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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 03:28

 

 

Baba laddé signe l'accorde Bangui

 

Lettre ouverte au Peuple de l'Azawad

                                                                   Général Baba Laddé: "Vive le peuple de l'Azawad"

 

Peuple de l'Azawad, j'ai décidé de vous faire une déclaration, après un évènement qui nous concerne, vous et moi.

Il y a quelques temps d'anciens membres du Ganda Koy et du Ganda Iso ont fait savoir qu'ils souhaitaient me rejoindre pour avoir une formation militaire. J'ai compris q'ils voulaient faire une milice terroriste et j'ai refusé. Je leur ai dit la même chose qu'aux Peuls de Mauritanie, du Cameroun, de Guinée et au Peuls Mbororo de République Démocratique du Congo, qui m'ont fait une demande il y a quelques mois: "Vous êtes les bienvenus auprès de moi.

 

Mais je vous formerai au maniement des armes blanches uniquement pour vous défendre des bandits, et vous aurez une formation obligatoire pour être éleveur, cultivateur, forgeron, réparateur de moto, vous devrez apprendre les grandes langues internationales et les langues locales, certains pourront avoir une petite formation d'enseignant ou d'aide-soignant".

 

Si vous ne me connaissez pas, je tiens à me présenter. Je suis le général Abdel Kader Baba Laddé né le 21 juillet 1970 né à Gounou-Gaya dans le Mayo Kebbi au Tchad. Je suis Peul du Tchad et je dirige un mouvement politico-militaire, le Front Populaire pour le Redressement, basé en ce moment en République Centrafricaine. Nous nous battons contre la dictature d'Idriss Déby Itno du Tchad.

 

Venons en à la situation du Nord- Mali, l'Azawad. J'aime cette région, ses paysages de l'Adrar des Ifoghas, les villes de Gao ou Tombouctou et surtout j'aime sa population. Que vous soyez Peuls, Songhais, Touareg ou Arabes, vos cultures sont riches et il faut les protéger. Vous devez être unis pour développer votre région. Touareg, Arabes, Songhais, Peuls, vous êtes frères et vous vivez dans un beau pays, vous êtes le fier peuple de l'Azawad et je dis "Vive le peuple de l'Azawad".

 

Votre problème politique est complexe. Je soutiens certaines revendication du Ganda Koy et du Ganda Iso car ces gens ont peur, peur d'être dominé, d'être des citoyens de seconde zone dans un Azawad indépendant.

Je comprend aussi les revendications du Mouvement National de Libération de l'Azawad. Vous voulez la liberté car les régions de Kidal, Tombouctou et Gao sont marginalisées et pauvres. Vous voulez que la culture Tamashek soit reconnus à sa juste valeur. Je vous comprend amis du MNLA.

 

Mais réfléchissons, pourquoi l'état du Mali ne vous correspond pas? Oui il y a de la corruption et du clientélisme mais il existe partout. Comparé au Tchad, le Mali est une démocratie. Alors je ne sais pas, faut il un Mali uni, un Mali fédéral ou un Azawad indépendant. Ce n'est pas à moi de vous donner la réponse mais je souhaite vous aider à réfléchir à ce sujet. Surtout j'interviens pour qu'il y est la paix entre les différentes tribus touaregues, qui ne sont pas d'accord entre elles, et qu'il y est la paix avec les Arabes, les Songhais et les Peuls.

 

Les questions d'indépendance sont toujours difficiles. A titre personnel, je me battrais contre ceux qui veulent l'indépendance du sud du Tchad, car ça serait une fracture religieuse alors que d'énormes choses unissent les Tchadiens entre eux.


J'étais partisan que l'Erythrée prenne son indépendance de l'Ethiopie. Je suis partisan que l'Ogaden prenne son indépendance de l'Ethiopie et soit rattaché à la Somalie, je suis pour que le Puntland et le Somaliland réintègre la Somalie dans un cadre fédéral. J'ai été heureux que le Kosovo devienne indépendant, mais je suis contre la division de la Bosnie entre Serbes, Croates et Musulmans car ils ont toujours vécu ensemble. Pour la Tchétchénie, je suis pour qu'elle forme un état indépendant et fédéraliste avec les autres républiques du Caucase. Je suis pour que le Sahara Occidental soit indépendant du Maroc.

 

D'autres questions m'interroge: Certains Tchadiens veulent former un " grand Tchad" réunissant le Tchad, la République Centrafricaine, le Darfour, les régions kanouri du Cameroun, du Nigeria, du Niger, les régions toubous du Niger et de Libye. C'est un beau projet pour former un pays fort mais fédéral, qui est unis historiquement et culturellement, mais les Centrafricains seraient ils d'accord, je ne sais pas et c'est à discuter.

 

J'ai des doutes aussi sur certaines revendications et évènements. Que pensez de l'indépendance du Sud-Soudan, cela ne va t-il pas créer de nouvelles guerres? Le Soudan du Sud ne va t-il pas tomber sous l'influence de l'Ouganda, dont le dictateur était un agent de la CIA et occupe une partie de la République Démocratique du Congo, du Sud-Soudan, de la Centrafrique et est présent en Somalie.

 

La population de la Casamance veut elle son indépendance? La divison du Nigeria serait elle une bonne chose?

Et regardons la joie des Ivoiriens après la fin de la division de leur pays, Sénoufo, Dioula, Bété, Baoulé étaient fier d'être ivoirien. Sans parler de la chute du mur de Berlin et la réunification allemande.

 

Surtout peuple de l"Azawad, ne soyez pas manipuler: les Américains et les Algériens poussent pour que les Touareg rentre en guerre contre AQMI. Certains Touareg sont pret à l'accepter pour obtenir des armes et les retourner contre Bamako. Mais pensez que les hommes d'Al Qaida au Maghreb Islamique sont des êtres humains, certes dans l'erreur, mais des humains. Voyant le monde désastreux où capitalisme, sexualité perverse et corruption règnent, ils ont choisit de détruire ce monde. Il y a 70 ans ils auraient été communistes, il y a 110 ans ils auraient été anarchistes, en 2011 ils sont salafistes jihadistes.

 

J'ai aimé parler avec eux, même si je suis en désaccord total sur la facon de changer le monde. J'ai essayer de leur expliquer que c'est par l'éducation qu'ils trouveront un métier, seront reconnus dans leur communauté et ainsi ils pourront faire changer le monde.

Les jihadistes sont les enfants de Dieu, mais le MNLA est tout autant enfant de Dieu et les Ganda Iso sont aimé de Dieu. Les soldats maliens sont dans le coeur de Dieu. Bref, tous les enfants de l'Azawad sont aimé d'Allah.

 

Parlons aussi du trafic de drogues, de cigarettes et de voitures qui existent dans l'Azawad. Cela sera impossible à éliminer, la population vie grace à ça. Mais cela doit diminuer, comment? Encore par l'éducation, et par le tourisme.

 

Enfin je finirais par dire qu'il ne faut pas accuser les occidentaux de tous les maux du continent noir. Oui ils pillent l'Afrique, mais nous avons notre part de responsabilité. Mais le pire, c'est que certains occidentaux qui détestent leur propre civilisation mais ne connaissent pas l'Afrique non plus, disent que l'Afrique va mal car les Européens l'ont découpé sans tenir compte des ethnies. Souvenons nous des empires du Ghana, du Mali, Songhai, du Kanem-Bornou, des Almoravides. Tous ces états précoloniaux étaient pluri-ethniques. Il y a toujours eu des états en Afrique et ils ont toujours été multiethniques et c'est une richesse!


Et regarder le Cameroun. Un Kanouri de l'extrême nord peut parler arabe, foulbé, bamiléké, fang, français, anglais et avoir des notions d'allemand.

L'Afrique est sur la bonne pente, nos étudiants réussissent dans les écoles occidentales mais gardent leur culture africaine et vont venir relever l'Afrique.

Nous politico-militaires sommes là pour renverser les dernières dictaures puis nous abandonnerons les armes.

 

Donc MNLA, discutez avec le président ATT, dialoguez avec Ganda Iso, éduquez AQMI, et là vous prendrez votre décision: l'Azawad sera il mieux en tant qu'état indépendant ou dans un Mali fédéraliste. Dans mon coeur le Touareg est autant malien qu'un Bambara ou un Soninké.

C'est au peule de l'Azawad de choisir. Vive le peuple de l'Azawad.

 

Pour le Tchad nous demandons des discussions sous l'égide de l'ONU, que tous les prisonniers politiques soient libérés et que le Tchad deviennent fédéraliste. En Centrafrique nous sommes beaucoup critiqués par les médias à cause de notre chasse aux zaraguinas et autres bandits, mais le peuple nous approuve. Nous souhaitons même collaborer avec les FACA, la gendarmerie, la police, l'APRD, l'UFDR, la CPJP, le MLCJ d'Abakar Sabone, le FPDC d'Abdoulaye Miskine pour que tous ensemble nous chassions la LRA de Joseph Kony de RCA.

 

Par ailleurs nous condamnons l'incendie de la bourgade Bokassa près de Baoro (environ de Bouar, Bozoum et Carnot) par des éleveurs. Cultivateurs et éleveurs doivent êtres unis. En Centrafrique, au Tchad et dans l'Azawad.

 

Si des gens de l'Azawad veulent dialoguer, ma nouvelle page facebook http://fr-fr.facebook.com/pages/général-Baba-Laddé/139225036167556

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 02:33

 

 

 

Boz-invest.jpg


Mbour, 7 déc 07/12/2011 22:54 GMT (APS) - La République Centrafricaine ambitionne de suivre l’exemple sénégalais en matière de parité, a annoncé, mercredi à Saly-Portudal, à 80 Km au sud de Dakar, la députée centrafricaine Marie-Solange Pagonendji-Ndakala.


Ancienne ministre centrafricaine, aujourd’hui parlementaire, Mme Marie-Solange Pagonendji-Ndakala est la présidente de la commission "Genre, population, développement et droits de l’homme" à l’Assemblée nationale de la Centrafrique.

 

Elle est à la tête d’une délégation qui prend part à l’atelier préparatoire de la mission de vulgarisation de la loi sur la parité au Sénégal, à l’initiative de l’Assemblée nationale sénégalaise et de l’Union européenne.

 

Selon elle, le Sénégal, à travers la loi sur la parité et la signature du décret d’application de la loi sur la parité et la création d’un observatoire de la parité constituent des exemples à suivre pour aller vers une promotion effective des femmes.

 

"Nous remercions le gouvernement et le parlement sénégalais pour leur accueil. Comme l’a dit le président Wade (Sénégal), la femme c’est le développement. Pour le président Bozizé (Centrafrique), il faut surtout mettre l’accent sur la parité, pour aller vers une promotion effective des femmes", a rapporté la parlementaire centre africaine.

 

"Nous avons une loi sur la protection des femmes contre les violences. Maintenant, nous voulons suivre l’exemple du Sénégal, pour que la parité soit une réalité en Centrafrique. Nous sommes sur la bonne voie", a-t-elle indiqué.

 

Elle estime, à l’image de la ministre d’Etat Awa Ndiaye, en charge de la Culture, du Genre et du Cadre de vie, que les femmes doivent s’impliquer pour arriver à un développement dans tous les pays, mais particulièrement dans les pays sous-développés.


 

 

NDLR : Arôme Maggi est vraiment partout...! Après le Bénin pour la secte du christianisme céleste de Bozizé et le recrutement de Bio Tchané pour les relations avec le FMI, c'est maintenant vers le Sénégal que se tourne  la bozizie pour la parité homme - femme. Théodore Jousso ministre boziziste en charge de l'aviation civile s'y était aussi rendu récemment pour faire appel à Karim Wade et aux experts sénégalais. Pourquoi faut-il toujours des modèles étrangers à la bozizie ? 

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 18:48

 

 

 

Gbagbo-CPI.jpg


7 décembre

 

Par Pierre Jacquemot, chercheur associé à l’IRIS

Laurent Gbagbo ; l’ancien président ivoirien est à la Haye depuis quelques jours. Il est accusé d’être le coauteur indirect de quatre crimes contre l’humanité, « meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains », commis dans son pays, alors qu’il refusait de quitter le pouvoir qu’il occupait depuis 10 ans, après avoir été battu aux élections en décembre 2010. Cette démarche mettant en branle la justice internationale n’est probablement pas contestable. Pourtant elle pose quelques interrogations.

On observe d’abord que l’Afrique au sud du Sahara contribue largement à la justice internationale. Après le Libéria, le Soudan, le Congo, la Centrafrique, à présent, c’est la Côte d’ivoire qui envoie devant la Cour Pénale Internationale l’un des ses autocrates, auteurs d’exactions sur sa population. Et il est le deuxième chef de l’Etat, après Charles Taylor. Un troisième, Omar El Béchir, est inculpé depuis 2009, mais il continue d’exercer ses fonctions et de voyager en toute impunité.

A part l’ex-Yougoslavie, qui aura donné autant ? Peut-on s’attendre à ce que la révolution arabe transfère bientôt ses tortionnaires à la Haye ? Ou faut-il craindre une justice à deux poids deux mesures ?

Comment les Ivoiriens interprètent-ils cette extradition ? Il faudrait assurément le leur demander. Mais il est certain qu’ils s’attendent à ce que les auteurs de crimes de l’autre bord, ceux des Forces nouvelles, soient aussi interpellés. Il y a eu 3000 tués pendant la guerre civile et, les torts sont certainement en partie partagés. Il faut donc une justice équitable. Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a promis de sanctionner aussi les responsables du camp Ouattara soupçonnés de crimes de guerre et contre l’humanité, mais aucun n’a encore été inculpé. Au contraire, certains chefs militaires de l’ex-rébellion ont été promus.

Il faut également une justice responsable, qui tienne compte du contexte ivoirien. Le pays est meurtri et divisé. Le processus de réconciliation entre les ennemis d’hier est en cours. Il mettra du temps. Le transfèrement de l’ex-président ne peut que susciter des frustrations. Le 11 décembre auront lieu les élections législatives. Les Ivoiriens peuvent se sentir légitimement lésés ne pas avoir « leur » procès dans leur pays, ce qui aurait été un moment fort dans le traitement du drame.

Laurent Gbagbo doit s’attendre à rester longtemps à la Haye avant son procès, comme Jean-Pierre Bemba, l’ancien vice-président congolais, détenu depuis trois ans. Les procédures de la CPI sont longues. Il restera le « diable » pour certains, un martyr pour d’autres. Encore une fois, les Ivoiriens se sentent dépossédés, comme ils le furent lorsque la Communauté internationale, via les Nations Unies, décida qui, d’Alassane Ouattara ou de Laurent Gbagbo, avait gagné les élections présidentielles. Il s’agit de prendre garde à ne pas nourrir l’irréductible ressentiment.

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 18:43

 

 

 

Kabila


Le Carnet de Colette Braeckman 6 décembre

 

Depuis dix ans, il est à la tête du pays, son portrait s’affiche partout, il a multiplié inaugurations et meetings dans toutes les provinces, sa conférence de presse de trois heures a été largement diffusée. Malgré cela, pour beaucoup de Congolais, Joseph Kabila demeure un mystère. Auprès des uns, abreuvés de rumeurs ou tout simplement déçus, il est l’objet d’une haine intense, quasi hystérique, traité de Rwandais, de complice des Occidentaux et on en passe. Auprès de ceux qui le soutiennent, il suscite l’estime pour son calme, sa persévérance, sa volonté de réunifier, de pacifier puis de reconstruire son pays. Mais même aux yeux de ses proches, cet homme de 40 ans demeure un mystère, et il ne provoque ni adulation ni culte de la personnalité. Esquivant les questions trop personnelles, il répète : « vous ne connaissez pas le président Kabila… »

 

Il y a plusieurs explications à cette réserve. Lorsque Joseph Kabila voit le jour à Lulenge, en 1971, dans le territoire de Fizi, son père, Laurent Désiré Kabila, est l’homme le plus recherché du pays : il dirige la «zone rouge » un maquis installé sur les bords du lac Tanganyika et tous les agents de Mobutu ont pour consigne de retrouver et mettre hors d’état de nuire cet homme qui a été le  compagnon de Lumumba et l’interlocuteur de Che Guevara. Joseph et sa sœur jumelle, Jaynet, n’ont pas cinq ans lorsque la famille est obligée de fuir et de s’installer en Tanzanie, les conditions  dans le maquis devenant trop dures. A Dar es Salaam,  le père inscrit  les jumeaux à l’école française, tenant à ce qu’ils maîtrisent la langue de leur pays d’origine. Mais les enfants ont pour consigne de ne pas révéler leur véritable identité, qui les exposerait aux agents mobutistes. C’est là que Joseph apprend à se taire, à se composer un masque impassible. A se débrouiller aussi. Les opposants se gaussent de lui : « il conduisait un taxi, il exerçait de petits métiers, sa mère vendait des légumes… » Et alors ? Refuser de pactiser avec Mobutu, cela se paie par la misère… D’après les témoins, Joseph est l’interlocuteur favori de son père, qui lui inculque ses théories politiques et son nationalisme de combattant.

 

Grâce au soutien d’amis étrangers, le jeune Joseph est envoyé à l’Université Makerere en Ouganda, mais  en 1996, un autre projet bouscule soudain la vie des exilés. «  Cette fois c’est la bonne » assure le vieux maquisard, qui s’allie aux Rwandais et aux Ougandais pour démanteler les camps de réfugiés hutus au Kivu et in fine chasser Mobutu.  Laurent-Désiré Kabila, relégué à l’arrière, charge son fils de demeurer dans le sillage de James Kabarebe, le chef d’état-major rwandais qui dirige les opérations militaires. « Afande Joseph » (le commandant Joseph) progresse aux côtés de l’armée rwandaise, assiste de près à la traque et aux massacres des réfugiés hutus et… fait  rapport à son père. Il soupirera plus tard : «J’ai su très vite qu’un jour nous aurions la guerre avec ces gens-là… »


Lorsqu’il arrive à Kinshasa, le « fils du chef », venu de l’Est, s’exprime en swahili et se montre plus à l’aise en anglais qu’en français. Ses amis sont rares, il se montre réservé, sinon « chiche » selon certains. Son père, aussi sévère avec lui qu’avec ses autres collaborateurs, a la colère facile et la main lourde. L’apprentissage, interrompu par un stage en Chine,  ne dure pas longtemps : en 1998, la guerre reprend,  déclenchée par le Rwanda et Joseph se retrouve à défendre l’aéroport de N’Djili contre les infiltrés rwandais, avant d’être renvoyé dans l’Est avec pour mission de réactiver les anciens maquis et de recruter les combattants Mai Mai, qui résistent à l’envahisseur avec des armes traditionnelles et magiques. Suivant la formule « l’ennemi de mon ennemi devient mon ami » Joseph prend également contact avec les rebelles hutus qui appuient les troupes gouvernementales.

 

En 2001, lorsque son père est assassiné, Joseph est ramené du Katanga par les Zimbabwéens et les compagnons de son père le désignent à sa succession. Il a 28 ans et deux objectifs : mettre fin à la guerre, réunifier son pays. Pour cela, lors des négociations de paix de Sun City, il accepte de partager le pouvoir avec quatre vice-présidents dont deux sont issus des mouvements rebelles, tout en veillant à se trouver au-dessus de la mêlée. En 2006, le pari des élections démocratiques est gagné et Joseph est élu, contre Jean-Pierre Bemba, avec 58% des voix. A l’époque déjà, Bemba,  le  « chairman » avait conquis la capitale en se faisant appeler « Igwe » l’enfant du pays.

 

Aujourd’hui, même si son score s’est amélioré, cet  homme réservé, père de deux enfants, n’a toujours pas conquis Kinshasa, qui préfère les tribuns comme Mobutu et Bemba ou les héros populistes comme Tshisekedi.

 

Même si son français s’est fluidifié, si sa dégaine s’est assouplie, Kabila ne parle toujours pas le lingala, ne tient pas de meeting dans la capitale, (celui qui devait clôturer sa campagne au stade des Martyrs a été annulé in extremis…) et ses loisirs se résument à se retirer dans sa ferme,  à faire du jogging le long du fleuve ou à circuler en moto, casquette sur la tête, vérifiant au passage l’état d’avancement des chantiers. Ses photos, omniprésentes durant la campagne, se veulent rassurantes, mais en réalité, malgré son sourire engageant, le président inspire une certaine peur et même s’il n’est impliqué dans rien, on constate que ses rivaux, comme Bemba, ont été écartés, que ses critiques les plus virulents, comme le militant Floribert Chebeya ou l’avocat Firmin Yangambi ont été assassiné ou condamné à perpétuité…

 

Alors que ses adversaires ont parcouru l’Europe pour y récolter des soutiens, il a préféré, lui, inaugurer des chantiers, pensant que ses œuvres parleraient en sa faveur, ou entretenir ses relations africaines, se présentant aux pays de la région comme un gage de stabilité.

 

Investi d’une tâche herculéenne, reconstruire ce pays effondré, il a commencé par les routes, les infrastructures. Mais le développement est une affaire de longue haleine et ses compatriotes estiment que, dans leur assiette, ils n’ont rien vu venir et constatent qu’entre les riches et les pauvres le fossé s’est creusé.

Là n’est cependant pas le pire des reproches : au fil des années, s’est constitué un « cabinet parallèle » autour de l’inamovible et très discret conseiller Augustin Katumba Wanke. C’est là, dans la concession dite  «Eternit »,  que sont prises les grandes décisions, que sont signés les contrats, c’est là, dit-on, que sont versés des  dessous de table qui se chiffrent en millions de dollars. Interrogé sur le sujet, le président répète « donnez-moi des preuves »  et il insiste sur  la « tolérance zéro » face à la corruption et la réforme de la magistrature.  Et chacun de se demander si « le Raïs » est otage ou complice de son entourage. Mais ces questions-là, on ne les pose pas à haute voix, et chacun se dit que, même après dix ans, on  ne connaît toujours pas Joseph Kabila…

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 14:05

Baba laddé signe l'accorde Bangui

 

BANGUI AFP / 07 décembre 2011 12h00 - Le chef rebelle tchadien Baba Laddé du Front populaire pour le redressement (FPR), dont les hommes vivent actuellement dans le centre de la Centrafrique, a démenti mercredi les actes de violences dont il est accusé et s'affirme toujours prêt à négocier.

Nous n'avons rien à voir avec l'attaque de lundi. Cette attaque est l'oeuvre de rebelles manipulés par l'ambassade du Tchad, a affirmé à l'AFP par téléphone satellitaire le général Baba Laddé à propos de l'attaque lundi d'un convoi par des coupeurs de route qui a fait trois morts à Libi village entre Damara (60 km nord de Bangui) et Sibut (100 km nord Bangui).

Dans un communiqué mercredi, le ministère centrafricain de la Défense a affirmé avoir déployé dans le secteur des hommes de la Garde républicaine qui ont mis en déroute les malfrats. A l'heure actuelle toute la localité est sous contrôle des éléments des forces armées centrafricaines et la population vaque librement à ses occupations.

Nous avons toujours lutté contre les coupeurs de route. C'est nous (le FPR) qui avons sécurisé les axes dans le passé, a-t-il assuré alors que le président centrafricain Bozizé l'a accusé lors des fêtes du 1er décembre d'être un escroc et un voleur de bétail qui dépossède les éleveurs peuls de leur bétail.

Il affirme être un défenseur des éleveurs peuls, mais c'est tout à fait le contraire. Il les traque, il vole leur bétail, il vole leur argent. Mais ceux-ci finiront par se retourner contre lui, avait déclaré le président Bozizé, alors que le préfet de la région de Bambari a accusé les hommes du FPR de vivre de pillage et de racket, ainsi que d'enrôler des jeunes peuls de force.

Joint depuis Libreville, Baba Laddé a aussi démenti ces accusations, reconnaissant toutefois prélever une cotisation en contrepartie des services rendus pour assurer la tranquillité et la sécurité des éleveurs peuls. Ce sont nos gens, nous les protégeons. Je peux comprendre le président Bozizé, nous sommes dans son pays, a-t-il ajouté Mais, nous voulons la paix. Nous sommes toujours prêts à négocier.

Baba Laddé a accusé le président tchadien Idriss Deby Itno de ne pas vouloir négocier. Il dit qu'il veut discuter avec tous les Tchadiens mais de quels Tchadiens parle-t-il ? Nous voulons des négociations avec la présence de la communauté internationale, a ajouté Baba Laddé.

Le FPR occupe depuis début août la localité de Pladama Ouaka située entre les villes de Bambari (centre) et Kouango, sans que les tentatives de négociation aient pu aboutir.

Le 10 août, le médiateur centrafricain Mgr Paulin Pomodimo avait affirmé avoir convaincu le général Abdel Kader Baba Laddé de se rendre à N'Djamena pour discuter, mais celui-ci s'était refusé fin août à toute négociation sans la présence de l'ONU.


(©)

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 11:00

 

A-Conde-et-B-Kouchner.jpg

Le Plus France Info

Les petits conseils "bénévoles" de Bernard Kouchner

Mercredi 7 Décembre 2011 à 07:15

Depuis sa sortie du gouvernement il y a un an, l'ex-ministre des Affaires Etrangères a totalement disparu des écrans radar. Mais à 72 ans, Bernard Kouchner n'a pas pris sa retraite pour autant. Enquête sur ses nouvelles activités de consulting, en Guinée.

Le "French Doctor" nourrit une nouvelle passion : la Guinée, ce petit Etat d'Afrique de l'Ouest dirigé depuis un an par Alpha Condé, un ami de longue date de Bernard Kouchner : les deux hommes se sont connus au lycée Turgot à Paris il y a un demi-siècle et leur amitié est toujours intacte. Pour preuve, Bernard Kouchner était invité à sa cérémonie d'investiture, l’occasion pour le président Condé d’enlacer longuement son "frère jumeau", rapporte Pierre André Wiltzer, ancien ministre de la Coopération de Jacques Chirac, témoin de la scène.

Bernard Kouchnerse rend en Guinée tous les mois pour suivre la construction d'une maternité à Conakry. C'est son projet. Entièrement financé par des mécènes, comme Sanofi, EDF ou encore Total, pour qui il avait fait un rapport controversé sur le travail des enfants en Birmanie. Des mécènes qui lui paient même ses billets d'avion pour Conakry.

Un travail "bénévole", assure-t-il, tout comme les conseils qu'il donne à son ami Alpha Condé. Il lui a recommandé notamment de mettre en place une sécurité sociale, comme il l'avait fait au Gabon - on se rappelle son rapport chèrement facturé à Omar Bongo. Des conseils très appréciés des chefs d'Etat africains, "toujours en recherche de réseaux d’influence parisiens, c’est important pour leur aura, leur image", explique le journaliste Antoine Glaser, spécialiste de l'Afrique

"Il roule dans un véhicule de la Présidence, il fait des affaires en Guinée"(Lama Bangoura, opposant guinéen)

Pour son ami Alpha Condé, Bernard Kouchner ouvre son carnet d'adresse. Selon nos informations, il est intervenu notamment auprès de Christine Lagarde au FMI, du milliardaire Georges Soros ou de Tony Blair, l'ancien Premier ministre britannique qui conseille d'autres Etats africains : Sierra Leone, Liberia, ou encore le Rwanda avec qui il aurait un contrat de deux millions de dollars.

Du bénévolat ? Certains en doutent. Selon Lama Bangoura, l'un des leaders de l’opposition guinéenne, Bernard Kouchner a notamment "un bureau dans les locaux de Bolloré à Conakry", il "roule dans un véhicule affecté par la Présidence de la République avec des gardes du corps militaires guinéens" et il "a fait et fait des affaires en Guinée".

"J’étais sûr que vous en viendriez là avec votre œil énigmatique. Allez, barrez-vous !" (Bernard Kouchner)

A la question : "Que faites-vous maintenant ?" Bernard Kouchner répond, dans son luxueux appartement parisien : "Je survis, je respire, je suis libre et j’aide mon ami Alpha Condé".

Mais la conversation se tend au fur et à mesure que les questions deviennent plus précises. Sur ses conseils à Alpha Condé ("Monsieur je n’aime pas votre façon de poser les questions"), sur la nouvelle société qu'il a montée en juin dernier, No Borders Consultants ("Je fais des conférences. Certaines sont gratuites, d’autres pas. D’accord, monsieur l’inquisiteur ?"), ou encore sur son bureau supposé chez Bolloré ("Des conneries […] J’étais sûr que vous en viendriez là avec votre œil énigmatique. Allez barrez-vous !").

Fin de l'entretien.

Yannick Faltest littéralement mis à la porte par Bernard Kouchner.

Les questions sur l’objet social de No Borders Consultants resteront sans réponse.

Page Web : Gilles Halais

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Centrafrique-Presse.com - dans Annonces et divers
7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 00:27

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06 décembre 2011 | Par MEHDI MEDDEB Mediapart

De notre envoyé spécial à Kinshasa.

«Les Mundele, on va vous brûler !» A l'entrée de la rue où réside Etienne Tshisekedi, les « Blancs » ne sont pas les bienvenus. Ses « combattants », comme il les appelle, sont prêts à en découdre. Plusieurs centaines de ces jeunes ont déjà dressé des barrages en pierre pour éviter des incursions meurtrières. Leur héros, « Tshi Tshi », est le vainqueur. Ils en sont sûrs. A Kinshasa, la capitale est en effet acquise à cet opposant historique. « Vous devez raconter la vérité, crie un homme aux yeux injectés de sang. Tshisekedi a gagné mais ils trafiquent les résultats. » La foule nous entoure. Le ton est menaçant, les journalistes occidentaux sont assimilés à une communauté internationale perçue comme acquise au président sortant, Joseph Kabila.

C'est sous escorte de la police et de la garde rapprochée du principal adversaire du chef de l'Etat, que l'on approche de la maison du « Sphinx de Limete ». Les diplomates rendent visite à celui qui se dit certain de l'emporter. Les appels au calme se multiplient. Sous un porche à l'entrée, des voisins et des amis défilent. L'honorable Cheikh Djuma attend son tour. Ce cofondateur de l'UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) connaît depuis trente ans le « camarade Etienne ».

« Je n'ai jamais douté de lui, raconte cet ancien militaire et ex-député. Il est irréprochable. Du temps de Mobutu, l'ancien président avait l'habitude de dire que Tshisekedi était son seul opposant. » Après avoir servi un temps le maréchal, l'ancien ministre tourne casaque. Et tombe dans l'opposition. Pour ne plus jamais la lâcher. Après avoir boycotté le scrutin de 2006, Tshisekedi s'est lancé dans la présidentielle il y a un an après son retour d'exil. Charismatique, « imprévisible » pour des diplomates européens, Tshisekedi jouit d'une aura inégalée dans la capitale.

« C'est un homme incorruptible, précise Cheikh Djuma. Avec lui, l'Etat de droit va pouvoir enfin être instauré. Car en dix ans de Kabila, les conditions de vie se sont dégradées. Vous connaissez beaucoup d'équipes de foot qui gardent un buteur qui ne marque pas depuis tant d'années ? Nous avons gagné. Le peuple va se soulever car il veut le changement, croit savoir celui qui fut aussi député. Si Kabila n'accepte pas sa défaite, nous le virerons comme Kadhafi. » Et pourtant beaucoup doutent d'un scénario type « Printemps arabe » en RDC, pays qui touche le fond d'après les indices de développement dressés par les Nations unies.

A quelques kilomètres de Limete, Matonge, un quartier très populaire aux routes défoncées, boueuses, « très chaud » la nuit avec sa flopée de terrasses où il fait bon siroter une bière, ou deux, entre amis. Ici on s'active pour sa survie. Les vendeurs de recharge « flash » de téléphones portables s'accumulent sur les bas-côtés. Un parasol, une table en plastique, et Sylvain, endormi, assommé par la chaleur. « Il n'y a pas de travail, explique-t-il. Les gens ont moins d'argent. Je suis révolté intérieurement car on nous vole notre victoire. Mais je ne sortirai pas dans les rues. La garde républicaine va tirer sur la foule. Ça va être un massacre. »

A deux enjambées de nids-de-poule, au salon de coiffure « Dieu agit », Wilson, 33 ans, coupe les cheveux pour 90.000 francs congolais par mois, soit cent dollars. « C'est trop peu d'argent. Depuis cinq ans, tout a augmenté. L'électricité a doublé, le pain pareil, le prix des œufs a triplé. J'arrive à peine à assurer la survie de ma famille. Je me sens humilié. »

Ce militant d'un autre parti de l'opposition, celui de Vital Kamerhé, a pourtant voté pour Tshisekedi. « C'est un homme droit qui incarne le changement, ajoute-t-il. Il a tout sacrifié depuis trente ans. Et il lui reste peu de temps. Alors qu'on lui laisse le pouvoir ! Chez vous, ça se fait l'alternance, et pourquoi pas chez nous. On se sent insultés quand la commission électorale annonce de faux résultats en faveur de Kabila. On a l'impression qu'on est des esclaves. On veut tout simplement la liberté, et on nous brime, ce n'est pas juste ! A quoi bon vivre ainsi, moi, je suis prêt à mourir. »

Le pouvoir incite les Congolais à rester cloîtrés chez eux

Un sentiment de ras-le-bol sur fond d'exaspération sociale se retrouve dans toutes les « cités », ces quartiers où se concentrent une majorité de Kinois. « La marmite est en train de bouillir, relève Riva (photo ci-dessus). Les gens en ont marre, c'est vrai, mais la survie est primordiale. » Marcel blanc, tresses fines, et chaîne en or, ce publicitaire s'apprête à prendre l'avion pour Bruxelles. « Il y a une réaction épidermique face à un pouvoir qui nous méprise. On encaisse, on encaisse, mais vous croyez que le peuple va regretter de foutre en l'air un tissu économique qui ne lui profite pas ? Mardi ça peut être l'étincelle. On a déjà réussi à faire fuir Mobutu, le prochain prendra le même chemin, mais pour combien de morts ? »

Les spéculations vont bon train sur les scénarios échafaudés pour ce mardi, date de l'annonce des résultats complets. Des affrontements paraissent inévitables tant les résultats partiels scandalisent ici. « Mais la guerre a déjà commencé, note Léon, chauffeur de taxi. La campagne électorale a été meurtrière. Des journalistes et des militants de l'UDPS ont été tués. Le jour du vote, plus de dix personnes sont mortes sous les balles. Pourquoi voudriez-vous que ça s'arrête ? Mais je ne sortirai pas dans les rues pour manifester, car on cherche ici. » Le « ici », c'est le ventre pointé du doigt par Léon.

« Kabila a échoué sur toute la ligne. Son père payait les fonctionnaires une centaine de dollars. Aujourd'hui, c'est deux fois moins. Les postiers ont été très longtemps en grève avec une banderole où était écrit 52 pour le nombre de mois d'arriérés. Vous imaginez, 52 mois sans être payé ? Pareil pour l'armée. Tout le monde ressent une profonde colère. »

À la sortie de Kinshasa, le sentiment de révolte est tout autant partagé. À Kindele, près du campus universitaire, Alain, enseignant, attablé à une terrasse, ressort une blague très en vogue à « Kin ». « Un enfant demande à son père de la nourriture. Le papa l'emmène alors sur le boulevard du 30-Juin, et lui dis : mange. » Cette artère monumentale bâtie par les Chinois est raillée par beaucoup, considérant que c'est la seule œuvre de Kabila. « Il ne connaît pas son peuple. Il nous bassine avec son programme des cinq chantiers, mais il n'y a que sur les infrastructures – et encore quelques routes seulement – dont il peut se vanter. L'éducation, la santé, la création d'emplois, tout ça c'est de l'esbroufe. Il nous traite de Salomon [expression congolaise pour des personnes en détresse squattant le salon d'un ami - ndlr]. Mais on en a marre. On ne s'en sort pas. »

Dans ce faubourg reculé aux collines très vertes, les éboulements de terrain sont légion en cette saison des pluies. Les murs craquellent, des pièces sont éventrées en leur milieu. La maison de Scotty sera « emportée dans deux ou trois ans ». « Kabila nous ignore, lui et sa clique ne font rien pour nous, s'insurge ce slammeur. Ses hommes ont distribué des billets pendant la campagne. Mais ils nous prennent pour quoi ? Des prostituées ? Et maintenant ils instillent la terreur. »

Face à une colère généralisée, dans un pays aux ressources géologiques scandaleusement confisquées, le pouvoir incite en effet les Congolais à rester cloîtrés chez eux. Pendant plusieurs jours, des textos menaçants, annonciateurs d'une catastrophe ont fait le tour de la capitale. Depuis avant-hier, plus aucun SMS ne passe. Officiellement pour mettre fin aux rumeurs et aux contre-annonces de résultats.

« D'abord les SMS, puis demain, tous les réseaux saturés, et très vite, le couvre-feu déjà en place à Mbuji-Mayi, s'alarme Riva. Ils feront tout pour mater la contestation populaire et nous étouffer. » En centre-ville, à la Gombe, où se concentrent les institutions et les ambassades, les militaires circulent en grand nombre. La nuit dans les « cités », des opposants seraient traqués. Le jour, les « Parlementaires debout » bruissent de toutes les rumeurs. Ces militants de l'opposition palabrent sur les dernières nouvelles au milieu d'une foule compacte.

Les informations les plus folles et fantaisistes comme l'entrée de mercenaires ougandais en route pour Kinshasa circulent très vite. Un climat de peur ou du moins de forte inquiétude accentuée par la présence de blindés, postés aux endroits stratégiques, comme devant la Cour suprême. « Voir autant de militaires, ça ne me rassure pas. Au lieu de nous protéger, ils nous tireront dessus comme chaque fois », persifle « Maman Thérèse », vendeuse dans le centre, à quelques mètres d'un policier, kalachnikov sur l'épaule. Dans l'attente de résultats prédisant la réélection de Kabila fils, la crainte d'un nouveau conflit s'accroît avec ce sentiment diffus que chacun se prépare au pire. Sans savoir à quoi il va ressembler cette fois-ci.

Au « Beach », le port de Kinshasa, les candidats au départ ne veulent pas prendre le risque d'affronter le pire, ou du moins une situation chaotique. Entre les changeurs de monnaie, les handicapés mendiant une pièce, et les journaliers occupés à décharger les ferrys, une foule impatiente attend derrière des barreaux. « L'insécurité règne ici, et ce n'est que le début, explique Fanny. J'ai très peur, mais je ne peux rien faire à part fuir. Ce pays est dirigé par des fous. Les dernières déclarations incendiaires dans les deux camps ne sont pas rassurantes. Nous sommes pris en otages. »

Comme cette jeune femme embourbée dans ses bagages, beaucoup attendent le prochain bateau pour Brazzaville, visible depuis la rive kinoise. « Bien sûr qu'on a peur, insiste ce consultant en téléphonie mobile. Chacun se proclame déjà vainqueur. Et comme très souvent en Afrique, ce genre de déclarations provoquent des conflits. » A côté, sa femme ivoirienne, Gladys, hoche la tête. « Moi, je n'ai pas peur. On part car l'entreprise de mon mari a imposé ses mesures de précaution. Mais chez moi, en Côte d'Ivoire, on a connu pire. Et on a survécu. » Et pourtant elle fuit. Comme des milliers de Congolais et d'expatriés, regardant depuis l'autre rive, le chaos arriver.

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 00:00

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Lettre à nos auditeurs,

 

Chers auditeurs,

 

Depuis lundi 28 novembre, RFI, notre radio, votre radio est en grève. « Encore ! », nous direz-vous.  Nous, salariés, journalistes, techniciens, producteurs, réalisateurs  comprenons votre désarroi et votre agacement devant cette antenne muette : pourquoi vous prive-t-on, à nouveau, sans prévenir, de votre média, de ce lien radiophonique qui vous informe de l’état du monde ?

Vous qui nous témoignez si souvent votre fidélité, votre confiance,  nous vous devons des explications sur ce mouvement social qui paralyse nos antennes.

 

La situation est grave pour notre radio : c’est l’avenir même de RFI qui est en jeu aujourd’hui.

Désormais, Radio France Internationale appartient à une holding, l’AEF, l’Audiovisuel Extérieur de la France. Le gouvernement a voulu regrouper RFI, France 24 et TV5 en une seule et même structure juridique.

Mais la fusion avec France 24 se fera au détriment de RFI. La mise en place et le fonctionnement d’une télévision hertzienne mondiale coûte cher. Le risque, c’est « de déshabiller Pierre pour habiller Paul ».

Les moyens de RFI ont déjà été réduits. L’an passé, un premier plan social a fait disparaitre 206 postes de travail, soit 20% des employés, c’est-à-dire un emploi sur 5. Un nouveau plan est programmé pour les mois à venir qui viendra encore amputer les moyens de production.

A plusieurs reprises notre direction a qualifié la radio de média « archaïque », oubliant au passage les 40 millions d’auditeurs de RFI à travers le monde et surtout  en Afrique.

De Bamako à Kinshasa en passant par New York ou Pékin,  RFI vous informe chaque jour et vous donne la parole.

Nous qui faisons la radio au quotidien connaissons le lien unique entre RFI et ses auditeurs. La radio reste par excellence le média de la proximité. Elle sait atteindre le chef d’Etat comme le simple paysan.

La prochaine étape pour RFI, c’est la fusion de notre rédaction avec celle de France 24. Notre direction nous parle de « trans-média », de journalistes qui travailleront à la fois pour la radio, la télévision et internet, qui assureront des directs en plateau, tout en préparant les sujets pour l’antenne. En devenant des « journalistes–à-tout-faire » et surtout à tout faire vite, comment conserver notre rigueur, notre spécialisation ?

 Ici à RFI, nous connaissons votre juste exigence d’une information précise et honnête. Nous voulons rester des « producteurs d’information et non de simples répétiteurs de dépêches d’agence». Nous revendiquons de pouvoir continuer à vérifier nos informations. Il en va de notre crédibilité

 Lundi 5 décembre, lors d’un référendum organisé par l’ensemble des syndicats de la radio, prés de 95% de salariés ont voté contre cette fusion avec France 24 (558 employés sur 781)

Nous demandons aux autorités françaises de stopper ce projet de fusion et de  repenser un projet ambitieux pour une information de qualité sur RFI, par respect pour nous, comme pour vous.

 

Le personnel en grève.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Médias
6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 23:32

 

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INTERVIEW DE MARTIN ZIGUELE, PRESIDENT DU MLPC

    

 

Le Confident : M. Martin ZIGUELE, vous revenez à Bangui après plus d’un mois de séjour en France puis quelques jours au Maroc. Quel est l’objet de votre mission en France puis au Maroc ?

 

Je vous remercie de m’offrir l’occasion de m’exprimer sur un certain nombre de préoccupations communes à commencer par les raisons et le but de mon dernier séjour en France car chaque fois que je me rends dans ce pays, cela donne souvent lieu à des interprétations mensongères et des spéculations fantaisistes et malveillantes. Donc je saisis cette opportunité pour lever toute ambiguïté et rendre compte brièvement et clairement, même si personne ne m’y oblige, de ce à quoi je me suis occupé lors de mon récent séjour en France.

Oui, en effet j’étais en France depuis mi-septembre pour répondre à plusieurs invitations de diverses natures. D’abord sur le plan politique, la Fédération MLPC d’Europe, d’Amérique, d’Asie, du Moyen-Orient et d’Océanie  (EAMMO) que dirige avec beaucoup d’enthousiasme et d’engagement le camarade Jean Didier KABRAL et son bureau fédéral, m’ont demandé de présider leur Assemblée générale à Toulouse le 23 novembre. Toutes les sous-fédérations y étaient présentes et nous avons même organisé une grande rencontre ouverte à tous les compatriotes.

Ensuite, à l’invitation de l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (OCDE) j’ai participé au sommet économique sur l’Afrique qu’ils organisent annuellement avec la Banque africaine de Développement et le Ministère français de l’Economie et des Finances. J’ai particulièrement apprécié la très haute qualité de ces assises au cours desquelles j’ai beaucoup appris sur les défis actuels des    économies africaines, et surtout sur les meilleures pratiques et autres réflexions en cours dans cette longue et difficile lutte pour le développement de l’Afrique. Les panélistes étaient aussi bien des membres de gouvernement en exercice, comme l’excellent Ministre d’Etat à l’Economie et aux Finances du Sénégal, Monsieur Abdoulaye DIOP que des grands économistes et praticiens comme le sud-africain  M’Cube, qui est Vice-Président et Chef Economiste de la Banque Africaine de Développement. Nous avons également eu une brillante de Monsieur Fernandèz, Directeur Général du Trésor français sur la crise financière européenne et les stratégies de lutte développées par les autorités françaises.

Enfin, le troisième volet de mon séjour était consacré à des contacts et démarches professionnels car comme vous le savez peut-être, je gère à distance, compte tenu de mes engagements politiques ici au pays, mon cabinet de conseil situé dans la région     parisienne.

 

 

 Le MLPC est membre de l’Internationale Socialiste. Comment avez-vous apprécié les résultats de la primaire organisée par le parti socialiste français pour retenir François Hollande comme candidat à la présidentielles de 2012 ?

         

Oui, le MLPC est membre de l’Internationale Socialiste aux côtés du Parti Socialiste français qui est notre parti frère, et qui nous avait d’ailleurs parrainés en 2007 pour adhérer  à l’Internationale Socialiste car le processus d’adhésion est un vrai parcours de combattant.  A ce tire, j’ai effectivement suivi comme tous les cadres du MLPC, l’organisation des primaires socialistes qui a été un grand succès démocratique. Cela n’était pas gagné d’avance car beaucoup de Cassandre prédisaient une implosion du Parti socialiste français du fait d’un imaginaire « choc des égos ». Bien au contraire la richesse et le niveau des débats des candidats à la candidature ont démontré que le PS était sur le bon chemin, à tel point que l’opinion s’est grandement réjouit de cette  innovation politique. La preuve de ce succès est que des courants politiques opposés           au PS n’hésitent pas à réclamer des primaires pour leur propre camp mais en 2017.

Mes amis du PS ont également fait l’honneur au MLPC de m’inviter à la cérémonie d’investiture de François Hollande. Je m’y suis rendu avec notre Président fédéral Europe Jean Didier KABRAL et son deuxième vice-Président André Blaise BELEGOE. Ce fut un moment unique de communion de toute la gauche.

D’ailleurs les compatriotes peuvent vivre cette cérémonie et le discours     historique de François Hollande sur la télévision du MLPC, sur notre site www.lemlpc.net

    
L’Europe traverse une crise économique et financière aiguë actuellement. Pouvez-vous expliquer les raisons de cette crise qui secoue ce continent et ses conséquences sur les pays d’Afrique en général et ceux appartenant à la zone du franc CFA en particulier ?

 

La crise financière européenne est la crise de la dette souveraine, c’est-à-dire celle qui     est contractée par l’Etat. Beaucoup d’Etats européens ont emprunté massivement auprès des marchés, constitués des investisseurs institutionnels et des épargnants. La  principale garantie de remboursement de cette dette, comme partout ailleurs, est la croissance de l’économie et le respect d’une discipline budgétaire stricte. Cela veut dire que la politique économique et financière de tout gouvernement influe sur l’appréciation de sa capacité de remboursement par des analystes professionnels que sont les agences de notation ou de « rating ». Naturellement lorsqu’un Etat est surendetté et que sa capacité de rembourser à terme, eu égard à sa politique         économique, est aléatoire, les agences de notation dégradent la note de ce Etat ou émettent des réserves sur sa santé financière. Cela déclenche donc des mouvements de méfiance  des marchés qui cherchent à se débarrasser de la dette de ce pays. De même, cet Etat « indexé » a du mal à emprunter à bon marché, car les taux d’intérêt qui lui sont imposés par les marchés augmentent à des niveaux insoutenables à terme.

Devant une telle situation, les interventions de la banque centrale et des Etats partenaires est une urgente nécessité pour renflouer les caisses vides de ce Etat et pour rassurer les marchés. Les conséquences politiques et sociales sont celles que nous voyons en Grèce et en Italie : les grèves dures, la mise en place de gouvernements technocratiques non élus, etc. pour juguler la crise.

Les conséquences pour l’Afrique de cette crise qui a en réalité commencé depuis 2008 seront d’abord la diminution de l’aide publique au développement. Comme l’a dit le défunt MACKPAYEN en 1979, « quand vous êtes assis au bord du feu avec votre fils      entre les bras et que des étincelles jaillissent sur vous, vous éteignez d’abord le feu sur vous avant d’éteindre celui de votre bébé ».

Par conséquent, charité bien ordonnée commençant par soi-même, les pays occidentaux consacreront des ressources qu’ils auront de plus en plus du mal à mobiliser, à cause de la récession économique qui pointe à leurs horizons, pour résoudre leurs propres problèmes. L’aide au développement en pâtira certainement ; Les  pays africains qui en souffriront le plus sont ceux qui ont un taux de pression fiscale historiquement et structurellement faible comme notre pays la RCA.  Dans le cas de notre pays il s’y ajoute une gestion scabreuse et éminemment scandaleuse de braderie des maigres ressources de l’Etat. J’y reviendrai plus loin.

S’agissant des conséquences de cette crise sur notre monnaie commune le franc CFA, je pense que nos réserves de change ne justifient pas les rumeurs en cours sur une  éventuelle évaluation du FCFA. Bien au contraire, si les lois économiques sont respectées, le CFA devrait plutôt être réévaluée mais cela n’est pas forcément la panacée pour nos économies.

 

     La dernière mission du FMI a relevé la faiblesse du niveau des recettes de l’Etat, la gestion scabreuse de celles-ci et revue en hausse le prix du carburant. Comment peut-on efficacement renflouer les caisses de l’Etat ?

 

Lorsque vous lisez les  conclusions des Comités de convergence de la CEMAC, vous constaterez que notre pays est depuis longtemps au dernier rang pour le taux de    pression fiscale par rapport à la richesse nationale. La RCA a un taux de pression fiscale de mois de 10% par an contre 17 à 18% pour les autres pays de la CEMAC hors pétrole. Le problème étant structurel, les réponses sont également structurelles     mais elles doivent être apportées par un gouvernement mû par une réelle VOLONTE POLITIQUE de s’attaquer sans complaisance et sans esprit de prédation à la question budgétaire et fiscale de notre pays.

 Depuis des années, des hauts fonctionnaires centrafricains qui ont à la fois la formation et ’expérience, et donc la compétence nécessaire, produisent des rapports sur rapports sur ce qui doit être fait pour « sauver «  les finances publiques centrafricaines. Ils sont vivants et végètent soit aux Impôts, au Trésor, à la Douane, au Contrôle Financier, à l’Inspection Générale des Finances et à la Cour des Comptes, etc. Certains ont été mis à la retraite. C’est très souvent sur la base de leurs rapports que personne ne prend en compte ici, que les institutions financières internationales « rebondissent » pour proposer des solutions à la crise structurelle des Finances publiques en RCA.

La première chose à faire est d’abord de respecter, d’écouter  et de prendre en considérations les rapports divers et variés de ces cadres pour agir efficacement. Il faut des boulangers pour faire du pain donc il faut des professionnels des finances publics   pour faire les bons diagnostics et pour porter la bonne thérapeutique.

Ensuite, il faut appliquer les recommandations des diverses missions des partenaires au développement que sont le FMI, la BM, l’AFD, la BAD et j’en passe.

Enfin, il faut trouver une solution radicale à la gestion des liquidités du Trésor Public,     des Comptes d’Affectation Spéciale (CAS)  et des sociétés d’Etat et d’économie mixte. Si une solution de type de la création d’une Caisse de dépôts et de Consignation   n’est pas mise en œuvre pour gérer de manière rationnelle ces liquidités, nous continuerons d’assister à ce festival, que dis-je, ce jeu-concours de prédation des ressources publiques.

On peut multiplier par dix le prix du carburant, augmenter la TVA et les autres impôts et taxes, mais si des personnes qui n’ont pas qualité se permettent de venir aux caisses du Trésor Public et des sociétés  à participation publique, se faire servir des dizaines voire des centaines de millions de francs CFA comme dans une loterie, nous ne sortirons pas de notre situation de marasme.

On nous dit aujourd’hui que les caisses de l’Etat sont vides alors que hier seulement on nous annonçait l’arrivée imminente de  400 milliards après la Table Ronde de          Bruxelles et grâce à l’atteinte par notre pays du point d’achèvement de l’Initiative en         faveur des Pays Pauvres Très Endettés. J’écoute  d’ailleurs les silences très bruyants de l’Assemblée dite Nationale et de la       Cour des Comptes devant une telle   saignée de nos finances publiques.

Rappelons pour l’histoire,  que depuis l’indépendance de notre pays, le régime de François BOZIZE est celui qui a le plus bénéficié d’appuis financiers extérieurs, mais aujourd’hui l’Etat est en banqueroute de fait. Je vous laisse chercher l’erreur.  

      

     La Société AREVA a décidé de réduire ses activités en République Centrafricaine parce que le cours de ce minerai radioactif a plongé sur le marché mondial. Or toutes les prévisions économiques du pays ont pris en compte l’exploitation de l’uranium de Bakouma. Le délabrement de l’économie centrafricaine s’accentue également avec la fermeture des bureaux d’achat de diamant et les derniers conflits intercommunautaires entre la CPJP (Rounga) et l’UFDR (Goula) ainsi que la grève des cadres et agents des impôts qui n’ont pas perçu leurs quotes-parts depuis trois ans. En votre qualité d’ancien 1er Ministre et de leader d’un parti politique voulant conquérir et gérer le pouvoir, comment peut-on relever l’économie centrafricaine ?

 

Le MLPC et moi-même avons été l’un des rares partis qui dans le cadre des élections de janvier 2011 avons publié notre programme politique complet sous la forme d’un livre publié aux Editions Béafrica Sango. Nous y avons patiemment et longuement expliqué ce que le MLPC ferait dans chaque secteur en cas de victoire électorale. On oublie souvent que le MLPC est un parti qui regorge de cadres supérieurs dans tous les domaines, je dis bien tous les domaines et  qui contribuent tous les jours à la réflexion stratégique du Parti dans tous les domaines. Dernièrement, à la faveur des malheureuses tueries de Bria, le Bureau politique du MLPC a publié une déclaration non seulement pour prendre position au sujet de ce drame national mais faire également des propositions sur ce que le MLPC compte mettre en place comme politique en matière de défense pour restaurer la sécurité dans notre pays. Il y a seulement quelques jours, une autre déclaration du Bureau politique du MLPC vient encore, à la faveur du constat de vacuité des caisses du Trésor national à la suite du pillage et des incessantes et ponctions désordonnées du pouvoir en place, tout en dénonçant la mauvaise gouvernance actuelle, a également fait plusieurs propositions que le parti compte mettre en œuvre s’il parvient à prendre les commandes du pays afin d’assainir réellement les finances publiques actuellement sinistrées, c’est le moins qu’on puisse dire. Tout cela, mon parti le fait afin de répondre à certaines critiques selon lesquelles l’opposition ne ferait que critiquer le régime en place et ne proposerait rien.

Le problème AREVA est un cas d’école de mauvaise gestion politique, juridique, économique et financière de notre pays et de ces secteurs vitaux. Le mal était dans le fruit depuis l’origine car le « dossier AREVA » était devenu l’affaire de deux ou trois individus, en dehors de toutes les autres institutions de l’Etat. On ne négocie pas au coin d’une table un projet de ce type. On associe toutes les compétences techniques et juridiques pointues et on légitime sa démarche en impliquant l’ensemble - je dis bien l’ensemble - du gouvernement et de la représentation nationale. Ce ne fut pas le cas, hélas.. !.

Je me demande si certains ont un peu de scrupule dans ce pays : pour faire simple, comment peut-on reprocher à Patassé d’avoir signé et concédé à Jack Grynberg un permis pétrolier dans une procédure exorbitant de l’éthique, et signer sans broncher l’octroi d’une concession d’uranium à une société parfaitement inconnue dans le secteur ? Ce qui devait arriver arriva. La société junior a revendu son permis valorisé à un major pour un prix représentant plus de dix années du budget centrafricain en recettes, à l’insu du même gouvernement centrafricain pourtant actionnaire de la société junior. C’est à ce moment qu’on fera appel au peuple pour lui demande de protester, on ne sait contre qui et pourquoi je me demande jusqu’à présent.

Puis ensuite on nous dira que tout est réglé avec la société major, et que les Centrafricains verront bien leur uranium exploité en 2010, puis 2011 et maintenant à la Saint Glinglin.

Je suis surpris de constater que ceux qui gèrent ce dossier côté centrafricain, continuent à faire croire à notre peuple qu’ils ont des marges importantes de manœuvre dans cette affaire. Arrêtons de jouer au Matamore et de revenir au principe de réalité : AREVA est une société industrielle et commerciale et pas n’importe laquelle, puisque de par son statut et  du fait du secteur dans lequel elle opère, participe de la politique énergétique de son pays, et de ce fait la solution de ce différend naissant est politique et ne pourra se résoudre que par des négociations politiques bilatérales. C’est ce que le Niger a fait pour que le projet Imouraren aboutisse et démarre.

Le reste est à l’avenant : la gestion de la filière du diamant, la gestion de l’agriculture et de l’élevage, des forêts et du bois, qui doivent être la base de notre développement, la gestion des finances publiques, tout se tient et se résume à trois mots : Volonté politique, état des lieux sans complaisance et réformes.

 

     Les sociétés d’Etat telles que la SOCATEL, l’ENERCA et la SODECA battent de l’aile à cause de leur gestion peu orthodoxe et des dettes dues par l’Etat à celles-ci. Comment peut-on sauver ces sociétés qui appartiennent à des secteurs stratégiques ?

 

Il vous souviendra qu’à l’issue du Dialogue Politique Inclusif, les délégués - y compris ceux qui ont représenté les pouvoirs publics et le parti au pouvoir - ont voté à l’unanimité une recommandation forte demandant l’audit des sociétés à participation publique, du secteur des mines, des télécommunications, des hydrocarbures, des finances publiques, etc. Où en est-on aujourd’hui ? Le gouvernement a tout simplement mis sous le boisseau cette recommandation forte, et nous assistons à un véritable naufrage de ces sociétés d’Etat. A qui la faute ? Est-ce celle de l’opposition ?

Seuls ces audits permettront de recenser les problèmes transversaux et ceux propres à chaque entreprise, et naturellement la solution finale relève de la volonté politique de conduire des réformes structurelles drastiques ou de se murer dans l’attentisme et laisser s’empirer les choses..

Le MLPC est un parti social-démocrate, donc un parti de réformes. Nous avons fait le choix clair d’une démarche rationnelle : audit préalable de chaque entreprise de chaque secteur, recensement des problèmes transversaux et individuels, réformes drastiques visant à  réhabiliter ces sociétés pendant une période limitée, puis ouverture et libéralisation de ces secteurs qui ont besoin de très importants investissements à leur capital,  en provenance du privé national et non-national avec des partenaires techniques de référence pour fournir l’eau, l’électricité et le téléphone de manière satisfaisante,  . Le statu quo actuel est intenable et le gouvernement a malheureusement opté pour la politique du « laissez-pourrir » : l’outil de travail de ces sociétés est obsolète, les fonds propres sont négatifs depuis des années, les fonds de roulement inexistants, l’endettement abyssal et le personnel démotivé par les trafics d’influence de toutes sortes, le clientélisme, le népotisme, le régionalisme, etc.

 

     La caravane de la réconciliation du nord-est (Bamingui-Bangoran, Vakaga et Haute Kotto) a été lancée le lundi 14 Novembre par le Médiateur Pomodimo, le Ministre Délégué à la Défense  Jean Francis BOZIZE, le Ministre Délégué chargé du Désarmement  le Général Xavier Sylvestre YANGONGO et les représentants de la Communauté Internationale. Pensez-vous que cette caravane de réconciliation  restaurera durablement la paix et la sécurité dans le nord-est de la République Centrafricaine ?

 

C’est mon vœu le plus cher, le retour à la paix entre nos frères des différentes communautés du Nord-Est et dans l’ensemble du pays. Comment ne pas souhaiter que la paix et la sécurité reviennent définitivement dans notre pays après une telle tragédie ?  Il faut tout faire pour éviter à notre pays des conflits interethniques d’autant plus que nous sommes déjà le condensé de tous les maux d’un Etat défaillant.

Je me souviens des déclarations du gouvernement en avril 2011 qui déclarait urbi et orbi  que le processus de désarmement allait s’achever en trois mois, et que le gouvernement le menait avec ses propres moyens compte tenu des supposés atermoiements de la communauté internationale. Après des débuts hyper médiatisés, nous voyons bien aujourd’hui qu’une fois de plus, que ce DDR n’était que du spectacle et de la poudre aux yeux…Il fallait prendre de vitesse la communauté internationale  et déclencher « ex abrupto » cette opération DDR solitaire pour masquer la dilapidation à d’autres fins inavouables des 8 milliards octroyés par nos frères de  la CEMAC.   

A vrai dire, cela ne me surprend guère, car quand on se souvient des mille et une versions de la domiciliation de ces fonds puis de son usage, il n’est pas surprenant d’apprendre du Président de la république lui-même qu’ils sont épuisés. J’espère qu’ils auront au moins la décence de produire des justificatifs et de rendre compte au moins aux donateurs.

 

     Malgré l’implication de la MICOPAX, des Forces ougandaises dans la pacification du Centrafrique, l’insécurité persiste et se généralise sur toute l’étendue du territoire. Récemment, le gouvernement américain s’est engagé à appuyer militairement les FACA pour contraindre à la reddition Joseph Koni et ses rebelles de la LRA. Comment appréciez-vous cette éternelle dépendance de la RCA des pays amis   pour   la sécurisation du territoire national ?

 

Votre question est très pertinente et je vous en remercie. Comment peut-on être   indifférent à la situation sécuritaire de notre pays ?  Quelle fierté pouvons-nous avoir    quand devant la moindre menace le salut doit nous venir de l’extérieur ? Comme le disait Ahmadou Toumani TOURE « si tu n’as pas de chien, tu auras chez toi le chien de ton voisin »

Cette dépendance est à mon avis très simple à expliquer. Elle remonte à la fermeture de l’Ecole Spéciale de Formation des Officiers d’Active (ESFOA) de Bouar, l’une des premières et des plus réputées en Afrique centrale par Bokassa. Cette fermeture de l’école nationale des officiers a privé notre jeune armée pendant de très longues années de l’encadrement nécessaire à son développement. C’est de là qu’est né ce déficit de commandement et de planification de la montée en puissance de notre armée dans le temps et dans  l’espace que nous déplorons aujourd’hui, sans compter que plusieurs cadres valeureux de cette armée naissante ont également fait l’objet de sanglantes et incessantes purges de la part de l’ex empereur.

Vous le voyez, les défis à  relever sont énormes car une armée est un véritable corps de métier qui comprend aussi bien des administrateurs, des gestionnaires de ressources, des ingénieurs, des  médecins, etc. en somme plusieurs spécialités qui doivent être réunies et gérées de manière rationnelle. Nous devons réaliser ces investissements pour professionnaliser notre armée et renforcer ses capacités. C’est à ce prix que nous aurons une armée à même de nous épargner de ce que vous appelez la tutelle étrangère.

 A titre personnel, je suis fils de gendarme et j’ai passé les premières années de mon enfance dans les casernes au gré des affectations de mon père. Ensuite j’ai fait mon service militaire obligatoire dans les FACA en 1979. Je parle donc d’un univers qui m’est familier et qu’on ne peut soupçonner de défaitisme.

 

     Le taux de chômage des jeunes a augmenté durant ces dernières années. Les recrutements effectués récemment à la gendarmerie et dans l’armée ont soulevé la colère de la majorité des candidats qui ont déclaré qu’ils étaient ethniques et partisans. Avez-vous des recettes pour remédier à l’épineuse question de chômage en Centrafrique ?

 

Tous les économistes vous le diront, le vrai remède contre le chômage est la croissance de l’économie. Le taux de croissance économique doit être largement supérieur à celui de la croissance de la population pour pouvoir créer des richesses et l’emploi. Sommes-nous sur le chemin ? Je crois que non !

 Les recettes sont connues : créer les conditions d’une croissance économique durable en améliorant le climat des affaires, en relançant les filières agricoles et d’élevage, en développant les infrastructures et en gérant différemment les finances publiques. Il faut impérativement lever toutes ces barrières et entraves à la circulation à l’intérieur de notre pays – et des multiples tracasseries qui vont avec - et qui constituent de véritables goulots d’étranglement pour la libre circulation des personnes, des biens et des services.

 

     A quelle étape de la lutte politique se trouve le Front pour l’Annulation et la Reprise des élections de 2011 (FARE 2011) par rapport à ses exigences ?

 

Plus que jamais, le FARE 2011 exige l’annulation et la reprise des résultats de cette mascarade car par voie de conséquence, les institutions qui en sont issues sont illégitimes et illégales. Notre position de principe à ce sujet est intangible.

 

     Malgré les difficultés que rencontre la République Centrafricaine présentement, peut-on espérer un lendemain meilleur ?

 

Bien sûr que notre pays peut, et je dirais même doit espérer à des lendemains meilleurs. Un pays ne se développe pas par hasard : nous avons des atouts incontestables sur tous les plans, et même nos handicaps comme l’enclavement peuvent être transformés en opportunités. Il nous faut juste un leadership crédible pour déclencher le cercle vertueux.

 

 

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 23:29

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WASHINGTON AFP / 06 décembre 2011 16h37 - Des chercheurs américains assurent avoir mis au point un vaccin contre le virus Ebola, une maladie mortelle très contagieuse, qui s'est révélé efficace à 80% sur des souris, selon leurs travaux publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Le virus Ebola est apparu pour la première fois dans les années 1970 en Afrique. Les personnes touchées développent une fièvre hémorragique, pour laquelle il n'existe aucun traitement et qui est mortelle dans 80 à 90% des cas.

Les chercheurs indiquent dans la revue scientifique publiée lundi qu'ils ont mis au point un vaccin qui combine anticorps et plants de tabac.

Pour ce faire, ils ont prélevé une protéine de l'enveloppe du virus Ebola, l'ont mélangée à un anticorps reconnaissant la protéine, utilisant des plants de tabac génétiquement modifiés pour produire le vaccin.

Ils ont ensuite injecté le vaccin à des souris, qui ont également reçu un traitement destiné à stimuler leur système immunitaire appelé PIC.

Parmi ces souris, huit sur 10 ont survécu après avoir été infectées par le virus. En revanche, toutes celles qui n'avaient pas reçu le vaccin sont mortes.

Le premier cas d'Ebola a été décelé en 1976 au Zaïre, actuelle République démocratique du Congo (RDC). Depuis, environ 1.850 cas ont été recensés, pour plus de 1.200 décès, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).


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