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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 15:27

 

 

 

 

 

Le Monde.fr avec AFP |  • Mis à jour le 

 

Les soldats français déployés en République centrafricaine ont commencé, lundi 9 décembre, le désarmement des milices qui se sont livrées à de multiples exactions depuis jeudi dans la capitale, Bangui. Durant quelques minutes en fin de matinée, des premiers échanges de tirs ont eu lieu près de l'aéroport entre des soldats français et des hommes armés.

 

Ce désarmement est rendu compliqué par le fait que de nombreux miliciens « ont enlevé leur treillis et se sont mis en civil (...) et il est difficile de reconnaître les individus », a commenté Laurent Fabius, lundi matin sur France Inter.

 

« On a expliqué aux uns et aux autres, à la radio et par différentsmédias disponibles, qu'il fallait ramener les armes, le président [Michel] Djotodia a dit la même chose, on va donc aller au contact et si ce n'est pas suffisamment efficace, la force sera employée ».

 

Dimanche, l'état-major français annonçait que les patrouilles françaises s'étaient déployées, en blindés et à pied, à travers la plus grande partie de la capitale, ainsi que dans le nord et l'ouest du pays. Elles constataient une certaine « tension » à l'approche d'anciens rebelles de la Séléka : « Ils ont compris qu'ils vont devoir êtreregroupés, désarmés, que la force française est en train de s'imposer à leurs dépens dans la capitale, ce qui crée une tension. » 

 

400 MORTS À BANGUI DEPUIS VENDREDI

 

Le pays est en proie au chaos depuis la prise du pouvoir par les rebelles de la Séléka en mars. Ces chefs de guerre ont porté Michel Djotodia à la présidence du pays, et celui-ci a depuis dissous leurs groupes armés.

 

Jeudi, avant le vote de l'Organisation des Nations unies qui a autorisé une opération africaine (2 500 hommes déployés, qui doivent monter à 6 000) et française (1 600 hommes), la capitale avait sombré dans la violence. Des « antibalaka », des groupes d'autodéfense majoritairement chrétiens (80 % de la population) entrés en résistance contre les anciens de la Séléka, avaient lancé une attaque coordonnée sur Bangui. Ils étaient appuyés, selon des sources concordantes, par des membres de l'armée en rupture avec les nouvelles autorités.

 

L'ex-Séléka a depuis repris le contrôle de la capitale, au prix de chasses à l'homme quartier par quartier, sur des lignes confessionnelles opposant chrétiens et musulmans. M. Fabius estimait dimanche que près de quatre cents personnes avaient été tuées au cours des trois derniers jours.

 

AFFRONTER LES DEUX CAMPS

 

Pour ramener l'ordre, en soutien d'une force africaine qui manque d'effectifs et de moyens, et protéger les populations civiles, l'armée française doit donc désarmer les deux camps. Elle devra s'en prendre aux opposants armés au régime, qui bénéficient d'un certain soutien populaire, malgré leurs exactions. Mais aussi aux ex-rebelles qui, aujourd'hui, occupent le rôle de forces loyalistes. Elle devra les pousser dans les casernes et se confronter à ceux qui resteraient armés et en mouvement. Il s'agira encore d'éviter que leur désarmement ne sonne le départ d'un grand mouvement de vengeance contre les musulmans.

 

Interrogé sur l'avenir du président Djotodia, François Hollande avait tranché samedi : « On ne peut pas laisser en place un président qui n'a rien pu faire, a laissé faire. (…) Nous en avons parlé avec des Africains qui se mobilisent, avec le premier ministre [Nicolas Tiangaye], et l'idée a été d'aller le plus vite possible vers une élection pour qu'il y ait une autorité légitime », a-t-il déclaré.

 

Un scrutin est prévu en février 2015 et, conformément aux accords de transition, ni M. Djotodia ni M. Tiangaye ne pourront être candidats, bien que des candidats crédibles n'apparaissent pas encore.

Centrafrique : le désarmement des milices a commencé, premier échange de tirs

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 15:13

 

 

 

 

 

 

 

AFP 9 DÉCEMBRE 2013 À 08:29 (MIS À JOUR : 9 DÉCEMBRE 2013 À 13:04)

 

Vivement mis en cause samedi par François Hollande, Michel Djotodia estime en revanche bénéficier du soutien de la France, alors que 1 600 soldats français sont déployés dans le pays.

 

Le président centrafricain Michel Djotodia a affirmé lundi avoir le «soutien» des autorités françaises après les massacres qui ont ensanglanté Bangui ces derniers jours et les critiques de François Hollande à son encontre. La déclaration du président français «constitue un important soutien pour la transition qui n’a pas été remise en cause, contrairement aux allégations relayées par certains observateurs», a affirmé Djotodia, dans une déclaration à la radio d’Etat. «Je demande au peuple centrafricain de s’abstenir de toute manifestation hostile au président français», a-t-il ajouté.

 

Samedi soir, François Hollande avait émis de vives critiques à l’encontre de Michel Djotodia.«On ne peut pas laisser en place un président qui n’a rien pu faire, a laissé faire», a accusé le chef de l’Etat français, à la suite des massacres qui ont fait près de 400 morts à Bangui depuis jeudi. Arrivé à la tête du pays par les armes en mars 2013, Djotodia, chef de l’ex-rébellion de la Séléka, est censé quitter le pouvoir fin 2014 avant l’organisation d’élections.

 

Le président centrafricain a par ailleurs demandé à l’ONU de diligenter une enquête indépendante sur les massacres et dénoncé une «tentative de coup d’Etat». «Des crimes odieux et macabres ont été perpétrés lors de cette tentative de coup d’Etat du 5 décembre 2013», a-t-il dit. «A cet effet, je sollicite solennellement au nom du peuple centrafricain que les Nations unies diligentent une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités», a-t-il ajouté.

 

«Il n’y aura plus de place à l’impunité (...) Tous les auteurs des atteintes contre les biens, et des violations des droits humains, et ceci sans exception, seront systématiquement traduits en justice et sévèrement sanctionnés», a affirmé Michel Djotodia. Jeudi, des milices armées avaient lancé une vaste offensive dans plusieurs quartier de Bangui, massacrant de nombreux civils musulmans, et entraînant des représailles sanglantes des ex-rebelles Séléka contre la population terrorisée.

 

En trois jours, 394 personnes ont été tuées dans la capitale centrafricaine, selon un dernier bilan donné dimanche par le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius. L’ambassadrice américaine à l’ONU Samantha Power est intervenue dimanche par téléphone auprès de Michel Djotodia pour lui demander d’appeler au calme et de sanctionner les responsables des récentes violences.

 

Après le vote d’une résolution de l’ONU jeudi à l’unanimité, la France a déployé 1 600 militaires en République centrafricaine, en proie au chaos. Pour sa part, l’Union africaine a promis de porter à 6 000 les effectifs de sa force dans le pays, la Misca.

 

Le président centrafricain assure être soutenu par Paris

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 14:45

 

 

 

 

 

 

http://www.europe1.fr  Par Xavier Yvon et Maud Descamps

Publié le 9 décembre 2013 à 11h04

 

Comme prévu, les soldats français ont commencé à désarmer les milices rebelles qui sévissent dans le pays.

 

 

"La période d'impunité est terminée", avait prévenu le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, dimanche. Le désarmement des milices a commencé en Centrafrique, rapporte lundi l'envoyé spécial d'Europe 1 à Bangui et comme en témoignent les photos qu'il a pu prendre sur le terrain.

 

Depuis le mois de mars dernier, la Séléka, une coalition à majorité musulmane et les "anti-balaka", des milices chrétiennes se déchirent. Les membres de la Séléka, qui a renversé le président François Bozizé, sont haïs des habitants, qui les voient le plus souvent comme des "occupants" venus du Tchad et du Soudan voisins.

 

Les ex-Séléka, majoritairement musulmans, évoluent en armes, face aux "anti-balaka", "anti-machettes" en langue sango, favorables à l'ancien régime, présents en brousse ou infiltrées dans les quartiers.

Centrafrique : le désarmement a commencé
Centrafrique : le désarmement a commencé
Centrafrique : le désarmement a commencé

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 14:03

 

 

 

 

 

 

par Emmanuel Braun et Paul-Marin Ngoupana

 

BANGUI/PARIS (Reuters) - La situation est redevenue globalement calme dimanche à Bangui après des affrontements meurtriers à tendance confessionnelle entre chrétiens et musulmans mais l'armée française dit rencontrer une tension "assez palpable" au contact des groupes armés dans la capitale de la Centrafrique.

 

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a déclaré que le désarmement des différentes milices débuterait lundi. Il a prévenu que l'armée française pourrait recourir à la force pour contraindre les combattants à rendre leurs armes.

 

"D'abord on leur demande gentiment et puis s'ils ne répondent pas, on le fait par la force. C'est un mouvement qui va durer longtemps", a déclaré Jean-Yves Le Drian lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, précisant qu'une partie de ces groupes armés avait commencé à se fondre dans la population, créant une "confusion".

 

Des habitants de Bangui ont encore fait état dimanche de coups de feu sporadiques dans certains quartiers.

 

D'après le président de la Ligue centrafricaine de défense des droits de l'homme, Joseph Bindoumi, les combattants essentiellement musulmans de la Séléka, qui ont renversé le président François Bozizé en mars, restent actifs dans la capitale.

 

Le dispositif militaire français en République centrafricaine compte 1.600 hommes, dont 1.200 à Bangui.

 

"La situation est plus calme mais elle reste (...) tendue", a déclaré à Paris le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l'état-major français. "Ce que l'on constate depuis aujourd'hui c'est une tension assez palpable lorsque nos forces sont au contact de groupes armés", a-t-il ajouté.

 

APPEL AU DIALOGUE

 

Dans Bangui, les forces françaises continuent leurs patrouilles sur les grands axes et à pieds dans les quartiers, avec des éléments de la future force africaine Misca, qui compte 2.500 hommes et va voir ses effectifs portés à 6.000 soldats. Des militaires français ont aussi été déployés dans le nord et l'ouest de la Centrafrique, notamment dans les villes de Bossangoa et Bossembélé.

 

La population chrétienne centrafricaine s'est rassemblée dimanche dans les églises pour pleurer les centaines de victimes des affrontements des derniers jours entre chrétiens et musulmans, qui ont poussé l'armée française à intervenir avec l'aval des Nations unies. Des milliers de fidèles ont ainsi assisté à la messe dans l'église Saint-Paul de Bangui.

 

"Il nous faut aujourd'hui promouvoir le dialogue interreligieux pour transformer la dynamique de violence et de guerre en une dynamique de paix et de solidarité", a déclaré l'archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga, au cours de l'office.

 

Le nouveau chef de l'Etat par intérim, Michel Djotodia, a perdu tout contrôle des milices musulmanes qui se sont attaquées à la population chrétienne, largement majoritaire dans le pays.

 

Les chrétiens se sont à leur tour organisés en milices d'autodéfense et les violences ont dégénéré jeudi et vendredi.

 

La Croix-Rouge a dénombré jusqu'ici 394 morts rien qu'à Bangui, selon le président de son antenne locale.

 

La morgue de l'Hôpital communautaire déborde de cadavres, jusque dans les couloirs de l'établissement, a constaté un journaliste de Reuters.

 

ABRÉGER LA TRANSITION

 

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dit avoir commencé dimanche à distribuer des vivres à environ 20.000 personnes.

 

"La situation est extrêmement préoccupante. Des milliers de personnes ont besoin de nourriture et les hôpitaux sont surchargés", a déclaré Arnaud de Baecque, chef adjoint de la délégation du CICR en République centrafricaine, cité dans un communiqué de son organisation.

 

A Paris, Laurent Fabius a souligné que le bilan des violences aurait été bien plus lourd si la France n'était pas rapidement intervenue. "Notre rôle est un rôle sécuritaire. Si nous n'étions pas intervenus, les 394 morts auraient pu être 5.000 ou 10.000", a dit le ministre français des Affaires étrangères sur France 3.

 

Le président Djotodia, qui a annoncé samedi trois jours de deuil national, a déclaré dimanche examiner une demande française consistant à abréger le calendrier de transition et à organiser des élections en 2014 au lieu de 2015.

 

Dimanche, les soldats français de Sangaris poursuivaient leurs patrouilles dans la capitale, survolée à basse altitude par des hélicoptères militaires.

 

Un premier hélicoptère français est arrivé à Bossangoa, a rapporté dimanche sur Twitter Peter Bouckaert, directeur des situations d'urgence à Human Rights Watch (HRW). "Cela rassure les populations", a-t-il dit. Trente personnes, dont un soldat de la paix africain, ont été tuées dans cette ville vendredi.

 

Avec Marion Douet à Paris et Stéphanie Nebehay à Genève; Guy Kerivel et Bertrand Boucey pour le service français

Tension "assez palpable" avec les groupes armés à Bangui

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 13:16

 

 

 

 

 

 

http://www.lexpress.fr

 

Propos recueillis par Pauline Hofmann, publié le 09/12/2013 à  08:52

 

La France s'engage en Centrafrique pour tenter de rétablir la sécurité dans ce pays en proie au chaos. La tâche peut s'avérer longue, voire impossible si la France ne s'implique pas plus, selon Serge Michaïlof, chercheur associé à l'Institut des relations internationales et stratégiques. 

 

L'Afrique doit "assurer elle-même sa sécurité" pour "maîtriser son destin". François Hollande n'a pas l'intention d'implanter les troupes françaises à long terme en Centrafrique, il l'a réaffirmé. Mais la réalité est plus complexe et assurer la paix à long terme prendra plusieurs années. Serge Michaïlof, chercheur associé à l'Institut des relations internationales et stratégiques, est spécialisé dans les questions d'aide au développement et des pays dits "fragiles". Selon lui, en l'état actuel, le processus de sortie de crise à long terme pourrait bien ne jamais fonctionner.

 

La France s'engage en Centrafrique alors même que la reconstruction du Mali s'opère doucement. La France pourra-t-elle s'y prendre de la même manière dans les deux pays?

 

La Centrafrique est un cas plus difficile que le Mali. Le pays est problématique depuis très longtemps, il a toujours été maudit, sous-peuplé, inexploitable économiquement et donc inintéressant pour les dirigeants internationaux. Résultat, une succession de chefs d'Etat ineptes y ont pris le pouvoir, aussi bien par coup d'Etat que démocratiquement. Les dirigeants centrafricains sont des champions du genre, avec le bien connu Jean-Bedel Bokassa, mais aussi Ange-Félix Patassé, ... L'exercice du pouvoir implique de complexes négociations entre ethnies et des minorités sont en permanence exclues du pouvoir et des perspectives d'évolution économique. A cela s'ajoutent une population trop peu nombreuse pour financer le minimum d'infrastructures ou une administration efficace ainsi que la présence de brigands. 

 

Comment peut-on faire, dans ce contexte de désorganisation la plus totale, pour reconstruire la Centrafrique à long terme?

 

La stabilisation d'un pays de ce genre revêt trois aspects: le premier militaro-sécuritaire, le second politique et le dernier a trait au développement. 

 

Nous sommes au premier stade. On peut envoyer 1000 hommes pendant six mois, voire un an, pour remettre de l'ordre dans le pays. Mais on ne pourra pas garantir la sécurité sans appareil d'Etat, sans une armée et une police locale ou une administration territoriale. 

Au Mali, cette reconstruction d'un appareil d'état a pu se faire grâce à des élections post-conflit gagnées de manière indiscutable par un candidat, Ibrahim Boubakar Keïta. En Centrafrique, on assiste à un problème politique de fond, et même si l'Onu organisait des élections, il n'est pas évident que des dirigeants éclairés sorte du processus démocratique plutôt que des chefs de tribus ethnico-mafieuses. En outre la stabilité politique exige le respect du droits des minorités qui n'est pas habituelle dans ce pays. 

 

Loin de tout et terriblement enclavée, la Centrafrique fait face à de lourdes contraintes au plan du développement économique. Les exportations sont soumises au bon vouloir des coupeurs de routes et aussi des états voisins. Depuis plus de 25 ans, les routes ne sont plus entretenues. Il manque toutes les infrastructures de base pour permettre une relance économique rapide. L'économie s'est effondrée car la sécurité n'était pas assurée. Les agriculteurs sont revenus à une stricte agriculture de subsistance car les routes ne sont pas sûres. Il suffirait dans un premier temps d'assurer la sécurité, de remettre en état le réseau routier et d'améliorer la distribution d'léectricité dans les villes pour voir la croissance partir à 8-9%. 

 

Est-ce réellement aussi simple?

 

C'est simple sur la papier. Mais le vrai problème est le problème politique. D'où va-t-on sortir une élite politique capable de construire une nation? Tout le centre et le sud du pays sont chrétiens et animistes, divisés en 60 à 70 groupes d'origine bantoue. Mais le nord appartient à des groupes apparentés au Soudan et au Tchad qui ne parlent pas la langue nationale. Agréger ces deux types de population est donc un vrai défi. Il faudrait trouver un Mandela, ou même un homme moins ambitieux, une personnalité avec du charisme pour rassembler tout le monde et construire un appareil d'Etat moderne. 

 

La France est-elle capable d'aider la Centrafrique sur le long terme?

 

La France est en pointe au plan militaire, mais elle sous-traite tous les aspects de développement économique à l'Union européenne, à la Banque mondiale et à la Banque africaine. Je le sais pour avoir été un des directeurs opération de la Banque mondiale.

 

Ces grandes institutions, par ailleurs remarquables, ont du mal à travailler dans des pays déstructurés. Elles ont toujours appris à travailler avec des administrations publiques sur place capables de gérer la coordination des aides. L'expérience montre leur incompétence. Regardez l'Afghanistan ou Haïti alors que le Vietnam est une réussite! 

 

De plus, ces institutions internationales ne connaissent pas le monde francophone. Très peu de leurs cadres parlent français. A cela s'ajoute qu'elles se sont totalement désintéressées du secteur rural, alors que l'agriculture est très importante dans un pays comme la Centrafrique. 

 

La France, parce qu'elle a l'expérience -de par son histoire commune, la présence d'instituts de recherche sur place et la culture administrative commune- pour gérer de telles situations, serait mieux armée. Mais elle a préféré confier ses ressources d'aides aux multilatéraux. 

 

Comment la France pourrait-elle récupérer la main sur son aide au développement?

 

A l'heure actuelle, la France donne plus de la moitié de son budget consacré à l'aide publique au développement aux institutions multilatérales. En fait, si l'on s'intéresse aux ressources effectivement consacrées à financer des projets de développement, les multilatéraux sont vraiment les grands bénéficiaires. L'essentiel de notre aide bilatérale est soit pré-affecté, soit sous forme de prêts inadaptés aux besoins des pays du Sahel. Il est difficile de modifier profondément cette répartition qui s'est pourtant faite au cours des années, dans le secret des cabinets. Pour sortir de cette impasse, je propose de créer des "fonds fiduciaires" pour aider les pays dans les situations les plus urgentes, comme le Mali. Il s'agirait d'un certain volume de ressources dédiées à un usage spécifique, par exemple le développement rural dans un pays particulier. Ces fonds seraient alimentés par les institutions multilatérales et partiellement par la France mais permettraient de créer des structures de gouvernance dans laquelle la France avec son expertise retrouverait un rôle significatif.  

 

Je ne dis pas que les négociations avec les bailleurs internationaux seraient faciles. Mais c'est parfaitement jouable. Pour l'instant cette proposition ne semble pas convaincre nos décideurs qui pensent, un peu naïvement selon moi, que les grandes institutions multilatérales feront mieux sans nous. Il est aussi vrai qu'un tel fonds exigerait des arbitrages sévères au sein du budget de notre aide au développement, qui heurteraient quelques lobbies. Mais il est grand temps que les budgets de notre aide coïncident avec nos priorités géopolitiques. Il est quand même surprenant que le développement rural au Sahel n'ait mobilisé que 1,5 pour mille de notre aide publique au développement ces dernières années et que l'on cherche en vain dans les 114 pages d'annexe du budget 2014 consacré à notre aide au développement, les mots Sahel ou Mali. Avec une population qui aura triplé entre 2005 et 2050, les pays du Sahel francophone courent le risque de suivre la voie de l'Afghanistan si des jobs ne sont pas créés d'urgence. Sans doute est-il maintenant nécessaire de gérer sérieusement notre aide au développement 


En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/la-stabilisation-de-la-centrafrique-est-un-cas-plus-difficile-que-le-mali_1305678.html#5B2HXckmBXRbWbvB.99

"La stabilisation de la Centrafrique est un cas plus difficile que le Mali"

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 12:31

 

 

 

 

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com   09-12-2013 à 09h25 - Mis à jour à 10h25

 

Paris (AFP) - En moins de 48 heures la France a déployé en Centrafrique des troupes aguerries, rodées aux crises africaines, qui dès lundi commenceront à désarmer les milices qui ont plongé le pays dans la terreur et reprendre le contrôle du terrain.

 

A compter de lundi "la période d'impunité est terminée, on entre dans une phase où on pose les armes. Tout le monde pose les armes", a insisté le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

 

Un millier de soldats français ont rejoint durant le week-end le 600 déjà sur place. Le gros des unités mobilisées appartient à la 11e brigade parachutiste habituée des situations d'urgence. Des hommes de l'infanterie de marine avec une longue expérience de l'Afrique. Une force très mobile, équipée de blindés légers, type VAB et VBL, dotés de mitrailleuses lourdes ou de canons de 20 mm, qui ont pris position dans plusieurs villes du pays.

 

A peine sur place, les paras vont devoir entamer leur bras de fer avec des groupes armés disparates, des miliciens aux uniformes dépareillés, qui terrorisent la population depuis des mois.

 

L'objectif est de les désarmer au plus vite pour faire cesser les exactions. "Quels que soient les groupes armés, dès lors qu'il y aura une hostilité à notre encontre ou contre la population, ils seront considérés comme hostiles, à l'instant même", résume le porte-parole de l'état-major des armées, le colonel Gilles Jaron.

 

En clair, soit les ex-rebelles de la Séléka et les miliciens de tous bords se soumettent, soit les militaires utiliseront leur puissance de feu. Montrer sa force pour faire plier l'adversaire. En attendant, les soldats français et les groupes armés se croisent et se jaugent dans les rues de Bangui, où les unités françaises ont renforcé leurs patrouilles.

 

Les Français devront agir dans un pays en pleine anarchie. En milieu urbain, propice aux embuscades, comme dans l'est du pays, où les villageois se sont réfugiés par milliers dans la brousse pour échapper aux massacres. "Sur le plan tactique nos soldats savent faire. Il va falloir s'interposer, repérer les endroits où les milices frappent, les raisonner ou les neutraliser", souligne Pascal Le Pautremat, spécialiste des questions de défense.

 

Aller au contact des groupes armés

 

L'opération a été préparée de longue date et les services français ont une connaissance approfondie du pays, de ses réseaux et de ses composantes. Les paras peuvent également compter sur la coopération d'une grande partie de la population lassée des tueries, qui les a accueillis en sauveurs.

 

Après avoir établi des points d'appui, à Bangui, Bouar ou Bossangoa (est), les militaires français vont rayonner pour étendre peu à peu leur contrôle aux zones alentours. Comme ils le font depuis des mois au Mali.

 

Hérité d'un siècle de colonisation et des conflits post-coloniaux, le savoir-faire africain des militaires français, c'est aussi "aller au contact". Au contact de la population et des responsables locaux, pour s'appuyer sur les liens familiaux, religieux ou communautaires. Au contact aussi des groupes armés pour établir un rapport de forces. "On enverra des commandos de marine pour leur faire comprendre qu'il faut qu'ils arrêtent sinon on utilisera la force. Il y a un vrai savoir-faire psychologique", note Pascal Le Pautremat.

 

La guerre des nerfs a également commencé dans le ciel, avec le passage quotidien au-dessus de Bangui ou de Bossangoa de patrouilles d'avions Rafale venus du Tchad, pour dissuader l'adversaire. Et la force française dispose déjà dans la capitale de huit hélicoptères (2 Fennec, 4 Puma, 2 Gazelle), qui ont montré leur efficacité lors des combats en Libye.

 

En face, les miliciens disposent de beaucoup d'armement léger, de fusils d'assaut, de mitrailleuses fixées à l'arrière de pick-up, ou de lance-roquettes type RPG. Et leur capacité de nuisance reste intacte.

En Centrafrique la France déploie des troupes de choc

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 12:22

 

 

 

 

 

 

 

Bossembelé (Centrafrique) (AFP) - 09.12.2013 08:37 - Par Patrick FORT

 

A Bossembelé, ville du centre de la Centrafrique célèbre pour ses deux prisons sous l'ex-président François Bozizé, le fossé s'est creusé entre chrétiens et musulmans depuis l'arrivée de la Séléka au pouvoir et les violences interreligieuses qui ont secoué le pays ces derniers jours.

 

Avec l'arrivée des soldats français de l'opération Sangaris samedi, de nombreux chrétiens ont commencé à réapparaître en ville après avoir fui en brousse par peur de représailles après les massacres de musulmans à Bangui.

 

La ville est toujours tenue par les hommes de la Séléka (ex-rébellion composée majoritairement de musulmans) qui ont investi depuis leur arrivée au pouvoir en mars le camp militaire où jadis, le régime de Bozizé enfermait les prisonniers au secret dans des conditions inhumaines.

 

Aujourd'hui, les habitants de Bossembelé accusent les rebelles d'y enfermer à leur tour des Centrafricains de manière arbitraire. "Ca a commencé à +merder+ avec l'arrivée de la Séléka", affirme Geneviève Seper, 23 ans, racontant que son grand-frère a été arrêté par des Séléka "dans sa maison", emmené au camp et "enfermé dans un conteneur". "Il est commerçant. Ils voulaient de l'argent. Ils lui ont pris 20.000 francs CFA (30 euros)", explique-t-elle.

 

"La population paysanne ne peut plus aller travailler par peur", explique Pierrot Félicien Gbewenguende, 45 ans, enseignant, qui a fui pendant plusieurs jours en brousse, lors des premières grosses tensions à Bangui le 5 décembre. Comme souvent dans le pays lors d'attaques rebelles, les populations terrorisées quittent leurs habitations et attendent que les choses se calment. "Beaucoup de maison sont encore fermées", souligne M. Gbewenguende.

 

Il accuse les civils musulmans d'avoir pris fait et cause pour la Séléka: "Avant on vivait tous en symbiose (chrétiens et musulmans) mais dès que la Séléka est arrivée, ils (les musulmans) se sont mis contre nous. Ce n'est plus comme avant". Un sentiment renforcé par le fait que pendant l'offensive de début 2013, les pillages des Séléka ont souvent épargné les commerces musulmans mais pas les chrétiens.

 

Il reproche aussi à la Séléka de vouloir "islamiser le pays", composé de 10% de musulmans et de 80% de chrétiens.

 

"la paix est possible"

 

Les musulmans de la ville voient la situation différemment. "Bozizé (renversé par la Séléka) a tué beaucoup de gens. Séléka est arrivée et c'était une bonne chose. Il fallait changer. Mais, le problème c'est que les chrétiens ne veulent pas un président musulman (Michel Djotodia, président intérimaire). Bozizé veut revenir au pouvoir", estime Abdallah Hadji, mécanicien chauffeur, 38 ans.

 

Après avoir subi des mois durant les exactions des ex-rebelles Séléka, beaucoup de Centrafricains chrétiens aspirent à la vengeance.

 

Cette colère des populations contre les Séléka, s'est traduite en septembre par la constitution de milices d'autodéfense paysanne, les anti-balaka ("anti-machettes"). Elle s'est progressivement reportée contre les civils musulmans, avec massacres et cycle infernal de représailles.

 

"Les anti-balaka ont tué des des musulmans innocents sans raison. Ils ont détruit une mosquée. La Séléka ne pouvait pas rester sans rien faire", poursuit Abdallah Hadji, balayant les détentions arbitraires au camp de la ville: "La Séleka arrête les anti-balaka. Pas les populations".

 

Un jeune Peul raconte que sa famille a fui sa maison et son village par peur des anti-balaka. Pourtant, malgré ces rancoeurs tous espèrent que "la paix va régner". "J'attends les élections, ce n'est pas un problème si le (prochain) président est chrétien", souligne Abdallah Hadji. "La paix est possible. On peut vivre ensemble comme avant mais il faut des élections, la démocratie", assure Guy Yombo, lui aussi mécanicien.

 

Environ 1.600 soldats français étaient déployés dimanche en Centrafrique, pour l'essentiel dans Bangui, afin de mettre fin au chaos.

 

Tous espèrent que l'armée française restera jusqu'au scrutin officiellement prévu en 2015. "Il faut que la France reste le temps qu'il faudra, jusqu'aux élections, dit M. Gbewenguende J'ai envie de dire au président Hollande: au lieu des 1.600 soldats, il faut qu'il nous en envoie 6.000!".

 

© 2013 AFP

 

 

 

Centrafrique: à Bossembelé, le fossé se creuse entre chrétiens et musulmans
Centrafrique: à Bossembelé, le fossé se creuse entre chrétiens et musulmans

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 12:16

 

 

 

 

 

 

http://ccfd-terresolidaire.org  9 décembre 2013

 

 

Ancienne ministre du commerce et de l’industrie, députée et aujourd’hui membre du Conseil national de transition, Béatrice Epaye alerte depuis plusieurs mois la communauté internationale sur le délitement de son pays livré à l’anarchie et aux pillages. Après avoir témoigné aux Nations-Unies en septembre dans une délégation accompagnée par le CCFD Terre-Solidaire, nous la rencontrons au moment où le Conseil de sécurité adopte la résolution prévoyant une intervention militaire en Centrafrique proposée par la France.

 

Béatrice Epaye est aussi présidente et membre fondatrice de l’association La voix du cœur, qui vient en aide aux enfants des rues. Ce projet est soutenu depuis de nombreuses années par le CCFD-Terre Solidaire.

 

Espérez-vous que l’intervention militaire appuyée par la France contribuera à ramener la sécurité en Centrafrique ?


Béatrice Epaye : « Il faut savoir que des forces militaires étaient présentes dans le pays lors du coup d’état en avril dernier. Mais les forces françaises avaient seulement un mandat pour protéger les intérêts et les ressortissants français, et n’avaient pas mandat à intervenir dans les affaires centrafricaines. De son côté, la Fomac (la force multinationale des états d’Afrique centrale) était déjà une force d’interposition chargée de sécuriser la population. Cette force est restée impuissante, et l’Union africaine a ensuite décidé de créer la Misca (mission internationale de soutien à la Centrafrique). C’est cette mission internationale qui va être appuyée par les forces françaises, suite au vote de l’Onu. Elle devrait permettre de mieux intervenir et sécuriser les populations. »

 

Qu’apporte l’intervention de la France ?


« Même lorsque les états africains envoient des troupes, ils n’ont pas forcément les moyens de les équiper correctement et de sécuriser un pays grand comme une fois et demie la France (et peuplé seulement de 4.5 millions d’habitants). L’intervention française permet d’obtenir des moyens. Aujourd’hui d’autres états, dont les américains, s’engagent par exemple à financer la Misca. L’Afrique seule n’arrivera pas à mobiliser ces moyens. La France a aussi l’avantage de bien connaitre le terrain. »

 

Cette intervention ne risque-t-elle pas d’être mal perçue par une partie de la population, du fait du passé colonial de la France et de ses interventions précédentes en Centrafrique ? 

 

« Nous sommes dans une telle situation que nous avons dépassé cette dimension. C’est tout un pays qui est à reconstruire. Le peuple a lancé des cris de détresse. Depuis un an, les gens se sentent peu à peu livrés au pillage et abandonnés. Il faut comprendre qu’en Centrafrique, la radio nationale n’émet pas au-delà de 100 km de la capitale. RFI, la BBC, parfois la Voix de l’Amérique restent les principales sources d’information. Les gens ont suivi l’intervention de la France au Mali en se disant « pourquoi pas nous ? ». Ils attendent l’intervention de la France depuis plusieurs mois. »

 

Quelles sont les conditions pour que cette intervention permette d’améliorer la situation ?


« Une des difficultés est que nous sommes un grand pays. En cas d’intervention militaire, les milices se replient et se renforcent dans la brousse avant de revenir. Si la France s’en va dans six mois, et la Misca dans un an, cela sera très difficile pour nous, car nous n’avons presque plus d’armée. Il faut du temps pour remettre un pays en route. Les Nations Unies doivent nous accompagner pour reconstruire la légalité constitutionnelle, organiser des élections, renforcer les institutions et mettre un terme à l’impunité. Nous devons tirer les leçons de ce qui nous a amené à cet état de déliquescence. Si la France ne peut pas continuer, il faudra que des forces des Nations-Unies prennent le relais. »

 

La Centrafrique semble avoir des ressources minières importantes. A qui bénéficient-elles aujourd’hui ?


« On a identifié plus de 400 minerais. Ce sont surtout l’or et le diamant qui sont exploités, le plus souvent de manière artisanale. Des bureaux d’achats ont des collecteurs qui vont acheter les diamants chez les artisans miniers. Aujourd’hui chaque chef de guerre récupère les bénéfices des gisements qui sont sur le territoire où ils sont implantés (de même pour les taxes imposées à la population). L’Etat ne récupère aucune de ces ressources. Il n’y a pas non plus de grandes entreprises industrielles. Areva s’est intéressé un moment aux gisements d’uranium. Mais avec l’instabilité de la zone et la chute du cours de l’uranium liée à la catastrophe de Fukushima, le groupe a renoncé. »

 

Quelle est la situation de l’état ?


« Cela fait trois mois que les fonctionnaires ne sont pas payés. Beaucoup d’écoles ont été détruites et occupées par les rebelles Sélékas qui dans leur progression ont pillé les biens de la population, de l’état, des églises…. Même les musulmans ont été rançonnés. La plupart des écoles ne fonctionnent plus depuis un an. Arrivés à Bangui le 24 mars, les Sélékas ont pillé la ville et occupé aussi les écoles et les hôpitaux. L’Assemblée a été dissoute, et remplacée par un Conseil national de transition, dont je fais partie. »

 

Vous êtes présidente et membre fondatrice de l’association « La voix du cœur », partenaire du CCFD-Terre Solidaire, qui s’occupe des enfants des rues. Quelle est leur situation aujourd’hui ?


« Les enfants des rue sont apparus à la fin des années 80. Avec l’épidémie de Sida, beaucoup d’enfants se sont retrouvés orphelins. Le phénomène s’est accéléré avec les problèmes politiques et militaires qui appauvrissent la population. Aujourd’hui on compte 8000 enfants des rues, dont 6000 à Bangui. Nous avons un centre ouvert à tous les enfants. Nous cherchons à offrir une prise en charge et une réinsertion familiale et sociale aux enfants. J’ai croisé récemment des enfants des rues que je connais. Ils me disent qu’ils font maintenant partie des Sélékas. Ces enfants sont des proies faciles. Il y a toujours eu des foyers de rebellions en Centrafrique, et des enfants soldats. Mais pas à cette échelle. »

 

Peut-on parler d’un conflit religieux ?


« Jamais nous n’aurions imaginé parler de guerre de religion auparavant. La coexistence s’est toujours bien passée, avec beaucoup de mariages mixtes. Mais aujourd’hui les affrontements prennent un prétexte religieux. Ceux qui veulent le pouvoir amènent les communautés à s’affronter. Les rebelles centrafricains qui ont créé la Séléka et sont entrés dans Bangui en mars ont mis en exergue que peu de musulmans sont dans l’administration centrafricaine. Ils ont intégré de nombreux combattants étrangers venus du Tchad, du Soudan, de Lybie et tout pillé sur leur passage, y compris les églises. En réaction de jeunes villageois chrétiens se révoltent, fabriquent leurs propres armes, parfois soutenus par les militaires. Ils vont attaquer des musulmans qui ne sont pas impliqués dans les violences. La situation est devenue extrêmement dangereuse, et les gens ont très peur. Lorsque j’ai appelé l’archevêque de Bangui le matin du vote au Conseil de sécurité, il m’a dit que des centaines de personnes s’étaient réfugiés à l’archevêché. Une plateforme de religieux, composée de l’archevêque de Bangui, de l’Imam de la Mosquée centrale de Bangui, et du Révérend pasteur de l’association des Eglises évangéliques dénonce les violences et appelle au calme. »

 

Propos recueillis par Anne-Isabelle BARTHELEMY

 

Centrafrique : « Les Nations Unies doivent nous accompagner pour reconstruire notre Etat » : Béatrice Epaye

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 22:54

 

 

 

 

 

 

Bangui (AFP) - 08.12.2013 21:05 - Par Michel CARIOU et Patrick FORT

 

Les soldats français ont étendu dimanche leur champ d'action dans tout Bangui, où de premières tensions sont perceptibles avec des éléments de l'ex-rébellion Séléka, en attendant le désarmement des groupes armés promis par Paris.

 

"La période d'impunité est terminée", a prévenu dimanche soir le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui s'exprimait sur des médias français.

 

"Demain" (lundi), "tout le monde pose les armes", a a affirmé le ministre. Ou alors "on utilise la force pour les faire poser", a-t-il mis en garde.

 

En véhicules blindés ou à pied, pour la deuxième journée consécutive, les soldats français de l'opération "Sangaris" ont été très visibles dimanche sur les boulevards et carrefours stratégiques de Bangui, où l'activité est restée réduite malgré le retour à un calme relatif après les massacres des jours derniers.

 

Les militaires de Sangaris patrouillent désormais "dans l'ensemble" de la capitale, selon l'état-major français: "Là où nous sommes, nous ne constatons pas de menace à l'encontre de la population, mais la situation sécuritaire reste tendue".

 

Les soldats français ont notamment observé une certaine "tension" à l'approche d'éléments armés de l'ex-rébellion de la Séléka (au pouvoir), selon l'état-major: "(...) ils ont compris qu'ils vont devoir être regroupés, désarmés, que la force française est en train de s'imposer à leurs dépens dans la capitale, ce qui crée une tension".

 

Patrouille française visée par des tirs

 

Près de l'aéroport, une patrouille française a répliqué dimanche après avoir été la cible de tirs, selon des témoins. Il n'y a eu aucun blessé côté français, d'après une source militaire. Jeudi, un premier incident survenu également près de l'aéroport avait fait quatre morts dans les rangs de l'ex-Séléka.

 

De facto, l'avertissement français s'adresse en priorité à ces ex-combattants rebelles, coupables de nombreuses exactions ces derniers mois -pillages, exécutions sommaires- à l'encontre de la population.

Haïs des habitants, qui les voient le plus souvent comme des "occupants" venus du Tchad et du Soudan voisins, les ex-Séléka, majoritairement musulmans, sont les seuls à évoluer en armes dans la capitale, face aux milices villageoises et chrétiennes "anti-balaka" (anti-machettes, favorables à l'ancien régime), présentes en brousse ou infiltrées dans les quartiers.

 

La Centrafrique est plongée dans le chaos et un engrenage de violences communautaires et inter-religieuses entre chrétiens et musulmans depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka.

 

Ces violences se sont multipliées à Bangui comme en province, dans un pays de 4,6 millions d'habitants en totale décomposition, précipitant l'intervention française dans le pays, officiellement lancée jeudi soir après le vote d'une résolution de l'ONU.

 

Le matin-même, des miliciens anti-balaka avaient lancé une vaste offensive dans plusieurs quartier de Bangui, massacrant de nombreux civils musulmans, et entrainant des représailles sanglantes des ex-Séléka contre la population terrorisée.

 

En trois jours, 394 personnes ont été tuées, selon un dernier bilan donné dimanche par le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

"Le calme est revenu dans Bangui, même s'il y a encore ici ou là des exactions", a-t-il expliqué, alors que l'armée française a véritablement lancé ses opérations de sécurisation.

 

L'opération Sangaris (du nom d'un papillon rouge local) mobilise 1.600 militaires français, déployés en appui à une force africaine sur place, la Misca (2.500 soldats).

 

Avec pour mission prioritaire de mettre fin aux massacres et de "désarmer toutes les milices et groupes armés qui terrorisent les populations", ils demeureront dans le pays "autant que nécessaire", et jusqu'à la tenue d'élections, selon Paris.

 

L'essentiel des forces françaises est concentré à Bangui, mais des unités sont également déployées dans le nord-ouest du pays, où les affrontements à caractère inter-religieux sont réguliers depuis septembre.

 

Arrivée la veille par la route du Cameroun, via les villes de Bouar (ouest) et Bossembélé, une colonne de blindés français a fait son entrée dimanche soir à Bangui sous les vivats la foule, a constaté l'AFP.

 

Une centaine d'autres soldats, venus eux de Bangui, se sont déployés à Bossangoa (270 km au nord-ouest de la capitale), une localité où la tension reste extrêmement vive.

 

Un président "qui a laissé faire"

 

La plupart des militaires de Sangaris sont issus de la 11e brigade parachutiste, avec une nette prédominance des troupes de marine. L'opération dispose aujourd'hui de huit hélicoptères, et du soutien d'avions de chasse Rafale, en provenance du Tchad voisin, qui ont de nouveau survolé Bangui dimanche matin en guise de démonstration de force.

 

"On attend que les Français rentrent dans nos quartiers pour qu'on ne voit plus tous ces gens armés", expliquait dimanche matin à l'AFP un habitant de Bangui, en référence aux hommes de la Séléka.

 

Les combattants de l'ex-rébellion ont presque disparu des rues de la ville, après avoir reçu l'ordre des autorités de rentrer dans les casernes.

 

Samedi soir, le président centrafricaine et ancien chef rebelle Michel Djotodia, apparemment incapable de garder le contrôle d'une partie de ses troupes (supposées être intégrées aux forces de sécurité) a fait l'objet de vives critiques de la part du président François Hollande, plutôt inhabituelles dans la bouche d'un président français.

 

"On ne peut pas laisser en place un président qui n'a rien pu faire, a laissé faire", a accusé le chef de l'Etat français à propos de M. Djotodia, censé quitter le pouvoir fin 2014 avant l'organisation d'élections.

 

L'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power est intervenue dimanche par téléphone auprès de M. Djotodia pour lui demander d'appeler au calme et de sanctionner les responsables des récentes violences.

 

A ce jour, près de 480.000 Centrafricains ont été déplacés par les violences, dont environ 50.000 à Bangui, a estimé le représentant de l'Unicef en RCA, évoquant des déplacements "massifs" et qui se sont "encore accentués" ces derniers jours. La Commission européenne a par ailleurs annoncé la mise en place d'une liaison aérienne quotidienne de son service aérien humanitaire (Echo flight) entre Bangui et Douala, au Cameroun.

 

© 2013 AFP

 

 

 

Les soldats français déployés dans l'ensemble de la capitale Bangui

 
Les militaires français ont perçu une certaine tension dimanche à l'approche d'éléments armés de l'ex-rébellion Séléka (au pouvoir) à Bangui, a annoncé à Paris l'état-major des armées. Les soldats français ont renforcé leurs patrouilles dans la capitale centrafricaine.
"Je pense qu'ils ont compris qu'ils vont devoir être regroupés, désarmés, que la force française est en train de s'imposer à leurs dépens dans la capitale, ce qui crée une tension", a souligné le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron.
 
Les soldats français patrouillent désormais "dans l'ensemble" de Bangui, a souligné le porte-parole militaire : "Là où nous sommes, nous ne constatons pas de menace à l'encontre de la population, mais la situation sécuritaire reste tendue".
 
Aucun accrochage n'a cependant eu lieu entre militaires français et miliciens depuis un premier incident survenu jeudi près de l'aéroport, qui a fait quatre morts dans les rangs de l'ex-Séléka, a précisé le colonel Jaron.
 
400 victimes en trois jours
 
Environ 1600 soldats français étaient déployés dimanche en milieu de journée en Centrafrique. L'essentiel des forces françaises est concentré à Bangui mais des unités sont également déployées dans l'ouest du pays.
 
Hors de de la capitale, environ 200 soldats français sont arrivés samedi soir à Bossembélé, sur la route entre Bangui et Bossangoa, au nord-ouest du pays. Une centaine d'autres soldats se sont déployés à Bossangoa.
 
Près de 400 personnes ont été tuées dans les violences au cours des trois derniers jours à Bangui, a indiqué dimanche le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.


(ats / 08.12.2013 18h30) 
Centrafrique: l'armée française promet le début du désarmement lundi

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 22:24

 

 

 

 

 

 

BBC Afrique  8 décembre, 2013 - 20:32 GMT

 

Un responsable des milices d’autodéfense salue l'intervention des soldats français en République centrafricaine (RCA) et souhaite travailler à la tenue d’élections libres dans le pays.

 

"Nous sommes totalement d’accord avec la déclaration du président français. Michel Djotodia a montré sur toute la ligne son incapacité à gérer et commander le pays. Il a lui-même déclaré qu’il ne pouvait pas contrôler le pays", a dit dimanche Joachim Kokaté, l’un des leaders de la résistance contre la Séléka.

 

"Avec le concours de la France et des partenaires de la RCA, nous allons travailler à cela, pour des élections libres et transparentes", a-t-il affirmé dans un entretien avec la BBC.

 

M. Kokaté, ancien ministre centrafricain des Petites et moyennes entreprises, a encore dit : "Nous demandons à tous les Centrafricains de coopérer avec l’armée française, qui est en train de sécuriser le pays".

 

François Hollande, le président français, a estimé samedi que le président centrafricain de transition devait quitter la tête du pays.

 

Vendredi, la Croix-Rouge centrafricaine faisait état d'environ 300 morts, à la suite des violences qui ont ensanglanté Bangui - la capitale du pays - la veille.

 

"Sangaris"

 

Selon le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, 394 personnes ont été tuées à Bangui, entre jeudi et samedi.

 

Depuis samedi, 1.600 soldats français se déploient à Bangui, dans le cadre de l’opération "Sangaris" lancée avec le feu vert de l’ONU. Soit 400 soldats de plus que le nombre initialement annoncé par les autorités françaises.

 

La RCA est en proie à un cycle de violences intercommunautaires depuis le renversement de l’ancien président François Bozizé en mars par les rebelles de la Séléka.

 

Le mouvement anti-balaka - dont fait partie Joachim Kokaté - et la Séléka s’accusent mutuellement d’être à l’origine des massacres survenus entre jeudi et samedi. La Séléka a évincé l’ex-président François Bozizé du pouvoir en mars 2013.

 

Michel Djotodia, le président de transition de la RCA, a déclaré depuis plusieurs mois avoir dissous la Séléka qui l’a porté au pouvoir. Mais le mouvement est toujours accusé de commettre des exactions dans le pays.

 

L’Union africaine a mobilisé un contingent d’environ 2.500 hommes en RCA, que viennent renforcer les soldats français.

 

Source : http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2013/12/131208_rcakokate.shtml

 

 

 

NDLR : La réalité est que l'intervention de l'armée française prend de court les bozizistes de tout poil et fausse totalement leurs calculs machiavéliques. Bozizé et ses lieutenants ne savent plus à quels saints se vouer. Leur vaine et ultime tentative de s'emparer du pouvoir le jeudi 5 décembre a lamentablement échoué mais malheureusement coûté très chère en vies humaines. Bozizé et toute sa progéniture, Francis, Papy, Djodjo et Socrate Bozizé , le "boucher de Paoua" Eugène Ngaikoisset, Vianney Semndiro, Lévi Yakété et autres Stéve Yambété, en sont pour leurs frais. Ils n'en sont même pas encore à une année d'exil depuis leur chute du 24 mars 2013 et ils n'en peuvent déjà plus. D'autres avant eux ont mis dix années en exil avant de regagner le bercail après le coup d'état du 15 mars 2003 de Bozizé.   

 

 

RCA : un opposant tend la main à l’armée française

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