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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 22:07

 

 

INTERVIEW/ Martin Ziguélé, «Mon programme pour la RCA»

 

http://www.lequotidien.sn  20 Décembre 2014

 

58 ans, Martin Ziguélé  se positionne pour être président de la République centrafricaine (Rca), ravagée par un conflit politico-confessionnel dramatique. Il ne s’en détourne pas pour mettre son expérience au service de son pays. Ancien Premier ministre de Ange Félix Patassé, Martin Ziguélé livre son troisième essai. Candidat malheureux en 2005 et 2011,  il a été choisi par le Mouvement de libération du peuple centrafricain (Mlpc) pour participer à l’élection présidentielle prévue en juin et juillet 2015, lors d’un grand meeting organisé le 22 novembre à Bangui. Il serait l’un des plus sérieux prétendants au trône. En visite à Dakar, il parle dans cet entretien de la situation en Rca, de son programme de campagne et de sa visite au Sénégal. 

 

Vous avez été reçu par le Président Macky Sall. Sous quel angle peut-on analyser votre séjour au Sénégal ?

 

Je suis à Dakar où j’ai participé au Forum Paix et sécurité qui a été une rencontre pleine d’enseignements. J’ai effectivement rencontré le Président Macky Sall parce que le Sénégal est un modèle de stabilité politique et sociale. C’est un exemple de démocratie. Pour moi, il est important de venir au Sénégal pour avoir une perception de ce modèle qui fait la fierté de l’Afrique. Il est important de rencontrer les autorités sénégalaises pour parler aussi de la situation politique en République centrafri­caine et rencontrer le Peuple sénégalais.

 

Lors du Sommet de Dakar, il y a eu des échanges houleux entre le ministre français de la Défense et certains chefs d’Etat africains sur l’insécurité dans le Sahel provoquée par le chaos libyen ?

 

C’était une rencontre pleine d’enseignements. Parce que l’Afri­que doit être capable de prendre en charge sa propre sécurité en compagnie aussi de ses partenaires traditionnels. Ils ont parlé du Sud libyen qui a mis le chaos dans certains pays. Il est essentiel que la Force africaine de réaction rapide soit opérationnelle pour faire face aux urgences sécuritaires du continent.

 

Justement quelle est la situation politico-sociale en Ré­publique centrafricaine ?


Il faut reconnaître que la situation est toujours volatile. Aujour­d’hui, la capitale Bangui a tout de même retrouvé un peu de calme. La Rca est un vaste pays qui a pratiquement la même superficie que la France. Je souhaite seulement que l’arrière-pays retrouve le niveau relatif de sécurité de la capitale. Avec le déploiement des effectifs des casques bleus et les militaires français de l’opération San­garis, la situation s’est améliorée. Après l’effondrement de l’Etat, ce n’était pas une situation facile. Même les experts militaires déplorent l’insuffisance des effectifs des forces internationales. Ils font un travail extrêmement difficile et ingrat, en raison même de la complexité de la situation et de leurs effectifs compte tenu de l’immensité de notre territoire. Il faut continuer à travailler pour rétablir la sécurité et l’ordre et la paix qui font gravement défaut dans notre pays à la suite du total effondrement de l’Etat.

 

La situation n’est pas désespérante ?

 

Il faut reconnaître que tous les hommes politiques ont failli parce que nous avons failli à notre première mission, celle de construire un Etat, une Armée, pour protéger ce pays. Il faut que les Centrafri­cains se parlent en vérité entre eux pour se pardonner et se réconcilier. Il nous faut reconstruire une Armée et savoir qui fait quoi en matière de sécurité. Parce que les Faca (Forces armées centrafricaines) ne sont pas opérationnelles. Cela ne peut plus durer. Je ne crois pas une seule seconde qu’on puisse ramener la paix si les Forces armées sont sur la touche.

 

Vous avez été désigné candidat du Mouvement de libération du peuple centrafricain à la présidentielle. Sur quoi allez-vous axer votre candidature ?

 

 Ma candidature sera axée sur la réconciliation. Nous sommes un pays riche, vous ne trouverez pas un mètre de sable dans ce pays. Tout est vert. Nous avons de l’or, du diamant, de l’uranium. La Centrafrique est un pays qui a des ressources. Son seul problème, c’est la prédation. Il nous manque juste la paix, la réconciliation et l’emploi. Il faut démarrer le dialogue à la base, dans les villes de l’intérieur du pays, avant d’amorcer un mouvement national. Nous devons rester unis et soudés. Nous devons aller partout, auprès de nos frères et sœurs, parler du même langage de l’unité, parler de la réconciliation, parler du dialogue et de la paix. C’est pour cela que le forum de Bangui sera important si on arrive à mettre en place ce processus.

 

Dans un pays où il y a l’effondrement de l’Etat et le chaos, est-ce possible d’organiser des élections ?

 
C’est une très bonne question. La transition doit s’atteler à remettre en place l’autorité de l’Etat, une Armée solide et bien restructurée pour organiser ces élections parce que notre pays a besoin de paix et de stabilité pour sortir de cette impasse. D’ici le scrutin (juin 2015), on doit pouvoir réaliser des progrès dans le domaine sécuritaire pour organiser le scrutin sur l’ensemble du territoire national. La date retenue me semble assez bien indiquée pour organiser cette élection.

 

Vous avez été Premier ministre de l’ex-chef de l’Etat Ange Félix Patassé (2001-2003) et candidat aux Prési­dentielles de 2005 et 2011. Votre passé plaide-t-il pour vous ?


Tous les hommes politiques centrafricains ont une responsabilité dans ce qui se passe chez nous. Oui, quand on est citoyen d’un pays et quand on a eu en Rca des responsabilités à un niveau gouvernemental, on est quelque peu responsable de ce qui arrive dans le pays. Etre responsable, ce n’est pas être coupable. Je n’ai jamais pactisé avec qui que ce soit pour porter des armes contre le peuple centrafricain. Nous n’avons jamais été le cheval de Troie des forces hostiles à notre Nation, à l’intérieur de ce pays et nous avons la conscience tranquille sur ce point. Pour moi, ce passé ne constitue pas un handicap parce que la Rca a besoin de paix et de stabilité.

 

La présidente de transition, Catherine Samba-Panza doit-elle diriger le pays jusqu’aux élections ?


Pour nous, il n’y a pas de raison qu’elle ne reste pas. Ce n’est pas un problème de personnes. On a vu ce que la première transition a donné. C’est souhaitable qu’elle reste pour conduire le processus. Aujour­d’hui, la majorité des acteurs centrafricains considèrent que toute instabilité à la tête de l’État ralentirait le processus électoral. Elle a été désignée Présidente de transition dans un contexte assez difficile.

 

Elle est en place depuis presque un an, (elle a été choisie Présidente de transition en janvier 2014) a-t-elle rempli sa mission ?


Elle est arrivée dans une situation extrêmement délicate. Les choses se sont un peu améliorées notamment dans le domaine de la sécurité. Même si la situation reste volatile. Comme je l’ai dit tantôt, ce n’est pas une question de personnes. Elle avait fait une erreur politique en nommant un Premier ministre (André Nzapayéké) qui a mis en place un gouvernement de technocrates dans un contexte de crise politique aiguë. Cette équipe a été prise en otage par les forces rebelles, Séléka et anti-balaka, et a produit peu de résultats en huit mois. Depuis le remaniement, les choses ont évolué.

 

Les anciens Présidents Michel Djotodia ou François Bozizé doivent-ils participer aux pourparlers dans la perspective du forum de Bangui ?


Il faut analyser la situation : Comme je l’ai dit, le dialogue n’est pas un prétexte pour consacrer l’impunité. Lorsqu’on a du sang sur les mains, il faut en rendre compte. Pour les anciens Prési­dents, il faut voir leur degré d’implication dans certains massacres commis dans ce pays. La question de leur participation ou non se situe à ce niveau. Lorsque Bangui et toutes les grandes villes de provinces seront débarrassées des nombreuses armes et munitions de guerre ainsi que des explosifs qui circulent actuellement et qui sèment la mort et la désolation, les Centrafricains retrouveront un peu de quiétude. Depuis l’aggravation de cette crise que connaît notre pays, que la seule solution du retour de la sécurité et de la paix demeure le désarmement de toutes les bandes armées que le Conseil de sécurité des Nations Unies a prescrit dans plusieurs de ses résolutions et que les forces internationales présentes dans notre pays ont mandat d’appliquer.

 

Le gouvernement de transition a porté plainte à Paris contre le clan de l’ex-chef de l’Etat, François Bozizé, pour enrichissement illicite en parlant de pots-de-vin, de biens immobiliers et d’autres biens de luxe… C’est une démarche à encourager ?

 
C’est une bonne démarche parce que l’argent des Centrafricains doit profiter aux Centrafricains. La Rca est un pays immensément riche. Nous sommes tous d’accord : les deniers de l’État ne doivent pas profiter à un clan ou à un autre. Maintenant, nous attendons avec impatience les résultats de l’enquête. La gestion de tous les régimes, qu’il s’agisse de François Bozizé, de Michel Djotodia ou d’Ange-Félix Patassé, doit être soumise à un audit. C’est une question importante qu’il faut gérer dans la transparence.

 

Propos recueillis par Bocar SAKHO pour lequotidien.sn 

Après le Forum Paix et sécurité de Dakar et une audience avec le président Macky Sall, Martin Ziguélé, a répondu à la presse sénégalaise

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 22:04

 


 

Bangui, 20 décembre 2016 (RJDH) Le dialogue dans les communes et préfectures prévu avant le Forum de Bangui sera effectif en janvier 2015. C’est ce qui sort d’une interview réalisée par le RJDH à l’Ambassadeur de France Charles Malinas, vendredi 19 décembre.

 

Bien avant cette déclaration, plusieurs maires interrogés à la fin de la conférence des maires ont pensé qu’il est obligatoire d’avoir les dialogues dans les communautés avant le grand Forum de Bangui. Cette étape a été annulée par les autorités du pays et la communauté internationale.

 

D’après les réactions des maires, recueillies 48 heures avant l’interview de Charles Malinas, « on ne peut pas pouvoir envisager un grand forum en excluant les autres.  Il faut que ce dialogue soit inclusif et non exclusif. Sans la base, le Forum de Bangui, sera exclusif parce que les autres ne seront pas là. Nous avons besoins d’entendre leurs voix, ils sont centrafricains comme nous », a déclaré le maire de Berberati, Albert Nakombo.

 

« Avant que le dialogue se tienne ici à Bangui, il faut une concertation locale. Les hostilités ont démarré dans les provinces avant d’atteindre Bangui. Le gouvernement doit comprendre que ce sont les paysans qui sont beaucoup plus frappés par la crise. Pour que le forum ait un bon résultat, il doit commencer dans les communautés locales », a déclaré Thomas Ndomété, maire de la ville de Kaga-Bandoro.

 

« Le dialogue à la base sera organisé », selon Charles Malinas

 

Dans une interview accordée au RJDH vendredi 19 décembre, l’Ambassadeur de France en République Centrafricaine, Charles Malinas a annoncé la tenue effective du dialogue dans les provinces avant le rendez-vous de Bangui.

 

« Les rencontres à la base vont avoir lieu, c’est très important. C’est vrai que pendant un moment, il a été question de ne pas le tenir, mais on est revenu sur cette décision qui n’était pas sans doute adaptée.  Donc, le dialogue au niveau des communes, des préfectures, de la population va être organisé au mois de janvier 2015, selon des modalités que le gouvernement exposera et qui vont d’abord être discutées avec les forces vives de la nation. »

 

Pour le diplomate français, une rencontre se tiendra entre le gouvernement et les forces vives de la nation pour débattre des modalités. «  Ils vont se réunir prochainement, le Premier Ministre nous l’a dit. Une fois que les modalités  seront déterminées d’un commun accord avec les forces vives de la nation, cette phase populaire va pouvoir avoir lieu et je crois que c’est une bonne chose », a-t-il espéré.

 

D’après Charles Malinas, le Forum de Bangui, qui se situe dans la suite du forum de Brazzaville, doit permettre aux populations centrafricaines de se retrouver et d’avoir un échange franc. Cette rencontre ne sera pas la fin du processus mais une étape qui conduira aux élections.

 

« C’est important que la population puisse exprimer sa souffrance, ce qu’elle a vécu et ses attentes. Il est tout à fait essentiel que le Forum de Bangui soit le lieu où ont arrêté un certain nombre d’accord avec les groupes armés non conventionnel sur le désarmement, la cessation réelle des hostilités, le cantonnement des combattants et les perspectifs que les uns et les autres attendent. C’est un moment qui n’est pas la fin d’un processus mais c’est une étape d’un processus qui doit conduire aux élections », a projeté le diplomate français.

 

L’annonce du gouvernement de sursoir au dialogue dans les provinces avait suscité des réactions  de la part de la société civile et des leaders religieux.  Le dialogue à la base et la Forum de Bangui devrait avoir lieu avant la tenue des élections prévues en août 2015, qui marquera la fin de la transition d’au moins deux ans./

 

Fridolin Ngoulou et Thierry Khondé

Centrafrique : Le dialogue à la base prévu en janvier avant le Forum de Bangui

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 22:01

 

 

 

Mbrès, 20 décembre (RJDH) -  Le calme semble revenir depuis 48 heures dans la ville des Mbrès, après les affrontements opposant les éléments de l’ex Séléka et les Anti-Balaka. La ville est sous le contrôle des éléments de l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), une faction de l'ex Séléka.  Joint ce matin par le RJDH, le porte-parole de ce groupe armé, Mahamat Midjiad Ibrahim,  a nié le fait que ces hommes ont tué des  civils.

 

De sources locales, une accalmie règne depuis jeudi, mais la ville est déserte. La plupart des habitants ont dû quitter pour se réfugier soit dans la brousse, soit dans les villages environnants. Une centaine de personnes constituées en majorité des femmes et des enfants ont rejoint la ville de Kaga-Bandoro. Ces dernières ont été accueillies par des familles d'accueil, et n'ont pas d'assistance.

 

Interrogé,  le porte-parole de l'UPC a fait savoir que  ce conflit  a commencé après une entente entre son groupe et les Anti-Balaka à travers un chef du village qui a assuré la médiation. « Ils sont venus nous voir, disant  qu’ils veulent  la paix. Ils sont sortis de leurs maquis et nous avons décidé de les laisser  avec  leurs armes. Avec  nos officiers,  ils sont partis tenir une réunion à Kaga-Bandoro, en présence des forces internationales. Nous avons même célébré une fête ensemble », a expliqué Mahamat Midjiad Ibrahim.

 

Sur la question des personnes  tuées par les ex Séléka,   le porte-parole de l’UPC a nié tous les faits avant de préciser que lors des affrontements, les personnes ciblées sont des Anti-Balaka. Une affirmation rejetée par les habitants qui ont réussi à le joindre la ville de Kaga-Bandoro. Selon les témoignages de certaines femmes, les ex Séléka n'ont pas fait de distinction entre les Anti-Balaka et les autres habitants.

 

"C'est ce qui nous a poussés à quitter la ville des Mbrès. Même en cours de route,  nous sommes obligés de nous cacher à chaque fois que nous apercevons de loin un véhicule, car dit-elle, les ex Séléka tirent sur toutes les personnes qu'ils croisent".

 

Dans un communiqué de presse  publié le 19 décembre, la Coordinatrice humanitaire principale, Claire Bourgeois, dit condamner fermement la reprise des affrontements aux Mbrès, qui selon la Croix rouge centrafricaine, ont causé la mort de 28 personnes dont un volontaire de la Croix Rouge nationale./ 

 

Thierry Messongo

Centrafrique-Mbrès: Une accalmie règne dans la ville, l'ex-Séléka nie avoir tué des civils

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 21:59

 

 

 

 

Par Siegfried Forster RFI 19-12-2014 à 16:37

 

Alors qu’à Angers, la ville natale de Camille Lepage, se termine une exposition visitée par 10 000 visiteurs, la Bibliothèque Nationale de France (BNF), à partir du 19 décembre, rend à son tour hommage à la jeune photojournaliste, tuée par balle, en mai dernier, à l'âge de 26 ans, pendant un reportage en Centrafrique. Entretemps, sa famille a créé l’association « On est ensemble » pour poursuivre l’engagement de la jeune journaliste. L’exposition, organisée par La Bourse du Talent, consacrée aux jeunes photographes, lui a rendu posthume un prix exceptionnel de la photographie. Entretien avec le directeur du prix, Didier de Faÿs. 

 

La Bourse du Talent a dédié cette année un prix exceptionnel de la photographie à Camille Lepage. Est-ce que c’est un prix qui vient trop tard ?

 

Je suis le travail de Camille depuis plusieurs années. J’ai vu grandir son regard. Au début de l’année, elle est venue présenter son travail à la Bourse du Talent. Nous l’avons évidemment sélectionné pour le présenter au jury. C’est à ce moment-là que nous avons appris sa disparition. Elle a un talent immense – je préfère de parler de Camille au présent. Son travail, trop bref, est exceptionnel. Ce prix, cet hommage, vient trop tard maintenant, mais le travail est là. Il existe. Et nous le montrons à un public très large. C’est important qu’il soit vu.

 

Vous exposez plusieurs photos de sa série On est ensemble, réalisée en Centrafrique. Le travail de Camille Lepage est-il devenu emblématique pour le photojournalisme ?

 

Le travail de Camille est emblématique de cette situation du photojournalisme aujourd’hui. La situation a énormément changé. On a perdu la presse papier. Elle a disparu. Les dégâts collatéraux, ce sont les photographes qui ne sont plus publiés. Et pourtant, il y a une urgence à montrer les choses. Camille a choisi de les montrer, au péril de sa vie. Les photographes sont plus près des drames, davantage encore que d’autres médias. Les photographes sont fragiles, ils sont solitaires. Il y a quelques années, ils étaient mieux accompagnés. Ils ne le sont plus aujourd’hui. Et pourtant, ils poursuivent leur mission, leur combat, leur envie, leur engagement. Ce sont des personnes qui sont engagées pour raconter des histoires qui sont les nôtres. Camille, et tous les photoreporters à travers elle, oui, il faut que le public les perçoive, les soutienne et regarde leur travail. C’est très important.

 

Camille Lepage a souvent parlé de son engagement, sa passion « pour les causes oubliées, pour ces gens qui souffrent en silence et auxquels personne ne prête attention ». Est-ce qu’elle a réussi avec son travail ? Peut-on réussir en tant que photojournaliste dans des zones de guerre ?

 

Un photographe est naturellement engagé : artistiquement, au niveau documentaire, au niveau journalistique. Il y a toujours un engagement. Celui de Camille va très loin, très près du danger. Elle raconte ce qu’elle voit. Le talent de Camille est de savoir raconter, peut-être aussi sa proximité et son amour des gens. Elle les aime. Et elle le traduit dans sa brutalité, mais elle nous ramène toujours à la vie. C’est de la vie dont elle nous parle.

 

Depuis sa mort, est-ce que le photojournalisme a changé ? Les agences de photo, travaillent-elles autrement aujourd’hui avec les photojournalistes ?

 

Depuis la disparition de Camille, rien n’a changé. Au contraire. Les agences, pour le peu qui en reste, tombent une après l’autre. Elles disparaissent. Il y a un vrai danger. Est-ce qu’on se dirigerait vers un monde qu’on ne regarde plus ? Je ne sais pas exactement ce qu’il faut faire, néanmoins, j’ai peur que la disparition des photojournalistes, les dangers qu’ils courent, le manque d’accompagnement, même l’ignorance de leur métier, nous amènent à une censure qui ne porterait pas son nom.

 

« Camille avait un engagement fort auprès des populations dans des pays en conflit. »

 

La mère de Camille Lepage, Maryvonne Lepage, a créé l'association « On est ensemble ». Camille Lepage, après sa mort, est-elle devenue une journaliste emblématique pour le photojournalisme ?

 

19/12/2014 - par Siegfried Forster

 

Hommage photographique à Camille Lepage, tuée en Centrafrique

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 21:56

 

 

par: APA publié le : 20/12/2014 à 15:38 UTC

 

La présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba-Panza, a souhaité samedi à son retour d’Egypte, la réouverture de l’ambassade de ce pays à Bangui pour profiter des opportunités de coopération qu’offre Le Caire.

 

« Nous avons souhaité la réouverture de l’ambassade égyptienne à Bangui et surtout la reprise de la coopération dans tous les domaines. Parce que nous avons besoin des médecins, enseignants et d’investisseurs », a déclaré Catherine Samba-Panza.

 

Elle revenait d’une visite de travail et d’amitié de trois jours, à la tête d’une forte délégation centrafricaine, au cours de laquelle elle a visité le Canal de Suez et l’Université britannique du Caire où elle a été faite présidente d’honneur lors de la cérémonie d’ouverture du département Afrique de cette institution.

 

Selon la présidente de transition, c’est une occasion pour réchauffer les liens de coopération bilatérale datant des années 70.

 

A cette époque, a-t-elle rappelé, « il y avait des médecins, professeurs et expert égyptiens dans le domaine de l’agriculture et il y avait une ambassade égyptienne en Centrafrique ».

 

L’ambassade d’Egypte en Centrafrique a été fermée au lendemain des attaques de grandes envergures lancées par la coalition Séléka dans le nord du pays, le 10 décembre 2012, ayant abouti au renversement du régime de François Bozize le 24 mars 2013.

 

Copyright : © APA

Samba-Panza plaide pour la réouverture de l’ambassade d’Egypte en Centrafrique

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 21:54

 

 

 

20/12/14 (AFP)

 

L'agence des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a souligné vendredi "le manque dramatique de fonds" de ses programmes en République centrafricaine, où plus de deux millions d'enfants sont dans le besoin après des mois de violences intercommunautaires.

L'Unicef n'a reçu que la moitié des fonds nécessaires cette année pour ses programmes, 42,7 millions de dollars (34,9 millions d'euros) sur 81 millions attendus (66,2 millions d'euros), a précisé à l'AFP le porte-parole de l'organisation, Christophe Boulierac.

 

"Deux enfants sur cinq qui ont un besoin urgent d'aide de la part de l'Unicef n'ont aucun accès aux soins, à l'eau, à l'éducation et à une protection, à cause d'un manque dramatique de fonds et de l'insécurité" qui règne dans le pays, a déclaré M. Boulierac.

 

Au moins 28 personnes ont été tuées mercredi lors d'affrontements entre groupes armés à Mbrés, dans le centre de cette ex-colonie française, faisant fuir des centaines d'habitants terrorisés dans la brousse.

 

L'Unicef a souligné qu'elle n'avait pas été en mesure de soigner 620.000 personnes, ni de fournir d'eau potable à plus de 250.000 enfants. Par ailleurs 33.000 enfants n'ont pu être vaccinés contre la rougeole et 5.000 enfants de moins de 5 ans en état de malnutrition sévère n'ont pu être soignés.

 

Plus d'un million et demi de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire en Centrafrique, soit un tiers de la population, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

 

A la suite de nombreux raids et du déplacement de communautés entières d'agriculteurs, les réserves de nourriture sont désormais inférieures de moitié à leur niveau habituel.

 

Le cri d'alarme de l'Unicef intervient quelques semaines après que le PAM ait été forcé de suspendre ses programmes d'aide aux réfugiés syriens, les donateurs internationaux n'ayant pas honoré leurs promesses.

 

La distribution de coupons alimentaires à 1,7 million de réfugiés avait repris quelques jours après l'appel du PAM.

L'Unicef lance un appel aux financements pour les enfants de Centrafrique

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 21:51

 

 

 

 « Le devoir des journalistes est de maintenir l'équilibre social d'un État ». C’est la quintessence de la communication du président du « Conseil supérieur de la liberté de communication (Cslc) » au Congo Brazza. Pourtant, Philippe Mvouo reproche aux médias congolais de faire des rapprochements qui risquent de plonger le pays dans le chaos. Il n’a pas manqué de rappeler le souvenir de la radio « Mille collines » au Rwanda.

 

Il a réuni les journalistes, les directeurs généraux et centraux des médias publics et privés ainsi que les associations œuvrant pour les droits de l'Homme et les médias, à qui il a demandé d’arrêter de faire des comparaisons entre la chute du président burkinabé, Blaise Comparoré, et la situation politique au Congo Brazza. Pour lui, les comparaisons sont malvenues, car les pays d’Afrique ne sauraient avoir la même histoire.

 

« Je suis donc venu vous dire que désormais j'attends de vous, comme le peuple congolais tout entier, que la presse s'affirme comme un puissant moyen de pression dans la défense de la paix et de la démocratie ; j'attends de la presse qu'elle soit un instrument d'information, de formation et d'éducation, j'attends de la presse, dans son ensemble, qu'elle change de comportement ; qu'elle traite l'information selon le code déontologique, selon les règles de l'art qui sont : la véracité, l'intégrité et l'impartialité ; j'attends des journalistes, qu'ils se comportent en citoyens responsables qui proscrivent le mensonge, la calomnie, la manipulation de l'opinion et tout propos qui incite à la haine et à la violence », a dit Philippe Mvouo.

 

Pourtant, il y a au moins une ressemblance entre le Burkina Faso et le Congo Brazzaville. Ici, le président s’obstinait à changer la constitution pour se maintenir au pouvoir. Là, le président Denis Sassou Nguesso ne s'est pas officiellement prononcé, mais des tenors de la majorité plaident pour une révision constitutionnelle afin de permettre au président de se représenter pour un nouveau mandat en 2016.

Lu pour vous : CONGO-BRAZZAVILLE : LA PRESSE LOCALE INVITÉE À NE PLUS FAIRE DE RAPPROCHEMENT AVEC L'INSURRECTION POPULAIRE AU BURKINA FASO

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 21:49

 

 

 

http://www.adiac-congo.com   Samedi 20 Décembre 2014 - 16:44

 

La délégation du Haut conseil de la communication de la République centrafricaine, conduite par son président, José Richard Kouambi, séjourne au Congo depuis le mardi 16 décembre. 

 

Le 19 décembre, une séance d’échange d’expérience a été organisée avec le Conseil supérieur de la liberté de communication du Congo (CSLC), au siège du ministère de la JusticeJosé Richard Kouambi a expliqué que son pays est actuellement en pleine crise politique et se prépare à organiser les élections politiques générales en 2015. Il a reconnu par ailleurs que le Congo dispose de plusieurs atouts dans le domaine de la régulation des élections. Il a insisté sur le fait que le Congo qui était dans une situation similaire après la guerre civile de 1997 peut véritablement inspirer la Centrafrique.

 

Face à cette demande, le président du CSLC, Philippe Mvouo, a exprimé toute la disponibilité du Congo quant à la collaboration avec le Haut conseil de la communication de la République centrafricaine. Afin d’approfondir les échanges d’expérience, plusieurs communications ont été présentées par les collaborateurs du CSLC. Elles portaient sur la présentation de l’institution ; le traitement des plaintes ; la régulation au quotidien et l’expérience congolaise en matière de régulation des médias en période électorale. Le secrétaire administratif par intérim du CSLC, Théophile Mieté Likibi s’est chargé de parler des missions, de l’organisation et du fonctionnement de l’institution. Il a surtout insisté sur son indépendance et la liberté que lui donne la loi pour la prise des décisions. Pour sa part, Michel Rudel Ngandziami, président de la commission juridique et administrative, a présenté à la délégation centrafricaine la manière dont sont traitées les plaintes au niveau du conseil. Des plaintes provenant des personnes physiques et morales et des autos saisines du conseil. 

 

Le directeur technique du CSLC, Jean Mangily, a saisi cette occasion pour présenter des difficultés que rencontre le conseil dans l’élaboration du monitoring des médias eu égard à l’absence d’un appareil approprié pour cette opération. Il a mis un accent particulier sur la difficulté de réguler les médias en ligne. À ce sujet, les intervenants ont relevé que les études sont en train d’être menées pour une régulation efficace  des médias qui diffusent sur Internet.

 

La chine seule est actuellement capable de les réguler. Autre intervenant : le conseiller administratif et juridique du président du conseil, Paul Hervey Kengouya. Les échanges qui ont suivi ont été très enrichissants. La délégation centrafricaine a mis à profit son séjour à Brazzaville pour visiter un échantillon des médias publics et privés installés à Brazzaville. Sans oublier le Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza. Au programme, la signature, ce lundi 22 décembre, d'un protocole d’accord de coopération avec le CSLC.  

Régulation des médias : la Centrafrique sollicite l’expertise du Congo

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 21:45

 

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Les affrontements qui opposent actuellement « anti-balaka » et « Séléka » montrent que la Centrafrique est plus que jamais en perdition. Or, c’est le moment choisi par Paris pour annoncer que d’ici le printemps 2015, l’essentiel du dispositif « Sangaris » sera retiré. Une décision ahurissante et insolite tout à la fois.

 

1) Des élections présidentielles étant « prévues » en 2015, le retrait français va laisser le champ libre à la « Séléka » qui occupe déjà le centre, le nord et l’est du pays, ainsi que les zones minières. Dans les territoires qu’elle contrôle, les chrétiens sont persécutés ou islamisés et les élections seront « arrangées ».

 

2) Comme les 8000 hommes du « volapük militaire » baptisé « Minusca (Mission des Nations Unies pour la Centrafrique) » seront incapables de se faire respecter, le pays va donc être de fait abandonné à la « Séléka ». L’Opération « Sangaris » n’aura donc finalement servi à rien.


DANS LE DOSSIER DE LA RCA, FRANÇOIS HOLLANDE A CONSTAMMENT TERGIVERSÉ ET ACCUMULÉ LES ERREURS :

 

1) La première date de la fin de l’année 2012 (voir mes communiqués de l’époque) quand, avec peu de moyens, il était possible de « traiter » rapidement et efficacement les coupeurs de route de la « Séléka ». Mais François Hollande hésita.

 

2) Au mois de mars 2013, alors que tous les connaisseurs du pays le pressaient d’agir, il laissa la «« Séléka » prendre Bangui. La Centrafrique sombra alors dans le chaos cependant que les chrétiens -95% de la population de souche-, étaient persécutés.

 

3) Début 2014, face au désastre humanitaire dont ses hésitations étaient la cause, François Hollande décida finalement d’intervenir mais en précisant que l’entrée en scène des forces françaises n’avait pas de but militaire… Nos troupes ne reçurent donc pas d’ordres clairs puisque ni l’ « ami », ni l’ « ennemi » ne furent désignés, Paris demandant simplement à nos soldats de jouer les « bons samaritains ».

 

4) Le déploiement de notre contingent se fit d’une manière insolite. Alors que l’objectif militaire prioritaire aurait dû être le verrou de Birao dans l’extrême nord du pays, il fut au contraire décidé d’enliser les forces françaises à Bangui dans une mission d’interposition relevant de la gendarmerie mobile. L’intérieur de la Centrafrique fut donc laissé à la « Séléka » qui eut tout le loisir d’y poursuivre ses massacres. L’actuelle situation catastrophique est clairement la conséquence de ce choix incompréhensible par tous ceux qui connaissent la Centrafrique car la prise de Birao aurait forcé la « Séléka » à se replier au Soudan et donc à abandonner le pays.

 

5) Dès le début de l’Opération Sangaris, au lieu de leur demander de détruire les bandes de la Séléka, Paris demanda à nos soldats de simplement séparer agresseurs et agressés, bourreaux et victimes. Alors qu’il fallait leur donner les moyens de sidérer l’adversaire et de saturer l’objectif, les chiches moyens alloués à nos troupes ne leur permirent que de lancer des patrouilles, non de quadriller et de tenir le terrain. L’impression d’impuissance fut accentuée par le fait qu’à Bangui, au lieu d’être désarmée, la « Séléka » voulut bien accepter d’être cantonnée…en conservant ses armes et en gardant ses gains territoriaux à travers le pays.

 

6) Alors que la solution était d’abord militaire, le Quai d’Orsay ne cessa d’affirmer que la résolution de la crise se ferait par la reconstruction de l’Etat à travers un mirage électoral prévu pour 2015. L’aveuglement des diplomates semble sans limite car le fossé de sang creusé entre nordistes et sudistes interdit toute reconstitution d’un « Etat » centrafricain lequel n’a d’ailleurs jamais existé ; sauf peut-être à l’époque de Bokassa. Quel administrateur sudiste osera en effet s’aventurer dans le Nord pour s’y faire massacrer et quel fonctionnaire nordiste décidera de venir se faire lyncher à Bangui ?

 

Aujourd’hui, après avoir désolé une grande partie de la RCA, les bandes de la « Séléka » tiennent plus de la moitié du pays. Les malheureuses populations occupées sont ainsi revenues aux temps des raids à esclaves lancés depuis le Soudan et dont leurs grands-parents avaient été délivrés par la colonisation. Elles avaient naïvement cru que les troupes françaises étaient venues pour les libérer. Leur illusion fut de courte durée car l’« Elysée » n’avait décidé qu’une gesticulation humanitaire sous habillage militaire.

 

Pourquoi un tel gâchis ? Pourquoi François Hollande abandonne-t-il au pire moment la Centrafrique à des bandes islamo-mafieuses qui vont être tentées d’en faire une base idéalement située au cœur du continent ? Pourquoi avoir décidé de lancer l’« Opération Sangaris » si c’était pour lui donner une fin aussi « discutable » ?

 

Ces questions sont sans réponse.


Un texte de Bernard Lugan.

Lu pour vous : FRANÇOIS HOLLANDE ABANDONNE LA CENTRAFRIQUE AUX ISLAMISTES DE LA SÉLÉKA

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 17:14

 

 

Thomas HOFNUNG (envoyé spécial à Dakar) Libération 17 décembre 2014 à 19:34

 

ANALYSE

 

Lors de la première édition du Forum pour la paix et la sécurité en Afrique, le président tchadien a critiqué l'action des Occidentaux en Afrique.

 

« On ne tue pas le serpent par la queue, on le tue par la tête ! » C'est la fin du Forum sur la paix et la sécurité en Afrique organisé à Dakar, et Idriss Déby Itno, le président du Tchad, s'est lancé dans un one man show dont il a le secret. Il réclame l'intervention sans délai des Occidentaux en Libye pour tenter de mettre un terme au chaos dans le Sahel. « Il a bien changé, Idriss, depuis l'intervention de ses troupes au Mali lors de l'opération Serval, susurre un vieux routier de la politique africaine. Il a pris une sacrée assurance. » Suffisamment, en tout cas, pour faire la leçon aux "Occidentaux", donc à la France...

 

Mardi soir, l'homme fort du Tchad a totalement éclipsé ses pairs réunis sur une estrade de l'hôtel King Fahd : Olusegun Obasanjo (ex-président du Nigeria), Ibrahim Boubacar Keïta (président du Mali), Mohamed Ould Abdel Aziz (Mauritanie) et l'hôte de ce forum, le sénégalais Macky Sall. A leurs côtés avaient pris place le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et le patron du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, qui a donné une petite touche humanitaire à la réunion.

 

 A l'issue de deux jours de débats et d'échanges, où l'on a beaucoup parlé de la terreur exercée par Boko Haram au Nigeria et de la situation anarchique de la Libye, il s'agissait pour cette brochette de chefs d'Etat de la région d'explorer de nouvelles pistes pour renforcer la sécurité sur le continent. Mais, soudain, Idriss Déby en a décidé autrement. Il se lance dans une longue tirade aux accents panafricains.  La France est un partenaire précieux et indispensable en Afrique, mais aussi un facteur de déstabilisation, semble-t-il suggérer.

 

"Les désordres actuels ont pris racine en 2011, dit-il. Nos amis occidentaux ne nous ont pas demandé notre avis quand ils ont attaqué la Libye ou quand ils ont divisé le Soudan en deux." Idriss Déby a sans doute été inspiré par son homologue mauritanien, le général Aziz, qui venait de déclarer que l'intervention franco-britannique en Libye avait "fait d'énormes dégâts collatéraux" dans la région. "Le Mali est une conséquence directe de la destruction de la Libye", reprend Déby. Mais, dans un accès de "schizophrénie" (dixit un universitaire africain), il appelle ces mêmes Occidentaux à "faire le service après-vente": après avoir "assassiné Kadhafi", ils devraient, selon lui, régler leurs comptes aux terroristes qui viennent se ressourcer et s'armer dans le sud libyen avant de repartir à l'assaut.

 

Le public est ravi, qui l'applaudit chaleureusement. Depuis l'intervention de ses soldats au Mali, où ils ont payé un lourd tribut, Idriss Déby a acquis une nouvelle stature dans la région. Il est l'un des rares à disposer d'une armée digne de ce nom, équipée et financée grâce à l'argent du pétrole, censé au départ soutenir le développement économique du Tchad. La France en a fait son principal allié dans cette zone troublée. Le quartier général de l'opération de contre-terrorisme dans le Sahel, Barkhane, est installé dans la capitale tchadienne.

 

Au pouvoir depuis 1990 à N'djaména, Déby se sent pousser des ailes. Il est devenu un partenaire incontournable pour les Français, mais aussi les Américains et les Britanniques face à la menace de Boko Haram au Nigeria voisin. Plus personne ne se risque à critiquer l'autoritarisme et la gestion clanique de son pouvoir. Pourtant, lors de l'opération Sangaris, lancée en Centrafrique fin 2013, Paris a pu mesurer le jeu trouble des Tchadiens, à la fois faiseurs de roi à Bangui et fauteurs de troubles. La lune de miel franco-tchadienne en a pris un coup, même si des deux côtés on s'efforce de n'en rien laisser paraître.

 

Prenant la parole à Dakar après la longue envolée de Déby, qui a donc demandé à l'Otan d'intervenir en Libye mais aussi aux Occidentaux d'aider à équiper les armées africaines, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a lancé, mi-goguenard mi-agacé: "Comme disait ma grand-mère, il n'y a plus qu'à..." Faisant fi des foucades de son président, Paris est prêt à faire le dos rond pour s'asssurer le soutien d'un pays qui partage des frontières communes avec le Cameroun, le Nigeria, la Centrafrique, le Soudan, le Niger et la Libye.

 

Thomas HOFNUNG (envoyé spécial à Dakar)

 

 

Lu pour vous : A Dakar, Idriss Déby fait la leçon à Paris

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