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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 23:41

 

 

 

CLASSE ET COMPORTEMENT POLITIQUE DIFFICILE COHABITATION ?

L’actualité politico-sociale de ce dernier trimestre reste tributaire d’intelligence politique qui réduise à néant les actions prévues et définies par la constitution nationale.  Des flagrantes violations de cette dernière d’un côté par le pouvoir de Bangui qui a prit solennellement l'engagement de bien remplir les devoirs d’une fonction et qui est garant de la constitution et de l’autre côté par l’opposition politique qui se croit plus respectueuse de ladite constitution mais dont sa mise en application ne profite pas aux actions à mener sur l’étendue du territoire. La craintive cohabitation entre le pouvoir en place et l’opposition démocratique au lendemain des élections groupées de janvier 2011 motive de plus belle chacune des parties engagées politiquement à désenchanter l’un l’autre de la responsabilité de la violation de ladite constitution sans soucis aucun des dangers sur l’avenir de la nation pourtant soumise, entre autres, aux hypothétiques retombés des discussions de la Table Ronde de Bruxelles 2011 dont l’effectivité du financement à venir dépend du comportement responsable des autorités et des politiques d’actions appropriées. Pourtant des états généraux des finances, réalisés à dessein, qui viennent de finir a conçu des recommandations techniques pour accommoder la gestion financière de l’Etat.

Le 27 août dernier, en violation de la constitution, un meeting de l'opposition organisé par le Front pour l'annulation et la reprise des élections (FARE-2011) avait été violemment agressé par des hommes qui avaient lancé des pierres faisant sept blessés. L’opposition accuse le pouvoir de Bangui lequel ne dément pas l’attaque. Samedi 10 septembre 2011, dans un discours sec donné en sango à la fin des états généraux des finances organisé à l’Assemblée Nationale, le président centrafricain a apprécié à sa juste manière un autre meeting du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC, membre de FARE 2011) recalé, pourtant porté à la connaissance de l’autorité compétante par voie officielle le 31 août 2011. En ces mots il disait : conformément à la loi, la tenue d'une réunion publique fait l'objet d'une demande adressée à l'autorité compétente, le ministre de l'Administration du Territoire. Ce sont des provocations que de déclarer sur les chaînes étrangères qu'on a été interdit de réunion ou qu'on a empêché la tenue de son meeting. Et à ajouter que : Dans ce cas d'espèce, il n'y a aucune demande officielle. (...) J'estime que ce n'est pas de cette façon qu'on doit se comporter dans un pays qui a ses règles (...). Un parti politique a annoncé vouloir faire sa rentrée politique privée. Mais la rentrée politique n'est pas une cérémonie privée qui se limite à la famille, a-t-il dit.

Outre cette guerre de suprématie et de leadership politique au sommet de l’état, le peuple a assisté de manière passive à une valse d’audition et d’examen judiciaire d’un ministre d’état encore en fonction et d’un ex-ministre candidat à la députation dans le 7e arrondissement sur une affaire sulfureuse qui aurait trait au détournement de denier public mais pour laquelle les prévenus ont, eux-mêmes, démentis l’information par la voix des ondes parce que salis par une presse privée en ligne. Eux-mêmes ont classé le crime « top confidentiel ». L’affaire, officiellement reste toujours non médiatisée, comme il est (surtout) coutume quand elle engage les autorités fidèles au KNK, mais continue d’être entretenue par le plus zélé des concernés qui nargue encore une presse en ligne prise en partie. Sans respect de la constitution. Multipliant des « droits de réponses », comme dit Centrafrique-Presse.over-blog.com qui publie les saugrenus désirs de défenses du ministre d’état, ce dernier paraît une autorité qui n’a plus de sens interdit. Des affirmations types, je cite : « Ou est ce que j'ai eu l'argent pour payer mes  cautions en 1999 et 2005 pour briguez deux fois la magistrature suprême de l'État ? A vous de répondre. » Et « Je suis fier d'être riche et immensément riche pour un centrafricain. Je n'ai pas encore dépensé mon salaire ridicule de ministre depuis le 19 juin 2005 jusqu'aujourd'hui. » Encore « L'ensemble des banques dans le monde qui gèrent notre fortune familiale nous versent mensuellement   plus 25 millions de francs CFA ... Facile à vérifier. N'est ce pas? » Ou encore « Que Monsieur Adrien Poussou se rapproche de la greffe de la cours constitutionnelle pour savoir si je n'ai pas payé ma caution de 5.000.000 f CFA en 2005 pour briguer la magistrature suprême de l'État avant de me retirer en faveur du Président Bozize. » Pire encore « Aujourd'hui c'est Lui et demain ce sera peut être mon tour A la tête de la Nation... » méritent que l’auteur soit immédiatement placé sous instruction judiciaire ou qu’il soit entendu devant la nation à l’Assemblée Nationale sur l’origine de ses fortunes et ses velléités. En temps normal les revenus d’un citoyen centrafricain haut cadre fut-il ne lui montent pas si facilement au nez. Contre la constitution, l’auteur de l’affirmation a déclaré un coup d’état à l’actuel pouvoir de Bangui, quand bien même présidentiable et future président de la République, à ses mots. C’est inquiétant que ses allégations soient restées sans suite et sans manifeste des autorités centrafricaines qui lisent pourtant Centrafrique-presse devenu pour eux un site « des Milles Collines ».

Une autre épine dans les pieds du peuple reste le fragile état de santé du Chef de l’état attaqué par une maladie incurable qui entrainera son décès évoqué dans un courrier accusateur adressé à un réfugié centrafricain résidant aux USA par un fils légitime de Bozizé et dont un démocrate engagé demande à la cours constitutionnelle de mettre en place un comité spécial conformément à l’article 34 de la Constitution du 27 décembre 2004. La personne donnée pour malade a démenti, personnellement, l’information le samedi 10 septembre 2011 à la fin des états généraux des finances, sans présenter de preuve de son meilleur état de santé mais néglige la source qu’il déconsidère vu la stature de l’intéressé.

Que les autorités politiques qui n’ont rien de politiciens professionnels sachent qu’il n’est pas gai de parler de leur laxisme, de leur faste train de vie à la vitesse supersonique, de leur cécité à respecter les engagements pris pour défendre les intérêts régaliens  et de leur propension à la multiplication des violations de la constitution qui créent des brisures sociales.

Difficile de comprendre l’essence du manquement centrafricain.

On a beaucoup écrit que si, dans le passé, la religion avait constitué un principe essentiel de différenciation politique, il n'en est plus de même aujourd'hui. On s'est également demandé si la classe sociale continuait d'avoir une incidence sur le comportement politique. La question est jusqu’alors imminente, à la vue des tenues non moins décentes de certaines autorités nationales. Ceci révèle encore que l’ambivalence de certains proches collaborateurs de François Bozizé et lui-même n’est plus étonnant  pour des hautes autorités d’une République. Il fut un temps où les politiques centrafricains étaient distingués de leurs comportements politiques et de leurs systèmes d’opinions et d’attitudes qui leurs sont associés et qui restent fortement dépendants du niveau d’intégrations religieuses et de l’appartenance objective et subjective à une classe sociale. Ils sont nombreux s’il faut les citer par devoir de mémoire mais là n’est pas la préoccupation.

Force est de constater que ce que l'analyse, menée à partir d'entretiens non directifs et d'enquêtes par questionnaires, révèle, à l'origine des comportements politiques, ce sont les croyances et les convictions, les implications affectives, la représentation du champ social, les systèmes de normes et de valeurs caractéristiques notamment des confessions religieuses et de la classe ouvrière. L'emprise de ces structures symboliques est largement tributaire de l'histoire des individus et de leurs groupes d'appartenance.

L'analyse des vécus de ces deux dernières décennies et sa confrontation avec les comportements plus récents montrent à la fois le profond enracinement culturel des systèmes d'attitudes ainsi constituées et leur évolution, inséparable des mutations globales de la politique centrafricaine.

Francis Macaire YABENDJI-YOGA

Infographiste - Journaliste

 

A

 

Monsieur le Directeur de Publication de Centrafrique Presse

 

Je voudrais réagir sur le dernier « droit de réponse » que  le Ministre Gouandjika nous a servi ces derniers jours.

Tout en vous félicitant pour la probité dont vous faites preuve en publiant ses « papiers », permettez moi d’attirer votre attention sur le rôle éducatif qu’est celui du métier de la presse, qui n’autorise pas que des torchons soient mis à la disposition de vos lecteurs ; aussi, voudrais je vous prier de considérer l’impact éducatif qu’auraient ces distractions de mauvais goût que nous écrit ce Sinistre individu en mal de popularité, avant de les mettre en ligne.

Je m’attaque ici, non pas sur le fond des allégations de ce pitre, mais plutôt sur la forme rédactionnelle du courrier écrit des « mains » d’un MINISTRE, qui les destine à la publication… Cela dit en passant, rafraîchissons lui la mémoire : y a t – il  déjà eu un PDG de la SOCATEL en RCA ? Un DG et un PCA oui, mais PDG d’une société d’Etat ???...  Je crains que le démon de la prédation demeure vraiment en ce personnage haut en couleur qui croit que toute structure qu’il « dirige » lui appartient!

Dites aussi à Monsieur Gouandjika que s’il souhaite se faire « greffer » un cerveau d’humain à la place de celui de têtard qu’il possède actuellement, ce n’est certainement pas auprès de la Cour Constitutionnelle qu’il doit prendre attache ;

NON, Monsieur le Ministre, on dit  « le » greffe, quand il s’agit des Tribunaux, et lorsque vous l’écrivez à votre manière, vous donnez l’impression que la Cour Constitutionnelle est la clinique que vous recommandez à tous ceux qui veulent se faire lobotomiser comme vous, ce qui est inacceptable car  personne ne vous ressemble dans ce bas monde. Vous êtes unique dans votre genre !

Par ailleurs, retenez une bonne fois pour toutes que l’on écrit la Cour avec un « C » majuscule, par respect pour cette grande institution, que vos semblables et vous, avez chargée de nains en RCA… ! CONSEIL : relisez vos écrits avant de les faire publier… Vous éviterez ainsi de confirmer votre rang d’analphabète du gouvernement.

Monsieur le MINISTRE, quand vous écrivez : « Je rappelle A », (A) majuscule, vous me donnez l’impression de ne  pas connaître votre orthographe! On écrit plutôt : « …Je rappelle à …», (à) accent grave, de même, vous écrirez : « …mon tour à la tête… ».

Oui, je sais, vous répondrez que le Français n’est pas votre langue maternelle…, mais souvenez vous au moins de ce que votre maître vous a enseigné, à moins que, pendant que vos camarades étaient présents intellectuellement en classe, vous, n’y soyez que physiquement, car votre mental de bourricot se trouvait en divagation, ou quelque part à la recherche d’un butin à prendre.

Vous écrivez aussi s’agissant de « vos noces politiques » avec Bozizé: « Aujourd’hui c’est Lui et demain ce sera peut être mon tour A la tête…. » ; Ne trouvez vous pas que cette phrase est mal construite, et qu’il lui manque un verbe pour la rendre plus élégante ? C’est vrai que l’élégance n’est pas dans votre culture, mais tout de même… Monsieur le Ministre !...

Lorsque l’on vous lit, on a l’impression d’entendre chanter l’une de ces griottes qui aiment à se tourner le popotin afin de s’attirer les faveurs du « père de la nation » ! Seulement, vous devez savoir que votre époque est révolue et vos noces rompues. Ensuite, que contrairement à la vôtre qui s’arrêtera de fonctionner lorsque votre époux politique vous aura quitté, notre mémoire demeurera vive pour nous souvenir du modèle de votre veste, que vous ne pourrez plus retourner.

Je suis profondément offusqué et attristé de découvrir autant de carences à ce niveau de l’Etat !

Question : si vous ne savez plus très bien quelle est l’origine de votre fortune,

Etes -vous au moins sûr que le nom que vous portez est bien celui que vous a donné votre géniteur ?

Avouez que vous avez troqué ce patronyme contre le costume de scène rouge pourpre  que vous affectionnez tant ! Au fait, vous l’avez toujours?...Dommage ! Car très bientôt les projecteurs seront coupés sur votre spectacle de clown ; vous auriez mieux fait le refiler plus tôt à l’un de vos collègues !…

Je n’ai vraiment pas envie de m’intéresser au fond de votre droit de réponse, tant il est ridicule, mais je vous conseille vivement de vous faire couper régulièrement les cheveux pour éviter d’accumuler tant d’électricité statique au dessus de votre haricot.

Ne réagissez pas, de grâce… !

 

           Un fidèle lecteur de Bangui   

 

 

 

LES ELUCUBRATIONS DE FIDELE NGOUANDJIKA : UNE INSULTE A NOS SOUFFRANCES

 «  A quelques-uns l’Arrogance tient lieu de grandeur ; l’inhumanité de fermeté ; et la fourberie, d’esprit. » Jean de La Bruyère.

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L’actualité Centrafricaine de ces dernières semaines fut abondante. De l’ultimatum de Baba Ladé à la malédiction des ¼ de finale de l’Afrobasket en passant par les catastrophes naturelles, la diffusion de la liste des 22 Most Wanted par la fatwa du KNK en France sans oublier la crise de l’Université de Bangui et j’en passe. Dans ce flot, le droit de réponse de Monsieur Fidèle Ngouandjika, Ministre de l’Agriculture et du Développement rural, anciennement Porte-Parole du Gouvernement et Ministre des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles technologies à un article paru dans Centrafrique-Presse a retenu mon attention.

Dans un billet daté du lundi 05 septembre 2011 intitulé : « Un nouveau riche centrafricain : vous avez dit la folie des grandeurs ? » Centrafrique Presse s’est interrogé sur l’origine des fonds de la construction de l’hôtel NGOUANDJIKA de Boyrabe.

La réponse, une non-réponse plutôt, du principal concerné, en date du 08 septembre 2011 contient une révélation de grande importance.

Que nous dit-il ? Ceci : « Souvenez-vous mon cher Prosper Ndouba que mon Hôtel (2 étages en construction) a servi successivement en 1996-1997 de base arrière des milices KARAKO de Patasse et 2002-2003 aux BANYAMOUNLENGUES toujours (sic) de Patasse et votre ami et frère le Congolais Bemba. » (sic).

L’auteur de ces propos nous avait habitués à ses « absurdités ». Celle-ci est d’une nature différente.

 

Complicité ou aveux de Culpabilité ?

Ecartons d’emblée une hypothèse, celle émise par Adrien Poussou qui, dans un article publié sur l’incontournable Centrafrique-Presse le 09 septembre 2011, sous la forme d’un questionnement, nous interpellait sur la santé mentale de Fidèle NGOUANDJIKA (1).

Fidèle NGOUANDJIKA est indubitablement en pleine possession de tous ses moyens ; point n’est besoin d’être expert en psychiatrie pour l’affirmer. A preuve la cohérence des propos qui sont les siens.

Retour sur ses aveux.

Ils contiennent l’énoncé de faits dont le Directeur de Publication de Centrafrique-Presse serait au parfum, bien au courant, comme un secret partagé puisqu’il écrit : « ...Souvenez-vous… ». Souvenir et non information, encore moins information de première main.

Ceci semble être corroboré par l’usage de marques de familiarité : « …mon cher Prosper… ». Ironie ? En partie certainement. Il y a probablement plus. Sur le fond, on décèle une complicité de longue date entre les deux protagonistes puisqu’il est écrit : « … des milices KARAKO de Patasse et 2002-2003 aux BANYAMOUNLENGUES toujours de Patasse et votre ami et frère le Congolais Bemba ».

La référence à Patassé, à [l’] « ami et frère (…) Bemba » renvoie à des affinités communes et partagées.

 

Débat entre alliés d’hier ? En saurions-nous plus ? Il revient à Fidèle Ngouandjika d’étayer ses affirmations à charge par Prosper Ndouba de confirmer, d’infirmer et/ou de dire ce qu’il sait ou ne sait pas.

Cela sera d’intérêt général, une contribution à l’Histoire centrafricaine ou à l’écriture de chroniques des temps actuels.

Plus important encore, la réponse de Fidèle Ngouandjika contient l’aveu selon lequel son « … Hôtel (2 étages en construction) a servi successivement en 1996-1997 de base arrière des milices KARAKO de Patasse et 2002-2003 aux BANYAMOUNLENGUES toujours (sic) de Patasse et votre ami et frère le Congolais Bemba. ».

 

Ainsi les milices Karako ont eu pour base, unique ou non on ne sait, l’hôtel de Fidèle Ngouandjika.

Qui sont les milices Karako ? Au regard de la légalité républicaine, ni plus ni moins qu’une association de malfaiteurs à l’initiative des responsables civils et militaires de l’époque chargés des basses œuvres ethnocidaires notamment et plus généralement des assassinats et meurtres connus de sinistre mémoire dont le plus connu est sans aucun l’exécution de Christophe Grélombé et son fils Martin.

Fidèle Ngouandjika n’a jamais dénoncé la présence desdites milices dans sa propriété pas plus qu’il ne s’est démarqué de leurs pratiques criminelles.

Mieux : il leur a fourni un lieu de regroupement. De là, ils recevaient les instructions utiles à la commission de leurs forfaits ; de là, ils reprenaient des forces pour tuer d’honorables citoyens sans armes ; de là ils partageaient leurs butins.

Ce faisant, Fidèle Ngouandjika a enfreint les lois de la République en se rendant coupable de complicité par fournitures de moyens d’association de malfaiteurs, des délits et crimes commis par ceux-ci.

Les révélations contenues dans sa réponse (2) du 08 septembre 2011 sont des faits nouveaux qui mettent en échec la prescription et justifient dès lors l’ouverture d’une information judiciaire de ces chefs.

Voilà l’occasion ou jamais d’établir la vérité sur cette milice dont les responsables sont, à l’en point douter, connus de Fidèle Ngouandjika car c’est avec eux qu’il a négocié pour la prise de possession des lieux.

 

Fidèle Ngouandjika n’en reste pas là.

 

Le voilà, en 2002-2003 qui réitère ses alliances délictueuses. Cette fois c’est Bemba et les Banyamulenges de sinistre mémoire.

Mais qui sont les Banyamulenges ? Le 23 novembre 2010, le témoin n° 38 du procès de Monsieur Jean Pierre Bemba Gambo qui se déroule à la Hayes raconte ceci : « Comment saviez-vous que c’étaient des rebelles de Jean-Pierre Bemba ? ». « Nous connaissons l’uniforme de notre armée centrafricaine, la couleur des bérets, les rebelles portaient des bottes en caoutchouc, ils n’avaient pas la morphologie des centrafricains. Ils parlaient lingala, la langue du Congo, du Zaïre comme on dit encore chez nous à Bangui ».

Le témoin raconte comment les rebelles de Bemba surnommés des « banyamulenge », se sont installés au PK12, un carrefour très important. Il explique comment, dès le lendemain de leur arrivée, ils ont commencé à piller, à saccager les maisons, bastonner les gens et semer la terreur dans la population qui a rapidement fuit. (3).

 Les Banyamulengués, une milice de Jean Pierre Bemba que le régime de l’époque avait fait venir à Bangui en violation des règles régissant nos relations avec la République Démocratique du Congo ainsi que nos obligations internationales. C’est pour ces crimes que le chef de cette ancienne rébellion congolaise est jugé à la Haye en ce moment.

 

Le mode opératoire est identique. Récidiviste, Fidèle Ngouandjika a sciemment fourni assistance et moyens à Bemba et sa horde.

 

Des lieux susceptibles de servir de base aux milices Karako, aux Banyamulenges ne manquent pas dans Boy-Rabe ou ailleurs. Pourquoi toujours chez Fidele Ngouandjika ? Tout porte à croire qu’il y a consenti en connaissance de cause ; qu’il a peut-être devancé les sollicitations des chefs guerriers.

 

Sa place n’est assurément pas à Bangui. C’est à La Haye qu’il devrait se trouver, au Tribunal Pénal International, sur le banc où est assis Jean Pierre Bemba Gombo.

 

Gageons que les avocats des parties civiles, Maître DOUZIMA-LAWSON et le bâtonnier ZARAMBAUD le feront citer à comparaître, au moins comme témoin de dernière minute, la procédure le permet et la perte de son immunité ministérielle, un clin d’œil à exploiter, afin d’éclairer le Tribunal sur les faits reprochés au tristement célèbre Bemba. De la place qu’il occupait dans la chaîne de commandement, il est en mesure de fournir des éléments d’information sur la direction des opérations militaires.

On ne peut, en effet, fournir un lieu de regroupement sans être un homme de confiance, toute information sur la configuration des desdits lieux est précieuse pour l’ennemi et peut valoir défaite pour les forces qui l’occupent.

 

La place de Fidèle Ngouandjika n’est plus au gouvernement eu égard à l’énormité de l’aveu qu’il fait. Un complice de crime contre l’humanité et de génocide pourrait-il faire partie d’un gouvernement qui se proclame républicain ? Je suis étonné qu’il n’ait pas été démis séance tenante de ses fonctions gouvernementales.

Une dernière question me taraude. La cession de la jouissance de sa propriété par Fidèle Ngouandjika était-elle sans contrepartie financière ? On peut légitimement en douter. L’on sait combien Bemba et le MLC tenaient à conserver Bangui comme voie d’approvisionnement. Qu’ils aient desserré les cordons de la bourse à cet effet n’étonnerait personne sauf à être benêt.

 

Ceci conduit à émettre l’hypothèse que cette fortune qui est brandi sans pudeur trouverait sa source dans cette transaction : une moisson de crânes contre le produit des diamants de sang.

 

Le Parquet de Bangui devrait porter ses phares sur la question de l’origine de cette fortune. Fidèle Ngouandjika gagnerait à en établir spontanément les contours. Il me souvient qu’interpeller par un journaliste de la presse internationale sur l’étendu présumé de sa richesse, François Bozizé Yangouvonda avait répondu à peu près ceci « comment je peux être aussi riche dans un pays aussi pauvre ». Il devrait se poser la question à propos de la « colossale » fortune de Fidèle Ngouandjika.

 

Génocide et Crimes contre l’humanité

Les années 1996 et 1997, 2001 et 2002 sont les plus dramatiques (4) que nous ayons connues depuis la restauration de la République en septembre 1979. A la faveur des mutineries d’une partie de l’armée et des tentatives de coup d’état du 28 mai 2001 et d’Octobre 2002 ; nous avons assisté à de graves violations des droits de l’homme allant des viols, des meurtres, des pillages, des séquestrations aux mouvements des masses et d’exil.

Je me souviens de ce jour de décembre 1996 où me rendant à BoyRabe pour rendre visite à une amie, je fus pris à partie par un groupe d’excités et ma destination inévitable aurait été la base dite « Karako » où j’allais subir le sort réservé  à tous ceux qui étaient désignés comme les ennemis de la République et de la Nation.  J’eus la vie sauve grâce à un collègue de classe qui habitait le quartier et qui passait par là. Rien que d’y repenser, je suis envahi d’un double sentiment. D’abord celui de  l’expression de ma gratitude envers le canal de ma relaxe et ensuite celui de révolte contre ceux qui sont à l’origine de l’euthanasie de l’espérance que le peuple leur avait confié en sortant des urnes en septembre 1993 et qu’ils ont mis en charpie au service d’une politique qui n’avait rien de nationale.

De tous ces douloureux évènements, seuls ceux qui sont couverts par les accords de Rome (5) font aujourd’hui l’objet du procès à la Haye de Monsieur Jean-Pierre BEMBA GOMBO. Pour le reste, une partie des bourreaux d’hier sont devenus les victimes de ceux d’aujourd’hui tandis que d’autres sont complices actifs ou passifs du système qui lui-même deviendra la victime de celui de demain si nous n’œuvrons pas maintenant pour mettre fin au cycle de l’impunité et de l’obscurantisme dans lequel le pays s’est enfermé depuis la fin de l’empire(6). La moisson des crânes de Fidèle NGOUANDJIKA dont il vient de révéler l’existence est plus que jamais l’occasion qu’il ne faut pas rater.

Conclusion

Un oiseau, qu’importe le temps qu’il met à voler, finit toujours par redescendre sur terre ou se poser sur un arbre. Fidèle Ngouandjika par ses droits de réponse à Centrafrique-Presse a non seulement insulté nos souffrances d’hier mais aussi et surtout celles d’aujourd’hui auxquelles il n’est pas étranger. Pour ça et rien que pour ça, il mérite de se retrouver à la Haye ou à Ngaragba ou encore au Guantanamo de Bossembélé.

Dans ce pays (la Roumanie) que nous avons en commun Fidèle NGOUANDJIKA et moi, il est un adage qui dit : «Lacrimile nu se va usca dacă nu am uitat pe cei morţi ». Les larmes ne sécheraient jamais si l’on n’oubliait pas les morts.  Par ses élucubrations, son arrogance, son inhumanité il vient de nous faire pleurer à nouveau.

                        Clément BOUTE-MBAMBA

Post-Scriptum :

ü  Je me rappelle qu’en 1999, le propre frère de Fidèle NGOUANDJIKA avait déclaré à Télé Centrafrique : «  il ne faut pas perdre son temps à écouter un malade mental qui passe son temps à se battre avec ses enfants pour de la nourriture. » Il voulait parler de son frère Fidèle qui s’était lancé dans l’aventure présidentielle. Est-ce en souvenir de cela qu’Adrien Poussou pose la question sur la santé mentale de Monsieur Fidèle NGOUANDJIKA ?

ü  Les annales de l’histoire politique de la RCA ne retiennent pas le nom de Fidèle Ngouandjika comme compétiteur à un scrutin présidentiel. Au nom de quoi affirme-t-il avoir été candidat  aux présidentielles de  2005 ? Une intention de Candidature fait-elle office de candidature ? En tout cas François Bozizé Yangouvonda est prévenu, Ngouandjika en veut à son fauteuil. D’ailleurs il l’affirme dans un autre droit de réponse publié le 09 septembre 2011 par Centrafrique-Presse : « Aujourd'hui c'est lui [BOZIZE, ndlr] et demain ce sera peut-être mon tour A la tête de la Nation toujours dans notre noble philosophie de Kwa Na Kwa pour le bonheur de notre Peuple et la grandeur de notre Pays... ». Cela se passe de commentaires.

ü  Il y a encore quelques jours, je m’interrogerais sur les raisons de la famine qui sévit en RCA et de l’énorme bond en arrière de nos régions ces dernières années. Fidèle Ngouandjika, le ministre de tutelle vient de me fournir les explications. En effet, monsieur le ministre, multimilliardaire passe le clair de son temps à gérer ses milliards ou à avoir le nez dans son I PHONE avec lequel il envoie sans cesse ses courriels. Quid du développement agricole et de nos régions. Conflit d’intérêts car notre ministre officie aussi comme PDG, cumul des genres proscrit par les lois de la république…Ah Centrafrique, pays de Paradoxes et des records négatifs (7)

 

Références :

1 : « Mentalement dérangé ? Adrien Poussou, CAP, 09 septembre 2011

http://centrafrique-presse.over-blog.com/article-mentalement-derange-par-adrien-poussou-83753477.html

2 : http://www.rfi.fr/afrique/20101123-proces-jean-pierre-bemba-temoin-raconte-crimes-banyamulenge

3 : Droit de réponse de monsieur Fidèle Ngouandjika publié par CAP le 08 septembre 2011

http://centrafrique-presse.over-blog.com/article-ecran-de-fumee-en-guise-de-droit-de-reponse-du-milliardaire-fidele-goaundjika-83653144.html

4 : LE 28 MAI 2001: Y A T - IL EU OUI OU NON GENOCIDE EN CENTRAFRIQUE? CBM, SANGONET, 28 mai 2004.

http://www.sangonet.com/ActualiteC18/genocide-oui-non_CBM.html

5 : Centrafrique : 28 mai 2001-28 mai 2004, CBM, SANGONET, 24 mai 2004

http://www.sangonet.com/ActualiteC18/28mai2001-28mai2004.html

6 : Ange Félix Patassé, le dernier des pères fondateurs, CBM, Paris, 18 avril 2011

http://www.sozowala.com/palabre/reflexions/r20110418001.htm

7 : « Centrafrique, pays de Paradoxes et des records négatifs » : Expression du Bâtonnier ZARAMBAUD

 

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