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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 23:48

 

 


Le Bureau de la COORDINATION GENERALE DES CENTRAFRICAINS DE FRANCE invite les responsables d'associations et tout Centrafricain préoccupé par la situation désastreuse du pays, à une importante réunion le samedi 31 janvier 2015 de 10 h à 15 h 00 à l’adresse suivante :
Bâtiment de la Bourse du Travail - Salle des Commissions (5è étage) 3, rue du Château d'Eau - Métro République.


L’ordre du Jour porte sur les points suivants :


Point N°1 : Examen des conditions de réussite du Dialogue inter centrafricain de BANGUI par rapport aux attentes de la nation centrafricaine.


Point N°2 : Examen et concertation sur diverses propositions destinées au prochain Dialogue Inter-centrafricain de Bangui.


Point N° 3: Divers.


Tous les compatriotes épris d’unité, de paix et soucieux de la recherche de solutions de sortie de crise à travers le prochain dialogue inter centrafricain seront les bienvenus.


Fait à Paris le 21 Janvier 2015


Pour la Coordination Générale des Centrafricains de France,


Le Président,


Emmanuel Olivier GABIRAULT

COMMUNIQUE DE PRESSE 05/COGECF/15

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 23:46

 

 

 

DIASPORA CENTRAFRICAINE

 

 

 

 

COMMUNIQUE

 

 

Dans le cadre des consultations populaires, prélude au Forum de Réconciliation Nationale et du dialogue politique qui se tiendra à Bangui, la diaspora Centrafricaine organisera une importante réunion le samedi 31 janvier à partir de 10 heures précises, dans la salle des réunions de l’Ambassade de la République Centrafricaine de France, située au 30, rue des perchamps 75016 Paris.

 

Vu l’importance des points qui seront débattus, la présence de tous est vivement souhaitée.

                                                                    

    Fait à Paris, le 22 janvier 2015

 

 

        Pour la Diaspora

 

 

          Thierry BONGOLO

 

Ampliations :

 

  • Ministère centrafricain des Affaires et des Centrafricains de l’étranger ;
  • Ambassade de la République Centrafricaine en France ; 
  • Représentation de la Diaspora à la commission préparatoire du Forum de réconciliation nationale et du dialogue politique. /.

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 23:39

 

 

 

 

Bangui, le 23 janvier 2015

 

Propos liminaires de Madame le Chef de l’Etat de la Transition


Mesdames, Messieurs de la presse nationale et internationale, Distinguées Personnalités,

 

Mesdames et Messieurs,

 

Mon agenda n’a pas permis d’organiser la traditionnelle présentation des vœux du Nouvel An 2015, aux Institutions de la République, aux Corps Constitués de l'Etat, au Corps Diplomatique et Consulaire, aux Forces Vives de la Nation et à la Presse comme je l’avais souhaité; je veux profiter de cet instant pour m’acquitter de cet agréable devoir. A vous tous ainsi qu’à vos familles respectives, je souhaite une année 2015 faite de pardon, d'amour et de paix.

 

Mesdames et Messieurs de la Presse,

 

 Ayant moi-même fait mes premières armes dans la communication, j’ai toujours considéré le 4e pouvoir que vous représentez comme l’épine dorsale de mon action. C'est pourquoi, c’est un devoir pour moi d’entretenir de bonnes relations avec les médias.

 

Je souhaite donc placer 2015 sous le signe d’une synergie avec la presse et favoriser, autant que je le pourrai, la liberté de la presse en Centrafrique, en relation étroite avec le droit du peuple à être informé et votre devoir d'informer dans les règles de déontologie et d'éthique professionnelle.

 

Cela étant, je vous remercie d’avoir accepté notre invitation de prendre part à cette conférence de presse dédiée au bilan d’un an de gestion de la Transition sous mon mandat. Comme vous le constatez, la Transition n’étant pas que l’affaire de la Présidente que je suis, j’ai associé à cet exercice l’ensemble des hauts responsables des Institutions de la Transition afin que vous ayez directement auprès de ceux-ci les réponses aux préoccupations qui concernent les Institutions dont ils ont la charge.


Pour ma part, j’aimerai introduire cette conférence par un aperçu global de tout ce qui a été fait en une année dans des conditions souvent très difficiles. Je vais ensuite esquisser les prochaines étapes devant conduire aux élections pour un retour à l’ordre constitutionnel et arriver ainsi de manière apaisée à la fin de la Transition.

 

Mais auparavant, je dois m'acquitter d'un devoir de mémoire. Celui de rappeler à mes compatriotes d'où nous revenons. Celui de faire prendre clairement conscience par chaque centrafricain de la situation de la République centrafricaine au moment de mon accession à la magistrature suprême et des efforts qui ont pu être faits en quelques mois. Car, pour apprécier le présent et construire solidement l'avenir, il faut tirer les leçons du passé.

 

Pour mesurer la situation de la République Centrafricaine en janvier 2014, il suffit de se référer aux analyses et qualificatifs sur notre pays par les analystes politiques et les Organisations Internationales des Droits de l'Homme. Ainsi, dans son Rapport Afrique de décembre 2007 International Crisis Group qualifiait la RCA d'Etat fantôme; pour International Crisis Group la République centrafricaine n’était déjà plus un Etat fragile, mais était devenue, au fil des ans, un Etat fantôme, voire un Etat fictif, car depuis longtemps, les éléments constitutifs d’un Etat ne sont plus réunis.

 

Le rapport Doing Business 2013 de la Banque Mondiale classait la RCA au 188ème rang sur 189 pays pour le climat des affaires. L’indice 2013 Mo Ibrahim qui mesure l’état de la gouvernance dans 52 pays africains, publié le 14 octobre 2013, classait le Centrafrique au 49ème rang (32,7) devant l’Erythrée, la RDC et la Somalie.

 

Didier Niewiadowski, ancien Conseiller de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France à Bangui, dans son ouvrage intitulé "La République centrafricaine: le naufrage d’un Etat, l’agonie d’une Nation" écrivait que la longue descente aux enfers de notre pays avait commencé bien avant le 24 mars 2013: pour lui, l’Etat centrafricain ne jouait plus le rôle qui aurait dû être le sien, notamment dans les domaines de la protection des citoyens, du développement économique et social, de la consolidation de l’Etat de droit et de la cohésion nationale.

 

Il ressortait de l'ensemble de ces analyses que bien avant 2013, l’insécurité gagnait déjà tout le territoire national et faisait croître le nombre de réfugiés dans les pays voisins. Un exode ininterrompu de centaines de milliers de Centrafricains était déjà constaté par les organisations humanitaires, dans les zones frontalières, notamment en RDC et au Cameroun.

 

Divers documents indiquaient clairement que bien avant la chute du Président Bozizé, près de 60 % du territoire national échappait totalement au contrôle de l’Etat centrafricain. Les autorités de l’Etat avaient disparu, les Forces Armées (FACA) et les policiers n’assuraient plus la sécurisation des populations, les services déconcentrés ministériels étaient livrés à eux-mêmes, les services de santé étaient sans moyens tandis que les maîtres-parents étaient souvent les seuls enseignants. Après l’arrivée de la Séléka le 24 mars 2013 et l'avènement des Anti Balakas le 5 décembre 2013, c’est tout le territoire qui est tombé dans l’anarchie. L’Etat-Nation avait simplement disparu. Et bien avant cette anarchie, la population était déjà dans une situation de grande détresse. Voilà, Mesdames et Messieurs, la situation de la RCA dont j'ai hérité en janvier 2014. Face à cette situation chaotique, les autorités de la Transition ont décidé de faire courageusement face aux nombreux défis sécuritaires, humanitaires, institutionnels et socio- économiques afin de répondre aux nombreuses attentes des populations. Si je devais résumer le bilan de nos actions au cours de l’année 2014, je n’aurai qu’une phrase : après les deux tsunamis qui ont frappé notre pays le 24 mars et le 05 décembre 2014, la RCA se relève lentement mais sûrement, grâce aux efforts conjugués de nombreux centrafricains de tous bords, malgré les divers soubresauts et obstacles dressés devant nous.

 

Pour preuves : - La sécurité gagne fortement du terrain avec l’appui des forces internationales qui montent en puissance et qui accomplissent leur mission avec beaucoup de professionnalisme, en dépit de nombreux actes de sabotage et de déstabilisations de ceux qui ont pourtant participé au désastre actuel de notre pays; - L’exemple de la cohésion sociale existe désormais au sommet de la Transition, tout comme la dynamique de cohésion à la base impulsée par les Organisations Non Gouvernementales et les populations elles mêmes; - Un gouvernement inclusif et composé de toutes les sensibilités politiques, confessionnelles et sociales dirige les affaires du pays; - L’autorité de l’Etat est progressivement restaurée avec le déploiement de l’administration dans l’arrière pays.

 

Celle-ci est davantage affirmée à travers la réhabilitation des services judiciaires à Bangui et dans certaines villes de l’arrière pays pour une lutte implacable contre l’impunité et la protection effective des citoyens contre les actes de violence; - Les sites de déplacés internes se vident progressivement et des réfugiés des pays voisins regagnent leur foyer bercail; - Le climat social connaît une relative sérénité avec le paiement quasi régulier des salaires, pensions, bourses et vacations: en 2014, 12 mois de salaires et de bourses ont été payés ainsi que 5 trimestres de pension, alors que par le passé, les fonctionnaires ont accumulé jusqu'à 36 mois d'arriérés de salaires; - Les plaidoyers faits au cours des différentes missions effectuées à l’étranger ont permis une mobilisation effective de la Communauté Internationale au chevet de la République Centrafricaine avec les effets palpables des appuis multiformes dont bénéfice le pays de la part des partenaires extérieurs.

 

L’appui budgétaire reçu du FMI, de la Banque Mondiale et de l’Union Européenne avoisine les 80 milliards de FCFA; - L’arrestation et le transfert de Baba Ladé au Tchad et de Dominique ONGWEN à la CPI ainsi que celui de Rodrigue GAÏBONA Alias Andilo, ont donné des signaux forts de la volonté des Autorités de la Transition de lutter contre l’impunité dans le cadre des accords et traités dûment ratifiés par notre pays; - La relance des activités économiques dans les zones sous contrôle de l’Etat et la mise en place de procédures d’assainissement des finances publiques ont permis de mobiliser des ressources propres et de jeter les bases d’une amélioration effective des capacités propres de résolution de nos problèmes financiers.

 

L’élaboration et la mise en œuvre d’un Programme d’Urgence et de Relèvement Durable du pays constituent le cadre de référence des efforts du gouvernement dans ce sens; - L’appui effectif à l’Autorité Nationale des Elections d’un montant d’un milliard de FCFA pour le lancement des opérations électorales conformément à son chronogramme; - La révision en cours de la Constitution par le Conseil National de la Transition et la préparation du référendum constitutionnel; La liste des réalisations de l’actuelle Transition est sans doute longue et je m’en tiendrai aux plus saillantes énumérées ci-dessus. Je préciserai toutefois que toutes les actions prévues dans la feuille de route du gouvernement ont été la grille à partir de laquelle nous avons travaillé. J’ajouterai sans démagogie que des acquis de cette première étape de mon mandat existent réellement et je profite de cette occasion pour remercier toutes les personnalités et entités comme le GIC RCA, le Médiateur International dans la crise centrafricaine et la Conférence Episcopale de l’église catholique qui ont reconnu en toute objectivité les avancées de cette première année.

 

C’est sur la base de ces acquis que nous envisageons la seconde étape qui a déjà commencé et dont les actions phares ont déjà aussi été rendues publiques.

 

Je rappellerai simplement que les priorités de nos actions pour les mois à venir sont les suivantes : - Les consultations à la base portées par ma vision de la sortie de crise et fortement réclamées par les Forces Vives de la Nation. Au moment où je m’adresse à vous, les équipes constituées sont déjà à pied d’œuvre sur le terrain après l’encadrement dont elles ont bénéficié de la Communauté Internationale et notamment de la MINUSCA qui nous accompagne dans ce processus; - Le forum national de Bangui, passage obligé pour réunir le peuple centrafricain autour d'une vision commune de la renaissance de notre pays. La commission de préparation de ce forum a été mise en place par décret et est déjà à pied d’œuvre. Les résultats des consultations à la base seront la source nourricière de ses travaux; - L’adoption de la nouvelle constitution par référendum; - La préparation et l’organisation effective des élections dans la période fixée par la prolongation de la Transition, en souhaitant que l’ANE dispose des moyens requis pour tenir ce délai.

 

Tenir les échéances électorales est pour nous un pari audacieux, alors que l’Etat a disparu, que les collectivités territoriales ont été anéanties, que les actes de l’état civil ont été détruits, que les listes électorales doivent être entièrement reconstituées, qu'il y a encore un nombre importants de déplacés et de réfugiés. Mais nous devons absolument tenir ce pari. Tout en ayant conscience que nous ne devons pas organiser une mascarade électorale dont notre pays n’a pas besoin et qui risque de le replonger dans le chaos ; - Evidemment notre responsabilité de tous les jours jusqu’à la fin de notre mandat nous portera à accorder une attention permanente aux fronts sécuritaire et social où nous savons que les Centrafricains nous attendent; - La mise en œuvre des processus DDR et RSS qui ont par le passé fait preuve de leur inefficacité et qui doivent être totalement repensés. Mesdames, Messieurs de la presse nationale et internationale

 

Distinguées Personnalités, Mesdames et Messieurs,

 

La restauration d’une paix durable et la reconstruction d’un Etat exigent du temps et une union nationale. Nous devons tous avoir conscience que la période de pacification sera longue et nécessitera des sacrifices et la contribution de chaque centrafricain.


Le décor étant planté, je vous donne maintenant la possibilité de poser toutes les questions sur tous les volets de ce qui a été fait et qui reste à faire.


Toute la tête de la Transition sera à votre disposition pour répondre à ces questions et je souhaite que cette occasion d’échanges soit la plus courtoise possible.
 

Je vous remercie.

 

Conférence de Presse à l’occasion de la célébration de l’An 1 de la Transition de Catherine SAMBA-PANZA

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 23:09

 

 

 

Bangui, 24 janvier 2015 (RJDH)— L’avenue Koudoukou, situé dans le 3e arrondissement au KM5 tente de reprendre les activités après les sensibilisations menée, il ya deux semaines. Malgré les cas de vol des taxis-motos, les conducteurs des motos et des véhicules personnels sont déterminés à franchir cette avenue longtemps perturbés à cause des violences.

 

Il est 9heure, nous sommes au marché du Km5, sur l’avenue Koudoukou. Du rond point Koudoukou à la Mosquée centrale, en passant par le croisement du 5e arrondissement, la circulation est un peu intense. Des véhicules et motos personnelles, des taxis motos et taxis circulent à vitesse ralentie sur cet axe.

 

Le marché est mouvementé, les piétons se flottent à la recherche des marchandises. Certains viennent à bord du taxi, d’autres sur des taxis-motos. Au rond point du 5e arrondissement là où sont stationnés des motos-taxis, chacun observe à sa manière la reprise des activités.

 

Yves, un jeune conducteur de moto-taxi parle d’une reprise mais perturbée par le dernier cas de vol de moto au quartier Benz-vi. « Les personnes méchantes ont volé une moto d’un habitant du Km5(…). En représailles, six moto-taxi ont été confisquées par les habitants du KM5. C’est ce qui nous a poussé à rester au croisement de 5ème arrondissement, mais de temps en temps, nous franchissons et les conducteurs de KM5 aussi viennent parfois dans notre secteur ».

 

Malgré ces incidents qui freinent la reprise intense sur cette voie, les conducteurs sont déterminés à œuvrer pour la libre circulation. Un homme âgé de 69 ans est conducteur de taxi-moto. Il donne les raisons qui l’ont poussé à conduire la moto-taxi avant de témoigner la circulation sur cette avenue. « Je suis retraité, j’ai 69 ans. J’ai évité la mendicité et comme les pensions ne sont pas payées régulièrement. Mais pour la circulation, je vais jusqu’au KM5. Même hier pendant la marche des musulmans, j’ai transporté plusieurs marcheurs », a-t-il expliqué.

 

« Je viens acheter mes marchandises. Je suis venue du quartier Combattant dans le 8ème arrondissement à bord d’un taxi. Les gens ne doivent pas avoir peur. C’est la peur qui crée la méfiance et la suspicion », a relevé une commerçante.

 

Depuis le 7 janvier, une cérémonie officielle avait eu lieu pour lancer les activités sur cette avenue. Plusieurs personnes empruntent cet axe longtemps considéré comme le ''couloir de la mort''./

 

Fridolin Ngoulou

Bangui : La circulation tente de reprendre sur l'avenue Koudougou malgré les vols des motos

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 22:56

 

 

 

FIDH – Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme

 

Communiqué de presse

 

24ème Sommet de l'Union africaine :

 

 

Paris, Abidjan, Tunis, 23 janvier 2015 – La FIDH appelle l'Union africaine (UA) à démontrer, à l'occasion de son 24ème Sommet ordinaire, son engagement à faire face aux enjeux du terrorisme et de l'insécurité en Afrique, au travers d'une coordination de l'action de ses États membres fondée sur le respect des droits humains, et d'un soutien aux mécanismes de justice pouvant contribuer à maintenir ou à rétablir la paix.

 

Pour Karim Lahidji, Président de la FIDH, «aucune région du continent africain n'est désormais épargnée par l'impact des nouvelles formes de conflictualités et par l'aggravation des menaces transnationales. Face à ces défis sécuritaires multiformes, l'Union africaine devrait s'engager en faisant des droits humains et de la justice le socle de sa légitimité à combattre le terrorisme et l'insécurité ».

 

L'UA doit pour cela développer non seulement une stratégie continentale de lutte contre le terrorisme qui respecte les droits humains, mais également une stratégie cohérente de lutte contre l'impunité des auteurs de crimes internationaux. Dans sa lutte contre le terrorisme, l'UA doit par exemple envisager le déploiement d'observateurs des droits humains dans les situations de crise comme au Nigeria ou au Cameroun. Elle doit par ailleurs prévenir toute instrumentalisation de cette lutte contre le terrorisme qui vise à sanctionner l'exercice légitime de libertés, comme constaté dans plusieurs pays dont l'Égypte. L'UA doit également soutenir les procédures judiciaires engagées au niveau national dans des pays encore fragiles comme le Mali, où des informations judiciaires ont été ouvertes concernant les crimes commis dans le nord en janvier 2012 et ceux commis par la junte militaire en 2013. Pour de nombreux acteurs maliens, l'aboutissement de telles procédures constituera une garantie de non-répétition des atrocités commises dans ce pays.

 

Au Soudan du Sud et en République centrafricaine (RCA), l'action de l'UA doit être renforcée. Elle doit être à la mesure de l'ampleur et de la gravité des crimes commis par les belligérants. Dans ces deux pays, l'UA doit soutenir la mise en place de cours pénales hybrides, composées d'enquêteurs et de juges nationaux et internationaux spécialisés dans l'enquête et la poursuite des auteurs des crimes les plus graves.

 

Pour Me. Patrick Baudouin, président d'honneur de la FIDH et responsable du Groupe d'action judiciaire, « la création de cours hybrides semble essentielle au Soudan du Sud et en Centrafrique où les civils ont été victimes de crimes de masse, où aucune procédure judiciaire nationale effective n'a été engagée, où les structures étatiques manquent cruellement de capacités et où les populations ne font plus confiance à des institutions dont elles craignent qu'elles ne soient devenues trop partisanes. La création de telles juridictions peut permettre le retour de la justice dans ces pays où la corrélation entre impunité et récurrence des conflits ne peut être plus évidente ».

 

Pour ce faire, au Soudan du Sud, l'UA doit publier sans délai les conclusions de la Commission d'enquête mise en place en mars 2014 tout en s'assurant qu'elles contiennent des recommandations appelant à la création d'une cour pénale hybride. En RCA, où les autorités et les Nations unies ont signé, le 8 août 2014, un protocole d'accord portant création d'une cour pénale spéciale (CPS) composée de juges centrafricains et internationaux, l'UA doit appeler le Conseil National de Transition (CNT) à adopter au plus vite un projet de loi portant création de cette cour et mettre à sa disposition des enquêteurs et des magistrats spécialisés.

 

Pour la FIDH, les procédures judiciaires nationales ou la mise en place de cours hybrides ne doivent pas se substituer à l'action de la Cour pénale internationale (CPI) qui dispose des capacités et de l'expertise permettant de poursuivre et juger les plus hauts responsables de crimes internationaux. Pour Me. Drissa Traoré, vice-président de la FIDH, «les efforts entrepris par l'Union africaine pour enrayer les cycles de violence doivent aussi s'inscrire dans une coopération accrue avec la CPI. Des enquêtes ont été ouvertes récemment par la Procureure de la CPI sur les crimes commis au Mali et en RCA, à la demande de ces États qui doivent être soutenus dans leur lutte contre l'impunité. L'effet dissuasif de la CPI peut par ailleurs s'avérer indispensable dans des situations d'extrême urgence où la justice est dans une incapacité quasi-totale d’œuvrer ou pour répondre à la menace que représente des groupes terroristes tels que Boko Haram, Aqmi ou les Shebabs somaliens ».

 

 « L'UA doit garantir une paix et une sécurité en Afrique fondées sur les droits humains et la justice » : FIDH

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 22:45

 

 

 

23/01/15 (AFP)

 

La présidente de la transition centrafricaine Catherine Samba Panza a condamné vendredi "avec la dernière rigueur" les prises d’otages récentes à Bangui, notamment celle d'une humanitaire française de 67 ans, en représailles à l’arrestation d’un chef milicien chrétien anti-balaka.

 

"Nous condamnons avec la dernière rigueur ces actes de kidnapping visant à obtenir la libération des personnages visés par la justice" a affirmé la présidente lors d'une conférence de presse à l'occasion du premier anniversaire de son accession à la présidence.

 

"On ne peut imaginer que des individus puissent kidnapper pour obtenir en monnaie d'échange la libération d'un personnage soupçonné d'un nombre de forfaits", a-t-elle poursuivi.

 

La Française Claudia Priest et un autre humanitaire centrafricain ont été enlevés lundi par des anti-balaka qui protestent contre l'arrestation de Rodrigue Ngaïbona, dit "général Andjilo", soupçonné d'être un des meneurs des massacres de musulmans de décembre 2013 dans la capitale centrafricaine. Les négociations menées par l'archevêché de Bangui et suivies par la France se poursuivaient vendredi.

 

"Nous sommes à l’écoute, nous sommes en négociations pour qu’une issue favorable soit trouvée à cette situation (...) Ce n’est pas normal que pour un seul individu poursuivi par la justice, tout une population soit prise en otage", a ajouté la présidente.

 

"Quand nous sommes arrivés à la tête de l'Etat, nous avons affirmé notre volonté de lutter contre l'impunité (...) de réunir tous les Centrafricains, de discuter avec toutes les forces vives de la nation, toutes les composantes de la classe politique, des groupes armés", a-t-elle commenté.

 

"Pendant un an j'ai tendu les bras. Je commence à dire à ceux qui m'écoutent que les bras commencent à se baisser, parce que les bras se fatiguent à force d'être en l'air et que personne ne les saisit réellement", a-t-elle conclu.

 

Une employée expatriée de l'ONU enlevée mardi a été libérée après avoir été retenue quelques heures par des miliciens anti-balaka.

 

Plusieurs autres enlèvements et tentatives d'enlèvement ont eu lieu depuis l'arrestation de général Andjilo.

 

"Mon frère Steve a été enlevé lundi près de l’hôpital de l'Amitié (nord de Bangui) alors qu'il circulait à pied. Nous sommes sans nouvelles de lui depuis", a expliqué Pacôme Pabandji, journaliste centrafricain désormais basé au Cameroun.

 

Selon le communiqué de sa famille, l'étudiant de 26 ans a été enlevé par "5 hommes dont 3 portant des armes automatiques (qui) ont forcé notre frère à les suivre, le forçant par des coups de crosse de leurs armes. Ses ravisseurs sont décrits comme faisant partie des anti-balaka".

Centrafrique: la présidente condamne les enlèvements

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 22:38

 

 

NEW YORK (Nations Unies), 23/01/15 (Xinhua) -- Le Conseil de sécurité de l'ONU a reconduit jeudi l'embargo sur les ventes d'armes à la République centrafricaine ainsi que l'obligation pour les Etats membres de respecter le gel des ressources économiques et l'interdiction de voyager imposés à certains groupes et individus dans le pays.

 

A l'occasion d'une réunion sur la situation en République centrafricaine, le Conseil de sécurité a adopté à l'unanimité de ses 15 membres une résolution reconduisant jusqu'au 29 janvier 2016 l'injonction faite aux Etats d'"empêcher la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la République centrafricaine" d'armements ou de matériels connexes.

 

Ces mesures, précise la résolution, ne s'appliquent pas "aux fournitures destinées exclusivement à l'appui de la MINUSCA, de la Force régionale d'intervention (FRI) de l'Union africaine et des missions de l'Union européenne et des forces françaises déployées en République centrafricaine", ni aux "livraisons de matériel militaire non létal destiné exclusivement à un usage humanitaire".

 

La reconduite de l'embargo sur les armes s'assortit d'une obligation pour les États membres d'"interdire l'entrée ou le passage en transit sur leur territoire de personnes désignées par le Comité" nommé à cette fin par le Conseil et de "geler immédiatement les fonds et autres avoirs financiers et ressources économiques se trouvant sur leur territoire qui sont en la possession ou sous le contrôle direct ou indirect des personnes ou entités désignées par le Comité".

 

Se déclarant préoccupé "par les informations selon lesquelles des réseaux de trafiquants continuent de financer et d'approvisionner les groupes armés" dans le pays, la résolution encourage le Groupe d'experts sur la République centrafricaine, dont elle proroge le mandat jusqu'au 29 janvier 2016, "à porter une attention particulière à l'analyse de ces réseaux".

 

En conclusion, la résolution du Conseil demande instamment "à toutes les parties et à tous les Etats membres, ainsi qu'aux organisations internationales, régionales et sous régionales de coopérer avec le Groupe d'experts et d'assurer la sécurité de ses membres".

 

 

Le processus du réarmement des FACA pose toujours problème, selon Catherine Samba-Panza

 

Bangui, 24 Janvier 2015(RJDH)--- La présidente de la transition Catherine Samba Panza a exprimé sa volonté pour la refondation des Forces Armées Centrafricaines (FACA). Toutefois, selon elle, beaucoup reste à faire, car il ya des manquements au sein des éléments de l'armée nationale. Elle l'a dit lors de la conférence de presse tenue le 23 janvier à l'occasion de son 1er anniversaire de la transition.

 

Avant de répondre à la question du RJDH sur le réarment et la question de l'embargo, Catherine Samba Panza a d'abord rappelé l'état dans lequel, elle a trouvé les FACA. « Quant je suis arrivée au pouvoir, il  n'y avait pas de casernes militaires. Les FACA n'existaient  pratiquement pas.  Le commandement des forces armées était totalement en déliquescence, le bureau de l’Etat Major était totalement pillé», a-t-elle rappelé.

 

« Le 5 février dernier, j’ai réuni environ 5.500 éléments des FACA à l’Ecole Nationale d’ l’Administration et de la Magistrature. Pour moi,  il était inconcevable d’avoir un Etat sans armée. Mais après mon départ, un des ces hommes a été tué devant la communauté internationale qui m’a tout de suite dit, qu’il faudrait se conformer aux résolutions 2121, 2127, 2134 des Nations-Unies.  Donc les FACA, doivent être  restructurées, il faut les rendre à la norme professionnelle, il faut les former», a déclaré Catherine Samba-Panza.

 

En énumérant les manquements relevés au sein des FACA, la présidente de la transition a aussi ajouté que 60% de ces hommes, appartenait a une même ethnie. Beaucoup n’ont pas reçu de formation, beaucoup ne sont pas instruits  et beaucoup n’ont la capacité physique. « Le pays est bourré d’arme alors on a laissé le pays sous embargo. On doit désarmer en priorité et accepter de se réarmer. L’embargo a été mis pour limiter la circulation d’armes dans le pays », a noté la présidente de transition.

 

 « Sur trois hors la loi arrêtés,  il y a un FACA, sur cinq hors la loi qui braquent, il y a deux FACA, sur trois criminels, il y a un FACA et cela  pose problème. La moitié de ceux qui sont à Ngaragba, sont des FACA. Les conditions d’insécurité dans lesquelles nous évoluons, dépassent les capacités des policiers et des gendarmes », a poursuivi Catherine Samba Panza.

 

Selon la présidente de la transition, la question de  refondation de l’armée centrafricaine reste une préoccupation majeure. Même si le gouvernement affirme sa détermination pour le réarmement de FACA, la communauté internationale, ne semble pas être prête à appuyer cette activité. Le conseil de sécurité de l'ONU vient de voter le prolongement de l'embargo  des armes jusqu' au 29 janvier 2016./

 

Line Péguy Gondje Demba

Centrafrique : le Conseil de sécurité reconduit l'embargo sur les armes jusqu'en 2016

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 22:31

 

 

 

http://www.lavoixdelamerique.com   23.01.2015 18:29

 

Le Président de la République se réjouit de la libération de Claudia Priest, qui était retenue à Bangui depuis le 19 janvier, indique un communiqué que la VOA a reçu samedi.

 

La France : salue la libération de Claudia Priest enlevée à Bangui

 

Le Président de la République se réjouit de la libération de Claudia Priest, qui était retenue à Bangui depuis le 19 janvier, indique un communiqué que la VOA a reçu samedi.

 

La présidence française salue l’engagement des autorités centrafricaines et de toutes les bonnes volontés qui ont permis que notre compatriote retrouve la liberté.

 

Elle renouvelle son soutien à la Présidente de transition, Mme Samba-Panza, et à son gouvernement dans leurs efforts pour consolider la sécurité et poursuivre la réconciliation en RCA.

 

A Bangui, la RCA a célébré vendredi le premier anniversaire de l’accession de Catherine Samba Panza à la tête de la transition.

 

La présidente centrafricaine a relevé plusieurs avancées significatives au cours de sa conférence de presse pour la circonstance.

 

Elle a dénoncé la prise d’otage de deux humanitaires dont une française par des anti-balaka.

 

Très à l’aise devant la presse  nationale et internationale, la présidente centrafricaine de la transition a dressé un bilan positif de ses douze premiers aux affaires de l’Etat.

 

Citant, entre autre exemples, un modèle de cohésion sociale au sommet de la transition, un gouvernement inclusif composé de toutes les sensibilités, la restauration progressive de l’autorité de l’Etat, le paiement presque-régulier des salaires des fonctionnaires, pensions, bourses et vacations, l’arrestation du Tchadien Baba Laddé, de Domic Ongewn  de la LRA et du chef de milice Rodrigue Ngaïbona, alias Général Andilo, la cheffe de l’Etat a condamné avec la dernière rigueur la prise d’otage de deux humanitaires à Bangui par des proches d’Andilo.

 

Au sujet de la rencontre de Nairobi, Mme Samba Panza n’est passée par quatre chemins pour fustiger cette initiative qui selon elle, n’engage que ceux qui y étaient.

 

La 2nde étape de la transition, a indiqué Mme Samba Panza, est basée sur des priorités : les consultations à la base déjà lancées, le forum National de Bangui, l’adoption de la nouvelle constitution par referendum et l’organisation des échéances électorales. 

 

La France : salue la libération de Claudia Priest enlevée à Bangui

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Centrafrique-Presse.com
24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 22:21

 

 

 

http://www.20minutes.fr  24.01.2015 à 14:30

 

Otage libérée en Centrafrique: «Ils me disaient: "on va te tuer, on va t'égorger, on va te tuer"»

 

Claudia Priest, l’humanitaire Française enlevée lundi 19 janvier à Bangui, capitale de la Centrafrique, a été libérée le 23 janvier 2015. Avec l’un de ses collègues centrafricains libéré en même temps qu’elle, la sexagénaire a passé cinq jours aux mains des anti-balakas, des milices chrétiennes qui s'opposent aux selekas musulmans. Encore sous le choc, elle est revenue sur sa capture et ses conditions de détention.

 

«Je suis tombée, on m'a traînée au sol…»

 

Choquée par la violence de ses ravisseurs, Claudia Priest a décrit la brutalité de sa capture. «Ils étaient vraiment très menaçants, ils avaient les armes, ils avaient les poignards, ils avaient les machettes, et ils me disaient: "on va te tuer, on va t'égorger, on va te tuer"», a-t-elle déclaré à l'AFP. Peu ou prou les même propos que plus tôt dans la journée. «On m'a frappée à la tête, on me serrait tellement les bras que j'en ai des bleus. Je suis tombée, on m'a traînée au sol…», a-t-elle confié à France 2 par téléphone.

 

Quant à ses ravisseurs, «ils se sont montrés menaçants et déterminés avec toutes leurs armes». «Ils criaient beaucoup et m'ont frappée», a-t-elle expliqué à BFMTV. Elle compte encore «quelques contusions et notamment des plaies aux pieds», «mais ce n'est rien», a-t-elle ajouté.

 

Après cette capture violente, Claudia Priest a expliqué à BFMTV avoir «beaucoup parlé» avec ses geôliers. «Ils se sont rendus compte que ce que l'on faisait depuis dix ans en Centrafrique, c'était du bénévolat», pour le compte de l'ONG catholique CODIS qui opère notamment des enfants handicapés.

 

Dans un second temps, ce sont des hommes sans armes qui ont surveillé Claudia Priest et son collègue, sans que cela n'empêche «des hauts et des bas» selon elle. «Je voyais les jours passer, et même si on m'assurait que la libération était proche, passé midi on se disait que c'était fichu. La nuit paraissait toujours dangereuse car les hommes en armes pouvaient revenir.»

 

Des conditions de détention éprouvantes

 

Les deux otages étaient détenus en pleine brousse. «On était au milieu de nulle part sans pouvoir communiquer. Il n'y avait pas de réseau, ni rien. Et je me disais que s'il arrivait quelque chose, très loin de tout, de tout hôpital, là ça va être très difficile...», se souvient-elle avec angoisse.

 

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a critiqué les conditions de détention des otages. Après s’être réjoui de leur libération vendredi 23 janvier, il a condamné leurs ravisseurs, précisant que les captifs n’avaient jamais reçu les couvertures envoyées par Paris. «Ils ont eu très froid», a-t-il déploré.

 

«Je suis bien, je me sens bien, je me sens légère !»

 

Claudia Priest devrait regagner Paris dimanche 25 janvier dans l’après-midi. Elle dit savourer sa liberté retrouvée et regagner un semblant de sérénité.

 

«Je suis bien, je me sens bien, je me sens légère !», a-t-elle confié à France 2, décrivant des retrouvailles très émouvantes avec ses proches, et notamment son mari. «Il y avait aussi ma fille, mes petits-enfants, et j'étais vraiment très très émue, surtout pour mes petits-enfants qui se faisaient déjà du souci avant mon départ.»

 

 

Elle se souvient des "machettes": Claudia Priest, l'humanitaire ...

 

Centrafrique: l'ex-otage française avait été menacée de mort

 

http://www.20minutes.fr   24.01.2015 à 21:50

 

Elle se souvient des «machettes»: Claudia Priest, l'humanitaire française retenue cette semaine en otage en Centrafrique, raconte à l'AFP avoir été menacée de mort par ses ravisseurs, des miliciens qui ne lui font toutefois pas oublier une population qu'elle «aime».

 

Enlevée lundi à Bangui en même temps qu'un employé centrafricain de la même ONG, lui aussi libéré, elle a retrouvé la liberté vendredi. Elle doit être rapatriée dimanche en France.

 

La Française, arrivée en Centrafrique le 6 janvier pour une mission de deux semaines pour le compte de l'ONG médicale catholique CODIS (Coordination diocésaine de la santé), avait été emmenée dans le quartier Boy-Rabe, fief des miliciens chrétiens anti-balaka dans la capitale, puis à une quinzaine de km dans la brousse à l'arrière de ce quartier.

 

Q: Comment vous sentez-vous? On imagine que c'est un soulagement.

 

R: Un très gros soulagement. Je n'y croyais pas du tout. C'est simplement quand j'ai vu Monseigneur Nzapalainga (l'archevêque de Bangui), (...) je l'ai pris dans mes bras, il m'a pris dans ses bras, là j'ai dit: +c'est bon+.

 

Q: Comment l'enlèvement a-t-il eu lieu?

 

R: Nous roulions tranquillement (...) Tout d'un coup il a surgi devant nous des gens avec des mitraillettes, des bonnets avec des insignes comme ça un peu bizarres, qui nous ont demandé de nous arrêter. On était vraiment mis en joue.

 

Q: Comment étaient les ravisseurs?

 

R: Ils étaient vraiment très menaçants, ils avaient les armes, ils avaient les poignards, ils avaient les machettes, et ils me disaient +on va te tuer, on va t'égorger, on va te tuer+.

 

Ils m'ont frappée, ils m'ont traînée parce que je suis tombée forcément, ils m'ont traînée, emmenée jusqu'à une carrière un peu loin là sur la colline. Ensuite nous avons marché, sur au moins 15 km, nous avons marché des heures et des heures, ils m'ont mis quelque chose pour qu'on ne reconnaisse pas que j'étais française.

 

Q: Comment avez-vous vécu les journées de captivité?

 

R: J'espérais tous les jours, chaque soir on voyait le soleil se coucher, on se disait +peut-être demain, peut-être demain+. Et dès que je voyais midi, une heure passer, je me disais +non, la journée est terminée, c'est fini, on est reparti pour une journée supplémentaire+.

 

Si bien qu'hier j'avais décidé, au bout de cinq jours de captivité, je leur ai dit: +Ecoutez, moi ça suffit, je ne veux plus vous entendre, je reste sur ma paillasse avec juste de l'eau, je ne m'alimente pas, je ne vous parle plus. Tant que l'on ne me dira pas 'tu es libre', je ne veux plus rien entendre+. Je crois que ça les a fait réfléchir, parce que j'étais déjà très fatiguée, malade avec des plaies qu'ils ne pouvaient pas soigner, je n'avais rien pour me soigner. Et donc je crois que ça leur a fait peur.

 

Q: Comment avez-vous appris que vous alliez être libérée?

 

R: Moi j'étais sur ma paillasse de briques, ils sont venus vers moi, deux sont venus vers moi et ils m'ont dit: +maman (expression utilisée à l'adresse d'une femme plus âgée en Afrique), ça y est, tu es libre+. Je ne les croyais pas.

 

Q: Cet événement a-t-il changé votre vision du pays et peut-il avoir un impact sur votre engagement futur ici ?

 

R: Moi personnellement je ne veux pas pénaliser la population qui m'a vraiment portée, qui m'a vraiment soutenue. Les villageois que j'aime, que j'aime profondément, comme ma famille, ils le savent, ils le savent. Je ne veux pas pénaliser ces gens-là pour une poignée de rats malfaisants.

 

Propos recueillis par Emilie IOB

 

 

OTAGES  Mais Claudia Priest a été «choquée» par la violence de son enlèvement...

 

Libérée, l'humanitaire française enlevée en Centrafrique se sent «légère»

 

http://www.20minutes.fr   24.01.2015 à 00:27

 

Le nombre d'otages français dans le monde retombe à zéro. Claudia Priest, la Française enlevée lundi à Bangui, la capitale de Centrafrique, est libre, a annoncé le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius ce vendredi en début de soirée.

 

Un collègue centrafricain de Claudia Priest enlevé en même temps qu'elle a également été libéré, a précisé l'entourage du ministre, ajoutant que Laurent Fabius s'était entretenu par téléphone avec la Française, qui « va bien ».

 

« Je remercie le gouvernement centrafricain, les autorités religieuses et notamment l'archevêque de Bangui qui a activement contribué à sa libération », a indiqué Laurent Fabius dans un communiqué, sans fournir plus de détails sur les modalités de cette libération.

 

«On m'a frappé à la tête»

 

«Je suis bien, je me sens bien, je me sens légère et surtout je suis contente d'être sortie de cette brousse», s'est-elle réjouie sur France 2 dans la soirée. «On était au milieu de nulle part sans pouvoir communiquer, il n'y avait pas de réseau ni rien», a-t-elle précisé. En revanche, elle s'est dit «choquée» par la brutalité de son enlèvement. «On m'a frappée à la tête, on me serrait tellement les bras que j'en ai des bleus. Je suis tombée, on m'a traînée au sol».

 

Claudia Priest, 67 ans, et un autre employé humanitaire centrafricain avaient été enlevés lundi à Bangui par des miliciens anti-balaka. Une employée expatriée de l'ONU avait été enlevée le lendemain, et libérée après avoir été retenue quelques heures par des anti-balaka.

 

Ces derniers sont des milices principalement chrétiennes qui se sont formées pour lutter contre les rebelles, essentiellement musulmans, de la coalition Séléka qui avait pris le pouvoir en Centrafrique en mars 2013 avant d'en être chassée en janvier 2014. Les deux camps sont accusés d'avoir commis de graves exactions.

 

L'humanitaire française raconte ses conditions de détention en Centrafrique

 

http://www.lefigaro.fr  24/01/2015 à 16:08

 

«Je me sens bien, je me sens légère. Et surtout je suis contente d'être sortie de cette brousse.» Ces paroles prononcées par Claudia Priest sur France 2 résument avec simplicité l'état d'esprit de l'humanitaire française, retenue en otage depuis lundi jusqu'à sa libération, vendredi. Claudia Priest est soulagée car, comme elle le raconte, ces quelques jours de détention ont oscillé entre espoir et peur. Peur de la violence, peur des armes, peur de ne jamais rentrer chez elle.

 

Au début de sa détention, l'humanitaire de 67 ans a été violentée par ses ravisseurs, des miliciens anti-balaka, qui se sont montrés particulièrement menaçants. «On m'a frappée à la tête. On me serrait tellement les bras que j'en ai des bleus», se souvient-elle. «J'étais choquée et je pensais à ma famille qui ne voulait pas que je parte.» Pour autant, la Française a beaucoup échangé avec ses preneurs d'otages. Ces derniers ont consulté ses «dossiers de travail». «Ils se sont rendus compte de ce que l'on faisait depuis 10 ans en Centrafrique, que c'était du bénévolat» pour le compte de l'ONG Catholique CODIS qui opère des enfants handicapés notamment», explique-t-elle.

 

«Dès qu'on voyait midi arriver, on se disait: “C'est fichu.”»

 

Par la suite, elle a été séquestrée avec un collègue par des hommes non armés qui lui promettaient sa libération. «Il y a eu des hauts et des bas», confirme-t-elle au micro de BFMTV. «Tous les matins on se levait avec de l'espoir. Et dès qu'on voyait midi arriver, on se disait: “C'est fichu.” Et la nuit tombait.» La nuit qui, pour Claudia Priest, était un moment particulièrement inquiétant. «La nuit me paraissait toujours dangereuse, parce que je ne savais pas ce qui allait se passer. Est-ce que quelqu'un d'autre allait encore arriver avec des armes?» Les armes étaient absente de l'endroit où était retenue la Française. Mais une fois la nuit tombée, Claudia Priest craignait toujours «que ceux qui avaient les armes viennent dans la nuit accomplir une sale besogne».

 

L'humanitaire voit dans cet enlèvement un acte inquiétant pour l'avenir des ONG. «Ce n'était jamais arrivé jusqu'alors, mais maintenant qu'ils ont commencé, je ne sais pas s'ils envisagent d'autres façons de faire», s'interroge-t-elle. Claudia Priest rappelle que «de toutes façons, les humanitaires, ici, en Centrafrique, ont déjà donné beaucoup» et sont devenus la cible des milices. «C'est vraiment dommageable», conclut-elle.

 

CENTRAFRIQUE : Claudia Priest, enlevée le 19 janvier en Centrafrique, revient sur sa captivité et confie sa joie de retrouver la liberté...
CENTRAFRIQUE : Claudia Priest, enlevée le 19 janvier en Centrafrique, revient sur sa captivité et confie sa joie de retrouver la liberté...

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Centrafrique-Presse.com
22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 22:28

 

 

 

CONVENTION REPUBLICAINE POUR LE PROGRES SOCIAL (CRPS)

 


Une nouvelle page de l’histoire est en train de s’écrire dans notre pays. En l’espace d’un mois et une semaine seulement, trois événements majeurs se sont déroulés en Centrafrique

 :
1/L’arrestation et la libération du chef rebelle tchadien ABDEL KADER BABA LADE.


Ce dernier avait été arrêté par la MINUSCA le 08 décembre 2014 à 9 Km de Kabo avant d’être livré le 11 décembre 2014 aux autorités judiciaires centrafricaines qui avaient immédiatement confié son dossier à un juge d’instruction pour des crimes commis sur le territoire centrafricain entre 2007 et 2012 (massacres de populations civiles, tortures, pillages, incendies volontaires etc...).

 

A la surprise générale et contre toute attente, la population apprendra qu’il avait été extradé dans son pays au Tchad en vertu d’un mandat d’arrêt international délivré par cet Etat.

 

Les autorités centrafricaines avaient parlé d’extradition. En réalité, il s’agissait d’une libération et d’une remise d’un criminel à un Etat tiers. L’Etat centrafricain sur le territoire duquel les crimes de BABA LADE ont été commis a violé sa propre légalité interne et ses engagements internationaux au détriment des victimes centrafricaines.


L’accord d’extradition entre les Etas membres de la CEMAC du 28 janvier 2004 derrière lequel s’abrite le parquet de Bangui pour justifier cette libération indique que « la Partie requise peut refuser d’extrader l’individu réclamé à raison d’une infraction qui, selon sa législation, a été commise en tout ou en partie sur son territoire » (article 6 alinéa 1).

 

Cette disposition est renforcée par l’article 382 alinéa 3 du Code de procédure pénale centrafricain qui dispose : « L’extradition n’est pas accordée : …Lorsque les crimes ou délits ont été commis sur le territoire de la République ».

 

Or toutes les infractions pour lesquelles BABA LADE est prétendument poursuivi au Tchad ont été commises sur le territoire centrafricain.

 

Cet accord stipule qu’ « une Partie requise peut refuser d’extrader un individu réclamé si cet individu fait l’objet de sa part de poursuites pour l’infraction ou les infractions à raison desquelles l’extradition est demandée » (article 7).


Or des poursuites étant engagées par la justice centrafricaine contre BABA LADE, celle-ci ne peut se dessaisir au profit des juridictions tchadiennes territorialement incompétentes.


L’extradition est soumise à une procédure particulière et l’accord prévoit que « … la loi pénale de la partie requise est seule applicable à la procédure de l’extradition… » ( article 11).

 

Or en l’espèce aucune disposition du code de procédure pénale centrafricain sur l’extradition n’a été respectée : absence de notification, absence d‘avis ou d’arrêt d’extradition de la chambre d’accusation de la Cour d’Appel etc…

 

Autrement dit, cette libération de BABA LADE est juridiquement un déni de justice et politiquement une abdication de la souveraineté nationale. Elle consacre l’impunité qui est préjudiciable au retour de la paix et constitue une insulte à la mémoire des victimes.


La CRPS exige que la lumière soit faite sur les raisons de cette libération opérée au préjudice des intérêts des victimes.

 

2/L’arrestation de DOMINIC ONGWEN et son transfert à la Cour Pénale Internationale. Dominic ONGWEN est l’un des principaux chefs de la sanguinaire rébellion ougandaise de la LRA. Il a été arrêté le 03 janvier 2015 dans la périphérie de Sam Ouandja et transféré le 20 janvier 2015 au centre de détention de la Cour Pénale Internationale de la Haye.

 

Cette rébellion, depuis sa création aux alentours de 1987 avait tué plus de 100.000 personnes et enlevé 60.000 enfants en Afrique Centrale dont notre pays.


Nos populations de l’Est ont souffert pendant plus d’une décennie des atrocités de cette rébellion : assassinats, mutilations, incendies de villages, pillages, viols, enrôlement forcé d’enfants mineurs, esclavage sexuel, etc…

 

La CRPS félicite la MINUSCA et les autorités centrafricaines dont les efforts ont permis cette arrestation et ce transfert. Elle salue leur engagement mutuel pour la justice et la lutte contre l’impunité.

 

C’est un impératif de justice que cet individu réponde des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dont nos paisibles populations ont été victimes pendant plusieurs années.

 

C’est un fait historique majeur : pour la première fois, un criminel arrêté sur le territoire national pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité est transféré directement à la Cour Pénale internationale. Ce fait doit être considéré comme un signal fort dans la lutte contre l’impunité dans notre pays.

 

3/L’arrestation de Rodrigue NGAÏBONA alias ANDJILO et la prise d’otages


Le 17 janvier 2015, le « général » autoproclamé des Anti-Balaka Rodrigue NGAÏBONA alias « Andjilo » a été arrêté par la MINUSCA à Bouca et transféré à Bangui. Il a été remis à la justice centrafricaine et gardé à vue à la Section des Recherches et d’investigations de la Gendarmerie (SRI) pour enquêtes. Les crimes imputés à « Andjilo » (assassinats, tortures, pillages, incendies de villages etc…) sont d’une gravité telle que l’Etat doit prendre toutes les dispositions afin qu’il réponde de ses actes devant la justice.

 

Pour faire échec à la justice et lui assurer une impunité totale, ses partisans et ses parents avaient pris en otage des religieux qu’ils continuent de garder en vue d’obtenir en échange sa libération, suivant ainsi l’exemple des partisans d’Abdoulaye MISKINE qui, dans un passé très récent a été libéré en échange de la libération des otages camerounais, centrafricains et polonais.

 

Les forces négatives sont en train d’instaurer dans notre pays une nouvelle stratégie qui relève du terrorisme : la prise d’otages étrangers comme arme pour assurer leur impunité.


Il s’agit d’une pratique qui doit être condamnée avec la dernière rigueur. L’Etat ne doit en aucun cas céder au chantage pour ne pas créer un précédent.

 

La CRPS renouvelle ses félicitations à la MINUSCA. Cette arrestation fait partie intégrante de son mandat.

 

Elle rejette l’amalgame fait par les Anti -Balaka qui font de l’impunité un préalable pour leur participation au Forum de réconciliation nationale.

 

La CRPS dit oui au forum inclusif de réconciliation nationale sans préalable. La CRPS dit non à l’impunité.

 

La lutte contre l’impunité est une composante majeure pour la résolution de la crise et le retour de la paix. Elle est non négociable.

 

Au regard de ce qui précède, la CRPS :

 

1/ Exige du Gouvernement que la lumière soit faite sur la libération de BABA LADE et demande au Conseil National de Transition (CNT) de l’interpeler à ce sujet.
 

2/ Félicite la MINUSCA et les Autorités de Transition pour les efforts qui ont abouti à l’arrestation de Dominic ONGWEN et à sa remise à la Cour Pénale Internationale.
 

3/ Félicite la MINUSCA pour l’arrestation de Rodrigue NGAÏBONA alias ANDJILO et encourage le Gouvernement et les autorités judiciaires à ne pas céder au chantage.

 

4/ Condamne fermement la prise d’otages et exige leur libération immédiate et sans condition.


Bangui le 22 Janvier 2015

 

Le Président

 

Me Nicolas TIANGAYE

 

DECLARATION DE LA CRPS SUR L’IMPUNITE
DECLARATION DE LA CRPS SUR L’IMPUNITE

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