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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 00:08

 

Jeune Afrique 1 juin 2008

 

Le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), que dirige l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé, va intégrer l’Internationale socialiste (IS). Cette adhésion se fera en deux temps. Le Comité Afrique de l’IS, qui se réunit à Abidjan les 14 et 15 juin, entérinera cette candidature. Laquelle sera confirmée lors du congrès d’Athènes (du 30 juin au 2 juillet).

Créé en février 1979, le MLPC s’est longtemps identifié à la personnalité charismatique d’Ange-Félix Patassé, l’ancien président centrafricain (en exil au Togo), bien que celui-ci ne figure pas parmi les cinq membres fondateurs du mouvement, qu’il a rejoint en 1980. Depuis la chute de son chef en mars 2003, le MLPC s’est scindé en deux tendances antagonistes : pro-Patassé et pro-Ziguélé. C’est cette dernière, la seule légalement reconnue en Centrafrique, que l’IS s’apprête à admettre en son sein.


Ndlr : centrafrique-presse : Le Conseil d'Etat a tranché le mardi 3 juin le litige Dondon - Ziguélé au sujet de la direction du MLPC que revendique Martin Ziguélé en confirmant l'élection de ce dernier à la présidence de ce parti. Ce n'est sans doute pas par hasard si ce verdict manifestement politique, est prononcé moins d'une semaine seulement après le retour à Bangui de Ziguélé qui, contrairement à l'habitude, a eu droit à un accueil au pied de l'avion de ses obligés banguissois. Vu ses accointances avec Bozizé, celui-ci qui était encore au Japon, a dû donner des consignes de "gentillesse" à ses services de sécurité qui avaient déjà viré une fois, Ziguélé et sa bande du salon d'honneur de l'aéroport Bangui Mpoko. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 15:03



 

PAOUA, 4 juin 2008 (AFP) — Les "coupeurs de route" (bandits de grand chemin) martyrisent dans le nord-ouest de la Centrafrique les populations autochtones et nomades mbororos peuls obligées de fuir leurs villages ou campements et paralysent en partie l'activité économique.

"J'ai été pris deux fois en otage par les coupeurs de route ("zaraguinas") entre Bocaranga et Paoua", dit Hassan, jeune éleveur à Paoua. Je n'ose plus continuer mes activités pastorales, parce qu'ils m'ont enlevé tout mon troupeau. Je suis obligé de rester à Paoua pour faire du petit commerce malgré moi".

Depuis le déclenchement en janvier 2006 du conflit qui oppose l'armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD - rébellion) aux forces gouvernementales, l'armée centrafricaine peine à sécuriser le Nord-Ouest où sévissent les "coupeurs de route".

Région la plus peuplée du pays, après Bangui la capitale, avec 460.000 habitants, l'Ouham-Pendé, une des 17 préfectures centrafricaines, dans la région des frontières camerounaise et tchadienne, regroupe les deux tiers des 3,2 millions de têtes du bétail centrafricain. Elle constitue la région la plus productrice du pays en terme d'activités agropastorales du fait de la pratique de la culture attelée.

"Les zaraguinas nous ont capturés entre Bozoum et Bocaranga, et exigé que chacun verse 300.000 francs CFA (460 euros)", explique Jean-De-Dieu, commerçant à Paoua. "Nous étions une quinzaine de commerçants, homme et femmes confondus".

"Ceux qui ont versé la somme ont été libérés. Le reste -- une dizaine de personnes -- a été conduit dans une savane boisée dans l'attente de la rançon. Mais un détachement de l'armée nous a libérés au cinquième jour de notre détention", ajouté Jean-De-Dieu.

Les "coupeurs de route" ne sont pas les seuls à racketter: Les forces de défense et de sécurité le font aussi sous prétexte que les victimes devraient refuser de payer les rançons et laisser les forces de l'ordre les libérer.

"Les zaraguinas ont fait irruption chez nous dans un campement. Ils ont tué mon frère et pris en otage mon mari", raconte Haroun Gambo, femme peul à Paoua. "Nous avons payé une rançon de 2,5 millions de francs CFA (3.800 euros) pour sauver sa vie. Ils ont ensuite retenu neuf autres personnes en otages. Et pour libérer ces personnes, nous avons payé une autre rançon de 12,5 millions francs CFA (20.000 euros)".

"Quand mon mari est revenu, les gendarmes sont venus exiger de lui une amende de 500.000 francs CFA (750 euros) parce qu'il avait accepté d'être libéré contre le paiement de fortes rançons aux zaraguinas, poursuit-elle. Nous étions obligés de payer pour qu'il soit libre de ses mouvements".

Cependant, selon des villageois, il n'y a pas que les "coupeurs de route" qui volent du bétail. Des éléments de l'APRD font de même.

"Nous pouvons affirmer sans crainte de nous tromper que nos parents qui sont entrés en rébellion dans l'APRD, volent le bétail des Mbororos ainsi que les boeufs que nous utilisons pour la culture attelée", affirme un paysan du groupement Bédara I à Paoua.

"Les gens ont peur de le dire parce qu'ils craignent des représailles. L'APRD vole des bêtes pour les revendre ou pour les manger, et cela nous rend la tâche difficile. Les groupements agropastoraux n'arrivent plus aujourd'hui à trouver facilement une paire de boeufs".

"Les actes des coupeurs de route ont fait fuir plus de 45.000 éleveurs du nord-ouest de la Centrafrique entre 2005 et 2007, vers le Cameroun ou le Tchad", a-t-on indiqué par ailleurs de source gouvernementale.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 14:58

République Centrafricaine   




Source: Aide Médicale Internationale (AMI) 04 Jun 2008


Depuis novembre 2007, une deuxième base d'Aide Médicale Internationale est opérationnelle dans la sous-préfecture des M'brés, en République Centrafricaine. Dans ce territoire délaissé de la préfecture de la Nana Gribizi, AMI est la seule association active auprès des populations. Alors que le dispositif sanitaire local, saccagé et ravagé par plus de 20 années de conflit, est quasi-inexistant, notre ONG apporte un appui sanitaire d'urgence à 27 000 personnes isolées vivant une crise humanitaire oubliée.

 

La stratégie mise en œuvre par l'équipe consiste tout d'abord à renforcer les capacités sanitaires du centre de santé de référence (CSR) encore existant, afin qu'il soit en mesure de répondre effectivement aux besoins de la population. Aide Médicale Internationale entend aussi, en s'appuyant sur des postes de santé, mettre en place une clinique mobile pour soigner la population vulnérable vivant dans les zones les plus isolées.

 

Ainsi, par la formation des personnels locaux, l'approvisionnement en médicaments, matériels de laboratoire et médical, AMI contribue à l'amélioration du dispositif de santé des M'brés.

 

Les actions en œuvre portent sur :

- des soins de santé primaire,

- la sensibilisation et l'éducation à la santé dans 59 villages,

- la protection materno-infantile (suivi nutritionnel et consultations pré/post-natales),

- le soutien sanitaire à la préfecture dans le cadre du Programme élargi de vaccination (PEV),

- le référencement des patients vers le centre de santé de référence,

- le renforcement des compétences et capacités locales pour la mise en place de laboratoires et la transfusion sanguine d'urgence.

 

Le développement de ces activités fait écho à la permanence des besoins des populations oubliées de République Centrafricaine et traduit le renforcement du programme d'Aide Médicale Internationale auprès d'elles.



 

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 23:56

 

Ancien légionnaire d’origine allemande, devenu mercenaire pour le compte de Bozizé depuis les préparatifs de son coup d’Etat du 15 mars 2003 à Paris, Daniel Diedrich qui se faisait appeler à Bangui Demba, (un nom typiquement centrafricain) est décédé dans la nuit du 2 au 3 juin. 

 

Evacué en urgence de Bangui une dizaine de jours plus tôt, il avait été acheminé à Paris sur civière et accompagné par le Dr Féikoumon, médecin personnel de Bozizé. Admis dans un premier temps à l’hôpital militaire Bégin de Vincennes mais devant la dégradation de son état, il a été transféré ensuite au centre hépato-biliaire de Villejuif où il a finalement rendu l’âme.

 

Selon des informations provenant de l’entourage de Bozizé, ce dernier semble très affecté par la nouvelle du décès. De passage à Paris le week-end dernier lors de son retour du Japon, Bozizé se serait beaucoup inquiété dit-on, de son état avant de rentrer à Bangui.

 

La mort de ce mercenaire qui était très proche de Bozizé car il s’occupait de tous les problèmes de sécurité rapprochée de sa personne et de son régime, allonge la liste des personnalités, collaborateurs de confiance et complices de celui-ci.

 

A croire que la terre se dérobe sous les pieds disent certaines mauvaises langues qui énumèrent la disparition de son ex-conseiller financier Gonifei Ngaibonanou, puis son ancienne tête pensante et bras droit Charles Hervé Wénézoui et récemment encore, l’ex gouverneur du palais Bernard Ngaiboye, tous décédés à Paris après évacuation sanitaire.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Nécrologie
3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 23:47

 

YAOUNDE, 3 juin (Xinhua) -- La malnutrition menace sérieusement les populations déplacées à Bokarouga dans la région nord-est de  la Centrafrique à la frontière avec le Cameroun, selon le chef de  mission de Médecins sans Frontière Delphine Desgorges en poste  dans le pays. 

 

     "La situation est particulièrement grave. Cela fait longtemps  qu'on voulait ouvrir un centre parce qu'on avait noté chez les  enfants des signes de malnutrition sévères. Nous nous sommes  également aperçus que les gens vivaient dans la peur permanente à  cause des attaques des bandits et groupes armés", a déclaré  Delphine Desgorges. 

 

     "Dès qu'on a ouvert un centre, on a reçu pas mal d'enfants mal  nourris qui sont arrivés avec des familles dans un état très  précaire. Ces familles nous décrivent qu'elles mangent à peine une fois par jour avec des repas très pauvres", a t-elle poursuivi. Selon l'Onu, 200 000 déplacés vivent dans une situation  précaire de famine permanente au Nord-Est de la Centrafrique à  cause de la guerre et des assauts répétés des coupeurs de route.  

 

 

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 23:39

 

L'épouse du sénateur d'opposition congolais Jean-Pierre Bemba, détenu en Belgique depuis samedi dernier sous mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), a assuré mardi que son mari était innocent face aux accusations portées pour le comportement de ses troupes en Centrafrique en 2002-2003.


"Mon mari me dit qu'il est innocent dans cette affaire", a-t-elle affirmé au cours d'une rencontre avec quelques journalistes. M. Bemba, un ancien rebelle devenu ensuite vice-président durant la transition (2003-2006) en République démocratique du Congo (RDC), puis sénateur, est poursuivi pour des crimes à grande échelle commis par ses troupes en République centrafricaine (RCA), où elles étaient intervenues à la demande du président Ange-Félix Patassé, pour mater une insurrection.


Or, M. Patassé va bénéficier d'une amnistie en vertu d'un accord signé le 9 mai à Libreville (Gabon) entre le gouvernement de Bangui et l'Armée populaire pour la restauration de la Démocratie (APRD), a expliqué Lilia Samba Teixeira, citant l'hebdomadaire 'Jeune Afrique'.
"L'intervention (des troupes du Mouvement de Libération du Congo, MLC), à la demande d'un président démocratiquement élu, était destinée à protéger le pays et ses institutions", a ajouté Mme Bemba. Son mari comparaîtra mercredi devant la chambre du conseil, qui devra se prononcer sur son maintien en détention.

 

7/7 03/06/08 19h16

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Centrafrique-Presse.com - dans Dépêches
3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 23:38

 

Les mois d'avril et mai ont vu une montée en puissance de l'opération européenne Eufor Tchad/RCA , avec l'arrivée, mi-avril, des premiers hélicoptères français. L'ensemble des hélicoptères sera à terme rassemblé au sein d'un bataillon multinational de l'Aviation légère, basé au camp des Etoiles d'Abéché, quartier général avancé de l'Eufor.

 

Le parc sera composé d'engins français et polonais et des discussions sont actuellement en cours avec la Russie pour une éventuelle participation d'un détachement d'hélicoptères russes. L'Eufor s'appuiera sur 11 hélicoptères de types Puma, Gazelle et MI 17, servis par environ 280 personnes, auxquels pourraient s'ajouter 4 hélicoptères russes MI 8 et 120 militaires russes. Cet apport en capacités aériennes est essentiel au bon déroulement des opérations, sur une zone d'action représentant plus de deux fois la superficie de la France.

 

Fin avril, sont arrivés les premiers éléments du bataillon logistique (BATLOG), également à Abéché au Camp des Etoiles. 200 soldats logisticiens, qui seront chargés de soutenir les militaires déployés dans la zone d'opérations de l'Eufor, dans l'est du pays le long de la frontière avec le Soudan.

 

Enfin, le Bataillon multinational Sud (BMN-S) de Goz Beida, armé par les Irlandais, terminera son déploiement mi-juin, et accueillera, à terme, environ 600 soldats. Le BMN-S est le deuxième bataillon multinational à être opérationnel, après la mise en place, en mars, du BMN-Centre de Forchana, armé essentiellement par les troupes de marine français.

Plus de 2700 hommes sont déjà sur le terrain, au Tchad et en RCA.

 

Cynthia Glock


Ministère de la Défense


http://gouvactu.adminet.fr/eufor-tchad-rca-possible-participation-d-helicopteres-russes-synd0018553.html

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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 23:34

Anthony Bouthelier président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN)



 

LE MONDE | 03.06.08 | 13h38  •  Mis à jour le 03.06.08 | 13h38

 

Anthony Bouthelier, vous êtes président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) qui regroupe la plupart des chefs d'entreprises françaises présentes sur le continent. Vous venez de prendre position en faveur de la transparence des revenus des chefs d'Etat africains. Pourquoi ?

 

Tout entrepreneur gère des risques. Il a besoin d'une visibilité qui dépend de l'existence d'un Etat de droit. Or 400 milliards de dollars ont été détournés d'Afrique depuis trente ans selon l'ONU.

Les entreprises sont parmi les premières victimes de la corruption. Contrairement aux dirigeants d'Asie qui investissent dans leur pays l'argent dérobé, les présidents prédateurs africains envoient leur fortune à l'étranger. En montrant qu'ils n'ont pas confiance en leur propre pays, ils adressent un message très négatif aux investisseurs.


Les contribuables des pays riches n'acceptent plus de payer les frasques immobilières de potentats qui réclament en même temps des remises de dette. On ne peut plus attendre leur mort pour connaître leur fortune et la restituer à leur pays.

 

En quoi cela concerne-t-il les entreprises françaises établies en Afrique ?

 

Le fait que la France aide certains prédateurs africains la rend très impopulaire parmi les populations africaines. Cette impopularité risque de se retourner contre nos entreprises. Nous ne sommes pas complices des kleptocrates africains. Nos investissements se font à long terme, indépendamment du calendrier politique. La longévité de certains dirigeants n'est pas un facteur de stabilité comme on le prétend. Elle fabrique de la fragilité économique et de l'exaspération sociale.

 

Vos concurrents chinois ne s'embarrassent pas de telles précautions.

 

L'Afrique va moins mal sur le plan macro-économique et les Chinois sont les bienvenus pour soutenir cette croissance. La hausse des matières premières pourrait permettre à certains Etats africains de se payer un Etat de droit. Mais des chefs d'entreprise nous disent : "On n'y va pas car c'est trop pourri." Pour ces raisons, les Africains sont peut-être en train de rater le coche.

 

Le soutien français à certains dirigeants est souvent justifié par la défense des intérêts des entreprises françaises. Pourquoi le remettre en cause ?

 

La politique française en Afrique est parfois contre-productive pour les entreprises. L'essentiel des investissements français se fait aujourd'hui hors de l'Afrique francophone. Le soutien politique ne favorise pas nécessairement les affaires. Il nous aliène des populations dont nous avons besoin qu'elles nous acceptent. Quant à la politique d'aide publique au développement, elle a complètement échoué. Nous parviendrions à un meilleur résultat si nous pouvions nous concerter en amont avec l'Etat sur les choix d'investissements. Cela suppose une nouvelle répartition des rôles entre diplomates et entreprises.

 

Propos recueillis par Philippe Bernard

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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 12:57

 

Les jeunes Camerounais déçus par une France timorée sur les droits de l'homme en Afrique


LE MONDE | 03.06.08 | 13h38  •  Mis à jour le 03.06.08 | 13h38 Reportage

 

YAOUNDÉ, DOUALA ENVOYÉ SPÉCIAL



Placardés sur les murs, Mandela, Luther King et Guevara assistent, muets, au procès improvisé : "Depuis quarante ans que la France "aide" le Cameroun, les gens vivent-ils mieux dans ce pays ?, attaque Mouafa Djontu, dirigeant d'une association d'étudiants de Yaoundé. Elle n'est là que pour conforter ses intérêts !"

 

Au coeur d'un village de brousse, un jeune agriculteur exprime autrement des sentiments comparables : "Quand un ministre camerounais vole, c'est notre argent qui va à Paris. La France est notre marraine. Elle ne devrait pas laisser passer ça !" Nul besoin d'orienter la conversation sur l'image de la France au Cameroun. La présence d'un journaliste blanc suffit à la déclencher, quitte, parfois, à forcer le trait. Jamais d'agressivité personnelle, mais des griefs ordonnés autour de trois thèmes : le soutien de Paris à l'éternel président Paul Biya, l'exploitation des richesses du pays, et la fermeture des frontières de la France.

 

Latente, l'animosité à l'égard de la France n'est pas l'élément déclencheur des émeutes qui, à la fin février, ont fait plusieurs dizaines de morts au Cameroun. L'explosion des prix du carburant et du riz et la réforme autorisant le président, Paul Biya, au pouvoir depuis vingt-six ans, à briguer un nouveau mandat ont enflammé la rue.

 

Mais tout le monde l'a remarqué : les entreprises françaises ont été prises pour cibles, au même titre que celles que la population attribue au président. Les stations Total, les agences Orange, les kiosques du PMU ont été pillés. "Les jeunes se sont attaqués à ce qu'ils croient être la cause de leur malheur", résume Pius Njawé, directeur du quotidien Le Messager.

 

L'hostilité antifrançaise relève du politique. Aucun Européen n'a été pris à partie. Rien à voir non plus avec les années 1990, lorsqu'un mot d'ordre de boycottage des produits français accompagnait la lutte contre le parti unique. "Au Cameroun, rien n'est plus prisé que les marques françaises. Mais l'image de la marque "France", elle, passe mal", sourit Gabin Nguidjoc, 30 ans, consultante en relations publiques.

 

Branchés sur RFI, TV5 ou Yahoo.fr, les jeunes rêvent de découvrir les richesses qui, comme si elles venaient d'une autre planète, s'étalent sur leurs écrans. "Chacun veut avoir sa chance", glisse une étudiante à qui un visa pour Paris a été refusé.

 

Entre dépit et colère, les jeunes Camerounais enragent contre une "France qui ne s'aperçoit pas que l'Afrique change" et continue de traiter les Africains en enfants immatures. "Si la France voulait, les choses changeraient ici." Paris éternelle responsable ? "Voilà une rhétorique du passé dont il est difficile de se passer, tranche Jean-Jacques Ekindi, député de l'opposition. Le véritable problème du Cameroun, ce sont les Camerounais."

 

De façon inattendue, Nicolas Sarkozy a plutôt bonne presse parmi ces jeunes en rogne contre la France. Ils sont nombreux à le créditer d'une énergie inépuisable dont il ne peut sortir que du bien. "Il a demandé aux Africains de se prendre en main. Mais certains trouvent plus commode d'accuser la France", affirme une étudiante.

Mais les diplomates français en prennent pour leur grade : ils sont accusés de parler "toujours par euphémisme alors que c'est d'eux que nous attendons les offensives sur les droits de l'homme et contre la corruption". "Ils sont vieux jeu, incapables de regarder sous les jupes de l'Afrique qui est tout de même l'épouse de leur propre pays", ose l'éditorialiste radical Shanda Tonme. Les jeunes mettent en exergue les prises de position plus nettes des ambassadeurs américains ou néerlandais sur les atteintes aux libertés.

 

Mais c'est dans le domaine économique, ultrasensible pour une jeunesse massivement condamnée au chômage, que l'aigreur est la plus marquée. Le réquisitoire est récurrent : "Les Français exploitent notre port, notre bois, nos bananes. Ils se réservent les postes de direction et ne fraient jamais avec les employés. Ils donnent des ordres, mais ne vont jamais sur le terrain, ils ne construisent rien de visible." Tout le contraire des vertus prêtées aux "partenaires" chinois qui multiplient les chantiers, notamment celui du rutilant palais des sports de Yaoundé.

 

Dans l'esprit des jeunes rencontrés, la Chine "investit" réellement pour l'avenir du Cameroun. Les ingénieurs envoyés par Pékin vivent dans des baraquements et se contentent de salaires modestes alors que les Français exigent air conditionné, piscine et salaire d'expatrié. "La France dépense de l'argent pour des conférences qui ne nous donne rien sauf des politiciens corrompus. Les Chinois nous facilitent la vie en nous vendant des motos à moitié prix et des objets quotidiens abordables", tranche un jeune agriculteur.

 

Même si les coeurs restent tournés vers la France et sa langue, les regards d'admiration convergent désormais vers la Chine. Le volontarisme politique des Chinois, la fierté qui les conduit à refuser l'aide internationale sont perçus comme des vertus à importer d'urgence en Afrique. Avec un espoir largement exprimé : que la concurrence asiatique amène la France à considérer l'Afrique autrement.

 

Philippe Bernard

 

Article paru dans l'édition du 04.06.08

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Centrafrique-Presse.com - dans Droits de l'Homme et Liberté de Presse
3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 12:40

 

APA Bangui 2008-06-03 (Centrafrique) Les enseignants vacataires centrafricains du secondaire poursuivaient mardi la grève déclenchée le 27 mai dernier pour revendiquer le reliquat de leurs frais de vacation qui s’élèvent globalement à 237 millions de FCFA pour les années scolaires 2005-2006 et 2006-2007.

 

Le gouvernement s’était engagé à éponger cette dette en versant chaque semaine 10 millions de FCFA aux grévistes. Mais depuis plusieurs mois, cet engagement n’est plus respecté, d’où la colère des enseignants vacataires qui menacent de boycotter les examens de fin d’année s’ils n’obtiennent pas satisfaction.

 

Le gouvernement reste à devoir 37 millions de FCFA de frais de vacation au titre de l’année 2005-2006 et plus de 200 millions pour l’année 2006-2007. En raison de l’insuffisance des enseignants, la Centrafrique est contrainte de s’attacher les services de jeunes diplômés en instance d’intégration pour dispenser des cours dans les collèges et lycées du pays.

 

Ce sont ces enseignants vacataires qui se sont mis en grève le 27 mai dernier pour revendiquer le reliquat de leurs frais de vacation.

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