Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 01:13

 

 

 

carte_centrafrique_432.gif

 

 

 

 

Voici un très important et déprimant rapport rédigé par des experts de l’Agence Française de développement (AFD) suite à une mission qu’ils ont conjointement effectuée à Bangui du 4 au 11 avril dernier avec également des experts de la BAD, du FMI et de la Banque Mondiale qui les a conduits à se pencher sur la situation catastrophique de la République centrafricaine à tous points de vue résultant de la mal gouvernance des affaires de ce pays par le général François Bozizé et son gouvernement depuis bientôt dix ans.

 

Selon le diagnostic assez objectif dressé sans complaisance par les auteurs du rapport, la RCA est vraiment très malade car tout semble urgent à résoudre dans ce pays et la gravité de la situation actuelle est telle qu’un coup d’Etat n’est pas écarté. Ils ne croient pas si bien dire quand on sait qu’on vient en effet d’échapper à un coup de force attribué à Sylvain Ndoutingaï, un dignitaire demeuré longtemps pilier du régime bozizéen qui a failli procéder à une révolution de palais.

Il est donc impérativement urgentissime que Bozizé et sa cour ainsi que son parti KNK comprennent qu’ils ne peuvent pas seuls avoir raison contre tous les Centrafricains qu’ils prétendent représenter. Ils ont totalement échoué dans la gestion du pays. Leur bilan est désastreux. Il est plus que temps qu’ils mettent en œuvre les solutions consensuelles déjà arrêtées au Dialogue Politique Inclusif qu’ils ont toujours refusé d’appliquer.

C’est justement faute de cela qu’on est obligé de reparler d’un nouveau dialogue aujourd’hui parce qu’il n’y a pas d’autres solutions ou d’alternatives pacifiques en dehors du dialogue sinon d’user de la force armée ou retourner aux urnes mais avec quelles chances d’avoir des élections réellement transparentes et crédibles.

C’est pourquoi il faut tout faire pour que énième dialogue se tienne et soit réellement un succès en débouchant sur un accord politique qui soit effectivement appliqué. Le dialogue inter-centrafricain ne doit pas être réduit à la seule composition d’un gouvernement d’union nationale.

La Rédaction

 

 

 

Compte rendu de mission en République Centrafricaine

 

(4 au 11 avril 2012)

 

 

 

Jean-Bernard Veron (STR/CCC) – Gilles Chausse (DOE/AFR) - Romain André (DOE/DAT/ARC) – Mathias Caro (DOE/AFR)

 

 

 

Mai 2012

 

 

 

1)      Contexte : une dégradation en pente douce sur fond de crise durable

 

 

 

Pays enclavé, mais doté de ressources naturelles importantes, la République Centrafricaine figure parmi les nations les plus pauvres du monde. Le pays compte officiellement 4,5 millions d'habitants (répartis inégalement sur un territoire dont la surface est équivalente à celle de la France et du Benelux) et affiche un taux de croissance démographique de 1,9%. L’Indice de développement humain du PNUD place la RCA au 179ème rang sur 187 pays,  avec 62,8% de sa population vivant en dessous du seuil de pauvreté (1,25 USD par jour) et une  espérance de vie à la naissance parmi les plus faibles d’Afrique subsaharienne (48,4 ans contre une moyenne de 51 ans). 

 

Perdue dans l’anonymat des PMA, la RCA est en réalité confrontée à une situation de fragilité profonde et durable en raison des conflits récurrents qu’a connus le pays, de la très faible capacité de l’Etat à exercer ses missions, tant régaliennes que de délivrance de services aux populations ainsi qu’aux acteurs économiques, et d’une gouvernance globalement défaillante. Cette fragilité, qu’entretiennent par ailleurs la faiblesse des moyens humains techniques et financiers de l’Etat ainsi que les incessantes luttes politiques internes des pouvoirs successifs aux dépens d’une stratégie de développement, ne date pas d’hier. Elle est devenue en quelque sorte consubstantielle au pays.

 

En conséquence, le développement économique et social du pays est gravement compromis, et les quelques avancées dans ce domaine sont bien souvent fragiles. De ce fait, la RCA est confrontée à une crise humanitaire sans fin - que Médecins sans frontières estime être la plus grave qui soit, juste derrière celle de la Somalie - et ce sont les nombreuses ONG internationales présentes sur le territoire ainsi que les organisations confessionnelles locales qui, bien souvent, apportent aux populations ce minimum de services que l’Etat est bien en peine de leur fournir.

 

Enfin, et ce qui n’arrange rien, les appuis et ressources apportés par la communauté internationale fluctuent dans le temps, rythmés qu’ils sont par l’alternance de périodes de volontarisme et de lassitude, ce qui fait périodiquement de la RCA un « orphelin de l’aide ».

 

 

 

1.1 - Contexte politico-sécuritaire

 

 

 

Le Dialogue inclusif, qui faisait suite à la période de tension et de désordre du milieu des années 2000 et qui avait suscité beaucoup d’espoir, notamment chez la communauté internationale (d’où reprise de l’aide et traitement généreux de la dette publique extérieure du pays), s’est enlisé. Les élections de 2010 qui se sont finalement déroulées en 2011 ont été entachées de fraude, semble-t-il, et les partis d’opposition, par ailleurs très morcelés, n’ont pas été associés à l’exercice du pouvoir, comme cela avait été pourtant acté au terme du Dialogue inclusif.

 

La situation sécuritaire s’est plutôt améliorée. La plupart des insurrections politico-militaires ont accepté le principe d’une trêve et la Lord Resistance Army (LRA de Joseph Kony), sous forte pression (mais de l’armée ougandaise et  non de celle de la RCA), ne représente plus aujourd’hui un grave risque sécuritaire. En revanche, reste actif le groupe de Baba Laddé, aux affiliations et ambitions incertaines. Quant au programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (DDR) il est demeuré de longs mois au point mort, faute de ressources suffisantes pour financer la réintégration des ex-combattants dans la vie civile et l’armée reste divisée sur des bases ethno-politiques, si bien qu’on ne saurait exclure des coups d’Etat ou des mutineries, comme cela s’est déjà produit à plusieurs reprises depuis deux décennies. Enfin, les violences « privées » (banditisme de grand chemin et braconnage à grande échelle) se poursuivent au même rythme qu’avant.

 

Cette instabilité, chronique depuis le milieu des années 1990, est le produit de causes propres aux pays. En tout premier lieu l’incapacité de l’Etat à contrôler le territoire national, trop vaste compte tenu des moyens humains techniques et financiers dont il dispose, ainsi que la fragmentation du pays en pôles de survie largement coupés de la capitale et ne se reconnaissant guère dans un Etat fortement défaillant.

 

 

A cela s’ajoutent des causes externes, sous-produits des troubles qui ont affecté ou affectent encore certains des pays frontaliers de la RCA (Tchad, Soudan, RDC, Ouganda).

 

 

 

Cette instabilité, qui dégénère parfois en affrontements violents, fait que la nation centrafricaine reste une nation en devenir, que l’appareil d’Etat ne peut réellement exercer ses fonctions efficacement qu’à Bangui et dans ses environs, de manière plus incertaine, dans la région forestière du sud-ouest, et avec difficultés dans le reste du pays.

 

 

 

1.2- Situation économique et financière

 

 

 

L'économie centrafricaine repose principalement sur l'agriculture et l’élevage (55% du PIB), très largement tournés vers le vivrier et l’autosubsistance. Diamant et bois constituent les principales exportations du pays (plus de 70%, si tant est que l’on puisse chiffrer la valeur exacte des ventes de diamants), suivis de très loin par le café. Le secteur forestier est également important sur le plan  social (il est le principal employeur du pays avec 25 % des emplois formels) et financier (il produit 10 % des recettes fiscales).

 

Le sous-sol renferme également de l’or, du minerai d’uranium, du pétrole dans le prolongement du gisement de Doba au Tchad. Mais ce potentiel est peu ou pas exploité industriellement, ce qui prive le pays de ressources suffisantes pour financer son développement.

 

En outre les assises et réalisations économiques de la RCA sont fragiles en raison d’un contexte sécuritaire fortement perturbé depuis près de deux décennies, ce qui a un impact négatif sur le volume d’activité et les conditions de vie des populations.

 

Ce sombre tableau correspond à la réalité du pays, mais sa quantification est largement sujette à caution car une part importante des activités économiques centrafricaines relèvent du secteur informel, que ce soit dans les campagnes, dans l’exploitation minière, voire en ville, et sont donc fort mal répertoriées dans les comptes nationaux.

 

Sous cette réserve et après une croissance d’un peu moins de 4% en 2006 et 2007, la RCA a encaissé en 2008 et 2009 une série de chocs exogènes (flambée des cours du pétrole et  crise économique mondiale qui a entraîné une forte baisse en valeur des ventes de grumes, premier poste d’exportation du pays). Ces chocs ont cassé le rebond de la croissance et menacé la stabilité macroéconomique du pays. Le taux de croissance du PIB est donc tombé à 2% en 2008, puis à 1,7% en 2009, avant de remonter légèrement à 3% en 2010 et à 3,3% en 2011, soit des valeurs trop faibles pour permettre une réelle amélioration du niveau de vie de la population. Le taux d’inflation, qui avait amorcé une décrue, après un pic en 2008, a poursuivi cette tendance à la baisse en s’établissant à 1,2% en moyenne annuelle en 2011.

 

Le déficit du compte courant extérieur est tombé à 7,5 % du PIB en 2011, grâce à une relative amélioration des performances du pays à l’export, tant pour les grumes que pour les matières précieuses (diamants et or), ainsi qu’à une stabilisation des importations en valeur.

 

Le déficit budgétaire a lui, continué de s’accroître en 2011 pour compenser la diminution des recettes et la suspension des appuis budgétaires extérieurs. Une amélioration est toutefois attendue en 2012 avec un léger excédent du solde budgétaire, faisant suite à un déficit de 2,4% du PIB en 2011.

 

Les capacités financières d’intervention de l’Etat, hors concours extérieurs, restent très inférieures aux besoins tant d’investissement que de fonctionnement des administrations, avec un risque qu’on ne saurait sous-estimer d’impayés sur la solde des fonctionnaires qui, dans le passé, ont produit mouvements sociaux et mutineries des forces armées. En effet, non seulement le taux de fiscalisation est faible et les recettes potentielles sont médiocrement mobilisées, mais également la gestion des finances publiques est largement perfectible. De ce fait, l’Etat peine à prendre en charge le financement des infrastructures et équipements (principalement en matière de transport et d’énergie), ainsi que les dépenses d’éducation et de santé pour un fonctionnement minimum. Les Objectifs du millénaire pour le développement ne peuvent être éventuellement atteints qu’avec l’appui de financements extérieurs.

 

S’agissant des finances publiques, le pays a atteint le point d’achèvement de l'initiative PPTE en juin 2009, permettant de ramener la dette publique extérieure de la RCA de 57% du PIB en 2008 à 12,7% en 2009 et 14,1% en 2010. Dans le même temps la dette publique totale est passée de 80% du PIB en 2008 à 29% en 2010. En plus des réductions accordées dans le cadre du Club de Paris, la France a consenti un effort additionnel en annulant la totalité de sa dette bilatérale. Ainsi, les accords signés entre la France et la RCA le 26 mai 2010 actent de l’annulation de 5,14 millions d’euros, dont environ 1,6 million d’euros à titre bilatéral additionnel. 

 

 

Le pays est aujourd'hui classé en risque modéré (pays jaune) selon l'analyse de viabilité de la dette du FMI. Toutefois la dette extérieure demeure importante auprès de créanciers non membres du Club de Paris (Argentine, Serbie, Taïwan), de même que la dette intérieure vis-à-vis de la banque centrale, des banques commerciales de la place (ce qui réduit d’autant leurs capacités à financer l’économie) et des arriérés sociaux, ce qui limite considérablement les marges de manœuvres budgétaires.

 

De ce fait, la RCA est aujourd'hui très dépendante financièrement de la communauté internationale pour ses investissements publics et son équilibre budgétaire.

 

 

 

1.3- Contexte administratif

 

 

 

L’état de l’administration centrafricaine est révélateur de la situation de fragilité du pays. Celle-ci peine en effet à assurer son propre fonctionnement, et plus encore à délivrer des services aux populations. Certaines fonctions essentielles d’un Etat ne sont ainsi pas remplies, au premier lieu desquelles la couverture du territoire, très partielle (10 500 fonctionnaires civils sur 17 000 relèvent de la préfecture de Bangui). L’Etat est ainsi peu présent en RCA et ne touche qu’une proportion limitée de sa population. La faiblesse des ressources budgétaires constituent bien sûr l’une des principales contraintes du pays, comme le résume le rapport PEFA de juillet 2010; « les budgets d’investissement constituent une variable d’ajustement au profit de l’absorption des retards de paiement des salaires, et, plus généralement de l’augmentation des dépenses de fonctionnement ». Il s’avère en effet que les conditions minimales pour faire fonctionner une administration sont à peine réunies, que ce soit au niveau du traitement des fonctionnaires (gel fréquent des salaires, dont le niveau moyen s’élève à 40 000 CFA, arriérés de paiement récurrents) comme de leurs conditions de travail (accès limité à l’électricité, vétusté des bâtiments administratifs, faiblesse des moyens informatiques et logistiques, existence de ruptures de fournitures…). Maintenue dans une forme de précarité, l’administration se retrouve logiquement confrontée à des problèmes de motivation du personnel et d’aspiration vers une gestion « au jour le jour ». Par ailleurs, le niveau structurellement faible de l’investissement en RCA, et son caractère aléatoire, expliquent en grande partie le manque d’expérience et les capacités très limitées de l’administration pour mettre en œuvre ses politiques et stratégies.

 

 

Indépendamment de la contrainte budgétaire, l’efficience même de l’administration se trouve entravée par une organisation globalement défaillante. L’administration centrafricaine est composée de 28 ministères, aux dimensions très variables (plusieurs ministères comptent moins de 10 agents, comme par exemple l’enseignement technique et professionnel), avec des lignes de partage parfois floues et une faible culture de l’inter-ministérialité. De surcroît le fonctionnement de l’appareil d’Etat se caractérise par une forte centralisation des prises de décision : au-delà même des ministères c’est parfois directement la Présidence qui décide), la lenteur des circuits administratifs, l’absence courante de règles standardisées, une faible culture du management et de la gestion de projet et, plus généralement, une activité qui repose souvent sur un nombre limité de cadres compétents. La chaîne de la dépense constitue un autre facteur entravant l’exécution d’un budget pourtant restreint (plus de 60% des notes PEFA sont classées en D) compte tenu notamment de sa lenteur, de son imprévisibilité, voire de la réticence des fournisseurs à répondre aux commandes et appels d’offres d’un Etat considéré comme « mauvais payeur ».  

 

L’un des risques identifiés est celui de la capacité de la RCA à maintenir et à renouveler un vivier de cadres compétents au sein de son administration. Devant les difficultés rencontrées par les fonctionnaires pour exercer leurs métiers, et ce sur la longue durée, il y aurait un phénomène de perte de compétences, d’où un important besoin de recyclage qui ne peut être aujourd’hui couvert par les dispositifs locaux de formation continue (dont l’ENA centrafricaine). A cela s’ajoute la question épineuse du renouvellement des cadres, contrainte par la faible qualité du système éducatif centrafricain et par la faible attractivité de l’administration pour les jeunes diplômés, en particuliers pour ceux ayant étudié à l’étranger.

 

Malgré un environnement globalement défavorable, il faut noter que certaines structures publiques restent raisonnablement compétentes et sont en mesure de mener à bien les projets et programmes dont elles ont la charge. Celles rencontrées par la mission ont en commun une certaine autonomie budgétaire vis-à-vis du Trésor, soit parce qu’elles prélèvent directement des taxes à la source (ACFPE avec la taxe professionnelle), soit parce qu’elles sont soutenues, financièrement et techniquement, par des bailleurs extérieurs (équipe du PARPAF appuyée par l’AFD, Secrétariat technique permanent de l’éducation soutenu par la Banque Mondiale et l’AFD ou encore AGETIP qui bénéficie des appuis de différents bailleurs pour la réalisation d’infrastructures). Contrairement à l’administration, ces structures disposent de moyens de fonctionnement mieux sécurisés (salaires et équipements) et d’une pratique régulière de la gestion de projet.

 

Cet état de fait incline à penser qu’actuellement en RCA une condition pour pérenniser une structure de projet et ses activités est de l’extraire, au moins partiellement, du circuit budgétaire du Trésor. Le projet PARPAF en est un bon exemple ; il était en effet prévu que l’Etat prenne le relais de l’AFD pour financer l’achèvement du PARPAF après le départ de l’assistance technique pendant une période transitoire, avant que ce dernier ne devienne une agence autonome financée directement par prélèvement partiel à la source de taxe forestière. Le résultat est qu’aujourd’hui les fonctionnaires accusent 5 mois d’arriérés de primes, 4 de loyer et a attendu plusieurs mois l’officialisation de son nouveau statut (voté par les députés en mai 2012). 

 

Face à ces multiples défaillances de son administration, l’Etat centrafricain a engagé différentes mesures de correction. Une importante réforme a ainsi été amorcée en 2009, avec une restructuration des ministères (refonte des organigrammes, élaboration de fiches de poste, etc…) et l’adoption de nouveaux statuts pour la fonction publique, incluant notamment la mise en place d’un système d’évaluation des performances. La mise en application de cette réforme semble toutefois piétiner et ses effets positifs tardent à se matérialiser.

 

 

Un peu dans le même ordre d’idée, le gouvernement a dissous, début 2012, les conseils d’administration de toutes les entreprises et offices publics pour les soumettre à un Conseil spécial de surveillance et de redressement (CSSREOP), l’objectif affiché étant « d’assurer la surveillance et le redressement de ces organismes, de sécuriser les recettes de l’Etat et améliorer la maîtrise des dépenses publiques ». Enfin, le ministère du Plan travaille actuellement à la mise en place, au sein des différents ministères, d’un système standardisé de suivi des programmes et projets.

 

 

 

1.4 Relations avec la communauté des bailleurs

 

 

 

Devant les graves problèmes de gouvernance qui caractérisent la RCA et les difficultés de mise en œuvre des programmes de développement que finance la communauté internationale, celle-ci fait preuve d’une certaine lassitude et certains de ses acteurs se détournent de la RCA.  Ainsi, la Table Ronde des bailleurs de fonds de la RCA, qui s’est tenue en juin 2011 à Bruxelles, ainsi que la Réunion des Amis de la RCA en avril 2012 à New York ne sauraient être considérées comme des réussites. En effet, seuls les pays intéressés par les ressources minières de la Centrafrique (Australie, Chine) ont consenti quelques subventions additionnelles par rapport aux bailleurs de fonds traditionnels, dont le montant n’est pas à la hauteur des besoins du pays et des défis auxquels il est confronté.

 

 

Sur une période plus longue qui démarre avec les violences et conflits de la fin des années 1990, nombre de coopérations bilatérales ont quitté la Centrafrique. Seules restent aujourd’hui présentes la France et la Chine, mais pour des montants d’engagement relativement faibles.

 

Les bailleurs de fonds disposant de moyens significatifs sont aujourd’hui les multilatéraux (Union européenne en tout premier lieu, suivie de la Banque mondiale et la Banque africaine de développement), et ce tant en termes de volumes de financements que d’appuis techniques et d’effectifs de leurs équipes locales.

 

S’agissant des relations avec le FMI, la RCA a bénéficié d'une Facilité élargie de crédit (FEC, ex-FRPC) entre décembre 2006 et septembre 2010. Les autorités centrafricaines ont manifesté leur souhait d'engager un nouveau programme de ce type avec le Fonds, sans qu’un horizon soit pour l’instant fixé. En avril 2012, une mission du FMI s’est rendue en Centrafrique, afin de conduire des discussions préalables sur ce thème.

 

 

Au bout du compte, l’aide que reçoit la RCA, sans être systématiquement négligeable, à tout le moins à l’aune de ce dont bénéficient les autres pays d’Afrique sub-saharienne, est marquée par une forte variabilité.

 

 

 

1.5 -En conclusion de cette analyse du contexte, une faible visibilité à court terme

 

 

 

Cette faible visibilité à court terme a des causes multiples. En tout premier lieu, les éléments de contexte présentés ci-dessus et les incertitudes sur les évolutions du pays, notamment dans sa double dimension sécuritaire et politique. De ce dernier point de vue, les « jeux de pouvoir », complexes à décrypter, laissent entrevoir des  tensions plus ou moins latentes, que ce soit au sein du pouvoir en place  ou dans les relations de ce dernier avec l’opposition et les syndicats. Sur le plan sécuritaire, les retards du processus de DDR fragilise les accords passés avec les groupes rebelles et génère un risque accru de fragmentation des groupes en question et de privatisation de la violence.     

 

Ce à quoi s’ajoute une absence de stratégie claire et solide de la part des autorités, qui se contentent bien souvent de parer au plus pressé, présentent aux agences d’aide des demandes d’appui multiples et changeantes et, d’une manière générale, ne semblent accorder que peu d’importance au développement du pays. Le Document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP II 2011-2015), co-rédigé avec l’aide de la BM, de la BAD et du PNUD, et censé être le document de référence est considéré comme « lunaire » par certains interlocuteurs, dont certaines agences d’aide.

 

Il est vrai, et c’est là un casse-tête pour les agences en question, que tout est prioritaire en RCA, qu’il s’agisse de la stabilisation du pays, du développement économique et de la lutte contre la pauvreté, de la délivrance des services de base aux populations, des infrastructures ou du renforcement des capacités de l’Etat. Dans le cas de l’AFD, ce casse-tête est accru par les difficultés et retards rencontrés dans la mise en œuvre de ses projets, ainsi que la minceur de l’enveloppe financière affectée à la RCA.

 

 

Ces remarques valent également pour les services de la Coopération qui voient se réduire le montant des financements qu’ils peuvent mobiliser ainsi que les effectifs de l’assistance technique française.

 

 

 

2)      Bilan des interventions de l’AFD

 

 

 

2.1- Bilan des enseignements des interventions en cours

 

 

 

Après une période de redoublement des troubles politico-sécuritaires au début des années 2000, qui avait contraint l’AFD à mettre son agence de Bangui en sommeil, un bureau de représentation a été rouvert en janvier 2005, bureau rattaché à l’agence de Yaoundé. Depuis cette réouverture et jusqu’à fin 2011, l’AFD a engagé, sur subvention exclusivement, 45 millions €, dont 27%  au titre de l’aide budgétaire (en 2006, 2007 et 2009). A noter que Proparco n’y a aucun financement.

 

Fin 2011, le bureau de Bangui suivait quatorze projets actifs, intervient dans huit secteurs différents et ce avec dix maitres d’ouvrages de tous types (ministères, ONG, entreprises publique ou privée). A cette même période, les restes à verser représentaient 23 millions €, dont 10 millions € engagés récemment (projets de mise à niveau de l’aéroport de Bangui et d’appui à la stratégie nationale d’éducation).

 

 

Début 2012, un seul projet est en instruction, de soutien à la décentralisation dans la zone forestière du sud-ouest  (5 M€, octroi prévu en 2012).

 

Hors aides budgétaires, les neuf principaux projets (subventions supérieures à 4 M€) financés par l’AFD en République Centrafricaine depuis 2003 sont les suivants :

 

 

 

n° Projet

Secteur

Intitulé du projet

Montant final concours

Engagement

 

 

 

 

 

Projets achevés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CCF 1119

Transport fluvial

SOCATRAF

5 000 000

02/07/03

CCF 3006

Forêt

PARPAF 2 (achevé 12/2011)

5 000 000

04/05/06

 

 

 

 

 

Projets en cours

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CCF 1104

Hydroélectricité

Réhabilitations usines hydroélectriques

4 573 471

22/08/07*

CCF 1120

Infrast. Routières

Ouvrages d'art réseau routier Sud-Ouest

5 000 000

14/04/05

CCF 3000

Santé

Projet renforcement des services de santé

6 000 000

17/01/06

CCF 3014

Assainissement

Développement urbain - THIMO IV

5 000 000

19/12/07

CCF 1129

Transport aérien

Réfection aérogare de Bangui M'Poko

5 000 000

15/12/11

CCF 1133

Education/Formation

Appui à la stratégie nationale d'éducation

5 000 000

15/12/11

 

 

 

 

 

Projets en instruction

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CCF 1130

Forêt

PDRSO

5 000 000

2012

 

* Réaffectation d’un ancien concours de 1998 initialement ciblé sur un programme d’assainissement. (à suivre)

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Nation
18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 00:53

 

 

 

 

  carte_centrafrique_432.gif

 

 

 

 

 

 

 

2.2- La logique d’engagement de l’AFD a obéi à quatre objectifs :

 

* Le désenclavement du pays

a.       Projet d’appui au secteur fluvial – Socatraf et appui au SCEVN (ATR)

b.      Projet ouvrages d’art de franchissement du Sud-Ouest (deux projets successifs, le précédent s’étant achevé en 2006)

c.       Mise à niveau de l’aéroport de Bangui M’Poko

 

* L’amélioration des conditions de vie de la population de  Bangui

d.      Projet d’assainissement pluvial sous forme de projets THIMO (soit le 4ème depuis 1995)

e.       Projet de réhabilitation des centrales hydroélectriques de Boali

 

* L’amélioration des services sociaux de base

f.       Projet de renforcement des services de santé

g.      Projet d’appui à la stratégie nationale de l’éducation

 

* La durabilité de la gestion forestière

h.      Projet d’appui à l’aménagement forestier (PARPAF, 3 projets successifs depuis 2000)

i.        Projet de développement de la Région du Sud Ouest (en instruction) PDRSO

 

Par ailleurs plusieurs actions financées par le FFEM se conforment à ce dernier objectif.

 

2.3- Appréciation de cette logique d’engagement

 

Les interventions de l’AFD ont à plusieurs reprises répondu à des demandes d’urgence de la part des autorités centrafricaines. Tel est le cas :

-          de la réhabilitation des centrales hydroélectriques de Boali, qui alimentent Bangui en électricité et qui risquaient de devoir interrompre leur fonctionnement ;

-          de la mise à niveau de l’aéroport de Bangui MPoko, menacé de déclassement en raison de l’absence d’une clôture d’enceinte et de la présence de population aux abords immédiats de la piste et des flux de voyageurs au départ et à l’arrivée se croisant

 

L’exécution de ces projets rencontre aujourd’hui d’importantes difficultés. Ceci résulte d’une part de la situation d’instabilité de la RCA, de la capacité d’absorption limitée du pays ainsi que de la faiblesse de la plupart des maîtrises d’ouvrage.  De ce point de vue, il est probable que les analyses préalables au réengagement de l’AFD en 2006, notamment sur la capacité des partenaires locaux, en particulier publics, sont restées trop superficielles. Il est vrai qu’à cette époque les perspectives de sortie de crise avaient nourri, dans la communauté internationale, des espoirs qui ont, depuis, été partiellement déçus.

 

En outre, on ne saurait exclure que ces mécomptes soient le fruit, au moins partiellement, de l’insuffisance des moyens humains mobilisés, que ce soit au niveau des effectifs du bureau de Bangui, de l’assistance technique d’accompagnement ou de la fréquence des missions de suivi diligentées par le siège. Et ceci d’autant plus que la dispersion sectorielle du portefeuille et le nombre élevé des maîtrises d’ouvrage ne facilitent pas un accompagnement rapproché des projets.

 

Plus généralement, la stratégie d’intervention de l’AFD a oscillé entre d’une part une approche opportuniste, d’ailleurs défendable en situation de crise/sortie de crise, de réponse aux urgences et/ou de sélection de partenaires locaux, perçus comme raisonnablement performants et, d’autre part, une approche ambitieuse tant de reconstruction du pays (forêt, transports routier et fluvial, énergie) que d’amélioration des conditions de vie des populations (aménagement de quartiers en HIMO, santé).

 

Ainsi, cette oscillation entre plusieurs stratégies, les résultats peu probants parfois engrangés et les difficultés de mise en œuvre conduisent aujourd’hui à s’interroger sur la pertinence de l’action de l’Agence en RCA.

 

1)      Contraintes et opportunités

 

3.1- Orientations politiques

 

La réunion interministérielle du 20 janvier 2012 a confirmé le maintien de la République Centrafricaine sur la liste des 17 pays pauvres prioritaires (PPP) pour la Coopération française et donc pour l’AFD.

 

D’autre part, le Contrat d’Objectifs de et Moyens (COM) 2011-2013 signé entre l’Agence et l’Etat comporte l’objectif suivant : « centrer les efforts de l’Agence sur les PPP, afin de lutter contre la pauvreté et de stimuler la croissance économique ». Plus précisément, 60 % de l’effort budgétaire de l’Etat doit être consacré en 2013 aux pays d’Afrique sub-saharienne et plus de la moitié des subventions doivent être octroyées aux PPP. 

 

En termes sectoriels, le COM indique que l’AFD se conformera aux décisions prises lors des sommets de la FAO en 2008 et du G8 de Muskoka en 2010, soit :

-          octroi de 1 milliard € dans le secteur de l’agriculture en Afrique sub-saharienne ;

-          octroi de 48 million € par an en subvention dans le secteur de la santé maternelle et infantile dans les PPP.

 

Le COM précise en outre que la part des subventions consacrées aux OMD dans les PPP doit atteindre 80 %, dont 30 % pour l’éducation et la formation professionnelle, y inclus 20 % affectés à l’éducation de base.

 

Ainsi, compte tenu de ces éléments, les priorités de l’AFD en RCA visent la santé maternelle et infantile, l’éducation et la formation et, dans une moindre mesure, à l’agriculture.

 

En complément, l’objectif n°1 du troisième Plan d’Orientation Stratégique est formulé comme suit : «… en Afrique Subsaharienne, une mobilisation pour la sécurité alimentaire, un soutien aux infrastructures et des actions ciblées en matière de santé et d’éducation ».

 

S’agissant enfin des accords passés entre l’Etat Français et la République Centrafricaine, le Document Cadre de Partenariat (DCP), signé à Bangui le 8 avril 2010, couvre la période 2010-2013. Ce document stipule deux secteurs de concentration, soit le développement des infrastructures et la reconstruction du système éducatif national, avec un accent particulier mis sur l’éducation de base. Le DCP prévoit également des interventions dans deux secteurs hors concentration que sont d’une part la santé et la lutte contre le SIDA et, d’autre part, la protection de l’environnement et de la biodiversité, notamment par la mise en place d’une gestion durable de la forêt.

 

Fin décembre 2012, la totalité des financements AFD listés dans le DCP 2010-2013 devraient avoir été octroyés (le dernier, le PDRSO au deuxième semestre 2012).

 

3.2- Moyens

 

L’AFD dispose de moyens humains limités pour son activité en RCA : un bureau de représentation à Bangui, avec un agent SAM, un cadre local, et du personnel d’appui (une assistante, un chauffeur et quelques prestataires). Ce bureau est placé sous la responsabilité de l’agence de. Yaoundé qui est notamment en charge des versements pour le compte du bureau de Bangui.

 

Le bureau travaille notamment avec le SCAC de l’ambassade de France, qui dispose d’une douzaine d’assistants techniques et de six VI. La qualité de la relation avec les AT  dans les différents secteurs est variable.

 

Au siège, une demi-douzaine de chefs de projets et un coordonnateur régional sont amenés à se rendre sur place une fois par an en moyenne. Quelques missions ponctuelles peuvent également être menées par des services d’appui transversaux. Comparativement aux autres bailleurs de l’aide, tels que la Banque mondiale ou l’Union européenne, qui certes consentent des financements plus importants, ces moyens humains apparaissent bien faibles.

 

S’agissant du volume des financements, depuis la réouverture du bureau à Bangui début 2005, les octrois sont de l’ordre de 5 millions € en subvention à l’Etat tous les un ou  deux ans. Dans la mesure où, en France, la RCA ne figure pas sur la liste des Etats dits fragiles, elle ne bénéficie pas d’un traitement particulier, notamment au titre des financements dédiés à ces derniers.

 

Ce niveau d’engagement est fortement tributaire du montant de l’enveloppe de subvention (programme 209) affecté chaque année par le MAEE à l’AFD. Or, l’incertitude sur l’évolution de cette enveloppe compte tenu d’une part des contraintes budgétaires de la France et, d’autre part, de l’attention croissante accordée aux pays du Sahel du fait de la déstabilisation qui les menace, laisse peu d’espoir à court terme sur la possibilité d’accroître notablement ce niveau de financement.

 

3.3- Demande des autorités

 

Depuis la signature du DCP, la demande du gouvernement centrafricain a été peu cohérente. Alors que le DCP signé en avril 2010 cible des interventions de l’AFD sur les secteurs des infrastructures, de l’éducation, de la santé et de la forêt, les autorités locales ont émis le souhait, à plusieurs reprises, que l’Agence prenne en compte les domaines de l’agriculture de la formation professionnelle, des banques et secteur privé.

 

Par ailleurs et dans le cadre des discussions sur le DSRP II, lors de la Table Ronde des bailleurs de fonds de la RCA qui s’est tenue en juin 2011 à Bruxelles, les autorités ont souligné leur souhait de voir les bailleurs intervenir dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et du développement rural.

 

Enfin, le gouvernement centrafricain adresse régulièrement à l’AFD des demandes d’intervention en urgence, comme, tout récemment encore, pour la reconstruction d’un pont à Bangui.

 

4) Lignes directrices et recommandations

 

Même si la RCA ne figure ni dans la liste française des Etats fragiles ni au nombre des pays sahéliens tenus aujourd’hui pour prioritaires en raison de la dégradation de la situation sécuritaire et des risques de contagion régionale, force est de constater que le contexte centrafricain impose de prendre sérieusement en considération une stratégie adaptée au contexte en question et non pas de s’en tenir à des approches standard qui seraient pertinentes dans d’autres PMA raisonnablement stables et pacifiés.

 

Ainsi, une première question posée par la mission est la durée du CIP, traditionnellement de trois ans. Dans le cas de cet Etat fragile, au mieux en situation de sortie de crise, et pour lequel l’AFD dispose de moyens extrêmement limités, la mission propose d’établir un CIP d’une durée de 5 ans.

 

En termes de stratégie d’intervention, les recommandations de la mission sont de deux types. D’une part, elles concernent le respect d’un cadre opérationnel, dont l’application pourrait faciliter l’exécution des projets. D’autre part, elles lancent des pistes de réflexion sectorielles.

 

4.1- Cadre opérationnel

 

Compte tenu de l’état sinistré des administrations centrafricaines et, en conséquence, des  difficultés rencontrées par l’AFD pour mettre en œuvre ses financements, il est recommandé d’avoir des points d’attentions spécifiques tout au long du cycle projet. Lors de la phase d’instruction, par exemple, il convient tout d’abord de s’appuyer sur un diagnostic approfondi de la performance de la maîtrise d’ouvrage, afin de disposer d’une vision claire et réaliste de ses capacités de mise en œuvre et de pouvoir adapter en conséquence le contenu du projet et ses accompagnements :

-        Les appuis au renforcement des capacités, en identifiant l’ensemble des besoins nécessitant un accompagnement technique, que ce soit sur des fonctions « stratégique » (planification, programmation, management), « opérationnelle » (capacités techniques, gestion de projet, procédures opérationnelles) ou encore « transversale » (passation de marché, gestion des ressources humaines, procédures administratives…) ;

-        Le montage institutionnel, en particuliers en ce qui concerne le Comité de Pilotage (réunions régulières, dialogues, si nécessaire, en interministériel et avec la société civile) et le mode opératoire (préciser la répartition des tâches au sein de la maîtrise d’ouvrage, fixer un planning de travail, détailler les circuits administratifs, mettre en place un système de suivi partagé et resserré …) ;

-        La gestion axée sur les résultats, quand cela est possible selon l’objet du projet, en réfléchissant à des systèmes de décaissement basés sur la performance, à l’instar de ce qui a été réalisé par la Banque mondiale dans le secteur de la santé;

-        Le dispositif de suivi qui, outre le mode opératoire, implique de réfléchir aux temps que doit y consacrer le chef de projet (fréquence de ses missions de supervision) et le bureau de Bangui, ainsi que de prévoir des audits techniques et financiers réguliers. 

 

Par ailleurs, en fin d’instruction, et en fonction du contexte du projet, une nécessaire analyse préalable des conditions suspensives devra être réalisée afin de ne pas tomber dans le piège de conditions bloquantes, comme cela a été le cas pour le projet Ouvrage d’Arts du Sud-Ouest.

 

 

4.2- Axes d’interventions

 

Quatre axes, complémentaires ou alternatifs en fonction des moyens qui pourraient être mobilisés, sont proposés :

 

  1. Maintenir notre appui au secteur qui font sens et dans lesquels les projets se déroulent à peu près correctement (l’exploitation forestière) et/ou au profit de structures qui fonctionnent raisonnablement bien (le PARPAF dans le secteur forestier, l’AGETIP en matière d’infrastructures urbaines) ; 

 

Une telle approche permettrait en premier lieu de sauvegarder les poches de compétences qui existent dans l’administration centrafricaine. Sans financement extérieurs, des structures telles que la cellule PARPAF ou l’AGETIP-CAF ne pourraient perdurer. Dans un contexte de grave dégradation de la qualité de l’administration locale, le maintien de ces structures apparaît aujourd’hui primordial.

 

Le choix de sélectionner les interventions en fonction de la qualité de l’interlocuteur permettrait en outre de travailler avec des maîtrises d’ouvrage raisonnablement performantes et d’assurer ainsi une exécution satisfaisante des projets. Toutefois, on notera que ce critère de sélection des projets que financerait l’AFD ne saurait produire à lui seul une stratégie totalement satisfaisante en ce sens que pourraient en être exclus des secteurs tenus par elle pour prioritaires ou négligées des problématiques essentielles pour la stabilisation et le développement de la République Centrafricaine.

 

  1. Promouvoir l’accumulation de capital humain, qui fait cruellement défaut au pays, ce qui implique de s’intéresser au secteur de l’éducation en général ou, plus particulièrement et sans doute de manière préférentielle, à la formation professionnelle ;

 

L’accumulation de capital humain et les enjeux liés à l’éducation et à la formation professionnelle constituent des problématiques centrales pour le développement du pays.

 

Dans le secteur de l’éducation de base, d’importants financements extérieurs ont déjà été octroyés via le mécanisme Fast Track, dont les fonds sont gérés par la Banque Mondiale. Bien que d’importants financements soient consacrés à la construction d’établissements scolaires et à la formation des enseignants le projet ne prête pas une attention suffisante à la disponibilité des enseignants. Ce projet a le mérite de réhabiliter nombre d’écoles primaires de l’intérieur du pays. Ce programme a également permis de mettre en place, au sein du ministère de l’Education, une cellule de gestion de projet solide et compétente, sur laquelle l’AFD s’appuie déjà pour la mise en œuvre de son tout récent programme de renforcement des capacités de l’administration centrale.

 

Une intervention dans ce secteur resterait en cohérence avec les priorités affichées par la diplomatie française, qui a choisi de faire de l’éducation un secteur prioritaire du DCP 2010-2013, et viendrait compléter les interventions au profit d’organisations régionales que l’AFD appuie par ailleurs (CONFEMEN, PASEC et Pôle de Dakar.

 

S’agissant de la formation professionnelle, l’AFD peut également s’appuyer sur le centre de formation national pour le secteur privé de Bangui (l’ACFPE), qui semble disposer de certaines compétences.

 

Toutefois, si l’intervention de l’AFD dans ce secteur de l’éducation primaire se justifie eu égard aux besoins en capital humain de la RCA, ses impacts ne sauraient être immédiats et donc ce choix éventuel pourrait paraître inadapté à la situation de fragilité du pays.

A tout prendre, il pourrait paraître plus judicieux de miser sur la formation professionnelle aux résultats potentiellement plus rapides, sous réserve que l’offre de formation corresponde à la demande sur le marché du travail. Cela faciliterait par ailleurs la création d’emplois et, de ce fait, contribuerait à traiter une des causes de l’instabilité et de la fragilité du pays (cf. ci-dessous).

 

Pour rester dans les secteurs relevant de la délivrance de services sociaux aux populations, il faut citer celui de la santé, sur lequel l’AFD est déjà intervenue et devrait continuer de le faire conformément aux accords Muskoka. Compte tenu toutefois des difficultés rencontrées par l’Agence dans ce secteur, ainsi que des moyens financiers extrêmement limités dont elle dispose, il est proposé qu’une composante santé figure dans le Programme de Développement de la Région du Sud-Ouest (PDRSO), dont le financement devrait être décidé courant 2012.

 

  1. Participer à des programmes qui ont vocation à stabiliser le pays, comme ce pourrait être le cas avec la réintégration socio-économique des combattants démobilisés, ce qui suppose vraisemblablement d’associer des composantes de formation et de micro-finance. Plus généralement, appuyer la relance des activités économiques, en particulier dans le monde rural qui regroupe la majorité de la population et qui est la base des activités du pays, par exemple en accompagnement du programme de pôles régionaux financés par l’Union européenne.

 

Depuis la reprise de ses financements au milieu des années 2000, les interventions de l’Agence se sont concentrées sur la capitale et la région forestière du Sud-Ouest, à l’ouest de Bangui. Si les besoins à Bangui sont certes importants, la situation en province est caractérisée, entre autres, par une extrême pauvreté,

 

Or l’AFD, de par son mandat de lutte contre la pauvreté ainsi que dans le cadre d’une contribution à la stabilisation du pays par le biais du développement des activités économiques et donc de la création d’emplois et de revenus, ne saurait raisonnablement se désintéresser de l’intérieur du où vivent les trois quart de la population centrafricaine.

Il se trouve que l’Union européenne tente de mettre en œuvre un ambitieux programme de Pôles de Développement autour des villes secondaires du pays. L’AFD, en se raccrochant à ce programme, pourrait intervenir sur une problématique clé et ayant une forte visibilité. Les coûts d’instructions, probablement plus élevés pour une intervention en dehors de Bangui, pourraient être réduits par la mise en œuvre de cofinancements avec l’UE et la possibilité de s’appuyer sur des intervenants efficaces, tels que le réseau d’ONG opérant déjà dans ces régions ou encore les organisations confessionnelles après analyse des capacités d’action de ces dernières. Nos financements ne pourraient alors pas faire abstraction de l’agriculture et du développement rural, seraient donc cohérente avec le DSRP 2 finalisé récemment et permettraient aux populations concernées d’accéder au développement.

 

Toutefois, si cette piste était retenue, l’AFD serait confrontée à de lourdes contraintes. En premier lieu, la contrainte sécuritaire et l’absence de transports réguliers engendreraient des surcoûts, comme en témoigne l’expérience de l’UE. D’autre part, cela constituerait un nouveau secteur d’intervention dans  des secteurs dont l’AFD s’est retirée et accroîtrait donc la dispersion de son portefeuille.

 

  1. Flécher les financements sur les interventions d’urgence, notamment dans le secteur des infrastructures.

 

De telles interventions permettraient de répondre à des situations d’urgence à la demande des autorités locales, notamment dans le secteur des infrastructures. L’Agence a déjà réalisé plusieurs opérations de ce type, notamment lors de la réhabilitation du pont de Bania sur la route du 4ème parallèle dans la zone du sud-ouest (achevée), ou de celles des centrales hydroélectriques de Boali (en cours) ou encore de la rénovation de l’aéroport international de Bangui M’Poko (en démarrage) .

En 2011, faute de moyens, l’AFD a refusé de financer la réfection d’un pont qui venait de s’effondrer à Bangui. Un tel projet aurait pourtant été relativement simple à mettre en œuvre, (un seul appel d’offre, proximité physique par rapport à l’agence locale, ce qui en aurait facilité le suivi) et aurait bénéficié d’une forte visibilité.

 

Le revers d’un pareil fléchage, outre que ces opérations d’urgence peuvent être fort onéreuses, est la non intégration de ces dernières dans une stratégie de développement de long terme et la dispersion sectorielle.

 

 

Quelle que soit la stratégie qui sera retenue in fine, il est recommandé de limiter le nombre de secteurs d’interventions compte tenu des coûts élevés de transaction pour chaque secteur.

 

Il est d’autre part proposé que l’AFD se dote d’une capacité de veille et d’analyse renforcée, par exemple sur les problématiques du DDR, la situation du monde rural et des activités qui y sont menées, ainsi que des interventions des autres bailleurs. Pour cela, le FERC serait l’outil adéquat.

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Nation
17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 23:57

 

 

 

 

 

Ziguele-a-Bordeaux.JPG

 

Rencontre-de-MZ-a-Bordeaux.JPG 

 

 

 

Rencontre-MZ-de-Bordeaux.JPG

 

 

L'intervention de Martin ZIGUELE a été suivie de débats nourris qui ont duré plus de trois heures d'horloge, dans une ambiance fraternelle.

 

 

RENCONTRE AVEC LES CENTRAFRICAINS

 

 

 

BORDEAUX, 16 JUIN 2012

 

1- LA SITUATION POLITIQUE ACTUELLE

 

Le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) que j’ai l’honneur de diriger depuis  six années jour pour jour, est un parti républicain d’obédience sociale-démocrate et qui de par sa nature et sa vocation, respecte la souveraineté du peuple centrafricain qui seul,  à travers les urnes, a le droit de conférer à un ou plusieurs Centrafricains, le droit de le représenter et de le diriger. Pour qui connaît les circonstances et le credo du MLPC depuis sa création le 22 février 1979 dans le contexte de la lutte contre l’empire et pour la restauration de la République, ce rappel est d’importance.

 

L’histoire de notre pays est difficile : en cinquante ans d’indépendance, nous n’avons connu que quinze années à peine de pouvoir civil, et les Centrafricains n’ont dans leur mémoire collective que cette suite ininterrompue de coups d’Etats militaires dont le dernier en date fut celui de François BOZIZE le 15 mars 2003.

 

Les courtes périodes de restauration d’une pratique démocratique même incomplète, sont inexorablement suivies de longues périodes de « retours en arrière » autoritaires, dont le peuple centrafricain a toujours payé et paie aujourd’hui encore le prix sur le plan des libertés individuelles et collectives, de la pauvreté endémique, de la régression économique et sociale, et de ce sentiment globalement partagé de recul de notre pays sur tous les plans par rapport à ses voisins, alors que nos potentialités sont indiscutables..

 

C’est conscients de cette histoire difficile que les  partis politiques de  l’Opposition Démocratique dont le MLPC, avons tout  mis en œuvre, depuis la période postélectorale jusqu’à ce jour, pour préserver la stabilité politique et sociale de notre pays.

Déjà en avril 2010, pour éviter une crise institutionnelle résultant de l’expiration du mandat du Président de la République et de celui des Députés le 11 Juin 2011, du fait de l’état d’impréparation des élections,  nous avons proposé en toute responsabilité de prolonger le mandat du Président de la République, jusqu’aux élections groupées de 2011 sur la base d’un Accord Politique permettant une préparation consensuelle et apaisée des élections. Notre proposition a été rejetée avec mépris par le Général François Bozizé qui, en lieu et place de cette solution  politique, a préféré instrumentaliser les institutions (Cour Constitutionnelle et Assemblée Nationale) afin de  modifier les dispositions relatives à la durée du mandat du Président de la République et celui des Députés, alors que celles-ci sont non modifiables selon les termes de cette même Constitution.

 

Poursuivant sur sa lancée, et s’estimant au-dessus de la Constitution, du Code Electoral et des lois et Règlements de la République, et bien naturellement au-dessus des décisions de justice, le Général François BOZIZE rejettera d’une revers de la main l’Arrêt rendu en septembre 2010 par le Conseil d’Etat sur le découpage électoral suite à sa saisine par l’Opposition Démocratique, pour décider par décret du découpage électoral, en violation flagrante des dispositions du Code Electoral.   

Enfin, s’étant affranchi, de toute obligation de respect de tous ses engagements antérieurs, le général François Bozizé s’emploiera à déstructurer et à caporaliser la Commission Electorale indépendante, pour s’assurer de la victoire avant même les scrutins. La traduction concrète de cette volonté délibérée du pouvoir a été la mauvaise organisation,  à dessein, de  ces élections du 23 janvier 2001 qui se sont déroulées dans un désordre « organisé » afin de faciliter des fraudes massives au profit de François Bozizé.

 

 Les élections du 23 janvier 2011 resteront dans les annales de notre pays comme le summum en matière de tricheries électorales, dignes de figurer en bonne place dans le classement du « Guinness book of records ». Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, nous avons  véritablement assisté à un simulacre d’élections, au sens étymologique du terme : listes électorales non affichées avant le scrutin, cartes d’électeurs de plusieurs types et de diverses provenances, interdiction faite aux délégués des candidats de surveiller le scrutin, interdiction du Président de la CEI de remettre aux représentants des candidats les procès-verbaux des résultats, etc., etc.  

Les choses étant claires, nous avons demandé le  27 Janvier 2011 le départ de nos représentants de la Coordination Nationale de la Commission Electorale Indépendante (CEI), et avons décidé de ne pas reconnaître les résultats de ces simulacres d’élections.

Il faut souligner que pour la première fois dans l’histoire de notre pays, en dehors de l’opposition démocratique,  différents rapports d’experts de l’Union Européenne (UE), de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), de l’Electoral Institute of South Africa (EISA) et de l’Observatoire National des Elections (ONE, ont également conclu sans réserves que ces élections ont été émaillées de  dysfonctionnements tels qu’ils leur ôtent tout caractère régulier et rendent leurs résultats « sujets à caution ».

 

Respectueux de la légalité,  nous avons  introduit des requêtes motivées en annulation auprès de la Cour Constitutionnelle. Les décisions rendues par cette juridiction nous ont apporté la preuve supplémentaire que seule la volonté de François Bozizé était la base du droit dans notre pays, surtout que dans son arrêt la Cour Constitutionnelle émet des recommandations pour les scrutins futurs, qui reprennent l’essentiel de nos griefs et ceux d’observateurs internationaux  à l’encontre du processus électoral.

 

 

 

Ziguele-a-la-rencontre-de--Bordeaux.JPG

 

 

C’est donc devant la fermeture hermétique de toutes les voies de recours que nous avons décidé de nous retirer définitivement du processus électoral, et de créer le 4 Mars 2011 la plate-forme politique de lutte de l’opposition démocratique baptisée Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections du 23 janvier 2011 (en abrégé  FARE -2011) et dont les objectifs sont la défense de la Constitution de la République Centrafricaine et la préservation de ces acquis démocratiques ; l’annulation et la reprise des élections groupées du 23 Janvier 2011 dans le strict respect de la Constitution, du Code Electoral et des Recommandations du Dialogue Politique Inclusif ; la dissolution de la Commission Electorale Indépendante et sa recomposition ; et enfin la sensibilisation et la mobilisation de l’ensemble des populations centrafricaines en vue d’atteindre ces objectifs.

 

Aujourd’hui plus que jamais, les objectifs du FARE demeurent d’actualité :

 

1-    La défense de la Constitution de notre pays et la préservation de  nos acquis démocratiques demeurent l’impératif catégorique de tout démocrate et de tout républicain, devant le retour chaque jour plus évident, à l’autocratie et à l’autoritarisme dans notre pays.

 

2-    L’annulation et la reprise des élections groupées du 23 Janvier 2011 : si feu Barthélémy Boganda  s’était présenté aux élections du 23 janvier 2011, il n’est pas sûr qu’il ait été élu député. Pourquoi ? Parce que pour la première fois encore dans l’histoire de notre pays, de tous les chefs de partis politiques de l’opposition démocratique candidats aux législatives, aucun n’été « élu ». Comme vous le savez, François Bozizé a prétendu avoir été élu à  plus de 66% au premier tour,  tandis que sur les 105 sièges à l’Assemblée Nationale : 79 sont occupés par le KNK, parti au pouvoir, 10 sont occupés par les alliés du KNK, 10 par les indépendants KNK et 05 par les non-inscrits. Résultat des courses : depuis le  retour de notre pays au multipartisme en octobre 2003, l’ensemble de l’opposition démocratique est exclu pour la première fois de l’Assemblée Nationale. Ce  lieu universel du débat démocratique, qui dans notre pays a toujours été représentatif des forces politiques nationales depuis 2003, est désormais transformé en une chambre d’enregistrement.

De plus quand on regarde le profil des députés « élus », on est en droit de se poser des questions sur nos conceptions respectives de la république.

La seule question aujourd’hui est celle-ci : où doivent s’exprimer les partis politiques et doivent –ils exercer leur action politique et leur droit de contrôle de l’exécutif

Dans toutes les démocraties représentatives, l’Assemblée Nationale est le lieu par excellence où s’exerce au quotidien le dialogue politique national permanent. L’exclusion des forces politiques ciblées de l’Assemblée Nationale est à la source de la crise politique aujourd’hui, et naturellement nous exigeons plus que jamais, l’annulation des élections présidentielle et législatives du 23 Janvier 2011 et leur reprise conformément aux dispositions de la Constitution, du Code Electoral, des lois et Règlements de la République, ainsi que des recommandations pertinentes du Dialogue Politique Inclusif.    

 

3-    La  mise en place d’un dispositif électoral neutre et indépendant des partis en compétition : Comme je l’avais écrit dans mon adresse à nos compatriotes de Montpellier en mars dernier, François s Bozizé continue  à dérouler les étapes  suivantes de sa stratégie, en concoctant un projet de code électoral qui  n’a qu’un seul objectif : exclure les partis politiques de la structure qui devra gérer les prochaines échéances électorales et en confier de fait la totalité de la gestion au Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.  Dans cette nouvelle structure de gestion des élections, le Ministre de l’Administration du Territoire s’est attribué l’essentiel des compétences organisationnelles des élections, reléguant ainsi les Partis Politiques (toutes tendances confondues) au rang passif d’observateurs.

Ce projet de loi rejeté par toute la classe politique et la société civile centrafricaines, consacre définitivement l’option antidémocratique et dictatoriale d’un pouvoir qui veut s’assurer la victoire en dépit du suffrage universel.

Ce projet de loi qui a supprimé le deuxième tour pour l’élection des députés, porte les germes d’une grave crise politique car dans toute l’histoire politique de la RCA, il n’a jamais été organisé une élection à un seul tour. Le Rassemblement Démocratique Centrafricain, à l’époque parti unique, avait organisé un scrutin législatif à deux (2) tours. Le principe majoritaire étant le fondement de la démocratie, l’élection des députés avec un suffrage minoritaire est la plus grave atteinte à la gouvernance démocratique.

Ce projet de loi inique et scélérat est le test avant-coureur d’une modification de la Constitution afin de faire sauter le verrou constitutionnel de la limitation du nombre de mandat présidentiel.

Nous exigeons son renvoi en débat dans un séminaire regroupant les partis politiques, la société civile, l’Etat, avec l’appui de la communauté internationale.

 

4-    Enfin, le FARE 2011 s’est employé à renforcer la sensibilisation et la mobilisation des populations centrafricaines en vue d’atteindre ces objectifs, parce que la problématique fondamentale aujourd’hui en République centrafricaine est  l’existence même de la démocratie pluraliste. L’exercice de la vie démocratique devient chaque jour, au gré de François Bozizé, de plus en plus squelettique, dans un contexte  de négation délibérée des principes universels admis de toute société humaine.

Dans toute démocratie, les partis politiques concourent à l’animation de la vie politique et à l’expression du suffrage populaire, base incontestable de toute légitimité. La série des violations impunies et répétées par le pouvoir de François Bozizé de la Constitution, des lois et règlements de la République, les graves atteintes quotidiennes des libertés individuelles et collectives, l’exclusion de l’opposition des institutions et du cadre politique formel, sont autant d’actes graves pour la paix et la sécurité dans notre pays, et expliquent grandement nos contreperformances économiques et sociales.

              

Pour finir, c’est pour toutes les raisons ci-dessus rappelées que mon parti et moi oeuvrons depuis lors avec d’autres partis de l’opposition démocratique dans le cadre du FARE 2011 et pour la tenue d’un véritable dialogue inter-centrafricain aux conditions mentionnées dans sa Déclaration solennelle du 11 juin 2012 reprise in extenso ci-dessous :

 

DECLARATION SOLENNELLE RELATIVE AU DIALOGUE INTER-CENTRAFRICAIN

 

*********************

 

Une semaine après le séjour à Bangui du 5 au 6 mai 2012 du Président de la République du Tchad et Président en exercice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), Son Excellence Monsieur Idriss DEBY ITNO et de l’émissaire de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), l’ancien Président burundais Pierre BUYOYA, qui ont bien voulu recevoir le FARE-2011 pour un entretien au cours duquel la question d’un véritable dialogue inter-centrafricain a été notamment abordée, le Général François BOZIZE comme à son habitude, a convié à la hussarde le 15 mai 2012 et sans ordre du jour au Palais de la Renaissance, l’opposition ainsi que les forces vives de la Nation pour une « communication non suivie de débats » et pour affirmer sa disponibilité à l’égard de ceux des « opposants qui aimeraient dialoguer avec lui individuellement ou collectivement ».

 

Comme l’a déjà affirmé le FARE-2011  dans sa récente déclaration sur la rencontre au Palais de la Renaissance du 15 mai dernier, « aucune perspective de sortie de crise ne peut se concevoir en dehors d’un dialogue franc, sincère et direct ». C’est bien le refus de concertation, le manque d’un véritable dialogue ainsi que la politique de l’autruche du Général François BOZIZE qui ont plongé le pays dans l’impasse et la situation de blocage qu’il connaît depuis les  élections  frauduleuses de janvier 2011.

 

Depuis le 15 Mai 2012, l’opposition est fondée à émettre les plus sérieux doutes et réserves sur la réelle volonté politique du Général BOZIZE de prendre part à un dialogue sincère, honnête et direct avec l’opposition démocratique, notamment avec le FARE-2011.  En dépit de la série de rencontres avec les partis politiques organisées depuis le 31 Mai 2012 par le Général François BOZIZE, le FARE 2011 reste perplexe quant à la volonté réelle de ce dernier d’aller vers un dialogue. Les démarches secrètes déjà entreprises par les émissaires du Général François BOZIZE en vue de débaucher certains membres de l’opposition pour qu’ils fassent partie d’un futur gouvernement témoignent à suffisance de ce manque de volonté.

 

Faisant acte de bonne foi, face à l’espérance que suscite toujours pour le Peuple centrafricain toute perspective de sortie durable de crise et de restauration de la paix,  conscient de ses responsabilités et tirant les leçons des expériences négatives du passé, le FARE-2011 dit clairement OUI à la tenue d’un vrai dialogue inter-centrafricain mais pose néanmoins certaines conditions.

 

Pour que ce dialogue soit une réussite et puisse déboucher effectivement sur un dénouement réel de la crise centrafricaine qui n’a que trop duré, il  exige qu’il se déroule sous la médiation d’une personnalité de l’Afrique Centrale reconnue pour sa parfaite connaissance de la situation politique et sécuritaire centrafricaine et pour son attachement à notre pays, et sous les auspices de la Communauté internationale, particulièrement des Nations Unies, de l’Union Européenne, de l’Organisation Internationale de la Francophonie et de l’Union Africaine,  à qui il lance  d’ores et déjà un appel solennel afin qu’elle puisse s’impliquer au plus haut niveau.

 

Le FARE 2011 estime que la réussite de ce dialogue nécessite que soient remplies quatre conditions:

 

1/ La première condition est la définition de la nature et  des  objectifs  du dialogue

 

         Le FARE- 2011 tirant les leçons d’un passé récent et de la crise que traverse notre pays estime que ce dialogue est de nature politique.

          La crise engendrée par le simulacre d’élections de 2011 ajoutée à l’insécurité désormais endémique et à la mauvaise gouvernance ont divisé les centrafricains, détruit la cohésion sociale et gravement entamé la paix. Pour le FARE-2011, ce dialogue doit permettre de jeter les bases :

 

 -du rééquilibrage des institutions ;

-de la mise en place effective des cadres de concertations politique et sociale ;

-de l’instauration des mécanismes pour la bonne gouvernance politique et économique ainsi que pour la lutte sans merci contre la corruption ;

-de la restauration de l’Etat de droit, d’une administration impartiale et efficace ;

-du retour à une paix durable, à la concorde et à l’unité nationales ;

      

2/ La deuxième condition est l’identification des acteurs 

 

          Le dialogue étant de nature politique, le FARE- 2011 d’une part estime que ses acteurs sont d’abord les partis politiques qui y délégueront leurs membres nantis d’une expertise avérée et d’autre part propose une participation paritaire entre la majorité présidentielle et l’opposition démocratique.

 

 3/ La troisième condition est la détermination  des thèmes d’intérêt national

 

             La situation actuelle de notre pays, le temps que nous souhaitons bref pour ce dialogue et les défis à relever nous imposent de répartir les thèmes à débattre en deux groupes :

-Les problèmes politiques, institutionnels et sécuritaires

-Les problèmes économiques, sociaux et environnementaux

 

4/ La quatrième condition est l’Accord Politique Global

 

            Tirant leçon des expériences passées, les résultats des travaux de ce dialogue doivent être sanctionnés par un Accord Politique Global signé par tous les acteurs et contresigné par le MEDIATEUR qui, en cas de difficulté dans la mise en œuvre des clauses de cet Accord, procède à l’arbitrage.

 

Fait à Bangui le 11 juin 2012

 

Pour le FARE-2O11

                                               Le Coordonnateur

 

 

                                               Me Nicolas  TIANGAYE

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 23:53

 

 

 

enfantsmalnutris23.jpg

Bangui : RJDH-RCAle 17 juin 2012

« Le bureau de Genève invite les structures humanitaires présentes en République centrafricaine de prendre leurs responsabilités en faisant des propositions concrètes sur la situation humanitaire dans le Nord-est», a déclaré Jens Laerke, porte-parole et agent d’information publique du siège de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) basé à Genève en Suisse.

Joint par le RJDH le samedi 16 juin depuis Genève, Jens Laerke a précisé que le rôle  du siège est d’appuyer les  bureaux installés dans les différents pays du monde afin de porter assistance aux populations en détresse. Toutefois, les structures humanitaires présentes sur le terrain doivent prendre des initiatives dans des situations d’urgence.

Le porte-parole d’OCHA confirme que le bureau de Genève est informé de la crise alimentaire qui sévit dans le Nord-est de la République centrafricaine depuis un mois, avec près de 45 000 personnes affectées.

A Bangui, une source proche du Programme alimentaire mondial à Bangui a annoncé que des interventions sont en vue, en faveur de la population de la préfecture de la Vakaga. « Nous avons fait une évaluation rapide des besoins  et nous sommes en  pourparler  avec OCHA pour une intervention rapide », a indiqué la même source.

Il est à signaler que les populations du Nord-est de la République centrafricaine connaissent une crise alimentaire depuis un mois. Le monde humanitaire évoque des « contraintes sécuritaires et logistiques » qui freinent encore les interventions.

Le coordonnateur humanitaire par intérim, le Dr Zakaria Maïga, vient de lancer un appel à l’endroit de la communauté internationale pour que des fonds soient mobilisés pour permettre de sauver les populations affectées par cette crise alimentaire.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire
17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 23:41

 

 

 

 

LRA

Radio Ndéké Luka Dimanche, 17 Juin 2012 13:27

Drôle de surprise pour les populations de Markounda et ses environs, localité de l’Ouham frontalière avec le Tchad, qui assistent à une visite inopinée d’inconnus armés dont la provenance, la partance et les objectifs demeurent secrets, la semaine du 11 juin  2012.

Ces hommes armés et  discrets, terrorisent les autochtones rien que par leur intrusion inavouée et semblable à celle des maquisards. D’où viennent-ils, pour quelles raisons infiltrent-ils ces localités du Nord et qu’est-ce qu’ils attendent des populations ?

Un habitant de la ville joint au téléphone par Radio Ndeke Luka explique ce 16 juin « ces individus ont occupé la ville de Maitikoulou une semaine plutôt avant de la quitter. En ce moment ils sont en mouvement à 40kms de Markounda ». Les habitants d’indiquer sur base d’estimations que « ces hommes seraient certainement venus du Tchad si l’on s’en tient à leurs apparences».

Loin d’être de simples mystérieux occupants,  ces hommes ont d’autres attentes auprès des habitants des villes soumises à leur trajectoire car « ils négocient aux jeunes de la ville est des environs, des ralliements pour la cause qu’ils gardent cachée » rapporte un habitant de Markounda à Radio Ndeke Luka.

La source ajoute aussi que, de nombreux jeunes de la région ont été réticents à l’enrôlement proposé par ces hommes armés. Elle poursuit qu’à la surprise des autochtones, les hommes mystiques se sont tactiquement retenus des actes de violences et des scènes de barbarie au sein des habitants des villes visitées.

Pétrifiées de peur par cette visite qui suscite la panique, les populations ont choisi de passer leurs nuits dans des champs et de revenir chez eux qu’à la levée du jour.  
La stupéfaction ne se limite pas qu’au niveau des populations car même certaines ONG humanitaires de la région, notamment, CARITAS, JRS et DRC ont évacué leurs personnels suite à ce climat d’insécurité soudaine. De leurs côtés, les forces nationales de défenses de Markounda s’inquiète devant cette invasion récente et déclare attendre de Bangui des renforts qui jusqu’ici n’arrivent pas.

Pour rappel, les journaux ont révélés dans la semaine du 11 juin 2012 des présences certaines d’hommes lourdement armés dans le Haut Mbomou, ils ont aussi révélés une plausible présence de Baba Ladé à Bakala dans la Ouaka,  tandis que la CPJP menace le Gouvernement d’une reprise des armes d’ici peu. A ceux s'ajoute les éleveurs peulhs transhumants  appelés de Mbarara et Al Gamba qui sèment la terreur dans l’Ouham et l’Ouham Péndé ces derniers temps.

Toutes ces nouvelles d’insécurité territoriale est comme de la mer à boire pour le peuple centrafricain déjà très fatigué par la faim et les épidémies qui font rage dans de nombreuses villes de provinces. Toutefois il y a des choses a élucidé. Pour qui ces hommes armés travaillent-ils et dans quel but veulent-ils recruter des jeunes centrafricains ? Le temps nous le dira certainement.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 00:37

 

 

 

 

 

 A  VOIR EN EXCLUSIVITE SUR TELE-MLPC au lien www.lemlpc.net

 

 

TVMLPC logo 

 

 

 

 

MZ-Colloque-sur-TV-MLPC.JPG

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Médias
17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 00:34

 

 

 

mali-ansar-dine-13-juin-2012.jpg

ABIDJAN AFP / 16 juin 2012 23h00 - La force militaire que l'Afrique de l'Ouest envisage de déployer au Mali pour combattre les rebelles touareg et les islamistes armés qui contrôlent le Nord du pays devrait compter près de 3.300 éléments, ont annoncé samedi à Abidjan des chefs militaires de la région.

L'effectif que nous avons estimé pour cette opération est de 3.270 hommes, a déclaré devant la presse le général Soumaïla Bakayoko, chef de l'armée ivoirienne.

Les gros effectifs seront fournis par le Nigeria, le Sénégal, le Niger mais tout le monde participera, y compris la Côte d'Ivoire, a-t-il ajouté.

Il s'exprimait à l'issue d'une réunion de plusieurs chefs d'état-major de pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), actuellement présidée par la Côte d'Ivoire, sur la force d'intervention que la région prévoit d'envoyer au Mali.

La réunion d'Abidjan est intervenue alors que le Conseil de sécurité de l'ONU s'est abstenu par deux fois cette semaine d'apporter son soutien au projet de force d'intervention au Mali présenté par l'Union africaine (UA) et la Cédéao, le jugeant notamment trop imprécis.

Dès la semaine prochaine, des éléments de l'état-major de la Cédéao iront à Bamako travailler avec leurs camarades de l'armée du Mali pour voir les modalités pratiques de l'envoi de la force, a ajouté le général Bakayoko.

La dernière planification de l'opération aura lieu à Bamako, a-t-il précisé, soulignant que le chef d'état-major du Mali, présent à la rencontre, a montré la volonté de l'armée malienne d'accueillir cette force, qui devrait intervenir en soutien à l'armée régulière.

Le Mali a insisté jusque-là sur le fait que tout éventuel déploiement d'une force ouest-africaine devait se faire à sa demande.

La réunion d'Abidjan devait servir à valider le concept d'opération élaboré ces trois derniers jours dans la capitale économique ivoirienne par les militaires de la Cédéao, assistés d'experts de l'ONU, de l'UA et des Etats-Unis, entre autres.

La force ouest-africaine servirait à stabiliser et consolider les institutions de transition à Bamako et, aux côtés de l'armée malienne, à engager la reconquête du Nord-Mali, contrôlé depuis fin mars par des rebelles touareg et des islamistes armés, avait expliqué le général Bakayoko à l'ouverture.

Il n'y aura de recours à la force qu'en dernier ressort, après épuisement de toutes les voies de dialogue, avait-il insisté.

Le chef d'état-major de l'armée malienne, le colonel-major Ibrahima Dahirou Dembélé, a cependant jugé devant la presse très difficile que la situation au nord se dénoue sans une solution militaire. Même s'il y a négociation, je ne compte pas beaucoup sur (la) bonne foi des groupes armés, a-t-il souligné.

Le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur de la Cédéao, a engagé des discussions avec la rébellion touareg et devrait recevoir dimanche le groupe islamiste Ansar Dine.

Le président du Niger Mahamadou Issoufou a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à ne pas s'éterniser dans des débats sans fin, faisant valoir que les jihadistes sont en train de se renforcer, dans une interview au Journal du Dimanche.

Dans la foulée d'un putsch le 22 mars à Bamako, l'immense région désertique du nord du Mali est tombée aux mains du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg) et surtout d'Ansar Dine et de son allié jihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).


(©)

 

Intervention militaire au Mali : les propositions d’Abidjan, l’ONU hésitante

RFI samedi 16 juin 2012

Des chefs militaires ouest-africains se sont retrouvés ce samedi 16 juin à Abidjan pour définir la mission et le format d'une force régionale susceptible d'être envoyée dans le nord du Mali pour combattre les groupes armés qui contrôlent la région. Le chef d'état-major de l'armée malienne, le colonel-major Ibrahima Dahirou Dembélé, a jugé à cette occasion « très difficile » que la situation au Nord se dénoue « sans une solution militaire ». Cette proposition d'Abidjan est intervenue alors que le Conseil de sécurité de l'ONU s'est à nouveau abstenu avant hier vendredi d'apporter son soutien à ce projet de force d'intervention au Mali, le jugeant notamment trop imprécis.

Le document soumis aux chefs d’état-major de la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) a été préparé par l’état-major de la Force en attente de l’organisation, assistée d’experts militaires de l’Union africaine, de l’Union européenne, des Nations unies, des Etats-Unis et de la France. Présence également d’experts militaires des pays membres de la Cédéao, sauf le Mali.

Mais ce samedi, le chef d’état-major de l’armée malienne était bien là. Même si les autorités de la transition malienne rechignent à demander le déploiement d’une force régionale, le colonel major Ibrahima Dahirou Dembélé estime que cette force est nécessaire : « La sécurité à Bamako, ça va très bien maintenant. Le seul problème, c’est toujours l’occupation des régions nord par les rebelles et les terroristes. Et j’espère qu’avec nos frères et toute la communauté internationale, on prendra toutes les dispositions nécessaires pour les déloger pour qu’on en finisse une bonne fois pour toutes. Ce problème des rébellions qui sévissent dans le nord du Mali, sans une solution militaire, il me semble très difficile qu’une négociation pourrait les faire taire. »

Selon le chef d’état-major de l’armée ivoirienne, le général Soumaïla Bakayoko, une fois déployée, la mission de la Cédéao au Mali aurait trois objectifs : aider les autorités de la transition à stabiliser et à consolider les institutions, renforcer la capacité des forces armées maliennes et soutenir l’armée nationale dans la reconquête du nord du pays.

Le président du Niger appelle l'ONU à aller plus vite

Le président du Niger Mahamadou Issoufou confirme qu'il souhaite l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution autorisant le recours à la force dans le nord du Mali, alors que le Conseil réserve pour l'instant sa réponse. Le président nigérien s'en est entretenu ce samedi à Paris avec le président intérimaire malien Dioncounda Traoré, qui se trouve toujours en France pour des examens médicaux, après avoir été frappé et blessé le 21 mai dans son bureau à Bamako par des manifestants hostiles à son maintien au pouvoir.

 

 

Mahamadou Issoufou  Président du Niger

 

 

Toutes les options sont sur la table, la solution négociée et le recours aux armes. (…) Ma position est très claire, c’est celle de la Cédéao et de l’Union africaine. (…) Il y a urgence à apporter des solutions.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 00:31

 

 

 

 

 

Gabirault

                                        

La victoire de l’équipe centrafricaine de football contre celle de l’Egypte dans ce pays mérite d’être saluée et encouragée.

Comme j’ai eu à le dire dans ma déclaration du 12 décembre 2011 au sujet de l’absence des cadets centrafricains détenteurs de la coupe de l’UFAC 2009 au tournoi de 2011, les sportifs centrafricains n’ont rien à envier aux autres sur le continent, s’ils sont mis dans des conditions adéquates de préparation.

Les autorités centrafricaines ne doivent pas seulement se réjouir de cette victoire, mais comprendre surtout l’importance du sport pour la République Centrafricaine. En effet, pour un pays peu connu comme le nôtre et n’ayant sur le plan international qu’une image  épouvantable, le sport contribuerait comme meilleur vecteur diplomatique à au moins le présenter positivement.

J’adresse toutes mes félicitations à l’équipe centrafricaine de football et l’encourage à persévérer pour de plus grandes victoires.

 

                                  Paris le 15 juin 2012

    

                                Emmanuel Olivier GABIRAULT

Précédemment Président de l’Union des Fédérations de Football de l’Afrique Centrale et Président de la Fédération Centrafricaine de Football.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Sports
17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 00:23

 

 

 

 

fauves-Football_centrafriquefootballcom-copie-1.jpg

 

La RCA bat l'Egypte 3-2, les Fauves plus furieux que jamais.

Radio Ndéké Luka Vendredi, 15 Juin 2012 21:07

C’est sur la pelouse du stade égyptien que les Fauves de la Centrafrique ont prouvé devant le monde et les centrafricains que le ballon est incontestablement rond. 3 buts à 2 est le score final du choc Centrafrique/Egypte.

Griffes assorties, les poulains de Hervé Loungoundji ont facilement rempli l'une des formalités des éliminatoires de la Coupe du Monde 2014 à Alexandrie, deuxième capitale égyptienne avec un match brillamment disputé par les centrafricains.

A quelques dizaine de minutes de jeu, l’équipe égyptienne met la poudre au feu en inscrivant son premier but. Malheureusement, les égyptiens n’ont pu conserver cet avantage longtemps avec une première frappe bien cadrée de l’homme du match Hilaire Momi à la 20ème  minute de la première partie de jeu ramenant le score à égalité.

En jouant énergiquement et avec détermination, Salif Keita qui avait déjà un carton jaune lors de la rencontre Centrafrique/ Botswana s’est offert un autre carton jaune en commettant une faute qui lui a valu son expulsion du match avec un carton rouge.

A 10 contre 11 avant la fin de la première partie, les Fauves se sont regroupés  à la défense pour protéger les filets du gardien centrafricain. Malgré quelques bonnes combinaisons d’Hilaire Momi et Foxy Kethevoama, la première partie du match s’est soldée sur 1 but partout.

La seconde partie du jeu a failli tournée en cauchemar pour les Fauves de Bas-Oubangui juste à l’entrée du jeu avec un autre but marqué par les Pharaons d’Egypte 3 minutes après. Comme si le sort à décider que c’est Momi qui doit confondre les Pharaons et équilibrer le score, à quelques quinzaine de minutes, le Fauve du match a fait une doublé qui refroidisse complètement les Pharaons.  Puis très rapidement et de façon très professionnelle, David Manga marque le 3ème but différentiel centrafricain à la 63ème minute.

Avec les 3 buts marqués, la République Centrafricaine a opté pour un jeu défensif face à son adversaire l’Egypte qui a légèrement menacé la défense centrafricaine dans les 8 dernières minutes de la fin. Stratégiquement, à la 5ème minute de la fin, Momi a  été remplacé et la cadence du jeu a aussi totalement changé. Pour ne rien risquer, les poulains de Hervé Loungoundji se sont regroupés à même le poteau pour ne pas encaisser un 3ème but égyptien. Et c’est sur ces efforts fournis que les centrafricains ont battu la grande nation du football africain, l’Egypte, sur son sol malgré les difficiles situations financières que les Fauves ont enduré à Ethiopie.

La République Centrafricaine gagne à cet effet 4 point de même que l'Ethiopie et jouera ce 30 juin le match retour contre l’Egypte à Bangui. Les centrafricains du monde entier et plus particulièrement les banguissois ont salué la victoire des Fauves depuis Alexandrie à travers les cris de casseroles et autres.

Il est à rappeler que l’Egypte a toujours été considérée comme l’une des toutes meilleures équipes du football africain : elle détient le record du  nombre de victoires en Coupe d’Afrique des Nations avec sept, 7 CAN remportées, 1957, 1959, 1986, 1998,2006, 2008 et 2010.

samedi 16 juin 2012

 

Centrafrique : le match face à l'Egypte radiodiffusé grâce au téléphone d'un ministre

Le ministre de l'Agriculture centrafricain, Fidèle Ngouandjika, a prêté son téléphone portable à la radio nationale pour permettre à l'envoyé spécial de la radio de commenter en direct vendredi depuis Alexandrie le match Egypte-Centrafrique, qualificatif pour la CAN-2013, a constaté un journaliste de l'AFP. La radio n'arrivait pas à établir la liaison avec son correspondant dans le stade d'Alexandrie avec la ligne fixe de la Société nationale, et n'avait pas assez de crédit pour payer la télécommunication avec un opérateur de téléphonie mobile privé.

 

Egypte - Centrafrique (2-3) : Sensationnels centrafricains !

 

CENTRAFRIQUE_ONZE_020612.jpg

 

La Centrafrique a crée la sensation en battant l’Egypte (3-2) a Alexandrie lors du match aller du second tour éliminatoire de la CAN 2013. Une victoire logique et méritée tant les coéquipiers de ont été dangereux tout au lon du match.

La Centrafrique a crée la sensation en battant l’Egypte (3-2) a Alexandrie lors du match aller du second tour éliminatoire de la CAN 2013. Une victoire logique et méritée tant les coéquipiers de Salif Keita ont été dangereux tout au long du match. Menés 1 à 0 (but de Zidan, 10’) puis par 2 à 1 (Mohamed Salah, les Centrafricains sont revenus à chaque fois à la hauteur de leurs adversaires grâce à un doublé Hilaire Momi (26’ et 48’) avant de leur planter une banderille assassine sur un contre splendide conclu par David Manga (69’). Les hommes d’Antoine Yédétébangui ont eu l’intelligence de ne jamais reculer et de ne pas chercher à conserver à tout prix leur but d’avance. Le match retour à Bangui le 30 juin s’annonce périlleux pour les Pharaons qui semblaient revenir à leur meilleur niveau. Une nouvelle élimination d’une phase finale de la CAN après celle de 2012 serait une catastrophe pour le football égyptien.


© copyright StarAfrica.com

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Sports
16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 14:29

 

 

 

pub Action Contre la Faim-copie-1

ParRFI samedi 16 juin 2012

En République centrafricaine, le bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) lance un appel à la mobilisation. Selon celui-ci, près de 45 000 personnes sont menacées par la crise alimentaire dans le nord-est du pays, précisément dans la zone de la préfecture de Vakaga, région particulièrement isolée. La population n'a pas les moyens de faire face à la période de soudure avec de nouvelles récoltes et l'acheminement de l'aide est extrêmement compliqué.

Zakaria Maïga Coordinateur humanitaire en RCA

 

« C'est 500 tonnes de vivres qu'il faudrait acheminer en urgence pour cette zone-là. Si on ne la soutient pas, on va vers une catastrophe. »

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Société