Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 18:46

 

 

 

http://blogs.mediapart.fr   Par Freddy  Mulongo 18 avril 2015

 

A quand les élections présidentielles et législatives en République centrafricaine ? C’est la question que Freddy Mulongo de Réveil FM International-Afrique Continent  a posé  à Monsieur Ahmad Fawzi, le nouveau Directeur du service de l’information des Nations-Unies  à Genève et porte-parole,  lors de son premier briefing au Palais des Nations. Monsieur Ahmad Fawzi  a promis de s’enquérir auprès du PNUD basé en République Centrafricaine pour des réponses appropriées. En effet, initialement prévues en février 2015, les élections présidentielle et législatives centrafricaines ont été reportées  au mois de juin de la même année.

 

L’arrestation arbitrairement  de Michel Amine, Candidat  à l’élection présidentielle et  leader de l’Undp-Rca, interpellé à l’aéroport de Bangui, en possession de plusieurs passeports, selon les autorités de Rca, est une erreur. Un énième boulet que Catherine Samba Panza porte dans sa gestion de la transition. Même libéré après 7 jours de détention arbitraire, le président Michel Amine demeure sous contrôle judiciaire sans accusation. Une bonne façon de vouloir éliminer sa candidature à l’élection présidentielle, alors qu’une majorité des Centrafricains ont jeté leur dévolu sur lui.

 

Une question taraude notre esprit: La Madone Catherine Samba-Panza restera-t-elle à la tête de la transition jusqu’à juin ? Sans doute pour mieux éliminer ses adversaires. Ses relations avec les pays de la sous-région et la France sont parfois houleuses.

 

Le nouveau calendrier proposé par l’Autorité nationale des élections (ANE) prévoit désormais la tenue des scrutins présidentiel et législatifs couplés en juin 2015 pour le premier tour et en juillet 2015 pour le second.

 

L’ANE n’a pas choisi ces dates au hasard. Si le délai est respecté, il permettra d’éviter la saison des pluies (août-novembre) qui rend particulièrement délicat l’accès à une bonne partie du pays.

 

Michel Amine fait-il de l’ombre à Catherine Samba Panza ? Son arrestation arbitraire pour l’empêcher de postuler à la magistrature suprême est un boulet pour la Madone de la transition.

 

Un ancien diplomate français qui connait bien la République Centrafricaine écrit:

 

En Centrafrique, on cultive l’embrouillamini, avec une certaine constance. A quatre mois du 17 août 2015, échéance normale de la Transition, l’amateurisme, les intérêts personnels, les pressions claniques et le cynisme ont conduit les autorités de la Transition à multiplier les chausse-trappes au point de rendre illisible leur feuille de route et de compromettre le retour à la paix.

 

Un pouvoir exécutif hors sol et une médiation hors jeu

 

Le chemin vers la réconciliation nationale est de plus en plus sinueux. La faute en incombe évidemment d’abord aux belligérants de l’ex-Séléka et des anti-balaka, désormais divisés en factions rivales. Le pouvoir exécutif n’est pas aussi exempt de reproches. Les chevauchements  entre les compétences des ministres membres du gouvernement et celles, plus occultes, des ministres-conseillers de la chef de l’État polluent l’action politique. Dans ce méli-melo gouvernemental, les agitations politico-médiatiques de Jean-Jacques Demafouth, cousin de Catherine Samba-Panza, compromettent, un peu plus, la  réconciliation nationale que devait faciliter le Forum national de Bangui, prévu du 27 avril au 4 mai 2015. En prenant trois décrets, le 3 avril 2015, concernant un comité technique et un praesidium de ce  forum, la chef de l’État a suscité l’ire du Conseil national de la transition (CNT) et une nouvelle condamnation de la classe politique.

 

En évinçant la commission préparatoire du forum qui faisait consensus et en nommant des parents ou des proches, Catherine Samba-Panza a peut-être mis un terme au processus de réconciliation nationale, déjà semé d’embûches. L’Accord de Brazzaville de fin des hostilités, du 23 juillet 2014, devait être fondateur. Il n’en fut rien. L’Appel de Rome, du 27 février 2015, signé par plusieurs présidentiables, ne faisait qu’accroître la cacophonie et l’absence de leadership du pouvoir exécutif. Quant à l’Accord de Nairobi, du 8 avril 2015, il met surtout en exergue les profondes dissensions dans les camps des ex-Séléka et des anti-balaka et la volonté du Médiateur de la crise centrafricaine, le président congolais Denis Sassou Nguesso, de sous-traiter sa médiation.

 

Un CNT peu légitime et en somnolence

 

Le CNT n’est pas une assemblée d’élus de la nation. Il a été constitué par deux arrêtés du tandem Michel Djotodia-Nicolas Tiangaye, en avril 2013. Sa composition de 135 membres a été validée par l’article 50 la Charte constitutionnelle qui énonce simplement que le CNT est composé de « représentants les différentes catégories politiques et socioprofessionnelles ». La plupart des 135 conseillers, toujours en place en avril 2015, sont d’anciens sympathisants de l’ex-Séléka et des nostalgiques des présidences Kolingba et Patassé. De par sa création et sa composition, ce CNT peut difficilement exprimer la souveraineté nationale et engager l’avenir du pays, à travers sa Constitution.

 

Il aura fallu dix-neuf mois pour que le CNT adopte, le 16 février 2015, un avant-projet de Constitution. Après la consultation du gouvernement, un atelier national devra procéder à l’ « enrichissement » du texte amendé par le gouvernement. La réunion de cet atelier prendra du temps et les débats risquent de ne pas être une simple formalité. La Cour constitutionnelle donnera ensuite son avis et il reviendra au CNT de soumettre, au référendum, le projet de  loi  constitutionnelle. Étant donné que la transition se terminera le 17 août 2015, il est peu probable que ce référendum puisse avoir lieu, d’autant que l’article 163 du code électoral, concernant le référendum,  rappelle que « les électeurs sont convoqués au moins soixante jours avant le jour du scrutin ».

 

La politique de l’autruche arrive bientôt à son terme

 

Étant donné le contexte centrafricain, que le Groupe international de contact (GIC-RCA) refuse obstinément de prendre en compte (comme par exemple la saison des pluies, les camps de réfugiés et de déplacés non administrés, l’exil en brousse de dizaines de milliers de villageois, la destruction des services de l’état-civil et du fichier électoral), des élections crédibles ne pourront pas se tenir en juillet-août 2015. Comment organiser en cent jours un référendum et des élections législatives couplées à une élection présidentielle, alors que les préliminaires ne sont pas encore réunis ?

 

Après deux prolongations, la transition se terminera normalement le 17 août 2015, soit 24 mois après la prestation de serment du chef de l’État déchu, Michel Djotodia. L’alinéa 2 de l’article 102 de la charte constitutionnelle prévoit néanmoins qu’ « en cas de nécessité », la conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEEAC peut examiner la durée de la Transition. Quels seront les nouveaux arguments de la demande conjointe de la chef de l’État, du Premier ministre et du président du CNT ? Sans véritable plan de vol, avec des pilotes ayant montré les limites de leur compétence et des alarmes qui ne peuvent plus désormais être négligées par les aiguilleurs du ciel du GIC-RCA, « l’avion » centrafricain ne pourra arriver à destination des élections crédibles et transparentes. Un changement d’équipage est prévisible, comme l’avait imposé la conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEEAC, le 10 janvier 2014.

 

Membres de l’Action des Journalistes de l’Espace Schengen (AJES), Roger Bongos-Afrique Rédaction et Freddy Mulongo-Réveil FM International, Fondateurs du site Afrique Continent sommes très préoccupés par la situation en République Centrafricaine. L’arrestation arbitraire de Michel Amine pour l’empêcher de postuler allègrement à la magistrature suprême est un alerte qui ne peut laisser aucun panafricain insensible.

ONU: A quand les élections en République Centrafricaine ? par Freddy  Mulongo

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 17:01

 

 

 

http://www.radiondekeluka.org  samedi 18 avril 2015 13:43

 

Le Rassemblement pour le Renouveau de Centrafrique (RPRC), une des factions de l'ancienne rébellion de la Séléka, exige du Comité technique d'organisation du Forum national de Bangui, la révision en hausse de la liste de leurs représentants devant prendre part au Forum inter-centrafricain de Bangui. Le RPRC trouve insignifiant le quota de trente participants sur l'ensemble des 680 accordé aux groupes armés, ex-Séléka et Antibalaka. Toutefois, le RPRC se dit partant pour le Forum national prévu du 27 avril au 4 mai 2015.


« Nous nous sommes lancés dans la recherche de la paix depuis Libreville et Brazzaville. Je suis parmi ceux qui cherchent la paix » a affirmé Abdoulaye Issène, vice-président du RPRC, lors d'une interview exclusive accordée ce samedi à RNL


Le vice-président de ce mouvement armé, l'ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Abdoulaye Issène, en appelle à la sagesse dudit comité. Il demande un quota de cinquante participants ex-Séléka et Antibalaka, qui selon lui sont les principaux acteurs de la crise centrafricaine.


« Nous ne sommes pas d'accord, nous, les groupes armés. Nous nous sommes entendus et nous demandons 25 ex-Séléka et 25 Antibalaka. (...) C'est inacceptable. On ne peut pas accepter que parmi 680 participants, qu'on prenne 15 ex- Séléka et 15 Antibalaka pour participer au Forum de Bangui. Les acteurs ne sont pas à Bangui, ils sont dans les préfectures du pays. (…) Il faut dialoguer avec les acteurs qui créent l'insécurité », a-t-il martelé.


Abdoulaye Issène souligne également la faible représentativité de la communauté  musulmane dans le présidium du Forum de Bangui et salue l'accord de Nairobi. « C'est un accord de principe et ils ont reconnu le pouvoir de transition. Il faut l'applaudir. (...) S'ils sont d'accord de participer au Forum [Ndlr : Michel Djotodia et François Bozizé], c'est salutaire », a ajouté le vice-président du RPRC.


S'agissant des élections, Abdoulaye Issène estime qu'il est encore trop tôt d'en parler. La question, pour lui, sera débattue pendant le dialogue inter-centrafricain de Bangui. « On ne peut pas parler d'élections aujourd'hui. C'est au final de ce Forum que nous allons signer l'accord politique qui va déterminer les conditions d'aller aux élections. Il ne faut pas se précipiter  », a-t-il averti.


Par ailleurs, le vice-président du RPRC n'a pas perdu de vue la grève des policiers qui perdure depuis le 11 avril dernier. Il invite les autorités de la transition à entreprendre des négociations avec les grévistes en vue de mettre fin à ce mouvement de mécontentement qui paralyse le fonctionnement de la Police nationale.

« Il ne peut pas avoir de manifestation sans raison. Si les policiers sont mécontents certainement, ils réclament quelque chose. C'est inacceptable qu'une police nationale se manifeste et une semaine après, on ne trouve pas de solutions. Le gouvernement n'entame pas de négociations ni de pourparler avec les policiers. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités », a conclu Abdoulaye Issène.

Forum de Bangui: le RPRC réclame 50 places pour les groupes armés

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 14:24


 

 

Bangui, 18 avril 2015 (RJDH)- L’ONG internationale Search for Common Ground a organisé une marche, ce samedi 18 avril. Les buts recherchés après cette activité, sont entre autres, la libre circulation des personnes et des biens sur l’avenue Koudoukou, dans le 3ème arrondissement et la facilitation de la communication entre les habitants des 8ème, 4ème et 3ème arrondissements.  

 

Environ un millier de personnes a envahi ce matin l’avenue Koudoukou en partant de l’avenue de l’indépendance dans le 4ème arrondissement, pour chuter au Km5 dans le 3ème. Des jeunes et personnes âgées marchaient, d’autres dans des bus, des taxis, taxi-moto et des véhicules des particuliers. Ils chantaient, criaient et dansaient. Plusieurs banderoles ont été confectionnées à l’occasion.   

 

Tout le long de la marche, les forces de maintien de l’ordre de la gendarmerie et de la Minusca encadrent les personnes venues pour la circonstance. Un hélicoptère de la Minusca faisait la ronde dans l’espace au fur et à mesure que la marche avançait vers le KM5.

 

Les musulmans qui n’ont pas pris part à la marche se sont mis debout lorsque les gens s’approchaient du km5. Des personnes qui ne se sont pas rencontrées pendant longtemps, se sont embrassées. Un musulman et un non musulman ont pleuré à chaudes larmes lorsqu’ils se sont retrouvés. « C’est un rêve ou une réalité ? C’est bien moi mon frère. Merci à Dieu », a répondu l’autre.

 

Selon une musulmane qui a requis l’anonymat, « que cette marche soit pour nous une solution durable et de libre circulation entre les habitants de tous les arrondissements. Je suis remplie de joie lorsque je vois mes frères et sœurs venir vers nous, qu’ils nous laissent aller librement vers eux aussi ».

 

Un conducteur de taxi a fait savoir qu’il est confiant de la réouverture de l’avenue Koudoukou qui a été pendant longtemps bloquée. « Je suis sûr qu’après cette manifestation, nous pouvons emprunter librement cet axe et sans peur », a-t-il suggéré.

 

Selon Belfort Gobou-Bivot, assistant en communication à l’ONG Search for Common Ground, l’objectif visé est de faciliter la libre circulation sur l’avenue Koudoukou. « Nous avons organisé cette marche dans le but de réunir la population de plusieurs arrondissements. Nous cherchons la libre circulation des personnes et des biens sur cette avenue », a-t-il dit.

 

Le point de chute a été au monument Koudoukou situé dans le 3ème arrondissement de la ville de Bangui.

 

L’avenue Koudoukou a été inaccessible après la crise de 2013 jusqu’à nos jours. La libre circulation des personnes et des biens a été compromise par des personnes en arme. Plusieurs structures ont mené des activités pour la réouverture de cet axe sans succès. / 

 

Auguste Bati-Kalamet.

Centrafrique/ Bangui : Une autre marche pour la cohésion sociale sur l’avenue Koudoukou

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 13:51

 

 


Bangui, 18 avril 2015 (RJDH)—La grève des policiers entre dans une nouvelle étape. Après une assemblée générale tenue ce jour devant leur Direction Générale, les policiers ont décidé de continuer leur mouvement de grève. Selon leur porte-parole, Séré Lucien, aucune négociation n’est engagée depuis le déclenchement de la grève et les nominations par décret ce 17 avril ne sont pas de nature à leur faire changer de position. Du côté du gouvernement, l’on ne commente pas encore la situation.

 

Dans l’entrevue accordée au RJDH ce matin, le porte-parole des grévistes a énuméré les raisons du durcissement de leur position. Au premier rang de ces motifs, se trouve, selon lui, l’absence de négociations avec les autorités politiques centrafricaines. « Négociation jusque-là non. Depuis qu’on a déclenché le système de notre grève, dit la police en colère, aucun membre du gouvernement ne s’est approché de nous pour tenter de discuter avec nous », commence-t-il.

 

Abordant devant la foule des grévistes la question des nominations au ministère de la Sécurité Publique du 17 avril 2015, des vacarmes de désapprobation ont secoué l’atmosphère.

 

A ce sujet, le porte-parole affirme qu’en nommant « Henri Wangué Linguissara comme Directeur Général de la Police, Bata Séléwane, Directeur de Surveillance du Territoire et le Directeur de l’OCRB, Robert Yekoua-Kette, c’est le moral qui est détourné. Ils veulent détourner la pensée de nos revendications qui s’articulent autour du décret d’application immédiate de notre statut particulier. On a déploré cela. C’est une pure provocation. Les personnes nommées ne prendront pas leur service. Conformément à notre statut, on ne devrait nommer que des policiers au poste de responsabilités dans leurs corps, les gendarmes dans leur corps également».

 

C’est fort de ces raisons que les policiers ont décidé de reconduire leur grève. « La grève c’est depuis le 11 avril et jusque-là il n’y a pas eu gain de cause. Ce qui a eu lieu hier c’est du fiasco pour la police. Nous maintenons notre position jusqu’à obtention de gain de cause », dit-on parmi les grévistes.

 

Le RJDH n’a toujours pas mis la main sur les autorités politiques dont les responsabilités sont mises en cause à travers cette grève. La grève des policiers a commencé le 11 avril 2015. Ils protestant contre la non-signature du décret de leur statut particulier. C’est à 7 jours de leur mécontentement que des nominations à des postes de responsabilités diverses ont été effectuées dans leur département. Des grades auraient également été donnés mais ce policiers maintiennent leur position./

 

Naim-Kaélin ZAMANE

Centrafrique Bangui : Les policiers protestent et reconduisent leur mouvement de grève
Centrafrique Bangui : Les policiers protestent et reconduisent leur mouvement de grève

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 13:49

 

 

APA Bangui (Centrafrique) 17/04/15 - Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) a fait don de plus de quarante motos aux agents des ministères centrafricains de la Santé publique et des Affaires Sociales pour faciliter leurs opérations d'appui aux populations, a appris APA.

 

"C'est une contribution de l'UNICEF, un partenaire traditionnel de l'Etat centrafricain, aux efforts de relèvement des administrations qui manquent de tout, après la crise que le pays a traversé", a déclaré le Représentant de l'UNICEF en Centrafrique, Mohamed Malick Fall.

 

De nombreuses administrations n'ont pas encore pu se redéployer sur toute l'étendue du territoire, faute d'équipements professionnels et de moyens roulants, tous pillés ou détruits au plus fort de la crise centrafricaine.

 

Grâce au don de l'Unicef, les ministères de la Santé et des affaires sociales pourront désormais assurer leurs prestations auprès de la population, notamment les opérations ponctuelles de vaccination des enfants et d'appui aux déplacés.

L'UNICEF fait don de plus de quarante motos tout-terrain au gouvernement centrafricain

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 01:18

 

 

 

Bangui, 17 avril 2015 (RJDH)—Une mission de l’Autorité Nationale des Elections(ANE) est à pieds d’œuvre dans la Ouaka depuis le 13 avril pour l’installation des membres des comités locaux de cette structure électorale. La préfecture de la Vakaga attend la  mission  de cette institution d’ici le 20 avril.

 

La mission est conduite par le vice-président de l’ANE Godefroy Mokamanedé et le Chargé des Opérations Electorales Bernard Kpongaba. Ce sont les démembrements de Bambari, d’Ippy, et de trois autres villes qui sont mis en place.

 

Le Chargé des Opérations Electorales Bernard Kpongaba joint ce matin par le RJDH, note que trois sous-préfectures de la Ouaka sont en train d’être dotées en comités locaux de l’ANE. « Il ne reste que les sous-préfectures de Bakala, de Grimari et de Kouango dont il y a trois démembrements à mettre en place. Mais, la date de départ des équipes pour ces localités n’est pas encore connue. Nous avons eu un problème logistique et la Minusca qui nous a appuyés fait tout pour que ces sous-préfectures soient couvertes », a-t-il déclaré.

 

Bernard Kpongaba a aussi annoncé la couverture très prochaine des préfectures restantes. « A l’heure où je vous parle, une équipe est dans la préfecture de la Basse-Kotto, l’autre est à pieds d’œuvre aujourd’hui dans la préfecture de la Bamingui-Bangoran (Ndélé). Il reste les préfectures de la Nana-Gribizi et de la Vakaga. L’équipe de la Nana-Gribizi part aujourd’hui et celle de la Vakaga probablement le 20 pour finir le 24  avril, selon le programme de la Minusca », a spécifié Bernard Kpongaba, le Chargé des Opérations Electorales.

 

La mise en place des démembrements de l’ANE sera suivie de l’enrôlement électoral. Entre temps, les membres des démembrements devraient prêter serment selon le programme des tribunaux des régions concernées, avant de poursuivre le processus électoral.

 

Les élections en Centrafrique sont prévues d’ici juillet-aout 2015. Elles devraient marquer la fin de la transition./

 

Fridolin Ngoulou

 

 

Centrafrique/Bangui : Des déplacés réclament du gouvernement l’établissement de leur acte de naissance


Bangui, 17 avril 2015 (RJDH)- Une partie des déplacés du site de l’aéroport M’Poko réclame du gouvernement l’établissement de leur acte de naissance détruit pendant la crise. Le manque de ce document d’identification qui est un droit, concerne les enfants et les personnes.

 

Les déplacés du site de l’aéroport qui ont perdu leur acte de naissance pendant la crise, manifestent le désir de les reconstituer. Ils ont lancé un appel auprès du  gouvernement et des humanitaires œuvrant  dans ce domaine de faciliter l’accès à ce document.

 

Alexandre Ouaboué, chef du quartier Boulata, situé  dans le 3ème arrondissement de Bangui, a relevé qu’il a perdu tous les documents administratifs y compris l’acte de naissance de ses enfants. « L’acte de naissance  est un droit de tous les citoyens. Pendant cette crise, ma maison a été incendiée avec tout le contenu. Mes enfants et moi n’avons plus d’acte de naissance et c’est important de rétablir ces documents », a-t-il déploré.

 

 Selon François Ali, secrétaire général du quartier Fondo, dans le même arrondissement, certaines structures humanitaires ont lancé une campagne afin de rétablir les actes de naissance de ces déplacés. « Ces humanitaires ont appuyé environ 1.500 personnes dont la tranche d’âge varie entre 6 à 90 ans à avoir leur document civique », a-t-il affirmé.

 

Il a ajouté que ces projets s’adressaient à 26 quartiers enregistrés. « Ils ont sélectionné 60 déplacés par quartier. Au total, 1560 personnes ont reçu leur acte de naissance. Nous sommes environ 19.000 déplacés sur le site de l’aéroport. Il y’a encore le besoin qui se fait sentir de part et d’autre », a-t-il expliqué.

 

Une source proche du ministère de l’administration du territoire a fait savoir que plusieurs personnes se sont plaintes auprès des autorités sur la question des actes de naissance. « Nous avons reçu des réclamations de la population concernant cette situation. Les autorités en ont parlé, des actes de naissance établis trainent à la mairie. Nous ne comprenons pas les raisons du blocage accusé dans la distribution de ce document qui est un droit pour tous les fils du pays », s’est-il indigné.

 

Les humanitaires ont appuyé le gouvernement en établissant environ 1500 actes de naissance aux déplacés. Les besoins sont grands sur les sites des déplacés, surtout chez ceux qui n’ont pas encore d’acte de naissance. /

 

Auguste Bati-Kalamet.

 

Centrafrique Bangui: Les démembrements de l’ANE installés dans la Ouaka, la Vakaga attend son tour

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 01:08

 

 

 

par: APA publié le : 17/04/2015 à 12:59 UTC

 

Catholic Relief Service (CRS), une organisation humanitaire américaine opérant en Centrafrique vient d’installer sept stations de radio à Bakouma, une des cinq sous-préfectures du Mbomou, région située à plus de 800 km à l’est de Bangui, a appris APA.


Ces stations, qui portent les noms des villages o๠elles sont installées, sont appelées à  être les porte-voix des populations des localités de Bakouma et de ses environs, notamment Nzacko, Gbolo et Bakouma centre.

 

Elles devraient permettre aux organisations nationales et internationales d’avoir des informations sur ces localités ainsi que sur le vécu au quotidien des populations.

 

La sous-préfecture de Bakouma comme les autres régions de l’est de la RCA n’a pas échappé aux exactions des groupes armés.

 

Après les rebelles de la sélékas, cette localité de près de 20 000 habitants a été occupée par le groupe armé ougandais de la LRA.

 

Les radios devraient contribuer à  la lutte contre les exactions des groupes armés dans la région.

 

C’est la première fois en Centrafrique qu’une région bénéficie d’autant de stations radios, indique-t-on.

 

Copyright : © APA

Une ONG américaine installe cinq stations de radio à l’est de la Centrafrique

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 23:13

 


 

Bangui, 17 avril 2015 (RJDH)---Le président du Parti pour la Renaissance Centrafricaine (PARC) et candidat déclaré à la prochaine présidentielle, Gaston Nguerekata s’est dit satisfait du consensus trouvé sur la composition du comité technique et du présidium du forum de Bangui. Il l’a dit dans une interview accordée, ce matin depuis Paris au RJDH.

 

Le président du PARC a qualifié de sage, la décision de la cheffe de l’Etat de transition de réunir les forces vives de la nation afin de trouver des solutions aux blocages nés des décrets contestés. « L’essence même de la transition est l’esprit du consensus. Enfin la sagesse a prévalu, puisque cette nouvelle équipe a été mise en place de manière consensuelle. Je me réjouis de cela », a expliqué le candidat Gaston Nguerekata.

 

Pour le président du PARC, « la concertation avant la nomination, c’est ce qu’il y avait de mieux à faire avant de créer le présidium et le comité technique d’organisation du forum encore plus de nommer des personnalités à des postes de responsabilités au sein de ces deux structures ».

 

Gaston Nguerekata s’est aussi dit satisfait des consultations populaires à la base organisées par le gouvernement. Pour lui, il est essentiel que les recommandations issues de ces consultations puissent être respectées par les autorités, « je constate que les Centrafricains ont parlé de manière libre, cela est une excellente chose pour cela. Il est nécessaire que les autorités de la transition et le nouveau président qui sera élu puissent tenir compte de ces recommandations ».

 

Le candidat Gaston Nguerekata se dit prêt pour le forum de Bangui. « Je suis déjà en route pour prendre part à ce forum », a-t-il déclaré avant de donner une idée sur le message qu’il livrera lors de ces assises « mon message aux Centrafricains sera axé sur la paix.  Nous avons assez souffert, il faudra se retrouver entre frères sans méfiance pour reconstruire ce pays ».

 

Le professeur candidat à la prochaine présidentielle n’a pas souhaité que le projet de la proposition de la nouvelle constitution soit soumis au débat « je ne sais pas s’il y aura du temps nécessaire pour discuter de la nouvelle loi fondamentale en plus des questions d’ordre économique, politique et sécuritaire. Mais je fais confiance au présidium du forum. Personnellement, je ne souhaite pas que la nouvelle constitution soit discutée lors de ce forum ». Toutefois, ce dernier pense qu’il faudrait que la République Centrafricaine soit dotée d’une nouvelle constitution avant l’élection du nouveau président de la République.

 

Gaston Nguerekata ne croit plus au respect du calendrier des élections législatives et présidentielle « les élections ne sont pas tenables d’ici juin et juillet 2015 ». Il impute cette situation aux autorités de la transition qui, selon lui ne veulent pas aller vers les élections « je pense qu’il y a une volonté de la part des autorités de faire durer la transition ad aeternam ».

 

Le professeur Gaston Nguerekata s’oppose au maintien de l’équipe dirigeante actuelle « nous allons arriver à la fin de la transition sans les élections, c’est un échec de la transition dirigée par Catherine Samba-Panza. La suite de la transition doit être discutée au forum de Bangui. Personnellement, je crois que ça ne sert à rien de reconduite cette équipe. Il faut penser à autre chose ».

 

Gaston Nguerekata, président du PARC est l’un des politiques qui avaient contesté les décrets du 04 avril créant le comité technique et le présidium de Bangui./

 

Sylvestre Sokambi  

Centrafrique/Bangui : Le candidat Gaston Nguerekata se réjouit de la nomination des membres du comité technique et du présidium du forum de Bangui

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 23:05

 

 

par: APA publié le : 17/04/2015 à 14:18 UTC

 

 

Le ministre centrafricain de l’administration du territoire, porte-parole du gouvernement, M. Bachir Walidou Modibo, a dénoncé, vendredi à Bangui, l’accord de l’engagement pour la paix en Centrafrique, signé, mardi dernier à Nairobi, au Kenya, par les anciens présidents centrafricains Michel Djotodjia et François Bozizé, a appris APA. « Le gouvernement ne reconnait pas cet accord d’engagement de paix puisque ni de loin ni de près il n’y est associé », a martelé M. Walidou Modibo, soulignant que  « c’est un accord bilatéral entre deux personnalités auteurs des malheurs du peuple centrafricain ».

 

 « C’est encore un accord qui est rempli de contradictions comme le premier qui prône l’impunité pour les bourreaux du peuple centrafricain si on analyse de près les articles 3 et 20 de cet accord », a expliqué le ministre de l’administration du territoire.

 

Les autorités centrafricaines estiment que ce second accord du mois d’avril n’est pas différent de celui du mois de janvier qui a été rejeté non seulement par la communauté internationale mais aussi par la population centrafricaine.

 

Par ailleurs s’agissant de la présence de Djotodjia et Bozizé au forum national de Bangui, le porte-parole du gouvernement a estimé que leur présence à  ces assises  « n’est pas une nécessité, car ils ont des représentants qui peuvent valablement participer à  leur place ».

 

Copyright : © APA

Le gouvernement centrafricain rejette l’accord signé à Nairobi par Bozizé et Djotodjia
Le gouvernement centrafricain rejette l’accord signé à Nairobi par Bozizé et Djotodjia

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 22:02

 

 

 

PAR CLÉMENT FAYOL  ARTICLE PUBLIÉ LE VENDREDI 17 AVRIL 2015 mediapart.fr

 

Longtemps intouchable, le grand ami de la chiraquie et des pétroliers français n’est plus utile pour les diplomaties occidentales. Son mandat présidentiel va expirer en 2016 et la constitution lui interdit de se représenter. En mobilisant ses réseaux et en s’impliquant dans l’épineux dossier centrafricain, le président du Congo, 71 ans, s’agite pour tenter de se rendre indispensable.

 

Denis Sassou-Nguesso, 71 ans, fait figure d’une Afrique d’un autre temps : un militaire devenu président, de ceux qui sont chez eux dans les hôtels de luxe parisiens et font régulièrement la une des journaux dans le dossier des biens mal acquis. Celui qui a passé plus de trente années à la tête de son pays voit d’un mauvais oeil les désirs de changement des Congolais. Son mandat présidentiel va expirer en 2016 et la constitution lui interdit de se représenter. Pour les opposants congolais, ses jours seraient comptés.

 

Mais «c’est mal connaître le personnage », affirme un lobbyiste parisien qui, lui, le connaît bien. «Sassou ne partira que les pieds devant. » En attendant, il essaie de se rendre indispensable dans le règlement de la crise en Centrafrique.

 

Avant de prendre la tête de son pays une première fois en 1979, DSN a dirigé la « sécurité d’État », les terribles services de renseignement congolais. À l’époque, les éliminations sont monnaie courante. Il gravit les échelons politiques un à un et s’impose comme l’homme fort du régime. «Son truc, ce sont les services », confirme un ancien conseiller du président. «Pour lui, la politique, c’est de l’habileté, de la manigance.» En 1992, il perd les élections présidentielles face à son rival Pascal Lissouba. Petit à petit écarté du pouvoir, il s’exile en France en 1995.

 

Proche de Jacques Chirac, il voit son heure venir quand Lissouba se rapproche du pétrolier américain, Oxy. Avec la chiraquie et Elf à ses côtés, mais aussi l’appui logistique et financier de l’Angola et du Tchad, notamment grâce à ses amis français, Denis Sassou-Nguesso reprend pied au Congo. Pendant deux ans, une guerre civile fait rage. Plus de quarante mille morts plus tard, en octobre 1997, il reprend le pouvoir. Il ne l’a pas quitté depuis.

 

Si ces épisodes valent la peine d’être rappelés, c’est qu’ils ont façonné la personnalité politique du président du Congo-Brazzaville. « Son mot d’ordre, c’est de survivre à tout prix avec une grosse caisse noire pour corrompre, y compris en France », explique un ancien militaire qui l’a côtoyé. «Il pense que tout se règle avec une enveloppe, parce que chez lui ça fonctionne comme ça », poursuit l’homme, qui a été témoin de nombreuses fois des intimidations et corruptions du président congolais.

 

Malgré sa longévité et son habileté, de sérieux signes laissent entendre que l’autocrate est proche de la fin. Sassou regrette la protection du Gabon qu’il s’était assurée en arrangeant le mariage de sa fille Édith avec le président Omar Bongo. Mais l’ancien doyen d’Afrique centrale n’est plus et ses enfants se déchirent autour de son héritage. Le pétrole, principale source de puissance des présidents africains pendant des décennies, n’est plus la seule obsession de la France. Le centre de gravité des Occidentaux en Afrique s’est déplacé aux abords du Sahel. Dans ces conditions, un autocrate inutile est bien embarrassant.

 

« Aujourd’hui, les Occidentaux sont tous passés sur le même modèle de lutte contre le terrorisme. Cette position caricaturale qui était celle des États-Unis est devenue celle de la France », regrette Guy Labertit, délégué Afrique du parti socialiste jusqu’en 2006.

 

Idriss Déby, l’autocrate guerrier-président du Tchad, est préféré à Denis Sassou- guesso. À l’image du Tchadien qui s’est rendu indispensable au Mali et maintenant dans la lutte contre Boko Haram, le Congolais se cherche en vain un rôle régional.

 

«Sassou est un homme de droite, au parti socialiste il n’a jamais eu la cote », affirme Guy Labertit. Porté au pouvoir par Jacques Chirac et ses amis, le président congolais se souvient des remarques cinglantes premier ministre Lionel Jospin au lendemain de sa prise de fonctions : «Denis Sassou-Nguesso est le président de fait, j’attends celui de droit. » L’année suivante, en novembre 1998, le Congolais rencontre François Hollande et quelques socialistes. En sortant, l’actuel président confie à Guy Labertit qu’il se méfie des dossiers africains parce que sur ce continent «il n’y a que des coups à prendre». Depuis, deux interventions militaires plus tard, François Hollande a changé d’avis sur quasiment tout en Afrique, sauf sur Denis Sassou-Nguesso. Abandonné par la gauche, à part quelques vestiges de la Françafrique tels Jeanny Lorgeoux ou Jean-Christophe Mitterrand, c’est plutôt à droite qu’il cultive des amitiés. Mais DSN n’est pas sectaire et ne rechigne pas à faire quelques exceptions.

 

Rompu aux techniques du renseignement, le président s’appuie sur des réseaux multiples et cloisonnés

 

La liste est longue. D’abord il y a les fameuses conférences de Forbes Africa pour le forum de Brazzaville organisé par Richard Attias, qui ont vu défiler les personnalités politiques. Dominique de Villepin et Jean-Pierre Raffarin en 2012, Jean-François Copé et Christine Ockrent en 2013, et bien sûr Nicolas Sarkozy en 2014. Les montants des prestations sont restés discrets mais le patron milliardaire de Forbes Africa, Lucien Ebata, un ancien proche de la présidence, est réputé pour ses largesses.

 

Par ailleurs, il apparaît que, dans des contextes plus ou moins transparents, de nombreuses personnalités françaises ont rendu visite au président du Congo-Brazzaville. En juillet 2013 par exemple, d’après les informations de Jeune Afrique, alors qu’elle est députée européenne et maire du VIIe arrondissement de Paris, Rachida Dati rend visite à Denis Sassou-Nguesso sous couvert de réfléchir à des projets éducatifs mais aussi de parler du droit des femmes et d’un parc zoologique.

 

Parmi les visiteurs les plus fréquents, Claude Guéant est celui autour duquel pèsent les soupçons les plus persistants. Très actif en Afrique depuis 2012, on retrouve encore aujourd’hui près de la présidence congolaise une personnalité de son entourage, le Franco-Tchadien Abakar Manany. Bien que ce dernier nie avoir eu des contacts avec l’ex-secrétaire général de l’Élysée, plusieurs sources ont confirmé avoir été témoins de leurs rapports. Abakar Manany a d’abord été proche du président Idriss Déby, avant de quitter  précipitamment N’Djamena en 2008. Il a ensuite participé à plusieurs voyages avec Claude Guéant et l’entourage de Nicolas Sarkozy durant le quinquennat de ce dernier. D’après des sources proches de la présidence congolaise, la flotte privée de Sassou Nguesso, dont un Falcon 7X d’une valeur de 50 millions de dollars, est aujourd’hui gérée au travers de la société d’Abakar Manany, Amjet, installée en Grèce. Les derniers restes d’un réseau en décrépitude.

 

Un rapide tour d’horizon de l’entourage stratégique du président congolais suffit à saisir la vision que l’apprenti doyen se fait de la politique. Rompu aux techniques du renseignement, le président s’appuie sur des réseaux multiples et bien cloisonnés. Parmi les plus visibles, se trouve Jean-Paul Pigasse, l’oncle du célèbre banquier. Joint par Mediapart sans que les échanges ne puissent aboutir, l’ancien journaliste – passé par Les Échos, L’Express et Jeune Afrique – est aujourd’hui le plus fidèle communicant du président Sassou. Il a notamment créé Les Dépêches de Brazzaville et Géopolitique Africaine, dont l’impertinence n’est pas la première marque de fabrique. Dans le dossier de la réforme de la Constitution, c’est le premier de ces deux journaux dans son édition du 3 décembre 2014 consultable en ligne qui explique que « la durée des mandats présidentiels sur lesquels se focalise présentement – de façon absurde, il faut le souligner – l’attention des observateurs extérieurs de la scène congolaise » n’est en réalité pas un problème central.

 

Au-delà de ces pratiques aussi anciennes que le journalisme, c’est sur la région que Denis Sassou Nguesso est le plus néfaste. Le vide laissé par Omar Bongo a donné des idées de grandeur au président. Au Gabon d’abord. En parallèle de la guerre sur l’héritage de l’ancien président gabonais, les désirs de puissance de l’opposant Jean Ping n’ont pas échappé à Sassou.

 

D’après des sources gabonaises bien informées, le sulfureux fils du président congolais Denis Christel Sassou serait même le beau-frère de Jean Ping, les deux hommes étant unis par leurs épouses. « Que ces liens familiaux soient établis ou non, il est évident que Jean Ping a pignon sur rue à Brazzaville et que Sassou le soutient, ne serait-ce que financièrement », confie un consultant politique français impliqué dans la guerre des chefs du Gabon.

 

Toujours dans l’optique d’être un interlocuteur indispensable pour les Occidentaux, DSN s’affaire surtout en République centrafricaine où il dispose du rôle officiel de médiateur. Terrain d’influence des autocrates du continent, la Centrafrique est devenu d’autant plus cruciale que les Occidentaux, la France en tête, se sont impliqués dans le dossier. La diplomatie a perdu pied dans un imbroglio aux relents de guerre civile, confessionnelle et même régionale par milices interposées. Après avoir soutenu le pouvoir intérimaire, le ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, est dans l’embarras. Lui qui vantait les mérites de la présidente Catherine Samba Panza sait désormais qu’elle se distingue plus par son sens des affaires que par sa capacité à préparer le terrain pour les prochaines élections. Après la disparition d’une bonne partie des 10 millions d’euros prêtés par l’Angola grâce à la France, Mediapart a appris auprès de sources du palais de Bangui que la présidente venait d’acquérir au moins deux prestigieuses villas dans la capitale.

 

«Sassou ne joue pas qu’une seule carte et a parfois de bonnes intuitions»

 

L’occasion est trop belle pour Sassou. À la manière d’un Idriss Déby au Mali et contre Boko Haram, il essaie de peser en Centrafrique. Dans une approche grossière de la diplomatie, le président congolais et son homologue de Guinée-Équatoriale, le président Obiang, participent à tous les sommets et réunions de lutte contre Boko Haram. Leur rôle n’est pas clair et la ficelle est cette fois trop grosse.

 

En parallèle, Denis Sassou-Nguesso agite ses réseaux.

 

Lui-même membre de la Grande Loge nationale de France, il s’appuie sur la franc-maçonnerie d’Afrique centrale qu’il finance allègrement depuis des années. Par ces liens, il a accès à plusieurs candidats aux prochaines présidentielles de Centrafrique. Connu pour ses largesses et son affection pour les mallettes, le président attire les personnages les plus sulfureux de RCA. « 80 % de la classe politique locale essaie d’être proche de Sassou, aller à Brazzaville c’est s’assurer de ne pas revenir les mains vides », explique l’universitaire spécialiste du pays Roland Marchal.

 

« Mais Sassou ne joue pas qu’une seule carte et a parfois de bonnes intuitions. Il sait qu’il faut être dans le jeu alors il utilise ses moyens financiers et ses relais dans le pays pour peser », continue le chercheur.

 

C’est ainsi que l’on retrouve le président congolais, derrière les accords de Nairobi signés par les deux anciens présidents de Centrafrique, François Bozizé et Michel Djotodia. Pour l’opération, Brazzaville a utilisé un intermédiaire soudanais au passé trouble, un dénommé Albino Aboug. Se prétendant proche de la CIA, ce dernier a été aperçu pour la première fois aux côtés de Robert MacFarlane, ancien collaborateur du président Ronald Reagan et ancien cadre de la NSA. Passé dans le privé, MacFarlane aurait collaboré avec Aboug pour peser sur la politique américaine de répression contre le Soudan. D’après les informations du Washington Post, il aurait été central dans le rapprochement entre le Qatar et le Soudan. De son côté, Aboug laisserait planer le doute sur ses liens avec tous les acteurs de cette affaire. Pedigree qui a séduit la présidence congolaise puisque, d’après un document récupéré par Mediapart, Albino Aboug bénéficie du titre d’« ambassadeur » et d’« envoyé spécial pour l’initiative de Nairobi pour la paix en RCA ».

 

Dans un autre registre, mais toujours avec les mêmes objectifs, le président congolais soutient bec et ongles Karim Meckassoua. Cet ancien ministre ne peut être réduit à ses contacts avec le Congo-Brazzaville.

 

Homme de réseaux, « c’est lui qui a pensé et rendu possible la prise de pouvoir de François Bozizé en 2003 », confie un ancien proche. Intelligent et raffiné, il a vite été mis de côté par Bozizé qui craignait de le voir prendre trop de place. Sans base populaire ni parti politique pour soutenir sa campagne, il est aujourd’hui l’une des personnalités les plus en vue à Bangui. « Le fait qu’il ne représente pas un parti en fait la personnalité pour les ingérences étrangères, il est beaucoup plus malléable que ses rivaux, explique Guy Labertit. C’est pour cela que Jean-Yves Le Drian en pince pour lui. »

 

Très bien connecté à Paris, Karim Meckassoua a été reçu à plusieurs reprises au ministère des affaires étrangères. D’abord proche d’Omar Bongo, l’homme de l’ombre fréquente Denis Sassou-Nguesso depuis au moins le début des années 2000. Perçu comme « l’honorable correspondant » du Congo en RCA, « il est beaucoup plus que ça et serait plutôt un relais et un conseil pour le président congolais », estime le chercheur Roland Marchal qui le connaît bien. Et même si Meckassoua a peu de chances d’être élu président, ses liens avec la France sont un atout pour le président congolais. « Meckassoua est loin d’être le seul homme politique centrafricain sur lequel peut compter Sassou », croit savoir un rival.

 

Autant de réseaux qui ont pour vocation de prouver qu’aucune solution régionale ne sera prise sans le Congo de Denis Sassou-Nguesso. Pour l’heure, l’argument convainc peu. À Washington, Barack Obama a multiplié les déclarations sèches envers ceux qui veulent changer les règles. La phrase « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes » prononcée en 2009 est entrée dans les annales comme étant la position officielle de Washington. Au moment des tractations pour la présidence de l’Organisation internationale de la francophonie, la défaite du candidat congolais, l’ambassadeur et écrivain Henri Lopes, a été comprise comme un signe fort de la position de Paris. Au Quai d’Orsay, à la Défense et à l’Élysée, le message est le même : le changement de la constitution congolaise ne sera pas toléré. L’effet Blaise Compaoré, dégagé du pouvoir alors qu’il s’apprêtait lui aussi à bidouiller la règle des limitations de mandat, guette Denis Sassou-Nguesso.

 

Boite noire

 

Denis Sassou-Nguesso est un personnage intrigant qui, cette enquête nous l’a démontré, fait encore peur. Peu de personnes qui l’ont fréquenté acceptent de parler de lui sans être protégées par l’anonymat. Aucune anecdote ou information n’a été reprise sans en vérifier la crédibilité par des recoupements entre des sources qui ont connu le président du Congo à des époques différentes. Par ailleurs, nous avons essayé de joindre chaque personnage que l’on présente comme membre de son entourage.

 

Directeur de la publication : Edwy Plenel

Directeur éditorial : François Bonnet

Le journal MEDIAPART est édité par la Société Editrice de Mediapart (SAS).

Lu pour vous : Au Congo, Denis Sassou-Nguesso est obsédé par sa survie

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com