANGAYE à savoir compétence, intégrité morale et être apprécié des Centrafricains pour retenir les candidatures des ministrables afin de former son gouvernement d’union nationale. Seul BOZIZE connaît le critère auquel a satisfait NGAISSONA pour qu’il puisse proposer son nom au PM mais le moins qu’on puisse dire est que BOZIZE doit être vraiment seul à trouver que ce monsieur fait l’affaire. Et c’est bien ici que le problème se pose.


Critiquer les ministres n’est pas leur vouer la haine


Car qui est Edouard Patrice NGAISSONA ? D’où sort-t-il ? Pourquoi parle-t-on de lui ? Ce n’est pas parce que Centrafrique-Presse ou son Directeur de Publication Prosper N’DOUBA ont seulement envie et une haine viscérale pour Edouard Patrice NGAISSONA, comme l’allèguent et leur en font le procès, Anicet Parfait MBAY et sa famille. Il s’agit tout simplement des affaires publiques de notre pays et de la nécessité de leur bonne gestion par ceux qui en ont la charge à un moment donné. Si ce que Parfait MBAY en tant que ministre des transports a fait avec le BARC et le GTC est critiqué, ce n’est pas  parce qu’on a la haine pour ce fils du pays. Quel concours a-t-il passé avec succès pour être ministre des transports ?


Centrafrique-Presse avait déjà, dans une de ses précédentes parutions, écrit sur comment Parfait MBAY s’était assis sur les arrêts du Conseil d’Etat pour continuer à maintenir en activité la commission  ad hoc qu’il a imposée à la tête du BARC afin de mettre la main sur les fonds de cette structure ainsi que sur la trésorerie du GTC. Centrafrique-Presse n’a rien inventé. Lorsque Parfait MBAY détourne de l’argent de GTC pour faire construire une gare routière à Bossangoa en violation des textes de ce groupement, juste histoire de faire plaisir à BOZIZE, on ne doit rien dire par peur de se faire traiter d’avoir une haine viscérale pour un ministre de la bozizie.


Le cas NGAISSONA


Revenons à NGAISSONA. Ce monsieur qui travaillait comme agent des eaux et forêts après sa formation au centre agricole de Ngoulinga près de Grimari croupissait avec d’autres complices à la prison de Ngaragba pour diverses malversations et escroquerie en bande organisée ayant gravement saigné le trésor public et occasionné un manque à gagner pour l’état d’une bagatelle de plusieurs milliards de F CFA lorsqu’est intervenu le coup d’état du 15 mars 2003 de BOZIZE qui lui a valu d’être remis en liberté. L’opération « mains propres » déclenchée naguère par le Premier Ministre Martin ZIGUELE avait permis de démanteler le réseau au cœur duquel figurait NGAISSONA et surtout Eric SORONGOPE, alors  Ministre d’Etat aux finances et bien d’autres larrons, dont un Camerounais qui a pris la fuite pour se réfugier au Canada.


Chassez le naturel, il revient au galop


L’arrivée de son parent Gbaya à la tête du pays après le 15 mars 2003 a comme regonflé à bloc NGAISSONA qui va recommencer ses activités malhonnêtes et renouer naturellement et même avec le soutien de BOZIZE en personne, sa méthode de sangsue et son mode de vie parasitaire consistant à pomper le trésor public avec de faux ordres de paiement ne correspondant à aucune prestation portant coûteusement facturée à l’état. Il réussira le coup de force jusqu’à se faire même élire député KNK dans la circonscription du quatrième arrondissement de Boy-Rabe, s’assurant ainsi une belle immunité parlementaire pour continuer à poursuivre ses juteuses affaires.


Son modus operandi consiste toujours à s’organiser avec des complices bien placés au bloc finance et dans les ministères pour rafler tous les marchés de l’état BTP (ndlr : il dispose évidemment d’une entreprise bonne à tout faire qui soumissionne systématiquement tous ces marchés) ou en besoins divers en fournitures  de bureau et autres équipements informatiques etc…, en commençant toujours par se faire octroyer de rondelettes avances sur les montants globaux des factures. Il complètera cette activité en se constituant également comme l’incontournable intermédiaire par qui tout bénéficiaire de titre de paiement sur le trésor doit passer pour avoir quelque chance de toucher son magot, évidemment moyennant son pourcentage de commissions.


Un nouveau riche de la bozizie


Tous les circuits pour accéder et soutirer le maximum de fric au trésor n’ont aucun secret pour NGAISSONA. Il connaît et traite avec tous les contrôleurs et directeurs et chefs de services administratifs et financiers de presque tous les ministères. C’est à son domicile de Boy-Rabe que la plupart d’entre eux se rendent pour être servis en ramettes de papier et autres fournitures de bureau que NGAISSONA fait venir du Cameroun souvent sans acquitter la moindre taxe douanière et stocke chez lui. Il est aussi fournisseur de l’état de motocyclettes qu’il importe également du Cameroun et revend à des prix exorbitants. Voilà l’origine de sa fortune de ce nouveau riche qui possède entre autre, un pied à terre en région parisienne qu’il voulait acheter naguère en espèces sonnantes et trébuchantes, ignorant tout simplement que pour ce genre d’acquisition, on fonctionne par transaction bancaire.


S’étant aperçu que le football brassait aussi beaucoup d’argent, NGAISSONA a tout fait pour se faire bombarder à la tête de la fédération centrafricaine de cette discipline sportive où règne sous sa gestion, une totale opacité dans la gestion financière de cette fédération. C’est une des raisons de ses bisbilles avec Serge BOKASSA, l’ex-ministre de la jeunesse et des sports qui n’a pas tardé à se rendre compte que NGAISSONA était toujours hostile à toute idée d’un début de commencement de ce qui peut ressembler à un contrôle financier des fonds octroyés par le gouvernement à la fédération de football. Serge BOKASSA a fini par payer ses contradictions avec NGAISSONA, BOZIZE qui l’a pris dans son collimateur, a tranché en faveur du premier alors que lorsque Serge BOKASSA prenait ses fonction de ministre en avril 2011, le même BOZIZE l’avait pourtant mis en garde contre le « voleur » NGAISSONA. Le terme est bien de BOZIZE.


Que devient le sort du siège de l’ART


Une autre affaire qui fait beaucoup jaser à Bangui et qui est une parfaite illustration de la méthode NGAISSONA racontée ci-dessus est celle du chantier de la construction du siège de l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) au sein de la concession de l’immeuble Bangui-Sica de SOCATEL. Après avoir déjà empoché la bagatelle de 200 millions de F CFA au titre d’avance sur la facture des travaux, le chantier s’est brusquement arrêté sur ordre de BOZIZE dit-on. Pour une agence qui n’a même pas les moyens de fonctionner correctement, où a-t-elle trouvé de l’argent pour démarrer les travaux de construction d’un siège après un marché attribué à l’entreprise de NGAISSONA sans le moindre respect des règles de passation des marchés publics par le ministre des télécoms d’alors, le tristement célèbre et sulfureux Thierry MALEYOMBO.


 En prenant ses fonctions de ministre de la jeunesse, des sports, des arts et de la culture, NGAISSONA est allé faire un tour au Musée BOGANDA et a déclaré à sa sortie qu’il allait présenter ultérieurement au gouvernement un projet de réhabilitation de ce musée national qui tombe en ruines. Espérons que son entreprise ne soumissionnera pas ce marché car ce serait encore un bel exemple de conflit d’intérêts comme ce fut le cas avec l’entreprise Polygone de Guillaume LAPO et autres DG du trésor de cette bozizie. Selon nos informations, certains responsables d’activités culturelles s’inquiètent déjà à Bangui et craignent que le nouveau ministre qui a beaucoup plus de penchant pour le sport et surtout le football, ne puisse laisser à la culture qu’une portion congrue de son action de ministre.


La Rédaction

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 00:31

 

 

 

Doui Wawaye

 

 

Depuis  1958,  la République centrafricaine a toujours cherché  à construire un ordre politique basé sur un régime démocratique et fondé sur l’Etat de droit garantissant la sécurité des biens et des personnes.  Les différentes constitutions qui se sont succédées en République centrafricaine n’ont pas manqué de souligner la volonté du peuple centrafricain à créer un véritable « Etat de droit » à la manière occidentale et de  bâtir une communauté politique  fondée sur le règle du droit.


Sans prendre en compte les actes constitutionnels et les révisions subséquentes, la République centrafricaine s’est, jusqu’à ce jour, dotée de six (6) Constitutions. Le  9 février 1959, l’Assemblée législative  a adopté le première Constitution centrafricaine qui, s’inspirant du modèle français, a instauré un régime parlementaire rationalisé. L’idée développée par Abel Goumba, collaborateur direct de Barthélemy Boganda, était de ne pas totalement rompre avec la métropole sur le plan juridique. Le 4 décembre 1976 une nouvelle Constitution érige  la République centrafricaine en Empire centrafricain. Le 1er février 1981 une autre Constitution marque le retour à la République, mais elle n’a jamais été appliquée en raison de l’état d’urgence décrété par David Dacko suite à son élection controversé et les troubles qui s’en sont suivi notamment l’explosion d’une bombe au cinéma Le club.  Le 21 novembre 1986, une nouvelle Constitution établit un régime présidentiel fort et la particularité du référendum constitutionnel  réside  dans le fait que le « oui » implique automatiquement l’élection du Général Président André Kolingba.  Enfin, le 14  janvier 1995 une autre Constitution va revenir à la case départ, c’est-à-dire elle a instauré  un régime semi-présidentiel au modèle français. Mais elle n’a connu que huit ans d’existence puisque par Acte  constitutionnel signé le 16 mars 2003 par le Général François Bozizé, elle a été suspendue puis  abrogée purement et simplement par la Constitution eu 24 décembre 2004. Cette dernière Constitution est donc l’œuvre d’un homme, Général François Bozizé qui voulait faire de la République centrafricaine un havre de « Travail rien que le travail » soulignant ainsi sa rupture avec le régime précédent. Néanmoins cette Constitution est tellement verrouillée qu’aucun pouvoir constitué ne pourra la tripatouiller. L’allusion est faite à l’article 108 qui dispose que « Sont expressément exclus de la Révision : la forme républicaine de l’Etat, le nombre et la durée des mandats présidentiels, les conditions d’éligibilité, les incompatibilités aux fonctions de Chef d’Etat, les droits fondamentaux du citoyen ». Comme le dit si bien Maître Assigambi Zarambaud dans sa manière habituelle satirique, « cette disposition est la clé d’une porte qu’on a fermé et jeté dans l’Oubangui ».  Le Président de la République élu sous la bannière de cette disposition ne pourra passer que  cinq ans renouvelable « une seule fois ».


Cependant l’une des problématiques récurrentes a toujours été  celle de l’équilibre des pouvoirs : comment sont-ils répartis en République centrafricaine ? Y a-t-il empiètement ou débordement ?  Bref, difficile est de chercher à savoir si l’équilibre obtenu par la répartition des pouvoirs instauré par la Constitution est fragile ou pas.

 

Autant la Constitution cherche à instaurer un régime plus stable, autant la conjoncture politique démontre que ce n’est pas facile dans les faits. Au moindre souci politique on se rend compte que plus rien ne marche sur le plan institutionnel. Depuis 2005, une année seulement après l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution, la République centrafricaine devrait face à des crises politiques ponctuées par des soulèvements militaires. Le contexte de l’équilibre institutionnel de la Constitution du 24 décembre 2004 (I) est mis à mal par la conjoncture politique (II).


I. Le contexte  institutionnel de la Constitution du 24 décembre 2004


Les institutions désignent l’ensemble des formes ou des structures politiques qui sont établies par la Constitution.  Ses articles désignent non seulement les autorités investies du pouvoir politique et organisent la procédure selon laquelle seront désignées les personnes chargées d’incarner  les pouvoirs, mais aussi les conditions d’action des gouvernants en déterminant leurs compétences respectives.  Le contexte, en République centrafricaine, révèle que, sur le plan théorique, le principe l’équilibre institutionnel (A) est difficile à envisager sur le plan pratique (B).


A. Le contexte théorique : le principe de l’équilibre institutionnel


Le principe de la séparation des pouvoir est le fondement, aujourd’hui, de tout organisation politique. Il apparaît même  comme le critère fondamental de l’exercice du pouvoir démocratique. Il est conçu comme un équilibre des pouvoirs grâce à un jeu de freins et de contre poids.  Le principe repose donc sur la répartition des fonctions entre différents organes indépendants les uns des autres qui forment chacun un démembrement du pouvoir.  L’essentielle des compétences réside dans la fonction de : faire la loi, l’exécuter et rendre justice.


A la lecture de l’actuelle Constitution de la République centrafricaine il s’y dégage deux séries de pouvoirs : les pouvoirs décisionnels et les pouvoirs régulateurs.  Les premiers sont des pouvoirs politiques, organes clés du régime, et jouent un rôle primordial dans le fonctionnellement des institutions. Dans le schéma la Constitution a réparti l’exercice les pouvoirs entre deux organes à savoir l’exécutif et le législatif comme  pouvoir de poids.


L’exécutif  joue un rôle primordial dans son fonctionnement lorsqu’il a le  soutien de la majorité parlementaire. Il est le seul organe capable d’élaborer une politique et de la mettre en œuvre. Le Président de la République est le Chef de l’exécutif. Et, la Constitution a mis  sur pied un Gouvernement responsable de la gestion des affaires et dirigé par un Premier ministre nommé et révoqué par le Président de la République, mais aussi responsable devant l’Assemblée nationale.


Le législatif centrafricain est exercé par un Parlement en chambre unique portant le nom de « Assemblée nationale ». L’exécutif et le législatif collaborent donc dans la détermination de l’ordre du jour à l’Assemblée nationale.


Quant aux pouvoirs régulateurs, il s’agit des organes juridictionnels capables de contrôler et de sanctionner les défaillances des pouvoirs exécutif et législatif.  L’originalité réside donc dans l’institutionnalisation de la Cour constitution chargée dé « trancher les litiges de compétence entre le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et les collectivités territoriales ».  La plus importante de ses missions est de cantonner le législatif dans le domaine à lui assigné. Ainsi le contrôle de la conformité de la loi à la Constitution prend place parmi les premières mesures de la Cour constitutionnelle ; mesures destinées à limiter la puissance de l’Assemblée nationale.


B. Le contexte pratique : le difficile équilibre institutionnel


L’objectif du constitutionnaliste repose sur la séparation des pouvoirs. En pratique,  en République centrafricaine, le pouvoir est presque « un ». Il se divise difficilement au point que le Président de la République bénéficie d’une suprématie écrasante  à l’égard des autres pouvoirs.  


En réalité, le Président de la République est le premier et principal détenteur du pouvoir. Son pouvoir personnel se manifeste par la concentration du pouvoir aux mains d’un seul homme qui domine simultanément le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif contrôlant aussi son  parti au pouvoir. C’est le Président de la République qui détermine l’ordre du jour à l’Assemblée nationale.  Il est le seul capable d’élaborer une politique et de la mettre en œuvre : prendre des  décisions, faire progresser et réaliser des programmes, engager et conduire des négociations, sanctionner des défaillances, etc.


Le Premier ministre joue juste le rôle de courroie de transmission entre l’exécutif et le législatif. Mais l’expérience de nomination du Premier ministre révèle que celui-ci n’est pas forcément l’émanation du Parlement. Il n’est que le premier des ministres. Il est l’homme du Président qui le  remplacer comme il veut puisque le Président de la République est à la fois leader de la majorité présidentielle et leader de la majorité parlementaire.


Par-dessus tout le Président de la République dispose de prérogatives exorbitantes de dissoudre l’Assemblée nationale sans pouvoir être destitué en contre partie. La très nette prédominance du Président de la République est constatée au point qu’on puisse parler de « présidentialisme renforcée ». L’Assemblée, à l’issue des élections de 2011 étant dominée par une majorité écrasante du parti au pouvoir,  le rôle des députés se borne donc à « applaudir » voire à « enregistrer » les projets du Président de la République à défaut de susciter les discussions par les partis de l’opposition.


Concrètement l’équilibre institutionnel en République centrafricaine ne met pas en présence les organes institués par la Constitution. Il repose, en réalité, sur les partis politiques siégeant à l’Assemblée nationale.  Ce sont les partis qui animent la vie  politique à laquelle les institutions ne fournissent qu’un cadre formel. Et, la conjoncture politique est là pour entamer le principe de l’équilibre des institutions.  


II. La recherche de l’équilibre par des solutions politiques


Depuis la Constitution du 24 décembre 2004, le gouvernement issu des élections de 2005 ont dû changer de politique pratiquement tous les deux ans.  Que révèle cette fatalité ? La République centrafricaine est un pays de crise au pluriel : crise politico-militaire, crise sociale, marasme économique, etc. C’est presque la malédiction. Le gouvernement et les partis politiques de l’opposition entendent diriger la République centrafricaine non pas à base de la Constitution mais chaque fois qu’il le faut sur des accords politiques (A) qui ouvrent la voie à la formation d’un gouvernement d’union nationale (B) sapant ainsi le principe de l’équilibre institutionnel.


A. Des arrangements politiques inefficaces


L’année 2010 avait été décrétée  par l’Union africaine comme « L’année de la paix et de la sécurité pour l’Afrique » parce que des élections présidentielles ont eu lieu dans la paix dans la plupart des pays d’Afrique subsahariens. Hélas ! La République centrafricaine, en cette année,  était restée « aux marges de l’Afrique ».  Des mouvements armés chroniques assortis d’insécurité ont retardé l’organisation des élections de 2010. La Cour constitutionnelle, saisie,  a reporté  ces élections créant, de droit, un vide institutionnel.


Entretemps deux accords de paix de Syrtes en Lybie et à Libreville et des recommandations issues du dialogue politique inclusif ont été signés par les acteurs de la vie politique centrafricaine.  Ses accords devraient faire respecter la Constitution et l’équilibre institutionnel. Peine perdue ! Ils n’ont pas mis fin aux velléités et aux ambitions obsessionnelles du pouvoir en République centrafricaine.  Le non respect d’un accord engendre la signature d’un autre accord. 


Il s’agit, en fait, de partir du constat historique qui veut que toute fin de guerre civile  soulève le problème de la paix par le règlement des différends ou par la résolution des conflits. En d’autres  termes, il faut admettre que toute fin de guerre pose la question de la consolidation de la paix par l’élimination  des causes et facteurs générateurs des hostilités militaires. Jusqu’à présent tous les types d’accord du cessez-le-feu aux lois d’amnistie en passant par des pactes de réconciliation nationale et des recommandations issues de grandes rencontres, tous les arrangements politiques ont échoué.  Et pourtant, certains arrangements sont présentés comme la panacée. Or, c’est un fait indéniable : le retour l’équilibre et à la stabilité passent par ces arrangements. C’est le sens même de l’Accord de Libreville du 11 janvier 2013. Il est nécessaire de s’interroger sur l’effet de cet arrangement politique par l’analyse des techniques  juridiques qui lui donne son efficacité.


La difficulté ici, ce n’est pas tant l’acte formel mais bien le contenu politique de l’arrangement. Si l’accord de Libreville capote,  c’est que le compromis dont il est le reflet est mauvais. Ou alors, il faut admettre que le pacte conclu entre les belligérants n’est pas respecté. Il s’en suit alors une interrogation sur l’organe de contrôle et sur le type de contrôle. Le débat refait surface en République centrafricaine puisque les accords politiques mettent en veilleuse certaines dispositions constitutionnelles.


B. Le gouvernement d’union nationale


La remise en cause constante des institutions en RCA conduit à s’interroger sur la capacité du gouvernement d’assurer réellement la direction des affaires publiques. Il paraît, en effet, difficile, à l’exécutif menacé de renversement de mener des actions susceptibles de mettre en place des services publics stables susceptibles de conduire une action d’intérêt générale.  Les difficultés du gouvernement trouvent leur origine dans sa composition et dans son incapacité administrative à œuvrer pour la protection de la population.


A la faveur des crises qui n’ont cessé de secouer la République centrafricaine, le paysage politique a toujours fait montre d’un type de gouvernement différemment désigné sous l’expression : gouvernement d’union nationale, gouvernement de consensus,  gouvernement de large ouverture, etc. Ce type de gouvernement, totalement différent du gouvernement de la majorité ou de cohabitation ou encore de la coalition,  a toujours été vécu comme une solution d’apaisement des crises militaro-politiques.  En général, la pratique  permet la coexistence au sein du gouvernement de  ministres issus  non seulement du parti au pouvoir, mais aussi de l’opposition politique ou armée. Or, l’expérience, en République centrafricaine, révèle que depuis près de dix ans, le gouvernement d’union nationale est devenu une pratique politique, voire une formule incantatoire vide de sens. Dès lors, il y a lieu de s’interroger  sur l’efficacité d’une telle solution.


Si tout le monde participe au gouvernement, qui agit finalement ? Qui est responsable ? Les personnes qui participent et décident ont-elles  les compétences nécessaire pour le faire ?


La formation de ce type de gouvernement a certes, pour objet la volonté d’anticiper une crise. Le gouvernement devrait, sans doute, s’en tenir à l’administration des affaires courantes. L’activité politique sera réduite à un simple exercice de « problem solving ».


 Au départ, il convient de retenir que c’est l’action de l’opposition qui force le pouvoir en place à la recherche d’un compromis pour sauver à la fois l’intérêt national et le pouvoir établi. Dans ce cas précis, l’appel d’oxygène en provenances d’autres tendances politiques marque la volonté du Chef de gouvernement chargé de former son équipe de mettre  fin à la crise et de sauver la face sur le plan national. Il est alors évident que le Chef de l’Etat  accepte, ce faisant, tacitement, le partage du pouvoir et la révision de ses objectifs, de sa vision politique et de son programme.


Mais, l’ouverture ne doit pas être l’occasion de chercher discrètement à affaiblir l’opposition ou le camp d’en face.  Elle  doit se faire dans un esprit louable, de recherche de nouvelles idées, de faire participer au gouvernement les principaux courants politiques. Ainsi, il s’agit de redynamiser l’équipe gouvernementale et d’apaiser une tension politique latente. En d’autres termes, il s’agit pour le Chef du gouvernement d’avoir recours à de nouvelles ressources humaines techniques et politiques pour résoudre un problème ponctuel de gouvernement. Le plus souvent, il est recherché des techniques nouvelles pour changer le mode de gouvernance ou gérer des programmes. L’objectif est de trouver un nouvel équilibre politique, d’apaiser une tension sociale.


En sera-t-il ainsi du gouvernement de Maître Nicolas Tiangaye issu de l’accord de Libreville du 11 janvier 2013 ?




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