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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 19:22

 

 

 

 

Centrafrique avec son eau bouillante

 

Après le passage du vent de la démocratie soufflé en Afrique dans les années 90, la Centrafrique a eu ses premières élections démocratiques qui se sont soldés à l’arrivée de Ange Félix PATASSE à la magistrature suprême. Quelques années après en 96 cette paisible et tolérante nation commence à vivre ses cauchemars avec les crises militaro- politiques répétitives. Elle a commencé à se voir assister militairement par la communauté internationale comme la venue des MISAB (Mission de Suivi des Accords de Bangui) et de la MINURCA (Mission des Nations Unies en CentrAfrique). Elle s’est vue passer sur son territoire des troupes africaines comme celle de la Lybie, du Tchad, Sénégal … avec l’appréciation plus ou moins acceptable de la population civile. Puis en 2001 la situation s’est aggravée par la chasse aux sorcières suite au coup d’état raté du Général André Kolingba.  Ces interventions de maintient de la paix en Centrafrique ont accouché des apaisements précaires, l’entente simulée des parties belligérantes et des accords signés qui n’ont jamais été respectés. Toutes ces crises ont eu comme conséquence immédiate l’ethnisation et la politisation des Forces Armées CentrAfricaines (FACA)  qui les a rendues inactives militairement sur toute l’étendue du territoire. Cela a fait que que tous les problèmes militaires  centrafricains sont traités par les troupes étrangères.  Et depuis 96 le centrafricain est habitué avec les armes, l’envie d’être enrôlé dans l’armée s’est agrandie exponentiellement dans le milieu juvénile centrafricain. Ce centrafricain n’est plus tolérant, passif et prêt à découdre avec la violence (les armes, les couteaux, les machettes …) pour se faire entendre. Et  toujours dans ses brouhahas non maitrisés, on a assisté à l’arrivée au pouvoir du Général François BOZIZE appuyé financièrement et militairement par l’homme fort de N’djamena Idriss Deby Itno.

 

  Quelques temps passés des bosses se font voir sur la relation centrafricano-tchadienne, le pouvoir de Bangui accuse le pouvoir de N’djamena de déstabilisateur. En 2012 ce pouvoir de Bangui dirigé par François BOZIZE est menacé par une coalition des rébellions centrafricaines du nom de la SELEKA qui se trouve  aux portes de la capitale Bangui à une vitesse faramineuse. Comme d’habitude et face à la puissance de frappes de cette rébellion, le président François Bozizé fait appelle à la France puis aux Etats-Unis au nom de la protection d’un régime démocratiquement élu. Ces appels à l’aide sont restés sans suite. Des accords du partage de pouvoir ont été signés à Libreville au Gabon.  A la surprise générale, en mars 2013, Michel Djotodia représentant légitime de cette coalition SELEKA  s’accapare du pouvoir par les armes au vu et au su de toute la communauté internationale. François Bozizé est évincé du pouvoir d’une manière très honteuse en qualité d’un général président, ministre de la défense et d’un homme qui a passé presque toute sa vie dans l’armée.  

 

Le réveil tardif de la communauté internationale (France, Etats-Unis)

 

Michel Djotodia entouré de musulmans venus du Nord se trouve à la tête malgré lui d’une bande de tueurs musulmans à la presidence. Il n’arrive plus à se faire entendre ni respecter, la Centrafrique semble dans le chaos, le désarroi et l’anarchie. Le pouvoir est dans la rue et tout le monde fait sa loi selon ses règles de droit. La population civile abandonnée à elle-même essaye de se protéger en créant tant bien que mal des milices d'autodéfense appelées anti-balakas et qualifiées de milices chrétiennes par les medias occidentaux. Les représailles sont meurtrières et le gouvernement français, l'ONU parlent de risque de génocide. La communauté internationale muette tente en vain de coller la brèche béante provoquée par DJOTODIA et sa bande. Au nom de l’assistance en personne en danger, l’urgence d’aider le peuple centrafricain meurtri se fait sentir dans le monde.

 

Au conseil de sécurité des Nations Unies une résolution dite résolution 2127 présentée par la France est votée à l’unanimité le 5 décembre 2013. Elle autorise le déploiement des troupes africaines réunies sous la bannière de la MISCA (Mission Internationale de Soutien à la CentrAfrique) pour une durée de 12 mois. Cette mission a pour but de mettre fin à la  faillite totale de l'ordre public, l'absence de l'état de droit et les tensions interconfessionnelles. Et elle est appuyée par des forces françaises autorisées à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire régner l’ordre. Dans une démarche bancale et dénoncée par la population civile cette mission a conduit à la dissolution de la coalition SELEKA et à la démission en janvier 2014 de DJOTODIA.

 

L’intervention militaire française (Sangaris)

 

Les combats répétitifs entre des milices d'autodéfense anti-balakas et les ex-Seleka se multiplient à partir d'octobre 2013 et l’État n'est plus capable de faire régner l'ordre. Ces combats font de dégâts entre les deux camps et poussent toute une population dans la rue pour chercher protection. La France décide alors d’aider cette population civile en déployant ses troupes à Bangui et a choisi comme nom de l'opération Cymothoe sangaris qui fait référence à un papillon africain car l'intervention devrait être rapide et courte selon les propos du président français François Hollande. Sangaris commence officiellement dans la nuit du 5 au 6 décembre avec l'arrivée à Bangui du général Francisco Soriano en tête de l’opération. Du 5 au 8 décembre 2013, alors que l'armée française commence son déploiement, Bangui, la capitale de la République centrafricaine est le théâtre de violents combats entre les Seleka, majoritairement musulmans, et les Anti-balaka, majoritairement chrétiens. Selon Amnesty International, en deux jours, environ 1 000 chrétiens et 60 musulmans sont tués par les combats.

 

L’erreur de l’opération Sangaris

 

En janvier 2014, plus de 2000 refugiés centrafricains craignant pour leur securité se sont déplacés en masse vers l'aéroport M'Poko de Bangui. Parmi ces refugiés se trouvaient certains membres des milices armées qui cherchaient protection. Cela rappelle les faits de 94 au Rwanda avec la protection des membres des interamwés pour traverser la frontière vers le Congo par l’opération européenne turquoise dirigée par la France. Ce comportement a donné une impression de la partialité française  de l’autre partie du camp adverse( les Seleka) . Au moment où les forces françaises de Sangaris sécurisaient l’accès à l’aéroport de M’Poko sur lequel se sont réfugiés près de 2 000 Centrafricains pour fuir les combats, elles ont été prises à partie à trois reprises par un pick-up armé. Selon le ministère de la défense française, au troisième tir, les militaires français ont riposté détruisant le véhicule. Cette prise à partie n’a fait aucun blessé du côté des militaires français, ni des civils venus chercher leur protection.

 

Le désarmement pour donner une chance à la population d’aspirer à la paix est primordial.  La France sous estime la situation pensant juste qu’ un simple désarmement des Ex-Seleka dans les rues de Bangui pouvait apaiser la situation. Elle a augmenté l’effectif de ses soldats à seulement 1200 militaires puis à 1600 selon le besoin qui consiste aussi  à protéger les intérêts français. Elle s’est dotée de tous les moyens y compris le moyen aérien. Le désarmement tant attendu se fait que d’un seul coté. Cette partialité a fait déborder le vase, dans la nuit du 9 au 10 décembre, un accrochage proche de l'aéroport international de Bangui entre les forces françaises et des hommes armés entraîne la mort de deux soldats français du 8e RPIMa. Selon un communiqué du ministre de la Défense français :  « une section de la force Sangaris a été prise à partie, peu avant minuit, à très courte distance par des individus munis d’armes légères d’infanterie, au cours d’une patrouille menée à Bangui. Les militaires français ont immédiatement riposté. Durant l’échange de tirs, les premières classes Nicolas Vokaer et Antoine Le Quinio ont été grièvement blessés. Ils ont immédiatement été pris en charge par leurs camarades avant d’être évacués vers l’antenne chirurgicale avancée sur l’aéroport de M’Poko, où ils sont décédés des suites de leurs blessures ».

 

Le 10 décembre, le général Mahamat Saleh, ancien Chef d’état-major des forces Seleka, est tué au quartier Miskine par des soldats français lorsque son véhicule tente de franchir un barrage. Deux de ses hommes sont tués, deux autres sont blessés. Le matin du 22 décembre, trois hommes de la Seleka sont tués par des soldats français lors d'une opération de désarmement. Français et Seleka s'accusent mutuellement d'être responsables de la fusillade. Selon l'état-major français, les militaires ont ouvert « le feu deux fois au cours de la journée », la première fois déclare-t-il, « contre un groupe d'une demi-douzaine de personnes soupçonnées d'être des ex-Séléka, qui allaient faire usage de leurs armes qui étaient pointées contre nos troupes ». Le deuxième incident se produit contre un tireur isolé. D'après un officier de la Seleka, Abacar Sabone, les trois hommes ont été tués « alors qu'ils étaient armés, certes, mais ils n'avaient montré aucune hostilité envers les Français et n'ont pas fait usage de leurs armes ». Quelques heures plus tard plusieurs milliers de musulmans manifestent pour dénoncer l'intervention française accusée de soutenir les chrétiens et les Anti-balaka. Le lendemain, au matin du 23 décembre, ce sont cette fois-ci des chrétiens qui manifestent pour soutenir l'intervention française et réclamer le départ de Djotodia, des Seleka et des soldats Tchadiens de la MISCA. Après avoir essuyés des jets de pierre, des soldats tchadiens ouvrent le feu. Un manifestant est tué, un autre est blessé. L'incident prend fin avec l'intervention des forces françaises qui évacuent les victimes.

 

Une vidéo comme celle-ci  http://youtu.be/D5-DCnP4Cwk  circulant sur youtube montrant l’étroite relation entre les anti-balakas et les troupes françaises de Sangaris. Malgré les opérations de désarmement prévues pour désarmer à la fois les anti-balaka et les Seleka, plusieurs massacres et assassinats continuent d'être perpétrés par les anti-balakas sur les civils musulmans et les Seleka désarmés par l'armée française.

 

 

L’opération Sangaris vue de part le monde

 

  1. Par les politiques Français
  2.  

Pour l'ambassadeur français en Centrafrique, Charles Malinas, le bilan de l'opération est positif, la vie commence à reprendre son cours et « tout redémarre à Bangui », il déclare que les violences « sont de plus en plus limitées et circonscrites à quelques arrondissements ».

 

Le 12 février, le général français Dominique Trinquant, ancien chef de la mission militaire auprès des Nations unies, déclare sur RFI :

 

« Il faut que la communauté internationale réagisse très vite. La France l’a fait, un certain nombre de critiques sont apparues. Je pense qu’il vaut mieux critiquer ceux qui ne font rien que ceux qui font quelque chose. Et actuellement la planification de l’opération de l’Union européenne m’inquiète beaucoup, parce que je trouve que ça prend beaucoup de retard et ça ne correspond pas du tout au rythme auquel il est nécessaire de réagir face à la violence91. »

 

De son côté, le général Francisco Soriano, chef de l'Opération Sangaris, estime que la rapidité du déploiement français est « une véritable performance, dont peu d'armées seraient capables » et que l'opération est parvenue « à éviter l'embrasement qu'on nous promettait dans la capitale, où ont été concentrés nos efforts. [...] Il est clair que nous avons empêché nombre de massacres. »

 

  1. Les medias

 

Les médias et les opinions publiques sont partagés. Ainsi, le quotidien algérien Liberté dénonce le retour de la Françafrique et affirme que l'intervention est perçue « en Afrique et ailleurs comme une manœuvre de la France pour s'affirmer sur la scène mondiale »83. Le quotidien britannique The Times juge à l'inverse que par sa « volonté d’intervenir et d'empêcher une catastrophe humanitaire », la France est admirable84. Pour le journal burkinabé L'Observateur paalga, la France est accusée de « néocolonialisme et d'impérialisme » quand elle intervient et de « non-assistance à peuple en danger » lorsqu'elle reste neutre, mais c'est à cause du manque d'implications des États de la région qu'elle peut ou doit jouer au « gendarme de l'Afrique ».

 

Interviewé le 29 janvier, Peter Bouckaert, en mission pour Human Rights Watch, estime que les Français ont mal anticipé les actions des Anti-Balaka :

 

« Les Français pensaient pouvoir se limiter à désarmer les ex-rebelles au cours d’une mission qui leur semblait simple au départ, conçue pour un succès rapide. Or rien ne s’est passé comme prévu et l’opération Sangaris se retrouve confrontée à un bain de sang dans le pays. Face à cette nouvelle réalité, les militaires français donnent surtout l’impression d’être tétanisés. Quand on leur a signalé que les musulmans allaient être massacrés dans le quartier de PK13 à Bangui, ils nous ont répondu qu’ils ne souhaitaient pas prendre parti dans ce conflit ! Mais prévenir un massacre, ce n’est pas choisir un camp. En réalité, ce sont les forces africaines de la Misca qui prennent l’essentiel des initiatives, mais aussi des risques. En particulier, les troupes rwandaises, burundaises et celle du Congo, qui ont réussi à sauver des gens en faisant preuve de beaucoup de courage, alors que les forces françaises ne quittent pas souvent leurs blindés et s’aventurent peu en dehors des grands axes pour voir ce qui se passe dans les quartiers populaires»

 

Début février, Peter Bouckaert déclare que les Français n'ont « pas de stratégie digne de ce nom. »

 

Peter Bouckaert réagit aux propos du général Francisco Soriano, chef de l'Opération Sangaris et déclare qu'il « est criminel de dire que la situation se stabilise quand des gens se font lyncher dans les rues. »

 

Tout est à voir qu’il ya plus de morts depuis  l’intervention Française qui a commencé dans la nuit du 5 et 6 décembre 2013 que l’entrée des Selekas à Bangui le 24 mars 2013.

L’enjeu de cette opération Sangaris

 

A travers la complicité selon les uns et la passivité de la France selon les autres, il est clair que la France est entrain de se faire détester par l’opinion publique centrafricaine. Certes elle a subie de pertes en vie humaine comme celle des soldats et de la jeune dame courageuse et charmante (paix à son âme) Mlle Camille Leplage. Toutes les frontières de la Centrafrique sont poreuses et avec une possible entrée des djihadistes sur le territoire centrafricain, la France risquerai de payer un lourd prix semblable au bourbier irakien pour les américains. Mais soyons toujours optimistes et mettons foi dans les efforts et les sacrifices faits par les uns et les autres dans le processus de résolution de la crise centrafricaine. Nous serons jugés par l’histoire de tout ce que nous déployons comme forces (négatives ou positives). Car ce peuple a tant souffert et il sera reconnaissant à ceux qui l’ont assisté dans ce moment de malheur. Alors la Centrafrique restera une et indivisible pour des siècles et des siècles.

 

I kouè i yé gui siriri na Centrafrique !!!!!!!!!!!!!

 

Que le bon Dieu benisse la Centrafrique pays de Zo kouè zo

 

Tribune libre : Opération Sangaris : Quel bilan six mois passés ? par Urbain Brice Tabémara

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 18:49

 

 

 

 

 

Source: RNL - 24/06/2014

 

Le gouvernement centrafricain et la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) viennent de signer en début de ce mois à Brazzaville au Congo une convention des études de faisabilité de l’Aéroport Bangui M’Poko. La nouvelle est rendue publique lundi à Bangui par Florence Limbio, ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération Internationale qui a représenté l’Etat centrafricain lors de la signature du document. Cette signature de convention fait suite à sa participation aux assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement (BAD) tenues du 19 au 23 mai 2014 à Kigali (Rwanda).

 

La ministre centrafricaine a également fait un tour à Libreville au Gabon du 11 au 12 juin dernier où elle a pris part à un séminaire organisé dans le cadre de la coopération Union européenne-Afrique centrale, avant de boucler sa tournée à Brazzaville au Congo. Selon Florence Limbio, la mission de Brazzaville a permis à la Centrafrique de signer avec les partenaires quatre (4) conventions de financement. Il y a trois conventions qui concernent les études de faisabilités. « La première étude a trait à la mise aux normes internationales de l’aéroport Bangui M’Poko pour un montant de 3 milliards de francs CFA. Au niveau de la mise aux normes de l’aéroport Bangui M’Poko, l’Agence française de développement (AFD) a mis à notre disposition 2 milliards de francs CFA pour la construction de la clôture », a expliqué la ministre. 


« La deuxième étude concerne la centrale hydraulique électrique de Dimoli dans l’ouest du pays et la dernière étude porte sur le plan de développement de la potabilisation de l’eau. Le total de ces financements que nous avons signés s’élève à plus de 6 milliards de francs CFA », indique le membre du gouvernement, ajoutant que « les autres projets de financement concernent l’étude de faisabilité pour la construction d’un chemin de fer entre Bangui et Bélabo ». La partie centrafricaine devra verser une contrepartie de 200 millions de francs CFA afin de permettre le déguerpissement et l’aménagement des sites, selon le membre du gouvernement

RCA: 3 milliards de F CFA pour la rénovation de l’Aéroport Bangui M’Poko

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 18:30

 

 

 

 

24/06/14 (AFP)

 

Dix-sept Peuls musulmans ont été tués lundi dans le centre de la Centrafrique par des miliciens chrétiens anti-balaka, dans un nouveau cycle infernal de tueries et de représailles orchestrées par des groupes armés accusés de crimes contre l'humanité.

 

Dans la ville de Bambari (centre), "17 personnes, toutes des membres de la minorité peule, ont été tuées lundi par des jeunes armés se réclamant des anti-balaka, lors d'une attaque de leur campement. Certains corps ont été mutilés et brûlés par les assaillants", a indiqué mardi un officier de la force de l'Union africaine en Centrafrique (Misca).

 

Le massacre a entraîné des "actes de représailles" de combattants de l'ex-rébellion Séléka, majoritairement musulmane, a précisé l'officier, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

 

"Cette attaque a entraîné des violences dans le centre de Bambari où des tirs ont été entendus dans certains quartiers, faisant quelques morts ainsi que des blessés et fuir au moins 6.000 personnes à l'évêché, à la cathédrale Saint-Joseph notamment", a-t-il expliqué.

 

Aucun bilan précis de ces représailles n'était disponible mardi à la mi-journée.

 

Des soldats français de l'opération Sangaris ont ensuite pris position pour faire baisser la tension dans Bambari, ville où l'ex-rébellion Séléka a installé son nouvel état-major depuis son départ en janvier 2014 de la capitale, Bangui, sous la contrainte des militaires français et africains.

 

Interrogés par l'AFP sur ces nouvelles violences, des responsables anti-balaka à Bangui ont nié que leurs miliciens en aient été à l'origine, affirmant ne pas reconnaître "ces jeunes incontrôlés agissant de leur propre chef pour des raisons inavouées et qui multiplient de tels actes dans la région".

 

- 'Conflit de l'impunité' -

 

"Ce n'est pas au moment où les responsables anti-balaka et ex-Séléka sont entrés en contact, dans la perspective d'une dynamique de paix et de réconciliation, que les anti-balaka vont se livrer à de pareils actes", a affirmé un porte-parole des anti-balaka, Brice-Emotion Namsio.

 

A chaque tuerie qui leur est attribuée, les anti-balaka se dédouanent, affirmant qu'elle est le fait de "faux" anti-balaka.

 

Il y a deux semaines, au moins 22 personnes avaient été tuées par des individus armés assimilés aux ex-Séléka et aux Peuls armés dans le village de Liwa, situé dans la zone de l'attaque de lundi.

 

Et la semaine dernière, au moins 10 cadavres portant des marques de sévices, pieds et mains ligotés, "affreusement mutilés" selon un témoin, avaient été repêchés dans la rivière Ouaka, toujours dans la région de Bambari.

 

C'est également à Bambari, ville minière stratégique sur la route du Nord et de l'Est, que la journaliste de radio centrafricaine, Blanche-Elisabeth Olofio, avait été attaquée et grièvement blessée en janvier 2013 par la rébellion Séléka en marche sur Bangui, qu'elle allait prendre deux mois plus tard. Mme Olofio est morte dimanche des suites de ces blessures.

 

Depuis le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la Séléka, la Centrafrique vit une crise sans précédent, marquée par de terribles violences. Les exactions des groupes armés contre les civils ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

 

Dans ce pays ravagé, qui connaît une partition de fait, de nombreux civils musulmans ont été contraints de fuir des régions entières face aux violences des milices anti-balaka dans le Sud et l'Ouest, tandis que dans l'Est et le Nord, les populations chrétiennes restent sous la coupe de combattants Séléka. Quant à la capitale, Bangui, elle se vide de ses derniers musulmans, harcelés quotidiennement par les anti-balaka.

 

Dans un rapport publié mardi, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), comme bien d'autres ONG, souligne que des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ont été commis en Centrafrique et continuent de l'être au cours d'un "conflit de l'impunité", les auteurs échappant à toute poursuite du fait de la faillite de l'Etat.

 

"C'est un conflit politico-ethnique pour le contrôle du pouvoir qui a progressivement pris une dimension religieuse. Ceux qui donnent les ordres aujourd'hui sont en train de se rendre responsables d'une épuration et de commettre des crimes internationaux dont ils devront rendre compte", dénonce la FIDH, qui demande à la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) "d'ouvrir rapidement une enquête".

 

Centrafrique : nouveau massacre de musulmans dans un cycle de représailles sans fin

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 18:28

 

 

 

 

24/06/14(AFP)

 

Une journaliste de radio centrafricaine, Blanche-Elisabeth Olofio, est décédée des suites de blessures infligées en janvier 2013 à Bambari (centre) par la rébellion de la Séléka qui avançait sur Bangui, a appris l'AFP mardi auprès de l'Association des radios communautaires (ARC).

 

"Blanche-Elisabeth Olofio est morte dimanche à Bangui à la suite des traumatismes subis en janvier 2013 lors d'une agression des Séléka qui avaient pillé et saccagé son domicile", précise la source.

 

La journaliste, âgée de 36 ans, travaillait pour la radio Bé Oko de Bambari.

 

"Son cerveau était atteint et on ne pouvait plus rien pour elle. Elle a commencé à faire des crises de nerfs régulières, malheureusement elle est décédée", a ajouté la source.

 

Mère de deux fillettes âgées de 11 et 8 ans, Blanche-Elisabeth Olofio avait reçu des coups de crosse à la tête et à la colonne vertébrale au cours de cette agression des rebelles conduits à son domicile par un indicateur, selon sa famille.

 

Les rebelles, qui lui reprochaient d'informer la population sur leurs agissements violents, ont commencé piller son domicile et tout saccager. Lorsque la journaliste, de retour chez elle, a tenté de s'interposer, ils l'ont violemment frappée.

 

Donnée d'abord pour morte, elle a pu survivre, avant d'être transférée à Bangui un mois après.

 

Dans un communiqué, Reporters sans frontières fait part mardi "de sa profonde tristesse", après la mort de la journaliste. La rébellion lui reprochait d'avoir "la langue bien tranchante", selon RSF.

 

"La mort de cette journaliste, qui, selon tous les témoins est clairement due aux séquelles de sa violente agression par des hommes armés, rappelle les graves dangers qui pèsent sur les acteurs des médias en République centrafricaine depuis maintenant près de deux ans", déclare Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de RSF.

 

"Il est important que le gouvernement de transition prenne des engagements forts pour garantir la sécurité des journalistes et mette fin à l'impunité de telles agressions".

 

Sa mort porte à trois le nombre de journalistes centrafricains décédés au cours du conflit dans leur pays. Une photojournaliste française, Camille Lepage, a également été assassinée en mai dernier au cours d'un reportage dans la région de Bouar(ouest).

Mort d'une journaliste centrafricaine blessée par des rebelles Séléka en 2013

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 11:40

 

 

 

 

24/06/14 (AFP)

 

Dix-sept membres de la minorité peule musulmane centrafricaine ont été tués lundi dans l'attaque de leur campement près de Bambari (centre) par des miliciens chrétiens anti-balaka, a indiqué mardi un officier de la force de l'Union africaine (Misca) en Centrafrique.

 

"17 personnes, toutes des membres de la minorité peule, ont été tuées lundi par des jeunes armés se réclamant des anti-balaka, lors d'une attaque de leur campement. Certains corps ont été mutilés et brûlés par les assaillants", a précisé sous couvert d'anonymat cet officier à Bangui. Il a ajouté que cette tuerie avait entraîné des "actes de représailles" de combattants de l'ex-rébellion Séléka, majoritairement musulmane, dans la ville de Bambari.

 

"Cette attaque a entraîné des violences dans le centre de Bambari où des tirs ont été entendus dans certains quartiers, faisant quelques morts ainsi que des blessés et fuir au moins 6.000 personnes à l'évêché, à la cathédrale Saint-Joseph notamment", a ajouté l'officier.

 

Aucun bilan précis des victimes de ces représailles n'était disponible mardi matin.

 

Des soldats français de l'opération Sangaris ont pris position pour faire baisser la tension dans Bambari, ville où l'ex-rébellion Séléka a installé son nouvel état-major.

 

Interrogés par l'AFP sur ces nouvelles violences, des responsables anti-balaka à Bangui ont nié que leurs miliciens aient été à l'origine de cette attaque, affirmant ne pas reconnaître "ces jeunes incontrôlés agissant de leur propre chef pour des raisons inavouées et qui multiplient de tels actes dans la région".

 

"Ce n'est pas au moment où les responsables anti-balaka et ex-Séléka sont entrés en contact, dans la perspective d'une dynamique de paix et de réconciliation, que les anti-balaka vont se livrer à de pareils actes", a affirmé l'un d'eux, Brice-Emotion Namsio.

 

Il y a deux semaines, au moins 22 personnes avaient été tuées par des individus armés assimilés aux ex-Séléka et aux Peuls armés dans le village de Liwa, situé dans la zone de cette attaque.

 

Et la semaine dernière, au moins 10 corps portant des marques de sévices avaient été repêchés dans la rivière Ouaka, dans la région de Bambari.

 

Depuis plus d'un an, la Centrafrique vit une crise sans précédent. Les exactions des groupes armés contre les civils ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

 

De nombreux civils musulmans sont contraints de fuir des régions entières face aux violences des milices anti-balaka, tandis que dans d'autres régions les populations chrétiennes restent sous la coupe de combattants Séléka.

 

Dans un rapport publié mardi, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) a rappelé que des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ont été commis en Centrafrique et continuent de l'être au cours d'un "conflit de l'impunité", les auteurs échappant dans leur grande majorité à toute poursuite du fait de la faillite de l'Etat centrafricain.

Centrafrique: 17 musulmans tués lundi dans le Centre (force africaine)

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 11:38

 

 

 

 

24/06/14 (RFI)

 

La ville du centre de la RCA a été le théâtre de violences ce lundi 23 juin. Tout est parti d'un premier assaut près du village de Liwa, à une dizaine de kilomètres de la ville. Ce même village où une dizaine de personnes avaient été tuées le 12 juin dernier. La violence s'est ensuite propagée dans plusieurs quartiers de Bambari.

 

Tout a commencé avant l'aube ce lundi 23 juin. Un groupe d'anti-balaka attaque un campement peul à proximité du village de Liwa, faisant plus d'une quinzaine de morts.

 

Difficile de ne pas y voir une opération de représailles à la tuerie survenue le 12 juin, lorsque des jeunes venus de Bambari avaient tué une dizaine de chrétiens dans ce même village de Liwa.

 

A Bangui, les leaders anti-balaka, joints par RFI, rejettent toute responsabilité dans l'attaque de ce lundi. « Ces gens-là, on ne les maîtrise pas, on n'a aucun contact avec eux, on ne cautionne pas ce genre de chose », explique Sebastien Wenezoui, numéro deux du mouvement. « Ils ne doivent pas continuer à semer du désordre au nom des vrais anti-balaka », conclut-il.

 

Quoiqu'il en soit, quand la nouvelle de l'attaque du campement peul atteint Bambari dans la matinée, les esprits s'enflamment pendant plusieurs heures. Des musulmans et des éléments de la Seleka tentent une sortie en direction de Liwa mais ils sont pris à partie.

 

Plusieurs maisons sont incendiées et des personnes sont tuées dans plusieurs quartiers. Dans la soirée, personne ne se risquait à donner de bilan précis. Toute la journée en tout cas, les habitants des quartiers chrétiens ont afflué vers les sites religieux. « Au moins 6 000 personnes sont à l'évêché », expliquait à RFI en fin de journée une source religieuse. Les forces internationales, elles, se sont déployées pour prévenir une nouvelle flambée de violences.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140624-centrafrique-bambari-sous...

 

Centrafrique : Bambari sous très haute tension

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 11:36

 

 

 

 

 

24/06/14 (AFP)

 

Les Etats-Unis ont annoncé lundi qu'ils portaient leur aide humanitaire à la République centrafricaine (RCA) à 118 millions de dollars pour l'année 2014, exprimant leur engagement à faire cesser le conflit.

 

Cette nouvelle enveloppe de 51 millions de dollars est destinée aux populations en RCA, comme à celles qui ont fui dans les pays voisins, notamment le Tchad et le Cameroun, selon un communiqué du département d'Etat.

 

Washington estime que plus de la moitié de la population centrafricaine a "besoin d'une assistance humanitaire".

 

Ces 51 millions de dollars de plus vont permettre de financer la distribution d'eau potable, de nourriture et de soins médicaux. Il s'agit aussi d'apporter une aide psychologique aux femmes, hommes et enfants survivants et victimes de "viols, agressions et actes de cruauté perpétrés quotidiennement en RCA", selon la diplomatie américaine.

 

Washington a dit "applaudir l'hospitalité des pays voisins qui accueillent près de 140.000 réfugiés qui ont fui depuis décembre 2013".

 

"Le Cameroun et le Tchad ont reçu le plus grand nombre de réfugiés" et 35 millions de dollars seront alloués pour leurs besoins humanitaires, via les agences des Nations unies et les ONG, a précisé le ministère américain.

"Les Etats-Unis demeurent profondément engagés à mettre un terme aux souffrances en RCA", a assuré le département d'Etat.

 

Depuis plus d'un an, la Centrafrique vit une crise sans précédent. Les exactions des groupes armés contre les civils ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, dont de nombreux civils musulmans contraints à fuir des régions entières face aux violences des milices chrétiennes anti-balaka.

 

Centrafrique : Washington porte à 118 millions de dollars son aide humanitaire

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 00:02

 

 

 

 

 

 

http://www.fidh.org/   24 juin 2014

 

Des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ont été perpétrés en République centrafricaine (RCA) et continuent de l’être. C’est ce que démontre le rapport rendu public aujourd’hui par nos organisations. Ce rapport fait suite à plusieurs missions d’enquête menées en RCA et établit les responsabilités des parties au conflit, à savoir les anti-balaka et les Séléka. La présidente de transition de Centrafrique vient de saisir la Cour pénale internationale (CPI) et a, il y a peu, créé une Cellule spéciale d’enquête et d’instruction (CSEI). Nos organisations se félicitent de ces avancées en faveur de la lutte contre l’impunité pour lesquelles elles avaient plaidé, et appellent les autorités centrafricaines et la communauté internationale à soutenir les enquêtes de la CSEI et de la CPI.

 

« C’est un conflit politico-ethnique pour le contrôle du pouvoir qui a progressivement pris une dimension religieuse. Ceux qui donnent les ordres aujourd’hui sont en train de se rendre responsables d’une épuration et de commettre des crimes internationaux dont ils devront rendre compte » a déclaré Me Mathias Morouba, vice-président de l’OCDH. 


Le rapport, intitulé « Ils doivent tous partir ou mourir », dénonce également un conflit qui prend ses sources dans l’impunité des crimes du passé, en raison de l’incapacité des justices nationale et internationale à juger les plus hauts responsables de ces crimes et qui sont ainsi aujourd’hui au cœur du conflit actuel. 


Depuis le 5 décembre 2013 et leur offensive sur la capitale Bangui, les anti-balaka attaquent systématiquement les civils, en particulier musulmans. Plus d’une vingtaine d’enclaves regroupant entre 15 000 et 20 000 musulmans sont actuellement assiégées par les milices anti-balaka qui ont profité du repli stratégique des ex-Séléka dans le nord et l’est du pays, où ces derniers continuent de perpétrer des violations graves des droits humains et des crimes internationaux. 


Parmi les Séléka, les responsabilités présumées de l’ex-président Michel Djotodia, de son chef des renseignements, Noureddine Adam ou encore du chef de milice soudanais Janjawid, le général Moussa Assimeh semblent établies au regard des éléments réunis dans le rapport. La présence parmi les Séléka d’Abdoulaye Miskine, de son vrai nom Martin Koumtamadji, ancien chef de la garde présidentielle sous le régime du président Ange-Félix Patassé et responsable présumé du massacre du marché à bétail de PK12 à Bangui en 2002, démontre à quel point le conflit actuel en Centrafrique est aussi un « conflit de l’impunité ». 


Du côté des anti-balaka, les enquêtes menées ont permis d’établir la présence et l’activisme de très nombreux officiers des Forces armées centrafricaines (FACA) et des personnalités proches du président déchu, François Bozizé. Les instructions données, les revendications énoncées et les actions menées par les anti-balaka visent pour la plupart à provoquer un chaos sécuritaire, humanitaire et politique afin de faciliter le retour de l’ancien président sur la scène politique centrafricaine sous le prétexte de « moi ou le chaos ». 


«  La communauté internationale doit soutenir les forces africaines, françaises et bientôt onusiennes pour mettre un terme à ces crimes, protéger la population civile et traduire en justice les responsables de ces crimes » a déclaré Karim Lahidji, président de la FIDH. 


En mai 2014, des sanctions ont été prises par le Conseil de sécurité des Nations unies et le président des États-Unis, contre cinq individus, notamment l’ex-président François Bozizé, le coordinateur des milices anti-balaka, Levy Yakété, et le numéro deux de l’ex-coalition rebelle Séléka, Noureddine Adam. La FIDH, la LCDH et l’OCDH avaient d’ailleurs préalablement présenté aux représentants de la communauté internationale le résultat de leurs enquêtes en avril 2014. Selon le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, ces sanctions sont un« message fort que l’impunité ne sera pas tolérée et que ceux qui menacent la stabilité de la République centrafricaine devront faire face à des conséquences ». « Nous exhortons toutes les parties à mettre fin aux violences, à faire en sorte que justice soit rendue et que ceux qui ont commis des violations des droits humains rendent des comptes », a-t-il ajouté. Pour la FIDH, la LCDH et l’OCDH ces sanctions doivent être étendues à d’autres personnalités et être endossées par d’autres États ainsi que par l’Union européenne.

 
« Les groupes armés, Séléka ou anti-balaka, reçoivent des instructions, de l’argent et des soutiens pour mener cette politique du chaos et ériger les communautés les unes contre les autres. La justice nationale et internationale doit cibler les auteurs des crimes commis mais surtout doit mettre hors d’état de nuire les responsables qui donnent les ordres » a déclaré Joseph Bindoumi, président de la LCDH. 


Nos organisations se félicitent par ailleurs de l’adoption le 9 avril 2014 d’un décret présidentiel créant la CSEI, que nos organisations avaient proposée en février 2014. Celle-ci doit, avec le soutien de la communauté internationale, enquêter sur les exactions en cours, établir les responsabilités des auteurs et responsables des crimes internationaux commis et instruire les procédures criminelles permettant d’arrêter les responsables des groupes armés qui sont encore actifs. 


« La création d’une Cellule spéciale d’enquête et d’instruction (CSEI) en Centrafrique est un signe positif des autorités de la transition en faveur de la lutte contre l’impunité. La communauté internationale doit maintenant aider les autorités à rendre la CSEI pleinement opérationnelle afin d’enquêter sur les crimes et poursuivre leurs auteurs présumés de façon complémentaire avec l’action de la CPI » a déclaré Me Patrick Baudouin, responsable du Groupe d’action judiciaire (GAJ) et président d’honneur de la FIDH. 


La mise en place de la CSEI ne constitue en rien un obstacle pour la Cour pénale internationale (CPI) à ouvrir une enquête sur les crimes perpétrés en Centrafrique et qui relèvent sans aucun doute de sa compétence. Le gouvernement centrafricain a d’ailleurs saisi officiellement la CPI le 12 juin dernier, sur les crimes commis en RCA depuis le 1er août 2012, estimant ne pas avoir la capacité de poursuivre les plus hauts responsables. Cette décision, recommandée de longue date par nos organisations, est une première étape importante. La Procureure doit maintenant ouvrir le plus rapidement possible une enquête sur les crimes graves commis en RCA. 

« Le besoin de justice est tel en Centrafrique que la justice nationale et la CPI ne seront pas de trop pour juger tous les auteurs et responsables de ces crimes » a déclaré Me Drissa Traoré, vice-président de la FIDH. 


Rappel des faits : 

 

Septembre 2012, des groupes armés centrafricains unis au sein de la coalition Séléka, lancent une offensive dans le nord du pays.

 

Le 24 mars 2013, à l’issue de 4 mois d’intenses combats, la coalition Séléka menée par Michel Djotodia prend la capitale Bangui et chasse du pouvoir François Bozizé, lui-même arrivé au pouvoir par un coup d’état en 2003.

 

Au cours de l’été 2013, des groupes armés d’auto-défense pro-Bozizé, les Anti-balaka, attaquent de plus en plus régulièrement les Séléka et les populations musulmanes auxquelles ils sont assimilés.

 

Le 5 décembre 2013, les Anti-balaka mènent une attaque surprise coordonnée sur Bangui à la veille du déploiement des forces française de l’opération Sangaris autorisée par la résolution 2127 du Conseil de sécurité des Nations unies pour venir en aide à la force africaine (MISCA) qui n’arrive pas à faire stopper les massacres des populations civiles.

 

Le 9 janvier 2014, sous les pressions de la communauté internationale, Michel Djotodia, quitte le pouvoir et les Séléka se retirent du sud et de l’ouest du pays pour se regrouper au nord et à l’est. Les milices Anti-balaka profitent de ce retrait pour attaquer systématiquement les populations, essentiellement musulmanes, qu’elles accusent de complicité et de soutien envers les Séléka.

 

Depuis janvier 2013, le conflit aurait fait près de 3 000 morts, des milliers de blessés, des centaines de victimes de crimes sexuels et plus d’un million de personnes déplacées.

 

Centrafrique : « ils doivent tous partir ou mourir » (FIDH)

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 23:50

 

 

 

 

23/06/14 (AFP)

 

Des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ont été commis en Centrafrique et continuent de l'être au cours d'un "conflit de l'impunité", affirme la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) dans un rapport publié mardi.

 

Ce rapport, intitulé "Ils doivent tous partir ou mourir", fait suite à plusieurs missions d'enquête en RCA par la FIDH et établit les responsabilités des parties en conflit, l'ex-rébellion Séléka et les milices anti-balaka.

 

"C'est un conflit politico-ethnique pour le contrôle du pouvoir qui a progressivement pris une dimension religieuse. Ceux qui donnent les ordres aujourd'hui sont en train de se rendre responsables d'une épuration et de commettre des crimes internationaux dont ils devront rendre compte", affirme la FIDH.

 

Depuis le 5 décembre 2013 et leur offensive dans Bangui, les miliciens chrétiens anti-balaka "attaquent systématiquement les civils, en particulier musulmans". Selon le rapport, plus d'une vingtaine d'enclaves regroupant entre 15.000 et 20 000 musulmans sont actuellement assiégées par les anti-balaka.

 

L'ex-rébellion de la Séléka, dont les crimes depuis sa prise du pouvoir en mars 2013 ont entraîné l'intervention armée de la France et d'une force africaine (Misca), "continue de perpétrer des violations graves des droits humains et des crimes internationaux" après s'être repliée dans le nord et l'est du pays, selon le rapport.

 

Parmi les Séléka, les responsabilités présumées de l'ex-président Michel Djotodia, de son chef des renseignements, Noureddine Adam ou encore du chef de milice soudanais Janjawid, le général Moussa Assimeh, "semblent établies", selon la FIDH. "La présence parmi les Séléka d'Abdoulaye Miskine, de son vrai nom Martin Koumtamadji, ancien chef de la garde présidentielle sous le régime du président Ange-Félix Patassé et responsable présumé du massacre du marché à bétail de PK-12 à Bangui en 2002, démontre à quel point le conflit actuel en Centrafrique est aussi un +conflit de l'impunité+"

 

Pour les anti-balaka, les enquêtes établissent l'activisme de très nombreux officiers des Forces armées centrafricaines (FACA, ancienne armée) et de personnalités proches du président déchu, François Bozizé.

 

"Les instructions données, les revendications énoncées et les actions menées par les anti-balaka visent pour la plupart à provoquer un chaos sécuritaire, humanitaire et politique afin de faciliter le retour de l'ancien président", affirme le texte.

 

En mai 2014, rappelle la FIDH, des sanctions ont été prises par le Conseil de sécurité de l'ONU et les États-Unis, contre cinq personnes, dont François Bozizé, un responsable des anti-balaka, Levy Yakété, et le numéro deux de la Séléka, Noureddine Adam. Des sanctions qui "doivent être étendues à d'autres personnalités et être endossées par d'autres États ainsi que par l'Union européenne".

 

"Les groupes armés, Séléka ou anti-balaka, reçoivent des instructions, de l'argent et des soutiens pour mener cette politique du chaos et ériger les communautés les unes contre les autres. La justice nationale et internationale doit cibler les auteurs des crimes commis mais surtout doit mettre hors d'état de nuire les responsables qui donnent les ordres".

 

Enfin, la FIDH rappelle que le gouvernement centrafricain a saisi la Cour pénale internationale le 30 mai, "estimant ne pas avoir la capacité de poursuivre les plus hauts responsables". La FIDH demande à la procureure de la CPI "d'ouvrir rapidement une enquête".

 

Centrafrique: des crimes contre l'humanité au cours d'un "conflit de l'impunité" (FIDH)

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 23:25

 

 

 

 

24/06/2014 | 00:01 (Reuters)

 

* Des milliers de morts et déplacés

* Crimes de guerre et crimes contre l'humanité

* Bangui a officiellement saisi la CPI

 

L'impunité qui règne depuis une décennie en Centrafrique est une des causes des violences qui déchirent depuis plus d'un an le pays, selon un rapport de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) publié mardi.

 

La RCA est plongée dans une spirale de violences depuis le renversement du président François Bozizé par les rebelles de la Séléka en mars 2013, dernier acte d'une histoire récente marquée par une série de coups d'Etat.

 

Les exactions commises par la rébellion à majorité musulmane contre la population chrétienne ont provoqué une réaction de défense des anti-balaka, des miliciens chrétiens qui se sont mis à traquer la communauté musulmane. A ce jour, le conflit a fait plusieurs milliers de morts et déplacés.

 

"L'ex-président Bozizé et ses partisans, les rebelles tchadiens et les rebelles centrafricains du Nord (...), sont autant d'acteurs des crises de 2002-2003, de 2007 et 2012-2013", souligne la FIDH dans son rapport.

 

"Mettre de côté ces acteurs de l'instabilité contribuerait grandement à faire stopper et prévenir de nouveaux crimes."

 

CELLULE D'ENQUÊTE

 

La Cour pénale internationale (CPI), chargée de juger les responsables présumés de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, a annoncé en février l'ouverture d'un examen préliminaire sur des crimes commis en Centrafrique.

 

Cet examen consiste à vérifier si les critères sont remplis pour l'ouverture d'une enquête.

 

Le 30 mai, le gouvernement centrafricain de transition a saisi la CPI sur les crimes commis depuis août 2012, une initiative qui pourrait permettre d'accélérer le processus.

 

Parallèlement, une cellule spéciale d'enquête et d'instruction (CSEI) a été créée début avril. Elle est chargée d'enquêter sur les exactions en cours, d'établir les responsabilités et d'instruire les procédures criminelles permettant d'arrêter les responsables des groupes armés actifs.

 

"La nature des crimes perpétrés en Centrafrique depuis la fin 2012 répond manifestement à la qualification de crimes internationaux", lit-on dans le rapport qui évoque une épuration politico-religieuse après l'exode forcé de populations, tout en refusant de parler de "génocide".

 

Se basant sur de nombreux témoignages, le rapport liste avec précision les attaques commises par les deux parties.

 

"Les groupes armés, Séléka ou anti-balaka, reçoivent des instructions, de l'argent et des soutiens pour mener cette politique du chaos et ériger les communautés les unes contre les autres", souligne Joseph Bindoumi, président de la LCDH.

 

Signe de ce "conflit de l'impunité", la FIDH fait état de la présence dans les rangs de la Séléka d'Abdoulaye Miskine, ex-chef de la garde présidentielle sous le régime du président Ange-Félix Patassé et responsable présumé du massacre du marché à bétail de PK12 à Bangui en 2002.

 

CRIMES DE GUERRE

 

Il remonte des enquêtes de terrain "la violence inouïe" des membres de la Séléka, qui se rendent coupables de meurtres, d'exécutions sommaires, de disparitions, de viols ou encore d'enrôlement d'enfants-soldats.

 

Face à eux, les milices anti-balaka sont rapidement passées du rang de victimes à bourreaux, et se révèlent "aussi prédatrices et violentes", en s'attaquant systématiquement aux populations civiles considérées comme proches de la Séléka.

 

"Séléka et anti-balaka se rejoignent et se ressemblent donc dans l'horreur dans un conflit (...) où les victimes sont découpées à la machette et les corps brûlés", dit le rapport.

 

Lors de leurs enquêtes, les défenseurs des droits de l'homme ont reconstitué la chaîne de commandement de la Séléka qui inclut l'ex-président Michel Djotodia et ses proches.

 

Le rôle joué par les anciens militaires des forces armées centrafricaines et des personnalités proches de l'ancien président Bozizé dans les rangs des anti-balaka a également été démontrée. L'enquête de la CPI pourrait, selon le rapport, permettre de clarifier la relation entre les cercles bozizistes, qui structurent largement le mouvement, et l'ancien président.

 

(Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)

L'impunité en cause dans le conflit en Centrafrique-FIDH

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