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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 00:55
Présidentielle en Centrafrique : peu d’attentes de la population
Présidentielle en Centrafrique : peu d’attentes de la population

 

Lu pour vous

 

https://www.mediacongo.net/ 21.11.2020

 

Ils sont 22 candidats à se lancer dans la course à la présidentielle en Centrafrique. Le scrutin se tiendra le 27 décembre, en même temps que les élections législatives. Mais sur place le climat est tendu, tant au niveau politique que sécuritaire. Épuisée par des années de violences et de clientélisme, la population espère juste que la situation n'empirera pas. Analyse.

Le scrutin de décembre se déroulera dans un pays contrôlé aux deux tiers par des groupes armés ; un pays qui reste ravagé par la guerre depuis qu'une coalition de rebelles à dominante musulmane, la Séléka, a renversé le régime de François Bozizé en 2013. La Centrafrique a connu de terribles violences communautaires entre les forces de la Séléka et des milices "anti-balaka", majoritairement chrétiennes et animistes.

Sur place, quelques semaines avant les élections, la population a finalement peu d’attentes. Elle «espère au moins que le scrutin ne donne pas lieu à des violences et à situation pire que celle actuelle», explique Hans de Marie, spécialiste de la Centrafrique pour International Crisis Group. 

Parmi les candidats déclarés figurent notamment le chef de l'État sortant, Faustin Archange Touadéra élu en 2016 et qui brigue un second mandat, ainsi que son principal opposant, l'ancien président François Bozizé. 

Sous le coup de sanctions de l'ONU pour son rôle présumé dans la crise de 2013-2014, François Bozizé est rentré à Bangui en catimini, après sept années d'exil, en décembre 2019, où il avait fait sa première apparition publique. Son entourage entretient le flou sur sa date exacte d'arrivée dans le pays, or le code électoral exige que chaque candidat justifie une année de résidence complète dans le pays au moment du dépôt de leur candidature.

D'autres ténors de la vie politique centrafricaine, comme Anicet-Georges Dologuélé, Martin Ziguélé, Karim Meckassoua, Nicolas Tiangaye, et Catherine Samba Panza, présidente de transition entre 2014 et 2016, ont également déposé leur dossier de candidature. 

Quel est le climat à l'aune de cette élection présidentielle ? Quelles sont les attentes de la population et comment est perçue la candidature de François Bozizé ?

Le Décryptage de Hans de Marie, spécialiste de la Centrafrique pour International Crisis Group

Vatican News / MCP, via mediacongo.net

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 00:37
Incident sécuritaire entre éléments de la garde présidentielle et rapprochés de François Bozizé

 

RCA/Bangui : incident sécuritaire entre éléments de la garde présidentielle et rapprochés de François Bozizé

 

https://www.radiondekeluka.org/ samedi 21 novembre 2020 19:29

 

Le président du KNK, François Bozizé accuse la garde présidentielle d’avoir agressé des éléments de sa sécurité. Selon l’ancien président, l’incident a eu lieu dans la matinée de ce samedi 21 novembre 2020 aux obsèques de la femme de Jean Serge Bokassa. Des accusations rejetées par le Directeur général de la sécurité présidentielle, général Alfred Service.

Cet incident survenu dans la concession de l’Omnisport où se déroulaient les obsèques de l’épouse de Jean Serge Bokassa, témoigne la tension observée ces derniers temps entre les camps Touadera et Bozizé.

Alors que la cérémonie se poursuivait, des éléments de la garde rapprochée de François Bozizé sont désarmés par les membres de la sécurité présidentielle qui protégeaient la première dame Brigitte Touadera, elle aussi présente aux obsèques. François Bozizé accuse le général Alfred service, Directeur général de la sécurité présidentielle d’en être à l’origine.

« C’est moi qui suis agressé, lorsqu’ils forcent la porte de mon véhicule, tabassent les éléments de sécurité qui sont là. L’ordre vient de la bouche du directeur général de la sécurité présidentielle le Général Service Alfred. C’est une agression ! Heureusement que moi je me trouvais encore en ce temps, à l’intérieur. Mais si je me trouvais à côté et tout », affirme François Bozizé.

Contacté par Radio Ndeke Luka, le Général Alfred Service rejette les propos de François Bozizé. Rappelant son devoir de respect envers l’ancien président, il assure plutôt être intervenu pour calmer la tension entre les deux parties.

« Pour une cérémonie pareille, le président Bozizé n’avait pas besoin de se déplacer avec une armada de plusieurs dizaines d’hommes armés », déplore le directeur général de la sécurité présidentielle.

Cet incident surgit alors qu’une médiation est en cours afin d’aplanir les tensions entre Faustin Archange Touadera et François Bozizé, tous deux, candidats déclarés à la présidentielle du 27 décembre prochain.

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 00:25
RCA : des membres de groupes armés mécontents de ne pouvoir être payés

 

Centrafrique: des membres de groupes armés mécontents de ne pouvoir être payés

https://www.rfi.fr/ 21/11/2020 - 08:45 Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset

A Bangui, ce vendredi 20 novembre, des membres des groupes armés, les membres du Comité consultatif et de suivi (CCS) du programme Désarmement, démobilisation, réintégration, rapatriement (DDRR), ont manifesté leur mécontentement au ministère du DDRR. Ils ont bloqué les autorités quelques heures à leurs bureaux pour réclamer leurs indemnités impayées. 

Des palmes sont accrochées à l’entrée du ministère, les bureaux sont fermés. Jean-Rock Soubi, du FDPC et membre du Comité consultatif et de suivi du DDRR : « Si vous nous voyez dans ce ministère c’est juste pour réclamer nos indemnités qui ont totalisé huit mois. Ce qui nous a poussé à barricader, à fermer le grand portail que vous voyez, avec les ministres. Beaucoup de mécontentement, c’est pourquoi nous sommes obligés de manifester pour que vraiment notre droit soit respecté. »

Célestin Gamare des RJ Bellanga : « On a demandé plusieurs fois, le gouvernement n’a pas payé, et c’est pourquoi on a décidé de sortir pour bloquer les membres du gouvernement. Aujourd’hui sur huit mois ils nous ont payé deux mois ». Abakar Larry Mahalba, vice-président du CCS, assure que la situation est en train de se normaliser :« Nous avons une tension de trésorerie et le gouvernement a fait le nécessaire. C’est un retard, c’est une question d’organisation et ce qui a été réglé et donc on va essayer d’activer les choses parce que le DDRR est dans sa phase irreversible. le gouvernement a déjà fait le nécessaire et c’est ce que nous allons activer. Je crois qu’il y a un message d’apaisement qui est là et le reste sera fait dans le cadre de la République. »

Il y a une dizaine de jours, ce sont les éléments issus du DDRR intégrés dans les unités spéciales mixtes de sécurités qui faisaient grève à Paoua et à Bouarpour pour accéder au paiement de leurs arriérés. 

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 00:23
Emmanuel Macron, une incertaine idée de l’Afrique

 

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com/ By Nathalie Prevost - 21 novembre 2020

Dans un entretien avec  Jeune Afrique, le Président français, Emmanuel Macron, révèle ce qui serait sa vision de l’Afrique et des relations franco-africaines. 

C’est peu de dire que cet entretien ne fera pas date, aussi médiocre que le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy sur ce continent africain qui ne serait « pas entré dans l’Histoire ». 

Première source du malaise, Emmanuel Macron n’évoque jamais les peuples africains. Le Président français n’apprécie pas davantage qu’on l’interroge sur la démocratie ou le pluralisme, également hors sujet. Ce qu’il apprécie en Afrique, c’est la naissance de technocraties mondialisées, des diasporas riches et bien nées, des perspectives de business et les start-upers, comme ceux de la plateforme « Digital Africa». Le chef d’Etat français souhaite avant tout « impulser une nouvelle dynamique dans la relation économique qui unit la France et le continent. »

Emmanuel Macron aime les débats, quand il les organise et quand leur objet est culturel ou patrimonial. Il rend hommage à « l’ambition » de Felwine Sarr et au « talent » de la commissaire générale de l’exposition Africa 2020, N’Goné Fall.

Emmanuel Macron n’aime pas trop les vieux. Il croit au « changement générationnel», dont il se pense le meilleur exemple. Il n’a pas à proprement parler de vision. Les capitales africaines qu’il connait le mieux, ce sont Washington, Bruxelles et Bonn. 

Le renouvellement de génération en guise de vision politique

Il  en appelle à « une nouvelle méthode », dont on ne voit guère les contours en lisant la longue dissertation livrée à Jeune Afrique. Il serait visionnaire en invitant « des personnes qui incarnent le renouvellement générationnel, y compris sur le plan politique » à côté des chefs d’Etat au prochain sommet France-Afrique. Un peu comme les plateaux télé lorsqu’ils font venir des téléspectateurs autour des invités politiques.

Mais qui seront ces jeunes pousses ? Le conseil présidentiel pour l’Afrique qu’il avait créé au début de son quinquennat avec la même feuille de route, a vu une grand partie de ses membres démissionner et quelques survivants promus à des postes diplomatiques.

Une certitude, les opposants ne sont pas bienvenus dans une France qui est pourtant celle des droits de l’Homme et, croyait-on savoir, de la liberté d’expression. Ainsi l’Ivoirien Guillaume Soro, un des hommes politiques ivoiriens de premier plan et pourtant interdit d’élection présidentielle, est invité à prendre le large. Emmanuel Macron lui a fait savoir qu’il n’était plus le bienvenu en France. «Nous ne souhaitons pas qu’il mène des actions de déstabilisation depuis le sol français. »

Emmanuel Macron n’aime pas les débats qui s’enflamment. Il veut bien accueillir des personnes « qui seraient menacées chez elles ,» mais pas « des activistes qui cherchent à déstabiliser un pays. » 

Quand Jeune Afrique interroge Emmanuel Macron sur la démocratie en Afrique, il revient sur le « renouvellement des générations », son idée fixe, et estime que ce renouvellement « est relativement en échec en politique ». 

Le méchant complot russe et turc

La démocratie n’est pas un sujet. Emmanuel Macron ne voit pas quelle relation il pourrait y avoir entre le sentiment anti-français qui se développe en Afrique francophone et le soutien de Paris à des chefs d’Etat mal aimés et mal élus. Il ne voit pas du tout. C’est un complot. Une manipulation de la Russie et de la Turquie « qui jouent sur le ressentiment post-colonial. »

« Il ne faut pas être naïf sur ce sujet : beaucoup de ceux qui donnent de la voix, qui font des vidéos, qui sont présents dans les médias francophones sont stipendiés par la Russie ou la Turquie. »

Pour Emmanuel Macron, en somme, les Africains ne peuvent penser par eux-mêmes. Et quand ils pensent contre la France, c’est qu’ils sont « stipendiés. »

Pour Emmanuel Macron, on le répète, la démocratie est une question de génération. Pas de droits humains. Pas d’élection. Pas de troisième mandat. Alassane Ouattara, par exemple, est « totalement réceptif » à la question de l’âge du Président. « Il a lui –même hésité à introduire une limite d’âge dans la Constitution ! », s’exclame, encore impressionné, le Président français. Certes, il ne l’a pas fait mais qu’à cela ne tienne. « Il serait bon que le prochain président ait moins de 70 ans. »

Sur les troisièmes mandats, les élections truquées, les atteintes aux droits qui nourrissent la frustration des peuples, Emmanuel Macron « n’a pas à donner de leçons. » Tant mieux. Ce serait si embarrassant.

Tout juste, en trois lignes, estime-t-il que l’Afrique a intérêt « à construire les règles, les voies et les moyens pour avoir des rendez-vous démocratiques réguliers et transparents. » Qu’importe si ces règles, qui existent, sont violées, dans le silence ou sous les applaudissements de Paris.

Contrairement à Alpha Condé, Ouattara « ne voulait pas se présenter »

Quand Emmanuel Macron n’est pas d’accord avec une grave violation des droits, voire quelques tombereaux de morts, il se fâche : il n’envoie pas de lettre de félicitation et il déjeune longuement. C’est à noter.

Son principal sujet d’agacement, ces derniers temps, c’est Alpha Condé, qui a d’ailleurs le fâcheux défaut d’être vieux.

« Le Président Condé a une carrière d’opposant qui aurait justifié qu’il organise de lui-même une bonne alternance. Et d’évidence, il a organisé un référendum et un changement de la Constitution uniquement pour pouvoir garder le pouvoir. C’est pour ça que je ne lui ai pas encore adressé de lettre de félicitations. »

Il n’en va pas de même en Côte d’Ivoire. Car le Président Ouattara « ne voulait pas se représenter pour un troisième mandat. » Emmanuel Macron le sait. Il n’était pas d’accord, d’ailleurs, avec ce projet et il le lui a dit tout de go, en septembre dernier. « Tout le monde a bien noté ce long déjeuner en tête à tête que nous avons eu. » Mazette !

Malheureusement, le Président Ouattara n’a pas écouté l’avis d’Emmanuel Macron.  « Il a considéré qu’il était de son devoir d’y aller. » Et le Président français l’a bien compris.

Emmanuel Macron n’est pas très soucieux de la démocratie en Afrique mais il n’aime pas pour autant les militaires putschistes. Surtout au Mali. « Cela n’a échappé à personne : la transition en cours est militaire, pas démocratique. Notre rôle a été, en lien avec les dirigeants africains, de tout faire pour qu’elle soit la plus courte possible avec un engagement d’élections. »

La CEDEAO, dont la fermeté à l’égard de la junte a été beaucoup critiquée par les Africains qui lui reprochaient de ne pas être la CEDEAO des peuples mais plutôt un club de chefs d’Etat, a été soutenue dans sa raideur par la France. On s’en doutait. Mais maintenant, c’est clair.

Des groupes « strictement terroristes »

Lorsqu’Emmanuel Macron dit qu’il n’a pas « de jugement à porter », c’est qu’il en porte. Pas d’envolée sentimentale envers le Président malien et son gouvernement. « Je constate simplement que les autorités de transition ont réitéré leur volonté de lutter avec efficacité contre le terrorisme. » C’est le plus important pour la France et son engagement militaire.

Le Président français compte « faire évoluer Barkhane » dans les prochains mois. Mais pour cela, il a besoin d’une « réitération claire du soutien de nos partenaires de voir la France rester à leurs côtés. » L’évolution envisagée ne sera donc pas à la baisse. Car la France continue son combat au Mali contre « l’EIGS et les groupes strictement terroristes. » Yiad Ag Ghali, le chef de la coalition d’Al Qaida au Mali, est-il « strictement terroriste » ? Mystère.

Le gouvernement malien doit « s’inscrire dans la feuille de route claire que sont les accords d’Alger (qui) prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes » – bien noter que les autonomistes ne sont pas politiques.

« Mais cela ne veut pas dire qu’il faut dialoguer avec les groupes terroristes qui continuent à tuer des civils et des soldats, y compris les nôtres. Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat. » Si les Maliens entendent discuter avec les groupes armés affiliés à Al Qaida, ce sera sans la France.

Mais attention ! Il ne s’agirait pas non plus de combattre « toutes les formes de trafic dans la région. » « Ce serait absurde, » s’exclame Emmanuel Macron. Absurde en effet. Nous voilà rassurés, et, avec nous, les grands réseaux criminels qui sapent l’Etat dans la sous-région.

Emmanuel Macron n’aime pas non plus qu’on critique trop la France. Il veut bien « regarder l’histoire en face » mais pas de trop près. Sur l’intervention française en Libye, dont tous les analystes s’accordent à dire qu’elle est le détonateur de l’effondrement du Mali, il pèse bien ses mots. « Tous ceux qui sont intervenus, dont la France, ont une part de responsabilité dans l’anomie qui règne en Libye depuis 2011. » Anomie, c’est plus érudit qu’anarchie ou guerre civile. « Mais la question sahélienne ne se réduit pas à la question libyenne », conclut-il, stoppant là une dangereuse introspection.

A nouveau interrogé sur la démocratie, ce mot qu’il se refuse à prononcer, il estime qu’il faut changer d’habitudes et cite en modèles l’Ethiopien Abiy Ahmed, malheureusement aux prises ces derniers jours avec des massacres dans le Tigré, et le Ghanéen Nana Afuko-Addo. Car, on ne cesse d’y revenir, « c’est important de montrer que l’on peut avoir moins de 65 ans et devenir Président »

C’est important aussi de montrer « que l’on peut quitter le pouvoir sans problème, comme le Nigérien Mahamadou Issoufou », continue-t-il, nous évitant, de justesse, « la référence pour l’Afrique » de son ministre des Affaires étrangères de passage à Niamey.  Sans problème, c’est vite dit. Le Niger s’est évité, il est vrai, le principal risque d’alternance en éliminant de la course le chef de file de l’opposition Hama Amadou, dont la candidature a été invalidée par une Cour Constitutionnelle aux couleurs du parti au pouvoir.

D’ailleurs, Emmanuel Macron, toujours innovant, a une idée de génie. Pour en finir avec ces fâcheux problèmes démocratiques, il a trouvé la solution : « rassurer les dirigeants en leur expliquant ce qu’ils deviendront quand ils ne seront plus au pouvoir. Car beaucoup de ceux qui s’y attardent éprouvent au fond une espèce de peur panique à l’idée de ne plus pouvoir rester dans leur pays, de ne plus avoir de statut ou à l’idée qu’eux ou leur famille aient des ennuis judiciaires. » On se demande bien pourquoi ils craindraient quoi que ce soit de leurs peuples, après avoir si bien gouverné. Emmanuel Macron n’approfondit pas. Mais il dessine une solution inédite : une sorte d’impunité à vie, avec, peut-être, une jolie petite retraite dans un EPADH pour dictateurs…Quelle belle idée !

 

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Centrafrique-Presse.com
21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 01:34
RCA: inquiétudes autour de la circulation d'armes de guerre

 

RCA: inquiétudes autour de la circulation d'armes de guerre à l’approche des élections

https://www.radiondekeluka.org/ vendredi 20 novembre 2020 16:16

 

A cinq semaines des élections groupées en Centrafrique, la rédaction de Radio Ndeke Luka a décidé de s’intéresser à la circulation des armes dans le pays. L’Accord de paix de Khartoum du 6 février 2019 engage les rebelles à se désarmer. Qu’en est-il aujourd’hui, à un moment où la jeune démocratie centrafricaine s’apprête à être testée ? Une enquête sur la situation sécuritaire, menée ces derniers jours dans le Nord-est du pays.

Il apparait clairement dans les témoignages recueillis par Radio Ndeke Luka ces dernières semaines que des armes neuves de type Kalachnikov, lance-roquettes RPG7, mitrailleuses 12/7 montés sur de véhicules flambants neufs circulent à l’intérieur du pays. Du matériel qui circule librement au vu et au su de tous.

La région dont on parle, est celle qui s’étend de Bria, Obo, Bambouti, Nzako, Alindao, jusqu’à Mobaye, une zone contrôlée et sous-influence du groupe armé UPC d’Ali Darassa. Toujours selon nos sources, ses hommes arborent des tenues militaires de premières mains, leurs bérets sont aussi similaires à ceux des Forces armées centrafricaines (FACA) et patrouillent régulièrement sur l’étendue de ce territoire.

Leur objectif, collecter des impôts et toutes sortes de taxes sur les véhicules, les marchandises et les commerces. Selon nos informations, ces derniers exigent aussi que des éleveurs peuhls leur versent une somme d’argent avant de faire paître leurs bétails. Cependant au Nord-ouest du pays, on rappelle qu’un des gradés des FACA est toujours détenu depuis 2 mois par Abbas Sidiki à De gaulle dans l’Ouham-Pendé, région contrôlée en partie par le mouvement 3R. D’après des habitants de Koui, une des localités de la région, qui ont accepté de parler, ce mouvement continue de recruter des hommes. Ses véhicules, lourdement armés, ne cessent de faire la navette entre la République centrafricaine, le Cameroun et le Tchad.

Il y a de cela deux semaines, deux parlementaires en la personne de Martin Ziguélé et Ernest Mizedio ont dénoncé des exactions commises par ces rebelles sur les populations civiles. Martin Ziguélé, va même jusqu’à parler d’un  véritable « Far-West » lorsqu’il  évoque la situation dans ces régions.

De son coté, la Minusca affirme travailler main dans la main avec le gouvernement afin de garantir la protection des civils. Elle précise que ses troupes sur le terrain ne resteront pas inactives face à la recrudescence des armes ou des véhicules armés des rebelles. Lors d’une conférence de presse le mercredi 18 novembre 2020 à Bangui, la mission onusienne se dit consciente de la réalité de la situation sur le terrain. Elle a voulu aussi se montrer rassurante. Toutefois, des check-points, nous dit-on, sont en train d’être installés dans ces région. Un tour de vis, censé réduire les déplacements et la capacité d’action de ces hommes en armes.

 

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20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 23:23
MARTIN ZIGUÉLÉ : "JE PEUX APPORTER AUX CENTRAFRICAINS LA PAIX ET LE PAIN"

Lu pour vous

 

MARTIN ZIGUÉLÉ : "JE PEUX APPORTER AUX CENTRAFRICAINS LA PAIX ET LE PAIN"

 

http://www.54etats.com/ Par GAËTAN KONGO

Spécialiste des questions politiques en RCA
 

Entretien : Martin Ziguélé, président du parti Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC)

Premier ministre entre avril 2001 et mars 2003, député de Bocaranga, président de la Commission Économie, Finances et Plan de l’Assemblée nationale depuis mai 2016, président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) et candidat à l'élection présidentielle de décembre 2020, Martin Ziguélé nous dévoile ce qui changerait en Centrafrique s'il accédait à la magistrature suprême. Rencontre.

54 ÉTATS : Vous êtes aujourd’hui candidat à l’élection présidentielle du 27 décembre prochain, que souhaitez-vous profondément apporter à votre pays ?

Martin Ziguélé : Nous sommes vingt-deux à déposer nos candidatures et nous attendons le verdict de la Cour Constitutionnelle pour leur éventuelle validation. En tout état de cause, ce que je pense pouvoir apporter à notre pays est mon expérience, aussi bien de la gestion économique acquise dans une vie professionnelle partagée entre les assurances et la Banque centrale ; que de la gestion en situation de crise aigüe lors de mon passage au gouvernement comme dernier Premier ministre de feu Président Ange-Félix Patassé. En tant que député d’une circonscription rurale qui subit l’insécurité au quotidien, du fait des groupes armés, j’ai effectué des déplacements dans plusieurs régions de notre pays qui m’a permis d'éprouver les réalités de nos compatriotes.

Je peux apporter aux centrafricains la paix et le pain

Cette expérience de l’économie et de la sécurité, et cette connaissance du terrain me permettent de dire à mes compatriotes que je peux leur apporter la paix et le pain.

S’agissant du leadership, ce qui changera ce sera le courage politique, assurément. Ma main ne tremblera pas quand il s’agira de décider, pour la sécurité des centrafricains, de lutter contre la corruption et les nombreuses malversations impunies.

Ma main ne tremblera pas quand il s’agira de décider, pour la sécurité des centrafricains, de lutter contre la corruption et les nombreuses malversations impunies

54 ÉTATS : Les observateurs de l’UN et autres ambassadeurs suffisent-ils à consolider une meilleure préparation des élections à venir ?

Martin Ziguélé : Il revient d’abord aux acteurs centrafricains d’œuvrer à avoir des élections qui reflètent réellement le choix de nos compatriotes. Cela est de la responsabilité première aussi bien de l’Etat, des partis politiques, de la société civile que de la population. Si en 1993, nous avons eu l'élection considérée à ce jour comme la plus transparente, c’est d’abord par la volonté des centrafricains de tenir une élection digne de ce nom.  Aujourd'hui, les partenaires, comme en 1993, ne peuvent que nous accompagner si nous souhaitons tous la transparence.

54 ÉTATS : Quel bilan dressez-vous du mandat du président Faustin-Archange Touadéra ? 

Martin Ziguélé : Selon notre Constitution, le président élu prête serment avant d’entrer en fonction, et ce serment comporte des engagements forts. C’est le président élu, suite à ce serment, qui dresse son bilan au terme de son mandat, et le peuple avise.

En tant que citoyen, je partage l’opinion largement dominante selon laquelle, s’il y’a un frémissement sur le plan de la gestion des finances publiques, et des relations avec les partenaires financiers, il n’en demeure pas moins que l’insécurité du fait des groupes armés reste la préoccupation numéro un de nos compatriotes.

L’insécurité du fait des groupes armés reste la préoccupation numéro un de nos compatriotes

Plus de la moitié de notre pays est occupé par les groupes armés qui refusent délibérément de respecter les dispositions de l’Accord de Khartoum. Ils mettent en place des administrations parallèles, prélèvent impôts et taxes, sévissent contre les populations, et s’installent dans la durée.

Cette mithridatisation doit cesser !

Notre pays doit impérativement recouvrer sa souveraineté sur l’ensemble du territoire national avant de parler de développement.

54 ÉTATS : En RCA, entre la présence étrangère prégnante des russes, celle bien plus éthérée de la France, et celle de la MINUSCA, un Président de la République a t-il toute la latitude pour gouverner en toute indépendance ?

Martin Ziguélé : En dehors de la MINUSCA qui est une force onusienne de paix, j’observe pour ma part que nous n’avons pas beaucoup de représentations diplomatiques avec résidence dans notre pays.

Si je suis élu, il est acquis que je travaillerai à élargir ce tableau et élargir le cercle des pays ayant leurs représentations domiciliées en RCA.

À mon avis, le problème n’est pas que la Russie soit présente en Centrafrique puisqu’elle y est depuis notre indépendance (1960).

Le problème est que ces relations doivent être des relations d’Etat à Etat et doivent passer par des canaux officiels, et en toute transparence.

La relation russo-centrafricaine doit passer par des canaux officiels et transparents

54 ÉTATS : Le principal défi économique et social de la République Centrafricaine est le rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire. Quelle est votre stratégie pour atteindre cet objectif ?

Martin Ziguélé : Notre stratégie repose sur deux piliers : le premier est l’accélération du déploiement de nos Forces de défense et de sécurité dans tout le pays, et nous ne négocierons pas  la présence des FACAS sur notre territoire national.

Nous ne négocierons pas  la présence des FACAS sur notre territoire national

Le second pilier est l’inclusion dans l’Accord de Khartoum des dispositions relatives, au cantonnement des éléments des groupes armés, puis à leur désarmement. S’il n’y a pas de cantonnement des éléments des groupes armés, leur recensement et l’identification de leurs armements, je ne vois pas comment on peut évaluer le désarmement. Ce sera un jeu de colin-maillard.

54 ÉTATS : Malgré le déploiement de la mission des Nations Unies en Centrafrique (Minusca) depuis avril 2014 et la signature le 6 février 2019 à Bangui entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés, de l’accord de paix qui devait permettre de rétablir un climat de sécurité dans le pays, des tensions demeurent toujours et les autorités actuelles ne contrôlent en effet qu’environ un tiers du territoire. Selon vous, qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? 

Martin Ziguélé : Après la signature de l’Accord de Khartoum, j’ai été désigné membre du Comité Exécutif de suivi. J’ai très rapidement observé que les groupes armés n’avaient d’abord aucune intention de se dissoudre comme le prévoit l’Accord de Khartoum, mais plutôt d’user de tous les artifices pour durer et même s’institutionnaliser avec des complicités inavouées et inavouables.

Trois choses à mon avis n’ont pas permis la bonne application de l’Accord : la première et la plus évidente est comme je l’ai dit l’absence de cantonnement des groupes armés qui continuent à se balader dans le pays comme bon leur semble. Ce qui fait que pour la population rien n’ait changé dans son vécu sécuritaire d’avant l’Accord, alors que dans des pays qui ont connu de longues guerres internes, comme en Angola, au Tchad et au Mozambique, les accords de paix prévoient systématiquement le cantonnement des troupes.

Pourquoi faire l’exception en RCA ?

Le second point est l’absence de régimes de sanctions et de leur opérationnalisation. C’est à cause de ce manquement que les groupes armés ont refusé de s’auto dissoudre dans le délai de 90 jours après la signature de l’accord comme prévue, parce qu’ils savaient bien que rien n’allait leur arriver.

Enfin, le dernier point est la faiblesse structurelle des organes de suivi. Ils ont besoin d’une vraie reprise, sinon le « dialogue » avec les groupes armés s’institutionnalisera et durera encore des années.

54 ÉTATS : Il se trouve que de très nombreux centrafricains semblent ne plus avoir confiance en l’État notamment en cette classe dirigeante, cette élite bourgeoise, que beaucoup accusent d’être corrompue et égoïste. Êtes-vous d’accord avec ce constat ? Et si vous êtes élu président de la République, que feriez-vous pour réconcilier le peuple centrafricain avec ses dirigeants ?

Martin Ziguélé : C’est aux Centrafricains que la Constitution a donné le pouvoir de choisir leurs dirigeants qui consacre le principe de reddition des comptes. Rendre compte de son mandat au peuple est bien l’essence de la démocratie. Il ne s’agit pas de se plaindre mais plutôt de bien faire le choix de leurs dirigeants lors des consultations électorales, pour ne pas justement le regretter demain. C’est leur devoir d’interpeller les candidats sur les détails de leurs programmes, comment ils vont les financer, les gérer, et non pas donner un chèque en blanc sur des bases irrationnelles.

Pour réconcilier le peuple avec ses dirigeants, il faut être intransigeant sur la recherche constante de l’intérêt général, qui passe par le respect de la justice, de la loi et de l’ordre républicain. Il faut lutter sans complaisance contre la corruption, petite et grande, et contre les malversations financières diverses qui horripilent les centrafricains. 

54 ÉTATS : D’après les données du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), le classement de la Centrafrique selon l’indice de développement humain (IDH) est de 188e sur 189 pays en 2018. La part de la population vivant sous le seuil de pauvreté (soit moins de 3,1 dollars par jour) atteint 91,2 % et l’espérance de vie est inférieure à 53 ans. Comment comptez-vous améliorer ces indicateurs de développement, qui demeurent parmi les plus faibles au monde ?

Martin Ziguélé : C’est bien le sens de ma profession de foi et de mon programme qui se résument en deux points : restaurer donc remettre debout l’Etat centrafricain, et bâtir brique par brique une économie forte et saine pour faire face au défi du développement humain.  

Bâtir brique par brique une économie forte et saine pour faire face au défi du développement humain

Notre situation est difficile mais pas désespérée. L’espoir doit demeurer car notre pays dispose de tout le potentiel nécessaire pour améliorer les standards de vie de nos populations.

Nous apporterons ce qui a manqué jusqu’aujourd’hui : la constance, la rigueur et l’intégrité dans le cadre global d’une politique en faveur du développement du secteur privé, des affaires et de l’investissement.

C’est la création des richesses qui générera les emplois et permettra de renverser ce classement.

54 ÉTATS : L’accès à l’électricité et à l’eau sont reconnus par l’ONU comme des objectifs de développement durable (ODD). En RCA, environ 50% de la population n’a pas accès à l’eau potable, tandis que seulement 30% de la population a accès à l’électricité. Ce sont deux problématiques aux enjeux multiples et partagés : sécurité alimentaire, santé, éducation, formation, sécurité, prospérité économique, lutte contre le dérèglement climatique. Comment comptez-vous augmenter ce taux d’accès à ces deux services de base afin d’activer ces huit leviers de développement ?

Martin Ziguélé : Les statistiques que vous évoquez ici sont plutôt celles de la ville de Bangui, parce qu’à l’intérieur du pays que je fréquente assidûment, le vécu est plus déprimant. Il n’y a pas une seule solution ; il y’a des solutions pour augmenter ces taux d’accès à l’eau et à l’énergie. Pour l’énergie, il faut à la fois ouvrir le capital de l’opérateur national Energie Centrafricaine (ENERCA) et l’augmenter pour permettre à cette entreprise d’emprunter, pour réaliser les investissements nécessaires, pour faire face à la demande croissante d’énergie. Il faut également développer les autres sources d’énergie, notamment le solaire et l’éolien. Nous pensons déjà à des mesures d’accompagnement pour l’équipement des collectivités rurales en énergie solaire. La problématique de l’eau est presque similaire : il faut renforcer les assises financières de l’opérateur national la Société de Distribution d’Eau en Centrafrique (SODECA) pour qu’elle puisse avoir accès au marché financier et investir dans ses installations à Bangui comme en province. Pour l’hydraulique villageoise, notre programme prévoit : « Un village, un puit ».

54 ÉTATS : Dans son analyse de demande de programme de décembre 2019, le FMI estime en octobre 2019 que le nombre de personnes ayant besoin d’une aide alimentaire s’élève à 2,9 millions, soit 60 % de la population totale du pays, une situation alarmante pour un pays qui dispose d’un patrimoine agricole inestimable. Que comptez-vous faire pour booster le secteur agricole et limiter les importations des denrées ?

Martin Ziguélé : Nous avons 25 millions d’hectares de terres cultivables dont à peine 0, 25 % sont cultivées chaque année. Si l’agriculture n’a pas tous les bras dont elle a besoin, c’est principalement à cause de la pénibilité du travail à la houe, et de la difficulté d’écouler les produits. 

Il faut réinvestir massivement dans la relance des filières agricoles

Il faut réinvestir massivement dans la relance des filières agricoles de rente comme du vivrier, pour une raison économique simple : puisque près de 70% de notre population est rurale, tant qu’elle n’aura pas la garantie de revenus monétaires structurés et pérennes, nous ne  pouvons pas parler de développement.  La distribution de revenus à cette majorité de la population, aujourd’hui exclue du circuit monétaire,  permettra l’inclusivité financière et un développement intégré. L’agriculture qui est à la fois un gisement d’emplois et un gisement de revenus stables en est le levier par excellence et Dieu merci notre pays est abondamment doté du capital nécessaire, la terre et l’eau.54 ÉTATS : D’après le Fonds monétaire international (FMI), le risque de surendettement de la Centrafrique demeure élevé, en lien avec la faiblesse de la mobilisation des ressources fiscales et des exportations. Dans ce contexte d’incertitudes liées à l’environnement sécuritaire. Quels mécanismes allez-vous utiliser pour financer votre programme de gouvernement ?

Martin Ziguélé : Je vous rappelle que je suis Président de la Commission Economie, Finances et Plan de l’Assemblée nationale depuis mai 2016, et à ce titre j’ai présidé l’examen d’au moins neuf projets de lois de finances, qu’elles soient initiales ou rectificatives. Je pense qu’on peut faire des efforts pour augmenter les ressources de notre budget. Des pistes existent comme la réduction des franchises fiscalo-douanières, la lutte contre les malversations financières, le démantèlement de l’administration fiscalo-douanière parallèle de certains groupes armés, l’élargissement de l’assiette fiscale au foncier bâti et non bâti.

Notre taux de pression fiscale est de 8% en RCA contre une moyenne de 17% en zone CEMAC

Je rappelle que notre taux de pression fiscale est de 8% en RCA contre une moyenne de 17% en zone CEMAC et 27% en zone UEMOA. Enfin, c’est la TVA qui est la plus grosse pourvoyeuse de ressources des budgets des autres pays frères de la CEMAC, parce qu’ils ont une base industrielle que nous n’avons pas ou plus, et qu’il faut recréer et renforcer en améliorant le climat des affaires et principalement la sécurité juridique des entreprises et de leurs investissements. En matière de dépenses également, il y’a possibilité de réduire des charges notamment le nombre de départements sectoriels et d’institutions. L’addition de ces différentes mesures permettra un début de financement endogène de nos réformes.

54 ÉTATS : Si vous êtes élu président de la république centrafricaine, quelles seront vos premières mesures ?

Martin Ziguélé : Les premières mesures seront destinées à simplifier la vie des centrafricains, à rendre leur vie un peu plus vivable : d’abord mettre fin à l’imbroglio actuel en facilitant l’accessibilité des citoyens aux documents administratifs et de voyage dans les sous-préfectures et les commissariats partout dans le pays, accompagnée du démantèlement des barrières routières dans toute la zone verte du pays. De même, le respect strict du principe de la réciprocité pour les visas et les cartes de séjour pour protéger nos compatriotes vivant ou étudiant à l’extérieur de notre pays. Pour soulager la majorité de la population sans revenus structurels, nous allons déloquer des fonds publics pour éponger les arriérés de coton, et également pour acheter les stocks de café et de cacao détenus par les paysans en zone ruraleIntégrer dans la fonction publique toutes les promotions des cadres issues des écoles professionnelles de l’Etat Ecole Normale Supérieure, Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature, Ecoles des Régies financières, Faculté des Sciences de la Santé, Institut Supérieur de Développement Rural, etc. Et reprise de l’encadrement de base en zone rurale dans le cadre de la relance des filières agricoles. Reconstituer les divisions d’entretien routier dans toutes les régions et les préfectures pour exécuter un programme d’urgence de réhabilitation des routes et ponts et réparation des bacs.

 

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20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 23:16
LE PRÉSIDENT TOUADERA LANCE LES TRAVAUX DE LA MODERNISATION DE LA ROUTE PK0 AEROPORT
LE PRÉSIDENT TOUADERA LANCE LES TRAVAUX DE LA MODERNISATION DE LA ROUTE PK0 AEROPORT
LE PRÉSIDENT TOUADERA LANCE LES TRAVAUX DE LA MODERNISATION DE LA ROUTE PK0 AEROPORT

 

LE PRÉSIDENT TOUADERA LANCE LES TRAVAUX DE LA MODERNISATION DE LA ROUTE PK0 - AÉROPORT INTERNATIONAL BANGUI M’POKO ET DU RENFORCEMENT DE LA PISTE D'ATTERRISSAGE  

Renaissance

Sur instruction du Président de la République, Son Excellence Pr Faustin Archange TOUADERA, le gouvernement centrafricain a négocié et obtenu du Fonds saoudien un prêt de plusieurs milliards destiné à la construction et à la réhabilitation des infrastructures. Ce programme  concerne la modernisation de la route menant de PK0 à l’Aéroport international Bangui M’poko, le renforcement de la piste d'atterrissage de l'aéroport de Bangui M'Poko, la construction d'un hôpital moderne dans le 7è arrondissement de Bangui et la clôture de l'unique Université du pays.

Dans son discours de circonstance le Ministre des Travaux Publics et de l’Entretien Routier GUISMALAT HAMZA a affirmé que ce

projet s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du pilier 3 du (RCPCA), notamment la reconstruction et la modernisation des infrastructures de base ainsi que l’amélioration des conditions sociales de la population centrafricaine.

Les travaux de cette route vont se dérouler dans cinq (5) arrondissements sur les huit (8) que compte la ville de Bangui, à savoir : le 1er, le 2eme, le 4emme, le 5eme, et le 8ème arrondissement. 

Regroupés en lot unique, ces travaux concernent sur le bitumage en béton Bitumeux mince (BBM) d'environ 9,265 linéaire pour le tronçon  PK0 -Aéroport Bangui M’poko et en béton bitumeux Aéronautique(BBA) d'environ 1,8 sur 2,6 pour la piste d'atterrissage de l’Aéroport Bangui M’poko.

Ces travaux sont composés de 7 sections à savoir :

-section n°1 : PKO-Rond Barthelemy Boganda ;

-section N°2 Rond-point B. Boganda-Rond-point PNUD ;

-section N°3 Rond-Point PNUD-rond-point des Martyrs ;

-section N°4 : Rond-point des Martyres-Intersection Avenue Faustin Archange TOUADERA ;

-section N°5 : Intersection Avenue Faustin Archange TOUADERA-rond-point Omar Bongo ;

--section N°6 :Rond-point Omar Bongo-Carrefour ASECNA ;

-section N°7 : Carrefour ASECNA-Patte d’Oie (Aéroport)

Ces travaux sont  financés par le fonds Saoudien de Développement  à hauteur 7.080.000.053 FCFA. Ils vont être exécutés par les groupes de BTP chinois, China Civil Engineering Construction Corporation et China Railways avec comme maitre d’ouvrage, le bureau d’études « LE CRAYON ». Cette entreprise centrafricaine aura pour tâche d’assurer le contrôle et la surveillance des travaux.

 Les autres projets du gouvernement centrafricain qui vont bénéficier du financement du Fonds saoudien de développement sont:

-l’extension de l’université de Bangui ;

-la construction de l’Hôpital Polyclinique de 250 lits ;

-la modernisation de la SODECA.

Pour le Président TOUADERA, la route qui mène du centre-ville à l’Aéroport Bangui M’poko est une artère qui dessert une bonne partie des arrondissements de la ville de Bangui. Mais, son état  de dégradation avancée a toujours été une préoccupation pour le gouvernement.

Le Chef de l'Etat a fait savoir que le lancement de ces travaux répond aux attentes de la population banguisoise et centrafricaine ainsi que tous les gens qui empruntent cette voie.

Le Président de la République a demandé à la population riveraine de faciliter les travaux de cette route qui mène à l’Aéroport International Bangui M’poko qui est la vitrine du pays.

Le numéro Un centrafricain a profité du micro des professionnels des médias pour remercier le Fonds Saoudien de Développement pour cet appui important qu'il a fait au profit de la République Centrafricaine.

 

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20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 17:15
RCA : Plus de trente enfants souffrent de malnutrition à Nzako au Sud-est du pays

 

Centrafrique : Plus de trente enfants souffrent de malnutrition à Nzako au Sud-est du pays

NZACKO, le 20 novembre 2020(RJDH)--- Au moins 30 enfants souffrent de la malnutrition sévère et 62 autres des cas modérés à Nzacko dans le Mbomou au Sud-est de la République Centrafricaine. Ces données ont été rendues publiques par le chef de centre de santé de la localité Samson Gonga qui explique que le manque d’alimentation équilibrée serait à l’origine de cette épidémie.

Selon le chef de centre santé de Nzacko, Samson Gonga, cette épidémie provient de la consommation d’eau non-potable et aussi du manque d’infrastructures sanitaires adéquates dans la ville pour une population d’environ 28 habitants.

« Au total 95 cas de malnutrition ont été identifiés au centre de santé de Nzako dont 33 cas sévères et 62 modérés », d’après le chef de centre de Nzako, Samson Gonga, du fait que « la ville ne dispose pas d’infrastructures appropriées et à cela s’ajoute le manque d’eau potable qui sont les conséquences directes de cette malade », ajoute-t-il.

Le centre de santé manque également de matériels adéquats pour les examens médicaux et de personnel soignant qualifié, « aujourd’hui le nombre de la population était passé de 15 mille à 28 habitants pour seulement 6 personnels soignants dont 4 stagiaires », déplore le chef de centre.

Face à cette situation, la population de Nzako et les autorités lancent un cri d’alarme pour le renforcement des dispositifs sanitaires dans la région.

Jean Marie Anibikoumba

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20 novembre 2020 5 20 /11 /novembre /2020 16:54
En Centrafrique, le mythe des "hommes-caïmans" profite aux criminels
En Centrafrique, le mythe des "hommes-caïmans" profite aux criminels

 

En Centrafrique, le mythe des "hommes-caïmans" profite aux criminels

 

par AFP, le 20 novembre 2020

 

Une odeur nauséabonde flottait depuis quelque temps sur la Corniche, cette route fréquentée de Bangui qui longe l'Oubangui, la plus grande rivière de Centrafrique. C'est dans les hautes herbes froissées par les eaux brunâtres que les pêcheurs ont découvert les corps.

En une semaine, trois cadavres y ont été repêchés en octobre, décapités, menottés et enroulés dans des sacs, ont assuré des sources humanitaires à l'AFP, sous couvert de l'anonymat. Ces découvertes macabres ont fait les titres de la presse locale, alimentant l'inquiétude des populations et toutes sortes de rumeurs: crimes rituels, règlements de compte ...

Mais quand des corps émergent des cours d'eau, les talimbis sont les premiers suspects. Ces "hommes-caïmans" terrorisent les Centrafricains depuis des décennies.

Pour certains, ce sont des hommes qui se métamorphosent en sauriens. Pour d'autres, de simples sorciers qui utilisent leurs pouvoirs sans jamais quitter les rives. Dans tous les cas, le procédé est le même: attirer la victime sous l'eau pour la tuer, en punition d'une faute présumée.

Régulièrement, des mutilations sur des cadavres repêchés sont commodément attribuées aux talimbis: "La langue arrachée, c'est pour punir ceux qui parlent trop", explique un pêcheur de Bangui, qui ne veut pas être identifié. "Le sexe coupé, c'est un adultère. Les oreilles, ceux qui n'écoutent pas".

Car une victime des "hommes-caïmans" leur a nécessairement été "livrée" par un rival ou un parent mécontent. Le mythe des talimbis fonctionne "comme un régulateur des normes de savoir-vivre et de moralité", analyse la chercheuse Aleksandra Cimpric (Les transformations des représentations symboliques relatives à l'eau, Cahier d'études africaines, 2011).

- Carences de la justice -

Alors que la justice institutionnelle souffre de graves carences dans un pays miné par la pauvreté, la corruption et les guerres civiles, les talimbis ont leur propre "tribunal": dans le mythe, il est impossible de leur livrer une victime innocente sous de fausses accusations.

"Celui qui fait le talimbi va vérifier si ce que tu dis est vrai", assure Jean-Claude Beta, président de l'association des tradipraticiens de Centrafrique, ces guérisseurs traditionnels initiés aux secrets du monde des esprits.

Pour cela, un bâton ou une plante sont jetés dans l'eau. Si le bâton flotte, l'accusation est fausse. Mais s'il coule, la sentence est rendue et la victime est "appelée" vers le fleuve. "Quand tu es appelé, tu vas être attiré dans l'eau. Même si tu es à cent kilomètres. Il n'y a pas de remède pour ça, tu vas mourir", explique M. Beta.

La peur des talimbis est solidement ancrée à Bangui, y compris chez les plus éduqués. Il n'est pas rare d'entendre des histoires "d'hommes-caïmans" si détaillées qu'elles feraient frémir les plus cartésiens. Mais ces croyances profitent surtout aux criminels, dans une ville marquée par la violence.

"Il suffit de jeter le cadavre dans le fleuve, et cette histoire de talimbi protège les meurtriers et les enquêtes ne sont pas menées avec la volonté de découvrir la vérité", assène Joseph Bindoumi, président de la ligue centrafricaine des droits de l'Homme et ancien procureur.

La troisième victime retrouvée en octobre sur la Corniche était une jeune femme et personne n'est venu réclamer son corps. Elle a été enterrée sur place par les jeunes du quartier, devant une foule de curieux. Un petit tas de terre surmonté d'une croix de bois tordue, juste au bord de la route. Dossier clos.

- Trois guerres civiles -

La police n'admet la découverte que d'un seul cadavre en octobre, le sien, et assure que la jeune femme ne portait aucune marque de violences.

"Le corps était en décomposition avancée", soutient le commissaire Mathurin Koh, de la brigade criminelle, qui n'a pas pu établir la cause précise du décès faute d'autopsie. "Nous faisons juste le constat", se défend-il.

Auteur d'un mémoire sur les "métamorphoses" magiques, le commissaire Koh connaît bien le phénomène talimbi. Mais les "pratiques de charlatanisme et sorcellerie", sévèrement punies par la loi, échappent en partie à sa compétence, déplore-t-il.

Les familles préfèrent s'adresser à un guérisseur pour retrouver ceux qui ont "livré" leur proche aux talimbis. Quant aux éventuels témoins, ils s'exposent aux représailles de ces redoutés sorciers.

Le phénomène des "hommes-caïmans" existe dans toute l'Afrique centrale, mais il a trouvé un écho particulier dans un pays ravagé par trois guerres civiles - dont la dernière perdure - qui ont sévèrement affecté le système éducatif comme les institutions.

"Quand l'ignorance est élevée, elle devient une règle. Ceux qui sont contre sont pratiquement rejetés par la société", assure Joseph Bindoumi. Pour l'ancien procureur, les mutilations sont souvent les stigmates d'un séjour prolongé dans l'eau après une noyade, "mais si vous dites qu'il s'agit d'un crime classique ou d'une noyade, personne ne vous croit".

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19 novembre 2020 4 19 /11 /novembre /2020 22:42
Le CNJ entame une série de rencontres avec les garants et facilitateurs de l’APPR
Le CNJ entame une série de rencontres avec les garants et facilitateurs de l’APPR

 

Centrafrique : le CNJ entame une série de rencontres avec les garants et facilitateurs de l’APPR

BANGUI, 19 Novembre 2020 (RJDH) --- Le Conseil National de la Jeunesse(CNJ) et la CEEAC ont échangé sur l’Accord politique pour la paix et réconciliation en Centrafrique ce mercredi 18 novembre à Bangui. Il est question selon la présidente du CNJ Pamela Dérome, de rappeler aux garants et facilitateurs le non-respect de certaines dispositions de l’accord notamment les violations des droits humains dans certaines régions du pays.

L’initiative du Conseil National de la jeunesse fait suite au multiple constat par rapport aux violences armées perpétrées par des groupes armés pourtant signataires de l’accord de paix en 2019. Le CNJ déplore le non-respect de l’accord de paix signé depuis le 06 février 2020 à Bangui et compte rappeler les parties prenantes par rapport à leurs engagements.

Selon Adolphe Nahayo, représentant spécial du secrétaire général de la CEEAC, la mise en œuvre de cet accord relève du gouvernement et des groupes armés, principaux acteurs dans le processus, « Le CNJ a effectivement exprimé cette préoccupation, mais je leur ai dit que, les garants ne sont que des accompagnateurs. La mise en œuvre de cet accord, relève des deux parties, c'est-à-dire le gouvernement et les groupes armés. Et les deux sont des clés de mécanisme de mise en œuvre de cet accord. Au niveau des préfectures, nous avons le comité technique de sécurité, le comité préfectoral de mise en œuvre et au niveau national nous avons le comité national de mise en œuvre et donc, nous traitons les questions qui ont dépassé tous ces mécanismes de mise en œuvre », a-expliqué l’Ambassadeur.  

L’inquiétude du CNJ aujourd’hui, se fonde sur d’autres accords qui continuent de voir le jour alors que la mise en œuvre pose toujours problème.

« Vu l’avancement et surtout les résultats que nous constatons sur le terrain en ce qui concerne la mise en œuvre de cet accord, nous avons constaté qu’il y’a beaucoup de failles et de lenteur et surtout de laxisme du côté des garants.  Et au-delà de cet accord, d’autres sous-accords ont été signés et nous constatons que l’accord lui-même est en train d’être mis à coté en faveur d’autres accords.  Et c’est ce qui nous inquiète parce que nous sommes en train d’aller dans un processus électoral », s’inquiète Pamela Derome.

Après la CEEAC, le CNJ projette rencontrer l’Union Européenne et l’Union Africaine la semaine prochaine pour faire le point sur la mise en œuvre de l’accord.

Sandra Cynthia Belly.

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