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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 20:00

 

 

 

http://www.euractiv.fr/

 

L'aide internationale destinée à la République centrafricaine n'arrive pas à bon port, en l'absence de tout contrôle. Un prêtre en charge de la médiation s'interroge aussi sur les intérêts défendus par la France sur le terrain. Début avril, le secrétaire général de l'ONU, Ban-Ki Moon, a déclaré que la moitié de la République centrafricaine dépendait directement de l'aide humanitaire. Pourtant, Bangui n'a à ce jour reçu que 20 % des 200 millions de dollars d'aide humanitaire promis par la communauté internationale.

 

Ce montant s’inscrit dans le cadre d’une enveloppe globale de 500 millions de dollars. Mais selon le prêtre italien carme Aurelio Gazzera, rien ne se passe comme prévu. Selon ce médiateur engagé dans le processus de paix dans le pays, en l'absence de processus de vérification qui implique les populations locales, ces fonds humanitaires seraient « plus un problème qu'un soutien ». En visite à Bruxelles, il a affirmé à EurActiv que les aides envoyées jusqu'à maintenant méritent le « trophée de l'argent qui n'arrive-jamais-là-où-il-devrait-arriver ».« La société civile n'a jamais eu un véritable contrôle en la matière et n'a par conséquent jamais vu la couleur de cet argent » selon lui.

 

L'aide termine dans des poches qui n'y ont pas droit L'aide prodiguée jusqu'à maintenant a fini « dans les poches de personnes qui n'y ont absolument pas droit [...] et qui en font don selon leur bon vouloir aux ministres, à leur famille, à leurs amis ou à n'importe qui d'autre », a poursuivi le religieux. Un contrôle des aides aurait été crucial en vue de vérifier de telles pratiques. « Les ONG, qui reçoivent ces aides n'ont pas elles-mêmes d'approches systématiques », a-t-il expliqué.« Elles finissent par acheter des choses inutiles, ou qui profiteront seulement aux élites villageoises. Récemment, des ONG de ma région ont acheté des bâches en plastique afin de recouvrir des toits de maisons qui avaient été réduits en cendres. Elles ont commencé à les distribuer sans vérifier qui les recevait et maintenant vous ne voyez ces bâches nulle part - et les maisons sont toujours dépourvues de toits ».

 

La distribution de denrées alimentaires était une autre priorité clairement définie, a-t-il ajouté, tout comme la réouverture des écoles et les actions de médiation en vue de réinstaurer la paix. Le père Aurelio, qui tient par ailleurs un blog intitulé « En direct depuis Bozoum », est engagé dans ces trois champs prioritaires. Il participe notamment à la mise en place d'un comité de médiation de réconciliation et d'un comité des sages en vue de tenir des auditions judiciaires indépendantes.

 

En décembre dernier, un massacre a été évité de justesse à Bozoum, grâce à l'intervention du représentant spécial de l'UE pour les droits de l'Homme et à l'envoi d'un contingent de l'armée française dans la ville. Mais l'opération de désarmement pilotée par le père Aurelio a été suspendue après seulement quatre jours, dès le retrait des troupes. Aucune stratégie commune des forces militaires Les rues de Bozoum ont à nouveau rapidement été le théâtre de lynchages. Le prêtre a été lui-même attaqué et a reçu des menaces de mort. Son église représente en effet un lieu de refuge face aux bandes armées pour les civiles sans défense, quelle que soit leur confession.

 

Même si des troupes étaient nécessaires en vue d'éviter des bains de sang à l'intérieur du pays, « elles doivent venir avec une meilleure stratégie, une organisation et des objectifs clairs, afin qu’elles ne mènent pas leurs opérations chacun de leur côté, mais ensemble », a expliqué le père Aurelio. Deux mois après le déploiement des forces françaises, « elles n'ont montré aucune stratégie ou vision commune », a certifié le prêtre italien. D'après lui, elles n'auraient même pas réussi à sécuriser les routes principales entre Bangui et le Cameroun.

 

Le Programme alimentaire mondial est donc contraint de larguer ses aides au-dessus de Bangui, à l'aveugle, plutôt que de la distribuer. La mise en œuvre de la Convention de Genève en Centrafrique serait une bonne idée, a assuré le père Aurelio. « Mais, il n'y a même pas de cours de justice pour les citoyens normaux en République centrafricaine, comment voulez-vous alors avoir une cour pour les crimes de guerre? », a-t-il interpellé. De l’aveu même de Ban Ki-Moon, la mission internationale MISCA et les troupes françaises de l'opération Sangaris pour le maintien de la paix « manquent de ressources et sont débordées ».

 

Père Aurelio partage le même point de vue et signale que les troupes étaient à l'heure actuelle incapables de répondre d’urgence à des appels à l'aide dans des zones situées à 60 km, car elles étaient à court de carburant.« Au vu du montant des financements dont ils bénéficient, il serait bon de s'y attarder un peu plus longtemps », a-t-il poursuivi.« [Ce manque de financement] représente un risque pour le bon déroulement de leurs missions ». La France défend avant tout ses intérêts Le père Aurelio a par ailleurs déclaré qu'il « y avait de fortes chances » que les troupes Sangaris aient été déployées pour protéger les intérêts commerciaux de la France. « Les troupes françaises n'essaient même pas de s'en cacher », selon lui. « En principe, ils sont là pour protéger les intérêts des entreprises et des citoyens français », et alors que ce but peut être louable, « nous ne pouvons pas ignorer [la possibilité] qu'il y ait d'autres intérêts en jeu », a-t-il nuancé.

 

La République centrafricaine possède d'importants gisements d'uranium, de pétrole et d'autres minerais. Les rebelles Seleka sont suspectés de financer leurs actions armées grâce à la vente de diamants provenant des mines saisies. « La production pétrolière n'a pas encore commencé jusqu'à maintenant, mais cette possibilité existe et la Chine et la France l’envisagent », souligne le prêtre. « Il y a également de l'uranium et la faiblesse du gouvernement permet [aux entreprises] d'avoir un contrôle plus fort sur tous les contrats et concessions en vue d'exploiter les ressources du sous-sol ». Une partition du pays est en train de se produire de facto. Les citoyens musulmans fuient en effet vers le Tchad et vers le nord et l'est du pays.

 

Par conséquent, les Seleka, qui se sont déplacés en même temps que les réfugiés musulmans, occupent maintenant des zones riches en ressources minières. D'autres pouvoirs étrangers, mais régionaux, ont également des intérêts dans l’avenir du pays, notamment dans les zones qui présentent de ressources en bois exotique et des pâturages. « Nous sommes entourés de pays qui ont de grands troupeaux, mais qui n’ont nulle part où les faire pâturer », a souligné le prêtre. « Ils ont des vues sur ces pâturages ».

 

 

CONTEXTE

 

La République centrafricaine, l'un des pays les moins avancés au monde, a obtenu son indépendance de la France en 1960. Depuis, le pays est régulièrement le théâtre de coups d'État, d'interventions étrangères et est souvent déstabilisé politiquement. En 2012, la coalition musulmane Seleka, s'est emparée du pouvoir. Elle a par la même occasion évincer le président François Bozize, et plonger le pays dans les violences interethniques.

 

Le conflit a provoqué la mort de milliers de musulmans. Des milliers d’entre eux ont pris le chemin de l’exil, au même moment où la Seleka était renversée par des milices anti-Balaka, constituées de chrétiens et d'animistes. L'ONU, ainsi que d'autres institutions internationales, a mis en garde contre un risque élevé de génocide en Centrafrique. Les États membres de l'UE se sont mis d'accord pour envoyer 1000 soldats en vue de stabiliser le pays.

L'aide internationale n'arrive pas en Centrafrique

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 19:55

 

 

 

Ces derniers temps, la ville de Bangui et certaines villes de nos provinces continuent d'être les théâtres d’évènements meurtriers qui endeuillent quotidiennement des familles centrafricaines et étrangères. Cette recrudescence de la violence et des exactions criminelles sur la population est à mettre "à l’actif" des éléments appartenant aussi bien à l’ex- coalition Séléka en tant que celle-ci constitue une force négative de partition du pays qu’à la milice anti-Balaka en tant que cette dernière représente elle aussi une force négative de déstabilisation de la Transition et dont l'objectif stratégique est la restauration de l'ordre ancien.

 

Aujourd’hui sur toute l’étendue du territoire national, nul n’est à l’abri des assauts criminels sans cesse répétés de ces assassins qui ne sont nullement inquiétés. A Bangui, les derniers cas déplorés ont eu lieu à Fatima et à Begoua et ont occasionné des dizaines de décès et des centaines de blessés. En province, les sous préfectures de Dékoa dans la Kemo et de Bouca dans l’Ouham ont connu des actes de barbarie qui ont engendré également plusieurs décès parmi la population civile. Après la prise en otage le 16 avril 2014 de Monseigneur Désiré Nestor NONGO AZIAGBIA, Evêque de Bossangoa et de trois autres prêtres de son diocèse à Batangafo par les éléments de l'ex-Séléka, nous avons appris avec indignation et consternation la nouvelle du lâche assassinat de l'Abbé Christ Forman WILIBONA le vendredi 18 avril 2014 par les mêmes éléments.

 

Face à cette terrifiante situation qui interpelle la conscience nationale au regard des exactions meurtrières quotidiennes subies par les citoyens Centrafricains et qui visent désormais les religieux qui ne prônent que la paix et l'amour, Le Directoire Politique de la Convention Républicaine pour le Progrès Social (CRPS) parti politique épris de justice, de paix et de liberté:

 

• Condamne fermement l'ignoble assassinat de l'Abbé Christ Forman WILIBONA , la séquestration et la prise en otage de Monseigneur Désiré Nestor NONGO AZIAGBIA et des trois autres prêtres du diocèse de Bossangoa;

 

• Condamne les assassinats au quotidien des paisibles citoyens Centrafricains et des étrangers vivant sur notre territoire; • Présente ses condoléances les plus émues au clergé centrafricain et aux familles des victimes de la barbarie ;

 

• Demande aux autorités judiciaires de la Transition, l’interpellation, la traduction effective en Justice des auteurs, co-auteurs et complices des crimes et autres exactions commis sur les populations ;

 

• Demande aux Forces internationales déployées en Centrafrique sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies d'appliquer sans ambigüité le mandat conféré à elles par la résolution 2127 du Conseil de Sécurité par le recours à la force pour désarmer les ex Séléka et les anti Balaka;

 

• Invite les autorités de la Transition en accord avec le Conseil de Sécurité à procéder à l’équipement et au redéploiement effectif des forces de défense et de sécurités sur toute l’étendue du territoire national.

 

• Remercie et encourage la CEMAC, la CEEAC, L'UA, la FRANCE, l'UE et l'ONU pour leur engagement aux côtés du peuple centrafricain à travers la MISCA, l'opération SANGARIS , l'EUFOR et bientôt la MINUSCA.

 

• Appelle tous ses militantes et militants, les démocrates, les forces de progrès, à demeurer vigilants et à faire échec à tous les graves crimes imputables aux ennemis de la République qui sont clairement identifiés.

 

Fait à Bangui 22 avril 2014

 

Le Président

 

 

Me Nicolas TIANGAYE

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CRPS RELATIF A L'ASSASSINAT DE L'ABBE CHRIST FORMAN WILIBONA

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 19:48

 

 

 

BANGUI, 23 avril 2014 (AFP) - Les deux journalistes centrafricains emprisonnés à Bangui pour outrage, diffamation et incitation à la haine dans des articles visant la présidente de transition Catherine Samba Panza, ont été remis en liberté provisoire, a annoncé mercredi une source judiciaire.

 

"Le parquet a décidé de remettre en liberté provisoire mardi soir Patrick Stéphane Akibata, directeur de publication du journal Le Peuple, et Régis Zoumiri du journal Le Palmarès, en attendant leur procès", a affirmé à l'AFP une source du parquet de Bangui. "Il s'agit d'une libération provisoire qui ne met pas fin à l'action judiciaire toujours en cours", les deux journalistes étant poursuivis pour outrage, diffamation et incitation à la haine, a précisé cette source.

 

Les directeurs de la publication des quotidiens Le Palmarès et Le Peuple avaient été arrêtés les 7 et 15 avril, avant d'être tous deux déférés à la prison centrale de N'garagba (Bangui) où ils étaient détenus. L'Observatoire des médias a jugé "injurieux" l'article publié dans le Palmarès, intitulé "Catherine Samba Panza, cette cancre qui nous gouverne".

 

Régis Zoumiri, du Palmarès, a été placé en garde à vue pour avoir violé les dispositions du Code de déontologie et d'éthique de la presse et son journal suspendu une semaine. Quant à Patrick Stéphane Akibata, du Peuple, il a été arrêté pour avoir repris dans son journal un article d'abord paru sur un site d'information en ligne étranger, intitulé "De l'illégitimité et de la moralité douteuse de la présidente de transition".

 

Le texte affirme notamment que Mme Samba Panza "a été élue à la suite d'une campagne à coups de billets de banque". Selon le dernier classement mondial annuel de l'organisation Reporters sans frontières (RSF), paru en février, la liberté de la presse en Centrafrique a considérablement reculé pour atteindre la 109e place sur 180 pays.

 

Centrafrique: liberté provisoire pour les journalistes accusés d'outrage envers la présidente

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 14:58

 

 

 

 

 

Bangui, 21 Av (ACAP) – Des évêques en l’occurrence Nestor Nongo Aziagbia, François Xavier Yombandje Janneau Gouaga III , Luc Raval Aumônier militaire français et l’Imam Omar Kobine Layama ont demandé l’application de la résolution 21/27 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies qui exige le désarmement par force des ex-séléka et des anti-balaka par les forces internationales, pour que la paix revienne définitivement en République Centrafricaine, lors d’une conférence-débat « sur les relations entre l’Eglise et l’Etat », lundi 21 avril 2014 à Bangui.

 

L’objectif de cette conférence-débat est d’analyser les voies et moyens pour la sortie de la crise militaro-politique qui écume la République Centrafricaine. 

 

Pour étayer l’assistance sur la gravité de la crise, l’Evêque de Bossangoa, Monseigneur Nestor Nongo Aziagbia, qui avait fait l’objet de kidnappage par les ex-Séléka il y’a de cela quelques jours dans la partie Nord du pays, a déclaré que les groupes rebelles ont un  pouvoir de nuisance dans la partie septentrionale du pays, c’est pourquoi il est nécessaire de les désarmer par la force et par le concours des forces étrangères. 

 

Après analyses des faits, les conférenciers ont unanimement reconnu que la responsabilité de cette crise qui perdure est partagée entre l’Etat, la religion ainsi que le citoyen lambda. Et que celle-ci a été instrumentalisée par les hommes politiques dont leur seul objectif est la conquête du pouvoir. 

 

 Selon la ministre de la Communication et de la Réconciliation nationale, Mme Antoinette Montaigne née Moussa, « il faudrait que l’Etat et les religions collaborent pour guider les citoyens, les fidèles vers la paix et la réconciliation nationale » 

La plate-forme religieuse exige le désarmement forcé des ex-séléka et des anti-balaka

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 14:35

 

 

 

 

 

http://www.secours-catholique.org/    22/04/2014

 

À la veille de Pâques en Centrafrique, un prêtre a été assassiné, deux jours après l’enlèvement d’un évêque et de trois autres prélats que les militaires de la Misca ont réussi à libérer. Le Secours Catholique tient à rendre hommage à l’engagement de ces hommes et femmes qui tous les jours combattent pour la paix au péril de leur vie.

 

Le 18 avril, vendredi saint, le père Christ Forman Wilibona rentrait en moto dans sa paroisse Saint-Kisito, de Paoua. Pris dans le flux de la circulation, il a été la cible d’hommes armés, identifiés comme d’anciens membres de la Séléka. Le prêtre a été tué de six balles.

 

Immédiatement après le crime, Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui et directeur de la Caritas centrafricaine, a publié un communiqué : « Nous dénonçons et condamnons ces actes barbares d’un autre âge qui pourraient compromettre l’élan de réconciliation nationale à laquelle nous aspirons. » L’archevêque appelle le gouvernement centrafricain à restaurer au plus vite un État de droit et invite les forces armées de l’Union africaine, la Misca, à désarmer les milices pour permettre aux populations de circuler librement dans le pays.

 

En première ligne

 

L’assassinat du père Wilibona marque la recrudescence de violences contre les religieux, en particulier à l’encontre des religieux du nord-ouest du pays. Il intervient deux jours après l’enlèvement de Mgr Nestor Azagbya Nongo, évêque de Bossangoa, et de trois prêtres diocésains qui l’accompagnaient, kidnappés le 16 avril à Batangafo, nord du pays. Leurs ravisseurs les ont transportés à Kabo, à la frontière avec le Tchad. Informés par les habitants de leur enlèvement par des ex-Séléka qui avaient confisqué le véhicule à bord duquel ils se trouvaient, des soldats de la Misca ont pu entrer en contact avec les ravisseurs et engager les négociations qui ont permis finalement de libérer l’évêque et les trois prêtres.

 

« Aujourd’hui, les acteurs locaux engagés pour la paix - parmi lesquels les hommes d’Église - sont en première ligne dans le conflit. Ils sont exposés quotidiennement au même titre que leurs compatriotes civils pris dans la tourmente », rappelle Sébastien Dechamps, responsable des urgences internationales au Secours Catholique.

 

« Nous invitons la population centrafricaine ainsi que les hommes et les femmes de bonne volonté, a appelé Mgr Nazpalaingaà prier pour le retour de la paix et de la sécurité dans notre pays et à ouvrir leur cœur au dialogue et à la réconciliation. »

 

Jacques Duffaut

 

Centrafrique : les "hommes de Paix" en danger

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 13:48

 

 

 

 

 

- Par Xavier Monnier -  jeu, 17/04/2014 - 00:30  Bakchich

 

Depuis quelques semaines, le continent noir se trouve au centre des intérêts politiques, diplomatiques et judiciaires brûlants. De l'uranium centrafricain au jeu gabonais, notre confrère Xavier Monnier, rédacteur en chef de Bakchich.info, décrypte les dernières fièvres africaines de Paris.


Le petit village semblait apaisé depuis de long mois. Comme endormi. Paris, marigot africain a paru somnoler, pour se réveiller avec un début de fièvre au front. À plusieurs fronts en fait. Embrumé par un septennat d'investigations sur les biens mal acquis des présidents africains, le front judiciaire a vu pousser deux nouveaux boutons. 

Fin mars a été dévoilée une enquête des juges d'instruction français sur une icône du continent. Ou presque. Michel Tomi. Président et fondateur du groupe Kabi, spécialisé dans les jeux, l'hôtellerie et le BTP, le richissime entrepreneur est soupçonné de blanchir en France une partie de l'argent récolté à travers la gestion, notamment, des PMU qu'il a disséminé en Afrique Centrale. Grandi à l'ombre des réseaux Pasqua, intime de Richard Casanova, feu le leader de la Brise de Mer et protecteur de sa veuve, Sandra, l'homme s'est vu dessiner une légende de Parrain des Parrains corse. 


Croupiers d'Afrique


Proche de bien des présidents africains, du Cameroun au Mali en passant par les deux Congo, Tomi sait faire preuve de générosité avec ses amis. Trop? La justice examine les cadeaux adressés aux chefs d'Etat, à leurs familles, l'utilisation de ses compagnies d'aviation gabonaises. Surtout, les services de polices s'agacent depuis longtemps de recevoir des nouvelles de voyous en cavale, qui émanent souvent des terrains de jeu africains de Tomi. Même Manuel Valls l'a désigné à mots couverts dans un entretien accordé en mai 2013 à L'Express. «Je n'exclus pas l'existence de donneurs d'ordre supervisant ces systèmes criminels, soit depuis le continent, soit depuis l'étranger, en Amérique latine ou encore en Afrique.» L'alors ministre de l'Intérieur, qui suivait au plus près les investigations lancées contre Tomi par la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris. La débâcle électorale socialiste lors des municipales l'a poussé Premier ministre. Elle a réinstallé Jean Tomi, frère de Michel, à la tête du petit village de Tasso en Corse. Et Michel a lui été condamné par la cour d'appel de Monaco à 500 000 d'amende et 18 mois de prison dans l'affaire du casino d'Annemasse (1).  Pour blanchiment. Une séquence houleuse qui en annonce d'autres tant l'enquête judiciaire promet de menues révélations. Et porte en elle une question. Pourquoi la France, malgré la connaissance au moins par Manuel Valls des liens unissant le candidat à la présidence malienne Ibrahim Boubacar Keïta à Michel Tomi, l'a-t-elle soutenu lors du scrution qui l'a consacré à l'été 2013? «Tomi fait aussi dans la diplomatie» s'amuse l'un de ceux qui l'ont bien connu. 


Irradiants intermédiaires à Bangui la coquette


Un éminent serviteur de l'Etat sous les radars de la justice, les magistrats parisiens en chassent d'autres. Le parquet national a été saisi par la cour des comptes de possibles irrégularités dans la gestion du nucléaire français Areva. Plus particulièrement, les magistrats financiers s'interrogent sur le rachat d'Uramin, société canadienne immatriculée aux îles vierges britanniques, pour 1,8 milliards d'euros en 2007, entre les deux tours de la présidentielle. Désormais, la boîte est estimée à moins du quart de sa valeur d'achat. Un irradiant dossier. De nombreux intermédiaires, français, africains, belge et pakistanais se sont affairés autour du dossier. Sans compter les services secrets tricolores, le chef d'Etat d'alors, Nicolas Sarkozy, son intime Patrick Balkany et bien sûr l'ancienne Sherpa de Mitterrand, Anne Lauvergeon, présidente d'Areva jusqu'en 2011.

 
Surtout l'épicentre du dossier ramène en Centrafrique. C'est autour des gisements d'uranium de Bakouma que s'est noué la vente d'Uramin. Depuis novembre 2013, la France a dépêché sur place son armée afin de stabiliser un Etat en déliquescence. Sans grand résultat. Débarqué en mars 2013 par une rébellion armée, le général-président François Bozizé espère encore un retour au pouvoir. Les armes à la main et les caisses pleines? L'homme avait âprement négocié avec Areva les conditions d'exploitation des mines tenues par Uramin. De là à envisager que les militaires français affrontent désormais un ennemi financé par la vente d'Uramin, il y a de nombreux pas. Que la justice empruntera, balaiera ou déblairera. A Bangui la Coquette, malgré la guerre, le ballet des intermédiaires est loin d'avoir cessé. 

Sur le perron de l'Elysée, la parade des chefs d'Etat africains n'a pas non plus été interrompue. Chef d'Etat guerrier, François Hollande doit, sous le casque blanc, composer avec les hiérarques frontaliers de ses zones d'interventions. Ainsi le 8 avril, Ali Bongo, fils de feu Omar et président du Gabon a-t-il été invité à Paris. Au menu des réjouissances le redressement fiscal de 800 millions de dollars infligé à Total Gabon par son administration et bien sûr l'intervention en Centrafrique, membre de la Cemac (Communauté économique et monétaire d'Afrique Centrale) que préside le même Bongo


Sarko, duel des ex en Afrique?


Dans son sillage, un aréopage s'est disséminé dans Paris. A sa tête, le puissant directeur de cabinet Maixent Accrombessi. Ancien agent immobilier d'Ile-de-France, le Béninois, devenu incontournable au Gabon apparait dans de nombreuses sociétés civiles immobilières visées dans l'affaire des Biens-Mal-Acquis. Son emprise dans les rouages de la présidence gabonaise est telle que les opposants gabonais, surtout des soutiens de feu son père écarté du Palais du Bord de Mer, l'ont nommé chef de la «légion étrangère» qui entoure Ali Bongo et contrôle revenus pétroliers, miniers etc... Se retrouvent des Béninois, des Nord Coréens (le garde du corps personnel d'Ali) et Richard Attias.


Publicitaire en cour, le mari de Cécilia s'est fait une place de choix à la cour de Libreville. Chaque année depuis 2012, Attias organise à grands frais le New York Africa Forum, lieu de passage des huiles du continent, ménage de nombreux journalistes. L'Ex première Dame intervient à l'occasion. Et l'homme rayonne sur tout le contient, du Sénégal, où il a été chargé de l'organisation du sommet de la Francophonie, au Congo. Chargé par le président Sassou Nguesso d'organiser les 25 ans du protocole de Brazzaville, Attias a toutefois vu émerger un concurrent sur place, un intime du chef de l'Etat: Lucien Ebata. Grand argentier du «Cobra Suprême» Ebata est parvenu à convaincre le magazine Forbes d'utiliser son nom pour une nouvelle revue, Forbes Afrique. Si le magazine est rédigé à Paris, le Forum Forbes Afrique se tient chaque juillet à Brazzaville depuis 2012. Sa première édition a vu Raffarin et Villepin cadeautés. En 2013 ce fut Jean-François Copé. Pour 2014, selon les informations de Bakchich, Ebata vise plus haut. Rien de moins que Nicolas Sarkozy«Ce n'est pas à l'agenda» a simplement répondu à Bakchich, le secrétariat de l'ancien pensionnaire de l'Elysée. Pas encore? Sarko Ier pourrait être tenté. Ne serait-ce que pour brimer un peu la réussite du mari de son ex... Et faire monter, encore un peu, la fièvre africaine en France.

 

Lu pour vous : Des frères Tomi à Uramin, la Françafrique a le vent en poupe

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 13:43

 

 

 

 

(BBC Afrique) 22/04/14

 

A l’occasion de la fête de Pâques, l’archevêque sud-africain, Desmond Tutu a appelé à la paix en République centrafricaine.

 

Ses propos interviennent alors que le gouvernement sud-africain a récemment assuré qu’il n’enverra pas de troupes en Centrafrique.

 

Pour Desmond Tutu, la Centrafrique est au bord du génocide.

 

Dans un communiqué, l’archevêque sud-africain a précisé qu’au cours des 13 derniers mois, les luttes visiblement incessantes pour le pouvoir politique et les ressources ont dégénéré en anarchie, haine et nettoyage ethnique.

 

Le religieux anglican a voulu envoyé un message aux Centrafricains, affirmant qu’ils détiennent la clef pour une paix durable.

 

Il les a appelé à pardonner pour réapprendre à vivre ensemble.

 

Desmond Tutu dit ajouter sa voix à celle du secrétaire général des nations unies Ban Ki-moon pour inciter le peuple centrafricain et ses dirigeants à « faire revivre l'esprit de tolérance et de respect mutuel ».

 

Selon le prélat, l'annonce par l'ONU du prochain déploiement d'une force de maintien de la paix est un « énorme soulagement », car elle aidera la France et l'Union africaine à « restaurer les systèmes brisés, comme le maintien de l'ordre et la justice ».

 

Lors du dimanche de Pâques, fête de la résurrection, Desmond Tutu a écrit encore que l'un des plus grands dons de Dieu, que ce soit pour les chrétiens, les musulmans, les animistes ou les athées, « est la capacité de distinguer le bien du mal, de raisonner et de faire avec les différences ».

 

« Quand nous pardonnons, nous nous libérons et semons la graine d'un nouveau départ. Cela a un effet multiplicateur puissant », a-t-il expliqué.

 

Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, espère désormais que son appel sera entendu pour que le cycle des tueries interreligieuses prenne fin.

 

 

http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2014/04/140420_desmond_t...

 

RCA: Desmond Tutu prêche la paix

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 13:39

 

 

 

 

 

(RFI) 22/04/14

 

En Centrafrique, les 500 musulmans, piégés dans le quartier du PK12 de Bangui, vont être relogés dans d'autres villes de Centrafrique pour garantir leur sécurité. Ce projet de relocalisation est piloté par les agences onusiennes. Un premier groupe pilote, composé de 93 personnes a été conduit, ce week-end à Bambari, à environ 400 kilomètres au nord-est de la capitale.

 

La relocalisation des 1 500 musulmans, bloqués depuis des mois dans le quartier du PK12 de Bangui, a débuté dimanche 20 avril avec le départ d’un premier convoi. A son bord, 93 personnes qui sont arrivées lundi sur le site spécialement aménagé pour les accueillir, à Bambari dans l’est de la Centrafrique.

 

C’est un premier départ sur les trois programmés pour reloger, en dehors de la capitale, ces musulmans régulièrement ciblés par des attaques de miliciens anti-Balaka. « Les mouvements suivants ne sont pas encore prêts, nous devons nous coordonner d’abord avec nos partenaires et avec le gouvernement. Ce sont par ailleurs des mouvements plus lourds et avec plus de personnes », indique le chef de la mission de l’Office international d’immigration (OIM) en RCA, Guiseppe Loprete, chargé de la coordination logistique de ce projet. « Nous sommes en train de préparer les sites, de faire un travail avec les communautés d’accueil et les communautés de déplacés ».

 

C’est dans les villes de Kabo et Sido que ces sites doivent voir le jour. Des villes qui n’ont pas été choisies au hasard, à l’instar de Bambari. Les déplacés ont formulé la demande de s’y installer, souvent pour se rapprocher de membres de leur famille. Cette solution de relocalisation est censée être provisoire. L’ONU espère une réinstallation de ces populations à Bangui à la faveur d’un retour au calme.

 

Critique du gouvernement

 

Une opération vivement critiquée par la ministre en charge de la Réconciliation qui aurait préféré être associée à la décision.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140422-rca-premieres-evacuations...

RCA: premières évacuations des musulmans du PK12 de Bangui

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 13:35

 

 

 

 

 

 

BAMBARI, 22 avril 2014 (AFP) - Les locaux de la radio Bê-Oko ("Un seul coeur", en sango) sont misérables mais sa mission est immense: à Bambari, la station intercommunautaire cherche à apaiser les tensions entre chrétiens et musulmans, qui ont embrasé la Centrafrique.

 

Le container hébergeant la structure est dévasté : murs déshabillés, troués d'un côté, néon diffusant une lumière trop crue, à la joie de dizaines d'insectes, deux grosses pierres pour caler un ventilateur. Un ordinateur, en panne, est recouvert d'un bout de tissu.

 

"Il n'y a plus rien ici", remarque Philémon Tchang Peuty Palou, l'un des cinq journalistes présents dès les débuts de Bê-Oko en 2004, juste après avoir lancé à l'antenne un magazine sur la protection des enfants produit en langue nationale sango par une ONG.

 

En décembre 2012, la Séléka, ex-rébellion venue du nord-est du pays, part conquérir Bangui, où elle se maintiendra au pouvoir de mars 2013 à janvier 2014. Les villes que traversent ses hommes sont méthodiquement dévalisées.

 

La radio ne fait pas exception. "La Séléka a tout emporté", juge Philémon, 33 ans. Et d'énumérer les lecteurs CD, DVD, les ordinateurs et divers systèmes nécessaires au bon fonctionnement de la station, aujourd'hui disparus.

 

L'une de ses collègues, coupable d'avoir dénoncé les pillards à leur chef, est sévèrement battue. "Elle a été évacuée à Bangui, elle souffre à présent de troubles mentaux", relate-t-il.

 

Les voleurs se désintéressent toutefois de l'émetteur. Ce qui permet à Bê-Oko de sortir du silence en décembre dernier, grâce à l'aide d'ONG, alors qu'à Bambari le général Ali Darassa, respecté, a succédé à un responsable très craint, surnommé "Ben Laden", à la tête de la Séléka.

 

La situation est alors catastrophique à Bangui. Les anti-balaka, milices à majorité chrétienne, tuent, blessent, volent la population, surtout musulmane, disant venger les chrétiens des sévices que leur a infligés l'ex-rébellion pro-musulmane.

 

- Unique radio -

 

"Un seul coeur", qui est à l'origine une radio catholique, devient multiconfessionnelle. "L'évêque a demandé à chaque leader religieux de prendre le micro. Pour éviter que ce qui se passait à Bangui ne se déroule ici", raconte l'abbé Firmin, qui en a la charge.

 

Les trois communautés (catholiques, protestants et musulmans) achètent des bidons d'essence pour nourrir le groupe électrogène de Bê-Oko, dont le rôle est d'autant plus primordial qu'elle a le monopole des ondes dans la ville et ses environs.

 

La station publique Linga ("tam-tam") a aussi été pillée. Aujourd'hui, "les Séléka vivent dedans", confie un journaliste. Et l'émetteur d'une autre station, Ndélé-Luka ("l'oiseau de la bonne nouvelle") ne fonctionne plus.

 

De 17H30 à 19H30, seule période de diffusion, tout le monde, à 70 km à la ronde, écoute donc Bê-Oko.

 

"La radio est un facteur vraiment important (de pacification), estime le pasteur Ephrem, de l'Eglise évangélique locale. Ce qu'on a dit est rentré dans les crânes. Les musulmans en témoignent. Les jeunes chrétiens aussi."

 

Et d'ajouter : "des gens s'apprêtaient à se venger. Certains nous ont dit : +C'est grâce à vos conseils à la radio que je me suis retenu+."

 

Après deux mois de légère amélioration à Bambari, la situation se dégrade à nouveau. Anti-balaka et Séléka se combattent à Grimari, à 80 km de la ville, où vivent 45.000 habitants, en majorité chrétiens.

 

Les musulmans de la zone sont paniqués. Les rumeurs les plus folles se propagent. "Nous sommes privés de toute liberté. On ne se déplace plus, même au marché. C'est la panique à cause des anti-balaka", s'alarme l'imam de Bambari, Aboubacar Souleymane.

 

A ses côtés, le président du comité islamique de la ville, pourtant pacifiste, prévient que les siens "se défendront par tous les moyens". "Il y a des balaka (machettes) dans tous les magasins. On ira aussi en acheter", avertit-il.

 

Les discours pacificateurs vont reprendre de plus belle sur Bê-Oko. Pour éviter le bain de sang que tous redoutent.

A Bambari, la radio "un seul coeur" pour apaiser les tensions entre musulmans et chrétiens centrafricains

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Centrafrique-Presse.com
22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 13:32

 

 

 

 

 

APA – Douala (Cameroun) 2014-04-22 09:25:02

 

La situation humanitaire est catastrophique en République centrafricaine selon le président de la Commission internationale d’enquête des droits de l’homme, le Camerounais Bernard Muna, ancien procureur général adjoint du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


De passage au Cameroun, cet avocat qui conduit la mission des nations unies depuis deux mois, estime que « tout est tombé en désuétude avec le coup d'Etat qui a renversé le président Bozizé en mars 2013 ».


« Vous vous imaginez bien que dans un pays où l'ordre public n'est pas respecté ; on tend vers l'anarchie. Surtout à l'intérieur du pays, c'est la loi du plus fort qui règne », a-t-il déploré.


Si la situation à Bangui, la capitale s'est relativement améliorée depuis le déploiement en décembre dernier des forces françaises SANGARIS et de la Mission de paix des pays de l'Afrique centrale sous l'égide de l'Union africaine (MISCA) a quelque peu ramené le calme, tel n'est pas le reste du pays où « des seigneurs de guerre » font la loi, « chacun est chef dans son espace ».


Selon lui, « les institutions qui incarnent un pays sont inexistantes. L'armée, la police, la gendarmerie, les cours et tribunaux, les prisons l'administration. Nous avons sillonné l'intérieur du pays, il n'y aucune trace de force de maintien de l'ordre », a indiqué l'ancien bâtonnier de l'ordre national des avocats du Cameroun.


La fonction publique qui accumule plus de six mois d'arriérés de salaires n'a que de non, car en plus que les agents de l'Etat n'ont pas d'argent pour se rendre au travail, ceux qui y vont nourrissent la suspicion entre eux.


Un Etat de non droit où des « gens sont tués de façon atroce », les auteurs de ces actes qui se recrutent dans tous les camps se croyant à l'abri de toute sanction.

Dans ces conditions, la décision du Conseil de sécurité de l'ONU de déployer 12 000 casques bleus en Centrafrique en septembre prochain est salutaire, a souligné Bernard Muna, un déploiement qui pourrait éviter la disparition de la Centrafrique de la carte de l'Afrique et entrevoir la reconstruction du pays et la restauration de l'autorité de l'Etat.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=601848#sthash.KhWmEg4X.dpuf

« On tend vers l'anarchie en Centrafrique » selon la Commission internationale d'enquête des droits de l'Homme

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