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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 12:03
Centrafrique: fin de la traque contre Kony pour les forces spéciales américaines

 

 

 

25/04/17 (AFP)

 

Les Etats-unis débuteront mercredi le retrait de leurs forces spéciales déployées depuis 2011 dans l'est de la Centrafrique pour lutter contre la rébellion de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony.

 

"Le temps est venu de passer à autre chose étant donné que l'organisation (la LRA, NDLR) est vraiment en train de se battre pour sa survie", a expliqué, le 20 avril, lors d'une conférence de presse téléphonique, le général Thomas Waldhauser, à la tête du commandement américain pour l'Afrique (Africom).

 

La LRA compte aujourd'hui 100 membres actifs contre plusieurs milliers il y a une dizaine d'année selon Africom, présent en soutien des forces africaines dans l'est de la Centrafrique depuis 2011 avec une centaine de militaires des forces spéciales américaines, suivis en 2014 de 150 hommes de l'armée de l'air.

 

"Cette opération a été un succès assez important", estimait début avril sur Radio France Internationale (RFI) l'ambassadeur américain en Centrafrique Jeffrey Hawkins.

 

Le leader de la LRA, Joseph Kony, reste pourtant introuvable et se déplacerait entre la Centrafrique et le Soudan, selon Paul Ronan d'Invisible Children, une ONG impliquée dans sa traque et connue pour la campagne médiatique "Kony 2012" qui a attiré l'attention du monde sur les exactions de la LRA.

 

Mélangeant mystique religieuse, techniques éprouvées de guérilla et brutalité sanguinaire, Joseph Kony souhaitait libérer l'Ouganda du président Yoweri Museveni pour y instaurer un régime fondé sur les Dix Commandements. Il est recherché pour crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale, où est actuellement jugé Dominic Ongwen, l'un de ses anciens bras droits.

 

Selon l'ONU, la LRA a tué plus de 100.000 personnes et enlevé plus de 60.000 enfants dans le nord de l'Ouganda, avant de se propager dans les pays voisins: Soudan du Sud, nord-est de la République démocratique du Congo et enfin Centrafrique.

 

"La LRA n'a jamais attaqué les intérêts américains, pourquoi nous nous en préoccupons? Est-ce que cela vaut toutes ces dépenses?", avait déclaré le président américain Donald Trump en janvier. L'opération a coûté 780 millions de dollars depuis 2011, selon Africom.

 

En parallèle du retrait des militaires américains, les troupes ougandaises, colonne vertébrale de la mission de l'Union africaine de lutte contre la LRA, commencent à quitter l'est de la Centrafrique où elles étaient déployées depuis 2009.

 

- La crainte d'un vide sécuritaire -

 

"Partout, autour des cafés, les gens parlent du départ des troupes ougandaises et américaines", a indiqué un habitant d'Obo, ville du sud-ouest de la Centrafrique, joint au téléphone par l'AFP depuis Libreville.

 

Lundi 17 avril, une marche avait même été organisée dans la localité, rassemblant environ 6.000 personnes selon ce même observateur, pour demander aux Ougandais et aux Américains de rester jusqu'à ce que les forces centrafricaines prennent le relais. La mission de l'ONU en République centrafricaine (Minusca) compte seulement 12.500 hommes et n'est que très peu présente dans l'est du pays.

 

"Ce retrait (des troupes ougandaises et américaines, NDLR) conduira à une recrudescence des attaques de la LRA dans le sud-est centrafricain", s'inquiète Thierry Vircoulon, spécialiste de la région des Grands Lacs à l'Institut français des relations internationales. "Personne n'imagine que les militaires centrafricains qui doivent être envoyés là-bas et éviter ainsi un vide sécuritaire vont pouvoir neutraliser la LRA."

 

En plus des hommes de Joseph Kony, l'est de la Centrafrique est menacée par d'autres "bandes armés", signale le préfet de la région du Haut-Mbomou, Ghislain Dieu-Bénit Kolengo, joint au téléphone par l'AFP. Il évoque des "bandits" mais aussi la faction de l'ex-Séléka, des rebelles centrafricains à majorité musulmane, de l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), qui progresse en ce moment vers l'est du pays et a attaqué le 15 avril la localité de Zémio.

 

"Même si nous terminons officiellement la mission contre la LRA, nous savons que nous ne voulons pas laisser un vide", a voulu rassurer le général Waldhauser, précisant que les Etats-unis continueront d'apporter leur soutien aux troupes africaines au niveau de la "formation" ou encore du "renseignement".

 

 

Joseph Kony, l'insaisissable chef d'une des plus cruelles rébellions

 

25/04/17 (AFP)

 

Joseph Kony, traqué sans succès depuis des années par des forces étrangères en Afrique centrale, a troqué l'aube d'enfant de chœur pour le treillis du rebelle, semant depuis 25 ans la mort dans la region, à la tête de la cruelle Armée de résistance du Seigneur (LRA).

 

Créée vers 1988 avec l'objectif de renverser le président ougandais Yoweri Museveni pour le remplacer par un régime fondé sur les Dix commandements, la LRA s'est forgée une effroyable réputation à force d'enlèvements d'enfants et de mutilations de civils à grande échelle.

 

Mélangeant mystique religieuse, techniques éprouvées de guérilla et brutalité sanguinaire, Kony a transformé, après les avoir kidnappés, des dizaines de milliers de garçonnets en soldats dociles et de fillettes en esclaves sexuelles.

 

Ce prophète auto-proclamé a été chassé avec la LRA du nord de l'Ouganda en 2006 et a poursuivi ses exactions avec un contingent amaigri de partisans en République démocratique du Congo (RDC), en Centrafrique, au Soudan et au Soudan du Sud.

 

Au rythme des traques menées inlassablement par les armées de la région, appuyées par une centaine de membres des forces spéciales américaines, la LRA a désormais été réduite à "l'insignifiance", estiment les Etats-unis, qui vont retirer leur contingent de Centrafrique à partir de mardi.

 

Et pourtant, Joseph Kony reste introuvable, lui qui a été pourchassé dans les forêts équatoriales impénétrables. Comme depuis longtemps, sa localisation exacte reste floue même si de nombreux rapports ces dernières années ont conclu qu'il se trouvait du côté de Kafia Kingi, une région dans le sud du Darfour contrôlée par Khartoum.

 

- Pouvoirs surnaturels -

 

Les informations sur Kony sont rarissimes. Le peu d'éléments biographiques disponibles proviennent d'ex-combattants de la LRA et de nombreuses ex-"épouses", ayant fait défection ou ayant été faits prisonniers ou libérés par l'armée ougandaise.

 

Sa date de naissance précise est inconnue mais il est supposé avoir vu le jour au début des années 1960, dans le département de Gulu, dans le nord de l'Ouganda. Issu de la minorité Acholi, on sait juste que son éducation se limite à l'école primaire.

 

Il rejoint, en 1987, le Mouvement du Saint-Esprit (HSM) fondé par la rebelle messianique Alice Auma Lakwena pour combattre le président Museveni, qui venait de renverser des dirigeants issus du nord du pays.

 

Alice Lakwema, ex-prostituée décrite comme sa cousine ou sa tante, s'exile cette même année au Kenya et, sous la houlette de Kony, une faction du HSM devient la LRA.

 

Les rares photos disponibles de celui qui se fait appeler "Professeur", "Saint Père" ou "Grand Maître" par ses partisans, montrent un moustachu au physique banal, de taille moyenne, en treillis militaire.

 

Ceux qui - de gré ou de force - l'ont côtoyé, racontent qu'il régit tout, de la tactique militaire aux règles d'hygiène personnelle, terrifiant ses subalternes en affirmant recevoir ses ordres du Saint-Esprit. D'anciens proches le créditent de pouvoirs surnaturels, le disant capable de "lire dans vos pensées".

 

- 'Volonté de Dieu' -

 

D'ex-"concubines" rencontrées par l'AFP en 2006 lui attribuent une soixantaine de femmes et au moins 42 enfants. Il "affirme exaucer la volonté de Dieu", avait raconté l'une d'elles, Evelyn, kidnappée par la LRA et forcée d'"épouser" Joseph Kony avant d'être libérée par l'armée ougandaise.

 

Les exactions de Kony et sa politique d'enlèvements d'enfants lui ont rapidement fait perdre le soutien des populations du nord, pourtant très hostiles au gouvernement Museveni, qui déplacera de force - officiellement pour les protéger - deux millions de personnes dans le cadre de sa lutte anti-LRA.

 

Le chef suprême de la LRA n'est qu'exceptionnellement apparu en public. En 2006, il assurait à un journaliste occidental, un des rares étrangers à l'avoir rencontré, qu'il n'était "pas un terroriste" et combattait "pour la démocratie".

 

Ses victimes, elles, racontent avoir été forcées de mutiler ou tuer leurs amis, voisins ou proches, quelquefois en les mordant jusqu'à la mort, et parfois de boire le sang de leurs victimes dans le cadre de rites effroyables.

 

Toutes ces exactions vaudront à Kony de devenir, en 2005 et en compagnie de quatre de ses adjoints, le premier suspect inculpé par la Cour pénale internationale (CPI), qui leur reproche des crimes contre l'humanité et crimes de guerre, au nombre desquels meurtres, viols, esclavagisme, enrôlement d'enfants.

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Centrafrique-Presse.com
25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 11:53
COMMUNIQUE GOUVERNEMENTAL

 

 

 

La 4ème réunion du Comité Consultatif et de Suivi du Programme national de Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (DDRR) s’est déroulée du 20 au 21 Avril 2017 à Bangui avec comme principal objectif de trouver des solutions concrètes pour la mise en œuvre effective dudit Programme.

 

Ces assises revêtent une dimension particulière car c’est pour la première fois que tous les quatorze (14) groupes armés identifiés en Centrafrique ont accepté de se retrouver autour d’une table de discussion, manifestant ainsi leur volonté d’aller vers une solution pacifique durable à la crise.

 

Le Gouvernement que dirige Monsieur Simplice Mathieu SARANDJI, Premier Ministre, sous la très haute impulsion et le leadership éclairé de Son Excellence Professeur Faustin Archange TOUADERA, Président de la République, Chef de l’Etat, se réjouit pour se féliciter de cette prise de conscience patriotique dont font désormais montre les leaders de ces groupes armés et les encourage à demeurer dans cette dynamique de recherche de la paix si vitale à la stabilité et à la prospérité de notre beau et cher pays.

 

Par ailleurs, le Gouvernement salue la détermination de tous nos partenaires qui ont fourni des appuis multiformes grâce auxquels une réunion regroupant tous les groupes armés s’est enfin tenue sur le territoire national.

 

Pour terminer, le Gouvernement invite toutes les rebellions qui continuent de se battre à enterrer immédiatement la hache de guerre pour permettre à nos concitoyens de vaquer librement à leurs occupations respectives et à notre pays de retrouver son lustre d’antan. Car comme l’a si bien dit le Chef de l’Etat, le Professeur Faustin Archange TOUADERA, « chaque crime additionnel commis par les groupes armés éloigne la possibilité de paix pour notre pays ».

 

                                                Fait à Bangui, le 23 Avril 2017

 

           Le Ministre porte-parole du Gouvernement

 

          Théodore JOUSSO

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Centrafrique-Presse.com
24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 22:49
Centrafrique Le président Faustin Archange Touadéra dénonce les pratiques de certains douaniers

 

 

 

24 Avr 201(APA)

 

Le président centrafricain Faustin Archange Touadéra, a dénoncé les pratiques de certains douaniers de son pays qui s’illustrent dans la contrebande de produits frauduleux. Dans la nuit de jeudi à vendredi, le président centrafricain et certains membres de son gouvernement se sont rendus dans un quartier de Bangui où il a été signalé un container de cigarettes en provenance de Cameroun, en train d’être déchargé tardivement, en présence de trois douaniers, et qui n’a pas suivi le circuit normal de dédouanement.

 

Ce déchargement a attiré l’attention des habitants du quartier qui ont alerté la direction générale des douanes qui a fait une descente sur les lieux et arrêter les auteurs de ce déchargement frauduleux. Selon des sources douanières, le container a été déclaré à la frontière comme contenant des rames de papiers et stylos. Mais, il en est rien car il contenait plutôt des cigarettes, avec la complicité de certains douaniers qui voulaient le soustraire au paiement normal des droits douaniers.

 

Faustin Archange Touadéra a exigé une sanction administrative de rigueur contre les auteurs de cet acte qui ternit l’image du pays et a instruit le Premier ministre pour que de tel acte ne se reproduise plus. La République Centrafricaine tire l’essentiel de ces ressources financières des taxes des douanes et impôts. Pour cette année, devant la baisse du niveau des recettes fiscales et douanières, le gouvernement centrafricain a échangé, au cours de ce mois d’avril, avec les opérateurs économiques sur la possibilité de leur faciliter les opérations de dédouanement.

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Centrafrique-Presse.com
24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 22:28
"Mission accomplie" pour l'Ouganda en Centrafrique, mais Joseph Kony court toujours

 

 

Lu pour vous

 

http://www.france24.com  20/04/2017

 

L’armée ougandaise a débuté mercredi le retrait de ses troupes opérant en Centrafrique contre l’Armée de résistance du Seigneur, estimant que la rébellion a été "neutralisée". Mais son tristement célèbre chef Joseph Kony reste introuvable.

 

Un "succès". C’est sur ce constat que l’armée ougandaise a entamé, mercredi 19 avril, le retrait progressif de ses troupes stationnées dans l’Est de la Centrafrique. Sous mandat de l’Union africaine, ces quelque 2 000 soldats tentent depuis plus de huit ans de neutraliser la guérilla sanguinaire de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) et de capturer son chef, Joseph Kony. "Kony n'est plus en mesure de recruter des enfants ou de les enlever, il n'est pas en mesure de se réarmer comme avant, et n'est même plus capable de mener des offensives contre l’armée ougandaise ou encore de conduire une attaque sur le territoire ougandais", affirme à RFI le brigadier Richard Karemire, porte-parole de l’armée ougandaise.

 

Que reste-t-il de "Kony 2012" ?

 

Mélangeant mystique religieuse, techniques éprouvées de guérilla et brutalité sanguinaire, Joseph Kony souhaite depuis 1986 libérer l'Ouganda de l’actuel président Yoweri Museveni pour y instaurer un régime fondé sur les Dix commandements. Il est recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité. Selon l'ONU, la LRA a tué plus de 100 000 personnes et enlevé plus de 60 000 enfants, d'abord dans le nord de l'Ouganda, puis au gré de son exil dans les pays voisins, au Soudan du Sud, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, puis en Centrafrique, soit les régions parmi les plus reculées, marginalisées et instables du continent.

 

En novembre 2011, le Conseil de sécurité et de paix de l’Union africaine officialisait la création de la force militaire régionale pour lutter contre la LRA, appuyée notamment par l’Union européenne et l’ONU et composée en majorité de soldats ougandais. Un mois avant, les États-Unis avaient annoncé l’envoi d’une centaine de conseillers militaires dans la région, notamment après l’émoi international suscité par le film polémique du groupe Invisible Children, "Kony 2012", visant à faire connaître mondialement le chef de guerre.

 

"Les opérations militaires ougandaises, avec l'aide des conseillers militaires américains, ont joué un rôle important dans la déchéance de la LRA, particulièrement en encourageant la défection de ses membres", assure à l'AFP Ledio Cakaj, auteur d'un livre sur le cercle rapproché de Joseph Kony. Les combattants de la LRA ne seraient aujourd’hui plus qu’une centaine, accompagnés de leur famille et d’enfants kidnappés lors de raids. Quatre de ses cinq principaux leaders, dont Dominic Ongwen, ont été neutralisés, capturés ou ont fait défection. Considérant que la LRA a été réduite à "l’insignifiance", l’armée américaine a elle aussi annoncé qu’elle allait retirer ses militaires déployés en Centrafrique.

 

Un retrait "prématuré"

 

Mais pour Sasha Lezhnev, directeur associé à la politique du projet américain Enough, qui surveille les activités de la LRA, le risque est toujours présent, et un retrait des troupes est largement "prématuré". "La LRA a montré à de nombreuses reprises que lorsqu’elle n’est pas sous pression, elle a une forte capacité de résilience. Elle peut se réorganiser, se regrouper, kidnapper des enfants et lancer des raids. Tant que Kony sera dans la nature, elle représentera un risque", explique-t-il à France 24.

 

Selon lui, le groupe armé, bien que très affaibli, dispose encore d’une grande quantité d’armes, et se finance toujours à travers le trafic d’or, de diamants et d’ivoire récupérés illégalement en RD Congo ou en Centrafrique et vendus au Soudan, soutien officiel de la LRA jusqu’en 2001. "Il a été prouvé que des officiers soudanais prennent toujours part à ces trafics", ajoute l’analyste.

 

Dans une interview à RFI début octobre, l’ambassadeur américain en Centrafrique Jeffrey Hawkins se disait confiant que les bataillons centrafricains — formés en ce moment par la Mission de formation européenne et en partie équipés par les États-Unis — seraient à même de "défendre les frontières du pays". "On va avoir une [armée centrafricaine] qui commence de plus en plus à assurer la sécurité du pays, ce qui est dans l’ordre des choses", précisait-il, sur la même ligne que l’armée ougandaise qui soutient que les gouvernements centrafricains et congolais ont des armées "capables de se battre contre ce qui reste de la LRA".

 

Pour Sasha Lezhnev, c’est peu probable, l’armée centrafricaine ayant été désarmée depuis le début de la guerre civile en 2013. "Seuls l’Ouganda et peut être aussi l’Éthiopie sont en mesure de lutter contre la LRA, surtout que les conseillers américains ont amélioré les capacités de l’armée ougandaise ces cinq dernières années", lance-t-il. La solution, selon lui ? Que l’Ouganda rejoigne la Mission de maintien de la paix de l’ONU en Centrafrique (Minusca), et que cette dernière étende son mandat à la lutte contre la LRA.

 

Première publication : 20/04/2017

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Centrafrique-Presse.com
24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 21:18
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Un front anti-amnistie prend forme dans le pays

 

PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 24 AVRIL 2017

 

BANGUI, 24 avril 2017 (RJDH)—L’idée d’amnistie défendue par l’Union Africaine en Centrafrique, est combattue par la quasi-totalité des forces vives de la nation. Un bloc s’est naturellement créé contre cette idée.

 

L’amnistie, selon une source à la représentation de l’Union Africaine en Centrafrique, fait partie des recommandations du sommet de la CEEAC tenu à Libreville le 30 novembre 2016. Le communiqué final dudit sommet consulté par le RJDH, n’a cependant pas explicitement évoqué la question d’amnistie. Le document parle « d’accord de paix avec les groupes armé ».

 

La représentation de l’Union Africaine en Centrafrique, mène depuis quelques semaines des consultations pour comme nous a confié un leader religieux, « préparer l’esprit des forces vives de la nation à l’idée d’amnistie ».

 

De nombreuses organisations de la société civile, des formations politiques se sont d’ors et déjà liguées contre cette idée. Mathias Morouba, coordonnateur national adjoint du Réseau des ONG de défense des droits de l’Homme qualifie l’idée de projet funeste, « c’est avec indignation que le réseau des ONG de promotion et de défense des Droits de l’Homme a appris, le projet funeste et macabre de l’Union Africaine d’inciter le gouvernement centrafricain de faire adopter une loi d’amnistie », dénonçait cet avocat.

 

L’archevêque de Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga souhaite que les responsables des crimes commis ces dernières années répondent de leurs actes. Pour le prélat, « l’amnistie ne résoudra pas le problème bien au contraire » a-t-il déclaré au micro de nos confrères de Ndeke Luka.

 

De sources concordantes, des contacts sont pris au niveau de la société civile et des politiques pour faire bloc contre l’amnistie, « nous savons que certaines organisations poussent cette idée mais à l’heure où je vous parle, nous avons mis les batteries en marche pour qu’une synergie se dégage contre cette idée malsaine que le peuple centrafricain a rejetée lors des consultations populaires à la base et le forum de Bangui », confie un leader de la société civile.

 

Un front anti-amnistie est en train de prendre forme en Centrafrique. Des actions pourraient être organisées dans les jours à venir pour dénoncer l’amnistie, selon des sources proches des organisations de la société civile contactées par le RJDH.

 

Mais ce front devrait faire face à l’habileté de la communauté internationale qui, dans la plupart des cas, obtient toujours en Centrafrique ce qu’elle veut. Le président Faustin Archange Touadéra s’est toujours dit opposé à l’impunité. Mais là, il s’agit encore des déclarations publiques et des positions officielles qui, en politique ne reflètent pas toujours la position réelle des officiels.

 

Le président tchadien, Idriss Déby lors d’une visite d’Etat en France s’était montré favorable à l’idée d’amnistie en Centrafrique, idée qui selon lui « favoriserait la réconciliation entre les frères centrafricains ». Vu le poids qu’a ce chef d’Etat dans le circuit diplomatique africain voire, mondial, on ne peut penser qu’à un combat rude entre la frange de la communauté internationale qui se propose de porter cette idée et les organisations nationales qui s’y opposent.

 

 

Centrafrique : Des combattants du FPRC désignés responsables des sites miniers dans le Sud-Est du pays

 

PAR JEAN-MARIE ANDIBIKOUNDA LE 24 AVRIL 2017

 

NZACKO, 24 Avril 2017(RJDH)—Le haut commandement du FPRC a désigné certains de ses cadres militaires, responsables des sites miniers qu’il a conquis ces derniers jours dans le Sud-Est. Ces derniers ont été présentés ce 24 avril à la population de Nzacko.

 

Ces nominations, selon les informations RJDH, ne concernent pas seulement le secteur minier. Une source locale contactée parle de la nomination des chefs de la police, de la gendarmerie, des douanes et des mines. Le FPRC prend le contrôle de tous ces secteurs dans le Sud-Est de la République Centrafricaine après avoir chassé les éléments de l’UPC qui étaient entre temps maitres des lieux.

 

Les combattants du FPRC nommés, ont pris fonction après avoir été présenté aux autorités municipales et à la population réunie. Les autorités locales contactées n’ont pas souhaité se prononcer sur cette question par peur pour leur vie. « C’est eux qui contrôle tout ici. Nous devons faire avec comme cela était le cas avec l’UPC », confie un notable sous l’anonymat.

 

Azor Khalit, sous-chef d’Etat-major du FPRC, contacté par le RJDH trouve normal la nomination de ces combattants. Pour lui, ce dispositif va leur permettre de subvenir aux besoins du mouvement. « Nous avons chassé ceux qui maltraitaient la population mieux vaut mettre un système en place pour nous permettre de subvenir à nos besoins et de veiller aussi sur la population », confie-t-il.

 

Selon une source au ministère des finances, le contrôle des sites miniers et des douanes par les groupes armés fait perdre à l’Etat des centaines de millions de Fcfa par mois.

 

Depuis 2013, les zones minières du nord, du centre et du Sud-Est sont sous contrôle des groupes armés qui, dans ces zones lèvent aussi l’impôt et perçoivent les droits de douane.

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Centrafrique-Presse.com
24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 21:01
Centrafrique : une réunion sur le désarmement se tiendra en fin mai
Centrafrique : une réunion sur le désarmement se tiendra en fin mai

 

 

 

http://www.adiac-congo.com Lundi 24 Avril 2017 - 12:42

 

Le chef du programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR), Jean-Marc Tafani, a annoncé que les autorités centrafricaines et internationales se retrouveront du 25 au 27 mai à Bangui, pour discuter des modalités de mise en œuvre de ce plan en Centrafrique

 

Jean-Marc Tafani s’exprimait le 22 avril dernier, soit un jour après la tenue réussie de la quatrième réunion sur le DDR entre le gouvernement centrafricain et quatorze groupes armés dans la capitale centrafricaine. « Les négociations doivent encore se poursuivre et la prochaine réunion du Comité consultatif de suivi du DDR aura lieu du 25 au 27 mai », a-t-il précisé.

 

Pour le chef du DDR, le programme de désarment des groupes armés est en marche puisque des avancées importantes ont marqué la dernière rencontre du gouvernement centrafricain avec ces groupes. « « Les avancées générales sont assez importantes (…) le plan national de DDR a été rédigé avec les détails des étapes de la mise en œuvre du projet », a-t-il indiqué.

 

La dernière réunion de Bangui a permis aux groupes armés présents de répondre aux propositions du gouvernement et de la Minusca, notamment sur le projet pilote qui doit réintégrer des ex-combattants dans la vie civile et dans l’armée. Et chaque groupe s’est mis d’accord avec les autorités gouvernementales pour présenter quarante anciens combattants devant intégrer ce projet pilote.

 

« Nous avons été surpris que les membres des différents groupes armés aient adhéré à ces projets sans trop de commentaires et soient prêts à nous faire parvenir d’ici la semaine prochaine la liste de leurs 40 éléments », s’en était félicité le ministre en charge du DDR, Jean Willibiro-Sako.

 

Malgré cela, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), faction de l’ex-rébellion Séléka dirigée par Noureddine Adam, qui était venu pour la première fois à une réunion du DDR, a posé plusieurs conditions, a expliqué Jean-Marc Tafani.

 

Le FPRC veut notamment « un accord politique qui prévoit leur participation dans le gouvernement » et « plus de programmes de développement dans leurs régions du nord de la Centrafrique », ou encore la mise en place de « forces mixtes musulmanes et chrétiennes », selon le chef du DRR.

 

Ce programme, dont le budget a été bouclé avant la réunion de Libreville avec un financement à hauteur de 45 millions de dollars par la Banque mondiale, les Nations unies et le gouvernement centrafricain, prévoit de désarmer les ex- combattants avec la réinsertion de 5.000 d’entre eux dans la vie civile.

 

La Centrafrique peine à se relever du conflit provoqué en 2013 par le renversement de l’ex-président François Bozizé par la rébellion Séléka, à dominante musulmane. La contre-offensive des anti-balaka, des milices majoritairement chrétiennes, a provoqué des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

 

Nestor N'Gampoula

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Centrafrique-Presse.com
22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 20:53
Centrafrique: négociations sans précédent en vue du désarmement des milices
Centrafrique: négociations sans précédent en vue du désarmement des milices
Centrafrique: négociations sans précédent en vue du désarmement des milices

 

 

 

 

22 avril 2017, 19h42

 

Des négociations sans précédent sous l'égide de l'ONU entre le gouvernement centrafricain et l'ensemble des groupes armés du pays ont eu lieu en fin de semaine à Bangui en vue d'accélérer le désarmement de ces milices, responsables de nombreuses exactions.


Pour la première fois dans le programme de Désarmement démobilisation réinsertion (D, le gouvernement s'est assis à la même table que l'ensemble des groupes armés dans ce pays, l'un des plus pauvres du monde et qui connaît, selon l'ONU, une "recrudescence de la violence" depuis septembre 2016.


Le "DDR" est invoqué sans relâche par le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra depuis son arrivée au pouvoir en mars 2016 à la tête d'un pays qui peine à se relever du conflit provoqué en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par la rébellion Séléka, à dominante musulmane.


La contre-offensive des miliciens anti-Balaka, majoritairement chrétiens, a provoqué des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.


L'intervention de la France et de l'ONU a permis d'endiguer des massacres de masse. Un nouveau président a été élu en mars 2016. La capitale Bangui a retrouvé un calme relatif, mais des groupes armés maintiennent une insécurité permanente dans plusieurs régions.


"Les avancées générales sont assez importantes (...) le plan national de DDR a été rédigé avec les détails des étapes de la mise en oeuvre du projet", a commenté samedi Jean-Marc Tafani, chef du programme DDR de la Mission des Nations unies pour la Centrafrique (Minusca), à propos de cette rencontre qui a eu lieu jeudi et vendredi avec des représentants de 14 groupes armés.


"La prochaine réunion du Comité consultatif de suivi du DDR aura lieu du 25 au 27 mai", a-t-il précisé, joint par l'AFP depuis Libreville


Le "DDR" est désormais financé et chiffré: 45 millions de dollars, débloqués par la Banque mondiale, l'ONU et le gouvernement centrafricain, doivent permettre le désarmement des combattants et la réinsertion de 5.000 d'entre eux dans la vie civile et - pour une minorité - dans les forces armées.


Répondant à des craintes d'organisations internationales sur une possible impunité pour les ex-combattants, M. Tafani a indiqué que "les personnes soupçonnées de crimes divers seront soumises à la justice" et "écartées du programme de DDR". "Pendant la réunion, certains groupes se sont exprimés contre ce processus", a-t-il cependant noté.


Outre le DDR, la Centrafrique mise sur une Cour pénale spéciale (CPS) pour tenter de conforter le retour à la paix. Cette CPS se présente comme une juridiction mixte avec des magistrats centrafricains et étrangers. Elle doit prochainement commencer ses travaux pour juger tous les crimes contre l'humanité depuis 2003.


- Des négociations difficiles –


Le président Touadéra se félicite régulièrement d'avoir déjà rallié onze des quatorze groupes armés recensés en Centrafrique au processus du "DDR".
 

Venu pour la première fois à une réunion DDR, le Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC), faction de l'ex-rébellion de la Séléka dirigée par Noureddine Adam, a posé plusieurs conditions, a indiqué M. Tafani.


Le FPRC veut notamment "un accord politique qui prévoit leur participation dans le gouvernement", "plus de programmes de développement dans leurs régions du nord", ou la mise en place de "forces mixtes musulmanes et chrétiennes", selon M. Tafani.


L'autorité de l’État peine à s'étendre au-delà de Bangui et la Minusca (12.500 hommes), qui sécurise en priorité les grandes villes, n'a rien pu faire pour éviter la mort il y a un mois de plusieurs dizaines de personnes - selon des témoins -, victimes de bandes armées dans la région de Bambari (centre), deuxième ville du pays.


Pays à l'histoire mouvementé depuis son indépendance en 1960, la Centrafrique a connu dans le passé plusieurs processus de désarmement.


"Il est compliqué (pour les groupes armés, ndlr) d'abandonner certaines ressources très importantes pour passer dans un métier normal", explique M. Tafani, allusion à l'enjeu du contrôle des richesses (or, diamant, commerce du bétail...).


"Le DDR ne va pas résoudre tous les problèmes de la Centrafrique (...), il faut être modeste et réaliste", relève auprès de l'AFP le représentant de la Banque mondiale en Centrafrique, Jean-Christophe Carret, qui estime que "c'est le développement qui va empêcher les crises". La Centrafrique est classée 188e et dernière à l'Indice du développement humain (IDH).


"Il est important que l'on continue de maintenir la République centrafricaine dans l'agenda de la communauté internationale, surtout sur les questions humanitaires", avait souligné fin mars M. Touadéra.

 

AFP

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 18:26

 

 

NOTE D’INFORMATION

 

 

 

Bangui, le 21 avril 2017 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA) exprime sa volonté de travailler avec les différentes parties afin de répondre aux problèmes auxquels font face la ville de Paoua et les zones environnantes (préfecture de l’Ouham Pendé). L’annonce a été faite vendredi lors d’une rencontre entre une délégation de la Mission et les autorités administratives de cette localité du nord-ouest de la RCA.

 

« Nous allons travailler en étroite coordination avec les autorités nationales et les partenaires pour traiter les problèmes évoqués. Sur la question des groupes armés, par exemple, nous sommes dans un processus de dialogue sur le DDRR très important qui a démarré », a expliqué le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et chef de la Mission, Parfait Onanga-Anyanga, en réponse aux préoccupations exprimées par les représentants de la sous-préfecture, de la mairie, de la justice et des forces de sécurité intérieure.

 

Les autorités locales ainsi que les représentants de la société civile ont salué l’appui de la MINUSCA dans le retour au calme dans la ville de Paoua ainsi que l’appui au secteur judiciaire, en particulier les transfèrements de prisonniers, tout en regrettant une certaine insécurité dans les zones environnantes en raison de la présence des groupes armés comme le MPC/RJ, le 3R et les anti-balakas. « Il y a des notes d’espoir mais aussi des défis d’où la nécessité de redoubler les efforts dans cette partie du pays. Nous allons poursuivre ces efforts avec les autorités », a-t-il ajouté.

 

Le Représentant spécial a par ailleurs rendu hommage aux autorités locales, judiciaires et sécuritaires pour leur travail et leur présence dans la région « malgré les difficultés, pour s’assurer que l’autorité de l’Etat est présente. Pour leur part, le Commandant de la Force, Général Balla Keita, et le Chef de la Police, Général Roland Zamora, ont annoncé quelques mesures prises par la MINUSCA pour s’assurer que les populations ne sont pas victimes d’exactions de la part des groupes armés mais aussi pour renforcer les moyens de travail de la justice comme la réhabilitation du centre de détention de Paoua.

 

Le Représentant spécial et sa délégation se sont entretenus avec des représentants des groupes armés RJ (Révolution et Justice) et Groupe des Patriotes, qui ont fait part de leur satisfaction de rencontrer la MINUSCA et « poser leurs problèmes », notamment le DDR et l’impact de la transhumance sur la saison agricole.

 

Dans ses propos, le Représentant spécial a fait part de l’insécurité posée par les groupes armés et dénoncée par les populations locales, tout en appelant à la fin des violences commises par les groupes armés. « Le pays est à un tournant important. Il est engagé dans le temps de la paix et on ne va pas s’arrêter. On n’a pas besoin de faire la guerre ni de créer des conditions de violence contre les populations pour faire revendiquer quoi que ce soit », a expliqué le Représentant spécial. Il a invité les groupes armés à être des acteurs de paix, car seuls les Centrafricains peuvent construire le pays.

 

Au cours de la visite, la délégation a eu une session de travail avec les responsables des agences onusiennes et des représentants d’organisations humanitaires au cours de laquelle, le Représentant spécial a appelé les différentes parties à travailler ensemble afin de répondre de manière plus efficace aux difficultés. S’adressant particulièrement aux acteurs humanitaires, le Chef de la MINUSCA a rappelé que l’action humanitaire « est dans le mandat de la Force et un devoir pour la Mission ». Par ailleurs, le Représentant spécial s’est adressé aux soldats de la paix de la MINUSCA pour les encourager dans leur mission de protection des populations mais aussi leur rappeler leur devoir de prévenir et combattre tout risque d’exploitations et abus sexuels.

 

Les représentants de l’Union africaine et de l’ambassade de France faisaient également partie de la mission à Paoua, dans le cadre de la coordination des efforts des partenaires pour mieux appuyer la République Centrafricaine.

 

______________________________________________________________________________

 

Division de Communication Stratégique et d'information publique

 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

https://minusca.unmissions.org | @UN_CAR |

LES RESPONSABLES DE LA MINUSCA A PAOUA POUR ECOUTER LES AUTORITES, ACTEURS LOCAUX ET GROUPES ARMÉS
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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 18:24

 

 

 

La Centrafrique, représentée par le ministre des mines, de l'énergie et de l'hydraulique a signé des conventions minières avec la société chinoise Tien Pao SARL. La validation de ces contrats a été rendue possible grâce à une décision rendue par la Cour constitutionnelle. En effet, le pouvoir exécutif a saisi officiellement la dite Cour pour interpréter l'article 60 de la constitution. Cet article dispose en ces termes que "le gouvernement a l'obligation de recueillir l'autorisation de l'assemblée nationale avant la signature de tout contrat relatif aux ressources naturelles ainsi que des conventions financières. Il est tenu de publier le dit contrat dans les huit (8) jours franc suivant sa signature".

 

Après avoir statué, la Cour constitutionnelle a décidé en conformité avec l'esprit de la loi que "seul le bureau de l'assemblée nationale" pouvait se prononcer sur la question en estimant que la plénière de l'assemblée nationale même en l'absence du sénat ne peut produire un acte administratif qui est un acte règlementaire, une prérogative du pouvoir exécutif. Cette décision souveraine de la haute cour a suscité des indignations des observateurs de la vie politique centrafricaine qui se sont insurgés sur différents supports des réseaux sociaux. Cette polémique a suscité l'interrogation du citoyen lambda qui se pose légitimement les questions suivantes : l'interprétation des dispositions constitutionnelles est-elle exclusivement réservée aux initiés ? Cette interprétation suit-elle la pensée du législateur ? La cour constitutionnelle s'est-elle reportée au débat parlementaire pour décrypter l'intention du législateur ? L'esprit des débats parlementaires était-il conforme à l'interprétation ?

 

En donnant une orientation à l'article 60 de la constitution, pourquoi la cour constitutionnelle n'a pas émis de réserves d'interprétation ? La forte pression politique a t-elle biaisé l'interprétation de la haute cour ? Cette lecture version Cour constitutionnelle était-elle l'unique option ? Les conseillers de cette cour étaient tous unanimes à cette interprétation ? Existait-il des voix dissidentes au sein de la Cour ? En cas d'obscurité ou de divergence d'opinions entre les conseillers, ont-ils eu le droit de solliciter l'expertise ? Les conseillers de la Cour constitutionnelle s'intéressent-ils ou font-ils de la politique ? Peut-on dire que cette décision est juridique ou politique ? Existe t-il une main invisible derrière cette décision ? La haute cour est-elle politisée pour obéir aux exigences des politiques ? Le mode de désignation des conseillers de la Cour par l'exécutif laisse laisse t-il entrevoir un devoir de subordination ? Les conventions minières ont-elles été publiées conformément à la loi ?

 

Bref, le citoyen lambda se perd dans cette panoplie de questions sans réponses. Il est important de rappeler que la Cour constitutionnelle est hiérarchiquement la plus haute juridiction, il a le monopole de l'interprétation du contenu de la constitution. Ces décisions s'imposent souverainement au pouvoir public, à toutes les autorités administratives, juridictionnelles et même à toutes les personnes physiques ou morales. Outre la proclamation des élections et le contentieux électoral, la haute cour est le seul organe habilité à interpréter la constitution. Le caractère sacré et intouchable de la constitution ne donne pas droit à n'importe qui de l'interpréter. Même celles ou ceux qui ont fait des études juridiques ont du mal à donner des interprétations justes et unanimes. Nos compatriotes exagèrent souvent dans l'exercice de se substituer aux professionnels. Alors, laissons au juge le droit de juger ou d'interpréter des lois comme nous laissons aux historiens le droit d'écrire l'histoire. Il faut noter que l'interprétation de la loi est un exercice très technique qui échappe même aux juristes car c'est un sujet à polémiques.

 

L'interprétation de la Constitution ne contient non seulement des règles de procédure mais doit aussi respecter des principes. Ces principes n'admettent pas une application ou interprétation littérale des textes ou articles de la constitution. Cela suppose un recours à des méthodes spécifiques dépassant ainsi la compréhension du public. Il faut ainsi distinguer ce qu'on appelle "la loi et l'esprit de la loi" surtout veiller à ne pas violer l'esprit ou la pensée du législateur. Tout porte à croire que les avis de la Cour constitutionnelle sont pilotés par le gouvernement car les conseillers doivent leur nomination à l'exécutif. Pour lever tout soupçon ou équivoque, il faut interpréter les articles de la constitution au regard de la constitution elle même au lieu de les interpréter isolement. L'interprétation doit être l'expression d'une certaine valeur et surtout de la fonction de la constitution dans la société et en tenant compte des réalités sociales. Il ne faut pas oublier aussi que la "raison d'Etat" peut interdire l'interprétation stricto sensu du texte. Après analyse, la décision de la Cour constitutionnelle laisse entrevoir la théorie selon laquelle le bureau de l'assemblée nationale est élu et mis en place par les députés, ainsi le bureau de l'assemblée nationale est l'incarnation des députés et est considéré comme des "grands électeurs" à l'instar des élections sénatoriales en France. Cette vague de contestation de la décision de la Cour constitutionnelle suscite des inquiétudes et interrogations : à l'avenir les conseillers de la Cour constitutionnelle vont-ils entrés en concurrence ou se substitués au législateur ? Sont-ils devenus des outils pour déformer, retrancher ou rajouter aux pensées du législateur ?

 

Nous tenons à rappeler que le pouvoir de censurer les lois, de biaiser la pensée du législateur ne confère pas aux conseillers de la Cour un pouvoir législatif qui est un privilège des parlementaires. Pour finir et en tout état de cause, bonne ou mauvaise interprétation, la décision de la Cour constitutionnelle est souveraine et opposable à tous. Dorénavant, c'est cette lecture de l'article 60 de la constitution qui est privilégiée nonobstant les contestations ou supputations de l'opinion publique. Les parlementaires sont ainsi privés de leur espoir de connaître des contenus des conventions souscrites par l'Etat centrafricain. En conséquence, la jurisprudence s'aligne sur la version de la Cour constitutionnelle. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.

 

Paris le 22 avril 2017

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections.

CENTRAFRIQUE : SOUSCRIPTION DES CONTRATS MINIERS, L'INTERPRÉTATION DE LA CONSTITUTION EST-ELLE RÉSERVÉE AUX INITIÉS ?  par Bernard SELEMBY DOUDOU
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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 18:16
Des avancées enregistrées sur les préparatifs du désarmement en Centrafrique
Des avancées enregistrées sur les préparatifs du désarmement en Centrafrique
Des avancées enregistrées sur les préparatifs du désarmement en Centrafrique

 

 

 

https://www.voaafrique.com

 

Des avancées "assez importantes" ont marqué la première réunion des autorités centrafricaines et internationales avec l'ensemble des groupes armés qui sèment la violence en Centrafrique, a déclaré samedi le chef du programme de désarmement.

 

"Les avancées générales sont assez importantes (...) le plan national de DDR a été rédigé avec les détails des étapes de la mise en oeuvre du projet", a indiqué Jean-Marc Tafani, chef du programme Désarmement démobilisation réinsertion, joint par l'AFP depuis Libreville au terme de la rencontre qui a eu lieu vendredi avec des représentants de 14 groupes armés.

 

Les négociations doivent encore se poursuivre et "la prochaine réunion du Comité consultatif de suivi du DDR aura lieu du 25 au 27 mai", a-t-il dit.

 

Le programme, dont le budget a été bouclé avant la réunion avec un financement à hauteur de 45 millions de dollars par la Banque mondiale, l'ONU et le gouvernement centrafricain, prévoit de désarmer les combattants avec la réinsertion de 5.000 d'entre eux dans la vie civile.

 

Pour la première fois dans le programme de DDR, le gouvernement centrafricain s'est assis à la même table que l'ensemble des groupes armés responsables de nombreuses exactions dans le pays.

 

Venu pour la première fois à une réunion DDR, le Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC), faction de l'ex-rébellion de la Séléka dirigée par Noureddine Adam, a posé plusieurs conditions, a indiqué M. Tafani.

 

Le FPRC veut notamment "un accord politique qui prévoit leur participation dans le gouvernement", "plus de programmes de développement dans leurs régions du nord de la Centrafrique", ou encore la mise en place de "forces mixtes musulmanes et chrétiennes", détaille le chef du programme DDR.

 

La Centrafrique, un des pays les plus pauvres au monde, peine à se relever du conflit provoqué en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par la rébellion de la Séléka, à dominante musulmane. La contre-offensive des anti-balaka, des milices majoritairement chrétiennes, a provoqué des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

 

Avec AFP

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