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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 11:34

 

 

 

http://www.gaboneco.com/   31-07-2015 | 09:39:52

 

Si les événements se déroulent comme prévu, la République centrafricaine pourrait en mi-octobre prochain, organiser son élection présidentielle. Les candidats se préparent déjà pour cette échéance à venir.

 

Sous l’autorité de Catherine Samba-Pandza, présidente de la République par intérim depuis le début de l’année 2014, la République centrafricaine, pourrait  d’ici mi-octobre  prochain, organiser le scrutin présidentiel après des années d’attentes et de troubles.

 

Le recensement électoral a débuté depuis le 29 juin dernier dans le pays avec quelques balbutiements car il n’atteint pas les résultats escomptés.

 

Mardi 28 juillet, Valentine Modamet,  prophétesse et présidente de l’organisation chrétienne « Les Parvis », a officiellement annoncé sa candidature pour cette échéance tant attendue,  portant ainsi  le nombre de prétendants à la magistrature suprême à trente. Cette dernière affirme avoir la solution pour sortir le pays du chaos. « Allons-nous rester impuissants face à l’entement et à l’intolérance des hommes qui nous conduisent dans le chaos sans rien faire ? », s’interrogeait-elle lors de l’annonce de sa candidature.

 

Le premier tour de l’élection présidentielle est donc prévu  le 18 octobre 2015  et malgré la crainte d’un report de la date du scrutin, les nombreux candidats fourbissent déjà leurs armes pour se préparer à cette échéance.

 

 

NDLR : Il y a de quoi s’interroger sur cet engouement des Centrafricains à vouloir accéder à la magistrature suprême de leur pays. Le fait qu’un médiocre personnage sanguinaire et prédateur comme François Bozizé ait accidentellement exercé cette fonction pendant une décennie ne peut seul expliquer cette pléthore de candidats. Une chose est sûre : il faut attendre le verdict de la Cour constitutionnelle de transition pour être fixé sur l’éligibilité de ces nombreuses candidatures à l’élection présidentielle qui ont éclos comme des champignons après la pluie et dont certaines prêtent à sourire car émanant de personnages farfelus qui font la honte du pays. Pour un corps électoral n’atteignant même pas un million cinq cent mille personnes en âge de voter, cette sorte de course à l’échalote est furieusement ridicule et incompréhensible. 

Lu pour vous : Centrafrique : de nombreuses candidatures pour les élections présidentielles à venir

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Centrafrique-Presse.com
31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 11:30

 

 

 

Identité effacée: Les musulmans dans les zones de la République centrafricaine soumises au nettoyage ethnique

 

file:///C:/Users/Admin/Downloads/AFR1921652015FRENCH.PDF

 

Certains musulmans revenus dans des zones ayant fait l’objet d’un nettoyage ethnique dans l’ouest de la République centrafricaine ont été contraints à abandonner leur religion, écrit Amnesty International dans un rapport rendu public vendredi 31 juillet. Intitulé Suppression de l’identité - les musulmans dans les zones de la République centrafricaine soumises au nettoyage ethnique, ce document révèle que, dans une grande partie de l’ouest de la République centrafricaine, les milices armées anti-balaka empêchent des musulmans ayant regagné leur domicile après la folie meurtrière de 2014 - et les déplacements forcés de grande ampleur qui ont suivi - de pratiquer leur religion ou de s’en revendiquer en public. 

 

Certaines de ces personnes ont été menacées de mort afin qu’elles se convertissent au christianisme. « Alors qu’elles ont déjà contraint des dizaines de milliers de musulmans à fuir l’ouest de la République centrafricaine, les milices anti-balaka s’en prennent désormais à l’identité religieuse des centaines de musulmans qui sont restés ou revenus, a déclaré Joanne Mariner, conseillère d’Amnesty International sur la réaction aux crises. « Dans les zones où l’absence des forces de maintien de la paix sous mandat des Nations unies est notable, les musulmans sont pris pour cible en toute impunité. 

 

Certains ont été forcés à se convertir au christianisme et d’autres se sont vu interdire d’exprimer leur identité musulmane. » Un ancien musulman de 23 ans vivant dans la préfecture de Sangha-Mbaéré a expliqué à Amnesty International : « Nous n’avions pas d’autre choix que de rejoindre l’Église catholique. Les anti-balaka ont juré de nous tuer si nous ne le faisions pas. » « Il faut redoubler d’efforts pour protéger les musulmans menacés dans l’ouest de la République centrafricaine », a déclaré Joanne Mariner.

 

Amnesty International a découvert que, dans l’ouest du pays, les musulmans vivant hors des zones placées sous la protection des forces de maintien de la paix des Nations unies n’étaient pas libres de pratiquer leur religion en public. 

 

Les prières sont interdites, les tenues traditionnelles musulmanes ne peuvent être portées librement et la reconstruction de mosquées, dont on estime que 400 ont été détruites dans tout le pays, n’est pas autorisée. Sur le reste du territoire, notamment à Bangui et Carnot, seules quelques mosquées ont été rebâties. « Nos prières sont effectivement considérées comme illégales, a déclaré un négociant musulman à Mbaiki. Nous devons nous cacher, prier rapidement et discrètement.

 

Les prières collectives du vendredi sont impossibles. » Amnesty International a appelé les autorités centrafricaines, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et la communauté internationale à soutenir plus largement les efforts des musulmans visant à réintégrer les villes et villages de l’ouest du pays, et à renforcer la présence des forces de maintien de la paix afin de mieux protéger la population des milices anti-balaka. « Parmi les dizaines de milliers de réfugiés musulmans qui ont été expulsés du pays en 2014, nombreux sont ceux qui souhaiteraient rentrer chez eux un jour mais attendent de pouvoir le faire en toute sécurité et durablement. Le sort des musulmans qui ont tenté de réintégrer les villes et villages de l’ouest de la République centrafricaine peut être déterminant de ce point de vue. Leur sécurité, leur liberté de religion et les autres droits doivent être protégés. »

 

Complément d’information

 

En mai 2015, des délégués d’Amnesty International se sont rendus dans 12 villes et villages de l’ouest de la République centrafricaine où les musulmans ne bénéficiaient pas d’une protection efficace des forces sous mandat des Nations unies, ainsi que dans plusieurs villes où les musulmans étaient installés dans des enclaves protégées. 

 

Le rapport rendu public le 31 juillet se fonde sur des entretiens accordés par plus de 85 personnes, dont la plupart sont des musulmans vivant dans ces zones, outre des informations collectées lors de missions de recherche sur le terrain en 2014. Plus de 30 000 musulmans sont regroupés dans quelques quartiers protégés par les forces de maintien de la paix des Nations unies en République centrafricaine, communément appelés «enclaves », et des dizaines de milliers sont réfugiés dans les pays voisins.

 

D’autres encore sont installés dans des zones contrôlées par d’anciens rebelles de la Seleka, dans le nord-est. Amnesty International a concentré ses recherches sur la situation des centaines de musulmans qui ont tenté de retourner dans des zones non protégées.

 

RÉSUMÉ “Nous n’avons pas eu le choix : nous avons dû nous convertir au catholicisme. Les anti-balaka ont juré de nous tuer si nous ne le faisions pas.” - Un ancien musulman de la préfecture de Sangha-Mbaéré, âgé de 23 ans. La minorité musulmane de la République centrafricaine a quasiment disparu d’une large bande du pays couvrant plus ou moins son tiers ouest. Début 2014, une violente vague de nettoyage ethnique, dont les conséquences continuent à se faire sentir lourdement, a déferlé dans cette région.

 

Si dans quelques villes se sont formées des poches de communautés musulmanes protégées par les forces internationales de maintien de la paix, de nombreux villages et villes où vivaient auparavant d’importantes communautés musulmanes ont été vidés de leurs habitants musulmans. Les mosquées ont été gravement endommagées ou détruites, et l’appel du muezzin à la prière, qui autrefois faisait partie des sons familiers, s’est tu. Mais ce sombre tableau masque une réalité plus complexe. En dépit de la quasi-invisibilité de la présence musulmane, un petit nombre de musulmans sont retournés dans leurs communautés, tout en évitant d'attirer l'attention. Lors d’une récente mission dans trois provinces de l’ouest de la République centrafricaine, des délégués d’Amnesty International se sont rendus dans 12 villes et villages où vivent actuellement des musulmans.

 

Dans certaines localités, il n’y a qu’une poignée de musulmans, mais dans d’autres il y en a plus de 50. Le plus grand problème que doivent affronter ces communautés musulmanes est l’absence de sécurité. Les milices armées anti-balaka qui ont violemment expulsé des dizaines de milliers de musulmans du pays l’année dernière continuent de détenir un important pouvoir. Les communautés musulmanes qui sont restées négocient implicitement ou explicitement les conditions de leur existence avec ces milices anti-balaka. Il en coûte aux musulmans de ces zones pour survivre. Dans certains endroits, les milices anti-balaka ont converti de force des musulmans au christianisme ou ont exercé sur eux de fortes pressions pour qu’ils se convertissent. À l’exception de quelques villes où stationnent les forces de maintien de la paix des Nations unies, dans d’autres parties de cette région on empêche de fait les musulmans de pratiquer ou de manifester ouvertement leur religion.

 

Lorsque leur présence dans cette partie du pays est tolérée par les milices anti-balaka, cette tolérance implique une interdiction d’affirmer ouvertement leur identité musulmane ou leur foi en l’islam. Cela signifie qu’ils ne peuvent ni prier (si ce n’est en secret), ni porter les vêtements traditionnels musulmans ni reconstruire leurs mosquées (ce qui n’est pas le cas à Carnot et Bangui où de récents projets de reconstruction de mosquées ont vu le jour). Souvent ils n’osent même pas parler la langue qu’ils préfèrent à portée d’oreilles indiscrètes. Les membres des communautés majoritaires savent bien qu’ils sont musulmans, mais leur religion a été rendue invisible. L’affiliation religieuse n’est évidemment pas le seul facteur en jeu. Plus précisément, la tolérance des milices anti-balaka à la présence des musulmans varie considérablement en fonction de l’appartenance ethnique ou nationale des musulmans et de leur degré de parenté ou d’autres liens avec la communauté chrétienne. Les musulmans appartenant à des groupes ethniques considérés comme autochtones – comme les Gbayas – ont plus de chances d’êtres autorisés à rester que les autres groupes.

 

En revanche, les musulmans perçus comme des Tchadiens ou des Soudanais – immigrés ou bien enfants ou petits-enfants d’immigrés tchadiens ou soudanais en République centrafricaine – risquent davantage d’être perçus comme des ennemis. “Les Arabes n’auront jamais le droit de revenir”, a déclaré un musulman en parlant des descendants des Tchadiens et des Soudanais. “Pour les anti-balaka, ils sont à tout jamais liés à la Séléka.” 1 Plus de 30 000 musulmans mènent actuellement une vie étriquée dans les enclaves protégées de la République centrafricaine tandis que des dizaines de milliers d’autres ont dû se réfugier à l’étranger. Les communautés musulmanes assiégées et sans protection de l’ouest de la République centrafricaine sont par comparaison relativement petites – avec probablement moins de 500 personnes au total – mais elles revêtent une importance sans commune mesure avec leur taille. Le degré de sécurité et de liberté de religion dont elles jouissent constituera un important baromètre qui déterminera si les autres musulmans peuvent rentrer, ainsi que le moment et les conditions de ce retour. Il y a beaucoup à faire.

 

METHODOLOGIE

 

Cette note traite de la situation des musulmans dans le tiers ouest de la République centrafricaine, région secouée par une violente vague de nettoyage ethnique de janvier à mars 20142 . En d’autres termes, elle porte sur la région comprise entre les villes de Damara, Sibut et Kaga Bandoro d’une part, et la frontière camerounaise d’autre part, et examine les conditions qui prévalent dans les petits villages et villes où ne sont pas stationnent les forces internationales de maintien de la paix. Et à l’intérieur de cette vaste région, ce document porte principalement sur la situation des musulmans vivant dans les préfectures de Mambéré Kadeï, Lobaye et Sangha-Mbaéré, dans lesquelles des délégués d’Amnesty International se sont rendus en novembre 2014 et mai 2015, mais elle comporte également des informations sur d’autres zones.

 

Au cours de leurs missions de 2014 et 2015 dans le pays, les délégués d’Amnesty International se sont également rendus dans les préfectures d’Ombella-M’poko, d’Ouaka, de Kemo-Gribingui et d’Ouham. Cette note a été principalement établie sur la base d’entrevues avec plus de 60 musulmans de ces zones, complétés par des entretiens téléphoniques avec des dizaines d’autres personnes. Certains musulmans interviewés vivent maintenant dans des enclaves protégées, mais la plupart continuent à vivre dans leur communauté d’origine. Il s’agit en général d’entrevues individuelles, réalisées dans la mesure du possible en privé, et les personnes qui les ont menées ont comparé les témoignages afin de vérifier les informations. Tous les noms des personnes citées dans ce document ont été changés pour protéger leur identité. Amnesty International s’est également entretenue avec des représentants locaux du gouvernement, des autorités religieuses, des représentants des Nations unies et représentants d’organisations non gouvernementales (ONG), ainsi qu’avec des personnes appartenant à la majorité chrétienne dans les zones où habitaient des musulmans. Elle s’est entretenue avec plus de 85 personnes au total.

 

CONTEXTE

 

La violence gratuite des forces de la Séléka, qui ont pris le pouvoir fin mars 2013 lors d’un coup d’État, a généré beaucoup de colère et de ressentiment. Perçue par de nombreux Centrafricains comme une force étrangère – formée de Tchadiens et de Soudanais – favorisant les membres de la minorité musulmane du pays, la Séléka a multiplié les atteintes aux droits humains : actes de torture, violence sexuelle, exécutions extrajudiciaires et à la violence et à la terreur, des populations civiles appartenant à une communauté ethnique ou religieuse distincte de certaines zones géographiques [...] Il s'agit en l'occurrence d'occuper un territoire et d'expulser le groupe ou les groupes indésirables. »

 

Rapport de la Commission d’experts des Nations unies établi conformément à la résolution 780 (1992) du Conseil de sécurité [27 mai 1994], en anglais. De nombreux experts ont conclu que les milices anti-balaka s’étaient livrées à un nettoyage ethnique en République centrafricaine. En particulier, la commission d’enquête internationale sur la République centrafricaine a conclu que « les anti-balaka avaient commis, dans les zones où vivaient des musulmans, de multiples crimes contre l’humanité ayant les caractéristiques du nettoyage ethnique ». Nations unies, Rapport final de la Commission d'enquête internationale sur la République centrafricaine, doc. ONU S/2014/928, 22 décembre 2014, p. 96 (en anglais).

 

disparitions forcées, entre autres. Des milices anti-balaka constituées pour l’essentiel de chrétiens et d’animistes, soutenues – et dans une certaine mesure menées – par des membres des anciennes forces armées restées loyales à l’ancien président François Bozizé, se sont organisées pour combattre la Séléka. En septembre 2013, elles ont commencé à attaquer des communautés musulmanes, prétendument en représailles aux violences exercées par la Séléka contre les non musulmans3 . Les attaques de la Séléka et des anti-balaka sur les civils se sont considérablement intensifiées en décembre 2013, tandis que l’animosité confessionnelle atteignait le summum. Les troupes françaises et celles de l’Union africaine (UA) déployées dans le pays en décembre ont limité le pouvoir de la Séléka, mais n’ont pas mis fin aux déprédations des anti-balaka4.

 

Michel Djotodia, le président alors en fonction, a démissionné le 10 janvier 2014 suite à de fortes pressions internationales. Immédiatement après sa démission, les forces de la Séléka ont commencé à se retirer de l’ouest du pays et à se regrouper dans leurs fiefs au nord et à l’est de Bangui. La vacance du pouvoir laissée par leur départ a été comblée par des milices anti-balaka dévastatrices, qui ont déclenché une violente vague de nettoyage ethnique pour contraindre les musulmans à quitter le pays5 . Des milliers de musulmans ont été tués et des dizaines de milliers ont fui6 . Les forces internationales de maintien de la paix, d’abord sous l’égide de l’UA puis des Nations unies, ont permis une certaine stabilisation du pays mais ne sont pas parvenues à restaurer complètement la sécurité7 . Aujourd’hui encore, les milices anti-balaka exercent une 3 Le démantèlement officiel de la Séléka en septembre 2013 n’a eu aucun impact significatif sur ses activités. Pour simplifier la lecture de ce document, Amnesty International désigne ce groupe sous le nom de Séléka (et non d’« ex-Seleka »). 4 En 2010, une force de maintien de la paix limitée, d’abord appelée Mission de consolidation de la paix en République Centrafricaine (MICOPAX), ou force multinationale de l'Afrique centrale (FOMAC), a dans un premier temps été autorisée à intervenir sous l’égide de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC).

 

À la mi-décembre 2013, cette force a été restructurée et placée sous l’égide de l’UA, dénommée Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), et ses effectifs ont été amplement renforcés. Au début de ce mois, des forces françaises, quelques centaines de soldats, avaient également été déployées en République centrafricaine dans le cadre de l’opération Sangaris. 5 Amnesty International, République centrafricaine. Nettoyage ethnique et tueries intercommunautaires (AFR 19/004/2014).

 

6 Voir Krista Larson, “More than 5,000 dead in Central African Republic”, Associated Press, 12 septembre 2014 ; Nations unies, Rapport final de la Commission d'enquête internationale sur la République centrafricaine, doc. ONU S/2014/928, 22 décembre 2014, p. 19 et 127 (en anglais).

 

7 Le 15 septembre 2014 les forces de l’UA ont été intégrées à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et leurs effectifs ont été renforcés.

 

La MINUSCA, dont le mandat prévoit un effectif de 10 750 militaires et 2 120 policiers, dispose actuellement d’environ 8 300 militaires et 1 500 policiers. Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine, Faits et chiffres, 31 mars emprise considérable sur les zones que les forces de la Séléka ont quittées. Le gouvernement de la République centrafricaine n’a pas encore rétablir son autorité sur l’ensemble du pays. Les forces armées internationales sont insuffisantes et, selon de nombreuses sources, on les voit pour la plupart passer plus de temps dans leurs casernes que mener des patrouilles. Les autorités gouvernementales et religieuses locales de plusieurs zones isolées ont déclaré à Amnesty International qu’elles avaient rarement vu les casques bleus l’année précédente.

 

INSÉCURITÉ ET CIBLAGE DES MUSULMANS VIOLENCE INCESSANTE ET ABSENCE DE PROTECTION

 

Début 2014, alors que le nettoyage ethnique se poursuivait avec violence, quelques musulmans à la recherche de sécurité se sont regroupés dans des enclaves protégées par les forces internationales de maintien de la paix, dont la plupart existent encore. Actuellement plus de 30 000 musulmans vivent dans sept enclaves situées dans l’ouest de la République centrafricaine (PK5 à Bangui, Boda, Yaloke, Carnot, Berberati, Bouar et Dekoa), où les forces internationales de maintien de la paix continuent à les protéger8 . À l’extérieur de Bangui, où l’on trouve de très nombreuses troupes de maintien de la paix, et des villes où stationnent ces troupes, dans l’ouest de la République centrafricaine les musulmans ne sont que peu ou pas protégés des milices anti-balaka et des autres forces dites d’autodéfense. Si les musulmans peuvent rester dans leurs villes et villages, c’est parce que la communauté locale et plus particulièrement les milices armées le leur permettent. 2015. 8 Ces enclaves sont très différentes les unes des autres par leur taille, leurs conditions, etc. L’enclave PK5 s’étend sur plusieurs kilomètres carrés et abrite plus de 20 000 personnes ; celle de Boda abrite également plusieurs milliers de personnes. Les autres sont plus petites par leur taille et leur population.

 

Les enclaves de Carnot et Berberati, par exemple, toutes deux situées dans l’enceinte de propriétés de l’Église catholique, n’abritent chacune que quelques centaines de personnes ; dans celle de Bouar il y a 1 600 personnes ; dans celle de Dekoa 70 seulement. Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Operational Update, Central African Republic, avril - mai 2015. Un groupe de musulmans, qui a atteint 60 personnes à un moment donné, vit également dans le camp de la MINUSCA à Mbaiki (préfecture de Lobaye, région du sud-ouest). Mais avec le temps, la plupart des musulmans de Mbaiki ont quitté ce camp pour s’installer dans la ville ; une douzaine de personnes seulement restent aujourd’hui dans ce camp (propos recueillis par Amnesty International, Mbaiki, 6 mai 2015). Il n’est pas inutile de souligner que, pour des musulmans, il est beaucoup plus sûr de vivre dans une ville où stationnent des forces de la MINUSCA que dans une ville où il n’y en a pas. Pourtant dans la plupart des villes et villages où vivent des petits groupes de musulmans, il n’y a pas de casques bleus et leurs visites sont rares.

 

Certains musulmans avec lesquels Amnesty International s’est entretenue ont dit qu’ils étaient « protégés » par les milices anti-balaka locales ; en fait, certains ont payé des sommes considérables pour obtenir cette protection. D’autres avaient des parents chrétiens – cousins ou belle-famille – qui faisaient pression en leur nom sur des membres des groupes armés. Presque tous les musulmans avec lesquels Amnesty International s’est entretenue avaient fui dans la brousse dès les premières attaques des anti-balaka sur leurs villages. Certains avaient passé quelques jours dans la brousse avant de rentrer chez eux ; d’autres y avaient passé des semaines ou des mois. « Toute ma famille s’est enfuie dès que les premiers anti-balaka sont arrivés », se souvient Moussa J., de Guen, dont le père était un musulman converti et la mère une chrétienne9. « Nous avons passé deux semaines dans la brousse, puis nous avons été capturés et pris en otage par les anti-balaka. Ensuite, mon cousin a négocié notre libération et nous avons pu rentrer chez nous. Nous avons payé 50 000 francs CFA pour ne pas être tués10 . » La milice anti-balaka qui est venue à Guen en février 2014 avait déjà massacré plus de 70 musulmans en quelques jours11 . En dépit de leur libération, Moussa J. et sa famille continuent à recevoir des menaces de mort et à être harcelés. « Nous devions payer sans arrêt les anti-balaka. Et un jour il ne nous est plus resté d’argent. Comme les chrétiens de ma famille m’aimaient beaucoup, ils ont continué à négocier avec les anti-balaka pour me sauver.»

 

L’intensité des violences dans l’ouest de la République centrafricaine a culminé en mars 2014 et au cours des 12 derniers mois, la sécurité s’est peu à peu améliorée. Mais les musulmans qui ont pris le risque de rester dans cette région demeurent extrêmement vulnérables. Quelques-uns ont été tués et beaucoup ont dû fuir, encore tout récemment. « Les anti-balaka ont tué mon mari », a déclaré Fatima A., dont l’époux a été tué à Gadzi (préfecture de Mambéré Kadeï) le 12 février 201512 . Quelques mois plus tôt, vers octobre 2014, son frère avait été tué par le même groupe. Cinq combattants anti-balaka se sont présentés à la porte de Fatima à quatre heures du matin, la nuit où ils ont tué son mari, un boulanger considéré comme le chef de la communauté haoussa de Gadzi. Ils ont tiré sur son mari devant elle et ont laissé son corps. Sa famille l’a enterré aux abords de la concession familiale. Comme il n’y a pas de police à Gadzi, il n’y a jamais eu d’enquête sur ce meurtre. 9 Propos recueillis par Amnesty International, Guen, 12 mai 2015. Les noms des personnes interviewées ont été modifiés afin de protéger leur identité. 10 50 000 francs CFA équivalent à environ 76 euros. 11 Human Rights Watch, République centrafricaine : Des massacres perpétrés dans des villages reculés, 3 avril 2014. 12 Propos recueillis par Amnesty International, Gadzi, 11 mai 2015.

 

Les anti-balaka qui ont tué le mari de Fatima ont également tenté de tuer le mari de sa sœur, Adama A., âgé de 64 ans, qui vivait avec la famille à Gadzi. Il a réussi à s’enfuir la nuit où son beau-frère a été tué, mais il a dû se cacher à l’intérieur de la propriété familiale pendant deux semaines, jusqu’à ce que les troupes de la MINUSCA passent dans le village et l’emmènent ailleurs. Quand Amnesty International s’est entretenue avec Fatima, en mai, ellemême et d’autres membres de sa famille se demandaient encore s’ils devaient fuir ou non. Ils avaient décidé de rester à Gadzi jusqu’aux récoltes, mais d’envoyer leurs enfants dans l’enclave musulmane de Carnot. Les éleveurs peulhs de la région ont été confrontés à des problèmes spécifiques, car ils ont perdu leurs animaux et, dans certains cas, ils ont été piégés dans des villages isolés13 . Amnesty International s’est entretenue avec cinq éleveurs peuhls qui ont été secourus par les soldats de la MINUSCA des petits villages des préfectures d’Ombella-M’Poko et Mambéré-Kadeï et conduits dans l’enclave musulmane de Yaloke en avril et mai 201514 .

 

Tous avaient traversé de grands dangers et des épreuves considérables, notamment pendant les premiers mois de 2014, et aucun d’eux n’avait la liberté de sortir des villages où ils vivaient

15 . Cependant, il était clair que les relations des éleveurs avec les communautés majoritaires et les milices anti-balaka étaient très différentes d’un village à l’autre. Certains avaient essentiellement été pris en otage et terriblement maltraités, d’autres avaient le sentiment d’avoir été protégés par les gens qui étaient leurs amis16 .

13 Voir Human Rights Watch, République centrafricaine : Les musulmans sont pris au piège dans des enclaves, 22 décembre 2014 ; Human Rights Watch, République centrafricaine : Des musulmanes sont retenues en captivité et violées, 22 avril 2015.

14 Le commandant des forces bangladaises faisant partie du contingent de la MINUSCA a déclaré à Amnesty International que ses troupes avaient mené quatre opérations pour transférer au total 79 musulmans des villages de Lambi, Pondo et Mbaina, par exemple, à Yaloke. Propos recueillis par Amnesty International auprès du major Jashimuddin, Bossembele, 15 mai 2015. Le HCR a évoqué le chiffre de 91 personnes. HCR, Operational Update, Central African Republic, avril - mai 2015.

 

15 Ils ont tous fait des récits terribles sur la manière dont ils avaient échappé à la mort au plus fort du nettoyage ethnique, début 2014. Propos recueillis par Amnesty International, Yaloke, 16 mai 2015.

 

16 Voir Human Rights Watch, République centrafricaine : Des musulmanes sont retenues en captivité et violées, 22 avril 2015 (description des viols et meurtres). Mais tous les musulmans vivant dans ces villages ne souhaitaient pas les quitter, ce qui atteste de la complexité de la situation. Après un entretien individuel avec des employés du HCR, certaines personnes ont décidé de rester. Propos recueillis par Amnesty International auprès d’un représentant du HCR, Bangui, 18 mai 2015. Plusieurs musulmans sont restés dans les villages de Donboro, Zaoroyanga et Mbaina, par exemple, alors même que la MINUSCA leur avait proposé de les conduire en toute sécurité à Yaloke. Et l’un des chrétiens habitant à Zaoroyanga était si préoccupé par la sécurité d’un musulman qui avait décidé de partir (pour des raisons économiques) qu’il a accompagné son ami musulman jusqu’à Yaloke. « Il m’a hébergé chez lui, il m’a nourri, il m’a donné tout le nécessaire », se souvient l’autre homme, attendri. Propos recueillis par Amnesty International, Yaloke, 16 mai 2015.

 

LE ROLE DE L’APPARTENANCE ETHNIQUE, DES LIENS FAMILIAUX ET DE L’ORIGINE NATIONALE

 

Amnesty International a constaté que l’appartenance ethnique, les liens familiaux et l’origine nationale des musulmans déterminaient en grande partie leur capacité à rester ou non rester avec un minimum de sécurité dans leur ville ou village d’origine. Certains groupes ethniques et nationaux sont relativement bien perçus, tandis que d’autres continuent à rencontrer une forte hostilité. Moussa J., originaire de Guen, a expliqué que, l’année dernière, son ascendance ethnique avait amplement facilité sa libération et celle de sa famille par les anti-balaka qui le retenaient en otage. « Les gens savaient que ma mère était une Centrafricaine chrétienne, une Gbaya. Ils ont dit : “Nous ne pouvons pas le tuer17”. » Amnesty International a constaté qu’une proportion importante des musulmans ayant pu rester dans leur ville ou village avaient une mère chrétienne originaire de la région et qu’on les considérait par conséquent moins comme des « étrangers » que d’autres musulmans. Les musulmans descendant de Maliens et de Sénégalais semblaient également mieux acceptés que ceux ayant d’autres origines, car on considérait qu’ils étaient restés relativement neutres sous le régime de la Séléka18 . En revanche, les musulmans d’origine tchadienne ou soudanaise, tout comme les éleveurs mbororos dans une moindre mesure, étaient largement perçus comme des complices des exactions de la Séléka19 . Comme ce sentiment est largement partagé et que l’on fait porter aux communautés tchadiennes, soudanaises et mbororos une culpabilité collective, leur réintégration pose des problèmes beaucoup plus importants. « Jamais ! » a répondu un important homme d’affaires chrétien à Gadzi quand on lui a demandé si des musulmans tchadiens ou soudanais pourraient revenir 20. Beaucoup d’autres ont dit la même chose avec la même véhémence. En fait, même d’autres musulmans ont affirmé que les perspectives de retour des descendants de Tchadiens ou de Soudanais dans 17

 

Propos recueillis par Amnesty International, Guen, 12 mai 2015. 18 Cette discrimination entre groupes ethniques était encore plus évidente pendant le nettoyage ethnique de 2014.

 

Tous les musulmans étaient en grand danger, mais les musulmans maliens et sénégalais étaient moins ciblés que les musulmans tchadiens et soudanais. Par exemple, dans la ville de Bouguere, où des dizaines de musulmans ont été tués le 10 février 2014, les membres des milices anti-balaka responsables du massacre ont permis à des Maliens entassés dans un grand camion de s’échapper. Mais quand ils ont trouvé un jeune homme qui leur a semblé arabe, ils l’ont traîné hors du camion et l’ont tué.

 

19 Remarque terminologique : les termes « Peulh » et « Mbororo » sont jusqu’à un certain point interchangeables, car ils désignent les pasteurs traditionnellement nomades ou semi-nomades (les termes « Fulani » et « Fulbé » désignent également ce groupe ethnique). Toutefois certains Peuhls ne sont plus des pasteurs : ils sont devenus commerçants, et certains d’entre eux se présentent comme des Peulhs sédentaires. L’hostilité envers les Peulhs de la République centrafricaine a tendance à se focaliser sur les éleveurs peulhs, que l’on désigne souvent sous le terme « Mbororo ».

20 Propos recueillis par Amnesty International, Gadzi, 11 mai 2015.

 

ces zones rurales étaient faibles21 . L’appartenance ethnique et l’apparence des musulmans – s’il est possible de les identifier comme des musulmans – affectent également beaucoup leur liberté de mouvement. Les musulmans qui ressemblent à d’autres membres de la communauté plutôt qu’à des Arabes ou à des Peulhs sont plus libres de se déplacer dans l’ensemble du pays22 .

 

ATTEINTES AU DROIT À LA LIBERTÉ DE RELIGION

 

En dehors des quelques enclaves protégées (et dans une moindre mesure de certains quartiers de Bangui), l’absence de sécurité, dans la vaste zone de l’ouest centrafricain étudiée par Amnesty International, empêche les musulmans de pratiquer ou de manifester ouvertement leur religion. Dans la mesure où leur présence est tolérée par les milices antibalaka, ils ne peuvent pas afficher leur identité religieuse ou leur foi en l’islam. Ils ne peuvent ni prier (si ce n’est en secret), ni porter les vêtements traditionnels musulmans, comme la djellaba (boubou) pour les hommes, ni reconstruire leurs mosquées. Ces restrictions sont déraisonnables et injustifiées. La République centrafricaine a l’obligation, au regard du droit international, de respecter et de protéger le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, notamment le droit de pratiquer ouvertement sa religion sans interférence arbitraire

23 .

21 Propos recueillis par Amnesty International dans de nombreux villages et villes de l’ouest de la République centrafricaine, novembre 2014 et mai 2015.

 

22 Propos recueillis par Amnesty International dans de nombreux villages et villes de l’ouest de la République centrafricaine, novembre 2014 et mai 2015. 23 Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), art. 18 ; voir également la Déclaration universelle des droits de l’homme, art. 9 et la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, art. 8.

 

Le fait que ces restrictions soient imposées par les milices anti-balaka et non directement par le gouvernement de la République centrafricaine ne dispense pas celui-ci de ses responsabilités, car le gouvernement a l’obligation de veiller à ce que toute personne puisse exercer ses droits humains sans discrimination, y compris son droit à la liberté de religion. Déclaration sur l’élimination de toutes les formes d’intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction, Assemblée générale des Nations unies, doc. ONU A/RES/36/55 [1981], art. 4 (lequel dispose que « les États prendront des mesures efficaces pour prévenir et éliminer toute discrimination fondée sur la religion ou la conviction, dans la reconnaissance, l'exercice et la jouissance des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans tous les domaines de la vie civile, économique, politique, sociale et culturelle ».)

 

CONVERSIONS FORCEES AU CHRISTIANISME

 

Dans au moins cinq villes et villages de l’ouest de la République centrafricaine, des musulmans se sont convertis au christianisme sous la pression, entre autres sous la menace de mort. Ils ne sont pas très nombreux – quelques dizaines, et non des centaines – mais le problème est extrêmement grave. Il est révélateur d’une intolérance frappante et injustifiée à l’égard de la pratique de l’islam. Omaru F., qui travaille comme mineur dans une mine de diamants, a décrit la conversion forcée de 10 personnes à Bania, village de la préfecture de Mamberé Kadeï

 

24 . Il a raconté que des milices anti-balaka venus des villes de Carnot et Bouar avaient attaqué Bania en février 2014, tuant deux chefs musulmans âgés et obligeant les autres musulmans restés dans le village à fuir dans la forêt et à se cacher en petits groupes

 

25 . Il a précisé que quelques semaines plus tard le chef du village et un pasteur protestant étaient allés informer les musulmans dans la forêt que s’ils ne revenaient pas, les milices anti-balaka les pourchasseraient et les tueraient. Mais pour retourner au village, ils devraient se convertir au christianisme. Après leur baptême, cérémonie établissant leur conversion à l’Église apostolique, à laquelle assistait le chef du village, les musulmans « devaient montrer aux anti-balaka [leur] acte de baptême pour ne pas être tués », a déclaré Omaru. Et il a ajouté qu’en dépit de son baptême il n’acceptait pas la religion chrétienne dans son cœur et que le harcèlement confessionnel avait continué, c’est pourquoi il avait fui à Berberati un mois plus tard. Des musulmans ont déclaré à Amnesty International en mai 2015, à Bania, que depuis lors la situation s’était quelque peu améliorée, mais qu’ils étaient encore parfois menacés par les milices antibalaka venant d’autres villages et que plusieurs d’entre eux restaient chrétiens pour des raisons de sécurité

 

26 . Les musulmans d’une ville moyenne de la sous-préfecture de Bambio (préfecture de SanghaMbaéré) ont fait un récit semblable

 

27 . Jusqu’en 2014, plus de 120 musulmans vivaient dans cette ville, qui était un pôle commercial dynamique. Mais quand les anti-balaka ont attaqué la zone, la communauté musulmane dans sa presque quasi-totalité a fui. Aujourd’hui il ne reste de cette communauté que quatre frères et trois sœurs, âgés de 15 à 23 ans.

 

Ces jeunes sont nés en République centrafricaine, comme leur père (leur grand-père paternel étant né au Tchad).

 

24 Propos recueillis par Amnesty International, Berberati, 10 mai 2015.

 

25 Selon plusieurs sources originaires de Bania, les anti-balaka ont tué Souleiman, responsable de la communauté musulmane, 75 ans, et Mamaissa (ou Mahamat), un ancien imam âgé de 90 ans. La majorité des musulmans de Bania avait fui avant l’arrivée des anti-balaka. Propos recueillis par Amnesty International, Bania, 8 mai 2015.

 

26 À Bania, des musulmans ont indiqué que les anti-balaka locaux se montraient relativement tolérants – et parfois même protecteurs – mais que ceux qui venaient d’ailleurs étaient beaucoup plus dangereux. Propos recueillis par Amnesty International, Bania, 8 mai 2015.

 

27 Amnesty International ne révèle pas le nom de cette ville pour éviter que ses sources ne subissent des représailles.

 

Pourtant s’ils ont pu rester dans cette ville quand les autres musulmans l’ont quittée, c’est uniquement parce que leur mère était chrétienne et parce qu’ils avaient de nombreux cousins chrétiens qui les ont cachés et protégés. Mais pour être autorisés à rester ils n’ont eu d’autre choix que de se convertir au catholicisme. « Nous n’avons pas eu le choix : nous avons dû nous convertir au catholicisme», a déclaré l’aîné à Amnesty International. «Les anti-balaka ont juré de nous tuer si nous ne le faisions pas. » L’un de ses frères a indiqué que les membres de la famille étaient obligés d’aller à la messe tous les dimanches. « Nous devons prouver que nous sommes réellement catholiques », a-t-il expliqué

 

28 . À Bambio (préfecture de Sangha-Mbaéré), une famille de musulmans au sens large est restée quand les autres ont fui, mais au prix d’une conversion. « Les anti-balaka nous ont dit d’aller à l’église, se souvient Abdoulaye A. Ils nous ont dit : “Si vous n’y allez pas, nous vous tuerons»

 

29”.  À Guen, petite ville de la préfecture de Mambéré-Kadeï, plusieurs musulmans se sont convertis au christianisme dans des conditions similaires. Les milices anti-balaka y ont sommairement tué de nombreux musulmans en février 2014 et elles continuent à exercer un important pouvoir dans la région

 

30 . « Les pressions pour obliger les gens à se convertir au christianisme sont énormes », a déclaré Adum Y., agriculteur à Guen. « Je connais au moins huit personnes qui se sont converties. Mais il n’y a qu’un Dieu, alors je ne vais pas me convertir : je suis musulman et je serai toujours musulman. » Adum a déclaré que certains des convertis étaient des chrétiens qui s’étaient antérieurement convertis à l’islam et qui se reconvertissaient

 

31 . Des conversions forcées ont également été signalées à Balego et Boyballé, villages de la préfecture de Mambéré Kadeï. Un homme a indiqué qu’on ne l’avait pas obligé à se convertir par la violence mais qu’on l’avait menacé de sanctions financières s’il n’obtempérait pas. « Si vous refusez d’être baptisé, vous devez payer une amende », a déclaré Hassan I., 61 ans, qui a habité Balego jusqu’à tout récemment

32 .

28 Propos recueillis par Amnesty International, 7 mai 2015.

29 Propos recueillis par Amnesty International, Bambio, 9 mai 2015. 30 Les milices anti-balaka ont tué au moins 72 musulmans à Guen, début février 2014. Voir Krista Larson, “70 Muslims killed in Central African Republic town”, Associated Press, 24 février 2014 ; Human Rights Watch, République centrafricaine : Des massacres perpétrés dans des villages reculés, 3 avril 2014. Amnesty International s’est entretenue avec plusieurs habitants de Guen, y compris avec deux chefs de quartier, qui ont déclaré que les combattants armés anti-balaka détenaient encore un véritable pouvoir en ville et qu’ils tiraient profit de l’extraction des diamants dans cette zone. Propos recueillis par Amnesty International, Guen, 12 mai 2015.

 

31 Propos recueillis par Amnesty International, Guen, 12 mai 2015.

 

32 Propos recueillis par Amnesty International, Berberati, 10 mai 2015.

 

Dans certains villages où une très forte pression s’exerce, des musulmans ont pris le risque de rester musulmans tandis que d’autres se sont convertis par peur. Jean-Bosco N., agriculteur à Zalingo (préfecture de Lobaye), a déclaré à Amnesty International qu’il était devenu musulman en 1978, mais qu’en 2014 il s’était reconverti au christianisme. Il est devenu fidèle de l’Église baptiste parce qu’il avait peur des milices anti-balaka qui menaient des attaques dans la région : elles avaient tué plusieurs musulmans et détruit deux mosquées. Des dizaines d’autres personnes à Zalingo, dont la femme d’un homme assassiné, continuent de se considérer comme des musulmans.

 

LA PRIERE ET D’AUTRES PRATIQUES RELIGIEUSES INTERDITES

 

De fait, il est partout interdit aux musulmans de prier. « Nous ne pouvons prier que seuls, chez nous, en secret », a déclaré Ali I., dans le village de Bania

 

33 . Cette affirmation, des dizaines d’autres musulmans l’ont faite à Amnesty International. « Pour nous, il est de fait illégal de prier, a déclaré Abdou Y., à Mbaiki. Nous devons nous cacher, prier en vitesse et tout seul. Les prières collectives du vendredi sont impossibles

 

34 . » Certains musulmans ont affirmé qu’ils avaient même peur de prier chez eux, parce que si quelqu’un les voyait ils auraient des problèmes

 

35 . Des musulmans ont également déclaré qu’ils ne pouvaient pas célébrer le ramadan ni d’autres fêtes religieuses parce qu’ils étaient menacés. Beaucoup ont fait part de l’angoisse terrible que généraient ces interdictions, car ils avaient l’impression de bafouer les grands principes de leur religion.

 

AUTRES RESTRICTIONS PESANT SUR L’IDENTITE MUSULMANE

 

Les musulmans avec lesquels Amnesty International s’est entretenue ont décrit d’autres restrictions pesant sur eux sur la base de leur identité musulmane présumée. Par exemple, les habitants musulmans de plusieurs villages ont dit qu’on ne leur permettait pas de parler le fulbe, qui est la langue parlée par les Peulhs musulmans

 

36 . À la place, ils étaient censés parler le sango, langue nationale du pays, ou le gbaya, langue parlée par le groupe ethnique majoritaire du pays. Ces restrictions informelles ont été imposées par les milices anti-balaka semble-t-il avec le soutien apparent de la collectivité en général.

 

33 Propos recueillis par Amnesty International, Bania, 8 mai 2015. 34 Propos recueillis par Amnesty International, Mbaiki, 1 er novembre 2014. 35 Ils manquent aussi de tapis de prière, car ils les ont perdus lorsque leurs maisons ont été pillées. « J’ai mis un sac sur le sol pour prier », a dit un homme. Propos recueillis par Amnesty International, Guen, 12 mai 2015. 36 Propos recueillis par Amnesty International à Guen, Bambio, Boboua, Gadzi et Boudjala, novembre 2014 et mai 2015.

 

« Ils m’ont menacé de me tuer si je ne parlais pas le gbaya », a déclaré un jeune musulman de Guen qui avait été pris en otage par les milices anti-balaka en février 2014. « J’ai fait de mon mieux pour le parler, alors que je ne l’ai jamais appris

 

37 . » La pression obligeant les musulmans à rester invisibles concerne aussi les vêtements. Avant 2014, de nombreux musulmans étaient reconnaissables à leur calotte musulmane, et dans certains cas à leur ample boubou. Quant aux musulmanes, on les identifiait à leur foulard. Il est désormais quasiment impossible de porter ces vêtements traditionnels musulmans hors des enclaves protégées, sauf pour les non-musulmans.

 

« Si vous voyez quelqu’un porter des vêtements musulmans, ce sera un anti-balaka, a déclaré Adum Y. à Guen. Ce sont eux qui ont volé tous nos vêtements et maintenant ils les portent pour nous humilier

38 . » En diverses occasions, les délégués d’Amnesty International ont vu des membres des milices anti-balaka notoires porter des vêtements traditionnels musulmans, y compris des chefs vêtus de boubous façonnés. Un musulman aisé qui vivait à Bangui a exprimé son opinion à Amnesty International : selon lui, la situation à Bangui s’était suffisamment améliorée pour qu’il puisse porter un boubou en ville dans certaines occasions, mais il ne se rendait que dans certaines zones ainsi vêtu

 

39 . À Bangui, d’autres musulmans ont déclaré que, lorsqu’ils sortaient de l’enclave PK5, ils prenaient soin de ne pas porter de vêtements musulmans identifiables, car ils avaient l’impression que cela les mettrait en danger. Certains musulmans ont également expliqué à Amnesty International qu’ils avaient pris des noms chrétiens et qu’ils les utilisaient avec toute personne étrangère à leur cercle d’amis fiables ou à leur famille. À Guen, Adum Y. a déclaré qu’il demeurait musulman, mais qu’il n’avait révélé son identité qu’à quelques musulmans

 

40 . Ailleurs, un musulman du nom d’Issa avait transformé son nom en Jésus

41 . À Bambio, un musulman converti au christianisme a déclaré que son prénom musulman lui avait causé des problèmes et qu’il envisageait d’en changer

42 . Il a ajouté que le chef du quartier où il vivait, le quartier Haoussa, allait probablement changer le nom de ce quartier en raison de la pression exercée par les anti-balaka.

37 Propos recueillis par Amnesty International, Guen, 11 mai 2015.

38 Propos recueillis par Amnesty International, Guen, 12 mai 2015.

 

39 Propos recueillis par Amnesty International, Bangui, 18 mai 2015. En outre, Amnesty International a rencontré, à Carnot, un négociant en diamants qui portait le boubou : il ne se trouvait pas dans l’enclave protégée mais tout de même juste à côté de la porte de la base de la MINUSCA.

40 Propos recueillis par Amnesty International, Guen, 12 mai 2015.

 

41 Propos recueillis par Amnesty International, Mambele, 8 mai 2015.

 

42 Propos recueillis par Amnesty International, Bambio, 9 mai 2015. Cet homme a dit que des malfaiteurs anti-balaka de la zone de Boda l’avaient physiquement menacé à de nombreuses reprises.

 

Toutes ces restrictions aboutissent à l’élimination de l’identité musulmane. « Notre communauté n’a plus d’existence », a déclaré une femme à Gadzi43 . Un autre homme a été plus concret : « Nous ne pouvons pas prier ensemble ; nous ne pouvons pas nous réunir : nous devons nous cacher44 ».

DESTRUCTION DES MOSQUÉES

 

Outre les massacres, les tueries sectaires et le nettoyage ethnique à grande échelle, la destruction des mosquées du pays est l’un des signes les plus évidents de la violence de l’animosité confessionnelle. Ville après ville, village après village, des mosquées ont été pillées, vandalisées, détériorées ou détruites début 2014 tandis que la population musulmane était chassée. Certains estimaient à plus de 400 le nombre des mosquées détruites

 

45 . Amnesty International a vu des mosquées partiellement ou totalement détruites dans des villes et des villages de toute la République centrafricaine, notamment à Bangui, Yaloké, Bosemptélé, Boali, Boali Poste, Bossembélé, Baoro, Bouar, Zawa, Mbaiki, Boboua, Bomandoro, Boudjoula, Zalingo, Bogueré, Bambio, Mambélé, Balego, Bania, Yamando, Berberati, Carnot, Irmabaro, Zaorosongou, Guen et Gadzi

 

46 . Dans plusieurs villes, plus d’une mosquée avait été détruite

 

47 . Au total, au cours de leurs missions de novembre 2014 et mai 2015 dans ce pays, les chercheurs d’Amnesty International ont vu plus de 50 mosquées endommagées ou détruites. Dans les cas les plus extrêmes, les mosquées ont été transformées en tas de pierres. Il n’y a maintenant presque plus de traces de la mosquée qui s’élevait dans la rue principale de Bimbo, ville de la périphérie de Bangui, ou de celle de Fouh, quartier de Bangui : seules leurs fondations demeurent. De nombreuses autres mosquées n’ont plus de toit, il ne reste que les murs, mais ils sont défigurés par des graffitis anti-musulmans. Aucune mosquée à l’extérieur des enclaves protégées n’a échappé au saccage à grande échelle : les corans et autres textes religieux ont disparu, de même que les objets servant au rituel, les tapis de prière et les portes de bois. Il est en outre préoccupant de constater que les attaques contre des mosquées se poursuivent dans certaines zones. À Zaorosongou, à l’est de Carnot, les milices anti-balaka ont gravement endommagé une mosquée début avril 2015. Alors même que tous les musulmans de Zaorosongou avaient fui la ville un an auparavant, ses habitants ont déclaré

 

43 Propos recueillis par Amnesty International, Gadzi, 11 mai 2015.

44 Propos recueillis par Amnesty International, Bania, 8 mai 2015.

45 “US envoy: Nearly every CAR mosque destroyed in war”, Al Jazira, 18 mars 2015.

46 Amnesty International s’est rendue dans ces villes lors de différentes missions en 2014 et 2015.

 

47 Par exemple, les trois mosquées de Mbaiki ont été pillées ou endommagées. Auparavant, il y avait 11 mosquées à Carnot (préfecture de Mambéré-Kadeï) ; une seule continue de fonctionner. Identité effacée: Les musulmans dans les zones de la République centrafricaine soumises au nettoyage ethnique Index: AFR 19/2165/2015 Amnesty International juillet 2015 19 que les milices anti-balaka de la région craignaient que les musulmans ne reviennent ; détruire la mosquée c’était leur envoyer un message dissuasif. Le schéma est similaire à Bania : les quelques musulmans qui s’y sont maintenus après la destruction de la mosquée début 2015 ont déclaré que les anti-balaka avaient rasé la mosquée dans l’idée d’empêcher d’autres musulmans de revenir

 

48 Dans plusieurs zones, les musulmans ont déclaré qu’ils craignaient que l’on ne réussisse à faire revenir chez elles des communautés plus importantes de musulmans, car cela entraînerait d’autres détériorations et destructions de mosquées locales. Excepté à Bangui et Carnot, aucune mosquée endommagée ou détruite n’a été remise en état ou reconstruite. Dans tous les villages et toutes les villes de l’ouest de la République centrafricaine où des musulmans se sont maintenus, ceux-ci ont souligné qu’on ne leur permettait même pas d’envisager de réparer les dégâts. D’ailleurs, à Gadzi, une femme a déclaré à Amnesty International que des membres de la milice anti-balaka locale l’avaient menacée verbalement, simplement parce qu’elle avait essayé d’entrer dans les décombres de la mosquée de la ville

 

49 . A l’exception des quelques enclaves protégées, les mosquées à l’ouest de la République centrafricaine sont en grande partie vides, témoignage muet de la destruction des communautés musulmanes. Mais dans certains endroits, leur usage a été modifié. À Balego, ville proche de Berberati, Amnesty International a constaté qu’une mosquée avait été transformée en église évangélique

 

50 . Dans une autre ville de la même région, les bureaux d’une association locale occupaient une mosquée

 

51 . Il y a aussi des démarches plus encourageantes : dans au moins deux villes, des mosquées partiellement détruites ont été remises en état d’accueillir des offices religieux. Ce sont Bangui et Carnot. La première restaurée a été la mosquée Al Hatab à Carnot, l’une des 11 mosquées de la ville, qui toutes ont été pillées et endommagées fin janvier et début février 2014. La mosquée Al Hatab n’était pas une mosquée importante de Carnot, mais il a été décidé de la remettre en état parce qu’elle jouxte l’église qui a offert une protection aux musulmans menacés ; cette zone est devenue de fait l’enclave musulmane de la ville

 

52 . Depuis la mi-octobre 2014, cette mosquée rouvre pour la prière du vendredi. À Bangui, où quelque 33 mosquées ont été détruites, deux ont récemment rouvert à l’extérieur de l’enclave musulmane PK5. (Il y a, dans l’enclave PK5, cinq mosquées qui ont 48 À Bania, des musulmans ont dit qu’outre l’hostilité religieuse, d’importantes mesures économiques avaient été prises pour empêcher les retours à grande échelle : les chrétiens de la région, notamment les anti-balaka, se sont emparés de toutes les maisons de prix qui appartenaient antérieurement à des musulmans. 49 Propos recueillis par Amnesty International, Gadzi, 11 mai 2015. 50 Propos recueillis par Amnesty International, Balego, 9 mai 2015. 51 Propos recueillis par Amnesty International, Bambio, 6 novembre et 9 mai 2015. 52 L’enclave et la mosquée se trouvent également juste en face de la base où stationnent les troupes de la MINUSCA.

 

20 été protégées des attaques pendant la période d’épuration ethnique la plus intense, mais toutes les mosquées situées à l’extérieur ont été endommagées ou détruites à un moment ou à un autre pendant les violences.) La mosquée Lakouanga, située dans le deuxième arrondissement, a été la première à rouvrir alors qu’elle avait subi des dommages importants en mai 2014. Les rénovations ont été conduites par une commission formée de chrétiens et de musulmans de ce quartier, où les relations intercommunautaires sont depuis longtemps harmonieuses. (La mosquée avait été détruite à la suite de l’attaque, en avril 2014, de l’église Fatima par une foule étrangère au quartier.) L’ambassade de France est l’un des donateurs qui ont financé sa reconstruction

 

53. La mosquée a rouvert le 24 avril 2015 pour la prière du vendredi, mais avec un toit relativement fragile. Quand Amnesty International s’y est rendue fin mai 2015, les travaux de reconstruction se poursuivaient. « Depuis sa réouverture, il y a, tous les vendredis une immense foule ici, a déclaré Issa Nimaga, membre du comité exécutif de la mosquée. Les gens prient même dans la rue en face de la mosquée

 

54  « La mosquée Kina, située dans le troisième arrondissement, a également rouvert pour la prière du vendredi, alors même qu’il ne s’agit que d’un abri provisoire fait de bois et couvert d’une bâche goudronnée. L’imam a déclaré que la construction d’une structure plus durable était en projet

 

55 . Dans le deuxième arrondissement, une troisième mosquée, la mosquée Yapélé, petite et ornée, a été nettoyée en vue de sa restauration. Un groupe de musulmans et de chrétiens, dont des clercs protestants et catholiques, ont retiré ensemble les gravats et nettoyé les locaux

 

56 . Comme les murs de la mosquée sont encore debout, ils espèrent pouvoir reconstruire prochainement le toit, bien qu’il soit difficile à Bangui de se procurer des matériaux pour les toits. Dans de nombreuses zones, il est clair que les mosquées continuent d’être un point de friction entre les communautés. À plusieurs reprises, quand un représentant d’Amnesty International prenait des photos des mosquées détruites, des gens du quartier en profitaient pour exprimer leurs sentiments sur les musulmans qui avaient fui. À Poto-Poto, par exemple, ancien quartier musulman de Berberati ayant subi de gros dégâts début 2014, des gens en colère criaient : « Nous n’avons pas de mosquées ici. C’est l’Afrique centrale ! Nous n’avons besoin ni de mosquées ni de musulmans» !

 

53 Ambassade de France à Bangui, « À Bangui, l’ambassade de France s’associe à la reconstruction de la Mosquée de Lakouanga », 15 juin 2015 (l’ambassade a déclaré qu’elle participerait à la reconstruction à hauteur de 10 000 euros)

.

54 Propos recueillis par Amnesty International, Bangui, 18 mai 2015. 55 Propos recueillis par Amnesty International, Bangui, 19 mai 2015.

 

56 Propos recueillis par Amnesty International, Bangui, 18 mai 2015.

 

57 La Séléka et les combattants anti-balaka ont tous deux pillé et détruit des milliers de maisons

 

AUTRES ÉPREUVES PERTE DU LOGEMENT

 

58 . Quand les anti-balaka ont expulsé les musulmans de la plupart des régions du pays début 2014, ils ont détruit leurs maisons par vengeance et pour être sûrs que ces musulmans ne reviendraient pas. Mais parfois au lieu de les détruire, ils s’en sont emparés à titre de butin de guerre. Dans certaines régions, la population locale continue à s’emparer des maisons où logeaient des musulmans, dans certains cas, avec la complicité présumée des autorités locales

 

59 . Des considérations économiques incitent donc les personnes qui occupent des maisons de musulmans à décourager ces derniers de revenir. Amnesty International a constaté que de nombreux musulmans vivant à l’extérieur des enclaves protégées s’entassaient dans des maisons partiellement détruites et peu ou pas équipées (par exemple de lits) ou partageaient ces espaces avec d’autres familles.

 

RESTRICTIONS A LA LIBERTE DE MOUVEMENT ET CAPACITE DE TRAVAILLER ET DE GAGNER SA VIE

 

La liberté de circuler des musulmans, qu’ils vivent dans les enclaves protégées ou à l’extérieur, est gravement entravée, ce qui a un impact terrible sur leur capacité à travailler et à gagner de l’argent. De nombreux musulmans ont déclaré que les milices anti-balaka locales les connaissaient et ne leur créeraient pas de problèmes, mais qu’ils ne pouvaient pas sortir sans risques de ces zones circonscrites jouxtant leur village dans un minimum de sécurité, mais ils ne pouvaient pas se déplacer au-delà pour travailler dans les mines de diamants ou faire le commerce de ces pierres précieuses, alors qu’avant la crise les musulmans exerçaient couramment ce type d’activité. En outre, de nombreux commerces et entreprises qui appartenaient auparavant à des musulmans ont été accaparés par des chrétiens. Il y a toutefois certains signes encourageants. Protégés par la présence de la MINUSCA, les musulmans de Carnot, Berberati et Boda (villes où stationnent des troupes de la MINUSCA) réussissent de plus en plus à s’aventurer hors de leurs enclaves, mais les progrès sont lents. À Berberati en particulier, un groupe de 92 musulmans a récemment quitté l’enclave pour s’installer dans le quartier de Poto-Poto. Il s’agit d’une première

 

60 . La plupart pouvaient travailler dans les champs 57 Visite du quartier de Poto-Poto à Berberati, 10 mai 2015. 58 Voir par exemple, Amnesty International, République centrafricaine.

 

59 Voir Norwegian Refugee Council, Housing, land and property challenges for displaced people, 13 avril 2015 ; Norwegian Refugee Council, Displacement and Housing, Land and Property Rights in the Central African Republic, décembre 2014.

 

60 À l’exception des lieux comme les enclaves où les musulmans sont protégés par les casques bleus, dans l’ouest de la République centrafricaine, les musulmans ne peuvent rester dans leur ville ou leur village d’origine que si les combattants anti-balaka le leur permettent. Par conséquent, dans ces zones les musulmans craignent principalement les combattants anti-balaka qui viennent d’ailleurs. Propos recueillis par Amnesty International dans de nombreux villages et villes de l’ouest de la République centrafricaine, novembre 2014 et mai 2015.

 

61 . À Boda, les musulmans étendent leurs contacts géographiques et sociaux avec la population chrétienne, malgré la persistance de tensions importantes.

 

CONCLUSION

 

Les petits groupes de musulmans qui ont réintégré des villes et des villages à majorité chrétienne de l’ouest de la République centrafricaine constituent un baromètre capital. La manière dont ils sont traités, que ce soit en bien ou en mal, a d’importantes répercussions sur l’ensemble de la population musulmane du pays. Si leur situation s’améliore – si leurs droits fondamentaux sont respectés – d’autres musulmans les rejoindront. La réintégration des communautés musulmanes dans les zones de la République centrafricaine ayant été soumises au nettoyage ethnique constitue un objectif important et valable. Les efforts des musulmans pour réintégrer les villes et villages de l’ouest de la République centrafricaine doivent être encouragés et soutenus par le gouvernement centrafricain, la mission des Nations unies en République centrafricaine et l’ensemble de la communauté internationale. 61 Bureau des Nations unies pour la Coordination des Affaires humanitaires, République centrafricaine : Le Coordonnateur humanitaire salue le retour de déplacés vers leurs domiciles à Berberati, 15 juillet 2015. Propos recueillis au téléphone par Amnesty International auprès de membres du comité exécutif des personnes déplacées, Berberati, 17 juillet 2015. Identité effacée: Les musulmans dans les zones de la République centrafricaine soumises au nettoyage ethnique

 

Index: AFR 19/2165/2015 Amnesty International juillet 2015 23

 

RECOMMANDATIONS

 

 Pour que les musulmans puissent vivre en toute sécurité dans les régions dont les communautés musulmanes ont été expulsées en 2014 et puissent pratiquer leur religion ouvertement et sans obstacle, Amnesty International émet les recommandations spécifiques qui suivent

 

62 . Recommandations au gouvernement de la République centrafricaine :

 

· Prendre, en collaboration avec les forces de maintien de la paix des Nations unies, des mesures immédiates et significatives pour améliorer la sécurité dans tout le pays, créer les conditions nécessaires au retour volontaire, durable et sûr des musulmans réfugiés à l’étranger ou déplacés à l’intérieur du pays, dans les logements dont ils ont été expulsés ou qu’ils ont fui.

 

· Ouvrir des enquêtes sur les allégations de crimes de droit international commis en République centrafricaine et octroyer des réparations aux victimes de ces crimes.

 

· Redoubler d’efforts pour réconcilier les différentes communautés religieuses du pays et aider les musulmans à réintégrer les communautés dont ils ont été expulsés.

 

· Aider à financer, dans la limite des ressources disponibles, la reconstruction des mosquées endommagées ou détruites.

 

· Ordonner aux autorités locales, comme les préfets et sous-préfets, de faire de la réconciliation une priorité, notamment en organisant des assemblées des communautés pour négocier le retour en toute sécurité des musulmans expulsés.

 

· S’efforcer, dans la limite des ressources disponibles, de reconstruire, dans la transparence et l’équité, les nombreuses maisons endommagées ou détruites en République centrafricaine afin de procurer des abris aux personnes déplacées et aux réfugiés qui reviennent.

 

· Prendre, dans la transparence et l’équité, des mesures permettant de résoudre les problèmes d’occupation et de propriété de biens immobiliers qui empêchent les musulmans de revenir et de garantir pleinement leur droit à un logement et à des biens, notamment par la restitution des logements illégalement revendiqués. Recommandations à la MINUSCA, notamment aux forces de maintien de la paix :

 

· Prendre des mesures plus énergiques pour rétablir la sécurité dans toutes les régions du pays et ôter leur pouvoir aux milices et groupes armés, notamment aux 62 Ces recommandations sont censées compléter les recommandations détaillées émises par Amnesty International dans ses rapports récents sur la nécessité de lutter contre l’impunité et de demander des comptes aux responsables de crimes graves. Voir, en particulier, Amnesty International, République centrafricaine. L’impunité alimente la violence (AFR 19/011/2014) ; Amnesty International, République centrafricaine. Il est temps de rendre des comptes (AFR 19/006/2014). Identité effacée: Les musulmans dans les zones de la République centrafricaine soumises au nettoyage ethnique Amnesty International juillet 2015 Index: AFR 19/2165/2015 24 milices anti-balaka qui opèrent dans presque tout l’ouest de la République centrafricaine.

 

· Reconnaître, au-delà des enclaves musulmanes protégées, l’existence des groupes de musulmans rentrés dans leurs communautés d’origine et répondre à leur besoin accru de protection. Recommandations aux Nations unies et aux États donateurs :

 

· Soutenir les efforts de réconciliation visant à rétablir les liens intercommunautaires, notamment les initiatives mobilisant les communautés d’éleveurs menacées.

 

· Soutenir financièrement la reconstruction des mosquées endommagées ou détruites. · Soutenir financièrement les projets de réparation et de reconstruction du parc de logements du pays.

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE: DES MUSULMANS SANS PROTECTION SONT CONTRAINTS À ABANDONNER LEUR RELIGION

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 22:25

 

 


N'Djamena AFP / 30 juillet 2015 23h01 - Le Parlement tchadien a réintroduit jeudi la peine de mort, supprimée il y a plusieurs mois, pour punir les auteurs d'actes terroristes, alors que le pays est la cible des islamistes nigérians de Boko Haram, a constaté un correspondant de l'AFP.


Les députés ont modifié le projet de loi antiterroriste qui leur était soumis par le gouvernement et ont remplacé les peines à perpétuité prévues dans le texte initial pour les cas les plus graves par des peines de mort. 


La peine de mort avait été abolie au Tchad il y a environ six mois.


De la même façon, les députés ont remplacé par des peines à perpétuité les peines de huit à 20 ans de prison prévues dans la première version du texte.

La loi a été votée dans la soirée par 146 voix pour, 0 contre et 0 abstention. Une quarantaine de députés étaient absents, dans une assemblée largement dominée par les partis pro-pouvoir.


Les débats avaient été houleux depuis que les députés avaient commencé à examiner le texte en début d'après-midi. Ce sont des amendements proposés par la commission des lois qui ont permis de parvenir à un consensus.


S'agissant de la garde à vue, les députés ont là aussi nettement durci les choix du gouvernement.

Alors que l'exécutif prévoyait déjà de faire passer à 15 jours, renouvelables deux fois, la durée maximale d'une garde à vue - jusque-là de 48 heures -, les députés se sont accordés sur une durée de 30 jours, renouvelable jusqu'à deux fois.


Mais les débats ont surtout porté sur l'article 14 du texte de loi et sa définition du terrorisme, jugée trop vague par l'opposition et les défenseurs des droits de l'Homme, qui redoutaient des dérives liberticides.


La loi stipule désormais qu'est exclue du champ de cette définition toute action individuelle ou collective relevant de l'expression des droits et libertés reconnus par la Constitution et les lois de la République.


Le gouvernement a lâché du lest, nous sommes relativement satisfaits même s'il n'y a pas de quoi pavoiser, a réagi le chef de file de l'opposition, Saleh Kebzabo, à propos de la modification de l'article litigieux.


Cette nouvelle législation a été adoptée en réaction à plusieurs attentats-suicides de Boko Haram à N'Djamena depuis juin, alors que le Tchad est en première ligne dans la lutte contre les insurgés basés dans le nord-est du Nigeria voisin.


(©)

Le Parlement tchadien réintroduit la peine de mort pour punir les terroristes

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 21:54

 

      

 

APA Bangui (Centrafrique) 2015-07-30 19:27:24 - Le chargé d'Affaires de l'Ambassade du Cameroun en Centrafrique, M. Gabriel Ovono Zang, a offert deux bancs de touche, mercredi, à la Fédération centrafricaine de football (FECEFOOT).

A cette occasion, le diplomate camerounais a appelé les partenaires au développement de la Centrafrique à soutenir le football centrafricain, afin qu'il soit représentatif sur le continent, après la crise que le pays a traversée.


En réceptionnant le don, le président de la FECEFOOT,M. Patrice Edouard Ngaïssona, a remercié un geste symbolique qui vient combler un vide en équipements sportifs au Stade Barthélemy Boganda.


En 1986, la communauté camerounaise à Bangui avait remis un minibus au ministère de la jeunesse et des Sports pour aider au bon fonctionnement de ses services.

Des experts de la Fédération internationale de football association (FIFA) ont séjourné la semaine dernière à Bangui pour inspecter les infrastructures sportives en Centrafrique.
 

http://apanews.net/news/fr/article.php?id=830074#sthash.iB6Toye3.dpuf

Deux bancs de touche offerts à la fédération centrafricaine de football

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 17:52

 

 

 

NATIONS UNIES Mission multidimensionnelle des Nations Unies pour la Stabilisation en Centrafrique MINUSCA UNITED NATIONS

 

United Nations Integrated Mission for the Stabilization in Central African Republic

 

 

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la République centrafricaine, Babacar Gaye, est rentré mardi à Bangui en provenance d’Addis Abeba. Dans la capitale éthiopienne, il a pris part à la 8è réunion du Groupe International de Contact (GIC) sur la centrafrique. La réunion s’est penchée sur les derniers développement politiques et sécuritaires en République centrafricaine, sur le processus électoral, le Désarmement, la Réforme du secteur de la Sécurité et la mobilisation de ressources. A cette occasion, le chef de la MINUSCA a relayé le message du Secrétaire général des Nations Unies réaffirmant la mobilisation de l’ONU “aux côtés du peuple centrafricain. Les Autorités de la transition ont été invitees à ”oeuvrer sans relâche à la reconstruction du tissu social, à la promotion de l’inclusivité et à la lutte non équivoque contre l’impunité”

 

Pour lui, il s’agit-là de questions essentielles. à l’aune desquelles se mesurera la refondation de la République centrafricaine, clef de sa stabilité durable. Les participants au 8è GIC ont félicité les autorités de transition ainsi que la MINUSCA pour l'approche innovatrice pré-DDDR qui permettra de créer les conditions nécessaires pour la bonne tenue des élections ; Dans le même esprit, ils ont mis en exergue les efforts engagés envers la mobilisation des ressources nécessaires pour le programme national DDRR. Les participants ont également salué les efforts déployés par les autorités de la transition en vue d'établir les bases qui permettront de démarrer le processus de la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS) qui est de longue haleine et exige un consensus national. En vue de créer un environnement propice à des élections libres, régulières, transparentes et ouvertes, la MINUSCA poursuit les préparatifs des opérations pré-DDR avec les missions de sensibilisation qui continuent de sillonner le pays pour y rencontrer les représentants des groupes armés. Parallèlement à ces initiatives, la MINUSCA poursuit son assistance alimentaire aux combattants des camps Béal, BSS et RDOT commencée depuis le 1er Juin 2015.

 

PROCESSUS ELECTORAL

 

L’enregistrement des électeurs dans l’aire opérationnelle 2 n’est pas effectif partout dans les huit préfectures concernées de l’Ouest du pays. Des centres d’inscription ont ouvert dans la plupart des préfectures même si tous les centres prévus ne sont pas opérationnels. Plusieurs raisons sont évoquées notamment le problème logistique et de mise à disposition des moyens pour acheminer les kits d’enregistrement vers les centres d’inscription, le non-paiement des frais de formation, l’insécurité de certaines zones. Ainsi, dans la Kemo, sur 128 centres d’inscription prévus, 126 ont commencé à fonctionner sauf deux centres qui, pour des raisons de sécurité, n’ont pas débuté l’opération d’enregistrement. Le fonctionnement des centres d’inscription de l’aire opérationnelle 2 est confronté aux mêmes problèmes de panne de kits caméras et de pénurie de formulaires. L’ANE a pris des dispositions pour remédier autant que possible à tous ces difficultés. Ainsi, des stocks de caméras sont envoyés auprès des démembrements de l’ANE pour éventuellement remplacer les caméras en panne.

 

En ce qui concerne la situation de Bangui, l’opération d’enregistrement des électeurs a continué. Les données statistiques partielles des électeurs de Bangui s’élèvent au 28 juillet 2015 : au total 292 755 personnes dont 166,432 hommes et 126,323 femmes, soit respectivement 57% et 43%. Par ailleurs, la situation de l’enregistrement des électeurs débuté pour certaines préfectures le 19 juillet et pour d’autres un peu plus tard (Aire Opérationnelle No2) s’élève à 108 957 dont : 1. Lobaye : 4 357 2. Kemo : 34 497 3. Sangha Mbaere : 5 760 4. Ombella Mpoko : 64 353 Les statistiques pour l’aire opérationnelle 2 ne sont pas aisées à obtenir par nos Bureaux Electoraux Régionaux (BER) du fait essentiellement des difficultés de communication entre le chef-lieu et tous les centres d’inscription. Des efforts sont en cours pour trouver une solution permettant d’avoir des statistiques.

 

COHESION SOCIALE

 

Dans le cadre de son appui à la réconciliation nationale et à la cohésion sociale, la MINUSCA continue son soutien au processus relatif à l'accès de la communauté musulmane au cimetière qui se trouve au quartier de Boeing. Plusieurs réunions relatives à ce processus ont eu lieu au cours de la semaine dernière, au cours desquelles la volonté de la communauté musulmane et des habitants de Boeing pour parvenir ensemble à une solution pacifique au problème a été notée, et le consensus obtenu pour préparer un document décrivant les points d'accord qui sera signé par les différentes parties. Les Affaires civiles continuent à fournir un appui à la finalisation dudit document et à planifier les activités à propos de la cohésion sociale (y compris des QIPs) pour la phase de consolidation. Par ailleurs, la MINUSCA lancera un projet THIMO pendant les prochains jours afin de soutenir les efforts de consolidation de la paix et mettra en œuvre un plan des patrouilles UNPOL au Boeing.

 

JUSTICE ET ADMINISTRATION PENITENTIAIRE

 

Les audiences de la Cour Criminelle de la Cour d’Appel se sont terminées le 21 Juillet 2015 (le 17 juillet, date initialement retenue pour la fin des audiences, a été déclarée chômer en raison d’Eid alFitr). Les 60 affaires jugées concernaient des cas de torture, mutilation de cadavre, meurtre, vol à mains armées, association de malfaiteurs, détention illégale d’arme de guerre, détournement de deniers publics et faux et usage de faux. La MINUSCA travaille actuellement avec les autorités nationales afin d’évaluer les résultats des audiences (nombre de personnes jugées, nombre de jugements délivrés par contumace, nombre de personnes acquittées, etc). Un atelier d’évaluation sera organisé à cette fin.

 

DROITS DE L’HOMME

 

Soucieux de promouvoir et de protéger les droits de l’homme en RCA et de lutter contre l’impunité, la Division des Droits de l’Homme de la MINUSCA et l’Office du Haut-Commissariat des Droits de l’Homme avec l’appui financier de l’Union Européenne ont mis sur pied un projet de « Renforcement de la promotion et de la protection des droits de l’homme en République Centrafricaine ». Les périodes électorales étant plus sensibles et propices aux violations des droits de l’homme, il est urgent d’agir à titre préventif pour limiter les atteintes aux droits humains. Ainsi, pour habiliter les acteurs de la société civile à agir en tant qu’agents du changement en contribuant effectivement à la promotion et à la protection des droits de l’homme, un atelier de renforcement des capacités sur le monitoring des violations des droits de l’homme en période électorale de deux jours a débuté mardi 28 juillet 2015 au bénéfice de 100 acteurs de la Société Civile. Le but de cet atelier étant de : Renforcer les capacités des acteurs de la société civile sur le nécessaire respect des droits de l’homme en période électorale ; Rapporter les violations des droits de l’homme en temps opportun ; Assurer un partage fluide et régulier des informations collectées sur les violations des droits de l’homme ; Maintenir un contact régulier en vue d’assurer un suivi des cas de violations des droits de l’homme rapportés ; Réduire les violations des droits civils et politiques durant tout le processus électoral ;

 

POINT DE SITUATION DE LA FORCE

 

Le mardi 28 juillet 2015, un groupe d’individus armés non encore identifiés ont ouvert le feu sur une patrouille de la MINUSCA au niveau du village de Diba, à 19 km de Baboua, dans la Préfecture de la Nana-Mambéré. Un casque bleu a été blessé au cours de cette attaque que la MINUSCA condamne avec la dernière énergie. Des initiatives sont en cours pour déterminer les circonstances de l’incident et pour en identifier les auteurs et les appréhender. Les attaques répétées contre les éléments de la MINUSCA ne la détourneront pas de sa mission essentielle de protection des populations, d’appui au rétablissement de l’autorité de l’Etat et au processus politique. C’est dans ce cadre, que la force de la Minusca a effectué 4515 patrouilles la semaine dernière sur toute l’étendue du territoire. Les localités de Kabo, Bouca, Kaga Bandoro, Batangafo, Markounda, Baboua ont bénéficié d’une attention particulière. Une femme accusée de sorcellerie a été sauvée par les casques bleus de la Minusca en patrouille à Batangafo le 23 juillet 2015.

 

Le renforcement en hommes et matériel sur les positions de Zemio, Rafai et Obo est en cours. Le 23 juillet 2015, la Force de la Minusca a escorté le ministre centrafricain de la Jeunesse de Bozoum et Paoua ; elle a assuré la sécurité des équipes de l’ANE (autorité nationale des élections) de Bossangoa à Benzambe, de Bossangoa à Nana Bakassa et de Bria à Bambari. Le 25 juillet 2015, la force a sécurisé la distribution des vivres aux déplacés du Site Saint Christophe de Bambari. Hier, le 28 juillet 2015, la force a sécurisé la visite du Maire de Kaga-Bandoro et son équipe dans les localités de DEKOA et de MBRES pour rencontrer la population et écouter ses doléances. La sécurité des convois a été assurée comme d’ordinaire par la force de la Minusca sur tous les axes. 436 véhicules ont été escortés par la force de la Minusca sur tous les axes au cours de la semaine passée. Les mesures de sécurité ont été renforcées sur la MSR1, ce qui a rassuré les transporteurs qui planifiaient un arrêt temporaire de leur travail sur cet axe si important pour tous les habitants de ce pays. Nous déplorons ensuite des cas d’accidents de circulation observés ces derniers jours sur cet axe causés probablement par l’état de la route en cette période pluvieuse.

 

A titre illustratif, 04personnes ont été tuées et 06 autres blessées en date du 24 juillet 2015 suite à un accident survenu à un véhicule commercial sur la Msr1 à 18 km de Bossembele en provenance de Boali. La Force a administré les premiers soins aux blessés et les a conduits à l’hôpital de BOALI. Dans le cadre de la lutte contre l’impunité, la force de la Minusca a appuyé le gouvernement centrafricain dans le transfert de 05 détenus de Bambari à Bangui. Ces détenus ont été transportés par hélicoptère le 23 juillet 2015. Le service Génie de la MINUSCA vient de terminer les travaux de réhabilitation de la route Bouar-Baoro, phase II. Il est en train de faire la maintenance des routes dans la ville de Bria, de Bria vers Zemio et de Kaga-Bandoro vers Sibut.

 

POINT DE SITUATION DE LA POLICE

 

La Police de la MINUSCA continue d’assurer la sécurisation des centres dans le cadre du processus de recensement des électeurs à Bangui et ses zones périurbaines. Le processus a également démarré en province, notamment à Bouar et à Bria. La Police de la MINUSCA présente dans ces deux localités a déployé ses officiers dans les différents centres afin de permettre aux populations de se faire enregistrer en toute sécurité. Quant à la situation sécuritaire au cours de la semaine sous examen, elle a été marquée par une recrudescence de la criminalité à Bangui. 17 infractions ont été recensées à Bangui par les équipes de la MINUSCA. Les infractions les plus marquantes sont 03 cas d’homicide, 07 cas de coups et blessures et 04 cas d’enlèvement. Des coups de feu suivis d’une explosion de grenade ont aussi été entendus dans le 3e Arrondissement, sans faire de dégâts. Sur ces 17 infractions recensées, 12 ont été résolues.

 

En ce qui concerne les interpellations et saisies d’armes, plusieurs opérations ont été coordonnées dans la semaine écoulée, qui ont permis de mettre à la disposition de la justice 09 individus dont 04 interpellés par les casques bleus. Une personne a également été sauvée de la vindicte populaire et une autre, blessée par balles, a bénéficié de l’assistance des casques bleus qui l’ont conduite à l’hôpital pour des soins. En outre, l’Etat-major Conjoint du Secteur de Bangui a dépêché ses unités pour diverses missions de sécurisation conformément à son mandat de protection des populations civiles. Plus de 150 patrouilles ont effectuées de jour comme de nuit. Dans le cadre de son appui au renforcement des capacités des forces de sécurité intérieure, la Police de la MINUSCA a animé le 22 juillet 2015, une session de formation sur le thème «CADRE LEGAL DE PROTECTION DES FEMMES CONTRE LES VIOLENCES» au profit de 09 Officiers de Police Judiciaire centrafricains dont 03 femmes. Cette formation s’est déroulée dans les locaux de la Police des mineurs.

MINUSCA - POINT DE PRESSE HEBDOMADAIRE [29 juillet 2015] ACTIVITES DU REPRESENTANT SPECIAL

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 17:41

 

 

 

Bambari : Catherine Samba-Panza rassure que les élections sont possibles avant la fin de l'année

 

http://www.radiondekeluka.org/   jeudi 30 juillet 2015 13:17

 

« Les élections sont possibles avant la fin 2015 », a déclaré Catherine Samba-Panza, Chef d’État de la transition en visite à Bambari – Capitale de la Ouaka ce jeudi, 30 juillet 2015. Un déplacement qui a pour objectif de restaurer l'autorité de l’État, favoriser la cohésion sociale au sein de la population et inaugurer quelques bâtiments administratifs réhabilités par les Nations-Unies dans cette localité.

  
Selon les informations recueillies par Radio Ndeke Luka, le Chef d’État de la transition a procédé ce matin à Bambari, à une double inauguration : celles des bâtiments de la Cour d'Appel et de la Mairie réhabilités par la Minusca. 


Au cours d'un meeting avec les populations, le Chef d'Etat de la transition s'est félicitée des « travaux abattus par les acteurs de la paix en faveur de la cohésion sociale à Bambari » avant de demander aux détenteurs d’armes et munitions de guerre de les restituer dans le cadre du processus pré DDRR.


Dans le même ordre d'idée, le président de la délégation spéciale de la ville de Bambari, Abel Madipada a déclaré que «  la ville de Bambari reprend son cours normal malgré quelques  poches de résistances ». Nonobstant cette situation, précise le Maire de Bambari, « plus de 40 milles personnes déplacées internes n'attendent que le désarmement annoncé lors du forum de Bangui pour regagner leurs domiciles ».


Justement à propos des armes, la ville de Bambari a été secouée à quelques heures de l'arrivée du Chef d’État de la transition par des tirs à l'arme lourde dont l'origine demeure encore inconnue. « Il y a eu ce matin des coups de feu un peu partout et on ne sait pas ce qui les justifie malgré l'arrivée du Chef d’État de la transition. La population terrorisée est obligée de rester à la maison», a déclaré sous couvert de l'anonymat, un témoin joint depuis Bambari par Radio Ndeke Luka. 


Toujours selon ce témoin, « Malgré les mesures de sécurité dans la ville de Bambari,  les peuhls de la ville – pour défier tout le monde - sont sortis hier se promener avec leurs armes ».


D'autres témoignages recueillis sur place font état de ce que les tirs qui ont débuté aux environs de 3h du matin proviendraient de la base des éléments de l'Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), du chef rebelle Ali Daras. Une accusation rejetée automatiquement par ce groupe rebelle : « C'est de l'ironie, du mensonge, nous avions - nous aussi écouté les tirs vers minuit. C'était trois tirs de sommation et puis c'est tout. On est en train de mener des investigations pour identifier ce malfaiteur qui voulait mettre en péril la visite de Mme la présidente », a déclaré le capitaine Ibrahim Ahamat Nidjad, porte parole de l'UPC.


Le 16 juillet dernier lors d'une rencontre avec le ministre résident de la Ouaka Joseph Agbo, les groupes rebelles présents à Bambari se sont engagés à ne pas perturber le déplacement du Chef d’État de la transition à Bambari.

 

 

 

Les collecteurs de Bria demandent la levée de l’embargo sur le diamant dans le Nord-est de la RCA

 

http://rjdh.org/  PAR NARCISSE JAUBERT LE 29 JUILLET 2015

 

Les collecteurs de diamant de Bria ont demandé la levée de l’embargo sur l’exportation du diamant en provenance du Nord-est du pays. Ces derniers ont lancé un message à cet effet, le lundi dernier.

 

Djoumadja, un des collecteurs de diamant à Bria, a déploré les difficultés qu’ils rencontrent pour gérer leurs activités depuis que le dimant est sous embargo.  « Les bureaux d’achat ont des problèmes d’exportation de diamants sur le marché mondial, afin de nous amener de l’argent. Ce qui freine les activités minières dans la préfecture de la Haute-Kotto et la région nord-est en général. Nous souffrons beaucoup de cette situation», a-t-il indiqué.

 

Ce dernier a lancé un appel pour la levée totale de l’embargo. « Je pense que la ville de Bria est une ville de la RCA. Si on a levé ailleurs, c’est mieux  de penser à nous qui sommes de ce coté, parce que nous souffrons beaucoup. Il faut que les autorités plaident pour la levée de cet embargo parce que c’est la population qui souffre » a-t-il noté.

 

Robert Morgodé, préfet de la Haute-Kotto a indiqué que cet embargo qui pèse sur le diamant ne fait que freiner ce secteur économique du pays. Ce dernier dit ne pas comprendre que l’embargo sur les diamants ne soit levé que de manière partielle. Pour cette autorité, les victimes de cette décision sont les civils et non les groupes armés.

 

Simon Bouyolo,  chef  de service préfectoral des mines à Bria, dénonce la présence des ex-Séléka dans les zones minières. Pour lui, c’est cette présence  qui constitue le principal blocage à l’heure actuelle.

 

L’embargo sur le diamant centrafricain a été partiellement levé le 26 juin 2015 lors de la conférence du processus Kimberley.

 

 

Un centre d’enregistrement à Bozoum vandalisé par deux hommes

 

http://rjdh.org/ PAR ALBON JUNIOR NAMKOMONA LE 30 JUILLET 2015

 

Deux personnes en arme blanche, ont vandalisé ce jeudi 30 juillet 2015 dans un centre d’enregistrement installé à l’école jardin d’enfant de la ville de Bozoum. L’acte s’est produit pendant les opérations d’enrôlement des électeurs sur les listes électorales. Ils ont pris des appareils avec les boitiers et les batteries qui permettent la prise des images.

 

Selon une source locale, quatre cent-dix-sept (417) images des personnes déjà enregistrées sur les listes électorales se trouvent dans les appareils emportés par ces deux hommes.

 

Enoch Bendounga, chef de ce centre explique que ces hommes ont affirmé avoir agi pour manifester leur mécontentement par rapport à leurs dossiers qui n’ont pas été retenus par l’Autorité Sous-préfectorale des Elections de Bozoum (ASPE) lors de recrutement des agents électoraux.

 

Cette source a fait savoir que « ces hommes ont promis poursuivre leurs actes dans tous les centres d’enrôlement de la ville de Bozoum afin de manifester leur mécontentement ».

 

Les éléments de la gendarmerie de la ville de Bozoum, après avoir été informés de la situation, se sont mis à la recherche de ces individus.

 

 

Une colonie de vacance en faveur des enfants traumatisés en préparation à Bangui

 

http://rjdh.org/  PAR ANNETTE MAÉLAINE MALEBINGUI LE 30 JUILLET 2015

 

L’ONG « Demain la vie » dans son programme de protection de l’enfance, organise du 1er au 29 août 2015 à la Faculté de Théologie Evangélique de Bangui (FATEB), la deuxième édition de la colonie de vacance, en faveur des enfants centrafricains, victimes des traumatismes liées à la récente crise.

 

Selon la coordonnatrice de cette ONG, Claudine Baganza-Dini, cette activité vise à favoriser le vivre ensemble, symbole de la réconciliation nationale. Elle appelle les parents à venir inscrire massivement leurs enfants à cette colonie.

 

Claudine Baganza revient sur les objectifs de cette colonie de Vacance. « Nous  avons décidé de l’organisation de cette colonie, pour favoriser le rapprochement  des enfants de diverses confessions religieuses, promouvoir les droits de l’enfant à l’éducation et aux loisirs, à la diversité linguistique, promouvoir la culture de la paix, la tolérance, la démocratie et le civisme, la prévention et la résolution pacifique des conflits » a expliqué cette dernière.

 

La coordonnatrice a aussi relevé les effets de la crise sur les enfants en ces termes, « les conséquences des conflits militaro-politiques ont fait à ce que les enfants de 5 à 17 ans, soient exposés aux traumatismes et avec comme conséquence, les risques d’accident graves. Nombreux sont ceux qui exercent des emplois dangereux. Des milliers parmi eux  participent aux conflits armés sans compter les victimes indirectes », a-t-elle justifié avant d’ajouter que d’autres sont soumis aux abus sexuels ou sont victimes de trafics.

 

Pour elle, ces enfants sont l’avenir de demain, et doivent profiter de leur enfance, pour contribuer au respect des valeurs  familiales, sociales et culturelles.

 

Elle a ajouté que  c’est aussi pour développer l’intérêt artistique, transmettre les valeurs culturelles, nationales et amener les enfants à adopter un comportement responsables que cette colonie est prévue.

 

Selon le programme,  au cours de cette rencontre,  les enfants auront l’occasion d’apprendre  et d’approfondir leurs connaissances dans divers domaines.

 

« Nous avons prévu des enseignements en ce qui concerne l’apprentissage et l’approfondissement des langues Sangô, Français, anglais et chinois. Des danses folkloriques, des sketches et comédies, des  contes africains et centrafricains, des dessins, des théâtres et des jeux concours sont aussi au programme. Il y’aura également des chansons de réconciliation, de paix ainsi que des sensibilisations sur la bonne pratique d’hygiène et de la santé de reproduction des jeunes », a-t-elle précisé.

 

L’ONG « Demain la vie », attend un changement positif dans le comportement de ces enfants, à la sortie de cette colonie. Elle appelle les parents à inscrire leurs enfants, afin de  leur garantir une rentrée scolaire sure.

 

Il s’agit de la deuxième colonie de vacance organisée par cette ONG nationale.

 

 

Nouvelles nationales sur RJDH et Radio Ndéké Luka
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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 19:55
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Christophe Gazam-Betty entre en contact avec Abdoulaye Miskine au sujet des otages

 

http://rjdh.org  Par Sylvestre Sokambi le 29 juillet 2015

 

 

Christophe Gazam-Betty, ministre conseiller à la primature, se trouve depuis quelques jours à Bouar pour mener les négociations avec ceux qui ont pris en otage le sous-préfet et le maire de Baboua. Cette personnalité qui dirige une cellule de crise, cherche toujours à entrer en contact avec les ravisseurs.

 

Une cellule de crise a été mise en place à Bouar pour mener les négociations avec les ravisseurs du sous-préfet et du maire de Baboua. Cette cellule, selon les informations du RJDH, est présidée par l’ancien ministre d’Etat, actuel ministre conseiller à la primature, Christophe Gazam-Betty dépêché à Bouar par le premier ministre.

 

Selon nos informations, le ministre conseiller Christophe Gazam-Betty aurait demandé l’appui du chef rebelle Abdoulaye Miskine pour décrocher la libération du sous-préfet et du maire de Baboua. Contacté depuis Bouar par le RJDH, le ministre conseiller à la primature a confirmé avoir eu Abdoulaye Miskine au téléphone. Christophe Gazam-Betty a expliqué au RJDH que le chef du FDPC a rejeté toute implication de son mouvement dans ces prises d’otage.

 

Le ministre conseiller a fait savoir qu’il est entré en contact avec le président du FDPC pour réunir les informations nécessaires. « Je conduis une mission d’information et c’est ce cadre j’ai eu Abdoulaye Miskine qui a dit n’avoir donné aucun ordre pour enlever des Centrafricains », dit Christophe Gazam-Betty avant de faire savoir que plusieurs groupes indépendants agissent dans la zone.

 

« Cette pluralité de groupuscules de mouvements armés fait qu’il est difficile d’identifier les ravisseurs mais, nous travaillons dans ce sens », a-t-il précisé.

 

Selon les informations du RJDH, la cellule de Crise n’a pas encore identifié le groupe des ravisseurs. Le ministre conseiller du premier ministre en mission à cet effet, a confirmé à demi-mot cette information mais explique qu’il a tenté en vain d’entrer en contact avec le colonel Aboubakar Sambla, qui avait publié deux communiqués depuis l’enlèvement du sous-préfet et du maire de Baboua pour d’un côté, revendiquer la prise d’otage et de l’autre présenter ses revendications qui se résument au versement de 350 millions de Fcfa que le ministre conseiller à la présidence Jean Jacques Démafouth devrait à son groupe pour un travail fait à sa demande.

 

Dans le deuxième communiqué publié le mardi dernier, ce colonel a menacé d’exécuter les otages si d’ici une semaine la somme réclamée ne leur est pas remise.

 

Le ministre conseiller, Christophe Gazam-Betty ne croit pas à ce que dit ce colonel. « Je pense que c’est une conspiration contre Démafouth. En plus, on n’arrive pas à l’identifier, on ne négocie pas dans l’anonymat », a noté le ministre conseiller à la primature.

 

Depuis que le groupe du colonel Abakar Sambla, publie ces communiqués, le ministre conseiller à la présidence Jean Jacques Démafouth n’a pas réagi. Le RJDH n’a pas pu entrer en contact avec cette personnalité pour prendre ses réactions. Un de ses proches que nous avons pu joindre parle de « montage politicien pour dénigrer le ministre conseiller à la présidence ».

 

Le sous-préfet et le maire de Baboua ont été pris en otage le 19 juillet dernier entre Baboua et Bouar. Ces deux personnalités revenaient de Bouar après une réunion avec le préfet.

 

 

La Minusca consternée par l’affrontement entre les casques bleus et un groupe armé près de Baboua

 

http://rjdh.org  Par Carole Bycekoan le 29 juillet 2015

 

L’insécurité sur l’axe Bangui-Garoua-Boulaï a  fait l’objet d’un point de  presse ce matin à la MINUSCA. Adolphe Manirakiza, porte-parole militaire de la MINUSCA a déploré  l’attaque sur une patrouille de la MINUSCA dans la préfecture de la Nana Mambéré.

 

Adolphe Manirakiza a fait savoir que  « le  Mardi 28 juillet, un groupe d’individus armés non encore identifié a ouvert le feu sur une patrouille de la MINUSCA au village Diba à 19 kilomètres de Baboua. Un casque Bleu a été blessé au cours de cette attaque. Nous condamnons avec la dernière rigueur cette attaque », a- t-il déploré.

 

La même source  indique que  des initiatives sont en cours pour déterminer les circonstances de l’incident et pour en identifier les auteurs.

 

Selon Adolphe Manirakiza, ces attaques répétées contre les éléments de la MUNISCA ne la détourneront pas de sa mission essentielle de protection des populations et d’appui au rétablissement de l’autorité de l’Etat et au processus politique.

 

La situation sécuritaire à Bangui a été marquée par la recrudescence de la criminalité. Selon la Minusca, 17 infractions   ont été recensées par les équipes  de la MUNISCA.

 

« Les infractions les plus marquantes sont : 03 cas d’homicide, 07 cas de coups et blessures et 4 cas d’enlèvement. Des coups de feu suivis d’une explosion de grenade ont été entendu dans le 3e  arrondissement sans faire de dégât. Sur ces infractions recensées, 12 ont été résolues », a dit Léo Franck Gnapié, porte-parole de la Police de la Minusca.

 

Il n’a pas manqué de relever que des interpellations continuent d’être faites. « (…), plusieurs opérations ont été coordonnées dans la semaine écoulée, qui ont permis de mettre à la disposition de la justice 9 individus dont 4 interpellés par les casques bleus », a ajouté Léo Franck Gnapié.

 

La semaine dernière est marqué par des incidents dans plusieurs villes de provinces dont Bouca.

 

 

Le centre de santé de Boguila est transformé en poste de secours, suite à la crise

 

http://rjdh.org  Par Auguste Bati-Kalamet le 29 juillet 2015

 

Le centre de santé de Nangha Boguila, localité située au nord de Centrafrique, est transformé en poste de secours, selon une source sanitaire contactée par le RJDH. Le manque de personnel qualifié, du matériel et des médicaments seraient à l’origine de cette situation qui pénalise la population.

 

Une source proche du poste de santé de Nangha-Boguila, a fait savoir que les cas des maladies graves sont évacués à Paoua depuis que le centre est devenu un poste de secours.

 

Elle a relevé que cette situation est due au  manque de personnel qualifié, de médicament et de matériel. La même source a précisé que la transformation du centre de santé en un poste de secours a rendu la vie difficile à la population.

 

« Désormais, il n’est plus possible de prendre en charge de manière adéquate ici. Il faut envoyer les cas à Paoua et vu la situation financière de la population, ce n’est pas facile », regrette la source.

 

Elle a précisé que le transfert des malades s’effectue à moto vers Paoua, distant de plus de 70 kilomètres.

 

Une autre source contactée par le RJDH a confirmée l’information tout en précisant que le poste de secours ne dispose guère de médicaments à l’heure actuelle.

 

Selon des sources proches de ce poste de secours, le paludisme, la parasitose, la hernie, la diarrhée et l’anémie sont les maladies les plus récurrentes dans cette ville mais, la plus part de cas sont évacués à Paoua.

 

Le RJDH a contacté une source proche des autorités locales qui a confirmé les faits. « Le centre de santé de la ville de Nangha Boguila est transformé en un poste de santé, suite à la crise qu’a connue la Centrafrique. Ceux qui travaillent dans ce poste de secours en ce moment ont été formés ici et n’ont pas de qualifications  requises », a-t-elle affirmé.

 

Le RJDH n’a pas pu avoir le ministère de la santé pour avoir sa version des faits sur cette situation. C’est l’ONG Médecins Sans Frontière qui continue d’appuyer ce poste de santé.

Nouvelles nationales sur RJDH
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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 18:13

 

 

 

(RV) 29/07/2015 15:57 - Entretien - En Centrafrique, le pays prépare la prochaine élection présidentielle, fixée le 18 octobre prochain. Le recensement électoral est en cours en province. Il a commencé le 26 juillet et est censé duré un mois, et pourrait sans doute être prolongé. Les élus locaux et nationaux sont chargés de sensibiliser les habitants à l’inscription électorale pour pouvoir voter. Dans la capitale, le recensement a déja eu lieu, du 29 juin au 27 juillet dernier, sans obtenir le succès escompté. 

 

Aujourd'hui un dizième de la population centrafricaine vit en exil. 460 000 Centrafricains sont ainsi réfugiés dans les pays voisins, le Cameroun, le Tchad ou en République démocratique du Congo. 190.000 d’entre eux sont éligibles. La Cour constitutionnelle du pays estime qu'ils devraient pouvoir s'inscrire sur les listes électorales et voter, contrairement à un avis formulé précédemment par le Parlement 

 

L'élection se prépare. Il s'agit d'un scrutin nécessaire pour permettre de rétablir une situation sécuritaire et humanitaire stable dans le pays. C’est l’avis de Thierry Dumont, chef de mission MSF Suisse à Bangui, en Centrafrique.

En Centrafrique, une présidentielle indispensable à la paix (RV)

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 18:06
Réponse de l'UDPP à Marcel Diki Kidiri

 

 

 

AUNION DEMOCRATIQUE DU PEUPLE  POUR LE PROGRES

                                                              (Unité-Justice-Travail)

                                                           Tél : (+236) 75736278

BP : 2820 / Poste centrale-Bangui (Centrafricaine)

 

Le Président                                                   Bangui le  26 JUILLET 2015 

N° 002 /UDPP/PR

 

A Monsieur Marcel DIKI-KIDIRI

Candidat Indépendant à  l’élection présidentielle             

Galabadja III, Bangui (Centrafrique)

 

Objet : Votre lettre de démission à F. ZAMETO MANDOKO

 

Monsieur,

 

Le Bureau Exécutif  de l’Union Démocratique du Peuple pour le Progrès (UDPP) a pris connaissance avec étonnement le contenu injurieux de votre lettre du 20 Juillet 2015 dans laquelle vous annonciez votre démission de l’UDECA, parti dont vous prétendez être co-fondateur. Vous êtes dans vos droits de quitter une formation si les idéaux ayant suscité votre adhésion ont changé.

 

Dans une lettre à vous adressée par le Président de l’UDECA, lettre dans laquelle il vous faisait remarquer votre comportement anti-statutaire et vous sommait de démissionner. En réponse à la lettre de votre ex-camarade, vous vous êtes permis de vous attaquer à « tous les partis qui se réclament de la démocratie …. » en citant pêle-mêle ces partis dont l’UDPP. Et vous de continuer : « ...devraient se rassembler pour constituer un seul grand parti démocratique pour être crédible et efficace. Force est de constater que cela n’arrivera pas car les leaders de ces partis sont tellement ancrés dans une logique de rivalité nombriliste qu’ils perdent de vue l’intérêt général du pays. » Je comprends que vous êtes un nostalgique du parti unique, donc de la pensée unique. Mais votre attaque insultante contre les leaders des partis, vous conviendrez avec moi, n’a aucun rapport avec vos démêlés partisans au sein de l’UDECA ! Elle est gratuite !

 

Au nom de l’UDPP, je ne peux vous laisser insulter des centrafricains qui ont tenté et tentent de faire avancer les choses. Je suis un de ces « leaders…nombrilistes ! Et je vous réponds !

 

Monsieur DIKI-KIDIRI, rien ne vous autorise à parler de l’intérêt général du pays qui semble être votre souci majeur. Ayant bénéficié de la bourse payée par nos parents pour effectuer des études en France, vous auriez dû rentrer au pays comme Zarambeaud, Ngoupandé, Nditifé, Papéniah, Djimarim, Téguédéré, Mabingui et plein d’autres, afin de contribuer au développement de notre pays. Tel n’a pas été le cas. Vous aviez opté pour rester en France et travailler pour elle au CNRS par simple cupidité. La France paie bien ceux dont elle n’a pas supporté le coût des études. Vous aviez déroulé toute votre carrière en France, payé vos impôts en France, et vous êtes admis à la retraite en France. Ayant signé à l’époque un engagement décennal, vous devriez rembourser, jusqu’au dernier franc, à la Centrafrique toutes les bourses dont vous aviez bénéficié depuis le secondaire jusqu'au supérieur !

 

Mais voilà, après avoir fait valoir vos droits à la retraite avec au bout une pension rondelette, vous débarquez en Centrafrique avec vos grosses bottes, non pas pour enseigner à l’Université de Bangui le contenu incompréhensible de votre fameux « dictionnaire Sango », mais pour être Président de la République. Vous prenez les Centrafricains pour des imbéciles. Vos diatribes contre les institutions de la Transition, notamment le CNT, vos élucubrations radiophoniques font sourire tous ceux comme moi qui vous ont connu. Regardez-vous au moins dans la glace chaque matin ? Vous n’êtes pas bien placé pour donner des leçons de patriotisme à qui que ce soit en Centrafrique. L’intérêt général de notre pays ? Vous ne savez vraiment pas de quoi vous parlez. Vous ne connaissez pas vraiment la Centrafrique et son peuple, alors  cessez d’insulter les autres. Les insultes n’ont jamais été des arguments politiques. C’est après plus de 70 ans que vous découvrez enfin que les autres sont des « nombrilistes » alors que vous faisiez tranquillement fortune en France après avoir largement profité des fruits de la sueur des nos parents. Vous devriez avoir honte ! La Centrafrique n’est pas une poubelle, voyez-vous ?

 

Nous, à l’UDPP,  nous nous tenons prêts à tout débat, à la radio, devant le peuple,  avec vous et avec tous ceux de votre acabit, qui prétendez bêtement donner de leçon de « Patriotisme » aux autres et qui croyez que c’est en étant Président de la République qu’on peut servir son pays. Que savez-vous du « patriotisme », vous ? Restez dans le cadre de votre UDECA que vous avez vite fait de trahir ; Ne parlez plus de l’UDPP que si vous souhaitez engagez un débat avec elle. Elle n’a que cure de votre petite prétention présidentielle.

 

 A bon entendeur, salut !

Réponse de l'UDPP à Marcel Diki Kidiri

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 11:49
Interview du candidat réformateur Martin ZIGUELE

 

 

Kadéï Vox: Bonjour Martin ZIGUELE, vous êtes le Président du MLPC et candidat à l’élection présidentielle prochaine. Le MLPC fait partie de la plate-forme l’AFDT (Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition) qui regroupe en son sein d’autres partis politiques avec leur leader respectif, quelle est votre stratégie ?

 

Martin Ziguélé: Comme son nom l'indique, l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition est une plateforme politique constituée pour soutenir la transition politique en cours dans notre pays. Elle n'est pas une alliance électorale, et n'a pas été échafaudée pour soutenir un candidat unique comme certains l'ont prétendu.  Cependant  des alliances électorales entre un ou plusieurs partis, s'ils le souhaitent, ne sont pas exclues.

 

KV: Quelles sont les thèmes que vous allez aborder lors de cette campagne électorale ?

 

MZ: Un programme politique n'est pas simplement un exercice intellectuel, et il n'est pas intemporel. Notre programme politique est la réponse que mon parti et notre plateforme électorale en constitution comptent proposer aux centrafricaines et aux centrafricains face à la crise que nous traversons. Notre programme s'appuie sur une triptyque Réconciliation-Rassemblement et Reconstruction.

 

Pourquoi la Réconciliation? Parce que notre nation est aujourd'hui divisée et qu'il faut "réconcilier " les cœurs.

 

Pourquoi le Rassemblement? Parce que ce pays a trop longtemps vécu dans des divisions factices.

 

Pourquoi la Reconstruction? Parce que nous avons un pays effondré que nous devons reconstruire impérativement, en mettant en valeur les nombreuses opportunités de notre pays.

 

KV: Nous arrivons à la fin de la transition en Centrafrique, après deux ans de règne, Catherine SAMBA-PANZA a-t-elle respecté la ligne fixée par la communauté internationale et par les partenaires du Centrafrique ? Je voudrai que vous nous répondiez avec sincérité.

 

MZ: La transition politique en RCA se déroule selon une " feuille de route" élaborée par le gouvernement de transition et adoptée par le Conseil National de Transition (CNT), après avis conforme de la communauté internationale. Cela signifie que ces mêmes intervenants effectuent le  suivi de la bonne exécution de la feuille de route. C'est le cas par la CNT mais aussi par le Groupe des huit pays et organisations (appelée aussi G8 ) qui suivent la crise centrafricaine. Est ce que les objectifs ont été atteints?  Je pense que la situation sécuritaire s'est améliorée dans certaines parties du pays même si elle reste globalement fragile. Sur le plan économique, l'activité reprend mais la chute de l'économie a été si forte en 2013 (la richesse nationale a diminué d'un tiers) que la remontée est encore très faible. La situation est donc contrastée mais on revient de loin.

 

KV: Quel président seriez-vous si vous êtes élu à la tête du Centrafrique ?

 

MZ: Notre pays n'a besoin ni d'un illuminé ni d'un potentat. Nous avons besoin d'un Président qui a l'expérience de la gestion des affaires de l'Etat, et qui peut mettre au travail des équipes.

 

Je serai donc, comme notre situation l'exige, un président rassembleur et réformateur, car notre pays a  besoin de reformes drastiques pour sa  reconstruction. Je ne ménagerai pas mes efforts comme je l'ai fait quand j'étais Premier Ministre pour combattre la corruption et la mauvaise gouvernance, afin que, entouré d'une  équipe crédible, nous puissions lancer le vaste chantier de la reconstruction de notre pays. Tous les enfants de ce  pays doivent être mobilisés pour apporter chacun sa pierre à la reconstruction de cet édifice commun.

 

 J'ai l'ambition d'être ce mobilisateur pour cette grande réforme en profondeur dans l'unité, la justice et la paix.

 

KV: Certains de vos compatriotes vous accusent de collaborer et de soutenir l’ex-régime séléka, que leur répondez-vous ? Je me réfère ici à la tribune de notre confrère Guy José Kossa, parue sur le web-journal « Les plumes de RCA » datant du 24 novembre 2014, qui vous met en cause et aussi Maître Tiangaye.

 

MZ: Il y'a un principe de droit qui dit que lorsque vous accusez quelqu'un vous en apportez la preuve. Il ne suffit pas de répéter mille fois un mensonge pour qu'il devienne la vérité. Cela fera bientôt trois ans que les milieux proches de l'ancien pouvoir intoxiquent l'opinion avec ces mensonges sans en apporter la moindre preuve. C'est un disque rayé utilisé par ceux qui n'ont aucun argument politique contre le MLPC. Ces mensonges permettent aussi aux tenants de l'ancien régime de ne pas s'expliquer sur la responsabilité qui est la leur de n'avoir pas défendu notre pays devant l'avancée des rebelles.

 

KV: Officiellement, plus de 5000 centrafricains sont tombés lors de la crise fratricide qui a secoué votre pays, quel sort réserveriez-vous aux protagonistes de cette crise si vous êtes le futur Chef de l’Etat centrafricain ?

 

MZ: Le Forum National de Dialogue de Bangui a réaffirmé la volonté de tous les centrafricains de refuser désormais l'impunité, et d'appliquer la justice et la réparation avant la réconciliation. nous saluons la création de la Cour Pénale spéciale de la RCA qui dira le droit et justice sera rendue.

 

Je laisserai la justice faire son travail  dans le strict respect de la séparation des pouvoirs exécutifs et judiciaires.

 

KV: Êtes-vous oui ou non pour le vote des 460 000 centrafricains réfugiés à l’étranger (HCR) et ceux qui sont des déplacés internes ? Oui, Non, pourquoi ?

 

MZ: Nous sommes pour le vote des réfugiés parce que c'est un droit imprescriptible des citoyens centrafricains qu'ils sont. Ce sont pour la plupart des fils et filles du pays qui ont été obligés de fuir le pays devant les graves violences que nous avons connues.

 

Leur refuser la possibilité de participer au  choix de leurs futurs dirigeants  les isolerait encore plus , et cela serait un signal négatif  et dans tous les cas contraire à la volonté politique exprimée lors du Forum de Bangui de renforcer la cohésion nationale

 

KV: Ne pensez-vous pas que les prochaines élections générales en Centrafrique sont un peu précipitées ?

 

MZ: Newton disait que le mouvement se prouve en marchant. L'essentiel est de fixer un cap et de démarrer les opérations électorales. Cela fut le cas pour le Forum de Bangui, ce le sera aussi pour les élections.

 

Je pense que c'est le bon moment pour démarrer le processus, mais je conçois que nous ne devons pas précipiter les choses en faisant attention à bien réunir tous les ingrédients pour obtenir un résultat satisfaisant pour l'ensemble des Centrafricains.

 

KV: Je vous remercie d'avoir répondu à nos questions.

 

Propos recueillis par Rocka Rollin LANDOUNG, Directeur de publication Kadéï Vox – Analyste du système international.

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