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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 22:49
Liste des candidats présélectionnés pour la fonction de Procureur Adjoint de la Cour Pénale spéciale
Liste des candidats présélectionnés pour la fonction de Procureur Adjoint de la Cour Pénale spéciale
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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 22:39
CENTRAFRIQUE : L'INCOMPRÉHENSIBLE ÉNIGME SÉCURITAIRE par Bernard SELEMBY DOUDOU

 

 

 

La République centrafricaine s'est inscrite par la force des choses ou par mégarde dans la logique des défis. Après le défi électoral et le retour à l'ordre constitutionnel, le défi sécuritaire se présente avec acuité. Une bonne partie du territoire national est occupée par des groupes armés qui ne cessent de commettre des exactions et des actes ignobles sur de paisibles citoyens. Ces derniers temps, de violents combats internes ont opposé des groupes armés qui se discutent la paternité et le contrôle de la ville géostratégique de Bambari, précipitant ainsi l'entrée en guerre en tant qu'arbitre de la force de l'ONU qui s'est fait violence en appliquant enfin les résolutions des Nations Unies qui encadrent leur mission en Centrafrique.

 

Cette intervention de la Minusca fait l'affaire du groupe armé local c'est à dire de l'UPC. La population des zones occupées sont apeurées et transhument à la recherche d'un espace d'accueil sécurisé. Le citoyen lambda noyé dans cet incompréhensible énigme sécuritaire s'interroge et interpelle les dépositaires du pouvoir de l'Etat de rompre le mutisme complice, de se souvenir du serment constitutionnel prononcé le 30 mars 2016 et de remplir leur mission régalienne.

 

Nous comprenons ainsi que les pouvoirs des autorités de transition étaient limités dans le temps et dans l'espace. Mais ce pouvoir issu des élections est légitime, qu'attend t-il pour prendre des mesures qui s'imposent ? Le pouvoir a t-il mesuré la portée du concept sécuritaire ? À travers cette confusion, ce paradoxe, comment expliquer la cohabitation des forces de l'ONU avec une frange de groupe armé à Bambari ? Cette invasion ou occupation de la ville de Bambari par les groupes armés est-elle légitime ? Le fait de s'opposer à la partition du pays et d'être partisan du programme DDRR justifie sa protection ? Le pouvoir a t-il un contrat ou un agenda caché avec le groupe armé de Bambari ?

 

Si oui, quels sont les termes de ce contrat ? Ce groupe armé est-elle dispensé de toute poursuite pénale ? Les rebelles ont-ils le droit d'occuper indéfiniment une portion du territoire national ? Quel est le vrai mobile de cette guerre interne entre les groupes armés ? Quelle est la position du gouvernement par rapport à ce conflit ? Quels sont les enjeux et les objectifs finaux ? Est-ce pour faire de la ville de Bambari la capitale de la supposée et fameuse République du Logone ? A qui profite cet imbroglio ? Les intérêts économiques se sont-ils invités à la crise ? L'invasion chinoise sur le marché économique centrafricain au détriment de nos traditionnels partenaires est-elle un début d'explication à cette crise ?

 

Nous appelons par la même occasion les forces de l'ONU d'arrêter l'hypocrisie car si elles peuvent définir une ligne rouge ou jaune autour de la ville de Bambari, qu'est-ce qui les empêche d'en faire autant à l'échelle nationale pour agréger la souffrance des centrafricains ? Au passage, nous nous interrogeons sur le programme DDRR, où est-ce qu'ils en sont ? A qui profite la lenteur du programme DDRR ? La caisse à outils du pouvoir ne contient que le programme DDRR comme solution à la crise centrafricaine ? S' agissant des affaires connexes, quel est actuellement le sort de l'union sacrée ? Quelle est actuellement le sort de la rupture comme nouveau concept dans le vocabulaire centrafricain ?

 

Dès lors que notre mathématicien n'a pas compris les formules de l'équation, alors il ne pourra jamais le résoudre. En stoppant l'avancée des groupes armés sur Bambari, la Minusca a montré la voie qui devrait être la sienne comme solution idéale pour résoudre la crise centrafricaine. Fort de ce qui précède, le pouvoir n'arrête pas de bagayer, de tituber, de s'enliser laissant le terrain libre à la naissance d'un front commun des partis politiques contre l'insécurité.

 

Les partis politiques se sont réveillés du long sommeil mais est-ce une manière de renier l'union sacrée ? Il faut souligner que l'imbroglio sécuritaire n'est pas seulement l'affaire du pouvoir public, qu'a fait l'opposition pour contribuer à cette impasse sécuritaire ? Qu'a fait le parlement ? Chaque parlementaire attend que sa circonscription électorale soit attaquée pour vociférer ? L'insécurité et le désordre sont les modes de gestion par excellence du pouvoir central. Se liguer contre l'insécurité vous oppose de facto à la politique du gouvernement. La solution à la crise est alors le désordre, d'attiser le feu. Ce qui nous amène à comprendre la formule informatique suivante : "pour arrêter Windows, il faut cliquer sur démarrer" mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.

 

Paris le 18 février 2017

 

Juriste, Administrateur des Elections

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 20:11

 

 

 

17/02/2017

COMMUNIQUÉ

 

 

(Bangui, Paris) La FIDH, la LCDH et l’OCDH se félicitent de la nomination, mercredi 15 février, de Toussaint Muntazini Mukimapa en tant que Procureur près la Cour Pénale Spéciale (CPS). Cette nomination, constitue un pas concret et important en faveur de l’opérationnalisation de cette instance crée en 2015 pour lutter contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves commis en République centrafricaine.

 

« L’impunité est l’une des causes de la récurrence des conflits en RCA. La nomination du Procureur de la CPS représente une avancée importante à un moment où le nombre de victimes de violations graves ne cesse de s’accroître et où les exactions commises par les différents groupes armés se multiplient. »

Dimitris Christopoulos, président de la FIDH

 

La prochaine étape est la finalisation de la première phase de mise en place de la Cour avec notamment la nomination des autres magistrats internationaux (greffier adjoint, juges d’instruction, etc) et magistrats nationaux (président de la CPS, Greffier en chef, juges d’instruction, etc) ; et la mise à disposition des locaux et l’opérationnalisation du Bureau du Procureur, du Greffe et d’un premier cabinet d’instruction. Le Procureur pourra dès lors proposer une politique pénale et les différents organes engager des enquêtes et des instructions judiciaires.

 

« Pour nos organisations qui se sont engagées avec nos avocats à représenter et accompagner les victimes devant la Cour pénale spéciale et la justice, il est très important que cette cour commence maintenant à travailler. Nous appelons le nouveau Procureur spécial, les autorités et la communauté internationale à prendre urgemment les mesures nécessaires afin de rendre rapidement opérationnel la CPS. »

Me Mathias Morouba, président de l’OCDH

 

La Centrafrique est en proie à une intensification des combats, des attaques et des exactions contre les civils, le personnel humanitaire et les forces de sécurité. Depuis septembre 2016, ces violences ont coûté la vie à plus de 300 civils. Les derniers incidents à Bocaranga, à Bambari, à Ippy ou encore à Bangui ont fait des dizaines de victimes. Aujourd’hui, la ville de Bambari, actuellement contrôlée par Ali Darass, le chef de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), reste sous la menace d’une attaque imminente du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) de Nourredine Adam, un des principaux leader ex-Séléka qui est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la justice centrafricaine et dans la mire de la justice internationale.

 

Ces violences résultent de l’impunité et des luttes de pouvoir entre les 14 principaux groupes armés qui se battent pour le contrôle des ressources. En outre, les groupes armés ont attisé les tensions intercommunautaires, en particulier dans le centre et le nord-ouest du pays. Selon l’Experte indépendante des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine, Marie-Thérèse Keita-Bocoum, au moins 60% du territoire national échappe au contrôle du gouvernement soutenu par les forces internationales de la MINUSCA. La CPS doit permettre d’avancer significativement vers l’établissement des responsabilités pénales des auteurs des crimes commis en Centrafrique, condition indispensable d’une paix durable en République centrafricaine.

 

Le 15 février 2017, le Président de la République Faustin Archange Touadéra a signé un décret nommant Toussaint Muntazini Mukimapa, originaire de la République démocratique du Congo (RDC), Procureur près la Cour Pénale Spéciale de la République centrafricaine. Colonel des Forces armées congolaises, ce magistrat militaire était devenu Premier Avocat Général près la Haute Cour militaire avant d’occuper depuis 2003 les fonctions de directeur de cabinet de l’Auditeur général des Forces Armées de la RDC.

 

La CPS est une juridiction spéciale au sein de la justice centrafricaine créée par la loi n°15.003 du 3 juin 2015 afin d’enquêter, instruire et juger les violations graves des droits humains et du droit international humanitaire commis sur le territoire de la République Centrafricaine depuis le 1er janvier 2003. Elle sera composée de 25 magistrats, 13 nationaux (dont le Président de Cour) et 12 internationaux (dont le Procureur Spécial International, un Greffier adjoint, etc), et d’une Unité Spéciale de police judiciaire

 

Contexte général

Au bout de près d’une décennie de conflit intermittent, la République centrafricaine est entrée fin 2012 dans une crise profonde. Fin mars 2013, une coalition de groupes armés du nord, les Séléka, emmenés par Michel Djotodia et Nouredine Adam chassent du pouvoir le président François Bozizé. En réponse aux graves exactions des Séléka contre les civils, des groupes armés d’auto-défense pro-Bozizé, les anti-Balaka, se sont constitué plongeant le pays dans une spirale de violence, de meurtres, de crimes sexuelles et de destruction ciblant particulièrement les populations musulmanes assimilées aux Séléka. L’arrivée des forces françaises de l’opération Sangaris coïncide à l’attaque surprise des anti-balaka sur Bangui le 5 décembre 2013 forçant Michel Djotodia à abandonner le pouvoir et les Séléka à se regrouper au nord et à l’est du pays. Face à la poursuite des exactions généralisées le conseil de sécurité des Nations unies créé en avril 2014, la Mission Multidimensionnelle Intégrée de Stabilisation des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA) qui se déploie à partir de septembre. Depuis lors, le gouvernement de transition de Catherine Samba Panza a passé les rênes à Faustin Archange Touadéra qui a été élu au second tour des élections présidentielles en février 2016.

La nomination du procureur de la Cour pénale spéciale constitue un pas important dans la lutte contre l’impunité
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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 18:58
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Le président de l’Assemblée Nationale nie son soutien supposé à l’UPC de Ali Daras

 

PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 17 FÉVRIER 2017

 

BANGUI, 17 février 2017—Le président de l’Assemblée Nationale, Abdou Karim Méckassoua rejette les accusations de soutien à l’UPC, portée contre lui. Il l’a fait savoir dans une déclaration qu’il a délivrée, ce jour dans la salle de conférence de l’Assemblée Nationale.

 

Le président de l’Assemblée nationale se défend dans l’affaire de soutien à l’UPC dix jours après avoir été accusé par le chef militaire du FPRC, Joseph Zoundeko tué dans un raid de la Minusca, quatre jours après sa déclaration contre Méckassoua.

 

Les accusations de soutien à l’UPC, selon Abdou Karim Méckassoua relèvent d’un montage politique visant à le désorienter de sa ligne actuelle, « mon nom a été cité par un entrepreneur politico-militaire (…) aux fins de me mêler à des projets de déstabilisation de notre République que je désapprouve » dénonce Abdou Karim Méckassoua qui, dans toute sa déclaration a évité de prononcer le nom de Zoundeko qui l’a accusé.

 

Méckassoua accuse à son tour, ceux qu’il appelle des « esprits animés de calculs ignobles », des partis et hommes politiques sans les citer. Comme pour minimiser l’affaire, le président de l’Assemblée Nationale oriente l’essentiel de sa communication sur ses fonctions et son bilan, « depuis dix mois, à la tête de l’Assemblée Nationale, je consacre toute mon énergie, et au-delà, à rendre la première chambre du parlement chaque jour plus crédible, avec l’ambition d’en faire ce qu’elle doit être, c’est-à-dire une institution phare de notre pays assumant enfin ses missions, au service de notre peuple et de ses seuls intérêts » lance le numéro du législatif centrafricain.

 

Abdou Karim Méckassoua a été accusé de complicité avec l’UPC le 07 février par le général du FPRC Joseph Zoundeko tué par la Minusca le 10 du même mois. Les régions du nord et du centre de la RCA sont en proie à des violences depuis trois mois à cause des combats qui opposent la coalition menée par le FPRC à l’UPC. Depuis une semaine, ces combats se sont rapprochés de Bambari où se trouve la principale base de l’UPC. La Minusca a renforcé ses dispositifs militaires au centre du pays prévenir la bataille de Bambari.

 

 

Centrafrique : La Minusca renforce ses dispositifs militaires à Bambari, au centre du pays

 

PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 17 FÉVRIER 2017

 

BANGUI, 17 février 2017—Les dispositifs militaires de la Minusca à Bambari ont été renforcés ces deux derniers jours, apprend-on de sources militaires. Vladimir Monteiro, porte-parole de la mission onusienne parle de mesures prises pour prévenir « la bataille de Bambari ».

 

Le renforcement des dispositifs miliaires de la Minusca à Bambari intervient suite aux menaces d’affrontement entre UPC et la coalition du FPRC qui aurait franchi la ligne rouge tracée par la mission à quelques kilomètres de Ippy.

 

De sources indépendantes, plusieurs véhicules blindés de la Minusca sont entrés depuis jeudi soir dans la ville de Bambari, « nous avons vu des chars et des véhicules lourdement armés arrivés ici à Bambari. La Minusca renforce ainsi ses dispositifs avec plus de patrouilles et de check points » a confié un leader de la société civile de Bambari joint par le RJDH. Un agent municipal parle de survol de la ville par un hélicoptère de combat, « depuis ce matin, un hélicoptère de combat survole Bambari à basse altitude comme si quelque chose allait se passer », fait-il savoir sous l’anonymat.

 

Contacté par le RJDH, Vladimir Monteiro porte-parole de la Minusca a confirmé le renforcement des dispositifs militaires de la force à Bambari. Il s’agit pour lui, des mesures de préventions dont l’objectif est d’éviter des combats à Bambari, « nous avons bien évidemment renforcé nos dispositifs militaires non seulement à Bambari mais aux alentours. Notre objectif est d’éviter des affrontements entre les groupes armés à Bambari parce que les enjeux sont énormes » confie t-il.

 

Plusieurs humanitaires ont trouvé refuge à la base de la Minusca, d’après les informations du RJDH, informations que le porte-parole de la Minusca ne souhaite pas commenter, « il faut demander cela aux humanitaires mais moi je n’ai rien à dire dessus », répond Vladimir Monteiro.

 

La ville de Bambari est calme même si les menaces d’affrontement entre la coalition du FPRC et l’UPC sont de plus en plus réelles.

 

 

Centrafrique : « Nous allons par tous les moyens, prévenir la bataille de Bambari », promet Vladimir de la Minusca

 

PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 17 FÉVRIER 2017

 

BAMBARI, 17 Février 2017(RJDH) —Vladimir Monteiro, porte parole de la Minusca annonce le renforcement des dispositifs militaires de la mission à Bambari où les menaces d’affrontement entre l’UPC et la coalition menée par le FPRC, sont de plus en plus réelles. Le porte-parole de l’institution fait état de la détermination de la mission à éviter la bataille de Bambari. Il l’a dit dans une interview accordée au RJDH.

 

RJDH : Vladimir Monteiro, bonjour.

 

Vladimir Monteiro (VM) : bonjour !

 

RJDH : Pourquoi la Minusca renforce depuis deux jours ces dispositifs militaires à Bambari ?

 

VM: Nous avons renforcé nos positions dans la ville depuis quelques jours pour mieux protéger Bambari et ses habitants. Nous sommes pour le moment la seule institution légitime qui contrôle Bambari. Donc nous avons renforcé nos positions pour prévenir la guerre comme nous l’avons dit lors de nos conférences de presse.

 

RJDH : Considérez-vous toujours le FPRC comme une réelle menace malgré les pertes que le mouvement a subies suite à vos frappes du samedi dernier ?

 

VM: Aussi bien, la coalition menée par le FPRC que l’UPC constitue une menace pour les populations civiles de Bambari. Donc ce n’est pas que le FPRC, tous les deux mouvements constituent une menace pour Bambari.

 

RJDH : Les deux mouvements constituent une menace sauf que vous acceptez d’avoir à coté de vous à Bambari une de ces deux menaces, notamment l’UPC.

 

VM : Nous avons dit que tous les deux constituent une menace et comme l’a dit le représentant spécial, « aucun groupe armé ne doit prendre le contrôle de Bambari ». C’est pour cette raison que nous sommes présents et nous avons renforcé nos dispositifs.

 

RJDH : Aucun des deux mouvements armés ne doit contrôler la ville de Bambari mais en réalité, UPC et dans la ville et c’est même ce mouvement qui s’impose aujourd’hui. N’est pas ?

 

VM : La Minusca, je viens de le dire, la Minusca a renforcé ses dispositifs à Bambari. Et je m’arrête à ce niveau.

 

RJDH : Où se trouve à l’heure actuelle Ali Daras ?

 

VM : Posez cette question à l’UPC lui-même, moi je parle de la MINUSCA. Ce que je peux vous dire c’est que nous travaillons pour assure la protection des populations. En même temps, nous engageons avec les deux groupes des discussions pour qu’ils arrêtent immédiatement les hostilités.

 

RJDH : Il semblerait que le leader de l’UPC est hors de Bambari. Vous le confirmez ?

 

VM : Ce que nous avons dit nous le réitérons. Depuis plusieurs jours, nous utilisons la force pour montrer que la MINUSCA n’acceptera pas une guerre dans Bambari d’où l’intervention de la force. Egalement nous travaillons avec les deux groupes pour leur dire que cela cesse et qu’ils trouvent une solution à leurs différends à travers le dialogue. Nous discutons avec les deux groupes, nous discutons à Bambari mais également avec leurs représentants qui sont à Bria, à Birao et à Kaga Bandoro.

 

RJDH : Vous voulez éviter la bataille de Bambari alors que celles des villes proches de Bakala ont eu lieu. La Minusca a-t-elle laissé faire à Bakala, Ippy, Bria et autres ?

 

PP : La MINUSCA ne peut pas laisser faire dans les villes que vous citez là. Samedi dernier, nous sommes intervenus dans les environs d’Ippy. Donc Minusca n’a pas laissé faire ni à Bakala ni à Ippy ni ailleurs. Par rapport à Bambari, nous le réitérons, il y a plusieurs enjeux c’est-à-dire protéger les populations d’exactions des groupes armés donc éviter une guerre, permettre aux groupes armés de poursuivre leurs activités surtout vers la zone Est, également aider à renforcer l’autorité de l’Etat. Nous ne privilégions aucune ville au détriment de l’autre. Nous avons des bases temporaires et opérationnelles un peu partout. Ne dit pas que nous protégeons une ville au détriment de l’autre. Nous avons pris ces dispositions parce qu’à Bria, les combats entre le FPRC et l’UPC ont provoqué 5000 déplacés en plus des victimes c’est ce que nous va éviter à Bambari. Nous allons par tous les moyens, prévenir la bataille de Bambari

 

RJDH : La ligne de Ippy tient-elle toujours car le FPRC a confié au RJDH a l’avoir franchie.

 

VM : A Ippy, nous avons un dispositif comme nous avons un dispositif hors de Ippy jusqu’à Bambari et dans la région.

 

RJDH : Est-ce que votre ligne rouge est maintenue à Ippy ?

 

VM : Je vous ai dit que nous disposons des hommes et des moyens non seulement à Ippy comme dans d’autres parties de la ville.

 

RJDH : On apprend que les humanitaires de Bambari se sont refugiés à la base de la

MINUSCA. Vous le confirmez ?

 

VM : Il faudrait demander aux humanitaires.

 

RJDH : Vladimir Montero, merci !

 

VM : Merci !

 

Propos recueillis par Sylvestre Sokambi

 

 

Centrafrique : L’UCM reprend ses activités après l’affaire de disparition de médicaments

 

PAR BIENVENUE MATONGO LE 17 FÉVRIER 2017

 

BANGUI, 17 Février 2017(RJDH)—Les activités ont repris à l’Unité de Cession des Médicaments (UMC) après l’affaire de détournement des cartons de médicaments. Le constat du RJDH est confirmé par Dr Honoré Mongbanziama, Chef de Service Chargé de la lutte contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH/SIDA au département de la santé.

 

Cette reprise fait suite à la mise en place d’un comité mixte de gestion de l’UCM, ce dépôt pharmaceutique où d’importants lots d’anti paludiques et d’anti rétroviraux ont disparu. De sources autorisées, les présumés auteurs sont derrière le barreau.

 

L’UCM a repris la fourniture en médicaments de différents centres de Bangui et de l’arrière-pays, « le département de la Santé publique à travers l’UCM a repris avec l’appui des partenaires la dotation des centres de Bangui et de l’arrière-pays en médicaments », a annoncé Docteur Honoré Mongbanziama.

 

Certaines formations sanitaires, selon le Chef de Service Chargé de la lutte contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH/SIDA au département de la santé, n’ont pas encore reçu leur ravitaillement. Mais il a indiqué que toutes les mesures sont prises pour que cette situation soit gérée dans un bref délai.

 

L’UCM a repris ses activités de fourniture de médicaments après deux semaines de rupture. Les prévenus dans l’affaire « disparition des médicaments à l’UCM » sont à la prison centrale de Bangui. La date de leur procès n’est pas encore connue.

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 18:31
RENFORCEMENT DES POSITIONS DE LA MINUSCA A BAMBARI
RENFORCEMENT DES POSITIONS DE LA MINUSCA A BAMBARI

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Bangui, le 17 février 2017 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a renforcé son dispositif dans Bambari, avec l’arrivée de forces additionnelles, dont l’unité de réaction rapide portugaise et des forces spéciales bangladaises.

 

Ce renforcement permet de mieux protéger Bambari et ses habitants. La MINUSCA est pour le moment la seule autorité légitime mandatée par le Gouvernement pour contrôler la ville. Comme l’a rappelé le Représentant spécial du Secrétaire SRSG : « Bambari ne doit pas appartenir aux groupes armés ».

 

Le Mouvement pour l’Unité et la Paix en Centrafrique (UPC) et le Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) constituent une menace pour les populations civiles de Bambari, et se heurteront à la MINUSCA en cas de violence.

 

Néanmoins, des discussions se poursuivent : une délégation civilo-militaire de la MINUSCA rencontrera ainsi prochainement Ali Darassa.

 

Dans les jours à venir, Bambari doit devenir à nouveau une ville sans groupes armés.

 

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Bureau de la Communication et de l'information publique

 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

https://minusca.unmissions.org | @UN_CAR | https://www.facebook.com/minusca.unmissions

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

LA MINUSCA SALUE LA NOMINATION DU PROCUREUR PRES LA COUR PENALE SPECIALE

 

Bangui, le 17 février 2017 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) salue la nomination de Toussaint Muntazini Mukimapa par décret présidentiel comme Procureur spécial près la Cour pénale spéciale de la République centrafricaine. La MINUSCA assure le Procureur spécial de son ferme soutien dans l’accomplissement de sa noble mission.

 

La MINUSCA félicite les autorités centrafricaines pour leur engagement à œuvrer en vue du renforcement de l’état de droit et de la lutte contre l’impunité en RCA. Elle réitère son appui au renforcement du secteur de la justice et à la protection des droits de l’homme dans le pays, conformément à la résolution 2301 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

La MINUSCA rappelle que conformément à son mandat, elle facilitera la coordination de l’appui bilatéral et multilatéral en faveur de la mise en place et du bon fonctionnement de la Cour pénale spéciale, notamment s’agissant de la sécurité des magistrats et des mesures visant à assurer la protection des victimes et des témoins, dans le respect des obligations internationales de la République centrafricaine en matière de droits de l’homme, plus particulièrement du droit à un procès équitable et à une procédure régulière.​

 

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Bureau de la Communication et de l'information publique

 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

https://minusca.unmissions.org | @UN_CAR | https://www.facebook.com/minusca.unmissions

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 14:24
Lu pour vous : RCA : La paix passe par l'élimination des mercenaires dans le pays
Lu pour vous : RCA : La paix passe par l'élimination des mercenaires dans le pays

 

 

 

http://afriqueeducation.com/  Jeudi 20 octobre 2016 à 18:39

 

« Nous avons reçu des informations selon lesquelles des mercenaires et des combattants étrangers (notre photo) en provenance de pays voisins, notamment, du Cameroun, du Tchad, du Niger et du Soudan, ont rejoint des groupes armés, principalement, les Séléka, provoquant chaos et destruction », a déclaré l'expert des droits de l'homme, Anton Katz, à l'issue de la visite du groupe de travail en RCA.

 

« Plus de 500 mercenaires et combattants étrangers demeurent en RCA aujourd'hui et ont profité de la fragilité actuelle du pays pour s'enrichir à travers des activités criminelles», a noté Anton Katz. «La présence continue de ces acteurs compromet gravement le droit des Centrafricains à l'autodétermination et menace la stabilité du pays », a-t-il alerté.

 

Le Groupe de travail a rappelé que le conflit de 2013 a eu pour conséquences plus de 5.000 morts, 380.000 personnes déplacées, 450.000 réfugiés dans les pays voisins, environ, 6.000 femmes victimes de violences sexuelles et près de 10.000 enfants recrutés de force comme enfants soldats. Aujourd'hui, plus de la moitié de la population du pays a un besoin urgent d'aide humanitaire.

 

Les frontières poreuses ont rendu facile l'entrée dans le pays des groupes armés étrangers. Les richesses naturelles telles que le diamant, l'or, l'uranium et le pétrole représentent une motivation pour ces combattants. La perception des taxes illégales prélevées à la population, ainsi que, le vol, le pillage, le trafic et la contrebande de marchandises, sont devenus une source de revenus pour ces acteurs.

 

Le Groupe de travail a, également, exprimé des inquiétudes au sujet de la présence de l'Armée résistance du Seigneur (LRA), qui a provoqué une recrudescence de la violence dans le Sud-Est du pays ces derniers mois. La LRA, principalement, composée d'Ougandais, comprend, également, des membres provenant du Soudan, de la République démocratique du Congo (RDC) et du Niger. A ce jour, la LRA a enlevé des centaines personnes, en particulier, des enfants pour les utiliser comme soldats et soumis de nombreuses femmes à la violence sexuelle et à l'esclavage, entre autres, atrocités. Leur présence a aggravé la situation sécuritaire dans le pays.

 

Malgré les énormes défis sécuritaires, le groupe de travail a salué les mesures positives initiées par les autorités. « Nous félicitons le gouvernement et le peuple de la RCA pour l'élection pacifique organisée plus tôt cette année, les efforts déployés pour la réconciliation nationale et la lutte contre l'impunité concernant les violations des droits de l'homme commises pendant ces dernières années de conflit », a déclaré Patricia Arias, membre du groupe d'experts.

 

D'autres initiatives positives ont été l'adoption d'une nouvelle Constitution qui reconnaît la menace des mercenaires ; le suivi des recommandations du Forum Bangui, qui comprend le désarmement, la démobilisation, la réinsertion et le rapatriement des anciens combattants (DDRR), ainsi que, les efforts visant à établir une Cour pénale spéciale pour enquêter sur les violations graves des droits de l'homme et poursuivre les auteurs des crimes commis depuis 2003.

 

« Nous demandons au gouvernement de donner la priorité à la protection des civils contre les groupes armés», a déclaré Patricia Arias. « Nous l'exhortons à poursuivre le renforcement des forces de sécurité nationales et le renforcement des mécanismes judiciaires pour lutter contre les menaces des groupes armés ainsi que contre le problème de l'impunité qui prévaut. »

 

Les experts de l'ONU ont, également, exhorté le gouvernement à assurer la protection des témoins et des victimes, qui souhaitent participer aux procédures judiciaires contre les auteurs de violations des droits de l'homme et à faire en sorte qu'ils bénéficient d'une protection totale et de garanties contre des représailles.

 

« Les victimes de violations des droits de l'homme doivent également avoir accès à une réparation effective. Sans ces garanties, une réconciliation durable ne peut avoir lieu », a déclaré l'experte. «Le renforcement et la participation de la société civile, y compris les plateformes religieuses dans toutes les étapes du processus de réconciliation est également critique. »

 

En ce qui concerne les activités des sociétés militaires et de sécurité privées (SMSP) et leur impact sur les droits de l'homme, le Groupe de travail a recommandé l'adoption d'une législation solide pour réglementer l'industrie des SMSP et permettre aux victimes d'avoir accès à des voies de recours en cas de violations des droits de l'homme.

 

« Etant donné que l'exploitation des ressources naturelles attire souvent des acteurs armés étrangers, il est essentiel que le gouvernement mette en place un système pour sécuriser ces sites et un mécanisme transparent pour gérer ces ressources », a dit Anton Katz notant qu'ils avaient reçu des informations d'une entreprise, qui a embauché d'anciens membres Séléka pour un salaire élevé afin de protéger un site pétrolier dans le Nord du pays.

 

La délégation a visité Bangui, la capitale de la RCA et Bria, à l'Est du pays et a rencontré des représentants du gouvernement, des membres du pouvoir judiciaire et de la société civile, des membres des groupes armés, des victimes de violations des droits de l'homme et le personnel de la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations-Unies en Centrafrique (MINUSCA). Elle a, également, visité le Camp M'poko pour les personnes déplacées, intérieurement, et le Centre de détention pour femmes de Bimbo.

 

Le Groupe de travail présentera son rapport de visite au Conseil des droits de l'homme des Nations-Unies lors de sa 36e session en septembre 2017.

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 13:50

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Centrafrique : les Casques bleus pris en tenaille à l’approche d’un affrontement entre groupes armés à Bambari
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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 13:49
La Cour pénale spéciale suscite beaucoup d'espoir en RCA

 

La Cour pénale spéciale suscite beaucoup d'espoir en RCA

 

http://www.dw.com/

 

L'institution doit juger les auteurs de graves violations des droits humains perpétrés en Centrafrique depuis 2003. La nomination de son procureur, mercredi, est considérée comme un pas vers la paix et la justice.

 

La Cour pénale spéciale qui se met progressivement en place doit juger les violations des droits humains commises dans le pays depuis 2003. Mercredi, une étape de plus a été franchie avec la signature du décret de nomination du procureur spécial en la personne du colonel Toussaint Muntazini Mukimapa, originaire de RDC. A Bangui, ce geste est vu comme une avancée vers la paix et la restauration progressive du système judiciaire centrafricain, affaibli par la récente crise militaro-politique que connaît ce pays.

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 13:43
Le président de la Commission de l’UA veut aider la RCA à sortir de la crise

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) 17/02/17 - Le nouveau président de la Commission de l’Union africaine (UA), le Tchadien Mahamat Moussa Faki, a fait part de son souhait de travailler étroitement avec les Nations Unies afin d’accompagner le Gouvernement et le peuple de la République centrafricaine dans sa quête de sortie de crise, rapporte un communiqué de la MINUSCA.

 

Selon le communiqué rendu public à Bangui à l’issue d’une rencontre jeudi à N’Djamena avec le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et Chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga, le président de la Commission de l’UA a assuré à son interlocuteur de son « entière disponibilité et celle de l’institution qu’il dirigera pour accompagner le Gouvernement et le peuple centrafricains pour une sortie durable de la crise qui affecte leur pays.».

 

Il a ajouté que l’UA ne ménagerait aucun effort pour travailler étroitement avec les Nations Unies, souligne le communiqué non sans relever que Moussa Faki a encouragé le Représentant spécial dans ses efforts en vue de la stabilisation de la RCA.

 

« L’essentiel est de parvenir d’abord à l’arrêt des hostilités, la présence dissuasive des forces internationales est importante, ce n’est pas par la violence qu’on parviendra à une résolution de la crise», a notamment déclaré l’ex ministre tchadien des Affaires étrangères.

 

Il a, sur la même lancée, appelé les acteurs centrafricains à surmonter leurs différences et faire montre de patriotisme pour régler les causes profondes des différences qui les opposent.

 

Le Représentant spécial a félicité le diplomate tchadien pour sa brillante élection et émis « l’espoir de voir le continent bénéficier de ses immenses qualités humaines et professionnelles et de sa grande connaissance de l’Afrique pour faire avancer la cause de la paix sur le continent africain et en particulier en RCA », a indiqué le communiqué.

 

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 13:40
RCA: « Notre message a toujours été clair : il y a un choix, celui de la paix » Parfait Onanga

 

 

INVITÉ AFRIQUE

 

 

Par Pierre Pinto RFI vendredi 17 février 2017

 

En Centrafrique, la guerre fait rage depuis plus de trois mois dans le centre-est du pays entre factions issues de l'ex-Seleka. La «coalition» FPRC-MPC menée par Nourreddine Adam veut prendre Bambari, 2e ville du pays, où l'UPC d'Ali Darass a son quartier général. Pour l'instant, la Minusca empêche la progression des éléments de la coalition qui ne renonce toutefois pas à son objectif. Les médiations se sont multipliées ces derniers temps, notamment sous l'égide de l'Union africaine, pour tenter (en vain) d'obtenir un cessez le feu, et de pousser les groupes armés à reprendre les discussions sur le DDR, le désarmement. Parfait Onanga Anyanga est le patron de la Minusca, l'opération de maintien de la paix des Nations unies en RCA. Il est l'invité de RFI.

 

RFI : La ville de Bambari peut-elle tomber aux mains du FPRC-MPC ?

 

Parfait Onanga Anyanga : Non, pas tant que les forces opérationnelles seront présentes. Les forces de la coalition ont avancé, nous sommes aujourd’hui, disons, sur le même terrain. La Minusca fait face aux éléments de la coalition. Notre souhait évidemment est d’éviter tout engagement militaire. L’usage de la force n’est que vraiment en dernier recours. Notre message a toujours été clair : il y a un choix, celui de la paix vaut mieux que tout autre.

 

En empêchant la coalition de prendre la ville, est-ce que vous n’aidez pas d’une certaine manière l’UPC ?

 

Non, non… Il faut comprendre la raison pour laquelle la Minusca a dû demander aux belligérants, aussi bien aux éléments de la coalition qu’à l’UPC, d’éviter qu’il y ait un embrasement, qu’il y ait une guerre à Bambari. Ce pays a trop souffert. Le sang n’arrête pas de couler. Nous avons dit qu’au moment où le pays commençait à renouer justement avec l’ordre constitutionnel, que les efforts de paix louables sont en cours, il n’était pas question qu’on puisse rester impuissant à l’avancée des forces qui voulaient se donner Bambari comme champ de bataille. Et donc c’est la raison pour laquelle nous avons dit non aux deux camps. Pour l’instant, les forces de l’UPC sont présentes à Bambari, mais non pour y faire la guerre. Donc nous disons que Bambari ne doit pas tomber – pas seulement que Bambari ne doit pas tomber – que Bambari ne devrait jamais être un champ de bataille parce que ceux qui en paieront le prix, encore une fois ce seront les populations civiles.

 

Est-ce qu’Ali Darass doit quitter Bambari ?

 

Cela est une demande que nous avons entendue. Je crois que pour la sérénité des populations civiles centrafricaines Bambari ne devrait jamais être sous la coupe de groupes armés, quels qu’ils soient.

 

Un certain nombre de médiations internationales ont été engagées. Est-ce que vous avez l’impression que le message passe auprès des groupes armés ?

 

Je crois. Moi, j’ai bon espoir. Nous sommes au contact, nous parlons aux uns et aux autres et partout j’ai entendu une volonté d’aller au dialogue, de trouver des solutions. Evidemment, chacun ne met pas dans l’issue de ces consultations la même chose, mais ce qui est important c’est qu’il semble y avoir un vrai désir d’aller à la paix et c’est bien pour cela que les Nations unies vont s’associer à cet effort.

 

Le programme DDR reste une priorité ?

 

Absolument ! Il faut tout faire pour réduire le niveau d’armement dans le pays, surtout les armes qui sont dans des mains qui n’en ont pas le droit. Malgré les difficultés, on est dans un Etat de droit. Donc la légitimité de la force doit résider avec l’Etat et donc nous allons poursuivre autour du gouvernement cet effort pour que le programme du DDR avance.

 

Mais comment faire pour amener à la table des discussions des groupes armés qui refusent toujours le DDR – le FPRC notamment – sans tomber dans les systèmes déjà expérimentés et qui ne fonctionnent pas ?

 

Cela va être un défi pour les Centrafricains. J’ai sous les yeux un texte du FRPC dans lequel il déclare accepter d’observer le programme politique et le plan de sortie de crise amorcé par les autorités nationales et la communauté internationale. Cet engagement me paraît clair et donc il faut donner une chance à ce dialogue. Je crois comprendre également que le président de la République lui-même n’a pas de vue dogmatique sur l’issue de ce dialogue, pourvu qu’il reflète évidemment les attentes des Centrafricains qu’ils ont exprimées lors du forum de Bangui.

 

Mais comment discuter d’un éventuel cessez-le-feu avec des groupes armés qui se battent toujours sur le terrain ?

 

C’est un problème. Ces appels ont été lancés par la CEEAC, par l’Union africaine. Mon ami et frère Mohamed Hassan Lebat disait bien hier que toute poursuite d’hostilité ressemblerait à un sabotage des efforts de paix. C’est un message qui est lancé aux groupes armés. Je crois qu’il a entendu. Au moment où je vous parle, il y a une baisse de tension appréciable. Mais ce n’est pas suffisant, il faut aller plus loin. C’est un défi qui est lancé à ces groupes armés. Le pays ne pourra pas se construire s’il ne donne pas une chance à la paix. Nous sur le terrain, évidemment, nous avons le mandat de poursuive nos efforts. Nous ne pensons pas que la force soit une solution aux problèmes de fond. Il faut aller aux racines du problème centrafricain qui sont profondes. Mais la force sera nécessaire toutes les fois où ceux qui auront été invités autour de la table choisiront de poursuivre des œuvres funestes, à ce moment-là la communauté internationale et nationale se mettront ensemble pour que le droit que cette force-là s’exprime. Mais pour l’instant, je crois qu’il faut garder le dialogue comme une option forte. Il n’a pas encore eu lieu d’une manière satisfaisante, donc espérons que ces appels au dialogue ont été entendus et surtout ces appels à une cessation immédiate des hostilités.

 

Est-ce que vous ne craignez pas que la paix finalement se fasse au détriment de la justice ? C’est-à-dire que les chefs de guerre obtiennent une amnistie en échange de la paix.

 

Il y a toujours un risque, mais qu’il faut prendre. Il faut prendre le risque d’aller dialoguer. Je fais confiance à la sagesse des Centrafricains. Il y a d’autres expériences à travers le monde où aujourd’hui des criminels eux-mêmes, les bourreaux d’hier, reconnaissent le mal qu’ils ont commis à leur société. Ce n’est jamais une négociation facile entre la paix et la justice, mais je crois qu’on peut atteindre les deux d’une manière qui soit équilibrée, pour que le pays tire une ligne pour refuser de faire de l’impunité la recette de sortie de crise. Ce n’est pas facile. Mais dès que les Centrafricains auront accepté de se parler, ils iront puiser au fond d’eux-mêmes les ressorts pour se donner une chance de rebâtir le contrat social centrafricain. Il faut le faire autour des autorités centrafricaines, il faut renforcer leur légitimité et aller vers un dialogue qui permettra à la Centrafrique de sortir une fois pour toutes de ces crises à répétition.

 

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