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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 19:54

 

 

http://www.camer.be 

 

Il aura suffi à peine deux jours à la coalition Séléka pour faire tomber le régime de François Bozizé. Avec une facilité déconcertante, les troupes rebelles sont entrées dans la capitale centrafricaine, et se sont emparées d’un pouvoir abandonné par un président de la République en cavale. Il n’y aura donc pas eu la grande bataille de Bangui. Le face à face tant redouté n’a pas eu lieu entre le contingent sud-africain (en mission de protéger le palais présidentiel et son locataire) et la coalition Séléka. Les forces de la Fomuc / Fomac/ Micopax n’ont pas levé  le petit doigt pour contrer l’avancée des rebelles.

 

Les Banguisois ne sont pas sortis défendre leur capitale, comme annoncé des semaines avant par les courtisans du président déchu. Le Tchad -jadis allié juré de François Bozizé est resté un  courant d’air. Au final, le bain de sang n’a pas eu lieu. Bangui est tombé sans coup férir. Ce scénario à tout le moins inattendu est venu déjouer les pronostics et les analyses de certains spécialistes de la RCA. Les derniers accords de Libreville, en janvier 2013, éloignaient un tel dénouement. De fait, les chefs d’Etat d’Afrique centrale (à travers un sommet extraordinaire) s’étaient investis pour sauver la paix en RCA et partant le régime de François Bozizé Yangouvonda. Les récents événements survenus en RCA révèlent paradoxalement la passivité des chefs d’Etat de la Cémac. Comment expliquer un tel comportement après le leadership assuré et assumé en janvier 2013 à Libreville? Et les accords d’assistance mutuelle dans le cadre de la Cémac?

 

Dans le secret des dieux

 

Selon des informations puisées à bonne source, les chefs d’Etat de la sous-région ont fait payer à François Bozizé son refus d’appliquer intégralement les accords du 11 janvier 2013. Il lui est entre autres reproché sa timidité dans la mise en route de l’aspect DDR -Désarmement, Démobilisation et Réinsertion- des troupes de la coalition Séléka. A Libreville, François Bozizé avait reçu une cagnotte conséquente pour mener à bien cette réinsertion des rebelles. Des indiscrétions avancent le montant de 12 milliards de FCFA. Qu’a-t-il fait de cet argent ? Des soupçons de mal gouvernance pèsent sur la gestion du président déchu. Ses homologues l’accusent d’avoir voulu contourner le problème en allant conclure un marché (de dupes ?) avec l’Afrique du Sud. François Bozizé aurait perçu 5 milliards de Fcfa des Sud-africains.

 

C’est dans ce deal que les troupes sud-africaines ont pris leurs quartiers à Bangui. Fort de ce soutien stratégique, François Bozizé essayait de gagner du temps, en surfant sur le dilatoire et le torpillage de la mise en oeuvre des accords de Libreville. Mal lui en a pris. Car, les choses ne se sont pas malheureusement passées comme dans son agenda caché. L’ancien homme fort de Bangui a finalement été pris dans son propre piège. Abandonné par ses homologues, il a vite compris le sens du vent.

CENTRAFRIQUE : POURQUOI LES CHEFS D’ETAT DE LA CÉMAC ONT LÂCHÉ FRANÇOIS BOZIZÉ
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 19:44

 

 

http://www.irinnews.org

 

 

NAIROBI, 7 avril 2013 (IRIN) - Moins de deux semaines après le coup de force des rebelles et le renversement du président de la République centrafricaine (RCA) François Bozizé, la situation humanitaire se dégrade et les habitants de la capitale Bangui ont un besoin criant d’aide, a indiqué un haut responsable humanitaire. 

 


« Les principaux besoins humanitaires identifiés à Bangui concernent l’accès à la santé, l’alimentation et l’eau potable [et] la sécurité et la protection des civils », a dit à IRIN Amy Martin, qui dirige la branche du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) de Bangui. 


 

M. Bozizé a quitté le pouvoir le 24 mars après la prise de Bangui par les rebelles du Séléka, ce qui a contribué à l’aggravation d’une situation humanitaire déjà précaire en RCA. L’insécurité faisait partie du quotidien des habitants, notamment ceux du nord-est du pays, avant le coup d’État et l’accès aux services de base était insuffisant.


 

Aujourd’hui, seuls deux hôpitaux de Bangui fonctionnent ; toutes les écoles du pays ont été fermées et les fonctionnaires n’ont pas encore repris leur travail. La distribution d’eau et d’électricité a été suspendue et l’insécurité s’est aggravée. 


 

Insécurité 

 

« L’insécurité est persistante, en raison de la circulation des armes et du manque de discipline des rebelles du Séléka », a dit Mme Martin. 

 


Après le coup d’État, de nombreux cas de pillages et de violences ont été signalés à Bangui. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a indiqué que 10 tonnes de fournitures d’urgence avaient été volées dans son entrepôt principal. 


« Les pillages se poursuivent à Bangui et dans les villes prises par le Séléka, notamment à l’ouest et au nord-ouest de Bangui », a ajouté Mme Martin. 

 


Concernant le nombre de personnes affectées par la crise, elle a dit : « Nous utilisons le chiffre de population totale du pays, soit 4,5 millions de personnes, comme nombre de personnes affectées. Les personnes les plus vulnérables – les femmes, les enfants, les personnes âgées, – sont les plus exposées aux risques ».

 

 
L’insécurité a provoqué des mouvements de population. 

 


« Dans le Nord-Ouest, les gens se réfugient dans le bush ; à Bangui, plusieurs milliers de personnes ont traversé le fleuve [Oubangui] pour rejoindre Zongo [en RDC], mais la situation se calme, alors elles commencent à revenir », a dit Mme Martin. 

 

L’insécurité pourrait également s’aggraver dans le sud-est du pays, une région affectée par les activités des rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA). Suite à la prise de pouvoir par le Séléka, les troupes ougandaises et les conseillers militaires américains présents en RCA ont suspendu les recherches pour retrouver le leader de la LRA, Joseph Kony. 


 

 « Nous ne savons pas encore si les Ougandais et les Américains vont partir, mais s’ils s’en vont, il n’y aura plus de forces de sécurité pour protéger les civils dans le sud-est de la RCA », a dit à IRIN Ledio Cakaj, un chercheur indépendant spécialiste de la LRA. 


« Il est peu probable que le nouveau régime de la RCA ait les capacités nécessaires pour assurer la sécurité dans une région située à environ 1 000 km de Bangui, comme cela était le cas avec le précédent gouvernement ». 


M. Cakaj a ajouté : « On ne sait pas comment M. Kony va réagir aux derniers développements, mais si l’on se base sur les anciennes attaques contre la RCA, on peut imaginer que les attaques de la LRA contre les civils vont s’intensifier en raison du manque de protection des populations civiles [si les forces ougandaises et américaines décident de partir] ».

 
Insécurité alimentaire 


L’insécurité, qui s’est accrue depuis décembre, a un impact sur les activités agricoles et commerciales, ce qui suscite des inquiétudes concernant la sécurité alimentaire. 

« À l’intérieur du pays, les gens ont besoin de semences et d’intrants pour préparer la saison agricole … Il faut relancer le commerce pour permettre aux gens d’accéder aux marchandises sur les marchés », a dit Mme Martin d’OCHA. 


Selon le rapport de situation publié le 28 mars par OCHA, « Les frontières avec tous les pays voisins ont été fermées, ce qui affecte directement l’acheminement des [marchandises] et des carburants depuis Douala, qui est le principal axe commercial et d’approvisionnement entre Bangui et le Cameroun ». 

 
La préparation des terres, qui aurait dû commencer en janvier, a pris du retard dans plusieurs endroits », a indiqué un rapport rendu public par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en mars.

  
« La situation de la sécurité alimentaire, qui était déjà alarmante … empire depuis décembre 2012, date à laquelle le conflit civil s’est intensifié », a ajouté le rapport, prévenant que la « situation devrait s’aggraver à nouveau jusqu’à la prochaine récolte, en juillet 2013, particulièrement dans le nord des régions de Nana-Grébizi, d’Ouham et de Vakaga ». 


« Il faut noter que, avant le début de la crise, les inondations survenues dans les préfectures de Nana-Gribizi, d’Ouham et de Vakaga avaient déjà affecté les activités agricoles », a dit à IRIN Alessandro Costantino, économiste au sein du Système mondial d'information et d'alerte rapide sur l'alimentation et l'agriculture de la FAO. 


Et la poursuite des inondations pourrait devenir problématique : « Chaque année, la RCA est touchée par des inondations pendant et à la fin de la saison des pluies, qui s’étend d’avril à octobre dans le Sud et de juillet à octobre dans le reste du pays », a-t-il dit. 

 

Les rebelles du Nord-Est

 
Les rebelles du Séléka sont en majorité originaires du nord-est du pays, une région agitée et « géographiquement isolée, historiquement marginalisée et presque sans présence de l’État », selon l’International Crisis Group (ICG). 


Parmi les éléments déclencheurs du coup d’État, l’« absence d’[une] solution au problème des groupes armés du nord-est de la RCA ; l’absence de programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) pour ces combattants ; et un système de sécurité paralysé », indique un message publié sur le blog de l’ICG le 27 mars.  


« Le désarmement des combattants est prévu depuis les accords de Libreville de 2008, mais il n’a jamais été mis en œuvre en raison du manque de volonté politique du régime de M. Bozizé », indique-t-il.

 

« Le temps est venu pour la coalition du Séléka, qui s’est emparé du pouvoir le weekend dernier, de montrer son attachement aux principes humanitaires et aux droits de l’Homme pour les Centrafricains »

 

Le dirigeant du Séléka, Michel Djotodia, s’est autoproclamé président après le coup d’État, et « s’il reste au pouvoir, il sera le premier président de la RCA originaire du Nord-Est isolé, négligé et à majorité musulmane », selon un message publié sur le blog African Arguments

 

M. Djotodia était le dirigeant des rebelles de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), qui ont rejoint les rebelles de la Convention Patriotique pour le Salut Wa Kodro (CSPK) et de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) pour former la coalition du Séléka. 


Le gouvernement de M. Djotodia prévoit de remettre le pouvoir à un président élu après une période de transition d’une durée de trois ans. Mais des défis commencent à apparaître, l’opposition critiquant la composition du nouveau gouvernement décidée par le Séléka le 31 mars, quelques jours seulement après la suspension de la Constitution et la dissolution de l’assemblée nationale de la RCA. 


Problèmes d’accès 



Aujourd’hui, des centaines de milliers de personnes n’ont pas accès à l’aide humanitaire et aux services de base.

 
Selon l’UNICEF, les enfants sont parmi les plus touchés : environ deux millions d’enfants n’ont pas accès aux services sociaux de base et sont exposés à la violence. 


« Les enfants de la République centrafricaine étaient déjà parmi les plus vulnérables d’Afrique, même avant la récente montée des combats », a dit Manuel Fontaine, Directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique du Centre et de l’Ouest, dans une déclaration du 29 mars. 

« Il est impératif d’avoir un accès total et sûr aux communautés affectées par le conflit. Avec chaque jour de plus perdu, chaque distribution empêchée, chaque fourniture humanitaire volée, davantage d’enfants pourraient mourir ».

 
M. Fontaine a ajouté, « Le temps est venu pour la coalition du Séléka, qui s’est emparé du pouvoir le weekend dernier, de montrer son attachement aux principes humanitaires et aux droits de l’Homme pour les Centrafricains ». 

Des besoins humanitaires urgents après le coup d’État en République centrafricaine
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 18:16

 

 

Le tournant très rapide pris par les événements qu’a connus le CENTRAFRIQUE le 24 mars 2013, avec la réussite du coup de force de la coalition Seleka sur le pouvoir de Bangui, et l’abandon de ce pouvoir par l’ex-président Bozizé, a rendu les accords de Libreville presque caduques, et ouvert la porte à d’autres négociations avec la participation des présidents de trois États membres de la CEEAC, auxquels se sont ajoutés les présidents d’Afrique du Sud et du Bénin.

 

Une fois encore, on a assisté à une réaction prompte des chefs d’États d’Afrique Centrale, pour venir au secours du CENTRAFRIQUE. Beaucoup a été dit sur la responsabilité que les Centrafricains eux-mêmes devraient prendre pour résoudre leurs problèmes internes. L’occasion donnée par la dernière réunion de N’djaména, devrait permettre aux responsables politiques et militaires de CENTRAFRIQUE, de faire preuve de maturité et de grandeur d’esprit. La grandeur d’un homme se mesure par la grandeur des actes qu’il pose.

 

Aujourd’hui, la survie du CENTRAFRIQUE dépend de la grandeur de ses hommes. Plus aucun centrafricain n'ignore que la plupart des dirigeants qui ont eu à conduire les affaires de ce pays, ne sont pas sortis de l'idée qu'ils sont venus au pouvoir pour s'enrichir sur le dos de leurs populations, eux et une bonne partie de ceux qui les ont accompagnés dans cette orientation. Les différents bilans laissés par les uns et par les autres, sont là pour en témoigner ; l'état actuel du CENTRAFRIQUE étant l'une des preuves les plus patentes. C’est dire l'urgence avec laquelle il convient désormais de changer d'attitude, pour se débarrasser de l’idée qui consiste à venir au pouvoir dans le seul but de s’enrichir et d'enrichir ses proches, sans rien laisser de concret dans la construction du pays et pour la postérité.

 

La grandeur des responsables politiques et militaires de CENTRAFRIQUE, consiste à se demander ce qu'ils peuvent faire, pour marquer de leur pierre l'édification de cette nation, et faire que demain leurs enfants et leurs petits enfants se souviennent de leurs actions et en soient fiers, pour ne devoir s'exiler, la mort dans l'âme, plutôt à cause des méfaits et des catastrophes provoqués par leurs parents.

 

La voie ouverte par la réunion de N’djaména demande aux acteurs politiques et militaires de CENTRAFRIQUE de montrer aux yeux du monde que le CENTRAFRIQUE peut surprendre dans le bon sens, surprendre en faisant la preuve qu'il y a aussi dans ce pays de grands hommes. Et les grands hommes, ce sont ceux-là mêmes qui sont capables de :

 

- Mettre en place, ce Conseil National de Transition comme le préconise le Sommet de N’djaména, un organe composé d’hommes intègres et valables, qui ne tienne pas compte des affinités ou des liens familiaux et ethniques qu'ont les uns avec les autres, un Conseil National présidé par un homme neutre et de grandes qualités, détaché de toute affinité avec les forces militaires et les partis politiques.

 

- Mettre en place un gouvernement de transition restreint composé d’hommes, eux-aussi, capables d’initier, pendant la période de transition, une administration et un cadre de service de sécurité dont les bases seront à n'en point douter solides, pour permettre de faciliter une gestion saine et plus efficace des affaires publiques.

 

Être un grand homme, c’est parfois savoir céder la priorité à d’autres, quand on sait surtout qu'il en va de la survie de tout un peuple, de tout un pays. C'est un sentier battu que de dire que le peuple n'oublie jamais les grands hommes, au moment difficile où leur recours lui est indispensable. La chance donnée par le Sommet de N’djaména est une perche tendue aux responsables politiques et militaires pour faire la démonstration de leur magnanimité, et permettre au CENTRAFRIQUE de sortir des ténèbres. Les CENTRAFRICAINS ont encore en mémoire ces terribles paroles d'un célèbre putschiste qui disait, au moment de sa gloire et un peu en ces termes : « Un chasseur ne laisse pas à d'autres le soin de dépecer le gibier qu'il a lui-même tué ».

 

L'histoire récente nous apprend la suite et les conséquences de cette « philosophie » qui ne dit pas son vrai nom et ses origines.

 

De grâce, arrêtons de vouloir nous accrocher coûte que coûte au pouvoir. Jetons un coup d’œil dans le rétroviseur de notre évolution pour voir ce que nous dit l'histoire, afin de nous ménager un avenir serein, serein pour nous-mêmes, serein pour le pays tout entier.

 

ADOLPHE PAKOUA

CENTRAFRIQUE : Y A-T-IL DE GRANDS HOMMES DANS CE PAYS ?
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 03:23

 

 

RFI dimanche 07 avril 2013

 

Le principal organe de la transition en Centrafrique a été créé ce samedi matin 6 avril. Composé d’une petite centaine de membres, il tiendra lieu de Parlement intérimaire et travaillera sur la nouvelle constitution. Dans l'immédiat, il devrait confirmer Michel Djotodia, de la Seleka qui a évincé du pouvoir François Bozizé le 24 mars, dans le fauteuil de chef de l'Etat par intérim.

 

Ce Conseil supérieur de transition, qui aura la charge d’élire un président de la République, amené à diriger le pays pour théoriquement dix-huit mois, sera composé de 97 membres. La Seleka aura dix représentants. La majorité -comprenez l’ex-opposition-, en aura neuf, «les Bozizistes» six, et les petits partis cinq.

 

« L'opposition démocratique pense que la transition ne pourra se faire avec sérénité que si la lettre et l'esprit de l'accord de Libreville est respecté »

 

Blaise Fleury Hotto, Représentant du collectif de l'ex-opposition démocratique

 


Les 67 autres membres de ce CST seront notamment à chercher parmi les syndicats, les religieux, les organisations de défense des droits de l’homme, les forces de sécurité ou plus original, les minorités telles que les pygmées et les albinos, ou bien encore au sein de l’Association des artistes et écrivains.

 

Rédiger un projet de constitution

 

Ce Conseil supérieur de transition aura, outre sa mission d’élire le futur chef de l’Etat qui sera très probablement Michel Djotodia, des fonctions de Parlement de transition, mais il aura aussi la charge de rédiger un projet de constitution qui sera soumis à référendum.

 

L’architecture et les prérogatives de cet organe sont donc désormais connues, mais le plus dur sera très certainement de trouver les personnalités qui y siègeront. Nul doute que les prétendants seront bien plus nombreux que les 97 postes à pourvoir.

 

« L'alchimie n'a pas été facile à réaliser. Il fallait que toutes les couches sociales soient représentées (...) Le premier ministre a dépassé le cadre politique pour avoir des gens qui n'étaient pas concernés par cette structure, qui est purement politique »

 

Christophe Gazambetty   Ministre centrafricain de la Communication

 

 

Centrafrique : le Conseil supérieur de transition, une nouvelle étape de l'«après-Bozizé»
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 03:05

 

 

A la suite de la publication le 06 Avril 2013, de l’Ordonnance N° 13.001 du 05 Avril 2013 portant création du Conseil Supérieur de Transition, nous, organisations de la Société Civile, réunies ce jour 06 Avril 2013 au siège de l’Observatoire National des Elections marquons notre étonnement sur le non-respect de l’esprit des Accords de Libreville et des Recommandations issues du Sommet Extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernements de la CEEAC ainsi que l’absence de concertations préalables avant la publication de ladite Ordonnance.

 

Les Organisations de la Société Civile rappellent au Gouvernement de Transition que

 

le Président DEBY, Président en exercice de la CEEAC, au cours dudit sommet tenu à N’Djaména le 03 Avril 2013 avait précisé au nom de ses pairs, les entités devant composer le Conseil National de Transition (CNT) à savoir :

 

1 SELEKA

2 GROUPE EX-MAJORITE PRESIDENTIELLE

3 POLITICO MILITAIRE NON COMBATTANT

4 OPPOSITION DEMOCRATIQUE

5 SOCIETE CIVILE

 

Il a en outre ajouté la décision d’y inclure les CONFESSIONS RELIGIEUSES et la DIASPORA.

 

Malheureusement, au mépris flagrant de l’esprit des Accords de Libreville et des Recommandations de N’Djaména, le Gouvernement de Transition a pris sur lui, la redoutable responsabilité de publier l’Ordonnance N° 13.001 du 05 Avril 2013 portant création du Conseil Supérieur de Transition en y incluant des structures totalement étrangères aux décisions des deux sommets ci-dessus cités.

 

Les Organisations de la Société Civile dénoncent avec vigueur ces pratiques cavalières qui peinent à trancher avec les habitudes d’un passé récent décriées par tous et prennent à témoin, l’ensemble de la communauté nationale et internationale relativement à cette dérive.

 

Elles exigent la recomposition urgente du Conseil National de Transition suivant le schéma ci-dessous présenté en préservant les décisions des Sommets de Libreville et de N’djaména :

 

CLE DE REPARTITION GENERALE :

 

N° ENTITE NBRE

 

1 EX MAJORITE PRESIDENTIELLE 06

2 SELEKA 08

3 OPPOSITION DEMOCRATIQUE 09

4 POLITICO MILITAIRE NON COMBATTANT 04

5 SOCIETE CIVILE 50

6 CONFESSION RELIGIEUSE 09

7 DIASPORA 06

8 PATRONAT 2

9 SYNDICAT 5

 

TOTAL 97

 

GROUPES DE LA SOCIETE CIVILE :

 

- ORGANISATION DES FEMMES

- ORGANISATION DE LA JEUNESSE

- ORGANISATION DE DEFENSE DES DROITS DE L’HOMME

- ORGANISATION DE PROMOTION DE LA DEMOCRATIE

- ORGANISATION DE DEVELOPPEMENT

- ORGANISATION CULTURELLE

- ORGANISATION DES MEDIAS

- ORGANISATION HUMANITAIRE

 

S’agissant des pouvoirs dévolus au Conseil National de Transition, les Organisations de la Société Civile recommandent fortement le maintien de la motion de censure au Gouvernement ainsi que le pouvoir d’entériner la désignation des membres de la Cour Constitutionnelle de Transition et des autres Institutions de la transition. Par ailleurs, dans un souci d’équilibre, les Organisations de la Société Civile exigent la Présidence du Conseil National de Transition.

 

Fait à Bangui, le 06 Avril 2013

 

Pour les Organisations de la Société Civile,

 

Fulgence ZENETH

 

 

 

 

NDLR : On note avec amusement que la prétendue société civile centrafricaine a brusquement retrouvé de la voix, surtout depuis que Bozizé n’est plus au pouvoir pour réclamer des postes en tout genre et surtout des portefeuilles au gouvernement. Face à la terreur que faisait régner sur le pays et les Centrafricains, où était cette société civile dont on ne connaissait pas le timbre de la voix. A-t-elle osé dénoncer ou condamner le triste sort fait à certains fils du pays qui croupissaient dans les sinistres geôles des prisons privées spéciales de Bozizé à la SRI ou autre camp de Roux et le « Guantanamo » de Bossembélé ? Elle s’était même rendue complice des fraudes électorales massives de Bozizé et du KNK lors de leur mascarade électorale de janvier 2011. Elle n’a rien dit sur la forfaiture de la cour constitutionnelle dont les membres corrompus ont fait la honte du pays tout entier en s’aplatissant piteusement devant Bozizé. On ne peut accepter que ladite société vienne aujourd’hui se faire l’avocat de ces corrompus de la cour constitutionnelle. Aujourd’hui, on note avec stupéfaction et écoeurement que des personnages comme Marguerite Koffio et son OFCA qui n’avait de cesse d’organiser de nombreuses marches de soutien à Bozizé ait déjà retourné leur veste pour en faire désormais partie et signe des documents de la société civile centrafricaine. C’est un scandale. Il faut arrêter avec ces dévoiements et retournements de veste comme on le voit actuellement à Bangui et qui n’honorent nullement les concernés et les structures qui les accueillent, Bozizé à peine parti. Les prétentions de ceux qui osent parler et représenter actuellement la société civile centrafricaine s’agissant des organes de transition sont tout simplement excessives eu égard à la capitulation de celle-ci devant le régime tyrannique et sanguinaire de Bozizé.  

COMMUNIQUE DE PRESSE RELATIF A LA MISE EN PLACE DU CONSEIL SUPERIEUR DE TRANSITION
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 02:34

 

 

 

LE CAP Samedi 6 avril 2013 | 06:47 UTC (Xinhua) - Toutes les troupes d'Afrique du Sud déployées en République centrafricaine sont revenues au pays, a déclaré vendredi le Syndicat national de la défense sud-africaine (SANDU).

 

Le retrait a commencé jeudi, dans un contexte marqué par un scepticisme croissant à l'égard de la nécessité de maintenir des troupes dans ce pays ravagé par la guerre, suite à la mort de 13  soldats sud-africains en périphérie de Bangui le mois dernier.

 

Le porte-parole du SANDU, Pikkie Greef, a déclaré qu'au mieux des informations dont il disposait, le dernier membre du contingent sud-africain en Centrafrique est revenu au pays vendredi matin.

 

Toutefois, la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF), n'a pas confirmé cette information.

 

Le ministre sud-africain de la Défense Nosiviwe Mapisa-Nqakula a annoncé ce retrait jeudi, déclarant que cette décision avait été prise suite au renversement du gouvernement de République centrafricaine.

 

L'Afrique du Sud comptait quelque 200 soldats en Centrafrique conformément à un accord de défense avec le gouvernement de ce pays. Cet accord avait pour objectif de fournir à l'armée centrafricaine toute une gamme de services de formation militaire, pour l'infanterie, l'artillerie, les forces spéciales, ainsi que des cours de conduite, et de remettre en état les infrastructures militaires à Bouar et à Bangui.  

Toutes les troupes sud-africaines sont revenues de la Centrafrique
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 02:21

 

 

http://www.come4news.com   06-04-2013 19:08 - par Alain Mukendi

 

Voilà près de deux semaines que François Bozizé a été chassé du pouvoir par la rébellion du Séléka. Et, à ce jour, tout semble aller normalement dans le pays. Car, après la confirmation de Nicolas Tiangaye à la Primature, le nouveau gouvernement a été mis sur pied en début de cette semaine. Et, à ce moment, la seule chose qui manque au nouveau régime centrafricain est la légitimité internationale. Une légitimité qui semble bien à sa  portée ; au regard de la souplesse avec laquelle la communauté internationale accueille  ce putsch de  Michel Djotodia.

 

En effet, afin d’apporter un «habillage constitutionnel » au coup d’Etat perpétré en Centrafrique à la fin du mois de mars dernier, les dirigeants de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) se sont réunis cette semaine à Ndjamena la capitale tchadienne, dans le cadre d’un sommet extraordinaire. Et, presque à l’unanimité, ils ont prescrit aux nouvelles autorités centrafricaines de mettre sur pied et au plus vite un « Conseil National de la Transition »,  qui organiserait dans un délai de 18 mois une élection présidentielle libre et transparente.   Une prescription qui émanerait  de l’Union Africaine, qui est jusqu’ici le seul organisme à avoir condamné très fermement ce coup de force. Un responsable de cette organisation panafricaine  a d’ailleurs indiqué sur place à Ndjamena a l’hebdomadaire jeune Afrique que « La transition ne doit pas durer trois ans, on doit faire une courte transition. Et les bonnes transitions sont celles qui ne durent pas »

 

Et, ces jours-ci, Michel Djotodia s’évertue à mettre en place ce fameux conseil dont il sera vraisemblablement le Président. Entre temps, François Bozizé depuis l’Hôtel Hilton de Yaoundé continue de pointer du doigt Idriss Deby, qu’il considère comme celui qui l’a renversé ; il l’a réitérer cette semaine sur les antennes de la BBC,   non sans ajouté que la dizaine de soldats Sud-Africains a été massacrée par les forces spéciales tchadiennes. Une accusation que si elle est fondée risquerait de courroucer très profondément Jacob Zuma, qui a lui-même effectué cette semaine le déplacement de Ndjamena, pour  de s’enquérir davantage de la situation.

 

Dès lors, plusieurs spécialistes craignent de voir la République sud-africaine user à son tour de tous les moyens, pour renverser le régime d’Idriss Deby. Surtout que le régime tchadien fait lui-aussi face depuis plusieurs années à de nombreux mouvements rebelles. Cette fois, Idriss Deby comprendra qu’il ne sert à rien d’aller allumer le feu chez un voisin !

 

 

Lu pour vous : Crise centrafricaine : Et si l’Afrique du Sud se vengeait sur le Tchad
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 02:15

 

 

 

APPEL A UNE CONFERENCE NATIONALE SOUVERAINE POUR LA REFONDATION DE LA REPUBLIQUE CENTRAFICAINE

 

 

Les chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC),  avec le soutien des présidents sud-africain Jacob ZUMA, et béninois Thomas Boni YAYI, invités au sommet de Ndjamena, ont demandé à ce qu'un "collège" de transition soit élu "par les forces vives de la nation", avec à sa tête un président élu, pour une période qui "ne doit pas excéder 18 mois". La mise en place d’un organe législatif qui va rédiger la Constitution et jouer le rôle de l’Assemblée Nationale a également été recommandée.

 

J’apprécie la position de l’Union africaine qui a condamné le coup d'Etat du 24 mars 2013, alors que les pays de la CEEAC se sont abstenus de lui emboîter le pas.

 

J’avais indiqué ma désapprobation sur le contenu de l’accord de Libreville et émis un doute sur la possibilité de son application, compte tenu de son manque de pragmatisme et d’opérationnalité. Malheureusement ce que je craignais est bien arrivé : la coalition Séléka a repris les hostilités et conquis le pouvoir par les armes.

 

Aujourd’hui malgré les recommandations de Ndjamena la situation reste imprévisible et explosive.J’observe en effet que le compromis de Ndjamena est aussi éloigné des préoccupations des Centrafricains que l’accord de Libreville.

 

  • Je demande la remise en vigueur de notre Constitution, car il ne s’agit pas d’une crise d’institution, mais plutôt d’une crise politique de pouvoir. Notre Constitution n’a jamais été mise en cause et n’a aucune raison de l’être aujourd’hui. Notre pays étant plongé dans le chaos et l’anarchie, une Constitution ne peut pas être rédigée l’arme sur la tempe, les règles ne se changent pas sous occupation.  
  • Le délai de transition ne correspond pas à une base crédible. La proposition de 18 mois n’est qu’un compromis à mi parcours entre la proposition de trois ans de Séléka et le changement immédiat. Un observateur avisé aura remarqué que 18 mois équivalent à  la moitié de 36 mois, correspondant à trois ans réclamés par Séléka.
  • Tout comme dans l’accord de Libreville, le compromis n’engage pas les acteurs du pouvoir sur les priorités liées aux besoins primaires de la population. Il n’y a pas eu d’agenda, ni politique, ni social, ni économique (par exemple la prise en charge des populations traumatisées, la mise en état des infrastructures, sanitaires, d’éducation de communication,  l’administration etc …)
  • Les conclusions du Sommet de Ndjamena appellent à un vote  pour un collège qui devra jouer le rôle d’exécutif pour diriger la transition. On ne peut pas demander au peuple de voter pour un collège d’individus qu’il ne connaît pas. Un vote démocratique suppose une confrontation de projets et de programmes des candidats identifiés. Le peuple peut ainsi effectuer son choix en connaissance de cause. Un vote démocratique n’est pas une loterie. On vote pour un programme, pour un projet de société.
  • Les pays de la CEEAC n’imposent pas immédiatement une force internationale d’interposition chargée de l’observation et du contrôle de la sécurité, alors que la situation reste très inquiétante et que la population est martyrisée.
  • Aucun représentant d’une institution extérieure ne peut décider de qui devrait diriger ce pas. Il appartient au peuple Centrafricain dans sa souveraineté de décider qui devra le représenter. C’est cela la démocratie.

 

Afin d’éviter un autre processus périlleux et des manipulations politiques qui risqueraient de nous précipiter à nouveau vers une guerre généralisée et son cortège de destruction et de malheurs dans le pays, nous recommandons très vivement la tenue d’une « Conférence Nationale Souveraine pour la Refondation de la République Centrafricaine ».

 

Sur la base des conclusions sorties du sommet de Ndjamena, je propose :

 

  • Une transition pour une durée de 6 à 12 mois
  • La tenue immédiate d’une « Conférence Nationale Souveraine pour la Refondation de la RCA », étape cruciale et déterminante pour la réussite de la transition.
  • La Conférence Nationale devra se prononcer sur les voies et moyens de la réconciliation nationale
  • Une convocation de tous les acteurs politiques, économiques et sociaux représentant les partis politiques et les acteurs indépendants, les organisations économiques, les associations,  les syndicats, et les représentants de la société civile pour prendre part à la Conférence Nationale ;  
  • La Conférence Nationale devra être dirigée par des personnalités indépendantes et de grande probité.
  • La Conférence Nationale devra délibérer sur le collège appelé à diriger le pays ;
  • Cette Conférence Nationale permettra aux Centrafricains de mettre en place l’organisation de la transition. Elle devra :
    • décider dans le calme des différentes procédures à mettre en place : l’identification de nos priorités, la sécurité nationale, la reconstruction….
    • choisir, parmi les différents représentants prenant part à la Conférence, la vingtaine de personnes qui auront la charge de mener la transition ;
    • définir un agenda des chantiers précis et prioritaires à mener par le collège de dirigeants choisis par la Conférence Nationale (santé, sécurité, justice, infrastructures…)  
    • déterminer le délai de la transition et de la sortie de cette transition par les élections générales.

 

Le collège sera comptable de la transition : il rendra compte au peuple centrafricain à l’issue de la transition, juste avant les élections.

 

Le collège sera chargé d’organiser les élections générales (législatives et présidentielles).

 

La Conférence Nationale Souveraine pour la Refondation de la RCA devra réaffirmer l’organisation politique et économique du pays en s’appuyant sur le principe « ORC » (définition des orientations des politiques publiques, organisation des réglementations et des régulations pour le fonctionnement de l’Etat, installation des organes de contrôle à tous les niveaux du pays).

 

Pour la protection de nos populations, de nos femmes, de nos enfants innocents, de nos hommes,  pour toutes les  victimes d’exactions et d’atrocités, nous devons restaurer un Etat de droit

 

 

Paris 06 avril 2013

 

COMMUNIQUE DE MARIE-REINE HASSEN
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 02:11

 

 

 

http://www.lejournalinternational.fr/

 

Mehdi Rais, correspondant à Rabat  Samedi 6 Avril 2013

 

Le renversement de l’ancien régime Bozizé en République centrafricaine a laissé grandes ouvertes les portes du pouvoir à l’opposition Séléka. Cette prise de pouvoir constitue un défi majeur pour ce petit pays d’Afrique centrale, plongé dans une crise interne des plus complexes.

 

Ce bouleversement intervient suite à l’échec de l’accord de Libreville conclu entre l’ex-président Bozizé et l’opposition - conduite par l'actuel chef de l’État, Michel Djotodia. Bozizé accuse Djotodia d’avoir refusé l’application de l’accord et trahi le peuple centrafricain, légitimant par là même le coup d’État. 


Après la destitution de François Bozizé, Michel Djotodia s’est aussitôt proclamé président de la République et s’est donné trois ans, conformément à l’accord de Libreville, pour rétablir la sécurité, renforcer l’armée, et organiser des élections législatives et présidentielle, libres et démocratiques. Djotodia a également réussi à créer un gouvernement d’union nationale. 

Pourtant, les conditions de vie et la sécurité en République centrafricaine se dégradent progressivement. Cela engendre de l'instabilité et une violence quotidienne. Le refus de l’Union africaine et des États d'Afrique centrale de reconnaître ce nouveau gouvernement a aggravé la situation. 


L’Union africaine a aussi suspendu la participation du pays à l'organisation. C'est un message fort à l'encontre des principaux leaders de l’opposition, au pouvoir après le coup de force militaire. La Centrafrique se trouve isolée sur la scène africaine, ce qui complique davantage son avenir, que le coup d’État a complètement bouleversé.

 

Risque de fragmentation du tissu social

 

Le coup de force des rebelles pourrait fragiliser grandement le tissu social de la société. Indubitablement, les rebelles, fortement armés, pourraient profiter de leur position afin d’enclencher une opération de vengeance à l’encontre d’une partie de la population, réputée fidèle au président déchu. Une nouvelle épuration n'est pas à exclure. 


D’ailleurs, plusieurs locaux et bâtiments situés dans des quartiers pro-Bozizé ont été saccagés par les rebelles, dont les bureaux des Nations Unies. Le palais présidentiel, les ministères ainsi que les villas et les habitations appartenant aux proches de l’ex-président ont été vandalisés pendant le ratissage de la capitale, pour chercher des fidèles et des proches de l’ancien régime restés sur place. 


En outre, plusieurs arrestations arbitraires ont eu lieu dont la majorité concernait des ex-ministres, des proches ainsi que des alliés du régime du président Bozizé. Cela accentue le risque d’un affrontement entre les combattants de l’opposition et les partisans de l’ex-président Bozizé.

 

La Communauté internationale a condamné cette situation. Paris n’a notamment pas tardé à manifester son inquiétude. C’est dans ce sens aussi que les États-Unis ont répondu à cette menace, en appelant au calme et au dialogue national. 


L’autre risque majeur, auquel pourrait être confrontée la population centrafricaine, réside dans la fragilité de l’unité affichée par l’opposition. Cette alliance en apparence assez homogène risque fortement de se disloquer après la dissolution du régime Bozizé. 


L’alliance de Séléka n’a pas de programme clair. Elle cherchait à écarter le régime et prendre le pouvoir. Cela étant fait, elle pourrait se déchirer à cause des ambitions concurrentes des leaders, conduisant ainsi à un sérieux risque de guerre civile qui pourrait ouvrir la voie à des risques terroristes dans la République de la Centrafrique.

 

Crainte de l’expansion terroriste en Centrafrique 

La situation en Centrafrique est très complexe, et ressemble au cas malien. Bien que l’opposition semble avoir les capacités d’assurer la sécurité, l’armée régulière du pays est affaiblie depuis la montée au pouvoir de l’ex-président Bozizé, lequel craignait un coup d’État militaire. 

L’absence de cette force militaire et le risque de l’explosion de la Séléka constituent une opportunité qui pourrait ouvrir la voie aux djihadistes, afin de s’installer dans le pays et de provoquer une nouvelle crise sécuritaire dans toute la région. 


Justement, le climat dans la République centrafricaine demeure favorable à ces groupes djihadistes proches d’Al Qaïda pour procéder à des agressions ou des prises d’otages, et même pour contrôler une partie du territoire de la Centrafrique, engendrant par la même occasion une terreur similaire à celle développée au Mali et dans toute la région du Sahel. 

En effet, les groupes djihadistes installés en Afrique ont démontré leur fluidité et leur capacité à mener des opérations très complexes à l’intérieur de plusieurs États africains, comme ce fut le cas avec les opérations de prises d’otages menées au Cameroun, à Ain Amenas en Algérie et même au Nigeria.

 

Si cela demeure peu probable, la République centrafricaine peut néanmoins compter sur le soutien de Paris et même du Tchad, dont le feu vert était primordial pour le lancement de ce coup d’État. C’est ainsi que la France n’a pas tardé à réagir en envoyant 350 soldats supplémentaires- pour porter le contingent à 600 soldats français, afin de garantir la sécurité de la capitale et notamment de l’aéroport.

 
De même, le Tchad a exercé une pression pour que la Force multinationale de l’Afrique Centrale, dont il est membre, intervienne en République centrafricaine afin de sécuriser le pays, et éviter tout dérapage qui permettrait aux djihadistes de se placer convenablement. 

La République centrafricaine vit une situation très complexe qui appelle l’intervention des États de la région et de la Communauté internationale. Ces derniers devraient prendre les mesures nécessaires pour éviter tout dérapage qui serait susceptible de créer un contexte de chaos dans le pays déjà affaibli par un déficit économique énorme, et dont plus de 60% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

République centrafricaine : une « malisation » de la crise ?
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Centrafrique-Presse.com
7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 02:09

 

 


http://ipsinternational.org  Maurice Garbiro* 


BANGUI, 6 avr (IPS) - A 13 ans, Youssouf concentre tous les maux qui ont miné la République centrafricaine (RCA) ces dernières années. Le 24 mars 2013, il prenait Bangui, la capitale, l’arme à la main dans les rangs de la coalition rebelle Séléka.

 

«Hier encore, j’étais assez âgé pour faire la guerre et tuer. Et aujourd’hui, on me demande d’attendre mes 18 ans pour m’engager comme militaire?» A l’ombre du manguier du camp militaire de Bangui, où il est tenu au secret avec trois autres enfants soldats, Youssouf ne décolère pas. Il se sent trahi par les rebelles de la Séléka qui, le 24 mars, ont marché sur la capitale pour installer au pouvoir leur chef, Michel Djotodia.

 
Ces mêmes miliciens aimeraient aujourd’hui s’acheter une crédibilité internationale, et savent que la présence d’enfants soldats dans leurs rangs fait tache. Surtout depuis que des militaires sud-africains, qui défendaient le palais présidentiel alors occupé par le président déchu François Bozizé, se sont dits traumatisés après avoir découvert que les rebelles combattus et tués n’étaient pour la plupart que des «gamins». 


Pour les cacher, la Séléka a placé bon nombre d’entre eux dans des familles originaires du nord de la Centrafrique, d’où viennent la plupart de rebelles, comme Youssouf. 


Mais Youssouf est resté au camp. C’est le président Djotodia en personne qui l’avait déposé ici au lendemain de la prise de Bangui, après l’avoir trouvé montant la garde à un poste de sécurité mis en place par la Séléka.

 
«Je veux être un soldat, je ne sais rien faire d’autre que la guerre», dit-il. Son béret militaire vissé sur la tête est presque aussi rouge que ses yeux. «La faute au tabac blanc», confie-t-il. C’est sa «drogue», un mélange de poudre de chanvre indien et de farine de manioc. «Avec ça, tu ne recules pas, tu n’as peur de rien». 


Kidnappé par la LRA 


La vie de Youssouf est un concentré des maux qui gangrènent la RCA depuis plusieurs années. Son destin a basculé une première fois en avril 2011. 


«Depuis plusieurs jours, des miliciens ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) pillaient et kidnappaient des gens autour de Birao où je vivais. Malgré le danger, j’ai accompagné ma mère au champ. Mais ceux de la LRA nous ont trouvés. Ils l’ont violée devant moi avant de la fusiller». 


La bande armée oblige alors le jeune garçon à les suivre pour porter les sacs de munitions. Avant de le transformer en machine à tuer. «Ils m’ont appris à manipuler les armes comme les kalachnikovs, les lance-roquettes RPG... Je suis devenu un homme avec eux». 


Assez rapidement, Youssouf et d’autres enfants soldats, qui forment 90 pour cent des rangs de la LRA, sont introduits auprès de Joseph Kony, le leader de la milice recherché par la Cour pénale internationale (CPI).

 
«La première fois, c’était en août 2011, près de Zémio (sud-est de la RCA, frontalier avec la RD Congo). Il est très grand, avec une barbe, et porte toujours un chapeau. Il nous a parlé durement. Je l’ai revu peu après, lors de l’attaque de Djéma, une localité voisine. Kony a aligné sept villageois, et nous a demandé à nous, les enfants, de les tuer. J’ai hurlé «A vos ordres, chef» et j’ai tiré sur deux personnes. Comme ça, j’ai pu rester en vie». Le corps fluet de Youssouf est secoué par les sanglots. 


«La LRA tue les enfants qui sont malades, trop lents... Un soir, je me suis échappé», explique-t-il. Après trois jours de marche, il est récupéré vers Rafaï par les troupes américaines fraîchement lancées à la poursuite de Kony en mai 2012. Youssouf est alors pris en charge par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui le rapatrie sur Birao dans le cadre d’un programme de réunification des enfants soldats avec leurs familles. Mais, sur place, Youssouf n’a plus personne. 


"La guerre, c’est la guerre" 


Il trouve alors un emploi de garçon à tout faire chez des proches de Djotodia: revenu de son exil au Bénin, cet ancien diplomate centrafricain est en train de reprendre la tête de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), l’un des principaux mouvements rebelles qui composeront la future Séléka. 


«J’ai voulu m’engager avec eux. Mais Djotodia m’a dit qu’il ne voulait pas d’enfants soldats. Il m’a proposé de les suivre pour faire la lessive et les repas», déclare Youssouf. 


Cependant, dès l’attaque début décembre 2012 de la ville de Ndélé, à quelques centaines de kilomètres plus au sud, les bonnes intentions des chefs s’envolent. 


«Dès que le colonel m’a dit de monter dans le véhicule numéro six, je savais que j’allais devoir combattre: les voitures numérotées de un à dix servaient aux attaques, les suivantes étaient pour la logistique. Le gradé m’a donné une arme et m’a dit 'Sois un homme'».

 
«J’ai continué le voyage jusqu’à Bangui dans cette voiture, usant ma kalach, ville après ville. Combien de personnes j’ai tuées? Je ne sais pas. La guerre, c’est la guerre, c’est tout. Moi, il y a bien longtemps que je ne suis plus un enfant. Mon seul espoir maintenant, c’est d’être enfin formé comme un vrai militaire», souligne Youssouf. 


* Avec un reportage complémentaire de Sandra Titi-Fontaine à Genève/InfoSud. 


*(Maurice Garbiro est journaliste en RCA et a écrit pour 'InfoSud', une agence de presse suisse basée à Genève. Cet article est publié en vertu d’un accord de coopération entre InfoSud et IPS).

 

 

 

CENTRAFRIQUE : Youssouf, un enfant soldat de 13 ans
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