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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 18:06

 

 

Patass--d-corant-Boziz-.jpg

 

 

Tous les acteurs s’engagent pour des élections libres

Radio Ndéké Luka Vendredi, 10 Décembre 2010 13:43

 

Les acteurs du processus électoral en Centrafrique s’engagent pour un scrutin libre, régulier et transparent. Ils ont à cet effet, réactualisé jeudi 9 décembre 2010 à Bangui et au cours d’un atelier, le code de bonne conduite adopté en 2005, à l’occasion du précédent scrutin.

 

Ce document fixe le cadre de comportement des différents acteurs avant, pendant et après les élections de janvier 2011. Chaque acteur du processus s’engage ainsi à accepter les résultats, pour une stabilité nationale.

Selon Thierry Patrick Akoloza, commissaire à le CEI (Commission électorale indépendante) interrogé par Radio Ndeke Luka, « les élections comportent toujours des règles qui devraient être respectées par toutes les parties prenantes ».

Pour Pascal Koyamene, représentant du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), « il est nécessaire de réviser ce code en fonction du contexte politique actuel. Car en 2005, le pays se trouvait dans une situation de transition pour un retour à l’ordre constitutionnel, qui s’oppose au scrutin prévu pour 2011 ».

Quant à Toby Kotazo, délégué du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), il a déploré l’absence à la concertation des représentants des candidats de l’ex-président Ange Félix Patassé et du sortant François Bozizé. Or il s’agit d’un engagement que tous doivent prendre, chacun devant apposer sa signature au bas du document, une fois celui-ci ficelé.

Maka Gbossokoto, président de l’Union des Journalistes de Centrafrique (UJCA), a également déploré l’absence de représentants des ténors de la vie politique en Centrafrique. Il a salué en revanche l’esprit de responsabilité et le sens civique des hommes politiques présents aux travaux. Pour lui, « l’absence notoire des représentants de Bozizé et Patassé prouve à suffisance que la révision de ce code sera du blabla ».

Une assurance a été donnée par Francie Kongo, déléguée du candidat aux élections présidentielles Jean Jacques Démafouth. Elle a donné l’assurance que tous les candidats  pourront « battre campagne en toute quiétude dans les zones occupées et contrôlées par les éléments de l’Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD) »

Le document final sera rendu public le 16 décembre. Cette rencontre d’élaboration un code de bonne conduite est organisée par le Conseil National de la Médiation en partenariat avec le Bureau Intégré des Nations Unies en Centrafrique (BINUCA) et l’OIF (organisation internationale de la francophonie).

 

NDLR : Contrairement au titre de ce papier, si les représentants de tous les candidats à la présidentielle n’étaient pas présents à cette réunion et n’ont par conséquent pas signé le code de bonne conduite, il est claire que les candidats Patassé et Bozizé ne se sont pas engagés pour respecter le code de bonne conduite. En 2005, bien qu’il avait signé le dit code de bonne conduite, Bozizé et son KNK s’étaient livrés ouvertement et régulièrement aux actes d’intimidations non seulement des candidats adverses mais aussi des citoyens électeurs les jours mêmes des deux tours de scrutin. Tout le monde sait que pour Bozizé et le KNK, ce code de bonne conduite est un chiffon de papier qui ne les engage nullement mais pour la forme ils doivent le signer.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 17:33

 

 

Balance-justice.jpg

 

Radio Ndéké Luka Vendredi, 10 Décembre 2010 13:45

Le tribunal administratif vient de valider les candidatures 10 prétendants aux législatives et un bloc du parti CRPS (Convention Républicaine pour le Progrès Social. En revanche il a rejeté les allégations du MDIPS (Mouvement Démocratique pour l’Indépendance et le Progrès Social) et du sieur Raphaël Moninga, qui réclamaient la validation de leurs candidatures.

La décision a été rendue publique au cours de cette semaine suite aux recours formulés par certains partis politiques et candidats à la députation de janvier 2011. La Commission Electorale Indépendante (CEI), avait reproché aux candidats le non-respect de la date du dépôt de candidatures.

D’après le tribunal, certaines plaintes sont jugées fondées en droit, alors que d’autres rejetées feront l’objet d’une autre audience prévue 13 décembre.

Le tribunal administratif, en rejetant la décision de la CEI s’est fondé sur la date fixée du 08 novembre au 08 décembre 2010, selon le code électoral et l’accord sur le chronogramme révisé du mois d’aout 2010.

Pour le juge administratif, il n’est pas du ressort de la CEI de rejeter les dossiers de candidature, car aucune disposition législative ou réglementaire ne l’autorise à  substituer sa décision à celle du législateur.

Le tribunal administratif a estimé qu’en rejetant les dossiers de candidature, la CEI a violé les dispositions de l’article 47 du code électoral   qui stipule  que « le dossier de candidature doit être déposé pour enregistrement par le candidat ou son mandataire trente jours au plus tard avant l’ouverture de la campagne, pour les élections législatives, régionales ou municipales ; le dossier est enregistré dès réception et il est donné récépissé provisoire comportant un numéro d’ordre. Un récépissé définitif est délivré dans les huit jours après vérification de la régularité de la candidature ».

L’institution précise que la  décision de la CEI est annulée pour excès de pouvoir. Ce repêchage porte à plus de 800 candidats aux législatives et 6 à la présidentielle.

 

NDLR : Cette décision du Tribunal administratif est donc un véritable camouflet pour Bozizé et son homme de main le nullissime Joseph Binguimalé qui avait poussé le ridicule jusqu’à adresser une lettre au général d’opérette alors ministre par intérim de l’Administration du territoire pour lui demander « la conduite à tenir ». Le respect de la loi passe en effet par l’annulation pure et simple des décisions autoritaires et dictatoriales de Bozizé qui s’arroge unilatéralement le droit de régenter le processus électoral alors qu’il est rien d’autre qu’un candidat comme tous les autres. Va-t-il traiter aussi de criminels les juges du Tribunal administratif comme il l’avait fait de ceux du Conseil d’Etat ?

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 17:17

 

 

 

afrique

 

 

NDLR : Le débat lancé par la rédaction sur la situation en Côte d'Ivoire continue de susciter de l'intérêt. Nous publions ci-dessous une réaction d'un fidèle lecteur qui nous est parvenue et va sans doute alimenter la discussion. A vos plumes....!

 

 Le spectacle pathétique que livre aujourd’hui la Côte d’Ivoire à travers la crise post électorale est pour le moins source de déception pour les démocrates africains. Il alimente hélas la thèse erronée de tous ceux qui n’hésitent pas à proclamer urbi et orbi que ce sont les intellectuels et les politiciens qui ont retardé le développement de l’Afrique en général. En même temps il donne des arguments à ceux qui prétendent que la pratique de la démocratie est prématurée pour l’Afrique.

Le caractère fallacieux de ces  arguties ne peut empêcher de faire une analyse à froid de cette situation on ne peut plus dramatique.

                    1 – ETRE DEMOCRATE, C’EST AUSSI SAVOIR PERDRE LES ELECTIONS

Homme politique avisé, pourfendeur inlassable du parti unique, panafricaniste convaincu, le « boulanger d’Abidjan » a des qualités qui font de lui un homme d’état qui inspire respect et admiration. Mais il vient de manquer hélas l’occasion de sortir par la grande porte. On ne peut pas rouler tout le monde dans farine tout le temps. Il arrive un jour où on est pris dans son propre piège.

Comme un vulgaire malfaiteur pris en flagrant délit d’usurpation de pouvoir,  le président Laurent GBAGBO s’accroche désespérément à la branche très fragile d’un nationalisme éculé. La souveraineté nationale comme seul argument plausible pour justifier ce qu’il est convenu désormais de reconnaître comme un coup d’état constitutionnel aux conséquences gravissimes paraît, il faut l’admettre, bien dérisoire.

N’est-ce pas au nom de cette prétendue souveraineté que des dictateurs africains, de tous poils ont assassiné, torturé, emprisonné et exilé des démocrates souvent opposants à leur régime ?

L’appel à la négociation que tente timidement de lancer l’honorable Aly KOULIBALY, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire ne sera tout simplement pas audible dans ce concert tonitruant de soutien international à Monsieur Alassane DRAMANE OUATTARA. D’ailleurs que faut-il négocier ? Et avec qui ?  GBAGBO a perdu toute crédibilité, il est en position de faiblesse sur toute la ligne. On ne négocie pas avec quelqu’un qui est à terre ! Du reste son ami, par qui le scandale est arrivé, le président de la cour constitutionnelle, sera bientôt jeté sans management dans la poubelle de l’histoire. Personnellement je n’aimerai pas être à sa place.

                             2 – ALLASSANE DRAMANE OUATTARA OU LA FORCE TRANQUILLE

Quelle belle revanche pour Monsieur Alassane DRAMANE OUATTARA, plusieurs fois victime de l’ivoirité! Même si aujourd’hui il ne dispose pas de tous les leviers du pouvoir en Côte d’Ivoire, la stratégie du serpent boa qu’il tente de  mettre en place va progressivement asphyxier le camp GBAGBO. Etant donné que seule sa signature est reconnue au niveau international, il va rappeler tous les ambassadeurs nommés par GBAGBO et en désigner d’autres. C’est son gouvernement qui est seul habilité à négocier avec les bailleurs de fonds et qui représentera la côte d’Ivoire dans les instances internationales. Sans être un grand prophète, il m’est facile de prédire que le régime GBAGBO tombera bientôt comme un château de sable lorsque les fonctionnaires ne seront plus payés à la fin du mois.

A quelque chose malheur est bon, dit le proverbe. Ce qui est arrivé, en Côte d’Ivoire,  a le mérite de convaincre que la commission électorale indépendante, loin d’être un simple gadget à la tête duquel siège n’importe quel tâcheron, c’est l’instrument par excellence qui garantit la crédibilité des élections. Pourvu qu’on sache en faire bon usage. Que la certification des résultats par le représentant de la communauté internationale vienne parachever le processus électoral, c’est un bonus attendu.

                                                                            Alain LAMESSI

                                                                       Docteur en psychopathologie

                                                                                    CAFDES

                                                                      Directeur de MAS - ALSACE

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 02:12

 

 

drapeau françafricain

 

 

08 Décembre 2010 Par  François Bonnet  Ludovic Lamant Mediapart

 

Au moment où la Côte d'Ivoire menace à nouveau de basculer dans la guerre civile, France-2 a l'heureuse idée de diffuser ce jeudi soir un vaste documentaire qui revisite un demi-siècle d'histoire entre la France et ses anciennes colonies africaines. Cinquante ans après les indépendances africaines, abondamment célébrées cette année, que reste-t-il de nos relations avec nos quatorze anciennes colonies? Réalisé par Patrick Benquet, avec Antoine Glaser comme conseiller historique, ce documentaire est bien plus que l'effeuillage d'un vieux livre d'histoire.

 

Sa force est d'avoir convaincu un certain nombre d'acteurs français, jusqu'alors muets ou taiseux, de parler. «Françafrique, 50 années sous le sceau du secret» mérite ainsi son titre tant il parvient à dévoiler certains épisodes ou à en faire confirmer d'autres par les acteurs eux-mêmes.

 

Le fil conducteur est le pétrole, ou plutôt l'ex-groupe Elf, enjeu principal d'une politique africaine pour laquelle la France, par ses fameux réseaux Foccart, est prête à tout pour conserver une tutelle incontestée sur ses anciennes colonies. Régimes fantoches, dirigeants sous contrôle, ingérences dans les pays concurrents en finançant guerres et rébellions: ce paysage est largement connu. Mais il est ici précisément documenté.

 

Donnant largement la parole aux acteurs français qui ont construit la Françafrique, Patrick Benquet en tire également le bilan. Qu'en reste-t-il aujourd'hui? Pas grand-chose, sauf des réseaux d'affairisme et de corruption qui perdurent envers et contre tout, et des chasses gardées pour quelques grands groupes français (Bolloré, Bouygues, Areva). Mais l'essentiel est à faire: définir une politique nouvelle et de long terme avec des Etats qui n'ont désormais plus – ou bien moins – besoin de Paris. Nicolas Sarkozy s'y était engagé. Il ne l'a pas fait, préférant redonner la main aux reliquats des anciens réseaux. C'est un échec, un de plus, face à un continent noir qui entre pleinement dans le développement et la mondialisation. 

Entretien avec Patrick Benquet et Antoine Glaser.

 

Deux acteurs clés de la Françafrique s'expriment à visage découvert: Maurice Delaunay, longtemps ambassadeur de France au Gabon, et qui organisa la montée en puissance d'Omar Bongo, et Jacques Salles, chef des services français au Zaïre puis au Gabon. Ils n'avaient jamais parlé auparavant?

 

Patrick Benquet: Non, jamais. Ils ont accepté de s'expliquer parce que, pour eux, ces histoires sont prescrites. Pour Delaunay, j'ai eu l'impression qu'il me livrait son testament, il est d'ailleurs mort un mois après notre dernier entretien. Nous nous sommes rencontrés. Il a eu du plaisir à parler. J'avais dix pages de questions. Il a balancé, balancé. C'est, je crois, son testament face à l'histoire. Pour lui, tout cela, c'est-à-dire le rôle de la France dans ses anciennes colonies, c'est normal. Maurice Delaunay est le prototype du fonctionnaire de la raison d'Etat.

Antoine Glaser: Pour Maurice Delaunay et beaucoup d'autres, c'est une vieille histoire. Ils sont tellement dans le bain, avec une sorte de cynisme... Ils racontent les coulisses, benoîtement. Ils pensent que la période est terminée. Ce sont des patriotes, tous sur la ligne de Jacques Foccart: il s'agit de défendre la France et ses intérêts. Ils sont des hauts fonctionnaires qui croient à cette période de communauté de destin entre la France et l'Afrique. Ils croient à ce qui demeure une politique coloniale assimilationniste, il faut créer des gens à notre image!. L'Occident a confié à la France, donc à eux, la lutte contre les Soviétiques dans cette partie de l'Afrique, ce qui ne doit d'ailleurs pas empêcher la France de contrecarrer les intérêts anglo-saxons, d'où la guerre du Biafra, par exemple.

 

Pourtant, la période n'est pas vraiment terminée... Jacques Salles nous raconte une scène où Omar Bongo brasse dans sa suite d'hôtels à Paris des sacs de sport remplis d'argent liquide! Et il sous-entend clairement un financement massif d'élus français, parle aussi «d'enrichissement personnel». Puis il s'agit de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007. Kouchner est mis en cause (un rapport acheté 140.000 euros la page par le gouvernement gabonais), des directeurs de cabinets de ministre... Là, il n'y a pas prescription! Pourquoi vous n'en dites pas plus?

 

AG: Moi-même j'étais scotché! Lorsque Albin Chalandon, ancien président de Elf, lorsque la secrétaire de Mitterrand ainsi que Loïc Le Floch Prigent, lui aussi à la tête du coffre-fort Elf, nous racontent comment le groupe pétrolier a financé la politique française, cela nous semble une vieille histoire. Pour Nicolas Sarkozy, voir l'un de ses «conseillers» africains, l'avocat Robert Bourgi démentir tout financement extérieur, c'est dans l'ordre des choses mais évidemment plus sensible. Surtout quand il explique que oui, bien sûr, il y avait des financements lors des présidences précédentes, mais que brusquement, lorsque l'on parle de celui qui est en poste aujourd'hui, il n'y a plus de financements! Je trouve cela excellent.

Tout le monde se marre et Bourgi répond aussi par un “Ça m'amuse” lorsqu'on lui parle de la cooptation des ministres du gouvernement par Omar Bongo en personne... Quel cynisme!

 

Il y a ce passage où Bourgi dit: pas un centime n'est venu de l'étranger pour financer la campagne de Sarkozy. Le plan d'après, vous expliquez que Pascaline Bongo et le ministre des finances gabonais étaient au premier rang du lancement de la campagne de Sarkozy, en janvier 2007.... On reste un peu sur notre faim.

 

PB: Tout le personnel politique le sait, mais personne ne le dit comme cela. Quand je pose la question à Bourgi, je connais déjà la réponse... Mais je ne peux pas faire plus. Ces gens ont occupé des postes importants, ils ont autorité pour parler, et ils prennent la responsabilité de dire ce qu'ils disent.

 

Revenons à la guerre du Biafra, une tragédie qui fait un million de morts dans cette province sécessionniste du Nigeria. L'implication si directe et si forte de la France était-elle connue?

 

AG: Elle était connue, mais il n'y avait pas de preuves et elle n'avait jamais été racontée par les acteurs... Tout le monde savait que la base arrière de soutien à la rébellion était vraiment à Libreville, tout le monde savait que Bob Maloubier avait été utilisé, que des armes étaient livrées tous les jours depuis le Gabon. Mais l'activisme des hommes de Foccart n'avait jamais été raconté de cette façon-là. Ce qui mériterait une enquête supplémentaire serait de savoir précisément le partage des responsabilités entre de Gaulle, Foccart et Houphouët-Boigny, sur le Biafra. Est-ce Foccart qui a appuyé pour que la France aille contrer les Britanniques? Est-ce Houphouët-Boigny qui craignait l'émergence d'un grand Nigeria et voulait que la Côte d'Ivoire reste le centre de l'Afrique de l'Ouest?


PB: C'est, je crois, la force du film: ne donner la parole qu'à des acteurs, pas à des spécialistes. Et du côté français, pas du côté africain. Ces choses-là ont été écrites dans des livres. Mais c'est la première fois que Loïc Le Floch-Prigent (PDG d'Elf de 1989 à 1993) dit oui, j'ai financé telle guérilla, j'ai financé l'armée d'Angola, j'ai financé l'armée de Sassou, etc.

 

Pourquoi les implications françaises dans le Biafra ont-elles été si peu étudiées jusqu'à présent?

 

AG: Parce qu'il n'y a rien de fait du côté africain. Et parce que tout s'est décidé de manière informelle, par oral. Foccart n'était pas un stratège, c'était un opérationnel: nommer les gens, coopter des francophiles, défendre les intérêts français. Mais il n'y a pas de stratégie globale. Et parfois, ça dérape. La Françafrique, c'est très basique, ça ne va pas très loin. Ce sont des opérationnels. On ne parle jamais de la Grande muette, mais les militaires ont pesé eux aussi dans la politique africaine de la France. Si l'on reprend l'affaire du Rwanda, on voit l'importance des généraux Huchon, Quesnot, et d'autres.


Pour vous, la Françafrique, c'est pour le pétrole et rien que pour le pétrole?

 

AG: Ce n'est pas aussi net et clair. C'est l'énergie. De Gaulle, c'était le pétrole. Sarkozy, l'uranium.

 

PB: Il faut ici parler du documentaire. Le danger du documentaire historique pour la télévision, c'est l'exhaustivité. Donc, nous avons choisi un axe, et l'axe énergétique est le plus important dans cette affaire, car l'angoisse de De Gaulle est le pétrole. Cela m'a ensuite permis de faire des choix parmi 14 colonies, 50 ans d'histoire, etc. L'idée du film est de montrer la cohérence de la Françafrique. Pour cela, il faut faire des choix, presque construire une dramaturgie. On a par exemple eu beaucoup de mal à insérer la Côte d'Ivoire dans le récit, alors que c'est un pays décisif pour la Françafrique.

 

L'autre surprise, c'est comment l'affaire Elf bouscule l'ensemble de la politique africaine. On a toujours vécu l'affaire Elf comme une affaire franco-française...

 

AG:  Elf est au cœur de la Françafrique. Et, en termes géographiques, ce cœur, c'est le Gabon, avec Omar Bongo au pouvoir pendant plus de 40 ans ! Ce qui est passionnant, c'est qu'avec l'affaire Elf se produit une inversion des rapports de force. Avec ce scandale, Omar Bongo reprend la main sur un certain nombre de ses obligés français. L'affaire Elf est fondamentale dans les relations franco-africaines. Omar Bongo était le doyen de cette Françafrique, il était l'homme des services rendus, de la défense des intérêts français. Bongo se rend indispensable. Et c'est d'ailleurs pour cela qu'il explose des années plus tard avec les enquêtes judiciaires sur les «biens mal acquis», les investissements divers de dictateurs et chefs d'Etat à Paris. Comment, pense Bongo, je donne tout à ces Français, et ils me font cela!

 

Votre thèse est que la Françafrique s'est effondrée. Est-ce que vous ne l'enterrez pas un peu vite quand on découvre qu'Omar Bongo donne son aval à tel ou tel ministre français?

 

AG: Parler de la Françafrique maintenant, par rapport à ce qu'elle a été sous la guerre froide, c'est anachronique. La Françafrique de la guerre froide était un système totalement intégré, politique, militaire, financier. La France cooptait des hommes, plaçait des adjudants chefs qui avaient servi en Indochine ou ailleurs. Je parle de la Françafrique comprise comme une communauté de destin entre la France et l'Afrique, où la France défendait les intérêts de l'Occident.

Par rapport à ce système intégré, une grande France assimilationniste et une monnaie commune via le franc CFA, ce que l'on appelle aujourd'hui les turpitudes de la Françafrique, c'est plutôt ce que j'appellerais l'Afrique des happy few. On voit bien d'ailleurs comment les

missi dominici sont aussi souvent activés par des dirigeants africains que depuis Paris.

 

Tout de même, l'élection du fils Bongo (élections truquées, la France soutient), élection au Togo (truquée, la France appuie)... La France n'a peut-être plus la possibilité d'imposer ses choix, mais elle est toujours dans les couloirs?

 

PB: Bourgi n'est pas Foccart. Bourgi est un avocat d'affaires qui travaille pour Bongo. Foccart était un service d'Etat! Ce ne sont plus les mêmes motivations. La Françafrique est moribonde, mais il reste des liens. C'est pourquoi je termine le documentaire par les francs-maçons et les liens entre loges françaises et loges africaines.

 

Est-ce aussi parce que les pays émergents qui débarquent en Afrique concurrencent la France sur son ancien pré carré?

 

AG: Absolument. Depuis la chute du Mur de Berlin, les Etats-Unis, d'autres pays européens et les émergents concurrencent le pré carré français. Des Singapouriens prennent des hectares de palmiers au Gabon!

 

Les vrais représentants de la Françafrique ne sont-ils pas, aujourd'hui, les patrons des grands groupes français, Bouygues, Bolloré, Areva?

 

AG: Si on prend l'exemple de Laurent Gbagbo, en Côte d'Ivoire, il a très bien compris qu'il pouvait jouer sur la fibre nationaliste, être l'homme qui dit non à la France et, dans le même temps, se servir des grands groupes français pour faire de la diplomatie d'influence. Il met Nicolas Sarkozy en stéréo avec Martin Bouygues et Vincent Bolloré, qui sont les deux plus gros poids lourds français en Côte d'Ivoire. Bien sûr que les hommes d'affaires ont une grosse influence.

 

PB: Sarkozy est un VRP qui parcourt l'Afrique pour les groupes français.

 

Et si Bolloré était aujourd'hui le vrai représentant politique de la France?

 

AG: Il demeure bien sûr une défense des intérêts français en Afrique. Mais Nicolas Sarkozy, c'est le CAC 40: il fait 17 heures d'avion pour se rendre à Luanda signer un contrat Total. Il va au Niger et en RDC avec Anne Lauvergeon, PDG d'Areva, il va à Brazzaville pour installer Bolloré, etc. Nicolas Sarkozy a peur de l'Afrique. Sa seule ligne est le business. En déplacement avec Anne Lauvergeon, Sarkozy n'est pas le président de la France, mais le patron d'Areva.

 

Est-ce qu'il y a eu des hésitations, à France-2, pour passer ce documentaire?

 

PB: Non. Aucune. Les Africains ont réagi en premier. Au Gabon, ça met la pagaille. L'extrait diffusé sur Internet, où est expliqué comment l'élection d'Ali Bongo a été truquée, fait du bruit. L'opposition s'est déjà emparée du documentaire.

 

La première partie est diffusée jeudi 9 décembre, à 23h10, sur France-2.

La seconde partie est diffusée jeudi 16 décembre, dans la soirée, sur France-2.

Sortie en DVD le 2 décembre.

 

 

 

Françafrique : visite du pré carré africain de la France

Par David Servenay | Rue89 | 08/12/2010 | 19H17

Comment montrer la Françafrique ? Le pari est toujours audacieux. Le réalisateur Patrick Benquet s'y essaie, jeudi soir, sur France 2, dans « Françafrique, cinquante années sous le sceau du secret ». Avec des petites perles et quelques clichés, le tour d'horizon ravira les néophytes, mais pourra aussi décevoir les spécialistes ès barbouzeries continentales.

Le réalisateur Patrick Benquet semble plutôt appartenir à la première catégorie, tandis que son conseiller historique, Antoine Glaser, rédacteur en chef de La Lettre du continent, fait sans aucun doute partie de la seconde. L'attelage est parvenu à produire deux films de 80 minutes bien articulés, où la continuité historique de certaines pratiques clandestines est habilement mise en images.

S'il appartient au monde des profanes, le spectateur se délectera d'épisodes mis en exergue depuis la période des indépendances. La mort de l'opposant camerounais Félix Moumié (empoisonné par un réserviste du Sdece (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage) à Genève en 1961), par exemple, permet de comprendre jusqu'où la République était prête à aller pour préserver ses intérêts.

Là encore, les experts n'apprendront rien, mais le récit fait par Maurice Delaunay, éminent membre du clan des Gabonais et des services secrets, vaut son pesant de cynisme. (Voir la vidéo)

Si le spectateur est déjà initié au jeu des masques et de la politique africaines, on retiendra, dans la première partie, intitulée « La Raison d'Etat » :

L'aveu de Maurice Delaunay (ambassadeur au Gabon, puis cadre d'Elf) à propos de l'assassinat de Moumié : « Il y a des moments où la politique passe avant la morale. »

Celui d'Albin Chalandon (PDG d'Elf de 1977 à 1983) à propos du régime congolais de Sassou I, époque marxiste : « Il vaut mieux avoir un régime communisant stable que des régimes comme on a eu après -républicains, calqués sur notre République, nos mauvaises méthodes politiques-qui étaient tout le temps renversés. C'est pire que tout pour des industriels. »

Le récit circonstancié de Pierre Marion, patron de la DGSE (1981-1982), qui malgré la « purge » d'une trentaine d'agents au sein du service, ne parviendra pas à éradiquer l'influence des réseaux Foccart

Comment Elf finançait la campagne du candidat Mitterrand

Dans la seconde partie du documentaire, « L'Argent roi », le spectateur pourra s'attarder sur le témoignage de Laurence Soudet (l'une des plus proches collaboratrices de François Mitterrand) racontant comment, dès l'élection présidentielle de 1965, elle alla chercher au siège d'Elf la « valise » de billets permettant de financer la campagne électorale du candidat socialiste. Exercice régulièrement répété jusqu'à la victoire de 1981. (Voir la vidéo)

Dans cette seconde partie du film, qui sera diffusée jeudi 16 décembre, les amateurs apprécieront aussi :

Les rodomontades de Robert Bourgi, l'avocat entremetteur des chefs d'Etat africains, expliquant comment El Hadj Omar Bongo (son client) transmet en 2002 à Jacques Chirac sa sélection personnelle pour le futur gouvernement Raffarin.

Le récit outré de Jacques Sales, ancien chef de poste de la DGSE à Libreville, qui narre les turpitudes de Bernard Kouchner, payé par Bongo pour un rapport à hauteur de « 140 000 euros la page pour dire que le système de santé ne marche pas au Gabon », audit que l'Agence française de développement aurait fait gratuitement…

Navigant entre des épisodes déjà très connus et quelques perles rares, le film ne parvient pas toujours à donner du sens à ce qu'on appelle la Françafrique : la mainmise à la fois militaire, juridique et économique de la France sur son pré carré africain. Une présence qui perdure bien après les indépendances des années 60 et cela grâce à l'influence de l'action clandestine.

Sur ce dernier point, retenons le constat que les fameux réseaux Foccart, transformés mais toujours très actifs, ont de beaux jours devant eux. Un constat sur lequel Antoine Glaser a parfois varié. Le point d'arrivée du film fait de l'actuel président de la République française « le représentant de commerce attentionné des grands groupes industriels », une conclusion qui peut paraître un peu univoque.

 

► « La Françafrique, cinquante années sous le sceau du secret » - Diffusé en deux parties, jeudi 9 décembre à 23h10 sur France 2, puis jeudi 16 décembre, sur la même chaîne.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 01:42

 

 

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                     Baba Laddé

 

 

Communiqué de presse N°5

Du Front Populaire pour le Redressement (FPR)

Forces Positives

Le FPR apporte un démenti cinglant sur les arrestations présumées de ses hommes par les forces armées centrafricaines.

Il est important de rappeler que ce sont les éléments de l’APRD qui sèment la confusion pour le gouvernement centrafricain.

Il importe donc de faire une bonne lecture de la situation sur le terrain  avant toute déclaration.

Nous condamnons fermement la menace que fait peser, le régime de Bozizé sur certaines communautés dans la zone des conflits, accusées à tort d’être en intelligence avec le FPR.

Il faut souligner que le FPR est un mouvement politico-militaire tchadien, composés essentiellement des Tchadiens en lutte contre le régime dictatorial,  sanguinaire et clanique d’Idriss Deby.

Par contre, l’APRD est une organisation politico-militaire centrafricaine, constituée essentiellement des centrafricains opposés au pouvoir du Général dictateur François Bozizé.

Même si de part et d’autre de ces mouvements, on peut retrouver des groupes sociologiques identiques, il convient de préciser qu’ils appartiennent à des organisations distinctes délimitées par le territoire et la nationalité.

Fait à Takara, le 09 décembre 2010

Pour le FPR

Le porte-parole adjoint

Saleh Moussa Abdelkerim

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 01:25

 

 

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Gbagbo aux Ivoiriens : «Tout va rentrer dans l’ordre»

Le Président de la République, Laurent Gbagbo, a saisi, mercredi, l’occasion de la visite que lui ont rendue les populations de la région du Sud-Comoé, pour rassurer les Ivoiriens face à la situation qui prévaut dans son pays. Le 2 décembre, le président de la Commission électorale indépendante, Youssouf Bakayoko, a proclamé Alassane Ouattara élu Président de la République à l’issue du second tour de la présidentielle du 28 novembre. Une proclamation en dehors du délai de trois jours que lui donne le texte électoral ivoirien pour le faire. En outre, le président de la Cei a fait cette déclaration au quartier général de campagne de Alassane Ouattara mais aussi Qg des Forces nouvelles depuis leur installation à Abidjan après l’accord de Linas Marcoussis. Une proclamation qu’il a faite seulement en présence des partisans du candidat du Rdr soutenu par le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Sans aucun représentant de Laurent Gbagbo.

Alors que le même jour, quelques instants avant, le Conseil constitutionnel avait relevé que le délai accordé à la Cei pour proclamer les résultats provisoires de l’élection était expiré et s’était saisie de la question. Non sans prendre en compte les recours en annulations des résultats de plusieurs régions où il a dénoncé des fraudes massives et des violences perpétrées par les Forces armées des Forces nouvelles sur ses électeurs. Au bout du compte, Paul Yao N’Dré proclame Laurent Gbagbo vainqueur de la présidentielle. Et le 4 décembre, le candidat de La majorité présidentielle (Lmp) est investi en grande pompe Président de la République, au palais présidentiel. Ce que contestent Alassane Ouattara et le Rhdp conduit par l’ancien président Henri Konan Bédié.

«N’ayez pas peur. N’ayez pas peur. C’est notre pays. Il y a certes des secousses mais c’est notre rôle d’amener la pirogue à avoir des vents favorables et à naviguer sur des eaux calmes», a dit mercredi Laurent Gbagbo aux populations du Sud Comoé et par ricochet aux Ivoiriens. Il recevait les populations des départements d’Aboisso, Adiaké, Tiapoum et Grand-Bassam, conduites par le corps préfectoral, les élus, les rois, les chefs traditionnels et coutumiers et venues nombreuses le féliciter pour sa réélection et lui dire leur soutien. «Ne vous inquiétez pas, n’ayez pas peur. Reprenez votre travail normalement. Les Abidjanais ont repris le leur. Le temps, c’est l’autre nom de Dieu. Avec le temps, les écailles qui sont sur les yeux des gens tombent et ils voient clair. Avec le temps, les bouchons qui sont dans leurs oreilles s’enlèvent et ils entendent et ils comprennent. Sinon, ce qui arrive à la Côte d’Ivoire est quelque chose de ridicule. N’ayez pas peur. N’ayez pas peur. En tout cas, je suis ici (au Palais présidentiel. Ndlr), je suis tranquille. Et le temps fera son œuvre. Les explications feront aussi leur œuvre», a répété le Président Gbagbo.

«Hier (mardi 7 décembre. Ndlr), nous avons commencé à travailler avec le gouvernement. Aujourd’hui même (mercredi 8 décembre. Ndlr), certains ministères ont fait les passations de service. Tout va rentrer dans l’ordre», a rassuré le Chef de l’Etat. Aussi a-t-il appelé les Ivoiriens à reprendre le travail sans crainte. «On y va, on avance. N’ayez pas peur. En retournant dans les villages, dans les départements, dans les sous-préfectures, dites là-bas que Gbagbo dit de vous tranquilliser et que chacun aille faire son travail», a-t-il dit.

 Le Président de la République, qui recevait les populations d’une région pour la première fois depuis son investiture, a insisté sur la nécessité pour les Ivoiriens de respecter les règles et la loi de la République. «Je voudrais insister auprès de vous pour dire que dans un pays, il y a la pagaille quand on ne suit pas la loi… Dans la République, il y a des règles. Et celui qui ne les respecte pas se met en dehors de la société», a-t-il dit. Et d’ajouter : «Je voudrais inviter les Ivoiriens à apprendre les lois qui gouvernent la Côte d’Ivoire, à les connaître et à les respecter. Dans une République, on ne fait pas ce qu’on veut. On ne fait pas ce qu’on a envie de faire. On ne dit pas : «comme je suis fatigué et qu’il y a longtemps que je veux être Président, aujourd’hui, c’est mon tour».

Le Chef de l’Etat a par ailleurs indiqué que sa priorité est la lutte contre le chômage des jeunes. «Nous avons un seul adversaire maintenant, c’est le chômage des jeunes. Notre priorité, c’est la lutte contre le chômage. Notre priorité, ce n’est pas ce qui se passe ici ou là, dans tel coin ou dans tel autre coin. Mais notre priorité, c’est qu’il faut mettre nos jeunes au travail. Je m’y engage», a annoncé Laurent Gbagbo.


Kapolodjo, Koaci.com Abidjan

 

ADO s’isole, Gbagbo deal et jubile

Par DL | 08/12/2010 | 17:23:26 Source : Koaci.com

Au lendemain de la formation du gouvernement de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a convoqué la presse pour tenter de convaincre les plus pessimistes quant à son avenir politique.

Toute la famille RHDP était réunie au golf hôtel de la rivera de Cocody, lieu de retranchement du camp Ouattara sous protection de l’ONU, pour soutenir celui qui avait porté les couleurs du rassemblement durant la campagne du second tour de l’élection présidentielle. L’ambiance n’était ni à la joie ni à la décontraction, une atmosphère pesante qui en dit long sur l’enthousiasme de ceux qui espèrent encore, ce que de plus en plus considèrent, comme un miracle.

L’appel lancé une nouvelle fois depuis l’annonce de sa défaite, par Alassane Ouattara à Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir, fort d'un soutien de la CEDEAO, fut bien sourd. Du déjà entendu qui avec les multiples prises de parole semblent au fur et à mesure fragiliser le personnage et la portée des revendications de sa victoire.

A cinq jours de l'annonce de la victoire de Gbagbo par le conseil constitutionnel, les soutiens paraissent de moins en moins francs et on évoque déjà, dans les couloirs du golf hôtel ce midi, une crainte de lâchage progressif des puissances, notamment américaines et françaises en raison de la protection de leurs intérêts, dans le pays, toujours à cette heure dans les mains du président Gbagbo. En effet, selon nos informations, en dehors de tout ce protocole politicien, se mène une bataille sans merci au niveau des lobbys agricoles et miniers. Les barons du FPI, exemptés temporairement de charges ministérielles seraient actuellement à la manœuvre avec une mission très claire obtenir par le chantage liés aux contrats d’exploitations des ressources un soutien voire une distance des puissances occidentales avec Alassane Ouattara. Déjà la Chine et la Russie, qui dans l’ombre soutiennent Laurent Gbagbo, sont à l’affût des futures opportunités. La menace de rupture des contrats existants, notamment français et américains sur le pétrole et le cacao, inquiètent au plus haut point les diplomates de ces pays présents en Côte d’Ivoire.

Laurent Gbagbo faisant fit d’ignorer la « République du Golf », continue en façade d’afficher la confiance et la sérénité. Tout sourire et toujours en campagne, après avoir satisfait les Atiés (ethnie Akan du sud-est), et l’Agneby (region qui l'a voté à plus de 85%), très présent dans l’armée et la police, avec la nomination de N’Gbo Aké, il recevait ce mercredi les populations du nzi Comoé au palais de la présidence.

À l’analyse, l’anticipation pré-électorale de Gbagbo pourrait avoir raison sur la réaction post-électorale de Ouattara malgré les menaces, tant de fois lancées depuis 2002 sans suite, de Soro et des rebelles sur un futur conflit militaire. Gbagbo qui apparaît désormais comme le défenseur de la souveraineté africaine face à l’impérialisme occidental a plus que jamais démontré que la politique est un art dans lequel il faut toujours devancer son ou ses adversaires.

Ce mercredi, la vie a bel et bien repris son cours en Côte d’Ivoire, les marchés sont remplis et la circulation dense, les Ivoiriens toujours privés de sms et de chaînes occidentales, sous couvre-feu, reprennent goût aux bouchons et aux odeurs des gaz d’échappement.

Laurent Despas, Koaci.com à Abidjan

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 01:22

 

 

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Alpha Condé sacré le 21 décembre prochain

Le professeur Alpha Condé président de la République de Guinée a rencontré ce mercredi 8 décembre 2010 les leaders de l’alliance Arc-en-ciel. Une alliance qui l’a portée au pouvoir le 7 novembre dernier à l’issue du second tour de la première élection libre et ‘’transparente ‘’ de la Guinée indépendante. La rencontre a eu lieu au siège de son parti situé à Handallaye dans la commune de Ratoma, une banlieue de la capitale guinéenne, Conakry. La rencontre a porté essentiellement sur la première prise de contact entre le désormais numéro un de Guinée, l’ancien opposant historique le professeur Alpha Condé et ses alliés depuis son élection mais, aussi les informer des mesures qui seront prises juste avant et après son investiture.

D’entrée le professeur a commencé son intervention en fustigeant l’absence de plusieurs leaders de son alliance à cette rencontre, avant de remercier les leaders présents à la réunion, de leur collaboration dans le passé. Pour ce qui concerne les premières dispositions prises, Alpha condé déclare : « Je vous invité de suivre tous la télévision guinéenne et la radio parce que j’ai donné des instructions au premier ministre pour le fonctionnement de l’administration avant mon investiture qui est le 21 décembre prochain si Dieu le veut bien » invite - t-il, avant de poursuivre : « Toutes dépenses engageant l’état moins les salaires sont interdites, tous les ministres en poste doivent faire inventaire des biens mobiliers et immobiliers de leurs département au premier ministre, les biens de l'Etat de quelques natures que ce soit doivent revenir à l'Etat Guinéen, tous les ministres ainsi que les travailleurs de l'administration seront soumis à un contrôle strict» martèle-t-il avant de lever la séance. Réussira-t-il ? Là est toute la question.


Ibrahima correspondant de koaci. com à Conakry

 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 01:20

 

 

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Le Monde | 09.12.10 | 22h34  •  Mis à jour le 09.12.10 | 23h12

L'occasion était trop belle pour neutraliser un chef de l'Etat devenu très embarrassant. Français et Américains cherchaient à écarter le capitaine Moussa Dadis Camara depuis le massacre par des militaires de la garde présidentielle d'au moins 156 opposants à Conakry, en Guinée, le 28 septembre 2009.

Les événements du 3 décembre vont forcer le destin. Ce jour-là, le chef de la junte militaire au pouvoir depuis moins d'un an est victime d'une tentative d'assassinat. Grièvement blessé à la tête, le chef de la junte est envoyé d'urgence vers le Maroc pour y être hospitalisé. Dans la foulée, un diplomate américain en poste à Ouagadougou écrit : "La communauté internationale est d'une façon générale sur la même position. L'absence de Dadis a ouvert une fenêtre d'opportunité pour faciliter une transition démocratique."

"Bien qu'il ait été chassé de la scène violemment plutôt que par des moyens constitutionnels, il serait mieux pour la Guinée qu'il ne rentre pas dans son pays", ajoute l'ambassadrice américaine en poste à Conakry, Patricia Moller, dans un des télégrammes diplomatiques obtenus par WikiLeaks et révélés par Le Monde.

"ERRATIQUE, VIOLENT, IMPRÉVISIBLE"

Au passage, la diplomate qualifie le comportement de Dadis d'"erratique, violent, imprévisible", n'augurant qu'un "triste avenir pour la Guinée". Français et Américains partagent ce diagnostic. Mais comment tenir Dadis éloigné de son pays ? Paris et Washington insistent auprès des Marocains pour qu'ils le gardent "pendant longtemps". Une course contre la montre est engagée.

Moins de deux semaines après son hospitalisation, Dadis Camara manifeste déjà son désir de quitter Rabat où il était arrivé le 4 décembre, "dans le coma, (avec) des éclats de balles dans le crâne".

Un interlocuteur guinéen de l'ambassade américaine au Maroc avertit des éventuelles conséquences du retour du chef de la junte. "Dadis a recruté des mercenaires sud-africains et israéliens qu'il a regroupés, au côté de ses propres hommes, à Forecariah, (…) dans l'ouest du pays. (…) Sa milice compte 2 000 à 3 000 hommes dotés d'armes en provenance d'Ukraine. Le risque de conflit et de déstabilisation menace toute la région", rapporte le numéro deux de l'ambassade américaine, Robert P. Jackson.

"LE SEUL VÉRITABLE ESPOIR"

Début janvier 2010, à Rabat, le général Sékouba Konaté, qui n'a pas encore assumé l'intérim jusqu'à l'élection présidentielle du mois de juin, se montre, en privé, tout aussi réticent au retour de son "frère" Dadis. "Il a été explicite, affirme le ministre marocain des affaires étrangères, Taieb Fassi Fihri. Dadis ne doit pas être autorisé à rentrer en Guinée, ni à participer à la transition."

Selon la même source marocaine, le général a aussi "reconnu que les responsables, depuis Dadis jusqu'au plus petit complice, devaient être traduits devant un tribunal guinéen ou (…) international".

Mais en attendant, que faire de Dadis alors que le Maroc – qui l'avait accueilli "sans que le gouvernement marocain n'ait été préalablement consulté" – entend se débarrasser rapidement d'un homme susceptible de faire l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour le massacre du 28 septembre ? On lui cherche un autre pays d'accueil pour du "long terme". "Le 7 janvier, le roi Mohamed VI a appelé le président du Gabon, Ali Bongo (qui) a refusé. Le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, prévoit de demander au président congolais, Denis Sassou-Nguesso."

Le Sénégal, l'Arabie saoudite, la Gambie et la Libye sont évoqués. Finalement, le 12 janvier 2010, Mohamed VI prend "la décision abrupte", "pour ne pas dire totalement inattendue", selon les Américains, de l'expédier par avion sanitaire au Burkina Faso. Lequel Burkina "ne sera mis au courant que peu de temps avant l'arrivée de Dadis Camara à Ouagadougou". Le capitaine guinéen pensait quant à lui rentrer à Conakry.

Pendant tout ce temps, Paris et Washington cherchent un successeur à Dadis. Un nom, un seul, émerge des télégrammes : le général Sékouba Konaté, alors ministre de la défense et chef de la junte par intérim. "Au regard des fréquentes discussions entre Hillary Clinton et Bernard Kouchner et de l'unité de vue entre les deux capitales, [Sekouba Konate] offre le seul véritable espoir pour une transition politique." Seul problème, le général se dit "fatigué" et "pas intéressé par le pouvoir".

Finalement, début janvier, le général Konate est "prêt à rentrer à Conakry et à mettre en œuvre l'accord de Ouagadougou", qui stipule notamment "l'interdiction" faite à Dadis Camara de rentrer en Guinée et pose les bases de la transition vers un pouvoir civil grâce à l'organisation rapide d'élections. Le 7 novembre a eu lieu le deuxième tour de la première élection présidentielle démocratique de Guinée depuis l'indépendance en 1958. Et Dadis Camara se trouve toujours en convalescence forcée à Ouagadougou.

Christophe Châtelot

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 20:14

 

 

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Dik 7 Décembre 2010 Le Phare

Me Zarambaud a, dans sa déclaration préliminaire, souligné que la nuit des Centrafricains s'est prolongée jusqu'au 22 novembre, en référence à l'ouverture de l'audience du procès avant de présenter l'accusé comme le « général autoproclamé à la tête d'une rébellion ». A l'en croire, Bemba avait crée un Etat au sud de la partie congolaise, frontalière avec la RCA et envoyé ses hommes pour « piller » et « violer très facilement » à Bangui.

« Comment ces pauvres femmes ont été violées en présence de leurs maris et de leurs enfants », a questionné l'avocat centrafricain. Il a, en outre, trouvé un lien historique entre le Congo et le Centrafrique pour trouver « incorrect » que les crimes soient commis par le ressortissant de l'un de ces Etats « frères ». « Comment les mercenaires pouvaient provenir du pays de Lumumba pour aller au pays de Barthélemy Boganda? C'est une insulte à la fraternité africaine ». Ce représentant légal des victimes a voulu connaître les raisons de l'intervention de Bemba « lui, dont le pays faisait face à d'autres mercenaires contre lesquels ses propres mercenaires auraient dû être utilisés ».

Pourquoi, n'étant pas un dirigeant d'un pays constitutionnellement constitué, Bemba a-t-il envoyé ses mercenaires en Centrafrique ? Est-ce que Patassé avait reçu le quitus du parlement ? « Je ne pense pas », a répondu l'avocat des victimes en posant les deux questions aux juges. « Bemba n'a pas nié s'être rendu à Bangui pour discuter avec Patassé », a-t-il, en outre, affirmé en ironisant qu « ils ne discutaient pas de la pluie et du beau temps mais de l'appui de l'un à l'autre ».

Dans sa déclaration, il a souligné être d'avis que « l'heure de la vérité a sonné », et affirmé, à la même occasion, que « les troupes de Bemba étaient intervenues en RCA un an plus tôt et sont revenues pour commettre des crimes abominables ». Au nombre des crimes commis, selon lui, « des civils centrafricains ont été égorgés, d'autres ont eu des proches enlevés pour toujours, les pillages étaient automatiques, ils emportaient tout, même les animaux domestiques ». Si à ses yeux, le viol constituait le principal crime, « la violence se faisait à main armée, (...), la plupart des personnes traumatisées étaient des personnes vulnérables, beaucoup sont infectées et sont mortes ».

La deuxième représentante des victimes, une avocate d'origine centrafricaine a estimé, pour sa part, que les hommes de Bemba ont « volé à la population en vue de la rendre pauvre » et qu' « il est temps de mettre fin à l'impunité ». Elle a insisté sur le fait qu'un commandant des troupes sur place à Bangui, s'adressant à ses subordonnés, avait déclaré : « Vous n'avez pas de femmes, Jean-Pierre Bemba vous a envoyé pour tuer (...) ».

L'autre intervention, c'était celle d'une autre avocate. Elle a pensé qu'on devait « briser le silence ». Des maisons ont été saccagées, tout a été pillé, lits, motocyclettes, sommes d'argent ; et les victimes ont été contraintes des porter leurs propres biens sur le dos au profit des Banyamulenge », a accusé l'avocate européenne qui a insisté sur le fait que « les pillages étaient accompagnés de blessures sur les civils ». D'autres, selon elle, ont même été sodomisés, d'autres rendues enceintes, a en en bouclant ainsi les déclarations préliminaires des représentants légaux des victimes.

 

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 20:11

 

 

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Jeudi, 09 Décembre 2010 12:47

Ai- Rca- 3265 urnes sur les 7000 demandées par l'Etat Centrafricain  au gouvernement togolais ont atterri le 7 décembre à l'aéroport international Bangui Mpoko.

Elles étaient  convoyées par le Président  du comité matériel et logistique de la Commission Electorale Indépendante de la République du Togo Henri Kolani, a appris l’agence Ai.

Selon une source proche de la Commission électorale indépendante (CEI,  Centrafrique), ces matériels électoraux qui sont la concrétisation de la coopération sud sud entre les deux peuples, ne sont autres qu'un prêt du gouvernement togolais à l'Etat Centrafricain.

"C'est dans le contexte de la coopération Sud Sud et avec l'appui des partenaires extérieurs notamment le Pnud que le Togo a décidé de porter  assistance à nos frères Centrafricains" a déclaré M Kolani pour qui, ces matériels électoraux  seront rapatriés dans son pays aussitôt après les élections.

"Il y a au total 7000 urnes qui vont être convoyées. Donc c'est le premier lot qui est arrivé et il y aura un second voyage pour  le reste", a-t-il précisé.

"Pour moi, c'est d'abord une joie de voir ces matériels électoraux arrivés en Centrafrique. Parce que,  les gens n'y croyaient pas et cela est la preuve de cette coopération Sud Sud"  s'est félicité le président de la CEI  le Révérend Pasteur Binguimale, confiant que le poids total de ces urnes s'élève à plus de 14 tonnes et compte tenu de la charge autorisée à bord de cet avion, il n'a pu  transporter que 7 000  tonnes.

"Très rapidement, cet avion retournera au Togo pour ramener le reste ", a-t-il souhaité, se félicitant de ce que,  petit à petit la RCA avance vers les  élections de janvier 2011.

"Nous avons commencé à nous procurer  des urnes ici mais compte tenu des difficultés,  on n'a pas pu continuer. Nous pensons qu’environ 9000  urnes seront  suffisantes  pour les élections" a indiqué M Binguimale.

Kabongo, Ai Bangui

 

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