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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 00:03

 

 

 

 

  

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-09-17 17:38:49 - L’Association internationale des maires francophones (AIMF) a mis à la disposition de la municipalité de Bangui une enveloppe de trois millions d’euros (deux milliards de FCFA) en vue de l’aider à accueillir à la mi-octobre prochain la conférence des maires de la République Centrafricaine, a annoncé mercredi le maire de Brazzaville.


Hugues Ngouelondele, également vice-président de l'AIMF, s'adressait à la presse au sortir d'une audience avec le Premier ministre, Mahamat Kamoun.


‘'Je suis venu à Bangui pour apporter un message de paix, soutenir nos frères et sœurs en difficulté. Je suis à Bangui surtout pour organiser très prochainement à la mi-octobre la conférence des maires'', a dit M Ngouelondele, avant d'ajouter : ‘'mes pairs m'ont chargé d'être le parrain de cette conférence''. 


Parlant de l'aide financière, le député maire de Brazzaville a souligné qu'elle allait permettre à la municipalité de Bangui d'exécuter des projets déjà définis, entre autres, celui relatif à l'entretien et à l'embellissement de la ville de Bangui.

Toutefois, a-t-il relevé, ‘'l'AIMF pourrait mettre autant de millions d'euros ici dans cette ville. Mais si n'on n'arrive pas à atteindre la réconciliation et la paix, rien ne se fera''.


Le député maire de Brazzaville s'est entretenu la veille avec le bureau du Conseil national de transition (CNT) avec à sa tête le président Alexandre Ferdinand Nguendet. Au cours de cette rencontre il a évoqué le motif de sa visite à Bangui.

‘'C'est le 23 mai dernier à Paris en France que nous, les maires francophones, avons décidé de cette visite fraternelle et de travail pour apporter un appui à la ville de Bangui, qui est elle-même membre de l'AIMF'', a confié M. Ngouelondele au sortir de l'audience.

 

http://www.apanews.net/article_read-804818-deux-milliard-de-fcfa-de-l--aimf-pour-la-ville-de-bangui.html#sthash.R9hudRBC.dpuf

Deux milliards de FCFA de l'AIMF pour la ville de Bangui

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 23:22

 

 

 

 

 

Programme des obsèques de M. Clément Michel  NGA GNII VOUÉ TO

 

1933 ~ 2014

 

JOURNEE DU VENDREDI 19/09/2014

 

 

20 H00 : Veillée  mortuaire au domicile familial  sis  aux 200 Villas, rue du BARC (ex ONAF)

 

JOURNEE DU SAMEDI 20/09/2014

 

06H00 : Mise en bière à la morgue du CNHUB.

 

07H00 : Départ de la dépouille pour le domicile familial aux 200 Villas.

 

07H30 : Arrivée de la dépouille au domicile  familial et installation.

 

           -  Prière par un  membre de L’Association de la Médaille Miraculeuse

           -  Cantiques religieux

 

09H30 : Résumé de sa vie, témoignages…

 

10H00 : Dépôts de gerbes .

 

10H30 : Recueillements…

 

11H00 : Départ pour la Cathédrale

 

Notre Dame de l’Immaculée Conception :

 

           -  Offices religieux

 

13H00 : Départ pour le cimetière de  « NDRES ».

 

          -   Inhumation

 

14H30 : Retour au domicile familial

 

 

RESUME DE SA VIE

 

Après son Certificat d’Etudes Indigènes à Bangassou en 1947, il fut envoyé à l’école professionnelle à Bangui où il n’est resté qu’un mois. Ses professeurs ont remarqué rapidement son intelligence et l’ont envoyé en France pour être inscrit au Collège National Technique de Nîmes. Après avoir fini son cycle secondaire en 1952, il choisit d’intégrer l’armée de l’air Française où il est sorti au grade de Sergent avec spécialité sur les moteurs à réaction et titulaire du Brevet de l’Air en 1957.

 

Il  entra à la faculté de droit et des sciences économiques de Bordeaux en 1960.

 

Il va opter pour le métier d’homme de droit en intégrant l’Institut des Hautes Etudes d’Outre Mer (IHEOM)  où il sort avec le diplôme de magistrat en 1964.

 

Militant nationaliste avec ses collègues oubanguiens qui ont marqué l’histoire des premières années de l’indépendance, il quitte la France pour son pays natal où il fut intégré comme magistrat en 1965.

 

Il travailla avec droiture et rigueur pour dire que le droit. Pendant cette première année, il fut envoyé à Bossangoa comme Président du Tribunal de Grande Instance avec juridiction sur Bozoum, puis à Bambari en 1967 comme Procureur de la République avec juridiction sur le Mbomou et le haut- Mbomou.

 

Ses fonctions de magistrat furent interrompues par sa nomination comme Ministre des Affaires Etrangères.

 

Il occupa successivement entre 1971et 1978, sans interruption, les départements des Affaires étrangères, de la Justice et du Travail, de l’Information, de l’Aviation Civile, des Travaux Publics et de l’Urbanisme, de l’Intérieur, Conseiller à la Cour Impériale avec rang de Ministre d’Etat. Il reprendra les activités politiques en 1984 au moment du CMNR. Réintégré dans l’armée centrafricaine au grade de Sous-lieutenant, il fut nommé Ministre des Affaires Etrangères.

 

Pendant ses activités politiques, il n’a jamais pratiqué le népotisme ni favorisé les membres de sa famille au détriment des autres. Il a toujours privilégié l’intérêt général. Ainsi, Ministre du Travail, il a pris un arrêté historique devenu célèbre, l’arrêté 007 en obligeant les entreprises privées à nommer les cadres centrafricains qui travaillent dans leurs entreprises comme des directeurs adjoints. Plusieurs de ses compatriotes ont bénéficié de ces dispositions et ont ainsi vu leur statut social amélioré. Il a fait augmenter également les salaires des directeurs généraux des entreprises du secteur public.

 

Pendant ses activités publiques, il a exercé plusieurs missions dont les plus importantes ont été comme envoyé spécial auprès des hautes personnalités de ce monde. Il s’agit par exemple auprès du Président de la Côte d’Ivoire, du Président de la République-unie du Cameroun, du Président du Niger, du Président de la République Populaire du Congo, du Président du Bénin, du Président de la République de la haute Volta, du Président du Togo, du Président de la République démocratique du Soudan, du Président de la République de Corée, du Président de la République du Zaïre, du Président  de la Confédération Helvétique, du Président de la République populaire Démocratique de Corée, du Président de la République Socialiste de Roumanie. Il a dirigé environ une trentaine  délégations extérieures auprès des institutions internationales dont l’OUA, l’OCAM, l’OIT, l’ONU, des Pays Non-Alignés, Banque Mondiale et le FMI.

 

Ancien boxeur en France, il a présidé pendant 11 ans la fédération centrafricaine de Boxe et a été Vice-président de la Fédération Centrafricaine de Tir à l’Arc. Il est diplômé de Comité International Olympique rendant hommage en 2001.

 

Il a été membre de Lion’s Club International, Président du Conseil d’Administration de l’ENERCA de 1977 à 1980, Président de la délégation Spéciale de la ville de Bangui en 1976.

 

Les multiples services rendus à la Nation lui ont valu 17 décorations dont 11 par les pays étrangers à savoir : Commandeur de l’Ordre national de Grèce, Grand Officier du Mérite de la Côte d’Ivoire, Commandeur de l’Ordre National du Nigéria, Ordre de Tudor 1ère Classe de Roumanie, Commandeur de l’Ordre du Lion du Sénégal, Commandeur de la Légion d’Honneur de France, Grand Officier du Mérite National Français.

 

Monsieur Clément Pascal NGA GNII-VOUE TO nous quitte à l’âge de 81 ans et laisse 6 enfants.

Programme des obsèques de M. Clément Michel  NGA GNII VOUÉ TO

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 22:22

 

 

 

 

 

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Le Père Bernard Kinvi est lauréat 2014 du Prix Alison Des Forges décerné par Human Rights Watch à des défenseurs des droits de l'Homme. Ce prêtre catholique a secouru des musulmans en Centrafrique, au péril de sa vie.

 

Le prix Alison Des Forges est décerné chaque année par Human Rights Watch à des défenseurs des droits humains à travers le monde.

 

Le père Kinvi a été honoré pour avoir sauvé la vie de centaines de civils musulmans qui étaient pris pour cible lors de violences interconfessionnelles en République centrafricaine. Human Rights Watch souligne "son courage sans faille et son dévouement dans la protection des civils ". Il revient sur son engagement au micro d'Ibrahima Bah. Cliquez sur la photo pour entendre l'entretien ou lisez la retranscription ci-dessous :

 

Interview avec le Père Bernard Kinvi

 

Kinvi: En janvier 2014, quand la guerre a éclaté, nous avions le choix de partir ou de rester. Mais en tant que camélien, j’ai fait vœu de servir les malades, même au péril de ma vie. Alors et moi et mon confrère le Père Brice Patrick et les sœurs carmélites de Sainte-Thérèse de Turin qui sont encore actuellement à Bossemptélé, ainsi que le personnel de l’hôpital Saint-Jean-Paul II de Bossemptélé, nous avons tous décidé de rester, de secourir les malades, de les soigner, de soigner les blessés de guerre. HRW est passé en février et en mars et c’est là que Peter [Bouckaert] est venu, a discuté avec eux, avec l’imam, et tout ce monde et ils ont été touchés par notre engagement à sauver des blessés.


DW : Vous avez sauvé des dizaines de personnes. Qu’est-ce qui vous a donné la force de sauver ces vies ?


Kinvi: J’avoue que je suis quelqu’un de peureux, comme tout le monde. J’ai aussi peur de la mort, je crains aussi la souffrance, comme tout le monde. Mais dans la situation, j’ai senti une force exceptionnelle qui me poussait à aller de l’avant, à ne pas abandonner les blessés, les réfugiés, les rescapés, aller les chercher dans leur coin, les secourir et enterrer les morts qui jonchaient les rues. Et j’ai pu le faire grâce au soutien indéfectible de tous mes confères, surtout le Père Brice Patrick et l’apport exceptionnel des sœurs carmélites et tous les missionnaires de la zone qui se sont donnés en faveur de ces blessés. Donc je ne me suis pas senti seul dans cette œuvre. J’ai senti tout un groupe autour de moi qui m’a donné la force nécessaire de continuer malgré les menaces de mort…


DW : Vous parlez de menaces de mort. D’où venaient-elles ?

 

Kinvi: Beaucoup de gens n’étaient pas d’accord pour qu’on garde les musulmans. Car en ce temps-là, les musulmans étaient vus comme des ennemis. Beaucoup voulaient les tuer. Alors je me suis vraiment opposé. Toute la mission catholique s’y est opposée. Et nous avons reçu des menaces. Une fois, je suis allé chercher un réfugié dans la nuit. Je voulais le faire entrer dans un véhicule de la Misca et là, j’ai rencontré un anti-balaka qui m’a attrapé, qui a dit qu’il allait tout faire pour me tuer parce que je cachais des musulmans. Mais je ne pouvais pas le laisser faire du mal à cet homme. Donc c’était à chaque fois des dérangements, des menaces, ou des demandes, parfois, de rançons pour des réfugiés musulmans que nous gardions à la mission catholique.


DW : Qu’est-ce qui vous a poussé vous à garder des musulmans au moment où la majorité des chrétiens voulaient en découdre avec les musulmans ?


Kinvi: Je ne peux pas parler d’une guerre entre chrétiens et musulmans. Je parlerais plutôt d’une révolte de non-musulmans contre les musulmans. Car tout ce groupe des anti-balakas, qui voulaient tuer les musulmans, je ne reconnais pas en eux des chrétiens. Etre chrétien, c’est accepter Jésus Christ, être baptisé, aller à l’église. Les médias ont voulu voir en tout non-musulman un chrétien. Ce n’est pas bien de faire la distinction comme ça. En Centrafrique, ou du moins à Bossemptélé, il y a une grande division entre les animistes, qui sont les plus nombreux, une petite partie qui est chrétienne, et une autre partie de musulmans. La majeure partie des anti-balakas que moi j’ai connus, avec qui j’ai beaucoup discuté pour ramener la paix, n’étaient pas chrétiens mais animistes. En face de tous ceux-là, il y a effectivement des chrétiens qui, dans leur quartier, ont caché des musulmans comme moi et qui nous ont appelés, moi ou mon confrère Brice, pour qu’on vienne les chercher de nuit. Alors où ai-je trouvé cette force ? Je suis un prêtre camélien, et le camélien fait souvent un quatrième vœu , en plus de la chasteté, de la pauvreté, de l’obéissance, c’est de servir les malades même au péril de sa vie. Et on rencontre dans le malade le Christ lui-même faible et souffrant. Alors que ce soit un musulman ou que ce ne soit pas un musulman, c’est le Christ que je sauve.

 

DW : Aujourd’hui , que représente ce prix pour vous ?


Kinvi: Ce prix, c’est d’abord une joie, celle de faire comprendre au monde entier qu’en Centrafrique, beaucoup de prêtres, beaucoup de chrétiens, de religieux se sont penchés sur le cas des musulmans et les ont protégés. Pour dire que ce n’est pas une guerre confessionnelle mais plutôt politique. Je voudrais à travers ce prix rendre hommage à tous les prêtres, tous les chrétiens qui, de partout en Centrafrique, se sont battus pour sauver des vies humaines, car je n’étais pas seul. On a besoin de faire comprendre que le chrétien n’a rien à faire contre le musulman.


DW : Vous dites que des chrétiens ont sauvé des musulmans, mais des musulmans ont aussi sauvé des vies de chrétiens dans le pays…


Kinvi: Bien sûr ! Nous avions par exemple un chauffeur musulman. Pendant le règne de la Seleka, c’est lui qui nous aidait alors que les Seleka régnaient et nous empêchaient de circuler librement. Et ce chauffeur nous aidait en tout. Dans les missions catholiques, on collabore beaucoup avec des musulmans qui nous aident et travaillent pour nous sans aucune distinction de religion. Quand nous avons été menacés de mort par des Seleka également, l’un des musulmans a essayé d’appeler le colonel, de faire une réunion pour plaider pour notre cause. C’est vice versa, quoi.


DW : Que représente ce prix pour toute la Centrafrique ?`


Kinvi: Ce prix est un appel à l’unité et la réconciliation. Laissons tomber les différences confessionnelles et battons-nous pour l’unité et la paix dans ce pays car on en a besoin. Tous les pays du monde avance et nous, on a l’impression qu’on recule. Alors j’invite tous mes frères centrafricains à s’unir et à travailler de tout leur cœur pour que la paix et le développement commencent en Centrafrique.

 

La paix au-delà des religions, en RCA

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 22:20

 

 

 

 

 

http://www.dw.de/ 

 

En République centrafricaine, les casques bleus ont pris le relais de la force de l'union africaine, épaulés par des unités du Maroc, du Pakistan et du Bangladesh. Mais où en est-on avec la réforme de l'armée du pays?

 

Au lendemain de son élection à la tête de la transition politique de son pays, la présidente Catherine Samba Panza a fait de la réforme des FACA, les Forces armées centrafricaines son cheval de bataille. Mais plus de six mois après, les réformes envisagées ont-elles été concrétisées ? Le journaliste français et spécialiste de l'Afrique centrale Antoine Glaser n'en est pas convaincu.

 

« Quand il y avait eu des opérations de maintien de la paix des nations-Unies dans des pays comme le ´Mali, il s'en est suivie une restructuration de l'armée locale : formation de bataillon pour aller vers la reconstitution de l'Etat. Alors que là, en ce qui concerne la RCA, on a l'impression que l'essentiel de l'armée centrafricaine est dans la nature. On ne voit absolument pas de reconstruction d'une armée digne de ce nom. Il n'y a même pas de bataillon. L'armée centrafricaine est quasiment inexistante. Malheureusement, même du temps de François Bozizé, c'était une armée qui était une garde prétorienne. »

 

Il est donc nécessaire que ce pays se dote d'une armée forte, structurée et nationale. Car jusqu'à là en Centrafrique, les différents régimes qui se sont succédés à la tête de l'Etat ont entretenue la ‘'clanisation'' de cette armée, en y recrutant uniquement des gens de leur région. Or, ce qu'il faut maintenant aux FACA, c'est une professionnalisation.

RCA: où en est la réforme de l'armée ?

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 21:46

 

 

 

 

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/     Lutte Ouvrière n°2407 du 19 septembre 2014

 

En Centrafrique, les 7 600 soldats de l'Union africaine présents à côté des troupes françaises viennent de passer sous le commandement de l'ONU. Des contingents venant du Bangladesh, du Maroc ou du Pakistan sont en train de les rejoindre. Il y aura à terme 12 000 soldats de l'ONU, mais les 2 000 militaires français ne quittent pas pour autant le pays. Ils constituent toujours la force militaire décisive, chargée de faire appliquer la politique décidée à Paris. Les soldats venus des pays pauvres et aujourd'hui revêtus de l'uniforme onusien leur serviront de supplétifs, dans un pays où règne le chaos le plus total.

 

Lorsque l'armée française a débarqué à Bangui, les rebelles de la Séléka s'étaient emparé du pouvoir et massacraient les populations chrétiennes. La terreur a changé de camp avec l'arrivée des soldats français, et les milices dites anti-balakas se sont mises à terroriser la population musulmane. Depuis, la seule évolution a été l'éclatement des groupes issus de la Séléka et des anti-balakas en une multitude de bandes armées. Les petits tyrans qui les dirigent s'affrontent pour le contrôle d'une ville, d'un quartier ou de richesses minières. Ils constituent une menace mortelle pour la population, qu'ils rançonnent autant qu'ils peuvent.

 

Le 9 août, une fusillade a mis aux prises deux clans de miliciens anti-balakas dans le quartier de Boy-Rabe à Bangui. Le 26 août, ce sont deux fractions de l'ex Séléka qui se sont affrontées à Bambari, dans le centre du pays, pour le contrôle des barrières, c'est-à-dire de la possibilité de détrousser la population. Ce ne sont là que quelques-uns des combats au milieu desquels la population centrafricaine risque sa vie chaque jour.

 

En envoyant des troupes en Centrafrique, François Hollande voulait rétablir au plus vite un gouvernement prêt à défendre les intérêts de l'impérialisme français. Les stratèges de l'Élysée avaient prévu une transition à marche forcée, qui devait déboucher en février 2015 sur des élections. Aujourd'hui, l'insécurité est telle que le président de l'organisme chargé d'organiser ces élections a déclaré que le délai ne pourrait être tenu. Il n'y aura pas de scrutin avant la fin 2015, au mieux. D'ici là, les dirigeants français qui tirent les ficelles devront continuer à tenter d'amadouer les chefs des principales factions, en leur offrant une place autour de la mangeoire gouvernementale sous l'égide de la présidente Catherine Samba-Panza.

 

La présence de l'impérialisme français et de ses troupes depuis plus d'un siècle aboutit aujourd'hui à cette situation dramatique. Des décennies de pillage et de soutien à des dirigeants pour lesquels l'État était un moyen d'enrichir leur clan ont fini par déboucher sur l'actuelle insécurité généralisée. Les nombreuses interventions militaires françaises depuis l'indépendance, soutenues ou non par des missions de l'ONU, n'ont servi qu'à perpétuer ces liens de dépendance et d'exploitation. Tel est encore le seul but de l'opération en cours.

 

Daniel MESCLA

Lu pour vous : Centrafrique : quel que soit l'uniforme, la défense des intérêts impérialistes

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 18:57

 

 

 

 

 

http://www.france24.com/   17/09/2014

 

Alors que l'épidémie de fièvre Ebola ravage l'Afrique de l'Ouest et sévit désormais dans une province de la République démocratique du Congo, elle pourrait bien frapper la Centrafrique voisine. Reportage à l’institut Pasteur de Bangui.

 

Déjà empêtrée dans une crise politico-militaire, la Centrafrique pourrait en plus devoir faire face au virus Ebola. L’épidémie, responsable de la mort de 2 500 personnes en Afrique de l’Ouest depuis le début de l’année, menace en effet de se développer hors des frontières des États contaminés.

 

Bien qu'aucune contamination n'ait été décelée en Centrafrique, les autorités ont décidé de mettre en place des mesures de prévention. À l'Institut Pasteur de Bangui, les cas suspects sont minutieusement analysés.

 

"Il faut lutter pour que cette transmission n’arrive pas dans la capitale Bangui", insiste l'épidémiologiste Alexandre Manirakiza. "La population est très dense donc il y a une grosse promiscuité et une grande activité de la population. Dans ces conditions, l’épidémie se propage très rapidement."

 

"L'institut Pasteur a effectué des prélèvements sur 58 personnes qui sont venues des pays où l'épidémie a été déclarée", indique, pour sa part, le médecin biologiste Alain Farra. "Jusqu’à présent, tous ces examens ont été négatifs."

 

La présence menaçante du fleuve-frontière avec la RDC

 

La majorité des cas suspects sont détectés à l'aéroport et placés en quarantaine. Toutefois, si l'aéroport de la ville est sécurisé, le fleuve servant de frontière avec la République démocratique du Congo constitue, lui, un danger.

 

"On a très peur d'Ebola. Le gouvernement doit mettre en place des contrôles aux abords du fleuve pour que le virus ne rentre pas en Centrafrique", enjoint Vincent-de-Paul Yalingate, chef piroguier du fleuve Oubangui-Chari.

 

Mardi 16 septembre, les pays de la zone franc de l'Afrique centrale se sont inquiétés, lors d’une réunion à Brazzaville, d'un "risque de propagation réel et fort" de l'épidémie sur leur territoire depuis l'Afrique de l'Ouest.

 

"Le risque de propagation est réel et fort en Afrique centrale", a déclaré le Dr Constant Roger Ayenengoye, responsable d'un organisme de contrôle sanitaire de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (Cémac) - qui regroupe le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad.

 

L'épidémie d'Ebola menace la Centrafrique

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 16:53

 

 

 

 

 

Par Tirthankar Chanda RFI 17-09-2014 à 16:34

 

Une nouvelle force de maintien de la paix des Nations unies a commencé à se déployer en Centrafrique plongé dans une grave crise depuis dix-huit mois. Le déploiement de la Minusca est considéré comme la mission de la dernière chance pour arracher ce pays aux horreurs de la guerre civile. La communauté internationale mise sur le chef de cette nouvelle force onusienne pour mener à bien sa double mission humanitaire et politique.

 

Portrait.

 

« Oui, Monsieur Ladsous tient beaucoup à ce que les hélicoptères que nous avons volent lors de la cérémonie de transfert d’autorité, j’espère que le temps sera cléments et qu’ils pourront voler », disait récemment le général Babacar Gaye à l’antenne de RFI. Or contrairement aux souhaits du général sénégalais, patron de la Minusca (acronyme pour la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations unies en Centrafrique) qui vient de prendre le relais de la force africaine (Misca), il n’y a eu, ce lundi 15 septembre, ni soleil ni hélicoptères dans le ciel de Bangui lors de la cérémonie de la passation du commandement des opérations de maintien de la paix. C’est en effet sous une pluie battante qu’Hervé Ladsous, le patron des opérations de maintien de la paix de l’ONU, a remis le béret bleu au commandant des soldats onusiens. Une cérémonie symbolique, car les hommes ne changent pas, ne changent que le nom du contingent et la couleur des casques qui passe du vert de l’Union africaine au bleu des Nations unies…

 

Créée en avril dernier par la résolution 2149 du Conseil de sécurité, la Minusca est composée pour l’instant des hommes issus de la force africaine dissoute. L’arrivée de détachements du Maroc, du Pakistan et du Bangladesh permettra de porter ses effectifs à 12 000 soldats et policiers et de déployer les soldats de la paix à travers tout le territoire. Le déploiement de cette nouvelle force est considéré par les observateurs comme l’option de la dernière chance pour ramener la paix en Centrafrique. Si les violences intercommunautaires massives entre populations chrétiennes et musulmanes ayant fait des milliers de morts depuis décembre 2013 ont maintenant cessé, la situation  reste toujours inquiétante et « d’une volatilité extrême », au dire même du chef de la Minusca. Dans ce contexte, la mission de cette dernière s’annonce ardue et de longue haleine, mais la communauté internationale mise sur le chef de la force onusienne pour la mener à bien.

 

Un « do-er »

 

C’est la riche expérience militaire et diplomatique du général sénégalais qui a conduit Ban Ki-Moon à le nommer représentant spécial des Nations unies en Centrafrique dès juillet 2013, puis chef de la Minusca, il y a trois mois, suite à la décision par le Conseil de sécurité de remplacer la force africaine Misca par une force onusienne. Dans les milieux onusiens au sein desquels ce militaire sénégalais, 64 ans, a effectué une grande partie de sa carrière internationale, il a la réputation d’être un excellent professionnel, un « do-er »,  un homme d'action, un battant.

 

Le général Gaye a accumulé des années d’expérience en matière de maintien de la paix. Il a été sur le terrain, au Liban, en Iraq, en Syrie, mais aussi en République démocratique du Congo (RDC) où il a officié entre 2005 et 2010 dans le cadre des différentes missions des Nations unies. Il a conduit en RDC le plus grand contingent de maintien de la paix, avec 17 000 hommes de 55 nationalités.

 

Le plus jeune chef d’Etat-major


Fils d’un ancien ministre de Senghor – le père Amadou Karim Gaye fut ministre des affaires étrangères du poète-président et Secrétaire-général de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) -, Babacar Gaye a suivi sa formation militaire en France, à la célèbre Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr. Issu de la promotion De Gaulle (1970-72), il eut pour camarades de promotion, entre autres, le général congolais Jean-Marie Mokoko et le général ivoirien Mathias Doué. Des camarades qui en ont tous gardé un « très bon souvenir » !

 

A son retour au Sénégal à la fin des années 1970, au terme de sa formation militaire dont il est sorti lieutenant, le jeune Babacar rejoint tout naturellement l’armée, gravissant rapidement les échelons. Sa carrière domestique d’officier subalterne, puis d’officier supérieur est ponctuée de courtes missions à l’extérieur dans le cadre des opérations de la paix de l’ONU, notamment au Sinaï, au Liban et en Gambie.

 

En 2000, à la faveur de l’arrivée d’Abdoulaye Wade à la présidence du Sénégal, Babacar Gaye est nommé à la tête de l’armée sénégalaise, devenant ainsi, à 49 ans, le plus jeune chef d’Etat-major des armées. Deux ans plus tard, il sera toutefois contraint de démissionner de son poste suite au naufrage du navire « Le Joola » qui sombra le 26 septembre 2002 au large de la Gambie et fit près de 2000 morts. Les familles des victimes s’en prirent à l’armée et à ses chefs dont la responsabilité présumée dans l’acheminement tardif des secours était montrée du doigt par l’opinion publique. Babacar Gaye, comme d’autres hauts fonctionnaires sénégalais, demeure toujours sous le coup d’un procès intenté devant des tribunaux en France.

 

C’est encore Abdoulaye Wade qui vint au secours du général sans affectation, en le nommant d’abord ambassadeur du Sénégal à Berlin, puis en le détachant en 2005 à l’Organisation des Nations unies. Il est rapidement fait commandant de la force de la Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc), un poste où le Sénégalais va laisser son empreinte. Babacar Gaye a joué un rôle prépondérant dans la protection de la population civile pendant la crise du Nord-Kivu, mais sous son commandement, la Monuc a dû aussi subir des critiques pour avoir assisté sans réagir aux massacres de civils par des factions armées. Les pairs du général lui reconnaissent toutefois son sang-froid face au rebelle Laurent Nkunda qu’il a empêché de prendre Goma, la capitale du Nord-Kivu.

 

Au-delà des acronymes

 

C’est auréolé de toutes ses expériences précieuses de commandement des forces de la paix de l’ONU depuis bientôt dix ans que le général sénégalais arrive aujourd’hui à Bangui. Babacar Gaye ne débarque pas vraiment en RCA ce 15 septembre puisque, avant d’être désigné patron de la Minusca, l’homme a été représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en République centrafricaine et chef du Bureau intégré des Nations unies pour la consolidation de la paix en Centrafrique (Binuca).

 

Depuis juillet 2013, date de sa première prise de fonctions à Bangui, le général parcourt de long en large ce pays, tentant de prendre langue avec les différents acteurs de la crise qui a plongé le Centrafrique dans les horreurs de la guerre civile. Il n’a cessé de rappeler que sa priorité était de promouvoir le dialogue politique, comme il l’a dit encore récemment à l’antenne de RFI où il était interrogé le 15 septembre sur la nature de sa tâche en tant que patron de la Minusca : « Et j’en profite pour dire qu’une mission de maintien de paix est en accompagnement d’un processus politique… » Un processus politique qui, selon le général, a déjà commencé avec la tenue du Forum de Brazzaville et la signature d’un accord de cessez-le-feu le 23 juillet.

 

La Minusca aura aussi pour mission de protéger les populations dans un pays où la paix reste encore fragile et la situation des droits de l’homme préoccupante. Mais le rapprochement politique des communautés reste « notre atout numéro 1 », martèle le Sénégalais. Tout comme les militaires sous son commandement qui ont délaissé le béret vert de l’UA pour le casque bleu de l’ONU tout en continuant d’assurer la paix, le général sénégalais a, lui aussi, changé de casquette et d’acronymes en passant de Binus à Minusca, sans oublier d’insister sur la primauté de la politique dont il a fait le leit motif de sa mission à travers ce pays dévasté.

 

Babacar Gaye, un vétéran du maintien de la paix

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 15:22

 

 

 

 

 

APA-Brazzaville (Congo) 2014-09-17 12:55:38 - Le Dr Nicolas Dologuélé de l’Organisation pour la lutte contre les épidémies en Afrique Centrale (OCEAC) a souligné mercredi à Brazzaville le bien fondé d’un plan d’urgence de trois mois dans la zone CEMAC pour prévenir et opposer une riposte à la maladie à virus Ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest et en RD Congo.


Pour le Dr Nicolas Dologuélé, expert en épidémiologie originaire de la Centrafrique, qui s'exprimait en marge d'un atelier d'experts en épidémiologie de l'Afrique centrale, « bien qu'aucun cas de maladie à virus Ebola n'a encore été signalé dans les pays de la zone de la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC), il a été jugé nécessaire de mettre en place un plan d'urgence pour mettre tout le monde en phase d'attaque contre cette maladie à virus Ebola au cas où elle se déclenchait. » 


« Ce plan d'urgence va couvrir des activités selon les axes suivants : la coordination, la surveillance épidémiologique la sensibilisation, la mobilisation sociale, les activités transfrontalières et la coordination sous-régionale », a déclaré cet expert.


« Ce plan d'urgence une fois mis en place va couvrir la période de fin septembre à fin décembre mais il faut qu'en urgence les pays de la CEMAC arrivent à mettre en œuvre ce paquet d'activités qu'on aurait déterminé de manière qu'ils soient tous en phase de riposter en cas d'attaque », a encore dit le Dr Dologuélé.


« Bien que les pays de la zone CEMAC ont leur plan de contingence, ils ne sont pas tous en phase. Il faut amener tout le monde à être en phase, pour mener obligatoirement ces activités d'urgence d'ici fin décembre pour contrer cette maladie et ensuite on va essayer de faire une évaluation en fin décembre » a-t-il expliqué.

L'atelier d'experts en épidémiologie de deux jours (16 au 17 septembre), ouvert mardi à Brazzaville, se tient en prélude de la réunion des ministres de la Santé de la zone CEMAC qui aura lieu jeudi à Brazzaville pour valider ce plan de prévention et de riposte de la maladie à virus Ebola dans la zone.


La multiplication des plans de prévention et de riposte en zone CEMAC se justifie par le fait que depuis son apparition en Afrique, cette maladie a déjà affecté deux fois la zone notamment le Congo et le Gabon.


Le Congo a connu quatre épidémies à fièvre Ebola en 2001, 2002, 2003 et 2005 avec près de 198 décès et des villages entiers rayés de la carte dans les départements qui ont été affectés.


Cet atelier regroupe des experts des pays de la CEMAC que sont : Congo-Brazzaville, Cameroun, Gabon, Guinée Equatoriale, Centrafricaine et Tchad. 

 

 http://www.apanews.net/article_read-804784-un-plan-d--urgence-de-trois-mois-va-ee-mis-en-place-dans-la-zone-cemac-pour-prenir-ebola.html#sthash.9T1vZHER.dpuf

 

Un plan d'urgence de trois mois va être mis en place dans la zone CEMAC pour prévenir Ebola

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 15:07

 

 

 

 

 

Par Emile Gankama & Bruno Okokana-LDB - 17/09/2014

 

Le président de la Conférence des Imams de France, séjourne à Brazzaville avec à la clé, d'importants entretiens axés sur la paix et le dialogue inter-religieux

 

D'abord et surtout, ce tête à tête de plus de deux heures avec le chef de l’État congolais, Denis Sassou N'Guesso. Au président de la République du Congo, et médiateur dans la crise centrafricaine, Hassen Chalghoumi a partagé sa vision d’organiser une conférence mondiale sur la paix à Brazzaville. Dans cette interview exclusive avec Les Dépêches de Brazzaville, Hassen Chalghoumi revient sur les enjeux de ce rendez-vous souhaité entre les religieux.


Vous êtes à Brazzaville depuis le 12 septembre dernier. Qu'a ce qui a dominé votre séjour de travail?

 

Hassen Chalghoumi. Nous avons eu l’honneur de rencontrer le médiateur de la crise centrafricaine, le chef de l’État congolais Denis Sassou N’Guesso. Avec lui, nous avons parlé pendant plus de deux heures de la situation en Centrafrique. Ça été une rencontre importante. Outre la Centrafrique, nous avons parlé d’autres crises internationales, telle que la montée des extrémistes Boko Haram ; la détérioration de la situation au Kenya ou au Nigeria... Enfin, nous avons parlé avec Denis Sassou N’Guesso de la possibilité d’organiser une conférence mondiale sur la paix, car le monde en a besoin. Actuellement, il y a autant d’efforts sur le plan international pour lutter contre les extrémistes afin de rétablir la paix au Moyen-Orient, précisément en Irak et en Syrie. Nous avons rencontré aussi le président de la communauté musulmane du Congo, El Hadj Djibril Abdoulaye Bopaka. Nous avons été reçus également par l’archevêque de Brazzaville, Mgr Anatole Milandou. Nous avons prévu une conférence des musulmans le mardi 16 septembre qui nous permettra de dissocier l’Islam des barbares, et surtout de parler de l’actualité à l’intérieur de notre communauté.

 

Le conflit qui déchire la République centrafricaine (RCA) a des répercussions inter-religieuses. Aviez-vous lors de votre passage en Centrafrique discuté avec les responsables religieux de ce pays?

 

Ce conflit n’a rien à voir avec la religion. Je ne crois pas qu’une religion puisse inciter à la haine, à la vengeance. C’est ça d’ailleurs qui m’a poussé dès le début en France, à lancer un appel. La France s’est mêlée tout de suite en intervenant en RCA ainsi que la Francophonie qui a l’histoire commune avec la Centrafrique. En même temps, j’ai vu que certains journalistes me parlaient de jeunes djihadistes en Syrie qui parlaient déjà de la Centrafrique. Alors que sur place, beaucoup de personnes étaient assassinées. J’ai eu la crainte que ce conflit ne soit récupéré par des fanatiques ; et que des barbares qui ne connaissent rien de l’histoire et qui sont faibles d’esprit posent des actes terribles contre des églises en France ou ailleurs. C’est ainsi que nous, les modérés, qui croyons en la paix, avions pensé aider ce peuple en évitant que des drames comme celui de Mera et d’autres se multiplient. Je suis arrivé donc en Centrafrique avec trois Imams, tous Africains avant qu’ils ne deviennent Français. Nous avions rencontré le Premier ministre et la présidente de la République. 

Je suis un imam proche de la communauté juive, un imam qui a vu des camps de concentration, ce qui n’est pas différent des camps de concentration que j’ai vu en Centrafrique. À Yaloké, les 660 personnes ne peuvent pas sortir à l’extérieur de ce camp sinon qu’elles risquent leurs vies. Même l’autorité m’a dit qu’elle ne peut pas les sortir de ce lieu, car incapable de leur garantir la protection. C’est horrible ! Personnellement, j’ai dit que je suis en train de voir des choses que j’ai vues en Allemagne. Et dire même qu’au kilomètre 5, ça fait pratiquement sept mois que les gens sont dans la même situation faite d'absence d’aide humanitaire.

Qu’aviez-vous dit aux Centrafricains?

 

Nous leur avions dit qu’ils sont tous des Centrafricains, c’est-à-dire des frères et sœurs, qu’ils devaient vivre ensemble, être unis, restés ensemble. Nous avons déploré aussi l’absence et la faiblesse de l’État. Ces extrémistes ont pris toute une communauté en otage. C’est dire que les Balaka, Séléka ou les anti-Balaka, sont tous des hors-la-loi, ils portent des armes. Et nous avons essayé de bousculer l’autorité, en lui demandant pourquoi jusqu’à ce jour on ne désarme pas ces extrémistes et pourquoi la situation n’est pas débloquée. Il ne faut pas donner l’occasion à des extrémistes comme Boko-Haram de récupérer le conflit ou de récupérer des jeunes centrafricains qui ne croient plus à la paix. Parce que j’ai entendu des jeunes dire que si on était des chrétiens on n’allait pas subir cela, qu'il y a l’Otan qui bombarde. J’ai dit à la représentante de l’agence humanitaire des Nations unies que ces propos sont dangereux. J’ai amené dix Imams à Rome et en France où ils ont vu l’autorité française, ils se sont adressés aussi à la presse pour dire que ce n’est pas un conflit religieux et qu’ils sont des frères chrétiens et musulmans vivant ensemble. D’où, nous pensons qu’il faut une vraie volonté. Et, c’est là où on s’est adressé pendant plus de deux heures au médiateur international dans le conflit centrafricain, le président congolais, lui qui est la personne clé par rapport à ce conflit.

 

Certes vous dites que ce conflit ne concerne pas la religion mais peut-on continuer de croire en la bonne cause prêchée dans les mosquées ou les églises?


Si on regarde un barbare tuer les chrétiens d’Orient, on va dire que c’est la religion. Mais si on voit la situation de 418 mosquées détruites en Centrafrique, on voit une vengeance. La réalité est qu’il faut regarder derrière. Ce n’est pas la religion, car un religieux ne peut pas faire ça. Un barbare, un criminel, un terroriste, un inhumain qui a perdu la foi et la sagesse oui, mais je ne peux pas parler d’un vrai criminel au nom de la religion. Les musulmans que j’ai vus tout à l’heure à Brazzaville se sont des vrais musulmans, différents de ceux de Boko-Haram.

 

Peut-on espérer un meilleur dialogue entre les chrétiens et les musulmans, y compris au Congo-Brazzaville et ailleurs ? Est-ce que vous allez impulser cette dynamique de brassage entre les deux communautés afin que le message passe


Vous l’avez dit vous-même, lorsqu’on voit l’image de l’assassinat d’un chrétien ça fait mal à l’humanité entière. L’image positive ça fait du bien et nous avons besoin des images positives. L’image qu’on a vue aujourd’hui, c’est l’image de l’Afrique qui a le mérite, des gens qui vivent des décennies et des siècles en harmonie, en paix, dans la fraternité. C’est pour cela qu’il faut les matraquer dans d’autres pays. En France, nous aurons des rencontres inter-religieuses entre chrétiens d’Orient (mes frères), et entre les chrétiens en France et les musulmans et surtout dans les pays africains. Déjà le lundi 22 septembre à 11 heures, j’irai à l’ambassade du Kenya en France déposer une gerbe de fleurs et faire une prière en mémoire des 67 personnes qui ont été assassinées parce qu’elles n’étaient pas religieuses. Comment peut-on accepter, en plein 21è siècle, des gens qui ont des idées pareilles. Il y a quand même de l’inquiétude comme a dit l’archevêque de Brazzaville. Si les religieux n’ont plus d’espoir en cette fraternité que le Dieu de l’amour et de la paix nous offre, comment pouvons-nous alors la donner aux hommes politiques?


Le Président de la Conférence des Imams de France pour la tenue d’un Congrès mondial pour la paix à Brazzaville

 

Hassen Chalghoumi : «le conflit centrafricain n’a rien à voir avec la religion»
Hassen Chalghoumi : «le conflit centrafricain n’a rien à voir avec la religion»

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 14:21

 

 

 

 

 

17/09/14 (Le Nouvel Observateur)

 

Ce 15 septembre 2014, la Minusca, la mission de maintien de l’ONU, a pris le relais des troupes de l’Union africaine en Centrafrique. Cette mission va-t-elle modifier fondamentalement la situation sécuritaire du pays ? Analyse de Gregor Mathias, auteur des "Guerres africaines de François Hollande" (éd. de l’Aube).

 

La mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca) remplace désormais la Misca, force de l’Union africaine, pour stabiliser la République centrafricaine.

 

Ses missions sont de protéger les civils et les ONG, cibles des deux groupes armés musulmans de la Séléka et chrétiens des anti-balakas. La Minusca a pour mandat d’arrêter et de traduire en justice les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Elle doit aussi appuyer les autorités centrafricaines de transition pour organiser les futures élections et "favoriser et soutenir l’extension de l’autorité de l’Etat" en province.

 

L’opinion publique française risque de penser que l’intervention de l’ONU suffira à rétablir l’ordre et la sécurité dans ce pays déchiré par les conflits ethnico-religieux, ce qui permettra le retrait de la force française Sangaris.

 

Nouvel écusson et couleur du casque, les deux plus grands changements

 

La Minusca prévoit à terme un effectif de 12.000 hommes, dont 1.800 policiers, pour stabiliser le pays. Or, sur ce chiffre, seuls 7.600 soldats sont arrivés.

 

Les 6.000 hommes de la Misca présents en Centrafrique appartenant à l’Union africaine vont donc tout simplement changer d’écusson et peindre leur casque en bleu. Ils vont également changer de commandement en se plaçant sous les ordres du général sénégalais Babacar Gaye, officier ayant eu l’expérience des opérations de maintien de la paix en Irak, au Liban, et en RDC de 2005 à 2010.

 

Aux nationalités déjà présentes en Centrafrique vont s’ajouter des policiers de pays francophones, comme le Burundi, le Rwanda et le Sénégal.

 

Des anglophones pour stabiliser un pays francophone

 

Le principal problème des nouveaux contingents de l’ONU qui vont renforcer les anciennes unités de la Misca, est celui de la langue. Ce sont tous, à l’exception du Maroc, des pays anglophones (Bangladesh, Pakistan et Indonésie), alors qu’ils sont déployés dans un pays francophone déchiré par des conflits ethnico-religieux.

 

Ces pays ont aussi l’inconvénient d’être musulman, alors même que la majorité de la population est chrétienne et que le Nord-Est, en sécession de fait, est contrôlé par des musulmans.

 

La langue et la religion des militaires de la Minusca risquent d’être un obstacle pour se faire accepter de la population chrétienne de l’Ouest et de la population francophone musulmane de l’Est.

 

Une efficacité plus que douteuse

 

Ces mêmes forces internationales africaines sont présentes en Centrafrique depuis 2008, elles ont été inefficaces à empêcher la Séléka de s’emparer de Bangui en mars 2013 et incapables d’arrêter les massacres et les pillages lors de son reflux en janvier 2014.

 

Elles n’ont pas réussi à arrêter les massacres ethnico-religieux à Bangui, sauf en évacuant les quartiers musulmans de la capitale. Elles ne sont pas parvenues à démanteler les barrages routiers anti-balakas entre la frontière camerounaise et Bangui.

 

Les affrontements les plus violents l’ont été entre la force Sangaris et la Séléka, lorsque les Français ont tenté de désarmer ou d’arrêter l’avancée de rebelles sur leur position.

 

Lorsqu’on sait que la Séléka est le seul groupe à avoir refusé de ratifier les accords de paix de Brazzaville, on s’imagine la difficulté pour la Minusca de désarmer ce groupe armé. La Minusca devra se déployer en province, faire accepter sa tutelle et désarmer tous les belligérants. Pour assécher les sources de financement des groupes armés, elle devra également prendre le contrôle des ressources aurifères et diamantifères.

 

La Séleka et les anti-balakas risquent d’y voir un casus belli et refuser de s’y soumettre. Mais y aura-t-il même une volonté des anciens militaires de la Misca devenus casques bleus de la Minusca de les désarmer, alors qu’ils n’ont jamais tenté de le faire depuis un an et demi ?

 

Sangaris, s’envolera ou ne s’envolera pas ?

 

Le déploiement de la Minusca et ses actions doivent remplacer à terme les forces françaises de l’opération Sangaris, d’où le nom de ce papillon éphémère.

 

Devant l’ampleur des défis à relever et la difficulté pour désarmer des groupes armés très autonomes, dont le plus important à refuser le désarmement, il n’est pas sûr que Sangaris arrive à partir définitivement de Centrafrique en mai 2015.

 

Son rôle risque d’être le même que lors de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire lors de la partition du pays, c’est-à-dire servir de force de soutien et de réaction rapide de l’ONU en cas de reprise des hostilités.

 

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1241195-en-centrafr...

 

Lu pour vous : En Centrafrique, l'ONU remplace l'Union africaine : une efficacité plus que douteuse

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