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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 23:44

 

 

 

03/08/15 (AFP)

 

Les Nations unies ont annoncé lundi avoir commencé le rapatriement de plus de 600 réfugiés congolais qui avaient fui il y a six ans la République démocratique du Congo (RDC) vers la Centrafrique, désormais en proie à l'instabilité.

 

le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a indiqué avoir déjà évacué lundi par voie aérienne un premier groupe de 39 réfugiés de Zemio (sud-est de la Centrafrique) vers la zone reculée d'Ango, dans la Province Orientale (nord de la RDC).

 

"Au cours des trois prochaines semaines, l'UNHCR entend rapatrier 628 réfugiés au total dans 12 vols affrétés, y compris celui de lundi", a affirmé l'agence dans un communiqué.

 

Ces réfugiés appartenaient à un groupe de 5.000 personnes qui a fui la RDC en 2008 et en 2009 pour échapper aux attaques du groupe rebelle ougandais de l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA).

 

A l'époque, la LRA gagnait en puissance, pillant des villages, incendiant les maisons, multipliant les enlèvements et les viols et utilisant des enfants comme soldats et esclaves sexuels.

 

LA LRA demeure présente dans la région d'Ango, mais le HCR a précisé que les réfugiés avaient affirmé préférer quitter le camp de Zemio, effrayés par la situation explosive en Centrafrique.

 

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, avait plongé la Centrafrique dans la plus grave crise de son histoire depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries de masse entre communautés musulmanes et chrétiennes.

 

En représailles aux exactions des Séléka, des milices chrétiennes anti-balaka s'en sont pris aux civils musulmans. Des dizaines de milliers d'entre eux ont ainsi été contraints de s'exiler dans les pays voisins, notamment au Cameroun et au Tchad, pour fuir les exactions dans cette ex-colonie française.

 

Quelque 2.800 Congolais qui s'étaient réfugiés en Centrafrique en 2008 et 2009 ont fui les violences dans ce pays depuis le début de la crise en 2013 et sont déjà rentrés en RDC, selon le HCR.

 

 

 

L'ONU rapatrie 600 réfugiés congolais depuis la Centrafrique

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Centrafrique-Presse.com
3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 23:32

 

 

 

03/08/15 (AFP)

 

Au moins cinq personnes, dont un Casque bleu de la mission de l'ONU en République centrafricaine (Minusca), ont été tuées et des dizaines d'autres blessées lors d'un accrochage dimanche avec des hommes armés à Bangui, selon un nouveau bilan donné lundi par une source policière.

 

Un précédent bilan faisait état d'un Casque bleu tué et de huit personnes blessées par balles dimanche lors d'une opération de la Minusca dans le quartier musulman KM5, visant à arrêter un ancien chef de l'ex-rébellion Séléka, qui avait pris le pouvoir à Bangui en mars 2013, avant d'en être chassée l'année suivante.

 

Le Casque bleu décédé était de nationalité camerounaise, a affirmé à l'AFP une source proche de la Minusca.

 

En outre, "quatre éléments du groupe armé (dont le chef est toujours recherché) ont été tués dans les échanges de tirs" avec les Casques bleus, a rapporté un officier de police centrafricain sous couvert d'anonymat.

 

Selon cette source, une "trentaine" de personnes "parmi lesquelles d'autres casques bleus" ont été blessées lors de l'accrochage, d'après un bilan qui reste provisoire.

 

L'opération destinée à arrêter l'ex-chef de la Séléka, "menée par les forces onusiennes et intérieures" centrafricaines, était toujours en cours lundi, toujours d'après l'officier de police.

 

Dimanche, une patrouille de la force onusienne avait été prise "pour cible" par des hommes armés alors qu'elle pénétrait dans le quartier KM5, avant de riposter, d'après une source au sein de la Minusca.

 

Des habitants du KM5 joints au téléphone ont indiqué que "les échanges de tirs ont recommencé" lundi matin dans le quartier, tandis qu'un hélicoptère survolait la zone.

 

"Nous sommes (...) terrés dans les maisons. Les tirs sont entendus du côté du KM5", a affirmé une habitante du quartier Fatima voisin.

 

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, avait plongé la Centrafrique dans la plus grave crise de son histoire depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries de masse entre communautés musulmanes et chrétiennes.

 

En représailles aux exactions des Séléka, des milices chrétiennes anti-balaka s'en sont pris aux civils musulmans. Des dizaines de milliers d'entre eux ont ainsi été contraints de s'exiler dans les pays voisins, notamment au Cameroun et au Tchad, pour fuir les exactions dans cette ex-colonie française.

 

C'est au KM5, dernier quartier musulman de Bangui, que s'était retranchée la population musulmane au plus fort des violences, pourchassée par les milices chrétiennes. Depuis des mois, la capitale centrafricaine a retrouvé une stabilité relative, même si la délinquance et le banditisme armé persistent.

Centrafrique: cinq morts, dont un Casque bleu, dans des échanges de tirs à Bangui (nouveau bilan)

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Centrafrique-Presse.com
3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 23:20

 

 

 

http://rjdh.org  Par Sylvestre Sokambi le 3 août 2015

 

Les opérations de recensement sur la liste électorale ont commencé dans la préfecture de la Lobaye depuis le 21 juillet 2015. Cette activité concerne au moins huit communes qui sont sous la tutelle de la ville de Mbaïki. Le dernier jour des opérations signale une faible mobilisation de la population.

 

Au centre de Mbaïki, 19 bureaux de d’enregistrements, ont été installés et plusieurs autres dans toutes les communes qui compose la sous-préfecture. C’est le dernier jour aujourd’hui de ces opérations d’enregistrements et cela se déroule dans une ambiance calme. Les bureaux de recensement sont moins fréquentés par la population.

 

Selon le président de l’autorité sous préfectorale des élections de Mbaïki, « huit mille deux cent quarante et huit électeurs se sont inscrits à Mbaïki centre ». Selon  lui, ces données sont au-deçà des estimations du président de l’autorité sous préfectorale qui s’attendait à au moins 15 000 électeurs pour les deux communes.

 

Quelques difficultés rencontrées lors de ces opérations sont la lenteur dans le processus au niveau de Mbaïki, les pannes des appareils photo, le manque des moyens de déplacement et la campagne de chenilles qui a commencé. Le président sous préfectorale des élections déplore aussi un cas d’omission d’au moins huit villages de cette préfecture.

 

Pour les responsables de l’autorité sous préfectorale des élections, les résultats ne sont pas globaux et donc ils estiment que l’autorité nationale des élections à Bangui devrait prolonger un peu le délai du recensement électoral à Mbaïki, pour permettre à ceux qui ne se sont pas encore inscrits de le faire parce que pour eux, la campagne des chenilles a considérablement jouée sur le processus.

 

La sous-préfète de Mbaïki, pense pour elle que tout s’est bien passé et que tout centrafricain devra se mettre à l’œuvre pour relever le défi des élections. Elle a été très optimiste sur la suite du processus électorale dans la ville de Mbaïki.

Les opérations de recensement à Mbaïki terminent ce jour sous une faible mobilisation

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 19:33
  Le directeur de cabinet d'Ali Bongo en garde à vue à Paris

 

 

 

Le directeur de cabinet d'Ali Bongo en garde à vue à Paris


Paris - AFP / 03 août 2015 19h12Le directeur de cabinet du président gabonais Ali Bongo Ondimba, Maixent Accrombessi, a été placé lundi en garde à vue à Paris dans le cadre d'une enquête sur l'attribution à une entreprise française d'un marché public au Gabon, a-t-on appris de source judiciaire.


Il a été interpellé à l'aéroport de Roissy alors qu'il allait prendre un avion pour Libreville et il a été placé en garde à vue pour corruption d'agent public étranger, a précisé cette source, confirmant une information du site Jeune Afrique.


Une deuxième personne était également en garde à vue, a ajouté cette source sans plus de précision.


Une enquête préliminaire a été ouverte en 2007 par le parquet de Paris sur l'attribution en 2006 d'un marché public au Gabon à une société française spécialisée dans la fabrication d'uniformes militaires.


L'Office français de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) est en charge de l'enquête.


D'origine béninoise et naturalisé gabonais, Maixent Accrombessi est l'un des proches collaborateurs d'Ali Bongo Ondimba. Il a travaillé avec lui quand ce dernier était ministre de la Défense avant de le rejoindre à la présidence.



(©)

 

Exclusif – Gabon : Maixent Accrombessi, directeur de cabinet de la présidence, interpellé à Paris

 

03 août 2015 à 14h25 — Mis à jour le 03 août 2015 à 16h45

 

Le directeur de cabinet de la présidence gabonaise, Maixent Accrombessi, a été interpellé et placé en garde à vue à Paris, lundi 3 août, dans le cadre d’une enquête pour « corruption d’agent public étranger ».

 

C’est une nouvelle qui risque de susciter quelques turbulences dans les relations franco-gabonaises. Selon une source du ministère de l’Intérieur français, Maixent Accrombessi, le directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba (ABO), a été interpellé ce lundi 3 août à l’aéroport de Roissy, dans le salon VIP, alors qu’il allait prendre l’avion pour Libreville. Il a été placé en garde à vue Quai des Orfèvres par la police judiciaire dans le cadre d’une enquête pour « corruption d’agent public étranger ». N’étant pas en possession d’un ordre de mission, il n’a pas pu faire jouer son immunité diplomatique.

 

Accrombessi est l’un des collaborateurs les plus proches d’ABO, dont il fut le collaborateur au ministère de la Défense avant d’être promu tout-puissant directeur de cabinet de la présidence au sein de la nouvelle administration.

 

Aujourd’hui véritable gardien du Palais du bord de mer, ce titulaire d’un DEA en économie appliquée et d’un DESS en développement économique et social est un ancien agent immobilier parisien, qui était au départ proche de feu André Mba Obame, chef de l’opposition gabonaise jusqu’à son décès en avril dernier.

 

D’origine béninoise et naturalisé gabonais, Maixent Accrombessi est critiqué par l’opposition gabonaise pour être la cheville ouvrière du système de gouvernance mis en place à partir de 2009 par ABO, qui a succédé à son père après des élections contestées.

 

 

Le directeur de cabinet d’Ali Bongo en garde à vue

 

Par Joan Tilouine et Simon Piel

 

Le Monde.fr Le 03.08.2015 à 18h36 • Mis à jour le 03.08.2015 à 19h40

 

L’influent directeur de cabinet du président Ali Bongo, Maixent Accrombessi, se souviendra de son passage estival à Paris. Alors qu’il s’apprêtait à quitter la capitale, il a été interpellé par les policiers de lOffice central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCLIF) dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte le 9 juillet 2007 pour « corruption d’agent public étranger » et « blanchiment », comme l’a révélé Jeune Afrique.

 

Placé en garde à vue à Nanterre, il s’explique depuis neuf heures ce matin sur un vieux contrat, datant de la fin de l’année 2005, passé entre la société française Marck, spécialisée dans la confection d’uniformes militaires, et le ministère de l’intérieur gabonais, pour un montant de 7 millions d’euros.

 

Une ancienne salariée de Marck, alors chargée de l’export pendant la période concernée par le contrat, était elle aussi entendue en garde à vue.

 

Un virement de plus de 300 000 euros

 

L’organisme de lutte contre le blanchiment Tracfin avait fait part de ses doutes sur un virement de plus de 300 000 euros émis le 7 juin 2006 par la société Marck vers un compte monegasque appartenant à la société CITP, une société de droit gabonais, gérée par le Sénégalo-Malien Seydou Kane, un proche de Maixent Accrombessi. Alors homme d’affaires, ce dernier avait déjà ses entrées au palais présidentiel.

 

D’autres virements – six exactement – d’un montant total de deux millions d’euros, intriguent les enquêteurs. Ils seraient là aussi partis de la société Marck vers un compte monégasque, cette fois détenu par une société baptisée AIKM, domiciliée au Bénin et gérée par Maixent Accrombessi lui-même.

 

L’actuel directeur de cabinet du président Ali Bongo a-t-il été corrompu par une entreprise française soucieuse de s’assurer un contrat avec le Gabon ? C’est l’une des hypothèses suivies par les policiers. Depuis son interpellation ce matin, M. Accrombessi a tenté de faire valoir son immunité diplomatique, mais le ministère français des affaires étrangères avait indiqué en amont aux enquêteurs qu’il n’en bénéficiait pas. Sa garde à vue peut durer 48 heures. Contacté, un haut responsable de la société Marck n’a pas souhaité faire de commentaires.

 

Né à Cotonou au Bénin, Maixent Accrombessi, 50 ans, fait fonction de directeur de cabinet du président Ali Bongo depuis son élection en 2009, à la suite du décès d’Omar Bongo. Cet homme de l’ombre et redouté est l’un des piliers du cabinet présidentiel où il a dû gérer les affaires privées, un pan de la stratégie politique ou encore le traitement du renseignement.

 

Doté d’un entregent tant en France, où il dispose d’un portefeuille de sociétés et de biens immobiliers, qu’en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, ce franc-maçon revendiqué est également proche du président béninois Yayi Boni. Figure aussi controversée qu’influente, il est la cible des opposants à Ali Bongo qui lui prêtent des pouvoirs mystiques, notamment vaudou, et le soupçonnent de dérives affairistes.

 

Joan Tilouine

 

Simon Piel


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/08/03/le-directeur-de-cabinet-d-ali-bongo-en-garde-a-vue_4710216_3212.html#RsEFBgZReUUhQsEh.99

 

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 18:15

 

 

 

http://rjdh.org   Par Bienvenue Marina Moulou-Gnatho le 3 août 2015

 

Après plusieurs tracasseries le recensement a finalement commencé ce  lundi 03 août dans la ville de Bossangoa. Tandis  que dans certaines  villes de l’ouest du pays, les activités ont commencé le weekend dernier. Aucun incident majeur n’a été signalé jusqu’à présent, sauf le dysfonctionnement des appareils photos relevé dans la majorité des centres et le nombre des agents recenseurs revu en baisse.

 

Dans la préfecture de la Nana-Mambéré, les activités ont débuté dans les villes de Bouar et Baoro le samedi dernier. Joint par le RJDH, certains agents recenseurs ont relevé comme difficulté, le dysfonctionnement des appareils photos et le non paiement de leur per-diem, qui selon eux pourront jouer sur le reste du processus.

 

D’après le constat fait par le correspondant du RJDH dans s la ville de Bouar,  la participation  était faible au début. Pour les journées du dimanche et ce lundi, on note une forte mobilisation de la population.

 

 « La ville de Bouar compte au total 16 centres d’inscription. Aucun incident majeur n’est signalé depuis le début sauf le dysfonctionnement des appareils photos et les membres de l’Autorité Sous préfectoral sont toujours auprès des agents recenseurs afin de changer les appareils photos » a-t-il noté.

 

Les opérations se poursuivent à Berberati

 

Après le lancement officiel fait par la préfète de la Mambéré, Lydie Marthe Yangba, le vendredi dernier, les opérations d’enrôlement des électeurs se poursuivent dans la ville de Berberati.

 

Les habitants étaient venus massivement au lancement des opérations d’enrôlement des électeurs de la ville  de Berberati. Un acte qui affirme la mobilisation de la population à se faire inscrire.  Un comportement apprécie par les membres de l’autorité préfectorale. La ville de Berberati compte quant à elle 20 centres d’enrôlement.

 

Bossangoa démarre enfin le recensement

 

Prévu pour commencer depuis deux semaines, c’est ce matin que le recensement électoral a commencé à Bossangoa centre. Cette  ville, à elle seule compte, huit (8) centres. Le problème rencontré ce matin et la réduction du nombre des agents recenseurs.

 

« Sur les 150 personnes formés, 24 seulement ont été retenues pour les opérations d’enrôlement. Un aspect qui a failli bouleverser le début de l’inscription dans la ville de Bossangoa. Toutefois, la situation a été calmée par les autorités sous préfectorales des élections », a relaté une source locale.

 

Dans les ville du province, les opérations de recensement électoral se déroulent sous la sécurité des  forces Onusiennes appuyées par les éléments de la police et de la gendarmerie de ces localités.

Le recensement électoral se déroule sans incident majeur dans certaines villes de Centrafrique

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Centrafrique-Presse.com
3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 18:02
5 morts, dont un Casque bleu en Centrafrique

 

 

 

Par LeFigaro.fr avec AFP 03/08/2015 à 18:42

 

Au moins cinq personnes, dont un Casque bleu de la mission de l'ONU en République centrafricaine (Minusca), ont été tuées et des dizaines d'autres blessées lors d'un accrochage hier avec des hommes armés à Bangui, selon un nouveau bilan donné aujourd'hui par une source policière.


Un précédent bilan faisait état d'un Casque bleu tué et de huit personnes blessées par balles hier lors d'une opération de la Minusca dans le quartier musulman KM5, visant à arrêter un ancien chef de l'ex-rébellion Séléka, qui avait pris le pouvoir à Bangui en mars 2013, avant d'en être chassée l'année suivante. Le Casque bleu décédé était de nationalité camerounaise, a affirmé une source proche de la Minusca.

En outre, "quatre éléments du groupe armé (dont le chef est toujours recherché) ont été tués dans les échanges de tirs" avec les Casques bleus, a rapporté un officier de police centrafricain sous couvert d'anonymat.  Selon cette source, une "trentaine" de personnes "parmi lesquelles d'autres casques bleus" ont été blessées lors de l'accrochage, d'après un bilan qui reste provisoire.

 

L'opération destinée à arrêter l'ex-chef de la Séléka, "menée par les forces onusiennes et intérieures" centrafricaines, était toujours en cours lundi, toujours d'après l'officier de police.


Hier, une patrouille de la force onusienne avait été prise "pour cible" par des hommes armés alors qu'elle pénétrait dans le quartier KM5, avant de riposter, d'après une source au sein de la Minusca. Des habitants du KM5 joints au téléphone ont indiqué que "les échanges de tirs ont recommencé" lundi matin dans le quartier, tandis qu'un hélicoptère survolait la zone. "Nous sommes (...) terrés dans les maisons. Les tirs sont entendus du côté du KM5", a affirmé une habitante du quartier Fatima voisin.


Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, avait plongé la Centrafrique dans la plus grave crise de son histoire depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries de masse entre communautés musulmanes et chrétiennes. En représailles aux exactions des Séléka, des milices chrétiennes anti-balaka s'en sont pris aux civils musulmans. Des dizaines de milliers d'entre eux ont ainsi été contraints de s'exiler dans les pays voisins, notamment au Cameroun et au Tchad, pour fuir les exactions dans cette ex-colonie française.


C'est au KM5, dernier quartier musulman de Bangui, que s'était retranchée la population musulmane au plus fort des violences, pourchassée par les milices chrétiennes. Depuis des mois, la capitale centrafricaine a retrouvé une stabilité relative, même si la délinquance et le banditisme armé persistent.

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 14:51

 

 

 

http://rjdh.org  Par Annette Maélaine Malebingui le

 

Les activités sont restées paralysées au Km5 après les violences du dimanche 2 août entre les forces onusiennes de la Minusca et un groupe des jeunes armés du secteur. Les heurts ont fait 5 morts et plusieurs blessés, selon le bilan officiel. La Minusca promet ce lundi de ramener le clame dans ce secteur.

 

Un calme précaire est signalé dans la matinée au Km5, localité située dans le 3ème arrondissement de la ville de Bangui.  Juste devant l’école Koudoukou, les éléments de la Minusca et  les jeunes du Km 5 sont nez à nez et se regardent en chien de faïence.

 

A l’origine de cette situation, les forces onusiennes, sur l’instruction du Procureur de la République ont tenté d’arrêter Aroun Gueye, présumé auteur des troubles dans le secteur.

 

D’après une source de cette localité, le bilan des affrontements fait état de quatre morts du côté des civils et un mort du côté de la Minusca, ainsi que plusieurs personnes blessées.

 

« Les affrontements d’hier faisaient état de 3 morts et 10 blessés. Et ce matin, nous avons enregistré au niveau de la mosquée centrale, 1 mort et des blessés dont une femme enceinte, qui a perdu son bébé, suite aux détonations des armes lourdes », a expliqué la source.

 

Cette même source a précisé que toutes les boutiques et magasins, sont restés fermés depuis dimanche.

 

« Aucune activité commerciale, Km5 est paralysé. Tout le monde à peur de sortir. Sur le marché, on ne voit même pas des commerçants », a témoigné une autre source.

 

Une source proche de Aroune Gueye, a noté qu’il est en circulation dans le Km5 après la tentative manqué de son arrestation.

 

Joint par téléphone, Léo-Franck Gnapié  porte-parole de la police de la Minusca, a affirmé que leurs éléments sont présentement sur le terrain, et qu’ils cherchent à ramener la sécurité dans  le secteur. « C’est pour ramener le calme et permettre aux gens de circuler librement », a-t-il noté.

 

Le 3ème arrondissement est l’un des arrondissements qui a enregistré plusieurs cas d’affrontement. Un calme était observé dans ce secteur après la tenue du Forum national de Bangui, en mai dernier.

 

 

Un calme précaire prévaut au PK 5 de Bangui

 

http://www.radiondekeluka.org   lundi 3 août 2015 13:53

 

Le 3ème arrondissement est l’un des arrondissements qui a enregistré plusieurs cas d’affrontement. Un calme était observé dans ce secteur après la tenue du Forum national de Bangui, en mai dernier.

 

Un calme encore précaire règne dans le 3ème arrondissement de Bangui notamment au KM5 où des tirs à l'arme lourde et légère ont de nouveau retenti ce matin dans le secteur, plongeant à nouveau les habitants dans la psychose. La Mission multidimensionnelle des Nations unies en Centrafrique Minusca, qui a perdu un homme dans les combats, affirme poursuivre la traque d’Haroun Gaye, chef de fil de cette milice aujourd'hui recherché par la justice centrafricaine.


« Nous avions envoyé les casques bleus poursuivre leur mission. Il y a eu des tirs dans la matinée mais au moment où je vous parle, les tirs et les grenades ont cessé. Les principales artères qui étaient barricadées sont en voie d'être dégagées. Au niveau de la Minusca, nous pouvons dire que la situation est en train de s'améliorer et nous espérons qu'elle ira beaucoup mieux », a déclaré Hamadoun Touré, porte parole de la Minusca.


Quant au bilan des violences, Hamadoun Touré précise « qu'un élément camerounais de la Minusca a été tué et 8 autres ont été blessés ». Toutefois, renchérit le porte-parole de la Minusca, « Tous les casques bleus sont mobilisés pour assurer une forte présence dans le secteur du 3ème arrondissement, afin de protéger les populations ».


Conséquence de ce regain de tension dans le 3ème arrondissement ce lundi, une personne aurait été tuée, une dizaine de femmes et d'enfants selon des informations recueillies par Radio Ndeke Luka seraient touchés par des gaz lacrymogènes.  

« Depuis ce matin, les forces onusiennes sont venues enlevées les barrières devant la mosquée en faisant usage des gaz lacrymogènes. Une dizaine de femmes et d'enfants qui ne supportent pas les effets des gaz sont actuellement au niveau de la Croix rouge. D'autres ont quitté le site pour se rendre au fond du quartier. Nous demandons au gouvernement d'ordonner aux éléments de la Minusca d'arrêter les violences pour ouvrir des discussions avec ceux qui ont érigé les barrières », a souhaité Mahamat Nasser, représentant de la jeunesse du site de la mosquée centrale.


Au sujet de la tension qui prévaut toujours au km5, Abdoulaye Hissène, le vice-président du Rassemblement Patriotique pour le Renouveau de Centrafrique (RPRC) estime, pour sa , que la Minusca a procédé à un désarmement erroné du fait que les conditions du DDR n'ont pas été respectées par cette institution onusienne. « Quand nous avions signé cet accord, il n'y avait pas ce qu'on appelle pré DDR. L'accord que tous les groupes rebelles ont signé et paraphé par le gouvernement et la communauté internationale s'appelle désarmement. Si aujourd'hui les responsables ne veulent pas que ces gens là soient désarmés, nous ne sommes pas responsables. Ils nous ont fait savoir qu'ils vont faire un pré DDR. On a aussi appris que l'Angola a donné 3 millions de dollars pour ce pré DDR, où est l'argent ? Pourquoi n'attend-on pas l'organisation du désarmement ? », s'est-il interrogé.


Le désarmement, conclut Abdoulaye Hissène « est un processus qui a ses règles, ce qu'à fait la Minusca au KM5 n'est pas un désarmement. Les gens sont partis expressément au KM 5 parce qu'il y a un calme et comme nous tendons vers les élections, ils ne veulent pas que ces élections aient lieu. Il y a des gens qui veulent à ce que l'insécurité persiste afin qu'ils gagnent. Cette insécurité est souhaitée ».


Des violents affrontements ont opposé ce week-end au KM5 dans le 3ème arrondissement de Bangui, un groupe armé à des éléments de la Minusca qui ont voulu procédé à l’arrestation de Haroun Gaye, chef d’une milice dans ledit arrondissement. Le bilan provisoire des heurts fait état d’au moins 5 morts dont un casque-bleu de la Minusca.

 

 

 

NDLR : Il ne faut pas tout mélanger. Le désarmement que tous les Centrafricains appellent de leurs voeux est une chose, l'interpelation sur mandat d'arrêt du procureur de la République d'un bandit de grand chemin comme ce Haroun Gaye est une autre.

 

La situation toujours tendue dans le 3ème arr. de la ville de Bangui
La situation toujours tendue dans le 3ème arr. de la ville de Bangui

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Centrafrique-Presse.com
3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 14:39

 

 

http://www.adiac-congo.com  Lundi 3 Août 2015 - 14:46

 

En illustre le violent affrontement qui a opposé entre samedi et dimanche des soldats onusiens et une faction armée du quartier musulman de PK5. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a condamné la mort d'un casque bleu camerounais.

 

Bangui renoue avec les bruits de bottes et crépitements d’armes, après quelques mois d’accalmie. Les coups de fusil ont commencé tard dans la nuit de samedi 1er août, rapporte la presse locale. La police centrafricaine accompagnée des soldats de l’ONU ont tenté sans grand succès d’arrêter un bandit auteur de plusieurs crimes et délits. « Des Casques bleus ont été attaqués par un groupe armé au cours d'une opération visant à interpeller un individu suspecté de crimes, suite à l'émission d'un mandat par le Procureur de la République de Bangui », a indiqué  Ban Ki-moon.

 

Selon le dernier bilan, cette attaque qui s’est poursuivie toute la journée de dimanche, a fait 5 morts dont le casque bleu et plusieurs blessés civils et militaires. « Nous avons douze victimes de violences qui ont été blessées par balle ou bien par des éclats de grenade. Huit d'entre eux vont être pris au bloc opératoire, tandis que trois  sont dans un état critique », a indiqué une source hospitalière citée par RFI.

 

Des volontaires continuent de croire à la paix

 

 Le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon a, dans un communiqué, déploré de telles attaques contre des soldats de la paix de l’ONU. Malgré la fuite du principal intéressé, Ban Ki-moon a demandé à ce que tous les auteurs soient arrêtés et traduits rapidement en justice. « Les groupes armés doivent respecter l'impartialité de la mission onusienne », a-t-il martelé avant de réitérer l'engagement de ses troupes à soutenir les autorités de la République centrafricaine dans leur lutte contre la criminalité et l'impunité.

 

Pourtant le samedi 1er juillet, débutait à PK5 un tournoi amical de Basket-Ball dans le but de réconcilier les communautés centrafricaines. « Le tournoi va se passer en trois phases. Les quarts de finale vont d’abord se jouer au PK5, quartier des ex-séléka. Le samedi 8 juillet, ce sera au niveau de Boy Rabe, la zone dite des anti-balaka. Les demi-finales se joueront ensuite au niveau du 7e arrondissement, où vit la présidente  de la transition Catherine Samba Panza. », a détaillé à la presse le coordinateur de l'activité, Martial Ganabo.

 

En choisissant le Basket, la discipline sportive préférée des Centrafricains, les organiseurs de cet évènement entendent unir les jeunes musulmans et chrétiens autour du slogan « le sport unit le peuple ».  

 

Fiacre Kombo

Centrafrique: des groupes armés freinent le retour de la paix à Bangui

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Centrafrique-Presse.com
3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 12:50

 

 

 

NEW YORK (Nations Unis), 03/08/15 (Xinhua) -- Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné dimanche le meurtre d'un casque bleu en mission à Bangui, capitale de la République Centrafricaine.

 

Les casques bleus de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations Unies en République Centrafricaine (MINUSCA) ont été attaqués par un groupe armé lors d'une opération de recherche, selon un communiqué du porte-parole de M. Ban.

 

Durant cette opération, dont l'objectif était d'arrêter un criminel en application d'un mandat judiciaire du Procureur publique de Bangui, les officiers ont été attaqués, un casque bleu se faisant tuer et huit autres blesser, indique le communiqué.

 

M. Ban a appelé à une réaction rapide pour traduire en justice les auteurs de ce crime, et a exhorté les groupes armés à respecter l'impartialité de la MINUSCA.

 

"Le secrétaire général de l'ONU réaffirme l'engagement de l'ONU dans le soutien des autorités centrafricaines dans leur lutte contre la criminalité et pour mettre fin à l'impunité, en accord avec le mandat de la MINUSCA au sien de sa zone de déploiement", précise le communiqué.

 

La MINUSCA a été créée en avril 2014 pour protéger les civils des violences, ainsi que pour soutenir le processus de transition dans le pays et faciliter l'aide humanitaire. Son mandat a été renouvelé en avril dernier pour une année de plus.

Le secrétaire général de l'ONU condamne le meurtre d'un casque bleu en RCA

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Centrafrique-Presse.com
3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 12:41

 

 

 

http://www.la-croix.com/  3/8/15 - 11 H 12

 

Amnesty International publie un rapport intitulé Identité effacée : les musulmans dans les zones de la République centrafricaine soumises au nettoyage ethnique. L’organisation évoque la conversion forcée de musulmans par les rebelles anti-balaka.

 

► Que dénonce le rapport ?

 

Depuis 2013, la Centrafrique est déchirée par une guerre civile qui a progressivement pris l’apparence d’un conflit interconfessionnel opposant chrétiens et musulmans.

 

Les combats entre les coalitions rebelles de l’ex-Séléka (à majorité musulmane) et des anti-balaka (chrétiennes et animistes) se sont accompagnés de pillages et d’exactions à grande échelle.

 

En 2014, le nettoyage ethnique mené par les anti-balaka, avec le soutien d’une partie des habitants, a vidé la population musulmane de l’ouest du pays, détruisant au passage les mosquées, les commerces et les maisons des musulmans.

 

Ceux qui restent « sont devenus extrêmement vulnérables », avertit Amnesty International, dans un rapport intitulé Identité effacée : les musulmans dans les zones de la République centrafricaine soumises au nettoyage ethnique .

 

Pour l’ONG, l’absence de sécurité dans l’ouest du pays « empêche les musulmans » de prier, de porter des vêtements distinctifs ou de reconstruire leurs mosquées. « Dans au moins cinq villes et villages, poursuit le rapport, des musulmans se sont convertis sous la pression, entre autres sous la menace de mort. »

 

► Quelles questions soulève ce rapport ?

 

Les conversions forcées ont immédiatement focalisé l’attention au détriment du reste du rapport. Or, cela concernerait une soixantaine de personnes sur les 30 000 musulmans qui résident encore dans l’ouest du pays, dont une partie est sous la protection de la Minusca, la force de maintien de la paix des Nations unies.

 

« Ce sont des actes graves mais isolés, note le P. Aurelio Gazzera, un missionnaire carmélite italien installé dans la localité de Bozoum. J’ai entendu parler de baptêmes menés par des pasteurs, mais pas par des prêtres. S’il y en a eu, il ne s’agit pas d’une volonté de la hiérarchie. »

 

Du rapport, le missionnaire retient surtout les destructions massives des maisons et des mosquées ainsi que les problèmes de sécurité. À Bozoum vivent un millier de musulmans, principalement des femmes et des enfants, contre 6 000 à 7 000 avant la crise.

 

Beaucoup d’exilés appellent la paroisse pour demander s’il est dangereux ou non de retourner dans la commune. « L’Église fait un gros travail pour apaiser les esprits », poursuit le P. Aurelio Gazzera, qui espère voir la mosquée reconstruite dans quelques mois.

 

Olivier Tallès

 

 

Invité Afrique RFI

 

Ilaria Allegrozzi: en RCA, l'Etat doit garantir la «liberté de religion»

 

Par Florence Morice lundi 3 août 2015

 

Amnesty International s'alarme de l'insécurité dont sont victimes les populations musulmanes dans certaines zones de l'ouest de RCA encore sous le contrôle des groupes armés anti-balaka. Alors que l'immense majorité des musulmans de Centrafrique est encore réfugiée à l'étranger ou bien contrainte de vivre dans des enclaves sécurisées, la minorité, qui a décidé de rester dans ses villages vit encore aujourd'hui sous la menace de groupes anti-balaka qui l'empêche de pratiquer sa religion. L'organisation déplore même quelques cas de conversion forcée.

 

 L'identité effacée est le nom d'un rapport dénonçant ces graves manquements aux droits fondamentaux. Ilaria Allegrozzi, chercheuse auprès d’Amnesty International pour l’Afrique centrale et notamment la RCA, a participé à sa rédaction. Elle est l'invitée de Florence Morice.

 

RFI : Dans ce rapport, Amnesty International explique le prix payé dans l’ouest du pays par les populations musulmanes qui ont décidé de rester dans leur communauté d’origine. Vous écrivez : « Ce prix, c’est celui de l’invisibilité ». Qu’est-ce que ça signifie concrètement ?

 

Ilaria Allegrozzi : Les populations musulmanes, qui sont restées ou qui sont retournées dans des zones qui ont fait l’objet d’un nettoyage ethnique, ne peuvent plus pratiquer leur religion librement. Elles ne peuvent pas prier en public. Elles ne peuvent pas porter leurs habits de musulmans. Elles ne peuvent pas reconstruire leur mosquée. Elles sont obligées de payer des milices anti-balaka pour pouvoir rester en vie. Elles sont dans une situation où elles n’existent pratiquement plus en tant que communauté.

 

Ça signifie qu’aujourd’hui encore, plusieurs mois après le Forum pour la réconciliation de Bangui, dans ces zones, les groupes anti-balaka détiennent encore beaucoup de pouvoir ?

 

Oui, on parle des populations musulmanes qui ne sont pas sous la protection de forces des Nations unies et qui se trouvent donc dans des zones encore ravagées par les milices anti-balaka qui détiennent un pouvoir considérable dans ces zones de l’ouest de la Centrafrique.

 

Un pouvoir qui s’exerce de différentes manières. Des musulmans que vous avez interrogés racontent que certains anti-balaka vont jusqu’à s’habiller avec des habits traditionnels que les musulmans eux-mêmes n’ont plus le droit de porter. Qu’est-ce que cela signifie ?

 

Ça signifie, comme quelqu’un nous a dit quand on était à Bangui, si on voit quelqu’un qui porte un vêtement de musulman, ça sera un anti-balaka. C’est une manière d’humilier les personnes musulmanes qui ont été par exemple contraintes à se convertir et dont l’identité est en train d’être effacée.

 

Vous évoquez des cas de conversion forcée qu’Amnesty a documentés. Est-ce que ces cas sont nombreux ?

 

Les cas de conversion forcée ne sont pas nombreux, mais sont quand même extrêmement graves parce qu'ils révèlent de l'intolérance tout à fait injustifiée à l'égard de la pratique de l'islam. Et le fait que ces restrictions soient imposées par des milices anti-balaka, et pas par l'Etat, ne dispense pas celui-ci de prendre ses responsabilités et de veiller à ce que toute personne puisse, librement, exercer ses droits et notamment la liberté de religion.

 

Quel type de témoignage Amnesty a pu recueillir concernant ces conversions forcées ?

 

Ça se passe sous la menace. Certaines personnes nous ont dit qu’elles ont été contraintes à se convertir au christianisme sous pression et qui n’avaient pas d’autres choix que de faire ça pour pouvoir rester en vie et continuer à vivre dans leur communauté.

 

Ça signifie qu’ils négocient au quotidien les conditions de leur survie ?

 

Pour pouvoir rester en vie, ils sont obligés de négocier de jour en jour constamment avec les milices anti-balaka et les groupes d’auto-défense.

 

Est-ce que cette intolérance a uniquement des fondements religieux ou bien est-ce que d’autres critères entrent en jeu, notamment ethniques, familiaux ou même historiques ?

 

Il ne s’agit pas seulement de religion, mais il y a aussi une question d’appartenance ethnique, de liens familiaux et d’origine nationale. Une proportion vraiment importante de musulmans qui ont pu rester dans certains villages sont ceux qui ont, par exemple, des parents de la famille chrétienne, originaires de la région, et qui sont donc considérés comme étant moins étrangers que ceux qui ont des descendants, par exemple, tchadiens ou soudanais qui sont perçus comme étant des complices de la coalition de l’ex-Seleka.

 

Dans ces conditions, est-ce qu’aujourd’hui encore des musulmans quittent leur village pour rejoindre les enclaves où la plupart d’entre eux sont regroupés sous protection internationale ?

 

Oui, ça signifie exactement ça. Pour une protection, certains sont obligés de se rendre dans les enclaves qui sont constamment protégées, 24 heures sur 24, par les forces de maintien de la paix des Nations unies. Les conditions pour un retour en sécurité avec pour volontaire des populations déplacées réfugiées ne semblent pas réunies aujourd’hui vu la manière dont on traite ces populations et justement, la violation des droits de ces populations qui ne sont pas placées sous protection des forces internationales représente exactement le baromètre de la sécurité pour d’autres musulmans qui ont été contraints à partir et qui sont actuellement déplacés soit dans une autre région de la RCA, soit à l’étranger.

 

Quelles sont les solutions et quelles sont les recommandations d’Amnesty International ?

 

De prendre, en collaboration avec les forces de maintien de la paix des Nations unies, des mesures immédiates pour améliorer déjà la sécurité de ces populations. Faire en sorte que les conditions pour un retour volontaire d’autres musulmans qui se trouvent à l’étranger ou qui semblent déplacés dans d’autres régions de la RCA. Donc de renforcer les initiatives de cohésion sociale et de réconciliation, également s’efforcer, dans la limite des ressources disponibles, de reconstruire les mosquées qui ont été détruites et qui jusqu’à présent ne peuvent pas être reconstruites.

 

J’imagine qu’Amnesty International salue la récente décision de la Cour constitutionnelle d’autoriser le vote des réfugiés pour les élections prévues dans quelques mois ?

 

C’est une décision importante. Toute la population de la Centrafrique doit participer au processus électoral en vue de la réconciliation du pays.

Lu pour vous : À l’ouest de la Centrafrique, le quotidien précaire des musulmans

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