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25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 23:23
François Bozizé souhaite une transition politique sans Touadéra

 

Centrafrique: François Bozizé souhaite une transition politique sans Touadéra

https://www.rfi.fr/ 25/06/2022 - 19:19

Habituellement discret, l’ancien président François Bozizé a diffusé une longue déclaration dans laquelle il dénonce l’inertie du président Faustin Archange Touadéra pour ramener la paix en RCA. Il dénonce ainsi tous les accords signés et propose sa solution pour sortir de la crise.

C’est à Ndjamena que François Bozizé a signé et diffusé le 20 juin sa « déclaration » de quatre pages. À plusieurs reprises, l’ancien chef de l’État attaque l’actuel président centrafricain. « L’alternative crédible capable de mettre fin à la crise reste et demeure une transition politique sans le président Touadéra », écrit François Bozizé qui estime que le processus actuel est « un échec cuisant ».

Il estime également que le régime en place est marqué par « la corruption aggravée, le mensonge, les appels à la haine ». Conséquence pour François Bozizé : « le peuple souffre des manœuvres pouvoiristes du régime de M. Touadéra. »

Pour l’ancien président, l’accord pour la paix et la réconciliation, signé entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés « n’existe plus ». François Bozizé souhaite une transition politique qui sera notamment chargée de mettre en place un « dialogue politique inclusif » pour permettre à terme un retour à la paix et la stabilité.

Exilé au Tchad, François Bozizé est toujours l’objet d’un mandat d’arrêt depuis 2013. Une procédure judiciaire est également ouverte à Bangui pour atteinte à la sureté de l’État

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25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 10:37
République centrafricaine: Rapport de situation, 01 juin 2022
République centrafricaine: Rapport de situation, 01 juin 2022
République centrafricaine: Rapport de situation, 01 juin 2022

Lu pour vous

 

Format Situation Report 

Source : OCHA

Posted 31 May 2022  

Originally published 1 Jun 2022 

 

FAITS SAILLANTS

  • Avec 50% de la population ne mangeant pas à sa faim, la RCA compte l’une des plus grandes proportions de personnes en situation d'insécurité alimentaire critique dans le monde.
  • L'accès à l'eau potable : une lutte au quotidien.
  • Les acteurs humanitaires ont fourni au premier trimestre 2022 une assistance à 447 000 personnes, soit 22,3% de la cible.
  • 31 civils ont été tués et 49 blessés dans 75 incidents impliquant des mines et autres engins explosifs entre janvier 2021 et mai 2022.
  • La communauté humanitaire en RCA planifie d’assister 2 millions de personnes en 2022. 461,3 millions de dollars américains seront requis.

ANALYSE

RCA : Une insécurité alimentaire aux dimensions catastrophiques

La République centrafricaine (RCA) est un pays fertile. Il pleut abondamment, le sol est riche et une variété de cultures, de fruits et de légumes poussent presque toute l'année. Malgré cette apparente abondance, une personne sur deux ne mange pas à sa faim. La raison en est le conflit qui s'est à nouveau intensifié depuis le début de l'année. Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays n'a jamais été aussi élevé depuis 2014, atteignant désormais 658 000 personnes, et largement plus au cours des mois précédents. Les populations vivent dans la peur des attaques et des exactions des groupes armés, ce qui limite leur mobilité et leur accès aux champs et aux forêts pour cultiver, cueillir et chasser. Cet environnement dangereux limite l’accès des organisations humanitaires aux personnes dans le besoin. L'une des conséquences est la détérioration continue de la sécurité alimentaire depuis l'année dernière.

Un tableau sombre

Les indicateurs relatifs à la nutrition et à la sécurité alimentaire pour la période de soudure qui court d'avril à août seront certainement sombres. Le faible accès aux intrants agricoles et l'impact des conflits sur les moyens de subsistance ont réduit les surfaces cultivées et affecté le stock alimentaire des ménages. En avril, la RCA a signalé l’une des plus grandes proportions de population en situation d'insécurité alimentaire critique dans le monde, aux côtés du Yémen, du Sud Soudan et de l’Afghanistan : près de 50% de la population (2,2 millions de personnes) n’a pas assez à manger et ne sait pas d’où viendrait son prochain repas. La situation est particulièrement préoccupante dans les sous-préfectures de Bakouma, Koui, Ngaoundaye, Obo et Zémio où la proportion de personnes affectées se situe entre 65 et 75%. En Afrique de l'Ouest et du Centre, la RCA est le deuxième pays avec le plus grand nombre de personnes en situation d'urgence après le Nigeria, soit 638 000 personnes au bord de la famine selon les récents résultats du Cadre intégré de classification de l'insécurité alimentaire (IPC).

Les perturbations récentes de la chaîne d’approvisionnement impulsées par la pandémie de COVID-19 ont contribué à une augmentation des prix des denrées alimentaires qui étaient déjà élevés en Centrafrique. En plus, des nouvelles dynamiques issues du conflit en Ukraine exacerbent progressivement la situation en termes de perturbation de la chaîne d’approvisionnement, entraînant des hausses de prix des denrées de première nécessité, mais augmentant également les coûts du panier alimentaire par personne assistée et ceux liés aux activités de production agricole. D’ici août, les prix de certaines denrées principalement consommées en RCA devraient augmenter de 30 à plus de 70%. Pourtant en 2020, 71% de centrafricains vivaient déjà sous le seuil de pauvreté (1,9$ américains par jour) et dépendent actuellement des marchés locaux qui sont déjà sous pression. La pénurie actuelle en carburant dans le pays constitue un poids supplémentaire sur les ménages et perturbe significativement les opérations humanitaires. Dans certaines régions, les organisations humanitaires ont été obligées de réduire à l’essentiel leurs mouvements.

Un appel urgent

Les différentes perturbations de la chaine d’approvisionnement ont provoqué la hausse de 19% du budget planifié par le Cluster Sécurité alimentaire qui réunit les acteurs humanitaires travaillant dans ce secteur. Au début de cette année, le Cluster planifiait d’assister environ 2 millions de personnes les plus sévèrement affectées par l’insécurité alimentaire pour un budget total de 163,4 millions de dollars américains. Actuellement, c’est 31,4 millions de dollars supplémentaires qu’ils devront mobiliser, soit un total de près de 195 millions de dollars.

La Coordonnatrice humanitaire avait alloué 8 millions de dollars américains du Fonds Humanitaire en février 2022 pour couvrir les besoins les plus urgents de 261 000 personnes dans 10 sous-préfectures les plus sévèrement affectées à la fois par l’insécurité alimentaire et le conflit. Mais cet appui n’est toujours pas suffisant au regard de l’ampleur de la situation. Si la réponse humanitaire ne s'intensifie pas immédiatement, plus de 2 millions de personnes verront leur situation alimentaire se dégrader profondément ; parmi elles, 638 000 personnes sont déjà en phase d'urgence, dernier pallier avant la famine.

La fin du conflit n'étant pas en vue, la grande majorité de personnes touchées par la crise continueront à dépendre de l'aide humanitaire dans les mois à venir. Seulement 38% du Plan de réponse humanitaire 2022 du pays est actuellement financé. Le manque de ressources face à l'explosion des besoins de la population, couplé aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement a déjà contraint le Programme alimentaire mondial (PAM) et les partenaires à réduire de moitié la ration alimentaire mensuelle qu’elle distribue.

La malnutrition des enfants et l’insécurité alimentaire

En février, 214 000 enfants de moins de 5 ans étaient à risque de malnutrition aiguë, dans un pays où le taux de mortalité pour cette tranche d’âge est le troisième le plus élevé au monde. Le risque est particulièrement élevé pour les enfants déplacés et ceux qui se trouvent dans les zones touchées par le conflit, où l'accès à la nourriture, à l'eau potable, aux soins de santé et aux services de nutrition a été sévèrement restreint et où les prix des aliments ont explosé. A travers le pays, 395 000 enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique, 40% de tous les enfants de cette tranche d'âge – un taux considérablement supérieur au seuil d'urgence de 30%. Une nutrition inadéquate sur une longue période perturbe leur croissance. La malnutrition aiguë représente un problème majeur de santé publique et constitue l'une des principales causes de morbidité et de mortalité chez les jeunes enfants.

L’assistance fournie

Au cours du premier trimestre 2022, 277 750 personnes ont reçu une assistance alimentaire et nutritionnelle vitale de la part des partenaires humanitaires. Mais l'accès humanitaire reste très restreint, voire impossible, dans plusieurs localités des préfectures de Ouham-Pendé, du Haut-Mbomou, de la Basse-Kotto et de la Ouaka.

En juin 2021, la Banque mondiale a approuvé pour trois ans une subvention de 50 millions de dollars US pour stimuler la production alimentaire et renforcer la résilience des éleveurs et d’autres ménages en situation d'insécurité alimentaire. Ce financement apportera un soutien indispensable à plus de 465 000 personnes en situation d'insécurité alimentaire par le biais d'activités de travail contre rémunération, tout en réhabilitant les infrastructures agricoles à petite échelle dans six préfectures de l'ouest, du centre du pays et dans la capitale Bangui.

Investir dans des solutions durables

Les partenaires humanitaires investissent également dans des solutions durables pour la prévention et la gestion de la malnutrition, notamment la promotion d'aliments nutritifs, de bonnes pratiques alimentaires pour les nourrissons, les enfants et les femmes enceintes et allaitantes, et une réponse multisectorielle liée à la fourniture de services sociaux de base de qualité, notamment l'eau, l'assainissement et l'hygiène, les soins de santé et la protection.

Disclaimer

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs

https://www.unocha.org/.

 

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25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 09:22
Afrique du Sud: les frères Gupta, des escrocs durs comme frères
Afrique du Sud: les frères Gupta, des escrocs durs comme frères
Afrique du Sud: les frères Gupta, des escrocs durs comme frères

Lu pour vous

 

Par Maria Malagardis  Libération 25 juin 2022

La fratrie d’origine indienne est accusée d’avoir fait main basse sur les ressources du pays grâce à son influence sur l’ancien président Jacob Zuma. Récemment arrêtés à Dubaï, deux d’entre eux pourraient être extradés.

Jusqu’où peut aller le pouvoir de l’argent ? Ce n’est pas un sujet du bac philo mais la question que se posent les Sud-Africains face aux incessantes révélations du plus grand scandale de corruption de l’histoire du pays. Les conclusions de la commission d’enquête du juge Raymond Zondo, rendues publiques mercredi, ne sont en effet que le dernier épisode en date d’une longue saga judiciaire qui a démarré en 2018, avec la destitution du président Jacob Zuma et la fuite hors du pays des trois frères Gupta, Atul, Rajesh, et Ajay.

La fratrie est accusée d’avoir usé de son influence sur l’ancien président pour faire main basse sur les ressources du pays à la manière d’un gang mafieux, n’hésitant pas à recourir aux intimidations et pots-de-vin pour siphonner des entreprises aujourd’hui en déshérence. Leurs gains, grâce à ces détournements de fonds, sont estimés à plus de trois milliards d’euros mais les dégâts pour l’économie sud-africaine sont bien plus importants. Début juin, deux des frères Gupta, Atul et Rajesh, ont été interpellés à Dubaï, visés par une procédure d’extradition vers l’Afrique du Sud. Quant au président Zuma, son arrestation pour refus de coopérer avec les enquêteurs avait provoqué, il y a un an, des émeutes qui ont fait 350 morts. Condamné à quinze mois de prison, il a néanmoins bénéficié d’une libération conditionnelle deux mois seulement après son incarcération.

Mais le feuilleton est loin d’être achevé et le grand déballage pourrait se poursuivre. Sans épargner l’actuel président Cyril Ramaphosa qui était un vice-président pas forcément complice, mais bien silencieux, à l’époque des faits. Lui-même embarrassé par la découverte récente de plusieurs millions d’euros en cash dans l’une de ses fermes, il s’est donné quatre mois pour déclencher d’éventuelles poursuites judiciaires suite aux conclusions de la commission d’enquête anti-corruption.

Base militaire privatisée

La question du pouvoir et de l’argent équivaut en réalité ici à celle de la poule et de l’œuf. Tant l’imbrication entre Zuma et les frères Gupta est intense. Deux des enfants de l’ancien président ont ainsi été embauchés par les Gupta, dont son fils Duduzane, propulsé à la tête du conglomérat Mabengela Investments. En retour, les trois frères avaient le pouvoir de faire démettre le président de la société nationale d’électricité ou le ministre des Finances. Dans le seul but de favoriser des contrats douteux. «Le Président était prêt à faire tout ce que les Gupta voulaient», accuse le rapport de la commission d’enquête du juge Zondo.

Neuf ans auparavant, une scène a joué un rôle révélateur : le 30 avril 2013, pour le mariage de Vega, l’une des filles des frères Gupta, ces derniers privatisent la base militaire de Waterkloof où atterrissent, sans aucune demande de visa ni permission de l’armée, 200 invités aussitôt conduits au complexe de Sun City dans le nord-ouest du pays pour une fête somptueuse. C’est le début du «Guptagate», bientôt suivi par les «Guptaleaks», avec la fuite de mails et documents compromettants.

A la tête d’un empire qui, à son apogée, générait 289 millions d’euros par an, les Gupta ne sont pas issus de l’importante communauté indienne, qui vit en Afrique du Sud depuis la colonisation britannique et qui se targue d’avoir un temps compté le Mahatma Gandhi parmi ses membres. Originaire de l’Uttar Pradesh, dans le nord de l’Inde, la fratrie débarque en Afrique du Sud en 1993, un an avant les premières élections multiraciales.

Monopoly juteux

Partis d’une petite société informatique, Sahara Computers, ils vont peu à peu s’investir dans tous les domaines d’un Monopoly juteux : compagnies minières, aviation, tourisme, immobilier et même dans les médias. En 2009, l’élection de Zuma, qu’ils ont rencontré huit ans auparavant, va faire office de jackpot pour un gigantesque hold-up national. Mais la chute du Président les contraint à fuir du jour au lendemain leur luxueuse résidence de Saxonwold, dans la banlieue de Johannesburg, la capitale économique.

Leur arrestation inespérée à Dubaï, quinze jours avant la publication des conclusions du rapport Zondo, tient avant tout à un bon alignement des planètes. Les Emirats Arabes Unis se savent sous pression de plusieurs institutions financières pour accueillir des voyous milliardaires soupçonnés de blanchiment d’argent. Et l’élection controversée en novembre à la tête d’Interpol, l’agence de police internationale, de Ahmed Nasser al-Raissi, un Emirati accusé de torture, a peut-être renforcé le désir de donner des gages de bonne foi. C’est lui en effet qui, en février, active enfin la notice rouge d’Interpol demandée par l’Afrique du Sud pour l’interpellation des frères Gupta.

L’un d’entre eux, Ajay, échappe à ce coup de filet. Car bien que visé par d’autres plaintes, il n’est pas concerné par celle qui justifie l’arrestation. Laquelle ne porte que sur un détournement plutôt modeste de 1,6 million d’euros, visant un projet agricole. Une course contre la montre s’est donc engagée pour renforcer le dossier sud-africain de demande d’extradition. Et pendant les soixante jours de délai qui s’imposent, les bataillons d’avocats au service des Gupta vont eux aussi s’activer pour tenter de contrecarrer une extradition qui serait un véritable coup d’éclat pour la justice sud-africaine. Tout en embarrassant une partie de l’élite politique

 

 

 

Corruption. 

L’Afrique du Sud salue l’arrestation des frères Gupta à Dubaï

https://www.courrierinternational.com/ 08 juin 2022 à 05h34

Deux frères de l’influente famille Gupta, accusée d’avoir siphonné les caisses de l’Afrique du Sud avec la complicité de l’ex-président Zuma, ont été arrêtés à Dubaï pour blanchiment d’argent. La nouvelle réjouit les Sud-Africains, mais le processus d’extradition promet d’être long et difficile.

Honnis des Sud-Africains et activement recherchés depuis quatre ans, les frères Gupta ont finalement été rattrapés par la justice. Arrêtés à Dubaï, les hommes d’affaires Rajesh et Atul Gupta dorment désormais en prison. “Cette arrestation reflète les efforts permanents des Émirats arabes unis dans la lutte contre les délits de blanchiment d’argent, grâce à la coopération entre les autorités compétentes”, a affirmé la police de Dubaï, citée par Gulf News – bien que les Émirats soient régulièrement accusés de servir de refuge aux délinquants financiers. “La famille Gupta est accusée d’avoir profité de ses liens avec [l’ancien président sud-africain Jacob] Zuma pour exercer un pouvoir politique énorme à tous les étages du gouvernement sud-africain – décrochant des contrats commerciaux, influençant les nominations au plus haut niveau de l’exécutif et détournant des fonds publics”, rappelle la BBC.

Pillage du pays

Ce vaste scandale de corruption d’État, dévoilé en 2016, avait coûté son poste à Jacob Zuma en 2018 et suscité un dégoût profond au sein de la population sud-africaine. Il a aussi durablement terni l’image de l’ANC, le parti historique de Nelson Mandela, au pouvoir depuis la fin de l’apartheid. L’ANC se veut désormais le champion de la lutte anticorruption – avec l’actuel président Cyril Ramaphosa – et a appelé mardi “les autorités judiciaires des Émirats arabes unis et d’Afrique du Sud à accélérer l’extradition des Gupta”, rapporte The South African. Le principal parti d’opposition, Democratic Alliance (DA), s’est lui aussi félicité de l’interpellation des deux frères et a appelé à “davantage d’arrestations en lien avec le vol des fonds publics”, selon Al-Jazeera. “Espérons que ce ne soit que le début des arrestations et des poursuites contre ceux qui ont pillé notre pays pendant des années – ici et à l’étranger – et sont directement responsables des difficultés auxquelles font face aujourd’hui des millions de Sud-Africains”, a écrit le parti dans un communiqué. Selon les estimations, quelque 3 milliards d’euros de fonds publics auraient été détournés dans le cadre du scandale Gupta-Zuma. Le Wall Street Journal juge que l’arrestation des Gupta constitue “une victoire pour M. Ramaphosa”, qui avait promis d’“éradiquer la corruption dans le pays le plus développé d’Afrique” mais dont le bilan en la matière reste bien maigre. Et pour cause : le président est lui-même dans la tourmente, accusé d’avoir dissimulé un cambriolage dans l’une de ses propriétés en 2020, lors duquel auraient été dérobés “plus de 4 millions de dollars” en liquide, selon le quotidien économique.

“Ne pas sabler le champagne”

Mais si toute l’Afrique du Sud semble se réjouir de l’interpellation des Gupta, le professeur de droit Omphemetse Sibanda se montre plus mesuré dans les colonnes du Daily Maverick : à ceux qui espèrent “voir les frères Gupta revenir rapidement en Afrique du Sud pour répondre de leurs crimes”, il conseille de “ne pas sabler le champagne”. Bien qu’il y ait un traité d’extradition entre les Émirats arabes unis et l’Afrique du Sud, le processus sera “fastidieux et complexe”, car en vertu du système judiciaire émirati les Guptas disposent de nombreux recours pour “contester leur extradition”, écrit-il. Le site d’information sud-africain News24 partage cette analyse et souligne que le parquet “devra présenter des arguments convaincants en faveur de leur extradition, pour s’assurer qu’ils soient enfin jugés en Afrique du Sud”.

 

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24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 20:03
Le Directeur de la DGSE parle !
Le Directeur de la DGSE parle !

Lu pour vous

 

Par Patrick Pascal 24/06/2022

Par Patrick Pascal, ancien Ambassadeur et Président du Groupe Alstom à Moscou pour la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie.

Il n’est pas fréquent que le plus haut responsable du renseignement extérieur (DGSE) encore en activité s’exprime. C’est ce que vient de faire dans les colonnes du Journal Le Figaro du 23 juin 2022 l’Ambassadeur Bernard Emié, l‘actuel Directeur général de la sécurité extérieure en fonction depuis désormais cinq années.

Cette intervention publique, la première depuis une interview commune avec le responsable du renseignement intérieur peu après sa nomination, au cours de laquelle il exposait les grandes lignes de sa mission, intervient à l’occasion de l’exposition consacrée aux « Agents secrets du Général – Les Compagnons de la Libération dans la lutte clandestine » qui est présentée du 23 juin au 16 octobre au Musée de l’Ordre de la Libération de l’Hôtel des Invalides à Paris.

La DGSE qui a pris la suite du SDECE en 1982, célèbre en effet ses 40 ans alors que le Bureau central du renseignement et d’action (BCRA), le service secret de la France libre dont elle est l’héritière commémore ses 80 ans. Sur les 174 Compagnons de la Libération, qui menèrent en effet des activités d’espionnage sous l’autorité du général de Gaulle, 60 périrent dont Jean Moulin. Il s’agit d’honorer en les mettant en lumière ces agents de l’ombre qui fournirent par exemple une grande part du renseignement pour le débarquement en Normandie et ceux qui sont engagés aujourd’hui sur de nombreux théâtres extérieurs. La DGSE pour sa part a perdu des dizaines d’agents au cours de sa relativement jeune existence.

Le BCRA peut être considéré, selon les termes mêmes employés par l’Ambassadeur Emié, comme un « modèle du service secret à la française, combinant renseignement et action et subordonné au politique ». Le Directeur de la DGSE souligne à quel point les qualités de « loyauté, exigence, discrétion et adaptabilité » sont essentielles pout traiter, à l’heure de l’informatique et de la cybersécurité, des crises telles que Ukraine/Russie, faire face à la prolifération, garantir la sécurité économique ou encore lutter – en liaison avec la DGSI – contre la menace terroriste. 

L’Ambassadeur s’exprime au nom de la mémoire, référence indispensable pour ses agents et les jeunes recrues. Sa parole est d’autant plus rare qu’il faudrait aussi parler de lui. S’il ne fut jamais de l’ombre, de la lumière lui revient aussi à la mesure de ses services pour l’Etat. Il faudrait souligner son extrême professionnalisme et sa passion du métier, ce dynamisme et ce perfectionnisme jamais en repos, démontrés tout au long de sa carrière diplomatique, de Washington à Alger avec des Ambassades à Amman, Beyrouth (au lendemain de l’assassinat

Il ne s’agit pas de préjuger de son management actuel mais à Londres, il alliait la représentation, telle la présence en habit au discours du trône, en white tie à la réception annuelle à Buckingham ou lors d’événements de la résidence au 11 Kensigton Palace Gardens, au quotidien harassant d’un poste diplomatique en prise sur un nombre sans limite de sujets. Mais qu’il sublimait d’un stakhanovisme finalement enthousiasmant et contagieux. Il avait coutume de résumer ses directives aux jeunes agents, invités à un déjeuner de travail à la résidence, en soulignant que l’objet n’était pas exclusivement d’apprécier les talents hors pair du chef, par un « no free lunch » péremptoire signifiant que l’essentiel serait le compte rendu écrit adressé à Paris. Mais tout était finalement si simple au milieu de telles équipes et le niveau de qualité que l’Ambassadeur s’imposait à lui-même était une référence et un modèle.

Le message d’aujourd’hui a clairement un rapport avec Londres, le BCRA et le général de Gaulle. Chaque année, la commémoration de l’Appel du 18 juin devant les locaux du Général à Carlton Gardens, devant une foule considérable, donnait lieu à la célébration de ce qui reste d’une force incomparable dans la relation franco-britannique et l’Ambassadeur décorait parfois des anciens combattants britanniques. Face aux défis d’aujourd’hui, il faut cette mémoire. Elle est la marque de la plus grande modernité, du volontarisme et de l’optimisme.

Patrick Pascal

Ancien Ambassadeur et Président du Groupe Alstom à Moscou pour la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie.

Fondateur et Président de Perspectives Europe-Monde.

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24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 19:59
 «L'Europe reste très vulnérable, et Poutine le sait»

 

Lu pour vous

 

https://www.blick.ch/ par Richard Werly Journaliste Blick

 Fondateur du Cercle français des économistes, Jean-Hervé Lorenzi accueillera bientôt à Aix-en-Provence les Rencontres économiques annuelles (8-10 juillet). Alors que les dirigeants de l'UE débattent, à Bruxelles, des prix du gaz pour l'hiver, il se dit très inquiet.

Jean-Hervé Lorenzi, économiste

Jean-Hervé Lorenzi est un optimiste. D’emblée, ses premiers mots cherchent à redonner le moral à ceux qui l’interrogent sur la crise énergétique à venir cet hiver sur le continent européen menacé par l’inflation. «Nos rencontres seront celles de l’espoir au sortir de la pandémie et alors que l’avenir a de quoi inquiéter» lâche-t-il, à propos des prochaines rencontres économiques d’Aix en Provence, du 8 au 10 juillet, rendez-vous incontournable pour les patrons, les experts et les dirigeants français. Mais avoir le moral ne signifie pas ignorer les réalités économiques inquiétantes que le sommet européen aborde ce vendredi 24 juin à Bruxelles.

Entretien lucide.

Blick: Jean-Hervé Lorenzi, allons à l’essentiel: le prix du gaz peut-il se transformer en cauchemar économique pour les Européens cet hiver?

Le cauchemar économique, c’est le pouvoir d’achat des Européens. Il est absolument nécessaire de le préserver. Il en va de l’activité économique de nos pays, et de la capacité de nos populations à accepter, ou non, les sacrifices qui leur seront demandés. L’étau terrible dans lequel les Européens se retrouvent pris est à la fois interne et externe. Coté externe, c’est la guerre en Ukraine et ses conséquences. Côté interne, la bipolarisation croissante du marché du travail va devenir intenable si le pouvoir d’achat plonge. Les offres d’emploi non qualifié abondent. Mais s’ils ne paient plus pour vivre décemment dans un contexte d’explosion des prix de l’énergie, que va-t-il se passer?

Et pourtant, vous parlez de vos rencontres d’Aix comme celles de l’espoir?

Parce que nous n’avons pas le choix. La vérité, c’est que la folie humaine s’est emparée de la géopolitique mondiale le 24 février. Regardez ces jours-ci le blocus de Kaliningrad, l’enclave russe située entre la Lituanie et la Pologne. Nous sommes revenus en 1940, lorsqu’au même endroit, les Européens s’apprêtaient à entrer en guerre pour le corridor de Dantzig. C’est absurde. Donc oui, il faut espérer car sinon, qu’avons-nous devant nous sur le plan économique: des tensions croissantes entre catégories sociales, une inflation difficile à combattre car elle est largement importée par les prix de l’énergie. Que des écueils.

Les dirigeants européens débattent ce vendredi 24 juin à Bruxelles des périls économiques pour la zone euro. L’Europe est-elle armée pour se défendre?
Non, bien sûr que non. L’Europe n’est pas suffisamment armée. Sur l’énergie, regardons les choses en face: on n’a pas d’alternative pour remplacer le gaz russe. Nous restons très vulnérables et Poutine le sait. Même en France, le parc nucléaire, souvent présenté comme «la» solution, plusieurs centrales sont arrêtées en raison de microfissures. Tout ça est extrêmement risqué et dangereux. La Banque centrale européenne tient bon. Elle n’est pas va-t’en-guerre. Elle veut éviter que des pays se retrouvent marginalisés. Mais tous les gouvernements de l’Union européenne sont soumis à la même équation insoutenable: comment réduire les déficits et financer la décarbonation de l’économie en tenant compte de l’absolue nécessité de défense du pouvoir d’achat.

Celle-ci, à elle seule, va représenter chaque année des investissements équivalents à 2 à 3% de Produit intérieur brut (PIB) supplémentaire. Comment les financer?

Votre tableau est sombre. L’espoir, c’est d’oser affronter la réalité économique?
L’espoir, c’est d’imaginer les solutions. En l’état, l’Europe affronte deux défis structurels, au-delà du conflit en Ukraine et de la menace russe: un choc démographique très important, avec un vieillissement accéléré de sa population, et la bataille pour la maîtrise des technologies de demain. Il ne faut pas rater ce virage technologique que les États-Unis ou la Chine ont déjà pris. Pour que l’Europe soit armée face aux défis économiques, elle doit avoir cette maîtrise technologique à travers des campus performants, comme celui de l’École polytechnique fédérale à Lausanne. C’est essentiel. C’est là que réside l’espoir!

 

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24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 19:42
RCA : Touadera invite les investisseurs turcs à s’installer en Centrafrique

 

Lu pour vous

 

Publié le 24.06.2022 à 17h43 par Journal de Bangui

Le président de la République chef de l’Etat professeur Faustin Archange Touadéra est en visite de travail depuis une semaine à Istanbul en Turquie, a rencontré plusieurs investisseurs.

L’objectif de ce déplacement présidentiel est de renforcer les liens d’amitié et la coopération entre les pays dans les domaines de l’éducation, la santé et la recherche minière.

En effet, le président de la République Faustin Archange Touadéra continue sa percée diplomatique sur le plan international afin de donner une meilleure visibilité à son pays. C’est ainsi qu’à la tête d’une forte délégation composée de plusieurs hautes personnalités entre autre le ministre d’Etat directeur de cabinet de la présidence de la République, Obed NAMSIO, le ministre de l’économie numérique, Justin Gourna Zacko, le ministre des finances et du budget, Hervé Ndoba, le ministre des mines et de la géologie, Rufin Benam Beltoungou, le ministre conseiller chargé des grands travaux Pascal, Bida Koyagbele ainsi que le ministre conseiller en communication, porte-parole de la présidence de la République, Albert Yaloké Mokpeme, le Président Faustin Archange Touadera s’est rendu le jeudi 16 juin 2022 à Istanbul en Turquie.

Cette visite de travail s’inscrit dans le cadre du renforcement des liens de coopération entre la République Centrafricaine et la Turquie. Selon la présidence de la République centrafricaine, le président Touadéra a eu une série de rencontres à Istanbul non seulement avec les autorités Turques mais aussi avec les partenaires économiques et financiers de la RCA.

Ces rencontres a permis au chef de l’Etat Faustin Archange Touadera d’attirer les Investisseurs pour la réalisation des grands projets du développement de la République Centrafricaine.

Il est à noter que pendant le troisième sommet économique Turquie-Afrique de décembre dernier à Istanbul, les deux pays amis ont pris plusieurs engagements pour renforcer les liens d’amitié et de coopération entre la Turquie et la RCA dans plusieurs domaines de développement avec l’ouverture des représentations diplomatiques dans les deux pays afin de permettre aussi les échanges économiques.

Source : Sango Ti-Africa

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24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 11:06
Nouvelles nationales sur RNL
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Centrafrique : au moins 6 rebelles de la CPC neutralisés par l’armée à Bakouma

https://www.radiondekeluka.org/ vendredi 24 juin 2022 07:15

Une attaque des éléments de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC) contre une base de l’armée nationale a été repoussée ce jeudi, 23 juin 2022, à l’aube par les Forces armées centrafricaines (Faca). Selon des sources locales et sécuritaires, au moins 6 assaillants ont été neutralisés. L’on déplore également la mort d’un civil dans les échanges de tirs.

Ce jeudi aux environs de 5heures du matin, des combattants de l’UPC, membres de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), ont lancé un assaut contre les positions des Faca dans la ville de Bakouma. Après quelques heures d’échanges de tirs à l’arme lourde et légère, les assaillants ont été mis en déroute.

Au moins 7 morts dont 6 rebelles

Lors des opérations de ratissage et de sécurisation autour de la ville et selon des sources locales, au moins 6 rebelles ont été tués. Cependant, l’on déplore également la mort d’un civil, tué par balle. Par ailleurs, la ville est toujours sous contrôle des Forces de défense et de sécurité.

" Après des combats acharnés, 6 assaillants et 1 civil ont trouvé la mort. Pour l’instant, la ville est sous contrôle de l’armée nationale qui procède aux ratissages. Plusieurs personnes ont fui en brousse. Mais après des sensibilisations, certaines reviennent progressivement. Nous demandons au gouvernement de renforcer l’effectif des militaires à Bakouma" a témoigné un habitant.

Une information confirmée par les autorités locales. Celles-ci indiquent avoir mobilisé les jeunes après l’attaque pour procéder automatiquement à l’inhumation des corps des assaillants.

Fin mars 2022, une première offensive des rebelles de l’UPC avait été repoussée par les Forces armées centrafricaines au village Gbolo à 15 kilomètres de Bakouma où un civil avait été blessé.

Les menaces d’attaque des rebelles de la CPC pesaient depuis le mois de mai dernier sur la ville de Bakouma. Des menaces prises au sérieux par la hiérarchie militaire qui y a dépêché des renforts.

 

 

Bangui : le sectionnement des axes par les conducteurs de taxis et bus inquiète les passagers

https://www.radiondekeluka.org/ vendredi 24 juin 2022 07:04

 

Les usagers de l’axe Pk 12-Terminal Nord, à l’instar des autres axes de la capitale, éprouvent d’énormes difficultés suite au sectionnement par certains conducteurs de taxis et bus. Selon ces passagers qui ne cessent de se plaindre, les conducteurs s’adonnent à cette pratique illégale dans le but de réaliser plus de bénéfice. Les transporteurs, eux, justifient leur attitude par la crise d’hydrocarbure.

Tous les matins aux heures d’attroupement, les têtes de stationnement des taxis et bus sont bondés. Depuis la crise du carburant, il est difficile voire impossible de trouver un bus qui fait la ligne directe Pk 12-Terminal nord au centre-ville. Les conducteurs et receveurs imposent à leurs passagers de courts trajets, PK 12-Gobongo, Gobongo-croisement 4ème et croisement 4èmecentre-ville.

De courts trajets et de nouveaux tarifs  

Cette tracasserie est un véritable casse-tête pour les fonctionnaires, élèves, commerçants et autres passagers qui attendent impatiemment un moyen de transport pour se rendre au centre-ville. Lorsqu’un bus ou taxi surgit, c’est la bousculade. Sauf que là, les tarifs changent et sont imposés par les conducteurs. Tout passager, qui monte à bord, est sommé de payer 125 francs CFA, uniquement pour le trajet Pk12-Gobongo. Cette pratique suscite l’indignation de certains clients obligés de débourser jusqu’à 500 FCFA pour se rendre au centre-ville au lieu de 150 francs, le tarif initial.

"J’ai embarqué à Gobongo. Arrivés au carrefour du 4ème arrondissement, il m’a demandé de payer avant de pouvoir continuer. J’ai dû obtempérer. En tout, j’ai déboursé 250 francs pour atteindre le Terminal nord. Il faut au moins 1.000 francs par jour pour un aller-retour au centre-ville. Ce n’est pas normal, c’est injuste !" regrette Carole, une passagère.

En face de ces plaintes, les conducteurs et receveurs de bus justifient leur attitude. Pour eux, tout cela s’explique par les tracasseries d’approvisionnement en carburant.

« On doit passer 1 à 2 jours dans les stations-service »

"Lorsqu’on arrive dans une station-service, on doit passer 1 à 2 jours pour pouvoir être servi. Parfois, il faut glisser 3.000 francs aux pompistes pour avoir au moins 25 litres de gasoil. Raison pour laquelle, le bus quitte le Pk12 s’arrête au carrefour du 4ème arrondissement" se défend Trésor Namkoïssé, délégué-adjoint des chauffeurs et receveurs de taxis et bus.

Toutefois, beaucoup de passagers pointent du doigt le laxisme du ministère des Transports dans ce problème de sectionnement de trajets. De son côté, le département mis en cause, ne s’est pas encore prononcé sur cette situation.

 

 

Centrafrique: l’Onu s’inquiète de la persistance des violences et des messages de haine

https://www.radiondekeluka.org/ vendredi 24 juin 2022 06:58

Valentine Rugwabiza, la cheffe de la Minusca, a présenté mercredi, 22 juin 2022 son premier rapport devant le Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en République centrafricaine. La Représentante spéciale s’inquiète de la persistance des violations du cessez-le-feu et la montée des messages de haine dans le pays.

La représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU, Valentine Rugwabiza, à la tête de la MINUSCA depuis le mois de février 2022, s’est montrée inquiète quant aux violations du cessez-le-feu par toutes les parties en conflits. Pour elle, la cessation des hostilités sur toute l’étendue du territoire centrafricain reste à la fois un objectif immédiat de la "feuille de route conjointe de Luanda".

Face à la montée de ces violences, la cheffe de la Minusca a fait savoir que la Mission a réajusté ses prérogatives, privilégiant désormais une approche "préventive" et "centrée sur les populations civiles".

 Prendre des mesures contre les discours de haine

Au-delà de la situation sécuritaire dans le pays, elle a relevé, par ailleurs, devant le Conseil de sécurité, la persistance des messages de haine et d’incitation publique à la violence contre des chefs d’opposition ou certains partenaires de la République centrafricaine. Des comportements de nature à saper le processus de réconciliation nationale et "qui risquent de se traduire en actes de violence", a-t-elle prévenu.

Toutefois, la Représentante spéciale appelle les autorités centrafricaines à œuvrer davantage pour la mise en œuvre transparente de la stratégie nationale pour la réforme du secteur de sécurité afin de renforcer la capacité des forces de défense et de sécurité à être professionnelles, ce qui, selon elle, est gage de la stabilité de la République centrafricaine.

La présentation du rapport sur la situation en République centrafricaine intervient quelques jours avant celle du comité de sanction, ce qui permettrait au conseil de sécurité de se pencher sur la question de l’embargo sur les armes à destination de la République centrafricaine.

 

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24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 10:26
La Centrafrique, un pays sans sommeil

 

Lu pour vous

 

https://afriquexxi.info/ MICHAEL PAURON > ADRIENNE SURPRENANT > 24 JUIN 2022

Insomnies, cauchemars, dépressions... Dans un pays en proie à de multiples violences depuis une décennie, une grande partie de la population souffre de stress post-traumatique. Le travail de la photographe Adrienne Surprenant, réalisé entre 2017 et 2021, illustre un fléau trop souvent ignoré : les conséquences psychologiques de la guerre civile.

Depuis que la Seleka, une coalition de groupes armés1, a chassé François Bozizé du pouvoir, en mars 2013, la République centrafricaine (RCA) est déchirée par un conflit aux racines économiques, politiques et sociales. En 2020, avant l’élection présidentielle, les principaux groupes rebelles du pays se sont alliés pour déstabiliser le président (et candidat sortant) Faustin-Archange Touadéra (élu en 2016 et réélu en 2020) en formant la Coalition des patriotes pour le changement (CPC). Des affrontements ont eu lieu dans plusieurs villes du pays, faisant fuir une fois de plus les civils.

Depuis une décennie, la majeure partie de la population centrafricaine a assisté ou participé à au moins un acte de violence, allant du viol au meurtre. Certains ont pris les armes après avoir vu leurs proches mourir ; d’autres parce que leur pain quotidien était menacé. En 2017, durant son premier reportage dans le pays, la photojournaliste Adrienne Surprenant se fait raconter par ses interlocuteurs leurs cauchemars et leurs insomnies. Ces témoignages révèlent une réalité douloureuse et souvent ignorée : les troubles du sommeil sont l’un des principaux symptômes de la mémoire traumatique qui, en RCA, est liée à la guerre civile.

À la rencontre de ces gens profondément blessés, dont les témoignages sont parfois insoutenables, une question s’impose : quelles peuvent être les possibilités de reconstruction pour une société où le trauma est la norme ? Comment cohabiter, avec tous les troubles psychiatriques découlant d’un événement traumatique – insomnie, hypervigilance, irritabilité, amnésie partielle ou totale, comportement violent ou dissociatif, flash-back, angoisse, détresse psychologique et cauchemars ?

UNE VIOLENCE OMNIPRÉSENTE

C’est ainsi que, à l’instar du docteur Kaleb Kette, le seul psychiatre du pays, Adrienne Surprenant a commencé à demander : « Comment dormez-vous la nuit ? » Cette question lui a permis d’aborder les trajectoires personnelles et les blessures psychologiques sans risquer de provoquer un second traumatisme chez la personne interviewée, lui laissant le choix de donner (ou non) des détails, ou d’exprimer la réalité par les métaphores de ses rêves.

De 2017 à 2021, la photographe a pu interviewer des personnes souffrant de stress post-traumatique issues de différents milieux, des chefs de guerre en prison aux survivantes de violences sexuelles.

Depuis la fiction des rêves, mais ancré dans la réalité qui les inspire, ce reportage relate l’histoire d’un pays aux prises avec l’omniprésence de la violence et ses impacts sur la santé mentale. Outre la dureté des récits et les souffrances psychologiques, Afrique XXI a choisi de montrer, aussi, le chemin de la guérison, dans un pays où les infrastructures psychiatriques sont quasi inexistantes – on ne compte qu’un psychiatre et deux psychologues dans tout le pays. Depuis 2016, Action contre la faim (ONG pour laquelle Adrienne Surprenant a réalisé des reportages) apporte une assistance en santé mentale à Bangui et à Sibut. L’organisation forme également des personnels en contact régulier avec la population.

Florence (le prénom a été modifié), 6 avril 2018, Bangui. « Sans mentir, la nuit, je fais des hallucinations sur tout ce que j’ai vécu, ça revient. Comme les gens prodiguent des conseils, je surmonte, mais parfois les choses reviennent la nuit. Ce qui vient en tête, à chaque fois, ce sont les coups et blessures que j’ai subis, et mon mari, je ne sais pas s’il est enterré. Et comment ils ont fait pour tout détruire la maison ? Il me revient l’image de comment on m’a frappé, on a cassé mes côtes. J’imagine comment mon mari est mort. Je n’ai plus rien, rien comme ça. »

Kadidja, 23 septembre 2019, Alindao. « J’étais si stressée et si fatiguée que je ne pouvais même pas nourrir mes enfants. Je ne pouvais pas dormir, je ne savais pas quoi faire », se souvient Kadidja. Elle a appris des exercices de respiration auprès d’Action contre la faim qui l’aident maintenant à dormir de 3 heures à 6 heures du matin. « Ce qui s’est passé, c’est que je pensais trop aux événements. Quand l’attaque a eu lieu, mon enfant est allé voir ce qui se passait. On lui a tiré dessus. Mon mari l’a suivi et a été tué devant mes yeux par une balle. Maintenant, je dois m’occuper de trop de personnes. Mes huit enfants sont devenus maigres. Je nourris aussi ma grand-mère et ma vieille tante. »

Nicolas Samson, 20 novembre 2017, Bangui. Dans la seule section en psychiatrie de tout le milieu hospitalier de Centrafrique, le patient arrange sa moustiquaire avec l’aide de son frère. Il a été hospitalisé à la suite des violences qu’il a commises envers des proches, une des conséquences de son syndrome post-traumatique. Durant le conflit, sa maison et tous ses biens ont été pris par les rebelles de la Seleka.

Philippe, 25 septembre 2020, Elim. « Mon ami avec qui j’ai souvent partagé du vin de palme, il m’appelle du bord de la route. Je lui dis “non”. L’ami n’est pas vraiment là. Il ne peut pas être là : il n’est plus en vie. Je lui dis : “On ne peut pas aller se promener avec toi.” L’ami refuse, il vient me chercher et je me réveille », raconte Philippe, 42 ans, qui a rendez-vous avec un des assistants en santé mentale de l’ONG Action contre la faim, dans l’église de la congrégation protestante d’Elim. À la fin de l’année 2017, il a fui son village attaqué, mais s’est fait prendre par les combattants anti-Balaka2. Accusé de trahison parce qu’il n’avait pas rejoint leurs rangs, il a été poignardé. Son frère aîné a été décapité. Sa sœur, accusée de sorcellerie, a été tuée à coups de matraque. Son enfant, qui pêchait, a été abattu, puis sa fille, qui était allée se baigner, s’est noyée. « Je pense beaucoup à tout ce qui s’est passé, à la peur que j’ai ressentie. Si je ne travaille pas, si je reste à la maison, les pensées reviennent et je revois toutes les images. »


Apssata, 21 septembre 2019, Alindao. « Quand je me suis enfuie, j’ai vu la mort au sol. Ici et là, des cadavres petits et grands. Je ne savais pas si j’allais rester en vie. Je ne voulais pas dormir, effrayée par la loi des armes qui régnait ici. J’étais sûre que j’étais déjà morte. Même mon mari, mes enfants, j’étais sûre que nous étions morts. » Elle suit les ateliers d’Action contre la faim sur la santé mentale et commence à reprendre le contrôle de ses rêves.

Rosa (le prénom a été modifié), 13 septembre 2019, devant les archives du seul service psychiatrique de Bangui. « Quand je dors, je rêve de toutes les scènes de torture et de mort. Je crie si fort que mon voisin arrive en courant. Je parle sans en avoir conscience. Parfois, je pense à manger des pilules. Mes enfants d’abord et puis je mourrais », dit Rosa après une consultation. Un matin, vers 3 heures, son village près d’Alindao est attaqué par la Seleka. En courant, elle a vu le corps de sa coépouse sur le sol. Son ventre de femme enceinte était ouvert, et le fœtus gisait sur elle. Le mari de Rosa est mort en essayant de se défendre. Elle a couru entre les balles lorsque sa fille a été frappée à la tête. Elle l’a laissée pour morte dans une rivière, mais un homme a attrapé la petite fille et l’a ramenée à sa mère : « Je me souviens avoir souhaité qu’elle soit morte. Je ne pouvais pas courir avec un tel poids. Je voulais juste m’enfuir. » Épuisé, le groupe avec lequel elle fuit décide de faire cuire quelques tubercules. La fumée trahit leur emplacement : tous les garçons du groupe, bébés et enfants, ont été mis à part. Les derniers mots du fils de Rosa furent : « Est-ce que je vais mourir maman ? » Les têtes ont été ramenées aux mères, qui ont été forcées de les allaiter. Deux femmes ont été tuées sur place, les cinq restantes ont été violées par douze combattants. Ils ont introduit du bois, des pierres et des bouteilles cassées dans leur vagin. Rosa a perdu connaissance. Elle ne sait toujours pas comment la Minusca (Mission des Nations unies en RCA) l’a trouvée et l’a amenée avec sa fille à Bangui. Elle a dû subir de multiples opérations pour réparer son vagin et souffre toujours d’une fistule. Sur les cinq femmes, elle est la seule survivante. Le psychiatre lui a donné des pilules. « Sans le traitement, dit-elle, je ne saurais pas quoi dire et quoi faire. »

 

MICHAEL PAURON

Journaliste indépendant. Il a passé près de dix ans au sein de l’hebdomadaire Jeune Afrique, où il s’est notamment occupé des… (suite)

 

ADRIENNE SURPRENANT

Photographe canadienne basée en France, Adrienne Surprenant est membre du Collectif item et de Women Photograph. Elle travaille… (suite)

 

 

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24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 10:03
Les États-Unis veulent ouvrir un nouveau chapitre de leurs relations avec l'Afrique

 

 

https://www.rfi.fr/ 24/06/2022 - 06:47

Dès le début de son mandat, le président américain Joe Biden a plaidé pour une coopération plus étroite avec l'Afrique pour tourner la page des années Trump. Depuis son arrivée à la Maison Blanche, un ballet diplomatique a commencé. Antony Blinken, le premier diplomate du pays, s'est rendu sur le continent en novembre 2021. La semaine dernière, le secrétaire adjoint au Commerce, Don Graves, s'est rendu en Côte d'Ivoire et au Ghana et a promis un partenariat gagnant-gagnant.

Pour séduire un continent qui fait trois fois la taille des États-Unis et qui est courtisé par toutes les puissances mondiales, Washington sait qu'il doit convaincre. Après les outrances de Donald Trump et le mépris manifeste qu’il affichait, l'administration Biden se montre plus respectueuse, mettant l'accent sur un partenariat « sans exploitation ».

« Les États-Unis s'engagent à être un partenaire solidaire dans une démarche de respect mutuel, a plaidé mardi Don Graves, secrétaire adjoint au Commerce. Il ne s'agit pas de puiser et d'extirper hors de l'Afrique mais d'un partenariat gagnant-gagnant dans lequel nous investissons non seulement dans les infrastructures, mais aussi dans le capital humain, en veillant à ne pas faire venir notre main-d'œuvre pour faire le travail », a-t-il déclaré lors d’un point de presse en ligne.

Infrastructures et matières premières

Il faut comprendre par là une volonté affichée de Washington de se distinguer de la Chine, dont les grands projets d'infrastructure n'emploient que très peu de main d'œuvre locale et entraînent souvent des dettes importantes pour les pays africains.

Si le discours de Washington semble tourné vers le développement, Michael Shurkin, analyste politique au sein de la Rand Corporation, soutient qu'il ne faut pas négliger les matières premières.

« Je pense que le Covid-19 et la guerre en Ukraine nous ont tous appris l’importance de diversifier nos chaines d’approvisionnement et de les protéger. Il faut garantir un accès fiable au lithium et autres métaux précieux, et surtout éviter à ce que la Chine n’exerce un monopole sur ces matières. »

Bras de fer avec la Chine

Cependant, se focaliser sur la Chine serait une erreur estime Scott Lucas, professeur honoraire à l'université de Birmingham au Royaume-Uni.

« Il ne faut pas que les États-Unis entrent dans un bras de fer avec la Chine. L'Afrique ne doit pas être un simple pion sur l'échiquier géopolitique. Plus vous agissez ainsi, plus vous rencontrerez des problèmes, car cette façon de faire vous éloignera des préoccupations réelles des communautés », a-t-il déclaré à RFI.

En novembre dernier au Nigeria, le secrétaire d’État américain Anthony Blinken a insisté sur le fait que l’Afrique est « au centre de la politique étrangère des États-Unis ». Cette politique doit prendre en compte les spécificités des 55 pays africains juge Lucas.

Pas un modèle pour tous

« Il ne s'agit pas d'imposer sa propre politique aux pays africains. Il n'y a pas un modèle américain unique pour tous. Il faut donc prévoir le développement économique de l'Afrique, mais en même temps laisser aux gouvernements africains la possibilité de développer leurs propres projets », insiste le spécialiste.

Privilégier donc une approche collaborative de soutien aux initiatives africaines, comme la nouvelle Zlecaf, la zone de libre-échange continentale, est « une vision prometteuse » selon Don Graves, le secrétaire adjoint au Commerce, avant de rappeler qu'il ne faut pas oublier aussi l'Agoa, la Loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique. Elle permet aux pays africains d'exporter leurs produits sur le marché américain sans droits de douane, un outil incontournable dans les échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Afrique.

L'Agoa touche à sa fin

Mais il y a un hic. L’Agoa expire en 2025 et, pas plus que Donald Trump, Joe Biden ne semble pressé de la remplacer. Une situation qui inquiète d'ailleurs le patronat ivoirien que Don Graves a rencontré à Abidjan lors de l'Africa CEO Forum. Des patrons à l'image de Stéphane Aka Anghui, directeur exécutif de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire.

« On exporte à peu près 700 milliards de franc CFA vers les États-Unis, s’ils ne nous le remplacent pas et que ça s'arrête, ça va m'inquiéter. »

Des paroles et des attentes

La visite du secrétaire adjoint au Commerce s'est conclue par la signature d'un mémorandum d’entente entre Washington et Abidjan pour renforcer leur partenariat. Un pas en avant pour Stéphane Aka Anghui mais qui reste insuffisant : « Ce n'est pas suffisant, parce qu'il faut qu'on ait l'obsession de la mise en œuvre et toute de suite mettre en place des équipes très opérationnelles pour que ce ne soit pas juste un outil théorique de plus et que très vite on voit le changement. »

Les Africains attendent donc de l'administration Biden des actes concrets et pas seulement des paroles.  

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24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 09:52
ONU : la Chine appelle à la levée de l’embargo sur les armes en RCA

 

 

Xinhua 22 juin 2022, 9:53

Le ministre des Affaires étrangères de la RCA a écrit au président du Conseil de sécurité le 8 juin, soulignant que l’embargo sur les armes a un impact important sur le maintien de la sécurité nationale, et insistant sur les grands efforts du gouvernement centrafricain pour mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité et faciliter la levée de l’embargo.

La Chine espère que le Conseil écoutera l’appel de la RCA et lèvera rapidement l’embargo, afin d’aider la RCA à faire face aux problèmes de sécurité et à maintenir la stabilité nationale, a indiqué le diplomate chinois.

Il a appelé à un soutien international pour relancer l’économie de la RCA et améliorer la situation humanitaire.

L’économie et les moyens de subsistance sont des facteurs majeurs pour la paix et la stabilité du pays. Récemment, la RCA a été confrontée à des difficultés financières plus graves. Il y a une pénurie de pétrole brut et d’approvisionnement en eau et en électricité. Les prix des produits importés sont élevés. Et il y a un sérieux problème de sécurité alimentaire, a déclaré M. Dai au Conseil de sécurité.

« Certains pays et organisations internationales devraient reprendre leur aide financière à la RCA dès que possible et assurer un financement humanitaire adéquat pour apaiser la situation humanitaire dans le pays », a-t-il affirmé. « Il est nécessaire d’investir davantage dans la sécurité alimentaire, les infrastructures, l’éducation, la santé, la formation professionnelle et d’autres domaines pour aider la RCA à éradiquer la pauvreté, à améliorer les moyens de subsistance et à transformer ses avantages en matière de potentiel énergétique en avantages en termes de développement, de manière à éliminer les causes profondes des conflits ». Fin

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