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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 11:08

 

 

 

Olivier Gabirault au DPI

                    

Indépendamment de l’article de Monsieur Jean Pierre OMBOLO intitulé «CRISE DIPLOMATIQUE : LE PRESIDENT DE LA CEMAC EN EXIL FORCE » paru dans Centrafrique-presse du 26 mars 2012, beaucoup de personnes se posent des questions sur le refus du gouvernement centrafricain, notifié dans l’avion à l’aéroport de BANGUI à Monsieur Antoine NTSIMI, Président de la Commission de la CEMAC, empêché d’en descendre à son retour de mission au siège de l’institution. Certains se demandent si cela est une forme de déclaration de « persona non grata ».                                                                                                     

Sans entrer dans le fond du litige vraisemblablement à l’origine de cette situation que les Chefs d’Etat de la CEMAC pourraient certainement trancher, il me parait néanmoins nécessaire de rappeler les moyens qui auraient pu être utilisés (s’ils ne l’ont vraiment  pas été), pour régler sans remous diplomatiques ce qui est reproché à Monsieur NTSIMI,  à savoir « immixtion manifeste dans les affaires intérieures centrafricaines ». En effet, Monsieur Antoine TSIMI, à la fois représentant permanent du Cameroun au sein de la CEMAC et Président de la Commission de cette institution a manqué très clairement d’égards à la République Centrafricaine et à son Président dans des échanges de presse, en dépit des devoirs de réserve que doit observer un diplomate, de surcroit vis-à-vis de l’Etat du siège ainsi que de ses autorités.

                                                                                                           

Cette infraction manifeste à la loi pénale centrafricaine par une personne qui bénéficie de privilèges et immunités, de surcroit de juridiction, aurait du être traitée :                                                                         

                                                                                                                                                                        2° Soit au niveau des Chefs d’Etats membres de la CEMAC (solution politique) ;

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        3° Soit tout simplement par l’application de la convention de Vienne du 14 mars 1975, sur les relations entre les Etats et les organisations internationales.                                                             

Ces divers moyens auraient eu  l’avantage d’éviter des remous diplomatiques inutiles entre le Cameroun et la République Centrafricaine deux pays entretenant des liens séculaires de fraternité. Pour ne parler que de la convention de Vienne de 1975,                                                                                                                                         qui réglemente les rapports entre les Etats et les organisations internationales, convention à laquelle le Cameroun a adhéré le 23 mars 1984 (sans réserves) et  Monsieur Antoine NTSIMI étant accusé « d’immixtion dans les affaires intérieures centrafricaines », l’art 77 de cette convention dispose : «  En cas d’infraction grave et manifeste à la législation pénale de l’Etat hôte par une personne bénéficiant de l’immunité de juridiction, l’Etat d’envoi, à moins qu’il ne renonce à cette immunité, rappelle la personne en cause, met fin aux fonctions qu’elle exerce à la mission, à la délégation ou à la délégation d’observation, ou en assure le départ, selon le cas. L’Etat d’envoi fait de même en cas d’immixtion grave et manifeste dans les affaires intérieures de l’Etat hôte ».

                                                                                                                         

Tout d’abord il n’existe pas dans le cadre des organisations internationales (diplomatie multilatérale), de procédure de déclaration de «  persona non grata » comme dans la diplomatie classique(bilatérale). En effet, bien que les activités d’un représentant d’une mission permanente s’exercent au sein d’une organisation internationale ayant son siège sur le territoire d’un Etat donné, celui-ci n’est pas accrédité auprès de cet Etat mais envoyé auprès  de l’organisation. L’ absence de la procédure de « déclaration de persona non grata » par l’Etat du siège dune organisation internationale, dans le cas d’espèce la République Centrafricaine qui abrite la CEMAC,  est la base de l’obligation pour l’Etat d’envoi, c'est-à-dire le Cameroun,  de rappeler son représentant dans les circonstances prévues à l’alinéa 2, c'est-à-dire «  en cas d’infraction grave et manifeste à la législation pénale ou d’immixtion grave et manifeste dans les affaires intérieures de l’Etat hôte ».                                                                                                                     

En clair, du fait  que la convention de Vienne de 1975 ne permet pas à la République Centrafricaine de déclarer Monsieur Antoine NTSIMI « persona non grata », le Cameroun, Etat d’envoi de l’intéressé auprès de la CEMAC, institution située sur le territoire  centrafricain a, conformément aux termes de l’alinéa 2 de l’art 77 de cette convention, au moins deux possibilités pour s’acquitter de ses obligations, à savoir :

                                                                                                                                                                        1° Mettre fin aux fonctions de Monsieur Antoine NTSIMI ;  

                                                                         

2° Assurer son départ de l’Etat hôte, c'est-à-dire de la République centrafricaine ;                            Il convient de préciser qu’il s’agit là de la procédure normale, c'est-à-dire au cas où il n’y aurait pas de divergence d’appréciation du litige ou de qualification des faits entre les deux Etats.  En cas de divergence, des consultations sont prévues conformément aux articles 84 et 85, à l’issue desquelles, ou bien l’Etat hôte peut être convaincu que la personne en cause doit être rappelée, ou bien l’Etat hôte peut être convaincu que l’acte n’était pas de nature à exiger son rappel.

                                                                                                                                                                                                                                                                                          Au cas où il n’y aurait pas de solution au différend à la suite des consultations visées à l’art 84 dans un délai d’un mois à compter de la date où elles ont été entreprises, et  conformément à l’art 85 de la convention de Vienne de 1975, chacune des parties peut le soumettre à une commission de conciliation ou par tout autre accord bilatéral ou multilatéral en vigueur entre les parties. (Il en existe certainement entre le Cameroun et la République Centrafricaine). Bref toutes ces procédures et étapes auraient eu l’avantage de protéger les intérêts de l’Etat hôte et de l’Etat d’envoi. Elles  peuvent certes ne pas  être satisfaisantes et efficaces, du fait que l’obligation  de l’Etat d’envoi de rappeler son représentant dépend de son bon vouloir et de la qualification qu’il donne à l’infraction.

                                                                                                                                                                       Du fait de l’absence de la procédure de déclaration de « persona non grata » et pour éviter une impasse, la convention prévoit également le cas où le bien fondé d’une demande de rappel formulée par l’Etat hôte peut être contesté par l’Etat d’envoi.                                           

Dans ce cas, et seulement dans ce cas, la clause prévue au paragraphe 4 de cette même disposition s’applique. Elle stipule : «  Aucune disposition du présent article ne saurait être interprétée comme interdisant à l’Etat hôte de prendre les mesures qui sont nécessaires à sa propre protection. Dans ce cas, l’Etat hôte, sans préjudice des articles 84 et 85, consulte de manière appropriée l’Etat d’envoi en vue d’éviter que ces mesures ne portent atteinte au fonctionnement normal de la mission ».                                                                                                                                         

Bien que la nature de ces mesures ne soit pas définie, la faculté ainsi reconnue à l’Etat hôte n’est pas sans intérêt car les différentes procédures prévues par cette convention sont certes dans l’intérêt des deux Etats, s’ils les appliquent, mais dans le cas contraire, on voit mal un Etat souverain rester les bras croisés face à un cas d’atteinte grave à son honneur, à sa dignité par un diplomate ou fonctionnaire international du fait de sa protection par une immunité de juridiction.

 

Paris le 26 mars 2012

E.O.GABIRAULT

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 01:27

 

 

 

RCA carte-2

 

DEPECHE RJDH-RADIOS COMMUNAUTAIRES

Le Réseau des Journalistes pour les Droits de l'Homme en République Centrafricaine

Contact: 70 90 92 78/ 75 20 49 36 – internewsrca@gmail.com - http://reseaudesjournalistesrca.wordpress.com

 

 Bangui, 26 Mars 2012

 

Bangui : Manque de produits de première intervention à la pédiatrie

Depuis environ trois mois, le complexe pédiatrique de Bangui, l’unique centre de référence de prise en charge des enfants, traverse des moments difficiles : pas de coton, ni compresse, ni alcool pour des interventions primaires ou d’urgence.

« J’ai reçu une ordonnance médicale avec une liste de produits pharmaceutique, dont l’alcool et coton, c’est du jamais vu », a témoigné Joceline Sambogo, une femme au chevet de son enfant admis au complexe pédiatrique.

« Je n’ai jamais acheté de l’alcool et du coton à la pédiatrie, mais on me demande d’en acheter. Avec tout cela, comment je peux faire, je ne suis qu’une pauvre femme démunie ; si je dois acheter toutes ces petites choses, comment vais-je faire pour sauver la vie de mon enfant ? », a déploré une autre femme qui a requis l’anonymat, elle aussi, rencontrée dans un pavillon du complexe pédiatrique de Bangui.

Selon Fidèle Kombo-Woro, chef de service du matériel et des travaux au sein de cette structure sanitaire, le complexe pédiatrique éprouve d’énormes problèmes et ce ne sont pas seulement les petits matériels. « Mêmes les produits réactifs pour des analyses au laboratoire et autres manquent aussi».

Il a fait remarquer que cette situation est intervenue après l’instauration du principe de ‘’l’unicité des caisses de l’Etat’, selon lequel, toutes les menues recettes sont versées au trésor public. « On peut faire le versement au trésor, mais il n’est pas facile de faire retourner l’argent ici pour faire face aux dépenses courantes », a-t-il relevé.

« Pour le moment ça ne va pas, nous nous battons pour sauver la vie des enfants qui viennent » a-t-il ajouté.

 

Boali : le COGES facilite l’accès aux soins à la population

Droits aux soins médicaux idéaux, droit à l’information sanitaire et à la participation communautaire, sont les sujets d’échange entre les le comité de gestion (COGES) de l’hôpital de Boali, les autorités sanitaires et la population, a rapporté radio ICDI.

Cette série de rencontres intervient après la décision du COGES de réduire les prix de consultations et des médicaments, vendus à la pharmacie communautaire, en vue de permettre à la population démunie de bénéficier des soins.

Par exemple, les frais pour une intervention chirurgicale d’hernie qui était de 15 000 Fcfa est ramené à 5 000 Fcfa, les femmes enceintes ayant besoin de consultations prénatales payeront désormais 150 Fcfa au lieu de 500 Fcfa auparavant ; la plaquette d’amoxicilline se vend désormais à 500 Fcfa au lieu de 700 Fcfa et celle de paracétamol à 50 Fcfa au lieu de 100 Fcfa.

D’après le comité de gestion de l’hôpital, cette révision des prix est une réponse au constat de faible taux de fréquentation de l’hôpital de Boali depuis un certain temps. Interrogée sur les raisons de ce désintérêt pour l’hôpital, la population a évoqué le « le mauvais comportement des du personnel soignant, la cherté des médicaments et l’extrême pauvreté.

Pour le Dr Eloi Nicaise Mboufoungou, médecin chef du centre de santé de Boali, la campagne qui passe de quartier en quartier a pour but de rassurer la population de la réforme engagée au sein de l’hôpital.

« Nous sommes en train d’essayer de faire un rapprochement avec la population pour lui montrer la nécessité d’une prise en charge sanitaire avec un accent sur les soins de santé primaire», a confié Dr Eloi Nicaise Mboufoungou.

 

Boali : Les épouses de pécheurs victimes de violence perpétuelle

Une dizaine de plaintes liées aux sévices corporelles, au divorce ou au cas d’abandon de foyer, déposées par les épouses de pêcheurs, sont enregistrées chaque semaine au service des affaires sociales de Boali, a annoncé le responsable dudit service, Judexe Téngaya, à radio ICDI.

Ces cas sont le plus souvent enregistrés chez les épouses des pêcheurs qui subissent au quotidien des violences de tous genres. « Au lieu d’utiliser l’argent qu’ils gagnent à travers la pêche pour entretenir leur foyer, les hommes préfèrent s’enivrer et reviennent violenter leur femme pour des raisons banales», a relevé Judexe Téngaya.

« Il est difficile de parler du respect des droits de la femme et du code de la famille à Boali. Les femmes de la ville en général et les épouses des pêcheurs en particulier vivent des cas de violence physique et morale de la part de leur mari », a fait remarquer à radio ICDI le chef de service des affaires sociales.

En dépit des multiples campagnes de sensibilisation des ONG nationales et internationales sur le respect des droits de la femme, celles-ci restent victimes de toutes les formes de violence dans certaines régions du pays.

 

Berberati : le personnel de la Mairie en grève de 3 jours

Les portes de la Mairie de Berberati ont été barricadées ce lundi matin par le personnel qui entre en grève d’une durée de trois jours, a rapporté radio Zoukpana.

La présidente de la délégation spéciale de la ville la Berberati et ses plus proches collaborateurs n’ont pas eu accès aux locaux de la Mairie ce lundi. Le personnel qui avait lancé un préavis de grève les jours précédents, pour demander le versement de 15 mois de retard de salaire sur 32 dus, a finalement arrêté le travail, jugeant les dernières négociations avec les autorités infructueuses.

« Je ne parlerai pas de grève, c’est juste une partie du personnel mécontente des réformes engagées à la Mairie qui a manifesté ; et nous trouvons cette manifestation illégale », a fait remarquer le 1er vice-président de la délégation spéciale de la ville Berberati, Albert Eustache Nakombo, joint par téléphone par le RJDH ce matin.

D’après lui, avec le préavis de grève déposé la semaine passée, la municipalité avait promis de donner satisfaction au personnel le mardi 27 mars. « Nous sommes surpris de cette attitude parce que nos collègues du Trésor sont à pied d’oeuvre pour voir ce qu’il faut faire pour satisfaire le personnel », a-t-il indiqué.

A la question de savoir si la Mairie devait effectivement 32 mois au personnel, Albert Eustache Nakombo a relevé qu’il ne s’agit pas de 32 mois. « Lorsque que nous avons pris nos fonctions il y ‘a deux ans, nous avions hérité de 23 mois de retard de salaire. Cela m’étonnerais qu’il y ait 32 mois d’arriéré de salaire », a-t-il dit, sans toutefois préciser le nombre de mois que la Mairie doit au personnel.

D’après radio Zoukpana, la masse salariale mensuelle de la Mairie de Berberati varierait entre 2,5 et 3 millions Fcfa. Les recettes sont basées sur les contributions des sociétés de téléphonie mobile (4 ), les sociétés minières et celles que exploitent les forêts.

 

Bangui : Le chômage technique est autorisé par la loi (Inspection de travail)

D’après l’inspecteur régional du travail, Jean-de-Dieu Yongondounga, une entreprise peut mettre en chômage technique une partie de son personnel, en cas de difficultés financières.

Dans un entretien visant à donner des éclaircissements juridiques sur la situation d’une partie des chauffeurs et des hôtesses de la Société nationale de transport urbain (SONATU) qui devrait être mise en chômage technique dans les prochains jours, Jean-de-Dieu Yongondounga a souligné qu’une entreprise publique ou privée a cette possibilité.

« Le comité de redressement d’une société peut valablement mettre en chômage technique un employé », a-t-il précisé, citant les dispositions de l’article 136 du Code du travail centrafricain et la durée est de 3 mois renouvelable une seule fois, si la situation ne s’améliore pas.

Jean-de-Dieu Yongondounga a souligné que les causes d’une mise en chômage technique sont souvent des difficultés économiques et financières, des ruptures de stocks, des pannes qui causent une baisse substantielle des activités au sein de l’entreprise (comme dans le cas de la SONATU). Toutefois, l’employeur doit solliciter une autorisation auprès de l’inspection de travail avant d’appliquer cette mesure.

Par ailleurs, « lorsque l’entreprise n’a pas reçu l’accord de l’inspection, la direction peut annuler la mise en chômage du personnel de l’entreprise », a-t-il relevé.

Il faut rappeler que dans un entretien avec le RJDH samedi dernier, le Directeur général de gendarmerie, le Colonel Pierre-Chrysostome Sambia, en charge de la coordination des activités de la SONATU avait annoncé que d’ici le 1er avril, quelques chauffeurs et hôtesses seraient mis en chômage technique, à cause de la crise que traverse la Société, en attendant la mise en place d’une nouvelle administration de la SONATU.

 

Bangui : l’ONG Triangle rejette l’idée de problème d’eau potable à Sam-Ouandjia

Le chef de mission de l’ONG Triangle, Jérôme Socie, a rejeté samedi dans une lettre au RJDH, l’information selon laquelle il y’ aurait des problèmes d’eau à Sam-Ouandja, comme publiée dans la dépêche jeudi 22 mars 2012.

D’après Triangle, seulement « deux puits et un forage dysfonctionnent sur ses 18 réalisations » et non le contraire comme annoncé dans la dépêche du 22 mars, qui rapportait les propos du Maire de Sam-Ouandjia.

Recontacté cet après-midi par le RJDH, le Maire de Sam-Ouandjia, Boniface Adjo, a réitéré que seulement 2 forages, notamment celui du quartier Zaïre et celui de l’école centre mixte fonctionnent.

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Centrafrique-Presse.com - dans Dépêches
27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 01:08

 

 

 

 

 

Franck-Saragba.JPG

 

 

 

« …Nous saurons méditer vos leçons ! « dixit Abdou Diouf, ancien président du Sénégal.

Ils ont voulu le faire et ils l’ont fait d’une manière claire et sans ambages. Bravo Macky Sall ! Bravo au M23 ! Bravo pour le Sénégal ! Bravo pour l’Afrique !

Ils, ce sont bien entendu les treize candidats membres du Mouvement des forces vives du 23 juin (M23) qui ont su avec humilité et audace enterré leurs haches de guerre pour ne retenir que l’essentiel, à savoir le départ du président Abdoulaye WADE. L’homme par lequel la seconde alternance générationnelle de l’histoire du pays n’a pas failli avoir lieu. Les veines et présomptueuses tentatives de ce nonagénaire gâteux pour réformer la constitution afin de rester au pouvoir, mieux encore pour le céder par la suite à son rejeton de fils ont fini par mobiliser toute l’opposition contre lui. Les Sénégalais lui ont répondu de la manière la plus intelligente qui soit c'est-à-dire par les urnes qu’ils n’étaient pas des nigauds et autres simplets d’esprit mais qu’ils étaient éduqués et doués de raison. Sitôt, ce sont près de 70% des suffrages qui se sont exprimés pour Macky Sall contre environ 30% pour  le président sortant.

Malgré le coup de téléphone du perdant pour féliciter le vainqueur, Abdoulaye Wade restera à jamais pour les sénégalais, les africains et le monde entier celui qui a voulu forcer le destin en essayant de faire un coup d’état constitutionnel. C’est un message fort que les sénégalais ont envoyé à travers le résultat de ces élections à tous les apprentis prestidigitateurs qui s’amusent dorénavant à retoucher à la constitution de leur pays respectif.

C’est aussi et également un véritable camouflet pour le fondateur du Sopi « le changement en wolof ». Celui-ci sort finalement d’une manière éhontée par la petite porte au bout d’une quarantaine d’années de vie politique. La thèse de la participation à cette élection défendue par les candidats  Niasse, Tanor, Idy et Macky ont prévalue en fin de compte à celle du boycott prônée par les neufs autres membres du M23.

Désormais à côté du Botswana, du Ghana, de l’Afrique du sud, on peut parler de l’école sénégalaise en matière de démocratie et d’alternance politique. Seul, le Mali jusque là exemplaire a été hélas rattrapé récemment par le démon des coups d’état.

Un cas d’école à méditer par toute l’opposition démocratique centrafricaine.

Les faits sont têtus et l’actualité toute brûlante avec l’élection de Macky Sall au Sénégal nous en donne une fois de plus la preuve indiscutable. Ensemble nous sommes forts et séparément nous sommes faibles. Les dictateurs ne sont forts que parce que nous sommes divisés. Une vérité que nos leaders politiques n’ont pas encore intégrée dans leurs stratégies. Nous l’avions dit de toutes nos forces avant et pendant le dialogue politique inclusif de 2008. Nous avions poussé et encourager nos différents leaders à ne parler que d’une seule et même voie afin de faire reculer le régime. Malheureusement chaque leader de l’opposition démocratique même les candidats les plus insignifiants en termes de notoriété croyaient  que leur heure était arrivée. Ils ont préféré phagocyter le processus pouvant apporter un changement réel dans notre pays. Ces leaders ont négocié nuitamment à la grande surprise du régime pourtant en mauvaise posture soit un poste de premier ministre soit un maroquin. Nous l’avions réitéré en vain par la suite à la veille de la dernière élection présidentielle. Ils  sont allés malgré tout  en ordre dispersé pour finalement échouer gaillardement. Ensuite, ils ont  revendiqué le tout dans une sorte de Front pour l’Annulation des Elections assez discutable qui pourrait avoir un sens au lendemain des élections mais qui n’a plus sa raison d’être aujourd’hui en rapport au double langage véhiculé. A qui la faute ?

Désormais avec ce qui vient de se passer au Sénégal, l’opposition démocratique centrafricaine  peut-elle encore dire qu’elle ne savait pas qu’il fallait faire front commun pour combattre le régime kleptocratique de Bangui afin de sauver le Centrafrique du chaos ?

 

Franck SARAGBA

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 00:09

 

 

 

 

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D’après des sources diplomatiques centrafricaines, le chef de l'Etat centrafricain a joint son homologue camerounais après l’expulsion violente, de Bangui, du Camerounais Antoine Ntsimi, président de la commission économique de l’Afrique centrale (Cémac).Le président centrafricain, l’ex-chef de guerre, François Bozizé, a eu le courage de ses actes. Après avoir ordonné personnellement le refoulement du président de la commission de la Cémac dès son arrivée dans la capitale centrafricaine le 21 mars 2012 par de hauts gradés de l’armée, est entré aussitôt en contact avec Yaoundé (d’après des responsables des services de la communication de la présidence de la République centrafricaine ayant requis l’anonymat) pour « expliquer au président de la République camerounaise, son cher ainé Paul Biya, les raisons de cette attitude inélégante, voire anti-diplomatique ». D’après nos sources, le président centrafricain qui aurait eu de vive voix, au téléphone, son homologue camerounais, aurait expliqué cette attitude par « l’arrogance impétueuse » du président de la Commission qui commençait à remettre son autorité en question. Le président centrafricain aurait également, d’après les mêmes sources, fait savoir qu’en dehors des raisons purement personnelles, il lui a été donné de remarquer de concert avec deux autres chefs d’Etat de la sous-région que les dossiers piétinent depuis plus de quatre mois que son mandat est échu. Et que le patron exécutif de la Cémac est plus porté sur les commodités que lui confèrent sa fonction que sur les «vrais dossiers de la Cemac».

Pour le moment, aucune source diplomatique camerounaise n’a confirmé ni infirmé l’information. Mais les sources centrafricaines autorisées indiquent que Paul Biya qui a condamné cet acte de barbarie a indiqué à son homologue qu’il emploierait des voies de recours que prévoient les statuts de la Cemac, en donnant à cet évènement, une tonalité multilatérale avant d’en faire éventuellement une affaire bilatérale. C'est-à-dire par exemple, procéder au rappel du chargé d’affaire de l’ambassade du Cameroun à Bangui ou encore à la convocation de l’ambassadeur de Centrafrique à Yaoundé. Ceci a pris corps avec la saisine du président en exercice de la Cemac, le Congolais Denis Sassou N’Guesso et un communiqué du gouvernement camerounais dénonçant l’expulsion d’Antoine Ntsimi, signé du ministre des Relations extérieures Pierre Moukoko Mbonjo, jeudi dernier, 22 mars 2012.

Condescendance

Sous cape, les autorités centrafricaines se plaignent de l’extrême insolence d’Antoine Ntsimi qui se faisait passer « pour le président des présidents de la Cémac ». La presse locale rapporte que plusieurs fois en public, Antoine Tsimi a posé des actes de zèle vis-à-vis du chef d’Etat centrafricain. Même la presse dite officielle, plus encline à la réserve s’est montrée quelques fois outrée par la « condescendance d’Antoine Tsimi » qui, malgré plusieurs demandes de François Bozizé, n’a jamais voulu notamment convoqué les conférences des ministres de la Cémac, préparatoires à la désignation d’un nouveau président de la commission de cette institution sous-régionale. Dans tous les cas, face au cas Ntsimi qui était devenu une question d’orgueil national dans les cercles de pouvoir, le président Bozizé a choisi, d’opposer la violence au silence de Yaoundé. Quitte à violer les accords de Fort-Lamy (Ndjamena) qui créaient l’Union douanière des Etats de l’Afrique centrale (Udeac), ancêtre de la Cémac. Ces accords stipulent notamment que Bangui héberge le siège de l’organisation sous-régionale et que le poste de son patron exécutif revienne au Cameroun qui y désigne un ressortissant de son choix.

N’empêche ! Très remonté contre Ntsimi, François Bozizé menait déjà une campagne depuis plusieurs mois pour obtenir son limogeage. « La Cémac fait du surplace depuis deux ans, a jugé Bozizé le 15 février sur la chaîne Voxafrica. Nous accusons le président de la Commission de ne pas respecter les textes, de faire traîner les choses. » Et d'enfoncer le clou : « Il faut qu'un sommet des chefs d'État ait lieu pour prendre enfin de grandes décisions. La Cemac doit fonctionner comme les autres institutions sous-régionales d'Afrique. On tourne en rond. Je dois le dénoncer ». De fait, depuis les deux sommets de 2010, en janvier à Bangui et en juin à Brazzaville, les dirigeants des six pays de la Cemac ne se sont plus réunis, laissant en panne plusieurs grands chantiers : le rapprochement des Bourses de Libreville et de Douala, le passeport biométrique, le lancement de la compagnie sous-régionale Air Cemac.

Encore fallait-il qu'un consensus se dessine au plus haut niveau - le Camerounais Paul Biya s'opposait alors en toute logique au départ de Ntsimi - et qu'un sommet se tienne enfin... Car, initialement prévu en janvier 2012, il a été repoussé à mars, Coupe d'Afrique des nations de janvier février au Gabon et en Guinée équatoriale l’empêchait. Puis, il a été à nouveau remis, à fin avril prochain. Mais en raison du départ du président camerounais vers la Suisse, il a été ajourné, d’après nos sources. Paul Biya et son compatriote Antoine Ntsimi seraient à l’origine de ce nouveau report.

Rodrigue N. TONGUE

Focal. Au coeur de l’incident diplomatique

Antoine Ntsimi se rendait à Bangui mercredi 21 mars 2012 à bord d’un vol commercial d’Ethiopian Airlines assurant la ligne Douala-Bangui-Addis-Abeba. Ce, après un séjour de quelques jours au Cameroun.

Il ne foulera pas le sol centrafricain. A fortiori, il sera contraint de continuer son voyage jusqu’à Addis-Abeba. Et pour cause, la descente du vol lui a été interdite d’abord par le commissaire de l'aéroport international Bangui-Mpoko puis par de hauts gradés de l’armée centrafricaine qui, d’après quelques passagers, l’ont littéralement brutalisé en le tenant brutalement par le collet [cravater, comme trivialement décrit, ndlr] et l’enjoignant « de ne jamais revenir à Bangui sauf ordre contraire ».

La scène odieuse se déroulait en présence du Premier ministre centrafricain et d’autres officiels de ce pays présents dans le même avion. Il y a trois mois déjà, cette guéguerre a été transportée sur le terrain médiatique. C’est un article de presse taxé d’injurieux à l’égard du président centrafricain, publié sur le site Afrik.com qui aurait mis le feu aux poudres et suscitait de vives réactions au sein de la classe politique et sociale centrafricaine, poussant à la rédaction de plusieurs déclarations d’officiels centrafricains et même des sorties médiatiques de Bozizé himself.

Jusqu’à ce qu’après une visite dite de courtoisie à son homologue tchadien, Idriss Déby Itno, François Bozizé a décidé de placer Antoine Ntsimi persona non grata en territoire centrafricain où se trouve le siège de la Commission de la Cémac. Déjà, dimanche 19 mars 2012, le chef de l’Etat gabonais, Ali Ben Bongo, invité sur Rfi, a rappelé la nécessité que dorénavant les institutions de la Cémac (la commission, la banque centrale, le parlement etc.) soient gérées en rotation entre les Etats membres. Il dénonçait également l’attitude du Camerounais Antoine Ntsimi.

Dans le camp camerounais, on a saisi le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso ; est qualité, président en exercice de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), en vue de servir de médiateur de cet incident consécutif au refoulement par la République centrafricaine du président de la Commission de cette institution, Antoine Ntsimi. Dans un bref communiqué lu sur les ondes de la radio publique camerounaise (Crtv), le 22 mars le ministre des Relations extérieures (Minrext) et publié dans Cameroon-tribune le lendemain, Pierre Moukoko Mbonjo, indique que M. Sassou a été prié de «régler cet incident diplomatique».

© Source : Le Messager

 

 

 

 

ANTOINE NTSIMI: Chicago Boy fait jaser à Bangui

 

 

 

YAOUNDE - 26 MARS 2012

 


© BORIS BERTOLT | Mutations

 

 

 

La gestion de la commission de la Cemac par ce technocrate suscite la polémique.

 

 

Depuis le lancement de la Cemac le 16 mars 1997 à Ndjamena, jamais un haut fonctionnaire ne s'était fait refouler par un Etat membre. Pourtant c'est ce qui est arrivé à Antoine Ntsimi, président de la commission de la Communauté des Etats de l'Afrique centrale (Cemac), mercredi dernier à l'aéroport de Bangui-Mpoko, où il lui a été interdit de fouler le sol centrafricain, sur instruction de son président, François Bozizé.

 

Dans l'interview accordée à Vox Africa le 15 février, le général d'armées devenu président souligne : «La Cemac fait du surplace depuis deux ans. Nous accusons le président de la Commission de ne pas respecter les textes, de faire traîner les choses.» Et d'enfoncer le clou : «Il faut qu’un sommet des chefs d'État ait lieu pour prendre enfin de grandes décisions. La Certiac doit fonctionner comme les autres institutions sous-régionales d'Afrique. On tourne en rond. Je dois le dénoncer». A Antoine Ntsimi de répondre à Jeune Afrique «Je ne commente pas les propos de chefs d'Etat».

 

Au-delà du fonctionnement de la Cemac, Bozizé reproche également à Antoine Ntsimi son «arrogance et ses airs de chef d'Etats». Ainsi, il se déplace essentiellement à Bangui en cortège dans de grosses voitures. Selon des sources crédibles, le président de la Commission de la Cemac aurait la fâcheuse habitude de ne pas honorer les invitations de François Bozizé, de refuser de porter les messages de ce dernier à son homologue camerounais, Paul Biya et de se faire servir du "M. le Président" à hue et à dia, infligeant des complexes aux autorités centrafricaines. Ses affaires juteuses sous le couvert de la Cemac irriteraient aussi le président Bozizé.

Un diplomate camerounais confie qu'en juin 2010, au sommet de la Cemac à Brazzaville, une scène se produit entre Paul Biya et Antoine Ntsimi. «Lorsqu'il s'avance pour saluer le président de la République, Paul Biya lui tend la main et lance en souriant: Comment vous allez monsieur le septième chef d'Etat de la Cemac ?», à Antoine Ntsimi de répondre en béti et à voix basse: «A massa ba dug wa, ba dug wa» (chef on te ment, on te ment).

Antoine Ntsimi, affectueusement appelé «Chicago boy», qui selon nos sources passait peu de temps à Bangui dans le cadre de ses fonctions, est l’ainé d'une famille de dix enfants, d'une mère enseignante et d'un père fonctionnaire. Il est né le 31 Mars 1955. Il fait ses études secondaires au petit séminaire Saint Paul de Mbalmayo où il obtient le Bepc (Brevet d'études du premier cycle), au moyen séminaire Sainte Thérèse de Mvolyé et au Collège Vogt où il obtient le Baccalauréat C. Une bourse d'étude Usaid lui permet de poursuivre ses études supérieures aux Etats Unis. Ses camarades du collège Vogt disent de lui qu'il est «un homme vantard et brutal».

 

De 1990 à 1995, Antoine Ntsimi occupe les fonctions gouvernementales de vice-ministre et de ministre des Finances du Cameroun. Ce ministère lui octroie un portefeuille qui englobe à cette époque l'économie, le budget, le commerce et la planification. C'est à cette période qu'il fera bitumer la route de son village Nkomdamba, dans la Lékié. C'est sous son magistère au Minfi que la pratique des 30% va prospérer et que le Cameroun avalera la pilule de la dévaluation du Fcfa en 1994.

 

C'est depuis le 14 mai 2007 qu'Antoine Ntsimi est élu à la tête de la commission de la Cemac. Des élections doivent avoir lieu en mai prochain. N'en déplaise à Bozizé, il est déjà candidat à sa propre succession. Sur son site, il se présente comme «technocrate exemplaire» qui «a de grandes ambitions pour l'économie africaine et l'émergence de l'Afrique Centrale». Cependant, il aura en face de lui deux anciens premiers ministres centrafricains : Élie Doté (65 ans) et, surtout, Enoch Dérant-Lakoué (67 ans), l'actuel président du Parti Social Démocrate (Psd). Issu comme François Bozizé de la région de Bossangoa, on le dit proche de Denis Sassou Nguesso, le chef de l'État congolais, qui assure actuellement la présidence de la Cemac, et à qui Paul Biya s'en est remis pour gérer l'incident de Bangui.

 

 

   

Cameroun: Ce pays qu'on ne respecte plus !

YAOUNDE - 26 MARS 2012


© XAVIER MESSÈ | Mutations

Ainsi donc, Antoine Ntsimi, ressortissant camerounais, exerçant les fonctions de président de la Commission de la Cemac, installé à Bangui en République Centrafricaine, pays qui héberge le siège sous-régional de cette organisation, a été interdit de descendre de l'avion qui le ramenait à son lieu de service. En d'autres termes, ce haut fonctionnaire qui gérait dans le cadre de l'intégration sous-régionale, six Etats dont le Cameroun, a été chassé de son pays d'accueil comme un vulgaire voyou.

Les autorités de Bangui ne se sont pas encombrées des usages diplomatiques pour prier Antoine Ntsimi de ne plus se rendre à Bangui au terme de son séjour au Cameroun. Elles lui ont brutalement signifié de son siège dans l'avion, qu'il était indésirable et qu'il ne lui restait plus qu'à rentrer dans son pays. Cette expulsion inhabituelle fera date dans l'histoire universelle de la diplomatie.

Depuis que cette affaire a été rendue publique, elle est débattue dans beaucoup de cercles politiques et diplomatiques. Le weekend dernier, elle a été au menu de tous les débats sur les chaines des radios et des télévisions. Elle a passionné les différents observateurs, certains condamnant énergiquement le président centrafricain François Bozizé qui a ordonné personnellement l'expulsion du diplomate camerounais ; d'autres observateurs «comprennent» l'action du président centrafricain, en justifiant sa colère par des attitudes qu'ils qualifient «d'extravagantes, d'insubordination» de la part de l'ancien ministre camerounais des finances.

Quelle que soit la position qu'on adopte dans cette humiliante affaire, on doit prendre en compte un certain nombre de faits qui sont indiscutables. Le premier de ces faits est que, avant Antoine Ntsimi, d'autres Camerounais avaient dirigé la défunte Udéac sans encombre, cet ancêtre de la Cemac; ce sont encore des Camerounais qui dirigent la Commission de l'actuelle Cemac, le dernier avant Ntsimi ayant été Jean Nkueté dont la discrétion, l'humilité et l'efficacité sont des caractéristiques qu'on salue à Bangui, même après le départ de ce dernier. Dans l'entourage de François Bozizé, on évoque toujours avec un zeste de nostalgie, le départ de Jean Nkueté dont les méthodes de travail et de coexistence avec les autorités locales, sont aux antipodes de celles d'Antoine Ntsimi.

Le deuxième fait marquant est le peu d'intérêt que les autorités camerounaises actuelles font des regroupements régionaux et continentaux. Ces mêmes autorités ne donnent pas du tout le sentiment d'accorder une quelconque attention à leurs ressortissants, même quand ceux-ci assument des fonctions importantes hors du triangle national. De nombreux honnêtes Camerounais sont régulièrement humiliés et spoliés à l'étranger, sans que le gouvernement de Yaoundé ne lève le petit doit. Résultat, les Camerounais ne sont ni protégés par leur gouvernement, ni respectés à l'étranger.

Qu'elle est lointaine, cette époque où notre compatriote, Nzo Ekangaki, alors secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine en 1978, une fois empêtré dans un scandale dit de la Lonhro, toute l'Afrique se sentit trahie par un de ses fils qui avait pourtant la mission de gérer les intérêts politiques et économiques du continent. La diplomatie camerounaise de l'époque s'était mise en mouvement avec panache. Nzo Ekangki fut écarté des affaires, mais cette diplomatie réussit à replacer aussitôt sans transition, William Aurélien Etéki Mboumoua à la tête de l'Oua, sans la moindre secousse. Peut-on imaginer un pareil scénario aujourd'hui ?

Très proche de nous, à Ndjamena en décembre 2000, alors qu'ils prennent part à un sommet, les dirigeants de la Cemac, les chefs d'Etat, décident de la création d'une bourse des valeurs pour la sous-région. Paul Biya était absent à cette concertation. Son premier ministre de l'époque, Peter Mafany Musonge qui le représentait, fut éconduit du huis clos des chefs d'Etat qui lui rappelèrent sèchement qu'il n'est que «représentant, et non chef...» Pour digérer cette gifle, dans la précipitation, le 18 décembre de la même année, soit seulement trois jours après le sommet de NDjamena, Yaoundé annonça à grand renfort de publicité, l'ouverture de «sa» «Bourse des valeurs mobilières (BCVM) dédiée aux transactions sur les valeurs mobilières privées et les titres publics» à Douala.

L'affaire de la Lonhro avec Nzo Ekangaki et la manière dont elle fut résolue avec l'arrivée d'Etéki Mboumoua à la tête de l'Oua, signifie que le Cameroun était un pays respecté avec une diplomatie existante. L'affaire d'Antoine Ntsimi et celle de la Bourse des valeurs de la Cemac établie à Libreville au détriment de Douala, signifient que le Cameroun n'est plus respecté, et en passant, que son président n'est pas craint.

En définitive, lorsqu'un pays est respecté, ses dirigeants et ses citoyens le sont également. Le cas contraire, ses ressortissants subissent le traitement infligé à Antoine Ntsimi à Bangui, car tout le monde est conscient qu'en face, il n'y aura pas du répondant.

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 23:46

 

 

 

 

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                   Vianney  ATIM KOKONDJI

 

PARCOURS DE L’IMPETRANT

 

Avril 2012: Docteur en Mécanique aux Arts et Métiers ParisTech (ENSAM)

Aout 2008: Ingénieur en Thermique-Energétique à Polytech’Nantes

Aout 2008: Master 2 en Sciences Mécaniques Appliquées à l’Université de Nantes

Aout 2004: DUT en Génie Thermique et Energie à l’IUT de Pau et des Pays de l’Adour

Aout 2001: Baccalauréat série C à LAENS (Lycée d’Application de l’Ecole Normale Supérieure)

A PROPOS DU DOCTORAT

Le sujet de thèse de doctorat s’intitule “Stockage thermique innovant pour la réduction des émissions et de la consommation lors du démarrage à froid de moteur à combustion interne”. Il s’agit d’une thèse CIFRE (Convention Industrielle de Formation par la Recherche) réalisée chez la constructeur automobile Renault sur la période de février 2009 à janvier 2012 avec un accompagnement académique du laboratoire DynFluid (Dynamique des Fluides) des Arts et Métiers ParisTech.

La soutenance a eu lieu avec succès aux Arts et Métiers ParisTech le 22 mars 2012 à 15h00.

 

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Le sujet de la thèse est complètement d’actualité en ce sens qu’il existe désormais au sein de la communauté scientifique un consensus assez large quant à l’incidence des activités humaines sur l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère cause des bouleversements climatiques observés ces dernières années. Des études ont montré que le secteur des transports au niveau mondial représente le deuxième secteur émetteur de CO2, principal gaz à effet de serre. Une analyse plus fine montre que le transport routier représente l’essentiel du CO2 du secteur des transports (85% en France). L’optimisme n’est vraiment pas de mise en ce qui concerne l’inflexion de cette tendance. Et ce pour plusieurs raisons. Citons l’augmentation continue du parc automobile mondial quelque peu freinée dans les pays développés mais tirée par une demande forte des pays émergents. Par ailleurs, le type d’usage des véhicules en occident est à majorité urbain sur de courte distance. Le moteur thermique fonctionne dans des conditions non optimisées : la consommation et les missions de polluants sont plus importantes.

Dans ce contexte a émergé une prise de conscience au niveau international traduite entre autres par le protocole de Kyoto. S’agissant du secteur des transports, les constructeurs automobiles sont associés à la démarche de manière plus ou moins contraignante. Ces derniers ont consentis des efforts réels en Recherche et Développement de technologies de réduction de la consommation et des émissions dans une approche de gestion thermique globale dite « Thermomanagement ». Le stockage thermique, sujet de la thèse, s’inscrit pleinement dans cette démarche et constitue une solution technique à la problématique posée par le démarrage à froid caractérisé par une surconsommation et des émissions supérieures à la situation de moteur chaud.

Les travaux de thèse ont porté sur le développement d’un procédé de valorisation de l’énergie thermique continue dans le liquide de refroidissement, l’idée étant d’utiliser une source de chaleur « gratuite » pour accélérer la montée en température du moteur de sorte à atteindre plus rapidement les conditions optimales de fonctionnement correspondant au minima de consommation et des émissions polluantes.

La mise en œuvre du procédé de stockage thermique innovant a nécessité tout un travail en amont de proposition architecturale, de conception et de dimensionnement du dispositif avec la prise en compte des contraintes spécifiques à l’environnement automobile. Des essais utilisant différentes techniques expérimentales ont permis de caractériser les stratégies de réalisation du procédé avec l’objectif de converger vers les stratégies les plus pertinentes.

Des verrous scientifiques et techniques ont fait l’objet d’étude approfondie de sorte à apporter des éléments de réponses aux interrogations liées à la problématique. En la matière, une des ruptures induites par le procédé étudié se situe au niveau de la présence d’un écoulement diphasique dans le moteur, notamment au démarrage. Les considérations de tenue mécanique et de fiabilité de la motorisation supposent de réaliser un dégazage rapide du circuit de refroidissement. La modélisation de l’écoulement diphasique présent en sortie moteur a débouché sur la conception et la validation d’une solution technique adaptée.

Les périmètres métiers concernés par le sujet de thèse sont la conception de système thermique, la thermique de moteur à combustion interne, la modélisation des écoulements diphasiques ainsi que la problématique de séparation de phase gaz-liquide.  Les travaux ont donné lieu à des communications et à trois propositions de brevet d’invention.

Aussi, je vous invite à visiter le site de l’association CERD « Centrafrique Energies Renouvelables et Développement » www.ongcerd.com. Nous avons besoin de votre aide pour mener à bien un certain nombre de projets. Nous travaillons cette année sur la réalisation d’un centre pilote multifonctionnel de production d’électricité à partir de biogaz issu des déchets de l’agriculture et de l’élevage. Le centre servira de site de formation avant le déploiement de la technologie dans l’arrière pays centrafricain dans le cadre de développement d’activité économique. Nous avons besoin de 30000 euros pour la phase « construction ». Si vous êtes 30000 à donner 1 euro, non seulement vous ferrez des heureux mais surtout vous donnerez la chance à nos compatriotes de Centrafrique d’essayer de s’en sortir par eux-mêmes et c’est finalement cela le plus important. D’avance, merci.

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 23:33

 

 

 

 Djanayang Godfroy

 

C’est un philosophe français du 17e siècle René Descartes qui a dit que «  le bon sens est la chose la mieux partagée au monde ». Aujourd’hui, il me semble que cette citation n’est plus pertinente. C’est la folie qui est désormais la chose la mieux vendue à travers l’armada médiatique de la planète pour le triomphe des causes irrationnelles.

Si non qui peut mesurer la dose de bon sens dans l’idée qu’il faut faire la guerre, susciter et soutenir des rébellions pour imposer la démocratie. Tuer le peuple pour qu’advienne le pouvoir du peuple ou le pouvoir du peuple par les armes, cela n’a pas de sens. Celui qui a acquis son pouvoir par les biceps a-t-il des comptes à rendre à un peuple. Surtout quand celui-ci, oblige le conquérant, d’appels à la révolution, à recourir aux armes.

Le peuple lui-même sait qu’il ne peut rien attendre de celui qui s’est passé de lui. Voilà où le bât blesse, quant on les entend parler de démocratie la Kalachnikov au point. Pourquoi ne pas carrément assumer sans complexe le choix de faire une croisade contre la démocratie et les libertés dans les pays africains. Ce ne sera pas nouveau. C’est la guerre des intérêts bassement matériels et déshumanisants qui a présidé le commerce triangulaire et la colonisation. C’est vil et nauséeux de dénier aux africains un minimum de sens critique, au point de leur faire croire que celui qui s’impose par les armes est plus démocrate que celui qui est venu au pouvoir suite à un soulèvement populaire.

On pouvait espérer que l’arrêt de la guerre froide conduise à un nouvel ordre mondial, mettant fin aux conflits armés entre nations. Or les guerres dans lesquelles sont engagés nos pays n’ont pas cessé au cours des dernières décennies, elles ont seulement changé de justification : leur but déclaré est de sauver des vies, de combattre la barbarie, d’imposer le respect des droits humains cependant leur seul but est de détruire davantage la république, le peuple du continent de l’Afrique subsaharienne n’est pas son premier coup d’Etat il existe toute une panoplie de la liste  qui caractérise malheureusement l’identité de la politique africaine sans aucune doute des  jurisprudences constantes sont établies sur les cas suivants : Joseph KABILA, Idriss DEBY, EL BECHIR, Denis SASSOU, François BOZIZE ,KAGAME pour ne citer que ceux là en guise  d’exemple qui sont les véritables «  fructus » du coup de force.

 Il apparait clairement que c’est  plus de vingt ans aujourd’hui  que le Mali qui est un pays Africain situé en Afrique de l’ouest  a pu acquérir la culture de la démocratie permettant désormais au peuple d’être le libre arbitre du fonctionnement des institutions régaliennes. Certainement si les règles de la démocratie empêchent dans ce siècle contemporain les criminels de la république de prendre le pouvoir par la violence des armes, sans doute que les ennemis de la nation ne peuvent recourir aux armes pour mettre terme  à la volonté souveraine du peuple.

 Le mouvement de la junte auteur du coup d’Etat de jeudi 22 mars 2012 au Mali réclame d’avoir reproché au régime du président sortant AMADOU TOUMANI TOURE d’être un régime véritablement incompétent dans la lutte contre le mouvement Touareg et la montée en puissant des groupes islamistes au niveau de la région et de la sous région. Après avoir expertisé de façon profonde des tels motifs permettant de mettre à genou le peuple Malien à la veille de la fin du mandat constitutionnel du président TOUMANI TOURE, mon expertise révèle que  les raisons de ce coup de force n’est pas fondée juridiquement. Car de manière générale  la question de menace contre l’intégrité territoriale n’est pas seulement propre à un régime, il est aussi du devoir des citoyen, et des différents mouvements légaux d’aider et de participer de façon plus directe quant il s’agit de menace terroriste ou des mouvements rebelles qui sont d’origines étrangères et s’inscrivent dans la logique de la déstabilisation des valeurs républicaines. Par voie de conséquence la junte pouvait venir en aide au régime du président sortant afin de combattre les ennemis de la nation.  

En revanche, la situation géopolitique semble être très mouvementée. A l’issue de ce coup de force, l’Union africaine condamne l’acte avec la dernière énergie  ainsi  que plusieurs organisations internationales et même des Etats-Unis ne cessent de faire des condamnations. Mais il est aussi important de s’interroger si seulement les différentes condamnations suffiront pour le retour à l’ordre constitutionnel au Mali de manière plus urgente.  Traditionnellement, on constate souvent après certains coups d’Etats, les condamnations pleuvent mais quelques temps après elles se transforment en une reconnaissance de la légitimité des pouvoirs publics putschistes, du coup, on tombe dans « la philosophie de la politique politicienne ».

Si la résolution 940 du 31 juillet 1994 du conseil de sécurité en Haïti autorisant le recours à la force ayant pour seul but le retour à l’ordre constitutionnel en Haïti, et  l’entrée en guerre de la France  en Côte d’ivoire via la résolution 1975 se fondant sur le Chapitre VII de la charte des Nations Unies, la résolution 1973 qui a permis à la fore de coalition de mettre  terme au régime du dictateur Kadhafi , certainement que  la politique internationale ne s’arrêtera pas que sur les résolutions antérieures.  Par principe d’égalité des Etats, le Mali qui est aussi membre du système des Nations Unies a droit  à une résolution du conseil de sécurité lui permettant de rétablir l’ordre constitutionnel de son Etat. Sauf si la politique du clientélisme international s’impose dans le cas d’espèce malien.

 « Dans ce siècle, la démocratie des armes n’a plus sa place seul le peuple reste le véritable arbitre de la société. A Dieu, la démocratie des armes ».

Godfroy- Luther GONDJE- DJANAYANG

Expert Analyste en gestion des crises politico-militaires.

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 23:20

 

 

 

 

Bozizé KNK

Ndoutingai

 

 

boz Francis

 

Voici un petit conte que je me fais le plaisir de partager avec vous : « Deux amis intimes s’en vont à la chasse au fin fond de la savane. Eclate alors une violente dispute entre les deux comparses. Le premier, plus leste, tue le second et l’enterre sous un flamboyant. Personne n’a été témoin de la scène. Seulement notre meurtrier est vite taraudé par le remord. Au point que, pour soulager sa conscience, il fait un trou dans la terre, y confie son lourd secret et le rebouche. Or, quelque temps plus tard, le vent l’harmattan se lève, balaie la motte de terre servant de sépulcre à la confession du parjure et la nouvelle se répand d’écho en écho dans toute la contrée : « A zo ti mbi oo, mbi Zaboulou la mbi fa Sénguézooo ‘’… ». Autrement dit, c’est moi Zaboulou le meurtrier de mon ami Sénguézo. Moralité, si Bozizé, Ndoutingaye, Findiro et toute leur bande de voleurs pensent que, comme ils ont définitivement confisqué le pouvoir à leur seul profit, au profit de leurs familles, au profit de leur clan et de leur région, ils auront beau se barricader à double tour dans leur forteresse de nouveaux riches, une minute après leurs funestes conciliabules, le monde entier en sera toujours informé. Ils le savent tous mais ils n’y peuvent rien.

L’escroc vous salue bien

Et pour commencer cette fois, un gag, un énorme gag. Une de ces plaisanteries de très bon goût dont la République centrafricaine est coutumière. La fédération centrafricaine de basketball a élu son nouveau président. Et le gagnant a été… François Joseph Bozizé alias «Djodjo ». La belle affaire ! Un autre François, Péhoua celui-là, a dû faire des culbutes dans sa tombe. Car faut-il que notre pays soit tombé bien bas pour oser porter à la tête de la fédération du sport qui fit son honneur dans les années 60 et 70, sous la présidence de François Alfred Wilfrid Péhoua justement, un redoutable escroc doublé d’un faussaire notoire comme Djodjo Bozizé ?  

Passe encore que ce parfait illettré (à peine le niveau de la troisième comme tous les enfants de Bozizé d’ailleurs) ait corrompu à coups de billets de banque les représentants des ligues de province qui ont participé au vote. C’est toujours ça de pris pour ces pauvres hères. Passe toujours que Djodjo Bozizé, lorsque son club «Bê Africa » perd un match, fasse descendre la garde présidentielle sur le parquet et fermer le centre Martin Ngoko. Passe enfin que cet homme n’ait même pas présenté un programme structuré pouvant laisser espérer la renaissance du basketball. Tout cela, si j’ose dire, est dans l’ordre bozizéen des choses. On n’est plus à une médiocrité près. Mais comment va-t-il faire pour accompagner l’équipe des «Fauves du Bas-Oubangui» pour un éventuel stage en France par exemple, quand on sait que ce quidam y a fait de la prison avant d’en être expulsé ? A ce jour, il demeure interdit de séjour dans ce pays pour divers larcins, allant du vol de chéquiers à la falsification de signature, faux et usage de faux, escroquerie en bande organisée, abus de confiance. Bref, la totale ! Il est vrai qu’en face de Joseph Bozizé concourrait un autre artiste de la contrebande de produits pétroliers, Sani Yalo, autrement plus armé que Bozizé fils dans l’art de la délinquance financière. Dès lors, doit-on se réjouir que les délégués à cette élection aient décidé de choisir «le moindre mal», entre la peste et le choléra ? Mais si cela peut le consoler, je lui rappellerai simplement qu’il n’est pas le seul «wanted» en occident. Son cousin «Ndoutingaye» lui aussi est persona non grata aux Etats-Unis, ce qui constitue la pire des pieds de nez pour un ministre des Finances, interdit d’assister aux assemblées générales du FMI et de la Banque Mondiale. Pouvoir de famille, pouvoir de bandits traqués par toutes les polices.

Institutionnalisation de la gestion familiale du pouvoir.

Et quand je parle d’institutionnalisation de la gestion familiale du pouvoir, j’exagère à peine. Rien ne les arrête, même pas l’épouvantable deuil qui vient de frapper le Congo voisin. 3

Alors que plusieurs chefs d’état de la sous-région y ont délégué leur ministre des Affaires étrangères dont c’est le domaine, François Bozizé, lui, a choisi d’envoyer auprès de Denis Sassou Nguesso son propre fils Francis, ministère délégué à la Défense, flanqué d’un autre de ses fils, député. Visiblement, il a dû faire avec ce qu’il avait sous la main, la RCA manquant cruellement d’émissaires crédibles et le ministère des Affaires étrangères regorgeant d’incapables. Mais le meilleur reste à venir et comme d’habitude, je mets au défi les différents protagonistes de cette nouvelle affaire de démentir l’information que je suis en mesure de révéler aujourd’hui. Les deux frangins n’ont pas été désignés par hasard. Avant de faire le voyage de Brazzaville, une coquette somme, décaissée du trésor public leur a été octroyée. Cette somme devait être remise aux autorités congolaises à titre de contribution au deuil. Seulement voilà ! Un peu moins du 5e de cette somme a été déchargé et le reste empoché par l’aîné et le cadet des Bozizé. Ni vu ni connu. Au retour, ils auront à coeur de rincer la gorge de leur géniteur. Ecoeurant !

Main basse sur l’assemblée

La terre entière savait déjà que François Bozizé avait mis le paquet pour faire entrer toute sa famille à l’assemblée nationale: sa femme Monique, sa maîtresse favorite Renée Madeleine Bafatoro, son fils aîné Francis déjà cité, tout comme l’autre fils Socrate, membre du bureau de l’assemblée, sa soeur cadette Joséphine, son propre frère Roger Ouéfio, son neveu Sylvain Ndoutingaye, ministre des Finances mais en réalité le véritable maître du pays. Si on y ajoute les parents du village : l’escroc Patrice Ngaïssona etc…, on a une toute petite idée de la conception privative du pouvoir de Bozizé and co.

Mais cela ne suffisait pas ! La constitution du nouveau bureau de l’assemblée donne la pleine mesure du contrôle de cette institution. Ainsi en dehors du transparent retraité Célestin Gaombalet, président et du nécessiteux Laurent Ngon Baba à la première vice-présidence, lequel Ngon Baba, pour se cramponner au bord de la mangeoire, a passé par pertes et profits l’horrible assassinat de son ‘’parent’’ de Baboua Charles Massi, nous trouvons un certain Anatole Koué, ancien ‘’footeux’’ de son état, qui a cru malin de se faire élire sous la bannière ‘’indépendant’’. Sauf qu’aux dernières nouvelles, l’ex RDC Anatole Koué, deuxième vice-président, est aujourd’hui un membre éminent de l’écurie du vice-roi Sylvain Ndoutingaye. Mais ce n’est pas tout. Pour bien montrer aux inconscients qui douteraient encore de son pouvoir absolu, le même Ndoutingaye a installé à la 3e vice-présidence Marie-Solange Pagonendji. Or, lorsque l’on sait qu’ «Arôme Maggi », comme s’obstinent à l’appeler certaines mauvaises langues à Bangui (forcément des aigris), est l’une des innombrables maîtresses attitrées de Ndoutingaye, on comprend vite que la boucle est bouclée. En réalité, Koué et Pagonendji n’ont été placés là que pour marquer Gaombalet’à la culotte’’ au cas, tout-à-fait improbable, où le retraité n’appliquerait pas à la lettre la consigne qu’il a reçue. Et cette consigne, je vous en parlais la dernière fois, c’est de veiller à faire sauter le verrou constitutionnel limitant à deux le mandat du président de la République. La ficelle est grosse, mais elle doit marcher. Cette opération chirurgicale doit intervenir à l’occasion du débat sur le projet de loi portant création de l’Agence nationale des élections (ANE). Seulement, ils ne sont pas bêtes. Ils savent tous que la communauté internationale, en particulier la France, tombera sur eux à bras raccourcis au moment de ce tripatouillage. Résultat, le projet de loi ne sera examiné qu’après le 6 mai 2012. En prolongeant de manière exceptionnelle la présente session au-delà du 30 avril. Bien joué ! A ce moment-là, la France aura d’autres chats à fouetter. En effet, après la présidentielle, elle sera en pleines élections législatives. Aussi, pour les naïfs, cette modification de la constitution devrait-elle passer comme une lettre à la poste.

Sauf que, (suivez bien ma démonstration car c’est là qu’intervient le ‘’génie’’ de Ndoutingaye) malgré toutes leurs précautions, ce coup d’état constitutionnel entraînera forcément une violente riposte du reste de la communauté internationale …et de la France, en cas d’accession de François Hollande à l’Elysée. La RCA sera au banc des nations. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne pourra pas résister bien longtemps aux pressions internationales. Du coup, François Bozizé sera contraint de terminer son mandat en 2016, à moins que la grande faucheuse... Dès lors, resteront à sauvegarder les énormes intérêts de sa famille, de son clan et de sa région qui trustent aujourd’hui tous les leviers du pouvoir. Et qui sera le mieux placé pour pérenniser ces intérêts ? Je vous le donne en mille, Sylvain Ndoutinagye. C’est ce qu’on appelle la stratégie du billard à quatre bandes. Faire croire à Bozizé que la combine de l’assemblée va marcher. «Or, si elle devait foirer, ce ne serait pas de ma faute. Mais l’essentiel pourra encore être sauvé», Ndoutingaye dixit. Je n’invente rien ! A Paris au mois d’octobre 2011, le vice-roi assurait déjà à Marie-Reine Hassen, une autre de ses innombrables maîtresses, que Bozizé l’avait officiellement désigné au cours d’une réunion secrète «comme le plus apte à garantir les intérêts de la famille en cas de… et ce, au détriment de Francis Bozizé, appelé élégamment ‘’c… molles’’ ».

Nettoyage à sec.

Dès lors, il convenait de verrouiller le bureau de l’assemblée. C’est fait. D’où également sa marche forcenée pour s’emparer de l’appareil du parti KNK. Elie Ouéfio en avait déjà fait les frais lorsqu’il a été brutalement éjecté du secrétariat général du parti au pouvoir. Et pour cause, Ouéfio s’opposait à l’OPA de Ndoutingaye sur le KNK. Mal lui en a pris.

Et la nomination de Louis Oguéré procède de la même analyse. Au demeurant, la dernière sortie du nouveau secrétaire général du KNK ne laisse aucune ambigüité. Pour ce militant de la 25e heure, il convient de «traquer les traîtres et autres infiltrés qui fourmillent au sein du parti». Rien que çà !

La feuille de route est donc claire et limpide. Tous ceux qui, au sein du régime ou au sein du parti, voudraient enrayer l’irrésistible ascension du vice-roi Ndoutingaye doivent être neutralisés. Mais surtout malheur à celui qui mange sans lui. Michel Koyt, Abdallah Kadr, Judes Alex Kétté et bien d’autres margoulins (sur lesquels le Centrafricain ne versera aucune larme) sont bien placés pour le savoir. Depuis deux semaines, ils dorment tous dans les geôles de Bangui. Pour l’affaire du fameux prêt indien d’un montant de 29,5 millions $ US, soit un peu moins de 14 milliards de FCFA. Ce ne sera ni le premier ni le dernier scandale dans ce pays de mafieux. Je reviendrai très bientôt et en détail sur cette affaire rocambolesque pour laquelle Bozizé lui-même mériterait mille fois d’être traduit en justice. En attendant, pour ceux qui s’étonnent que des ministres soient enfin jetés en prison, la grille de lecture est d’une limpidité aveuglante. Pour une fois, Ndoutingaye n’a pas ‘’croqué’’ dans l’affaire. Eh oui ! Ca arrive. C’est donc un motif suffisant pour que ceux qui ont cru devoir ‘’bouffer’’ sans mouiller la gorge du vice-roi soient punis. Sauf que le principal négociateur du prêt indien alors qu’il était encore ministre des Finances, Emmanuel Bizot, siège encore au gouvernement au portefeuille des Eaux et forêts car il a pour lui d’être le beau-frère de Bozizé. Mais il sait qu’il est en sursis tant la haine que lui voue Ndoutingaye n’est plus à démontrer.

Les voleurs ne sont pas ceux qu’on croit

Mais le vrai scandale n’est pas là. Le vrai scandale, c’est que François Bozizé et le dauphin Sylvain Ndoutingaye allument des contrefeux pour masquer que ce sont eux et personne d’autres qui ont mis ce pays à genoux. Car comment expliquer et accepter que ceux qui opèrent aujourd’hui au sein du fameux Comité spécial, à l’image de Maximilien de Robespierre en 1792 durant la grande terreur, soient en réalité les deux plus grands voleurs que ce pays n’ait jamais portés ?

Comment expliquer que celui (Ndoutingaye) qui a pillé sans vergogne les sociétés d’état comme la SODECA, l’ENERCA, la SOCAPS, l’ASRP, la COMIGEM etc…pendant des années, celui qui a détourné les 20 millions $ US de bonus d’AREVA/URAMIN, celui qui a englouti les 8 millions $ US d’AURAFRIC, celui qui a spolié sans scrupule les artisans miniers de Centrafrique en confisquant leurs diamants, comment ce délinquant peut se targuer d’être aujourd’hui le preux chevalier sans peur et sans reproche, ayant droit de vie et de mort au sein du fameux Comité spécial ? Juste une suggestion en passant au vice-roi Ndoutingaye. S’il est vraiment le nouveau chevalier Bayard qu’il prétend être, qu’il sorte et rende public le rapport de la Banque Mondiale (BM) sur l’ASRP qu’il planque soigneusement. Les voleurs ne sont pas toujours ceux qu’on croit. A défaut, je me ferai le plaisir et le devoir de citoyen de le faire à sa place et on va bien rigoler. Enfin, manière de parler si tant est que les Centrafricains aient encore le coeur à rire quand des truands analphabètes pillent leur pays à une échelle à donner le vertige. Et pour illustrer comment ils entendent tromper le petit peuple et amuser la galerie, un des directeurs généraux qui a subi les foudres de ce tribunal d’exception appelé Comité spécial a confié avoir entendu de ses oreilles François Bozizé affirmer sans rire que «c’est parce que les Centrafricains sont des voleurs que j’ai été obligé de mettre cette structure en place». Tel que ! Propos délirants qu’il faut mettre en perspective de ceux qu’il tient régulièrement devant les membres de son église d’illuminés et de nécessiteux ; «La main de Dieu frappera tous les traîtres qui pactisent avec les blancs (sic) pour me nuire. Massi a déjà payé. Demain d’autres paieront… ». Diantre ! De quoi préparer des cercueils et des messes de requiem à la pelle.

Le graal

Un autre directeur général de société parlant toujours de ce fameux comité croit lui revoir les sinistres comparutions de victimes souvent ensanglantés et agonisants devant les conseils des ministres de Bokassa à Bangui et Béréngo.

En effet, c’est à un véritable tribunal d’inquisition, composé d’authentiques bourreaux aux mines patibulaires, que doivent ainsi faire face tous ceux qui y sont convoqués. A côté de Bozizé trône le vice-roi Ndoutingaye avec, à sa gauche, le délinquant ministre de la Justice Firmin Findiro. Vient ensuite, présence surprenante à priori, Marylin Roosalem, ministre du Commerce par la grâce de Ndoutingaye dont elle est la énième maîtresse. Puis viennent l’inspecteur général d’état, les directeurs généraux de la gendarmerie et de la police. On y trouve encore le nouveau coordonnateur général aux entreprises et offices publics et son adjoint. Dans cet aréopage de tontons macoutes, Michel Gbézéra-Bria (dircab de Bozizé) détonne par son éternelle placidité. Visiblement, il doit se demander ce qu’il vient faire en cette galère. Ah, n’oublions pas le transparent et invisible Touadéra, Premier ministre de son état. Dernière figure de proue que seule la RCA généreuse peut engendrer, un certain Mahamat Tahir qui a visiblement trouvé son diplôme de doctorat en économie dans un paquet de lessive OMO. Un observateur avisé avait déjà laissé entendre que ce quidam avait dû soutenir sa thèse dans sa langue maternelle (haoussa ou arabe tchadien?) mais certainement pas en français. Il faut dire que ce truand mythomane a fait son trou en devenant trésorier du KNK dès 2005 et par le canal des innombrables marchés que Bozizé lui octroie, de gré à gré, dans le cadre de ses travaux de BTP. Depuis lors, il est de toutes les combines tant Bozizé adore s’acoquiner avec les délinquants. Il convient donc que les Centrafricains le sachent. C’est désormais en cette enceinte que les grandes décisions du pays se prennent, du moins dans leur aspect répressif.

Le saint des saints

Car il y’a une autre super structure, hyper fermée celle-là et peu connue du grand public. Pendant la campagne électorale et pour contourner les structures du KNK, Sylvain Ndoutingaye avait imaginé et mis en place une sorte de ‘’sanhédrin des tropiques’’ appelé Comité restreint. Y siégeaient et y siègent toujours Bozizé bien-sûr, le président de l’Assemblée nationale Célestin Gaombalet, le Premier ministre Faustin Touadéra, le vice-roi Ndoutingaye lui-même, la ministre du Commerce et amante du vice-roi Marylin Roosalem qui a vite pris du galon, le ministre délégué à la Défense et fils de son père Francis Bozizé. C’est donc dans ce cénacle que Ndoutingaye déploie toute sa science pour régler ses comptes avec ses adversaires, toujours soutenu par sa dulcinée Roosalem, Gaombalet et Touadéra, qui doivent se sentir à l’étroit car conscients qu’ils font juste de la figuration, prennent peu la parole et se contentent la plupart du temps d’abonder dans le sens du vice-roi. Aux toutes dernières nouvelles, Firmin Findiro vient d’y faire son entrée avec fracas comme juriste mais en réalité comme idéologue du pouvoir clanique et familial, à la demande expresse du vice-roi et de Bozizé en personne.

Ménage à trois

Enfin, troisième et dernier centre de décision, la ‘’Troïka’’, comme au bon vieux temps de l’Union soviétique. Ce dernier et ultime cercle (vous vous en doutez) est composé uniquement de Bozizé, de Ndoutingaye et de Findiro. Et même s’il demeure informel, c’est en son sein que Ndoutingaye et Findiro ‘’travaillent’’ Bozizé au corps, le conditionnent et le manipulent à satiété en vue des séances du conseil des ministres ou bien pour lui faire signer à la hâte moult décrets et instructions présidentielles toujours décriés. Car, il ne se passe plus rien en conseil des ministres, qualifié par Bozizé et Ndoutingaye ‘’de repère de traîtres, de voleurs et de suppôts des ennemis de la Nation’’ (lire France, l’Union européenne et les pays de la CEMAC).

Dès lors selon plusieurs sources, Ndoutingaye et Findiro ont du mal à cacher leur satisfaction lorsque Bozizé, dûment chapitré, agresse littéralement un ministre sur un dossier traité en amont par ces margoulins. La plupart des ministres du gouvernement sont devenus dépressifs du fait des propos injurieux et indignes que Bozizé débitent désormais lors des conseils des ministres et de diverses réunions. Et pour bien enfoncer dans le crâne des ignares qui ne voudraient toujours pas valider la prise du pouvoir effectif par le duo d’enfer, sur ‘’instructions’’ de Ndoutingaye, François Bozizé vient de nommer par décret Firmin Findiro au ministère chargé du secrétariat général du gouvernement, en remplacement du filou Michel Koyt, embastillé depuis deux semaines pour avoir asséché les caisses de la SONATU. Et qu’importe si l’intérim de ce ministère avait toujours été, semble-t-il, assuré par le ministre de la Fonction publique. Cela apprendra à Noël Ramadane de ne pas être né Gbaya. Conséquence immédiate de ce bras de fer, Abdou Karim Meckassoua, l’encore ministre des Télécommunications, désormais revenu de ses illusions primo-ministérielles, est totalement marginalisé quand il n’est pas dans le viseur de Ndoutingaye, qui le tient pour l’empêcheur ‘’de gouverner familialement en rond’’ et qui n’attend donc qu’un simple battement de paupières pour ‘’appuyer sur la gâchette’’. Il est en effet revenu aux oreilles du vice-roi que Meckassoua désapprouvait la célébration du coup d’état du 15 mars 2003 en général et surtout cette année à Ouandago, paisible bourgade du centre-est qui ne s’est jamais remise, 9 ans plus tard, des razzias des zagawas tchadiens accompagnant Bozizé dans son équipée. Selon une dernière confidence, revenant du Togo mais prenant les devants, Karim Meckassoua songerait très sérieusement à mettre la clé sous le paillasson à la première occasion. Les rats quittent le navire en perdition… 11

Un observateur attentif condamne d’ailleurs cette éternelle ‘’sanctification’’ d’un acte illégal (coup d’état) si on pense que Bozizé s’est déjà fait élire (certes frauduleusement) en 2005 et 2011. On sait également que rien ne va plus entre les libérateurs d’antan, Sylvain Ndoutingaye et Francis Bozizé se haïssant cordialement et le même Ndoutingaye rêvant d’accrocher le scalp de Parfait M’baye au bout d’une pique. Ambiance…

L’enfer, c’est les autres (Jean-Paul Sartre).

Je vous parlais récemment du climat de paranoïa et de haine ressassée par le clan au pouvoir. Vous n’avez aucune idée de la folie (il n’y a pas d’autre mot) qui irrigue les cerveaux de la petite caste recroquevillée autour de François Bozizé. Ils sont fous. Mais pour eux, l’enfer c’est les autres. Ce sont tous les étrangers, entendre non-Gbayas mais aussi et surtout, les pays de la CEMAC et la France. Devant tous ses visiteurs, Bozizé, sur les conseils de Ndoutingaye et Findiro, éructe, fulmine et postillonne : «Quand j’aurai mon pétrole, ils verront, quand j’aurai mon pétrole, ils verront… » répète-t-il en boucle. Ce pétrole, pour lequel il semble se réveiller un peu tard, devient une véritable fixation. Lorsque l’on sait qu’il a, dans un accord resté secret entre lui et Idriss Déby en 2002, laissé au Tchad l’exclusivité de l’exploitation du champ pétrolifère de Doba, dont la plus grande nappe se trouve pourtant en territoire centrafricain, on mesure aisément la tartufferie du personnage. Résultat, il jette aujourd’hui avec avidité son dévolu sur l’autre nappe plus au nord-est, vers Birao et la frontière soudanaise.

Bientôt la manne ?

Du reste, c’est essentiellement de pétrole que s’est entretenu Faustin Touadéra avec les autorités soudanaises, il y’a quelques semaines à Khartoum, à la tête d’une délégation pléthorique comprenant notamment Parfait M’baye, Jean Wilibyro Sacko, Antoine Gambi, l’inévitable Marylin Roosalem, Prosper Wodobodé, Francis Bozizé et toute une escouade de suiveurs… Il n’y a pas de petites dépenses.

Selon mes informations, il y a été acté que le pétrole de Bozizé, exploité par une société chinoise, sera écoulé vers le Soudan, par Port-Soudan, ville portuaire que la délégation a dûment visitée. Par ailleurs, il est également acté que si les chefs d’état de la CEMAC persistent à repousser avec dédain (ce qui enrage Bozizé) la candidature de Ndoutingaye à la présidence de la Commission de la CEMAC, le vice-roi reprendrait illico son ancien portefeuille des Mines, rebaptisé ‘’ministère des Mines et du Pétrole’’, qu’il cumulera de nouveau avec les Finances. Banco ! Si vous trouvez meilleur moyen de braquer le casino, vous m’écrivez… On comprend dès lors pourquoi, à son départ en avril dernier, ‘’après 8 longues années de mauvais et déloyaux services’’, ce ministère avait été prestement rattaché à la présidence de la République mais que c’est encore et toujours lui Ndoutingaye qui en est le véritable ministre. En effet, depuis la maladie (très opportune) de son ancien homme-lige Obed Namsio, entré imprudemment en dissidence contre le vice-roi, ‘’les choses sont rentrées dans l’ordre bozizéen’’. Ce dernier revenu des soins du Maroc n’a pas totalement retrouvé toutes ses facultés. On le voit, Bozizé n’entrevoit guère le surgissement du pétrole en terre centrafricaine comme un atout majeur de développement accéléré et durable, aux fins d’améliorer les infrastructures et les conditions de vie de ses compatriotes. Que nenni ! Il ne le conçoit qu’en termes de milliards à empocher et surtout comme un facteur de pied de nez à l’endroit de ses homologues de la sous-région qui, tous, exploitent déjà le précieux liquide en leurs contrées respectives : « Je serai plus riche qu’eux. Ils verront qui ira encore leur demander de l’argent… » Tel que… Il oublie donc très vite ou feint d’oublier tout ce qu’il doit à ses pairs de la sous-région, à commencer par Déby, Sassou Nguesso et Biya. Il est vrai que l’ingratitude est la vertu ( ?) des lilliputiens.

Autre information de première main, Jacques Vergès, le sulfureux avocat de Klaus Barbie et de… Laurent Gbagbo est passé à Bangui, à l’invitation de Bozizé, Ndoutingaye et Findiro. Il doit déposer une plainte en révision du contrat entre la RCA et AREVA, avec comme objectif de s’en mettre encore plein les poches au détriment du pauvre peuple centrafricain. Mais le plus important n’est pas là. Le vrai coup tordu, c’est que l’avocat de l’état centrafricain habituel, Me Emile Bizon, a été écarté, au profit de Vergès qui, pour cette opération, a perçu une avance de 100 millions FCFA dont l’avocat parisien s’est empressé de rétrocéder une partie au duo d’enfer. En réalité, le véritable avocat de l’état aujourd’hui, c’est Firmin Findiro. Circulez, il n’y a rien à voir. Instruction a été aussi donnée par Bozizé au vice-roi de traiter avec toute la rigueur qui se doit les entreprises françaises, « s’ils ne sont pas contents qu’ils partent nos amis chinois et indiens sont là ». Que Mocaf, Sucaf, Socatraf, Cfao, Areva et autres Bivac se le tiennent pour dit.

Chevalier de l’apocalypse

Enfin dire que Bozizé hait les chefs d’état de la CEMAC et les étrangers (sauf les chinois et les indiens) est un doux euphémisme. Et pour faire bonne mesure, son dernier leitmotiv obsessionnel, qu’il répète en boucle en écumant, les yeux révulsés : «Ces traîtres d’ambassadeurs, il faut les surveiller de près. Si leurs pays tentent quelque chose contre moi, il faut que tout le monde y reste. Personne n’en sortira vivant… ». Diantre ! Comme épitaphe, on peut faire mieux. Et pour vous donner une idée de la schizophrénie qui s’est emparé de Bozizé, instrumentalisé par Ndoutingaye et Findiro, le mercredi 21 mars 2012, Antoine Ntsimi vient d’être expulsé. Il arrivait à l’aéroport Bangui-Mpoko, en provenance de Douala. Alors, c’est vrai, l’encore président de la Commission de la CEMAC a poussé le bouchon un peu loin.

Si vous avez lu ma dernière contribution, vous savez donc je serai le premier à me réjouir que cet homme puisse retourner dans son Cameroun natal. Il est vrai que sa posture, faite de suffisance et d’arrogance, constituait une insulte pour le peuple centrafricain tout entier.

Je ne parle même pas de ses prédations, Antoine Ntsimi tapant allègrement dans la caisse de la CEMAC. Je l’ai dit et écrit, notamment pour stigmatiser l’article odieux rédigé, sur commande de Ntsimi, par un écrivaillon camerounais. C’est donc à ce titre que je m’autorise le droit de ne pas cautionner la manière avec laquelle cette affaire, qui a toutes les chances de dégénérer maintenant en conflit ouvert avec le Cameroun frère, vient d’être traitée. Le principe même de la rotation par ordre alphabétique à la présidence de la Commission ne saurait être remis en cause. C’est le tour de la RCA, point. Mais cela devrait être acquis sans déclencher une guerre, simplement parce que Ndoutingaye tient coûte que coûte à remplacer Antoine Ntsimi à la tête de la CEMAC. A quoi sert la diplomatie centrafricaine ? Les chancelleries de la sous-région sont averties. Celles des rares pays occidentaux ayant des représentations diplomatiques à Bangui devraient aussi le savoir. Un pogrom est en gestation. Le chevalier de l’apocalypse a enfourché sa monture démoniaque. Faut-il obliger les Centrafricains, peuple pacifique s’il en est, à tendre docilement le cou et attendre en silence d’être décapités ?

Michel Soupou

 

P.S : Je reviendrai très bientôt sur cette grave affaire de l’expulsion de Ntsimi ainsi que sur le scandale du prêt indien, ses ramifications et ses attendus. La place des voleurs est en prison et non dans leur lit douillet.

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 17:25

 

 

 

 

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LE MONDE | 24.03.2012 à 11h12

C'est un des scandales sanitaires de ce début de siècle: la tuberculose a tué 1,4 million de personnes en 2010, dont l'immense majorité résidait dans un pays pauvre. D'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il s'agit du niveau de mortalité le plus bas enregistré ces dix dernières années. Mais cette évolution positive cache une réalité inquiétante: le bacille de Koch devient de plus en plus résistant aux traitements existants, au point de constituer, dans certaines régions du monde, un problème de santé publique majeur. A l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, samedi 24mars, médecins et chercheurs lancent un appel à l'aide internationale pour sortir de cette impasse thérapeutique.

Obsolescence des outils de diagnostic et des médicaments, pénurie de moyens, difficultés pour les patients à suivre leur traitement, désintérêt du secteur pharmaceutique: partout dans le monde, les soignants sont confrontés aux mêmes obstacles dans la prise en charge des malades. Mais alors que les pays développés parviennent à maintenir l'incidence de la maladie à bas niveau, les pays pauvres ont d'énormes problèmes d'accès au diagnostic et aux traitements.

SITUATION INEXTRICABLE

Et la situation devient inextricable quand les patients se révèlent "multirésistants", c'est-à-dire infectés par une souche résistante à l'action des deux antibiotiques majeurs (rifampicine et isoniazide) constituant le traitement standard, dit de "première ligne". Au cours des dix dernières années, cette tuberculose multirésistante aurait, selon l'OMS, entraîné le décès de 1,5 million de personnes dans le monde. Et 450 000 nouveaux cas sont recensés chaque année, qui obligent - quand c'est possible - à recourir à un traitement de "seconde ligne".Des médicaments moins efficaces, entraînant de graves effets secondaires, qui nécessitent d'être administrés pendant près de deux ans et coûtent une fortune: au minimum 10 000 euros par personne dans les pays en développement (les tarifs étant négociés par les ONG), quand le coût du traitement d'une tuberculose simple n'excède pas 15 euros.

Résultat: alors qu'environ 5 millions de cas de tuberculose multirésistante ont été recensés depuis l'an 2000, l'OMS estime que 50 000 seulement de ces patients, soit 1%, ont bénéficié d'un traitement dont la qualité respecte les recommandations internationales.

La situation est particulièrement grave en Afriquesubsaharienne, où la forte prévalence du sidaa favorisé la croissance exponentielle des cas de tuberculose - chacun des deux agents infectieux augmentant la gravité et la vitesse d'évolution de l'autre. Le nombre de nouveaux cas de tuberculose y est parmi les plus élevés du monde (plus de 300 pour 100000personnes) et, parmi eux, figure une proportion inquiétante de multirésistants. Voire d'"ultrarésistants", ne répondant aux traitements ni de première ni de seconde lignes.

ABANDON DE LA RECHERCHE

"Dans les pays de l'ex-Union soviétique, l'incidence globale de la tuberculose est bien moindre qu'en Afrique.Mais dans certaines régions, les cas de multirésistance n'en atteignent pas moins des taux alarmants: dans le Caucase (plus de 10%) et plus encore en Ouzbékistan (de 40 % à 50 %)", précise le docteur Francis Varaine, directeur du groupe de travail international sur la tuberculose à Médecins sans frontières (MSF).

En toile de fond de ce bilan mondial consternant, le quasi-abandon, depuis des décennies, de la recherche-développement dans le champ de la tuberculose. A tous les niveaux. Celui du diagnostic, fondé comme il y a plus d'un siècle sur le recueil et la mise en culture des crachats, méthode longue et ne permettant de détecter que la moitié des cas. Celui des médicaments, mal adaptés aux souches multirésistantes et plus encore aux ultrarésistantes. Celui du vaccin, l'antique BCG, dont l'efficacité a toujours été limitée et qui n'est plus obligatoire en Francedepuis l'été 2007.

Dans tous ces domaines, le marché pour la production et le développement de nouvelles molécules demeurant peu attractif, les investissements stagnent.

Depuis peu, pourtant, quelques pistes de recherche se font timidement jour. Fin 2010, un nouveau test de diagnostic, capable de détecter dans les crachats non seulement le bacille tuberculeux mais également son ADN, a ainsi été approuvé par l'OMS. Il est aujourd'hui mis à l'épreuve du terrain par près de trente pays. Et deux nouveaux médicaments, en stade final de développement, sont testés depuis un an en "protocole compassionnel" (pour des malades n'ayant plus d'autre recours thérapeutique).

Mais ces fragiles avancées demandent toutes à être confirmées, donc financées. Alors que le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme s'est vu contraint d'annuler en décembre2011, sur fond de crise interne et de crise économique mondiale, son onzième appel à projets, le pari est loin d'être gagné.

Catherine Vincent

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 16:41

 

 

 

Ntsimi et Boz

 

CAMEROUN TRIBUNE

26 Mars 2012  BADJANG ba NKEN

La marche cahoteuse de l’Afrique centrale sur la voie de l’intégration vient de subir un revers important, un couac majeur. Avec la décision des autorités centrafricaines d’empêcher Antoine Ntsimi, président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) de débarquer à Bangui, siège de cette organisation, de retour d’un voyage officiel mercredi dernier.

Les observateurs sont unanimes à reconnaître que par rapport à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et à la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), la CEMAC avance à pas de tortue vers les objectifs qui lui avaient été assignés à sa naissance. En témoignent les difficultés enregistrées sur le terrain de la libre circulation des hommes et des biens ; la mise sur pied d’une compagnie de navigation aérienne commune (Air Cemac) et bien d’autres chantiers. Et comme si cela ne suffisait pas, voici donc que le fonctionnaire le plus gradé de la Cemac, Antoine Ntsimi, dont la charge est précisément de mettre en œuvre la politique d’intégration, est déclaré persona non grata au siège de l’institution qu’il dirige. Institution qui – ironie du sort- avait célébré cinq jours plus tôt sa quatrième journée sur le thème « La libre circulation dans l’espace Cemac »

On peut comprendre qu’il puisse y avoir ici et là quelques malentendus dans le fonctionnement des organisations internationales et plus particulièrement de la Cemac. Pour autant, il existe des canaux appropriés, un arsenal juridique pour régler les différends. Dans le cas d’espèce, il convient de rappeler qu’en sa qualité de chef de mission diplomatique, le président de la Commission de la Cemac bénéficie des privilèges et immunités de la Convention de Vienne de 1961 sur la protection des diplomates. Par ailleurs, il jouit des privilèges et immunités reconnus par l’article 16 de l’Acte additionnel du traité instituant la Cemac.

Quant à l’article 15 alinéa 3 de cet Acte, il stipule que « les personnes qui bénéficient des privilèges et immunités reconnus aux chefs de missions diplomatiques et agents diplomatiques, en vertu du présent Acte additionnel, ne pourront être requises de quitter le territoire d’un Etat membre que conformément à la procédure d’urgence applicable aux diplomates accrédités auprès du gouvernement de cet Etat. »

La nomination du président de la Commission de la Cemac relevant de la compétence exclusive et concertée des chefs d’Etat de la Communauté, les sanctions le concernant ne peuvent être prises que par la conférence des chefs d’Etat. C’est le cas de la levée de son immunité qui ne peut être faite que par cette instance ou par le conseil ou le comité des ministres de la Cemac, comme le prévoit l’article 17 de l’Acte additionnel de la Communauté. Dès lors, on ne peut que s’étonner et déplorer le fâcheux incident de mercredi dernier à Bangui. Un incident qui, manifestement, ne profitera à personne. Encore moins à une organisation qui peine à atteindre sa vitesse de croisière.

Au moment même où les récentes rencontres au sommet, à travers la réaffirmation des objectifs fondateurs avaient semblé donner une nouvelle impulsion à la Cemac, il faut espérer que l’interdiction faite à Antoine Ntsimi de débarquer dans la capitale centrafricaine, ne viendra pas annihiler les efforts des chefs d’Etat membres pour faire avancer la Communauté. C’est du reste le sens de la saisine du président Denis Sassou Nguesso, président de la Cemac par la diplomatie camerounaise, très attachée à la préservation de la dynamique de l’intégration sous-régionale

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 16:36

 

 

 

wade sall 0

 

 

Décidément l'Afrique n'aura pas fini d'étonner le monde. Seulement quelques jours après un coup d'État ahurissant au Mali, voilà que l'Afrique surprend le monde une fois de plus, à travers le deuxième tour de l'élection présidentielle organisé au Sénégal.

Si dans le cas du Mali, le scoop rejoint le cortège des mauvaises nouvelles qui font la renommée de l'Afrique, à travers sa pratique de la gestion de la chose publique, ce qui n'étonne presque plus personne, le scrutin organisé de main de maître par le Sénégal pour se doter d'un nouveau chef de l'État est un exemple de procédure de choix politique qui honore l'Afrique et fait oublier un instant le cortège d'élections truquées qui sillonnent la plupart de ses capitales.

Le peuple sénégalais, à travers sa maturité politique, son sens de l'unité et sa clairvoyance, a montré aux yeux du monde que les africains sont capables de se surpasser, quand ils le veulent, et lorsqu'ils décident de ne pas se laisser tomber dans les pièges tendus sur leur parcours.

La maturité politique des sénégalais surprend. Elle surprend car, là où beaucoup de pays africains auraient plongé leurs populations dans des affrontement fratricides et des « guerres gratuites » où périraient des milliers d'innocents, les sénégalais ne se sont pas trompés de combat, tout comme ils ne se sont pas trompés d'adversaires.

Si cette maturité politique a permis l'organisation « presque » sans faille de l'élection présidentielle, il faut cependant relever que toute la coordination ne se serait pas passée comme dans le meilleur des mondes possible, sans la solidité et le charisme des différents leaders politiques impliqués dans la compétition présidentielle, sans la neutralité des forces publiques (armée, gendarmerie et police) et sans la détermination de la jeunesse dans son ensemble.

Il fallait avoir une classe politique de haut niveau pour éviter de tomber dans le traquenard provoqué par l'entêtement du Président sortant et candidat, Me Adoulaye Wade, à vouloir se lancer dans un troisième mandat, une candidature qui n'en était pas moins que de trop.

Dans ce traquenard, qui portait en lui tout ce qu'il y avait d'interprétations de la constitution, toutes les manœuvres étaient possibles, qui auraient pu perturber, dans beaucoup d'autres pays africains, le peuple, la jeunesse et les forces armées, engendrer des confrontations qui auraient anéanti pas mal de vies humaines. Il fallait une classe politique responsable, intègre, forte dans ses convictions et solidaire dans ses accords, pour éviter les pièges de la trahison, de la division, de l'éclatement et de la dissolution.

Il fallait une classe politique responsable et crédible, avec un électorat convaincu et loyal, aveugle au miroitement de quelques promesses fallacieuses et parfois de quelques coupures flabant neuves.

La jeunesse, dans son ensemble, a réagi comme il fallait, sans être tentée par l'esprit de destruction qui pousse d'autres ailleurs, à casser les bâtiments publics, à saccager les magasins et autres endroits susceptibles de cacher quelques biens. Ce faisant, sans tomber dans les excès qui sont légion presque partout en Afrique, cette jeunesse  a fait preuve de nationalisme, consciente du fait qu'elle-même représente l'avenir de son pays.

Les forces publiques, quant à elles, ont bien observé cette neutralité qui caractérise le comportement des forces armées dans les pays avancés, neutralité qu'il convient de saluer et qui a été possible grâce à la qualité des hommes qui les composent, des hommes qui connaissent la place qu'ils tiennent dans leur société, et qui n'ignorent pas les missions dont ils ont la charge.

Bien qu'il soit à l'origine de ce qui aurait plongé le Sénégal dans un état de détresse fort regrettable, le Président Abdoulaye Wade a eu un dernier geste,  haut, magnanime, un geste digne des grands hommes, en prenant les devants pour reconnaître sa défaite et féliciter son futur successeur, épargnant à la commission électorale et aux autres institutions, la lourde charge d'annoncer les résultats « provisoires », qui sont une source inépuisable de manipulations de scrutin. Chapeau, Me Wade !

Et enfin, sans parler des responsables des différents bureaux de vote, qui ont eux aussi joué un rôle déterminant, il faut saluer la télévision sénégalaise à travers ses journalistes. Des professionnels qui,  en rapportant en direct les décomptes évolutifs des résultats obtenus par chacun des deux candidats, ont donné une véritable leçon de transparence du dépouillement d'un scrutin, aussi bien à l'Afrique qu'au reste du monde.

Bravo Sénégal ! Tu es dans la bonne Voie,

l'Afrique doit te suivre.

 

Adolphe PAKOUA, docteur en Etudes Nord-Américaines et des Pays Anglophones.

Ecrivain.

 

 

 

Sénégal : Macky Sall met fin à 12 ans de pouvoir de Wade

 

L'ex-premier ministre Macky Sall est devenu dimanche le nouveau président du Sénégal. Ce politicien de 50 ans a battu au second tour de l'élection présidentielle son rival Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis douze ans. Le scrutin s'est déroulé de manière pacifique.

 

Prévisible, la victoire de Macky Sall et sa reconnaissance quasi-immédiate par son ancien "maître" Abdoulaye Wade, 85 ans, a représenté un immense soulagement au Sénégal après des violences meurtrières en février liées à la nouvelle candidature du président sortant.

 

Cette reconnaissance par le président sortant de sa défaite, avant même la publication des premiers résultats officiels, a surpris: elle ne fait qu'illustrer son ampleur, les premières estimations officieuses donnant environ 70% des voix à M. Sall.

 

Liesse dans les rues

 

La victoire a été célébrée comme il se doit dans la nuit par des milliers de Dakarois. Ils étaient en liesse, criant leur joie, dansant et chantant au son des djembés (tam-tam) et du mbalax, la musique la plus populaire du Sénégal.

 

Elle a été saluée à l'étranger, en particulier en France, ex-puissance coloniale et principal partenaire économique du pays, par le président Nicolas Sarkozy. Il a parlé d'une "très bonne nouvelle pour l'Afrique en général et pour le Sénégal en particulier".

 

M. Sall, plusieurs fois ministre, puis premier ministre de M. Wade, avait indiqué samedi avoir "plusieurs urgences". Parmi elles: la "situation dramatique des finances publiques" et "le règlement de la situation alimentaire préoccupante de plus de 800'000 Sénégalais" menacés de famine dans le nord du pays à cause de la sécheresse.

 


(ats / 26.03.2012 17h05)

 

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