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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 18:26

 

 

 

 

 

http://www.opinion-internationale.com/   Jeudi 17 avril 2014 - 17H25

 

Lydie Nzengou, est responsable de la rubrique Centrafrique à Opinion Internationale. Elle même centrafricaine, connaissant bien la situation de son pays et la crise qu’il traverse, elle répond à des questions sur les causes du conflit mais aussi sur les solutions envisageables et les perspectives à venir.  

 

Dans l’analyse du jeu politique et sécuritaire du pays revient sans cesse la référence aux rebelles Séléka et aux milices anti-balaka. Jusqu’à quel point ces mouvements expliquent-t-il les violences auxquelles nous assistons ? Quelles sont les tendances qui prévalent à l’intérieur de ces mouvements et, si elles existent, leurs revendications politiques ?

 

Depuis l’arrivée de la Séléka au pouvoir en mars 2013, nous avons assisté en République Centrafricaine à une montée de violence encore méconnue jusque-là. Le pays a traversé plusieurs rébellions et mutineries mais ce chaos dans lequel est plongé le pays ne trouve aucune explication. Viols, pillages, destructions, enlèvements, assassinats, charniers ont fait irruption dans la vie des Centrafricains…

 

Et depuis le 5 décembre 2013, le peuple centrafricain a été pris en otage entre les exactions commises par les éléments de la Séléka et les milices anti-balaka. Aucune explication n’a été donnée pour les atrocités commises par la Séléka, sauf qu’ils étaient, pour la plupart, des rebelles, sans foi ni loi rejoints par des bandits de grands chemins qui n’ont que le langage des armes pour s’exprimer. Ils sont venus chasser le Président François Bozizé et prendre le pouvoir, mais pourquoi avoir perpétré ces crimes une fois qu’il a été renversé ? Les anti-balaka à leur tour les ont concurrencés, en utilisant une arme nouvelle : la machette. A leur tour, ils estiment être les libérateurs, menant des actions en représailles aux atrocités commises par les éléments de la Séléka.

 

Aujourd’hui, dans chacune des deux entités, nous trouvons deux branches, les radicaux et les modérés. Chez les Séléka, les radicaux veulent une partition du pays. Chez les anti-balaka, jusqu’à fin mars, les radicaux désiraient le retour du Général François Bozizé au pouvoir. Aujourd’hui, des deux côtés, des modérés sont prêts à aller au dialogue et à déposer les armes. Leur revendication est l’arrêt des poursuites judiciaires contre leurs leaders et leur cantonnement. Ils souhaitent aussi bénéficier d’une ration de nourriture et d’un pécule pour leur permettre de créer une activité génératrice de revenu une fois retournés dans leur village. La branche modérée des deux protagonistes désire la paix, la fin des hostilités.

 

Mais combien sont les modérés dans chaque camp ? Auront-ils le dessus sur les plus extrémistes ? Seront-ils lâchés par leur base s’ils choisissent la voie de la paix et du dialogue ? Il appartient aussi – j’insiste sur ce point – aux autorités de transition et à la communauté internationale de consolider les positions des plus modérés des Sélékas et des anti-balakas, en ne prenant pas, par exemple, des positions partiales dans la résolution de ce conflit.


Comment, dès lors que le mouvement des anti-balaka est décrit comme spontané – comme un soulèvement populaire en réaction aux exactions commises par les Séléka – peut-on espérer trouver des interlocuteurs légitimes et surtout qui ont un réel pouvoir sur le mouvement ? 

 

Tout mouvement, fût-il spontané, s’il perdure dans la durée ne peut que s’organiser et avoir à sa tête des leaders. Au départ, les milices anti-balaka étaient véritablement des paysans qui défendaient leurs villages contre les agressions extérieures. Au fur et à mesure ils se sont vus infiltrés, instrumentalisés pour devenir comme une nébuleuse lourdement armée. Nous savons qui est derrière chaque entité, chaque groupe. Des noms sont cités et reviennent. Je le répète, ils sont organisés et obéissent à une hiérarchie, même s’ils ont plusieurs composantes.


Dans et autour de ces mouvements – Séléka et anti-balaka – gravitent des personnages importants de la vie politique centrafricaine actuelle ou passée. L’ex-président Bozizé par exemple chez les milices anti-balaka, mais aussi le Général Dhaffane pour les rebelles Séléka. Quelle est l’influence que ces personnes ont sur les Séléka et les anti-balaka ?

 

Le Président Bozizé est cité comme étant le principal leader des anti-balaka aujourd’hui. Je l’ai mentionné plus haut, il existe deux groupes principaux chez les anti-balaka, les radicaux et les modérés. Je dirai que les radicaux obéissent à François Bozizé et ses lieutenants, comme l’ancien Ministre Ngaissona qui reste influent.

 

Pour ce qui est du Général Dhaffane, il est l’un des principaux fondateurs de la Séléka. Monsieur Djotodia n’étant plus en République Centrafricaine ainsi que bien d’autres, le Général Dhaffane reste le principal leader. Il faut toutefois rappeler que celui-ci s’était opposé à Michel Djotodia à cause des dérives des éléments de la Séléka et Djotodia l’a fait enfermer. Pour ce qui concerne les généraux Séléka qui s’étaient installés à l’intérieur du pays et qui ne sont pas de nationalité centrafricaine, eux peut-être n’obéissent pas au Général Dhaffane. Je pense que la plupart d’entre eux sont repartis d’où ils viennent, et aux dernières nouvelles le Général Dhaffane a effectué une tournée dans le nord du pays, en compagnie du commandement de la MISCA pour demander aux troupes de déposer les armes et faire savoir qu’il ne serait question d’aucune partition de la RCA. Il est cependant revenu sur cette dernière position dans une sortie récente, mais on sent qu’il est sur le chemin du dialogue et qu’il tend la main pour trouver un compromis acceptable par tous. Il s’emploie à calmer les esprits, à faire retomber la pression et à contribuer au retour à la paix. Il a parlé néanmoins de partition en dernier recours et il faut l’aider à aller jusqu’au bout de la logique, non dénuée de danger pour lui, qu’il a entamée, celle de la paix.


Les accords de N’Djamena reviennent sans cesse à propos du règlement politique de la crise centrafricaine. Pouvez-vous nous expliquer à quoi ces accords font référence ?

 

Là, il est question d’accords tacites, verbaux. Le départ de Djotodia a été négocié au préalable. Il démissionne et des éléments de la Séléka occupent différents postes ministériels. C’est une question de parole donnée, de parole non respectée. Cela peut avoir un sens, une signification si l’on veut poursuive dans la confiance dans cette transition. Il est question, là, d’intégrité, de personnalité…


Le rôle et l’influence du Tchad et de son Président Idriss Déby sur le sort de la RCA reviennent aussi constamment dans les commentaires. Qu’en pensez-vous ?

 

La RCA a toujours eu des relations avec son pays voisin le Tchad, bonnes ou tendues selon le contexte et le régime en place. Il s’avère que c’est le Président Idriss Déby qui a appuyé le Général François Bozizé pour renverser le Président Ange Félix Patassé. Il s’avère aussi que c’est ce même Président Idriss Déby qui a appuyé Miche Djotodia pour renverser le Général François Bozizé.

Dernier coup d’éclat : fatiguée des critiques et des reproches d’exactions, le Tchad a retiré ses troupes de RCA. Le dernier soldat a quitté le sol centrafricain la semaine dernière.

Mme Catherine Samba Panza, Chef d’Etat de la Transition a donné un ton ferme lors du dernier Sommet de l’Union Européenne. C’est une très bonne chose et je suis surprise de voir des volte-faces, des messages, des missions auprès du Tchad comme pour dire « je m’excuse». Non, cela ne veut pas dire que les relations sont rompues avec le Tchad, c’est juste mettre à la lumière les zones d’ombre, le manque d’impartialité parfois du Tchad dans la résolution du conflit en Centrafrique. Nous aurons toujours des relations avec le Tchad, c’est une évidence, mais il faudrait qu’elles puissent être construites sur du gagnant-gagnant pour les deux pays.

Nous le savons tous : la géopolitique est très compliquée et complexe. Il est question d’intérêts, de lobby, d’influences et malheureusement au milieu de tout cela une population innocente qui la plupart du temps ne bénéficie pas des privilèges liés à ce jeu politique.

A qui la faute ? Quand est-ce que la Centrafrique pourra disposer d’une armée forte, digne de ce nom, régalienne et assumant son rôle de protecteur ? Quand est-ce que le Centrafricain arrêtera de traiter avec le voisin au détriment de son frère centrafricain ? Tant de questions, et les réponses positives ne seront données que lorsque le Centrafricain prendra conscience qu’il appartient à une Nation, à un peuple et qu’il est lui aussi responsable du cours des événements, bons ou mauvais. Le Président Idriss Déby, s’il arrive à influer sur les événements en RCA, c’est bien parce qu’il a face à lui des Centrafricains qui lui donnent ce pouvoir et qui l’entretiennent. A qui la faute ? Quand est-ce que le Centrafricain parlera d’égal à égal avec les différents acteurs de la scène africaine et internationale ? Quand est-ce qu’il pourra relever sa tête et ne plus la courber devant qui que ce soit ? Cette nouvelle race de Centrafricain naîtra, j’en suis sûre, de ce drame que nous vivons tous !


Alors que d’un côté, dans les camps de déplacés à Bangui, des populations à majorité chrétienne disent ne pas pouvoir retourner dans leurs foyers par peur d’être prises pour cible par les musulmans et que, de l’autre, les populations à majorité musulmane dans des quartiers tels que leKilomètre 5 affirment ne pas pouvoir sortir de leur quartier sans se faire attaquer par les chrétiens, comment rétablir un dialogue entre des populations qui s’accusent sans cesse ?

 

Seul le dialogue, les passerelles entre les deux communautés permettront de colmater la fracture sociale et de réparer la brèche. Tout est encore possible. Les Centrafricains ont gros sur le cœur et il faut les laisser s’exprimer. Il leur faut un cadre, un environnement pour faciliter ce dialogue, ce déballage et ensuite réparer ce qui est réparable. Je sais qu’au fond de chaque Centrafricain, il existe le souvenir des jours de fraternité, de communion, de symbiose entre musulmans centrafricains et chrétiens centrafricains. De toute l’histoire du pays, c’est la première fois que cette fracture a lieu. Tout est encore possible, mettons tout en œuvre pour faciliter la communication, le dialogue. C’est le seul gage pour un mieux vivre ensemble.


Pour ne prendre qu’un exemple parmi d’autres, les populations musulmanes qualifient la radio Ndeke Luka de radio « 10 Mille collines ». Quel est selon vous le rôle des médias locaux dans l’exacerbation de la haine et de la violence ?

 

Je formulerai autrement la question et dirais plutôt quel devrait être le rôle des médias pour être des vecteurs de la paix ? J’ai en effet entendu lors de mon séjour à Bangui et de mon passage au Kilomètre 5 les griefs qui étaient lancés à l’endroit de Radio Ndeke Luka et j’ai été la première surprise. Comparer la Radio Ndeke Luka à la Radio Mille Collines du Rwanda a été un choc pour moi. Cette comparaison est probablement excessive. Je connais cette radio, son origine, le pourquoi de son existence et depuis toujours son impartialité. Si ces griefs s’avèrent être fondés, je recommanderai au personnel de la Radio Ndeke Luka de faire leur travail en toute objectivité et impartialité. On peut diffuser des micros-trottoirs qui expriment la colère mais les médias doivent aussi diffuser des messages conciliants, apaisants, rassembleurs en période de conflit et de crise. Ils doivent s’employer à utiliser la communication pour le changement de comportement, faire de l’éducation, de la sensibilisation, en un mot œuvrer pour un retour à la paix.


Au-delà de l’augmentation du nombre de soldats de la force Sangaris et l’instauration d’une force de maintien de la paix sous mandat onusien la semaine dernière (et qui sera opérationnelle en septembre), l’aide de la communauté internationale – humanitaire et économique – semble faire cruellement défaut à la RCA.  Comment expliquez ce manque d’appui concret ?

 

Des promesses ont été faites au gouvernement centrafricain pour appuyer ses efforts pour la sécurisation, l’aide humanitaire etc… Comme vous le savez, pour que des fonds soient alloués à un pays dans le contexte actuel de la RCA, seule la Banque Mondiale peut donner le feu vert aux partenaires extérieurs au développement pour injecter l’argent. En effet, il faut garantir le circuit, être en mesure de dire que l’argent arrivera à bon port et sera utilisé à bon escient. Des missions de la Banque Mondiale ont été menées à Bangui et aux dernières nouvelles, c’est en ce mois d’avril que le feu-vert a été accordé.


Vous avez organisé le 30 mars avec Opinion Internationale, en hommage à Barthélémy Boganda, fondateur de la RCA, une journée à l’Assemblée Nationale à Bangui avec le président du Conseil National de Transition. Cet événement s’est conclu par un appel au dialogue et au dépôt des armes. Est-ce qu’un tel appel peut avoir des conséquences concrètes ?

 

Cet Appel est le premier acte concret pour amorcer le dialogue en RCA. C’est une des premières fois depuis mars 2013 que les Centrafricains se sont parlés. Ils ont beaucoup à se dire et cela a été la porte ouverte à ce futur dialogue que la Nation appelle de tous ses vœux. Des assises en miniature ont donc eu lieu ce dimanche 30 mars : toutes les sphères de la Nation ont été représentées. La conférence a été consacrée par cet Appel qui circule et qui est la caution de la volonté de tous d’aller au dialogue. Tous les participants ont signé cet Appel au dialogue et parmi eux des politiques très influents et de tous bords. C’était la première phase et cet Appel sera suivi de nombreux débats de conciliation.


Selon vous, quelles sont les priorités pour que la RCA sorte de la crise aujourd’hui ?

 

Pour que la RCA sorte de cette crise, il va falloir que le pays retrouve une sécurité et une stabilité qui la conduiront vers la paix et le retour à un nouvel ordre constitutionnel qui passera par les élections.

 

Cela n’engage que moi mais la transition doit aussi changer de direction, de cap. Le gouvernement de la transition doit être redessiné pour redonner confiance et retrouver une légitimité car les critiques pleuvent de toutes parts.

 

On peut aussi se demander si le Conseil National de Transition, dont les membres n’ont pas été élus par le peuple, est légitime à discuter d’une nouvelle Constitution qui va engager l’avenir de tout une Nation, un peuple.

 

Enfin, et surtout, les autorités de transition doivent faire preuve d’une totale impartialité et ce n’est pas le cas malheureusement : si des poursuites doivent être intentées, pour une plus grande justice et plus de neutralité, Michel Djotodia doit être aussi inquiété par la justice. Il ne peut pas y avoir que l’ancien Président François Bozizé. Cela n’a pas de sens. Il y a eu la Séléka, puis les anti-balaka. Il ne faut pas avoir la mémoire courte et occulter l’épisode Séléka.

 

Mais juger les commanditaires de crimes ne suffit pas. Il faut en même temps réunir les plus modérés des forces opposées et leur proposer une sortie de crise honorable pour chacun.

 

Le volet justice devra courir et après les élections, lorsqu’il ne sera plus question de transition, des actes concrets devront être posés. Mais d’ores et déjà des poursuites devraient être diligentées contre les auteurs des crimes les plus graves commis récemment. L’impunité est une incitation à la violence.

 

Il serait ensuite souhaitable que tous les déplacés regagnent leur domicile mais pour cela il leur faudrait être rassurés que c’est sans danger. Pour cela les armes doivent se taire. Pour que les armes se taisent, les hommes doivent se parler et cela ne passera que par un véritable dialogue entre les forces vives de la Nation.

 

L’Opération de Maintien de la Paix des Nations Unies, décidée la semaine dernière par le Conseil de Sécurité des Nations unies, constitue un tournant majeur et sera effective en septembre 2015. Les forces devront être déployées sur toute l’étendue du territoire et combattre les derniers ennemis de la paix en RCA. En attendant septembre, les forces en présence doivent user du mandat que la résolution 2127 du Conseil de Sécurité des Nations Unies leur a conféré, c’est-à-dire user de la force. De plus, les soldats de la MISCA doivent recevoir leur paie à terme échu. Comment pouvons-nous compter sur des hommes, fussent-ils des militaires, si ceux-ci accumulent des arriérés de solde ou de salaire. Là, c’est un véritable problème et je me demande si ceux qui les payent en sont conscients.

 

Le programme DDR (Désarmement, Démobilisation et Réintégration) doit aussi être mise en œuvre et les Forces de défense et de sécurité de la RCA réarmées et servir la Nation. Le temps est venu pour elles de jouer leur rôle, il faut leur faire confiance.

 

Etienne Cham

Lu pour vous : Lydie Nzengou : « La transition doit réussir mais il faut un changement de cap »

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 18:16

 

 

 

 

 

16/04/2014 à 11:40 Par Pierre Boisselet, envoyé spécial à Bangui

 

Les violences intercommunautaires dans la capitale centrafricaine réveillent de douloureux souvenirs chez les soldats rwandais de la Misca. Qui tentent d'utiliser leur expérience pour apaiser les tensions.

 

"Je dis merci aux Rwandais qui nous défendent contre les anti-balaka. Ils sont très disciplinés, organisés, et ils respectent nos valeurs africaines." Dans la cour d'une maison du quartier PK12, où se sont rassemblés quelques-uns des derniers musulmans de Bangui, Ibrahim Alawad n'a pas de mots assez forts pour exprimer sa gratitude envers le contingent rwandais de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca). Ce sont ses soldats qui ont la responsabilité du quartier, comme de la moitié de la capitale centrafricaine.

 

Silencieux, les officiers rwandais l'écoutent, avec un sourire un peu gêné. Les compliments ne peuvent, bien sûr, que les réjouir. Mais ils ne voudraient pas donner l'impression qu'ils prennent parti pour cette communauté, alors que la majorité des habitants de la ville sont chrétiens et, pour beaucoup, désormais hostiles aux musulmans, ne fussent-ils plus que quelques centaines. Or les miliciens chrétiens anti-balaka, prompts à voir tous ceux qui leur résistent comme des ennemis, considèrent les Rwandais comme des "musulmans" - à tort, évidemment. Les opérations de ces derniers se déroulent donc souvent dans un climat très tendu. Les soldats rwandais doivent régulièrement faire usage de leur arme pour tenir la foule à distance et subissent parfois des jets de grenade. Depuis le début des opérations, en janvier, dix d'entre eux ont déjà été blessés, pour la plupart dans ce type d'attaque.

 

Et puis il y a l'histoire de leur pays, qui résonne avec une force particulière sur les rives de l'Oubangui. Vingt ans après le génocide des Tutsis, la vue de miliciens armés de machettes dressant des barricades et traquant les membres d'un groupe minoritaire ne peut que faire remonter de douloureux souvenirs chez ces soldats qui, pour la plupart, ont vécu les événements de 1994. Nombre d'entre eux, en particulier parmi les officiers, viennent des rangs de l'Armée patriotique rwandaise (APR, branche armée du Front patriotique rwandais), cette rébellion issue de la minorité tutsie qui a combattu les forces génocidaires jusqu'à prendre le pouvoir, le 4 juillet 1994.

 

C'est par exemple le cas du commandant du contingent, le lieutenant-colonel Jean-Paul Karangwa, et de certains de ses adjoints, comme le major Jean-Bosco Muhizi. En juin 1994, ce dernier était un simple rebelle de l'APR se battant depuis trois ans contre les Forces armées rwandaises (FAR, hutues), régulièrement soutenues par l'armée française. Lui et ses compagnons d'armes étaient sur le point de faire tomber le régime génocidaire quand Paris a déclenché l'opération "militaro-humanitaire" Turquoise, qui a pris le contrôle du sud-ouest du pays et leur a barré la route. "Nous avons dû attendre le départ des Français pendant longtemps avant de pouvoir prendre le contrôle de tout le territoire. Nous avions reçu l'ordre de ne pas les combattre", se souvient Muhizi, sans animosité.

 

Des officiers bilingues pour faciliter la communication

 

Il y a donc quelque chose d'assez extraordinaire à voir les soldats rwandais prendre la défense de l'armée française à Bangui. Comme cet officier qui répond, près de la mosquée centrale, à un jeune musulman tendant les photos de ses proches massacrés et accusant les Français de l'opération Sangaris d'avoir laissé faire. "Il faut essayer de comprendre : ce ne sont pas les Français qui tuent. On ne peut malheureusement pas protéger tout le monde", explique-t-il calmement.

 

Le rapprochement qui a mené les deux armées à collaborer sur le terrain pour la première fois en vingt ans s'est amorcé en juin 2013, avec la nomination du Rwandais Jean-Bosco Kazura à la tête de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma). Depuis, ce dernier coordonne à Bamako son action avec la force française Serval.

 

En Centrafrique, afin de faciliter la communication avec les Français et les autres armées francophones de la Misca, des officiers bilingues ont été sélectionnés pour commander le bataillon d'infanterie mécanisé de 850 hommes, qui dispose notamment de plusieurs blindés légers. Le très courtois et diplomate chef de contingent, Jean-Paul Karangwa, se réunit presque quotidiennement avec ses homologues et avec le commandant de la force, le général camerounais Martin Tumenta Chomu. "Nous n'avons pas de problème de communication avec eux, assure-t-on à Paris, où la première préoccupation est de trouver des alliés fiables pour partager le fardeau centrafricain. Les relations entre les deux armées sont très bonnes. Les Rwandais sont très professionnels et font partie des bons contingents de la Misca."

 

Le discours officiel est le même du côté rwandais. Mais en privé, certains officiers font part de frustrations sur la gestion de l'opération. Il y a eu par exemple, mi-février, ce convoi escorté par les Rwandais depuis la frontière camerounaise (comme ils le font une fois par semaine depuis, en alternance avec les Burundais) et repris en main par la force Sangaris avant son entrée dans la capitale. "Nous avons eu l'impression que les Français s'attribuaient le crédit d'une opération que nous avions menée, se souvient un officier rwandais. Nous étions vraiment remontés. Mais nous n'avons rien osé dire à cause de l'histoire trop sensible entre nos deux pays. Depuis, nous avons décidé d'avoir un dialogue plus franc avec eux. C'est beaucoup mieux ainsi."

 

Officiellement, Sangaris n'est là que pour "appuyer" les troupes africaines de la Misca. Et la coordination avec des Français parfois réticents à faire courir des risques à leurs hommes est souvent lourde. Lorsque des habitants du quartier Miskine (placé sous le contrôle du contingent rwandais) ont érigé des barricades sur l'une des artères de Bangui, il a ainsi fallu attendre plus de deux jours avant qu'une opération conjointe entre Sangaris et la Misca soit déclenchée pour les enlever...


Français et Rwandais ont également des analyses quelque peu différentes concernant les Forces armées centrafricaines (Faca). Pour les premiers, il est hors de question de réarmer ces soldats exclusivement chrétiens et peu disciplinés. Au contraire, certains officiers rwandais estiment qu'il faut accélérer leur réintégration. "De toute façon, ce sont eux qui devront, à terme, assurer la sécurité de leur pays. Bien sûr, il ne faut pas leur faire une confiance aveugle. Mais nous pourrions commencer par tester certaines unités pour voir comment elles se comportent", plaide l'un d'eux.

 

Ces soldats qui ont intégré dans leurs rangs d'anciens membres des FAR, leurs adversaires d'hier, voient sans nul doute dans leur armée un modèle à suivre pour la Centrafrique. "Pendant nos patrouilles de sensibilisation, nous parlons aux habitants de ce qu'a connu le Rwanda et de la réconciliation, explique le lieutenant-colonel Karangwa dans le mess des officiers du camp Socati, principale base rwandaise. Si aujourd'hui des ex-FAR se battent avec nous, pourquoi cela ne pourrait-il pas arriver ici ?" Derrière lui, des militaires du génie s'activent pour terminer la construction de bâtiments en dur avant la saison des pluies. Ces hommes, arrivés il y a trois mois, savent qu'ils sont là pour un an. Au moins.



Le Rwandais de Bozizé

 

Outre sa mission de sécurisation de Bangui, le contingent rwandais de la Misca renoue avec les réfugiés arrivés à la fin des années 1990, après le génocide. Plusieurs milliers d'entre eux sont encore présents en Centrafrique. Certains viennent parfois rendre visite aux militaires du camp Socati, principale base rwandaise à Bangui. Deux familles ont même été rapatriées à Kigali depuis le début de l'opération. Il est en outre un Rwandais qui jouait un rôle particulièrement important en Centrafrique : Fabien Singaye. Cet homme qui réside aujourd'hui en France, est le gendre du présumé financier du génocide de 1994, Félicien Kabuga et fut conseiller spécial de l'ancien président centrafricain François Bozizé. Les militaires rwandais sont d'ailleurs convaincus qu'il continue de jouer un rôle dans le pays, avec quelques ex-militaires hutus des Forces armées rwandaises, pour armer et organiser les milices anti-balaka.

Lu pour vous : Reportage | Rwanda - Centrafrique : à Bangui, le passé résonne dans l'esprit des soldats rwandais

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 17:38

 

 

 

Collectif des Enseignants

 Intégrables du Supérieur

Tel : 75 03 14 79 / 75 54 30 14                            Bangui, le 14 Avril 2014

 

                                                                                  A

Monsieur le Recteur de

l’Université de Bangui

                                                                                  BANGUI

 

Objet : Préavis de grève

 

Monsieur le Recteur,

 

Par la présente, le Collectif des Enseignants intégrables du Supérieur à l’honneur de déposer auprès de vous un préavis de grève de trois (03) jours à compter du lundi 21 avril 2014.

 

Ce débrayage a été décidé à l’issue de l’Assemblée Générale du Collectif des Enseignants intégrables du Supérieur  tenue le samedi 12 avril 2014 à l’Ecole Normale Supérieure (ENS), à Bangui.

 

Le Collectif des Enseignants du Supérieur tient à porter à votre connaissance les faits suivants :

 

  1. En 2010, deux (2) Conseils d’Université successifs ont procédé au recrutement de soixante treize (73) Enseignants-chercheurs que le Ministère de tutelle a ensuite proposés au Ministère de la Fonction Publique pour intégration.
  2. En 2011, quarante (40) Enseignants-chercheurs des soixante treize (73) ont été intégrés à titre exceptionnel, selon des critères dont, seules, nos autorités avaient le secret. Les trente trois (33) laissés-pour-compte croisent les bras et supportent stoïquement des frustrations et de graves privations depuis trois (03) ans.
  3. En décembre 2012, un autre Conseil d’Université a validé cinquante quatre (54) dossiers de recrutement, portant aujourd’hui à quatre vingt sept (87) le nombre des Enseignants-chercheurs en attente d’intégration dans la Fonction Publique.
  4. Après plusieurs démarches menées auprès des Autorités du pays, le Collectif a été reçu, en novembre 2013, par l’ancien Président de la Transition. Ce dernier qui s’est dit très touché par les explications que nous lui avions fournies a promis, solennellement et devant plusieurs Ministres, d’intégrer dans la Fonction Publique, dès le premier trimestre de 2014, tous les quatre vingt sept (87) Enseignants du Supérieur en instance d’intégration. 
  5. L’Assemblée Générale du samedi 12 avril 2014 a constaté, avec regret, que la promesse faite par l’ancien Président de la République reste jusque-là lettre morte.
  6. Par conséquent, l’Assemblée Générale a décidé d’observer une grève d’avertissement de trois (03) jours afin d’exiger du Gouvernement la prise en charge des Enseignants intégrables du Supérieur.
  7. Eu égard a tout ce qui précède, le Collectif des intégrables du Supérieur décline toute responsabilité quant aux conséquences que ce débrayage pourrait avoir sur le fonctionnement des cours qui viennent de reprendre à l’Université de Bangui.

Veuillez agréer, Monsieur le Recteur de l’Université de Bangui, l’expression de notre haute considération.

 

Pour le Collectif

 Le Secrétaire Général                                                           Le Président

                                                                                                   

Jonas TOUTE PENDAZO                                                 Jules YANGANDA

 

Le Représentant de l’ENS                                                 Le Représentant de l’IST

 

Le Représentant de la FS                                                   Le Représentant de l’ISDR

 

Le Représentant de la FASEG                                            Le Représentant de la FLSH

 

Le Représentant de la FDSP                                                 Le Représentant de la FACSS

 

Ampliations :

 

  • Présidence de la République 
  • Primature
  • CNT
  • Ministère de l’Enseignement Supérieur 
  • Ministère de la Fonction Publique
  • Ministère des Finances
  • SYNAES
  • ANECA
  • Médias 
RCA - Enseignement supérieur : Annonce d'un préavis de grève

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 17:24

 

 

 

 

 

BANGUI, 17 avril 2014 (AFP) - L'évêque de Bossangoa, dans le nord de la Centrafrique, et trois prêtres ont été brièvement enlevés mercredi par des combattants de l'ex-rébellion Séléka, avant d'être libérés jeudi, a indiqué un officier de la force africaine à Bangui.

 

L'évêque, Mgr Désiré Nestor Nongo Aziagbia, "a été enlevé en compagnie de trois prêtres mercredi à l'entrée de Batangafo" (nord), a expliqué cette source. "Nous avons été informés par les habitants qu'ils ont été enlevés par des ex-Séléka, qui ont confisqué le véhicule à bord duquel ils se trouvaient. Après des recherches, nous avons découvert qu'ils étaient conduits sur la route de Kabo", vers la frontière tchadienne.

 

"Aussitôt des contacts ont été établis et des négociations engagées dès hier dans la soirée. Elles ont repris tôt ce matin avec les responsables ex-Séléka qui ont fini par libérer l'évêque et les trois prêtres qui étaient avec lui", a ajouté la source.

 

Les combattants de l'ex-coalition rebelle Séléka à majorité musulmane, brièvement au pouvoir en Centrafrique entre mars 2013 et janvier 2014, sont désormais en déroute et continuent de semer la terreur dans diverses régions de province.

 

Face à eux, les milices anti-balaka à dominante chrétienne sévissent également dans le pays, en particulier dans la région Nord.

 

Dans cette région, près de 45.000 personnes avaient fui en août et septembre derniers les affrontements entre anti-balaka et ex-Séléka, qui avaient fait plus de 150 morts et des centaines de blessés, pour se réfugier à l'archevêché de Bossangoa.

 

Centrafrique: un évêque et trois prêtres enlevés puis libérés dans le Nord
Centrafrique: un évêque et trois prêtres enlevés puis libérés dans le Nord

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 17:22

 

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) 2014-04-17 13:00:21

 

La présidente de la transition en Centrafrique, Catherine Samba-Panza, s’est entretenu mercredi à Bangui avec les délégués des 49 sites de personnes déplacées internes que compte la capitale pour discuter avec eux du retour volontaire des populations chez elles.

« Croyez-moi, la question des personnes déplacées internes et des réfugiés qui vivent dans des conditions invivables et celle de la protection de la population civile prise en otage par les milices armées me préoccupe jour et nuit », a dit la présidente Catherine Samba-Panza lors de la rencontre.


Les deux parties ont parlé des stratégies à mettre en œuvre en vue de sécuriser les quartiers, la construction des sites de transit et l'implication des familles d'accueil en vue du retour progressif des déplacés internes et des réfugiés chez eux.


« Comment être en paix en sachant que les mamans, mes frères, sœurs et enfants souffrent dans des abris de fortune », s'est interrogée la présidente Catherine Samba-Panza. 


Pour la maire de Bangui, Mme Yacinthe Wodobode, le déploiement prochain des casques bleus en Centrafrique est une opportunité inouïe pour la population civile de « regagner confiance et d'envisager le retour volontaire et dans la dignité dans leurs maison à ceux qui ont la chance de les conserver et pour ceux qui auront bénéficié des mesures d'accompagnement offertes par le gouvernement », a-t-elle souligné. 


« Notre problème concerne seulement le désarmement des 3è, 5è et 8è arrondissement, nous vivons l'invivable au camp Mpoko », a déclaré le délégué du site de l'aéroport.

 

Il s'est apitoyé sur le sort des occupants de ce site où descendent tous les étrangers qui arrivent à Bangui. 

 

« C'est piteux, nous vous supplions de faire quelque chose », a-t-il encore dit.

 

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Cathérine Samba Panza discute du retour des personnes déplacées internes

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 16:51

 

 

 

 

 

(Agence Ecofin) jeudi, 17 avril 2014 09:41  - Patrick Stéphane Akibata, directeur de publication du journal Le peuple, arrêté mardi 15 avril 2014, est détenu à la gendarmerie territoriale. Il a été auditionné hier 16 avril au tribunal de Bangui. Régis Zoumiri (photo), patron du journal Palmarès, séjourne quant lui à la prison Ngaragba depuis le 15 avril. Voilà la situation des deux journalistes accusés d’avoir publié des articles injurieux et diffamatoires à l’encontre de la présidente de transition en République centrafricaine, Catherine Samba-Panza.

 

Régis Zoumiri a été arrêté le 10 avril. Le 15 avril, il passait devant le juge. Patrick Stéphane Akibata, récemment désigné par ses pairs comme représentant de la presse écrite au sein du Haut conseil de communication, était venu connaître l’issue de l’audition de son confrère. Il est interpelé à son tour, sur ordre du procureur de la République. Des sources proches du parquet ont alors parlé d’une garde-à-vue. « Diffamation, injures publiques, outrage au chef de l’Etat, délit de presse, ce sont les motifs qu’on m’a indiqués », a dit Patrick Stéphane Akibata au sortir du bureau du commandant de la gendarmerie territoriale.

 

Lundi, 14 avril déjà, l’Observatoire des médias en Centrafrique (Omca) avait suspendu la parution des journaux Palmarès et Le Démocrate, respectivement pour une et deux semaines. Motif : propos injurieux à l’endroit de la chef de l’Etat de la transition. Le président de l’Omca, Pierre Débato II, qualifie de « graves » les faits reprochés à Patrick Stéphane Akibata et Régis Zoumiri« Je pense que la seule option pour nous aujourd’hui est de négocier avec le procureur et la ministre de la Justice afin de trouver une solution qui puisse arranger tout le monde », a dit Pierre Débato II.

 

L’Omca va également convoquer une séance du tribunal des pairs pour traiter le cas de Patrick Stéphane Akibata. « Je crois que, dans les jours à venir, une séance publique sera convoquée pour examiner les faits qui lui sont reprochés comme nous l’avons fait pour Régis Zoumiri. D’ailleurs, il s’agit d’abord des questions qui touchent à l’éthique et à la déontologie. Donc cela rentre dans les prérogatives de l’Omca », a précisé Pierre Débato II.

 

Le président de l’Union des journalistes de Centrafrique (Ujca), Macka Gbossokotto, est également pour le dialogue. « Je suis prêt à négocier parce que c’est la vie privée d’une personnalité qui a été étalée au grand public, mais il faut que la procédure soit correcte. Il faut que nous ayons certaines précisions surtout concernant le cas Régis Zoumiri qui a été jugé par l’Omca, entendu par la gendarmerie ensuite par le doyen des juges », a dit Macka Gbossokotto.

 

Assongmo Necdem

 

 

 

(Régis Zoumiri du Palmarès)

RCA : deux journalistes arrêtés pour injures et diffamation envers la présidente Catherine Samba-Panza
RCA : deux journalistes arrêtés pour injures et diffamation envers la présidente Catherine Samba-Panza

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 14:14

 

 

 

 

Claire Hédon  RFI   17/04/2014

 

L’escalade de la violence en RCA a totalement désorganisé le système de soin et entrave aujourd’hui le déploiement de l’aide humanitaire auprès des populations.

 

Quels sont aujourd’hui les besoins ? Comment faire face aux besoins de santé courants, à l’afflux de blessés, aux conséquences psychologiques de la violence sur les populations, déplacées ou non, aux risques épidémiques… ?

 

Dr Jean-Chrysostome Gody, pédiatre et directeur du Complexe pédiatrique de Bangui en Centrafrique

 

Delphine Chedorge, infirmière et coordinatrice des opérations de Médecins Sans Frontières en Centrafrique.

 

Dr Célestin Traoré, chef du programme survie et développement de l’enfant en RCA pour l’UNICEF
 

Situation sanitaire en Centrafrique
Situation sanitaire en Centrafrique

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 14:10

 

 

 

 

La réunion de la commission politique de l'assemblée parlementaire de la Francophonie s'est ouverte mardi 15 avril au Palais Léon Mba de Libreville. Et malgré l'orientation donnée à celle-ci, les parlementaires gabonais et étrangers n'ont pas manqué de remettre sur la table des discussions, la situation en Centrafrique.

 

La réunion de la commission politique de l'assemblée parlementaire de la Francophonie s'est ouverte mardi 15 avril à Libreville.

 

Si, à l’origine, il était question de débattre de l'impact du web social dans les sociétés, les parlementaires n’ont pu s’empêcher, à l'ouverture cette commission,  d’évoquer la situation  en Centrafrique.

 

Face à la situation de quasi-guerre civile qui règne en Centrafrique, l'Assemblée Parlementaire de la Francophonie qui constitue un lien démocratique entre les peuples francophones propose l’instauration de  "l'Etat de droit" comme  piste de solution pour sortir de cette crise qui perdure depuis plus d’un an.

 

La suite des discussions sera axée sur les questions en rapport avec l'évolution politique, la consolidation de la démocratie et de l'Etat de droit dans les pays francophones, ainsi que la question de la Francophonie numérique, avec l'impact du web social sur la citoyenneté, la démocratie et la politique.

 

Source: Gaboneco  le 17-04-2014 à 08:55:41

Assemblée parlementaire de la Francophonie : la situation en Centrafrique s’invite dans les débats

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 14:02

 

 

 

 

16/04/2014 | 19:39(Reuters) par Crispin Dembassa-Kette

 

Au moins 22 personnes, principalement des civils, ont péri dans des affrontements entre rebelles musulmans de la Séléka et milices chrétiennes "anti-balaka" lundi à Grimari, 300 km au nord-est de Bangui, la capitale centrafricaine, rapporte mercredi la Croix-Rouge locale.

 

"Il y a 22 morts, dont quatre femmes victimes de balles perdues", a déclaré Michel Sefionam, du centre médical de Grimari et membre de la Croix-Rouge, par téléphone à Reuters.

 

"Cinq Séléka et deux 'anti-balaka' ont été tués. La plupart des autres sont des civils", a-t-il dit.

 

Les violences entre chrétiens et musulmans perdurent en Centrafrique malgré le déploiement de 2.000 soldats français et plus de 5.000 soldats de la mission africaine de maintien de la paix.

 

Des versions contradictoires circulent sur l'origine et le résultat des affrontements de Grimari.

 

D'après Michel Sefionam, la majeure partie des habitants de la petite ville ont fui dans la brousse ou trouvé refuge dans la mission catholique et il ne reste dans les rues que quelques soldats français et une poignée de combattants de la Séléka.

 

Selon une porte-parole du bureau africain du HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), Wendy Rappeport, les forces "anti-balaka" auraient pris la ville aux Séléka.

 

Un officier de la Séléka dans la région, le capitaine Ahmat Nidjab Ibrahim, affirme que ses forces ont tué 95 combattants ennemis et perdu un homme dans les combats depuis le 11 avril.

 

Il a déclaré que les miliciens chrétiens avaient attaqué les positions de la Séléka dans la ville alors qu'approchaient les troupes françaises.

 

A Paris, un porte-parole du ministère de la Défense a déclaré que le contingent français avait signalé une aggravation des tensions à Grimari mais n'a pu confirmer le bilan.

 

"Nous nous efforçons de contenir la violence", a-t-il dit.

 

Les exactions commises par la Séléka pendant ses neuf mois au pouvoir à Bangui, entre mars 2013 et janvier 2014, ont déclenché des vagues de représailles chrétiennes contre les musulmans.

 

Alors que la faiblesse du nouveau gouvernement transitoire l'empêche de prévenir la partition de fait du pays entre un Sud chrétien et un Nord musulman, des Centrafricains regrettent que les forces étrangères ne parviennent pas à ramener l'ordre.

 

"Nous nous demandons ce que les Français sont vraiment venus faire ici et pourquoi ils ne sont pas intervenus", explique Michel Sefionam.

 

(Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

 

Centrafrique-Combats dans une ville au nord de Bangui, 22 morts

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 13:56

 

 

 

 

GRIMARI, 17 avril 2014 (AFP) - Les enfants se mettent à courir, les yeux fous, au son de la rafale d'arme lourde : les combats entre ex-rebelles Séléka et miliciens anti-balaka bouleversent la paisible Grimari, bourgade fanée du centre de la Centrafrique.

 

Les villages sont vides, portes et fenêtres closes, à des kilomètres à la ronde. De rares poules ébouriffées rappellent que la vie, il y a peu encore, suivait normalement son cours.

 

Mardi, de petits groupes d'anti-balaka pro-chrétiens, reconnaissables à leurs multiples grigris censés les protéger des blessures, se rendaient à la queue leu-leu à Grimari (250 km au nord-est de Bangui), avait constaté l'AFP. Certains, très jeunes, portaient des machettes, d'autres de vieilles pétoires rouillées.

 

Mercredi, ce sont des véhicules des Séléka, ex-rébellion pro-musulmane en treillis beige, qui rejoignaient de nuit cette petite sous-préfecture, lance-roquette et fusils d'assaut à la main.

 

Depuis trois jours, Grimari, dont les bâtiments administratifs à un étage constituent autant de cartes postales pittoresques d'une cité coloniale oubliée, vit un cauchemar - auquel la force française Sangaris, aux blindés omniprésents, tente de mettre fin.

 

Quelque 4.600 chrétiens se sont réfugiés dans la paroisse de briques rouges de Notre-Dame de la Liesse, évidemment saturée.

 

Tous s'affolent lorsque des tirs, proches, se font entendre. Les femmes hurlent. Des enfants pleurent. Des rumeurs d'invasion de peuls armés jusqu'aux dents attisent les pires paniques. Les combats ont déjà fait plusieurs victimes.

 

Madeleine Kidjango dit avoir perdu sa nièce mardi. "Elle a voulu s'enfuir en voyant les phares des voitures des Séléka, son bébé sur son dos. Ils ont tiré sur elle", raconte la vieille dame de 80 ans, agrippée à sa canne en bois.

 

"Elle a fait 300 mètres jusqu'à chez nous. Elle pleurait, ses intestins sortaient. Elle est morte au bout de douze heures", poursuit-elle calmement.

 

Quatre orphelins demeurent, leur père étant également décédé l'an passé. Chancela, 10 ans, au t-shirt en morceaux et à la jupe jaunâtre, deviendra bientôt chef de famille, tant sa grande-tante semble peu vaillante.

 

"Mais je ne sais pas comment faire", murmure-t-elle en portant la petite Suzanne, 18 mois, finalement sauvée par sa mère.

 

- "Sortir la Centrafrique de la boue" -

 

La famille vit avec une centaine d'autres personnes dans la salle qui accueillait auparavant 53 élèves de CM2, comme l'indique le tableau noir.

 

On y lit une récitation, intitulée "le travail est notre ami", dont certains vers frappent : "Travaillez donc, travaillez... Les pauvres sont des charges pour l'humanité".

 

Assise sur un rebord de pierre, une commerçante au chômage forcé appelle la communauté internationale à "sortir la Centrafrique de la boue" et demande à la mission Sangaris de "laisser les anti-balaka chasser les Séléka".

 

"Pourquoi souffrons-nous comme ça? Pourquoi les chrétiens, toujours les chrétiens?", se lamente-t-elle.

 

A ses côtés, tous critiquent "les peuls" et "les Séléka", regroupée sous l'étiquette de "musulmans", peu importe si tous les musulmans n'ont pas pris les armes et si d'autres souffrent, comme eux, de la guerre.

 

Il n'y a pas si longtemps, les deux groupes vivaient pourtant en bonne entente à Grimari. "Des années durant, il n'y a jamais eu de bagarre interconfessionnelle", se rappelle le Père Sylvain, curé de la paroisse.

 

Mais depuis, les combats ont démarré. Et les réfugiés chrétiens, qui ne se nourrissent que de "mangues pourries", selon l'un d'eux, manquent de tout. La quartier musulman, trop dangereux, n'a pu être visité par l'AFP.

 

"Il y a déjà du paludisme. Après 72 heures de pluies, les diarrhées vont commencer", s'alarme Michel Fefionam, le chef du centre de santé de Grimari, dont les services devaient rouvrir mercredi soir, après trois jours de fermeture.

 

Plusieurs ONG et programmes onusiens sont arrivés sur place.

 

Au moins une trentaine de civils auraient péri de la main des Séléka, selon le recoupement de témoignages de plusieurs villageois. Ce que le capitaine Daoud, en poste à Grimari, qualifie de "mensonge".

 

"On a fait que répondre aux anti-balakas", qui ont attaqué les premiers et "tué des civils", explique-t-il.

 

Une source proche de Sangaris n'a pu communiquer aucun bilan.

A Grimari, Centrafrique, les groupes armés s'affrontent, la population en plein cauchemar

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