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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 15:23

 

 

 

Libreville

 

 

BANGUI, 08 jan 2013 (AFP) - Pouvoir, rebelles et opposition se retrouvent à Libreville pour des négociations de paix sur la crise centrafricaine. Voici la liste des principaux acteurs:

 

REBELLES

 

Michel Djotodia (chef de délégation). Agé d'une soixantaine d'années, le président du Séléka a une longue expérience de la rébellion. D'abord fondateur d'un groupuscule, il a été à l'origine de la création de l'UFDR (Union des forces démocratiques pour le rassemblement), fusion de plusieurs petits groupes en 2005 et qui a donné naissance à une des rebellions les plus actives du pays. L'UFDR semble être aujourd'hui la composante principale de la coalition du Séléka.

 

M. Djotodia avait perdu les rênes de l'UFDR lors de son arrestation et exil au Bénin en 2007 au profit de Damane Zakaria mais semble s'en être rallié les éléments en 2012.

 

Avant son passé de rebelle, il a été fonctionnaire du ministère du Plan, puis des Affaires étrangères. Il avait été nommé consul de la Centrafrique à Nyala (Soudan) par François Bozizé peu après son accession au pouvoir en 2003.

 

Eric Neris Massi: Porte-parole et coordonnateur du Séléka, il est le beau-fils de Charles Massi, ancien ministre devenu rebelle, fondateur de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). Celui-ci avait refusé d'intégrer le processus de paix de 2008 et est donné pour mort par sa famille qui accuse le régime du président Bozizé de l'avoir tué en 2010.

 

Fin communicateur vivant en France, Eric Massi se présente comme l'héritier de son beau-père. Le régime le qualifie d'"usurpateur" n'ayant pas la nationalité centrafricaine.

 

Florian Ndjadder, importante figure du Séléka. Fils d'un général mort en 2001 lors du coup d'Etat manqué contre le régime d'Ange-Félix Patassé, il a été sous-officier des forces armées centrafricaines. Emprisonné pour un braquage mais libéré par M. Bozizé, il a pris le maquis et a fondé la rébellion de l'Union des forces républicaines (UFR), dans les régions de l'Ouham Péndé et de l'Ouham (nord-ouest). Son mouvement a signé les accords de paix mais a intégré le Séléka.

 

Djouma Narkoyo. Ce "colonel" était inconnu jusqu'aux attaques du Séléka. Toutefois, il est très présent sur le terrain et est incontestablement un des chefs militaires du mouvement. De l'avis de certains observateurs, il ne s'agit pas de son vrai nom.

 

POUVOIR

 

Jean Willybiro Sako (chef de délégation): Si son portefeuille ne semble pas de premier plan (Enseignement supérieur), il est un des trois ministres d'Etat et est un des poids-lourds du régime alors qu'il ne fait pas partie du parti Knk du président Bozizé. Réputé rigoureux, compétent et intègre, criminologue de formation, il a été ministre des présidents André Kolingba, d'Ange-Félix Patassé et de François Bozizé. Il était jusqu'en en avril 2011 ambassadeur en France.

 

Cyriaque Gonda: Ancien ministre, ancien fonctionnaire des Nations unies, membre de la majorité présidentielle, c'était un proche du chef de l'Etat mais il est tombé en disgrâce à la suite d'une accusation de détournements de fonds publics destinés au programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (DDR) des rebelles

Il revient sur la scène sans doute parce qu'il a été le principal artisan du Dialogue politique inclusif de 2008, qui avait réuni toutes les parties et s'était soldé par un succès.

 

Josué Binoua. Ministre de l'Administration du territoire (Intérieur), il n'a fait son entrée au gouvernement qu'au mois d'avril mais il en est devenu une des voix les plus écoutées et un des seuls autorisé à parler depuis le début de la crise. Pasteur, issue de la société civile, ayant fait ses études en France (dont il a la nationalité), il a été candidat à la présidentielle de 2005 contre M. Bozizé.

 

OPPOSITION

 

Me Nicolas Tiangaye (chef de délégation). Ce célèbre avocat qui a défendu l'ex-Empereur Bokassa en 1986-1987 est aussi connu pour avoir été président de la ligue centrafricaine des droits de l'homme. En 2003, lors de la prise de pouvoir de François Bozizé, il a présidé le parlement de transition.

Il est porte-parole du Front pour l'annulation et la reprise des élections (de 2011), le  FARE-2011.

 

Martin Ziguélé. Le principal opposant. Ancien Premier ministre d'Ange-Félix Patassé, il était en fonction lorsque M. Bozizé a pris le pouvoir. Président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) qui fait partie de l'internationale socialiste, il a été deux fois candidat à la présidentielle. En 2005, il a été battu au 2e tour par M. Bozizé et en 2011 il s'est classé 3e derrière MM. Bozizé et Patassé.

 

Me Henri Pouzère: Avocat candidat aux présidentielles de 1999 et 2005. Très critique à l'égard des régimes Patassé et Bozizé, il dirige l'association politique Löndö (debout). Il est respecté parce qu'il n'a jamais été aux affaires. 

 

 

 

NDLR : Contrairement à ce qu'annonce cette dépêche, le ministre Josué Binoua n'est pas à Livreville avec la délégation gouvernementale, selon nos informations mais il était en revanche du déplacement de Bozizé à Brazzaville lundi dernier. Côté Séléka, Eric Massi attendu dans la capitale gabonaise n'est toujours pas présent tandis que Florian Ndjadder de l'UFR vient seulement d'arriver ce mercredi après-midi à Libreville. Les premières discussions avec les médiateurs ont démarré ce matin avec la remise d'un consistant mémorandum et un document contenant les propositions de solutions de sortie de crise confectionnées par l'opposition démocratique. Il a fallu beaucop de conciliabules pour que Séléka daigne se rendre dans la salle mais finalement tout se serait bien passé d'après nos informations .   

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 10:22

 

 

 

CEEAC

 

 

APA-Libreville (Gabon) 2013-01-09 01:16:00 Les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), ont demandé mardi à Libreville aux rebelles de la Séléka et au régime du président François Bozizé de signer sans délai un cessez-le-feu et ont appelé les rebelles à se retirer des villes conquises.


Selon le communiqué final de la rencontre, les ministres « exhortent les parties en conflit à signer immédiatement un accord de cessez-le-feu ». Le texte exige le retrait des rebelles des villes conquises.


Le premier face à face entre les rebelles de la Séléka, le gouvernement de Bozizé et l'opposition non armée, est prévu ce mercredi.


La situation s'annonce houleuse au regard des déclarations tranchées des protagonistes. Mardi à Bangui, la capitale de la Centrafrique, le président François Bozizé a affirmé qu'il n'ira pas à Libreville pour négocier son départ. Un jour auparavant il a déclaré depuis Brazzaville (Congo) où il a brièvement rencontré le chef de l'Etat congolais, Denis Sassou Nguesso, que les rebelles de la Séléka étaient des mercenaires à la solde des étrangers.


Les rebelles, pour leur part, continuent d'exiger le départ de Bozizé du pouvoir.


Le sommet extraordinaire des chefs d'Etat de la CEEAC prévu ce jeudi toujours dans la capitale gabonaise, s'annonce extrêmement difficile


Mardi, le ministre centrafricain des Affaires étrangères, aurait refusé d'embarquer à bord d'un avion affrété par le Gabon estimant que les autres Centrafricains ayant pris place n'étaient pas de son bord politique, a indiqué un diplomate gabonais sous couvert de l'anonymat.

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 09:52

 

 

 

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RFI   mercredi 09 janvier 2013

 

Alors que des négociations inter-centrafricaines sont prévues à Libreville, au Gabon, sous l'égide des Etats de l'Afrique centrale, sur le terrain, la situation est préoccupante pour les populations. Des centaines de tonnes d'aide alimentaire ont été pillées dans plusieurs villes du nord de la Centrafrique « et la situation est totalement imprévisible », a indiqué, mardi 8 janvier, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, basé à Genève.

 

Elisabeth Byrs  Porte-parole du Programme alimentaire mondial

« Nous sommes prêts, avec les 1000 tonnes dans les entrepôts à Bangui, à nourrir 300 000 personnes pour une semaine »

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Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 09:41

 

 

 

Bozize-perdu.JPG 

 

 

Par Laurent Correau  RFI   mercredi 09 janvier 2013

 

La capitale du Gabon, Libreville, accueille actuellement des délégations de la rébellion centrafricaine, du pouvoir et de l’opposition politique. Objectif : faire sortir le pays de la crise dans laquelle il est plongé depuis le mois de décembre. Dans quel état d’esprit les autorités centrafricaines abordent-elles ces discussions ? Qu’est-ce que le président François Bozizé est prêt à répondre à ceux qui réclament son départ ? Le chef de l’État centrafricain a répondu aux questions de l'envoyé spécial de RFI à Bangui.

 

La rébellion et l’opposition vous demandent de quitter vos fonctions à la tête du pays. Est-ce que vous êtes prêt à négocier cela à Libreville ?


Non, je n’ai pas à négocier. Pourquoi négocier ? Est-ce que la rébellion représente le peuple centrafricain qui m’a élu à deux reprises ? Qu’est-ce qu’on me reproche ? Je fais mon travail. Une rébellion qui surgit brutalement, qui nous attaque. Non, je n’ai pas à négocier. Sinon, c’est la loi de la jungle qui va triompher. Et cela pourra s’étendre ailleurs, et pourquoi pas même dans les pays développés ?

 

Qu’est-ce que vous souhaitez que votre délégation négocie à Libreville ?

 

Nous l’avons déclaré devant le président en exercice de l’Union africaine : nous sommes prêts pour un gouvernement d’union nationale. Dans notre gouvernement actuel, il y a l’opposition. Donc pour nous, ce ne sera pas une affaire nouvelle, c’est une chose que nous pratiquons depuis toujours. Seuls les gens de mauvaise foi disent le contraire.

 

Qui sont les rebelles qui ont lancé l’attaque sur Ndélé le 10 décembre ?

 

Je ne les connais pas. Si je les connaissais, je pourrais mieux les définir. Par contre, Djotodia semble être leur chef. Mais c’est à Djotodia que nous avons envoyé une délégation pour le voir il y a un mois et demi. A Gordil, il avait reconnu les accords de Libreville et il devrait respecter ceux-là. Qu’est-ce qu’il l’a poussé ? Est-ce que ce sont les opérateurs économiques qui l’ont poussé à aller de l’avant ? Lui seul pourrait le dire.

 

Au moment où ces négociations doivent commencer à Libreville, quel est votre message aux rebelles de la Seleka ?

 

Dans un premier temps, c’est de respecter la décision de Ndjamena qui leur demande de revenir à leur point de départ. Ensuite, reconnaître la Constitution de la République centrafricaine et ne pas se comporter tel qu’ils le font s’ils sont vraiment des citoyens du pays. Seul le respect des institutions de la République doit être pris en compte.

 

Qu’est-ce que vous attendez justement de vos pairs de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale qui doivent se réunir avec vous en sommet à la fin de cette semaine ?

 

Ce sont des chefs d’Etat qui ont l’habitude de gérer un pays. Certains connaissent les problèmes de rébellion. Je leur laisse le soin de deviner le reste. Ce qui arrive à la République centrafricaine peut arriver ailleurs. Il est temps de freiner cela.

 

Pourquoi selon vous les rebelles ont repris leurs activités en décembre ?

 

Dire que les rebelles ont repris, non. C’est une fraction, ce sont des rebelles un peu à part qui ont été « travaillés » à l’extérieur et l’opposition démocratique n’a fait que profiter de cela pour présenter ses revendications. Mais ce ne sont pas les rebelles habituels puisque les rebelles habituels ont signé les accords de paix à Libreville. Et nous vivons avec eux. Ils sont dans l’administration, dans le gouvernement, dans la fonction publique. Ce ne sont pas les mêmes rebelles.

 

Il y a à l’heure actuelle dans la société centrafricaine, en tout cas ici à Bangui, un discours anti-français qui commence à monter. Quel est l’état des relations actuellement entre la France et la Centrafrique ?

 

Non, les relations entre la France et la Centrafrique sont au beau fixe. Ce sont les rebelles de Seleka qui ont créé cette situation nouvelle. Et dans la mobilisation, la colère générale, la jeunesse a manifesté sa colère vis-à-vis de la France à travers des manifestations proches de l’ambassade de France. Nous avons reçu l’ambassadeur de France pour nous en excuser. Mais c’est une colère qui est tout simplement due au fait que la jeunesse a vu son avenir bloqué dans la mesure où elle espérait beaucoup, avec toutes les transformations que nous avions apportées au pays. Et voilà que brutalement, on assiste à une menace dangereuse pour l’avenir du pays. Mais c’est une colère de circonstance et cela doit s’arranger normalement. Il n’y a pas à développer cela sous autre forme.

 

Des forces sud-africaines sont actuellement déployées à Bangui. On parle également d’éléments ougandais. Quelle est la mission que vous leur attribuez ?

 

Il faut reconnaître que les forces ougandaises et sud-africaines existent en République centrafricaine depuis bientôt cinq ans. Les forces sud-africaines participent à la remise à niveau de forces centrafricaines. Les forces ougandaises se trouvent dans la pointe sud-est du pays et combattent la LRA [Armée de résistance du Seigneur ndlr] de Joseph Kony. Ils sont à 1 400 soldats dans la pointe Est du pays. Donc pour nous, ce n’est pas nouveau. Mais compte tenu du fait que le pays vit un moment qui n’est pas normal, ils ont dû prendre des dispositions puisqu’ils ont des ressortissants aussi.

 

Il y a eu des renforts tout de même ?

 

Oui, on ne sait pas comment les choses vont se développer. Toute armée à travers le monde prévoit toujours. Il n’est pas question de croire que c’est une petite affaire et que ce sont deux ou trois militaires qui doivent se tenir face à cela. Nous sommes prévoyants tout simplement.

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 09:17

 

 

 

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Le président centrafricain François Bozizé a martelé mardi qu'il ne voulait "pas négocier" son départ. La rébellion en fait pourtant la condition du dialogue.

 

J'y suis, j'y reste. Le président de la Centrafrique François Bozizé a exclu mardi de quitter son poste sous la pression des rebelles. "Je n'ai pas à négocier mon départ. Est-ce que la rébellion représente le peuple centrafricain qui m'a élu à deux reprises ?", s'est-il interrogé lors d'une conférence de presse dans la capitale Bangui. Le chef d'Etat sur la sellette a ensuite qualifié les opposants de la coalition Séléka, qui contrôlent la majeure partie du pays depuis leur offensive éclair lancée le 10 décembre, de "mercenaires terroristes" et de "hors la loi".

Des pourparlers cruciaux


Ce sont pourtant eux qui doivent s'asseoir à la table des négociations imminentes à Libreville, au Gabon. La délégation du pouvoir et les représentants des rebelles, épaulés par des membres de la société civile centrafricaine, sont déjà sur place. Prêts à engager dans les heures à venir de difficiles négociations de paix pour tenter de mettre un terme à la profonde crise qui secoue la Centrafrique, sous l'égide des pays voisins. Ces derniers, réunis au sein du conseil des ministres de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale, ont évoqué dans un communiqué mardi "la complexité de la tâche" qui leur est assignée.


Les rebelles, qui réclament notamment le respect d'accords de paix signés entre 2007 et 2011 avec le pouvoir, exigent comme condition au dialogue le "départ" du président en place. Avec les déclarations tranchantes de Bozizé, ces pourparlers cruciaux débutent de la plus mauvaise manière.

 

 

 

NDLR : Bozizé avait accepté le principe des négociations "sans conditions" à Libreville et de formation d'un gouvernement d'union nationale y compris avec les rebelles. Maintenant que ceux-ci sont sur place à Libreville et comptent examiner le contenu et la forme de ce gouvernement de transition, c'est Bozizé qui énonce encore des conditions. C'est à y perdre son latin. On se demande même s'il va se rendre aux négociations de Libreville alors que tout les différents protagonistes sont déjà là-bas. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 03:41

 

 

 

Déby et Bozizé à Bangui

 

8 jan, 2013 (APA)


L’activisme du Tchad dans le dossier centrafricain fait l’objet d’interrogations de la part de bon  nombre de personnes qui s’intéressent à la crise en Centrafrique.


Il est vrai que le général Idriss Déby Itno assure depuis deux ans la Présidence de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale) et cela peut peser dans les décisions puisque la CEEAC, comme la plupart des communautés régionales africaines, met la stabilité de la région au centre de sa politique.


Il est aussi important de souligner que le judoka et démographe tchadien Nassour Ouaïdou, ancien Premier ministre d’Idriss Déby Itno et ancien Président de l’Assemblée nationale du Tchad, est aujourd’hui Secrétaire Général de la CEEAC dont le siège est à Libreville au Gabon.


Et le courant ne peut que bien passer entre les deux personnalités.


Il est aussi important de relever que le Tchad, qui est entré dans le club des pays pétroliers depuis douze ans, veut de plus en plus peser sur la scène sous-régionale notamment à la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) où il dicte de plus en plus ses désidérata aux autres pays membres que sont le Cameroun, le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Congo Brazza, et notamment la RCA.


Mais si N’Djamena est impliqué ainsi dans la crise centrafricaine, c’est surtout pour protéger son pétrole.



Les bassins pétroliers de Doba, de Dosséo, de Mandouli d’où est extrait le pétrole tchadien sont voisins à la RCA et toute instabilité dans la région menacerait dangereusement les intérêts du Président Idriss Déby Itno.


N’Djamena aussi est intéressé par tout ce qui se passe en RCA puisque sur l’ensemble de ce pays, le commerce est presqu’entièrement entre les mains des Tchadiens, notamment le commerce de détail.


Si N’Djamena s’est empressé d’envoyer des éléments en RCA, c’est surtout pour prévenir que ces Tchadiens, aguerris, ne puissent se servir de la RCA comme base arrière pour déstabiliser le régime d’Idriss Déby Itno.


Soulignons que la Séléka, même si elle a de contacts avec les officiels tchadiens, garde dent à Idriss Déby Itno qui a fait arrêter et livrer à Bozizé le colonel Charles Massi, ancien rebelle centrafricain qui opérait sur les frontières de ces deux pays.


Depuis lors, le Colonel Massi n’a jamais réapparu et selon plusieurs sources, il serait mort sous la torture au début de l’année 2010.


Aujourd’hui son fils Eric Massi est un des hommes forts de la Séléka et il ne cache pas sa ferme volonté de connaître la vérité sur la disparition de son père. Ce qui importune N’Djamena et inquiète Bangui.


N’Djamena a envoyé son armée en RCA donc par prévention surtout que pendant cinq ans au moins, une bonne partie du Nord de la RCA était sous la coupe du Général Baba Laddé, jeune rebelle tchadien de 40ans, gendarme de formation.


Plusieurs raids conjoints de l’armée tchadienne et de l’armée centrafricaine n’ont pas réussi à faire déloger le chef rebelle tchadien. Il a fallu la persuasion de Mgr Pomodimo, médiateur centrafricain, pour faire ramener au bercail, en milieu de l’année 2012, le chef rebelle tchadien.


D’abord il faut relever que le règne de Patassé, qui lui-même serait d’origine tchadienne selon plusieurs sources (ses parents, des Sara, du groupe Kaba, auraient émigré en RCA pendant la période coloniale).


Ange Félix Patassé et Idriss Déby Itno entretenaient de bonnes relations avant de se brouiller. Idriss Déby Itno accueillit alors sur son territoire un certain Bozizé qui conquit Bangui en 2003 avec l’aide de nombreux Tchadiens, les fameux Libérateurs, dans le  jargon centrafricain.


Il faut signaler que l’ancien chef d’Etat-major de l’armée tchadienne, le général Daoud Soumaïne, tué lors du raid des rebelles tchadiens sur la capitale N’Djamena en février 2008, est un ami personnel de François Bozizé).


Les fameux Libérateurs se brouillèrent eux aussi très vite avec Bozizé et alimentèrent de nombreuses rebellions  contre le régime de Bozizé.


Et jusqu’à une date récente, ce sont les Tchadiens qui assurent la sécurité du Palais Présidentiel centrafricain. Comme par enchantement, le retrait de ces Tchadiens il y a deux mois, a sonné aussi le début de la conquête du pays par la Séléka.

 

Par Miskine Sakit

 

 

NDLR : En prenant le contrôle de Bambari et surtout de la localité qui abrite les mines d'or de Ndassima, Séléka prive cruellement Bozizé de toucher les subsides de la société qui exploite ces mines. D'où sa colère contre Séléka. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 03:25

 

 

 

manifestants du 5 janv Paris. 4 JPG

 

 

Le président du Congo Brazzaville et médiateur de la CEEAC pour la crise centrafricaine, Denis Sassou Nguesso, annonce aujourd’hui que les pourparlers de paix entre Bangui et la coalition rebelle du Séléka sont reportés et s’ouvriront d’ici le 11 janvier. « Nous partons sereins [...] à une grande rencontre entre Centrafricains pour nous pencher sur les problèmes de notre pays et rechercher des solutions pour la paix et le développement », déclare le chef de la délégation gouvernementale et ministre centrafricain de l'Enseignement supérieur, Jean Willybiro Sako.


Un optimisme partagé par le chef politique du Séléka, Michel Djotodia. « On est là, on va discuter, on va se comprendre. Après tout, nous ne sommes pas des ennemis, nous sommes des frères », avait-il déclaré hier à la presse avant d’ajouter que « ce n'est pas moi qui vais faire partir Bozizé, il y a une coalition et il y a aussi l'opposition démocratique qui est là […], on va se retrouver et on verra ce qu'il y a lieu de faire ».


 Si la délégation du Séléka est arrivée hier à Libreville, la délégation gouvernementale a été retardée en raison de problèmes techniques et devrait rejoindre dans la journée la capitale gabonaise.

 

(Source : France 24   8 jan. 2013)

 

NDLR : Si les pourparlers doivent débuter le 11, pourquoi faire aller les délégations dès le 7 pour les confiner dans les hôtels pendant que Bozizé défraie la chronique dans les médias ? 

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Centrafrique-Presse.com - dans Annonces et divers
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 03:17

 

 

 

 

Bozyangou


BBC Afrique   8 Janvier, 2013 - 18:05 GMT

 


 Le président centrafricain François Bozizé dit ne pas vouloir négocier son départ du pouvoir, comme le réclame la rébellion.


Lors d’une conférence de presse mardi à Bangui, avant les pourparlers de Libreville, François Bozizé a lancé: "Non, je n'ai pas à négocier (mon départ). Pourquoi négocier? Est ce que la rébellion représente le peuple centrafricain qui m'a élu à deux reprises? (...) Je n'ai pas à négocier une fonction de chef d'Etat, surtout dans le cadre de la démocratie (...) sinon c'est la loi de la jungle".


"Cette question est le langage de tout hors-la-loi. Quelqu'un qui respecte la Constitution ne doit pas poser une question pareille. (...) Ce sont des hors-la-loi", a-t-il poursuivi.


 "Pourquoi déchiqueter la Constitution ? Détruire les institutions de la République, c'est grave dans un monde où nous défendons la démocratie. Seuls les hors-la-loi, les mercenaires-terroristes peuvent demander cela", a-t-il poursuivi alors que des délégations du pouvoir, des rebelles et de l'opposition se trouvent à Libreville pour entamer des négociations.


"Si les terroristes viennent parler terrorisme (à Libreville), le monde entier saura! Ce sont des terroristes, ils se comportent comme tels, ils pillent, ils volent, ils saccagent", a-t-il insisté.


"Nous allons à Libreville pour défendre la démocratie, la Constitution, pour dire (aux rebelles du) Séléka qu'ils respectent les décisions des chefs d'Etat d'Afrique centrale", les médiateurs de la crise, leur demandant de "repartir à leurs positions de départ", a-t-il dit.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 03:13

 

 

 

Bozizé et ses partisans

 

 

Au moment où toutes les délégations impliquées dans les négociations prévues à Libreville en vue de trouver une porte de sortie honorable de la crise qui secoue le CENTRAFRIQUE depuis plusieurs semaines,, il n'y a rien de plus surprenant que de voir BOZIZE prendre l'avion pour se rendre à Brazzaville, afin d'y rencontrer son homologue congolais. L'on pourrait se demander quel pourrait être l'objet de cette visite hâtive lorsque l'on sait dans quelle angoisse vit aujourd'hui le peuple centrafricain, un peuple qui ne sait pas et qui se demande à quelle sauce il sera mangé demain.


En effectuant le déplacement à un moment si tendu de l'histoire de CENTRAFRIQUE, BOZIZE, qui n'a jamais cessé de montrer combien ce pays et son peuple ne comptaient que pour des prunes pour lui, montre une fois de plus qu'il ne sera jamais à leurs côtés, surtout lorsqu'ils sont plongés dans la détresse, détresse dont il est lui-même le principal auteur.

 

Que va-t-il chercher auprès du Président congolais sinon de probables conseils de guerre, de probables ficelles pour réussir à sortir victorieux, indemne et encore plus puissant et plus féroce envers les centrafricains dont il n'a cessé de rendre la vie insupportable ? Que va-t-il chercher à Brazzaville si ce n'est que pour chercher à garder le pouvoir dans ce pays qu'il n'a pas hésité à qualifier de pays pauvre parmi les derniers du monde? Laisser à d'autres le soin de traiter votre pays avec de tels qualificatifs se comprendrait. Mais un chef d’État qui se permet ce dérapage verbal ne le fait pas de manière gratuite. Par sa conduite, sa gestion du pays et son aveuglement face aux calamités qui jonchent la vie quotidienne des centrafricains, BOZIZE n'a jamais eu la moindre compassion.

 

Les billets de banque qu'il a jetés à son passage dans les rues de BANGUI, en croyant soulager le peuple de ses turpitudes, n'étaient que l'expression du mépris qu'il a (avait) pour ce peuple qu'il considérait et qu'il considère comme un chien affamé à qui il fallait jeter un os pour se distraire ensuite en le voyant courir après ce reste.

 

BOZIZE s'est toujours cru bien rusé au point de penser continuer à berner à volonté le peuple centrafricain et une bonne partie de sa classe politique. Il n'a pas compris qu'il n'était rien de cela et que le peuple centrafricain était un peuple endurant, patient et tolérant. Il n'a pas compris que la patience et la tolérance avaient leurs limites. Et ces limites, il n'a pas vu qu'il les avaient franchies depuis, à plusieurs reprises.

 

En tant que chef d’État arrivé au pouvoir par les armes et maintenu à ce pouvoir grâce à des élections diaboliques cafouilleuses et honteusement gagnées, il en a assumé les fonctions, qui englobent aussi celles de chef des forces armées du pays.

 

Après avoir mis l'économie centrafricaine dans un état inqualifiable en dépit des flots d'aides financières internationales octroyées au pays pour lui permettre d'avoir une certaine respiration budgétaire, BOZIZE a désorganisé à dessein l'armée nationale centrafricaine, en le privant d'hommes valables qu'il a su écarter ou éliminer, comme il l'a fait à travers sa gouvernance politique, où il n'a pas hésité à se passer des hommes de grande valeur pour s'entourer de silhouettes bougeant au rythme de sa voix et de ses gestes, des acolytes civils ou militaires, au buffet desquels il n'a cessé d'accrocher des titres et des galons, où le plus petit soudard se retrouvait colonel ou général en l'espace d'un temps record passé à titre de militaire dans l'armée centrafricaine, ou le plus petit diplômé du secondaire se retrouvait bombardé ministre sans en connaître les responsabilités. Tous ces grades, financés avec l'argent qui aurait servi à mettre en place une véritable armée nationale pouvant assurer efficacement la sécurité du pays et à organiser un service public proche des populations et tout autant efficace.

 

Face à l'avancée des rebelles que l'armée n'a pas pu contenir, il n'a fallu que de quelques centaines de soldats tchadiens pour stopper cette progression. Quelle autre démonstration peut-on demander pour savoir que le CENTRAFRIQUE n'a jamais été protégée depuis que BOZIZE était chef d’État-major avant de devenir Président ?

 

L'incompétence et l'ignorance même de BOZIZE, si ce n'est son indifférence, ne lui permettent pas de savoir qu'en tant que chef de l’État, il est de facto chef des forces armées du pays et qu'il n'a pas besoin de se couvrir du manteau de ministre de la défense.

 

En déclinant la responsabilité de l'échec de son armée sur son fils et son chef d’État-major, il n'a fait que confirmer sa propre faillite. C'est sa faillite personnelle, caractérisée par son incapacité à gouverner, qui le rend coupable de haute trahison. Et cette responsabilité, il doit maintenant l'assumer. On voit mal comment un tel personnage peut encore demander à s'abriter derrière le bouclier constitutionnel pour revendiquer l'exercice de la suite d'un mandat qu'il ne mérite pas, lui qui s'est moqué à maintes reprises des prérogatives qui lui octroyait la constitution, en oubliant de remplir ses fonctions telles que le préconisait la loi fondamentale.

 

En permettant que le pays soit poreux à toutes les infiltrations armées, BOZIZE a failli à sa mission et sa place n'est même plus à défendre lors des négociations qui se tiendront à LIBREVILLE. Il faut penser sérieusement à une administration transitoire sans BOZIZE, (avec ses contre-vérités et sa roublardise), qui œuvre à la mise en place d'organes chargés d'amener la paix au pays et d'organiser de futures élections générales, vraiment libres et transparentes.

 

Le CENTRAFRIQUE n'est pas un pays pauvre comme se targue de le dire BOZIZE. Il est très riche de ses hommes et de ses ressources, qui n'ont été jusque là que bâillonnés, étouffés et mal exploités.

 

WOWI Dedéa

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 03:10

 

 

Boz centrafrique

 

 

Centrafrique : La rébellion et le pouvoir entament des négociations


Par LEXPRESS.fr, publié le 08/01/2013 à 16:17


Les pourparlers entre le pouvoir, l'opposition et la rébellion s'ouvrent ce mardi à Libreville, au Gabon. La coalition Seleka, principale force de cette dernière, demande toujours le départ du président Bozizé, attendu dans la capitale dans les prochains jours. 

Les discussions vont pouvoir commencer. Les délégations du pouvoir et de l'opposition de Centrafrique sont arrivées ce mardi à Libreville, au Gabon. Elles y ont rejoint les représentants de la rébellion afin d'engager de cruciales et difficiles négociations de paix, sous l'égide des pays d'Afrique centrale 

Ces pourparlers entre le pouvoir fragilisé de Bangui et la rébellion, déclenchée le 10 décembre dernier et qui contrôle la majeure partie du pays, seront précédés d'une réunion du conseil des ministres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC). 

Dans un bref communiqué, la CEEAC évoque "la complexité de la tâche" qui lui est assignée, sans préciser le calendrier des pourparlers à venir. L'objectif est de sortir la Centrafrique, Etat membre de la sous-région, d'un profond conflit politico-militaire.

 

Un gouvernement d'union nationale ?


Une délégation des rebelles, dirigée par le chef de la coalition Seleka Michel Djotodia, est arrivée la première lundi soir à Libreville. Le Seleka réclame le départ du président François Bozizé. "On ne peut pas faire la guerre sans la paix et vice versa. On est là, on va discuter, on va se comprendre. Après tout, nous ne sommes pas des ennemis, nous sommes des frères", a déclaré Michel Djotodia. "Ce n'est pas moi qui vais faire partir Bozizé, il y a une coalition et il y a aussi l'opposition démocratique qui est là (...) On va se retrouver et on verra ce qu'il y a lieu de faire", a-t-il ajouté. 

Les délégations du gouvernement et de l'opposition ont quitté la capitale centrafricaine ce mardi matin pour Libreville. L'archevêque de Bangui Dieudonné Nzapalainga les accompagne en tant qu'observateur, ainsi que d'autres membres de la société civile. 


Lundi, le chef de la délégation du pouvoir, Jean Willybiro-Sako, s'est déclaré "serein". Il a estimé que les concessions du président Bozizé, qui a proposé un gouvernement d'union nationale et assuré qu'il ne se représenterait pas à la prochaine présidentielle, "avaient débloqué beaucoup de choses (...) Cela a montré une certaine volonté d'aller de l'avant, de tenir compte des préoccupations des uns et des autres." Interrogé sur l'exigence des rebelles que le président Bozizé quitte ses fonctions, le chef de la délégation du pouvoir a mis en avant l'importance de respecter la Constitution. 


400 soldats sud-africains pour aider Bozizé


François Bozizé, fragilisé depuis la déroute de l'armée régulière face aux rebelles du Seleka, devrait se rendre à Libreville dans le courant de la semaine, si les délégations arrivent à s'accorder sur une sortie de crise qui semble difficile à trouver. Le président centrafricain s'est rendu lundi à Brazzaville pour préparer avec son homologue congolais Denis Sassou Nguesso, dont il est proche, les pourparlers à venir.

 

Denis Sassou Nguesso a été désigné médiateur par ses pairs d'Afrique centrale. Il a appelé lundi à "oeuvrer inlassablement à la consolidation de la paix en République centrafricaine, en amenant le gouvernement et la rébellion armée au dialogue". 


Les rebelles réclament notamment le respect d'accords de paix signés entre 2007 et 2011 avec le pouvoir. Ils demandent comme condition au dialogue le "départ" du président Bozizé. Celui-ci pourrait compter sur le déploiement de 400 soldats sud-africains dans le pays, la présidence sud-africaine ayant invoqué "une obligation internationale de l'Afrique du Sud envers la Centrafrique". 


D'autres opposants en exil, qui ne sont pas invités aux négociations, ont dénoncé une "feuille de route irréaliste" imposée "avec la complicité machiavélique du président Bozizé". 

 

 

Centrafrique : l'aide alimentaire pillée

 

AFP Publié le 08/01/2013 à 14:40

 

Des centaines de tonnes d'aide alimentaire ont été pillées en Centrafrique "et la situation est totalement imprévisible", a indiqué aujourd'hui le Programme Alimentaire Mondial (PAM) des Nations Unies, basé à Genève. "Nos entrepôts ont été pillés", a déclaré à l'AFP la porte-parole du PAM Elisabeth Byrs.

 


Quelque 210 tonnes de produits alimentaires ont été volées dans un entrepôt dans la ville de Kanga-Bandoro, au nord, tenue par les rebelles, un bureau et une maison du PAM ayant également été attaquées.  Au centre du pays, à Bambari, 209 tonnes ont été pillées, ainsi que 7 tonnes à Bria, dans l'est du pays. "A ce stade il est impossible de dire si d'autres installations du PAM ont été pillées. La situation est totalement imprévisible", a souligné la porte-parole.

 

Pour le moment l'entrepôt de Bangui est intact, il abrite un millier de tonnes de nourriture, de quoi alimenter 300.000 personnes pendant une semaine. Le PAM est prêt à reprendre ses activités dès que la situation le permettra, une mission de l'ONU étant en train d'évaluer la situation en matière de sécurité, a-t-elle ajouté.

 


Les délégations du pouvoir et de l'opposition de Centrafrique ont rejoint mardi à Libreville les représentants de la rébellion du Séléka pour engager de cruciales et difficiles négociations de paix sous l'égide des pays d'Afrique centrale.

 

 


Centrafrique : interrogations sur les négociations de Libreville

 

RFI  mardi 08 janvier 2013

 

Le président centrafricain François Bozizé a effectué une visite de quelques heures lundi 7 janvier, à Brazzaville pour préparer avec son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso, des discussions de paix entre Bangui et la coalition la Seleka qui a pris les armes le 10 décembre. Une délégation des rebelles est arrivée ce même jour à Libreville au Gabon. Les négociations doivent s’ouvrir, au plus tard, le 11 janvier.

 

Denis Sassou Nguesso doit assurer une médiation, à Libreville, entre le gouvernement centrafricain et la Seleka. Cette coalition rebelle contrôle une grande partie du pays et  réclame le départ du président centrafricain François Bozizé, au pouvoir depuis 2003. La délégation gouvernementale plaide, au contraire, pour son maintien jusqu’au terme de son mandat en 2016.

 

Actuellement, les rebelles se trouvent aux abords de Damara - ville située à 75 km de Bangui - considérée comme le dernier verrou protégeant la capitale.

 

Après avoir rencontré le médiateur Sassou Nguesso, le président François Bozizé a affirmé que la Centrafrique « est agressée par des éléments venus de l’extérieur, appelés la Seleka. Nous les considérons comme des mercenaires manipulés de l’extérieur qui ont agressé la paisible population centrafricaine. »

 

De son côté, le président Denis Sassou Nguesso a assuré que les négociations devront s’ouvrir, au plus tard, le 11 janvier. Concernant la principale revendication des rebelles - le départ de François Bozizé du pouvoir -, le médiateur dans la crise centrafricaine a déclaré que toutes les questions ne seront abordées qu’à Libreville.

 

Denis Sassou Nguesso   Président de la République du Congo

« Nous traiterons de toutes ces questions entre frères. »

 

Pendant que François Bozizé rentrait à Bangui, après sa visite éclair au Congo, arrivait à Libreville une délégation composée d’une quinzaine de membres de la Seleka, menée par Michel Djotodia. Dès lundi, ce dernier a quitté la ville centrafricaine de Bria – contrôlée par la rébellion - à bord d’un avion affrété par les Nations unies et sous escorte de la mission diplomatique de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) conduite par le général Guy Garcia.

 

Retard dû à « des mauvaises conditions météorologiques »

 

Les différentes délégations qui attendaient à Bangui pour partir n’ont pas pu décoller ce lundi, et leur départ pour Libreville a été reporté au mardi 8 janvier, en début de matinée.

 

« L’avion est bien arrivé à Bangui », a expliqué Willybiro Sako, chef de la délégation gouvernementale, « mais les pilotes ont signalé qu’il y avait de fortes intempéries sur les zones forestières gabonaises et qu’il était imprudent de voler dans ces conditions », a-t-il précisé.

 

Du côté des opposants, on a pris, là aussi, son mal en patience. « Il n’aurait pas été prudent de voler avec ces conditions météo », a reconnu le chef de la délégation de l’opposition, Maître Nicolas Tiangaye, « mais cela ne change rien à notre détermination à aller à Libreville pour obtenir des changements », a-t-il dit.

 

D’autres réunions sont prévues dans la capitale gabonaise. Mardi 8 janvier, dans l’après-midi, des ministres des Affaires étrangères des pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) se sont ainsi réunis « afin d’évaluer la situation en Centrafrique et d’écouter un rapport de la communauté régionale », selon une source diplomatique régionale.

 

Mercredi 9 janvier, ce devrait être au comité de suivi de l’accord de paix global de 2008, présidé par le Congo, de se réunir. Et enfin, à la suite de ces deux réunions, on annonce, pour jeudi 10 janvier, un sommet qui doit rassembler les chefs d’Etat de la CEEAC pour qu’ils se prononcent sur les solutions de sortie de crise.


Interrogations sur l’organisation des négociations

 

Les négociations qui doivent s'ouvrir à Libreville s'engagent de façon peu claire. Aucun ordre du jour ni aucun règlement intérieur n'ont été définis. Inconnue également la durée de ces pourparlers. Un sommet des chefs d'Etat de la CEEAC est annoncé à Libreville jeudi mais l'opposition s'interroge : « Cela veut-il dire que nous ne disposerons que d'une journée pour aboutir à un accord ? C'est impensable. »

 

Dans les chancelleries européennes, on s'inquiète également de cette impréparation et de cette précipitation qui risquent de mettre en cause la crédibilité et le sérieux du processus.

Alors ce sommet de Libreville a-t-il pour objectif de mettre sous pression toutes les parties pour qu'elles s'entendent rapidement ou bien de faire valider un schéma de sortie de crise pré-établi ?

 
 

L’Afrique du Sud peine à justifier l’envoi de troupes en Centrafrique

 

Dans la capitale centrafricaine, le pouvoir de François Bozizé bénéficie manifestement d'un soutien sud-africain à travers le déploiement d'un contingent de deux cents soldats qui devraient être renforcés par deux cents autres. Quelle est leur mission exacte et sous quel mandat opèrent-ils ? Pour l'instant pas de réponse claire de Pretoria…

 

La présidence sud-africaine rappelle que l’article 201 de la Constitution du pays autorise le président à déployer des troupes afin d’honorer une « obligation internationale ». Pretoria semble avoir des difficultés à justifier cette obligation internationale.

 

Aujourd’hui, l'Afrique du Sud ne peut se prévaloir d'un mandat d'une organisation sous régionale ou internationale pour déployer des soldats en Centrafrique. Bangui et Pretoria n'ont pas signé d'accord qui prévoit l'envoi de troupes pour sauvegarder l'intégrité territoriale de la Centrafrique. Pretoria ne le nie pas.

 

Dans l'entourage du président sud-africain, on fait valoir les relations bilatérales en matière de coopération militaire formalisées dans un mémorandum signé en 2007. Une équipe de formateurs sud-africains se trouvait sur place lorsque l’alliance rebelle Seleka a débuté son offensive. « Les nouvelles troupes vont protéger notre équipe », explique le porte-parole du ministère des Affaires étrangères sud-africain. Une explication qui ne convainc guère les chancelleries occidentales, agacées.

 

Dans les rangs de l’opposition à Bangui, on s’interroge : « Le président François Bozizé a peut-être des doutes sur le soutien des pays d'Afrique centrale » tandis que dans les rues de la capitale, on évoque l’appétit des Sud-Africains pour les concessions minières de Centrafrique.

 

En Afrique du Sud, les observateurs livrent plutôt l’analyse suivante : la campagne de l'Otan pour renverser le régime Kadhafi a déclenché l’ire de Pretoria et mis à mal le leadership de l'Union africaine. Or, l'Afrique du Sud a toujours prôné des solutions africaines aux problèmes africains, une vision dont ne devrait pas se démarquer la nouvelle présidente de la commission de l'UA, la Sud-Africaine, Nkosazana Dlamini Zuma.

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