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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 01:35

 

 

gendarmes SRI

 

                         Robert Levitt ici entre deux gendarmes de la SRI

 

 

gendarmes voleurs

 

Robert Levitt avec les gendarmes truands de la SRI et David Wisner 

de l'ambassade des USA à Bangui

 

 

La mésaventure que viennent de vivre dans le pays de Bozizé un citoyen américain du nom de  Robert Levitt et son ami de nationalité tchèque, Peter Joda mérite d’être portée à la connaissance de l’opinion publique aussi bien centrafricaine qu’étrangère. Cela non pas dans le but de faire cesser ce genre de chose parce que de toute façon tant que le régime de Bozizé demeurera en place, il n’y a quasiment aucun espoir que ce genre d’abus cesse mais justement, afin de stigmatiser ces pratiques honteuses et scandaleuses dont se rendent régulièrement coupables et en toute impunité certains dignitaires du régime de Bozizé et même la progéniture de celui-ci.

De par la corruption qui y règne et la nature des affaires qui y sont traitées qui rapportaient généralement beaucoup  d’argent à Aimé Vincent Bozizé alias Pappy - un des enfants de Bozizé qui la dirigeait avant de se retrouver à Tours en France, ainsi qu’au Procureur de la République Firmin Feindiro, - ce qui se passe à la Section Recherche et Investigation (SRI), la police politique du pouvoir bozizéen défraie suffisamment la chronique et alimente très souvent la presse banguissoise qui en fait ses choux gras mais doit toujours être dénoncé avec fermeté. Il s’agit d’une véritable bande de voleurs organisée qui sévit méthodiquement par le racket et l’extorsion de fonds à certains citoyens nationaux et étrangers, souvent musulmans  et occidentaux qui ont le malheur de tomber sous leurs pattes.

Pour le cas du citoyen du pays d’Obama qui nous intéresse ici, tout a commencé le 13 janvier 2011, où M. Robert Levitt et son ami un citoyen tchèque Peter Joda, alors en voyage d'affaires en République centrafricaine, ont été arrêtés sans raison plausible dans la ville de Mbaiki alors qu’ils étaient en train de dîner dans un restaurant, au motif qu'ils n’étaient pas munis du permis indispensable pour circuler dans cette ville qualifiée de « zone minière ». Encore des pratiques de l’indéboulonnable ministre des mines et argentier de Bozizé, le tristement Sylvain Ndoutingai. Ils sont transférés à Bangui et mis en geôle à la tristement célèbre SRI où ils passeront mine de rien, quatorze jours. Avec d'autres touristes européens on leur a reproché d’être des espions.

Toujours pendant leur incarcération, ils ont été invités à payer des amendes au Ministère des Mines. Cependant, même après avoir payé les amendes en espèces, ils ont été maintenus en détention au motif qu'il fallait du temps pour « compléter le dossier ». C’est grâce aux interventions des ambassadeurs des USA et de France à Bangui, les contacts quotidiens de M. Levitt avec son avocat à Nice en France, Me Claire Verneil et après de nombreuses discussions qu’ils seront libérés et leurs passeports  restitués après que chacun ait pu se délester de 500.000 F CFA allés sans doute tout droit dans les poches de Ndoutingai, Firmin Feindiro et du lieutenant Serge Kossi, un parent des Touaboy qui est commandant de la SRI en l’absence de Pappy Bozizé.

C’est donc le 27 janvier 2011, soit quatre jours après l’élection présidentielle et législative du 23 janvier 2011 en Centrafrique que les deux malheureux ont pu quitter le territoire centrafricain pour regagner la France. Dans la narration de sa captivité, M. Levitt rapporte que durant leur séjour avec son ami à la SRI, il leur a été donné d’observer que quotidiennement, des gendarmes de la SRI accompagnaient des personnes en détention dans des établissements bancaires de la place pour retirer de l’argent avec leur carte de crédit au guichet automatique ou effectuer des opérations de transfert d’argent par Western Union. Pour ceux des détenus qui refusaient ou qui, pour une raison quelconque, ne pouvaient payer, on les menaçait de prolonger leur durée d’emprisonnement (entre 3 mois et 2 ans). Toujours selon M. Levitt, chaque jour des promesses de libération étaient formulées par les responsables de la SRI mais annulées à chaque fois au motif des prochaines élections.

Le racket et l’extorsion d’argent aux étrangers est l’une des principales activités de prédilection et sources d’enrichissement de certains dignitaires du régime Bozizé comme le Procureur de la République de Bangui, Firmin Feindiro, l’ex directeur des services de renseignement à la présidence, Aristide Reboas , le ministre d’Etat chargé des mines, le corrompu Sylvain Ndoutingai, ainsi que tous des enfants de Bozizé, Jean Francis, Aimé Vincent alias Pappy, Jean François alias Djodjo, Rodrigue, Socrate, Franklin, Teddy, Kévin, Giscard, on en oublie. C’est à certains d’entre eux que le président de la CEI, le faux et criminel pasteur Joseph Binguimalé a donné divers marchés de la CEI de gré à gré de plus de 500 millions de F CFA sans la moindre exécution.

Le niveau de corruption de la famille et du clan Bozizé en Centrafrique aujourd’hui n’a sans doute rien à envier à celui du clan des Trabelsi en Tunisie qui défraie actuellement la chronique après la chute de l’ex-président Zine Abidine Ben Ali, sa fameuse épouse Leila et sa famille. A l’échelle de la République centrafricaine, ce fléau ternit non seulement gravement l’image du pays mais est évidemment très dissuasif pour tout investisseur qui aurait envie de venir dans un tel pays. Concernant le triste sort qui est souvent fait aux occidentaux par le régime de Bozizé, ce qui est déconcertant et incompréhensible est l’apathie et le manque de réactivité des diplomates de ces pays à Bangui, qui privilégient et se contentent de leur stérile tête à tête avec le dictateur sanguinaire.

 

Ci-dessous le fac simile du récépissé délivré à Robert Levitt

 

RL-Arrest.

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 01:20

 

 

 

Fini Kodé 2011

 

 

 

Suite aux  résultats  provisoires des élections générales  regroupées  du 23 janvier 2011, publiés par la commission électorale indépendante moins les représentants des autres entités politiques qui proclament le général Bozizé vainqueur au premier tour avec  66,08%.

Ce sont là des résultats qui révèlent  un simulacre d’élection, tant et tant de nombreuses et graves irrégularités que nous ne pouvons tous les énumérés ont été constatés ici et là.   L’injustifiable étant la disparition ou le non comptage de 1262 bureaux de vote soit entre 400 à 500.000 voix. Dès lors, les chiffres annoncés ne peuvent plus êtres crédibles.

Un  scandaleux score à la hussarde qui ne correspond à rien pour ceux d’entres nos compatriotes qui connaissent bien le paysage politique de notre pays et son électorat. Depuis pratiquement huit (8) bonnes années pendant lesquelles, le régime du général Bozizé n’a semé que désordres, incompétences, divisions entre filles et fils de notre pays et autres frustrations  en tous genres de nature à compromettre le fragile équilibre de notre riche et beau  pays.

Toutes ces exactions  préméditées et commises par le général Bozizé et son parti le KNK  avec la complicité de la commission électorale indépendante constituent des motifs sérieux d’invalidation de ces résultats pour la paix et la cohésion nationale. Le droit du vote pourtant garantie par la constitution au peuple centrafricain est une fois encore bafoué. En cela, le bon et généreux peuple centrafricain a été encore humilié et méprisé.

Face à tous ces éléments objectifs, animé par son esprit républicain et de liberté, Fini kodé dénonce cette maladroite et irresponsable tentative de putsch électoral orchestré par le général Bozizé. Il en appelle à la vigilance de tous.

A présent, notre regard se porte comme un seul homme sur la décision très attendue des sages  membres du conseil constitutionnel qui veilleront à n’en pas douter à faire une lecture juste des lois de la république avant que notre pays ne s’embrase.

 

Franck SARAGBA

Fini kodé

La troisième voie

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 01:14

 

 

Zine Abidine Ben Ali

 

Moubarak-Hosni.jpg

 

 

 

Source : www.slate.fr jeudi 3 février 2011,

 

Ce qui se passe en Egypte, après ce qui est advenu en Tunisie, nous renvoie à une très vieille question, avec laquelle nous vivons depuis la révolution hongroise de 1956, au moins: les démocraties doivent-elles intervenir pour aider un peuple qui se bat contre une dictature?

La réponse fut alors négative. Depuis, les démocraties ne sont intervenues nulle part: ni en Iran quand une révolution fut détournée par des mollahs, ni en Chine quand une autre fut écrasée sous les chars, ni dans aucun pays d'Afrique ou d'Amérique latine. Et c'est parce que Gorbatchev a décidé de ne plus tirer sur les foules que le système soviétique s'est effondré

Au contraire, les démocraties ont continué à financer ces régimes, à former leurs polices, à recevoir les dictateurs, sans exiger d'eux qu'ils réduisent la pauvreté, luttent contre la corruption ou respectent les droits de l'homme. De même, aucune institution internationale n'a mis une réelle condition démocratique à son soutien.

La situation se reproduit aujourd'hui en Tunisie et en Egypte, où s'expriment des peuples magnifiques. On la retrouvera de plus en plus souvent, de plus en plus vite, dans la moitié du monde encore sous le contrôle de dictatures, aux contours divers: certaines se camouflent en démocraties, d'autres sont ouvertement des régimes totalitaires. A l'inverse, certaines démocraties évoluent vers des régimes totalitaires, et certains régimes totalitaires évoluent à leur rythme vers la démocratie.

Pourtant, les démocraties ne sont jamais là pour soutenir ceux qui tentent d'accélérer ce que promet l'Histoire. Avec toujours de bonnes raisons: la stabilité, le refus des fondamentalismes, la non-ingérence; et le fait qu'aucune démocratie n'a de vraie leçon à donner, car nulle ne respecte intégralement la Déclaration universelle des droits de l'homme, écrite en 1948 par Eléonore Roosevelt et René Cassin. Comment alors s'étonner que les peuples se retournent contre les démocraties qui les ont négligés?

Pour soutenir ces transitions, une solution serait de créer une nouvelle institution internationale, regroupant toutes les nations bénéficiant de la démocratie, revendiquant un devoir d'ingérence et se donnant les moyens d'aider à la liberté politique, en fournissant aux peuples soumis des moyens spécifiques pour y appuyer la liberté de la presse, les partis politiques, les associations, la lutte contre la pauvreté et contre la corruption.

 Les embryons d'une telle institution existent. En économie, les démocraties sont rassemblées dans l'OCDE. En matière militaire, dans l'Otan. Même si ce n'était pas, au départ, la raison d'être de ces deux organismes. Leur coordination donnerait les moyens de penser autrement l'action à mener en la matière.

D'autres institutions, privées, se donnent la mission de promouvoir la démocratie: des ONG comme Transparence International. Des fondations, telles celles des anciens présidents américains Jimmy Carter et Bill Clinton, ou celle du financier George Soros. Et surtout d'innombrables ONG dans les pays victimes de la dictature.

Une solution minimale, plus réaliste, serait de créer un forum rassemblant l'ensemble de ces institutions, pour étudier la situation de chaque dictature et réfléchir aux moyens d'offrir un appui cohérent et coordonné à ces peuples dans leur transition vers la démocratie.

Si les démocraties ne vont pas dans cette direction, c'est qu'elles n'ont pas confiance dans leur propre modèle. Elles ne pourront pas, alors, s'étonner que d'autres s'en éloignent.

 

Jacques Attali

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Centrafrique-Presse.com - dans EUROPE
6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 12:28

 

 

binguimalejos.jpg

 

 le nullissime faux pasteur Joseph Binguimalé

 

 

Bangui 5 février (C.A.P) – Après avoir annoncé le mardi 1er février dernier les « résultats » de la présidentielle, la commission électorale présidée par le faux pasteur Joseph Binguimalé devrait aussi dans la foulée en principe, être à même de proclamer les résultats des législatives qui étaient groupées avec la présidentielle le 23 janvier dernier. Or plus les jours passent, plus elle éprouve les pires difficultés pour faire cette proclamation tant attendue.

Il y a à peine quarante- huit heures, d’inquiétantes et surprenantes informations rapportées par Radio France Internationale ont fait état de la disparition des suffrages de 1262 bureaux de vote représentant entre 400 à 500.000 voix environs qui n’ont pas été prises en compte par la commission électorale dans les « résultats » de la présidentielle déjà annoncée le 1er février dernier.

Ceux-ci on le sait, avaient donné le général président candidat François Bozizé vainqueur dès le premier tour de scrutin avec l’invraisemblable score de 66 %. En fait, les résultats proclamés par le faux pasteur Binguimalé émanaient essentiellement des seules urnes bourrées provenant de l’Est du pays, notamment des villes de Obo, Zémio, Rafai où le dispositif de fraudes du KNK a fonctionné au maximum et à merveille.

A présent, ce sont les résultats des législatives qui donnent des soucis et des sueurs froides aux autorités du régime de Bangui. Chaque jour, la nullité et l'incompétence de Binguimalé s'avèrent et se révèlent. De sérieuses divergences et contradictions seraient apparues entre le ministre d’Etat chargé de l’Administration du Territoire, Jean Willibyro Sacko, qui n'était pas d'accord pour que les résultats de la présidentielle soient publiés le mardi 1er février dernier, les responsables de ses services compétents et la commission électorale, à propos des résultats des législatives qui révèlent chaque jour une quantité infinie d’irrégularités et d’anomalies. 

 La plupart des procès-verbaux ayant été falsifiés et tripatouillés, certains sont incomplets, illisibles ou non signés. Bref, d’énormes difficultés de validation et d’harmonisation les empêchent de se mettre d’accord sur les chiffres et des résultats à tel point que Bozizé, une fois de plus et conformément à son habitude et sa méthode d’intimidation, a cru devoir envoyer les soldats de la garde présidentielle encercler ceux qui travaillent à la compilation des résultats. Comme cela est du plus mauvais effet, c’est sur requête du ministre d’Etat Jean Willibyro Sacko qui lui a téléphoné que finalement les éléments de la garde présidentielle ont reçu ordre de se retirer.

On voit aujourd’hui apparaître clairement les limites du scénario de victoire écrit d’avance et du casting de fraudes de Bozizé et son KNK. Lorsque l’opposition criait à l’impréparation et à la fraude, le président sortant et les dignitaires de son parti affichaient une grande sérénité et se gaussait même plutôt de la peur et la faiblesse des opposants, sûrs qu’ils étaient d’avoir déjà réuni à leur seul profit tous les ingrédients nécessaires à un raz de marée électoral, encore faut-il que ce raz de marée soit en apparence limpide, chose qu’ils n’ont pas été à même de réaliser.

 Le tableau synoptique transmis par le candidat Martin Ziguélé à ses avocats en vue du recours en annulation qu’il a décidé d’introduire auprès de la Cour constitutionnelle et récapitulant les "irrégularités constatées lors des élections groupées" fait état de 200 cas allant d'un "nombre de votants supérieur au nombre d'inscrits" au "bourrage" ou "substitution" d'urnes, en passant par des "intimidations (et) coups de feu ouverts par les forces de défense" ou par l'"achat de conscience des électeurs", est très édifiant à cet égard.

Les informations qui font maintenant état de grandes difficultés de la CEI pour annoncer les résultats des législatives viennent confirmer ces nombreuses irrégularités et donner raison au président du MLPC. Tout cela plaide donc en faveur de l’annulation pure et simple de ce scrutin qui est une véritable honte nationale car ayant été tant par son impréparation, son déroulement que par le dépouillement et traitement des résultats, tout sauf des élections répondant aux normes internationales. Il faut espérer vivement que la Cour constitutionnelle qui doit se prononcer dessus dise vraiment le droit et aille dans ce sens.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 02:14

 

 

rencontre-de-reconciliation-Patasse-Ziguele.jpg

 

 

de gauche à droite, Nicolas Tiangaye, Emile Nakombo, Ange-Félix Patassé et Martin Ziguélé

 

 

Monsieur le Président Ange Félix Patassé,

Monsieur le Président Martin Ziguélé,

Monsieur le Président Nicolas Tiangaye,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais d’abord que nous observions une minute de silence en mémoire du président André Kolingba et du général Malendoma ainsi que de tous les combattants et toutes les combattantes de la liberté.

Je vous remercie.

Les réalités et les nécessités nationales finissent toujours par triompher. Nous vivons une période difficile de l’histoire de notre pays. Et celle-ci commande à chaque Centrafricain épris de justice, de démocratie, de liberté et de progrès de se parler en dépit de ce qui les oppose ou les a opposés. Dans cette entreprise, j’ai joué le rôle de pèlerin. Je voudrai donc exprimer toute ma gratitude à tous les partenaires du Collectif des Forces du Changement (CFC), au Président Patassé, à mon frère Martin Ziguele, au Président Louis-Pierre Gamba et à mon Parti le Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) pour avoir rendu cela possible.
Je remercie tous ceux qui sont ici présent pour lancer ensemble cette entente dont l’objectif est de faire respecter la volonté exprimée par le peuple centrafricain lors du double scrutin du 23 janvier 2011.

Mesdames et Messieurs,

Durant cette campagne électorale, j’ai porté un projet dont la caractéristique principale était la réconciliation de la RCA avec elle et entre ses fils. Je l’ai nommé SEWA OKO. Je suis satisfait de constater qu’en ce jour, face au rapt du vote des Centrafricains, nous sommes tous réunis pour faire triompher la vérité et la démocratie.

La situation économique de notre pays s’est dramatiquement détériorée ces dernières années. L'insécurité s’est généralisée. Les productions et les rendements agricoles sont en chute libre et ne suffisent plus pour répondre aux besoins nationaux. Les infrastructures sanitaires sont en abandon et les moyens de communication dans l'oubli. Notre environnement se dégrade et l'insalubrité gagne du terrain. L'accès à l'eau potable est une bataille perdue et la production électrique ne suffit même pas pour couvrir une journée nationale de consommation. L'offre scolaire ne répond pas aux exigences du développement. Les 2/3 de notre territoire national échappent au contrôle effectif du pouvoir central, laissant nos compatriotes à la merci des individus hors la loi.

C'est dans ce contexte de désintégration avancée et de violation systématique du code électoral que nous nous sommes rendus aux urnes pour choisir notre nouvel exécutif.

C’était un enjeu capital pour la poursuite de notre marche comme pays et du processus de stabilisation né du dialogue politique inclusif. Or ceux qui en huit années de gestion hasardeuse ont mis le pays par terre, se sont aussi amusés à prendre en otage l’expression réelle du suffrage du peuple centrafricain. Aujourd’hui la démocratie est ravie et l’espoir du peuple, trahi. Ce hold-up porte les germes d’une période d’instabilité aux conséquences fâcheuses si le droit n’est pas respecté. Voilà pourquoi est née cette initiative.

Qui peut croire un seul instant qu'un parti comme le Rassemblement Démocratique Centrafricain avec la base électorale qu'on lui connaît puisse faire de tels résultats qu'on lui a attribués. C'est d'ailleurs le cas pour les autres partis de l'opposition et même certains de la mouvance présidentielle qui s'oppose aujourd’hui à cette dictature qui ne dit pas son nom et qui appartient à une époque qu'on croyait à jamais révolue chez nous.

Nous ne baisserons pas les bras, nous croyons en notre qualité de démocrates que la voie judiciaire est la plus indiquée pour faire nos recours sans trop nous faire d'illusion sur la mainmise qu’exerce ce pouvoir sur les institutions d'encadrement et de contentieux du système électoral.

Néanmoins nous ne pouvons présager de la réaction du peuple face à un régime qui clame le respect des institutions de la république quand cela l'arrange, mais est le premier à bafouer ces mêmes institutions en témoigne toutes les irrégularités commises dans le processus électoral à dessein par les suppôts du pouvoir.

Mesdames et Messieurs,

Notre exigence est le respect de la légalité au travers d’opérations électorales légales pour que celles-ci nous permettent ensemble de reconstruire un Centrafrique pacifié, de relancer la démocratie, d’assurer le respect des droits de l’homme et de garantir l’émergence d’une économie moderne au service du Centrafricain dans un pays où les institutions ne cultivent pas que l’apparence.

Je prends donc part à cette entente avec la réelle ambition et la profonde conviction de veiller au respect strict du suffrage réel, exprimé par le Centrafricain lors du double scrutin du 23 janvier 2011.

Pour notre identité nationale, pour notre histoire commune, pour nos souffrances communes, pour nos responsabilités communes, pour l’espoir du peuple ; nous devrons être exigeant avec nous-même et ceux qui se reconnaissent en nous, en faisant l’essentiel pour que la voix du peuple soit respectée et que la démocratie soit restaurée. Il nous faut donc vaincre les pesanteurs du passé, l'esprit de suffisance et tous les autres complexes préjudiciables à cette entreprise. En acceptant ces sacrifices, nous serons mieux outillés pour canaliser l’énergie du peuple et faire respecter sa volonté du changement.

Nous sommes fils et filles de ce pays. Personne n’en détient le bail. Nul n’a donc le droit de priver la nation des hommes et des femmes qu’elle a choisi.

Mesdames et Messieurs,

Je ne parle pas ici en mon nom seulement ou au nom du RDC, ce serait prétentieux et égoïste.

• Je parle ici au nom de cette maman qui consent d'énormes sacrifices pour que son enfant et son foyer ne manquent de rien;

• Je parle ici au nom de l'espérance de ce père qui se bat au quotidien pour que les rêves de sa femme et de ses enfants s'accomplissent;

• Je parle ici au nom des agents de l'état dont le souhait est une amélioration des conditions de travail et de traitement;

• Je parle ici au nom de nos frères et sœurs militaires qui œuvrent pour une république pacifiée au prix du mépris des gouvernants;

• Je parle ici au nom des millions de Centrafricains, sans emploi ou sous-employés;

• Je parle ici au nom des élèves, des lycéens et des étudiants qui veulent étudier dans des conditions optimales de succès avec un emploi à la fin ou une alternative lorsqu'ils ne parviennent pas à achever le cycle scolaire;

• Je parle ici au nom de ces centaines de jeunes qui, de par le monde; étudient au nom de la RCA parfois dans des conditions difficiles;

• Je parle ici au nom des jeunes et de la femme; plus de 50% de notre population. Qu'ils soient avec ou sans emploi. Qu'ils soient scolarisés ou pas, ils veulent tous d'un Centrafrique en paix dans lequel les droits humains sont respectés et la science utilisée pour améliorer les conditions d'existence et de préservation de l'environnement;

• Je parle ici au nom du cultivateur, du chasseur, du pêcheur dont l'amélioration des conditions d'existence est le souci principal;

• Je parle ici au nom des populations de toutes nos régions ainsi que de nos frères et sœurs de l'étranger qui ont en assez de cette désolation permanente dans laquelle nous vivons ;

• Je parle ici au nom des centaines de milliers de Centrafricains que j’ai croisé durant cette campagne et dont le souci est un Centrafrique en paix dans lequel la fraternité et le progrès sont au rendez-vous ;

• Enfin, je parle en nom, au nom du RDC et de SEWA OKO dont l’objet est le redressement, la réconciliation et la reconstruction de notre pays.

Mesdames et Messieurs,

Ici et là ; s’allume la flamme de la liberté. Le peuple centrafricain ne peut pas rester en marge de ce mouvement, c’est la mission que nous nous assignons : respecter le suffrage du Centrafricain par le droit afin qu’émerge ce Centrafrique où l’Espérance de chaque citoyen est prise en compte, tel est le sens de notre rassemblement de ce jour.

Pour ma part, je ne ménagerai aucun effort afin de soutenir les grandes décisions et orientations qui sont les nôtres.

Allez ! Allez le dire. Moi aussi je ferai pareil.


Je vous remercie

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 01:51

 

 

afp-patasse.jpg  Ziguélé au CAPE

 

 

Bangui, samedi 5 février 2011 (Xinhua) - Tous deux candidats à la présidentielle centrafricaine du 23 janvier dont les résultats provisoires créditent d’une victoire au premier tour leur rival commun, le président sortant François Bozizé, l’ex-chef de l’Etat Ange-Félix Patassé et son ancien Premier ministre Martin Ziguélé se sont réconciliés vendredi au terme d’une rencontre à Bangui, a annoncé Ziguélé à Xinhua.

"Je sors d’une rencontre avec le président Patassé pour une réconciliation. C’est très important", a déclaré l’ancien chef du gouvernement, joint à Bangui.

La rencontre entre les deux personnalités a eu lieu à la résidence du président déchu Patassé, renversé par un coup d’Etat militaire le 15 mars 2003 du général François Bozizé, alors chef d’état-major général des armées centrafricaines.

Battus respectivement par 20,10% des voix et 8,46% à la présidentielle du 23 janvier remportée par le président sortant avec 66,08%, selon les résultats provisoires publiés lundi par la Commission électorale indépendante (CEI), Ange-Félix Patassé et Martin Ziguélé s’étaient notamment brouillés en juin 2009 à la suite de l’éviction de l’ex-président de la direction de son propre parti, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), par son ancien chef du gouvernement (2002-2003).

Revenu d’un exil de 6 ans à Lomé au Togo à la faveur du dialogue politique inclusif entre le pouvoir et l’opposition en décembre 2008, Patassé a dû se présenter en candidat indépendant au scrutin présidentiel couplé avec les législatives et qui était censé permettre à la République centrafricaine (RCA) de retrouver la paix et la stabilité après une série des années de crises politiques.

La réconciliation annoncée sonne comme une mobilisation face à François Bozizé dont Patassé et Ziguélé, deux de ses quatre concurrents, contestent la réélection pour un second mandat de 5 ans à la tête du pays, l’accusant de graves irrégularités et de fraudes massives. La contestation, pour laquelle des recours en annulation du scrutin sont signalés, associe les deux autres candidats, Emile Nakombo et l’ex-ministre de la Défense et chef rebelle Jean-Jacques Démafouth.

En ce qui les concerne, ces deux deniers sont crédités de 4,6’% des voix et 2,72%. Dans le camp présidentiel, où les yeux sont désormais tournés vers la Cour constitutionnelle pour la validation des résultats, l’on se dit plutôt serein et accuse les quatre concurrents d’être de mauvais perdants, animés "de mauvaise foi et de gains égoïstes".

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 21:53

 

 

cour constitutionnelle RCA

 

 

Radio Ndéké Luka Samedi, 05 Février 2011 13:50

Trois des candidats malheureux à l’élection présidentielle du 23 janvier 2011 exigent l’annulation du double scrutin en Centrafrique. Il s’agit de Ange Félix Patassé candidat indépendant, Martin Ziguélé du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) et Emile Gros Raymond Nakombo du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC). Leur décision commune a été prise vendredi 4 février au cours d’une rencontre tenue au domicile de l’ancien président Patassé à Bangui.

Dans un communiqué signé du trio perdant à la course présidentielle et lu par leur porte-parole Simplice Kodégué, ces candidats ont déclaré que « les élections ont été volontairement viciées du fait exclusif du pouvoir et de la Commission Electorale Indépendante (CEI) ». Ils demandent en conséquence «l’annulation de ce double scrutin et rejettent avec force les résultats qu’ils ne reconnaissent pas ».

Dans une déclaration recueillie par Radio Ndeke Luka, après lecture du communiqué, Ange Félix Patassé a interpellé le président François Bozizé, déclaré vainqueur par la CEI à l’issue du premier tour avec un score de 66,8%, en ces termes : « nous allons imposer la paix. Je dis à Bozizé (à trois reprises) qu’il abandonne  la voix de la violence qu’il veut imposer au peuple avec ce truquage éhonté des élections. On ne joue pas avec la vie d’un peuple ».

Ange-Félix Patassé a ajouté que tous trois ont décidé d’organiser une marche pacifique à une date non encore fixée, pour réclamer cette annulation.

Jean-Jacques Démafouth de la Nouvelle Alliance pour le Progrès (NAP), autre candidat à cette élection présidentielle n’est pas partie prenante à cette action politique. Il avait d’ailleurs  déclaré sur les ondes de Radio Ndeke Luka, au lendemain de la publication par la CEI des résultats provisoires des élections, « que ça ne vaut pas la peine de recourir à l’annulation desdites élections, car selon lui, la Cour Constitutionnelle ne changera rien des résultats ».

Simplice Kodégué, porte-parole du Candidat Patassé qui a lu la déclaration commune, a été interdit le même soir de sortir de Centrafrique. Il s’était rendu à l’aéroport international de Bangui Mpoko pour prendre l’avion pour une destination qui n’a pas été précisée. La Police de l’Air l’a empêché d’embarquer et les raisons de ce refoulement ne sont toujours pas connues.

 

 

NDLR : Bozizé continue avec ce côté honteux et "république bananière" qui consiste à empêcher certains citoyens de prendre leur avion comme on vient de le faire avec le porte-parole de Patassé. Selon nos informations, l'interdiction de sortie du territoire aurait été décidée par Bozizé lui-même à l'égard dit-on de tous les hommes politiques. Pourquoi ? Allez-y savoir !

Toujours selon nos informations, Bozizé aurait également communiqué le numéro d'immatriculation de la voiture de Martin Ziguélé non pas à l'armée parce qu'il n'a pas confiance aux Faca mais à la police et à sa garde présidentielle afin qu'il soit arrêté on ne sait pour quelle raison ou quel crime qu'il aurait commis. Un chef d'Etat qui s'occupe de relever les numéros de plaques d'immatriculation des véhicules des citoyens, il ne doit pas en exister plusieurs dans le monde. Toutes ces mesures arbitraires et dictatoriales sont autant des violations des droits de l'homme et traduisent le profond désarroi de Bozizé qui malgré le hold-up électoral qu'il vient d'effectuer, manque totalement de sérénité et continue dans son registre paranoïaque bien connu.    

A Bangui, le sigle KNK, parti de Bozizé est tourné en dérision dans les quartiers comme  "Kala Na Kala" ("Kala" pour Kalachnikov). Tout cela contribue énormément à détendre le climat politique après cette véritable honte nationale qui est le pseudo scrutin du 23 janvier 2011. On attend par ailleurs impatiemment l'explication que donnera la CEI de Binguimalé et la Cour constitutionnelle au sujet des 1262 bureaux de vote dont les résultats n'ont pas été pris en compte et dont l'information vient d'être révélée par Radio France Internationale.

 

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 12:45

 

 

Binguimale2 0

 

 

Par Carine Frenk RFI samedi 05 février 2011

En Centrafrique, les résultats de la présidentielle du 23 janvier 2011 transmis à la Cour constitutionnelle, ne sont pas complets. Un quart des bureaux de vote, soit 1 262, n'ont pas été pris en compte. Or, la Commission électorale indépendante a annoncé mardi 1er février que le président Bozizé avait remporté l'élection dès le 1er tour avec 66% des voix.

Sur les 4 618 bureaux de vote installés à travers tout le pays, la Commission électorale indique dans son tableau récapitulatif avoir compilé les résultats de 3 356 bureaux. 1.262 bureaux de vote n'ont donc pas été comptabilisés, ce qui peut représenter entre 400 et 500 000 voix.

D'après une source gouvernementale, « il est possible que certains bureaux de vote n'aient pas ouverts, dans le nord-est par exemple. Il est possible aussi que des procès-verbaux soient parvenus à la CEI mais sans fiches de résultats et n'aient donc pas pu être traités ».

Mais comme le soulignent plusieurs sources « on ne perd pas les résultats de 27% des bureaux de vote comme cela ». Un observateur ajoute même que « tout est question d'échelle ! On ne peut que s'interroger : est-ce que tout cela est le fruit du hasard ? Est-ce que certaines régions sont plus concernées que d'autres ? Quel peut être impact sur les résultats proclamés ? ».

« On vient tout juste de découvrir ce problème. Pour le moment on est en train d'essayer de comprendre ce qui a pu se passer », explique une source onusienne.

Le dossier est à présent dans les mains de la Cour constitutionnelle

 

NDLR : La messe n’est donc peut-être pas encore dite. Binguimalé et les autres partisans de Bozizé, les représentants de l’opposition s’étant retirés, avaient largement le temps et étaient tellement pressés de fabriquer les « résultats » donnant Bozizé vainqueur au premier tour comme ils voulaient qu’ils n’ont pas pensé à tout. Une chose est sûre : cette mascarade électorale est totalement discréditée et doit être purement et simplement annulée. Non seulement de par l’étendue des fraudes et des innombrables irrégularités qui l’ont émaillé et que presque tous les observateurs ont notées mais aussi par la découverte de cette découverte qui enlève tout crédit à cette prétendue commission électorale dite indépendante de laquelle se sont retirés in extremis les représentants de l’opposition.

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 12:41

 

 

Jean Pierre Bemba Gombo

 

 

La Haye, le 4 février 2011 (FH) - Le témoin avait 11 ans au moment des faits. Protégée par la Cour, elle a déposé sous pseudonyme contre Jean-Pierre Bemba, de mardi à vendredi, accusant les hommes du chef rebelle de viols répétés.

« J'étais encore vierge, et ils m'ont dépucelée » a-t-elle raconté aux trois juges, trois femmes. « L'un s'est saisi de moi, l'autre a engagé une balle dans son arme et ils m'ont courbée, pour me dépuceler (...) Le premier a d'abord couché avec moi et le deuxième est venu après ». « Avez-vous essayé de résister ? » a demandé le substitut du procureur, Thomas Bifwoli. « Quand ils m'ont attrapé, je criais et cela a alerté mon père. Mon père voulait intervenir et ils ont braqué leurs armes contre lui. Par la suite, cinq autres personnes sont arrivées et c'est à ce moment là qu'ils m'ont saisie et m'ont dépucelée ».

Le même jour d'octobre 2002, toujours selon le témoignage, les « Banyamulenge », les hommes de Bemba, violent aussi ses sœurs aînées, sa grand-mère, et « fracassent la tête » de son frère. « Depuis les sévices (...) et bien que je porte un bébé, tout le monde continue à se moquer de moi ».

Le contre-interrogatoire du témoin par maître Aimé Kilolo, l'un des avocats de Jean-Pierre Bemba, a été tendu. A plusieurs reprises, le procureur Petra Knauer a objecté, reprochant aux avocats d'émettre des opinions. La présidente de la chambre, le juge Steiner, a demandé à l'avocat de ne pas oublier l'âge de la victime à l'époque des faits.

L'avocat principal de l'accusé, maître Nkwebe Liriss a reconnu qu' « il y a un témoin vulnérable (...) Mais c'est un témoin qui accuse une personne des crimes les plus abominables et l'accusé risque de passer le reste de sa vie en prison ». La défense a tenté de montrer les liens entre les associations de victimes et l'ancien rebelle, devenu chef d'Etat, François Bozize.

Le témoin précédent avait aussi témoigné, entre le 26 janvier et le 1er février, des viols commis par les miliciens congolais de Jean-Pierre Bemba, envoyés en Centrafrique à la demande du président d'alors, Ange Félix Patassé, qui tentait de lutter contre la rébellion fomentée par le général François Bozize. Elle a confirmé la venue de Jean-Pierre Bemba en Centrafrique, en novembre 2002.

Après plus de deux mois de procès, le sénateur congolais, poursuivi pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis en Centrafrique, en 2002 et 2003, accuse une certaine fatigue, ont signalé ses avocats.  

SM/ER/GF

© Agence Hirondelle

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 01:46

 

 

Bozizé KNK ridicule

 

 

ven, 04/02/2011 - 17:55

« Paris, Bruxelles et l'ONU, en se concentrant sur la seule Côte d'Ivoire, prouvent une nouvelle fois l'intérêt sélectif porté aux élections présidentielles en Afrique » (L’ONG Survie)

«Gbagbo doit partir ». Tel est le credo de la communauté internationale – Nations Unies, Union Européenne, Etats-Unis, France, Allemagne, Grande Bretagne, Union africaine, CEDEAO, UEMOA … - Le « boulanger » d’Abidjan est sommé de vider le plancher et de laisser l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara jouir de sa victoire proclamée par la Commission électorale indépendante (CEI) et certifiée par l’Organisation des Nations Unies.

Une kyrielle de sanctions s’abattent sur lui et plusieurs dizaines de ses proches. En attendant une intervention militaire de la CEDEAO, la communauté internationale tente aussi de l’asphyxier économiquement en bloquant ses avoirs et ceux appartenant à ses compagnons, et en entérinant la signature du ministre des Finances de Ouattara, seul habilité à faire des opérations dans l’espace UEMOA. De même, une nouvelle chance est donnée au dialogue avec le panel des cinq chefs d’Etat africains mis en place au dernier sommet de l’UA.

On se rappelle, à l’issue d’une de ses laborieuses visites en Côte d’Ivoire, l’ex-émissaire de l’UA, le Premier ministre kényan Raila Odinga, avait martelé qu’il fallait tout faire pour que Gbagbo quitte le pouvoir et que le verdict des urnes soit respecté en Côte d’Ivoire. Pour lui, si rien n’est fait, on risque d’assister à la même situation dans une dizaine de pays africains qui vont organiser des élections au cours de cette année 2011. Mais, la communauté internationale semble tellement obnubilée par la situation ivoirienne et les révolutions qui secouent le monde arabe qu’elle n’est plus regardante sur ce qui se passe dans d’autre pays de l’Afrique. De fait, sachant que personne ne le voit, le président centrafricain François Bozizé a su conserver son bien dès le premier tour du scrutin tenu le 23 janvier dernier. Il s’est offert 66,06 % des voix et a laissé ses adversaires dont les éternels Ange Félix Patassé et Martin Ziguélé, se partager le reste des pourcentages.

En réalité, ce fut un véritable hold-up électoral : organisation du scrutin bâclée, absence d'affichage de listes électorales, vote par procuration abusif, nombre de votants sans rapport avec le nombre d'inscrits, bourrages d'urnes ou fausses urnes, étrangers en possession de fausses cartes d'électeurs, etc. Comme le hasard n’existe pas, c’est le remake de l’élection présidentielle du 4 mars au Togo où justement Bozizé était venu solliciter des urnes. Autre chose bizarre, l'Union Européenne finance l’élection centrafricaine avec le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) pour 9,5 millions d'euros sur 16 millions du coût total, mais n'a pas envoyé de Mission d'observation. Et c’est le silence radio autour de cette mascarade électorale. Des Nations Unies à l’Union européenne en passant par la France et les Etats-Unis, personne n’en parle. Les intérêts de cette fameuse communauté internationale en Côte d’Ivoire ne sont pas les mêmes en Centrafrique où on peut tolérer la « pagaille électorale ». Comme quoi tous les pays africains ne sont pas logés à la même enseigne et les coups de gueule de la communauté internationale sont sélectifs. A qui le tour après Bozizé ?

Zeus AZIADOUVO

Source : LIBERTE HEBDO TOGO

 

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