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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 09:16

 

 

 

 

06/06/14 (AFP)

 

Les enquêteurs de l'ONU ont indiqué jeudi qu'il était prématuré de parler de nettoyage ethnique ou de génocide en Centrafrique, mais ils ont cependant trouvé les preuves que des crimes contre l'humanité ont été commis dans les deux camps.

 

Une commission d'enquête internationale mise en place par le secrétaire général Ban Ki-moon en janvier a remis jeudi un premier rapport aux membres du Conseil de sécurité.

 

"Des preuves sérieuses prouvent que des individus dans les deux camps ont commis des crimes violant les lois humanitaires internationales ainsi que des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité", note le rapport dont l'AFP a obtenu copie.

 

Malgré tout, parler de nettoyage ethnique ou de génocide "est prématuré à ce stade", tempère le rapport, soulignant que, sans une rapide intervention, les choses peuvent changer.

 

"Si la communauté internationale ne réagit pas rapidement avec détermination en envoyant davantage de forces de maintien de la paix en Centrafrique, nous pourrions rapidement faire face à une situation se détériorant, qui pourrait conduire à un nettoyage ethnique ou à un génocide", poursuivent les enquêteurs.

 

Le Conseil de sécurité avait voté en avril l'envoi de 12.000 casques bleus dans ce pays déchiré par des violences entre chrétiens et musulmans. Mais cette mission de l'ONU n'entrera en action qu'en septembre, prenant le relais de 2.000 soldats français et 6.000 soldats de l'Union africaine.

 

Depuis la prise de pouvoir de la rébellion Séléka en mars 2013, renversée en janvier 2014, la Centrafrique vit une crise sans précédent, rythmée par les exactions de l'ex-rébellion à majorité musulmane en déroute, et celles des milices anti-balaka. Ces exactions contre les civils ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

 

Centrafrique : des crimes de guerre commis dans les deux camps (enquête de l'ONU)

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 09:14

 

 

 

 

06/06/14 (AFP)

 

Le commandant de l'opération française en Centrafrique, le général Francisco Soriano, indiqué vendredi que le retour de ses soldats commencerait à partir du 15 septembre, avec le relais de la mission de l'ONU.

 

Interrogé sur la fin prévisible de l'opération Sangaris, lancée le 5 décembre 2013 par le président François Hollande comme une opération "brève, qui n'a pas vocation à durer", le général a répondu à la radio Europe 1, en évoquant la future mission de maintien de la paix des Nations unies : "nous resterons jusqu'à ce que cette opération soit pleinement opérationnelle".

 

"C'est à partir du 15 septembre qu'elle prendra sa capacité opérationnelle. Eh bien nous, nous l'accompagnerons jusqu'à ce qu'elle ait atteint sa pleine capacité, ce qui devrait se faire d'ici la fin de l'année", a-t-il dit.

 

A la question de savoir si les premiers retours de soldats de Sangaris pourraient en conséquence intervenir à partir du 15 septembre, le général Soriano a répondu: "C'est exactement ça".

 

Interrogé sur les troubles qui persistent en dépit de la présence française, il a observé : "Aujourd'hui, la population musulmane, notamment dans Bangui", "souffre, c'est une réalité, elle a besoin de sécurité".

 

"Il faut reconnaître que les milices anti-balaka exercent une véritable pression sur les populations musulmanes", a-t-il dit, relancé sur d'éventuels risques d'épuration ethnique.

 

Mais pour lui "la situation est en train de s'améliorer". Il en veut pour preuve des retours de musulmans "qui s'étaient réfugiés au Cameroun".

 

"Il ne faut pas oublier que la Centrafrique, c'est un pays qui a connu vingt années de crise", a relevé l'officier.

 

"Nous ne réfutons pas les problèmes, les difficultés, qui sont encore importants, mais on ne peut occulter tout le travail qui a été fait par la force Sangaris".

 

Centrafrique : premiers retours de soldats français "à partir du 15 septembre"

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 09:12

 

 

 

 

(www.aleteia.org  05/06/14)

 

La population est « vraiment lasse et découragée » et ne croit plus à aucune promesse, déclare à l’AED le, prieur du monastère des Carmes de Notre-Dame de Bangui.

 

Malgré six mois d’opération militaire conjointe Sangaris/Misca visant à désamorcer la crise centrafricaine, le pays est toujours pris dans sa spirale de violences intercommunautaires, sans qu’aucun brin de solution politique et sécuritaire ne semble pointer à l’horizon, jetant sur la population un grand voile de lassitude et de découragement dont fait écho le Père Federico Trinchero, prieur du monastère des Carmes de Notre-Dame de Bangui, dans un entretien à l’organisation Aide à l’Eglise en Détresse (AED).

 

Au lendemain de la violente attaque contre l’église Notre-Dame de Fatima à Bangui, le 28 mai dernier, faisant au moins 18 morts et une quarantaine de personnes prises en otages et enlevées, le carme italien confirme un regain de violence qui montre « combien la paix est encore très loin ».

 

L’église qui a été attaquée ne se situe qu’à quelques kilomètres du monastère des Carmes où l’attaque a engendré un nouvel accroissement du nombre de réfugiés. « le peuple attend une véritable solution politique. Mais une telle solution n’aboutira à un résultat positif que si elle n’accepte aucun compromis envers quiconque usera de la violence ou répandra un esprit de vengeance », déclare-il à l’AED. Et, pour l’instant, les troupes armées étrangères sont incapables d’agir efficacement et arrivent souvent trop tard.

 

Le monastère des carmes est l’un des plus grands camps de réfugiés de la capitale centrafricaine. Il héberge plus de 7000 personnes déplacées. « Nous espérons que les réfugiés pourront bientôt retourner chez eux, mais nous n’en voyons pas la fin. », confie le père italien qui fait savoir que depuis décembre 2013, rien que le réfectoire du monastère a vu la naissance de 30 bébés. P. Trinchero craint que le processus de réconciliation ne prenne des années : « La rupture qui s’est produite dans le pays est très profonde. Mais j’espère qu’il sera possible de mobiliser les forces vitales de la jeunesse afin qu’elle prenne en main l’avenir de son pays », poursuit le Père Trinchero avant d’ajouter : « L’Église ne reste pas passive et poursuit sa mission. Mais cela pourrait en déranger plus d’un parmi ceux qui n’aiment pas la paix. » 

:

Le 4 juin, à Rome, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont lancé un appel conjoint pour une aide d'urgence aux réfugiés de Centrafrique arrivant en grand nombre au Cameroun (plus de 2 000 chaque semaine), totalement démunis et souffrant de la faim. Depuis mai, le PAM a fourni des rations de nourriture pour près de 50 000 réfugiés et intensifie ses opérations, mais a du mal à répondre à tous les besoins par manque de moyens et à cause des difficultés à atteindre certaines populations. Si la situation ne s’améliore pas, c’est bientôt la moitié de la population» de Centrafrique qui aura besoin d'assistance.

IC

http://www.aleteia.org/fr/international/actualites/centrafri...

 

Lu pour vous : Centrafrique: « la paix est encore très loin »

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 09:11

 

 

 

 

 

05/06/14 (Dw-World)

 

Le Ministre de la communication et de la réconciliation nationale a lancé un plan d'action d'urgence en quatre points en vue de promouvoir la réconciliation. Le document prévoit l'adhésion de tous les Centrafricains.

 

Selon José Messongo, le Chargé de Mission, au ministère en charge de la réconciliation, le programme d'urgence s'articule autour des éléments clés suivants :

 

1 - La dissémination urgente de messages politiques sur les questions sécuritaires, d'impunité, de paix et de la réconciliation

 

2 - La poursuite et l'intensification du dialogue avec la population, les groupes armés et leurs dirigeants

 

3 - La transformation des dynamiques intercommunautaires dans les zones prioritaires

 

4 - L'engagement immédiat de dialogue direct avec les populations déplacées internes et/ou externes.

 

Le plan d'action prévoit un dispositif qui va s'appuyer sur un dialogue direct avec toutes les parties impliquées dans la crise centrafricaine, explique José Messongo :

 

« On va intensifier le dialogue avec tous les groupes armés qui sont en Centrafrique, les acteurs de la crise centrafricaine, notamment les ex- séléka, les groupes d'auto-défense qui existent sur le territoire nationale. »

 

Pour atteindre ses objectifs, le plan d'action sera exécuté en collaboration avec toutes les couches de la société :

 

« On doit travailler sur les jeunes avec les jeunes, on doit travailler avec les organisations des femmes, des étudiants, des travailleurs, c'est avec toute la population centrafricaine ».

 

Le document a été conçu par le ministère de la Communication et de la Réconciliation nationale, mais tous les ministères sont impliqués pour sa mise en œuvre.

 

Par ailleurs, le Premier ministre, André Nzapayéké, a rencontré l'ensemble des chefs de quartiers de Bangui en vue de leur expliquer la portée de ce programme et solliciter leur implication totale. Une autre réunion avec la jeunesse est prévue dans la semaine.

 

http://www.dw.de/un-plan-durgence-pour-la-rca/a-17686356

 

Un plan d'urgence pour la RCA

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 09:09

 

 

 

 

05/06/14 (APA)

 

L’imam de la mosquée de Drancy Hassen Chalghoumi a lancé un appel à l’unité et à la réconciliation à l’endroit des Centrafricains de toute confession avant de les mettre en garde contre le risque de voir des groupes armés comme Boko Haram et Aqmi profiter de leurs divisions pour détruire la RCA.

 

‘’J'ai peur que ce conflit soit récupéré par des groupuscules armés comme que Boko Haram, Aqmi et d’autres. C’est donc un discours de responsabilité que je leur lance », a confié à la presse l’Imam de la mosquée de Drancy, par ailleurs président de la conférence des Imams de France.

 

‘’On ne peut pas se permettre ce conflit ni au nom de ni chrétien ni musulman. Cela n’est pas la vérité. Il y a des bandits et surtout des gens qui ont déjà perdu leurs âmes derrière cela », a martelé Hassen Chalgoumi qui effectue depuis mardi une visite de travail de quatre jours en Centrafrique.

 

Imam Chalghoumi qui s’exprimait, mercredi à Bangui, au sortir d’audience avec le président du conseil national de transition (CNT) Alexandre Ferdinand Nguendet, a réaffirmé son appel à la paix à l’endroit de tous les Centrafricains, soulignant être venu pour surtout demander ‘’à chacun de prendre ses responsabilités » dans la recherche de solution définitive à la crise.

 

De son côté, Imam Oumar Kobine Layama, président de la communauté islamique centrafricaine (CICA), s’est félicité de la visite de Hassen Chalgoumi qui est accompagné de plusieurs dignitaires musulmans français.

 

« La venue de ces imams français en Centrafrique est le fruit de notre périple en occident », a-t-il souligné non sans se réjouir que leur plaidoyer en France ait eu des échos favorables pour la RCA.

 

L’agenda en Centrafrique de cette délégation conduite par l’imam Chalghoumi prévoit une visite de terrain à Yaloké et une série de rencontres avec les autorités de la transition et les leaders religieux centrafricains et autres.

 

 

 

 

L’Imam de Drancy aux Centrafricains : "évitez que Boko Haram profite de vos divisions "

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 17:43

 

 

 

 

05/06/14 (Organisation de la Presse Africaine )

 

La Présidente de la Commission souligne qu’une enquête a été conjointement diligentée par la composante Droits de l’Homme et des Officiers de Police judiciaire de la MISCA, pour faire la lumière sur les faits allégués. La Présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Dr. Nkosazana Dlamini-Zuma, a appris avec préoccupation les informations diffusées par Human Rights Watch selon lesquelles des soldats de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) auraient été impliqués dans la disparition forcée de onze personnes dans la localité de Boali, à environ 80 km au nord de Bangui.

 

La Présidente de la Commission souligne qu’une enquête a été conjointement diligentée par la composante Droits de l’Homme et des Officiers de Police judiciaire de la MISCA, pour faire la lumière sur les faits allégués. Sur la base des résultats de cette enquête, l’UA prendra les mesures qu’appellera la situation, conformément aux règles qui régissent le fonctionnement de la MISCA.

 

La Présidente de la Commission rappelle que depuis son déploiement, le 19 décembre 2013, la MISCA s’est acquittée de son mandat avec dévouement et volontarisme. La Mission a grandement contribué à l’amélioration de la situation sur le terrain, protégeant aussi bien la population civile que les institutions de la transition et les infrastructures clés du pays, et ce dans des conditions particulièrement difficiles. Elle rappelle, en outre, la politique de tolérance zéro de l’UA envers toute exaction contre la population civile et autres violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. Toute transgression des principes qui guident le fonctionnement de la MISCA sera traitée avec la plus grande rigueur.

 

La Présidente de la Commission réitère son appréciation à la direction et aux personnels civils et en uniforme de la MISCA pour le travail accompli, et les encourage à persévérer dans la mise en œuvre effective du mandat de la Mission, en vue de faciliter la promotion durable de la paix, de la sécurité, de la stabilité et de la réconciliation en RCA.

L’UA enquête sur le rôle supposé de soldats de la MISCA, dans des exactions

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 17:37

 

 

 

 

 

05/06/14 (APA)

 

Les responsables de radio ''Notre Dame'' (RND), avec à leur tête Monseigneur Dieudonné Nzapalahinga, doivent s’expliquer devant le gouvernement sur les écarts de langage constatés ces derniers temps dans leurs émissions interactives, a-t-on appris lors d’une réunion présidée par le Premier ministre.

 

André Nzapayéké qui rencontrait mercredi les notables de Bangui et des communes de Bimbo et Bégoua dans l'Ombella Mpoko, en prélude à la journée du désarmement du 8 juin prochain, s'est plaint des agissements de la Radio Notre Dame avant de demander à la ministre de la Communication Antoinette Montaigne d'interpeller les responsables de la station.

 

Le gouvernement reproche à cette station confessionnelle l'aspect ‘'politique politicienne'' de ses émissions et sa tendance à inviter des politiques qui lancent des mots d'ordre pour des mouvements d'humeur.

 

Mardi dernier, au cours de l'émission dénommée ‘'civisme et spiritualité en direct'', Joseph Béndounga, leader d'un parti politique, l'ancien ministre Jean Serge Bokassa, et l'écrivain Mohammar Bengue Bossin, ont profité de l'antenne pour ‘'outrager'' la présidente, Catherine Samba-Panza.

 

En réaction, le chef du gouvernement, André Nzapayéké, exige des explications aux responsables de la station. ‘'Radio Notre Dame est toujours absente des grands évènements touchant la vie de la nation. Peu après, elle donne l'antenne à ceux qui ne veulent pas de la paix pour qu'ils s'acharnent sur la présidente de transition et le premier ministre les traitant des voleurs et d'incapables'', a souligné le chef du gouvernement.

 

''Pourquoi les tranches d'antenne ne sont-elle pas accordées aux personnes qui veulent la paix sur RND et Radio Ndeke Luka ?'', s'est-il interrogé.

 

Dans une réaction à chaud, la ministre Montaigne a déclaré : ‘'je verrai le cahier de charges de cette radio pour avoir une idée exacte de leur grille de programmes avant toute autre chose''.

 

Centrafrique : la radio ''Notre Dame'' va s'expliquer sur ses émissions contre les autorités de la transition

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 16:43

 

 

 

 

05/06/14 (AFP)

 

Plusieurs milliers de personnes et les autorités centrafricaines ont rendu jeudi un dernier hommage à Bangui à l'abbé Paul-Emile Nzalé, 76 ans, tué le 28 mai dans l'attaque de l'église Notre-Dame de Fatima par des hommes armés.

 

La dépouille du prêtre avait été transférée à la cathédrale Notre-Dame de l'Immaculée conception de Bangui, où religieux et fidèles sont venus en masse se recueillir, a constaté un journaliste de l'AFP.

 

Une messe de requiem en sa mémoire et des 16 autres victimes de l'attaque de l'église de Fatima a été célébrée jeudi en présence du Premier ministre André Nzapayéké et de nombreuses autres personnalités politiques et religieuses, dont l'archevêque de Bangui Dieudonné Nzapalainga.

 

Selon des témoignages, le prêtre a été atteint d'une balle à l'abdomen au moment de l'attaque et est décédé pendant son transfert à l'hôpital dans une charrette à bras, faute d'ambulance.

 

Au moins 17 personnes ont été tuées et une trentaine blessées dans l'attaque de Notre-Dame de Fatima par un groupe d'hommes armés.

 

Cette attaque meurtrière a provoqué une nouvelle flambée de violences entre chrétiens et musulmans dans la capitale.

 

La crise centrafricaine a pris un tournant interconfessionnel depuis plusieurs mois, entre les ex-rebelles Séléka, à dominante musulmane, et les miliciens chrétiens anti-balaka.

 

Ces violences ont fait de nombreuses victimes et forcé les civils musulmans, minoritaires, à fuir des régions entières, essentiellement vers le Nord et le Centre, alimentant les craintes d'une partition du pays.

Bangui: dernier hommage de la population et des autorités au prêtre assassiné

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 13:51

 

 

 

 

 

05/06/14 (Europe 1)

 

Seuls 4.000 d’entre eux restent encore à Bangui. Il y a six mois, ils étaient 200.000.

 

En six mois, les soldats français ont-ils réussi à réinstaurer la sécurité en Centrafrique, ou à Bangui pour le moins ? Lancée le 5 décembre 2013, l’opération Sangaris est-elle "rapide et efficace", comme le promettait François Hollande ?

 

Le jugement de Souleymane, un Centrafricain de Bangui, est sévère : "J’ai vraiment du respect pour le peuple français, mais Sangaris, ce qu’ils ont fait en Centrafrique, c’est lamentable", dit-il avec amertume au micro d’Europe 1. Et pour cause : comme de nombreux musulmans, il est désormais parmi les opprimés.

 

Les anti-balaka font régner la terreur. Officiellement, la Séléka, dont les membres étaient principalement musulmans, n’existe plus. Michel Djotodia, leur chef autoproclamé président de la République, s’est exilé au Bénin, laissant la place à Catherine Samba-Panza, présidente de transition démocratiquement élue.

 

Mais aujourd’hui, les chrétiens centrafricains se vengent sur les musulmans. Après la Séléka, c’est au tour des milices anti-balaka, majoritairement chrétienne, de faire régner la terreur sur le pays.

 

Les musulmans ne songent plus à enterrer leurs morts. Les musulmans ont massivement fui la capitale. De 200.000 il y a six mois, ils ne sont plus que 4.000 aujourd’hui, ghettoïsés dans un quartier de Bangui, raconte Souleymane, le regard crispé. Chaque semaine, il est un peu plus difficile de prier : l’imam tente de faire le compte des mosquées brûlées.

 

Il y a cinq mois, Souleymane se définissait comme un musulman optimiste. C’est aujourd’hui terminé. Les Centrafricains adeptes de l’islam qui sont restés dans la capitale ne peuvent même plus faire le deuil de leurs proches : "Les cimetières sont derrière l’aéroport, explique Souleymane. Si vous traversez, vous tombez automatiquement dans les mains des anti-balaka". La rage au ventre, il raconte que dans la communauté musulmane de Bangui, "on n’enterre plus les cadavres. On les lave, on les prépare et la Croix rouge vient récupérer le corps". Pour lui, la douleur de cet affront est inacceptable : "Quand vous perdez un proche et que vous n’arrivez même pas à l’inhumer, c’est une plaie incurable."

 

Qui est responsable de cette situation ? Tout le monde, pour Souleymane : le gouvernement, les casseurs qui vivent tranquillement de l’autre côté de la ville, mais aussi les militaires français. "Quand ils sont venus, la situation a empiré, se souvient-il. Ils ont laissé le terrain libre aux anti-balaka." L’opération Sangaris s’était donné pour mission première de mettre fin aux raids des Séléka. Ils ont réussi, mais à quel prix ?

 

Dans ce quartier, aucun bruit de klaxons, de marché, de vie que l’on entend dans le reste de la ville. Les mentalités se durcissent, la rancœur pointe chez les musulmans de la capitale.

 

Pauline Hofmann et Gwendoline Debono

 

http://www.europe1.fr/International/Centrafrique-les-musulma...

 

Centrafrique : les musulmans, du pouvoir à la rancœur

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 13:29

 

 

 

 

 

http://www.hrw.org/  5 JUIN 2014

 

Les autorités et les forces de maintien de la paix devraient assurer des conditions de départ en toute sécurité

 

Les autorités gouvernementales de la République centrafricaine et les forces internationales de maintien de la paix devraient permettre aux habitants musulmans de chercher protection dans les pays voisins. De nombreux habitants musulmans vivant dans quelques zones fortement gardées subissent des conditions inacceptables, mettant leur vie en danger, et assurent qu’ils veulent partir.

La majorité des musulmans se trouvant encore dans l’ouest du pays sont des nomades appartenant au groupe ethnique peul et vivant dans de petites enclaves – comme à Boda, Carnot et Yaloké – qui sont fortement gardées par les forces de maintien de la paix de l’Union africaine (MISCA) et par les troupes françaises (Sangaris). Du fait des menaces persistantes dirigées contre les Peuls, les forces de maintien de la paix limitent de façon drastique les déplacements des résidents.

« Admettre que de nombreux musulmans menacés en République centrafricaine doivent quitter le pays temporairement est une option de dernier recours, mais il n’existe pas d’autre solution immédiate », a déclaré Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences à Human Rights Watch. « De nombreux musulmans dans l’ouest du pays ont exprimé clairement et sans équivoque le souhait de fuir pour se réfugier dans des pays voisins, et ils devraient être autorisés à partir en toute sécurité. »


Depuis septembre 2013, les milices anti-balaka essentiellement chrétiennes et animistes ont mené des attaques répandues et systématiques contre la minorité musulmane en République centrafricaine, faisant des milliers de morts et entraînant la fuite de centaines de milliers de musulmans qui ont été contraints à abandonner leurs maisons. Les 2 000 militaires français de l’Opération Sangaris et les 6 000 forces africaines de maintien de la paix de la mission de l’Union africaine, la MISCA, n’ont pas réussi à stopper ces attaques.


Depuis six mois, les combattants anti-balaka cherchent à se venger des exactions brutales commises par la coalition rebelle Séléka, essentiellement musulmane, qui a renversé le gouvernement de François Bozizé en mars 2013. Des quartiers entiers de la capitale, Bangui, ont été vidés de leurs populations musulmanes. Dans plusieurs grandes villes de l’ouest du pays, où des milliers de musulmans vivaient auparavant, il n’en reste aucun.


À Yaloké, 490 Peuls ayant fui le sud-ouest du pays il y a quatre mois sont hébergés dans trois bâtiments gouvernementaux délabrés au sommet d’une colline dans le centre ville, protégés par des forces de maintien de la paix de la MISCA et par des gendarmes locaux. Les forces anti-balaka attaquaient fréquemment les Peuls alors qu’ils fuyaient le sud-ouest du pays, s’emparant de milliers de têtes de leur bétail. De nombreux Peuls portent des cicatrices de blessures de machette, à la suite des attaques des forces anti-balaka.


Les hommes du groupe de Peuls ne sont pas autorisés à quitter le camp, tandis que les populations locales menacent et insultent régulièrement les femmes peuls qui s’aventurent quelques mètres à l’extérieur en quête de bois pour le feu et d’eau. Nombre d’enfants et d’adultes souffrent de maladies respiratoires et de malnutrition, et sont obligés de dormir en plein air. Au cours de la dernière semaine de mai 2014, lorsque des chercheurs de Human Rights Watch ont rendu visite aux Peuls à plusieurs occasions, au moins quatre enfants, dont deux jumeaux nouveau-nés, sont morts en raison des conditions terribles régnant dans le camp.


En dépit de la vulnérabilité des Peuls, le capitaine commandant le contingent local de maintien de la paix de la République du Congo (Congo-Brazzaville) les a ouvertement menacés en présence des chercheurs de Human Rights Watch, jurant de tirer sur quiconque essaierait de prendre place à bord d’un convoi de camions commerciaux se trouvant à proximité et qui auraient pu les transporter au Cameroun.

Après que les chercheurs de Human Rights Watch ont protesté, le capitaine a déclaré qu’il avait « seulement essayé d’effrayer [les Peuls] ».  Mais il a insisté sur le fait qu’il ne les autoriserait pas à monter dans les camions, indiquant que les autorités de transition du pays s’étaient fermement opposées à tout nouveau départ des musulmans hors du pays.


Des membres de la communauté peul pris au piège à Yaloké ont confié à Human Rights Watch qu’ils souhaitaient tous se réfugier au Cameroun. Ils ont affirmé qu’ils étaient retenus à Yaloké contre leur volonté après que les autorités locales leur aient dit qu’ils seraient autorisés à se rendre au Cameroun.


Human Rights Watch s’est entretenu avec des sources humanitaires, diplomatiques et gouvernementales qui ont expliqué que les autorités de transition de la République centrafricaine ont commencé à s’opposer au départ des musulmans après que les troupes des Nations Unies et de la MISCA ont soutenu le 27 avril l’évacuation de 1 300 musulmans qui se trouvaient pris au piège dans la zone PK12 de Bangui, la capitale. Des combattants anti-balaka ont attaqué le convoi et tué deux musulmans qui s’enfuyaient. Les autorités de transition ont alors déclaré qu’elles n’avaient pas approuvé l’évacuation, et ont insisté sur le fait qu’il ne devrait pas y avoir d’autres évacuations sans le consentement du gouvernement.


Les chercheurs de Human Rights Watch ont également pu constater les conditions épouvantables régnant dans la ville de Boda, dans le sud-ouest du pays, spécialisée dans le commerce de diamants et où environ 11 000 musulmans sont pris au piège. Les attaques contre les musulmans se poursuivent, malgré la présence des forces africaines de maintien de la paix et des troupes françaises. À Carnot, 800 à 900 musulmans sont toujours réfugiés dans l’église catholique locale dans des conditions déplorables. Certains d’entre eux s’y trouvent depuis trois mois. Des forces anti-balaka les ont attaqués récemment, le 24 mai.


Même si certaines organisations humanitaires internationales sont présentes dans la capitale, peu travaillent dans les zones rurales, ce qui aggrave la situation des Peuls qui s’y trouvent. Un nombre inconnu de nomades peuls se trouvent toujours dans des zones rurales avec le restant de leurs troupeaux, essayant d’éviter les violences des anti-balaka.


Le droit international octroie à chaque personne le droit « de quitter tout pays, y compris le sien ». La  population musulmane de la République centrafricaine a également le droit à la liberté de mouvement à l’intérieur du pays. Les restrictions imposées par les autorités de transition sur les déplacements volontaires des communautés musulmanes menacées ne sont pas conformes avec ces obligations légales internationales, et montrent la nécessité d’une approche plus durable pour garantir la sécurité des populations musulmanes.


Les autorités de transition devraient accorder aux résidents musulmans la liberté de mouvement et respecter leur droit de rechercher la sécurité à l’étranger, selon Human Rights Watch.  Les autorités de transition, les Nations Unies, les forces de maintien de la paix de la MISCA et les troupes françaises Sangaris devraient également collaborer pour aider les musulmans pris au piège, notamment en assurant la sécurité contre les attaques des forces anti-balaka à ceux qui sont résolus à partir afin de trouver une protection dans les pays voisins de la RCA. Les autorités de transition et la communauté internationale devraient prendre l’engagement ferme de créer les conditions aussitôt que possible pour permettre aux musulmans d’exercer leur droit au retour vers leurs lieux d’origine.


« Les communautés musulmanes en République centrafricaine sont confrontées à des menaces persistantes depuis six mois, mais les autorités n’ont toujours pas mis en place une réponse adaptée à leur misère », a conclu Peter Bouckaert. « Forcer des musulmans désespérés à rester dans des enclaves étroitement surveillées et dans de terrible conditions n’est pas du tout la  manière appropriée de  gérer cette situation. »

République centrafricaine : Il faut permettre aux musulmans de chercher refuge hors du pays
République centrafricaine : Il faut permettre aux musulmans de chercher refuge hors du pays

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