Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 23:22

 

 

 

 

http://www.lunion.presse.fr/   Par Mathilde ESCAMILLA  21/10/2014

 

Il arrive tout juste des États-Unis. Au début du mois de septembre, Alex Ouamonguene est devenu le pasteur de l’église protestante de Vitry-le-François. Rencontre avec ce ministre du culte, animé par la foi depuis son adolescence centrafricaine.

 

La porte s’ouvre en grand. Il pénètre d’un pas ample dans la Maison de l’Évangile, dite L’Espérance. Pour surprendre son interlocuteur du jour, Alex Ouamonguene l’apostrophe par quelques phrases en anglais, un large sourire lui éclairant le visage. Il a le sens du contact direct qui fait tomber immédiatement les barrières. L’entame en anglais n’était qu’un jeu, car le français se trouve impeccablement maîtrisé chez cet homme à l’expérience cosmopolite.

 

Depuis quelques semaines, Alex Ouamonguene exerce le pastorat de l’Église protestante de Vitry-le-François. Il assure les prédications lors du culte dominical, et conduit les réunions de prière et les études bibliques chaque mercredi. Le nouveau venu arrive tout droit des États-Unis, où il a passé 14 années.

 

Il rencontre Dieu, à 12 ans

 

Nommé pasteur, il a obtenu un visa de séjour temporaire d’une durée d’un an. « J’ai toujours envisagé de m’installer en France. Nous allons prier pour que Dieu agisse ici, dans la vie des gens », assure-t-il, soucieux de rendre aux autres ce qu’il a lui-même reçu. Alex Ouamonguene a trouvé la foi adolescent, alors qu’il vivait en République centrafricaine. « J’ai rencontré plusieurs missionnaires français, venus prêcher en Afrique. La première fois, c’était à l’âge de 12 ans, durant une réunion d’évangélisation. Mon père était malade ; il souffrait d’un type de diabète avancé. J’ai vu la puissance de Dieu se manifester au travers de la parole déterminée du prédicateur, raconte-t-il. Lorsque le missionnaire a demandé s’il y avait des malades dans la salle, mon père s’est levé. La prière l’a guéri, alors que son état nécessitait des injections quotidiennes. »

 

Ce miracle a décidé de la vocation d’Alex Ouamonguene. Le jeune garçon qu’il était s’est engagé résolument dans la voie du protestantisme. Il a fait ses classes pour pouvoir, à son tour, diffuser la sainte parole. « Je dois quelque chose à la France. Je veux restituer ce que les missionnaires ont apporté aux miens. Ils ont ouvert des écoles, multiplié les conférences et les expositions qui ont beaucoup contribué à répandre la parole de Dieu. » L’enfant d’alors s’est absorbé dans l’évangélisation et le témoignage des croyants. En grandissant, il a naturellement embrassé la carrière d’évangéliste, empoignant le bâton du pèlerin et s’en allant prêcher sous les tentes itinérantes. « La gloire de Dieu se voyait dans le pays en conflit, malgré le danger, et la mort qui frappait. »

 

Un bac de gestion en poche, incité par un missionnaire américain, Alex Ouamonguene est parti poursuivre ses études au Nigeria. Il y a obtenu une maîtrise spécialisée dans le ministère pastoral. Durant quatre ans, il a établi une navette entre ce pays d’Afrique et les États-Unis. L’Amérique lui a offert l’opportunité de valider un doctorat et de perfectionner son prédicat. Il s’y est installé.

 

Alex Ouamonguene a exercé sept ans dans le Colorado, puis sept ans au Texas. Cette longue période s’est entrecoupée de séjours réguliers en France ; un trimestre chaque année, à venir soutenir ses collègues. « Je venais à Vitry-le-François, j’allais à Nancy, à Marseille… J’ai parcouru comme cela toute la France. »

 

Il est donc désormais devenu le pasteur attitré de l’Église de Vitry. Après l’itinérance, voici venu le temps de la sédentarisation dans un poste dédié à une communauté de fidèles ; un arrêt effectif mais d’une durée indéterminée. « Je demande à Dieu de m’aider à rendre à la France ce que les Français m’ont apporté… Le monde est malade, il a besoin de retrouver le chemin de la foi… »

Lu pour vous : Après la Centrafrique et les États-Unis, Alex Ouamonguene devient pasteur à Vitry le François

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 22:26

 

 

 

 

Par RFI 21-10-2014 à 22:38

 

Les incidents violents se multiplient en Centrafrique prouvant l'insécurité persistante du pays. Politiquement, le gouvernement de transition est plus critiqué que jamais. Le Premier ministre a lu, mardi 21 octobre, une déclaration dans laquelle il justifie le « vice de procédure » dans l'affaire du don angolais et, mercredi, la présidente Catherine Samba Panza doit s'exprimer devant le Conseil national de transition (CNT) pour faire le point sur l'état de la nation.

 

Le Premier ministre, Mahamat Kamoun, est dans une position difficile. Sa déclaration de ce mardi est avant tout un appel à l'unité et au respect des accords de Brazzaville. Cependant, il a insisté pour répéter que son gouvernement n'avait en aucun cas détourné des fonds d'aide angolais ; il a seulement agi face à l'urgence, tombant dans un « vice de procédure ».

 

De son côté, minée par une crise de confiance et par cette affaire du détournement, Catherine Samba-Panza n'a jamais été si impopulaire. Elle doit s'exprimer, mercredi, sur l'état de la nation devant le Conseil national de transition (CNT). Cependant et à ce stade, anti-balaka comme ex-Seleka semblent ligués conjointement contre son nouveau gouvernement nommé cet été.

 

Vendredi dernier, la présidente a affirmé qu'elle mettrait fin à la transition le 15 février prochain, notamment après avoir consulté, pendant trois jours, « les forces vives de la nation », dont des partis politiques et des représentants de l'ex-Seleka.

 

Cependant, toutes les mouvances politiques s'accordent désormais pour dire que les conditions ne sont pas réunies pour permettre l'organisation des élections en février prochain, seule date évoquée par la communauté internationale.

 

Mais beaucoup espèrent désormais le départ de Samba-Panza et, selon de nombreuses voix, un passage obligé serait - dans un premier temps - le départ de son Premier ministre Mahamat Kamoun, nommé cet été, mais largement décrié. 

RCA : Catherine Samba-Panza attendue devant le CNT

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 21:35

 

 

 

 


Un test de diagnostic rapide du virus Ebola a été mis au point par des chercheurs du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de Marcoule (Gard), annonce l'institut mardi. Il est utilisable sur le terrain sans matériel spécifique, à partir d'une goutte de sang, de plasma ou d'urine.


Baptisé Ebola ezyscreen et d'un format similaire à celui des tests de grossesse, "ce test est capable de donner une réponse en moins de 15 minutes pour tout patient présentant des symptômes de cette maladie", précise le CEA dans un communiqué.

Un prototype sera disponible "d'ici la fin du mois d'octobre" pour permettre la validation clinique sur le terrain, ajoute le CEA, avant que soit lancée la phase d'industrialisation et de production par la société française Vedalab, leader européen des tests rapides.

 

Ebola ezyscreen a été récemment validé par le laboratoire de haute sécurité microbiologique P4 Jean Mérieux sur la souche qui sévit actuellement en Afrique de l'Ouest.

Plus de deux heures

 

A l'heure actuelle, les tests, basés sur la détection génétique du virus, nécessitent des appareillages dédiés, prennent de 2h15 à 2h30 et doivent être pratiqués exclusivement en laboratoire, relève l'organisme public. 


Selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'épidémie de fièvre Ebola a fait 4546 morts sur les 9191 cas recensés en Guinée, au Libaria et en Sierra Leone.



(ats / 21.10.2014 21h33) http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=529651 

Ebola: un test de diagnostic rapide mis au point en France

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 21:24

 

 

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 22-10-2014

 

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté mardi une résolution dans laquelle il proroge jusqu'au 15 mars 2015 l'autorisation donnée à l'opération de l'Union européenne qui est actuellement déployée en République centrafricaine.

 

Dans sa résolution, le Conseil de sécurité précise avoir pris cette décision alors que "la situation en République centrafricaine continue de constituer une menace contre la paix et la sécurité internationales".

 

Cette prorogation de l'autorisation donnée à la force de l'Union européenne (EUFOR-RCA) intervient dans un contexte de regain de violence dans le pays. Vendredi, la Coordonnatrice humanitaire de l'ONU, Claire Bourgeois, a exhorté les groupes armés qui opèrent dans la capitale Bangui à protéger les civils et à s'assurer qu'ils ont accès aux cliniques et hôpitaux de la ville.

 

En janvier de cette année, le Conseil de sécurité avait autorisé le déploiement de la force de l'Union européenne en soutien aux forces africaines de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) et aux forces françaises déjà déployées dans le pays.

 

Mi-septembre, la MISCA a procédé à un transfert d'autorité avec la nouvelle mission des Nations Unies, la MINUSCA.

 

Source: Agence de presse Xinhua

Le Conseil de sécurité de l'ONU proroge l'opération de l'UE en Centrafrique

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 15:54

 

 

 

 

Par RFI 21-10-2014 à 15:06

 

 

La ville de Bambari connaît un nouvel afflux de déplacés depuis le début du mois d'octobre,  Ce week-end, ce sont majoritairement des villageois de Batobadja, une bourgade située à environ trente kilomètres, au sud-est de Bambari. D'autres villages se sont récemment vidés de leurs habitants sur cet axe. Les déplacés fuient des attaques menées par des milices Seleka, qui affrontent régulièrement des anti-balaka pour le contrôle des routes qui mènent à Bambari, la troisième ville du pays.

 

Les organisations humanitaires ont été alertées sur le sort de ces déplacés, en fin de journée vendredi et samedi, après une nouvelle attaque dans le village de Batobadja, à une trentaine de kilomètres à l'est de Bambari.

 

Selon Francine Roy, du Comité international de la Croix-Rouge, la plupart ont trouvé refuge dans le site de l'église Notre-Dame, à l'ouest de la ville où le Programme alimentaire mondial est intervenu pour venir en aide à une centaine de familles.

 

Mais d'autres sites, à l'est de Bambari cette fois, ont également reçu près de 200 familles depuis début octobre du fait d'incidents du même type, autrement dit, des attaques de milices Seleka tentant de défendre leurs zones de contrôles menacées par des anti-balakas.

 

Situation instable

 

L'abbé Firmin, aumônier de Bambari, a été en contact avec les familles et l'église Notre-Dame s'emploie à les secourir avec l'ONG Caritas. Il assure néanmoins que la situation est à nouveau calme, tout comme le confirme Moussa Zoubirou, le représentant de la Jeunesse islamique de la ville. Mais l'abbé ne serait pas surpris de voir arriver de nouveaux déplacés, la situation restant instable dans toute la région de Haute Kotto, selon lui.

RCA : nouvel afflux de déplacés à Bambari

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 14:55

 

 

 

 


Ouagadougou - AFP / 21 octobre 2014 15h21 - Le gouvernement burkinabè a annoncé mardi la tenue d'un référendum qui doit rendre possible la candidature à l'élection présidentielle de 2015 du chef de l'Etat Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans, ce qu'interdit pour l'instant la loi fondamentale.


Le Conseil extraordinaire des ministres, réuni mardi, a adopté un projet de loi portant révision de la Constitution qui sera soumis à l'Assemblée nationale en vue de la convocation du référendum, a annoncé Jérôme Bougouma, le ministre de l'Administration territoriale et de la sécurité, sans préciser la date du référendum.

Le chef de l'Etat burkinabè avait évoqué pour la première fois en décembre dernier la tenue d'une consultation populaire au sujet de l'article 37 de la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels et l'empêche de se présenter au scrutin de novembre 2015.


Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir à la suite d'un coup d'Etat en 1987, a déjà effectué deux septennats (1992-1998 et 1998-2005), et il terminera fin 2015 son deuxième quinquennat (2005-2010 et 2010-2015).


L'hostilité à une révision constitutionnelle est forte au Burkina Faso, des dizaines de milliers de personnes ayant encore manifesté à Ouagadougou fin août contre une possible consultation populaire.


Le chef de l'Etat avait instauré en septembre un dialogue entre opposition et majorité, qui a pris fin début octobre sans que les deux parties ne puissent s'entendre au sujet de la révision de l'article 37.



(©)

 

 

Soudan: le président Omar el-Béchir candidat à sa réélection en 2015


Khartoum - AFP / 21 octobre 2014 14h48 - Le président soudanais, Omar el-Béchir, a été réélu mardi chef du Parti du Congrès national et sera donc candidat à sa réélection en 2015, a annoncé son conseiller, Ibrahim Ghandour.


Omar el-Béchir, arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'État militaire en 1989 et réclamé par la Cour Pénale Internationale pour répondre d'accusations de crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide au Darfour, a été élu par 266 voix sur 522 lors de la convention du parti face à quatre autres candidats, a précisé M. Ghandour.

Cette élection lève les doutes qui planaient sur la candidature de M. Béchir au scrutin présidentiel prévu pour avril 2015, alimentés notamment par deux opérations au genou qui avaient soulevé des questions quant à l'état de santé du président, âgé de 70 ans.


En mars, M. Ghandour avait affirmé que le président avait déclaré à plusieurs reprises qu'il ne souhaitait pas se représenter, mais que la décision revenait au parti.

Les élections prévues en avril - présidentielle mais aussi législatives - sont les deuxièmes depuis son arrivée au pouvoir.


L'opposition avait boycotté les élections de 2010 qui, selon les observateurs, n'avaient pas répondu aux normes internationales.


Depuis la partition du Soudan et la création du Soudan du Sud en 2011, le régime est secoué par des heurts dans la moitié de ses 18 Etats et l'économie est exsangue.


(©) http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=529483 

Burkina Faso : le gouvernement va organiser un référendum pour permettre la candidature de Compaoré

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 13:22

 

 

 

 

21/10/14 (Afrikaweekly.com)

 

Tout le monde, ou presque, a donné son avis sur le don angolais depuis que l’affaire a éclatée, suite aux révélations de François Soudan. Les antibalaka, la milice dirigée par Patrice Edouard Ngaïssona, a exploité l’occasion pour exiger la démission de la cheffe de l’Etat, Catherine Samba Panza. Le Conseil National de la Transition, lui aussi, s’est mis sur ses ergots, pour demander au Premier ministre des explications. Un véritable imbroglio qui a donné à la Présidence de la République l’idée d’un coup d’Etat.

 

Le don angolais a l’air d’un cadeau empoisonné pour Catherine Samba Panza, la Cheffe de l’Etat de la transition centrafricaine, Catherine Samba Panza. Prétextant que la représentation nationale devrait avoir l’œil sur les fonds publics, Alexandre Ferdinand Nguéndet a secoué terre et ciel pour obtenir l’interpellation du gouvernement dirigé par Mahamat Kamoun le mardi 15 mars 2014. Son intention était d’apporter un « éclairci afin de laver le soupçon de prédation qui pèse sur le pouvoir exécutif ».

 

Intervenant à la tribune du Conseil National de Transition, le Premier ministre Mahamat Kamoun n’a pas varié d’un iota de ce que la Présidence de la République a clamé de tout temps. Le montant du don querellé, à savoir : les 2,5 millions de dollars américains, soit à peu près 1,3 milliards de francs CFA.

 

Pour les tenants de cette thèse, le quart du don angolais a servi aux fonds spéciaux. Les fonds spéciaux, quant à eux, ont été répartis dans les actions humanitaires, le social, l’action gouvernementale, le renforcement du confort à la Présidence de la République et le fonctionnement des institutions. C’est à ce stade que Mahamat Kamoun a épinglé le Conseil National de Transition, qui a bénéficié d’une partie de ce don à travers les fonds spéciaux et les caisses d’avances. Pour lui, il n’y a pas eu détournement mais plutôt de procédures qui n’ont pas été respectées.

 

Pas convaincu par les explications de M. Kamoun, le Président du Conseil National de Transition a ordonné l’institution d’une commission d’enquête parlementaire pour tirer au clair cette affaire. Cependant Mahamat Kamoun, au cours de ses interventions, a douté de la sincérité sinon de l’objectivité d’une commission parlementaires d’enquête.

 

Le lundi 6 octobre 2014, le coordonnateur des antibalaka, Patrice Edouard Ngaïssona, avait lancé un ultimatum de 48 heures à la Cheffe de l’Etat de transition, pour qu’elle rende son tablier. Les points de griefs ont concerné le flou autour de la fin de la transition, pourtant officiellement fixé au 15 février 2015 ; le limogeage des leurs à des postes de responsabilités, comme par exemple les conseillers à la Présidence de la République et au cabinet du Ministre de la Défense nationale ; la commande d’un bataillon de soldats tchadiens devant assurer la sécurité de la Présidente ; et, une fois de plus, la gestion du don angolais.

 

Pour donner un poids à leur mouvement, les antibalaka ont paralysé la ville de Bangui. Les taxis, bus et taxi-moto n’ont pu circuler, de peur de se voir déposséder de leurs moyens roulants.

 

Ayant fait la lecture des revendications et des évènements, la Présidence de la République n’est pas passée par le dos de la cuillère pour dénoncer un coup d’Etat institutionnel, à travers un communiqué de presse rendu public le 14 octobre 2014. Les antibalaka ont donné 48 heures à la cheffe d’Etat, fut-elle le produit du Conseil National de Transition, de démissionner. Ensuite, pour paralyser la ville, « la ville de Bangui a été secouée par des tirs d’armes lourdes et légères ».

 

S’agissant du bilan, le communiqué de la Présidence de la République fait porter le chapeau des faits suivants aux antibalaka : la mort d’un officier du contingent pakistanais, la mort d’un élément du contingent burundais, les assassinats d’un gendarme et de plusieurs civils centrafricains.

 

La Présidence de la République estime qu’en neuf mois de gouvernance assumée dans des conditions périlleuses par la Cheffe de l’État de la Transition, « des mensonges savamment distillées sont accompagnés de larges distributions nocturnes de dizaines de millions par coupures de billets de banque à ceux qui érigent des barricades dans les rues de Bangui et qui les tiennent munis de grenades pour dissuader la population de circuler, paralyser le pays et ainsi déstabiliser la transition. Des armes lourdes et légères sont également distribuées au sein de la population, notamment aux jeunes, pour semer la terreur dans le pays et réclamer la démission de la Présidente de la Transition et celle du Premier ministre ».

 

Le Forum des Ambassadeurs africains en République Centrafricaine, représenté par Gaspard Mugaruka Bin-Mubibi, Ambassadeur de la République Démocratique du Congo, Président ; Gabriel Entcha-Ebia, Ambassadeur du Congo Brazzaville, Vice-président, et Nicolas Nzouyoum, Ambassadeur du Cameroun, secrétaire permanent, a condamné avec fermeté les commanditaires et auteurs des actes de violence perpétrés dans la ville de Bangui.

 

La crise dénuée, les antibalaka vomis par la population

 

A la suite de la rencontre entre la Cheffe de l’Etat et quelques leaders des antibalaka, la crise qui a momentanément mais sérieusement perduré, s’est atténué à partir de jeudi 16 octobre. La vie a repris à la suite de la colère de la population qui manifesté sa lassitude. La paralysie du pays a suscité des mouvements de grogne au sein de la population, qui en veut réellement aux antibalaka.

 

Du 6 au 15 octobre, soit près de dix jours durant, tous les « débrouillards », ou presque, sont devenus des piétons. Les femmes notamment parcouraient de longues distances chargées de légumes, de poissons frais, de manioc pour les acheminer vers les marchés. Les jeunes « chargeurs » de taxi ou ceux qui en lavent se sont mis à tirer le diable par la queue.

 

Les antibalaka se sont mis à briller par les pillages et les braquages à visage découvert. Comme si l’on avait déshabillé Saint Pierre (ex-Séléka) pour habiller Saint Paul (antibalaka). Et la dernière victime reste la population civile Centrafricaine. Or, à l’origine du mouvement, les vrais antibalaka avaient été acclamés par la population, parce qu’ils ont fait le contre-pied des exactions des rebelles de l’ex-coalition Séléka. Seulement, le mouvement a été infiltré par des désoeuvrés et des gens de toute nature. Il est donc évident que les actes qui sont imputables aux antibalaka soient observés.

 

Des heurts entre antibalaka et de jeunes protestataires ont été signalés à Ouango dans le 7ème Arrondissement, forçant de nombreuses personnes à réintégrer le site des déplacés internes de l’Evêché ; des militaires du 6ème Arrondissement se sont attaqués aux antibalaka qui ont érigé de nombreuses barrières sur les voies publiques ; à Gobongo dans le 4ème Arrondissement censé être leur fief, des antibalaka ont été contrés par de jeunes « débrouillards » très agacés.

 

Avec la reprise de la vie, des convois de plus d’une centaine de camions provenant du Cameroun et bloqués à Boali, une localité située à environ 90 kilomètres de Bangui, sont entrés dans la capitale vendredi 17 octobre 2014. Sans plus tarder, les familles se sont mises à s’approvisionner en produits de première nécessité, farine, huile, savon, sel et autres, dont les stocks étaient épuisés.

 

Comme une cerise sur le gâteau, l’armée longtemps restée en quarantaine a repris ses fonctions, à l’initiative de quelques militaires, corroborée par un communiqué de l’Etat major général des armées. De son côté, le Premier ministre, Mahamat Kamoun, a annoncé le paiement de deux mois de salaires dès le 25 octobre 2014. Sur ce point seulement, des fonctionnaires et agents de l’Etat se frottent déjà les mains.

Lu pour vous : Centrafrique la vie a repris à Bangui malgré les querelles autour du don angolais

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 13:00

 

 

 

 

21/10/14 (Afrikaweekly.com)

 

Il est désormais une tradition pour la République Centrafricaine, d’entrée dans une spirale de violence presque tous les dix ans. A la différence des autres crises, la rébellion introduite par l’ex-coalition Séléka a été la plus meurtrière. La circulation des armes de tous les calibres a façonné le contenu des chansons et la manière des enfants d’organiser leurs jeux.

 

Les musiciens centrafricains semblent décidés à apporter leurs pierres à l’édification de la paix en Centrafrique. Ils montrent ainsi que les conflits armés et toutes les horreurs engendrées ont éprouvé leurs sensibilités. Ainsi toutes les chansons, ou presque, ont désormais des liens avec les conflits armés.

 

L’amour, la famille, le travail, thèmes habituellement traités par les musiciens centrafricains semblent ne plus être à la mode. Depuis que les armes se sont mises à circuler, nos artistes puisent désormais leurs inspirations dans le conflit pour faire des appels à la paix, la tolérance et l’unité nationale.

 

Ce mouvement général rappelle la période de 1996 à 2003, ou l’accent étaient particulièrement mis sur les rapports ethniques.

 

Les jeux d’enfants ont pris le relais des vraies guerres

 

Par le passé, les jeux des enfants n’avaient aucun lien avec les armes. Les garçons notamment se servaient, pour leurs jeux, de cerceaux, faits de gentes d’engins à deux roues, de voitures en bambou ou en boîte de sardine, etc. Ils passaient également leur temps à jouer aux matchs de football. Avec les conflits armés, tout a changé.

 

Jeux d’enfants relais_ D’abord tous les enfants, où presque, ont une connaissance très poussée des armes. A chaque détonation d’une arme à l’issue des tirs sporadiques, ils cherchent à déterminer l’arme utilisée. C’est cette connaissance qui a poussé les enfants à se doter des armes de leur goût au moment des jeux.

 

Pour expliquer les crises actuelles en République Centrafricaine, beaucoup d’observateurs ont mis le doigt sur les différentes réformes du système éducatif. Progressivement, l’instruction civique a été retirée des programmes scolaires. Les multiples grèves des enseignants, de même que leur démotivation, ont largement contribué à la dépravation des mœurs. L’autorité parentale s’est sérieusement amenuisée.

 

Losséba Ngoutiwa en concert France

 

Malgré le contexte socio sécuritaire peut reluisant, la musique centrafricaine peut être exportée. C’est ainsi que le jeune musicien centrafricain Losséba Ngoutiwa, parfois surnommé « Jack Bauer le Messie », de l’orchestre Sapéké Musika Maison mère, s’était produit samedi 18 octobre 2014 dans la salle American dream située dans la zone industrielle Cour de Berney 49000 à Angers Ste Gemmes /Loire par le biais d’une soirée tropicale.

 

Le déplacement de Losséba et sa production à Angers ont été rendus possibles grâce à Soungba Soungba et Deff Prod.

Lu pour vous : Centrafrique: les orchestres et les jeux d’enfants désormais façonnés par les armes

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 12:58

 

 

 

 

La grave crise que connaît aujourd’hui notre pays, dont les racines très profondes remontent à plusieurs décennies déjà et qui partant malheureusement tend à devenir structurelle à mesure que le temps s’écoule, a aussi révélé- ce grâce à l’utilisation des nouvelles formes contemporaines des moyens de communication qui permettent la circulation de l’information en temps réel- que les Centrafricains établis hors des frontières de la RCA, loin de toujours représenter un facteur, encore moins un pôle de déstabilisation du pays comme certains seraient tentés de le croire ou simplement loin d’être mus uniquement par l’appât du gain facile ou la recherche de position de pouvoir, peuvent aussi apporter une plus-value à la recherche des solutions aux problèmes divers et variés qui encalminent l’essor de notre pays et hypothèquent son avenir. Car, pour peu qu’on ait, un tant soit peu, quelque intérêt ou quelque amour pour son pays- sauf à être anti patriote ou masochiste invétéré-  l’on ne peut assister stoïquement- sans réagir- à la descente aux enfers de ce que l’on a de plus cher et légué en partage par nos illustres devanciers. J’entends sa patrie. C’est pourquoi, je me permettrai d’affirmer au débotté et sans ambages que la contribution de la Diaspora à la solution des problèmes du pays peut prendre et prend d’ailleurs déjà diverses formes.

 

Les pouvoirs publics locaux seraient bien inspirés d’en tenir le plus grand compte et d’organiser institutionnellement de ce fait ce capital humain en l’absence de sa prise en compte globale par les organes de transition en vigueur. Force est de relever opportunément que la communauté centrafricaine de l’étranger n’est pas représentée notablement qu’en France mais réside aussi dans l’ensemble des autres pays européens, dans les Amériques, en Asie et, bien évidemment, dans toute l’Afrique. Le mondialisme oblige, ce qui est à l’honneur de nos compatriotes expatriés.

 

1. Un intérêt avéré des Centrafricains établis hors de la RCA pour les problèmes du pays

 

Même si Certains se complaisent parfois dans la critique systématique, acerbe et stérile de tout ce qui s’écrit ou se fait de façon positive en direction de la RCA- et c’est là l’une des facettes caustiques de l’humain et il faut se résoudre à l’accepter lorsqu’on s’engage sur le terrain du débat public d’idées-, la crise à laquelle la RCA est actuellement confrontée a montré qu’il y a aussi des compatriotes qui sont soucieux et se préoccupent de la situation dramatique et chaotique du pays. J’en veux pour preuve certaines contributions positives destinées à la résolution de la quadrature du cercle c’est-à-dire à ce que j’appellerai l’effort de paix.

 

Ces contributions se sont manifestées et se manifestent quasiment tous les jours aux quatre coins du monde où les compatriotes se trouvent. Il n’y a qu’à s’informer au travers de certaines productions de qualité sur la toile ou l’Internet pour s’en apercevoir ; même si certains utilisent parfois ces précieux outils de notre civilisation à des fins de désinformation ou de diffamation. N’en déplaise aux Cassandre de tous poils.

 

Je voudrais réaffirmer solennellement ici que tous les Centrafricains ou les amis de la RCA qui réfléchissent à l’avenir de notre pays, à travers des écrits, certaines organisations, ou colloques, ne sont pas nécessairement des Opposants en puissance et ne doivent pas être vus ou considérés comme tels. Ils ne sont pas non plus tous des chercheurs de postes. La mauvaise foi qui est parfois la chose la mieux partagée en Centrafrique ne construit rien de bon, ne nous grandit pas. Bien au contraire. Je souhaite que cela soit clair.

 

2. La communauté centrafricaine expatriée, un réservoir d’idées nouvelles et d’initiatives constructives et créatrices

 

Sans vouloir mettre en cause ici la qualité de la matière grise restée au pays, la communauté centrafricaine établie hors de la RCA peut servir de réservoir d’idées et/ou d’initiatives louables en direction du pays. Loin de son pays, on peut réfléchir à son destin. Surtout, lorsqu’il se trouve aux prises aux pires moments de son histoire de la période postcoloniale.

 

Cette communauté souhaite que ceux qui président aux destinées du pays sachent raison garder lui savoir gré de temps en temps. Par voie de conséquence, elle ne doit pas être vue comme quantité négligeable ou en potentielle rivale. Quand on aime son pays, on ne peut pas souhaiter son malheur, sa dérive ; souhaiter le voir aller à vau l’eau au nom de l’assouvissement de ses intérêts personnels bassement matériels  ou parce qu’on n’est pas là où on estime, à tort ou à raison, devoir être. L’accession aux positions de pouvoir se fait par  des voies démocratiques ou légales.

 

Retenons que si le tribunal des Hommes a parfois la main lourde dans un Etat de droit, le tribunal de l’Histoire est aussi impitoyable à l’égard de celui ou de celle qui aura manqué à ses obligations de citoyen, de serviteur vis-à-vis de son pays, de son Etat.

 

Lorsqu’on est un citoyen digne d’une nation souveraine, il faut, en permanence, se demander ce qu’on a fait pour son pays et non ce que son pays a fait pour soi, dixit le Président américain John Fitzgerald Kennedy. Quand bien même cette activité serait chronophage. C’est à l’aune de cette interrogation constante, de ce rendez-vous de vérité avec soi-même, qu’on se construit et qu’on contribue à l’édification de son pays. Loin de moi l’idée de m’ériger en donneur de leçon. Cette vérité peut, peut-être, choquer plus d’un mais- pour reprendre une expression triviale désormais popularisée sur notre continent- « c’est ce qui est la vérité ».

 

3. La communauté centrafricaine expatriée, une force économique, financière et sociale

 

Si cette communauté ne pèse pas encore suffisamment économiquement-loin s’en faut- à l’exemple de la Diaspora sénégalaise, malienne ou ivoirienne qui injecte chaque année une masse financière énorme car supérieure, à elle seule, à l’aide publique au développement (APD) dans les économies locales respectives, l’on ne peut nier catégoriquement que la Diaspora centrafricaine contribue-même à une part minime soit-elle- au développement, dans une moindre mesure certes, économique et social du pays.

 

Malgré la situation du pays qui n’a pas toujours incité à beaucoup d’optimisme -c’est le moins qu’on puisse dire-, certains compatriotes ont pu y investir- qu’ils en soient ici solennellement remerciés et salués- dans de petites unités économiques et y produire des activités génératrices de revenus. Ce qui a entraîné de petites créations d’emplois au grand bénéfice des compatriotes sur place. Quand d’autres ont pu y construire ou devenir propriétaires de bâtis.

 

Les compatriotes expatriés aident au règlement des dépenses alimentaires, sanitaires, sociales, éducatives de leurs proches restés au pays. Ce qui représente autant d’argent injecté dans l’économie nationale. Donc, à la consolidation du budget, encore très squelettique, de l’Etat- ce budget se situe autour de 200 milliards de F CFA- comparé aux budgets des pays voisins qui caracolent au-delà des 2000 milliards de F CFA année après année, grâce, il faut le reconnaître, aux revenus dégagés par l’exploitation de leur pétrole et autres ressources minières et forestières.

 

Si demain la RCA venait à recouvrer sa situation de paix d’antan- les élections étant pour l’instant un peu l’Arlésienne-, je suis convaincu que les compatriotes seraient disposés à faire davantage pour le pays.

 

Les membres de cette communauté, lorsqu’ils décident, par exemple, d’investir massivement au pays serait en droit d’attendre de l’Etat des facilités administratives en termes d’allègements fiscalo-douaniers, de bénéfice préférentiel dans l’attribution dans certains marchés publics.

 

Je refuse catégoriquement de croire que nous sommes définitivement condamnés à rester les derniers de la classe, à toujours tirer le diable par la queue. A rester « Dernaillo ».

 

Les autorités centrafricaines ne peuvent pas faire comme si cette communauté qui représente aujourd’hui la 17e région de la RCA n’existe pas. C’est pourquoi, je pense qu’il vaudrait mieux l’organiser pour qu’elle puisse se sentir réellement partie prenante de la communauté nationale.

 

4. La formation opportune d’un Conseil des Centrafricains de la Diaspora (Conced)

 

Avec la naissance de cette crise protéiforme sans précédent, certaines voix se sont élevées et ce, à juste titre, pour réclamer à cor et à cri que la communauté centrafricaine expatriée soit mieux prise en compte dans le cadre des préoccupations nationales et notamment du dialogue de réconciliation nationale à venir. D’autant plus que son poids n’a cessé d’être grandissant dans ce monde qui devient, chaque jour un peu plus, un village planétaire fort de la vulgarisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication, contribuant ainsi à l’essor de la mondialisation inéluctable, inexorable et débridée. D’autant plus aussi que sa contribution à l’effort de paix a été non négligeable ces dernières années. Si cette communauté expatriée n’a pas été insensible aux problèmes que vit le pays, le pouvoir en place ou celui qui s’ensuivra serait bien inspiré d’envisager la création d’un Organe autonome, en l’absence, en l’état actuel des choses, d’un Sénat ou d’une Assemblée nationale pleinement représentative qui aurait pu éventuellement jouer ce rôle, qui regrouperait cette communauté.

 

Cet Organe pourrait prendre, par exemple, la dénomination de «  Conseil des Centrafricains de la Diaspora (Conced) ». Dans ce cas, les modalités d’organisation et de fonctionnement de cette institution devront être élaborées, en amont, et fixées de concert avec les acteurs concernés. Je pense singulièrement aux individualités et aux associations qui fleurissent au sein de la Diaspora et qui œuvrent dans des activités de toute nature souvent orientées vers le pays. En un mot, vers son développement économique et social.

 

                                                                                            Wilfried Willy ROOSALEM

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 10:32

 

 

 

 

http://www.la-croix.com/   21/10/14 - 07 H 20

 

Des intellectuels et des responsables religieux français sont à Bangui mardi 21 octobre afin de nouer un dialogue avec des personnalités locales sur les raisons de la violence dans le pays

 

Depuis quelques semaines, en Centrafrique, les affrontements entre groupes armés ont repris, causant la mort de plusieurs casques bleus.

 

« Comprendre les racines de la violence extrême » qui sévit depuis des mois en Centrafrique, ce qu’elle dit de la société de ce pays. Libérer la parole des intellectuels centrafricains sur ce sujet difficile. C’est avec ces objectifs, mais « en toute humilité », qu’une petite délégation d’intellectuels et religieux français quitte Paris mardi 21 octobre pour trois jours de rencontres intensives à Bangui, avec des personnalités locales.

 

Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, vice-président de l’Observatoire Pharos du pluralisme des cultures et des religions, et Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes et président de Pax Christi France, ont convaincu le juriste Antoine Garapon, l’historien Jacques Sémelin, mais aussi l’imam de Bordeaux Tareq Oubrou de se joindre à eux. Françoise Parmentier, présidente de l’association d’intellectuels chrétiens Confrontations, a rejoint le projet, avec le souci, dit-elle, de « se mettre à l’écoute des femmes » et de la manière spécifique dont elles « vivent cette violence ».

 

Cinq tables rondes sont prévues, réunissant chaque fois de 30 à 40 personnalités : à l’université de Bangui, au grand séminaire catholique, à la faculté de théologie protestante, avec des responsables musulmans, et enfin à l’Alliance française. À chaque fois, elles se tiendront à huis clos, pour favoriser la qualité et la liberté des échanges.

 

« TENTER D’ÉCLAIRCIR LES CAUSES DU CONFLIT »

 

« Nous sentons bien que la crise centrafricaine n’est pas seulement politique, économique – même si elle l’est – et qu’elle a aussi des racines profondément culturelles, religieuses : comment aurait-elle trouvé sinon un tel soutien dans les populations ? » s’interroge Jean-Arnold de Clermont. Pour cela, une seule solution à ses yeux : « Donner la parole aux intellectuels centrafricains eux-mêmes. »

 

L’initiative se situe dans le droit fil de l’« Appel à la solidarité » lancé en 2008 par l’association Pax Christi en faveur des chrétiens d’Irak. Il avait abouti à la création de l’Observatoire Pharos, structure professionnelle d’information au service du pluralisme des cultures et des religions, présidé par la juriste Mireille Delmas-Marty.

 

« Depuis 2008, nous avions le souci d’élargir notre vigilance et notre engagement par rapport à la situation de toutes les minorités au-delà des seuls chrétiens, et à la montée des violences, en regardant aussi ailleurs qu’au Moyen-Orient », rappelle Mgr Stenger, vice-président de son conseil d’administration. Au titre de Pharos, Jean-Arnold de Clermont a reçu commande des ministères français des affaires étrangères et de la défense d’« éclaircir » les causes culturelles et religieuses du conflit centrafricain.

 

« RENCONTRER TOUTES LES COMMUNAUTÉS »

 

Le noyau dur initial a donc été rejoint par d’autres personnalités, religieuses – comme Tareq Oubrou – ou plus scientifiques. Un « attelage » mixte qui ne fait pas peur au magistrat Antoine Garapon : « L’urgence est telle qu’on n’en est plus aux guerres de religion intellectuelles », tranche-t-il, convaincu au contraire que partir avec « un pasteur, un évêque, un imam » sera le moyen de « rencontrer toutes les communautés, de montrer notre neutralité ».

 

Car c’est la grande inconnue de ce voyage : la petite délégation parviendra-t-elle à mettre ses interlocuteurs en confiance, à les faire se parler, se livrer, alors que la violence semble chaque jour repousser les frontières de l’insupportable ? « Comment serons-nous perçus ? Je n’en sais rien », avoue Jacques Sémelin, persuadé aussi que, « dans cette affaire, personne n’est ni blanc ni noir »

 

Pour tous, créer ces espaces de dialogue, servir de « tiers » est en soi un premier pas. « La parole est primordiale », insiste Françoise Parmentier, qui compte sur son expérience de sociologue pour avancer dans ce « travail d’audition » à décrypter « les impensés derrière la parole première ».

 

Au-delà de leurs étiquettes, tous partagent le même désir : « comprendre », approcher ou plutôt tenter d’approcher les racines de cette violence qui peut faire, du jour au lendemain, d’un simple citoyen le meurtrier de son voisin.

 

« ECOUTER LES ACTEURS »

 

À la veille du départ, Jacques Sémelin avoue repenser à cette phrase du grand historien Marc Bloch : « Un mot, pour tout dire, domine et illumine nos études : comprendre. » « Pour moi qui suis allé au Rwanda ou en Bosnie plusieurs années après les événements, c’est une expérience nouvelle et sûrement très forte », reconnaît ce spécialiste des massacres et des génocides, désireux « d’écouter les acteurs, leurs témoignages ».

 

Selon leurs expériences respectives, les membres de la délégation seront plus sensibles à tel ou tel aspect du conflit : ethnique ou culturel, interreligieux, géopolitique, politique ou encore judiciaire. Sans « projeter leurs représentations et critères d’analyses », sans « projeter non plus des considérations éthiques a priori », ils pourront, comme observateurs extérieurs, « aider les acteurs de la société centrafricaine à se donner les outils de dépassement et de résolution » de ces violences, espère Mgr StengerÉtant entendu que nul ne peut le faire à leur place »

 

Ce premier voyage devrait être suivi, début décembre, d’un séminaire regroupant à nouveau, universitaires, responsables religieux, mais aussi représentants du monde associatif, acteurs publics. De leurs travaux devrait découler un « livre blanc des racines culturelles et religieuses de la crise centrafricaine », prévoit Jean-Arnold de Clermont, ainsi que, « en positif », une analyse pour permettre « la reconstruction du pays sur des bases culturelles et religieuses ». « Rien de solide ne se fera sans cela », estime celui qui a vécu six ans en Centrafrique, et a pu constater à quel point « l’unité » du pays était un sujet en friche.

 

« VOIR ET DIALOGUER »

 

À l’heure du départ, tous restent extrêmement prudents quant aux suites de leur travail. « Ce genre de situation de violence extrême est toujours le résultat d’une multiplicité de facteurs. Il faut donc rester modeste : qu’aura-t-on compris en profondeur ? Je ne sais pas », avoue l’historien Jacques Sémelin.

 

Il voit dans ce voyage l’occasion d’un « premier contact », mais aussi « un symbole, une manière de ne pas les laisser tout seuls dans cette confrontation interne ». « La gravité de la situation en Centrafrique n’est pas traduite dans les médias français. Plus encore que d’autres conflits, c’est un peu un fait oublié », appuie Antoine Garapon.

 

L’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, qui sera l’hôte de la délégation, apprécie déjà le « signal fort » qu’elle envoie. « J’attends que nos frères viennent et qu’ils puissent essayer d’écouter, voir de leurs propres yeux, dialoguer avec les gens, et se faire leurs propres jugements. Car la situation est complexe », indique-t-il.

 

Et d’ajouter : « Peut-être pourra-t-elle accentuer la pression sur les autorités françaises pour dire stop aux violations des droits de l’homme ? Et si jamais ils arrivaient à mobiliser les croyants dans un élan de solidarité, ce serait aussi un message très fort pour nous. »

 

Anne-Bénédicte Hoffner 

Lu pour vous : Centrafrique, la parole contre la violence

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog