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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 02:49

 

 

 

 

 

Par Francis Kpatindé  RFI  vendredi 12 avril 2013

 

En janvier 2013, les présidents Idriss Déby Itno, Denis Sassou-Nguesso et Ali Bongo Ondimba volent à l’unisson au secours de leur « frère » franc-maçon, François Bozizé, en grande difficulté. Trois mois plus tard, les mêmes ne lèveront curieusement pas le petit doigt pour empêcher la Seleka, la rébellion armée, de s’emparer du pouvoir à Bangui. Décryptage.

 

Comme une mangue mûre, François Yangouvonda Bozizé est donc tombé, abandonné de ses pairs, contraint à l’exil, loin de « Bangui, la coquette », de ses majestueux palmiers quinquagénaires et du cadre ouaté du Palais de la renaissance ! A un moment où il s’y attendait le moins, il est renié par ses mentors congolais, Denis Sassou-Nguesso, et gabonais, Ali Bongo Ondimba, et lâché par son parrain tchadien Idriss Déby Itno, trois chefs d’Etat qui ne font pas mystère de leur appartenance à la franc-maçonnerie.

 

Jusqu’à sa chute et sa fuite précipitée, le 24 mars, Bozizé relevait directement, à l’instar de son homologue tchadien, du « district de Brazzaville », dont l’une des obédiences les plus en vue, la Grande Loge du Congo (GLC), affiliée à la Grande Loge nationale française (GNLF), s’honore d’avoir pour « sérénissime grand maître » le président de la République, Denis Sassou Nguesso, lui-même. « Ce dernier officiait en certaines grandes occasions entouré de ses deux assistants, Déby et Bozizé », révèle un vieil initié contacté au téléphone dans la capitale congolaise.

 

Début janvier encore, ce beau monde se serrait les coudes dans une relation d’apparence fusionnelle que rien ne semblait pouvoir dissoudre. Alors que les rebelles de la Seleka (coalition, en langue sango) se trouvaient à un jet d’oiseau de Bangui, gros bourg de 750 000 habitants qui sert de capitale à la Centrafrique, les présidents tchadien, congolais et gabonais avaient, à l’unisson, répondu au signe de détresse de leur « frère » Bozizé, en passe de perdre le pouvoir. Ils décident alors de freiner l’avancée de la rébellion, contenue à quelque 70 kilomètres de la capitale par la Force multinationale d’Afrique centrale (Fomac), une armée régionale à dominante tchadienne présente en RCA avant les événements, puis invitent les protagonistes à la table des négociations, à Libreville.

 

Sept des huit signataires de Libreville seraient des francs-maçons

 

Au sortir de ces assises improvisées, un « Accord politique sur la résolution de la crise politico-sécuritaire en République centrafricaine » fut adopté le 11 janvier 2013. A en croire l’un des participants congolais, interrogé au téléphone, sept des huit signataires de ce document de quatre pages sont des « fils de la veuve », autrement dit des francs-maçons.

 

 L’Accord lui-même apparaît à la lecture comme une bouée de sauvetage destinée à un président aux abois à qui ses « frères », pour certains des opposants politiques irréductibles, avaient décidé de ménager une porte de sortie, tirant un trait symbolique sur une décennie de règne sans partage ponctuée de soulèvements armés, d’élections controversées, d’arrestations arbitraires, voire de liquidations sans autre forme de jugement.

 

L’article 1er de l’Accord de Libreville est, en cela, suffisamment évocateur : « Le président de la République demeure en fonction jusqu’au terme de son mandat en 2016. Il ne peut se présenter pour un autre mandat ». Le « frère » François Bozizé se voit donc confirmé dans ses fonctions, du moins jusqu’au terme de son second et ultime quinquennat, à l’horizon 2016 !

 

Sauvé par le gong et des « frères » censés le protéger, y compris contre ses propres excès, conforté par ce sursis inespéré de trois ans, Bozizé crut bon de se laisser de nouveau aller à un de ses vieux penchants :  la roublardise. Défait sur les champs de bataille, il cherche à gagner du temps, sans doute pour reprendre des forces, s’armer et  repartir de plus belle au combat.

 

Retranché avec son clan familial au Palais de la renaissance, il mûrit sa vengeance et traîne ostensiblement des pieds. Il lui faut une semaine pour, conformément à l’Accord de Libreville, nommer, le 17 janvier, un Premier ministre issu de l’opposition, en la personne de l’ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Nicolas Tiangaye. Il « grille » trois autres semaines avant de signer, le 3 février, le décret portant formation d’un gouvernement d’union nationale. Il interdit au ministre de la Communication, issu de la rébellion, d’accéder à la radio nationale, qui relève pourtant de son département…

 

« Bozizé n’a pas joué franc-jeu avec ses pairs chefs d’Etat et ses principaux adversaires, confirme l’un des signataires de l’Accord de Libreville, qui avoue lui-même appartenir à la « fraternité ». Rentré à Bangui, il a continué d’alimenter la rhétorique de guerre, mis en place au Palais un shadow cabinet pour entraver l’activité du gouvernement, pris plusieurs décrets sans le contreseing du Premier ministre… »

 

Bozizé brocarde à longueur de journée ses deux « frères », Déby Itno et Sassou Nguesso

 

Oubliant de manière ostentatoire qui l’a fait roi dix ans plus tôt, il proroge l’Accord de défense secret qui lie son pays à l’Afrique du Sud, demande des renforts supplémentaires à Pretoria, et donne l’impression de braver ses « frères » d’Afrique centrale, bailleurs de fonds des périodes de vache maigre. Il semble désormais regarder de haut ce parapluie « fraternel » qui l’a protégé, quelques semaines plus tôt, de la bérézina. 

 

Il ne se cache plus pour brocarder son voisin tchadien, suspecté, non sans raison, de jouer un double jeu, sinon d’être le deus ex machina de la Seleka. Recevant en son palais Hawa Ahmed Youssouf, la représentante spéciale en Centrafrique du président de la Commission de l’Union africaine, il n’hésite pas à blâmer la « mollesse » et le « manque de courage » du Congolais Denis Sassou-Nguesso, qui préside pourtant le Comité de suivi de l’Accord de Libreville.

 

L’impéritie et les états d’âme de Bozizé irritent au plus haut point nombre de ses collègues de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC), en premier lieu le Tchadien Idriss Déby Itno, à qui le Centrafricain doit son accession au pouvoir, les armes à la main, en 2003.

 

Contrariétés passagères entre deux chefs d’Etat considérés jusque-là comme d’inséparables acolytes ? Contentieux ayant trait à une question de préséance ? Jalousie à mettre sur le compte de « l’arrogance impériale » supposée du Tchad, devenu du jour au lendemain un émirat pétrolier à proximité d’un voisin abonné à des fins du mois difficiles ?

 

 « Contrairement à une idée répandue, la brouille entre les deux hommes n’est pas récente », nuance un dignitaire franc-maçon joint au téléphone à Ndjamena. « Fin 2009, Bozizé insiste pour que lui soit livré Charles Massi, un médecin-militaire franc-maçon réfugié au Tchad. Le président tchadien s’exécute, non sans avoir fait promettre - sous serment maçonnique - à Bozizé qu’il veillerait personnellement à l’intégrité physique de ce frère. C’était mal connaître son interlocuteur… »

 

Concernant Charles Massi, François Bozizé n'a pas tenu parole

 

Fondateur de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), plusieurs fois ministre, Charles Massi est probablement mort sous la torture en janvier 2010, quelques semaines après avoir été arrêté au Tchad et livré aux autorités centrafricaines. « Bozizé n’a pas respecté sa promesse ni l’obligation qui interdit à un franc-maçon de tuer un de ses frères, poursuit le notable franc-maçon. Tenez ! Lorsque Sassou a pris le dessus sur son frère Pascal Lissouba, fin 1997, il ne s’est pas opposé à l’exfiltration de ce dernier vers le Gabon. Informé de l’opération, il a laissé faire. Bozizé est incapable d’avoir une attitude chevaleresque… »

 

Devant un passif aussi lourd, les présidents tchadien, congolais et gabonais décident, après un délai de grâce de trois mois, de lâcher un « frère » dont la versatilité risquait de plonger la région dans l’instabilité. On connaît la suite. Lorsque, fin mars, Bozizé invite les éléments de la Fomac à stopper une nouvelle offensive des rebelles de la Seleka vers Bangui, Idriss Déby Itno, dont les troupes forment le gros du contingent régional, fait la sourde oreille. Lorsqu’il appelle à la rescousse le président du Comité de suivi de l’Accord de Libreville, Denis Sassou-Nguesso, ce dernier prétexte un agenda diplomatique chargé pour se dérober.

 

Pourquoi continuer à aider un frère amnésique et pour le moins incontrôlable alors que d’autres francs-maçons, à leurs yeux, plus méritoires sont dans les starting-blocks ? Cas du Premier ministre Nicolas Tiangaye, connu en Afrique pour être un fervent défenseur des droits de l’homme. Cas, également, de l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé, vieil adepte, comme en témoigne son parcours politique, de la formule selon laquelle « The ballot is stronger than the bullet » (« le bulletin de vote est plus fort que la balle »). Pour un « frère » de perdu, deux de retrouvés !

 

Pourquoi Bozizé a-t-il été lâché par ses «frères»? (RFI)
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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 02:13

 

 

 

 

YAOUNDE, 11 avril (Xinhua) — Un Conseil national de transition de 105 membres jouant le rôle d’une Assemblée nationale provisoire conduira finalement la transition en République centrafricaine (RCA) après la prise de pouvoir de l’alliance rebelle Séléka le 24 mars, en remplacement du Conseil supérieur de transition créé le 6 avril, a décidé une réunion tenue jeudi à Bangui.

 

Il s’agit d’un organe formé de deux blocs, dont le premier constitué de la rébellion coalition Séléka, des partis politiques toutes tendances confondues et des notables représentant les 16 préfectures du pays plus la ville de Bangui s’est vu attribuer 55 sièges, et le second, composé de la société civile, des confessions religieuses et de la diaspora, s’adjuge les 50 autres postes.

 

C’est une nouvelle organisation sociopolitique établie lors d’une réunion mercredi dans la capitale centrafricaine entre « forces vives de la nation », dont principalement les acteurs politiques et les organisations de la société sur la relecture de l’ordonnance du 6 avril créant le Conseil supérieur de transition dont la répartition des 97 postes a suscité la controverse, informent des sources à Bangui.

 

Selon Fulgence Zeneth, désigné par les organisations des droits de l’homme pour les représenter au sein de la nouvelle entité, « l’ordonnance (qui avait été publiée par le Premier Nicolas Tiangaye, NDLR) a été immédiatement modifiée », après approbation du « président » Michel Djotodia, le nouvel homme fort de Bangui.

 

Sur ses 105 postes (soit le même nombre que celui de l’Assemblée nationale dissoute), le Conseil national de transition en attribue 38 aux partis politiques et Séléka et 17 notables à raison d’une place par préfecture et une pour la ville de Bangui, pour ce qui est du premier bloc. Dans le deuxième bloc, la société civile se taille 42 places, contre six aux confessions religieuses et deux à la diaspora.

 

En dehors de son propre président, c’est cette institution qui va désigner le président de la République par intérim, lors de sa première session dont la tenue est suggérée pour samedi, avant le prochain sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC, organisation régionale à laquelle la RCA appartient) annoncée pour le 15 avril à N’Djamena.

 

Un sommet qui, apprend-on, permettra d’entériner les nouvelles décisions prises le même jour où Tiangaye, Premier ministre du gouvernement sortant qui a été reconduit dans ses fonctions par Djotodia, est rentré d’une visite cette semaine à Paris en France.

Centrafrique : le Conseil supérieur de transition remplacé par le Conseil national de transition
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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 02:11

 

 

 

11 avr. 2013

 

OCHA a averti aujourd’hui que la situation humanitaire en Centrafrique continue de se dégrader en raison de l’insécurité chronique ainsi que des déplacements importants de populations à travers tout le pays, trois semaines après la prise de pouvoir par le Séléka.

 

« Les communautés touchées par la crise ont un besoin urgent d'aide alimentaire, de protection, de soins médicaux, d’eau et d’aide à l'assainissement. Il y de sérieuses préoccupations au sujet des violations généralisées des droits de l'homme dans l'ensemble du pays », peut-on lire dans un communiqué d’OCHA.

 

Le communiqué précise que « les efforts humanitaires en cours ont été entravés par l'insécurité et l'accès limité aux personnes dans le besoin », et appelle toutes les parties à faciliter l'accès des travailleurs humanitaires sur le terrain.

 

(Source : ONU)

Centrafrique : la situation humanitaire se détériore, avertit OCHA
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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 18:03

 

 

 

Bangui, 11 avril 2013(RJDH)-Un homme d’une cinquantaine d’année et ses trois fils  ont été pris en otage, le mercredi 10 avril, au quartier Gbakondja, dans le 5ème arrondissement de Bangui, par des éléments de la Séléka.  Les victimes sont des proches parents d’un élément de la garde présidentielle (GP) de l’ancien président François Bozizé.

 

D’après les faits relatés par le père de la famille qui est relâché ce jeudi,  les hommes de la Séléka recherchaient son fils qui fut un élément de la sécurité du l’ancien président François Bozizé.

 

« C’était aux environs de minuit que des éléments de la Séléka ont investi mon domicile et ont commencé à faire des tirs en l’air. Ils ont demandé à mes trois enfants où se trouve leur grand- frère qui fut un élément de la garde présidentielle. Quand ils ont constaté son absence dans la maison, c’est alors qu’ils ont décidé de nous amener dans l’une de leur base au 8ème arrondissement de Bangui », a-t-il relaté.

 

La même source a également souligné qu’il a été libéré ce matin, grâce à l’intervention de ces voisins. Mais ces trois enfants se trouvent encore entre les mains de ces éléments de la Séléka. « Ils exigent d’eux, la remise des effets militaires de leur frère avant leur libération », a-t-il conclu.

 

La victime a précisé qu’après leur arrestation, ils ont été battus par ces hommes en arme. L’homme libéré présente des écorchures sur le corps  et sa main droite enflée.

BANGUI : QUATRE PERSONNES ENLEVÉES PAR DES ÉLÉMENTS DE LA SÉLÉKA
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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 17:56

 

 

 

Bangui, 11 avril 2013 (RJDH)-Les habitants du quartier Damala, situé dans le 8ème de Bangui se plaignent de nombreux cas d’exactions, de vols et de viols commis par des éléments de la Séléka basés à l’antenne de l’office centrafricain de répression de banditisme (0CRB) de cette localité.

 

D’après le constat fait par Radio ESCA, les habitants de cette localité et des environnants sont  traumatisés par des cas  d’exactions, d’abus d’autorité, et des menaces de mort venant de ces éléments de la Séléka, basés au poste de l’antenne de l’OCRB.

 

Une femme qui a requis l’anonymat témoigne que la semaine dernière, sa famille a reçu la visite de trois éléments de la Séléka « ils étaient venus avec leurs armes. Ils m’ont exigé de leur donner de l’argent et de quoi à manger. Subitement, l’un  d’entre eux a voulu abuser de ma fille, je les ai suppliés pendant plusieurs heures, c’est ainsi qu’ils l’ont relâché tout en promettant de revenir plus tard. Nous sommes terrorisés par ces militaires ».

 

Par ailleurs un jeune de cette même localité a fait savoir que depuis quelques temps, les éléments de la Séléka sont à la recherche des jeunes filles pour abuser d’elles et obligent les jeunes hommes à les orienter. « Le dimanche dernier alors je que rentrais d’une visite chez un ami, j’ai été interpellé par des Séléka qui  m’ont demandé de les orienter aux domiciles des jeunes filles du quartier. Ces derniers m’ont menacé de mort si je refuse d’obtempérer à leur demande », a-t-il dit.

 

Selon la même source, ces éléments de la Séléka ont promis fouiller toutes les maisons du quartier afin de mettre la main sur les jeunes filles qui se cachent.

 

Coordination RJDH

 

Bangui : Début des opérations de désarment des éléments de la Séléka

 

Les premières opérations du désarmement des rebelles de la coalition Séléka ont démarré le mercredi 10 mars dans la ville de Bangui. Une activité menée par les membres de la coalition appuyés par des contingents tchadiens de la Force multinationale présente en Centrafrique. Plus d’une cinquantaine d’armes légères ont été récupérées par les deux équipes après cette première journée.

 

Les éléments qui ont été désarmés dans  les grandes artères de la capitale centrafricaine et dans certains quartiers  ont été immédiatement  invités à regagner les sites prévus pour leur cantonnement.

 

Une opération qui n’a pas reçu l’agrément de tous les éléments de la Séléka, car on a noté le refus de certains, pour leur désarmement. Plusieurs officiers de la Séléka et de troupe tchadienne étaient intervenus, pour  convaincre les rebelles récalcitrants.

 

Joint par le RJDH, un ministre et  membre de la Séléka a mentionné que le désarmement total des rebelles va se faire progressivement  avec le temps. Le désarmement va se poursuivre  dans tous les coins de la capitale centrafricaine sous occupation de la Séléka.

 

On ignore pour l’instant le nombre exact de tous les éléments de cette rébellion présente dans la ville de Bangui.

 

En dépit d’un arrêté ministériel interdisant aux rebelles de circuler avec les armes en ville et de faire des tirs de sommation, le constat révèle que ces pratiques continuent ainsi que  les pillages.

 

Bangui : La population traumatisée par les hommes de la Séléka
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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 17:55

 

 

 


11/04/2013 (Xinhuanet ) - Après en avoir contesté la composition aussitôt après sa création par une ordonnance du Premier ministre publiée le 6 avril à Bangui, plusieurs organisations de la société civile et de la diaspora centrafricaine annoncent leur refus de participer au Conseil supérieur de transition « dans sa forme actuelle », selon un communiqué publié mercredi dans la capitale du pays.


« Les organisations de la société civile et la diaspora dénoncent et déplorent la stratégie délibérée de cooptation des membres du Conseil supérieur de transition par le gouvernement en dehors des entités connues, en totale contradiction avec le principe de concertation consensuelle et démocratique », souligne le texte transmis à Xinhua.


Signée de plus d'une trentaine d'organisations, la déclaration publiée au terme d'une réunion mercredi à Bangui exige l'abrogation « pure et simple » de l'ordonnance de Nicolas Tiangaye et une « concertation inclusive avec toutes les forces vives de la nation au plus tard le jeudi 11 avril 2013 en présence de la communauté internationale (Nations Unies, Union africaine, Union européenne, CEEAC, CEMAC, France, Etats-Unis..) » pour la recomposition de l'organe de transition.


Le Conseil supérieur de transition a été créé suite aux recommandations d'un sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) tenue le 3 avril à N'Djamena au Tchad après la prise de pouvoir de l'alliance rebelle Séléka le 24 mars à Bangui.


Appelé à jouer un rôle d'exécutif, il est chargé de conduire une transition de dix-huit mois, avec à sa tête un président et un vice-président qui devront être désignés. Doté de 97 membres issus de divers segments de la société nationale, il est récusé par la société civile et la diaspora centrafricaines qui l'accusent d'avoir trahi l'esprit des accords de paix de Libreville du 11 janvier.

D'après les deux groupes, seuls doivent en faire partie la Séléka, l'ex-majorité présidentielle, l'opposition démocratique, les groupes politico-militaires non combattants, la société civile, les confessions religieuses, le patronat.


Dans un précédent communiqué, les représentants de la société civile exigeaient 50 postes sur les 97 à pourvoir et la présidence du conseil.


Les mêmes revendications sont exprimées par la « plateforme religieuse de Centrafrique » qui, dans sa déclaration du 8 avril, a quant à elle réclamé neuf sièges au lieu des trois attribués aux confessions religieuses dans la configuration actuelle du CST.


« Nous nous réservons le droit de ne pas participer au processus de transition au cas où cette revendication n'est pas prise en compte », a aussi averti l'organisation religieuse.

Ces prises de position viennent accentuer un climat politique lourd caractérisé par la poursuite des pillages à Bangui et d'autres villes de la République centrafricaine (RCA), plus de deux semaines après la prise de pouvoir de Michel Djotodia. 

Centrafrique : les églises et la société civile refusent de participer au Conseil supérieur de transition
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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 17:52

 

 

 

 

BANGUI, République Centrafricaine, 10 avril 2013/African Press Organization (APO)/ -- MSF qui a été plusieurs fois ciblée par des groupes armés appelle le nouveau gouvernement à assumer ses responsabilités et à restaurer l'ordre dans le pays. Suite à l'évacuation d'équipes de travailleurs humanitaires, de nombreuses personnes se retrouvent privées de soins.
 

Des groupes armés incontrôlés présents en République Centrafricaine sèment le chaos et la population civile se retrouve sans accès à l'aide humanitaire dont elle a un besoin urgent. A plusieurs reprises depuis le début du conflit, les structures MSF ont été pillées et les équipes ont subi des vols et reçu des menaces. Les nouvelles autorités doivent assumer leurs responsabilités et rétablir un contrôle sur les groupes armés qui opèrent dans plusieurs zones du pays. 

 

Les équipes médicales de MSF ont été évacuées des villes de Batangafo et Kabo, en raison des vols et de l'insécurité généralisée. Toutes les activités médicales et hospitalières y ont été suspendues. Comme MSF est la seule organisation humanitaire dispensant des soins médicaux, plus de 130 000 personnes ne seront plus prises en charge dans les jours et semaines à venir. MSF a subi des incidents similaires à Boguila, où presque tous les expatriés ont été évacués. L'hôpital fonctionne désormais avec une équipe extrêmement réduite. En raison de l'insécurité, MSF ne peut accéder à des régions où il y a des besoins médicaux, notamment dans la ville de Bossangoa où l'hôpital a été pillé et où le personnel de ministère de la Santé a pris la fuite.

 

A Bangui, après la prise de pouvoir par les autorités le 24 mars, les structures MSF ont été pillées à plusieurs reprises, ce qui a causé de grosses pertes, notamment d'équipements, de médicaments, d'argent liquide et de véhicules dont la valeur totale est estimée à plus d'un million d'euros. Depuis le début de l'offensive de la Séléka, les braquages ont coûté très cher à MSF. Mais plus grave, l'aide humanitaire et les activités médicales destinées aux populations qui en ont besoin sont bloquées. 

 

« MSF reste extrêmement inquiète pour la santé et le bien-être de ces populations, observe Sylvain Groulx, chef de mission MSF à Bangui. Nous devons garder à l'esprit que même en temps de paix, elles doivent se battre tous les jours pour leur survie. Avant les derniers événements, les taux de mortalité liée aux maladies que l'on peut prévenir et traiter (principalement le paludisme) étaient déjà supérieurs aux seuils d'urgence dans plusieurs régions du pays. Aujourd'hui, l'insécurité compromet leurs moyens de survie déjà fragiles. »

 

A Bangui, les équipes MSF continuent d'apporter un soutien médical dans l'hôpital communautaire. Même si la situation s'est stabilisée dans la capitale, des patients blessés, victimes d'attaques et d'échanges de tirs, continuent de venir s'y faire soigner. Autres problèmes, le manque de personnel médical qualifié et les coupures d'eau et d'électricité.

 

MSF appelle le nouveau gouvernement, à exercer un plus grand contrôle sur les personnes armées et sur leurs propres forces pour que cessent les menaces et les attaques armées contre le personnel humanitaire et les structures médicales de sorte que la population puisse recevoir une aide humanitaire. A défaut, MSF redoute des conséquences dramatiques pour la population. 

 

MSF est présente en République Centrafricaine depuis 1997 et mène sept programmes dans cinq des sept districts sanitaires du pays. En collaboration avec le ministère de la Santé, MSF apporte un soutien à sept hôpitaux et 38 postes de santé. Soins de santé primaire, traitement du VIH et de la tuberculose, maladies négligées, traitement de la malnutrition, vaccination, chirurgie et autres soins spécialisés sont au cœur des activités de MSF. La prise en charge du paludisme est souvent la priorité des programmes de MSF en RCA

 

 

Centrafrique: toujours l’insécurité

 

BBC Afrique 10 avril, 2013 - 11:56 GMT

 

En Centrafrique, la sécurité reste un défi trois semaines après la prise de pouvoir par la rébellion Seleka.

 

Des tirs sporadiques sont toujours entendus dans certains endroits de la capitale Bangui, où les scènes de pillages des biens des populations sont toujours rapportés.

 

Face à cette situation, la Force multinationale de l'Afrique centrale, la FOMAC, avec un peu plus de 500 hommes encore présents à Bangui, tente de contribuer à sécuriser la capitale.

 

Interview du Général Jean Félix Akaga, commandant de la FOMAC, joint par Placide Muhigana de la BBC..

 

Jean Félix Akaga: En ce moment, la FOMAC procède à la sécurisation de la ville de Bangui, particulièrement les banques. Et en même temps la base sert un peu de camps de réfugiés qui se sentent, vrai ou faux, en danger. Vraiment un travail de sécurisation afin que le calme revienne dans la ville.

 

Placide Muhigana: Est-ce que votre mandat a été adapté face aux derniers développements?

 

JFA: Non le mandat n’a pas été adapté, mais nous avons un rôle suffisamment précis qui est un rôle d’assistance, donc nous devons participer à la sécurisation, à l’aide aux populations qui se sentent menacées, en attendant le sommet (de la CEEAC) de N’Djamena le 15 avril qui va certainement donner une nouvelle orientation à la force.

 

PM: Est-ce que vous avez les moyens de prendre des mesures contre les pillards et d’autres criminels?

 

JFA: Nous avons des moyens, mais il faut remarquer que ces moyens sont limités, parce que -pour ceux qui ne le savent pas- c’est plus de 3 à 4.000 combattants de la Seleka qui se sont déversés dans la ville de Bangui. Donc comprenez que la force seule ne peut pas régler la question des pillages à Bangui.

 

PM:Est-ce que la cohabitation avec la Seleka dans la capitale et ailleurs dans le pays se passe bien?

 

La cohabitation se passe bien, parce que la Seleka se rend bien compte qu’assurer la sécurité au niveau de la ville de Bangui n’est pas une chose aisée.

 

 

Centrafrique: manifestation contre le nouveau pouvoir à Bangui


BANGUI AFP / 11 avril 2013 17h32 - Plusieurs centaines de personnes ont manifesté jeudi à Bangui contre la coalition Séléka, l'ex-rébellion au pouvoir depuis le 24 mars en Centrafrique, pour protester contre la mort d'un moto-taxi et les pillages incessants, ont indiqué des témoins.


Des manifestants ont tenté d'amener le corps de la victime, vraisemblablement abattue, à un grand hôtel du centre de Bangui où réside actuellement l'homme fort du régime Michel Djotodia pour qu'il voit comment nous souffrons à cause des viols, des braquages, des assassinats de la part de ses hommes du Séléka, a affirmé à l'AFP un organisateur, Arsène Ndiriféï.


C'est la première manifestation organisée contre le nouveau régime qui a renversé le président François Bozizé le 24 mars.


Selon M. Ndiriféï, qui dirige une association de jeunes à Bangui, les Séléka ont pris en chasse un jeune taxi-moto, lui ont demandé de leur céder la moto mais il a refusé, mercredi en début de soirée.


Ils l'ont abattu sur le champ, et ils sont partis avec la moto. Nous les jeunes du quartier, sommes partis chercher le corps pour venir l'exposer sur la chaussée afin de le faire voir au Premier ministre (Nicolas Tiangaye, issu de l'ancienne opposition) qui devait rentrer de France dans la matinée, a-t-il déclaré.

 

Nous avons ensuite décidé de marcher avec le corps (de la victime) jusqu'à (l'hôtel) Ledger, au +Palais+ de Djotodia, a ajouté M. Ndiriféi.

 

A Bangui, le nouvel homme fort du régime, Michel Djotodia a annoncé à plusieurs reprises sa volonté de faire cesser les pillages et a pris des mesures pour cantonner ses hommes, mais le pouvoir semble incapable d'enrayer les pillages et l'insécurité.



(©) 

CENTRAFRIQUE : PILLAGES VOLS ARMÉS ET VIOLENCES CONTRE L’AIDE HUMANITAIRE
CENTRAFRIQUE : PILLAGES VOLS ARMÉS ET VIOLENCES CONTRE L’AIDE HUMANITAIRE
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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 04:37

 

 

 

 

L’une des inventions démocratiques que l’Afrique ait connue ces vingt dernières années sont les « Conférences nationales » ou « Dialogue national ». Faute d’être étouffé ou interdit, les régimes autocratiques s’en sont approprié cet espace d’expression libre et s’en serve comme une attèle.

 Il n’est nullement question ici de procéder au diagnostic des formes nouvelles d’invention démocratique (car ce sujet a été largement traité dans mon ouvrage sur la démocratie et la citoyenneté en Centrafrique) mais d’en faire une recension et d’en dresser un bilan critique de ces procédures.

 

I – Liste de différentes procédures de concertation entre 1980 à 2013.

 

Il s’agit de :

 

-1980 : Séminaire national de réflexion ou Conférence des forces vives de la nation.

-1992 : Le Grand Débat National

-1996-1997 : Les Etats Généraux de la Défense Nationale

-1998 : La Conférence de réconciliation nationale

-2000 : Les Etats Généraux de l’Education nationale et de la formation

-2001 : Les Etats généraux de l’Economie et des Finances

-2003 : Le Dialogue national

-2008 : Accord de paix et Dialogue national inclusif de Libreville

-2013 : ?

 

II – Le bilan critique des différentes procédures de concertations.

 

Le bilan des conférences nationales pour le Centrafrique notamment peut, à grands traits, être dressé de la manière suivante. Les conclusions tirées de ces différentes rencontres nationales font apparaître des points communs et des différences. Le tout varie en fonction des contextes et enjeux.

 

a) Les points de convergences       

 

Du point de vue formel, la tenue d’une Conférence nationale ou d’un Dialogue national ou même des Etats généraux, obéit à toue une série de conditions tenant aux acteurs, à la procédure pour sa mise en œuvre, à l’organisation des débats et discussions et à la mise en place d’un comité de suivie des recommandations. Les acteurs : c’est toujours l’Etat qui convoque ces instances, quelque soit leur qualification (Etats généraux, Conférence nationale…). Les partis politiques et autres acteurs sociaux sont incontournables et prennent part au forum.

 

La procédure : toutes ces instances sont crées et leurs membres nommés par Arrêté ou Décret.

L’organisation : mise en place des commissions technique et des comités de suivi des recommandations. Dans le même sens, il convient de préciser que les différentes formes de concertation et les Accords signés entre les acteurs politiques et civils tendent tous à produire un climat de confiance, de paix et de sécurité en RCA. Elles ont aussi le mérite de mettre ces acteurs politiques et sociaux sur la même table de négociation.

 

La question est aujourd’hui de savoir s’il existe une chance d’enracinement durable de ces formes de négociation en Afrique, plus particulièrement en Centrafrique. A la lumière des récents évènements de 2013, il est permis d’en douter. A moins que…

 

b) les points de divergences

 

Si certains forums avaient des compétences très larges touchant tous les secteurs de la vie, d’autres sont sectoriels, c’est le cas notamment des Etats généraux (de la défense et de l’éducation..).

 

c) Quelques observations critiques

 

Il ne suffit pas d’avoir des élections dans un pays pour conclure que ce pays est démocratique. La preuve est qu’en RCA, hormis la période d’après Bokassa, l’Assemblée nationale existe mais joue t-elle vraiment son rôle d’espace de débats démocratiques ? D’aucun l’ont qualifié de « chambre d’enregistrement ». Se pose alors le problème de la finalité du scrutin et de la limite de la démocratie. Ces instances de concertation ne délégitiment-elles pas les parlements nationaux ?

                                                         

Après la transition de 1993, la RCA a malgré tout connu de véritables institutions démocratiques à l’issue d’un scrutin transparent, à tel point qu’en 1995 et pour la première fois depuis l’indépendance, le gouvernement de Jean-Luc Mandaba est tombé à cause d’une motion de censure votée par l’Assemblée nationale centrafricaine. Ce vote marque ainsi une rupture d’avec les pratiques anciennes. Mais très vite cette démocratie représentative naissante est rudement mise à l’épreuve par des manœuvres de certains groupes d’intérêts qui y voient une menace à leurs intérêts. Par une dialectique complexe, cette épreuve a conduit aux convulsions et aux coups d’Etat (1996 et 2003) aboutissant à ce qui est communément appelé la « transition ».

Il existe selon Huntington trois modèles de transitions. :

 

                                                          - transition par transformation;

                                                          - transition par récupération;

                                                          - transition forcée.

 

Certaines sociétés sont passées, grâce à ce mécanisme consensuel, à la phase de transition par transformation. C’est le cas de l’Afrique du sud, du Congo-Brazzaville d’avant la guerre civile, du Burundi et du Bénin, pour ne citer que ceux-là.

 

D’autres pays ont connu le statut quo, le pouvoir est resté en place en dépit de mécanisme cathartique. On est malheureusement en présence soit d’une transition par récupération, soit d’une transition forcée. En tout cas, mieux ça qu’une guerre civile à la somalienne ou rwandaise !

 

 

Maître A. DANGABO MOUSSA

 

Avocat au Barreau de Paris

LES EXPERIENCES LOCALES D’INVENTION DEMOCRATIQUE CENTRAFRICAINE par Me A. DANGABO MOUSSA
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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 04:30

 

 

 

 

http://www.lavoixdelamerique.com  jeudi, avril 11, 2013 Heure locale: 03:25

 

Les membres des organisations de la société civile veulent que la mise en place du Conseil National de Transition se fasse dans le cadre d’une concertation inclusive.

 

Une réunion de la société civile s’est tenue à Bangui ce mercredi 10 avril, pour discuter de la formation d’un Conseil National de Transition, conformément aux recommandations de la CEEAC à Ndjamena.


Les membres des organisations de la société civile demandent l’abrogation de l’ordonnance de création du CNT, et proposent que la mise en place du Conseil se fasse dans le cadre d’une concertation inclusive.


Qu’à cela ne tienne, les consultations sont en cours dans la capitale centrafricaine, pour répondre à l’ordonnance du président autoproclamé Michel Dotodja, ayant demandé à chaque entité de choisir un représentant, sur un total de 97 membres.


« Les débats ont lieu en ce moment. Avant samedi, il ne serait peut-être pas rendu public mais au moins dans les arcanes, dans les dossiers, nous aurons ce comité-là, en vue de l’amener à Ndjamena à la prochaine conférence des chefs d’Etats, qui jugeront de l’opportunité de le retenir ou de le rejeter » a dit à la VOA, le Général Noel Essongo, représentant du médiateur dans la crise en Centrafrique Denis Sassou Nguesso.


L'insécurité persiste dans le pays, et selon l’ONG Médecins sans Frontières (MSF), des groupes armés incontrôlés « sèment le chaos et la population civile se retrouve sans accès à l’aide humanitaire dont elle a un besoin urgent ».


L’ONG, qui est fréquemment la première et dernière à offrir des soins d’urgence dans de nombreuses situations de conflit, rappelle, dans un communiqué publié mercredi, que depuis le début des violences, ses structures ont été pillées à plusieurs reprises et ses équipes ont subi des vols et reçu des menaces. « Les nouvelles autorités doivent assumer leurs responsabilités et rétablir un contrôle sur les groupes armés qui opèrent dans plusieurs zones du pays » insiste MSF.


Ses équipes médicales ont évacué les villes de Batangafo et Kabo, en raison de l’insécurité généralisée. Ce qui signifie que plus de 130 000 personnes ne seront plus prises en charge dans les jours et semaines à venir.


La situation reste également très précaire dans la localité de Boguila, où selon MSF, « l’hôpital fonctionne désormais avec une équipe extrêmement réduite ». Dans la ville de Bossangoa, que l’insécurité rendrait toujours inaccessible, l’hôpital a été pillé et le personnel du ministère de la Santé a pris la fuite.


A Bangui, les structures MSF signalent de grosses pertes, notamment d’équipements, de médicaments, d’argent liquide et de véhicules, suite aux pillages. « Depuis le début de l’offensive de la Séléka, les braquages ont coûté très cher à MSF » ajoute l’ONG dans son communiqué. « Mais plus grave, l’aide humanitaire et les activités médicales destinées aux populations qui en ont besoin sont bloquées ».

RCA : La société civile rejette l’ordonnance sur le CNT
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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 02:59

 

 

 

RFI  mercredi 10 avril 2013

 

Un reportage de notre envoyé spécial à Bangui

 

Si l’on entend beaucoup moins de coups de feu depuis deux jours à Bangui, la sécurisation de la capitale de la République centrafricaine reste le défi majeur des nouvelles autorités. Mercredi 11 avril, deux colonnes composées d’éléments de la Seleka et de soldats tchadiens de la Fomac sont allés récupérer les armes des combattants disséminés en ville et leur transmettre un ordre de cantonnement immédiat.

 

Il est environ onze heures. Le convoi d’une douzaine de véhicules s’apprête à quitter le palais présidentiel. Dans la voiture de tête : le colonel Ali Bichara. Agé de 46 ans, cet ancien marchand de chaussures de première qualité au beau visage taillé à la serpe se définit lui-même comme « un homme simple, pas compliqué. »

 

Tout le monde embarque dans les véhicules. Dans celui du colonel Bichara, une balle a traversé le pare-brise au niveau du conducteur. « Ma voiture, je l’ai récupérée dans les mains des Sud-Africains, dans les combats au PK 12 », annonce-t-il fièrement. Son fusil israélien, il l’a également pris aux militaires sud-africains.

 

Quelques centaines de mètres après le départ, le convoi fait un premier arrêt devant une buvette, où deux jeunes en treillis sirotent un soda. Ce premier arrêt est fructueux : deux fusils mitrailleurs sont récupérés, les numéros des armes et le nom de leurs détenteurs sont notés.

 

Des combattants parfois récalcitrants

 

Puis, le convoi s’enfonce dans des quartiers, la récupération continue. Les armes commencent à s’amonceler, mais les ordres de cantonnement immédiat ont parfois du mal à passer. Certains rechignent bruyamment, négocient et débattent.

 

Au milieu d’une grande artère, on frôle la fusillade lorsqu’un grand gaillard et ses équipiers refusent de se laisser désarmer. Par chance, plusieurs officiers font preuve de maîtrise et empêchent l’incident. Et lorsqu’un récalcitrant refuse de laisser une voiture qu’il n’a sûrement pas achetée chez un concessionnaire, la sanction tombe : une balle tirée dans chaque pneu.

 

Finalement, vers 16 heures, la mission s’achève. La colonne a récupéré 25 armes et des stocks de munitions. Et personne n’a été blessé. Une première positive, mais qui devra se poursuivre pour permettre à Bangui de retrouver sa sérénité perdue.

 

AU MOINS 119 MORTS DANS LES COMBATS, SELON UN BILAN PROVISOIRE DE LA CROIX-ROUGE CENTRAFRICAINE

 

Interrogé par RFI, Albert Yomba Eyamo, secrétaire général de la Croix-Rouge, se dit incapable de « donner un chiffre précis ». La Croix-Rouge centrafricaine est encore à pied d’œuvre, dans la capitale Bangui, pour ramasser les corps des personnes tuées au cours des affrontements. Le bilan, tel qu’arrêté au lundi 8 avril, est de 119 morts. « Sur les 119 corps qui ont été enlevés, 80 corps ont été identifiés par leurs parents », explique Albert Yomba Eyamo, qui précise que la Croix-Rouge a inhumé les corps de 39 personnes « dans une fosse commune, sur la route de Mbaiki. »

 

Un bilan appelé à s'alourdir

 

Mais le bilan devrait a priori s’alourdir dans les jours qui viennent. « La Croix-Rouge continue son travail. Si nous tombons sur des corps, nous les ramassons. Il n’est pas impossible que des gens qui ont tenté de voler et ont reçu une balle n’ont jamais voulu se présenter, se soient caché quelque part. Ils peuvent mourir de suites de leurs blessures », estime le responsable de l’ONG.

 

En dehors de la capitale, le bilan des combats est encore plus compliqué à dresser. « Nous avons des rapports de nos comités de provinces, mais il faut les compiler et les mettre en ordre avant de les diffuser », détaille Albert Yomba Eyamo.

 

 

Centrafrique : une première opération de désarmement des combattants dispersés dans Bangui
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