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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 02:19

 

 

 

 

 

14/09/2014 à 23:24

 

Des milliers de réfugiés observent depuis fin août les mouvements de tonnes de véhicules et de matériels débarqués d'avions-cargos géants à l'aéroport M'Poko, à Bangui. Le reste (camions, tentes, engins de chantier) arrive par la route en convois sécurisés: plus de 700 conteneurs débarqués au port de Douala, puis acheminés pendant dix jours le long de mauvaises pistes à travers le Cameroun. «C'était un défi logistique, mais nous sommes prêts», confie une source à l'ONU.

 

Espérée pendant des mois avant d'être enfin décidée par le Conseil de sécurité en avril, l'opération de maintien de la paix, placée sous chapitre 7 de la Charte des Nations unies autorisant le recours à la force, prend lundi le relais des troupes déployées par l'Union africaine: 5300 hommes de la Misca vont troquer leurs bérets verts, contre les casques bleu azur de l'ONU, au cours d'une cérémonie solennelle, rejoints par un premier contingent arrivé du Bangladesh. En tout, 7600 hommes, dont un millier de gendarmes et de policiers, tenteront de protéger les populations et de désarmer les combattants, tout en soutenant une éventuelle transition politique dans un pays ravagé par des décennies de corruption et que les combats sanglants entre milices musulmanes (la Séléka) et chrétiennes (les anti-Balaka) ont laissé en ruines.

 

«L'État est de retour»

 

À terme, la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en République centrafricaine) devrait rassembler 12.000 soldats et policiers, répartis sur 24 bases d'opération et trois états-majors régionaux. Nouvel acronyme, nouveau commandement… Mêmes buts. «C'est la douzième intervention de paix en RCA depuis 1997», observe un diplomate, qui veut croire, pourtant, au succès de cette «mission de la dernière chance». Parce que ses effectifs, plus nombreux, permettront de sécuriser un territoire plus vaste, en coordination avec les 2000 soldats français de l'opération «Sangaris», sur place depuis fin 2013, et les 150 uniformes européens de l'Eufor cantonnés à Bangui. Parce que ses équipements la rendront plus mobile: «L'ONU apporte la puissance de sa logistique. S'il y a besoin de déplacer rapidement 40 hommes pour une intervention, nous pourrons le faire.» Enfin, parce que le mandat de l'ONU est clairement d'assumer certaines missions régaliennes afin de rétablir l'autorité de l'État, en matière de police, de justice, et même de douanes. «La chaîne judiciaire est totalement rompue, souligne le chef des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous. Les tribunaux, les prisons sont en ruine, il n'y a pas de fonctionnaires, plus d'archives.» Des personnels civils (magistrats, gardiens de prison, ingénieurs) accompagnent la force, autorisée à «arrêter, détenir et juger les gens. (…) Après des décennies de pratique établie d'impunité, nous devons envoyer à la population un signal clair: l'État est de retour».

 

Mais l'optimisme affiché masque mal les faiblesses de l'opération. Les troupes africaines déjà sur place vont devoir s'adapter aux normes onusiennes, en terme de formation, d'équipement… une gageure. Les bataillons promis, notamment par le Pakistan ou l'Indonésie, pourraient tarder, et leurs effectifs non francophones font craindre sur le terrain des problèmes d'efficacité, comme le trop faible nombre de femmes militaires, rendant plus délicate la lutte contre les viols.

 

Enfin, des équipements vitaux font cruellement défaut: sur les douze hélicoptères espérés, seuls trois sont arrivés à Bangui. Cinq autres sont attendus dans les prochaines semaines… Tous de transport. «Nous aurions besoin d'hélicoptères d'attaque», admet Hervé Ladsous. Mais les contributeurs rechignent… Le budget annuel de la Minusca devrait dépasser 500 millions de dollars.

L'ONU déploie sa mission en Centrafrique
L'ONU déploie sa mission en Centrafrique
L'ONU déploie sa mission en Centrafrique

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 02:18

 

 

 

 

 

 

Par RFI  14-09-2014 à 14:56

 

En Centrafrique, ce lundi 15 septembre verra le passage officiel de témoin de la force africaine Misca à une mission des Nations unies, la Minusca. Les 6 000 hommes de la Misca constitueront le noyau dur de la nouvelle force qui devrait être constituée à terme de 12 000 personnes. Dans un premier temps, ce sont surtout les soldats de la paix africains qui vont échanger leur casque vert contre un casque bleu. A 48h00 de la « bascule », une cérémonie d'hommage à la force africaine était organisée samedi au camp Mpoko à Bangui.

 

Les trompettes sonnent. Face à une tribune d’honneur, déjà parée aux couleurs de l’ONU, les bérets verts ont reçus les remerciements des autorités centrafricaines. Des remerciements portés par la présidente de transition. Catherine Samba-Panza qui s’est félicitée des résultats de l’action internationale en neuf mois.

 

« Aujourd’hui, la ville de Bangui a presque retrouvée sa gaîté, des écoles et des hôpitaux ont réouvert, et la vaillante population de Bangui réapprend, progressivement, à vivre dans la quiétude. Le corridor Bangui - Beloko, principale source d’approvisionnement du pays est sécurisé principalement grâce à la Misca et à Sangaris. »

 

Le chef de la Misca, le général Mokoko, a de son côté tenu à saluer la mémoire des soldats de la paix africains tombés en mission.

 

« Plus d’une trentaine de ces jeunes gens sont morts en terre centrafricaine, j’exhorte, j’implore même, tous ceux qui peuvent œuvrer d’avantage à l’apaisement dans ce pays, à se donner la main et à chasser l’amertume de leur cœur et de leur esprit. »

 

Dès la fin du défilé, la rigueur de la cérémonie a laissé la place à une prestation musicale improvisée des contingents des deux Congo avec des fusils Kalachnikov transformés en cymbales et des chants qui appelaient les Nations unies à leur donner le casque bleu.

Cérémonie d'hommage à la Misca en RCA
Cérémonie d'hommage à la Misca en RCA

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 13:25

 

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-09-13 11:04:57 - Une délégation de jeunes du Rwanda en visite de partage d’expérience en Centrafrique a été reçue vendredi par la présidente de transition Catherine Samba-Panza, en présence de l’Archevêque de Bangui, Monseigneur Dieudonné Nzapalainga, au palais de la renaissance à Bangui.


Forte de cinq membres tous membres de l'organisation non gouvernementale et conduite par le consul de la RCA à Kigali, Anne-Marie Goumba, cette délégation est depuis mardi dans la capitale centrafricaine pour un échanges d'expériences avec ses pairs de la Centrafrique, à travers l'organisation des séminaires sur la cohésion sociale, la réconciliation et la paix.


Selon l'Archevêque de Bangui, la venue de ces jeunes rwandais fait suite au déplacement des leaders religieux centrafricains à Rwanda. ‘'Nous nous sommes déplacés pour voir ce qui s'est passé au Rwanda et nous avons convenu à les inviter à venir dans notre pays. Aujourd'hui, ils sont là' », a-t-il dit.


‘'Ce qui arrive en Centrafrique n'est pas insurmontable. Si on se donne la main, si on s'écoute et on s'estime on peut surmonter cette crise'', a-t-il prophétisé.
Pour le prélat, ‘'l'exemple du Rwanda va nous préparer et éduquer à éviter le pire''.


Les Rwandais qui ont ensuite pris part à une table ronde sur la cohésion sociale, la réconciliation nationale et la paix, quittent lundi la Centrafrique.

 

http://www.apanews.net/article_read-804481-en-seur-eangui-des-jeunes-rwandais-ree-par-catherine-samba-panza.html#sthash.eMm0xzr9.dpuf

 

En séjour à Bangui, des jeunes rwandais reçus par Catherine Samba-Panza

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 13:00

 

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-09-13 10:46:43 - L’Agence française de développement (AFD) a octroyé une subvention de trois millions d’euros, soit environ 3,275 milliards de FCFA, au gouvernement centrafricain pour la relance de l’éducation primaire et la formation professionnelle des jeunes désœuvrés.


L'accord dans ce sens a été signé vendredi à Bangui par Florence Limbio, ministre du Plan, et Philippe Chedane, directeur adjoint du département Afrique de l'AFD, venu du Cameroun.


En signant l'accord, M. Chedane a indiqué que l'enveloppe va permettre à la RCA de répondre aux besoins de l'heure que sont ‘'l'éducation primaire et la formation professionnelle pour permettre aux jeunes désœuvrés de trouver un emploi''.

Au-delà du montant de la subvention, ‘'ce qui est très important, a-t-il dit, c'est qu'on puisse aboutir à un travail qui a consisté donc à repenser un projet qui a été déjà instruit avant la crise''.


Selon lui, ce travail avec les cadres centrafricains en partenariat avec les agences de l'AFD de Bangui et de Yaoundé a permis de ‘'revisiter le projet et ses composantes afin de s'adapter aux besoins nouveaux que la crise a induit aujourd'hui en République Centrafricaine''.


Tout en se réjouissant de la signature de cette convention, la ministre centrafricaine du Plan, Florence Limbio, a indiqué que ‘'des fonds seront mis à la disposition du ministère de l'éducation pour la construction des écoles, fourniture des livres, et autres matériels pédagogiques''. 

 

http://www.apanews.net/article_read-804477-trois-milliards-de-fcfa-de-l--afd-pour-la-formation-des-jeunes-centrafricains.html#sthash.pLiw72GO.dpuf

 

Trois milliards de FCFA de l'AFD pour la formation des jeunes centrafricains

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 12:48

 

 

 

 

 

 

13 Septembre 2014 - 11:36 

 

Dans un entretien du chef de l'Etat, Idriss Déby réalisé par Afrique Media TV au Palais Présidentiel à N'Djamena, le dirigeant tchadien aborde plusieurs sujets sensibles et expose sa vision du monde. Déby pointe clairement du doigt la France dans la responsabilité de la crise centrafricaine. Extraits des propos du Président tchadien sur la situation de la RCA.

 

 

« Des amis qui sont intervenus comme nous en RCA pour trouver des solutions avec des agendas. Je parlerai de Sangaris bien sûr, la France. Ce que je vous dit je l'ai dit au Président Hollande de la manière la plus amicale possible. Les deux agendas n'étaient pas peut être dans l'intérêt de la RCA. On nous a poussé à la porte et nous sommes partis.  » 

 

« J'ai fait une réunion et nous avons décaissés 30 milliards de FCFA pour faire fonctionner l'administration de la RCA. Le Tchad a mis plus. Nous n'avons pas du tout abandonné la RCA.  » 

 

« SI l'armée tchadienne devait repartir en RCA, cela ne se fera qu'avec l'accord des autorités tchadiennes et surtout avec une demande expresse des autorités et du peuple centrafricain.  » 

 

« S'il y a une manipulation, je pense, c'est de Sangaris, ne cherchez pas de midi à quatorze heures.  » 

 

« Nous sommes prêts à aider la RCA sur tous les plans. Nous avons intérêt à avoir une RCA en paix.  » 

 

RCA : "S'il y a une manipulation, c'est de Sangaris, ne cherchez pas de midi à 14 h" (Déby)

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 11:13

 

 

 

 

 

 

 http://survie.org/    le 12 septembre 2014 (rédigé le 8 septembre 2014) 

 

Neuf mois après le début de l’intervention militaire française (Sangaris), la Centrafrique est toujours en proie aux violences. Le sommet de Brazzaville, qui avait rassemblé dans la capitale congolaise les différents protagonistes de la crise afin d’instaurer un cessez-le-feu, a été un échec. Les troupes étrangères présentes dans le pays le sont donc encore pour longtemps…

 

Embourbée dans la guerre civile centrafricaine, la France annonce chercher une porte de sortie. Selon le sénateur Jacques Berthou « notre stratégie c’est qu’à une opération militaire, Sangaris, décidée dans l’urgence pour éviter ce qui aurait pu dégénérer en logique génocidaire, se substitue progressivement une opération sécuritaire autour d’Eufor RCA et de l’opération de maintien de la paix de l’ONU (12 000 h) » (Sénat, 13/05). Cela sous-entend-il que l’armée française va enfin quitter la Centrafrique ? Il n’en est rien.

 

Le plan français pour la Centrafrique

 

A la question de savoir quand le gouvernement compte relever les militaires français encore sur place, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian répond : « notre objectif est de revenir le plus rapidement possible à l’effectif initial. Nous avions 400 militaires à M’Poko depuis 2003, soutenus à partir de Libreville : c’est ce chiffre qui doit donner la mesure de notre présence sur place » (Assemblée Nationale, 27/05). En clair, garder le contrôle de l’aéroport principal du pays, pour avoir la possibilité d’intervenir militairement si la situation n’évolue pas dans le sens désiré par Paris.

 

On notera qu’il n’est pas question d’intégrer les soldats français à la force de maintien de la paix de l’ONU qui doit se mettre en place le 15 septembre 2014 (la MINUSCA, pour Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine). La France tient à garder une force de frappe indépendante afin de pouvoir agir à sa guise, comme au Mali et en Côte d’Ivoire.

 

Reste que sur place, malgré ces déclarations, l’heure n’est toujours pas au retrait. La France a ainsi décidé de renforcer ses troupes en envoyant des blindés lourds (des VBCI), du même modèle que ceux qui avaient été déployés lors de la guerre au Mali. De même, l’état-major assume désormais qu’il y a au moins 2250 soldats français dans le pays (2000 pour Sangaris et 250 pour EUFOR RCA). Des chiffres qui ne prennent pas en compte les forces spéciales de l’opération Auriga, elles aussi très actives sur le terrain.

 

Qui restera sur place ?

 

La force Sangaris étant destinée à être réduite à sa portion congrue, qu’en est-il pour les autres forces internationales déployées dans le pays ? Difficilement mise en place et à moitié constituée de soldats français, l’opération européenne EUFOR RCA Bangui n’a pas vocation à s’éterniser en Centrafrique. Elle doit plier bagage à la fin de l’année. Ce sera donc à la MINUSCA, qui prendra le relais de la force africaine actuellement déployée (la MISCA), d’assurer le travail. Les 5800 soldats qui la composent deviendront donc des Casques Bleus. Ils seront rejoints par 1800 soldats et policiers supplémentaires, dont trois bataillons d’infanterie fournis par le Maroc [1], le Bangladesh et le Pakistan, et des policiers rwandais et sénégalais, portant l’effectif total à 7600 hommes, bien loin des 12 000 escomptés (Jeune Afrique, 20/08/2014). Le tout sera dirigé par le général sénégalais Babacar Gaye.

 

Les exactions de la MISCA

 

Avant même d’avoir commencé, la mission de l’ONU part avec un lourd passif. En effet, un certains nombre de soldats de la MISCA ont commis de graves exactions durant leur mandat, faisant craindre le pire pour la suite.

 

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a ainsi révélé le 2 juin que « des troupes de maintien de la paix de l’Union africaine appartenant à un contingent fourni par la République du Congo (Congo-Brazzaville) ont été mises en cause dans les disparitions forcées, le 24 mars 2014, d’au moins 11 personnes ». Les disparitions forcées sont passibles de poursuites pour crime devant la Cour Pénale Internationale. La MISCA a indiqué que son chef, le général congolais Jean-Marie Michel Mokoko [2], a « "suspendu provisoirement" le commandant de l’unité congolaise en poste à Boali, au moment des faits et "relevé les 20 soldats incriminés" » (RFI, 19/07). Les soldats congolais s’étaient déjà illustrés pour leur méthode criminelle le 22 décembre 2013 à Bossangoa. Selon HRW (02/06), «  des troupes congolaises sont réputées avoir torturé à mort deux chefs antibalaka à la suite du lynchage brutal d’un militaire congolais de la MISCA ».

 

Par ailleurs, on apprenait début août que « dans les camps de déplacés, les femmes sont souvent victimes de violences sexuelles. A Bambari, de nombreux témoignages pointent l’attitude des soldats de la Misca, en charge de la protection d’un des camps de la ville. La nuit, des éléments de la force africaine de maintien de la paix se livreraient à des abus, du harcèlement et de l’exploitation sexuelle sur de jeunes déplacées démunies contraintes de se livrer, pour survivre, à ceux qui sont censés les protéger » (RFI, 04/08).

 

Prochainement responsable de ces troupes, il est impératif que l’ONU mette fin à ces pratiques de soudards, si elle veut éviter d’être éclaboussée par un nouveau scandale.

 

 

[1] Concernant le bataillon marocain, il s’agit sûrement en partie des soldats déjà sur place pour protéger les installations et les personnels du Bureau intégré des Nations Unies en Centrafrique (BINUCA).

 

[2] Le général Gaye et le général Mokoko sont tous deux issus de la promotion « Général de Gaulle » de St Cyr, la principale école d’officiers française…

 

Lu pour vous : Les soudards en Centrafrique (Survie)

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 22:41

 

 

 

 

 

LE MONDE | 12.09.2014 à 19h06 • Mis à jour le 12.09.2014 à 19h13 |Par Claire Guillot

 

« J'ai rencontré le diable. » C'est ainsi que Jérôme Delay résume sa traversée du conflit centrafricain. Une phrase qui surprend dans la bouche de ce reporter aguerri, chef des photographes de l'agence Associated Press pour l'Afrique, rompu aux tragédies. Mais nulle part ailleurs qu'en Centrafrique, dit-il, il n'a vu d'aussi près la haine et la vengeance saisir les foules comme dans une transe collective. « C'est la première fois que j'assiste à cette nonchalance chez les tueurs, capables de découper des gens sous les yeux des photographes comme s'ils n'étaient pas là. »

 

Ils sont une petite dizaine de photoreporters à avoir couvert le basculement du pays en 2013 et 2014, et restent marqués. Au printemps 2013, la prise du pouvoir des rebelles musulmans de la Séléka traîne dans son sillage exactions et pillages, poussant les habitants chrétiens à former des milices d'autodéfense. En décembre, le rapport de force s'inverse : la défaite des nouveaux dirigeants sonne le signal d'une vengeance aveugle contre la minorité musulmane du pays, rendue responsable des troubles passés. Un règlement de comptes généralisé s'opère, parfois sous les yeux des soldats français et de la force africaine envoyés sur place.

 

IMAGES SANGLANTES ET ÉPROUVANTABLES

 

Les photos de Jérôme Delay ont été projetées lors du festival Visa pour l'image, qui a aussi rendu hommage à la jeune photographe Camille Lepage, tuée en Centrafrique. La manifestation expose, jusqu'au 14 septembre, le travail de trois photographes qui ont passé du temps sur place, Michaël Zumstein, Pierre Terdjman et William Daniels. Des images sanglantes et épouvantables, où les tueurs à machette partent en chasse le cœur léger, mais qui restent en deçà de ce que les reporters ont vu – démembrement, émasculation, voire cannibalisme. «J'ai mis le soft du soft », explique Pierre Terdjman, qui a titré son exposition « Ils nous mettent mal à l'aise », reprenant l'expression utilisée par les populations musulmanes terrorisées.

 

Le photographe William Daniels, qui a publié ses photos dans le magazine Time et retournera sur place grâce à une bourse de l'agence Getty, parle de la « force de la rumeur », capable de transporter des foules entières dans un sens ou dans un autre « Nous avons vu des gens super éduqués, en costume-cravate, perdre tout à coup toute humanité et se transformer en bourreaux. »

 

« L'HORREUR DÉTOURNE LE PUBLIC DU SENS DES PHOTOS »

 

Les photographes ont tous résisté à la tentation de publier les images atroces. « Ce sont des scènes que nous avons photographiées pour enregistrer les faits, souligne Jérôme Delay. Pas pour les diffuser. » William Daniels est le seul à avoir inclus dans son exposition à Perpignan un corps démembré, la tête à côté du tronc. Pour Michaël Zumstein, qui a travaillé en Centrafrique pour Le Monde, « l'horreur détourne le public du sens des photos ». Il a préféré la suggérer, avec des images élégantes qui jouent sur la panique dans les regards. Sur une de ses images, au lieu de cadrer sur les cadavres alignés, il a montré les curieux, séparés des morts par un voile noir qui mange l'image.

 

Les photographes ont aussi atténué les scènes de violence pour ne pas alimenter les clichés sur une Afrique de « sauvages » où tout le monde s'entre-tue. « Le sang n'explique rien », raconte Pierre Terdjman. Il a préféré insister sur les scènes de pillage et la spoliation des maisons musulmanes : « Cette volonté de terroriser, voire d'exterminer, une minorité, me rappelle les violences contre les juifs dans les années 1930. Beaucoup de musulmans possédaient des boutiques… ce sont des jalousies très anciennes qui se sont réveillées. »

 

MOBILISATION INTERNATIONALE TARDIVE ET TIMIDE

 

A Bangui, les photographes se sont serré les coudes, travaillant ensemble, partageant le même hôtel ou la même voiture. Et outrepassant souvent leur rôle – « Il y a un moment où c'est notre responsabilité en tant qu'être humain qui est en jeu », explique Michaël Zumstein. Qui évoque une famille musulmane encerclée par des chrétiens. « On savait que, dès notre départ, elle allait se faire massacrer. On est allés voir les militaires français pour qu'ils les évacuent. »

 

Confrontés aux tueries et aux intimidations systématiques, les musulmans ont finalement fui par centaines de milliers, dans un nettoyage ethnique que n'ont pas réussi à empêcher les forces de maintien de la paix. Les photographes, qui ont la sensation d'avoir lancé l'alerte, regrettent que la mobilisation internationale ait été si tardive et timide. « C'est comme si c'était un problème uniquement françaisregrette William Daniels. Mon agence, qui est britannique, n'a vendu quasiment aucune image en Grande-Bretagne.» Une impuissance et une indifférence souvent plus difficiles à supporter que les souvenirs des atrocités auxquelles ils ont assisté.

 

 

Visa pour l'image. Différents lieux de Perpignan. Entrée gratuite, tous les jours, de 10 heures à 20 heures, jusqu'au 14 septembre.

 

Claire Guillot 

 
Journaliste au Monde

 

Lu pour vous : L’immontrable horreur de la Centrafrique

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 19:45

 

 

 

 

 

http://fr.radiovaticana.va/   12/09/2014

 

C’est l’évêque de Kaga-Bandoro, Mgr Albert VANBUEL, président de la commission épiscopale Justice et Paix qui a ouvert les travaux au centre Mgr Joseph Cucherrusset de Bangui, en présence de l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné NZAPALAINGA, Président de la conférence des évêques de Centrafrique et de deux représentants de l’ONG Catholic Relief Service (CRS), partenaire de cette institution.

 

Dans son discours, Mgr VANBUEL,  a souligné  que ce conseil ne s’est pas tenu depuis 2 ans à cause de la crise dans le pays ; c’est donc l’occasion pour les participants venus des différents diocèses d’identifier des activités à court et long terme pour l’édification de la paix.  Il a aussi ajouté que cette rencontre doit permettre de s’appesantir  sur la doctrine sociale de l’église,  le rôle que Justice et Paix a joué pendant la crise qui perdure en Centrafrique et sur la cohésion sociale.

 

Au cours des travaux, le bureau national et les bureaux diocésains de justice et paix ont présenté leur rapport d’activité suivi des élections des nouveaux membres du bureau national.

 

Le conseil national de la commission épiscopale justice et paix sera sanctionné par un communiqué final et des recommandations.

 

Une messe d’action de grâce mettra fin à ces assises ce vendredi 12 septembre.

 

Centrafrique : Réunion du Conseil national de la commission épiscopale Justice et Paix

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 19:33

 

 

 

 

 

APA-Dakar (Sénégal) - 2014-09-12 17:21:49 - Le sommet de la francophonie qui se tiendra au Sénégal en Novembre prochain sera une occasion pour les chefs d’Etat de pays francophones de trouver un nouveau remplaçant au secrétaire général Abdou Diouf. Ce dernier, après trois mandats successifs, ne peut plus briguer un quatrième mandat.

 

Il existe un certain nombre de critères pour les candidats au poste de Secrétaire Général de l'OIF. Le candidat devrait de prime abord connaitre la diplomatie, savoir faire travailler une équipe composée d'hommes et de femmes venant d'horizons divers en l'occurrence des 77 pays de la francophonie. Ces postulants auront également pour mission d'aider à  l'instauration et au développement de la démocratie, à  la prévention ainsi qu'à  la gestion et au règlement de conflits. 

Dans ce cadre la personnalité et l'expérience seront en effet un atout pour le candidat. Ainsi, l'on voit des spéculations un peu partout en Afrique et dans le monde, même si certaines candidatures demeurent encore non officielles et non consensuelles. Ils sont dès lors d'anciens chefs d'Etat, de leaders politiques, d'écrivains, de personnalités de la société civile à  aspirer à  remplacer à  Abdou Diouf.

Il s'agit de Jean Claude de L'Estrac de l'ile Maurice, du Congolais Henri Lopes, de l'ancien président burundais Paul Buyoya mais aussi de la célèbre journaliste canadienne Michaelle Jean.


Henri Lopez, Ecrivain et homme politique congolais


L'écrivain congolais fut professeur en France où il finit ses études en 1963. Henri Lopes fut également professeur d'histoire à  son retour dans son pays à  l'Ecole normale supérieure d'Afrique Centrale. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il est considéré comme l'un des précurseurs de la littérature africaine moderne. Ainsi, en 1972, il est lauréat du grand prix d'Afrique noire de l'Association des écrivains de langue française pour son livre Tribaliques. L’académie française lui décerne en 1993, le grand prix de la francophonie.


Membre du parti congolais du travail, il devient ministre de l'Education nationale en passant par celui des Affaires étrangères avant d'être nommé Premier ministre en 1973.

Il travaille pour l'Unesco ou il est directeur général adjoint pour la culture et les relations extérieures de 1982 à  1998, année où il est nommé ambassadeur de la République du Congo en France


Michaelle Jean, la seule candidate féminine en lice


Agé de 56 ans, cette journaliste canadienne d'origine haà¯tienne nommée envoyée spéciale de l'Unesco dans son pays depuis 2010 a officiellement déclaré sa candidature pour le poste de secrétaire général de l'Oif .Elle fut également 20ème gouverneure du Canada. Sa candidature est soutenue par Christine St –Pierre, ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec et par ailleurs son collègue à  Radio Canada. Elle a commencé à  battre campagne en allant en France pour rencontrer le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et Abdou Diouf. Juste avant, elle a mis à  profit la séance plénière de l'Assemblée parlementaire de la francophonie à  Ottawa. Dans un entretien exclusif, elle a confié que l'actuel secrétaire général a établi des fondations solides du point de vue de la Francophonie politique. Les chefs d'état veulent une francophonie économique, a-t-elle souligné. Elle a également affirmé que cela se traduirait par l'investissement dans la formation dans des domaines de pointe, la diversification de l'économie et l'aide aux pays africains émergents.


Jean Claude de l'Estrac, secrétaire général de la commission de l'océan indien

A 66 ans, le Mauricien Jean Claude l'Estrac est l'actuel secrétaire général de la commission de l'océan indien. Ayant été à  la tête de plusieurs ministères dans son pays il y a par ailleurs mené beaucoup de combats notamment contre la censure, ou encore la marginalisation de l'Iles Rodrigues, pour le retour des Chagossiens. Il a été également promu officier de la Légion d'honneur à  Paris. De l'Estrac est en effet le premier à  se porter candidat au poste de Secrétaire général de la francophonie. Dans un communiqué, il déclare présenter une candidature engagée, dans une francophonie ouverte, heureuse et décomplexée mais aussi un projet fort qui lie la promotion de la paix, à  l'épanouissement des cultures et à  la dynamisation de la dimension économique de la francophonie. Il a cependant confié qu'il vient d'un petit pays certes mais un pays qui a beaucoup à  offrir au monde.


Pierre Buyoya, Ancien président burundais


Pierre Buyoya a été à  la tête du Burundi de 1987 à  2003 avec deux mandats. Après les études secondaires, il quitte son pays pour la Belgique où il obtient en 1975 un diplôme de sciences sociales et militaires. A son retour, il intègre l'armée comme commandant. Il gravit les échelons en passant d'officier chef des opérations à  l'état-major à  major en 1986.Très populaire, il est élu membre du comité central de l'Union pour le progrès national (UPRONA), le parti au pouvoir.


L'année suivante, il accède à  la magistrature suprême par un coup d'Etat. Il promulgue par la suite une nouvelle constitution instaurant le multipartisme. En 1996, l'armée le rappelle au pouvoir. Il conclut des accords de paix en 1997 face aux affrontements entre guérillas hutus et tutsis et apporte son soutien à  la rébellion de Kabila au Zaïre. Il a aussi repoussé une offensive sur l'aéroport de Bujumbura en Janvier 1998.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=804434#sthash.mdtUKq6p.dpuf

 

Francophonie : Profil des candidats à la succession de Abdou Diouf

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 19:20

 

 

 

 

 

Bangui, 12 Sept. (ACAP) - Le Général Babacar Gaye, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et patron de la MINUSCA (Mission multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en République Centrafricaine), est d’avis qu’en raison des moyens du génie civil dont dispose la mission, cette mission est en mesure de réhabiliter certaines chaussées à travers la capitale et très prochainement dans l’arrière-pays, lors du lancement des travaux d’entretien des routes dans le 6ème Arrondissement de Bangui, en présence du Premier ministre Mahamat Kamoun, et du Ministre d’Etat en charge des Travaux publics, de l’Equipement et de l’Aménagement du territoire, Mme Marie Noëlle Koyara, mardi, 9 septembre 2014, à Bangui.

 

La réhabilitation de certaines routes et quelques ouvrages d’art par les forces de maintien de la paix des Nations Unies en République Centrafricaine a pour objectifs de faciliter la mobilité des populations et des patrouilles des troupes onusiennes après leur déploiement à travers la ville de Bangui ainsi que les actions humanitaires et sécuritaires.

 

La principale avenue pour l’instant concernée est l’Avenue Amadou Toumani Touré, qui part du Pont Jackson au Km5 dans le 3ème Arrondissement de Bangui vers le marché de Pétévo dans le 6ème Arrondissement de Bangui en passant par la citée des 92 Logements.

Est également concerné la route qui longe le siège de la MINUSCA et qui chute sur l’Avenue Amadou Toumani Touré.

 

Le trafic a été basculé sur cette voie à la suite de ce que le pont Langbassi sur l’Avenue David Dacko s’était effondré. Le marché de construction d’un nouveau pont au même endroit a été confié à une société chinoise. Mais en raison de l’insécurité ayant caractérisée la capitale Bangui, ces partenaires s’étaient rétractés, en attendant le retour de la stabilité.

 

Les voies pour l’instant retenues dans ce programme ont la particularité de servir de trait d’union entre des zones économiques de la capitale centrafricaine, d’une part le port de Kolongo, où sont entreposés le carburant et les lubrifiants qui alimentent toutes les stations-service du pays, la brasserie de Bimbo, les sociétés d’exploitation forestières de l’Ombella M’ Poko et de la Lobaye et d’autre part, le Km5.

 

De façon générale, les travaux d’entretien des chaussées dans la ville de Bangui par la MINUSCA, les forces Européennes (EUFOER) et la MISCA (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique) s’inscrivent dans les programmes du gouvernement de transition visant le désenclavement de tous les arrondissements de la ville de Bangui afin d’assurer la sécurité et le développement économique et social de la population.

 

A côté de ces actions, il est envisagé le revêtement d’une vingtaine de kilomètres et la réhabilitation des routes en terre ainsi que le reconstruction des ouvrages d’art défectueux constatés dans la ville de Bangui.

 

Les autres chaussées qui sont sur la ligne de mire des forces internationales, notamment les forces européennes sont : l’avenue Omar Bongo, qui mène du Commissariat du 5ème Arrondissement de Bangui vers l’Aéroport, et un pont devant autoriser la circulation à la hauteur du pont SICA, actuellement en reconstruction mais dont les travaux ont buté contre la saison des pluies.

 

En prenant le relais après la MISCA, la MINUSCA a pour mission primordiale la mise en œuvre d’un plan d’urgence de relèvement durable comprenant la protection de la population ; l’appui au processus politique et la contribution à la restauration de l’autorité de l’Etat. Toutefois, a indiqué le Général Babacar Gaye, « les membres de cette mission, du fait qu’ils sont appelés à vivre avec la population, ne manqueront pas d’être sensibles aux difficultés de toutes natures de cette population. En conséquence, ils essayeront de faire quelque chose pour cette population quand bien même il s’agit d’une mission de maintien de la paix et non une mission de développement ».

 

La MINUSCA réhabilite des chaussées pour faciliter à la fois la mobilité des populations et des patrouilles des troupes onusiennes

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