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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 03:31

 

 

 

 

Carte RCA préfectures

 

 

 

OUBANGUI PERSPECTIVES

 

POUR SAUVER LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE DES GRIFFES DE BOZIZE.

 

SOYONS VIGILANTS SUITE AUX ACCORDS DE LIBREVILLE

 

Depuis le 10 décembre 2012 la République centrafricaine traverse l’une des crises les plus graves de son histoire.

 

Il est évident que chaque Centrafricain souhaite que notre pays se sorte de cette crise dans la paix et doté de bases solides en vue de sa reconstruction.

 

Cette crise militaro- politique est le résultat de l’entêtement, de la mauvaise volonté, de la surdité, de la cécité  et de l’obsession d’un homme agrippé à son siège de Président dont il ne s’est jamais servi à bon escient pour son pays, mais qu’il est décidé à conserver contre vents et marées, même en tuant père et mère s’il le faut, tant pis si au bout du compte, après moultes éliminations physiques de ses ennemis supposés, il ne reste plus personne dans le pays.

 

Cet homme qui depuis 10 ans, avec l’appui de ses enfants, frères, cousins, épouse, cousins, maîtresses et autres proches, pille, vole, assassine, arrête, séquestre, torture etc, essaie aujourd’hui – l’intervention de la communauté internationale semble lui donner des ailes -, de transférer sur d’autres têtes la responsabilité de la situation chaotique qu’il s’est appliqué à créer par son incompétence notoire et ses manigances en  tous genres : tantôt sur la tête de l’opposition légale, tantôt sur celle de la rébellion, tantôt sur celle des ETATS-UNIS ou de la France, tantôt enfin sur celle de forces extérieures occultes qui en voudraient aux nombreuses richesses de la Républiques Centrafricaines.

Quand BOZIZE et sa clique cherchent à se soustraire à leur responsabilité, quand ils s’évertuent à dissimuler leurs carences énormes que le monde entier découvre avec effarement depuis plusieurs semaines, ils ne manquent pas d’imagination.

 

La communauté internationale serait apparemment intraitable sur la question de la prise du pouvoir par les armes.

 

On fait comme si BOZIZE et sa clique étaient des démocrates convaincus, des enfants de chœur mus par le salut et le bonheur de leurs concitoyens et comme s’ils avaient accédé au pouvoir après des élections démocratiques et transparentes.

 

Mais faut-il rappeler à cette même communauté internationale :

 

Que BOZIZE lui-même a accédé  au pouvoir par une rébellion, en évinçant Ange-Félix PATASSE qui avait été démocratiquement élu et qui, d’ailleurs avait fait de lui un chef d’état major.

 

Qu’à l’époque, il avait promis qu’après avoir remis de l’ordre, il se retirerait

Depuis, on sait ce s’est passé.

 

Non seulement il s’est maintenu au pouvoir, le considérant comme une prise de guerre non susceptible de partage dont il s’est cru autorisé à jouir et abuser à sa guise.

 

Il s’est même octroyé un second mandat à l’issue d’élections fort contestables qu’il a bien entendu remportées.

 

On sait aujourd’hui qu’il s’apprêtait à commettre un autre hold-up, en organisant une marche de ses partisans qui aurait visé à faire croire que son peuple réclamait une modification de la constitution pour lui permettre de briguer un troisième mandat, projet qui, heureusement a connu un coup d’arrêt avec  la percée spectaculaire des rebelles.

 

Faut-il encore rappeler à cette communauté internationale tous les accords que BOZIZE a ignoré avec beaucoup de dédain ?

 

Les principes démocratiques ne peuvent avoir pour finalité première de protéger un autocrate en dépit des atteintes multiples qu'il porte aux droits fondamentaux des personnes : atteinte grave aux libertés, à l'intégrité physique et à la vie.

 

Les seules apparences de démocratie ne peuvent conduire la communauté internationale à soutenir un autocrate au mépris du sort de populations martyrisées, réduites au silence, terrorisées et dans l'incapacité de se défendre.

 

Une légitimité, par ailleurs usurpée, ne suffit pas à justifier le maintien d'un régime en dépit du rejet de son peuple.

 

Un père de famille, malgré la légitimité que lui confèrent la nature, la société et les lois ne peut exciper de ce seul titre pour s'arroger un droit de vie ou de mort sur les membres de sa famille. Il est d'autant plus reconnu dans son rôle de père qu'il veille au bien-être et au bonheur de sa famille. C'est pour cette raison que les lois dans une société civilisée sanctionnent durement un père qui porte atteinte à l'intégrité physique et/ou morale, et/ou à la vie des membres de sa famille, allant jusqu'à frapper de déchéance des parents qui manquent gravement à leurs devoirs et obligations à l'égard de leurs enfants.

 

Aucune légitimité ne peut être considérée comme intangible, inattaquable ou absolue.

 

En l'espèce, la seule protection qui vaille face à la gravité des faits dont BOZIZE et son équipe se sont rendus coupables pendant ces dix années de terreur est celle des populations et non de leur bourreau.

 

Aussi, nous appelons la communauté internationale,  tous les hommes de bonne volonté et tous les amis de la République Centrafricaine à faire preuve de vigilance et de fermeté face a BOZIZE et à son régime.

 

Il ne faut en aucun cas donner à BOZIZE et à son équipe une seule chance de se remettre en selle pour le malheur du peuple centrafricain qui aurait alors à craindre les pires atrocités.

 

Jugez-en par ces nouvelles rapportées par Centrafrique Presse

 

« Depuis quarante et huit heures, Radio Centrafrique, dont d’ordinaire les émissions s’arrêtent à minuit, a continué d’émettre jusqu’au matin et a été transformée en « Radio Milles Collines » de Kigali de tristement célèbre mémoire et faisait tourner en boucle les mots d’ordre et autres slogans de haine contre Me Nicolas Tiangaye ciblé comme bête noire, ennemi public numéro 1 de la bozizie.

 

Ce jeudi matin, la place de la République PK 0 de Bangui a été prise d’assaut par les hordes de partisans de Bozizé pour un sit-in conformément aux appels lancés la veille depuis Libreville et relayés par Radio Centrafrique en direct à l’antenne pour soutenir Bozizé et désigner Nicolas Tiangaye à la vindicte populaire. Ces partisans de Bozizé reprenaient en chœur une chanson en sango qui dit ceci : « Oh Tiangaye, yé so a ouara Massi, fadé a ouara mo ! »  Traduction : « Tiangaye, ce qui est arrivé à Massi t’arrivera aussi ! »

 

Les menaces de mort que profère Bozizé à ces leaders de l’opposition est une façon de défier la communauté internationale et particulièrement les chefs d’état de l’Afrique centrale qui ont exigé la tenue du dialogue de Libreville. Bozizé leur fait savoir qu’ils ne l’impressionnent pas du tout et qu’en Centrafrique il fait ce qu’il veut. Cette attitude de Bozizé dont l’équilibre mental est de plus en plus problématique fragilise chaque jour un peu plus les castings consistant à le laisser au pouvoir tout en le dépouillant du maximum de ses pouvoirs.

 

Cet entêtement à se maintenir coûte que coûte au pouvoir, conscient qu’il est que s’il n’y est plus la CPI lui mettra la main dessus, plaide vraiment pour son départ définitif du pouvoir dans ce pays. Faute de cela, aucun premier ministre de transition ne peut travailler avec Bozizé, tant l’individu est retord et a d’autres préoccupations que celles du développement de la République centrafricaine et le bien-être de sa population »(Voir Centrafrique Presse du 11 janvier 2013). »

 

 

Souvenons-nous que la semaine dernière déjà, le fameux Lévy YAKITE, chef des milices bozizéennes, prenant pour cible la communauté musulmane accusée d’être responsable de la crise militaro-politique, lançait ses troupes rassemblées :

 

Ala fa oko, I fa balé oko

 

Ala fa balé oko, I fa ngbangbo

 

Ce qui signifie ;

 

S’ils en tuent un, nous en tuons 10.

 

S’ils en tuent 10, nous en tuons 100.

 

Souvenons-nous qu’au moment de la disparition de Charles MASSI, BOZIZE n’a pas hésité a déclaré devant son peuple médusé :

 

« Ala so a gui yanga ti mbi mbi yèkè doroko ala oko na oko. Mbéni oko a yékè na ya ti maboko ti mbi. (tous ceux qui me provoquent, Je les dépècerai un par un. J'en ai (déjà) un entre mes mains  »).

 

Récemment encore, à destination de tous ceux qui critiquent son régime :

 

« Ala adè a inga mbi apè, mbi yèkè koungbi go ti ala oko na oko (ils ne me connaissent pas encore, je leur tordrai le coup un par un »).

 

La menace et le danger sont réels.

 

N’attendons pas l’avènement du pire, car des monstruosités se dessinent clairement.

 

 

AGISSONS MAINTENANT POUR PROTEGER LE PEUPLE CENTRAFRICAIN.

 

Un accord est intervenu à Libreville qui permet de maintenir à son poste BOZIZE et prévoit la formation d’un gouvernement d’union nationale avec à sa tête, un Premier Ministre issu de l’opposition et un ministre de la défense choisi dans les rangs de SELEKA.

 

L’accord prévoit également  l’interdiction faite au Premier et aux membres de son gouvernement de se présenter aux prochaines élections présidentielles.

 

L’Assemblée Familiale mise en place aux « forceps » par BOZIZE sera dissoute dans un an.

 

Autre disposition, le retrait progressif des forces de SELEKA.

 

Sur ce dernier point, il convient d’attirer l’attention de tous ceux qui devront veiller à l’application de cet énième accord de Libreville sur la propension désormais bien connue de BOZIZE à la conspiration et à la manigance.

 

Il faut veiller à ce que le retrait des forces de SELEKA ne commence qu’après une reprise en mains totale des Forces de défense et de sécurité, partout sur le territoire centrafricain, par le Gouvernement de transition,

 

Il faudra également s’assurer que toutes les milices de BOZIZE sont bien désarmées de leurs machettes, arcs, flèches et lances,  leurs chefs Lévy YAKITE et Javan Papa ZAMA neutralisés, arrêtés et poursuivis pour appel public et incitation au meurtre, afin de dissuader toutes les personnes qui seraient tentées, au nom d’une action partisane, de commettre de tels actes.

 

Une vigilance constante est impérative pour déjouer tout complot de BOZIZE et de ses hommes qui viendrait remettre en cause l’application des accords de Libreville.

 

OUBANGUI PERPECTIVES réitère son appel en faveur de nos compatriotes victimes des abus de pouvoir de BOZIZE et à la création d’un conseil de Surveillance des Lieux Privatifs de Liberté.

 

 

A Poitiers Le 12 janvier 2013

 

Le Président,

 

Maître Ignace OUNDA-MEYBI

  

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 03:26

 

 

 

 

fauteuil de Bozizé

 

Cher Juste-Adrien,

 

Jamais en près de dix ans de pouvoir du général François Bozizé, l’actuel président de mon pays, la République Centrafricaine, une rébellion ne s’était ainsi approchée de Bangui, le centre du pouvoir, comme la coalition Séléka, (alliance en Sango) – notre  belle langue nationale -, dont les unités avancés sont signalés aux portes de la capitale.

 

Depuis le 10 décembre donc, un attelage improbable de cinq groupes rebelles s’est emparé de cinq chefs-lieux de préfecture du pays. Après Ndélé, Bria, Bambari et Kaga-Bandoro, ces rebelles sans programme ni idéologie si ce n’est la haine du calife et la volonté de s’emparer de son fauteuil à tout prix, occupent depuis le 29 décembre la localité de Sibut, à environ 160 kilomètres de Bangui.

 

J’avoue que j’ai essayé de me tenir loin de cette énième crise, refusant de m’exprimer publiquement. Mais comme tu l’auras constaté, je n’ai pas pu. J’étais, devais-je plutôt dire, je suis, comme tout le monde, inquiet de l’inlassable descente aux abîmes de la terre de mes pères, une contrée abandonnée où très rares sont les causes collectives, celles-là même qu’on placerait au-dessus des intérêts personnels de politiciens affamés. Je suis allé à quelques réunions à Paris dans l’espoir de m’accorder avec ceux qui savent ou peuvent argumenter sans haine ni mépris afin de proposer une solution de sortie de crise qui tient compte des aspirations profondes du peuple centrafricain. Cela n’a débouché sur rien de concret.

 

Et pour cause ! La relation entre certains Centrafricains recrutés dans la classe politique et la République Centrafricaine relève presque de la fable, dont il nous faudra trouver un jour ou l’autre la morale. Ces politicards évitent en effet l’épreuve historique – ou du moins étouffent souvent maladroitement leur ambition démesurée – mais murmurent toutefois leurs reproches respectifs lorsque tombe la nuit. Ils forment, avec les différents régimes qui se sont succédé à la tête du pays, un couple qui a du mal à masquer en public leur incompatibilité d’humeur, se promettant toujours de laver le linge sale en famille devant un juge des affaires matrimoniales agacé par un dossier qui traine dans ses tiroirs depuis plusieurs années. Ces époux ont-ils réellement un domicile ?  J’en suis malgré tout convaincu. Pourtant, ils choisissent toujours de se rencontrer ailleurs, préférant se croiser dans les coins de ruelles. À chaque fois, ils gèrent leurs différends à la hâte, se promettent de tout se dire et de se mettre d’accord. Mais l’un des deux n’est jamais de bonne foi.

 

Pour coller à la fable, Cher Juste, je dirais que le juge des affaires matrimoniales du couple centrafricain avait réuni son cabinet le 21 décembre à N’Djamena, au Tchad, et a ordonné aux époux de se retrouver à Libreville. C’est ainsi que rebelles du Séléka, leaders de l’opposition dite démocratique, membres de la société civile et représentants du pouvoir de Bangui, réunis dans la capitale gabonaise sont parvenus, nous a-t-on dit,  à un accord ce 11 janvier.

 

Cette fois, le juge, aidés par de pseudo-experts et de journalistes complaisants qui ont tôt fait de présenter ces pourparlers comme étant difficiles, a forcé la main aux époux afin qu’ils se mettent d’accord sur un texte mal ficelé, parce que écrit à la va-vite, dans lequel est logé le diable de la division et du blocage.

 

Or, devant l’ampleur des querelles et le nombre des sujets d’incompréhension dans ce couple, il aura fallu deux à trois jours supplémentaires pour élaborer un texte moins amphigourique, comportant peu d’absurdité, comme le fait d’énoncer que  le prochain gouvernement est chargé entres autres de restaurer la « paix et la sécurité » et d’affirmer plus loin que « le président de la République est garant de la sécurité », de sorte que l’on demande, comble de contradiction, à ce même président dépouillé de ses prérogatives, notamment sécuritaires, de garantir la sécurité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire. Ou le fait d’avoir conservé l’actuelle Assemblée nationale, maintenue dans ses prérogatives, et soutenir plus haut que le prochain gouvernement ne pourra être révoqué par le président de la République, dont le parti dispose de la majorité absolue au parlement et qui pourra donc, par une simple motion de censure, congédier l’équipe gouvernementale. Pourtant, une phrase dans ces accords de Libreville aurait permis d’exclure cette hypothèse qui n’a rien de farfelue. On devait prendre le temps de balayer ces détails, de fermer définitivement des interprétations et de jeter la clef dans l’Oubangui, afin de dissuader les petits-malins qui seraient tentés d’instrumentaliser les non-dits à des fins personnelles.   

 

Hélas, ces juges matrimoniaux voulaient se présenter en sauveur d’une Nation centrafricaine en perdition qu’ils ont confondu célérité et précipitation. Chacun entendait tirer la couverture vers soi. Et les impératifs de politiques intérieures de ces juges n’ont pas été étrangers à cet empressement. Ils ont eu tort de crier victoire et de sabler le champagne : trop d’allégresse annonce souvent de prochaines intempéries. À force de jubiler, ils n’ont pas vu qu’ils avaient négligé l’essentiel.

 

Mais pour toi, mon fils, il s’agit de comprendre en quoi cette situation pourrait compromettre ton avenir et celui de ta descendance. Car, quand la conscience est hantée par la haine, elle a tendance à se réfugier dans le déni ou le mythe et, du mythe à la mythomanie, le pas est vite franchi.      

 

Vois-tu mon petit, pour un pays qui a subi tout ce que l’histoire a connu de plus sombre, les pourparlers de Libreville devaient pourtant être enfin le moment de relever la tête, de prendre notre destin en main. Au lieu de ça, nous avons passé notre temps à nous vilipender, à nous diaboliser les uns et les autres, à faire l’inventaire de ce qui devait être, oubliant de nous pencher sur ce qui est, et ce qui doit être. Nous avons oublié que l’existence se construit en conjuguant nos verbes au présent. Cette maladresse a donc arrangé les affaires de ceux qui veulent nous maintenir dans la misère. Ils étaient naturellement contents, ceux qui veulent que notre pays ressemble à une ombre mouvante, gouverné par des ogres dont l’appétit croit au rythme de nos angoisses.

 

Je t’ai donc adressé cette missive comme une sonnette d’alarme afin que tu ne tombes jamais dans le camp de l’égarement, celui de la réflexion en raccourci, ce camp plutôt intéressé par les avantages et les privilèges que procure l’incurie collective.

 

Certains te diront qu’il faut en vouloir à telle ou telle personne, la charger de tous les péchés  du monde. Pour ma part, je suis de ceux qui soutiennent que l’histoire de notre pays reste à écrire avec patience, avec sérénité. Ne faire pencher la balance ni d’un côté, ni de l’autre. Parce que, pour ce qui est d’assumer, les hommes politiques centrafricains ont laissé plus de pauvres que de riches, plus de malades que de guéris et surtout un État fantôme.

 

La réalité, c’est que nous sommes à la fois responsables et comptables de notre faillite. Par notre silence, par notre inertie, par nos calculs de courte vue, par notre manque cruel de patriotisme, par notre démission collective, par notre indécision, nous avons permis l’émergence des pantins épileptiques qui entrainent nos populations dans le gouffre, avec pour point de non-retour l’occupation du sol national par plusieurs armées étrangères. Ces zouaves ont pu prospérer parce que nous les avons laissé faire,  comme nous allons encore laisser faire des aventuriers de tout-poil, à qui l’on confiera des postes de ministres dans le prochain gouvernement. Ce qui donnera des idées à d’autres aventuriers qui prendront à leur tour des armes contre les institutions républicaines, d’assassiner au passage nos frères et sœurs, histoire d’être conviés au bal macabre où se partage le bifteck de la République. Nous faisons ainsi entrer dans un cycle d’éternel recommencement.    

 

C’est pourquoi jour après jour, ce pays m’interroge. Je le croyais mûr, je le découvre éclaté, ruiné, et hanté par ces démons qui se sont tous réveillés à la mi-décembre. Je voulais croire en son éclat, j’aperçois son obscurantisme. Je tentais de m’attacher à sa tendresse, je suis rattrapé par sa violence. Cela a sans doute quelque chose à voir dans le manque de vision de ses élites.        

 

Fiston, notre salut n’est pas dans la commisération ni dans l’aide. Par conséquent, l’idée saugrenue que les solutions à nos problèmes viendraient de l’étranger est une chimère soudée par l’irresponsabilité et la démission collective. Demande-toi donc ce que tu pourras apporter à cette patrie sans pour autant attendre d’elle une quelconque récompense.

 

Ton père.

 

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 03:19

 

 

 

 

Anthony-ODOM-Chigozie.JPG

 

 

NOUS VOULONS CHANGER NOTRE PAYS ET NON CHANGER DE PAYS


                     
 Texte déjà publié en 2005,mais reste d'actualité 


       OUI ENSEMBLE NOUS POUVONS CHANGER NOTRE VIE

 

  N'en déplaise aux spécialistes de la cosmétique politique, défenseurs inconditionnels et très intéressés du statu quo, la République Centrafricaine est un pays sous développé qui a tout fait pour l'être et pour le rester. L'essor économique et sociale remarquable, réalisé depuis plusieurs années maintenant, par des pays d'Europe et d'Asie à un niveau de développement similaire à celui de notre pays au début des années soixante, et ayant fait les mêmes choix que lui à cette époque, est là pour nous faire la démonstration de notre grande et incontestable responsabilité dans notre sous développement.


   La R.C.A n'a- t-elle pas souscrit, au lendemain de son indépendance, à la libre initiative, à l'économie de marché et à la justice sociale? la R.C.A n'était elle pas à tout point de vues, précurseur par rapport à tous ces pays dans la mise en place des outils de la démocratie comme mode de gouvernance?. Si l'écart de développement entre les dits pays et la R.C.A est estimé aujourd'hui à plusieurs décennies, c'est parce que les premiers ont appliqués à la lettre et dans les délais qu'ils se sont fixés, les choix pour lesquels ils ont adoptés, alors que la R.C.A, lui, s'est ingénié moyennant des stratégies savantes, des montages sophistiqués et la mobilisation d'une énergie inouïe, à faire dans tous les domaines , pratiquement le contraire de ce qu'elle disait et de ce qu'elle prétendait être . Démocratie de show, économie de rente et disparité insultante, en lieu et place donc de nos choix annoncés. avec des corollaires évidents: le discrédit, le doute, le coup d'état, la méfiance, la rumeur, la médiocrité, l'abus de pouvoir et de privilèges, les passe-droits, l'égoïsme, le "je menfoutisme", l'inefficacité, le manque de compétition et de combativité, l'incapacité d'anticipé ou d'innover, le chômage massif des jeunes de plus en plus qualifiés, l'exclusion, la pauvreté vertigineuse, la précarité, l'analphabétisme, la détérioration des valeurs, la dépravation et le manque de consensus.


        Grand Dieu heureusement, notre pays a enregistré, malgré tout, des avancés dans des domaines, qui constituent aujourd'hui ses antidotes efficaces contre des départages suicidaires. Mais force est de constater que ces avancés n'ont malheureusement pas atteints la masse critique qui soit de nature à renverser structurellement les tendances et à générer le niveau de développement salvateur. Nous gisons donc dans le sous développement jusqu'à la moelle et nous nous en apercevons avec d'avantage d'acuité à cause ou plutôt grâce à la parabole qui nous montre l'écart de plus en plus profond et multidimensionnel qui nous sépare des nations non plus brillantes que nous.


        Ceci dit, le défaut d'espoir et de visibilité et la tentation forte et même naturelle d'oxygénation sous des cieux cléments, doivent-ils suffir pour que l'on change de pays? nous avons remarqué que "quitter le pays avec ou sans visa, mais d'une façon définitive, dans l'espoir de mieux vivre est devenue l'objectif prioritaire d'un nombre très élevé de Centrafricains. ll est un fait certain que des jeunes et même des moins jeunes, étouffés par la pression d'un chômage de longue durée ou par un système qui motive plutôt la médiocrité, ont décidé de prendre le large. Mais il est un fait tout aussi certains que ce phénomène, combien affligeant, qui nous préoccupe et nous atteint dans notre chair et notre dignité collective ne traduit malheureusement pas la volonté de millions de Centrafricains qui ont décidé, eux de changer leurs pays au lieux de changer de pays . Des forces vives de la société civile tout à fait conscientes de l'ampleur des dégâts, mais refusant que leur patrie et celle de leurs enfants, soit lâchée à son sort et devienne une curiosité archéologique digne d'une bonne place dans l'ère médiévale, mène une bataille in situ contre nos archaïsmes, nos paradigmes sclérosants et notre sous développement. Leur conviction partagée est que le moment n'est pas de se demander ce que leur pays peut faire pour eux, mais de tout faire pour sauver leur pays qui ne sera encore demain que ce que nous y ferons aujourd'hui.


        Les grands et réels espoirs insufflés par ses fils et les atouts indéniables de la R.C.A dont principalement une jeunesse formée et au fait des défis endogènes et exogènes, sont des raisons qui renforcent au quotidien la détermination de ces forces vives à agir sur le temps et les événements afin de contribuer à forcer, dans les délais les plus courts, l'édification d'un Centrafrique prospère pour tous les Centrafricains.


         La volonté de mettre notre pays sur les rails du développement et de la modernité est forte et largement partagée, et la détermination à défendre son droit à l'avenir au niveau de toutes les instances internationales, aussi bien à caractère politique qu'économique, est sans faille. Pour appuyer cette volonté et cette détermination, la R.C.A a l'obligation de rompre avec des pratiques rétrogrades et humiliantes qui ne doivent plus avoir droit de cité chez nous en ce début de troisième millénaire. C'est à ce prix que la démocratie ne sera plus un luxe ni une charité, que la responsabilité ne sera plus une source de rente ou d'abus de pouvoir, que la création de la richesse ne sera plus l'exclusivité de privilégiés ni son équitable partage un geste de mendicité, que l'esprit libre initiateur, créatif, novateur, anticipatif, rationnel et efficace ne sera plus le propre d'une "race" que nous ne sommes pas. N'en déplaise à nos gouvernants, ceci ne compromettra ni nos fameux équilibres macro-économiques ni encore moins politiques et sociaux. Ils doivent  tout simplement être porté et mené sous l'égide des hommes politiques déterminés, compétents, courageux et fous de leur pays.

 

Un Nouvel An pour un Nouvel élan


Tous unis nous Vaincrons.  


                                Vive la république.

 

      ODOM Chigozie Anthony

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 18:47

 

 

 

Bozizé perdu

 

 

Afrik.com    LUNDI 14 JANVIER 2013 / PAR FRED KROCK

 

(De notre correspondant)

 

Selon l’accord de principe de Libreville suite aux négociations centrafricaines du 9 au 11 janvier dernier, le président de la République doit immédiatement dissoudre le gouvernement et mettre en place un gouvernement d’union nationale dont le Premier ministre sera d’office issu de l’opposition démocratique. D’un commun accord, les leaders de l’opposition ont porté leur choix sur Me Nicolas Tiangaye pour être le chef du gouvernement et Bozizé hésite encore.

 

Et pourtant, ce n’est pas une condition, la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition. Et pourtant le choix de Me Nicolas Tiangaye est le vœu consentant de ses pairs de l’opposition. Pourquoi Bozizé s’entête et hésite à confirmer ce dernier à la primature ? Répondre à cette question demanderait de faire le tour du degré de collaboration entre les deux hommes en présence dans la sphère politique centrafricaine.


Me Tiangaye est un opposant, président du parti Convention républicaine pour le progrès social (CRPS). Il est aussi le coordonnateur du Front pour l’annulation et la reprise des élections de 2011 (FARE-2011) mis en place, juste après ces élections, avec l’initiative du défunt président Feu Ange Félix Patassé dont le but justement est d’obtenir l’annulation des élections qui ont conduit Bozizé aux affaires. Ses prises de positions sont radicales, au point qu’il est devenu insupportable pour le régime de Bozizé à la différence des autres opposants qui mettent de l’eau souvent dans leur vin. L’on se souviendra que pour des questions de dérapages et insuffisances de la CEI (Commission électorale indépendante) constatées dans l’organisation des dernières élections centrafricains, Me Tiangaye est le premier à demander à ses candidats à se retirer.


Par contre Bozizé qui s’est inscrit dans une dynamique de tout ou rien, n’entend pas un seul instant, mettre à contribution ses amis du contre-pouvoir. C’est ainsi que lorsqu’il a été question de dialoguer avec les autres forces vives de la nation après les élections très contestées de 2011, il n’a pas voulu. Même lorsqu’il a été question de constituer le gouvernement, il a coopté des flottants opposants qui ont démissionné au sein de leurs partis, c’est-à-dire ayant perdu le statut d’opposants, pour en faire les membres du gouvernement au nom de l’opposition. C’est tout de même ce qu’il a fait avec les politico-militaires où il a évité de discuter avec les vrais responsables des mouvements dont l’une des conséquences flagrantes a été la naissance de Séléka.


Le contraste d’idée entre quelqu’un qui veut tout et le principe du partage de pouvoir ont bloqué Bozizé dans le choix du premier ministre qui doit conduire le gouvernement d’union nationale à mettre en place. Si un nom autre que celui de Tiangaye était proposé, la tâche aurait du être facile à Bozizé. Les leaders de l’opposition ayant compris le jeu, l’ont pris en étau en lui proposant un seul nom, celui de Me Tiangaye Et Bozizé hésite. Il a fourni la raison selon laquelle, il attend seulement l’arrivée de la délégation de Séléka qui devrait elle aussi présenter deux candidats, afin qu’il choisisse le premier ministre. Entre temps, l’ex-premier ministre Faustin Archange Touadéra a été démis, le 12 janvier dernier de ses fonctions. Tout le peuple centrafricain est debout, attendant impatiemment la nomination de son premier ministre.

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 11:37

 

 

 

Bozizé en difficulté

 

 

 

Billet d’Afrique


http://survie.org  14 janvier 2013 par Raphaël de Benito 


Au fil des tutelles coloniales, néocoloniales et régionales, empoisonné par la Françafrique, l’embryon d’État centrafricain a dérivé vers une militarisation et l’ethnicisation de sa politique. A cet égard, le pouvoir de François Bozizé n’échappe pas à la règle.


Sa gestion clanique et brutale du pouvoir, les détournements en tout genre au profit de sa famille, n’ont fait que perpétuer cet état de fait et il subsiste toujours des foyers insurrectionnels comme l’a montré l’émergence et l’offensive éclair de la coalition Séléka. Composé de factions rebelles dissidentes, le Séléka a pris les armes le 10 décembre et contrôlait la majeure partie du pays le 31 décembre.


Comment s’en étonner alors, qu’en plus des prébendes présidentielles, François Bozizé, « réélu » en 2011, au terme d’une mascarade électorale n’a jamais respecté les accords de paix conclus entre 2007 et 2011 qui prévoyaient un programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion. De même, le Dialogue politique inclusif de 2008 qui avait permis de réunir à une table de négociations, pouvoir, société civile, opposition et rébellion est resté lettre morte. Qui plus est, l’opposition soupçonnait Bozizé de préparer un troisième mandat en modifiant la Constitution.


Tous les ingrédients étaient donc réunis pour assister à une nouvelle poussée de fièvre même si l’apparition et les succès fulgurants de la coalition Séléka en ont surpris plus d’un.

Un Etat décomposé

L’offensive Séléka a eu le mérite de révéler la fragilité du régime Bozizé défait militairement en à peine trois semaines et contraint de quémander une intervention militaire française, à renoncer publiquement à un troisième mandat et proposer un gouvernement d’union nationale. Toutefois, « Boz » se donnait un peu d’air début janvier alors que le chef d’Etat-major de la Force multinationale d’Afrique centrale (FOMAC), Jean-Félix Akaga prévenait la coalition Séléka que la prise du verrou de Damara, à 75 km de la capitale était ligne rouge à ne pas franchir. Ce gel de la situation sur le terrain est la conséquence de l’intervention de la France et des luttes d’influences entre Etats d’Afrique centrale. En revanche, le Séléka réclamait toujours le départ de Bozizé.

L’influence française

En premier lieu, le Tchad, qui a installé Bozizé avec l’aide de la France en 2003 et considère la Centrafrique comme son vassal. Alors que ces derniers mois, Bozizé était moins docile envers le président tchadien Idriss Déby, celui-ci est accusé d’avoir armé et financé la coalition Séléka lui permettant sa conquête éclair. Plusieurs témoins racontent que les forces tchadiennes, acheminées sous le prétexte d’interposition, avaient l’arme au pied durant l’offensive rebelle. En réalité, les Tchadiens avaient besoin de contrôler le terrain pour jouer les arbitres. Les prétentions régionales et le double jeu de Déby ont eu le don d’irriter ses homologues d’Afrique centrale qui ont donc cherché à le contrer.


Le Cameroun, le Gabon, le Congo-Brazza, l’autre parrain de Bozizé, et la RDC, pourtant incapable de défendre son territoire dans les Kivus, ont donc envoyé d’urgence quelques centaines d’hommes pour soutenir ce qu’il restait de l’armée centrafricaine prise en charge par trois ex-officiers français de la société militaire privée EHH LCC (Billets n°219, décembre 2012). L’Afrique du Sud également, dans son rôle de puissance continentale a envoyé, début janvier, deux cents soldats à Bangui.

Mais, c’est la France, qu’on le veuille ou non, qui, la première, a envoyé un signal aux rebelles en déployant 300 légionnaires basés à Libreville pour renforcer son détachement militaire déjà présent à Bangui (Voir ci-dessous). Officiellement, et selon le refrain bien connu, les soldats français ne sont là que pour protéger les ressortissants français et européens de Bangui.


Sauf que des militaires français se sont inquiétés, en visitant la rebéllion, du devenir du gisement d’uranium de Bakouma en attente d’exploitation par Areva ! Certainement les intérêts français que François Hollande appelait à défendre en Centrafrique.


La présence militaire tricolore s’est donc révélée assez dissuasive pour amener la coalition Séléka dont la représentation extérieure est à Paris, à accepter de négocier à Libreville début janvier. Aujourd’hui, en l’absence de réflexion sur les fondements de sa politique en Afrique, la France est plus que jamais prisonnière de ses contradictions. La France est la moins bien placée pour intervenir en Centrafrique en raison de son une ingérence permanente dans le pays depuis l’indépendance il y a plus de 50 ans. C’est même un officier des services secrets français, Jean-Claude Mantion alias « Lucky Luke » (voir ci-dessous) qui gouverna la Centrafrique entre 1980 et 1993.


La France appelle aujourd’hui au dialogue en Centrafrique mais a cautionné le vol électoral de 2011. En janvier 2010, son ambassadeur, Jean-Pierre Vidon, faisait preuve d’une lucidité sans pareil en chantant les louanges du général-président Bozizé, faisant don de sa personne à la patrie, tout en estimant que « la situation politique s’était apaisée (…) tandis que la situation sociale et sécuritaire considérablement amélioré à Bangui ». A croire que l’ambassadeur écumait le Plantation ou le Zodiaque, hauts-lieux de la vie nocturne banguissoisse, tant les observateurs du pays, y compris dans les milieux diplomatiques, tenaient des propos pessimistes sur l’avenir du pays.


On pourra objecter que Hollande a remplacé Sarkozy à la tête de l’Etat et qu’une nouvelle politique est à l’œuvre. Il n’en demeure pas moins que si la France semble plus discrète dans le dossier centrafricain, elle maintient une coopération sécuritaire étroite avec des acteurs peu reluisants dans le long dossier centrafricain. Ainsi le Gabon a « parrainé » les pourparlers de paix centrafricains de 2008, le Congo-Brazza jouant le médiateur dans les négociations entre la rébellion et Bozizé début janvier.


Quant au Tchad de Déby, constatant qu’il n’y avait plus aucun avantage à tirer de la situation en Centrafrique, il a carrément dicté sa conduite à la coalition Séléka lors des pourparlers de Libreville. L’accord qui en a découlé ne satisfait personne : Bozizé allant jusqu’au bout de son mandat en 2016, flanqué d’un premier ministre de l’opposition civile tandis que la coalition Séléka rentre bredouille au grand dam de ses chefs militaires qui contrôlent la majeure partie du pays. On imagine bien la cohabitation durant les trois prochaines alors qu’à la veille des pourparlers, Bozizé traitaient les rebelles de mercenaires terroristes tandis que ceux-ci exigeaient des chefs d’Etat centrale qu’ils saisissent la Cour Pénale Internationale pour juger les crimes du président centrafricain.


A vrai dire, l’application de cet accord au forceps ne repose que sur la bonne foi des uns et des autres. Autant dire que la prochaine crise en Centrafrique est déjà en gestation avec toujours le risque de l’effondrement complet d’un Etat si fragile.

« Boz », évangéliste suprême et putschiste dans l’âme

Le général-président centrafricain François Bozizé, est arrivé au pouvoir par les armes en 2003.


Aide de camp du sanguinaire Jean-Bedel Bokassa, Bozizé devient, à 32 ans, le plus jeune général de l’armée. A la chute de Bokassa en 1979, il part alors à l’école de guerre en France. Il revient en 1981 à la faveur d’un putsch qui verra le général André Kolingba remplacer David Dacko, qui avait succédé à Bokassa. Ministre de l’Information, ce taiseux et piètre orateur tentera, deux ans plus tard, de renverser Kolingba. Il fuiera au Bénin d’où il sera extradé en 1989. Emprisonné deux ans, il échappe de justesse en 1990 à une tentative d’assassinat dans sa cellule et prendra la fuite vers le nord du pays. En 1993, Bozizé se présente aux présidentielles qui seront remportées par Ange-Félix Patassé. Réintégré dans l’armée, Bozizé soutient Patassé dont il devient en 1997 le chef d’état-major. En octobre 2001, il tentera de le renverser et ratera son coup d’Etat avant de pendre la fuite pour le Tchad, puis la France, avant de revenir dans le nord de la Centrafrique lancer la rébellion des "Patriotes".


Il prendra enfin le pouvoir en 2003 grâce à l’armée tchadienne qui lui a fourni sa garde rapprochée jusqu’à l’automne dernier. Depuis 2003, « Boz » comme le surnomme les Banguissois, a été confronté à de nombreuses poussées de fièvres.


En 2006-2007, c’est la France qui lui sauve la mise à Birao. Fin 2010, c’est l’ami de toujours, le Tchad, qui l’aide à se débarrasser des rebellions du nord. En 2011, Bozizé, « évangéliste suprême » de l’Eglise du christianisme céleste Nouvelle Jérusalem qu’il a fondée, affirmait que le pays s’était pacifié sous sa présidence, et qu’il pouvait désormais le « relancer » grâce aux richesses du sous-sol encore inexploitées : uranium, or, pétrole et diamants.

Zoom

Avec une population de près de 5 millions d’habitants, le pays, enclavé au cœur de l’Afrique centrale, est l’un des plus pauvres du monde malgré ses énormes richesses potentielles, minières et agricoles (uranium, diamants, bois, or). L’économie a été dévastée par les multiples crises politico-militaires qui ont empêché le pays d’assurer le minimum à ses habitants. Le pays, dont près de 70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté avec un PIB par habitant de 483 dollars (2011), est à 80% rural et produit du coton, café et tabac. Selon l’Institut international des études stratégiques (IISS, 2012), les forces armées comptent 2.150 hommes et les paramilitaires 1.000 hommes.

Micopax

Les 250 militaires français déjà présents à Bangui sont chargés de l’assistance de la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique (MICOPAX), placée sous l’autorité de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC). La MICOPAX bénéficie du soutien financier de l’Union Européenne et logistique de la France. Elle a pour mandat de consolider le climat de paix et de stabilité, d’aider au développement du processus politique et de soutenir le respect des droits de l’homme. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le bilan n’est pas brillant. Son mandat doit se terminer le 31 décembre 2013.

Lucky Luke

Le lieutenant-colonel Jean-Claude Mantion, agent des services secrets français, débarque à Bangui, le 2 décembre 1980. Chargé d’encadrer le président David Dacko installé par Paris pour succéder à Bokassa, puis son remplaçant le général André Kolingba, il déjouera dès 1982 une tentative de coup d’État fomentée par Ange-Félix Patassé et deux généraux en vue, François Bozizé et Alphonse Mbaïkoua. Les représailles sont terribles et les fiefs de Patassé au nord de pays sont rasés et nombreux habitants massacrés donnant à naissance à une 1ère fracture entre populations du nord et du sud. Kolingba confie à « Lucky Luke » Mantion un nombre toujours plus importants d’attributions au point d’être un 1er ministre de l’ombre. Il gouvernera de facto la Centrafrique pendant treize ans. C’est pendant cette décennie que le Yakoma Kolingba a instillé le poison de l’ethnicité, plaçant ses proches et les membres dans tous les rouages de l’Etat et de l’armée. Cette instrumentalisation de l’appartenance tribale à des fins politiques, la Centrafrique la paye encore.


Entre 2003 et 2006, le volume global de l’aide consentie par la France était de 95 millions d’euros, en incluant le soutien apporté à la force de paix de la CEMAC. Somme importante dans le contexte centrafricain à laquelle il faut ajouter le coût de près de 70 conseillers techniques français, placés aux postes névralgiques de l’appareil d’État, des cabinets ministériels à la Garde présidentielle. Auprès du chef de l’État, un général français s’occupait – officiellement – de la « refonte » de l’armée centrafricaine. Il faut aussi prendre en compte les « privés » employés dans la sécurité du palais présidentiel jusqu’à la douane en passant par les services de renseignement.

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 10:13

 

 

 

Me-Nicolas-Tiangaye.jpg

 

 

RFI   lundi 14 janvier 2013

 

La République centrafricaine n'a toujours pas de Premier ministre, alors que samedi 12 janvier l'opposition politique a proposé au président Bozizé le nom de Nicolas Tiangaye. Le chef de l'Etat n'est-il pas en train de gagner du temps en ne promulguant pas le décret de nomination ? « Pas du tout », répond Josué Binoua, le ministre de l'Administration du territoire.

 

« Le président n’a pas l’intention de retarder l’application de l’accord de Libreville mais il entend le respecter à la lettre », martèle Josué Binoua.

 

Selon le ministre de l’Administration du territoire du gouvernement dissout, si François Bozizé n’a pas encore signé le décret de nomination du Premier ministre, c’est seulement parce qu’il attend de savoir quelle est la proposition des représentants de la Seleka qui devraient arriver à Bangui ce lundi 14 janvier en provenance de Brazzaville.

 

« Si la coalition rebelle s’aligne sur le choix de l’opposition politique, alors Nicolas Tiangaye sera nommé à la primature. Mais si une autre proposition intervient, alors le chef de l’Etat tranchera », affirme encore Josué Binoua.

 

Pour justifier cette position, ce proche du chef de l’Etat se base sur une ambigüité de l’accord signé à Libreville. Celui-ci prévoit en effet que le chef de l’exécutif sera issu de l’opposition, sans préciser s’il s’agit uniquement des opposants politiques, ou bien si les rebelles auront également leur mot à dire.

 

Dans les faits, le président semble avoir entamé sa partie d’échec avec ses ennemis politiques. Selon une source diplomatique, au sein des rebelles, des voix commencent à se faire entendre pour critiquer l’accord signé sous l’égide de la communauté des Etats d’Afrique Centrale.

 

Le président centrafricain entend bien profiter des divisions entre les différents groupes. L’accord de Libreville n’est pas enterré mais il connait d’ores et déjà ses premières turbulences.

 

 

 

NDLR : Selon nos informations, Bozizé aurait déclaré lors d’un meeting hier dimanche au stade à Bangui qu’il allait officialiser la désignation du PM de l’opposition ce jour et qu’il appelait ses partisans à soutenir l’action de ce dernier pour redresser le pays. C’était sa manière de désamorcer l’excitation de certains de ses partisans qui pendant les discussions de Libreville encore, désignaient Nicolas Tiangaye à la vindicte populaire et voulaient le lyncher.

 

Certains observateurs à Bangui avancent qu’en réalité, le choix de l’opposition démocratique à l’unanimité de Nicolas Tiangaye donne quelque peu le tournis à Bozizé qui doit redouter terriblement la perspective d’une collaboration agitée avec l’ancien Bâtonnier du barreau de Centrafrique et le fondateur de la Ligue Centrafricaine des droits de l’homme. Il est vrai que les contentieux et sujets qui fâchent entre Bozizé et Me Tiangaye l’ancien avocat qui l’avait pourtant défendu à l’époque du président André Kolingba qui l’avait fait kidnapper à Cotonou dans des conditions rocambolesques et ramener à Bangui dans une cage comme un animal pour être mis en geôle au camp militaire du Kassai, sont nombreux et consistants. C’est sans doute au regard de tout cela que Bozizé traîne les pieds et pas l’argument de l’avis des responsables de Séléka. Tout le casting avait déjà été ficelé à Libreville, toujours d’après nos sources. On apprend par ailleurs que Bozizé, juste avant de quitter Bangui pour Libreville, était très énervé.

 

C'est ainsi qu'il aurait publiquement humilié sur le tarmac de l'aéroport Bangui M'poko son conseiller économique et financier, Mahamat Tahir, un des durs de son régime qui s'est immensément enrichi et qu'il a accusé à cette occasion de trahison et interdit de l'accompagner dans son déplacement au Gabon. Tahir venait de débarquer du vol d'Air France arrivé de Paris. Plusieurs dignitaires du pouvoir de Bozizé ont donné à ce dernier le sentiment de l'avoir abandonné dans les plus forts moments de cette crise. La ministre du tourisme par exemple, Sylvie Mazoungou, aurait quitté Bangui par la route jusqu'au Cameroun avant de prendre un vol pour Paris où elle se trouve à l'abri. Le général d'opérette Parfait Mbaye a tenté de mettre sa femme et sa progéniture à l'abri au Cameroun mais on les arefoulés à l'aéroport de Bangui. Fidèle Ngouandjika alias "le milliardaire de Boy-Rabe" a planqué sa longue limousine blanche à l'Hôtel Ledger et a même momentanément trouvé refuge dans ce palace avant de regagner la représentation diplomatique de Roumanie à Bangui, son épouse étant originaire du pays du "génie des Carpates" le tristement célèbre Ceaucescu.  

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 09:44

 

 

 

Tiangaye Nicolas CRPS

 

 

DECLARATION

 


Le Rassemblement en France des Partis Politiques de l’Opposition Démocratique Centrafricaine [Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP), Alliance pour la Solidarité et le Développement (ASD), Convention Républicaine pour le Progrès Social (CRPS), LÖNDÖ,  Mouvement Démocratique pour la Renaissance et l’Evolution de Centrafrique (MDREC),  Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), Parti Africain pour la Transformation Radicale et l’Intégration des Etats (PATRIE), Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), et Union Démocratique du Peuple pour le Progrès (UDPP) ] remercie solennellement leurs excellences, les Présidents Ali Bongo  du Gabon, Teodoro Obiang Nguema de la Guinée Equatoriale,  Idriss Déby Itno du Tchad, président en exercice de la CEEAC, Denis Sassou Nguesso, du Congo Brazzaville et médiateur de la crise Centrafricaine, pour leur implication personnelle dans la réussite des négociations de Libreville ayant abouti à la conclusion d’un accord politique apprécié par la population Centrafricaine.


Le Rassemblement en France des Partis Politiques de l’Opposition Démocratique attire l’attention des Présidents qui ont œuvré à la réussite de ces accords, sur l’attitude dangereuse des partisans du général François Bozizé, susceptible de compromettre les résultats obtenus.


En effet, en marge des pourparlers et sur instruction de Bozize, Mrs Zama Javon Papa et Lévy Yakité, respectivement directeur général de la presse présidentielle centrafricaine, et chargé de la coordination de la distribution des armes  (machettes et autres armes blanches) à leurs  partisans pendant la crise,  depuis Libreville, et par ailleurs soutenus à Bangui par Simplice Zingas, député KNK et ancien Ministre, lançaient des appels à la haine sur la Radio nationale devenue « Radio mille collines » demandant carrément aux militants du KNK de procéder à la destruction des biens des Leaders des partis politiques ayant participé aux pourparlers de Libreville.  Ainsi, le jeudi 10 janvier 2013, la place de la République (PK 0) de Bangui a été prise d’assaut par les hordes de partisans du général Bozizé pour un sit-in conformément aux appels lancés la veille depuis Libreville et relayés par Radio Centrafrique en direct à l’antenne désignant ainsi Nicolas Tiangaye à la vindicte populaire. Ces partisans du général Bozizé reprenaient en chœur une chanson en sango dont la traduction est : « Tiangaye, ce qui est arrivé à Massi t’arrivera aussi ! »


Craignant pour la vie des acteurs du futur gouvernement d’union national issu des négociations de Libreville, le Rassemblement en France des Partis Politiques de l’Opposition Démocratique demande aux Présidents de veiller à la stricte application de toutes les dispositions du Titre III  des accords politiques signés par les partis sur « les garanties de la  bonne foi des acteurs »

 

Fait à Paris le 14 Janvier 2013

 

ONT SIGNE :

 

Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP)

Clément BELIBANGA

 

Alliance pour la Solidarité et le Développement (ASD),

-

 

 

Convention Républicaine pour le Progrès Social (CRPS)

Simplice SOLET BOMAWOKO

 

 

LÖNDÖ

-

 

Mouvement Démocratique pour la Renaissance et l’Evolution de Centrafrique (MDREC), 

Francis LINGBIMA

 

 

Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC),

Jean-Didier KABRAL

 

 

Parti Africain pour la Transformation Radicale et l’Intégration des Etats (PATRIE),

Hugues TCHEUMENI

 

 

Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC),

Raymond Max SIOPATHIS

 

 

 

Union Démocratique du Peuple pour le Progrès (UDPP)

-

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 00:48

 

 

 

 

CBM

 

 

 

BOZIZE – SELEKA – LIBREVILLE ET NOTRE AVENIR

 

CES TROIS SEMAINES QU’IL NE FAUT PAS OUBLIER

 

« Ce pays riche que les imbéciles ont divisé… » Ma Révolution. Didier

Awadi, Studio Sankara. Dakar 8 novembre 2012.


Avé FACA :


Aux premières heures de l’application des Accords de Libreville, j’ai une pensée particulière pour les familles des FACA tombés au champ d’honneur depuis le 10 décembre 2012. Pour ces héros anonymes dont certains n’ont même pas eu droit à un enterrement, je souhaiterai que chaque fille et fils de Centrafrique accorde une minute de silence, qu’importe les latitudes où nous nous trouvons et que leurs noms soient inscrits sur une stèle au pied du monument des martyrs. Même si le risque de mort est un des ingrédients du métier de soldat, ceux-ci sont décédés parce qu’ils devraient protéger la République et ses Institutions même s’il y a trop à dire et à redire sur celles-ci et les personnes les incarnant.


Que la nation entière se mobilise pour assurer aux familles de ces soldats en général et à leurs enfants en particulier, l’essentiel pour vivre dignement et surtout pour une rentrée scolaire convenable…AVE FACA.


Trois semaines


 

Trois semaines.


En trois semaines nos certitudes, nos peurs, nos craintes furent balayés et nous nous sommes rendus compte que le géant n’en n’avait que l’apparence. Qu’il n’avait même pas de pied en argile mais était en lévitation.

 

Trois semaines.


En trois semaines, de nombreux vendeurs d’illusion se sont penchés sur le soleil couchant du Knkisme pour tenter de ramasser les miettes, histoire de satisfaire un appétit qui insulte toutes les règles de la bienséance mais qui n’a de motivation que la panique d’une fin de règne qui s’annonce (ou s’annonçait) humiliante pour les « Princes » sortants.


Trois semaines.


En trois semaines, le KNK et ses alliés ont subitement découvert les vertus des marches et manifestations pacifiques. Banalités citoyennes qu’ils avaient refusées à tous ceux qui politiquement n’étaient pas des leurs depuis bientôt dix ans à l’exception des pauses électorales.

 

Trois semaines.


En trois semaines Bozizé a démontré qu’il était plus sage que Gbagbo, Kadhafi, Moubarak, Mobutu, Dadis Camara, Bachar El Assad, Saddam Hussein, Ben Ali… car il a tout sacrifié de son orgueil à ses enfants pour ne pas connaître l’infamie d’une fin qui s’annonçait humiliante et tragique.


Trois semaines.


Il a fallu trois semaines de guerre, de destruction, de mort, d’angoisse pour que le Chef de l’Etat accorde du crédit aux revendications politiques de l’opposition amplifiées par SELEKA. Or s’il l’avait fait avant, peut être que nous aurions fait l’économie de cette crise.


Trois semaines.


En trois semaines Bozizé a fait l’amère expérience de la solitude du pouvoir. Il s’est retrouvé quasiment seul comme Gbagbo entouré exclusivement de sa famille lors de son arrestation. Tous les griots et profitosituationnistes de sa cour ont disparu. Les chancelleries étaient prises d’assaut et les téléphones portables ne répondaient plus. A ceux-là, qui défendaient encore l’indéfendable il y a quelques semaines et qui vont se trouver dans les prochaines semaines une âme d’opposant, nous serons là pour leur montrer en permanence leurs casiers judiciaires politique. Pour eux, la rédemption ne sera pas possible même s’ils mettent au service de celle-ci, les milliards qu’ils ont accumulés sur le dos du peuple centrafricain en dix années de prédation.


Trois semaines.


En trois semaines les jet-setteurs de Bangui, ceux qui distribuaient des billets de Fcfa, qui pensaient avoir le droit de vie ou de mort sur le Centrafricain, qui pensaient être les légataires du droit de Bail de la RCA, étaient aux abonnés absents ou en route pour l’exil vers une terre lointaine.


Trois semaines.


En trois semaines au bord de l’Oubangui nous avons assisté à l’émergence des « Blégoudé » de l’équateur sur fond d’un patriotisme en pacotille.


Trois semaines.


Trois semaines auront suffi pour rédiger l’oraison funèbre du Knkisme et inaugurer un nouveau cycle politique car à l’évidence, il y aura un avant et un après 10 décembre 2012.


Trois semaines.


En trois semaines nous avons assisté à l’instrumentalisation du fait Religieux. Une première en RCA au même titre que ce cycle « Rwandisant » avec des leaders de la jeunesse et des collectifs de galerie. Nous avons assisté à des enlèvements, à des exécutions autant d’exactions qui, ailleurs ont envoyé leurs auteurs à la Haye.


Trois semaines.


En trois semaines, les HOPARL (Hommes Politiques à Responsabilité Limitée) se sont activés en tentant de se placer ou placer leurs pions dans toutes les configurations. Paris, Ndjamena, Brazzaville et Libreville étaient devenues les capitales de toutes les paranoïas, manipulations, intoxications et courbettes.


Trois semaines.


Trois semaines auront suffi pour faire de  « SELEKA » le mot sango le plus connu au monde, dépassant de loin le traditionnel et conventionnel BALAO.


Trois semaines.


En trois semaines, nous avons vu des porte-paroles autoproclamés, des Présidents virtuels, des courtisans en palace, des fronts et collectifs naître tous les jours et qui cachent à peine la course à la mangeoire.

 

 

Trois semaines.


Trois semaines auront suffi pour que les alliés de la SELEKA commencent à se quereller le leadership. Les autoproclamés et les illusionnistes de la 1ère heure ont disparu lorsque les vrais bosses sont sortis de la brousse (1).


Trois semaines.


En trois semaines nous avons vu les nostalgiques du 3ème Reich centrafricain faire l’apologie de leur forfait sans retenue en embrigadant dans leur révisionnisme et négationnisme l’ensemble de l’opposition politique dite « démocratique » (2).


Trois semaines.


En trois semaines nous avons assisté à l’expression d’une nouvelle diplomatie africaine dans la résolution des crises locales dont il faut saluer la célérité.


Trois semaines.


En trois semaines nous avons lu, entendu et vu des pseudos experts (3) de la RCA qui ne sont même pas capable de situer Ndélé ou Bambari sur une carte avec des avis et grilles de lecture frôlant le Cours Elémentaire 1 (CE1).


Game is over :


Ayant été de ceux qui ont voulu et motivé la fin à tout prix du régime du Président PATASSE et de sa galaxie politique autour du MLPC, je fus de ceux qui ont applaudi l’arrivée de François BOZIZE YANGOUVONDA au pouvoir en 2003 et je ne le regrette pas. Je regrette seulement la méthode avec laquelle l’histoire de ces neuf dernières années fut écrite et qui a servi de mobile à la crise que nous vivons.


En effet, rapidement,  il a fallu se rendre à l’évidence (4) que François BOZIZE YANGOUVONDA s’était installé dans la lignée de ses prédécesseurs en reproduisant leurs erreurs avec tous les maux en « ISME  et  IE ».


La principale leçon du 15 mars 2003 est que tout changement sans le peuple est toujours utilisé contre le peuple. Nous aurions pu faire l’économie de la crise SELEKA si la société politique centrafricaine s’était mobilisée pour créer le rapport de force nécessaire à l’équilibre des pouvoirs au lieu d’espérer sur l’hypothétique ouverture de Bozize qui n’est jamais venue ou l’arrivée du Sergent-Chef qui allait équilibrer les institutions démocratiques de notre pays par sa Kalachnikov.


Des centaines de morts et autant de blessés. Des milliers de déplacés, une crise humanitaire aiguë. Trois semaines d’angoisse, d’incertitude et de rythme scolaire perturbé. Des milliards de Fcfa de dégâts qui vont réduire à néant les perspectives économiques pour 2013, annonçant une année extrêmement difficile dans un contexte mondial lui-même tendu. Le prix payé pour sortir de l’impasse politique née d’une part de la patrimonialisation de la libération du 15 mars 2003 et d’autre part de l’apathie de l’élite politique, intellectuelle, économique, culturelle et religieuse est très élevé.


Les accords de Libreville, la désignation du PM ainsi que du gouvernement ne constituent pas la fin de la crise et j’ai des inquiétudes pour le lendemain.


Mais face au prix payé pour obtenir l’accalmie, il est d’une impérieuse nécessité que les principaux acteurs fassent preuve de leur bonne foi en préservant l’essentiel : La RCA et ses Populations.

 

Aujourd’hui nous payons le prix d’un déficit fondamental : LA NON EXISTENCE DE LA REPUBLIQUE.


Je formule les vœux, que cette équipe transitoire pose les fondements de la République (ou son esquisse)  sur lesquels, ceux à qui les Centrafricains confieront la charge d’administrer le pays au sortir de cette période s’appuieront pour nous faire entrer dans la modernité c’est-à-dire le 21ème siècle.

 

Au nom de la République Centrafricaine,

 

Du peuple,

 

Et de la Démocratie…AMEN.

 

 

Clément  DE  BOUTET-M’BAMBA

 


Post-Scriptum : j’ai une pensée pour ces dizaines de victimes civiles. Ces femmes violées. Ces hommes enlevés, torturés et exécutés. Ces opérateurs économiques qui ont tout perdu. A la faveur de cette sortie de crise qui s’annonce, il serait utile que soit mise en place une commission internationale sous l’égide de la CEEAC, de l’UA, de l’ONU et de l’UE en collaboration avec le département centrafricain de la Justice ainsi que la CPI pour que la lumière soit faite d’une part sur ces différentes exactions et que leurs auteurs identifiés soient traduits en justice, processus de paix ou pas. Et que d’autre part, des opérateurs économiques comme Alima à Bambari ou la société SUCAF à Ngakobo, les différentes radios communautaires saccagées et les autres crimes à caractère économique que nous découvrirons lorsque les régions sous contrôle de SELEKA seront ouvertes intégralement aux medias et aux autorités centrales, soient dédommagés pour permettre une relance économique au niveau national. Cette commission d’enquête devra aussi se pencher sur ce qui s’est passé dans Bangui Intra-muros depuis le 10 décembre 2012.


Mais pour une véritable réconciliation nationale, cette commission pourra et devra se pencher sur les atteintes aux droits de l’homme, de la Restauration de la République à la Signature des accords de Libreville.


1 : « Vouer à l’opprobre perpétuel ceux que la récente histoire de la RCA n’instruit pas et qui pensent que leur heure est venue, oubliant le jour d’après, celui du partage de la dépouille de la RCA entre ces différents groupes dont ils font semblant de ne pas voir le côté non seulement exogène mais aussi et surtout terriblement dangereux

; » In « La Patrie d’abord ». CBM, Paris 26.12.12

     http://www.sozowala.com/palabre/reflexions/r20121226001.htm

2 : Voir Mémorandum de l’Opposition aux Pourparlers de Libreville.

3 : La palme d’or à Harold Hyman de BFM TV, chaine d’info française.

4 : Le Processus « Patrimonialisant » de la Libération du 15 mars 2003

« Que reste-t-il de la Libération du 15 mars 2003 ? » CBM, Paris 16 mars 2004.

http://www.sangonet.com/ActualiteC18/Qreste15ms03CBM.html

« Les causes profondes de l’Echec de la libération du 15 mars 2003 ». CBM, Paris 16 avril 2004.

http://www.sangonet.com/ActualiteC18/causeprof-echec2003-CBM.html

« Le cas BOZIZE : le pouvoir absolu corrompt absolument ». CBM, Paris 24 juin 2004.

http://www.sangonet.com/ActualiteC19/lecasboz-pvabso-corr.html

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 00:04

 

 

 

Nicolas Tiangaye

 

BANGUI (AFP) - 13.01.2013 19:53 - Par Patrick FORT

 

La Centrafrique attendait toujours dimanche soir la nomination d'un Premier ministre de gouvernement d'union nationale conformément à l'accord de Libreville, car, si l'opposition a choisi l'avocat Nicolas Tiangaye, le camp présidentiel affirme n'avoir pas reçu la proposition des rebelles.


"J'ai été désigné à l'unanimité par mes pairs. Nous avons envoyé le courrier avec mon nom au président de la République (François Bozizé) samedi à 18H00 (17H00 GMT) et nous attendons donc ma nomination", a affirmé à l'AFP dimanche Me Tiangaye.


L'accord de sortie de crise signé vendredi à Libreville prévoit "un nouveau Premier ministre issu de l'opposition. Le texte prévoit aussi que Bozizé restera en place jusqu'à la fin de son mandat en 2016 mais qu'il ne "pourra pas révoquer" le nouveau Premier ministre pendant la période de transition de 12 mois.


Toutefois, "le président ne veut pas être accusé de ne pas respecter les accords de Libreville. Il a reçu la proposition de l'opposition" démocratique (opposition politique), a affirmé à l'AFP Josué Binoua le ministre de l'Administration territoriale du gouvernement démis samedi.


"Mais il y a deux oppositions. Il y a aussi l'opposition des rebelles (du Séléka). Et le président attend un écrit de leur part pour connaître leur proposition, et ensuite soumettre tout cela au comité de suivi", présidé par le chef d'Etat congolais Denis Sassou Nguesso, a ajouté M. Binoua.


De sources proches, l'alliance rebelle Séléka, qui a entamé son offensive le 10 décembre et provoqué le bouleversement politique à venir dans le pays, réclame le poste de la Défense, et certaines composantes du mouvement qui a souvent montré des dissensions internes, remettent même en cause l'accord de paix.


S'il est nommé, Me Tiangaye aura la difficile tâche de former un gouvernement où devront figurer à la fois des membres de l'opposition et du pouvoir mais aussi de la rébellion Séléka, de la société civile, ainsi que d'ex-rebelles ayant signé auparavant des accords de paix.


"La grande cuisine va commencer. Chacun va essayer d'avoir le plus de postes possibles", a commenté un membre de l'opposition sous couvert de l'anonymat.


"Il ne faut pas que ce soit purement politique. Etant donné la tâche à accomplir, il faut un gouvernement qui soit composé de toutes les parties mais aussi un niveau technique de compétence et de gens intègres", a souligné l'ambassadeur de l'Union européenne, Guy Samzun.


Du côté du pouvoir, "Le président a son mot à dire", a rappelé M. Binoua.


"Une lutte d'influence va avoir lieu", analyse un observateur, "Bozizé va tout faire pour savonner la planche du gouvernement. Actuellement, il est dans un creux mais c'est un battant et il va se reprendre. C'est un roublard et il sait mettre en place des stratégies".


Bozizé a d'ailleurs mobilisé ses troupes en réunissant dans l'après-midi 3 à 4.000 partisans au stade de Bangui.


"C'est la paix, nous sommes heureux. Nous allons changer de gouvernement, les rebelles vont repartir et nous allons enfin pouvoir exploiter nos richesses. Le président Bozizé a bien géré", a estimé Arsène Mandja, 19 ans élève de Terminale.


Ancien président de la ligue centrafricaine des droits de l'Homme, Me Tiangaye a notamment défendu l'ex-empereur Bokassa en 1986-1987 mais aussi... François Bozizé, accusé d'un complot sous le régime d'Ange-Félix Patassé en 1989.


Il a été président du Conseil national de transition (CNT, parlement de transition) en 2003 après la prise de pouvoir de Bozizé et a surtout été un des principaux rédacteurs de la Constitution adoptée en 2004.

 

© 2013 AFP

 

 

 

NDLR : Les futurs ministres doivent être non seulement des gens compétents et aussi d’honnêtes personnes mais il faut surtout que Bozizé ne puisse plus avoir une quelconque mainmise sur quelque portefeuille où on manipule de l’argent. Il faut notamment qu’il ne puisse plus placer un de ses hommes de paille au ministère des finances, ni au trésor, ni au ministère des mines, à celui des eaux et forêts voire même à l’agriculture et surtout pas aux télécommunications entre autres. Sa propension à la prédation est telle qu'il faut le marquer à la culotte ainsi que tous les ministres qu'il aura à placer au gouvernement. Des prédateurs bien connus comme Albert Besse et autre Parfait Mbaye ou Fidèle Ngouandjika pour ne citer que ceux-là qui lui sont d'une grande docilité doivent être proscrits dans le nouveau gouvernement dont la feuille de route ne saurait tolérer la présence en son sein de tels individus. Un important travail de nettoyage attend le prochain gouvernement de transition pour débarrasser l'appareil de l'état de la véritable armée d'incompétents et de corrompus qui le remplissent, presque tous recrutés sur des raisons hautement tribalistes et politiques. C'est un besoin de salubrité publique. Le KNK criera à la chasse aux sorcières mais on ne saura faire l'économie de ce ménage des écuries d'Augias.   

 

Par ailleurs, la lamentable façon avec laquelle il a insulté l'armée dans son message du 31 décembre 2012 ajoutée à sa désastreuse gestion de cette institution sont telles que bien qu’il se prend pour un général d’armée, il n’a plus le droit de se mêler des questions militaires ni de sécurité dans ce pays. C’est dans ces deux domaines que le bilan de sa gestion est le plus catastrophique donc il est totalement disqualifié à avoir quelque prétention que ce soit ou à vouloir  la ramener dans ces secteurs. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 23:55

 

 

Djotodia et Willybiro

 

 

http://afrikarabia2.blogs.courrierinternational.com   dimanche, 13 janvier 2013

 

L'accord qui fâche tout le monde… ou presque. Si l'on en croit certaines voix au sein du Séléka, Michel Djotodia, le chef de la délégation rebelle, aurait signé "un peu vite"  avec François Bozizé et surtout sans l'accord des chefs militaires. Sur le terrain, les commandants de la rébellion jugeraient le texte "inapplicable", donnant la part belle à l'opposition politique.


Après un mois de conflit armé et trois jours de difficiles négociations, un accord a finalement été signé entre François Bozizé, la rébellion Séléka et l'opposition politique. Le texte prévoit l'organisation d'élections législatives dans 12 mois et la nomination d'un nouveau Premier ministre "issu de l'opposition politique". Le président centrafricain, François Bozizé sauve donc son fauteuil jusqu'au 2016 et ne pourra pas de représenter, tout comme il lui sera interdit de révoquer son Premier ministre pendant la période de transition. L'accord prévoit également "le retrait de toutes les forces militaires étrangères du pays" (on pense bien sûr aux mercenaires sud-africains), à l'exception des Forces africaines de la FOMAC. Le nouveau Premier ministre devrait être désigné très rapidement, puisque l'opposition politique a déjà désigné l'avocat Nicolas Tiangaye comme son candidat.

 

Une opposition politique archi-gagnante



Côté rebelle, l'ambiance est nettement moins euphorique. Très rapidement après la signature de l'accord, des voix dissonantes se sont fait entendre. La Séléka est en effet la grande perdante du texte de Libreville. La rébellion espérait au moins la primature, qui revient en fait à l'opposition politique, et une reconnaissance des grades militaires pour les rebelles. Au final : rien de tout cela ne figure dans l'accord de Libreville. Un membre du Séléka, très remonté, se demande quelle mouche a piqué son chef de délégation, Michel Djotodia, de signer aussi rapidement avec François Bozizé un tel texte. Quelque peu déboussolé, il nous affirme que "ces accords n'engagent pas les chefs militaires du mouvement… Ils sont tout simplement inapplicables !". Ce membre du Séléka trouve également que l'opposition politique sort archi-gagnante de Libreville, alors "qu'elle n'a rien fait". "C'est un peu comme si elle avait gagné au Loto !" conclut-il.

 

Un accord "mort né"


Depuis vendredi, jour de la signature de l'accord, ça tangue sévèrement au sein de la rébellion. Certains craignent même l'implosion du mouvement. Une autre composante du Séléka a ouvertement critiqué l'accord de Libreville ce dimanche sur internet. Il s'agit de l'Alliance pour la renaissance et la refondation (A2R). Cette faction, très nouvelle dans la "galaxie Séléka", est principalement constituée d'officiers des FACA, l'armée régulière centrafricaine, hostiles au régime Bozizé. L'A2R n'a rejoint la coalition Séléka que fin décembre 2012. Dans un communiqué rédigé à Bimbo, le 12 janvier dernier, l'A2R estime que "le rendez-vous de Libreville n’aura été qu’un bal macabre de fossoyeurs car les questions de fonds n’auront pas été abordées et tranchées". Et de conclure : "l’accord politique de Libreville est mort né".


Bozizé seul...mais toujours président


A Bangui, dans l'entourage de François Bozizé, l'accord de Libreville fait grincer quelques dents. On accuse en effet le président centrafricain d'avoir sauvé son poste, au détriment de son gouvernement et d'avoir "tout donné". Seul François Bozizé peut savourer les bénéfices de l'accord de Libreville : une présidence assurée jusqu'en 2016, une rébellion stoppée militairement, désorganisée politiquement et une opposition moribonde qui se querellera sans doute autour des postes gouvernementaux à se partager. Une seule interrogation ? Qu'a gagné Michel Djotodia a signer dans la précipitation cet accord ? On peut supposer avoir la réponse dans quelques jours, une fois le gouvernement de transition composé.



Christophe RIGAUD - Afrikarabia

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