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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 13:22

 

 

 

 

21/10/14 (Afrikaweekly.com)

 

Tout le monde, ou presque, a donné son avis sur le don angolais depuis que l’affaire a éclatée, suite aux révélations de François Soudan. Les antibalaka, la milice dirigée par Patrice Edouard Ngaïssona, a exploité l’occasion pour exiger la démission de la cheffe de l’Etat, Catherine Samba Panza. Le Conseil National de la Transition, lui aussi, s’est mis sur ses ergots, pour demander au Premier ministre des explications. Un véritable imbroglio qui a donné à la Présidence de la République l’idée d’un coup d’Etat.

 

Le don angolais a l’air d’un cadeau empoisonné pour Catherine Samba Panza, la Cheffe de l’Etat de la transition centrafricaine, Catherine Samba Panza. Prétextant que la représentation nationale devrait avoir l’œil sur les fonds publics, Alexandre Ferdinand Nguéndet a secoué terre et ciel pour obtenir l’interpellation du gouvernement dirigé par Mahamat Kamoun le mardi 15 mars 2014. Son intention était d’apporter un « éclairci afin de laver le soupçon de prédation qui pèse sur le pouvoir exécutif ».

 

Intervenant à la tribune du Conseil National de Transition, le Premier ministre Mahamat Kamoun n’a pas varié d’un iota de ce que la Présidence de la République a clamé de tout temps. Le montant du don querellé, à savoir : les 2,5 millions de dollars américains, soit à peu près 1,3 milliards de francs CFA.

 

Pour les tenants de cette thèse, le quart du don angolais a servi aux fonds spéciaux. Les fonds spéciaux, quant à eux, ont été répartis dans les actions humanitaires, le social, l’action gouvernementale, le renforcement du confort à la Présidence de la République et le fonctionnement des institutions. C’est à ce stade que Mahamat Kamoun a épinglé le Conseil National de Transition, qui a bénéficié d’une partie de ce don à travers les fonds spéciaux et les caisses d’avances. Pour lui, il n’y a pas eu détournement mais plutôt de procédures qui n’ont pas été respectées.

 

Pas convaincu par les explications de M. Kamoun, le Président du Conseil National de Transition a ordonné l’institution d’une commission d’enquête parlementaire pour tirer au clair cette affaire. Cependant Mahamat Kamoun, au cours de ses interventions, a douté de la sincérité sinon de l’objectivité d’une commission parlementaires d’enquête.

 

Le lundi 6 octobre 2014, le coordonnateur des antibalaka, Patrice Edouard Ngaïssona, avait lancé un ultimatum de 48 heures à la Cheffe de l’Etat de transition, pour qu’elle rende son tablier. Les points de griefs ont concerné le flou autour de la fin de la transition, pourtant officiellement fixé au 15 février 2015 ; le limogeage des leurs à des postes de responsabilités, comme par exemple les conseillers à la Présidence de la République et au cabinet du Ministre de la Défense nationale ; la commande d’un bataillon de soldats tchadiens devant assurer la sécurité de la Présidente ; et, une fois de plus, la gestion du don angolais.

 

Pour donner un poids à leur mouvement, les antibalaka ont paralysé la ville de Bangui. Les taxis, bus et taxi-moto n’ont pu circuler, de peur de se voir déposséder de leurs moyens roulants.

 

Ayant fait la lecture des revendications et des évènements, la Présidence de la République n’est pas passée par le dos de la cuillère pour dénoncer un coup d’Etat institutionnel, à travers un communiqué de presse rendu public le 14 octobre 2014. Les antibalaka ont donné 48 heures à la cheffe d’Etat, fut-elle le produit du Conseil National de Transition, de démissionner. Ensuite, pour paralyser la ville, « la ville de Bangui a été secouée par des tirs d’armes lourdes et légères ».

 

S’agissant du bilan, le communiqué de la Présidence de la République fait porter le chapeau des faits suivants aux antibalaka : la mort d’un officier du contingent pakistanais, la mort d’un élément du contingent burundais, les assassinats d’un gendarme et de plusieurs civils centrafricains.

 

La Présidence de la République estime qu’en neuf mois de gouvernance assumée dans des conditions périlleuses par la Cheffe de l’État de la Transition, « des mensonges savamment distillées sont accompagnés de larges distributions nocturnes de dizaines de millions par coupures de billets de banque à ceux qui érigent des barricades dans les rues de Bangui et qui les tiennent munis de grenades pour dissuader la population de circuler, paralyser le pays et ainsi déstabiliser la transition. Des armes lourdes et légères sont également distribuées au sein de la population, notamment aux jeunes, pour semer la terreur dans le pays et réclamer la démission de la Présidente de la Transition et celle du Premier ministre ».

 

Le Forum des Ambassadeurs africains en République Centrafricaine, représenté par Gaspard Mugaruka Bin-Mubibi, Ambassadeur de la République Démocratique du Congo, Président ; Gabriel Entcha-Ebia, Ambassadeur du Congo Brazzaville, Vice-président, et Nicolas Nzouyoum, Ambassadeur du Cameroun, secrétaire permanent, a condamné avec fermeté les commanditaires et auteurs des actes de violence perpétrés dans la ville de Bangui.

 

La crise dénuée, les antibalaka vomis par la population

 

A la suite de la rencontre entre la Cheffe de l’Etat et quelques leaders des antibalaka, la crise qui a momentanément mais sérieusement perduré, s’est atténué à partir de jeudi 16 octobre. La vie a repris à la suite de la colère de la population qui manifesté sa lassitude. La paralysie du pays a suscité des mouvements de grogne au sein de la population, qui en veut réellement aux antibalaka.

 

Du 6 au 15 octobre, soit près de dix jours durant, tous les « débrouillards », ou presque, sont devenus des piétons. Les femmes notamment parcouraient de longues distances chargées de légumes, de poissons frais, de manioc pour les acheminer vers les marchés. Les jeunes « chargeurs » de taxi ou ceux qui en lavent se sont mis à tirer le diable par la queue.

 

Les antibalaka se sont mis à briller par les pillages et les braquages à visage découvert. Comme si l’on avait déshabillé Saint Pierre (ex-Séléka) pour habiller Saint Paul (antibalaka). Et la dernière victime reste la population civile Centrafricaine. Or, à l’origine du mouvement, les vrais antibalaka avaient été acclamés par la population, parce qu’ils ont fait le contre-pied des exactions des rebelles de l’ex-coalition Séléka. Seulement, le mouvement a été infiltré par des désoeuvrés et des gens de toute nature. Il est donc évident que les actes qui sont imputables aux antibalaka soient observés.

 

Des heurts entre antibalaka et de jeunes protestataires ont été signalés à Ouango dans le 7ème Arrondissement, forçant de nombreuses personnes à réintégrer le site des déplacés internes de l’Evêché ; des militaires du 6ème Arrondissement se sont attaqués aux antibalaka qui ont érigé de nombreuses barrières sur les voies publiques ; à Gobongo dans le 4ème Arrondissement censé être leur fief, des antibalaka ont été contrés par de jeunes « débrouillards » très agacés.

 

Avec la reprise de la vie, des convois de plus d’une centaine de camions provenant du Cameroun et bloqués à Boali, une localité située à environ 90 kilomètres de Bangui, sont entrés dans la capitale vendredi 17 octobre 2014. Sans plus tarder, les familles se sont mises à s’approvisionner en produits de première nécessité, farine, huile, savon, sel et autres, dont les stocks étaient épuisés.

 

Comme une cerise sur le gâteau, l’armée longtemps restée en quarantaine a repris ses fonctions, à l’initiative de quelques militaires, corroborée par un communiqué de l’Etat major général des armées. De son côté, le Premier ministre, Mahamat Kamoun, a annoncé le paiement de deux mois de salaires dès le 25 octobre 2014. Sur ce point seulement, des fonctionnaires et agents de l’Etat se frottent déjà les mains.

Lu pour vous : Centrafrique la vie a repris à Bangui malgré les querelles autour du don angolais

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 13:00

 

 

 

 

21/10/14 (Afrikaweekly.com)

 

Il est désormais une tradition pour la République Centrafricaine, d’entrée dans une spirale de violence presque tous les dix ans. A la différence des autres crises, la rébellion introduite par l’ex-coalition Séléka a été la plus meurtrière. La circulation des armes de tous les calibres a façonné le contenu des chansons et la manière des enfants d’organiser leurs jeux.

 

Les musiciens centrafricains semblent décidés à apporter leurs pierres à l’édification de la paix en Centrafrique. Ils montrent ainsi que les conflits armés et toutes les horreurs engendrées ont éprouvé leurs sensibilités. Ainsi toutes les chansons, ou presque, ont désormais des liens avec les conflits armés.

 

L’amour, la famille, le travail, thèmes habituellement traités par les musiciens centrafricains semblent ne plus être à la mode. Depuis que les armes se sont mises à circuler, nos artistes puisent désormais leurs inspirations dans le conflit pour faire des appels à la paix, la tolérance et l’unité nationale.

 

Ce mouvement général rappelle la période de 1996 à 2003, ou l’accent étaient particulièrement mis sur les rapports ethniques.

 

Les jeux d’enfants ont pris le relais des vraies guerres

 

Par le passé, les jeux des enfants n’avaient aucun lien avec les armes. Les garçons notamment se servaient, pour leurs jeux, de cerceaux, faits de gentes d’engins à deux roues, de voitures en bambou ou en boîte de sardine, etc. Ils passaient également leur temps à jouer aux matchs de football. Avec les conflits armés, tout a changé.

 

Jeux d’enfants relais_ D’abord tous les enfants, où presque, ont une connaissance très poussée des armes. A chaque détonation d’une arme à l’issue des tirs sporadiques, ils cherchent à déterminer l’arme utilisée. C’est cette connaissance qui a poussé les enfants à se doter des armes de leur goût au moment des jeux.

 

Pour expliquer les crises actuelles en République Centrafricaine, beaucoup d’observateurs ont mis le doigt sur les différentes réformes du système éducatif. Progressivement, l’instruction civique a été retirée des programmes scolaires. Les multiples grèves des enseignants, de même que leur démotivation, ont largement contribué à la dépravation des mœurs. L’autorité parentale s’est sérieusement amenuisée.

 

Losséba Ngoutiwa en concert France

 

Malgré le contexte socio sécuritaire peut reluisant, la musique centrafricaine peut être exportée. C’est ainsi que le jeune musicien centrafricain Losséba Ngoutiwa, parfois surnommé « Jack Bauer le Messie », de l’orchestre Sapéké Musika Maison mère, s’était produit samedi 18 octobre 2014 dans la salle American dream située dans la zone industrielle Cour de Berney 49000 à Angers Ste Gemmes /Loire par le biais d’une soirée tropicale.

 

Le déplacement de Losséba et sa production à Angers ont été rendus possibles grâce à Soungba Soungba et Deff Prod.

Lu pour vous : Centrafrique: les orchestres et les jeux d’enfants désormais façonnés par les armes

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Centrafrique-Presse.com
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 12:58

 

 

 

 

La grave crise que connaît aujourd’hui notre pays, dont les racines très profondes remontent à plusieurs décennies déjà et qui partant malheureusement tend à devenir structurelle à mesure que le temps s’écoule, a aussi révélé- ce grâce à l’utilisation des nouvelles formes contemporaines des moyens de communication qui permettent la circulation de l’information en temps réel- que les Centrafricains établis hors des frontières de la RCA, loin de toujours représenter un facteur, encore moins un pôle de déstabilisation du pays comme certains seraient tentés de le croire ou simplement loin d’être mus uniquement par l’appât du gain facile ou la recherche de position de pouvoir, peuvent aussi apporter une plus-value à la recherche des solutions aux problèmes divers et variés qui encalminent l’essor de notre pays et hypothèquent son avenir. Car, pour peu qu’on ait, un tant soit peu, quelque intérêt ou quelque amour pour son pays- sauf à être anti patriote ou masochiste invétéré-  l’on ne peut assister stoïquement- sans réagir- à la descente aux enfers de ce que l’on a de plus cher et légué en partage par nos illustres devanciers. J’entends sa patrie. C’est pourquoi, je me permettrai d’affirmer au débotté et sans ambages que la contribution de la Diaspora à la solution des problèmes du pays peut prendre et prend d’ailleurs déjà diverses formes.

 

Les pouvoirs publics locaux seraient bien inspirés d’en tenir le plus grand compte et d’organiser institutionnellement de ce fait ce capital humain en l’absence de sa prise en compte globale par les organes de transition en vigueur. Force est de relever opportunément que la communauté centrafricaine de l’étranger n’est pas représentée notablement qu’en France mais réside aussi dans l’ensemble des autres pays européens, dans les Amériques, en Asie et, bien évidemment, dans toute l’Afrique. Le mondialisme oblige, ce qui est à l’honneur de nos compatriotes expatriés.

 

1. Un intérêt avéré des Centrafricains établis hors de la RCA pour les problèmes du pays

 

Même si Certains se complaisent parfois dans la critique systématique, acerbe et stérile de tout ce qui s’écrit ou se fait de façon positive en direction de la RCA- et c’est là l’une des facettes caustiques de l’humain et il faut se résoudre à l’accepter lorsqu’on s’engage sur le terrain du débat public d’idées-, la crise à laquelle la RCA est actuellement confrontée a montré qu’il y a aussi des compatriotes qui sont soucieux et se préoccupent de la situation dramatique et chaotique du pays. J’en veux pour preuve certaines contributions positives destinées à la résolution de la quadrature du cercle c’est-à-dire à ce que j’appellerai l’effort de paix.

 

Ces contributions se sont manifestées et se manifestent quasiment tous les jours aux quatre coins du monde où les compatriotes se trouvent. Il n’y a qu’à s’informer au travers de certaines productions de qualité sur la toile ou l’Internet pour s’en apercevoir ; même si certains utilisent parfois ces précieux outils de notre civilisation à des fins de désinformation ou de diffamation. N’en déplaise aux Cassandre de tous poils.

 

Je voudrais réaffirmer solennellement ici que tous les Centrafricains ou les amis de la RCA qui réfléchissent à l’avenir de notre pays, à travers des écrits, certaines organisations, ou colloques, ne sont pas nécessairement des Opposants en puissance et ne doivent pas être vus ou considérés comme tels. Ils ne sont pas non plus tous des chercheurs de postes. La mauvaise foi qui est parfois la chose la mieux partagée en Centrafrique ne construit rien de bon, ne nous grandit pas. Bien au contraire. Je souhaite que cela soit clair.

 

2. La communauté centrafricaine expatriée, un réservoir d’idées nouvelles et d’initiatives constructives et créatrices

 

Sans vouloir mettre en cause ici la qualité de la matière grise restée au pays, la communauté centrafricaine établie hors de la RCA peut servir de réservoir d’idées et/ou d’initiatives louables en direction du pays. Loin de son pays, on peut réfléchir à son destin. Surtout, lorsqu’il se trouve aux prises aux pires moments de son histoire de la période postcoloniale.

 

Cette communauté souhaite que ceux qui président aux destinées du pays sachent raison garder lui savoir gré de temps en temps. Par voie de conséquence, elle ne doit pas être vue comme quantité négligeable ou en potentielle rivale. Quand on aime son pays, on ne peut pas souhaiter son malheur, sa dérive ; souhaiter le voir aller à vau l’eau au nom de l’assouvissement de ses intérêts personnels bassement matériels  ou parce qu’on n’est pas là où on estime, à tort ou à raison, devoir être. L’accession aux positions de pouvoir se fait par  des voies démocratiques ou légales.

 

Retenons que si le tribunal des Hommes a parfois la main lourde dans un Etat de droit, le tribunal de l’Histoire est aussi impitoyable à l’égard de celui ou de celle qui aura manqué à ses obligations de citoyen, de serviteur vis-à-vis de son pays, de son Etat.

 

Lorsqu’on est un citoyen digne d’une nation souveraine, il faut, en permanence, se demander ce qu’on a fait pour son pays et non ce que son pays a fait pour soi, dixit le Président américain John Fitzgerald Kennedy. Quand bien même cette activité serait chronophage. C’est à l’aune de cette interrogation constante, de ce rendez-vous de vérité avec soi-même, qu’on se construit et qu’on contribue à l’édification de son pays. Loin de moi l’idée de m’ériger en donneur de leçon. Cette vérité peut, peut-être, choquer plus d’un mais- pour reprendre une expression triviale désormais popularisée sur notre continent- « c’est ce qui est la vérité ».

 

3. La communauté centrafricaine expatriée, une force économique, financière et sociale

 

Si cette communauté ne pèse pas encore suffisamment économiquement-loin s’en faut- à l’exemple de la Diaspora sénégalaise, malienne ou ivoirienne qui injecte chaque année une masse financière énorme car supérieure, à elle seule, à l’aide publique au développement (APD) dans les économies locales respectives, l’on ne peut nier catégoriquement que la Diaspora centrafricaine contribue-même à une part minime soit-elle- au développement, dans une moindre mesure certes, économique et social du pays.

 

Malgré la situation du pays qui n’a pas toujours incité à beaucoup d’optimisme -c’est le moins qu’on puisse dire-, certains compatriotes ont pu y investir- qu’ils en soient ici solennellement remerciés et salués- dans de petites unités économiques et y produire des activités génératrices de revenus. Ce qui a entraîné de petites créations d’emplois au grand bénéfice des compatriotes sur place. Quand d’autres ont pu y construire ou devenir propriétaires de bâtis.

 

Les compatriotes expatriés aident au règlement des dépenses alimentaires, sanitaires, sociales, éducatives de leurs proches restés au pays. Ce qui représente autant d’argent injecté dans l’économie nationale. Donc, à la consolidation du budget, encore très squelettique, de l’Etat- ce budget se situe autour de 200 milliards de F CFA- comparé aux budgets des pays voisins qui caracolent au-delà des 2000 milliards de F CFA année après année, grâce, il faut le reconnaître, aux revenus dégagés par l’exploitation de leur pétrole et autres ressources minières et forestières.

 

Si demain la RCA venait à recouvrer sa situation de paix d’antan- les élections étant pour l’instant un peu l’Arlésienne-, je suis convaincu que les compatriotes seraient disposés à faire davantage pour le pays.

 

Les membres de cette communauté, lorsqu’ils décident, par exemple, d’investir massivement au pays serait en droit d’attendre de l’Etat des facilités administratives en termes d’allègements fiscalo-douaniers, de bénéfice préférentiel dans l’attribution dans certains marchés publics.

 

Je refuse catégoriquement de croire que nous sommes définitivement condamnés à rester les derniers de la classe, à toujours tirer le diable par la queue. A rester « Dernaillo ».

 

Les autorités centrafricaines ne peuvent pas faire comme si cette communauté qui représente aujourd’hui la 17e région de la RCA n’existe pas. C’est pourquoi, je pense qu’il vaudrait mieux l’organiser pour qu’elle puisse se sentir réellement partie prenante de la communauté nationale.

 

4. La formation opportune d’un Conseil des Centrafricains de la Diaspora (Conced)

 

Avec la naissance de cette crise protéiforme sans précédent, certaines voix se sont élevées et ce, à juste titre, pour réclamer à cor et à cri que la communauté centrafricaine expatriée soit mieux prise en compte dans le cadre des préoccupations nationales et notamment du dialogue de réconciliation nationale à venir. D’autant plus que son poids n’a cessé d’être grandissant dans ce monde qui devient, chaque jour un peu plus, un village planétaire fort de la vulgarisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication, contribuant ainsi à l’essor de la mondialisation inéluctable, inexorable et débridée. D’autant plus aussi que sa contribution à l’effort de paix a été non négligeable ces dernières années. Si cette communauté expatriée n’a pas été insensible aux problèmes que vit le pays, le pouvoir en place ou celui qui s’ensuivra serait bien inspiré d’envisager la création d’un Organe autonome, en l’absence, en l’état actuel des choses, d’un Sénat ou d’une Assemblée nationale pleinement représentative qui aurait pu éventuellement jouer ce rôle, qui regrouperait cette communauté.

 

Cet Organe pourrait prendre, par exemple, la dénomination de «  Conseil des Centrafricains de la Diaspora (Conced) ». Dans ce cas, les modalités d’organisation et de fonctionnement de cette institution devront être élaborées, en amont, et fixées de concert avec les acteurs concernés. Je pense singulièrement aux individualités et aux associations qui fleurissent au sein de la Diaspora et qui œuvrent dans des activités de toute nature souvent orientées vers le pays. En un mot, vers son développement économique et social.

 

                                                                                            Wilfried Willy ROOSALEM

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 10:32

 

 

 

 

http://www.la-croix.com/   21/10/14 - 07 H 20

 

Des intellectuels et des responsables religieux français sont à Bangui mardi 21 octobre afin de nouer un dialogue avec des personnalités locales sur les raisons de la violence dans le pays

 

Depuis quelques semaines, en Centrafrique, les affrontements entre groupes armés ont repris, causant la mort de plusieurs casques bleus.

 

« Comprendre les racines de la violence extrême » qui sévit depuis des mois en Centrafrique, ce qu’elle dit de la société de ce pays. Libérer la parole des intellectuels centrafricains sur ce sujet difficile. C’est avec ces objectifs, mais « en toute humilité », qu’une petite délégation d’intellectuels et religieux français quitte Paris mardi 21 octobre pour trois jours de rencontres intensives à Bangui, avec des personnalités locales.

 

Le pasteur Jean-Arnold de Clermont, vice-président de l’Observatoire Pharos du pluralisme des cultures et des religions, et Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes et président de Pax Christi France, ont convaincu le juriste Antoine Garapon, l’historien Jacques Sémelin, mais aussi l’imam de Bordeaux Tareq Oubrou de se joindre à eux. Françoise Parmentier, présidente de l’association d’intellectuels chrétiens Confrontations, a rejoint le projet, avec le souci, dit-elle, de « se mettre à l’écoute des femmes » et de la manière spécifique dont elles « vivent cette violence ».

 

Cinq tables rondes sont prévues, réunissant chaque fois de 30 à 40 personnalités : à l’université de Bangui, au grand séminaire catholique, à la faculté de théologie protestante, avec des responsables musulmans, et enfin à l’Alliance française. À chaque fois, elles se tiendront à huis clos, pour favoriser la qualité et la liberté des échanges.

 

« TENTER D’ÉCLAIRCIR LES CAUSES DU CONFLIT »

 

« Nous sentons bien que la crise centrafricaine n’est pas seulement politique, économique – même si elle l’est – et qu’elle a aussi des racines profondément culturelles, religieuses : comment aurait-elle trouvé sinon un tel soutien dans les populations ? » s’interroge Jean-Arnold de Clermont. Pour cela, une seule solution à ses yeux : « Donner la parole aux intellectuels centrafricains eux-mêmes. »

 

L’initiative se situe dans le droit fil de l’« Appel à la solidarité » lancé en 2008 par l’association Pax Christi en faveur des chrétiens d’Irak. Il avait abouti à la création de l’Observatoire Pharos, structure professionnelle d’information au service du pluralisme des cultures et des religions, présidé par la juriste Mireille Delmas-Marty.

 

« Depuis 2008, nous avions le souci d’élargir notre vigilance et notre engagement par rapport à la situation de toutes les minorités au-delà des seuls chrétiens, et à la montée des violences, en regardant aussi ailleurs qu’au Moyen-Orient », rappelle Mgr Stenger, vice-président de son conseil d’administration. Au titre de Pharos, Jean-Arnold de Clermont a reçu commande des ministères français des affaires étrangères et de la défense d’« éclaircir » les causes culturelles et religieuses du conflit centrafricain.

 

« RENCONTRER TOUTES LES COMMUNAUTÉS »

 

Le noyau dur initial a donc été rejoint par d’autres personnalités, religieuses – comme Tareq Oubrou – ou plus scientifiques. Un « attelage » mixte qui ne fait pas peur au magistrat Antoine Garapon : « L’urgence est telle qu’on n’en est plus aux guerres de religion intellectuelles », tranche-t-il, convaincu au contraire que partir avec « un pasteur, un évêque, un imam » sera le moyen de « rencontrer toutes les communautés, de montrer notre neutralité ».

 

Car c’est la grande inconnue de ce voyage : la petite délégation parviendra-t-elle à mettre ses interlocuteurs en confiance, à les faire se parler, se livrer, alors que la violence semble chaque jour repousser les frontières de l’insupportable ? « Comment serons-nous perçus ? Je n’en sais rien », avoue Jacques Sémelin, persuadé aussi que, « dans cette affaire, personne n’est ni blanc ni noir »

 

Pour tous, créer ces espaces de dialogue, servir de « tiers » est en soi un premier pas. « La parole est primordiale », insiste Françoise Parmentier, qui compte sur son expérience de sociologue pour avancer dans ce « travail d’audition » à décrypter « les impensés derrière la parole première ».

 

Au-delà de leurs étiquettes, tous partagent le même désir : « comprendre », approcher ou plutôt tenter d’approcher les racines de cette violence qui peut faire, du jour au lendemain, d’un simple citoyen le meurtrier de son voisin.

 

« ECOUTER LES ACTEURS »

 

À la veille du départ, Jacques Sémelin avoue repenser à cette phrase du grand historien Marc Bloch : « Un mot, pour tout dire, domine et illumine nos études : comprendre. » « Pour moi qui suis allé au Rwanda ou en Bosnie plusieurs années après les événements, c’est une expérience nouvelle et sûrement très forte », reconnaît ce spécialiste des massacres et des génocides, désireux « d’écouter les acteurs, leurs témoignages ».

 

Selon leurs expériences respectives, les membres de la délégation seront plus sensibles à tel ou tel aspect du conflit : ethnique ou culturel, interreligieux, géopolitique, politique ou encore judiciaire. Sans « projeter leurs représentations et critères d’analyses », sans « projeter non plus des considérations éthiques a priori », ils pourront, comme observateurs extérieurs, « aider les acteurs de la société centrafricaine à se donner les outils de dépassement et de résolution » de ces violences, espère Mgr StengerÉtant entendu que nul ne peut le faire à leur place »

 

Ce premier voyage devrait être suivi, début décembre, d’un séminaire regroupant à nouveau, universitaires, responsables religieux, mais aussi représentants du monde associatif, acteurs publics. De leurs travaux devrait découler un « livre blanc des racines culturelles et religieuses de la crise centrafricaine », prévoit Jean-Arnold de Clermont, ainsi que, « en positif », une analyse pour permettre « la reconstruction du pays sur des bases culturelles et religieuses ». « Rien de solide ne se fera sans cela », estime celui qui a vécu six ans en Centrafrique, et a pu constater à quel point « l’unité » du pays était un sujet en friche.

 

« VOIR ET DIALOGUER »

 

À l’heure du départ, tous restent extrêmement prudents quant aux suites de leur travail. « Ce genre de situation de violence extrême est toujours le résultat d’une multiplicité de facteurs. Il faut donc rester modeste : qu’aura-t-on compris en profondeur ? Je ne sais pas », avoue l’historien Jacques Sémelin.

 

Il voit dans ce voyage l’occasion d’un « premier contact », mais aussi « un symbole, une manière de ne pas les laisser tout seuls dans cette confrontation interne ». « La gravité de la situation en Centrafrique n’est pas traduite dans les médias français. Plus encore que d’autres conflits, c’est un peu un fait oublié », appuie Antoine Garapon.

 

L’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, qui sera l’hôte de la délégation, apprécie déjà le « signal fort » qu’elle envoie. « J’attends que nos frères viennent et qu’ils puissent essayer d’écouter, voir de leurs propres yeux, dialoguer avec les gens, et se faire leurs propres jugements. Car la situation est complexe », indique-t-il.

 

Et d’ajouter : « Peut-être pourra-t-elle accentuer la pression sur les autorités françaises pour dire stop aux violations des droits de l’homme ? Et si jamais ils arrivaient à mobiliser les croyants dans un élan de solidarité, ce serait aussi un message très fort pour nous. »

 

Anne-Bénédicte Hoffner 

Lu pour vous : Centrafrique, la parole contre la violence

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Centrafrique-Presse.com
20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 22:20

 

 

 

 

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

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UNITE-DIGNITE-TRAVAIL

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DECLARATION LIMINAIRE DE SON EXCELLENCE

MONSIEUR MAHAMAT KAMOUN, PREMIER MINISTRE,

CHEF DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION

SUITE A L’INTERPELLATION PAR LE CONSEIL NATIONAL

DE TRANSITION DU GOUVERNEMENT,

RELATIVE A LA GESTION DU DON ANGOLAIS

 

 

 

Bangui, le 15 octobre 2014

 

Monsieur le Président du Conseil National de Transition ;

 

Mesdames et Messieurs les Conseillers du Conseil National de Transition ;

 

Mesdames et Messieurs,

 

            Permettez-moi tout d’abord d’adresser mes sincères remerciements au Conseil National de Transition pour l’honneur qui m’est offert aujourd’hui, d’être invité à la tribune de ce haut lieu de représentation nationale, afin d’apporter les éclaircissements que l’opinion nationale et internationale attendent au sujet du don fait à notre pays par un Etat africain frère, l’Angola.

 

Mais, vous pouvez convenir avec moi, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, que l’agenda politique devient vite tributaire de l’actualité, surtout dans la période difficile que traverse actuellement notre pays. Et je me devais, au nom de mes Compatriotes, en votre nom aussi Mesdames et Messieurs les Conseillers, d’aller rendre hommage et témoigner de notre compassion aux Casques bleus de l’ONU qui sont venus et ont donné leur vie pour la paix dans notre chère République Centrafricaine lors des récents évènements survenus à Bangui. Et me voici donc aujourd’hui devant vous pour répondre à vos légitimes interrogations.

 

Il est important et sain, dans une démocratie, que les représentants du peuple souverain se préoccupent de la manière dont les deniers publics sont gérés. Cela témoigne de la vitalité de nos convictions dans la marche vers l’enracinement de la démocratie et de la bonne gouvernance dans nos mœurs politiques. C’est ma conviction profonde et c’est pourquoi je voudrais ici, dire solennellement, qu’en aucun moment, l’idée de ne pas répondre à votre interpellation ne m’a effleuré.

           

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Conseillers Nationaux,

Mesdames et Messieurs,

 

Beaucoup a été dit et écrit sur ce don de l’Angola, notamment sur la moralité de l’utilisation qui en a été faite. Je vais m’efforcer, au cours de cette séance, d’éclairer sur cette affaire afin de mettre un terme définitif à cette polémique stérile qui nous fait perdre du temps et nous empêche d’avancer sur des dossiers les plus importants.

 

Mais avant cela, qu’il me soit permis de dire un mot sur la nouvelle situation créée depuis près d’une semaine dans BANGUI, notre capitale. Car comme vous le savez, cette interpellation intervient à un moment où notre pays se trouve à nouveau confronté à ses vieux démons.

 

En effet, depuis le 07 Octobre, les ennemis de la paix nous imposent une virulente campagne de violences qui ont à nouveau endeuillé nos familles et occasionné la destruction d’un nombre important de biens, publics comme privés. Le bilan provisoire de ces actes, sur le plan humain, s’élève à une dizaine de morts et plus de 3500  déplacés internes.

 

Suite à un tel drame, je puis vous annoncer que la justice de notre pays a été déjà saisie afin que les auteurs et complices de ces actes ne restent pas impunis.

 

Ce que je tiens à souligner ici, Mesdames et Messieurs, c’est que cette nouvelle campagne de violences est tout, sauf fortuite.

 

Elle a été savamment orchestrée, et vise à déstabiliser le Gouvernement de Transition que je dirige, sous le haut patronage de Madame Le Chef de l’Etat de la Transition. Et cette tentative de déstabilisation a pour objectif de mettre à néant les premiers résultats que nous avions commencé à engranger :

 

L’adoption par le Gouvernement le 08 Septembre 2014, du Programme d’Urgence et de Relèvement Durable (PURD) couvrant la période 2014-2016 qui va servir de cadre d’intervention de nos partenaires de développement et qui a déjà permis de mobiliser 50 millions d’Euros soit environ 35 milliards de FCFA à travers le Trust Fund dénommé « Fonds BEKOU » qui est alimenté par l’Union Européenne, la France, l’Allemagne et les Pays- bas pour financer, avant la fin de l’année, six (6) projets importants en faveur de nos populations dont celui de la réhabilitation, l’équipement et la fourniture en médicament des 5 hôpitaux régionaux y compris Bangui touchant 1.300.000 habitants, de l’assainissement des quartiers Miskine et Sara dans le cadre des THIMO, de la distribution des semences et engrais pour relancer les activités agricoles dans l’arrière pays et occuper les jeunes désœuvrés ;

 

L’élaboration du plan d’action relatif au processus de la réconciliation nationale qui n’attend que sa validation par nos partenaires du G8 en vue du lancement des phases 2 et 3 issues du Forum de Brazzaville du 24 Juillet 2014 ainsi que la mise en place de la commission de suivi pour veiller à l’application stricte de l’accord de cessation des hostilités signé par les différent groupes armés ;     

 

Le début de la restauration de l’autorité par le redéploiement de ses représentants en province avec l’expérience de la Task force à Boda qui a été une réussite et qui devrait se poursuivre dans d’autres régions ; comme vous pouvez- vous en douter, en peu de temps, dix (10) membres de mon gouvernement sont allés à la rencontre de nos concitoyens des provinces pour palper des doigts les conditions de leur vies ;

 

La création d’un Haut Commissariat chargé du DDR rattaché à la Primature dont la mission est de s’attaquer au problème de désarmement et à la question de la reforme de notre système de sécurité (RSS) dont l’importance dans le processus d’un retour définitif de la paix et de sécurité dans notre pays n’est pas à démontrer ;

 

Le démarrage dans le jours à venir du paiement des fournisseurs de l’Etat sur les fonds octroyés par l’Agence française de développement (AFD) pour soulager notamment les PME PMI et autres artisans centrafricains qui ont subi de plein fouet les effets de la crise ;

 

Malgré les conditions difficiles actuelles, la mise à disposition de l’ANE des fonds attendus du Gouvernement ; ce qui  lui permettra de mettre en œuvre son programme d’opérationnalisation et partant, de nous indiquer la date d’organisation des prochaines élections tant attendu ;

 

Pour stabiliser le front social, le gouvernement un peu plus d’un mois de son installation a déjà payé 2 salaires aux agents publics, un trimestre de pensions à nos retraités et pensé aux DVA qui ont été jusqu’ici les grands oubliés. Sur instruction de la Présidente de la République, nous étions entrain de tout même en œuvre afin que deux mois de salaire soient payés au plus tard le 25 octobre afin d’aider les parents à préparer la rentrée scolaire des enfants. Les données prévisionnelles, faites sur l’hypothèse d’un retour progressif de la sécurité et donc d’une consolidation de nos recettes, nous ont même fondés à prévoir de payer les salaires, bourses et pensions de manière régulière jusqu’au mois de janvier 2015.

 

Ce sont ces actions, Mesdames et Messieurs, que l’on a voulu, dans un objectif politicien, saborder. On a alors monté en flèche l’ « affaire du don angolais » :

 

On a voulu faire croire que cette affaire est récente, qu’elle date de Septembre ou Octobre 2014, et que le gouvernement a essayé de la cacher ;

 

On a prétendu qu’à cause de cette affaire, la communauté financière internationale a suspendu, et son aide, et sa coopération avec notre pays ;

 

On a pris appui sur cette affaire pour tenter d’obtenir par la violence et les moyens non démocratiques le départ de Madame le Chef de l’Etat de la Transition et de son Premier Ministre ;

 

On a voulu utiliser l’alibi de détournement du don angolais pour justifier l’injustifiable, c’est-à-dire les crimes odieux qui ont été commis ;

 

La vérité, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Conseillers Nationaux, est qu’il n’en est rien !

(Circonstances de la demande d’explications du FMI).

 

Les explications que Madame le Chef de l’Etat de la Transition avait fournies au mois d’Avril 2014 au FMI et à la Banque Mondiale, s’agissant de la partie du don qui a été utilisée comme fonds politique,  ont amené nos partenaires financiers à demander des écritures de régularisation dans nos livres comptables. Et ces écritures de régularisation ont été passées en date du…………. , ce qui a clos ce problème qui, du point de vue de nos partenaires, n’était qu’un problème de procédure, qui n’engage en rien la moralité de la dépense.

 

Pour ce qui est de l’état de notre coopération avec ces institutions et nos partenaires traditionnelles, je puis vous assurer qu’elle se poursuit normalement :

 

Dans une semaine, une mission du Fond Monétaire International est attendue ici à Bangui pour faire l’évaluation du programme qui a été ficelé avec le Gouvernement ;

 

A la fin du mois d’Octobre, il est prévu toujours à Bangui la réunion du Groupe Internationale de contact sur la République Centrafricaine, que nous préparons activement afin de faire le point sur les progrès accomplis dans le pays et  rechercher les financements additionnels dont on a besoin ;

 

Aide américaine pour la création et la mise en œuvre du tribunal spécial

 

Sur la polémique concernant la destination des fonds,

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Conseillers,

 

Dans tous les pays du monde, il existe la pratique des dotations des institutions en fonds politiques, dont l’usage et la destination relèvent de la décision souveraine du Chef de l’institution. Il en est ainsi de la Présidence de la République, du Conseil National de Transition et de la Primature.

 

Sur autorisation expresse de madame le Chef de l’Etat de Transition, je vais vous donner des précisions sur la destination des UN milliard :

 

tableau

 

Pour finir sur cette question, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, j’ajoute que Madame Le Chef de l’Etat avait sollicité du FMI qu’un audit global soit réalisé, non seulement du don angolais, mais de toutes nos finances publiques.

 

Et il ne peut qu’en être ainsi. Toutes les institutions de la République – Présidence de la République, Cabinet du Premier Ministre, Départements gouvernementaux - ont le devoir d’exemplarité en matière de gestion des finances publiques.

 

Cette affaire de don angolais aura eu le mérite de nous pousser à faire un bilan complet de la santé de notre classe politique dirigeante, sur la question de la gestion des deniers publics.

 

En cas de besoin, le gouvernement est prêt à mettre à la disposition du Bureau du Conseil National de Transition, l’ensemble des pièces et documents relatifs à ce dossier pour consultation comme cela a été fait jusqu’ici.

 

Mes collaborateurs et moi-même serons heureux de pouvoir donner la réponse aux zones d’ombre qui pourraient encore subsister ou à d’autres questions qui vous tiennent à cœur.

 

Je vous remercie.

 

Au moment je m’apprêtais donc à assurer mes devoirs républicains en me présentant devant le CNT dans quelques jours pour faire ma Déclaration de Réengagement en vue de la mise en œuvre de la Feuille de Route adoptée par la Communauté Internationale et le CNT, grande a été ma surprise de constater que des campagnes sont menées tambour battant, dans l’objectif de créer une psychose au sein de la population à propos du don angolais de 10 Millions $ octroyés au Gouvernement centrafricain au mois de Mars de cette année.

 

            Dans le sens de la continuité de l’Etat, j’ai accepté de répondre personnellement à cette interpellation pour mettre un terme à une polémique que je crois inutile car la souffrance du peuple centrafricain est sans commune mesure avec les diatribes engagées ici et là, dont les en-dessous et les raisons cachées sont bien connus de nos compatriotes.

 

            Je voudrais encore rappeler que nous sommes à des degrés divers, engagés solidairement dans une gestion consensuelle de la Transition dont le seul but est de redonner espoir au peuple centrafricain qui a tant souffert et surtout créer les meilleures conditions pour consolider la paix et la réconciliation nationale.

 

            Je remarque cependant et avec regret que certains de nos compatriotes n’ont pas compris leur rôle ni leur mission au service du peuple quand, dans la posture de donneurs de leçons, ils en oublient jusqu’à leurs propres turpitudes passées ou actuelles.

 

            Au delà des querelles de personne et des  campagnes de haine qui ne profitent à personne, qui s’apparentent à un exercice d’autodestruction collective et font le jeu de nos ennemis communs dans un contexte très difficile où chaque fille et fils de notre pays doit participer à l’œuvre de reconstruction et de solidarité nationale,

 

            Au-delà des positions divergentes certes légitimes en démocratie, je veux insister sur la nécessité pour chaque citoyen, chaque acteur de la Transition, d’apporter chacun en ce qui le concerne, sa contribution responsable à cette œuvre exaltante de refondation de notre pays.

 

            C’est pourquoi, je souhaite que nous travaillions ensemble la main dans la main pour relever le défi commun qui s’impose au peuple centrafricain à savoir « vivre en paix et en harmonie dans un  pays uni et solidaire ».

 

            C’est également la raison pour laquelle je ne cesse d’inviter mes compatriotes à plus de retenue et de sagesse car ce pays a besoin de tous ses enfants pour se reconstruire. Nous devrions apprendre à « vivre-ensemble ».

 

            Hier, nous avons vécu chacun à sa manière, l’injustice, l’exclusion, la privation des droits. Aujourd’hui, le moment est venu pour que le Centrafricain tire les leçons du passé, et se tourne résolument vers une nouvelle approche, une autre manière de conduire notre destinée.

 

            Je suis profondément ouvert au débat sur la transparence dans la gestion de la chose publique. C’est par le choc des idées que jaillit la lumière.

 

            La mission principale du Gouvernement de Transition que je dirige, est de réconcilier les Centrafricains, de créer un environnement sécuritaire propice à l’organisation d’élections justes, crédibles et transparentes. Seul le tribunal de l’histoire jugera si les actes que nous sommes appelés à poser ne répondent pas aux aspirations du peuple centrafricain.

 

Monsieur le Président du CNT,

 

Mesdames et Messieurs les Membres du CNT,

 

            Je voudrais maintenant apporter les clarifications nécessaires pour mettre un terme définitif à ce que je peux qualifier d’affabulations contre l’Exécutif. Il est temps que s’arrête cette campagne de déstabilisation qui ne profitera à personne car le peuple centrafricain n’est pas dupe.

 

            Le 25 janvier 2014, Son Excellence Madame Catherine SAMBA PANZA accédait à la magistrature suprême de l’Etat. Quelle était la situation au moment où cette dernière avait pris ses fonctions à la tête de l’Etat ?

 

            Les caisses de l’Etat étaient désespérément vides. Les fonctionnaires et agents de l’Etat accusaient cinq (5) mois d’arriérés de salaires. Malgré l’appui de la Communauté internationale, l’Etat n’arrivait pas seul à faire face aux charges régaliennes. La situation sociale était explosive et la situation sécuritaire, catastrophique.  Le peuple centrafricain était à bout de souffle.

 

            Pour le Chef de l’Etat, il y avait péril en la demeure. C’est donc dans ce contexte que Madame la Présidente de la République, Chef de l’Etat de Transition a commencé à multiplier les plaidoyers auprès de ses Pairs en vue de solliciter leur magnanimité pour venir en aide à notre pays dont  l’état quasi-comateux ne pouvait que susciter la compassion des autres pays du monde en général et ceux d’Afrique en particulier.

 

            Sensible aux préoccupations du Gouvernement et du peuple centrafricains, Son Excellence Monsieur José Edouardo DOS SANTOS, Président de la République d’Angola a invité son Homologue de la République Centrafricaine à effectuer une visite officielle à Luanda.

           

Au cours de cette visite, Son Excellence Madame Catherine SAMBA PANZA, Chef de l’Etat de Transition, a expliqué sans détour à son frère angolais, les difficultés du pays notamment les questions récurrentes de paiement des salaires, l’incapacité du pouvoir exécutif à disposer d’un minimum de fonds politiques lui permettant d’agir efficacement pour garantir un retour rapide à la paix et la cohésion entre ses fils et ses filles de Centrafrique.

 

            Ce n’est donc un secret pour personne que le Gouvernement angolais ait accepté de volé au secours de notre pays en apportant un soutien financier substantiel puisque au cours de la visite du Chef de l’Etat à Luanda, deux conventions ont été signées le 07 mars 2014 :

 

La convention de don d’un montant de dix(10) millions de dollars US ;

 

La convention de prêt d’un montant de vingt (20) millions de dollars US destinés au financement des projets de restructuration de nos Forces de Défense et Sécurité (FDS) ;

 

            Pour ce qui concerne la Convention de don d’un montant de dix(10) millions de dollars. Je tiens à apporter les clarifications quant à l’utilisation de ces fonds.

 

            Compte tenu de l’urgence, - je rappelle que nous étions à la veille du 8 Mars qui est la Journée Internationale de la Femme  et parce que Madame la Présidente tenait coûte que coûte à ce qu’un mois de salaire et un trimestre de pensions et de bourses soient versés pour permettre aux femmes centrafricaines de célébrer cette Journée, Elle avait obtenu un premier décaissement de cinq (5) millions de dollars US. Aucune banque de la place ne disposait de ressources suffisantes pour assurer les changes.

 

            C’est ainsi que le Gouvernement a informé les Services Centraux de la BEAC à Yaoundé et l’accord a été donné pour effectuer les changes à Douala.

 

Taux du jour (07 mars 2014)     =  462,22

5.000.000,00 $ US X 462,22  =  2.311.100.000 F.CFA

Commission de Change Ecobank 6%  =           138.666.000 F.CFA

Montant disponible viré sur le compte unique du Trésor =     2.172.434.000 F.CFA

 

            Ce montant a servi entre autres au paiement des pensions du 1er trimestre 2013 et les bourses du 2ème trimestre 2013.

Sur la deuxième tranche, la répartition a été faite comme suit :

 

Taux du jour (28 avril 2014) =                     453,00

5.000.000,00 $ US X 453 =  2.265.000.000 F.CFA

Montant versé sur le Compte Unique du Trésor=  1.132.500.000 F.CFA

Montant affecté aux Fonds spéciaux=  1.132.500.000 F.CFA

 

            Le contexte politique était tel que Madame le Chef de l’Etat n’avait pas d’autre choix que d’affecter une partie de ce reliquat aux Fonds Spéciaux.

 

            D’ailleurs, je tiens à préciser d’ailleurs que les fonds spéciaux communément appelés « fonds secrets » sont de l’argent destiné à des dépenses particulières, à la rémunération d’un certain nombre d’activités politiques qui relèvent à la fois du fonctionnement de l’Etat, de la sécurité.

           

            Ces fonds sont utilisés à la discrétion du Chef de l’Etat ou du Premier Ministre, voire même du Président du Conseil National de Transition.

 

            Pour le cas de notre pays, au sortir de la grave crise du 5 décembre 2013 et ses conséquences sur les cinq mois de 2014, l’Etat ne disposait d’aucune capacité de réaction pour faire face aux multiples contraintes sécuritaires ou la contribution de toutes les forces vives de la Nation suppose un minimum de moyens financiers.

 

            Soutenu à bout de bras par la Communauté internationale, il était difficile pour le Chef de l’Etat, de répondre à de multiples sollicitations afin d’assurer la cohésion sociale, redémarrer au minimum l’administration, favoriser la réconciliation. La constitution financière de notre pays à savoir la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) de 2006 a prévu les dispositions particulière  ou procédure dérogatoire concernant les Fonds spéciaux.

 

            Vous allez surement me poser la question de savoir pourquoi ne pas assurer la traçabilité de ces fonds par le versement des 1.132.500.000 F.CFA dans la caisse du Trésor public avant toute utilisation ? Ce qui consacre bien sûr le respect de l’orthodoxie en matière de gestion budgétaire.

 

            Ma réponse est la suivante : Compte tenu de l’urgence qui s’imposait, le  gouvernement a effectué des dépenses sans ordonnancement préalable. Mais ces dépenses ont par la suite été régularisées sur le plan comptable. Ces principes dérogatoires sont bel et bien prévus en matière de gestion des finances publiques. Je rappelle par ailleurs que ce don a aussi fait l’objet d’une prise en charge budgétaire.

 

            Lors de la Revue du mois de juillet 2014, le FMI a demandé que soient régularisées les dépenses hors budget. Le Ministre des Finances a demandé immédiatement ordonné au Trésor public en date du 27 juillet 2014, de procéder à ces régularisations.

 

            Madame le Chef de l’Etat de la Transition a clairement précisé au cours de son allocution du 07 octobre 2014 relative à la journée de restitution des résultats du Forum de Brazzaville, que les justificatifs détaillés existent.

 

            De mars à juillet 2014, ces fonds spéciaux ont été utilisés de la manière suivante :

 

En mars 2014, 401.274.120 F.CFA  ont été dépensées dont 271.800.000 en dotation pour le Premier Ministre de l’époque pour les actions gouvernementales, 113.524.120 F.CFA d’appuis aux différentes composantes de la Société civile, 9.950.000 F.CFA consacrées aux différentes actions dans le cadre de l’assistance sociale et humanitaire et 6.000.000 F.CFA au titre des actions présidentielles

 

Au mois d’avril 2014, 450.707.140 F.CFA ont été utilisés dont 184.674.000 F.CFA d’appuis aux différentes composantes de la Société civile, 250.900.000 F.CFA consacrées aux différentes actions dans le cadre de l’assistance sociale et humanitaire et 15.133.140 F.CFA au titre des actions présidentielles

 

Au mois de mai 2014, 56.060.703 F.CFA sont dépensés dont 36.307.922 F.CFA d’appuis aux différentes composantes de la Société civile, 4.944.000 F.CFA consacrées aux différentes actions dans le cadre de l’assistance sociale et humanitaire et 14.808.781 F.CFA au titre des actions présidentielles

 

Au mois de juin 2014, 167.408.615 F.CFA ont été dépensés dont 109.111.115120 F.CFA d’appuis aux différentes composantes de la Société civile, 49.412.500 F.CFA consacrées aux différentes actions dans le cadre de l’assistance sociale et humanitaire et 8.885.000 F.CFA au titre des actions présidentielles

 

Et enfin au mois de juillet 2014, 57.049.422 F.CFA ont été dépensés dont 26.412.697 F.CFA d’appuis aux différentes composantes de la Société civile, 26.536.725 F.CFA consacrées aux différentes actions dans le cadre de l’assistance sociale et humanitaire et 4.100.000 F.CFA au titre des actions présidentielles

 

            Vous constaterez que les dépenses les plus importantes ont été effectuées au mois de mars et avril 2014 au plus fort de la pression sécuritaire et sociale.

 

            Le Chef de l’Etat a toujours marqué sa disponibilité à clarifier cette question. C’est dans ce sens qu’elle s’est évertuée à produire les détails de l’utilisation de ces fonds aux différents partenaires. Mieux encore : lors de l’entretien qu’elle a eu avec le Directeur Général Adjoint du FMI et pour éviter tout soupçon, Madame le Chef de l’Etat de Transition a demandé qu’une mission de FMI vienne auditer l’utilisation de ces Fonds.

 

            Nous souhaitons vivement que la question de l’audit de la gestion des dons de l’Angola soit généralisée à toutes les structures de l’Etat y compris le Conseil National de la Transition afin de permettre à l’opinion nationale de comprendre la réalité. On ne peut pas être juge et partie à la fois.

 

            Pour le Gouvernement de Transition, tous ces tapages médiatiques constituent à n’en point douter, toute une manœuvre savamment orchestrée pour conduire coûte que coûte à une troisième Transition. Il s’agit en réalité d’un ensemble de manœuvres et d’allégations mensongères tendant à ternir l’image et la bonne réputation dont jouit le Chef de l’Etat de Transition auprès de la Communauté internationale. Le Gouvernement va prendre ses responsabilités et ne se laissera pas faire face à ce complot ourdi contre le peuple centrafricain.

 

            C’est au moment où la visite effectuée aux Etats-Unis par le Chef de l’Etat se soldait par un succès éclatant avec sa participation à la 69ème Session de l’Assemblée Générale des Nations Unies et à plusieurs réunions et rencontres spéciales sur la RCA, que les ennemis de la paix aient cru devoir utiliser comme par le passé un Hebdomadaire international pour jeter le pavé dans la mare en alléguant la disparition d’une partie du don angolais soit deux(2) millions de dollars US sans apporter la moindre preuve. En réalité, l’objectif principal des ennemis de la République reste la déstabilisation du Chef de l’Etat de la Transition.

 

            Sous le mandat de Madame le Chef de l’Etat de la Transition, le RCA a bénéficié d’importants concours financiers des partenaires. Il s’agit notamment des appuis de la CEEAC, de la Banque mondiale, du PNUD, de la BAD, de l’Union Européenne, de la France via l’AFD. Tous ces appuis témoignent  de la rigueur et la gestion transparente à la satisfaction des donateurs.

 

            Pour ce qui concerne la deuxième convention relative au prêt pour le financement des projets de restructurations de nos Forces de Défense et Sécurité (FDS) d’un montant de vingt (20) millions de dollars US,

 

            Je tiens à rassurer mes compatriotes que ce prêt est réputé concessionnel parce que le prêt a été octroyé selon les conditions ci-après : Période de grâce : 5ans ; Maturité : 20 ans (y compris la période de grâce) ; Remboursement du capital : 30 semestrialités ; taux d’intérêt : 1% ; Intérêt de retard : 1,00%. Au regard des engagements de la RCA vis-à-vis des Institutions de Brettons Wood, le prêt octroyé est concessionnel (l’élément don est d’au moins 35%).

 

            Comme l’a si bien rappelé Madame le Chef de l’Etat de la Transition, c’est grâce à son implication que cet accord a été signé. Les discussions sont en cours de finalisation avec les autorités angolaises pour la signature des accords supplémentaires permettant le décaissement effectif de ces fonds.

 

            Ce prêt servira à réhabilitation des casernes militaires, des postes de Police, des garnisons de la Gendarmerie, l’acquisition du matériel roulant, l’habillement des Forces de Défenses et de Sécurité y compris les forces para-militaires à savoir la Douanes et les Eaux et Forêt.

 

            Je voudrais encore une fois appeler mes compatriotes à plus de retenue et de respect des ceux qui ont la charge de conduire la Transition. Il n’est de l’intérêt de personne d’entretenir l’instabilité dans ce pays car notre peuple a trop souffert. Le Gouvernement de Transition prendra, en ce qui le concerne, toutes ses responsabilités pour faire face à ceux qui veulent prendre en otage le peuple centrafricain.

 

            Au nom de mon Gouvernement, je demande à chaque acteur de se ressaisir et de privilégier la voie du dialogue, du consensus et de la recherche permanente de la cohésion nationale pour qu’ensemble, nous relevions le défi de la refondation de notre pays.

 

            La construction de la paix est d’abord l’œuvre des Centrafricains eux-mêmes. L’apport de la Communauté internationale à lui seul ne favorisera guère, la solution à la sortie de crise dans notre pays.

 

            Si nous continuons à montrer notre incapacité à nous entendre, à travailler ensemble pour sortir notre pays de la crise persistante qu’elle traverse, alors nous ouvrirons la voie à la disparition certaine de notre pays comme Etat et comme Nation.

 

            J’exhorte donc mes compatriotes à savoir raison garder en toutes circonstances et à privilégier l’intérêt national.

 

            Notre objectif, c’est de conduire une Transition apaisée afin de permettre aux nouvelles autorités qui seront issues du suffrage populaire et qui auront la charge de conduire les destinées de ce peuple meurtri, de relever le défi de la refondation d’une nouvelle Centrafrique, unie et solidaire.

 

            Je vous remercie.

 

 

 

"Angolagate" : Déclaration liminaire du PM Mahamat kamoun lors de son interpellation par le CNT
"Angolagate" : Déclaration liminaire du PM Mahamat kamoun lors de son interpellation par le CNT

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Centrafrique-Presse.com
20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 21:47

 

 

 

    Les autorités de Bangui, j’allais dire « le maire du palais » de la Renaissance et ses courtisans sont en train de lasser tout le monde avec leur frénésie à dénoncer des coups d’Etat imaginaires, leur propension à accueillir tout et n’importe quoi, à sortir des clous fixés par la Transition ... Cette litanie jouée sur un disque rayé n’a rien donné jusqu’à ce jour, donnant cette désagréable impression qu’à Bangui, on reprend toujours les mêmes et on recommence .

 

  . Les mêmes hommes et les mêmes femmes impopulaires, inaptes et incompétents mais choisis sur des bases qui échappent à tout entendement comme le Premier Ministre Nzapayéké hier et aujourd’hui Khamoun qui dénoncent des conflits imaginaires sans produire une seule preuve, un seul nom des comploteurs et qui veulent être crus par les Centrafricains sur parole .

 

   .Les mêmes arguments fallacieux : crier aux coups d’Etat montés par des gens jamais identifiés a été l’argument suprême  des dictateurs pour réprimer l’opposition sous toutes les latitudes . Cette fois-ci le peuple centrafricain exige des plans, des noms, des armes saisies et les caches d’armes découvertes , bref des preuves tangibles et non ce flot de mots qui ne convainc plus personne . Le peuple est mûr, il lui faut plus que des mots .

 

   .Les mêmes manœuvres dilatoires de l’Exécutif : la Présidente de la Transition musèle le CNT par sa présence et laisse parler d’un coup d’Etat juste au moment où le même CNT entend poser des questions au gouvernement sur la gestion douteuse du don angolais . Est-ce une simple coïncidence ?

 

   .Il est curieux d’apprendre qu’un coup d’Etat est en cours juste au moment où la Présidente de la Transition reçoit les « forces vives de la nation » . Qui trompe qui ?

 

D’ailleurs l’amalgame savamment entretenu entre les partis politiques et les groupes armés qui écument et rançonnent un pays exsangue est insupportable . Depuis quelque temps, les ficelles sont devenues trop grosses à Bangui .Cette pratique qui n’a jamais rien donné de bon est une prime donnée à l’impunité des criminels . Il faut cesser cette mascarade qui n’amuse plus personne sauf le chef de l’Exécutif centrafricain . Après les accords de Brazzaville, ces bouts de rencontre ( où l’on devine plus de billets de banque distribués et de promesses faites aux uns et aux autres) ne servent plus à rien . Il y a un temps pour tout : le temps de la signature et le temps du RESPECT de la signature .

 

   .Les mêmes discours redondants, répétitifs :

 

-Appel à la communauté internationale pour aider (Elle est déjà en RCA à travers la MINUSCA ) . Il faut lui fixer un cap !

 

-Dénonciation des « forces négatives » jamais nommées, jamais attrapées , jamais jugées . Cette main invisible qui manipulerait tout en Centrafrique devient une litanie lassante . De fait, la Présidente de la Transition cogère l’Etat centrafricain avec les Antibalaka et les Séléka .

 

-Appel à la Cour Pénale Internationale (CPI) au lieu de commencer par rétablir une chaîne pénale locale . Tout Etat doit faire la politique de ses moyens et de sa géographie !

 

    Il faut rappeler constamment que Madame SAMBA-PANZA n’est pas Présidente de la République mais bien Présidente de la Transition, ce qui lui interdit certains actes dévolus au seul Président élu . Faute de l’avoir spécifié clairement, le CNT n’a plus que ses yeux pour pleurer . Ce CNT qui n’est autre chose qu’une émanation de la « Séléka » tout comme le gouvernement .

 

    Une seule voie de sortie reste honorable pour le gouvernement : organiser et réussir des élections générales à terme échu en Février 2015 . Il lui reste donc quatre mois .

 

                                           KOULAYOM-MASSEYO David

 

                                           Reims le 18 Octobre 2014 

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Centrafrique-Presse.com
20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 20:41

 

 

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 20.10.2014 à 20h35

 

Des miliciens anti-balaka (principalement chrétiens) et ex-Séléka (en majorité musulmans) s'en sont violemment pris, ces jours derniers, à des habitants qu'ils accusent de collaboration avec leurs rivaux, dans le centre de la Centrafrique. Selon la gendarmerie, au moins sept personnes ont été tuées, et plusieurs autres blessées.

 

Une source au sein de la gendarmerie de la ville de Bambari a apporté des précisions :

 

« Des individus armés se réclamant des anti-balaka, partis de Bambari à la fin de la semaine dernière en direction de Kouango [plus au sud], ont froidement assassiné cinq personnes aux villages de Bangao et Bomballa, les accusant de collaborer avec les ex-Séléka et d'avoir trahi leur position à ces derniers. »

 

« Les assaillants se sont livrés à d'autres exactions sur les habitants : incendie de maisons d'habitation, pillages, vols, faisant fuir de nombreux autres vers la République démocratique du Congo dans des pirogues », a ajouté la gendarmerie.

 

EXÉCUTION PUBLIQUE

 

Toujours selon la gendarmerie,  les ex-Séléka ont également commis des exactions :

 

« Dans un autre village situé sur la route menant au centre de Kouango, les ex-Séléka (...) ont exécuté en public la semaine dernière deux jeunes hommes, sous l'accusation de trahison et d'appartenance à la milice anti-balaka. Ils ont pourchassé d'autres personnes à travers la ville. »

 

La région de Kouango, baignée par la fleuve Oubangui, fait face à la République démocratique du Congo, où se sont réfugiés des milliers de Centrafricains ayant fui les violences de ces dernières années.

 

La Centrafrique, ancienne colonie française, a plongé dans un chaos sans précédent en 2013 lorsque la rébellion Séléka a pris le pouvoir, plaçant le pays en coupe réglée jusqu'à son départ en janvier 2014. Les troubles intercommunautaires se sont poursuivis ensuite, les anti-balaka commettant à leur tour d'innombrables exactions contre la population, notamment les musulmans qui ont dû fuir Bangui.

 

Toujours maîtres de la région de Kouango, les ex-Séléka en ont fait fuir depuis l'an dernier toutes les autorités locales (sous-préfet, gendarmes, policiers, maires, chefs de village, etc.) et y règnent sans partage.

Centrafrique : violences meurtrières dans le centre du pays

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 19:13

 

 

 

 

20/10/14 (Radio Ndeke Luka)

 

Des hommes armés assimilés à des Antibalaka et ex-Séléka auraient investi plusieurs villages et fait des victimes.

 

Ce samedi dans la sous-préfecture de Kouango, des hommes armés assimilés à des miliciens Antibalaka ont brûlé des champs de café et tué des civils au village Bangao à 45 Km de Kouango. Selon les témoignages, les assaillants accusent les habitants de ce village d’avoir accepté la collaboration avec les ex-rebelles Séléka.

 

« Depuis trois jours, une délégation des Antibalaka en provenance de Bambari est arrivée au village Bangoa à 45 Km de Kouango. Ils ont tué beaucoup de personnes, fait fuir toute la population et brûlé des champs de café », a indiqué un habitant de Kouango qui a requis l’anonymat.

 

Prise de peur, la majeure partie de la population est obligée de traverser le fleuve pour se réfugier au Congo démocratique voisin.

 

La même source ajoute que les Antibalaka envisagent de s’attaquer à la population de la ville de Kouango. « Ils promettent de s’en prendre à la population de Kouango sous prétexte qu’elle héberge des Séléka. Informés les Séléka de Kouango ont tué publiquement deux jeunes les accusant à tord d’être des Antibalaka », précise la même source.

 

Ce climat de terreur s’est aussi répandu dans la sous-préfecture de Bambari chef lieu de la Ouaka.

 

Le week-end dernier, des ex-Séléka présentés comme des éléments du général peuhl Ali Ndaras, ont fait incursion dans les villages Matchika (20 Km) et Botobadja (30 Km) de Bambari sur l’axe Alindao.

 

Ils auraient tué plusieurs personnes et incendié des maisons. Aucun bilan n’est disponible, la population s’étant refugiée en brousse. Des enfants sont portés disparus selon un témoin joint depuis Bambari par RNL.

« Les populations paysannes du Pk 20 jusqu’au Pk 30 sont poursuivies dans les champs et en brousse comme des animaux pour être tuées de manière cruelle et criminelle. Beaucoup de personnes ont rejoint Bambari ne sachant où trouver les femmes et les enfants », a expliqué un habitant consterné.

 

Le 16 octobre dernier au village Botobadjia, un groupe armé dénommé ‘‘Antipopulation’’ a tué 14 personnes et incendié 32 habitations.

 

Pendant ce temps dans la Nana Gribizi (nord), un religieux a été enlevé dimanche 19 octobre par des Antibalaka au village Fafara à 22 Km de la ville sur l’axe Bangui. Le Père Luc Delphes de nationalité belge, est le responsable de l’ONG internationale Caritas à Kaga-Bandoro. Il a été relaxé après quelques heures passées en brousse avec tous les autres passagers se trouvant à bord de son véhicule.

 

Selon certaines autorités ecclésiastiques du diocèse de Kaga-Bandoro et de l’archidiocèse de Bangui, le prélat a été transféré dans la capitale. Son véhicule et les bagages des passagers sont confisqués par les ravisseurs.

 

Cet enlèvement est survenu dix jours après celui du prêtre polonais Mathieu Dziedzic. Des sources religieuses expliquent que le Père Mathieu Dziedzic, jusqu’à ce jour, est toujours entre les mains des hommes du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) du chef rebelle Martin Koumta-Madji alias Abdoulaye Miskine.

Ouaka : Antibalaka et ex-Séléka sèment la terreur

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 18:53

 

 

 

 

Les partis socio-démocrates de l’Afrique Centrale, réunis à Yaoundé (Cameroun) du 15 au 17 octobre 2014 pour examiner la question des alternances politiques et la situation sécuritaire en Afrique centrale, ont dressé un état des lieux très préoccupant en matière d’alternances démocratiques pacifiques en Afrique centrale.

 

En règle générale, la tendance est plutôt à la stagnation de la situation politique dans notre sous-région, comparativement aux évolutions positives observées, dans le même temps, dans les pays d’Afrique occidentale, orientale et australe.

 

En effet, au cours de la dernière décennie, hormis le MPLA en l’Angola et le MSTP/PSD à Sao Tomé et Principe, tous les autres partis sont dans l’opposition et les processus démocratiques des pays d’Afrique centrale ont connu des fortunes diverses dans la volonté d’accroître leur poids dans le débat politique, parlementaire et institutionnel, leur participation à la gestion des institutions démocratiques de leurs pays.

 

Face à l’obstination des partis d’Etat à résister au changement et à vouloir à tout prix se s’accrocher au pouvoir, refusant ainsi d’appliquer les principes élémentaires de la démocratie pluraliste et de s’adapter à la nouvelle conjoncture politique internationale, les socio-démocrates de l’Afrique centrale ont pris l’engagement de traduire l’inclination naturelle des peuples de la sous région pour la paix et de canaliser leur volonté inébranlable pour des changements démocratiques.

 

À cet effet, les socio-démocrates de l’Afrique Centrale prennent la résolution :

 

  • De mobiliser davantage les communautés nationale et internationale, afin qu’elles exercent une réelle pression sur les régimes qui résistent aux changements démocratiques ;
  •  
  • De convaincre les forces sociales et politiques de gauche ayant acquis des positions dominantes dans les systèmes en place, à rallier le mouvement des citoyens dans leur marche en faveur de l’égalité sociale, la bonne gouvernance et la démocratie ;
  • De définir les termes de référence et déterminer la feuille de route pour le demi-siècle à venir, laquelle permettrait aux jeunes générations de continuer la lutte pour la deuxième indépendance de notre continent ;
  •  
  • De favoriser la formation des alliances politiques sur la base idéologique, ouvertes aux autres forces favorables aux changements démocratiques ;
  •  
  • De mutualiser les forces au cours des batailles électorales.
  •  

Pour garantir la paix, la stabilité et la crédibilité des institutions de nos pays, les socio-démocrates de l’Afrique Centrale :

 

  • réaffirment leur attachement aux principes  de l’irréversibilité de la gouvernance démocratique, du dialogue et de la concertation politique comme seuls moyens de résolution des conflits sociopolitiques dans nos pays ;
  •  
  • renouvelle leur foi aux élections libres et transparentes comme seul moyen légitime pour accéder au pouvoir et construire des Etats stables et démocratiques.
  •  

À propos de la transparence du processus électoral, les socio-démocrates de l’Afrique Centrale considèrent que la consultation du souverain primaire n’est possible et crédible que lorsqu’elle se réalise de façon démocratique, c’est-à-dire à travers les élections sincères conduites en toute transparence pour garantir une libre expression des citoyens et des résultats crédibles des scrutins.

 

De façon universelle, la transparence du processus électoral est garantie notamment par :

 

  • un fichier électoral établi de façon consensuelle sans souffrir d’aucune contestation de la part des acteurs électoraux (administration, partis politiques, société civile) ;
  •  
  • un organe de gestion des élections indépendant, mis en place dans le respect des normes définies par la Charte de l’Union Africaine en matière électorale ;
  •  
  • un organe constitutionnel (juge des élections) composé de façon consensuelle.
  •  

 

À propos des processus de dialogue national inclusif annoncés dans quelques-uns des pays, notamment en Guinée Equatoriale et fortement réclamés dans d’autres, dans un souci d’apaisement du climat politique, les socio-démocrates de l’Afrique Centrale recommandent vivement qu’ils se déroulent avec la médiation et l’observation consensuelles. En effet, le dialogue est le seul moyen pacifique d’établir toutes les bases politiques nécessaires pour opérer la réforme de l’État, le renforcement de la bonne gouvernance et la résolution pacifique et démocratique des conflits.

 

Ces processus devraient privilégier la recherche d’un compromis politique dont les termes seraient à définir de façon concertée, afin d’épargner de nouvelles souffrances à nos populations  déjà si gravement accablées par la pauvreté.  

 

De cette manière, les générations actuelles légueraient un héritage de sécurité et de prospérité aux générations futures.  

                

A propos de la situation sécuritaire dans la sous-région, les partis politiques socio-démocrates de l’Afrique Centrale exige l’application de la résolution N° 2149 des Nations Unies en Centrafrique et le désarmement des de toutes les milices au Burundi et en RD Congo.

 

Fait à Yaoundé, le 17 octobre 2014

 

Conseil National pour la Défense de la Démocratie – Burundi

________________________________

Convergencia Para la Democracia Social – Guinée Equatoriale

________________________________

Convergence Citoyenne – Congo Brazzaville

_________________________________

MLSTP / PSD – Sao Tomé et Principe

_________________________________

Union National pour le Développement et le Renouveau – Tchad

_________________________________ 

Social Democratic Front – Cameroon

_________________________________ 

Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain – République Centrafricaine

Martin ZIGUELE  _________________________

 

Prof. Vincente Pinto de Andrade – Angola – Personnalité Social Démocrate

_________________________________

DÉCLARATION DE L’ALLIANCE DES PROGRESSISTES D’AFRIQUE CENTRALE

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 18:31

 

 

 

 

20/10/14 (Slate Afrique)

 

Même pour Bangui, capitale de la République centrafricaine et l'une des villes les plus pauvres du monde, Saïdou est misérable. Contrairement aux quartiers environnants, avec leurs immeubles et leurs lotissements bien rangés derrière des murs et des clôtures, Saïdou, qui s'étend sur un bout de terre oblong à quelques encablures du centre, tient davantage des bidonvilles que l'on retrouve dans d'autres villes africaines moins structurées, comme Kinshasa ou Lagos.

 

En d'autres termes, on dirait un village. Il n'y a pas de murs, pas de portails. Des maisons basses en parpaings se font face les unes aux autres selon des angles bizarres. Les rues sont ici des chemins de terre, des broussailles, des ruisseaux d'eau grise. Pour arriver à Saïdou, il vous faut couper par l'Avenue des Martyrs et vous engouffrer entre deux gratte-ciels. Les immeubles tombent en ruine et leurs habitants sont eux aussi très pauvres, mais ils peuvent regarder Saïdou de haut et remercier Dieu (et les martyrs) de leur avoir donné une telle chance.

 

C'est dans l'une de ces maisons en parpaings que Lamove et Serge Kamouss sont nés. Ils y ont grandi avant de fonder leur famille un peu plus loin dans Saïdou. Et, au début de l'année, c'est dans leur maison natale, où leur mère vit désormais seule, qu'ils sont tous les deux revenus un après-midi. Sous un épais brouillard de haine et de honte, ils ne savaient pas qu'ils allaient se retrouver.

 

En 2013, la République centrafricaine tombe entre les mains de la Séléka, une milice insurrectionnelle d'obédience musulmane. Bangui est mise à sac, ses habitants tués et brutalisés. Lamove, l'aîné des deux frères, a la Séléka en horreur, mais il n'a pas de travail –il n'en a jamais eu de toute sa vie d'adulte– et le nouveau régime a besoin d'hommes. Alors, quand la Séléka lui offre un poste de soldat, il l'accepte. Serge n'a pas eu autant de chance. La Séléka a coulé son entreprise, l'a jeté en prison et passé à tabac. Lamove, qui craignait pour son nouvel emploi et pour sa vie, n'a pas voulu venir en aide à son frère. Ce jour-là, à Saïdou, cela faisait des mois qu'ils ne s'étaient pas vus.

 

Lamove est arrivé en premier pour trouver sa mère en train de faire la lessive. Il sait qu'elle réprouve son engagement dans la Séléka et il fait tout son possible pour ne pas en parler avec elle. Mais, inévitablement, le sujet arrive sur la table. Lamove lui rappelle combien il était désespéré, lui parle de ses enfants qu'il n'avait pas les moyens de nourrir. Pour Madame Kamouss, cela n'a aucune importance. Elle lui dit que la Séléka a ruiné leur pays. Ses mercenaires ont tué et violé des membres de leur famille.

 

A un moment, ils entendent la voix de Serge venant du dehors. Madame Kamouss, qui n'attendait pas de visite de son plus jeune fils, prend peur. Elle n'a pas vu Serge depuis des semaines et craint qu'à sa sortie de prison, il ait rejoint les anti-balaka, une milice d'obédience chrétienne créée pour lutter contre la Séléka. Leurs combats ont entraîné la République centrafricaine dans une guerre civile et religieuse faisant encore rage ce jour-là.

 

Même s'il est le cadet, Serge a toujours été plus fort que Lamove et, durant sa jeunesse, tout Saïdou le connaissait pour son sang chaud et son goût pour la bagarre. Madame Kamouss sait qu'il en veut à mort à Lamove qui ne l'a pas aidé contre les Séléka et elle redoute sa réaction s'il vient à le trouver dans la maison. Elle décide alors de cacher Lamove dans la chambre à coucher.

 

Serge est venu accompagné d'amis que sa mère n'a jamais vus, mais il ne les fait pas entrer dans la maison. Il passe la porte seul et, après les embrassades, sa mère lui demande de ses nouvelles. Il admet avoir rejoint les combattants des anti-balaka. Les angoisses de Madame Kamouss étaient justifiées: Serge et Lamove font désormais partie de deux factions ennemies.

 

«Elle s'est énervée», me dira plus tard Serge.

 

«Elle m'a dit: “Ils sont dangereux. Les anti-balaka sont dans le camp du mal, ils tuent des gens”. Elle était vraiment en colère.»

 

Serge lui répond que les anti-balaka cherchent à défendre leur pays contre la Séléka, contre les musulmans et les envahisseurs étrangers qui ont usurpé le pouvoir. Que la Séléka entend réduire les Centrafricains en esclavage et qu'il veut les en empêcher. Qu'en tant que chrétienne, elle devrait comprendre. «Notre but est de reprendre notre pays», lui dit-il.

 

http://w.slateafrique.com/525199/centrafrique-nation-paisibl...

Avant, la Centrafrique était une nation paisible. Mais ça, c'était avant !

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