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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 13:01

 

 

 

 

 


Un nouveau test rapide et peu coûteux pour détecter le paludisme a été mis au point par des chercheurs de Singapour et des Etats-Unis, ont-ils annoncé dimanche. La maladie tropicale coûte la vie à 600'000 personnes par an.


"Notre système offre un niveau élevé de sensibilité (...), est moins sujet à l'erreur humaine, utilise un faible volume de sang (...), requiert peu de préparation, peut être utilisé sur le terrain et a un coût très faible par test (moins de 10 cents)", ont affirmé ces universitaires.


Dans un article publié par la revue "Nature Medecine", ils expliquent avoir mis au point une "nouvelle technique" pour détecter "rapidement" la présence de globules rouges infectés par le parasite Plasmodium falciparum, responsable du paludisme, par relaxométrie par résonance magnétique nucléaire (RMN), une méthode cousine de l'IRM.


"Compte tenu de ces avantages, nous pensons que (cette technique, ndlr) peut être une alternative aux diagnostics traditionnels de la malaria (...)" soulignent encore les chercheurs du centre Singapore-MIT alliance for research and technology (Smart) et du MIT américain.


Un "élément essentiel"


La relaxométrie par résonance magnétique nucléaire (RMN) est une technique récente, de pointe et qui utilise des composants coûteux, mais il est possible de fabriquer pour moins de 2000 dollars (1840 francs) des versions plus petites et faciles à utiliser de ces appareils, selon ces chercheurs.


Le développement de tests à la fois rapides, sensibles et fiables pour détecter la malaria est un point-clé pour la lutte contre cette maladie, dont on enregistre plus de 200 millions de cas chaque année, selon une estimation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour 2012.


L'OMS estime même que ces tests rapides sont un "élément essentiel", car ils permettent un diagnostic dans des zones où il n'est pas possible d'avoir de bonnes analyses de laboratoire.


Bien qu'étant une maladie évitable, dont on guérit, le paludisme a causé 627'000 décès en 2012, en majorité des enfants africains de moins de cinq ans, selon les estimations de l'OMS.



(ats / 01.09.2014 12h35)

Paludisme mise au point d'un test rapide et peu coûteux

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 12:55

 

 

 

 

 

Par Sébastien Lamba/ACAP - 01/09/2014

 

Le diagnostic de la situation de cette structure a été exigé par le Directeur général de l’Office de Recherche Géologique et Minière (ORGEM), Héritier Rusdael Gnikoli

 

Le Directeur général de l’Office de Recherche Géologique et Minière (ORGEM), Héritier Rusdael Gnikoli a donné récemment une conférence de presse à Bangui, la capitale centrafricaine. Cette rencontre avait pour but de constater et de dresser l’état des lieux catastrophique de la gestion de l’ORGEM et après proposer un plan d’urgence pour la relance des activités de cette institution. Pour le Directeur général Héritier Rusdael Gnikoli, en créant l’ORGEM par la loi portant le code minier de la République Centrafricaine en 2009, l’Etat centrafricain lui avait octroyé des permis de fer de Bogoin, de Topa, le permis de recherche de calcaire de Bobassa et d’exploitation dont le permis d’exploitation expire en 2037.

 

Au cours de la rencontre avec les hommes de médias, le Directeur Général Héritier Ruspael Gnikoli, a fait constater que l’ORGEM n’a pas été associé à la négociation ni à l’obtention du financement et le déroulement des travaux. Et au regard des dispositions de la loi portant le code minier de la République Centrafricaine, les plus hautes autorités de la transition ont demandé à l’ORGEM d’assurer la coordination du projet de la cimenterie de Nzila dans la transparence. C’est l’une des raisons pour lesquelles, Le Directeur général de l’Office de Recherche Géologique et Minière (ORGEM), Héritier Rusdael Gnikoli exige un audit complet du projet de la cimenterie de Nzila, en commençant par la négociation, les sources du financement, jusqu’aux installations techniques afin d’avoir une lisibilité du projet.

 

Aux dires du directeur général Héritier Ruspael Gnikoli, la création d’une telle entreprise devrait respecter toutes les étapes du projet à savoir : la loi de l’offre et la demande ; les études des aspects techniques d’exploitation ; le financement du projet ; l’étude d’impact environnemental et social du projet. De ce fait, a-t-il précisé, le projet de la cimenterie de Nzila a été l’objet d’une décision politique, sans tenir compte d’une étude de faisabilité au préalable dont le résultat que nous connaissons aujourd’hui. 



L’ORGEM a été créé en 2009 et mis en œuvre en 2010 avec pour mandat d’améliorer les connaissances géologiques du pays et promouvoir la mise en valeur des ressources minières de la République Centrafricaine.

Centrafrique : pour un audit complet du projet de la cimenterie de Nzila?

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 12:51

 

 

 

 

 

01/09/14 (RFI)

 

La transition en Centrafrique va se prolonger. Les élections prévues en février 2015 ne pourront pas être organisées à temps. Une information donnée sur nos antennes par Dieudonné Kombo-Yaya, le président de l'Autorité nationale des élections (ANE), invité de RFI ce lundi. En novembre 2013, le groupe international de contact avait décidé que des élections seraient organisées en février 2015 et qu'elles marqueraient la fin de la transition. Le mois suivant, l'ANE était créée. Mais ses membres ont bien du mal à fonctionner. Le manque de moyens est criant dans un pays où l'insécurité est toujours présente.

 

Ecoutez l'intégralité de cette interview dans les matinales de RFI ce lundi (à 6h45 et 7h45 sur l'antenne Afrique et 8h45 sur l'antenne Monde).

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140901-elections-rca-le-delai-fe...

Elections en RCA: le délai de février 2015 n'est «pas tenable»

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 12:27

 

 

 

 

 

 

Sur ce diamant brut niché dans l’écrin du fleuve Oubangui qu’est la République Centrafricaine, beaucoup a été dit et écrit. À commencer par la chronique de ce gigantesque gâchis qui, cinquante-quatre ans après son indépendance, fait de cette République d’environ 5 millions d’habitants, dont la moitié à moins de 25 ans, un pays que même Nelson Mandela aurait été en peine de gouverner… Un ovni dans le concert des nations, bonnet d’âne en matière de développement humain, alors que son potentiel, humain, minier, agricole ou énergétique, est tout simplement ahurissant. Les responsables de ce naufrage ? Les Centrafricains eux-mêmes, bien sûr, mais pas seulement : grandes puissances et voisins s'y sont longtemps « amusés » dans l'ombre comme on joue au Monopoly, et ce n'est pas fini. L'avenir ? On le souhaite enfin serein à défaut d'être radieux. C’est, à l’évidence, pour surmonter cette malédiction qui frappe le pays depuis des décennies que madame Catherine Samba-Panza a décidé de tenter l’expérience de Mahamat Kamoun, en le nommant Premier ministre, chef du gouvernement de transition. 

 

La catastrophe annoncée après cette nomination aura-t-elle lieu ? Nul ne le sait encore. Mais, si par extraordinaire, cette tragédie que d’aucuns souhaitent ardemment venait à se produire, ce sera la preuve par quatre que le mal centrafricain a tourné à la névrose. À qui la faute sera-t-elle imputée? À nous tous, bien sûr! Car, et c’est malheureusement devenu un lieu commun que de le souligner,  depuis plus de cinq décennies, une certaine élite s’est relayée pour faire dégringoler au pays la pente du déclin, sur fond de détournements de biens publics, de déficits en tout genre, d'endettement, de gabegie, d’irresponsabilité et de malheur social. Cette élite a donc mis la Centrafrique dans le formol où ni sa vanité ni ses dénis ne l'ont empêchée de rancir, de s’aigrir.

 

Faute d'avoir gouverné, l’élite centrafricaine n’a plus que très peu de crédit auprès des masses laborieuses de nos villes et campagnes. D’ailleurs, ce sentiment de la majorité de nos compatriotes va sans doute rester un bon moment. Le déclin de la classe politique centrafricaine en est une parfaite illustration. Sa déroute, actuellement constaté,  était attendue depuis des années : une grande partie du pays la vomit, lui reprochant tout et son contraire. Ses promesses maintes fois réitérées mais jamais réalisées  sont restées sur l'estomac des uns sans convaincre les autres, qui, après les paroles, attendent toujours les actes. L’élite centrafricaine et sa classe politique ont perdu sur tous les tableaux. Elles ne se relèveront pas de sitôt. Pour l'heure, leur cas semble désespéré et on ne voit guère le Nganga ou le Marabou susceptible de faire quelque chose pour elles. C'est sans doute ce qu'il y a de plus déprimant dans la situation actuelle du pays : l'absence de perspectives. Mais comment pourrait-il en être autrement ?

 

Puisque certains leaders de partis politiques, à tout le moins, la plupart de ceux qui aspirent gouverner le pays après cette période de transition n’ont ni dessein, ni discours, ni stratégie, sinon celle du canard sans tête. Certains parmi eux, soutenus frénétiquement par une certaine presse, n’ont jamais cherché qu’à verrouiller l’appareil de leurs partis politiques pour s’accrocher à leurs privilèges comme une bernique. C'est le syndrome de « Fort Apache ». Résultat : même quand ils disaient des choses intelligentes, ce qui a pu arriver, notamment sur la réconciliation nationale et le respect des institutions républicaines, ils n'étaient pas audible. Ils n’auront été que des fossoyeur de la République. Il n'y a là aucun acharnement de notre part. C'est une analyse que nous n'avons cessé de répéter depuis un certain temps contre vents et marées, et qui se confirme aujourd'hui : certains leaders politiques centrafricains ne sont pas qualifiés pour préparer l'alternance de 2015, que leur irresponsabilité pathologique met en péril. 

 

Les raisons d’espérer 

 

Dans le contexte actuel, marqué par l’insoutenable désintégration de l’État, faut-il avoir honte d'être Centrafricains ? Certainement pas! Car, on se remettra de cette catastrophe, nous nous sommes déjà remis de tant de choses. Tout passe. Mal. Mais ça passe. Il suffit de prendre de la hauteur, comme Nietzsche préconisait de le faire, en 1882, dans son grand livre, « Le gai savoir », face à la montée du nationalisme allemand et de la haine raciale. Le philosophe se disait accablé par « la gale du coeur et l'empoisonnement du sang nationaux à cause desquels aujourd'hui, en Europe, les peuples s'enferment dans leurs frontières et se retranchent mutuellement les uns des autres » comme pour se mettre en quarantaine. Sacré et prophétique Nietzsche. Il dénonçait la « petite politique » qui, en son temps, entretenait sournoisement les instincts grégaires des masses populaires de l’époque. 

 

Quant à nous autres Centrafricains, notre pays ne peut être privé de toute perspective de progrès social à cause de notre désinvolture et il faut bien s’interroger sur les moyens de parvenir collectivement. Faisons preuve de lucidité à l’égard du passé, comme de l’avenir, à l’égard de nos échecs comme de nos réussites, aussi maigres soient-elles. Constatons que les divisions, la haine tribale et les intérêts égoïstes n’ont jamais favorisé la construction d’un État respectable et respecté. Face aux réalités contemporaines, nous devons nous efforcer de conjuguer liberté et solidarité, individualisme et identité collective, efficacité économique et justice sociale, initiative et régulation, besoin de stabilité et désir de changement.

 

La question est donc de savoir si la politique vise à servir les intérêts d’une minorité de privilégiés voraces et insatiables ou si elle doit s’inspirer d’une exigence humaniste et universaliste pour agir ? C’est alors que l’on comprendra que notre pays ne sortira pas de sa crise actuelle en s’interrogeant sans fin sur les causes du problème qui sont d’une manière ou d’une autre connues. Mais la question qui lui est posée est moins celle, statique, liée aux origines de son effondrement que celle, dynamique, de son rapport à la sous région, à l’Afrique et au monde.

 

Il est urgent, nous semble-t-il, de reprendre un travail de réflexion et de proposition sur les grandes questions de l’heure. Il appartient naturellement au nouveau gouvernement qui vient d’être formé de concevoir une politique économique qui muscle notre appareil productif inexistant tout en répartissant plus équitablement revenus et richesses ; définir les valeurs autour desquelles rassembler la communauté nationale ; refaire de la Centrafrique une nation phare en matière de formation ; moderniser nos services publics et inventer une protection sociale digne de ce nom ; résoudre définitivement la question de l’insécurité en restructurant  les forces de sureté et de défense, les dotant de moyens adéquats ; convaincre et détourner certains de nos voisins de leur tentation hégémonique et leurs visées expansionnistes ; inciter la France, l’ex-puissance coloniale à se poser les bonnes questions sur nos rapports avec elle qui ne sauraient être guidés par la seule  boussole du paternalisme.

 

C’est en revenant au débat de fond que les Centrafricains construiront la République dont le peuple a besoin. La vraie façon de créer cette nouvelle dynamique, pour changer la donne en épargnant à notre pays l’oscillation entre l’instabilité permanente provoquée par la violence et les remèdes de prestidigitateurs extérieurs qui ont montré leur limite, serait de rassembler dans un même élan patriotique toutes les forces qui travaillent réellement à la construction d’une société post-Séléka. Cette société transversale respectueuse de la dignité humaine et dans laquelle les intérêts égoïstes, les profits personnels ne seraient plus que de vieux mauvais souvenir.

 

Ce rassemblement de talents ne saurait emprunter la forme d’un mouvement populiste hâtivement érigé tels les collectifs-quelque-chose que l’on voit actuellement pousser comme des champignons autour de certaines personnes conjoncturellement médiatisées. Il doit plutôt répondre à la double exigence de réinventer un pays où il fait bon vivre et de s’ouvrir à la modernité. Il lui faut vite sortir de l’impasse actuelle, et, pour enclencher sa marche, opérer d’abord un retour vers ce qui est la mission fondamentale d’une élite nationale : construire ensemble une Nation.

 

La nouvelle génération des Centrafricains doit être au centre de cette rénovation, de ce retour au politique, comme dirait l’autre. On l’entend ces temps-ci s’exprimer, souvent pour se plaindre. Pourquoi devrait-elle se vivre comme une cohorte frustrée et impatiente ? Si elle ne se borne pas à critiquer le passé, si elle ne reproduit pas les défauts qu’elle impute à ses aînés, si elle sait faire surgir des idées nouvelles sans courir derrière la dernière mode et les ambitions démesurées, si elle ne se morcèle pas – chacun croyant pouvoir être le meilleur –, si elle prend le temps nécessaire de l’apprentissage, si elle travaille, propose et construit, naturellement, l’avenir lui appartiendra.

 

Georges Adrien Poussou

 

Ministre Délégué, Conseiller spécial en matière de 

communication du Premier ministre    

Mahamat Kamoun, Catherine Samba-Panza et les Centrafricains par Adrien Poussou

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 19:31

 

 

 

 

 

 

http://www.lnc.nc/   lundi 01 septembre 2014 à 03H00

 

Tevai Teamo, 29 ans est l’un des deux soldats tahitiens blessés le 20 août à Bangui. Hospitalisé dans le Val-de-Marne, il se remet doucement de ses blessures en attendant de rentrer en Alsace, auprès de sa femme et de son bébé, avant de repartir en mission.

 

Les heurts ont été très violents les 19 et 20 août, à Bangui, entre les militaires français et des groupes armés. Des grenades ont été lancées. Qu’en est-il de vos blessures ?

 

Tevai Teamo : Une grenade a tapé au niveau de ma jambe droite. Des éclats ont frappé toute ma jambe, du pied jusqu’à la cuisse. Je ne peux plus marcher pour le moment mais, après six jours d’hospitalisation, j’ai déjà des séances de kiné. J’espère retrouver ma mobilité. Je ne connais pas encore la date de ma sortie.

 

 Que s’est-il passé ?

 

Dans un quartier musulman de Bangui, le 20 août, des groupes manifestaient depuis plusieurs heures, notamment contre la présence des militaires français. Ils bloquaient l’accès à l’arrondissement et on ne pouvait plus patrouiller. Ils avançaient et on reculait, jusqu’à ce qu’on ne recule plus. Ils étaient armés de grenades, de barres de fer et même de Kalachnikov. J’ai été le premier blessé. J’ai vu le mec dégoupiller la grenade et la lancer vers moi. De là, tout le monde a tiré.

 

Dans notre section, cinq hommes ont été blessés dont un autre Tahitien, le caporal-chef Edgar Renvoyé. Il a été touché à la cuisse gauche. Il a été hospitalisé à l’hôpital de Percy [hôpital militaire à Clamart, NDLR] mais il est sorti à présent. Sur place, nous avons été évacués rapidement. Juste sur notre position, il y a eu plusieurs morts du côté des groupes armés. J’ai été rapatrié en France le soir même.

 

Quelle était votre mission à Bangui ?

 

J’étais en mission avec Eufor-RCA [force opérationnelle dirigée par l’Union européenne en République centrafricaine, NDLR], engagée avec les Espagnols, les Italiens, les Polonais et les Géorgiens, pour un mandat de six mois. Cela faisait cinq mois que j’étais là-bas.

 

Avez-vous été sur d’autres conflits au cours de votre carrière ?

 

Je suis militaire depuis onze ans. Je suis allé notamment au Kosovo, au Liban, en Côte d’Ivoire et, bien sûr, en Centrafrique. L’armée m’a fait grandir. Je suis parti de Tahiti, j’avais à peine 18 ans. Je voulais m’engager, trouver un emploi stable et voyager. L’année prochaine, je passe un examen pour monter en grade. C’est la première fois que je suis blessé, mais je connais les dangers, bien évidemment. J’ai des copains qui ont été blessés et d’autres tués, comme dernièrement au Mali.

 

 

Mareva et Tamahana l’attendent à Sélestat

 

Tevai Teamo est marié et papa depuis le mois de janvier. Deux mois après la naissance de son petit garçon, il est parti en mission à Bangui. Il retrouvera prochainement sa petite famille qui habite à Sélestat, près de Colmar, en Alsace. « Depuis mon départ de Tahiti, Je n’y suis rentré qu’une fois pour le décès de mon frère. Je pense rentrer à la retraite », dit-il.

Douze victimes dans les rangs du 152e régiment

 

L’Agence France presse (AFP) rapportait, le 21 août dernier, que des heurts avaient opposé mardi et mercredi des soldats français à des individus armés au PK 5 dans le 3e arrondissement de Bangui, faisant au moins cinq morts et près de 40 blessés d’après une source hospitalière.

 

Selon des sources militaires, lors des affrontements du 20 août à Bangui, les militaires de la force européenne patrouillaient quand ils ont été attaqués par des individus en possession d’armes légères.

 

Les combats ont fait douze victimes dans les rangs du 152e régiment d’infanterie de Colmar. Cinq soldats ont été blessés. Les autres souffrent de troubles auditifs. 160 militaires de la 4e compagnie du 152e régiment d’infanterie opèrent actuellement à Bangui dans le cadre du dispositif de l’Eufor. Leur retour à Colmar est prévu fin septembre ou début octobre.

 

La France, dans le cadre de l’opération Sangaris et au sein de l’Eufor (dont l’objectif est d’assurer la sécurisation dans la zone de Bangui) tente d’appuyer les personnalités les plus modérées de chaque camp, les Séléka (majoritairement musulmans) et les anti-balaka (milices d’autodéfense, majoritairement chrétiennes, mises en place par des paysans) mais son influence sur le terrain est contestée. À partir du 15 septembre, la Minusca (Mission des Nations unies pour la stabilisation en RCA) doit se substituer progressivement aux forces internationales (française, européenne et africaine) déployées depuis fin 2013.

 

Propos recueillis par La Dépêche de Tahiti

Lu pour vous : « J’AI VU LE MEC DÉGOUPILLER SA GRENADE ET LA LANCER VERS MOI »

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 19:05

 

 

 

 

 

La montagne centrafricaine avec son gouvernement de Transition, ses « partis politiques alimentaires », sa « Séléka », ses Antibalaka, sa société civile, ses multiples déplacements à l’étranger a finalement accouché d’une souris. Ou d’un souriceau, mais tellement enflé ( 31 ministres) comme la grenouille de la fable qu’il va finir par éclater .

 

Le gouvernement Kamoun avec ses doublons fait plus penser à une auberge espagnole qu’à un gouvernement de combat pour sortir la RCA de la guerre, de la misère et de la pauvreté . C’est un gouvernement atypique, dirigé par une personnalité interdite de séjour aux Etats-Unis d’Amérique qui abritent l’ONU et les institutions de Bretton Woods (FMI, Banque Mondiale). Il n’a pas fait l’unanimité avant et après sa formation. La « Séléka » comme il fallait s’y attendre le désavoue malgré la part du lion réservée à ses cadres qui n’ont rien prouvé jusque-là. Cela n’est pas fait pour nous surprendre. La « Séléka » aurait désavoué n’importe quel autre gouvernement. C’est l’essence même de cette nébuleuse cooptée à l’étranger, financée, entraînée et envoyée en RCA pour la déstabiliser. Elle fait ce pour quoi ses commanditaires l’ont façonnée. Elle remplit sa part du contrat en suscitant une autre candidature et en inondant Internet et les journaux complaisants de ses communiqués insipides et redondants.

 

Nous nous garderons bien de critiquer le nouveau gouvernement (17 ministres maintenus sur 31 !) en attendant la déclaration de politique générale du Premier ministre et les premières mesures mises en place pour ramener la paix et la sécurité en RCA . Pour cela, le Premier ministre doit être clair, net et sans ambiguïté contre tous les porteurs d’armes en Centrafrique . Il peut s’appuyer sur les nombreuses Résolutions votées à l’ONU en faveur de la RCA pour mettre à contribution les forces internationales présentes ou à venir.

 

La France qui vante ses hélicoptères Fennec, Gazelle et Puma en Centrafrique doit être mise devant ses responsabilités . A quoi servent ces engins de guerre moderne si ce n’est pour protéger les populations civiles centrafricaines ? C’est le cas de rappeler ici qu’aucune force non conventionnelle centrafricaine ne dispose de couverture aérienne . En laissant massacrer les populations civiles centrafricaines à l’ère des drones, des écoutes électroniques sophistiquées, la France retombe dans un travers qui nous rappelle le Rwanda de triste mémoire.

 

L’actualité brûlante en Irak, en Ukraine et à Gaza a momentanément éclipsé la RCA du devant de la scène mais ce qui s’y passe reste douloureusement atroce : chaque jour qui passe apporte le deuil dans des dizaines de foyers centrafricains. On parle alors pudiquement de civils tués par des hommes armés. Mais tous les Centrafricains savent qui tue en RCA !

 

Nous relevons une curiosité au passage : tout le monde, y compris le journal Le Monde a présenté la guerre en Centrafrique comme une guerre religieuse opposant des musulmans aux chrétiens. Paradoxalement, le monde occidental chrétien qui a laissé tuer des chrétiens en Centrafrique est aujourd’hui vent debout pour venir en aide aux chrétiens d’Orient menacés par les djihadistes en Irak et en Syrie. Les premiers réfugiés chrétiens d’Irak sont déjà arrivés à Paris, accueillis par le Ministre des Affaires Etrangères en personne. Alors, deux types de chrétiens ? Deux poids, deux mesures ? La ficelle est trop grosse …

 

La Présidente de la Transition centrafricaine peut emprunter les chemins les plus tortueux, utiliser des ruses de Sioux pour finir par nous sortir de son chapeau un membre de son propre cabinet, doubler tous les postes ministériels pour offrir des rentes appréciables à des intrigants ou à des amis, se mettre à dos toute la sous-région et la communauté internationale etc…nous la jugerons sur pièce . Enfin, nous empruntons au chanteur ivoirien Gadji Celi cette strophe pour conclure cette tribune :


« C’est le seul pays de ma vie

Si tu le détruis

Je ne saurai plus où partir » (1)


David KOULAYOM-MASSYO   Reims, 26 Août, 2014

Centrafrique : Tout ça pour ça ? par David KOULAYOM-MASSYO

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 17:19

 

 

 

 

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

UNITÉ-DIGNITÉ-TRAVAIL

 

Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (Ex-Coalition Séléka)

 

…………………………………………………………………………………………………………

 

 

Communiqué de Presse No 0007/ECS/RCA

 

 

Le Bureau Politique de l’Ex-Coalition Séléka tient une fois de plus à informer l’opinion nationale et internationale, qu’elle ne se reconnait pas dans la composition du nouveau Gouvernement qui vient d’être publiée le vendredi 22 aout 2014 en République Centrafricaine.

 

L’Ex-Coalition Séléka n’a ni soutenu, ni communiqué le nom d’un Premier Ministre ou les noms des Ministres à la Présidence de la République. De ce fait, tous les Membres de l’Ex-Coalition Séléka ayant participé au présent Gouvernement sont exclus définitivement de ladite Entité.

 

Leur participation au Gouvernement, constitue une haute trahison et un non respect des consignes donnés par la Hiérarchie.

 

Les préalables n’ayant pas été respectés, le Bureau Politique de l’Ex- Coalition Séléka maintient sa position de non participation au Gouvernement.

 

Le combat que mène l’Ex-Coalition Séléka  ne se résume pas aux portefeuilles ministériels. Elle veut implanter la Paix au pays et le doter d’un Projet de société pour la RCA assorti  d’un idéal de Liberté, de Démocratie, de Prospérité pour le plus grand nombre possible de nos concitoyens, sans aucune espèce de discrimination, qui sera soumis à l’ensemble du peuple Centrafricain au moment opportun.

 

Toutefois, le Bureau politique de l’Ex-Coalition reste déterminé à trouver une solution politique juste, équitable et durable par la voie du dialogue et de la négociation avec toutes les forces vives de la nation.

 

Fait à Birao, le 31 Août 2014

 

Pour Le Président,

 

Le 1er Vice-président

 

Général NOUREDINE ADAM

 

Ancien Ministre D’État

Nouredine Adam stigmatise la "haute trahison" des trois ministres ex-Séléka du gouvernement Kamoun

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 17:12

 

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-08-31 12:08:53 - Cinquante enseignants chercheurs de l’Université de Bangui qui viennent d’être formés pendant quatre mois à la pédagogie universitaire ont reçu samedi leurs parchemins, au cours d’une cérémonie tenue dans l’amphithéâtre ‘’Paul Pamadou Pamoto’’ de l’Ecole normale supérieure (ENS) de Bangui.


Cette formation, la 18è du genre organisée par le Centre pédagogique universitaire (CPU) pour la session 2013-2014, vise le renforcement de ces enseignants chercheurs et nouvellement recrutés.


‘'Les enseignants de l'université doivent être enseignés en pédagogie pour assurer leur rôle d'enseignant et pour mieux améliorer la qualité de leur enseignement'', a déclaré Faustin Dolingo, directeur du Centre pédagogique universitaire (CPU)


Selon lui, cette formation qui a démarré le 10 mars pour prendre fin le 25 août a permis aux apprenants d'être initiés à l'andragogie, la psychologie de l'adulte, la docimologie, l'évaluation la didactique des enseignements, la communication pédagogique, la rédaction administrative, la pédagogie universitaire, le leadership et la méthodologie de recherche.


‘'A travers cette formation, l'Université de Bangui a donné l'occasion aux enseignants chercheurs et aux jeunes nouvellement recrutés de recevoir un bain pédagogique'', a-t-il souligné.


‘'Pendant la formation, nous avons appris beaucoup de choses puisqu'on ne savait pas vraiment comment enseigner à l'université et qu'on confondait la pédagogie à l'andragogie'', s'est réjoui, l'un des apprenants, Patrick Mbesse, promettant qu'avec cette formation reçue ‘'nous allons pouvoir enseigner maintenant un adulte''.

 

 http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=803424#sthash.MHjnFPCD.dpuf

Renforcement de capacités pour 50 enseignants chercheurs centrafricains

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 17:00

 

 

 

 

AU SECOURS DES IDEES                                                                    

 

Nommé le 10 août, premier ministre, Mahamat Kamoun a annoncé, vendredi 22 août, la formation d’un nouveau gouvernement de large ouverture, comptant 31 ministres contre une vingtaine, dans le précédent, conduit par André Nzapayéké. La nouvelle équipe intègre, à peu près, tous les profils de la scène politique centrafricaine actuelle : société civile, partis politiques, groupes armés, chrétiens, musulmans, animistes.

 

Douze membres du gouvernement sortant, ont retrouvé une place dans le nouveau cabinet. Les ministres des Affaires étrangères, des Postes, de l’Economie, de la Fonction publique, de l’Education, du Commerce, et de la Santé, restent inchangés.

 

Cinq membres de l’ancienne équipe se voient attribuer de nouveaux portefeuilles, à l’instar d’Aristide Sokambi, issu de la société civile et ancien titulaire de l’Administration du territoire, qui devient nouveau ministre de la Défense.

 

Dix-neuf nouvelles personnalités font leur entrée au gouvernement, dont le général de gendarmerie, Thierry-Marie Métinkoué, nouveau ministre à la Sécurité.

 

Les rebelles de l’ex-coalition Séléka obtiennent trois portefeuilles, avec l’Elevage (Mahamat Tahib Yacoub), les Transports (Arnaud Djoubaye Abazène) et les Postes et Télécommunications (Abdallah Kadre Hassane). Ils sont entrés au gouvernement après un accord du président de Séléka, l’ancien président de la transition, Michel Djotodia.

 

Armel Ningatoloum Sayo, un commandant du mouvement Révolution et Justice (rébellion armée active dans le Nord-Ouest), a, quant à lui, été nommé ministre de la Jeunesse et des Sports.

 

Des voix se sont élevées, et non des moindres, pour contester, non seulement, la nomination de Mahamat Kamoun, au poste de premier ministre, mais aussi, celle de l’ensemble de son gouvernement. Il en est, par exemple, du deuxième vice-président de l’ex-Séléka, le général Dhaffane, qui « se donne le droit de reconsidérer les engagements pris au Forum de Brazzaville », organisé du 21 au 23 juillet, sous l’égide du président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, médiateur de la crise centrafricaine.

 

Une partie de la société civile représentée par Joseph Bindoumi, président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme, fait savoir, de son côté, que « des personnalités se réclamant de la société civile (et faisant partie du gouvernement) n’ont pas été choisies par la société civile ». Il en est de même de l’ancienne majorité du président, François Bozizé, renversé, en mars 2013, par l’ex-Séléka : « Nous n’avons rien contre Mahamat Kamoun, mais il fut directeur de cabinet de l’ancien président Michel Dotodia (qui avait renversé François Bozizé le 24 mars 2013) qui a laissé un passé plein de mauvais souvenirs au peuple », a déclaré Mohamed Bengué Bossin, porte-parole de la coalition GPP-RTL qui regroupe l’ancienne majorité du président François Bozizé.

 

Bref, il y a beaucoup de mécontents. Y compris l’AFDT  (Alliance des forces démocratiques pour la transition) qui demande le retrait de sa représentante, du gouvernement.  La coupe est pleine.

 

La présidente de transition, Catherine Samba-Panza pouvait-elle satisfaire tout le monde ? Quand on voit l’état de délabrement du pays et la hargne que mettent les groupes armés ou non à le détruire, malgré l’implication des forces politiques et militaires internationales, on donne raison à la présidente, qui s’est donné du temps, trois semaines, pour consulter, avant de désigner de façon « discrétionnaire » son premier ministre, et sortir l’équipe gouvernementale.

 

Pour diriger le Centrafrique, de nos jours, il faudrait une sacrée dose de caractère. Catherine Samba-Panza n’est peut-être pas (encore) une professionnelle de la politique, mais elle peut être considérée comme une « dame de fer ». Seule devant l’histoire, elle a fait son choix en toute responsabilité, et l’assume devant ses compatriotes : « Il faut donner l’occasion au nouveau premier ministre de faire ses preuves », au lieu de continuer à chercher à « déstabiliser la transition ».

 

Face à trop d’intérêts en jeu, dans ce pays tiraillé de tous les côtés, Catherine Samba-Panza vient de dicter son choix, qu’elle estime conforme aux (seuls) intérêts de son pays, actuellement, en lambeaux. C’est une litote. Exit le candidat du médiateur. Celui du président en exercice de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale) n’a qu’à se préparer pour la prochaine élection présidentielle, tout comme celui de la France, qu’on disait avoir un très bon profil. C’est à Madame Panza de désigner un premier ministre. Point final. Ce pouvoir lui a été donné en janvier, à N’Djamena, par les chefs d’Etat de la sous-région. Ne revenons pas là-dessus. Donnons-lui, plutôt, les moyens d’abréger cette transition qui n’a que trop duré.

 

Ce sera, donc, Kamoun jusqu’à l’élection présidentielle de février 2015.

 

Sans tarder, il faut se (re)mettre au travail car le temps presse, tout en ayant à l’esprit, que la communauté internationale fait, déjà, beaucoup pour aider le pays, mais qu’elle ne sera pas, éternellement, derrière lui si ses fils et filles continuent de refuser de prendre son destin en main.

 

AFRIQUEDUCATION n° 398 - Du 1er au 15 septembre 2014 - www.afriqueeducation.com

 

Lu pour vous : CENTRAFRIQUE : CATHERINE SAMBA-PANZA EST-ELLE COURAGEUSE OU SUICIDAIRE ? Par Paul TEDGA

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Centrafrique-Presse.com
30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 15:59

 

 

 

 

 

Par Le Nouvel Observateur   30-08-2014 à 13h46

 

À l'occasion du festival Visa pour l'image de Perpignan, le photojournaliste Michaël Zumstein revient sur ses reportages en Centrafrique.

 

Photojournaliste franco-suisse spécialiste du continent africain, Michaël Zumstein a couvert ces dernières années plusieurs conflits de la Centrafrique à la Côte d’Ivoire en passant par le Mali et la République démocratique du Congo.

 

Pour sa 26édition, le festival Visa pour l’image de Perpignan expose ses photos sur le conflit centrafricain dans une série intitulée "De terreur et de larmes." Un reportage au long cours de plusieurs mois, commencé début septembre 2013, à l’aube de la lutte armée qui allait opposer la Séléka, mouvement rebelle à majorité musulmane, et les anti-balaka, milices chrétiennes d’autodéfense.

 

De la formation des milices aux multiples exactions commises par les deux camps, le photographe a suivi toutes les évolutions du conflit dont la teneur religieuse se profilait. Avec Cyril Bensimon, journaliste au "Monde", ils étaient parmi les premiers reporters sur place. Michaël Zumstein raconte au "Nouvel Observateur" les conditions de travail dans lesquelles il a opéré en Centrafrique et la difficulté pour les photojournalistes de vendre leurs images. Interview.

 

Pourquoi un festival de photojournalisme comme Visa pour l’image est important ?

- La production de l’information est de plus en plus rapide, on est dans l’instantanéité. Le festival Visa offre une histoire de l’actualité sur la longueur, avec la possibilité de montrer la quasi-intégralité des photos du reportage. C’est un temps de répit où le long récit est roi. Pour des sujets complexes, comme la guerre en Centrafrique, le festival permet aussi de mettre en avant le travail des photojournalistes qui, à part lors d’enlèvements ou de meurtres, sont assez peu mis en avant.

 

C’est le moment d’une compréhension du monde, l’occasion de prendre le temps d’expliquer notre travail et les conditions de réalisation d’un sujet.


Certains journaux spécialisés publient encore des photoreportages, mais c’est un public restreint. Avec le festival Visa, plus de 200.000 personnes peuvent y accéder gratuitement.

 

Quand vous prenez une scène violente en photo, comme en Centrafrique avec les machettes, ne craignez-vous pas que cela se retourne contre vous, en tant que témoin ?

 

- Ceux qui commettent ce genre d’exactions savent très bien qu’il y a des journalistes autour d’eux. On est souvent proches de la scène de violence. En tant que Blancs, avec des appareils photos professionnels, on est très vite repérables, surtout si on ne travaille pas au téléobjectif. À partir du moment où l’on n’est pas chassé directement, c’est qu’il y a une permission implicite.

 

Le plus important est de faire attention que les scènes ne se produisent pas à cause des journalistes présents. J’ai connu des situations où des membres de groupes armés nous disaient : "Venez, venez, on a coincé un musulman, vous allez voir ce qu’on va lui faire." C’est de la manipulation pure et dure dans ce cas-là. Le photographe ne doit pas céder à la tentation de l’image facile. Le groupe de photojournalistes dans lequel j’étais a toujours refusé de participer à ce genre de scène. C’est une ligne à ne surtout pas franchir.

 

La crise du photojournalisme vous pousse-t-elle à rechercher des photos plus trash ?

 

- Non, je ne suis pas en quête de photos sanglantes. L’ultra-violence détourne parfois la vision de l’ensemble et enlève le côté narratif au récit que l’on donne à voir. Au contraire, on redouble de prudence avec ce genre d’images "trash". Le sang n’est pas la preuve que la photo est bonne.

 

Surtout, il ne faut pas oublier qu’en zone de conflit, les différents camps veulent manipuler l’information pour se mettre en valeur, intimider l’adversaire et tirer profit de la couverture des médias. Cela fait partie de la propagande des groupes armés."

 

En Centrafrique, au début de la crise, on voyageait avec un chauffeur musulman et un fixeur [accompagnateur, NDLR] chrétien, puis on alternait. Mais après plusieurs semaines de combats, il était difficile d’aller dans un quartier chrétien, avec un chauffeur de confession musulmane, et vice-versa. Or, pour traiter l’actualité, c’est essentiel d’aller dans les deux camps et trouver un équilibre dans la réception de l’information. On recoupe toujours les renseignements qu’on nous donne avec les ONG, les émissaires de l’ONU sur place pour être certain que nos photographies correspondent à la situation. Lors de mes 11 semaines de reportage pour "Le Monde", j’ai pu me rendre partout et passer d’un camp à l’autre dans la même heure.

 

Il y a des photos très violentes que j’ai demandé au journal de ne pas diffuser. Soit parce que je n’avais pas les moyens de vérifier les circonstances de la mort de la personne, soit parce que l’image ne donnait pas plus d’information qu’une mort brutale.

 

Ces photos peuvent-elles servir à expliquer autre chose que l’instant ?

 

- Prendre ces photos est important pour un travail d’archive. L’ambition du photojournaliste est aussi de documenter, de s’inscrire dans l’Histoire. Je me souviens d’une image très dure d’une personne morte qui allait être émasculée, à 100 mètres de la porte d’entrée des forces françaises. Garder cette image est primordial pour savoir comment la France réagira quand on lui demandera de faire le bilan de l’intervention.

 

Quels changements avez-vous observés dans le secteur du photojournalisme ?

 

Au niveau de la production de photos, on a moins d’espace qu’il y a 20 ans par exemple. Quand j’étais plus jeune, j’arrivais à trouver des journaux pour publier mes reportages et raconter des histoires.

 

L’avantage aujourd’hui est qu’avec la baisse des prix des billets d’avion et le développement des moyens de communication, il est plus facile de se pré-positionner sur le terrain quand on sent une actualité. Par exemple en Centrafrique, des relais m’avaient parlé de tensions qui existaient dans le pays. J’y suis allé avant que cela n’explose, ce qui m’a donné la possibilité de nouer des contacts, de comprendre les enjeux géopolitiques et de faire du repérage.

 

Le danger avec ces facilités d’accès au terrain, c’est l’arrivée de jeunes reporters inexpérimentés sur des zones conflictuelles où le risque est démultiplié.

 

En République centrafricaine, j’ai vu des jeunes photographes qui travaillaient dans des conditions dramatiques sans gilet pare-balles, sans assurances, sans média derrière eux, ni même une agence pour distribuer leurs photos."

 

Ils n’avaient pas de voiture, ou alors un vieux taxi qu’il fallait pousser pour faire démarrer ; imaginez quand il faut prendre la fuite pour échapper à une horde de rebelles armés de machettes. L’équipe de photojournalistes professionnels sur place leur a dit de partir. Le danger pour les jeunes photographes c’est de vouloir aller trop vite, trop loin, trop fort.

 

L'indication "Presse" peut-il faire des journalistes une cible, plutôt qu’une protection ?

 

Oui, cela peut arriver. On est toujours des proies potentielles dans une zone de conflit. C’est le grand mythe de tuer le messager plutôt que l’ennemi.

 

Propos recueillis par Tancrède Bonora

 

Michaël Zumstein commente deux de ses photos pour "Le Nouvel Observateur" :

 

"Ci-dessus, une photo que j’ai faite lors de mon premier voyage, en septembre 2013. À l’époque, on ne les appelait pas encore les anti-balaka, c’était encore des groupes d’autodéfense villageois, armés de carabines, qui essayaient de se défendre de la Séléka au pouvoir.

 

Puis quand le rapport de force s’est inversé, à partir de janvier 2014, ces mêmes milices chrétiennes ont commencé à faire aux musulmans ce que la Séléka leur avait fait subir : pillage, viol, destruction de villages. Cette photo prend maintenant des airs de tableau inquiétant car ces hommes sont devenus les maîtres officieux des routes centrafricaines. Au début, la population civile chrétienne les acclamait, maintenant c’est terminé car ils rançonnent tout le monde sur la route (chrétiens et musulmans). Ce sont devenus des grands brigands."

 

"Après l’attaque ratée de Bangui, le 5 décembre 2013, par les miliciens anti-balaka, pour prendre la ville et faire tomber le pouvoir de la Séléka, les miliciens chrétiens se cachaient dans les faubourgs. Ici, nous les trouvons presque par hasard dans une école désaffectée où ils nous proposent d’assister à un cours d’instruction militaire.

 

Alignés en rang comme dans une classe normale, les "élèves" sont venus à l’école avec leurs armes : machettes, gourdins cloutées et couteaux. Ils répondent aux questions de l’instructeur militaire et tachent de faire bonne figure devant le photographe.

 

Quelques semaines plus tard, ce sont ces mêmes hommes qui terroriseront les populations musulmanes et les forceront à quitter un pays qui était pourtant le leur."

 

Lu pour vous : CENTRAFRIQUE. "Le sang n’est pas la preuve que la photo est bonne"
Lu pour vous : CENTRAFRIQUE. "Le sang n’est pas la preuve que la photo est bonne"

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