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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 01:37

 

 

 

À chacun et à tous les délégués de la République Centrafricaine réunis à Bangui pour la Conférence de la réconciliation nationale, vous êtes le peuple souverain, authentique.

 

Vous avez choisi le Sangho pour langue nationale et d’union.

 

Notre pays, la République Centrafricaine est dotée de toutes les ressources tant humaines que matérielles pour réussir son destin.

 

Nos ancêtres ne se réunissaient pas pour blablater Dans leur Esprit, se réunir c’est pour décider. En l’occurrence, il s’agit d’élire un Exécutif national court, parmi les candidats intègres présents et connus de vous tous.

 

La crise, quelle qu’elle soit, est un piège qui nous est tendu. Le vote d’un exécutif  court, pourra enclencher  la marche souveraine du peuple centrafricain.

 

Les milliards qui auraient été dépensés pour des élections hypocrites seront investis automatiquement dans les infrastructures collectives , améliorant directement la vie du peuple et l’économie du pays.

 

 

Makombo Bamboté

Écrivain

La Conférence nationale de réconciliation élira-t-elle un nouvel exécutif ? par Bambote Makombo

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Centrafrique-Presse.com
6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 00:55

 

 

 

04.05.2015 21:50

 

 (La Voix de l'Amérique)

 

Le parti de l’ancien président François Bozize, le KNK, estime que les principaux acteurs de la crise centrafricaine, à savoir François Bozize et Michel Djotodjia, sont écartés du débat.

 

Le KNK n’est pas présent au forum de réconciliation nationale de Bangui qui s’est ouvert lundi.

 

Secrétaire général de ce Parti, Bertin Bea, a indiqué que le parti boycotte ces assises car, selon lui, ce forum, censé être inclusif, a mis à l’écart les principaux acteurs de la crise centrafricaine, à savoir François Bozize et Michel Djotodjia.

 

Le KNK refuse de cautionner un simulacre de discussions entre les Centrafricains, selon M. Bea. 

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Le Parti KWA NA KWA, (KNK) agissant constamment en conformité avec les valeurs fondamentales de la République que sont notamment le patriotisme, l’unité nationale, l’égalité du genre, la paix, la justice, le développement, l’indépendance et la souveraineté nationale, a été le premier parmi les partis politiques reconnus à affirmer que le dialogue inclusif constitue l’ultime moyen de règlement de la crise actuelle.

 

Après des tergiversations, cette proposition a été acceptée par tous. C’est ainsi que Madame le Chef d’Etat de la Transition a été contrainte de fixer, par des actes règlementaires dont certains ont été contestés, le cadre juridique ainsi que les conditions d’organisation et de la tenue à Bangui d’un Forum National de Réconciliation devant parachever le processus de retour à la paix et la cohésion nationale défini par le forum de Brazzaville du 23 juillet 2014.

 

Pour atteindre cet objectif, leurs Excellences Messieurs François BOZIZE et Michel DJOTODIA AM-NONDROKO ont, à NAIROBI, signé une déclaration d’engagement soutenant, à la fois, la transition en cours, la feuille de route et les accords de cessation des hostilités signés à Brazzaville.

 

Ils ont, en outre, exprimé leur disponibilité à participer dans l’immédiat à tous les organes et structures en charge de la préparation du Forum politique inclusif de Bangui et des élections à venir.

 

C’est dans cette optique que le Bureau Politique du KNK a inlassablement œuvré aux côtés des autres partis politiques épris de paix et de justice pour faciliter la tenue de ce Forum qu’il pensait être l’ultime occasion pour :


• Réaffirmer solennellement la grandeur de notre Nation ;


• Faire triompher l’espoir sur la peur, l’unité sur la discorde ;

 

Malheureusement, constatant la ferme volonté des Autorités de la Transition et probablement de certaines puissances extérieures d’empêcher leurs Excellences Messieurs François BOZIZE et Michel DJOTODIA AM-NONDROKO, acteurs majeurs de la crise actuelle, de prendre part à ce Forum afin de s’expliquer sur les tenants et les aboutissants de cette crise.

 

Par conséquent, le KNK refuse de prendre part à un Forum qui est loin de ressembler aux Dialogues Politiques antérieurs de 2003 et de 2008 qui avaient jeté les bases sérieuses de réconciliation ayant abouti à l’organisation réussie des élections de 2005 et 2011.

 

Le KNK prend à témoin l’opinion nationale et internationale quant au refus des Autorités de la Transition d’organiser un Forum inclusif devant aboutir à la réconciliation des Centrafricains, au rétablissement d’une paix durable, de l’unité nationale et de la cohésion sociale.

 

Fait à Bangui, le 04 mai 2015


Bertin BEA

Centrafrique : le parti de Bozize boycotte le forum de Bangui

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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 00:51

 

 

 

05/05/15 (Agence d'information d'afrique centrale)

 

Lors de l’ouverture ce lundi 4 mai des travaux du Forum de paix et de réconciliation inter Centrafricain, le président congolais Denis Sassou N’Guesso, médiateur dans la crise centrafricaine, a souhaité la mise en place de nouvelles institutions pour permettre entre autres le rétablissement de l'autorité de l’Etat et la reprise des activités économiques dans le pays.

 

« En même temps que le peuple centrafricain, tous nos partenaires requièrent que les élections aient lieu dans les délais prévus afin que la transition ne déborde plus de l’ultime terme qui lui a été prescrit. Vous êtes donc réunis pour impulser à la République centrafricaine un nouveau départ. J’espère avec vous que celui-ci est le bon. », a déclaré ce lundi Sassou N’Guesso à l’ouverture du Forum.

 

La communauté internationale présente dans le pays à travers la mission onusienne de maintien de la paix (Minusca), les forces françaises de la Sangaris ainsi que les experts militaires européens, tentent de booster les autorités de Bangui à respecter la feuille de route de la transition. La médiation internationale avait reporté en janvier dernier, la présidentielle et les législatives en Centrafrique en juillet et août 2015.

 

Pour N’Djamena, l’attitude des participants au Forum de Bangui est déterminante pour pousser les donateurs à contribuer au financement du processus électoral et des autres programmes d'après transition. « Plus le forum de Bangui impulsera le rythme de la transition, plus les partenaires seront encouragés à poursuivre l’appui financier à la Centrafrique. Cette conditionnalité s’adresse à vous les participants au Forum. Il vous incombe de relever ce défi par la tenue d’élections libres et transparentes, qui jetterons les bases d’une paix et d’une stabilité durables pour votre pays. » a indiqué le représentant du président tchadien Idriss Déby, chef d’Etat en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale.

 

La présidentielle de juillet, à en croire les intervenants, contribuera à rassurer les partenaires internationaux et aidera le pays à reconstituer son tissu économique profondément déchiré par la crise. « Nous tiendrons nos promesses » notamment à conduire la RCA vers des élections libres, apaisées et transparentes, a répondu la présidente de la transition centrafricaine, Cathérine Samba Panza. Elle a par ailleurs fait savoir que les assises de ce forum, ne devaient pas permettre « une amnistie générale » aux responsables des atrocités.

 

Bientôt la relance des activités minières

 

L’ONG Amnesty International qui prend part à cette grand-messe de paix et de réconciliation, a encouragé l’Etat centrafricain à poursuivre la lutte contre l’impunité. Selon le directeur général adjoint du programme d'Amnesty International en Afrique de l'ouest et centrale, Stephen Cockburn, le projet de Constitution en phase d’adoption doit réserver aux auteurs de violations de droits humains de châtiments exemplaires de la justice. « Donc pour nous, il faut simplement que les délégués du Forum demandent aux autorités d’amender le projet de Constitution pour qu’il soit cohérent avec cette volonté politique et éviter une répétition des erreurs du passé. », a dit Stephen Cockburn.

 

Une délégation du Processus de Kimberley, mécanisme international de certification des pierres précieuses, séjourne depuis le 4 mai en Centrafrique en vue d’une levée partielle de l’interdiction de la vente des diamants bruts qui frappe ce pays depuis 2013. Peu de temps après leur arrivée dans la capitale Bangui, les trente membres de la délégation se sont rendus à l’intérieur du pays, précisément dans les localités à l’ouest de Bangui, à l’exploitation du diamant constitue l’activité principale des populations.

 

La mission cible particulièrement les régions ouest parce qu’elles ont été les moins touchées par les atrocités de la guerre. La délégation entend y enquêter sur la présence des hommes armés sur les chantiers miniers. Elle veut surtout avoir une idée claire sur la traçabilité du diamant centrafricain et s’assurer que ce n’est pas un produit du sang qui sert à entretenir la guerre dans ce pays.

 

Fiacre Kombo

Forum de Bangui : la communauté internationale appelle à la tenue rapide des élections
Forum de Bangui : la communauté internationale appelle à la tenue rapide des élections

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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 00:49

 

 

05/05/15 (France 24)

 

"J’ai été vraiment étonné que les casques bleus, présents à quelques mètres de la barrière, ne réagissent pas"

 

Didier (pseudonyme) était de passage à Bouar, le 29 avril dernier.

 

Je suis arrivé dans le quartier de Lokoti vers 10h, en voiture. Il y avait un convoi d’une centaine de camions sur la route. Je les ai doublés et je suis arrivé au niveau d’une barrière faite de branchages. Des jeunes du quartier étaient là, ils devaient être une trentaine. Ils m’ont demandé de payer 200 francs CFA (soit 0,30 euro environ) pour que je puisse passer. C’est ce que j’ai fait. Ils faisaient payer tout le monde, mais ils demandaient davantage d’argent aux camions, entre 500 et 1 000 francs CFA il me semble (soit entre 0,76 et 1,52 euro).


J’ai été très surpris de voir un blindé et un camion de la Minusca, à une dizaine de mètres après la barrière. Il y avait une vingtaine de casques bleus environ. J’étais vraiment étonné qu’ils les laissent faire… Je les ai interpellés, en leur disant : "À quoi ça sert que vous soyez ici, si vous ne faites rien ?" Ils m’ont regardé, mais je crois qu’ils n’ont pas compris, car ils avaient l’air d’être Bangladais. Puis j’ai quitté la zone.

 

"Il faut qu’on accélère le recrutement d’interprètes, afin que les casques bleus puissent communiquer avec la population locale"


Alertée au sujet de cet incident, Yasmine Thiam, chef du bureau de la Minusca à Bouar, a appelé la gendarmerie et le chef du quartier de Lokoti le jour-même, qui ont démantelé la barrière aux alentours de midi.

 

Des casques bleus étaient effectivement présents à côté de cette barrière, mais il semble qu’ils n’aient pas su réagir. En fait, il s’agissait de Bangladais, qui ont remplacé les soldats camerounais en novembre dernier, donc on est dans une période d’ajustement. Les Bangladais parlent uniquement anglais, donc ils peuvent difficilement communiquer avec la population locale. Il faut vraiment qu’on accélère le recrutement d’interprètes parlant français, mais également sango et gbaya, les deux langues locales. Ça fait déjà un mois qu’on les attend…


Par ailleurs, les casques bleus étaient focalisés sur un autre problème ces jours-ci… Ça faisait 48 heures que des camions étaient embourbés sur la route, donc les soldats ont cherché à régler cette situation avant tout. Au total, la barrière est restée en place 2 h 30 environ seulement.


Si cette barrière est restée peu de temps en place dans le quartier de Lokoti, un habitant de Bouar a en revanche signalé à France 24 que d’autres barrières étaient mises en place depuis plusieurs semaines dans le quartier voisin de Gambou, à la nuit tombée. Selon lui, des jeunes appartenant à un groupe d’autodéfense du quartier contrôlent la circulation des véhicules afin de lutter contre l’insécurité, tout en leur réclamant de l’argent pour les laisser circuler.


 écrit en collaboration avec Chloé Lauvergnier (@clauvergnier), journaliste à France 24.

Des automobilistes centrafricains rackettés sous les yeux de la Minusca

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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 00:46

 

 

 

05/05/15 (La Croix)

 

Huit chefs des principaux groupes armés de Centrafrique se sont engagés à démobiliser leurs enfants-soldats. Entre 6 000 et 10 000 enfants centrafricains sont concernés par cette mesure.

 

C’est la première grande annonce du forum de Bangui, cette réunion sur la réconciliation et l’avenir de la Centrafrique qui rassemble, depuis lundi 4 mai, les principaux acteurs du pays. Elle concerne les enfants-soldats. La quasi-totalité des groupes armés se sont engagés à relâcher ces derniers.

 

Dans ce pays déchiré par une épouvantable guerre civile depuis deux ans, l’enrôlement des enfants par ces groupes est général, aussi bien parmi la Séléka, la coalition à majorité musulmane qui s’est emparée du pouvoir en mars 2013 jusqu’à l’intervention française en décembre de cette année, que parmi les anti-balaka, ces milices d’autodéfenses constituées contre la Séléka.

 

L’accord a été négocié par l’Unicef. « C’est l’aboutissement de plus d’un an de travail avec le ministère des affaires sociales et les différents groupes armés », explique de Bangui, Donaig Le Du, la responsable de la communication de l’Unicef en RCA. « Ces groupes se sont engagés, à libérer les enfants qu’ils détiennent, à s’abstenir d’en mobiliser dans le futur et à nous donner un libre accès aux zones sous leur contrôle », précise-t-elle.

 

Entre 6 000 et 10 000 enfants-soldats

 

Rien n’a été épargné à ces mineurs, garçons et filles, estimés entre 6 000 et 10 000. Ils ont été envoyés au combat. Ils ont tenu les check-points et les barrières sur les routes afin de contrôler les passages, éliminer les indésirables et assurer la sécurité des quartiers.

 

Ils ont été transformés en tortionnaires, en bourreaux, en violeurs, en serviteurs, en cuisiniers, en espions, en esclaves sexuels. Pour Mohamed Malick Fall, représentant de l’Unicef en RCA, « ce pays est un des pires au monde pour les enfants ». 

 

Repérer, comptabiliser et enregistrer ces enfants ne sera pas une tâche facile compte tenu de leur nombre, de leur éparpillement sur un territoire aussi grand que la France et la Belgique réunies, et de la pauvreté des infrastructures pour les atteindre.

 

Pas de date de libération

 

En attendant, aucun calendrier n’a été fixé pour leur libération. « Soyons prudents, mais c’est un point de départ », a admis le porte-parole de l’Unicef à Genève, Christophe Boulierac. « Nous allons, maintenant, nous pencher sur les conditions de la démobilisation avec les groupes armés : pouvoir accéder à ces enfants, les recenser avant de les intégrer dans un programme de réinsertion », poursuit Donaig Le Du.  

 

Le programme de réinsertion compte deux volets. Médical, d’abord. Depuis deux ans, ces enfants vivent dans des conditions extrêmement précaires : ils ont vécu dans la forêt sans hygiène et sans soins. Ils doivent être examinés, soignés, accompagnés psychologiquement.

 

Ensuite, ils seront réintégrés dans leur communauté d’origine. « C’est le plus délicat, note Donaig Le Du. Ces enfants ne sont pas nécessairement les bienvenus : ils ont pu attaquer leur communauté. Il arrive que des familles ne veuillent plus les voir. Il faut du temps pour renouer des liens. »

 

Une démobilisation coûteuse

L’objectif ? Leur permettre de redevenir des enfants, de réintégrer l’école, de suivre une formation professionnelle : « tout faire pour qu’ils n’aient plus envie de rejoindre un groupe armé à la prochaine crise », précise-t-elle.

 

Depuis l’année dernière, 2 800 enfants ont été démobilisés en RCA. Le coût n’est pas négligeable pour l’Unicef. « Il faut compter 2 500 dollars par enfants (environ 2 250 €), assure Donaig Le Du. Il va falloir une vaste mobilisation de la Communauté internationale sur ce sujet. »

 

Qu’obtiennent les groupes armés en échange de cet accord ? Une amnistie  ? « Non, répond Donaig Le Du. L’engagement pris n’assure en aucun cas l’impunité à ces groupes armés. Mais une fois la démobilisation réalisée, ils pourront disparaître de la liste des groupes armés utilisant des mineurs établie par les Nations unies. »

 

L’amnistie, ces groupes l’espèrent plutôt de la nouvelle Constitution présentée et débattue cette semaine à Bangui. Si elle est adoptée en l’état, elle permettra aux auteurs de violations de droits humains d’échapper à la justice et donc de pouvoir se présenter à l’élection présidentielle prévue cet été. Une perspective qui n’a pas échappé à ces groupes armés.

 

LAURENT LARCHER

Lu pour vous vous : Accord sur la libération des enfants-soldats en Centrafrique

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Centrafrique-Presse.com
6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 00:42

 

 

 

http://www.metronews.fr  05-05-2015 12:24

 

TEMOIGNAGES – La chaîne d’information iTélé a recueilli en Centrafrique deux témoignages de personnes accréditant les accusations de viols commis par des militaires français en Centrafrique.

 

Les témoignages recueillis racontent la même histoire. Alors que l’enquête sur les viols présumés commis par des soldats français en Centrafrique se poursuit, sans, à ce stade, de réelles avancées communiquées par la Justice ou la Défense, iTélé diffuse mardi les témoignages de deux Centrafricains sur des faits qui se seraient produits au cours du mois de décembre 2013.

 

A cette époque, l'armée française déjà déployée sur place agit sous mandat de l'ONU dans le cadre de l’opération Sangaris, notamment dans la capitale Bangui. Face aux violences meurtrières, l'immense camp de fortune de l'aéroport de Bangui accueille alors quelque 100.000 personnes.

 

"L'un d'entre eux demandait des fellations"

 

C'est à l'intérieur de ce camp que le fils de Thérèse, qui témoigne à visage caché pour la chaîne d’information, traînait régulièrement au grand dam de sa mère qui doit le gronder pour savoir ce qu'il fait. "Il a fini par me dire qu'il allait chercher des biscuits auprès des soldats et que pour ça, l'un d'entre eux demandait des fellations", rapporte la mère de famille qui n'a pas supporté les révélations de son fils. "Dans nos coutumes, des choses comme ça ne sont pas permises. L'homme et l'homme ne doivent pas s'accoupler, ça salit l'honneur de la famille", explique-t-elle. Elle ajoute : "si la justice veut vraiment faire son travail, je serais coopérative, sinon je n'accepterais pas".

 

De son côté Mathieu, également interrogé par iTélé, rapporte quant à lui des conversations sans ambiguïtés entendues entre des enfants alors qu'il s'était réfugié dans un bâtiment abandonné pour échapper aux violences, à quelques dizaines de mètres d'un check-point de la force Sangaris. Il raconte les bavardages entre "petites filles et petits garçons" et les moqueries des uns envers les autres. "J'ai fait un travail là-bas avant de trouver ça (un biscuit, ndlr). Toi aussi si tu veux, tu pars là-bas", rapporte le témoin. "L'autre jour, tu avais sucé un gars au niveau de cette guérite, derrière là".

 

Selon une source judiciaire française, 14 soldats français sont mis en cause dans cette affaire, dont certains, "très peu" selon cette source, ont été identifiés par l'enquête, toujours en cours. Mis au courant des faits fin juillet 2014, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian , qui a transmis dans la foulée les informations à la justice, a exprimé "du dégoût, une forme de trahison par rapport à la mission confiée à l'opération Sangaris, et aussi un intense besoin de vérité".

Viols présumés en Centrafrique : des "biscuits" en échange de fellations

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 17:00

 


 

Bangui 05 Mai 2015 (RJDH)--- L’après-midi de la deuxième journée du Forum national de Bangui, est consacré aux travaux en plénière. Plusieurs tendances se sont dégagées de ce premier débat qui est intervenu après les témoignages sur la crise au Rwanda.

 

Le premier message est celui du Conseil national de transition. Un rappel a été fait sur les travaux ayant conduit aujourd’hui au Forum National de Bangui. Le CNT recommande au gouvernement de transition la restructuration des Forces de Défense et de Sécurité, la Reforme du Secteur de Sécurité, la sécurisation des personnes et des biens, la réponse favorable aux thématiques assorties des consultations populaires à la base et le respect des préoccupations de la population.

 

Auguste Boucanga de l’URD a demandé à la France de quitter la RCA, car pour lui, « la France est à l’origine de maux du pays ». Il cite comme exemple la non exploitation du pétrole, de l’uranium de Bakouma de la cimenterie de Nzilla.

 

Prenant la parole, le représentant des Anti-Balaka, Patrice Edouard Ngaïssona, a souligné que les Anti-Balaka sont un mouvement de résistances des jeunes, mais ils ne sont pas des malfrats. Pour lui, un monument de reconnaissance doit être érigé en leur nom.

 

Du côté d'une des factions de la Séléka, Herbert Gotron Djono-Aba, du Rassemblement Patriotique pour le de Centrafrique, a fait la lecture d’un mémorandum, rédigé a cet effet.  Le document demande à ce que le retour de tous les déplacés soit effectif. Il note aussi  la représentation des musulmans dans les postes politiques, le respect des fêtes musulmanes et la déclaration de ces jours comme fériés.

 

La représentante de la ville de Bamingui Bangoron  (Ndélé) Alima Aziza a interpellé les Centrafricains à être vigilants sur les ressources minières facteurs de multiples crises dans le pays.

 

Mouhamar Begué Bossin premier secrétaire du Front Populaire « ZO KWE ZO », porte parole de la plate forme BBRC du soutien à l’ex-président Centrafricain François Bozize est intervenu pour accuser la France d’être « derrière la crise centrafricaine ». Il a soulevé le problème du décès du président fondateur de la Centrafrique mort dans un accident d’avion. Pour lui, Boganda « serait déporté vivant en France ». Il a aussi dénoncé le refus de participation de deux ex-chefs d’Etats Centrafricains à ce Forum. Son intervention a été interrompue par la fermeture du micro à cause du respect de durée repartie.

 

Le dernier intervenant avant la suspension des travaux est Joseph Bendouga. Il  s’est insurgé contre la mauvaise gouvernance politique dans les affaires de la RCA. Il a présenté la position de son plate-forme sur la démission de la cheffe de l’Etat de transition.

 

L’archevêque de Bangui Monseigneur Dieudonné Nzapalainga a invité les participants à l’apaisement et a interpellé leur conscience pour  privilégier l’intérêt patriotique et à penser à la population qui souffre et qui a besoin de la paix, de la sécurité pour son développement./

 

RJDH

 

Centrafrique/Forum de Bangui : Des tendances se précisent dans les premiers débats

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 16:08

 

 

 

http://lepays.bf   mardi 5 mai 2015

 

Est-ce le forum de la dernière chance pour la République centrafricaine (RCA) ? La question vaut la peine d’être posée, tant les remèdes administrés jusque-là à ce grand malade n’ont pas produit les effets escomptés. Il faut, en tout cas, espérer que les quelque 600 délégués réunis à Bangui, trouvent enfin la panacée pour venir à bout de la violence chronique et de l’insécurité qui règnent dans ce pays. Les participants à ce forum ont la lourde responsabilité de tracer les sillons d’un avenir meilleur pour le pays. Et cet avenir, comme on le sait, commence par un retour définitif à la paix. Bien plus que le débat sur le nombre de représentants de chaque sensibilité à cette grand’messe, c’est la qualité de la contribution de chacun qui importe. Surtout sa volonté réelle de mener des débats constructifs. Il est déjà heureux de constater que ce forum a réussi la prouesse d’être inclusif, tous les principaux protagonistes ayant été représentés. Même les enfants terribles de la République que sont François Bozizé et son tombeur, Michel Djotodia, n’ont pas été oubliés.

 

Il est grand temps que les choses changent dans le bon sens

 

Cette inclusion est un atout non négligeable pour peu que chaque acteur joue franc jeu. Ce forum a l’avantage de réunir plus de composantes que celui qui a abouti à la conclusion de l’Accord de Brazzaville. Il évite aussi le piège de l’Accord de Nairobi où c’était seulement Bozizé et Djotodia qui étaient à la manœuvre. Avec cette grande représentativité, ce forum part avec des préjugés favorables. Les décisions qui en sortiraient, devraient avoir plus de chances d’être mises en œuvre, de produire des résultats sur le terrain dans le sens du retour à la paix. Ce forum qui devrait du reste, discuter de la mise en œuvre de l’Accord de Brazzaville, cristallise bien des espoirs. Cela est fort compréhensible parce que les Centrafricains sont visiblement fatigués de toutes ces violences. La RCA, ce pays martyrisé depuis son accession à l’indépendance, est à la croisée des chemins. Il est grand temps que les choses changent dans le bon sens. La paix doit devenir la norme dans ce pays. Et cela est de la responsabilité de tous les Centrafricains.

 

Les défis sont énormes. Les urgences aussi. Mais comme le dit l’adage, « qui trop embrasse mal étreint ». Il faudra éviter de vouloir régler tous les problèmes de la RCA au cours de cette semaine. Ce serait utopique de croire que cela est possible. Dans la vie d’un individu comme de celle d’une nation, il y a des choses qui ne se font pas en un jour ni en un an. Surtout pour un pays meurtri par tant de haine et de violence. Mais, ce forum devra montrer la voie, à commencer par l’arrêt définitif des violences. Le reste des problèmes du pays pourrait ensuite être abordé par les équipes qui sortiront des urnes, à commencer par celle qui s’installera à la fin de la période de transition. En d’autres termes, ce forum de Bangui doit marquer le début d’un long processus. Celui de la renaissance du pays.


C’est dire toute l’importance de ce forum. Les Centrafricains ont une occasion en or pour remettre leur pays sur de bons rails. Cela passe par des échanges francs et sincères. Ils doivent tenir entre eux, un langage de vérité. Car, faut-il le rappeler, la vérité est indispensable à la réconciliation.

 

Il y a lieu de prendre des dispositions pour rendre les acteurs collectivement et individuellement responsables des actions à mener

 

Parmi les participants à ce forum, il y en a qui ont des choses à se reprocher. Il faut espérer qu’ils fassent vraiment amende honorable. Il faudra surtout éviter de vouloir escamoter les choses. Si la vérité n’est pas dite et la justice faite dans les règles de l’art, ce sera une prime à l’impunité. Et les effets pervers d’une réconciliation de façade seront nocifs en ce sens que cela ne sera pas de nature à apaiser vraiment les cœurs, à cicatriser les blessures et à ramener une paix véritable dans le pays.


Les participants au forum de Bangui auront, en plus de plancher sur les questions de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des combattants, à évoquer le sujet de la future armée centrafricaine. Il est notoire que la RCA n’a plus d’armée républicaine digne de ce nom, les groupuscules armés, notamment les éléments de la Séléka et les anti-balaka, faisant la pluie et le beau temps dans le pays. Il faudra donc reconstruire une armée nationale sur les cendres de ces groupes armés. En plus de l’armée, la justice est l’un des secteurs les plus touchés par la déliquescence qui gagne les institutions. Il faudra œuvrer à redresser ce pilier également. Car, aucune démocratie solide ne peut tenir la route sans une justice forte, indépendante et crédible.

 

Il faudra ainsi mettre un peu plus l’accent sur les urgences de premier ordre, sur les questions les plus brûlantes de l’heure. Les uns et les autres doivent, de ce fait, prendre des engagements importants lors de ce forum, dans le sens d’un retour définitif de la paix dans le pays. Et il faut que ces engagements soient assortis d’obligation d’exécution. Car, comme on le sait, une chose est de prendre un engagement, une autre est de le respecter. Il y a lieu, de ce fait, de prendre des dispositions pour rendre les acteurs collectivement, mais aussi et surtout, individuellement, responsables des actions à mener pour ce retour à la paix. La mise en œuvre de ces actions urgentes devra se faire suivant un calendrier clair, précis, réaliste et réalisable. Il serait également judicieux qu’un mécanisme indépendant de suivi-évaluation de la mise en œuvre des engagements issus de ce forum, disposant de pouvoirs de coercition au besoin, soit mis en place. Ce mécanisme, s’il venait à voir le jour, devrait avoir pour rôle d’apprécier l’état et la qualité de la mise en œuvre des recommandations et engagements pris lors de ce forum, de situer clairement les responsabilités au cas où il y aurait quelque blocage que ce soit et d’opérer les recadrages nécessaires. C’est en responsabilisant ainsi chaque protagoniste et en assortissant de sanctions la mise en œuvre des accords éventuels qui en sortiraient, que les Centrafricains travailleront à éviter que ce forum national soit une rencontre de plus, une simple foire.

 

« Le Pays »

Lu pour vous : FORUM DE BANGUI : La RCA à la croisée des chemins

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 15:48

 

 

Un Point de vue écrit par Birgit Schwarz diffusé par Human Rights Watch le samedi 30 avril et qui décrit comment Ambroise, un homme de 27 ans souffrant d’un handicap physique, a été abandonné à lui-même durant la crise qui a frappé la République centrafricaine à partir de la fin de l’année 2013.

 

Il était environ deux heures de l’après-midi, par une chaude journée de décembre 2013, lorsque des coups de feu et des cris affolés ont brusquement tiré Ambroise Andet de sa sieste. Effrayé, le jeune homme de 27 ans s’est appuyé pour se relever et s’est mis à chercher son fauteuil roulant. Aucune trace du fauteuil roulant.

 

Ambroise, paralysé des membres inférieurs depuis l’âge de 14 ans, a commencé à paniquer.

 

[…] Début décembre, le bruit a couru qu’une unité de la Seleka avait pris d’assaut le quartier d’Ambroise, dans le cinquième district de Bangui. Les attaques étaient généralement subites et meurtrières. Au volant de leurs 4x4, les soldats de la Seleka attaquaient et abattaient tous ceux qui ne pouvaient pas fuir. Nul n’était épargné, pas mêmes les personnes comme Ambroise qui ne pouvaient pas s’échapper du fait de leur handicap. Le 9 décembre, les rebelles ont finalement atteint le quartier dans lequel Ambroise vivait avec ses parents et ses frères et sœurs. « Tout est arrivé vraiment subitement », se souvient-il. « Nous n’aurions jamais pu penser que les soldats de la Seleka arrivent jusque chez nous.

 

 

RCA : Abandonné à un sort funeste - le récit d’Ambroise

 

Il était environ deux heures de l’après-midi, par une chaude journée de décembre 2013, lorsque des coups de feu et des cris affolés ont brusquement tiré Ambroise Andet de sa sieste. Effrayé, le jeune homme de 27 ans s’est appuyé pour se relever et s’est mis à chercher son fauteuil roulant. Aucune trace du fauteuil roulant.

 

Ambroise, paralysé des membres inférieurs depuis l’âge de 14 ans, a commencé à paniquer.

Quelques mois auparavant, une alliance dénommée Seleka et composée en majorité de rebelles musulmans est descendue du nord de la République centrafricainevers Bangui, la capitale, située au sud-est du pays, où réside Ambroise. La campagne de la Seleka, qui cherchait à s’emparer du pouvoir et à prendre le contrôle du pays, était ponctuée de massacres massifs de civils, de pillages et d’incendies de villages entiers.

 

En guise de réaction, des groupes qui se sont baptisés les « anti-balaka » se sont organisés pour lutter contre la Seleka. Tout au long de l’année 2014 notamment, ces groupes se sont livrés à des représailles à grande échelle contre la population musulmane du pays. Le conflit sanglant a obligé des centaines de milliers de personnes à fuir le pays. Les personnes handicapées comme Ambroise sont apparues particulièrement vulnérables au cours des attaques perpétrées tant par la Seleka ainsi que par les anti-balaka.

 

Début décembre, le bruit a couru qu’une unité de la Seleka avait pris d’assaut le quartier d’Ambroise, dans le cinquième district de Bangui. Les attaques étaient généralement subites et meurtrières. Au volant de leurs 4x4, les soldats de la Seleka attaquaient et abattaient tous ceux qui ne pouvaient pas fuir. Nul n’était épargné, pas mêmes les personnes comme Ambroise qui ne pouvaient pas s’échapper du fait de leur handicap. Le 9 décembre, les rebelles ont finalement atteint le quartier dans lequel Ambroise vivait avec ses parents et ses frères et sœurs. « Tout est arrivé vraiment subitement », se souvient-il. « Nous n’aurions jamais pu penser que les soldats de la Seleka arrivent jusque chez nous. »

 

Lorsque l’attaque a été lancée ce jour-là, Ambroise a été abandonné par sa famille et sa communauté. Il a finalement réussi à parvenir jusqu’au camp de réfugiés de M’Poko. Mais la vie dans les camps pour Ambroise et les autres personnes en situation de handicap est particulièrement difficile. Les recherches de Human Rights Watch révèlent que le simple fait de satisfaire ses besoins fondamentaux à l’intérieur du camp comme manger, aller aux toilettes et recevoir des soins médicaux est un défi.

 

L’histoire d’Ambroise est l’une des nombreuses histoires passées sous silence dans ce conflit, qui dure depuis début 2013 et qui a abouti au massacre de milliers de civils et au déplacement d’une grande partie de la population. Ceux qui auraient eu besoin d’aide pour s’enfuir ont été laissés pour compte. Rien que dans deux quartiers de Bangui, au moins 57 personnes handicapées ont connu le même sort qu’Ambroise, à savoir l’abandon, l’isolement et la négligence. Les chiffres à l’échelle nationale sont certainement beaucoup plus élevés.

 

Réalisant qu’il était pris au piège et ne disposait d’aucun moyen de s’échapper, Ambroise a appelé à l’aide, a-t-il raconté à Kriti Sharma, chercheuse à Human Rights Watch. Mais ses cris n’ont pas été entendus. Déployant des efforts colossaux, il a rampé par terre, s’est traîné jusqu’à la porte de la maison de ses parents et a regardé dehors. La rue d’ordinaire très animée semblait sinistre et désertée. Des valises faites en toute hâte avaient été abandonnées dans la véranda des voisins. Hormis quelques poules et des chiens, il n’y avait pas âme qui vive. Tous les habitants du quartier – y compris ses parents – avaient fui. Le fauteuil roulant d’Ambroise avait également disparu. Il n’a jamais su ce qu’il en est advenu.

 

« J’ai commencé à crier, persuadé que j’étais dans un mauvais rêve », a expliqué Ambroise à Kriti Sharma.« J’ai crié, crié mais il n’y avait personne. Personne ne m’est venu en aide. »

 

Ambroise a parlé de son épreuve sans afficher aucune émotion. C’est un jeune garçon de grande taille, sûr de lui, qui parle français et qui n’a jamais perdu son sang-froid à l’évocation des événements qui ont suivi le jour fatidique de son abandon. Un an après l’attaque, il racontait son histoire avec ferveur mais sans amertume. Avec son corps penché en avant dans le fauteuil roulant légèrement cabossé qu’un bon samaritain lui a acheté, il happait le regard de ceux qui l’écoutaient. Ce n’est que lorsqu’il se rappelait les moments de pure angoisse que son regard furtif révélait un peu de la détresse qu’il a dû ressentir en réalisant que les mêmes personnes qui lui avaient donné la vie l’avaient abandonné à un sort funeste.

 

Ambroise doit sa survie à un jeune garçon deux fois plus petit que lui. Désespéré, toujours incapable de bouger, il s’était écroulé sur le seuil de la porte de la maison de ses parents, et était resté là le reste de la journée et la nuit entière, pris entre peur et désespoir. Lorsque le soleil s’est levé, il a aperçu « l’enfant ». Il savait que cet enfant était sa seule et unique chance. Le jeune garçon était toutefois aussi effrayé que lui, car Ambroise était comme condamné à mourir. « S’il-te-plaît, petit ! Aide-moi ! Si tu me laisses… je vais mourir », lui a dit Ambroise. Il a dû mettre toute son énergie dans cette imploration avant que le jeune garçon ne cède, vienne vers lui et le hisse sur son dos.

 

Il fallait parcourir trois kilomètres sur un chemin ardu pour parvenir jusqu’au camp situé à proximité de l’aéroport. Les combattants de la Seleka étaient toujours dans les parages ; les tirs retentissaient, pas très loin. Ambroise et le garçon ont dû se cacher en chemin et s’arrêter à plusieurs reprises, exténués et terrifiés. « Nous avions le souffle coupé lorsque nous sommes arrivés », se souvient Ambroise. « Sans chariot ni fauteuil roulant », un jeune inconnu avait accompli ce que ses plus proches parents n’avaient pas fait : « Grâce à ce garçon », ajoute Ambroise, « je suis resté en vie ».

 

Toutefois, pour des personnes handicapées comme Ambroise, même au camp, la vie est dure ; il est difficile de se déplacer à M’Poko où, entre les carcasses d’avions abandonnés qui donnent au camp des allures apocalyptiques, des milliers de déplacés internes ont trouvé refuge dans des abris de fortune. Le terrain est bosselé et accidenté ; l’air est sale, empli de tourbillons de poussière déclenchés par les jeux des enfants ou par le moindre souffle de vent. Les fossés d’évacuation des eaux usées, à ciel ouvert, parsèment les allées entre les tentes et, imperceptibles pour ceux qui peuvent voir et sauter, délimitent une zone très réduite où ceux qui ne peuvent ni voir ni sauter peuvent se déplacer librement.

 

Désormais, pour Ambroise, sa tente, c’est sa maison. Sa bâche laisse à peine passer la lumière mais elle est tellement trouée que lorsqu’il pleut, tout le monde est trempé. Lorsque des distributions de nourriture étaient encore organisées dans le camp de M’Poko, le site de distribution était inaccessible, et les personnes handicapées. étaient rudement écartées. Parfois il ne mangeait rien de la journée, a-t-il expliqué. « Même obtenir du savon pour laver ses vêtements n’est pas facile. Vous voyez comme mon pantalon et mes pieds sont sales ? »

 

À 14 ans, Ambroise avait failli succomber à un neuropaludisme ; il est finalement sorti du coma et s’est réveillé sans sensation ou contrôle de ses jambes. Il a alors su que sa vie était changée pour toujours. Bien que les personnes handicapées en République centrafricaine n’aient jamais bénéficié d’un important soutien, il était parvenu à faire son trou et à gagner une certaine indépendance en réparant des téléphones portables pour une modique somme. Au camp, toutefois, la vie est une lutte quotidienne pour celui qui veut survivre et garder sa dignité. Pour satisfaire même les besoins les plus fondamentaux, comme aller aux toilettes, Ambroise a besoin d’aide. Et s’il ne peut trouver personne pour l’y emmener, il est contraint de rester sur place car il ne peut pas parcourir seul le terrain accidenté.

 

Être à ce point dépendant du bon vouloir des autres est difficile à accepter pour Ambroise. Mais ce qu’il trouve le plus dur à comprendre, c’est la désertion de ses parents. « La guerre avait à peine commencé ; vous vous êtes enfuis ; vous saviez que je n’avais pas de pieds ! », leur a-t-il reproché lorsqu’il les a retrouvés au camp de M’Poko. « Et vous m’avez abandonné là ! Dans la situation inverse, je ne vous aurais jamais laissés ; j’aurais préféré mourir avec vous. » Même s’il a depuis tenté de comprendre la situation difficile dans laquelle se trouvaient ses parents, le traumatisme d’avoir été abandonné continue de le hanter et ne fait qu’exacerber son sentiment de vulnérabilité.

 

Cependant, une nouvelle chance lui a été donnée dans la vie, et Ambroise est déterminé à aller de l’avant ; c’est la raison pour laquelle il souhaite que son histoire soit entendue et que les souffrances d’autres personnes ayant vécu des situations similaires soient reconnues. « Nous, les personnes handicapées, nous avons toujours été abandonnées », explique-t-il. « Alors si des personnes peuvent nous soutenir, qu’elles viennent nous soutenir ! »

 

RCA : Abandonné à un sort funeste - le récit d’Ambroise (HRW)

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Centrafrique-Presse.com
5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 15:14

 

 

 

http://www.radiondekeluka.org  mardi 5 mai 2015 10:24

 

Le Forum national de Bangui s'est finalement ouvert hier 04 mai 2015 dans la capitale centrafricaine. Entre appel au boycott du parti KNK et le mécontentement pour des quotas de participation émanant de cinq autres groupes armés (FDPC, MLJC, UFR, URFF et RJ), en coulisse, Radio Ndeke Luka (RNL) a pu observer qu'il y a du bon mais aussi mauvais.


Du bon, relève RNL, une équipe médicale est déployée au siège du parlement provisoire pour les urgences et autres maladies ponctuelles. L’équipe est composée de techniciens spécialistes. Du bon aussi, la pause-déjeuner a été servie à temps et était accessible et suffisante pour les participants.


Du frustrant, constate RNL, une série de candidats à la présidentielle sont commodément installés à la première place, tandis qu’une autre catégorie est restée confondue avec la foule, du reste des participants.

 
Outre ce cas de figure, pour cette première journée d'ouverture de ce rendez-vous, les participants doivent se soumettre à cette longue queue pour entrer en possession des kits. Certains malins glissent parmi les autres pour être en tête et se servir les premiers ; d'autres des personnalités s’égosillent en public pour dénoncer cette manière de faire.


RNL a pu aussi capter quelques indiscrétions des groupes politico-militaires qui veulent aussi profiter de cette grande rencontre pour réclamer une amnistie pour les crimes commis durant la crise. Sachant que ce chapitre n’est pas inscrit au programme des échanges, certains délégués semblent vouloir en faire une priorité.

Amnesty International, dans une lettre ouverte sous forme de recommandations en marge du Forum de Bangui, datée du 30 avril dernier et signée du secrétaire général, Salil Shetty,  reste convaincue que la lutte contre l'impunité devra passer par la remise sur pied d'un système de justice légitime, indépendant et capable de demander des comptes à tout un chacun, quelque soit sa position dans la société.

L'organisation de défense des Droits de l'homme note aussi que l'histoire récente de la Centrafrique a démontré que les immunités et amnisties, souvent octroyées à la classe politique et aux groupes armés, n'ont fait que perpétuer les cycles de violence.

Un appel qui a été relayé par Catherine Samba Panza, présidente de la transition qui, dans son discours d'ouverture au Forum, a affirmé que : « les questions d'amnistie des auteurs de crimes ne doivent pas s'inviter aux débats ».

Le Forum de Bangui, selon Amnesty International, doit fournir l'opportunité aux Centrafricains de bâtir un pays établi sur des bases garantissant que tous puissent être tenus responsables pour les actes qu'ils commettent.

Dialogue inter-centrafricain : entre boycott et mécontentement


Ouvert hier lundi, le Forum national soulève des mécontentements au sein des entités devant y prendre part.


Le parti travailliste Kwa na kwa (KNK) de l'ancien président François Bozizé Yangouvonda a purement et simplement refusé de prendre part aux travaux. Le KNK avait conditionné sa participation aux assises, à la présence de son leader en exil depuis le 24 mars 2013. A l'ouverture ce matin, Bozizé, considéré comme un pion capital dans la crise, n'était pas dans la salle. Ce qui justifie le sabotage du KNK.

« Les raisons de notre boycott sont que depuis 2014, notre formation politique a réclamé la tenue d'un Forum inclusif, un Forum ouvert à tous les acteurs de la crise centrafricaine, notamment politique. Vous savez très bien que Messieurs Michel Djotodia et François Bozizé, deux anciens chef d’État, sont les acteurs majeurs de cette crise », explique le secrétaire général du parti Bertin Béa.

 
« Nous considérons donc que c'est une mascarade, c'est un dialogue exclusif, par conséquent il n'y a pas de raison à cautionner une telle mascarade », a regretté M. Béa.

Du côté des autres groupes armés, certains représentants ont quitté l’hémicycle du parlement provisoire avant l'ouverture officielle des travaux.


Le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) de Martin Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine, le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) d'Abakar Sabone, l’Union des forces républicaines (UFR) de Florian Ndjadder, l’Union des forces républicaines fondamentales (UFRF) d'Askin Nzéngué Landa et la Révolution justice (RJ) d'Armel Sayo, qui ont fusionné leur union, ont présenté unanimement leur insatisfaction face au quota accordé à chacun d’eux.

Le porte-parole du MLCJ, Larry Nordine Mahalba, a au nom des autres groupes armés, évoqué un malentendu avec le gouvernement au sujet des quotas. Selon lui, les autres groupes armés sont favorables au dialogue de Bangui, « Nous n'allons pas boycotter, mais c'est une question d'entente entre le gouvernement et nous ».

« Nous représentons des entités et travaillons au nom de la base. Au cas où la base pense que les choses ne marchent pas, nous sommes obligés de privilégier l'intérêt du groupe. (…) Nous constatons qu'il y a la politique de deux poids deux mesures, alors qu'il n'y a pas un petit groupe armé. Il faudrait qu'il y ait un entretien entre le gouvernement et nous, et nous pourrons repartir pour les travaux »,
a indiqué le porte-parole du MLCJ.


Invités à quitter la salle, deux représentants dont celui de l’UFR et de l’UFRF, ont maintenu leur ferme volonté à poursuivre les débats. Selon Larry Nordine Mahalba qui considère la pratique comme un vice de forme qui n'engage que leurs auteurs, les autres membres sont mécontents.

 
« Si nous cherchons la paix, il faut savoir comment la chercher. Nous représentons différentes entités et si la base juge qu'il faut aller en négociation, il ne faut pas voir l'argent », a précisé Larry Nordine Mahalba.

 

Centrafrique : dans les coulisses du Forum

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