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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 09:26

 

 

 

24/05/15 (AFP)

 

"Il y a un mur invisible. On est comme dans une prison", affirme Bouburori Bindowo, musulman, maire adjoint de Boda. Entourés d'une population chrétienne souvent hostile, plusieurs milliers de musulmans vivent retranchés dans un quartier de cette ville minière du sud de la Centrafrique.

 

"Boda-la-Belle" a été défigurée par les violences inter-religieuses qui ont plongé le pays dans le chaos en décembre 2013. Toutes les boutiques du centre-ville et le marché ont été détruits. Des murs en ruines composent cette zone tampon.

 

Plusieurs massacres, notamment d'éleveurs peuls par les milices chrétiennes anti-balaka, ont eu lieu dans la région en 2014. Les musulmans, qui ont aussi commis des exactions, se sont alors réfugiés dans l'enclave qui a compté jusqu'à 6.000 personnes.

 

"La situation est calme depuis deux mois, selon un militaire de la Minusca, Evariste Mitolo qui souligne toutefois la tension: "La maladie vient vite, mais elle guérit lentement".

 

Les soldats congolais de la force onusienne sont installés sur la colline dominant la ville diamantifère de 11.000 habitants. Vivant à quelques mètres l'une de l'autre, les deux communautés ne se fréquentent plus.

 

Cicatrices de coups de machette sur le visage et sur le crane, Saidou Bouba a le regard perdu dans le vide. Le 25 mars 2014, alors qu'il tentait de fuir avec sa famille, des anti-balaka ont attaqué à Ngkontikili, près de Boda. Il a été laissé pour mort. Ses deux femmes, dont une enceinte, et ses quatre enfants ont été tués. Saidou est aussi ruiné, ayant perdu ses "357 boeufs".

 

- Nulle part où aller -

 

Les musulmans ne peuvent sortir de l'enclave et vivent essentiellement de l'aide humanitaire. "On ne peut plus travailler dans les mines, plus aller dans les champs, chercher du bois de chauffe, faire du commerce, voyager... On vend nos biens pour vivre", explique Bouburori Bindowo, qui résume: "On n'a pas les moyens de partir mais pas les moyens de rester".

 

Dans l'enclave, des jardins sont apparus. "Nous cultivons pour avoir de quoi manger, explique Garba Amadou, 57 ans, qui fait pousser gombos, salades et choux. Sa famille dort à même le sol faute de lit.

 

"Nous n'avons nulle part où aller. Nous sommes des fils du pays", déclare Ahamat Ali en se promenant sur les ruines de sa boutique. Lui et ses collègues ont perdu des sommes de 50 à 100 millions de CFA (75.000 à 150.000 euros), dit-il. La plupart des grosses boutiques comme les mines de diamants avoisinantes étaient contrôlés par des musulmans, suscitant des jalousies qui ont pu aggraver la crise.

 

"La vie est trop dure. Il n'y a pas d'argent, pas de nourriture", résume Awa, 18 ans, un seau d'eau sur la tête. Des habitants assurent que de l'autre côté de la ville, les chrétiens "attendent pour les tuer". "Il y a toujours les anti-balaka. Ils ont des armes", dit un homme.

 

Côté chrétien, les mêmes accusations: "Il y a là-bas (côté musulman), une poudrière (arsenal) enterrée. Les gens vivent dans la peur", jure un notable.

 

L'adjudant-chef de la gendarmerie qui s'est réinstallée sur la frontière invisible reconnait: "Il y a des armes cachées des deux côtés mais ce n'est pas le moment de tenter de désarmer, c'est trop tôt. On attend le DDR (programme de désarmement, démobilisation et réinsertion)".

 

- 'Justice d'abord'-

 

Des femmes désherbent à la machette, un chat est mis au jour. Il est aussitôt poursuivi par des dizaines de personnes. Une femme le tue d'un coup de machette. "C'est normal. Il n'y a rien à manger. Même pas un poulet dans la ville", remarque un passant.

 

Sur les hauteurs, des centaines de déplacés chrétiens se sont réfugiés sous des tentes près de l'église. Des enfants en guenilles jouent dans les allées. Des femmes préparent de l'huile de palme.

 

"On vit de la cueillette", affirme Christelle Dovasio, 22 ans, mère de trois enfants. Son mari et son beau-père ont été tués par des musulmans. "Lors des événements, on a fui notre maison pour aller en brousse. On a peur", raconte-t-elle. "Je veux que les musulmans partent!"

 

Près de la gendarmerie, Blaise, un commerçant chrétien, ouvre son magasin. Sa précédente boutique a été "détruite par les musulmans". "On ne peut pas faire la réconciliation, la justice d'abord. Des chrétiens ont cassé des choses là-bas. Des deux côtés, il faut la justice", prône-t-il. Son nouveau commerce s'appelle "Terre promise".

 

Centrafrique: entre chrétiens et musulmans, le mur invisible de Boda

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 08:45

 

 

 

LE MONDE | 24.05.2015 à 17h31 | Par Cyril Bensimon

 

L’obtention d’un accord est un art qui ne se fonde sur aucune règle établie. « Tu vas signer au nom de toutes les mamans centrafricaines », intime la ministre de la défense au représentant d’un groupe armé. Le jeune homme, Souleymane Daouda, rechigne, comme les autres délégués de l’ex-Séléka, la rébellion qui avait tenu les rênes du pouvoir à Bangui entre mars 2013 et janvier 2014. Le ton de Marie-Noëlle Koyara se fait alors plus sévère. « Je suis ta maman, il faut signer », insiste Mme la ministre. Dans la petite salle 207 de l’Assemblée nationale où sont réunis, ce dimanche 10 mai, les représentants d’une dizaine de groupes armés et les diplomates les plus influents dans le pays, le milicien grondé comme un écolier s’exécute. Assis autour de la table, les autres récalcitrants font de même. Les diplomates sont soulagés. « Historique », le mot est lâché sans réserve.

 

L’enjeu de cette signature est l’engagement des groupes armés dans un processus de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (DDRR) de leurs combattants. Depuis plus de dix ans, tous les processus du même genre qui ont été menés en RCA se sont soldés par des échecs. Cette nouvelle promesse de paix sera-t-elle la bonne ? Epuisée par plus de deux ans de guerre civile qui a pris progressivement le masque d’un conflit interconfessionnel, opposant chrétiens et musulmans, l’immense majorité des Centrafricains l’espère de ses vœux. Mais bon nombre de chefs de guerre issus des différentes factions de l’ex-Séléka ou des anti-Balaka, les deux coalitions qui se sont déchirées et ont plongé ce pays d’Afrique centrale dans l’abîme, n’ont pas tardé à faire entendre leur colère.

 

« Qu’on vienne me prendre mes armes », menace un « général » de l’ex-Séléka tout près d’en venir aux mains avec son représentant politique, aussitôt après que ce dernier a apposé sa signature sur l’accord de « DDRR ». « Nos revendications n’ont pas été entendues, ce n’est pas une paix durable que l’on prépare », assène le « général » Zoundeïko, le chef militaire de l’une des factions de l’ex-rébellion qui tient encore tout le nord-est de la RCA. Depuis son exil au Kenya, l’ancien chef de l’Etat, Michel Djotodia, qui dirige une autre branche de l’ex-Séléka, a congédié son représentant à Bangui. « Il avait des instructions précises pour ne pas signer ce document qui ne reflète pas nos attentes », maugrée l’éphémère président de transition, dont l’influence sur des officiers qui disposent sur le terrain d’une grande autonomie est très relative.

 

Nouvelle poussée de fièvre

 

Le lendemain de cette signature contestée, la capitale centrafricaine a connu une nouvelle poussée de fièvre. Fait nouveau, les ennemis d’hier, ex-Séléka et anti-Balaka, ont fait entendre de concert leur mécontentement. Les deux groupes demandaient notamment la libération de leurs camarades « arbitrairement emprisonnés » ou « une meilleure prise en charge de leurs combattants ».

 

Mais, comme l’indique Sébastien Wénézoui, l’un des principaux responsables anti-Balaka, « la véritable raison » de cet accès de colère tient en une contradiction : « On nous demande dans cet accord d’arrêter la lutte armée pour nous engager dans la lutte politique mais, dans le rapport de synthèse du forum de Banguiqui s’est tenu du 4 au 11 mai –, il nous est interdit de nous présenter aux élections. » Cette ambiguïté sur l’avenir des principaux fauteurs de guerre, conjuguée au manque de moyens financiers pour mener à bien le DDRR, laisse planer des doutes sur la viabilité du processus engagé.

 

La France, qui espère retirer rapidement la majeure partie de ses 1 700 soldats encore déployés sur place, demeure en première ligne dans le règlement de la crise centrafricaine. L’opération « Sangaris » voulue comme une opération « coup de poing » s’est installée dans la durée. Son coût est estimé environ 800 000 euros par jours et les militaires français n’ont plus d’autres adversaires désignés que des « hors-la-loi » et les « ennemis de la paix ». Notamment pour des raisons financières, la volonté de Paris est donc d’organiser au plus vite des élections permettant de tourner la page d’une transition entamée par M. Djotodia en mars 2013 et poursuivie depuis janvier 2014 par Catherine Samba-Panza, qui doit être reçue cette semaine à l’Elysée. « Un gouvernement élu, c’est la condition pour que les bailleurs offrent des facilités de crédit à moyen et long terme », assure un diplomate français.

 

Scrutins organisés « au mieux début 2016 »

 

Déjà reportées à plusieurs reprises, ces élections présidentielle et législatives ne se tiendront pas à l’été. Et si Paris fait de leur organisation avant la fin de l’année 2015 une ligne rouge, plusieurs observateurs avertis à Bangui considèrent que les scrutins destinés à ramener la RCA dans la légalité constitutionnelle se feront « au mieux début 2016 ». Alors que l’Union européenne est pressée de mettre la main au portefeuille pour financer ces scrutins, une source au sein de l’UE résume son dilemme : « Avec ces élections, il y a deux écueils, la précipitation et l’enlisement. »

 

Si plusieurs acteurs dans les différentes institutions qui composent la transition, ainsi que des chefs de guerre, jouent indéniablement la montre en vue de maintenir leur influence ou leurs prébendes, la tenue d’un vote incontestable tant que les armes n’auront pas été déposées apparaît irréaliste. Au Mali, la France a fait le pari d’une intervention militaire forte, suivie d’une élection rapprochée. Le même modèle, qui connaît ses limites dans le Sahel, semble être appliqué à la RCA où l’Etat s’est totalement désintégré. « Avant de se focaliser uniquement sur des élections qui ne régleront rien, considère un diplomate installé de longue date à Bangui, il serait temps de se concentrer sur l’essentiel : la construction de routes, d’écoles, d’administrations. »

 


Journaliste au Monde


http://www.lemonde.fr/international/article/2015/05/24/centrafrique-une-crise-profonde-dont-paris-veut-s-extraire_4639608_3210.html#LsrtyKlVmL0V1Edx.99

 

 

Lu pour vous : Centrafrique : une crise profonde dont Paris veut s’extraire

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 08:42

 

 

 

APA  24/05/2015 à 13:41 UTC

 

La présidente de la Transition en Centrafrique, Mme Catherine Samba Panza, a quitté Bangui dimanche matin pour Bruxelles en Belgique, pour présenter à l’Union européenne (UE) les résultats du forum national de réconciliation qui s’est déroulé du 5 au 11 mai dans la capitale centrafricaine. Mme Samba Panza doit être reçue le 26 mai au siège de l’UE. Sa démarche auprès de l’UE a pour but d’attirer les bailleurs de fonds et aider à  la mise en oeuvre de certaines recommandations du forum national de réconciliation.

 

L’UE est de loin le principal bailleur de fonds de la République centrafricaine, un pays qui a besoin de la communauté internationale pour organiser les élections, mettre fin à  la transition, financer le programme de Démobilisation, Désarmement, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) et la Réforme du secteur de sécurité (RSS).

 

L’UE finance déjà  en Centrafrique de grands travaux à  forte intensité de main d’oeuvre, notamment la réhabilitation des infrastructures détruites ou en mauvais état et a aussi crée un fonds fiduciaire dénommé fonds Békou, pour aider la République centrafricaine à  se relever de la crise dans laquelle ce pays est empêtré depuis mars 2013.

 

Le fonds est utilisé pour financer la construction ou la réhabilitation des hôpitaux, des écoles et des ateliers de renforcement des capacités de certaines catégories d’agents ainsi que des activités en faveur des femmes.

 

Des contingents européens, Eufor RCA, avaient été déployés en Centrafrique pour apporter la paix dans certains arrondissements de la capitale centrafricaine. Après le retrait de cette force, l’Union Européenne assure maintenant la formation des forces de défense intérieure.

 

En route pour Bangui, la présidente de la transition fera une escale à  N’Djamena, au Tchad, o๠elle s’entretiendra avec le président tchadien Idriss Deby Itno.

 

© APA

Départ de la présidente centrafricaine de transition pour Bruxelles

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 13:23

 

 

 

Par RFI 23-05-2015 à 01:29

 

C'est une révélation du site d'information Mediapart : les présidents du Mali IBK et du Gabon Ali Bongo ont été écoutés par la justice française dans le cadre de l'enquête sur Michel Tomi. L'homme d'affaires corse, qui est à la tête d'un empire financier en Afrique, a été mis en examen il y a un an pour corruption d'agent public étranger, faux et usage de faux. C'est en mettant ses téléphones sur écoute que la justice a intercepté, en 2013 et 2014, de nombreuses conversations entre Michel Tomi et les deux présidents.

 

Les extraits des écoutes publiés par Mediapart vendredi 22 mai, montrent que l'homme d'affaires corse est aux petits soins avec les présidents malien et gabonais, et qu'il multiplie les cadeaux luxueux. Dans une conversation du 4 octobre 2013, Michel Tomi demande à Ibrahim Boubacar Keïta des nouvelles d’un véhicule Range Rover qu'il lui aurait offert. « Impeccable, impeccable », répond le chef de l'Etat pour dire sa satisfaction.

 

Dans une écoute, Michel Tomi propose au président IBK d'utiliser son jet privé, et lui demande s'il est content du manteau ou des costumes de luxe qu'il lui a fait livrer. Le président malien apprécie manifestement et demande à son ami, qu'il appelle « Michel », qu'on lui confectionne aussi des habits de campagne. Les deux hommes parlent de tout, aussi bien d'une paire de lunettes, que de l'achat de l'avion présidentiel.

 

On sent dans les écoutes retranscrites par Mediapart une grande complicité entre les deux hommes, qui se tutoient. Michel Tomi rappelle même une fois au président malien de prendre ses médicaments.

 

Même proximité avec le chef de l’Etat gabonais

 

L'homme d'affaires est aussi aux petits soins avec Ali Bongo. Le 20 juillet 2013, le président gabonais et son épouse passent des vacances sur le yacht de Michel Tomi. Les deux hommes parlent affaires, et aussi femmes : le Corse évoque une belle hôtesse bulgare qu'il garde en réserve pour un prochain voyage du président gabonais, quand il sera seul.

 

Mediapart résume : « L'homme d'affaires est là pour rendre la vie plus douce aux deux présidents, en échange de pouvoir faire prospérer ses affaires. »

 

Maître Pierre-Olivier Sur l'avocat français du président malien qui est aussi bâtonnier a dénoncé vendredi avec vigueur la mise sur écoute d'un président de la République en fonction, même s'il s'agit d'écoutes incidentes. « C'est une première à ma connaissance », s'est insurgé l'avocat du président malien.

 

Pour l’instant, le Mali et le Gabon n’ont pas réagi de manière officielle, mais dans l'entourage direct du président malien, on se dit ce vendredi indigné par ces écoutes. « La justice française aurait dû se dire qu'il y a des limites », confie un proche du chef de l'Etat. Notre interlocuteur juge par ailleurs « dégueulasse » la publication de ces écoutes par le site Mediapart.

 

Des conversations des présidents malien et gabonais écoutées en France (RFI)

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 13:07

 

 

Jean-Louis LE TOUZET Libération 22 mai 2015 à 19:46

 

Un rapport du chercheur Roland Marchal revient sur le soutien inébranlable de la France au président tchadien, admiré de longue date par les militaires.

 

Comment embrasser d’une seule vue la diplomatie française au Tchad de ces vingt-cinq dernières années ? Par où attaquer cette forteresse massive ? Roland Marchal, chercheur au Ceri-Sciences-Po, a répondu à la demande du Comité de suivi de l’appel à la paix et à la réconciliation (CSAPR), qui regroupe organisations civiles et des droits humains au Tchad, pour publier un rapport qui nettoie à la paille de fer ces relations marquées par la colossale empreinte militaire française. A travers cette étude de 50 pages financée par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire), se dessinent des continuités diplomatico-militaires au fil des différents exécutifs français.

 

Dans son propos préliminaire, Roland Marchal écrit : «Le soutien à Idriss Déby [le président tchadien, ndlr] correspond donc à bien plus qu’à une volonté de le sauver. C’est une certaine conception de l’ordre régional, peut-être irréelle ou obsolète, qui est défendue par Paris.» Ce rapport pose «la problématique de la militarisation de la diplomatie française», explique Bruno Angsthelm, chargé de mission Afrique au CCFD-Terre solidaire.

 

Cyniques. Roland Marchal, dans un chapitre consacré au «lobby militaire», décrit d’entrée le décor : «Le Tchad semble avoir joué dans l’imaginaire des militaires français, mais aussi dans l’histoire de l’armée française, un rôle important. […] On doit mentionner d’abord une grande fascination pour les gens du désert de la part de l’armée coloniale, que ces nomades fussent alliés ou ennemis.»

 

Marchal fait ainsi dérouler les multiples opérations militaires (Limousin, Bison, Tacaud, Manta, Epervier) : «Le Tchad se prête très bien à une multitude d’exercices dans des environnements divers. Les pilotes ne peuvent que se féliciter, puisque l’espace aérien est le double de celui de la France, et qu’ils ne sont pas astreints aux mêmes règles.» Pour Marielle Debos, universitaire, auteur du remarquable le Métier des armes au Tchad (éd. Karthala), cette étude est «sans équivalent pour nous, Français, parce que le Tchad tient une place totalement à part dans notre politique et aussi parce que le Tchad occupe un rôle essentiel dans l’histoire de l’armée française.»

 

Remis mardi au Quai d’Orsay, ce rapport «a suscité un fort embarras», selon Delphine Djiraibé Kemneloum, présidente du CSAPR. Il est en effet une incarnation grinçante de trois courants de pensée au sein de l’exécutif : les réalistes, les néoconservateurs et les admirateurs de Déby. Le premier courant, cynique, a eu un réel «ascendant», écrit Marchal, dans la seconde mandature de Chirac. Il n’est pas dupe du régime : malversations, détournements et opposition achetée. C’est la ligne «tous pourris». De fait, disent les réalistes, «il vaut mieux avoir Déby de son côté car lui, au moins, on le connaît». Et il peut rendre des services.

 

Puis vient le courant néoconservateur, qui a survécu à la période Sarkozy-Kouchner. Il est toujours en vogue aujourd’hui. Que dit-il ? Que le Soudan est le mal absolu. Que Déby est un rempart, y compris face au chaos libyen. Il défend la laïcité, la francophonie, s’oppose aux hordes islamistes de Boko Haram. Et puis, qui voyez-vous pour le remplacer ? Personne.

 

Enfin, vient le courant des admirateurs. Il regroupe des militaires évidemment, qui chantent le roman d’une armée nationale. On y retrouve des politiques impressionnés par le courage de Déby quand, devant les tentatives de renversement, comme en 2006 et 2008, il refuse l’exfiltration proposée par les Français.

 

Horlogerie. «Chacun de ces courants pèse selon les périodes, écrit Marchal, mais ce qui est le plus important, c’est qu’ils occupent le champ et ferment toute possibilité de véritable aggiornamento politique.» Le chercheur ne se contente pas de démonter les mécanismes d’horlogerie de la politique française au Tchad, il montre sous une lumière crue ceux qui en remontent les ressorts. Il y a des lignes savoureusement vachardes sur les vieux routiers habiles de la diplomatie, ces fameux spécialistes de la zone au Quai d’Orsay. Marchal lâche quelques gouttes de fiel et c’est parfois assez drôle.

 

Certes, l’auteur n’a jamais beaucoup aimé les diplomates, pas plus que les journalistes. Il y a des passages sur certains hauts fonctionnaires du Quai, toujours en poste, totalement dévastateurs. L’un est qualifié de «néoconservateur», spécialiste de la petite blague, à la posture quasi religieuse «plutôt paradoxale pour un franc-maçon».

 

Et Déby ? «Paraître aux yeux de dirigeants français de bords différents comme un vecteur de stabilité régionale n’est sans doute pas le moindre effet de ce talent qui transforme en gains stratégiques des avantages tactiques et qui obère les faiblesses structurales d’un régime autoritaire en projetant son insécurité hors de ses frontières dès lors qu’il est incapable de les réduire.»

 

Marielle Debos se désole de cet aveuglement de la France :«Les mouvements sociaux sont regardés avec mépris par Paris alors que l’opposition travaille dans des conditions extrêmement difficiles. Et surtout, Paris refuse toujours de prendre en compte l’après-Déby.» Et quel sera-t-il ? «Un bain de sang», annonce déjà un opposant tchadien joint vendredi par Libération.

 

ParJean-Louis Le Touzet

 

Lu pour vous : Le vieux lobby pro-Déby à Paris passé au peigne fin

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 12:35

 

 

 

23/05/15 (APA)

 

La Banque mondiale a débloqué plus de 6 milliards de FCFA pour permettre à la République centrafricaine de payer les fonctionnaires et de renforcer les capacités opérationnelles du ministère des Finances, a indiqué une source proche de la direction des opérations de la Banque mondiale.

 

Selon la source, l’institution financière internationale va également financer en juillet prochain les travaux à haute intensité de main d’oeuvre des jeunes, le programme Démobilisation Désarmement Réinsertion et Rapatriement des groupes armés et poursuivre son appui dans la reconstruction des routes et pistes rurales.

 

La Banque mondiale est au chevet de la Centrafrique, en proie à une grave crise politique et humanitaire depuis mars 2013, marquée par des violences politiques et religieuses qui ont financièrement ruiné le pays, poussé près d’un million de résidents à fuir leur foyer et occasionné la mort de plus d’un millier de personnes.

 

 

Centrafrique : Reprise en douceur des activités bancaires au Km 5

 

23/05/15 (APA)

 

Une agence de la Commercial Bank Centrafrique (CBCA) a repris du service au Km5, un quartier musulman du 3ème de Bangui, après deux ans de fermeture en raison des violences inter-communautaires qui ravagent le pays depuis mars 2013.La réouverture de cet établissement financier dans une zone considérée comme un bastion musulman, au plus fort de la crise centrafricaine, symbolise le succès des appels à la cohésion sociale lancés dans la capitale centrafricaine, estiment les observateurs.

 

Installée au Km5 considéré comme le poumon de l’économie centrafricaine, la CBCA a perdu beaucoup de clients dont certains grands opérateurs économiques qui ont fui la crise militaro-politique pour se réfugier à l’étranger.

 

La reprise des activités de l’agence de la CBCA se justifie par le retour de ces opérateurs économiques et la reprise des activités commerciales au Km5, indique-t-on.

 

D’autres institutions financières devraient pouvoir emboiter le pas à la CBCA dans les prochains jours. Le forum national de réconciliation tenu du 5 au 11 mai, a en effet ramené un peu de sérénité dans le pays.

Centrafrique : Financement de la Banque mondiale pour payer les fonctionnaires

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 02:47

 

 

Centrafrique/Bangui : La CBCA reprend ses activités au KM5
 

Bangui, 22 mai 2015(RJDH)---La Commercial Banque Centrafrique (CBCA) a recouvert ce vendredi 22 mai ses portes après plus d’un an de fermeture. La cérémonie officielle a eu ce matin à la succursale de cette banque au niveau du Km5, dans le 3ème arrondissement de la ville de Bangui. Le ministre du Commerce ainsi que les autorités de cet arrondissement étaient conviés à cette cérémonie.

 

Pour le maire de 3ème arrondissement, Attahirou Balla-Dodo, la réouverture de cette banque est un ouf de soulagement pour les habitants de son arrondissement. « La population avait de la peine à se rendre en ville pour des opérations bancaires. C’est tous les jours que je reçois des plaintes venant de la part des habitants. Avec cette réouverture, ils ne vont plus payer encore des militaires pour les accompagner pour les opérations bancaires au centre ville » a-t-il expliqué.

 

Il a par ailleurs demandé au personnel et aux  habitants de cette localité d’établir une confiance mutuelle pour une meilleure collaboration.

 

Le chef d’agence de CBCA du KM5, Mahamat Goni, se réjouit de cette réouverture qui d’après lui, est le résultat d’un travail de communication entre la banque et sa clientèle.  « Le Km5 est le poumon des activités économiques de la ville de Bangui. Quand cette banque était fermée, les clients et les notables de cet arrondissement s’étaient mobilisés pour demander sa réouverture. Aujourd’hui, la banque a répondu présente » a-t-il noté.

 

Mahamat Goni a rappelé les horaires de CBCA au niveau du Km5 « nous allons travailler du lundi à vendredi de 8 heures à 13 et le samedi de 9 heures à 12heures » a-t-il précisé.

 

Anastasie Nambeya, Directrice des opérations appelle les clients à prendre soin eux-mêmes de la banque car « c’est pour votre bien que cette réouverture a été décidée ».

 

Un vendeur qui a requis l’anonymat s’est réjoui de cette réouverture. Il a appelé les autres opérateurs à suivre les pas de CBCA et la Banque Marocco Centrafricaine(BPMC).

 

C’est depuis le 05 décembre 2013 que les banques qui se trouvent dans le 3ème arrondissement de Bangui ont fermé leurs portes suite à la crise militaro-politique qu’a connue le Pays./

 

Marina Moulou-Gnatho et Babikir Moussa

 

 

Centrafrique/Bria : L’ONG IMC prend en charge le laboratoire et le personnel de l’hôpital régional et universitaire

 

Bria le 22 Mai 2015 (RJDH)---L’ONG internationale IMC ( International medical corps), a réhabilité le laboratoire d’analyse de l’hôpital régional et universitaire de Bria. C’est depuis plus de deux mois que cette ONG travaille avec cet hôpital.

 

 Le laboratoire est désormais pris en charge par l’ONG IMC. Les  malades pourront faire à nouveau les examens médicaux sur place dans la ville.

 

« En plus de la gratuité des examens médicaux dans cette formation hospitalière, le personnel aussi sera pris en charge. Depuis la création de cet hôpital, c’est pour la première fois qu’une ONG internationale prend en charge l’hôpital » a souligné l’ancien président de COGES (Comité de gestion) de l’hôpital.   Ce dernier a indiqué que cet hôpital manque de tout.

 

La même source a précisé que l’hôpital de Bria est confronté aussi à un problème de  personnel qualifié « Ce sont des secouristes qui exercent depuis dans cet hôpital ». Selon des informations du RJDH, l’IMC dans sa mission, appuiera aussi en équipement et en personnel ce centre hospitalier.

 

Les malades hospitalisés à l’hôpital régional et universitaire de Bria se disent soulagés par la prise en charge de cet hôpital par l’IMC./

 

Narcisse Jaubert


 

Centrafrique/Bangui : Campagne de deparasitose dans les écoles
 

 

Bangui, 22 Mai 2015(RJDH)--Le Programme Alimentaire Mondiale(PAM) a lancé une campagne de déparasitose des enfants dans les établissements scolaires publics de Bangui. Le lancement officiel de cette activité a eu lieu le mercredi 20 mai dernier à l’école Notre d’Ame d’Afrique dans le quatrième arrondissement de Bangui.

 

Cette campagne lancée par le PAM consiste à faire déparasiter les enfants infectés par des vers intestinaux dans les établissements scolaires publics de Bangui.

 

La Directrice de l’école Notre Dame fille, Gilberte Garadet, se réjouie du geste du PAM «  cette campagne vient à point nommé, car dans nos établissements, il y a de nombreux enfants qui ont des parasites et qui sont affaiblis lors des cours à cause de la cela. Je pense que cette campagne permettra de minorer cette situation dans les établissements précisément chez nous ici » a-t-elle signifié. 

 

Cette dernière a indiqué que son établissement va continuer à suivre le traitement pour aider les enfants « Ce que nous comptons faire pour le moment, c’est de continuer le suivi des enfants en leur donnant les comprimés que le PAM a remis à la direction. Nous mettrons désormais un accent particulier sur la notion d’hygiène en classe et au sein de l’établissement » a promis la directrice de l’école fille.

 

Sayaka Sato, chargée de communication du PAM a précisé que cette campagne est la suite de l’assistance alimentaire du volet ‘’Cantines scolaires que le PAM a apporté aux établissements scolaires.  « C’est une réponse sue nous voulons apporter à la santé des enfants dans les établissements scolaires publics de Bangui. » a-t-elle fait savoir.

 

« La plupart des enfants dans le pays en voie de développement sont infectés par les vers intestinaux. Ces infections provoquent parfois des problèmes de santé aigue, et deviennent parfois chroniques. C’est ce qui entraine souvent des conséquences négatives sur la santé, la nutrition et le développement intellectuel des enfants » a justifié le chargé de communication de PAM.

 

Cette campagne lancée le 20 mai 2015 se fera tous les six mois dans les écoles. /

 

Judicaël Yongo.


 

 

Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

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Centrafrique-Presse.com
23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 02:35

 

 

Par RFI 23-05-2015 à 00:03

 

En Centrafrique, le Forum de Bangui s'est achevé il y a une dizaine de jours avec une liste de recommandations pour remettre le pays dans le droit chemin. Un comité de suivi a été élu, vendredi 22 mai. Charge à ce comité de veiller à ce que les recommandations soient correctement appliquées.

 

Le comité de suivi, c'est un peu la charnière entre le Forum de Bangui et ses discussions et l'application concrète sur le terrain. Au menu des recommandations, on trouve notamment des mécanismes pour favoriser la paix et la réconciliation, la mise en place d'une commission d'enquête sur les violations grave des droits de l'homme, mais aussi des pistes quant à la lutte contre l'impunité et l'amélioration de la gouvernance politique.

 

Ce comité de suivi est composé de 24 membres élus par l'ensemble des forces vives de la nation dans une réunion présidée par le Premier ministre Mahamat Kamoun. Globalement, chaque entité présente au Forum a un membre dans le comité de suivi. On retrouve un représentant des confessions religieuses, des groupes armés, mais aussi des partis politiques.

 

« Nous voulions d'une structure légère, pour avancer correctement et rapidement », insiste le Premier ministre. La semaine prochaine, les représentants vont donc élire un bureau exécutif réduit composé lui de sept personnalités et qui devra orienter les travaux du comité.

Centrafrique: un comité de suivi élu après le Forum de Bangui

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 02:31

 

 

 

LETTRE OUVERTE A LA PRESIDENTE DE LA TRANSITION

 

 

Madame la Présidente de Transition ;

 

Ces derniers temps, nous assistons à ce qu'il convient désormais de qualifier de "scandale du retrait des passeports à l'Aéroport de Bangui", après celui du détournement d'une partie du don angolais par les plus Hautes Autorités de la Transitions au mois de septembre dernier. En effet, sans motif apparent, certaines personnalités politiques ont été arrêtées alors qu'elles s'apprêtaient à quitter le territoire national et leur passeport confisqué, non pas sur ordre du Procureur de la République, Autorité Judiciaire la mieux indiquée, mais plutôt sur celui du Ministre de la Sécurité Publique.

 

Cette récente propension des Autorités de la Transition aux atteintes aux libertés des citoyens, au mépris de toute procédure judiciaire en la matière a été décriée par nombre d'observateurs de la vie politique centrafricaine.

 

En date du 14 mai 2015, le Conseil National des Centrafricains (CNC) (1) a dénoncé ce qu'il qualifie de violation des libertés par les Autorités de la Transition. Le CNC en appelle je cite " à l'Amnesty International, Human Right Watch, Reporter sans frontière et toutes les organisations internationales soucieuses du respect des droits humains à saisir l'occasion du passage en France les 26 et 27 mai 2015 de Madame SAMBA-PANZA, pour lui demander des éclaircissements sur ces multiples atteintes aux libertés et non-assistance aux personnes en danger en RCA." Fin de citation.

 

Pour sa part, le chroniqueur Guy José KOSSA, dans sa tribune (2) du 18 mai 2015 a écrit je cite "... aucun homme politique n'est à l'abri des dérives et des conséquences du spectacle tragi-comique permanent dont la police de l'aéroport Bangui-M'Poko est l'actrice principale tandis que les piètres metteurs en scène restent tapis dans l'ombre. Et tant qu'il n'aura pas de déclaration commune assez forte pour condamner ces interdictions fantaisistes et abusives, l'on risque d'assister impuissant à un verrouillage complet de la liberté fondamentale d'aller et de venir, avec tout ce qui peut s'en suivre." Fin de citation.

 

Enfin, pour le chroniqueur polémiste Rodrigue Joseph Prudence MAYTE (3), Madame SAMBA-PANZA, je cite "excelle ces temps-ci dans la privation des libertés individuelles, les arrestations arbitraires, le verrouillage de la parole politique, la confiscation des titres de transports d'autrui etc ... Cette volonté viscérale des Autorités de Transition, qui vise à égratigner certaines personnalités centrafricaines à petit coup de rabot, est synonyme d'une certaine fébrilité." Fin de citation.

 

Madame la Présidente de Transition, tout ce qui vient à juste titre de vous être reproché constitue les ingrédients du passé qui, pour l'essentiel ont fait le lit du chaos actuel. Par absence totale d'imagination pour mener à bien la mission qui est la vôtre, vous faites recours à ces mêmes pratiques pour écarter ceux qui selon votre entourage et selon vous-même menacent votre pouvoir de transition, qui n'a d'ailleurs pas vocation à durer. A titre de rappel, où se trouvent à l'instant où vous êtes en train de lire cette lettre ouverte ceux de vos prédécesseurs qui, pour le malheur des Centrafricains et par-delà, leur propre malheur, ont expérimenté ces armes injustes de souffrance inutile et d'exclusion ? A l'heure où le peuple centrafricain n'aspire qu'à une chose, la paix et la réconciliation nationale il serait très mal venu de semer les germes de futurs conflits.

 

Madame la Présidente de Transition, vous semblez confondre le combat en faveur de l'impunité zéro et la chasse aux sorcières. Le peuple centrafricain attend de vous que vous engagiez une lutte sans merci contre les détournements des fonds publics qui deviennent légion, la corruption à grande échelle telle qu'elle se pratique au plus haut sommet de l'Etat y compris dans votre proche entourage. Le peuple centrafricain attend que soient traduits devant la justice ses bourreaux, les criminels et bandits de grand chemin, y compris ceux faisant partie de votre proche entourage. C'est de cela qu'il s'agit.

 

Madame la Présidente de Transition, en engageant cette chasse aux sorcières, vous vous écartez dangereusement des objectifs qui sont les vôtre, à savoir la restauration de l'autorité de l'Etat, la sécurisation de notre pays et surtout l'organisation des élections avant la fin de l'année.

 

Que Dieu bénisse notre Chère Patrie

 

Baltimore, le 22 mai 2015

 

Le Pr Gaston MANDATA NGUEREKATA

 

____________________________

 

(1) Communiqué de Presse n° 2015/05-003 du Conseil National des Centrafricains (CNC) - L'Hirondelle n°3527 du lundi 18 Mai 2015

 

(2) Chronique de GJK : Plutôt "Impunité zéro" que "Importunité Centro" - Les Plumes de RCA - 18 mai 2015

 

(3) Rodrigue Joseph Prudence MAYTE : La chasse aux sorcières à la "Sambapanzerie" - Les plumes de la RCA - 19 mais 2015

 

Lettre ouverte de Gaston Nguérékata à Catherine Samba-Panza

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 19:40

 

 

 

22/05/2015 à 19:03 Par Vincent Duhem Jeune Afrique

 

La présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba-Panza, doit être reçue le 27 mai à l'Élysée par le chef de l'État français, François Hollande, a appris "Jeune Afrique".

 

Le chef de l'État français, François Hollande, recevra mercredi 27 mai au matin la présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba-Panza, a appris Jeune Afrique de sources française et centrafricaine.

 

L'évolution de la situation politique, deux semaines après la fin du forum de Bangui, et surtout la question des prochaines élections devraient être au centre des discussions. Paris pousse depuis des mois pour que le scrutin se tienne dans le délai prévu, c'est-à-dire en juin ou juillet. Or, le forum de réconciliation, organisé du 4 au 10 mai, a préconisé son report.

 

La rencontre intervient alors que l'armée française est confrontée à des accusations de viols commis par des militaires de l’opération Sangaris sur des mineurs centrafricains. Quatorze militaires français sont soupçonnés de ces crimes, dont trois identifiés par les témoignages de six enfants de 9 à 13 ans recueillis dans une note de l'ONU en 2014. Après avoir été saisi par le ministère de la Défense, le parquet a ouvert une première enquête préliminaire fin juillet 2014. Aucun enfant ni militaire mis en cause n'a été entendu dans le cadre de cette enquête.

 

C'est la deuxième fois que Catherine Samba-Panza, qui dirige la Centrafrique depuis maintenant plus d'un an, se rendra à l'Élysée. Elle avait rencontré Hollande en avril 2014 à la veille du sommet UE-Afrique.

Lu pour vous : Centrafrique : Catherine Samba-Panza reçue le 27 mai à l'Élysée
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