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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 13:47

 

 

 

30/05/15 (Radio Vatican)

 

(RV) – Entretien: Synode sur la famille, dialogue entre les différentes religions, justice, réconciliation nationale et situation politique, appels en faveur des populations très pauvres : sont là quelques thèmes abordés par Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui et président de la Ceca (Conférence épiscopale de Centrafrique). A cœur ouvert au micro de Jean-Pierre BodjokoMgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui et président de la Conférence épiscopale de Centrafrique, commence par évoquer le dernier forum sur la paix qui s'est récemment tenu à Bangui et invite aussi au respect de la dignité de tous, dans son pays meurtri par la crise politique. Il s'est exprimé également en sango, une langue locale. Ecoutons-le!

 

Le forum de Bangui a été un rendez-vous tant attendu par les Centrafricains. Nous avons vu qu’il y a eu déficit de communication dans la gestion du pouvoir et nous avons eu cette fois-ci l’opportunité de donner l’occasion aux Centrafricains à la base de parler, ce qu’on appelle consultations à la base. Le forum de Bangui était ce moment qu’on peut appeler l’arbre à palabres où tous les Centrafricains sont venus de l’est, de l’ouest, du nord et du sud. Tous s’asseyaient et se regardaient en face pour se dire la vérité, pour réfléchir autour de quatre ateliers thématiques en ce qui concerne la gouvernance dans notre pays, un des maux qui a gangréné ce pays c’est le problème de la mal gouvernance il faut le dire. Depuis toujours le pouvoir est caporalisé par un petit groupe et les autres n’ont pas droit à la parole ou bien encore à la gestion du pays et nous avons où ça nous a conduits: des frustrations, des prises d’armes. Un des ateliers a aussi abordé la question de paix et sécurité, quand il n’y a pas la paix on ne peut pas travailler, il n’y a pas de développement. C’est une culture qu’il faudrait acquérir, il faudrait déposer les armes et envoyer les enfants à l’école, c’est cela qui a manqué. Un autre atelier aussi important était le développement économique et social.

 

Un pays comme le nôtre riche en ressources naturelles mais qui est pauvre et dans la misère, il va falloir que nous puissions poser de bons diagnostics et que les gens qui vont dorénavant signer des contrats d’exploitation que ça soit connu par tout le monde. Un autre encore des ateliers thématiques qu’on a abordé c’est la question de justice et réconciliation parce que l’impunité a caractérisé notre pays. A chaque fois qu’il y a des problèmes on parle de l’amnistie or à chaque fois les mêmes bourreaux sont au pouvoir, ils continuent à vaquer librement à leurs occupations. Il est temps de siffler la fin de la recréation, de donner l’occasion aussi aux victimes d’être reconnues dans leur dignité; et en même temps aussi tout ne s’arrête pas avec les drames, les barbarise et les violences que nous avons connues. Il va falloir oser poser un autre acte pour tendre la main même aux bourreaux pour un dépassement, pour vivre ensemble, c’est ça le sens de la réconciliation.

 

Ce forum a été aussi organisé avec l’implication de l’Eglise afin de chercher l’harmonie entre les peuples

 

L’Eglise a pris des initiatives, moi-même plusieurs fois je suis allé à la rencontre de l’imam. L’imam a séjourné chez moi, nous avons aussi eu à circuler dans les camps pour parler aux uns et autres pour que la réconciliation s’instaure. Ce n’est pas en restant avec la peur dans nos coins qu’on va se retrouver pour faire avancer le dossier de la réconciliation, il faut oser aller à la rencontre de l’autre et les tabous et les masques pourront tomber et nous comme Eglise nous avons osé. L’Eglise est prophétique, l’Eglise est aussi une mère, elle a su accueillir. Maintenant elle doit donner des orientations à tous ses enfants.

 

Comment avez-vous pu préparer dans cette ambiance de crise le prochain synode consacré à la famille?                                                

 

En effet, avec la crise que nous avons connue, nos familles sont disloquées, le tissu familial a été brisé. Nous avons des familles où papa se retrouve en brousse, maman se retrouve à la maison, l’enfant se retrouve peut-être ailleurs. Voilà pourquoi nous avons parlé des familles éclatées qui ont maintenant des blessures parce que les jeunes filles qui se retrouvent dehors enceintes on a abusées d’elles avec les armes. Donc nos familles ont été confrontées à la situation de la guerre, il va falloir intégrer dans notre pastorale cette gestion de trauma de la guerre pour guérir, pour purifier la mémoire de nos familles afin qu’elles puissent aussi s’accepter parce qu’aucun modèle ne peut être trouvé ailleurs que le modèle de Nazareth. Nos familles maintenant sont en route et nous avons eu des sessions pastorales sur la famille pour demander que si la famille reste unie, si la famille se retrouve, si la famille donne un bon enseignement, si la famille éduque, si la famille accompagne, console, rassemble, la famille pourra être le socle pour ne pas dire le repère et proposera des hommes, des femmes qui vont tenir dans la société.

 

A part les défis causés par la crise politique, y’a-t-il d’autres défis pastoraux dans l’Eglise de Centrafrique?

 

Entre autres défis que nous voyons c’est le défi de la justice, les gens qui ont eu à souffrir crient justice. La justice est aussi un des noms de Dieu. En parlant de justice nous voulons aider nos frères à grandir en humanité. Un autre défi qui s’impose à l’horizon c’est l’acceptation de l’autre, avec ce qui s’est passé, on pense que l’autre est devenu un ennemi. Non! il n’est pas un ennemi, il reste un frère. Nous avons aussi un autre défi c’est le patriotisme, il faut que les Centrafricains aiment leur pays, il va falloir que nous puissions nous aimer pour éviter les trahisons, pour éviter les soupçons, pour éviter les divisions, pour rebâtir une nouvelle Centrafrique.

 

Est-ce que vous pouvez vous adresser au peuple centrafricain en utilisant une langue locale?

 

(Message en Sango: une langue parlée en Centrafrique)

Mgr Nzapalainga : «la paix est encore possible en Centrafrique»

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Centrafrique-Presse.com
30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 13:33

 

 

30/05/15 (AFP)

 

Poussée par la communauté internationale, et notamment la France, la Centrafrique a promis d'organiser avant la fin de l'année une élection présidentielle et d'en terminer avec la transition, mais les sceptiques sont déjà nombreux.

 

Les élections "doivent impérativement" se tenir cette année, a déclaré le ministère français des Affaires étrangères Laurent Fabius, lors de la visite mercredi à Paris de la présidente de transition centrafricaine Catherine Samba Panza.

 

L'objectif visé pour ce scrutin, déjà reporté à deux reprises, est désormais le mois de décembre.

 

"Comment voulez-vous tenir le calendrier? On avait dit août, maintenant on dit décembre... Le pays n'est pas encore pacifié, l'administration n'est pas encore déployée sur l'ensemble du territoire et les listes électorales sont inexistantes", les mairies ayant été mises à sac pendant les violences, souligne un observateur.

 

La Centrafrique s'était retrouvée en plein chaos après le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par Michel Djotodia, à la tête d'une rébellion à dominante musulmane, la Séléka.

 

Les exactions commises par la Séléka ont ensuite débouché sur la création de milices chrétiennes - les anti-balaka - qui s'en sont alors pris aux civils musulmans, déclenchant des violences interreligieuses qui ont fait des milliers de victimes. Celles-ci ont conduit à l’intervention militaire de la France et de l'ONU, à l'éviction de Djotodia et à la mise en place d'une autorité de transition en janvier 2014.

 

"Une transition qui dure, ce n'est plus une transition. On peut organiser des élections avant la fin de l'année. On ne dit pas que c'est facile, mais on dit que c'est faisable", souligne une source diplomatique sous couvert de l'anonymat.

 

Un des clés du problème, pour ce pays qui vit sous perfusion de l'aide internationale, est le financement non seulement des élections, estimé à 14 millions de dollars - c'est le manque d'argent qui a, en partie au moins, provoqué deux reports du scrutin jusqu'ici -, mais aussi du programme DDR ("Désarmement, démobilisation, réinsertion") des anciens combattants.

 

"Le verrou était le DDR. Sans DDR, rien ne se passera", estime Anicet Dologuélé, un des favoris de la présidentielle, ancien Premier ministre sous Ange-Félix Patassé (président de 1993 à 2003). Il se félicite que les groupes armés aient majoritairement signé le programme DDR, proposé en mai lors d'un forum à Bangui qui a rassemblé plus de 600 délégués venus de tout le pays.

 

- 'Pistolet sur la tempe' -

 

"Les groupes qui ne s’engageront pas dans le DDR seront détruits militairement", promet une source française.

 

Mais le financement du DDR, qui reposera sur l'intégration économique des hommes armés, notamment grâce à des "Travaux à haute intensité de main-d'oeuvre" (THIMO, travaux publics avec d'importants recrutements), n'est encore ni chiffré ni acquis. Il faudra une mobilisation internationale pour verser de l'argent dans un pays qui paraît "un puits sans fonds depuis des années", selon un observateur.

 

"Il faut le DDR, il faudra aussi s'assurer de la libre circulation des populations, pas seulement des candidats. Si on n'a pas ça, les gens ne pourront s'inscrire sur les listes électorales, aller aux meetings ou aller voter", souligne un autre favori de la présidentielle, Martin Ziguelé, également ancien Premier ministre de Patassé.

 

"On ne vote pas avec un pistolet sur la tempe. Si toutes les conditions ne sont pas réunies, on risque d'avoir un président mal élu et c'est justement ce qu'il faut éviter si on ne veut pas repartir pour 10 ans d'instabilité", affirme une source politique, pour qui le calendrier est "ambitieux".

 

"Il faudrait plutôt tabler sur un référendum constitutionnel en décembre, des dépôts de candidatures en janvier et une élection en mars", poursuit-elle, assurant que l'ONU se satisferait d'un tel chronogramme "si on prouve qu'on avance".

 

Pour le moment, on recense jusqu'à 70 candidatures, dont la plupart n'iront certainement pas jusqu'au bout. "Dans un pays où l'organe électoral s'appelle ANE (Autorité nationale des élections), c'est logique que n'importe qui se voie président", ironise un Centrafricain.

Centrafrique: une présidentielle d'accord, mais quand et comment ?

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Centrafrique-Presse.com
30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 13:22

 

 

 

www.ouest-france.fr  

 

L'ONU appelle à enquêter sur des accusations de crimes commis par des militaires en Centrafrique.

 

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme a affirmé samedi avoir exhorté plusieurs Etats à intensifier leurs efforts pour enquêter sur des allégations de crimes commis par leurs soldats déployés en République centrafricaine.

 

Dans un communiqué, il fait notamment état « de meurtres de civils, d'exécutions sommaires, d'enlèvements et des cas d'exploitation sexuelle de femmes locales ».

 

« Les protecteurs se sont transformés en prédateurs »

 

« Ces allégations sont extrêmement dérangeantes », souligne M. Zeid Ra'ad Al Hussein. « La population centrafricaine avait désespérément besoin de protection. Le rôle joué par les forces internationales dans l'arrêt des combats et des massacres sectaires les plus graves en République centrafricaine est inestimable et leur présence a incontestablement sauvé un très grand nombre de vies », explique-t-il.

 

« Cependant, dans certains cas, les protecteurs tant espérés se sont transformés en prédateurs », ajoute le Haut Commissaire.

 

Des enfants affirment avoir été violés

 

Il rappelle notamment les récentes révélations concernant des allégations d'abus sexuels de militaires français sur des enfants, qui font actuellement l'objet d'une enquête des autorités françaises. Son bureau a revu « l'ampleur du suivi sur les violations graves qui auraient été commises par des soldats appartenant à plusieurs autres contingents internationaux opérant sous l'égide de la Minusca en 2014 », assure-t-il.

 

L'affaire impliquant des soldats français avait été révélée en avril par le quotidien britannique The Guardian, sur la base d'un rapport des Nations unies contenant des témoignages d'enfants qui affirment avoir été violés par des militaires français au début de l'intervention française en Centrafrique, entre décembre 2013 et juin 2014.

 

14 soldats français mis en cause

 

Selon une source judiciaire française, 14 soldats français sont mis en cause, dont trois ont été identifiés, par les témoignages de six enfants âgés de 9 à 13 ans.

 

L'ONU a été critiquée par des ONG qui l'accusent de ne pas avoir agi assez vite et d'avoir temporairement sanctionné un fonctionnaire qui avait de sa propre initiative transmis ce rapport aux autorités françaises pour les alerter.

 

Plusieurs autres incidents, impliquant notamment un usage excessif de la force, des disparitions forcées et des cas d'exploitation sexuelle et de violence, ont fait l'objet d'une enquête sur le terrain par des spécialistes des droits de l'homme des Nations Unies, et par la suite par la Commission d'enquête internationale sur la République centrafricaine, qui a écrit un rapport en décembre 2014.

 

Militaires accusés en Centrafrique. L'ONU veut intensifier les enquêtes

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Centrafrique-Presse.com
30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 13:01

 

 

 

http://www.trt.net.tr  30.05.2015

 

En Centrafrique, 417 des 436 mosquées ont été détruites pendant la crise interconfessionnelle qui a secoué le pays.

 

Aidés par des chrétiens, des musulmans reconstruisent des mosquées en ruines à l'approche du mois saint de Ramadan (mi-juin), offrant un modèle impressionnant de tolérance, de philanthropie et de vivre-ensemble en République centrafricaine.

 

Dans plusieurs quartiers de Bangui mais aussi dans plusieurs villes à l'intérieur du pays, ruines et vestiges de ce qui fut, il y a quelques temps encore, des lieux de prière sacrés pour la communauté musulmane, jonchent le sol.

 

Aujourd’hui pourtant, le pays a décidé de se relever, et parmi les initiatives centrafricaines, la renaissance des Mosquées figurent en priorité pour la communauté musulmane du pays. Dans la capitale, 10 mosquées ont ainsi été réouvertes, pour accueillir les 3 mille musulmans qui ont décidé de revenir au pays depuis le retour au calme.

 

A Bangui, les chrétiens se sont mobilisés pour aider les musulmans centrafricains à retrouver leurs lieux de prières.

 

Au quartier Lakouanga dans le 2ème arrondissement de la capitale, la principale mosquée a ainsi été réhabilitée sur une initiative de Christian Aimé Ndotah, un chrétien du quartier.

 

«Nous avons entrepris cela afin de faciliter la cohésion sociale, de retrouver le vivre ensemble comme à l'époque où chrétiens et musulmans vivaient loin des conflits et en frères. Nous comptons poursuivre cela dans d'autres zones et quartiers notamment au quartier Yapélé où la mosquée a également été réhabilitée avec nos propres moyens», explique Ndotah à Anadolu.

 

« La réouverture de la mosquée de Lakouanga est un pas entrepris pour le retour de la cohésion sociale, un départ pour rétablir la confiance. On souhaite que cela se fasse partout ailleurs », souligne pour sa part Ousmane Mahamat Salleh, un musulman venu prier dans cette mosquée.

 

Pour le président de la Communauté islamique de la Centrafrique, l'imam Oumar Kobine Layama, rencontré par Anadolu, outre la solidarité entre chrétiens et musulmans, «il y a aussi une volonté manifeste de la Conférence islamique mais aussi des Secours islamiques de Londres de reconstruire les autres mosquées du pays encore fermées».

 

Pourtant, cela tarde à se faire. «Nous attendons la procédure des évaluations» qui devrait permettre d’établir le budget et la feuille de route nécessaire à la reconstruction des lieux saints, justifie l’imam.

 

L’imam déplore aussi le fait que de la part du gouvernement centrafricain, «aucune action n'est entreprise en ce moment pour redonner des lieux de prière aux musulmans centrafricains», même si cette question a été évoquée lors du forum de la réconciliation de Bangui (4-11 mai) qui a regroupé chrétiens et musulmans pour débattre des problèmes du pays.

 

Kobine Layama espère toutefois «des suites favorables aux décisions prises lors du Forum», même si rien n'est encore officiellement engagé pour le moment.

 

En attendant la réouverture de la totalité des mosquées en Centrafrique, les musulmans de Bangui retranchés dans l'enclave du PK5, se retrouvent chaque vendredi à la Mosquée Centrale, pour la grande prière.

 

Chacun y prie "pour la paix" et y nourrit l'esprit de se retrouver un jour, dans sa mosquée, dans l'un des quartiers de Bangui, parfois encore hostiles à la présence musulmane.

 

Et pour cause, la crise interconfessionnelle qui a secoué le pays durant plus de deux ans et qui s’est soldée par 5 mille morts et près d’un million de déplacés. Elle a également entraîné la destruction de 417 Mosquées sur les 436 que compte le pays, selon un récent constat des Nations-Unies.

 

(AA)

RCA : Musulmans et chrétiens rebâtissent côte à côte des mosquées en ruine
RCA : Musulmans et chrétiens rebâtissent côte à côte des mosquées en ruine

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Centrafrique-Presse.com
29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 16:46

 

 

 

29/05/15 (AFP)

 

L'empereur Bokassa se prélassait dans ce palais de Berengo d'où il dirigea son éphémère empire (1976-1979): aujourd'hui, une centaine d'anciens rebelles Séléka à qui on avait promis une intégration dans l'armée y vivent un calvaire, désoeuvrés et tenaillés par la faim.

 

"On serre les dents", affirme Patrick Betty Singa. Depuis près de deux ans, lui et ses compagnons attendent dans l'ancien palais en ruines transformé en caserne d'infortune à une cinquantaine de km au sud de Bangui.

 

La plupart de ces hommes sont d'anciens rebelles Séléka, qui avaient renversé le président François Bozizé et pris le pouvoir à Bangui en mars 2013 avant d'en être chassé en janvier 2014 alors que le pays sombrait dans le chaos des violences inter-religieuses.

 

Aujourd'hui, faute de vêtements, Patrick porte une chemisette orange découpée au niveau des bras à l'effigie de celui qu'il a combattu (Bozizé).

 

"J'ai rejoint la Séléka lors de l'offensive. J'ai combattu et participé à la prise de Bangui. Nous venons de partout dans le pays: de Ndelé, Paoua, Sibut, Kaga Bandoro", explique-t-il. Les hommes présents à Berengo sont des chrétiens et non des musulmans, contrairement à la majorité de la rébellion. Ils ont intégré la Séléka au fur et mesure de son avancée sur Bangui.

 

- Statue de Bokassa -

 

Au pouvoir, la Séléka avait recruté des hommes à tour de bras pour construire la nouvelle armée centrafricaine. Rien qu'au mois d'avril 2013, elle enregistrait plus de 1.300 nouveaux venus à Bangui.

 

"On embauche ces jeunes pour éviter qu'ils ne deviennent des bandits et des voleurs. Mais, à la différence du régime de François Bozizé, nous accueillons tout le monde, quel que soit l'ethnie ou la religion", affirmait alors à l'AFP un des recruteurs, le colonel Oumar Bordas.

 

La poignée d'hommes qui sont à Berengo ont reçu une formation militaire et assurent que les différents régimes successifs depuis le début de la crise leur ont promis de les intégrer dans l'armée.

 

"Nous ne sommes plus des rebelles. Il n'y a plus de Séléka, nous sommes des FACA" (Forces armées centrafricaines), déclare solennellement Patrick, en frappant du poing contre son coeur.

 

Mais ces hommes ont été oubliés, à la fois par leurs anciens compagnons d'armes qui ont fui et par le pouvoir de transition qui n'a, semble-t-il, ni les moyens ni la volonté de les intégrer dans l'armée alors qu'on parle de programmes de DDR (Désarmement, Démobilisation, Réinsertion) des combattants.

 

Eux rappellent les promesses qui leur ont été faites, refusent de partir, s’accrochent au mince espoir que leur obstination paiera. Qu'en restant dans cette caserne abandonnée, ils seront récompensés de leur pugnacité par un uniforme et une solde de soldat.

 

Leur ubuesque attente est un cauchemar. Ils dorment à même le sol dans des bâtiments délabrés, cohabitant avec moustiques et lézards. Pour vivre, ils "font des travaux champêtres pour les habitants de la région", explique l'un d'eux surnommé le "Singe". Avec de grandes gaules ou en lançant des cailloux, ils récupèrent sur les arbres des mangues qu'il vendent pour quelques pièces sur le bord de la route. "On survit", raconte "le Singe". Un des hommes dit avoir la typhoïde, certains sont morts, d'autres sont partis. Mais eux restent.

 

Sont-ils prêts à attendre encore? "Affirmatif", répond militairement Simplice Modem, ancien rebelle de l'APRD (Armée populaire pour la restauration de la démocratie) qui s'était auto-dissoute en 2012 lors d'un programme de DDR lancé sous Bozizé. Il avait rejoint la Séléka un an plus tard. Il a sept enfants à Paoua qu'il n'a plus revus depuis.

 

Certains ont la chance que leur familles leur rendent visite mais d'autres n'ont de nouvelles que par téléphone. "Nos femmes nous disent de tenir le coup. Qu'on a raison, qu'on ne doit pas abandonner", raconte Patrick.

 

Il demande alors aux hommes de se regrouper en rangs devant une immense statue de Bokassa pour une photo de groupe. Les hommes obtempèrent mais le coeur n'y est plus vraiment. "Avant on s'entraînait, on faisait du sport mais là on est trop faibles. La condition n'y est plus", explique-t-il.

 

Poser devant Bokassa? "C'était un engagé volontaire comme nous", répond Patrick à propos de l'ancien dictateur qui a commencé sa carrière dans l'armée française avant d'intégrer la Centrafricaine et de réaliser le "coup de la Saint-Sylvestre" le 31 décembre en 1965 pour prendre le pouvoir. "Mais c'est du passé. On ne l'a pas connu".

 

Centrafrique: les soldats fantômes du palais de Bokassa

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Centrafrique-Presse.com
29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 16:33

 

 

 

29/05/2015 à 13:05 | AFP

 

Armée, police, gendarmerie, les forces de sécurité centrafricaines sont aujourd'hui en pleine refonte, alors que la précaire pacification de la Centrafrique est portée à bout de bras par les forces internationales avec les soldats français de l'opération Sangaris et ceux de la mission de l'ONU (Minusca).

 

Le pays traverse depuis 2013 une crise sans précédent, après des mois de violences inter-religieuses alimentées par l'ex-rébellion à dominante musulmane Séléka et les milices chrétiennes anti-Balaka.

 

Le territoire reste en proie aux groupes armés mais aussi aux bandits équipés d'armes à feu, souvent eux-mêmes issus des rébellions et qui profitent du vide sécuritaire.

 

Dans ce contexte, la charge d'assurer la sécurité revient presque exclusivement aux forces internationales qui contrôlent certaines zones géographiques et patrouillent en permanence en attendant que les Forces de sécurité intérieures (FSI) soient réformées et enfin autonomes, dans un "avenir qui parait plus lointain que proche", selon un spécialiste de la sécurité sur place.

 

La Minusca compte actuellement 8. 500 hommes qu'elle prévoit de porter à 10. 000 avant la fin août. La force de police internationale qui compte 1. 484 éléments devrait passer dans le même temps à 1. 800 policiers, selon l'ONU.

 

La France, qui a compté jusqu'à 2. 000 soldats et a été le "primo intervenant", selon l'expression du lieutenant-colonel Olivier Delplace de l'opération Sangaris, se désengage progressivement pour "devenir une force de réserve derrière la Minusca".

 

"On continue à patrouiller", souligne l'officier, "mais le principe est qu'on intervient en renfort des FSI et de la Minusca. Il y a des officiers de liaison qui permettent de coordonner nos actions, afin qu'on ne fasse pas les mêmes choses en même temps et qu'on ne laisse pas des secteurs vides".

 

Encore embryonnaires, les forces de sécurité locales restent totalement dépendantes des forces internationales.

 

Exemple: lors d'une patrouille de la Minusca dans le nord de Bangui à bord de véhicules blindées blancs "UN", des policiers rwandais font un signe amical de la main à des soldats de Sangaris suréquipés qui circulent en sens inverse. Non loin de là, des gendarmes centrafricains en uniforme mais sans arme vaquent à leurs occupations de contrôle. En cas de problème, ils doivent appeler la Minusca, confie l'un d'entre eux sous couvert d'anonymat.

 

Un autre gendarme, interrogé dans l'arrière pays cette fois, sourit quand on lui demande ses moyens. "On n'a pas de véhicule. Quand on veut se déplacer sur un problème, on est obligé de solliciter la Minusca ou des habitants qui ont des véhicules".

 

- 'FACA le jour, anti-balaka la nuit'-

 

Le ministre de la Sécurité publique Nicaise Samedi Karnou se veut pourtant rassurant. "Nous avons un plan de montée en puissance. Nous avons formé 500 gendarmes et 500 policiers. Nous intervenons régulièrement avec l'appui des forces internationales. Nous sommes en première ligne", assure-t-il en se félicitant aussi de la réouverture des commissariats et gendarmeries dans la capitale et en province.

 

Autre problème, de nombreux éléments des forces de sécurité sont d'anciens fauteurs de trouble qui n'ont pas hésité à troquer l'uniforme contre la machette au plus fort des violences. "FACA le jour! Anti-Balaka la nuit!", résume un leitmotiv.

 

Le 17 mai, l'évasion grâce à des complicités internes d'Eugène Ngaikoisset, un anti-balaka surnommé le "Boucher de Paoua", cinq jours après son incarcération à la Section de recherche et d'investigation de la gendarmerie de Bangui, montre à quel point l'appareil est fragile.

 

La réorganisation de l'armée n'a quant à elle pas encore vraiment commencé malgré la présence sur place d'une mission de l'Union européenne "EUMAM RCA", pour conseiller les autorités sur ce dossier vital. La confiance dans les FACA (Forces armées centrafricaines) reste faible, comme en témoigne les consignes françaises.

 

Au départ d'une patrouille Sangaris, le lieutenant Alan briefe ses adjoints: "Si vous avez un visuel sur des FACA vous m'avertissez. Il ne sont pas censés patrouiller". Mais, précise-t-il aussitôt, "ils peuvent être en protection d'une personnalité, et dans ce cas, ils ont un ordre de mission".

 

"Sans les forces internationales, il n'y a rien ou pas grand-chose", résume le spécialiste de la sécurité. Il faut de l'argent pour former, équiper et embaucher des policiers, gendarmes et soldats".

 

Centrafrique : le puzzle à mille pièces des forces de sécurité

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Centrafrique-Presse.com
29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 13:22

 

 

 

http://www.challenges.fr   Par Antoine Izambard le 29-05-2015 à 12h24

 

EXCLUSIF L’opération française Sangaris en Centrafrique ne comptera plus qu’entre 600 et 900 soldats cet été contre 1.700 aujourd’hui, indique l'Élysée.

 

L’armée française va encore réduire la voilure en Centrafrique. L’opération Sangaris, conduite par la France depuis 2013, ne comptera plus qu’entre 600 et 900 soldats cet été contre 1.700 aujourd’hui, indique l'Élysée. Ces troupes seront uniquement basées à Bangui et constitueront surtout une force de réaction rapide en cas de difficultés pour les 12.000 casques bleus présents dans le pays. "La stabilisation de la situation en Centrafrique motive cette décision qui est aussi justifiée par la montée en puissance de la Minusca" précise l'Élysée.

 

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca), qui doit progressivement prendre le relais de la force Sangaris, a en effet vu le nombre de ses casques bleus passer de 8.500 à 12.000 durant les trois derniers mois. A contrario, les effectifs de Sangaris ont été réduits de 2.000 à 1.700 hommes en mars. Au plus fort de l'opération, au printemps 2014, 2.600 soldats étaient déployés dans le pays. Moins de combattants donc, mais une capacité à réagir vite en cas de problème, avec l'arrivée fin 2014 d'hélicoptères d'attaques Tigre, et de drones d'observation. 

 

Le budget des Opex explose

 

"On va légèrement augmenter notre chiffre sur Barkhane (3.000 hommes déployés au Sahel, Ndlr), et le diminuer par ailleurs sur Sangaris, pour nous donner des moyens de soutien et d'accompagnement sur les tensions qui se produisent autour du lac Tchad" avait déclaré en mars dernier, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

 

A ce jour, le budget de l’opération Sangaris est évalué à 240 millions d’euros. Et dans son rapport annuel sur le budget de l'État, publié mercredi 27 mai, la Cour des Comptes a estimé que le surcoût des opérations militaires à l'étranger (Opex) de l'armée française avait atteint 1.115 millions d'euros en 2014, "soit un dépassement de 665 millions d'euros" puisque le budget des Opex s'élève à 450 millions d'euros. Un dépassement qualifié par les sages de la rue Cambon, comme le plus élevé depuis dix ans, lié en majorité aux opérations au Tchad, au Mali et en Centrafrique.

 

L’armée française va réduire de moitié sa présence en Centrafrique

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Centrafrique-Presse.com
29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 13:20

 

 

 

28/05/15 (AFP)

 

Un musulman a été abattu par des hommes armés et une jeune fille tuée en représailles jeudi dans le quartier commerçant du KM5 à Bangui, peuplé en majorité de musulmans, a-t-on appris auprès de la police.

 

Selon cette source, "un commerçant musulman a été froidement abattu dans la nuit de mercredi à jeudi à quelques centaines de mètres du marché par des individus non identifiés mais avec lesquels il avait rendez-vous".

 

"A l'annonce de la mort du commerçant, de jeunes musulmans armés ont en représailles tué par balle une jeune fille et incendié un véhicule de la police, entrainant une vive tension dans le secteur", a indiqué la même source.

 

"Quelques coups de feu ont été entendus nuitamment et jeudi matin au KM5. La plupart des boutiques, échoppes, quincailleries et autres sont restés fermées. Le grand marché était quasiment désert jeudi", a conclu cette source.

 

Plus grand marché de Bangui, où s'approvisionnent chrétiens et musulmans, le KM5, appelé aussi PK5, a été durant des mois le théâtre de violences exercées par les miliciens anti-balaka contre les civils musulmans en représailles aux actes des éléments de l'ex-coalition Séléka à dominante musulmane.

 

Des milliers de musulmans de la capitale s'y sont retranchés depuis le début de la crise centrafricaine fin 2012. Des commerçants se sont récemment plaints d'être victimes de racket de la part d'anciens rebelles Séléka qui protégeaient auparavant le quartier contre les attaques des anti-balaka.

 

Ces incidents surviennent alors que des signes de normalisation étaient perceptibles dans le quartier: retour progressif des musulmans qui avaient choisi de s'exiler dans les pays voisins, reprise de l'activité commerciale, desserte du secteur par les taxis et taxis motos, réouverture du commissariat de police.

 

Les forces onusienne de la Minusca et française de Sangaris y patrouillent encore régulièrement.

Centrafrique deux personnes tuées dans le quartier musulman de Bangui

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Centrafrique-Presse.com
29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 13:17

 

 

 

28/05/15 (AFP)

 

Le ministre nigérian de l'Agriculture, Akinwumi Adesina, a été élu jeudi à Abidjan président de la Banque africaine de développement (BAD) avec 58,10% des voix, selon les résultats officiels.

 

"Je suis très ému aujourd'hui. Vous m'avez donné une grande responsabilité", a lancé M. Adesina en français à la tribune, devant les gouverneurs qui l'ont élu à la tête de cette institution stratégique pour le continent.

 

Après six tours de scrutin, le candidat nigérian a devancé le Tchadien Bedoumra Kordje, deuxième avec 31,62% des voix, et la candidate cap-verdienne Cristina Duarte (10,27%).

 

Le nouveau patron de la banque a rendu hommage à son prédécesseur, le Rwandais Donald Kaberuka, qui quitte la tête de la BAD après deux mandats de cinq ans.

 

Sur son compte Twitter, M. Kaberuka a adressé ses "félicitations chaleureuses" à l'heureux élu, prédisant qu'il ferait un "excellent boulot".

 

"Je serai un président responsable et humble pour que nous marchions tous ensemble afin de poursuivre l'excellent travail de Donald Kaberuka", a déclaré M. Adesina.

 

Costume noir et nœud papillon bleu, M. Adesina a été longuement applaudi lors de la proclamation officielle des résultats avant de recevoir une accolade de la ministre des finances nigériane Ngozi Okonjo-Iweala.

 

"Je suis très content du résultat. Le président Adesina fera un excellent président qui continuera à renforcer cette banque de niveau mondial", a déclaré le gouverneur français, Arnaud Buisse, sans toutefois révéler la position de la France au cours du scrutin.

 

L'élection du candidat du Nigeria, première puissance économique du continent, brise une règle non écrite qui voulait que la BAD soit dirigée par des pays de petite ou moyenne taille.

 

"Il n'aurait jamais pu être élu avec un tel score sans le soutien de petits pays. Cela a été une élection rapide, claire et définitive et j'espère qu'il va utiliser ce résultat pour être un grand président", a affirmé à l’AFP le gouverneur britannique de la BAD, Grant Shapps.

 

M. Adesina prendra ses fonctions à la tête de la BAD le 1er septembre prochain.

Le Nigérian Akinwumi Adesina élu président de la Banque africaine de développement

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Centrafrique-Presse.com
28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 21:58

 

 

 

Le MLPC se réjouit de la réussite du Forum National de Bangui
Le MLPC se réjouit de la réussite du Forum National de Bangui
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