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  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 00:26

 

 

Dadis-et-Toumba.jpg

 

 

03-08-2010 - Le chef de la junte militaire guinéenne, Dadis Camara a démenti l’information selon laquelle il aurait déménagé à Bamako, la capitale malienne, depuis plus de trois semaines dans une interview accordée au quotidien privé guinéen, La République.

Dans sa dernière parution, ce journal barre à sa Une en gros caractères : Interview de Dadis : "C’est archi- faux, je ne suis pas à Bamako ", avec sa photo où on peut le voir assis, le menton posé sur ses mains croisées et le regard tourné ailleurs.

A la question de savoir s’il réside toujours à Bamako, comme annoncé par la presse, Dadis Camara répond que c’est "archi- faux" et "ce n’est pas réel "

"Je suis à Ouagadougou à l’heure où je vous parle.... ce genre de rumeur est de nature défavorable. C’est comme si je ne suis pas bien entretenu à Ouagadougou. Cependant, je suis bien entretenu" a-t-il indiqué.

Questionné sur son intention de venir s’installer un jour ou l’autre au Mali, il déclara : "Rien ne m’a été dit encore officiellement. Pour le moment, je suis à Ouagadougou".

Parlant de son éventuel retour en Guinée, Dadis Camara a dit que son plus grand souci est la tenue des élections libres, transparentes et crédibles.

"En ce moment, je suis fier de rentrer en Guinée, mais tant que le pays n’est pas sur une bonne voie, (...), je ne serais pas du tout à l’aise. Parce que c’est rentrer dans une situation que je ne souhaite pas" s’est-il défendu.

Parlant du second tour de la présidentielle guinéenne, Dadis Camara précise que les Guinéens devraient garder la sérénité, avant de préciser que ce n’est pas son devoir de donner une consigne de vote :

"J’apprécie les deux leaders, leurs programmes et pour le reste, c’est la population qui peut se déterminer" a-t-il signifié.

Moussa Dadis Camara est arrivé au pouvoir en décembre 2008, suite à un coup d’Etat.

Il réprimera une manifestation pacifique de l’opposition radicale hostile à sa candidature, le 28 septembre 2009 à Conakry.

Mais il sera victime d’une tentative d’assassinat physique. Le lendemain, il sera évacué au Maroc pour y subir des soins intensifs.

Suite à l’amélioration de son état sanitaire, il sera encore transféré au Burkina Faso, en janvier dernier.

A Ouagadougou, un accord de sortie de crise en Guinée avait été signé le 15 Janvier 2010, prévoyant entre autres le maintien en convalescence de Dadis au Burkina Faso et le passage du pouvoir à son intérim, Sékouba Konaté.

 

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 00:21

 

 

frederik-bishop-cook.jpg

 

Ai- Rca- Mardi, 03 Août 2010 19:29  «J’étais faire mes adieux au  ministre parce que, je suis arrivé en fin de séjour en  République Centrafricaine. Je lui ai également fait  part de mes observations sur la  situation dans l'Est. Je viens d’y effectuer ma  4ème visite accompagné d’une délégation de  militaires américains. Il s’agissait  pour moi de toucher du doigt les exactions de la Lord Resistent Army (LRA) de Joseph Kony  et surtout  la situation humanitaire des personnes déplacées et des civils ».

Cette déclaration a été faite ce jour  par l'ambassadeur des Etats-Unis à Bangui Frederick Bishop Cook au sortir de l'audience avec le ministre des affaires étrangères, le Général Antoine Gambi.

L’entrevue, selon lui, a été  très riche en enseignements.

Il a déclaré que  la RCA est l'un des pays le plus riche du monde, car il y a de la pluie en abondance. De plus, le pays dispose d’un espace vert et vaste pour l'agriculture et le sol regorge des ressources minières. « J’ai été beaucoup impressionné par la beauté et la richesse de ce pays », a-t-il dit,  déplorant toutefois le fait que les centrafricains soient divisés.

« Je suis déçu par le manque d'unité, d'organisation sociale et politique entre les centrafricains, malgré la devise du pays qui est : « Unité Dignité Travail » », a souligné le diplomate, rappelant que «  c'est l'unité qui favorise  le travail et c'est le travail qui fait naître la dignité».

Il a tenu à exhorter les centrafricains à s'engager dans le  processus politique de réconciliation et non de la division afin de permettre à tout le monde d’aller aux élections et mettre en place un gouvernement qui représente toute la population.

« On a eu depuis 50 ans beaucoup de conflits dans ce pays. C'est le moment de  la paix et du rassemblement. Les Etats Unis  souhaitent  que les centrafricains retrouvent le chemin  de la paix et de la prospérité», a conclu Frederick Cook qui aura passé trois bonnes année en Rca.

Kabongo, Ai Bangui

 

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 00:16

 

 

bossangoa.gif

 

Radio Ndéké Luka Mardi, 03 Août 2010 13:48

 

Après une semaine de pluies sans arrêt dans la préfecture de l’Ouham au nord-ouest, plusieurs dégâts matériels ont été enregistrés.

A Bossangoa, chef lieu de la préfecture, environ 90 maisons sont écroulées et 482 personnes sans abri.

Selon un rapport du maire de la commune de Nanga Boguila, 144 heures de pluies ont été enregistrées, faisant 50 maisons détruites et 205 sinistrés.

Selon Thomas Orongaï, président de la croix rouge préfectorale de Bossangoa, la probabilité d’écroulement d’autres maisons serait possible.

Il a ajouté que la croix rouge ne dispose pas de moyens pour voler au secours de ces personnes sinistrées. Il lance à cet effet un sos au gouvernement et aux ONG humanitaires, car dit-il, le risque de maladies est possible après cet évènement.

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 23:29

 

 

Yayi.jpg

 

Par Gilles Olakounlé Yabi | InfoSud | 03/08/2010 | 07H31

(De Cotonou) Parfois considéré comme un modèle de démocratie sur le continent africain, le Bénin voit son Président éclaboussé par un vaste scandale financier. Mais alors que le pays fête ses cinquante ans d'indépendance de la France, cette affaire révèle surtout une grave crise morale et politique.

Ce énième scandale financier et politique qui agite le Bénin est, il est vrai, particulièrement énorme. Qualifiée de « Madoff béninois », du nom du super escroc américain Bernard Madoff, l'affaire met en scène une institution de placement d'argent, Investment Consultancy & Computering services (ICC), qui a collecté auprès des populations béninoises l'équivalent de plus de 150 millions d'euros avant de se révéler comme ce qu'elle a toujours été : une vaste escroquerie fonctionnant sur le vieux principe de la fraude pyramidale.

Bienveillance de l'Etat envers les fraudeurs

L'affaire n'aurait pas pris la tournure d'une crise nationale sans précédent si elle ne concernait pas une proportion inquiétante de citoyens et n'impliquait pas des sommes vertigineuses au regard de la petite économie béninoise. Et si les responsables de l'entreprise frauduleuse n'avaient pas bénéficié de la bienveillance des principales personnalités de l'Etat et du pouvoir en place.

Le Président Boni Yayi, économiste élu brillamment avec près de 75% des voix au second tour de l'élection présidentielle en 2006, se retrouve en mauvaise posture à huit mois de la remise en jeu de son mandat.

Une cinquantaine de députés sur les 83 que compte le Parlement demandent que le Président soit mis en accusation dans l'affaire des placements d'argent illégaux. Il a déjà dû limoger le procureur de la République de la capitale économique, Cotonou, et son ministre de l'Intérieur, tous deux détenus pour complicité présumée avec les auteurs de la fraude.

Des intérêts promis de 200%

Entre les histoires dramatiques des Béninois qui ont mis toutes leurs économies et des fonds empruntés dans les caisses de l'institution de placement qui leur promettait des intérêts de l'ordre de 200% et les accusations de complicité et répliques salées échangées quotidiennement entre les leaders de l'opposition et ceux du camp présidentiel, point de place pour une analyse dépassionnée du bilan des cinquante dernières années.

En réalité, le scandale financier qui frappe toutes les couches de la société béninoise offre une occasion rare à la nation de se regarder en face et de constater, enfin, que le quatrième temps de son histoire est celui du culte de l'argent facile et de la mort des idées, après l'époque des illusions de l'indépendance, l'ère de la ferveur révolutionnaire, puis celle de l'excitation démocratique et des libertés retrouvées.

Au Bénin, une insidieuse et profonde crise des valeurs collectives assombrit l'avenir pourtant plein de promesses d'une population jeune, bouillonnante et capable d'ingéniosité. La crise est aussi celle d'un système politique marqué aussi bien par sa capacité à produire des alternances démocratiques pacifiques que par sa corruption et son inaptitude à insuffler une véritable dynamique économique partagée.

Le « Quartier latin de l'Afrique »

Terre de royaumes puissants et de résistance héroïque à l'entreprise coloniale française, le Dahomey -qui sera renommé Bénin en 1975-, s'est longtemps enorgueilli de son étiquette de « Quartier latin de l'Afrique », bon élève de l'école coloniale élitiste française. Champion africain des coups d'Etat sans effusion de sang dans les années 60, le pays est encore réputé aujourd'hui dans la région pour la qualité de ses intellectuels.

Ceci, alors que le pays n'a pourtant jamais été un champion du développement économique, social, culturel ou même sportif. De quoi se poser des questions dérangeantes à l'heure du cinquantenaire, et notamment celle, sans doute, de l'absence d'un lien automatique entre démocratie d'une part et bonne gouvernance et décollage économique de l'autre

Pendant cinquante ans, les Dahoméens puis les Béninois ont su échapper au pire : la guerre civile, les violences politiques et intercommunautaires et la famine. Les Béninois nourrissent plus d'ambitions au moment d'entamer un nouveau cinquantenaire.

 

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 23:04

 

 

Pierre-Buyoya.jpg

 

 

Lu pour vous dans L'Indépendant : L’émissaire de la Francophonie Pierre Buyoya infréquentable chez Bozizé


C’est le quotidien privé Le Confident qui a révélé l’information. Selon le confrère banguissois, François Bozizé aurait refusé de recevoir l’ancien président burundais Pierre Buyoya qui était arrivé le 20 juillet à Bangui, prétextant un emploi du temps chargé.

D’après Le Confident, l’émissaire de l’Organisation internationale de la Francophonie que l’on ne présente plus à Bangui, avait dû écourter son séjour pour rentrer en France.


L’ancien putschiste burundais qui s’est reconverti en monsieur bon office de la Francophonie s’était rendu à Bangui fin juillet pour faire le point sur l’avancement du processus électoral. Il s’est entretenu avec la Coordination de la Commission électorale indépendante (CEI) ainsi que l’ensemble des entités partie prenantes au processus électoral sauf François Bozizé, qui lui aurait gardé dent à cause de ses prises de position sur la question électorale.


Lors d’un précédent séjour dans la capitale centrafricaine au mois de mai dernier, le général-major Pierre Buyoya avait émis des réserves sur l’impréparation des élections législatives et présidentielle et avait préconisé un report.


Depuis, François Bozizé qui ne cesse de se répandre dans la presse nationale et internationale qu’on (la communauté internationale) l’a « forcé à violer la constitution » en reportant les élections, considère cette prise de position comme une ingérence dans les affaires centrafricaines. C’est pour cette raison qu’il aurait soigneusement évité de rencontrer son ancien frère d’Armes burundais.


Pourtant, le 14 juillet dernier, après le défilé des troupes africaines sur les Champs Élysées, François Bozizé avait été reçu par le secrétaire général de la Francophonie, l’ancien président sénégalais Abdou Diouf. La question des élections a certainement été évoquée. On suppose que c’est lors du tête-à-tête entre les deux hommes que la mission de Pierre Buyoya a été décidée. Donc, Bozizé ne pouvait pas ne pas être au courant de cette visite.

 

 

Source : http://www.lindependant-cf.com Lundi 2 Août 2010

 

 

 

NDLR : Comme Mme Sahle Work Zewde du BINUCA ainsi que les ambassadeurs de France, des USA et de l'UE en Centrafrique, l'ex-président burundais Pierre Buyoya fait partie de tous ceux qui, d'après Bozizé, ont eu le tort de l'avoir "forcé" comme il l'a dit dans son interview à Jeune Afrique, à reporter les élections qui auraient chaotiques si elles avaient eu lieu le 16 mai, qu'il s'apprêtait à tenir pour réaliser son hold-up.

 

Pierre Buyoya paie sans doute le courage qu'il a eu lors de son avant dernier séjour à Bangui, d'avoir sans doute insisté auprès de Bozizé sur la nécessité de reporter effectivement les élections du 16 mai afin de mieux les préparer de façon consensuelle pour éviter toute crise post-électorale inutile. Dès lors, il ne pouvait que s'attirer les foudres et la haine de Bozizé comme celle qu'il voue à Mme Zewde et les diplomates représentant la communauté internationale en RCA qu'il accuse sans cesse de soutenir l'opposition. Le lundi 2 août, Bozizé a dû s'entretenir avec Mme Zewde du BINUCA puis l'ambassadeur de France Jean-Pierre Vidon allés sans doute attirer son attention sur la nécessité que la classe politique dans son ensemble aille aux urnes de façon vraiment consensuelle. 

 

En prenant tout seul dans son coin un décret convoquant le corps électoral pour le 23 janvier 2011 alors même que le chronogramme consensuel était en train d'être discuté à la CEI, l'illégitime hors la loi Bozizé ne pouvait qu'attirer sur lui les observations et remarques des diplomates représentant les pays amis qui sont partie prenante au processus électoral en Centrafrique.   

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 19:28

 

 

Saragba F

 

De report d’élections en report d’élections, la république centrafricaine continue toujours sa dangereuse progression dans une sorte de rengaine monotone.

Voilà que depuis le 11 juin 2010, la Centrafrique pieds et mains liés, est offerte comme un jouet aux seuls caprices d’un président illégitime et incompétent dont le mandat a été prorogé d’une manière illégale afin de préserver la paix, rien que la paix croyait-on. Hélas ! Si le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument pour ne pas paraphraser le philosophe et historien Emerich Acton. En prorogeant sans condition le mandat du général-président malgré le verrouillage de la constitution, les parlementaires et les membres du conseil constitutionnel ont donné un blanc seing à celui-ci. Le résultat ne s’est pas fait attendre et se traduit aussitôt par les mêmes maux dont souffraient déjà le régime « légal ».

A présent, les mêmes rênes du pouvoir sont convoitées par une classe politique de l’opposition démocratique qui se caractérise par un attentisme affligeant, un minimaliste déroutant et réagit si toutefois elle réagit d’une manière atone. Une classe politique de l’opposition démocratique dont certains leaders par leur discours semblent déjà être de connivence avec le régime en place. A se douter de la sincérité de leur engagement. Finalement, la Centrafrique n’est-elle pas victime de l’apathie politique du régime et de certains leaders de l’opposition  qui essaient de jouer solo ? Autrement dit, ce manque de créativité politique n’est-il pas dû à une inculture politique manifeste ? Ne dévoile t-il pas  au grand jour une absence de véritables projets politiques positifs et globaux pour la Centrafrique?

Alors que la majorité de nos compatriotes, toute classe politique confondue  y compris certains membres du parti au pouvoir , la communauté internationale avec l’union européenne en tête s’attendaient à un accord politique global qui résulterait d’un consensus afin de donner une aura de légitimité et de légalité au processus électoral, le général président a cru bon, dicté en cela par ses vieux démons de la mal gouvernance de prendre un décret unilatéral et inattendu. Une fois de plus, le général président a fait preuve d’un autoritarisme méprisant à l’endroit de toute l’opposition démocratique, du peuple centrafricain tout entier qui n’aspire qu’à vivre en paix et de nos partenaires internationaux fatigués par nos incohérences à un moment qui ne s’y prêtait pas. Au moment où nos compatriotes commençaient à croire en une solution apaisée, résultante d’un consensus qui viendrait sceller définitivement un accord politique salvateur, d’autant plus que  l’union européenne est prête à débourser gracieusement entre 6 et 9 000 000 d’euros. A quoi joue donc le général-président ? Aurait-il peur d’une élection juste et transparente ?  Veut-il réellement organiser ses élections ?

Par ailleurs, la réaction tantôt timorée ou confuse d’une opposition démocratique face à ce qui est convenu désormais d’appeler une provocation de la part du général-président  interpelle notre conscience de citoyens. Que vaut finalement cette opposition démocratique ? A-t-elle vraiment la volonté et les capacités de s’ériger en une force alternative au régime irresponsable et provocateur du général-président ?

En l’état actuel des choses, nombreux sont nos compatriotes qui pensent de plus en plus que ni le régime en place, ni l’opposition démocratique n’incarne les attentes du peuple centrafricain.

 

Franck SARAGBA

« De l’esprit Fini Kodé »

 

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 18:27

 

 

Carte-Centrafrique-Generale-

 

Ai- Bangui Rca-2 août 2010 -  L’Ecole Nationale de la Police, sise PK 10 Route de Damara, a servi de cadre ce jour au lancement des activités du stage en « déontologie et éthique professionnelle » à destination de 15 fonctionnaires de la police nationale Centrafricaine.

Cette session de formation, qui va durer  12 jours, est organisée par la Security Institutions Units  du Bureau Intégré des Nations Unies en Centrafrique (Binuca) en partenariat avec le Ministère de la sécurité nationale et de l’ordre public.

Le but de ce stage est de  rendre plus performantes les actions de la Police en vue d’améliorer ses relations avec la population qui passe par l’instauration  d’un climat de confiance.

Ce stage vise également, selon un encadreur,   à mettre fin aux  incompréhensions, aux  heurts et aux confrontations afin de mieux rentabiliser les actions des services de la police et de défense.

« Je voudrais vous exhorter à suivre avec beaucoup d’assiduité et beaucoup d’intérêt les enseignements. Ce  stage est  d’autant plus important qu’aujourd’hui, les hommes de loi sont sur la sellette » a déclaré Moussa Samogo du Binuca, ajoutant que  le moindre comportement des policiers est interprété et extrapolé et cela rejailli sur l’image de toute la corporation.

« Rien ne sert comme on dit chez-nous de quitter le tam-tam et aller battre son ventre ailleurs. Il ne s’agit pas de venir suivre le stage. Vous êtes des échantillons représentatifs de la Police Nationale, des formateurs relais. Posez toutes les questions possibles pour votre édification » a conclu M Samogo.

« Quant on parle de l’Etat de droit,  son corolaire est la police. Car, c’est elle qui veille sur les applications des lois et les règlements » a fait savoir le Commissaire divisionnaire, Célestin Loutomou, directeur de l’Ecole Nationale de la Police, joint au téléphone par l’Agence A.i

Pour lui, si la police connait son métier et qu’elle le fait dans le respect des règles de l’art, la population sera satisfaite.

«  C’est pourquoi,  nous avons parmi les participants les 8 commissaires d’arrondissement de Bangui. Ceux-ci vont organiser dans leur lieu de travail une séance de restitution en vue de la vulgarisation des connaissances acquises ici » a-t-il expliqué.

Selon les organisateurs, les 15 participants à cet atelier  seront encadrés par trois instructeurs formés  par le commissaire divisionnaire de classe exceptionnelle Abdoul Diouf.

Kabongo, Ai Bangui

 

NDLR : La police centrafricaine a beau faire, le hors la loi Bozizé n’a nullement confiance aux policiers centrafricains dont il ordonne semaine après semaine qu’ils soient chassés des différents services de l’Etat car il les soupçonne et accuse de refiler des informations à l’opposition

 

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 18:13

 

 

carte admin RCA

 

La Centrafrique reporte les fêtes de son cinquantenaire d’août à décembre

 

BANGUI 2 août 2010 (AFP) — La Centrafrique a repoussé la célébration du cinquantenaire de son indépendance le 13 août 1960 au 1er décembre, anniversaire de la proclamation de la République en 1958, a annoncé lundi à la radio nationale le porte-parole du gouvernement Fidèle Ngouandjika.

"Le président de la République a décidé que la célébration du cinquantenaire de l'indépendance de notre pays le 13 août soit repoussée et couplée avec la proclamation de la République centrafricaine, ancienne Oubangui Chari, le 1er décembre 2010", a déclaré le porte-parole.

"Toutefois, il y aura des offices religieux à l'occasion du 13 août et les ministres résidents se rendront dans leur circonscription respective pour la célébration de cette fête. Des émissions seront organisées dans les médias d'Etat afin de rappeler au public le combat mené par le président fondateur Barthélemy Boganda pour faire de l'Oubangui Chari, la République centrafricaine", a précisé M. Ngouandjika.

Pour ce cinquantenaire, le pouvoir de Bangui a mis en place un Comité d'organisation réunissant toutes les composantes de la nation avec des représentations dans les arrondissements.

Le Tchad, qui a obtenu de la France son indépendance le 11 août 1960, a aussi choisi de décaler les célébrations repoussant les festivités à janvier 2011 pour éviter d'en amoindrir l'ampleur en raison des occupations et travaux inhérents à la saison des pluies.

Copyright © 2010 AFP

 

Report de la fête de l’indépendance de la RCA, des avis partagés

Radio Ndéké Lundi, 02 Août 2010 13:29

« Nous ne comprenons pas pourquoi la fête de l’indépendance de Centrafrique est reportée au mois de décembre 2010. Le pays brille toujours par des reports. Peut-être c’est pour mieux organiser ce rendez-vous national »

.

Ces réactions sur Radio Ndeke Luka ce lundi 2 aout 2010 viennent de la population de Bangui après que le gouvernement ait repoussé les festivités marquant le cinquantenaire de la République Centrafricaine qui devaient avoir lieu le 13 aout prochain au 1er décembre 2010.

L’annonce du report a été faite le 31 juillet par le porte parole du gouvernement centrafricain Fidèle Gouandjika.

Selon le gouvernement, ces festivités sont reportées pour que tous les centrafricains se souviennent des grands combattants de la libération de la RCA  pendant le jour de sa  proclamation.

 

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 14:55

 

 

Mamadou-Tanja.jpg

 

Par Hyacinthe Sanou  Observateur Paalga 29 Juillet 2010

On pensait l'affaire classée. Tout semblait, en effet, être réglé après le tête-à-tête entre Mamadou Tandja et son tombeur, le colonel Salou Djibo. Celui qui fonçait droit dans le mur selon l'expression de Blaise Compaoré avait écrit au chef de la junte pour demander son élargissement pour des raisons de santé, affirmant souffrir de diabète.

En échange de quoi, la famille du détenu de la « Villa verte » (villa dans laquelle il est en résidence surveillée au sein de la Présidence nigérienne) laissera tomber la procédure engagée auprès le Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour détention arbitraire. Les deux parties semblaient donc avoir trouvé un « gentlemen agreement », mais voilà que l'affaire rebondit : leurs avocats respectifs ont en effet rendez-vous devant les juges à Abuja, le 03 août 2010, c'est-à-dire mardi prochain.

Pourquoi un tel rebondissement, pour le moins inattendu, dans la mesure où, le 22 juillet dernier, Tandja aurait écrit au président de la Cour, demandant l'annulation de la procédure, en ces termes : « Compte tenu de mon état de santé, je vous prie de bien vouloir reconsidérer votre décision de me mettre à la disposition de la justice », tout en se désolidarisant de l'initiative de ses proches, qu'il aurait apprise avec « surprise et étonnement », raison pour laquelle il conclut : « Je prie donc votre juridiction de ne tenir compte d'aucune plainte déposée en mon nom ».

Chose curieuse pour une affaire aussi sérieuse, le fameux courrier ne serait pas parvenu à son destinataire. Comment cela est-ce possible ? Est-ce un simple retard de transmission, ou bien des deux parties, il y en a une qui ne dit pas la vérité ? Une chose est sûre, le sort de l'ancien chef d'Etat dépend de la suite qui sera donnée à cette affaire. On peut d'ailleurs s'étonner de ce que la justice, notamment celle de la CEDEAO, soit le recours, car, tout de même, n'est-ce pas le même Tandja qui a martyrisé l'institution judiciaire de son pays, allant même jusqu'à dissoudre la Cour constitutionnelle (en juin 2009) qui s'opposait à ses velléités de tripatouillage constitutionnel ?

N'est-ce pas lui aussi qui avait menacé de retirer le Niger de l'organisation sous-régionale si cette dernière s'entêtait à contrecarrer ses ambitions ? Et c'est devant cette même CEDEAO que l'on voudrait se retourner, toute honte bue, pour réparer un tort qui lui aurait été fait ? Vers quelle juridiction la famille de « l'homme qui voulait trois ans de plus pour terminer ses chantiers » s'en serait-elle d'ailleurs remise si leur champion, comme il le voulait, avait pu tourner le dos à Abuja ?

A vrai dire, ils sont très mal placés aujourd'hui pour se plaindre, encore plus pour défendre ce hors-la-loi qui craint la justice. En effet, quand le « Tazartché » (terme qui veut dire « continuer sans s'arrêter » en langue haoussa) s'empêtrait dans ses propres contradictions, qui de ses proches a osé lui dire d'être raisonnable et de faire attention ? Il n'est pas particulièrement à plaindre, mais il vaudrait mieux pour tous que cette affaire n'aille pas loin. Que, pour des raisons humanitaires, l'ex-président, âgé de 72, ans soit élargi, pourquoi pas ?

Mais encore faut-il que les mauvais parents et les faux amis politiques (qui existent partout) ne prennent pas les Nigériens pour des candides que l'on peut mener facilement en bateau sur le fleuve Niger, et, surtout, qu'ils tirent véritablement leçon du cours magistral du 18 février administrée par la junte. Et que, plus que jamais, cette leçon serve à guérir la « tripatouillite aigüe » des chefs d'Etat africains qui empruntent la même voie que Tandja. A bon entendeur, ...

 

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 14:52

 

 

 

 

Cellou-et-Conde.jpg

 


(Afrik.com 01/08/2010
)


En Guinée, le second tour de l’élection présidentielle opposera au cours du mois d’août l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, chef de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et l’opposant de longue date Alpha Condé, candidat du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG). Le premier a obtenu, selon les résultats définitifs validés par la Cour suprême, 43,69% des suffrages exprimés, le second 18,25%, au terme d’un premier tour qui avait opposé 24 candidats dans ce pays de douze millions d’âmes.

La plupart des candidats éliminés qui ont un certain poids électoral, à commencer par le troisième homme Sidya Touré de l’Union des forces républicaines (UFR) qui a choisi Cellou Diallo, ont déjà dévoilé leur choix parmi les deux qualifiés et donné leurs consignes de vote sur la base d’accords politiques. Au second tour, chacune des communautés de Guinée n’aura pas la photo d’un de ses « fils » ou d’une de ses « filles » sur le bulletin de vote. Chacun des deux candidats restant en lice aura à conquérir des voix hors de sa communauté ethnique et de ses fiefs géographiques. De leur côté, une bonne partie des électeurs devront élargir leur faisceau de critères au-delà de la proximité ethnique avec un candidat. Il reste que la démographie ethnique aura pesé lourd dans le dénouement de l’élection présidentielle historique de cette année en Guinée.

La puissance du facteur ethnique

Cellou Diallo est bien connu sur la scène politique nationale pour avoir occupé diverses fonctions ministérielles pendant une dizaine d’années sous la longue présidence de Lansana Conté. Son expérience gouvernementale a connu son apogée entre 2004 et 2006, lorsqu’il a été Premier ministre sous l’autorité d’un président malade qui s’était depuis longtemps désintéressé de la gestion des affaires de l’État tout en s’accrochant au pouvoir et à ses privilèges. Plutôt haut fonctionnaire au verbe lisse et convenu qu’acteur politique combatif, Cellou Diallo n’était pas cité parmi les présidentiables favoris il y a encore deux ans. Tout a changé lorsque le jeu politique est devenu très ouvert à la suite de la neutralisation des ambitions présidentielles du successeur militaire de Conté, le capitaine Moussa Dadis Camara. Cellou Diallo, qui avait entre-temps opportunément pris le contrôle d’un parti anciennement implanté et mobilisé à l’évidence de puissants moyens financiers, s’est présenté, comme tout ce que la Guinée compte de personnalités ayant une certaine notoriété et de l’argent pour se porter candidat et faire campagne.

Diallo est le candidat de l’UFDG, ancien Premier ministre, économiste mais il est aussi… peul, originaire de la région naturelle de Moyenne-Guinée. Lors du scrutin du 27 juin dernier, il était dans l’esprit de beaucoup, Peuls comme non Peuls, le candidat de la communauté peule. En réalité, il n’était pas le seul Peul parmi les 24 candidats figurant sur le bulletin de vote. Mais il était le seul Peul qui était capable de se qualifier pour le second tour et donc le seul à avoir des chances réelles de devenir président de la République dans un pays qui a connu trois chefs d’État depuis 1958, Sékou Touré issu de la communauté Malinké de Haute-Guinée, Lansana Conté du groupe Soussou de Basse-Guinée et, pendant onze mois, Moussa Dadis Camara de l’ethnie Guerzé, un des groupes originaires de la Région Forestière. Autant dire que pour beaucoup de Peuls, c’est le moment ou jamais d’avoir eux aussi un de leurs « fils » au palais présidentiel.

Alpha Condé, arrivé deuxième de la compétition du 27 juin, n’avait pas non plus à se soucier de sa notoriété dans le pays. Présent dans le paysage politique physiquement ou symboliquement depuis l’époque de Sékou Touré, il incarne l’opposition historique à tous les gouvernements qui se sont succédé au cours des dernières décennies. Il a connu l’exil pendant de longues années et les souffrances de la prison sous Lansana Conté. Il avait tout de même contraint ce dernier à un second tour en 1993, lors de la première élection présidentielle organisée sous le régime du multipartisme, à un moment où le pouvoir ne maîtrisait pas encore parfaitement l’art de la fraude électorale. Opposant de longue date donc, leader d’un parti ancien, structuré et ancré idéologiquement à gauche, Alpha Condé est aussi… malinké. Pour nombre de Malinkés et de non Malinkés, il était le candidat malinké à la présidentielle. Ou plutôt le mieux placé des candidats Malinkés pour se qualifier pour le second tour.

En fait, un autre candidat malinké, également originaire de Haute-Guinée, l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté avait réussi à pénétrer le cercle restreint des aspirants à prendre au sérieux en injectant dans sa préparation et dans sa campagne des moyens conséquents. Kouyaté a fini en quatrième position (7,04%), derrière Cellou Diallo, Alpha Condé et un autre ancien Premier ministre, Sidya Touré (13,62%), moins marqué ethniquement que les autres en raison du caractère très minoritaire de sa communauté même dans sa région d’origine de la Basse-Guinée. Au second tour, Cellou Diallo en découdra avec Alpha Condé. En arrière-plan, dans la tête de beaucoup de Guinéens, qu’ils le veuillent, l’admettent, le regrettent, le dénoncent ou non, ce sera le candidat peul contre le candidat malinké.

Alors y a-t-il eu un vote ethnique en Guinée ? Sans le moindre doute si l’on entend par cette expression le fait que l’appartenance ethnique de chacun des candidats et celle de l’électeur moyen pèsent lourdement sur le choix de ce dernier. Cellou Dalein Diallo a fait le plein de voix en Moyenne-Guinée, très majoritairement peuplée de Peuls, et également obtenu d’excellents résultats dans certaines communes de la capitale Conakry également réputées dominées par les Peuls. Alpha Condé a eu d’excellents résultats dans son fief de Haute-Guinée, dans le terroir malinké. Il a cependant souffert significativement de présence et de la performance électorale de l’autre grand candidat malinké, Lansana Kouyaté. Autre manifestation de la puissance de la fibre ethnique, le résultat remarquable de Papa Koly Kourouma, ancien ministre de la junte de Dadis Camara et originaire comme ce dernier de la Région forestière, où il a souvent devancé tous les favoris. En l’absence de sondages d’opinion des électeurs qui ont effectivement voté le 27 juin dernier, il est rigoureusement impossible de saisir de manière fine l’ampleur du vote ethnique. Il n’y a cependant aucun doute sur l’influence déterminante de ce facteur.

Le caractère démocratique du vote ethnique

Alors le vote ethnique est-il antidémocratique comme le suggèrent depuis des semaines nombre d’observateurs et de journalistes guinéens et étrangers ? Non. Pas du tout. La démocratie, c’est le pouvoir par le peuple. En matière électorale, cela signifie que les choix agrégés des citoyens électeurs déterminent le vainqueur de la compétition. C’est tout. Les électeurs font ce qu’ils veulent. Ils se décident sur la base de critères dont ils sont les seuls maîtres. Ils sont libres de choisir un candidat parce qu’il est charmant, très connu, leur paraît sage ou compétent, parce qu’il a avancé des idées qui semblent sensées, parce qu’il a la plus belle flotte de véhicules de luxe tout terrain, qu’il a fait imprimer les affiches électorales les plus belles, qu’il a fait commander en Chine des tee-shirts colorés de meilleure qualité que les autres, qu’il a distribué en sous main plus d’enveloppes garnies de billets aux leaders d’opinion que les autres ou parce qu’il parle la même langue et a été moulé dans les mêmes coutumes qu’eux. Dans ce dernier cas, les motivations du vote déterminé par l’ethnie ne sont d’ailleurs pas aussi évidentes qu’on peut le penser. On peut voter pour le candidat de sa communauté parce qu’on se sent plus proche de lui que des autres, sans en attendre un avantage personnel. Mais on peut aussi voter pour ce candidat parce qu’on pense qu’on sera plus en sécurité sous un président issu de la même communauté ethnique que soi et/ou qu’on aura marginalement plus de chances d’améliorer sa condition économique sous une telle présidence. Dans le second cas, la motivation est moins ethnique qu’économiquement rationnelle et partagée par les électeurs dans toutes les démocraties.

Alors si le vote ethnique est démocratique, où est le problème ? Le problème vient du fait que la puissance du facteur ethnique a tendance à étouffer les autres critères à l’aune desquels les électeurs peuvent choisir leurs représentants au sommet de l’État. Cela n’enlève rien au caractère démocratique du vote mais réduit significativement les chances que le système politique démocratique produise le meilleur choix possible pour la collectivité nationale. En Guinée, il n’y a pas un tête-à-tête exclusif entre les Peuls et les Malinkés, comme on peut le voir par exemple dans deux pays à la configuration ethnique spécifique et rare en Afrique, le Rwanda et le Burundi. Malinkés et Peuls représenteraient ensemble au maximum 70% de la population guinéenne, en faisant abstraction de l’ampleur du métissage ethnique qui frappe d’inexactitude tout calcul démographique ethnique sommaire. Aucune communauté ethnique de Guinée, même en se soudant à l’extrême, ne peut faire seule la loi dans le pays.

Assumer et gérer la diversité ethnique en démocratie

Comment peut-on atténuer l’influence excessive de la configuration ethnique d’un pays sur la qualité des démocraties électorales ? Face à la solidité et à la résistance dans le temps du sentiment ethnique en Afrique subsaharienne, les choix tacites qui ont été faits depuis la naissance des États indépendants dans leurs frontières actuelles ont au mieux été inappropriés, au pire catastrophiques. Au cours des décennies de généralisation de l’autoritarisme, les élites politiques ont fait des partis uniques au service d’un indéboulonnable président censé incarner l’unité nationale l’antidote indispensable au communautarisme ethnique et au risque de désintégration politique de jeunes nations en construction. Depuis le retour au multipartisme et aux rituels électoraux dans les années 1990, le choix des élites consiste à faire semblant. Faire semblant de croire en l’efficacité des dispositions constitutionnelles qui interdisent la mobilisation des sentiments d’appartenance ethnique et religieuse par les partis politiques, alors que cela n’a qu’une influence minimale sur les pratiques réelles des acteurs politiques. Faire croire que le vote ethnique est uniquement lié au déficit de culture politique et civique démocratique des populations rurales et que les cadres parfaitement urbains et de niveau d’éducation universitaire ne sont pas concernés. Faire semblant de s’émouvoir à chaque manifestation du vote ethnique et pleurer dans les chaumières en dénonçant la persistance du comportement « tribaliste » de l’électorat.

Nier l’importance de l’identité ethnique dans la tête d’une majorité de ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne est parfaitement stérile. Il n’y a pas de honte à se sentir pleinement Soussou, fièrement Peul, résolument Malinké ou irréductiblement Kissi et totalement Guinéen. À être Haoussa, Ibo ou Yorouba et profondément Nigérian. À être accroché à sa culture Fon, Bariba ou Mina et absolument Béninois. Et pas de honte, non plus, à être de ceux qui ne donnent pas beaucoup d’importance à leur terroir d’origine, aux pratiques culturelles de leur communauté ethnique et qui sont résolument urbains et « occidentalisés », tout en étant aussi authentiquement Guinéen, Nigérian ou Béninois que n’importe lequel de leurs compatriotes. Le défi qui se pose aux sociétés multiethniques africaines n’est pas d’enterrer les ethnies ou de faire comme si elles n’existaient pas. Il est de trouver en urgence les bonnes formules institutionnelles pour gérer la diversité ethnique dans un système politique pleinement démocratique.

La première étape consiste à ensevelir l’idée qui voudrait que la démocratie, parce qu’elle serait congénitalement occidentale, est incompatible avec la vitalité des identités multiples des Africains. La deuxième étape devra être celle du débat dans chaque pays sur la meilleure formule qui permette de concilier respect des principes démocratiques fondamentaux, respect de l’expression de la diversité des populations, respect de l’égalité des communautés ethniques et respect de l’égalité des citoyens. C’est une tâche ardue et il n’y a pas de professeur retraité de droit constitutionnel français, belge, anglais ou portugais à payer grassement pour proposer une pâle copie de la Loi fondamentale de son pays flanquée de quelques platitudes en guise d’adaptation aux réalités socioculturelles africaines. La gestion de l’extraordinaire diversité interne des pays africains dans un cadre démocratique libéral est un défi d’une rare complexité qui exige une forte capacité d’innovation institutionnelle. La condition sine qua non pour que ce travail soit engagé au plus tôt est que les élites subsahariennes se libèrent de la prison mentale dans laquelle les enferme, encore trop souvent, le complexe du colonisé. Et qui leur fait croire qu’il n’y a que deux options : le mimétisme institutionnel aveugle ou le rejet tacite des principes démocratiques pour cause d’incompatibilité insurmontable avec les réalités africaines.

samedi 31 juillet 2010 / par Gilles Olakounlé Yabi, pour l'autre afrik

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