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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 10:03

 

 

 

 

http://maliactu.net/  20 oct 2014

 

Une vingtaine de policiers maliens s’apprêtent à rejoindre Bangui, où ils prendront part à la mission des Nations-Unies déployée en Centrafrique (Minusca). Ces fonctionnaires de la police ont été désignés à la suite d’une sélection rigoureuse.

 

A Bangui, ces policiers maliens retrouveront des forces de sécurité d’autres pays de la sous-région, notamment le Burkina Faso et le Sénégal. Eux sont déjà sur place.

Mali - Centrafrique : Des policiers maliens en route pour Bangui

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 20:43

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-10-19 16:29:46 - Le ministre congolais des affaires étrangères, M. Basile Ikouebe, émissaire du médiateur dans la crise centrafricaine, le président Denis Sassou Nguesso, a sensibilisé les Centrafricains sur la volonté de la communauté internationale d'exclure toute autre ouverture de la porte à une nouvelle transition.

 

« Il faut comprendre d'abord qu'il n'y aura pas une troisième transition. Sinon il faudrait tout recommencer. Qu'on soit sur des barricades ou ailleurs il faut se dire que nous allons aux urnes », a martelé M. Ikouebe lors d'une conférence de presse, samedi, au terme du séjour de la mission de haut niveau de l'Union africaine et des Nations Unies à Bangui, dépêchée par le président congolais Sassou Nguesso.


S'adressant aux autorités de la transition, l'émissaire a appelé le gouvernement à « faire publier le plus vite possible un chronogramme des activités d'une part et d'autre part de cesser les querelles de personnes ».


Et de notre côté, a-t-il promis, « nous demandons à la communauté internationale de s'impliquer davantage et d'accélérer la mise en œuvre des engagements qui ont été pris. Parce que tout cela nécessite des moyens. « Nous ferons ce qui est possible de faire à l'exemple de la Syrie de l'Afghanistan ou en Iraq tout en faisant confiance à la Minusca", a-t-il dit.


Aux fauteurs de troubles, le chef de la diplomatie congolaise les a mis en garde et menacé de demander l'activation du volet judiciaire des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Car a-t-il prévenu, « il y a des résolutions qui contiennent des sanctions. Il y a aussi des personnes ciblées et ces mesures n'ont pas été activées parce que nous privilégions le dialogue politique et la paix ».


En cas de persistance, a-t-il insisté, « nous allons demander au Conseil de sécurité d'activer les mesures qui ont été proposées dans le cadre des sanctions individuelles et en même temps allonger la liste des personnes à poursuivre ».

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=807370#sthash.tgUoH54U.dpuf

Pas question de nouvelle transition en Centrafrique avertit le ministre congolais des Affaires étrangères

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 20:41

 

 

 

 


Bangui - AFP / 18 octobre 2014 21h28 - Une délégation de la médiation internationale dans la crise centrafricaine était en visite à Bangui samedi pour rencontrer autorités et groupes armés afin de ramener le calme après les violences qui ont fait une vingtaine de morts depuis 15 jours.


Cette visite, à l'initiative du président congolais Denis Sassou Nguesso, le médiateur dans la crise centrafricaine, était notamment composée du chef de la mission de l'ONU en Afrique centrale, Abdoulaye Bathily, et du ministre congolais des Affaires étrangères, Basile Ikouébé.


La médiation a rencontré les autorités de transition et s'est entretenue à huis-clos avec les groupes armés. Il s'agissait de voir comment aujourd'hui ramener le calme, la sérénité dans ce pays pour une transition apaisée après les violences de ces derniers jours, a déclaré Abdoulaye Bathily dans un entretien à la presse présidentielle à son arrivée à Bangui. 


Nous condamnons ces évènements. Nous voulons que les Centrafricains se remettent ensemble, se parlent, dialoguent. C'est par le dialogue, le débat d'idées qu'on sortira de cette crise de manière durable, a affirmé le responsable onusien.

Ce n'est pas en tuant des enfants, en tuant les mères de famille, en tuant les personnes qu'on peut résoudre la crise dans ce pays. Je suis venu rencontrer la présidente (Catherine Samba Panza) pour lui donner ce message et j'ai des raisons d'être optimiste, a ajouté M. Bathily, tout en reconnaissant que depuis quelques jours, il y a eu déraillement du train de la transition.


Cela est profondément regrettable, a-t-il dit, évoquant les victimes civiles mais aussi militaires, les Casques bleus, les blessés, les souffrances, les larmes, et les milliers de gens qui ont encore une fois pris le chemin de l'exil hors de leurs maisons. 


A l'issue de cette visite, le ministre congolais a réaffirmé l'importance pour les partenaires de la Centrafrique de respecter les délais prévus pour organiser des élections générales, d'ici février 2015.


Maintenant que la Minusca (force onusienne) est installée, il faut absolument sécuriser Bangui et puis l'intérieur du pays (...) Il faut ensuite accélérer le calendrier de la transition, a déclaré Basile Ikouébé lors d'une conférence de presse.

Qu'on soit sur les barricades ou ailleurs, il faut se dire que nous allons aux urnes, a-t-il insisté, admettant qu'il faudrait toutefois tenir compte des revendications des différents acteurs politiques et de la société civile pour améliorer les institutions.


Mais il n'est pas question pour nous d'ouvrir une porte à une troisième transition. C'est exclu. Sinon, il faudra tout recommencer, a asséné M. Ikouébé.


Réunis à Brazzaville fin juillet, les représentants des principaux groupes armés qui ont mis le pays à feu et à sang depuis un an et demi --l'ex-coalition Séléka, majoritairement musulmane, qui avait pris le pouvoir en 2013, et des miliciens anti-balaka qui avaient mené une impitoyable chasse aux musulmans après la chute de la Séléka au début de l'année-- avaient signé un accord de cessation des hostilités.

Mais cet accord a été depuis régulièrement violé, alors que les affrontements, les braquages et les pillages se poursuivent à Bangui comme en province.


Depuis 15 jours, la capitale centrafricaine a ainsi été le théâtre de violences qui ont fait une vingtaine de morts, dont un Casque bleu pakistanais et plusieurs dizaines de blessés.

Vendredi, Mme Samba Panza, dont la gestion des affaires est de plus en plus critiquée, a fixé la fin de la transition au 15 février.


Mais de nombreux observateurs estiment que les conditions sont loin d'être réunies, à cause de l'insécurité et de l'économie ravagée par des mois de conflit, le pays vivant sous perfusion de l'aide internationale.



(©) http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=528722 

Centrafrique : médiation internationale à Bangui après les récentes violences
Centrafrique : médiation internationale à Bangui après les récentes violences

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 20:34

 

 

 

 

THOMAS HOFNUNG LIBERATION 19 OCTOBRE 2014 À 18:56

 

DÉCRYPTAGE

 

Sangaris. Au bout de dix mois d’opérations militaires françaises, la violence continue de miner le pays.

 

Impasse politique, dégradation de la situation sécuritaire : dix mois après le début de l’intervention militaire française, la Centrafrique demeure dans un état très préoccupant, obligeant Paris à différer le retrait de ses troupes.

 

Un pays toujours en proie aux affrontements

 

Aucun massacre à grande échelle n’a été signalé depuis plusieurs semaines en Centrafrique. Mais le niveau de violence demeure inquiétant, malgré la présence de 6 500 Casques bleus et des 2 000 soldats français de l’opération Sangaris. A l’intérieur du pays, les populations sont soumises à la brutalité de bandes armées, «des bandits de grands chemins qui sont dans une logique de survie», dit un observateur de retour de Centrafrique.

 

Il y a dix jours, cette violence a éclaté en plein centre de Bangui, la capitale centrafricaine, provoquant la mort d’au moins dix personnes, plusieurs dizaines de blessés et la fuite de plusieurs milliers d’habitants de chez eux. Mercredi, six miliciens anti-balaka qui refusaient d’être désarmés ont été tués par les forces internationales. «Nous faisons face à des pics de violence», dit le porte-parole de l’état-major français, le colonel Gilles Jaron. Selon lui, ces troubles seraient de nature plus politique que communautaire.

 

Un processus politique au point mort

 

Cette violence se nourrit de l’absence de perspective politique. Plus personne ne se risque à évoquer une date pour les élections prévues initialement pour début 2015. La communauté internationale avait beaucoup misé sur la présidente par intérim, Catherine Samba-Panza. Mais dix mois après sa nomination, celle-ci est accusée de népotisme et de corruption. Elle peine à justifier l’évaporation d’une partie substantielle d’un don de 10 millions de dollars (8 millions d’euros) des autorités angolaises, révélée par l’hebdomadaire Jeune Afrique. Les groupes armés - les milices anti-balaka et les ex-rebelles de la Séléka - exigent sa démission. Le Parlement lui demande des comptes. «L’exécutif part à vau-l’eau», résume Didier Niewiadowski, en poste à l’ambassade de France à Bangui jusqu’en 2012. Samba-Panza a beau arguer qu’elle ne dispose pas de leviers sur lesquels s’appuyer, en raison de l’effondrement de l’Etat, sa crédibilité est au plus bas.

 

Comment sortir de l’impasse actuelle ?

 

La communauté internationale fait face à un véritable casse-tête en Centrafrique. La scène politique y est totalement fragmentée. «A Bangui, nous avons deux gouvernements, sinon trois, déplore un haut responsable français. Celui du Premier ministre, Mahamat Kamoun, le cabinet parallèle de la présidente par intérim, et le shadow cabinet de l’opposition…» Le parlement provisoire (le Conseil national de transition) ferraille avec la présidente et vient de décider de mettre en place une commission d’enquête sur l’affaire du don angolais.

 

La nébuleuse anti-balaka (à dominante chrétienne) est elle aussi divisée. «Les groupes qui répandent la violence à Bangui sont manipulés par l’ex-président François Bozizé [au pouvoir de 2003 à 2013, ndlr] qui veut prendre sa revanche», explique une source bien informée. Dans le nord-est, la frange la plus radicale de l’ex-Séléka (groupe à dominante musulmane, au pouvoir à Bangui entre mars et décembre 2013), conduite par Noureddine Adam, est dans la même logique, selon un haut responsable à Paris. «La déstabilisation est générale», reconnaît cette source.

 

La médiation conduite par le président congolais, Denis Sassou-Nguesso, a vécu. Et Paris ? «Faute de mieux, nous mettons nos pas dans ceux de l’ONU», confie un observateur. Le 9 octobre, un Casque bleu pakistanais a été tué et huit autres blessés dans une embuscade près de Bangui. La France a prévu de déployer prochainement des hélicoptères Tigre.

 

THOMAS HOFNUNG

Lu pour vous : En Centrafrique, l’impossible retrait

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 20:30

 

 

 

   Tout à la gloire de l’armée française, le premier reportage fait par un journaliste « embedded » (embarqué) nous a permis de revisiter les lieux de nos vacances : Sibut, Dékoa, Bambari,  Ippy et Bria en coupant le son et en regardant ailleurs que de suivre le regard tendancieux du reporter qui a fini par nous agacer :

 

-par son simplisme : les bons blancs venus au secours des nègres cf Tintin au Congo

 

-par sa naïveté : il prend des enfants pour la population centrafricaine et confond leur enthousiasme avec celui de la population entière . Il ne sait pas que l’enthousiasme est l’arme des faibles par excellence .

 

-il ne pose pas les bonnes questions : que fait un jeune Soudanais de vingt cinq ans au cœur de la RCA ? Question subsidiaire : si le jeune Soudanais qui fait partie de la « Séléka » a failli être lynché, qu’en est-il du sort du Centrafricain lambda ?

 

-Pourquoi tous les chefs « Séléka » ne parlent-ils pas un traître mot de français et surtout de Sango, les deux langues officielles centrafricaines ? Se sont-ils exprimés davantage en Goula, en Rounga ou à tout le moins en Banda ou en Sara ? Non . Tous ont parlé Arabe, ce qui devrait en toute logique interpeller un bon journaliste .

 

Même les interprètes ne maîtrisent pas les deux langues officielles et la qualité de leur traduction en a pâti . On est dans l’approximation totale .

-La mission « Sangaris » était primitivement envoyée en Centrafrique pour désarmer les « Séléka » qui mettaient le pays à feu et à sang depuis plusieurs mois . Le reportage nous a montré des soldats français plus soucieux de désarmer les Antibalaka ( arcs, flèches, machettes, gourdins, masses, fusils déguisés-ga na pointe- piques…) que de débarrasser le sol centrafricain de lance- roquettes , de kalachnikovs, de grenades et de mitraillettes . A quoi joue Sangaris en Centrafrique ?

 

-Et ce ton différent en fonction des interlocuteurs ! Respectueux ( mon colonel donné aux tueurs de la « Séléka ») et condescendant s’agissant des Antibalaka et des populations locales . Tintin au Congo, on vous dit !

 

« Aujourd’hui, les Antibalaka ils sèment le trouble dans Boda, à Bangui, dans d’autres       localités et dans le pays et on va continuer à les combattre . »

                                       Général SORIANO devant le conseil musulman de Boda .  

 

  Si cela n’est pas une alliance objective, cela y ressemble beaucoup et cette alliance est faite sur le dos du peuple centrafricain .

 

  A Dékoa, le colonel Depuys a purement et simplement dupé les Antibalaka pour les désarmer, dévoilant au passage pour ceux qui ne l’ont pas encore compris, le double langage de Sangaris . Quand un Centrafricain lettré rappelle les liens historiques entre la France et la RCA ( seules raisons valables qui justifient l’opération Sangaris et la présence des soldats français dans sa ville), les soldats bottent en touche .

 

Enfin à partir de combien d’habitants doit-on parler de ville ? En France, c’est deux mille  habitants . Notre reporter a parlé des villages de Bambari et d’Ippy !

 

    Ce reportage complaisant est à opposer à celui réalisé sur la LRA à Obo qui a suivi . C’est le jour et la nuit :

 

-il est explicatif sur les origines du mouvement et son implantation en RCA

 

-il donne la parole aux acteurs : enfants enlevés, curé, parents, assistantes psychologiques, gendarmerie centrafricaine, instituteur…

 

-il est varié : Obo, Zémio, Dembia, Bangui, Washington, La Haye, New York .

 

-il est fiable avec des chiffres précis : 95 enfants enlevés en un an , 400 en tout et les témoignages émouvants des rescapés de Kony : Léa, 15 ans, esclave sexuel, Pascal de Dembia 10 ans, Yannick 16 ans devenu ingérable à cause des traumatismes subis et qui parle de suicide, Alexis 13 ans, Pélagie 17 ans esclave sexuel, Pierre, Emmanuel Daba qui fait des émissions  dédiées à ses « frères » de la brousse sur une radio locale . Tous parlent un français qui les honore et ceux qui ne le peuvent pas recourent au Sango ( Pélagie) ou à une langue locale

                                                                          .

    J’ai ressenti plus d’amour de la patrie centrafricaine à Obo  et à Zémio avec cette milice locale démunie face à la LRA mais débrouillarde qui mérite d’être aidée, la radio locale avec Daba, l’instituteur qui apprend le complément d’objet direct (COD) à ses élèves de Zémio, les religieuses centrafricaines qui prennent en charge les victimes féminines oubliées de la LRA en leur inculquant quelques notions de couture et SURTOUT la sœur Chantal, LA CENTRAFRICAINE,  l’ange gardien des rescapés, capable de faire des kilomètres pour enterrer une victime avant de revenir continuer son travail de soutien et qui montre en riant son tas de cailloux comme seule arme de défense contre les « tongo-tongo » du redoutable Kony . Sœur Chantal, je vous aime car vous aimez la RCA . Dieu vous bénisse .

 

    Qu’on ne vienne pas me dire que « la critique est aisée et l’art difficile »ou des balivernes de ce genre . Je ne critique pas pour critiquer . J’ai juste regardé deux reportages  consacrés à mon pays avec un regard différent, à l’aune des réalités centrafricaines . En définitive, les acteurs de Zémio et d’ Obo sont plus importants que les autorités de Bangui . Ils oeuvrent concrètement pour un meilleur avenir de la RCA avec des moyens rudimentaires . Les sœurs des deux localités méritent notre gratitude et notre soutien .

 

                             KOULAYOM-MASSEYO David

 

                             Reims le 16 Octobre 2014 .

                             

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 20:05

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Chers Lecteurs, vous avez été très nombreux à m’écrire et à m’aborder dans les rues de Bangui pour me remercier et m’encourager, pour mes différentes publications qui traitent des sujets en rapport avec le développement tant attendu et espéré de Notre Chère et tendre Centrafrique.. – Toute cette gratitude me touche…  SIHNGUILA…. !

 

Vu l’actualité locale, il est important que nous parlions aujourd’hui de la Sécurité Nationale. Ce qui fera l’objet de 2 Publications ; celle-ci étant la première.

 

Je vais maintenant parler de l’Armée Nationale, communément appelée FACA. – Nous savons tous qu’elle est en très grandes difficultés depuis un moment déjà ; mais les carences profondes ont ressurgi brutalement et la vérité a éclaté au grand jour lors des évènements du 24 Mars 2013 et des mois qui ont suivi jusqu’à ce jour d’Octobre 2014.

 

Nous découvrons qu’en l’état des choses, elle n’est pas en mesure d’assurer notre protection comme cela aurait du être le cas. – IL nous faut lui donner les moyens pour qu’à l’avenir cela ne se reproduise plus.  Ce problème de la Défense Nationale et de Sécurité se justifie par le fait que la création de conditions de sécurité sur toute l’étendue du territoire, constitue un préalable incontournable au développement humain et durable de la République Centrafricaine.

 

Sans la sécurité, les efforts en faveur de la consolidation des institutions démocratiques, de réformes de l’économie et de la lutte contre la pauvreté resteront vains. - De manière générale, il a été reconnu que les crises récurrentes qui ont secoué le pays, ces dernières années, ont été avant tout l’expression d’un malaise qui trouve en partie son origine dans les carences structurelles et fonctionnelles des Forces de Défense et de sécurité.

 

Pour lubrifier notre modèle de développement qui se veut endogène, il nous faut instaurer, efficacement, une sécurité intérieure visible et reconnue de Tous. – Pour notre culture générale, il convient de savoir que la République Centrafricaine couvre une superficie de 623.000 km2 pour une population estimée quelques 4 millions d’habitants. - Pays sans littoral dont le point le plus proche de la mer lui est distant de 1200 km, il est complètement enclavé et peuplé par une mosaïque de groupes ethniques, caractérisée par l’usage commun de la langue " Sango ". - Située à égale distance entre Lagos et Mombassa d’une part et à mi-chemin entre Alger et le Cap d’autre part, la République Centrafricaine qui présente de ce fait, un intérêt stratégique certain, est un quadrilatère de 1200 km de longueur et 600 km de largeur. Elle est au centre géographique de l’Afrique. - Par ailleurs, la République Centrafricaine regorge d’importantes ressources naturelles et fauniques variées, source de convoitises d’où nécessité de Défense Nationale et de Sécurité.

 

Située au cœur du Continent Africain entre l'Equateur et le Tropique du Cancer, à égale distance de la Méditerranée et du Cap de Bonne-Espérance, de l'Océan Atlantique et du Golfe d'Aden, la République Centrafricaine est un pays entièrement enclavé. Elle s'étend sur 623 000 km2 du 2° au 11° parallèle Nord et du 13° au 27° méridien Est et constitue un vaste plateau situé entre 600 et 700 m d'altitude. - Elle est limitée à l’Est par le Soudan avec 1309 km de frontière entre Birao et Obo, - le Congo Démocratique (RDC) au Sud avec 1346 km de frontière entre Obo et Mongoumba, - au Sud-Ouest par le Congo-Brazzaville avec 630 km de frontière entre Mogoumba et Nola, - le Cameroun à l’Ouest avec 630 km de frontière entre Nola et Ngaoundaye et enfin, le Tchad au Nord avec 1470 km de frontière entre Ngaoundaye et Birao.

 

Pays de savanes et de forêts denses, avec des massifs à l’Ouest et au Nord-Est, les frontières de la République Centrafricaine avec les pays limitrophes sont constituées de cours d’eau, de chaînes de montagnes, de galeries forestières, de mangroves, de marais. Leur surveillance nécessite des moyens adéquats.

 

La notion de Défense Nationale est celle de la Défense Globale ; c’est-à-dire l’ensemble des moyens mis à la disposition de la Nation pour assurer sa souveraineté. Qu’il s’agisse de moyens politiques, économiques que de moyens militaires. En d’autres termes, il s’agit de Défense Militaire, la Défense Civile, la Défense économique et la Défense Extérieure. Dans la présente réflexion je ne parlerais que de la première.

 

  1. La Défense Militaire est l’ensemble des moyens humains, matériels et stratégiques mis en oeuvre en tout temps, en toutes circonstances et contre toutes les formes d’agressions pour assurer l’intégrité du Territoire National, la sécurité des personnes et des biens. C’est le Ministère de la Défense Nationale qui est chargé de la mise en oeuvre de la Politique de Défense Militaire ;

 

Sans sécurité et sans stabilité, il n’y aura, ni demain, ni après-demain, ni dans 2 ans, ni à l’horizon 2025/2030 un moindre début d’amorçage de notre modèle de développement. – Nous ne pouvons donc resté inerte face à cette situation dégradante qui hypothèque tout notre avenir ; il nous faut donc réagir et restructurer notre Armée Nationale. - Mais pour y arriver, c’est aujourd’hui qu’il faut prendre les mesures efficaces et adaptées à la hauteur des enjeux et ambitions nouvelles de la République Centrafricaine. Comme je l’ai dit plus haut, pour lubrifier notre modèle de développement qui se veut endogène, il nous faut instaurer, efficacement, une sécurité intérieure visible et reconnue de Tous.- La création de conditions de sécurité sur toute l’étendue du territoire constitue un préalable incontournable au développement humain et durable de la République Centrafricaine. – Une fois pour Toute, RETENONS bien ceci : Une Armée républicaine de plus de 15.000 Hommes ne serait pas un luxe, car l’histoire récente de notre pays démontre bien les dégâts immenses que causent les carences en sous-effectif entretenues, par les différents gouvernements irresponsables, depuis la fin des années 1980.

 

Un examen minutieux a permis d’identifier des carences, qui ont rendues ses 20 dernières années nos Forces de Défense et de Sécurité incapables d’assumer correctement leurs missions, à savoir :

 

Le constat montre que le recrutement dans les Forces de Défense et de Sécurité se fait de manière anarchique. L’absence de formation de base ; -  Les agents sont mal formés professionnellement, et dépourvus de sens civique. L’encadrement par les chefs fait également défaut.  - L’absence de casernes. - La politisation des Forces de Défense et de Sécurité ; - Le recours aux Forces non Conventionnelles ; - La prolifération des armes et munitions. - Les forces sont sous-équipées, la démotivation des hommes de rang  qui sont par ailleurs minés par la déficience de commandement. On note à cet effet une perte de confiance des hommes envers les chefs. - Les infrastructures délabrées contraignent bon nombre d’agents à résider en dehors des casernes et à leurs frais. Ils éprouvent ainsi d’énormes difficultés pour se rendre à leur lieu de travail et le maigre salaire ne leur permet pas de satisfaire leurs propres besoins, ni ceux de leurs familles. - Le manque de structures adéquates de formation, comme cela se faisait jadis dans les années 70/80, du type de l’Ecole Spéciale de Formation des Officiers d’Active (ESFOA) et celle d’autres Centres similaires est une des causes de déficit en personnel qualifié pour l’encadrement.

 

La politique de nomination est faite au mépris des dispositions statutaires. Elle ne tient plus compte des critères de compétence, de qualification, de formation, ni de l’ancienneté dans le service. En conséquence, les compétences sont mal utilisées et la pyramide des grades est incohérente. - L’utilisation irrationnelle des Forces de Défense et de Sécurité se manifeste notamment par un chevauchement de leurs missions. - Le recours aux Forces Etrangères, et tant d’autres, par les Autorités Politiques ainsi que l’avantage donné à l’équipement de la Garde Présidentielle au détriment des Forces de défense et de sécurité régulière ont contribué à saper le moral des troupes, à les humilier et à les démotiver. - L’immixtion des parents et hommes politiques dans les affaires des Forces de Défense et de Sécurité a contribué à politiser celles-ci. Par ailleurs, les militaires et agents de tous les corps sont utilisés comme aides de camps des hommes politiques.

 

Tous ces facteurs conjugués au paiement irrégulier de la Prime Globale d’Alimentation (PGA) expliquent le dysfonctionnement et le manque d’efficacité des Forces de Défense et de la Sécurité.

 

Pour que le modèle de développement que nous ambitionnons soit endogène et porte les fruits espérés, il nous faut résoudre le problème d’insécurité. - Sans sécurité et sans stabilité, il n’y aura pas d’amorçage de développement en République Centrafricaine.  – Mais pour y arriver, c’est aujourd’hui qu’il faut prendre les mesures efficaces et adaptées à la hauteur des enjeux et ambitions nouvelles de la République Centrafricaine. – Un jour prochain la Transition actuelle, avec ses soubresauts, va prendre fin et il nous faut déjà penser à la suite, au lendemain et l’envisager en toute lucidité. -  Comme je l’ai déjà affirmé dans une de mes publications : « le progrès n’est pas une anomalie éphémère, mais un acte conscient, à récidiver et de ce fait se prête à une analyse rationnelle, stratégique, ciblée et performante sur la longueur ». – Notre Talon d’Achille est et demeure l’insécurité.

 

Il est certes vrai que, dans tous pays en Voie de Développement, l’Armée Nationale a elle aussi besoin de réformes, car il suffirait qu’elle soit mal ou peu disciplinée ou désorganisée, comme c’est le cas en Centrafrique, pour que certains individus avides de pouvoir et ayant une certaine parcelle d’autorité l’a détourne de sa mission première. Les dérives de l’Armée ont souvent constitué un frein brutal au développement car la grogne d’une partie des éléments de ce corps de l’Etat, se transforme souvent en Coup d’Etat ou Tentative de Coup d’Etat.

 

L’expérience a démontré que dans le 1er cas, c’est le Régime au pouvoir qui change. A quelques exceptions près, les militaires ont tendance à restreindre les libertés d’expressions et autres, autrement dit il y a un frein au processus démocratique en vigueur.

 

Dans le 2ème cas, une tentative de coup d’Etat désorganise l’Armée dans son ensemble, créée une instabilité qui perdure dans la mémoire collective nationale, fait reculer toutes initiatives d’investissement privés, fragilise le Président resté au pouvoir qui à son tour se transforme peu à peu en dictateur.

 

Nous pouvons encore écrire plusieurs pages sur les effets négatifs d’une grogne de l’Armée Nationale mal canalisée, mais ce qui nous intéresse ici, c’est de savoir quelle suggestion constructive supplémentaire, je compte apporter ici afin de compléter la réforme des FACA et de la Sécurité qui est en cours d’élaboration et/ou de correction avant la mis en en action. – En faisant cette suggestion, je réaffirme ma ferme volonté à permettre à notre cher et tendre pays de réunir rapidement les conditions idoines qui nous permettrons d’atteindre notre objectif à savoir : « Amorcer le démarrage d’un Développement durable, équitable et solidaire en République Centrafricaine à l’horizon 2025».

 

Avant d’exposer ma suggestion, nous allons d’abord examiner la réalité.

 

La réalité est que tout Chef d’Etat de pays non-développé a forcément élaboré une stratégie afin de contenir son armée ; Ce qui est tout à fait normal et j’estime que l’Armée Nationale est et demeure le domaine réservé du Président de la République, Chef des Armées. Ce dernier devra savoir mettre en œuvre les réformes qu’il souhaite, en ne perdant pas de vue l’intérêt général et en se souvenant que : EST VALEUR, tout ce qui projette un sens et nous tire en avant avec une conscience aiguë du relatif et de l’éphémère, mais aussi de ce qui se totalise dans le temps de l’histoire que nous faisons. - En d'autres termes: "Cher(e) Président(e), tu n'es que de passage; fais au moins en sorte de rester dans la mémoire collective du Peuple, comme étant celui(celle) qui aura mis les bases durables d'une Défense Nationale, garante de paix, de stabilité et de progrès bénéfique à Tous".

 

Rappelons que pour amorcer un démarrage économique et tout autre action constructive, il faut arriver à instaurer une longue période de stabilité afin que tous ensemble, de manière consciente et collective, nous réapprenons la Bonne Gouvernance, le mieux vivre ensemble, la Liberté d’Expression et de Penser, les bases de la Démocratie, du Développement, de la Croissance économique et de l’épanouissement personnel et collectif.

 

Toutefois, la Petite Réforme que nous nous permettons de souffler à l’oreille du Chef de l’Etat est celle d’un stage de 3 mois réservé Sous-officiers, Officiers et Officiers subalternes. - Quel sera le contenu de ce stage de 3 mois ?

 

Réponse : Expliquer, examiner, enseigner aux militaires bénéficiaires ce qu’est le rôle de l’Armée dans un Etat Démocratique aspirant à un Développement Durable, Equitable et Solidaire.

 

Des instructeurs, formateurs et autres spécialistes du sujet, originaires d’autres pays ayant une expertise dans le domaine viendront à Bangui, en Centrafrique dispenser et expliquer, en long et en large, le rôle d’une armée républicaine.

 

Chaque session durera 3 mois et à la fin du dit stage, le Chef de l’Etat en personne viendra remettre une médaille (créée à cet effet), ainsi qu’un diplôme.

 

Le fait d’avoir choisi cette catégorie de militaire n’est pas un hasard. Notre objectif  étant d’enraciner dans l’esprit des bénéficiaires, qui rappelons-le se trouvent à la fonction entre les soldats et les officiers supérieurs, le choix positif en faveur du service pour la démocratie. Chacun à sa place : - le Politique démocratiquement élu ordonne, l’Armée exécute…..- le tout dans l’intérêt de la Nation.

 

J’estime qu’au rythme de quatre sessions par an, nous devrions sur 2 années faire le tour et que tous les militaires correspondants au profil auront bénéficié de cette formation prédéfinie. - Cette transformation de la mentalité de ce noyau de l’Armée sera nécessaire pour asseoir une stabilité durable et nécessaire aux longues réformes ;  donc pas de perturbations, du côté de l’armée, qui seraient en défaveur de notre Développement souhaitable à l’horizon 2025/2030.

 

Je vous rappelle qu’en Centrafrique, sauf modification définitive et officielle nouvelle, le territoire national est découpé en six (6) régions militaires basées à : - Bossangoa (1ère Région Militaire) - ….-Birao (2ème Région Militaire) …… - Nola (3ème Région Militaire) ….. - Obo (4ème Région Militaire)……- Bambari (5ème Région Militaire) …… - Moungoumba (6ème Région Militaire) ….. - Bouar (Région Militaire Autonome).

 

L’expérience a démontré que la présence militaire, sécurisant les dites régions n’était pas effective parce que dans les zones de l’arrière pays, il manque de tout : - pas d’école, pas de collège, pas de centre de santé digne de ce nom, pas de caserne militaire adaptée, d’où le manque de motivation des troupes qui y sont affectées, sans parler du manque d’équipement, de formation et autres maux répertoriés.

 

Comment pouvons-nous parler de sécurité nationale et avoir confiance en l’avenir quand lorsque l’on évoque l’entité FACA, il en ressort : - L’indiscipline, la politisation, le manque de moyens, l’absence de motivation, la tribalisation, la débandade, repli, abandon de position sur le terrain, Villes et provinces entières qui tombent aux mains des rebelles depuis 2003 démontrent le degré de déconfiture qu’a atteint notre Armée. - Les Chefs d’Etats de la CEEAC, réunis à Libreville en Janvier 2013 ont bien compris la difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité, de remettre de l’ordre et ramener une certaine sécurité et paix potentielles en RCA, sans intégrer les rebelles dans la sphère du pouvoir sécuritaire et administratif, d’où la mise en place des différents GUN 1, 2, 3, mais malheureusement TOUS défunts.

 

Nous savons que le rétablissement d’une sécurité consolidée ne se fera pas en 1 jour, mais pour arriver à une situation équilibrée, il faut VRAIMENT que chaque camp joue désormais le jeu et mette l’intérêt National comme Leitmotiv Prioritaire…… - Le Peuple Souverain est fatigué de cette insécurité chronique, de ces exactions multiples commis et rééditées, des hordes de bandits de grands chemins et autres bandes armées qui sévissent et hantent le pays. Nous ne voulons plus d’une armée FACA qui ne soit que l’ombre d’elle-même et qui, par voie de conséquence, a perdu toute sa réputation et lettre de noblesse.

 

Messieurs les Gouvernants, avec le soutien des Forces de la MINUSCA et autres qui sont à notre chevet, MERCI de nous ramener la paix et une Armée disciplinée dès demain, càd pas dans 1 an, pas dans 2 ans ou plus, mais MAINTENANT. - Arrangez vous comme vous voulez,  ex-rebelles + Séléka + anti-Balaka + opposition démocratique + ex-majorité présidentielle + société civile et autres. - Réagissez, réveillez-vous et travaillez avec conviction et intelligence pour que les choses s’arrangent le plutôt possible, car le Peuple Souverain veut, que dis-je, exige des résultats concrets.

 

Cher lecteur et compatriote, merci d’avoir pris le temps de me lire. Avant de te coucher le soir, poses-toi la question : « Qu’ai-je Fais pour faire avancer Mon Pays aujourd’hui ? – Gui tênè ti ôkô bozo ti mbi la akè so mbi ? – Quel acte ai-je, directement ou indirectement, posé pour favoriser le bien-être des générations futures ? – L’avenir dans un « Mieux vivre ensemble en Centrafrique » a-t-il un jour fait partie ou fait-il encore partie de mes priorités au quotidien ? – Wala mbi kê na vourou bê ti molengué ti kodro, wala mbi kê na kota bê ti yé ti séssé ???.....». - Toutefois, souviens-toi qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire et qu’une action personnelle venant de toi, quel quelle soit, est espérée et attendue car : « Aucune Nation ne naît grande, les Grandes Nations sont l’œuvre de leurs citoyens ».La construction de notre Pays est l’affaire de TOUS. - Notre YES WE CAN Collectif exige cette détermination individuelle.

 

Fin de la Réflexion  (- Ceci était la 1ère Partie de l’Armée en tant qu’Armée de Développement. Dans la Publication de la semaine prochaine, je reviendrai sur la suite et fin de ce sujet.- Ne la ratez pas.)

 

 

Christian Dominique DARLAN. – Octobre 2014

 

Consultant en Stratégies de Développement

 

E-mail : batir.rca@gmail.com

CENTRAFRIQUE : Armée Nationale = Armée de Développement (1ère Partie) Par Christian Dominique DARLAN

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 14:27

 

 

 

 

Par Laurent Correau RFI 17-10-2014 à 14:50

 

La Mission des Nations unies en Centrafrique, la Minusca, est en cours de déploiement depuis le 15 septembre. Objectif : aider les autorités à stabiliser le pays. Une tâche colossale car beaucoup doit être reconstruit : justice, forces de sécurité, infrastructures… mais aussi confiance. Depuis fin 2012, ce pays connaît une nouvelle crise qui a emporté son administration, son économie et qui a créé des tensions interreligieuses inconnues jusqu’alors.

 

Notre Dame de Fatima. Les enfants jouent sur le parvis de l’Eglise, au milieu d’une opération de distribution d’aide alimentaire. Des habitants des quartiers environnants vivent toujours là. Ils ne se sentent pas en sécurité chez eux. La paroisse a été traumatisée par les violences. Fin mai 2014, alors que des milliers de déplacés étaient venus chercher refuge sur le site, des combattants qui pourchassaient les anti-balaka sont arrivés et ont jeté des grenades. Il y a eu au moins 15 morts, dont un prêtre. Qui sont ces combattants  « Des musulmans », selon les déplacés.

 

Dans une salle paroissiale qui accueille les familles en fuite, deux femmes expliquent qu’elles ressentent toujours de la méfiance. « Les gens restent à Fatima parce qu’il n’y a pas de sécurité », dit l’une. « C’est à cause des musulmans qui n’ont pas été désarmés que nous restons ici, poursuit l’autre. Il y a trop d’armes chez eux là-bas. C’est pour cela qu’on nous chasse comme des animaux. »

 

Peur partagée par les chrétiens et les musulmans

 

La peur chez les chrétiens, mais aussi chez les musulmans. Des déplacés continuent également à vivre à la mosquée centrale. Un homme raconte qu’il est arrivé là le 25 janvier et que depuis, il vit sous une bâche. « Les déplacés qui sont ici à la mosquée centrale ne peuvent pas circuler, déplore-t-il. Aller dans les quartiers, non, non, non… Si on va dans les quartiers, directement les anti-balaka vont nous attaquer. »

 

Au marché du kilomètre 5, l’enclave musulmane de Bangui, on peut encore rencontrer Mohamed Zene, l’imam adjoint de la mosquée du quartier de Fouh, l’une des nombreuses mosquées détruites dans la fureur de décembre. Lui non plus ne pense pas encore pouvoir rentrer chez lui : « Là, pratiquement, il n’y a pas un musulman de l’autre côté [à Fouh]. Si un musulman se présente là-bas, ce sera difficile pour lui. Les musulmans du quartier sont partis vers le Cameroun, le Tchad, ils sont venus vers le kilomètre 5. »

 

La mosquée, qui a été rasée, n’a évidemment pas pu être reconstruite. Le terrain sert à l’heure actuelle de stade de football. A quand un nouveau chantier ? « Il faudra attendre que la paix revienne pour voir si on peut reconstruire ou pas », se contente de préciser l’imam, avant de revenir, d’un air las, aux activités de sa boutique. La crise a dressé des murs entre communautés qui n’existaient pas auparavant. Et ces murs, il faut maintenant les démonter pierre par pierre.

 

Les initiatives se multiplient dans les quartiers. Dans le 3e arrondissement, l’association « Tournons la page » fait travailler ensemble chrétiens et musulmans pour nettoyer les rues, couper les hautes herbes et permettre la circulation des patrouilles. Et au Kilomètre 5, les membres de la coordination pour l’action humanitaire et le développement tentent d’apaiser les esprits. Le pasteur Gaston Kossingou, qui fait partie de ce groupe, se veut optimiste : « Avant, la tension était très forte, mais maintenant, avec les sensibilisations qui ont lieu dans les médias, avec les réunions qu’on multiplie au niveau des arrondissements entre chrétiens et musulmans, les gens commencent à comprendre ».

 

Côté gouvernemental, un plan d’action a été mis sur pied suite à la signature de l’accord de Brazzaville. Il prévoit la vulgarisation de l’accord de cessation des hostilités, puis la constitution de comités locaux de paix chargés de mettre en place un dialogue à la base. Selon le projet des autorités de transition, les recommandations remonteront progressivement jusqu’à Bangui où se tiendra un Forum national.

 

Criminalité en hausse

 

La poursuite de la violence, notamment à Bangui, empêche la mise en route de ce plan. Ces derniers jours, des groupes d’anti-balaka ont à nouveau semé le désordre dans la ville, installant des barrages, se livrant à des actes de pillage dans certains quartiers. « On voit un décalage croissant entre les principaux chefs anti-balaka qui sont dans un processus politique et la base qui se criminalise », estime un observateur avisé de la scène centrafricaine.

 

Depuis le début de la crise, la dimension « criminelle » des groupes armés, séléka et anti-balaka, était là. Des dizaines de témoignages ont prouvé que ces groupes avaient écumé le pays ou mis des territoires en coupe réglée pour piller les civils autant (sinon plus) que pour faire valoir des revendications. Mais deux ans après les premiers soubresauts rebelles, il ne reste plus grand-chose du discours politique des séléka. L’image de « résistants » des anti-balaka, elle, ne fait plus recette. Trop de vols et de pillages ont été commis contre les civils, chrétiens et musulmans.

 

Le climat d’impunité qui prévaut dans le pays depuis des années et qui s’est renforcé depuis 2012 a également renforcé la petite délinquance. « Certaines personnes pensent que la justice n’existe plus et qu’on peut faire ce qu’on veut sans être attrapé », explique un juge. Les pillards continuent par exemple à agir dans les quartiers détruits de Bangui, qu’ils écument à la recherche de tôles non encore emportées. Poussant certains déplacés à revenir dans leur maison pour protéger ce qui peut encore l’être.

 

Yvette Yada, qui habite le quartier Fondo, montre la natte sur laquelle elle dort depuis une semaine et raconte : « Je suis revenue ici parce que les pillards ont commencé à enlever la toiture de cette maison et la toiture de la maison de mon fils, au bord de la route là-bas. Comme j’ai entendu la nouvelle, je me suis précipitée pour regagner mon domicile. Ce sont des hommes en armes qui emmènent les tôles. On ne connaît pas leur identité. La nuit, ils tirent en l’air un peu partout pour intimider les gens, pour qu’ils ne sortent pas, et ça leur permet d’enlever les tôles et de repartir. C’est quand ils ont fini d’enlever les tôles que la tranquillité revient ».

 

Charlemagne Wipélé, lui, est un déplacé qui vient du quartier de Boulata. Il fait partie des quelque 20 000 personnes qui vivent toujours dans le camp de Mpoko, près de l’aéroport, faute de sécurité chez eux. « Ceux qui détenaient des armes, dit-il, se sont organisés pour enlever les toitures afin de les revendre. » Il s’emporte. « Ce sont des malfaiteurs, on ne peut pas les identifier. C’est une bande de voyous, d’idiots, on ne sait pas ! »

 

Redéployer l’Etat

 

Face à cette évolution de la violence en Centrafrique, la restauration de l’autorité de l’Etat passera par le redéploiement des policiers et des gendarmes, par la reconstruction d’une chaîne pénale. Des mesures ont d’ores et déjà été envisagées par les autorités de transition et la mission des Nations unies, la Minusca. La force européenne Eufor, elle, accompagne des patrouilles de policiers pour faciliter une réappropriation du terrain.

 

Sioké Rainaldy, le président de l’Alliance des forces démocratiques pour la transition (AFDT), une coalition de partis politiques, prévient cependant d’ores et déjà : au sein de ces forces de défense et de sécurité, il faudra donner des responsabilités aux policiers et aux gendarmes qui sont libres de toute affiliation ou de toute sympathie avec les groupes armés. Et réserver les autres à des tâches subalternes. « Le vrai problème, regrette-t-il, c’est que les autorités de la transition n’ont pas le courage de le faire. » 

 

Certains policiers, à la frontière avec le Cameroun, font notamment parler d’eux à l’heure actuelle. Ils dissuadent les musulmans qui se sont exilé au Cameroun de rentrer, en contradiction flagrante avec la politique officielle de réconciliation. « Il y a un problème. Mais est-ce qu’aujourd’hui des sanctions vont être prises contre ces policiers ? », s’interroge Sioké Rainaldy.

 

De manière plus générale, l’intérieur du pays a besoin de retrouver ses fonctionnaires. De disposer à nouveau d’une administration, après l’effondrement de mars 2013. « On a pensé que c’était un coup d’Etat, raconte le ministre de la Fonction publique Eloi AnguimatéMais un coup d’Etat, c’est quand on garde les institutions en place, quand on s’appuie sur cette administration pour avancer. Il se trouve que nos compatriotes qui sont arrivés à Bangui le 24 mars ne se sont pas appuyés sur l’administration, mais ont contribué à la détruire. » Ecoles, mairies, hôpitaux ont été saccagés. Des généraux sont venus s’installer à l‘intérieur du pays. Ils ont soumis les populations à leur loi.

 

Eloi Anguimaté Ministre de la Fonction publique  16/10/2014 - par Laurent Correau

 

L’agriculture, levier pour un retour de la paix

 

Ce redéploiement de l’Etat ne pourra être pérenne que si l’économie redémarre. Car pour l’instant, c’est la communauté internationale qui paye les salaires. Les bailleurs espèrent qu’en 2015 l’augmentation des recettes fiscales permettra aux autorités de faire face à une partie de leurs obligations financières.

 

La reprise des exportations légales de diamants peut permettre à l’Etat de retrouver une de ses sources importantes de revenus : les taxes liées à la production et aux exportations de pierres précieuses. Car depuis mai 2013, le processus de Kimberley a suspendu la Centrafrique, empêchant les exportations légales… Mais cela n’empêche pas les diamants de circuler illégalement : « Le diamant est la première source d’exportation du pays, plaide Dominique Youane, le secrétaire permanent du processus de Kimberley en Centrafrique, soit40 % des recettes d’exportation. Il arrive avant le bois... A l’époque, la trésorerie attendait les exportations de diamants pour déclencher le paiement des salaires. » La toute dernière année où le secteur du diamant n’a pas été perturbé, en 2012, les taxes diverses payées par le secteur se sont chiffrées à 4,763 milliards de francs CFA.

 

Les grandes entreprises du secteur privé pèsent également très lourd dans les rentrées fiscales… Et la reprise de leurs activités permettrait une amélioration des recettes de l’Etat. Il faut cependant, disent-elles, qu’elles parviennent à éponger les pertes d’actifs liées au pillage. Dans une évaluation transmise aux autorités en juillet, le Groupement interprofessionnel de Centrafrique (Gica), qui regroupe les 25 plus importantes sociétés du pays, estimait les pertes d’actifs de ses membres à 41 milliards de francs CFA. « Il faudrait que le gouvernement puisse prendre des mesures d’accompagnement, à travers des compensations fiscales à hauteur des pertes que nous avons subies, demande le président du Gica Laurence Valère Nassif. Cela nous permettrait de réinvestir, de relancer nos activités, de reconstituer nos chiffres d’affaires pour que l’Etat retrouve un niveau de recettes fiscales acceptable d’ici deux à trois ans. »

 

La relance de l’économie cache des enjeux plus importants encore que la reconstitution des recettes fiscales. Il s’agit, à travers elle, de permettre à la population de subvenir à ses besoins. De faire baisser les tensions. De donner à la jeunesse centrafricaine d’autres perspectives que la voie des armes. Les « chantiers à haute intensité de main-d’œuvre » lancés dans Bangui ont permis de réinjecter de l’argent dans l’économie. Après les travaux d’infrastructures, des programmes de reconstruction dans les quartiers détruits sont d’ores et déjà annoncés.

 

L’agriculture peut, elle aussi, être un puissant levier pour un retour à la paix. « Remettons les choses à leur place : le conflit religieux en Centrafrique, c’est une « surcouche » qui a été mise sur un conflit de pauvreté, analyse Jean-Alexandre Scaglia, le représentant de la FAO à Bangui… C’est une « surcouche » qui a été remise sur un conflit d’accès aux ressources naturelles, d’accès à des revenus. Relancer l’agriculture, c’est remettre de l’argent dans le système, permettre aux gens de retrouver des ressources de manière à ce qu’ils retrouvent une vie normale et qu’il n’y ait pas de tentation d’aller chercher l’argent avec des moyens extrêmes… »

 

Alfred Le Grand Ngaya, ancien conseiller politique des anti-balakas, confirme à sa manière le rôle de la pauvreté dans les violences commises par les jeunes combattants : « Concernant les actes isolés de vandalisme, de vol par ci, de braquage par là, c’est parce que beaucoup d’anti-balaka sont venus de province, des villages. La solution, c’est qu’on trouve des moyens pour les prendre en charge. Ce serait bien s’ils pouvaient manger tous les jours. Parce qu’on les réunit, on leur parle, mais ça ne suffit pas pour les dissuader d’avoir ce comportement. Un jeune qui n’a pas d’opportunité, qui ne mange pas, la tentation sera grande pour lui ! »

 

Installé dans des locaux dévastés, qu’il partage avec les chauves-souris et les mauvaises herbes, privé pour l’instant d’une bonne partie de ses fonctionnaires, le préfet de Bria, Edmond Sakho fait la même analyse au sujet des combattants séléka de sa localité : « Les gens n’ayant pas un moyen de subsistance, ils sont obligés d’ériger des barrières pour que la population leur verse quelque chose, qu’ils aient de quoi manger… La solution, ce serait de prendre en charge les éléments de la Séléka, pour qu’ils restent tranquilles et que la population puisse vaquer à ses occupations. »

 

Dans l’un de ses rapports sur la Centrafrique, le Fonds monétaire international (FMI)explique que l’économie centrafricaine a enregistré de mauvaises performances au cours des dernières décennies. Que la croissance a été insuffisante pour assurer la stabilité économique, la création d’emplois et le développement social. La courbe qui décrit depuis l’indépendance l’évolution du pib par habitant (la richesse produite en moyenne par chaque centrafricain) révèle, depuis 1960, un appauvrissement constant de la population. Un appauvrissement qui a très probablement fragilisé la société centrafricaine. Le recul de l’économie a été l’une des causes de la crise, avant d’être l’une de ses conséquences.

 

Grand reportage RFI :  Centrafrique : une nation à reconstruire

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 14:00

 

 

 

 

Belga | 18 Octobre 2014 12h59

 

Une délégation de la médiation internationale dans la crise centrafricaine est arrivée samedi à Bangui pour rencontrer les groupes armés et "ramener le calme" après la flambée de violences qui a fait une vingtaine de morts depuis 15 jours. 
 

Cette visite, à l'initiative du président congolais Denis Sassou Nguesso, le médiateur dans la crise centrafricaine, est notamment composée du chef de la mission de l'ONU en Afrique centrale, Abdoulaye Bathily, et du ministre congolais des Affaires étrangères, Basile Ikwébé.

 

La médiation vient "pour discuter avec les signataires de (l'accord de) Brazzaville et bien entendu avec les autorités de la transition pour voir comment aujourd'hui ramener le calme, la sérénité dans ce pays pour une transition apaisée" après les violences de ces derniers jours, a déclaré Abdoulaye Bathily dans un entretien à la presse présidentielle.

 

"Nous condamnons ces événements. Nous voulons que les Centrafricains se remettent ensemble, se parlent, dialoguent. C'est par le dialogue, le débat d'idées qu'on sortira de cette crise de manière durable", a affirmé le responsable onusien.

 

Réunis à Brazzaville fin juillet, les représentants des principaux groupes armés qui ont mis le pays à feu et à sang depuis un an et demi - l'ex-coalition Séléka, majoritairement musulmane, qui avait pris le pouvoir en 2013, et des miliciens anti-balaka qui avaient mené une impitoyable chasse aux musulmans après la chute de la Séléka au début de l'année- avaient signé un accord de cessation des hostilités. Mais cet accord a été depuis régulièrement violé.

 

(Belga)

 

NDLR : Sur RFI, le représentant numéro 2 de l’Union Africaine, le Malien Soumeylou Boubèye Maiga a déclaré en substance, qu’en RCA, il faut revenir aux fondamentaux de la transition et que si on a pu tenir des élections en Afghanistan, on peut aussi en faire de même en Centrafrique. Voilà qui a le mérite de la clarté et d’être rappelé. C’est faute de ces rappels à l'ordre que Mme Samba-Panza a pris la grosse tête et a cru jusqu’ici qu'elle était une "présidente de la République" élue au suffrage universel et la "paire" de certains chefs d’état de qui elle tirait pourtant des subsides alors qu’elle n’est que "présidente d'une transistion" élue que par 75 membres du CNT pour un « ketté ngoy » comme on dit en sango.

Centrafrique: médiation internationale à Bangui après les récentes violences

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 13:41

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-10-18 14:28:40 - Un vaste programme dénommé ‘’impact Nation Centrafrique in Centrafrique’’ a été lancé samedi à Bangui par le président de l’Alliance des évangéliques en Centrafrique (AEC), Révérend Nicolas Guerekoyamé Gbangou, au cours d’une cérémonie rehaussée d’une délégation chrétienne de la Côte d’Ivoire et du ministre de la Communication, Victor Waké.


Ce programme mis en place dans le cadre d'un partenariat inspiré de Dieu et consacré à la proclamation de la Parole de Dieu et des temps de prière ainsi que d'intercessions, est, selon les organisateurs, le seul remède pour guérir efficacement les cœurs des Centrafricains meurtris par les douleurs de guerre.


‘'Le mobile de cette rencontre est d'abord de sensibiliser par rapport à l'action que les associations chrétiennes voulaient mener. Nous pensons que ce programme est une action d'envergure qui méritait le soutien des autorités étatiques. D'où nécessité de les informer afin qu'elles comprennent ce que l'Eglise de la Côte d'Ivoire et celle de Centrafrique veulent faire'', a expliqué Jean Yves Konan, représentant l'association ‘'Messages de Vie'' de la Côte d'Ivoire.


Selon M. Konan, le premier séminaire de proclamation de la parole de Dieu démarrera le mercredi prochain.

De son côté, le révérend Nicolas Guerekoyame Gbangou a indiqué que ce programme est l'une des solutions à la crise centrafricaine. 


‘'C'est depuis décembre 2012, a-t-il-dit que l'Eglise Evangélique en Centrafrique s'est engagée sans réserve dans la recherche des voies et moyens au côté de la plateforme des confessions religieuses pour apporter son concours à la restauration et consolidation de la paix dans toutes les communautés en vue d'une bonne cohésion sociale''.


Pour sa part, le ministre de la communication Victor Waké a, au nom du gouvernement, rassuré les initiateurs du programme du soutien des autorités étatiques.

‘'Pour l'amour de Centrafrique, je ne me terrais point. Nous avons pris bonne note de toutes les actions que vous devriez mener. Rassurez-vous de notre disponibilité à vous soutenir'', a-t-il affirmé.

Pour lui, les prières et intercessions qui seront faites à temps et à contretemps feront de sorte que la situation va s'améliorer à travers la guérison des cœurs et des esprits.

Le programme ‘'impact Nation Centrafrique In Centrafrique'' qui prend en compte, outre les aspects spirituels, le volet social avec la construction des centres d'accueil pour l'encadrement et la réinsertion des jeunes, s'achèvera le 14 novembre prochain.

 

 http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=807330#sthash.HB8bZliY.dpuf

Les religieux s'impliquent dans la résolution de la crise

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 10:44

 

 

 

 

18/10/14 (AFP)

 

La présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba Panza, a fixé au 15 février prochain "la fin de la transition" censée déboucher sur l'organisation d'élections dans ce pays qui vit une crise sans précédent depuis un an et demi.

 

Cette annonce intervient au terme de consultations avec "les forces vives de la nation" visant à apaiser le climat après la flambée de violences qui a secoué Bangui pendant dix jours, faisant plus de vingt morts.

 

"La présidente voudrait rappeler aux partis politiques (...) sa volonté d'ouverture et sa détermination à préparer le pays vers la fin de la transition, qui pour elle se termine le 15 février 2015", a déclaré à la radio d'Etat la porte-parole de la présidence, Antoinette Montaigne.

 

"Elle demande à ce que la communauté internationale prenne acte (...) et propose dès aujourd'hui toutes les possibilités d'action pour que le dialogue qui était prévu (entre les groupes armés) se fasse rapidement et que les activités pré-électorales se fassent", a affirmé Mme Montaigne.

 

Pendant trois jours, la présidente a notamment rencontré des groupes politiques, l'ex-coalition Séléka - majoritairement musulmane, qui avait pris le pouvoir en 2013 -, et les miliciens anti-balaka - qui avaient mené une impitoyable chasse aux musulmans après la chute de la Séléka au début de l'année, et ont été en pointe dans les violences de ces derniers jours.

 

Il s'agissait, selon le Premier ministre Mahamat Kamoun "de réaffirmer sa volonté de conduire la transition dans un climat apaisé, et sa détermination à conclure dans les meilleurs délais cette parenthèse de l'histoire politique de notre pays par l'organisation d'élections".

 

Si le calendrier de la transition prévoyait bien des élections générales en février, aucune date précise n'avait encore été évoquée jusque-là.

 

Mais de nombreux observateurs estiment que les conditions sont loin d'être réunies, avec des flambées de violences qui secouent encore régulièrement Bangui et une économie ravagée par des mois de conflit, le pays vivant sous perfusion de l'aide internationale.

 

La présidente Samba Panza, au pouvoir depuis janvier et de plus en plus critiquée pour sa gestion des deniers publics -suite à la disparition présumée de plusieurs millions de dollars de dons-, a déjà affirmé à plusieurs reprises qu'elle ne serait pas candidate à la présidentielle, conformément aux dispositions de la Charte constitutionnelle de transition.

 

 

NDLR : Si le début officiel de la transition initialement prévue pour 18 mois environs, entamée par Michel Djotodia et qu’est venue poursuivre Catherine Samba-Panza a débuté le 18 août 2013, jour de prestation de serment de l’ex-chef de la coalition Séléka, février 2015 est l’échéance théorique de ces 18 mois ce qui rend sans objet ni intérêt quelconque cette annonce d’Antoinette Montaigne. Perdre tout une semaine à faire des consultations pour aboutir à cette annonce est totalement ridicule. Ceci, d’autant plus que même la prolongation éventuelle de cette transition relève de dispositions prévues par la Charte de la transition et de la décision des chefs d’état de l’Afrique centrale et des acteurs de la communauté internationale.

Centrafrique : la présidente fixe la fin de la transition politique au 15 février 2015

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