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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 01:34

 

 

 

Bozizé hagard

 

 

 

DECLARATION FINALE DE LA RENCONTRE DE PARIS DU 27 DECEMBRE 2012

 

Après dix années de règne sans partage du pouvoir par le Général François BOZIZE, et, face à une situation de chaos généralisé en République centrafricaine, des élus du Peuple et de la Nation, des Organisations politiques et de la Société civile, des Personnalités politiques ou indépendantes se sont réunis à Paris, ce jeudi 27 Décembre 2012.


Pendant cette réunion, ils ont :

 

· Analysé de manière approfondie la situation de crise que traverse notre Pays.

 

· Constaté la montée des périls multiformes contre le Peuple Centrafricain.

 

· Décidé de trouver des solutions pour sortir de la crise actuelle.


Sur l’analyse de la situation actuelle et la montée des périls multiformes.

 

Ils ont identifié les causes majeures dues principalement :

 

· Au refus de François BOZIZE d’appliquer dans son intégralité les accords de paix de

2007.

 

· Au mépris total de François BOZIZE de mettre en oeuvre les recommandations du Dialogue National 2003, puis de celles du DPI (Dialogue National Politique) 2008.

 

· A l’organisation des élections présidentielle et législatives manipulées et truquées.

 

L’opposition démocratique n’avait pas pris part à ces élections législatives. Et, les faits ont fini par leur donner raison, car à l’issue de ces élections législatives un quart (1/4) de l’Assemblée est constitué par les Fils de BOZIZE, ses Femmes, ses nombreuses Maîtresses ou ses Parents les plus proches.

 

· Aux dernières manoeuvres pour le tripatouillage de la Constitution de 2005 afin de briguer un troisième mandat, alors que cela lui est interdit (Art. 24 et 108 de la Constitution).

 

· A une Armée Nationale sous-équipée, humiliée et démotivée, alors que le Ministre de la Défense nationale n’est autre que Francis BOZIZE, le propre fils du Général François BOZIZE.

 

Pour les solutions de sortie de crise.

 

Les participants ont décidé de :

 

· Dénoncer le recrutement massif de mercenaires angolais et congolais, la distribution en règle de machettes et d’armes de guerre en tout genre. Alors que le procès de Jean-Pierre Bemba Gombo est en cours, auprès de la Cour Pénale Internationale à La Haye ! Nous réaffirmons qu’il s’agit avant tout d’une affaire centrafricano-centrafricaine.

 

· De créer une plate-forme politique du changement rassemblant toutes les composantes de la vie nationale.

 

· D’accompagner les efforts et les sacrifices accomplis par les forces contestataires regroupées dans la coalition « SELEKA »

 

La plate-forme annoncée est dénommée Front Républicain pour l’Alternance et la Paix (FRAP). Elle aura pour mission de définir et de mettre en oeuvre les modalités de la transition consensuelle, après le départ forcé ou volontaire du Président en place actuellement.

 

Enfin, le FRAP appelle la Communauté internationale, l’Union Africaine, la France, les Chefs d’Etat de la CEEAC, à soutenir ses propositions plutôt que de laisser perdurer une situation dont l’auteur est parfaitement connu.

 

Fait à Paris, le 27 Décembre 2012.

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Centrafrique-Presse.com - dans Communiqués
29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 01:10

 

 

 

soldats-francais.jpg

 


PARIS AFP / 29 décembre 2012 00h39 - Cent cinquante militaires français ont été envoyés en renfort à Bangui, en Centrafrique, dépêchés depuis une base de Libreville, et ils sont arrivés sur place vendredi matin, a-t-on appris dans la nuit auprès du ministère français de la Défense, confirmant une information de RFI.


Dans ce pays africain en proie à des troubles, il s'agit d'une mesure de précaution pour la protection des ressortissants français et européens, a-t-on précisé de même source. Une compagnie d'infanterie de parachutistes, soit 150 hommes, est venue renforcer les quelque 250 soldats français déjà présents sur la base M'Poko de l'aéroport de Bangui, a-t-on ajouté.


Vendredi dans la journée, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait réaffirmé la position de l'exécutif français à propos des troubles en Centrafrique, à savoir que la France n'a aucune intention de s'ingérer dans les affaires intérieures de ce pays, et n'interviendra que pour protéger ses ressortissants.


Quelque 1.200 Français vivent en Centrafrique, parmi lesquels un tiers de binationaux, selon le ministère de la Défense.


Mercredi à Bangui, plusieurs centaines de manifestants, proches du pouvoir, s'en étaient pris aux locaux diplomatiques français, reprochant à Paris son inaction face à la progression de la rébellion de la coalition Séléka.


Un détachement de militaires français basés à l'aéroport de Bangui avait dû venir renforcer les gendarmes assurant la protection de l'ambassade de France dans la capitale centrafricaine.


Les 250 militaires français déjà déployés en Centrafrique y sont dans le cadre de la mission Boali de soutien à une force multinationale sous mandat de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC). Elles contribuent à la sécurité générale du pays et offrent un soutien à la reconstruction des forces armées centrafricaines, avait précisé mercredi la Défense.


Vendredi les forces armées centrafricaines ont déclenché une contre-offensive pour reprendre aux rebelles la ville stratégique de Bambari (centre), tandis qu'ont été annoncées des négociations sans délai et sans conditions sous l'égide de la CEEAC.



(©) 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dépêches
29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 00:41

 

 

Fomac-forces.jpg

 

 

Crise en Centrafrique : déploiement d'un contingent supplémentaire d'interposition

 


LIBREVILLE AFP / 28 décembre 2012 23h13- Un contingent supplémentaire de la Force multinationale d'Afrique centrale (FOMAC) va être déployé en Centrafrique, ont annoncé les ministres des Affaires étrangères de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) réunis à Libreville vendredi pour aborder la crise centrafricaine.


560 hommes sont déjà sur le terrain, et nous avons approuvé la demande du secrétariat général de la CEEAC pour renforcer cet effectif et lui permettre d'accomplir sa mission d'interposition, face à la progression de la rébellion du Séléka qui menace à présent Bangui, la capitale, a annoncé à l'issue du sommet Moussa Faki Mahamat, ministre tchadien des Affaires étrangères.

 

L'objectif avoué est d'amener la FOMAC à s'interposer pour que Bangui et toutes les villes qui ne sont pas prises (par le Séléka) aujourd'hui ne puissent pas être visées par les rebelles, a souligné le ministre gabonais des Affaires étrangères Emmanuel Issoze Ngondet.


Dans la journée de vendredi, Les forces armées centrafricaines ont lancé une contre-offensive pour reprendre aux rebelles la ville stratégique de Bambari (centre), alors qu'au même moment, la mission de médiation de la CEEAC a annoncé la tenue de négociations sans délai et sans conditions entre les belligérants à Libreville.


Tout le monde accepte d'aller au dialogue. Sans condition. Sans préalable, a assuré le général Guy-Pierre Garcia, secrétaire général adjoint de la CEEAC.


Personne n'a posé de conditions particulières (...) ni le président (centrafricain) ni le gouvernement, ni les rebelles, ni l'opposition démocratique, ni les politico-militaires (ex-rebelles), a-t-il précisé.



(©) 

 

Centrafrique: la mission de conciliation a commencé à Bangui et Ndélé

 

fomac.jpg


28/12/2012 à 13:26


Une mission de conciliation de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) a commencé vendredi auprès du pouvoir centrafricain et des rebelles pour tenter de les amener à la table des négociations en janvier, a appris l'AFP de source officielle.


"L'objectif est d'arriver à des négociations le 10 janvier. La mission est arrivée hier (jeudi) soir à Bangui. Elle a commencé les discussions avec le pouvoir ici à Bangui et a envoyé une délégation à Ndélé pour rencontrer les rebelles", a appris l'AFP auprès de la Force multinationale d'Afrique centrale.

 

La CEEAC veut obtenir un cessez-le-feu sur le terrain, avant des négociations entre les deux parties, probablement à Libreville au Gabon, selon la même source.

 

La mission, dirigée par le général congolais (Brazzaville) Guy-Pierre Garcia, secrétaire général adjoint de la CEEAC, est composée de six personnes.

 

Parallèlement, les ministres des Affaires étrangères de la CEEAC devaient se rencontrer vendredi à Libreville, selon une source au ministère gabonais des Affaires étrangères.

 

La coalition rebelle du Séléka a pris les armes le 10 décembre pour réclamer le respect d'accords de paix signés avec le gouvernement entre 2007 et 2011, qui prévoyaient des programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion.

 

Les rebelles ont conquis en deux semaines plusieurs villes clés et menacent de renverser le président François Bozizé.

 

La Centrafrique, pays enclavé de cinq millions d'habitants, était engagé depuis 2007 dans un processus de paix après des années d'instabilité, de multiples rébellions, mutineries militaires et putschs qui ont ravagé son tissu économique et l'ont empêchée de tirer profit de ses ressources naturelles.

 

La Force multinationale d'Afrique centrale, mise en place en 2008, avait pour mission d'aider à consolider la paix dans le pays. Elle a compté jusqu'à 500 soldats en provenance du Gabon, de République Démocratique du Congo, du Tchad et du Cameroun. Elle avait commencé à se retirer progressivement de la Centrafrique, qu'elle était censée quitter définitivement avant le 31 décembre 2013.

 

 

Centrafrique : négociations entre rebelles et pouvoir

 

Libération 28 décembre 2012 à 22:47

 

 

Une contre-offensive a par ailleurs été lancée par les forces armées pour reprendre la ville de Bambari.

 

Les forces armées centrafricaines ont lancé vendredi une contre-offensive pour reprendre aux rebelles la ville stratégique de Bambari (centre), alors que des négociations ont été annoncées «sans délai» et«sans conditions» sous l'égide de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC).

 

De violents combats ont eu lieu vendredi à Bambari, place forte des forces fidèles au président François Bozizé, située à 300 km au nord-est de Bangui, selon une source militaire centrafricaine. Cette ville était tombée en quelques heures le 23 décembre aux mains des rebelles du Séléka, désormais proches de Bangui, la capitale.


«Des éléments des Forces armées centrafricaines ont attaqué Bambari pour essayer de la reprendre. Les combats ont été particulièrement violents. On ne sait pas encore qui contrôle la ville», a indiqué cette source sans plus de précisions. De sources concordantes, l’attaque, qui a débuté à 7H00 et duré plusieurs heures, s’est soldée par des «pertes en vies humaines», sans qu’aucune partie ne soit en mesure de donner un bilan.


Selon une source humanitaire, «des témoins situés à 60 km de Bambari ont entendu des détonations et des tirs d’armes lourdes pendant plusieurs heures dans la journée».


Cette reprise des combats intervient alors que la mission de médiation de la CEEAC a annoncé en soirée la tenue de négociations «sans délai»et «sans conditions» entre les belligérants à Libreville.


«Tout le monde accepte d’aller au dialogue. Sans condition. Sans préalable», a assuré le général Guy-Pierre Garcia, secrétaire général adjoint de la CEEAC.


«Personne n’a posé de conditions particulières (...) ni le président (centrafricain) ni le gouvernement, ni les rebelles, ni l’opposition démocratique, ni les politico-militaires (ex-rebelles)», a-t-il précisé.


Le général a assuré que le dialogue aurait lieu «sans délai» mais a refusé de fixer une date, ne confirmant pas celle du 10 janvier avancée par une source proche du dossier. Le général a admis la possibilité de nouvelles «escarmouches», soulignant que «rien à Bambari ne s’opposait à un dialogue».


Parallèlement, les ministres des Affaires étrangères de la CEEAC - dont les ministres centrafricain, tchadien, gabonais, ainsi que le commandant de la FOMAC, le général Jean-Félix Akaga - étaient réunis vendredi soir à huis clos à Libreville pour discuter de la crise centrafricaine.


Ils devraient rendre leurs conclusions tard dans la soirée, après les avoir présentées au président gabonais Ali Bongo.


Un renforcement des forces de la FOMAC pourrait y être discuté. Les ministres devraient aussi évoquer l'éventuelle interposition du Tchad, qui semble moins disposé à soutenir le président Bozizé que par le passé. Le Tchad a positionné des troupes à la sortie de Bangui, mais avec l’ordre de ne pas intervenir pour l’instant.


A Bangui, la situation était calme vendredi. Les prix des denrées alimentaires étaient néanmoins en forte hausse sur le marché, témoin des inquiétudes des habitants devant la menace rebelle. Ces derniers jours, des dizaines de Congolais ont préféré rentrer chez eux, en traversant le fleuve Oubangui qui sépare la capitale de la République démocratique du Congo mais le flux s'était tari vendredi.


Les Américains ont néanmoins décidé d'évacuer leur ambassade, tandis que l’ambassade de France, caillassée par des jeunes il y a deux jours, faisait l’objet d’une protection importante mais discrète de l’armée française.


Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a répété vendredi, comme le président François Hollande la veille, que la France, ex-puissance coloniale, «n’a pas l’intention d’intervenir pour régler les affaires intérieures» de la Centrafrique. «Si elle intervient, c’est uniquement pour protéger ses ressortissants», a-t-il dit.


Sans être généralisé, un sentiment anti-français commençait à apparaître chez une partie de la population, probablement instrumentalisé par des radicaux du régime.


Vendredi matin, environ 300 femmes ont manifesté pour la paix, à l’initiative d’associations proches du régime qui appelle la communauté internationale à intervenir.


La coalition rebelle du Séléka a pris les armes le 10 décembre pour réclamer le respect d’accords de paix signés avec le gouvernement entre 2007 et 2011, qui prévoyaient le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des combattants.


La Centrafrique, pays enclavé de cinq millions d’habitants, parmi les plus pauvres de la planète, était engagé depuis 2007 dans un processus de paix après des années d’instabilité, de multiples rébellions et mutineries militaires qui ont ravagé son tissu économique et l’ont empêchée de tirer profit de ses ressources naturelles.


(AFP)

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 22:55

 

 

 

des-manifestants-devant-lambassade-de-france-c3a0-bangui

 

bozizebangui


Par RFI  vendredi 28 décembre 2012


De violents combats ont encore eu lieu dans la journée ce vendredi 28 décembre en République centrafricaine. La ville de Bambari a été assiégée par les forces armées régulières. Et ce soir, un accord a été trouvé pour l'ouverture de négociations entre Bangui et la rébellion de la Seleka. La situation est calme actuellement à Bangui. Paris a néanmoins décidé de renforcer ses troupes sur place. Cent cinquante parachutistes français sont arrivés dans la capitale centrafricaine.

 

Ces 150 militaires se trouvaient jusque-là en mission à Libreville au Gabon. Ils ont été envoyés à Bangui jeudi soir 27 décembre pour renforcer les 250 militaires français déjà présents dans la capitale centrafricaine.

 

Le 26 décembre, il y a eu des manifestations anti-françaises à Bangui. Paris a donc décidé de renforcer la sécurité de l'ambassade avec une section d'infanterie, soit une trentaine d'hommes, une dizaine de commandos et un véhicule de protection. Une dizaine de militaires ont aussi été déployés au lieu-dit des « 17 villas » où vivent de nombreux Français.

 

Les 150 hommes qui viennent d'arriver resteront, eux, basés à l'aéroport de Bangui. « Il s'agit d'une mesure de précaution, explique-t-on au ministère français de la Défense, pour faire face à une éventuelle évacuation ». Evacuation qui n'a pas été décidée, précise de son côté le Quai d'Orsay, « aucune instruction n'a été donnée ce sens ».

 

Le dispositif doit être prêt au cas où, explique-t-on à Paris. D'autant que la France serait, en plus des 800 Français présents, chargée de prendre en charge, si la situation se détériorait, d'autres ressortissants européens.

 

« Nous ne sommes pas inquiets, résume un officiel françaisLa situation à Bangui s'est plutôt améliorée, mais nous devons rester vigilants ».

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 21:58

 

 

 

Boz centrafrique

 

 

 

République Centrafricaine

 

Unité-Dignité-Travail

 

 

CONVENTION PATRIOTIQUE DU SALUT DU KODRO

 

Communiqué de Presse

 

 

Suite aux évènements de Bangui hier, à savoir les manifestations orchestrées par le Président François BOZIZE et les attaques des Ambassades française et des Etats-Unis et du Tchad


Nous demandons à tous nos frères et soeurs centrafricains dans Bangui de ne pas cautionner les machinations d’un pouvoir aux abois.

 

Nous demandons à nos frères des FACA de déposer les armes et à rejoindre notre mouvement qui occupe tout le pays.

 

Le sang des centrafricains a suffisamment coulé, le Président François Bozizé est isolé, lâché de tous côtés et aux abois.

 

Les forces étrangères que le Président François Bozizé a fait venir et qui sont actuellement aux nombres de 300 mercenaires Ougandais cantonnés au Palais, et les troupes Congolaises qui sont en train d’être équipés en tenue de combats des FACA, prouve l’intention sanguinaire de cette fin de règne

 

Nous demandons à nos frères et soeurs de ne pas lui servir de boucliers humains et de ne pas s’opposer à notre avancée.

 

Le sursaut patriotique vaincra, le temps de la dictature est révolu.

 

La Patrie ou la Mort, Nous vaincrons !

 

 

Fait à PARIS le 28 / 12 / 2012-12-28

 

 

Coordonnateur Délégué Europe

 

NDJADDER François Nelson
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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 21:49

 

 

 

bozizebangui.jpg

 

 

LE 28 DÉCEMBRE 2012 14H19 | PAR VINCENT HUGEUX  http://blogs.lexpress.fr/afrique-en-face/2012/12/28/rca-bozize-aux-abois


Un SOS tous azimuts. Isolé, menacé en son palais banguissois de la Renaissance par les rebelles de la Séléka, le général-président François Bozizé en appelle à tous ses parrains et protecteurs d’hier. A commencer par les « cousins » français et nord-américains. Mauvaise pioche. Les 250 militaires bleu-blanc-rouge stationnés sur l’aéroport de la capitale, tient à préciser François Hollande, ont vocation à protéger « nos ressortissants et nos intérêts », et non « un régime » ; hors de question « d’intervenir dans les affaires  intérieures d’un pays ». « Un régime », « un pays »: l’un et l’autre seraient-ils à ce point innommables ? Quant aux Etats-Unis, ils ont tout bonnement fermé leur ambassade.


N’accablons pas -du moins pas encore- le chef de l’Etat aux abois. Si elle semble enfin révolue, la martingale du sauvetage postcolonial ne l’avait jusqu’alors jamais trahi. Paris bénit en mars 2003 le putsch fatal au calamiteux Ange-Félix Patassé. Et sauvera la mise à l’ami « Boz » en 2006, quitte à bombarder deux villes fraîchement conquises par les insurgés de l’UFDR. Une autre figure de style françafricaine contribuera à entretenir l’illusion de l’assurance-vie perpétuelle : le ballet des généraux d’active ou retraités bien de chez nous mandatés pour conseiller le frère d’arme et encadrer sa garde prétorienne. Uranium, diamants, or, télécoms : d’autres « sorciers blancs », rarement mûs par le seul altruisme, perpétueront la chimère. Le plus pittoresque du lot ? Armand Ianarelli, un homme d’affaire corse, patron, entre autres, de la salle de gym ou Bozizé s’échine à garder la forme et la ligne. De même, au long de la décennie écoulée, le fils de gendarme natif de Mouila (Gabon), passé par l’Ecole de guerre hexagonale, a misé sur maints alliés -rarement désintéressés- pour étayer son pouvoir chancelant. Tchad, Libye, Afrique du Sud, Israël, Soudan, RDC, Chine. Tous auront, chacun à sa façon, fournit au roitelet de Bangui des béquilles sécuritaires ou budgétaires.


Franc-maçon, promu voilà peu « évangéliste suprême » de l’Eglise du christianisme céleste-Nouvelle Jérusalem, dont il fonda en 2001 le chapitre centrafricain, entouré par une coterie de pasteurs venus du Bénin, Bozizé a pu longtemps croire en sa bonne étoile. Remarqué par le grotesque Bokassa Ier, pour avoir selon la légende boxé un légionnaire français coupable de raillerie envers l’impérial Jean-Bedel, le jeune François se voit promu aide de camp du boss et général de brigade à 32 ans. Ministre de l’Information, il tente en vain en 1982 de renverser André Kolingba. Embastillé au retour de son exil béninois, il échappe in extremis à une tentative d’assassinat dans sa cellule.


Son piteux score, lors de la présidentielle de 1993, lui vaudra le sobriquet de « Monsieur 1% » ? Qu’à cela ne tienne : quoique taiseux et médiocre orateur, l’homme de Dieu ne doute pas de son destin. Chef d’état-major de Patassé, il orchestre en 2001 un nouveau coup d’Etat foireux, fuit au Tchad puis en France. La troisième tentative, deux ans plus tard, sera en revanche couronnée de succès. Fraudes à l’appui, les scrutins de 2005 puis 2011 feront le reste.


Musée vivant des maux du continent, la République centrafricaine n’a jusqu’alors échappé à aucun des travers qui sapent son essor : alternances en treillis de combat, élections truquées, insigne faiblesse de l’Etat, corruption, clientélisme, népotisme… Charité bien ordonnée commençant par moi-même, le reclus de Bangui a toujours privilégié son ethnie gbaya et sa descendance. Avec un bonheur inégal. S’il peut miser sur son aîné Jean-Francis, ancien adjudant de la Légion et ministre délégué à la Défense,  papa Bozizé a dû sévir contre Kévin, mis à l’ombre pour avoir omis d’acquitter une coquette note d’hôtel. Recalé d’une formation militaire à Tours, Aimé-Vincent fut quant à lui expédié en pénitence dans la ville-garnison de Bouar. A l’inverse, nous apprend La Lettre du Continent, le prénommé Socrate serait de toutes les virées à l’étranger. Le père, les fils et le Saint-Esprit… Lors des législatives de janvier 2011, la famille a d’ailleurs raflé un petit cinquième des sièges : parmi les élus, le chef du clan et la Première Dame Monique, flanqués de quelques rejetons ou neveux. Qui préside alors la Cour constitutionnelle ? Un cousin, par ailleurs pasteur de l’Eglise baptiste.


Le 26 novembre, à la faveur d’un culte d’action de grâce, l’évangéliste suprême a invité ses compatriotes à demeurer dans la prière, à l’image de Job, pour surmonter les difficultés et attendre le salut. Dieu, pour peu qu’Il en trouve, reconnaîtra les siens.

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 21:43

 

 

Entête Collectif Touche pas à ma Constitution

 

 

La Lutte pour le respect de la Constitution interpelle tous les Centrafricains. 

 

 

Compte Rendu de l’assemblée Générale du 23/12/2012 

 

L’an deux mille douze et le 23 Décembre à 16 Heures 00 , s’est tenu une assemblée générale à Dakar (Sénégal) portant sur le rapport annuel des activités et le renouvellement des membres du Bureau Exécutif. 

 

Le rapport annuel des activités a fait l’objet des propositions dans l’optique de renforcer le règlement intérieur et le nouveau programme d’action du Collectif pour l’année 2013/2014. 

 

L’assemblée a aussi voté le nouveau Bureau qui prendra service à partir du 01/01/2013, il sera chargé de piloter le Collectif, prend en charge toutes les représentations du Collectif dans les différents pays où celles-ci sont établies. 

 

Les membres cités ci-dessous ont été élus conformément aux dispositions des règles statutaires et du règlement Intérieur dans le nouveau Bureau Exécutif du Collectif. 

 

1. Coordonateur Général : Kenny Wilfried ZOUNGARANI 


2. Coordonateur Général-Adjoint : Mandela YAPENDE 


3. Secrétaire Général Exécutif : Alix KOYANGOZO 


4. Secrétaire Général Exécutif-Adjoint : Gérard BOUKANGA GONOGUELE 


5. Responsable Stratégie : Adrien KOUNDOU-ZALIA 


6. Chargé des relations Extérieures : Médard YAPENDE 


7. Porte Parole : Godfroy-Luther DJANAYANG GONDJE 


8. Trésorier Général : Aubin GONGUENON 


9. Responsable Juridique : Hamed BADAMASSI 

 

 

Lors de sa Conclusion, le Président de l’assemblée a également remercié l’ensemble des membres qui ont bien voulu répondre par leurs présences et interventions. 

 

Fait à Dakar, le 24 Décembre 2012 

 

Pour le Collectif 

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Centrafrique-Presse.com - dans Annonces et divers
28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 21:36

 

 

 

 

Goungaye-Wanfiyo-Nganatouwa.jpg

 

 

Déclaration relative à la situation de crise militaire et politique en République centrafricaine

 


Le Président François BOZIZE YANGOUVONDA, arrivé au pouvoir en République Centrafricaine par la force après une meurtrière rébellion militaire et le coup d'Etat du 15 Mars 2003 se retrouve aujourd’hui à son tour menacé de perdre son fauteuil présidentiel de la même manière que son prédécesseur qu‘il a chassé par les armes.


En effet, depuis le 10 Décembre 2012, plusieurs organisations militaire et politique de Centrafrique rassemblées au sein de l’Alliance SELEKA contestent le régime au pouvoir.


L’alliance SELEKA justifie son action par le non respect des accords de paix signés entre le pouvoir et les différents groupes de rébellion armée ainsi que le refus de l’application des recommandations du dialogue politique inclusif - DPI.


Ainsi, la situation qui prévaut en Centrafrique depuis le 10 décembre 2012 sonne comme une prémonition.


Maître GOUNGAYE WANFIYO, Avocat franco-centrafricain, ancien Président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme, disparu en Centrafrique le 28 Décembre 2008 dans un « accident » de voiture non élucidé à ce jour, avait fait part, dans un courrier adressé le 15 Novembre 2007 au Président Français de l'époque, Monsieur Nicolas SARKOZY, de la situation de crise que traverse la Centrafrique


Me GOUNGAYE WANFIYO avait fait savoir que cette crise pouvait avoir de graves conséquences à cause des violations constantes de la Constitution par le régime en place lorsque celui-ci considère que le texte fondamental ne sert pas ses intérêts.


Me GOUNGAYE WANFIYO comparaissait l’Assemblée Nationale de Centrafrique d’une coquille vide. Il affirmait que l’indépendance de la justice était quotidiennement menacée par les interventions intempestives et directes du chef de l’Etat sur le travail des juges considérés à tort ou à raison comme corrompus ou comme des adversaires du pouvoir exécutif.


Les juges qui ne peuvent dire le droit dans la liberté. La Cour Constitutionnelle, lorsqu’il lui arrive de faire preuve d’une certaine indépendance est placée sous pression.


Sur le plan économique les affaires de l’Etat sont contrôlées par un cercle familial.


Face à cette situation des voix se sont bien entendu élevées pour demander la tenue d’un dialogue et pour ramener la paix et la sécurité.


Aujourd’hui, nous réitérons la question posée par Me GOUNGAYE WANFIYO au Président français Nicolas SARKOZY en 2007.


« La France peut-elle se prévaloir d’être la patrie des droits de l’homme et du citoyen et en même temps continuer à cautionner, par la permanence de son soutien, un régime aux antipodes de l’Etat de droit, des droits de l’homme et de la bonne gouvernance ? »


Devant la prise de position du nouveau Président français, Monsieur François HOLLANDE, à travers le communiqué de presse publié le 26 décembre 2012 par l'Elysée annonçant des dispositions qui seraient prises pour assurer la sécurité des ressortissants français en lien avec les autorités Centrafricaines, nous nous posons des questions sur la réelle signification de cette annonce.


A défaut d'avoir pu protéger la vie de Me GOUNGAYE WANFIYO, citoyen français disparu en Centrafrique dans un mystérieux « accident » parce qu'il faisait entendre sa voix sur la grave crise sociale et politique que traverse ce pays, particulièrement les multiples atteintes des droits de l'homme du régime en place, nous aurions voulu au moins que sa brutale disparition soit élucidée.


En cette date anniversaire de la disparition de Me GOUNGAYE WANFIYO, il est temps de faire la lumière sur « l’accident de voiture » qui aurait causé sa mort afin de permettre à son épouse, ses enfants et ses amis de connaitre la vérité et de pouvoir entamer leur deuil.


Devant la situation qui prévaut en ce moment en Centrafrique, nous attendons que cette fois-ci, la France, la patrie de la liberté, des droits de l’homme et de la solidarité avec les peuples opprimés soit du côté du peuple centrafricain qui souffre et qui aspire aussi à la liberté, à la paix et au progrès.


Le 27 décembre 2012


Pour le Comité Vérité et Justice pour Maître GOUNGAYE


Contact du CVJ GOUNGAYE


comiteveritejustice@gmail.com

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 21:31

 

 

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Les embrouillaminis de Bozizé

 

La terreur infligée par François Bozizé et sa galaxie à la population centrafricaine en général et l’intelligentsia, le secteur privé et l’armée est sur le point de partir en fumée. L’avancée fulgurante de la coalition des rebelles dite « Séléka » confirme l’impuissance de la bozizie et tous ses généraux et conseillers réunis. Il n’y a pas de boucs émissaires à se chercher en accusant la France et les Etats-Unis qui ont toujours été au chevet du peuple centrafricain sous la tyrannie de Bozizé. Avant et après le Dialogue Politique Inclusif depuis 2007, les recommandations ont été appliquées sur mesure. Le fameux Comité de Suivi des Recommandations du Dialogue Politique Inclusif présidé par Henri MAÏDOU n’a toujours pas des informations sur la disparition d’un des politico-militaires qui y siégeait et était gardé au camp de la MICOPAX. C’est aussi l’arrestation de Jean-Jacques DEMAFOUTH accusé de préparer un coup d’état. Avec sa stratégie de débauchage des membres de l’opposition assoiffés de poste ministériel ou de se faire appeler « anciens ministres » puisqu’il finit toujours par les mettre sur le banc de touche. Aujourd’hui, Bozizé se permet de faire appel au dialogue lorsqu’on sait qu’il n’a plus le contrôle du territoire.


La bozizie croyait multiplier des exactions dans le pays afin de faire asseoir sa suprématie sur la République Centrafricaine et gouverner à vie en modifiant aisément la Constitution de la République. Avec la progression du Seleka, Bozizé nie avoir la moindre intention de modifier la constitution . Tout se passe comme si Bozizé avait perdu tous ses sens et qu’il ne fait que se réveiller lorsque la situation est déjà pourrie avec un pays ingouvernable sur le plan sécuritaire. Et s’il suivait les alertes de la presse ?

 

Les illusions de Bozizé

 

Bozizé a encore en lui les vieux souvenirs de sa présence de Garde corps rapproché auprès de l’ex empereur Jean Bedel Bokassa 1er juste au lendemain des indépendances africaines. Ce dernier qui a eu les illusions qu’il pouvait s’éterniser au pouvoir. Il est enfin mort plus tard dans des conditions déplorables pour un ancien Chef de l’Etat et qui se dit au surplus empereur. Et si la lecture de l’histoire récente de la République Centrafricaine pouvait leur prodiguer conseil ? Hélas, tout se passe comme si le pouvoir et l’argent les ont aveuglés s’ils n’ont pas été simplement à mesure de mieux gouverner. C’est d’ailleurs, juste pour la simple raison que c’est le hasard de l’histoire qui a conduit ce général d’opérette de François Bozizé à parvenir au pouvoir sans bavure et ses garçons en majorité militaires qui passent leur temps à sucer des bonbons dans la voiture comme des gamins surtout Papy qui en est le friands. Les contextes ne sont plus les mêmes aujourd’hui.

 

Bozizé le « boucher »

 

Bozizé se fait appeler « boucher » ou encore « dépeceur » de ses compatriotes surtout ceux qui dénoncent sa politique machiavélique. En effet c’est la départ en exil, les arrestations arbitraires, les déportations à des destinations inconnues si ce n’est pas vers ses prisons spéciales. Et c’est l’assassin de Bozizé qui se sentant en danger appel au dialogue. C’est là où le suspect plane lorsqu’un meurtrier est brusquement animé de l’Esprit Saint et sain. Il y a de quoi à se poser mille questions. Ne va-t-il pas changer de direction lorsque les hostilités auront cessé ?

  

On aura retenu de Bozizé et ses sbires que son règne ne s’est limité qu’à Bangui puisque presque les provinces de la République Centrafricaine vivent sans protection de l’Etat. Les centrafricains sont exposés à tous dangers quelques soient les origines.


La boziziephobie n’est que pure illusion. François Bozizé, ses enfants les plus délinquants des fils des chefs d’état au monde et tous ceux qui gravitent autour d’eux pour des miettes font désormais des calculs pour leur retour ou départ en exil ou alors pactiser avec les assaillants. Mais ils doivent rendre compte de leurs actes.  

 

La jeunesse n’est pas un bouclier humain

 

Bozizé n’a pas honte de l’exode forcé de la jeunesse centrafricaine vers Brazzaville en République du Congo à la recherche de la pitance. Bozizé n’a pas honte de son incurie et ose parler d’une agression extérieure. Bozizé n’a pas honte de son projet machiavélique du recrutement clanique dans les rangs de des FACA et tourné en vinaigre. D’où son buste a été déboulonné et enterré au cimetière de Ndress de son vivant. Il lance un appel à la jeunesse pour le rejoindre dans la bataille contre la rébellion Seleka. De quelle jeunesse pense-t-il ? « La Jeunesse debout. Toi seule tu dois veiller sur ton pays car si tu as peur, ce sera ton problème car je ce que je fais est pour vous, je me bats pour vous… », scande Bozizé à la jeunesse.


Si c’est la jeunesse centrafricaine, il faut dire qu’elle a été sauvée de justesse par la maladresse de Francis Bozizie aux ordres de son père de président. Ces jeunes qui devraient être lancés au front comme agneaux sur l’autel des holocaustes. Qu’il cesse de nous divertir avec ses discours coupés des réalités vécues par les jeunes centrafricains sous son régime. C’est le règne le plus médiocre au plus pire des cas absolument nul que la Centrafrique aura connu. La boziziphobie est à son début de la fin…


Wait and see.

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 20:59

 

 

 

 

Mgr Nzapalainga :  « La solution en Centrafrique ne peut passer que par le dialogue »

 

 

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http://www.la-croix.com  28/12/12 - 14 H 51

 

ENTRETIEN. Alors que l’offensive rebelle marque des points dans le nord et désormais le centre du pays, Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, appelle les différentes parties à « se mettre autour d’une même table ».  

 

Quelles sont les racines du conflit actuel, opposant les rebelles du Séléka au président François Bozizé ? 

 

Notre pays a connu toute une série de dialogues politiques : « conférence nationale », « grand débat national », « dialogue politique inclusif »… À l’issue de ces processus, des accords ont été signés, des résolutions prises, des promesses faites. Or le plus souvent, elles n’ont pas été respectées. Lorsque les signataires retournent dans leur camp, des gens de la base estiment que ce qui a été signé ne les engage pas. Il s’ensuit même des scissions au sein des partis.


Par exemple, il avait été décidé que ceux qui, dans la brousse, déposaient les armes, pourraient entrer dans l’armée ou se voir proposer une aide pour se réinsérer, voire un travail. Or les choses traînent. Il semble que le gouvernement ait utilisé les crédits à autre chose. Il faudrait une évaluation de ce qui a été fait, de ce qui n’a pas été fait, en déterminer les raisons, et désigner les responsables, de part et d’autre. Mais nous restons actuellement dans le non-dit. Faute de cet état des lieux précis, les deux camps s’accusent mutuellement et en bloc. Le non-respect de la parole donnée engendre des frustrations, la violence, la rébellion, la guerre et la destruction.


 Quelle est la position de l’Église catholique ?

  

Je suis très souvent interrogé par les médias, mes messages de l’Avent et de Noël ont été diffusés à la radio : j’y ai évoqué les maux de la Centrafrique et redit que la solution ne pouvait passer que par le dialogue. La mission de l’Église consiste à apporter au monde la paix du Christ. Elle est appelée à faire montre de vigilance et faire office de sentinelle pour notre époque.


Certains viennent même me voir pour demander à l’Église de jouer le rôle de tierce personne dans les discussions entre gouvernement et rebelles. Mais nous ne pouvons jouer ce rôle à l’heure actuelle, faute de contact avec ces derniers. Peut-être mes frères évêques du nord du pays en ont-ils mais je ne parviens pas à les joindre : toutes les lignes téléphoniques sont coupées.


 Un dialogue est-il encore possible entre le gouvernement et le Séléka ? 

 

Il n’y a pas d’autre alternative. Une famille, un quartier, une ville ou un pays qui n’envisage pas le dialogue dans la gestion de ses différends ou dans la répartition des biens communs n’est pas loin de sombrer dans une spirale de la violence aux conséquences très destructrices. Le peuple centrafricain est composé de plusieurs couches dont les attentes ne sont pas homogènes mais il n’en demeure pas moins qu’il partage une attente plus fondamentale : celle de la paix, comme cadre d’une économie prospère, du développement, du bien-être, de la santé, de l’éducation…


Dans un pays confronté au népotisme, au clanisme, au régionalisme et à la concentration des richesses de tout un peuple entre les mains d’une minorité, une autre aspiration connexe se fait sentir : la justice. Il ne s’agit pas de promouvoir un égalitarisme mais de rendre à chacun son dû et de se préoccuper des plus faibles. Nous attendons que la justice soit rendue selon les dispositions du droit pour mettre un terme au règne des grands qui écrasent les petits.


 Le conflit est-il aussi religieux, entre rebelles « musulmans » et Centrafricains « chrétiens » ? 

 

Non, il s’agit là d’analyses simplistes et rapides. J’entends dire ici ou là que parmi les rebelles, qui viennent du Nord, certains portent des turbans… Je n’ai aucune preuve de cela. Selon moi, le conflit est bien davantage lié à l’injustice et au non-respect de la parole donnée.

 

RECUEILLI PAR ANNE-BÉNÉDICTE HOFFNER

 


 

La Centrafrique, un vrai casse-tête pour la France


28/12/2012


Le bourbier centrafricain pourrait être, paradoxalement, le laboratoire de la nouvelle politique africaine de la France. Quels sont les choix qui s'offrent au président François Hollande?

 

Depuis l’époque de Bokassa (qui a dirigé le pays de 1966 à 1979), en République centrafricaine (RCA), le temps semble s’être arrêté.


Tous les régimes successifs, y compris celui croulant de François Bozizé, ont réussi l’exploit d’installer le peuple centrafricain dans le régime de la déceptivité permanente.


Pourtant, ce pays regorge d’immenses ressources (or, diamant, pétrole, bois, coton) qui n’ont guère profité à son peuple, plongé dans une misère indescriptible.


A l’heure où, une fois de plus, dans sa tragique histoire, la voix des armes semble plus audible que celle du dialogue politique, le peuple centrafricain ignore tout de ce qui se trame sur sa tête, entre Paris, Ndjaména et Bangui.


Exaspérés, démunis, impuissants, une partie des Centrafricains réclament à cor et à cri l’intervention militaire de la France pour arrêter la ballade de santé d’une rébellion disposant de soutiens extérieurs, encore indéchiffrables. Qui se cache derrière ces rebelles?


«La démocratie ne se négocie pas»


Quoi qu’il en soit, François Hollande dont l’expérience africaine semble vierge, est attendu au tournant avec cette patate chaude centrafricaine. Le bourbier centrafricain sera-t-il, paradoxalement, le laboratoire de la nouvelle politique africaine de Hollande? Il n’a pas le choix.


Souvenons-nous que lors du 14e sommet de la Francophonie, à Kinshasa, il avait affirmé, face à la presse, qu’il sera exigeant avec l’Afrique parce que, disait-il, il aimait l’Afrique. Comme pour dire, qui aime bien châtie bien. Et il ajoutait d’un ton ferme: 

 

«La démocratie ne se négocie pas.»


Certes, on connaît la sensibilité des militants et sympathisants socialistes français sur la question des droits de l’Homme et de la démocratie. Et l’on sait également la mauvaise conscience qui agite la gauche française, après les errements et le doute moral de la politique mitterrandienne au Rwanda. Mais, Hollande a l’avantage d’être un homme neuf.


Contrairement à Nicolas Sarkozy qui avait ce don inné de crisper et de susciter des passions inutiles, Hollande jouit d’une image favorable sur le continent. 


Cependant, en matière de politique africaine, en France, gauche et droite n’ont jamais brillé par leur créativité et leur imagination. Mais droite et gauche prônent, depuis la présidence de Chirac, une refondation de la politique africaine de la France.


La présence militaire de la France


S’agissant de son dispositif militaire sur le continent, notamment dans les pays dits du champ ou «pré carré», la France a engagé avec eux des processus de renégociation de ses accords de défense et de sécurité.


Rappelons tout de même que cette renégociation est plus subie que voulue côté français. Sans les contraintes budgétaires pesant sur son économie nationale, la France n’aurait jamais procédé à de tels réaménagements.


Officiellement, la France de Hollande dit non à toute intervention pour sauver le régime aux abois de Bozizé. Aux Centrafricains de régler leurs comptes entre eux. Difficile de le croire et de le suivre quand on sait historiquement que la Centrafrique a toujours été l’arrière-cour de Paris; avec Bangui, on peut parler de relations particulières, spéciales.


Comment Hollande compte-t-il concilier les valeurs de démocratie et de droits de l’Homme avec la défense des intérêts économiques et stratégiques à Bangui? Se reniera-t-il? Va-t-il se salir les mains dans les eaux troubles de la politique africaine?


Une chose est sûre, quoi qu’il décide, il doit savoir que l’Afrique a changé et change, que la France est condamnée elle-même à changer, et son regard, et sa politique africaine. Il est temps qu’on en finisse avec ce que l’historien congolais Elikia M’Bokolo appelle «ses nostalgies colonialistes attardées, ses pesanteurs rampantes de néocolonialisme, ses réseaux honteux de la Françafrique».


Assurer sa propre sécurité


Mais, qu’elle intervienne ou pas en Centrafrique, la France n’a pas à répondre à cette question fondamentale à la place des Africains: la moindre situation d’injustice justifie-t-elle le recours aux armes? Et que vaut l’honneur national sans une armée nationale?


Cinquante ans après «les indépendances», il est choquant de voir des Africains appeler à des interventions étrangères militaires pour régler des différends entre eux. Comme s’ils n’avaient jamais été préparés, dès «les indépendances», à payer le prix fort pour assurer leur propre défense et leur sécurité.


En 2013, pour tous les pays africains, la question cruciale demeurera la même: quel régime politique faudrait-il instaurer pour garantir durablement la paix civile? Les lamentations et les fantasmes sécuritaires de certains dirigeants du type Bozizé ne répondent, en aucun cas, à cette question.


Selon le philosophe anglais Thomas Hobbes, chantre de la sécurité, la crainte qui plane sur toute collectivité humaine, c’est la guerre civile. Or, en Afrique, même des élections dites libres et transparentes finissent par conduire à la guerre civile. Ce qui apporte un démenti cinglant à l’optimisme libéral de Tocqueville suivant lequel seule la démocratie peut insuffler et répandre dans le tissu social de toute nation, la paix civile, cette sorte d’énergie de l’espoir.


La loi des armes


Il existe une théorie funeste qui continue à prédominer en terre africaine: sans les armes, on ne peut pas arriver au pouvoir. Et pour éviter cette dialectique naïve de la poudre et du canon, il faut que la politique prenne le pas sur une vision militarisée de l’ordre politique.


L’édification de sociétés africaines démocratiques peut et doit se faire avec les armées en tant qu’institutions républicaines. Il ne sert à rien de diaboliser l’ordre militaire en tant que tel. Mais sans la démocratie républicaine, la politique ne s’affranchira jamais, en Afrique, du bruit des armes.


D’ailleurs, l’expérience centrafricaine actuelle a mis en lumière ce juste sentiment d’humiliation nationale de ce peuple, par rapport à la pesante tutelle militaire tchadienne. Il faut rappeler aux Africains, surtout aux jeunes générations, qu’il n’y a pas d’amour de la patrie sans amour de la démocratie.


Bien comprise, cette idée peut permettre aux peuples africains d’accomplir leur propre historicité. Mais en attendant, il faudra accepter d’en payer le prix.


Abdoulaye Barro (Le Pays)

 

 

 

Centrafrique: reprise des combats à Bambari entre rebelles et armée

 

rebelle centro Nord

 

 

BANGUI 28-12-2012 à 19h16 - 19h55  (AFP) - De violents combats ont eu lieu vendredi à Bambari (centre), ville occupée depuis dimanche par la rébellion du Séléka qui a repris les armes le 10 décembre et s'approche dangereusement de Bangui, a-t-on appris de source militaire centrafricaine.


"Des éléments des Forces armées centrafricaines (Faca) ont attaqué Bambari pour essayer de la reprendre. Les combats ont été particulièrement violents. On ne sait pas encore qui contrôle la ville", a indiqué cette source sans plus de précisions.


Selon une source humanitaire, "des témoins situés à 60 km de Bambari ont entendu des détonations et des armes lourdes pendant plusieurs heures dans la journée".


La reprise des combats intervient alors que les pays d'Afrique Centrale ont entamé vendredi une médiation en Centrafrique pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu et des négociations entre le régime du président François Bozizé et la rébellion.


Parallèlement, les ministres des affaires étrangères de la Communauté économique des états d'Afrique centrale ont entamé une rencontre à Libreville (Gabon) pour trouver une solution de sortie de crise.


Le Séléka, qui revendique le "respect" de divers accords de paix signés entre 2007 et 2011, a conquis de nombreuses villes du nord et du centre de la Centrafrique à une vitesse fulgurante, s'emparant de plusieurs villes stratégiques telles que Bria et Bambari (centre) et récemment Kaga Bandoro, au nord de Bangui.


Vendredi, des éléments du Séléka ont été signalés aux alentours de Damara, ville située à a peine 70 km de Bangui, que la rébellion a pourtant affirmé ne pas vouloir attaquer.


Réunis le 21 décembre à N'Djamena, les chefs d'Etats de la CEEAC avaient appelé à des négociations "sans délai" à Libreville, en donnant un ultimatum d'"une semaine" à la rébellion pour se retirer de ses positions, ultimatum arrivant à terme vendredi.


Le Séléka avait exprimé sa "satisfaction" devant la proposition de négociation, mais avait maintenu ses positions et continué sa progression vers Bangui, se justifiant par "les provocations des Faca", "l'absence de cessez-le-feu" et le "manque de garanties".

 

 

 

 

Crise en Centrafrique: les pays d'Afrique Centrale entament une médiation


Libération 28 décembre 2012 à 17:26

 

Les pays d'Afrique Centrale ont entamé vendredi une médiation en Centrafrique pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu et des négociations entre le régime du président François Bozizé et la rébellion qui le menace.

 

La Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) veut réunir les belligérants à une table de négociation début janvier, probablement à Libreville au Gabon, a appris l'AFP auprès de la Force multinationale d'Afrique centrale, une force de pacification régionale présente dans le pays depuis 2008 et qui compte quelques centaines d'hommes.


"L'objectif est d'arriver à des négociations le 10 janvier. La mission est arrivée hier (jeudi) soir à Bangui. Elle a commencé les discussions avec le pouvoir ici à Bangui et a envoyé une délégation à Ndélé pour rencontrer les rebelles", a-t-on indiqué de même source.


Cette mission de médiation est dirigée par le général congolais (Brazzaville) Guy-Pierre Garcia, secrétaire général adjoint de la CEEAC, et elle est composée de six personnes.


Parallèlement, les ministres des Affaires étrangères de la CEEAC devaient se rencontrer vendredi à Libreville pour discuter de la crise centrafricaine, selon une source au ministère gabonais des Affaires étrangères.


A Bangui, la situation était calme vendredi, mais les Américains ont néanmoins décidé d'évacuer entièrement leur ambassade.


"L'ambassade des Etats-Unis à Bangui a provisoirement suspendu ses opérations le 28 décembre en raison de la situation sécuritaire (...). L'ambassadeur Wohlers et son équipe diplomatique ont quitté Bangui", a annoncé dans un communiqué le département d'Etat jeudi soir.


L'ambassade de France, caillassée par des jeunes il y a deux jours, faisait elle l'objet d'une protection importante de l'armée française, tandis que des employés ramassaient les innombrables pierres jetées sur l'édifice le 26 décembre.


Jeudi, le président centrafricain avait publiquement appelé à l'aide la France et les Etats-Unis pour le soutenir contre l'Alliance rebelle Séléka, qui en deux semaines s'est emparé de plusieurs villes clés et menace de le renverser.


Mais le même jour, le président français François Hollande a réfuté tout soutien au régime centrafricain.

Sans être généralisé, un sentiment anti-français commençait à apparaître vendredi chez une partie de la population, probablement instrumentalisé par des radicaux du régime.


"Vous, les Français vous en voulez à notre pétrole, à notre sous-sol. Mais un jour on va s'en prendre à vous, on va en tuer un! Vous faire partir! ", a lancé un douanier à un journaliste de l'AFP, qui a été pris à partie à deux reprises par des Banguissois sur le même sujet. Plusieurs témoignages de Français à Bangui vont dans le même sens.


Dans la matinée, une manifestation pour la paix a réuni dans la capitale environ 300 femmes, à l'initiative d'associations proches du régime, qui cherche à faire pression sur la communauté internationale pour qu'elle intervienne.


"Notre pays est en danger. On veut la paix. On tue nos frères dans l'arrière-pays. Il faut que le Séléka cesse les combats", a affirmé Estelle Loka, femme au foyer et mère de trois enfants.


"Il faut que la France nous défende. Certains sont mécontents de la France parce qu'ils ne nous défendent pas alors que c'est notre parrain. Il faut que la France vienne au secours de la RCA (République centrafricaine)" a-t-elle poursuivi, assurant "ne pas avoir de problèmes avec les Français".


Dans un discours, la présidente de l'organisation des femmes centrafricaine, Marguerite Kofio, a demandé au nom des "femmes centrafricaines aux chefs d'Etat de la sous-région de veiller à ce que le mandat du président Bozizé aille jusqu'à son terme".


La coalition rebelle du Séléka a pris les armes le 10 décembre pour réclamer le respect d'accords de paix signés avec le gouvernement entre 2007 et 2011, qui prévoyaient des programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion.


La Centrafrique, pays enclavé de cinq millions d'habitants, parmi les plus pauvres de la planète, était engagé depuis 2007 dans un processus de paix après des années d'instabilité, de multiples rébellions, mutineries militaires et putschs qui ont ravagé son tissu économique et l'ont empêchée de tirer profit de ses ressources naturelles.

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