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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 23:47




 

 Par AFP, publié le 23/11/2009 à 21:11 - mis à jour le 23/11/2009 à 21:15

 
PARIS - Près d'un tiers de l'humanité vit dans le noir faute d'accès à l'énergie, dont 80% résident dans les pays les moins développés et en Afrique sub-saharienne qui n'ont pratiquement aucune chance d'atteindre les objectifs de développement fixés pour 2015, selon un rapport de l'ONU.

L'étude du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) insiste sur l'étroite corrélation entre extrême pauvreté et manque d'accès à l'énergie: moins de 3% des Burundais, des Tchadiens ou des Libériens ont le courant, moins de 5% au Rwanda, en République centrafricaine ou en Sierra Leone, 13% en Birmanie ou en Afghanistan.

"Actuellement, environ 1,5 milliard d'habitants des pays en développement n'ont pas accès à l'électricité et 3 milliards dépendent de combustibles solides (biomasse, charbon) pour cuisiner et se chauffer", indiquent les auteurs.

Le rapport, réalisé avec l'aide de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), concerne 140 pays en développement, dont 50 appartiennent à la catégorie des "moins avancés" (PMA) -avec un PNB inférieur à 750 USD/habitant-, situés pour 31 d'entre eux en Afrique sub-saharienne.

Il en ressort que "79% des populations dans les PMA et 74% en Afrique sub-saharienne sont privées d'accès à l'électricité, contre 28% en moyenne dans les pays en développement".

"Compte tenu des niveaux actuels d'accès à l'énergie, il est clair qu'il sera particulièrement difficile à ces pays d'atteindre les Objectifs de développement du Millénaire", fixés par l'ONU en 2000 pour espérer diviser par deux la pauvreté d'ici 2015, estime Minoru Takada, responsable Energie et Environnement du PNUD à l'AFP.

Pour atteindre ce but, il faudrait qu'environ 1,2 milliard de personnes supplémentaires bénéficient de l'électricité et 1,9 milliard de combustibles modernes pour se chauffer et cuisiner.

"Apporter l'électricité à chaque foyer coûterait environ un dollar par personne pour un service minimum", ajoute M. Takada pour qui la "meilleure option pour équiper les zones rurales reculées serait "du petit hydraulique ou du micro-solaire voltaïque".

Mais comme pour le service de l'eau, l'accès à l'énergie n'apparaît pas comme une priorité aux gouvernements regrette-t-il: "Ils préfèrent avoir des réalisations spectaculaires à montrer".

Dans le monde en développement, 45% de la population utilise la biomasse (bois, résidus agricoles...) et le charbon à des fins domestiques: cette proportion passe même à 71% en zone rurale. Mais seuls 27% se servent de foyers améliorés qui garantissent une meilleure combustion et évacuation des émanations (6% dans les PMA et l'Afrique sub-saharienne).

Or les auteurs du rapport estiment que 2 millions de décès sont occasionnés chaque année dans le monde par la pollution intérieure liée à ces combustibles.

Les femmes (50% des décès) et les enfants (44%) sont particulièrement touchés par les pneumonies, maladies pulmonaires chroniques et cancers du poumon car ce sont eux qui restent près du foyer, soulignent-ils.

"Dans les PMA et en Afrique sub-saharienne, plus de 50% de l'ensemble des décès sont dus à ces maladies qui peuvent être attribuées aux combustibles utilisés".

Le futur accord climat qui doit être négocié à Copenhague à partir du 7 décembre doit garantir un financement aux pays les plus démunis pour les aider à se développer sur des modes non polluants, tout en s'adaptant à un climat déréglé.

L'accès à l'énergie et aux technologies propres sera pour ces pays un des enjeux de cette conférence.

 

Source : http://www.lexpress.fr/actualites/1/un-tiers-de-l-humanite-dans-le-noir-selon-l-onu_830538.html



NDLR : S'agissant du courant électrique, la réalité de la situation de la RCA doit être sans nul doute en deçà du pourcentage que donne ici l'ONU. Depuis que Bozizé et Ndoutingai sont au pouvoir, la RCA connaît une crise énergétique sans précédent dont les répercussions économiques sont si désastreuses qu'elles constituent un véritable handicap pour le développement. Dans la capitale Bangui, pas de courant, pas d'eau potable ! Le soir venu, presque tous les quartiers sont dans le noir. Cela entraîne aussi un accroissement de l'insécurité et du banditisme.

 

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 23:17




 

AFP 23.11.09 | 21h00

L'opposition guinéenne exige de nouveau le départ des militaires du pouvoir et la nomination d'un civil à la tête du pays pour 10 mois, dans ses "nouvelles propositions" transmises lundi au président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne.

"Nous avons transmis ce (lundi) soir à Ouagadougou nos nouvelles propositions au médiateur (Blaise Compaoré). C'est fondamentalement une réaffirmation des positions antérieures", a déclaré à l'AFP et à la BBC le président de l'Union des Forces démocratiques (UFD), Mamadou Bah Baadikko.

Selon lui, les Forces vives (partis d'opposition, syndicats, société civile) ont réclamé dans leur document de 15 pages le départ du capitaine putschiste Moussa Dadis Camara du pouvoir, sa "disqualification" pour la présidentielle prévue en 2010 et la dissolution du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte): autant d'exigences déjà transmises, début novembre, au médiateur.

Les Forces vives proposent la nomination d'une "personnalité civile" à la tête de l'Etat pour assurer une transition d'une durée de dix mois, a-t-il ajouté. Elles souhaitent également la nomination d'un Premier ministre de "consensus" et la mise en place d'un Conseil national de transition (CNT) dirigé par l'armée.

Les trois hautes autorités de l'Etat désigneraient, "après concertation", le président de la Cour suprême, du Conseil économique et social et du Conseil supérieur de la communication (CSC), a indiqué M. Baadikko.

L'opposition avait catégoriquement rejeté le "projet d'accord politique interguinéen" qui lui avait été soumis vendredi par Blaise Compaoré, nommé médiateur dans cette crise par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Ce projet d'accord prévoyait le maintien au pouvoir, pendant une transition de dix mois, du capitaine Camara et la possibilité pour lui de se porter candidat à la présidentielle.

"Pour nous, (un) retour en arrière n'est fondamentalement pas possible puisque la candidature du président Dadis ne se pose même pas", a insisté M. Baadikko. "Dans tous les textes de la communauté internationale qui reprennent le mémorandum des Forces vives, il est dit que le CNDD doit partir et céder la place à un organe consensuel de transition", a-t-il dit.

L'opposition a cependant réaffirmé au médiateur qu'elle était "tout à fait disposée à continuer le dialogue avec lui, pour arriver à une solution qui prenne en compte toutes les préoccupations du peuple de Guinée", selon M. Baadikko.

Le capitaine Camara avait été porté au pouvoir par l'armée le 23 décembre 2008, après la mort du président Lansana Conté qui dirigeait le pays depuis 1984. La crise en Guinée s'est dramatiquement aggravée depuis le massacre le 28 septembre de plus de 150 opposants, selon l'ONU.

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 22:20





        Jacques Diouf

23/11/2009 10:52:52 | Jeune Afrique | Par : François Soudan

Si le ridicule tuait, la FAO serait morte depuis longtemps. À preuve, le dernier sommet de cette organisation onusienne pour l’alimentation et l’agriculture, réuni à Rome du 16 au 18 novembre, chef-d’œuvre d’inutilité dispendieuse et machine à discours aussi soporifiques que papivores. La comédie a débuté le 13 au soir, par un étrange apéritif. Assis derrière une table dans le hall de la FAO, un matelas mousse à ses côtés, équipé d’une écharpe, d’un bonnet de laine et d’un manteau enfilé sur un pyjama, le directeur général, Jacques Diouf, en poste depuis seize ans, annonce aux médias qu’il entame une grève de la faim de… vingt-quatre heures. Derrière lui, un panneau indique qu’à travers le monde un milliard d’êtres humains ont le ventre vide. Quelques heures plus tard – décalage oblige – le secrétaire général Ban Ki-Moon fait savoir depuis New York qu’il compte imiter le geste héroïque de Diouf et qu’il jeûnera, lui, le lendemain. Qui se trouve être un dimanche: autant dire que nul n’a pu vérifier. Le 14 à 20 heures, le Sénégalais cesse sa grève. Il a, dit-il, un peu souffert du froid, mais il a survécu. Sincère, Jacques Diouf? Sans doute. Mais surtout pathétique, quand on sait que la seule cure d’amaigrissement qui vaille serait que l’usine à gaz obèse qu’est la FAO, ses 3500 bureaucrates et ses 867 millions de dollars annuels de budget de fonctionnement, fusionne avec ces agences de terrain que sont le PAM, le Fida et l’Unicef, en perdant au passage les deux tiers de son tour de taille.

Certes, le sommet de Rome (financé en grande partie par l’Arabie saoudite) a bien eu lieu. En l’absence des riches patrons du G8, aussi égoïstes qu’insensibles à l’acte désespéré de M. Diouf, mais en présence du pape et de soixante chefs d’État, dont un bon nombre d’Africains. Entre séances de shopping, disputes autour des per diem et massages en chambre, les membres des délégations se sont ennuyés ferme au son d’allocutions où la répétition des mots « faim », « famine » et « assiettes vides » déclenchait chez eux, tel un réflexe pavlovien, l’irrésistible envie d’un room service plantureux. Résultat nul. Aucune décision concrète. Aucun engagement chiffré. Un communiqué final désespérant de vacuité. Et un épilogue grotesque digne du meilleur Fellini: Mouammar Kaddafi délivrant une leçon de Coran à deux cents jeunes Italiennes recrutées sur casting par une agence de mannequins et défrayées 65 euros chacune, dans une villa romaine.

Au fait, et si l’on en croit le tragique calcul de Jacques Diouf, selon qui un enfant meurt de dénutrition dans le monde toutes les six secondes, combien ont cessé de vivre entre le 16 et le 18 novembre 2009, pendant les trois jours qu’a duré le sommet? 43200. Combien parmi eux auraient pu être sauvés si l’argent dépensé par les organisateurs et les participants avaient été utilisé à les nourrir? Tous. Et bien au-delà, quand on sait qu’en prélude à celui de leurs époux les premières dames avaient tenu à réunir, elles aussi, leur propre sommet dans la ville éternelle. Ambiance défilé de toilettes chic et concours de bijoux sous la houlette de Mme Moubarak. Loin, très loin du cri des affamés…

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 19:18




 LIBREVILLE (AFP) - lundi 23 novembre 2009 - 17h31 - Deux travailleurs humanitaires français de l'ONG Triangle ont été enlevés dimanche soir à Birao dans le nord-est de la Centrafrique par une vingtaine d'hommes armés, a affirmé lundi le vice-consul de Centrafrique au Darfour et ex-président du comité des sages de Birao.

"Ils ont enlevé deux hommes, deux Français de Triangle, hier (dimanche) vers 22H00 (21H00 GMT). Ils étaient une vingtaine environ et parlaient arabe. Ils ont fui vers le Soudan", a affirmé Mahamat Salah Amadou Birao, joint par l'AFP par téléphone depuis Libreville.

"Ils ont aussi essayé d'enlever une sage-femme (de l'ONG) CAM (Comité d'aide médicale) mais Dieu a été avec elle et ils ont renoncé. Ils ont aussi pris trois voitures et une moto aux ONG", a ajouté M. Salah Amadou Birao

Ville située près des trois frontières centrafricaine, tchadienne et soudanaise, Birao fait partie de la zone entrant dans les attributions de la Mission des Nations unies en Centrafrique et au Tchad (Minurcat).

Deux employés du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont été enlevés dans des conditions similaires, le 9 novembre au Tchad et le 22 octobre dans la région du Darfour, au Soudan. De source proche des militaires tchadiens, les ravisseurs auraient là aussi trouvé refuge au Soudan. Une rançon a été réclamée.

Au Darfour, province de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile, les enlèvements de personnels humanitaires sont devenus fréquents: outre l'enlèvement du 22 octobre, deux femmes de l'organisation non gouvernementale irlandaise Goal ont été enlevées en juillet à 100 km au nord-ouest d'El-Facher, la capitale du Darfour-nord, avant d'être libérées en octobre.

Plusieurs autres rapts de personnels expatriés ou locaux ont eu lieu cette année, notamment celui d'une Française et d'une Canadienne de l'ONG Aide médicale internationale (AMI) lors duquel deux employés soudanais ont été tués.

L'est du Tchad, le Darfour et le nord de la Centrafrique sont en proie aux bandits et "coupeurs de route" et les ONG ont souvent dénoncé leurs conditions précaires de sécurité.

Six organisations non gouvernementales ont quitté temporairement l'est du Tchad privant 37.000 personnes d'assistance après l'enlèvement du 9 novembre.

L'ONG Triangle n'a pas souhaité communiquer sur la prise d'otages. L'ONG dont le nom fait référence aux "trois volets de l'action humanitaire: l'urgence, la réhabilitation et le développement", est présente en République centrafricaine depuis 2007. Onze expatriés et 80 personnes centrafricains travaillaient sur le projet.


NDLR : C'est à y perdre son latin. On croyait comprendre que les éléments de la Mission des Nations Unies en Centrafrafrique et au Tchad (MINURCAT) étaient présents dans cette zone des trois frontières pour assurer la protection des populations civiles et des travailleurs humanitaires. Si au nez et à la barbe de cette force, on vient enlever des travailleurs humanitaires comme ce fut le cas le 9 novembre dernier et encore dimanche dernier, on se demande bien à quoi sert cette MINURCAT dans la région et dans ces deux pays. D'autre part, cet enlèvement est une preuve supplémentaire qu'une bonne partie du territoire centrafricain échappe totalement au pouvoir de Bozizé. Et dire qu'on va aux élections bientôt ! 




République centrafricaine : enlèvement de deux employés français de l'ONG Triangle Génération Humanitaire

Source: Triangle Génération Humanitaire


Lyon le 23 novembre 2009 - L'association Triangle G H, Organisation de Solidarité Internationale, a été victime d'une attaque à Birao en Centrafrique. Deux membres de son équipe ont été enlevés dimanche 22 novembre vers 23H30.

Présente en Centrafrique depuis 2007 l'association conduit différents programmes auprès des populations de la Haute Kotto et de la Vakaga (nord du pays) dans le secteur de l'éducation, de l'accès à l'eau et de la sécurité alimentaire. Elle apporte également son soutien aux populations réfugiées originaire du Darfour (Soudan).

L'association Triangle G H a été créée en 1994 et travaille à ce jour dans une dizaine de pays d'Afrique et d'Asie. Ses interventions se caractérisent par une approche intégrée dans les domaines de l'eau, de l'hygiène et de l'assainissement, de la sécurité alimentaire et du développement rural, du socio éducatif et du psychosocial.

Plus d'informations : www.trianglegh.org

CONTACT PRESSE

Christian LOMBARD ou
Patrick VERBRUGGEN : +33 (0)4 72 20 50 10
Directeurs



Deux humanitaires français sont enlevés en République centrafricaine

Source: Reuters - AlertNet Par Sophie Hardach

PARIS, Nov 23 (Reuters) - Deux travailleurs humanitaires français ont été enlevés le dimanche soir dans le nord-est de la République centrafricaine, le dernier en date d'une série d'enlèvements dans la région.

Ils ont été capturés dans la ville de Birao, à la frontière avec le Tchad et le Soudan, a déclaré à Reuters lundi Christian Lombard, co-directeur français  à l'organisation humanitaire Triangle. Deux autres travailleurs humanitaires français ont été enlevés dans les dernières semaines, au Tchad et au Darfour Soudan.

Le Ministère des Affaires étrangères de la France a déclaré dans un communiqué qu'il «condamne ce dernier acte criminel qui frappe une fois de plus les travailleurs humanitaires dans une région où leur assistance à la population est essentielle», et demandait que les travailleurs humanitaires soient libérés.

Elle a dit que sa cellule de crise est en contact étroit avec les parties concernées, sans dire qui avait procédé à l'enlèvement.

Plus tôt ce mois-ci, un Français travaillant pour le Comité international de la Croix-Rouge a été enlevé par des hommes armés au Tchad, ce qui entraîne l’organisme caritatif à suspendre temporairement ses activités dans la région.

En Octobre, un autre citoyen français travaillant pour le CICR a été enlevé dans la région soudanaise du Darfour. Les deux travailleurs humanitaires sont toujours retenus en otage, a dit le CICR.

La République centrafricaine est l'un des pays les plus pauvres et les plus isolés de l'Afrique, avec un gouvernement faible qui lutte pour mettre fin à plusieurs années de rébellions internes.

(Reportage additionnel par Jonathan Lynn, à Genève; editing by Tim Pearce) ((sophie.hardach @ thomsonreuters.com; Salle de presse Paris 33 1 4949 5188; Reuters Messaging: sophie.hardach.reuters.com @ reuters.net))

Pour plus de nouvelles humanitaires et d'analyse, s'il vous plaît visitez www.alertnet.org




Deux humanitaires français enlevés en Centrafrique


France Info - 17:07





De plus en plus dangereuse la vie d’humanitaire en Afrique Centrale. Après l’enlèvement d’un Français au Tchad il y a deux semaines, deux autres ont été kidnappés hier soir, dans le nord-est de la République centrafricaine, frontalière du Tchad et du Soudan.


Les deux humanitaires travaillant pour
l’ONG Triangle auraient été emmenés par une vingtaine d’hommes armés, selon un diplomate, vice-consul de Centrafrique au Darfour, qui auraient fui vers le Soudan. Ils auraient d’ailleurs aussi emporté avec eux trois voitures et une moto de l’ONG.


Birao est une ville du nord-est du pays, située près des frontières tchadienne et soudanaise, une
zone classée "rouge" par le ministère français des Affaires étrangères. Zone entrant dans les attributions de la Minurcat (la Mission des Nations-Unies en Centrafrique et au Tchad). L’organisation Triangle y a une mission depuis 2007. Onze expatriés y travaillent.


Cet enlèvement fait suite au kidnapping de deux employés du CICR le 9 novembre au Tchad et le 22 octobre au Soudan.

 

((sophie.hardach@thomsonreuters.com; Paris Newsroom +33 1 4949 5188; Reuters Messaging: sophie.hardach.reuters.com@reuters.net))

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 12:59





(Koaci.com 23/11/2009)

 
Koaci.com Yaoundé: De tous les signaux diplomatiques émis ces derniers temps dans la sous région Afrique Centrale, rien n’indique que le consensus de Fort Lamy sera remis en cause lors du prochain sommet des chefs d’Etat de la Cemac.

Ce qui revient à dire que le poste de gouverneur de la banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) devrait revenir à un gabonais. Dans cette perspective, une personnalité semble émerger pour assumer la charge : Alexandre Barro Chambrier. Le profil de ce gabonais et sa récente visite au Cameroun indiquent qu’il est visiblement le candidat officiel de son pays. Il pourrait être adoubé par les autres présidents de la Cemac.

Son arrivée à Yaoundé, le 12 novembre 2009 était presque passée inaperçu. Arrivé aux côtés de Paul Toungui, ministre gabonais des Affaires étrangères, « envoyé spécial » du Président Ali Bongo Ondimba, il avait été reçu en audience par le premier ministre camerounais Philémon Yang. Pendant une trentaine de minutes. Le ministre Paul Toungui, au sortir de l’audience avait expliqué à la presse : « J’ai été mandaté par le président de la République gabonaise, Son Excellence Ali Bongo Ondimba, pour remettre un message au président de la République du Cameroun, Son Excellence Paul Biya. Ce message d’un chef d’Etat à un autre concerne la préparation du prochain sommet de la Cemac qui aura lieu à Bangui le 30 novembre ». Le prochain sommet de la cemac ? Les scrutateurs de la scène diplomatique sous-régionale s’accordent justement à reconnaître que c’est à cette occasion que sera désigné le remplacement de l’actuel gouverneur de la Beac, Philibert Andzembe, éclaboussé par un vaste scandale financier de 19 milliards de francs cfa au sein de l’institution.

Le 28 Octobre 2009, le conseil des ministres de l’Union monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC) suggérait déjà que, pour des raisons de nécessité de service, Philibert Andzembe devait rejoindre son poste à Yaoundé, jusqu’à son remplacement effectif lors de la conférence des chefs d’Etat de la Cemac prévue en novembre à Bangui, en Centrafrique, en marge du sommet de la Cemac. Il n’y a donc pas de doute, c’est lors de ce sommet que sera connu le nom du successeur de Philibert Andzémbé.

Economiste rompu

Ancien expert au Fonds Monétaire International (FMI) et actuel député à l’assemblée nationale gabonaise, Hugues Alexandre Barro Chambrier a le profil de l’emploi. Il a flirté avec les milieux de l’économie nationale et internationale. De 1987 à 1990, il a occupé successivement les responsabilités de Conseiller Économique au Ministère du Commerce et de Secrétaire d’État chargé de la Culture et de la Francophonie au sein du gouvernement de la République gabonaise. De 1990 à 1994, il a assumé les fonctions de Conseiller Économique et Financier du Premier Ministre. Durant la période 1994 – 2002, M. Barro Chambrier a été successivement Administrateur Suppléant, puis Administrateur du Fonds Monétaire International (FMI) à Washington, représentant 24 pays africains. A ce titre, il a contribué à l’élaboration et aux décisions sur les politiques du Fonds dans le domaine de la surveillance et des facilités financières. Agrégé en sciences économiques, il a accompagné de nombreuses missions de négociation des services du FMI et a été amené à ce titre à conseiller les plus hautes autorités de nombreux pays africains. M. Barro Chambrier est titulaire de distinctions honorifiques du Bénin, du Burkina-Faso, du Cameroun, du Gabon, de la Mauritanie, du Niger et du Togo. Après le FMI, il avait rejoint à Washington, l'International Institute for Africa, un organisme privé fondé par l'ancien Premier ministre ivoirien Alassane Ouattara, spécialisé dans le conseil et l'assistance aux gouvernements en matière de relations avec les institutions de Bretton Woods.

 En 2005, son nom avait même circulé parmi les potentiels candidats à la tête de la Banque Africaine de Développement (BAD). Avant que le gouvernement gabonais ne porte définitivement son choix sur la personne de Casimir Oyé Mba, ancien gouverneur de la BEAC.
Jouissant d’une solide expérience des circuits financiers internationaux, l’homme devait donc prendre la direction de la banque sous-régionale. Afin d’y imprimer la nécessaire réforme dont elle a besoin. S’il peut compter sur le soutien du Gabon, l’on peut déjà penser que le Cameroun devrait l’adouber. Tout comme le Congo Brazaville, d’autant plus aisément que, selon une information du magazine Jeune Afrique, Helena, son épouse, est la nièce de la première dame du Congo.

Avec 3 poids lourds de l’Afrique Centrale, sa désignation serait alors une formalité.

Par mh | 21/11/2009 |

© Copyright Koaci.com

 

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 12:56




BANGUI -- (Xinhuanet 23/11/2009) L'ancien président de la République centrafricaine (1993-2003) Ange Félix Patassé a annoncé samedi à Bangui qu'il se présenterait comme "candidat indépendant" à la prochaine élection présidentielle prévue pour mars-avril 2010.

"Je peux créer un nouveau parti, j'ai la capacité. Mais pour le moment, j'ai opté pour une candidature indépendante pour préserver l'unité du parti",

a expliqué l'ancien chef de l'Etat, exclu, en juin 2009, du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), parti politique qu'il a conduit au pouvoir en 1993, après 15 années passées dans l'opposition.

"Il n'y a pas de problème entre Ziguélé et Patassé, c'est mon fils, Ziguélé, nous sommes tous Centrafricains", a-t-il affirmé au sujet de son ancien Premier ministre Martin Ziguélé (2001-2003), désigné par le MLPC pour défendre ses couleurs à la prochaine élection présidentielle.

Rentré à Bangui, le 30 octobre dernier, après six années d'exil au Togo suite à son renversement par un coup d'Etat opéré par le général François Bozizé, actuel chef de l'Etat, Ange Félix Patassé avait initialement réclamé des élections primaires au sein du MLPC pour le choix du candidat à la présidentielle.

Interrogé sur son implication dans le dossier de l'ancien vice- président congolais Jean-Pierre Bemba, dont le procès devrait s'ouvrir en avril 2010 devant la Cour Pénale Internationale (CPI) pour des crimes de guerre commis en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003, M. Patassé a répondu qu'il faudrait laisser cette institution faire son travail.

"Si je partais à la CPI, ce serait en accusateur, la Cour Pénale Internationale a vu mon avocat et la Cour pénale dit que Patassé n'est pas responsable", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il a été "parmi les premiers chefs d'Etat à promouvoir la CPI". S'exprimant au côté de sa nouvelle épouse, Angeline, l'ancien président, qui rencontrait pour la première fois la presse centrafricaine depuis son retour au pays le 30 octobre dernier, a commencé sa prestation par une prière, expliquant avoir perdu le pouvoir pour avoir péché par orgueil et conduit le peuple à la division, ce pour lequel il demandait pardon à ses compatriotes.

© Copyright Xinhuanet

 

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 00:17




                        Bozizé et Ndoutingai

La guéguerre entre le ministre d’Etat aux mines, à l’Energie et de l’Hydraulique Sylvain Ndoutingai et son ministre délégué Jean Chrysostome Mékondongo se poursuit et atteint des proportions ubuesques. Le plus navrant dans cette situation qui prend par moment des aspects inattendus est que ni le premier ministre Faustin Touadéra dont on sait qu’il n’a aucune envergure et qu’il n’est qu’un simple figurant, ni le président Bozizé, ne daignent prendre leurs responsabilités et laissent pourrir les choses.

Tout porte à croire que le véritable patron de ce pays est le ministre d’Etat Sylvain Ndoutingai. Un nouvel exemple vient illustrer la guéguerre qui agite depuis un petit bout de temps les deux ministères des mines de l’Energie et de l’Hydraulique et son ministère délégué, dont les cabinets de ministres se trouvent à juste un jet de caillou l’un de l’autre.

Selon une source de ce ministère qui a requis l’anonymat, ce lundi 23 novembre 2009, un forum sur l’énergie se tient à Deauville en France auquel devraient initialement prendre part le ministre centrafricain délégué à l’Energie, Jean-Chrysostome Mékondongo et quelques cadres de la société d’énergie centrafricaine ENERCA. Informé dans un premier temps du projet de participation de l’ENERCA à cette réunion, le ministre d’Etat Ndoutingai s’oppose fermement, sollicite et obtient même l’accord de Bozizé soi-même pour interdire tout déplacement des responsables de l’ENERCA.

Reste le cas du ministre délégué qui, sachant que son ministre d’Etat de tutelle refuserait aussi catégoriquement sa participation au forum de Deauville, se rabat sur le premier ministre Faustin Touadéra et introduit une demande d’ordre de mission à la signature du premier ministre afin de pouvoir se rendre malgré tout à Deauville en France. Le week-end a été très mouventé. Au moment où nous rédigeons cet article, nous ignorons ce qui advenu du sort de l’ordre de mission de Mékondongo. A-t-il été signé par Faustin Touadéra ou pas, on le saura au prochain épisode de ce feuilleton.

Cela dit, une question doit être posée qui mérite une sérieuse réponse de la part de tous ces rigolos. Au moment où les habitants de Bangui en particulier, endurent tous les jours et toutes les nuits les affres des coupures intempestives de courant du fait de la situation catastrophique des installations techniques de production et de fourniture du courant électrique de l’ENERCA, qu’apportent les participations des responsables de cette société et ceux du ministères de tutelle et ministère délégué des mines, Energie à tous ces fora et autres séminaires et colloques à travers le monde ?

Qu’un pays comme la RCA se permette de disposer de deux ministères pour les mines, l’Energie et l’Hydraulique, n’est-ce pas un véritable luxe inutile ? Au départ, c'était dû aux caprices de Ndoutingai que Bozizé avait nommé ministre des finances. Or, il n'avait mis qu'un seul mois à la tête de ce ministère où il n'avait rien à faire. Cependant, la situation qu'il a créée entre temps au ministère des mines en inventant de toute pièce un ministère délégué pour y caser son beau frère Mékondongo avec lequel il est à présent à couteaux tirés, est malheureusement demeurée sans changement jusqu'ici. 
 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 22:55




 

Bangui, 20 nov. (ACAP)- « Le Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’Agriculture (FAO) et l’Union Européenne ont octroyé six milliards (6.000.000.000) F. CFA pour permettre à la République centrafricaine de lutter contre la faim », a annoncé, vendredi 20 novembre 2009 au cours d’un point de presse sur le déplacement du président de la République François Bozizé à Rome sur la sécurité alimentaire le ministre du Développement rurale, M. Fidèle Gouandjika.

Selon M. Gouandjika, le président de la République François Bozizé a, dans son discours, fait savoir que la République centrafricaine, à l’instar des autres pays, connaît la faim à cause de la crise internationale, notamment dans la Mambéré Kadéi, à l’Ouest.

 « Il nous a instruit d’organiser une table ronde sectorielle de l’Agriculture au niveau national et a demandé aux bailleurs de fonds de soutenir financièrement la République centrafricaine pour lutter efficacement contre la faim », a-t-il souligné.

Le chef de l’Etat a estimé que les fonds alloués à la République centrafricaine devraient servir à acheter les produits agricoles centrafricains afin de permettre aux Centrafricains de lutter contre la pauvreté et par conséquent éradiquer la faim, a encore déclaré M. Gouandjika, qui a également indiqué que le Fonds de développement agricole (FIDA) s’engage à effacer ses dettes à partir de l’an 2010 et mettre en chantiers des grands projets dans le domaine agricole. 



NDLR : Selon Bozizé, "la République centrafricaine, à l’instar des autres pays, connaît la faim à cause de la crise internationale..." (cf extrait de son discours prononcé récemment à la tribune de la FAO à Rome). Faux ! Archi-faux ! La crise a bon dos. C'est trop facile ! Avant son avènement, la faim sévissait déjà en Centrafrique. C'est la mauvaise gouvernance de Bozizé et les nombreux rackets opérés par Ndoutingai sur les collecteurs et bureaux d'achat de diamant, qui sont venus accentuer cette famine, notamment dans les zones minières du Sud-Ouest du pays. Bozizé et sa clique ont suffisament fait la démonstration de leur incapacité à gérer et à utiliser à bon escient tous ces milliards que ne cessent de déverser sur le pays la communauté internationale et différents partenaires au développement. Or, plus on déverse les milliards, plus ils en réclament et moins on en voit les retombées sur les conditions de vie des populations.. Il faut que cesse ce manège.    

 



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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 22:28




 

Bangui, 21 nov. (ACAP) – Le président de la République François Bozizé a reçu en audience, vendredi 20 novembre à Bangui, le Représentant spécial du président de la commission de l’Union Africaine M. Sadok Fayala, Qui achevait une mission de 5 jours en République Centrafricaine.

Cette entrevue, qui boucle une série d’audiences entamée depuis le 18 novembre avec les autorités centrafricaines, s’inscrit dans le cadre des visites périodiques depuis quelques années dans ce pays, a indiqué M. Fayala, à l'issue de l'audience.


« C’est l’occasion de passer en revue l’évolution de la situation des grandes réformes qui ont été faites sur tous les plans et particulièrement la prochaine étape, que ça soit sur le plan politique, économique et sécuritaire, don c’est une rencontre extrêmement positive, utile pour nous, pour l’Union Africaine qui suit avec beaucoup d’intérêt ce qui a été réalisé dans ce pays », a souligné l’émissaire de l’UA.

 
« Nous souhaitons pour ce pays, membre de l’UA, beaucoup de réussite, de progrès et de développement pour sa population », a conclu M. Fayala, qui a annoncé l'ouverture prochaine d'un bureau permanent de l'Union Africaine à Bangui.


Les ministres Antoine Gambi et Elie Ouéfio, respectivement, ministre des Affaires Etrangères et ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, ont apprécié à sa juste valeur l’initiative qui viendra faciliter les contacts et les relations entre cette institution internationale et la RCA.

 
Ils ont exprimé à leur interlocuteur la volonté et l’engagement du gouvernement à sécuriser le pays et à mener à son terme le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) en vue de garantir la transparence des élections prévues pour 2010.



NDLR : Il faut que les actes que posent Bozizé et sa clique soient en adéquation avec les déclarations qu'ils font à leurs interlocuteurs étrangers. Un exemple est justement le cas du DDR où Bozizé continue d'affirmer que l'argent octroyé par la CEMAC (5 milliards de F CFA) se trouverait à la BEAC à Bangui pendant que les ex combattants, à force d'attendre, ont remis en place toutes les barrières de racket. Jusqu'à quand serait-on tenté de lui demander, cet argent doit demeurer à la BEAC? Pour que le DDR aboutisse vraiment comme il dit vouloir s'y engager,  Bozizé doit décaisser cet argent et le remettre au BONUCA pour le gérer.C'est pourtant aussi simple que cela. N'a-t-il pas confiance au BONUCA et au PNUD ?

 

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 22:24




21 Novembre 2009 Par Blandine Flipo Mediapart

 

Bruno Ben Moubamba comptait bien marquer le coup. Devant l'Elysée et quelques journalistes, ainsi qu'un nombre largement plus conséquent de policiers, cet opposant gabonais a voulu dénoncer l'audience accordée par Nicolas Sarkozy au président du Gabon, Ali Bongo, ce vendredi 20 novembre. Dans sa déclaration, destinée au chef de l'Etat français, il s'interroge: «Ainsi donc, monsieur Nicolas Sarkozy, président de la République française, vous qui aviez promis en 2007 d'en finir avec la "Françafrique", vous avez choisi de recevoir aujourd'hui Monsieur Ali Bongo Ondimba à l'Elysée (...) Nous nous étonnons que la France, malgré les soupçons de collusion, qui pesaient déjà contre son gouvernement, quant au soutien qu'elle aurait apporté à M. Ali Bongo, pour son coup de force électoral, reçoive ce dernier sans explication.»

 Collusion, Françafrique, comme bon nombre d'opposants gabonais avant lui, Bruno Ben Moubamba ne mâche pas ses mots. Devant l'Elysée, il n'hésite pas à préciser sa pensée: «Ce sont les hommes de l'ombre, comme Robert Bourgi, qui ont programmé ce coup d'Etat au Gabon pour servir les intérêts privés des compagnies françaises.» Cette accusation n'est pas nouvelle, ni dénuée de fondements. Robert Bourgi a bel et bien déclaré, peu de temps avant la présidentielle controversée gabonaise, que la France appréciait le candidat Ali Bongo. L'Elysée lui a ensuite intimé de garder le silence, silence qu'il observe scrupuleusement depuis.

 La proximité avec le fils d'Omar Bongo ne s'est pas démentie. Alain Joyandet, le secrétaire d'Etat à la francophonie, qui a succédé à Jean-Marie Bockel dont le défunt président gabonais avait obtenu la tête, s'est rendu à Libreville pour l'intronisation de l'héritier. «Vous vous rendez compte que la France est le premier pays démocratique à recevoir Ali Bongo ? Ce n'est pas digne de la patrie des droits de l'homme», dénonce Bruno Ben Moubamba. En réalité, le président gabonais a fait une petite escapade à Londres avant de se rendre à Paris. Le symbole reste fort, et la visite, contrairement à la Grande-Bretagne, est officielle.

 Plus problématique encore que la proximité politique, les opposants gabonais dénoncent la collusion du fait des intérêts privés. «La famille Bongo est présente dans la compagnie Total et le conseil d'admistration de Bolloré, les liens sont très clairs!», ajoute Bruno Ben Moubamba. Vincent Bolloré, qui connaît des déboires économiques au niveau de sa filière portuaire, a en effet plus que jamais besoin de la gestion de ses ports en Afrique. Mediapart avait déjà relaté ses différentes manœuvres mises en place pour garder sa place chaude au Gabon, au Cameroun ou en Guinée-Equatoriale. Trois pays dont les chefs d'Etat ont été impliqués dans l'affaire des biens mal acquis, désormais en attente de décision à la Cour de cassation.

Les crocodiles ont la peau dure

 Au-delà de la colère légitime des opposants gabonais, la visite d'Ali Bongo interroge. Au début de son mandat, Nicolas Sarkozy avait semblé tenir un discours contradictoire, entre permanence des vieux réflexes et ouverture. La nomination de Bruno Joubert, un ancien du Quai d'Orsay, à la tête de la cellule Afrique de l'Elysée, avait d'abord réjoui les pourfendeurs de la Françafrique. Ces derniers avaient été refroidis par l'éviction de Jean-Marie Bockel, et surtout par le discours de Dakar, jugé très “colonialiste”.

 Mais ils ne perdaient pas espoir d'un changement, Nicolas Sarkozy se montrant peu intéressé par les affaires africaines. Le président a vite laissé à Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, le soin de jouer les “marabouts blancs”. Guéant s'est pris au jeu: Robert Bourgi, ancien vieux routier de la Françafrique, ne tarissait pas d'éloges à l'égard de celui qu'il appelle le «nouveau Foccart». Les sorties bruyantes du susnommé ont amené plusieurs analystes à suggérer qu'il était devenu hors du coup. Parallèlement, on a beaucoup vu un certain Patrick Balkany cherchant à placer ses compétences dans des tractations industrielles franco-africaines (lire notre article).

 Mais les vieux crocodiles ont de la ressource, surtout quand on leur offre un boulevard.  Fin août, Bruno Joubert apprend sa promotion vers Rabat pour 2010. L'équilibre entre les tenants de l'“ouverture” et les anciens s'est donc modifié. Robert Bourgi est redevenu muet, pas seulement pour des raisons diplomatiques. Les vieux réflexes sont de retour: en ce qui concerne l'Afrique, la transparence n'est plus de mise. La diplomatie française a brillé par son silence lors des massacres en Guinée Conakry. Et ce, alors même qu'Alain Joyandet, encore lui, était présent sur le sol guinéen quelques semaines avant le drame. Cet attentisme nourrit un fort ressentiment contre la France dans les ex-colonies de l'Afrique de l'Ouest, comme le constate le New York Times, dans son édition du 12 novembre. «Si cela continue comme ça, la France va tellement se décrédibiliser qu'elle va céder sa place aux Chinois», menace Bruno Ben Moubamba.

 Les questions économiques expliquent au contraire le comportement français. Le 5 novembre dernier, Ali Bongo a déclaré dans un bref communiqué que le Gabon allait interdire l'exportation de son bois à partir de 2010. Cette nouvelle a affolé la filière française, dont un des fleurons, Rougerie, possède de grandes exploitations dans le pays. Le Gabon possède une des dernières plus grandes réserves de forêts primaires au monde. Après le pétrole, dont l'exploitation est sur le déclin, l'exploitation forestière est une des plus importantes sources de devises pour le pays. Ali Bongo a justifié sa décision par sa volonté de lutter contre le chômage, et de transformer le bois sur place, afin d'en récupérer la plus-value. Le calcul politique du contesté fils Bongo est simple: il cherche une légitimité, et à trancher avec les réflexes de rente de son père.

Un choix tactique

 Le président gabonais est venu discuter du sommet de Copenhague avec le président français. D'un point de vue aussi bien écologique que diplomatique, cette limitation de l'exploitation forestière d'un pays ami ne pourrait pas mieux tomber pour les Français. Mais du côté des industriels, cette décision passe mal. Nicolas Sarkozy se retrouve donc pris entre deux intérêts contradictoires: offrir un soutien au président mal élu gabonais, quitte à froisser les opinions publiques, ou bien ouvrir le dialogue pour ne pas perdre la main, bien que cette main s'accompagne d'une attaque en bonne et due forme contre des intérêts français.

 La France a choisi, Nicolas Sarkozy accueille Ali Bongo. Quant à savoir ce qu'ils se diront, encore une fois, rien ne filtrera. Si le temps où l'Afrique était un pré carré conquis de la France semble révolu, les hommes et les réflexes de la Françafrique, eux, tiennent toujours bon.

 

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