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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 00:48

 

 

Bozizé KNK

 

Comme il est de coutume chaque année, le MLPC fait sa rentrée politique vers la mi-septembre. Alors qu’aucun texte légal ou réglementaire à ce jour en vigueur en République centrafricaine, n’oblige un parti politique à demander une autorisation préalable d’une autorité quelconque pour tenir une réunion, de surcroit sur un espace privé lui appartenant, le MLPC avait adressé au Président de la Délégation Spéciale de la Ville de Bangui une lettre d’information en date du 31 août 2011 relative à la tenue de sa Rentrée Politique en date du 10 septembre 2011 sur le terrain privé du Parti attenant à la Place de la Réconciliation Omar Bongo Ondimba, et communément appelé Place MARABENA.

D’ailleurs, pourquoi doit-on demander une autorisation pour tenir une réunion politique quel qu’il soit dans un pays démocratique? Copies de ce courrier ont cependant été adressées le même jour au Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation et au Ministre de la Sécurité Publique.

Puisque le samedi 27 août 2011, le meeting unitaire de l’opposition (MLPC, RDC, ASD et CRPS) au même endroit, pourtant dûment autorisé par le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation et du Premier Ministre, a été gravement perturbé par des jeunes manipulés par le pouvoir sous l’œil impassible des forces de l’ordre présentes aux abords de la Place Marabéna, le MLPC a tiré les leçons de cet incident et a sollicité dans ce courrier l’assistance des autorités en matière de protection policière.

Le Président de la Délégation Spéciale de la Ville de Bangui a répondu le 5 septembre 2011 pour informer les responsables du MLPC qu’il prenait acte de leur lettre d’information, mais que pour les mesures de sécurité qu’ils sollicitent, cela ne relevait pas de ses compétences. Il a également adressé copie de cette lettre au Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation et au Ministre de la Sécurité Publique.

C’est sur ces entrefaites que le mercredi 7 septembre 2011, le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, accompagné du Ministre de la Justice et du  Président de la Délégation Spéciale de la Ville de Bangui a convoqué la présidence du MLPC à une réunion en son cabinet. Le Ministre de la Sécurité Publique qui devait participer à cette réunion était absent.

Après l’exposé du Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, le Ministre de la Justice a pris la parole pour dire en substance que si la réunion devait se tenir dans un lieu public, une autorisation serait nécessaire selon la loi de 1901 applicable selon le principe de la subsidiarité, en l’absence de toute disposition légale ou règlementaire centrafricaine. Il a ajouté que puisqu’il vient juste d’apprendre que le lieu de la réunion est un espace privé appartenant au MLPC, la question devient difficile et requiert l’interprétation d’un juge. Puis, il a continué en proposant de fournir au Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation la documentation juridique nécessaire pour que celui-ci, en tant que Ministre de tutelle des partis politiques, puisse organiser une concertation devant fixer les règles du jeu à respecter par toutes les parties à l’avenir.

C’est sur ces entrefaites que le MLPC a conclu que la rentrée politique se tiendrait comme convenu, et à sa question expresse sur les mesures sécuritaires qu’il a sollicitées, le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation s’en est remis à son collègue que le 1er et 2ème Vice-Présidents du Parti ont rencontré le même jour dans son cabinet.

 Celui-ci a feint de n’avoir reçu aucun courrier du MLPC,  ni du Président de la  délégation spéciale de la Ville de Bangui ou de son collègue du Ministère de l’Administration du Territoire. Les copies de ces courriers lui ayant été aussitôt remis, il a conclu qu’il allait  répondre dans la journée, ce qu’il ne fera pas jusqu’à ce jour.  

C’est ainsi que grande fut la surprise du MLPC d’entendre le Ministre de la Justice, celui-là même avec qui un consensus a été obtenu en présence de son collègue de l’Administration du Territoire et du Président de la Délégation Spéciale de la Ville de Bangui, va déclarer sans sourciller depuis le vendredi soir à 21h 30 mn  sur les ondes de la radio et de la télévision nationales que le meeting du MLPC n’était pas autorisé sans préciser les fondements légaux ou règlementaires de cette « autorisation » ni la personne qui doit la donner. Pire encore, dans sa déclaration, il n’a jamais fait mention des conclusions de la réunion à laquelle il a participé ni de sa propre promesse de concertation ultérieure avec les partis pour arrêter les règles à appliquer aux réunions publiques politiques dans l’avenir, compte tenu du vide juridique actuel.

Le MLPC tenu à effectuer toutes ces démarches pour continuer à exercer ses activités politiques dans la légalité. Mais il faut noter pour le souligner que le Président François BOZIZE vient de  déclarer lui-même dans son violent discours en langue nationale sango prononcé le samedi 10 septembre 2011 à l’occasion de la clôture des Etats généraux des Finances, qu’il a interdit la rentrée politique du MLPC parce que ses dirigeants l’auraient convoquée sans en informer les autorités, et qu’en réalité l’opposition préparait des actes de subversion dont il n’a bien sûr donner aucune preuve ni commencement de preuve. François BOZIZE est même allé jusqu’à déclarer en substance que « celui qui prétend qu’il n’y a pas de démocratie en RCA soit écrasé par un véhicule dans la rue » démontrant ainsi à l’évidence que la pathologie dont on dit qu’il souffre et que son fils Francis craint qu’elle ne l’emporte bientôt commence a avoir de fâcheuses conséquences sur son comportement.

Venant du Président de la République lui-même, cet aveu confirme si besoin en était encore, que l’opposition démocratique n’a désormais plus droit de cité en République centrafricaine aujourd’hui. Exclue de l’Assemblée Nationale, interdite de réunion y compris dans ses espaces privés, la démocratie centrafricaine n’est plus qu’une coquille vide. L’interdiction de la rentrée politique du MLPC que tente maladroitement de justifier Firmin FEINDIRO, ce Ministre aux ordres et en service commandé, est un acte attentatoire aux libertés individuelles et collectives inscrites dans la Constitution et une violation des dispositions de l’ordonnance sur les partis politiques en République centrafricaine.

C’est tout simplement de la provocation car un parti politique dont la vocation est d’accéder au pouvoir ne peut qu’être à la base d’activités forcément subversives aux yeux des dirigeants d'un régime politique allergique aux règles les plus banales de la démocratie. Partout ailleurs dans le monde, la démocratie est gagnée en enfreignant aussi certaines lois et règles stupides mises en place par des potentats incultes et kleptocrates afin de leur permettre de se maintenir au pouvoir et se la couler douce. Mais comme les Centrafricains sont connus pour être d’indécrottables dociles, ils vont encore cette fois-ci se coucher face à un tel déni de démocratie.

Pourquoi le demi-dieu Firmin FEINDIRO a cru devoir s’autosaisir de ce dossier du MLPC au détriment de ses collègues de l’Administration du Territoire et celui de la Sécurité publique ? François Bozizé ainsi que tous ceux qui de près ou de loin œuvrent pour la pérennisation du régime KNK n’agissent pas nécessairement au quotidien dans la légalité. Les Lois centrafricaines ne sont pas applicables à tout le monde. Il y a ceux qui ont le droit de se jouer de ces Lois et il y a les autres. Pourquoi seulement en 2011, le MLPC ne doit pas effectuer sa rentrée politique alors qu’il l’a toujours fait par le passé ? A force de tout verrouiller, la marmite va inévitablement imploser un de ces quatre matins et Bozizé ne s’en prendra qu’à lui-même. A bon entendeur, salut !

Rédaction C.A.P

 

 

L’armée intervient dans un meeting de l’opposition centrafricaine

Par RFI dimanche 11 septembre 2011

Le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) a été empêché ce samedi 10 septembre 2011 de tenir son meeting de rentrée comme il le fait chaque année. Des forces de l'ordre dont des membres de la garde présidentielle, ont envahi la réunion. Pour le gouvernement, cette réunion était une provocation : le MLPC n'aurait pas demandé comme la loi l'y oblige, d'autorisation pour tenir cette réunion. Une explication contestée par les représentants du MLPC.

Gabriel Jean Edouard Koyambounou, vice-président du Mouvement de libération du peuple centrafricain : « Ils ont arraché les banderoles, ils ont tout cassé »

Firmin Findiro, porte-parole du gouvernement centrafricain : « Ils n'ont pas déposé de demande d'autorisation pour cette réunion. Le gouvernement juge que cette démarche est une provocation »

Le 27 août dernier un meeting du Front pour l'annulation et la reprise des élections (Fare 2011) avait également été perturbé par l'intervention des forces de l'ordre, faisant 7 blessés.

 

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