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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 16:04

 

 

 

Ferdinand Samba

Radio Ndéké Luka Lundi, 23 Janvier 2012 17:43

Le Réseau des ONG de défense des droits de l’Homme en Centrafrique dénonce « les graves dérives ainsi que les manœuvres visant à museler la presse indépendante ». Dans un communiqué parvenu à Radio Ndeke Luka lundi 23 janvier 2012 et signé de Me Mathias Barthélémy Morouba, le RONGDH « exprime sa vive préoccupation devant la multiplication ces derniers temps des cas d’atteintes à la liberté de la presse et d’arrestations des journalistes en République Centrafricaine, suite à des plaintes déposées en justice par des hautes personnalités de l’Etat contre les Directeurs de Publication des Quotidiens de la place et des journalistes, au motif de diffamation, d’incitation à la haine ou autres » Pour le RONGDH l’illustration de ces dérives est manifestement l’arrestation du Directeur de Publication du Journal «Le Démocrate», Ferdinand Samba.

La Déclaration estime que les procédures, réquisitions du Parquet et demandes en réparation, visent à «créer un climat de terreur dans la presse indépendante, de bâillonner et finalement la démanteler». Le Réseau des ONG de promotion et de défense des droits de l’homme exprime sa vive préoccupation par rapport à la volonté du parquet de Bangui de ne poursuivre les journalistes que sur la base du code pénal en l’espèce non applicable d’autant plus que les délits de presse ont été dépénalisés, alors que le texte applicable est l’ordonnance de 2005 sur la liberté de la communication en Centrafrique.

Tout en rappelant que « la justice à son devoir d’indépendance, d’impartialité et de saine application de la loi», le RONGDH exige du Gouvernement centrafricain, de respecter les dispositions légales et instruments juridiques internationaux qui garantissent la liberté d’expression en Centrafrique. Il demande « à toutes les forces éprises de justice et de démocratie », une mobilisation pour préserver la «sûreté à laquelle ont droit les journalistes dans l’exercice de leur métier».

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Centrafrique-Presse.com - dans Droits de l'Homme et Liberté de Presse
24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 00:22

 

 

 

 

Ndoutingai et Francis

 

 

Ferdinand-Samba.jpg

    Ferdinand Samba Directeur de publication du Le Démocrate

 

Réseau des journalistes pour les Droits de l'homme en République Centrafricaine

Bangui 23 01 2012- Le groupement des éditeurs de la presse privée indépendante de Centrafrique  (GEPPIC), a  demandé samedi au Président de la République de veiller au respect des lois de la liberté de la communication en Centrafrique.

 Pour le groupement, en sa qualité de « Premier magistrat de la République, Garant des lois et règlements de la République, de la paix et de la cohésion sociale », le Chef de l’Etat est sollicité pour faire respecter les lois sur la liberté de la communication « qui dépénalisent les délits de presse en Centrafrique, et d’user de ses prérogatives constitutionnelles afin de mettre terme au comportement ‘’journalisticide et liberticide’’ de certains membres du gouvernement ».

 Les journalistes du secteur privé souhaitent une mobilisation afin pour « mettre fin aux dérives liberticides des pouvoirs publics centrafricains qui violent allègrement et de façon systématique les textes et lois internationaux et nationaux relatifs à la communication et à la liberté de la presse ».

 Ils revendiquent notamment la « libération pure et simple » de leur confrère Ferdinand Samba; « la cessation des menaces et persécutions dont sont victimes les acteurs de la presse privée indépendante de Centrafrique et  redonner à la presse privée indépendante de la place légale, légitime et morale qui est la sienne dans le processus de construction d’un Etat de droit en République centrafricaine ».

 Dans le même sens, Le GEPPIC lance aussi un appel au secrétaire général de l’ONU, le président du Conseil de Sécurité des Nations Unies, au Haut-Commissaire de l’ONU en charge des Droits de l’Homme ; au Etats Unis, à la France à l’Union Européenne, à l’Union Africaine, et à toutes les organisations et Institutions des droits de l’Homme en République centrafricaine.

 La déclaration a été faite au cours d’une réunion où les participants ont dénoncé l’arrestation du directeur de publication du quotidien Le Démocrate, Ferdinand Samba. Ce dernier est accusé par le ministre d’Etat aux budgets, Sylvain Ndoutingaï d’avoir publié « une série d’articles diffamatoires » à son encontre.

 

NDLR : Bozizé et Ndoutingaï c’est blanc bonnet et bonnet blanc. C’est de Bozizé que Ndoutingaï tire sa toute puissance.

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 23:39

 

 

 

FACA

Par RFI lundi 23 janvier 2012

 

Des combats ont éclaté dans la zone de Kaga Bandoro au nord de la Centrafrique. Une attaque contre le rebelle tchadien Abdel Kader Laddé, chef du Front populaire pour le redressement (le FPR), une rébellion tchadienne qui sévit dans le centre-nord de la Centrafrique. Il s'agit d'une attaque conjointe des armées centrafricaine et tchadienne.

« Nos positions ont été attaquées à midi par 3 hélicoptères tchadiens et au sol par des troupes tchadiennes et centrafricaines ». Déclaration d'Abdelkader Baba Laddé. Selon le rebelle tchadien qui sévit en Centrafrique, les combats ont eu lieu à une vingtaine de kilomètres de Kaga Bandoro à une trentaine du village Gondava, son fief.

Cette intervention tchadienne en Centrafrique, le président François Bozizé l'a demandée à Idriss Deby lors du dernier sommet de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale), qui s'est tenu à Ndjamena les 15 et 16 janvier dernier.

D'après des sources concordantes, le Tchad a positionné des troupes à Sarh, à 120 km de la frontière centrafricaine. Entre 300 et 400 hommes minimum. Le gros de la troupe a franchi la frontière ce lundi matin. Et d'après une source militaire à Bangui, les FACA, les Forces armées centrafricaines ont déployé des renforts à Kaga Bandoro. Ces hommes sont entrés en action ce lundi.

L'idée est de prendre en tenailles le groupe rebelle en l'attaquant par le nord et par le sud, tout en sachant que le FPR qui est constitué de petits groupes de combattants répartis dans une vaste zone, ne sera pas facile à déloger.

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 22:10

 

 

 

 

baba laddé gl

23 Janvier 2012 - 15:43(AFP)

 Douze femmes, retenues en otage depuis vendredi dans le centre-nord de la Centrafrique par la rébellion tchadienne du Front populaire pour le redressement (FPR), ont été libérées dimanche, a appris l'AFP lundi de source militaire.


Les hommes du FPR avaient pris ces femmes en otage --toutes Centrafricaines-- en représailles à une vague d'arrestation la semaine dernière de plusieurs proches du leader de ce mouvement, Baba Laddé, dont son épouse.


"Des hommes de Baba Laddé venus de Kabo (centre-nord) ont vainement tenté vendredi dernier de faire libérer l'épouse du chef rebelle à Batangafo (centre-nord), ainsi que certains éléments du FPR arrêtés", a expliqué la même source militaire.


"En se retirant de Batangafo, ils ont enlevé 12 femmes (...). Elles ont finalement été libérées et ont toutes regagné leur domicile dimanche", toujours selon cette source.


Lundi, le "général" Baba Laddé a menacé de soutenir une rébellion "pour renverser" le président centrafricain François Bozizé, si ses positions étaient attaquées.


L'armée centrafricaine s'est déployée ce week-end dans les régions de Kaga Bandoro et Batangafo où est active le FPR. Elle a demandé à la population de rester chez elle et de ne se déplacer qu'en cas d'extrême urgence ou de nécessité, selon la radio nationale.


La semaine dernière, le FPR avait annoncé redouter une attaque de l'armée tchadienne, assurant que des hélicoptères et des pick-up Toyota "lourdement équipées" avaient pris position à la frontière.


Baba Laddé estime que le déploiement de l'armée centrafricaine dans son secteur ainsi que l'arrestation de plusieurs de ses proches constituent "une déclaration de guerre" alors que, dit-il, "nous sommes en phase de dialogue".



© Agence France-Presse 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 22:02

 

 

 

Baba-Ladde1

Source :blog de Makaila Nguebla

Kaka-Bandaro: l'offensive de l'armée tchadienne repoussée!

Communiqué de presse


             Tchad-RCA : violents affrontements entre le FPR et l’armée tchadienne

Le Front Populaire pour le Redressement (FPR), informe l’opinion nationale et internationale que ses vaillantes forces ont réussi à repousser une offensive  de l’armée tchadienne menée conjointement avec l’aide des forces centrafricaines.

Venues à bords de 33 véhicules et appuyées par trois avions de chasse,  les  unités  d’Idriss Deby soutenues par l’armée de  François Bozizé, ont attaqué ce matin,  du  lundi 23 janvier 2012,  nos positions dans la localité de Kaka Bandaro (RCA).

Au cours de violents combats qui ont duré 3 heures d’horloge, les vaillantes troupes du FPR, ont opposé une farouche résistance aux assaillants qui ont  battu en retraite en laissant sur les lieux  de nombreux morts, des blessés et des véhicules détruits.

Par son refus d’accepter, toute solution négociée au contentieux politique et armé, Idriss Deby reste le principal responsable de la mort des Tchadiens innocents qu’il continue de  sacrifier afin de se maintenir  au  pouvoir.

Le FPR déplore que de part et d’autre des Tchadiens et des Centrafricains s’affrontent dans des combats fratricides  parce qu’instrumentalisés par des régimes autocratiques qui confisquent  le pouvoir contre la volonté de leurs peuples meurtris.

Le FPR lance un appel aux mouvements et forces de libération nationale aussi bien au Tchad qu’en République Centrafricaine pour qu’ils prennent leurs responsabilités respectives face à la tragédie actuelle.

Le FPR demande également aux autorités françaises de se prononcer sur la situation afin de mettre un terme aux multiples agressions dont nous faisons l’objet depuis plusieurs années.


Le FPR estime que la France incarne les valeurs démocratiques universelles et  ne doit pas cautionner par son silence les dérives  autocratiques  d’Idriss deby et de François Bozizé.

Le FPR reste fidèle à ses engagements pour la recherche d’une solution politique en faveur du  retour de la paix au Tchad et en RCA, par une approche globale des crises qui sévissent dans la sous-région, et ce,  avec l’aide bien entendu, de la France, de l’Union africaine et de la communauté  internationale.

Vive le Front Populaire pour le Redressement !

Vive les peuples tchadien et centrafricain !

Et que  triomphent la paix, la justice et la démocratie au Tchad et en RCA !


                                                                                 Fait à Kaka Bandaro, le 23 janvier 2012


La cellule de communication du Front Populaire pour le Redressement


Tel : 00 88 216 699 71 927

 

NDLR : Le FPR se contente de publier un communiqué triomphaliste sans toutefois donner le moindre bilan des prétendus « nombreux morts, blessés et véhicules détruits laissés sur les lieux » côté forces coalisées tchado-centrafricaines

 

 

                                                                                         Communiqué de presse


Actes de représailles  contre le FPR et arrestations arbitraires des Tchadiens en RCA

La Coordination Internationale des Forces Vives Tchadiennes en exil exprime son indignation profonde devant les actes de représailles dont sont victimes les personnes supposées proches du Front Populaire pour le Redressement (FPR),  des  paisibles citoyens tchadiens  qui font l’objet depuis quelques jours d’arrestations arbitraires de la part des autorités centrafricaines sous  impulsion du régime autoritaire d’Idriss Deby.

Les Forces Vives Tchadiennes ont appris que l’armée centrafricaine a procédé à de nombreuses arrestations dans le milieu des Tchadiens vivant en République Centrafricaine parmi lesquels,  Mme Baba Laddé, paisible citoyenne dont le simple tort est d’avoir épousé  un homme politique opposant au pouvoir de Ndjaména.

Les Forces vives tchadiennes ne peuvent accepter  que des femmes, enfants et autres citoyens tchadiens qui ont choisi de vivre en harmonie en Centrafrique,  paient les frais du fait de leur appartenance ethnique, religieuse ou nationale à cause du différend politique et armé qui oppose le Front Populaire pour le Redressement aux autorités illégitimes de Ndjaména.
L’Etat centrafricain fidèle à ses habitudes d’enlèvement, de séquestrations, des tortures et des détentions illégales de ses opposants et d’autres exilés se trouvant sur son sol,  confirme visiblement aux yeux du monde entier, le lourd soupçon qui pèse sur lui. Ce qui ternit l’image extérieure du régime de François Bozizé, accusé ici et par là par de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme et des libertés publiques locales et internationales.
Les Forces Vives tchadiennes en exil tiennent dorénavant  pour responsables le régime de Bangui d’affaiblir l’élan de lutte du peuple tchadien par des actes de persécutions à l’encontre des membres de l’opposition tchadienne.

Devant cette situation gravissime, la Coordination internationale des Forces vives tchadiennes en exil :

- Dénonce sans réserve tout acte de représailles contre les  sympathisants du Front Populaire pour le Redressement (FPR) ;

- Exige la libération immédiate de l’épouse du Général Baba Laddé ;

 -  Sollicite de la délégation du Comité International de la Croix-Rouge basée en RCA de bien vouloir intercéder  rapidement  auprès des autorités de Bangui pour assurer la sécurité physique et morale des personnes interpellés et détenues arbitrairement ;

- Met en garde les autorités centrafricaines contre tout excès de violences à l’encontre des ressortissants tchadiens actuellement en détention dans les locaux de l’armée ou de la  police ;

- Et enfin, avertit le régime de Bangui que nous ne ménagerons  aucun effort pour attraire devant les juridictions sous-régionales et internationales compétentes  les auteurs et co-auteurs des actes de violations qui seront  commis à l’encontre des personnes arrêtées et qui transgressent  les règles et  les instruments internationaux en matière du respect  des droits de l’homme dont l’Etat centrafricain est signataire auxquels  il est tenu par l’obligation de se conformer  scrupuleusement.

                                                                                                          Fait, le 22 janvier 2012

Pôle Afrique de la Coordination Internationale des Forces Vives Tchadiennes en exil

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 22:00

 

 

 

François Hollande au Bourget

 

 

PARIS (Reuters) - Par un discours aux accents "mitterrandiens" ancré à gauche, ciblé contre la finance et saupoudré de touches personnelles, François Hollande a fait entrer dimanche la campagne présidentielle française dans une phase nouvelle.

Pour les analystes interrogés par Reuters, le candidat socialiste attendu au tournant a bien négocié ce premier virage d'où il ressort doté d'une stature qui restait à démontrer.

Les sondages devraient bientôt mesurer le bénéfice qu'aura su tirer le député de Corrèze d'un premier acte à même de bousculer le quatuor de tête qu'il formait jusqu'ici avec un Nicolas Sarkozy pas encore candidat, la présidente du Front national Marine Le Pen et le centriste François Bayrou.

"Tout le monde se demandait s'il allait sortir du flou, certains craignaient qu'il ne soit pas à la hauteur de la fonction présidentielle", rappelle Mariette Sineau, chercheur au Centre national de recherche scientifique.

"Force est de constater que ce fut réussi tant sur la forme que sur le fond, avec un discours qui avait du souffle, où on retrouvait une rhétorique 'mitterrandienne' avec des effets de répétition, la même gestuelle", ajoute cette spécialiste de l'histoire de la gauche.

De l'amour des gens au mépris de l'argent, Le Monde recense ainsi les mimétismes entre François Hollande et l'ancien président François Mitterrand, à l'origine de l'entrée en politique du candidat PS, né dans un milieu plutôt conservateur.

Mariette Sineau fait un parallèle entre le discours du Bourget et "le tournant historique" de celui qui avait installé, le 14 janvier 2007 porte de Versailles, Nicolas Sarkozy en tête de l'opinion jusqu'à la victoire finale.

"IL A SU SURPRENDRE"

Jean-Daniel Lévy, de l'institut Harris Interactive, a noté dans les propos prononcés devant 20.000 personnes enthousiastes "une tonalité plutôt positive".

"On entrevoit peu de faiblesses. L'UMP était d'ailleurs en difficulté pour trouver un angle d'attaque", dit-il, tandis que Mariette Sineau juge "un peu à côté de la plaque" les critiques du ministre de l'Intérieur Claude Guéant sur le "discours d'incantation" du candidat, et le "gigantesque numéro de démagogie" pointé par le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé.

Jérôme Sainte-Marie, directeur du département opinion de CSA, salue une "prestation risquée" de la part d'un candidat qui, étant donné ses bons scores dans les sondages, où il fait la course en tête, "avait plus à perdre qu'à gagner".

"Il a su surprendre, j'ai moi-même été surpris, ce qui n'était pas évident pour un exercice aussi attendu", dit-il.

Le politologue reconnaît que le candidat a su éviter l'écueil d'une "'balladurisation' de sa campagne", c'est-à-dire la tentation d'une non-campagne à la manière de l'ex-Premier ministre Edouard Balladur en 1995 et "le risque de 'jospinisation'" - coller au centre-gauche en oubliant ses électeurs du premier tour, une posture qui avait éliminé Lionel Jospin du second tour au profit du Front national en 2002.

Concentré sur le bilan du président sortant ces dernières semaines, François Hollande a ouvert au Bourget, près de Paris, un chapitre actif en dévoilant 80% du projet dont il donnera derniers détails et chiffrage jeudi à Paris.

"C'était un discours à gauche mais pas trop, car il a quand même rappelé la nécessité d'un retour à l'équilibre des finances d'ici la fin du quinquennat", souligne Mariette Sineau.

"Et il a surpris tout son monde en dévoilant des mesures nombreuses sur l'école, la laïcité, la justice, l'impôt, le logement social ou encore le salaire du président".

LA FINANCE COMME CIBLE

Prononcé à 38 reprises, comme s'est amusé à compter Le Parisien, le mot "égalité" pourrait selon elle toucher "les fragiles qui vivent la crise dans leur chair, pour qui ce discours va probablement faire date et avoir un écho".

Reste à savoir s'il saura convaincre les électeurs du Front national ou du Front de gauche, qui totalisent à eux deux près de 30% des intentions de vote.

Jean-Daniel Lévy remarque que "François Hollande n'est pas allé directement sur le terrain de Nicolas Sarkozy" de la gestion de la crise "en se présentant comme le meilleur pour défendre la République, la Nation, l'égalité, un terrain sur lequel les enquêtes d'opinion disent qu'il est plus fort".

Sans jamais citer le nom du président sortant, le candidat PS a fait du monde de la finance son principal adversaire.

Un discours qui a convaincu Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue.

"Bien que n'étant pas de son bord politique, je suis plutôt en phase avec M. Hollande sur la séparation banque de détail/banque d'investissement, l'interdiction des activités des banques dans les paradis fiscaux et une taxe 'Tobin' généralisée", dit cet ancien dirigeant bancaire. "Cette fois-ci je serais plutôt enclin à voter 'citoyen', estimant que la finance doit servir l'économie et non l'inverse".

Un analyste londonien ayant requis l'anonymat est plus catégorique : "C'est tellement caricatural et populiste qu'on se demande si ce genre de déclaration rend son programme plus crédible", dit-il. "De toute façon on sait que pendant cette campagne, les banques ne seront pas logées à la bonne enseigne".

Avec Emmanuel Jarry et Matthieu Protard, édité par Yves Clarisse

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 21:45

 

 

 Atomic-Anne.jpg

 

| Par Martine Orange Mediapart

En ce mois d’avril 2008, Patrick Balkany est à Bangui. En quelques mois, le député et maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) est devenu un habitué de l’Afrique. L’ami proche de Nicolas Sarkozy est désormais un des émissaires officieux du chef de l’Etat sur le continent africain, comme l’a raconté longuement Le Canard enchaîné. Avec Claude Guéant et Brice Hortefeux, qui eux aussi ont leur petite cellule africaine, il pratique une diplomatie parallèle, digne héritière de la Françafrique et des réseaux Pasqua. Les responsables africains n’ont pas mis très longtemps à comprendre que l’ami de Nicolas Sarkozy avait bien plus de poids que Bruno Joubert, l’animateur officiel de la cellule Afrique de l’Elysée. L’Elysée a envoyé lui-même le signal : Patrick Balkany est de tous les voyages présidentiels en Afrique.

 

Balkany-et-une-militante-KNK.JPG

 Quand il arrive à Bangui en ce printemps 2008, Patrick Balkany a une mission spéciale : regarder de près le dossier de Bakouma, un des gisements d’uranium d’UraMin. Celui-là a de véritables ressources minières, plus que prévu même. Areva le connaît bien : il a été découvert par la Cogema et le BRGM en 1959. Mais éloignée de plus de 600 kilomètres de tout, la mine est difficile à exploiter. Il faut construire des routes, des ponts, des moyens pour bâtir une usine de traitement de minerai sur place, afin de l'acheminer par la suite. Tout cela coûte très cher. Alors, pendant des années, les entreprises minières ont préféré oublier ce site difficile pour exploiter les plus rentables.

Avec l’envolée du prix de l’uranium, Bakouma reprend de l’intérêt. Areva a bien l’intention d’en tirer parti rapidement. Mais le gouvernement centrafricain qui attend depuis des années l’exploitation de ce gisement entend exercer son droit de regard sur ses ressources minières, voire faire monter les enchères entre les sociétés minières. Il conteste le transfert des droits du site de Bakouma à Areva.

Car c’est une des autres surprises de cette affaire, qui décidément n’en manque pas. La société canadienne a non seulement été rachetée dans des conditions incroyables et à un prix stratosphérique, ses gisements ne tiennent pas les promesses annoncées, mais en plus, les droits d’exploration puis de production ne paraissent pas très solides !

Lors de la mise aux enchères, le cabinet canadien Blake, qui assistait Areva dans son offre, avait pourtant assuré que l’aspect juridique ne posait pas de problème, que les licences d’exploration et de production pouvaient être transférées sans difficulté. Quelques mois plus tard, le groupe nucléaire français est bien obligé de constater qu’il n’a pas la sécurité juridique suffisante sur ses gisements.

« C’est un autre des effets pervers de la procédure de mise aux enchères. Tout va si vite qu’il n’est pas possible d’analyser les contrats en un laps de temps si court. Dans le cas des gisements miniers, c’est encore plus complexe. Les gouvernements veulent avoir un contrôle sur les exploitants et des contreparties sur l’exploitation de leurs ressources naturelles, ce qui est légitime. Mais cela demande du temps, exige des négociations », explique un avocat d’affaires. Autant de choses qu’Areva n'a pas eu le temps de faire lors de l’acquisition éclair d’UraMin. Pour le groupe, les 2,5 milliards de dollars mis sur la table valaient solde de tout compte.

L’ennui est que le gouvernement centrafricain ne l’entend pas ainsi. La convention d’exploitation du site de Bakouma, signée entre l’Etat centrafricain et la société UraMin CAR, elle aussi immatriculée aux îles Vierges, ne fait pas partie de la transaction, d’après son analyse.

Le gouvernement menace de remettre en cause son autorisation d’exploration et d’exploitation du gisement minier. En tout cas, il entend bien rediscuter les termes de la licence minière, en vue d’obtenir des avantages supplémentaires d’Areva, bien plus puissant et riche que la petite société canadienne. 

Areva oppose un refus catégorique aux demandes du gouvernement centrafricain. Le groupe se dit sûr de son bon droit : UraMin CAR est une filiale d’UraMin. Areva ayant racheté la société mère, il a naturellement pris le contrôle de la fille et est donc le légitime propriétaire des droits d’exploitation du site de Bakouma. Les demandes du gouvernement centrafricain ne sont donc que des manœuvres de chantage, voire d’extorsion de fonds.

L’habituel scénario africain ? Le pouvoir centrafricain, dirigé par le général-président François Bozizé, est tout sauf un modèle de démocratie. Il n’est pas impossible de voir dans ses demandes un moyen d'enrichir un clan au pouvoir plutôt que le pays. Mais il n’est pas le seul à avoir de telles revendications. Le gouvernement namibien lui aussi s’interroge sur les conséquences du transfert du gisement de Trekkopje. Les milliards d’UraMin et d’autres font réfléchir les pouvoirs africains.

Tandis que des sociétés minières, nées de la veille, font des milliards en bourse de Londres ou de Toronto, grâce à la spéculation sur les droits d’exploitation concédés par les gouvernements africains sur leurs ressources naturelles, les pays et les populations, eux, n’en tirent aucun avantage. En Namibie, quatrième producteur d’uranium au monde, les taxes et les royalties sur les revenus des exportations de minerai se sont élevées ces dernières années à 2 millions de dollars par an. Dans le même temps, les sociétés ont engrangé des millions de profits.

Au nom de quoi les gouvernements africains ne pourraient-ils pas bénéficier des richesses tirées de leur sous-sol ? De la même façon que les pays producteurs de pétrole ont obtenu d’avoir une partie de la rente pétrolière, les gouvernements africains demandent d’être associés aux bénéfices des exploitations minières, de toucher des taxes et des impôts sur la richesse extraite, ou que les exploitants participent au développement et à l’équipement du pays.

La Chine l’a bien compris et en joue habilement : elle propose la construction d’infrastructures – pont, routes, centrales électriques, ou usine d’eau – contre des droits d’exploitation minière dans certains pays. Même si leurs engagements sont rarement au rendez-vous, en tout cas, pas comme les gouvernements l’espéraient – toutes les infrastructures, quand elles sont construites, sont réalisées par des entreprises chinoises sans y associer les populations –, cette politique de partage et d’association séduit de plus en plus de pays.

Face à ces revendications légitimes, Areva campe sur sa ligne.
Mille témoignages et rapports venus de toute l’Afrique racontent les méthodes post-coloniales du groupe public. Il préfère s’en tenir à une stricte lecture du droit, selon les règles du capitalisme moderne. 

Plusieurs rencontres ont été organisées entre des responsables d’Areva et le gouvernement. « Daniel Wouters a été très présent à ce moment là, sur le suivi du rachat d’UraMin. Il s’est beaucoup occupé des relations avec les pays africains », dit un témoin, proche du dossier. Zéphirin Diabré, responsable Afrique et Moyen-Orient et conseiller de la présidence du groupe pour les questions internationales, veille aussi aux discussions. Mais les négociations échouent. Chaque partie campe sur ses positions. Pour sortir de l’impasse, l'Elysée qui a pris le dossier en main, va le gérer à l’ancienne. A la Jacques Foccart.

Consul honoraire de la France à Lubumbashi

Qui a eu l’idée de faire entrer Patrick Balkany dans le jeu ? Aucun de nos interlocuteurs n’a été capable de nous donner une réponse claire : les relations entre Areva et l’Elysée sont tellement complexes, Areva lui-même ne semble pas un groupe très serein, à en juger par les épisodes des enquêtes internes contre sa présidente, au point qu'un clan interne peut avoir décidé de le faire sans en référer à l'ensemble. Mais quelles que soient les hypothèses, elles finissent toujours par aboutir à l'Elysée. L'ami proche de Nicolas Sarkozy n'aurait jamais rien fait sans son assentiment.

En ce printemps 2008, Patrick Balkany débarque comme représentant officieux de Paris pour s'occuper de Bakouma. A Bangui, il est en terrain connu. Il a déjà fait plusieurs voyages en Centrafrique – après avoir pris contact auprès de son secrétariat, nous avons adressé un long mail de questions (lire sous l’onglet Prolonger) à Patrick Balkany. Il est pour l’instant resté sans réponse. Mais il n’est pas seul pour mener les discussions. Il est accompagné, comme le raconte notamment le site africatime.com, de Georges Forrest. Une vieille connaissance de la Françafrique.

Dans les allées du pouvoir en France, on évoque souvent « les Katangais » quand on parle des dossiers miniers. Georges Forrest est le chef de ce clan, qui exploite et s’enrichit dans cette région de la République démocratique du Congo, la plus riche en ressources minières du pays. Cet homme d’affaires belge a fait toute sa fortune dans le pays, après l’indépendance. Ami de Mobutu, ami de Laurent-Désiré Kabila, encore plus ami aujourd’hui de Joseph Kabila, il a nagé comme un poisson dans les eaux troubles du post-colonialisme du Congo (ex-Zaïre). 

Grâce à ces appuis politiques, il a prospéré à partir du moment où le pouvoir lui a concédé la gestion de la
Gecamines, la société publique minière du Congo héritée de l’ancien empire royal belge. Dans un rapport très critique sur la gestion de Georges Forrest, un ancien dirigeant de Gecamines note : « Les affaires de Georges Forrest se sont développées sous le signe d’une triangulation entre le Zaïre, Jersey, et la Belgique. » Un parcours très bien balisé depuis les empires coloniaux.

 Ses liens avec le monde des affaires belge sont très étroits : le siège officiel de son groupe est à Wavre, à 30 kilomètres de Bruxelles ; sa banque principale, la Belgolaise, filiale de Fortis, lui a offert un soutien financier continu. Avec Daniel Wouters, ancien responsable de cet établissement bancaire, et minier à ses heures, il est donc en terrain de connaissance. Il a été conseiller royal au commerce extérieur en Belgique.

Mais la France, qui a agrandi son terrain d’influence aux ex-colonies belges après l’indépendance, ménage aussi beaucoup cet homme de poids. A plusieurs reprises, surtout lors des différentes guerres civiles ou régionales au Zaïre, le gouvernement français s’est appuyé sur ses connaissances régionales… Paris apprécie tant Georges Forrest qu’elle l'a nommé consul honoraire de la France à Lubumbashi, la principale ville du Katanga, le fief régional de l’homme d’affaires.

Les relations entre Patrick Balkany et Georges Forrest sont très vite au beau fixe. L’homme d’affaires ne manque jamais de passer par la mairie de Levallois-Perret quand il est à Paris. En retour, il prête son avion personnel à Patrick Balkany lors de ses déplacements africains. Un signe apprécié à sa juste mesure par tous les pouvoirs africains. C’est donc cet homme, très influent et très implanté sur le continent africain, qui vient prêter main forte à l’émissaire officieux de la France.

En face, deux hommes conduisent la discussion au nom du gouvernement centrafricain : Sylvain Ndoutingaï, ministre des mines et surtout neveu du président François Bozizé, et Fabien Singaye, conseiller du président. Ce dernier a un drôle de parcours : rwandais d’origine, il a été un des animateurs du parti extrémiste hutu, qui a conduit le génocide contre les Tutsis en 1994. Par la suite, il s’est réfugié au Congo, avant d’évoluer dans les cercles de pouvoir des anciennes colonies françaises. Conseiller personnel du président centrafricain, il est aussi très proche des présidents gabonais et congolais. Cela tombe bien : il est aussi l'ami de Georges Forrest.

Georges Forrest, facilitateur

Au bout de quelques semaines de discussion, un accord est trouvé entre Bangui et Areva. En août 2008, un avenant au contrat de concession minière de Bakouma est officiellement signé. Il prévoit le versement de 40 millions de dollars sur cinq ans au gouvernement centrafricain par Areva et 12 % des bénéfices issus de la production minière future du site de Bakouma. Le groupe public s’engage aussi à participer au financement des équipements pour les populations locales.

Le 8 septembre 2010, le groupe public, qui a déjà commencé à faire des travaux sur le gisement de Bakouma, remet officiellement des pompes à eau à la population locale. Les responsables d’Areva précisent alors qu’ils ont déjà investi 70 milliards de francs CFA (environ 100 millions d’euros) sur le site. Entre les routes, l’usine de retraitement, les équipements miniers, ils prévoient un investissement total de 930 millions de dollars (700 millions d’euros).

Huit jours plus tard, le 14 septembre 2010, Patrick Balkany est fait commandeur dans l’ordre du mérite centrafricain par le président centrafricain. « C’est un grand ami du pays », dit François Bozizé, en le décorant.

« M. Balkany n’a rien à voir dans ce dossier. En revanche, on m’a sollicité. Il y avait une mauvaise compréhension entre les deux parties. Les choses sont à présent réglées. C’est cela un rôle de facilitateur. Beaucoup de chefs d’Etat me connaissent et j’ai une bonne réputation. Je suis reçu par courtoisie et ce n’est pas nécessairement pour affaires. Je peux aller ainsi au Gabon, au Togo, en Namibie, en Afrique du Sud », déclarera Georges Forrest, dans un entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique en avril 2009, en réponse à une question sur son rôle dans l’accord entre Areva et la République centrafricaine.

 « Facilitateur », n’est-ce pas l’expression utilisée aussi par Ziad Takieddine ? Qu’a obtenu Georges Forrest en contrepartie de son rôle d’intermédiaire ? Officiellement rien. « Je suis reçu par courtoisie et ce n’est pas nécessairement pour affaires » dit-il. « Georges Forrest nous a effectivement aidé dans le dossier centrafricain. Il connaît bien la région. Mais il n’est pas intéressé par l’uranium. Il a surtout des mines de cuivre et de cobalt », explique un porte-parole d’Areva.

Il serait plus juste de dire qu’il n’était pas jusqu’alors intéressé par l’uranium. Car, à partir de ce dossier centrafricain, Georges Forrest va se prendre de passion pour ce minerai stratégique. L’accord avec Areva est à peine signé que l’homme d’affaires déclare son intérêt pour le gisement d’uranium de Denguiro. Malchance, la concession minière a déjà été attribuée à un autre homme d’affaires congolais, Richard Ondoko, et la société suisse, Urano. Mais les voies du pouvoir sont impénétrables : Georges Forrest finit par obtenir sept lots sur ce gisement. Chance, ils jouxtent le gisement de Bakouma, celui exploité par Areva. Il ne faut pas longtemps pour que les rumeurs parviennent à Bangui qu'Areva va racheter ces lots à Georges Forrest, à un très bon prix.

Pour défendre sa cause auprès du gouvernement centrafricain, Georges Forrest avait quelques atouts. Il s’est associé, pour la reprise de cette mine, avec Fabien Singaye, le conseiller particulier du président centrafricain, et... Patrick Balkany. En décembre 2009, comme le révèle l’indépendant-cf.com, le gouvernement de Bangui s’énerve : il n’a pas reçu les 20 millions de dollars de taxes, que doivent Georges Forrest et Patrick Balkany au gouvernement, au titre de la licence d’exploration. « Comme pour se donner bonne conscience, rapporte le site, le député-maire de Levallois-Perret avait appelé le 1er décembre le Quai d’Orsay à apporter une aide aux enfants qui meurent de famine à Berberati dans la préfecture de la Mambéré-Kadeï. »

La dispute, en tout cas, est vite enterrée. A la mi-décembre 2009, Areva crée une joint-venture avec Georges Forrest. La société, Areva Explo, immatriculée à Bangui, est détenue à 70 % par Areva et 30 % par Georges Forrest.  Elle a pour but de développer les activités minières dans la région. « Areva espère profiter des nombreux contacts que Georges Forrest a noués dans cette région d’Afrique pour mener à bien ses projets », relève le quotidien belge L’Echo qui a dévoilé cette alliance. Tout est dit, en termes choisis, sur cette alliance si déséquilibrée. 

Qui a pris l'initiative d'un tel accord ? Anne Lauvergeon ou Sébastien de Montessus, le nouveau directeur des mines d'Areva, Olivier Mallet ayant été remplacé, comme par hasard, juste après le rachat d'UraMin ? Ce responsable est accusé aujourd'hui d'avoir diligenté les enquêtes contre l'ancienne présidente. En tout cas, c'est la signature d'Areva qui est engagée.

« Notre accord va faire des jaloux »

Les relations entre Areva et l’homme d’affaires belge deviennent très étroites. C’est lui qui ouvre les portes de la République démocratique du Congo au groupe public. Dans les rapports cyclothymiques qu’entretiennent l’Elysée et Anne Lauvergeon, le dossier minier est un des points de friction. Nicolas Sarkozy est très mobilisé sur les mines, pour ouvrir les portes du Congo à Areva et ailleurs encore, et les cellules parallèles aussi.

Anne Lauvergon prend en main un dossier où l'Elysée ne cesse de mettre les doigts. En marge d’un voyage officiel de Joseph Kabila en France en août 2008, la présidente du directoire d’Areva et Zéphirin Diabré s’entretiennent discrètement au Ritz avec le président congolais sur les perspectives d’exploitation minières dans le pays. Joseph Kabila est très ouvert aux offres françaises. « Areva offre toutes les garanties d’un partenaire sérieux dans une industrie sensible et dangereuse pour relancer l’exploitation d’uranium au Congo », expliquera plus tard le gouvernement congolais.

Le 26 mars 2009, à l’occasion du voyage présidentiel de Nicolas Sarkozy à Kinshasa, Anne Lauvergeon, arrivée dans un avion personnel à l'écart du cortège présidentiel,  signe un accord inédit avec le gouvernement congolais : Areva obtient un permis de recherche de gisements d’uranium sur l’ensemble du territoire, ainsi que l’exploitation future du minerai. Un droit qui n’était alors détenu que par la société publique Gecamines.

Jamais un gouvernement au monde n’a concédé à une seule société étrangère l’ensemble d’un territoire. C’est encore plus frappant quand il s’agit du Congo, un des pays les plus riches au monde en richesses minières, avec la Russie et le Canada.

« Nous sommes dans un monde de concurrence et notre accord va faire des jaloux », déclare Anne Lauvergeon au moment de la signature, selon la presse congolaise. « Je crois bien que nous sommes l’unique entreprise au monde à avoir ce type de mandat. De plus, nous brisons un tabou. C’est la première fois que l’on ose parler d’exploration d’uranium en RD Congo, une activité jusque-là du domaine réservé de l’Etat », surenchérit Zéphirin Diabré.

La presse congolaise relève au passage que cet accord risque aussi de faire des jaloux chez Areva : Sébastien de Montessus, le directeur de la branche mines, n'est pas là, note-t-elle. Y a-t-il une volonté de la part de la présidente d'Areva de reprendre en main personnellement un dossier minier qui a dangereusement tendance à filer du côté de l'Elysée ? A-t-elle au contraire signé, sans en parler au responsable de la branche ? Bref, dès cette époque, il paraît y avoir quelque contentieux et quelque secret entre Anne Lauvergeon et Sébastien de Montessus, qu'elle a pourtant choisi.

Lors de la signature de cet accord hors norme, un autre homme manque : Patrick Balkany, parti ostensiblement aux Antilles. Mais comme il ne cesse de le répéter, il n'a rien à voir avec Areva. En revanche, Georges Forrest et son associé Fabien Singaye sont aux premiers rangs. L’opposition congolaise, qui s’offusque d’un tel accord, voit derrière tout cela la main de Georges Forrest. Celui-ci dément : « Je sais que l’on me prête beaucoup sur cet accord mais je n’ai pas participé aux négociations. Je ne touche pas à l’uranium au Congo, c’est trop délicat, trop sensible. Tout au plus, le groupe Forrest pourrait être sous-traitant avec sa branche génie civil. Si Areva le souhaite, on peut en discuter. Mais pour l’heure, aucun contrat ne lie nos deux entreprises », explique-t-il dans le même entretien à Jeune Afrique en avril 2009. Le message n'a pas besoin d'être traduit.

L’uranium est un minerai à part dans le monde de la mine. « Trop délicat, trop sensible », comme le dit Georges Forrest. C’est le minerai de la bombe atomique, et qui, pour cette raison, est surveillé de très près par l’agence internationale de l’énergie atomique. Depuis l’indépendance, la République démocratique du Congo a officiellement renoncé à exploiter ses gisements d’uranium. Pourtant, régulièrement, des informations font état de livraisons clandestines d’uranium en provenance du Congo, dont certaines pourraient atterrir en Iran.

En juillet 2007, l’ambassadeur des Etats-Unis au Congo, Roger A. Meece, rapporte les craintes et les rumeurs à ce sujet, dans un câble dévoilé par Wikileaks. Il fait état de bruits, accusant Georges Forrest d’être partie prenante dans ces expéditions clandestines d’uranium. L’ambassadeur américain n’y croit guère mais le signale malgré tout. Sans être mis sous surveillance, Georges Forrest est désormais suivi de plus près par les autorités américaines.

D’autant qu’au même moment, l’homme d’affaires belge est en train de se porter acquéreur d’une « junior entreprise » canadienne, Forsys Metals. Une société qui ressemble comme deux gouttes d’eau à UraMin : elle a juste des droits miniers dans des gisements d’uranium en Namibie. Hasard ? Ses mines sont situées juste à côté du site de Trekkopje, qui appartient désormais à Areva. Il n’en faut pas plus pour que la presse spécialisée dans le monde minier spécule sur la reprise rapide de cette société par le groupe public français. Le rachat de Forsys Metals n’ira pas jusqu’au bout. Au moment de payer, Georges Forrest est incapable de signer le chèque prévu.

Retour d'un actionnaire bien connu

Que s’est-il passé ? Ordre a-t-il été donné d'écarter ce « facilitateur » un peu trop voyant ?  Entre-temps, en tout cas, Areva a changé de partenaire. En janvier 2010, le groupe prend ainsi 10,57 % dans Marenica Energy, une petite société australienne, pour une petite dizaine de millions de dollars, et en devient le premier actionnaire. Cette société détient aussi des droits miniers, pas très loin du site de Trekkopje. La presse spécialisée a souvent parlé de Marenica Energy, comme un second UraMin. Une fabuleuse affaire, donc !

Mais la chute du cours de l’uranium et la crise ont fait voler en éclats les rêves. Marenica Energy est au bord de la faillite et son actionnaire principal, un fonds d’investissement, ne veut pas l’épauler. C’est lui qui propose la reprise de ses parts à Areva. Le nom de cet actionnaire ? Polo Resources, la société contrôlée par Stephen Dattels, le créateur d’UraMin. Le monde minier est bien petit.  Et Areva est décidément peu rancunier...

De toute cette affaire, il ne reste que des milliards envolés, des investissements gelés, une usine de dessalement d’eau de 250 millions de dollars en Namibie, dont l’utilisation fait encore l'objet de discussions entre Areva et le gouvernement namibien. Celui-ci souhaite que l’eau ne soit pas revendue seulement aux exploitants miniers mais qu'elle serve aux populations locales.

Pour le reste, Luc Oursel, le nouveau président d’Areva, a décidé l’arrêt de l’exploration et de la mise en production des gisements rachetés à UraMin, après la chute du cours de l’uranium et l’accident de Fukushima. Certains sites comme Bakouma reprendront certainement, quand les circonstances le permettront, d’autres comme Trekkopje risquent d’être totalement oubliés.

En privé, Anne Lauvergeon dit que l’Elysée a monté un « chantier », comme on dit dans la police, contre elle avec le dossier UraMin. « Cela ne vaut rien aujourd’hui, on s’empressera de le revendre pour zéro et d’autres feront par la suite la bonne affaire », dit-elle. Impossible de savoir la vérité, puisqu'en l'absence d'expertise indépendante sur les gisements, ce n'est que parole contre parole entre l'ancienne présidente d'Areva et son successeur.

La presse namibienne néanmoins notait ceci, après le rachat du site de Trekkopje : « Aujourd'hui, personne en Namibie, ou dans le monde, comprend le phénoménal montant d'argent dépensé dans cette transaction, pour un gisement aussi petit et d'aussi faible teneur en minerai. »

En public, Anne Lauvergeon accuse Nicolas Sarkozy et ses amis de vouloir démanteler le groupe et privatiser le secteur minier, son activité la plus rentable. Le Qatar, avec lequel le chef de l’Etat entretient des relations inédites, est désigné comme le prédateur. L’hypothèse est plausible : le pouvoir fait preuve de tant de libéralités à l’égard du Qatar...

Mais Anne Lauvergeon est-elle pour autant quitte de tout reproche ? Pourquoi a-t-elle réalisé le rachat d'UraMin, dans des conditions aussi insensées ? Pourquoi a-t-elle masqué les déboires gigantesques de cette acquisition ? Pourquoi Areva a-t-il frayé avec des personnages peu fréquentables, s’est associé avec eux ? Même si elle n'a découvert que sur le tard cette diplomatie parallèle, les réseaux occultes, pourquoi n'a-t-elle pas écarté les dirigeants qui, à l'intérieur de son groupe, leur prêtaient main forte ? Quels intérêts y avaient-ils derrière tout cela ? Car on ne perd pas deux milliards d'euros d'argent public impunément.

Aujourd’hui, Areva est un groupe ruiné, additionnant l'échec de l'EPR, lui aussi longtemps masqué, à celui des mines. Cinq milliards d'euros, au bas mot. L'addition sera présentée aux contribuables. Areva se retrouve livré à la merci de tous les prédateurs, comme Anne Lauvergeon le redoute. Mais elle ne peut totalement se dédouaner de cette faillite.

 

 


 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 21:39

 

 

Alfred Poloko

Bangui 21 Jan. (ACAP) - Le ministre de la Communication, Alfred Tainga-Poloko, a exprimé sa satisfaction puisque 80% des actions inscrites dans sa feuille de route ont été exécutées en 7 mois, lors de la cérémonie de présentation de vœux du personnel dudit département et les professionnels des médias privés, vendredi 20 janvier 2012 à Bangui.

Dans son adresse à ses administrés, Alfred Tainga-Poloko a été reconnaissant à l‘endroit des collaborateurs qui l’ont « accompagné durant des moments d’échanges et de confrontations d’idées souvent très enrichissant sur des projets déjà portés sur les fonts baptismaux de l’histoire de la presse et des médias centrafricains ».

Au sujet des innovations, le Ministre a annoncé la création de quatre nouvelles chaînes publiques thématiques, dont, TVCA info, TVCA musique et Sport, TVCA Culture et Documentaire et TVCA Académie dont les diffusions démarreront le 15 mars prochain. « Au cours de cette nouvelle année nous devons amorcer et voir évoluer Radio et Télé Centrafrique vers un profil plus moderne de médias de service public garant du pluralisme des idées », a lancé le ministre Alfred Tainga-Poloko.

Il a recommandé à ses collaborateurs en charge de la promotion de la culture démocratique et civique plus d’imagination dans leur approche sur la question de la consolidation de la paix. Il a exhorté les journalistes de la presse privée indépendante à appuyer tous les efforts qui sont réalisés aussi bien par le gouvernement que par les partenaires au développement.

Le Haut Conseil de la Communication, selon lui, doit faire de la pédagogie en vue de dissuader les publications qui se sont spécialisées dans les attaques, les calomnies et les diffamations à l’endroit des autorités du pays.

Au nom du personnel du département de la communication, le Directeur de Cabinet Philémon Dérant-Lakoué a rassuré le Ministre Taïnga Poloko de ce qu’il bénéficie de la « gratitude de tous, disposés à l’accompagner dans la concrétisation des projets de développement du ministère de la Communication, de la Culture Démocratique et civique ».

Dans un souci d’égalité dans le traitement des médias publics, M. Philémon Dérant-Lakoué a également plaidé pour l’Agence Centrafrique Presse (ACAP) qui semble être le parent pauvre des institutions du département.

 

NDLR : Quand un gouvernement n’est pas fichu de s’occuper de l’étanchéité du toit des studios de la Télévision nationale qui est une passoire et le ministre de la communication annonce la création de quatre nouvelles chaînes thématiques, on se demande où se trouve le sérieux.

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 21:06

 

 

entête FARE 2011

 

Radio Ndéké Luka Lundi, 23 Janvier 2012 13:2

« Le Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections en Centrafrique 2011 (FAREA-2011), ne s’est pas retiré des travaux de révision du Code électoral. C’est plutôt le représentant des partis politiques, en l’occurrence, Maître Nicolas Tiangaye qui s’est absenté à un moment desdits travaux ». Cette déclaration a été faite ce lundi 23 janvier 2012 par Walidou Modibo Bachir, Chargé de mission au ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.

Ces propos interviennent 5 jours, après que maitre Nicolas Tiangaye, coordonnateur du FARE-2011, ait annoncé le retrait de son entité dudit processus. D’après lui, « le point d’achoppement porte sur la définition de l’ossature de l’organe en charge de la conduite des élections en Centrafrique. Un préalable à l’analyse du document article par article ».

Or, il y a lieu de s’interroger face à cette situation que, qui du ministère de l’Administration du Territoire et du Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections  FARE-2011 dit vrai au sujet de ce dossier ?

Selon Walidou Modibo Bachir interrogé par Radio Ndeke Luka, en réalité, « il n y a pas eu de retrait du tout. Le mercredi dernier, maitre Nicolas Tiangaye s’était retiré à 30 secondes de la fin des travaux pour ses obligations au barreau de Centrafrique. Le lendemain, il ne s’était pas présenté car il devait défendre  un journaliste arrêté. Toutefois, les autres membres du FARE-2011, étaient restés dans la salle, contrairement à l’annonce de leur retrait par leur coordonnateur ».

Au sujet de l’entité en charge de l’organisation des prochaines élections en Centrafrique, le représentant du ministère de l’Administration du Territoire indique que « le gouvernement n’a rien imposé. Il avait déjà présenté sa vision de la chose et a d’ailleurs obtenu une adhésion massive des ses acteurs dont la société civile. Pour lui, il n’y a plus de polémique : C’est l’Agence Nationale des Elections,  sous la coupe de son ministère, qui est désormais habilité à organiser les élections et non la Commission Electorale Indépendante (CEI) souhaitée par maitre Nicols Tiangaye, en à croire sa dernière déclaration sur Radio Ndeke Luka ».

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 01:56

 

 

 

Pr-Nguerekata-Gaston.JPG 

A l’invitation de la 4ème Université indienne, Jadavpur University et de l'Institut Statistique Indien (classé 1er dans le domaine en Inde), qui est en réalité l’équivalent du CNRS français car ne s’occupant pas seulement que de statistiques mais aussi des recherches très poussées en biologie et autres domaines scientifiques, le Pr Gaston Nguérékata a séjourné en Inde du 11 au 18 janvier 2012. Il a été traité en véritable star par ses hôtes. A l’Université de Jadavpur, il a prononcé une allocution du haut de la tribune lors de la séance d'ouverture du Congrès, une sorte de leçon inaugurale à la française et présidé une des sessions du Congrès.

A l'Institut Indien de Statistique le lundi 16 Janvier, à la fin de son talk un, Prof de Jadavpur University qui était dans la salle l'a invité à redonner le même talk le lendemain mardi 17 Janvier dans son Université. La salle était comble. Le Pr Nguérékata a ensuite été littéralement assiégé par les doctorants et post doctorats pour des informations sur le sujet qu’il a exposé. Le lendemain, au moment de quitter sa chambre d'hôtel pour l'aéroport, deux chercheurs sonnent à sa porte pour le remercier de leur avoir donné l'occasion de connaitre une nouvelle théorie qu'ils pensent appropriée pour leurs recherches. Et de lui demander s’il pouvait les aider ensuite dans la poursuite de leurs travaux.

L'institut Indien de Statistique est un établissement de renommée mondiale. De nombreuses personnalités scientifiques y ont donné des talks: Einstein, Kissinger, Kolmogorov, Wiener, Bohr, ... de nombreux savants des années 60 et 70. C'est une sorte de CNRS dont la RCA pourrait s'inspirer. J'ai même rencontré un Indien qui dit avoir passé 9 ans en Afrique dans des centres de recherche agronomiques crées au Nigeria et en Côte d'Ivoire par cet Institut.

Comme CAP l’avait déjà écrit précédemment, le Pr Gaston Nguérékata n’est pas prophète dans son pays, la République centrafricaine où c’est plutôt la médiocrité qui est actuellement aux commandes mais Inde, il a été particulièrement honoré et porté au pinacle, ce dont son pays doit être extrêmement fier et lui rendre hommage. C’est un exemple pour les jeunes Centrafricains qui doivent rechercher plutôt l’excellence que de se laisser illusionner par les parvenus et les truands qui leur miroitent sans cesse les fruits de leurs prébendes et de leur prédation.

Rédaction C.A.P

 

Quelques images du Pr Nguérékata en Inde

 

 

 

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Nguerekata-en-Inde.JPG

 

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Nguerekata-avec-ses-hotes.JPG

 

 

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