Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 16:26

 

 

 

 

 

AFP le 6 décembre 2013 à 11h49

 

L'Union européenne a décidé de débloquer 50 millions d'euros supplémentaires pour la Centrafrique, après le lancement de l'opération française dans ce pays, a annoncé à l'AFP le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. "Je salue la France pour son initiative et son courage", a déclaré M. Barroso lors d'une rencontre avec des journalistes de l'AFP avant l'ouverture du sommet France-Afrique à Paris.

 

"La France prend une grande responsabilité que nous devons tous, en tant qu'Européens soutenir", a-t-il ajouté. "Nous avons débloqué 50 millions d'euros supplémentaires pour (...) appuyer cette mission africaine", a indiqué le président de la Commission, en référence à la force africaine Misca, appuyée par les forces françaises.

 

"C'est une façon concrète de répondre aux attentes de la communauté internationale et des Africains" concernant la situation dans ce pays, a-t-il ajouté. M. Barroso a précisé que cette contribution s'ajoutait aux 225 millions d'euros versés au titre de l'aide au développement et à 20 millions d'euros d'aide humanitaire.

 

Au lendemain du feu vert du Conseil de sécurité de l'ONU, l'armée française a lancé son opération en Centrafrique vendredi. "L'opération a commencé" et les forces françaises présentes en Centrafrique "ont développé des patrouilles dans Bangui", a déclaré le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Centrafrique : l'UE débloque 50 millions d'euros

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 16:10

 

 

 

 

 

 

 - 

 

Par Le Nouvel Observateur avec AFP

 

L'état major français confirme par ailleurs un premier accrochage mortel entre des ex-rebelles de la Séléka et des militaires français jeudi.

 

Quelque 92 morts et 155 blessés, par arme blanche ou par balle, ont été enregistrés dans un hôpital de Bangui depuis le début d'une vague de tuerie jeudi dans la capitale centrafricaine, selon un bilan établi vendredi 6 décembre par la mission en Centrafrique de Médecins sans frontières (MSF).

 

"Hôpital communautaire : 155 blessés en deux jours, 92 morts à la morgue", indique un bref message de MSF. L'ONG, qui a une antenne médicale et chirurgicale dans cet établissement, ne pouvait préciser si les corps déposés vendredi matin à la morgue étaient des victimes tuées dans la nuit, ou ceux de cadavres abandonnés dans les rues jeudi après les massacres.

 

Avions de combat 

 

L'armée française a lancé son opération en Centrafrique avec un renforcement dans un premier temps des patrouilles dans Bangui, qui présentait vendredi un visage de ville morte après les massacres de la veille.

 

 

Dans les rues de Bangui, sous l'orage et la pluie, où toute circulation de véhicules civils est interrompue depuis jeudi, aucun déploiement massif des troupes françaises n'était visible vendredi dans la matinée. Pendant quelques minutes deux avions de combat, impossibles à identifier à cause du plafond nuageux très bas, ont survolé la ville.

 

Comme chaque jour, des patrouilles - véhicules légers et blindés - circulent sur les principaux boulevards de la capitale. Des détachements de la force africaine (Misca) étaient eux aussi postés à leurs emplacements habituels.

 

En revanche, contrairement à la veille où ils avaient patrouillé la ville toute la journée, les pick-ups bondés de soldats centrafricains se faisaient discrets.

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a donné son feu vert jeudi à une force composée de soldats africains et français rétablir l'ordre en Centrafrique. Le président français François Hollande a annoncé dans la soirée une action militaire "immédiate" de la France après le vote de l'ONU.

 

Berlin propose son aide logistique

 

L'Allemagne a proposé vendredi d'offrir une aide logistique à la France en mettant à disposition des capacités de transport aérien pour l'aider dans son opération en Centrafrique.

 

Berlin dispose de cinq Airbus A310, capables d'effectuer du transport de troupes, et pour certains d'entre eux du ravitaillement aérien ou du transport de matériels, qui peuvent être mis à la disposition de la France, a déclaré un porte-parole du ministère allemand de la Défense, lors d'une conférence de presse ordinaire.

 

Il ne pourra s'agir que de transports "vers un pays voisin de la République centrafricaine", a expliqué ce porte-parole, en soulignant qu'une telle aide n'entraînant pas directement une implication dans un pays en guerre pouvait être rapidement décidée par le gouvernement.

 

Pour que les appareils interviennent dans une zone de conflit il faudrait un feu vert des députés du Bundestag, très improbable.

 

Le porte-parole a souligné que Berlin était en contact avec Paris et attendait de savoir si la France solliciterait ou non cette aide proposée par l'Allemagne.

 

Londres avait déjà proposé à Paris une aide logistique qui pourrait se traduire par la mise à disposition d'un avion militaire gros-porteur C-17.

 

L'armée française a fait feu sur un pick-up armé

 

L'état major français a par ailleurs confirmé un premier accrochage mortel entre des ex-rebelles de la Séléka et des militaires français jeudi à Bangui, selon une source militaire citée par le journaliste de France 2 Nicolas Bertrand, présent sur place.

 

Les soldats français ont ouvert le feu jeudi matin sur un pick-up armé dont les occupants tiraient sur des civils près de l'aéroport de Bangui, tuant plusieurs personnes à bord, a indiqué vendredi à Paris l'état-major des armées.

 

"A l'aube [jeudi, NDLR], un pick-up armé a ouvert le feu à trois reprises en direction de ces civils et des troupes françaises. A la troisième ouverture du feu, on a riposté et on a détruit le véhicule", a indiqué le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron.

 

Selon la même source, ce type de pick-up, équipé d'une mitrailleuse à l'arrière, compte habituellement quatre à cinq occupants. L'incident n'a fait "aucun blessé" parmi les civils et les soldats français, a précisé le porte-parole.

 

Après les premiers accrochages entre bandes armées, jeudi vers 3 heures du matin, des civils centrafricains se sont rapprochés par centaines de l'aéroport pour bénéficier de la protection des troupes françaises qui y sont déployées. Selon le porte-parole, ils étaient environ 2.000 dans la journée de jeudi.

 

Au moment de l'incident de jeudi matin, 650 soldats français étaient déployés à Bangui, dont environ 400 à l'aéroport.

 

Engrenage de violences

 

Jeudi, avant à l'aube, de violents affrontements ont éclaté dans le nord de la capitale. "Des groupes armés ont lancé une offensive sur la ville. Les forces de l'ex-Séléka (ex-rébellion, au pouvoir) ont rétorqué", selon Médecins sans frontières (MSF).

 

Dans l'après-midi, les journalistes ont comptabilisé au moins 54 cadavres rassemblés dans une mosquée du centre-ville, et 25 cadavres gisant dans les rues voisines, abandonnés sur le bas côté. Les corps portaient des marques de blessures à l'arme blanche et par balles. A l'hôpital communautaire de Bangui, MSF avait recensé 50 morts en fin de journée.

 

La Centrafrique est plongée dans le chaos et un engrenage de violences communautaires et inter-religieuses entre chrétiens et musulmans depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka.

Nouveau bilan à Bangui : 92 morts, 155 blessés

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 16:00

 

 

 

 

 


PARIS - AFP / 06 décembre 2013 15h03 - Les soldats français ont tué jeudi à Bangui plusieurs personnes à bord d'un pick-up, qui avaient ouvert le feu dans leur direction et sur des civils, a indiqué vendredi à Paris l'état-major des armées.


Jeudi à l'aube, un pick-up armé a ouvert le feu à trois reprises en direction de ces civils et des troupes françaises. A la troisième ouverture du feu, on a riposté et on a détruit le véhicule, a indiqué le porte-parole de l'état-major.


Selon la même source, ce type de pick-up, équipé d'une mitrailleuse à l'arrière, compte habituellement quatre à cinq occupants. L'incident n'a fait aucun blessé parmi les civils et les soldats français, a précisé le porte-parole.


Après les premiers accrochages entre bandes armées, jeudi vers 3H00 du matin, des civils centrafricains se sont rapprochés par centaines de l'aéroport de Bangui pour bénéficier de la protection des troupes françaises qui y sont déployées. Selon le porte-parole, ils étaient environ 2.000 dans la journée de jeudi.


Le président François Hollande a annoncé jeudi soir une action militaire immédiate de la France en Centrafrique, après le vote du Conseil de sécurité de l'ONU donnant mandat à une force africaine pour rétablir la stabilité dans le pays avec le soutien des forces françaises.


Au moment de l'incident de jeudi matin, 650 soldats français étaient déployés à Bangui, dont environ 400 à l'aéroport. L'ancienne puissance coloniale doit déployer au total 1.200 hommes en Centrafrique.


Les militaires français agissent en soutien d'une force panafricaine, sous-équipée et mal formée, qui s'est avérée incapable de rétablir l'ordre dans un pays plongé dans le chaos depuis le renversement en mars du président François Bozizé.


Quelque 92 morts et 155 blessés, par arme blanche ou par balle, ont été enregistrés dans un hôpital de Bangui depuis le début d'une vague de tuerie jeudi dans la capitale centrafricaine, selon un bilan établi vendredi par la mission sur place de Médecins sans frontières (MSF).



(©) 

Centrafrique: l'armée française tue plusieurs personnes armées sur un pick-up

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 15:49

 

 

 

 

 

 

Addis Abéba, le 6 décembre 2013: La Présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), Dr. Nkosazana Dlamini Zuma, continue de suivre avec une très profonde préoccupation l'évolution de la situation en République centrafricaine (RCA). Elle réitère la ferme condamnation par l'UA des exactions et autres violations massives des droits de l'homme qui continuent d'être commises contre les populations civiles. Elle souligne la nécessité urgente de tout faire pour mettre fin à cette situation inacceptable.

 

La Présidente de la Commission encourage la Mission de consolidation de la paix de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale en RCA (MICOPAX), qui deviendra la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA), le 19 décembre 2013, à intensifier ses efforts en vue de contribuer à la restauration rapide de l'ordre public et à la protection effective des populations civiles, et de prendre toutes les dispositions requises à cet effet.

 

Elle se félicite des initiatives prises par sa Représentante spéciale en RCA, Hawa Ahmed Youssouf, y compris les consultations intenses et continues avec les autorités de la transition, le commandement militaire de la MICOPAX, les chefs religieux et les principaux représentants de la communauté diplomatique à Bangui, pour faire face à la situation sur le terrain. Elle demande aux forces françaises présentes sur le terrain à apporter à cet effet tout le soutien nécessaire à la MICOPAX.

 

 

http://www.peaceau.org/fr/article/l-union-africaine-souligne-l-imperatif-de-la-restauration-rapide-de-l-ordre-public-et-de-la-protection-des-populations-civiles-en-republique-centrafricaine#sthash.ADOHEwE5.72hX5nLl.dpuf

 

L'Union africaine souligne l'impératif de la restauration rapide de l'ordre public et de la protection des populations civiles en République Centrafricaine

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 15:18

 

 

 

 

 

 

Le Conseil de sécurité autorise une intervention militaire de la France en République centrafricaine

 

LE MONDE |  • Mis à jour le  | (New York, Nations unies, correspondante)

 

Six mois après le déploiement de casques bleus au Mali, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté, jeudi 5 décembre, une résolution française ouvrant la voie à une seizième opération de maintien de la paix, cette fois-ci en République centrafricaine (RCA).

 

Le vote unanime des 15 membres du Conseil a lieu alors que des violences meurtrières ont éclaté dans la capitale Bangui, placée sous couvre-feu et où 250 soldats français se sont déployés.

 

L'adoption de la résolution, placée sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies autorisant un recours à la force, donne mandat à la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca) de se déployer « pour une période de douze mois », avec une clause de révision à six mois.

 

Le texte autorise aussi les forces françaises en RCA « à prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la Misca dans l'accomplissement de son mandat ».

 

MILLE DEUX CENTS SOLDATS FRANÇAIS DÉPLOYÉS

 

La Misca doit compter jusqu'à 3 600 hommes, mais n'a pu en rassembler, pour l'instant, que 2 500, venus du Tchad, du Gabon ou du Cameroun. Le contingent français, lui, va passer de 450 à 1 200 hommes.

 

Le texte, qui devrait recueillir l'unanimité lors du vote, demande au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, de présenter dans trois mois, « au plus tard »ses recommandations quant à la « transformation éventuelle » de la Misca en opération de maintien de la paix de l'ONU. Dans les faits, les Nations unies n'ont pas attendu le feu vert de leur organe exécutif pour plancher sur un concept d'opération.

 

Cette résolution est le fruit d'efforts répétés de la France depuis juin pour tenter de mobiliser ses partenaires du Conseil de sécurité. « Nous sommes bien seuls sur le dossier centrafricain », avait déploré à plusieurs reprises durant l'été l'ambassadeur de France, Gérard Araud, alors que l'ancienne colonie française plongeait dans le chaos, entraînant ses 4,6 millions d'habitants dans une crise humanitaire sans précédent.

 

« MISSION IMPOSSIBLE »

 

Six mois de cris d'alarme et d'intenses négociations plus tard, Paris a eu raison du peu d'appétence du Conseil en faveur d'une action en République centrafricaine. Non seulement la résolution dote la Misca d'un mandat de protection des civils et de stabilisation du pays, mais elle prévoit aussi la création d'un fonds fiduciaire pour financer ses activités et instaure une commission d'enquête sur les droits de l'homme.

 

Le document de 18 pages, qui envisage également un embargo sur les armes et des sanctions ciblées contre les responsables d'exactions, a été plusieurs fois amendé à la demande des Etats-Unis. En tant que premiers contributeurs au budget de l'ONU (22 %), les Américains refusaient tout engagement coûteux. D'où leur résistance à l'idée de déployer de 6 000 à 9 000 casques bleus sur le terrain, défendue par Ban Ki-moon dans son dernier rapport.

 

La tâche de la Misca est déjà qualifiée de « mission impossible » par des diplomates, pour plusieurs raisons : la faiblesse des effectifs, le manque d'équipements et de financements, et la composante civile restreinte de la mission.

 

Les Américains s'étant opposés à une mission hybride du type de la Mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom) – panafricaine, mais financée par l'ONU et l'Union européenne –, seules des contributions volontaires alimenteront le fonds finançant la Misca. « C'est l'échec assuré », avance un expert, qui cite les 37 millions de dollars (27 millions d'euros) versés au fonds fiduciaire créé pour soutenir la force panafricaine au Mali, quand les donateurs en avaient promis 454. L'exemple malien servira de leçon. « Nous allons gérer le dossier RCA avec prudence », assure un diplomate.

 

Alexandra Geneste (New York, Nations unies, correspondante) 
 

Journaliste au Monde

 

 

Centrafrique : le texte de la résolution française à l'ONU

 

La résolution française sur la Centrafrique, déposée il y a quelques jours à l'ONU, a été adoptée ce jeudi, par les membres du Conseil de sécurité. Zoom sur les principaux points du texte.

 

Les quinze pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont adopté, jeudi, à l'unanimité la résolution autorisant une intervention militaire française en Centrafrique, visant à rétablir la sécurité dans le pays, en proie au chaos depuis plusieurs mois. Le texte, long de 14 pages, présente plusieurs entrées, parmi lesquelles la question du calendrier de l'intervention, ou encore celle de la transition démocratique. Voici les principaux points de la résolution déposée sous chapitre 7 de la Charte des Nations unies et adoptée jeudi à New York par le Conseil de sécurité.

    
• Sur la transition politique 


Le Conseil de sécurité "réclame l'application rapide des accords de transition (..) qui devront mener à la tenue d'élections présidentielle et législatives libres, équitables et transparentes..."
    
• Sur les droits de l'Homme


Le Conseil de sécurité "exprime sa profonde inquiétude devant la multiplication des violences inter-religieuses et inter-ethniques..." et "demande au secrétaire général (Ban Ki-moon) de mettre en place rapidement une commission internationale d'enquête (...) pour une période initiale d'un an". L'enquête portera sur les exactions commises depuis le 1er janvier 2013.

    
• Sur la Misca et les forces françaises

     
Le Conseil de sécurité "autorise le déploiement" de la force africaine présente en RCA (Misca) "pour une période de douze mois", avec une clause de révision à six mois, afin de "protéger les civils et rétablir l'ordre et la sécurité (...), stabiliser le pays (...) et créer les conditions propices à la fourniture d'aide humanitaire..."


Par ailleurs, le Conseil de sécurité "autorise les forces françaises en RCA, dans la limite de leurs capacités et de leurs zones de déploiement, et de manière temporaire, à prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la Misca dans l'accomplissement de son mandat" et demande à Bangui et aux pays voisins de soutenir leur action. 

    
• Sur le financement 


Le Conseil de sécurité demande à Ban Ki-moon "de mettre en place un fonds fiduciaire" pour financer la Misca, ainsi qu'une "conférence de donateurs", et "invite les Etats membres à contribuer généreusement et promptement à ce fonds".

• Sur le maintien de la paix 


Le Conseil de sécurité "demande (à Ban Ki-moon) de mener rapidement des préparatifs" en vue de transformer la Misca en opération de maintien de la paix de l'ONU, "étant bien entendu qu'une nouvelle décision du Conseil sera nécessaire pour mettre en place une telle mission".


Le Conseil de sécurité "demande (à Ban Ki-moon) de faire rapport au Conseil dans un délai ne dépassant pas trois mois (...) avec des recommandations sur (cette) transformation, y compris une évaluation des progrès" sur le terrain.


Le texte complet de la résolution.

 

Nations Unies    Conseil de sécurité

 

France, Luxembourg, Maroc

 

 

Résolution

 

Le Conseil de sécurité, Rwanda et Togo :

 

 

3 décembre 2013 

 

Français Original : anglais

 

Rappelant ses précédentes résolutions et déclarations sur la République centrafricaine, en particulier sa résolution 2121 (2013),

 

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale età l’unité de la République centrafricaine, et rappelant l’importance des principes de bon voisinage et de coopération régionale,

 

Se déclarant vivement préoccupé l’état de la sécurité qui continue de se par détériorer en République centrafricaine et se caractérise par l’effondrement totale de l’ordre public, l’absence de l’état de droit et des tensions interconfessionnelles, se déclarant en outre profondément préoccupé par les incidences de l’instabilité de ce pays sur la région de l’Afrique centrale et au-delà, et soulignant à cet égard la nécessité d’une intervention rapide de la communauté internationale,

 

Demeurant gravement préoccupé par la multiplication et l’intensification des violations du droit international humanitaire et les violations généralisées des droits de l’homme et exactions qui sont commises, en particulier par d’anciens éléments de la Séléka et des milices, en particulier celles connues sous le nom de« anti-balaka », notamment les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, les arrestations et détentions arbitraires, les actes de torture, les violences sexuelles sur la personne de femmes et d’enfants, les viols, le recrutement et l’emploi d’enfants et les attaques contre des civils,

 

Soulignant qu’il est particulièrement préoccupé l’apparition d’une par nouvelle logique de violences et de représailles et par le risque qu’elle dégénère en fracture religieuse et ethnique à l’échelle nationale, de nature à se muer en situation incontrôlable et s’accompagner de crimes graves au regard du droit international, en particulier des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, ce qui aurait des répercussions graves sur le plan régional,

 

Préoccupé par le fait que les institutions policières, judiciaires et pénitentiaires n’ont pas les moyens d’amener les auteurs de ces violations et exactions à répondre de leurs actes,

 

Condamnant toutes violences qui ciblent les membres de groupes ethniques et religieux ainsi que leurs dirigeants, et engageant toutes les parties et les parties prenantes en République centrafricaine à soutenir, avec l’aide de la communauté internationale, le dialogue intercommunautaire et interconfessionnel, et à y concourir, afin d’atténuer les tensions actuelles sur le terrain,

 

Réaffirmant tous les auteurs de tels actes doivent en répondre et que  certains de ces actes pourraient constituer des crimes au regard du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, auquel la République centrafricaine est partie, et rappelant la déclaration faite par le Procureur de la Cour le 7 août 2013,

 

Condamnant de nouveau destruction du patrimoine naturel et notant que le braconnage et le trafic dont fait l’objet la faune sauvage sont au nombre des facteurs qui alimentent la crise en République centrafricaine,

 

Notant la décision prise par le Processus de Kimberley de suspendre la République centrafricaine,

 

Saluant le rapport du Secrétaire Général en date du 15 novembre 2013, sur la situation en République centrafricaine et sur la planification de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) et prenant note des propositions détaillées concernant le soutien que la communauté internationale pourrait apporter à la Mission,

 

Rappelant qu’il incombe au premier chef aux autorités de transition de protéger la population civile,

 

Rappelant ses résolutions 1265 (1999), 1296 (2000), 1674 (2006), 1738 (2006)et 1894 (2009) sur la protection des civils en période de conflit armé, ses résolutions1612 (2005), 1882 (2009), 1998 (2011) et 2068 (2012) sur le sort des enfants en temps de conflit armé, et ses résolutions 1325 (2000), 1820 (2008), 1888 (2009),1889 (2009), 1960 (2010),2106 (2013) et 2122 (2013), sur les femmes et la paix et la sécurité, et demandant aux parties en République centrafricaine de collaborer avec la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé et la Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit,

 

Soulignant qu’il importe que les autorités de transition assurent la pleine participation des femmes, sur un pied d’égalité, à toutes les discussions portant sur le règlement du conflit et à toutes les phases du processus électoral,

 

Soulignant également que la situation en République centrafricaine risque de créer un climat propice au développement d’activités criminelles transnationales, impliquant notamment le trafic d’armes et l’utilisation de mercenaires, et de constituer un terrain fertile pour les réseaux radicaux,

 

Rappelant sa résolution 2117  et (2013) se disant gravement préoccupé par la menace que font peser sur la paix et la sécurité en République centrafricaine, le transfert illicite, l’accumulation déstabilisatrice et le détournement d’armes légères et de petit calibre,

 

Constatant toujours avec inquiétude l’Armée de résistance du Seigneur que poursuit ses activités en République centrafricaine, en raison notamment de l’insécurité qui règne dans le pays,

Se disant de nouveau gravement préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire en République centrafricaine et condamnant fermement les attaques répétées dirigées contre le personnel des Nations Unies et le personnel humanitaire leurs biens, avoirs et locaux, et le pillage des stocks d’aide humanitaire ayant pour effet d’entraver l’acheminement de cette aide,

 

Soulignant qu’il importe de respecter les principes directeurs des Nations  Unies relatifs à l’aide humanitaire, dont la neutralité, l’impartialité, l’humanité et l’indépendance dans la fourniture de l’aide humanitaire,

 

Engageant instamment toutes les parties à prendre les mesures nécessaires afin d’assurer la sûreté et la sécurité du personnel humanitaire, du personnel des Nations Unies et du personnel associé, ainsi que de leurs biens,

 

Rappelant approuvant le octobre, la lettre de son président datée du 29 déploiement d’une unité de gardes en République centrafricaine, laquelle ferait partie du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BINUCA), et prenant note de la lettre du Secrétaire général datée du 26 novembre 2013, dans laquelle il souligne les progrès réalisés en vue du déploiement d’une unité de gardes au sein du BINUCA, ainsi que le consentement exprimé le 5novembre par les autorités de transition à ce déploiement, et saluant à cet égard la contribution du Royaume du Maroc à cette unité,

 

Se félicitant de la décision prise par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, le 19 juillet 2013, d’autoriser le déploiement de la MISCA, ainsi que l’adoption, le 10 octobre 2013, d’un nouveau concept d’opérations,

 

S'Exprimant de nouveau à la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et à son médiateur sa gratitude pour les efforts qu’ils déploient concernant la crise en République centrafricaine, à l’Union africaine pour l’action qu’elle mène en vue de régler la crise, et au Groupe de contact international pour la République centrafricaine pour ses efforts,

 

Se félicitant du ferme engagement de l’Union européenne en faveur de la République centrafricaine, en particulier des conclusions que le Conseil des affaires étrangères a formulées le 21 octobre 2013 et de l’engagement pris par l’Union européenne de contribuer financièrement au déploiement de la MISCA dans le cadre de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique, et accueillant favorablement les pourparlers en cours au sein de l’Union européenne sur la possibilité d’apporter un soutien supplémentaire,

 

Saluant les efforts que fait le Secrétariat pour étoffer et améliorer le registre d’experts du Service de ses organes subsidiaires, compte tenu des indications données par son président dans la note publiée sous la cote S/2006/997,

 

Prenant note le Groupe de contact international pour la la déclaration que de République centrafricaine a adoptée à sa troisième réunion, tenue à Bangui le8 novembre 2013,

 

Prenant note également du communiqué que le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a publié le 13 novembre 2013, dans lequel celui-ci exhorte le Conseil de sécurité à adopter rapidement une résolution consacrant et autorisant le déploiement de la MISCA,

 

Prenant note en outre  de la lettre du Président de la Commission de consolidation de la paix, datée du 22 novembre 2013, dans laquelle il souligne à quel point il importe de répondre aux besoins de la République centrafricaine en matière de consolidation dela paix dès que la situation humanitaire et sur le plan dela sécurité aura été stabilisée, et insiste sur l’importance de ce que la Commission fait pour mobiliser et maintenir l’attention des partenaires et des acteurs à l’appui des efforts correspondants des Nations Unies et des acteurs régionaux, et pour pérenniser leur engagement,

 

Prenant note novembre de la lettre des autorités centrafricaines datée du 202013, dans laquelle celles-ci demandent que la MISCA soit appuyée par les forces françaises,

 

Soulignant qu’il importe que toutes les organisations internationales, régionales et sous-régionales présentes en République centrafricaine coordonnent davantage leurs activités,

 

Considérant que la situation en République centrafricaine constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales,

 

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

 

Processus politique

 

1.Affirme son appui à l’Accord de Libreville du 11 2013, à la janvier Déclaration de N’Djamena du 18 avril 2013, à l’Appel de Brazzaville du 3 mai 2013et à la déclaration que le Groupe de contact international pour la République centrafricaine, a adoptée à sa troisième réunion, tenue à Bangui le 8 novembre 2013;

2.Réaffirme que, selon l’accord politique conclu à Libreville, le Premier Ministre est le Chef du Gouvernement d’union nationale chargé de concrétiser les priorités définies à l’article 5 dudit accord et exhorte toutes les parties à respecter cet accord;

 

3.Réaffirme également que, conformément à la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance, aux Accords de Libreville, aux décisions de la CEEAC sur la question et à la Charte constitutionnelle de la transition, le Chef de la transition, le Premier Ministre, le Président du Conseil national de transition et les membres du bureau du Conseil national de transition ne peuvent pas participer aux élections organisées en vue de rétablir l’ordre constitutionnel;

 

4.Exhorte les autorités de transition à prendre toutes les mesures appropriées pour désarmer, cantonner et démanteler immédiatement tous les groupes armés, sur l’ensemble du territoire, dans le respect des normes internationales;

 

5.Exige l’application immédiate des dispositions transitoires visées au paragraphe 1cidessus, qui doivent aboutir à l’organisation d’élections présidentielle et législatives libres, justes et transparentes 18 mois après le début de la période de la transition définie à l’article 102 de la Charte de la transition, qui est entrée en vigueur le 18 août 2013, comme le prévoit la Déclaration de N’Djamena;

 

6.Déploreque les autorités de transition n’aient guère fait de progrès dans la mise en œuvre des éléments clefs du dispositif établi pour la transition, notamment en ce qui concerne l’organisation d’élections en février 2015 au plus tard, et demande à cet égard aux autorités de transition de créer rapidement une autorité nationale électorale, ce qui permettra à l’Organisation des Nations Unies de recenser les besoins qui existent sur le plan technique afin que l’organisation des élections se déroule bien;

 

7.Demande instamment Pacte autorités de transition d’appliquer le « aux républicain », signé par le gouvernement de transition le 7 novembre 2013 sous l’égide de la Communauté de Sant’Egidio, cadre crédible devant favoriser un dialogue national sans exclusive entre toutes les forces du pays, politiques, sociales et religieuses, et prie le Secrétaire général de prendre les mesures appropriées, par l’intermédiaire de son Représentant spécial pour la République centrafricaine, pour aider les autorités de transition à améliorer leurs capacités de médiation et pour faciliter et renforcer ce dialogue; jouent le Représentant spécial du Secrétaire général et le médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale;

 

9.Soutient le BINUCA dans l’action essentielle qu’il mène pour aider à rétablir l’ordre constitutionnel et accompagner le processus politique en cours, dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord de Libreville et de la feuille de route de N’Djamena, et soutenir le processus électoral;

 

10. Décide  que toute tentative visant à retarder, entraver ou violer les dispositions transitoires auxquelles il est fait référence au paragraphe 1 ci-dessus sera interprétée comme un obstacle au processus de paix et pourrait entraîner l’imposition des mesures prévues au paragraphe 56 ci-après;

 

Désarmement, démobilisation et réintégration, et réforme du secteur de la sécurité

 

11.Exhorte  les autorités de transition à élaborer et à mettre en œuvre des programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) ou des programmes de désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration, et réinstallation (DDRRR) , y compris pour les anciens éléments de la Séléka qui ne seront pas intégrés dans les forces de sécurité et les enfants associés à des forces et groupes armés;

 

12.Exhorte également les autorités de transition à élaborer et à mettre en œuvre un programme national et global de réforme du secteur de la sécurité, assorti notamment de procédures de vérification appropriées pour reconstituer des forces de sécurité centrafricaines qui soient professionnelles, équilibrées et représentatives, et dont les membres seront sélectionnés sur la base de leur respect des droits de l’homme et de leur nationalité, et demande autorités de transition de coopérer aux avec le BINUCA et la MISCA à ces fins;

13. Demande aux États Membres, et aux organisations régionales et internationales, y compris l’Union africaine, l’Organisation des Nations Unies et l’Union européenne, de coordonner l’assistance qu’ils prêtent aux autorités de transition en vue de la réforme du secteur de la sécurité;

 

État de droit

 

14.Souligne qu’il importe de renforcer les capacités des institutions policières, judiciaires et pénitentiaires de faire respecter la primauté du droit et de traduire en justice les auteurs de violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme et d'atteintes aux droits de l'homme;

 

15.Souligne également qu’il importe de renforcer le concours apporté aux autorités de transition pour qu’elles puissent faire face aux enjeux sur le plan de la sécurité et étendre l’autorité de l’État;

 

Protection des ressources naturelles

16.Condamne l’exploitation illégale des ressources naturelles en République centrafricaine, laquelle contribue à la perpétuation du conflit, et souligne qu’il importe de mettre fin à ces activités illégales, y compris en exerçant les pressions nécessaires sur les groupes armés, les trafiquants et tous les autres protagonistes;

Promotion et protection des droits de l’homme

 

17.Condamne fermement la poursuite des violations du droit international humanitaire et les exactions et violations généralisées des droits de l’homme perpétrées par des groupes armés, en particulier les anciens éléments de la Séléka, les éléments « antibalaka » et l’Armée de résistance du Seigneur, qui mettent en péril la population, et souligne que les auteurs de ces violations doivent être traduits en justice;

 

18. Demande instamment aux autorités de transition de veiller à ce que tousles auteurs d’exactions et de violations des droits de l’homme et du droitinternational humanitaire répondent de leurs actes;

 

19.Dit sa vive préoccupation face à l’escalade des violences interreligieuses et intercommunautaires, et face aux violences qui visent les membres de groupes ethniques et religieux, ainsi que leurs dirigeants, et exhorte tous les protagonistes et toutes les parties prenantes en République centrafricaine à unir leurs efforts, avec l’aide de la communauté internationale, pour renforcer les dialogues intercommunautaire et interconfessionnel afin d’empêcher que la situation sur le terrain ne se détériore davantage;

 

20.Exige de nouveau tous de les groupes armés, en particulier les anciens éléments de la Séléka et les éléments « antibalaka », qu’ils empêchent le recrutement et l’emploi d’enfants et y mettent fin, et de toutes les parties qu’elles protègent et traitent comme des victimes les enfants qui ont été libérés ou séparés des forces armées et des groupes armés, et souligne qu’une attention particulière doit être apportée à la protection, à la libération et à la réintégration de tous les enfants associés à des groupes armés;

 

21.Souligne chef aux autorités de transition de incombe au premier qu’il protéger la population et de garantir la sécurité et l’unité du territoire, et insiste sur le fait qu’elles sont tenues de faire respecter le droit international humanitaire, le droit international des droits de l’homme et le droit des réfugiés;

 

22.Demande à toutes les parties au conflit armé qui sévit en République centrafricaine, y compris les anciens éléments de la Séléka et les éléments« antibalaka », d’interdire expressément toutes violations et exactions à l’encontre d’enfants en contravention du droit international applicable (recrutement, emploi, meurtre et mutilation, enlèvement et attaques contre des écoles et des hôpitaux), et demande également de transition de prendre des engagements précis, autorités aux et de les respecter, pour que, lorsqu’il est fait état d’exactions, des enquêtes soient ouvertes dans les meilleurs délais afin que les auteurs soient amenés à répondre de leurs actes, et de veiller à ce que les responsables de ces violations et exactions ne puissent pas travailler dans le secteur de la sécurité;

 

23.Demande toutes les parties au à conflit armé qui sévit en République centrafricaine, y compris les anciens éléments de la Séléka, d’interdire expressément la violence sexuelle, et demande également aux autorités de transition de prendre des engagements précis, et de les respecter, pour que, lorsqu’il est fait état de violences, des enquêtes soient ouvertes dans les meilleurs délais afin que les auteurs soient amenés à répondre de leurs actes, conformément aux résolutions1960 (2010) et 2106 (2013), et de permettre aux victimes de violences sexuelles d’accéder immédiatement aux services disponibles;

 

24.Prie le Secrétaire général de créer rapidement une commission d’enquête internationale pour une période initiale d’un an, qui sera composée notamment d’experts du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, pour enquêter immédiatement sur les informations faisant état de violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme et d’atteintes aux droits de l’homme qui auraient été perpétrées par toutes les parties en République centrafricaine depuis le 1erjanvier 2013, de réunir des informations, d’aider à identifier les auteurs de ces violations et atteintes, de mettre en lumière leur éventuelle responsabilité pénale et d'aider à faire en sorte que les responsables répondent de leurs actes, et demande à toutes les parties de coopérer pleinement avec cette commission;

 

25.Prie également Secrétaire général de lui faire rapport sur les le conclusions de la Commission d’enquête six mois, puis un an, après l’adoption de la présente résolution;

 

26.Prie en outre le Secrétaire général de prendre, en concertation avec la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, les mesures qui s’imposent pour augmenter le nombre d’observateurs des droits de l’homme en République centrafricaine;

 

27.Engage  les États Membres à prendre des mesures en vue de dissuader fermement leurs ressortissants de se rendre en République centrafricaine pour participer à des activités contribuant à compromettre la paix, à menacer le processus politique ou à concourir à la violation des droits de l'homme;

 

Déploiement de la MISCA

 

28. Autorise le déploiement de la MISCA pour une période initiale six  mois après l’adoption de la présente résolution, prévoyant toutes les mesures nécessaires, conformément au concept d’opérations adopté le 19 juillet 2013 et revu le 10 octobre 2013, pour contribuer à :

 

i) Protéger les civils et rétablir la sécurité et l’ordre public, en ayant recours aux mesures appropriées;

 

ii) Stabiliser le pays et restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire;

 

iii) Créer les conditions propices à la fourniture d’une aide humanitaire aux populations qui en ont besoin;

 

iv) Soutenir les initiatives de désarmement, démobilisation et réintégration ou désarmement, démobilisation, réintégration rapatriement, et réinstallation menées par les autorités de transition et coordonnées par le BINUCA;

 

v) Accompagner les efforts nationaux et internationaux, menées par les autorités de transition et coordonnés par le BINUCA, visant à réformer et restructurer les secteurs de la défense et de la sécurité;

 

29.Se félicite des consultations tenues entre la Commission de l’Union africaine et les pays de la région de l’Afrique centrale et du concours apporté par l’Organisation des Nations Unies et les États Membres pour finaliser les modalités de la transition entre la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique(MICOPAX) et la MISCA, notamment les résultats des réunions tenues à Addis-Abeba du 7 au 10 octobre 2013;

 

30.Prie l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale de veiller à ce que la passation des pouvoirs entre la MICOPAX et la MISCA ait lieu le 19 décembre 2013,noteà ce propos que le Conseil de paix et de sécurité a demandé à la Commission de l’Union africaine de prendre les mesures d’urgence afin que la passation des pouvoirs entre la MICOPAX et la MISCA se déroule avec succès, et se félicite de la nomination du nouveau commandement de la MISCA;

 

31.Souligne qu’il faut que le BINUCA, la Force régionale d’intervention de l’Union africaine (AURTF) et la MISCA coordonnent bien leurs activités concernant la protection des civils et leurs opérations de lutte contre l’Armée de résistance du Seigneur, et mettent en commun les informations dont ils disposent;

 

32.Invite l’Union à lui rendre compte tous les 60 jours, en étroite africaine coordination avec le Secrétaire général et les autres organisations internationales et avec les partenaires bilatéraux concernés par la crise, concernant le déploiement et les activités de la MISCA;

 

33.Souligne que la MISCA et toutes les forces militaires présentes en République centrafricaine doivent agir, dans l’exécution de leur mandat, en respectant pleinement la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité de la République centrafricaine ainsi que les dispositions applicables du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’homme et du droit international des réfugiés, et rappelle la formation est importante à cet égard; 

 

Soutien international

34.Remercie les pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale qui ont d’ores et déjà déployé des contingents, demande aux pays d’Afrique de contribuer à la MISCA afin de lui donner les moyens de s’acquitter de son mandat, et invite les États Membres et les organisations régionales à coopérer étroitement à cet effet avec l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, l’Organisation des Nations Unies, les pays qui fournissent des contingents et les autres organisations et donateurs;

 

35.Insiste tous les nouveaux contingents africains soient pour que pleinement intégrés dans les structures de commandement et de contrôle de la MISCA, et opèrent conformément au mandat donné à celle-ci au paragraphe 28 de la présente résolution;

 

36.Invite les autorités de transition et toutes les autres parties en République centrafricaine à apporter un concours plein et entier au déploiement et aux opérations de la MISCA, notamment en assurant la sûreté et la sécurité de celle-ci etsa liberté de mouvement, avec accès immédiat et sans entrave à tout le territoire de la République centrafricaine, pour lui permettre de s’acquitter de l’intégralité de son mandat, et invite également pays voisins à prendre les mesures voulues pour les aider la Mission à accomplir son mandat;

 

Soutien de l’Organisation des Nations Unies

 

37.Prie le Secrétaire général de continuer de renforcer la prestation à l’Union africaine de conseils techniques et spécialisés aux fins de la planification et du déploiement de la MISCA, ainsi que pour la mise en œuvre du concept d’opérations et l’établissement du quartier général de la Mission, en vue de consolider ses structures de commandement et de contrôle ainsi que son administration, d’améliorer l’infrastructure informatique et de communication et de fournir la formation nécessaire;

 

38.Prie également général d'apporter un appui à la MISCA le Secrétaire pour qu'elle puisse lutter contre la prolifération illicite de tous armements et matériels connexes de tous types, en particulier d’armes légères, sécuriser les stocks d’engins explosifs, éliminer les restes explosifs de guerre et s’occuper de la destruction des munitions classiques;

39.Souligne qu’il  faut  mettre en place les mécanismes nécessaires de coordination entre le BINUCA et la MISCA;

40.Souligne également que l’appui envisagé aux paragraphes 37 et 43 de la présente résolution doit être apporté dans le respect intégral de la Politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme dans le contexte de la fourniture d’appui par l’ONU à des forces de sécurité non onusiennes;

Financement

41.Souligne qu’il incombe aux organisations régionales de mobiliser les ressources humaines, financières, logistiques et les autres ressources nécessaires à leur fonctionnement, y compris par les contributions de leurs membres et l’appui deleurs partenaires;

 

42.Engage les États Membres et les organisations internationales, régionales et sous-régionales à fournir à la MISCA les moyens financiers et les contributions en nature dont elle a besoin pour son déploiement et pour l’exécution de son mandat, et se félicite que l’Union européenne soit disposée à lui apporter un tel soutien financier par l’intermédiaire de la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique;

 

43.Prie le Secrétaire général de créer un fonds d’affectation spéciale auquel États Membres et les organisations internationales, régionales et sous-régionales pourront verser des contributions financières à la MISCA et le prie également d’apporter son concours, en coordination avec l’Union européenne, à la tenue d’une conférence des donateurs, réunissant les États Membres et les organisations internationales, régionales et sous-régionales concernées, qui sera organisée par l’Union africaine pour solliciter le versement, dans les meilleurs délais, de contributions, en particulier à ce fonds;

 

44. En appelle États Membres pour qu’ils versent sans tarder des aux contributions généreuses au nouveau fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour la MISCA, tout en précisant que l’existence de celui-ci n’empêche pas la conclusion d’accords bilatéraux directs, et invite l’Union africaine, agissant en consultation avec le Secrétaire général, à adresser à ce fonds ses demandes de financement budgétaire;

 

45. Note que dans son communiqué du 13 novembre 2013, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a exprimé sa gratitude aux partenaires bilatéraux et multilatéraux de l’Union africaine qui se sont engagés à apporter un appui au déploiement et au fonctionnement de la MISCA;

 

Opération de maintien de la paix

 

46.Prend note de la position exprimée par l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, selon laquelle la MISCA pourrait devoir être transformée en une opération de maintien de la paix des Nations Unies et, à cet égard, accueille favorablement exprimée par le Secrétaire l’intention général d’engager les préparatifs nécessaires en vue de la transformation éventuelle de la MISCA en une opération de maintien de la paix des Nations Unies;

 

47.Prie le Secrétaire général d’effectuer sans tarder les préparatifs et les planifications de contingence en vue de la transformation éventuelle de la MISCA en une opération de maintien de la paix des Nations Unies, tout en soulignant qu’une décision du Conseil sera nécessaire pour établir cette mission;

 

48.Prie  le Secrétaire général, en consultation avec l’Union africaine, de lui faire rapport au plus tard trois mois après l’adoption de la présente résolution et de lui faire des recommandations sur la transformation éventuelle de la MISCA en une opération de maintien dela paix des Nations Unies, y compris une évaluation des progrès réalisés en vue de réunir les conditions sur le terrain, dont il est question auparagraphe 45 du rapport du Secrétaire général daté du 15 novembre 2013;

 

Forces françaises

 

49.Note que dans son communiqué du 13 novembre 2013, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine s’est réjoui du renforcement envisagé du contingent français pour mieux appuyer la MISCA et a encouragé la Commission à travailler à une coordination opérationnelle effective entre la MISCA et les forces françaises;

 

50.Autorise forces françaises en République centrafricaine à prendre  les toutes mesures nécessaires, temporairement et dans la limite de leurs capacités et dans les zones où elles sont déployées, pour appuyer la MISCA dans l’exécution de son mandat, énoncé au paragraphe 28 ci-dessus, prie la France de lui faire rapport sur l’exécution de ce mandat en République centrafricaine et de coordonner les modalités d’établissement de son rapport avec celles énoncées au paragraphe 32 ci-dessus s’appliquant à l’Union africaine, décide de revoir ce mandat six mois au plus tard après qu’il aura débuté, demande autorités de transition d’apporter leur aux entière coopération au déploiement et aux opérations des forces françaises, notamment en assurant la sûreté, la sécurité et la liberté de mouvement de celles-ci, avec accès immédiat et sans entrave à tout le territoire de la République centrafricaine, et invite les pays voisins à prendre les mesures voulues pour soutenir l’action des forces françaises;

 

Action humanitaire : principes, accès et financement

 

51.Se déclare profondément préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire en République centrafricaine et par le fait que l’accès aux organismes humanitaires soit réduit, en conséquence de l’insécurité accrue et des agressions contre le personnel humanitaire;

 

52.Exige  de toutes les parties au conflit, en particulier les anciens éléments de la Séléka, qu’elles ménagent aux organisations humanitaires et à leur personnel, l’accès sans délai, sûr et sans entrave, aux zones où se trouvent les populations dans le besoin, afin qu’ils puissent leur apporter rapidement l’aide humanitaire nécessaire, dans le respect des principes directeurs des Nations Unies relatifs à l’aide humanitaire, dont la neutralité, l’impartialité, l’humanité et l’indépendance dans la fourniture de l’aide humanitaire;

 

53.Demande États Membres de répondre rapidement aux appels aux humanitaires des Nations Unies destinés à faire face aux besoins croissants des populations qui se trouvent en République centrafricaine et à ceux des réfugiés qui se sont enfuis vers les pays voisins, et encourage à cet égard l’exécution sans délai des projets humanitaires des Nations Unies et des organisations humanitaires;

 

Régime de sanctions

Embargo sur les armes

 

54.Décide que,an à compter de la date pour une période initiale d’un d’adoptionde la présente résolution, tous les États Membres devront prendreimmédiatement les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou letransfert directsou indirects à la République centrafricaine, à partir de leur territoireou à travers leur territoire ou par leurs ressortissants, ou au moyen de navires oud’aéronefs battantleur pavillon, d’armements et de matériels connexes de tous types,y compris lesarmes et les munitions, les véhicules et les matériels militaires, leséquipements paramilitaires et les pièces détachées correspondantes, ainsi que touteassistance technique ou formation, et toute aide financière ou autre en rapport avecles arts militaires ou la fourniture, l’entretien ou l’utilisation de tous armements etmatériels connexes, y compris la mise à disposition de mercenaires armés venant ou non de leur territoire, et décide également que cette mesure ne s’applique pas :

 

a) Aux fournitures destinées exclusivement à l’appui de la MICOPAX, de la MISCA, du BINUCA, et de son unité de gardes, de la Force régionale d’intervention de l’Union africaine et des forces françaises déployées en République centrafricaine, ou à l’utilisation par ceux-ci;

 

b) Aux livraisons de matériel militaire non létal destiné exclusivement à un usage humanitaire ou de protection et à l’assistance technique ou la formation connexes, qui auront été approuvées à l’avance par le Comité créé en application du paragraphe 57 ci-après;

 

c) Aux vêtements de protection, dont les gilets pare-balles et les casques militaires, temporairement exportés en République centrafricaine, pour leur usage personnel uniquement, par le personnel des Nations Unies, des représentants des médias et des agents humanitaires et du développement ou des personnels connexes;

 

d) Aux livraisons d’armes légères et d’autres matériels connexes destinés exclusivement à être utilisés dans le cadre des patrouilles internationales qui assurent la sécurité dans l’aire protégée du Trinational de la Sangha afin de lutter contre le braconnage, la contrebande d’ivoire et d’armes, et d’autres activités contraires au droit interne de la République centrafricaine ou aux obligations que lui impose le droit international;

 

e) Aux livraisons d’armes et autres matériels létaux destinés aux forces de sécurité centrafricaines dans le seul but d’appuyer la réforme du secteur de la sécurité ou d’être utilisés dans ce cadre, qui auront été approuvées à l’avance par le Comité;

 

f) Aux autres ventes ou livraisons d’armes et de matériels connexes, ou à la fourniture d’une assistance ou de personnel, qui auront été approuvées à l’avance par le Comité;

 

55.Décide d’autoriser tous les États Membres qui découvrent des articles dont la fourniture, la vente, le transfert ou l’exportation sont interdits par le paragraphe 54de la présente résolution, à les saisir, à les enregistrer et à les neutraliser (en les détruisant, en les mettant hors d’usage, en les entreposant ou en les transférant à un État autre que le pays d’origine ou de destination aux fins d’élimination), et décide également que tous les États sont tenus de coopérer à cet égard;

 

Mesures que le Conseil pourra prendre

 

56.Exprime sa ferme intention d’envisager rapidement l’imposition de mesures ciblées, dont une interdiction de voyager et un gel des avoirs, aux personnes qui, par leurs agissements, compromettent la paix, la stabilité et la sécurité, en se livrant notamment à des actes qui menacent ou violent les accords de transition, ou en menant des actions qui menacent ou entravent le processus politique ou attisent la violence, ou en apportant leur soutien à ces actions, par des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, le recrutement et l’emploi d’enfants dans le conflit armé en violation du droit international applicable, les violences sexuelles, ou en soutenant des groupes armés illégaux ou des réseaux criminels par le biais de l’exploitation illicite des ressources naturelles en République centrafricaine, y compris les diamants, ou encore en violant l’embargo sur les armes visé au paragraphe 54;

 

Comité des sanctions

 

57.Décide de créer, conformément à l’article 28 de son règlement intérieur provisoire, un comité du Conseil de sécurité composé de tous ses membres (ci-après «le Comité »), qui s’acquittera des tâches suivantes :

 

a) Suivre l’application des mesures prévues aux paragraphes 54 et 55 ci-dessus en vue de renforcer, de faciliter et d’améliorer la mise en œuvre des mesures par les États Membres;

b) Passer en revue les informations concernant les personnes qui se livreraient à des actes décrits au paragraphe 54;

 

c) Arrêter les directives qui pourraient être nécessaires pour faciliter la mise en œuvre des mesures imposées ci-dessus;

 

d) Adresser au Conseil dans un délai de 60 jours un rapport sur ses travaux et faire ensuite rapport au Conseil lorsque le Comité l’estimera nécessaire;

 

e) Favoriser le dialogue entre le Comité et les États Membres intéressés, en particulier ceux de la région, notamment en invitant leurs représentants à le rencontrer afin d’examiner la question de l’application des mesures;

 

f) Solliciter de tous les États toutes informations qu’il jugerait utiles concernant les actions que ceux-ci ont engagées pour appliquer les mesures de façon effective;

 

g) Examiner les informations faisant état de violations ou du non-respect des mesures imposées par les paragraphes 54 et 55 et y donner la suite qui convient;

 

58.Demande à tous les États Membres de faire rapport au Comité dans un délai de 90 jours après l'adoption de la présente résolution sur les mesures qu’ils auront prises pour donner effet au paragraphe 54;

 

59.Prie le Secrétaire général, agissant en consultation avec le Comité, de créer pour une période initiale de 13 mois, un groupe composé au maximum de cinq experts (le « Groupe d’experts ») et de prendre les dispositions voulues sur le plan financier et en matière de sécurité pour épauler le Groupe d’experts dans ses activités, lequel sera placé sous la direction du Comité et s’acquittera des tâches suivantes :

 

a) Aider le Comité à s’acquitter de son mandat, défini dans la présente résolution, notamment en lui fournissant des informations pouvant servir à désigner éventuellement par la suite des personnes qui se livreraient aux activités décrites au paragraphe 54 ci-dessus;

 

b) Réunir, examiner et analyser toutes informations provenant des États, d’organismes des Nations Unies compétents, d’organisations régionales et d’autres parties intéressées concernant l’application des mesures édictées dans la présente résolution, en particulier les violations de ses dispositions;

 

c) Faire à l’intention du Conseil, après concertation avec le Comité, le point sur la situation le 5 mars 2014 au plus tard, et remettre au Conseil un rapport d'activité le 5 juillet 2014 au plus tard et un rapport final le 5 novembre 2014 au plus tard;

 

d) Aider le Comité à préciser et à actualiser les informations concernant la liste des personnes qui enfreignent les mesures visées au paragraphe 54 de la présente résolution, notamment en fournissant des renseignements concernant leur identité et des renseignements supplémentaires pouvant servir au résumé des motifs présidant à leur inscription sur la liste, résumé qui est accessible au grand public;

 

60. Demande instamment à toutes les parties et à tous les États Membres, ainsi qu’aux organisations internationales, régionales et sous-régionales de coopérer avec le Groupe d’experts, et prie instamment les États Membres concernés tous d’assurer la sécurité des membres du Groupe et de leur donner libre accès aux personnes, documents et sites pour que le Groupe puisse s’acquitter de son mandat;

 

Suivi de la situation

 

61.Affirme suivra en permanence l’évolution de la situation en qu’il République centrafricaine et se tiendra prêt à examiner l’opportunité des mesures énoncées dans la présente résolution, y compris de leur renforcement par des mesures additionnelles, en particulier un gel des avoirs, de leur modification, de leur suspension ou de leur levée, en fonction des progrès accomplis en ce qui concerne la stabilisation du pays et le respect de la présente résolution;

 

62. Décide de rester activement saisi de la question.

 

 

 

 

 

Le texte de la Résolution du Conseil de sécurité des Nations autorisant l'intervention franco-africaine en Centrafrique
Le texte de la Résolution du Conseil de sécurité des Nations autorisant l'intervention franco-africaine en Centrafrique

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 11:56

 

 

 

 

 

 

http://www.letelegramme.fr   5 décembre 2013 à 20h00

 

Le président François Hollande a annoncé jeudi soir une action militaire "immédiate" de la France en Centrafrique. S'exprimant lors d'une courte déclaration télévisée, François Hollande a annoncé que les effectifs militaires français sur place en Centrafrique (650 actuellement) seront "doublés d'ici quelques jours pour ne pas dire quelques heures".

http://memorix.sdv.fr/0/default/empty.gif

L'ONU avait autorisé peu auparavant les forces françaises à intervenir en Centrafrique en appui à une force internationale, quelques heures après un nouveau massacre inter-religieux à Bangui et le déploiement de soldats français dans la ville.

 

Des tirs d'armes automatiques ont éclaté avant l'aube dans le nord de la capitale, pour s'étendre à d'autres quartiers, avant de diminuer d'intensité en fin de matinée. Dans l'après-midi, au moins une centaine de morts ont été dénombrés dans divers endroits de la ville. 


Selon MSF, "des groupes armés ont lancé une offensive sur la ville. Les forces de l'ex-Séléka (ex-rébellion, au pouvoir) ont rétorqué, il y a des cadavres dans les rues".

 

La Centrafrique est plongée dans le chaos et un engrenage de violences communautaires et inter-religieuses entre chrétiens et musulmans depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka. Ces violences se sont multipliées ces dernières semaines, à Bangui et en province, dans un pays en totale décomposition, comptant 4,6 millions d'habitants sur un territoire grand comme la France, au coeur du continent.

 

"Protéger les civils"

 

 La résolution de l'ONU intervient donc au moment même où la situation semble dégénérer. Adoptée à l'unanimité des 15 pays membres du Conseil sur proposition de la France -- ancienne puissance coloniale -- elle autorise les soldats français en RCA à "prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la Misca (force africaine en RCA) dans l'accomplissement de son mandat".


La Misca pourra se déployer "pour une période de douze mois", avec pour mission de "protéger les civils, rétablir l'ordre et la sécurité, stabiliser le pays" et faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire.

 

1.200 soldats français


La force doit compter jusqu'à 3.600 hommes, mais n'en rassemble pour l'instant que 2.500, mal équipés et entraînés. L'UE examine dès à présent les moyens d'assister cette force, avec "plusieurs options", principalement "financières". Dans le cadre de l'opération Sangaris (du nom d'un papillon rouge), la France dispose déjà sur place d'environ 600 hommes. Elle doit tripler son contingent, qui passera à 1.200 hommes, chargés notamment de sécuriser l'aéroport de Bangui et les principaux axes par où transiteront les convois humanitaires.

 

Dès que le président français François Hollande "aura donné le top, les choses vont aller très vite", a prévenu son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, alors que se tient ce vendredi et samedi à Paris un sommet franco-africain sur la paix et la sécurité en Afrique. "Vu l'urgence, mon souhait est que l'intervention se fasse (...) immédiatement après la résolution", a déclaré de son côté depuis Paris le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye. Selon le porte-parole de l'état-major français, le colonel Gilles Jaron, "environ 250 soldats français se sont déployés" jeudi matin dans Bangui" depuis leur base près de l'aéroport, avec pour mission de "sécuriser les points sensibles" et de regroupement pour les étrangers. "Vers 3h, il y a eu des accrochages entre des ex-Séléka et des éléments armés non identifiés (...) les forces françaises ont dû réagir", a-t-il expliqué.

 

Soif de vengeance 


Dans une allocution radio-diffusée à la mi-journée, le président Michel Djotodia, issu des rangs de l'ex-rébellion Séléka, a appelé la population terrorisée "à garder son calme": "l'armée française est une amie de la Centrafrique", les soldats français "ne se sont pas déployés pour soutenir un camp au détriment d'un autre", a-t-il souligné. M. Djotodia a par ailleurs annoncé l'extension immédiate de quatre heures du couvre-feu, imposé désormais de 18h à 6h. Le gouvernement a également ordonné la fermeture des frontières avec la RDC.

 

Les autorités ont imputé la responsabilité des incidents en cours à des milices chrétiennes "anti-balaka" (anti-machettes) et à des éléments favorables au président déchu François Bozizé. Selon un officier supérieur de la Misca, les tirs ont commencé après que des ex-rebelles Séléka, intégrés dans les nouvelles forces de sécurité, eurent détecté des "infiltrations" de ces miliciens "anti-balaka", dans le quartier de Boy-Rabe, près de l'aéroport. Alors que des responsables occidentaux avaient mis en garde sur une situation de "pré-génocide" dans le pays, ces nouvelles violences font planer le spectre de massacres à grandes échelles, au milieu d'une anarchie généralisée.

 

Signe de l'extrême tension régnant dans la ville, les abords de la mosquée du PK15, où étaient rassemblés les 54 cadavres, étaient bondés d'hommes armés de machettes et assoiffés de vengeance. Les rues voisines, dans lesquelles gisaient d'autres corps, étaient désertes ou livrées aux pillages. Partout ailleurs dans Bangui terrorisé, les habitants restaient terrés chez eux, dans une ville aux artères désertées, et uniquement sillonnées par les pick-up des combattants Séléka surarmés. Selon des Banguissois, des groupes d'ex-rebelles, désireux de se venger des attaques de certaines de leurs positions dans la matinée, écumaient les quartiers et défonçaient une à une les portes des maisons, à la recherche "d'infiltrés" présumés. Des hommes ont été éxécutés devant leur famille, selon l'un de ces habitants, réfugié sous son lit avec sa femme et son enfant de deux ans. 

 

 

 

Centrafrique : Intervention française "immédiate"

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 11:32

 

 

 

 

 

 

Par Le Figaro.fr avec AFP  le 05/12/2013 à 17:54

 

 

La Centrafrique a fermé aujourd'hui "jusqu'à nouvel ordre" sa frontière avec la République démocratique du Congo (RDC) après une nouvelle flambée de violences à Bangui, a informé une source officielle. 


"En raison de la situation sécuritaire due à l'attaque de la ville de Bangui, le ministre de la Sécurité publique décide de la fermeture de la frontière entre la RDC et la République Centrafricaine jusqu'à nouvel ordre", indique le ministère.

Cette annonce est intervenue peu après le feu vert de l'ONU pour une intervention armée de la France en Centrafrique afin d'y rétablir la sécurité, en appui à une force africaine.

Dans le cadre de l'opération Sangaris (du nom d'un papillon rouge), la France dispose déjà d'environ 600 hommes sur place. Ce contingent passera à 1200 hommes dans les prochains, chargés notamment de sécuriser l'aéroport de Bangui et les principaux axes.


Dans la journée, 250 soldats français se sont déployés dans les rues, selon l'état-major français.


Ce matin, des violences ont éclaté dans plusieurs quartiers de la capitale, faisant près d'une centaine de morts. Près de 80 cadavres gisaient dans une mosquée de Bangui et dans les rues de la ville.


De son côté, l'ONG Médecins sans frontières (MSF) a fait état de 10 morts et 65 blessés recensés dans un seul hôpital de la ville, laissant présager un nombre plus élevé de victimes.


La Centrafrique est plongée dans le chaos et un engrenage de violences communautaires et inter-religieuses entre chrétiens et musulmans depuis le renversement en mars du président Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka.

Centrafrique : la frontière avec la RDC fermée

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 11:23

 

 

 

 

 

 

LE JEUDI 5 DÉCEMBRE 2013 À 05:00 mis à jour à 06:50

 

Par Mathilde Lemaire http://www.franceinfo.fr

 

 

REPORTAGE | Le Conseil de sécurité de l'Onu doit voter ce jeudi une résolution autorisant la France à intervenir militairement en Centrafrique. Le pays est plongé dans le chaos depuis le coup d'Etat de mars dernier. Les ex-rebelles s'en prennent à la majorité chrétienne du pays. En réaction, les milices anti-balakas se vengent sur la population musulmane. Reportage dans le centre pédiatrique de Bangui, la capitale, où des enfants victimes de ces attaques sont pris en charge.

 

Dans la première chambre, une dizaine d'enfants sont alités, couverts de bandages à la tête, aux mains et aux pieds. Ce sont des rescapés de l'attaque menée à Boali, à 80 kilomètres au nord de Bangui, dans la nuit de lundi à mardi. 

 

Des enfants traumatisés

 

Un papa en larmes nous interpelle. L'homme en djellaba s'appelle Mahmoud. Il est de l'ethnie peule, éleveur et musulman.

 

"C'est comme si une partie de moi était morte. Les 13 personnes qui ont été tuées sont toutes de ma famille. Ils nous ont tendu un piège en nous surprenant à l'endroit où on va acheter notre manioc. Vous voyez là, c'est ma petite fille de quatre ans avec toutes ces blessures. Ce sont des anti-balakas qui lui ont fait ça. Ils lui ont même coupé trois doigts... Ils ont utilisé des armes artisanales."

 

Installés sur des lits vétustes, les plus petits crient et réclament leurs parents. Certains sont orphelins depuis lundi. Leur père, leur mère et parfois leur deux parents ont été tués... mais ils ne l'ont pas encore compris. "Les enfants sont traumatisés. Ils sont en train de recevoir des soins intensifs : perfusion, antibiotiques, pansements, etc.", précise l'infirmer major du centre pédiatrique.

 

"Parce que nous sommes musulmans"

 

Awa est l'une des plus traumatisées. L'adolescente de 14 ans pleure comme un enfant. Sa grand-mère Mariam lui tient la main. Elle vient de réussir à l'endormir.

 

"Elle était au bord d'un champ. Elle a vu mourir beaucoup d'adultes et elle a reçu des blessures à la  tête et aux jambes avec des machettes. Elle a également reçu deux balles : une dans le bras et une dans le dos. Les hommes qui nous ont attaqués nous ont dit que nous étions musulmans et que nous devions payer pour les meurtres et violences commises par les Seleka contre les chrétiens. C'est de la vengeance. Je me sens en sécurité ici à l'hôpital. Mais mon cœur n'est pas en paix. Je ressens beaucoup de colère. Rendez-vous compte, j'ai perdu ma fille, mon frère et deux neveux."

 

"Il faut qu'ils soient punis"

 

Après cette violente attaque, les médecins du centre pédiatrique ont aussi vu arriver un nouveau-né. Boubakar, le papa, se dit bouleversé Il raconte les circonstances de la naissance.

 

"J'étais partie avec mes bœufs. Ma femme enceinte était à la maison avec ses parents. Les hommes armés sont arrivés, ont tué les parents et ont tiré une balle dans la jambe de ma  femme. A cause de cela, elle a accouché précocement. Grâce à dieu et aux médecins, elle est sauvée et l'enfant vit. Je n'ai jamais vécu de telles choses. Ce que j'aimerais c'est que des autorités, des soldats, -  pourquoi pas les français qui arrivent -  s'occupent d'arrêter les sauvages qui nous ont fait ça. Il faut qu'ils soient punis."

 

Boubakar a peur de repartir à Boali. Mais "il faudra bien", dit-il. Il a confié ses troupeaux à un cousin le temps du séjour à l'hôpital. En attendant, il explique qu'il prie pour le salut des morts et pour que les violences s'arrêtent.

 

Lu pour vous : Centrafrique : "Il faut arrêter les sauvages qui ont fait ça !"

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 11:09

 

 

 

 

 

 

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/centrafrique-pourquoi-la-france-intervient_1305326.html#Vo8OrORUxlokC4TK.99

 

REUTERS/Emmanuel Braun Par LEXPRESS.fr, publié le 05/12/2013 à  16:35, mis à jour à  17:07

 

L'ONU a donné son accord pour l'intervention militaire française en Centrafrique. Les 1200 soldats viendront en soutien aux unités africaines sur place pour stabiliser la situation.

 

Le Conseil de sécurité a voté ce jeudi une résolution de la France pour une intervention en Centrafrique. Avant même le feu vert de l'ONU, des militaires français se sont déployés dans la capitale, Bangui. 

 

Quelle situation en Centrafrique?

 

Depuis la chute du président Bozizé -lui-même arrivé au sommet après un coup d'Etat- le 24 mars dernier, Michel Djotodja s'est autoproclamé président de la République centrafricaine. 

 

Le premier président musulman d'un pays aux trois quarts chrétien est issu de la Séléka, une nébuleuse rebelle désormais officiellement dissoute. Depuis mars, la Centrafrique est entrée dans une spirale de chaos: des combattants de l'ex-Séléka persécutent la population. En face, des milices d'auto-défense, appelées "anti-balaka" (antimachettes), parfois menées par des nostalgiques du régime Bozizé, se sont constituées et se vengent sur la minorité musulmane. 


La Centrafrique est depuis quelques mois terre de villages incendiés, de viols, de recrutements d'enfants-soldats, d'exécutions sommaires, de pillages ou d'agressions crapuleuses. On y compte près de 400 000 personnes déplacées, et un million sont menacées de famine.

 

Au fil des mois, le conflit prend une tournure confessionnelle, un risque soulevé par le Secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon dans un rapport fin novembre. Au quai d'Orsay, une source confiait à L'Express: "On a atteint le stade où les tueurs s'en prennent aux civils pour ce qu'ils sont. La Seleka bute des chrétiens parce qu'ils sont chrétiens. Et les milices butent du musulman parce que musulman." 

 

Quelle intervention?

 

La résolution autorise les forces françaises à "prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la Misca dans l'exercice de son mandat". La France, qui avait déjà plus de 400 soldats à Bangui pour sécuriser l'aéroport, fait gonfler son contingent à 1200 soldats. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Fabius a précisé fin novembre qu'il s'agira d'une mission de soutien de la force Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) déjà déployée et non d'entrer "en premier", comme au Mali.  

 

Lu pour vous : Centrafrique: pourquoi la France intervient

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 10:54

 

 

 

 

 

 

Par LIANG Chen  French.china.org.cn Mis à jour le 05-12-2013

 

Attribuée aux miliciens anti- Balakas (anti-machettes) jugés proches de l'ancien régime de François Bozizé, une attaque de groupes armés contre des positions des ex-rebelles de la Séléka (au pouvoir) a causé des dizaines de morts et de blessés, annonce le commandant de la gendarmerie nationale, le colonel Michel Narkoyo, qui a dénoncé une tentative de coup d'Etat.

 

"S'ils attaquent déjà la capitale, c'est pour prendre le pouvoir. Ça, c'est une tentative de coup d'Etat", a affirmé dans un entretien téléphonique jeudi en mi-journée à Xinhua cet ex- gendarme de deuxième classe ayant acquis ses galons de colonel au sein de la rébellion qui a chassé du pouvoir le 24 mars François Bozizé, lui-même tombeur du défunt chef de l'Etat Ange-Félix Patassé dix ans auparavant.

 

Munis d'armes de combat, les anti-Balakas, groupes d'autodéfense créés notamment du temps du président déchu pour lutter contre les coupeurs de route dans le Nord de la République centrafricaine (RCA), ont fait parler la poudre par une attaque généralisée dans la capitale jeudi au petit matin, aux environs de 3 h (2h GMT), à en croire le colonel Narkoyo.

 

Après plusieurs heures de combats acharnés ayant causé des dizaines de morts et de blessés, la situation est revenue au calme, soutient-il.

 

Mais, la population restée pour la plupart bloquée chez elle par peur de dégâts collatéraux, reste sous le choc de ce terrifiant épisode qui survient au moment du début d'opérationnalisation de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), une force multinationale sous mandat de l'Union africaine (UA) en vue de favoriser un retour à la paix et la sécurité dans ce pays pauvre et enclavé d'Afrique centrale. "Ce sont des petits enfants. Qu'est-ce qu'ils pouvaient faire ?", s'est vanté le patron de la gendarmerie nationale centrafricaine, ajoutant qu' "ils ont pu résister, maintenant nous contrôlons la ville à 100%". Il a fait état de nombreux cadavres sur les rues de la capitale.

 

Des sources indépendantes et humanitaires décrivent une situation très confuse, qui ne permet pas d'obtenir un bilan précis des combats. "C'est impossible de donner le nombre exact" des victimes, a confirmé le colonel Narkoyo, qui a toutefois estimé le nombre des assaillants à des milliers.

 

Le président par intérim Michel Djotodia, ex-leader de la Séléka, a réagi a annonçant l'instauration d'un couvre-feu à Bangui dès 18h00 (17h00 GMT).

 

Source: Agence de presse Xinhua

Centrafrique : le pouvoir de Bangui affirme avoir déjoué une tentative de coup d'Etat jeudi à Bangui

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com