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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 14:56

 

 

 

 


BANGUI AFP / 10 février 2014 13h52 - Les miliciens centrafricains anti-balaka, accusés de multiples exactions contre les populations musulmanes, sont devenus les principaux ennemis de la paix et seront chassés comme ce qu'ils sont: des hors-la-loi-et des bandits, a déclaré lundi le général Francisco Soriano, commandant la force française Sangaris.


Ceux qui se disent +anti-balaka+ sont devenus les principaux ennemis de la paix en Centrafrique, ce sont eux qui stigmatisent les communautés, ce sont eux qui agressent la force Sangaris, a insisté le général français, lors d'une rencontre publique à Bangui avec les principaux dignitaires religieux du pays.


Interrogé par l'AFP sur un éventuel cantonnement des miliciens anti-balaka, réclamé par celui qui se présente leur coordonnateur politique Patrice Edouard Ngaïssona, le général Soriano a répondu : C'est qui les +anti-balaka+ ? Qui est leur chef ? Quel est leur message politique ? Quelle est leur chaîne de commandement?


Personne ne sait rien. C'est une nébuleuse, on est incapable de mettre un vrai visage a-t-il dit.


Les cantonner, ce serait leur donner une légitimité qu'ils n'ont pas, ce serait leur donner la possibilité de devenir une force qu'ils ne sont pas au service d'un sombre dessein, a-t-il estimé.


On ne doit pas les cantonner mais les chasser comme ce qu'ils sont, c'est à dire des hors-la-loi, des bandits, a insisté le général Soriano.



(©) 

Centrafrique: les miliciens anti-balaka sont des ennemis de la paix
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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 14:47

 

 

 

 

 

Bangui (AFP) - 10.02.2014 12:02 - Par Anne LE COZ

 

En pointe de la lutte contre les combattants à majorité musulmane Séléka en Centrafrique, les milices chrétiennes anti-balaka, aujourd'hui accusées de multiples exactions, réclament une "reconnaissance" de leur rôle et se disent prêtes au désarmement contre une aide à la réinsertion.

 

Dans son fief de Boy-Rabe, quartier du nord de Bangui, Patrice Edouard Ngaïssona, ancien ministre de François Bozizé - renversé en mars 2013 par la rébellion Séléka - et désormais coordonnateur politique des anti-balaka, déplore la mise à l'écart de son mouvement par les nouvelles autorités de transition qu'il accuse d'"ingratitude": "ils n'ont pas de mémoire, c'est nous qui les avons sauvés", dit-il dans un entretien avec une journaliste de l'AFP.

 

"Pendant des mois, la communauté internationale n'a rien fait. Personne n'a dit à (Michel) Djotodia (le président issu de la rébellion et contraint à la démission le 10 janvier) et à ses mercenaires d'arrêter. Alors, en juillet, le peuple s'est soulevé", affirme M. Ngaïssona, également président de la Fédération centrafricaine de football.

 

"Il faut une reconnaissance de ce qu'ont fait les anti-balaka qui ont libéré le peuple centrafricain", insiste-t-il.

 

Selon lui, la nouvelle présidente de transition Catherine Samba Panza, "acclamée" lors de sa désignation le 20 janvier, "est aujourd'hui haïe à cause de son gouvernement et de son cabinet".

 

"Madame avait dit qu'elle prendrait des conseillers, des ministres chez nous, elle n'a rien fait!", s'insurge-t-il. Précédé d'une réputation sulfureuse, M. Ngaïssona dit avoir été écarté "officiellement" en raison de ses "problèmes judiciaires" (il a été incarcéré au début des années 2000 pour enrichissement illicite et fait encore l'objet de plusieurs enquêtes), mais "c'est un prétexte", affirme-t-il.

 

Mis en cause dans les pillages et exactions à l'encontre des musulmans, le coordonnateur des anti-balaka, qui se dit en contact avec ses représentants "dans chaque commune", se défend en dénonçant un "amalgame". "Nous n'avons rien contre nos frères musulmans", assure-t-il.

 

"Aujourd'hui, il n'y a pas de sécurité. Nous ne pouvons pas assister au passage des Tchadiens qui tirent contre notre peuple et rester sans rien faire", assène-t-il.

 

Le Tchad, qui nie avec véhémence, a été à plusieurs reprises accusé de complicité avec la Séléka, composée également de combattants tchadiens et soudanais.

 

Vrais et faux anti-balaka

 

"Ce qu'on voit dans les quartiers, ce sont des règlements de comptes. Les anti-balaka ne sont pas des assassins, ni des pillards. Il faut combattre ces voyous. Il faudrait associer les vrais anti-balaka pour combattre ces faux anti-balaka!" dit-il.

 

Dans le quartier animé de Boy-Rabe, beaucoup d'hommes circulent armés de kalachnikov. Des pick-ups vont et viennent chargés de jeunes anti-balaka, aisément reconnaissables à leurs colliers "anti-balles AK", censés les protéger des AK-47 (kalachnikov).

 

M. Ngaïssona affirme que le mouvement compte environ 70.000 hommes, dont plus de la moitié à Bangui.

 

Alors que les ex-rebelles de la Séléka ont été cantonnés après la chute de leur chef, les anti-balaka n'ont bénéficié d'aucune mesure et "n'ont pas été écoutés", déplore-t-il, appelant à la mise en place "urgente" d'un programme de Démobilisation-Désarmement-Réinsertion (DDR) "pour tous".

 

Selon une source diplomatique, le DDR, qui doit être mise en oeuvre par les autorités centrafricaines avec l'appui de l'ONU et un financement international, est toujours au point mort, faute d'accord politique entre les parties.

 

"On a cantonné les Séléka avec leurs armes (une arme par combattant, NDLR). Les anti-balaka (...) on leur demande de rendre leurs armes sans rien en échange", proteste Ngaïssona. "Il faut les cantonner, leur trouver un projet, pour eux et pour les anciens des Forces armées centrafricaines (FACA) qui se sont mélangés à eux".

 

Il faut ranger les armes "et que chacun fasse sa prière comme il l'entend", dit-il, reconnaissant toutefois qu'"il y a un travail de fond à faire avec les FACA avant de les mettre sur le terrain, sinon les bavures n'arrêteront jamais".

 

"Les FACA ne vont jamais accepter des Séléka dans l'armée républicaine", dit-il. La semaine dernière, des éléments des FACA, rassemblées pour la première fois à Bangui lors d'une cérémonie officielle, ont lynché à mort un des leurs, ancien membre de la garde présidentielle accusé de s'être rallié à la rébellion.

 

© 2014 AFP

Centrafrique: les anti-balaka dénoncent l'"ingratitude" des nouvelles autorités
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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 11:01

 

 

 

 

 

09/02/2014 à 12:07

 

Au moins dix personnes, selon des témoins, ont été tuées depuis samedi soir et de nombreux bâtiments incendiés à Bangui où des pillages à grande échelle étaient en cours dimanche malgré le déploiement de militaires français et de gendarmes centrafricains, ont constaté des journalistes de l'AFP.

 

Les violences ont éclaté samedi dans la soirée aux abords de la mairie du 5e arrondissement, avec cinq personnes tuées dans des circonstances non établies, puis trois autres dans des affrontements intercommunautaires et une neuvième par des soldats de la force africaine Misca, selon ces témoins.

 

Ce bilan a été confirmé sur place à l'AFP par Peter Bouckaert de l'ONG Human Rights Watch, qui a également fait état du lynchage à mort d'un musulman dans la matinée, près du marché central de Bangui. Un deuxième musulman a eu la vie sauve grâce à l'intervention de militaires burundais de la Misca, a-t-il précisé.

 

Dimanche, des soldats français de l'opération Sangaris, accompagnés de gendarmes centrafricains, ont pris position dans le 5e arrondissement, livré aux pilleurs et survolé par un hélicoptère de combat français.

 

Selon des habitants interrogés par l'AFP, après la mort de cinq personnes samedi soir, une femme chrétienne de ce quartier mixte a été tuée par un musulman. Son agresseur a été capturé, tué et son cadavre brûlé devant la mairie, où son corps calciné gisait au milieu de la route dans la matinée.

 

Un deuxième civil musulman a ensuite été tué et son meurtrier s'apprêtait à jeter le cadavre sur un brasier quand les soldats rwandais de la force africaine (Misca) installés dans la mairie ont ouvert le feu, a raconté Innocent.

 

"Ils l'ont tué", a accusé Innocent, au milieu d'une foule surexcitée criant "A mort les Rwandais". "Les Rwandais sont tous des musulmans. Dehors les Rwandais", hurlait une femme, tandis que crépitaient des rafales de kalachnikov.

 

Dans la mairie du 5e arrondissement, une petite dizaine de soldats rwandais était retranchés: "la nuit, c'était terrible", a dit l'un d'eux à l'AFP.

 

L'arrivée de trois blindés de la force française Sangaris accompagnés de gendarmes centrafricains a fait baisser la tension sans pour autant mettre fin aux pillages qui se sont généralisés dans les bâtiments encore fumants.

 

Mobilier, matériaux de construction, câblages... En fin de matinée, et malgré les remontrances des militaires français, des bandes de jeunes continuaient de venir se servir, certains équipés de brouettes ou de charrettes se glissant entre les blindés.

 

Maison après maison, les parachutistes français du 8e Rpima de Castres (sud-ouest), accompagnés de dix gendarmes et policiers centrafricains, tentaient de chasser les pilleurs, qui reprenaient aussitôt leurs larcins quelques mètres plus loin.

 

Au fil de la matinée, le nombre de pillards n'a cessé d'augmenter: "Les Français ne vont pas nous tirer dessus", assurait rigolard un jeune coiffé d'un bonnet.

 

En milieu de matinée, plusieurs armes blanches et des cartouches avaient été saisis, a constaté une journaliste de l'AFP, tandis que des habitants annonçait la prochaine arrivée de miliciens anti-balaka pour "tuer les Rwandais".

 

Au même moment, une réunion consacrée à la situation sécuritaire rassemblait dans un hôtel de Bangui le Premier ministre de transition André Nzapayéké ainsi que les représentants de la France, de l'Union européenne, des Nations unies, et les chefs de Sangaris, le général Francisco Soriano, et de la Misca, le général Jean-Marie Michel Mokoko.

 

Le commandant-en-chef de la Misca, le général Martin Tumenta Chomua, a menacé samedi les groupes armés de recourir à la force pour arrêter assassinats, lynchages et pillages qui se poursuivent à Bangui et en province en toute impunité.

 

"Désormais, on aura des bilans (de victimes) et des bilans lourds", avait-il averti sans donner davantage de précisions.

 

La Centrafrique a sombré dans le chaos depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Séléka à dominante musulmane et contraint à la démission le 10 janvier pour son incapacité à mettre fin aux violences.

Bangui: au moins dix tués dans des violences, nombreux pillages
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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 10:53

 

 

 

 

 

http://www.huffingtonpost.fr/   10/02/2014 07h05

 

Au matin du 5 janvier, les habitants de Bangui, la capitale centrafricaine, virent surgir des groupes de combattants sans uniforme, le corps bardé de grigris et d'amulettes protectrices. Brusquement, l'Afrique de la brousse remontait à la surface avec ses traditions et son histoire occultée par la longue parenthèse coloniale et une indépendance mal assumée.

 

Il faut dire que l'ancien Oubangui-Chari ne nous avait pas habitués à voir s'exprimer tant de haine opposant gens de la brousse, christianisés de fraîche date, et musulmans, éleveurs ou commerçants établis depuis longtemps dans le pays.

 

Il aura suffi qu'un an auparavant, un ancien ministre, Michel Djotodia, agrège en une coalition (séléka en sango) tout ce que la région comptait de mécontents pour faire vaciller un État rongé par la corruption et le népotisme. La mise en coupe réglée du pays fit remonter à la surface les récits d'une époque où l'esclavage ravageait la région. Les opposants qui avaient fondu sur la capitale centrafricaine rassemblaient en l'occurrence des mercenaires tchadiens et soudanais, flanqués de coupeurs de routes et de braconniers venus épauler les revendications de la minorité musulmane marginalisée,

 

Des mois de pillages, de destructions et de tueries perpétrés par les membres de la Séléka suscitèrent la formation de groupes d'autodéfense, les anti-balaka (anti-machettes), un surnom qui renvoyait à des temps lointains où la kalachnikov n'équipait pas encore les envahisseurs. L'irruption de milices villageoises dans cette guerre civile de basse intensité s'accompagna d'exactions et de massacres envers les musulmans locaux accusés -souvent à tort- d'avoir pactisé avec les prédateurs.

 

La guerre civile en Sierra Leone (1991-2001) nous avait déjà montré à quelles dérives meurtrières des milices incontrôlées pouvaient se livrer dans des conflits internes. Issues des associations traditionnelles de chasseurs, ou kamajors, et baptisées en la circonstance Forces de défense civile (CDF), ces milices progouvernementales sierra-léonaises furent à l'origine de nombreuses atrocités.

 

Disparu récemment, l'historien malien Youssouf Tata Cissé (1935-2013), auteur d'une thèse sur les confréries de chasseurs en Afrique occidentale, a montré l'importance des chasseurs traditionnels dans la vie collective et la défense des villages. Autrefois groupées en confréries initiatiques, elles avaient un rôle dans le maintien de la cohésion sociale, comme au Rwanda où Tutsis, Hutus et Twas pouvaient se retrouver au sein d'un culte rendu au chasseur mythique Ryangombe.

 

Avant que les compagnies européennes concessionnaires n'exploitent le pays et les populations de façon scandaleuse (début du XXe siècle), les forêts de l'Oubangui-Chari servirent de refuge aux animistes fuyant les razzias esclavagistes destinées à fournir au monde arabe et à l'Empire ottoman la force servile qui leur manquait. Premier des voyageurs du XIXe siècle à visiter la région, le Tunisien Mohamed el Tounsi, qui accompagna une razzia au Darfour voisin (1803-1813), témoigna des pillages et des rafles qui dévastaient des territoires entiers comme le Dar el Ferti dans l'est de la Centrafrique, aujourd'hui déserté.

 

À cette époque, le pays subit le contrecoup de la déstabilisation du Tchad provoquée par l'arrivée des Ouled Slimane, anciens mercenaires à la solde des pachas de Tripoli contre les nomades Toubous du Fezzan, en Libye. Cette tribu arabe fut chassée vers le Tchad quand l'Empire ottoman reprit en main la régence de Tripoli, jugée trop faible pour s'opposer à la poussée française en Algérie (milieu du XIXe siècle). Dévasté, ses royaumes affaiblis, le Tchad ne put s'opposer aux esclavagistes venus du Soudan. Parmi ceux-ci figure le chef de guerre Rabah dont les armes à feu firent merveille dans la chasse aux animistes qui se réfugièrent dans les forêts centrafricaines.

 

Or il y a un an, c'est du nord-est, porte d'entrée traditionnelle des anciens chasseurs d'esclaves, qu'a surgi la Séléka, rejouant un scénario bien connu.

 

Aujourd'hui en Libye, l'histoire paraît aussi bégayer. Les affrontements meurtriers, dont Sebha, dans le sud, fut récemment le théâtre (150 morts dans la dernière quinzaine de janvier), mettent de nouveau aux prises les Ouled Slimane, anciens alliés de Kadhafi, avec les Toubous. En effet, ces derniers tentent de récupérer des territoires au Fezzan et des oasis, tel celui de Koufra dont ils furent jadis chassés. 


Ainsi, ironie de l'Histoire, en Centrafrique comme en Libye, la mémoire de l'esclavage et de ses razzias se rappelle au souvenir des hommes à travers les événements dramatiques actuels qui, à première vue, pourraient paraître sans aucun lien.

 

Bernard Nantet, Le Sahara, Histoire, guerres et conquêtes, Tallandier, 2013.

Journaliste et archéologue, spécialiste de l'Afrique

Lu pour vous : Centrafrique et Libye: les bégaiements de l'histoire
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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 02:55

 

 

 

 

 

 

http://www.guineeconakry.info/    10.02.2014 01:16

 

Si c’est en raison de son incapacité à venir à bout du chaos et de l’anarchie qui règnent en République centrafricaine que la France avait poussé Michel Djotodia à la sortie, elle devrait reprendre avec la nouvelle présidente, Catherine Samba Panza. En effet, depuis son élection il y a deux semaines, la nouvelle cheffe d’Etat, elle non plus, n’arrive pas à canaliser la furie meurtrière des milices qui font valoir leur loi à Bangui et en province. Les assurances qu’elle semble avoir obtenu du médiateur Denis Sassou Nguesso ne suffisent pas. Même l’annonce de la venue du ministre français de la défense, Jean-Yves Le Drian ne dissuade personne. Au contraire, comme pour dire à ce dernier qu’ils ne se laissent pas impressionner, les soldats de l’opération Sangaris, les miliciens se sont laissé aller à une série de violences qui ont culminé hier, avec la mort Jean-Emmanuel Ndjaroua, membre du CNT (parlement provisoire). Avec cet assassinat, la crise en RCA gravit à coup sûr un nouveau palier : l’assassinat politique. Pour les différents acteurs impliqués dans cette crise, on n’est pas loin de l’énigme centrafricaine... 

 

Le problème est en effet d’autant plus énigmatique qu’aucune des pistes de solutions jusqu’ici élaborées ne semble marcher. On y a en effet déployé tout d’abord des soldats africains, mais les tueries à caractère confessionnel n’avaient pas ralenti. Estimant que lesdits soldats étaient non seulement en sous-effectif, mais aussi sous-équipés, la France avait alors décidé d’y envoyer ses propres soldats.

 

François Hollande avait alors les souvenirs heureux de l’intervention éclair au Mali. Mais dans le cas de la Centrafrique, certains avaient très tôt mis en garde contre une erreur dans l’évaluation des risques. Mais dans un premier temps, personne n’avait pris la peine d’écouter ces critiques. Cependant, les violences continuant et les risques de déstabilisation du pays et de la région augmentant, la France s’est rendue à l’évidence. Sauf qu’elle n’était plus en mesure d’accroitre son contingent, encore moins libérer plus de ressources financières.

 

Alors, Hollande trouve en Djotodia le bouc-émissaire. Le pauvre ne peut que se plier à la loi du plus fort. Mais au regard de la situation qui prévaut toujours dans ce pays, c’est à se demander si son départ ne lui est pas plus bénéfique. En effet, sa successeur, en dépit d’un volontarisme des plus évidents, peine à restaurer la sécurité et l’ordre. Miliciens anti-balaka et ex-Séléka continuent à s’affronter par musulmans et chrétiens interposés. Ils ne se laissent point dissuader par la présence des soldats étrangers. Ne sachant à quelle solution se vouer, Mme Catherine Samba Panza s’envole alors pour Brazzaville où elle va se confier au médiateur Dénis Sassou Nguesso. Dans la foulée, la procureure de la Cour pénale internationale brandit la menace de poursuites contre les auteurs des crimes. De son côté, le ministre français de la défense initie une visite dans la région. Comme pour se moquer de toutes ces initiatives, les miliciens font reprendre les hostilités de plus belle. Conséquence, depuis samedi dernier, ce sont onze nouvelles personnes qui sont assassinées à Bangui même. On tire les uns à bout portant. On lunche les autres. Tout cela sur fond de pillage. Mais toutes les victimes de ce week-end sanglant, la mort du parlementaire mort Jean-Emmanuel Ndjaroua demeure le plus emblématique. D’abord, il y a qu’avant lui, deux de ses enfants avaient été emportés par la crise. Ensuite, sa mort semble résulter de son engagement en faveur du retour de la sécurité. En effet, ce serait après qu’il ait énergiquement interpellé le gouvernement au sujet de l’insécurité qui continue à sévir dans le pays qu’il a été assassiné. Est-ce un message à tous ceux qui voudraient lui emboiter le pays ? Très certainement !

  

Boubacar Sanso Barry


Journaliste-rédacteur  GuineeConakry.info

Lu pour vous : CENTRAFRIQUE, Un pays toujours ingouvernable
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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 02:29

 

 

 

 

 

 

 

«Quand rentrent-ils ? Cette question vous habite, je le sais par expérience. Elle me préoccupe également. Malheureusement, après avoir appelé beaucoup de bureaux à Paris, je suis assez désolé car aucune date de retour n’est fixée.»

 

À l’occasion de la dernière info-familles sur la mission en Centrafrique, le colonel Éric Peltier, chef de corps du 1er RHP, n’a rien caché aux familles et aux proches des militaires engagés sur ce théâtre. Ce type de réunion est régulièrement organisé par le régiment, dès lors que ses escadrons sont projetés.

 

Ainsi, mercredi dernier, dans la salle cinéma du 1er RHP, une quarantaine de proches, essentiellement des femmes de soldats, ont assisté à une présentation du contexte centrafricain. «L’année commence avec l’absence d’un être cher, c’est difficile, contraignant, mais ça fait partie de la vie de militaire, a déploré le colonel Peltier. Après un regain de tensions lié à la démission du président centrafricain, le calme est revenu. Mais le départ des nôtres dépend de différents facteurs.»

 

L’adjudant-chef Pamart a également présenté le bureau environnement humain qui vise à préparer et soutenir les familles, avant, pendant et après les projections.

 

«Nous assurons la coordination et la prise en charge en cas d’accident grave. Ensuite, nous vous invitons à nous faire remonter les problèmes que ces absences génèrent. Nous ne pouvons pas les deviner mais nous pouvons vous aider à les surmonter.»

 

Pour clore cette info-familles, Sybille P., la femme du capitaine qui mène l’escadron en Centrafrique, a lu une lettre de son époux. «Nos efforts sont récompensés. La vie reprend. Les gens n’hésitent plus à sortir de chez eux…»

 

Mais c’est au colonel Peltier qu’est revenu le mot de la fin : «Vous pouvez être très fiers de vos proches. Je n’ai eu que des éloges de leur travail et ce n’est pas un hasard s’ils sont aussi présents dans les médias. Ils font très bien leur job !»

 

Andy Barréjot

1er RHP : soulager en l'absence des proches
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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 02:10

 

 

 

 


 

 

RFI  dimanche 09 février 2014 à 02:43

 

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian entame ce dimanche soir quatre jours de mission au Tchad, au Congo-Brazzaville et en Centrafrique. Une tournée axée sur la poursuite de l'action militaire de la France au Sahel et en Centrafrique.

 

Jean-Yves Le Drian débute sa tournée africaine par un rapide passage à Ndjamena. Le ministre français de la Défense y sera reçu ce dimanche soir par le président tchadien Idriss Déby. Les deux hommes évoqueront la stratégie à appliquer vis-à-vis du Sud libyen, nouveau ventre mou de la zone et réservoir d'armes et de jihadistes.

 

Paris ne cache pas sa préoccupation et entend développer des partenariats étroits, politiques et militaires, avec les pays de la région. Le Tchad est une nouvelle fois un maillon majeur du projet de redéploiement militaire français.

 

Le ministre français s'envolera ensuite pour la République du Congo où il passera deux jours. Un à Pointe-Noire, l’autre à Brazzaville. Son étape à Pointe-Noire sera consacrée à la sécurité maritime, avec comme enjeux la protection des installations pétrolières offshore. A Brazzaville, Jean-Yves Le Drian participera aux cérémonies du 25e anniversaire de la signature du Protocole de Brazza sur la paix en Afrique australe.

 

Jean-Yves Le Drian évoquera avec les présidents Denis Sassou-Nguesso et Jacob Zuma la crise centrafricaine. C’est d’ailleurs par Bangui que le ministre de la Défense achèvera sa tournée. Paris admet qu'une prolongation du mandat de la force française est désormais nécessaire face aux énormes défis de sécurisation à relever.

Jean-Yves Le Drian entame une nouvelle tournée en Afrique centrale
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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 01:41

 

 

 

 

 

Par Anne LE COZ, Christian PANIKA | AFP 9 fév

 

Au moins 11 personnes, dont un parlementaire, ont été tuées lors de violences accompagnées de pillages à grande échelle dimanche à Bangui, au moment où le ministre français de la Défense a débuté au Tchad une nouvelle tournée largement dédiée à la Centrafrique.

 

Dans la capitale centrafricaine, une nouvelle flambée de violence a éclaté samedi soir aux abords de la mairie du 5e arrondissement, au centre-ville, avec cinq personnes tuées dans des circonstances non établies, puis trois autres dans des affrontements interreligieux, et une neuvième par des soldats de la force de l'Union africaine (Misca), selon des témoins.

 

Peter Bouckaert, de l'ONG Human Rights Watch, qui a également fait état du lynchage à mort d'une dixième personne - musulmane ou chrétienne, selon des sources contradictoires - près du marché central.

 

Dans l'après-midi dimanche, c'est un membre du parlement provisoire centrafricain, Jean-Emmanuel Ndjaroua, qui a été assassiné dans le 4e arrondissement de la capitale, selon la la Ligue centrafricaine des droits de l'Homme (LCDH).

 

La veille, la victime avait fait une intervention remarquée devant le Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire), dans laquelle elle s'était élevée contre les violences dont sont victimes les ressortissants "cosmopolites" de sa région, autrement dit les musulmans.

 

Dimanche matin, des soldats français et des gendarmes centrafricains avaient pris position, au milieu de ruines de commerces encore fumantes, dans le 5e arrondissement livré aux pilleurs et survolé par un hélicoptère de combat français.

 

- "La nuit, c'était terrible" -

 

Selon des habitants, après la mort de cinq personnes samedi soir, une femme chrétienne de ce quartier mixte a été tuée par un musulman. Son agresseur a été capturé et tué, et son cadavre brûlé devant la mairie. Son corps calciné gisait dimanche au milieu de la route.

 

Un deuxième civil musulman a ensuite été tué et son meurtrier s'apprêtait à jeter le cadavre dans un brasier quand les soldats rwandais de la Misca ont ouvert le feu, a raconté Innocent, un habitant du quartier. "Ils l'ont tué", a accusé Innocent, s'exprimant au milieu d'une foule surexcitée criant "A mort les Rwandais".

 

"Les Rwandais sont tous des musulmans! Dehors, les Rwandais!", hurlait une femme, tandis que crépitaient des rafales de kalachnikov, d'origine indéterminée.

 

Dans la mairie du 5e arrondissement, une dizaine de soldats rwandais étaient retranchés: "la nuit, c'était terrible", a dit l'un d'eux à l'AFP.

 

En fin de matinée, malgré les remontrances des militaires français, des bandes de jeunes pillards continuaient de venir se servir, certains avec des brouettes ou des charrettes, se glissant entre les blindés.

 

- "Les Français ne vont pas tirer" -

 

"Les Français ne vont pas nous tirer dessus", assurait en riant l'un d'eux, un jeune coiffé d'un bonnet.

 

Selon une source militaire française, les pillages ont finalement été contenus à la mi-journée.

 

Le commandant en chef de la Misca, le général camerounais Martin Tumenta Chomua, a menacé samedi les groupes armés de recourir à la force pour arrêter assassinats, lynchages et pillages.

 

Dans ce climat de violences sans fin, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian est arrivé dimanche à N'Djamena pour une nouvelle tournée régionale consacrée en grande partie à la crise centrafricaine.

 

M. Le Drian a indiqué à la presse avoir "fait le point" avec le président tchadien Idriss Déby Itno, acteur militaire et politique majeur d'Afrique centrale, "sur les différents théâtres des opérations, notamment au Mali, et la situation dramatique en Centrafrique".

 

"Nous avons également évoqué la situation au sud de la Libye, qui est considérée comme un refuge de terroristes", a-t-il ajouté, avant se rendre au Congo.

 

Le président congolais Denis Sassou Nguesso est médiateur dans le conflit centrafricain. Mercredi M. Le Drian se rendra à Bangui pour une troisième visite depuis le début, le 5 décembre, de l'intervention française ("opération Sangaris").

 

La Centrafrique a sombré dans le chaos depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Séléka à dominante musulmane devenu président, qui a été contraint à la démission le 10 janvier pour son incapacité à mettre fin aux tueries interreligieuses et remplacé le 20 janvier par Catherine Samba Panza.

Centrafrique: 11 morts à Bangui, dont un parlementaire
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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 01:37

 

 

 

 

 

RFI   dimanche 09 février 2014 à 22:59

 

Jean-Emmanuel Ndjaroua, un membre du Parlement provisoire, a été assassiné ce dimanche 9 février en Centrafrique, a annoncé la Ligue centrafricaine des droits de l'homme. Ce représentant de la région de la Haute-Kotto aurait été abattu, d'après des témoins. Samedi, il s'était élevé contre les violences dont sont victimes les ressortissants  de sa région qu'il avait appelés «cosmopolites», autrement dit les musulmans.

 

Jean-Emmanuel Ndjaroua a été assassiné dans le 4e arrondissement de la capitale, Bangui, ce dimanche après-midi, selon la Ligue centrafricaine des droits de l'Homme (LCDH). La veille, il avait fait une intervention remarquée devant le Conseil national de transition, dans laquelle il s'était élevé contre les violences. 

 

Depuis samedi, au moins 11 personnes ont été tuées dans la capitale où des bâtiments ont été incendiés. Violences suivies de pillages à grande échelle. 

 

Tous ses actes ont été commis malgré le lancement samedi de patrouilles mixtes composées de gendarmes centrafricains, de soldats de la Misca et des militaires français de l'opération Sangaris.

 

Dans ce climat de violences sans fin, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian est arrivé dimanche à Ndjamena pour une nouvelle tournée régionale consacrée en grande partie à la crise centrafricaine.

 

 

Centrafrique: un parlementaire assassiné à Bangui


BANGUI AFP / 09 février 2014 21h05 - Un membre du parlement provisoire centrafricain a été assassiné dimanche à Bangui par des inconnus, au lendemain d'une dénonciation publique des violences contre les ressortissants cosmopolites de sa région, a annoncé la Ligue centrafricaine des droits de l'Homme (LCDH).

Jean-Emmanuel Ndjaroua, représentant la région de la Haute Kotto (sud-est) au Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire), a été assassiné dimanche après-midi dans le 4e arrondissement de Bangui, a précisé à l'AFP le président de la LCDH, Joseph Bindoumi.


Selon de premiers témoignages non confirmés recueillis par la LCDH, M. Ndjaroua aurait été tué par balles par des agresseurs circulant à moto.


Samedi, le parlementaire assassiné avait fait une intervention remarquée devant le CNT dans laquelle il s'était élevé contre les violences dont sont victimes les ressortissants cosmopolites de sa région, autrement dit les musulmans.


Cet assassinat porte à au moins onze le nombre de personnes tuées depuis samedi soir à Bangui, où des pillages de grande ampleur ont été constatés dans le centre-ville.

Selon la LCDH, le domicile de l'ancien ministre de la Justice Arsène Sendé a également été pillé dimanche, et un magistrat blessé.


Assassinats, lynchages et pillages restent le lot quotidien en Centrafrique malgré les efforts de 1.600 soldats français de l'opération Sangaris et de 5.500 militaires africains de la Misca pour rétablir l'ordre dans la capitale où exactions et vengeances nourrissent chaque jour la haine après des mois de tueries interreligieuses.



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Centrafrique: un parlementaire assassiné à Bangui
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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 01:35

 

 

 

 

 

RFI  dimanche 09 février 2014 à 15:24

 

A Bangui, «la situation sécuritaire est intenable et est inacceptable», estime l'ONG Médecins sans frontières. Une analyse partagée par l'ensemble des acteurs humanitaires qui, au quotidien, déplorent les conséquences de la violence qui se poursuit dans les quartiers de la capitale centrafricaine. Parmi les victimes les plus vulnérables, les enfants.

 

Le plus souvent rapatriés par la Croix-Rouge, des enfants sont régulièrement admis à l’hôpital pédiatrique de Bangui. Ils sont quarante à avoir ainsi été accueillis au cours du mois de décembre. Et le chirurgien de l’ONG Emergency, le docteur Antonio Rignone, pense que le nombre d’enfants accueillis à l’hôpital ne devrait pas baisser au cours du mois de janvier. Plus préoccupant, le chirurgien constate des blessures de plus en plus profondes infligées aux enfants. « Ce sont des vraies blessures de guerre, soit des blessures par éclats, soit des blessures par balles », témoigne-t-il.

 

Lance-grenades

 

Les humanitaires constatent que les machettes ne sont en effet plus les seules armes à être utilisées. Des kalachnikovs, mais aussi de plus en plus d’armes plus lourdes, comme des lance-grenades, font des dégâts très importants.

 

A titre d’exemple, ce samedi 8 février trois enfants amenés à l’hôpital pédiatrique souffrent de blessures causées par des tirs de grenades. Tous viennent du quartier mixte de Bangui, le PK5.

 

Mais, même lorsqu'il ne s'agit pas de victimes « collatérales », souligne Grant Leaty, responsable Unicef des urgences à Bangui, ce qui est encore plus inquiétant, « c'est lorsque les enfants sont clairement visés. Quand il y a des enfants coupés et parfois tués par des coups de machette, par exemple. Parce qu’avec un coup de machette c’est impossible que l’enfant soit au mauvais endroit au mauvais moment. »


L'Unicef s'inquiète des conséquences du début prochain de la saison des pluies

 

Judith Leveillée, n°2 de l'Unicef en Centrafrique, juge qu'il est urgent que le retour de la sécurité soit assuré, avant le début de la saison des pluies. « La situation dans laquelle Bangui se trouve en ce moment est intenable. Il y a plus de 68 sites de déplacés, et presque un million de gens qui vivent dans des conditions précaires ».

 

Une situation d'autant plus préoccupante que la saison des pluies va commencer sous peu, en Centrafrique. « Et les pluies en Centrafrique sont vraiment torrentielles. Donc, il y a plusieurs facteurs à considérer pour parer les sites aux grandes pluies, éviter le pire au niveau de la santé publique», insiste la représentante de l'Unicef. « La clé de voûte de la normalisation de la situation en Centrafrique passe par la sécurité. Il faut assurer la sécurité des enfants, la sécurité des familles, puisque c’est grâce à la sécurité que les populations vont pouvoir retrouver un rythme de vie normale, retourner dans leur quartiers, retourner dans leurs maisons, être captables de retourner à l’école, retourner dans les centres de santé et vaquer à leurs occupations normales. »

A Bangui, les enfants comptent parmi les victimes les plus vulnérables
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