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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 14:45

 

 

 

 

 

RFI lundi 25 novembre 2013 à 11:16

 

 

Le Conseil de sécurité des Nations unies commence, ce lundi 25 novembre 2013, l'examen d'une résolution en faveur d'une intervention internationale en République centrafricaine. La semaine dernière, les diplomates français et américains ont tiré la sonnette d'alarme évoquant un pays au bord du gouffre et une situation de pré-génocide. Pour Amnesty International, le monde doit agir vite avant que le pays ne sombre dans le chaos comme l’explique Christian Mukosa, chercheur et spécialiste de la RCA au sein de l’organisation, au micro d’Olivier Rogez.

 

RFI : Washington évoque une situation de « pré-génocide » en RCA. Paris affirme que la République centrafricaine est « au bord du génocide ».Qu’en est-il exactement ?

 

Christian Mukosa : La situation est grave en République centrafricaine. Et elle est devenue incontrôlable parce que les nouvelles autorités, ou les autorités de la transition qui gouvernent actuellement le pays, n’ont apparemment aucun contrôle sur les forces de sécurité et surtout sur les ex-Seleka, ces forces qui ont conduit au pouvoir Michel Djotodia. Ces autorités n’ont pas l’emprise sur des pans de territoire de la RCA et ils n’ont même pas l’emprise sur le contrôle de la capitale Bangui où des violations graves des droits humains sont en train de se commettre. Et tous les jours, on est au bord du gouffre. Dans certaines attaques, par exemple les membres de la Seleka qui sont en majorité musulmans, s’en prennent ainsi aux chrétiens et aux institutions chrétiennes. Et certains groupes armés attachés aux chrétiens, dont les anti-balaka, s’en prendraient à leur tour aux musulmans.

 

Dans ces attaques ou dans ces affrontements de représailles menées soit par les Seleka, soit par les anti-balaka, il y a une dimension religieuse, et une dimension ethnique, aussi ?

 

Oui, de plus en plus, il est visible que la dimension religieuse entre les musulmans et les chrétiens et la dimension ethnique entre des gens proches de l’ancien président Bozizé et les gens du nord, qui sont proches des leaders de l’ancienne Seleka, est en train de se faire voir. C’est une situation qui est très préoccupante et c’est pourquoi nous, Amnesty International, on a demandé que la communauté internationale agisse très vite avant qu’il ne soit trop tard, parce que ce nouveau développement de l’aspect religieux et de l’aspect ethnique dans cette crise politique est une bombe à retardement qui va exploser à tout moment.

 

On sait que les anti-balaka sont dans la région de Bossangoa pour la plupart. Quelle est l’ampleur des exactions ?

 

Ceux qui souffrent, c’est la population. Ce sont les civils qui souffrent. Les ex-Seleka, selon le rapport des Nations unies qui a été publié le 15 novembre, donc il y a quelques jours, ils seraient entre 15 000 et 20 000. Et seulement 9 000 ont été enregistrés par le gouvernement de transition. Ces personnes continuent à commettre des violations très graves des droits humains à travers tous les pays. Mais [il y a] également les anti-balaka [qui] commettent aussi des violations des droits humains, y compris contre les populations supposées être de connivence avec le pouvoir actuel ou les populations musulmanes, surtout dans la région de Bossangoa.

 

Cette semaine, où l’on a reçu des informations comme quoi à partir du 16 novembre jusqu’à ces derniers jours, il y a eu des attaques des anti-balaka contre les Seleka. Et les Sekeka en représailles ont attaqué aussi les anti-balaka conduisant à une crise humanitaire. Cela a conduit les gens à fuir leur village ou leur quartier pour aller se réfugier à la paroisse catholique de Bossangoa où il y aurait maintenant plus de 40 000 personnes qui sont agglutinées dans cet endroit qui ne peut pas en contenir autant. C’est une situation catastrophique.

 

D’une façon de plus en plus généralisée, la violence n’est plus l’apanage des porteurs d’armes, mais s’étend à tous les secteurs de la société...

 

Bien sûr, elle s’étend à tous les secteurs de la société. Les victimes sont les populations civiles. Ce sont les femmes, ce sont les enfants, ce sont les vieux, les vieillards. Et les autorités ne sont pas en mesure, n’ont pas la capacité de contrôler ce pays. Il faut une intervention pour aider la population, pour protéger la population de la République centrafricaine.

 

Parmi les cinq options qui seront examinées ce lundi au Conseil de sécurité des Nations unies, vous préconisez que les Nations unies adoptent la plus haute, c’est-à-dire une intervention sous mandat chapitre 7.

 

C’est la seule option fiable et capable de faire face à cette situation qui est en train de déraper tous les jours. Et il faut qu’on fasse très vite. On sait que la force des Nations unies prend du temps pour être mise en place. C’est pourquoi, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon l’a dit, il pourrait, s’il a l’autorisation du Conseil de sécurité, prendre quelque forces et missions des Nations unies de la paix qui sont juste à côté pour parer à cette situation. Une autre chose est que la France a une base en Centrafrique et il serait très important que la France ou l’Union européenne aident à ce qu'il y ait une intervention robuste de la part de la France, à l’image de l’intervention qui a eu lieu il y a une dizaine d’années dans l’Ituri [province de l'est de la République démocratique du Congo NDLR] lors l’opération européenne Artemis, pour mettre fin à la situation, pour mettre fin à cette crise qui est là, en attendant qu’il y ait une force des Nations unies en place.

 

C’est apparemment l’option qui se dessine côté français, puisque certains contingents français sont déjà en route pour le golfe de Guinée...

 

Ce serait très bien. Il faudrait que le contingent en question ait un mandat clair des Nations unies de protection des civils parce que, je le répète, la situation est en train de déraper tous les jours. Cela fait plusieurs années qu’Amnesty International suit la situation en Centrafrique. Nous pensons que, cette fois-ci, la situation est grave. On doit agir, et très vite. Et la communauté internationale doit prendre ses responsabilités afin de protéger la population centrafricaine le plus vite possible.

Christian Mukosa: «On est au bord du gouffre» en Centrafrique

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 14:13

 

 

 

 

 

RFI  lundi 25 novembre 2013 à 10:22

 

Les diplomaties américaines et françaises ont parlé de « situation pré-génocidaire » en République centrafricaine, ou d'un pays « au bord du génocide ». Ban Ki-moon, dans le rapport qui doit être examiné ce lundi 25 novembre, évoque « une situation qui a de fortes chances de se solder par des atrocités généralisées ». L'Union européenne décrit une situation de « violations généralisées des droits de l'homme qui se déroulent en toute impunité ». 

 

Huit mois après l'arrivée de Michel Djotodia au pouvoir à Bangui, l'absence de contrôle des ex-rebelles de la Seleka par les autorités de transition a créé une situation d'insécurité permanente et de peur généralisée en Centrafrique. L'exaspération a conduit au retour de milices d'autodéfense, les « anti-Balaka » (« anti-machette », en Sango, la langue nationale) qui, pour se venger des exactions, s'en prennent non seulement aux ex-rebelles, mais aussi aux populations musulmanes. En retour, la Seleka pratique une répression aveugle et disproportionnée.

 

 « Les signaux sont très inquiétants », explique Monseigneur Nzapalainga, l'archevêque de Bangui. Selon lui, dans la localité de Bogangolo, les milices d'autodéfense ont chassé tous les musulmans de leurs habitations. A Bohong, les Séléka avaient incendié les maisons des chrétiens et les avaient chassés en brousse. Zéré, est l'exemple d'une localité fantôme, vidée de ses populations par les vagues successives d'attaques et de représailles des Seleka et des anti-Balaka.

 

La tentation de la vengeance

 

Pour l'instant, les violences sont le fait des extrémistes. Mais la méfiance est en train de se répandre entre communautés. Les explosions de violence restent actuellement des phénomènes locaux, propres à certaines villes ou certains villages. Mais, sous l'effet de la colère et du désir de vengeance, ces explosions se multiplient.

 

 « J’entends de plus en plus les Banguissois dire "Lawa Lawa" », s'inquiète un acteur de la société civile. En Sango, la langue nationale, « Lawa Lawa », cela signifie : « Tôt ou tard, on va se venger. »

 

La recrudescence de la violence dans la capitale et l’annonce d’une prochaine instauration de couvre-feu obligent les Banguissois à changer leurs habitudes. Les Centrafricains appellent la Communauté internationale et la France à aider la Centrafrique à sortir de la situation qualifiée actuelle, comme a pu le constater le correspondant de RFI à Bangui.

 

Dans les rues, les bistrots ou les bureaux administratifs, on ne parle que de ça : la situation sécuritaire dans le pays, les exactions commises ces dernières semaines par des hommes de l’ancienne Seleka. Les Banguissois ont dû changer leurs habitudes, même les plus noctambules. « Notre comportement de vie à changé. Nous sommes vraiment dans l’impossibilité de manifester notre liberté, malgré que ce soit notre pays. Nous rentrions généralement à 23 h, minuit, mais maintenant à 18 heures nous sommes à la maison comme des petits enfants », explique un Banguissois au micro de RFI.

 

« Notre pays risque de disparaître »

 

Face à cette insécurité permanente et aux risques d'explosions de violence intercommunautaires, les Centrafricains appellent l'ONU et les Français à intervenir. « Je demande à la communauté internationale de nous porter secours, pour arrêter cette situation, sinon notre pays risque de disparaitre de la planète », plaide ainsi un habitant de Bangui. « Je demande principalement à la France - parce que c’est elle qui nous a colonisés, donc elle maîtrise bien la terre centrafricaine - de mener une action de grande envergure, pour mettre hors d’état de nuire ces bandits de grand chemin que sont les éléments de la Seleka. »

 

Au sein de la société civile, certains rappellent également que des milliers de personnes sont toujours en brousse, par peur des exactions de la Seleka ou des milices d'autodéfense. Une intervention, selon eux, est la seule solution pour venir en aide à ces populations.

La situation en Centrafrique devant le Conseil de sécurité

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 14:08

 

 

 

 

 

RFI samedi 23 novembre 2013 à 08:31

 

Les préparatifs pour une intervention française en Centrafrique s'accélèrent. Les déclarations des politiques se multiplient et des responsables français sont actuellement dans la sous-région pour s'entretenir avec les autorités des pays concernés par la crise. La France interviendra aux côtés de la Misca, la force africaine, dont l’Union africaine vient de désigner le chef : le Congolais Jean-Marie Michel Mokoko.

 

L'accélération de la communication des autorités françaises laisse peu d'ambiguïtés sur leur volonté d'intervenir en Centrafrique, aux côtés de la future force africaine, la Misca.

 

Jeudi 21 novembre, le président français, François Hollande, a indiqué que la France était prête à accompagner l'action de la communauté internationale et qu'il se refusait à laisser des massacres se produire en République centrafricaine.

 

Le même jour, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, déclarait sur une chaîne de télévision française que, selon lui, « le pays est au bord du génocide » et que la prochaine résolution de l'ONU allait permettre aux forces des pays de la région, à l'Union africaine et également à la France d'intervenir.

 

Une délégation française en tournée dans la région

 

Ce vendredi 22 novembre, une délégation du ministère français des Affaires étrangères a commencé une tournée régionale, destinée à évoquer la crise centrafricaine et la réponse que la communauté internationale entendait apporter.

 

De son côté, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, est arrivé à Libreville, au Gabon où il a rencontré le président Ali Bongo. « La situation est extrêmement préoccupante, dangereuse, dramatique par certains côtés », a déclaré le ministre français à la presse. « Nous sommes tout à fait en phase sur l'analyse et la nécessité d'agir », a-t-il ajouté à l’issue de son entretien avec Ali Bongo.

 

La Misca, une force de 3 600 hommes

 

Les principaux traits de cette force sont connus : 3 600 hommes environ, dont 3 500 en uniforme. Reste à savoir quel soutien la communauté internationale lui apportera et si elle décide de faire passer cette force sous casques bleus. On ignorait également encore, jusqu'ici, les noms des principaux responsables de cette Misca.Ce vendredi 22 novembre, également, l’Union africaine a annoncé la nomination de l'équipe dirigeante de la Misca, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine. C'est le Congolais Jean-Marie Michel Mokoko qui a été choisi pour diriger la Misca.

 

Après s'être engagée à fournir les troupes nécessaires au démarrage de la Misca, le 19 décembre prochain, l'Afrique centrale espérait bien obtenir le commandement de cette force. Sa demande a été entendue par la présidente de la commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini Zuma, qui annonce avoir nommé l'équipe dirigeante de la future force africaine en concertation avec les pays de la CEEAC, la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale.

 

Le général de division à la retraite Jean-Marie Michel Mokoko, du Congo-Brazzaville, a été désigné chef de la Misca et représentant spécial en République centrafricaine. Ce diplômé de l'école militaire Saint-Cyr et de l'école d'état-major en France est un ancien chef d'état-major des forces armées congolaises. Il a également été représentant spécial de l'Union africaine en Côte d'Ivoire. Jean-Marie Michel Mokoko occupait jusqu'ici le poste d'adjoint au Haut représentant de l'UA pour le Mali et le Sahel.

 

La Misca interviendra « en appui des autorités »


« La première des priorités est celle d’arriver rapidement, avec l’appui de tous », a déclaré Jean-Marie Michel Mokoko au micro de RFI, quelques heures après l'annonce de sa nomination. Il se donne pour objectif la « restauration de la sécurité, la protection des populations civiles ».

 

« Ce genre de mission est complexe », prévient-il cependant. « Il y a à la fois des questions liées à la sécurité (…) il y a aussi l’appui que la Misca va apporter dans tout ce qui concerne la réforme du secteur de Défense et de sécurité. Et il y a, enfin, l’appui que nous apporterons pour des questions liées à l’humanitaire. »

 

« Dans une mission comme celle-là, nous allons évidemment en appui des autorités centrafricaines », insiste-t-il, assurant que la passation entre la Micopax et la Misca sera effective le 19 décembre.

 

L'UA confirme par ailleurs la désignation du général de brigade camerounais Martin Tumenta Chomu à la tête de la composante militaire de la Misca. Et annonce celle du colonel de gendarmerie gabonais Patrice Otsangue Bengone à la tête de la composante police. Dans son communiqué, la présidente de la commission renouvelle l'appel de l'Union africaine aux Nations unies pour qu'un soutien effectif soit donné à la Misca. L'ONU doit examiner ce lundi 25 novembre les cinq options proposées par le secrétaire général, Ban Ki Moon.

 

A Bangui, les magistrats manifestent contre un « génocide programmé »

 

Les magistrats de Centrafrique ont marché vendredi 22 novembre à Bangui, pour dénoncer les exactions commises par les hommes de la Seleka dans le pays. A travers leur manifestation, les magistrats ont également voulu rendre hommage à leur collègue, Modeste Martineau Bria, tué samedi dernier, le 16 novembre, par des hommes de l’ancienne coalition rebelle. A la fin de la marche, le corps judiciaire centrafricain dans un communiqué, a aussi demandé à la communauté internationale et aux grandes puissances d’intervenir, afin d’éviter « un génocide qui est en train de se jouer » en République centrafricaine.

« Ne pas attendre qu'il soit trop tard »

 

« C’est à la fois pour honorer et rendre hommage à la mémoire de notre collègue que la marche avait été organisée par le corps judiciaire tout entier, magistrats, avocats, huissiers de justice, greffiers, secrétaires, notaires et tous ceux qui participent à la famille judiciaire », expose au micro de RFI Me Emile Bizon, l’un des avocats à l’origine de la marche. « Nous voulons par notre action lancer un appel à toute la communauté internationale et aux grandes puissances devant la barbarie qui est en train de se faire, devant le génocide qui est en train de se jouer en République centrafricaine », explique-t-il, enjoignant la communauté internationale à « prendre (ses) responsabilités, de ne pas attendre qu’ils soient (trop) tard avant de réagir, (…) pour assurer la sécurité des populations civiles en République centrafricaine ».

La France se prépare à intervenir en Centrafrique (RFI)

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 09:38

 

 

 

 

 


Le commandant ayant mené l’attaque contre la ville de Camp Bangui devrait répondre de ses actes


(Bangui, le 25 novembre 2013) – Des ex-combattants rebelles de la Séléka, théoriquement intégrés au sein de l’armée, ont pillé et incendié une petite ville de la République centrafricaine le 10 novembre 2013, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Le gouvernement de transition, dirigé par le Président par intérim Michel Djotodia, devrait immédiatement suspendre le commandant militaire qui a organisé l’attaque et ouvrir une enquête à son encontre.


Le 10 novembre, Human Rights Watch a vu le Général Abdallah Hamat, commandant militaire d’une grande partie de la province d’Ombella-Mpoko, rassembler ses hommes dans la ville de Gaga en vue de prendre part à une attaque lancée contre un groupe armé local, connu sous le nom d’anti-balaka, à proximité de la ville de Camp Bangui. Quatre jours plus tard, Human Rights Watch est arrivé à Camp Bangui et a trouvé la ville totalement détruite. Des survivants présents dans la localité ont déclaré que les forces de la Séléka étaient responsables de cette dévastation. Hamat et un autre haut officier de l’armée ont reconnu que leurs forces s’étaient rendues à Camp Bangui et que des combats y avaient eu lieu, provoquant quelques dégâts.


« Le cas du Général Hamat est un test pour le Président Djotodia, qui a déclaré qu’il ne tolérerait pas de comportement anarchique de la part de forces se trouvant sous son commandement », a fait remarquer Daniel Bekele, directeur de la division Afrique de Human Rights Watch. « Si le gouvernement ne prend pas de mesures visant à enquêter et à poursuivre les responsables, ce type d’attaques ne cessera de se reproduire. »


Hamat et d’anciens combattants de la Séléka ont perpétré de graves exactions à Camp Bangui et devraient être traduits en justice, a souligné Human Rights Watch.

En raison de l’insécurité régnant dans la région, Human Rights Watch n’a pas été en mesure de confirmer le nombre de morts à Camp Bangui, ni les informations détaillées relatives aux combats. Cependant, des habitants ont signalé que trois cadavres trouvés après l’attaque étaient ceux de civils. Le nombre de morts est probablement plus élevé.


La Séléka, une coalition rebelle à prédominance musulmane dirigée par Djotodia, a renversé l’ex-Président François Bozizé le 24 mars dernier. Un rapport publié par Human Rights Watch en septembre décrit en détail les meurtres délibérés de civils – y compris de femmes, d’enfants et de personnes âgées – commis par la Séléka entre mars et juin, et confirme la destruction injustifiée de plus de 1 000 habitations, dans la capitale, Bangui, ainsi que dans les provinces.


Cherchant apparemment à prendre ses distances par rapport à ces exactions, le 13 septembre, Djotodia a officiellement dissous la Séléka, dont certains membres seraient originaires du Tchad et du Soudan. Les ex-rebelles de la Séléka sont en principe intégrés au sein d’une nouvelle « armée nationale », mais son commandement et son contrôle demeurent douteux. Le groupe, aujourd’hui qualifié d’ex-Séléka, continue de perpétrer des exactions en République centrafricaine.

Human Rights Watch s’est rendu dans la province d’Ombella-Mpoko le 10 novembre afin d’enquêter sur les meurtres de civils et les incendies de maisons qui s’étaient produits lors d’une bataille qui avait opposé des ex-Séléka aux forces anti-balaka en octobre à Gaga. Les anti-balaka – des groupes armés créés par le Président de l’époque Bozizé pour lutter contre le banditisme – sont à prédominance chrétienne et comprennent quelques soldats qui ont servi sous le régime Bozizé au sein des Forces armées centrafricaines (FACA). Au cours des dernières semaines, la violence et l’insécurité en République centrafricaine ont pris une dimension sectaire alarmante, les anti-balaka attaquant des civils musulmans en réaction aux exactions commises par les ex-Séléka.


Le 10 novembre, tôt le matin à Gaga, des ex-combattants de la Séléka qui quittaient la ville à moto ont informé Human Rights Watch qu’ils allaient « à Camp Bangui pour combattre les anti-balaka ». Plus tard dans la journée, le Général Hamat est arrivé à Gaga avec une douzaine d’hommes. L’un de ses officiers, le Colonel Ahmed Akhtahir, l’y a suivi, également accompagné d’une douzaine d’hommes.


À Gaga, Hamat a réquisitionné des motos appartenant à des transporteurs locaux. Il a ensuite demandé du carburant et des « dons » à la population musulmane locale, s’adressant en arabe à la foule réunie : « N’y a-t-il pas ici de musulmans loyaux qui donneront du carburant pour que nous puissions combattre l’ennemi ? » Après avoir collecté du carburant et de l’argent, Hamat et Akhtahir ont emmené leurs forces à moto sur une route située dans une zone reculée, envahie par une végétation dense et menant à Camp Bangui, à au moins 25 kilomètres de Gaga et accessible uniquement à moto.


Le lendemain, le 11 novembre, lorsque Human Rights Watch a cherché à confirmer à Gaga les informations selon lesquelles une attaque toute récente avait été menée à Camp Bangui, le Commandant Ibrahiem Yusef a cherché à dissuader Human Rights Watch de suivre « nos hommes qui sont allés à Camp Bangui hier » et de signaler l’incident.


Trois jours plus tard, Human Rights Watch s’est rendu à Camp Bangui et a découvert un corps sur la route à l’entrée de la ville, et senti l’odeur de corps en décomposition. Une fois à Camp Bangui, Human Rights Watch a trouvé une ville totalement dévastée. Les habitants avaient fui leurs maisons sans avoir eu le temps d’emporter des bagages. Des chaises étaient renversées, des marmites se trouvaient encore sur des feux qui s’étaient consumés. Le centre de la ville avait été complètement pillé, et la vaste majorité des habitations, abritant de 300 à 400 familles, avaient été incendiées.

La plus grande partie de la ville avait été abandonnée, mais quelques membres de la population locale étaient restés. Les témoignages des habitants faisaient systématiquement état d’une attaque menée par les forces de Hamat.


Un homme a expliqué à Human Rights Watch : « Les combattants de la Séléka sont arrivés dimanche matin. Nous avons entendu des coups de feu du côté du terrain de football. Ils ont tiré en entrant dans le village, et les civils se sont enfuis. » Un autre habitant a signalé : « Dès que nous avons entendu les coups de feu, nous sommes partis en courant dans la brousse. Nous n’avions pas le temps de préparer nos sacs. »


De nombreuses maisons ont été incendiées, et de la nourriture, des motos, des vêtements et des meubles détruits. Une femme a confié à Human Rights Watch : « Ils ont pris toutes les choses de valeur qu’ils pouvaient emporter et ils ont brûlé le reste. » Des douilles de fusils d’assaut et des fragments de grenade jonchaient le sol.



Un habitant de Camp Bangui a confirmé que certains hommes du village avaient riposté à l’attaque des hommes de Hamat à l’aide de fusils de chasse artisanaux. On ignore si ces hommes étaient des anti-balaka, mais le groupe armé local avait une forte présence dans un village voisin.


La population survivante de cette localité vit maintenant dans la brousse près de la ville, sans habitation, sans médicaments, ni même la possibilité de bénéficier d’une aide humanitaire. L’attaque menée contre la ville constitue une violation du droit international humanitaire, qui interdit les attaques contre des civils ainsi que la destruction et le pillage de biens civils. Ceux qui ont perpétré ou ordonné l’attaque sont responsables de crimes de guerre.


« Sans une enquête plus approfondie, le nombre de personnes qui ont péri à Camp Bangui ne sera jamais connu », a fait remarquer Daniel Bekele. « Les attaques telles que celle-ci contre des zones peuplées provoquent des destructions massives et suscitent la peur au sein de la population de la République centrafricaine. »


Le 15 novembre, Human Rights Watch a rencontré le Colonel Idriss Ahamat, l’officier chargé du commandement à Gaga sous les ordres du Général Hamat. Il a déclaré au chercheur qu’il y avait eu une bataille à Camp Bangui : « Certains anti-balaka se sont cachés dans les maisons et ces maisons ont dû être brûlées. » Interrogé sur le nombre de maisons qui avaient été incendiées, il a répondu : « Beaucoup… 200, peut-être 300. » Il a expliqué par la suite que le feu avait été mis aux maisons par inadvertance par des balles qui avaient touché les toits végétaux. Interpellé par Human Rights Watch sur la possibilité que 200 maisons aient pu prendre feu à cause des balles, il a répondu : « Il n’y a peut-être eu que 20 ou 30 maisons incendiées… parfois quand un incendie se déclare, il peut se propager d’une maison à l’autre lorsqu’elles sont très rapprochées. »


Human Rights Watch a rencontré le Général Hamat le 15 novembre à Bangui. Le général a déclaré qu’il se trouvait à Camp Bangui le 10 novembre, mais il a minimisé les dégâts occasionnés : « En arrivant à Camp Bangui, il y a eu un combat et quelques maisons ont été endommagées. Il n’y en a pas eu beaucoup, peut-être quatre maisons incendiées. J’étais là après l’attaque contre Camp Bangui. Je l’ai vu de mes propres yeux. »


Hamat a démenti les accusations selon lesquelles ses troupes s’étaient livrées à des attaques contre des civils ou leurs biens, signalant à Human Rights Watch : « Mes éléments n’ont pas le droit de causer des troubles. S’ils le font, je les sanctionnerai… Je veux la paix. Je veux que les gens rentrent chez eux. »


Dans les rangs des forces de Hamat, Human Rights Watch a observé un grand nombre de soldats qui semblaient être des enfants. Interrogé à propos de l’âge d’un soldat apparemment très jeune qui portait un fusil d’assaut Kalachnikov, le Commandant Yusef a confirmé qu’il avait 8 ans et était « bon tireur ». Lorsqu’il s’est vu demander pourquoi il utilisait des enfants aussi jeunes dans les combats, Yusef a répondu : « Les adultes s’inquiètent et parfois, vous devez leur donner des drogues, mais les enfants attaquent tout simplement sans battre en retraite. »

Human Rights Watch s’est également entretenu avec Djotodia en novembre et lui a demandé quels efforts il avait déployés pour mettre un terme aux exactions commises par son armée et par les ex-combattants de la Séléka. Il a répondu : « Je ne peux pas nier que certains de ces faits se soient produits, mais les responsables seront punis. »


« Il faut que le gouvernement de transition assure le contrôle de ses forces immédiatement et traduise en justice ceux qui ont supervisé ces effroyables exactions », a souligné Daniel Bekele. « Avec ces preuves, Djotodia ne peut prétendre qu’il n’était pas au courant de cette attaque. Il devrait suspendre Hamat avant que le général ne sème davantage le chaos au sein de la population, et il devrait ouvrir une enquête et engager des poursuites à l’encontre de tous les responsables de l’attaque menée à Camp Bangui. »



Pour d’autres documents et rapports de Human Rights Watch sur la République centrafricaine, veuillez consulter :
http://www.hrw.org/fr/africa/central-african-republic

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :
À Paris, Jean-Marie Fardeau (français, anglais, portugais) : +33-143-595-531 ; ou +33-645-852-487 (portable) ; oufardeaj@hrw.org
À Kigali, Lewis Mudge (anglais) : +250-788-502-870 (portable) ; ou mudgel@hrw.org
À Genève, Peter Bouckaert (anglais, français) : +41-789-459-385 (portable) ; ou bouckap@hrw.org
À New York, Philippe Bolopion (français, anglais) : +1-212-216-1276 ; ou +1-917-734-3201 (portable) ; oubolopion@hrw.org
À New York, Rona Peligal (anglais) : +1-917-363-3893 (portable) ; ou peligar@hrw.org

République centrafricaine : Des crimes de guerre commis par des ex-rebelles de la Séléka (HRW)
République centrafricaine : Des crimes de guerre commis par des ex-rebelles de la Séléka (HRW)
République centrafricaine : Des crimes de guerre commis par des ex-rebelles de la Séléka (HRW)

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 00:01

 

 

 

 

 

Par Lefigaro.fr avec AFP

Mis à jour le 24/11/2013 à 19:57

 

L'ancien ministre Bruno Le Maire (UMP) s'est montré aujourd'hui hostile à une intervention française en Centrafrique, souhaitant que Paris "concentre ses efforts sur le Mali où il y a un intérêt national, la lutte contre l'islamisme radical".

"Est-ce que la France a vocation à éteindre tous les incendies à travers la planète ? Est-ce que nous avons la capacité à déployer nos troupes partout dans la monde dès qu'il y a des atrocités commises", s'est-il interrogé lors de l'émission "Tous Politiques" de France Inter/France 24/Le Parisien.


"Je souhaite que l'on continue à raisonner en fonction de nos intérêts nationaux et que nous concentrions nos efforts sur le Mali où il y a un intérêt national qui est de lutter contre l'islamisme radical", a estimé le député de l'Eure.


Laurent Fabius avait estimé jeudi que la République centrafricaine était "au bord du génocide". "L'ONU va donner une permission d'intervenir aux forces africaines (des pays alentour), à l'Union africaine et également à la France", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, annonçant une résolution du Conseil de sécurité pour début décembre.

Centrafrique: Le Maire hostile à une action

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 23:52

 

 

 

 

 

Le sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC, tenu à Ndjamena au Tchad le 21 octobre 2013, a entre autre, instruit le Secrétaire Général de cette organisation sous - régionale, d’organiser dans les meilleurs délais une conférence nationale inclusive en République Centrafricaine pour des raisons et des objectifs jusqu’à présent inconnus.

 

Nous, Organisations de la Société Civile Centrafricaine, réunies ce jour 13 Novembre 2013 à Bangui, après une analyse approfondie du contexte actuel, marquons notre étonnement quant à la suggestion de cette assise de trop.

 

Notre étonnement résulte de ce que :

 

- La crise centrafricaine est encore pendante ;

- Les exactions sur les populations continuent tous les jours ;

- La sécurité n’est pas encore rétablie sur le territoire national ;

- Les résolutions de plusieurs assises similaires qui ont bien pris en compte les problèmes du pays sont en cours d’exécution et/ou n’ont pas encore trouvé un début d’application ;

 

- Les Nations Unies ont déjà adopté une résolution n°2121/2013 pour la sortie de crise en RCA et il y a lieu de craindre, en absence de coordination des actions, un chevauchement de propositions contradictoires, alors que sur le terrain rien de concret n’est fait pour sortir le peuple innocent de Centrafrique de ce chaos qui perdure.

 

Nous jugeons donc inopportune la tenue de cette conférence nationale inclusive qui peut mettre en présence les bourreaux et leurs victimes.

 

Nous croyons fermement que la priorité en Centrafrique est le rétablissement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire et la mise à disposition des moyens conséquents pour la conduite de la transition dont toutes les institutions sont déjà en place et consacre plusieurs cadres de dialogue pour la résolution systématique des crises éventuelles.

 

Nous en appelons à la communauté internationale pour la mise en application des multiples résolutions sur la crise centrafricaine, notamment le déploiement d’une force multinationale avec un mandat fort et qui s’emploiera en collaboration avec les Forces Armées Centrafricaines à neutraliser les éléments ex Séléka et restaurer la sécurité en Centrafrique afin qu’elle retrouve sa place dans le concert des nations. Aussi, nous demandons que le processus DDR soit mis en oeuvre en urgence avec la participation de tous les acteurs de la vie sociopolitique.

 

Fait à Bangui, le 22 novembre 2013

 

 

ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE DE CENTRAFRIQUE

MOT D’ORDRE

 

Conscientes de ce que

 

- La crise centrafricaine est encore pendante ;

- Les exactions sur les populations continuent tous les jours ;

- La sécurité n’est pas encore rétablie sur le territoire national ;

- Les caisses de l’Etat sont vides ;

- La cohésion nationale est mise à rude épreuve ;

 

Nous demandons à tous les Centrafricains de :

· Ne pas défiler, ni aller au défilé le 1er décembre 2013 ;

 

· Observer ce 1er décembre 2013 une journée de recueillement en mémoire de nos nombreux compatriotes tués par la folie Séléka depuis le 10 décembre 2012 ;

 

· Observer une journée nationale de deuil en portant le noir toute la journée du 1er décembre 2013;

 

· Rester vigilant sur soi-même, sa famille et ses voisins ;

 

· Dénoncer systématiquement toute exaction…

 

Fait à Bangui, le 23 novembre 2013

DECLARATION DES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE SUR LA CONFERENCE NATIONALE INCLUSIVE PROPOSEE PAR LA CEEAC

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 23:30

 

 

 

 

http://237online.com  Dimanche, 24 novembre 2013 13:37

 

A quatre reprises, les détenus centrafricains ont écrit pour demander l’assistance de leur consulat. Mais, les autorités consulaires centrafricaines n’ont pas levé le petit doigt. Seulement le Haut-Commissariat pour les réfugiés leur apporte une aide insuffisante.

 

Bordero Bruno Alex est refugié centrafricain détenu à la prison centrale de Douala. Il a été condamné le 16 janvier 2010 à trois ans de prison et six mois de contrainte par corps, pour pillage en bande et autres avec 14 de ses compatriotes. Très affaibli par une maladie paralysante, il craint de mourir comme ses deux compagnons, avant sa libération prévue le 16 mai 2014. En 2012, Pande Fraco, réfugié centrafricain, condamnés pour les mêmes raisons que Bordero Bruno Alex, a rendu l’âme en prison, emporté par une tuberculose. « Je me souviens comme si c’était hier. Dès le début de sa maladie, nous tous ses compatriotes, les 15 centrafricains, avons écrit au consulat pour dire que notre situation est très grave ici. Nous avons attendu, mais rien. Ici, nous n’avons pas de famille, personne ne viens nous rendre visite. Beaucoup ont perdu leur frère, leur mère ou leur père en fuyant la guerre de 2003. Nous ne comprenons pas pourquoi notre ambassade ne nous vient pas en aide » déplore Bordero Bruno. Depuis 2012, avec la mort de leur premier compatriote, les centrafricains de la prison centrale de Douala ont de nouveau écrit à trois reprise à leur consulat. Sans suite favorable. Depuis 2010, ils n’ont jamais reçu un membre de leur consulat, ne serait-ce que pour une visite. 

 

Cri de cœur des 23 détenus centrafricains

 
« Nous sommes 14 centrafricains en ce moment condamnés depuis 2010 pour pillage en bande. Nous sommes condamnés à trois (3) ans de prison. Parmi nous, en ce moment, trois sont gravement malades. Mamadji Baye Bafro Henoch, qui a 51 ans est en ce moment, est très malade. Les autorités de la prison l’ont évacué dans un hôpital, où il a fait cinq mois d’hospitalisation. Il est revenu en prison, ça ne va pas toujours. Tous les jours, il maigrit. Je ne pense pas qu’il va vivre jusqu’au jour de sa libération le 16 mai 2014. Il y a aussi Jonathan qui est très malade. Il n’arrive même plus à parler. Lorsqu’il parle, sa voix ne sort plus, on ne l’écoute pas. Le HCR l’a amené à l’hôpital, on lui a prescrit des médicaments qu’on asperge dans sa gorge. Lui aussi je ne suis pas sûr qu’il va tenir » s’inquiète Yotouzon Elysée, détenu centrafricain condamné à trois ans de prison. Bordero Bruno est actuellement paralysé au niveau des jambes. Il marche à peine. Malgré tout, il tisse les sacs. Ceux-ci sont à vendre à l’intérieur de la prison, afin d’avoir un peu d’argent pour survivre et apporter une assistance à ses compatriotes.

 

 A la prison centrale de Douala, on dénombre 23 détenus de nationalité centrafricaine dont 16 condamnés et 7 prévenus. L’état de santé de cinq parmi eux est préoccupant en ce moment. Bema Ulrich 28 ans, est accusé de vol et immigration irrégulière. Guengue Germain, 33 ans, est accusé d’assassinat et incendie. Gbadin Yelemo Yann, 28, est accusé d’abus de confiance et immigration irrégulière. Toyende Rodolphe, 23 ans, est accusé d’immigration irrégulière. Georges Anicet, 21 ans, est accusé de vol et immigration irrégulière. Kong Bowali Zokate, 31 ans, est accusé de d’abus de confiance et autre.

 

Autorités carcérales


Le régisseur Dieudonné Engonga Mintsang affirme qu’aucune discrimination n’est faite au sujet du traitement des détenus malades. Pour lui, tous les détenus sont suivis avec le même sérieux, sans discrimination aucune, notamment de nationalité. « À la prison de Douala, nous appliquons le système de vie commun. C'est-à-dire qu’on ne fait de privilège à personne. Les étrangers fondent dans la masse, on les traite comme tous les autres. Les étrangers peuvent avoir un problème d’assistance. C’est psychologique. Ils ne reçoivent pas de visite. Ils peuvent plus souffrir que les autres », argumente Dieudonné Engonga Mintsang.


Joint au téléphone, le consul de Centrafrique à Douala a refusé de s’exprimer sur le sujet. Il demande « d’introduire une requête et d’attendre qu’il nous appelle pour réagir ». Comme quoi, la situation est loin de s’arranger pour les 23 détenus centrafricains en prison.

 

Lu pour vous : Cameroun - Faute de soins : Deux prisonniers centrafricains meurent à Douala

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 23:18

 

 

 

 

 

http://www.egaliteetreconciliation.fr   par Bernard Lugan  dimanche 24 novembre

 

Depuis le mois de décembre 2012, la Centrafrique (RCA), l’ancien Oubangui-Chari colonial, est un foyer de déstabilisation qui menace toute l’Afrique centrale et la région sahélo-tchadienne au moment où la contagion sahélienne a touché la zone tchado-nigériane et la Libye saharienne.

 

Alors que la France va intervenir en RCA, ce qu’elle aurait du faire depuis le mois de décembre 2012, je ne vais pas redire ici ce que j’ai déjà expliqué à travers mes analyses et communiqués des 26 décembre 2012, 1er janvier, 24 mars, et 7 septembre 2013 ainsi que dans le numéro de février 2013 de l’Afrique réelle et dans celui du mois de novembre 2013 à travers l’article intitulé « RCA : les coupeurs de route au pouvoir ».

 

Néanmoins, pour résumer la situation, il importe de ne pas perdre de vue que :

 

1) Ceux qui font régner la terreur à Bangui sont les héritiers des bandes islamistes mahdistes et de celles de Snoussou qui razziaient les peuples de la forêt et du fleuve avant la colonisation.

 

2) Comme quasiment partout en Afrique, le problème est d’abord ethnique et il est à l’origine de l’instabilité récurrente que connaît cet artificiel pays, quadrilatère de 623 000 km2, non-Etat présentant de grandes différences géographiques, donc humaines, entre des régions sahéliennes, des espaces soudanais, des savanes centrales, une forêt méridionale et des régions bordières du fleuve.

 

3) L’histoire de RCA depuis l’indépendance est rythmée par l’alternance de cycles ethno-politiques conflictuels qui donnèrent tour à tour le pouvoir à des populations originaires des grandes régions du pays comme je l’ai longuement expliqué dans le numéro de l’Afrique réelle du mois de février 2013.

 

Le 15 mars 2003 le général François Bozizé, un Gbaya, ethnie originaire de l’ouest du pays, accéda aux affaires au moment où tout le nord de la RCA était touché par la contagion du conflit soudano-tchadien. A plusieurs reprises, les rebelles tchadiens opposés au président Idriss Déby Itno et soutenus par le Soudan tentèrent ainsi de contourner les défenses tchadiennes par le nord de la RCA et ce fut à partir de ce moment que la région de Birao et des « trois frontières » (Soudan-Tchad-RCA) échappa définitivement aux autorités de Bangui pour devenir une « zone grise ».

 

A la fin du mois de décembre 2012, venus de cette région, quelques centaines de combattants appartenant à de petites tribus nordistes et islamisées, dont les Gula et les Runga, appuyés par des Soudanais et des Tchadiens, avancèrent vers Bangui, la capitale, groupés dans un hétéroclite mouvement créé pour la circonstance et qui prit le nom de Séléka (coalition en langue sango).

 

Ce qui, au départ, n’était qu’une razzia lancée par deux ou trois centaines de coupeurs de route se transforma alors en une entreprise de conquête du pouvoir. Au noyau initial vinrent ensuite s’agréger plusieurs mouvements ethno-politiques microscopiques dirigés par de vieux chevaux de retour de toutes les aventures centrafricaines.

 

Le pillage de Bangui débuta alors, suivi par le massacre des Gbaya et des chrétiens. L’anarchie gagna ensuite l’ensemble du pays, les bandes du Séléka se livrant à un pillage en règle des populations cependant que Michel Am Nondroko Djotodia président autoproclamé le 24 mars 2013 était totalement dépassé par les évènements.

 

En RCA où, une fois encore, la longue histoire explique les évènements contemporains, l’intervention militaire trop tardive ne réglera pas le problème de fond. En effet, le Séléka va se débander devant les troupes françaises mais :

 

1) La question de la pacification de la région des trois frontières ne sera pas réglée car le Soudan constituera la base arrière de tout futur mouvement.

 

2) La seule solution qui sera proposée par la France sera une nouvelle fois un processus électoral, donc une ethno-mathématique, qui redonnera le pouvoir aux plus nombreux, donc aux peuples de la savane. Les « gens du fleuve » au sud et les nordistes seront automatiquement perdants car minoritaires, ce qui sera la cause de futurs conflits...

Lu pour vous : L’intervention en Centrafrique : la France a trop attendu

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 23:03

 

 

 

 

 

Jusqu’à quand certains hommes politiques centrafricains continueront à duper et éconduire le peuple avec des contre-vérités de nature à ternir l’image de la vie politique dans un pays déjà dévasté par tant d’années de gabegies ?

 

Rentré à Bangui malgré lui, sous influence médiatique, Anicet Georges DOLOGUELE a organisé du 23 au 25 octobre 2013, une Assemblée Générale Constitutive  de son parti, l’Union pour le Renouveau Centrafricain(URCA).Il s’agit là en réalité d’un gros mensonge.

 

En effet, les Centrafricains doivent savoir que non seulement l’URCA a été créée le 1er  juin 2013 à Paris (France), mais ce parti été immédiatement déclaré à la Préfecture de Police de Paris le 25 Juin 2013 sous la référence W751220276, et paru au Journal Officiel Français le 06 juillet 2013 sous le N° 20130027. De plus son Siège Social est fixé à l’adresse 118 Avenue de France 75013 Paris (Métro 14 et RER C Arrêt Bibliothèque François Mitterrand). Par la même occasion, et aux termes de l’article 28 des statuts, le Bureau de l’URCA a été constitué comme suit : «  exceptionnellement, sont respectivement élus par l’Assemblée Générale Constituante de l’URCA : premier Président de l’URCA : Anicet Georges DOLOGUELE, premier Secrétaire Général de l’URCA : Narcisse KAMAYENWODE ». (cf. le lien du journal officiel du gouvernement français http://www.journal-officiel.gouv.fr/association/index.php?ACTION=Rechercher&HI_PAGE=1&HI_COMPTEUR=0&original_method=get&WHAT=urca&JTH_ID=&JAN_BD_CP=&JRE_ID=&JAN_LIEU_DECL=&JTY_ID=&JTY_WALDEC=&JTY_SIREN=&JPA_D_D=&JPA_D_F=&rechercher.x=21&rechercher.y=8&rechercher=Rechercher).

Il est donc notoire que Monsieur DOLOGUELE a grossièrement menti. Ce faisant, ce mensonge pose un sérieux problème sur le plan juridique, car en Droit on ne peut avoir deux Assemblées Générales Constitutives pour une seule entité ! C’est pourquoi il appartient aux autorités compétentes d’en tirer les conséquences si on n’est réellement dans un Etat de Droit.

 

Le deuxième gros mensonge d’Anicet Georges DOLOGUELE à Bangui concerne sa candidature  aux élections Présidentielles. En effet, le 25           octobre 2013, invité sur la radio Ndeke Luka (http://www.radiondekeluka.org/item/17654-anicet-georges-dologuélé,-président-de-l'urca.html?tmpl=component&print=1), DOLOGUELE va encore mentir sans gêne comme il en a l’habitude, en affirmant haut et fort, tout en regardant droit dans les yeux du journaliste, qu’il n’a  pas encore déclaré sa candidature et qu’il ne le ferait que lorsque les militants de son parti en auraient décidé lors d’un congrès. Or l’opinion nationale, africaine et internationale sait que Monsieur DOLOGUELE depuis le 29 Avril 2013 avait officialisé sa candidature Présidentielle sur Africa 24 dans l’émission « Le Talk » (http://africa24.peopleinput.biz/en/le-talk-anicet-dologuele-centrafrique ), déclaration de candidature confirmée ensuite dans Jeune Afrique du 18  Juin 2013 (http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2735p036-037.xml0/ ), et enfin sur RFI le 3 Juillet 2013 au micro de Christophe BOISBOUVIER (http://www.rfi.fr/emission/20130703-anicet-georges-dologuele-ancien-premier-ministre-centrafricain ).

 

Visiblement le mensonge constitue le mode de fonctionnement de cette personnalité politique. Lors de son séjour à Paris, ce dernier a affiché sa distance à l’égard des autorités de la transition tout en affirmant que celles-ci étaient incompétentes. Curieusement, une fois à Bangui, il n’hésitera pas à se rapprocher de ces mêmes autorités pour leur faire allégeance, laissant ainsi transparaître sa versatilité.

 

Un autre mensonge d DOLOGUELE qu’il convient de révéler est la fable relative à son soit disant « exil politique ». Cette personnalité, il est utile de le préciser, n’a jamais été inquiété ou persécuté ni sous le régime de BOZIZE ni par le régime actuel de transition. Alors d’où vient cette histoire « d’exil politique en France ? ». Car au niveau de l’Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides (OFPRA), Anicet Georges DOLOGUELE n’est pas enregistré comme réfugié politique, selon nos propres enquêtes.

 

On le voit bien, la sirène Dologuélé claironne des mensonges indignes d’un homme qui aspire à diriger un grand et beau pays comme le Centrafrique qui veut désormais tourner la page définitivement avec cette basse méthode.

 

MICHEL TOMSENA

DOLOGUELE CONFONDU PAR SES PROPRES MENSONGES par MICHEL TOMSENA

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 22:51

 

 

 

 

 

 

http://www.lejdd.fr   24 novembre 2013

 

AUTOUR DU MONDE - Une intervention militaire en Centrafrique sous mandat de l'ONU devrait être annoncée dès cette semaine. Pour la France, cette nouvelle opération s'annonce très différente de celle du Mali.

 

Le Conseil de sécurité des Nations unies débattra lundi de la meilleure option possible pour sortir la Centrafrique de la tragédie. Pour la France, qui n'a cessé de tirer la sonnette d'alarme, il faut agir vite : "Ce pays est en train de devenir l'aspirateur à crises du cœur de l'Afrique", confie un proche du ministre de la Défense au JDD. Jean-Yves Le Drian a présenté mercredi plusieurs scénarios au président de la République. Un premier groupe de 250 soldats français est en cours d'acheminement avec pour mission de préparer le déploiement de nouveaux effectifs dans le pays dès qu'une nouvelle résolution sera votée aux Nations unies, accordant "un mandat robuste" aux forces d'intervention. Un vote attendu dès cette semaine, certainement avant le sommet spécial de l'Élysée du 6 décembre consacré à la sécurité en Afrique et qui regroupera à Paris tous les pays du continent.

 

"Nous n'aurons pas besoin d'autant d'hommes et de blindés qu'au Mali, poursuit notre source, car en face, ils ne combattront pas, personne ne viendra se jeter sur nos colonnes." Allusion aux troupes de la Séléka, cette coalition hétéroclite de rebelles qui a amené l'actuel président, Michel Djotodia, au pouvoir et qui refuse depuis d'être désarmée et sème la terreur à travers tout le pays. Autrement dit, l'opération en Centrafrique tiendrait davantage de l'opération de police que de l'intervention armée pour détruire un ennemi bien ciblé. Il s'agira avant tout de ramener l'ordre à Bangui et sur les grands axes qui conduisent vers le Cameroun et le Tchad, deux pays clés pour l'approvisionnement de la Centrafrique, deux nations qui devraient renforcer leurs effectifs au sein de la mission des forces africaines appelée à prendre le relais des Français.

 

Fallait-il pour autant mettre en garde la communauté internationale contre un risque "génocidaire" ou évoquer des pratiques "prégénocidaires" dans le pays, comme l'ont fait le Quai d'Orsay et le ministère de la Défense? "Tous ceux qui ont critiqué l'usage de ces termes auraient été les premiers à nous dénoncer dès les premiers crimes commis si nous n'avons rien fait", rétorque-t-on dans l'entourage de Laurent Fabius, où l'on ne tenait pas visiblement à se retrouver coresponsable d'un nouveau Rwanda ou d'un autre Darfour.

 

"Visible, massive et bruyante"

 

Notre intervention sera "visible, massive et bruyante", dit-on au ministère de la Défense, où l'on est convaincu que la seule présence d'un millier de soldats français aura "valeur dissuasive". Ce qui pourrait se comparer au Mali, en revanche, c'est le "jour d'après", lorsqu'on se rendra compte que les forces africaines censées relayer l'action des Français ne seront pas suffisamment formées et équipées pour tenir tête à un retour des fauteurs de troubles. On vote en effet aujourd'hui pour le premier tour des législatives, aboutissement des succès de l'opération Serval, mais dans la boucle du Niger et au nord des djihadistes continuent de menacer le processus fragile de la normalisation démocratique.

 

François Clemenceau - Le Journal du Dimanche  samedi 23 novembre 2013

 

Lu pour vous : Pourquoi Bangui ne sera pas Bamako

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