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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 01:46

 

 

 

Boz seul

 

 

La perception et conception des hommes pendant ce 21ème siècle a tellement évolué et amélioré que les erreurs humaines sont difficilement acceptées par tous, car avec l’air de la technologie et de la communication hautement perfectionnées et accessible à moindre cout. La question qui mérite d’être posée aujourd’hui  aux hommes à la commande hier en Centrafrique et ceux qui viennent de prendre la reine des choses est de savoir dans quelle logique se sont –ils inscrits pour imprimer un changement réellement positif tant souhaité et voulu par la communauté centrafricaine pauvre dont l’épanouissement échappe à tout vent ?


Depuis la nuit des temps la guerre qui est synonyme de désolation n’a jamais mis un terme aux différends des hommes de manière définitive. Si ce n’est que la conception de la grossesse du gagnant par le perdant en vue d’une vengeance planifiée le moment venu du perdant. Si l’on se réfère à l’adage qui je cite : « Qui veut la paix prépare la guerre ». Ce maxime ne signifie nullement s’entêter de tout et à tout mais s’assurer d’une garantie dit dispositif humain, matériel et financier capable d’atténuer ou de dissuader une capacité de nuisance endogène ou exogène inquiétante. Tel n’est pas le cas du régime défunt qui s’est tranquillement inscrit dans la logique du confusionnisme d’où le résultat auquel leur gestion a-t-elle abouti. Et de surcroit dans une famille émaillée des professionnels des armes. Aujourd’hui  ils sont tous au fonds du gouffre avec les armes amasser avec les ressources des pauvres contribuables Centrafricains. Quel paradoxe ?


L’accumulation des richesses illégales dans l’égoïsme les ont affaiblis et éblouis de leur métier premier de professionnel des armes d’où le non maitrise de la logique de faire la guerre ou du moins d’en empêcher.


La paix qui n’est rien d’autre chose que la cohésion sociale échappe grandement à Bozizé et ses acolytes prophètes de la mort de Bangui. L’harmonie sociale, le concorde sociale, la cohésion sociale bref l’absence de troubles, de conflits, de guerre, de différends impriment de manière indélébile la logique d’épanouissement de toute une communauté, de tout un peuple. Le régime défunt n’a su s’y prendre à cela. La paix chantée à la radio, télévision, dans les différents fora, pendant les campagnes électorales, bref dans des différentes instances institutionnelles ou non n’est que l’opium pour le peuple Centrafricain.


L’avènement de l’évènement du 24 mars 2013 qui vient d’assombrir le pays dans un chaos sans précédent est le moment à jamais ou Bozizé et ses hommes doivent prouver aux yeux du peuple Centrafricain ce dont il se réclame de sa légitimité afin de lui rétablir ou restaurer la paix. Mais hélas ! On ne peut pas vouloir une chose et son contraire d’où l’homme du 15 mars n’a su maitriser les tenants et aboutissants des choses en choisissant la tangente vers une terre ou les autres ont su instaurer la paix pour un bon vivre de son peuple. Quel honte ?


Il importe à ce que l’exécutif d’aujourd’hui puisse en tirer les leçons de leurs prédécesseurs pour la suite de leur parcours à la tête de la magistrature suprême. Comme tout le monde actuellement est épris de paix, nous attendons à ce que cela soit une réalité indéniable pour tous sans exclusion. Qu’ils choisissent dès lors leur camp de manœuvre soit de faire la paix ou de faire la guerre. Seul l’avenir nous le confirmera.

 

Fidèle et Infatigable lecteur de Centrafrique Presse

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 01:31

 

 

 

Michel Djotodia 2

 

 

http://www.courrierinternational.com

 

La Nouvelle Tribune  Léonce Gamaï  4 avril 2013

 

Difficile de croire que Michel Djotodia, le président autoproclamé, changera les mœurs d’un pays condamné aux coups d’Etat.


Les engagements du nouveau président centrafricain, Michel Djotodia, ses premiers actes et l’histoire de la succession au pouvoir en Centrafrique ne rassurent guère quant à l’avenir du pays, avec la Séléka aux commandes. 

 
Quelle sera la suite des événements ? C’est la question qui taraude les esprits depuis que, dimanche 24 mars 2013, les rebelles de la Séléka ont mis fin au régime du désormais ex-président François Bozizé. Mais l’analyse de la situation suscite beaucoup de réserves et alimente même le pessimisme. Les premiers pas du nouvel homme fort du pays, l’ambiguïté de son discours et un regard rétrospectif sur l’histoire politique de la Centrafrique fondent ce pessimisme. Ce n’est sans doute pas demain qu’un nouveau jour plein d’espoir se lèvera en Centrafrique, pour le bonheur de tous les Centrafricains.  


D’une pseudo-démocratie à une transition autocratique. Ainsi peut-on qualifier la Centrafrique dans son état actuel. François Bozizé, arrivé au pouvoir en 2003 après avoir renversé le régime d’Ange-Félix Patassé, ne pratiquait depuis qu’un simulacre de démocratie, avec à la clé une gestion patrimoniale du pouvoir. Sa gouvernance n’a pu permettre au pays de sortir de la misère, malgré ses ressources minières, notamment en uranium. Quant aux différentes élections présidentielles et législatives, on sait les conditions dans lesquelles il les a remportées.  Michel Djotodia, qui a mis fin à cette pseudo-démocratie de Bozizé, instaure, lui, une autocratie. Et ses premières décisions en témoignent. Comme tous les putschistes africains, Djotodia a décidé de suspendre la Constitution et de dissoudre le Parlement. Conséquence : il veut désormais légiférer, et ce jusqu’à la fin de la transition, dans trois ans, par décrets et ordonnances dans la conduite des affaires du pays. Quel bon élève ! Djotodia a appliqué malheureusement avec succès le mode opératoire des putschistes africains une fois qu’ils ont pris le pouvoir. Ainsi, pendant les trois prochaines années, les Centrafricains devront vivre selon les humeurs, les caprices et les lubies de Djotodia et des autres hommes forts de la Séléka, cette nébuleuse qui n’a visiblement pas encore livré tous ses secrets.  

Dichotomies 

Trois contradictions entre les paroles de Djotodia et ses actes interpellent. Primo. “Nous nous engageons à conduire désormais les destinées du peuple centrafricain pendant cette période de transition consensuelle de trois ans, conformément aux accords politiques de Libreville.” C’est en substance ce qu’a affirmé le putschiste et président autoproclamé lors d’un discours à la presse, lundi dernier. C’est ce qui justifie d’ailleurs le fait qu’il ait maintenu Nicolas Tiangaye, nommé Premier ministre dans le cadre des accords de Libreville, à son poste. Ce vœu de voir les accords de Libreville mis en application par la Séléka, Martin Ziguélé, leader du plus grand parti politique centrafricain, l’a exprimé dans une interview qu’il a accordée à RFI mardi 26 mars. Mais les accords de Libreville que Djotodia s’engage à respecter, il les a déjà violés en suspendant la Constitution du pays.  


Secundo. Michel Djotodia a promis une “transition consensuelle”. Cela suppose que toutes les forces du pays (politiques et civiles) soient associées à la prise des importantes décisions. Mais on n’a pas vu la classe politique et la société civile associées à la décision de suspendre la Constitution et de légiférer par décrets et ordonnances. 


  Tertio. Les accords défendent aux acteurs de la transition d’être candidats à la présidentielle de 2016. Pourtant, à ce propos, l’interview de Djotodia à RFI lundi 25 mars dit tout sur ses véritables ambitions. “Je n’ai pas dit que dans trois ans je remettrais le pouvoir. J’ai dit que d’ici trois ans nous allions organiser des élections libres et transparentes avec le concours de tous les acteurs.” Ainsi a répondu Djotodia lorsque notre confrère a voulu savoir si dans trois ans la Séléka allait organiser les élections et remettre le pouvoir.  


Frustrations 

Djotodia est donc venu pour aller à l’école de Patassé et de Bozizé. Prendre le pouvoir par les armes, organiser des simulacres d’élections et se faire élire président de la République. S’ensuivra alors une gouvernance pour contenter non pas les Centrafricains, mais plutôt ses proches et ses acolytes. 


Au finish, les acteurs politiques, la société civile et le peuple se feront berner. Bonjour aux frustrations. Recours encore aux armes. On a des raisons d’être réservé quant à leur capacité à réunir tous les acteurs autour des vrais problèmes de la Centrafrique afin de trouver à ceux-ci des solutions durables. Et, sans être trop prétentieux, on peut affirmer que le régime putschiste de Djotodia ne pourra pas mettre fin au “centrafrico-pessimisme” d’une bonne partie des observateurs. La Centrafrique n’est pas sortie de l’auberge.

 

CONTEXTE — La Séléka, rébellion composite

 

●●● Depuis le coup d’Etat de 2003 qui a vu l’arrivée au pouvoir du général Bozizé, de nombreux mouvements rebelles ont régulièrement pris les armes en Centrafrique. Parmi eux, l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) et la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). En 2011, après une élection présidentielle qui a vu la reconduction de Bozizé à la tête du pays, ces deux groupes rebelles ont signé un accord de paix avec le gouvernement. Mais, le 10 décembre 2012, plusieurs factions dissidentes ont pris les armes, considérant que les accords de 2011 n’étaient pas respectés : la Séléka (“Alliance” en langue sango) était née. Son objectif : la chute du président Bozizé. A sa tête, Michel Djotodia, ancien diplomate et fondateur de l’UFDR. Entre décembre et janvier dernier, la rébellion parvient à contrôler les trois quarts du territoire. De nouveaux accords de paix sont signés à Libreville (Gabon) le 11 janvier 2013. Un gouvernement d’union nationale est formé, incluant plusieurs personnalités de la Séléka. Mais les rebelles reprennent les armes le mercredi 20 mars, jusqu’à l’assaut contre le palais présidentiel à Bangui le dimanche 24 mars.

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 00:45

 

 

 

BJ 75 Séléka

 

La gestion du pouvoir par François Bozizé de manière opaque, clanique, familiale et calamiteuse a conduit à une volonté de changement par le peuple centrafricain. Mais celui-ci ne s’est pas réalisé dans la règle de l’art par un coup de force des rebelles et nous revoilà 10 ans en arrière.

 

Malgré une page enfin tournée et un changement tant attendu, la mise à l’écart du Général et ex-président par les Hommes de la SELEKA a fait encore coulé du sang et les inquiétudes demeurent chez  le peuple Centrafricain.

 

Quant à l’avenir démocratique  du pays, l’intention de la SELEKA  de  mener la transition dans un délai raisonnable et de rétablir la paix peut tout de même nous faire envisager l’avenir avec optimisme.

 

J’appel la SELEKA, l’opposition Démocratique et les partis Civils de tirer la leçon du passé et d’éviter à tout prix le manque de clarté, de décision démocratique et de concertation.

 

J’appel toutes les Centrafricaines et tous les Centrafricains à être maintenant vigilant face à des personnes qui étaient responsables de la souffrance atroce du peuple Centrafricain et qui aujourd’hui tourne leur veste pour  défendre les  SELEKA, l’audace ne justifie pas tout.

 

J’appel la Diaspora Centrafricaine dans le monde à être conscient et soucieux du développement de notre pays qu’il est temps de prendre nos responsabilités car le pays a plus que besoin de nous.

 

J’appel encore  les politiques de se réunir, d’engager un dialogue franc, démocratique,  Républicaine afin de poser le fondement d’une Centrafrique nouvelle comme il a été fait au Sénégal par  l’opposition lors des dernières élections présidentielles.

 

Pour cette fête de Pâques, nous demandons à Dieu de nous aider à relever la tête.

 

 

Le 1 Avril 2013, à Avignon


St Cyr  NGOUYOMBO 

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 00:17

 

 

 

Bozizé heberlué

 

 

http://www.lefaso.net    mercredi 3 avril 2013

 

« Si nous nous retrouvons à la tête de l’Etat, ce n’est pas, croyez-moi, par une quelconque ambition politique mais par devoir national ». J’adore les déclarations des putschistes. Et le discours de Michel Djotodia, samedi 30 mars 2013, à Bangui, vaut son pesant d’or : « Je demande à Dieu tout-puissant de nous donner la force et l’intelligence à moi et à mon premier ministre […] de bien gérer la Centrafrique pendant les trois ans à venir. Nous allons remettre le pouvoir à celui qui viendra nous succéder […] Il n’y aura pas de chasse aux sorcières car nous devons ériger la tolérance, le pardon et le dialogue en méthode de gestion des affaires de l’Etat ».

 

Les hommes politiques se succèdent au pouvoir en Centrafrique avec toujours quantité de promesses ; jamais tenues. David Dacko (1960-1966) a été le premier d’entre eux. Viré du pouvoir par Jean-Bedel Bokassa (1966-1979), il y était revenu (1979-1981) à la suite d’une intervention militaire (opération « Barracuda ») montée par la France. Avant que le général d’armée André Kolingba (1981-1993), « soucieux du devenir de son pays, décide de mettre un terme à la période d’anarchie que connaît la République centrafricaine et qui hypothéquait dangereusement l’avenir du pays », ne décide de l’en déloger. Ange-Félix Patassé (1993-2003), après avoir échoué en tant que putschiste, va remporter la présidentielle de 1993 et dix ans plus tard (15 mars 2003) sera dégommé par François Bozizé (2003-2013) qui, à son tour, va l’être, une fois encore au bout de dix ans. Il faudrait une bonne dose de naïveté pour croire que ce nouveau coup de force va, définitivement, changer la donne politique en Centrafrique.

 

J’attendais la rébellion au pouvoir à Bangui pour le 31 décembre 2012 (cf. LDD Centrafrique 013/Mercredi 26 décembre 2012), histoire de rappeler que c’est « dans la nuit de la Saint-Sylvestre » 1965 que le colonel Bokassa s’était installé à la tête de la République centrafricaine. Mais Djotodia a préféré « négocier » à Libreville un accord particulièrement boiteux. Il a raté aussi le dixième anniversaire du coup d’Etat (15 mars 2003) qui avait permis à Bozizé de renverser Patassé. La symbolique est quand même au rendez-vous : Djotodia a conquis Bangui le dimanche 24 mars, jour des Rameaux, commémoration de l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem sous les acclamations du peuple. Mais on sait que cette affaire-là a, rapidement, mal tourné. Enfin, passées la Passion et la Résurrection, restent l’Ascension et la Pentecôte. Des raisons de ne pas totalement désespérer ?

 

Dacko (mort en 2003), Bokassa (mort en 1996), Kolingba (mort en 2010), Patassé (encore vivant) n’avaient pas laissé de regrets. Bozizé n’en laisse pas non plus. Avant d’instaurer le sien, il avait été de tous les régimes : Bokassa l’avait fait général de brigade à 32 ans ; Dacko (lorsqu’il était revenu au pouvoir) l’avait nommé ministre ; Kolingba avait fait de même ; Patassé l’avait promu chef d’état-major. Aujourd’hui, à l’instar d’Amadou Toumani Touré au Mali, Bozizé s’est enfui. Sans doute pas à pied ; c’est avec effarement que l’on découvre dans le magazine du Monde, la photo de la flopée de Mercedes de la Présidence de la République (pas moins de sept sont visibles sur la photo ; et comme l’une d’entre elles est immatriculée 011 PR, on peut penser qu’il y en a quelques autres qui ont rejoint le Cameroun). Tandis que sur le site de la présidence de la République centrafricaine, il est encore proclamé que le pays aura « un avenir gagnant avec François Bozizé ». Et là on a une certitude : ce ne sera pas avec lui… !

 

En Centrafrique (et dans la région sans oublier les institutions continentales) on ne cesse de se réjouir du départ brutal des « présidents ». Reste que la question se pose à chaque fois : « Eh oui, mais après… ? ». Ce ne sont pas les médias panafricains qui vont poser la question. Chaque « alternance » est l’occasion de multiplier les « messages » et autres « publi-information ». Et Bozizé a pu, à l’instar de ses prédécesseurs, longuement et fréquemment, « communiquer » sur la réussite de sa politique. Il le disait encore à François Soudan (Jeune Afrique du 24 mars 2013) lors de leur entretien, au Palais de la Renaissance à Bangui, le 13 mars dernier : « Après tous les efforts consentis pour redresser la Centrafrique, 2013 allait être l’année du décollage ». Le seul qui ait décollé, c’est Bozizé (sans oublier sa famille et ses proches qui ont pris la poudre d’escampette dès la fin de l’année 2012). « A aucun moment je n’ai songé à fuir. J’étais prêt à me battre jusqu’au bout […] Je sais désormais sur qui je peux compter dans mon entourage et je sais qui a failli. Ceux-là se sont démasqués » ajoutait-il au sujet des événements de décembre 2012 dont il dit n’avoir jamais perdu la maîtrise : « Toutes les dispositions avaient été prises pour que les rebelles soient arrêtés aux portes Bangui ».

 

Onze jours plus tard, les portes de Bangui ont été franchies et Bozizé n’est pas resté les armes à la main pour défendre un pouvoir dont il revendiquait pourtant la légalité et la légitimité. Djotodia, dont nul ne sait vraiment d’où il vient et, surtout, qui sont ses sponsors, s’est positionné comme « le nouvel homme fort de Centrafrique » et a annoncé qu’il « remettra le pouvoir » en… 2016 (ce qui est, d’ailleurs, la prochaine échéance électorale présidentielle selon le calendrier initial). Il espère être, dit-il, « le dernier chef rebelle président de la Centrafrique ». D’ici là, affirme-t-il, il inscrira son action dans le cadre de l’accord de Libreville signé le 11 janvier 2013. Il a reconduit d’ailleurs à son poste de premier ministre, l’homme qui avait été désigné pour ce job par l’accord signé dans la capitale gabonaise.

 

Nicolas Tangaye est un avocat (il a même été l’avocat de Bozizé en 1989 après avoir collaboré avec le défenseur de « l’empereur Jean-Bedel Bokassa » : Francis Szpiner), fondateur et ancien président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme. Tiangaye aurait aussi participé à la rédaction de la Constitution de 2004, celle que Djotodia a entrepris de suspendre. Il s’était présenté à deux reprises, en 2005 et 2011, aux élections législatives et avait été battu deux fois. Il n’a donc pas rejoint l’Assemblée nationale que Djotodia vient de dissoudre, ayant décidé de « légiférer par ordonnances ». Sur RFI, Tiangaye a eu ce commentaire étonnant (plus encore pour un juriste ancien constitutionnaliste) sur son job : « Je ne cautionne pas un coup de force. J’ai été désigné premier ministre dans le cadre des accords de Libreville. Et c’est ce processus qui se poursuit, donc il ne s’agit pas d’une caution à quel que coup d’Etat que ce soit »*.


En Centrafrique, l’endroit vaut l’envers. Et toute médaille, y compris celle de putschiste, a son revers. Djotodia est au pouvoir ; et Tiangaye y demeure. Ils ont formé un gouvernement dit « d’union nationale » (c’était déjà la dénomination du gouvernement formé au lendemain de l’accord de Libreville) qui comprend pas moins de 34 ministres et ministres délégués (dont cinq ministres d’Etat). Il est composé de membres de la « rébellion », d’opposants au précédent régime, de membres de la société civile et même d’un proche de Bozizé. Un gouvernement de bric et de broc pour un pays qui n’en finit pas de sortir des ténèbres. Et d’y retourner. François Soudan, qui est le dernier journaliste à avoir interviewé Bozizé en tant que président de la République (cf. supra), lui a posé la question : « Pourquoi Dieu a-t-il abandonné la Centrafrique ? ». Réponse de Bozizé : « S’il existe encore une lueur d’espoir malgré tous nos pêchés, c’est que Dieu ne nous a pas tout à fait oubliés ». Difficile de s’en convaincre.

 

* Depuis Paris, dans une lettre publique adressée le 29 mars 2013, Marie-Reine Hassen, qui a connu à la fois la prison et le lit de Bokassa (il l’a épousée de force, à seize ans, après que son père – un administrateur de la France d’outre-mer proche de David Dacko – et sa famille aient été, eux aussi, embastillés), ancienne ministre de Bozizé et candidate à la présidentielle 2010, souligne que l’accord de Libreville prenait en compte que François Bozizé demeurait chef de l’Etat jusqu’à la prochaine échéance présidentielle à laquelle il n’aurait pas été candidat. Bozizé n’étant plus là, elle considère, à juste titre, que l’accord de Libreville n’a plus de sens (si tant est qu’il en avait un le jour de sa signature le 11 janvier 2013, ce que conteste aussi Hassen).

 

Jean-Pierre BEJOT   La Dépêche Diplomatique

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 18:48

 

 

 

boganda.jpg

 

 

Mardi 2 Avril 2013 - 16:00

 

« Rien ne s’accomplit de grand sans de grands hommes. » Charles De Gaulle 

 

 

Cher Patriarche Barthélémy BOGANDA, vous fûtes un grand homme ! Vous appartenez sans aucun doute à la communauté des Africains du siècle, ces Africains qui méritent éternellement reconnaissance. Vous faites partie de ces braves combattants, pères de notre (nos) indépendance(s), témoins des jours heureux et des deuils partagés. 

 

Votre pays fut jadis une terre bienheureuse. La Centrafrique, ancien Oubangui-Chari (du nom des ces deux grands fleuves qui cernent ce territoire) est un beau pays au beau paysage, aux ressources abondantes. Mais, quel gâchis ! 


En ce dimanche saint, ce dimanche des Rameaux, l’information a fini de faire le tour du monde : les rebelles de la coalition SELEKA sont entrés à Bangui, obligeant le Général François Bozizé à plier bagages, à céder le trône, trône qu’il avait lui-même conquis par les mêmes procédés. Si le dimanche des rameaux commémore l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, l’entrée des rebelles dans la capitale centrafricaine en cette veille du dernier dimanche avant pâques ne saurait être glorieuse. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire… Triste ! 

 

Cela me choque, cela me rend triste le fait que ce pays que vous avez tant aimé, vous le grand panafricaniste, soit suspendu de l’Union Africaine par son Conseil de Paix et Sécurité. La mesure est juridiquement et politiquement juste mais le fait que la Centrafrique l’ait méritée est lamentablement regrettable. Le comportement de ses élites est inacceptable (coups d’Etat, complots, putsch, subversions, rebellions…).

 
A tout point de vue, Barthélémy BOGANDA a été un patriote sincère, un panafricaniste convaincu. Député de l’Oubangui-Chari de 1946 à 1958, il se distingua par ses prises de positions courageuses et son sens aigu des responsabilités. Rien d’étonnant pour ce géant dont le nom(Boganda) signifie dans une des langues locales : « Je suis ailleurs, je ne suis nulle part ». Rien d’étonnant pour ce chrétien qui avait très tôt exprimé sa volonté de devenir prêtre. C’est en 1946 que Mgr Grandi, évêque de Bangui l’incite à compléter son œuvre humanitaire et sociale par une action politique. Il est donc clair que Boganda est entré en politique au nom des plus hautes vertus, au nom d’un devoir sacré. En est- il de même pour ses successeurs ? Excepté Abel GOUMBA et dans une moindre mesure David DACKO, tous ses successeurs n’ont jamais eu ce sens élevé des devoirs et cet absolu désintéressement. Boganda a été un grand panafricaniste. Pendant la période de l’autonomie interne des territoires, le patriarche Boganda avança l’idée d’une grande République Centrafricaine élargie à quatre territoires (l’Oubangui Chari, le Tchad, le Congo Brazzaville et le Gabon). Il avait fait de son mieux, malheureusement ! Selon Abel GOUMBA, compagnon de Boganda et ancien vice- président de la Centrafrique, interrogé par France 5, lorsque le patriarche envoya une délégation à Libreville pour présenter ce projet de fédération, ils(les membres de la délégation) n’ont même pas été autorisés à fouler le sol gabonais. C’est ainsi que la délégation n’a même pas pu s’entretenir avec ceux qui tenaient uniquement à leur « petit Gabon ». Comme Houphouët Boigny de la Cote d’Ivoire, Léon MBA ne voulait pas que « son petit Gabon » devienne la « vache laitière » pour d’autres Etats. Triste ! Et pourtant, Boganda ne comptait pas s’arrêter là car, il voyait l’unité africaine en trois étapes : la République Centrafricaine d’abord, l’Union des ex-colonies des pays de langue latine ensuite et enfin la Grande Union Africaine. Dommage ! 

 

C’est cette grande icône de l’engagement politique, ce membre du cercle des vrais leaders africains qui a disparu un dimanche de Pâques 1959, dans un accident d’avion dont les causes ne sont toujours pas élucidées. 


Cher patriarche, votre disparition a plongé vos militants et votre pays dans un grand désarroi. La Centrafrique pleurera toujours son digne fils ! C’est votre cousin David DACKO, un instituteur, qui vous succéda mais il fut renversé fin 1965 par son cousin Jean Bedel BOKASSA, chef des armés qui a réussi à retourner la situation en sa faveur en neutralisant la gendarmerie. Et le calvaire commença ! C’est comme qui dirait que les deux grands fleuves de votre beau pays : l’Oubangui et le Chari commençaient à tarir, à ne plus être cette source à la grande eau. 


Bokassa se fait couronner empereur en 1977. Bokassa 1er, Empereur de Centrafrique, s’appelait-il. Celui qui, pendant quatorze ans régna sur la Centrafrique, mérite assurément de figurer au panthéon de la bouffonnerie. Sous l’hermine, se cachait un dictateur aux méthodes impitoyables. Comme un tigre en papier ne peut jamais tenir longtemps, Bokassa est renversé le 21 septembre 1979 alors qu’il se trouvait en Libye par l’opération Barracuda sur ordre du président français Giscard D’ESTAING. Un transit français dépose sur l’aéroport de Bangui son successeur (et prédécesseur) David Dacko, encore étonné du rôle qu’on lui a fait jouer. Vous avez toujours su que la France ne fait jamais les choses gratuitement. Les événements suivants vous donneront raison parce qu’il fut chassé du pouvoir le 1er Septembre 1981 par le Général André KOLINGBA qui instaura un régime militaire. KOLINGBA régna jusqu’à 1993, année où, suivant le courant de la démocratisation lancé par le sommet de la Baule, les premières élections multipartites ont lieu et Ange-Félix PATASSE est élu président de la République. Malheureusement, cette parenthèse démocratique sera de courte durée. En 2001, une tentative de coup d’Etat provoque de violents affrontements à Bangui. Malgré l’intervention de la communauté internationale (MINURCA), le 15 mars 2003, le Général François Bozizé réussit, avec l’aide de militaires français et de miliciens tchadiens un nouveau coup d’Etat et renversa le Président Patassé. Et le samedi dernier, les rebelles de la coalition SELEKA ont annoncé leur entrée dans Bangui, demandant aux Forces Armées Centrafricaines(FACA) de ne pas combattre et au Président François Bozizé de quitter le pouvoir ; quelques heures plus tard, ils prennent le palais présidentiel. 
Voilà cher patriarche, l’histoire de votre patrie depuis que vous êtes partis rejoindre les cieux. 


De l’outre-tombe, vous ne devez vraiment pas être fier de cette nation, je le présume. La vie (ou la mort) ne vous a même pas donné la chance de voir votre pays accéder à l’indépendance totale(en 1960) mais vous vous êtes acquitté de votre tâche avec abnégation. Pendant l’autonomie interne (à partir de 1958), votre pays étant devenu une République, vous l’avez dirigé en tant que chef charismatique, soucieux des préoccupations de son peuple. Hommage doit vous être rendu, comme du reste il doit l’être à tous ces patriotes africains, héros combattants, à qui nous devons l’indépendance dont certains sont hélas souvent mal connus. Sur ce registre, nous rendons un vibrant hommage à Kenneth KAUNDA, premier Président de la Zambie indépendante (ex Rhodésie du Nord), quoique l’on puisse dire. Surnommé le « Gandhi Africain », KAUNDA a été inspiré dans son action politique et son comportement de tous les jours par les préceptes que GANDHI a enseigné aux communautés indiennes : non violence, désobéissance civile, résistance passive. Hommage et reconnaissance doivent être aussi rendu au camerounais Ruben UM NYOBE, surnommé Mpodol (le sauveur). C’est à lui que l’on doit la réunification du Cameroun par un discours mémorable à la tribune des nations unies. Il est l’une des figures emblématique de la lutte pour l’indépendance du Cameroun. Um Nyobé est mort assassiné par l’armée française le 13 septembre 1958. Il partagea cette fin tragique avec ses compagnons Félix- Roland MOUMIE et Ernest OUADIE. Il est vrai que UM NYOBE est proclamé héros national du Cameroun en juin 1991, cependant, il mérite d’être mieux connu et toute son œuvre ressuscitée. 


Que dire de Patrice Lumumba, leader du MNC (Mouvement National Congolais) qui refusa le paternalisme belge ? Lumumba est un héros, un martyr, sacrifié par les plans sordides des belges combinés aux tactiques de la CIA, avec la complicité de certains de ses compatriotes, des figures affreuses qui ne voyaient pas au-delà du bout de leur nez. Quant à Lumumba, lui et deux de ses compagnons moururent atrocement, torturés, assassinés et leurs corps jetés dans une cuve d’acide sulfurique. Tout cela parce qu’il défendait la dignité de son peuple et l’unité de son pays (empêcher à tout prix les velléités sécessionnistes du Katanga et du Kassaï). Au Sénégal, le temps est venu de redonner à Mamadou DIA et à Valdiodio NDIAYE toute la place que méritent ces vieux lions, artisans de notre indépendance. Parlant d’eux je pense naturellement à au Mali avec la grand Modibo Keita… La lise est longue ! 


Assurément, les coups d’Etat en Afrique constituent un frein pour la démocratie, un véritable cancer. Les bruits de botte et des armes est de plus en plus assourdissant sur le continent. Il est temps de mettre un terme à ce cycle infernal, ce cycle peu honorable. Il s’agira d’accepter courageusement de mettre un terme aux « tutelles » et au « parrainage ». Collaborer avec l’ancien colonisateur sur des bases claires empreintes de respect réciproque et de sincérité. Il est impératif d’arrêter de convoiter les trônes que pour les lambris dorés du pouvoir, pour des intérêts égoïstes ou pour se venger de frustrations exclusivement personnelles. L’Afrique doit avancer, donc les africains doivent changer. Les informations reçues du continent périodiquement sont inquiétantes. Il appartient à la jeunesse africaine d’exiger un changement de comportement des élites en vue d’envisager l’avenir avec beaucoup plus de sérénité et d’espoir. Ce continent regorge de ressources innombrables, de talents connus ou cachés, une histoire, des leaders qui ont combattu pour l’indépendance et qui nous ont légué un héritage inestimable. 

Il est temps que nous apprenions à noyer les passions particulières dans un bain de volonté générale, apprendre à nous surpasser pour sauver l’Afrique. 


Boganda, vous aviez œuvré pour la cohésion, pour une Afrique prospère, c’était votre cri de cœur qui exaltait les vertus de l’unité, de la dignité et de la grandeur africaine. Votre projet de la grande République Centrafricaine avait commencé à inquiéter les milieux colonialistes, aidés par d’autres dirigeants africains qui n’avaient pas la même clairvoyance que la votre, c’est pourquoi vous vous êtes contentés d’une République Centrafricaine épousant les seules limites de l’Oubangui-Chari. 


Nonobstant ces tourbillons, ces coups d’Etat, ces complots, ces reniements, il est encore possible de remettre ce pays sur les rails du progrès. Et j’ose espérer que la prochaine fois, je vous rendrais compte des choses moins tristes. Pourquoi pas, assez glorieuses ? 





Amadou Tidiane FALL 


Administrateur Civil, 


Doctorant en Philosophie Politique 


Email : atf370@hotmail.com


Dakar-Sénégal 

 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 15:43

 

 

 

Bangui centre ville encombré

 

 

Au lendemain de chaque changement politique qui intervient en Centrafrique, toutes les interventions et positions des multiples organisations qu’elle soit politiques, civiles, etc. à l’adresse du nouveau Président de la République sont les mêmes. Celles qui consistent à faire son éloge à travers des manifestations de grande envergure : les marches de soutien et les messages de félicitations. Ce constat est valable pour tous les régimes passés. Que cela soit un régime issu des urnes que celui issu des coups de force. La perception et l’appréciation des responsables des forces vives de la nation ne sont pas bien réfléchi à l’avance. L’habitude généralement constaté est d’hisser au plus haut sommet celui qui vient de commencer ou de renouveler son mandat à travers des messages radiophoniques pompeux provenant des entités  avec des contenus similaires.


Il est temps de convertir cette pratique érigé en méthode de tromperie voilé d’égoïsme qu’à un autre dit d’intérêt national ou collectif.


Nous pensons qu’il serait mieux face à des pareils changements de retenir son souffle en s’abstenant des vieilles pratiques de messages de félicitation à l’endroit du Président de la République ; l’observant et  l’évaluant au bout d’une période donnée par exemple 100 jours après sa prise de pouvoir c’est-à-dire 3 mois,  avant de lui faire pleuvoir les messages de félicitation. Telles est la méthode d’un enseignant qui après avoir dispensé sa matière aux élèves, laisse une période à ses derniers d’étudier la discipline avant de les évaluer. C’est pourquoi, je pense qu’il serait mieux de s’inscrire dans cette dynamique c’est-à-dire de prendre un peu de recul de voir les choses autrement avant de s’y prononcer efficacement c’est-à-dire avec des ajustements si cela est nécessaire.

 

Un fidèle lecteur de CAP

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 22:53

 

 

 

Adolphe Pakoua

 

 

La question posée comme titre de cet article ne peut surprendre tout âme connaissant l’histoire de l’Afrique pendant la saison pluvieuse des indépendances de ses différents pays, et plus particulièrement la « boutade » de celui-là qui fut considéré comme un oiseau de mauvaise augure lorsqu’il pronostiquait le mauvais départ de l’Afrique, avec l’accession à l’indépendance d’une très grande partie de ses territoires. René DUMONT fut cet oiseau qui avait lancé la célèbre phrase : « L’Afrique est mal partie. »

 

Sorti  des ténèbres de la colonisation à la suite de la lutte acharnée d’un de ses fils, celui-là même qui sera reconnu après sa mort accidentelle survenue le 29 mars 1959 comme père de la nation centrafricaine, le CENTRAFRIQUE a du mal à sortir de sa torpeur. Pendant la courte période de son existence qui lui avait permis de mener la lutte vers la liberté pour son peuple, Boganda a laissé à son pays,  un héritage qu’aucun de ses successeurs n’a pu se flatter d’avoir égalé ou surpassé. Nul  besoin de rappeler à la mémoire de chacun quels furent  ces différents successeurs et quel fut le palmarès de chacun d’eux. Aujourd’hui, les centrafricains restent divisés. Divisés à cause d’un fanatisme aveugle dont ils ont le plus grand mal à se sortir.

 

Nombreux sont les fanatiques de feu président Kolingba qui ont du mal à accepter les erreurs commises lors de la gouvernance de celui qui fut leur idole. Nombreux sont les fanatiques de feu président Patassé qui ont du mal à admettre les erreurs commises lors de la gouvernance de ce dernier. Nombreux sont les fanatiques du dernier président déchu François Bozizé qui ont et auront à leur tour beaucoup de mal à admettre les erreurs de gouvernance de ce dernier.

 

Est-ce parce que ces fanatiques étaient de la même tribu que ces différents présidents ? Est-ce parce qu’ils ont tiré grand profit des systèmes de gouvernance mis en place par ces différents leaders qu’ils ont été et qu’ils sont incapables de voir la réalité en face ? Et la réalité aujourd’hui, c’est que tout le monde s’accorde à se poser la question de savoir si le CENTRAFRIQUE serait dirigé de l’extérieur. Et si tel était le cas, ce serait admettre le fait que les Centrafricains ne seraient pas capables d’administrer leur pays et de gérer eux-mêmes leurs affaires internes. Triste constat, constat difficile à admettre et pourtant évident. 

 

Le 24 mars 2013, la Seleka faisait son entrée à Bangui, provoquant la désertion de son poste du président Bozizé, cela après de multiples tentatives de la part des partis de l’opposition démocratique, pour restaurer un climat de paix et de confiance dans la gestion du pays. Malheureusement, il fallait s’en remettre à l’évidence et reconnaître le coup de force de la Seleka comme un véritable coup d’Etat. Ce n’est pas le premier du genre. Le CENTRAFRIQUE en est habitué au point de ne plus rien connaître de démocratique en ce qui concerne l’accession à la Magistrature Suprême. Il suffit d’avoir une arme bien sophistiquée pour être sûr de s’asseoir un jour dans le fauteuil présidentiel ; qu’on ait un programme de développement ou pas pour le pays. L’essentiel est d’arriver à ses fins, tant pis pour la nation et son peuple.

 

L’action de la Seleka doit d’abord interpeller la Seleka elle-même pour constater que ce pays ne mérite pas le sort qu’on lui a réservé jusqu’ici et qu’une action en profondeur de l’éducation du peuple, de l’organisation administrative et de la protection du territoire doit être menée pour changer les comportements et ouvrir un horizon paisible et prospère à la communauté dans tout son ensemble. Ce travail ne peut pas se faire sur une courte période comme celle prévue pour une transition.

 

La tournure prise dans l’évolution politique du CENTRAFRIQUE après les accords de Libreville doit interpeller les partis politiques d’opposition démocratique. La transition politique de trois années reconnue dans les accords de Libreville pour permettre à Bozizé de terminer son mandat est caduque dans la mesure où le siège de président qui revenait à Bozizé a été abandonné par le titulaire. Ce qui soulève deux hypothèses : soit le premier ministre de la transition reconnu par les accords de Libreville conduit la transition jusqu’à  son terme, avec l’organisation d’élections présidentielle et législatives justes et transparentes ; soit on désigne de commun accord (Seleka et opposition démocratique) une autorité consensuelle chargée de mener cette transition jusqu’aux différentes élections prévues.

 

Accepter l’auto-proclamation du chef de la Seleka comme président de la République c’est reconnaître la réalité d’un coup d’Etat avec bien évidemment les conséquences politiques qui en découlent et qui sont bien loin de traduire l’esprit des accords de Libreville. Les Centrafricains doivent savoir à quel repas ils vont être conviés pour ne pas se retrouver encore à voir des cadavres derrière leurs maisons, le long de leurs routes et dans leurs champs.

 

Il appartient aux partis politiques d’expression démocratique et aux dirigeants de la Seleka de savoir que le peuple Centrafricain a trop souffert et qu’il est fatigué. On ne doit plus reprendre, en dépit de la démocratie, les vers qui ont pourris les grains de maïs pour ensemencer un champ avec des grains pourris. Des Centrafricains ont aidé des pouvoirs à tuer d’autres Centrafricains. Ils se sont enrichis pendant que leurs sœurs et leurs frères Centrafricains mouraient sans être soignés. Ils prétendent revenir aux responsabilités en leurrant le peuple avec de faux costumes.


Les Centrafricains ont compris ça depuis. Même s’ils ont parfois réagi à travers leur indifférence et leur humour, c’était le cœur serré. En n’ayant pas compris cela, les dirigeants qui ont présidé aux responsabilités de ce pays, se sont tous trompés et ont fini par fuir les palais qui furent naguère les lieux de leurs réjouissances, sans se soucier comme ils l’avaient toujours fait, du misérable peuple CENTRAFRICAIN.

 

Au moment où nous reprenons ce billet que nous avons commencé avant la composition du nouveau gouvernement d’union nationale, nous apprenons que les partis de l’opposition démocratique au pouvoir de BOZIZE s’abstiennent de prendre part au gouvernement, compte tenu de la manière dont celui-ci a été composé puis diffusé.

 

L’on voit bien que la même démarche qu’avait prise BOZIZE pour composer son dernier gouvernement a inspiré les dirigeants de la SELEKA pour composer le leur.  Tout le comme le PREMIER MINISTRE  de la transition reconnu internationalement n’a pas eu de réaction ferme par rapport à l’attitude de BOZIZE, là encore il laisse passer une occasion où il aurait affirmé son autorité, avant même que le chef de la SELEKA ne s’autoproclame Président de la République.

 

A croire qu’en CENTRAFRIQUE, les PREMIERS MINISTRES sont des hommes de paille, qui ne doivent même pas broncher devant tous les dérapages. L’exemple du précédent PREMIER MINISTRE est encore vivace dans l’esprit de chacun.

 

« L’Afrique a besoin d’institutions fortes », disait  B. OBAMA. Le CENTRAFRIQUE a besoin d’hommes forts, pas forts dans l’usage de la force des armes, mais forts dans les idées, les convictions et les actions pour la mise en place d’une politique de développement réel.

 

Il ne suffit pas de composer un gouvernement saupoudré de quelques individus couvrant l’éventail régional du CENTRAFRIQUE pour croire qu’on mène une action réelle d’équilibre politique. Il ne suffit pas de composer un gouvernement pléthorique pour satisfaire les intérêts des uns et des autres pour se convaincre de mener une politique juste.

 

La politique juste, c’est de tenir compte des réalités du pays, d’avoir des idées claires et des objectifs bien précis et de s’entourer d’une équipe d’hommes valables, capables de conjuguer leurs forces vers les buts fixés. Cette politique permettra au peuple centrafricain de respirer enfin, de vraiment se sentir bien chez lui.


Malheureusement des exactions sont encore commises sur le peuple, les partis politiques manifestent déjà leur mécontentement, car l’évidence voudrait qu’une période de transition soit une réelle période de transition, courte mais efficace pour mener à terme les missions d’une transition. Et pour cela, un gouvernement de transition doit se passer de satisfaire les intérêts des uns et des autres pour ne se concentrer qu’à ses missions, qui ne sont pas celles d’un gouvernement mandaté par le peuple, un gouvernement élu pour appliquer la politique qui lui a valu le mandat du peuple.

 

Le changement est mal parti, il appartient aux chefs de la SELEKA de corriger la trajectoire, aux partis politiques de savoir qu’ils ont du pain sur la planche, un pain qu’il ne convient pas de percevoir au bout de son nez, mais qui nécessite une perspicacité et une clairvoyance politiques nécessaires si l’on ne veut pas continuer à voir le CENTRAFRIQUE poursuivre son « irrésistible » descente aux enfers.


 

ADOLPHE PAKOUA

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 01:20

 

 

 

affaires perso abandonnées par Boz

 

 

Henry De Montherlant a eu l’idée d’affirmer que « c’est le jour des révolutions que les choses rentre dans l’ordre ».  Malheureusement quelle amertume lorsque l’ordre, au pluriel depuis plus d’un demi siècle peine à s’instaurer en République centrafricaine ! Quelle amertume lorsque trouver un « quoi vivre ensemble » a du mal à s’établir en République centrafricaine !  Quelle amertume lorsque « l’union sur fond de division » est quasiment impossible dans un pays où l’une des composante de la devise nationale est « Unité » - Dignité – Travail.


En effet pas plus que quatre seulement après l’indépendance, un désordre, au pluriel, s’est instauré en République centrafricaine. Du coup le langage des armes y a élu domicile. Le plus fort en République centrafricaine est celui qui est capable de ramasser les armes et renverser les détenteurs du pouvoir. Ce qui fait que la vieillesse des rancunes entre les leaders politiques centrafricains n’a pas altéré la quête obsessionnelle du pouvoir. La population a toujours été otage des rancunes au niveau politique.  D’une part chaque leader, une fois arrivé au pouvoir, se fabrique son bouc émissaire. Ce qui implique rancœur, haine, brimades, tracasserie et vengeance pour le mal qu’ils se sont faits réciproquement. Maurice Kamto, dans son Pouvoir et droit  en Afrique : Essai sur les fondements du constitutionnalisme dans les Etats d’Afrique noirs francophones,  affirme que « En République centrafricaine il n’y a que des personnalités politiques revanchardes » (p.368). Ainsi dès les premiers instants de l’indépendance Abel Goumba était l’ennemi de David Dacko à cause d’une mission non autorisée que celui-là a effectué à Brazzaville. Dacko lui en voulait à vie (Lire Mémoires d’Abel Goumba, p.23 et sss) et c’est à l’occasion de la clôture du Dialogue national de 2003 qu’ils se sont pardonnés officiellement. Quelques mois plus tard Dacko allait être rappelé au ciel. David Dacko était l’ennemi juré de Jean Bedel Bokassa. « La plus grosse erreur de ma vie était de laisser Dako en vie » dixit Bokassa. André Kolingba, au pouvoir pendant 12 ans, traitait Ange Félix Patassé et Abel Goumba de « Assoiffés et aigris du pouvoir ».  Ange Félix Patassé, une fois arrivé au pouvoir, considérait André Kolingba et Abel Goumba de « Ratés de pouvoir ». François Bozizé, au pouvoir pendant dix ans, appelaient ses opposants Martin Ziguélé, Nicolas Tiangaye et Henri Pouzère de « sorciers et vampires » de son pouvoir. Aujourd’hui Michel Djotodjia et Nicolas Tinagaye tiennent à  leur les rênes du pouvoir centrafricain, comment vont-ils traiter leurs opposants ? On verra bien lorsque les réalités du pouvoir centrafricain se feront sentir avec les revendications de  tous ordres.


D’autre part chaque fois que la République centrafricaine veut développer et consolider la démocratie assortie de l’Etat de droit, l’armée est là pour se comporter en « gendarme » de la vie politique centrafricaine. Au fait avec le coup d’Etat du dimanche 24 mars 2013 conduit par une rébellion de la Séléka depuis le 10 décembre 2012, ayant évincé un régime prétendu démocratique du général François Bozizé, la République centrafricain en est à son vingt-troisième soulèvement militaire. Le coup d’Etat du 31 décembre 1964 organisé par Jean-Bedel Bokassa, plus que connu sous le nom de « coup d’Etat de la Saint Sylvestre » a inauguré une crise militaro-politique interminable en République centrafricaine.  En 1968 une tentative de coup d’Etat contre  Bokassa s’est soldée par l’exécution Banza et  Kallot.  Une année plus tard, une autre tentative, toujours contre Bokasse, va être sanctionnée par l’exécution de Mbongo, Kolignako et Mandé. En 1976, quand Bokassa allait ériger la République centrafricaine en Empire centrafricaine une autre tentative de coup d’Etat contre ce projet,  sera étouffée par l’exécution systématique  du comandant Obrou, Zoukongo et leurs complices. Le 28 septembre 1979, protégé par des parachutistes français, David Dacko renverse la monarchie constitutionnelle de Bokassa. C’est l’opération « Baracuda ». Deux ans plus tard les élections controversées de 1981 vont favoriser l’irruption du Général d’armée Andrée Kolingba au pouvoir à son corps défendant le 1er septembre 1981.

 

Ce dernier n’a même pas passé une année quand les généraux François Bozizé et M’baïkoa ont envisagé de le renverser en 1982. L’échec s’est suivi de l’exil de François Bozize à Cotonou au Bénin et le Nord de la République centrafricaine était abandonné à son triste sort par le pouvoir central qui siège à Bangui la capitale.  En 1993, une mutinerie de la garde présidentielle revendiquant les arriérés de solde, va vaciller le pouvoir du Général André Kolingba qui a été sequestré pendant 10 heures par les mutins. Dans la même année, une mutinerie sanglante des RDOT et du RMI réclamant aussi les arriérés de solde vont entrainer la mort d’une femme enceinte. Les élections controversées de 1993 se sont soldées par un coup de feu à l’occasion duquel un garçon a trouvé la mort à Berbérati.  Deux ans seulement après l’élection démocratique d’Ange Félix Patassé, il y eut une mutinerie le 18 avril 1996. Les mutins Parfait M’Baye et Annicet Saulet revendiquaient les arriérés de leurs soldes. Un mois plus tard le 18 mai 1996 une deuxième mutinerie sera déclenchée pour exiger l’application des accords d’avril et qui, après une semaine, s’est transformée en tentative de coup d’Etat. La France a dû intervenir pour sauver le pouvoir d’Ange Félix Patassé avec l’opération Amaldin 1.  Dans la même année 1996, au mois d’août une autre mutinerie a eu lieu pour protester contre la décision d’Ange Félix Patassé de transférer les régiments à Bouar. Le 3 novembre  1996 une mutinerie des éléments du RDOT et du RMI exige la démission du Président Patassé.

 

Celui-ci a été sauvé grâce à la France qui a envoyé l’opération Amaldin 2. Le 16ème soulèvement militaire en République centrafricaine est le coup d’Etat manqué du 28 mai 2011. La décision de poursuivre le Chef d’Etat major des armées centrafricaines, François Bozizé, par Ange Félix Patassé va diviser l’armée en septembre 2011. Le 25 octobre 2002, François Bozizé lanec une offensive rebelle (18). Le 15 mars 2003 il renverse finalement le pouvoir que détient Ange Félix Patassé.  Au lendemain des élections de 2005, les perdants vont ramasser les armes au Nord de la République centrafricaine. Il s’agit de Jean Jacques Démafouth et Abdoulaye Miskine. En 2010 une coalition de la séléka va hanter tout le nord ouest de la République centrafricaine. Le 10 décembre 2012 elle lance une offensive vers Bangui. Le pouvoir de François Bozizé a été sauvé grâce aux forces africaines de la Micopax. Finalement le 24 mars 2013, François Bozizé  est évincé par Michel Djotodja.

 

Un rapide décompte statistique  révèle que, en 53 ans d’indépendance, l’armée a tenu les rênes du pouvoir pendant 39 ans, et elle les tient encore, excepté la gouvernance d’Ange Félix Patassé et de David Dacko.  L’activisme des militaires s’est traduit par l’occupation des institutions de l’Etat. Avec l’accession des militaires au pouvoir, la République centrafricaine pouvait bien espérer d’une restauration de l’ordre car les militaires  sont techniquement et matériellement outillés dans ce domaine. Hélas !  La lutte contre le désordre en République centrafricaine est une entreprise périlleuse, non pas dans les moyens à mettre en œuvre, mais dans les stratégies à adopter. La défaillance  de l’Etat   en matière d’ordre s’est manifestée par la déliquescence de l’armée centrafricaine (I) incapable de sécuriser les frontières de l’Etat (II).

 

I/ Un désordre  lié à la déliquescence de  l’armée centrafricaine

 

L’armée a toujours été un facteur d’insécurité en République centrafricaine. Pour des raisons historiques et extra juridiques, l’armée se trouve le  plus  souvent au cœur des problèmes de la construction de  l’Etat souvent dans des formes institutionnelles dont il faut apprendre à lire les significations cachées. La réalité est plus complexe dans la mesure où en République centrafricaine la Présidence a été plusieurs fois investie par un militaire qui se dotait en outre du Ministère de la défense. Le pouvoir politique est à plusieurs reprises animé par des militaires habillés en civil occupant les appareils clé de l’Etat.


Aujourd’hui, l’armée centrafricaine est caractérisée par un conglomérat hétéroclite, sans cohésion, ni discipline, composé des  ex loyalistes,  des ex  mutins, des ex libérateurs, des patriotes et des rebelles. L’effectif global ne répond pas aux exigences des missions. Les soldats restent huit à dix mois sans relève faute de remplaçants. Il  y a un vieillissement évident des personnels des armées centrafricaines. Cet aspect du problème représente un handicap majeur : certains personnels sont hors limite d’âge depuis plus de dix ans. Un rapport constate qu’au moins 700 personnes tout grade confondu devraient faire valoir leur droit à la retraite. Or, leur présence empêche de facto toutes procédures de recrutements et d’avancements. Dès lors,  les capacités opérationnelles des forces armées centrafricaines sont réduites.


Le recrutement anarchique fondé sur le tribalisme, le clanisme et le régionalisme,  ne répond à aucun des critères de moralité, de motivation, d’aptitudes physiques et intellectuelles. La politique de nomination est faite au mépris des dispositions statutaires. Elle ne tient plus compte de critères de compétence, de qualification, de formation, de la durée de service. En conséquence, les compétences disponibles sont mal utilisées, la pyramide des grades est perturbée engendrant une absence de correspondance entre les aptitudes reconnues et les missions confiées.


Sur le plan matériel, des insuffisances sont aussi criantes. Il en va ainsi, du logement dans les casernes. Aussi, bon nombre de militaires résident en dehors des casernes et à leurs frais. Ces militaires éprouvent d’énormes difficultés pour se rendre à leur lieu de travail et la solde perçue ne leur permet pas de supporter leur frais de déplacement et d’assurer les dépenses d’un ménage. Les différentes crises ont conduit les autorités politiques centrafricaines à faire appel à des forces étrangères pour suppléer l’armée centrafricaine.


Cette désorganisation tant matérielle que sur le plan de la gestion des ressources humaines, aboutit à une situation totalement incontrôlable. La misère de ces militaires les amène à racketter voire à braquer des civils, et donc à créer une plus grande insécurité. Il en résulte une dénaturation des forces armées. La hiérarchie, la discipline, la cohésion d’ensemble,  symboles de l’institution militaire n’existent plus. Ils sont remplacés par des liens d’allégeance au pouvoir. Non seulement l’armée n’est plus soudée, mais elle obéit le plus souvent à des critères sans rapport  avec l’efficacité militaire.


Sur le plan éthique, les notions de sacrifice, familières de l’institution militaire résonnent comme des mots creux. Les généraux proches du pouvoir doivent plus leurs galons à leurs relations privées avec le Chef de l’Etat qu’à leur aptitude au combat. A l’opposé, des officiers réputés pour le sérieux de leur formation et pour leurs compétences, mais originaires d’autres provinces que celle du président, se trouvent victimes de mesures d’éloignement et  de purges.


 La perte du sens   patriotique et la disparition de l’« esprit de corps » ont grandement  porté préjudice à la dignité et à la crédibilité du soldat centrafricain.  C’est vraiment un processus de désintégration qui conduit,  à terme,  au malheur  des armées devenues « sans cœur,  ni âme ».


En somme, l’armée centrafricaine est peu performante, modeste, parfois  tout juste de parade, incapable de mener à terme un combat. Le militaire centrafricain reste sous équipé. Tous les matériels ne relèvent que des dons des pays amis souvent très insuffisants,  parfois de vieux matériels rénovés. La précarité est permanente.  L’organisation de l’institution militaire est un chantier abandonné, ne pouvant que déboucher sur l’inaction des forces militaires.


 II/ Un désordre né de la porosité des frontières


Le contrôle des frontières est un attribut de la souveraineté et l’avenir de l’Etat en dépend entièrement. Pour autant la délimitation des frontières de l’Etat n’a suscité aucune réaction particulière du peuple centrafricain et n’a soulevé aucune polémique des politiques. Le territoire centrafricain est le résultat d’une négociation entre Britanniques, Allemands et les agents de l’Etat du roi belge. Ces frontières, ainsi délimitées, sont restées presque immuables. La conquête des frontières n’a pas été un enjeu central en République centrafricaine.


Les frontières en Afrique centrale ont fait l'objet de la Convention germano-britannique du 14 août 1893. La frontière entre le Soudan et la RCA a été fixée par un Accord du 14 juin 1898 passé entre l’Angleterre et l’Egypte. La France l’a accepté le 10 janvier 1924 ; le Soudan et la RCA ont signé le 25 mai 1966 un communiqué conjoint qui accepte cette frontière. La frontière entre le Cameroun et la RCA a été fixée par Convention du 15 mars 1874 signée entre la France et l’Allemagne. La frontière entre le Tchad et la RCA a été unilatéralement fixée par la France le 8 avril 1858. Il n’y a pas d’accord sur la frontière entre la République du Congo (Brazzaville) et la RCA. Toutefois, la France s’en charge. La frontière entre la République Démocratique du Congo (ex Zaïre) et la RCA a été fixée par la Conférence de Berlin de 1885. Avec le nouveau Soudan du Sud, les autorités centrafricaines ont gardé une position mitigée.


Mais,  au de-là de ce constat, force est de constater que  l’exercice du pouvoir n’a pas vraiment contribué à la stabilisation politique et territoriale en République centrafricaine. Sous l’effet des flux des marchandises et des personnes, la question du respect des frontières connaît une nouvelle actualité. Car dans quelques régions frontalières de la République centrafricaine, des bandes armées transmigrantes n’ont cessé  de se former et sont en quête d’opportunité et de prédation. Traversant des frontières libres de surveillance, elles s’agrègent et se reforment sans cesse en fonction des circonstances tactiques et perdurent grâce à la libre circulation qui caractérise les zones grises du pays. Ainsi, la  Lord Resistance Army (LRA), de l’Ouganda, a traversé tout le Sud-Soudan pour s’infiltrer dans l’Ouest de la République centrafricaine. Le lien direct entre absence de contrôle frontalier sur les personnes et guerre est bien réel.  La République centrafricaine n’a aucun contrôle sur ses frontières. Les conflits sont nés des fractures du système local où le territoire et les frontières de l’Etat sont les plus fragiles. En conséquence, l’extrême porosité des frontières autorise un approvisionnement continu des belligérants  en armes et permet aux milices de demeurer pleinement opérationnelles.


Dans leur ensemble, les frontières de la République centrafricaine sont mal ou faiblement contrôlées notamment du fait du manque d’infrastructures techniques et de ressources humaines. La situation a même empiré en raison d’un appauvrissement de l’effectif des agents de la police des frontières.  A l’indigence des postes de contrôle, s’ajoute le découragement des agents des services de sécurité. Ces derniers sont généralement mal payés et se sentent isolés ou abandonnés sans moyen de travail adéquat et sans véritable protection face aux attaques des criminels et des trafiquants transfrontaliers. Les mesures de sécurité instaurées le long des frontières de la République centrafricaine sont donc à améliorer car,  en l’absence d’une présence de l’autorité  de l’Etat, les citoyens sont obligés de gérer eux-mêmes la sécurité de  leurs communautés. Le marquage matériel des frontières n’existe pratiquement plus. Par ailleurs, la zone frontalière de l’Etat centrafricain est extrêmement étendue et son contrôle coûteux.  On note aussi que ces longues frontières sont d’accès difficiles.  Une vue d’ensemble du territoire révèle des infrastructures routières totalement impraticables. Les routes bitumées sont rares et elles desservent très peu les frontières.


L’incapacité de l’Etat Centrafricain d’assurer une surveillance effective de ses frontières territoriales, aboutit à des solutions en marge de la légalité. Régions périphériques, ses zones frontalières insuffisamment contrôlées finissent par donner naissance à un monde avec ses propres règles et  ses lois. Elles ont tendance  à se transformer en zones de non-droit quand l’Etat y est absent ou insuffisamment efficace. Elles facilitent des déplacements guidés par des habitants qui connaissent les terroirs, les caches et les refuges ; les frontières deviennent ainsi un terrain idéal pour les criminels qui les passent facilement. L’instabilité politique, la misère, la mauvaise gestion et la corruption détournent les agents de l’Etat de leur mission.  Tant que séviront  ces fléaux, la République centrafricaine n’aura pas compris la nécessité d’une frontière.


Le contrôle des frontières de la République centrafricaine exige des moyens humains, matériels et financiers importants qui sont  à vrai dire hors de portée. La coopération interétatique est donc nécessaire pour la sécurisation efficace des frontières. Dans le cadre de cette coopération, deux niveaux sont possibles : d’une part, sur le plan national, la République centrafricaine devrait renforcer le contrôle  aux frontières par une présence effective  et adéquate des forces de douanes et de sécurité. D’autre part, sur le plan sous-régional, les Etats peuvent harmoniser les législations en ce qui concerne le contrôle des zones frontalières et la punition des infractions douanières et transfrontalières. La sécurisation frontalière  implique donc un renforcement du contrôle  des mouvements de marchandises et surtout des personnes. Ainsi, la réforme du secteur de la sécurité demeure embryonnaire, il est nécessaire que les nouvelles autorités de la République centrafricaine enclenchent un processus de consolidation.

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 14:36

 

 

 

De la part d'un compatriote, fidèle lecteur de Centrafrique-Presse, un message de félicitation qui va droit au coeur de la rédaction. Encore merci infiniment pour cette confiance

 

La Rédaction

 

 

                                                                                        Sibut le 25 Mars 2013

 

 

 

 

 

                                    A  Monsieur le Directeur de Publication de Centrafrique-Presse

 

 

 

Objet :  Félicitations

 

 

Messieurs,

 

A l’heure où les uns et les autres félicitent SELEKA, je félicite particulièrement Centrafrique-Presse pour les informations qu’elle nous livre et continue de nous livrer.

 

En effet, c’est grâce à ces informations , non contestées souvent, que les Centrafricains savent ce qui se passe dans leur pays d’une part, et comprennent et acceptent la rébellion de SELEKA d’autre part.

 

Veuillez accepter, Messieurs, mes salutations patriotiques.

 

                                                                                                Kouzou Ga de Loba

 

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 01:41

 

 

 

Boz seul

 

 

MANIFESTE

POUR LE RESPECT DU DROIT DES CENTRAFRICAINS,

ET POUR UNE SORTIE DE CRISE PACIFIQUE, HONORABLE ET EQUITABLE

 

Le 29 Mars 2013

 

Nous, intellectuels Centrafricains et nos amis africains, soussignés, tenons à interpeller la Communauté Internationale, en particulier les gouvernements de la France, des Etats-Unis, le Conseil de Sécurité de l’ONU, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la CEEAC, au sujet de la crise actuelle  en République Centrafricaine, en particulier des condamnations et sanctions prononcées par l’Union Africaine et le Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

Le 20 mars 2013 la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la République centrafricaine, Margaret Vogt, a exposé aux membres du Conseil de sécurité la situation et ceux-ci ont fermement condamné les attaques perpétrées par le Séléka, Le Conseil a également condamné les menaces que font peser les milices COCORA de Lévy Yakité un soutien de Bozizé et exhorté les parties prenantes, y compris les médias, à s'abstenir de tout appel à la violence. Le  Secrétaire général de l’ONU, suivi des membres du Conseil de sécurité ont fermement condamné les attaques récentes et la prise de pouvoir par la force en République centrafricaine perpétrées le 24 mars dernier par la coalition de la Séléka, ainsi que les violences et les pillages dont elles se sont accompagnées. Les membres du Conseil de sécurité ont ensuite réitèré leur soutien aux accords de Libreville signés le 11 janvier 2013 sous les auspices de la Communauté Économique des États de l'Afrique Centrale (CEEAC).

Le coup de force du a été condamné par l'ensemble de la communauté internationale.

 

A l’ONU le  25 mars 2013, le Secrétaire général Ban Ki-moon a condamné la prise de pouvoir par la coalition de la Séléka en République centrafricaine, dont les forces sont entrées dans la capitale Bangui samedi 24 mars. Le  Conseil de sécurité  a ensuite appellé au rétablissement de l’ordre constitutionnel et à l’application des accords de Libreville. Mais c’est une condamnation prudente qui ne s’accompagne pas de sanctions.

 

L'Union africaine quant à elle a annoncé le lundi 25 mars, avoir suspendu la Centrafrique de son organisation et gelé les avoirs de sept responsables de la Séléka, dont Michel Djotodia.

 

Alors que la communauté internationale et les chefs d’États d’Afrique centrale ont, dans leur ensemble, pris acte sans grande difficulté du départ du président François Bozizé, le Conseil de Paix et Sécurité de l'Union africaine (UA) a décidé de suspendre la participation de la Centrafrique à l'organisation et imposé des sanctions à sept responsables de la Séléka. Répétition à éviter.

 

« Le Conseil décide de suspendre immédiatement la participation de la RCA (République centrafricaine) à toutes les activités de l'Union africaine ainsi que d'imposer des sanctions, à savoir des restrictions de voyage et le gel des avoirs des dirigeants de la Séléka, dont son chef Michel Djotodia »

 

Le Conseil de l'UA demande « la restauration immédiate de l'ordre constitutionnel dans le pays et dénonce la décision unilatérale et injustifiée de la Séléka d'agir en violation flagrante du cessez-le prévue par les Accords de Libreville conclus entre la rébellion et M. Bozizé ».

 

« Le Conseil demande à tous les États-membres de prendre les mesures requises pour isoler totalement les auteurs du changement anti-constitutionnel en République centrafricaine et de faciliter l'application de toute autre mesure qui serait prise par l'Union africaine, y compris le jugement des auteurs de ce changement anticonstitutionnel de gouvernement », poursuit le communiqué.

 

L’UA exhorte également ses « partenaires internationaux notamment le Conseil de sécurité de l'Onu et l'Union européenne à prendre des mesures fermes contre les putschistes ».

 

Au nom des exigences de la rigueur et de l’honnêteté intellectuelle, de la justice et du droit, de la démocratie et de la paix, de la dignité de l’Afrique et des Africains, dont nous tenons à être des défenseurs, nous leur disons :

 

1) Nos profonds regrets pour la perte subie par le contingent Sud Africain dans son soutien à la protection de BOZIZE qui reste le seul responsable de ce carnage qui n’aurait jamais eu lieu si les accords de Libreville avait été respecté à la lettre, en particulier par l’Afrique du Sud à qui ces accords demandaient de retirer sa troupe de la RCA le plus tôt possible.  Nous regrettons  que les autorités sud africaines n'aient eu la clairvoyance de mesurer les conséquences de l’engagement de leur troupe dans la protection de Bozize au détriment du peuple Centrafricain.


En soutenant à la fois les accords de Libreville et l’Afrique du Sud qui a violé ces accords, le Conseil de Sécurité de l’ONU étale à la face du monde ses propres contradictions,  son manque de crédibilité, et sa partialité au profit des plus forts et au détriment des plus faibles.

 

 2)  Le principe de subsidiarité est un principe politique et social selon lequel la responsabilité d'une action publique, lorsqu'elle est nécessaire, doit être allouée à la plus petite entité capable de résoudre le problème d'elle-même. Il va de pair avec le principe de suppléance, qui veut que quand les problèmes excèdent les capacités d'une petite entité, l'échelon supérieur a alors le devoir de la soutenir, dans les limites du principe de subsidiarité (Voir Wikipédia).

 

Dans la grave crise malienne qui mis en danger l’intégrité territoriale et la souveraineté d’un pays membre de l’Union Africaine où le silence de l’Union Africaine a été étourdissante , cette dernière s’est abritée derrière le principe de subsidiarité dont jouit la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) pour ses décharger lâchement de ses responsabilité et laisser des petits pays comme le Togo se débrouiller avec leurs moyens de bord pour acheminer leurs troupes pour défendre l’intégrité territoriale et la souveraineté du Mali.

 

Le fait que l’Union Africaine et le Conseil de sécurité de l’ONU aient réitéré leur soutien aux accords de Libreville signés sous les auspices de la Communauté Économique des États de l'Afrique Centrale (CEEAC) cadre parfaitement avec cette subsidiarité.

 

Par contre, malgré le prestige qui a auréolé la CEMAC  à la suite de ces accords de Libreville précédés de l’envoi de ses troupes en Centrafrique pour stopper l’occupation de la totalité du territoire centrafricain par les forces de la Séleka,  l’Union Africaine a violé ce principe de subsidiarité reconnu à la CEMAC et a voulu « l’enterrer vivante » en prenant et publiant unilatéralement ses décisions quelques heures à peine après la prise de Bamako par les forces de la Séleka, signant ainsi une politique de « deux poids deux mesures » au sujet de la CEDEAO et de la CEMAC.

 

A quel jeu joue l’Union Africaine  instrumentalisée par l’Afrique du Sud ? C’est la question à laquelle l’institution devra répondre pour gagner en crédibilité. Il faut rappeler que la politique extérieure de l’Afrique du Sud n’a pour logique que de s'opposer aux pays colonisateur sans pour autant faire une analyse objective et non partisane de la situation qui prévalait en République Centrafricaine sous le règne de Bozizé parvenu au pouvoir par coup d’Etat et qui fêtait chaque année cet anniversaire alors qu’il prônait avoir gagné les élections régulièrement. Un Président élu a-t-il encore des raisons de fêter un coup d’Etat l’ayant porté au pouvoir? L’Union Africaine instrumentalisée par Les Autorités Sud Africaines avait fait le choix de défendre l’indéfendable en violant sciemment le principe de subsidiarité.

 

3) Nous ne trouvons « aucune base juridique recevable » aux différentes prises de position, de décisions, des sanctions et des menaces de la « Communauté Internationale »  contre les autorités autoproclamée, et nous trouvons plutôt que ces prises de position, de décisions, des sanctions et des menaces cachent des contradictions et une hypocrisie insoutenables.

 

En effet, nous estimons notamment que la défense de la légalité constitutionnelle en RCA sous le Président Bozizé est dénuée de tout fondement puisque les dernières élections organisées avec le soutien de l’Union Européen et autres partenaires de la RCA ont été qualifiées de « sujette à caution » dans un rapport de l’union européenne publié deux mois après la proclamation des résultats en février 2011. Nous affirmons que conformément au droit, seules des élections organisées dans les transparences au minimum confèrent la légalité Constitutionnelle. Dans le cas d’espèce de la République Centrafricaine, l’opposition, regroupée dans le collectif FARE, a longtemps bataillé seule pour une annulation de ces élections sans obtenir le soutien de l’Union Africaine, qui prône aujourd’hui une légalité qu’elle n’a pas aidé à construire.

 

En effet, en République Centrafricaine, l’opposition politique en tête le FARE-2011 (Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections de 2011), structure regroupant les partis politiques d’opposition au lendemain des élections de Janvier 2011 n’avait cessé d’attirer l’attention de tous les partenaires de la RCA sur dérives de Bozizé, convaincu que pour avoir  financée ces élections, les contribuables européens seraient à l’écoute pour solution apaisée à la crise postélectorale qui persistait en République Centrafricaine.


Ainsi les partisans du FARE 2011 établis en France et à travers le continent africain n’avaient cessé de rappeler qu’en 2010 à l’aube des préparatifs de ces élections, les partis d’opposition regroupés dans le CFC (Collectif des Forces du Changement) avaient rendu publics ses réserves sur le mode d’organisation des élections par  un monsieur entièrement à la solde du général BOZIZE.


Les politiques et la société civile n’avaient cessé de relever les incohérences dans la préparation et l’organisation de ces élections, de prévenir les partenaires au développement sur les risques d’échec du processus démocratique en République Centrafricaine. Cet échec annoncé était orchestré sur la volonté du général BOZIZE de se maintenir au pouvoir à n’importe quel prix.

Les cris du FARE-2011 pour informer l’Union Africaine de son souhait de voir s’installer une forme particulière de participation de l’opposition à un dialogue inter-centrafricain n’ont malheureusement eu aucun écho favorable, ni à Prétoria auprès du gouvernement Sud Africain, ni à Addis Abéba auprès de l’Union Africaine, ni à Washington auprès du Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

L’Union Africaine, sous l’impulsion de l’Afrique du Sud, prétend vouloir contribuer au renforcement  de  la sécurité d’un pays qui était en difficulté institutionnelle. Pour renforcer la légalité constitutionnelle, l’Union Africaine aurait dû aider la RCA en ce moment où tous les dirigeants Africains ont préféré soutenir leur pair

 

Vouloir défendre l’ordre institutionnel en RCA sans aucune preuve de légitimité populaire sous le président Bozizé, c’est vouloir défendre l’indéfendable, comme prétendent le faire l’Afrique du Sud, l’Union Africaine et le Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

4) Enfin, nous trouvons curieux, cynique et hypocrite que l’Union Africaine et le Conseil de Sécurité de l’ONU exigent le retour à l’ordre constitutionnel en République Centrafricaine après le prise du pouvoir par les forces rebelles, alors que ces institutions ne l’ont pas exigé dans les trois pays de l’Afrique du Nord où l’ordre constitutionnel a été aboli durant le « printemps arabe », notamment par la rébellion armée en Libye avec l’appui des forces de l’Otan, tout comme elles ne l’ont pas exigé en Côte d’Ivoire où l’ordre constitutionnel, incarné par le Président dont l’élection a été proclamée par la Cour Constitutionnelle ivoirienne, a été renversé par une rébellion armée appuyée par les forces françaises et celles de l’ONU. Ces attitudes de l’Union Africaine et du Conseil de Sécurité de l’ONU vis-à-vis de la RCA d’une part et des autres pays africains cités d’autre part relève donc indiscutablement de nouveau d’une politique condamnable de « deux poids deux mesures ». 

 

En conclusion, au vu des points  1 à 4,  nous affirmons à la face du monde, notamment des « plus puissants de ce monde », que les centrafricains par amour de la République Centrafricaine et de sa souveraineté, souhaitent ardemment que les réactions soient en phase avec la réalité centrafricaine (du réalisme Centrafricaine à supprimer), suite aux manquements de la Communauté Internationale, de l’Union africaine, des partis politiques centrafricains et de l’opinion publique centrafricaine.

 

Ce changement, ne serait pas une troisième possibilité ou une solution de la dernière minute, mais un nouveau processus politique en Centrafrique qui inclut les acteurs impliqués dans la transition militaire associée avec tous les partis politiques centrafricains pour permettre de décider de convoquer une Assise Nationale, par souci de la paix, du consensus et de la prospérité dans toute la République Centrafricaine,  conformément aux pouvoirs qu’ils se sont conférés à la faveur du dernier changement malgré les condamnations étrangères et du peuple centrafricain pour l’honneur de tous les africains.

 

 

Le Manifeste Centrafricain par

Le Collectif  ToroToro (Trop C’est Trop)

Tropctrop_rca@yahoo.fr

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