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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 23:12

 

 

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Légalité  contre légitimité. Voilà le débat qui semble  diviser une fois de plus, la classe politique centrafricaine. Cette énième crise est née suite à l’incapacité de la nation et de son gouvernement à organiser des élections aux critères satisfaisants pour tous. Afin  d’esquiver l’affreux « vide constitutionnel », le gouvernement dans une séquence aussi bizarre que véloce, a décidé de saisir la plus  haute cour constitutionnelle du pays qui a en conséquence presque « ordonné » a l’assemblée nationale  la prorogation du mandat présidentielle.

Cette prorogation loin de taire les disputes,  d’aplanir les dissensions, de clore le débat, semble avoir l’effet contraire.

En effet, l’opposition dans un premier temps abasourdie par la réaction présidentielle, s’est ressaisie et n’à depuis,  arrêté de crier « au voleur » et durant les dernières semaines remet ou promet de remettre en cause la « légitimité » du Président ainsi élu. Le locataire du palais de la Renaissance, lui, taxe ses adversaires de mauvaise foi et clame à qui veut l’entendre de la légalité de son pouvoir car tiré d’ « institutions légale ».

La légitimité  ou la légalité du Président de la République (nombreux sont ceux pour qui ces mots sont interchangeables) est loin de la préoccupation journalière et quotidienne des Centrafricains. N’eussent été les troubles sociaux à même de naître de cette querelle, paysans et travailleurs ne sauraient certainement que faire des deux mots qui leur paraissent aussi abscons et ténébreux l’un que l’autre. Lumière.

Un gouvernement se dit légal (ou a une légalité) lorsqu’il tire son existence même d’un ensemble de règles établies de façon consensuelle ; mentionnées dans la loi  fondamentale (constitution qui au passage a été décapitée pour autoriser la prorogation) ou encore dans la jurisprudence (ensemble des principes de droit suivi dans chaque pays).

La légitimité, elle, semble plus complexe, plus abstraite presque philosophique. Le concept de la légitimité se rapporte au principe de l’agrément, de l’assentiment de l’approbation du peuple (et non des institutions). Elle insinue le fait que le pouvoir est pratiqué par les personnes qu’il faut, faisant ce qu’il faut dans l’intérêt général. Le principe de la légitimité est à notre humble avis, l’une des pierres angulaires dans l’édification de la pyramide   démocratique.

Pierre Calme donne les 5 principes de bases de la légitimité :

  1. Répondre a un besoin ressenti par la communauté ;
  2. Reposer sur des valeurs et des principes communs et reconnus
  3. Etre équitable
  4. Etre exercée efficacement par des gouvernants responsables et dignes de confiance
  5. Appliquer le principe de moindre contrainte.

Le Président de la République en décidant s’arcbouter  à une interprétation  sclérosée, raide et rigide  de la constitution commet l’erreur d’ignorer le peuple qui de facto, est relégué au rang de simple accessoire politique. Il coupe ainsi  le vital  cordon ombilical le liant avec ses compatriotes (source de son pouvoir et non une quelconque divinité comme il l’a affirme dans son allocution du 10 Mai), d’où naturellement il devrait tirer sa légitimité. Paradoxalement en choisissant la voie de la machinale et sèche  légalité, il a effectivement perdu celui de la légitimité.

Aucun gouvernement quelque soit les moyens dont il dispose ne peut efficacement gouverner et mener a bien des projets de développements en usant de la  contrainte, et de l’oppression. Dans une démocratie nous en restons fermement convaincus, le président se doit de convaincre ses compatriotes et non les contraindre et faire montre de force brute.

Une démocratie, une nation, un pays affublé d’un dirigeant mal élu,  non élu, ou imposé ne pourrait  fonctionner à son optimum. Il  ne sera que le théâtre de perpétuels  soubresauts sociaux, de bras de fer constant entre gouvernes et gouverneurs, de sempiternelle revendication égalitaire. Il  serait alors traverser de réguliers courant ellipsoïdaux, empêchant sa marche en avant. Grandissant aussi sera le sentiment de non appartenance, de rejet d’une partie de la population. Ce qui aurait pour séquelle l’approfondissement du repli communautaire.

Nous avons des milliards de FCFA en budget  pour  la pacification du pays, sommes qui auraient pu servir à l’amélioration du réseau routier entre Bangui  et le port  de Douala,  principale ouverture de la Centrafrique sur l’extérieur  (si on tient compte du volume de marchandise y transitant).

Nous ne le répéterons jamais assez, et continuerons à le faire, étant donné le caractère pédagogique de la répétitivité ; Les problèmes en Centrafrique sont de nature purement politique, c’est donc sur ce terrain que nous nous devrions nous efforcer de les résoudre.

Bozizé est donc il vrai, un président en manque de légitimité. Car comme  démontré plus haut, l’on ne peut  en toute vérité simplement « auto-extraire »  sa  légitimité d’institutions  même légales.

Ainsi lorsque le Chef de l’état fait allusion au  « pouvoir  discrétionnaire  du chef de l’état » certains observateurs se demandent donc la source réelle de ce « pouvoir » ; serait-il divin comme le chef de l’état l’a si bien précisé dans sa déclaration, car  dans une république le pouvoir provient  du peuple et du peuple seul. Tout pouvoir tirant donc sa source autre que de l’adhésion  populaire est donc arbitraire.

Que faire donc pour préserver la paix et la tranquillité du citoyen ?

Le chef de l’état  dispose  d’une certaine légalité de son coté. Il devrait en toute responsabilité transformer  cette légalité en légitimité. Cela est faisable, plausible, si bien sûr il en a la volonté politique et le sens de l’intérêt général.

La solution serait ce que nous nommons une « légitimation par association ». Elle consisterait  en  l’intégration, l’association  d’une partie de la classe politique (mise à l’écart depuis 2005) dans le mécanisme de prise de décisions. Ce qui aurait pour conséquence naturelle d’agrandir, d’élargir  la base politique du gouvernement et donc son acceptation par une plus grande marge de la société. Evitant au passage à la nation les affres d’infinis tiraillements politiques : Un gouvernement d’union.

Pour nombre de Centrafricains et spécialement ceux qui exercent le pouvoir ou participent indirectement à son exercice, un gouvernement d’union n’est rien de plus qu’une hérésie politique, une anomalie sociétale. Cette vision provient souvent  du fait de la divergence des agendas politique (ce qui n’est point une mauvaise chose en elle même), un alignement des points de vues pourrait donc rendre la chose plus réalisable.

Dans l’état actuel des choses, il est à note que  les aficionados  d’un gouvernement d’union dont le but serait de conduire le pays aux élections, auront de fortes chances de voir se raidir le gouvernement et donc verront la probabilité d’un refus fort élevé. Le concept d’un gouvernement d’union  dans ce cas se devrait de souffrir d’une révision de ses objectifs pour être acceptable et accepté par le gouvernement : La fixation d’objectifs neufs, autres que l’organisation des élections (mais non moins prestigieux). Dans un pays ou tous les indicateurs sociétaux sont au rouge cela ne devrait point être une tache ardue.  Avoir une composition « acceptable » est tout aussi important.

Il est un point dont la gravité et l’importance n’ont d’équivalence que l’organisation d’élections justes et transparentes : Le retour de la paix.  En effet la pacification de la nation est la condition sine qua non, l’alpha et l’oméga, le piédestal, l’unique plate forme sur laquelle pourrait,  non seulement se tenir des élections, mais aussi, a même de soutenir et favoriser ce a quoi nous aspirons tous ; le développement de la RCA. Il mérite  donc une attention particulière, une politique concertée et raisonnée de manière consensuelle et responsable. La formation d’un gouvernement qui s’attèlera a cette tâche, ramènera la paix et la concorde et procédera à la réconciliation des Centrafricains avec eux mêmes, est donc une évidence et une nécessité qui s’impose d’elle même.

Ce gouvernement de « pacification et de réunification » prêtera  une attention particulière au DDR, mais ne touchera point à la CEI (qui devrait faire l’objet de négociations différentes). L’accent sera mis sur la question des refugiés et des exilés  politiques; le lecteur notera que ces deux groupes sont la résultante directe de la violence politique qui sévit avec  intermittence dans le pays. En réalisant des concessions sur la question des élections, l’opposition démontrera ainsi sa bonne volonté et la raison première de son existence ; le bien être du peuple  Centrafricain, l’éclosion d’une Centrafrique pacifiée, unie  et prospère.

Ce gouvernement devrait avoir un chronogramme extrêmement précis et pointilleux de travail, élaboré et préalablement soumis au président de la république. Précisons que ce dernier et ses Prérogatives ne souffriront d’aucune  entache durant cette période (un maximum de deux ans et six mois).

Certains soulèveront, justement d’ailleurs,  la question relative a la longueur de cette période. Nous rétorquerons que les deux années seront  réellement mis au service de la paix dans la nation et nous sommes presque certains de l’efficacité d’un tel gouvernement à conduire avec succès sa mission. L’alternative serait une navigation de durée « indéterminée » dans l’épave du pouvoir en place  et dont les chances de réussites sont ce que nous savons. Ce chronogramme s’opposera positivement à l’incertitude dans laquelle nous naviguons en ce moment.

La résistance du gouvernement à travailler avec l’opposition trouve ses racines dans une peur injustifiée, une haine viscérale, primaire et incompréhensible  de  cette dernière. L’opposition n’est point l’ennemi. La faim, le sous développement, la pauvreté, l’analphabétisme, le repli communautaire, la division sont les véritables ennemis du KNK.

Il arrive des temps ou nous devrions  prendre une décision qui n’est ni sécurisante ni politique ni  populaire, mais que nous nous devrions  de prendre, parce que notre conscience nous dit qu’elle est juste. Martin Luther King.

Même si la sagesse n’est pas une vertu Centrafricaine, le président et ses partisans reconnaissent tout au  fond d’eux qu’un gouvernement d’union est la juste et correcte chose à faire pour la Centrafrique, a cet instant précis.

Réf. : Calame, Pierre, La démocratie en miettes, Pour une révolution de la gouvernance, Editions Charles Léopold Mayer, Paris, 2003, 334 pages.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 22:44

 

 

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                       RESEAU DES ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES DES DROITS DE L’HOMME

                                      Email : réseauongdh_rca@yahoo.fr

Tél (236) 21 61 82 35 / 75 50 31 51 / 75 50 38 13 / 75 70 74 45

 

DECLARATION DU RESEAU DES ONG DE PROMOTION ET DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME RELATIVE AUX MULTIPLES CAS DE VIOLATION DES DROITS DE L’HOMME

 

            Depuis ces derniers temps, les Centrafricains assistent à des situations très inquiétantes de  violation des Droits inhérents à la personne humaine au mépris de la Constitution Centrafricaine du 27 décembre 2004.

1)   Des violations à la liberté de circulation :

Il s’agit des cas suivants :

-          Monsieur Martin ZIGUELE, Président du MLPC ;

-          Monsieur Cyriaque GONDA, Président du PNCN ;

ont été empêchés de sortir du territoire, pour des motifs inavoués.

-      Maître Nicolas TIANGAYE, Président du CRPS et porte – parole de la Concertation des Forces du Changement (CFC) a vu son passeport confisqué, le jeudi 10 juin 2010, de son retour d’un voyage.

2)   Des arrestations et détentions arbitraires :

Dans la journée du 10 juin 2010, le Cabinet du Bâtonnier Maître Symphorien BALEMBY, Siège du Conseil de l’Ordre des Avocats au Barreau de Centrafrique a été perquisitionné en violation du code de procédure pénale et des statuts de la profession d’Avocats.

Son personnel  dont son épouse et celui du Conseil de l’Ordre ainsi que  quatre (4) employés de la société ADMN System, anciens locataires  de l’immeuble Bangui  2000, une dizaine d’employés du Super Marché RAYAN ont été arrêtés sans enquête préalable et transférés à Bossembele située à 147 Km de Bangui, suite à l’incendie de ce Super Marché dans la nuit du 9 au 10 juin 2010,  en violation de la loi.

Depuis lors, le Bâtonnier et Jean Daniel DENGOU, Patron de  la société ADMN System et 1er Vice   Président du Conseil Economique et Social sont activement recherchés.

Saisies par le Conseil de l’Ordre des Avocats, les autorités judiciaires et politiques ont demandé que  le Bâtonnier se livre ce, en violation du principe de la présomption d’innocence et du Code de procédure pénale. Les Avocats craignent pour sa vie, à l’exemple du militant des Droits de l’Homme du Congo Démocratique Floribert  CHEBEYA BAHIZYRE,  assassiné dans des circonstances similaires.

En effet, le Chef de l’Etat, censé veiller au respect de la Constitution, dans son discours à la nation le 10 juin 2010 en langue nationale, à l’occasion de la fin de son 1er quinquennat,  a publiquement ordonné sans ambages que les personnes qu’il a présumé auteurs de l’incendie du Super Marché RAYAN soient arrêtées et charcutées.

Maître Emile BIZON, Avocat a été retenu pendant quelques heures à la Section Recherches et Investigations (SRI) pour avoir commis le ‘’péché ‘’ de rendre visite à l’épouse du Bâtonnier alors détenue illégalement.

3)   De la Justice privée

Les forces de défense et de sécurité continuent de se faire  justice à eux – mêmes : c’est le cas de Mademoiselle KIMBEMBE Betty qui a été battue sauvagement par la Garde Présidentielle à la solde de Joseph BOZIZE, alias JOJO.

Un autre élément des FACA a coupé en plein jour l’oreille gauche de sieur TELO Prince pour une histoire de vente d’une mobylette.

4)   De l’Insécurité

Les populations du Sud –Est (Rafaï – Obo – Zémio – Mboki – Djéma – Bambouti) sont abandonnées à leurs tristes sorts entre les mains de la LRA, sans protection des forces de défense et de sécurité centrafricaines malgré, maints appels.

Quant aux populations du Nord – Ouest et du Centre, elles demeurent dans l’insécurité et la misère à cause de la lenteur dans l’exécution du Programme DDR.

Loin de faire une liste exhaustive des graves violations des Droits de l’homme dont sont victimes les populations centrafricaines, le Réseau des ONG des Droits de l’homme relève qu’il y a un grand fossé entre les discours politiques des pouvoirs publics, et le vécu quotidien des Centrafricains.

Le Réseau rappelle que par le passé, avec la complicité des pouvoirs  publics, Claude SANZE, livré à la Gendarmerie Nationale dans le cadre d’une affaire criminelle a été sauvagement assassiné.

Par ailleurs, sur ordre des autorités politiques, la maison d’un diacre de l’Eglise Kina a été incendiée.

Tous ces faits évoqués constituent un recul pour notre Démocratie en pleine construction et sème le doute dans l’esprit des citoyens.

Par conséquent, le Réseau :

-      Exige la libération immédiate et sans condition des personnes arrêtées arbitrairement ;

-      Exige une enquête régulière et indépendante, voire internationale sur l’affaire  de l’incendie du Super Marché RAYAN ;

-      Exige le respect du principe de l’inviolabilité des Cabinets et domiciles des Avocats ;

-      Encourage les parties prenantes au DDR à respecter le chronogramme défini ;

-      Demande au pouvoir public d’assurer la sécurité de la population sur toute l’étendue du territoire ;

-      Demande au pouvoir de garantir la liberté de circulation ;

-      Demande au pouvoir public d’assurer la sécurité des Avocats et les Défenseurs des Droits de l’Homme conformément à la loi.

Fait à Bangui, le 14 Juin 2010

Pour le Réseau,

La Coordonnatrice

 

Me M. Edith DOUZIMA     

 

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 21:57

 

 

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DECLARATION DU CONSEIL DE L’ORDRE DES AVOCATS AU BARREAU DE CENTRAFRIQUE RELATIVE AUX MENACES SUR LA LIBERTE ET LA SECURITE DES AVOCATS

 

Les Avocats de Centrafrique, réunis le vendredi 11 juin 2010 au Palais de Justice de Bangui, ont examiné la grave situation créée par la visite inopinée du Président de la République, Chef de l’Etat, au Parquet du Tribunal de Grande Instance de Bangui dans la matinée du jeudi 10 juin 2010, pour  intimer l’ordre de procéder sans délai à l’arrestation des auteurs désignés de l’incendie du Super marché « RAYAN », au centre ville de Bangui, notamment Maître Symphorien BALEMBY, Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Centrafrique.

 

Le Conseil de l’Ordre précise que Maître Symphorien BALEMBY intervient dans une procédure immobilière opposant son client au propriétaire du Super marché RAYAN, qui a pris feu dans la nuit du mercredi 09 juin 2010, dans des circonstances non encore élucidées.

 

C’est dans ce contexte que le même jour, 10 juin 2010, le Cabinet du Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Centrafrique,  Maître Symphorien BALEMBY, a été investi par des éléments de la Gendarmerie Nationale, armés jusqu’aux dents, sur instructions du Premier Substitut de base du Procureur de la République qui les avait précédés quelques temps auparavant sur les lieux.

 

N’ayant pas trouvé le Bâtonnier Symphorien BALEMBY et après perquisition du Cabinet et soustraction notamment de sa photo, les éléments de la Gendarmerie ont procédé à l’arrestation du personnel de son Cabinet et de celui du Conseil de l’Ordre, dont les noms suivent :

 

- Mme BALEMBY née KALAYEN Albertine, Secrétaire – Comptable au Cabinet de Maître BALEMBY ;

 

- M. Bienvenu NGANRO, planton audit Cabinet ;

 

- M. Prosper GBANGA, planton du Conseil de l’Ordre.

 

Les personnes sus - nommées ont été conduites et maintenues à la Section Recherches et Investigations (SRI) de la Gendarmerie, en violation de la loi.

 

Le Bâtonnier Symphorien BALEMBY est activement recherché par toutes les forces de défense et de sécurité (Police, Gendarmerie, Armée),  sans aucun acte de procédure.

 

De tout ce qui précède, le Conseil de l’Ordre :

 

1- Constate la violation du principe de la présomption d’innocence, prévu et garanti par la Constitution de la République Centrafricaine du 27 décembre 2004 ;

 

2- Déplore l’inobservation des règles de procédure pénale ;

 

3- Dénonce la violation répétée par le Parquet de la République du principe de l’inviolabilité des Cabinets et domiciles des Avocats, garanti par la loi sur la profession.

 

 

La sécurité et la liberté étant des valeurs garanties par la Constitution, leur violation entraîne de graves troubles au sein de la Société.

 

C’est pourquoi, l’Ordre des Avocats du Barreau de Centrafrique exige :

 

A) - La libération immédiate et sans conditions des personnes arrêtées et détenues illégalement à la SRI ;

 

B) - La cessation des menaces d’arrestation du Bâtonnier Symphorien BALEMBY ;

 

C) - La garantie de sécurité et de liberté pour tous les Avocats ;

 

D) - La mise en place d’une commission mixte indépendante et internationale pour déterminer les circonstances de l’incendie du Super marché RAYAN.

 

L’Ordre des Avocats du Barreau de Centrafrique se réserve le droit d’user des voies de droit contre les auteurs des multiples violations dénoncées.

 

 

                                                                      Fait à Bangui, le 11 juin 2010

 

 

                                                                      Pour le Conseil de l’Ordre,

 

 

                                                                     Maître  POCKS-POMBA     

 

 

 

NDLR : Le Conseil de l'ordre ayant tenu sa réunion le vendredi, n'a pas dû se douter que les personnes initialement détenues à la SRI dont il exige justement la libération ont été transférées selon nos informations, à la prison spéciale de Bozizé de Bossembélé surnommée Guantanamo. Un président de la République qui fait une descente dans un Parquet de Tribunal pour y ordonner l'arrestation de citoyens, il n'y a qu'en Centrafrique de Bozizé qu'on peut voir des choses de ce genre.

 

C'est bien la preuve qu'on est très très loin d'un Etat de droit et qu'on a bien à faire plutôt à une république bananière assez spéciale. La volonté de Bozizé est d'instrumentaliser à sa guise l'appareil judiciaire. Depuis son arrivée au pouvoir, il a trouvé en Firmin Feindiro le procureur idéal à sa dévotion. Pourquoi s'agitent-ils aujourd'hui pour l'incendie du supermarché du Libanais alors que jusqu'à présent, l'assassinat du commissaire Trépassé n'a toujours pas été élucidé ! Le commanditaire de ce crime qui n'est autre que Francis Bozizé est en liberté et ne peut être inquiété tant que son père est au pouvoir.

 

L'assassin du commissaire Daniel  Sama pourtant bien connu, Olivier Koudémon alias Gbangouma est parfaitement libre et continue ses exactions jusqu'ici. Où était le procureur Feindiro lorsque les tueurs de Bozizé ont extrait l'aide de camp de Me Tiangaye, le sergent Sanzé de la gendarmerie où le BONUCA du général Lamine Cissé l'avait livré, pour le lyncher sur ordre de Bozizé ?

 

L'opinion tant nationale qu'internationale attend impatiemment que Bozizé et Feindiro fassent la lumière sur la disparition de Charles Massi. Les assassins Eugène Ngaikoisset alias le boucher de Paoua, Olivier Koudémon et Vianney Semndiro, pour ne citer que ceux-là, dont les nombreux crimes de sang n'ont jamais été élucidés à ce jour sont totalement en liberté et continuent de jouir d'une scandaleuse impunité.

 

Avec le régime Bozizé, il n'y aura jamais de procès équitable. Le bâtonnier et Jean Daniel Dengou  n'ont aucun intérêt à sortir de leur planque pour se rendre. De quoi sont-ils coupables ? Que se reprochent-ils ? Ils sont déjà condamnés d'avance par le juge procureur François Bozizé à la peine de mort. Quelle garantie de sécurité ce régime sanguinaire peut donner ? Il ne faut point se leurrer avec Bozizé et ses tueurs. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 16:19

 

 

Tiangaye

 

 

                                   COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Le jeudi 10 juin 2010 , alors qu’il rentrait d’un séjour  en France où il avait informé la communauté Centrafricaine des vraies raisons du blocage du processus électoral devant une assistance  deux cents personnes, le passeport du Président de notre Parti la « Convention Républicaine pour le Progrès Social , (CRPS) » Me Maitre Nicolas TIANGAYE, par ailleurs Porte-parole du « Collectif des Forces du Changement en Centrafrique, (CFC) lui a été retiré sur ordre du Général François BOZIZE avec la notification verbale et arbitraire d’une interdiction de sortie du Territoire.

 

Le Général BOZIZE, qui accuse la Communauté Internationale d’être de connivence avec l’opposition Centrafricaine qu’il ne cesse de traiter de menteuse, a perdu tout sens de logique de fonctionnement d’un Etat de droit où le peuple aspire à vivre en symbiose avec cette communauté.

 

La CRPS rappelle que  les différents actes posés ces derniers temps par le Général BOZIZE en violation répétée de la constitution, notamment les libertés d’aller et venir, de résidence et d’établissement sur toute l’étendue du territoire sont aux antipodes des pratiques politiques dans un Etat de droit.

 

Considérant le caractère arbitraire et dictatorial de la confiscation du passeport de maitre TIANGAYE,

Considérant  que Me TIANGAYE n’a posé aucun acte illégal et répréhensible vis-à-vis des lois centrafricaines, la Fédération CRPS de France :

-         Exige la restitution pure et simple et sans délai du passeport de maitre TIANGAYE

-         Demande  à la ligue centrafricaine et aux défenseurs des droits de l’homme, aux partenaires bilatéraux et à tous les démocrates de veiller au respect des droits fondamentaux du peuple centrafricain.

 

 

Fait à Paris le 14 juin 2010

Le Bureau Fédéral CRPS France

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 10:00

 

 

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Voici ce qui ressort en substance de la réunion de vendredi dernier à Sassara à laquelle ont pris part tous les patrons des six organes de renseignement chapeautant les « tontons macoutes » :

 

·         L’ancien ministre Elie Ouéfio, actuellement SG de la Présidence et du KNK, accuse l'opposition d'avoir mis en place une stratégie de création d'incidents à l'aéroport lors de leurs déplacements et leurs retours pour ternir l'image du pays. Ainsi pour lui, Me Tiangaye n'a pas voulu attendre pour récupérer son passeport afin de créer l'incident et que les médias internationaux s'en emparent  pour salir le régime. Il a ajouté que les opposants se relaient à l'étranger pour salir les dirigeants du pays. Il a donc été rappelé que le commissaire de l'aéroport, Marius Sinféi (frère cadet de Moïdamsé-Sinféi, général de police qui n’est autre que le chef de cabinet particulier de Bozizé) doit continuer à bloquer les opposants lors de leurs départs et leurs retours de voyage. Le général Ouandé a renchéri en proposant qu'un couvre-feu "anti-opposants" soit instauré à parti de 20 heures tous les soirs. Francis Bozizé a objecté qu'il doit en parler d'abord avec son père à son retour d'Afrique du Sud.

 

·         André Ringui Le gaillard un ancien membre du MLPC passé au FDPC d’Abdoulaye Miskine et non moins membre de la CEI, est dans le collimateur des bozizistes. Ils le soupçonnent de faire double jeu avec eux en continuant de donner des renseignements au MLPC.

 

·         L’axe Bozizé-Patassé est plus que jamais d’actualité. Preuve : Sylvain Ndoutingaye a rendu visite à Ange Félix Patassé mardi dernier à son domicile pour éviter que celui-ci ne se déplace lui-même à Sassara ce qui pourrait fuir dans la presse. Voilà qui est fait.

 

·         Francis Bozizé dit que son père planifie les élections pour le mois de janvier 2011 au plus tôt, et qu'il ne veut pas entendre parler d'octobre, novembre ou décembre comme certains le murmurent.

 

·         Des consignes ont été données pour approcher Kamach et Blaise Nakombo pour barrer la route à AFP aux législatives à Berbérati car ils ne peuvent pas accepter qu'il vise le poste de PAN. Ce serait une voie détournée pour arriver à la tête du pays en cas de vacance de pouvoir. Les mêmes consignes ont été données pour détruire Mme AFP, ex-Mme Ngaro à Bimbo 2. Ils ont appris le retour à Bangui du fils de Mme Ngaro nommé  Armel Sayo, qui serait parti en France chercher du matériel de renseignement pour Patassé qui prévoit de créer son propre service de renseignements. Les bozizistes prévoient une réunion extraordinaire demain mardi pour discuter de ce cas.

 

·         A partir de ce lundi, deux agents de renseignements et deux policiers en civil seront affectés aux abords des domiciles des principaux opposants pour les surveiller de près. Bozizé a également renforcé le dispositif pour avoir Ndoutingaye à l’oeil. Bozizé a conseillé à son fils de faire l'idiot afin d'être sous-estimé. Mais qu'à la première occasion qu'il frappe mortellement Ndoutingaye.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 22:51

 

 

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L’affaire de l’incendie du supermarché RAYAN prend des proportions et une tournure hallucinante avec l’implication directe de Bozizé qui a ordonné à son procureur maison  Firmin Feindiro et l’épouse de celui-ci, pourtant fortement impliqués jusqu’au cou et protagonistes dans l’affaire de la revente de l’immeuble Bangui 2000, de faire arrêter ceux qu’ils accusent d’être à l’origine de l’incendie du super marché RAYAN.  

Jean Daniel Dengou le gérant d’ADMN et le bâtonnier Me Symphorien Balemby sont effectivement recherchés sur ordre de Bozizé en personne. Ils se sont mis à l’abri en attendant d'obtenir des garanties avant de se présenter à la police politique du régime de Bozizé, la tristement célèbre Section de Recherche et d’Investigation (SRI). Le commerçant libanais Ali Akhrass, propriétaire  du supermarché RAYAN qui a pris feu pointe un doigt accusateur sur eux sans la moindre preuve de leur responsabilité dans l’incendie du supermarché et c'est sa parole qui est prise en compte pour le moment par les autorités du pays tant judiciaires que politiques.

Trois employés d'ADMN, le gardien du domicile de Jean Daniel Dengou et deux de ses frères cadets, la sœur cadette de son épouse et son mari ainsi que l'épouse de Me Balemby et plusieurs autres personnes de son domicile ont été arrêtées et retenues dans un premier temps pendant quelques jours à la SRI, puis transférés à la prison spéciale de Bozizé de Bossembélé surnommée Guantanamo avec comme instruction donnée par Bozizé de les y exécuter.

Selon certaines informations, le fait d’être d’ethnie Kaba serait pour le pouvoir de Bozizé, une circonstance aggravante pour Mme Albertine Balemby. Les Centrafricains d’ethnie Kaba étant essentiellement originaires de Paoua dans l’Ouham-Pendé, région et ethnie qui seraient hostiles à Bozizé. Où va-t-on avec ce genre de raisonnement et de stigmatisation ? On se demande vraiment à quel genre de pays on a à faire avec ce régime de Bozizé qui se fascise de plus en plus.

C’est donc à présent le retour aux méthodes et pratiques des périodes que les Centrafricains croyaient sans doute irréversiblement révolues du bokassisme où le pouvoir procédait systématiquement à l’arrestation des parents, y compris même d’enfants en bas âge, de celui ou celle que le régime recherchait pour le contraindre à se livrer spontanément.

Le régime de Bozizé est devenu fou tel un bateau ivre, s’en prenant à tout le monde. L’opposition politique et ses différents leaders en vue et les représentants dans le pays de la communauté internationale sont devenus ses cibles privilégiées à qui il reproche de vouloir sa chute. Ces accusations sont devenues obsessionnelles et prennent l’allure d’une véritable pathologie, l’homme en parlant à tout moment et avec n’importe lequel de ses interlocuteurs. Il semble avoir facilement oublié que sans le soutien de cette communauté internationale qu’il accuse à présent de tous les maux, il n’aurait sans nul doute pas passé sept ans au pouvoir mais Bozizé a visiblement la mémoire très courte.   

 

 

Incendie Rayan les parents des détenus exigent la libération des leurs déportés

Radio Ndéké Luka Dimanche, 13 Juin 2010 13:40

« Où sont nos enfants ! Nous sommes mécontents, surpris d’apprendre qu’ils seraient déportés à Bossembélé ! Nul n’est au dessus de la loi ! Nous exigeons leur libération immédiate ».

Ce sont les réactions sur Radio Ndeke Luka, ce dimanche 13 juin 2010, des parents de 7 employés du cyber café ADMN, et d’une dizaine de travailleurs du Super Marché Rayan. Ces parents ont manifesté devant le super marché, et devant la Section des Recherche et de Documentation à Bangui.

Parmi les personnes interpellées, figurent deux femmes dont l'épouse du bâtonnier.

La manifestation fait suite à une information selon laquelle les personnes interpellées seraient déportées à la prison de Bossembélé dans la nuit du samedi 12 juin. Elles étaient gardées auparavant à la SERD pour une enquête, dans l’affaire de l’incendie du Super Marché Rayan, le mercredi 9 juin.

Selon une source anonyme, le nombre de personnes interpellées serait d’environ soixante.

Signalons que l’origine de l’incendie n’est, jusqu’à ce jour, pas connu. Toutefois, Certains responsables du groupe RAYAN pointent un  doigt accusateur sur les locataires de l’immeuble Bangui 2000 du fait des litiges qui les ont opposés quelques jours avant l’incendie.

 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 22:35

 

 

Nous avons publié au début du mois de mai dernier, un courrier en date du 3 mai par lequel une parlementaire américaine démocrate du Nevada, Mme Shelley Berkley faisait état de sa préoccupation au sujet des violations de droits de l'homme, en particulier des nombreux cas d'exécutions extrajudiciaires par le régime Bozizé et appelait l'attention de Mme Hillary Clinton sur la situation en République centrafricaine en général ,quant à la nécessité qu'elle puisse peser de tout son poids pour que les prochaines élections plusieurs reportées, soient transparentes,  démocratiques et crédibles.

Cette fois-ci, nous publions également ci-dessous la réponse que le cabinet de Mme Hillary Clinton vient d'adresser à Mme Berkley à sa lettre au sujet de la préoccupante situaution de la République centrafricaine.

 

La Rédaction

 

 

 

 

USA-State-Dpt.jpg

 

 

                                                                                        United States Department of State

                                                                                                 Washington, D. C. 20520

 

                                                                                                                JUN 10 2010

 

Dear Ms. Berkley:

Thank you for your letter of May 3 regarding upcoming elections in the Central African Republic. We appreciate your close attention to the electoral process in the Central African Republic, which, if not credible, could affect the stability in the country as well as the region.

As you noted, our Embassy in Bangui has been working with our international partners to push for fair and credible elections that would mitigate the threat of civil unrest in the country. Parliamentary and first-round Presidential elections originally were expected April 25, but donors and the election commission in late March said there was insufficient time to prepare for those. Opposition parties had argued that even May 16 would have been too soon. We and other donors are supporting a consensually planned e1ection run by the Central African Independent Electoral Commission.

We believe this will best support the participation of all relevant stakeholders. A key element of this election planning is the National Democratic Institute's program to promote citizen engagement in, and understanding of, the electoral process and democratic governance. We also plan to strengthen the capacity of Central Africa's fragile civic organizations to monitor and report on elections, an effort bolstered by a planned international observer mission.

Another U.S. program, recently launched by Mercy Corps, is designed to empower local human rights activists and journalists to engage citizens in efforts to effectively confront abuses and engage with the government officials to address governance reform issues, including electoral integrity. We will continue to push an inclusive, transparent process as electoral preparations proceed.

            We hope this information is helpful in addressing your concerns. Please feel free to contact us further on this or any matter of concern to you.

                                                                  Sincerely

Richard R.Verma

Assistant Secretary

Legislative Affairs

 

 

                      The Honorable

                              Shelley Berkley,

                                                House of Representatives.

 

 

Madame Berkley:

  

Je vous remercie pour votre lettre du 3 mai au sujet des prochaines élections en République centrafricaine. Nous vous remercions pour l’attention que vous portez au processus électoral en République centrafricaine, qui, si elle n'est pas crédible, pourrait affecter la stabilité du pays ainsi que de la région.

Comme vous l'avez noté, notre ambassade à Bangui avait travaillé avec nos partenaires internationaux afin de faire pression pour obtenir des élections justes et crédibles qui permettraient d'atténuer la menace de troubles civils dans le pays. Les législatives et le premier tour des élections présidentielles étaient à l'origine, prévues le 25 avril mais les donateurs et la commission électorale à la fin de Mars ont dit qu'il n'y avait pas suffisamment de temps pour les préparer.

Les partis d'opposition ont fait valoir que même le 16 mai aurait été trop tôt. Nous et les autres donateurs appuyons une élection consensuelle prévue et gérée par la Commission électorale Indépendante du pays. Nous croyons que ce sera mieux soutenir la participation de tous les acteurs concernés. Un élément clé de cette élection est la planification du programme de l'Institut national démocratique (NDI) pour promouvoir l'engagement des citoyens et une meilleure compréhension du processus électoral et la gouvernance démocratique.

Nous prévoyons également de renforcer la capacité des fragiles organisations civiques de la République centrafricaine pour surveiller et rendre compte des élections, un effort soutenu par une mission internationale d'observation prévue. Un autre programme américain, lancé récemment par Mercy Corps, est destiné à autonomiser les militants des droits humains et les journalistes afin d’engager les citoyens dans les efforts visant à lutter efficacement contre les abus et d'engager avec les représentants du gouvernement pour résoudre les problèmes réforme de gouvernance, y compris la transparence électorale. Nous allons continuer à pousser pour un processus inclusif et transparent ainsi que la procédure des préparatifs électoraux.

Nous espérons que cette information est utile pour répondre à vos préoccupations. S'il vous plaît, n'hésitez pas à nous contacter là-dessus ou sur tout autre sujet qui constitue une préoccupation pour vous.

 

 

                                                                  Sincèrement

 


(Traduction de la rédaction de C.A.P)

 

 

 

 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 22:17

 

 

Tiangaye

 

 

COLLECTIF DES FORCES DU CHANGEMENT

Section France

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Le collectif des Forces du changement, section France informe la Communauté nationale et internationale que le jeudi 10 juin 2010, le Général François BOZIZE a ordonné la confiscation du passeport de Me Nicolas TIANGAYE et lui a fait signifier verbalement et de manière arbitraire une interdiction de sortie du territoire.  Me TIANGAYE, Président du Parti « Convention Républicaine pour le Progrès Social» et Porte-Parole du Collectif des Forces du Changement rentrait d’un séjour en France où il a tenu une réunion avec la Communauté Centrafricaine.

 

Nous rappelons qu’il s’agit des pratiques courantes du Général François BOZIZE et citons les cas de ses anciens Ministres et alliés politiques GONDA et DOUBANE, du Président du MLPC Martin ZIGUELE, de l’ancien Ambassadeur de la RCA en Chine Christophe GAZAMBETI et de beaucoup de citoyens dont les passeports ont été retirés par le Général François BOZIZE  à l’aéroport de Bangui M’Poko.

 

Le CFC constate avec regret que le Général François BOZIZE, par ailleurs illégitime depuis le 11 Juin 2010, continue d’appliquer une politique anti démocratique, anti constitutionnelle, de terreur et d’intimidation à l’encontre des citoyens opposés à sa politique dictatoriale et criminelle.

 

Le CFC, section France rappelait le 9  Mai  2010 les dispositions de  l’article 4 de la constitution  de la République Centrafricaine : La liberté de la personne est inviolable.

« Les libertés d’aller et venir, de résidence et d’établissement sur toute l’étendue du territoire sont notamment garanties à tous dans les conditions fixées par la loi. »

Toutes ces pratiques répressives visant à entraver les libertés d’aller et venir des citoyens Centrafricains sont contraires aux règles qui régissent un Etat de droit.

 

En conséquence, le CFC section France condamne énergiquement ces actes et exige du Général François BOZIZE la restitution sans délais du passeport de Me TIANGAYE. 

 

Le CFC section France demande  à la ligue centrafricaine et aux défenseurs des droits de l’homme, aux partenaires bilatéraux de la République Centrafricaine et à tous les démocrates de veiller au respect des droits fondamentaux du peuple centrafricain.

 

 

Fait à Paris le 13 Juin 2010


 

ONT SIGNE

 

1-Opposition démocratique :

 

A.D.P : Clément BELIBANGA

 

M.L.P.C : Jean-Didier KABRAL

 

R.D.C : Gaston-King MAHOUTOU

 

 

2-Autres partis :

 

C.R.P.S : P/O Jean-Pierre MARA

 

P.A.T.R.I.E : Benjamin BELOUM

 

3-Politico-militaire :

 

N.A.P/A.P.R.D : Aubin-Roger KOMOTO

 

 

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 17:36

 

 

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L’illégitimité permanente par un coup d’état constitutionnel; nécessité d'un accord politique pour sauver la Centrafrique.


«  Le peuple est au principe de la démocratie. Il est le fondement de la légitimité politique, il se fait entendre à l’occasion des élections intermédiaires et tranche souverainement au terme des mandats nationaux. » Lionel Jospin.

15 mars 2003 / 11 juin 2010, Sept bonnes années consécutives, deux mois et 27 jours. Nous voici enfin au terme légal d’un régime inclassable, tant et tant les institutions de la république ont été malmenées et bafouées. Un régime qui a commencé dès le début par inquiéter les plus avertis d’entres-nous à travers les premiers actes qu’il avait eu à poser. Puis, groggy par les lourdes charges et les réalités il s’en est allé à vau-l’eau jusqu’au bout de sa logique en donnant malheureusement raison à nos inquiétudes.

Une fois de plus, la cour constitutionnelle, au mépris de ses  missions qui sont entre-autres  celles d’assurer un état de droit, de vérifier la conformité des lois  et les représentants de la nation, réunis au sein d’une assemblée nationale monocolore sont passés par des manœuvres illégales pour se compromettre. Elles ont validé contre la constitution une prorogation de mandat sans aucune condition. Ce, au mépris des dispositions prises par les constituants pour verrouiller la loi fondamentale. En faisant cela, ces deux grandes institutions de la république, n’ont-elles pas failli aux missions pour lesquelles elles ont été créées ? En prorogeant le mandat du président de la république sans condition malgré l’article 108 de la constitution, n’ont-elles pas donné un blanc seing à un régime qui est le premier responsable de la situation dans laquelle se trouve notre pays ? Le principe de la démocratie que nous voulons construire ne repose t-il pas sur le peuple ? Ce peuple que nous méprisons  et qui confère par son seul vote la légitimité politique. Dès lors que la cour constitutionnelle n’a pas su assurer et vérifier la conformité des lois, ne s’est t’elle pas disqualifiée ? Ne devient t’elle pas de ce fait une institution illégale ? Ne rend t’elle pas ainsi l’acte de prorogation du mandat du général-président illégale, par conséquent le régime lui-même illégitime à partir du 11 juin 2010 ?

Les représentants de la nation qui ont voté comme un seul homme la prorogation du mandat du président de la République ainsi que les leurs, n’ont-ils pas trahi la confiance que le bon et généreux peuple de Centrafrique leur a donnée pour le représenter ? Ils ont donné un blanc seing au régime comme si de rien n’était. N’aurait-il pas fallu proroger le mandat de celui-ci  avec des garanties et des conditions avec l’assurance d’aboutir sur un accord politique comme le demande l’opposition ? Dans ces conditions, les prérogatives du chef de l’état ont-elles encore un sens ? Pourquoi un président qui n’est qu’exceptionnellement reconduit dans une situation exceptionnelle continuerait t-il a bénéficié  des mêmes prérogatives qu’auparavant ? Exactement comme si nous étions dans une situation normale, alors que le régime en place est le premier responsable de cette crise politique. Il a fait preuve d’une incompétence notoire en démontrant au plus sceptiques qu’il était incapable d’organiser dans les délais prévus des élections libres, justes et transparentes.

 

La défaillance à tous les niveaux d’un régime inclassable

Indiscutablement en se basant sur les seuls critères objectifs de la bonne gouvernance, le régime du général-président Bozizé a failli. Une défaillance avérée à tous les niveaux malgré les multiples aides et autres facilités octroyées ici et là par la FMI, la banque mondiale, la francophonie, la France, les Etats-Unis, la Chine, les organisations financières régionales. Ce, aux grands mépris des conditionnalités imposées naguère aux autres régimes que notre pays a connu. Toutes ces aides obtenues sans condition et avec une facilité déconcertante ont fait du régime du général-président, le régime qui a reçu le plus d’aides au développement depuis les années 1980. Outre ces multiples soutiens internationaux et pendant toutes ses sept longues années, le régime a fait preuve d’un autoritarisme exacerbé comme lors du dialogue politique inclusif pendant lequel il avait pris des décisions unilatérales envers et contre tous. Il a jouit sans partage aussi bien du pouvoir exécutif, du pouvoir législatif que de l’autorité judiciaire. Autrement dit, tous les éléments déterminants qui sont l’argent, la force, la justice, le soutien de la communauté internationale étaient à la disposition du régime. Des éléments qui sont réunis pour la manifestation effective d’une bonne gouvernance. Hélas ! Encore hélas ! Sept années plus tard  notre pays continue sa descente abyssale dans les profondeurs de la mauvaise gouvernance, du sous développement. La faute appartient bien sûr à toute l’opposition, aux leaders d’opinions, aux syndicats, aux journalistes qui ont le tort d’accomplir leur mission de contre-pouvoirs ou encore aux simples citoyens qui manifestent leurs inquiétudes pour l’avenir du pays, de leurs enfants. Ils ne peuvent êtres que des jaloux du régime, des ennemis du peuple qui sont au service de l’étranger. 

Aussi, il serait temps de faire un état des lieux du régime afin de rappeler à ceux qui brandissent victorieusement le paiement des fameux « 2sims »de modérer leur triomphalisme.

Panorama  d’un régime incompétent

En sept années de règne sans partage, le régime du général-président a failli sur plusieurs plans.

1° Au niveau de la politique intérieure. Le régime s’est évertué au lendemain des élections de 2005 par un non respect très significatif de la constitution qui ne s’imposait pas alors que toute l’opposition a accepté et reconnu le régime. La constitution a été bafouée à plusieurs égards et d’une manière méprisante aussitôt après les élections de 2005 : un cumul de fonction dans le gouvernement, de nombreux cas de manquement au serment prêté, un bâillonnement de la presse privée, une entrave à la liberté d’association, un mépris des travailleurs et  syndicats, des crimes et assassinats politiques jusque là restés impunis, des crimes économiques, une insécurité sur toute l’étendue du territoire (accentuée par une logique de va-t-en guerre de la part du régime), un non respect des recommandations du dialogue politique inclusif (Cette attitude a fini par susciter d’autres frustrations légitimes au sein de l’opposition démocratique et la radicalisation des positions), une incapacité à organiser dans les délais prévus les élections présidentielles et législatives, un coup d’état constitutionnel avec la complicité de la cour constitutionnelle (au lieu d’un accord politique d’où fuite en avant du régime).

2° Au niveau de la gestion publique. Nos compatriotes ont assisté écœurés à d’innombrables nominations arbitraires et complaisantes dans l’armée et la fonction publique, un affairisme et clientélisme scandaleux (collaboration avec des hommes qui sont poursuivi par la justice internationale), un clanisme outrageux, une utilisation inconsidérée des aides à d’autres fins personnelles, des barrières routières illégales dans le pays qui entravent la liberté d’aller et de venir ( interdiction de sortir du pays et confiscation de passeport d’hommes politiques) et enfin notre pays, la république centrafricaine est classée 179 sur 182 des pays pauvres (indice de développement humain).

3° Au niveau de la politique extérieure. Une diplomatie hasardeuse, dangereuse, populiste  et incohérente qui privilégie plutôt l’axe Iran/Venezuela que celui des démocraties occidentales Europe/USA, Une Coopération avec des réseaux parallèles pour se fournir en armes et matériels de guerre. Une inexistence notoire en terme « de poids politique » dans la Cemac et encore moins au niveau international.

Le paiement des « 2sims » n’est pas un acte de générosité mais un droit pour les salariés

Face à ce bilan désastreux et irresponsable, les rares caciques du régime brandissent triomphalement le double paiement de salaires, les fameux « 2sims ». Voilà que le salaire, ce minimum vital pour de nombreuses familles centrafricaines qui est un droit absolu est présenté comme la manifestation d’une quelconque générosité du régime en place. Le régime omet volontairement de préciser à nos compatriotes qui l’ignorent que la continuité de l’état veuille dire quelque chose. Quoi de plus normal et de légal que de payer à terme les salaires pour un gouvernement. Fussent-ils des arriérés de salaires des régimes précédents. Il est vrai que la continuité de l’état, cette notion  est complètement étrangère à nos gouvernants. Voilà que le paiement de salaires qui représente le fruit de l’effort et de la sueur de nos salariés est évoqué dans toutes les situations qui compromettent le régime pour justifier toutes les extravagances et autres flagrants manquements de celui-ci. Autrement dis, je vous paie les salaires et j’ai le droit de disposer du pays et de vous comme bon me semble. Le KNK qui prône les valeurs de travail par conséquent du mérite par le travail peut-il se vanter de verser seulement et seulement les salaires ? Des salaires assurés par l’argent de la générosité des pays donateurs et des emprunts fortement taxés. Une victoire toute relative sur les salaires au goût amer si nos compatriotes venaient à comprendre que ces salaires sont payés avec de l’argent des aides détournés de leurs objectifs initiaux, des emprunts d’argents qui sont contractés ici et là malheureusement à un taux très élevé. Des intérêts élevés dont les conséquences à moyen et à court terme ne pourront êtres que plus destructeurs. Un cadeau empoissonné que nous laisserons d’une manière lâche à nos enfants le soin de rembourser.

A-t-on le droit de payer les salaires avec les aides rien que les aides octroyées généreusement à notre pays et qui sont destinées normalement à résoudre des problèmes autres que ceux des salaires ?

A-t-on le droit de payer les salaires avec de l’argent emprunté ? Qui paiera ces intérêts qui sont colossaux ? Nos enfants ou nos petits enfants ?

Accord politique pour sauver la Centrafrique

En définitive, nous retiendrons que la situation dans notre pays est exceptionnelle et très préoccupante. Le régime du général Bozizé ne peut plus continuer à jouer à ce jeu dangereux et réclamer une légalité qu’il n’a plus. Toute l’opposition, la communauté internationale, nombres de ses collaborateurs et des citoyens responsables ont proposé et soutenu exceptionnellement l’idée de proroger son mandat afin de préparer des élections justes et transparentes. La situation du pays nous l’imposait. Cela ne constitue ni une caution ni une faiblesse à la politique irresponsable menée depuis le 15 mars 2003 par le général Bozizé et encore moins une victoire de celui-ci sur la classe politique de l’opposition. Ce n’est que la manifestation de la volonté d’une certaine prise de conscience pour éviter à notre pays d’emprunter une voix sans issue. Le général Bozizé doit comprendre cela.

A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Le régime a failli sur plusieurs plans après sept années de règne absolu. Il s’est montré incapable d’organiser les élections dans les délais prévus. Du moment où la cour constitutionnelle et l’assemblée nationale n’ont pas joué leur rôle, elles se sont compromises et disqualifiées. Il ne fait aucun doute que la prorogation du mandat sans condition du général-président devient de facto un acte illégal et annonce le caractère illégitime du régime. Seul un accord politique digne de ce nom pourra sauver notre pays, la République centrafricaine.  

 

Franck SARAGBA

« De l’esprit fini kodé »

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 16:37

 

 

Urgence-alimentaire-en-RCA.jpg

 

Source: Première Urgence (PU) samedi, 12 juin 2010

Depuis avril 2008, Première Urgence a concentré ses activités au Cameroun dans l'appui à l'intégration et l'amélioration des conditions de vie des populations réfugiées centrafricaines dans les régions de l'Est et de l'Adamaoua.

La sécurité alimentaire des populations réfugiées centrafricaines est précaire du fait de la perte totale ou partielle des cheptels bovins et des revenus afférents, d'une dépendance par rapport à l'assistance du Programme Alimentaire Mondial (PAM), d'un défaut de maîtrise des techniques agricoles et d'un manque d'intrants de qualité.

La réponse de Première Urgence a été de renforcer la sécurité alimentaire des populations réfugiées et hôtes par un appui aux productions maraîchère et vivrière.

Ce projet, débuté en septembre 2008 dans la région de l'Est et dupliqué sur la région de l'Adamaoua en 2010, consiste :

- En l'aménagement de périmètres maraîchers et vivriers de manioc protégés, cultivés par des groupements de personnes réfugiées centrafricaines et vulnérables des villages hôtes ;

- La distribution d'outils, de semence et de boutures de manioc ;

- D'une formation continue aux techniques de base en agriculture.

La récolte des tubercules de manioc plantées en avril 2009 sur 4 hectares de parcelles communautaires mises en place par Première Urgence a débuté ce mois. Les résultats sont au-delà des espérances des bénéficiaires. Chacun a pu récolter en moyenne 300 kg de tubercules de manioc, aliment essentiel dans leurs traditions culinaires. Les revenus issus de la vente des excédents autoproduits ont permis en outre de diversifier l'apport alimentaire.

C'est grâce au soutien financier du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (UNHCR), Première Urgence a pu déployer des programmes de renforcement des mécanismes de sécurité alimentaire.

Ce type de programme répond de manière pertinente au problème d'insuffisance alimentaire ou de défaut de maîtrise des techniques agricoles rencontrés par les réfugiés centrafricains.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire
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