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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 00:52

 

 

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 19-04-2014

 

L’abbé Christ Formane Wilibona, curé de la paroisse de Paoua dans le diocèse de Bossangoa (Nord), a été tué jeudi par des éleveurs peuls armés proches des ex- rebelles de la Séléka, alors qu'il tentait de rejoindre sa paroisse après une messe célébrée la veille à Boguila, une ville voisine, et trois autres prêtres kidnappés à Batangafo (Nord) sont toujours détenus par leurs ravisseurs, a annoncé à Xinhua l'abbé Fréderic Tonfio, vicaire général du diocèse de Bossangoa.

 

"L'abbé a été tué quand il rentrait à Paoua. Nous ignorons encore les motivations de ceux qui l'ont tué. Selon mes informations, il s'agit d'un groupe de peuls armés qui sévit dans la localité de Paoua", a rapporté l'abbé Fréderic Tonfio dans un entretien téléphonique.

 

Les autorités de l'Eglise catholique ont entrepris des démarches auprès de l'opération force française Sangaris en vue de récupérer la dépouille du prélat assassiné, a -t-il en outre précisé. "Ces peuls détiennent toujours le corps. Nous ne pouvons pas aller vers eux, parce que nous ne connaissons pas leurs intentions profondes".

 

Le meurtre de l'abbé Christ Formane Wilibona intervient deux jours après l'enlèvement de l'évêque de Bossangoa, Mgr Nestor Nongo Azagbia, et de trois de ses prêtres par les ex-rebelles de la Séléka à l'entrée de la ville de Batangafo après une tournée pastorale dans la région et conduits vers la ville voisine de Kabo, selon la même source.

 

Contacté par Xinhua, un autre prêtre faisant partie de la délégation s'est réservé de tout commentaire, affirmant simplement espérer que "l'état-major de la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous autorité africaine, NDLR) et celui de Sangaris vont faire quelque chose" en vue de la libération des quatre prêtres.

 

Le général Mohamed-Moussa Dhaffane, leader par intérim de l'ex- alliance rebelle de la Séléka qui avait porté au pouvoir le 24 mars 2013 son dirigeant Michel Djotodia après le renversement du régime de François Bozizé, a reconnu à Xinhua que cet enlèvement par son organisation. "Les 'Com-zones' (commandants de zones) ont été mobilisés, ce qui a permis de retrouver les prélats", a-t-il déclaré sans donner de précisions sur les raisons de cet acte et l'éventualité de libération des otages.

 

C'est la première fois que se produit une telle situation depuis la prise du pouvoir de ex-rebelles de la Séléka qui ne se sont cependant pas abstenus d'attaquer les lieux de culte.

 

Ainsi, plusieurs paroisses catholiques ont fait l'objet d'actes de pillage et de vandalisme de la part de ces hommes armés qui ont à leur perdu le contrôle du pouvoir après la démission forcée de leur leader le 10 janvier dernier sous la pression des dirigeants d'Afrique centrale et de la France.

 

Source: Agence de presse Xinhua

Centrafrique : un prêtre tué à Paoua et quatre autres détenus par les ex-rebelles de la Séléka à Batangafo

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 00:43

 

 

 

 

 

Bangui, le 18 avril 2014: Le Représentant spécial de la Présidente de la Commission de l’Union africaine (UA) et Chef de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA), le Général Jean-Marie Michel Mokoko, se félicite de l’arrestation, hier, de M. Patrice Edouard Ngaissona, Coordonnateur autoproclamé du mouvement antibalaka, lors d’une opération de la MISCA conduite sous la direction du Général de Brigade Martin Tumenta Chomu, Commandant de la Force.

 

Il convient de rappeler que M. Ngaissona, ainsi que d’autres fauteurs de troubles, sont sous le coup d’un mandat d’arrêt délivré par le Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance de Bangui et remis à la MISCA. C’est fort de ce mandat d’arrêt que M. Ngaissona a été interpellé par la MISCA le jeudi 17 avril 2014 et immédiatement présenté au Procureur de la République. Cette nouvelle arrestation s’inscrit dans le prolongement d'opérations antérieures  de la MISCA qui ont abouti à l’arrestation de plusieurs dirigeants du groupe des antibalakas, ainsi qu'au désarmement et au cantonnement d'ex-selekas.

 

Le Représentant spécial de la Présidente de la Commission réaffirme la ferme détermination de la MISCA à s'acquitter pleinement de son mandat tel que fixé par le communiqué du Conseil de paix et de sécurité de l'UA du 19 juillet 2013 et la résolution 2127 (2013) du Conseil de sécurité des Nations unies du 5 décembre 2013. Il met à nouveau en garde tous les éléments des groupes illégaux responsables d'exactions contre des civils, et rappelle que ces criminels répondront tôt ou tard de leurs actes devant les juridictions compétentes.

 

Le Représentant spécial de la Présidente de la Commission souligne une fois de plus à l’attention du peuple centrafricain que le retour durable à la paix relève d’abord et avant tout de la volonté des Centrafricains eux-mêmes. Il invite la population à continuer à soutenir les opérations menées par la MISCA en vue d'en faciliter le succès.

 

http://www.peaceau.org/fr/article/interpellation-de-patrice-edouard-ngaissona-coordonnateur-autoproclame-du-mouvement-antibaka-en-republique-centrafricaine#sthash.sR0bTB2s.dpuf

Interpellation de Patrice Edouard Ngaissona, coordonnateur autoproclame du mouvement anti-balaka en République Centrafricaine

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 21:35

 

 

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 19-04-2014

 

Vingt-quatre heures après son arrestation à Bangui par des soldats de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous autorité africaine (MISCA), le coordonnateur général des milices d'autodéfense anti-Balakas (anti- machettes), Patrice Edouard Ngaïssona, a été libéré et placé sous surveillance judicaire vendredi, annonce le procureur général de la République près le tribunal de grande instance de Bangui, Ghislain Grésénguet.

 

"Ngaïssona devra se présenté mardi et vendredi pour qu'on puisse s'assurer de sa présence dans le pays", a déclaré le magistrat à Xinhua au terme de l'audition du leader des miliciens anti-Balakas qui continuent de semer la terreur dans la capitale et d'autres villes centrafricaines malgré les appels à l'arrêt des violences de la présidente de transition Catherine Samba-Panza et la démission de Michel Djotodia que cette organisation fidèle au président déchu François Bozizé combattait depuis sa prise du pouvoir le 24 mars 2013 avec son ex-coalition rebelle de la Séléka.

 

Avec d'autres ténors du régime de François Bozizé, Patrice Edouard Ngaïssona fait déjà l"objet d"un mandat d"arrêt international, lancé depuis le 29 mai 2013 par la justice centrafricaine pour "crimes contre l'humanité et incitation au génocide, complicité de tueries et assassinats".

 

L'ex-ministre de la Jeunesse avait échappé début février à une opération menée par l'armée française et la MISCA, autour de son domicile du quartier Boy-Rabe à Bangui.

Selon le capitaine Francis Ché, porte-parole de la MISCA, son arrestation jeudi à la suite d'une rencontre de la présidente de transition avec les responsables de groupes armés marque l'application de ce mandat. "Les éléments de la MISCA ont appréhendé Ngaïssona sur ordre du général Martin Tumenta. Il a été remis à la justice centrafricaine en présence du procureur de la République. Le reste de la procédure n'engage pas la MISCA", a-t- il déclaré dans un entretien téléphonique avec Xinhua.

 

Les autorités de transition centrafricaines seraient cependant opposées à cette arrestation, à en croire des sources proches de la présidence contactées par Xinhua.

 

"Il ne devrait pas être arrêté après la réunion tenue par la présidente. La MISCA pourra choisir un autre cadre, car, cette rencontre avec les leaders des anti-Balakas et ceux de l'ex-Séléka vise à rechercher des solutions à la crise que traverse la Centrafrique", a réagi un conseiller de la présidence.

 

Le porte-parole des anti-Balakas Emotion Brice Namsio a qualifié dénoncé une "perturbation du processus de dialogue" que les autorités de transition ont déclenché avec les groupes armés, afin de restaurer la paix dans le pays.

 

Selon la Croix-Rouge centrafricaine, les violences perpétrées par les anti-Balakas et les ex-Séléka ont déjà fait 1.400 victimes et 960 blessés depuis décembre jusqu'en mars dernier.

 

625.000 Centrafricains vivent aujourd'hui dans 43 camps de déplacés à Bangui et d'autres villes du pays. Des centaines de milliers d'autres se sont réfugiés dans des pays voisins.

 

Source: Agence de presse Xinhua

Centrafrique : le leader des milices anti-Balakas placé sous surveillance judiciaire

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 15:43

 

 

 

SENEGAL : Présidence interimaire de Centrafrique (Exclusif)

 

 

Comment la candidature du colonel Anicet Saulet a été recalée « arbitrairement »… 

 

Le colonel Anicet Saulet, vous connaissez ?  Probablement pas ! En fait, seuls nos confrères Mamadou Sèye (Le Soleil),  Alassane Samba Diop (Rfm), Mamadou Lamine Diatta (Sud Fm), Amadou Mbaye Loum (Rts), Alioune Fall (présidence de la République) etc. ainsi que votre serviteur doivent se souvenir encore de ce célèbre  officier centrafricain qui portait alors le grade de capitaine. En 1997, lors de la troisième mutinerie des soldats centrafricains, nous avions eu le privilège de rencontrer cet ex-chef des mutins dans son QG situé à 200 km de Bangui. Considéré comme l’un des plus brillants officiers de l’armée de ce pays pour avoir été le premier saint-cyrien de son histoire,  le capitaine Anicet Saulet avait déclenché une mutinerie sous le règne dictatorial  du président  Ange Félix Patassé.  À cette époque, le jeune capitaine Saulet, âgé alors de 38 ans, n’avait commis que le « crime » d’avoir dénoncé le népotisme, le tribalisme et le régionalisme dans les nominations et les avancements dans l’armée centrafricaine.  Très attaché à son peuple et à son Armée, l’actuel ambassadeur de Centrafrique, Anicet Saulet, devenu aujourd’hui colonel (officier hors rang) était de retour à Bangui pour déposer sa candidature à la présidence de la transition.  Hélas, contre toute attente, le  Conseil National de Transition avait invalidé sa candidature.  « Sans aucune raison valable » soutient-il.  A-t-il été rattrapé par son statut d’ancien chef de mutins ? Ou alors appartient-il à une ethnie déclarée non grata ? Fidèle lecteur du « Témoin » via Internet, son Excellence Anicet Saulet, à travers une lettre dont notre rédaction a obtenu une copie exclusive, crie son indignation !  Extraits.   

   

À l’issue de la démission, le 10 janvier dernier,  du Chef de l’Etat de Transition, M. Michel Djotodia, explique d’emblée le colonel Saulet, actuel ambassadeur de Centrafrique en Egypte, « j’avais estimé qu’il était de mon DEVOIR de mettre mes expériences multiformes ainsi que ma compétence, patiemment acquises au fil des ans, au service de la reconstruction de mon Pays ». « Ainsi, à l’ouverture des candidatures par le Conseil National de Transition (CNT), mon dossier fut régulièrement déposé dans les délais prescrits, le samedi 18 janvier 2014 et la caution exigée de deux millions (2 000 000) F CFA versée auprès des services compétents du CNT (Voir documents aux annexes, Ndlr  non publiés  mais dont « Le Témoin » a obtenu copies).  Hélas, c’est « avec surprise » que l’ex-leader de la mutinerie a constaté l’invalidation de sa candidature par la ‘‘Commission Electorale Spéciale’’ mise en place par le CNT aux fins d’organiser l’élection du nouveau Chef de l’Etat de la Transition de Centrafrique, par simple ‘‘Arrêté N°001/CNT/PR.14 du 16 janvier 2014’’. « Ceci, au mépris non seulement de la ‘‘Charte Constitutionnelle de Transition’’, mais aussi et surtout, de la ‘‘Loi N° 13.003 du 1er novembre 2013 portant code électoral en République Centrafricaine’’ »  poursuit le colonel Anicet Saulet.

 

« De la notification qui m’en a été faite par la correspondance No 009/CNT/PR/.14 du 08 février 2014 émanant du CNT, il ressort que mon dossier a été rejeté « … en raison de mon appartenance à une milice ou une rébellion durant les 20 dernières années »  a expliqué l’ex-capitaine des mutins. Or, pour le colonel Saulet,  les critères d’éligibilité à la haute fonction de la République, fixés par l’article 110, alinéa 3, du Code électoral n’auraient pas été respectés ! Il faut dire que l’article 10 de l’arrêté du président du CNT avait fixé dix sept (17) critères d’éligibilité dont certains avaient été jugés subjectifs  par beaucoup de Centrafricains, dont Saulet. « Alors que le Code électoral vise le cas d’inéligibilité des personnes qui ont été condamnées par les Cours et Tribunaux, l’article 10-14 dudit Arrêté fait expressément référence à ‘‘…l’appartenance à une milice ou une rébellion durant les 20 dernières années’’ a poursuivi Anicet Saulet dans sa lettre dont « Le  Témoin »  a obtenu copie exclusive.  Or, pour le tout premier saint- syrien centrafricain (voir encadré), de telles affirmations émanant du CNT seraient « gratuites et très surprenantes » ! Et d’argumenter en ces termes : « La Mal-Gouvernance du pays en général, et celle des Forces Armées Centrafricaines (FACA), en particulier, avaient conduit aux soulèvements des militaires des Forces régulières, sous la forme des trois (03) mutineries des années 1996. À l’issue des deux premières mutineries (18 mars et 18 avril 1996), aucune solution acceptable pour les troupes n’avait été trouvée par les dirigeants politiques de l’époque.  C’est ainsi que, de la maison centrale de Ngaragba où je croupissais, sans jugement, j’avais été coopté par les FACA pour conduire la troisième mutinerie, le 16 novembre 1996 » a rappelé Anicet Saulet.

 

« Les militaires centrafricains qui s’étaient mutinés n’étaient ni des ‘‘miliciens’’, ni des ‘‘rebelles’’ »

 

Pour bien faire comprendre la décision d’irrecevabilité de sa candidature prise par la ‘‘Commission Electorale Spéciale’’ du CNT, le colonel Anicet Saulet a tenu à faire un peu de sémantique pour mieux camper le débat d’une injustice  : « Le dictionnaire ‘‘LE ROBERT’’ donne les définitions suivantes : Rébellion : Acte de se rebeller, c'est-à-dire faire acte de rebelle, en se révoltant. Milice : Formation illégale, chargée par une collectivité (Parti politique, Groupe de pression, entreprise, etc.…) de la défendre ou de défendre ses intérêts, en recourant à la force. Mutinerie ; Action de se mutiner, c'est-à-dire, se dresser contre une Autorité établie, se porter à la révolte avec violence » a expliqué M. Anicet Saulet. Et de souligner que « dans tous les pays du monde, il arrive fréquemment que des prisonniers, des militaires, des marins, des forces de l’ordre, pour ne citer que ceux-là, se mutinent pour des revendications corporatistes. Ils sont donc à distinguer des milices qui n’appartiennent pas aux forces régulières dans un Etat démocratique. Comme je l’avais annoncé plus haut, j’avais eu le privilège de diriger la troisième mutinerie des FACA à l’issue de laquelle je n’avais pas quitté le pays, assumant ainsi l’entière responsabilité des actes posés au cours de ces moments difficiles, vécus par les Centrafricains. Non seulement les personnes ayant participé aux différentes mutineries n’ont jamais été poursuivies, mais aussi et surtout elles n’ont fait l’objet d’aucune condamnation. Par conséquent, elles jouissent donc de tous leurs droits civiques et politiques. En outre, les militaires centrafricains qui s’étaient mutinés n’étaient ni des ‘‘miliciens’’, ni des ‘‘rebelles’’. Une telle approche, par le CNT, constitue une insulte à l’endroit des FACA ! » s’étrangle le colonel Saulet, histoire de se débarrasser de cette casquette de « rebelle » ou de « mutin » que tentent de lui faire porter ses détracteurs. « Du reste, toutes les infractions liées à cette troisième mutinerie des FACA ont été amnistiées par la ‘‘loi n° 97.002 du 15 mars 1997, portant Amnistie des Infractions liées à la Mutinerie et des Détournements de Deniers Publics en cours d’Instruction’’. Pour l’auteur de la lettre dont nous reproduisons des extraits, donc, « il est inconcevable de constater que le CNT ait traité avec autant de dilettantisme et de légèreté les dossiers des Personnalités patriotes qui s’engagent, à un moment critique de l’histoire de notre pays, à contribuer à son redressement ! ».

 

« Que me reproche le CNT ? »

 

« Né d’un père Yakoma de la Basse-Koto et d’une mère Mandja de Kaga-Bandoro, je n’ai, pour seule nationalité, que celle de mes parents, tous deux centrafricains.

 

Jamais condamné, je jouis de tous mes droits civiques et politiques.

 

Officier de carrière de l’Arme des Transmissions du grade de colonel, ingénieur, j’avais été, successivement, formé à l’Ecole Militaire Préparatoire et Technique de Bingerville (EMPT), en Côte d’Ivoire, puis à la prestigieuse Ecole Spéciale Militaire (ESM)   de Saint-Cyr en France. De janvier 1990 à fin novembre 1993, j’avais dirigé avec brio et beaucoup de réussite, la Société Centrafricaine de Télécommunications (SOCATEL) à l’issue de la restructuration du secteur des télécommunications et piloté toute la modernisation des télécommunications de notre pays. Mais à l’issue de l’alternance politique intervenue entre les Présidents André Kolingba et Ange Félix Patassé, une chasse à l’homme, contre une ethnie, avait été orchestrée par le pouvoir qui venait, pourtant, d’être démocratiquement élu. C’est ainsi que la plupart des cadres et collaborateurs de l’ancien Président André Kolongba dont le seul tort, aux yeux des tenants du pouvoir, était d’appartenir à son ethnie, ont commencé à être déferrés à la Maison Centrale de Ngaragba » a rappelé le colonel Anicet Saulet. «  Il convient aussi de signaler que ma jurisprudence n’avait pas servi de leçon aux autorités politiques qui ont continué à limoger impunément et arbitrairement d’autres directeurs généraux après mon départ. Il m’est difficile de comprendre que les mêmes erreurs se reproduisent au sein d’une même société sans que des mesures correctives soient apportées par les autorités qualifiées, en dépit de la ‘‘loi portant Cadre Juridique et Institutionnel des Sociétés d’Etat, d’Economie Mixte et Offices Publics’’, qui a prévu une action récursoire à l’encontre des dirigeants, qui, par leurs mauvaises gestions, occasionnent des saignées financières aux structures dont ils ont la charge. Tout se passe comme si chaque dirigeant centrafricain qui accède à une parcelle de pouvoir en profite, par la haine de l’autre, pour régler des comptes. Toujours au service de la République Centrafricaine, je suis, en ce moment, l’Ambassadeur de mon pays auprès de la République Arabe d’Egypte. Ayant pris le service au CAIRE le 08 août 2006, je n’ai pas bénéficié, une seule fois, des crédits de fonctionnement ! C’est ainsi que les locaux abritant la Chancellerie de l’Ambassade au CAIRE furent fermés depuis le 30 avril 2011, pour des arriérés de loyers d’environ CENT UN MILLIONS (101 000 000) F CFA. Bien que l’Etat centrafricain n’ait pas encore épongé cette dette, j’ai pu, avec l’aide d’un partenaire égyptien, rouvrir notre Représentation diplomatique auprès de la République Arabe d’Egypte, depuis le 1er janvier 2014 » a rappelé l’actuel ambassadeur centrafricain en Egypte avant de faire savoir qu’il est chrétien pratiquant. 

 

« Étant chrétien,  pourtant je vis ma Foi en Egypte, pays musulman… »

 

 Et pour donner une leçon de tolérance, de respect de la loi tout simplement, aux autorités de son pays qui ont déclenché une chasse aux musulmans en Centrafrique,  il donne en exemple le pays où il vit depuis 2006. « J’ai l’opportunité de vivre ma Foi en Egypte, pays musulman, où l’islam sunnite modéré qui y est pratiqué est en butte aux courants islamistes et extrémistes de la congrégation des ‘‘Frères Musulmans’’. Je m’enrichis, au quotidien, de la gestion de la crise dans ce pays frère qu’est l’Egypte par les Forces Armées Egyptiennes et en ai tiré de riches et précieux enseignements pour la République Centrafricaine. Fort de toutes mes expériences de chrétien pratiquant, résidant dans un pays musulman en crise, je pense être à même de trouver les bonnes passerelles entre les communautés chrétienne et musulmane de notre pays. Je n’ai jamais milité au sein d’un Parti politique, ni appartenu à aucun Gouvernement de la République. Alors, je me repose la question : Que me reproche, exactement, le CNT ? » écrit le colonel Anicet Saulet dans sa lettre avant de rappeler  les défis auxquels son pays est confronté à l’heure actuelle.  Défis liés à la sécurité et à l’humanitaire. Et de se poser les questions suivantes  : « Qui avait alors intérêt à exclure des cadres de mon profil  qui voudraient, eux aussi, contribuer à la gestion de leur pays ?

 

Qui a intérêt à ce que la Paix et la Concorde nationale ne reviennent pas sur la terre du Président fondateur Barthélémy Boganda ? » Rappelant qu’en tout état de cause, la Centrafrique aspire à la Démocratie, gage de stabilité, le colonel Anicet Saulet informe avoir demandé à son avocat de saisir les juridictions compétentes pour faire valoir ses droits. « Dans tous les cas, je suis très préoccupé par la situation que traverse notre pays et je suis toujours disponible pour apporter des solutions idoines, qui prennent en compte les véritables aspirations du peuple centrafricain » écrit, pour terminer, le colonel (er) Anicet Saulet.

Une synthèse de :

 

Pape Ndiaye

 

Article paru dans « Le Témoin » N° 1161 –Hebdomadaire Sénégalais (AVRIL 2014)

 

 

PREMIER OFFICIER SAINT-CYRIEN CENTRAFRICAIN

 

Si le colonel Saulet était président…

 

Au sol comme au sous-sol, la République Centrafricaine est un pays insolemment  riche en ressources naturelles,  mais socialement et économiquement pauvre ! À preuve, c’est l’un des rares pays au monde qui était doté d’un ministère de l’or et du diamant. Malheureusement pour ce pays qui semble être matraqué par le destin, son Armée, qui n’était que de « paille », n’existe même plus actuellement pour assurer la défense de l’intégrité de  son territoire vaste comme la France et la Belgique réunies encore moins assurer la sécurité de ses populations ainsi que la protection de ses richesses. D’où la fragilité et la vulnérabilité du pays face à toutes sortes de rébellions et autres agressions extérieures qui font et « défont » les régimes à Bangui. Or, bien que disposant des ressources humaines et naturelles abondantes, la Centrafrique ne pourra ni se développer, ni se stabiliser sans armée nationale  digne de ce nom. Étant le premier Centrafricain sorti de la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr (France), le colonel Anicet Saulet, un brillant officier doublé d’un diplomate hors pair, aurait pu être une chance voire un espoir pour ce pays qui semble provoquer le courroux des dieux. Qu’on l’aime ou pas, en effet, le colonel Anicet Saulet a le profil de l’emploi c’est-à-dire qu’il pourrait constituer un excellent président de la République doublé d’un excellent chef d’état major général des Armées, voire un président qui cumulerait ses fonctions avec celles de ministre de la Défense, pour la reconstruction et la réorganisation des forces armées centrafricaines. Hélas,  le fait que la candidature de ce brillant officier ait été recalée pour la présidence de la transition replonge encore le pays dans un passé peu glorieux fait de  népotisme et de tribalisme d’Etat.  Deux maux auxquels vient de s’ajouter la guerre de religions ! A ce rythme,  force est de dire que les autorités politiques centrafricaines n'aiment pas du tout leur pays !  Or, nous semble-t-il, compte tenu des vicissitudes du passé, tout devrait être mis en oeuvre pour que ce beau pays sorte enfin du cycle de malheurs qui le frappe depuis des décennies. Parce que le fait que la communauté internationale encourage des conseillers nationaux (députés de la Transition) à mettre en place des critères très orientés et léonins (part du lion ou partage bouki) pour baliser le passage en force au profit d'une candidate nommée Catherine Samba-Panza, qui ne dirige visiblement rien du tout, ne fait que prolonger les souffrances de ce malheureux pays.  Et  aggraver la mauvaise politique de stigmatisation au sein l’Armée. Ou de ce qui reste de cette dernière puisque les FACA (Forces armées centrafricaines) n’existent plus. La Centrafrique ayant  connu, ces vingt dernières années, plusieurs mutineries et autres rébellions militaires, nul doute que  six militaires sur dix s’y sentent stigmatisés. Pour dire que ce n’est pas demain « la paix et l’amour » à Bangui ! En effet, lorsque nous nous étions rendus dans ce malheureux pays en 1997, les filles répétaient comme une antienne ce refrain : « A Bangui, y a la paix et y a l’amour ». Les « Talla Niang » boys ou les soldats sénégalais de la Misab auxquels nous avions rendu visite en 1997 sauront de quoi on parle… L’amour, sans doute, sauf entre Musulmans et Chrétiens !

PAPE NDIAYE

 

Article paru dans « Le Témoin » N° 1161 –Hebdomadaire Sénégalais (AVRIL 2014)

 

 

 

Lu pour vous : Présidence intérimaire de Centrafrique : Comment la candidature du colonel Anicet Saulet a été recalée « arbitrairement »…
Lu pour vous : Présidence intérimaire de Centrafrique : Comment la candidature du colonel Anicet Saulet a été recalée « arbitrairement »…

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Centrafrique-Presse.com
18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 15:27

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-04-18 12:10:22 - Les travaux de réhabilitation et de sécurisation de la Maison d’arrêt central de Ngaragba en république centrafricaine, financés par le gouvernement centrafricain, l’Angola et de l’Union Européenne, ont été lancés jeudi par le Premier ministre, André Nzapayéké.

 

Selon une source pénitentiaire, les travaux qui vont s'étendre sur trois semaines, prendront en compte non seulement la réhabilitation des cellules et les quartiers des prisonniers mais aussi le portail principal. 

 

''Plus jamais nous n'accepterons que les personnes qui ne respectent les lois de la république et qui sont incarcérées sortent les mains dans les poches de cette prison pour aller commettre encore des forfaits'', a souligné le chef du gouvernement lors de la cérémonie de lancement des travaux. 

 

Il a ajouté que ‘'la sortie ou l'évasion des détenus ne dépend pas du nombre des murs de béton construits tout autour de cette maison, mais plutôt de la responsabilité des régisseurs et des surveillants des prisons''. 

 

''Nous ne règlerons pas le problème même en entourant la maison d'arrêt de murs de béton. C'est donc une question de responsabilité d'abord'', a-t-il prévenu avant de conclure : ‘'s'il n'y a pas de prison, il y aura pas de justice''.

 

La cérémonie s'est déroulée en présence de la vice-présidente du CNT Léa Koyassoum Doumta, de la ministre de la justice Isabelle Gaudeuille, du chef de la délégation de l'union européenne Jean Pierre Raymondet Commoi. 

 

Des actes de vandalisme ont été souvent commis à la Maison d'arrêt de Ngaragba, occasionnant ainsi de nombreuses évasions. 

 

 http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=601660#sthash.WWSe8B8c.dpuf

Lancement des travaux de réhabilitation de la maison d'arrêt de Ngaragba

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Centrafrique-Presse.com
18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 15:19

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) -2014-04-18 12:40:53  - L’autorité nationale des élections (ANE) et l’ambassade France ont signé vendredi à Bangui deux conventions de financement d’un montant de plus de 130 millions de FCFA

 

Les accords dans ce sens ont été signés au siège de l'ANE à Bangui par le président de cette institution, Dieudonné Kombot Yaya, et l'ambassadeur de France, Jean Charles Malinas.

 

Cette signature marque le début de la mise en œuvre des engagements de la république française consistant à appuyer le processus électoral qui devrait mettre un terme à la transition.

 

Selon une source proche de l'ambassade de France à Bangui, la première convention s'élève à plus de 96 millions qui serviront à la réhabilitation du siège de l'autorité nationale des élections (ANE) et la seconde, estimée à plus de 37 millions, est destinée au fonctionnement des activités de cet organe.


''Je suis ici pour deux raisons, d'abord la France va pouvoir concrétiser, je dirai d'une manière matérielle, sa coopération avec l'autorité nationale des élections par la signature de ces conventions'', a souligné l'ambassadeur de France, Jean-Pierre Malinas.

 

Répondant au diplomate français, le président Kombot Yaya s'est dit ravi de ce financement. ‘'Je peux vous rassurer monsieur l'ambassadeur que les crédits alloués à l'ANE seront utilisés selon leur affectations initiales avec un rapport financier détaillé à l'appui'', a promis le président de l'ANE.

 

''Il est aussi évident, a-t-il ajouté, que la volonté à elle seule ne suffit pas. La volonté, nous ne la manquons pas. Mais pour qu'elle soit visible, il faut des moyens conséquents''.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=601663#sthash.kXkMmf7Z.dpuf

 

 

 

(L'ambassadeur Jean Charles Malinas et Dieudonné Kombot-Yaya de l'ANE)

Plus de 130 millions de Paris pour l'Autorité nationale des élections en RCA

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 14:47

 

 

 

L’ALLIANCE DES FORCES DEMOCRATIQUES POUR LA TRANSITION  EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE (AFDT)

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

L’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) se réjouit de l’adoption par le Conseil de Sécurité des Nations Unies (ONU), à l’unanimité de ses membres, de la Résolution 2149 qui autorise l'établissement d'une opération de maintien de la paix de l’ONU en République centrafricaine (RCA) d’ici à la mi-septembre 2014 à travers , la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA). Elle adresse  ses vives félicitations et ses sincères remerciements au Conseil de Sécurité.

 

Cette opération de maintien de la paix de l’Organisation des Nations Unies qui est l’ultime étape sur la voie de la sécurisation et du retour d’une paix durable en Centrafrique, viendra appuyer les précédentes et successives missions de maintien de la paix des Etats de l’Afrique centrale - CEMAC et CEEAC - à travers la FOMAC, celle de la Mission Internationale de Soutien à la  RCA de l'Union Africaine (MISCA), la force française SANGARIS, ainsi que les forces de l'Union Européenne (EUFOR-RCA) dont le déploiement vient de commencer.

 

Elle nous donne l’espoir que notre pays la République centrafricaine pourra enfin retrouver la sécurité et la paix, condition sine qua non pour la tenue des futures élections générales démocratiques et crédibles auxquelles aspire ardemment le peuple centrafricain et que le monde entier appelle de ses vœux pour que notre pays  puisse retrouver sa place  dans le concert des Nations.

 

Les Partis et Associations politiques membres de l’Alliance des Forces Démocratiques  pour la Transition  (AFDT) approuvent la feuille de route des Casques Bleus.

 

L’AFDT contribue déjà et continuera d’agir pour sortir le peuple centrafricain de la souffrance multiforme et du chaos dans lesquels il est malheureusement plongé.

 

Fait à Bangui, le 18 avril 2014

 

Le Président de la Conférence des Présidents des partis membres de l’AFDT

 

 

Martin ZIGUELE

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 14:40

 

 

 

 

18/04/2014 à 12:09 Par Vincent Duhem  jeuneafrique.com

 

Coordinateur politique autoproclamé des anti-balaka, Patrice-Édouard Ngaïssona a été placé jeudi sous contrôle judiciaire.

 

Les choses se gâtent-elles pour Patrice-Édouard Ngaïssona, 42 ans ? L'ex-ministre de François Bozizé et coordinateur politique autoproclamé des anti-balaka a été placé jeudi 17 avril sous contrôle judiciaire par la justice centrafricaine.

 

"Il a été auditionné par nos services à Bangui dans les locaux de la gendarmerie nationale en fin d'après-midi pendant deux heures. Il a été ensuite décidé de laisser en liberté provisoire sous contrôle judiciaire. Il devra dorénavant se présenter deux fois par semaine, le mardi et le vendredi, pour qu'on puisse s'assurer de sa présence sur le territoire centrafricain", explique à Jeune Afrique le procureur de la République, Ghislain Gresenguet.

 

Enquête en cours

 

"Une enquête judiciaire a été ouverte. Elle suit son cours", a-t-il précisé.

 

Sous le coup d'un mandat d'arrêt, Ngaïssona avait échappé début février à une opération menée par l'armée française et la Misca ayant conduit à l'arrestation de plusieurs chef anti-balaka.

Lu pour vous : Anti-Balaka - Centrafrique : Patrice-Édouard Ngaïssona placé sous contrôle judiciaire

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 14:33

 

 

 

 

Pladama Ouaka (Centrafrique) (AFP) - 18.04.2014 09:56 - Par Joris FIORITI

 

Ils sont arrivés en 2007 en Centrafrique pour fuir les massacres au Darfour. Sept ans plus tard, les réfugiés soudanais du camp de Pladama Ouaka (centre) tremblent d'être rattrapés par le conflit sanglant ravageant leur pays d'accueil.

 

Abdoulaziz Mouhammad Khalis, longue djellaba blanche, les cheveux poivre et sel recouverts d'un chèche marron, se souvient parfaitement du jour de son exode de cette province de l'ouest du Soudan où un conflit qui dure depuis onze ans a fait des centaines de milliers de morts et plus de deux millions de déplacés selon l'ONU.

 

"C'était le 14 mai 2007. Il y a eu des tirs d'artillerie aérienne." "Des rebelles s'étaient mélangés à la population. L'armée soudanaise a bombardé", raconte-t-il, devant une dizaine de dignitaires de Pladama Ouaka.

 

L'ancien maire de Dafak, au Soudan, devenu édile du camp de réfugiés, s'enfuit avec ses quatre femmes et ses onze enfants, devenus 19. "C'était la débandade totale, du chacun pour soi. On ne savait pas où nos parents partaient. On ne sait toujours pas où ils sont", explique-t-il.

 

Il retrouvera des centaines de familles le long d'un fleuve. Certains choisiront de se rendre au Sud-Soudan, d'autres de se rapprocher de la frontière soudanaise.

 

Lui traversera le fleuve, accompagné de quatre hommes, pour chercher asile en Centrafrique. Plus de 1.900 personnes les suivront, devenues environ 2.100 aujourd'hui, au gré des naissances et des décès.

 

Après avoir quitté un premier camp, trop proche du territoire soudanais, les réfugiés se sont épanouis dans leur nouvel habitat.

 

Pladama Ouaka, à la différence d'autres endroits de ce genre, respire le calme, la propreté. Des femmes se succèdent, sourire aux lèvres, à la pompe pour remplir des jerricans d'eau. Plus de 700 enfants sont scolarisés dans l'école bleue et blanche du camp.

 

La population, qui comptait de nombreux agriculteurs, s'est vu allouer des terres. Aujourd'hui, leur production se vend sur les marchés de la ville voisine de Bambari.

"Il n'y avait pas de solution de retour dans leur pays d'origine", explique un humanitaire, en charge du camp. "N'eût été la crise (centrafricaine), on aurait dû arriver à une autonomisation, pour qu'ils puissent se prendre en charge complètement et s'intégrer à la population locale."

 

- "Entre les mains de Dieu" -

 

La belle histoire s'est figée il y a quelques jours. Des milices anti-balaka, pro-chrétiennes, remontent progressivement la route menant à Bambari.

 

Grimari, bourgade située à une centaine de kilomètres du camp, est le théâtre de durs combats entre ces miliciens et les ex-rebelles Séléka, pro-musulmans, et dont certains sont venus du Soudan.

 

Les violences auraient fait plus d'une trentaine de morts, selon des habitants de Grimari que des blindés de la force française Sangaris tentent de pacifier.

 

Si Grimari tombe, les anti-balaka se rueront à Bambari, que contrôlent les Séléka, fortement représentés. Des rumeurs alarmistes bruissent dans la ville. Les réfugiés craignent le pire.

 

"Au départ, la guerre en Centrafrique était pour conquérir le pouvoir. Mais elle s'est transformée en un conflit inter-religieux, entre chrétiens et musulmans. Or nous sommes musulmans. D'un moment à l'autre nous pouvons être victimes de ce qui se passe ici", analyse Adam Ismaïl Mahamat, 44 ans, qui ne cache pas sa "peur".

 

Depuis quelques jours, les hommes du camp, qui ne veulent plus s'éloigner de leurs familles, ne vont plus aux champs, mettant l'économie de Pladama Ouaka en péril.

 

"Tous les déplacés internes arrivant à Bambari disent qu'on tue tous les musulmans. Si jamais les anti-balaka arrivent ici, nous nous remettons entre les mains de Dieu. Il décidera s'il veut nous maintenir en vie, ou non", prophétise, pessimiste, le maire.

 

Ismaïl Abdallah Abdulhaman, le "président" du camp, affirme qu'il ne s'enfuira pas: "j'ai le poids d'enfants et de vieillards sur les épaules. Autant mourir pour ceux-là."

Pour devancer une telle fatalité, tous demandent à quitter la Centrafrique.

 

"Ils parlent de relocalisation. Ils veulent aller dans un pays en paix", confirme Timothée Langa, un cadre de la Commission nationale pour les réfugiés, une entité publique centrafricaine.

 

Mais cet ancien sous-préfet se montre dubitatif. "Qui va payer pour leur éventuel transport ?", s'interroge-t-il: "Et surtout, quel pays d'Afrique serait prêt à accueillir autant de réfugiés?"

 

© 2014 AFP

 

 

- (Bambari) 

 

- (des réfugiées du Soudan à Bambari)

A Pladama (Ouaka), des réfugiés du Darfour, rattrapés par le conflit en Centrafrique
A Pladama (Ouaka), des réfugiés du Darfour, rattrapés par le conflit en Centrafrique

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 14:30

 

 

 

 

 

18/04/14 (Libération)

 

A Bossangoa, au nord-ouest de Bangui, l'imam a fui et l'évêque a été brièvement enlevé. C'était au tout début de l'opération «Sangaris» en Centrafrique, en décembre dernier. Un détachement de l'armée française s'était déployé dans l'urgence à Bossangoa, au nord-ouest de Bangui, pour tenter de ramener le calme entre chrétiens et musulmans. Trois hommes étaient alors au cœur de cette délicate entreprise : l'évêque, l'imam et un capitaine du 8e RPIMA de Castres (régiment de parachutistes d'infanterie de marine) qui jouait alors les grands réconciliateurs. Mais elle a tourné court. Le capitaine est parti vers d'autres cieux, l'imam a récemment fui la ville avec les derniers musulmans encore présents sous escorte des soldats tchadiens, et l'évêque a quant à lui eu une grosse frayeur au cours des dernières heures.

 

En déplacement dans son diocèse au nord de Bossangoa, il a été enlevé, mercredi, et son véhicule confisqué par des hommes appartenant vraisemblablement à l'ex-mouvement rebelle de la Séléka, au pouvoir à Bangui de mars 2013 à janvier 2014. Après d'intenses négociations menées par des responsables de Sangaris et de la force africaine Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique), il a pu finalement être libéré jeudi matin. Les trois prêtres qui l'accompagnaient ont également été relâchés par leurs ravisseurs.

 

Paludisme, choléra, disette et enlèvements

 

«C'est le chaos le plus total : on ne respecte plus rien ni personne», réagit un bon connaisseur du pays. Malgré l'intervention de 2 000 militaires français et la présence de 6 000 soldats de la force panafricaine, la Centrafrique demeure, selon cette source, dans une «spirale extrêmement négative» : «La saison des pluies a commencé, et on peut craindre une recrudescence du paludisme, voire une épidémie de choléra à Bangui, qui en est un foyer traditionnel. Il n'y a plus rien à manger, et les enlèvements avec des demandes de rançons risquent de se multiplier.»

 

En attendant l'arrivée de la force européenne Eufor-RCA − prévue dans les prochaines semaines à Bangui − et le début de l'opération de maintien de la paix (OMP) de l'ONU − a priori pas avant l'automne prochain −, les militaires français se déploient dans de nouvelles zones du pays, en particulier dans l'Est, où résident des populations musulmanes et des éléments de l'ex-Séléka. Parviendront-ils à empêcher un nouvel exode massif des communautés locales, soumises à la pression incessante des milices antibalakas ? «Celles-ci tentent certes de mener des opérations d'infiltration, mais dans ces régions elles se heurtent à des populations majoritairement hostiles», assure un haut responsable à Paris.

 

600 000 déplacés et 300 000 réfugiés

 

La Centrafrique compte aujourd'hui 600 000 déplacés, et un peu plus de 300 000 réfugiés dans les pays voisins, essentiellement au Cameroun (150 000), au Tchad (90 000) et en république démocratique du Congo (64 000), selon les chiffres du Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). Soit près d'un million de personnes qui ont dû fuir leur foyer devant le déferlement de la violence qui a submergé le pays depuis plus d'un an et demi, sur un total estimé avant la crise à 4,5 millions d'habitants.

 

Thomas HOFNUNG

 

http://www.liberation.fr/monde/2014/04/17/en-centrafrique-pl...

Lu pour vous : En Centrafrique, «on ne respecte plus rien ni personne»

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