Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 15:37

 

 

 

centrafrique-copie-1.gif

 

 

 

Les Brèves de N’djaména  DEB ou le trio infernal

Source : Tchadactuel lundi 9 mai 2011

Le trio Deby, El-Béchir et Bozizé à la recherche des solutions machiavéliques aux vrais problèmes. Oumar El-Béchir est très amer, déçu et frustré. Il pensait avoir conclu un bon deal avec les américains : « tu laisses le Sud Soudan se séparer tranquillement, démantèle la rébellion tchadienne, réconcilie toi avec le Tchad et on suggèrera à la CPI d’annuler ses poursuites et on obligera les rebelles du Darfour de signer un accord avec toi sans majeur condition ». Dans la même optique et pour réassurer El-Béchir, les américains ont fortement conseillé aux sud-soudanais de ne pas aider les rebelles du Darfour sous quelle forme que ce soit. C’est ainsi que Salva Kiir, le Président du Sud-Soudan, demanda très gentiment à Minny Minnawi et au Dr Khalil, qui ont entre-temps déployé leurs forces au sud, de repartir au nord.

Traduit en langage de la rue, c’est à peu près le deal qu’El Béchir pensait avoir conclu avec Oncle Sam et ses satellites européens. Or après le referendum passé de manière plus que soft avec des résultats reconnus par El Béchir avant même leur publication officielle, ce dernier n’a rien vu venir : au contraire le Gal Scott Cration, l’envoyé spéciale américain pour le Soudan et qui était l’interlocuteur principal d’El-Béchir, a pris le même jour l’avion pour son nouveau poste d’Ambassadeur. La CPI n’a pas bronché, les rebelles de Darfour se sont renforcés.

Du coup, El-Béchir se rend compte qu’il a été berné et réagit. Sans laisser le temps aux faucons de son régime de l’accabler pour avoir bradé le Sud, il fomente un mini coup d’Etat interne pour se débarrasser des officiers supérieurs islamistes et en temps interne de nouveau leur chef spirituel en la personne de Dr Hassan El Tourabi, puis commence un vaste travail de sape à l’encontre du gouvernement du Sud soudan : création des milices opposées au régime. Des milices qui se sont étrangement vite développées et qui ont pris depuis des proportions inquiétantes. Il existe à l’heure actuelle plus de 4 mouvements armés qui luttent contre le pouvoir de Salva Kiir. Dirigés par des anciens célèbres maquisards, souvent proches du défunt Chef historique de SPLA, John Garang, donc des chefs de guerre plus fédéralistes que séparatistes, soutenus fermement et de manière ouverte par Khartoum. Ces mouvements sont devenus une menace sérieuse pour le nouveau régime du Sud Soudan. Le régime d’El-Béchir ne s’est pas arrêté à cela. Il traîne les pieds pour entamer des discussions sur les points encore en suspense et vient même de déclarer publiquement que la région d’ABYEY, région pétrolifère du Sud Soudan, mais habitée majoritairement par des nomades venus du Nord, appartient au Nord. Pire, la région a subi un nettoyage ethnique systématique.

Selon plusieurs sources concordantes, le régime d’El Béchir est en train de durcir sa position vis-à-vis du Sud et beaucoup craignent un regain de violence généralisée qui retarderait la proclamation de l’indépendance du Sud soudan.

Dans cette lancée machiavélique, El Béchir semble trouver deux acolytes qui vont le soutenir dans cette œuvre de destruction du Sud Soudan avant même la naissance de celui-ci : Deby du Tchad et Bozizé de la RCA. Ces deux doivent soutenir El Béchir dans ses desseins de déstabilisation : les rebelles antis Salfa Kiir doivent trouver une base arrière sûre. Par l’intermédiaire de Deby, Bozizé accepta de mettre à la disposition des rebelles la région de l’extrême Nord-Est comme centre de décision et d’accueil les villes de Birao et OBO. On rappelle que cette région est aussi la zone des opérations des rebelles centrafricains : Bozizé pense ainsi faire contenir ses propres rebelles par les rebelles du Sud Soudan, tandis que les armes partiront du Tchad via la RCA.

Dans cette opération tragi-comique, chacun dupe l’autre. Deby, qui a reçu en audience très récemment une délégation des sud-soudanais et qui leur a promis l’ouverture d’un consulat général, était pourtant un opposant acharné contre l’indépendance du Sud-Soudan. Il a aussi trouvé une occasion en or pour montrer à l’opinion internationale sa reconnaissance du nouvel Etat. Mais avant que l’incendie de la case du voisin n’atteigne la sienne, il donne un coup de main très intéressé à El Béchir qui a entre-temps démantelé sans vergogne l’opposition politico-militaire tchadienne sur son territoire ! Pour ce faire, Deby embarque dans ses manigances le pauvre Bozizé pour que son pays serve de base arrière aux contras soudanais, étant entendu qu’aucun pays de la sous-région de l’Afrique orientale n’est prête à accueillir une opposition au nouvel état. Au contraire, tous sont contre, à des degrés divers au nord musulman. Le Gal Bozizé sera présenté aux soudanais par son mentor comme le nouvel allié inconditionnel dans la déstabilisation du Sud-soudan, et naturellement ces sacrifices consentis par le peuple centrafricain pour le Gl El Béchir méritent d’être récompensés. Comment, de quelle nature ? Et combien ? Ce sont les sujets à discuter lors du prochain sommet, à moins que Mr Deby n’en décide autrement.

La convivialité retrouvée entre Deby et El Béchir cache beaucoup des en-dessous. En effet, contrairement à Deby qui agit et réagit sans constance ni consistance, les soudanais n’ont pas une culture de réaction instantanée mais agissent comme le cancer. En d’autres termes ou vous pratiquez l’ablation de la partie attaquée, ou il vous tue ! En ce sens qu’ils n’ont rien oublié de Deby : de ses incartades, de ses volte-face, de ses légèretés à traiter les affaires de l’Etat. . . . Ainsi de la manière la plus intelligente, ils préparent le virus ! Mais. . . . . Deby non plus n’est pas du tout bête, avec la rançon récupérée du voisin du nord … C’est Django tire ou meurt, ou bien Santana tire le premier. Vivant, verra et vivra!!!


Bérémadji Félix (N’djaména)

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 04:03

 

 

 

12022011malonga

 

 

Comme nous l’avons révélé en exclusivité la semaine dernière dans une de nos parutions, c’est bel et bien la coquette somme de 500 millions de F CFA, soit 762.2450.86 d’euros que le président de la Cour constitutionnelle centrafricaine a trimbalé sur lui depuis Bangui jusqu’à Paris pour verser sur son compte bancaire mais il a dû se heurter à certaines difficultés.

Selon nos informations, c’est sans doute Bozizé, comme il a l’habitude de le faire, qui a « cadeauté » Marcel Malonga de ce pactole pour l’immensité des services rendus par sa forfaiture et celle de la Cour qu’il a la chance et le privilège de présider, qui ont rendu possible sa réélection dès le premier de la présidentielle et octroyé exclusivement l’entrée à l’assemblée nationale du seul KNK parti au pouvoir et de la famille Bozizé. Cela vaut bien quelques remerciements.

Le sieur Malonga a donc réussi auprès de la banque Ecobank de Bangui à se procurer entièrement le montant total de sa manne en billets d’Euro qu’il s’est fait fort d’emporter sur lui jusqu’à Paris sans éveiller le moindre soupçon de qui que ce soit, ni à l’aéroport Bangui Mpoko à Bangui ni à l’aéroport à Paris.

Toujours d’après nos sources, Marcel Malonga n’en est pas à son premier coup car Bozizé a l’habitude par son entremise d’arroser financièrement les neuf membres de la Cour constitutionnelle de la RCA qu’il a réussi à assujettir totalement à sa personne après les avoir terrorisés et menacés de mort à maintes reprises.

C’est ainsi qu’assez récemment, il aurait remis à Marcel Malonga la somme de 150 millions de F CFA, environ 228.673.525.86 euros, une misère, afin qu’il puisse les partager avec les membres de sa Cour. Malonga a gardé pour lui seul 85 millions de F CFA, soit 129581664.65 euros et a remis 65 millions de F CFA soit seulement 99.091.861.2 euros pour ses neufs autres collègues. De la vraie gourmandise.

Aux dernières nouvelles, Marcel Malonga séjournerait toujours actuellement en France où il prétend y subir des soins médicaux et se reposer. Le pauvre, vu la charge de travail qui est la sienne à Bangui, on peut comprendre qu’il ait besoin de quelques semaines de vacances et beaucoup de repos, surtout avec en sa possession une telle fortune.

C’est tout de même assez étonnant que compte tenu des nouvelles dispositions réglementaires internationales et les textes officiels concernant la lutte contre le blanchiment d’argent et le transport des devises, on ne lui ait pas demandé quelques explications ni à Bangui ni en France.  

  Rédaction C.A.P

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Annonces et divers
10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 02:53

 

 

 

DPI.jpg

 

 

 

BANGUI - 09/05/2011 (Xinhuanet) - A la demande de Bruxelles, un dialogue politique inclusif postélectoral sera organisé en République centrafricaine, a annoncé vendredi soir l'ambassadeur de l'Union Européenne en Centrafrique, Guy Samzung suite à une audience avec le chef de l'Etat François Bozizé.

Selon Guy Samzung, le président de la République a déjà donné son accord de principe pour l'organisation dudit dialogue et qu'il ne reste qu'à réfléchir sur les démarches nécessaires à sa faisabilité.

Ce dialogue politique postélectoral se situe dans le cadre de la recherche des solutions à la crise postélectorale en Centrafrique.

Les résultats des élections présidentielles et législatives du 23 janvier dernier donnent Bozizé vainqueur dès le premier tour, tandis que l'opposition conteste les résultats, l'accusant de « fraude massive » et appelle l'annulation et la reprise des élections.

Une mission d'enquête envoyée par Bruxelles a publié un rapport qui confirme l'irrégularité des élections.

L'ambassadeur de France en Centrafrique et le représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) Bô Shack ont également pris part à l'audience du vendredi avec Bozizé.

© Copyright Xinhuanet

 

NDLR : Il est évident que la crise postélectorale dans laquelle Bozizé a plongé le pays avec son hold-up électoral ne doit demeurer en l’état et qu’il faut bien trouver une solution pour préserver la paix et éviter de troubles supplémentaires au pays. N’ayant aucune légitimité, il va sans dire qu’aucun parti de l’opposition, notamment le RDC et le MLPC pour ne citer que ces deux, ne peut accepter de demeurer à l’écart de la vie politique parlementaire et nationale pendant les cinq années du mandat de Bozizé qui vient seulement de commencer et se contenter d’admirer le KNK naufrager le pays.

La classe politique est donc condamnée à dialoguer afin de trouver des solutions de sortie de crise. Mais le dialogue politique ne doit pas être les fausses solutions de partage du pouvoir avec Bozizé et le KNK que certains entrevoient. Ce n'est nullement l'octroi à l'opposition ou aux fils d'anciens chefs d'Etat de quelques strapontins qui règlera la crise centrafricaine. Si dialogue doit y avoir, il ne saurait plus se tenir aux conditions de Bozizé et du KNK comme en décembre 2008. Bozizé a en effet déjà roulé tout le monde dans la farine avec le DPI de décembre 2008 dont il s’est ensuite assis sur les recommandations et a refusé d’en appliquer la feuille de route pourtant consensuellement adoptée. C’est cette roublardise qui a abouti à l’impasse actuelle où se trouve le pays.

Les conditions d’un nouveau et vrai dialogue

S’il doit y avoir dialogue, il ne doit plus se dérouler en Centrafrique mais à l’extérieur. Cela ne doit plus être une grande messe fourre-tout. Il doit exclusivement réunir la classe politique avec des participants triés sur des critères rigoureux. Il ne doit plus être question de permettre aux vrais faux pasteurs et autres confessions religieuses, les prétendus pouvoirs publics et autre majorité présidentielle qui ne sont que des clones du KNK, de venir insidieusement augmenter la représentation du KNK.

S’il doit y avoir dialogue, Bozizé ne doit plus s’imposer comme maître du jeu et placer à sa guise ses hommes de main tels les Binguimalé et autre Cyriaque Gonda et autres assoiffés d’argent  S’il y a dialogue, il ne doit plus déboucher sur un gouvernement Touadéra 4. Ce dialogue doit être piloté par des structures internationalement reconnues et à l’expertise établie, ayant mené jusqu’au bout des médiations et négociations difficiles. Il ne saurait plus être question de « pouvoir discrétionnaire » de Bozizé pour quoi que ce soit.

Des engagements doivent pris de part et d’autre qui doivent être respectés et appliqués sinon on va encore faire semblant et se moquer du monde. Le pays va mal, voire très mal et il faut vraiment remettre les pendules à l’heure. Bozizé est le problème et en même temps la solution au problème. Il doit avoir l’humilité de reconnaître qu’il a lamentablement échoué dans sa gouvernance qui malheureusement se poursuit. S’il s’est dépêché d’accepter le principe d’un nouveau dialogue, il faut espérer que ce n’est pas parce qu’il en attend seulement des subsides de la part des partenaires au développement et qu’il est sincèrement d’accord pour cesser ses roublardises et autres calculs machiavéliques sordides.

C’est uniquement donc à ces conditions qu’un autre dialogue politique présenterait de l’intérêt et serait utile pour enfin sortir la RCA de l’impasse actuelle qui ne peut réjouir personne. Il appartient aux pays et institutions partenaires de la RCA de rattraper les choses en imposant un minimum de conditions à Bozizé car il a le plus grand mépris et une totale aversion pour l’opposition. Dialogue politique ? Oui mais...! Plus de chèque à blanc à Bozizé !

 

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 01:03

 

 

 

771839-944557

 

 

Radio Ndéké Luka Lundi, 09 Mai 2011 14:25

Abdoul Karim Méckassoua, nommé ministre des postes et télécommunications chargé des nouvelles technologies, dans le Gouvernement Touadéra III, est de retour à Bangui depuis samedi 7 mai. Il met ainsi fin aux rumeurs qui circulaient ces derniers jours au sujet de son éventuel refus d’intégrer le gouvernement.

L’information est rendue publique ce lundi 9 mai 2011, par le quotidien « Le Démocrate », « Abdoul Karim Méckassoua a décidé de rentrer au pays pour servir l’Etat après être conseillé par certains Chefs d’Etats africains, indique le journal ». « Il est arrivé de France où il  réside depuis quelques temps », ajoute-t-il.

Toujours selon ce même quotidien, « le domicile de Thierry Savonarole Maleyombo, ancien ministre des postes et télécommunications, et actuel député du 7e Arrondissement de Bangui, a fait l’objet d’une perquisition par les éléments de la sécurité présidentielle ».

Le Journal n’a pas indiqué la date à laquelle l’évènement s’est produit. Il a tout simplement mentionné que la perquisition avait pour but de récupérer tout ce qui est biens meubles et véhicules de ce département ministériel et ceux de l’Agence de Régulation des Télécommunication en sa possession. Interrogé par Radio Ndeke Luka, l’ancien ministre des Télécommunications a confirmé avoir reçu la visite d’éléments de la garde présidentielle, mais dément toute perquisition de son domicile.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 00:50

 

 

 

drapeaux_rca_ue_200.jpg

 

Radio Ndéké Luka Lundi, 09 Mai 2011 14:26

La Journée de l’Europe est célébrée ce lundi 9 mai 2011. L’Union européenne qui est l’un des principaux partenaires au développement de la Centrafrique. Le cadre de la coopération est tracé dans un document de stratégie et actuellement, l’assistance de l’Union européenne s’inscrit dans le programme du 10ième FED, (Fonds européen de développement).

L’objectif global de la coopération entre la CE (Commission européenne et la RCA est la réduction de la pauvreté, conformément à la stratégie de développement de la RCA et aux objectifs du millénaire pour le développement. Les interventions de l’Union européenne en Centrafrique se concentrent sur deux secteurs principaux : La gouvernance, les infrastructures et le désenclavement.

Le programme indicatif pluriannuel en RCA au titre du 10ème FED entendez le Fonds européen de développement, prévoit une enveloppe programmable de 142,8 millions d'euros pour ces priorités, soit près de 93 milliards de francs CFA.

Une enveloppe de près de 22 milliards de nos francs est prévue pour accompagner le gouvernement dans ses efforts en vue de maintenir la stabilité économique et sociale et de réformer la gestion des finances publiques.

Cette intervention européenne en RCA tient aussi compte de questions transversales, telles que la démocratie, la bonne gouvernance, les droits de l'homme, les droits des enfants et des populations indigènes, l’égalité entre les sexes, la préservation de l'environnement à long terme ainsi que la lutte contre le HIV/SIDA.

En février dernier  une convention a été signée pour un montant d’environ 9 milliards de francs CFA.  Le ministre du Plan Sylvain MALIKO avait expliqué à l’époque que ce financement « concerne la réhabilitation des services  de la Justice et de la Police, la construction ou la réhabilitation des routes ».

 

NDLR : Dans ces conditions, on ne peut comprendre la surdité et l'entêtement inutile dont fait preuve Bozizé à qui l'UE ne cesse de demander qu'il annule les dernières élections qu'elle qualifie de "sujettes à caution", du moins les législatives si  la présidentielle lui semble plus difficile à consentir. Si l'UE ferme le robinet financier, Bozizé et son gouvernement ont-il les moyens de faire face à la situation ? Une chose est certaine, Bozizé n'a aucune légitimité actuelement ainsi que son assemblée nationale et son gouvernement Touadéra 3. Ils sont l'émanation d'élections frauduleuses avérées aux résultats contestés par tout le monde. L'actuelle Assemblée nationale composée exclusivement de sa famille et de son parti KNK doit être dissoute.

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales
10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 00:49

 

 

 

eau-sodeca.jpg

 

 

Radio Ndéké Luka Lundi, 09 Mai 2011 14:23

Depuis une dizaine de jours, il y a une pénurie d’eau dans la capitale centrafricaine. Selon les quartiers, la situation va de la baisse de pression à l’absence totale. Les images de femmes, seules ou en groupes, bassine vide en mains, allant à la recherche du précieux liquide, sont devenues banales. Elles parcourent ainsi parfois plusieurs kilomètres avant de trouver une fontaine publique disposant d’eau. Et là encore, il faut faire preuve de patience, placer sa bassine sur une file déjà longue de plusieurs dizaines de mètres.

La situation perdure. Elle est encore plus dramatique dans certaines arrondissements de la capitale, notamment ceux du 4ème, 8ème,  6ème, ainsi qu’au PK12.

A défaut des fontaines publiques souvent taries, les femmes se lèvent de grand matin pour se diriger vers les puits, malgré les longues distances à parcourir. « Si on sort à 5h de matin, on peut s’approvisionner avec un peu de chances, mais dépassée cette heure, il n’y a plus d’eau », a affirmé une femme qui attend dans la queue à Radio Ndeke Luka

Certaines personnes interrogées, affirment que le bidon d’eau de 20 litres se vend à 200 F CFA. « Nous sommes obligés de payer car, si à 9h nous n’arrivons pas à trouver de l’eau, il faut attendre jusqu’à 12h voir 16 h, car l’eau est coupée d’habitude à 8h30mn », disent-ils.

La population met en cause les responsables de la SODECA. Ces derniers, interrogés, promettent un retour à la normale pour bientôt, mais se refusent à être plus précis. Ils refusent en outre à donner une explication à ce manque d’eau. Il n’y a pas si longtemps, cette unique société de distribution d’eau en RCA avait été mise en cause  par la population, pour distribuer, à travers les robinets, une eau de fort mauvaise qualité.

 

Diarrhées et vomissement tuent 5 enfants par jour à Bangassou

Lundi, 09 Mai 2011 14:28

Que se passe-t-il donc à Bangassou (est de la RCA) ? La situation est devenue alarmante. 5 enfants meurent quotidiennement en moyenne au complexe pédiatrique de cette ville. Les maladies hydriques en sont les principales causes. L’information est confirmée ce lundi 9 mai 2011, par le correspondant de Radio Ndeke Luka.

Le constat est « amer » explique-t-il. « 3 à 4 enfants occupent le même lit, la pédiatrie manque de produits pharmaceutiques et personnel soignant qualifié. A titre d’exemple, les soins sont assurés par des secouristes, ce qui occasionne parfois le décès ou la paralysie des enfants, par manque de savoir-faire, de qualification ou simplement par négligence ».

Le médecin de la localité explique que « ce nombre élevé de mortalité infantile est provoqué par la fièvre, les diarrhées et vomissements. Une recrudescence due à la transition de la saison sèche à la saison pluvieuse, le manque d’eau potable, voire la consommation abusive des mangues ».

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Société
10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 00:27

 

 

 

Idriss_Deby140208200.jpg

 

 

Tchad : Deby réélu au 1er tour avec 88,66%, participation 64,22%

N'DJAMENA (Tchad) - AFP / 09 mai 2011 23h00 - Le président tchadien sortant Idriss Deby Itno a été réélu dès le 1er tour de la présidentielle du 25 avril avec 88,66% des voix selon les résultats provisoires annoncés lundi par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

La Céni a établi à 64,22% la participation à ce scrutin, boycotté par les principaux opposants.

Selon le décompte de la Commission électorale, le président Deby, arrivé au pouvoir par un coup de force en 1990 et qui briguait un quatrième mandat de 5 ans (après avoir été élu en 1996, puis réélu en 2001 et 2006), a obtenu 88,66% des suffrages (2.504.069 voix).

Le ministre Albert Pahimi Padacké a obtenu 6,03% des suffrages (170.188 voix) et l'opposant Nadji Madou 5,32% (150.226).

Le taux de participation, qui était le principal enjeu du scrutin boycotté par les trois principaux opposants, Saleh Kebzabo, Wadal Abdelkader Kamougué et Ngarlejy Yorongar, est de 64,22%. Il y a eu 4.950.979 inscrits pour 3.179.325 votants, selon la Céni. 355.111 bulletins étaient nuls, soit un suffrage exprimé de 2.824.215 votes.

Dans un communiqué diffusé après le scrutin, M. Kebzabo, de l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), principal parti de l'opposition, avait estimé le taux de participation à 20%, parlant d'un boycott historique et évoqué un camouflet sans précédent pour M. Deby qui selon lui a perdu toute légitimité.

Le parti de M. Deby, le Mouvement patriotique du salut (MPS), avait, lui, jugé la participation correcte alors que le président Deby avait accusé les opposants de se retirer par peur d'être battus. Je pense que, quoi qu'il en soit, les élections vont être crédibles, avait-il estimé.

La journée de lundi a été marquée par le décès dans la matinée de M. Kamougué, mort de maladie à l'âge de 72 ans. Ancien président de l'Assemblée nationale et ancien ministre de la Défense, le général Kamougué Wadal Abdelkader, 72 ans, dit WAK, était le leader de l'Union démocratique pour le renouveau (UDR).

L'élection présidentielle devait marquer le point d'orgue d'un processus de démocratisation du régime entamé avec l'accord du 13 août 2007 signé entre la majorité des partis d'opposition et le pouvoir.

Mais l'accord signé un an après le boycott de la présidentielle de 2006 a débouché finalement sur un nouvel appel à l'abstention des principaux opposants, trois mois après les législatives du 13 février largement dominées par le Mouvement patriotique du salut (MPS) de Deby.

Selon les résultats définitifs de ces législatives à un tour à la proportionnelle proclamés par la Cour, le MPS a obtenu la majorité absolue avec 113 des 188 sièges de l'Assemblée nationale alors que 13 sièges issus de trois partielles du 6 mai restent à pourvoir.

Candidats en 2001 et 1996, les trois principaux opposants, M. Kebzabo, Kamougué et Yorongar avaient dénoncé une mascarade électorale, affirmant que les élections législatives ont été marquées par des fraudes et irrégularités, avant de suspendre leur participation à la présidentielle. Ils réclamaient notamment de nouvelles cartes d'électeurs.

Depuis le réchauffement des relations avec le Soudan, le régime de Deby semble à l'abri des rezzous (raids) rebelles, d'autant qu'avec ses nouveaux pétro-dollars, il a pu renforcer son armée.

Il bénéficie du soutien de la France, qui maintient une présence dans son ancienne colonie presque sans discontinuité depuis 1960.


(©)

 

Tchad : Deby et ses victoires à la Pyrrhus

Sans grande surprise, la mascarade du 25 avril dernier - tant boycottée par l’opposition et où l’abstention s'est révélée paroxystique - vient de donner vainqueur le candidat du parti Etat avec un score ubuesque de plus de 88% des voix, un tyran au pouvoir depuis plus de 20 ans. Le philosophe anglais Thomas Hobbes ne disait il pas que « La force et la fraude sont les deux armes principales des hommes en guerre», cette formule correspond bien à notre Général-Président Deby homme de guerre qui a complètement fermé la porte du dialogue. Les scrutins de façade et la négation de la volonté du peuple sont devenus de monnaie courante dans notre pays.  «  Pauvre démocratie tchadienne ! » entend-t-on murmurer dans les ruelles et grands artères de la capitale, Ndjamena. Un petit retour en arrière s'impose tout de même pour comprendre comment Idriss Deby a réussi à faire des élections au Tchad un rendez-vous incontournable pour affirmer un peu plus son statut de potentat sanguinaire et tyrannique.

Il faut dire qu’en 2001 déjà, au terme d’un scrutin truqué, « son auguste majesté Debyle ou Debyfole » (comme d'aucuns l'appellent sur Tchadenligne.com ou Tchadanthropus-tribune.com) avait fait arrêter ses principaux concurrents. En 2006, après une révision constitutionnelle de convenance pour briguer un nouveau mandat et s’octroyer une présidence à vie, il sortait vainqueur d’une farce électorale déjà boycottée par l’opposition. Cette fois encore, Idriss Deby s’est présenté aux électeurs sans concurrents sérieux.

Jamais deux sans trois, donc, au pays des Sao. C'est ainsi qu'en 2011, les fraudes massives aux législatives ont conféré au parti au pouvoir (MPS) une écrasante victoire, avec près des trois quarts des sièges à l’assemblée nationale. Aux présidentielles, l’opposition démocratique qui ne cherchait que des conditions minimales de transparence pour sa participation a décidé de se retirer de la course à la magistrature suprême, et ce après le rejet des recours posés devant une cour constitutionnelle acquise totalement à Deby. Malgré toute la machine de propagande mise en place, le mot d’ordre du boycott de l’opposition a été largement suivi dans les 22 régions et nous saluons sans retenu ces nombreux tchadiens qui, en leur âme et conscience, ont décidé de ne pas participer à ce non-événement. Un boycott historique, pourtant, Idriss Deby a eu le fin mot de l'histoire en se faisant réélire Président sans coup-férir, appuyé en cela par la complicité tacite de la communauté internationale.

Dans un pays où au mépris de tout respect de sa fonction, un Chef d’Etat  traite ses principaux opposants civils de « détails » comme il l’a fait le 5 février 2008 (voir interview Europe1 avec Elkabbach). On ne pouvait pas s’attendre à grand-chose de lui. Dans un pays où un les contre-pouvoirs sont muselés, les leaders d’opinions sans défense éliminés sous le regard complice de la communauté internationale, il n'y a plus grand-chose à attendre, « Itno Hemis a pris l’or, l’argent et notre liberté qu’il nous faut nous même conquérir.

À la tête d’un régime autoritaire et répressif, Le Général Président Sultan Deby a entretenu un cycle de violences et de répressions qui a laissé le Tchad exsangue. Véritable Ubu-Roi que n'aurait pas renié Alfred Jarry, il a fait subir à son peuple plus de deux décennies de massacres, de disparitions forcées, de souffrances, d'humiliations, de tortures, de pillages, d’enrichissement illicite et de vols des deniers publics par un homme et son clan. Malgré l’exploitation de la manne pétrolière rien n’a changé dans la vie de nos pauvres citoyens qui continuent de mourir de faim, du paludisme ou de diarrhée. Dans un pays où tout tombe de Charybde en Scylla, deux des problèmes majeurs de tous les tchadiens restent sans doute l'eau, source de vie et l'électricité, source de vue. « Ndjamena vitrine de l’Afrique » comme dirait Deby est actuellement la seule capitale au monde d'un pays pétrolier non électrifiée. Ni électricité (niveau d’électrification à moins de 7%), ni eau potable (en pleine capitale la plupart des gens qui boivent encore l'eau de puits) et les tchadiens dans leur ensemble arrivent difficilement à assurer un repas au quotidien. Deby et son clan ont pris en otage 11 millions de tchadiens « affamés, hagards, clochardisées, battus, bâillonnés par les armes » comme le disait si bien le Pr. Ibni.

Nous dénonçons ces mascarades électorales successives, ces victoires à la Pyrrhus, ces votes entachées de fraudes mais pourtant validées et cautionnées par l’UE et la France. Au moment où la revendication contre les présidences à vie, pour plus de libertés et pour l’alternance démocratique, secoue le monde arabe et africain, il est inadmissible que le Tchad donne au monde cette image ridicule, d'un pouvoir familial, prédateur, obscurantiste et arrogant (les qualificatifs négatifs viennent à manquer pour le décrire). Nous tchadiens avons aussi ont droit à une démocratie, il n’y a pas de démocratie pour l’Europe et de démocratie pour l’Afrique, la démocratie a des valeurs universelles. Nous dénonçons cette diplomatie à géométrie variable qui permet à Idriss Deby et son clan d’opprimer sans scrupule notre peuple sans voix.

 Chers compatriotes tchadiens, chers frères africains, chers amis du Tchad, tant à l’intérieur qu’a l’extérieur, soyons désormais comme l'écrivait le défunt Aimé Césaire « la bouche de ceux qui n'ont point de bouche », faisons que notre voix soit « la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir ». Levons-nous comme un seul homme pour dire NON ! NON à la perpétuation du régime sanguinaire qui sévit au Tchad! le même mot d’ordre « Deby dégage » ou encore « Deby, Barra» doit désormais être notre leitmotiv, jusqu’à la victoire finale. Sous ce même credo mobilisateur, allons de l’avant pour libérer le « Tchad notre case commune ». Dans le collectif « DEBY DEGAGE », nous sommes prêts et résolu où que nous soyons au rassemblement pour manifester notre rejet de cette situation. On espère que tous les tchadiens dans leur ensemble sauront tout donner pour que ce mouvement soit un nouveau départ et puisse accoucher d’un « Tchad nouveau » banni du régime abject de Deby. Nous n’avons pas d’armes, mais la force de la rue est plus forte que tous les canons du monde.

« Appel à la contestation, au rassemblement et au soulèvement populaire »

Mohamed Saleh Ibni Oumar

Enseignant et Humanitaire tchadien

msibni@msibni.fr

  

msibnitchad.jpg

 

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 00:18

 

 

 

general-kamougue.jpg

 

 


N'DJAMENA (Tchad) - AFP / 09 mai 2011 12h46 - Le général Wadal Abdelkader Kamougué, 72 ans, l'un des principaux opposants au régime du président tchadien Idriss Deby, est décédé lundi à Koumra, dans le sud du Tchad, a affirmé à l'AFP Saleh Kebzabo un autre opposant, précisant qu'il était malade depuis quelque temps.

La présidence tchadienne a confirmé le décès sur son site internet: Lundi 9 mai 2011: le ministre conseiller à la présidence de la République Kamougué Wadal Abelkader s'est éteint ce matin à Koumra dans le Mandoul.

Il est décédé ce matin. Il était malade depuis quelque temps, a affirmé M. Kebzabo qui dirige l'Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR), principale formation de l'opposition avec 9 des 188 sièges de l'Assemblée nationale après les législatives de février.

Il est tombé ce matin dans la douche certainement à la suite d'un arrêt cardio-vasculaire. Il allait mal depuis la semaine dernière mais tenait à finir la campagne législative partielle de Bedjiondo (sud) où sa femme était candidate vendredi, a-t-il ajouté.

Il avait été transféré hier (dimanche) depuis Bekamba à Koumra (ville distante d'une trentaine de kilomètres) où il a reçu des soins et se sentait mieux, a dit Saleh Kebzabo.

Dirigeant de l'Union pour le renouveau et la démocratie (URD, 7 sièges), le général Kamougué qui était ministre dans le gouvernement d'ouverture en place, avait boycotté l'élection présidentielle du 25 avril dont les résultats provisoires sont attendus ce lundi.

Avec deux autres opposants, Saleh Kebzabo et Ngarlejy Yorongar de la Fédération Action pour la République (Far), il dénonçait la mascarade électorale des législatives du 13 février.

Wadal Abdelkader Kamougué, dit Wak, originaire de Sahr (sud) mais né en 1939 à Bitam dans le nord du Gabon où son père servait dans l'armée française, faisait partie des putschistes qui ont renversé en 1975 le président Ngarata Tombalbaye assassiné lors du premier d'une longue série de coups d'Etat.

Il a ensuite été un des personnages clé du régime entre 1975 et 1979, dont il fut ministre des Affaires étrangères. Il a par la suite occupé le poste de vice-président du Gouvernement d'union nationale de transition du Tchad (GUNT) sous Goukouny Weddeye, renversé par Hissène Habré en 1982. Il deviendra pourtant son ministre de l'Agriculture en 1987.

Président de l'Assemblée nationale et plusieurs fois ministre sous le régime de Idriss Deby Itno au pouvoir depuis 1990, il était à sa mort ministre conseiller à la présidence de la République malgré sa position d'opposant.

En 1996, ce leader sudiste chrétien avait recueilli plus de 30% des suffrages au second tour de la première présidentielle dans laquelle a été élu M. Deby. En 2001, il avait terminé 4e (6%) et avait déjà boycotté l'élection en 2006.


(©)

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Nécrologie
9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 01:43

 

 

 

Bozizé KNK

 

 

« Qui sème le vent récolte la tempête » dit-on. C’est exactement ce qu’on doit dire de François Bozizé et de la façon dont il a conduit la République centrafricaine jusqu’à présent. Il a en effet passé le plus clair de son temps à brasser du vent et à rouler dans la farine aussi ses compatriotes que les partenaires au développement de la RCA et la fameuse communauté internationale. Tout cela a permis sa triomphale réélection à l’issue du double scrutin du 23 janvier dernier dès le premier tour de scrutin avec un score frauduleux que va pourtant entériner une cour constitutionnelle indigne et complètement à plat ventre devant lui. Mais sa fausse victoire électorale est en train de se retourner contre lui comme un véritable boomerang. La reconduction du même premier ministre après une attente d’un  mois ; la formation d’un gouvernement pléthorique avec les même techniques de passe-passe comme celui constitué au sortir du DPI en débauchant ici et là quelques brebis galeuses de l’opposition et des mouvement politico-militaires pour donner l’illusion d’un gouvernement d’union nationale ; tout cela est bien la preuve que le système Bozizé est à bout de souffle car parvenu aux limites de la ruse et de la roublardise de son propriétaire.     

Outre l’opposition politique qui refuse jusqu’à présent de reconnaître les résultats de cette mascarade électorale, la presque totalité de ses pairs chefs d’Etat ne lui ont pas adressé les traditionnels et protocolaires messages de félicitation. Même le béninois Thomas Yayi Boni dont la réélection est intervenue après celle de Bozizé a eu droit au message de félicitation du président français Nicolas Sarkozy mais pas Bozizé. De même Paris n’a pas jugé utile de dépêcher ne serait-ce qu’un ministre à son investiture qu’il a été totalement mal inspiré d’organiser le jour anniversaire du coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir le 15 mars 2003 tout en renversant son prédécesseur Ange-Félix Patassé. Alors qu’il n’a manqué aucune investiture de certains de ses pairs, seuls trois chefs d’Etat de la sous-région ont daigné venir à Bangui pour assister à celle aux forceps de Bozizé. Service minimum pour lui en quelque sorte.

L’entretien qu’il a accordé à l’ambassadeur de France et à celui de l’UE à Bangui le 8 avril 2011 après que ceux-ci eussent beaucoup insisté pour le rencontrer, et qui a fait l’objet du point de presse de M. Samzun quelques jours après, est assez révélateur du climat actuel des relations entre lui et l’UE et la France. Celles-ci ont visiblement pris un coup de froid en raison notamment du hold-up électoral résultant du fonctionnement à fond la caisse du bourrage des urnes en faveur de Bozizé et du KNK et aux inadmissibles entraves à la liberté de circulation faite aux leaders de l’opposition, dont le scandaleux cas de l’ex-président Patassé qui a malheureusement fini par en succomber, a suscité beaucoup d’émoi et d’indignation chez plusieurs chefs d’Etat africains et de Bruxelles. Un diplomate en poste à Bangui qui a souhaité garder l’anonymat a résumé le cas de Bozizé en confiant à C.A.P que « le président Bozizé a le chic de se créer lui-même tout seul des problèmes »      

Plus grave encore pour Bozizé, les principaux bailleurs des élections centrafricaines, en particulier l’UE, se sont rendus compte sans doute avec retard que leurs fonds, aussi invraisemblable que cela puisse être, loin d’avoir servi à consolider la démocratie en Centrafrique, ont financé plutôt l’élection d’un médiocre dictateur dans une république bananière. Les millions d’euros déboursés par l’UE ont non seulement permis à Bozizé de se proclamer vainqueur des élections mais l’ont également enrichi ainsi que certains de ses enfants, son épouse et le nullissime président de la CEI le vrai faux pasteur Joseph Binguimalé qui leur a attribué à tour de bras et de gré à gré des marchés non exécutés de plusieurs centaines de millions de F CFA.

Ce n’est pas donc pour rien que Bozizé a obstinément refusé la publication de l’audit sur la gestion de la CEI par le tristement célèbre Binguimalé réclamé par l’opposition et qu’il a pourtant ordonné. C’est qu’il a des choses à dissimuler dont il craint la divulgation. Bozizé croit aussi à tort que eu égard à la gestion totalement personnelle et opaque que lui et Ndoutingaï ont faite de l’enveloppe des huit milliards de CFA réunie par les pays de la CEMAC pour le DDR centrafricain, personne ne saurait que l’essentiel de cet argent lui a servi entre autre à financer sa campagne électorale en achetant les consciences des Centrafricains. Il en est de même de la manne de près de 26 milliards de F CFA virée en novembre 2009 par le FMI via la BEAC qui lui a aussi permis l’acquisition de nombreux véhicules 4x4 à CFAO Bangui et à Dubai pour sa campagne électorale et celle du KNK. Tous ces détournements qu’il a opérés au grand jour sont de notoriété publique et ont sans doute fait les choux gras de toutes les chancelleries de Bangui.

Sur le plan politique. Ayant pris le pouvoir par un coup d’Etat, Bozizé n’a nullement l’intention de lâcher ce pouvoir, surtout pas par la voie des urnes. C’est un secret de polichinelle que son vœu le plus cher quoiqu’il en dise, maintenant qu’il a tout fait pour se tailler une assemblée nationale exclusivement KNK, serait de faire sauter le verrou de la constitution qui l’empêche actuellement de briguer un nouveau mandat en 2016 et au-delà pour continuer à « faire don de sa personne » à la RCA. Puis il nourrit le projet de passer ensuite le flambeau à son fils actuellement indéboulonnable ministre délégué à la défense auprès de lui, Jean Francis Bozizé qu’il couve encore sous ses ailes tout en mettant au-devant de la scène l’antagoniste et rival de celui-ci, un certain Sylvain Ndoutingaï.

Au sujet de ce dernier,  plusieurs diplomates en poste à Bangui et observateurs occidentaux de la politique centrafricaine ont avoué à C.A.P leur embarras devant sa mutation du ministère des mines à celui des finances. Personnage sulfureux et considéré par certains pays décideurs comme  le ministre qui incarne le plus le système de prédation et le haut degré de corruption du pouvoir de Bozizé, la désignation de Sylvain Ndoutingaï comme directeur national de campagne du candidat Bozizé avait déjà troublé plus d’uns.  Sa promotion comme quasiment vice-premier ministre, numéro 2 du gouvernement et ministre des finances, laisse carrément pantois tous les observateurs qui ont réellement du mal à comprendre la logique de Bozizé.

Etant complice de tous ses micmacs financiers et son principal complice dans quasiment toutes les affaires louches de prédation dont il refile une bonne part du butin à Bozizé, Ndoutingaï est devenu son grand argentier et il doit sans doute compter sur lui pour la gestion de la manne pétrolière qu’ils ont confiée aux Chinois et pour laquelle ils doivent se lécher déjà les babines. Pour Bozizé, Ndoutingaï qu’il sait n’avoir pas que des amis, est un pion essentiel pour cette économie du pétrole centrafricain qu’il est pressé de piloter comme on s’en doute encore, dans la plus grande opacité. Est-il conscient des risques qu’il prend en le mettant ainsi au-devant de la scène ? On ne tardera pas à le savoir dans les prochains jours.

Rédaction C.A.P 

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Politique
9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 01:35

 

 

 

MLPC-Ben-Laden.JPG

 

MLPC-Ben-Laden-2.JPG

Repost 0
Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales