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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 13:34

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) 10/02/16  - Plus de 110 candidats aux élections législatives du 14 février prochain en Centrafrique ont annoncé qu’ils étaient à court d’agent et que par conséquent ils se désistaient pour ce scrutin, tenu dans un premier temps le 30 décembre avant d’être annulé, a annoncé mercredi le porte-parole de l’Autorité nationale des élections (ANE).

 

Selon Julius Rufin Gouandé Baba, les candidats qui ont désisté, ont, pour beaucoup d'entre eux, informé l'ANE des difficultés financières qu'ils ont pour battre campagne après s'être investi dans le premier scrutin qui a été annulé par la Cour Constitutionnelle.

 

La reprise du premier tour du scrutin législatif dans un bref délai ne leur a pas permis de réunir d'autres moyens financiers pour battre à nouveau la campagne, ont-ils écrit à l'ANE.

 

Outre cet argument financier évoqué par certains, d'autres ont expliqué avoir jeté l'éponge pour des convenances personnelles, a dit le porte-parole de l'ANE non sans écarter le fait qu'ils ne croient plus à la transparence du scrutin.

 

Leur désistement n'aura aucun impact sur la tenue des élections dans les circonscriptions concernées, a toutefois souligné le rapporteur général de l'ANE.

 

Il a ajouté que la maquette du bulletin de vote comportera leurs photos dans la mesure où elle a été confectionnée avant les désistements. Quoi qu'il en soit, a-t-il souligné, les électeurs sont informés et ne porteront pas leur voix sur eux.

 

Julius Rufin a par ailleurs informé que des sanctions ont été prises contre des membres de l'ANE qui sont à l'origine des manquements ayant conduit à l'annulation des législatives. Les sanctions vont de la suspension à la radiation pure et simple des membres de l'ANE et de ses démembrements reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés, a affirmé Julius Rufin Gouandé Baba.

 

Les concernés n'auront plus leurs salaires et pourront faire l'objet de poursuite judiciaire si leurs actes tombent sous le coup de la loi.

 

Les membres de l'ANE qui ont fait l'objet de sanctions, ont été dénoncés par les candidats pour avoir organisé des fraudes en faveur de leurs adversaires ou ont fait preuve d'incompétence. A ce sujet, ils n'ont pas transmis les procès-verbaux, conformément aux dispositions du code électoral.

 

Législatives centrafricaines : faute d'argent, plus de 110 candidats renoncent
Centrafrique-Presse.com
11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 13:22

 

 

INVITÉ AFRIQUE

 

 

Par Pierre Pinto   RFI  jeudi 11 février 2016

 

Faustin Archange Touadéra face à Anicet Georges Dologuélé, c'est l'affiche du second tour de la présidentielle centrafricaine de dimanche prochain. Faustin Archange Touadéra, Premier ministre de François Bozizé entre 2008 et 2013, a surpris bon nombre d'observateurs au premier tour en se qualifiant avec 19% des voix. Ces dernières semaines, plus d'une vingtaine de candidats battus au premier tour se sont ralliés à lui. Il répond aux questions de RFI.

 

RFI : Vous avez créé la surprise au premier tour. Beaucoup vous voient comme l’outsider qu’on n’attendait pas. Comment est-ce que vous expliquez votre score de 19% ?

 

Faustin Archange Touadéra : On dit outsider, mais on oublie les paramètres. Tout de même, j’ai été Premier ministre pendant cinq ans, dans un passé très récent. Je crois que c’est la première fois qu’un Premier ministre reste en poste pendant cinq ans. Et ça, ça compte. Et j’ai un bilan, il y a du travail qui a été fait. Les Centrafricains m’ont vu à l’œuvre et ça, ça compte aussi. Je pense que les standards, il faut les revoir un tout petit peu pour voir comment les Centrafricains sont allés voter. C’est vrai que je n’ai pas d’argent, pas beaucoup pour faire ma campagne, mais j’ai fait ma campagne sur des thématiques qui intéressent au regard de la crise que nous traversons. Et aujourd’hui, les Centrafricains ont envie de tourner la page. Ils veulent quelqu’un en qui ils ont confiance, ils veulent quelqu’un d’intègre pour gérer la chose publique.

 

Est-ce qu’avoir été Premier ministre de François Bozizé pendant cinq ans, c’est un atout ou un handicap dans la Centrafrique de 2016 ?

 

Pendant cette période-là, nous avons engagé un certain nombre de réformes. Il y a eu un bilan et un bilan positif. Les salaires étaient régulièrement payés, les bourses, les pensions. Nous nous sommes attaqués au problème de l’éducation : 4 500 enseignants ont été formés et intégrés. Des salaires qui étaient bloqués depuis plus de 23 ans, 24 ans, ont été débloqués. Ça, ça compte. Les cotonculteurs, à qui on n’avait pas payé le coton pendant des années, ont été payés. Et on a relancé la culture du coton. Nous avons assaini les finances, nous avons fait la bancarisation. Beaucoup de fonctionnaires ont apprécié que nous fassions confiance au système bancaire pour avoir la traçabilité. Nous avons mis en place un dispositif pour la lutte contre la corruption dans le cas du PPTE [Pays pauvres très endettés]. Ça, ce sont des choses qui comptent. Bien sûr, il n’y a pas eu que des succès, mais au regard de ça et globalement, les choses étaient positives.

 

La rébellion Seleka est née durant votre primature. Est-ce que ce n’est pas un échec pour vous ?

 

Vous savez quand on a commencé, il y avait des rébellions. Moi, quand je suis arrivé aux affaires, il était question d’aller au DDR [désarmement, de démobilisation et de réinsertion]. Il y a eu des efforts qui avaient été faits par le gouvernement pour procéder au désarmement à l’ouest de l’APRD [l'Armée populaire pour la restauration de la démocratie]. Mais les ressources nous manquaient pour pouvoir poursuivre au niveau du nord, nord-est. En avril 2012, nous avons été à New York pour faire un plaidoyer, pour dire attention, les groupes armés étaient prêts à être désarmés, mais nous manquons de moyens pour ça. Mais on n’a pas été entendus. On avait même dit qu’il y avait ces menaces-là et nous avons entamé la réforme du secteur sécurité parce qu’on savait que nos forces de défense à ce moment-là avaient beaucoup de faiblesses. Et ça, il fallait aussi des ressources. On ne nous a pas beaucoup entendus en termes de moyens. Donc je pense qu’il faut examiner les causes en profondeur, mais nous ne pouvons pas décliner nos responsabilités bien entendu.

 

Aujourd’hui, vous n’avez pas de parti. Comment est-ce que vous comptez composer une majorité avec laquelle gouverner si vous êtes élu ?

 

Après la proclamation du premier tour, beaucoup de ces candidats, de manière spontanée, ont soutenu ma candidature, et sans condition. Au sortir de là, nous avons les élections législatives. Je ne fais pas beaucoup de paris là-dessus, mais il serait difficile qu’un parti politique seul puisse avoir la majorité. Donc on sera obligés de composer pour pouvoir trouver une majorité pour pouvoir gouverner.

 

Vous président, quelle serait votre priorité ?

 

Mais la priorité, c’est la paix, la paix et la réconciliation nationale. La paix passe nécessairement par des négociations pour le désarmement. Et ceci avec l’assistance de la communauté internationale. Ensuite, il y a aussi la réforme du secteur sécurité. Nous voulons une armée nationale professionnelle, républicaine, avec une mission précise pour garantir la sécurité au niveau de nos frontières. Et il y a aussi la cohésion sociale. Nous allons entamer des dialogues intercommunautaires pour que le vivre ensemble soit une réalité centrafricaine.

 

Comment financer votre politique ?

 

Evidemment, vous savez que les bases de notre économie ont été mises à mal par cette crise-là. Donc nous allons pouvoir discuter avec la communauté internationale pour essayer de nous appuyer. Mais il n’y a pas que ça : avant de demander à la communauté internationale, nous allons devoir assainir nos finances publiques pour que nous ayons quand même quelque chose à proposer. Il faudrait quand même qu’on nettoie devant notre porte. Relancer un certain nombre de secteurs productifs, notamment l’agriculture, et aussi des secteurs comme le bois, les mines, et autres choses pour voir si nous pouvons avoir assez de ressources pour ça. Aussi, nous allons pouvoir demander à la communauté internationale de nous appuyer. Il y a la situation humanitaire qui est dramatique, il faut faire face à ça, et le gouvernement seul ne pourra pas. Ça, c’est une évidence. Et donc nous sollicitons des aides massives pour nous permettre de sortir de là et de relancer l’économie. Mais pour ça, nous devons nous-mêmes balayer devant notre porte, c’est-à-dire en assainissant les finances publiques, en prenant des mesures de réformes pour lutter contre la corruption parce qu’en fait, l’action que nous allons porter, ce serait l’éthique, la lutte contre la pollution, l’égalité, l’équité et aussi la justice.

 

Quel bilan faites-vous de la période de transition qui s’achève ?

 

La transition nous a amenés aux élections. Le niveau sécuritaire a été nettement amélioré. Il y a des choses à faire. Moi, pendant plus de trois ans, je n’étais pas aux affaires, je n’ai pas voulu faire des critiques parce que je sais que les critiques, c’est toujours aisé, mais l’art est souvent difficile. Et ils ont fait ce qu’ils pouvaient faire, connaissant les conditions. Il reste des choses à poursuivre. C’est une question de continuité pour le prochain gouvernement.

 

Faustin Archange Touadéra sur RFI : «Les Centrafricains veulent tourner la page»
Centrafrique-Presse.com
11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 12:02

 

 

http://french.cri.cn/   2016-02-11 09:40:00  xinhua

 

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a réclamé mercredi des mesures urgentes contre l'impunité concernant les violations des droits humains commises en septembre et octobre 2015 dans le pays.

 

Dans un rapport qui doit bientôt être publié, des enquêteurs de la MINUSCA ont documenté de graves violations des droits de l'homme commises du 26 septembre au 20 octobre 2015 en Centrafrique, a précisé la mission dans un communiqué de presse.

 

Ils ont également noté la destruction et l'appropriation de biens, incluant l'incendie de plusieurs maisons et le vol de biens appartenant à des organisations intergouvernementales et à des ONG, selon le communiqué.

 

"La faiblesse des autorités étatiques à Bangui et leur absence à l'extérieur de Bangui laissent planer le risque que les auteurs de violations des droits de l'Homme demeurent impunis. Les violences à Bangui ont également engendré une série d'incidents violents dans toute la République centrafricaine, y compris à Bambari, Kaga-Bandoro, Bouar, Carnot et Sibut", souligne le communiqué.

 

Le chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga, a exprimé son inquiétude quant à la possibilité que "les auteurs de violations graves des droits de l'homme bénéficient de l'impunité" et a demandé aux autorités centrafricaines de "prendre des mesures effectives afin que les responsables soient traduits en justice".

 

Il a par ailleurs demandé aux autorités centrafricaines, aux groupes armés et à la communauté internationale de mettre en œuvre une série de recommandations afin d'éviter des violations massives des droits de l'Homme à l'avenir.

 

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

CP/SPK#006/2016

 

Un rapport des Nations Unies sur la spirale de violence de septembre 2015 demande des actions urgentes contre l’impunité pour des violations graves des droits de l’homme en République centrafricaine

 

Bangui, le 10 février 2016: Un rapport des Nations Unies qui sera publié au courant du mois fait état de violations graves et d’abus des droits de l’homme commis lors de la reprise des violences à Bangui, en République centrafricaine, le 26 septembre dernier et se poursuivant jusqu’au 20 octobre. Les jours qui suivirent furent marqués par des attaques et des homicides contre des civils, ainsi que par la destruction et l’incendie généralisés de maisons et de biens, parmi l’ensemble des violations des droits de l’homme commises.

 

Ce communiqué de presse coïncide avec une période critique en République centrafricaine, soit immédiatement avant les élections présidentielle et législatives du 14 février 2016. Le chef de la MINUSCA, le Représentant spécial du Secrétaire général, Parfait Onanga-Anyanga, demande à tous les acteurs de soutenir le processus électoral, de rejeter toutes les formes de violence et de respecter l’issue du vote. Des élections paisibles et légitimes marqueront un pas significatif vers la réconciliation, la justice et la paix durable en RCA.

 

En compilant ce rapport, les enquêteurs de la MINUSCA ont documenté des violations des droits de l’homme, incluant les homicides de 41 civils et au moins 17 blessés; des cas de viol et d’autres formes de violences sexuelles; l’enlèvement et la détention arbitraire; le pillage, l’appropriation et la destruction de biens. Le rapport contient des extraits de récits de témoins et de victimes. La MINUSCA a également observé la destruction et l’appropriation généralisées de biens, incluant l’incendie de plusieurs maisons et le vol de biens humanitaires, comme l’équipement médical, d’organisations intergouvernementales et d’ONG. Dans les jours suivant la crise, les enquêtes furent limitées en raison de contraintes sécuritaires restreignant la liberté de circulation, et ce particulièrement dans les zones à prédominance musulmane de Bangui. Par conséquent, le nombre réel de victimes et de violations est potentiellement beaucoup élevé que celui figurant au rapport.

 

Alors que la majorité des violations ont été commises par les groupes armés anti-Balaka et ex-Séléka et leurs affiliés, le rapport détaille également des violations des droits de l’homme commises par des membres des forces armées centrafricaines. La faiblesse des autorités étatiques à Bangui et leur absence à l’extérieur de Bangui laissent planer le risque que les auteurs de violations des droits de l’homme demeurent impunis. Les violences à Bangui ont également engendré une série d’incidents violents dans toute la République centrafricaine, incluant à Bambari, Kaga-Bandoro, Bouar, Carnot et Sibut.

 

Le Représentant spécial demande aux autorités centrafricaines, aux groupes armés et à la communauté internationale de mettre en œuvre une série de recommandations afin d’éviter des violations massives des droits de l’homme à l’avenir, et de prendre des actions effectives afin de lutter contre l’impunité. Le chef de la MINUSCA a exprimé ses inquiétudes quant à la possibilité que « les auteurs de violations graves des droits de l’homme bénéficient de l’impunité et demande aux autorités centrafricaines de prendre des actions effectives afin que les responsables soient traduits en justice ». Il a également réitéré l’engagement de l’ONU à améliorer l’administration de la justice.

 

Les recommandations du rapport incluent, inter alia : la priorisation de la lutte contre l’impunité pour les violations graves et abus passés et présents des droits de l’homme; la cessation des attaques contre les civils par les groupes armés; et la réforme des FACA. De plus, le rapport recommande la mise en œuvre de programmes robustes et efficaces de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) et de réduction de la violence communautaire (RVC); la protection et l’assistance pour les victimes de violences sexuelles et basées sur le genre; ainsi que du support technique et financier de la communauté internationale pour la mise en place et le fonctionnement de la Cour pénale spéciale pour la RCA.

 

Le 30 septembre 2015, la Procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a exprimé sa grande inquiétude face à l’escalade de la violence à Bangui. Madame Bensouda a averti que tous ceux commettant des crimes tombant sous la juridiction de la Cour pourraient être tenus individuellement responsables. Dans une déclaration séparée, Madame Bensouda a souligné la tenue prochaine des élections en République Centrafricaine, disant : « Le processus de collecte de la preuve à l’encontre de toute personne incitant ou prenant part à des gestes de violence massive avant, pendant ou après les élections se poursuit. Ces gestes constituent des crimes graves, qui font parties des crimes pour lesquelles la CPI a juridiction. »

 

La MINUSCA va aussi partager les conclusions de ses enquêtes avec la CPI et la Cour pénale spéciale pour la RCA, qui sera mise sur pied prochainement.

 

 

Contacts:

 

Musa Gassama

 

Chef de la division des Droits de l’homme/Représentant du HCDR

Tel: +236 75265072

E-mail: gassama@un.org

 

L'ONU demande des mesures urgentes contre l'impunité en Centrafrique
L'ONU demande des mesures urgentes contre l'impunité en Centrafrique
Centrafrique-Presse.com
11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 11:46

 

         

 

COMMUNIQUE DE PRESSE  n°009/2016

 

           De la Direction Fédération de Campagne Europe du MLPC

 

Après la signature du protocole d’accord politique entre le Bureau Politique Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain  (MLPC) et le candidat indépendant Faustin Archange TOUADÉRA, la Direction Fédérale de Campagne (DFC) EAAMOO du MLPC apporte à son tour tout son soutien au candidat n°2 à l’élection présidentielle du 14 février 2016.

 

Notre décision de soutenir le Pr Faustin Archange TOUADÉRA s’inscrit dans une démarche patriotique et républicaine, dans notre volonté indéfectible d’œuvrer pour la Paix, la Réconciliation, le Rassemblement de toutes les forces vives de la Nation afin de porter notre pays hors de ses cendres et de le reconstruire.

 

En conséquence, la Direction Fédérale de Campagne (DFC) EAAMOO du MLPC appelle l'ensemble de ses militants et sympathisants à voter massivement en faveur du candidat n°2, Faustin Archange TOUADÉRA.

 

Les Directions sous-fédérales de campagne du Parti sont ainsi appelées à soutenir les actions des « Comités de soutien » au candidat Faustin Archange TOUADÉRA.

 

 

Fait à Paris, le 10 février 2016 

 

Antoine Jérémie NAM-OUARA 

 

Membre du Bureau Politique, Chargé de communication extérieure

 

 

 

NDLR : Le Président du MLPC Martin ZIGUELE et le Pr Faustin Archange TOUADERA ont tenu ensemble deux grands meetings à Bocaranga et Paoua où un accueil délirant leur a été réservé par la population

La Direction Fédération de Campagne Europe du MLPC appelle à voter massivement le Pr TOUADERA
La Direction Fédération de Campagne Europe du MLPC appelle à voter massivement le Pr TOUADERA
La Direction Fédération de Campagne Europe du MLPC appelle à voter massivement le Pr TOUADERA
Centrafrique-Presse.com
11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 11:34
Lu pour vous : Congo B : Retour du général Mokoko à Brazzaville

 

 

 

http://www.opinion-internationale.com/  mercredi 10 février 2016 - 11H35

 

La personnalité sans doute la plus attendue au Congo en ce début d’année a atterri hier mardi à l’aéroport Maya Maya de Brazzaville. C’est Jean-Marie Michel Mokoko, candidat à l’élection présidentielle et fraîchement démissionnaire de son poste de conseiller du Président chargé des questions de paix et de sécurité.

 

Le général Jean-Marie Michel Mokoko, ancien pensionnaire de l’École militaire de Saint-Cyr, également diplômé de l’École d’état-major de Compiègne, jouit d’une popularité certaine au Congo, et son retour suscite une forte effervescence au sein de la population et parmi ses soutiens dans l’armée nationale.

 

C’est au titre de chef d’état-major des armées du Congo, poste qu’il occupait depuis 1987, que le général a largement œuvré au retrait du pouvoir de Denis Sassou Nguesso en 1991 pour permettre la tenue de la Conférence nationale et contribuer ainsi à la fin du monopartisme.

 

En poste à Bangui depuis 2013 à la tête de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca), le général Mokoko n’aura pas résisté aux appels de sa base à s’engager pour sortir le Congo de la crise. Et c’est afin de participer à l’élection présidentielle du 20 mars prochain, qu’il a repris sa liberté le 3 février, en démissionnant de son poste de conseiller auprès du chef de l’État.

 

C’est un dispositif de sécurité impressionnant qui a été mis en place par les autorités pour accueillir le général Mokoko, et les forces de l’ordre n’ont pas hésité à user de gaz lacrymogènes et de matraques pour disperser l’immense foule rassemblée à cette occasion.

 

Dans une interview donnée le soir à France24, le général Jean-Marie Michel Mokoko a dénoncé la « réception sauvage » orchestrée par les forces de police de Brazzaville pour le pousser à retirer sa candidature. Il a réaffirmé sa détermination : « S’ils décident de me tuer, ils n’ont qu’à le faire ! »

 

 Qui donne le ton de la campagne électorale ?

 

Au mois de juillet dernier, alors qu’il était en poste à Bangui, le général Mokoko s’était exprimé publiquement contre le projet de réforme constitutionnelle voulu par le président Denis Sassou Nguesso. Pour faire taire ses détracteurs qui le soupçonnent depuis longtemps d’accointances avec le pouvoir, le général avait averti : « Si la transparence du scrutin n’est pas garantie, il faudra réagir ». Il avait aussi prévenu qu’un « soulèvement populaire et pacifique [n’était] pas à exclure » et que dans ce cas, sa place serait « du côté du peuple ».

 

Le projet pour le Congo de celui qui souhaite « porter la voix du peuple » sonne comme la fin de la récréation : le général Mokoko a pour objectif de « changer les mentalités, moraliser l’appareil d’État, éliminer la corruption et regagner la confiance de la communauté internationale ».

 

Sa présence pourrait donc créer de vives tensions dans la capitale congolaise. Une source locale, qui préfère rester anonyme, nous rapportait hier dans la soirée que dores et déjà des éléments de la police traquaient et agressaient les proches et partisans du général.

 

Jean-Claude Miangouayila

 

 

PRESIDENTIELLE AU CONGO BRAZZAVILLE : La guerre des généraux aura-t-elle lieu ?

 

http://lepays.bf/  JEUDI 11 FÉVRIER 2016  

 

« Vrai opposant ou opposant motard ? » Ainsi nous interrogions-nous dans notre édition du 9 février dernier, lorsqu’à la surprise générale, l’ancien chef d’état-major de l’armée congolaise, le général Jean-Marie Michel Mokoko, annonçait sa candidature à la présidentielle du 20 mars prochain. Quelques jours seulement après cette annonce fracassante, la raison est en train de prendre le pas sur le scepticisme, tant les faits parlent d’eux-mêmes. En effet, de retour de la RCA où il était à la tête de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), le Général Mokoko s’est vu réservé un accueil indigne d’un  officier supérieur dont le seul péché est d’avoir manifesté son intention de briguer la magistrature suprême de son pays. Tenez ! Même escorté par des éléments de la MISCA et sa garde nationale congolaise du fait des honneurs dus à son rang, le général Mokoko a vu son cortège attaqué à coups de pierres et certains de ses partisans molestés par les sbires – pardon- les hommes liges de Denis Sassou Nguesso. A ce qu’on dit, l’objectif de tout ce ramdam, était de provoquer des troubles au cours desquels pourraient s’ensuivre des morts qui seraient mis sous la responsabilité du Général Mokoko désormais présenté comme un renégat pour ne pas dire un ingrat. C’est la preuve donc, si besoin en est encore, que la candidature du Général donne des sueurs froides au maître de Brazzaville qui, après son référendum constitutionnel controversé, ne voyait aucun obstacle à sa réélection ; l’opposition politique ayant montré ses limites, du fait de son incapacité à parler d’une même voie. Car, venant de l’intérieur, le Général Mokoko connaît les forces et les faiblesses de son ancien mentor et de ce fait, il peut lui tenir la dragée haute à la prochaine présidentielle. Dès lors, on comprend pourquoi Sassou a le sommeil trouble. Il redoute le scénario burkinabè où Blaise Compaoré, lâché par certains de ses anciens compagnons, a fini par être chassé du pouvoir et ce, après plus d’un quart de siècle de règne sans partage. Et l’accueil que Sassou a réservé à son ancien chef d’état-major n’est rien moins qu’une réponse à la volonté de ce dernier de l’affronter dans les urnes ; comme si, en tant que Congolais, le général Mokoko n’a pas le droit d’aspirer aux plus hautes fonctions de son pays.

 

Le Général Mokoko sait à quoi s’en tenir

 

En tout cas, le général Mokoko est prévenu. Sassou ne lui fera pas de quartiers. Il tentera, par tous les moyens, de le décourager. Car, si pour avoir annoncé sa candidature, cela lui a valu l’accueil que l’on sait, qu’en sera-t-il quand viendra l’heure de la campagne où le Général Mokoko sera appelé à sillonner le territoire congolais ? Et à l’allure où vont les choses, il n’est pas exclu que dans les jours à venir, Sassou et ses fidèles lieutenants montent une cabale contre « l’officier félon » qu’ils ne veulent plus voir même en peinture. Et comme sous nos tropiques, il existe des juges acquis pour connaître de ce genre de combines, on ne sera pas non plus surpris d’entendre demain que le Général Mokoko est poursuivi pour« trahison et atteinte à la sureté de l’Etat », juste pour ne pas dire pour «ingratitude notoire et aggravée envers Sassou». Le Général Mokoko sait donc à quoi s’en tenir. Il  ne doit pas prêter le flanc. Du reste, on imagine bien qu’en prenant son courage à deux mains pour s’opposer à un dictateur avec qui il a collaboré, le Général Mokoko donne la preuve qu’il n’a rien à se reprocher. Car les dictateurs  sont ainsi faits que quand ils ont un dossier sale contre vous, ils vous tiendront toujours par la barbichette, convaincus que vous n’oserez jamais leur tenir tête. On attend maintenant de voir ce que Sassou sortira bientôt de ses officines ; lui qui, en tant que général, et à en juger par l’accueil très peu amical réservé à Mokoko, donne l’impression de ne pas vouloir affronter dans les urnes un  autre général.

 

Boundi OUOBA

 

Centrafrique-Presse.com
11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 11:32

 

 

 

http://lepays.bf/  JEUDI 11 FÉVRIER 2016 

 

Le procès de l’ancien chef d’Etat tchadien Hissène Habré a repris le 8 février dernier à Dakar. Après la prise de parole par les avocats de la partie civile, ce fut au tour du parquet général de prendre la parole hier, 10 février, pour dérouler son réquisitoire. Le procureur a débuté son intervention par un long rappel historique de l’arrivée de Hissène Habré au pouvoir, tout en mettant l’accent sur la création de la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS), du nom de ce centre de répression où ont eu lieu des violations massives des droits de l’Homme au Tchad. Au total, le parquet général requiert la prison à perpétuité pour l’ex-dictateur tchadien qui se retrouve ainsi rattrapé par son passé. Au vu de la laideur des pratiques décrites par le parquet et la partie civile, on comprend aisément le mutisme de Hissène Habré. Comment aurait-il pu se défendre, en effet, face à ses victimes qu’il ne peut même plus regarder en face ? L’exposé des témoignages de ces femmes met à nu le dictateur, contraint de se réfugier dans un silence que l’on imagine bien bruyant de l’intérieur car au fond de lui-même, sa conscience ne peut manquer d’être agitée. A moins d’avoir une pierre à la place du cœur. Mais le tyran est-il encore capable d’empathie ; lui qui tente visiblement par sa stratégie de défense, de se faire passer pour une victime ? Pour les âmes sensibles, en effet, le scénario du procès pourrait donner l’impression de juges qui s’acharnent contre un vieillard sénile qui n’a aucun moyen de défense.  Plus manipulateur encore, le satrape exploite à fond le précepte selon lequel en matière de justice, «le bénéfice du doute profite à l’accusé ». Tout est donc mis en œuvre pour donner du remords aux juges mais il en faudrait bien plus pour désarçonner ces magistrats qui doivent s’évertuer à faire de ce procès, un exemple pour l’histoire.

 

Habré sent l’angoisse s’emparer de son corps et de son âme

 

La tenue de ce procès en ce XXIe siècle est d’une grande importance  en raison non seulement  du fait qu’il constitue l’épilogue de plus de deux décennies de quête de  justice pour les victimes, mais aussi et surtout pour sa portée pédagogique. D’abord, parce qu’il est celui de l’Afrique en guerre où les charniers le disputent aux violences faites aux femmes et aux enfants comme on en voit encore dans la région des Grands lacs. Ensuite, parce qu’il met en garde les dictateurs de tout acabit qui écument encore certaines parties du continent et qui devraient se souvenir à jamais qu’«aussi longue que soit la nuit, le soleil finira par se lever» et qu’ils ne seront nulle part à l’abri. Cela n’empêche cependant pas que l’homme fasse pitié en l’absence de protecteurs comme Abdoulaye Wade qui, au pouvoir, se serait battu pour que ce procès ne voit jamais le jour. A présent, Habré sent l’angoisse s’emparer de son corps et de son âme, parce que contraint de vivre désormais le reste de ses jours en prison, hanté par les fantômes de ses victimes. C’est ce que l’on appelle entrer dans l’histoire par la petite porte.

 

SAHO

 

Lu PRISON A VIE REQUISE POUR HISSENE HABRE : L’ex-dictateur rattrapé par son passéour vous :
Centrafrique-Presse.com
11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 10:57

 

 

 

Par Tirthankar Chanda Publié le 10-02-2016 Modifié le 10-02-2016 à 23:06

 

Les Centrafricains ont voté à plus de 60% au premier tour de la présidentielle qui s’est tenu le 30 décembre 2015. Le 14 février, ils seront de nouveau appelés aux urnes pour départager Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra qui sont les deux vainqueurs du premier tour. Portrait croisé des deux finalistes.

 

« Touadéra qui ? ». Les chancelleries sont tombées des nues lorsque le nom de l’ancien Premier ministre est sorti des urnes, au coude-à-coude avec le principal favori du premier tour de la présidentielle centrafricaine.

 

Mathématicien taciturne et dernier Premier ministre de François Bozizé (2008-2013), Faustin Archange Touadéra a créé la surprise le 30 décembre dernier, en se plaçant parmi les deux candidats en tête. Avec 19,05% des voix, le candidat Touadéra qui a fait une campagne discrète talonne Anicet Georges Dologuélé qui, lui, a confirmé son statut de favori en obtenant 23,74% des suffrages exprimés. Le duo arrive loin devant les poids lourds tels que Désiré Kolingba, Martin Ziguélé ou Jean-Serge Bokassa qui misaient sur leur visibilité politique et leurs batteries de communicants pour figurer parmi les deux premiers.

 

« Comment Touadéra peut-il arriver en tête alors qu’il n’a quasiment pas battu campagne, que ce soit à Bangui ou en province », s’étonnaient les candidats malheureux au lendemain de la publication des résultats. L’homme aurait fait si peu campagne qu’il a même eu le temps d’aller enseigner à l’université de Bangui où il est professeur de mathématiques depuis les années 1980. Alors, d’où vient sa popularité ? Selon Roland Marchal, spécialiste de l’Afrique centrale, « Touadéra est très apprécié des fonctionnaires centrafricains, car c’est sous sa primature que leurs salaires ont été bancarisés assurant qu’ils soient payés régulièrement. Il reste comme celui qui a payé les fonctionnaires ».

 

La reconnaissance éternelle des 26 000 fonctionnaires que compte la Centrafrique, doublée du soutien massif enregistré dans certaines provinces occidentales, fait de ce politicien discret un sérieux outsider au second tour. Celui-ci devrait se dérouler le 14 février, sauf nouveau report. La question est désormais sur toutes les lèvres : lequel des deux rivaux réussira à emporter la conviction des Centrafricains ? « D’autant que ceux-ci se sont révélés des électeurs sophistiqués, mus moins par la campagne des communicants des poids lourds que par la personnalité et le background des candidats, explique Thierry Vircoulon, un ancien de l’International Crisis Group, dont il a supervisé le dernier rapport 2015 sur la crise en CentrafriqueLes Centrafricains votent en leur âme et conscience. »

 

« Enorme avantage »


Déchirée par des violences intercommunautaires, la Centrafrique traverse une crise sans précédent depuis le renversement en mars 2013 de son dernier président François Bozizé par la rébellion Seleka, qui a depuis abandonné le pouvoir. Le pays a sombré dans le chaos, ponctué par des tueries de masse. Le processus électoral lancé sous l’égide d’un gouvernement de transition est vécu par la population comme leur dernière chance. Chrétiens, musulmans ou animistes, tous savent que l’enjeu est la survie même de la Centrafrique comme nation. Ils veulent donc tous faire le bon choix et élire un président capable de ramener la paix. « Qu’on n’entende plus les armes », disent-ils.

 

Chacun à sa façon, les deux adversaires du second tour de la présidentielle veulent répondre à ces attentes de sécurité et réconciliation de leurs compatriotes. Malgré les différences de moyens qui les séparent, « Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra ont beaucoup de choses en commun, déclare Roland Marchal. Ils ont été tous les deux Premier ministre, le premier celui du président Ange-Félix Patassé et le second celui de François Bozize. Ils ont aussi cet énorme avantage de ne pas avoir été entachés par les tueries et les violences qui ont ensanglanté la Centrafrique depuis 2013. Enfin, ils se partagent la sympathie du Kwa na Kwa (KNK), parti proche de l’ancien président François Bozizé, vivant aujourd’hui en exil en Ouganda, mais qui a gardé sa mainmise sur l’appareil politique à Bangui. Un soutien qui n’est pas allé de soi pour tout le monde. »

 

En effet, l’annonce du soutien apporté par le KNK de Bozizé à Dologuélé a été un tournant dans la campagne électorale du premier tour. Exclu de la présidentielle en raison des sanctions internationales et d’un mandat d’arrêt émis à son encontre par les autorités de transition, l’ex-président centrafricain Bozizé a boosté la campagne de Dologuélé en appelant ses partisans à voter pour ce dernier. Dologuélé faisait déjà la course en tête, mais souffrait de l’absence d’une assise nationale, comme ce que pouvait lui proposer le KNK, solidement implanté dans toutes les préfectures de province et dans la capitale. L’alliance tombait à pic.

 

Paradoxalement, cet accord a peut-être aussi sauvé la candidature de Faustin Archange Touadéra qui a réalisé de très bons scores dans les fiefs de François Bozizé, malgré les directives de son parti. « Comme on pouvait s’y attendre, explique Thierry Vircoulonl’alliance Bozize–Dologuélé a fait grincer des dents notamment dans l’électorat traditionnel du KNK, proche des milices chrétiennes. Ils se sont vengés en votant pour Touadéra et risquent de faire de même au second tour. » Récemment, les organes de base du KNK sont allés jusqu’à dénoncer publiquement l’accord électoral signé par leur parti.

 

Une alliance pragmatique et problématique

 

Pour électoralement stratégique qu’elle soit, cette alliance entre François Bozizé dont se réclament certaines milices anti-balaka, et Anicet Georges Dologuélé qui, lui, se présente comme « un homme au-dessus des clivages », est problématique, car elle jette un doute sur la sincérité du souci de rassemblement de ce dernier. Pourtant, sur ce terrain, l’ancien Premier ministre a fait un parcours quasiment sans faute.

 

L’Union pour le Renouveau centrafricain (Urca), le parti que Dologuélé a créé en 2013 pour porter sa candidature, est une des rares formations politiques centrafricaines où hommes et femmes se retrouvent indépendamment de leurs appartenances ethniques et confessionnelles. Appelant inlassablement à la réconciliation des Centrafricains, le candidat a mouillé sa chemise pendant la campagne. Comme d’ailleurs la plupart des candidats à la présidentielle, il s’est rendu dans les quartiers tenus par les anti-balaka comme dans les quartiers musulmans, brandissant sa devise favorite « l’unité c’est maintenant ! ».

 

Au PK5 - l’enclave musulmane de Bangui où s’entassent les musulmans déplacés de la capitale depuis le début des violences intercommunautaires -, l’ancien Premier ministre a déclaré que jeune, il venait régulièrement « danser, voir des films et jouer aux cartes » au PK5, qui était un quartier de commerce, de jeux et de plaisirs. Et si les musulmans du PK5 voulaient bien lui « gratter le dos », le candidat leur a promis de restituer le dynamisme d’antan de leur cité.

 

Né en 1958, Anicet Georges Dologuélé est économiste de formation et a servi à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), à Yaoundé au Cameroun. C’est en sa qualité de technocrate qu’il a rejoint en 1997 le gouvernement de son pays. Il a occupé d’abord le poste de ministre des Finances et du Budget, avant d’être nommé, deux ans plus tard, chef de gouvernement par le président Ange-Félix Patassé. L’homme aime rappeler qu’à « 58 ans, il n’a jamais tenu une arme » et qu’au cours des vingt dernières années, « la seule période où il n’y a pas eu de crise militaro-politique dans le pays, c’est quand j’étais Premier ministre ».

 

En effet, les Centrafricains associent le passage à la primature de Dologuélé (1999-2001) à une période d’accalmie, même si sa gestion ultralibérale de l’économie avait fini par déboucher sur des protestations de masse dénonçant les conséquences sociales de sa stratégie de dérégulation économique. On lui reprochera également d’avoir privilégié le remboursement des arriérés des Institutions de Bretton Woods plutôt que de payer les fonctionnaires. Des accusations que l’intéressé rejette en bloc, tout comme le sobriquet de « Monsieur 10%» hérité d’accusations de détournement d’argent qui lui collent encore à la peau.

 

Toujours est-il qu'après sa démission en 2001 sous la pression de la rue, Dologuélé part en exil à Brazzaville où il préside de 2001 à 2010 aux destinées de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC), avant de créer son propre cabinet de consulting Afripartners International Consulting, basé à Paris. Il se trouve dans la capitale française lorsque la crise éclate à Bangui en 2013 suite au cinquième coup d’Etat que connaît la Centrafrique depuis l’indépendance. C’est le moment que l’ancien Premier ministre choisit pour annoncer sa volonté de briguer la magistrature suprême à la fin de la transition. Si sa décision est mue par le sentiment que son pays a touché le fond, elle est motivée par la volonté de moderniser la vie politique centrafricaine. « Je suis convaincu, a-t-il déclaré dans les pages de Jeune Afrique, que l’on peut faire de la politique avec efficacité, mais sans brutalité ».

 

Flair politique

 

Une conviction que l’adversaire de Dologuélé, Faustin Archange Touadéra a aussi fait sienne et cela depuis belle lurette, comme en témoigne, sa gestion discrète des affaires de l’Etat entre 2008 et 2013, lorsque celui-ci a été Premier ministre, sous la présidence de François Bozizé. Issu de la société civile et sans engagement social particulier, l’homme avait alors fait preuve d’un savoir-faire certain en conduisant avec succès des négociations qui avaient, dès la fin 2008, débouché sur des accords de paix importants avec les rébellions.

 

Né à Bangui en 1957 et originaire d’une famille modeste, Touadéra a fait l’essentiel de sa carrière professionnelle au sein de l’enseignement supérieur, au terme de longues études scientifiques à Yaoundé et à Lille. Professeur de mathématiques pures, il a longtemps enseigné à l'école normale supérieure (ENS) de Bangui, avant de devenir recteur de l'université de la capitale en 2005. C’est à l’université  que les émissaires de Bozizé étaient allés le chercher en 2008 pour l’installer à la primature. Réputé bosseur, le mathématicien s’est révélé aussi un fin tacticien politique en se faisant élire en 2011 député de Damara, à 75 km au nord de Bangui, sous les couleurs du parti de son mentor, le parti Travailliste KNK. Mais c'est en candidat indépendant qu'il s'est présenté au scrutin présidentiel en août 2015. Faute de moyens, il a fait une campagne discrète.

 

C’est sans doute à son flair politique que Faustin Touadéra doit sa percée au premier tour de la présidentielle de décembre dernier. Qui plus est, l'homme a également réussi à rallier autour de sa candidature 22 des 30 candidats malheureux du premier tour, dont l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé, un des poids lourds de la vie politique centrafricaine. Ces ralliements massifs en faveur de la candidature de Touadéra, qui a longtemps souffert de son absence de visibilité et de moyens par rapport à son rival, sont peut-être en train de changer la donne de la présidentielle centrafricaine.

 

 

NDLR : Faustin TOUADERA et Martin ZIGUELE tiennent ensemble un grand meeting ce jour à Bocaranga où le président du MLPC est candidat aux législatives.

Dologuélé-Touadéra: deux hommes du sérail pour la présidence en RCA
Dologuélé-Touadéra: deux hommes du sérail pour la présidence en RCA
Centrafrique-Presse.com
10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 23:18

 

 

 

http://lexpressioncentrafrique.over-blog.com/ LEXPRESSIONCENTRAFRIQUE sur 9 Février 2016, 12:15pm

 

Monsieur le Président, bonsoir

 

Martin Ziguélé (MZ): Bonsoir

 

Nous venons de lire sur les réseaux sociaux que vous venez de signer un accord politique avec M. Faustin Archange Touadera. Est-ce que vous pouvez parler un peu des termes de cet accord, est-ce que votre mariage avec Touadera est un mariage de raison?

 

MZ: Je vous remercie. Effectivement, c’est aujourd’hui que le MLPC, représenté par un certain nombre des membres du Bureau politique et moi-même, nous avons rencontré l’équipe de Touadera, et nous avons signé un accord politique électoral. Les dispositions principales qui ne sont pas longues. C’est un document de quatre articles. Nous devrons unir nos forces pour faire en sorte que M. Faustin Archange Touadera soit élu Président de la République à l’issue du scrutin du 14 février. Donc, nous mobiliserons nos moyens politiques, nos moyens humains, nos moyens matériels pour faire une équipe et faire en sorte qu’il gagne. Nous avons également pour ambition de former ensemble une majorité parlementaire pour permettre au pays d’avoir une épine dorsale sur le plan législatif. Et tout ce qui se fera, se fera dans l’intérêt supérieur de la nation. Ce n’est pas pour l’intérêt supérieur de qui se soit. C’est pour ça que, dans l’accord que nous avons signé, il n’est pas question de partage de postes de responsabilité, il n’en a pas été question. Nous l’avons exclu, parce que nous avons estimé qu’il faut se battre, il faut d’abord manifester la volonté de travailler ensemble, puis se battre pour constituer cette majorité qui permettra au pays d’être stable lui-même. Parce que les problèmes que notre pays attend à résoudre demain sont des problèmes importants qui dépassent notre petite personne. Et face à la cartographie de l’Assemblée nationale, les discussions continueront après les élections pour voir ce que chacun peut faire pour aider le pays à avancer. Mais nous, notre objectif premier serait d’abord de faire gagner le candidat. Et la bonne question, c’est de savoir les raisons qui nous ont motivés à choisir Touadera. Parce que, vous savez qu’un parti politique a des organes de décision. Donc, le Bureau politique du MLPC a analysé la situation, et nous avons procédé au vote, et l’écrasante majorité du Bureau politique du MLPC a choisi de soutenir sans condition le candidat indépendant Archange Touadera, et à l’analyse, nous pensons qu’il peut être un vecteur de la même vision que le MLPC porte sur l’avenir du pays en dehors de toutes autres considérations. C’est la première fois dans la démarche politique du MLPC que nous soutenons un candidat à l’élection présidentielle en dehors d’un militant du MLPC, puisque nous n’arrivons pas au second tour. Mais nous avons pensé que c’est pour notre pays que nous devons faire ça.Il faut reconnaitre que le pays ne se résume pas à un individu. Si nous n’avons pas de candidat au second tour, nous devons prendre nos responsabilités en tant que parti politique et indiquer une direction à nos militants pour qu’ils fassent le choix de la personne qu’ils estiment pouvoir porter à la tête de l’Etat. Et le Pr Faustin Archange Touaderaen tant qu’organe de décision de congrès, bien dans son rôle, en décidant du choix à proposer aux militants du MLPC.

 

Certaines personnes disent que vous êtes de même région, c’est-à-dire de l’Ouham-Pendé avec le candidat Dologuélé. Est-ce que vous avez un antécédent particulier avec ce candidat? Pourquoi, au lieu de soutenir votre frère, vous avez préféré soutenir quelqu’un du centre?

 

MZ: Tous les Centrafricains sont mes frères et sœurs, et tous les Centrafricains sont mes parents. Je suis originaire de toutes les régions de la RCA. C’est pour ça que je suis Centrafricain. Et je suis frère à tous les compatriotes. Je vous ai dit que, peut-être malheureusement pour moi, je n’ai pas mis dans l’équation, le Bureau politique du MLPC n’a pas regardé l’origine géographique d’un Centrafricain, parce que c’est ça qui nous a amenés vers la division. Nous avons regardé l’homme, sa structure, sa démarche, et nous avons regardé aussi sa façon de faire, de vivre, et nous avons pensé que le choix devrait être porté sur Faustin Archange Touadera. Nous n’avons pas dit que l’autre candidat n’est pas bon. Ce n’est pas ce que nous avons dit. Quand on vous demande de faire un choix, vous faites le choix, vous sélectionnez.

 

Et les critères?

 

MZ: Les critères sont nombreux. La première chose que nous avons prise en considération dans le choix, c’est d’abord le positionnement politique du MLPC après les élections. Nous avons dit de manière très claire que le MLPC doit continuer à exister après les élections comme force politique, comme force de proposition, comme force à l’Assemblée nationale. Et le Bureau politique a esimé que nous pouvons faire ce travail si nous arrivons à convaincre la majorité des Centrafricains que nous ne sommes pas sectaires. Et nous avons fait attention à cela. Nous avons voulu démontrer aux Centrafricains que même au-delà d’une défaite électorale, nous sommes prêts à travailler avec des courants d’opinions avec lesquels nous étions politiquement opposés hier. Parce que, comme l’a dit Newton: « le mouvement se prouve en marchant», et le concept d’union nationale doit se prouver par nos décisions. C’est pour ça que nous avons voulu trancher au-delà des replis identitaires, des replis régionaux…, nous avons dit que si nous voulons que les Centrafricains croient en nous, il faut que nous donnons la preuve que nous pouvons sortir de ce prisme pour être un parti national. Et pour le faire, il faut que nous allions vers les personnes avec lesquelles hier nous ne pouvons pas nous entendre pour leur démontrer, pour démontrer aux Centrafricains que rien n’est plus important pour nous que notre pays. Quel que soit la personne qui est là, si la personne accepte de travailler avec nous, nous travaillerons avec elle. C’est ça la démarche première du Bureau politique du MLPC. C’est d’essayer de briser tout ce nœud de mensonge, de rumeur qui ont été savamment tissés au nom du parti ou de son candidat pour dire que nous sommes des gens fermés, belliqueux, guerriers, que nous avons amené Séléka. Nous avons voulu prouver que nous sommes Centrafricains comme les autres, c’est l’intérêt du pays qui nous intéresse. C’est pour ça que nous pouvons aller vers tous Centrafricains qui sont disponibles. Nous pensons que Faustin Archange Touadera est disponible, et il a une capacité d’écoute qui nous a émerveillés, et il a une humilité il faut le dire qui fait qu’en tant que parti politique, nous nous sentons à l’aise pour discuter avec quelqu’un qui est humble.

 

Les mauvaises langues disent que le Président Martin Ziguélé est à la recherche du poste de président de l’Assemblée nationale. Que dites vous à ces propos?

 

MZ: Mais il y’a un proverbe africain qui dit qu’on ne donne pas de nom à un enfant qui n’est pas encore né. Comment je peux aller discuter ou négocier un poste de Président de l’Assemblée nationale ou de Premier ministre alors que les élections législatives n’ont pas encore eu lieu, et on ne sait quelle sera la majorité parlementaire? Je ne comprends pas pourquoi nos compatriotes sont toujours à une longueur d’avance sur les rumeurs? Je peux vous dire que je n’ai pas demandé un seul poste et encore moins pour moi. Je suis dans une démarche de militant politique. Nous allons à des élections, nous nous mettons ensemble avec d’autres forces politiques qui ont un candidat indépendant à la présidence de la République, nous pensons que nous pouvons faire des choses ensemble, mais il faut gagner d’abord les élections. Et lorsque nous gagnerons les élections, nous verrons ce que chacun peut faire de mieux pour le pays. Mais nous ne sommes dans une démarche de dire que: « Je veux d’abord que vous me promettiez ceci ou cela, et après on va aller aux élections». Non, nous ne sommes dans cette démarche. Je ne peux pas vous dire avant les élections que je veux être ici ou là. Ce n’est pas une démarche individuelle. C’est une démarche du parti. Je vous ai dit que le MLPC fait cet exercice pour la première fois de son existence politique. C’est la première fois que nous appelons entre deux tours à voter pour un candidat qui n’est pas de notre parti. Nous l’avons fait pour démontrer comme je venais de vous le dire que nous sommes un parti ouvert. Nous ne sommes ce diable que les gens ont voulu fabriquer par toutes les rumeurs. Et malheureusement, beaucoup des Centrafricains ont cru en cela. Et nous voulons démontrer par l’exemple que nous ne sommes ni fermés, ni sectaires, ni régionalistes, ni tribalistes.

 

Une dernière question M. le Président, Désiré Kolingba vient de signer un accord politique avec M. Dologuélé. Est-ce qu’on assiste pas à l’acte du décès de l’AFDT?

 

MZ: Non! Je croix que l’AFDT est une alliance de parti politique en soutien à la transition. Et naturellement, nous prenons de position politique commune en respectant l’autonomie de chaque parti. Donc, le RDC qui est parti politique autonome à faire le choix qu’il estime être le sien, je n’ai pas à critiquer le choix d’un parti politique. C’est depuis 2004 que nous travaillons ensemble, et nous nous connaissons parfaitement. Nous avons voulu aller ensemble vers un candidat, à l’occurrence Faustin Archange Touadera, cela ne s’était pas fait pour diverses raisons. Mais le RDC a le droit de faire son choix en toute liberté, en toute souveraineté. Vraiment, je ne me vois pas en train de critiquer qui que ce soit pour ses choix politiques alors que j’en fais sans que d’autres me critiques forcement.

 

Alors, les élections législatives dans l’Ouham-Pendé dont vous êtes candidat. Est-ce que vous êtes optimiste?

 

MZ: Oui, je suis toujours optimiste même si l’histoire récente me prouve qu’il faut avoir de l’optimisme raisonné par rapport à l’environnement électoral qui est celui de la RCA et qui est particulier. Enfin, je ne veux plus revenir sur le passé, je regarde devant. C’est pour ça que dès demain, je serais dans ces régions là en train de battre campagne pour moi-même, pour soutenir nos candidats dans la région, et celui que nous avons choisi pour l’élection présidentielle dans la région.

 

Monsieur le Président, je vous remercie.

 

MZ: C’est à moi de vous remercier.

 

Le candidat Martin Ziguélé justifie les raisons de son ralliement au Pr Faustin Archange Touadera (Interview)
Le candidat Martin Ziguélé justifie les raisons de son ralliement au Pr Faustin Archange Touadera (Interview)
Centrafrique-Presse.com
10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 23:01
Lu pour vous : Uramin, Du leurre en barres (Libération)
Lu pour vous : Uramin, Du leurre en barres (Libération)

 

ENQUÊTE

 

 

http://www.liberation.fr/  Par Emmanuel Fansten  Libération — 10 février 2016 à 20:31

 

«Libération» révèle les conflits d’intérêts qui ont poussé Areva à acheter en 2007 trois mines d’uranium qui se sont avérées inexploitables. Et comment l’entreprise a dissimulé à l’Etat actionnaire ce fiasco à 2,5 milliards d’euros.

 

 Uramin, Du leurre en barres

 

L’affaire Uramin a atteint le stade de la fission. Selon nos informations, Areva a bien trompé l’Etat lors de l’acquisition en 2007 de cette société d’exploration minière détenant des gisements d’uranium en Afrique, qui se sont tous avérés inexploitables. Dirigé à l’époque par Anne Lauvergeon (présidente du conseil de surveillance de Libération de 2011 à 2014), le groupe nucléaire a déboursé 1,8 milliard d’euros pour racheter la société minière canadienne Uramin, en dissimulant sciemment des informations à son autorité de tutelle, comme le prouvent de nombreux documents consultés par Libération. Notes confidentielles, mails internes, rapports caviardés, ces éléments dévoilent l’ampleur d’un scandale que les responsables d’Areva ont longtemps cherché à étouffer, Anne Lauvergeon en tête. Car l’entreprise, détenue à 86,5 % par l’Etat, ne s’est pas contentée d’acheter à prix d’or une coquille vide. Au cours des années suivant l’acquisition, elle s’est acharnée à valoriser ses actifs dans une incroyable fuite en avant, allant jusqu’à maquiller ses comptes annuels pour dissimuler le désastre. Depuis, deux enquêtes judiciaires distinctes ont été ouvertes par le Parquet national financier (PNF), dévoilant peu à peu les contours de cette gigantesque escroquerie et révélant les liens occultes entre d’anciens responsables d’Areva et les actionnaires d’Uramin. Au fil des investigations, il apparaît que l’un des plus gros fiascos industriels français ressemble de plus en plus à une gigantesque arnaque.

 

Acte 1 L’acquisition

 

L’invraisemblable feuilleton démarre en 2006. La catastrophe de Fukushima n’a pas encore eu lieu et le nucléaire est plus que jamais une énergie d’avenir. Pour sécuriser ses ressources, Areva vient de lancer son plan «Turbo», visant à doubler ses capacités de production d’uranium entre 2006 et 2012. Une stratégie fondée sur le modèle intégré propre à l’entreprise, qui fournit à la fois des centrales et le combustible les faisant fonctionner. Pour vendre ses EPR, ces nouveaux modèles de centrales qu’elle a développés, Areva a donc aussi besoin d’uranium. De façon d’autant plus pressante, fin 2006, que la mine canadienne de Cigar Lake, une des principales sources d’approvisionnement du groupe français, vient d’être inondée.

 

Pour prospecter de nouveaux gisements, Areva va recruter un banquier belge spécialisé dans les acquisitions minières. Sans avoir jamais travaillé dans le secteur de l’uranium, Daniel Wouters, 54 ans à l’époque, est propulsé directeur du développement de la division «Mines» en décembre 2006. C’est lui qui va piloter, en lien direct avec Anne Lauvergeon, l’acquisition d’Uramin. Selon un juriste entendu par la brigade financière dans le cadre de l’enquête, Wouters avait «carte blanche» et s’est rapidement imposé comme le véritable «patron de l’opération». Une opération qui s’annonce à l’époque particulièrement juteuse. Uramin possède trois gisements, à Bakouma (Centrafrique), Trekkopje (Namibie) et Ryst Kuil (Afrique du Sud). Selon les chiffres fournis par SRK, le cabinet mandaté par Uramin pour auditer ses réserves, il serait question de 90 000 tonnes d’uranium sur les trois sites. Le plan promet une forte croissance du chiffre d’affaires et une marge opérationnelle de plus de 50 %, qui doit permettre à la société d’être bénéficiaire dès 2007. Bref, une opportunité rare.

 

Pendant plusieurs mois, Anne Lauvergeon et Daniel Wouters multiplient les rendez-vous avec les actionnaires et négocient pied à pied. Le cours de l’uranium ne cesse de s’envoler, il faut aller vite. D’autant que l’élection présidentielle se profile en France. Dans un mail, Wouters explique qu’il faut profiter de ce «flottement politique». Reste néanmoins un ultime obstacle : obtenir l’aval de l’Agence de participation de l’Etat (APE). Cette administration publique, qui représente l’Etat actionnaire au sein des entreprises stratégiques, est réputée pointilleuse. Le 5 mai 2007, entre les deux tours de la présidentielle, l’APE rédige une première note sur Uramin, visant à présenter le projet au ministre de l’Economie et des Finances, Thierry Breton. Tout en reconnaissant l’intérêt «éminemment stratégique» de cette acquisition pour Areva, Bruno Bézard, le directeur général de l’APE, émet plusieurs réserves. Il pointe en particulier la connaissance insuffisante des données techniques sur les réserves et les conditions financières de l’opération. En conclusion, le patron de l’APE estime que de nombreux points essentiels nécessitent des investigations complémentaires.

 

Pourtant, à peine trois semaines plus tard, Bruno Bézard valide l’opération. Dans une nouvelle note datée du 25 mai, destinée au nouveau ministre Jean-Louis Borloo, il considère cette fois que les investigations complémentaires menées par Areva «semblent sérieuses et adaptées» et qu’elles ont apporté une «assurance raisonnable». L’affaire est pliée. Cinq jours plus tard, l’acquisition d’Uramin est adoptée à l’unanimité par le conseil de surveillance. La société est engloutie pour 1,8 milliard d’euros, un prix cinq fois supérieur à celui demandé un an plus tôt.

 

Comment Areva est-il parvenu à convaincre si rapidement son autorité de tutelle ? En lui mentant, tout simplement. Selon nos informations, deux documents retrouvés lors d’une perquisition chez Daniel Wouters montrent que de nombreux éléments ont été sciemment dissimulés à l’Etat. Le premier, daté du 15 mai 2007, est intitulé «Projet U - due diligence». Le second, daté du 16 mai, a pour titre «Projet Uramin - due diligence technique - points clés». Ces deux notes font clairement état d’incertitudes sur les licences et permis miniers d’Uramin, notamment en Afrique du Sud et en Namibie. Elles évoquent en particulier des risques sur la nature exacte des réserves, les méthodes de traitement des minerais, ainsi qu’une planification des projets qui paraît «très optimiste». Elles soulignent enfin les questions qui se posent sur les estimations de SRK, le cabinet payé par Uramin. «Si nous avions eu ces informations, nous n’aurions jamais validé le projet», assure aujourd’hui à Libération un ancien haut fonctionnaire en poste à Bercy au moment de l’acquisition.

 

Deux semaines avant l’achat de la société minière, Daniel Wouters avait, lui, parfaitement connaissance de ces doutes. Face aux interrogations des membres du conseil de surveillance sur l’intérêt d’Uramin, le 22 mai, Wouters a pourtant juré que «l’exploitation de ces gisements ne [soulevait] pas de difficultés techniques particulières». Anne Lauvergeon était-elle informée de ces avis négatifs ? Un des documents dissimulés à l’Etat a en tout cas été aussi retrouvé lors d’une perquisition à son domicile, dans le bureau de son mari, Olivier Fric (lire page 6).Mais à l’époque, personne n’imagine une escroquerie, encore moins l’Etat. Dans une note de juillet 2007, qui finalise l’opération, le patron de l’APE écrit même dans la marge : «Beau succès pour Areva et pour la France.»

 

Acte 2 La fuite en avant

 

Rapidement, pourtant, l’annonce de cette acquisition sème le trouble dans les couloirs d’Areva. Le prix intrigue, autant que le financement de l’opération. «Une telle transaction en cash pour ce montant ne s’est jamais vue sur le marché, a expliqué un ancien cadre aux policiers. J’ai même eu des appels de collègues canadiens me demandant ce qui se passait.» Très vite, surtout, les salariés s’aperçoivent que malgré son prix, la mariée n’est pas aussi belle que prévu. Les premiers à comprendre sont les géologues de la division Mines. Plusieurs d’entre eux ont défilé à la Brigade financière. «C’était la rigolade dans tous les couloirs de la Direction de l’exploration à ce sujet, a raconté l’un. Il est clair que les objectifs annoncés n’étaient pas réalistes.» «Dès février 2006, nous avions été questionnés sur l’intérêt de [la mine de] Bakouma, a expliqué un autre. L’ensemble des géologues a répondu qu’il ne fallait pas y mettre les pieds.»

 

Ces ingénieurs spécialistes de la mine, tous passés par la Cogema (ancêtre d’Areva) ou le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), évoquent tour à tour des «dysfonctionnements majeurs» et un «aveuglement irrationnel». Qui ne tarde pas à se traduire dans les résultats. Dès le mois d’octobre 2007, les équipes d’Areva effectuent des «visites et revues techniques», confirmant de «graves lacunes techniques et méthodologiques». L’année suivante, une note de la division Mines formalise l’existence d’écarts entre les premières analyses de terrain et celles réalisées par Uramin. Certains chiffres baissent de façon vertigineuse par rapport à ceux annoncés par SRK.

 

Mais pour justifier le rachat d’Uramin, il faut des résultats rapides. Malgré les alertes internes, Areva va donc continuer à investir massivement dans ses mines. Un nouveau patron a été nommé à la tête de la division Mines, Sébastien de Montessus, étonnamment jeune pour le poste mais très en cour auprès d’Anne Lauvergeon. C’est lui qui va se charger d’exploiter les gisements d’Uramin et rapidement se heurter à des complications.

 

En Centrafrique, d’abord. Le Président d’alors, François Bozizé, s’offusque de ne pas avoir touché sa part dans le deal et interdit l’accès au site de Bakouma. Il faudra plusieurs mois de négociations et l’intervention d’une flopée d’intermédiaires (dont Patrick Balkany), pour qu’Areva obtienne finalement l’autorisation d’exploiter le site. Dans un accord signé en août 2008, le groupe s’engage à aider l’Etat centrafricain à apporter une aide sociale et sanitaire, notamment à l’hôpital de Bangui. Des promesses accueillies avec espoir dans la région, où des dizaines de fillettes sont baptisées «Areva». Mais l’aventure tourne court. Comme l’ont toujours dit les géologues d’Areva, qui connaissent le site depuis les années 60, il y a bien de l’uranium à Bakouma, mais celui-ci est pour l’essentiel contenu dans une roche réfractaire. On parle d’uranium phosphaté, impossible à extraire dans des conditions économiques satisfaisantes. Areva quittera finalement les lieux en 2012, invoquant des problèmes de sécurité et la chute du cours de l’uranium après Fukushima.

 

En Afrique du Sud, le bilan n’est pas plus brillant. Des sondages ont démontré l’absence totale d’intérêt de cette zone, les études concluant à l’impossibilité de lancer un projet économiquement viable. Mais d’un point de vue financier, l’investissement le plus ruineux est celui réalisé sur le site de Trekkopje, en Namibie. Très vite, il apparaît que les teneurs y sont ridiculement faibles. Mais Areva va étrangement s’acharner. Alors qu’aucune étude géologique sérieuse n’a été réalisée sur place, l’entreprise se lance dans la construction d’une usine de dessalement, indispensable pour alimenter cette mine située en plein désert. Au total, 835 millions d’euros ont été engloutis dans le projet pour une production quasi nulle. Une fuite en avant parfaitement résumée par un ancien cadre de la division Mines : «On a bien senti que cela ne collait pas, et malgré tout on a continué à construire, à investir dans une usine. Le train était parti et il ne fallait plus l’arrêter. Personne n’a appuyé sur le frein.»

 

Acte 3 Le trucage des comptes ?

 

S’il est possible de travestir des estimations en uranium, il est beaucoup plus compliqué de masquer la réalité des gisements. Mais pour Areva, en dépit des alertes, rien ne doit apparaître. Face aux policiers, l’ancien responsable de l’audit au sein du groupe s’est étonné que le dossier Uramin ait été «systématiquement écarté» des procédures de contrôle, évoquant une «certaine omerta» sur le sujet. «Il était explicite que ce dossier se rapprochait trop de la présidente, que c’était de son domaine réservé, a-t-il témoigné. Les niveaux de contrôle ont été court-circuités.» Pour le service financier, la nécessité de déprécier les actifs apparaît pourtant dès 2009, date de la mise en production initialement annoncée. «C’est au moment où on doit produire qu’il faut commencer à mentir aux autorités», a résumé un ancien cadre du groupe devant les policiers. Mais c’est l’année suivante que la situation se tend véritablement pour Areva. Sentant poindre l’orage et désireux de se débarrasser d’Anne Lauvergeon, Nicolas Sarkozy parachute en avril 2010 l’expert-comptable (et ami du Président) René Ricol au conseil de surveillance d’Areva. L’année suivante, lors de l’assemblée générale d’Areva, Ricol n’hésitera pas à enterrer la polémique : «J’étais venu pour faire la clarté sur les comptes d’Areva. La clarté existait avant mon arrivée. J’ai perdu mon temps avec bonheur.» L’ancien directeur de la sûreté d’Areva, l’amiral Thierry d’Arbonneau, qui a suivi de très près l’affaire Uramin, a pourtant fait une étrange confession aux policiers à propos de cet audit interne :«René Ricol a rédigé deux rapports, un premier très critique qu’il aurait réservé aux échelons politiques, à l’Elysée, et un second plus édulcoré, à l’attention du public. Le rapport Ricol officiel est très, très édulcoré.» Selon lui, le rapport officieux remis à l’Elysée présente «les conditions d’achat d’Uramin comme contestables, discutables». Joint par Libération, René Ricol dément formellement l’existence de cet autre rapport. Seule certitude : la dépréciation d’Uramin dans les comptes d’Areva a déclenché des batailles homériques en interne.

 

Pour Anne Lauvergeon, qui cherche à valoriser son bilan, laisser apparaître le fiasco est inenvisageable. Un épisode, rapporté par plusieurs sources internes, est particulièrement révélateur de ce déni. Dans une note du 28 octobre 2010, la division Mines rappelle son «alerte lancée depuis deux ans sur l’incapacité d’amortir le coût d’acquisition d’Uramin» et juge nécessaire de déprécier les actifs à hauteur de 1,5 milliard d’euros. Furieuse, Lauvergeon convoque le lendemain le comité de direction. Sont notamment présents Sébastien de Montessus et Gérald Arbola, le numéro 2 du groupe. «Ce document est accablant», attaque Lauvergeon en tendant la note. «Madame la présidente, j’ai été factuel dans mon papier, c’est un compte rendu d’entretien», bredouille l’auteur. «Ce n’est pas votre document qui est accablant, mais le management», riposte la patronne, qui conclut, ivre de rage : «Je ne veux pas passer d’impairments tests [dépréciation d’actifs, ndlr] en fin d’année, débrouillez-vous. Ce n’est pas une question, c’est une commande.»

 

En campagne pour sa reconduction à la tête d’Areva, Anne Lauvergeon sait pertinemment qu’une telle tache dans les comptes suffirait à la mettre hors jeu. Face au regard stupéfait de ses interlocuteurs, elle enfonce le clou : «Vous me préparez très rapidement un plan minier qui permet de gagner de l’argent. Les commissaires aux comptes ne sont pas au courant. Dans un an, on pourra raconter autre chose.» Une version de l’histoire formellement démentie par Anne Lauvergeon. «Ce n’est pas elle qui a refusé de déprécier, mais la direction financière d’Areva, assure son avocat, Jean-Pierre Versini. Uramin est peut-être une faute de gestion, mais cette affaire ne relève en rien du pénal.» Reste que Lauvergeon a obtenu gain de cause. Les actifs d’Uramin ne seront dépréciés qu’un an plus tard, fin 2011, à hauteur de 1,46 milliard d’euros. Entre-temps, «Atomic Anne» a été débarquée. Dans son rapport de mai 2014, qui a servi de base à l’enquête judiciaire, la Cour des comptes estime que ses responsabilités sont «incontestables» dans le dossier. Mais jusqu’où savait-elle ? Dans une note rédigée en 2012 à l’attention de son successeur, Luc Oursel, le secrétaire général d’Areva, Pierre Charreton, laisse la question ouverte. «Ce qui ne cesse d’intriguer, écrit-il, c’est le comportement de la présidente du directoire, qui n’aurait jamais cherché à éclaircir les conditions ayant entouré l’acquisition d’Uramin.»

 

Ce que l’on savait

 

Areva a acheté en 2007 la société minière Uramin pour 1,8 milliard d’euros. Quatre ans plus tard, les gisements étant inexploitables, le groupe jette l’éponge. Plus de 2,5 milliards d’euros sont partis en fumée. Deux informations judiciaires ont été ouvertes en mai 2015.

 

Ce que l’on révèle

 

Lors du rachat d’Uramin, Areva aurait dissimulé des documents à l’Etat, principal actionnaire. Puis faussé ses comptes pour masquer le fiasco. Le responsable de l’opération chez Areva apparaît lié financièrement à d’ex-actionnaires d’Uramin. Le mari d’Anne Lauvergeon, qui a spéculé sur l’acquisition, détenait de nombreux documents confidentiels sur le dossier. 

 

Areva sous perfusion

 

Renfloué mais pas sauvé : quinze ans après sa création par Anne Lauvergeon, l’ex-champion nucléaire né de la fusion de la Cogema (combustible, déchets) et de Framatome (cuve et réacteurs) reste en quasi-faillite. En cause, le dérapage hallucinant du chantier du réacteur EPR finlandais : neuf ans de retard et une facture qui a explosé, de 3,5 milliards à 8 milliards d’euros ! «L’hiver nucléaire» qui a suivi Fukushima, l’affaire Uramin et des paris hasardeux dans l’éolien n’ont rien arrangé. Bilan des courses : une perte historique de 4,83 milliards d’euros pour 2014 et l’annonce de 6 000 suppressions de postes, dont 4 000 en France. Le groupe n’a dû son salut qu’à un plan Orsec monté par l’Etat actionnaire (86,5 % du capital). Dans le rôle du pompier, EDF doit racheter l’an prochain la division réacteurs d’Areva pour 2,5 milliards. Ce qui équivaut au démantèlement de l’empire atomique créé par Lauvergeon : fini les EPR, ce qui reste d’Areva se concentrera sur l’amont (les mines et l’enrichissement d’uranium) et l’aval (le retraitement de déchets). Le géant déchu va aussi recevoir une perfusion de 5 milliards d’euros de l’Etat avec le concours de fonds koweïtiens et chinois. Mais le nouvel Areva a besoin de 7 milliards pour tenir jusqu’en 2017. C’est dire si l’accident industriel a viré à la catastrophe.

 

Jean-Christophe Féraud 

 

Emmanuel Fansten

 

 

 

PROFIL

 

Olivier Fric, les cachotteries d’un mari encombrant

 

Par Emmanuel Fansten — Libération 10 février 2016 à 20:31

 

«Consultant en énergie», l’époux d’Anne Lauvergeon est soupçonné par Tracfin de blanchiment de fraude fiscale et d’avoir spéculé sur le rachat d’Uramin par Areva.

 

 Olivier Fric, les cachotteries d’un mari encombrant

 

Jusqu’où le mari d’Anne Lauvergeon est-il intervenu dans le dossier Uramin ? L’enquête judiciaire a révélé qu’Olivier Fric, 56 ans, bénéficiait de très nombreuses informations sur la société minière, rachetée à prix d’or par Areva malgré des gisements inexploitables. Lors d’une perquisition au domicile des époux Lauvergeon, les limiers de la Brigade financière ont découvert dans le bureau d’Olivier Fric un grand nombre d’éléments liés à l’affaire, disséminés entre des chemises cartonnées et des clés USB. Audits confidentiels, comptes rendus de comités stratégiques, mails internes… les policiers ont mis la main sur des dizaines de documents relatifs au rachat d’Uramin, pour la plupart confidentiels.

 

Olivier Fric, qui se présente comme «consultant en énergie», a-t-il utilisé cette documentation nourrie pour spéculer sur Uramin ? «Aucun élément retrouvé ne permet de compromettre pénalement mon client», assure son avocat, maître Mario Stasi. Mais la piste est très sérieusement envisagée par Tracfin, le service antiblanchiment de Bercy. Dans une note datée du 31 juillet 2015, révélée par Charlie Hebdo et que Libération a pu consulter, Tracfin met en lumière des «flux atypiques» sur plusieurs comptes détenus par Olivier Fric. Des flux qui pourraient être constitutifs d’un délit d’initiés en lien avec le rachat d’Uramin.

 

Mélange des genres. Le service pointe en particulier un compte ouvert au Crédit suisse, détenu par la société Amlon Limited. Immatriculée aux îles Vierges britanniques, cette coquille détient un compte dont les ayants droit économiques sont Olivier Fric et un de ses associés, Franck Hanse. Entre le 18 mai et le 12 juin 2007, 19 ordres d’achat ont été passés sur le compte de cette société, pour l’acquisition de 326 850 titres de la société Uramin. Le 20 juin, quelques jours après l’annonce de l’OPA d’Areva sur Uramin, tous ces titres sont cédés en une seule opération, créant un bénéfice net de 299 000 euros. Une partie de ces fonds a ensuite été transférée sur le compte d’une autre société basée au Liechtenstein, appartenant elle aussi à Fric.

 

Conclusion de Tracfin : «Il peut être raisonnablement envisagé qu’[il] ait disposé d’une information dont n’ont pas bénéficié les autres acteurs du marché boursier, pour en tirer profit par l’entremise d’entités juridiques sous son contrôlePar ailleurs, précise le service antiblanchiment, les ordres d’achat et de vente de titres ont été effectués sur les comptes bancaires d’une des sociétés dont Olivier Fric est l’ayant droit économique, «laissant penser à une volonté de masquer l’opération». La note révèle en outre que le mari d’Anne Lauvergeon détient plusieurs comptes à l’étranger, qu’il n’a déclarés au fisc qu’à partir de 2013. «La détention par M. Olivier Fric d’avoirs à l’étranger, y compris par le truchement de structures juridiques off shore, est susceptible d’être constitutive de faits de blanchiment de fraude fiscale», ajoute Tracfin.

 

Le rôle d’Olivier Fric est une des clés du scandale Uramin. Pendant longtemps, sa présence fréquente dans les couloirs d’Areva a irrité. Un jour, un membre du comité de direction s’en est même ouvert auprès d’Anne Lauvergeon. Un mélange des genres dont a témoigné un ancien cadre de l’entreprise devant les policiers. «Il était de notoriété publique au sein de [la division des Mines] que M. Fric tournait autour des dossiers stratégiques, a-t-il expliqué. Entre collègues, nous ne parlions jamais ouvertement de son immixtion dans les dossiers mais le sujet était récurrent et apparaissait comme un secret de polichinelle plus ou moins rentré dans les mœurs». Très au fait des dossiers, Olivier Fric n’hésite pas à faire passer les CV à sa femme pour les postes les plus sensibles - c’est lui qui a transmis celui de Daniel Wouters (lire page 5) - et ponctue régulièrement ses mails d’un «j’en ai discuté avec Anne».

 

Couloirs. Mais le mari de la patronne ne se contente pas de traîner dans les couloirs en se donnant de l’importance. Il s’est impliqué dans la gestion du dossier Uramin, notamment en Namibie. Pour exploiter la mine de Trekkopje, Areva a lancé à grands frais la construction d’une usine de dessalement d’eau. Le contrat a été décroché par la société UAG, qui va aussitôt recruter Olivier Fric comme consultant. Plus troublant encore : le mari d’Anne Lauvergeon a cherché à investir dans Swala, la mystérieuse société de Wouters. Dans un mail de 2011, ce dernier annonce à ses associés qu’Olivier Fric veut entrer au capital de Swala, société dans laquelle les anciens actionnaires d’Uramin sont également associés. Dans quel but ? C’est un des nombreux points que l’enquête devra encore éclaircir.

 

Emmanuel Fansten

 

Centrafrique-Presse.com
10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 22:30
L'UDECA appelle à voter Faustin Archange TOUADERA
L'UDECA appelle à voter Faustin Archange TOUADERA

 

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

UNITE-DIGNITE-TRAVAIL

 

UNION DES DEMOCRATES CENTRAFRICAINS

 

 

         COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Suite aux scrutins législatif et présidentiel du 27 décembre 2015, deux candidats ont été qualifiés par la Cour Constitutionnelle de Transition pour le second tour, aucun concurrent n’ayant eu la majorité absolue.

 

L’UDECA (Union des Démocrates Centrafricains), en dépit des nombreuses irrégularités et fraudes massives ayant entrainé l’annulation du scrutin législatif d’un côté et confirmé la présidentielle de l’autre, prend acte de ladite décision.

 

Après  à une réflexion approfondie et consultations des différents acteurs et représentants des candidats, le bureau politique de l’Union des Démocrates Centrafricains décide de soutenir le candidat FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA en raison de sa personnalité et son programme politique qui met l’homme au centre de son projet.

Cette vision correspond le plus aux valeurs défendues par notre formation politique.

 

L’UDECA appelle les centrafricaines et centrafricains à se déplacer massivement et à voter pour le candidat TOUADERA ce dimanche 14 février 2016.

 

 

Fait à Paris, le 10/02/2016

 

Francis KAPANZA-KPIGNET

 

Conseiller Spécial, chargé des Relations extérieures.

Centrafrique-Presse.com