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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 17:16

 

 

 

 

SES CAMARADES DE JEU

 

A l’étranger, Nourredine entretient depuis longtemps des amitiés pour le moins compromettantes, ce qui étonne les membres de son entourage les plus honnêtes :

 

- Abou Bakr Hachim, associé de Nourredine au sein de la société émirati Prestige International, jihadiste convaincu avec lequel il tenta, en 2011, de vendre des armes au Shebab Al Islami en prenant des contacts avec cette secte islamiste.

 

- Al Fathi Ali Hassanein, ami des moudjahidines qui coupaient des têtes en Bosnie de 1992 à 1995. Ce « diplomate » de Khartoum avait fondé une ONG islamique, la Third World relief Agency, qui recueillait à l’époque des centaines de millions de pétrodollars afin de financer le Jihad en ex-Yougoslavie. Il a ensuite traîné sa barbe sanglante en Afghanistan et au Pakistan. En 2008, il fournissait de l’armement aux rebelles tchadiens souhaitant renverser le président Déby. Al Fathi habite désormais en Turquie où il récupère des fonds turcs pour aider Nourredine et ses amis.

 

- Moussa Assimeh, musulman très pieux et chef de guerre soudanais de sinistre mémoire à Bangui. Ce mercenaire djandjawid, sous prétexte de soutien à la Séléka, déferla sur le Centrafrique où ses hommes ont commis d’innombrables meurtres, viols et pillages. Il réside désormais dans le Darfour et attend que son ami Nourredine lui demande de reprendre l’offensive sur notre pauvre pays. Gageons que Nourredine remercierait à nouveau ses frères soudanais en les autorisant à « se payer » sur la population centrafricaine.

 

JEU DE DUPES

 

Au pays, les affidés de Nourredine arborent tous le grade de Général car il faut savoir que de nos jours, au Centrafrique, commander à deux voitures remplies de soudards drogués confère les galons de Général. Ils ont pour nom Arda Akouma, son petit goula de la Vakaga, le tchadien Yahya « Scud » ou Ibrahim Charafeddine.

 

Cependant, au gré de ses changements de stratégie, Nourredine  s’est fâché avec de nombreux amis et alliés :

 

-           Bachar Al fadoul, son ancien adjoint au CEDAD, que Nourredine dénonce en privé aux occidentaux comme le responsable des exactions à Bangui qu’il a en réalité lui-même commises et ordonnées, préparant ainsi sa future défense devant les juges de la CPI .

 

-           Zacharia Damane, l’ancien président de l’UFDR, dont Nourredine veut la mort car il considère que ce chef goula est trop attaché à l’unité de la nation centrafricaine et refuse de rallier le FPRC.

 

-           Abdoulaye Hissene, son grand rival rounga dans la rébellion mais aussi dans le trafic de diamant.

 

-           L’ensemble des chefs peuls, en premier lieu Ali Darassa que Nourredine méprise et estime peu fiable car manquant de fanatisme et peu motivé par la chasse aux Chrétiens.

 

-           Des petits chefs, tels que Tom Adam ou Issa Issaka, considérés comme des alliés des Nassara.

 

DOUBLE JEU

 

Tout observateur de la situation centrafricaine peut constater que le parcours idéologique de Nourredine Adam est particulièrement difficile à suivre. Nervis au service du pouvoir dictatorial laïc égyptien dans les années 90, il deviendra ensuite le garde du corps d’un sultan des émirats et se rapprochera des milieux islamistes soudanais et somaliens. A la fin des années 2000, ayant pris la tête d’une fraction d’un mouvement, la CPJP, fondé par le frère Charles Massi et se réclamant du patriotisme centrafricain, il a ensuite régné sur Bangui par la terreur en menant les exactions contre les quartiers chrétiens tout en entretenant d’excellentes relations avec les Sangaristes et la MINUSCA.

 

Après son départ de la capitale centrafricaine, il a défrayé la chronique en publiant, au mois d’août 2014, un communiqué de presse proclamant la création de l’Etat du Dar El Kouti au nord du Centrafrique. Le nom choisi pour cet Etat fantoche est une référence explicite au sultanat esclavagiste responsable, à la fin du 19ème siècle, de la déportation au Soudan des populations bantou de l’actuelle Centrafrique. Il se ravisa ensuite en déclarant à qui voulait l’entendre qu’il luttait pour que les Musulmans soient davantage représentés au sein du gouvernement de Bangui. Plus troublant encore, alors que son nom est inscrit sur une liste de sanctions de l’ONU, il a récemment été invité à Nairobi, à l’initiative de pays frères africains et de puissances occidentales, pour discuter avec les Anti-balaka et Bozizé de l’avenir de notre pays.

 

Ces revirements soudain et ce double jeu permanent, qu’il pratique également avec ses fidèles en les trahissant si nécessaire, suscite l’étonnement de ceux qui ne connaissent pas les ressorts profonds de ce personnage. Nourredine Adam ne roule que pour ses intérêts financiers personnels, pour manger et manger encore. Aussi entretient-il des relations avec l’ensemble des acteurs du drame centrafricain, au grand jour ou dans l’ombre. Il voit discrètement les Français qui le conseillent,  les Soudanais, les Turcs et les Qatari qui le financent, les Tchadiens qui l’arment et les Israéliens qui le guident.

 

Homme d’affaires vénal, il fait croire tour à tour à ses troupes qu’il défend les musulmans centrafricains alors qu’il se considère comme tchadien ; qu’il faut reprendre Bangui par la force ou au contraire créer les conditions d’une partition du pays ; qu’il faut éliminer les traîtres et les modérés au sein du FPRC tout en discutant avec Bozizé et les extrémistes Anti-balaka. Homme du chaos, gonflé d’orgueil, il croit désormais pouvoir retrouver d’une façon ou d’une autre des responsabilités éminentes au Centrafrique. Il se trompe lourdement. Ses nombreux ennemis, victimes connues de ses crimes ou patriotes centrafricains présents dans son entourage et excédés par leur chef, agiront le moment venu pour empêcher de nuire cet agent criminel des puissances étrangères. Pour lui, la partie est finie.

 

Collectif des Citoyens Centrafricains Opposés à Séléka  (CCCOS)

A QUOI JOUE NOURREDINE ADAM ? (2ème épisode)

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 17:14

 

 

 

29/01/2015 à 16:36 Par Anne Kappès-Grangé et Benjamin Roger, envoyés spéciaux

 

Le président congolais rejette les conclusions des négociations qu'il avait lui-même initiées au Kenya. Il en a officiellement informé le président Kenyatta dans un courrier dont "Jeune Afrique" a obtenu copie.

 

Voilà qui, si les termes employés n'étaient pas aussi diplomatiques, ressemblerait fort à une marche-arrière de Denis Sassou Nguesso, médiateur dans la crise centrafricaine.

 

Fin décembre 2014, le président congolais avait sollicité son homologue kényan pour que se tiennent, à Nairobi, des négociations informelles entre les leaders des groupes armés centrafricains – en marge de celles officiellement initiées à Brazzaville. Le 17 janvier, un communiqué du ministère congolais des Affaires étrangères saluait même "les avancées enregistrées lors des discussions de Nairobi".

 

Mais dix jours plus tard, et alors qu'un accord a entretemps été signé à Nairobi (signé et aussitôt rejeté par Bangui), Denis Sassou Nguesso a changé d'avis. Il l'a clairement signifié à Uhuru Kenyatta, le 27 janvier, dans un courrier dont Jeune Afrique a obtenu copie.

 

Remerciant "de tout cœur" Kenyatta pour "sa contribution", le chef de l'État congolais estime que "les conclusions issues de ces négociations, en dépit de leur pertinence", ne vont pas dans le bon sens. Il regrette que ces pourparlers aient "abouti à un accord supplémentaire entre les ex-Séléka et les anti-Balaka", estimant que cela fait "un double emploi [préjudiciable] aux efforts consentis à Brazzaville". Il dit aussi ne pas approuver le fait que "l'accord de Nairobi consacre l'option d'une troisième transition en République centrafricaine, avec de nouvelles institutions et, en perspective, la révision du cadre juridique qui la régit". "Cette hypothèse n'est ni envisageable, ni acceptable, conclut-il. Cet accord qui s'écarte du schéma de la médiation internationale ne saurait donc être validé". Et cela réjouit déjà tous ceux qui – et il étaient nombreux – n'avaient pas aimé voir s'ouvrir un nouveau front de négociations dans une crise déjà très compliquée.

__________
 
Anne Kappès-Grangé et Benjamin Roger, envoyés spéciaux à Addis-Abeba

Lu pour vous : Crise centrafricaine : Denis Sassou Nguesso fait marche-arrière et désavoue l'accord signé à Nairobi

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 17:06

 

 

 

http://www.afrik.com   jeudi 29 janvier 2015 / par Frédéric Schneider

 

Un accord a été trouvé entre les ex-séléka, renommé FPRC, et les anti-balaka, dans la capitale kényane, Nairobi. Signé sans la participation du gouvernement de transition centrafricain qui l’a rejeté, le texte décrète un cessez-le-feu et octroie aux signataires une amnistie générale.

 

Un accord de paix a été signé entre les anti-balaka et les ex-séléka, renommés FPRC, ce mardi, à Nairobi, au Kenya. Il décrète un cessez-le-feu et une amnistie pour les signataires, dont font partie les anciens Présidents centrafricains François Bozizé et Michel Djotodia. Il apparaît comme un désaveu pour le gouvernement de transition de Catherine Samba-Panza, qui ne reconnait pas le texte, dont les signataires veulent précipiter le changement.

 

Destiné à perturber les élections

 

« Les parties ont adopté un cessez-le-feu, une cessation des hostilités et un accord de DDR (Désarmement, démobilisation, réintégration) », a indiqué l’un des médiateurs de l’accord, l’ancien président de l’Assemblée nationale kényane, Kenneth Marende. Le texte prévoit notamment une amnistie pour les signataires, comme stipulé au chapitre 20 de l’accord : « le gouvernement national de transition de la République Centrafricaine (...) aura l’obligation d’envisager une amnistie générale à toutes les personnes et parties engagées dans les combats durant le conflit en République Centrafricaine », rapporte Centrafrique Libre.

 

Le gouvernement de transition de la République de Centrafrique a rejeté cet accord qui ne serait destiné qu’à perturber l’organisation des prochaines élections et à permettre à certaines personnalités d’échapper à la justice.

 

Crimes de guerre

 

Une feuille de route vers des négociations et un accord de cessez-le-feu avaient déjà été signés, en juillet dernier, entre les protagonistes de la crise à Brazzaville, en République du Congo, sous la médiation du Président congolais. Ce nouveau texte a fait appel cette fois aux anciens Présidents François Bozizé et Michel Djotodia ainsi qu’à certains de leurs proches, tous passibles de poursuites pour crimes de guerre pour des exactions commises en Centrafrique.

 

Ces personnalités semblent vouloir remettre la main sur le processus de transition et précipiter la fin de l’actuel gouvernement de Catherine Samba-Panza. « Une troisième transition s’impose. Depuis le 31 décembre, Catherine Samba-Panza n’a plus sa raison d’être à la tête de la transition », a indiqué un des signataires, selon RFI.

 

Silence de la communauté internationale

 

L’accord est critiqué de toute part, notamment par Bangui, mais aussi par certains des participants à ce processus. Ainsi, le vice-médiateur, le Malien Soumeylou Boubeye Maïga a déclaré : « Il n’était pas question de torpiller ce qui a été signé à Brazzaville. Cet accord de Nairobi ne peut être validé ».

 

Dans ce contexte, le silence de la communauté internationale est surprenant alors même que certains des participants qui veulent s’octroyer l’amnistie pour leurs crimes sont passibles de poursuites par la Cour pénale internationale (CPI).

Lu pour vous : Centrafrique : Bangui rejette le cessez-le-feu de Nairobi

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 16:55

 

 

 

28/01/2015 à 17:24 Par Jeune Afrique

 

Les relations entre la présidente de la transition centrafricaine Catherine Samba-Panza et le président congolais Denis Sassou Nguesso (DSN), médiateur officiel pour la Centrafrique, sont aujourd'hui glaciales. État des lieux.

 

Que se passe-t-il donc entre Bangui et Brazzaville pour qu'un communiqué du ministère congolais des Affaires étrangères en date du 17 janvier se félicitant des "avancées enregistrées lors des discussions de Nairobi" sur la crise centrafricaine soit suivi, trois jours plus tard, d'un autre signé cette fois du ministre centrafricain de la Sécurité, qualifiant ces mêmes discussions de "plan machiavélique de déstabilisation de la transition" ?

 

Une chose est sûre : fraîches depuis le début, les relations entre Catherine Samba-Panza (CSP), la présidente de la transition, et Denis Sassou Nguesso (DSN), le chef de l'État congolais (par ailleurs médiateur officiel pour la Centrafrique), sont aujourd'hui glaciales. Fin décembre 2014, ce dernier a pris sur lui de solliciter Uhuru Kenyatta, son homologue kényan, pour que se tiennent à Nairobi des négociations informelles entre les leaders des groupes armés centrafricains, ainsi qu'une rencontre entre l'ancien président François Bozizé et son tombeur, Michel Djotodia - laquelle a effectivement eu lieu.

 

Soupçons de trahison

 

Ces pourparlers toujours en cours se déroulent sous la double houlette d'un facilitateur kényan, l'ancien président du Parlement Kenneth Marende, et d'un jeune conseiller spécial de Sassou Nguesso, le Sud-Soudanais Albino Abouge, proche des présidences sud-africaine et nigériane.

 

Appuyés par la Commission de l'Union africaine, ils ont pour objectif de préparer le Forum de réconciliation de Bangui, qui devrait avoir lieu en mars, en prélude à l'élection présidentielle, annoncée pour le mois d'août. Problème : les autorités de Bangui, Samba-Panza en tête, jurent avoir été tenues complètement à l'écart des négociations de Nairobi, au point qu'elles soupçonnent les organisateurs de chercher à les renverser pour mettre en place une nouvelle transition !

 

Le projet d'accord de Nairobi sur la cessation des hostilités, dont J.A. s'est procuré copie, n'est guère de nature à les rassurer puisqu'il prévoit une "révision de la charte de transition" en vue d'une "reconstitution du gouvernement national de transition". Alors que la présidence congolaise, qui a dépêché deux émissaires auprès de CSP pour l'informer du contenu des pourparlers, assure qu'elle ne fait que "rapprocher les anciens présidents centrafricains afin de s'assurer de leur adhésion au processus de paix", son équivalente centrafricaine y voit "un énième complot" et appelle la France, les États-Unis et l'ONU à l'aide. Qui jouera les pompiers ?

Lu pour vous : Congo - Centrafrique : entre Sassou Nguesso et Samba-Panza, le torchon brûle

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 16:40

 

 

 

http://www.afrik.com    jeudi 29 janvier 2015 / par Adrien Seyes

 

À quoi, diable, joue Denis Sassou Nguesso ? C’est la question que nombre d’acteurs et d’observateurs attentifs de la vie politique centrafricaine se posent ! Celui qui a été désigné médiateur de la crise centrafricaine par ses pairs, les chefs d’État membres de la CEEAC, en janvier 2013, s’est lancé ces dernières semaines dans un hasardeux processus de négociation parallèle afin de rétablir la « paix » en Centrafrique.

 

Au final, c’est une bien mauvaise pièce qui s’est jouée avec pour théâtre Nairobi, la capitale kenyane, et pour acteurs principaux Michel Djotodia, et la frange des ex-Sélékas qui ne lui a pas tourné le dos, et François Bozizé, qui ne s’est jamais résolu à faire son deuil d’un pouvoir dont il a pourtant fait bien mauvais usage depuis 2003, date de son arrivée à la tête du pays à la faveur d’un coup d’État.

 

Comment ces deux personnalités, frappées toutes deux de menaces de sanction et auxquelles la CPI pourraient s’intéresser de près dans les mois à venir, se retrouvent-elles aujourd’hui en position de négocier à une table d’où les acteurs régionaux et internationaux les avaient tenus soigneusement éloignés en raison de leur « influence négative » sur le cours des événements ?

 

Pour le savoir, il faut revenir, quelques mois plus tôt, à Brazzaville. Face à la poursuite des violences en Centrafrique, et en accord avec les autorités locales et les partenaires internationaux, le Président congolais Denis Sassou Nguesso, nommé médiateur de la crise centrafricaine par l’accord de Libreville, convoque un forum de dialogue à Brazzaville, les 21 et 23 juillet. Réunissant représentants des groupes armés, des partis politiques et de la société civile, celui-ci aboutit à la signature d’un accord de cessation des hostilités, qui fait la fierté du Président congolais.

 

Mais les choses ne se passent pas comme prévu. La situation, loin de s’améliorer, s’envenime par endroit. Le Président congolais perd patience et décide alors de changer son fusil d’épaule. Son idée : réunir les anciens ennemis dans les salons de l’Hôtel Weston à Nairobi, au Kenya, pour les faire dialoguer et tenter ainsi, coûte que coûte, d’obtenir un accord de « fin des hostilités », qui est finalement conclu ce mardi 27 janvier...

 

Mais à peine est-il signé et ébruité que cet accord est dénoncé de toutes parts. « Cet accord de Nairobi ne peut être validé », déclare le propre adjoint de Denis Sassou Nguesso, le vice-médiateur malien, Soumeylou Boubeye Maïga, très gêné aux entournures. Les responsables onusiens et les chancelleries occidentales sont, eux, consternés. Mais sans doute pas autant que la classe politique centrafricaine, unanime pour dénoncer le contenu de cet accord qui est, en outre, très loin d’être partagé par les ex-Sélékas et les anti-balakas. Une majorité d’entre eux le considère comme « nul et non avenu ». De son côté, Catherine Samba Panza, la Présidente de la Transition, que ses proches disent « outrée », devrait faire aujourd’hui une déclaration pour dénier toute légitimité à cet accord.

 

Une méthode discutable, un contenu inopportun

 

C’est tant sur la méthode que sur le fond que cette initiative, très controversée, du Président congolais suscite la polémique.

 

Sur la méthode tout d’abord. Ces négociations ont été menées en dehors de tout cadre officiel et sont venues, au final, perturber les efforts des acteurs centrafricains et de la communauté internationale pour tenter de normaliser la situation. Elles ont, en outre, été conduites sans que les autorités de la Transition aient été associées, ni même informées ; et qui plus est, de façon complément « off-shore ».

 

Visiblement, les leçons de l’épisode de janvier 2013, qui avait vu le Conseil national de Transition (le « Parlement » centrafricain) être littéralement transporté de Bangui à Ndjamena pour entériner la nomination de la nouvelle Présidente de la Transition, n’ont pas été tirées. «  On ne peut pas critiquer la classe politique centrafricaine pour son impuissance et, dans le même temps, s’évertuer à l’infantiliser  », remarque un diplomate ouest-africain présent à Bangui.

 

Chantage ou putsch, c’est selon

 

Si sur la forme, ce processus de négociation a pu surprendre, l’accord sur lequel il a débouché a été jugé « choquant », tant à Bangui, que dans la sous-région et au sein de la communauté internationale. Celui-ci octroie, en effet, à ses signataires une amnistie générale qui leur garantirait une immunité totale par rapport aux crimes commis ces dernières années. Il leur permet, en outre, de reprendre la main sur le processus de transition, qu’ils souhaitent voir remis à plat, afin sans doute, dans un deuxième temps, de se retrouver en position avantageuse dans la perspective des élections à venir.

 

Le jeu trouble du médiateur congolais

 

Mais pourquoi, diable, le médiateur congolais s’est-il aventuré sur un chemin aussi hasardeux ? Quel intérêt avait-il à conduire de telles négociations, qualifiées à Bangui et dans la sous-région de « manigances » ? Ici, les opinions divergent...

 

Pour les uns, après l’affaire des biens mal acquis et les mises en garde contre toute tentative de modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir dont il a été l’objet, le dernier Sommet de la francophonie a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Outré à cette occasion par l’attitude du Président français à son égard, Denis Sassou Nguesso aurait décidé de mettre des bâtons dans les roues de la diplomatie française et de ses alliés onusiens, qui tentent bon an mal an, depuis plus d’un an de remettre le pays sur la voie de la normalisation politique.

 

Pour les autres, au contraire, Denis Sassou Nguesso, qui s’est beaucoup dépensé pour prendre le leadership sous régional sur ce dossier, au départ dévolu au Président gabonais Ali Bongo, aurait besoin d’afficher le plus rapidement possible une victoire, afin que la communauté internationale lui en sache gré et fasse preuve de davantage de compréhension par rapport à son éventuel projet de modification constitutionnelle, en attendant peut être qu’à Paris, un chef d’État plus conciliant ne remplace l’actuel titulaire du poste.

 

D’autres, enfin, y voient la volonté du Président congolais d’imposer dans le cadre de la transition, Karim Meckassoua, son « protégé » pour la suite, qu’il a tenté à plusieurs reprises d’imposer... Sans y être parvenu jusqu’à présent.

Quoi qu’il en soit et même si les spéculations vont bon train quant aux motivations du Président Congolais, tous, à l’exception des intéressés, que ce soit en Centrafrique, dans la sous région ou au sein de la Communauté internationale, s’accordent à dire que c’est décidément à un jeu bien dangereux auquel s’adonne Denis Sassou Nguesso. En tentant de rechercher la paix par tous les moyens, quitte à pactiser avec les démons, le Président congolais prend le risque de déstabiliser durablement un pays dont l’équilibre a toujours été précaire.

 

Comme le dit un proverbe africain, « on ne peut aider un bœuf à se relever que s’il s’efforce lui-même de le faire. » Peut être la RCA se relèvera-t-elle avec ses forces vives, partis politiques et société civile confondus. Mais elle ne se relèvera certainement pas avec ceux qui ont contribué à mettre le bœuf à terre, qui plus est en lui coupant les pattes.

 

Adrien Seyes (@adrienseyes)

Lu pour vous : Centrafrique : Denis Sassou Nguesso joue avec le feu

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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 16:37

 

 

 

Par RFI 29-01-2015 à 05:04

 

Le texte signé à Nairobi entre des partisans de Michel Djotodia et de François Bozizé est critiqué à Bangui. Le gouvernement de transition, qui n'a pas été associé à ces consultations, le rejette. Des diplomates évoquent un simple catalogue de revendications avancées par les partisans des deux anciens présidents. Quant au vice-médiateur, Soumeilou Boubeï Maïga, il estimait mardi que ce texte ne peut être validé.

 

« Ce n'est pas un accord, mais un catalogue de revendications », s'insurge un diplomate. A Nairobi les partisans de Michel Djotodia, Nourredine Adam en tête, et ceux de François Bozizé, ont posé des revendications à la fois précises et surprenantes. S'ils annoncent un cessez-le-feu, ils réclament aussi une amnistie générale, un changement de gouvernement, une nouvelle transition.

 

Ils veulent que soient mises sous tutelle onusienne toutes les forces étrangères, ce qui vise directement le contingent français de l'opération Sangaris. Enfin, ils réclament que les anciens présidents soient autorisés à se présenter à la prochaine élection, précise une source qui a eu accès au document.

 

Non associé à ces discussions, le gouvernement rejette ces demandes, estimant qu'elles ne représentent qu'une manoeuvre destinée à bloquer les prochaines élections, et à permettre à certains responsables d'échapper à la justice. Quant au médiateur, Denis Sassou Nguesso, il a dans un premier temps accepté le principe de ces discussions, mais s'en désolidarise aujourd'hui. Le vice médiateur, Boubei Maiga devait se rendre mardi à Nairobi pour leur signifier que ce texte ne serait pas reconnu.

 

 

Centrafrique: accord entre belligérants à Nairobi

 

Centrafrique jan 28, 2015 – des ex-rebelles centrafricains de la Séléka et miliciens anti-balaka sont parvenus à un accord de cessez-le-feu lors de pourparlers à Nairobi, auxquels n’étaient pas associées les autorités centrafricaines, a annoncé mercredi un médiateur kényan.

 

Ces négociations entre les deux principaux belligérants de la crise centrafricaine, ouvertes en décembre, se sont déroulées en toute discrétion dans un hôtel de la capitale kényane.

 

L’ex-président François Bozizé, renversé en mars 2013 par la rébellion majoritairement musulmane de la Séléka, et Michel Djotodia, chef de celle-ci qui lui avait succédé à la tête de l’Etat avant d’être contraint à la démission par la communauté internationale en janvier 2014, ont été aperçus lors des pourparlers à Nairobi.

 

« Les parties ont adopté un cessez-le-feu, une cessation des hostilités et un accord de DDR (Désarmement, démobilisation, réintégration) », a déclaré à l’AFP l’un des médiateurs, Kenneth Marende, ancien président de l’assemblée nationale kényane.

 

« Ils ont convenu d’un accord initial, mais celui-ci ne prendra effet qu’après avoir été formellement signé », a poursuivi M. Marende, médiateur de l’Union africaine dans les pourparlers centrafricains. A Addis Abeba, un responsable de l’UA avait néanmoins indiqué fin décembre à l’AFP ne pas être au courant de discussions à Nairobi, et assuré que celles-ci n’avaient pas reçu le parrainage de l’organisation panafricaine.

 

Un fragile accord de cessez-le-feu avait déjà été arraché, après des pourparlers « chaotiques », en juillet à Brazzaville entre ex-Séléka et les milices anti-balaka majoritairement chrétiennes, mais ne comprenait pas de volet DDR et n’avait pas empêché les affrontements et les violences inter-communautaires de se poursuivre.

 

Plusieurs factions au sein de la Séléka avaient dénoncé l’accord et l’ex-rébellion avait refusé de participer au gouvernement de large ouverture formé dans la foulée.

 

Les multiples exactions commises par les rebelles de la Séléka à leur arrivée au pouvoir en mars 2013 contre les populations majoritairement chrétiennes du pays ont débouché sur la création de milices d’autodéfense anti-balaka, qui s’en sont pris à leur tour aux civils musulmans, plongeant la Centrafrique dans une crise sécuritaire, humanitaire et politique sans précédent.

 

L’intervention d’une force française – Sangaris – épaulée par des soldats de l’UA a permis de stabiliser la situation, notamment à Bangui, sans pour autant pouvoir pacifier l’ensemble du territoire.

 

(AFP)

 

 

Un an de sanctions de l'Onu en Centrafrique

 

http://www.dw.de   28.01.2015

 

Cela fait un an que l'Onu a décidé de sanctionner certains acteurs de la crise en RCA, comme l'ex-président François Bozizé. Jeudi dernier, une nouvelle résolution a été adoptée pour élargir les critères de sanction.

 

Malgré les sanctions prises il y a un an par l'Onu, les violences continuent d'être enregistrées dans ce pays. Et ces violences constituent par endroit, un frein aux préparatifs du forum national de réconciliation. Vous pouvez écouter les explications de Fréjus Quenum en cliquant sur le lien ou l'image.

 

Par ailleurs, la Coordonnatrice humanitaire principale, Claire Bourgeois, s’est récemment rendue dans le nord, à Batangafo, pour évaluer les besoins de protection croissants dans la région en raison d'un afflux continu de nouvelles personnes déplacées, soit plus de 30 000 personnes dans le site principal de la ville. La délégation a rencontré le Comité des Sages, les représentants de la communauté peule, les ONG, et les personnes déplacées pour discuter de leurs besoins et des défis quotidiens qui entravent leur retour.

Centrafrique : le texte signé à Nairobi est rejeté à Bangui

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Centrafrique-Presse.com
29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 16:29

 

 

 

http://www.adiac-congo.com  Mercredi 28 Janvier 2015 - 17:54

 

Entamées depuis décembre 2014, les discussions discrètes entre les ex-présidents François Bozizé et Michel Djotodia à Nairobi, la capitale kenyane, ont abouti ce 27 janvier à la signature d’un accord de paix avec en toile de fond une amnistie générale. D’ores et déjà, les signataires de l’accord de Brazzaville contestent cette démarche de Nairobi.

 

En fin décembre dernier, les pourparlers entre les anciens présidents centrafricains François Bozizé et Michel Djotodia, ainsi que leurs partisans, ont été engagés au mépris des autorités de transition. C’est finalement  mardi dernier que la frange des ex-Séléka, dénommée FPRC de Michel Djotodia, et une partie des anti-Balaka, ont  signé un accord de paix, demandant une amnistie générale pour tous les combattants. Un accord d’amnistie générale qui va l’encontre du processus de paix et de réconciliation entrepris par les autorités de transition, soutenues par les organisations de la société civile et des ONG de la défense des droits humains. Il faut dire qu'en septembre 2014, à la demande des autorités de transition, la procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a ouvert une enquête sur les crimes  perpétrés dans le pays depuis 2012.

 

Récemment, un rapport de groupe d’experts onusiens, a exclu l’hypothèse d’un génocide, mais a reconnu, tout de même, des crimes contre l’humanité relevant de la compétence de la CPI. Il faut noter que le Statut de Rome de la CPI, ne reconnaît pas les amnisties même signées par des autorités étatiques.

 

Par ailleurs, le même accord prévoit une possibilité de sortie de crise grâce au processus de Désarmement, démobilisation et réinsertion(DDR) des combattants, en passant par la réhabilitation des Forces armées centrafricaines avec ces combattants, « après un tri minutieux », a indiqué l’accord de Nairobi.

 

En outre, les acteurs de Nairobi prônent une troisième transition à la tête de l’Etat centrafricain, c’est-à-dire sans la présidente actuelle, Catherine Samba Panza. « Depuis le 31  décembre, Catherine Samba Panza n'a plus sa raison d'être à la tête de la transition », a estimé un signataire.

 

Pourtant début janvier, Denis Sassou-Nguesso, médiateur de la crise centrafricaine, a prolongé pour six mois la transition qui devra déboucher, fin août prochain à l’organisation des élections présidentielle et législatives. « Il n'était pas question de torpiller ce qui a été signé à Brazzaville. Cet accord de Nairobi ne peut être validé », a réagi le vice-médiateur, le Malien Soumeylou Boubeye Maïga, qui doit se rendre ce mercredi dans la capitale Nairobi.

 

Nombreux sont des Centrafricains qui s’interrogent sur le rôle joué par la médiation internationale dans ces discussions de Nairobi. La presse locale, quant à elle, parle d’un « véritable revirement » qui risque de replonger la République Centrafricaine dans un autre cycle de violences.

 

Le 21 janvier dernier, le gouvernement a lancé les opérations dites de consultations à la base à Bangui et à l’intérieur du pays. Les facilitateurs y vont recueillir les avis des citoyens sur la résolution de la crise avant la tenue du Forum de Bangui.

 

Fiacre Kombo

 

 

L'ex-Seleka demande la mise en place d'une troisième transition en Centrafrique

 

http://www.lavoixdelamerique.com   jeudi, janvier 29, 2015. 15:04 TU

 

Sur VOA Afrique, Moustapha Saboune, coordinateur politique général de l'ex-Seleka, ne précise pas si, selon lui, Catherine Samba-Panza doit partir.

 

A Nairobi, les rebelles de l’ex-coalition Seleka et les miliciens anti-balaka sont parvenus à un accord de cessez-le feu, de cessation des hostilités et de DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion) à l’issue des pourparlers auxquels les autorités de Bangui n’ont pas été associées.

 

Moustapha Saboune, coordinateur politique général de l'ex-Seleka, affirme sur VOA Afrique "que c'est le président Sassou-Nguesso qui a mis un avion à disposition" pour leur déplacement au Kenya]

 

Selon M.Saboune, cette troisième transition « doit être un processus inclusif. Nous avons passé plus de deux mois à Nairobi en quête d’une paix durable et ramener la sécurité. »

 

Le représentant de l’ex-Seleka affirme que le groupe sera présent au Forum inclusif de Bangui, « la politique de la chaise vide est finie ».

 

 

Centrafrique: signature d’un accord de fin des hostilités à Nairobi

 

Par 28-01-2015 à 07:36

 

Selon les informations obtenues par RFI, un accord a été signé à Nairobi entre partisans de Michel Djotodia et de François Bozizé. Entamées fin décembre au grand dam des autorités de transition de Bangui qui n'y ont pas été associées, ces discussions se sont achevées ce mardi 27 janvier. Au nom de l'ex-Seleka, rebaptisée FPRC, et d'une partie de la mouvance anti-balaka, leurs représentants ont signé un accord de cessation des hostilités. Un accord que beaucoup, même au sein de ces mouvements respectifs, rejetaient en bloc d'avance.

 

En concoctant pendant un mois ce document d'une quinzaine de pages, les signataires tenaient à dessiner les contours d'un processus de paix en Centrafrique. Une paix qui passerait selon eux par un mécanisme de DDR, Désarmement, Démobilisation et Réinsertion des combattants et qui prendrait la forme notamment d'une reconstitution de l'armée centrafricaine avec ces combattants, « après un tri minutieux », assure-t-on à Nairobi.

 

Cela passerait aussi par une amnistie générale. Mais surtout l'accord prône une remise à plat de la transition actuelle : les personnes, mais aussi le cadre et les institutions. « Une troisième transition s'impose. Depuis le 31  décembre, Catherine Samba-Panza n'a plus sa raison d'être à la tête de la transition », estime l'un des participants.

 

Pourtant début janvier, Denis Sassou-Nguesso, médiateur de la crise centrafricaine, a prolongé de six mois la transition qui devait s'achever en février. Le 17 janvier, dans un communiqué, il avait salué les discussions de Nairobi tout en rappelant que « la transition en cours en RCA devait se poursuivre ».

 

« Cet accord remplace celui signé à Brazzaville en juillet dernier », commente-t-on dans les couloirs de Nairobi.  « Il n'était pas question de torpiller ce qui a été signé à Brazzaville. Cet accord de Nairobi ne peut être validé », répond le vice-médiateur, le malien Soumeylou Boubeye Maïga, attendu ce mercredi dans la capitale kenyane pour porter ce message aux participants.

 

Centrafrique: François Bozizé et Michel Djotodia signent un accord de paix

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Centrafrique-Presse.com
27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 16:29

 

 

 

http://www.france24.com  27/01/2015

 

L’humanitaire française Claudia Priest a été pendant cinq jours otage des milices anti-balaka en Centrafrique. Elle décrit ses ravisseurs comme des personnes "bêtes et butées", en totale rupture avec la population centrafricaine.

 

Claudia Priest connaît bien la Centrafrique pour y travailler en tant que bénévole depuis 10 ans. Le 19 janvier dernier, elle affirme ne pas avoir fait preuve d’imprudence. Ce jour-là, à bord d’un véhicule pick-up de l’ONG médicale catholique Codis (Coordination diocésaine de la santé), elle emprunte en compagnie d’un Centrafricain la route qui relie Bangui à Damara, en direction du Tchad. Le but du voyage est d’acheminer du matériel médical et de doubler la capacité d’accueil de salles d’accouchement. Soudain, le véhicule est stoppé par des anti-balaka.

 

"Ils ont surgi avec des armes, des mitraillettes, des Kalachnikov et autres, je ne connais pas trop les armes", raconte Claudia Priest. "Ils ont crié ‘On a la munzu !’ ['On a la Blanche', en langue sango]", précise-t-elle, en affirmant que son kidnapping n’est que le fruit du hasard.

 

Cette retraitée de 67 ans originaire de Saône-et-Loire raconte l’empressement de ses ravisseurs et la panique qui, alors, l’a gagnée : "Ils manifestaient leur satisfaction en tirant dans tous les coins, je me suis dit : ‘On va se prendre une balle perdue’". Possédant un nombre impressionnant d’armes, les anti-balaka sont aussi clairement novices dans le maniement de ces dernières.

 

Bêtise et haine

 

Ils entament alors une marche rythmée. "Je n’arrivais pas à aller aussi vite qu’eux alors ils m’ont littéralement traînée. Ils ont été très, très violents. Ils m’ont frappée à la tête, m’ont menacée avec un poignard placé sous ma gorge et avec une machette. Tout en marchant, ils me dépouillaient. Ils m’ont tout pris : mon appareil photo, mon bloc-notes, mon alliance, ma croix. Même mes lunettes de vue, bien que je doute qu’ils puissent en faire quoi que ce soit. L’idée était de dire : ‘On te prive de tout’. Lorsqu’ils m’ont demandé d’enlever ma robe, là j’ai dit non, c’en était trop. Pareil lorsqu’ils ont voulu que je fume du chanvre, j’ai refusé. Ils voulaient certainement que mon esprit soit aussi embrumé que le leur…"

 

Pour cette humanitaire arrivée en Centrafrique le 6 janvier pour une mission de deux semaines, la situation est claire : elle est aux mains de crapules stupides et haineuses, "bêtes et butées", dit-elle, dont le principal objectif est d’amasser du butin. Elle décide d’être docile.

 

Elle est cagoulée lors d’une pause sous un manguier, afin qu’elle ne puisse pas reconnaître un nouvel arrivant dans le groupe. "J’ai appris plus tard qu’il s’agissait du colonel Didier, le frère du chef, Rodrigue Ngaïbona, dit 'général Andjilo', dont le groupe réclame la libération."

 

"Maman, on va te libérer"

 

À la nuit tombée, la marche reprend, sur 20 kilomètres. Claudia Priest, en sandales, se blesse. Elle est finalement séquestrée dans une maison isolée d’un village, où une dizaine de gardiens la retiennent. Durant cinq jours, Claudia Priest découvre que ses nouveaux geôliers, qui ne possèdent pas d’armes, sont des personnes attentionnées et qu'elle peut avoir des "échanges agréables" avec eux. Elle indique ne pas vraiment avoir eu peur. "Ces anti-balaka-là étaient plus éduqués. Ils me demandaient constamment si je voulais manger, ils voulaient que je leur parle, ils me disaient qu’ils rêvaient d’aller en France."

 

La sexagénaire leur raconte alors la pauvreté en France, les soupes populaires servies dans la rue, le travail des "Restos du cœur". "Ils n’imaginaient pas ça", assure-t-elle.

 

Celle que les anti-balaka appellent "Maman" - terme utilisé en Centrafrique pour s’adresser à une femme âgée - tente alors de faire entendre raison à ces hommes. Elle les encourage à déposer les armes, veut récupérer son téléphone pour entamer des négociations. "Ils ne voulaient rien entendre, mais tous les jours ils me disaient ‘Maman, ça va être bon, on va te libérer’."

 

Claudia Priest essaie de hâter la procédure, leur faisant savoir que des équipes vont sûrement partir à sa recherche. Puis, fatiguée, affaiblie par ses blessures, elle perd patience et entame une grève de la faim. "Je me suis allongée sur un lit de briques et je leur ai dit : 'Je ne vous entends plus, je ne vous écoute plus, je ne mange plus jusqu’à que vous me disiez "Tu es libre".' Ce n’était pas du bluff", déclare-t-elle. Quelques heures plus tard, elle est amenée dans un village et libérée, sans avoir d’information sur d’éventuelles négociations.

 

Solidarité de la population

 

Depuis son retour en France, dimanche soir, Claudia Priest balaie le souvenir de ces hommes naïfs et haineux par celui, plus positif, des Centrafricains qui lui ont massivement témoigné leur soutien. "La population a fait quelque chose d’énorme, les gens se sont réunis et ont prié en signe de solidarité. Certains ont témoigné sur des radios locales de mon engagement humanitaire en Centrafrique."

 

Pour cette passionnée, il est d’ailleurs très important de rappeler que les anti-balaka sont en rupture totale avec la population.

 

"Les Centrafricains ne sont pas belliqueux. Lorsque nous marchions, des villageois venaient me serrer la main, me donner à manger. Ils étaient profondément en désaccord avec mon kidnapping, mais ne pouvaient pas faire grand-chose contre les anti-balaka", témoigne cette femme, qui a entamé des procédures pour obtenir la nationalité centrafricaine. En 2005, elle a créé l’association Imohoro avec son mari, et compte bien que ses activités se poursuivent. "J’attends que cela se calme et je retournerai en Centrafrique," affirme-t-elle.

Claudia Priest, ex-otage en Centrafrique : "Je n’ai pas vraiment eu peur"

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 16:04

 

 

 

http://www.lavoixdelamerique.com   mardi, janvier 27, 2015. 14:58 TU

 

La MINUSCA a dit condamner fermement cet enlèvement survenu après plusieurs actes de même nature au cours de la semaine écoulée

 

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) s'est déclaré indignée par l'enlèvement dimanche 25 janvier du Ministre centrafricain de la jeunesse et des sports, Armel Sayo.

 

C’est ce que rapporte le Centre d’actualités de l’ONU, qui cite un communiqué de la mission. Cette dernière a ajouté qu’elle mettait en œuvre tous les moyens « pour trouver une issue heureuse à ce grave incident et pour éviter la répétition de tels actes intolérables ».

 

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la République centrafricaine et Chef de la MINUSCA, Babacar Gaye, a exhorté les groupes armés à sortir de la spirale de violence inutile, poursuit le Centre d’actualités de l’ONU. Il les a appelé à s'insérer dans le cadre des consultations en vue de leur participation au Forum de Bangui destiné à créer les conditions d'une paix durable en République centrafricaine.

 

 

 

NDLR : Quand le général Gaye comprendra-t-il que le temps des exhortations est terminé et que l’institution qu’il commande doit maintenant changer de braquet, parler un autre langage et surtout  procéder sans tarder au désarmement forcé des bandes armées à qui les troupes de la MINUSCA ne font nullement peur et qui continuent de pourrir impunément  la vie aux Centrafricains

Centrafrique : l'ONU, indignée par l'enlèvement du ministre Armel Sayo

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Centrafrique-Presse.com
27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 14:17

 

 

 

On aura beau épilogué, la prétendue érection du mouvement des antibalaka en parti politique – dont on ne sait pas encore s’il est déjà reconnu par les pouvoirs publics – est très loin d’effacer le tatouage indélébile qui authentifie son pedigree : une association criminelle. Personne n’est dupe.

 

Il n’est un secret pour personne, puisque c’est communément admis, que sur tous les registres du pire, les antibalaka occupent la lanterne rouge, loin devant les séléka. Et ce n’est pas fini.

 

La tentative manquée de restauration de l’ordre ancien – entendez le retour au pouvoir de François Bozizé – du 5 décembre 2013, le désespoir de n’y jamais parvenir, fait rivaliser d’imagination les différents animateurs de cette nébuleuse qui passent désormais pour maîtres dans l’art d’embrouiller les choses, afin de mieux se tapir derrière l’écran de fumée qu’ils s’imaginent savoir si bien produire : manipulation, intoxication, invasion des réseaux sociaux, démentis, ce n’est pas moi, c’est lui, etc. Un anti-balaka est un anti-balaka et le restera. Peu importe les étapes par lesquelles il passe.

 

A l’évidence, en dépit de tous les revers qu’ils essuient dans leur funeste dessein et qui les hissent aux rangs peu enviables de tous les tableaux des associations nationales et internationales de défense des droits humains ainsi que des Nations Unies, on note avec étonnement qu’aucun signe de remords ni volonté de mettre un terme à leur morbide entreprise n’est enregistré chez les animateurs des antibalaka. Peu importe les graves risques encourus, pour eux-mêmes, pour leur progéniture, leur région, leur ethnie, etc. La préférence perpétuelle pour la logique suicidaire et du pire semble être le registre où ils se sont inscrits de façon durable pour rendre le pays ingouvernable tant que ce n’est pas Bozizé qui en est aux commandes. Il va bien falloir faire son deuil.

 

Le rapt des humanitaires et du membre du gouvernement, participe de cette logique même si l’on peut admettre que la gestion d’un otage n’est pas l’exercice le plus aisé en matière de terrorisme. Il y a ensuite la justesse de la cause pour laquelle ces actes sont commis et qui ne trouve aucune sympathie ni oreille attentive, ni en RCA, ni ailleurs, tant le cas est indéfendable.

 

A supposer que Rodrigue Ngaïbona ait déjà été transféré à la CPI ou qu’il le soit un jour, au nom de quoi ses partisans continueraient-ils à agir de la sorte et pour quel résultats ? Pourquoi s’offusquaient-ils alors naguère lorsque les Généraux Soriano (de la Sangaris) et Mokoko (de la MISCA) les qualifiaient « d’ennemis de la paix » ? N’est-ce pas ce retour à la paix auquel ils s’opposent ainsi ? Et dans quel intérêt ?

 

Il faut savoir raison gardée et se dire que tout, mais absolument tout, a une limite dans l’espace et dans le temps. Je dirai même mieux, on trouve toujours plus fort que soi. Les exemples sont légion qu’on n’a pas nécessairement besoin de citer.

 

En refusant délibérément de créer les conditions paisibles d’une vie chez soi aujourd’hui et demain, ce sera dans l’isolement d’une cellule ici ou ailleurs que viendra certainement, le moment de la réflexion et du remord. Mais ce sera bien tard et l’infortuné pensionnaire de ce cadre se dira, dépité : si je savais !!!

 

CAP

MOUVEMENT ANTIBALAKA, UNE ASSOCIATION CRIMINELLE

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