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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 18:24

 

 

 

 

 

GENÈVE, 16 avril 2014 (AFP) - Attirer l'attention des gouvernements et des opinions sur la gravité de la crise en République centrafricaine et les dangers qu'elle provoque pour la région demeure difficile, a souligné mercredi Antonio Guterres, le Haut Commissaire pour les Réfugiés des Nations unies.

 

"La République Centrafricaine a le potentiel de générer une insécurité sur le plan régional qui la mette au niveau des autres grandes crises", comme le Soudan ou la République démocratique du Congo, a indiqué à l'AFP M. Guterres.

 

Environ le quart des 4,6 millions d'habitants de la RCA ont été déplacés, en majorité des musulmans qui constituent environ un cinquième de la population.

 

Environ 200.000 personnes ont fui le pays, en majorité vers le Tchad et le Cameroun voisins. Le nombre de réfugiés pourrait atteindre 360.000 d'ici la fin de l'année, selon l'ONU.

 

Les agences onusiennes ont lancé mercredi un appel pour 274 millions de dollars (241 millions d'euros) afin de prévoir les opérations dans les pays voisins, mais un appel précédent pour les opérations en RCA de 550 millions de dollars n'a été couvert que pour 200 millions.

 

"Notre présence sur le terrain dépend à la fois de la sécurité et des financements", a rappelé William Swing, qui dirige l'Organisation internationale pour les migrations.

 

Difficile mobilisation internationale pour la Centrafrique (Guterrres)

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 18:23

 

 

 

 

 

BANGUI 16/04/14 (Reuters) - Des milliers d'habitants de Boguila, une ville située à environ 500 km au nord de Bangui, ont fui des combats entre miliciens anti-balaka et soldats tchadiens qui escortaient un convoi de civils musulmans fuyant la Centrafrique la semaine dernière, annonce Médecins sans Frontières.

 

Selon MSF, les soldats tchadiens conduisaient au Tchad les 540 derniers habitants musulmans de la ville de Bossangoa, au nord-ouest du pays, lorsqu'ils ont été attaqués par les miliciens chrétiens.

 

Les combats ont fait au moins trois blessés et ont conduit la majorité des habitants de Boguila, soit environ 7.000 personnes, "à fuir dans la brousse dans un mouvement de panique", a précisé Stefano Argenziano, le chef de mission de MSF en Centrafrique dans un communiqué publié mardi.

 

MSF dit ne pas être en mesure de fournir un bilan plus précis faute d'avoir accès à cette région du nord de la Centrafrique où les miliciens anti-balaka se vengent sur la population musulmane des exactions menées l'an dernier par la Séléka, l'ex-alliance rebelle majoritairement musulmane qui avait chassé du pouvoir le président François Bozizé.

 

Les soldats tchadiens déployés dans le cadre de la mission de l'Union africaine (Misca), qui tente de stabiliser le pays aux côtés des soldats français de l'opération Sangaris, ont escorté des dizaines de milliers de civils musulmans hors de Centrafrique ces derniers mois.

 

Le président Idriss Déby a annoncé leur retrait au début du mois en raison des fréquents accrochages avec la population chrétienne et animiste, qui les accuse de protéger les ex-Séléka.

 

(Tangi Salaün pour le service français)

 

Des milliers de civils ont fui de récents combats en Centrafrique

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 18:21

 

 

 

 

 

SARH, 16 avril 2014 (AFP) - Le Tchad a annoncé mercredi avoir achevé le retrait de Centrafrique de l'ensemble de son contingent au sein de la force africaine (Misca), lors d'une cérémonie à Sarh (sud) présidée par le Premier ministre Pahimi Deubet Kalzeubé, a constaté un correspondant de l'AFP.

 

"Le dernier soldat a traversé la frontière le 13 avril à 20 heures", a déclaré lors de la cérémonie le chef du contingent tchadien auprès de la Misca, le colonel Souleyman Adam, en présence du Premier ministre qui s'est félicité d'un retrait "ordonné et discipliné".

 

Ce retrait avait été décidé le 3 avril par le président Idriss Déby Itno après que l'ONU eut accusé les soldats tchadiens d'avoir tiré sur des civils à Bangui.

 

Au total, 833 soldats ont traversé la frontière avec armes et bagages, à l'issue d'un engagement dans la Misca qui a coûté la vie à 15 des leurs, selon le gouvernement de N'Djamena.

 

Fustigeant "ceux qui s'emploient obstinément à vouloir ternir l'image de nos vaillantes forces de défense et de sécurité", le Premier ministre a notamment demandé aux forces française Sangaris et à la Misca "d'assurer la sécurité de ceux de nos compatriotes encore restés en Centrafrique".

 

Début avril, le gouvernement tchadien avait annoncé le retrait de ses quelque 850 soldats de la Misca (6.000 hommes au total) en dénonçant une "campagne malveillante" contre ses soldats, à nouveau mis en cause après avoir tué 24 civils à Bangui.

 

Une décision "irrévocable", avait affirmé ensuite le ministre tchadien des Affaires étrangères Moussa Faki Mahamat, jugeant que son pays était victime d'un "lynchage systématique" et avait "suffisamment encaissé".

 

Mardi, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a dit espérer que ce retrait du contingent tchadien "n'est pas une option définitive".

 

Souvent associée à la coalition rebelle Séléka, majoritairement composée de musulmans et de mercenaires étrangers, et qui avait pris le pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014, l'armée tchadienne avait mauvaise réputation auprès de la communauté chrétienne de Centrafrique.

 

La communauté musulmane, en revanche, tenait particulièrement à la présence de ce contingent pour la protéger des exactions des milices chrétiennes "anti balaka" qui n'hésitent pas à s'attaquer aux civils musulmans, qu'ils accusent de connivence avec l'ex-rébellion Séléka.

Le Tchad annonce avoir retiré toutes ses troupes de Centrafrique

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 14:12

 

 

 

 

16/04/14 (Jeune Afrique ) Pierre Boisselet, envoyé spécial à Bangui

 

Les violences intercommunautaires dans la capitale centrafricaine réveillent de douloureux souvenirs chez les soldats rwandais de la Misca. Qui tentent d'utiliser leur expérience pour apaiser les tensions.

 

"Je dis merci aux Rwandais qui nous défendent contre les anti-balaka. Ils sont très disciplinés, organisés, et ils respectent nos valeurs africaines." Dans la cour d'une maison du quartier PK12, où se sont rassemblés quelques-uns des derniers musulmans de Bangui, Ibrahim Alawad n'a pas de mots assez forts pour exprimer sa gratitude envers le contingent rwandais de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca). Ce sont ses soldats qui ont la responsabilité du quartier, comme de la moitié de la capitale centrafricaine.

 

Silencieux, les officiers rwandais l'écoutent, avec un sourire un peu gêné. Les compliments ne peuvent, bien sûr, que les réjouir. Mais ils ne voudraient pas donner l'impression qu'ils prennent parti pour cette communauté, alors que la majorité des habitants de la ville sont chrétiens et, pour beaucoup, désormais hostiles aux musulmans, ne fussent-ils plus que quelques centaines. Or les miliciens chrétiens anti-balaka, prompts à voir tous ceux qui leur résistent comme des ennemis, considèrent les Rwandais comme des "musulmans" - à tort, évidemment. Les opérations de ces derniers se déroulent donc souvent dans un climat très tendu. Les soldats rwandais doivent régulièrement faire usage de leur arme pour tenir la foule à distance et subissent parfois des jets de grenade. Depuis le début des opérations, en janvier, dix d'entre eux ont déjà été blessés, pour la plupart dans ce type d'attaque.

 

Et puis il y a l'histoire de leur pays, qui résonne avec une force particulière sur les rives de l'Oubangui. Vingt ans après le génocide des Tutsis, la vue de miliciens armés de machettes dressant des barricades et traquant les membres d'un groupe minoritaire ne peut que faire remonter de douloureux souvenirs chez ces soldats qui, pour la plupart, ont vécu les événements de 1994. Nombre d'entre eux, en particulier parmi les officiers, viennent des rangs de l'Armée patriotique rwandaise (APR, branche armée du Front patriotique rwandais), cette rébellion issue de la minorité tutsie qui a combattu les forces génocidaires jusqu'à prendre le pouvoir, le 4 juillet 1994.

 

C'est par exemple le cas du commandant du contingent, le lieutenant-colonel Jean-Paul Karangwa, et de certains de ses adjoints, comme le major Jean-Bosco Muhizi. En juin 1994, ce dernier était un simple rebelle de l'APR se battant depuis trois ans contre les Forces armées rwandaises (FAR, hutues), régulièrement soutenues par l'armée française. Lui et ses compagnons d'armes étaient sur le point de faire tomber le régime génocidaire quand Paris a déclenché l'opération "militaro-humanitaire" Turquoise, qui a pris le contrôle du sud-ouest du pays et leur a barré la route. "Nous avons dû attendre le départ des Français pendant longtemps avant de pouvoir prendre le contrôle de tout le territoire. Nous avions reçu l'ordre de ne pas les combattre", se souvient Muhizi, sans animosité.

 

Des officiers bilingues pour faciliter la communication

 

Il y a donc quelque chose d'assez extraordinaire à voir les soldats rwandais prendre la défense de l'armée française à Bangui. Comme cet officier qui répond, près de la mosquée centrale, à un jeune musulman tendant les photos de ses proches massacrés et accusant les Français de l'opération Sangaris d'avoir laissé faire. "Il faut essayer de comprendre : ce ne sont pas les Français qui tuent. On ne peut malheureusement pas protéger tout le monde", explique-t-il calmement.

 

Le rapprochement qui a mené les deux armées à collaborer sur le terrain pour la première fois en vingt ans s'est amorcé en juin 2013, avec la nomination du Rwandais Jean-Bosco Kazura à la tête de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma). Depuis, ce dernier coordonne à Bamako son action avec la force française Serval.

 

En Centrafrique, afin de faciliter la communication avec les Français et les autres armées francophones de la Misca, des officiers bilingues ont été sélectionnés pour commander le bataillon d'infanterie mécanisé de 850 hommes, qui dispose notamment de plusieurs blindés légers. Le très courtois et diplomate chef de contingent, Jean-Paul Karangwa, se réunit presque quotidiennement avec ses homologues et avec le commandant de la force, le général camerounais Martin Tumenta Chomu. "Nous n'avons pas de problème de communication avec eux, assure-t-on à Paris, où la première préoccupation est de trouver des alliés fiables pour partager le fardeau centrafricain. Les relations entre les deux armées sont très bonnes. Les Rwandais sont très professionnels et font partie des bons contingents de la Misca." Le discours officiel est le même du côté rwandais. Mais en privé, certains officiers font part de frustrations sur la gestion de l'opération. Il y a eu par exemple, mi-février, ce convoi escorté par les Rwandais depuis la frontière camerounaise (comme ils le font une fois par semaine depuis, en alternance avec les Burundais) et repris en main par la force Sangaris avant son entrée dans la capitale. "Nous avons eu l'impression que les Français s'attribuaient le crédit d'une opération que nous avions menée, se souvient un officier rwandais. Nous étions vraiment remontés. Mais nous n'avons rien osé dire à cause de l'histoire trop sensible entre nos deux pays. Depuis, nous avons décidé d'avoir un dialogue plus franc avec eux. C'est beaucoup mieux ainsi."

 

Officiellement, Sangaris n'est là que pour "appuyer" les troupes africaines de la Misca. Et la coordination avec des Français parfois réticents à faire courir des risques à leurs hommes est souvent lourde. Lorsque des habitants du quartier Miskine (placé sous le contrôle du contingent rwandais) ont érigé des barricades sur l'une des artères de Bangui, il a ainsi fallu attendre plus de deux jours avant qu'une opération conjointe entre Sangaris et la Misca soit déclenchée pour les enlever...

 

Français et Rwandais ont également des analyses quelque peu différentes concernant les Forces armées centrafricaines (Faca). Pour les premiers, il est hors de question de réarmer ces soldats exclusivement chrétiens et peu disciplinés. Au contraire, certains officiers rwandais estiment qu'il faut accélérer leur réintégration. "De toute façon, ce sont eux qui devront, à terme, assurer la sécurité de leur pays. Bien sûr, il ne faut pas leur faire une confiance aveugle. Mais nous pourrions commencer par tester certaines unités pour voir comment elles se comportent", plaide l'un d'eux.

 

Ces soldats qui ont intégré dans leurs rangs d'anciens membres des FAR, leurs adversaires d'hier, voient sans nul doute dans leur armée un modèle à suivre pour la Centrafrique. "Pendant nos patrouilles de sensibilisation, nous parlons aux habitants de ce qu'a connu le Rwanda et de la réconciliation, explique le lieutenant-colonel Karangwa dans le mess des officiers du camp Socati, principale base rwandaise. Si aujourd'hui des ex-FAR se battent avec nous, pourquoi cela ne pourrait-il pas arriver ici ?" Derrière lui, des militaires du génie s'activent pour terminer la construction de bâtiments en dur avant la saison des pluies. Ces hommes, arrivés il y a trois mois, savent qu'ils sont là pour un an. Au moins.

 

http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2778p020.xml6/rwanda-c...

 

Lu pour vous : Rwanda - Centrafrique : à Bangui, le passé résonne dans l'esprit des soldats rwandais

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 13:57

 

 

 

 

 

 

PARIS, 15 avril 2014 (AFP) - Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a espéré mardi que le retrait du contingent tchadien de la force africaine d'interposition en République centrafricaine (RCA) n'était pas définitif.

 

"J'espère que ce n'est pas une option définitive parce que ce sont de bons combattants et en plus, il y a une question géographique parce que le Tchad et la RCA sont limitrophes et il y a d'autres pays à côté, le Soudan etc. Et il faut quand même que la protection soit assurée", a déclaré le ministre devant des députés.

 

"Le président tchadien Idriss Déby considère qu'il met à disposition des hommes et (fait) des efforts sur le plan humain, parfois au prix de la vie, et des efforts financiers, et il (m'a) dit" n'avoir rien en retour, a souligné le ministre devant la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

 

Début avril, le gouvernement tchadien a annoncé le retrait de ses quelque 850 soldats de la force interafricaine Misca (6.000 hommes) en dénonçant une "campagne malveillante" contre ses soldats, à nouveau mis en cause après avoir tué 24 civils à Bangui. Une décision "irrévocable", avait affirmé ensuite le ministre tchadien des Affaires étrangères Moussa Faki Mahamat, jugeant que son pays était victime d'un "lynchage systématique" et avait "suffisamment encaissé".

 

"D'une part, les Tchadiens ont été très engagés mais d'autre part, ils se sont trouvés dans une situation extrêmement difficile parce que la population leur a reproché d'être partisans et de ne s'intéresser qu'aux musulmans et d'être durs avec les anti-balaka" (milices d'auto-défense à majorité chrétienne), a rappelé M. Fabius.

 

"Militairement, les choses sont organisées pour pallier cette absence mais je maintiens, tout en reconnaissant l'extrême difficulté et le fait qu'il faut que les forces soient impartiales, que les Tchadiens ont constitué un apport globalement en Afrique qui est utile. Là aussi, la diplomatie est à l'action ", a déclaré le ministre français.

Centrafrique: Fabius espère que le retrait du contingent tchadien n'est pas définitif

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 13:30

 

 

 

 

 

http://www.euractiv.fr/ 

 

A l'issue d'une visite en Centrafrique, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon appelle la communauté internationale à réagir rapidement face à l'urgence de la situation dans le pays.

 

Le Conseil de sécurité a approuvé ma proposition de déployer une mission de maintien de la paix en République centrafricaine, ouvrant la voie à l’envoi de 10 000 militaires et de quelque 2 000 policiers pour rétablir un semblant d’ordre dans une nation en ruines.

 

Je viens de rentrer d’une visite enCentrafrique où j’ai pu me rendrecompte par moi-même de ce qui s’ypasse. Dire que la situation est désespérée est un euphémisme.

 

Dans ce pays de la taille du Texas, plus de la moitié de la population a besoin d’aide pour survivre. Un Centrafricain sur quatre a été arraché à son foyer. Dans les camps de fortune installés à l’aéroport de Bangui où je me suis déplacé, jusqu’à 500 personnes doivent partager un sanitaire. Et les conditions ne vont faire que s’aggraver avec l’arrivée de la saison des pluies.

 

« Qui accepterait de vivre ici ? », m’a lancé une femme. « Mais nous risquerions nos vies en restant   nous vivions. »

 

La majorité de la communauté musulmane du pays a fui pour échapper à la terrible vague de violences interconfessionnelles qui a coûté la vie à de nombreux innocents de part et d’autre. Et les atrocités continuent. Le système judiciaire s’est effondré. Le nettoyage ethnoreligieux est une réalité. Ce sont des communautés entières quisont démantelées.

 

Parmi les nombreuses privations que connaît la Centrafrique, c’est le temps qui lui fait le plus défaut. Il faudra au moins six mois pour que la mission de maintien de la paix soit opérationnelle. En attendant, la population du pays doit lutter chaque jour pour survivre.

 

Je me suis arrêté en République centrafricaine avant de me rendre au Rwanda à l’occasion du vingtième anniversaire du génocide. Au Rwanda, j’ai exprimé ma profonde tristesse devant l’inertie dont la communauté internationale a fait preuve lorsque le pays était dans la détresse.

 

Mais quid des crises qui se déroulent sous nos yeux ? La communauté internationale va-t-elle intervenir maintenant ou s’excuser dans 20 ans de ne pas avoir fait ce qu’il fallait quand elle en avait les moyens ? Les dirigeants de la planète vont-ils tirer les enseignements du passé et agir pour empêcher un nouveau Rwanda ?

 

Le centre de l’un des quartiers les plus touchés de Bangui que nous avons traversé n’est plus qu’une agglomération de carcasses de maisons et de magasins. Nous avons croisé une multitude de camions pleins à craquer de pots, de casseroles, de bidons d’eau, dernières possessions d’une population en fuite.

 

Femmes et hommes nous ont fait le récit poignant des violences sexuelles, des enlèvements et des menaces qui pèsent constamment sur leur vie. Les voilà devenus des prisonniers en puissance qui n’ont plus qu’une idée en tête : fuir. Les écoles, les hôpitaux et même les cimetières leur sont fermés, m’ont-ils raconté. « Nous ne pouvons même pas nous occuper de nos morts », a déploré l’un d’entre eux.

 

En ce moment, il faut nous occuper des vivants. Pour ce faire, nous devons agir, et vite, sur trois fronts.

 

La sécurité, d’abord. Les forces de l’Union africaine et les forces françaises travaillent d’arrache-pied pour rétablir la paix et la sécurité. L’arrivée des premiers soldats de la force de l’Union européenne est un renfort bienvenu. Mais des troupes supplémentaires sont nécessaires pour contenir la violence et protéger les civils. J’ai demandé que 3 000 militaires et policiers supplémentaires soient déployés immédiatement pour préparer l’arrivée de la future mission de maintien de la paix des Nations Unies.

 

Ensuite, le gouvernement a besoin d’aide pour rétablir les fonctions les plus essentielles de l’État, et notamment pour remettre la police, la justice et l’administration pénitentiaire au travail. La chef d’État de la transition, Catherine Samba-Panza, est déterminée à restaurer l’autorité de l’État. Mais, les caisses du pays étant vides, sa capacité d’action est fortement limitée. Le financement de l’aide humanitaire est également insuffisant : seuls 20 % des contributions annoncées ont été reçues.

 

Enfin, la nouvelle opération de maintien de la paix ne pouvant être qu’une partie de la solution, il est indispensable que s’engage un processus politique inclusif. Les chefs locaux et religieux ont un rôle fondamental à jouer : promouvoir la tolérance, la non-violence et le dialogue. Il est indispensable pour la paix que les auteurs de crimes odieux répondent de leurs actes. Le peuple centrafricain doit voir que l’état de droit vaut pour tous, quelle que soit leur croyance, des dirigeants aux combattants.

 

Ce sont là des éléments essentiels pour parvenir à la réconciliation et veiller à ce que les réfugiés et les déplacés puissent rentrer chez eux. Faute de quoi, on assistera à une partition de fait, qui sèmera les germes du conflit et de l’instabilité en ce cœur fragile de l’Afrique pour des années, voire des générations.

 

Au cours de ma visite, la responsable d’une association de femmes pour la paix m’a confié : « Notre tissu social est en lambeaux. Les liens qui nous unissaient sont rompus. Plus rien ne nous relie. Mais vous êtes là, vous qui représentez la communauté internationale. Nous savons maintenant que nous faisons partie du monde. » J’ai été très touché par sa confiance, mais je suis conscient que nous devons agir pour la mériter.

 

La République centrafricaine est un pays riche en ressources naturelles et en terres fertiles. Depuis des générations, le pays était un carrefour de cultures où coexistaient pacifiquement plusieurs communautés.

 

Il appartient à la communauté internationale de prouver, par ses actes, que le peuple centrafricain fait bien partie de notre humanité commune et de notre avenir partagé. Un peu d’aide fera grand bien. Il est de notre responsabilité collective d’agir maintenant pour ne pas avoir à se confondre en regrets dans 20 ans.

Lu pour vous : Un trou au cœur de l’Afrique

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 13:14

 

 

 

 

 

Bangui (AFP) - 16.04.2014 08:41 - Par Jean-Pierre CAMPAGNE

 

Un membre des rebelles de l'ex-Séléka avec son arme en bois devant la statue de l'ancien empereur Jean-Bedel Bokassa à Berengo, le 3 mars 2014

 

Ils ne le proclament pas, mais lorsqu'ils sont interrogés sur "l'époque Bokassa", la plupart des Centrafricains disent regretter "l'ogre" de Bangui, celui qui commit nombre de crimes, se proclama empereur, offrit de vénéneux diamants à un président français, avant de sombrer en exil.

 

"Kolingba est venu, il n'a rien construit. Patassé est venu, il n'a rien construit. Bozizé est venu, il n'a rien construit. Djotodia est venu, il n'a rien construit...". Après avoir récité la litanie des présidents centrafricains renversés, Daniel Nganazouri, en verve, poursuit, bras pointé tout autour de lui: "Le bâtiment là, le goudron, même le poteau électrique, c'est Bokassa. Même s'il volait, il a fait du bien".

 

Les autres jeunes de Bangui qui l'entourent approuvent. "Bon, c'était quand même un dictateur", relève Faustin.

 

Jean-Bedel Bokassa était d'emblée né, en 1921, sous le signe de la fantaisie. Son prénom était tiré de la réduction du nom du saint "Jean Baptiste de la Salle" comme l'on peut encore le voir sur les calendriers. Sorti capitaine après des années dans la coloniale depuis 1939, Indochine et Algérie inclus, il réussit un coup d'Etat de la Saint-Sylvestre, le 31 décembre 1965.

 

Aimablement qualifié de "soudard" par le général de Gaulle, célèbre pour des tortures et exécutions sommaires auxquelles il a été accusé de participer mais fidèle pilier de la Françafrique, il se proclame président à vie, maréchal, se convertit à l'islam, et puis organise son sacre d'empereur, sur le modèle de Napoléon 1er.

 

Aucun chef d'Etat, mais un ministre français participa à la grandiose cérémonie : 60.000 bouteilles de champagne et de Bourgogne, un défilé en carrosse pendant lequel deux chevaux, sur les six de l'attelage importé de France, crevèrent sous la chaleur équatoriale.

 

Le président français d'alors, Valéry Giscard d'Estaing, grand chasseur de fauves et de gazelles, le fréquenta longtemps. "L'affaire des diamants" donnés par Bokassa, révélée par l'hebdomadaire satirique français Le Canard enchaîné, contribua vraisemblablement à sa défaite contre François Mitterrand en 1981.

 

"Les gens étaient payés sous Bokassa. L'armée centrafricaine était stable, c'était même un exemple pour d'autres pays africains", assure un serveur de l'Oubangui hôtel. Maintenant, aux abords de cet ancien grand hôtel qui semble partir en morceaux dans le fleuve Oubangui, ce sont des forces internationales, africaines et françaises, qui patrouillent.

 

Pas loin de la résidence présidentielle et... de l'ambassade de France.

 

-"Ca ira mieux quand il reviendra"-

 

L'armée centrafricaine est, elle, en lambeaux, minée par des rébellions depuis des décennies, achevée par la dernière offensive en mars 2013 de la rébellion à dominante musulmane Séléka de Michel Djotodia, finalement contraint à la démission de la présidence centrafricaine en janvier 2014 pour n'avoir pas arrêté la spirale de tueries intercommunautaires et interreligieuses dans son pays.

 

"J'étais trop jeune sous Bokassa, mais mon père me disait du bien de lui, que c'était un bon président, un vrai nationaliste", dit la directrice du musée national de Bangui, Albertine Ouaboua, dans son bureau sans porte ni fenêtre, comme le reste du bâtiment dévasté au cours des violences et fermé au public.

 

Elle ne touche aucun salaire depuis cinq mois, mais comme tous les autres "impayés" vient au travail de peur d'être licenciée

 

"Ah, il a beaucoup tué quand même", tempère Dania, fille de diplomate et hôtesse d'accueil sans salaire.

 

Dans cette capitale provinciale aux rues trouées, aux ponts écroulés, quelques édifices encore debout surnagent, comme le "stade 20.000 places" construit par les Chinois, et la cathédrale catholique en briques rouges, au milieu desquels des vendeurs de rues proposent au passant des exemplaires du Journal officiel de l'Empire ou des tomes de la "Philosophie de l'opération Bokassa", témoignages de la mégalomanie sanglante de empereur ayant survécu aux pillages successifs de la capitale.

 

En novembre 1996, un reporter de l'AFP, venu pour une énième mutinerie dans l'armée, et qui couvrait les obsèques de l'ex-empereur rentré d'exil au pays pour y mourir, eut cet étrange échange à la sortie de la cathédrale.

 

Emu, un fidèle de Bokassa, lui confia: "Ca ira mieux quand il reviendra".

Le journaliste répondit: "Mais il est mort!".

 

"Oui, je sais", répondit le Centrafricain, "mais ça ira bien mieux quand il reviendra".

 

© 2014 AFP

 

Centrafrique : la nostalgie Bokassa, de l'empire fou au chaos

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 13:12

 

 

 

 

http://www.portesouvertes.fr/  16/04/2014

 

Au milieu de la tourmente en Centrafrique, le pasteur Nicolas Guerékoyamé-Gbangou exhorte les chrétiens à faire face aux circonstances avec foi.

 

Les Nations Unies viennent de décider le déploiement de 12000 Casques bleus en renfort pour sécuriser le pays pris dans la spirale de la vengeance. Face à la crise humanitaire et sanitaire, dans ce climat chaotique, une question se pose aux chrétiens : «Comment tenir ferme dans la foi ?» Cette situation déstabilise de nombreux chrétiens centrafricains : «Je ne peux plus prier davantage. Je ne vois pas Dieu agir», confie l’un d’eux.

 

Dieu essuiera nos larmes

 

Nicolas Guerékoyamé-Gbangou s’efforce de les encourager : « Soyons patients, même si c’est difficile. Au temps fixé, Dieu essuiera nos larmes. Acceptons Sa souveraineté en toute situation. Sinon, nous serions remplis de haine, incapables de pardonner à nos ennemis. »

 

Pour le pasteur Nicolas, « seule la foi rend capable d’endurer la souffrance ». Lui-même a été arrêté et jeté en prison pour avoir parlé des atrocités perpétrées par les Sélékas. Quelques mois plus tard, sa fille décédait d’une crise cardiaque due au stress, alors qu’il plaidait la cause de son pays en Europe en vue de ramener la paix. Le pasteur a cherché la consolation dans la Parole de Dieu. 

 

S’appuyer sur les promesses de Dieu

 

« J’ai reçu la consolation en me rappelant les promesses de Dieu et en me souvenant des moments où Il les a réalisées. C’est par la foi que le juste obtient les promesses de Dieu. Si nous plaçons notre espoir en Dieu, notre foi restera éclairée. »

 

 

(Nicolas Guérékoyamé et son épouse)

Centrafrique : tenir ferme dans la tourmente

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 13:10

 

 

 

 

par RFI 16-04-2014 à 10:25

 

En RCA des accrochages se sont produits ces deux derniers jours entre les forces françaises et africaines d'un côté et les groupes armés sur l'axe qui mène de Sibut à Bambari. La force Sangaris a notamment ramené le calme dans la ville de Grimari où les anti-balaka et les ex-Selekas s'affrontaient.

 

C'est un scénario auquel Sangaris s'était préparé. A mesure que les forces françaises et les forces africaines de la Misca allaient se déployer à l'Est et au Nord, les milices anti-balaka en profiteraient pour s'engouffrer dans la brèche. C'est manifestement ce qui s'est passé dimanche et lundi à Grimari, localité située à mi-chemin entre Sibut et Bambari.

 

Des miliciens ex-Seleka et des groupes d'anti-balaka, venus de Sibut, se sont affrontés violemment dans la journée de lundi, avant que la force Sanagris n'intervienne pour séparer les belligérants. Mardi, la situation était redevenue calme, mais le problème n'est pas réglé. Les habitants de Grimari terrorisés par les détonations d'armes lourdes et de kalachnikov sont réfugiés à l'église.

 

Pour la force internationale, la situation est complexe. Les anti-balaka, persuadés que Sangaris va désarmer les ex-Selekas, veulent profiter de la situation. Comment les empêcher d'avancer ? Comment instaurer la sécurité tout en appliquant les mesures de confiance, c'est-à-dire le désarmement ? Voilà l'équation.

 

Pour l'instant, la force Sangaris montre ses muscles et occupe le terrain. Une stratégie efficace, mais qui nécessite beaucoup d'hommes et de moyens. Il faut en effet être présent dans toutes les localités sous peine de voir les anti-balaka s'infiltrer depuis la brousse.


 

■ ZOOM sur Bria : après la tension, la situation est sous contrôle

 

En Centrafrique, nouvelle réunion de haut niveau à Bria, mardi. Le général Soriano, patron de Sangaris, le général Kararuza, commandant en second de la Misca, et le ministre de l'Administration territoriale Aristide Sokambi, sont venus de Bangui pour dialoguer avec les notables, les sages et les officiers Seleka.

 

A Bria, la Seleka et les troupes internationales sont en passe d'enterrer la hache de guerre. Après plusieurs heures de négociations, les deux camps se sont mis d'accord. Les Selekas doivent désormais rester cantonnés à la préfecture. Ils n'ont pas le droit de sortir avec leurs armes, seuls ceux qui gardent le bâtiment ont le droit d'en porter une. Mais les parties ont décidé de pousser plus loin leur entente. Une dizaine de rebelles vont être choisis pour accompagner les patrouilles de Sangaris et Misca. Ils devront servir de guide.

 

Ils aideront aussi au maintien de la sécurité, comme l’explique Amat Amadine, porte-parole de la Seleka à Bria : « Nous avons certains éléments incontrôlés. Si nos éléments commettent des fautes, ce sont nos hommes qui vont donc les désarmer et les détenir pour leur infliger des corrections ».

 

Une bonne mesure de confiance estime un membre du comité des sages qui dit attendre le lancement d'un processus clair de désarmement. En attendant, il demande aux habitants ayant fui en brousse de revenir en ville. Le ministre de l'Administration territoriale se veut lui prudent. Même s'il voit Bria comme une ville où la médiation a réussi, Aristide Sokambi reconnaît que la situation reste fragile et que la confiance doit être consolidée.

En RCA: Sangaris tente de ramener le calme à l’est du pays

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Centrafrique-Presse.com
15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 23:11

 

 

 

 

 

Centrafrique : Edem Kodjo appelle Idriss Deby à revenir sur sa décision de retrait de ses troupes

 

by Didier Assogba on 5th-avril-2014

 

« La Fondation pour le Paix et le développement en Afrique (Pax Africana), présidée par Edem KODJO, ancien Secrétaire général de l’OUA (devenue Union Africaine), ancien Premier Ministre du Togo, Membre fondateur de la CEDEAO, a fait part vendredi de son attristement suite à l’annonce du retrait des troupes tchadiennes de la République centrafricaine. »

 

A la lecture de l'annonce faite par Monsieur Edem Kodjo et rapportée ci-dessus,  les bras nous en sont tombés de voir à quel point, certains hommes politiques africains, qui ont eu une influence de premier plan sur les orientations politiques en Afrique, peuvent porter le voile pour ne pas percevoir avec la clarté nécessaire, certains enjeux majeurs qui peuvent déterminer la vie ou la survie d'un pays africain en pleine crise. Nous nous posons réellement la question de savoir si les prises de position que ces hommes prennent parfois sont celles qui contribuent à l'avancement de l'Afrique ou si ces prises de position ne sont que des entourloupes  pour amuser la galerie et tirer les marrons du feu.

 

Monsieur Edem Kodjo, en lançant son appel a-t-il vraiment analyser les différents éléments qui ont contribué à engendrer cette crise dont le Centrafrique a aujourd'hui beaucoup de mal à se sortir ? L'a-t-il fait uniquement pour faire plaisir au président du Tchad, en oubliant les victimes centrafricaines de cette crise dans laquelle le président du Tchad a sa part de responsabilité ?

 

Ce que nous trouvons de déconcertant et de navrant dans cet appel que lance monsieur Kodjo, c'est que ce dernier a assumé en Afrique des responsabilités très importantes qui ne lui permettent pas de voir les problèmes de l'Afrique et plus particulièrement la crise centrafricaine sous un angle aussi obtus et aussi léger quand il considère que les exactions des soldats tchadiens sur les populations centrafricaines ne sont que des rumeurs, des soupçons ou de simples arrière-pensées. Pour une personnalité de son rang, l'insulte qu'il porte aux centrafricains qui ont été victimes des exactions des militaires tchadiens (tueries et enlèvements) ne l'honore d'aucune manière. Bien au contraire. Si les militaires tchadiens ont aidé le Mali à sortir de son bourbier, les actions que ces derniers ont accomplies en Centrafrique sont bien loin de mériter l'appel que monsieur Kodjo fait au Président du Tchad, un appel que nous percevons pour notre part comme une danse du ventre. Ce ne sera pas sur le dos du Centrafrique et de son peuple meurtri par les militaires tchadiens, qu'il faudra aller chercher à égrener quelques étrennes. Quand on n'a pas de propositions concrètes à faire pour résoudre un problème tel que celui que vit le Centrafrique, mieux vaut se taire. Nous demandons « africainement » à Monsieur Kodjo d'approfondir ses connaissances sur le dossier centrafricain et de prendre les positions dignes d'un homme de son envergure.

 

Cela en va du salut du CENTRAFRIQUE et de l’Afrique tout entière.

 

Adolphe PAKOUA

Tribune libre : Adolphe PAKOUA réagit à l'appel d'Edem KODJO

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