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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 00:41

 

 

Gbagbo-et-ADO.jpg

 

 

Jean de la Fontaine

A la suite d’ une manipulation des résultats des récentes élections en Côte d’ Ivoire, toute la communauté internationale est en train de faire fausse route, les prix Nobel, le Conseil de Sécurité de l'ONU qui s'est définitivement compromis en déclarant bizarrement son soutien, donc forcément un parti pris, les sages de l' UA, bref tous, sauf la quantité négligeable que constituent la Chine, la Russie, membres permanents du Conseil de Sécurité et d' autres grands pays comme l' Inde, le Brésil, le Mexique et tous ceux qu' on n' a pas encore beaucoup entendu dans cette affaire.

En effet, rares sont les sommités qu'on n'a pas entendu condamner Gbagbo. Parmi elles citons tout de même sauf erreur de ma part, Sa Sainteté le Pape .Mais ça viendra peut-être.

Peut-être aussi que bientôt on entendra Gbagbo murmurer au fond d'une geôle du TPI après un repentir:

"Et pourtant j'ai raison ! " à l'instar du fameux " Et pourtant elle tourne !" de Galilée.

Quels sont donc les faits ?

Durant la campagne du second tour l’ une des inconnues jugées les plus décisives pour l’issue du scrutin par les observateurs les plus avertis était quelle serait l’affluence dans les bureaux de vote le jour de l’ élection. Et la question se posait déjà de savoir à qui allait bénéficier une éventuelle diminution du taux de participation. C’est ainsi que Kesy B .Jacob faisait remarquer dans le quotidien Nord Sud :

« Les leaders d’opinion du camp Bédié ont été sollicités pour traduire en résultat le soutien du Pdci. L’annonce de la désignation d’un Premier ministre de l’ancien parti unique participe de cette offensive. Cette stratégie repose, à l’évidence, sur un quasi-maintien du taux de participation. Ce qui permettrait au désormais candidat du Rhdp de séduire 60% de la cible-Pdci. Une éventuelle baisse importante du taux de participation pourrait donc réduire les chances du candidat Ouattara. Dans cette hypothèse, l’on pourrait conclure que les électeurs de Bédié n’ont pas pu surmonter leur déception ou ne se sont pas sentis liés par l’appel de leur leader à voter Ouattara. Pour Gbagbo, il était important de briser le lien entre Bédié et ses électeurs. »

Or, le premier enseignement que les observateurs ont tiré du scrutin du 28 novembre c’ était que le taux de participation était nettement inférieur à celui du premier tour qui était d’ environ 83%. Certains ont même essayé de justifier cet état de fait par le couvre-feu qui aurait dissuadé des électeurs.

Puis dès le lendemain, lundi 29 novembre, la Commission électorale indépendante a annoncé que le taux était de 70%, ce qui confirmait les observations de la veille. Et l’ information a été relayée par toutes les agences d’ informations du monde :

La baisse du taux de participation du second tour par rapport au premier (13% d'écart) donne mathématiquement un avantage au candidat arrivé en tête au premier tour, en l’occurrence Gbagbo.

C’est la seule explication au fait avéré qu’on ait été amené, pour déclarer Ouattara vainqueur, a annoncer, 3 jours après, des résultats faisant état d’un taux de participation de 81.12%. Une variation de 1% ou 2% et à la rigueur, à l’extrême limite, de 5%, pourrait encore être mise sur le compte de la marge d’erreur, comme il en existe dans toute donnée statistique. Mais de 70% à 81,12%, soit 11,12% qui,, rapportés à 5 784 490 inscrits, correspond à 643 235 votants supplémentaires qui ne sont sûrement pas allés au profit de Gbagbo le mauvais garnement, l’ homme à abattre, l’ empêcheur de tourner en rond mais au candidat de la Communauté internationale, un libéral pur et dur ayant dans le passé, quand il était Premier Ministres donné suffisamment de gages de meilleur garant des intérêts non négligeables de la France . Ce « Right man in the right place » avait en effet besoin de compenser par ce gonflement artificiel traduit en voix en sa faveur le manque à gagner résultant de l’abstention des partisans de Bédié qui n’ ont pas obéi a la consigne de vote de ce dernier et pour cause. Qui était le père de l’ivoirité dont a tant souffert Ouattara ? Ce dernier a-t-il d’ ailleurs honoré sa promesse de nommer Premier Ministre un membre du PDCI ? Comme quoi Balzac avait raison de dire que « la moitié des ingratitudes sont des vengeances ».

Outre cet indice du gonflement du taux de participation qui, en lui seul constitue un élément d’appréciation suffisant pour déterminer le vrai vainqueur, il y a également le déroulement des faits, eu égard aux procédures et à la loi qui révèle les manquements qui ont contribué à la prétendue victoire de Ouattara.

Le Code électoral prévoit que la CEI doit donner les résultats dans un délai de 3 jours francs. Elle n’a pas pu le faire pour des raisons de fond, à savoir, le désaccord en son sein. On a crié au scandale quand le rapporteur de la Commission a été empêché physiquement de proclamer les résultats, et les images ont été passées en boucle sur toutes les chaînes de télévision du monde comme une énorme forfaiture. A tort, car quoi de plus normal que d’empêcher, par tous les moyens possibles, y compris physiquement, la violation de la loi ? On exécute bien des gens pour violation de la loi, dans les pays où la peine de mort existe encore et cela se passe même dans des pays dits civilisés. Dans le cas d’ espèce le rapporteur de la CEI a simplement été empêché physiquement de violer la loi comme quelqu’un aurait été empêché physiquement de perpétrer un coup d’ état. Il n’ y avait pas d’ accord sur les résultats qu’ il voulait donner et la règle c’ est que la Commission prend ses décisions uniquement par consensus.

A propos du délai de proclamation des résultats qui était expiré on a entendu la plus grande bêtise qui soit, à savoir qu’un délai légal puisse être indicatif.

Passons sur les conditions dans lesquelles la proclamation des résultats a été faite, en cati mini, au QG de la campagne électorale de Ouattara, en l’absence des autres membres de la Commission.

On trouve anormale l’annulation par le Conseil Constitutionnel de certains résultats qui ont porté, au total sur un nombre de suffrages, comme par hasard a peu près égal à celui ajouté par les 11,12% de participation supplémentaire déclarés par la CEI lors de la proclamation des résultats. Cela se fait toujours dans toutes les démocraties. Cela s’est même fait avec l’élection en cause avec l’annulation des scrutins, pour le vote de la Diaspora en France et au Sénégal.

Le Représentant du Secrétaire Général de l’ONU, M. Choi, se substitue au Conseil Constitutionnel pour approuver les résultats sous prétexte que c’ est ce que prévoient les accords . Si les accords prévoient un tel excès de pouvoir, ils sont nuls au regard des principes généraux de droit relatifs à la non validité des accords, lorsqu’ ils sont léonins ou violent les lois existantes. Ces accords auraient donc violé la Constitution et ne pouvaient être ratifiés sans la modification de celle-ci.

Certains partisans de Ouattara ont même dit que le conseil devait en vertu de l'article 64 du code annuler les élections dans leur entièreté, ce qui n'est pas faisable vu leur coût exorbitant. Du reste se rappelle que le vote de la diaspora ivoirienne au Sénégal et en France a été annulé et n' a pas été repris. La certification de l'élection en contradiction avec la décision du Conseil constitutionnel est une violation grave de la procédure de certification elle-même. Dans une conférence de presse tenue le jeudi 28 mai 2009 au siège de l’ ONUCI, Choi avait déclaré :

« En cas de dysfonctionnement porté à ma connaissance, je dispose de quatre niveaux d’actions : 1) j’encourage les parties concernées à prendre les mesures correctives nécessaires. 2) si cela n’aboutit pas, je recherche des solutions au niveau national avec les protagonistes ivoiriens. 3) Si cela ne marche pas, je peux faire appel à l’arbitrage du Facilitateur. 4) En dernier recours, je peux faire rapport au Conseil de Sécurité. Ce n’est pas ce qu’ il a fait comme tout le monde peut le constater.

Pour ce qui est de la situation du pays et du bilan de Gbagbo sur lesquels beaucoup de gens sont si critiques, on semble ignorer que des 10 ans de pouvoir de Gbagbo, 5 ont été des années de guerre civile, le pays ayant été entraîné dans une spirale de violence depuis la tentative avortée du coup d’état du 19 septembre 2002 par les partisans de Ouattara.. Bien qu’ ayant échoué , les putschistes qui s’ étaient enfuis au Burkina Fasso d’ où ils sont revenus avec des renforts, fortement armés, entraînés et équipés pour envahir tout le Nord et l’ Ouest, ont mis le pays en état de partition et de guerre jusqu’ en 2007 avec la complicité de la France.

Les gouvernements Chirac et Sarkozy, poursuivant une politique néocolonialiste de maintien de ses anciennes colonies dans le giron de la France, ont toujours soutenu Ouattara et ses partisans, les Rebelles qui sont, de leur point de vue, les meilleurs garants des intérêts français en Côte d’ Ivoire.

 

La France a aussi obtenu, en faveur de cette politique, le soutien des Etats Unis qui avaient besoin de la ramener à de meilleurs sentiments dans sa fronde contre la guerre en Irak sous Bush et qui a besoin de consolider son alliance avec l’Europe dans sa guerre actuelle en Afghanistan. C’est ce soutien des Etats Unis qui lui avait valu l’appui des Nations Unies pour l’envoi des casques bleus et des soldats de la CEDEAO en 2003 et qui lui vaut encore maintenant ce soutien pour valider l’élection ratée de Ouattara.

Quid alors des autres soutiens, notamment celui de la CEDEAO ?

S’agissant de celle-ci, en réalité seuls 6 Chefs d’ Etat sur les 15 ont fait le déplacement à Abuja où la question a été examinée. Le Président gambien a même fait connaître tout récemment son opposition à cette cabale.

3- Et le reste de la Communauté internationale ?

Tous les autres ont suivi par effet d’entraînement, chacun se fondant sur celui qui est logiquement le plus concerné :

- la CEI dit se fonder sur le choix des Ivoiriens

- la CEDEAO sur la CEI

- l’UA sur la CEDEAO

- le Conseil de Sécurité de l’ONU sur l’UA

La position du Conseil de Sécurité est du reste assez éloquente car c’est bien la première fois de son histoire que cet organe « SOUTIENT ‘», c’est à dire, acculé par la Russie, avoue une position partisane et obtient non pas son accord mais la levée de son veto.

Donc tout s’ est joué au niveau de la CEI qui a manipulé les résultats du vote et couvert sa forfaiture par un gonflement artificiel du taux de participation qu’ elle avait annoncé comme étant de 70% ,en parfaite concordance avec ce que tous les observateurs avaient note et rapporte et qu’elle a finalement donné comme étant de 81,12%, sans aucune explication, soit une augmentation de 643 235 voix.

On dit que Gbagbo est resté 10 ans au pouvoir illégalement, en repoussant plusieurs fois les élections. On oublie qu’ à peine 2 ans après son élection, le 19 septembre 2002, les partisans de Ouattara ont fomenté un coup d’ état qui a échoué mais qui a ouvert une période (jusqu’en 2007 avec les Accords de Ouagadougou) de 5 ans de rébellion et de partition , créant des conditions peu propices à l’ organisation d’ élections et pendant laquelle l’ Etat ivoirien a été traité comme un belligérant vaincu et mis sous tutelle internationale avec pour résultats :

- le chef de l’Etat régulièrement élu se voit commander de modifier la Constitution par ordonnances et non par référendum, pour aller vite, sous prétexte d’ appliquer les accords d’ Accra et d’ extirper de la Constitution les dispositions inspirées de l’ivoirité qui y avaient été introduites par Bédié en 1995.

 

- le chef de l’Etat se voit imposer la composition de son gouvernement et doit confier à la rébellion les postes de

Premier Ministre, de Ministre de l’Intérieur et de Ministre de la Défense

- le Gouvernement légal est totalement écarté de l’ organisation des élections confiée à une Commission électorale au sein de laquelle l’ opposition est majoritaire à 70% même s’ il est vrai qu’ elle ne peut prendre de décision que par consensus et c’ est ce qui explique le fait inédit d’ un gouvernement qui conteste les élections.  

- Aucun organe de l’Etat n’est compétent pour confirmer la validité des élections. Seul le Représentant des Nations Unies est compétent pour désigner le vainqueur.

Malgré cet immense complot contre la Côte d’ Ivoire et son gouvernement légalement élu, la situation du pays au plan social et économique est globalement bonne, comparée aux autres pays de la sous-région. La Côte d’ Ivoire n’est pas en situation de faillite et bien au contraire se trouve toujours dans le peloton de tête en Afrique de l’Ouest. Pour s’en convaincre il n’ est que de se referez à l’ Indice de Développement Humain (IDH) publié chaque année par le PNUD depuis 1990.

Pour rappel, l’ IDH (indicateur composite ou synthétique) intègre trois séries de données :, à savoir :  l'espérance de vie à la naissance (qui donne une idée de l'état sanitaire de la population du pays),  le niveau d'instruction mesuré par deux indicateurs : le taux brut de scolarisation (nombre d'élèves dans le primaire, le secondaire et le supérieur / effectifs des classes d'âge concernées) et le taux d'alphabétisation des adultes, le PIB réel (c'est à -dire réajusté compte tenu de l'inflation) par habitant, calculé en parité de pouvoir d'achat (c'est à -dire en montant assurant le même pouvoir d'achat dans tous les pays) ; le PIB par habitant donne une indication sur le niveau de vie moyen du pays.

Si l’on se réfère au chemin parcouru depuis 2000, année d’accession de Gbagbo au pouvoir jusqu’ à ce jour, en comparant l’IDH de la Côte d’ Ivoire à celui du Sénégal par exemple, on voit qu’en 2000 ce dernier était classé 154ème avec un indice de 0,431, devant la Côte d’ Ivoire classée 156ème avec un indice de 0,428.

En 2010 par contre c’est la Côte d’ Ivoire qui devance le Sénégal et se classe 163ème avec un indice de 0,484 devant le Sénégal 166ème avec un indice de 0,464.

C’est bien la preuve que malgré la situation défavorable créée par la guerre civile et la partition du pays, le bilan de M. Gbagbo n’est pas, globalement pris, aussi négatif que ses détracteurs le présentent.

Quant aux atteintes aux droits de l’homme et notamment les atrocités commises et dont attestent des charniers comme celui trouvé à Yopougon, elles l’ont été de part et d’autre

sans qu’on ait pu en déterminer de façon irréfutable les vrais responsables.

Il est donc temps de rétablir la vérité sur cette élection au sujet de laquelle le monde entier a été induit en erreur sur la base des résultats inexacts proclamés par la Commission électorale indépendante, sans qu’ il ne vienne à l’esprit de personne de les mettre en doute, alors que le seul fait qu’ un taux de participation officiellement déclaré de 70% à la face du monde le lendemain du vote soit passé à la proclamation des résultats à 81,12% aurait dû susciter de sérieuses interrogations, aucune explication n’ ayant été fournie à ce jour.

 

Souleymane Racine WANE

oneracine@gmail.com

 

 

Marine Le Pen condamne la « précipitation » de Sarkozy à soutenir Ouattara

dimanche 19 décembre 2010  AFP

 

La vice-présidente du FN, Marine Le Pen, a condamné dimanche la "précipitation avec laquelle" Nicolas Sarkozy "a pris position" pour Alassane Ouattara lors de la présidentielle ivoirienne, en disant ne pas prendre position entre ce dernier ou Laurent Gbagbo.
 

"Je juge avec assez de sévérité la précipitation avec laquelle le président de la République a pris position", a déclaré Marine Le Pen, invitée du Grand Jury RTL-LCI Le Figaro, en ajoutant que "des vies de Français sont en jeu" en Côte d'Ivoire.

Alors que l'ensemble de la communauté internationale, dont les Nations Unies, a reconnu Alassane Ouattara vainqueur de la présidentielle face au sortant Laurent Gbagbo, qui refuse de céder la place, la dirigeante du parti d'extrême droite a ajouté qu'elle ne prenait pas position.
 

"Il y a eu des contestations. Ces contestations n'ont pas fait l'objet d'une instruction de la part des instances internationales qui ont décidé quelques heures après la fin de l'élection que l'élection devait être entérinée. Je pense que ça aurait mérité à tout le moins un examen", a déclaré Marine Le Pen.

 

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 00:37

 

 

ali-ben-bongo.jpg

 

 

Par delaeu | 19/12/2010 | 12:56:02

rédaction de Koaci.com au Gabon

C’est la trame de la sortie politique de ce week-end, de l’une des principales formations de l’opposition gabonaise, l’Union Nationale, qui invite le chef de l’Etat gabonais à démissionner. Invitation sous fond d’accusations d’usurpation à la tête du pays, qui intervient au lendemain de la diffusion sur la chaîne de télévision publique française, France 2, d’un documentaire sur les travers des réseaux Françafrique. Un documentaire proposé en deux parties, respectivement intitulées, « raison d’Etat » ou cinquante ans de secret, et «l’argent roi ». Le centre d’intérêt de la dernière sortie en date de l’Union Nationale, est la levée du voile par un conseiller « Afrique » du président français, Jacques Chirac, Michel de Bonnecorse, sur la manipulation au bénéfice d’Ali Bongo Ondimba par les lobbies français, des résultats de la présidentielle du 30 août 2009 au Gabon, en inversant les scores entre le premier (André Mba Obame) crédité de 42% et le deuxième (Ali Bongo Ondimba) qui était crédité de 37%. Conséquence de ce tripatouillage au nom des intérêts supérieurs de la France, Ali Bongo Ondimba est proclamé vainqueur du scrutin, la rue gronde, des émeutes meurtrières son enregistrées dans la capitale économique, Port Gentil, et la France trinque, pour avoir fait passer en force son poulain.

Vraisemblablement surpris par la gravité de ses propos, ou probablement au nom d’espèces sonnantes et trébuchantes, Michel de Bonnecorse verse quelques jours plus tard dans des démentis, sans toutefois convaincre personne. Le politique français tente cette fois d’affirmer que les propos dont il est certes l’auteur, ne reflètent pas la profondeur de sa pensée, et qu’ils sont tout simplement les fruits de manipulation de l’équipe de montage. Comme si l’interventionnisme de la France dans le processus électorale en Afrique datait de l’arrivée controversée au pouvoir d’Ali Bongo Ondimba. Les travers de la Françafrique sur le quotidien des populations africaines frappent comme le nez sur le visage, et les immixtions dans la crise politique en côte d’ivoire, sont d’autant exemples de tentatives de garder la main sur les richesses du pays, par le biais de valets interposés, bref.

Outre cette invitation à quitter le pouvoir adressée à Ali Bongo Ondimba, l’Union Nationale qualifie de recul des libertés publiques et de confiscation du pouvoir, le projet de révision de la constitution actuellement entre les deux chambres du parlement. Dans ses récriminations, ce parti politique de l’opposition au Gabon, dénonce notamment les dispositions attribuant au chef de l’Etat, l’exclusivité des pouvoirs dans le domaine de la sécurité et de la défense, pouvant notamment se défaire de l’avis du parlement. Les mandats illimités et renouvelables à souhait, des présidents de la cour constitutionnelle et du conseil national de la communication. Le maintien de la vacuité des attributions du vice-président de la république, ainsi que la désignation du président de la république, comme représentant du peuple devant la justice. La liste n’étant pas exhaustive.

Au-delà de ces dénonciations, l’on reste dans l’attente qu’entend donner à sa sortie, l’Union Nationale, dans la perspective du retour prochain de Paris en France, d’André Mba Obame, son secrétaire exécutif.

Notons que cette soudaine sortie de la France est loin d’être fortuite, elle vise simplement à vouloir maintenir à tous les prix ses intérêts au Gabon, au moment où Bongo-fils tente de diversifier ses partenaires en vue de son programme politique de Gabon Emargent. La France agite dont la menace de dévoiler les secrets d’Etat, si l’homme s’aventurait à persister dans son élan de se tourner vers l’Asie et l’Amérique Latine. Il n’y a donc pas lieu de suivre aveuglement ces agissements de Paris, dont la finalité n’est nullement d’aider les gabonais.

Delaeu, correspondant de Koaci.com à Libreville

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 00:35

 

 

Tandja.jpg

 

AFP  19/12/2010 | Mise à jour : 21:38

La Cour d'Etat du Niger a levé cette semaine l'immunité du président déchu Mamadou Tandja, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires contre lui pour de présumées malversations financières, a affirmé aujourd'hui le porte-parole du gouvernement, Laouali Dan Dah.

"Cette levée de l'immunité de l'ancien président fait suite à des contrôles dans divers sociétés et organismes qui ont décelé des irrégularités que les responsables de ces sociétés lui ont imputées directement ou indirectement", a-t-il déclaré à la presse.

La levée de son immunité permettra à l'ancien chef d'Etat de "s'expliquer", a-t-il fait valoir. Cette décision permet au procureur de la République d'"engager une action publique" contre Mamadou Tandja s'il est établi qu'il a commis "des infractions au Code pénal", a ajouté le porte-parole.

Selon l'hebdomadaire privé "La roue de l'Histoire", les résultats d'enquêtes de la Commission de lutte contre la délinquance financière, créée par la junte au pouvoir depuis le coup d'Etat contre Mamadou Tandja en février, sont "accablants" pour ce dernier. Ces enquêtes ont débuté en mai et ont déjà conduit à l'incarcération de plusieurs hauts responsables, notamment l'ex-patron du Trésor, tous accusés d'avoir dilapidé des fonds publics.

Vendredi, le chef de la junte, le général Salou Djibo, a indiqué à la télévision que plus de 4,7 milliards CFA (plus de 7 millions d'euros) ont été récupérés sur 21 milliards de FCFA (plus de 32 millions d'euros) réclamés par la commission. Mamadou Tandja est depuis février détenu dans une villa dans l'enceinte de la présidence. Mais en novembre, la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a jugé "arbitraires" son arrestation et sa détention et "ordonné sa libération". Le Niger avait alors fait savoir qu'il comptait demander la révision du procès.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 00:27

 

 

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Radio Ndéké Luka Vendredi, 17 Décembre 2010 14:19

 

Les anciens parlementaires de la troisième législature ont marché le 16 décembre 2010 sur l’avenue Barthélémy Boganda à Bangui pour revendiquer du gouvernement le versement de leurs indemnités qui s’élèvent de 5 à 6 mois pour les uns et de 7 à 8 mois pour les autres. Le  montant total de ces indemnités se chiffre à 540 millions de FCFA. A la fin de leur marche, ils ont déposé un mémorandum au cabinet du chef de l’Etat.

 « Payez le reliquat de nos indemnités, non à l’injustice, non au payement discriminatoire, non au payement sélectif ». Ce sont ces mots que l’on peut lire sur les banderoles. Ces anciens parlementaires ont marché tout le long de l’avenue Barthélemy Boganda, depuis le rond-point Boganda jusqu’au point zéro au centre-ville de Bangui. Avant d’entamer la marche, ils ont d’abord observé une minute de silence en mémoire de Timothée Malendoma, l’un d’eux décédé le 12 Décembre dernier ; avant de chanter la Rénaissance, l’Hymne nationale centrafricaine devant le monument Barthélemy Boganda.

La marche débutée aux environs de 11h, n’a pu atteindre le palais de la Renaissance. La police s’est interposée au point zéro, au centre-ville pour engager des discussions avec les manifestants, dans le but de libérer la circulation, bloquée par la marche. Un membre du cabinet du président de la république était dépêché sur les lieux pour recevoir le mémorandum.

Les manifestants ont promis d’entreprendre une autre action si leur préoccupation n’est toujours pas satisfaite.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 00:26

 

 

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LIBREVILLE - AFP / 18 décembre 2010 20h59 - le président de l'Union nationale (UN), un des deux principaux partis d'opposition du Gabon, a demandé samedi la démission du président Ali Bongo Ondimba et l'arrêt de la révision de la Constitution, a constaté l'AFP.

"L'Union nationale demande la démission d'Ali Bongo Ondimba et rejette son projet de révision de la Constitution", a affirmé Zacharie Myboto lors d'un meeting rassemblant un peu plus d'un millier de personnes au siège de son parti à Libreville.

Citant le documentaire "Françafrique" diffusé en décembre par la chaine publique française France2, M. Myboto a affirmé: "Un extrait du documentaire (...) montre des autorités françaises (...) qui déclarent que l'élection présidentielle d'août 2009 remportée par Ali Bongo, fils d'Omar Bongo décédé en juin, a été bien truquée. Ces mêmes autorités confirment que c'est bel et bien André Mba Obame (actuel secrétaire exécutif de l'UN) qui avec 42% des suffrages a été élu président de la République".

Un orateur a promis de distribuer mille DVD à la foule de l'extrait en question. Dans cet extrait, Michel de Bonnecorse, ex-conseiller Afrique du président français Jacques Chirac affirme que les résultats ont été inversés. Michel de Bonnecorse a depuis parlé de "montage" de ses propos affirmant: "Je disais que la dernière rumeur du jour (...) c'était que c'était inversé (le résultat). En aucune façon, je n'ai endossé cette affaire, mais j'ai sans doute été maladroit".

"Ali Bongo n'a pas gagné il doit partir (..) Non à l'usurpation, non à la dictature non à toute forme de monarchisation du Gabon", a poursuivi M. Myboto.

Le président de l'UN a également demandé le soutien de la communauté internationale en vue des législatives de 2011. Pour lui, la révision en cours de la Constitution qui prévoit notamment "l'attribution de pouvoirs exceptionnels au président en cas de force majeure sans contrôle du parlement" montre qu'il y a une "volonté farouche de se maintenir coûte que coûte au pouvoir (...) C'est un recul des libertés publiques".

Plusieurs centaines de ses militants ont manifesté dans le calme devant l'Assemblée nationale, déserte le week-end, avec des banderoles sur lesquelles était écrit: "Sarkozy, Obama, Ping (président UA), Ban Ki-Moon. Gabon Côte d'Ivoire: deux poids deux mesures" ou "Communauté internationale, rendez-nous notre victoire. Y a pas que la Côte d'Ivoire".

"Si Gbagbo (le président de la Côte d'Ivoire) part, Ali (Bongo) doit partir". La France et Sarkozy mettent la pression à Gbagbo mais pourquoi Sarkozy n'a pas fait ça à Bongo. Ici aussi il y a eu un coup d'Etat électoral", a affirmé à l'AFP, Pierre, un militant de 37 ans.

(©)

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 00:06

 

 

vote d'une Africaine

 

Radio Ndéké Luka Samedi, 18 Décembre 2010 14:55

8 commissaires de la Commission Electorale Indépendante (CEI), quittent Bangui ce samedi 18 décembre 2010, pour valider la liste des membres des bureaux de vote proposés par les différents partis politiques du processus électoral dans les provinces.

 

 Ce travail fait suite au recensement de 4573 bureaux de vote et de centres de dépouillement par la CEI, à 35 jours de la tenue des élections groupées en Centrafrique.

 

Selon Rodrigue Mayté, président de la commission « Bureaux de vote et centres de dépouillement », interrogé par Radio Ndeke Luka, « ce chiffre est encore provisoire ».

Il précise « qu’il s’agit de la carte d’implantation de bureaux de vote sur toute l’étendue du territoire centrafricain qui, d’après lui, a pris une semaine de traitement pour trouver un chiffre exact ».

La mission de ces membres de la CEI dans les provinces va durer 5 jours. Actuellement, 1 842 160 électeurs sont recensés par la CEI pour une population estimée à 4 millions de personnes.

 

 

NDLR : La publication seulement maintenant  de toutes ces données, c'est à dire juste un mois avant la date du scrutin, n'est pas conforme au calendrier prévu par le chronogramme adopté par toutes les parties intéressées aux élections. Tout indique que ces élections doivent une fois encore être reportées pour mieux les préparer. De surcroît, les rebellions n'ont toujours pas déposé les armes, faisant peser de sérieuses menaces et l'insécurité sur le déroulement de la campagne quant à la circulation dans l'arrière-pays. Faute de cela, ce sera encore des élections bâclées dont les résultats risquent d'être immédiatement et automatiquement contestés une fois publiés. 

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 00:03

 

 

pousseur de viande Bangui

 

 

Ai- Rca- Vendredi, 17 Décembre 2010 09:50  La Société d'Etat de Gestions  des Abattoirs (SEGA) a lancé le  15 décembre dans les 8 huit arrondissements  que compte Bangui, la capitale une vaste opération de lutte contre l'insalubrité dans des gargotes de la capitale.

Selon une source à la SEGA, cette opération vise d'abord à sensibiliser les tenanciers sur l'insalubrité entretenue dans certaines gargotes de la ville qui sont transformées en  lieux d'abattage des petits ruminants et  qui sont ensuite  livrés à la consommation humaine.

Après la visite de quelques gargotes dans 4 des  8 arrondissements de Bangui, le docteur vétérinaire mandaté par la SEGA, Patrick Ningata a dressé un premier bilan : « Le constat fait est amer, car  l'endroit où  vendeurs et tenanciers de gargotes abattent les animaux  est très  insalubre".

A en croire M Ningata,  cette série de visite lui a permis de voir dans quelles conditions les petits ruminants et les volailles sont abattus. Les  conditions qui, selon lui,  ne respectent pas les normes  établies par la SEGA.

Pour le docteur vétérinaire, cette opération est d'abord une campagne de sensibilisation et dans les jours à venir les moyens seront mis en place pour que les vendeurs ou les tenanciers de gargotes puissent respecter les textes en vigueur.

"Tout abattage doit se faire à la SEGA. L'abattage des petits ruminants  et des bovins",  a-t-il spécifié.

Kabongo, Ai Bangui

 

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 00:01

 

 

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(Le Monde 18/12/2010)

C'est l'un des groupes armés les plus mystérieux et les plus violents de la planète. Qui viendra à bout de l'Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army, LRA), venue d'Ouganda, et qui évolue à présent entre le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), la Centrafrique (RCA) et, sans doute, le Sud-Soudan ? Le mouvement, ancré à l'origine au sein de la population acholie, dans le nord de l'Ouganda, et opposé au pouvoir du président Museveni lors de sa création à la fin des années 1980, s'est mué en groupe armé aux objectifs flous, luttant pour sa survie en massacrant les villageois des régions qu'ils traversent, ou en les transformant en esclaves.

Entre millénarisme, mysticisme et utilisation de manière calculée de la violence, la LRA se déplace sans cesse, dispersée en petits groupes. Une opération régionale, "RudiaII", la combat avec l'appui des Etats-Unis, notamment dans le domaine du renseignement. La lutte contre la LRA intéresse au plus haut point les diplomates américains, qui rédigent depuis Kampala des télégrammes tous les quinze jours pour rendre compte des progrès sur le terrain congolais des troupes ougandaises. Pourtant, la discrétion est de mise sur le déroulement exact de cette opération.

"Nous notons que le gouvernement ougandais a délibérément (et avec le plus grand succès) gardé le silence sur la taille de son corps expéditionnaire et le fait que ses hommes se battent régulièrement avec la LRA, tout ceci étant destiné à plaquer un visage congolais sur l'opération [Rudia II]", précise un télégramme en 2009.

CHEF INSAISISSABLE

L'ambassade de Kampala relate régulièrement les actions de l'armée ougandaise contre la LRA dans le nord-est du Congo. Exemple en juin 2009 : "Les opérations militaires ougandaises sur le terrain continuent d'enregistrer des progrès. Les forces de défense populaires d'Ouganda (UPDF, armée régulière) poursuivent avec ténacité les groupes de la LRA et ont monté des embuscades réussies, qui se sont conclues par la mort de commandants supérieurs de la LRA. Entre le 18 et le 29 mai, les UPDF ont tué 41 combattants de la LRA, dont le brigadier général César Achellam et le lieutenant-colonel Okello Okuti."

Les télégrammes suivants poursuivent le décompte des pertes infligées par les forces ougandaises à la rébellion de Joseph Kony, son chef insaisissable, dans le nord-est de la RDC.

Mais bientôt, il leur faut attribuer leurs actions à une autre armée, celle de RDC, en dépit de la passivité de cette dernière. "Depuis mars, les UPDF ne pouvaient plus rendre compte publiquement de leur action car l'Ouganda s'est retiré ostensiblement de la région et voulait mettre un masque congolais sur Rudia II", résume pour ses interlocuteurs américains le porte-parole de l'armée ougandaise, Felix Kulayigye.

Le responsable militaire ougandais se plaint du fait que ses homologues congolais ne rendent pas publics les succès de l'opération, "bien qu'il leur fournisse des mises à jour permanentes" sur les victoires qu'ils sont censés remporter lors d'accrochages menés, en réalité, par des soldats ougandais. En conséquence, il a fallu publier certaines de ces informations dans les journaux ougandais, "attribuant la mort de commandants importants à des actions de l'armée congolaise, même s'ils avaient été tués par l'armée ougandaise". "L'Ouganda continuera d'attribuer les succès à venir à l'armée congolaise", assure le responsable militaire ougandais.

Pendant ce temps, l'opération continue et marque des points, selon Kampala, qui a toujours considéré la période de négociations entamées avec la LRA comme une manœuvre des hommes de Kony pour se réarmer et a poussé à une guerre régionale pour détruire les chefs de la LRA.

Le ministre de la défense ougandais, Crispus Kiyonga, cité dans un télégramme d'avril 2009, estime que "50 % des responsables de haut niveau de la LRA et 25 % de ses combattants ont été tués pendant les opérations. Kiyonga estime à présent le nombre de combattants [restant] à trois cents. La Mission des Nations unies au Congo (Monuc) fournit des chiffres comparables, estimant le nombre de combattants de la LRA à trois cents ou quatre cents, et le nombre de personnes enlevées entre six cents et mille."

PRÉSENT À KHARTOUM ?

Dans l'intervalle, cependant, la LRA n'a pas été mise hors d'état de nuire. Bénéficie-t-elle de l'appui du Soudan, comme cela s'est déjà produit dans le passé ? L'hypothèse est à nouveau envisagée en février 2010, lorsqu'un haut diplomate français, chargé des affaires africaines, confie au sous-secrétaire d'Etat américain en charge de l'Afrique, Johnnie Carson, que "les services de renseignement français ont recueilli auprès de leurs sources des informations sensibles sur la présence à Khartoum, il y a six mois, du chef de la LRA, Joseph Kony".

La réaction américaine est prudente, mais intéressée : "Si cela devait se vérifier, cela constituerait un acte de mauvaise foi considérable de la part du gouvernement soudanais (…). Cela montrerait que le Nord ne peut être considéré comme un partenaire fiable auquel il serait possible d'accorder sa confiance." Déjà, se fait jour une hypothèse : que Joseph Kony soit "réactivé" par ses contacts soudanais pour mener des actions de déstabilisation du Sud-Soudan. L'organisation d'un référendum d'autodétermination, en janvier 2011, devrait se conclure par la sécession du sud (où se trouve l'essentiel des réserves pétrolières du pays) avec le nord.


Jean-Philippe Rémy

Article paru dans l'édition du 19.12.10

© Copyright Le Monde

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 23:05

 

 

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International Crisis Group Rapport Afrique N°167 16 déc. 2010

SYNTHÈSE ET RECOMMANDATIONS

Malgré la richesse de leur sous-sol, certaines régions diamantifères de la République centrafricaine (RCA) restent frappées du sceau de l’extrême pauvreté et d’une violence à répétitions. Une apparente fatalité contre laquelle le Président François Bozizé n’a jusqu’ici pas tenté de lutter de façon rigoureuse. Sa mainmise sur le secteur du diamant renforce son pouvoir et favorise l’enrichissement d’une minorité, mais ne contribue pas à atténuer la pauvreté de milliers de mineurs informels. L’effet conjugué d’un Etat prédateur, de la criminalité et de l’extrême pauvreté aboutit à des cycles de violence, en incitant les factions politiques rivales à entrer en rébellion tout en leur permettant de tirer profit du commerce illégal des diamants. Pour rompre ce cercle vicieux, la réforme en profondeur du secteur doit devenir une priorité essentielle de la stratégie de consolidation de la paix.

Historiquement, l’exploitation du diamant a bien plus bénéficié aux entrepreneurs étrangers et aux régimes cupides qu’aux Centrafricains. L’extraction industrielle ou semi-industrielle des diamants n’existe plus et leur exploitation est essentiellement artisanale et illégale : environ 80 000 à 100 000 mineurs creusent dans l’espoir de subsister en vendant leur production à des intermédiaires étrangers qui les revendent aux comptoirs d’exportation. Le gouvernement n’a ni la capacité de superviser cette chaîne de production dispersée, ni la volonté d’investir les revenus tirés du diamant dans le développement à long terme des communautés minières.

La fragilité chronique de l’Etat a aussi ancré au sein de l’élite politique une habitude de monopolisation des richesses nationales et de gains à court terme. Cette confusion entre exercice du pouvoir et prédation économique renvoie à l’histoire coloniale et postcoloniale.

Jean-Bédel Bokassa, un temps « empereur » de la RCA, a monopolisé l’exportation des diamants. Ses cadeaux personnels au Président français Giscard d’Estaing sont devenus le symbole des excès de son régime impérial. Ange-Félix Patassé a confondu intérêts privés et gestion publique en développant sa propre compagnie d’exploitation du diamant. Bozizé est lui plus circonspect. Son régime maintient un étroit contrôle sur les revenus miniers grâce à une réglementation fiscale stricte et à une gestion opaque et centralisée.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2003, les compagnies minières sont quasiment toutes parties, notamment parce que les exigences répétées des autorités compromettent leur marge de profits. L’exploitation minière artisanale et informelle se développe rapidement, mais la fermeture en 2008 par le gouvernement de la plupart des compagnies d’exportation de diamants a sévèrement diminué les investissements dans la production, a fait disparaître de nombreux emplois et a contribué à l’essor de la malnutrition infantile dans les zones minières. Par ailleurs, le coût élevé des permis artisanaux et la corruption de la brigade minière entravent les tentatives des mineurs d’échapper au piège de la pauvreté, alors que la contrebande, due à la fiscalité la plus élevée de la région sur les exportations de diamants, prive l’Etat de recettes bien nécessaires.

Le refus du gouvernement de distribuer équitablement la richesse nationale a conduit certains individus cupides et des groupes marginalisés à prendre les armes afin d’obtenir un plus grosse part du gâteau. L’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) a signé un accord de paix avec le gouvernement mais poursuit l’extraction et la contrebande de diamants dans le Nord-est du pays. Si l’objectif de l’UFDR n’est plus la prise du pouvoir, les profits tirés de l’exploitation des diamants permettent à ce groupe armé d’attirer des mineurs qui espèrent améliorer leur sort, et constituent une forte incitation à ne pas déposer les armes. La Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), le groupe rebelle actuellement le plus actif, exerce son contrôle dans l’Est du pays. Sous couvert de rébellion, ce banditisme limite sérieusement les activités économiques de la région, risque d’empêcher le bon déroulement des élections dans la région, lors de leur tenue prévue pour le 23 janvier 2011, et menace les populations.

La réforme du secteur du diamant, intégrée à la réforme de la gouvernance et aux efforts de résolution des conflits, est impérative pour améliorer les conditions de vie des communautés minières, augmenter les maigres recettes de l’Etat et mettre fin aux conflits armés. Le gouvernement doit d’abord concentrer ses efforts sur la gouvernance du secteur minier. La stratégie de réforme devrait prioriser l’exploitation artisanale sur l’exploitation industrielle mais aussi réduire les incitations à la contrebande et renforcer les contrôles sur le lien entre trafic de diamants et groupes armés. L’engagement manifeste du pouvoir à développer le contrôle démocratique et la transparence de la gestion minière devrait constituer la condition sine qua non pour le soutien des partenaires internationaux à une réforme du secteur du diamant qui est autant une question de volonté politique que de capacité.

Recommandations

Améliorer la gouvernance du secteur minier

Au gouvernement de la République centrafricaine :

1. Transférer de la présidence au ministère des mines le pouvoir de signer les contrats miniers et de délivrer des agréments aux compagnies d’exportation, et exiger de ce ministère qu’il rende publics les contrats pour examen et débat – notamment en les soumettant à un groupe parlementaire incluant les principaux partis d’opposition – avant d’obtenir l’approbation du conseil des ministres et de les signer.

2. Adhérer pleinement à l’Initiative sur la transparence des industries extractives (ITIE) et, afin de garantir que les audits externes déjà menés suscitent des pratiques plus transparentes, exiger que le Conseil National de l’ITIE et un groupe parlementaire multi-partis enquêtent rigoureusement sur les écarts entre les recettes du gouvernement et les paiements provenant des compagnies d’extraction et d’exportation de diamants.

3. Demander l’adhésion au projet ITIE++ de la Banque Mondiale.

4. Réduire l’incitation à la contrebande en harmonisant la fiscalité sur les exportations de diamants avec celle des pays voisins.

 

Aux partenaires internationaux de la République centrafricaine :

5. Fournir un soutien financier et technique aux autorités minières seulement si le gouvernement fait preuve de son engagement pour une gestion minière plus démocratique et transparente ; à cette fin, dans le cadre de l’ITIE++, les partenaires internationaux devraient :

a) assister les ministères des mines et du plan dans la définition d’une stratégie de réforme du secteur minier qui priorise une gouvernance plus transparente ainsi que la formalisation et la promotion du secteur minier artisanal ; et les aider à l’incorporer dans le Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) pour 2011-2013 ;

b) aider le gouvernement à créer une nouvelle Unité spéciale anti-fraude (USAF) pour remplacer l’actuelle brigade minière, en l’incorporant dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité ; s’assurer que la nouvelle force a une composition multiethnique et multirégionale, et qu’elle est responsable devant un organe interministériel incluant les ministères des mines, de la sécurité intérieure et de la défense ;

c) l’Organisation mondiale des douanes devrait proposer de superviser et coordonner les investigations des autorités douanières du Cameroun, du Soudan, du Tchad et de la RCA sur les techniques et les routes de contrebande; et

d) la Commission de Consolidation de la Paix de l’ONU devrait aider le gouvernement à organiser en 2011 une conférence des bailleurs de fonds pour la mise en place du DSRP 2011-2013, incluant des fonds dédiés à la réforme du secteur minier.

Empêcher l’exploitation des diamants de favoriser les conflits armés

Au gouvernement de la République centrafricaine :

6. Empêcher les rebelles de profiter de l’exploitation des diamants en dressant une liste noire publique des individus interdits d’exploitation et de commercialisation de diamants, soit parce qu’ils appartiennent aux groupes rebelles soit parce qu’ils ont des liens avec eux.

7. Définir au sein du programme de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) un plan pour réintégrer les ex-combattants dans la vie civile, qui leur fournisse une source de revenu alternative à celle découlant de l’extraction et du commerce illégal des diamants.

8. Inviter le Processus de Kimberley à effectuer une nouvelle mission d’examen.

Au Processus de Kimberley:

9. Envoyer une équipe en RCA avec pour mandat d’évaluer précisément l’implication des rebelles dans les zones minières de l’Est et de conseiller le gouvernement sur les mesures nécessaires afin de s’assurer que les comptoirs d’exportation n’achètent pas de diamants extraits ou vendus par les groupes rebelles.

A la Mission de Consolidation de la Paix en Centrafrique (MICOPAX) :

10. Se déployer dans le Nord-est et combiner les opérations de protection des populations avec un programme de surveillance des sites miniers en coordination avec le ministère des mines et l’Unité spéciale anti-fraude (USAF).

11. Assurer la sécurité de l’équipe du Processus de Kimberley susmentionnée.

Stimuler le développement dans les zones minières

Au gouvernement de la République centrafricaine:

 

12. Diminuer le prix des permis pour l’exploitation artisanale, permettre aux mineurs de payer ces permis en plusieurs versements et les rendre valides pour un an à compter de la date d’achat et non plus seulement jusqu’à la fin de l’année calendaire.

13. Réduire le coût de lancement d’une coopérative ; renforcer la transparence dans la gestion de l’Union nationale centrafricaine des coopératives minières (UNCMCA) ; et initier un programme de formation professionnelle pour les coopératives, en incluant l’alphabétisation, les techniques minières et la gestion financière.

14. Allouer une partie des taxes sur les exportations de diamants à un fonds pour le développement des communautés minières finançant des projets locaux et des programmes de formation sur la valorisation des diamants et les techniques minières ; et créer des comités locaux pour gérer les fonds de manière collective et transparente.

 

Nairobi/Bruxelles, 16 décembre 2010

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Economie
16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 23:03

 

 

Willybiro Sako

 

 

 

Ai- Rca- Jeudi, 16 Décembre 2010 17:51 - Un séminaire de formation sur l'appropriation des textes électoraux  et les contentieux des élections s’est tenu ce jour à Bangui.

 C’était  en présence du Ministre d'Etat chargé de l'administration du territoire et de la décentralisation en charge des élections Jean Wilibyro Sacko.

Organisé par le Ministère de l'administration du territoire avec l'appui financier et technique de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF),  l’atelier  a regroupé les conseillers  de la Cour Constitutionnelle (CC), du Haut Conseil de la Communication (HCC) et les commissaires de la Commissions Electorale Indépendante (CEI).

Pour le Ministre d'Etat chargé de l'administration du territoire et de la décentralisation en charge des élections,  le gouvernement qui s'est engagé depuis quelques années dans un vaste programme  de développement économique et social a besoin d'une élection qui se tienne dans les délais « afin de  poursuivre ses efforts en vue de réaliser le  document des stratégies pour la réduction de la pauvreté (DSRP) et les OMD et aussi lui permettre de faire des économies ».

Selon le  membre du gouvernement, les reports successifs des élections en Centrafrique peuvent être considérés comme une fuite en avant.

"Les objectifs du présent séminaire vont totalement vers les attentes du gouvernement  qui souhaite que les élections de 2011 s'inscrivent en  droite ligne des précédentes  en Centrafrique et soient une fois de plus une occasion pour notre pays  de démontrer ses capacités à dépasser les divergences internes" a relevé M Wilibyro Sacko.

Il a d’ailleurs fait savoir que ces divergences se résument à des problèmes économiques et financiers.

« Les préoccupations quelques fois légitimes des uns et des autres doivent être surpassées pour permettre au peuple centrafricain d'user du seul moyen démocratique pour bâtir un pays de paix, d'unité et de travail », a-t-il poursuivi, avant d’exhorter tous les participants à saisir  cette occasion pour tirer profit des   expériences des experts..

Kabongo, Ai Bangui

 

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