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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 01:32

 

 

BANGUI : DES COMMERÇANTS DU MARCHÉ KM5 MÉCONTENTS DES OPÉRATIONS DU DÉGUERPISSEMENT

 

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Bangui, 18 févr. 13 (RJDH) – Des vendeurs au marché km5, ont manifesté ce matin leur mécontentement suite aux opérations de déguerpissement enclenchées par le ministère de la Sécurité publique. Une situation qui a entrainé une altercation entre les forces de l’ordre et les vendeurs.


Ces opérations consistent à détruire les étales qui permettent au vendeur d’exposer leurs marchandises. Un préavis a été déjà donné à certains commerçants de détruire eux-mêmes leurs étales dans un délai de trois jours. Le propriétaire d’un immeuble baptisé Amigos, a personnellement été visé par cette note. Seulement, le délai étant passé et face au refus de ce dernier, les forces de l’ordre sont intervenues pour procéder à la destruction de l’immeuble et des étals, sur instruction du ministre de la sécurité publique.


D’après le constat fait par le RJDH, plus d’une cinquantaine de femmes se sont mises en tenue d’Eve devant les forces de l’ordre, empêchant ainsi la circulation sur l’avenue Koudoukou, protestant ainsi contre leur expulsion. Pour disperser les manifestants, les policiers ont  fait usage de gaz lacrymogène et des coups de feu à balles réelles. 


« Nous nous sommes déshabillées, c’est pour prouver notre mécontentement à l’égard des autorités du pays. L’acte qu’elles ont posé ne contribue  pas  au  développement social et par conséquent notre commerce.  Nous avons des enfants à notre charge, c’est cette activité qui nous permet de les nourrir », a déploré une commerçante.


Selon Camille Féna, commerçant, cette manifestation a pour objectif de protester contre la « destruction sauvages » des étals des commerçants par la mairie de Bangui. « Hier le ministre de l’administration du territoire nous a fait savoir que nos tables ne seront pas détruites, mais nous sommes surpris de voir que tout est saccagé ce matin», a-t-il  ajouté.


« Les policiers sont venus casser nos étables. Ils ont aussi emporté nos marchandises sous l’ordre des autorités de la mairie. Et lorsqu’on voulait protester, ils ont tiré des coups de fusil sur nous, comme si nous sommes des bandits et des malfrats. Il faut qu’on nous trouve un endroit pour nous permettre de continuer nos activités », a souligné Anne-Marie Dangba, une commerçante, au marché kilomètres 5.


Interrogé sur la question, le maire de Bangui, Nazaire Yalanga Guénéféï se dit surpris et ne pas s’être  informé de cette opération. La population estime quant à elle qu’il n’y a pas de véritable autorité dans l’administration centrafricaine. « Chacun peut se lever un beau matin et faire sa volonté sur le reste de la population. Cet exemple témoigne combien la gestion du personnel échappe aux principaux responsables », a mentionné un observateur de  la vie publique centrafricaine.

 


 

BANGUI : LA SUSPENSION DES ÉMISSIONS SUR LES ONDES DE LA RADIO NATIONALE FAIT POLÉMIQUE

 

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Bangui, 18 févr. 13 (RJDH) La suspension  de deux émissions animées par des proches du président Bozizé et diffusées à la radio nationale continue de faire l’objet de discussions. La décision  a été prise la semaine dernière par le ministre de la communication, issu de la coalition Séléka, Christophe Gazambéti.


Il s’agit des émissions ‘’ Yé so é lingbi ti inga’’ et ‘’Bango ndo ti Gbia ti Kodro’’  qui selon le ministre de la communication, sont incompatibles avec le processus de paix enclenché dans le pays. « Ce sont des choses qu’on ne peut plus supporter, vu que nous sommes dans une période de transition issue d’une crise militaro-politique. Ces émissions ne favorisent pas le climat de paix », a-t-il dit.


Joint ce matin par le RJDH, un animateur de ces  émissions affirme que « rien n’est perdu en ce moment. Nous avons d’autres voies de recours et nous comptons utiliser tout notre relation, afin de convaincre le ministre à reconduire les deux émissions.


A la direction générale  de Radio Centrafrique, une source bien informée, qui cite le texte qui a suspendu les deux émissions, a fait savoir que  celles-ci ont été suspendues pour une question de renouvellement de la grille de programme de la radio nationale.


Par ailleurs, les  émissions suspendues sont jugées « citoyennes » par les uns et « provocatrices » par les autres. La quintessence est qu’elles font souvent l’éloge du chef de l’Etat, ses actions et ses projets de société. Certains pensent que ces émissions sont une tribune pour les animateurs qui en profitent pour régler à travers le média le compte « à ceux qui en veulent à la politique du chef de l’Etat ».


« A mon avis le ministre de la communication a raison. Nous sommes en train de traverser une crise militaro-politique. De telles émissions ne sont pas de nature à apaiser la situation dans le pays. Nous avons déjà signé des accords de paix, alors, respectons-les », a mentionné un enseignant en sociologie, à l’Université de Bangui.


Il faut dire que ces émissions avaient été suspendues par le Haut conseil de la communication. Mais celles-ci avaient été reconduites après de tractations entre la direction de la radio nationale, les animateurs de l’émission et l’organe de régulation du secteur de communication en Centrafrique.


Pour l’instant la décision qui suspend ces  émissions n’a pas mentionné la date de leur rétablissement. Une situation qui fait croire à certains qu’elles ne seront plus reconduites dans cette période de transition.

 

 

 

BOUAR : DES GROUPEMENTS AGRICOLES ONT REÇU DU MATÉRIEL

 

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Bouar, 18 févr. 13 (RJDH) Des lots de matériels agricoles ont été remis aux différents groupements et aux paysans qui ont participé à la 4ème édition de la foire agricole organisée du 16 au 17 février à Bouar (ouest). C’est une initiative de l’ONG internationale Mercy Corps et la Caritas, sous le financement de l’Union européenne.


Les bénéficiaires de ces outils agricoles sont des groupements et personnes les mieux notés  par un système  mise en place par les organisateurs. Ces matériels sont constitués des houes, des machettes, des arrosoirs, des moulins à manioc et des décortiqueuses d’arachides. Certains bénéficiaires se disent satisfaits. Par contre, d’autres ne trouvent pas ces cadeaux à la hauteur de leurs attentes.


« Je ne suis pas satisfaite de mes prix. J’ai travaillé plus, j’ai tout donné mais malheureusement les prix que j’ai reçus ne sont pas à la hauteur de mes attentes », a critiqué Pauline Riki, participante à cette foire.


Le ministre délégué à l’élevage, Joseph Béndounga qui a aussi participé à la clôture de cette exposition vente, trouve cette initiative comme  un moyen efficace pour lutter contre la faim en République Centrafrique. « Cette foire fait partie intégrante de la politique du gouvernement : celle de faire manger trois fois par jour à la population. C’est un moyen efficace pour lutter contre la faim dans notre pays », a-t-il déclaré.


La foire agricole de Bouar (ouest) qui a débuté le 16 février a regroupé les agriculteurs des sous-préfectures de la Nana Mabéré, de l’Ouham et de l’Ouham-Péndé.

 

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 01:18

 

 

 

Djotodia et Willybiro

 

 

 

 

Betina-Begong Bodoli

 

Le 11 janvier 2013 dernier a été signé à Libreville un accord appelé « L’Accord de Libreville sur la résolution de la crise politico-sécuritaire en République centrafricaine », entraînant un ouf de soulagement non seulement parmi la population centrafricaine, mais également parmi toutes ses composantes de la diaspora. Cet accord, qui a vu un début d’application avec la nomination de Maître Nicolas Tiangaye comme Premier Ministre, focalise les espoirs disproportionnellement gonflés de tout le peuple centrafricain. Cependant, lorsqu’on est un observateur averti de la scène politique centrafricaine, on ne peut s’empêcher d’avoir cette angoissante interrogation : L’Accord de Libreville ne serait-il pas un accord de plus ? Sans pour autant être un indécrottable marchand de malheurs, certains faits historiques ainsi que certaines dispositions de l’accord permettent malheureusement d’y croire.

 

Si, en regardant dans le rétroviseur, on peut admettre que la cause immédiate de la crise centrafricaine a été la prise des armes par la rébellion de la Séléka le 10 décembre 2012, lorsqu’on examine de près la situation, en réalité la cause profonde, elle, vient du coup d’Etat du général Bozizé le 15 mars 2003. A l’époque, une frange non négligeable de la population centrafricaine avait applaudi l’entrée à Bangui du rebelle Bozizé le qualifiant, ainsi que ses mercenaires tchadiens, de « libérateurs ». La population centrafricaine y croyait vraiment d’autant plus que le général avait promis qu’il venait « mettre de l’ordre dans la maison » et qu’il s’en irait sitôt la transition finie. Le fait de s’être maintenu au pouvoir, contre tous les avis défavorables, en organisant des élections gagnées d’avance de 2005 était le véritable point de départ de la crise. C’est alors qu’on a assisté à l’éclosion de multiples rébellions, qui auraient pu balayer le général et son régime depuis belle lurette, mais qui étaient contenues à deux reprises grâce à l’intervention de l’armée française basée à Boali. Or, déjà à Libreville, il y a eu ce qu’on a appelé « l’Accord de Paix Global du 21 juin 2008 » qui n’a pas été suivi d’effet, tout comme les recommandations du Dialogue Politique Inclusif (DPI) du 20 décembre 2008, qui n’ont pas connues de sort meilleur. Tous ces éléments, auxquels il faut ajouter les accords de 2010, toujours à Libreville, permettent de développer un pessimisme bien raisonné. Cependant, les contextes national et international ont changé. Ce n’est plus Nicolas Sarkozy qui est au pouvoir en France, et les rebelles, cette fois-ci, sont vraiment à la porte de Bangui. Outre cela, cette fois-ci, les dispositions de l’Accord de Libreville du 11 janvier 2013 ne sont en rien comparables à celles des Accords précédents.



DES RAISONS D’ESPERER



En dépit de ces déceptions à répétition, des raisons d’espérer cette fois-ci ne manquent pas. D’abord le contexte international : depuis sa campagne électorale à la présidentielle française, le président François Hollande a toujours clamé haut et fort sa volonté de rompre avec la Françafrique. Et ses premiers pas, même s’ils sont timides et empreints de réalisme, ne laissent plus trop de place aux interventions tonitruantes de l’armée française sur le théâtre centrafricain. Du reste, le général Bozizé ne s’en doutait pas, lui qui a fait des pieds et des mains pour être reçu par le nouveau locataire de l’Elysée, sans succès. Ensuite, l’on a noté la réelle implication des Chefs d’Etat de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC). En effet, craignant de voir un pouvoir rebelle à Bangui échappant à tout contrôle et bouleversant l’ordre établi, mais surtout anticipant pour éviter de voir l’effet domino sur leur propre pouvoir, ils ont pesé de tout leur poids pour contraindre le général Bozizé à accepter ce qui d’ordinaire aurait été une insulte pour lui. Conséquence de cette implication, certaines dispositions de l’Accord de Libreville sont rassurantes, à commencer par l’article 1er qui dit : « Le Président de la République demeure en fonction jusqu’au terme de son mandat en 2016. Il ne peut se présenter pour un autre mandat ». Cet article est rassurant pour le Président, mais l’est aussi pour le peuple dans la mesure où il clarifie les dispositions de la Constitution et interdit définitivement au Président toute velléité de s’accrocher au pouvoir. Plus rassurant encore est l’article 3 de l’Accord qui dispose que : « Le Gouvernement ne peut être révoqué par le Président pendant la durée de la transition ». En effet, en prenant cette disposition, l’Accord de Libreville a enlevé par anticipation l’épée de Damoclès qui pouvait être suspendue sur la tête du gouvernement et rendre ainsi inefficace son travail. D’un point de vue du pouvoir exécutif, cet article neutralise le Président et le ramène au rang de simple spectateur. Cela est d’autant plus important que, sauf coup de force spectaculaire, qui plongerait le pays de nouveau dans la guerre avec des conséquences désastreuses, le général Bozizé ne serait plus tenté par les exemples négatifs de Gnasssingbé Eyadéma et Mobutu Sese Seko limogeant sans ménagement leur premier ministre respectif de transition Joseph Kokou Koffigoh et Kengo Wa Dondo. Autre article décisif quant à l’opérativité de l’action gouvernementale est l’article 4 : « Le Gouvernement d’Union Nationale est dirigé par un Premier Ministre, Chef du Gouvernement, issu de l’opposition ». Cet article achève définitivement les prétentions cachées ou manifestes du général Bozizé. En effet, depuis son coup d’Etat du 15 mars 2003, les premiers ministres centrafricains n’étaient rien d’autres que des secrétaires de séance. Non seulement les ministres leur étaient imposés par le Président, mais même leurs membres de cabinet et leurs secrétaires l’étaient. Au point que même s’ils étaient de brillants intellectuels comme le cas du dernier premier ministre, ils étaient ravalés au rang de suiveurs de chef et perdaient au passage leur lucidité et leur esprit critique. Le fait de faire du premier ministre le véritable chef du Gouvernement est à la fois une aubaine et une disposition salvatrice pour le pays. Et nous espérons que le premier ministre ne se priverait pas d’en jouir. Enfin, nous allons conclure ces raisons d’espérer avec l’article 7, alinéa 2 qui dispose que : « Pour éviter le blocage de l’action gouvernementale, les projets de loi adoptés par le Gouvernement doivent être votés en l’état par l’Assemblée Nationale. Il s’agit notamment des projets de lois relatifs à la Loi des finances, au Code électoral, et à la réorganisation des Forces de défense et de sécurité ». Qui dit mieux ? Dans une Assemblée monocolore comme l’est l’Assemblée Nationale centrafricaine, la disposition de cet article 7 est d’une clairvoyance et d’une anticipation exceptionnelle. Elle enlève des pieds du Gouvernement de la Transition de gigantesques épines qu’il aurait eu de la peine à s’en débarrasser. En précisant clairement le rôle de l’Assemblée Nationale, les rédacteurs et les signataires de l’Accord de Libreville veulent donner les mains libres au Gouvernement. Désormais, pour nous, la balle est dans le camp du futur Gouvernement, car le ciel est dégagé !



DES MOTIFS D’INQUIETUDE



Bien qu’il y ait des raisons d’espérer, des motifs d’inquiétude ne sont ni absents ni négligeables. Le premier motif d’inquiétude est le maintien du général Bozizé à la tête de l’Etat. L’homme est connu pour être versatile et capable d’opérer des revirements sans vergogne. En réalité, s’il venait enfin à respecter cet énième Accord, ce ne serait pas en raison de son adhésion mais des rapports de force sur le terrain et de l’environnement international. Aussi conviendrait-il de garder la tête froide pour ne pas se réveiller un matin avec de grosses désillusions. Le deuxième motif d’inquiétude est que, tout se passe comme si le camp présidentiel était surpris par l’ampleur de la dépossession de son leader par l’Accord de Libreville. Aussi certains de ses proches, habitués aux prébendes présidentielles et qui les voient s’éloigner, n’hésitent-ils pas à lui conseiller de dénoncer cet Accord. C’est ce qui a justifié les multiples manœuvres dilatoires dans la nomination du premier ministre, alors que l’opposition avait fait bloc derrière son nom. Autre motif d’inquiétude est le flou qui entoure le rôle véritable de l’Assemblée Nationale. En son alinéa1, l’article 7 de l’Accord dispose que : « L’Assemblée Nationale est maintenue dans ses prérogatives jusqu’aux prochaines élections législatives anticipées ». Bien que l’alinéa 2 apporte une restriction à ces prérogatives, certaines personnes mal intentionnées pourraient utiliser cet article pour neutraliser les actions du Gouvernement dans tous les autres domaines, ce qui serait catastrophique. Il n’y a pas que les finances, le Code électoral et les forces de défense et de sécurité comme priorité en Centrafrique. Aujourd’hui, tout est priorité dans ce pays : l’Education, la santé, les travaux publics, l’eau potable, l’électricité, et j’en passe, sont aussi des priorités. Pourquoi ne pas purement et simplement dissoudre cette Assemblée et la remplacer par une autre de transition comme nous l’avions connue durant la Transition de 2003 à 2005 ? Enfin, rien n’est dit dans cet Accord sur les prérogatives du Président et du Premier Ministre après les élections législatives. Celui-ci doit-il rentrer de nouveau sous la coupole du Président, ce qui serait un retour en arrière désastreux ? Voilà autant de motifs d’inquiétude qu’il convient d’y réfléchir dès maintenant et sereinement afin que la Transition ne se transforme pas en un canard boiteux.

 

POUR UN SURSAUT PATRIOTIQUE



Au regard de ce qui vient d’être examiné, l’Accord de Libreville, bien qu’il ne réponde pas à toutes les attentes, est un Accord supportable. Un Accord ne vaut que par la qualité des acteurs qui le mettent en pratique. Dans l’une de ses déclarations, le général Bozizé a dit ceci, en parlant du premier ministre : « Il sera au pied du mur, là où on voit le maçon », comme si l’Accord ne le concernait pas. L’Accord de Libreville, tout comme la Transition, nous concernent tous, nous Centrafricains. Le camp présidentiel, les rébellions, l’opposition démocratique, la société civile, tout le peuple centrafricain, nous sommes concernés. Pourquoi lancer des défis qui ressemblent à des vœux d’échec. L’échec de la Transition sera l’échec de tous les Centrafricains. Pourquoi souhaiter l’échec de tout un peuple ? Aussi demandons-nous un sursaut patriotique à tout le monde. Il faut aider le Gouvernement de Transition à réussir sa mission. N’est-ce pas honteux de voir notre capitale ressembler à un gros village ? N’est-ce pas honteux de continuer à utiliser dans la capitale des lampes tempêtes ? N’est-ce pas honteux de boire, dans l’arrière-pays, tout comme dans la capitale, de l’eau de puits ? N’est-ce pas honteux de voir notre capitale encombrée de latrines à fosse ? N’est-ce pas honteux d’avoir, au vingt-et-unième siècle, une espérance de vie de 47 ans ? L’heure est à la mobilisation. L’heure est au sursaut patriotique. C’est la seule façon de faire en sorte que l’Accord politique de Libreville sur la résolution de la crise politico-sécuritaire en République centrafricaine ne soit pas un Accord de plus.



Saint-Louis, le 24 janvier 2013



Pr. Bégong-Bodoli BETINA


Maître de Conférences


Université Gaston Berger


Saint-Louis, Sénégal 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 16:08

 

 

 

Crépin Mboli-Goumba

 

 

Sur proposition du Premier Ministre Nicolas TIANGAYE, c’est le Président de PATRIE, un des neuf partis membres de l’opposition démocratique, Crépin MBOLI-GOUMBA, qui a été nommé Porte-Parole du Gouvernement d’Union Nationale de Transition.

 

Ce gouvernement doit en effet beaucoup communiquer car il a en face de lui un président dont les capacités de roublardise sont grandes. C’est pourquoi, d’ores et déjà et afin d’accomplir sa mission qui est de porter la parole du gouvernement avec efficacité, le tout nouveau Porte-Parole a envisager immédiatement de moderniser et mettre aux normes la salle de conférence de la Primature afin qu’elle puisse servir également de salle presse.

 

Il aura ainsi à y recevoir et communiquer avec les journalistes, A cet effet, Crépin MBOLI-GOUMBA a déjà pris l’initiative de se procurer sur ses propres deniers, c’est très rare pour ne pas le souligner, un joli pupitre digne de ce nom, qui sera orné des armoiries de la République.

 

La Rédaction  

 

 

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 03:34

 

 

 

 

Bozizé en difficulté

 

Francis Bozizé

 

 

Paris, 18 fév (CAP) – Selon des informations parvenues à la rédaction de Centrafrique-Presse d’une source ayant requis un strict anonymat proche des services de renseignement camerounais, une délégation composée de trois personnalités centrafricaines est arrivée à l’aéroport international de Douala samedi 16 février 2013, venant de Bangui et en transit pour la Roumanie.


Il s’agit d’après nos sources, d’un dénommé Jean Francis BOZIZE qui soit dit en passant, depuis son limogeage du gouvernement, aurait regagné son président de père en s’installant tranquillement dans l’ancien bureau deMaryline ROOSALEM à la présidence, du temps où celle-ci fut conseillère en matière de finances de BOZIZE. Second membre de la délégation, Albert BESSE, ancien ministre des finances et du budget, ancien SG de la présidence, qui a repris lui aussi ses anciennes fonctions aux côtés de BOZIZE à la présidence et le troisième larron, un certain Jean Roger OUEFIO, un cousin de BOZIZE qui a toujours conservé son bureau à la présidence quoique devenu député.


Ces trois voyageurs auraient quitté secrètement Bangui et ont été aperçus à Douala d’où nous apprenons qu’ils seraient en route pour la Roumanie afin de recruter des mécaniciens spécialistes d’hélicoptères MI-8 dont BOZIZE a acquis deux exemplaires aux Ukrainiens mais qui moisissaient jusqu’ici dans les hangars de l’escadrille de Bangui près de l’aéroport Bangui M’poko et qu’il tient maintenant absolument à faire voler.

 

La question se pose naturellement de savoir, maintenant que le Premier Ministre du gouvernement centrafricain s’appelle Nicolas TIANGAYE et que son ministre de la défense s’appelle Michel DJOTODIA, si ces deux personnalités étaient informées et avaient dûment autorisé le voyage de ces trois larrons. Si ce n’est pas le cas, les Centrafricains doivent savoir à quoi joue BOZIZE car son obsession à faire voler à tout prix ces deux hélicoptères de combat, laisse perplexe sur ses véritables intentions. Sur quel chapitre du budget a été financé ce déplacement ? La lumière doit être faite sur cette mission secrète. Avec BOZIZE, c’est toujours l’opacité. En voilà une preuve ! Le gouvernement doit savoir à quoi s’en tenir avec lui.

 

Certes qui veut la paix prépare la guerre, mais au moment où aussi bien la CEEAC que les troupes de la FOMAC, ainsi que les responsables de SELEKA aujourd’hui entrés dans le gouvernement d’union nationale, multiplient les initiatives et se démènent pour ouvrir les axes routiers bloqués depuis lors, et rendre possible le regroupement et cantonnement des éléments armés afin de les désarmer ensuite,  on ne peut que s’interroger sur les objectifs réels que poursuivent BOZIZE et son fils Francis.


Par ailleurs selon nos informations, BOZIZE refuse toujours de faire libérer les prisonniers politiques notamment ceux détenus au tristement célèbre « Guantanamo » de Bossembélé sa prison spéciale et personnelle, prétextant que tant que Séléka détiendrait des armes, il ne saurait être question de libérer les prisonniers politiques. En quoi le sort de ces prisonniers a-t-il à voir avec le désarmement des rebelles de Séléka ? C’est vraiment à se demander sur la bonne foi de ce BOZIZE et sa faculté à comprendre en quoi il est tenu lorsqu’il prend des engagements surtout devant ses pairs et la communauté internationale.


La question se pose aussi de savoir s’il veut réellement que la paix revienne dans ce pays. Il continue de s’entêter à croire que seule une solution militaire pourrait résoudre définitivement la crise qui a failli le balayer du pouvoir. Il veut coûte que coûte chasser de force les éléments de Séléka qui tiennent encore des villes. C’est à se demander s’il ne souhaite pas dans son for intérieur que les éléments incontrôlés de Séléka puissent continuer à commettre des exactions dans les villes de province afin qu’il en tire prétexte pour reprendre les hostilités grâce aux nombreux mercenaires qu’il a fait venir dans le pays. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 02:23

 

 

 

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« Nous ne voulons plus que la Centrafrique replonge dans les ténèbres ! ».« Nous voulons tous qu’une paix durable s’installe dans notre pays enfin ». Ces souhaits, naïfs, viennent pourtant du fond du cœur de tous les Centrafricains, des membres de la communauté internationale et des amis de la Centrafrique, après les Accords de Libreville en ce mois de février 2013. La Centrafrique demeure l’un des rares pays au monde, à l’instar de l’Irak et de la  Somalie, où la paix et la stabilité restent un objectif plus qu’un acquis.


 Ces accords signés le 11 janvier dernier au Gabon, ont deux particularités qui donnent une parcelle de pouvoir aux adversaires de Bozizé d’une part et limitent ses ambitions de briguer un nouveau mandat en 2016 d’autre part. Sous les feux des projecteurs à Libreville, tous les belligérants avaient crié haut et solennellement de « tout  oublier » et de se réconcilier dans l’intérêt supérieur de la nation ; Il vaut mieux un bon compromis qu’un mauvais divorce » a-t-on coutume dire mais dans la réalité, personne n’est dupe.


Au-delà du lénifiant  « ni perdant ni gagnant » voulu par les Chefs d’Etat de la CEEAC, traduit dans les textes de cessez le feu et de sortie de crise, qui de Bozizé, de l’opposition démocratique ou de Séléka, est sorti grand vainqueur. Car à l’issue de toute négociation, une partie est toujours plus avantagée que l’autre.  Wait and see !


Sans doute, le but principal recherché par les Chefs d’Etat de la CEEAC était-il de se protéger des dommages collatéraux du conflit centrafricain. Il fallait  éteindre rapidement ce feu avant qu’il ne puisse se propager à l’extérieur des frontières géographiques de la RCA ; avant que les flux de refugiés ainsi que le fardeau qui va avec, ne se déverse dans les pays voisins (si on en croit les sources onusiennes, près de 25 000 réfugiés centrafricains seraient déjà installés en RDC). Autre conséquence plus redoutée : la déstabilisation des régimes de la sous-région à partir de la Centrafrique. Cette logique des Chefs d’Etat peut expliquer pourquoi les causes profondes de cette ultime crise politico-militaire que sont la prédation, la mal gouvernance, l’exclusion politique, l’insécurité sur l’ensemble du territoire, le bradage des ressources naturelles, le détournement des deniers publics, le drame humanitaire et surtout le départ de Bozizé, honni de tous, ont quasiment été toutes éludées à Libreville. Le  plus surprenant est que les Chefs d’Etat  aient d’abord pensé à sauver la tête du « soldat » Bozizé, le « mal élu ».


Les Chefs d’Etat ont donné sans doute à Bozizé une opportunité en or pour se retirer du pouvoir en beauté. Mais celui-ci ne semble pas saisir cette chance qui ne pourrait plus se répéter. Cependant pour le bloc de l’opposition centrafricaine, il y a du pain sur la planche et le combat doit se poursuivre sous d’autres formes. C’est pourquoi on ne s’étonne plus si la Séléka maintient ses positions sur les 80% du territoire national. Grâce à leur tour de force, les chefs d’état de l’Afrique centrale, ont confirmé ainsi les accusations portées généralement contre eux de n’être ni plus ni moins qu’un syndicat de présidents. Ils ont atteint leur objectif de contenir la crise à l’intérieur des frontières de la Centrafrique pour se sentir en paix chez eux.

  

Certaines personnes se souviendront certainement encore de ce qu’a dit Bozizé à Mbaiki lors de la commémoration d’un des anniversaires de son putsch du 15 mars 2003 : « J’ai pris le pouvoir par la force donc quiconque veut le pouvoir sait ce qu’il doit faire ». En termes clairs, je suis là pour longtemps, les accords de Libreville ne me concernent pas. Un orgueil mal placé qu’il ravalera un jour, des plus coriaces avant lui ont mordu la poussière.  Bozizé pense à son «  pouvoir »  nuit et jour, et pas qu’en se rasant. Toutes ses forces, toute son intelligence, ses rêves sont tendus vers le palais de la renaissance. Le prix personnel qu’il a payé a été lourd : pour ses enfants, il ne les a jamais élevé lui-même, pour sa vie en couple : il ne s’est jamais marié. Son obsession du pouvoir remonte à l’époque où il était encore aide de camp de Bokassa. Porteur de la mallette de Bokassa, il était subjugué par cet homme puissant qui a fasciné et effrayé tout un peuple. C’est Bokassa qui l’a gratifié du grade de général à 32 ans. Bozizé a été un « bébé Bok ». Aujourd’hui, il est entouré par quelques-uns des hommes qui ont travaillé avec son maître, notamment,  le commandant Maméléyen,  le général Michel Bémakassoui, le commissaire de police Jean Wilibyro-Sako avec qui il a travaillé à la cour impériale de Bérengo, Emmanuel Bongopassi qu’il vient de choisir comme ambassadeur à Paris, naguère grand chambellan Bozizé a donc été témoin des moments de splendeur et de déchéance de Bokassa. Il n’a pas oublié les tapis rouges, les femmes, la richesse, les palais somptueux, le luxe, l’opulence, les diamants, les rencontres avec les grands du monde de l’époque (Mao, Valéry Giscard d’Estaing, Ceaucescu, Tito…) mais aussi la paranoïa de  Bokassa.  Dès lors, il nourrissait secrètement quelques ambitions pour le futur, pourquoi pas président un jour ?


Appliquant à la lettre la maxime de Staline selon laquelle « Ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est négociable », Bozizé rejette unilatéralement la composition du gouvernement d’union nationale proposé par Tiangaye, impose la sienne et s’attribue 20 postes ministériels sur les 32. Il devrait se savoir valorisé d’avoir maintenant le premier  « vrai » Premier ministre (PM) depuis 10 ans de son règne. D’abord, l’homme est un avocat intègre qui jouit d’une réputation internationale. De ce fait, il a la capacité de projeter une bonne image du pays l’extérieur, chez les bailleurs de fonds. Ensuite, Bozizé lui doit la vie. Si Bozizé a été acquitté en 1989 pendant le régime Kolingba qui l’a fait kidnapper de Cotonou pour le ramener à Bangui comme un colis, c’est grâce à la plaidoirie de Maître Tiangaye, un de ses conseils d’alors avec Me Monique Boury du barreau de Paris. A présent, Bozizé a perdu la mémoire et oublié qu’il est grandement redevable à toutes ces personnes.  Ficelé comme un saucisson et mis en cage, il fut jeté en prison sous bonne  garde.


Bozizéa mis en place ce gouvernement pléthorique, dans le seul but de faire barrage au PM car il s’est dit qu’il lui faut reprendre la main. Pour un pays sous perfusion qui ne doit sa survie qu’à la générosité de la communauté internationale, il est irresponsable de former un gouvernement aussi pléthorique. Il s’est fourvoyé sur le rôle d’un gouvernement. Même si un gouvernement ne doit pas construire le paradis, il doit s’efforcer d’éviter l’enfer à ses concitoyens. Il a une étrange perception de la mission d’un gouvernement. Pour lui, cela doit consister à œuvrer exclusivement pour  son maintien au pouvoir. Par la loi du nombre c’est-à-dire avec plus de ministres qui sont ses obligés car ainsi, au conseil des ministres, des textes qui lui sont favorables seront adoptés à la majorité et avoir plus de ministres acquis à sa cause suppose plus de moyens matériels et financiers pour battre campagne pour lui.


 « La charité bien ordonnée commence par soi-même ». Disposant de 20 postes ministériels, il a commencé par caser ses loyaux serviteurs: Parfait Mbay, Josué Binioua, Antoine Gambi, Théodore Jousso….Ceux dont le PM de l’opposition n’a pas voulu : Albert Besse, Sylvestre Yangongo qui n’ont pas donné satisfaction au monarque républicain ont été purement et simplement remerciés : Claude Richard Gouandja, Noel Ramadan, Fidèle Ngouadjika, Mmes Sylvie Mazoungou, Marguérite Pétrokoni, … Il y a ceux qui ont décroché un petit maroquin non pas pour leur compétence mais assurément pour leur lien avec le président et surtout grâce à leur ralliement de belle lurette ou plus récemment : Abakar Sabone, André Ringui, Joachim Kokaté,  Edouard Patrice Ngaissona, Dieudonné Tokofeissé.


Certains départements sont des doublons avec des attributions floues  et des missions peu claires, à tel point qu’on se demande si les ministrions concernés serviront réellement à quelque chose.  Prenons l’exemple du département de la promotion des PME et amélioration du climat des affaires de Joachim Kokaté. Ce département, anciennement,  une direction du ministère du commerce a été crée par la seule volonté du prince pour faire de la place à ses courtisans auprès de la mangeoire. C’est un ministre SDF (sans dossier fixe). Sous d’autres cieux, il ne s’agira pas d’un ministère mais d’un centre de promotion des investissements comme en Côte d’Ivoire ou une direction du ministère du commerce comme partout ailleurs. Or c’est comme n’importe quel citoyen que le nouveau PM va être informé sur les ondes de la radio nationale, des noms des membres de son propre gouvernement. Il est clair qu’en agissant de la sorte, Bozizé endosse entièrement la responsabilité du non-respect des accords de Libreville.


Il s’est donc  taillé un gouvernement sur mesure dans le but de traficoter  les législatives qui vont se tenir dans un an. Il monopolise les 2 départements de la sécurité qui sont l’Administration du territoire et l’Intérieur. Nous savons tous que c’est le département de l’Administration du territoire qui est en  charge des élections. Ce département a naguère  sous Elie Ouéfio manipulé les résultats des élections groupées de 2011, ce qui a causé, jusqu’à ce jour, de vives contestations de la part de l’opposition démocratique. C’est de la pure provocation que de vouloir garder à tout prix le contrôle de ce ministère. Peut-être a-t-il oublié que c’est à cause de son opération conjointe avec son neveu Ndoutingai, coup de poing contre les artisans du secteur minier, pour faire main basse sur les diamants et les espèces sonnantes et trébuchantes, que les ressortissants du nord-est sont entrés en rébellion ?


Secrètement, Bozizé croit que tout va rentrer dans l’ordre dans un an après les élections législatives s’il arrive à « voler » une fois encore, la majorité à l’assemblée nationale. Après cela, il fera susciter sa candidature par la population qu’il aura  suffisamment  conditionnée et manipulée pour les élections présidentielles de 2016. Le point de départ réside dans le GUNT. Au cas où le projet de tripatouiller la constitution, et donc de contourner les accords de Libreville afin de se représenter en 2016 échouerait, Bozizé a sans doute prévu d’autres schémas.


Il raffine la politique jusqu’au niveau des provinces en plaçant ses hommes de main dans des postes stratégiques de l’administration territoriale. Ils sont préfets et sous-préfets dans le seul but de manipuler les résultats des élections. Ainsi, espère-t-il faire basculer dans son camp, les préfectures de la Kémo, de la Vakaga, de l’Ouham Pendé, la Nana Mambéré et bien d’autres.


Ignore-t-il que « les mêmes causes produisent les mêmes effets le bloc de l’opposition démocratique et les politico-militaires vont-ils encore se laisser faire ?


Le pouvoir est une véritable obsession pour Bozizé. Mais quand on y voit de plus près, il y a deux raisons principales pour lesquelles il veut s’y accrocher jusqu’à la fin de ses jours : la peur d’aller en prison et la peur de retomber dans la misère comme l’ont été certains Chefs d’Etat déchus en étant désargenté comme lui-même l’avait déjà été après sa défaite à la présidentielle de 1993 où il a dû faire du taxi-brousse pour joindre les deux bouts.  


En novembre 2001, le projet de coup d’état de Bozizé contre le président Patassé a échoué et il s’était retranché dans l’ancien camp militaire du RDOT du Pk 12 à la sortie Nord de Bangui. Le général sénégalais Lamine Cissé, représentant spécial du Secrétaire général  des Nations Unies qui jouait les bons offices entre lui et le président Patassé, était surpris de trouver en Bozizé, un homme déprimé dont la seule obsession était de pas aller en prison. Mais Bozizé, avec la peur au ventre, a fini par s’enfuir au Tchad, c’est-à-dire le choix de l’exil pour la seconde fois que celui de se rendre, traumatisé qu’il était par le traitement qu’il a reçu sous la période Kolingba.


Pourtant tôt ou tard, il doit répondre des tueries du Nord, notamment de la responsabilité des massacres de Paoua commis par son envoyé spécial, le lieutenant Eugène Ngaikoisset alias « le boucher de Paoua », de Ndélé par sa garde prétorienne et des viols de nos mères et filles par les banyamulengués qu’il a personnellement accueillis au bord du fleuve Oubangui, habillés et armés en 2001. En outre, il y a aussi l’assassinat de Charles Massi mais également de celui des goulas, roungas et ressortissants de la Vakaga et de Bamingui-Bangoran, assassinés lors des récents évènements de décembre 2012. Il ne peut en être autrement parce que l’accord de cessez le feu stipule de « libérer les prisonniers politiques » au cours de la semaine qui suit la signature dudit accord.  Si tous les prisonniers sont vivants, pourquoi ne sont-ils pas libérés ?


Bozizé ne veut pas lâcher le pouvoir pour ne plus retomber dans la misère. Il a connu l’exil pour la 1ère fois de 1982 à 1985, au Bénin, période durant laquelle il aurait survécu par la grâce de dieu de son église du  « christianisme céleste », cette nouvelle foi  qu’il a embrassée dans son pays d’exil. Il prétend avoir implanté l’église du christianisme céleste en Centrafrique, ce que lui conteste le pasteur Samaley qu’il a persécuté et qui s’est réfugié au Canada jusqu’à présent. Il a un connu un 2ème exil de novembre 2001 à mars 2003, à Paris en passant par Ndjamena. Paris a été son enfer ! Il a écumé les gares et cafés parisiens, obligé souvent de frauder le métro et le RER. Il n’a jamais oublié ce passage à Paris, au point de tancer récemment son fils Francis de dilapider de l’argent sans penser à la vie qu’il pourrait mener en exil, éventualité que le père ne perd jamais de vue.


Bozizéa promis lors d’une interview sur une radio internationale de tout faire pour ne plus jamais revivre l’expérience parisienne. Même à Bangui, il a connu la traversée du désert entre 1993 et 1996 lorsqu’il était chauffeur de  taxi brousse. Il conduisait la vieille Peugeot 404 de son beau-frère Kéléfio, l’ex-mari de sa sœur cadette Joséphine. C’est en 1996, que Patassé, confronté aux incessantes mutineries des soldats qui menaçaient de le renverser et sur insistance de son épouse Lucienne et de certains membres du bureau politique du MLPC, l’a sorti du trou en lui faisant appel pour revenir dans l’armée. Il en est sorti humilié, traumatisé et il s’est juré de ne plus jamais connaître la dèche. Il en veut en outre à la société qu’il juge ingrate à son égard, lui un général.


On comprend aisément pourquoi Bozizé se fiche totalement du bien être des Centrafricains. La paix actuelle est bien fragile à cause des ambitions égoïstes d’un seul homme. Mais une chose est sûre : il ne peut rien si la Séléka et l’opposition démocratique restent unis et travaillent ensemble. L’étape décisive arrive dans un an avec les législatives. Si la Seléka et l’opposition démocratique ratent ce rendez-vous, alors c’est le peuple centrafricain tout entier qui replongera dans les ténèbres. Bozizé a toujours fait partie du problème plutôt que de la solution.


Eugène Mokpem

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 18:51

 

 

 

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RFI  dimanche 17 février 2013

 

Deux émissions phares produites par des proches du pouvoir du président Bozizé et diffusées à la radio nationale ont été suspendues en début de semaine. Le nouveau ministre de la Communication, issu de la Seleka, affirme que ces émissions ne favorisent pas le processus de paix enclenché dans le pays. Pendant ce temps, les animateurs radio crient au scandale.

 

« Yé so é lingbi ti inga » et « Bango ndo ti Gbia ti Kodro », qui peuvent respectivement se traduire par « Ce que nous devons savoir » et « La vision du chef de l’Etat », sont les titres des deux émissions suspendues en début de semaine à la radio nationale. De diffusion quotidienne, elles étaient animées par des proches du président Bozizé.


Dans ces émissions, il est fait l’éloge du chef de l’Etat ou bien règle médiatiquement le compte « à ceux qui en veulent à la politique du président », comme le dit lui-même l'un des animateurs.


« Ce sont des choses que nous ne pouvons plus supporter, a confié à RFI le ministre de la Communication Christophe Gazambéti. Nous sommes dans une période de transition, issue d’une crise militaro-politique, et ces émissions ne favorisent pas le climat de paix. »


« Faux », rétorque Javon Zama Papa, l’un des animateurs de l’émission et directeur de la presse présidentielle, qui ajoute : « Dites aux journaux et à certaines radios d’arrêter des campagnes visant à ternir l’image des autorités avant de suspendre ces émissions. »


Au Haut conseil de la communication (HCC), organe de régulation du secteur, on se réserve le droit de commenter plus tard la décision du ministre. Mais un conseiller signale toutefois qu'ils avaient « demandé la suspension de ces émissions avant la crise, et donc qu'il est normal qu’elles soient suspendues maintenant »,  ajoutant qu'ils n'étaient par conséquent « pas étonnés ».


Dans les rues de la capitale, les avis divergent entre partisans et détracteurs de ces émissions. Les uns demandent leurs rétablissements, les autres, leur suspension définitive.

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 03:37

 

 

 

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TUNIS, Tunisie, 15 février 2013/ -- La Banque africaine de développement (BAD) (http://www.afdb.org), la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et l’Union africaine (UA) ont entrepris, dans le cadre du Programme « Climat pour le développement en Afrique », une campagne active de mobilisation de ressources financières  en vue de rendre opérationnel le Fonds spécial ClimDev-Afrique (FSCD), une initiative conjointe UA-BAD-CEA, administré par la Banque africaine de développement. Selon les procédures de la BAD, 20 Millions d’Unités de Compte (environ USD 30 Millions) étaient nécessaires pour rendre ce Fonds opérationnel.

 

Le Chef du Secrétariat Conjoint UA-BAD-CEA, Ibrahima Dia, a reçu, lundi 11 février 2013 à Bruxelles, la lettre de confirmation d’une allocation de 20 millions d’Euros pour le Fonds des mains du Secrétaire Général des ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifiques), Mohamed Ibn CHAMBAS.  Cette attribution intervient après plusieurs mois de discussion entre les trois institutions, le Secrétariat Général des ACP et la Commission de l’Union Européenne.

 

Cette enveloppe va permettre de rendre le Fonds fonctionnel et de financer des projets déjà élaborés dans le domaine du changement climatique et de la prévention des risques liés aux catastrophes naturelles dans les cinq régions du Continent Africain.

 

Le Programme ClimDev-Afrique est conçu pour la collecte, l’analyse et la dissémination de données climatiques de grande qualité. Il s’agit d’une base de données mise à la disposition des décideurs pour les questions relatives au changement climatique. Les informations doivent servir d’outils de prévision des catastrophes naturelles et de planification des politiques en matière de développement  durable.

 

Distribué par l’Organisation de la Presse Africaine pour la Banque Africaine de Développement.

 

 

Contact media : comu@afdb.org

 

SOURCE : African Development Bank (AfDB)

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 03:22

 

 

 

rebelles de Séléka sur le terrain

éléments Séléka

 

 

Bangui, 17 fév (CAP) – Selon des informations d’une source digne de foi, le gouvernement aurait choisi les villes de Ndélé, Kaga-Bandoro et Bria comme localités devant abriter les sites de regroupement et cantonnement des éléments de la rébellion de Séléka en vue de procéder  ultérieurement à leur désarmement et réinsertion conformément aux dispositions des Accords de Libreville et à la feuille de route du gouvernement d’union nationale de Nicolas TIANGAYE.

 

Vendredi dernier, le Vice-Premier Ministre et tout nouveau ministre de la Défense, Michel DJOTODIA a effectué une visite à Damara, 75 km de Bangui, ligne rouge fixée par les responsables de la CEEAC et des forces de la FOMAC lorsque les forces rebelles de Séléka menaçaient d’entrer dans Bangui après avoir infligé de lourdes et cuisantes défaites au FACA en décembre dernier.

 

Toujours selon nos sources d’informations, en milieu de semaine prochaine, il est prévu que  plusieurs membres du gouvernement en charge des questions de sécurité ainsi que de ceux représentant également la coalition Séléka, se rendent ensemble jusqu’à la ville de Sibut afin de démarrer la campagne de sensibilisation des éléments de Séléka à la nécessité de rouvrir les axes routiers bloqués jusqu’ici.

 

Il s’agirait du ministre de la défense Michel DJOTODIA, de celui de la sécurité publique Josué BINOUA, de l’administration du territoire Léon DIBERET, des eaux et forêts Moussa Mohamed DHAFFANE et de la communication et de la réconciliation nationale Christophe GAZAM-BETTY.

 

De même, suite à la première mission tripartite sur le terrain ( FOMAC- SELEKA-FACA) qui se déroule encore actuellement, notamment pour sécuriser les villes de Bambari, Alindao, Mobaye, Kembé et autre Dimbi, où des exactions avaient été commises dernièrement provoquant la traversée du fleuve Oubangui vers la RDC de nombreux déplacés et réfugiés et une vive émotion, il est question que les éléments FACA présents à Bangassou progressent jusqu’à Mobaye, Alindao, et autres pour sécuriser ces villes conjointement avec Séléka.

 

Il faut noter que les responsables de Séléka dont la plupart sont maintenant entrés au gouvernement et bloqués de fait dans la capitale, éprouvent visiblement quelques difficultés à gérer les éléments restés sur le terrain dont plusieurs sont d’autant plus incontrôlables qu’ils auraient été, d’après nos informations, dernièrement recrutés au Tchad par Nourradine ADAM, chef rebelle d’une des fractions de la CPJP qui composait initialement Séléka mais entré depuis Libreville en dissidence avec celle-ci pour d’obscures raisons et qui entend poursuivre la lutte armée jusqu'au renversement de BOZIZE.    

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 02:12

 

 

 

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ZAMA Javan Papa, DG de la presse présidentielle


 

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David GBANGA, DG de Radio Centrafrique, ici à la bamboula

de BOZIZE du 13 août 20102 au Hilton de Roissy

 

 

 

Bangui, 17 fév (CAP) - A peine a-t-il pris fonction de ministre de la communication, de la promotion de la culture civique et de la réconciliation nationale que Christophe GAZAM-BETTY vient de rendre un grand service au pays et de soulager les Centrafricains. Dans la semaine, il a reçu la bande de griots du pouvoir bozizéen, composée notamment des tristement célèbres ZAMA Javan Papa, Abakar PIKO et consorts, pour leur signifier clairement la fin de leurs chroniques manichéennes quotidiennes de haine et de lynchage sur les antennes de la station nationale de radio avec la bénédiction des plus hautes autorités du pays pour ne pas dire de BOZIZE en personne.


Il paraît qu’il existe aussi en bozizie un Haut Conseil de la Communication mais force est de constater que ce dernier ne s’est généralement distingué jusqu’ici que dans l’art de sévir surtout que contre les journalistes et responsables de la presse privée. Ce Haut conseil est incapable ou plutôt ne veut pas se rendre compte qu’à longueur de journée et de semaine, les programmes de la Radio prétendument nationale sont essentiellement tournés contre les opposants et assimilés qui n’auraient que des défauts et qui sont systématiquement accusés de « vendre le pays », de « retarder le développement de la RCA », et d’être la « cause principale » de la régression du pays.


Pourtant c’est un secret de polichinelle que la descente aux enfers de la RCA est principalement due à la mal gouvernance par BOZIZE et son clan des affaires du pays, gestion faite de nombreux détournements de deniers publics demeurés toujours impunis, d’opacité, de dissimulation, de corruption. En lieu et place de véritables débats contradictoires et enrichissants pouvant faire naître la vérité, les responsables de cette radio nationale passent le plus clair de leur temps à inviter des gens d’un même bord politique, celui du pouvoir, pour qu’ils puissent encenser le régime et fustiger à satiété les opposants.


Les Centrafricains en avaient plus qu’assez de l’émission dénommée  ‘Yé so i Lingbi Ti hinga’, tribune censée donner la vision du chef de l’Etat BOZIZE sur certains sujets, ainsi que certains billets du chef griot David GBANGA, Directeur Général de Radio Centrafrique qui s’était spécialisé dans une vision et division manichéennes de la société centrafricaine  découpée en bons fils du pays unis derrière BOZIZE et en d’autres méchants rassemblés autour des principaux leaders de l’opposition que sont Martin ZIGUELE et Nicolas TIANGAYE, sans oublier Prosper N’DOUBA, le Directeur de Publication et Rédacteur en chef du journal en ligne Centrafrique-Presse, grand déstabilisateur de leur régime devant l’éternel, qui opère depuis Paris.


Pendant les négociations de Libreville, les Centrafricains ont encore eu l’occasion de prendre la mesure de cette entreprise de lynchage en direct sur les ondes avec les interventions intempestives et les appels à la haine en direct de ces griots patentés depuis le Gabon répondant en écho aux partisans illuminés du KNK de BOZIZE rassemblés place de la République et criant des slogans et mots d’ordre de haine contre Nicolas TIANGAYE et Martin ZIGUELE. On promettait en particulier à Nicolas TIANGAYE un sort semblable à celui fait en 2009 à Charles MASSI.


Quelle valeur noble et leçons peut  véhiculer à l’antenne un voleur de bœufs comme Abakar PIKO nommé complaisamment comme Préfet de la Lobaye que même BOZIZE a fini par brutalement limoger par un décret muet.  


C’est donc une excellente initiative qu’a prise le nouveau ministre de la communication, de la promotion de la culture civique et de la réconciliation nationale de faire cesser ces émissions de lynchage. Comment promouvoir la réconciliation nationale dans notre pays tout en permettant à des énergumènes, véritables croyants en mal de miettes et agglutinés derrière BOZIZE, accéder quotidiennement à l’antenne de la station nationale de radio pour y déverser des propos irresponsables et incendiaires afin de nourrir gratuitement la haine et la division, autant d’antivaleurs antinomiques à une vraie réconciliation et l’unité nationales. 

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 00:14

 

 

 

Université Bangui amphi Fac des Lettres

 

 

La rédaction publie ci-dessous un cri d’alarme d’un Collectif de juristes centrafricains  qui se disent exaspérés par ce qui se passe à la Faculté de droit de l’Université de Bangui. Cette faculté ferait l'objet d'un laxisme effarant de la part de certains de ses responsables centrafricains qui eux, souffriraient d'un complexe d'infériorité à l'égard de leurs collègues professeurs de droit, ressortissants de certains pays de la sous-région. Le commerce de bonnes notes et la corruption qui y auraient cours sont un tel fléau que si les autorités ne prennent pas le taureau par les cornes pour éradiquer cette gangrène, il est à désespérer de cette faculté en particulier et de l’université de Bangui dans son ensemble. Ce n’est pas BOZIZE qui a déjà publiquement déclaré sans le moindre scrupule, qu’aussi bien lui que sa progéniture, n’avaient jamais mis pieds dans une université, qui trouvera une solution à ce problème.

 

 La Rédaction de CAP

 

 

Censée être un laboratoire de connaissances, l'université de Bangui a vu succéder à sa tête de brillantes personnalités et a formé des élites et dirigeants politiques de premier rang. Aussi l'on est en droit de se poser la question de savoir pourquoi cette institution l'une des premières institutions créées au lendemain des indépendances a fini par perdre toute sa crédibilité et le caractère sérieux  dans sa mission de formation de nos élites ? Créée en 19691 l'université de Bangui a pour missions de former des cadres supérieurs et moyens de la RCA et des autres pays, de contribuer à la recherche scientifique au niveau national et international, de promouvoir et développer les valeurs culturelles centrafricaines et africaines, d'assurer des prestations de services à la communauté selon ses compétences.


Aujourd’hui, la Faculté de Droit, l'une des entités non négligeables composant l'université de Bangui subit une inexorable descente aux enfers suite à certaines pratiques qui se perpétuent et dont il convient ici d'en faire le point.

 

DE LA COCOPHONIE JURIDIQUE A UNE INCOMPETENCE PROGRAMMEE

 

A observer de prêt le statu quo au sein de l'université, l'on peut en déduire que les grands objectifs issus des textes fondateurs ne sont qu'un lointain souvenir. L'université de Bangui souffre actuellement non seulement d'un manque criant de cadres enseignants mais aussi les réputations de cette école et de certains de ses hauts responsable se trouvent entachées par certaines pratiques qui n'augurent en rien l'aptitude morale et professionnelle et intellectuelle de ses ressortissants.


Et puisqu' « il faut savoir sacrifier la barbe pour sauver la tête »2 notre analyse sera limitée à la plus importante et principale Faculté de Droit et des Sciences Politiques (FDSP) censée former des hommes et femmes destinés à défendre la cause juste, l''équité, la droiture et l'intégrité morale nécessaires pour la construction d'un Etat de droit. Pourtant, il se passe des choses pas tout à fait « légales » pour ne pas dire « hors normes » au sein de cette Faculté de Droit. Des chose qui contribuent à ternir effroyablement la carrière des futures élites qui y sont formés mais aussi qui remettent en cause la crédibilité des titres qui leur sont délivrés à la fin de leurs parcours.


Cette faculté fait l'objet d'un laxisme effarant de la part de certains de ses responsables centrafricains qui eux souffrent d'un complexe d'infériorité à l'égard de leurs collègues professeurs de droit ressortissants de certains pays de la sous-région qui profitent de cette situation pour prendre de l'ascension et « traficoter » sans vergogne au sein de cette faculté. A cela s'ajoutent trafics d'influences, corruption aiguë, délation et autres pratiques peu orthodoxes.


Pour être plus explicite, à la FDSP étudiants et professeurs de Droit sont en quête perpétuelle de « transformation ». La note est transformée pour l'étudiant qui possède les moyens-financiers-de son ambition. A y penser, on serait tenté d'indexer directement ces « érudits professeurs » ressortissants des pays de la sous-région venus sauver la Faculté de Droit. Car il est vrai que non seulement que ces derniers bénéficient impunément de la bénédiction de certains hauts responsables universitaires centrafricains mais que les professeurs centrafricains titulaires se rendant bien compte de cette ignoble et basse besogne se mettent eux aussi dans le bain en estimant pour leur part « qu'ils ne sont pas venus à la faculté de Droit pour accompagner les autres3 »

 

Le constat actuel au niveau de cette faculté est que ce n'est plus le travail ardu et assidu qui paie comme à l'époque de René Constant NGBONDO, du Pr.Yangongo BOGAGANDA, de Mr Albert PANDA mais c'est le gain facile, de bonnes notes contre de l'argent frais.

 

L'avenir et la carrière professionnelle de l'étudiant tient dans le versement d'une modique somme oscillant entre 40.000 à 50 000 FCFA et parfois même en dessous car concurrence oblige ! Ne pas « Accompagner les autres » c'est ne pas aussi construire une maison, ne pas aussi acheter une parcelle et pour ceux le machiavélisme demeure le principal artifice! La faculté de Droit et des sciences politiques est-elle devenue un marché concurrentiel où se joue la loi de l'offre et de la demande ? Mais encore faut-il que cette concurrence soit loyale. Car à y pencher de prêt ce marché funeste est orchestré aux fins d'aboutir à d'autres fins. Abrutir Professeurs et étudiants Centrafricains peut-être ? Peut-être oui ! La mise en place récente d'un Master professionnel en Droit (privé) sous l'initiative de trois « supers enseignants » en droit, venus d'un pays de la sous-région -qui depuis se croient dit-on plus érudits que les professeurs centrafricains et dont l'un d'eux n'est pas Juriste- avec la bénédiction d'un ancien recteur et au mépris des règles de procédures instituées à cet effet, justifient notre point de vue.

 

Depuis l'institution de ce Master, l'université ne traite plus avec la Faculté de droit en tant qu'institution mais préfère traiter qu'avec les responsables de ce Master entrés par « effraction » dans cette faculté. Le cataclysme juridique et universitaire ne s'est pas fait attendre : un étudiant a soutenu sa thèse sous la direction de l'une de ces individus en l'espace d'un an ! Une Thèse en droit !

 

Aussi, le coût de ce Master professionnel au sein de la faculté de Droit, institution publique est de 200.000 FCA ! L'IUGE et la Newtech n'y ont vu que du feu ! Évidemment que le but de cette manœuvre est de récolter de juteux bénéfices, des pots-de-vin, un parachutage à la tête d'un département et la couverture d'un haut responsable de l'université en cas de besoin.

 

L'OMERTA JURIDIQUE IN SITU

 

Dans un environnement où se mêlent coup bas, délation, trafic d'influence et messes de minuit, l’honnêteté n'a pas sa place ou alors peut être rudement sanctionnée. Ainsi certains étudiants et professeurs n'hésitent pas à ouvrir leur parapluie politique et autres procédés d'intimidation pour passer outre les décisions prises par les hautes instances de cette faculté. Le comble, ces enseignants au lieu d'user de leur position et contacts politiques pour réguler cette vague d'immigration universitaire venue de la sous-région, préfèrent plutôt proclamer urbi et orbi leur appartenance au pouvoir en place et incitent même leurs étudiants à prendre la carte du parti.


L'atmosphère devient irrespirable au sein de cette faculté puisqu'il y'a deux camps : le camp des conformistes et le camp des anti-conformistes.


Ces derniers qui se comptent sur les doigts de la main, sont les canards boiteux de la FDSP .Ils payent un lourd tribut et sont devenus même la cible pour avoir signé un mémorandum.

 

Il est vrai que par une décision de 20084, le Conseil des Ministres de la CEMAC a reconnu à une certaine catégorie de personnes à titre transitoire, la possibilité de circuler sans visa dans la sous-région. Dans cette catégorie figurent les enseignants et étudiants chercheurs. Mais l'article 3 de cette décision laisse une marge de manœuvre aux Etats membres « de prendre des mesures nationales ». A l'heure où certains Etats de la CEMAC prônent la préférence nationale comme mesures nationales, il est aussi important que des dispositions soient prises pour garantir et limiter l'accès à certaines hautes fonctions au sein de l'éducation nationale afin de préserver et promouvoir l'éthique et la morale dans nos écoles. Car le cadre Centrafricain n'est toujours pas considéré comme tel dans la sous-région. Pour exemple, un ancien responsable de la CEMAC a osé affirmer à l'époque qu'il n'existe pas de cadre centrafricain capable de lui succéder à la tête de cette institution. Résultat a fini par perdre certains position qui lui revenaient de droit.


Dans ce sens, on serait amené à penser à tort ou à raison qu'une vaste campagne est orchestrée par des pseudo intellectuels des pays voisins afin non pas de combler ce déficit intellectuel mais de maintenir les centrafricains dans la médiocrité afin de mieux les humilier. Et puisque les enseignants titulaires centrafricains du moins certains, affichent leur passivité face à ce drame et que la plus part de nos diplômés en droit de la diaspora ne souhaitent pas rentrer au pays pour s'affirmer, la conséquence inéluctable serait qu'un tsunami de diplômés venu des pays voisins s'abattra sur l'université de Bangui et plus particulièrement sur la Faculté de Droit qui continuera à subir l'assaut de ces supers enseignants qui n’hésiteront pas à dicter leurs lois au sein de la FDSP, à abêtir nos élites en formation et tirer profit de certaines situations. Il ne doit pas nous échapper que des chômeurs titulaires de doctorats, il en existe chez nos voisins. Tant que ce phénomène ne s'est pas encore manifesté en République Centrafricaine, le pays restera une destination d'emploi pour nos chers voisins diplômés en mal de reconnaissance dans leur pays.

 

« Kanga Be Ti mo, Gbou mbéti a goué yongoro »

 

Collectif des Juristes Centrafricains Exaspérés

 

 

 

1Ordonnance n° 69/063 du 12 Novembre 1969


2-Proverbe Turque


3-Parole de certains enseignants centrafricains


4-02/08 UEAC-CM-17 du 20 Juin 2008 décision portant liste de personnes admises à titre transitoire à circuler sans visa en zone Cemac

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