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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 01:29

 

 

 

baba laddé gl

Radio Ndéké Luka Dimanche, 22 Janvier 2012 12:08

12 femmes ont été prises en otage le 21 janvier 2012 à Batangafo (nord), par les éléments du Front Populaire pour le Redressement (FPR) du rebelle tchadien Baba Ladé. Cette prise d’otages a été menée en représailles à la capture la veille, de l’épouse du chef rebelle par les Forces Armées Centrafricaines (FACA). Cette dernière en provenance du Nigéria regagnait son conjoint.

La capture a été faite au cours des affrontements entre ces 2 forces. Des affrontements pour la libération de la femme capturée. Les FACA ont finalement réussi à refouler leurs ennemis loin de la ville.

Toutefois, 4 personnes suspectées d’être de mèche avec les rebelles tchadiens ont été arrêtées et gardées à vue à la Gendarmerie de Batangafo. Leurs compagnons d’armes ont promis revenir avec un renfort conséquent.

Les forces régulières ont de leur côté annoncé que toutes les dispositions sécuritaires ont déjà été prises pour parer à toute éventualité.

Selon les témoignages recueillis dans la ville, « la peur gagne les populations : Les familles des victimes s’inquiètent du sort réservé à leurs parents. Et tout le monde a les yeux tournés vers les forces de défense et de sécurité de la ville ».

D’autres sources indiquent que « la libération de ces otages est conditionnée à celle de l’épouse de Baba Ladé encore en détention par des FACA ».

La population qui était en débandade pendant les affrontements regagne la ville de Batangafo. Une localité désormais sous le contrôle des Forces Armées Centrafricaines.

Quant aux hommes de Baba Ladé, ils ont battu en retraite. Ils se sont vus obligés de regagner leurs bases arrière vers Kaga Bandoro (nord) et la région de Kabo (nord).

Justement à propos de la ville de Kaga Bandoro, celle-ci a été quadrillée le 20 janvier par le détachement des FACA appuyées par les éléments de la Mission de Conseil de Paix et de Sécurité d’Afrique Centrale (MICOPAX).

Le but de cette opération militaire  est de sécuriser la ville, afin de barrer la route aux exactions de Baba Ladé et ses éléments sur la population civile en proie à l’insécurité.

Selon des sources dignes de foi, « les forces régulières ont bloqué les 5 principaux axes de la localité, imposant ainsi une ceinture de sécurité de 5 kilomètres ».

 

NDLR : Baba Laddé ne doit vraisemblablement plus se trouver dans cette zone qui est actuellement quadrillée. Il doit sûrement s’être mis déjà à l’abri ailleurs. Le déclenchement de ces opérations a trop traîné en longueur et beaucoup été ébruité. On aurait voulu prévenir Baba Laddé de déguerpir des lieux, on ne se serait pas pris autrement.

 

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Source : blog de Makaila Nguebla

Tchad – RCA : le Comité d’Action Révolutionnaire apporte son soutien au FRP du Général Baba Laddé

République du Tchad

Unité-Travail-Progrès

Conseil d’Action Révolutionnaire

Justice-Paix-Dignité


                                Communiqué de presse N°0001/PR/CC/CAR/2012

 

Le Conseil d’Action Révolutionnaire(CAR), tient à exprimer son inquiétude par rapport à la situation qui prévaut à la frontière Tchado-centrafricaine visant à neutraliser le  général Baba Laddé, chef du Front Populaire pour le Redressement(FPR) et ses éléments.

Le CAR, dénonce les arrestations dans la localité de Kaga Bandoro des personnes de confession musulmane supposées proches de ce mouvement armé. Cet amalgame porte un grave préjudice sur les droits des personnes et  la liberté de culte. N’est pas militant du FPR tout musulman ou Peul habitant cette zone.

Le Conseil d’Action Révolutionnaire(CAR), demande aux gouvernements tchadien et centrafricain de privilégier la voie d’un dialogue inclusif avec toutes les forces vives de leur pays respectif. Car, la confrontation armée n’est que perte de vies humaines et destruction matérielle. Il y a un choix judicieux à faire, soit opter sincèrement pour la paix et le dialogue, ou rester à jamais esclaves des vieux démons de la haine, de la guerre et de la mauvaise gouvernance, source de nombreux problèmes.  

Le Conseil d’Action Révolutionnaire(CAR), exige de la part du gouvernement tchadien un virage global, visant à résoudre tous les problèmes qui font le lit des révoltes, notamment la corruption, l’injustice, le népotisme, les gabegies et la confiscation des libertés…
Le seul Tchad possible est celui de la diversité, dépouillé de tous les réflexes de violences, d’injustice, de népotisme, de corruption, de « profilage ethnique » et d’exclusion sociale. Un Tchad réconcilié avec ses valeurs ancestrales qui sont le dialogue sincère, le respect des droits de l’homme et des libertés, le partage équitable des richesses nationales, l’accès à l’emploi pour tous, selon les critères de compétence et non par clientélisme.

Le Conseil d’Action Révolutionnaire(CAR), demande au gouvernement du Tchad, et aux instances internationales d’œuvrer pour une véritable paix au détriment des négociations, au cas par cas, qui ne tiennent pas réellement compte des vrais problèmes du pays, mais qui répondent plutôt à des préoccupations individuelles et mercantiles,  loin des revendications populaires et défis auxquels doit relever le Tchad.

Le Conseil d’Action Révolutionnaire(CAR), exige la libération des personnes civiles arrêtées arbitrairement sur simple dénonciation des populations des localités centrafricaines. Demande aux organisations de défense des droits de l’homme et au CICR de veiller au respect des droits des personnes détenues dans le cadre de cette confrontation entre le FPR et les gouvernements Tchadien et centrafricain.


Vive le Tchad fort, uni et prospère!

Vive les vraies valeurs démocratiques!

Vive le Tchad-puissant d'Hommes intègres!

                                                Fait, le 22 Janvier 2012


                        Le commissaire à la communication


                                     Abbas Kayangar

 

Arrestations massives des ressortissants tchadiens en Centrafrique


Le Front Populaire pour le Redressement (FPR) tient à informer l’opinion publique nationale et internationale sur la vague d’arrestations qui s’abat dans le milieu des ressortissants tchadiens à Bangui et dans plusieurs localités centrafricaines.

Ces arrestations sont orchestrées par l’armée tchadienne avec l’autorisation des forces centrafricaines et surtout l’aval du Président François Bozizé.

Le FPR souligne également que parmi les personnes interpellées figure l’épouse du Général Baba Laddé, dirigeant du Mouvement.

A l’heure où ces actes indignes, ignobles et contraires aux principes du respect des droits de l’homme se commettent en RCA, les forces du FPR, sont contraintes à sortir massivement des zones où elles occupent pour prendre position sur les grandes voies afin de répondre à des éventuelles attaques des troupes tchadiennes et centrafricaines.

Le FPR:

-   exige le retrait immédiat des forces tchadiennes de Bangui, de Kaba et Banssaagafoua,

-    réclame la libération sans délai  de toutes les  personnes arrêtées,

-  demande aux forces impartiales sur place de dénoncer à leur niveau toutes les violations des droits de l’homme qui sont perpétrées par l’armée tchadienne devant leur présence,

-  condamne tout acte visant à éloigner la volonté du FPR de trouver une solution politique au conflit armé au Tchad et en RCA.

                                                         Fait, le 21 janvier 2012


La cellule de communication du Front Populaire pour  le Redressement (FPR)


Contact : 0088 216 212 08 508

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 01:13

 

 

 

 

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    Francois-Hollande-au-Bourget.jpg

 

 

Mes chers amis, vous qui êtes ici, vous qui me regardez de loin, de plus loin même, je suis venu vous parler de la France, et donc de la République. Je suis venu vous parler de la France qui souffre, mais aussi de la France qui espère. Je suis venu vous parler de la France d’aujourd'hui – une page est en train de s’effacer – et de la France de demain – nous sommes en train de l’écrire. Je suis venu vous parler de la France que nous allons construire le 6 mai. Je le fais ici en Seine-Saint-Denis, ce département aux multiples couleurs, le plus jeune de France, qui accumule tant de difficultés, et qui en même temps recèle tant d’atouts.

Chacune, chacun, ici, plus loin, en métropole, en Outre-mer a son histoire, ses racines, son parcours, ses préférences, sa singularité. Mais nous appartenons à la même Nation, avec ses valeurs, ses principes, sa culture, sa langue, ses institutions et nous aspirons donc au même avenir. L’enjeu de cette campagne qui commence, n’allez pas le chercher dans un affrontement partisan. L’enjeu de cette campagne va bien au-delà de nous, de la Gauche. L’enjeu de cette campagne, à trois mois du premier tour, c’est la France. C’est la France, toujours.

Devant vous rassemblés, foule nombreuse, des milliers, je ressens une profonde émotion, celle d’exprimer votre conviction, votre volonté, votre espérance. Je mesure la fierté d’avoir été désigné par des primaires citoyennes comme candidat à l’élection présidentielle. J’ai conscience de la tâche qui est la mienne : incarner le changement, faire gagner la Gauche et redonner confiance à la France.

Nous sommes ici, mes chers amis, pour changer le destin de notre pays. Je suis prêt à assumer cette responsabilité et donc à vous dire quelle est ma conception de la présidence de la République, et ce qui justifie que je me présente aujourd'hui. Quelle est la plus grande mission que de présider la République française ?

Présider la République, c’est se dévouer à l’intérêt général, dont toute décision doit procéder. C’est éprouver la France par sa raison et dans son cœur. C’est prolonger l’histoire de notre pays, qui vient de loin, avant la République, avec la République, et qui a souvent, si souvent éclairé l’histoire du monde. C’est se situer à cette hauteur. C’est s’en montrer digne, partout, en tout lieu et dans tous les actes qu’exige la fonction présidentielle.

Présider la République, c’est préserver l’Etat, sa neutralité, son intégrité, face aux puissances d’argent, face aux clientèles, face au communautarisme. Présider la République, c’est être viscéralement attaché à la laïcité, car c’est une valeur qui libère et qui protège. Et c’est pourquoi j’inscrirai la loi de 1905, celle qui sépare les Eglises de l’Etat, dans la Constitution.

Présider la République, c’est refuser que tout procède d’un seul homme, d’un seul raisonnement, d’un seul parti, qui risque d’ailleurs de devenir un clan. Présider la République, c’est élargir les droits du Parlement. C’est reconnaître les collectivités locales dans leur liberté. C’est engager un nouvel acte de la décentralisation. C’est promouvoir les partenaires sociaux. C’est reconnaître leur rôle dans la Constitution. C’est faire participer les citoyens aux grands débats qui les concernent, et le premier sera l’avenir de l’énergie en France.

Présider la République, c’est choisir les femmes, les hommes qui gouverneront la France en respectant leurs compétences, et d’abord celles du Premier ministre. Présider la République, c’est accepter de partager le pouvoir de nomination aux plus hautes fonctions. C’est aussi ne pas nommer le président ou les présidents des chaînes ou des radios du service public audiovisuel et laisser cette mission à une autorité indépendante.

Présider la République, c’est démocratiser les institutions. Et j’introduirai le non-cumul des mandats pour les Parlementaires, une part de proportionnelle à l’Assemblée nationale, la parité dans l’exercice des responsabilités et le droit de vote des étrangers aux élections locales, sans rien craindre pour notre citoyenneté, pour la cohésion du pays, en mettant de côté les peurs, les frilosités et les conservatismes.

Présider la République, c’est faire respecter les lois pour tous, partout, sans faveur pour les proches, sans faiblesse pour les puissants, en garantissant l’indépendance de la justice, en écartant toute intervention du pouvoir sur les affaires, en préservant la liberté de la presse, en protégeant ses sources d’information, en n’utilisant pas le renseignement ou la police à des fins personnelles ou politiques. Présider la République, c’est être impitoyable à l’égard de la corruption. Et malheur aux élus qui y succomberont ! Présider la République, c’est rassembler, c’est réconcilier, c’est unir, sans jamais rien perdre de la direction à suivre. C’est écarter la stigmatisation, la division, la suspicion, les oppositions entre Français, ceux qui seraient là depuis toujours, ceux qui seraient là depuis moins longtemps.

Présider la République, c’est élever et ne jamais abaisser. Présider la République, c’est être ferme, ferme y compris à l’égard de l’immigration clandestine et de ceux qui l’exploitent. Mais c’est traiter dignement les étrangers en situation régulière et ceux qui ont vocation à l’être sur la base de critères objectifs. C’est accueillir les étudiants étrangers qui veulent apprendre dans notre pays pour enrichir le leur et qui font rayonner la France. Et aucune circulaire ne doit empêcher de circuler les étudiants, les savants, les artistes qui viennent ici pour donner le meilleur d’eux-mêmes.

Présider la République, c’est porter les valeurs de la France dans le monde. C’est considérer les autres peuples pour qu’ils nous estiment en retour. C’est s’abstenir de faire la leçon, y compris sur leur place dans l’histoire. C’est ne jamais transiger avec les fondements du génie français, qui sont l’esprit de liberté, la défense des droits de l’homme, l’attachement à la diversité culturelle et à la francophonie, la belle langue de France parlée par d’autres que des Français. Présider la République, c’est ne pas inviter les dictateurs en grand appareil à Paris. Présider la République, c’est utiliser notre siège au Conseil de sécurité des Nations-Unies pour acter le départ de ceux qui écrasent leur peuple, comme Bachar el-Assad en Syrie. C’est inlassablement contribuer à la paix au Proche-Orient.

Mais Présider la République, c’est savoir aussi prendre des décisions difficiles, pas simplement à la suite d’un drame. Je pense à nos morts en Afghanistan, auxquels je veux rendre hommage ici, avec émotion, avec dignité, avec respect, comme aux blessés qui souffrent dans leur chair. Je pense à leurs familles dans la peine. Je les ai écoutées. Je pense à leurs proches qui s’interrogent. Ces hommes assassinés faisaient leur devoir. Leur sacrifice suscite le respect de la Nation toute entière. Mais il faut aussi avoir la lucidité d’affirmer, au-delà du dévouement des hommes là-bas pour leur pays, que notre mission est terminée. Elle avait été engagée il y a plus de dix ans par Lionel Jospin et Jacques Chirac dans un but précis, qui était de répondre à l’attaque terroriste sur les Etats-Unis. Je l’avais pleinement approuvée. Et bien aujourd'hui, cette mission est achevée. Il est donc temps de décider le retrait qui s’impose, et je l’ai décidé de longue date. J’en assumerai donc, si les Français m’en donnent mandat, toute la responsabilité. J’en préviendrai nos alliés et je ferai en sorte que ce retrait se fasse en bon ordre, sans en aucune façon menacer la vie de nos soldats.

Présider la République enfin, c’est donner le meilleur de soi-même, sans jamais attendre en retour récompense ni même reconnaissance. C’est être ambitieux pour son pays et humble pour soi-même. C’est se donner pleinement, entièrement à la cause que l’on a choisie, la seule cause qui vaille : servir la France. Présider la République, c’est mettre toute la puissance de l’Etat au service des citoyens. C’est donner l’exemple, y compris dans son comportement et pour sa propre rémunération. Et je ne dis pas cela par facilité ou par commodité ou pour plaire, mais tout simplement parce que ce doit être un principe. Je réduirai de 30 % les indemnités du Président et des membres du gouvernement, tout simplement pour donner l’exemple au moment où, précisément, des efforts sont demandés à nos concitoyens.

Présider la République, c’est à cette fonction que je me suis préparé. J’en sais la grandeur, la dureté. Je veux le faire en étant digne de votre confiance et en restant fidèle à moi-même. Tout dans ma vie m’a préparé à cette échéance : mes engagements, mes responsabilités, mes réussites, mes épreuves. J’ai toujours suivi la ligne que je m’étais fixée.

Je suis socialiste. La Gauche, je ne l’ai pas reçue en héritage. Il m’a fallu décider lucidement d’aller vers elle. J’ai grandi en Normandie dans une famille plutôt conservatrice. Mais cette famille m’a donné la liberté de choisir, par son éducation. Je remercie mes parents. Mon père, parce qu’il avait des idées contraires aux miennes et qu’il m’a aidé à affirmer mes convictions. Ma mère, parce qu’elle avait l’âme généreuse et qu’elle m’a transmis ce qu’il est de plus beau : l’ambition d’être utile.

La Gauche, je l’ai choisie, je l’ai aimée, je l’ai rêvée avec François Mitterrand dans la conquête. La Gauche, je l’ai défendue fermement dans ses réalisations : celles de 1981, celles de 1988. La Gauche, je l’ai servie comme élu de la République, comme député. La Gauche, je l’ai dirigée avec Lionel Jospin, quand nous gouvernions ensemble le pays avec honneur et j’en revendique les avancées. Aujourd'hui, c’est moi qui vous représente. C’est moi qui porte votre espoir. C’est moi qui porte l’obligation de gagner. C’est moi qui vais dans ce combat vous conduire à la victoire, celle que vous attendez depuis trop longtemps, dix ans déjà. Dix ans qu’une droite s’est installée au pouvoir et qu’elle a défait ce que nous avons construit.

Chers amis, laissez-moi vous en dire davantage. Je suis un élu de la France rurale où les agriculteurs démontrent l’excellence de leur travail sans en recevoir le revenu qu’ils méritent. Je suis de ce Limousin, de cette Corrèze où j’ai tant appris. J’ai été maire de Tulle, une ville petite par la taille, à peine 17 000 habitants, mais grande par l’histoire. Tulle a été une cité de la Résistance. Elle a souffert le martyre : 99 pendus, 200 déportés le 9 juin 1944, emportés par la barbarie nazie. Chaque année, ce 9 juin, un cortège s’ébranle dans les rues de ma ville pour rappeler la mémoire des suppliciés. Une guirlande est accrochée au balcon, là où un corps sans vie se balançait lentement. J’ai leur nom dans la tête. Ce sont mes héros. Je ne les oublierai jamais. Ils me font avancer. Ils me rappellent à chaque moment la belle leçon d’humanité de ceux qui ont sacrifié leur vie, leur vie pour notre liberté. Ces résistants n’ont pas eu de célébrité, pas de récompense, pas de médaille. Ils ne cherchaient rien, ils ne demandaient pas des bonus ou des stocks-options pour leurs actions. Ils étaient des hommes, des femmes fiers. Ce n’était pas l’ambition ou la cupidité qui les animaient. Ceux-là ont sauvé notre honneur parce qu’ils croyaient d’abord dans les valeurs de la France. Et bien c’est leur lutte qui m’éclaire aujourd'hui.

Je suis président d’un Conseil général, celui de la Corrèze. Un département célèbre pour ses personnalités politiques, mais qui est exigeant. Celui qui réussit à obtenir son soutien a au moins des qualités de cœur, même s’il n’a pas toujours raison. Rien ne m’a été donné. Ce que j’ai arraché, je l’ai conquis et je l’ai fait fructifier. J’ai déclaré ma candidature à l’élection présidentielle il y a presque un an. J’ai réussi à convaincre les électeurs des primaires citoyennes, quand bien peu imaginaient mon succès à l’origine. J’ai veillé, au lendemain de cette consultation, à rassembler tous ceux qui s’y étaient présentés, et je les salue avec affection, comme je salue Martine Aubry qui nous a permis de nous retrouver tous ensemble, et Jean-Michel Baylet qui nous apporte aussi les Radicaux de gauche.

Chers amis, si j’en suis là, c’est le fruit de cette obstination. Le hasard n’y est pour rien. C’est un aboutissement. Vous me connaissez, certains, depuis longtemps, trente ans. C’est un bail qui récompense, pour les uns et pour les autres, une fidélité et une ténacité. C’est vrai que je ne m’exhibe pas, je reste moi-même, c’est ma force. Ce que vous voyez ici, c’est ce que je suis. Je veux conquérir le pouvoir, mais je ne suis pas un vorace, je veux simplement le mettre au service des Français. Le pouvoir, j’en sais la nécessité, l’utilité, et j’en connais les dérives. Je suis placide avec ces choses, j’ai fait de l’engagement ma vie entière. J’ai sacrifié beaucoup. J’ai donné, j’ai reçu du temps, du travail, des coups, mais j’ai une cohérence, je m’y tiens, je suis constant dans mes choix. Je n’ai pas besoin de changer en permanence pour être moi-même. J’ai conscience que l’Etat, pour être efficace, appelle une direction sûre à sa tête, mais qu’il n’y a pas de réussite possible si celui qui est à la tête du pays, précisément, n’associe pas les autres, ne mobilise pas les intelligences, ne gagne pas le meilleur de ce qu’il y a dans chacun d’entre nous, ne fait pas entendre la voix du rassemblement, de la réconciliation et de l’apaisement. Je n’aime pas les honneurs, les protocoles et les palais. Je revendique une simplicité qui n’est pas une retenue, mais la marque de l’authentique autorité.

Je vais vous confier mon secret, ce secret que j’ai gardé depuis longtemps mais que vous avez sans doute découvert : j’aime les gens, quand d’autres sont fascinés par l’argent. Je prends chaque regard comme une attente, chaque visage comme une curiosité, chaque poignée de main comme une rencontre, chaque sourire comme une chance.

Je connais l’Etat pour en être issu et pour l’avoir servi de multiples façons. Certains me reprochent de n’avoir jamais été ministre. Quand je vois ceux qui le sont aujourd’hui, cela me rassure ! Ce sont les mêmes qui reprochaient en son temps à François Mitterrand de l’avoir été onze fois ! Et dois-je rappeler, en gardant la comparaison, que Georges Clémenceau ne devint ministre et président du Conseil qu’à 65 ans ? Mais je n’attendrai pas jusque-là, je vous le promets ! Je sais aussi que l’Histoire peut être tragique, que rien n’est jamais acquis, que tout ce que l’on croit irréversible, inaltérable, inattaquable peut être à tout moment atteint en son cœur. La crise, le fanatisme, le terrorisme, sans oublier les catastrophes naturelles : nous ne sommes jamais en paix. Le cours de l’Humanité n’est pas tranquille. Il connaît d’inexplicables assèchements, et parfois d’impensables débordements. L’homme d’Etat doit se préparer à tout, c’est-à-dire au pire, et toujours rester vigilant, poursuivre inlassablement le combat qui est le sien pour le progrès, pour la dignité humaine, pour la démocratie, ne pas se laisser détourner pas les mouvements d’humeur, par les modes, par les contournements de l’Histoire, tenir son cap. Je suis un optimiste de la volonté. Je crois que le meilleur est possible, qu’un peuple réuni autour d’un projet commun construit sa propre histoire. Je suis convaincu que les Français attendent aujourd’hui une direction forte, un rassemblement sur l’essentiel, et surtout de la part de celui qui doit les conduire, une considération, un apaisement, un respect, une confiance.

La confiance est un mot qui ne figure pas dans les lois ou dans les règlements, qui ne coûte rien mais qui peut rapporter beaucoup. Elle commande beaucoup de choses. Elle ne résout rien par elle-même, mais elle autorise tout si on sait la saisir. Et c’est pourquoi je veux redonner confiance aux Français.

Deux grandes dates ont marqué ma vie politique, l’une violente, le 21 avril 2002, une blessure que je porte encore sur moi, j’en ai la trace, ce soir terrible ou l’extrême droite, faute de vigilance et de lucidité face à la menace, face à la dispersion, met la Gauche hors-jeu et permet à la Droite de s’installer pour dix ans. J’en ai tiré toutes les leçons. Moi, je ne laisserai pas faire, je ne laisserai pas les ouvriers, les employés, aller vers une famille politique qui n’a jamais rien fait pour servir les intérêts de ces classes-là. Je ne laisserai pas un parti caricaturer les problèmes sans jamais apporter la moindre solution crédible. Je ne laisserai pas une formation politique se présenter comme la voix du peuple alors qu’elle veut simplement se servir de lui. Je ne laisserai pas s’éloigner au nom de la France des citoyens, nos amis, qui peuvent penser que l’ennemi est ici, qu’il a une couleur et une religion, ce qui serait contraire aux principes mêmes de notre République. Je ne laisserai pas utiliser la colère et la détresse pour mettre en cause la République, la construction européenne et les droits de l’homme. Je ne laisserai pas une formation politique réclamer le rétablissement de la peine de mort. Je me battrai, je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour conjurer ce risque et pour éviter que l’élection présidentielle soit tronquée. Parce que ce qu’attendent une grande majorité de nos concitoyens, c’est finalement le choix entre la Gauche et le Droite, c’est-à-dire le choix le plus clair pour permettre à notre pays de faire véritablement la décision.

L’autre date qui reste gravée dans ma mémoire est plus heureuse, c’est le 10 mai 1981. J’avais 26 ans. Je sais ce qu’elle a représenté pour tous ceux qui avaient attenu pendant des décennies, si longtemps donc, ce moment, l’alternance enfin, le bonheur de la victoire. Il y a eu bien sûr d’autres succès pour la Gauche : 1988, 1997, mais ils ne pouvaient pas avoir la même portée. Et pour autant, je ne veux pas verser dans la nostalgie. L’épopée de la Gauche ne peut pas se réduire à des moments exceptionnels : 1936, 1981. Moi, je veux installer la Gauche dans la durée, et si je suis candidat, c’est pour renouer le fil, pour poursuivre la marche, pour mettre en accord la Gauche avec la France. Je veux, amis ici et au-delà, voir votre bonheur le 6 mai, la joie, je veux voir la joie de la conquête, l’enthousiasme de l’audace, et en même temps les débordements de la liberté. Je veux gagner avec vous le droit de présider la France.

Je connais bien notre pays, je l’ai parcouru, sillonné tant de fois, sans jamais me lasser de le découvrir. Je connais ses villes qui changent, qui créent, qui entreprennent, ses espaces façonnés par le travail patient de nos agriculteurs, son espace maritime travaillé par les pêcheurs, ses lieux de production où l’intelligence des salariés se conjugue avec la compétence des ingénieurs. Je n’ignore rien non plus de nos villages où le silence s’est fait et où la vie s’est retirée, je n’ignore rien de ces quartiers de relégation où se mêlent la colère, le désespoir et malgré tout le talent et la volonté de réussir. C’est cette France que je veux avec vous servir.

Comme vous, je connais la gravité de l’heure que nous vivons. Une crise financière déstabilise les Etats, des dettes publiques énormes donnent aux marchés tous les droits. L’Europe se révèle incapable de protéger sa monnaie de la spéculation. Notre propre pays est confronté à un chômage record et s’enfonce dans la récession autant que dans l’austérité. Le doute s’est installé. Je le mesure chaque jour. Il se charge en défiance envers l’Europe et même envers la démocratie. Il se transforme en indignation devant l’injustice d’un système, l’impuissance d’une politique, l’indécence des nantis. Il dégénère en violence privée, familiale, sociale, urbaine, avec cette terrible idée qui s’est installée, qui se diffuse dans notre conscience collective : la marche vers le progrès se serait arrêtée, nos enfants seraient condamnés à vivre moins bien que nous. Eh bien, c’est contre cette idée-là que je me bats. Voilà pourquoi je suis candidat à l’élection présidentielle. Je veux redonner confiance aux Français dans leur vie : la France a traversé dans son histoire bien des épreuves, bien des crises, des guerres, des révolutions, elle les a toujours surmontées, toujours en refusant l’abaissement, la résiliation, le repli, jamais en succombant au conformisme, à la peur, à la loi du plus fort, mais en restant fidèle aux valeurs de la République, en allant puiser en elle-même le courage pour accomplir les efforts, pour défendre son modèle social, pour garder sa fierté en redressant la tête, en regardant lucidement le défi à affronter, en débattant librement et en faisant les choix qui s’imposent.

Il n’y a jamais, je dis bien jamais, une seule politique possible, quelle que soit la gravité de la situation. L’Histoire n’est pas l’addition de fatalités successives, elle nous enseigne qu’il y a toujours plusieurs chemins. La voie que je vous propose, c’est le redressement dans la justice, c’est l’espérance dans la promesse républicaine.

Mais avant d’évoquer mon projet, je vais vous confier une chose. Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. Désormais, il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses, de menacer des Etats.

Cette emprise est devenue un empire. Et la crise qui sévit depuis le 15 septembre 2008, loin de l’affaiblir, l’a encore renforcée. Face à elle, à cette finance, les promesses de régulation, les incantations du « plus jamais ça » sont restées lettre morte. Les G20 se sont succédés sans résultat tangible. En Europe, 16 sommets de la dernière chance ont été convoqués pour reporter au suivant la résolution définitive du problème. Les banques, sauvées par les Etats, mangent désormais la main qui les a nourries. Les agences de notation, décriées à juste raison pour n’avoir rien vu de la crise des subprimes, décident du sort des dettes souveraines des principaux pays, justifiant ainsi des plans de rigueur de plus en plus douloureux. Quant aux fonds spéculatifs, loin d’avoir disparu, ils sont encore les vecteurs de la déstabilisation qui nous vise. Ainsi, la finance s’est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle.

Disant cela, je ne montre pour autant aucune indulgence sur le quinquennat qui arrive à son terme. Mais là n’est déjà plus la question. Les jugements sont faits. Commencé dans la virevolte, ce quinquennat finit dans la tourmente. Plombé par des cadeaux fiscaux destinés aux plus fortunés, il s’achève par des hausses de prélèvements imposées à tous les Français. Inauguré par une promesse de retour au plein emploi, il se termine par un chômage record. Et que dire des déficits, de la dette, de la désindustrialisation, de la démolition des services publics, notamment de l’école ?

Un seul mot résume cette présidence : la dégradation. Tout s’est dégradé. Je ne parle pas d’une note. Je ne parle même pas des comptes publics. Je parle des conditions de vie, des comportements, tout simplement de la situation du pays. A l’injustice dans les choix, l’incohérence des décisions se sont ajoutés l’accaparement du pouvoir et la connivence avec les puissants, avec ce paradoxe ultime que la volonté d’omnipotence débouche sur un aveu d’impuissance. Voilà pourquoi le changement n’est pas seulement celui d’un président, d’un gouvernement ou d’une majorité. Il faut aller bien plus loin : c’est un changement de politique, de perspective, de dimension qu’il faut offrir à notre pays le 22 avril et le 6 mai.

Si la finance est l’adversaire, alors il faut l’affronter avec nos moyens et d’abord chez nous, sans faiblesse mais sans irréalisme, en pensant que ce sera un long combat, une dure épreuve mais que nous devrons montrer nos armes. Maîtriser la finance commencera ici par le vote d’une loi sur les banques qui les obligera à séparer leurs activités de crédit de leurs opérations spéculatives. Aucune banque française ne pourra avoir de présence dans les paradis fiscaux.

Les produits financiers toxiques, c’est-à-dire sans lien avec les nécessités de l’économie réelle seront purement et simplement interdits. Les stocks options seront supprimées. Et les bonus encadrés Enfin, je proposerai une taxe sur toutes les transactions financières, non pas le rétablissement de l’impôt de bourse, ce qui va être fait et qui a été supprimé il y a quelques mois – c’est vous dire la cohérence ! Non, je proposerai une véritable taxe sur les transactions financières, avec ceux en Europe qui voudront la mettre en œuvre avec nous. Je proposerai aussi, si l’on veut éviter d’être jugés par des agences de notation dont nous contestons la légitimité, de mettre en place au niveau européen une agence publique de notation.

L’autre point par rapport à la finance est européen. La zone euro se défait sous nos yeux. La France doit retrouver l’ambition de changer l’orientation de l’Europe. Elle imposera de savoir convaincre et entraîner nos partenaires. On me demande souvent : « mais comment allez vous faire pour faire venir vos alliés dans cette Europe, sur les positions que vous défendez, puisque le Président sortant n’y est pas arrivé » ? Mais ce qui va changer, c’est le vote des Français, qui sera notre levier pour convaincre. Les destins de l’Europe et de la France sont liés, la grandeur de la France ne peut pas être séparée de la force de l’Europe. Nous avons besoin d’Europe, elle doit nous aider à sortir de la crise mais pas imposer une austérité sans fin qui peut nous entraîner dans la spirale de la dépression. Les disciplines sont nécessaires, des engagements, devront être pris pour le désendettement et être respectés. Mais c’est la croissance qui nous permettra d’y parvenir le plus sûrement. C’est pourquoi je proposerai à nos partenaires un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance. Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre pour lui apporter la dimension qui lui manque, c’est-à-dire la coordination des politiques économiques, des projets industriels, la relance de grands travaux dans le domaine de l’énergie et puis les instruments pour dominer la spéculation, un fonds européen qui puisse avoir les moyens d’agir sur les marchés avec l’intervention de la Banque centrale européenne qui devrait être, finalement, au service de la lutte contre la spéculation. J’agirai en faveur de la création d’euro-obligations afin de mutualiser une partie des dettes souveraines, de financer les grands projets. Je défendrai, parce que c’est le sens du projet européen, une démocratie qui associera les parlements nationaux et européens aux décisions qui devraient concerner les Etats. Je proposerai une nouvelle politique commerciale en Europe qui fera obstacle à la concurrence déloyale, qui fixera des règles strictes en matière sociale, en matière environnementale, de réciprocité. Une contribution écologique sera installée aux frontières de l’Europe pour venir compléter ce dispositif. Je continuerai à agir pour une parité juste de l’euro vis-à-vis du dollar américain. Je n’accepterai pas que la monnaie chinoise soit encore inconvertible alors que cette première puissance commerciale finit par être excédentaire sans que sa monnaie, jamais, ne soit réévaluée.

L’Europe a bien des défauts, je les connais. Mais en même temps elle est notre bien commun. Défendons-la, elle en a besoin, elle le mérite ! Ce qui manque à l’Europe, c’est du mouvement – et c’est un Européen de cœur qui le dit – mais pas dans n’importe quelle Europe : le mouvement vers une Europe de croissance, vers une Europe de solidarité, vers une Europe de protection. C’est la vocation de l’a France que de la construire avec l’Allemagne et avec les pays qui voudront nous accompagner.

Aucun des grands défis de l’Europe ne peut se résoudre sans le pacte d’amitié, dans l’égalité, que Français et Allemands ont noué au lendemain de la guerre. Je proposerai donc à nos amis allemands une nouvelle relation de vérité et d’égalité. De leur côté, ils devront faire preuve de solidarité. L’Allemagne ne restera pas forte dans une Europe faible. Elle ne restera pas riche dans une Europe appauvrie, voilà la vérité. Je sais que beaucoup en Allemagne le comprennent. Mais du nôtre, nous devons faire aussi des efforts, efforts de compétitivité, de justice fiscale. Voilà le pacte qu’il va falloir nouer et ouvrir un nouveau cycle en Europe, celui d’une coopération économique, industrielle, énergétique entre nos deux pays. Voilà pourquoi, en janvier 2013 – c’est tout proche, ce sera quelques mois après le rendez-vous du 6 mai –, si les Français m’en donnent mandat, je proposerai à la chancelière d’Allemagne l’élaboration d’un nouveau traité franco-allemand, traité de l’Elysée un demi-siècle après l’acte fondateur de De Gaulle et d’Adenauer qui engagea une dynamique pour nos deux pays.

Chers amis, je veux redonner confiance à la France dans l’Europe. Je veux maintenant vous dire ce que je veux pour le redressement de notre pays. Ce qui est en cause n’est plus la souveraineté d’hier, quand notre territoire était menacé. Ce qui est en cause, c’est la souveraineté de la République face aux marchés et à la mondialisation. Voilà pourquoi je veux redresser la France, la redresser financièrement, la redresser économiquement, la redresser industriellement. Notre pays a abandonné depuis trop longtemps son industrie, aveuglé par la chimère d’une économie sans usine, sans machine, comme si l’immatériel pouvait remplacer le travail de l’ouvrier, du contremaître, de l’ingénieur et de son savoir-faire. La réindustrialisation de la France sera ma priorité. Je créerai une banque publique d’investissement qui, en complément des fonds régionaux, accompagnera le développement des entreprises stratégiques. Je favoriserai la production en France en orientant les financements et les allégements fiscaux vers les entreprises qui investissent sur notre territoire, qui y localisent leurs activités, qui y mettent leurs emplois et qui sont en plus offensives à l’exportation. Je mobiliserai l’épargne des Français en créant un livret d’épargne dont le produit sera entièrement dédié au financement des PME et des entreprises innovantes.

J’exigerai des entreprises qui se délocalisent qu’elles remboursent immédiatement les aides publiques reçues. Je donnerai priorité aux PME : ce sont elles qui embauchent, ce sont elles qui doivent être aidées avant tout, c’est pour elles que nous élargirons le crédit impôt recherche, que nous abaisserons l’impôt sur les sociétés, que nous créerons une agence pour les PME. Je soutiendrai l’économie numérique en organisant avec les collectivités locales et les industriels la couverture intégrale de la France en très haut débit d’ici 10 ans.

Le retour de la croissance passe aussi par la transition énergétique. Je me suis engagé à ce que la part du nucléaire dans la production d’électricité soit réduite de 75 % à 50 % d’ici 2025. Nous avons besoin d’une industrie nucléaire forte, inventant les technologies, les progrès de demain, mais nous avons besoin aussi d’énergies renouvelables, nous avons besoin aussi d’un plan d’économies d’énergie parce que ce sont ces trois actions – le nucléaire, les énergies renouvelables et les économies d’énergie – qui nous permettront d’avoir une perspective industrielle. Les économies d’énergie, nous les mettrons en œuvre par un plan de grands travaux : un million de logements neufs et anciens bénéficieront d’une isolation thermique de qualité. Nous créerons des dizaines de milliers d’emplois en améliorant en plus le pouvoir d’achat des ménages, par rapport à leurs frais de chauffage. Enfin, il n’y aura pas de retour à la croissance, pas d’industrie forte sans un effort de recherche et d’innovation. C’est tout notre avenir de nation industrielle qui se joue là. J’ai confiance dans la science, dans le progrès, dans la recherche, dans la capacité des inventeurs à nous donner les produits de demain sans avoir pour autant la crainte pour notre environnement. Parce que la recherche est aussi au service de l’écologie et de l’environnement.

Redresser l’économie, redresser l’industrie, mais aussi redresser les finances. Le niveau de la dette publique n’a jamais été aussi élevé. La dette publique a doublé depuis 2002. 10 ans de droite auront coûté aussi cher que tous les gouvernements réunis de la Ve République. Je n’ai ici pas compté tous les présidents qui se sont succédé mais, quels que soient leurs mérites ou leurs défauts, aucun n’avait été capable de mettre la dette publique à ce niveau-là. Il a fallu attendre 2002 pour avoir cette dérive. Pour maîtriser la dette, je rétablirai l’équilibre budgétaire en fin du mandat qui me sera confié. Pour atteindre cet objectif, je reviendrai sur les cadeaux fiscaux et les multiples niches fiscales accordées depuis une décennie aux ménages les plus aisés et aux plus grosses entreprises. Cette réforme permettra de dégager près de 30 milliards de recettes supplémentaires. Mais dans le même temps, les dépenses de l’Etat seront maîtrisées. Toute nouvelle dépense sera financée par des économies, le nombre total de fonctionnaires n’augmentera pas, mais il sera mis fin à la règle aveugle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Ce redressement, mes amis, est indispensable. Mais il ne sera possible que dans la justice. Chaque nation a une âme. L’âme de la France, c’est l’égalité. C’est pour l’égalité que la France a fait sa révolution et a aboli les privilèges dans la nuit du 4 août 1789. C’est pour l’égalité que le peuple s’est soulevé en juin 1848. C’est pour l’égalité que la IIIe République a instauré l’école obligatoire et l’impôt citoyen sur le revenu. C’est pour l’égalité que le Front populaire a œuvré en 1936. C’est pour l’égalité que le gouvernement du général de Gaulle a institué la sécurité sociale en 1945. C’est pour l’égalité que François Mitterrand a été élu en 1981. C’est pour l’égalité que nous avons fait, avec Lionel Jospin, la couverture maladie universelle et l’allocation personnelle à l’autonomie. C’est pour l’égalité que nous aurons aussi à combattre et à proposer aux Français le changement.

L’égalité, c’est ce qui a permis à un enfant orphelin de père élevé par une mère pauvre, sourde et illettrée, de devenir prix Nobel de littérature. Il s’appelait Albert Camus et, après avoir reçu son prix, il écrivit en ces termes à son vieil instituteur : « ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, sans votre exemple, rien de tout cela ne me serait arrivé. » C’est pour l’égalité que nous devons agir parce que, depuis 10 ans, l’égalité recule partout. Partout, des privilèges apparaissent à mesure qu’une nouvelle aristocratie – j’emploie le mot à dessein – arrogante et cupide s’installe et prospère. 1 % des Français privilégiés se séparent du reste de la société. Ils vivent à côté de nous mais ils ne vivent déjà plus avec nous. Parfois, ils ne vivent même pas chez nous. Une véritable sécession sociale a vu le jour ces dernières années : des quartiers relégués, abandonnés et de l’autre des quartiers protégés, sécurisés pour que nul ne vienne déranger. Je serai le Président de la fin des privilèges parce que je ne peux pas admettre que, pendant ce temps-là, pendant que certains s’enrichissent sans limite, la précarité s’étende, la pauvreté s’aggrave et 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, dont beaucoup trop d’enfants.

Qu’on m’entende bien, l’égalité, ce n’est pas l’égalitarisme, c’est la justice. L’égalité, ce n’est pas l’assistanat, c’est la solidarité. Les Français n’ont rien à craindre de l’égalité, rien à craindre de la justice, rien à craindre de la redistribution. Les Français doivent savoir que, s’ils m’élisent, je ne poserai comme président qu’une seule question : avant tout effort supplémentaire, avant toute réforme, avant toute décision, avant toute loi, avant tout décret, je ne me poserai qu’une seule question : est-ce que ce que l’on me propose est juste ? Si c’est juste, je le prends, si ce n’est pas juste, je l’écarte. Seule la justice doit guider notre action.

C’est pourquoi j’engagerai avec le Parlement la réforme fiscale dont notre pays a besoin. C’est pour la justice que je reviendrai sur les allègements de l’impôt sur la fortune, c’est pour la justice que je veux que les revenus du capital soient taxés comme ceux du travail. Qui peut trouver normal qu’on gagne plus d’argent en dormant qu’en travaillant ? C’est pour la justice que je veux fusionner, après les avoir rapprochés, l’impôt sur le revenu et la contribution sociale généralisée, dans le cadre d’un prélèvement progressif sur le revenu. C’est pour la justice que je porterai la tranche supérieure à 45 % de l’impôt sur le revenu pour ceux qui touchent plus de 150 000 euros. Et on ne me fera pas croire qu’avec 150 000 euros, ce sont les classes moyennes qui seront concernées ! C’est pour la justice que je veux que nul ne puisse tirer avantage de niches fiscales au-delà d’une somme de 10 000 euros de diminution d’impôts par an.

Je sais que le combat sera rude, qu’on cherchera à faire peur, qu’on inquiètera… Si demain nous sommes en responsabilité, ceux à qui l’on prendra feront davantage entendre leur voix que ceux à qui l’on donnera. Je sais qu’il n’y aura pas de manifestation pour nous soutenir. C’est rare, c’est exceptionnel. Mais il peut y en avoir pour nous contester. Je sais que certains chercheront à nous faire peur et à effrayer les classes moyennes alors qu’elles ne trouveront qu’avantage dans la réforme que nous présenterons, prétendre que les grandes fortunes quitteront notre territoire. Mais est-ce que le bouclier fiscal a fait revenir les grandes fortunes en France ? Non ! Est-ce que le bouclier fiscal les a enrichies plus encore ? Oui ! Est-ce que les impôts de la plupart des Français ont baissé ? Non, ils ont augmenté ! Est-ce que ceux des plus favorisés ont diminué depuis 5 ans ? Oui ! Est-ce que la TVA n’est pas plus inquiétante dès lors qu’elle concernera tous les Français, mille fois oui, elle est plus inquiétante que ce que nous proposons !

Ce n’est pas seulement la réforme fiscale. L’égalité doit concerner tous les domaines de la vie en société. L’égalité doit commencer à faire partir à la retraite ceux qui ont commencé à travailler tôt, exercé les métiers les plus pénibles. Et c’est pourquoi, tout en ayant le souci de maîtriser les comptes et en ouvrant une négociation sur la réforme des retraites indispensable — puisque celle qui a été votée est non seulement injuste mais pas financée -, eh bien sans attendre l’ouverture de cette négociation, tous ceux qui ont 60 ans et qui auront cotisé 41 années retrouveront le droit à partir à la retraite à taux plein. La négociation, elle, portera sur la pénibilité, les décotes, le montant des pensions, l’âge légal, l’évolution des recettes, indispensable, et la pérennité de notre système par répartition.

L’égalité, c’est aussi le meilleur accès pour tous au logement. Nous manquons de logements en France. Ils atteignent des prix insupportables, et pas simplement dans les grandes villes. Il faut donc plus de logements. C’est pourquoi je prendrai une décision : l’Etat montrera l’exemple, il mettra immédiatement à la disposition des collectivités locales tous ses terrains disponibles pour leur permettre de construire de nouveaux logements dans un délai de cinq ans. Plus de logements, plus de logements sociaux, et c’est pourquoi le Livret A — qui sert à collecter une épargne précieuse pour le logement social-, eh bien le livret A verra son plafond doubler, afin que tous les Français, par leur épargne, puissent financer le logement social.

Il faut plus de logements, plus de logements sociaux, et des logements moins chers. Je sais que cela prendra du temps, mais pour éviter les abus, j’encadrerai les loyers là où les prix sont manifestement excessifs. Il faut des villes plus équilibrées. Et je multiplierai par cinq les sanctions qui pèsent sur les communes qui bafouent la loi de solidarité urbaine.

L’égalité, l’égalité toujours, l’égalité pour la santé ! Nos professions de santé sont d’une qualité remarquable. J’en fais à chaque fois l’expérience. Leur métier est l’un des plus difficiles qui soient. Sans elles, le système se serait déjà effondré et, en même temps, trop de Français doivent renoncer à se soigner, pour des raisons financières ou pour des raisons de domicile. Les dépassements d’honoraires seront donc encadrés. Nous combattrons les déserts médicaux. Et par un nouveau système de tarification, qui fera la part entre l’activité et le service public, l’hôpital public sera conforté dans ses tâches et dans ses missions. Et je prends l’engagement que personne, je dis bien personne dans notre pays, ne soit à plus d’une demi-heure de transport d’un lieu de traitement des urgences médicales.

L’égalité, l’égalité encore, c’est le même accès pour tous à l’eau, au chauffage, à l’électricité. Il n’est pas, quand même, normal qu’une famille modeste paie l’eau au même prix, quand elle boit cette eau, que ceux qui la déversent sans compter ! Je créerai donc un tarif progressif de l’eau, comme du gaz et de l’électricité, qui garantira, au moins pour un certain volume, un prix stable et juste.

L’égalité, c’est le même salaire quand on a les mêmes compétences et les mêmes responsabilités. Comment la France, comment la République peut-elle accepter que les femmes soient moins bien payées que les hommes ? Les exonérations de cotisations sociales aux entreprises qui ne respectent pas cette règle seront purement et simplement supprimées.

L’égalité, toujours l’égalité, c’est aider les territoires qui en ont le plus besoin et notamment, et je parle ici en Seine Saint-Denis, nos banlieues. Cela veut dire qu’il faudra cesser d’aider de la même façon le quartier difficile d’une ville riche et le quartier difficile d’une ville qui n’a que des quartiers difficiles. Je compte sur tous les élus locaux pour m’accompagner dans ce mouvement. Il n’est pas nécessaire d’être de gauche pour être sensible à la terrible injustice que représente pour des millions de Français la vie dans des immeubles indignes ou dans des cités dégradées.

L’égalité, l’égalité c’est aussi la sécurité pour tous. Vivre dans la peur est insupportable ! L’insécurité est une injustice sociale intolérable. Elle touche les plus modestes, les plus âgés, les plus jeunes, les plus fragiles. La sécurité est un droit et je le ferai respecter en créant des zones de sécurité prioritaires là où il y a les taux de délinquance les plus élevés, en mettant des postes supplémentaires, 1 000 chaque année, dans la Justice, dans la Police, dans la Gendarmerie, en rapprochant les Forces de l’ordre des citoyens. Et je lutterai contre tous les trafics, toutes les mafias. Pas plus que je n’accepte la délinquance financière, la fraude fiscale, pas plus je ne tolère qu’un petit caïd avec sa bande mette une cité en coupe réglée et fasse vivre à ses habitants un enfer. Tous ceux-là, les délinquants financiers, les fraudeurs, les petits caïds, je les avertis : ceux qui ont pu croire que la loi ne les concernait pas, le prochain président les prévient, la République, oui, la République vous rattrapera !

L’égalité, l’égalité toujours, l’égalité ce sont les mêmes droits pour tous, quels que soient son sexe et son orientation, c’est le droit de pouvoir se marier, d’adopter, pour les couples qui en décident ainsi. C’est le droit, pour les personnes handicapées, de vivre la vie la plus normale possible. Et je veillerai à ce que chaque loi comprenne un volet handicap.

L’égalité, c’est aussi l’accès à ce qui est le plus précieux, y compris quand on n’a plus rien, l’émancipation, l’enrichissement, la culture. La culture, Baudelaire l’évoquait : « le meilleur témoignage que nous puissions donner de notre dignité, c’est la culture ». Et là encore, nous devons agir. L’éducation artistique sera généralisée, l’aménagement culturel de la France sera une priorité. Il intégrera les territoires oubliés, les zones abandonnées, les quartiers dégradés de nos grandes villes. Et c’est pourquoi nous ouvrirons, là encore, une nouvelle étape de la décentralisation culturelle.

Quant à la loi Hadopi, inapplicable, elle sera remplacée – remplacée je dis bien, car il faut un cadre pour fixer les droits de chacun – par une grande loi signant l’acte 2 de l’exception culturelle, qui défendra à la fois les droits des créateurs, parce que nous avons besoin de créateurs et de production, et un accès aux œuvres par Internet. Nous ne devons pas opposer les créateurs et leurs publics. Le public et les créateurs sont dans le même mouvement pour l’émancipation, pour la découverte, pour la qualité, pour l’exception culturelle française.

Chers amis, je veux citer Pierre Mendès France, qui nous disait que « la vérité doit forcément guider nos pas ». Je vous dois donc la vérité. Je connais les contraintes financières, l’ampleur de nos déficits, la gravité de notre dette, la faiblesse de la croissance en 2012, la lourdeur de l’héritage qui nous sera légué. Je ne promettrai donc que ce que je suis capable de tenir. Je dois maîtriser sans rien renoncer les choses et d’abord le temps.

Le quinquennat s’ouvrira donc sur des réformes de structure, celles qui constitueront un redressement dans la justice, le redressement économique, la réforme fiscale, le pacte éducatif, la décentralisation. Nous traiterons aussi les urgences, l’emploi, et notamment l’emploi des jeunes, le logement, la santé. Mais c’est ensuite que nous pourrons redistribuer ce que nous aurons créé, ce que nous aurons fabriqué, ce que nous aurons engagé, ce que le pays aura pu, par son redressement, favoriser. Voilà les temps qui doivent être proposés.

Mais je ne perdrai pas un seul instant, pas un seul instant, du mandat qui me sera confié.

Sur le plan international, avec le sommet de l’Otan prévu à la fin du mois de mai 2012, nous engagerons le retrait de nos troupes d’Afghanistan. Sur le plan européen, si les Français m’en donnent mandat, mon premier déplacement sera pour rencontrer la Chancelière d’Allemagne et pour lui dire que nous devons ensemble changer l’orientation de l’Europe vers la croissance et dans le lancement de grands travaux.

Ici dans notre pays, sans même attendre le renouvellement de l’Assemblée nationale, j’engagerai, avec les nouveaux ministres et le nouveau gouvernement, les premières mesures contre la finance et pour la réforme bancaire. Pas un instant, nous ne resterons inactifs. Le quinquennat ne sera pas une volte-face, un zigzag, une contradiction. D’ores et déjà, nous savons où nous voulons aller. Nous connaissons les temps, les périodes, les rythmes. Nous avons fixé aux Français l’objectif, mais également les moyens. Nous savons que nous avons des moyens limités, mais que nous avons la volonté ! C’est cette démarche qui convaincra. Et ce n’est pas en improvisant en fin de mandat des mesures politiques, économiques, sociales qui ont tant manqué depuis cinq ans, que les Français pourront être sérieusement convaincus que le changement se fera, pour les cinq ans qui viennent, de ce côté-là.

Je veux vous parler, pour terminer, de notre avenir. L’idée républicaine, c’est une promesse. Une belle promesse, qui est celle de vivre mieux de génération en génération. La promesse républicaine, c’est que chaque génération vivra mieux que la précédente. Et aujourd’hui, cette promesse est trahie. Notre jeunesse est sacrifiée, abandonnée, reléguée. Chômage, précarité, dévalorisation des diplômes, désespérance, perte d’autonomie, accès au logement difficile. Sans compter ce que nous lui laissons, à cette jeunesse, un environnement dégradé, des retraites non financées, une dette considérable. Et pourtant, la jeunesse c’est notre chance ! Comment peut-on accepter que cette chance devienne une charge ? J’ai beaucoup réfléchi, depuis plusieurs mois même, à ce que pouvait être l’enjeu de l’élection présidentielle, au-delà de la crise, du redressement à accomplir, de la justice à réaliser. J’en suis arrivé à cette conclusion simple : c’est pour la jeunesse de notre pays que je veux présider la France. Je veux redonner confiance à la jeunesse ! Et c’est la raison pour laquelle je veux faire de l’éducation une grande cause nationale. J’ai proposé de créer 60 000 postes supplémentaires dans l’éducation, pas seulement de professeurs, mais de surveillants, d’infirmières, d’assistantes sociales, de tous ceux qui contribuent à l’accueil, à l’accompagnement, à la réussite des jeunes. On me dit « c’est trop ». Non, je dis « ce n’est peut-être pas assez » ! C’est terrible de mener une bataille contre l’échec scolaire, qui fait chaque année plus de 150 000 victimes, 150 000 qui sortent sans diplôme, sans qualification, de l’école. La priorité ira aux écoles maternelles et primaires parce que c’est là que beaucoup se joue et que les premiers retards se précisent. Les rythmes scolaires qui n’ont aucun équivalent en Europe seront revus. Au collège et au lycée, les élèves les plus en difficulté bénéficieront d’un accompagnement personnalisé, pour qu’à la fin du quinquennat, je dis bien à la fin du quinquennat, le nombre de jeunes qui sortent sans qualification du système scolaire soit divisé par deux. Aucun jeune, aucun jeune de 16 à 18 ans – et je sais ce qu’est la déscolarisation dans beaucoup de nos villes et dans beaucoup de familles -, aucun jeune de 16 à 18 ans ne restera sans solution de formation, d’emploi ou même de service civique. Personne ne sera laissé là, de côté, abandonné, oublié ! C’est pour notre jeunesse que nous devons faire de l’emploi une priorité et créer progressivement 150 000 emplois d’avenir réservés aux jeunes, en particulier ceux issus des quartiers difficiles.

C’est pour les jeunes mais aussi les seniors que j’ai porté cette belle idée du contrat de génération, pour permettre l’embauche de jeunes en contrat à durée indéterminée dès lors qu’ils sont accompagnés par un salarié plus expérimenté, qui lui-même est maintenu dans l’emploi jusqu’à son départ à la retraite. C’est la réconciliation des âges, c’est la solidarité entre les générations ! Partout où je vais dans les usines, deux sortes de travailleurs viennent me voir. Les plus anciens, qui me posent une seule question : quand est-ce que nous allons partir ? Et les plus jeunes, qui me posent une seule question : quand est-ce que nous allons pouvoir entrer ? Et je leur dis « mais si vous les seniors, vous accompagnez les jeunes, vous leur donnez votre savoir-faire, votre expérience, votre compétence, est-ce que ce n’est pas finalement la plus belle mission qui peut vous être confiée avant d’attendre le départ à la retraite ? Et vous, les jeunes, si vous entrez enfin dans l’emploi avec un contrat à durée indéterminée, vous pouvez retrouver l’autonomie que vous attendez depuis si longtemps ». Je pense aussi aux jeunes qui sont étudiants et dont les familles sont modestes. Ceux-là recevront aussi une allocation d’études sous conditions de ressources pour leur permettre d’avoir l’autonomie.

C’est cela, le projet : faire tout pour que la jeunesse réussisse, non pas pour elle-même, non pas parce qu’elle serait une catégorie, non pas parce que je voudrais la flatter, mais parce que c’est ce qui permet à ceux qui sont parents, grands-parents, de retrouver eux-mêmes espoir dans l’avenir, fierté dans la réussite, de se dire « mais qu’allons-nous laisser, laisser après nous, quelle société voulons-nous transmettre à nos enfants, à nos petits-enfants ? ». Une société du chômage, de la précarité, de l’angoisse, de la dislocation ou, au contraire, une société où les chances soient attribuées, où les conditions de réussite soient posées et où l’on se dise : je vais bientôt partir, que ce soit à la retraite ou pour le grand voyage, je vais bientôt partir mais au moins, je sais que ce qui a été transmis sera finalement, pour la génération qui arrive, la réussite possible que je n’ai même pas eue pour moi-même.

Et moi, moi qui suis devant vous candidat à l’élection présidentielle, si je reçois le mandat du pays d’être le prochain président, je ne veux être jugé que sur un seul objectif : est-ce qu’au terme du mandat qui me sera, si les Français le veulent, confié, est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ? Je demande à être évalué sur ce seul engagement, sur cette seule vérité, sur cette seule promesse ! Changer leur vie serait pour moi la plus grande des fiertés. Ce n’est pas un engagement à la légère que je prends. C’est pour mobiliser toute la Nation par rapport à cet enjeu.

Chers amis, j’ai parlé du Rêve français. Oui, le beau rêve, le rêve que tout au long des siècles, depuis la Révolution française, les citoyens ont caressé, ont porté. Ce rêve de vivre mieux, ce rêve de laisser un monde meilleur, ce rêve du progrès, ce rêve de pouvoir franchir à chaque fois les étapes de l’humanité, ce rêve ne nous appartient pas qu’en propre, mais il se trouve que c’est nous, la France, qui avons inventé la République. C’est nous qui avons porté cet idéal qu’une société, si elle s’organisait, si elle se donnait les moyens, si elle faisait de l’égalité, de la liberté et de la fraternité son mode de vie, pouvait être l’émancipation pour chacun.

C’est ce rêve-là que j’ai voulu de nouveau ré-enchanter – et aussitôt, la Droite s’est gaussée. Comment, comment serait-il possible de parler de rêve en cette période ? C’est vrai, ce n’est pas un rêve que nous vivons… Comment serait-il possible de parler de rêve au moment où la crise condamnerait toute ambition ? Ce serait une chimère. Mais moi, je ne vous appelle pas à mettre votre tête dans les étoiles. Je vous appelle à retrouver le récit républicain, celui qui nous a fait avancer pendant des décennies, le récit de la Révolution française, de ces hommes, de ces femmes aussi, qui ont voulu avancer dans une histoire inconnue qui s’ouvrait sous leur yeux, qui était l’histoire de l’égalité humaine.

Oui, ce récit républicain qui s’est poursuivi avec les républiques, avec la IIIe République, avec, aussi, la Libération, le Conseil national de la résistance, ce rêve, ce récit républicain que mai 68 a aussi, d’une certaine façon, fait ressurgir ! Et puis, mai 1981 et tant d’autres étapes. C’est cela, le récit de la République. Il n’appartient pas qu’à la Gauche. Tous ceux qui se sont succédé pendant des décennies à la tête du pays ont porté le récit républicain. A chaque fois, et quels que fussent les reproches que nos prédécesseurs aient pu leur adresser, c’était, finalement, leur ambition aussi, faire avancer la France. Alors le rêve, surtout, portons-le !

Et je me permettrai de citer Shakespeare, qui rappelait cette loi pourtant universelle : « ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve ». Eh bien nous réussirons parce que nous commencerons par évoquer le rêve ! Le rêve français, c’est la confiance dans la démocratie, la démocratie qui sera plus forte que les marchés, plus forte que l’argent, plus forte que les croyances, plus forte que les religions ! Le rêve français, c’est l’achèvement de la promesse républicaine autour de l’école, de la laïcité, de la dignité humaine, de l’intérêt général.

Le rêve français, c’est le creuset qui permet à toutes les couleurs de peau d’être à égalité de droits et de devoirs. Le rêve français, c’est l’affirmation des valeurs universelles qui vont bien au-delà des frontières, qui vont bien au-delà de la Nation. Ce n’est pas un espace limité, mais qui est proclamé à tous, à la face du monde. Le rêve français, c’est notre histoire, c’est notre projet ! Le rêve français, c’est une force, c’est le projet que je vous propose, parce qu’il nous ressemble, parce qu’il nous rassemble !

Je veux, je veux que nous allions ensemble vers la France de demain ! Une France du travail, du mérite, de l’effort, de l’initiative, de l’entreprise, où le droit de chacun s’appuiera sur l’égalité de tous. Une France de la justice, où l’argent sera remis à sa place, qui est celle d’un serviteur et non d’un maître. Une France de la solidarité, où aucun des enfants de la Nation ne sera laissé de côté. Une France du civisme, où chacun demandera non pas ce que la République peut faire pour lui, mais ce que lui, peut faire pour la République ! Une France de la diversité où chacun apportera sa différence, mais dans l’unité de la République, où les Outre-mers nous ouvrent à tous les horizons du monde et où les enfants d’immigrés doivent être fiers, fiers d’entre Français, Français, parce que c’est le plus beau nom qu’on puisse donner à un citoyen du monde, à une France de l’exemple, où le pays se retrouve dans ce qui l’élève, dans ce qui le réunit, le dépasse, une France de la confiance où toutes les forces qui la constituent se mobilisent pour l’avenir !

La France, la France n’est pas un problème. La France est la solution !

Voilà le choix, chers amis, voilà le choix qui vous attend. Toujours le même, toujours celui, depuis que la démocratie existe, entre la peur et l’espoir, entre la résignation et le sursaut, entre l’agitation et le changement. Eh bien le changement, le changement, c’est maintenant ! Le redressement, c’est maintenant ! La justice, c’est maintenant ! L’espérance, c’est maintenant ! La République c’est maintenant !

Mobilisons-nous, rassemblons-nous et dans trois mois, dans trois mois, nous ferons gagner la Gauche, avancer la France et nous réussirons le changement ! Le changement, j’y suis prêt !

Vive la République ! Et vive la France !

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 20:39

 

 

Baba-Ladde1

BANGUI AFP / 22 janvier 2012 16h46 - Des proches du général Abdel Kader Laddé, chef du Front populaire pour le redressement (FPR), une rébellion tchadienne active dans le centre-nord de la Centrafrique, ont été arrêtés par l'armée centrafricaine, apprend-t-on de sources concordantes dimanche.

Selon une source militaire jointe par l'AFP, l'épouse de Baba Laddé et certains éléments du FPR dont le nombre n'est pas déterminé, ont été arrêtées à Batangafo (centre-nord, près de la frontière tchadienne). Des hommes de Baba Laddé venus de Kabo (centre-nord), ont vainement tenté de les faire libérer et seraient repartis en menaçant de revenir avec des renforts.

Dimanche à Kaga Bandoro, des habitants ont rapporté à l'AFP que sur dénonciation de quelques habitants, les soldats ont procédé à des arrestations de sujets musulmans jugés proches de Baba Laddé. L'armée mène des patrouilles dans la ville en affirmant qu'elles ont pour mission de protéger la population pendant que les forces tchadiennes vont traquer Baba Laddé et ses hommes.

L'armée centrafricaine s'est mise en place pendant la nuit de vendredi à samedi au Nord du pays, à Kaga Bandoro et Batangafo. Elle a demandé à la population de rester chez elle et de ne se déplacer qu'en cas d'extrême urgence ou de nécessité, selon la radio nationale.

Dans un communiqué, qui confirme l'arrestation de la femme de Baba Laddé, le FPR dénonce une vague d’arrestations (...) orchestrées par l’armée tchadienne avec l’autorisation des forces centrafricaines et surtout l’aval du président (centrafricain) François Bozizé.

A l’heure où ces actes indignes, ignobles et contraires aux principes du respect des droits de l’homme se commettent en RCA (République centrafricaine), les forces du FPR, sont contraintes à sortir massivement des zones qu'elles occupent pour prendre position sur les grandes voies afin de répondre à des éventuelles attaques des troupes tchadiennes et centrafricaines, a précisé le communiqué.


(©)

 

NDLR : On voit que c’est suite aux nombreuses pressions exercées de toutes parts sur Bozizé qu’il se résigne enfin à envoyer malgré lui des militaires vers le sanctuaire de Baba Laddé en attendant surtout que ce soit l’armée de Déby qui engage les hostilités contre les hommes du FPR pour libérer le sol centrafricain occupé depuis par ces bandits et voleurs de bétail qui prétendent défendre la cause des peuhls. Les jours prochains vont nous situer sur tout cela.

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 03:43

 

 

 

Bozizé

 21 janvier 2012

Selon la commission Justice et paix de l’archidiocèse de Bangui, la situation des droits de l’homme en République centrafricaine reste « préoccupante », même si des efforts se font de part et d’autre pour améliorer la situation, a annoncé radio Notre Dame de Bangui.

« D’une manière générale, la situation des droits de l’homme reste toujours  préoccupante parce que notre pays traverse encore des crises »,Abbé saint Cyr  Konzélo, directeur de la Commission justice et paix de Bangui.

Il a fait remarquer la construction de la paix n’est pas seulement l’apanage des responsables politiques parce que la paix est une valeur universelle. Il s’est toutefois félicité des efforts du gouvernement pour restaurer la paix, notamment les accords de paix et les accords de cessez-le-feu si le Médiateur de la République, Paulin Pomodimo.

L’Abbé saint Cyr  Konzelo s’est félicité du bon partenariat avec le gouvernement et les autres organisations de défense des droits de l’homme.

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 00:23

 

 

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BANGUI (AFP) - 21.01.2012 16:34 - L'armée centrafricaine s'est déployée pendant la nuit de vendredi à samedi au Nord du pays, à Kaga Bandoro et Batangafo, où sévit depuis plusieurs mois un groupe de rébellion tchadien du Front populaire pour le redressement (FPR), dirigé par le général Baba Laddé, a appris l'AFP de source militaire à Kaga Bandoro samedi.

L'armée a demandé à la population de rester chez elle et de ne se déplacer qu'en cas d'extrême urgence ou de nécessité, selon la radio nationale. "Les autorités militaires centrafricaines ont ordonné le bouclage des régions qui s'étendent de Kaga Bangoro à Batangafo pour sécuriser au maximum la population. En prévision d'une opération dont on ignore tout", a précisé la radio.

Interrogé par l'AFP, le haut commandement militaire a expliqué que "des instructions fermes ont été données aux militaires qui se trouvent dans ces zones". Sans donner plus de précision.

Jointe au téléphone par l'AFP, une habitante de Kaga Bandoro a confirmé sous le sceau de l'anonymat la présence "d'éléments de l'armée (qui) ont effectivement investi toute la ville. On les voit presque partout dans la ville et dans les quartiers armes à la main, a-t-elle dit. "Il n'y a pas eu de tirs, mais nous avons peur parce que nous ne savons pas exactement ce qui peut se passer" a-t-elle dit.

En début de semaine, le mouvement rebelle avait dit sa crainte d'une attaque de l'armée tchadienne, des hélicoptères et des pick-up Toyota "lourdement équipées" ayant pris position à la frontière.

Le FPR occupe depuis début août la localité centrafricaine de Pladama Ouaka, située entre les villes de Bambari (centre) et Kouango, sans que les tentatives de négociation aient pu aboutir. Selon le préfet de la région de Bambari, ses hommes se livreraient à des pillages et à du racket.

Copyright © 2012 AFP. Tous droits réservés.

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 18:18

 

 

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Radio Ndéké Luka Samedi, 21 Janvier 2012 14:35

Le gouvernement centrafricain s’engage désormais à chasser la rébellion du tchadien Baba Ladé qui sévit dans le nord. Un détachement des Forces Armées Centrafricaines (FACA) quadrille depuis hier, 20 janvier 2012, la ville de Kaga Bandoro (nord) principal bastion de ce mouvement rebelle. Le détachement a été appuyé dans ses opérations  par les éléments de la Mission de Conseil de Paix et de Sécurité d’Afrique Centrale (MICOPAX).

Objectif, répondre à toutes éventualités liées à la menace de ces rebelles sur la population civile en proie à l’insécurité dans cette région.

Selon des sources de Radio Ndeke Luka, « les forces régulières ont bloqué les 5 principaux axes de la localité, imposant ainsi une ceinture de sécurité de 5 kilomètres ».

Les sources ont annoncé en outre que « cette mesure de sécurité a dissuadé les rebelles : Aucun coup de feu n’a été entendu dans la nuit de vendredi à samedi. Une première dans la ville de Kaga Bandoro, théâtre des exactions orchestrées par ces rebelles ».

Une autre mesure concerne « la restriction de circulation des taxis motos. D’ailleurs, cinq (5) conducteurs des taxis motos suspectés proches des rebelles ont été arrêtés par la gendarmerie », précisent les mêmes sources.

Toutefois, la population continue ce samedi de « vaquer librement à ses occupations quotidiennes, même si certains habitants redoutent d’éventuels affrontements entre les FACA et les rebelles », ont indiqué ces sources.

Ce dispositif de sécurité à Kaga Bandoro intervient plus d’une semaine après une offensive des FACA contre des hommes armés à Sibut (nord). L’attaque a fait quatre (4) assaillants tués et plusieurs autres blessés.

Baba Ladé et ses hommes ont même élargi leur champ d’action au centre-est notamment à Bambari et ses environs. Dans leurs exactions, ces rebelles non seulement tuent, pillent les biens habitants, mais rançonnent souvent à prix fort les éleveurs.

En 2011, les gouvernements du Tchad et de Centrafrique avaient entamé des négociations pour faciliter le retour de Baba Ladé au Tchad.  Ces négociations avaient accouché d’une souris.

La rébellion Baba Ladé est la 2èmerébellion étrangère qui règne en maitre sur le territoire centrafricain après la LRA (Armée de Résistance du Seigneur) de Joseph Koni, opérationnelle dans l’extrême-est du pays, en phase d’être traquée par les Forces Armées Centrafricaines (FACA) appuyées par les soldats américains.

 

NDLR : Baba Laddé a dû déjà probablement quitter la zone de Kaga-Bandoro pour se mettre à l’abri quelque part devant les multiples informations annonçant un assaut conjoint FACA-FAT.  C’est sans doute pour faciliter sa mobilité qu’il a expédié son épouse vers Bangui lorsqu’elle a été arrêtée mercredi dernier à Sibut. Les Faca ne doivent donc pas profiter de cette mission pour importuner pour rien les innocents habitants de Kaga-Bandoro.  

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 04:23

 

 

Bozizé en Chine

Bangui grouille encore d’une scandaleuse affaire, celle d’une nouvelle évaporation du trésor d’une somme de 108 millions de F CFA qu’un caissier ressortissant de Damara et parent du premier ministre Faustin Touadéra répondant au nom de Bossin, aurait subtilisée dans des conditions rocambolesques encore non précisées. Ce dernier aurait quitté Bangui et pris la direction de Bouar dans un premier temps à bord d’un véhicule avec son précieux pactole puis poursuivi sa cavale en taxi moto vers le Cameroun via Baboua.

D’après les rumeurs qui circulent à Bangui, ce monsieur qui se serait préalablement fait délivré un visa Shengen au consulat de France aurait l’intention de se rendre ensuite en France. Selon nos informations et en attendant d’en savoir un peu plus sur cette triste affaire, cette tragi-comédie se déroule dans le cadre de la sourde guerre fratricide pour la succession de François Bozizé que se livrent en silence le fils de celui-ci et non moins ministre délégué auprès de son père chargé de la défense Francis Bozizé et le celui qu’on surnomme à Bangui le « vice-président » à savoir le tout-puissant ministre des finances Sylvain Ndoutingaï qui jouit pour le moment énormément de la confiance de Bozizé.

C’est cette grille de lecture qu’il faut appliquer à pratiquement tout ce qui se passe dans la galaxie bozizéenne et dans le pays pour en comprendre les tenants et les aboutissants. Les arrestations à répétition des journalistes par exemple obéissent également aux conséquences des contradictions entre Francis Bozizé et Sylvain Ndoutingaï par l’entremise du ministre de la justice Firmin Findiro qui est le bras judiciaire de Ndoutingaï.

Le jeune Patrick Agoundou du journal boziziste « La Plume » et président fantoche du GEPPIC qui était financé et instrumentalisé par Francis Bozizé pour insulter régulièrement les opposants et surtout Ndoutingaï dans ses parutions, a dû prendre précipitamment la poudre d’escampette de Bangui dans les toutes dernières semaines de la fin de l’année 2011 pour se retrouver au Cameroun d’où il cherchait à rejoindre la France. Ndoutingaï et Findiro s’étant donné le mot pour le jeter en prison, il a choisi de ne point répondre à la convocation judiciaire qui lui avait été adressée et quitter le pays.

Le critère tribal qui a prévalu dans les récentes nominations des directeurs, chefs de service et cadres du ministère des Finances que vient d’effectuer Ndoutingaï le 8 janvier dernier est très flagrant et en dit long sur la politique de prédation qui va être menée. Au trésor, tous les postes importants sont détenus par des petits gbaya qui ont pourtant été déjà éclaboussés par des affaires de détournement de deniers publics et prédation comme Vincent Yackoisset et Augustin Kpéangai pour ne citer que ceux-là. Il confirme Serge Ouarassio Mokomsé qui avait assuré l’intérim du gl Guillaume Lapo dont la prédation te les conflits d’intérêts ont dépassé toutes les limites à la Direction Générale du Trésor or le Ouarassio possède lui aussi comme Lapo une entreprise qui rafle des marchés d’Etat. C’est déshabiller Paul pour habiller Pierre. Le même Ndoutingaï qui est pourtant non grata à Washington est toujours en place et se permet tranquillement de faire un mouvement du personnel de son ministère. C’est un vrai scandale.    

Ainsi va la bozizie… !

Rédaction C.A.P

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 04:10

 

 

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Bangui  Journée sans journaux

20 janvier 2012

La journée de vendredi 20 janvier 2012 a été déclarée sans journaux par le groupement des éditeurs de la presse privée indépendante  de Centrafrique (GEPPIC), a constaté le RJDH.

Ce refus de publier est une protestation contre l’arrestation de Ferdinand Samba, directeur de publication du journal Le Démocrate, accusé de publication d’ « une série d’articles diffamatoires » à l’endroit du ministre d’Etat aux finances et au budget, Sylvain Ndoutingaï.

Hier au cours d’une audience publique, le procureur de la République avait requis la peine d’un an d’emprisonnement ferme avec une amande de 50 000 000 FCFA contre Ferdinand Samba, et 3 mois de parution du quotidien dont il est le directeur  du journal (Le Démocrate).

La délibération aura lieu le 26 janvier 2012. Par ailleurs, l’accusé a été transféré ce vendredi à la maison d’arrêt de Ngaragba.

Les journalistes de la presse privée indépendante ont convoquée une réunion d’urgence demain samedi 21 janvier  pour réfléchir à une stratégie de mobilisation devant permettre de soutenir leur confrère.

 

Bangui : Les sachets en plastique, un danger pour la santé et pour l’environnement

20 janvier 2012

En cette saison sèche, la chaleur amène les gens à consommer assez d’eau. Hors à Bangui, l’eau est vendue dans des sachets qui sont jetés partout  peuvent causer des maladies et avoir un impact grave sur l’environnement (reportage RJDH).

Dans les rues de Bangui, des sachets en plastique jonchent le sol partout. Au centre-ville, au KM5, dans l’enceinte des écoles, l’on trouve des sachets en désordre. Mais ces déchets dits solides ont un impact négatif sur la santé de la population et sur l’environnement.

« Ces sachets en plastiques sont des matières bios non dégradables, ce qui fait que lors qu’ils sont mal gérés, ils détériorent le sol  et engendrent d’autres  conséquences sur l’environnement », a expliqué Christophe Ndarata Massangué, directeur des nouvelles technologies de l’information et de la communication environnementale au ministère de l’environnement et de l’écologie à Bangui.

Il a indiqué que ces déchets solides ont de lourdes conséquences sur la santé à cause du mélange des produits  qui les composent et dont on ignore la composition. Il a expliqué que ces sachets en plastiques contiennent des substances qui  nuisible à l’homme. Malgré tout,  les femmes continuent d’utiliser ces sachets en plastique pour le marché.

« Si ces déchets  sont mal gérés, nous pouvons les retrouver dans l’eau que nous buvons; cela entre aussi dans la chaîne alimentaire et peut provoquer d’énormes problèmes sanitaires. Même la fumée qui vient des déchets brûlés en désordre est également à  l’origine de beaucoup de maladies », a ajouté Christophe Ndarata Massangué. 

En saison des pluies, ces déchets solides mal gérés causent aussi des problèmes environnementaux. « Au kM5, quartier le plus populaire, les caniveaux sont bouchés par ces sachets mélangés avec d’autre ordure. Pendant la saison pluvieuse, si ces conduits d’eau ne sont pas libérés, il y aura l’inondation qui va causer des dégâts », a-t-il souligné.    

Pour le directeur des nouvelles technologies de l’information et de la communication environnementale, il faut une grande sensibilisation de proximité pour permettre à la population de comprendre l’importance d’une bonne gestion des déchets solides et changer de comportement parce que « le concept d’environnement est nouveau pour les  Centrafricain ».

 

Bangui : La malnutrition contribue à un taux élevé de mortalité en RCA

20 janvier 2012

« La malnutrition  est un problème crucial et sous-jacent qui est à l’origine de faible taux d’espérance de vie en Centrafrique », a déclaré Silla Samballe, directeur du laboratoire des sciences biologiques et agronomiques pour le développement (LASBAD), à l’université de Bangui.

C’était au cours d’un entretien avec le Réseau des journalistes pour les droits de l’homme (RJDH), visant à savoir si la sous-alimentation et la malnutrition faisaient partie des causes du taux de mortalité « au-dessus du seuil d’urgence », selon le dernier rapport de Médecin sans frontière (MSF).

Pour Professeur Silla, l’appropriation de ce logiciel va certainement aider les chercheurs de l’ICRA et ceux de l’université de Bangui à comparer leurs résultats de recherches à ceux de la région de la CEMAC et améliorer les habitudes alimentaires centrafricaines caractérisées par la sous-alimentation provoquant dans certaines régions du pays le phénomène de malnutrition.

Selon le Pr Silla, les Centrafricains ne font pas assez d’effort pour varier leur alimentation, de même ils mangent des nourritures mal traités.  Selon lui, même le manioc qui est l’aliment de base du Centrafricain mal traité,  mal entretenu et contient beaucoup de cyanures  (une substance nocive pour la santé).

A cette mauvaise habitude alimentaire s’ajoute la misère de la population. La plupart des Centrafricains ne mangent pas à leur faim.  Du coup ils sont sans aucune défense et dès qu’ils sont attaqués par une maladie quelconque, ils sont très vite affaiblis et meurent, d’où un taux de mortalité au-dessus de la moyenne évoqué par MSF, a expliqué un nutritionniste.

Pr Silla a expliqué qu’une recherche menée par l’Université de Bangui, la mortalité est plus en RCA élevée chez les personnes d’âgée entre 18 et 35 ans, et ces décès sont très liés à la l’abus d’alcool et une sexualité désordonnée avec comme conséquence les infections sexuellement transmissibles et le VIH/Sida.

Rappelons qu’une étude de MSF publiée en novembre 2011 a révélé que la RCA a un taux de mortalité supérieur « au seuil d’urgence » avec une espérance de vie de 48 ans.

 

Bangui : La réhabilitation de Bokassa exclut-elle l’indemnisation des victimes ?

19 janvier 2012

Cette année, la Journée des Martyrs commémorée le 18 janvier a changé de dénomination : « Semaine nationale de la jeunesse ».

Selon certains observateurs, c’est une manière de faire oublier les mauvais souvenirs de la sinistre date 18 janvier 1979, où des élèves et des étudiants ont été massacrés sous le régime de l’ancien empereur Jean-Bedel Bokassa.

Ce changement de dénomination  est motivé par la réhabilitation de l’ex-empereur décrété par le Président de la République François Bozizé, le 1er décembre 2010 à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de la République Centrafricaine.

Dans son article 2, le décret stipule : « cette réhabilitation de droit (…) efface les condamnations pénales, notamment les amendes et frais de justice, et fait cesser pour l’avenir toutes les incapacités qui en résultent ». Par ailleurs, « la présente réhabilitation ne préjudicie pas aux droits de l’administration et des tiers », précise l’article 3 du décret.

Si Jean-Bedel Bokassa est réhabilité, la question de l’indemnisation des parents des martyrs reste un problème de droit. Car elle a été soulevée depuis la conférence nationale de 1990.

Donnant une explication de ce texte, Maître Panda, avocat au barreau de Centrafrique, « la réhabilitation n’exclut pas l’indemnisation des parents des martyrs » et qu’il y a deux possibilités d’indemnisation qu’il appartient au gouvernement de déterminer : soit le gouvernement s’engage soit il demande à la famille de l’ex-empereur d’indemniser les parents des victimes.

Parce que la réhabilitation de Jean-Bedel Bokassa ne concerne que ses fonctions d’ancien chefs d’Etat, ce qui veut dire que sa famille et lui pourraient assumer leurs responsabilités au regard des crimes qu’il aurait commis, si d’éventuelles victimes se constituaient en partie civile pour demander des réparations.

Pour Daniel Nzéwé, ancien président de l’Association nationale des étudiants centrafricains (ANECA), « il faut penser à indemniser les parents des victimes, par respect aux martyrs, c’est une question des droits et de mémoire ».

 « Je ne suis ni pour ni contre l’indemnisation des parents des martyrs étant donné que c’est une question difficile à trancher. Il n’est pas question de les oublier. Cependant on ne peut plus continuer à pleurer nos morts, il est seulement question de s’inscrire dans une perspective d’une société dynamique », a souligné le directeur général de la jeunesse, Alfred Legrand Ngaya.

Mais l’on parle d’indemnisation des parents des martyrs, le nombre de ces derniers n’est pas connus 33 ans plus tard, a expliqué Salomon Feïganazoui, magistrat, une des victimes et rescapés des massacres de 1979.

La date du 18 janvier rappelle les évènements de 1979 où des jeunes élèves et étudiants, protestant contre l’imposition du port d’uniforme, alors que leurs parents accusaient des arriérés de salaires, ont été tués sous le régime impérial de Jean Bedel Bokassa.

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 04:08

 

 

 

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Radio Ndéké Luka Vendredi, 20 Janvier 2012 13:27

Le Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections en Centrafrique 2011 (FAREA-2011), a claqué  la porte des travaux sur la révision du code électoral de la République Centrafricaine. Ses délégués ont quitté la séance qui tenait au Palais de la Communauté Monétaire et Economique de l’Afrique Centrale (CEMAC) à Bangui. Un départ intervenu à quelques heures de la fin de la rencontre.

Tout est parti d’une mésentente entre les 40 participants portant sur des points essentiels en discussion pour enrichir le document en examen.

Maître Nicolas Tiangaye, coordonnateur du FARE-2011 dans une déclaration faite par Radio Ndeke Luka explique : « le point d’achoppement porte sur la définition de l’ossature de l’organe en charge de la conduite des élections en Centrafrique. Un préalable à l’analyse du document article par article ».

Or regrette-t-il,  « le gouvernement a proposé de confier cette responsabilité au ministère de l’Administration du Territoire. Une proposition rejetée par l’ensemble des acteurs en présence, dont les partis politiques de la majorité présidentielle. Unanimement nous avons proposé plutôt de laisser la latitude à la Commission Electorale Indépendante et Permanente de se charger de la gestion des questions électorales dans le pays au détriment du ministère souhaité par le pouvoir de Bangui ».

L’une des raisons qui pousse le FARE-2011 à quitter les travaux, souligne encore Nicolas Tiangaye,  est que « le ministre de l’Administration du Territoire, sentant le danger venir, a proposé que plusieurs projets soient soumis au gouvernement dans ce sens pour non seulement améliorer le document mais dégager un consensus. Le ministre a d’ailleurs refusé que les contestataires prennent la parole, prétextant que ces derniers sont minoritaires par rapport à la société civile sur ce sujet ».

Le FARE-2011 n’en est pas à sa première action de boycott des actions gouvernementales dans le processus électoral en Centrafrique. Au lendemain du second tour des consultations populaires de 2011, cette entité constituée essentiellement des partis politiques de l’opposition avait retiré tous ses candidats. Elle entendait ainsi protester « contre les fraudes massives ». Le FARE avait tout de même été débouté par la Cour Constitutionnelle en faveur de l’actuel président François Bozizé et ses alliés.

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 04:06

 

 

 

 

RADIO ND K LUKA

Radio Ndéké Luka Vendredi, 20 Janvier 2012 13:32

La « centrafricanisation » de la direction de Radio Ndeke Luka, projet de  la Fondation Hirondelle se concrétise ! Sylvie Panika, ancienne Rédactrice en Chef a été officiellement installée ce vendredi 20 janvier 2012,  dans ses fonctions de Directrice de cette station.

Une sobre cérémonie pleine de signification dans la vie de cette radio a couronné son installation en présence des membres de la Fondation Ndeke Luka, des collaborateurs et des confrères invités pour la circonstance.

Auparavant, la direction était assurée cumulativement par le Chef de Projet, M.  Martin Faye, de nationalité sénégalaise.

Sylvie Panika a été nommée par la Fondation Ndeke Luka en novembre 2011, après études de plusieurs dossiers de candidatures externes à ce poste stratégique pour la survie de Radio Ndeke Luka dite « radio de tous les centrafricains ».

La Secrétaire Générale de la Fondation Ndeke Luka, Mme Clémentine Fanga Napala, dans son intervention, a rappelé quelques-uns des objectifs assignés à la nouvelle direction pour l’année 2012 : « améliorer le contenu de l’antenne, accentuer le professionnalisme, achever la mise en place du réseau des correspondants et suivre hebdomadairement le travail de l’administration ».

Pour José Richard Pouambi, représentant le personnel de Radio Ndeke Luka, il s’agit d’une femme « expérimentée, encadrée il y a belle lurette par la Fondation Hirondelle et Fondation Ndeke Luka. Elle a des atouts pour conduire la destinée de cette radio ».

Sylvie Panika avait intégré Radio Ndeke Luka en l’an 2000, 2 mois après son ouverture. Elle a occupé le poste de Rédactrice en Chef pendant près de 5 ans.

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