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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 14:58

 

 

 

 

 

Bangui, 21 Av (ACAP) – Des évêques en l’occurrence Nestor Nongo Aziagbia, François Xavier Yombandje Janneau Gouaga III , Luc Raval Aumônier militaire français et l’Imam Omar Kobine Layama ont demandé l’application de la résolution 21/27 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies qui exige le désarmement par force des ex-séléka et des anti-balaka par les forces internationales, pour que la paix revienne définitivement en République Centrafricaine, lors d’une conférence-débat « sur les relations entre l’Eglise et l’Etat », lundi 21 avril 2014 à Bangui.

 

L’objectif de cette conférence-débat est d’analyser les voies et moyens pour la sortie de la crise militaro-politique qui écume la République Centrafricaine. 

 

Pour étayer l’assistance sur la gravité de la crise, l’Evêque de Bossangoa, Monseigneur Nestor Nongo Aziagbia, qui avait fait l’objet de kidnappage par les ex-Séléka il y’a de cela quelques jours dans la partie Nord du pays, a déclaré que les groupes rebelles ont un  pouvoir de nuisance dans la partie septentrionale du pays, c’est pourquoi il est nécessaire de les désarmer par la force et par le concours des forces étrangères. 

 

Après analyses des faits, les conférenciers ont unanimement reconnu que la responsabilité de cette crise qui perdure est partagée entre l’Etat, la religion ainsi que le citoyen lambda. Et que celle-ci a été instrumentalisée par les hommes politiques dont leur seul objectif est la conquête du pouvoir. 

 

 Selon la ministre de la Communication et de la Réconciliation nationale, Mme Antoinette Montaigne née Moussa, « il faudrait que l’Etat et les religions collaborent pour guider les citoyens, les fidèles vers la paix et la réconciliation nationale » 

La plate-forme religieuse exige le désarmement forcé des ex-séléka et des anti-balaka

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 14:35

 

 

 

 

 

http://www.secours-catholique.org/    22/04/2014

 

À la veille de Pâques en Centrafrique, un prêtre a été assassiné, deux jours après l’enlèvement d’un évêque et de trois autres prélats que les militaires de la Misca ont réussi à libérer. Le Secours Catholique tient à rendre hommage à l’engagement de ces hommes et femmes qui tous les jours combattent pour la paix au péril de leur vie.

 

Le 18 avril, vendredi saint, le père Christ Forman Wilibona rentrait en moto dans sa paroisse Saint-Kisito, de Paoua. Pris dans le flux de la circulation, il a été la cible d’hommes armés, identifiés comme d’anciens membres de la Séléka. Le prêtre a été tué de six balles.

 

Immédiatement après le crime, Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui et directeur de la Caritas centrafricaine, a publié un communiqué : « Nous dénonçons et condamnons ces actes barbares d’un autre âge qui pourraient compromettre l’élan de réconciliation nationale à laquelle nous aspirons. » L’archevêque appelle le gouvernement centrafricain à restaurer au plus vite un État de droit et invite les forces armées de l’Union africaine, la Misca, à désarmer les milices pour permettre aux populations de circuler librement dans le pays.

 

En première ligne

 

L’assassinat du père Wilibona marque la recrudescence de violences contre les religieux, en particulier à l’encontre des religieux du nord-ouest du pays. Il intervient deux jours après l’enlèvement de Mgr Nestor Azagbya Nongo, évêque de Bossangoa, et de trois prêtres diocésains qui l’accompagnaient, kidnappés le 16 avril à Batangafo, nord du pays. Leurs ravisseurs les ont transportés à Kabo, à la frontière avec le Tchad. Informés par les habitants de leur enlèvement par des ex-Séléka qui avaient confisqué le véhicule à bord duquel ils se trouvaient, des soldats de la Misca ont pu entrer en contact avec les ravisseurs et engager les négociations qui ont permis finalement de libérer l’évêque et les trois prêtres.

 

« Aujourd’hui, les acteurs locaux engagés pour la paix - parmi lesquels les hommes d’Église - sont en première ligne dans le conflit. Ils sont exposés quotidiennement au même titre que leurs compatriotes civils pris dans la tourmente », rappelle Sébastien Dechamps, responsable des urgences internationales au Secours Catholique.

 

« Nous invitons la population centrafricaine ainsi que les hommes et les femmes de bonne volonté, a appelé Mgr Nazpalaingaà prier pour le retour de la paix et de la sécurité dans notre pays et à ouvrir leur cœur au dialogue et à la réconciliation. »

 

Jacques Duffaut

 

Centrafrique : les "hommes de Paix" en danger

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 13:48

 

 

 

 

 

- Par Xavier Monnier -  jeu, 17/04/2014 - 00:30  Bakchich

 

Depuis quelques semaines, le continent noir se trouve au centre des intérêts politiques, diplomatiques et judiciaires brûlants. De l'uranium centrafricain au jeu gabonais, notre confrère Xavier Monnier, rédacteur en chef de Bakchich.info, décrypte les dernières fièvres africaines de Paris.


Le petit village semblait apaisé depuis de long mois. Comme endormi. Paris, marigot africain a paru somnoler, pour se réveiller avec un début de fièvre au front. À plusieurs fronts en fait. Embrumé par un septennat d'investigations sur les biens mal acquis des présidents africains, le front judiciaire a vu pousser deux nouveaux boutons. 

Fin mars a été dévoilée une enquête des juges d'instruction français sur une icône du continent. Ou presque. Michel Tomi. Président et fondateur du groupe Kabi, spécialisé dans les jeux, l'hôtellerie et le BTP, le richissime entrepreneur est soupçonné de blanchir en France une partie de l'argent récolté à travers la gestion, notamment, des PMU qu'il a disséminé en Afrique Centrale. Grandi à l'ombre des réseaux Pasqua, intime de Richard Casanova, feu le leader de la Brise de Mer et protecteur de sa veuve, Sandra, l'homme s'est vu dessiner une légende de Parrain des Parrains corse. 


Croupiers d'Afrique


Proche de bien des présidents africains, du Cameroun au Mali en passant par les deux Congo, Tomi sait faire preuve de générosité avec ses amis. Trop? La justice examine les cadeaux adressés aux chefs d'Etat, à leurs familles, l'utilisation de ses compagnies d'aviation gabonaises. Surtout, les services de polices s'agacent depuis longtemps de recevoir des nouvelles de voyous en cavale, qui émanent souvent des terrains de jeu africains de Tomi. Même Manuel Valls l'a désigné à mots couverts dans un entretien accordé en mai 2013 à L'Express. «Je n'exclus pas l'existence de donneurs d'ordre supervisant ces systèmes criminels, soit depuis le continent, soit depuis l'étranger, en Amérique latine ou encore en Afrique.» L'alors ministre de l'Intérieur, qui suivait au plus près les investigations lancées contre Tomi par la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris. La débâcle électorale socialiste lors des municipales l'a poussé Premier ministre. Elle a réinstallé Jean Tomi, frère de Michel, à la tête du petit village de Tasso en Corse. Et Michel a lui été condamné par la cour d'appel de Monaco à 500 000 d'amende et 18 mois de prison dans l'affaire du casino d'Annemasse (1).  Pour blanchiment. Une séquence houleuse qui en annonce d'autres tant l'enquête judiciaire promet de menues révélations. Et porte en elle une question. Pourquoi la France, malgré la connaissance au moins par Manuel Valls des liens unissant le candidat à la présidence malienne Ibrahim Boubacar Keïta à Michel Tomi, l'a-t-elle soutenu lors du scrution qui l'a consacré à l'été 2013? «Tomi fait aussi dans la diplomatie» s'amuse l'un de ceux qui l'ont bien connu. 


Irradiants intermédiaires à Bangui la coquette


Un éminent serviteur de l'Etat sous les radars de la justice, les magistrats parisiens en chassent d'autres. Le parquet national a été saisi par la cour des comptes de possibles irrégularités dans la gestion du nucléaire français Areva. Plus particulièrement, les magistrats financiers s'interrogent sur le rachat d'Uramin, société canadienne immatriculée aux îles vierges britanniques, pour 1,8 milliards d'euros en 2007, entre les deux tours de la présidentielle. Désormais, la boîte est estimée à moins du quart de sa valeur d'achat. Un irradiant dossier. De nombreux intermédiaires, français, africains, belge et pakistanais se sont affairés autour du dossier. Sans compter les services secrets tricolores, le chef d'Etat d'alors, Nicolas Sarkozy, son intime Patrick Balkany et bien sûr l'ancienne Sherpa de Mitterrand, Anne Lauvergeon, présidente d'Areva jusqu'en 2011.

 
Surtout l'épicentre du dossier ramène en Centrafrique. C'est autour des gisements d'uranium de Bakouma que s'est noué la vente d'Uramin. Depuis novembre 2013, la France a dépêché sur place son armée afin de stabiliser un Etat en déliquescence. Sans grand résultat. Débarqué en mars 2013 par une rébellion armée, le général-président François Bozizé espère encore un retour au pouvoir. Les armes à la main et les caisses pleines? L'homme avait âprement négocié avec Areva les conditions d'exploitation des mines tenues par Uramin. De là à envisager que les militaires français affrontent désormais un ennemi financé par la vente d'Uramin, il y a de nombreux pas. Que la justice empruntera, balaiera ou déblairera. A Bangui la Coquette, malgré la guerre, le ballet des intermédiaires est loin d'avoir cessé. 

Sur le perron de l'Elysée, la parade des chefs d'Etat africains n'a pas non plus été interrompue. Chef d'Etat guerrier, François Hollande doit, sous le casque blanc, composer avec les hiérarques frontaliers de ses zones d'interventions. Ainsi le 8 avril, Ali Bongo, fils de feu Omar et président du Gabon a-t-il été invité à Paris. Au menu des réjouissances le redressement fiscal de 800 millions de dollars infligé à Total Gabon par son administration et bien sûr l'intervention en Centrafrique, membre de la Cemac (Communauté économique et monétaire d'Afrique Centrale) que préside le même Bongo


Sarko, duel des ex en Afrique?


Dans son sillage, un aréopage s'est disséminé dans Paris. A sa tête, le puissant directeur de cabinet Maixent Accrombessi. Ancien agent immobilier d'Ile-de-France, le Béninois, devenu incontournable au Gabon apparait dans de nombreuses sociétés civiles immobilières visées dans l'affaire des Biens-Mal-Acquis. Son emprise dans les rouages de la présidence gabonaise est telle que les opposants gabonais, surtout des soutiens de feu son père écarté du Palais du Bord de Mer, l'ont nommé chef de la «légion étrangère» qui entoure Ali Bongo et contrôle revenus pétroliers, miniers etc... Se retrouvent des Béninois, des Nord Coréens (le garde du corps personnel d'Ali) et Richard Attias.


Publicitaire en cour, le mari de Cécilia s'est fait une place de choix à la cour de Libreville. Chaque année depuis 2012, Attias organise à grands frais le New York Africa Forum, lieu de passage des huiles du continent, ménage de nombreux journalistes. L'Ex première Dame intervient à l'occasion. Et l'homme rayonne sur tout le contient, du Sénégal, où il a été chargé de l'organisation du sommet de la Francophonie, au Congo. Chargé par le président Sassou Nguesso d'organiser les 25 ans du protocole de Brazzaville, Attias a toutefois vu émerger un concurrent sur place, un intime du chef de l'Etat: Lucien Ebata. Grand argentier du «Cobra Suprême» Ebata est parvenu à convaincre le magazine Forbes d'utiliser son nom pour une nouvelle revue, Forbes Afrique. Si le magazine est rédigé à Paris, le Forum Forbes Afrique se tient chaque juillet à Brazzaville depuis 2012. Sa première édition a vu Raffarin et Villepin cadeautés. En 2013 ce fut Jean-François Copé. Pour 2014, selon les informations de Bakchich, Ebata vise plus haut. Rien de moins que Nicolas Sarkozy«Ce n'est pas à l'agenda» a simplement répondu à Bakchich, le secrétariat de l'ancien pensionnaire de l'Elysée. Pas encore? Sarko Ier pourrait être tenté. Ne serait-ce que pour brimer un peu la réussite du mari de son ex... Et faire monter, encore un peu, la fièvre africaine en France.

 

Lu pour vous : Des frères Tomi à Uramin, la Françafrique a le vent en poupe

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 13:43

 

 

 

 

(BBC Afrique) 22/04/14

 

A l’occasion de la fête de Pâques, l’archevêque sud-africain, Desmond Tutu a appelé à la paix en République centrafricaine.

 

Ses propos interviennent alors que le gouvernement sud-africain a récemment assuré qu’il n’enverra pas de troupes en Centrafrique.

 

Pour Desmond Tutu, la Centrafrique est au bord du génocide.

 

Dans un communiqué, l’archevêque sud-africain a précisé qu’au cours des 13 derniers mois, les luttes visiblement incessantes pour le pouvoir politique et les ressources ont dégénéré en anarchie, haine et nettoyage ethnique.

 

Le religieux anglican a voulu envoyé un message aux Centrafricains, affirmant qu’ils détiennent la clef pour une paix durable.

 

Il les a appelé à pardonner pour réapprendre à vivre ensemble.

 

Desmond Tutu dit ajouter sa voix à celle du secrétaire général des nations unies Ban Ki-moon pour inciter le peuple centrafricain et ses dirigeants à « faire revivre l'esprit de tolérance et de respect mutuel ».

 

Selon le prélat, l'annonce par l'ONU du prochain déploiement d'une force de maintien de la paix est un « énorme soulagement », car elle aidera la France et l'Union africaine à « restaurer les systèmes brisés, comme le maintien de l'ordre et la justice ».

 

Lors du dimanche de Pâques, fête de la résurrection, Desmond Tutu a écrit encore que l'un des plus grands dons de Dieu, que ce soit pour les chrétiens, les musulmans, les animistes ou les athées, « est la capacité de distinguer le bien du mal, de raisonner et de faire avec les différences ».

 

« Quand nous pardonnons, nous nous libérons et semons la graine d'un nouveau départ. Cela a un effet multiplicateur puissant », a-t-il expliqué.

 

Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, espère désormais que son appel sera entendu pour que le cycle des tueries interreligieuses prenne fin.

 

 

http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2014/04/140420_desmond_t...

 

RCA: Desmond Tutu prêche la paix

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 13:39

 

 

 

 

 

(RFI) 22/04/14

 

En Centrafrique, les 500 musulmans, piégés dans le quartier du PK12 de Bangui, vont être relogés dans d'autres villes de Centrafrique pour garantir leur sécurité. Ce projet de relocalisation est piloté par les agences onusiennes. Un premier groupe pilote, composé de 93 personnes a été conduit, ce week-end à Bambari, à environ 400 kilomètres au nord-est de la capitale.

 

La relocalisation des 1 500 musulmans, bloqués depuis des mois dans le quartier du PK12 de Bangui, a débuté dimanche 20 avril avec le départ d’un premier convoi. A son bord, 93 personnes qui sont arrivées lundi sur le site spécialement aménagé pour les accueillir, à Bambari dans l’est de la Centrafrique.

 

C’est un premier départ sur les trois programmés pour reloger, en dehors de la capitale, ces musulmans régulièrement ciblés par des attaques de miliciens anti-Balaka. « Les mouvements suivants ne sont pas encore prêts, nous devons nous coordonner d’abord avec nos partenaires et avec le gouvernement. Ce sont par ailleurs des mouvements plus lourds et avec plus de personnes », indique le chef de la mission de l’Office international d’immigration (OIM) en RCA, Guiseppe Loprete, chargé de la coordination logistique de ce projet. « Nous sommes en train de préparer les sites, de faire un travail avec les communautés d’accueil et les communautés de déplacés ».

 

C’est dans les villes de Kabo et Sido que ces sites doivent voir le jour. Des villes qui n’ont pas été choisies au hasard, à l’instar de Bambari. Les déplacés ont formulé la demande de s’y installer, souvent pour se rapprocher de membres de leur famille. Cette solution de relocalisation est censée être provisoire. L’ONU espère une réinstallation de ces populations à Bangui à la faveur d’un retour au calme.

 

Critique du gouvernement

 

Une opération vivement critiquée par la ministre en charge de la Réconciliation qui aurait préféré être associée à la décision.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140422-rca-premieres-evacuations...

RCA: premières évacuations des musulmans du PK12 de Bangui

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 13:35

 

 

 

 

 

 

BAMBARI, 22 avril 2014 (AFP) - Les locaux de la radio Bê-Oko ("Un seul coeur", en sango) sont misérables mais sa mission est immense: à Bambari, la station intercommunautaire cherche à apaiser les tensions entre chrétiens et musulmans, qui ont embrasé la Centrafrique.

 

Le container hébergeant la structure est dévasté : murs déshabillés, troués d'un côté, néon diffusant une lumière trop crue, à la joie de dizaines d'insectes, deux grosses pierres pour caler un ventilateur. Un ordinateur, en panne, est recouvert d'un bout de tissu.

 

"Il n'y a plus rien ici", remarque Philémon Tchang Peuty Palou, l'un des cinq journalistes présents dès les débuts de Bê-Oko en 2004, juste après avoir lancé à l'antenne un magazine sur la protection des enfants produit en langue nationale sango par une ONG.

 

En décembre 2012, la Séléka, ex-rébellion venue du nord-est du pays, part conquérir Bangui, où elle se maintiendra au pouvoir de mars 2013 à janvier 2014. Les villes que traversent ses hommes sont méthodiquement dévalisées.

 

La radio ne fait pas exception. "La Séléka a tout emporté", juge Philémon, 33 ans. Et d'énumérer les lecteurs CD, DVD, les ordinateurs et divers systèmes nécessaires au bon fonctionnement de la station, aujourd'hui disparus.

 

L'une de ses collègues, coupable d'avoir dénoncé les pillards à leur chef, est sévèrement battue. "Elle a été évacuée à Bangui, elle souffre à présent de troubles mentaux", relate-t-il.

 

Les voleurs se désintéressent toutefois de l'émetteur. Ce qui permet à Bê-Oko de sortir du silence en décembre dernier, grâce à l'aide d'ONG, alors qu'à Bambari le général Ali Darassa, respecté, a succédé à un responsable très craint, surnommé "Ben Laden", à la tête de la Séléka.

 

La situation est alors catastrophique à Bangui. Les anti-balaka, milices à majorité chrétienne, tuent, blessent, volent la population, surtout musulmane, disant venger les chrétiens des sévices que leur a infligés l'ex-rébellion pro-musulmane.

 

- Unique radio -

 

"Un seul coeur", qui est à l'origine une radio catholique, devient multiconfessionnelle. "L'évêque a demandé à chaque leader religieux de prendre le micro. Pour éviter que ce qui se passait à Bangui ne se déroule ici", raconte l'abbé Firmin, qui en a la charge.

 

Les trois communautés (catholiques, protestants et musulmans) achètent des bidons d'essence pour nourrir le groupe électrogène de Bê-Oko, dont le rôle est d'autant plus primordial qu'elle a le monopole des ondes dans la ville et ses environs.

 

La station publique Linga ("tam-tam") a aussi été pillée. Aujourd'hui, "les Séléka vivent dedans", confie un journaliste. Et l'émetteur d'une autre station, Ndélé-Luka ("l'oiseau de la bonne nouvelle") ne fonctionne plus.

 

De 17H30 à 19H30, seule période de diffusion, tout le monde, à 70 km à la ronde, écoute donc Bê-Oko.

 

"La radio est un facteur vraiment important (de pacification), estime le pasteur Ephrem, de l'Eglise évangélique locale. Ce qu'on a dit est rentré dans les crânes. Les musulmans en témoignent. Les jeunes chrétiens aussi."

 

Et d'ajouter : "des gens s'apprêtaient à se venger. Certains nous ont dit : +C'est grâce à vos conseils à la radio que je me suis retenu+."

 

Après deux mois de légère amélioration à Bambari, la situation se dégrade à nouveau. Anti-balaka et Séléka se combattent à Grimari, à 80 km de la ville, où vivent 45.000 habitants, en majorité chrétiens.

 

Les musulmans de la zone sont paniqués. Les rumeurs les plus folles se propagent. "Nous sommes privés de toute liberté. On ne se déplace plus, même au marché. C'est la panique à cause des anti-balaka", s'alarme l'imam de Bambari, Aboubacar Souleymane.

 

A ses côtés, le président du comité islamique de la ville, pourtant pacifiste, prévient que les siens "se défendront par tous les moyens". "Il y a des balaka (machettes) dans tous les magasins. On ira aussi en acheter", avertit-il.

 

Les discours pacificateurs vont reprendre de plus belle sur Bê-Oko. Pour éviter le bain de sang que tous redoutent.

A Bambari, la radio "un seul coeur" pour apaiser les tensions entre musulmans et chrétiens centrafricains

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 13:32

 

 

 

 

 

APA – Douala (Cameroun) 2014-04-22 09:25:02

 

La situation humanitaire est catastrophique en République centrafricaine selon le président de la Commission internationale d’enquête des droits de l’homme, le Camerounais Bernard Muna, ancien procureur général adjoint du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).


De passage au Cameroun, cet avocat qui conduit la mission des nations unies depuis deux mois, estime que « tout est tombé en désuétude avec le coup d'Etat qui a renversé le président Bozizé en mars 2013 ».


« Vous vous imaginez bien que dans un pays où l'ordre public n'est pas respecté ; on tend vers l'anarchie. Surtout à l'intérieur du pays, c'est la loi du plus fort qui règne », a-t-il déploré.


Si la situation à Bangui, la capitale s'est relativement améliorée depuis le déploiement en décembre dernier des forces françaises SANGARIS et de la Mission de paix des pays de l'Afrique centrale sous l'égide de l'Union africaine (MISCA) a quelque peu ramené le calme, tel n'est pas le reste du pays où « des seigneurs de guerre » font la loi, « chacun est chef dans son espace ».


Selon lui, « les institutions qui incarnent un pays sont inexistantes. L'armée, la police, la gendarmerie, les cours et tribunaux, les prisons l'administration. Nous avons sillonné l'intérieur du pays, il n'y aucune trace de force de maintien de l'ordre », a indiqué l'ancien bâtonnier de l'ordre national des avocats du Cameroun.


La fonction publique qui accumule plus de six mois d'arriérés de salaires n'a que de non, car en plus que les agents de l'Etat n'ont pas d'argent pour se rendre au travail, ceux qui y vont nourrissent la suspicion entre eux.


Un Etat de non droit où des « gens sont tués de façon atroce », les auteurs de ces actes qui se recrutent dans tous les camps se croyant à l'abri de toute sanction.

Dans ces conditions, la décision du Conseil de sécurité de l'ONU de déployer 12 000 casques bleus en Centrafrique en septembre prochain est salutaire, a souligné Bernard Muna, un déploiement qui pourrait éviter la disparition de la Centrafrique de la carte de l'Afrique et entrevoir la reconstruction du pays et la restauration de l'autorité de l'Etat.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=601848#sthash.KhWmEg4X.dpuf

« On tend vers l'anarchie en Centrafrique » selon la Commission internationale d'enquête des droits de l'Homme

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 13:27

 

 

 

 

 

http://www.franceinfo.fr/    LE MARDI 22 AVRIL 2014 À 07:45

 

Deux mille militaires français sont déployés en République centrafricaine dans le cadre de l'opération Sangaris lancée le 5 décembre dernier.  Des soldats qui sont de plus en plus nombreux à faire remonter des récits parfois sidérants sur leurs conditions de vie et l'état de leur matériel sur place. C'est sur Internet que ces militaires font entendre leur grogne. 

 

Ils ont un devoir de réserve. Les militaires se confient donc anonymement à des tiers : souvent leur femmes ou leurs mères. Qui rédigent et publient leurs récits. Sur des forums, des blogs, on lit des témoignages comme celui-ci "On circule dans des véhicules sans blindage dans des zones pourtant sensibles. Alors on fait avec les moyens du bord : on prend des gilets pare-balles et on les déplie sur les portières en guise de protection. A l'arrière, là, on met des sacs de sable pour arrêter les balles."

 

Caroline, 50 ans, alimente la principale page Facebook où sont collectés ces témoignages anonymes de soldats. Caroline a ses deux fils à Bangui. Ce qui la préoccupe sans doute le plus : les véhicules blindés très fatigués qui tombent très régulièrement en panne.

 

"Nos garçons racontent qu'ils doivent frapper très fort le démarreur  avec une barre de fer pour essayer de faire repartir ces VAB, (véhicules de l'avant blindé). Quelquefois, cela fonctionne. Quelquefois pas. Et il faut espérer qu'à ce moment-là, ils ne soient pas pris pour cible par des insurgés. On sait que les mécanos commandent souvent des pièces qui n'arrivent jamais.  Car ce sont des modèles de pièces épuisés ou parce que tout simplement, il n'y a pas l'argent. Mes fils me disent parfois qu'ils ont le sentiment qu'un jour on finira par leur demander d'aller au front avec un bâton", s'emporte la maman inquiète.

 

Quelque 56 cas de paludisme

 

Les pannes de véhicules blindés, quasi tous les reporters qui ont été embarqués - ne serait-ce qu'un jour ou deux - avec les militaires en Centrafrique en ont été témoins, que ce soit à Bangui ou dans la brousse.

 

Comme la majorité des soldats qui témoignent, les fils de Caroline parlent aussi des difficiles conditions de vie sur leur base : les douches insuffisantes, les problèmes d'évacuation d'eau, les nuits sous des tentes sans climatisation et sans moustiquaires. Ce sont 56 soldats français qui auraient attrapé le paludisme ces deux derniers mois en Centrafrique.

 

"Dès son arrivée, voyant qu'il devait dormir sous la tente sans climatisation, mon fils a fait comme quantité de soldats là-bas. Il est allé au marché de Bangui et il s'est acheté son propre ventilateur pour que ses nuits soient plus supportables. Il l'a payé avec son propre argent. C'est le cas d'ailleurs aussi pour beaucoup de ses affaires : son gilet à poches, ses chaussures, son sac à dos. Tous ces équipements-là, il les a achetés sur Internet ou dans des boutiques spécialisées en France. Car les équipements qui leur sont fournis par l'armée sont de mauvaise qualité. Ces sont des 'premiers prix', les coutures cèdent, les semelles se décollent, ça n'est pas fiable pour une mission de plusieurs mois à l'étranger", confie Caroline. On se souvient aussi de la polémique sur les chaussures dont les semelles fondaient au contact du sol au nord Mali.

 

Des conditions qui minent le moral des troupes

 

La débrouillardise et l'improvisation des soldats seraient donc l'un des ingrédients indispensables depuis plusieurs années à la réussite des opérations  extérieures.

 

L'Adefdromil, l'une des rares associations de militaires créée en 2001 par des gradés en retraite estime qu'en Centrafrique, plus que jamais, l'armée française est une armée "bout de ficelle". Son président, le colonel Jacques Bessy, rappelle que déjà en 2005, des députés avaient rendu un rapport très documenté  qui était alarmant au sujet du maintien du matériel en condition opérationnelle. "Presque dix ans plus tard, il y a eu trois lois de programmation militaire mais aucun enseignement n'a été tiré de ce rapport. La situation s'est même encore dégradée", dénonce le colonel Jacques Bessy.

 

"Les fantassins ne réclament pas grand-chose finalement. Juste du matériel qui tient la route, des équipements – des radios par exemple – qui fonctionnent. C'est clair que la plus grosse inquiétude porte sur le matériel roulant. Les véhicules de l'avant blindé sont fatigués, en fin de vie. Souvent, quand les pièces s'usent. Il faut désosser deux véhicules pour en faire un seul. C'est ce qu'on appelle la cannibalisation du matériel. Tout cela alourdit les opérations et cela mine le moral. C'est grave car le moral, c'est capital dans une armée en opération. Sans le moral, il y a une baisse de vigilance, et c'est là qu'on augmente le risque de se laisser surprendre", conclut le président de l'Adefdromil.

 

Cette indigence du matériel qui pourrait nuire à la sécurité des hommes, qu'en dit l'état-major ? Pas grand-chose.

 

L'état-major botte en touche

 

Le sujet est très sensible depuis le drame d'Ouzbine : en 2008 en Afghanistan, dix soldats français ont été tués dans une embuscade des talibans. Le rapport de l'OTAN a pointé du doigt le manque de moyens de la section qui a été attaquée. Ils n'avaient qu'une radio et manquaient de munitions.

 

Le général Francisco Soriano commandant de l'opération Sangaris en Centrafrique a été interrogé sur le problème du matériel vétuste et des conditions de vie difficile pour les soldats. Il se veut rassurant : "Oui, les conditions de vie ont été rustiques  au départ, car il a fallu se déployer très vite. Ces conditions se sont maintenant améliorées et je ne constate pas d'indisponibilité de la force due aux conditions rustiques d'intervention", a-t-il répondu en visioconférence, il y a deux semaines, lors d'une conférence de presse de l'état-major.

 

Ce que ne peut pas dire ce général, c'est que depuis une vingtaine d'année, les armées françaises sont de plus en plus mobilisées, sur des opérations longues, intenses. Les budgets de maintenance, eux, sont rognés.

 

"Où passe l'argent de nos impôts ?"

 

"Il y a une réelle tendance dans l'armée française comme dans beaucoup d'armées à favoriser les grands programmes très performants très technologiques au détriment des petits équipements, au détriment du petit matériel pourtant indispensable à la vie du soldat au quotidien. L'exemple le plus parlant est celui du Rafale. Il est considéré sans doute comme le meilleur avions de combat du monde, mais il a pesé énormément depuis trente ans sur le budget de la défense", commente Bruno Tertrais de la fondation pour la recherche stratégique.

 

Les soldats qui s'indignent sur le terrain en Centrafrique, leurs épouses, leurs mères qui relaient cette grogne, ont-ils une chance d'être entendus au plus haut niveau ? Ça n'est pas évident.

 

Les soldats sont mal à l'aise, car ils aimeraient qu'on les entende, mais craignent en même temps de parler. Aucun de ceux qui ont été contactés n'a accepté une interview enregistrée pour France Info. "Trop peur d'être identifié", expliquent-ils souvent. Mais les familles sont parfois décidées à se battre pour eux.

 

"Nous, les familles, on en a assez d'être toujours dans une inquiétude qui n'est pas forcément justifiée. Oui c'est leur choix d'avoir embrassé cette carrière. Mais ils n'avaient pas signé pour de telles conditions d'intervention. Ce sont nos enfants, nos maris, nos frères, des hommes courageux. Ils sont dignes de disposer d'un meilleur matériel et de conditions décentes de vie sur le terrain. Moi comme beaucoup de Français, je paye des impôts et je me demande où passe l'argent alloué à la défense", interroge Caroline, la maman qui recueille avec bien d'autres sur Internet les témoignages des hommes sur place.

 

Le budget de la défense, ce sont 31 milliards d'euros par an. Le troisième poste de dépense de l'État, après l'éducation et le remboursement de la dette.

 

 

Des soldats français en Centrafrique dénoncent l'indigence de leur équipement

 

http://www.francetvinfo.fr/    ,

 

Selon France Info, les militaires de l'opération Sangaris se plaignent sur le web, parfois via des tiers, du mauvais état de leurs équipements, mais aussi de mauvaises conditions de vie et d'hygiène.

 

Des tentes sans moustiquaires, des véhicules qui ne démarrent pas ou qui ne sont pas blindés... Les 2 000 soldats français déployés en République centrafricaine dans le cadre de l'opération Sangaris souffrent de leurs conditions de vie et de l'état de leur matériel sur place, rapporte France Info, mardi 22 avril. 

 

Une armée "bout de ficelle", selon l'Association de défense des droits des militaires (Adefdromil). France Info précise que les militaires, tenus par le devoir de réserve, "se confient (...) anonymement à des tiers", souvent des mères ou des femmes. Selon la radio, des forums, des blogs et des pages Facebook hébergent des témoignages anonymes de soldats.

 

Des gilets pare-balles dépliés sur des véhicules sans blindage

 

"Nos garçons racontent qu'ils doivent frapper très fort le démarreur avec une barre de fer pour essayer de faire repartir ces vab [véhicules de l'avant blindé]. Quelquefois, cela fonctionne. Quelquefois pas. Et il faut espérer qu'à ce moment-là, ils ne soient pas pris pour cible par des insurgés", raconte Caroline, 50 ans, mère de deux soldats présents à Bangui. Elle alimente une page Facebook qui relaie des témoignages anonymes de militaires. "Mes fils me disent parfois qu'ils ont le sentiment qu'un jour, on finira par leur demander d'aller au front avec un bâton." Ces pannes de blindés confirmées par "quasi tous les reporters qui ont été embarqués", ajoute le site de la radio

 

Caroline raconte que les militaires doivent eux-mêmes s'acheter une partie de leur matériel : "Les équipements qui leur sont fournis par l'armée sont de mauvaise qualité. Ces sont des 'premiers prix', les coutures cèdent, les semelles se décollent, ça n'est pas fiable pour une mission de plusieurs mois à l'étranger." D'autres témoignages font froid dans le dos : comme celui, anonyme, d'un soldat qui raconte que des véhicules sans blindage circulent dans les zones sensibles. "On fait avec les moyens du bord : on prend des gilets pare-balles et on les déplie sur les portières en guise de protection. A l'arrière, là, on met des sacs de sable pour arrêter les balles", rapporte un militaire.

 

Pas de moustiquaire : 56 cas de paludisme

 

Autres difficultés soulevées par les militaires français en Centrafrique : les conditions de vie et d'hygiène. Douches insuffisantes, problèmes d'évacuation d'eau ou encore des tentes sans moustiquaires ni ventilation efficace... Conséquence : 56 soldats auraient contracté le paludisme au cours des deux derniers mois, selon France Info. 

 

"Tout cela alourdit les opérations et cela mine le moral", explique le président de l'Adefdromil, le colonel Jacques Bessy. L'armée française reste peu bavarde à ce sujet et se veut rassurante. "Les conditions de vie ont été rustiques au départ, car il a fallu se déployer très vite. Ces conditions se sont maintenant améliorées et je ne constate pas d'indisponibilité de la force due aux conditions rustiques d'intervention", a indiqué il y a deux semaines le général Francisco Soriano, commandant de l'opération Sangaris en Centrafrique.

 

Armée "bouts de ficelle" : la colère des Français en Centrafrique

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Centrafrique-Presse.com
22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 13:23

 

 

 

 

Centrafrique - 21 Avril AFP

 

À Grimari, bourgade du centre de la Centrafrique, la population accuse l'armée française d'avoir tué des civils, ce qu'elle nie, invoquant la légitime défense.

 

« On pensait que Sangaris était venue nous aider, mais ils assassinent nos enfants ». L'auteur des propos est une vieille femme en pleurs. Hystérique alors que cinq cadavres sont recouverts d'une couverture à quelques mètres d'elle, elle arrache son débardeur, lève les bras au ciel, torse nu, et se met à hurler.

 

Son désespoir est à la mesure de la colère des chrétiens de Grimari. Près de 5 000 d'entre eux se terrent depuis une semaine dans la paroisse de la ville, alors que l'ex-rébellion Séléka (pro-musulmans, au pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014) et les milices anti-balaka s'affrontent, avec Sangaris comme pacificateur. Mais ils sont désormais en rage contre l'armée française.

 

Un barrage sommaire, fait de quelques bouts de bois, est destiné à empêcher Sangaris de passer, là où quelques jours plus tôt, un blindé léger français assurait justement leur protection.

 

« Ils ont décapité nos frères ! »

 

« Ce matin, les Sangaris ont tué cinq civils, qui étaient partis chercher leurs affaires dans leurs maisons. Ils ont pris peur quand les Sangaris sont arrivés, mais ils les ont quand même tués. Sangaris Séléka ! », vitupère Fabrice Kossingou, un instituteur.

 

Derrière lui, une vingtaine d'hommes se montrent très remontés. L'un d'eux hurle : « Ils ont décapité nos frères ! »Quelques centaines de mètres plus loin, une vingtaine d'habitants entourent cinq corps ensanglantés. Trois des cadavres, dont l'un aux yeux entrouverts, portent les gris-gris typiques des anti-balaka, censés les rendre invulnérables aux balles et aux armes blanches.

 

Ces milices composées majoritairement de chrétiens mènent depuis plusieurs mois une lutte sans merci contre l'ex-rébellion Séléka, mais aussi contre les civils musulmans.

 

Les deux autres dépouilles ne portent aucun signe du genre. « Le premier est mon fils, l'autre son ami. Ils dormaient à la paroisse », dit Jean-Pierre Bongo, vieil homme aux bras ballants et à l'ouïe faible.

 

Pour les habitants du quartier, ces deux derniers, qui étaient « cachés sous un matelas », n'avaient rien à voir avec les anti-balaka

 

« Tirs de riposte »

 

Un typhon semble avoir ravagé la petite case de terre. Des douilles jonchent le sol. Un sommier est retourné, sous lequel « il y a encore le sang, regardez ! », pointe-t-il.

 

« Tout ça, ce sont des impacts de balle », affirme un voisin en montrant des trous dans une plaque de tôle et dans la façade, près de la porte d'entrée. « On n'a pas besoin de ça ici », peste un autre habitant du quartier.

 

Interrogée, l'armée française, stationnée à quelques centaines de mètres de là, présente une version complètement différente des faits.

 

« La force a fait une riposte à des tirs effectués par des anti-balaka », affirme le capitaine Daniel, aux commandes de la force dans la petite ville. « Si une personne a une arme et qu'elle nous tire dessus, la riposte est immédiate. C'est de la légitime défense. »

 

Et de réfuter toute idée d'accident concernant les deux civils présumés. « Ce n'est aucunement une bavure. Les armes (des anti-balaka) sont là. Il y en a pléthore », remarque-t-il.

 

Deux autres anti-balaka, reconnaissables à leurs gris-gris, ont été blessés. L'un, allongé sur un brancard, l'épaule gauche bandée, du carton en guise d'oreiller, respire dans une sorte de clapotis rauque. « Il a vomi du sang. On ne sait pas s'il va y rester », constate Pascal Bouclou, secouriste de la Croix-Rouge locale.

 

Le second, qui présente une blessure profonde au mollet gauche, fait semblant de dormir, mais ses yeux s'ouvrent parfois.

 

« Les Sangaris ont tué deux innocents », déplore Maxime Gbolo-Kouzou, le chef du quartier. Interrogé sur ce qu'il pense des anti-balaka, sa réponse fuse: « ils ne font rien à la population. Ils cherchent les Séléka pour en découdre avec eux. Or les Séléka font peur à la population depuis décembre 2012 ».

 

À la sortie de la ville, une soixantaine d'anti-balaka, portant tous de vieilles armes, certains coiffés d'un chapeau de feuilles, avancent à la queue leu leu, le visage fermé. Dix minutes plus tard, une demi-douzaine de véhicules de la force Sangaris rentrent à Grimari, où la nuit promet d'être longue.

Centrafrique : La population accuse la force Sangaris de meurtre

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Centrafrique-Presse.com
22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 13:19

 

 

 

 

 

 

(BBC Afrique) 22/04/14

 

Les corps de quatre civils ont été ramassés par les volontaires de la Croix-Rouge locale suite aux affrontements qui ont eu lieu dans la journée de samedi.

 

Selon plusieurs témoins, les combats entre les ex-rebelles de la coalition Seleka et les milices anti-balakas ont eu lieu à quatre kilomètres de la ville.

 

Il pourrait y avoir des morts supplémentaires car les volontaires de la Croix-Rouge n’ont pu se rendre dans les périphéries de la ville où les combats se sont déroulés de même que plusieurs blessés demeurés en brousse n’ont pas pu se faire soigner.

 

Les échanges de tirs ont encore repris ce dimanche jusqu’en début d’après-midi, le nouveau bilan suite à cette reprise n’était pas encore disponible.

 

Pris de panique, de nombreux habitants ont déserté la ville.

 

Environ 2000 d’entre eux ont trouvé refuge au sein de la mission catholique tandis que d’autres ont fui dans les champs où ils sont exposés à tous les risques en cette période de saison pluvieuse.

 

combats entre Selekas et anti-balakas

 

Depuis le début de la semaine, des combats opposent les ex-rebelles de la Seleka aux anti-balakas.

 

Les Seleka ont le contrôle de la ville depuis un an déjà tandis que les anti-balakas veulent les en déloger, et ce, malgré la présence des soldats de la force africaine déployée dans la ville.

 

Les combats de ce week-end font suite à ceux du début de la semaine opposant les mêmes belligérants et qui ont fait une quinzaine de tués.

 

Ces incidents meurtriers qui se sont déjà déroulés ces deux dernières semaines dans plusieurs localités du pays démontrent une fois de plus la difficulté des forces internationales à pacifier ce pays plongé dans la violence depuis plus d’un an.

 

Plusieurs voix s’élèvent déjà pour demander le réarmement des Forces Armées Centrafricaines alors que le pays subit un embargo en matière d’armes imposé par les nations Unies.

 

Demande réitérée par l’Archevêque de Bangui Monseigneur Dieudonné Nzapalainga dans son message à l’occasion de la fête de Pâques.

 

« Il convient le plus rapidement de refonder les forces de défense et de sécurité de notre pays, les rééquiper et leur faire jouer tout leur rôle » a-t-il dit.

 

 

http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2014/04/140420_car_dekoa...

RCA: 4 tués à Dékoa

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