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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 22:58

 

 

 

RADIO ND K LUKA

 

 

Un élément de la garde présidentielle tue son épouse et la dépouille

Radio Ndéké Luka Mercredi, 25 Avril 2012 14:20

Il ne se passe pas un seul jour, ni un mois sans que  les femmes centrafricaines ne soient victimes de traitements cruels inhumains ou dégradants, quel que soit leur rang social. Le dernier exemple en date est celui d’une enseignante, la trentaine et professeur au Lycée Saint Charles de Bangui.

Elle a été mortellement torturée le 24 avril 2012 par son amant, un Sergent-chef  de la garde présidentielle. L’acte s’est produit au PK 13 dans la commune de Begoua, périphérie de la ville de Bangui.

Selon les témoignages des collaborateurs de la victime, « son amant l’a accusée de sortir avec un autre homme. En guise de correction, ce sergent-chef de la garde présidentielle l’a mortellement agressée. Conduite à l’Hôpital Communautaire de Bangui par son bourreau accompagné de ses frères d’armes, la victime s’est éteinte sans tarder ».

« Une fois constater le décès de son épouse, ce militaire s’est retiré de l’hôpital en question pour se rendre au camp de Roux, abandonnant ainsi la victime. Et, c’est à la morgue que ses frères d’armes ont pris le soin d’informer les parents de l’enseignante »,ont mentionné ces sources.

Selon Moïse Kotayé, un des parents de la victime interrogé par Radio Ndeke Luka, « le corps de cette dernière porte des tuméfactions et son crâne est presque broyé ».Mais après ce forfait, le présumé criminel, accompagné de ses amis d’armes, a emporté tous les biens de la maison dont ceux acquis par la défunte ».

Pour lui, « c’est comme si le militaire a tué leur fille pour la voler. Beaucoup de ses biens ont été emportés : ordinateur portable, moto-dame, matériaux de construction voire des vêtements ».

« Ce qui est plus grave dans cette affaire est que, ce militaire se balade sans état d’âme, sans se rendre à la gendarmerie, moins encore sans être inquiété par la Justice. Simplement parce qu’il travaille auprès du Chef de l’Etat centrafricain François Bozizé », a indiqué Moïse Kotayé.

Pourtant, les associations et ONG font de multiples sensibilisations sur le respect des Droits de l’Homme dont celui de la femme en Centrafrique. Cette situation est loin de connaitre une amélioration dans le pays.

 

RCA, le paludisme tue plus que les autres maladies dont le VIH/SIDA

Radio Ndéké Luka Mercredi, 25 Avril 2012 14:18

Les récentes consultations dans les formations sanitaires de la République Centrafricaine relèvent que le paludisme arrive en tête avec plus de 40% par rapport aux autres maladies dont le VIH/SIDA. Ce chiffre vient d’être rendu public ce 25 avril 2012, par le ministère de la santé lors de la célébration de la journée mondiale du paludisme.

Le thème retenu cette année est « Maintenir les progrès, sauver des vies, investir dans la lutte contre le paludisme ». EnCentrafrique, c’est la ville de Sibut (186 kilomètres nord de Bangui) qui a été choisie pour abriter les festivités.

Selon docteur Louis Namboua, Directeur général de la santé publique, « le paludisme continue d’être la première cause de morbidité en RCA. Il tue en particulier les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. Ce qui occasionne parfois plus de décès c’est le fait que certains parents conduisent tardivement leur progéniture à l’hôpital. Pour d’autres, le paludisme est assimilé à la sorcellerie, au charlatanisme ».

Pour lutter efficacement contre cette maladie explique-t-il, « le gouvernement, avec l’aide de ses partenaires, érige le programme de lutte contre le paludisme en service comportant plusieurs sections et supervisions. Ajouter à cela, le changement du protocole du traitement : la chloroquine est remplacée par plusieurs nouveaux produits dont le coartem, et les moustiquaires imprégnées sont gracieusement distribuées.  Seulement ces moustiquaires sont utilisées à d’autres fins : pêche ou encore protection des cadavres par certaines familles ».

Outre ces stratégies mises en place par le gouvernement, éviter le paludisme passe aussi par l’assainissement du milieu. Or, il se trouve que pour la ville de Bangui par exemple, plusieurs quartiers ne sont pas urbanisés, des canaux d’évacuation d’eau manquent cruellement.

La Journée mondiale de lutte contre le paludisme,  instituée par l'Assemblée Mondiale de la Santé lors de sa 60ème  session en mai 2007, a pour but de faire prendre conscience de l'effort mondial nécessaire pour lutter efficacement contre le paludisme.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dépêches
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 22:39

 

 

 

 

Marylin-Mouliom-Roosalem.jpg

 

Le Centrafricain ne sait plus à quel saint se vouer. Avec les salaires qui sont bloqués depuis plus de trois décennies et les prix des produits de première nécessité (huile de palme et d’arachide, savon, oignon, sucre, tomate, farine de blé, boîte d’allumettes, …) qui ont été multipliés par trois voire quatre, la vie est devenue invivable pour les ménages. Le Centrafricain ne mange plus qu’une seule fois par jour. Se procurer les produits de première nécessité relève du miracle. Des produits qui proviennent pour l’essentiel de l’extérieur : le savon, la bière, le sucre, la farine de blé, l’oignon,  le poisson de mer et le poulet congelés proviennent du Cameroun, l’huile de graine de coton, le poisson fumé et l’oignon  du Tchad et l’huile de palme de la RDC. Et ce sont les commerçants libanais qui sont les seuls  transporteurs, et vendeurs grossistes.

Suite à des voix qui commencent à s’élever dans la rue, la ministre du commerce a pris dans la précipitation un arrêté pour encadrer les prix de certains produits de première nécessité dans les villes de Bangui, Bimbo et Begoua  tout en alléguant que le gouvernement ne fait que de la surveillance des prix.

Un régime affaibli, corrompu qui a démontré son inaptitude à gouverner le pays plongé dans la crise ne peut faire respecter une décision gouvernementale et de surcroît un arrêté ministériel. La ministre a pris une décision populiste et très simpliste sans prendre en compte tous les paramètres qui concourent à la fixation du prix de vente au consommateur. Et pourtant, la ministre avait à son service un cabinet composé de techniciens qui disposent  des éléments d’aide à la décision. Ce sont les consommateurs qui payent chers cet amateurisme.

Nous ne prendrons que le cas pathétique du poisson frais congelé, importé du Cameroun, en  l’occurrence le chinchard, très prisé par les Centrafricains. Le prix du kg avant l’arrêté ministériel était à 1400 F cfa et il  a été administrativement ramené à 1000 F cfa le prix de gros. Avec une baisse de presque 1/3 du prix de vente, les consommateurs ont cru faire une bonne affaire et se sont rués sur le produit jusqu’à épuisement des stocks dans les poissonneries de la place. A l’heure actuelle, il n’existe pas sur le marché de Bangui ce poisson importé et bon marché pour la plupart des banguissois.  

Il faut regarder le spectacle affligeant des femmes, mères de famille avec des bébés sur le dos assises à même le sol devant les poissonneries des libanais en ville attendant une hypothétique livraison de cartons de chinchard pour alimenter leur petit commerce de vente de poisson grillé.

Tout cela, était sans doute prévisible car la ministre étale au grand jour son ignorance de la réalité centrafricaine. Aujourd’hui, le produit comme le « chinchard » est exclusivement distribué aux détaillants centrafricains par cinq grossistes libanais : Corail, Rayan etc… Ce produit occupe dorénavant une place de choix dans la structure de consommation des Centrafricains. Le chinchard remplace la viande qui est non seulement devenue  un aliment rare mais également hors de portée de la bourse du commun des Centrafricains. Ce poisson de mer, préparé avec les feuilles de manioc ou « ngoundja », est un mets très prisé lors des places mortuaires et les cérémonies officielles de certains partis politiques. Les commerçantes vendent également  un petit morceau frit à 50 F CFA que le consommateur peut manger avec du chikouangue. Le méchoui ou « souya » de cabris ou de viande de bœuf qui se vend à 500 F CFA (5 petits morceaux) est devenu un plat de luxe. Les grossistes libanais ont répercuté  sur les prix de vente, les coûts supplémentaires engendrés par :

- l’insuffisance de la fourniture de l’électricité qui a conduit les commerçants à utiliser des ventilateurs qui brassent de l’air chaud et des groupes électrogènes ruineux en carburant pour éviter les ruptures de la chaîne de froid. Il y a inévitablement un vrai problème de santé publique  dans un pays où le gouvernement n’a pas la volonté et les moyens de contrôler le respect de la température normale pour conserver les produits frais (poisson, moutarde, poulets, viande, mayonnaise…) ;

- les tracasseries fiscalo – administratives avec le fléau des barrières illégales dressées par les forces de l’ordre et certaines structures administratives comme les Eaux et forêts et les transports avec le pont-bascule du PK 12. De Bangui à Bossemptélé soit environ 300 Kms, il y a plus de 16 barrières routières ou mobiles. A chacune d’elle, le commerçant est tenu de verser 10 000 à 20 000 F CFA et le tarif du pont-bascule qui est de 50 000 F CFA par passage qu’il y est dépassement ou pas.

- la dégradation avancée des pistes rurales et des routes nationales rallongent le délai d’approvisionnement en produits frais. En saison des pluies, un véhicule mettrait  7 jours pour rallier Douala à Bangui. Sur la route nationale n°1, le tronçon Bossembélé à  Yaloké pourtant bitumé, s’est énormément dégradé et est devenu impraticable. Il faut plus de 2 heures pour parcourir les 60 kms. De même, il faut 3 heures pour parcourir les 60 kms de Bouar à  Baoro ;

- enfin la persistance de l’insécurité dans presque toutes les localités poussent certains commerçants à se payer des agents de sécurité, charge qui vient accroître leurs coûts de revient. La hausse des prix de vente de l’huile s’explique également par le refus des Soudanais de venir jusqu’à Bambari pour vendre de l’huile et en retour repartir avec du café comme ils le faisaient naguère. Cette déconvenue crée non seulement une pénurie d’huile mais également un manque à gagner pour les finances publiques.

Le populisme recherché par la ministre et l’ignorance de la réalité locale et des règles élémentaires de fonctionnement d’une économie, ne peuvent que conduire à une situation désastreuse pour la population. Et en économie, l’erreur se payant cash, nous nous retrouvons donc dans une situation plus compliquée que celle de départ. Comment peut-on prendre une décision d’administrer les prix dans un pays où le commerce est libéralisé depuis longtemps ? Pourquoi donner l’impression que la ministre n’a aucune compréhension du fonctionnement des fondamentaux de l’économie ?  Est- il sorcier de comprendre que le prix, dans un régime libéral est la résultante de l’équilibre entre l’offre et la demande ? Ce prix ne peut être  administré, au besoin, il ne peut qu’être qu’encadré où orienté par des mesures incitatives.

Le gouvernement est l’art du réel.

Jean Claude GBAGUENE

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 17:32

 

 

 

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PARIS AFP / 25 avril 2012 17h22- Le candidat socialiste à la présidentielle française François Hollande a estimé mercredi qu'une rupture était nécessaire par rapport à des pratiques qui ont desservi la France et l'Afrique.

M. Hollande a assuré que si il était élu le 6 mai, il veillerait à ce que ces relations reposent sur des principes, et notamment celui de la solidarité.

La rupture est nécessaire par rapport à des pratiques qui ont desservi la France et l'Afrique, par rapport à des usages qui n'ont rien d'acceptable ni de légaux, a déclaré le candidat socialiste lors d'une conférence de presse.

Evoquant les liens, sous la Ve République, entre Paris et certaines de ses anciennes colonies, le candidat socialiste a relevé qu'il y avait eu des relations dont nous voyons encore quelques soubresauts aujourd'hui dans un certain nombre d'instructions judiciaires.

Une enquête judiciaire est en cours en France sur les conditions dans lesquelles le président équato-guinéen Teodoro Obiang, le président du Congo Denis Sassou Nguesso, ainsi que le défunt président gabonais Omar Bongo Ondimba, ont acquis un important patrimoine immobilier et mobilier en France.

Je veillerai à ce que les relations entre la France et l'Afrique puissent être posées sur des principes. D'abord celui d'une solidarité que nous avons, d'une politique que nous pouvons mener à la fois pour l'économie mais aussi pour la langue, a enchaîné François Hollande.

M. Hollande a en particulier été questionné sur l'organisation à l'automne du sommet de la Francophonie en République démocratique du Congo, ancienne colonie belge où les dernières élections n'ont pas été jugées crédibles par l'Union européenne en raison de nombreuses irrégularités et fraudes.

Sur les régimes eux-mêmes, les règles doivent être aussi celles de la démocratie et donc je n'accepterais pas des élections qui auraient été frauduleuses où que ce soit, a fait valoir le candidat PS, sans précision.

Il a qualifié la Francophonie d'élément très important pour une politique à l'égard de l'Afrique.


(©)

     

Freddy Mulongo, Réveil FM International

 

Question: Irez-vous à Kinshasa au Sommet de la francophonie qui se tiendra du 12 au 14 octobre 2012, si vous êtes élu, alors que l’Union européenne vient de dire clairement que les élections qui se sont tenues en République démocratique du Congo ont été frauduleuses ? Il y a eu des fraudes massives. Par ailleurs, quelle sera votre relation avec la Françafrique et la France « du fric et des mallettes » dont on parle ?

 

François Hollande

 

Réponse : Une rupture est nécessaire par rapport à des pratiques qui ont desservi la France et l’Afrique et par rapport à des usages qui n’ont rien d’acceptable, ni de légal. Il y a eu des relations dont nous voyons encore quelques soubresauts aujourd’hui dans un certain nombre d’instructions judiciaires. Je veillerai donc à ce que les relations à la France et l’Afrique puissent reposer sur des principes. D’abord celui d’une solidarité que nous avons, d’une politique que nous pouvons mener à la fois pour l’économie mais aussi pour la langue. De ce point de vue-là, la francophonie est un élément très important d’une politique à l’égard de l’Afrique et, d’une manière générale, à l’égard de la culture française à l’étranger. Deuxièmement, sur les régimes eux-mêmes, les règles doivent être aussi celles de la démocratie et donc je n’accepterai pas des élections qui auront été frauduleuses. Où que ce soit.

 

NDLR : Avec ces propos sans ambiguïté du très probable futur président de la République française, les oreilles de plusieurs professionnels de modification constitutionnelle pour s’accrocher à vie au pouvoir et de fraudes électorales en Afrique ont dû énormément siffler.

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Centrafrique-Presse.com - dans FRANCE
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 15:50

 

 

 

 

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AFP 25/04/2012 à 14:37

Le patron d'une société de safari et 10 de ses collaborateurs ont été interpellés suite à la découverte de 13 corps dans un chantier du Centrafrique. Les corps se trouvaient tous dans la zone de permis de chasse de la société.

 Un Suédois, patron d'une société de safari en Centrafrique, et dix de ses employés ont été placés en détention dans le cadre d'une enquête sur la découverte de 13 corps dans un chantier minier du nord-est du pays fin mars, selon la gendarmerie.

"Erik Mararv (directeur de Central African Wildlife Adventures (Cawa)) et ses dix employés ont été interpellés à Bakouma et à Bangassou au courant du mois et transférés à Bangui. Ils sont en détention actuellement à la SRI (section recherche et investigation de la gendarmerie) après la découverte de 13 corps d'artisans miniers au chantier de Ngungunza le 29 mars 2012", selon une source à la gendarmerie.

"Il est encore tôt d'affirmer que la société de safari Cawa est derrière cette découverte macabre", a déclaré la source, précisant cependant que "les 13 corps se trouvaient bien dans la zone du permis de chasse de Cawa. Aussi, certains témoignages recueillis mettent en cause directement cette société".

 D'après des photos remises à la gendarmerie dans le cadre de l'enquête, les corps des 13 artisans miniers ont été retrouvés ligotés les mains dans le dos, et ils portent des traces de coups de bâton et de poignard, a ajouté une autre source de la gendarmerie ayant requis l'anonymat.

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 15:35

 

 

 

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Martin Ziguélé : « Le contexte africain est en train de changer positivement et très rapidement »

(Agence Ecofin) - Pour Martin Ziguélé, homme politique, ancien premier ministre de Centrafrique et expert dans le secteur des assurances, la clé du succès, pour investir efficacement et durablement en Afrique, est la juste évaluation de la capacité de l’Etat à respecter sa signature.

Entretien avec Guy Gweth, conseil en intelligence économique chez Knowdys.

Guy Gweth : Monsieur Ziguélé, la communauté des affaires vous connaît surtout comme l’ancien Premier ministre (2001-2003) arrivé en troisième position lors de l’élection présidentielle de 2011 en République Centrafricaine. Qu’offrez-vous exactement aux investisseurs qui vous sollicitent ?

Martin Ziguélé : Avant d’être Premier ministre, en même temps que ministre des Finances et du Budget de mon pays, la République Centrafricaine, entre avril 2001 et mars 2003, j’ai toujours travaillé dans le secteur privé comme cadre d’une entreprise d’assurances dans mon pays, puis dans une société multinationale africaine de réassurance basée à Lomé au Togo, pendant une douzaine d’années. A ce poste, j’ai beaucoup voyagé dans les pays africains, et hors d’Afrique, ce qui m’a permis de beaucoup observer les politiques économiques et leurs résultats dans divers pays. Puis j’ai terminé comme directeur national de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) pour la République centrafricaine. Pendant mon stage de préparation à cette haute fonction, que j’ai effectué auprès des directeurs nationaux de la BEAC du Tchad, à Ndjamena, du Cameroun, à Yaoundé (à l’époque l’ancien Premier ministre Sadou Hayatou), et aux services centraux à Yaoundé, j’ai pu, grâce à l’exceptionnelle documentation économique et financière de cette institution, sur l’Afrique centrale en particulier, apprendre davantage sur les réalités, les contraintes mais aussi les opportunités économiques de cette zone plus que jamais auparavant.

Pendant l’exercice de mes fonctions de Premier ministre, cumulativement avec celles de ministre des Finances et du Budget, mon passage à la Banque centrale m’a beaucoup aidé dans la gestion de nombreux et délicats problèmes de développement. L’expérience et la connaissance du terrain, acquises dans l’exercice de ces différentes fonctions, la pratique des institutions nationales et internationales, ainsi que la collaboration avec des femmes et des hommes qui les animent, tant sur le plan national qu’international, m’autorisent à apporter une plus-value directe et particulière à la facilitation des investissements en Afrique centrale et de l’Ouest.

Guy Gweth: Notre enquête de mars 2010 sur le lobbying en Afrique (Les Afriques n°111, page 9) a montré que les Etats africains s’adressent davantage aux anciens dirigeants européens et américains pour défendre leurs intérêts à l’international. Pourquoi sont-ils peu nombreux à faire confiance aux lobbyistes africains ?

Martin Ziguélé : S’il est vrai que les dirigeants africains s’adressent davantage aux anciens dirigeants européens et américains pour défendre leurs intérêts à l’international, il faut néanmoins reconnaître que ces mêmes anciens dirigeants africains n’ont pas toujours le reflexe d’offrir leurs services dans ce domaine précis du lobbying et de la facilitation. La tendance est plutôt pour les anciens dirigeants africains de rechercher des « postes » salariés à l’international, et donc à revenir au «salariat», plus sécurisant ou plus habituel.

Il ne faut pas occulter également ce qu’on peut considérer comme un «déficit de confiance» des dirigeants africains envers les anciens dirigeants africains pour diverses raisons : certains estiment que les lobbyistes africains n’étant pas des Occidentaux, ils n’auraient ni la crédibilité, ni l’efficacité nécessaires pour pénétrer les lieux de pouvoir et de décision dans les pays occidentaux pour régler des questions politiques et/ou économiques.

Pour être «prophète chez soi» c’est aux anciens dirigeants africains de se «vendre» et de se rendre utiles et même indispensables, car ils ont bien évidement une connaissance plus intime des réalités et des attentes en Afrique. Au demeurant, dans ce domaine comme dans d’autres, des synergies doivent se construire entre différents intervenants, occidentaux et africains, pour avoir la plus grande efficacité, chacun apportant ses connaissances et ses expériences, sinon son influence. Cette synergie, aussi bien nécessaire que souhaitable, peut se faire à l’initiative des responsables politiques africains, mais je pense qu’il revient d’abord aux anciens dirigeants africains qui ont une «plus-value» certaine dans cette activité, de faire connaître leur expertise, de se faire connaître, et enfin de trouver les canaux les plus crédibles pour mettre à disposition leurs offres.

Guy Gweth : Pour vous qui avez été numéro 1 du gouvernement, qui êtes opérateur économique et leader de parti politique aujourd’hui, et probablement candidat à la prochaine présidentielle centrafricaine, qu’est-ce qui freine l’émergence d’une vraie diplomatie économique africaine ?

Martin Ziguélé : Je pense que beaucoup de facteurs ont freiné jusqu’ici l’émergence d’une vraie diplomatie économique africaine, mais heureusement, le contexte politico-économique africain est en train de changer positivement, et très rapidement.

Il faut se rappeler que les cadres africains, depuis l’indépendance, ont majoritairement été formés pour travailler dans la haute administration. De là, beaucoup ont fini dans des fonctions politiques, et y ont fait carrière, au gré des fortunes. De ce fait, et par habitude, la plupart de ces responsables ne se sont jamais imaginés descendre dans l’arène, pour se mettre au service de la promotion des investissements. Le développement du secteur privé comme moteur de la croissance n’était pas évident pour tous les décideurs.

C’est avec la dévaluation du franc CFA en 1994, consécutive à l’échec des politiques du « Tout-Etat », et devant la nécessité de mettre le secteur privé au centre des politiques de croissance et de développement, que s’est progressivement imposé la nécessité de développer une vraie diplomatie économique, afin de maximiser les investissements directes extérieurs. C’est donc le principe de réalité qui est à la base du développement du lobbying économique, car, en plus des défis économiques et sociaux, il était devenu vital pour nos pays d’obtenir des financements extérieurs concessionnels et d’améliorer leurs rapports politiques avec les pays occidentaux, au même moment où ils devaient amorcer la démocratisation de nos pays après le discours de la Baule et la chute du Mur de Berlin.

Aujourd’hui, aucun pays africain n’ignore le lobbying économique et politique, même si le recours à des intervenants africains reste marginal.

Guy Gweth : Alors que la concurrence fait rage sur la scène internationale, quels arguments présentez-vous aux investisseurs internationaux qui s’interrogent sur l’attractivité réelle de l’Afrique centrale ?

Martin Ziguélé : Sur le plan macroéconomique, les prévisions du Fonds monétaire international pronostiquent pour 2013 un taux de croissance du PIB en Afrique de 5,5% devant toutes les régions du monde. L’Afrique est donc un continent en forte croissance économique, et il n’est un secret pour personne que le taux de retour sur investissements en Afrique est l’un des plus élevés au monde.

Et dans cet environnement global positif, l’Afrique centrale est l’une des régions les plus dotées de l’Afrique en ressources minières, énergétiques, agricoles, forestières et halieutiques : le pétrole et le gaz y sont exploités dans presque tous ses pays membres, l’uranium, le manganèse, le fer, le cuivre, le cobalt, le diamant et l’or y sont abondants, des millions d’hectares de terres cultivables y sont en jachère, l’hydrographie y est exceptionnelle, son bassin forestier est le second de la planète après celui de l’Amazonie. Elle dispose d’une monnaie commune, le franc CFA, et son unité linguistique s’est faite autour du français. Elle offre donc de très grandes opportunités d’investissements dans tous ces secteurs et dans les infrastructures de tous types.

Les besoins de ces pays sont immenses, et les investissements directs étrangers y sont attendus. Bien sûr que des contraintes et des risques existent, mais la volonté politique de créer un environnement attractif pour les IDE est proclamée.

Guy Gweth : De gros investisseurs étrangers scrutent l’environnement des affaires dans votre pays pour savoir où, quand et comment miser sur son sous-sol avec le moins de risque possible. Quelles sont les clés pour investir efficacement et durablement en République Centrafricaine?

Martin Ziguélé : Tout investisseur recherche un environnement politique et sécuritaire stable pour s’établir et se développer, afin de garantir à ses actionnaires la rémunération de leurs investissements. L’investisseur souhaite également travailler dans un environnement où la sécurité juridique et judiciaire est une réalité. Lorsque ces conditions sont réunies, la diplomatie économique n’en est que plus aisée, et ce, en Centrafrique comme ailleurs.

Ceci posé, et pour répondre à votre question, je pense pour ma part que la clé du succès, pour investir efficacement et durablement en Centrafrique, comme ailleurs en Afrique, est la juste évaluation de la capacité de l’Etat à respecter sa signature. L’appréciation de cette capacité de respecter un contrat synallagmatique, selon le type d’investissement, est la substance même du travail du lobbyiste.

Je conclurai en affirmant qu’outre la transparence des investisseurs, il est de la responsabilité de lobbyistes africains d’œuvrer autant que faire se peut pour l’amélioration du climat des affaires en Afrique, et de démontrer dans leurs pratiques de terrain qu’ils sont en ligne avec ce qui se fait dans d’autres régions du monde, en matière de respect scrupuleux de la réglementation et de l’éthique sociétale, et notamment dans le cadre de la Responsabilité sociale de l’entreprise (RSE).

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 15:23

 

 

 

 

Bozizé fait du sport

 

BANGUI AFP / 25 avril 2012 13h58 - Le chef de l'organisme public chargé de la commercialisation des médicaments en Centrafrique et trois de ses collaborateurs ont été arrêtés après avoir été accusés d'avoir détourné près de 2 millions d'euros, a appris l'AFP auprès de la gendarmerie mercredi.

Le directeur général de l'unité de cession de médicaments (UCM), le Dr Amadou Sylla, et ses collaborateurs ont été arrêtés lundi à la suite des investigations menées par le service de contrôle du conseil spécial de surveillance et de redressement des entreprises et offices publics (CSSREOP). Ils sont accusés d'avoir détourné une somme dont le montant provisoire est estimé à 1,3 milliard CFA (près de 2 millions d'euros), selon une source à la gendarmerie.

Les quatre hommes ont été placés en garde à vue à Bangui, a-t-on ajouté.

Une enquête est ouverte à ce sujet, et les premiers éléments font état de malversations financières dans le compte de gestion de l'unité de cession des médicaments qui s'occupe de la gestion et la commercialisation des produits pharmaceutiques en Centrafrique, a ajouté la source.

En septembre 2011 le président Bozizé avait déclaré mener une lutte sans merci contre les auteurs de malversations.


(©)

 

NDLR : Toutes ces gesticulations cherchent à démontrer et à justifier la raison d'être du fameux conseil spécial de redressement et de gestion des entreprises d'Etat et offices publics mais personne n'en est dupe. Plusieurs dizaines de milliards ont aussi disparu du trésor sans justificatifs et les coupables présumés dont le général Guillaume Lapo, non seulement n’ont nullement été inquiétés, mais ce dernier a même été promu comme chef d’Etat-major des armées.

L’actuel ministre de l’agriculture est inculpé par la justice mais reste toujours en poste et bénéficie paradoxalement de la protection de Bozizé. Son passeport initialement confisqué a même été restitué par Bozizé en personne. Pourquoi deux poids deux mesures si on prétend vouloir « mener une lutte sans merci contre les auteurs de malversations ».

Plusieurs personnes dont l’ex-ministre Michel Koyt sont aujourd’hui en prison au sujet de détournements présumés d’une importante partie du prêt indien secrètement contracté par Bozizé et dissimulé au ministère de l’économie et du plan ainsi qu’au FMI. Il est un secret pour personne qu’une grande partie du prêt indien (29,5 milliards $) a servi au financement du hold-up électoral de Bozizé, ce qui est un vrai scandale, mais aujourd’hui, c’est au gouvernement c’est-à-dire aux Centrafricains qu’on demande de rembourser.

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Centrafrique-Presse.com - dans Economie
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 02:07

 

 

 

carte Afrique

DAKAR AFP / 25 avril 2012 01h34- Il est urgent d'agir en Afrique de l'Ouest pour réfréner le transit de drogues produites en Amérique latine pour le marché européen, mais aussi pour en contenir la consommation, en hausse ces dernières années dans la région, ont estimé des experts réunis récemment au Sénégal.

Le problème est sérieux. Ces dernières années, il y a eu une augmentation à la fois des quantités de drogues qui passent dans la région mais également des consommations sur place, a déclaré mardi dans un entretien à l'AFP Alan Doss, ex-responsable de l'ONU au Liberia qui était parmi près de 50 experts ayant discuté de ces questions lors d'un atelier du 18 au 20 avril à Dakar.

Selon lui, l'impact n'est pas encore très visible dans les mêmes proportions qu'en Amérique latine mais si on ne s'attaque pas à ce problème en urgence, il deviendra difficile à contrôler.

Les drogues, provenant d'Amérique du Sud et à destination de l'Europe, passent par plusieurs voies qui se diversifient au fur et à mesure que les trafiquants rencontrent des obstacles, a ajouté M. Doss, joint à Genève au siège de la Fondation Kofi Annan où il est un conseiller politique.

Cette fondation a organisé l'atelier de Dakar en collaboration, notamment, avec le Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent (Giaba) en Afrique de l'Ouest et le Centre pour la coopération internationale de l'Université de New York (CIC).

Lors de leurs travaux, qui n'étaient pas ouverts à la presse, les experts ont étudié et évalué l'impact du crime organisé et du trafic de stupéfiants sur la sécurité, la gouvernance et le développement en Afrique de l'Ouest, selon un communiqué transmis à l'AFP par la Fondation Kofi Annan.

Pour la plupart des participants, la région n'a pas encore vu le fort degré de violence qu'engendre le trafic de drogues en Amérique latine et les niveaux élevés de consommation constatés en Europe et en Amérique du Nord, mais il faut une action urgente afin d'empêcher que l'argent de la drogue ne vienne aggraver les difficultés en matière de sécurité, gouvernance et développement social et économique auxquelles (elle) est confrontée.

Entre 2004 et 2006, il y a eu d'après les infos disponibles auprès de l'ONUDC (Office des Nations unies contre le trafic de drogue et la criminalité) de quatre à 15 tonnes de cocaïnes saisies par an en Afrique de l'Ouest, mais les saisies ne sont pas forcément un bon indicateur de la quantité de drogue qui circule effectivement dans la région, car les informations ne sont pas très précises, et le milieu est peu accessible, a affirmé Alan Doss.

Ces dernières années, d'après l'ONUDC, la quantité de drogues introduites dans la région par diverses voies et moyens tourne autour de 35 tonnes par an. Et nous pensons que cette quantité représente environ 30% du marché européen de la cocaïne, a-t-il poursuivi.

Une certaine partie de cette drogue reste sur place. Il y a toujours des fuites sur le marché local. Parfois, les trafiquants paient en nature, le trafic créé son propre marché, a-t-il dit.

Des initiatives et mesures ont été prises face à prolifération de ce trafic mais leur mise en oeuvre reste difficile. Les fonds issus du crime organisé et du trafic de stupéfiants infiltrent les structures de gouvernance politique, économique ainsi que les communautés, ont constaté les experts selon le communiqué.

Selon Alan Doss, il faut notamment plus de savoirs, de capacités, et surtout d'engagement politique. Il n'y a pas d'engagement politique parce qu'il y a beaucoup d'autres problèmes à régler dans la plupart des pays de la région.


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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 01:59

 

 

 

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Comme le jogging, boire du café augmente la tension artérielle sur le moment mais l'abaisse sur la durée, ont constaté des chercheurs lémaniques. Notre réaction à la caféine est toutefois en grande partie déterminée génétiquement, et ce conseil n'est valable que pour les non-fumeurs.

Une tasse quotidienne de café baisse la tension artérielle jusqu'à 9 millimètres de mercure, a indiqué mardi le Fonds national suisse (FNS), qui a soutenu cette étude menée par l'équipe de Murielle Bochud, du CHUV à Lausanne. Cela réduit en conséquence les risques d'infarctus ou d'accident vasculaire cérébral.

La caféine est connue pour augmenter à court terme la tension artérielle, mais sur la durée, elle produit l'effet inverse. Un peu comme le jogging: pendant la course, la tension artérielle grimpe, mais la pratique régulière protège des dommages cardiovasculaires, souligne le FNS.

Idris Guessous et ses collègues des Hôpitaux universitaires de Genève ont pour leur part comparé la tension artérielle et le bagage génétique de plus de 16'000 personnes avec leur consommation de café. Il s'est avéré qu'il existe une corrélation entre les différents variants du gène CYP1A2 et l'intensité de la consommation de café. Celle-ci est donc largement déterminée au niveau génétique.

Dégradation plus rapide

Le gène CYP1A2 code pour la protéine éponyme, qui joue un rôle déterminant dans la dégradation de la caféine dans le foie. Les personnes qui ont hérité d'un variant performant de cette protéine ont tendance à consommer plus de café. Elles présentent également en moyenne une tension artérielle plus basse que les personnes dotées d'un variant moins performant, selon ces travaux.

En outre, augmenter sa consommation de café pour abaisser sa tension artérielle ne vaut que pour les non-fumeurs. En effet, la fumée de cigarette renforce l'activité de la protéine CYP1A2 et accélère la dégradation de la caféine dans le foie chez les personnes qui sont dotées du variant moins performant de la protéine.



(ats / 24.04.2012 22h12)

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 20:12

 

 

 

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source : www.dakaractu.com

Rares sont ceux qui avouent leur appartenance. Pourtant, avec ses rites et son goût du secret, la franc-maçonnerie fascine et fait chaque jour de nouveaux adeptes. Et sur le continent, dans les cercles du pouvoir, beaucoup en font partie.

À Libreville, on l'a surnommé « Papa Roméo ». On a remarqué qu'il avait préféré se faire discret et ne pas se montrer au grand raout annuel des francs-maçons (les Rencontres humanistes fraternelles africaines et malgaches, Rehfram), qui s'est tenu les 9 et 10 mars dans la capitale gabonaise. On sait aussi qu'il avait peu apprécié de voir diffusées, il y a deux ans, les images de son intronisation. Lui, c'est Ali Bongo Ondimba,  grand maître de la Grande Loge du Gabon  et président de la République (le PR à l'origine du nom de code « Papa Roméo »).

Le chef n'était pas là, mais ses « frères » et « soeurs » avaient fait le déplacement jusqu'au Palais des conférences de la Cité de la démocratie, à Libreville. Deux jours durant, ils ont planché sur un thème, aux allures de mantra : « Si nous persévérons sur le chemin de la vertu, la vie devient calme et paisible ». Un exercice purificatoire ? Peut-être. Les francs-maçons sont accusés d'avoir perdu les valeurs de justice, de liberté et de tolérance qu'ils étaient censés défendre. « En France, ils peuvent se prévaloir d'avoir mené certains combats pour la laïcité ou l'abolition de la peine de mort, explique un leader de la société civile gabonaise. Chez nous, ils sont arrivistes et carriéristes. Ils viennent aux tenues blanches dans l'espoir de rencontrer un ministre ou de faire une affaire. »

Mafia

L'imaginaire populaire va plus loin encore, faisant de la franc-maçonnerie une société mystérieuse et redoutable,  où les rites ont des parfums de messe noire, et que les profanes qualifient parfois de « mafia » ou même de « synagogue de Satan ». « Personne ne parle de nos oeuvres de bienfaisance et de nos actions sociales, déplore un frère gabonais. Notre image est détruite. On va jusqu'à nous accuser de crimes liés aux rituels et de trafics d'organes humains. »

En Côte d'Ivoire, plusieurs membres influents du gouvernement ont été initiés.

Importée en Afrique dans les cantines des administrateurs coloniaux, la franc-maçonnerie enregistre pourtant chaque jour de nouvelles recrues dans les rangs du monde politique,  économique et militaire... En Côte d'Ivoire,  les vocations sont nombreuses. Si le président Ouattara n'est pas connu officiellement pour être un frère triponctué, son Premier ministre, Jeannot Ahoussou-Kouadio, et son ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko, le sont. Près de la moitié du gouvernement actuel fréquenterait les temples. La Grand Loge de Côte d'Ivoire (GLCI), installée dans le quartier de Marcory-Zone-4, à Abidjan, est pilotée par le grand maître Magloire Clotaire Coffie. Elle aurait récemment accueilli le procureur de la République, Simplice Koffi Kouadio. D'autres personnalités, comme Georges Ouegnin, ancien directeur de protocole d'État, et Laurent Ottro Zirignon, oncle de l'ancien président Gbagbo, « manient la truelle ».

Élite

Chez les voisins maliens et guinéens, on observe le même phénomène d'expansion. Amadou Toumani Touré, renversé le 21 mars,  et Alpha Condé veillent aux destinées respectivement de la Grande Loge du Mali et de celle de Guinée. Quant à Blaise Compaoré, il était - jusqu'à ce qu'il cède la place à Djibrill Bassolé, son chef de la diplomatie - grand maître de la Grande Loge du Burkina, qui compte dans ses rangs de nombreux ministres, diplomates et hommes d'affaires, notamment une partie de la direction de la chambre de commerce nationale. Plus au sud, le Béninois  Thomas Boni Yayi, évangéliste patenté, a toujours contesté son appartenance à la franc-maçonnerie mais cultive d'étroites relations dans le milieu. Le Togolais  Faure Gnassingbé entretient le doute, et fait sourire certains frères : « Ce jeune président a vite compris le moyen de contrôler son élite », remarquent-ils.

Seul le Sénégal, berceau de la franc-maçonnerie africaine au XIXe siècle, semble connaître un léger recul. Pourquoi ? Les confréries y tiennent une place plus importante, au point que l'appartenance à telle ou telle loge a été utilisée comme une arme de dénigrement au cours de la campagne présidentielle. Le camp d'Abdoulaye Wade, le chef de l'État sortant, a accusé Macky Sall d'« en être » (information démentie par l'intéressé), oubliant au passage que « Gorgui » avait lui-même été initié. Avant lui, l'ancien président Abdou Diouf était réputé très proche de la maçonnerie.

Cooptation

Combien sont-ils ? Difficile à dire avec exactitude. « On compte entre 25 000 et 30 000 francs-maçons en Afrique francophone, dont 15 % de femmes, estime Hervé-Emmanuel Nkom, initié au Grand Orient. Nos soeurs sont bien implantées  en Côte d'Ivoire, au Bénin, au Gabon et à Madagascar.  » Elles sont avocates, médecins, pharmaciennes, journalistes... Sur le plan de l'africanisation de la maçonnerie, la Grande Île est très avancée avec une dizaine d'obédiences, dont le Grand Rite malgache (GRM), la Grande Loge traditionnelle et symbolique de Madagascar (GLTSM) ou le Grand Rite malgache féminin (GRMF). L'homme d'affaires Andry Rabefarihy et l'ancien directeur général de l'Institut malgache d'innovation Martial Rahariaka ne font pas mystère de leur appartenance.

Frère célèbre, le Gabonais Omar Bongo Ondimba pensait que « l'engagement à l'Art royal exig[eait] des frères et soeurs qu'ils s'impliquent de plus en plus dans les choses de la cité ». Les francs-maçons régnaient alors à tous les échelons du pouvoir à Libreville, même si le chef permettait à des non-initiés d'accéder à des postes à responsabilités. Bongo père avait même réussi le pari d'unifier la maçonnerie gabonaise masculine en créant, en 1978, le Grand Rite équatorial, reconnu par le Grand Orient de France (GODF) et par la Grande Loge de France (GLDF).

En 2010, Ali Bongo Ondimba n'avait pas aimé de voir diffusées les images de son intronisation.

Le Congolais Denis Sassou Nguesso perpétue aujourd'hui cette politique : il a initié le Centrafricain François Bozizé et se pose en doyen des grands maîtres des loges de l'Afrique francophone. Le président Idriss Déby Itno est le très discret grand maître de la Grande Loge du Tchad. Son homologue camerounais, Paul Biya, qui a souvent été présenté comme un rosicrucien (c'est-à-dire comme un membre de l'ordre de la Rose-Croix, société ésotérique), aurait autrefois été initié à la franc-maçonnerie mais serait en sommeil depuis longtemps. La Grande Loge unie du Cameroun (Gluc), pilotée par le grand maître Denis Bouallo, a son site internet, interface pour la cooptation de nouveaux membres.

Depuis plus de vingt ans, la Grande Loge nationale française (GLNF) mène une large offensive afin de s'implanter dans les cercles du pouvoir africain où ministres et chefs d'État ont déjà été initiés. L'ex-grand maître Jean-Charles Foellner, très souvent en mission en Afrique, et son successeur, l'avocat d'affaires niçois proche de Nicolas Sarkozy, François Stifani, ont été les principaux artisans de cette conquête. Initié dans une loge au Sénégal, c'est devant Foellner que Denis Sassou Nguesso a prêté serment comme grand maître de la Grande Loge du Congo en novembre 2007. Parmi les personnalités présentes, le neveu du président congolais et patron du Conseil national de sécurité (CNS), l'influent Jean-Dominique Okemba. Trois mois plus tard, le Congo accueillait à Pointe-Noire la seizième édition des Rehfram. Représenté par Émile Ouosso, déjà ministre de l'Équipement et des Travaux publics, le président congolais donnait sa vision du franc-maçon : « Un être de progrès qui avance, un être de dépassement, capable de s'affranchir des exigences du milieu, un être de perspectives dont les anticipations peuvent et doivent aller au-delà de la contrainte de sélection. » Aujourd'hui, une bonne partie du gouvernement et de l'appareil sécuritaire du pays est franc-maçon. Et l'opposant Guy-Romain Kinfoussia est le grand maître du Grand Orient du Congo - ce qui n'est pas sans rappeler la guerre qui avait opposé, à la fin des années 1990, Sassou Nguesso et Pascal Lissouba, initié au Grand Orient de Besançon.

Sous Ali Bongo Ondimbale système maçonnique a été reconduit à Libreville.  L'émission Infrarouge diffusée en décembre 2010 sur France 2 a dévoilé les dessous de son intronisation, le fils reprenant le maillet de son père pour officier au grade de grand maître de la Grande Loge du Gabon. Ce 31 octobre 2009, on reconnaît sur la vidéo l'ex-ministre des Affaires étrangères Paul Toungui, son collègue de l'Éducation nationale Séraphin Moundounga, le doyen du Sénat Marcel Sandoungout, le patron du Conseil national de sécurité Léon Paul Ngoulakia, des généraux de l'armée et même plusieurs cadres de l'opposition.

Le chef de l'État gabonais souhaite aujourd'hui placer Jean-Baptiste Bikalou, patron de la Chambre de commerce et d'industrie du Gabon, à la tête de la Grande Loge symbolique du Gabon (GLSG, proche du Grand Orient de France). C'est du moins ce qu'affirme un proche de l'actuel grand maître, Antoine Embinga, par ailleurs débarqué de son poste de commandant en chef de la police en janvier dernier. La cousine germaine du chef de l'État, Nicole Assélé, est, quant à elle, vénérable à la Grande Loge féminine du Gabon. Et Ali Bongo Ondimba n'a plus rien à craindre de l'ex-ministre de l'Intérieur et opposant « éclairé » André Mba Obame, qui s'est mis en sommeil et exilé à Paris.

Lobbying

Pour beaucoup, ce système de gouvernance par cooptation trouve son fondement dans la Françafrique. De Jacques Foccart, le « Monsieur Afrique » de De Gaulle, à Nicolas Sarkozy, en passant par François Mitterrand, la franc-maçonnerie a souvent servi de réseau d'information et de lobbying dans les plus hautes sphères du pouvoir économique et politique. Nombre de ministres de la Coopération (dont Christian Nucci et Jacques Godfrain), des responsables des services de renseignements (comme Marcel Leroy ou Alain Juillet) ou des responsables de l'Agence française de développement (AFD) sont ou ont été francs-maçons.

Des réseaux qui peuvent aussi s'affronter au gré des intérêts politiques ou économiques ou des alternances au pouvoir. Ce qui explique que les querelles soient fréquentes à la tête des loges. Aujourd'hui, de grandes figures comme Denis Sassou Nguesso et Djibrill Bassolé, patron de la Grande Loge du Burkina, sont souvent appelées pour ramener le calme, comme dans le conflit qui a opposé l'avocat Louis Mbanewar Bataka, ancien grand maître de la Grande Loge nationale du Togo (GLNT) peu désireux de passer la main, à Roggy Kossi Paass, l'ex-directeur général chargé du Togo à la Banque internationale pour l'Afrique de l'Ouest (BIAO), qui lui a finalement succédé.

Une certitude : la fascination des dirigeants pour la franc-maçonnerie ne se dément pas. « Mais ce n'est pas un mal africain, plaisante un frère. Dans les années 1970, en France, Giscard d'Estaing voulait lui aussi entrer à la Grande Loge de France (GLDF). Mais il ne souhaitait pas faire son apprentissage : il voulait gravir rapidement tous les échelons. » Du coup, l'affaire a tourné court, et Giscard est resté profane.

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Pascal Airault, envoyé spécial à Libreville.

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 20:05

 

 

 

Bozouissé

 

DEPECHE RJDH-RADIOS COMMUNAUTAIRES

Le Réseau des Journalistes pour les Droits de l'Homme en République Centrafricaine_

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Bangui, 24 Avril 2012

Bangui : L’ONU et l’UA sollicitent l’implication du Tchad dans la traque de Joseph Kony

Une mission conjointe des Nations Unies et de l’Union africaine (UA) visant à solliciter l’implication du Tchad dans la traque de Joseph Kony séjourne depuis samedi 21 avril à Ndjamena pour échanger avec le chef de l’Etat tchadien, Idriss Déby Itno, sur la question, a annoncé un communiqué du bureau régional de l’ONU pour l’Afrique centrale parvenu au RJDH ce matin.

La mission est constituée du chef du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), Abou Moussa et de l’Envoyé spécial de l’UA pour la question de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), Francisco Madeira. Le communiqué explique que ce déplacement a été décidé suite aux analyses de plusieurs observateurs indiquant que la pression actuelle contre la LRA pourrait l’amener à organiser une incursion dans d’autres pays partageant une frontière avec ceux affectés.

« Le Tchad, qui est situé au nord de la République centrafricaine (RCA), constituerait donc une destination possible pour Joseph Kony et ses éléments, d’autant plus que la RCA est considérée par les autorités centrafricaines comme ‘’ l’épicentre de la LRA’’ », indique le communiqué.

L’initiative de l’ONU et de l’UA consiste à sensibiliser les autorités tchadiennes afin que des mesures préventives soient prises pour éviter la fuite de Joseph Kony et ses éléments dans ce pays et dans les autres qui ne sont pas touchés par les atrocités de cette rébellion.

Cette mission se situe dans le cadre de la mobilisation des Nations Unies et de l’UA qui veulent mettre rapidement fin aux exactions de la LRA en Afrique centrale.

 

Bangui : Des ONG craignent de représailles contre les civils dans la chasse à Kony

Selon une déclaration publiée par l’Agence catholique pour le développement outre-mer, dix organisations locales et internationales travaillant dans les pays affectés par la LRA, ont demandé des mesures de protection pour les civils afin d’éviter des représailles qui suivraient les actions militaires en vue contre l’Armée de résistance du seigneur (LRA) de Joseph Kony.

Selon ces organisations, l’intérêt mondial que suscitent la LRA et la proposition de l'Union africaine et des Nations Unies de mettre en place une force régionale de 5000 hommes pour traquer Joseph Kony pourrait avoir des répercussions sur les populations des zones affectées.

« Les tentatives précédentes pour lutter contre la LRA n'ont pas résolu militairement le problème, mais ont par contre eu un impact dévastateur sur les populations locales. Cela a plutôt suscité des représailles contre les civils, et dispersé les rebelles dans des zones beaucoup plus vaste », relève le document.

« Nous nous demandons vraiment comment une intervention militaire pourrait aider à protéger toutes ces personnes contre les attaques et les représailles de la LRA. La LRA est un groupe de guérilla essentiellement composé de commandants impitoyables et d’enfants enlevés de force. La nouvelle offensive militaire ne peut pas distinguer les combattants et les non combattants », a déclaré Ernest Sugule, président de l'organisation congolaise SAIPD.

Les dix organisations signataires de cette déclaration sont de la RD Congo, du Sud-Soudan, de l’Ouganda et les ONG internationales telles que CAFOD, Christian Aid, Conciliation Resources, et Oxfam.

 

Bangui : Tentative de viol sur une mineure de 11 ans

Une mineure de 11 ans, élève en classe de CM1 à l’école Yakité dans le 3ème arrondissement de Bangui, a échappé à une tentative de viol d’un jeune de 21 ans habitant au quartier Ndangué, le lundi 23 avril, a rapporté la radio notre Dame.

La fillette revenait de l’école autour de 12h lorsqu’elle a été interpellée par le jeune garçon identifié comme moniteur dans une école coranique. « Il voulait coucher avec moi, j’ai refusé, mais il insistait toujours et voulait me prendre par la force. J’ai été sauvée lorsqu’une femme du quartier qui me connaissait est apparue. Il a tenté de s’enfuir mais il a été très vite rattrapé par deux jeunes. Mes parents ont été alertés, c’est ainsi que nous avons tous été conduits au commissariat du 5ème arrondissement pour être entendus », a témoigné la victime.

Le jeune garçon a nié les faits, mais son argument n’a pas convaincu les policiers et les parents de la fillette. Il a été gardé à vue au commissariat du 5ème arrondissement pour nécessité d’enquête.

 

Berberati : Un centre de santé pour le village Baobato

Un centre de santé communautaire réalisé par les habitants du village Baobato dans la commune de la Haute Batouri, à environ 50 km de la ville de Berberati, a été inauguré hier par le préfet de la Mambéré Kadéi, Rémi Feidangamo, a rapporté ce matin radio Zoukpana.

Le projet a été initié par la commune afin de répondre aux besoins sanitaires de la population.

Le bâtiment construit comporte une salle de consultation, une salle d’attente, une salle de consultation prénatale pour les femmes enceintes et une pharmacie communautaire.

Selon Dr Joachim Paterne Timbéti, chef de la région sanitaire N°2, à partir du moment où la population a pris l’initiative de construire un centre de santé, les efforts seront faits au niveau de l’administration pour que ce centre de santé soit doté de personnel soignant. « La présence d’un chef de centre qui est déjà sur place est un atout, nous chercherons à envoyer une sage -femme et un gérant pour la pharmacie », a-t-il annoncé.

Il faut signaler que le village Baobato compte environ 3700 habitants. C’est pour la première qu’il se dote d’un centre de santé. Les habitants de ce village parcouraient 50 km pour venir se soigner à l’hôpital de Berberati.

 

Boali : Des vaccins contre le new castle à moindre coût

L’Agence nationale de développement de l’élevage (ANDE) a mis à la disposition des éleveurs des volailles des vaccins contre la maladie de ‘’new castle’’ à Boali, à 25 Fcfa par poulet, a annoncé ce matin radio ICDI.

 « Après la période des mangues, le new castle sévit et tue. Le ministère de l’élevage a pensé mettre les vaccins à la disposition des éleveurs pour sauvegarder les rescapés des poulets », a expliqué le Chef de poste d’élevage de Boali, Nestor Gondji.

Il a fait remarquer que ce vaccin permet de prévenir cette maladie qui ravage les poulets. « On ne peut pas vacciner les poulets quand ils sont déjà atteints. Lorsqu’ils ne présentent pas  encore les signes, c’est à ce moment qu’il faut les vacciner», a-t-il souligné.

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