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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 23:55

 

 

 

 

Excellence Monsieur le Président de la Transition, Chef de l’Etat

 

En janvier et juin de chaque année, la Conférence des Evêques de Centrafrique (CECA) se réunit en session ordinaire. Cette instance est un espace d’échange autour des questions relatives à la vie de l’Eglise, portion du peuple de Dieu en Centrafrique. Elle fournit, par ailleurs, aux Evêques l’occasion de partager sur le cours des événements qui font l’actualité politique, économique et socio-culturelle au niveau de la Nation.

 

A la plénière de janvier, une coutume consacrée par plusieurs années d’usage, a toujours voulu que nous venions à la rencontre du Chef de l’Etat lui présenter nos voeux à l’occasion du nouvel an. La énième escalade de violence qui avait alors remis en question la sécurité et la paix sur une importante partie du territoire nous a empêchés d’honorer cette tradition.

 

Excellence Monsieur le Président de la Transition, Chef de l’Etat, la Conférence des Evêques de Centrafrique est une famille de neuf diocèses étendus sur l’ensemble du territoire national. Ainsi l’archidiocèse de Bangui couvre la capitale et la préfecture de l’Ombella Mpoko. Le diocèse de Mbaïki correspond à toute la Lobaye. Le diocèse de Berbérati comprend la Mambéré_Kadei et la Sangha-Mbaéré. Le diocèse de Bouar englobe toute la Nana Mambéré et une bonne partie de l’Ouham Pendé. L’autre partie de l’Ouham Pendé, notamment la sous-préfecture de Paoua, constitue la juridiction du diocèse de Bossangoa qui s’étend par ailleurs à toute l’Ouham. Le diocèse de Kaga-Bandoro équivaut à la Kémo, la Nana-Gribizi et le Bamingu- Bangoran. Le diocèse de Bambari regroupe les préfectures de la Ouaka, la Haute Kotto et la Vakaga. Le diocèse d’Alindao ceinture la Basse Kotto et enfin celui de Bangassou comprend les préfectures du Mbomou et du Haut-Mbomou.

 

Par notre diverse provenance, nous constituons autant de fenêtres sur les horizons de notre cher pays. Témoins privilégiés de la vie de nos populations à travers les villes et les villages, nous sommes porteurs des souffrances, des attentes et de l’espoir qui les animent.

 

Tels sont notre devoir et notre vocation : non seulement annoncer le Christ, mais aussi faire écho à la voix des sans voix, remonter en toute fidélité les sentiments et les légitimes aspirations à la paix et au bien-être de ce peuple qui est le nôtre. Le Pape Benoît XVI, dans l’Encyclique Deus Caritas est n° 28 §4 explique en effet :

 

L’Église ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible. Elle ne peut ni ne doit se mettre à la place de l’État. Mais elle ne peut ni ne doit non plus rester à l’écart dans la lutte pour la justice. Elle doit s’insérer en elle par la voie de l’argumentation rationnelle et elle doit réveiller les

forces spirituelles, sans lesquelles la justice, qui requiert aussi des renoncements, ne peut s’affirmer ni se développer. La société juste ne peut être l’oeuvre de l’Église, mais elle doit être réalisée par le politique. Toutefois, l’engagement pour la justice, travaillant à l’ouverture de l’intelligence et de la volonté aux exigences du bien, intéresse profondément l’Église.

 

Nous ne venons donc pas en présomptueux donneurs de leçons. Nous ne faisons que relayer les interrogations de nos frères et soeurs en butte à des problèmes humanitaires de toute sorte ainsi qu’à des inquiétudes, quant à notre avenir en tant que nation. Telle est la mission pastorale qui nous incombe.

 

Fidèle à sa vocation de « sel de la terre et de lumière du monde » (Mt 5, 13a.14a), l’Eglise de Dieu en Centrafrique, par la voix de ses Pasteurs que nous sommes, n’a cessé d’attirer l’attention des dirigeants politiques, notamment à travers les différentes lettres pastorales, sur la dégradation des conditions de vie de nos concitoyennes et concitoyens. Nous avions stigmatisé les maux qui freinent notre développement, affectent notre vivre-ensemble et font le lit des rebellions, à savoir le népotisme, le régionalisme, la corruption, le clientélisme, l’affairisme au niveau des hommes d’Etat, l’impunité, le détournement, l’accaparement ou la destruction des biens publics… Il s’agit donc de l’institutionnalisation de la mauvaise gouvernance. Ces maux d’hier demeurent encore aujourd’hui d’actualité d’autant plus que les effets sont amplifiés par les hostilités initiées par la coalition SELEKA.

 

« Du jamais vu ! » Voilà les mots qui disent le sentiment général du peuple face au déferlement des éléments de la SELEKA. Jamais l’on n’a connu sur notre terre un conflit aussi grave dans son ampleur et dans sa durée. Jamais aucun trouble militaro-politique ne s’était disséminé avec autant de violences et d’impacts sur l’ensemble de notre territoire.

 

Jamais une rébellion ne nous a drainé une aussi forte présence de combattants étrangers.

 

Jamais une crise ne nous a fait courir un aussi grave risque de conflit religieux et d’implosion du tissu social. Un spectacle « du jamais vu » sur tous les plans.

 

Sur le plan social, on n’a pas fini de dresser le bilan en terme de perte de vies humaines, de viols, de pillages, de villages incendiés, de destruction de champs, de violation et spoliation de domiciles privés, des familles illégalement expropriées de leurs maisons qui sont occupées de manière indue par un homme fort ou une bande armée. Le tissu social a été complètement déchiré. Les valeurs et repères sociaux ont été travestis. Le peuple a été soumis à un énorme traumatisme dont les conséquences sont manifestes dans les cas de suicides et de dépressions.

 

Sur le plan économique, jamais une crise n’avait engendré une destruction aussi systématique et programmée de ce qui restait du faible tissu industriel et économique du pays :

 

1. destruction de la Sucaf de Ngakobo,

 

2. Actes de vandalisme des agences bancaires,

 

3. saccage des stations à essence,

 

4. mise en sac et pillage des usines d’égrainage de coton de Bambari et de Gifa,

 

5. liquidation et bradage de nos ressources minières aux chefs de guerre et mercenaires, tel est le cas du chantier aurifère de Ndassima et tous les autres sites d’exploitation de diamant.

 

6. exploitation désordonnée et abattage anarchique du bois

 

7. mise en faillite des sociétés forestières (SEFCA, TANRY BAMBA, VICA, SCAD,

IFB…)

 

8. réseau organisé et autorisé de braconnage : les éléphants et les espèces protégés sont purement et simplement sacrifiés aux bandits de grand chemin.

 

9. destruction des sites touristiques (NZANGA SANGHA, BUFFLE ROUGE…)

 

10. appauvrissement systématique de la population centrafricaine par des pillages

organisés de toutes leurs ressources : activités artisanales, petit élevage, boeufs… et

incendie criminelle et volontaires de leurs greniers et réserves (grains et semences…).

 

11. mise en place par les éléments de SELEKA d’une régie parallèle qui échappe complètement au contrôle de l’Etat. Les recettes profitent uniquement à ceux qui l’ont établie. On comprend dès lors que les caisses de l’Etat soient vides. En effet les recettes ne profitent qu’aux initiateurs d’un tel système.

 

Quel héritage allons-nous légué à la génération montante ? L’envie d’assouvir des intérêts égoïstes et mesquins ne saurait justifier l’irresponsabilité dont nous faisons aujourd’hui montre dans la gestion irrationnelle de nos ressources.

 

Sur le plan politico-administratif, jamais le peuple n’a compris l’obstination avec laquelle les combattants de la coalition SELEKA ont détruit les archives de l’administration publique et des collectivités locales. Que se cache-t-il derrière cette volonté de destruction et d’annihilation de la mémoire nationale ? Jamais le peuple n’a compris leur acharnement sur les représentants du gouvernement ainsi que sur les agents de l’Etat en mission dans les écoles, les hôpitaux et les divers services administratifs sur toute l’étendue du territoire. Ces actes ont porté atteinte à l’existence même de notre Nation. L’autorité de l’Etat est mise en question par des groupes armés qui ont établi une administration parallèle dans différentes localités de l’arrière-pays.

 

Sur le plan éducatif et scolaire, le risque d’une année blanche est réel. En dépit des montages faits par les techniciens du Ministère de l’Enseignement et des appels répétés, lancés par les autorités compétentes, la reprise des activités scolaires s’est faite très timidement dans certains établissements de l’Enseignement Catholique Associé de Centrafrique (ECAC) à Bangui, Bangassou, Kaga-Bandoro, Bouar, Berbérati et dans quelques autres établissements publics. Un programme d’examens (concours d’entrée en sixième, BC, BAC) vient d’être communiqué par les services d’Examens et Concours. Que fait-on de la majorité des écoles saccagées, et celles qui demeurent encore fermées ?

 

Sur le plan sécuritaire et militaire, l’armée nationale et républicaine a cédé le pas à

un agrégat de factions en mal de cohésion, manquant d’éthique et de déontologie professionnelles. Ces éléments continuent à se comporter en rebelles. Ils défient toute hiérarchie et donnent uniquement allégeance à « leur chef militaire ». Ils prennent avantage des armes en leur possession pour imposer leurs lois. En dépit des pillages et des nombreuses exactions qu’ils ont commises sur la population, ils refusent de se faire désarmer. Par ailleurs les mercenaires exigent encore d’être payés. Tel est le cas des Soudanais qui occupent à ce jour la Caserne des Sapeurs Pompiers. Même si un début de sécurisation est perceptible à Bangui, il n’en est pas le cas dans l’arrière-pays où le cantonnement des éléments de SELEKA devient un souffre-douleur pour la population livrée à leur merci. Ces hommes supposés assurer la sécurité des personnes, se transforment en leurs bourreaux. Ils s’arrogent le droit de commettre toutes les exactions. La vie du Centrafricain n’a désormais aucun prix.

 

Ces éléments de SELEKA, pour la plupart des étrangers, peuvent impunément tuer, violer, piller, saccager, incendier des maisons, des greniers, des villages entiers, en rep légitime défense opposée par les populations locales. Nous déplorons la dissémination, à travers le pays, des armes de tout calibre, qui augmente le sentiment et le fait d’insécurité.

 

Alors que nous venons de célébrer, le dimanche 19 juin 2013, la Journée de ‘l’Enfant

Africain’, nous condamnons la pratique des enfants soldats qui ne crée aucun climat propice à l’épanouissement de l’enfant et de la jeunesse en Centrafrique.

 

Sur le plan religieux et cultuel, l’ardeur et la détermination avec lesquelles les éléments de SELEKA ont profané des lieux de culte chrétien et se sont pris de manière ciblée aux biens des chrétiens, ont ébranlé les fondements de notre cohésion sociale. L’unité du peuple centrafricain est ainsi mise à rude épreuve surtout à la vue des comportements de complicité que nous déplorons chez certains de nos frères musulmans. Ces attitudes répondent-elles à un agenda caché comme certains éléments le laissent présager ? Toutefois nous exhortons les autorités politiques à tout mettre en oeuvre pour ne pas exacerber ces tensions dont l’implosion causera beaucoup de mal à notre pays. Nous réitérons notre attachement au principe de laïcité qui a façonné notre pays. Par ailleurs nous compatissons avec certaines communautés musulmanes qui ont été prises en otage et doivent la sécurisation de leurs biens grâce à un système d’omerta qui consiste à verser, par anticipation, une rançon aux éléments de SELEKA avant l’entrée de ces derniers dans une ville.

 

Au regard de tant de drames, d’humiliations et de mépris, le peuple a besoin d’être rassuré. A cet effet, nous devons nous mettre au service de la vérité. Nous constatons malheureusement que les leaders politiques s’illustrent par le mensonge, la fuite en avant, le déni de la vérité. Tout est mis en oeuvre pour préserver les intérêts égoïstes des intéressés.

 

Nous sommes en droit de nous demander : à qui profite cette crise ? La violence est-elle un moyen nécessaire de résolutions de crises qui affectent notre pays ? Nous exhortons les femmes et les hommes qui animent la vie politique de notre Nation à prendre désormais leurs responsabilités. Combien de temps allons-nous nous laisser manipuler par des puissances étrangères qui nous utilisent, nous infantilisent et font de nous des prédateurs pour notre peuple ? Que faisons-nous de notre indépendance ?

 

Se mettre au service de la vérité exige aussi que toute la lumière soit faite sur les responsabilités des uns et des autres dans les pillages, les viols, les tueries, les exactions que le peuple a subis. A cet effet, nous saluons et encourageons la mise en place de la Commission Mixte d’Enquête, chargée d’investiguer sur les crimes commis depuis 2004 à nos jours. Nous osons espérer que ce n’est pas uniquement une stratégie de blanchiment d’un régime en abois, accablé par les exactions qui sont décriées par toute la société civile et la communauté internationale. Puissent les conclusions auxquelles aboutiront les travaux de cette Commission créer les conditions adéquates de la RECONCILIATION et du PARDON dans la VERITE et la JUSTICE. Il faut donc rompre avec la logique de l’impunité et envisager la réparation des torts. La reconstruction d’une paix durable est à ce prix.

 

La rébellion menée par la coalition SELEKA a ébranlé les fondements de l’unité nationale. Les Centrafricaines et Centrafricains sont sclérosés par le doute. Ils vivent désormais dans la peur et la méfiance, qui affectent les bonnes relations, naguère entretenues au-delà des clivages politiques, ethniques et religieux. Nous avons le devoir et la responsabilité de faciliter la cohésion nationale et le vivre-ensemble par le respect de la dignité humaine et des principes inhérents à la laïcité. En ce qui nous concerne, le respect des convictions religieuses n’est pas seulement une vue d’esprit. Nous l’avons manifesté de manière concrète par la mise en place de la ‘Plate-forme religieuse’. Cette initiative a permis, au niveau religieux, d’atténuer les effets de la crise et de désamorcer les tensions dont les conséquences sont préjudiciables pour tout le pays. C’est à ce prix que nous pouvons garantir l’unité et le développement de notre pays.

 

Excellence Monsieur le Président de la Transition, Chef de l’Etat, dans l’intérêt suprême de la République centrafricaine, pour un retour à l’état de droit, pour la reconstruction et le développement de notre pays, nous attirons votre attention sur les questions relatives :

 

1. à la sécurisation du territoire national

2. au désarmement des combattants

3. au rapatriement des mercenaires : Tchadiens et Soudanais

4. à la protection des droits de l’homme et de la dignité de la personne humaine

5. à la lutte contre l’impunité

6. à l’application de la justice à l’égard des victimes des exactions de toute sorte

7. à la réparation des préjudices causés à l’Eglise et à la population

8. à la sécurisation de nos ressources minières, forestières et agricoles

9. à la relance de l’économie nationale

10. à la bonne gouvernance

11. à la reconstruction du tissu social

12. au respect des convictions individuelles, politiques et religieuses

13. au vivre-ensemble et à la cohésion sociale à travers la réconciliation et le pardon

dans la vérité et la justice.

 

Nous voulons vous assurer de notre disponibilité, en tant qu’Eglise, à poursuivre notre collaboration dans la promotion de l’éducation, de la santé, du développement, de la recherche de l’unité, de la paix, de la réconciliation. Comme le rappelle le Pape Benoît XVI, dans son Exhortation post-synodale Africae Munus au n° 81, « l’Eglise en Afrique doit contribuer à édifier la société en collaboration avec les autorités gouvernementales et les institutions publiques et privées engagées dans l’édification du bien commun ».

 

Que Dieu bénisse la République centrafricaine !

 

Fait à la CECA, le 20 juin 2013.

 

S. E. Mgr Edouard MATHOS, Président de la CECA

S. E. Mgr Albert VANBUEL, Vice-Président de la CECA

S. E. Mgr Dieudonné NZAPALAINGA, Archevêque de Bangui

S. E. Mgr Nestor Désiré NONGO AZIAGBIA, Evêque de BOSSANGOA

S. E. Mgr Juan José AGUIRRE MUNOZ, Evêque de Bangassou

S. E. Mgr Peter MARZINKOWSKI, Evêque d’Alindao

S. E. Mgr Guerrino PERIN, Evêque de M’Baïki

S. E. Mgr Dennis Kofi AGBENYADZI, Evêque de Berbérati

S. E. Mgr Armando GIANNI, Evêque de Bouar

S. E. Mgr Cyr Nestor YAPAUPA, Evêque coadjuteur d’Alindao

MESSAGE DES EVEQUES DE CENTRAFRIQUE AU CHEF DE L’ETAT
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Centrafrique-Presse.com
24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 23:30

 

 

Paris (AFP) - 24.06.2013 16:51 - Par Laurent BANGUET

 

Les quatre premiers satellites de la constellation O3b, qui doivent offrir un accès internet très haut débit et bon marché à trois milliards d'habitants de quelque 180 pays numériquement défavorisés, vont être mis en orbite lundi soir par une fusée Soyouz tirée depuis la Guyane française.

 

O3b, c'est l’abréviation de "Other 3 billion": les "trois autres milliards" d'individus, habitants des pays du sud "sous-connectés" qui, faute de moyens ou d'infrastructures, n'ont pas facilement accès au web comme dans les pays riches.

 

L'idée a germé en 2007 dans l'esprit de l'Américain Greg Wyler, fondateur de l'opérateur de satellites O3b Networks. Pionnier des réseaux de téléphonie mobile 3G en Afrique, il se trouvait alors au Rwanda et se heurtait à la médiocrité du réseau de télécommunications local.

 

Pourtant, "les habitants de ces pays ont soif d'accès à internet. La demande est là, c'est un problème de coût", expliquait-il en 2008 à Paris, le jour où son projet était officiellement lancé.

 

Greg Wyler imagine une parade toute simple: passer outre les coûteuses infrastructures au sol (fibre optique, câble, etc.) en plaçant en orbite autour de l'Equateur une constellation de petits satellites pour servir de relais spatiaux entre les utilisateurs et la Toile mondiale, à l'aide de seules antennes paraboliques.

 

Cette orbite équatoriale permet de couvrir une bande de 45 degrés au nord et 45 degrés au sud, autrement dit une zone comprenant la totalité de l'Afrique, presque toute l'Amérique latine, le Moyen Orient, l'Asie du sud-est, l'Australie et l'Océanie, autant de marchés émergents en manque de connexion internet.

 

Certes, des satellites géostationnaires fournissent déjà ce type de services mais leur coût d'exploitation est généralement élevé, tout comme la facture finale pour l'utilisateur.

 

En outre, comme ils tournent à quelque 36.000 km d'altitude, ces satellites "classiques" ont besoin de davantage de puissance pour émettre, sont plus gros, et les données mettent parfois plus d'une demi-seconde pour effectuer l'aller-retour avec la Terre.

 

Débit comparable à la fibre optique

 

Conçus par Thales Alenia Space, les satellites O3b, eux, seront déployés à seulement 8.062 km d'altitude. Plus petits (650 kg chacun contre 4 à 6 tonnes pour un satellite géostationnaire), ils communiqueront avec la Terre quatre fois plus rapidement. Et six satellites seulement suffiraient à assurer une couverture permanente, assure O3b Networks.

 

Selon Arianespace, qui mettra en orbite les quatre premiers satellites de la constellation, ce réseau offrira à terme "des débits et des temps de réponse comparables à ceux de la fibre optique".

 

Chaque satellite est équipé de douze antennes mobiles, permettant de viser des points précis de la Terre en fonction de la demande, avec une couverture de plusieurs centaines de km2, comme pour les satellites d'observation de la Terre. Elles émettent dans la gamme de fréquences Ka, à la bande passante très large et pouvant être reçue à l'aide de très petites paraboles.

 

Convaincus de l'intérêt et de la rentabilité du projet de Greg Wyler, de grands groupes internationaux y ont investi: le géant de l'internet Google, Liberty Global, leader des opérateurs internationaux du câble, l'opérateur de satellites SES, poids lourd du secteur, la banque HSBC ou encore la Banque de développement d'Afrique du Sud.

 

Les quatre pionniers de la constellation O3b seront lancés par une fusée Soyouz depuis le Centre spatial guyanais à 18H53 GMT (15H53 heure de Guyane française, 20H53 heure de Paris). Le premier couple de satellites se séparera de la fusée russe deux heures après le décollage, les deux autres 22 minutes plus tard.

 

Quatre autres satellites devraient par la suite être lancés pour compléter la constellation, avec un projet d'extension de 16 satellites supplémentaires, indique O3b Networks.

 

© 2013 AFP

Des satellites pour offrir l'internet aux "sous-connectés"
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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 23:21

 

 

 

 

 

RFI  Olivier Fourt lundi 24 juin 2013 à 23:47

 

Goodluck Jonathan, Ali Bongo, Alassane Ouattara ou Idriss Déby Itno comptent parmi les onze chefs d'Etat qui ont fait le déplacement à Yaoundé, au Cameroun, ce lundi 24 juin, pour un sommet consacré à la lutte contre la piraterie dans le golfe de Guinée. La région est devenue l'une des zones de prédilection des laissés-pour-compte du développement, pour un coût estimé entre 25 et 75 millions d'euros en 2012.

 

Selon les chiffres du Bureau maritime international (BMI), depuis le début de l'année, sept attaques et une prise d’otage ont été dénombrées au large de la Somalie, contre 22 attaques et une prise d’otage au large du Nigéria.

 

La zone touchée se situe surtout dans le fond du golfe de Guinée où se concentrent les trois quarts des attaques, c'est donc une zone bien moins étendue que la zone d'action des pirates au large de la Somalie, qui couvrait une bonne partie de l’océan indien.

 

Attaques en eaux troubles

 

Autre différence, le golfe de Guinée n'est pas une zone de transit comme le golfe d'Aden. Les bateaux qui sont attaqués le sont le plus souvent au mouillage, en attente de chargement. Aujourd'hui, environ 50 % des attaques dans le golfe de Guinée, sont assimilables à du brigandage maritime et 50 % à de la piraterie maritime.

 

« Il s’agit de cambriolages ou de rackets en mer, mais on assiste aussi à des prises de navires pour s'emparer de leur cargaison, comme, par exemple le ‘Bunkering’, qui consiste à siphonner les hydrocarbures contenus dans le pétrolier, ou même pomper les carburants destinés à la propulsion du navire, en utilisant un bateau-citerne qui repartira avec le butin et revendra tout ça en contrebande à terre », explique un responsable de la Marine nationale française joint par RFI.

 

Selon les experts, les pirates du golfe de Guinée ont une logique de revenus à court terme : « Il s’agit pour eux de faire rapidement de l'argent et de repartir s'il n'y a rien d'intéressant à bord », poursuit cette source au sein de la Marine nationale.

 

Des actes de plus en plus violents?

 

Les pirates du golfe de Guinée peuvent toutefois se montrer extrêmement imprévisibles. Ils sont le plus souvent désorganisés, et se découragent souvent assez rapidement. Mais parfois, sous l'emprise de stupéfiants, ils se montrent très violents. « On a vu des pirates abattre des membres d'équipages tout simplement parce qu'ils n'arrivaient pas à ouvrir assez vite la porte d’un compartiment », assure notre interlocuteur. « Ces méthodes tranchent avec celles que l’on connaissait en Somalie où les otages étaient ramenés à terre, détenus dans des zones sanctuaires, nourris et logés, car les pirates étaient conscients de la valeur qu'ils pouvaient représenter ». Dans le sud du Nigéria, d’où partent bon nombre d’attaques, les pirates ont des difficultés à établir des bases arrière, ce qui explique aussi ce mode d’action consistant à frapper en mer et à se retirer très vite.

 

Le SOS des Etats de la région

 

« Nous devons réagir sans faillir », a affirmé au premier jour de la conférence, le chef de l'Etat camerounais, Paul Biya. Les responsables d'Afrique centrale et d'Afrique de l’Ouest plaident pour le déploiement d'une force navale internationale dans la région. Certains pays n’ont pas attendu le forum de Yaoundé pour commencer à mettre en place des forces de gardes-côtes. Le Nigéria a acheté des patrouilleurs chinois. Le Bénin et la Guinée se sont dotés d’embarcation d’intervention. En principe, les marines de ces Etats sont capables d'intervenir pour protéger les eaux territoriales. L'effort doit maintenant porter sur la coordination de leurs actions.

 

Depuis 1990, la France maintient presque en permanence un navire dans la région : la mission Corymbe. Actuellement, la frégate la Touche-Tréville patrouille dans la zone. Ce bateau est intervenu pour porter assistance au pétrolier MT Adour, attaqué devant Lomé dans la nuit de mercredi 19 à jeudi 20 juin. Son équipage a depuis été libéré. La Marine nationale précise toutefois que « l’objectif de la mission Corymbe est la protection des ressortissants et des intérêts français dans la région, à ce stade ce bateau n'est pas dédié à la lutte contre la piraterie ».

 

Dans le cadre de la coopération militaire, la France a envoyé au moins un officier de marine dans chaque pays riverain du golfe de Guinée. La Direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD) participe à la formation et à l'équipement des marines de la région et aide à la mise en place d'un réseau de sémaphores qui, à terme, devraient être interconnectés, afin de surveiller les eaux territoriales des pays concernés.

Mobilisation contre la piraterie dans le golfe de Guinée
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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 23:19

 

 

 

 

 

 

Dakar le 24 juin 2013@koaci.com - La délégation judiciaire envoyée par le Sénégal dans la Principauté de Monaco, contre Karim Wade dans le cadre de la traque des biens mal acquis a mis fin à la Saga de Wade-fils et de certains de ses amis.

Cette mission de la cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) a fait un séjour très fructueux, en mettant la main sur 30 comptes bancaires de Karim Wade et de certains de ses présumés complices, dont Bibo Bourgi, récemment en liberté provisoire, Abdou Karim Bourgi et Pape Mamadou Pouye.


Les envoyés spéciaux de la CREI ont par ailleurs réussi à découvrir 12,5 millions d’euros (plus de 8 milliards F CFA) d’argent liquide dans les comptes découverts à Monaco.

L’Etat sénégalais a mis sous saisie tous ces biens de Karim et de ses amis. Autre révélation de cette mission reste la fermeture en janvier dernier de 8 autres comptes bancaires. C’est le cas de celui d’Afriport qui détient à 99% le capital de Daport.

En attendant le retour des missions judiciaires envoyées aux Etats-Unis, au Luxembourg et à Dubaï, l’étau se resserre autour de Karim, accusé d’enrichissement illicite portant sur 694 milliards F CFA.

 


Ndiack FAYE

Sénégal : Fin de la Saga monégasque de Karim Wade : 30 comptes bancaires et 8 milliards saisis
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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 22:35

 

 

 

 

CRPS – SENEGAL

 

              Tél : 00221 77 066 41 87/ Email : crpsfederationsenegal@yahoo.fr

 

LISTE DES MEMBRES DU BUREAU FEDERAL DE LA CRPS-SENEGAL

 

Président fédéral : Adrien Kounda Zalia

 

Secrétaire fédéral aux affaires politiques :

 

Secrétaire fédéral à la formation politique : Zouibona Diaslène Jerry Junior

 

Secrétaire fédérale chargée des finances : Péguy KEMANDJI,

 

 Secrétaire fédéral à l’animation et à la mobilisation : Christopher Gamana Legos,

 

Secrétaire fédéral aux affaires administratives : Benjamin Yackoisset

 

Secrétaire fédéral à l’organisation : Innocent Oualou

 

Secrétaire fédéral aux affaires sociales : Venance  Devency Ti Zendi

                                                                                             

                                                                                               Le Président

 

Adrien KOUNDOU-ZALIA

LISTE DES MEMBRES DU BUREAU FEDERAL DE LA CRPS-SENEGAL
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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 22:33

 

 

 

 

 

APA – Douala (Cameroun) 2013-06-24 17:16:00 - Plusieurs camionneurs camerounais ont suspendu leurs activités en Centrafrique pour des raisons d’insécurité, une suspension qui ne sera levée que lorsque « toutes les conditions de sécurité seront réunies », a appris APA, lundi, de sources syndicales.


La première conséquence de cette décision serait « la famine grandissante » en Centrafrique, une situation qui conforte la position des organisations humanitaires qui font état de plus de 500 mille personnes menacées par la famine.


Plus d'un mois après l'assassinat d'un camionneur par des « éléments incontrôlés de la Séléka », du nom de la rébellion qui a pris le pouvoir en mars dernier à Bangui, plusieurs d'entre eux redoutent toujours de desservir la Centrafrique.


« Nous avons pris cette décision pour des raisons de force majeure, puisque notre sécurité n'est plus assurée une fois qu'on traverse la frontière du Cameroun, et qu'on entre en territoire centrafricain », se désolent-ils.


Malgré des assurances des autorités centrafricaines, « la situation ne s'est pas améliorée », car « on a même le sentiment que l'arnaque a pris des proportions inquiétantes ».


La décision des camionneurs traduit dans l'ensemble le courroux des autorités camerounaises qui notent une résurgence de l'insécurité dans les villes frontalières, et qui peuvent expliquer l'absence d'une invitation officielle du président Paul Biya au chef de l'Etat de la transition Michel Djotodjia au sommet sur la sécurité et la sureté dans le Golfe de Guinée.


En dehors « d'un gros risque d'être tué », des camionneurs dénoncent « une arnaque à ciel ouvert » des forces de l'ordre centrafricain, « certains poussant l'incurie de nous exiger de ramener les vivres frais du Cameroun au prochain voyage », se plaignent-ils.

 

 

http://apanews.net/news/fr/article.php?id=202804#sthash.BYk7h1Nt.dpuf

Des camionneurs camerounais suspendent leurs activités en Centrafrique pour cause d'insécurité
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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 17:29

 

 

L’Église catholique de Centrafrique a payé un lourd tribut aux exactions

 

http://www.la-croix.com  24/6/13

 

L’archevêque de Bangui, capitale de la Centrafrique, Mgr Dieudonné Nzapalainga, dénonce à Paris, lundi 24 juin, la crise humanitaire dont est victime son pays depuis l’arrivée au pouvoir, en mars dernier, des rebelles de la Séléka.

 

Selon lui, l’Église catholique a été particulièrement ciblée par les rebelles.

 

« Notre pays la République centrafricaine vient de vivre, ces derniers mois, une des périodes les plus sombres qu’ait jamais connu un Centrafricain », a alerté

l’archevêque de Bangui (République centrafricaine), Mgr Dieudonné Nzapalainga, lors d’une conférence de presse à Paris, lundi 24 juin, consacrée à la crise traversée par la Centrafrique depuis l’arrivée au pouvoir, en mars dernier, de la Séléka (une coalition de mouvements rebelles largement composée de musulmans partis des campagnes du Nord-Est du pays).

 

« Il y a eu par le passé des histoires politico-militaires en Centrafrique, mais les derniers événements que nous venons de vivre, de mon vécu de Centrafricain, je n’en avais jamais connu de tels », a-t-il poursuivi. Et d’énumérer les conséquences humanitaires de la victoire de la Séléka : « Hôpitaux, écoles, véhicules, maisons, magasins, unités de production… ont été pillées, détruits ou emportés. Des vies humaines n’ont pas été épargnées, sans compter d’autres violations des droits de l’homme. Les diocèses du pays se sont vus dépouiller de leurs moyens de locomotion et autres biens ».

 

Sur cette question, Mgr Nzapalainga a été très clair : « l’Église catholique centrafricaine a payé et paie encore par quelques exactions un lourd tribut ». Les neuf évêchés du pays ont été « visités », plus de cent véhicules volés.

 

ÉVITER L’AFFRONTEMENT ENTRE LES RELIGIONS

 

« Partout à travers le pays, les violences semblaient être dirigées contre l’Église et les personnes de confessions religieuses autres que l’islam », a-t-il affirmé avant de poursuivre : « aussi, des tensions intercommunautaires se sont vite fait jour au sein de la population, laissant planer le risque imminent des confrontations à large échelle ».

 

C’est pour éviter l’affrontement entre les religions qu’il s’est associé avec le président des associations des Églises évangéliques et le président de la communauté islamique de Centrafrique, pour ouvrir une « concertation autour de la paix entre les communautés du pays ». Ensemble, ils ont été dans l’arrière-pays pour promouvoir la paix entre les uns et les autres. À l’occasion de ce voyage, ils ont mesuré l’étendue des dégâts : écoles, lycées, maisons, préfectures, trésors publics, églises et presbytères pillés et vandalisés.

« DU JAMAIS VU CHEZ NOUS ! »

 

Après avoir exposé les actions de l’Église en faveur de la paix dans ce contexte tourmenté (collecte et distribution de vivres, accueil et visite des victimes de la guerre), Mgr Nzapalainga a lancé « un appel solennel à la communauté internationale pour que le peuple centrafricain ne soit pas oublié en ces temps », et a « imploré la bonté de divine de protéger la population centrafricaine pour que la paix revienne dans ce pays ».

 

Interrogé par La Croix sur la nouveauté de cette crise, l’archevêque de Bangui a répondu que, « en effet, ce n’est pas la première crise que traverse la Centrafrique : mais d’habitude, après un coup d’État, cela ne dure que deux ou trois jours et c’est très local. Cette fois, elle se prolonge depuis des semaines et elle touche l’ensemble du pays. C’est en ce sens que l’on peut dire que ce n’est du jamais vu chez nous ! ».

 

Quant à la dimension antichrétienne du conflit, Mgr Nzapalainga a répondu qu’il fallait éviter toute forme d’amalgame entre l’islam et l’attitude de la Séléka vis-à-vis des biens d’Église. « Mais, il faut que les responsables répondent des actes de leurs hommes », a-t-il précisé.

 

LAURENT LARCHER

 

 

Des chrétiens et musulmans cherchent à faire baisser les tensions confessionnelles en Centrafrique

 

http://www.la-croix.com

 

L’arrivée au pouvoir de la Séléka a renforcé les suspicions.

 

Personne ne manquait. Les imams en boubou, les pasteurs en costume et les prêtres en soutane se sont assis les uns à côté des autres. Réunis à Bangui pour se former au règlement des conflits, les plus hautes autorités religieuses du pays ont prié d’une seule voix. Leur message de paix a été retransmis sur les ondes. « Attaquer les chrétiens est de nature à jeter le trouble », a insisté l’imam Oumar Kobine Layama qui craint les dérapages entre croyants.

 

Les tensions interconfessionnelles se sont exacerbées en Centrafrique avec la prise de pouvoir par la Séléka, une rébellion largement composée de musulmans partis des campagnes du Nord-Est. Les chrétiens et la hiérarchie de l’Église reprochent le pillage de paroisses, la profanation de lieux de culte, les tirs dans la cathédrale de Bangui… 

 

Sans craindre l’exagération, ils affirment que les musulmans ont été épargnés par les razzias. En ces heures troublées, tous s’observent en chiens de faïence.

 

PEUR D’UN COMPLOT ISLAMISTE

 

La Centrafrique a déjà connu des heurts entre religions dans le passé. Une dizaine de mosquées avaient été brûlées en 2010 à Bangui en représailles après la mort d’un enfant retrouvé dans la voiture d’un musulman. 

 

« En Centrafrique, des Églises du Réveil ont prospéré dès les années 1980 en tenant un discours anti-musulman », rappelle Roland Marchal, chercheur au CNRS. Dans une tentative désespérée de sauver son régime à la fin 2012, le président François Bozizé avait aussi attisé les braises en brandissant la menace du péril islamiste.

 

Après le coup d’État et les abus qui l’ont suivi, s’est répandue la peur d’un complot islamiste ourdi de l’étranger. Une peur avivée par la présence de mercenaires soudanais et tchadiens parmi la Séléka. 

 

LE PRÉSIDENT DIT SON ATTACHEMENT À LA LAÏCITÉ

 

« Ils se comportent en conquérants », s’énerve l’archevêque Dieudonné Nzapalainga qui se dépeint en sentinelle de la laïcité. « Pourquoi les rebelles ont-ils brûlé tous les actes de naissance lors du sac de Bangui ? Pourquoi avoir consacré une journée de prière à la mort du Prophète ? Il n’y a pas de fumée sans feu. »

 

Un texte attribué au nouveau président Michel Djotodia nourrit la suspicion. Dans ce document adressé à l’Organisation de la coopération islamique en 2012, l’ancien rebelle aurait affirmé sa volonté d’instaurer la charia. L’intéressé a beau parler de faux, le mal est fait. 

 

« Ma mère est chrétienne, mon père est musulman, précise à La Croix Michel Djotodia. J’ai moi-même été au petit séminaire. Je suis musulman, je ne suis pas islamiste. La Centrafrique est laïque et le restera. »

 

Olivier Tallès, à BANGUI

 

 

 

 

Peurs et pillages dans la Centrafrique ignorée

 

Trois mois après le coup d’État, les anciens rebelles de la Séléka continuent de voler, brûler et tuer, en toute impunité. 

 

Reportage au nord de Bangui, où l’administration est à l’agonie et les paysans livrés à eux-mêmes.

 

La chèvre s’est enfuie par les ruines de l’église calcinée. Le hameau de Yangoumara se fige. Les minutes défilent dans un silence de cimetière. Au bout d’une heure de patience, un paysan sort timidement des fourrés. Puis un deuxième, un troisième. Ils approchent à pas lents, s’assurant qu’aucun homme en armes ne se tient dans les parages. 

 

Ils parlent entre eux en sango, principale langue de la Centrafrique. Prenant son courage à deux mains, François Sodji (1) raconte l’attaque qui a dévasté son village isolé dans le Nord, à une longue journée de route de la capitale, Bangui.

 

Les soldats ont surgi le 2 juin par la piste cabossée. C’étaient des hommes de la Séléka, la rébellion qui a renversé le régime du président Bozizé le 24 mars. Ils arrivaient de la ville de Bouca et cherchaient du bétail. Mitraillant les alentours, les porteurs d’armes ont blessé un paysan et chassé les habitants apeurés. 

 

LA CENTRAFRIQUE ENCHAÎNE LES DICTATURES

 

À la sortie du village, une balle partie d’on ne sait où a mortellement fauché l’officier du petit groupe de pillards. En représailles, les soudards ont passé les maisons à la torche, une par une, n’épargnant ni l’école, ni les lieux de culte. Sur le chemin du retour, ils ont tiré sur une femme qui vendait son manioc au bord de la piste. L’herbe a déjà recouvert sa tombe.

 

 « On ne pouvait pas confondre cette femme avec un rebelle ou un braconnier », s’étonne encore François Sodji. Trois semaines après le drame, les villageois refusent de quitter leur cachette en forêt malgré les moustiques qui transmettent le paludisme, la pluie qui transperce les abris de fortune, l’humidité qui ronge les bronches des enfants. Bientôt, les maladies emporteront des nouveau-nés, des femmes enceintes, des grands-pères affaiblis. Mais au cœur des campagnes, personne ne vous entend mourir.

 

Quand les paysans essaient de retracer l’histoire des rébellions de la Centrafrique, ils se perdent dans les noms et les dates. Le pays de l’ancien empereur Bokassa enchaîne les coups d’État et les dictatures depuis son indépendance en 1960. Les mutineries des années 1990 ont mis les provinces à genoux. 

 

LA SÉLÉKA, « ARMÉE D’OCCUPATION »

 

Après sa prise de pouvoir par les armes en 2003, le général François Bozizé s’est transformé en dictateur, régnant sur Bangui et une petite moitié du pays. Il n’a guère trouvé de Centrafricains pour regretter son renversement par la coalition Séléka. Mais c’était avant les pillages.

 

Trois mois après leur coup d’État, « les “Séléka” se comportent comme une armée d’occupation régnant par la terreur », résume un diplomate. Mercenaires soudanais ou tchadiens aguerris, coupeurs de routes reconvertis, combattants musulmans originaires du nord du pays : la troupe cantonnée en province sévit en toute impunité.

 

 « Selon nos recherches sur le terrain, les éléments de la Séléka continuent de tuer des civils, de piller les biens privés et de brûler des villages. Le commandement de la Séléka à Bangui ne contrôle pas ces éléments ou est complice de cette violence », déclare Jean–Marie Fardeau, de Human Rights Watch. 

 

DES GROUPES ARMÉS PROFITENT DU CHAOS

 

Pas une ville, pas un village sans victime d’exactions. Dans la commune de Ouendago, des hommes en treillis se sont abattus comme la foudre à la tombée du jour. Ils cherchaient des femmes, maison par maison. Après s’être concertées, six d’entre elles acceptent de raconter leur calvaire. 

 

Jeanine dit avoir été violée par trois hommes. Laissée sans soins, elle se plaint de douleurs au ventre et son mari menace de la renvoyer. Agnès a été entraînée par cinq hommes dans une auberge. Marie-Noëlle, enceinte durant l’agression, craint pour son bébé… Leur forfait accompli, les soldats ont pris la route du Nord sans être inquiétés.

 

Profitant du chaos, d’autres porteurs de kalachnikovs se sont mis en ordre de pillage : les Mbararas. Au retour du mois de décembre, ces éleveurs descendent du Tchad vers les pâturages de la Centrafrique, en poussant leurs troupeaux de bœufs à côté des villages et des champs des cultivateurs. Pendant des décennies, les incidents entre paysans nomades et sédentaires se sont négociés par des systèmes de compensation. 

 

Les accrochages ont dégénéré en violences vers la fin des années 2000 quand le gouvernement de Bozizé a renoncé de fait à exercer son autorité sur le Nord.

 

VIOLENCES ENTRES CULTIVATEURS ET ÉLEVEURS

 

Au cours des derniers mois, la carte de la transhumance a pris des couleurs de cendre. Combien de hameaux brûlés derrière eux ? Combien d’années de labeur réduites en miettes ? Il y a longtemps que l’État ne tient plus le registre des victimes de la rivalité entre cultivateurs et éleveurs. 

 

Mais les habitants de la région assurent n’avoir jamais vécu un tel déchaînement de violence. Le long de la piste qui mène de Bouca à Batangafo, les Mbararas ont ainsi livré aux flammes huit communes, en guise de représailles après la mort d’un des leurs.

 

Entre deux maisons calcinées, un cultivateur trempé par l’orage essaie de mettre la main sur des chèvres. La faim le tenaille, lancinante, comme chez beaucoup de déracinés de la région. Les chiffres de la malnutrition récoltés dans les rares hôpitaux en état de marche ont doublé par rapport à 2012. 

 

Les habitants devraient prospérer grâce à la richesse du pays : manioc, haricots, bananes poussent en abondance. « Mais les Mbararas ont volé nos semences et nos bœufs qui nous servent à tirer la charrue, rappelle le fermier François PaloukaIls disent que la brousse est à eux désormais. Si on résiste, ils appellent les “Séléka” à l’aide. » 

 

LES TRACES DES PILLAGES NE SONT PAS EFFACÉES

 

Les éleveurs nomades sont du bon côté du fusil. Ils profitent de la passivité, voire de la complicité des nouveaux maîtres du pays, dont ils partagent la langue, l’arabe, et la religion, l’islam, dans une Centrafrique aux trois quarts chrétienne. Cinq paysans ont ainsi été fusillés par la Séléka à Ouin, un hameau près de Batangafo, pour avoir tué un Mbarara durant un accrochage.

 

 « On sortira de la brousse quand les “Séléka” seront désarmés », précise Jean-Philippe Yavélé, l’un des villageois qui ont échappé aux représailles. Juchés sur une moto, des soldats se rapprochent du hameau. Aussitôt, les rescapés de Ouin se dispersent dans les broussailles.

 

Après la campagne, la ville. Là aussi, les regards accusateurs sont braqués sur les hommes de la Séléka. « Ils se sont comportés comme des criquets, dévastant tout sur leur passage », reconnaît un ministre du nouveau gouvernement Séléka. 

 

Sous-préfecture, gendarmerie, mairie, bureaux d’ONG : à Batangafo, les bâtiments en dur ont été désossés minutieusement par les rebelles ou des citadins profitant de l’aubaine. Les vandales ont arraché les portes, les câbles électriques, les rideaux, les plafonniers. On ne trouve plus une chaise. La plupart des fonctionnaires sont partis. L’administration est à l’agonie.

 

TENTATIVE DE REPRISE EN MAIN DES AUTORITÉS

 

Au centre de Batangafo, la soirée commence par le même rituel. Il y a le clic-clac des cadenas. On s’enferme. On guette les bruits. Des coups de feu éclatent ? Ce sont sans doute des militaires qui tirent en l’air en buvant des bières. Les enfants de l’orphelinat Le Bercail préfèrent en rire sous le regard bienveillant du pasteur Timoléon et de sa femme. 

Ici, les rebelles ont emporté les motos, une voiture, tout l’argent. Le couple prend ce coup du sort avec philosophie. « Cela fait tant d’années que les Centrafricains subissent la loi des armes », rappelle le pasteur Timoléon.

 

Ces dernières semaines, les autorités de Bangui tentent de reprendre en main la région. Accompagné d’une escorte lourdement armée, le général Mahamat Haroun est venu rétablir « l’ordre » à Batangafo,« sermonner » la troupe, et « arrêter les pillages ». « Il y a eu des troubles ici il y a deux jours », reconnaît-il pudiquement. 

 

LES MERCENAIRES SONT OUBLIÉS

 

La colère gronde en effet parmi les habitants. La veille, un père de famille qui avait eu le malheur de s’élever contre la brutalité d’un soldat est mort par étouffement, pendant son incarcération. Le drame est survenu sous les yeux de son fils. « Nous n’avons pas pu récupérer le corps », lâche sa fille en larmes.

 

En ce jour d’inspection, le général Haroun a cherché à rassurer les villageois. Les « fauteurs de troubles », eux, ne seront ni jugés ni emprisonnés. « Ils seront remplacés par des “vrais Séléka” », promet-il. Des coupons de nourriture seront également distribués à la troupe. 

 

Un semblant d’ordre reviendra pendant une semaine, deux peut-être, puis les exactions reprendront comme cela s’est vu ailleurs. Les mercenaires soudanais et tchadiens, les jeunes recrues à peine sorties de l’enfance et les combattants venus du Nord musulman et oublié ne désarmeront pas avec de belles paroles.

 

OLIVIER TALLÈS

Lu pour vous RCA : Des chrétiens et musulmans cherchent à faire baisser les tensions confessionnelles en Centrafrique
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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 16:52

 

 

 

Bangui, 24 juin 2013 (CAP) – A la suite de violentes pluies diluviennes qui se sont  abattues sur Bangui et sa région, un éboulement de terre s’est produit sur les chantiers des mines aurifères de Ndassima dans la préfecture de la Ouaka, chef-lieu Bambari, ayant entraîné la mort de 37 personnes dont les corps ont pu être extraits mais on craint encore d’autres victimes qui pourraient alourdir ce bilan.

 

Le président Michel Djotodia, selon le communiqué lu sur les antennes de radio Centrafrique et à la télévision nationale par le porte-parole de la présidence Prosper N’douba, a présenté ses sincères condoléances les plus attristées aux familles éplorées des victimes et décrété un deuil national de trois jour avec mise en berne des drapeau à compter du mardi 25 juin. 

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 10:55

 

 

 



Trois mois sont déjà passés depuis la prise du pouvoir par la SELEKA le 24 mars 2013.


Que s'est-il passé pendant tout ce temps que certaines personnes considèrent comme un changement ?


Au Cameroun, le Président déchu François BOZIZE qui était de passage dans ce pays, y est encore et cela laisse l'homme fort de Centrafrique en éveil.
Djotodia n'arrive toujours pas à contenir ses troupes aussi bien dans la capitale que 
dans les autres villes de province et de savoir que l'ancien président Bozizé réside 
juste dans le pays voisin lui donne l'idée que ce dernier est entrain de préparer sa 
revanche. Ceci inquiète le chef de la coalition SELEKA qui de surcroît n'a pas eu 
l'honneur d'être reçu par Paul BIYA, président du Cameroun.


Depuis son entrée en Centrafrique, la SELEKA a posé des actes qui ont fragilisé la 
population Centrafricaine : pillages en tous genres, séries de viols et de meurtres 
impardonnables,... Le pays se trouve encore dans l'insécurité totale et au lieu de penser 
à trouver des solutions immédiates à toutes ces exactions, le nouveau pouvoir de Bangui préfère se pencher sur le dossier Bozizé qui semble être une priorité pour lui. Aurait -t-il oublié que sa prise du pouvoir a été accompagné d'actes considérés de crimes contre l'humanité ? Est ce pendant une période de transition que les dossiers du genre Bozizé doivent être traités? Quel est le rôle du Conseil National de Transition ? Sécuriser son fauteuil de chef d’État serait-il plus important que servir et protéger son pays ?

 
Des cris s'élèvent de partout : la population est toujours victime de pillages, de viols, 
d'arrestations arbitraires. Elle n'arrive pas à faire face aux problèmes de santé, 
d'alimentation et ne parlons pas de l'éducation, où l'on peut déjà penser à une année perdue pour nos enfants et pour l'avenir du pays. Les cinq verbes de la Centrafrique (instruire, nourrir, soigner, loger et vêtir) n'existent plus dans le quotidien des centrafricains, tout comme la constitution a disparu au terme d'une seule phrase. Nos enfants naissent sans espoir d'être nourris, soignés, instruits,...


Combien de dirigeants se sont déjà succédé depuis la colonisation ? Ont-ils vraiment défendu les causes de la population ou ont-ils servi leurs propres intérêts ?

Bozizé arrive au pouvoir par un coup d'état en 2003 : il éjecte de ce fauteuil en or Ange Félix Patassé. 10 ans plutard, c'est son tour d'être éjecté de la même manière (chacun son tour chez le coiffeur). Même procédure de prise de pouvoir : coup d'état avec ses corollaires ; même méthode de gouvernance et de sortie de crise. Les intérêts des populations sont foulés au pied : le président déchu vivait dans un pays sans en connaître la réalité. Un des dirigeants de ce pays a dit après sa chute : « c'est mon entourage qui m'a induit en erreur ». La lucidité lui est revenue tout d'un coup après coup.


A quand le changement ? A-t-on pensé aux stratégies à mettre en place pour sortir ce pays de ce cycle infernal ? 


En Afrique, en général et particulièrement en Centrafrique, c'est le président qui décide de tout ; les ministres et les députés ne font qu'exécuter les commandements qui descendent de sa volonté. Jusqu'où irons-nous si nos dirigeants ne se réveillent pas de cet aveuglement et de ce sempiternel sommeil. Nous sommes tous enfants de notre pays et tant que nous n'aurons pas tiré les leçons du passé et de notre histoire, ce sera un éternel cycle : même résultat pour une même procédure.

Que vient faire Paul Biya dans tout cela ? Aujourd'hui pour avoir décidé d’héberger aussi longtemps que prévu un sans abri, ses frères africains veulent unir leur force pour le faire partir de son fauteuil. En tenant compte de l'histoire, nous pensons que Bozizé à Yaoundé , c'est mieux que Gbagbo à la CPI car, il est encore dans nos murs et peut être jugé par les siens à tout moment.


Jacqueline GBANDO

BIYA-BOZIZE : LES DEDALES D'UN HEBERGEMENT INOPPORTUN
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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 10:43

 

 

 

http://www.leprogres.fr   23/06/2013 à 22:08

 

Les premiers ennuis judiciaires de Bernard Tapie ont pour nom Jean Bedel Bokassa. L’ancien « empereur » du Centrafrique est le premier à avoir traîné l’homme d’affaires devant un tribunal. Bernard Tapie, 37 ans à l’époque, lui avait, en 1980, racheté ses propriétés en France à un prix intéressant en faisant croire que l’État français allait les saisir. Tapie les a vendus aux enchères à New York et a fait don de l’argent à… l’Unicef. Bokassa a récupéré ses châteaux en justice (Ils ont été à la fin saisis par l’État centrafricain).

 

Plus que l’homme d’affaires poursuivi pour abus de biens sociaux dans le rachat de Testut (300 000 francs d’amende en 1996) ou l’homme politique attaqué en diffamation par le FN à deux reprises, c’est au titre de président de l’OM que « Nanard » alimentait la chronique judiciaire des années 1990. Condamné avec 14 autres prévenus, il a écopé le 4 juin 1998 de trois ans d’emprisonnement avec sursis, et cinq ans de privation de ses droits civils et civiques dans l’affaire dite des comptes de l’OM. Le club versait des commissions occultes aux intermédiaires de joueurs lors des transferts notamment, détournements évalués à plus de 15 millions d’euros.

 

L’OM, de la gloire à la chute

 

Mais sa chute intervient avec le match truqué VA-OM : en mai 1993, le footballeur mulhousien Jacques Glassmann révèle au procureur Eric de Montgolfier que par l’intermédiaire du joueur Jean-Jacques Eydelie, l’OM avait tenté de le corrompre ainsi que deux autres joueurs de Valenciennes. Bernard Tapie est condamné le 28 novembre 1995 pour « complicité de corruption et subornation de témoins » à deux ans d’emprisonnement dont huit mois ferme. Il va en prison. Ses biens sont saisis ou mis sous conserve. Après 165 jours, il est libéré en juillet 1997 ; cette peine a été fusionnée avec une autre condamnation dans l’affaire dite du Phocéa, cette fois pour fraude fiscale et abus de bien social (18 mois de prison dont 12 avec sursis). Le président de l’OM, très attaché à ce superbe voilier sur lequel il conviait ses joueurs et amis politiques, avait bénéficié de sous-facturations de la société exploitante du yacht.

 

Mais Bernard Tapie a aussi été victime et plaignant. Il prend ainsi sa revanche avec l’affaire Adidas-Crédit Lyonnais : après douze ans de procédures avec le Consortium de réalisation (CDR), organisme public chargé de régler le passif du Crédit Lyonnais, l’homme d’affaires obtient en juillet 2008 la condamnation du CDR par un tribunal arbitral à lui verser 285 millions d’euros. Le tribunal retient que le CL l’a floué en lui achetant en sous-main Adidas pour le revendre avec une plus-value à Robert Louis-Dreyfus en 1993.

 

Dans la foulée, il solde en 2010 son dernier litige avec la justice : il est relaxé par le tribunal de Paris pour banqueroute des sociétés qu’il possède avec son épouse Dominique (GBT et Financière Bernard Tapie). Le tribunal considéra qu’il avait été mis en difficulté financière à cause du CDR. Il est redevenu depuis riche et homme d’affaires. Au sens économique et judiciaire.

lu pour vous : Un homme d’affaires judiciaires
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