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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 14:04

 

 

 

 

 

RFI  dimanche 26 janvier 2014 à 08:46

 

La présidente de RCA, Catherine Samba-Panza, a désigné le samedi 25 janvier la deuxième tête de l'exécutif de transition : c'est André Nzapayéké qui occupe maintenant le poste de Premier ministre. Ce technocrate qui revendique une expérience de terrain devra gérer, conjointement avec la cheffe de l'Etat, un pays en crise et le conduire à des élections présidentielles et législatives d'ici à début 2015. Comment l'intéressé accueille-t-il cette nomination ? Quels principes guideront la formation du gouvernement ? Quels seront ses premiers gestes de Premier ministre ? André Nzapayéké a accordé à RFI l'une de ses toutes premières interviews. Il répond aux questions de Laurent Correau.

 

RFI : vous venez d’être choisi comme Premier ministre par la présidente de transition. Quelle est votre première réaction ?

 

André Nzapayéké : ma première réaction, c’est d’abord une grande fierté. Je me sens très honoré par cette décision de madame la cheffe de l’Etat. Une autre de mes réactions, c’est d’abord d’avoir une pensée pour toutes les victimes de la longue crise que nous traversons ici, aux orphelins aux veuves, aux veufs, aux pères et aux mères qui ont perdu des enfants et des parents. Le moment est venu pour nous tous Centrafricains de tout bord pour qu’on retrousse nos manches et qu’on essaie de sortir notre pays de l’ornière.


Est-ce que madame Catherine Samba-Panza vous a indiqué pourquoi elle avait décidé de vous choisir vous ?

 

Bien sûr. Elle voulait un technocrate, mais particulièrement quelqu’un qui n’est pas trop mêlé dans toute la politique centrafricaine, qui peut être neutre et surtout jouer un rôle de rassembleur parce que notre premier objectif, c’est d’abord d’arriver aux élections dans un délai relativement court. Mais pour arriver aux élections, il faudrait qu’on soit ensemble.

 

Est-ce que d’ores et déjà vous avez pu évoquer avec Catherine Samba-Panza les premiers éléments d’une feuille de route ?

 

La feuille de route est déjà définie avec le régime sortant. Il y a déjà une feuille de route qui a été élaborée et qui a été approuvée par la communauté internationale. Nous n’allons pas trop dévier de cette feuille de route.

 

Une des raisons pour lesquelles le tandem Djotodia-Tiangaye n’a pas réussi à avancer pendant dix mois, c’est le manque de confiance entre eux. Comment est-ce que vous pourrez instaurer une relation de confiance avec Catherine Samba-Panza ?

 

Je peux vous dire que la relation de confiance est déjà par définition instaurée entre nous. Nous sommes des professionnels. Les objectifs sont clairs. Nous ne perdons pas de temps dans les déboires politiciens. Il y a une seule personne qui est élue ici, c’est madame la cheffe de l’Etat. C’est elle qui est élue. Je ne suis pas élu. C’est madame la cheffe de l’Etat qui nomme le Premier ministre et qui nomme le gouvernement. Donc, nous allons nous inscrire dans sa vision et nous travaillerons main dans la main. Je peux vous garantir qu’il n’y aura pas de dissensions entre nous.

 

Le premier chantier qui vous attend conjointement, c’est la formation du gouvernement. Quels sont les principes que vous souhaitez suivre, elle et vous, pour la formation de ce gouvernement ?

 

Ce qui est certain, c’est qu’il faudrait tenir compte des réalités du terrain. Comme on le dit, c’est le terrain qui gouverne. Il y a différentes tendances aujourd’hui en République centrafricaine, nous en tiendrons compte, mais vraiment, il nous faut des technocrates, quelle que soit la tendance, ou bien la couleur politique de la personne qui va entrer au gouvernement. Une fois entrés au gouvernement, nous sommes des ministres au service de la République. On ne viendra pas défendre des intérêts partisans au sein du gouvernement.

 

Quels sont les premiers actes que vous souhaitez réaliser en tant que Premier ministre ?

 

En tant que Premier ministre, je voudrais très rapidement essayer de rassurer ceux qui sont encore sceptiques par rapport à ce gouvernement. Je vais prendre langue avec les différentes parties pour que nous arrêtions immédiatement certaines actions, exactions, qui sont menées dans ce pays. Il faut mettre fin à tout cela rapidement. En tout cas, mettre en place une équipe qui va se charger de la question de la réconciliation nationale. Après la composition du gouvernement, il faudrait qu’on s’attaque à ce problème. Il faut qu’on s’attaque rapidement à cela, la question sécuritaire sera facilitée. Et on évolue vers les questions humanitaires, sinon on aura beaucoup de difficultés. L’administration devra être remise au travail dans les plus brefs délais ! Evidemment, on nous dira, « les salaires si on ne nous les paye pas, on ne sait pas comment aller au travail »… Nous allons essayer de régler aussi ce problème-là, ensemble avec nos amis de la communauté internationale pour qu’on puisse avoir au moins dans les mois qui viennent les moyens nécessaires pour pouvoir motiver les fonctionnaires à reprendre le travail. La prochaine action à mener, c’est vraiment le retour de tous ceux, les réfugiés internes, les déplacés internes pour qu’ils commencent à regagner leur domicile. Là on a un certain nombre d’actions très claires et auxquelles le gouvernement va s’attaquer dès la semaine prochaine.

André Nzapayéké, nouveau Premier ministre de RCA sur RFI : il faut «sortir notre pays de l’ornière»
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Centrafrique-Presse.com
26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 02:39

 

 

 

 

 

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/   25.01.2014

 

Article paru vendredi dans l'Edition du Soir,  d'Ouest-France.

 

L’avènement de la rébellion nordiste en Centrafrique et sa prise du pouvoir à Bangui constituent-elles l’événement fondateur du mouvement anti-balaka (terme qui signifie sabre ou machette en langue mandja) ? La question mérite d’être posée. A la clé : la validation ou l’invalidation de la thèse qui voudrait que les combats entre rebelles de la Séléka et miliciens anti-balaka soient ceux de musulmans contre des chrétiens.

 

L’apparition des anti-balaka. 


L’existence de milices paysannes d’auto-défense (les anti-balaka sont littéralement ceux qui sont invulnérables au sabre ou à la machette) est antérieure au renversement du régime Bozizé, en mars 2013. Membre d’un des groupes anti-balaka de l’Ouham (nord de la RCA), Dieudonné témoigne : "Nous sommes des auto-défenses depuis que l’ancien président Bozizé avait dit de se défendre par nous-mêmes contre les bandits. Nous ici, nous sommes comme ça depuis 2009." 


Le père Jean-Marius Toussaint Zoumalde, un capucin du couvent Saint-Laurent de Bouar (nord-ouest) explique : "Auparavant, ils traquaient les coupeurs de routes parce l’armée et les gendarmes en étaient incapables. Maintenant, ils veulent se venger des exactions commises par les Sélékas." Ces coupeurs de route, les Zaraguinas, sévissent dans le nord et l’ouest depuis une quinzaine d’années; les forces gouvernementales ont toujours été incapables de les neutraliser. D’où la création de milices communales, comme les anti-balaka et les "archers" (des groupes réellement armées d'arcs!) qui protègent les troupeaux et les villages.

 
On aurait donc tort de croire que ces miliciens sont apparus en septembre dernier, après les exactions massives des rebelles de la Séléka.

 

Les anti-balaka, des chrétiens ? 


Depuis décembre et le début des affrontements directs à Bangui entre rebelles de la Séléka et anti-balaka, ces derniers sont présentés comme des milices chrétiennes. "Ce sont des animistes, pas des chrétiens. Leurs marabouts leur donnent des gri-gris pour les protéger des balles ; ils ont des pratiques occultes. Ce sont des jeunes qui protègent leurs villages et leur territoire depuis des années", corrige Toussaint Zoumalde.


En réalité, les anti-balaka sont issus de toutes les communautés, qu’elles soient chrétiennes, musulmanes ou peuhls. Toutefois, la plupart sont animistes. Ils passent des rites initiatiques. Ils sont bardés de gri-gris et d’amulettes qui les protègent des balles. Leur arme de prédilection ? Le "ga na pointe", un fusil de fabrication traditionnelle qui tire du "double zéro" (calibre 12).

 

Un mouvement récupéré ?

 
Le témoignage de Dieudonné est intéressant : "Nous voulons la sécurité chez nous en luttant contre les envahisseurs, c’est tout. Les anti-balakas qui racontent qu’ils sont pour Bozizé, c’est leur problème. On n’est pas tous comme ça", explique-t-il. 


Effectivement, les rangs des anti-balaka ont été grossis par l’arrivée début décembre de supporters de l’ex-président Bozizé dont le fils a été très actif et par le retour d’ex-membres des Forces armées (FACA) qui avaient fui au Congo et au Cameroun. Toutefois, ce voisinage, voire cette alliance de circonstance, n’est pas sans tensions, ainsi que l’a remarqué Toussaint Zoumlade à Bouar : "Les jeunes anti-balakas reprochent aux ex-FACA de n’avoir pas combattu la Séléka et de s’être enfuis."


Désormais, et on doit le regretter, tout opposant ou résistant à la Séléka est présenté comme un anti-balaka et est donc considéré comme un chrétien. C’est un raccourci rapide qui réduit les tensions à l’affrontement de deux groupes, alors que le "front" anti-séléka est assurément multiforme et guidé par des ambitions, politiques, sécuritaires…, bien distinctes.

Lu pour vous : RCA: les anti-balaka, milices vraiment chrétiennes?
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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 02:36

 

 

 

 

 

 

 

Par Vincent Hugeux, http://www.lexpress.fr/    publié le 25/01/2014 à  09:47

 

Travaux pratiques de désarmement dans le sillage d'un convoi français, entre Bangui et Yaloké. Mission délicate... 

 

Jusqu'alors, la longue colonne du 1er Régiment de chasseurs parachutistes (RCP) de Pamiers, partie du camp M'Poko de Bangui à la mi-journée, progressait sans accroc. Mais peu après 16 heures, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Boali, le véhicule de tête repère à hauteur du lieu-dit Croisement Lambi, près d'un check-point tenu par les miliciens chrétiens "anti-balaka", une camionnette Renault Trafic blanche à l'arrêt. A son bord, du ravitaillement et une panoplie d'armes rudimentaires. Aussitôt, et conformément aux ordres reçus, le détachement du dispositif français Sangaris entreprend de collecter l'arsenal, entreposé sur le bas-côté et bientôt enrichi par les poignards et les pétoires cueillies à la faveur des fouilles aux corps auxquels sont soumis, à leur grand dépit, les "vigiles" du cru. A la clé, un empilement hétéroclite de fusils artisanaux, de machettes, de couteaux et de haches, assorti d'arcs, de flèches et d'une poignée de cartouches de chasse. Le tout prestement saisi et embarqué dans l'un des camions du convoi. 


Coiffé d'un casque lourd et d'un gilet pare-éclats noir, le chef de la bande, un paysan moustachu surnommé par ses hommes "Moundjou" -le Blanc- du fait de la pâleur de son teint, tente bien de résister. " Les Seleka sont planqués dans la brousse, lance-t-il à un lieutenant impassible. Jeudi dernier, ils ont attaqué ce village. Et ce matin même, les peuls -ethnie de confession musulmane- ont massacré cinq paysans du coin. Dès votre départ, ils viendront une fois encore nous tuer. Vous devez nous rendre notre armement!" "Impossible, rétorque l'officier du 1er RCP. Nous désarmons tout le monde. Vous comme les autres. J'ai des instructions, et je les applique." Dialogue de sourds. Plutôt conciliant lors des échanges initiaux, le meneur durcit bientôt le ton. C'est qu'il sent son autorité mise à mal. Notamment par les anathèmes des plus véhéments de ses acolytes. "Vous les Français, vous voulez nous voir tous mourir en martyrs?", peste en vain l'un d'eux.

 

"Nous tendrons des embuscades à vos convois!"

 

Soudain, un ordre claque, déclenchant une cavalcade vers les maisons de brique ocre voisines. "Les clés, les clés, vite!" Allusion aux cadenas que les anti-balakas portent autour de la taille. Et qui, à les en croire, les rendent invulnérables aux balles de l'ennemi dès lors qu'ils les verrouillent. A l'instant où la colonne s'ébranle, Moundjou lance une ultime -et dérisoire- mise en garde: "Attention! Si vous ne ramassez pas les armes des Seleka, nous tendrons des embuscades à vos convois!" 

 

Un peu plus loin, à Bogbazou, village situé à 5 km de Bossembélé, nouvelle halte. Et changement d'atmosphère. Bien sûr, les Sangaris confisqueront sur place un tromblon maison et examineront de près la roquette antichar usagée qui trône à fleur d'asphalte. Mais cette fois, le maître du barrage, vêtu d'un treillis de combat, tient à leur montrer les engins de mort qui le tracassent. A savoir les quatre petites mines anti-personnel de facture russe alignées dans un support de polystyrène posé à même le sol. "Il y en a plein d'autres là derrière, dans un conteneur, insiste-t-il. Emportez-les." Peine perdue, là encore. Le règlement, c'est le règlement. Et ce type de mission revient aux gars du Génie. Lesquels, promet-on au boss local, passeront ce vendredi. 

 

Vers 18 heures 45, à la nuit tombée, l'escouade motorisée pénètre dans l'enceinte du Lycée évangélique de Yaloké. En chemin, elle a traversé un quartier chrétien, puis longé une mosquée, avant d'emprunter l'artère commerçante où glissent des ombres en djellabas, calots de toile sur la tête. Sous l'oeil de Sangaris, on vit donc ici côte à côte. Mais y revivra-t-on jamais ensemble? 

 


 http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/centrafrique-sangaris-face-au-depit-des-anti-balaka_1317268.html#KxwWApiOhjh18fyO.99

Lu pour vous : Centrafrique: Sangaris face au dépit des "anti-balaka"
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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 02:32

 

 

 

 

Deux-Sèvres – Témoignage

 

 

http://www.lanouvellerepublique.fr/   25/01/2014 05:38

 

Jean-Christian et Véronique M’Boya ont fui la guerre en 2002 déjà. Installés à Sainte-Verge, ils craignent pour leur famille et leurs amis restés à Bangui.

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Derrière leurs sourires et leur apparente sérénité, se cache une énorme angoisse. Dans leur salon de Sainte-Verge, Jean-Christian M'Boya et son épouse Véronique ont peur pour leur famille, restée à Bangui. Les violences qui secouent la République Centrafricaine ont déjà endeuillé les M'Boya : un cousin de Jean-Christian, instituteur, a été assassiné par un de ses anciens élèves.

 

 " On fait tout ce qu'on peut pour les aider à se mettre à l'abri "

 

Jean-Christian, intendant au lycée Jean-Moulin de Thouars, et Véronique, enseignante, vivent quotidiennement dans la crainte de recevoir de mauvaises nouvelles des frères, sœurs, oncles, cousins, restés à Bangui, avec qui ils entretiennent des contacts réguliers. « On se pose tous les jours la question de savoir ce qui va se passer demain. Dès que le téléphone sonne et qu'on voit l'indicatif de Centrafrique, c'est une angoisse terrible. »


Intarissable sur l'histoire tourmentée du pays, Jean-Christian estime que le conflit actuel est bien plus complexe qu'un affrontement entre chrétiens et musulmans.« C'est simplifié pour la compréhension », mais il analyse davantage les faits comme une escalade de la violence après la vengeance de populations trop longtemps laissées pour compte.

 

Une tradition de tolérance gâchée

 

Le couple éprouve un sentiment de gâchis. Véronique et Jean-Christian avaient dû quitter la Centrafrique en 2002, car l'insécurité ambiante leur faisait craindre pour leur vie. Pourtant, ce couple de chrétiens avait projeté d'y vivre et avait lancé un projet pour aider les Peuls, nomades musulmans, à vivre de la production laitière de leurs troupeaux. « En m'installant en Centrafrique, j'avais découvert un pays de grande tolérance, avec un vrai respect mutuel des deux religions », se souvient Véronique, pour qui quitter le pays a été un déchirement.


« Les gens sont devenus fous, regrette Jean-Christian. Ma famille a tout le temps peur, ils sortent peu et au moindre mouvement, ils rentrent vite. Les gens s'organisent : dès qu'il se passe quelque chose de suspect, ils tapent sur des casseroles pour alerter. »


« On fait tout ce qu'on peut pour les aider à se mettre à l'abri. Heureusement, ma famille m'écoute. Je leur ai dit "  On ne s'associe pas à ça ". » Véronique complète : « On leur envoie de l'argent pour qu'ils puissent mettre les enfants en province et manger. Si on a faim, on peut tomber dans la violence ».


Si la guerre centrafricaine leur paraît pour le moment « insoluble », Véronique et Jean-Christian sont rassurés de voir « la communauté internationale qui vient au chevet du pays ». Mais l'absence de mobilisation associative continue de les inquiéter. Tout comme le départ d'un de leurs amis, forcé à quitter le pays sans sa famille car chassé de son quartier pour sa religion musulmane et son appartenance à la famille du président déchu Djotodia« On espère qu'il pourra arriver jusqu'à l'aéroport. » Comme lui, des milliers de Centrafricains sont « en danger à tout moment ».

 

nr.thouars@nrco.fr

 

Venir en aide aux enfants des rues

 

Véronique et Jean-Christian M'Boya ont longtemps mené un engagement associatif pour venir en aide aux enfants victimes du Sida. Avant la guerre, ils ont dû y mettre fin. Mais face aux événements actuels, ils envisagent de mettre quelque chose en place pour aider les enfants des rues, laissés orphelins par la guerre avec « des traumatismes incroyables ». Ils lancent un appel à toutes les bonnes volontés qui souhaiteraient leur prêter main-forte dans ce projet.


Contact : mboyafamily@gmail.com

 

Léna Randoulet

Lu pour vous : "L'angoisse à chaque appel de Centrafrique"
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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 21:57

 

 

 

 

 

par Emmanuel Braun

 

BANGUI 24/01/14 20:33 (Reuters) - Un ancien ministre musulman, Joseph Kalité, a été tué vendredi à coups de machette à Bangui, la capitale centrafricaine confrontée à une escalade de la violence au lendemain de l'investiture de la nouvelle présidente par intérim, Catherine Samba-Panza.


Neuf autres personnes sont tombées dans la journée sous les coups de groupes armés dont certains appartenaient aux milices chrétiennes anti-balaka. Des commerces ont été pillés dans le quartier de Miskine, peuplé en majorité de musulmans, ont rapporté des témoins.


Joseph Kalité, qui fut plusieurs fois ministre, notamment du Logement, sortait d'un taxi lorsqu'il a été agressé, a raconté l'un de ses proches par téléphone à Reuters.


"Les anti-balaka l'ont frappé à coups de machette et de bâton jusqu'à ce qu'il succombe", a-t-il dit. Un beau-frère de Kalité, qui se trouvait avec l'ancien ministre, a réussi à échapper aux agresseurs.


Le corps de Joseph Kalité a été conduit à la mosquée Ali Babolo où des reporters de Reuters ont pu voir son corps mutilé.


"Il n'avait pas de fonction au sein de la Séléka", l'ex-mouvement rebelle musulman", a assuré à Reuters Mahmoud Hissène, vice-président d'une organisation de jeunesse islamique. "Il avait même été exclu de la Séléka mais c'était un responsable musulman et c'est pour cela qu'il a été lâchement assassiné."


Depuis l'intervention des forces françaises le mois dernier, et profitant de la désorganisation et du désarmement de certains miliciens musulmans, des chrétiens mènent des opérations de représailles contre les hommes de la Séléka et les civils musulmans.


Les pillages de magasins vendredi à Miskine ont pour leur part entraîné des représailles menées par des combattants musulmans. Des explosions et des fusillades ont été entendues dans le secteur.


Des soldats français et le contingent rwandais de la force de paix africaine, la Misca, sont intervenus et ont tiré des coups de semonce pour séparer les belligérants.


PLUS DE 2.000 MORTS


Le président de la Croix-Rouge centrafricaine, le pasteur Antoine Mbao Bogo, a annoncé que neuf corps, en plus de celui de Joseph Kalité, avaient été retrouvés sur les lieux des affrontements, qui ont fait aussi onze blessés.


Dans le quartier PK12, également largement peuplé de musulmans dans le nord de la capitale, des habitants craignant pour leur sécurité ont décidé de quitter la ville en convoi sous escorte militaire.


Alors qu'ils entassaient leurs maigres biens dans des camions, des anti-balaka rassemblés à quelques centaines de mètres d'eux les insultaient et se moquaient d'eux. Des soldats français ont séparé les deux camps.

Depuis décembre, date du début de l'intervention militaire française aux côtés de forces africaines pour tenter de rétablir la sécurité dans le pays, les violences ont fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés selon l'Onu.


Première femme élue à la tête de la Centrafrique depuis l'indépendance du pays en 1960, Catherine Samba-Panza, ancienne maire de Bangui, a dit son intention d'ouvrir le dialogue avec les représentants des groupes armés pour tenter de ramener le calme.


La présence sur le terrain de 1.600 soldats français et de 5.000 soldats africains n'a pas permis pour l'heure d'apaiser les tensions. L'Union européenne a annoncé l'envoi de 500 militaires qui seront basés dans les environs de Bangui et devraient rester sur place pendant six mois avant de passer le relais à la force de l'Union africaine.


Réunis lundi à Bruxelles, pays donateurs et organisations internationales ont promis près d'un demi-milliard de dollars d'aide humanitaire à la République centrafricaine.


Des élections sont prévues au plus tard d'ici février 2015 en Centrafrique.


 

Avec Paul-Marin Ngoupana, Guy Kerivel pour le service français

 

 

 

La Centrafrique plongée dans une spirale de représailles

 

Le Monde.fr |  • Mis à jour le  |Par Cyril Bensimon

 

A une centaine de mètres du bien mal nommé rond-point de la Réconciliation, sur le bas côté de l'avenue des Martyrs, un homme en costume noir agonise au milieu des hautes herbes. Il tente de lever un bras déchiqueté lorsqu'une équipe du CICR le recueille.

 

« C'est l'ancien ministre Joseph Kalite. Nous étions en taxi quand les jeunes bandits nous ont attaqué au croisement avec des couteaux », raconte son cadet, Noussa Hébint Noubkidive, dépouillé de ses chaussures, de son téléphone et de ses pièces d'identité. Des soldats équato-guinéens de la Misca viennent de le sauver. L'ancien ministre, lui, succombera quelques instants plus tard à l'hôpital communautaire après avoir été poignardé au cou, à la tête et aux bras, tué pour avoir été trop proche de ses « parents » goula et musulmans de la Séléka.

 

« Les blessures ont évolué. Il y a encore des blessés par balle mais aujourd'hui, l'essentiel des personnes que nous soignons ont été blessées à l'arme blanche ou par des jets de grenades. Hier, on a eu dix passages au bloc. C'est quand même beaucoup pour une période où l'on parle de calme relatif », estime André Munger, l'un des responsables de Médecins sans frontières en RCA.

 

A peine a-t-il fini sa phrase que de nouvelles victimes arrivent accompagnées de leur famille. Prince Fionboy, 16 ans, a pris une balle dans la tête. « Au début, on a appris que les [milices chrétiennes] ‘anti-balaka’ s'étaient infiltrés dans le marché de Miskine. Après, les Séléka ont tiré à bout portant sur la population civile. Les soldats rwandais de la Misca sont passés à pied en colonne mais dès qu'ils sont partis, ça a recommencé », raconte son petit frère André. Chacun pleure ses morts dans un hôpital où les tentatives d'enlèvement des blessés de l'ennemi se poursuivent.

 

LES EXACTIONS SE POURSUIVENT

 

A Bangui, vendredi 24 janvier, la situation était encore extrêmement tendue. Affrontements à l'arme à feu, assassinats vengeurs à l'arme blanche... Ces trois derniers jours, de multiples incidents mortels se sont produits dans la capitale, principalement aux frontières entre les secteurs chrétiens et musulmans ou autour des camps militaires où sont casernés les centaines de combattants de la Séléka, qui ne sont pas remontés vers le nord du pays ou ne se sont pas dispersés en civils dans les quartiers.

 

Mercredi, de graves violences se sont produites à quelques dizaines de mètres de la demeure de la nouvelle présidente Catherine Samba-Panza. L'ambassadeur de France, Charles Malinas, est resté bloqué pendant plus d'une heure à ses côtés après qu'une foule de badauds et d'« anti-balaka » aient lynché quatre prisonniers Séléka de la prison.

 

A l'intérieur du pays, des combats, des actes de représailles sont signalés entre les éléments de la Séléka qui tentent de regagner leurs fiefs du nord et de l'est du pays et des groupes de miliciens « anti-balaka » qui progressent dans tout l'Ouest. « C'est pas bon, la situation est en train de nous échapper », confie une source diplomatique. Les soldats français et africains, trop peu nombreux et pas formés pour ce type de mission de maintien de l'ordre, ont le plus grand mal à empêcher les exactions commises le plus souvent par des civils sur des civils.

 

LA NOUVELLE PRÉSIDENTE INVESTIE

 

Cette semaine a pourtant laissé espérer un apaisement. Après son élection lundi par les membres du conseil national de transition, Catherine Samba-Panza a été investie trois jours plus tard comme chef d'Etat de transition. La cérémonie, en présence de Laurent Fabius, passé en coup de vent pour signifier à la nouvelle présidente que la France est à ses côtés, s'est déroulée dans un syncrétisme de protocole légué par la colonisation française et de coutumes traditionnelles.

 

Sous le regard des dix juges de la cour constitutionnelle de transition en cape d'hermine, Catherine Samba-Panza s'est vue successivement remettre l'écharpe de grand  croix du mérite centrafricain par le grand chancelier, le drapeau national par le chef d'état major, un bouclier et un couteau de jais par un vieux chasseur habillé d'un costume de peaux de boa et d'écorces de bois et enfin une calebasse d'abondance.

 

Dans la salle de l'assemblée nationale, chacun y allait alors de son éloge, pas toujours désintéressée, pour la remplaçante de Michel Djotodia, évincé le 10 janvier sous pression internationale et en particulier de la France. Il y a cinq mois, le 18 août 2013, quelques heures après que des roquettes se soient abattues autours de l'Assemblée nationale, l'ancien chef de la Séléka avait prêté serment avec des breloques en toc payées à prix d'or.

 

LES SÉLÉKA DANS L'ATTENTE

 

Aujourd'hui, Catherine Samba-Panza bénéficie d'un a priori très favorable des diplomates occidentaux. L'Union européenne a promis d'envoyer 500 soldats. Les bailleurs de fonds promettent de rouvrir le robinet de l'aide. Mais les urgences sécuritaire et humanitaire perdurent, et celle qui devra conduire le pays à des élections doit composer très rapidement un gouvernement, selon ses dires, de dix-huit technocrates. Les déçus, qu'ils soient politiciens ou membres d'un groupe armé, risquent de se faire entendre.

 

Alors que les groupes « anti-balaka » promettent d'observer une trêve qu'ils ont déjà rompu, les Séléka, même divisés et affaiblis par la pression des forces françaises et le départ de leurs deux principaux responsables, Michel Djotodia et Noureldine Adam, le patron des services de renseignement, promettent qu'ils ne resteront pas éternellement les bras croisés à regarder tous les pouvoirs leur échapper pendant que leurs parents se font massacrer.

 

« On ne souhaite pas en arriver là mais on attend le top des généraux pour sortir de nos camps. On est prêt à mourir », jure le jeune Ahmat. Furieux, le général Afsakine, lui, dit avoir trouvé la solution à tous les problèmes nés du déclenchement de l'opération Sangaris : « Il faut déclarer la guerre civile ».

 

  Cyril Bensimon 

 
Journaliste au Monde

Escalade de la violence en Centrafrique, un ex-ministre tué
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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 21:04

 

 

 

 

 

RFI  samedi 25 janvier 2014 à 07:46

 

Boyabo est le premier camp de réfugiés centrafricains à avoir ouvert en RDC en juillet dernier. En six mois, plus de 8 000 Centrafricains sont venus y trouver refuge à une trentaine de kilomètres de la frontière avec la Centrafrique. C'est toute une logistique à mettre en place, essentiellement par le Haut Commissariat aux réfugiés. Mais ces derniers jours, il y a des inquiétudes quant au stock de nourriture disponible.

 

Dans le camp de réfugié de Boyabo, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec la Centrafrique. Autour du petit préau qui abrite la distribution de nourriture, ils sont plus d’une centaine à se presser, à crier leur mécontentement. Des réfugiés en colère s'emportent : « Au voleur ! », scandent-ils. La raison ? Pour la première fois, leur ration de farine a été réduite. Ils sont persuadés qu’on la leur a pris et se plaignent.

 

Les fonds du PAM pour la RDC en baisse cette année

 

A l’intérieur du préau, les volontaires distribuent tout ce qui leur reste : 7 kg de farine de maïs par personne, au lieu de 12 habituellement. Le programme alimentaire mondial (PAM) n’a pas livré autant que d’habitude, comme l'explique Dieumerci Momboi en charge de la distribution alimentaire : « Le PAM nous a approvisionné seulement 60 tonnes, or il nous faudrait 90 tonnes. Cela fait très mal, on voit les réfugiés se plaindre. »

 

De son côté, le PAM tire la sonnette d’alarme depuis des semaines. Cette année, les donateurs ont été deux fois moins généreux pour la République démocratique du Congo. Résultat, l’agence est obligé de revoir son aide à la baisse. Une situation difficile, alors que la majorité des 8 000 Centrafricains réfugiés du camp estiment déjà ne pas manger assez.

En RDC, les réfugiés centrafricains manquent de nourriture
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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 21:03

 

 

 

 

 

APA-Dakar (Sénégal) – 2014-01-25 14:07:03 Youssou Ndour, enregistre, dimanche à Dakar, avec son homologue centrafricaine Lydie Natacha Cerbonney alias Idylle Mamba, une chanson dédiée à la paix en République Centrafricaine, révèle un communiqué de la cellule de communication de la star de la musique sénégalaise reçu samedi à APA.


Idylle Mamba est à Dakar depuis vendredi sur invitation de Youssou Ndour, note le communiqué, ajoutant que les deux chanteurs débutent leurs répétitions samedi après-midi dans un studio de la capitale sénégalaise.


‘'L'ambassadeur des causes humanitaires (ndlr, Youssou Ndour), très engagé dans le processus d'une Afrique nouvelle avec son concept New AFRICA, entend impulser une forte solidarité internationale pour le retour de la paix définitive en Centrafrique'', ajoute le communiqué, soulignant que ‘'C'est à cet effet, que Youssou NDOUR, de confession musulmane, a décidé d'associer une voix chrétienne de la République Centre Afrique à la sienne''.


Le choix par le musulman, Youssou Ndour de faire un duo avec une chanteuse de confession chrétienne n'est pas fortuit, dans la mesure où la République centrafricaine est actuellement déchirée par un conflit ethnico-religieux symbolisé par les affrontements entre ex-Séléka, d'obédience musulmane et les milices anti-balakas, de confession chrétienne.


Née à Bangui et lauréate en 2004 du prix de la chanson francophone, Idylle Mamba a fait les premières parties de Lokua Kanza Tiken Jah Fakoly.

Youssou Ndour chante avec une Centrafricaine la paix en RCA
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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 20:44

 

 

 

 

 

Pax Christi International réclame leur libération   

 

Bangui, 25 janvier 2014 (Apic) En Centrafrique, le nombre d’enfants soldats recrutés par les différents groupes armés qui s’affrontent dans le pays aurait augmenté de 6000 au cours de ces derniers mois. C’est ce que rapporte l’ONG catholique Pax Christi International, citée le 25 janvier 2014 par l’agence d’information missionnaire vaticane Fides. Estimant « illégal et immoral » le fait d’impliquer des enfants dans les combats, l’ONG réclame leur libération.

 

« Les enfants soldats doivent être libérés et confiés à des acteurs de la protection de l'enfance » affirme Pax Christi International dans son communiqué. « La crise politique survenue après le coup d'Etat de mars 2013 a créé une violence grandissante et horrible qui est devenue une catastrophe humanitaire, qu’on peut même appeler pré- génocidaire. Des milliers de personnes ont été tuées (plus de 1000 seulement en décembre)… On estime qu'environ 60% de la population éprouve un urgent besoin d'assistance humanitaire » rappelle l’ONG.

 

Pax Christi International lance un appel aux donateurs internationaux afin qu’ils augmentent les aides destinées au pays, permettant à la nouvelle cheffe de l’Etat, Mme Catherine Samba-Panza, de mettre en œuvre son programme, dont l’urgence humanitaire et la réconciliation nationale constituent des points cruciaux.

 

Poursuite des violences

 

Entre temps, les violences impliquant les anciens rebelles de la Seleka – en majorité islamiques – et les milices anti-balaka – en grande partie formées de chrétiens – se poursuivent. Joseph Kalite, ministre de la Santé du gouvernement de l’ancien président Michel Djotodia a été tué à Bangui par des miliciens anti-balaka.

 

Malgré les appels au calme et à la réconciliation lancés conjointement par l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, et par le président de la communauté islamique centrafricaine, l’imam Oumar Kobine Layama, la Centrafrique semble sur le point de sombrer dans la spirale des vengeances et des affrontements interreligieux. La présence de 6400 militaires africains et de 1600 autres provenant de France n’est pas suffisante pour mettre un terme aux violences.

 

(apic/fides/cw)

Centrafrique : Quelque 6000 enfants supplémentaires auraient été recrutés comme soldats, selon une ONG catholique
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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 20:33

 

 

 

 

 

http://www.lapresse.ca/   25 janvier 2014 à 11h04 | Mis à jour à 11h04

 

Pays en état de crise permanente, la Centrafrique n'avait toutefois encore jamais connu les violences qui divisent aujourd'hui ses populations chrétienne et musulmane. Ce sont des seigneurs de guerre, assoiffés de pouvoir, qui ont semé les germes de la haine religieuse. Au moment où les Centrafricains semblent entraînés dans un cycle infernal de représailles, la nouvelle présidente, Catherine Samba-Panza, saura-t-elle réconcilier ce pays meurtri?

 

Johnny Bissakonou n'a pas 30 ans, mais a déjà vécu quatre coups d'État, une dizaine de mutineries et trois «années blanches», pendant lesquelles il n'a pas pu aller à l'école parce que son pays était en crise. Encore.

 

Il a tout supporté, tout encaissé. Cette fois, pourtant, c'était trop. Trop de souffrances, de lynchages, de violences interreligieuses - une nouveauté terriblement inquiétante dans une Centrafrique en perpétuel état de crise, certes, mais où la haine ne s'était jamais manifestée entre la majorité chrétienne et la minorité musulmane.

 

À la fin du mois de décembre, M. Bissakonou, populaire animateur de radio de la capitale, Bangui, a dû se résigner à fuir. Avec l'aide d'amis journalistes chez Radio France Internationale, il a pu se réfugier à Paris, d'où il nous a accordé une entrevue téléphonique, cette semaine.

 

Quand son pays a été ébranlé par un énième coup d'État, le 24 mars 2013, l'animateur avait pourtant la ferme intention de rester, pour témoigner. Mais il a vite été réduit à «vivre comme un fantôme».

 

M. Bissakonou a reçu des menaces des deux camps: celui des Sélékas, la coalition de rebelles musulmans qui ont pris la capitale en mars et qui battent désormais en retraite vers le nord du pays; mais aussi celui des anti-balakas, ces groupes de paysans chrétiens d'abord formés pour défendre leurs villages, aujourd'hui assoiffés de vengeance.

 

Bangui a sombré le 5 décembre, quand les anti-balakas se sont attaqués aux civils musulmans de la ville. La réplique des Sélékas a été brutale. Terrorisés, des dizaines de milliers d'habitants se sont réfugiés dans des monastères, des églises, à l'aéroport. Ils y sont toujours.

 

Le 8 décembre, le frère cadet de M. Bissakonou a quitté l'immense camp de réfugiés de l'aéroport pour récupérer des effets personnels à la maison. Il s'y est attardé un peu trop longtemps. «Il y avait un couvre-feu à 18h, et mon petit frère ne voulait pas prendre le risque de retourner au camp. Il pensait que c'était plus sûr de dormir à la maison. Dans la nuit, des éléments de la Séléka ont défoncé la porte. Ils l'ont poignardé, égorgé. Il avait 20 ans.»

 

La religion instrumentalisée

 

Le père Joseph Samedi a grandi dans un quartier musulman de Bangui. Ses meilleurs amis adhèrent à l'islam. Et n'ont absolument rien à voir, dit-il, avec les rebelles de la Séléka, «des mercenaires soudanais, tchadiens, des bandits de grand chemin» qui, neuf mois durant, ont violé, massacré et pillé tout ce qui se trouvait sur leur passage.

 

Depuis quelques jours, le père Samedi assiste, impuissant, à l'exode massif des musulmans de sa ville. Par milliers, ils s'entassent dans des voitures surchargées, en emportant tout ce qu'ils peuvent. «Mes voisins partent pour échapper à la vindicte populaire. Cela m'écoeure. Ils sont chez eux. J'espère que ce n'est que pour un temps, qu'ils vont pouvoir revenir.»

 

Rien n'est moins sûr. Si, au départ, des seigneurs de guerre ont instrumentalisé la religion pour parvenir à leurs fins, ils ont bel et bien réussi à faire voler en éclats la coexistence pacifique qui régnait au pays.

 

La graine de la haine religieuse a été plantée. Et les Centrafricains sont entraînés dans une cruelle escalade, un cycle sans fin de violentes représailles. Des observateurs n'hésitent plus à évoquer le risque d'un génocide.

 

La Centrafrique paralysée

 

Selon l'ONU, un Centrafricain sur cinq a fui son domicile. Cela signifie près d'un million de personnes, entassées dans des camps ou terrées dans les forêts. Des villages entiers ont été brûlés. La plupart des écoles et des hôpitaux ont fermé leurs portes après avoir été pillés par les miliciens.

 

«Depuis des mois, il n'y a ni policiers, ni gendarmes, ni soldats dans l'arrière-pays», explique le Québécois Sylvain Groulx, chef de mission pour Médecins sans frontières à Bangui. «Les équipements ont été pillés. Les médecins et les infirmières sont en fuite. Résultat, en plus des meurtres, il y a plein d'enfants qui sont en train de mourir de diarrhées et d'infections respiratoires.»

 

Aux abords de l'aéroport de Bangui, plus de 100 000 personnes s'entassent dans des conditions d'hygiène lamentables. M. Bissakonou y a laissé ses quatre frères et ses deux soeurs. Le jour où il les a quittés, il s'est retrouvé coincé dans une meute en colère. Des gens qui avaient vu mourir leurs proches, peut-être. Ou qui avaient lynché des innocents.

 

Quand son avion a décollé, le journaliste a eu l'impression de s'extirper de l'enfer. Aujourd'hui, constate-t-il avec tristesse, la Centrafrique n'est pas au bord du gouffre. Elle est déjà tout au fond.

 

Catherine Samba-Panza, la maman de fer

 

Les uns la surnomment maman. Les autres, la dame de fer. On la dit douce, mais tenace. Conciliante, mais rigoureuse. Décidément, la nouvelle présidente de la Centrafrique, Catherine Samba-Panza, semble avoir toutes les qualités - dont la principale, dans ce pays déchiré par les guerres de clans, est assurément de savoir plaire à tout le monde.

 

«Quand elle a été choisie par le Parlement, lundi, la population a jubilé. Il y a eu une liesse populaire, ici à Bangui. Enfin, quelqu'un qui pourra rétablir l'ordre et la sécurité. On espère qu'elle pourra ramener la paix», raconte le père Joseph Samedi, joint au téléphone dans la capitale centrafricaine.

 

Mairesse de Bangui depuis huit mois, Catherine Samba-Panza, 59 ans, est d'abord une femme d'affaires aguerrie, qui a travaillé pendant des décennies dans les assurances. Sans aucun doute, elle sait calculer les risques. Ceux qu'elle devra prendre pour extirper son pays du chaos dans lequel il a sombré n'auront jamais été aussi grands.

 

Qu'elle soit mère de trois enfants n'est pas un désavantage aux yeux de bien des Centrafricains, dégoûtés par un demi-siècle de putschs, mutineries et rébellions. «Elle sort du lot, dit le blogueur Johnny Bissakonou. Comme c'est une femme, une mère, on espère qu'elle arrivera à mettre tout le monde autour de la table pour qu'enfin, on parle entre gens civilisés, plutôt que de s'entretuer comme des barbares.»

 

La femme de la situation

 

La tâche est titanesque. Mais plus que toute autre, Mme Samba-Panza semble être la femme de la situation. Née d'un père camerounais et d'une mère centrafricaine, cette chrétienne modérée a grandi au Tchad et parle l'arabe, ce qui lui permettra de faire un rapprochement avec la minorité musulmane.

 

Les Centrafricains la connaissent depuis 2003. À l'époque, elle présidait le «dialogue national», sorte de commission chargée de calmer les esprits qui s'échauffaient après un énième coup d'État. Elle avait alors réussi le tour de force de réconcilier deux vieux politiciens qui se détestaient depuis 40 ans.

 

Cette fois, il faudra bien davantage que de la bonne volonté. La présidente intérimaire a déjà demandé le déploiement de troupes supplémentaires pour restaurer l'ordre dans ce pays en proie à l'anarchie.

 

«Elle ne pourra pas asseoir rapidement son autorité. En Centrafrique, 14 groupes armés échappent à tout contrôle, explique Arsène Brice Bado, de l'Université Laval. Le nord du pays sert de base arrière à tous les rebelles de la région: ceux Tchad, de la RDC, de l'Ouganda. Les combattants du Darfour s'y sont repliés, tout comme l'Armée de résistance du seigneur de Joseph Kony. La nouvelle présidente hérite d'une situation explosive.»

Lu pour vous : Crise en Centrafrique: au fond du gouffre
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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 20:04

 

 

 

 


BANGUI AFP / 25 janvier 2014 17h56 - Au lendemain de sa prise de fonction officielle, la présidente de transition centrafricaine Catherine Samba Panza a nommé samedi André Nzapayeké au poste de Premier ministre, a annoncé la radio nationale.

Peu connu du grand public, M. Nzapayeké, de confession chrétienne, aura la lourde tâche de former un nouveau gouvernement chargé de ramener la paix dans un pays plongé dans le chaos.


Ancien secrétaire général de la Banque africaine de développement (BAD), entre 2010 et 2012, M. Nzapayeké est vice-président de la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC).


Sa nomination intervient dans un contexte particulièrement difficile, alors que la capitale centrafricaine connaît depuis deux jours un regain de pillages et de violences entre chrétiens et musulmans.


Au-delà des aspects sécuritaires, la priorité du gouvernement sera de remettre en route une machine administrative à l'arrêt. A cause des violences, la rentrée scolaire, prévue en octobre, n'a jamais eu lieu, et les activités économiques peinent à reprendre dans la capitale.


En province, de vastes zones sont toujours sous la coupe de chefs de guerre qui tiennent à leur merci une population confrontée à une crise humanitaire sans précédent, dans un pays parmi les plus pauvres du continent malgré son potentiel agricole et minier.



(©) 

 

André Nzapayeké nommé premier ministre en Centrafrique

 

Au lendemain de sa prise de fonction officielle, la présidente centrafricaine, Catherine Samba-Panza, a nommé André Nzapayeké au poste de premier ministre, a annoncé samedi 25 janvier la radio nationale. M. Nzapayeké, 62 ans, était depuis novembre 2012 vice-président de la Banque de développement des Etats d'Afrique centrale (BDEAC). Il avait auparavant travaillé au sein de la Banque africaine de développement (BAD). Il doit désormais former un nouveau gouvernement.

 

Lundi, la maire de Bangui, Catherine Samba-Panza, s'est imposée comme le nouveau chef d'Etat de transition à l'issue de deux tours de scrutin contre son principal challenger, Désiré Kolingba, le fils d'un ancien président centrafricain. Elle est devenue la première femme présidente de Centrafrique, et d'Afrique francophone. 

 

Ce scrutin décisif pour l'avenir de la Centrafrique (RCA) a été organisé au pas de charge après la démission, le 10 janvier, du président de transition centrafricain Michel Djotodia, et de son premier ministre, Nicolas Tiangaye. Alors que le pays plonge chaque jour dans les violences intercommunautaires et le chaos, les nouvelles autorités ont pour mission d'organiser des élections d'ici un an, mais surtout de tenter de recoudre une nation en lambeaux.

 

A Bangui, la situation est encore extrêmement tendue. Affrontements à l'arme à feu, assassinats vengeurs à l'arme blanche... Les incidents mortels se multiplient dans la capitale, principalement aux frontières entre les secteurs chrétiens et musulmans ou autour des camps militaires où sont casernés les centaines de combattants de la Séléka qui ne sont pas remontés vers le nord du pays ou ne se sont pas dispersés en civils dans les quartiers. 

 

 

RCA : Catherine Panza nomme André Nzapayéké Premier ministre 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-01-25 17:01:15  André Nzapayéké, 62 ans, a été nommé Premier ministre de la République centrafricaine par la Présidente Catherine Samba Panza, a annoncé samedi après-midi la radio nationale.


Pressenti chef du futur Gouvernement en même temps que deux autres personnalités, Crépin Mboli Goumba, et Karim Meckassoua, le nouveau Premier ministre de la Centrafrique travaillait depuis novembre 2012 à la Banque des Etas de l'Afrique Centrale (BDEAC) comme vice-président. Il était auparavant à la Banque africaine de développement (BAD).


André Nzapayéké a maintenant la lourde charge de former, dans les 48 heures qui suivent son gouvernement lequel selon la Présidente, sera ‘'resserré et composé des 18 technocrates'', choisis dans une parfaite parité homme-femme.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=506578#sthash.B7MZovXX.dpuf

Centrafrique : André Nzapayeké nommé Premier ministre
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