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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 00:50

 

 

RADIO ND K LUKA

 

 

Calme précaire à Nzacko 3 jours après l’attaque de la LRA

Radio Ndéké Luka Mercredi, 16 Mars 2011 14:39

Le calme revient peu à peu à Nzacko (est de Centrafrique avec le retour des populations dans la ville. La ville de Nzacko a été le théâtre d’une attaque meurtrière des éléments rebelles de la LRA, dimanche 13 mars 2011. Une attaque qui avait fait 8 personnes tuées.

Certes les populations comment à revenir dans leurs maisons, mais elles craignent encore une nouvelle réapparition de ces éléments rebelles, en raison de l’absence des Forces de l’Ordre.

Un garçon et une fille de 15 et 14 ans ont réussi à s’échapper des mains de leurs ravisseurs. Ils faisaient partie de la centaine d’otages pris par les rebelles. Ils ont regagné la ville deux jours après l’attaque. On annonce par ailleurs la mort de 3 autres personnes enlevées. Leurs dépouilles ont été inhumées dans la ville. Sur les circonstances exactes de leur mort, les familles ont confié au correspondant de. Radio Ndeke Luka à Bria (est), que « ces personnes ont été froidement abattues par les rebelles, car ils n’avaient plus la force de poursuivre la marche avec des butins de la LRA sur plus de 50 kilomètres ».

Les témoins interrogés ont aussi expliqué que « les otages sont nombreux avec des gens enlevés d’autres localités. Les personnes âgées, malades ou fatiguées qui sont dans l’incapacité physique de transporter les bagages de la LRA ou qui sont dans l’incapacité de poursuivre la marche sont systématiquement tuées », ont-ils encore déclaré.

  

Campagne électorale encore timide à Bangui

 

Radio Ndéké Luka Mercredi, 16 Mars 2011 14:34

« L’ambiance générale de la campagne électorale est morose  au niveau de la capitale centrafricaine Bangui ». C’est le sentiment le mieux partagé par la population de la ville centrafricaine, ce 16 mars 2011, interrogée par Radio Ndeke Luka.

Deux jours après le démarrage de la campagne relative au second tour des élections législatives, un calme sévit dans Bangui et plusieurs villes des provinces de Centrafrique. Une campagne qui se déroule, faut-il encore le rappeler,  sans l’opposition. Celle-ci a retiré tous ses candidats en lice.

« C’est parce que l’opposition n’est pas dans la course que la campagne est morne » a indiqué un habitant de Bimbo, chef-lieu de la préfecture de l’Ombella M’poko (sud du pays). « Pour l’instant c’est l’investiture du président de la République qui est d’actualité », renchérit un autre de Km5 dans le 3e arrondissement de Bangui. Ce dernier ajoute : « nous ne sommes seulement qu’à 3 jours du début et il reste une dizaine de jours encore ».

Alors que le débat bat son plein sur cette campagne électorale, le président reconduit François Bozizé qui a prêté serment séjourne à Mbayki (Sud du pays) au lendemain de sa prestation de serment. Ce jour, il a procédé à l’inauguration du marché central de la ville Mbaïki (sud) réfectionné. Le couple présidentiel a également remis un don à l’Hôpital de la ville et à l’Institut supérieur de développement rural (ISDR).

Il faut rappeler que François Bozizé, dans son discours d’investiture a promis de « mettre un accent particulier sur la bonne gouvernance et la gestion des sociétés d’Etat ». Il s’est engagé également « à instruire le gouvernement à mener des réformes profondes aux niveaux de ces sociétés et à traduire en justice les auteurs de malversations ».

La campagne pour les législatives prend fin le 25 mars et le scrutin est pour le 27 mars 2011.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation
17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 00:47

 

 

afp patasse

 

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

Relatif aux rumeurs du décès du Président Ange Félix PATASSE

 

Des rumeurs savamment orchestrées par le Pouvoir du 15 Mars et autres colporteurs de mauvaises nouvelles selon lesquelles l’Ancien Chef de l’Etat, le Président Ange Félix PATASSE serait décédé, sont absolument fausses.

  Nous, Guy Simplice KODEGUE, Porte Parole du Président PATASSE et Porte Parole Délégué du FARE-2011 (Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections de 2011), démentons ces rumeurs et porte à l’attention de l’opinion nationale et internationale que le Président PATASSE se porte bien.

 

Fait à Bangui, le 16 Mars 2011.

 

 

 

 

 

Radio Ndéké Luka Mercredi, 16 Mars 2011 14:40

« On est surpris par la rumeur qui circule selon laquelle l’ex-président Ange Félix Patassé, est décédé. Il jouit d’une santé de fer et il n’est nullement question de sa mort ». C’est en ces termes que l’entourage de l’ex-président et candidat indépendant malheureux  à la présidentielle du 23 janvier dernier, dément ce mercredi 16 mars 2011, la rumeur qui circule à Bangui depuis quelques heures.

Interrogé par Radio Ndeke Luka, son conseiller en communication Edgard Mbaïkoua, affirme que « la panique qui traverse le pays témoigne de l’amour de Patassé auprès de son peuple. Certes, il a été admis à la Clinique Chouaib de Bangui suite à un malaise lié au diabète », indique-t-il encore, précisant même que « Patassé a repris toute ses activités politiques ».

Au sujet de l’investiture du président réélu François Bozizé mardi, le conseiller en communication du « petit frère de Jésus », comme il se fait appeler, déclare que « Patassé a une expérience électorale ». Seulement, le Front pour l’annulation et la reprise des élections qu’il vient de créer n’empêche pas Bozizé de faire ce qu’il veut, soutenant que la revendication de cette entité reste valable.

Ange Félix Patassé et deux autres candidats à la magistrature suprême, Martin Ziguélé et Emile Raymond-Gros Nakombo, ont été débouté en justice, suite à leur exigence d’annulation des élections en Centrafrique. Ils ont déjà retiré tous leurs candidats admis au second tour des législatives.

L’ex-chef d’Etat a été chassé du pouvoir par l’actuel maitre de Bangui François Bozizé en 2003. Il fut en exil au Cameroun puis au Togo avant de revenir compétir à l’élection présidentielle. Il est arrivé en seconde position remportée dès le 1er tour par son challenger Bozizé avec 64,37%.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 00:44

 

 

Bozizé KNK ridicule

 

 

Ai- Rca- Mercredi, 16 Mars 2011 11:20 - La cérémonie d’investiture du président réélu François Bozize s’est déroulée le 15 mars  au Complexe Sportif Barthélemy Boganda à Bangui.

C’était  en présence de trois chefs d’Etat : Idriss Deby du Tchad, Ali Bongo Odimba du Gabon, Théodoro Obiang Nguema de la Guinée Equatoriale et de nombreuses personnalités représentant leurs pays respectifs et bien d’autres.

L’audience solennelle de la cour constitutionnelle aux fins de l’investiture du président Bozize réélu avec 64,37% au premier tour de l’élection présidentielle du 23 janvier 2011, a été présidée par le magistrat Marcel Malonga, président de la cour constitutionnelle centrafricaine

Plein à craquer, le nouveau Complexe Boganda s’est fait beau pour abriter cette cérémonie tant attendue par ses partisans  et particulièrement les ouvriers et ouvrières du parti Kwa Na Kwa (KNK, parti au pouvoir) , vêtus des emblèmes de leur parti.

Lors de sa prestation, le président réélu François Bozize s’est engagé  à se conformer scrupuleusement à la constitution, loi fondamentale qui définit les prétentions et les aspirations du peuple, la manière dont il entend être gouverné, une révérence pour l’exercice du pouvoir.

« Je jure devant Dieu et devant la nation d’observer scrupuleusement la constitution  et garantir l’indépendance et la pérennité, sauvegarder l’intégrité du territoire, préserver la paix, consolider l’unité nationale, assurer le bien-être du peuple centrafricain  et remplir consciencieusement  les devoirs de ma charge sans aucune considération d’ordre ethnique, régional ou confessionnel. De ne jamais exercer les pouvoirs  qui le sont dévolus par la constitution à des fins personnelles. De n’être guidé en tout que par l’intérêt national et la dignité du peuple centrafricain », a-t-il prêché.

Après l’audience de la cour constitutionnelle au cours de laquelle M  Bozize a été investi dans ses nouvelles fonctions pour un mandat de 5 ans,    il a reçu le collier du grand maitre de l’ordre, ensuite des Symboles de la république et le drapeau,  symbole primordial de la patrie.

Par la suite,  après celle  de l’armoirie de la République Centrafricaine, vint la remise au chef de l’état nouvellement installé  des attributs guerriers constitués de bouclier et de jeu  de couteau et enfin  la remise de la corne d’abondance des produits vivriers et une calebasse symbole de l’autosuffisance alimentaire en RCA.

Le président de la Cour Constitutionnelle, le magistrat Marcel Malonga  qui, a accepté le serment du président investi, a dans sa déclaration situé le contexte de la tenue de cette cérémonie qui selon lui est prévue par la loi fondamentale du pays. Il a par ailleurs demandé à ce que le code électoral centrafricain  soit révisé afin de corriger les erreurs du passé et de s’arrimer à l’actualité.

A l’en croire, il est temps que le nouveau président puisse  mettre en valeur  les différentes expériences acquises aussi bien dans l’armée centrafricaine que dans la  haute administration centrafricaine au service du peuple centrafricain « car le monde est rentré dans une période qui, plus que jamais, requiert chez les dirigeants capacité de décision, sureté de jugement et pondération. Une telle expérience est précieuse et bénéfique pour la République Centrafricaine.

Le président nouvellement installé  a dans sa première déclaration à la Nation, fait le bilan de son premier quinquennat consacré essentiellement  à la réconciliation entre  les peuples centrafricains  le  rétablissement de  la concorde nationale par la promotion du dialogue politique et social et insuffler un nouvel élan à la RCA.

A en croire M Bozize, ces acquis doivent être consolidés. Parce que, selon lui,  leur  destruction ramènera le pays à un recul

« Pour ce nouveau quinquennat mon vœu le plus absolu est de consolider inlassablement l’œuvre de reconstruction nationale entreprise depuis le sursaut patriotique du 15 mars 2003 » a-t-il précisé.

« Je reste convaincu que seul le travail, rien que le travail, le Kwa Na Kwa (KNK) demeure la vertu cardinale de tout progrès social, le leitmotiv d’un développement durable et harmonieux pour favoriser  le bien-être du peuple », a-t-il ajouté.

Le président de la république a ensuite donné le profil des membres du gouvernement qui vont  l’accompagner dans son nouveau quinquennat. Pour lui, ce gouvernement sera constitué des hommes et des femmes   de bonne volonté, compétent  ayant la passion de l’intérêt général. Et aura pour mission de « traduire dans les faits les piliers du projet de société sur la base duquel j’ai été élu »

Ces piliers, selon M Bozize, est de poursuivre la relance de l’économie nationale, la transparence dans la gestion de la chose publique, de combattre la pauvreté, la corruption, de lutter contre le chômage, de promouvoir et de protéger les droits fondamentaux  de l’homme, de donner à la république Centrafricaine l’image d’un pays où il fera mieux vivre.

En ce qui concerne la presse, le président a pris l’engagement de garantir la liberté de presse acquise.

« C’est son rôle d’aiguillon pour vu que les règles qui gouvernent cette presse soient respectées par elle à commencer par la vérification au préalable de l’information avant sa publication »  a fait remarquer M le chef de l’exécutif, promettant de l’aider à vivre afin de  favoriser un débat contradictoire

« Pour ce quinquennat, il n’y aura donc pas de place ni pour les agitateurs, ni pour les fossoyeurs de la république, ni pour les corrupteurs et corrompus, ni pour les paresseux. La récréation est terminée et je veillerais à ce qu’il n’y ait plus de désordre  »,  a lancé le président en dévoilant sa politique et invitant  le peuple à se mettre résolument au travail.

Une parade militaire a mis fin à l’investiture.

Kabongo, Ai Bangui

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 02:10

 

 

 

patasse

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE RELATIF AUX ALLEGATIONS DISTILLEES PAR LES FOSSOYEURS DE LA REPUBLIQUE AU SUJET DU PRESIDENT ANGE FELIX PATASSE

 

La sombre date du 15 mars 2011 a été choisie par les ennemis de la démocratie centrafricaine pour répandre la fausse rumeur  donnant le Président PATASSE pour mort. 

Ces fallacieux propos cachent  mal le malaise profond des auteurs de ces allégations fantaisistes et mensongères en proie à leurs propres turpitudes et en quête d’une reconnaissance qui tarde à venir.

C’est pourquoi le comité de soutien à la candidature de PATASSE, par ma voix tient à rassurer l’opinion nationale, internationale, les sympathisants ainsi que les amis de PATASSE que ce dernier se remet progressivement et très bien de son bref séjour à la clinique Chouaib

 

Fait à Paris le 15 mars 2011

 

Coordonnateur des comités de soutien de la candidature de PATASSE

Représentant de PATASSE en France

Michel DOROKOUMA

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 01:46

 

 

 

carte Côte d'Ivoire

 

 

 

 

Avant la réunion au sommet de l’Union africaine qui doit définir, le 10 mars, les mesures contraignantes qui seront mises en œuvre pour une sortie politique de la crise post électorale en Côte d’Ivoire, quelques rappels s’imposent pour mieux comprendre pourquoi une simple élection présidentielle dans un Etat d’Afrique suscite l’engagement déterminé de la France, des Etats-Unis et du monde occidental en faveur d’un candidat Alassane Ouattara, son adversaire Laurent Gbagbo étant diabolisé par les mêmes. Ce dernier peut compter sur les Etats africains les plus puissants de l’espace non francophone, à l’image de l’Afrique du Sud et de l’Angola, mais à la notoire exception du Nigéria dans l’orbite de Washington. La Russie et dans une moindre mesure la Chine traînent le plus souvent des pieds à l’ONU.

 

Mise en perspective de la crise actuelle

 

A la fin des années 80, le premier président de la Côte d’Ivoire indépendante, Félix Houphouët Boigny, très attaché à la France et au libéralisme économique, refusait, alors qu’il était sur le déclin, de vendre le cacao dont son pays était et demeure le premier producteur mondial, et de payer les échéances d’une très lourde dette extérieure. Haut cadre des institutions financières internationales, puis gouverneur de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest BCEAO), Alassane Ouattara a été imposé en 1990, dans ce contexte historique, à Houphouët Boigny, pour gérer la situation d’un pays dans lequel Laurent Gbagbo avait engagé, dès la fin des années soixante, une action résolue contre le système du parti unique. Son parti, le Front populaire ivoirien (FPI), parvenait à ses fins avec la légalisation du multipartisme le 30 avril de cette année 1990. 

 

A cette époque, les chocolatiers américains voyaient en M. Ouattara le successeur espéré à Houphouët-Boigny, même s’il devait s’accommoder d’une parenthèse  à la tête de l’Etat ivoirien en la personne de M. Bédié, l’héritier constitutionnel. La France, pour sa part, attaché aux dignitaires de l’ancien parti unique, redoutait avant tout l’émergence de Laurent Gbagbo. C’est finalement lui qui a été élu en 2000, alors que MM. Ouattara et Bédié avaient été écartés de la course à la magistrature suprême par le général Guéi qui avait endossé la responsabilité du coup d’Etat militaire de la Noël 1999. A peine élu, L. Gbagbo a dû faire face à des tentatives de déstabilisation et de coups d’Etat dont les auteurs étaient suspects de liens avec Alassane Ouattara.  L’échec du coup d’Etat de septembre 2002 a entrainé la partition du pays et la permanence d’une rébellion empêchant toute action gouvernementale cohérente. Depuis 2003, à l’initiative de la France de Jacques Chirac, l’ONU et les organisations panafricaines ont imposé à Laurent Gbagbo un étrange partage du pouvoir avec ceux qui avaient voulu le renverser. Celui-ci, en 2005, a remis dans le jeu politique Alassane Ouattara en se fondant sur l’article 48 de la Constitutions et a engagé un dialogue direct avec le chef de la rébellion Guillaume Soro, acceptant d’en faire son Premier ministre, en avril 2007, dans le cadre de l’accord de Ouagadougou, signé un mois plus tôt au Burkina Faso

 

Les difficultés pour dresser une liste électorale, sans doute émaillée de fraudeurs en tout genre,, le non désarmement de la rébellion, tout cela semblait effacé par la bonne tenue de la campagne électorale de 2010 et le débat télévisé entre les deux candidats du second tour, L. Gbagbo et A. Ouattara, unanimement salué par une communauté internationale au chevet de la Côte d’Ivoire. Nul doute que cette veille internationale a été maléfique pour la Côte d’Ivoire et le peuple ivoirien car le vieux projet rappelé plus haut  d’imposer A. Ouattara à la tête de l’Etat ivoirien et d’en écarter L. Gbagbo est d’une brûlante actualité en ce mois de mars 2011..

 

En effet, depuis plus de trois mois, la Côte d’Ivoire ne parvient pas à sortir de l’impasse politique dans laquelle l’ont engagée les résultats contestés du second tour de l’élection présidentielle tenu le 28 novembre 2010. Il opposait Laurent Gbagbo, candidat de la majorité présidentielle (LMP) à Alassane Ouattara, candidat du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie (RHDP).

 

Les origines de la crise post-électorale

 

Cette crise de légitimité à la tête de l’Etat est née du non respect dans la proclamation des résultats des règles légales et des institutions républicaines de la Côte d’Ivoire par les partisans d’Alassane Ouattara et ses appuis extérieurs.

 

En effet, le 2 décembre les résultats provisoires, favorables à Alassane Ouattara (54,1 %), ont été annoncés hors délais, par le seul Président de la Commission électorale indépendante (CEI), que n’accompagnait aucun des commissaires, à l’Hôtel du Golf devenu le siège du concurrent de M. Gbagbo, et non au siège de la CEI. Le lendemain, 3 décembre, conformément à la loi électorale, le Conseil constitutionnel, seule juridiction habilitée à le faire, a proclamé les résultats définitifs, accordant la victoire au Président sortant Laurent Gbagbo, avec 51,45 % des suffrages.

 

M. Choi, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU dans ce pays, à peine annoncés les résultats du Conseil constitutionnel, a décidé de valider les résultats de la CEI, se prévalant de son rôle de certificateur qui en aucune façon ne le plaçait au-dessus des institutions ivoiriennes.

 

Pourtant, les résultats provisoires choisis par M. Choi avalisent une fraude caractérisée. En effet, sur les 20 073 procès-verbaux de bureaux de vote, 1001 comportaient un nombre de votants supérieur au nombre d’inscrits, 807 comportaient plus de suffrages exprimés que d’inscrits, 1231 étaient dépourvus du sticker certifiant la validité du procès-verbal. Ces 3039 bureaux représentent 1 337 572 inscrits et 583 334  votants. Faut-il ajouter que dans 1533 bureaux représentant 582 248 inscrits et 223 162 votants, le Président sortant Laurent Gbagbo a obtenu 3 ou moins de 3 voix.

 

Les procès-verbaux douteux provenaient pour l’essentiel, des  cinq régions du Nord du pays où le Conseil constitutionnel a annulé les résultats de 7 départements dans trois régions du Nord (Vallée du Bandama, Les Savanes et Worodougou) où des recours, portant sur  600 000 voix environ, avaient été déposés par la majorité présidentielle. A signaler que, faute de recours, le Conseil constitutionnel a validé les surprenants résultats de la région du Denguélé où A. Ouattara l’emporte avec 97,85 % des suffrages, soit 70 357 voix, contre 2,15 % à L. Gbagbo, soit 1151 voix.

 

Le scrutin a été entièrement faussé dans les cinq régions du Nord représentant 17 % de l’électorat national, en raison de la sortie des Forces armées des Forces nouvelles, l’ancienne rébellion qui n’avait pas désarmé comme l’imposait pourtant l’Accord de Ouagadougou. Cette pression  militaire, écartant les représentants de la LMP des bureaux de vote afin d’y organiser une fraude massive et pourchassant les éventuels électeurs favorables à L. Gbagbo, enlève toute crédibilité au scrutin dans cette partie du pays. A noter que dans les quatorze régions du reste du pays, représentant 83 % des inscrits, le candidat Ouattara n’a déposé aucun recours. L. Gbagbo y obtient 2 031 294 voix (53,86 %) contre 1739 945 (46,13 %) pour son adversaire.

 

Ces données, dont les treize experts et le panel des cinq chefs d’Etat mandatés par l’Union africaine ont pris connaissance lors de leur passage à Abidjan, ont sans doute suscité des divisions au sein du panel réuni auparavant à Nouakcott, le 20 février 2011, et le départ précipité pour Ouagadougou de l’ancien médiateur, le président burkinabé Blaise Compaoré, qui a choisi de ne pas se rendre en Côte d’Ivoire le 21 février, a révélé de réels désaccords. Le président sud-africain Jacob Zuma et sa ministre des Affaires étrangères Maité Nkoana-Mashabane ont publiquement pris leurs distances par rapport aux positions rabâchées par le camp occidental depuis le 3 décembre 2010..                                                                                                                                                                                                     

 

Ingérences internationales et pressions extérieures

 

En effet, quelques heures à peine après la décision arbitraire de M. Choi bafouant le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire, le président des Etats-Unis, Barack Obama, et celui de la France, Nicolas Sarkozy, ont reconnu Alassane Ouattara comme président élu, avalisant précipitamment des résultats frauduleux. Dans son discours aux Africains prononcé au Ghana le 12 juillet 2009, le président américain avait pourtant affirmé que « l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais de fortes institutions » Mais quand les Etats-Unis et la France veulent imposer un homme, en l’occurrence A. Ouattara, que pèsent les institutions d’un Etat souverain et l’article 2 de la Charte de l’ONU reconnaissant le principe de la souveraineté de ses membres ?

 

Bras de fer avec l’ONU

 

Par leur prise de position immédiate, dès les 3 et 4 décembre, pratique bien inhabituelle par rapport à un scrutin organisé dans un pays d’Afrique, les Etats-Unis et la France, entrainant l’Union européenne, ont pesé de tout leur poids sur la diplomatie africaine. C’est en fait la France qui a orchestré la partition européenne et celle de l’ONU, comme elle l’a fait depuis janvier 2003 avec la Conférence internationale sur la Côte d’Ivoire tenu à Paris, les 25 et 26 janvier 2003, au Centre de conférences international de l’avenue Kléber.

 

Un véritable bras de fer s’est engagé entre l’ONU et le Président Gbagbo. Dès la décision arbitraire prise le 3 décembre par le représentant du secrétaire général de l’ONU, Young-jin Choi, intervenant en visioconférence devant le Conseil de sécurité de l’ONU, la France a préparé tous les communiqués ou déclaration à la presse du Conseil. C’était le cas, le 8 décembre, et en particulier le 16, jour des manifestations à hauts risques appelées par Guillaume Soro et les partisans d’A. Ouattara pour investir la Radio télévision ivoirienne (RTI) et le Palais présidentiel. Au regard du comportement des forces de l’ONUCI, ce jour-là, ouvertement alliés aux éléments armés des Forces nouvelles stationnés à l’Hôtel du Golf avec A. Ouattara, et au regard de l’ultimatum du Président Sarkozy, le 17, lui enjoignant de quitter le pouvoir dans les 48 heures, le Président Gbagbo a demandé le départ de la mission onusienne ainsi que celui de la Force française Licorne le 18 décembre. Le 20 décembre, après audition du secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, le Français Alain Le Roy, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1962 prorogeant de six mois le mandat de l’ONUCI. Dès le 21 décembre, malgré les réticences de la Russie, l’ONU a reconnu l’ambassadeur Youssouf Bamba nommé par A. Ouattara, Alcide Djédjé qui occupait ce poste étant ministre des Affaires étrangères dans le nouveau gouvernement ivoirien.

 

Les réserves de la Russie étant levées, l’ONU, par sa résolution 1967, a autorisé, le 19 janvier 2011, le déploiement de 2000 militaires supplémentaires dans le cadre des forces de l’ONUCI jusqu’au 30 juin 2011, et elle a prolongé le déploiement des trois compagnies d’infanterie et d’une unité aérienne de la MINUL venue du Libéria en fin de période électorale pour renforcer l’ONUCI. La résolution 1968 du 16 février a prorogé de trois mois ce déploiement de la MINUL (trois bataillons et cinq hélicoptères dont trois MI 24 de combat). Une nouvelle déclaration à la presse a été faite le 3 mars, après audition d’Alain Le Roy, stigmatisant l’escalade de la violence sans mentionner parmi les fauteurs de troubles l’ancien chef de la rébellion, Guillaume Soro, bras droit d’Alassane Ouattara qui avait appelé les populations d’Abidjan à la « révolution du 21 février » se référant aux mouvements démocratiques bouleversant le monde arabe !

 

La diplomatie africaine (CEDEAO et Union africaine)

 

Au lendemain de l’investiture du Président Gbagbo, le 4 décembre 2010, par le Conseil constitutionnel, tandis que A. Ouattara prêtait serment par lettre à une juridiction anonyme, l’Union africaine a mandaté l’ancien Président sud-africain Thabo Mbéki pour une médiation à Abidjan les 5 et 6 décembre. Avant même que n’en soient donnés les résultats, un premier sommet extraordinaire des chefs d’Etats de la CEDEAO sur la Côte d’Ivoire s’est réuni à Abuja, le 7 décembre, et a reconnu A. Ouattara comme Président. Pour enfoncer le clou, le vendredi 17 décembre, le président français Nicolas Sarkozy, à l’issue du sommet de l’Union européenne, a lancé, depuis Bruxelles, comme nous l’avons déjà mentionne, un ultimatum au Président Gbagbo lui enjoignant de quitter le pouvoir avant le dimanche soir 19 décembre.

 

Un deuxième sommet de la CEDEAO, toujours réuni à Abuja, le 24 décembre, a accentué la pression. Reconnaissant A. Ouattara Président légitime de la Côte d’Ivoire, il demandait à Laurent Gbagbo de transmettre pacifiquement le pouvoir. Il soutenait les sanctions prises par les institutions régionales et la communauté internationale et décidait d’envoyer une délégation de haut niveau en Côte d’Ivoire comme dernier geste à l’endroit de Laurent Gbagbo pour l’exhorter à une sortie pacifique du pouvoir. En cas de refus de sa part, la CEDEAO prendrait toutes mesures nécessaires, y compris « le recours à la force légitime » pour le contraindre à se retirer. Dans cette perspective, instruction avait été donnée au Président de la Commission de la CEDEAO, le Ghanéen James Victor Gbého, de convoquer une réunion des Chefs d’Etat-major de la CEDEAO pour planifier les actions futures. Cette réunion, organisée le 17 janvier 2011 à Bamako, a traité des affaires courantes, mais n’a pas véritablement abordé la situation  ivoirienne, l’option militaire chère au Nigéria, au Burkina Faso et au Sénégal n’ayant visiblement pas l’assentiment des autres membres de l’organisation régionale.

 

Entre temps, composée des Présidents du Cap Vert, Pedro Pires, de la Sierra Leone, Ernest Bai Koroma, et du Bénin, Boni Yahi, la délégation de la CEDEAO s’est rendue à deux reprises à Abidjan, les 28 décembre 2010 et 3 janvier 2011, épaulée, lors de la seconde visite, par le Premier ministre kényan Raila Odinga qui s’était illustré, le 16 décembre, par un appel à « déloger » par la force militaire le Président Gbagbo. Cette médiation de la CEDEAO, traversée par de premières dissensions sur les options politique et militaire proposées, a échoué.

 

L‘Union africaine, à partir de son Conseil de paix et de sécurité, a repris le relais en mandatant, sans plus de succès, Raila Odinga qui s’est rendu à Abidjan, le 17  janvier. Après l’échec de cette tentative, les chefs d’Etat de l’Union africaine, lors de leur sommet du 31 janvier, en présence de Nicolas Sarkozy étrangement invité au titre de Président du G 20, ont décidé d’envoyer des experts chargés de préparer la venue d’une délégation de haut niveau regroupant sous la présidence du Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, cinq chefs d‘Etat issus de l’ensemble du continent, à savoir le Sud africain Jacob Zuma pour l’Afrique australe, le Tanzanien Jakaya Kikwété pour l’Afrique orientale, le Tchadien Idriss Déby pour l’Afrique centrale et le Burkinabé Blaise Compaoré pour l’Afrique de l’Ouest. Les cinq chefs d’Etat avaient un mois pour proposer des mesures contraignantes permettant au pays de sortir de l’impasse.

 

Après leur passage, du 7 au 11 février à Abidjan, les experts ont remis leurs propositions au panel des cinq chefs d’Etat qui se sont rendus à Abidjan du 21 au 23 février pour y rencontrer M. Gbagbo au Palais présidentiel, M. Ouattara à l’Hôtel du Golf, M. Youn-jin Choi à  la tête de l’ONUCI et le Conseil constitutionnel à l’Hôtel Pullman.

 

Aucune proposition n’a filtré jusqu’à leur réunion en Mauritanie, le 4 mars, à Nouakchott, après la visite officielle du Président sud-africain Jacob Zuma à Paris, les 2 et 3 mars, où la question ivoirienne a été à l’ordre du jour des échanges avec Nicolas Sarkozy qui a tout fait pour infléchir les positions de son hôte. Toutefois, le panel s’est donné un mois supplémentaire pour achever sa mission et le 5 mars, le Gabonais Jean Ping, Président de la Commission de l’UA, a été reçu à Abidjan porteur d’un message adressé au Président Gbagbo et à M. Ouattara.  Il a été proposé à ces derniers ainsi qu’au Président du Conseil constitutionnel de se rendre à Addis Abeba pour un sommet du Conseil de Paix et de sécurité de l’UA, le 10 mars. Le Président Gbagbo y a envoyé l’ancien Premier ministre Affi N’Guessan, président du FPI, et son ministre des Affaires étrangères, Alcide Djédjé, pour le représenter. M. Ouattara a, pour la première fois depuis la fin du moi de novembre 2010, quitté l’Hôtel du Golf. Ce 9 mars, le président Gbagbo a interdit le survol de l’espace ivoirien à l’ONUCI et à la Force française Licorne.

 

Sanctions économiques contre de la Côte d’Ivoire et le peuple ivoirien

 

Outre ces ingérences et pressions diplomatiques extérieures, une première série de sanctions ont été prises par le Conseil européen dès le 22 décembre 2010. Elles ont été renforcées et élargies, le 14 janvier 2011, à l’encontre de quatre vingt cinq personnalités du monde politique, juridique, économique et médiatique restées fidèles au président Gbagbo. Dans le but d’asphyxier l’économie du pays, mais par là même de s’en prendre à l’ensemble des populations vivant en Côte d’Ivoire, onze entités économiques ont été l’objet de sanctions de l’UE. Qu’on en juge ! Ce sont les ports d’Abidjan et de San Pedro, la Petroci et la SIR dans le domaine de l’approvisionnement en énergie, la Société de gestion du patrimoine de l’électricité, les banques nationales ivoiriennes (Banque nationale d’investissement –BNI-, Banque pour le financement de l’agriculture –BFA- et Versus Bank), le Comité de gestion de la filière café et cacao, l’association des producteurs de caoutchouc et enfin la Radio télévision ivoirienne (RTI) ! Cette forme de blocus européen, tout à fait inédit pour réagir à un contentieux électoral en Afrique, a aujourd’hui des effets scandaleux sur la vie des populations, en passe d’être privés de médicaments après l’épuisement des stocks.

 

Depuis l’hôtel du Golf, où il s’est établi à la fin du mois de novembre 2010, A. Ouattara n’a pratiquement pas de prise sur les réalités du pays. Les ambassadeurs nommés par lui règnent sur des ambassades fantômes à l’image d’Ali Coulibaly à Paris qui bénéficie pourtant d’un soutien inconditionnel, tant politique que médiatique, de Nicolas Sarkozy. A. Ouattara a pu compter sur l’appui des chefs d’Etat de l’Union économique et monétaire de l’Ouest africain (UEMOA). Depuis leur sommet du 22 janvier 2011, réuni à Bamako, la BCEAO ne reconnaît plus la signature du président Gbagbo. Uniquement préoccupé par l’asphyxie économique de la Côte d’Ivoire pour faire chuter L. Gbagbo, quelles qu’en soient les conséquences pour le peuple ivoirien, A. Ouattara a annoncé, le 24 janvier, l’interdiction de toute exportation de cacao pour un mois, interdiction prolongée jusqu’au 15 mars. Cela a eu pour effet de mécontenter les planteurs, mais aussi de satisfaire les spéculateurs qui ont pu profiter d’un regain des cours du produit. Dans le même temps, le trafic du cacao, depuis la région de Vavoua vers Ouagadougou au Burkina et le port de Lomé au Togo, se poursuit au plus grand profit des anciens dignitaires de la rébellion du Nord sans que l’UE n’y trouve à redire malgré ses mesures d’embargo…

 

L’ensemble de ces sanctions n’est pas resté sans réponse des autorités ivoiriennes. Si elles sont maintenues, il semble inéluctable que la Côte d’Ivoire quitte la zone franc et se dote d’une monnaie nationale avec la bienveillance de banques centrales en Afrique.  Vu le poids économique et financier, environ 40 %, de la Côte d’Ivoire au sein de l’UEMOA, ses sept partenaires vont en subir de lourdes conséquences et c’est l’avenir du franc CFA, vestige de l’empire colonial, qui va être remis en cause. Au niveau du cacao, un nouveau circuit de commercialisation est mis en place. C’est l’Etat ivoirien qui va désormais contrôler l’achat et la circulation du produit depuis les plantations jusqu’aux ports de San Pedro et d’Abidjan, mettant un terme aux activités des groupes essentiellement américains qui s’en chargeaient jusque-là. Au fond, la volonté affichée par le monde occidental d’asphyxier une Côte d’Ivoire dirigée par Laurent Gbagbo a stimulé l’inventivité des cadres et des autorités ivoiriennes pour jeter les bases d’une souveraineté plus affirmée en matière économique, financière et monétaire.

 

La France a poursuivi son offensive en suscitant, sans préavis, la fermeture, les 14 et 18 février, de la Bicici et de la Sgbci, filiales ivoiriennes de la BNP/Paribas et de la Société générale. C’est que le Président Gbagbo, malgré la rupture des liens entre la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la Côte d’Ivoire, avait payé les salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat en décembre 2010 et janvier 2011. Cette fermeture impromptue, tout à fait illégale, des principales places bancaires avait pour but d’empêcher les citoyens ivoiriens d’avoir accès à leurs propres fonds. Par ailleurs, cette initiative française a précipité la crise des PME françaises, le président de la Chambre de commerce franco-ivoirienne, peu suspect de sympathie pour L. Gbagbo, critiquant ouvertement la politique de Nicolas Sarkozy qui saborde les intérêts économiques français tant au niveau des PME que des grands groupes omniprésents en Côte d’Ivoire que sont Bolloré, Bouygues, Vinci et plus récemment Total. Ces mesures ont accentué les mises en chômage technique et frappent durement tant les salariés du privé que les fonctionnaires et agents de l’Etat. L’objectif, toujours vain de la politique française et européenne, est d’essayer de soulever les populations contre la résistance du Président Gbagbo en les précipitant dans la misère.

 

La riposte des autorités ivoiriennes a été immédiate avec la nationalisation de ces deux filiales de banques françaises. Les fonctionnaires et agents de l’Etat se sont vus attribuer des comptes dans les banques nationales ivoiriennes pour toucher leur salaire de février.  La récupération des données sur l’état des comptes a permis à la Bicici de rouvrir ses principales agences dès le 3 mars. Les procédures, plus complexes pour la filiale de la Société générale, retardent encore la réouverture de son agence principale d’Abidjan qui est prévue à la mi-mars.

 

Cette désorganisation du secteur bancaire, provoquée de l’extérieur, a ralenti plus encore les activités du port d’Abidjan, les armateurs ne pouvant régler les droits d’escale. A partir de la mi-février,  il n’accueillait plus que 2 à 3 bateaux par jour au lieu de 7 en période normale.

 

La tragique réalité du terrain

 

En occupant l’Hôtel du Golf à la fin du mois de novembre 2010, avant même l’annonce des résultats provisoires, le camp Ouattara, rejoint par des éléments des Forces nouvelles de l’ancienne rébellion, s’est en quelque sorte piégé. Cette présence d’éléments lourdement armés, comme l’a montré la première manifestation du 16 décembre 2010, explique l’organisation d’un blocus militaire autour de l’hôtel par l’armée ivoirienne restée loyale à Laurent Gbagbo. Depuis le mois de décembre, des forces de l’ONUCI entourent également l’hôtel et l’approvisionnement, les contacts médiatiques, voire politiques sont rendus possibles par l’usage d’hélicoptères de l’ONUCI.

 

Conscient que la pérennisation de cet état de « République hôtelière », qui témoigne de l’absence de prise d’A. Ouattara sur la réalité du pouvoir, enlève tout crédit à ce dernier malgré les puissants appuis internationaux, Guillaume Soro, ancien chef rebelle, a voulu débloquer la situation, le 16 décembre 2010, comme nous l’avons vu, en projetant des manifestations vers la Radio télévision ivoirienne et le Palais présidentiel.

 

Les affrontements meurtriers entre hommes armés des deux camps ont tourné à l’avantage de l’armée ivoirienne. Ils ont révélé que l’ONUCI, sur le terrain, joue le jeu des Forces nouvelles fidèles à A. Ouattara, malgré les dénégations officielles de l’ONU affirmant qu’elles se comportent de façon impartiale en force d’interposition. Dans les deux mois qui ont suivi, jusqu’à l’opération « révolution du 21 février », toujours lancée par Guillaume Soro, les mêmes hélicoptères de l’ONUCI ont permis l’exfiltration d’anciens soldats rebelles  qui se sont réimplantés dans la commune d’Abobo, majoritairement favorable à Ouattara, au Nord/est d’Abidjan.

 

En projetant cette dernière opération, G. Soro prétendait créer une situation semblable à celles vécues en Tunisie et en Egypte. On a vu dans ces pays combien la volonté populaire pouvait déplacer des montagnes. Las pour Soro, l’ancrage populaire de Laurent Gbagbo est une réalité. Malgré l’appui des principales forces du monde occidental, Ouattara ne parvient à imposer que quelques gesticulations diplomatiques que relaient ces forces. Depuis plus de trois mois, le Président Gbagbo déjoue les sanctions qui lui sont imposées ainsi qu’à la Côte d’ivoire et ses populations. Cet ancrage populaire fait visiblement défaut à A. Ouattara qui ne peut rien face au poids des institutions civiles et armées restées fidèles à son adversaire.

 

En effet, l’échec des appels à la grève générale du 27 décembre ou celui, en janvier et février 2011, des opérations « villes mortes » jusqu’à ce que L. Gbagbo quitte le pouvoir, a révélé qu’en dehors de la commune d’Abobo ou de Bouaké, ancienne capitale de la rébellion, les mots d’ordre du RHDP mobilisent bien peu. Les divisions, toujours annoncées par le camp Ouattara, au sein des Forces de défense et de sécurité (FDS), ne se sont pas vraiment concrétisées. Les ralliements se sont limités à quelques dizaines d’officiers dont le capitaine Alla Kouakou Léon qui rêva un temps d’être l’aide de camp du Président Gbagbo avant de finir …porte-parole de G. Soro. Cette alliance au grand jour entre Alassane Ouattara et la rébellion qui affronte durement, depuis septembre 2002, l’armée ivoirienne loyale au Président Gbagbo, n’est sans doute pas de nature à servir celui que le monde occidental veut imposer à la tête de la Côte d’Ivoire.

 

Les appels à la grève ou aux manifestations à hauts risques comme celle du 21 février ont été lancés juste avant la venue de missions diplomatiques, CEDEAO ou Union africaine. Il est indiscutable que depuis le 21 février, les Forces nouvelles, réimplantées à Abobo, et toujours présentes dans le Nord et l’Ouest du pays où elles n’ont jamais désarmé, sont véritablement passées à l’offensive. Au Nord, jusqu’à Bouaké, les Forces nouvelles tiennent de nouveau le haut du pavé et leur porte-parole fait aujourd’hui de nouveau référence à « une zone de confiance » qui n‘existe plus depuis avril 2007…Tous les médias titrent sans discernement sur la reprise de la guerre civile, mais les zones d’affrontement entre forces armées sont assez bien circonscrites. A l’intérieur du pays, en dehors de quelques échanges de tir dans la capitale Yamoussoukro, c’est à l’Ouest que la situation est préoccupante. En janvier 2011, à Duékoué, à 500 kilomètres au Nord-Ouest d’Abidjan, ce sont des familles des partisans du Président Gbagbo qui ont été agressées par des partisans d’A. Ouattara : près d’une cinquantaine de victimes, des centaines de maisons brûlées et des milliers de déplacés. Plus récemment, près de Danané, la ville de Zouhan Hounien a résisté le 25 février et la descente de forces de « l’ancienne rébellion » vers Ity, où est exploitée une importante mine d’or, a été contenue par l’armée ivoirienne. La situation à Toulepleu et dans la région de Blolequin reste toujours indécise au début du mois de mars.

 

Dans la capitale économique où les affrontements ont fait le plus de victimes, c’est la commune d’Abobo, et dans une moindre mesure la quartier Remblai de la commune de Koumassi et sporadiquement Treichville qui en sont le théâtre. Les bilans tragiques avancés par l’ONU font état d’une cinquantaine de morts pour le seul début du mois de mars et plus de trois cents depuis l’élection  présidentielle. Au nombre de ces victimes figurent des dizaines de policiers et de militaires de l’armée ivoirienne, les pertes au sein des Forces nouvelles étant difficiles à évaluer. On compte hélas de nombreuses victimes civiles car il s’agit d’une véritable guérilla urbaine, tout d’abord larvée en décembre et janvier, puis ouverte à partir du 21février, qui est livrée par les Forces nouvelles, réimplantées dans certains quartiers de la capitale économique ivoirienne avec la complicité de l’ONUCI, contre les forces armées ivoiriennes.

 

Le plus récent rapport d’Amnesty international, publié le 22 février 2011, fait un dramatique état des lieux qui semblent renvoyer dos à dos les deux camps en conflit. Mais ce conflit de légitimité, quoi qu’on en dise, oppose un homme A. Ouattara que le monde occidental veut imposer à la Côte d’Ivoire sur la base de résultats frauduleux, à un Président sortant L. Gbagbo, attaché à la souveraineté des institutions républicaines ivoiriennes, persuadé qu’il n’a pas perdu l’élection, et qui déjoue les sanctions internationales en prenant des mesures qui visent à conforter l’indépendance économique et financière du pays. Il peut compter, dans ce bras de fer, dont l’enjeu historique ne peut échapper à personne, sur la détermination d’une majorité de la jeunesse, de la galaxie patriotique toujours animée par Charles Blé Goudé, désormais ministre de la Jeunesse et de l’Emploi, mais aussi de simples citoyens lassés par les ingérences internationales.

 

Quelques conclusions provisoires

 

Quelles que soient les décisions prises par l’Union africaine à Addis Abeba, le 10 mars, il apparaît que toute solution politique reposant sur le partage du pouvoir entre les deux camps ne peut que maintenir le pays dans l’ornière sous couvert d’équité. Depuis 2003, c’est l’ensemble des partis qui ont géré le pays et cette formule n’a ni contribué à rassembler véritablement le pays ni à le développer. Au contraire, ce système a multiplié les réseaux de détournements et entretenu la défiance et la duplicité politiques.

 

Pour écarter le Président Gbagbo, c’est un pays clé de  l’Afrique de l’Ouest que l’on veut mettre à genoux pour lui imposer un nouveau président dont on voit mal comment il pourrait le diriger tant il a multiplié les gestes complices contre le pays et sa population active. Le peuple ivoirien est la première victime des sanctions imposées par la France et l’Union européenne. Pourtant, il résiste et ne se soulève pas contre les autorités en place malgré des conditions de survie de plus en plus dures. Les institutions de l’Etat, l’armée et la police en particulier, restent loyales au Président Gbagbo et appuient son action y compris contre la représentation de l’ONU qui est sortie de son rôle d’arbitre.

 

Sous le couvert éculé de la défense de la démocratie, l’interventionnisme de la France et de son Président Nicolas Sarkozy au profit d’Alassane Ouattara repose plus prosaïquement sur une vieille amitié nouée en 1991 par l’intermédiaire de Martin Bouygues. On sait les positions dominantes, non remises en cause depuis l’élection de L. Gbagbo en 2000, des groupes Bouygues et Bolloré en Côte d’Ivoire. Cette proximité entre A. Ouattara et les responsables politique et économiques français guide une diplomatie élyséenne à la hussarde dont on a pu juger le peu de cas qu’elle fait des revendications démocratiques dans le monde arabe. Par ailleurs, la politique des sanctions et la désorganisation du système bancaire qui affectent gravement la vie quotidienne de populations réduites au chômage et à la misère, a remis en cause la viabilité de l’ensemble des PME françaises en Côte d’Ivoire.

 

Les Etats-Unis, qui font chorus à la politique de la France et de l’Union européenne, viennent d’essuyer un revers économique sérieux par la mise en place d’un nouveau système de commercialisation du cacao jusque-là contrôlé par des groupes américains, au premier rang desquels le groupe Cargill. Le suivisme de Washington par rapport à la politique de la France en Côte d’Ivoire cache mal son intérêt pour le pétrole du Golfe de Guinée où il peut compter sur un allié de poids, le Nigéria. Par ailleurs, l’opposition frontale du Président Sarkozy au Président Gbagbo ne peut qu’affaiblir l’influence de la France sur le continent africain au profit des Etats-Unis, mais aussi de la Chine et de la Russie, en particulier sur la question des sources d’énergie et des mines 

 

En bref, la cécité politique du monde occidental stimule l’inventivité des autorités ivoiriennes et des cadres du pays pour jeter les bases d’une véritable indépendance au lendemain de la mascarade mémorielle du cinquantenaire orchestrée à Paris, le 14 juillet dernier..

 

Paris 9 mars 2011

 

Guy LABERTIT

 

Ancien délégué national Afrique du PS (1993-2006)

Auteur aux Editions Autres Temps de « Adieu, Abidjan sur Seine « ou les Coulisses du conflit ivoirien (oct 2008)

Côte d’Ivoire, sur le sentier de la paix (juin 2010)

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 01:32

 

 

Joseph Kony et un de ses adjoints

 

Centrafrique : la LRA tue au moins 6 personnes et en enlève une trentaine

BANGUI (AFP) - 15.03.2011 11:50

Au moins six personnes ont été tuées et au moins une trentaine ont été enlevées, lors d'une attaque dimanche en Centrafrique de la rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans la région de Nzako (centre-est), a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Au moins six personnes ont été tuées et au moins une trentaine ont été enlevées, lors d'une attaque dimanche en Centrafrique de la rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans la région de Nzako (centre-est), a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Au moins six personnes ont été tuées et au moins une trentaine ont été enlevées, lors d'une attaque dimanche en Centrafrique de la rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans la région de Nzako (centre-est), a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Une source proche du dossier a fait état de six tués dont quatre militaires, et entre 30 et 50 personnes enlevées, alors qu'une source militaire à Bakouma, sous-préfecture de la préfecture de Mbomou, à quelque 60 km au sud de Nzako, fait état de 8 tués et d'une centaine de personnes enlevées.

"Les hommes de la LRA ont fait irruption dans la ville minière de Nzako en fin d'après-midi (dimanche), en tirant des coups de feu, tuant à bout portant huit personnes. Ils ont pillé des boutiques, incendié de nombreuses maisons d'habitation ainsi que des véhicules, et pris en otage au moins une centaine de personnes", selon cette source militaire à Bakouma.

"Informés de cette attaque, les éléments du détachement des forces armées centrafricaines (FACA) basés à Bakouma se sont lancés à leur poursuite dès dimanche soir. Ils ont repris lundi les opérations pour rattraper les rebelles et libérer les personnes retenues en otages", a ajouté la source.

Le 9 février 2010, des hommes de la LRA avaient occupé pendant plusieurs heures Nzako, pillant des maisons et tirant en l'air, avant de s'en retirer avec quelques dizaines d'otages.

© 2011 AFP

 

8 personnes tuées par la LRA à Nzacko

Radio Ndéké Luka Mardi, 15 Mars 2011 14:43

 

Les éléments rebelles de la LRA de Joseph Koni ont à nouveau attaqué une ville de la Centrafrique le weekend dernier. Il s’agit de la ville de Nzacko, localité située à 157 km de Bria, sur l’axe Bria – Yalinga.. L’attaque a fait 8 morts parmi la population, selon des sources concordantes.

Le correspondant de Radio Ndeke Luka qui a recueilli plusieurs témoignages confirme que plusieurs maisons ont été incendiées, des véhicules privés détruits, des boutiques de commerce général pillé et une centaine de personnes enlevées. Les ¾ de la population de la ville ont fui pour se réfugier dans le brousse.

Les assaillants ont évacué les lieux à l’arrivée des éléments des FACA (Forces Armées Centrafricaines) dont un détachement est basé à Bakouma, la ville voisine.

La dernière attaque de la LRA est celle perpétrée le dimanche 16 janvier 2011 aux villages d’Agoumar situés à 5 km de la ville de Rafaï et de Madabazouma situé à 100 km de la ville de Bangassou dans le sud de la Centrafrique. Des dégâts matériels importants ont été enregistrés et 12 personnes enlevées. Aucune perte en vie humaine n’a cependant été enregistrée.

 

ATTAQUE DES REBELLES OUGANDAIS DE LA LRA: AUTRES VICTIMES ET ENLÈVEMENTS

(MISNA) 15 Mars 2011 - 19:57 Une attaque des rebelles ougandais de la Lra à Bakouma (à 60 kilomètres au sud de Nzako, dans le Sud-est) se serait soldée par six victimes et une trentaine de civils enlevés, indique la presse internationale, citant des sources locales.

Les rebelles de la Lra, sous commandement de Joseph Kony, avaient déjà semé la terreur dans la riche région minière de Nzako – où opère essentiellement la compagnie française Areva – pendant le mois de février.

Après l’échec des négociations de paix en 2008, les rebelles de la Lra, qui ont sévi pendant près de 20 ans au Nord-Ouganda contre la communauté acholi, ont transféré leurs bases à l’étranger, plus particulièrement au Centrafrique, au Congo-Kinshasa et au Soudan, dont ils terrorisent les populations riveraines.

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 01:26

 

 

Boz et Monica

 

 

Bozizé investi président de la RCA pour 5 ans

Radio Ndéké Luka Mardi, 15 Mars 2011 14:22

 

François Bozizé a prêté serment ce mardi 15 mars 2011. La cérémonie s’est déroulée au « Stade des 20000 Places » à Bangui en présence de plusieurs Chefs d’Etat et de gouvernements africains. Des ambassadeurs occidentaux et représentants d’organisations internationales accrédités à Bangui ont également assisté à la prestation de serment. Le chef de l’Etat centrafricain, réélu au premier tour suite au scrutin du 23 janvier dernier, entame ainsi un second mandat présidentiel de 5 ans.

A l’invitation du président de la Cour constitutionnelle, main droite levée, Bozizé a déclaré : « je jure devant Dieu et devant la Nation d’observer la Constitution, garantir, sauvegarder l’intégrité de la République, préserver la Paix et l’Unité pour le bien-être de tous ».

En dressant le bilan de son 1er quinquennat, le locataire du Palais de la Renaissance a précisé que « l’accent a été mis sur la réconciliation, le dialogue, la reconstruction des infrastructures, la relance économique à travers l’assainissement de finances publiques, la restructuration de l’armée, la promotion de la jeunesse et de la société toute entière ».

Pour François Bozizé, ces mêmes projets repris et améliorés seront poursuivis « suivant le seul mot d’ordre qui est le Kwa Na Kwa (le travail rien que le travail). Le gouvernement mettra un accent sur les compétences, la bonne volonté, la transparence, dans la gestion de la chose publique, lutter contre la pauvreté pour faire du pays un lieu où il fait bon vivre ».

Le Chef de l’Etat a aussi  insisté sur la priorité que constitue à ses yeux le secteur primaire. Celui-ci a retenue et retiendra encore toute son attention : «  le développement de l’élevage de l’agriculture, la reconstruction des tissus industriels, la promotion de la diplomatie, de la justice, de l’énergie, de l’éducation, la préservation de la liberté de la presse, sans omettre de porter haut le flambeau de la jeunesse et de la femme ».

Pour marquer cet évènement que constitue l’investiture officiel du président de la République, cette journée du mardi 15 mars est déclarée « journée fériée, chômée et non payée » sur l’ensemble du pays par le gouvernement centrafricain. Les festivités se poursuivront à Mbaïki (environ 100 kms de Bangui au sud du pays) par une soirée de gala. Selon le correspondant de Radio Ndeke Luka dans la région, les maisons  sont déjà prises d’assaut par les invités conviés pour la circonstance.

Il faut rappeler que François Bozizé prête serment en pleine campagne électorale pour le second tour des élections législatives. Une campagne marquée pour le moment par une morosité sur l’ensemble du territoire centrafricain. Un second tour qui ne connaitra pas la participation des candidats de l’opposition, regroupés au sein du FARE, Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections.

Cette même opposition exige l’annulation pure et simple du verdict des urnes rendu par la Cour Constitutionnelle. Ce verdict crédite Bozizé de 64,37%. D’ailleurs, seul Jean Jacques Démafouth, candidat battu à l’élection présidentielle, a assisté à la cérémonie de prestation de serment. Les trois autres candidats (Ange Félix Patassé, Martin Ziguélé et Emile Raymond-Gros Nakombo) ont brillé par leur absence.

 

Centrafrique : François Bozizé investi président

BANGUI - AFP / 15 mars 2011 17h37 - François Bozizé, réélu au premier tour de la présidentielle de janvier en Centrafrique, a été investi mardi à Bangui pour un nouveau mandat de cinq ans par le président de la Cour constitutionnelle.

"La Cour constitutionnelle prend acte de votre serment (et) vous installe dans les fonctions de président de la République", a déclaré le président de la Cour, Marcel Malonga, après que M. Bozizé, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 2003, élu une première fois président en 2005 et réélu le 23 janvier avec 64,37% des voix au premier tour ait prêté serment au complexe sportif Barthélémy Boganda.

Lors de la cérémonie, il a reçu les insignes de la République et des objets guerriers symboliques traditionnels.

"Pour ce deuxième quinquennat, mon voeu le plus absolu est de consolider inlassablement l'oeuvre de reconstruction nationale entreprise depuis le sursaut du 15 mars 2003", date du coup d'Etat durant lequel il avait renversé Ange Félix Patassé, a-t-il déclaré.

"Il s'agira de poursuivre la relance de l'économie nationale, la transparence dans la gestion de la chose publique, de combattre la pauvreté, la corruption, de lutter contre le chômage, de promouvoir et protéger les droits fondamentaux de l'homme, de donner à la RCA (République centrafricaine) l'image d'un pays où il fait mieux vivre", a-t-il poursuivi.

L'opposition qui ne reconnaît ni les résultats de la présidentielle ni ceux des législatives du 23 janvier dont elle boycotte le second tour prévu le 27 mars a critiqué la date d'investiture choisie par M. Bozizé qui, selon elle, "atteste le mépris de François Bozizé pour la démocratie, car c'est la date anniversaire de son coup d'Etat".

(©)

 

Le président Ali Bongo Ondimba en RCA pour l’investiture de François Bozizé

Libreville, 15 mars (GABONEWS) - Le chef de l’Etat gabonais Ali Bongo Ondimba a quitté Libreville, la capitale gabonaise à destination de Bangui en République centrafricaine (RCA) où il sera l’un des illustres invités ce mardi à l’investiture du président, François Bozizé réélu lors du scrutin présidentiel du 23 janvier dernier, a –t-on appris de source officielle.

 Le président François Bozizé  qui prête serment ce mardi a été réélu au premier tour  avec plus de 600 000 voix soit 66,08% des suffrages, tandis que l'ex-président Ange-Félix Patassé qu’il avait renversé en 2003, vient en seconde position avec 20,10%. L'ancien Premier ministre Martin Ziguélé est quant à lui sorti 3ème avec 6,46%.

Le Gabon a largement contribué dans le retour de la paix dans ce pays membre de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

A plusieurs reprises, les leaders politiques et rebelles centrafricains se sont retrouvés à Libreville sous l’égide de l’ancien président Omar Bongo Ondimba pour négocier la paix dans leur pays.

Bangui la coquette a donc fait sa toilette pour accueillir les invités de marque du Président nouvellement réélu.

La République de Centrafrique qui sort peu à peu d’une longue période de troubles nés des différentes mutineries qui ont jalonné son existence sur le plan politique entend désormais œuvrer, avec le concours de tous ses fils, à la consolidation d’une paix, si durement acquise avec l’implication et le soutien de Libreville.

 

S.M. Le Roi du Maroc représenté par le ministre d'Etat aux cérémonies d'investiture

 

Le Président centrafricain reçoit Mohand Laenser

 

15.03.2011 | 17h55

Le Président François Bozizé a reçu, mardi à Bangui, le ministre d'Etat Mohand Laenser, qui a représenté S.M. le Roi Mohammed VI à la cérémonie d'investiture du Chef d'Etat centrafricain à la magistrature suprême de son pays. Dans une déclaration à la MAP, M. Laenser a affirmé avoir transmis les félicitations du Souverain à M. Bozizé en cette occasion.

Il a ajouté que le Président centrafricain l'a chargé de transmettre ses salutations à S.M. le Roi et exprimé sa détermination à renforcer la coopération bilatérale. La cérémonie d'investiture s'est déroulée, mardi, en présence de nombreux chefs d'Etat africains, dont les présidents du Tchad, de Guinée équatoriale et du Gabon.

 

Pape Diop a représenté Me Wade à l’investiture de Bozizé

15/03/2011 13:02 GMT

Dakar, 15 mars (APS) - Le président du Sénat Pape Diop a représenté, mardi à Bangui, le chef de l’Etat sénégalais Abdoulaye Wade à la cérémonie d’investiture du président centrafricain François Bozizé élu pour un nouveau mandant à la tête de son pays.

Pape Diop a quitté lundi à 11 heures par vol spécial à destination de Bangui, rapportent les services du Sénat dans un communiqué transmis à l’APS.

Le président centrafricain sortant, François Bozizé, a remporté avec 64,6 % des voix la présidentielle organisée le 8 mai dernier dans son pays. Il devance l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé.

BK

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 01:09

 

 

Mme Zewde Sahle Work et Ban Ki moon

 

 

Radio Ndéké Luka Mardi, 15 Mars 2011 14:41

Madame  Sahlé Work Zewde, actuelle représentante spéciale du Bureau Intégré des Nations Unies en Centrafrique (BINUCA), occupera désormais le poste de Directrice générale de l’office de l’ONU à Nairobi au Kenya. La décision a été prise le 11 mars 2011 par le Secrétaire général des Nations Unies, BAN KI MOON.

Ce mouvement intervient au moment où la République Centrafricaine prépare activement le second tour des législatives sans l’opposition politique qui a déjà retiré tous ses candidats de la course a la législature du pays.

Dans ses œuvres pour le développement du pays, le BINUCA est l’un des acteurs potentiels dans le processus électoral en cours, avec une des missions de chef de file des organisations Onusiennes voire internationales.

Mme Zewde, titulaire d’un diplôme en sciences naturelles de l’Université de Montpellier en France, sera la 1ere à occuper ce poste nouvellement créé de directeur général avec rang de secrétaire générale adjointe.

De nationalité éthiopienne, Mme Zewde a occupé plusieurs postes de responsabilités dans son pays et au sein de l’ONU. Née le 21 février 1950, Mme Sahle-Work Zewde est mère de deux enfants, tous garçons.

 

NDLR : Mme Zewde et le BINUCA ont totalement échoué dans leur mission en Centrafrique. Le processus électoral dont ils sont membres du comité de pilotage a débouché sur une mascarade électorale qui n’a pas permis une véritable alternance démocratique au pouvoir mais plutôt la confiscation du pouvoir par un dictateur sanguinaire incapable et sans aucune vision comme Bozizé. Cette dame quitte la RCA sur un incontestable et  retentissant échec tout en s’assurant la continuation de sa carrière personnelle. Elle inscrira sur son CV avoir été Représentante spéciale du SG des Nations Unies en Centrafrique alors que sa mission a échoué. Pauvre ONU ! Voilà où peuvent mener un diplôme en sciences naturelles. Qu’elle aille planter les choux au Kenya.

 

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 03:04

 

 

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le ministre de l'Education nationale

AmbroiseZawa

 

Ai- Rca- Lundi, 14 Mars 2011 16:20 -

Dans un communiqué de presse parvenu ce jour  au desk central de l’agence Ai, le coordonnateur du projet d’appui au programme sectoriel de l’éducation (Papse) déplore un cas de vol des manuels scolaires, don du fonds catalytique IMOA-FTI.

 

 

 " Le mardi 15 février 2011 au KM5, quartier populaire de la capitale et centre commercial, un vendeur ambulant a été pris en flagrant délit de possession et de vente des manuels de français distribués gratuitement dans les écoles publiques et privées de Bangui et de nos provinces » , a indiqué le communiqué  qui  a précisé que, grâce à un don du Fonds Catalytique IMOA-FTI, la République Centrafricaine pour la première fois dans son histoire, a disposé de 1 300 000 manuels de français et de mathématiques.

« Ces manuels sont strictement interdits de vente à la vente et ont été distribués dans toutes les écoles publiques et privées de l’enseignement fondamental 1, conformément aux directives du Premier ministre », a-t-on appris.

Malheureusement, déplore ce communiqué « des compatriotes peu scrupuleux et insensibles à la souffrance des écoliers centrafricains en ont subtilisés et les écoulent pour continuer de s’enrichir frauduleusement au détriment des parents d’élèves mal informés ».

Aux élèves,  aux parents d’élèves et  aux représentants des forces de l’ordre, le coordonnateur du projet Papse, Jonas Guezewane, les a invités  à contribuer  pour la sauvegarde de ce patrimoine.

« Il revient donc  à chacun de veiller à l’application de cette consigne  dont dépend la stratégie de l’amélioration de la qualité de l’enseignement tant attendu par tous », a-t-il dit.

A en croire M Guezewane, tous les  contrevenants et leurs  complices doivent savoir  qu’ils s’exposent à des poursuites judiciaires pour recel.

Kabongo, Ai Bangui

 

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 02:27

 

 

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L’investiture de Bozizé qu’il a choisi d’organiser le 15 mars est une véritable provocation car c’est une façon cavalière de commémorer sans trop en avoir l’air le huitième anniversaire de son putsch du 15 mars 2003. Comme message de division nationale il n’y a pas pire signal pour quelqu’un qui prétend en même temps être un rassembleur et le président de tous les Centrafricains. Chaque année depuis qu’il est à la tête de la RCA, Bozizé a toujours pris le malin plaisir de célébrer chaque 15 mars comme s’il était encore un chef de rébellion alors qu’il prétend aussi être chef de l’Etat centrafricain.

C’est une manière de signifier clairement que c’est par la force des canons qu’il est arrivé au pouvoir donc il doit le rappeler chaque année à cette date. C’est tout simplement inadmissible. Tous ceux, institution ou personnalité individuelle, qui accepteront d’y prendre part, consacreront en même temps leur reconnaissance de son coup d’Etat du 15 mars 2003, cela doit être sans ambiguïté.

Le Vatican qui a cru devoir dépêcher un émissaire non seulement avec un message de félicitation pour Bozizé mais aussi pour prendre part à cette investiture, fait fausse route car c’est clairement accorder une prime aux coups d’Etat et à l’usage des voies non constitutionnelle d’accès au pouvoir. Il y a de quoi s’interroger sur le rôle du Nigérian qui est nonce apostolique à Bangui ainsi que sur le sérieux des rapports et notes qu’il adresse au Vatican.  

L’ambassadeur de France à Bangui, Jean-Pierre Vidon qui, au lieu de rester solidaire avec ses autres collègues de l’UE, tient malgré tout à participer aux festivités de cette investiture non pas comme ambassadeur de France mais prétendument en tant que doyen du corps diplomatique. Il se moque du monde. Il aurait dû prétexter que c’est en tant qu’ami personnel de Bozizé qu’il va le faire, cela serait plus cohérent avec son comportement de soutien à ce sinistre dictateur sanguinaire car s’il n’était pas ambassadeur de France, serait-t-il doyen du corps diplomatique ?  

Il agit donc bien d’une violation d'un principe de l'UE qui ne célèbre aucune fête concernant la 1ère et 2ème guerre mondiale, notamment la signature de la capitulation de l'Allemagne nazie, le 11 novembre et le 18 juin. Ce comportement du diplomate français de Bangui rappelle celui de Mme Michèle Alliot Marie qui ne "savait pas ce qui se passait en Tunisie" et avait cru bon devoir proposer néanmoins au dictateur Ben Ali " le savoir-faire français en matière de maintien de l’ordre". Quel savoir-français pourrait proposer l'ambassadeur Vidon à Bozize ?

La décision de l’UE de boycotter l’investiture de Bozizé est très importante et lourde de signification. Outre le fait qu’elle veut clairement dire que l’UE ne reconnaît pas de ce fait la crédibilité des élections groupées qui ont eu lieu le 23 janvier dernier, elle veut dire aussi que le régime de Bozizé, suite aux violations répétées des éléments constitutifs essentiels de l'accord de Cotonou à savoir, les Droits de l'homme, la Constitution, les principes démocratiques  et la bonne gestion des affaires publiques, l'UE devrait ouvrir un dialogue politique conformément à l'article 8 et 9 et voire ouvrir une consultation avec la RCA sur l'article 96 de l’Accord de Cotonou pour obliger Bozizé à corriger ces manquements. Le régime de Bozizé réunit toutes les conditions pour qu'il lui soit appliqué les dispositions de l'article 96 de l'accord de Cotonou ; violation du des droits de l'homme, des principes démocratiques et de l'état de droit.

En principe, selon nos informations, Bozizé est pleinement informé des mesures auxquelles il s’expose dans le cas où il s’entêterait à ne pas respecter ce que lui demande l’UE qui n’est point satisfaite du déroulement des dernières élections et exige leur annulation, du moins des législatives. La non-participation des ambassadeurs de l’UE à l’investiture de Bozizé est donc un véritable désaveu et un cinglant camouflet qui doit refroidir sérieusement son enthousiasme déplacé. A lui d’en bien méditer le sens…L'opposition qui a refusé jusqu'ici de reconnaître sa pseudo victoire et toujours exigé l'annulation de ces élections ne doit pas bouder son plaisir et savourer ce qu'il faut bien appeler une réelle victoire car sa lutte a quelque peu payé.

 

Rédaction C.A.P 

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