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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 22:32

 

 


Washington AFP / 27 avril 2015 23h00 - Le Fonds monétaire international a approuvé lundi le déboursement d'une nouvelle tranche de prêt au Tchad citant les progrès accomplis dans le domaine des réformes structurelles, selon un communiqué.

Le FMI va décaisser 27,7 millions de dollars, portant l'ensemble des versements du crédit triennal en cours vis-à-vis du Tchad à 46,2 millions de dollars. Ce crédit signé en août 2014 représentait une somme totale de 110,9 millions de dollars.

En dépit de la chute des prix du pétrole, de la détérioration de la sécurité régionale et des arrivées de réfugiés (...) les résultats obtenus dans le cadre du programme économique appuyé par le FMI ont été dans l'ensemble satisfaisants en 2014, a affirmé le directeur général adjoint du FMI, Mitsuhiro Furusawa.

L'objectif fixé pour le déficit primaire hors pétrole (hors service de la dette) a été atteint et les progrès accomplis dans le domaine structurel ont été conformes aux objectifs, ajoute le fonds qui salue l'ajustement considérable des finances publiques dans la loi de finances 2015.

Le FMI estime néanmoins que le Tchad doit redoubler d'efforts pour soutenir le rythme des changements structurels dans le secteur pétrolier.

Le FMI avertit aussi que le risque de surendettement du Tchad reste élevé et invite le pays à mener une politique prudente sur le plan des finances publiques et de l'emprunt.


(©)

Le FMI accorde une nouvelle tranche de prêt au Tchad

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Centrafrique-Presse.com
27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 22:04

 

 

Le forum pour la réconciliation ou énième trahison du bon peuple de Centrafrique ?

 

Désespérément, à tâtonnant, dans une indescriptible improvisation, guidés par le seul souci d’accomplir un calendrier et de boucler coûte que coûte un agenda inavoué, les élites de notre pays, autrement dit les gouvernants, la classe politique traditionnelle ainsi que nos conformistes intellectuels ont dans une communion générale décrété un forum national contre la volonté du bon peuple de Centrafrique, lequel réclame d’abord et avant toute chose la justice.

 

Il ne saurait y avoir de réconciliation ni de paix sans la justice. Indiscutablement, en d’autres temps et à certains moments, le forum est un formidable outil de gouvernement. Il doit être utilisé à bon escient pour gouverner. C’est un outil démocratique qui doit être entretenu en permanence par les gouvernants pour la cohésion sociale et la concorde nationale. Si le fait d’organiser un forum participe d’un sentiment louable, il est surtout préférable de l’organiser au moment opportun pour mieux le circonscrire, sinon, on ne l’organise pas. Il n’y a pas pire résultat en matière de conséquences ou de retombée sociale que celui de poser des actes politiques incomplets et inachevés. Or, les éléments objectifs et les cafouillages de ces derniers jours sont annonciateurs d’un échec. Le traumatisme d’un tel échec risquerait de plomber davantage le processus de réconciliation vers lequel nous voulons tendre. Les conséquences seront incommensurables à termes. La nouvelle Centrafrique doit se reconstruire sur des bases saines. Devrions-nous léguer nos erreurs aux générations futures ? Sommes-nous si peu courageux et si peu responsables au point de laisser un lourd héritage à nos enfants ? La réconciliation nous interdit t’elle de dire la vérité ? D’obtenir d’abord réparation ? De nommer les choses par leur nom ? Si nous en sommes arrivés là, c’est parce que nous n’avions pas voulu régler complètement et d’une manière définitive certains problèmes politiques qui se sont posés par le passé. A présent, il va falloir  crever l’abcès et le vider complètement de toute cette puanteur nauséabonde pour ne plus avoir à revivre ce que nous avions connu.  Gouvernants, intervenants, représentants et intellectuels ne trompez pas le bon peuple de Centrafrique ! Soyez du bon côté, celui du bon et généreux peuple de Centrafrique.

 

Aujourd’hui, les gouvernants, toute la classe politique traditionnelle et  les élites intellectuelles ont accordé leur violent pour distraire  le bon peuple de Centrafrique déjà meurtri dans son âme en imposant un hypothétique forum. Rares sont les voix qui se sont levées pour dénoncer le caractère inopportun de ce forum. Les seuls points qui fassent débat   sont les quotas de place qui sont réservées aux différentes entités, la désignation de leurs représentants, la participation ou non des anciens présidents, les primes... Qu’en est t-il finalement des centrafricains ? Le forum de réconciliation s’il y’a devrait être complètement inclusif. Il doit être ouvert à tous les centrafricains sans exception qui désirent s’exprimer. Ils ont la légitimité pour le faire du fait qu’ils ont été les  innocentes victimes d’un conflit qui n’avait pas lieu d’être. Si le forum tel qu’il est proposé, comme n’étant qu’un espace d’échange, de négociation et de compromis, alors, nous sommes en droit de dire objectivement qu’il n’a pas de sens. C’est une trahison du bon et généreux peuple de Centrafrique. Malheur à celui qui le dira en premier au risque d’être  taxer d’ennemi de la paix. La vérité ait que les bourreaux d’hier se sont transformés en accusateurs et veulent camoufler ou étouffer la volonté du peuple.

 

La situation de post-conflit qui prévaut dans notre pays, l’exigence d’une recherche de solution franche, sans équivoque et acceptable par la majorité des centrafricains ôte toute pertinence, tout intérêt au compromis voir à la compromission qu’offre le forum. Au regard du temps imparti, de la mise à l’écart de certains acteurs politiques majeurs, du nombre pléthorique des intervenants, de la franche scission qui existe entre les entités, de la complexité des thématiques retenues, des objectifs recherchés, des attentes suscitées, de la logistique approximative, nous sommes en mesure de penser que nous nous dirigeons inéluctablement vers un échec. L’histoire retiendra que la faute appartient une fois encore à nos élites qui sont ces gouvernants, cette classe politique traditionnelle et ces intellectuels devenus au fil du temps des conformistes. Ils ont accepté contre la volonté du peuple d’organiser un forum en lieu et place d’une justice qui lui aurait permis de faire son deuil. Comment peut-il en être autrement ? Nulle par ailleurs dans l’histoire de l’humanité, ni dans le processus menant à l’édification des nations modernes a-t-on déjà vu une réconciliation post-conflit se faire aussi rapidement sans que justice ne soit rendue ?  Comme d’habitude, la charrue est mise avant les bœufs au risque de retarder la véritable réconciliation. Qui donc a intérêt a trompé les Centrafricains ? Qui donc a intérêt que des solutions durables et définitives  ne soient trouvées ?  Que veut-on vraiment échanger lors de ce forum ? Avec qui ? Que veut-on vraiment négocier ? Avec qui ? Pour quels genres de compromis ? S’il est vrai que le bon peuple de Centrafrique qui a trop souffert a besoin de la paix pour se reconstruire, il réclame avant tout la justice ici et maintenant. Le fait de vouloir coute que coute faire asseoir à la même table les bourreaux et les victimes  avant que la justice ne soit rendue est une insulte à nos morts, à la dignité humaine, à la mémoire collective. La paix ne saurait se construire sur l’impunité, des débris de mensonge, des vérités cachées, de fausses excuses, de fausses accusations. Toutes les vérités doivent êtres dites et les mensonges exhumés pour que la thérapie soit totale et efficace afin qu’une nouvelle nation, Une et indivisible, laïque et libre puisse renaitre en cette terre de nos aïeux, berceau des bantous.

 

Franck SARAGBA

Contribution de Franck Saragba au Forum de Bangui

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 21:08

 

 

Communiqué de presse

 

La famille Touangaye de l’ambassade de Centrafrique en France a la douleur profonde de faire part du décès de leur enfant, leur frère, monsieur Martial Touangaye - Tombora décédé à l’hôpital Pitié-Salpêtrière dans le 13ème arrondissement de Paris, décès survenu le 27 avril 2015 par suite d’une courte maladie.

 

           La date de levée de corps, le lieu et l’heure de l’inhumation vous seront communiqués ultérieurement.

 

Fait à Paris, le 27 avril 2015

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Centrafrique-Presse.com
27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 20:36

 

 

INTERNATIONAL Horizons Nouveaux Magazine - Hors-série N° 050 du 27avril 2015

 

L’information au service du développement www.http:// facebook.com/pierreclaver.nkodo

 

Martin Ziguele à horizons Nouveaux Mag Int’l  A coeur ouvert avec l’homme politique et opposant centrafricain

 

 

“Quelques années auparavant les centrafricains vivaient ensemble s’acceptant dans la différence mais les forces politiques occultes ont eu raison de l’unité nationale.”

 

“..Il est temps de se retrouver pour se dire les choses en face et parler du l’avenir du pays.”

 

Venu à Bamako dans le cadre de la rencontre dela rencontre de l’Internationale Socialiste, l’ancien PM de la Centrafrique (2001-2003) s’est confié à votre journal. Du défi de réconciliation dans son pays à la crise malienne en plus de ses ambitions politiques, le sphinx de Paoua (située dans la préfecture de Ouham-Pendé près du Tchad) non moins, président du Mouvement de libération du Peuple Centrafricain (MLPC) passe tout en revue.

 

Horizons Nouveaux Mag Int’l : Quels sont vos impressions au sortir des assises du comité Afrique de l’internationale Socialiste au Mali ?

 

Martin Ziguele : Je vous remercie.

L’internationale socialiste a des comités par continent qui totalisent 140 partis. En Afrique , mon parti le MPLC est membre. Malgré des absences notables, la majorité de nos partis qu'ils soient de la mouvance ou l'opposition étaient en conclave pendant 2 jours pour évoquer un phénomène grave et nouveau en Afrique : la destabilisation du pouvoir par les forces irrédentistes qui s'appuient sur la religion ou l'identité régionale pour fragiliser l'Etat. Hélas , une fois que c'est consommé ,il est mpossible d' assurer la sécurité des populations et faire face aux questions de développement. La rencontre des socialistes africains a eu pour but de mettre en œuvre un plan d'action uniforme afin que chacun puisse savoir comment s'y prendre dans son pays afin de préparer la rencontre de l’Internationale Socialiste, l’ancien PM de la Centrafrique (2001-2003) s’est confié à votre journal. Du défi de réconciliation dans son pays à la crise malienne en plus de ses ambitions politiques, le sphinx de Paoua (située dans la préfecture de Ouham-Pendé près du Tchad) non moins,président du Mouvement de libération du Peuple Centrafricain ( MLPC)passe tout en revue.

 

Horizons Nouveaux Mag Int’l : Quels sont vos impressions au sortir des assises du comité Afrique de l’internationale Socialiste au Mali ?

 

Martin Ziguele : Je vous remercie.

L’internationale socialiste a des comités par continent qui totalisent 140 partis. En Afrique , mon parti le MPLC est membre. Malgré des absences notables, la majorité de nos partis qu'ils soient de la mouvance ou l'opposition étaient en conclave pendant 2 jours pour évoquer un phénomène grave et nouveau en Afrique : la déstabilisation du pouvoir par les forces irrédentistes qui s'appuient sur la religion ou l'identité régionale pour fragiliser l'Etat. Hélas , une fois que c'est consommé ,il est impossible d' assurer la sécurité des populations et faire face aux questions de développement. La rencontre des socialistes africains a eu pour but de mettre en œuvre un plan d'action uniforme afin que chacun puisse savoir comment s'y prendre dans son pays afin de préserver les acquis de paix pour ne pas être face à des instrumentalisations politiques pouvant diviser fils et filles d'une même nation.

 

HNM : Bientôt le forum de la réconciliation, qu'est-ce que cela pourrait apporter aux actions dans ce cens?

 

M.Z. : Le pays a été victime d’une crise politico-sécuritaire sans précédent qu’on aurait jamais imaginée. Or, quelques années auparavant les centrafricains vivaient ensemble s’acceptant dans la différence mais les forces politiques occultes ont eu raison de l’unité nationale. La politique a divisé cette cohésion naturelle et il est temps de se retrouver pour se dire les choses en face et parler de l’avenir du pays. C’est ainsi qu’on mettra fin au processus transitionnel en cours et que le pays pourra renouer avec la normalité. Je vous apprend que depuis quelques mois , l’autorité de l’Etat est exercée sur les ¾ du territoire nationale et je reste convaincu que ce sera effectif dans les semaines à venir. Avec la présence des forces internationales, notamment Sangaris et la Misca devenue Minusca , il y a l'accalmie en Centrafrique ,ce qui permet au gouvernement de contrôler la quasi-totalité du pays. Les assises du forum de la réconciliation permettront de restaurer la paix entre fils d'un pays qui se sont entredéchirés du fait de l'instrumentalisation politique.

 

HNM : Etes vous de ceux qui pensent que Bozizé et Patassé font partie de la solution?

 

M.Z. : Je ne veux pas me focaliser pas dire Oui à l’impunité et Non à la réconciliation. On Centrafricains) doit être mobilisés pour la recherche de la paix, et de la cohésion nationale. Si nous y parvenons, par le dialogue et la concertation, nous aurons gagné une victoire importante. Au MPLC nous n’avons jamais eu recours à la violence ou les armes pour arriver à nos fins. Si du fait d’être un acteur politique majeur je suis en partie responsable de ce qui se passe dans le pays , je ne suis pas coupable contrairement à ceux là qui doivent répondre de leurs actes devant le peuple afin que nous puissions tracer les voies pour l’avenir.

 

HNM : Pourquoi êtes-vous candidat ?

 

M.Z. : Je vous rappelle que c’est la 3ème fois que je suis candidat sous les couleurs du MLPC dont je suis le président. Les camarades m’ont fait honneur d’être le porte étendard aux échéances prévues en juin. J’ai été candidat en 2005 et aussi en 2011 où nous avons eu les pires élections de notre histoire. Je n’ai pas cautionné cette mascarade pour avoir boycotté le scrutin. Les Centrafricains ont besoin de se parler afin d’aller de l’avant et cela m’importe. Il y a la question sécuritaire à revoir car les FACA (Forces Armées Centrafricaines) ne sont pas opérationnelles et la machine sécuritaire doit être activée.

 

La Centrafrique a une population de plus de 4 millions d'habitants avec de grosses potentialités naturelles comme le diamant, le bois , l'uranium ou l'or. Autant  'ingrédients qui permettent l'émergence du pays mais je n'oublie pas le défi humanitaire. Nous avons 420 000 compatriotes exilés et plus du million de déplacés exposés à la misère et une dignité bafouée. La pas des moindres car le chômage a été le prétexte pour les jeunes de rallier les mouvements armés. Autant de défis à relever et j’irai convaincre le peuple centrafricain avec mon projet de société qui se veut rassembleur.

 

HNM : Que pouvez vois dire concernant la crise au Mali ?

 

M.Z. : Depuis l’école primaire j’ai connu le pays. Comme plusieurs africains à travers les empires notamment du Ghana et du Mali.

Comme la Centrafrique, le pays essaie de panser ses plaies. J’ai noté que le Mali est l’un des rares pays à avoir intégré et consacré dans sa constitution le panafricanisme , ce qui prouve que le pays occupe une place non des moindres à l’échiquier continental .C’est d’ailleurs le retour à la paix du Mali qui a été à l’ordre du jour de la rencontre socialiste en plus des actualités nationales des partis venus à Bamako qu’ils soient au pouvoir ou de l’opposition.

Vu la façon dont les populations sont sereines, je reste persuadé que le Mali se remettra debout pour occuper cette place de repère qu’il incarne à nos yeux.

 

HNM : Votre mot de la fin

 

M.Z. : Je lance un appel à toute la communauté internationale à aider la Centrafrique pour boucler le budget de l'Autorité Nationale des élections afin d'achever le processus en cours. Les dites échéances sont synonymes de paix, et de restauration de la confiance entre fils d'un pays qui se sont très déchirés sur des bases confessionnelles, régionales et subjectives. J'entends réconcilier les Centrafricains et reconstruire notre beau pays, dévasté suite à la guerre civile que nous savons.

 

Entretien mené par Idrissa Keita

Lu pour vous : A coeur ouvert avec l’homme politique centrafricain Martin ZIGUELE

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 17:49

 

 

 

Bangui, 27 avril 2015 (RJDH)— Le président du Mouvement Démocratique pour la Renaissance et l’Evolution de Centrafrique ( MDREC) et coordonnateur des partis politiques pour le forum, Joseph Bendounga, a annoncé l’ouverture des négociations avec le gouvernement sur la question relative aux quotas des partis politiques au forum. Il l’a dit dans une interview accordée au RJDH.

 

Elu le samedi 25 avril 2015 par ses pairs, Joseph Bendouga a confié ce jour au RJDH que la coordination qu’il dirige a déjà été reçue par la coordonatrice générale du comité technique d’organisation du forum « la mise en place de la coordination, elle s’est mise au travail. Nous avons initié une correspondance à l’intention du premier ministre et nous avons été reçus par la ministre de la santé qui est coordonnatrice du comité technique d’organisation du forum. Nous lui avons présenté notre position » a expliqué Joseph Bendounga.

 

Le président du MDREC a annoncé que la coordination sera reçue demain par le médiateur Abdoulaye Bathily à qui, il a promis réitérer la demande des partis politiques.

 

Pour Joseph Bendounga «la représentativité des partis politique à ce forum est très moindre. Sur les 70 partis, chaque parti doit être représenté aux assises. Cela conformément à la configuration légale. 30 places pour les places sont insuffisantes ».

 

Le coordonnateur des partis politiques pour le forum a appelé le premier ministre à faire preuve de sagesse sur cette question. Ce dernier n’a pas souhaité se prononcer sur la réaction des politiques au cas où leur exigence ne trouve pas grâce auprès des autorités de la transition.

 

C’est le samedi 25 avril que la coordination des partis politiques pour le forum a été mise en place à l’issue d’une concertation à laquelle 41 partis politiques ont pris part./

 

Annette Maélaine Malebingui.

Centrafrique/Bangui : Les partis politiques réclament plus de places au forum

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 15:40

 

 

 

Bangui, 27 avril 2015 (RJDH) -- Le dépouillement des dossiers pour le recrutement des cartographes, superviseurs et agents recenseurs a commencé ce lundi 27 avril 2015. Neuf milles agents de Bangui seront retenus pour couvrir toute l’étendue du territoire. L’Autorité Nationale des Elections(ANE) a signifié que les responsables prêteront serment avant le démarrage du recensement électoral.

 

L’Autorité Nationale des Elections a promis la procédure pour recruter ses agents. L’Autorité Nationale des Elections recrute les cartographes au niveau Bac, pour les agents recenseurs et les superviseurs le niveau BC (Brevet des Collèges). Le nombre prévu pour couvrir tout le territoire est de neuf milles personnes dont le travail varie selon les catégories.

 

Les cartographes et les superviseurs bénéficieront d’une formation du ministre de plan sur l’identification des préfectures, sous préfectures villages et communes de la Centrafrique afin de déceler les villages ou communes perdus. Ils seront déportés avant pour faire l’état des lieux avant le recensement proprement dit.

 

Apres cette procédure, il aura les démembrements régionaux qui consistent à regrouper les représentants de chaque région dans une ville pour veiller sur les travaux.

 

Les agents prêteront serment avant de pouvoir commencer le travail. La majorité des magistrats provinciaux n’ont pas encore regagné leur poste ce qui risque de freiner la procédure électorale. /

Bienvenue Marina Moulou-Gnatho

Centrafrique/Bangui : L’ANE se prépare pour le recensement électoral

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 15:32

 

 

 

http://www.radiondekeluka.org   lundi 27 avril 2015 14:18

 

Le chef des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Hervé Ladsous, en mission en République Centrafricaine (RCA), a rencontré ce lundi Toussaint Kongo Doudou, ministre centrafricain des Affaires étrangères.


L'entretien des deux personnalités s'est focalisé sur le renouvellement de la mission de la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation de la Centrafrique (Minusca). Le membre du gouvernement s'est félicité de l'appui de cette mission aux côtés des actions gouvernementales, appui ayant favorisé le retour à la stabilité sur l'ensemble du territoire.


« La Minusca est déployée depuis environ sept mois. C'était l'occasion de faire l'évaluation, comment a fonctionné la mission, surtout à une période où son mandat sera probablement renouvelé d'ici demain ou après-demain à New York. L'échange a permis de lui passer le message de satisfaction globale du gouvernement en ce qui concerne la présence de la Minusca en Centrafrique. Le message clé que je lui ai donné, c'est que cette présence a permis d'avoir un climat apaisé sur le plan particulièrement sécuritaire. Nous nous sentons aujourd'hui beaucoup plus en sécurité à Bangui », s'est réjoui Toussaint Kongo Doudou.


Selon le ministre Kongo Doudou, la Minusca a réussi dans l'appui des consultations populaires. « Vous vous souviendrez, lors des consultations à la base qui se sont très bien déroulées, la Minusca et d'autres forces comme la Sangaris ont porté la sécurité et l'appui logistique », a-t-il souligné.


Par ailleurs, le membre du gouvernement a demandé plus de soutien de la Minusca pour favoriser la bonne marche du Forum de Bangui, dont l'ouverture est prévu lundi prochain.

« Ce que nous attendons de la communauté internationale, c'est qu'il y ait un appui financier pour le Forum de Bangui. Nous avons fait des efforts personnels au niveau de l’État avec le budget de l’État, mais nous attendons encore beaucoup d'appui pour boucler le budget du Forum », a souhaité le ministre des Affaires étrangères.


Hier dimanche, Hervé Ladsous s'est rendu à Bria pour mesurer les réalisations et les défis de la Minusca dans l’appui à la stabilisation de la Centrafrique.


Pendant que des démarches sont en cours pour la réussite du prochain Forum nationale de Bangui, des voix continuent de s'élever contre le décret portant désignation de ses membres. Le bureau exécutif du Conseil inter ONG en Centrafrique (CIONGCA), plateforme de la société civile, vient de dénoncer une vice de procédure dans le processus du prochain Forum national de Bangui.

Selon Célestin Ngakola, président du bureau exécutif du CIONGCA, la présence de cette organisation à cette rencontre tant attendue est très importante compte tenu de son influence sur le plan national et international.


« Le CIONGCA fait partie des co-signataires du Forum de Brazzaville. Depuis 2002, le CIONGCA est présent pour la paix et la cohésion sociale. A la grande surprise, le bureau du CIONGCA a constaté que le nom de la structure n'existe pas dans le Forum de Bangui », a expliqué Célestin Ngakola.


« Mais nous allons, dans notre collaboration avec la communauté internationale, les ONG de la Communauté économiques des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), pour que notre contribution soit efficace dans ce Forum inter-centrafricain », a-t-il annoncé au micro de RNL.


Le forum national de Bangui se tiendra du 04 au 11 mai prochain.

Renouvellement de la Mission de l'ONU en Centrafrique

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Centrafrique-Presse.com
27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 15:18

 

 

 

http://www.la-croix.com   27/4/15 - 15 H 18 - Mis à jour le 27/4/15 - 15 H 30

 

Dans la capitale centrafricaine, les derniers musulmans encore sur place vivent reclus dans un quartier encerclé par les anti-balaka.

 

Une association de jeunes catholiques de Bangui, en République centrafricaine, a mené, vendredi 24 avril, une opération de remise en état d’une mosquée de la capitale.

 

Des jeunes musulmans ont participé à l’action, rapporte l’agence Apic. L’objectif de cette opération de nettoyage du bâtiment était à la fois de « renouer le dialogue entre les deux communautés », et « de faciliter la liberté de culte pour chaque citoyen sans considération ».

 

Lors de l’opération, Lazare N’Djader, président du groupe de jeunes chrétiens « Collectif 236 », a encouragé chrétiens et musulmans de Centrafrique à poursuivre « l’effort du vivre ensemble », rapporte RFI. Christian Aime Ndotah, initiateur de l’action, s’est dit fier de voir qu’une quinzaine de personnes avaient fait le déplacement.

 

« Nous avons réalisé cette œuvre de manière volontaire. C’est notre contribution à cet état d’esprit de réconciliation, de cohésion sociale », a-t-il poursuivi, ajoutant que l’opération visait à « permettre à nos frères musulmans qui sont dans le quartier et qui n’ont plus de lieu de culte, de pouvoir venir prier dans cette mosquée-là ».

 

Des musulmans capturés par des chrétiens

 

Issani Maga, membre du comité de gestion de la mosquée, a parlé de cette démarche comme d’un geste qui a « extirpé de nous la peur ».

 

Plus de deux ans après le coup d’état de la Séléka, la rébellion qui a renversé le régime du président Bozizé le 24 mars 2013, et la montée en puissance des anti-balaka, ces milices d’autodéfense villageoises apparues en septembre 2013 en réaction aux exactions de la Séléka, l’immense majorité des musulmans ont quitté Bangui et l’ouest du pays. Leurs maisons, leurs commerces, leurs mosquées ont été pillés, détruits et souvent totalement rasés.

 

Les tensions entre chrétiens et musulmans se poursuivent néanmoins dans le pays. Selon l’organisation américaine de défense des droits humains Human Rights Watch, au moins 42 bergers musulmans de l’ethnie peul, principalement des femmes et des jeunes filles, sont retenus en captivité par des combattants chrétiens anti-balaka en Centrafrique. Dans un communiqué, l’organisation a lancé un appel à l’ONU et au gouvernement centrafricain pour tenter de libérer les otages.

Lu pour vous : Jeunes catholiques et musulmans centrafricains unis pour reconstruire une mosquée à Bangui
Lu pour vous : Jeunes catholiques et musulmans centrafricains unis pour reconstruire une mosquée à Bangui

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Centrafrique-Presse.com
27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 15:03

 

 

 

27/04/15 (AFP)

 

L'ONU s'est alarmée lundi du manque cruel de fonds pour mener à bien ses opérations humanitaires en Centrafrique, une situation l'obligeant à réduire son aide.

 

"Nous devons empêcher que la Centrafrique devienne une crise oubliée", a déclaré la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour ce pays, Claire Bourgeois.

 

"Si les besoins humanitaires dans ce pays sont tellement importants, c'est parce qu'il a été oublié pendant de nombreuses années", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse à Genève.

 

La Centrafrique, qui compte 4,6 millions d'habitants, a plongé dans la violence depuis que la Séléka, conduite par Michel Djotodia, a renversé en mars 2013 le président François Bozizé.

 

L'ex-rébellion a été évincée du pouvoir en janvier 2014 après une intervention de l'armée française, consécutive à un cycle sanglant de violences et de représailles entre combattants de la Séléka et milices anti-balaka.

 

Selon l'ONU, près de la moitié des habitants de Centrafrique vit dans l'extrême pauvreté. Quelque 1,5 million de personnes souffrent d'insécurité alimentaire.

 

En outre, la poursuite des violences et l'absence d'état de droit dans de nombreuses régions continuent de pousser les civils à fuir. Selon l'ONU, quelque 50.000 personnes ont trouvé refuge dans les pays voisins depuis décembre dernier, et plus de 20.000 autres ont été déplacées à l'intérieur de la Centrafrique.

 

Au total, environ 900.000 personnes ont fui leur foyer depuis décembre 2013: plus de 460.000 d'entre elles ont quitté le pays, soit un Centrafricain sur dix.

 

Mais le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) n'a reçu que 14% des 613 millions de dollars (565 millions d'euros) demandés pour ce pays en 2015.

 

Et le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) n'a reçu lui que 9% des 331,2 millions de dollars nécessaires pour répondre aux besoins des réfugiés centrafricains cette année.

 

"Nous lançons un appel pressant aux donateurs", a déclaré aux médias la coordinatrice régional du HCR, Liz Ahua.

 

Le manque de fonds pénalise directement les populations. L'ONU a dû par exemple réduire de moitié les rations alimentaires distribuées aux réfugiés centrafricains qui se trouvent au Tchad.

 

Selon le chef de la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca), le pays est "à un tournant dans sa transition" et se prépare avec l'aide de la Minusca à des élections cruciales en juillet et août.

La Centrafrique, une "crise oubliée", s'alarme l'ONU
La Centrafrique, une "crise oubliée", s'alarme l'ONU

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 13:57

 

 

 

VADE-MECUM

 

 

UNE CONTRIBUTION DU

 

Pr. Bégong-Bodoli BETINA

 

AU FORUM NATIONAL

 

EN

 

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

2015

 

PRÉAMBULE

 

Lorsque Barthélemy BOGANDA, le père de la République Centrafricaine, disparaît[1] ce 29 mars 1959, il part en laissant derrière lui non seulement un pays avorton[2],  mais surtout, cinq défis inentamés qu’il s’était engagé de relever, à savoir, les cinq verbes du MESAN (Nourrir, Vêtir, Soigner, Loger et Instruire). Depuis l’accession de la RCA à l’indépendance, ces cinq verbes sont restés intacts. Aucun d’eux n’a été relevé jusqu’à ce jour. Pire, d’autres défis s’y sont ajoutés.

 

Permettez-moi de saisir l’occasion qui nous est offerte, à nous, Centrafricains, dans le cadre de ce dialogue national, pour vous exposer, dans les lignes qui vont suivre, mes préoccupations pour notre cher pays. Ces genres d’occasions sont si rares que m’en priver de partager avec vous, ainsi qu’avec tout le peuple centrafricain mes convictions, serait non seulement un désintéressement de ma part des questions nationales, mais surtout une trahison pour ma chère patrie. En effet, notre pays va mal. Très mal. Et mon seul souhait en exposant ces réflexions est de secouer en nous tous, frères et sœurs qui vivons sur cette chère terre de nos Ancêtres, notre orgueil, et si ce n’était le cas, au moins notre prise de conscience de la gravité de cette situation qui est, en réalité, un collapsus prolongé. La situation dans laquelle se trouve la Centrafrique aujourd’hui, est la conséquence d’une mauvaise gouvernance, déclenchant une rébellion qui se transforme en une violence interconfessionnelle opposant des franges de  la population qui ont toujours cohabité ensemble dans l’harmonie. Il est clair qu’il suffit de quelques jours pour détruire la paix mais il faut des générations pour la construire

 

Avant même d’exposer mes préoccupations, des faits m’inquiètent quant au caractère véritablement patriotique des groupes qui mettent en coupe réglée notre pays: les pillages, les vols, les viols et les destructions de ce qu’il reste du tissu économique continuent. Cela constitue une inconscience de l’état grabataire du pays  C’est pourquoi, je propose qu’au cours de ce Dialogue National, il y ait un Sursaut Patriotique, afin de passer au peigne fin tous les maux qui gangrènent notre cher pays et en proposer des remèdes appropriés. La réconciliation étant un processus à long terme, elle ne saurait être improvisée, ni imposée. La prise de conscience de la nécessité de rompre le mur d’un passé fait de haine, de la méfiance et de désespérance pour se lancer dans un processus de réconciliation doit être essentiellement individuelle et citoyenne en vue faciliter le dialogue national qui doit être appuyé et accompagné par les autorités étatiques et soutenu par la communauté  internationale. C’est dire que c’est une affaire de tous. Il faut, avant tout, faire un examen de conscience autant collectif qu’individuel. Il faut se retrouver dans l’intimité éclairée de sa propre conscience et  accepter de s’ouvrir aux autres afin  de s’asseoir à la table du dialogue. Pour qu’il y ait un véritable dialogue,  chacun doit se départir de tout sentiment de haine et de vengeance,  de supériorité ou de domination de quelque nature que ce soit, de tout préjugé à l’égard de l’autre. Le véritable dialogue passe par la tolérance et par un esprit de dépassement.

 

Il est besoin de volonté réelle, d’efforts sincères et d’engagement sérieux dans un processus de réconciliation à travers ce dialogue national impliquant tous les acteurs afin de reconquérir la paix. Il importe avant tout, de créer un climat de tolérance et de convivialité, sans lequel toute possibilité de dialogue et de réconciliation nationale ne serait que vain espoir. Des campagnes de sensibilisation de grande envergure sont nécessaires pour réveiller la conscience de la population et des différents protagonistes pour une Centrafrique nouvelle, libre et unie.

 

À cet effet, je précise que contrairement au Dialogue National Inclusif, qui s’est tenu en 2008 et qui a écarté une part non négligeable des fils du pays, un Dialogue National digne de ce nom ne peut être concluant qu’en intégrant toutes les composantes de la nation : les partis politiques, les chefs religieux et traditionnels,  la société civile, les travailleurs, les artistes, les paysans, les ouvriers, les commerçants, y compris les « boubanguérés », les étudiants, les élèves, les chômeurs et les Centrafricains de la diaspora. À propos de ces derniers, il est à souligner qu’on a tendance, chez nous, à ne considérer comme Centrafricains que les Centrafricains vivant en Centrafrique, ce qui est une erreur monstrueuse. À mon avis, il faut dorénavant compter avec les Centrafricains de la diaspora, ceux se trouvant en Europe et ailleurs,  comme ceux se trouvant en Afrique, singulièrement en Afrique occidentale, dans des pays comme la Côte-d’Ivoire, le Mali, le Sénégal, etc., et qui non seulement sont numériquement considérables, mais ont qualitativement des assises intellectuelles et sociales avérées. Or, à ma connaissance, dans le dialogue de 2008, non seulement les Centrafricains de la diaspora n’ont pas eu droit au chapitre, mais la société civile n’a été que faiblement représentée, et l’on n’a noté que la présence de l’opposition civile et armée face au pouvoir, ce qui a fait craindre une polarisation des débats entre les deux camps, sans un contrepoids neutre et objectif. Quant à la présidence du Présidium, je suis persuadé que seul un Centrafricain, ayant des repères historiques, géographiques, politiques et culturels du pays, serait en mesure non seulement de découvrir, mais surtout d’apprécier à leur juste valeur les dits et les non-dits des propos des intervenants. Non pas que je doute de la capacité et des compétences du Président du Présidium de 2008, mais j’ai raison d’avoir des réserves parce que les débats sur certaines questions traînaient en longueur parce que le Président voulait s’informer avant de trancher, ou étaient escamotés parce que le Président, ne disposant pas de clés nécessaires pour les décoder, préférait respecter son chronogramme au lieu de les approfondir. Enfin, dans le registre des regrets, je tiens à souligner qu’en raison de l’importance de ce Dialogue National, et du pourrissement de notre pays, il sera profitable de traiter des sujets aussi variés que le mandat présidentiel, l’unité nationale, la souveraineté nationale, la bonne gouvernance, l’économie, l’éducation, la santé, la culture, le tourisme, etc., et non se focaliser sur le seul aspect sécuritaire.

 

Après vous avoir soumis mes réserves, permettez-moi d’exposer mes convictions sur certaines questions nationales qui, de mon point de vue, font que les Centrafricains piétinent, ne sont pas visibles sur la scène mondiale, ou qui ruinent l’émergence de la République Centrafricaine, d’abord en tant qu’État, ensuite en tant que nation. Ces points sont les suivants : 1- Le mandat présidentiel ; 2- Les symboles de l’État ; 3- La sécurité nationale ; 4- La souveraineté nationale ; 5- L’Unité nationale ; 6- L’Économie ; 7- La culture ; 8- Le tourisme, entre autres. En effet, pour moi, toutes ces questions s’imbriquent et se tiennent. Résoudre certaines et laisser de côté d’autres, comme cela s’était fait lors du Dialogue National Inclusif, serait comme tuer le loup et laisser courir les louveteaux.

 

I. DU MANDAT PRESIDENTIEL

 

Les coups d’Etat répétés en Afrique en général, et en Centrafrique en particulier, ont, dans une large mesure, leur origine dans le mandat présidentiel. La plupart des Africains, et notamment des Centrafricains, gèrent un pays comme si c’était une chefferie traditionnelle. Dès qu’ils accèdent au pouvoir, soit démocratiquement ou par coup d’Etat, ils ne songent pas à le quitter. Ils veulent s’y éterniser, ruinant au passage les ambitions politiques des autres. En outre, puisque dans nos pays, l’essentielle de la bourgeoisie qu’on y trouve est bureaucratique, ils annihilent ainsi l’émergence des personnes se trouvant dans l’opposition ou dans des groupes ethniques n’appartenant pas au Président de la République. Pire, l’alternance démocratique que tout le monde appelle de ses vœux est verrouillée parce qu’en Afrique on considère comme inconcevable, voire bête, un président au pouvoir qui est battu aux élections. C’est pourquoi, je propose pour la République Centrafricaine un mandat présidentiel unique de six ou sept ans. L’avantage de cette disposition c’est que le pays ferait l’économie des coups d’Etat, en même temps qu’elle favoriserait l’alternance, non seulement au sommet de l’Etat, mais aussi au sein des partis politiques. C’est une proposition que je trouve essentielle pour notre pays, si nous voulons sortir de la spirale des coups d’Etat.

 

2. DES SYMBOLES DE L’ÉTAT

 

La République Centrafricaine est un pays où presque tous les symboles de l’État, s’ils ne sont pas caducs, ont un contour flou et qui prête à confusion. Je pense que dans une instance comme le Dialogue National, au lieu de nous voiler la face et de considérer ces questions comme taboues, il serait temps de les débattre pour les contextualiser et créer ainsi une adéquation entre le peuple centrafricain  d’aujourd’hui et son pays. Car toute œuvre humaine est perfectible. Il serait maladroit, lâche, voire dommageable, de continuer à gouverner au XXIème siècle notre pays avec des symboles anachroniques du XXème siècle.

 

Le premier de ces symboles est le nom du pays : République Centrafricaine. L’identité centrafricaine reste un problème d’actualité. Bon nombre de Centrafricains se posent la question de savoir si, la Centrafrique que prônait feu le Président Barthélemy Boganda, ne se limitait pas aux frontières actuelles. Or non ! Boganda prônait  plutôt les Etats-Unis d’Afrique Latine, qui regrouperaient les pays de l’AEF (l’Afrique Equatoriale Française), le Congo Belge (actuelle République Démocratique du Congo) et l’Angola (pays lusophone). Même si l’idée de rebaptiser l’Oubangui–Chari en République Centrafricaine a été maintenue malgré le constat  d’échec de ce projet, il apparaît aujourd’hui, et du reste depuis toujours pour la plupart des peuples qui se trouvent hors de notre aire géographique, qu’être Centrafricain c’est appartenir à l’Afrique Centrale. Difficile d’identifier le Centrafricain lorsque l’on est à l’extérieur. Il n’est pas rare d’entendre de la bouche des interlocuteurs étrangers, lorsque vous vous présentez comme Centrafricain, des questions suivantes : êtes-vous Congolais ? Camerounais ? Tchadien ? Gabonais ?, etc. Et lorsque vous répétez à votre corps défendant que non, vous êtes Centrafricain, Centrafricain tout court, ils vous rétorquent : mais Centrafricain de quel pays ? C’est ainsi que la question de notre identité nationale doit être remise à l’ordre du jour. Il est temps de proposer au peuple centrafricain d’opter par référendum, soit pour l’ancienne appellation « Oubangui » en la mutilant de « Chari » ; seulement, dans notre pays, être Oubanguien c’est  habiter le long du fleuve Oubangui ; soit de créer, en tenant compte de notre histoire, de notre position géographique et de nos cultures, une nouvelle dénomination. Dans ce second cas, un appel à propositions devra être  lancé, à l’issue duquel une sélection sera opérée pour choisir  le nom qui reflèterait le mieux notre idiosyncrasie. Je pense qu’il est nécessaire de relever ce défi de l’identité nationale, à travers le plus grand symbole de l’État qu’est le nom du pays, sans quoi nous courons perpétuellement le risque d’être sans identité remarquable, anonymes, méconnus en tant que peuple différent des autres peuples de l’Afrique Centrale : le nom de la République Centrafricaine doit être changé.

 

Le deuxième symbole est notre hymne national, la Renaissance. Le premier vers de cet hymne est « Ô Centrafrique, ô berceau des bantous ». Je considère que ce vers, en mentionnant expressément le nom d’un groupe ethnique, « bantou », porte en lui les germes d’une discrimination ethnique au plan national. Cela apparaît comme une légitimation, mieux, la reconnaissance d’un passe-droit à un groupe ethnique par notre hymne national, aux dépens des autres. Même s’il faut reconnaître l’antériorité du groupe bantou dans le pays, notamment à travers les pygmées, La République Centrafricaine est un carrefour. Beaucoup de groupes ethniques y ont trouvé refuge en fuyant les négriers et les razzias menées par les arabes. En outre, dans sa partie nord et nord-est, le peuplement dans sa majorité est soudano-sahélien. Faire chanter à un fils de soudano-sahélien, par exemple, un hymne qui fait l’éloge d’un autre groupe ethnique au détriment du sien, équivaut à ce que les colons nous ont fait chanter à l’école, à savoir « Nos ancêtres les gaulois ». Au nom de l’égalité entre tous les fils et toutes les filles du pays, une révision s’impose pour adapter l’hymne national aux réalités démographiques nationales. Notre pays n’est pas plus bantou que les deux Congo, l’Angola, ou même l’Afrique du Sud, qui n’ont pas dans leur hymne cette mention discriminatoire. Y a-t-il aux Etats-Unis, ou en Amérique du sud, une mention spéciale aux autochtones, notamment aux Indiens comme les Mayas, les Aztèques et les Incas dans leur hymne national ?

 

Le troisième symbole qui, comme le nom du pays, prête aussi à confusion, est le nom totémique des Centrafricains : « Les fauves du bas-Oubangui ».  En effet, si dans sa version originelle dans notre langue nationale, le sango, « A bamara ti gbaza-Bangui », il est clair que « bamara » signifie lion, la version française ne respecte pas celle sango, et entretient un flou dans les esprits, comme si aucun Centrafricain n’était capable de traduire le sango en français. Qu’est-ce qu’un fauve ? En définissant une bête fauve, le dictionnaire Le Petit Robert nous dit ceci : « Bête sauvage au pelage fauve ». Et il énumère comme exemples le lièvre, le cerf et le lion. Cependant, dans le langage moderne, le même dictionnaire définit le fauve de la façon suivante : « Félin de grande taille », et il nous renvoie à « félidés ». Lorsque nous allons à « félidés », après avoir défini ce mot, il en donne quelques exemples : chat, guépard, jaguar, léopard, lion, panthère, tigre, etc. Alors, de tous ces animaux, desquels relevons-nous ? Des lièvres ? Des chats ? Des lions ? Des panthères ? De même que lorsque nous disons que nous sommes Centrafricains, on nous assimile aux Congolais, aux Tchadiens ou aux Gabonais, de même, lorsque nous-mêmes nous disons fauves, nous entretenons une gigantesque confusion en nous assimilant  aux lièvres, aux chats ou aux lions, pour ne citer que ceux-là. Il est temps que nous nous déterminions clairement par rapport à notre animal totémique et cessions de jouer la rivalité entre ces animaux. Qui sait si ce n’est pas à cause de ces rivalités qu’aucun animal ne veut plus nous protéger et que nous n’arrivons plus à enregistrer  de succès sportifs ?

 

Je me permets de relever le drapeau centrafricain en dernière position parce que, de mon point de vue, c’est le seul symbole de l’État qui est à la fois unificateur et d’actualité. En effet, avec ses cinq couleurs (Bleu, blanc, vert, jaune et barré de rouge), il concentre en lui seul les diversités démographique, géographique,  climatique, végétale, agricole, la diversité des ressources naturelles, et même celle   linguistique. Dans le drapeau, tous les Centrafricains, de quelques origines qu’ils soient, se sentent détenir une portion du pays, ou un bien propre au pays, qui les légitiment, confirment leur « centrafricanité » et les rendent fiers. Voilà un symbole digne d’être interprété et enseigné à la maison, dans nos écoles à nos enfants, même si dans sa conception originelle, il reflétait une réalité géographique beaucoup plus vaste que notre quadrilatère. Mais il est heureux de constater que notre pays est un concentré de tous les symboles qu’y sont représentés.

 

3. DE LA SÉCURITÉ NATIONALE

 

La Centrafrique se révèle aujourd’hui un État en faillite, mis à terre par les ravages d’une guerre civile sans précédent. Ainsi, la reconstitution du pays dans l’intérêt de la Nation, une et indivisible doit être une priorité. Nous devons œuvrer dans le sens de réhabiliter l’État centrafricain avec son administration, ses infrastructures, et ses institutions capables d’assurer l’ordre et la sécurité ; garantir une justice indépendante dotée de moyens nécessaires en vue de lutter contre l’impunité.

 

Il faut poursuivre et punir les bandits et les criminels  qui voudront continuer à troubler l’ordre établi, en marge de la loi, n’ayant aucun intérêt à voir la Centrafrique retrouver l’ordre et la stabilité. Aussi est-il nécessaire de refonder l’armée centrafricaine et renforcer sa capacité en termes de moyens humains, matériels et logistiques.

 

Le rétablissement de l’ordre et de la sécurité est un élément essentiel, voire un préalable à un dialogue fructueux et au retour de la confiance perdue, surtout de la part des citoyens contraints à quitter leurs domiciles ou le pays. En ce sens, il faut poursuivre et achever le désarment de toute la population.  Il faut ensuite  œuvrer pour le retour des réfugiés et des populations déplacées, se trouvant en forêt, dans d’autres pays voisins et ailleurs. Ce qui doit conduire à définir une politique claire d’intégration et d’insertion sociale en commençant par un programme soutenu de relogement de nombreux centrafricains dont les maisons ont été rasées ; ceux, dépouillés de leurs biens, et qui ont perdu leur travail et tout espoir de vie dans un tel pays.

 

Par ailleurs, il importe de rappeler que la sécurité nationale constitue un casse-tête face auquel tous les pouvoirs qui se sont précédés dans notre pays ont eu à buter. Mais cette situation   n’est pas la conséquence d’un hasard. Elle est due à un certain nombre de dysfonctionnements parmi lesquels je peux citer le mode de conquête du pouvoir, le mode d’exercice du pouvoir et le traitement inégal du peuple par nos dirigeants.

 

En effet, dans notre pays, hormis la première élection du président Ange-Félix Patassé en 1993, toutes les autres conquêtes du pouvoir ont été entachées d’irrégularités, y compris celle de David Dacko en 1960, suite à la disparition tragique de notre président fondateur Barthélemy  Boganda. La norme pour accéder au pouvoir en Centrafrique est soit un tripatouillage électoral, soit un coup d’État, soit un rétablissement au pouvoir par les services spéciaux de l’ex-puissance coloniale, soit enfin, par l’accompagnement au pouvoir des rebelles centrafricains par les forces armées tchadiennes, avec la bénédiction de la même ex-puissance coloniale. Dans ces conditions, le fait de bafouer la voie démocratique de conquête du pouvoir crée des frustrations qui, dès le lendemain de la prise de celui-ci, se transforment en revendications puis en contestations pacifiques ou armées. Fait aggravant, cette situation devient d’autant plus insupportable qu’humiliante lorsque, ces forces armées étrangères, devenues mercenaires, prennent leurs ordres directement du pays qui les a envoyés et, non seulement piétinent et massacrent le peuple centrafricain, mais vont jusqu’à négliger les autorités qui les ont appelées à la rescousse. Ce sont là les tristes réalités que vivent, et le peuple centrafricain et les autorités centrafricaines, faisant du pays entier une région de plus de la puissance étrangère en question, et de la haute autorité de notre État un gouverneur de province. Or, tout cet asservissement du pouvoir et du peuple centrafricains aurait pu être évité si le mode de conquête du pouvoir obéissait aux normes démocratiques.

 

Mais un des problèmes les plus épineux, qui mettent dos à dos, et nos dirigeants qui accèdent au pouvoir par tripatouillage électoral, par coup d’État, par voie démocratique ou par parachutage par les forces armées étrangères, est le mode d’exercice de ce pouvoir. Quand j’étais étudiant, il m’a été donné de suivre le premier discours du président socialiste français, François Mitterrand. Dans ce discours, en dépit de ses plusieurs échecs électoraux et des décennies passées dans l’opposition avant d’accéder au pouvoir, le nouveau président français avait déclaré ceci : « Nous sommes venus pour convaincre, et non pour vaincre ». Dans notre pays, il est lamentable de constater que, même si quelqu’un accède démocratiquement au pouvoir, son objectif principal est de vaincre non seulement l’ancien régime, mais aussi tous les groupes sociopolitiques, ethniques ou régionaux qui ont soutenu de près ou de loin ce régime. En témoignent les destructions de commerces, d’habitations, d’entreprises, y compris d’hôpitaux et d’écoles  appartenant aux dignitaires de l’ancien régime, ou, se situant dans les régions des dignitaires de l’ancien régime. Dans ces conditions, comment voulez-vous que le Centrafricain investisse dans son pays ? Tout pays qui ambitionne de se développer doit d’abord compter sur les investissements de ses propres fils. Or, lorsque non seulement les citoyens d’un pays évitent d’investir chez eux, mais surtout de construire leur propre maison chez eux, de peur de se retrouver, en cas de changement de régime, du jour au lendemain sans commerce ou sans toit, c’est très grave. Plus grave encore, lorsque même les hauts dirigeants du pays, conscients de leurs forfaits, préfèrent construire leurs résidences principales dans un pays tiers, au lieu de le faire dans le pays qu’ils ont spolié, nous faisons là face à une crise totale de confiance qui pénalise durement notre propre pays. C’est la preuve que le pouvoir que nous recherchons, nous ne le recherchons pas pour développer notre pays mais plutôt pour remplir nos poches et, au premier coup de vent, aller rejoindre nos résidences achetées ou construites avec l’argent de la sueur de nos compatriotes sous d’autres cieux. C’est dire que si parfois conquérir le pouvoir est facile parce qu’on a tripoté les votes ou fait un coup d’État, ou qu’on a été parachuté par une force étrangère, ex-puissance coloniale ou d’un pays frère, l’exercer se révèle trop compliqué. Parce qu’exercer le pouvoir c’est s’efforcer de satisfaire les besoins de ses concitoyens. Et quiconque parvient à le faire, et essaie de créer autour de lui un consensus sur les questions d’intérêt national, n’a aucune raison de redouter les foudres de ceux-ci s’il perd un jour le pouvoir. Malheureusement, la question d’exercice inique du pouvoir a été  moult fois posée et reste toujours d’actualité, mais les dirigeants demeurent sourds.

 

Le dernier problème lié à la sécurité nationale est celui du traitement inégal du peuple. Cette discrimination, qui était peu perceptible dans les deux premières décennies de notre indépendance, a fait une irruption fracassante dans les sphères politiques de notre pays, avec l’accession au pouvoir du général André Kolingba. En effet, alors qu’auparavant on ne parlait dans l’administration centrafricaine que le français et notre langue nationale le sango, et qu’y parler une langue vernaculaire causait la honte, la langue maternelle du chef de l’État a impudiquement eu droit de cité dans la plupart des services administratifs, y compris dans l’armée, reléguant ainsi les citoyens qui ne savaient pas s’exprimer dans cet idiome en citoyens de seconde zone. La célérité d’une prestation de service dans l’administration était liée à l’expression du demandeur dans cette langue. Cette pratique, qui a provoqué l’indignation du peuple centrafricain et a été décriée par tous, s’est poursuivie avec le régime du président Ange-Félix Patassé. Avec le régime du général Bozizé, tout semble indiquer qu’elle s’est érigée en règle. Conséquence de cette situation, les autres citoyens se sentent marginalisés, donc peu concernés par les problèmes nationaux et, par ricochet, aux questions liées à la sécurité nationale. Dans le même ordre d’idées, on peut souligner la généralisation du népotisme dans tous les régimes précités. Or, chez nous, pouvoir rime avec enrichissement accéléré. Le fait de s’entourer majoritairement de parents, ou de nommer des parents à des postes stratégiques économiquement, politiquement et militairement, signifie les sortir du néant et faire d’eux de facto des multimillionnaires ou des milliardaires sans qu’ils aient à justifier de leur compétence dans ces domaines. De telles promotions ne peuvent avoir que des conséquences fâcheuses sur le patriotisme des concitoyens, les rendant insensibles aux problèmes de sécurité nationale et, parfois, les transformant en « zaraguinas », pour pouvoir gagner autrement ce que l’État ne veut pas leur octroyer méritoirement. On voit donc, à travers ces quelques exemples, que la sécurité nationale n’est pas exclusivement dévolue aux forces de l’ordre et de sécurité. Elle relève aussi, et surtout, des actes que posent les hautes autorités de l’État en bien ou en mal.

 

4. DE LA SOUVERAINETÉ NATIONALE

 

S’agissant de la souveraineté nationale, force est de constater que la République Centrafricaine n’en a jamais connu depuis son indépendance. En effet, une partie de l’explication de la cause de disparition tragique de notre président fondateur Barthélemy Boganda se trouve dans ses velléités d’indépendance et de souveraineté. Or, en l’éliminant précocement, et en imposant à la République Centrafricaine dès ses premiers pas un jeune homme peu préparé intellectuellement et novice politiquement, en la personne de David Dacko, l’ex-puissance coloniale a annihilé toute prétention à la souveraineté nationale. Elle avait entre ses mains une marionnette, un béni-oui-oui à sa solde, ignorant les intérêts du peuple. Conséquence de cela, dès les premières années de notre indépendance, les Centrafricains considéraient la politique comme un fléau. On les avait initiés à s’en désintéresser. Et ce n’est pas le coup d’État de Bokassa qui arrangera les choses, car en éliminant tous ceux qui pouvaient lui faire de l’ombre, qu’ils soient civils ou militaires, il a semé la panique au sein du peuple centrafricain. Certains hauts cadres civils et militaires ont dû abandonner leurs postes pour devenir de simples cultivateurs pour éviter qu’il ne les rencontre sur son chemin. On voit donc que dans ce contexte de psychose généralisée, parler politique pour développer sa conscience nationale devient une gageure. Or, la souveraineté nationale n’est pas l’apanage des dirigeants. Dans certaines situations où les autorités d’un pays sont humiliées, c’est le peuple qui se lève pour laver cet affront et refuser sa mise sous tutelle par une puissance étrangère. L’Espagne en constitue un exemple éloquent lorsque tous les espagnols se sont levés pour lutter contre l’occupation de leur pays par Napoléon Bonaparte. Tout près de nous, le soulèvement du général de Gaulle, suivi par la grande majorité des français pour résister contre l’occupation nazie constitue une leçon historique pour tous les peuples du monde. Malheureusement, en République Centrafricaine, tant du côté des autorités que du peuple, nous ne développons pas encore cette fierté nationale qu’est la souveraineté de notre pays. Certains, pour conserver le pouvoir, d’autres, pour le conquérir, font appel à des mercenaires infréquentables qui non seulement pillent nos biens qu’ils acheminent chez eux, mais encore violent sous nos yeux nos femmes et nos enfants. Il suffit de lire Le prince de Machiavel pour savoir que le recours aux mercenaires est porteur en soi des difficultés futures d’un régime et aliène la souveraineté d’un pays. Le fait que la plupart de nos pouvoirs ne survivent que grâce aux mercenaires est une sorte d’hypothèque de notre pays aux étrangers et un assujettissement de nos autorités à ceux-ci. Cela correspond à un abandon de souveraineté nationale.

 

5. DE L’UNITÉ NATIONALE

 

Aujourd’hui, l’unité nationale est ébranlée. Elle a cédé la place aux clivages ethno-régionaux. Les différents régimes qui se sont succédés ces dernières années ont utilisé la division comme instrument politique et du pouvoir. On note même, au niveau de la capitale, une occupation des quartiers par provenance ethnique ou régionale. Pire, les langues vernaculaires ont tendance à supplanter le Sango, notre ciment de l’unité nationale dans l’administration. Il est urgent de restaurer l’unité nationale à tout prix. Pour ce faire, je suggère qu’une nouvelle capitale moderne soit édifiée, ou, à défaut, que Bangui soit progressivement détruite et reconstruite selon des normes modernes. Que l’occupation des habitats et des zones urbaines ne se fasse plus en fonction des provenances régionales ou ethniques de nos populations, mais uniquement sur la base de critères objectifs qui doivent être  définis. Tout comportement ethno-régional mérite d’être sévèrement sanctionné. Je propose qu’un projet de loi soit soumis au Conseil National de Transition (CNT)  à cet effet, et que tout acte népotiste ou ethnocentrique avéré soit passible de lourdes peines. Je pense que le pays doit avoir une association de toutes les compétences de ses fils et filles au pouvoir et non un partage du pouvoir basé sur des intérêts népotistes et sectaires. L’Etat doit plutôt se poser comme un organe de régulation sociopolitique qui facilite la recherche de la cohésion nationale dans un contexte de fragmentation et de désordre où se trouve notre pays aujourd’hui et donc permettre la réalisation de l’unité du peuple.

 

Après un conflit aussi complexe, caractérisé par des violences sans précédent avec des conséquences humanitaires catastrophiques, il est plus qu’urgent de mettre fin à la division, à la souffrance et à l’obscurantisme du passé, pour bâtir ensemble un avenir d’unité, de paix, de progrès  et d’espoir. Il est temps de rassembler toutes composantes du pays pour un objectif commun, celui d’une Nation centrafricaine paisible et unie, où le respect et l’intégration des minorités, autochtones ou immigrées, vivant ou qui ont toujours vécu sur le territoire, doivent être effectifs, où l’égalité des citoyens centrafricains, dans leur totalité, doit être assurée.

 

Ainsi, l’aspect religieux ne doit pas être négligé. Même si elle ne saurait être considérée comme une cause de ce conflit, la religion a néanmoins servi d’instrument de son aggravation. Il va sans dire que l’instauration d’un  dialogue inter-religieux est fondamentale, avec des politiques concrètes et de grands projets économiques d’intérêt mutuel, valable pour tous, sans distinction aucune. Il est impératif de lutter contre la manipulation religieuse et ethnique qui remet en  cause la cohésion et l’unité nationales.

 

6. DE L‘ÉCONOMIE

 

Permettez-moi de vous parler maintenant de l’économie, non pas en termes techniques, mais sous son aspect général. Depuis toujours, dans notre pays, on nous parle de l’existence sous notre sol de l’or, de diamants, de l’uranium, du pétrole, du fer, du ciment et j’en passe. Mais ces ressources nationales, pour celles qui sont déjà ou en cours d’exploitation, le Centrafricain lambda n’en note aucune incidence sur sa vie quotidienne. Or, c’est un secret de polichinelle que d’affirmer que certains pays bien africains ont vu leur PIB renforcé et le niveau de vie de leur population augmenté rien qu’à cause des diamants ou de l’uranium. Sans nous attarder sur « L’Affaire des diamants », plusieurs décennies se sont écoulées depuis lors, tout comme plusieurs régimes se sont succédés, mais les conditions de vie du Centrafricain sont restées les mêmes. Pire, elles se sont aggravées puisque l’espérance de vie du Centrafricain est tombée à trente-neuf ans (39 ans) alors que quelques décennies plus tôt elle était supérieure 50 ans. Quant aux ressources qui ne sont pas encore exploitées, qu’attendons-nous pour le faire ? Aujourd’hui, le prix d’un sac de ciment se situe entre treize mille cinq cents (13.500 FCFA) et quatorze mille cinq cents francs CFA (14.500 FCFA). Par moments, il atteint des pics qui vont jusqu’à dix-sept mille (17.000FCFA) ou dix-huit mille francs CFA (18.000 FCFA). Quand on sait que le SMIG dans notre pays est de quinze mille francs CFA (15.000 FCFA), soit moins que l’équivalent d’un sac de ciment en période d’inflation, comment voulez-vous qu’un Centrafricain qui ne « rallonge » pas son salaire puisse posséder une maison digne de ce nom ? Et on nous dit que nous disposons du ciment non loin de Bangui ! Vous vous rendez compte ? Cet exemple est aussi valable pour le pétrole, le fer et l’or, celui-ci n’étant exploité qu’artisanalement par les trafiquants de tous bords. Je propose, qu’au cours des travaux de ce Dialogue  National que j’appelle de tous mes vœux, non seulement il y ait un atelier consacré à l’économie, mais qu’une décision soit prise pour Organiser des Etats Généraux de l’Economie afin d’engager  le débat sur le type de croissance idoine de tous les secteurs économiques (primaire, secondaire et tertiaire) susceptibles de porter la croissance du PIB à des niveaux significativement supérieurs aux taux de croissance démographique et, ainsi, réduire la pauvreté. Je sollicite une attention particulière des participants sur l’agriculture. Savez-vous que notre pays était autosuffisant alimentairement depuis 1963, privilège qu’il est en train de perdre ? Cela est essentiellement dû à une géographie et une répartition climatique variées et équilibrées. Mais nous ne tirons pas suffisamment profit de cette manne que nous ont léguée nos Ancêtres et nous nous focalisons surtout sur les cultures de rente, alors que nous sommes très concurrencés sur ce terrain par les pays industrialisés qui subventionnent leurs agriculteurs. Il est temps de diversifier nos cultures et moderniser ce secteur, même si  le coton et  le café sont les produits les plus rentables pour notre économie.

 

7. DE LA CULTURE

 

La culture de notre pays est méconnue à l’extérieur. Et pourtant, la République Centrafricaine est un pays aux richesses culturelles multiples et variées. Pourquoi ne pas en faire un espace culturel rayonnant dans la sous-région, en Afrique, voire dans le monde ? Il suffit pour cela d’en avoir la volonté. Par exemple, notre musique n’a pas de lisibilité en Afrique et dans le monde. Comme je l’ai dit plus haut en parlant de l’identité nationale, lorsque nos musiciens passent sur les radios ou les télévisions étrangères, ils sont systématiquement assimilés aux musiciens congolais. En Afrique Centrale, si au début des indépendances, la plupart des musiciens pratiquaient la rumba, aujourd’hui, tous les autres pays ont trouvé leur propre voie, sauf la République Centrafricaine. Le Cameroun a été le premier à s’en démarquer avec le « Makosa » ; le Gabon en a fait de même dans les années quatre-vingt et le Tchad leur a emboîté le pas tout dernièrement. Inutile de parler des pays de l’Afrique Occidentale comme le Mali, la Côte-d’Ivoire ou le Sénégal, qui ont su se faire une place au soleil musicalement. Pourquoi ne ferions-nous pas autant en relançant et en modernisant nos musiques et danses traditionnelles comme celles  des Broto, des Pygmées, des Zandé, des kaba, etc., notamment le yangba-bolo, le gbayora, le motengué-nè, le say, etc. ? A cet effet, pour encourager les musiciens les plus originaux et les plus créatifs, des prix pourraient être créés qui consisteraient en l’octroi de bourses d’études dans des instituts de musicologie les plus réputés au monde. Et il en va de même pour les arts (dessin, art plastique, sculpture, etc.). Quant à la littérature, la République Centrafricaine foisonne d’écrivains qui, faute de maisons d’édition, empilent leurs manuscrits dans des tiroirs. Comment expliquer qu’il y a des dizaines de maisons d’édition au Cameroun, dans les deux Congo, au Gabon et au Tchad, et que la République Centrafricaine n’en dispose même pas d’une seule ? Le rayonnement d’un pays, si les politiques sont défaillants, peut venir de la culture et des sports. Le Cameroun nous en administre quotidiennement la leçon, et nous sommes quasiment les mêmes peuples (les bantous et les soudano-sahéliens). Pourquoi les Centrafricains n’émergent ni culturellement, ni sportivement ? Sommes-nous maudits ? Mais maudits par qui ou par quoi ? Voilà autant de questions que je me pose et que je souhaite,  que les participants au Dialogue National se le posent avec moi, et qu’au sortir de ce Dialogue, nous retrouvions un nouveau souffle pour inscrire et positionner notre chère patrie parmi les Nations qui comptent.

 

8. DU TOURISME

 

Enfin, la RCA dispose d’un potentiel touristique d’autant plus enviable que très varié. Sa faune, son avifaune, sa flore, ses chutes, son artisanat, sont d’une variété rare. Même la variété des peuples et des cultures qu’on y trouve constitue en soi des attractions touristiques. En dehors des parcs à animaux existants (Gounda Saint-Floris, Dzanga Ndoki et la réserve spéciale de Dzanga-Sangha), la création de parcs à oiseaux, à papillons, à reptiles (lézards, serpents, tortues, crocodiles, etc.), qui pourront constituer des spécificités du tourisme centrafricain, serait d’une grande utilité pour le pays. Pourquoi ne pensons-nous pas à ces choses ? Naturellement, le tourisme va avec la paix et la sécurité. J’espère qu’au sortir de ce Dialogue National, une paix durable s’instaurera, entre le pouvoir et nos frères qui hésitent à déposer les armes, afin de permettre la réalisation de ce genre d’activité. En outre, et de façon subsidiaire, créer aussi une atmosphère de paix et de tranquillité propice à cette activité dans tout le pays par la neutralisation à tout prix des « zaraguinas » et des braconniers. Sur le plan administratif, il est important que l’État encourage les particuliers à s’investir dans ce secteur en facilitant les procédures d’autorisation dans le cadre du tourisme. Enfin, et en concertation avec les autres États, envisager la création d’un visa touristique de la CEMAC pour rendre plus larges les offres touristiques.

 

Voilà succinctement exposés à la fois mes lubies et mes regrets, ainsi que ce que je pense profondément de notre pays, de nos gouvernants, de nous-mêmes, pour que nous puissions nous sortir de l’opprobre dans laquelle nous nous trouvons si longtemps plongés, comme si nous nous complaisions dans cette situation. Personne ne viendra secouer le joug de l’esclave à sa place. Par conséquent, personne ne viendra nous octroyer gracieusement notre indépendance, notre souveraineté, notre unité, si nous-mêmes ne sommes pas engagés à le faire. Et pourtant, le faire c’est simplement nous rendre doublement fiers : vis-à-vis de nous-mêmes et vis-à-vis de notre pays. 

 

Fait à Saint-Louis, le 11 décembre 2014

 

Pr. Bégong-Bodoli BETINA

Ecrivain/Maître de Conférences

Université Gaston BERGER

Saint-Louis, SÉNÉGAL

Tel : 00 221 77 643 66 79

Email : begongbetina@gmail.com

 

 


[1] La déportation du président BOGANDA, déportation qui a été révélée au professeur Barthélemy YANGONGO-BOGANDA à Brazzaville en mars 1987 par un homme d’Etat congolais, puis au général André KOLINGBA par le roi HASSAN II du Maroc en 1987.

[2] Qui est né avant terme. Qui est insuffisamment développé, chétif. Homme petit et mal fait.

Contribution d'un compatriote au Forum de Bangui

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