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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 23:39

 

 

 

FACA

Par RFI lundi 23 janvier 2012

 

Des combats ont éclaté dans la zone de Kaga Bandoro au nord de la Centrafrique. Une attaque contre le rebelle tchadien Abdel Kader Laddé, chef du Front populaire pour le redressement (le FPR), une rébellion tchadienne qui sévit dans le centre-nord de la Centrafrique. Il s'agit d'une attaque conjointe des armées centrafricaine et tchadienne.

« Nos positions ont été attaquées à midi par 3 hélicoptères tchadiens et au sol par des troupes tchadiennes et centrafricaines ». Déclaration d'Abdelkader Baba Laddé. Selon le rebelle tchadien qui sévit en Centrafrique, les combats ont eu lieu à une vingtaine de kilomètres de Kaga Bandoro à une trentaine du village Gondava, son fief.

Cette intervention tchadienne en Centrafrique, le président François Bozizé l'a demandée à Idriss Deby lors du dernier sommet de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale), qui s'est tenu à Ndjamena les 15 et 16 janvier dernier.

D'après des sources concordantes, le Tchad a positionné des troupes à Sarh, à 120 km de la frontière centrafricaine. Entre 300 et 400 hommes minimum. Le gros de la troupe a franchi la frontière ce lundi matin. Et d'après une source militaire à Bangui, les FACA, les Forces armées centrafricaines ont déployé des renforts à Kaga Bandoro. Ces hommes sont entrés en action ce lundi.

L'idée est de prendre en tenailles le groupe rebelle en l'attaquant par le nord et par le sud, tout en sachant que le FPR qui est constitué de petits groupes de combattants répartis dans une vaste zone, ne sera pas facile à déloger.

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 22:10

 

 

 

 

baba laddé gl

23 Janvier 2012 - 15:43(AFP)

 Douze femmes, retenues en otage depuis vendredi dans le centre-nord de la Centrafrique par la rébellion tchadienne du Front populaire pour le redressement (FPR), ont été libérées dimanche, a appris l'AFP lundi de source militaire.


Les hommes du FPR avaient pris ces femmes en otage --toutes Centrafricaines-- en représailles à une vague d'arrestation la semaine dernière de plusieurs proches du leader de ce mouvement, Baba Laddé, dont son épouse.


"Des hommes de Baba Laddé venus de Kabo (centre-nord) ont vainement tenté vendredi dernier de faire libérer l'épouse du chef rebelle à Batangafo (centre-nord), ainsi que certains éléments du FPR arrêtés", a expliqué la même source militaire.


"En se retirant de Batangafo, ils ont enlevé 12 femmes (...). Elles ont finalement été libérées et ont toutes regagné leur domicile dimanche", toujours selon cette source.


Lundi, le "général" Baba Laddé a menacé de soutenir une rébellion "pour renverser" le président centrafricain François Bozizé, si ses positions étaient attaquées.


L'armée centrafricaine s'est déployée ce week-end dans les régions de Kaga Bandoro et Batangafo où est active le FPR. Elle a demandé à la population de rester chez elle et de ne se déplacer qu'en cas d'extrême urgence ou de nécessité, selon la radio nationale.


La semaine dernière, le FPR avait annoncé redouter une attaque de l'armée tchadienne, assurant que des hélicoptères et des pick-up Toyota "lourdement équipées" avaient pris position à la frontière.


Baba Laddé estime que le déploiement de l'armée centrafricaine dans son secteur ainsi que l'arrestation de plusieurs de ses proches constituent "une déclaration de guerre" alors que, dit-il, "nous sommes en phase de dialogue".



© Agence France-Presse 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 22:02

 

 

 

Baba-Ladde1

Source :blog de Makaila Nguebla

Kaka-Bandaro: l'offensive de l'armée tchadienne repoussée!

Communiqué de presse


             Tchad-RCA : violents affrontements entre le FPR et l’armée tchadienne

Le Front Populaire pour le Redressement (FPR), informe l’opinion nationale et internationale que ses vaillantes forces ont réussi à repousser une offensive  de l’armée tchadienne menée conjointement avec l’aide des forces centrafricaines.

Venues à bords de 33 véhicules et appuyées par trois avions de chasse,  les  unités  d’Idriss Deby soutenues par l’armée de  François Bozizé, ont attaqué ce matin,  du  lundi 23 janvier 2012,  nos positions dans la localité de Kaka Bandaro (RCA).

Au cours de violents combats qui ont duré 3 heures d’horloge, les vaillantes troupes du FPR, ont opposé une farouche résistance aux assaillants qui ont  battu en retraite en laissant sur les lieux  de nombreux morts, des blessés et des véhicules détruits.

Par son refus d’accepter, toute solution négociée au contentieux politique et armé, Idriss Deby reste le principal responsable de la mort des Tchadiens innocents qu’il continue de  sacrifier afin de se maintenir  au  pouvoir.

Le FPR déplore que de part et d’autre des Tchadiens et des Centrafricains s’affrontent dans des combats fratricides  parce qu’instrumentalisés par des régimes autocratiques qui confisquent  le pouvoir contre la volonté de leurs peuples meurtris.

Le FPR lance un appel aux mouvements et forces de libération nationale aussi bien au Tchad qu’en République Centrafricaine pour qu’ils prennent leurs responsabilités respectives face à la tragédie actuelle.

Le FPR demande également aux autorités françaises de se prononcer sur la situation afin de mettre un terme aux multiples agressions dont nous faisons l’objet depuis plusieurs années.


Le FPR estime que la France incarne les valeurs démocratiques universelles et  ne doit pas cautionner par son silence les dérives  autocratiques  d’Idriss deby et de François Bozizé.

Le FPR reste fidèle à ses engagements pour la recherche d’une solution politique en faveur du  retour de la paix au Tchad et en RCA, par une approche globale des crises qui sévissent dans la sous-région, et ce,  avec l’aide bien entendu, de la France, de l’Union africaine et de la communauté  internationale.

Vive le Front Populaire pour le Redressement !

Vive les peuples tchadien et centrafricain !

Et que  triomphent la paix, la justice et la démocratie au Tchad et en RCA !


                                                                                 Fait à Kaka Bandaro, le 23 janvier 2012


La cellule de communication du Front Populaire pour le Redressement


Tel : 00 88 216 699 71 927

 

NDLR : Le FPR se contente de publier un communiqué triomphaliste sans toutefois donner le moindre bilan des prétendus « nombreux morts, blessés et véhicules détruits laissés sur les lieux » côté forces coalisées tchado-centrafricaines

 

 

                                                                                         Communiqué de presse


Actes de représailles  contre le FPR et arrestations arbitraires des Tchadiens en RCA

La Coordination Internationale des Forces Vives Tchadiennes en exil exprime son indignation profonde devant les actes de représailles dont sont victimes les personnes supposées proches du Front Populaire pour le Redressement (FPR),  des  paisibles citoyens tchadiens  qui font l’objet depuis quelques jours d’arrestations arbitraires de la part des autorités centrafricaines sous  impulsion du régime autoritaire d’Idriss Deby.

Les Forces Vives Tchadiennes ont appris que l’armée centrafricaine a procédé à de nombreuses arrestations dans le milieu des Tchadiens vivant en République Centrafricaine parmi lesquels,  Mme Baba Laddé, paisible citoyenne dont le simple tort est d’avoir épousé  un homme politique opposant au pouvoir de Ndjaména.

Les Forces vives tchadiennes ne peuvent accepter  que des femmes, enfants et autres citoyens tchadiens qui ont choisi de vivre en harmonie en Centrafrique,  paient les frais du fait de leur appartenance ethnique, religieuse ou nationale à cause du différend politique et armé qui oppose le Front Populaire pour le Redressement aux autorités illégitimes de Ndjaména.
L’Etat centrafricain fidèle à ses habitudes d’enlèvement, de séquestrations, des tortures et des détentions illégales de ses opposants et d’autres exilés se trouvant sur son sol,  confirme visiblement aux yeux du monde entier, le lourd soupçon qui pèse sur lui. Ce qui ternit l’image extérieure du régime de François Bozizé, accusé ici et par là par de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme et des libertés publiques locales et internationales.
Les Forces Vives tchadiennes en exil tiennent dorénavant  pour responsables le régime de Bangui d’affaiblir l’élan de lutte du peuple tchadien par des actes de persécutions à l’encontre des membres de l’opposition tchadienne.

Devant cette situation gravissime, la Coordination internationale des Forces vives tchadiennes en exil :

- Dénonce sans réserve tout acte de représailles contre les  sympathisants du Front Populaire pour le Redressement (FPR) ;

- Exige la libération immédiate de l’épouse du Général Baba Laddé ;

 -  Sollicite de la délégation du Comité International de la Croix-Rouge basée en RCA de bien vouloir intercéder  rapidement  auprès des autorités de Bangui pour assurer la sécurité physique et morale des personnes interpellés et détenues arbitrairement ;

- Met en garde les autorités centrafricaines contre tout excès de violences à l’encontre des ressortissants tchadiens actuellement en détention dans les locaux de l’armée ou de la  police ;

- Et enfin, avertit le régime de Bangui que nous ne ménagerons  aucun effort pour attraire devant les juridictions sous-régionales et internationales compétentes  les auteurs et co-auteurs des actes de violations qui seront  commis à l’encontre des personnes arrêtées et qui transgressent  les règles et  les instruments internationaux en matière du respect  des droits de l’homme dont l’Etat centrafricain est signataire auxquels  il est tenu par l’obligation de se conformer  scrupuleusement.

                                                                                                          Fait, le 22 janvier 2012

Pôle Afrique de la Coordination Internationale des Forces Vives Tchadiennes en exil

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 22:00

 

 

 

François Hollande au Bourget

 

 

PARIS (Reuters) - Par un discours aux accents "mitterrandiens" ancré à gauche, ciblé contre la finance et saupoudré de touches personnelles, François Hollande a fait entrer dimanche la campagne présidentielle française dans une phase nouvelle.

Pour les analystes interrogés par Reuters, le candidat socialiste attendu au tournant a bien négocié ce premier virage d'où il ressort doté d'une stature qui restait à démontrer.

Les sondages devraient bientôt mesurer le bénéfice qu'aura su tirer le député de Corrèze d'un premier acte à même de bousculer le quatuor de tête qu'il formait jusqu'ici avec un Nicolas Sarkozy pas encore candidat, la présidente du Front national Marine Le Pen et le centriste François Bayrou.

"Tout le monde se demandait s'il allait sortir du flou, certains craignaient qu'il ne soit pas à la hauteur de la fonction présidentielle", rappelle Mariette Sineau, chercheur au Centre national de recherche scientifique.

"Force est de constater que ce fut réussi tant sur la forme que sur le fond, avec un discours qui avait du souffle, où on retrouvait une rhétorique 'mitterrandienne' avec des effets de répétition, la même gestuelle", ajoute cette spécialiste de l'histoire de la gauche.

De l'amour des gens au mépris de l'argent, Le Monde recense ainsi les mimétismes entre François Hollande et l'ancien président François Mitterrand, à l'origine de l'entrée en politique du candidat PS, né dans un milieu plutôt conservateur.

Mariette Sineau fait un parallèle entre le discours du Bourget et "le tournant historique" de celui qui avait installé, le 14 janvier 2007 porte de Versailles, Nicolas Sarkozy en tête de l'opinion jusqu'à la victoire finale.

"IL A SU SURPRENDRE"

Jean-Daniel Lévy, de l'institut Harris Interactive, a noté dans les propos prononcés devant 20.000 personnes enthousiastes "une tonalité plutôt positive".

"On entrevoit peu de faiblesses. L'UMP était d'ailleurs en difficulté pour trouver un angle d'attaque", dit-il, tandis que Mariette Sineau juge "un peu à côté de la plaque" les critiques du ministre de l'Intérieur Claude Guéant sur le "discours d'incantation" du candidat, et le "gigantesque numéro de démagogie" pointé par le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé.

Jérôme Sainte-Marie, directeur du département opinion de CSA, salue une "prestation risquée" de la part d'un candidat qui, étant donné ses bons scores dans les sondages, où il fait la course en tête, "avait plus à perdre qu'à gagner".

"Il a su surprendre, j'ai moi-même été surpris, ce qui n'était pas évident pour un exercice aussi attendu", dit-il.

Le politologue reconnaît que le candidat a su éviter l'écueil d'une "'balladurisation' de sa campagne", c'est-à-dire la tentation d'une non-campagne à la manière de l'ex-Premier ministre Edouard Balladur en 1995 et "le risque de 'jospinisation'" - coller au centre-gauche en oubliant ses électeurs du premier tour, une posture qui avait éliminé Lionel Jospin du second tour au profit du Front national en 2002.

Concentré sur le bilan du président sortant ces dernières semaines, François Hollande a ouvert au Bourget, près de Paris, un chapitre actif en dévoilant 80% du projet dont il donnera derniers détails et chiffrage jeudi à Paris.

"C'était un discours à gauche mais pas trop, car il a quand même rappelé la nécessité d'un retour à l'équilibre des finances d'ici la fin du quinquennat", souligne Mariette Sineau.

"Et il a surpris tout son monde en dévoilant des mesures nombreuses sur l'école, la laïcité, la justice, l'impôt, le logement social ou encore le salaire du président".

LA FINANCE COMME CIBLE

Prononcé à 38 reprises, comme s'est amusé à compter Le Parisien, le mot "égalité" pourrait selon elle toucher "les fragiles qui vivent la crise dans leur chair, pour qui ce discours va probablement faire date et avoir un écho".

Reste à savoir s'il saura convaincre les électeurs du Front national ou du Front de gauche, qui totalisent à eux deux près de 30% des intentions de vote.

Jean-Daniel Lévy remarque que "François Hollande n'est pas allé directement sur le terrain de Nicolas Sarkozy" de la gestion de la crise "en se présentant comme le meilleur pour défendre la République, la Nation, l'égalité, un terrain sur lequel les enquêtes d'opinion disent qu'il est plus fort".

Sans jamais citer le nom du président sortant, le candidat PS a fait du monde de la finance son principal adversaire.

Un discours qui a convaincu Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue.

"Bien que n'étant pas de son bord politique, je suis plutôt en phase avec M. Hollande sur la séparation banque de détail/banque d'investissement, l'interdiction des activités des banques dans les paradis fiscaux et une taxe 'Tobin' généralisée", dit cet ancien dirigeant bancaire. "Cette fois-ci je serais plutôt enclin à voter 'citoyen', estimant que la finance doit servir l'économie et non l'inverse".

Un analyste londonien ayant requis l'anonymat est plus catégorique : "C'est tellement caricatural et populiste qu'on se demande si ce genre de déclaration rend son programme plus crédible", dit-il. "De toute façon on sait que pendant cette campagne, les banques ne seront pas logées à la bonne enseigne".

Avec Emmanuel Jarry et Matthieu Protard, édité par Yves Clarisse

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 21:45

 

 

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| Par Martine Orange Mediapart

En ce mois d’avril 2008, Patrick Balkany est à Bangui. En quelques mois, le député et maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) est devenu un habitué de l’Afrique. L’ami proche de Nicolas Sarkozy est désormais un des émissaires officieux du chef de l’Etat sur le continent africain, comme l’a raconté longuement Le Canard enchaîné. Avec Claude Guéant et Brice Hortefeux, qui eux aussi ont leur petite cellule africaine, il pratique une diplomatie parallèle, digne héritière de la Françafrique et des réseaux Pasqua. Les responsables africains n’ont pas mis très longtemps à comprendre que l’ami de Nicolas Sarkozy avait bien plus de poids que Bruno Joubert, l’animateur officiel de la cellule Afrique de l’Elysée. L’Elysée a envoyé lui-même le signal : Patrick Balkany est de tous les voyages présidentiels en Afrique.

 

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 Quand il arrive à Bangui en ce printemps 2008, Patrick Balkany a une mission spéciale : regarder de près le dossier de Bakouma, un des gisements d’uranium d’UraMin. Celui-là a de véritables ressources minières, plus que prévu même. Areva le connaît bien : il a été découvert par la Cogema et le BRGM en 1959. Mais éloignée de plus de 600 kilomètres de tout, la mine est difficile à exploiter. Il faut construire des routes, des ponts, des moyens pour bâtir une usine de traitement de minerai sur place, afin de l'acheminer par la suite. Tout cela coûte très cher. Alors, pendant des années, les entreprises minières ont préféré oublier ce site difficile pour exploiter les plus rentables.

Avec l’envolée du prix de l’uranium, Bakouma reprend de l’intérêt. Areva a bien l’intention d’en tirer parti rapidement. Mais le gouvernement centrafricain qui attend depuis des années l’exploitation de ce gisement entend exercer son droit de regard sur ses ressources minières, voire faire monter les enchères entre les sociétés minières. Il conteste le transfert des droits du site de Bakouma à Areva.

Car c’est une des autres surprises de cette affaire, qui décidément n’en manque pas. La société canadienne a non seulement été rachetée dans des conditions incroyables et à un prix stratosphérique, ses gisements ne tiennent pas les promesses annoncées, mais en plus, les droits d’exploration puis de production ne paraissent pas très solides !

Lors de la mise aux enchères, le cabinet canadien Blake, qui assistait Areva dans son offre, avait pourtant assuré que l’aspect juridique ne posait pas de problème, que les licences d’exploration et de production pouvaient être transférées sans difficulté. Quelques mois plus tard, le groupe nucléaire français est bien obligé de constater qu’il n’a pas la sécurité juridique suffisante sur ses gisements.

« C’est un autre des effets pervers de la procédure de mise aux enchères. Tout va si vite qu’il n’est pas possible d’analyser les contrats en un laps de temps si court. Dans le cas des gisements miniers, c’est encore plus complexe. Les gouvernements veulent avoir un contrôle sur les exploitants et des contreparties sur l’exploitation de leurs ressources naturelles, ce qui est légitime. Mais cela demande du temps, exige des négociations », explique un avocat d’affaires. Autant de choses qu’Areva n'a pas eu le temps de faire lors de l’acquisition éclair d’UraMin. Pour le groupe, les 2,5 milliards de dollars mis sur la table valaient solde de tout compte.

L’ennui est que le gouvernement centrafricain ne l’entend pas ainsi. La convention d’exploitation du site de Bakouma, signée entre l’Etat centrafricain et la société UraMin CAR, elle aussi immatriculée aux îles Vierges, ne fait pas partie de la transaction, d’après son analyse.

Le gouvernement menace de remettre en cause son autorisation d’exploration et d’exploitation du gisement minier. En tout cas, il entend bien rediscuter les termes de la licence minière, en vue d’obtenir des avantages supplémentaires d’Areva, bien plus puissant et riche que la petite société canadienne. 

Areva oppose un refus catégorique aux demandes du gouvernement centrafricain. Le groupe se dit sûr de son bon droit : UraMin CAR est une filiale d’UraMin. Areva ayant racheté la société mère, il a naturellement pris le contrôle de la fille et est donc le légitime propriétaire des droits d’exploitation du site de Bakouma. Les demandes du gouvernement centrafricain ne sont donc que des manœuvres de chantage, voire d’extorsion de fonds.

L’habituel scénario africain ? Le pouvoir centrafricain, dirigé par le général-président François Bozizé, est tout sauf un modèle de démocratie. Il n’est pas impossible de voir dans ses demandes un moyen d'enrichir un clan au pouvoir plutôt que le pays. Mais il n’est pas le seul à avoir de telles revendications. Le gouvernement namibien lui aussi s’interroge sur les conséquences du transfert du gisement de Trekkopje. Les milliards d’UraMin et d’autres font réfléchir les pouvoirs africains.

Tandis que des sociétés minières, nées de la veille, font des milliards en bourse de Londres ou de Toronto, grâce à la spéculation sur les droits d’exploitation concédés par les gouvernements africains sur leurs ressources naturelles, les pays et les populations, eux, n’en tirent aucun avantage. En Namibie, quatrième producteur d’uranium au monde, les taxes et les royalties sur les revenus des exportations de minerai se sont élevées ces dernières années à 2 millions de dollars par an. Dans le même temps, les sociétés ont engrangé des millions de profits.

Au nom de quoi les gouvernements africains ne pourraient-ils pas bénéficier des richesses tirées de leur sous-sol ? De la même façon que les pays producteurs de pétrole ont obtenu d’avoir une partie de la rente pétrolière, les gouvernements africains demandent d’être associés aux bénéfices des exploitations minières, de toucher des taxes et des impôts sur la richesse extraite, ou que les exploitants participent au développement et à l’équipement du pays.

La Chine l’a bien compris et en joue habilement : elle propose la construction d’infrastructures – pont, routes, centrales électriques, ou usine d’eau – contre des droits d’exploitation minière dans certains pays. Même si leurs engagements sont rarement au rendez-vous, en tout cas, pas comme les gouvernements l’espéraient – toutes les infrastructures, quand elles sont construites, sont réalisées par des entreprises chinoises sans y associer les populations –, cette politique de partage et d’association séduit de plus en plus de pays.

Face à ces revendications légitimes, Areva campe sur sa ligne.
Mille témoignages et rapports venus de toute l’Afrique racontent les méthodes post-coloniales du groupe public. Il préfère s’en tenir à une stricte lecture du droit, selon les règles du capitalisme moderne. 

Plusieurs rencontres ont été organisées entre des responsables d’Areva et le gouvernement. « Daniel Wouters a été très présent à ce moment là, sur le suivi du rachat d’UraMin. Il s’est beaucoup occupé des relations avec les pays africains », dit un témoin, proche du dossier. Zéphirin Diabré, responsable Afrique et Moyen-Orient et conseiller de la présidence du groupe pour les questions internationales, veille aussi aux discussions. Mais les négociations échouent. Chaque partie campe sur ses positions. Pour sortir de l’impasse, l'Elysée qui a pris le dossier en main, va le gérer à l’ancienne. A la Jacques Foccart.

Consul honoraire de la France à Lubumbashi

Qui a eu l’idée de faire entrer Patrick Balkany dans le jeu ? Aucun de nos interlocuteurs n’a été capable de nous donner une réponse claire : les relations entre Areva et l’Elysée sont tellement complexes, Areva lui-même ne semble pas un groupe très serein, à en juger par les épisodes des enquêtes internes contre sa présidente, au point qu'un clan interne peut avoir décidé de le faire sans en référer à l'ensemble. Mais quelles que soient les hypothèses, elles finissent toujours par aboutir à l'Elysée. L'ami proche de Nicolas Sarkozy n'aurait jamais rien fait sans son assentiment.

En ce printemps 2008, Patrick Balkany débarque comme représentant officieux de Paris pour s'occuper de Bakouma. A Bangui, il est en terrain connu. Il a déjà fait plusieurs voyages en Centrafrique – après avoir pris contact auprès de son secrétariat, nous avons adressé un long mail de questions (lire sous l’onglet Prolonger) à Patrick Balkany. Il est pour l’instant resté sans réponse. Mais il n’est pas seul pour mener les discussions. Il est accompagné, comme le raconte notamment le site africatime.com, de Georges Forrest. Une vieille connaissance de la Françafrique.

Dans les allées du pouvoir en France, on évoque souvent « les Katangais » quand on parle des dossiers miniers. Georges Forrest est le chef de ce clan, qui exploite et s’enrichit dans cette région de la République démocratique du Congo, la plus riche en ressources minières du pays. Cet homme d’affaires belge a fait toute sa fortune dans le pays, après l’indépendance. Ami de Mobutu, ami de Laurent-Désiré Kabila, encore plus ami aujourd’hui de Joseph Kabila, il a nagé comme un poisson dans les eaux troubles du post-colonialisme du Congo (ex-Zaïre). 

Grâce à ces appuis politiques, il a prospéré à partir du moment où le pouvoir lui a concédé la gestion de la
Gecamines, la société publique minière du Congo héritée de l’ancien empire royal belge. Dans un rapport très critique sur la gestion de Georges Forrest, un ancien dirigeant de Gecamines note : « Les affaires de Georges Forrest se sont développées sous le signe d’une triangulation entre le Zaïre, Jersey, et la Belgique. » Un parcours très bien balisé depuis les empires coloniaux.

 Ses liens avec le monde des affaires belge sont très étroits : le siège officiel de son groupe est à Wavre, à 30 kilomètres de Bruxelles ; sa banque principale, la Belgolaise, filiale de Fortis, lui a offert un soutien financier continu. Avec Daniel Wouters, ancien responsable de cet établissement bancaire, et minier à ses heures, il est donc en terrain de connaissance. Il a été conseiller royal au commerce extérieur en Belgique.

Mais la France, qui a agrandi son terrain d’influence aux ex-colonies belges après l’indépendance, ménage aussi beaucoup cet homme de poids. A plusieurs reprises, surtout lors des différentes guerres civiles ou régionales au Zaïre, le gouvernement français s’est appuyé sur ses connaissances régionales… Paris apprécie tant Georges Forrest qu’elle l'a nommé consul honoraire de la France à Lubumbashi, la principale ville du Katanga, le fief régional de l’homme d’affaires.

Les relations entre Patrick Balkany et Georges Forrest sont très vite au beau fixe. L’homme d’affaires ne manque jamais de passer par la mairie de Levallois-Perret quand il est à Paris. En retour, il prête son avion personnel à Patrick Balkany lors de ses déplacements africains. Un signe apprécié à sa juste mesure par tous les pouvoirs africains. C’est donc cet homme, très influent et très implanté sur le continent africain, qui vient prêter main forte à l’émissaire officieux de la France.

En face, deux hommes conduisent la discussion au nom du gouvernement centrafricain : Sylvain Ndoutingaï, ministre des mines et surtout neveu du président François Bozizé, et Fabien Singaye, conseiller du président. Ce dernier a un drôle de parcours : rwandais d’origine, il a été un des animateurs du parti extrémiste hutu, qui a conduit le génocide contre les Tutsis en 1994. Par la suite, il s’est réfugié au Congo, avant d’évoluer dans les cercles de pouvoir des anciennes colonies françaises. Conseiller personnel du président centrafricain, il est aussi très proche des présidents gabonais et congolais. Cela tombe bien : il est aussi l'ami de Georges Forrest.

Georges Forrest, facilitateur

Au bout de quelques semaines de discussion, un accord est trouvé entre Bangui et Areva. En août 2008, un avenant au contrat de concession minière de Bakouma est officiellement signé. Il prévoit le versement de 40 millions de dollars sur cinq ans au gouvernement centrafricain par Areva et 12 % des bénéfices issus de la production minière future du site de Bakouma. Le groupe public s’engage aussi à participer au financement des équipements pour les populations locales.

Le 8 septembre 2010, le groupe public, qui a déjà commencé à faire des travaux sur le gisement de Bakouma, remet officiellement des pompes à eau à la population locale. Les responsables d’Areva précisent alors qu’ils ont déjà investi 70 milliards de francs CFA (environ 100 millions d’euros) sur le site. Entre les routes, l’usine de retraitement, les équipements miniers, ils prévoient un investissement total de 930 millions de dollars (700 millions d’euros).

Huit jours plus tard, le 14 septembre 2010, Patrick Balkany est fait commandeur dans l’ordre du mérite centrafricain par le président centrafricain. « C’est un grand ami du pays », dit François Bozizé, en le décorant.

« M. Balkany n’a rien à voir dans ce dossier. En revanche, on m’a sollicité. Il y avait une mauvaise compréhension entre les deux parties. Les choses sont à présent réglées. C’est cela un rôle de facilitateur. Beaucoup de chefs d’Etat me connaissent et j’ai une bonne réputation. Je suis reçu par courtoisie et ce n’est pas nécessairement pour affaires. Je peux aller ainsi au Gabon, au Togo, en Namibie, en Afrique du Sud », déclarera Georges Forrest, dans un entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique en avril 2009, en réponse à une question sur son rôle dans l’accord entre Areva et la République centrafricaine.

 « Facilitateur », n’est-ce pas l’expression utilisée aussi par Ziad Takieddine ? Qu’a obtenu Georges Forrest en contrepartie de son rôle d’intermédiaire ? Officiellement rien. « Je suis reçu par courtoisie et ce n’est pas nécessairement pour affaires » dit-il. « Georges Forrest nous a effectivement aidé dans le dossier centrafricain. Il connaît bien la région. Mais il n’est pas intéressé par l’uranium. Il a surtout des mines de cuivre et de cobalt », explique un porte-parole d’Areva.

Il serait plus juste de dire qu’il n’était pas jusqu’alors intéressé par l’uranium. Car, à partir de ce dossier centrafricain, Georges Forrest va se prendre de passion pour ce minerai stratégique. L’accord avec Areva est à peine signé que l’homme d’affaires déclare son intérêt pour le gisement d’uranium de Denguiro. Malchance, la concession minière a déjà été attribuée à un autre homme d’affaires congolais, Richard Ondoko, et la société suisse, Urano. Mais les voies du pouvoir sont impénétrables : Georges Forrest finit par obtenir sept lots sur ce gisement. Chance, ils jouxtent le gisement de Bakouma, celui exploité par Areva. Il ne faut pas longtemps pour que les rumeurs parviennent à Bangui qu'Areva va racheter ces lots à Georges Forrest, à un très bon prix.

Pour défendre sa cause auprès du gouvernement centrafricain, Georges Forrest avait quelques atouts. Il s’est associé, pour la reprise de cette mine, avec Fabien Singaye, le conseiller particulier du président centrafricain, et... Patrick Balkany. En décembre 2009, comme le révèle l’indépendant-cf.com, le gouvernement de Bangui s’énerve : il n’a pas reçu les 20 millions de dollars de taxes, que doivent Georges Forrest et Patrick Balkany au gouvernement, au titre de la licence d’exploration. « Comme pour se donner bonne conscience, rapporte le site, le député-maire de Levallois-Perret avait appelé le 1er décembre le Quai d’Orsay à apporter une aide aux enfants qui meurent de famine à Berberati dans la préfecture de la Mambéré-Kadeï. »

La dispute, en tout cas, est vite enterrée. A la mi-décembre 2009, Areva crée une joint-venture avec Georges Forrest. La société, Areva Explo, immatriculée à Bangui, est détenue à 70 % par Areva et 30 % par Georges Forrest.  Elle a pour but de développer les activités minières dans la région. « Areva espère profiter des nombreux contacts que Georges Forrest a noués dans cette région d’Afrique pour mener à bien ses projets », relève le quotidien belge L’Echo qui a dévoilé cette alliance. Tout est dit, en termes choisis, sur cette alliance si déséquilibrée. 

Qui a pris l'initiative d'un tel accord ? Anne Lauvergeon ou Sébastien de Montessus, le nouveau directeur des mines d'Areva, Olivier Mallet ayant été remplacé, comme par hasard, juste après le rachat d'UraMin ? Ce responsable est accusé aujourd'hui d'avoir diligenté les enquêtes contre l'ancienne présidente. En tout cas, c'est la signature d'Areva qui est engagée.

« Notre accord va faire des jaloux »

Les relations entre Areva et l’homme d’affaires belge deviennent très étroites. C’est lui qui ouvre les portes de la République démocratique du Congo au groupe public. Dans les rapports cyclothymiques qu’entretiennent l’Elysée et Anne Lauvergeon, le dossier minier est un des points de friction. Nicolas Sarkozy est très mobilisé sur les mines, pour ouvrir les portes du Congo à Areva et ailleurs encore, et les cellules parallèles aussi.

Anne Lauvergon prend en main un dossier où l'Elysée ne cesse de mettre les doigts. En marge d’un voyage officiel de Joseph Kabila en France en août 2008, la présidente du directoire d’Areva et Zéphirin Diabré s’entretiennent discrètement au Ritz avec le président congolais sur les perspectives d’exploitation minières dans le pays. Joseph Kabila est très ouvert aux offres françaises. « Areva offre toutes les garanties d’un partenaire sérieux dans une industrie sensible et dangereuse pour relancer l’exploitation d’uranium au Congo », expliquera plus tard le gouvernement congolais.

Le 26 mars 2009, à l’occasion du voyage présidentiel de Nicolas Sarkozy à Kinshasa, Anne Lauvergeon, arrivée dans un avion personnel à l'écart du cortège présidentiel,  signe un accord inédit avec le gouvernement congolais : Areva obtient un permis de recherche de gisements d’uranium sur l’ensemble du territoire, ainsi que l’exploitation future du minerai. Un droit qui n’était alors détenu que par la société publique Gecamines.

Jamais un gouvernement au monde n’a concédé à une seule société étrangère l’ensemble d’un territoire. C’est encore plus frappant quand il s’agit du Congo, un des pays les plus riches au monde en richesses minières, avec la Russie et le Canada.

« Nous sommes dans un monde de concurrence et notre accord va faire des jaloux », déclare Anne Lauvergeon au moment de la signature, selon la presse congolaise. « Je crois bien que nous sommes l’unique entreprise au monde à avoir ce type de mandat. De plus, nous brisons un tabou. C’est la première fois que l’on ose parler d’exploration d’uranium en RD Congo, une activité jusque-là du domaine réservé de l’Etat », surenchérit Zéphirin Diabré.

La presse congolaise relève au passage que cet accord risque aussi de faire des jaloux chez Areva : Sébastien de Montessus, le directeur de la branche mines, n'est pas là, note-t-elle. Y a-t-il une volonté de la part de la présidente d'Areva de reprendre en main personnellement un dossier minier qui a dangereusement tendance à filer du côté de l'Elysée ? A-t-elle au contraire signé, sans en parler au responsable de la branche ? Bref, dès cette époque, il paraît y avoir quelque contentieux et quelque secret entre Anne Lauvergeon et Sébastien de Montessus, qu'elle a pourtant choisi.

Lors de la signature de cet accord hors norme, un autre homme manque : Patrick Balkany, parti ostensiblement aux Antilles. Mais comme il ne cesse de le répéter, il n'a rien à voir avec Areva. En revanche, Georges Forrest et son associé Fabien Singaye sont aux premiers rangs. L’opposition congolaise, qui s’offusque d’un tel accord, voit derrière tout cela la main de Georges Forrest. Celui-ci dément : « Je sais que l’on me prête beaucoup sur cet accord mais je n’ai pas participé aux négociations. Je ne touche pas à l’uranium au Congo, c’est trop délicat, trop sensible. Tout au plus, le groupe Forrest pourrait être sous-traitant avec sa branche génie civil. Si Areva le souhaite, on peut en discuter. Mais pour l’heure, aucun contrat ne lie nos deux entreprises », explique-t-il dans le même entretien à Jeune Afrique en avril 2009. Le message n'a pas besoin d'être traduit.

L’uranium est un minerai à part dans le monde de la mine. « Trop délicat, trop sensible », comme le dit Georges Forrest. C’est le minerai de la bombe atomique, et qui, pour cette raison, est surveillé de très près par l’agence internationale de l’énergie atomique. Depuis l’indépendance, la République démocratique du Congo a officiellement renoncé à exploiter ses gisements d’uranium. Pourtant, régulièrement, des informations font état de livraisons clandestines d’uranium en provenance du Congo, dont certaines pourraient atterrir en Iran.

En juillet 2007, l’ambassadeur des Etats-Unis au Congo, Roger A. Meece, rapporte les craintes et les rumeurs à ce sujet, dans un câble dévoilé par Wikileaks. Il fait état de bruits, accusant Georges Forrest d’être partie prenante dans ces expéditions clandestines d’uranium. L’ambassadeur américain n’y croit guère mais le signale malgré tout. Sans être mis sous surveillance, Georges Forrest est désormais suivi de plus près par les autorités américaines.

D’autant qu’au même moment, l’homme d’affaires belge est en train de se porter acquéreur d’une « junior entreprise » canadienne, Forsys Metals. Une société qui ressemble comme deux gouttes d’eau à UraMin : elle a juste des droits miniers dans des gisements d’uranium en Namibie. Hasard ? Ses mines sont situées juste à côté du site de Trekkopje, qui appartient désormais à Areva. Il n’en faut pas plus pour que la presse spécialisée dans le monde minier spécule sur la reprise rapide de cette société par le groupe public français. Le rachat de Forsys Metals n’ira pas jusqu’au bout. Au moment de payer, Georges Forrest est incapable de signer le chèque prévu.

Retour d'un actionnaire bien connu

Que s’est-il passé ? Ordre a-t-il été donné d'écarter ce « facilitateur » un peu trop voyant ?  Entre-temps, en tout cas, Areva a changé de partenaire. En janvier 2010, le groupe prend ainsi 10,57 % dans Marenica Energy, une petite société australienne, pour une petite dizaine de millions de dollars, et en devient le premier actionnaire. Cette société détient aussi des droits miniers, pas très loin du site de Trekkopje. La presse spécialisée a souvent parlé de Marenica Energy, comme un second UraMin. Une fabuleuse affaire, donc !

Mais la chute du cours de l’uranium et la crise ont fait voler en éclats les rêves. Marenica Energy est au bord de la faillite et son actionnaire principal, un fonds d’investissement, ne veut pas l’épauler. C’est lui qui propose la reprise de ses parts à Areva. Le nom de cet actionnaire ? Polo Resources, la société contrôlée par Stephen Dattels, le créateur d’UraMin. Le monde minier est bien petit.  Et Areva est décidément peu rancunier...

De toute cette affaire, il ne reste que des milliards envolés, des investissements gelés, une usine de dessalement d’eau de 250 millions de dollars en Namibie, dont l’utilisation fait encore l'objet de discussions entre Areva et le gouvernement namibien. Celui-ci souhaite que l’eau ne soit pas revendue seulement aux exploitants miniers mais qu'elle serve aux populations locales.

Pour le reste, Luc Oursel, le nouveau président d’Areva, a décidé l’arrêt de l’exploration et de la mise en production des gisements rachetés à UraMin, après la chute du cours de l’uranium et l’accident de Fukushima. Certains sites comme Bakouma reprendront certainement, quand les circonstances le permettront, d’autres comme Trekkopje risquent d’être totalement oubliés.

En privé, Anne Lauvergeon dit que l’Elysée a monté un « chantier », comme on dit dans la police, contre elle avec le dossier UraMin. « Cela ne vaut rien aujourd’hui, on s’empressera de le revendre pour zéro et d’autres feront par la suite la bonne affaire », dit-elle. Impossible de savoir la vérité, puisqu'en l'absence d'expertise indépendante sur les gisements, ce n'est que parole contre parole entre l'ancienne présidente d'Areva et son successeur.

La presse namibienne néanmoins notait ceci, après le rachat du site de Trekkopje : « Aujourd'hui, personne en Namibie, ou dans le monde, comprend le phénoménal montant d'argent dépensé dans cette transaction, pour un gisement aussi petit et d'aussi faible teneur en minerai. »

En public, Anne Lauvergeon accuse Nicolas Sarkozy et ses amis de vouloir démanteler le groupe et privatiser le secteur minier, son activité la plus rentable. Le Qatar, avec lequel le chef de l’Etat entretient des relations inédites, est désigné comme le prédateur. L’hypothèse est plausible : le pouvoir fait preuve de tant de libéralités à l’égard du Qatar...

Mais Anne Lauvergeon est-elle pour autant quitte de tout reproche ? Pourquoi a-t-elle réalisé le rachat d'UraMin, dans des conditions aussi insensées ? Pourquoi a-t-elle masqué les déboires gigantesques de cette acquisition ? Pourquoi Areva a-t-il frayé avec des personnages peu fréquentables, s’est associé avec eux ? Même si elle n'a découvert que sur le tard cette diplomatie parallèle, les réseaux occultes, pourquoi n'a-t-elle pas écarté les dirigeants qui, à l'intérieur de son groupe, leur prêtaient main forte ? Quels intérêts y avaient-ils derrière tout cela ? Car on ne perd pas deux milliards d'euros d'argent public impunément.

Aujourd’hui, Areva est un groupe ruiné, additionnant l'échec de l'EPR, lui aussi longtemps masqué, à celui des mines. Cinq milliards d'euros, au bas mot. L'addition sera présentée aux contribuables. Areva se retrouve livré à la merci de tous les prédateurs, comme Anne Lauvergeon le redoute. Mais elle ne peut totalement se dédouaner de cette faillite.

 

 


 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 21:39

 

 

Alfred Poloko

Bangui 21 Jan. (ACAP) - Le ministre de la Communication, Alfred Tainga-Poloko, a exprimé sa satisfaction puisque 80% des actions inscrites dans sa feuille de route ont été exécutées en 7 mois, lors de la cérémonie de présentation de vœux du personnel dudit département et les professionnels des médias privés, vendredi 20 janvier 2012 à Bangui.

Dans son adresse à ses administrés, Alfred Tainga-Poloko a été reconnaissant à l‘endroit des collaborateurs qui l’ont « accompagné durant des moments d’échanges et de confrontations d’idées souvent très enrichissant sur des projets déjà portés sur les fonts baptismaux de l’histoire de la presse et des médias centrafricains ».

Au sujet des innovations, le Ministre a annoncé la création de quatre nouvelles chaînes publiques thématiques, dont, TVCA info, TVCA musique et Sport, TVCA Culture et Documentaire et TVCA Académie dont les diffusions démarreront le 15 mars prochain. « Au cours de cette nouvelle année nous devons amorcer et voir évoluer Radio et Télé Centrafrique vers un profil plus moderne de médias de service public garant du pluralisme des idées », a lancé le ministre Alfred Tainga-Poloko.

Il a recommandé à ses collaborateurs en charge de la promotion de la culture démocratique et civique plus d’imagination dans leur approche sur la question de la consolidation de la paix. Il a exhorté les journalistes de la presse privée indépendante à appuyer tous les efforts qui sont réalisés aussi bien par le gouvernement que par les partenaires au développement.

Le Haut Conseil de la Communication, selon lui, doit faire de la pédagogie en vue de dissuader les publications qui se sont spécialisées dans les attaques, les calomnies et les diffamations à l’endroit des autorités du pays.

Au nom du personnel du département de la communication, le Directeur de Cabinet Philémon Dérant-Lakoué a rassuré le Ministre Taïnga Poloko de ce qu’il bénéficie de la « gratitude de tous, disposés à l’accompagner dans la concrétisation des projets de développement du ministère de la Communication, de la Culture Démocratique et civique ».

Dans un souci d’égalité dans le traitement des médias publics, M. Philémon Dérant-Lakoué a également plaidé pour l’Agence Centrafrique Presse (ACAP) qui semble être le parent pauvre des institutions du département.

 

NDLR : Quand un gouvernement n’est pas fichu de s’occuper de l’étanchéité du toit des studios de la Télévision nationale qui est une passoire et le ministre de la communication annonce la création de quatre nouvelles chaînes thématiques, on se demande où se trouve le sérieux.

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 21:06

 

 

entête FARE 2011

 

Radio Ndéké Luka Lundi, 23 Janvier 2012 13:2

« Le Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections en Centrafrique 2011 (FAREA-2011), ne s’est pas retiré des travaux de révision du Code électoral. C’est plutôt le représentant des partis politiques, en l’occurrence, Maître Nicolas Tiangaye qui s’est absenté à un moment desdits travaux ». Cette déclaration a été faite ce lundi 23 janvier 2012 par Walidou Modibo Bachir, Chargé de mission au ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.

Ces propos interviennent 5 jours, après que maitre Nicolas Tiangaye, coordonnateur du FARE-2011, ait annoncé le retrait de son entité dudit processus. D’après lui, « le point d’achoppement porte sur la définition de l’ossature de l’organe en charge de la conduite des élections en Centrafrique. Un préalable à l’analyse du document article par article ».

Or, il y a lieu de s’interroger face à cette situation que, qui du ministère de l’Administration du Territoire et du Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections  FARE-2011 dit vrai au sujet de ce dossier ?

Selon Walidou Modibo Bachir interrogé par Radio Ndeke Luka, en réalité, « il n y a pas eu de retrait du tout. Le mercredi dernier, maitre Nicolas Tiangaye s’était retiré à 30 secondes de la fin des travaux pour ses obligations au barreau de Centrafrique. Le lendemain, il ne s’était pas présenté car il devait défendre  un journaliste arrêté. Toutefois, les autres membres du FARE-2011, étaient restés dans la salle, contrairement à l’annonce de leur retrait par leur coordonnateur ».

Au sujet de l’entité en charge de l’organisation des prochaines élections en Centrafrique, le représentant du ministère de l’Administration du Territoire indique que « le gouvernement n’a rien imposé. Il avait déjà présenté sa vision de la chose et a d’ailleurs obtenu une adhésion massive des ses acteurs dont la société civile. Pour lui, il n’y a plus de polémique : C’est l’Agence Nationale des Elections,  sous la coupe de son ministère, qui est désormais habilité à organiser les élections et non la Commission Electorale Indépendante (CEI) souhaitée par maitre Nicols Tiangaye, en à croire sa dernière déclaration sur Radio Ndeke Luka ».

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 01:56

 

 

 

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A l’invitation de la 4ème Université indienne, Jadavpur University et de l'Institut Statistique Indien (classé 1er dans le domaine en Inde), qui est en réalité l’équivalent du CNRS français car ne s’occupant pas seulement que de statistiques mais aussi des recherches très poussées en biologie et autres domaines scientifiques, le Pr Gaston Nguérékata a séjourné en Inde du 11 au 18 janvier 2012. Il a été traité en véritable star par ses hôtes. A l’Université de Jadavpur, il a prononcé une allocution du haut de la tribune lors de la séance d'ouverture du Congrès, une sorte de leçon inaugurale à la française et présidé une des sessions du Congrès.

A l'Institut Indien de Statistique le lundi 16 Janvier, à la fin de son talk un, Prof de Jadavpur University qui était dans la salle l'a invité à redonner le même talk le lendemain mardi 17 Janvier dans son Université. La salle était comble. Le Pr Nguérékata a ensuite été littéralement assiégé par les doctorants et post doctorats pour des informations sur le sujet qu’il a exposé. Le lendemain, au moment de quitter sa chambre d'hôtel pour l'aéroport, deux chercheurs sonnent à sa porte pour le remercier de leur avoir donné l'occasion de connaitre une nouvelle théorie qu'ils pensent appropriée pour leurs recherches. Et de lui demander s’il pouvait les aider ensuite dans la poursuite de leurs travaux.

L'institut Indien de Statistique est un établissement de renommée mondiale. De nombreuses personnalités scientifiques y ont donné des talks: Einstein, Kissinger, Kolmogorov, Wiener, Bohr, ... de nombreux savants des années 60 et 70. C'est une sorte de CNRS dont la RCA pourrait s'inspirer. J'ai même rencontré un Indien qui dit avoir passé 9 ans en Afrique dans des centres de recherche agronomiques crées au Nigeria et en Côte d'Ivoire par cet Institut.

Comme CAP l’avait déjà écrit précédemment, le Pr Gaston Nguérékata n’est pas prophète dans son pays, la République centrafricaine où c’est plutôt la médiocrité qui est actuellement aux commandes mais Inde, il a été particulièrement honoré et porté au pinacle, ce dont son pays doit être extrêmement fier et lui rendre hommage. C’est un exemple pour les jeunes Centrafricains qui doivent rechercher plutôt l’excellence que de se laisser illusionner par les parvenus et les truands qui leur miroitent sans cesse les fruits de leurs prébendes et de leur prédation.

Rédaction C.A.P

 

Quelques images du Pr Nguérékata en Inde

 

 

 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 01:29

 

 

 

baba laddé gl

Radio Ndéké Luka Dimanche, 22 Janvier 2012 12:08

12 femmes ont été prises en otage le 21 janvier 2012 à Batangafo (nord), par les éléments du Front Populaire pour le Redressement (FPR) du rebelle tchadien Baba Ladé. Cette prise d’otages a été menée en représailles à la capture la veille, de l’épouse du chef rebelle par les Forces Armées Centrafricaines (FACA). Cette dernière en provenance du Nigéria regagnait son conjoint.

La capture a été faite au cours des affrontements entre ces 2 forces. Des affrontements pour la libération de la femme capturée. Les FACA ont finalement réussi à refouler leurs ennemis loin de la ville.

Toutefois, 4 personnes suspectées d’être de mèche avec les rebelles tchadiens ont été arrêtées et gardées à vue à la Gendarmerie de Batangafo. Leurs compagnons d’armes ont promis revenir avec un renfort conséquent.

Les forces régulières ont de leur côté annoncé que toutes les dispositions sécuritaires ont déjà été prises pour parer à toute éventualité.

Selon les témoignages recueillis dans la ville, « la peur gagne les populations : Les familles des victimes s’inquiètent du sort réservé à leurs parents. Et tout le monde a les yeux tournés vers les forces de défense et de sécurité de la ville ».

D’autres sources indiquent que « la libération de ces otages est conditionnée à celle de l’épouse de Baba Ladé encore en détention par des FACA ».

La population qui était en débandade pendant les affrontements regagne la ville de Batangafo. Une localité désormais sous le contrôle des Forces Armées Centrafricaines.

Quant aux hommes de Baba Ladé, ils ont battu en retraite. Ils se sont vus obligés de regagner leurs bases arrière vers Kaga Bandoro (nord) et la région de Kabo (nord).

Justement à propos de la ville de Kaga Bandoro, celle-ci a été quadrillée le 20 janvier par le détachement des FACA appuyées par les éléments de la Mission de Conseil de Paix et de Sécurité d’Afrique Centrale (MICOPAX).

Le but de cette opération militaire  est de sécuriser la ville, afin de barrer la route aux exactions de Baba Ladé et ses éléments sur la population civile en proie à l’insécurité.

Selon des sources dignes de foi, « les forces régulières ont bloqué les 5 principaux axes de la localité, imposant ainsi une ceinture de sécurité de 5 kilomètres ».

 

NDLR : Baba Laddé ne doit vraisemblablement plus se trouver dans cette zone qui est actuellement quadrillée. Il doit sûrement s’être mis déjà à l’abri ailleurs. Le déclenchement de ces opérations a trop traîné en longueur et beaucoup été ébruité. On aurait voulu prévenir Baba Laddé de déguerpir des lieux, on ne se serait pas pris autrement.

 

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Source : blog de Makaila Nguebla

Tchad – RCA : le Comité d’Action Révolutionnaire apporte son soutien au FRP du Général Baba Laddé

République du Tchad

Unité-Travail-Progrès

Conseil d’Action Révolutionnaire

Justice-Paix-Dignité


                                Communiqué de presse N°0001/PR/CC/CAR/2012

 

Le Conseil d’Action Révolutionnaire(CAR), tient à exprimer son inquiétude par rapport à la situation qui prévaut à la frontière Tchado-centrafricaine visant à neutraliser le  général Baba Laddé, chef du Front Populaire pour le Redressement(FPR) et ses éléments.

Le CAR, dénonce les arrestations dans la localité de Kaga Bandoro des personnes de confession musulmane supposées proches de ce mouvement armé. Cet amalgame porte un grave préjudice sur les droits des personnes et  la liberté de culte. N’est pas militant du FPR tout musulman ou Peul habitant cette zone.

Le Conseil d’Action Révolutionnaire(CAR), demande aux gouvernements tchadien et centrafricain de privilégier la voie d’un dialogue inclusif avec toutes les forces vives de leur pays respectif. Car, la confrontation armée n’est que perte de vies humaines et destruction matérielle. Il y a un choix judicieux à faire, soit opter sincèrement pour la paix et le dialogue, ou rester à jamais esclaves des vieux démons de la haine, de la guerre et de la mauvaise gouvernance, source de nombreux problèmes.  

Le Conseil d’Action Révolutionnaire(CAR), exige de la part du gouvernement tchadien un virage global, visant à résoudre tous les problèmes qui font le lit des révoltes, notamment la corruption, l’injustice, le népotisme, les gabegies et la confiscation des libertés…
Le seul Tchad possible est celui de la diversité, dépouillé de tous les réflexes de violences, d’injustice, de népotisme, de corruption, de « profilage ethnique » et d’exclusion sociale. Un Tchad réconcilié avec ses valeurs ancestrales qui sont le dialogue sincère, le respect des droits de l’homme et des libertés, le partage équitable des richesses nationales, l’accès à l’emploi pour tous, selon les critères de compétence et non par clientélisme.

Le Conseil d’Action Révolutionnaire(CAR), demande au gouvernement du Tchad, et aux instances internationales d’œuvrer pour une véritable paix au détriment des négociations, au cas par cas, qui ne tiennent pas réellement compte des vrais problèmes du pays, mais qui répondent plutôt à des préoccupations individuelles et mercantiles,  loin des revendications populaires et défis auxquels doit relever le Tchad.

Le Conseil d’Action Révolutionnaire(CAR), exige la libération des personnes civiles arrêtées arbitrairement sur simple dénonciation des populations des localités centrafricaines. Demande aux organisations de défense des droits de l’homme et au CICR de veiller au respect des droits des personnes détenues dans le cadre de cette confrontation entre le FPR et les gouvernements Tchadien et centrafricain.


Vive le Tchad fort, uni et prospère!

Vive les vraies valeurs démocratiques!

Vive le Tchad-puissant d'Hommes intègres!

                                                Fait, le 22 Janvier 2012


                        Le commissaire à la communication


                                     Abbas Kayangar

 

Arrestations massives des ressortissants tchadiens en Centrafrique


Le Front Populaire pour le Redressement (FPR) tient à informer l’opinion publique nationale et internationale sur la vague d’arrestations qui s’abat dans le milieu des ressortissants tchadiens à Bangui et dans plusieurs localités centrafricaines.

Ces arrestations sont orchestrées par l’armée tchadienne avec l’autorisation des forces centrafricaines et surtout l’aval du Président François Bozizé.

Le FPR souligne également que parmi les personnes interpellées figure l’épouse du Général Baba Laddé, dirigeant du Mouvement.

A l’heure où ces actes indignes, ignobles et contraires aux principes du respect des droits de l’homme se commettent en RCA, les forces du FPR, sont contraintes à sortir massivement des zones où elles occupent pour prendre position sur les grandes voies afin de répondre à des éventuelles attaques des troupes tchadiennes et centrafricaines.

Le FPR:

-   exige le retrait immédiat des forces tchadiennes de Bangui, de Kaba et Banssaagafoua,

-    réclame la libération sans délai  de toutes les  personnes arrêtées,

-  demande aux forces impartiales sur place de dénoncer à leur niveau toutes les violations des droits de l’homme qui sont perpétrées par l’armée tchadienne devant leur présence,

-  condamne tout acte visant à éloigner la volonté du FPR de trouver une solution politique au conflit armé au Tchad et en RCA.

                                                         Fait, le 21 janvier 2012


La cellule de communication du Front Populaire pour  le Redressement (FPR)


Contact : 0088 216 212 08 508

 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 01:13

 

 

 

 

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    Francois-Hollande-au-Bourget.jpg

 

 

Mes chers amis, vous qui êtes ici, vous qui me regardez de loin, de plus loin même, je suis venu vous parler de la France, et donc de la République. Je suis venu vous parler de la France qui souffre, mais aussi de la France qui espère. Je suis venu vous parler de la France d’aujourd'hui – une page est en train de s’effacer – et de la France de demain – nous sommes en train de l’écrire. Je suis venu vous parler de la France que nous allons construire le 6 mai. Je le fais ici en Seine-Saint-Denis, ce département aux multiples couleurs, le plus jeune de France, qui accumule tant de difficultés, et qui en même temps recèle tant d’atouts.

Chacune, chacun, ici, plus loin, en métropole, en Outre-mer a son histoire, ses racines, son parcours, ses préférences, sa singularité. Mais nous appartenons à la même Nation, avec ses valeurs, ses principes, sa culture, sa langue, ses institutions et nous aspirons donc au même avenir. L’enjeu de cette campagne qui commence, n’allez pas le chercher dans un affrontement partisan. L’enjeu de cette campagne va bien au-delà de nous, de la Gauche. L’enjeu de cette campagne, à trois mois du premier tour, c’est la France. C’est la France, toujours.

Devant vous rassemblés, foule nombreuse, des milliers, je ressens une profonde émotion, celle d’exprimer votre conviction, votre volonté, votre espérance. Je mesure la fierté d’avoir été désigné par des primaires citoyennes comme candidat à l’élection présidentielle. J’ai conscience de la tâche qui est la mienne : incarner le changement, faire gagner la Gauche et redonner confiance à la France.

Nous sommes ici, mes chers amis, pour changer le destin de notre pays. Je suis prêt à assumer cette responsabilité et donc à vous dire quelle est ma conception de la présidence de la République, et ce qui justifie que je me présente aujourd'hui. Quelle est la plus grande mission que de présider la République française ?

Présider la République, c’est se dévouer à l’intérêt général, dont toute décision doit procéder. C’est éprouver la France par sa raison et dans son cœur. C’est prolonger l’histoire de notre pays, qui vient de loin, avant la République, avec la République, et qui a souvent, si souvent éclairé l’histoire du monde. C’est se situer à cette hauteur. C’est s’en montrer digne, partout, en tout lieu et dans tous les actes qu’exige la fonction présidentielle.

Présider la République, c’est préserver l’Etat, sa neutralité, son intégrité, face aux puissances d’argent, face aux clientèles, face au communautarisme. Présider la République, c’est être viscéralement attaché à la laïcité, car c’est une valeur qui libère et qui protège. Et c’est pourquoi j’inscrirai la loi de 1905, celle qui sépare les Eglises de l’Etat, dans la Constitution.

Présider la République, c’est refuser que tout procède d’un seul homme, d’un seul raisonnement, d’un seul parti, qui risque d’ailleurs de devenir un clan. Présider la République, c’est élargir les droits du Parlement. C’est reconnaître les collectivités locales dans leur liberté. C’est engager un nouvel acte de la décentralisation. C’est promouvoir les partenaires sociaux. C’est reconnaître leur rôle dans la Constitution. C’est faire participer les citoyens aux grands débats qui les concernent, et le premier sera l’avenir de l’énergie en France.

Présider la République, c’est choisir les femmes, les hommes qui gouverneront la France en respectant leurs compétences, et d’abord celles du Premier ministre. Présider la République, c’est accepter de partager le pouvoir de nomination aux plus hautes fonctions. C’est aussi ne pas nommer le président ou les présidents des chaînes ou des radios du service public audiovisuel et laisser cette mission à une autorité indépendante.

Présider la République, c’est démocratiser les institutions. Et j’introduirai le non-cumul des mandats pour les Parlementaires, une part de proportionnelle à l’Assemblée nationale, la parité dans l’exercice des responsabilités et le droit de vote des étrangers aux élections locales, sans rien craindre pour notre citoyenneté, pour la cohésion du pays, en mettant de côté les peurs, les frilosités et les conservatismes.

Présider la République, c’est faire respecter les lois pour tous, partout, sans faveur pour les proches, sans faiblesse pour les puissants, en garantissant l’indépendance de la justice, en écartant toute intervention du pouvoir sur les affaires, en préservant la liberté de la presse, en protégeant ses sources d’information, en n’utilisant pas le renseignement ou la police à des fins personnelles ou politiques. Présider la République, c’est être impitoyable à l’égard de la corruption. Et malheur aux élus qui y succomberont ! Présider la République, c’est rassembler, c’est réconcilier, c’est unir, sans jamais rien perdre de la direction à suivre. C’est écarter la stigmatisation, la division, la suspicion, les oppositions entre Français, ceux qui seraient là depuis toujours, ceux qui seraient là depuis moins longtemps.

Présider la République, c’est élever et ne jamais abaisser. Présider la République, c’est être ferme, ferme y compris à l’égard de l’immigration clandestine et de ceux qui l’exploitent. Mais c’est traiter dignement les étrangers en situation régulière et ceux qui ont vocation à l’être sur la base de critères objectifs. C’est accueillir les étudiants étrangers qui veulent apprendre dans notre pays pour enrichir le leur et qui font rayonner la France. Et aucune circulaire ne doit empêcher de circuler les étudiants, les savants, les artistes qui viennent ici pour donner le meilleur d’eux-mêmes.

Présider la République, c’est porter les valeurs de la France dans le monde. C’est considérer les autres peuples pour qu’ils nous estiment en retour. C’est s’abstenir de faire la leçon, y compris sur leur place dans l’histoire. C’est ne jamais transiger avec les fondements du génie français, qui sont l’esprit de liberté, la défense des droits de l’homme, l’attachement à la diversité culturelle et à la francophonie, la belle langue de France parlée par d’autres que des Français. Présider la République, c’est ne pas inviter les dictateurs en grand appareil à Paris. Présider la République, c’est utiliser notre siège au Conseil de sécurité des Nations-Unies pour acter le départ de ceux qui écrasent leur peuple, comme Bachar el-Assad en Syrie. C’est inlassablement contribuer à la paix au Proche-Orient.

Mais Présider la République, c’est savoir aussi prendre des décisions difficiles, pas simplement à la suite d’un drame. Je pense à nos morts en Afghanistan, auxquels je veux rendre hommage ici, avec émotion, avec dignité, avec respect, comme aux blessés qui souffrent dans leur chair. Je pense à leurs familles dans la peine. Je les ai écoutées. Je pense à leurs proches qui s’interrogent. Ces hommes assassinés faisaient leur devoir. Leur sacrifice suscite le respect de la Nation toute entière. Mais il faut aussi avoir la lucidité d’affirmer, au-delà du dévouement des hommes là-bas pour leur pays, que notre mission est terminée. Elle avait été engagée il y a plus de dix ans par Lionel Jospin et Jacques Chirac dans un but précis, qui était de répondre à l’attaque terroriste sur les Etats-Unis. Je l’avais pleinement approuvée. Et bien aujourd'hui, cette mission est achevée. Il est donc temps de décider le retrait qui s’impose, et je l’ai décidé de longue date. J’en assumerai donc, si les Français m’en donnent mandat, toute la responsabilité. J’en préviendrai nos alliés et je ferai en sorte que ce retrait se fasse en bon ordre, sans en aucune façon menacer la vie de nos soldats.

Présider la République enfin, c’est donner le meilleur de soi-même, sans jamais attendre en retour récompense ni même reconnaissance. C’est être ambitieux pour son pays et humble pour soi-même. C’est se donner pleinement, entièrement à la cause que l’on a choisie, la seule cause qui vaille : servir la France. Présider la République, c’est mettre toute la puissance de l’Etat au service des citoyens. C’est donner l’exemple, y compris dans son comportement et pour sa propre rémunération. Et je ne dis pas cela par facilité ou par commodité ou pour plaire, mais tout simplement parce que ce doit être un principe. Je réduirai de 30 % les indemnités du Président et des membres du gouvernement, tout simplement pour donner l’exemple au moment où, précisément, des efforts sont demandés à nos concitoyens.

Présider la République, c’est à cette fonction que je me suis préparé. J’en sais la grandeur, la dureté. Je veux le faire en étant digne de votre confiance et en restant fidèle à moi-même. Tout dans ma vie m’a préparé à cette échéance : mes engagements, mes responsabilités, mes réussites, mes épreuves. J’ai toujours suivi la ligne que je m’étais fixée.

Je suis socialiste. La Gauche, je ne l’ai pas reçue en héritage. Il m’a fallu décider lucidement d’aller vers elle. J’ai grandi en Normandie dans une famille plutôt conservatrice. Mais cette famille m’a donné la liberté de choisir, par son éducation. Je remercie mes parents. Mon père, parce qu’il avait des idées contraires aux miennes et qu’il m’a aidé à affirmer mes convictions. Ma mère, parce qu’elle avait l’âme généreuse et qu’elle m’a transmis ce qu’il est de plus beau : l’ambition d’être utile.

La Gauche, je l’ai choisie, je l’ai aimée, je l’ai rêvée avec François Mitterrand dans la conquête. La Gauche, je l’ai défendue fermement dans ses réalisations : celles de 1981, celles de 1988. La Gauche, je l’ai servie comme élu de la République, comme député. La Gauche, je l’ai dirigée avec Lionel Jospin, quand nous gouvernions ensemble le pays avec honneur et j’en revendique les avancées. Aujourd'hui, c’est moi qui vous représente. C’est moi qui porte votre espoir. C’est moi qui porte l’obligation de gagner. C’est moi qui vais dans ce combat vous conduire à la victoire, celle que vous attendez depuis trop longtemps, dix ans déjà. Dix ans qu’une droite s’est installée au pouvoir et qu’elle a défait ce que nous avons construit.

Chers amis, laissez-moi vous en dire davantage. Je suis un élu de la France rurale où les agriculteurs démontrent l’excellence de leur travail sans en recevoir le revenu qu’ils méritent. Je suis de ce Limousin, de cette Corrèze où j’ai tant appris. J’ai été maire de Tulle, une ville petite par la taille, à peine 17 000 habitants, mais grande par l’histoire. Tulle a été une cité de la Résistance. Elle a souffert le martyre : 99 pendus, 200 déportés le 9 juin 1944, emportés par la barbarie nazie. Chaque année, ce 9 juin, un cortège s’ébranle dans les rues de ma ville pour rappeler la mémoire des suppliciés. Une guirlande est accrochée au balcon, là où un corps sans vie se balançait lentement. J’ai leur nom dans la tête. Ce sont mes héros. Je ne les oublierai jamais. Ils me font avancer. Ils me rappellent à chaque moment la belle leçon d’humanité de ceux qui ont sacrifié leur vie, leur vie pour notre liberté. Ces résistants n’ont pas eu de célébrité, pas de récompense, pas de médaille. Ils ne cherchaient rien, ils ne demandaient pas des bonus ou des stocks-options pour leurs actions. Ils étaient des hommes, des femmes fiers. Ce n’était pas l’ambition ou la cupidité qui les animaient. Ceux-là ont sauvé notre honneur parce qu’ils croyaient d’abord dans les valeurs de la France. Et bien c’est leur lutte qui m’éclaire aujourd'hui.

Je suis président d’un Conseil général, celui de la Corrèze. Un département célèbre pour ses personnalités politiques, mais qui est exigeant. Celui qui réussit à obtenir son soutien a au moins des qualités de cœur, même s’il n’a pas toujours raison. Rien ne m’a été donné. Ce que j’ai arraché, je l’ai conquis et je l’ai fait fructifier. J’ai déclaré ma candidature à l’élection présidentielle il y a presque un an. J’ai réussi à convaincre les électeurs des primaires citoyennes, quand bien peu imaginaient mon succès à l’origine. J’ai veillé, au lendemain de cette consultation, à rassembler tous ceux qui s’y étaient présentés, et je les salue avec affection, comme je salue Martine Aubry qui nous a permis de nous retrouver tous ensemble, et Jean-Michel Baylet qui nous apporte aussi les Radicaux de gauche.

Chers amis, si j’en suis là, c’est le fruit de cette obstination. Le hasard n’y est pour rien. C’est un aboutissement. Vous me connaissez, certains, depuis longtemps, trente ans. C’est un bail qui récompense, pour les uns et pour les autres, une fidélité et une ténacité. C’est vrai que je ne m’exhibe pas, je reste moi-même, c’est ma force. Ce que vous voyez ici, c’est ce que je suis. Je veux conquérir le pouvoir, mais je ne suis pas un vorace, je veux simplement le mettre au service des Français. Le pouvoir, j’en sais la nécessité, l’utilité, et j’en connais les dérives. Je suis placide avec ces choses, j’ai fait de l’engagement ma vie entière. J’ai sacrifié beaucoup. J’ai donné, j’ai reçu du temps, du travail, des coups, mais j’ai une cohérence, je m’y tiens, je suis constant dans mes choix. Je n’ai pas besoin de changer en permanence pour être moi-même. J’ai conscience que l’Etat, pour être efficace, appelle une direction sûre à sa tête, mais qu’il n’y a pas de réussite possible si celui qui est à la tête du pays, précisément, n’associe pas les autres, ne mobilise pas les intelligences, ne gagne pas le meilleur de ce qu’il y a dans chacun d’entre nous, ne fait pas entendre la voix du rassemblement, de la réconciliation et de l’apaisement. Je n’aime pas les honneurs, les protocoles et les palais. Je revendique une simplicité qui n’est pas une retenue, mais la marque de l’authentique autorité.

Je vais vous confier mon secret, ce secret que j’ai gardé depuis longtemps mais que vous avez sans doute découvert : j’aime les gens, quand d’autres sont fascinés par l’argent. Je prends chaque regard comme une attente, chaque visage comme une curiosité, chaque poignée de main comme une rencontre, chaque sourire comme une chance.

Je connais l’Etat pour en être issu et pour l’avoir servi de multiples façons. Certains me reprochent de n’avoir jamais été ministre. Quand je vois ceux qui le sont aujourd’hui, cela me rassure ! Ce sont les mêmes qui reprochaient en son temps à François Mitterrand de l’avoir été onze fois ! Et dois-je rappeler, en gardant la comparaison, que Georges Clémenceau ne devint ministre et président du Conseil qu’à 65 ans ? Mais je n’attendrai pas jusque-là, je vous le promets ! Je sais aussi que l’Histoire peut être tragique, que rien n’est jamais acquis, que tout ce que l’on croit irréversible, inaltérable, inattaquable peut être à tout moment atteint en son cœur. La crise, le fanatisme, le terrorisme, sans oublier les catastrophes naturelles : nous ne sommes jamais en paix. Le cours de l’Humanité n’est pas tranquille. Il connaît d’inexplicables assèchements, et parfois d’impensables débordements. L’homme d’Etat doit se préparer à tout, c’est-à-dire au pire, et toujours rester vigilant, poursuivre inlassablement le combat qui est le sien pour le progrès, pour la dignité humaine, pour la démocratie, ne pas se laisser détourner pas les mouvements d’humeur, par les modes, par les contournements de l’Histoire, tenir son cap. Je suis un optimiste de la volonté. Je crois que le meilleur est possible, qu’un peuple réuni autour d’un projet commun construit sa propre histoire. Je suis convaincu que les Français attendent aujourd’hui une direction forte, un rassemblement sur l’essentiel, et surtout de la part de celui qui doit les conduire, une considération, un apaisement, un respect, une confiance.

La confiance est un mot qui ne figure pas dans les lois ou dans les règlements, qui ne coûte rien mais qui peut rapporter beaucoup. Elle commande beaucoup de choses. Elle ne résout rien par elle-même, mais elle autorise tout si on sait la saisir. Et c’est pourquoi je veux redonner confiance aux Français.

Deux grandes dates ont marqué ma vie politique, l’une violente, le 21 avril 2002, une blessure que je porte encore sur moi, j’en ai la trace, ce soir terrible ou l’extrême droite, faute de vigilance et de lucidité face à la menace, face à la dispersion, met la Gauche hors-jeu et permet à la Droite de s’installer pour dix ans. J’en ai tiré toutes les leçons. Moi, je ne laisserai pas faire, je ne laisserai pas les ouvriers, les employés, aller vers une famille politique qui n’a jamais rien fait pour servir les intérêts de ces classes-là. Je ne laisserai pas un parti caricaturer les problèmes sans jamais apporter la moindre solution crédible. Je ne laisserai pas une formation politique se présenter comme la voix du peuple alors qu’elle veut simplement se servir de lui. Je ne laisserai pas s’éloigner au nom de la France des citoyens, nos amis, qui peuvent penser que l’ennemi est ici, qu’il a une couleur et une religion, ce qui serait contraire aux principes mêmes de notre République. Je ne laisserai pas utiliser la colère et la détresse pour mettre en cause la République, la construction européenne et les droits de l’homme. Je ne laisserai pas une formation politique réclamer le rétablissement de la peine de mort. Je me battrai, je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour conjurer ce risque et pour éviter que l’élection présidentielle soit tronquée. Parce que ce qu’attendent une grande majorité de nos concitoyens, c’est finalement le choix entre la Gauche et le Droite, c’est-à-dire le choix le plus clair pour permettre à notre pays de faire véritablement la décision.

L’autre date qui reste gravée dans ma mémoire est plus heureuse, c’est le 10 mai 1981. J’avais 26 ans. Je sais ce qu’elle a représenté pour tous ceux qui avaient attenu pendant des décennies, si longtemps donc, ce moment, l’alternance enfin, le bonheur de la victoire. Il y a eu bien sûr d’autres succès pour la Gauche : 1988, 1997, mais ils ne pouvaient pas avoir la même portée. Et pour autant, je ne veux pas verser dans la nostalgie. L’épopée de la Gauche ne peut pas se réduire à des moments exceptionnels : 1936, 1981. Moi, je veux installer la Gauche dans la durée, et si je suis candidat, c’est pour renouer le fil, pour poursuivre la marche, pour mettre en accord la Gauche avec la France. Je veux, amis ici et au-delà, voir votre bonheur le 6 mai, la joie, je veux voir la joie de la conquête, l’enthousiasme de l’audace, et en même temps les débordements de la liberté. Je veux gagner avec vous le droit de présider la France.

Je connais bien notre pays, je l’ai parcouru, sillonné tant de fois, sans jamais me lasser de le découvrir. Je connais ses villes qui changent, qui créent, qui entreprennent, ses espaces façonnés par le travail patient de nos agriculteurs, son espace maritime travaillé par les pêcheurs, ses lieux de production où l’intelligence des salariés se conjugue avec la compétence des ingénieurs. Je n’ignore rien non plus de nos villages où le silence s’est fait et où la vie s’est retirée, je n’ignore rien de ces quartiers de relégation où se mêlent la colère, le désespoir et malgré tout le talent et la volonté de réussir. C’est cette France que je veux avec vous servir.

Comme vous, je connais la gravité de l’heure que nous vivons. Une crise financière déstabilise les Etats, des dettes publiques énormes donnent aux marchés tous les droits. L’Europe se révèle incapable de protéger sa monnaie de la spéculation. Notre propre pays est confronté à un chômage record et s’enfonce dans la récession autant que dans l’austérité. Le doute s’est installé. Je le mesure chaque jour. Il se charge en défiance envers l’Europe et même envers la démocratie. Il se transforme en indignation devant l’injustice d’un système, l’impuissance d’une politique, l’indécence des nantis. Il dégénère en violence privée, familiale, sociale, urbaine, avec cette terrible idée qui s’est installée, qui se diffuse dans notre conscience collective : la marche vers le progrès se serait arrêtée, nos enfants seraient condamnés à vivre moins bien que nous. Eh bien, c’est contre cette idée-là que je me bats. Voilà pourquoi je suis candidat à l’élection présidentielle. Je veux redonner confiance aux Français dans leur vie : la France a traversé dans son histoire bien des épreuves, bien des crises, des guerres, des révolutions, elle les a toujours surmontées, toujours en refusant l’abaissement, la résiliation, le repli, jamais en succombant au conformisme, à la peur, à la loi du plus fort, mais en restant fidèle aux valeurs de la République, en allant puiser en elle-même le courage pour accomplir les efforts, pour défendre son modèle social, pour garder sa fierté en redressant la tête, en regardant lucidement le défi à affronter, en débattant librement et en faisant les choix qui s’imposent.

Il n’y a jamais, je dis bien jamais, une seule politique possible, quelle que soit la gravité de la situation. L’Histoire n’est pas l’addition de fatalités successives, elle nous enseigne qu’il y a toujours plusieurs chemins. La voie que je vous propose, c’est le redressement dans la justice, c’est l’espérance dans la promesse républicaine.

Mais avant d’évoquer mon projet, je vais vous confier une chose. Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. Sous nos yeux, en vingt ans, la finance a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies. Désormais, il est possible en une fraction de seconde de déplacer des sommes d’argent vertigineuses, de menacer des Etats.

Cette emprise est devenue un empire. Et la crise qui sévit depuis le 15 septembre 2008, loin de l’affaiblir, l’a encore renforcée. Face à elle, à cette finance, les promesses de régulation, les incantations du « plus jamais ça » sont restées lettre morte. Les G20 se sont succédés sans résultat tangible. En Europe, 16 sommets de la dernière chance ont été convoqués pour reporter au suivant la résolution définitive du problème. Les banques, sauvées par les Etats, mangent désormais la main qui les a nourries. Les agences de notation, décriées à juste raison pour n’avoir rien vu de la crise des subprimes, décident du sort des dettes souveraines des principaux pays, justifiant ainsi des plans de rigueur de plus en plus douloureux. Quant aux fonds spéculatifs, loin d’avoir disparu, ils sont encore les vecteurs de la déstabilisation qui nous vise. Ainsi, la finance s’est affranchie de toute règle, de toute morale, de tout contrôle.

Disant cela, je ne montre pour autant aucune indulgence sur le quinquennat qui arrive à son terme. Mais là n’est déjà plus la question. Les jugements sont faits. Commencé dans la virevolte, ce quinquennat finit dans la tourmente. Plombé par des cadeaux fiscaux destinés aux plus fortunés, il s’achève par des hausses de prélèvements imposées à tous les Français. Inauguré par une promesse de retour au plein emploi, il se termine par un chômage record. Et que dire des déficits, de la dette, de la désindustrialisation, de la démolition des services publics, notamment de l’école ?

Un seul mot résume cette présidence : la dégradation. Tout s’est dégradé. Je ne parle pas d’une note. Je ne parle même pas des comptes publics. Je parle des conditions de vie, des comportements, tout simplement de la situation du pays. A l’injustice dans les choix, l’incohérence des décisions se sont ajoutés l’accaparement du pouvoir et la connivence avec les puissants, avec ce paradoxe ultime que la volonté d’omnipotence débouche sur un aveu d’impuissance. Voilà pourquoi le changement n’est pas seulement celui d’un président, d’un gouvernement ou d’une majorité. Il faut aller bien plus loin : c’est un changement de politique, de perspective, de dimension qu’il faut offrir à notre pays le 22 avril et le 6 mai.

Si la finance est l’adversaire, alors il faut l’affronter avec nos moyens et d’abord chez nous, sans faiblesse mais sans irréalisme, en pensant que ce sera un long combat, une dure épreuve mais que nous devrons montrer nos armes. Maîtriser la finance commencera ici par le vote d’une loi sur les banques qui les obligera à séparer leurs activités de crédit de leurs opérations spéculatives. Aucune banque française ne pourra avoir de présence dans les paradis fiscaux.

Les produits financiers toxiques, c’est-à-dire sans lien avec les nécessités de l’économie réelle seront purement et simplement interdits. Les stocks options seront supprimées. Et les bonus encadrés Enfin, je proposerai une taxe sur toutes les transactions financières, non pas le rétablissement de l’impôt de bourse, ce qui va être fait et qui a été supprimé il y a quelques mois – c’est vous dire la cohérence ! Non, je proposerai une véritable taxe sur les transactions financières, avec ceux en Europe qui voudront la mettre en œuvre avec nous. Je proposerai aussi, si l’on veut éviter d’être jugés par des agences de notation dont nous contestons la légitimité, de mettre en place au niveau européen une agence publique de notation.

L’autre point par rapport à la finance est européen. La zone euro se défait sous nos yeux. La France doit retrouver l’ambition de changer l’orientation de l’Europe. Elle imposera de savoir convaincre et entraîner nos partenaires. On me demande souvent : « mais comment allez vous faire pour faire venir vos alliés dans cette Europe, sur les positions que vous défendez, puisque le Président sortant n’y est pas arrivé » ? Mais ce qui va changer, c’est le vote des Français, qui sera notre levier pour convaincre. Les destins de l’Europe et de la France sont liés, la grandeur de la France ne peut pas être séparée de la force de l’Europe. Nous avons besoin d’Europe, elle doit nous aider à sortir de la crise mais pas imposer une austérité sans fin qui peut nous entraîner dans la spirale de la dépression. Les disciplines sont nécessaires, des engagements, devront être pris pour le désendettement et être respectés. Mais c’est la croissance qui nous permettra d’y parvenir le plus sûrement. C’est pourquoi je proposerai à nos partenaires un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance. Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre pour lui apporter la dimension qui lui manque, c’est-à-dire la coordination des politiques économiques, des projets industriels, la relance de grands travaux dans le domaine de l’énergie et puis les instruments pour dominer la spéculation, un fonds européen qui puisse avoir les moyens d’agir sur les marchés avec l’intervention de la Banque centrale européenne qui devrait être, finalement, au service de la lutte contre la spéculation. J’agirai en faveur de la création d’euro-obligations afin de mutualiser une partie des dettes souveraines, de financer les grands projets. Je défendrai, parce que c’est le sens du projet européen, une démocratie qui associera les parlements nationaux et européens aux décisions qui devraient concerner les Etats. Je proposerai une nouvelle politique commerciale en Europe qui fera obstacle à la concurrence déloyale, qui fixera des règles strictes en matière sociale, en matière environnementale, de réciprocité. Une contribution écologique sera installée aux frontières de l’Europe pour venir compléter ce dispositif. Je continuerai à agir pour une parité juste de l’euro vis-à-vis du dollar américain. Je n’accepterai pas que la monnaie chinoise soit encore inconvertible alors que cette première puissance commerciale finit par être excédentaire sans que sa monnaie, jamais, ne soit réévaluée.

L’Europe a bien des défauts, je les connais. Mais en même temps elle est notre bien commun. Défendons-la, elle en a besoin, elle le mérite ! Ce qui manque à l’Europe, c’est du mouvement – et c’est un Européen de cœur qui le dit – mais pas dans n’importe quelle Europe : le mouvement vers une Europe de croissance, vers une Europe de solidarité, vers une Europe de protection. C’est la vocation de l’a France que de la construire avec l’Allemagne et avec les pays qui voudront nous accompagner.

Aucun des grands défis de l’Europe ne peut se résoudre sans le pacte d’amitié, dans l’égalité, que Français et Allemands ont noué au lendemain de la guerre. Je proposerai donc à nos amis allemands une nouvelle relation de vérité et d’égalité. De leur côté, ils devront faire preuve de solidarité. L’Allemagne ne restera pas forte dans une Europe faible. Elle ne restera pas riche dans une Europe appauvrie, voilà la vérité. Je sais que beaucoup en Allemagne le comprennent. Mais du nôtre, nous devons faire aussi des efforts, efforts de compétitivité, de justice fiscale. Voilà le pacte qu’il va falloir nouer et ouvrir un nouveau cycle en Europe, celui d’une coopération économique, industrielle, énergétique entre nos deux pays. Voilà pourquoi, en janvier 2013 – c’est tout proche, ce sera quelques mois après le rendez-vous du 6 mai –, si les Français m’en donnent mandat, je proposerai à la chancelière d’Allemagne l’élaboration d’un nouveau traité franco-allemand, traité de l’Elysée un demi-siècle après l’acte fondateur de De Gaulle et d’Adenauer qui engagea une dynamique pour nos deux pays.

Chers amis, je veux redonner confiance à la France dans l’Europe. Je veux maintenant vous dire ce que je veux pour le redressement de notre pays. Ce qui est en cause n’est plus la souveraineté d’hier, quand notre territoire était menacé. Ce qui est en cause, c’est la souveraineté de la République face aux marchés et à la mondialisation. Voilà pourquoi je veux redresser la France, la redresser financièrement, la redresser économiquement, la redresser industriellement. Notre pays a abandonné depuis trop longtemps son industrie, aveuglé par la chimère d’une économie sans usine, sans machine, comme si l’immatériel pouvait remplacer le travail de l’ouvrier, du contremaître, de l’ingénieur et de son savoir-faire. La réindustrialisation de la France sera ma priorité. Je créerai une banque publique d’investissement qui, en complément des fonds régionaux, accompagnera le développement des entreprises stratégiques. Je favoriserai la production en France en orientant les financements et les allégements fiscaux vers les entreprises qui investissent sur notre territoire, qui y localisent leurs activités, qui y mettent leurs emplois et qui sont en plus offensives à l’exportation. Je mobiliserai l’épargne des Français en créant un livret d’épargne dont le produit sera entièrement dédié au financement des PME et des entreprises innovantes.

J’exigerai des entreprises qui se délocalisent qu’elles remboursent immédiatement les aides publiques reçues. Je donnerai priorité aux PME : ce sont elles qui embauchent, ce sont elles qui doivent être aidées avant tout, c’est pour elles que nous élargirons le crédit impôt recherche, que nous abaisserons l’impôt sur les sociétés, que nous créerons une agence pour les PME. Je soutiendrai l’économie numérique en organisant avec les collectivités locales et les industriels la couverture intégrale de la France en très haut débit d’ici 10 ans.

Le retour de la croissance passe aussi par la transition énergétique. Je me suis engagé à ce que la part du nucléaire dans la production d’électricité soit réduite de 75 % à 50 % d’ici 2025. Nous avons besoin d’une industrie nucléaire forte, inventant les technologies, les progrès de demain, mais nous avons besoin aussi d’énergies renouvelables, nous avons besoin aussi d’un plan d’économies d’énergie parce que ce sont ces trois actions – le nucléaire, les énergies renouvelables et les économies d’énergie – qui nous permettront d’avoir une perspective industrielle. Les économies d’énergie, nous les mettrons en œuvre par un plan de grands travaux : un million de logements neufs et anciens bénéficieront d’une isolation thermique de qualité. Nous créerons des dizaines de milliers d’emplois en améliorant en plus le pouvoir d’achat des ménages, par rapport à leurs frais de chauffage. Enfin, il n’y aura pas de retour à la croissance, pas d’industrie forte sans un effort de recherche et d’innovation. C’est tout notre avenir de nation industrielle qui se joue là. J’ai confiance dans la science, dans le progrès, dans la recherche, dans la capacité des inventeurs à nous donner les produits de demain sans avoir pour autant la crainte pour notre environnement. Parce que la recherche est aussi au service de l’écologie et de l’environnement.

Redresser l’économie, redresser l’industrie, mais aussi redresser les finances. Le niveau de la dette publique n’a jamais été aussi élevé. La dette publique a doublé depuis 2002. 10 ans de droite auront coûté aussi cher que tous les gouvernements réunis de la Ve République. Je n’ai ici pas compté tous les présidents qui se sont succédé mais, quels que soient leurs mérites ou leurs défauts, aucun n’avait été capable de mettre la dette publique à ce niveau-là. Il a fallu attendre 2002 pour avoir cette dérive. Pour maîtriser la dette, je rétablirai l’équilibre budgétaire en fin du mandat qui me sera confié. Pour atteindre cet objectif, je reviendrai sur les cadeaux fiscaux et les multiples niches fiscales accordées depuis une décennie aux ménages les plus aisés et aux plus grosses entreprises. Cette réforme permettra de dégager près de 30 milliards de recettes supplémentaires. Mais dans le même temps, les dépenses de l’Etat seront maîtrisées. Toute nouvelle dépense sera financée par des économies, le nombre total de fonctionnaires n’augmentera pas, mais il sera mis fin à la règle aveugle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Ce redressement, mes amis, est indispensable. Mais il ne sera possible que dans la justice. Chaque nation a une âme. L’âme de la France, c’est l’égalité. C’est pour l’égalité que la France a fait sa révolution et a aboli les privilèges dans la nuit du 4 août 1789. C’est pour l’égalité que le peuple s’est soulevé en juin 1848. C’est pour l’égalité que la IIIe République a instauré l’école obligatoire et l’impôt citoyen sur le revenu. C’est pour l’égalité que le Front populaire a œuvré en 1936. C’est pour l’égalité que le gouvernement du général de Gaulle a institué la sécurité sociale en 1945. C’est pour l’égalité que François Mitterrand a été élu en 1981. C’est pour l’égalité que nous avons fait, avec Lionel Jospin, la couverture maladie universelle et l’allocation personnelle à l’autonomie. C’est pour l’égalité que nous aurons aussi à combattre et à proposer aux Français le changement.

L’égalité, c’est ce qui a permis à un enfant orphelin de père élevé par une mère pauvre, sourde et illettrée, de devenir prix Nobel de littérature. Il s’appelait Albert Camus et, après avoir reçu son prix, il écrivit en ces termes à son vieil instituteur : « ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement, sans votre exemple, rien de tout cela ne me serait arrivé. » C’est pour l’égalité que nous devons agir parce que, depuis 10 ans, l’égalité recule partout. Partout, des privilèges apparaissent à mesure qu’une nouvelle aristocratie – j’emploie le mot à dessein – arrogante et cupide s’installe et prospère. 1 % des Français privilégiés se séparent du reste de la société. Ils vivent à côté de nous mais ils ne vivent déjà plus avec nous. Parfois, ils ne vivent même pas chez nous. Une véritable sécession sociale a vu le jour ces dernières années : des quartiers relégués, abandonnés et de l’autre des quartiers protégés, sécurisés pour que nul ne vienne déranger. Je serai le Président de la fin des privilèges parce que je ne peux pas admettre que, pendant ce temps-là, pendant que certains s’enrichissent sans limite, la précarité s’étende, la pauvreté s’aggrave et 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, dont beaucoup trop d’enfants.

Qu’on m’entende bien, l’égalité, ce n’est pas l’égalitarisme, c’est la justice. L’égalité, ce n’est pas l’assistanat, c’est la solidarité. Les Français n’ont rien à craindre de l’égalité, rien à craindre de la justice, rien à craindre de la redistribution. Les Français doivent savoir que, s’ils m’élisent, je ne poserai comme président qu’une seule question : avant tout effort supplémentaire, avant toute réforme, avant toute décision, avant toute loi, avant tout décret, je ne me poserai qu’une seule question : est-ce que ce que l’on me propose est juste ? Si c’est juste, je le prends, si ce n’est pas juste, je l’écarte. Seule la justice doit guider notre action.

C’est pourquoi j’engagerai avec le Parlement la réforme fiscale dont notre pays a besoin. C’est pour la justice que je reviendrai sur les allègements de l’impôt sur la fortune, c’est pour la justice que je veux que les revenus du capital soient taxés comme ceux du travail. Qui peut trouver normal qu’on gagne plus d’argent en dormant qu’en travaillant ? C’est pour la justice que je veux fusionner, après les avoir rapprochés, l’impôt sur le revenu et la contribution sociale généralisée, dans le cadre d’un prélèvement progressif sur le revenu. C’est pour la justice que je porterai la tranche supérieure à 45 % de l’impôt sur le revenu pour ceux qui touchent plus de 150 000 euros. Et on ne me fera pas croire qu’avec 150 000 euros, ce sont les classes moyennes qui seront concernées ! C’est pour la justice que je veux que nul ne puisse tirer avantage de niches fiscales au-delà d’une somme de 10 000 euros de diminution d’impôts par an.

Je sais que le combat sera rude, qu’on cherchera à faire peur, qu’on inquiètera… Si demain nous sommes en responsabilité, ceux à qui l’on prendra feront davantage entendre leur voix que ceux à qui l’on donnera. Je sais qu’il n’y aura pas de manifestation pour nous soutenir. C’est rare, c’est exceptionnel. Mais il peut y en avoir pour nous contester. Je sais que certains chercheront à nous faire peur et à effrayer les classes moyennes alors qu’elles ne trouveront qu’avantage dans la réforme que nous présenterons, prétendre que les grandes fortunes quitteront notre territoire. Mais est-ce que le bouclier fiscal a fait revenir les grandes fortunes en France ? Non ! Est-ce que le bouclier fiscal les a enrichies plus encore ? Oui ! Est-ce que les impôts de la plupart des Français ont baissé ? Non, ils ont augmenté ! Est-ce que ceux des plus favorisés ont diminué depuis 5 ans ? Oui ! Est-ce que la TVA n’est pas plus inquiétante dès lors qu’elle concernera tous les Français, mille fois oui, elle est plus inquiétante que ce que nous proposons !

Ce n’est pas seulement la réforme fiscale. L’égalité doit concerner tous les domaines de la vie en société. L’égalité doit commencer à faire partir à la retraite ceux qui ont commencé à travailler tôt, exercé les métiers les plus pénibles. Et c’est pourquoi, tout en ayant le souci de maîtriser les comptes et en ouvrant une négociation sur la réforme des retraites indispensable — puisque celle qui a été votée est non seulement injuste mais pas financée -, eh bien sans attendre l’ouverture de cette négociation, tous ceux qui ont 60 ans et qui auront cotisé 41 années retrouveront le droit à partir à la retraite à taux plein. La négociation, elle, portera sur la pénibilité, les décotes, le montant des pensions, l’âge légal, l’évolution des recettes, indispensable, et la pérennité de notre système par répartition.

L’égalité, c’est aussi le meilleur accès pour tous au logement. Nous manquons de logements en France. Ils atteignent des prix insupportables, et pas simplement dans les grandes villes. Il faut donc plus de logements. C’est pourquoi je prendrai une décision : l’Etat montrera l’exemple, il mettra immédiatement à la disposition des collectivités locales tous ses terrains disponibles pour leur permettre de construire de nouveaux logements dans un délai de cinq ans. Plus de logements, plus de logements sociaux, et c’est pourquoi le Livret A — qui sert à collecter une épargne précieuse pour le logement social-, eh bien le livret A verra son plafond doubler, afin que tous les Français, par leur épargne, puissent financer le logement social.

Il faut plus de logements, plus de logements sociaux, et des logements moins chers. Je sais que cela prendra du temps, mais pour éviter les abus, j’encadrerai les loyers là où les prix sont manifestement excessifs. Il faut des villes plus équilibrées. Et je multiplierai par cinq les sanctions qui pèsent sur les communes qui bafouent la loi de solidarité urbaine.

L’égalité, l’égalité toujours, l’égalité pour la santé ! Nos professions de santé sont d’une qualité remarquable. J’en fais à chaque fois l’expérience. Leur métier est l’un des plus difficiles qui soient. Sans elles, le système se serait déjà effondré et, en même temps, trop de Français doivent renoncer à se soigner, pour des raisons financières ou pour des raisons de domicile. Les dépassements d’honoraires seront donc encadrés. Nous combattrons les déserts médicaux. Et par un nouveau système de tarification, qui fera la part entre l’activité et le service public, l’hôpital public sera conforté dans ses tâches et dans ses missions. Et je prends l’engagement que personne, je dis bien personne dans notre pays, ne soit à plus d’une demi-heure de transport d’un lieu de traitement des urgences médicales.

L’égalité, l’égalité encore, c’est le même accès pour tous à l’eau, au chauffage, à l’électricité. Il n’est pas, quand même, normal qu’une famille modeste paie l’eau au même prix, quand elle boit cette eau, que ceux qui la déversent sans compter ! Je créerai donc un tarif progressif de l’eau, comme du gaz et de l’électricité, qui garantira, au moins pour un certain volume, un prix stable et juste.

L’égalité, c’est le même salaire quand on a les mêmes compétences et les mêmes responsabilités. Comment la France, comment la République peut-elle accepter que les femmes soient moins bien payées que les hommes ? Les exonérations de cotisations sociales aux entreprises qui ne respectent pas cette règle seront purement et simplement supprimées.

L’égalité, toujours l’égalité, c’est aider les territoires qui en ont le plus besoin et notamment, et je parle ici en Seine Saint-Denis, nos banlieues. Cela veut dire qu’il faudra cesser d’aider de la même façon le quartier difficile d’une ville riche et le quartier difficile d’une ville qui n’a que des quartiers difficiles. Je compte sur tous les élus locaux pour m’accompagner dans ce mouvement. Il n’est pas nécessaire d’être de gauche pour être sensible à la terrible injustice que représente pour des millions de Français la vie dans des immeubles indignes ou dans des cités dégradées.

L’égalité, l’égalité c’est aussi la sécurité pour tous. Vivre dans la peur est insupportable ! L’insécurité est une injustice sociale intolérable. Elle touche les plus modestes, les plus âgés, les plus jeunes, les plus fragiles. La sécurité est un droit et je le ferai respecter en créant des zones de sécurité prioritaires là où il y a les taux de délinquance les plus élevés, en mettant des postes supplémentaires, 1 000 chaque année, dans la Justice, dans la Police, dans la Gendarmerie, en rapprochant les Forces de l’ordre des citoyens. Et je lutterai contre tous les trafics, toutes les mafias. Pas plus que je n’accepte la délinquance financière, la fraude fiscale, pas plus je ne tolère qu’un petit caïd avec sa bande mette une cité en coupe réglée et fasse vivre à ses habitants un enfer. Tous ceux-là, les délinquants financiers, les fraudeurs, les petits caïds, je les avertis : ceux qui ont pu croire que la loi ne les concernait pas, le prochain président les prévient, la République, oui, la République vous rattrapera !

L’égalité, l’égalité toujours, l’égalité ce sont les mêmes droits pour tous, quels que soient son sexe et son orientation, c’est le droit de pouvoir se marier, d’adopter, pour les couples qui en décident ainsi. C’est le droit, pour les personnes handicapées, de vivre la vie la plus normale possible. Et je veillerai à ce que chaque loi comprenne un volet handicap.

L’égalité, c’est aussi l’accès à ce qui est le plus précieux, y compris quand on n’a plus rien, l’émancipation, l’enrichissement, la culture. La culture, Baudelaire l’évoquait : « le meilleur témoignage que nous puissions donner de notre dignité, c’est la culture ». Et là encore, nous devons agir. L’éducation artistique sera généralisée, l’aménagement culturel de la France sera une priorité. Il intégrera les territoires oubliés, les zones abandonnées, les quartiers dégradés de nos grandes villes. Et c’est pourquoi nous ouvrirons, là encore, une nouvelle étape de la décentralisation culturelle.

Quant à la loi Hadopi, inapplicable, elle sera remplacée – remplacée je dis bien, car il faut un cadre pour fixer les droits de chacun – par une grande loi signant l’acte 2 de l’exception culturelle, qui défendra à la fois les droits des créateurs, parce que nous avons besoin de créateurs et de production, et un accès aux œuvres par Internet. Nous ne devons pas opposer les créateurs et leurs publics. Le public et les créateurs sont dans le même mouvement pour l’émancipation, pour la découverte, pour la qualité, pour l’exception culturelle française.

Chers amis, je veux citer Pierre Mendès France, qui nous disait que « la vérité doit forcément guider nos pas ». Je vous dois donc la vérité. Je connais les contraintes financières, l’ampleur de nos déficits, la gravité de notre dette, la faiblesse de la croissance en 2012, la lourdeur de l’héritage qui nous sera légué. Je ne promettrai donc que ce que je suis capable de tenir. Je dois maîtriser sans rien renoncer les choses et d’abord le temps.

Le quinquennat s’ouvrira donc sur des réformes de structure, celles qui constitueront un redressement dans la justice, le redressement économique, la réforme fiscale, le pacte éducatif, la décentralisation. Nous traiterons aussi les urgences, l’emploi, et notamment l’emploi des jeunes, le logement, la santé. Mais c’est ensuite que nous pourrons redistribuer ce que nous aurons créé, ce que nous aurons fabriqué, ce que nous aurons engagé, ce que le pays aura pu, par son redressement, favoriser. Voilà les temps qui doivent être proposés.

Mais je ne perdrai pas un seul instant, pas un seul instant, du mandat qui me sera confié.

Sur le plan international, avec le sommet de l’Otan prévu à la fin du mois de mai 2012, nous engagerons le retrait de nos troupes d’Afghanistan. Sur le plan européen, si les Français m’en donnent mandat, mon premier déplacement sera pour rencontrer la Chancelière d’Allemagne et pour lui dire que nous devons ensemble changer l’orientation de l’Europe vers la croissance et dans le lancement de grands travaux.

Ici dans notre pays, sans même attendre le renouvellement de l’Assemblée nationale, j’engagerai, avec les nouveaux ministres et le nouveau gouvernement, les premières mesures contre la finance et pour la réforme bancaire. Pas un instant, nous ne resterons inactifs. Le quinquennat ne sera pas une volte-face, un zigzag, une contradiction. D’ores et déjà, nous savons où nous voulons aller. Nous connaissons les temps, les périodes, les rythmes. Nous avons fixé aux Français l’objectif, mais également les moyens. Nous savons que nous avons des moyens limités, mais que nous avons la volonté ! C’est cette démarche qui convaincra. Et ce n’est pas en improvisant en fin de mandat des mesures politiques, économiques, sociales qui ont tant manqué depuis cinq ans, que les Français pourront être sérieusement convaincus que le changement se fera, pour les cinq ans qui viennent, de ce côté-là.

Je veux vous parler, pour terminer, de notre avenir. L’idée républicaine, c’est une promesse. Une belle promesse, qui est celle de vivre mieux de génération en génération. La promesse républicaine, c’est que chaque génération vivra mieux que la précédente. Et aujourd’hui, cette promesse est trahie. Notre jeunesse est sacrifiée, abandonnée, reléguée. Chômage, précarité, dévalorisation des diplômes, désespérance, perte d’autonomie, accès au logement difficile. Sans compter ce que nous lui laissons, à cette jeunesse, un environnement dégradé, des retraites non financées, une dette considérable. Et pourtant, la jeunesse c’est notre chance ! Comment peut-on accepter que cette chance devienne une charge ? J’ai beaucoup réfléchi, depuis plusieurs mois même, à ce que pouvait être l’enjeu de l’élection présidentielle, au-delà de la crise, du redressement à accomplir, de la justice à réaliser. J’en suis arrivé à cette conclusion simple : c’est pour la jeunesse de notre pays que je veux présider la France. Je veux redonner confiance à la jeunesse ! Et c’est la raison pour laquelle je veux faire de l’éducation une grande cause nationale. J’ai proposé de créer 60 000 postes supplémentaires dans l’éducation, pas seulement de professeurs, mais de surveillants, d’infirmières, d’assistantes sociales, de tous ceux qui contribuent à l’accueil, à l’accompagnement, à la réussite des jeunes. On me dit « c’est trop ». Non, je dis « ce n’est peut-être pas assez » ! C’est terrible de mener une bataille contre l’échec scolaire, qui fait chaque année plus de 150 000 victimes, 150 000 qui sortent sans diplôme, sans qualification, de l’école. La priorité ira aux écoles maternelles et primaires parce que c’est là que beaucoup se joue et que les premiers retards se précisent. Les rythmes scolaires qui n’ont aucun équivalent en Europe seront revus. Au collège et au lycée, les élèves les plus en difficulté bénéficieront d’un accompagnement personnalisé, pour qu’à la fin du quinquennat, je dis bien à la fin du quinquennat, le nombre de jeunes qui sortent sans qualification du système scolaire soit divisé par deux. Aucun jeune, aucun jeune de 16 à 18 ans – et je sais ce qu’est la déscolarisation dans beaucoup de nos villes et dans beaucoup de familles -, aucun jeune de 16 à 18 ans ne restera sans solution de formation, d’emploi ou même de service civique. Personne ne sera laissé là, de côté, abandonné, oublié ! C’est pour notre jeunesse que nous devons faire de l’emploi une priorité et créer progressivement 150 000 emplois d’avenir réservés aux jeunes, en particulier ceux issus des quartiers difficiles.

C’est pour les jeunes mais aussi les seniors que j’ai porté cette belle idée du contrat de génération, pour permettre l’embauche de jeunes en contrat à durée indéterminée dès lors qu’ils sont accompagnés par un salarié plus expérimenté, qui lui-même est maintenu dans l’emploi jusqu’à son départ à la retraite. C’est la réconciliation des âges, c’est la solidarité entre les générations ! Partout où je vais dans les usines, deux sortes de travailleurs viennent me voir. Les plus anciens, qui me posent une seule question : quand est-ce que nous allons partir ? Et les plus jeunes, qui me posent une seule question : quand est-ce que nous allons pouvoir entrer ? Et je leur dis « mais si vous les seniors, vous accompagnez les jeunes, vous leur donnez votre savoir-faire, votre expérience, votre compétence, est-ce que ce n’est pas finalement la plus belle mission qui peut vous être confiée avant d’attendre le départ à la retraite ? Et vous, les jeunes, si vous entrez enfin dans l’emploi avec un contrat à durée indéterminée, vous pouvez retrouver l’autonomie que vous attendez depuis si longtemps ». Je pense aussi aux jeunes qui sont étudiants et dont les familles sont modestes. Ceux-là recevront aussi une allocation d’études sous conditions de ressources pour leur permettre d’avoir l’autonomie.

C’est cela, le projet : faire tout pour que la jeunesse réussisse, non pas pour elle-même, non pas parce qu’elle serait une catégorie, non pas parce que je voudrais la flatter, mais parce que c’est ce qui permet à ceux qui sont parents, grands-parents, de retrouver eux-mêmes espoir dans l’avenir, fierté dans la réussite, de se dire « mais qu’allons-nous laisser, laisser après nous, quelle société voulons-nous transmettre à nos enfants, à nos petits-enfants ? ». Une société du chômage, de la précarité, de l’angoisse, de la dislocation ou, au contraire, une société où les chances soient attribuées, où les conditions de réussite soient posées et où l’on se dise : je vais bientôt partir, que ce soit à la retraite ou pour le grand voyage, je vais bientôt partir mais au moins, je sais que ce qui a été transmis sera finalement, pour la génération qui arrive, la réussite possible que je n’ai même pas eue pour moi-même.

Et moi, moi qui suis devant vous candidat à l’élection présidentielle, si je reçois le mandat du pays d’être le prochain président, je ne veux être jugé que sur un seul objectif : est-ce qu’au terme du mandat qui me sera, si les Français le veulent, confié, est-ce que les jeunes vivront mieux en 2017 qu’en 2012 ? Je demande à être évalué sur ce seul engagement, sur cette seule vérité, sur cette seule promesse ! Changer leur vie serait pour moi la plus grande des fiertés. Ce n’est pas un engagement à la légère que je prends. C’est pour mobiliser toute la Nation par rapport à cet enjeu.

Chers amis, j’ai parlé du Rêve français. Oui, le beau rêve, le rêve que tout au long des siècles, depuis la Révolution française, les citoyens ont caressé, ont porté. Ce rêve de vivre mieux, ce rêve de laisser un monde meilleur, ce rêve du progrès, ce rêve de pouvoir franchir à chaque fois les étapes de l’humanité, ce rêve ne nous appartient pas qu’en propre, mais il se trouve que c’est nous, la France, qui avons inventé la République. C’est nous qui avons porté cet idéal qu’une société, si elle s’organisait, si elle se donnait les moyens, si elle faisait de l’égalité, de la liberté et de la fraternité son mode de vie, pouvait être l’émancipation pour chacun.

C’est ce rêve-là que j’ai voulu de nouveau ré-enchanter – et aussitôt, la Droite s’est gaussée. Comment, comment serait-il possible de parler de rêve en cette période ? C’est vrai, ce n’est pas un rêve que nous vivons… Comment serait-il possible de parler de rêve au moment où la crise condamnerait toute ambition ? Ce serait une chimère. Mais moi, je ne vous appelle pas à mettre votre tête dans les étoiles. Je vous appelle à retrouver le récit républicain, celui qui nous a fait avancer pendant des décennies, le récit de la Révolution française, de ces hommes, de ces femmes aussi, qui ont voulu avancer dans une histoire inconnue qui s’ouvrait sous leur yeux, qui était l’histoire de l’égalité humaine.

Oui, ce récit républicain qui s’est poursuivi avec les républiques, avec la IIIe République, avec, aussi, la Libération, le Conseil national de la résistance, ce rêve, ce récit républicain que mai 68 a aussi, d’une certaine façon, fait ressurgir ! Et puis, mai 1981 et tant d’autres étapes. C’est cela, le récit de la République. Il n’appartient pas qu’à la Gauche. Tous ceux qui se sont succédé pendant des décennies à la tête du pays ont porté le récit républicain. A chaque fois, et quels que fussent les reproches que nos prédécesseurs aient pu leur adresser, c’était, finalement, leur ambition aussi, faire avancer la France. Alors le rêve, surtout, portons-le !

Et je me permettrai de citer Shakespeare, qui rappelait cette loi pourtant universelle : « ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve ». Eh bien nous réussirons parce que nous commencerons par évoquer le rêve ! Le rêve français, c’est la confiance dans la démocratie, la démocratie qui sera plus forte que les marchés, plus forte que l’argent, plus forte que les croyances, plus forte que les religions ! Le rêve français, c’est l’achèvement de la promesse républicaine autour de l’école, de la laïcité, de la dignité humaine, de l’intérêt général.

Le rêve français, c’est le creuset qui permet à toutes les couleurs de peau d’être à égalité de droits et de devoirs. Le rêve français, c’est l’affirmation des valeurs universelles qui vont bien au-delà des frontières, qui vont bien au-delà de la Nation. Ce n’est pas un espace limité, mais qui est proclamé à tous, à la face du monde. Le rêve français, c’est notre histoire, c’est notre projet ! Le rêve français, c’est une force, c’est le projet que je vous propose, parce qu’il nous ressemble, parce qu’il nous rassemble !

Je veux, je veux que nous allions ensemble vers la France de demain ! Une France du travail, du mérite, de l’effort, de l’initiative, de l’entreprise, où le droit de chacun s’appuiera sur l’égalité de tous. Une France de la justice, où l’argent sera remis à sa place, qui est celle d’un serviteur et non d’un maître. Une France de la solidarité, où aucun des enfants de la Nation ne sera laissé de côté. Une France du civisme, où chacun demandera non pas ce que la République peut faire pour lui, mais ce que lui, peut faire pour la République ! Une France de la diversité où chacun apportera sa différence, mais dans l’unité de la République, où les Outre-mers nous ouvrent à tous les horizons du monde et où les enfants d’immigrés doivent être fiers, fiers d’entre Français, Français, parce que c’est le plus beau nom qu’on puisse donner à un citoyen du monde, à une France de l’exemple, où le pays se retrouve dans ce qui l’élève, dans ce qui le réunit, le dépasse, une France de la confiance où toutes les forces qui la constituent se mobilisent pour l’avenir !

La France, la France n’est pas un problème. La France est la solution !

Voilà le choix, chers amis, voilà le choix qui vous attend. Toujours le même, toujours celui, depuis que la démocratie existe, entre la peur et l’espoir, entre la résignation et le sursaut, entre l’agitation et le changement. Eh bien le changement, le changement, c’est maintenant ! Le redressement, c’est maintenant ! La justice, c’est maintenant ! L’espérance, c’est maintenant ! La République c’est maintenant !

Mobilisons-nous, rassemblons-nous et dans trois mois, dans trois mois, nous ferons gagner la Gauche, avancer la France et nous réussirons le changement ! Le changement, j’y suis prêt !

Vive la République ! Et vive la France !

 

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