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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 02:43

 

 

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Election ivoirienne : l’opposition se concerte, le camp Gbagbo cible Ouattara

ABIDJAN - AFP / 05 novembre 2010 21h29 - L'ex-Premier ministre ivoirien Alassane Ouattara, qualifié pour le second tour de la présidentielle, s'est concerté vendredi avec son allié défait Henri Konan Bédié, tandis que le camp de son adversaire, le président Laurent Gbagbo, lui a décoché ses premières flèches.

M. Ouattara (32,1%) au premier tour le 31 octobre), qui affrontera M. Gbagbo (38,3%) au second tour prévu le 28 novembre, a rencontré l'ex-président Bédié (25,2%) au domicile de ce dernier à Abidjan.

Alliés depuis 2005 au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), ils se sont concertés en compagnie des deux autres dirigeants du RHDP, Albert Mabri Toikeusse (2,57%) et Innocent Anaky (0,23%), a-t-on constaté.

Cette coalition d'opposition prévoit dans ses statuts de soutenir le candidat issu de ses rangs qualifié pour le second tour. Elle n'a pas donné de consigne de vote depuis l'annonce des résultats dans la nuit de mercredi à jeudi.

Ni M. Ouattara ni M. Bédié ne se sont exprimés publiquement depuis l'annonce de la finale de ce scrutin historique, censé clore une décennie de crise politico-militaire.

Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, ex-parti unique) de M. Bédié a contesté les résultats et exigé un recomptage des voix.

Une dizaine de jeunes partisans de l'ancien chef d'Etat ont continué vendredi, comme ils l'avaient fait jeudi, de bloquer à la circulation avec des barricades une artère longeant le siège du PDCI dans la capitale économique, a-t-on constaté. Ils dénoncent le "braquage électoral" qui a selon eux causé la défaite de leur favori.

M. Ouattara a par ailleurs été reçu jeudi à Dakar par le président sénégalais Abdoulaye Wade, ont indiqué les services du candidat, sans préciser le contenu de leur entretien. Il était accompagné de Me Jeannot Ahoussou, haut dirigeant du PDCI.

M. Wade s'était impliqué dans les efforts de résolution de la crise ivoirienne, mais ses relations avec le régime Gbagbo ont connu des coups de froid, avant un réchauffement récent.

Le camp Gbagbo a lancé vendredi ses premières attaques contre M. Ouattara en vue du second tour.

Le scrutin "mettra face à face l'homme des conquêtes démocratiques et celui des complots politiques, (...) le rempart de la République face au parrain de la violence politique, de la déstabilisation et de la rébellion", a accusé Pascal Affi N'Guessan, porte-parole du candidat de "La majorité présidentielle" (LMP), lors d'une conférence de presse.

M. Ouattara est accusé par le camp présidentiel d'être l'inspirateur ou l'instigateur de la rébellion, rebaptisée plus tard Forces nouvelles (FN), dont le coup d'Etat raté de 2002 contre M. Gbagbo a entraîné une guerre et la partition du pays en un sud loyaliste et un nord FN.

Le message des Ivoiriens au premier tour vise "à disqualifier définitivement la voie des coups d'Etat" et à faire "triompher celle des urnes", a jugé M. Affi, appelant à "la mobilisation pour défendre l'indépendance nationale, la souveraineté nationale".

 

Abidjan accuse Dakar de "conspiration", rappelle son ambassadeur au Sénégal

ABIDJAN - AFP / 05 novembre 2010 22h57 - Abidjan a rappelé son ambassadeur au Sénégal et accuse Dakar de "conspiration" après que le président sénégalais Abdoulaye Wade a reçu l'opposant ivoirien Alassane Ouattara, qualifié pour le second tour de la présidentielle face au sortant Laurent Gbagbo, a annoncé vendredi la présidence ivoirienne.

"La Côte d'Ivoire a rappelé son ambassadeur au Sénégal. L'ambassadeur du Sénégal en Côte d'Ivoire a été convoqué aujourd'hui (vendredi) au ministère des Affaires étrangères et a reçu une lettre de protestation des autorités ivoiriennes", a déclaré à l'AFP le conseiller diplomatique de M. Gbagbo, Alcide Djédjé.

"On a le droit de soutenir (un candidat), mais on n'a pas le droit de conspirer en vue d'une déstabilisation", a-t-il accusé.

L'audience accordée jeudi à M. Ouattara à Dakar par le chef de l'Etat sénégalais, quelques heures après la proclamation des résultats du premier tour de la présidentielle, est "une ingérence intolérable du Sénégal dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire", a-t-il affirmé.

M. Wade "a envoyé un avion pour chercher Ouattara et (l'autre dirigeant de l'opposition ivoirienne Henri Konan Bédié. Bédié a refusé de partir, Ouattara est parti avec une forte délégation", a poursuivi M. Djédjé.

"C'est incroyable", "du jamais vu en plein second tour", a ajouté ce proche du président Gbagbo. "Si (le président sénégalais) soutient Ouattara, il peut le faire plus discrètement, comme ça se fait partout", a-t-il dit.

Aucune réaction des autorités sénégalaises n'était disponible dans l'immédiat vendredi soir.

L'entourage de l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara avait indiqué vendredi matin que le candidat avait "eu une audience jeudi à Dakar avec le président Wade", avant de rentrer à Abidjan vendredi. Le contenu de l'entretien n'a pas été précisé.

M. Ouattara, qui au premier tour le 31 octobre a recueilli 32,1% des voix, derrière M. Gbagbo (38,3%), était accompagné à Dakar de Me Jeannot Ahoussou, haut dirigeant du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, ex-parti unique), selon le PDCI.

M. Bédié, candidat du PDCI, est arrivé troisième (25,2%) au premier tour.

Le président Wade s'était impliqué dans les efforts de règlement de la crise politico-militaire ivoirienne de 2002, mais ses relations avec le régime Gbagbo ont connu des coups de froid, avant un réchauffement récent.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 02:37

 

 

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3 filles décédées dans la Ouaka suite à leur excision

Radio Ndéké Luka Vendredi, 05 Novembre 2010 14:11

3 filles sont décédées en deux jours, entre les 3 et 4 novembre 2010 dans la préfecture de la Ouaka après avoir été excisées.

Les faits se sont déroulés dans deux villages distincts de cette partie centre de la République centrafricaine. Le 1er cas a été enregistré le mercredi 3 novembre au village de Gbotogbadja, situé à 30 km de Bambari sur l’axe sur l’axe Alindao où deux filles ont trouvé la mort. Le second cas a eu lieu le jeudi 4 du même mois au village Kobadjia situé à 30 km sur l’axe Kouango et la victime est une fille de 10 ans qui a succombé à cet acte de mutilation génitale.

Alertée, l’ONG Mercy Corps qui œuvre dans le domaine de la lutte contre les violences faites aux femmes et une association des femmes de la Ouaka, sont descendues sur le terrain et ont constaté les faits.

Ces organisations ont également saisi les autorités administratives et judicaires de la localité. Pour l’instant, aucun des auteurs des actes n’a été appréhendé. Une enquête judiciaire est ouverte à cet effet.

 

Centrafrique : Le mariage forcé prend de l’ampleur

Ai- Rca- Vendredi, 05 Novembre 2010 15:48 - "Une fille musulmane, âgée d'environ 15 ans et habitant la commune de Mambéré dans la sous-préfecture de Nola et  en fuite pour Bangui a été interceptée par mes éléments  et placée en garde-à-vue.  Selon des  informations venues de mon collègue de Mambéré, elle évitait  un mariage forcé entre elle et un vieux d'au moins  60 ans ».

 Ces  explications sont  du  Commissaire de la ville de Mbaiki Freddy Ngonzo joint au téléphone par l'agence Ai qui s'est insurgé contre cette pratique qui n'honore pas, selon lui, la Centrafrique.

"J’ai pu mettre  la main sur cette fille et je suis actuellement à la recherche des  voies et moyens pour la renvoyer à  Boda", a-t-il poursuivi,  expliquant que  les parents musulmans font la sourde oreille malgré les appels incessants  contre le mariage forcé, les interminables séminaires sur le respect des droits humains, la scolarisation des jeunes filles et autres.

Selon une source policière, l'affaire remonte au mois d'octobre dernier. La jeune fille a été proposée contre son gré  au mariage avec un richissime homme d’affaire musulman.

La même source a également  déploré cette situation qui, selon lui, va  certainement déclencher une procédure judiciaire dès que la jeune fille sera à Nola.

La fille a regagné la ville de Nola sous escorte policière.  Elle sera remise au procureur de la république pour exploitation.

Kabongo Ai Bangui

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Société
5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 15:31

 

 

MaZig

 

 

Nous reprenons ici de notre confrère le quotidien Le Confident de Bangui, une importante interview que lui a  accordée Martin Ziguélé Président du MLPC, celui que Bozizé redoute le plus sur l'échiquie  politique centrafricain à l'heure actuelle. Il remet les pendules à l'heure concernant plusieurs sujets qui agitent les Centrafricains et le paysage politique national et surtout, après les actes arbitraires et dictatoriaux  récemment posés par François Bozizé (refus de se soumettre à l'arrêt du Conseil d'Etat sur le découpage électoral, refus de publier le rapport de l'audit sur la gestion de la CEI par le vrai faux pasteur Binguimalé, etc...), qui a multiplié les déclarations et propos de nature à retarder encore sinon à enliser le processus électoral tout en rejetant la responsabilité sur les autres. Après les menaces de l'opposition de se retirer du processus électoral si l'incompétent et corrompu président de la CEI, Joseph Binguimalé ne démissionne pas, cette interview de Martin Ziguélé recadre indiscutablement les choses et place plus que jamais Bozizé devant ses responsabilités. 

 

Rédaction C.A.P   

 

 

INTERVIEW : MARTIN ZIGUELE BRISE LE SILENCE


(Le Confident 05/11/2010)

Le président du Mouvement de Libération du peuple centrafricain (MLPC), malgré l’avalanche des critiques acerbes dont il est victime a gardé le silence. Aujourd’hui, il sort de sa réserve et se confie en exclusivité à notre Journal.


Le Confident : Le gouvernement vous accuse de chercher à boycotter les élections du 23 janvier 2011. Curieusement, vous n’avez pas daigné répondre à ces accusations. Pourquoi ce silence ?

Martin Ziguélé : J’ai déjà dit à plusieurs reprises que mon souhait le plus ardent c’est que soit le ministre Gouandjika, soit l’un de ses patrons, provoque un débat à la Radio Centrafrique ou à la Télévision Centrafricaine pour permettre d’expliquer directement aux Centrafricains que tout ce qu’ils disent est complètement faux. Je le dis et je le répète.

J’ai été investi par le MLPC le 19 juin 2009 au cours d’un congrès extraordinaire comme candidat à l’élection présidentielle. J’ai accepté d’être candidat et le n’ai pas changé d’avis. Maintenant, nous nous battons tous les jours et le MLPC et les partis membres du Collectif des Forces du Changement pour que ces élections soient équitables et crédibles. Que ce soit le ministre Gouandjika, que ce soit ses mandants qui s’emploient à dévoyer le processus électoral, nous ne baisserons jamais les bras quoi qu’ils en disent, quoi qu’ils en pensent et quoi qu’ils racontent, devant cette tentative de manipulation.

Avez-vous fait une demande de droit de réponse à la radio nationale pour répondre à vos détracteurs ?

Mais c’est depuis 2007, que je suis régulièrement vilipendé sur les ondes nationales. Non seulement j’ai écrit à l’époque au ministre d’Etat en charge de la Communication, mais j’ai écrit aussi au Haut Conseil de la Communication et je me suis déplacé physiquement au Haut Conseil de la Communication pour demander l’application de la loi, c’est à dire que lorsque vous êtres accusé qu’on vous permettre de parler et de répondre à l’accusation. Cela ne m’a jamais été accepté. Alors, de quoi ont-ils peur ? Ils accusent et ils refusent à la personne qu’ils accusent de répondre. Je pense que les Centrafricains ne sont pas dupes. Les Centrafricains ont très bien compris que la bataille que l’opposition mène est une bataille pour la transparence du processus électoral. Vous ne m’avez jamais entendu demander quoi que ce soit à ce régime. Je me bats dans mon parti, dans l’opposition pour que les Centrafricains aient le droit de s’exprimer librement pendant ces élections et de choisir librement et de manière équitable leurs dirigeants. Apparemment, c’est ce que le ministre Gouandjika et compagnie me reprochent. Mais ils doivent faire l’effort de comprendre que nous sommes dans un pays qui aspire à devenir une démocratie, qui aspire à devenir un Etat de Droit et la règle veut que la loi soit respectée.

 
M. Martin Ziguelé et le MLPC sont-ils prêts à aller aux élections ?

Nous nous préparons à ces élections depuis le 12 juin 2005. C’est pour cela qu’au moment où je vous parle, dans chaque préfecture de la RCA, nous avons une direction fédérale de campagne. Dans chaque pays à l’extérieur de la RCA où le MLPC a une fédération, nous avons une direction fédérale de campagne. Dans chaque sous-préfecture de la République Centrafricaine au moment où je vous parle, nous avons une direction sous-fédérale de campagne. Dans chaque circonscription, parce que nous avons des candidats dans toutes les circonscriptions, (du moins selon le découpage du Conseil d’Etat), nous avons une direction locale de campagne. Tous ces militants, toutes ces militantes et toutes ces structures sont à l’œuvre pour que nous puissions renvoyer le régime actuel en dehors du périmètre du pouvoir, démocratiquement. Et c’est pour cela que nous nous battons pour que ces élections soient démocratiques.

Lorsque vous regardez les choses, pourquoi on nous empêche de travailler sur le terrain ?

Pourquoi on m’empêche d’aller en province ? Alors que le Secrétaire général du parti au pouvoir sillonne la RCA dans tous les sens, utilise la radio, la télévision non seulement pas contre moi, mais également contre le ministre intérimaire de l’Administration du Territoire, qui est son ami du parti. (En tous cas, ils sont tous du même régime et donc c’est la confusion totale). Moi je demande une chose et ma demande est permanente et récurrente. Nous voulons un processus électoral transparent, crédible et conforme aux dispositions du Code Electoral, qui je le rappelle, est une loi présentée par ce gouvernement à l’Assemblée nationale et votée par la majorité au pouvoir, donc il faut qu’ils respectent au moins leur propre œuvre.

Le dernier communiqué de presse du Collectif des Forces du Changement réclamant la démission du président et du rapporteur général de la CEI a semé une confusion dans les esprits ?

 La confusion n’est qu’apparente. Vous vous souvenez que c’est depuis le 13 janvier 2010, que le Collectif des Forces du Changement posé le problème Binguimalé et globalement du fonctionnement de la CEI. Nous avons suspendu la participation de nos représentants au sein de cette structure et il a fallu qu’il y ait des discussions politiques sous l’égide de Mgr Paulin Pomodimo pour qu’un accord politique soit signé le 13 février 2010. Que dit cet accord ? Le travail devrait se renforcer de manière consensuelle au sein de la CEI, parce que nous reprochions au pasteur Binguimalé de travailler en solitaire. Devant les graves manquements en matière de gestion financière et de gestion administrative, tout simplement qu’il y ait un audit fonctionnel et un audit financier de la CEI. Et nous sommes allés plus loin, nous étions d’accord que cela soit par une institution indépendante de l’Etat. L’audit a été fait. Les résultats sont entre les mains du Président de la République. Vous l’avez entendu comme moi. Il dit qu’il faut qu’il examine d’abord l’audit et que ce n’est pas une urgence. Alors pourquoi on a fait l’audit. Pourquoi ne publie-t-on pas les résultats de l’audit ?

Notre opinion est que l’audit est considéré comme une arme pour tenir le président de la CEI, afin qu’il accomplisse les quatre volontés du pouvoir, en aidant le pouvoir dans sa démarche à torpiller le processus et à le rendre inéquitable. C’est comme si c’est une Epée de Damoclès sur la tête du pasteur Binguimalé. Nous avons bien compris la manœuvre. C’est pour ça que nous avons dit, pour que toute l’opinion centrafricaine comprenne ce qui se passe réellement, nous demandons la démission du président de la CEI et nous nous réservons le droit, si cette condition n’est pas remplie de tirer les conséquences politiques de cette prise de position.

Quelles seraient ces conséquences politiques ?

Les conséquences politiques, c’est que nous poserons le problème de l’iniquité du fonctionnement de la CEI, du caractère inhabituel du fonctionnement de la CEI. Il y a déjà eu des commissions électorales dans ce pays. Il n’y a jamais eu autant de problèmes de leadership de la CEI. La CEI marche mal. Le chef de l’Etat lui-même l’a dit le 19 Octobre au Palais de la Renaissance. Il taxé la CEI d’incompétence et de gloutonnerie, ce sont ses propres termes. Vous ne pouvez pas en tant que Chef d’Etat, qualifier un processus électoral, donc un processus politique sensible à une équipe que vous taxez d’incompétence et de gloutonnerie, vous refusez de publier l’audit de contrôle gestion et en plus vous dites, on va les laisser travailler comme ça. Il y a quelque chose, qui ne marche pas !

Les leaders de l’opposition ont-ils abordé très franchement la question de la candidature unique ?

Au sein de l’Union des Forces Vives de la Nations et au sein du Collectif des Forces du Changement, nous sommes conscients de l’attente du peuple centrafricain qui veut que l’opposition ait un seul candidat. J’ai déjà eu à expliquer que je préfère qu’on parle plutôt de stratégie unitaire que de candidature unique. Lorsqu’on parle de candidature unique on rétrécie la question de candidature d’un individu à la Présidentielle.

Mais moi je parle de stratégie unitaire parce que non seulement il faut que l’opposition gagne l’élection présidentielle mais il faut qu’elle gagne aussi les législatives.

Parce que derrière tout cela, il y a des réformes importantes à faire dans ce pays d’abord pour restaurer l’autorité de l’Etat, en négociant franchement avec les différents mouvements de rebellions et à ramener définitivement la paix, pour permettre à l’Etat d’exercer son autorité sur tout le pays, parce que si cette condition première n’est remplie, il n’y a pas de développement. A mon avis on va pouvoir pour développer son pays, pour que chaque centrafricain sente qu’il y a une amélioration dans son niveau de vie, dans son standard quotidien de vie. Si vous voulez, chacun voit moins à sa porte et c’est le jour où les centrafricain verront les bénéfices concrètes du développement qu’ils croiront à l’amélioration de la gouvernance. Ce n’est pas la théorie, c’est la pratique. Vous ne pouvez prétendre développer un pays, lorsque vous ne gouvernez pas l’ensemble du pays et qu’il y a des bandes armées nationales comme étrangères qui font la loi dans le pays ? C’est une situation de démission objective, c’est une situation inacceptable. Je ne comprends pas qu’on veuille nous comparer à l’Afghanistan. Je ne comprends pas qu’on veuille nous comparer à l’Est de la République Démocratique du Congo. Pourquoi on est au pouvoir ? C’est pour assurer à chaque Centrafricain là où il vit, la paix, la sécurité et le développement si on n’est pas capable de le faire, on en tire les conclusions politiques.

 
On ne peut pas à la fois échouer sur le plan de la restauration de l’autorité de l’Etat, échouer sur le plan de relance de l’économie au niveau de la majorité de la population et puis se permettre de pervertir un processus électoral et crier « urbi et orbi » que les responsables sont tous ceux qui ne sont pas au pouvoir.

La réaction de l’opposition par rapport à la démission de Me Crépin Mboli-Goumba de la CEI tarde à venir ?

 La réaction ne tarde pas à venir. Nous sommes neuf (9) partis dans le Collectif des Forces du Changement. Nous avons âprement discuté de cette question et je pense que notre démarche est la bonne. Nous attirons l’attention de qui de droit que nous exigeons la démission du président de la CEI. Si cela n’est pas fait, vous verrez vous-même la suite.

Propos recueillis par Dinawade Mokambo Junior


Jeudi 4 Novembre 2010

© Copyright Le Confident

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 01:40

 

 

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12. Nouveaux bouc-émissaires

Après avoir échoué dans sa tentative de transformer la Communauté internationale en bouc-émissaire, le Président de la République a entrepris de faire de ce qu’il appelle « les politiques » ses nouveaux bouc-émissaires. Selon lui, les élections de 2005 s’étaient déroulées sans couacs et avaient été couronnées de succès parce que la Commission électorale était présidée par un valeureux fils du pays, Monsieur Willybiro-Sacko, et parce que l’Administration n’avait pas été écartée du processus comme ce serait le cas en ce moment.

S’agissant de Monsieur Willybiro-Sacko, pourquoi le Président de la République ne limoge-t-il pas le Président Binguimalé, tant décrié, pour le remplacer par Monsieur Willybiro-Sacko ?

S’agissant de l’Administration qui aurait prétendument été écartée au profit des « politiques », il convient tout d’abord d’observer que « les politiques » comprennent aussi la majorité présidentielle. En second lieu, il convient d’observer que le Président de la CEI a été élu parmi quatre candidats dont deux choisis par le Président de l’Assemblée nationale et deux par le Premier Ministre, c'est-à-dire par le Pouvoir Exécutif, celui-ci ne peut dès lors se prévaloir de sa propre turpitude. On sait par ailleurs que dans la Coordination nationale et dans les Comités locaux de la CEI, l’entité « administration » est composée de gens choisis par le Pouvoir Exécutif.

Il convient d’observer en troisième lieu que la prétendue mise à l’écart de l’Administration au profit des « politiques » ne correspond pas à la réalité et constitue un simple argument de diversion, dont le but est toujours de rejeter sur autrui l’incapacité du pouvoir d’organiser les élections dans les délais constitutionnels et légaux. Si le pouvoir avait révisé les listes électorales chaque année, du 1er décembre au 31 mars comme impérativement prescrit par le Code électoral et comme le lui a vainement rappelé l’auteur de ces lignes dans de nombreux articles, nous n’en aurions pas été à inscrire les électeurs sur des cahiers d’écoliers ou sur des papiers volants comme nous venons de le faire.

Enfin, il convient d’observer en quatrième lieu qu’en ce qui concerne la composition de la CEI, l’article 16 de l’actuel Code électoral est la reproduction littéraire de l’article 17 de l’ancien Code électoral, sauf le remplacement du terme Conseil National de Transition par le terme Parlement. Dans les deux codes électoraux, les partis politiques sont représentés, sauf que dans le Code électoral actuel, ces partis politiques sont exclusivement ceux qui ont pris part au Dialogue Politique Inclusif (DPI), y compris les militaro-politiques.

Par-dessus tout, il n’est pas inutile de souligner qu’aux termes de l’article 17 de l’actuel Code électoral, « les Sous-Préfets, les chefs de Poste de contrôle administratif, les maires ou les Présidents de délégations spéciales de communes ainsi que les Présidents des Comités d’arrondissements (?) » sont membres de droit des Comités locaux de la CEI.

13. Le Président Wade dément sèchement le Président Bozizé

Comme par hasard, le même jour de la réunion des Forces vives de la Nation ; « à l’insu de son plein gré », le Président Abdoulaye Wade du Sénégal a sèchement démenti le Président Bozizé dans une interview diffusée sur Télé Sud, en déclarant que les Chefs d’Etat qui se plaignent de manquer de moyens financiers ne savent pas en fait comment et où chercher l’argent car, a-t-il asséné, l’argent existe. La preuve est que lui, Wade, a pu lever plus de 50 milliards pour la construction d’un nouvel aéroport, et plusieurs autres milliards pour la construction d’un monument.

14. L’Arrêt du Conseil d’Etat du 28 septembre 2010

14-1) Faits et procédure

Il convient tout d’abord de rappeler que par décret n° 10. 049 du 2 mars 2010, le Président de la République avait procédé au découpage des circonscriptions électorales pour les élections législatives qui devaient initialement avoir lieu le 25 avril 2010. L’auteur de ces lignes avait réagi en publiant un article dans le journal Le Citoyen pour faire part de ce que la Sous-Préfecture de Moyenne Sido avait été omise, le Président de la République alors immédiatement pris le décret n° 010.97 du 25 mars complétant le décret n° 10.049 pour attribuer une circonscription à la Sous-Préfecture, en réduisant le nombre de la population de la Sous-Préfecture de Kabo.

Qu’on cesse donc de pourfendre l’auteur de ces lignes sans discernement, en rejetant en bloc ses critiques constructives et en le traitant de tous les noms d’oiseaux, on ferait mieux de tirer « la substantifique moelle » de ses critiques.

Le même auteur de ces lignes avait aussi publié dans le journal Le Citoyen un autre article où il relevait qu’il y avait d’inexplicables différences de traitement entre certaines sous-préfectures et certains arrondissements de Bangui d’une part, et d’autres sous-préfectures moins peuplées d’autre part, quant à l’attribution du nombre de circonscriptions électorales.

Les partis politiques de l’opposition avaient alors saisi le Conseil d’Etat d’une requête qui a fait l’objet de l’arrêt du Conseil d’Etat du 28 septembre 2010.

14-2) La colère homérique du Chef de l’Etat

Cet arrêt a plongé le Président de la République et ses appuis politiques dans une colère homérique ; lors de la réunion du 1ç octobre 2010 au Palais de la Renaissance (Présidence de la République), le Chef de l’Etat a laissé éclater sa colère en ces termes :

« C’est encore une autre entorse pour aller et toujours et toujours jouer à cette gaminerie. D’abord la décision concernant le découpage électoral est de la compétence de l’Exécutif. Oui, le Conseil d’Etat doit se prononcer sur un sujet exact. Quant à écrire sur toute l’étendue du territoire, voici comment le découpage électoral doit se dérouler, c’est aller au-delà de ses prérogatives…CE N’EST PAS SERIEUX… ! Tout cela, ce sont des manœuvres, des échappatoires pour traîner les élections. Si les deux décrets de 2010 dérangent, nous repartons à la case départ ». « La législature à l’Assemblée nationale fonctionnera comme par le passé…NOUS REPARTONS A L’EXEMPLE DE LA LEGISLATURE ACTUELLE AVEC L’ANCIEN DECRET, ET PUIS C’EST TOUT. Mais ce n’est pas à trois mois des élections qu’il faut revoir tout le découpage électoral… C’est ce que je qualifie de CAPRICES…Mais il n’est pas question de remettre en cause la vie de toute une nation, PRENDRE EN OTAGE LA VIE DE TOUTE UNE NATION pour des opérations de ce genre. NON, C’EST MECHANT, C’EST MEME CRIMINEL ».

En résumé, le Président de la République et ses alliés reprochent essentiellement deux choses au Conseil d’Etat ; avoir statué tardivement, et avoir statué en dehors de sa sphère de compétence, dans le but politicien « criminel » de faire échouer les élections.

Qu’en est-il ?

14-3) « Se soumettre ou se démettre »

En ce qui concerne le semblant de refus du Président de la République d’appliquer l’arrêt du Conseil d’Etat annulant ses deux décrets portant découpage électoral, il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre mesure. Le Président de la République finira par s’incliner, comme il l’a fait pour les reports des dates des élections ou pour la prétendue clôture « définitive » de la date de dépôt des candidatures aux élections du 25 avril, puis du 16 mai 2010. Le Ministre Ngouandjika, qui chantait que les élections auraient lieu coûte que coûte le 25 avril et le 16 mai 2010 sans l’opposition, en avait eu pour son grade. Il n’en a malheureusement tiré aucune leçon et s’est encore mis à chanter que les élections auraient lieu coûte que coûte le 23 janvier 2011, sans l’opposition. Gageons que pour la troisième fois il sera démenti par le vent impétueux de l’histoire.

Le Président de la République reculera inéluctablement et le Ministre Ngouandjika sera encore contraint « d’avaler son chapeau », puisque le Président de la République sait et a avoué n’avoir pas les moyens financiers de son indépendance politique. Cela ne l’empêche pas pour le moment de refuser obstinément que soit publié le rapport d’audit de la CEI, audit pourtant ordonné par lui-même. Que craint-il ?

Le Président de la République craindrait-il que la publication du rapport d’audit de la CEI ne révèle le scandale nauséabond des marchés de gré à gré non exécutés personnellement et frauduleusement conclus par le Président de la CEI avec les trois fils et l’épouse de qui l’on sait, pour plus de 500 millions de F CFA ?

« Je te tiens, tu me tiens par la barbichette ».

Le Président de la République devra « se soumettre ou se démettre », selon l’ultimatum de Gambetta au Général-Président Mac-Mahon ; il ne saurait indéfiniment et inconstitutionnellement proroger son mandat et ceux de « ses » députés , avec l’appui pontifiant d’un « enseignant chercheur en droit » qui, faisant l’âne pour avoir du son, fait semblant d’ignorer qu’aux termes de l’article 107 de la Constitution, toute révision de la Constitution est interdite lorsqu’il est porté atteinte à l’intégrité du territoire national, comme c’est le cas depuis 2008 avec les troupes de Joseph Koni et de Baba Ladé.

L’occupation du territoire national depuis 2008 a été maintes fois piteusement avouée par le Ministre délégué à la Défense Nationale.

14-4) Sur la tardiveté

Sur ce point, on peut donner raison au Président de la République bien que les termes qu’il a employés soient outranciers. En effet, les partis politiques de l’opposition ont saisi le Conseil d’Etat par requête du 15 avril 2010, mais ce n’est que le 28 septembre 2010 que le Conseil d’Etat a statué, soit cinq mois et demi plus tard. Certes, on a coutume de dire que la lenteur est une qualité de la justice, mais la lenteur n’est pas synonyme d’enlisement.

Il est vrai que le Président du Conseil d’Etat avait été évacué sanitairement en France où il s’était éteint après plusieurs mois mais le principe de continuité du service public exigeait que les autres membres siègent sans lui, le contentieux électoral étant au surplus d’urgence par nature. Ce n’est pas pour autant une raison suffisante pour faire un procès d’intention politique au Conseil d’Etat.

Sur ce point bien précis, une émission de « yé so é lingbi ti inga » a eu raison de dénoncer le blocage des administrations lorsqu’un haut responsable et plus encore un Ministre sont en voyage.

14-5) Sur l’irrecevabilité de la requête des partis politiques et le non fondé de l’arrêt en ce qui concerne le décret n° 10.97

Il faut rappeler que le décret n° 10.97 n’avait fait qu’ériger en circonscription électorale la Sous-Préfecture de Moyenne Sido, laquelle avait été omise par le décret initial n° 10.049, sans plus.

La requête des partis politiques de l’opposition tendait à l’annulation des deux décrets, au motif que les deux « textes » incriminés ont violé le code électoral, en privant certains arrondissements de Bangui et plusieurs Sous-Préfectures de circonscriptions supplémentaires et en octroyant arbitrairement des circonscriptions à des Sous-Préfectures qui ne répondent pas aux critères démographiques fixés par la loi électorale ».

Cependant, leur requête n’indiquait pas en quoi chacun des décrets devait encourir l’annulation, leur requête faisait globalement des reproches aux deux décrets.

Or leur requête ne contestait pas  l’érection de la Sous-Préfecture de Moyenne Sido en une seule circonscription ; l’on constate par ailleurs que, tout en annulant le décret n° 10.97, l’arrêt du Conseil d’Etat aussi valide l’érection de la Sous-Préfecture de Moyenne Sido en une seule circonscription électoral, puisque chaque Sous-Préfecture constitue nécessairement au moins une circonscription électorale, conformément au Code électoral.

Il s’ensuit qu’en ce qui concerne le décret n° 10.97, les partis politiques n’avaient pas d’intérêt à agir. En conséquence, en vertu de l’adage « pas d’intérêt, pas d’action », le Conseil d’Etat aurait dû déclarer la requête irrecevable. En statuant comme il l’a fait, le Conseil d’Etat ne semble pas avoir donné une base légale à son arrêt.

14-6) Sur le décret n° 10. 049 du 2 mars 2010

14-6-1) : Sur le mensonge du ministre « intérimaire » de l’Administration du territoire et la « propre turpitude » de l’Exécutif

Ainsi que l’a dit le Président Boukanga, les élections étant d’une particulière importance pour l’avenir du pays, le Président de la République, après avoir limogé le Ministre de l’Administration du territoire, aurait dû nommer un autre pour le remplacer au lieu de nommer par décret un « intérimaire », au demeurant semblant ne pas s’intéresser à la législation électorale., et au surplus cumulativement avec ses fonctions de Ministre de la Sécurité publique.

Il en est de même pour la Communication, qui est particulièrement importante en période électorale, ce qui nécessite qu’un Ministre en soit exclusivement chargé.

Nulle part au monde on ne nomme un Ministre intérimaire quand la fonction est vacante. Se demande-t-on ce que pensent les Chancelleries étrangères lorsqu’elles reçoivent des soi-disant intérimaires qui occupent la fonction en permanence ?

Lors de la réunion des forces vives de la nation du 19 octobre 2010, le Ministre « intérimaire » de l’Administration du territoire a soutenu effrontément que c’est en vain qu’il a écrit au Conseil d’Etat pour lui dire de ne pas augmenter le nombre de circonscriptions électorales. Pur mensonge ! De même qu’un bois ne peut devenir crocodile à force de séjourner dans l’eau, ainsi un mensonge ne peut devenir vérité à force d’être asséné.

En effet, le Ministre de l’Administration du territoire avait fait parvenir au Conseil d’Etat des observations en défense comportant trois volets :

Un premier volet qualifiant de « fallacieux » le souhait des partis politiques de l’opposition qui est de voir créer des circonscriptions électorales supplémentaires, « car les données démographiques actuelles des Sous-Préfectures de la RCA et des arrondissements de Bangui ne peuvent satisfaire aux conditions de création de circonscriptions nouvelles.. »

Un deuxième volet proposant au Conseil d’Etat de compléter les critères existants de détermination des circonscriptions électorales et libellé in fine ainsi qu’il suit : « Si ce principe est acquis…NEUF CIRCONSCRIPTIONS SUPPLEMENTAIRES POURRAIENT ETRE CREEES »

Un troisième volet tendant à faire conserver deux circonscriptions électorales à la Sous-Préfecture de Birao à titre de droits acquis.

En ce qui concerne Birao, le Conseil d’Etat a dit et jugé que la question est de la compétence exclusive du législateur, et s’est donc déclaré incompétent pour modifier la loi portant code électoral.

Les partis politiques de l’opposition demandaient la création de quatorze (14) circonscriptions électorales supplémentaires, le Ministre de l’Administration du territoire neuf (9) ; le Conseil d’Etat n’en a retenu que trois (3). Que peut-on lui reprocher ? Bien au contraire, le Président de la République aurait dû remercier le Conseil d’Etat pour avoir freiné les ardeurs inflationnistes de son brave Ministre de l’Administration du territoire.

En tous les cas, il n’est pas extravagant que pour faire une proposition aussi importante, le Ministre de l’Administration du territoire a dû solliciter et obtenir l’autorisation préalable du Conseil des Ministres ; sa proposition est donc celle du Pouvoir Exécutif. Le Pouvoir Exécutif ne peut en conséquence remettre en cause cette proposition sans se prévaloir ipso facto de sa propre turpitude.

14-6-2 : « yé so é lingbi ti inga »

Ce que les Conseillers du Président de la République semblent n’avoir manifestement pas compris et ce que nous devons savoir ( yé so é lingbi ti inga), c’est que les autres pays, notamment dans les pays occidentaux, le code électoral, qui est une loi et qui s’impose donc au Pouvoir Exécutif, ne fixe pas un nombre déterminé d’habitants pourla création d’une circonscription électorale ; il laisse carte blanche au Pouvoir Exécutif pour délimiter les circonscriptions électorales, comme le législateur centrafricain en a décidé autrement, c’est en toute légalité et sans aucune « criminalité » que le Conseil d’Etat a redressé les faux calculs politiciens qui jonchaient le décret n° 10 ;049 et qu’il a statué ainsi qu’il l’a fait.

3Mutatis mutandis » (en changeant ce qui doit l’être), c’est comme si l’on reprochait à la Cour constitutionnelle de redresser le décompte des voix d’une élection.

15. Que faire ?

Le Président de la République peut saisir la Cour constitutionnelle en annulation de l’arrêt du Conseil d’Etat si bon lui semble, comme l’a suggéré un dirigeant d’organisation de la jeunesse, avec pour nécessaire conséquence de se retrouver pour la quatrième fois hors délai pour organiser les élections « jamais trois sans quatre voire plus» n’est-ce pas ?

En ce qui concerne la Sous-Préfecture de Birao, si le Président de la République tient mordicus à ce qu’elle comporte deux circonscriptions, à cause de sa vaste étendue, de ses problèmes ethniques aigus et de ses « droits acquis », il lui suffirait d’y créer une deuxième Sous-Préfecture qui prendrait l’appellation de Birao 2 ou toute autre appellation et de prendre ensuite un décret érigeant la deuxième Sous-Préfecture ainsi créée en circonscription électorale comme la Sous-Préfecture de Moyenne Sido.

16. Le dilemme cornélien du Chef de l’Etat

En d’autres termes, le Président de la République se trouve devant un dilemme cornélien ou ; bien il applique l’arrêt du Conseil d’Etat comme la Constitution et la loi organique n° 95.012 du 23 décembre 1995 portant organisation et fonctionnement du Conseil d’Etat le lui imposent, et il aura le sentiment perdu la face après avoir traité les magistrats du Conseil d’Etat de criminels, ou bien soit il saisit la Cour constitutionnelle en annulation de l’arrêt du Conseil d’Etat, soit il saisit l’Assemblée nationale en révision de la loi portant Code électoral et il lui sera impossible d’organiser les élections le 23 janvier 2011, sans possibilité pour lui de se défausser sur l’opposition et de la prétendre responsable du report comme il a l’habitude de le dire.

En tout cas, Président de la République ne peut pas constitutionnellement et légalement, ressusciter du séjour des morts le décret décédé  n° 04.283 du 1er octobre 2004 portant découpage des circonscriptions électorales pour les élections législatives de 2005, pendant la Transition, et ce, pour plusieurs motifs, notamment en ce que le décret vise :

Vise les Actes Constitutionnels n° 1, 2, et 3 des 15 et 22 décembre 2003, qui ont été abrogés par la Constitution du 27 décembre 2004.

Vise l’ordonnance n° 04.014 du 11 août 2004 portant Code électoral de la Transition, ordonnance abrogée par l’actuelle loi portant Code électoral après le retour du pays à la légalité constitutionnelle.

A été abrogé par les deux décrets eux-mêmes abrogés par l’arrêt du Conseil d’Etat.

« Not but least » (enfin mais pas le moindre), revenir au décret n° 04.283 du 1er octobre 2004 serait exclure ipso facto la Sous-Préfecture de Moyenne Sido, qui avait été créée après ce décret et qui n’y figurait donc pas. L’un de ses fils y est candidat, comme un autre est candidat à Gambo et son épouse à Bimbo, sans compter une dizaine d’autres membres de la famille.

Le Président de la République ne peut donc pas, contrairement à ses affirmations, revenir au décret n° 04. 0283 du 1er octobre 2004, mort et définitivement enterré, sans aucune possibilité d’être ressuscité comme un croyant au jour du jugement dernier ; à moins de considérer la Constitution et les lois comme de simples chiffons de papier et de se rendre coupable de forfaiture. Ce serait alors du « ta dzoa trekei ène to pédio » (c’est du grec ancien : « les animaux s’amusent dans la prairie »).

17. « Errare humanum est, sed perseverare diabolicum »

Le Président de la République vient de se lancer dans une suicidaire fuite en avant en dissolvant la Sous-Préfecture de Moyenne Sido, au préjudice de ses malheureuses populations et de son propre fils qui est candidat dans ladite Sous-Préfecture, en reprenant les faux nombres de populations figurant dans les deux décrets annulés au lieu des nombres du recensement de 2003 repris par l’arrêt du Conseil d’Etat, et surtout en refusant de tenir compte des nouvelles circonscriptions créées (5ème arrondissement de Bangui ou des anciennes circonscriptions annulées (Birao 2) par le Conseil d’Etat. Où allons-nous ?

Etant donné que, sur ordre du Président de la République, le Président de la CEI avait tout seul avancé la date des dépôts de candidature, on s’est retrouvé dans la situation kafkaienne où les candidatures ont été déposées avant la création des circonscriptions par décret du 28 septembre 2010.

Pour avancer la date de dépôt de candidatures, le Président de la CEI s’est laissé induire en erreur par la mauvaise interprétation de l’article 47 du Code électoral par le Président de la République. Pour ce dernier, « 30 jours au plus tard avant l’ouverture de la campagne électorale » signifie qu’on n’est pas obligé de clôturer les dépôts de candidatures seulement après l’expiration des 30 jours et qu’on peut donc le faire avant. En réalité, ce texte signifie qu’un candidat conserve le droit de déposer sa candidature jusqu’au 30ème jour précédant l’ouverture de la campagne électorale. Une déclaration, fût-elle celle du Président de la République en personne, ne saurait modifier une loi.

Le Président de la République s’était trompé, c’est un humain, il persévère dans l’erreur, c’est diabolique.

Comme il faut s’attendre à ce que les partis politiques de l’opposition saisissent à nouveau le Conseil d’Etat et comme il faut aussi s’attendre à ce que le Conseil d’Etat refuse de se déjuger, autant dire que le nouveau décret sera annulé et qu’il n’y aura pas d’élections le 23 janvier 2011, par la faute du Président de la République.

 18. Violation du principe de la séparation des pouvoirs et outrage à Magistrats

Après la Cours Constitutionnelle, dont le Président de la République avait fait barricader militairement les locaux et dont il avait suspendu les salaires des membres pendant six mois, leur reprochant d’avoir rendu un arrêt au lieu de rendre des services dans l’affaire TOTAL, après l’affaire Raikina et autres, où les prévenus avaient été déportés à Bossembélé alors qu’ils venaient d’être relaxés par le Tribunal correctionnel de Bangui, c’est au tour des Magistrats du Conseil d’Etat de subir l’ire du Chef de l’Etat et d’être traités de criminels !

Ce n’est rien moins qu’une infection d’outrage à Magistrats et une violation inacceptable du principe de la séparation des pouvoirs par la Constitution dont le Chef de l’Etat est le gardien et dont il ne cesse de brandir le respect !

19. Baroud d’honneur et coup d’épée dans l’eau

Ce qu’il faut bien appeler le baroud d’honneur du Chef de l’Etat, consistant à déclarer s’en tenir au décret du 1er octobre 2004 portant découpage électoral pour les élections de 2005 ne saurait proposer, le décret de 2004 ayant été pris en application de l’ancien Code électoral, lequel a été abrogé par l’actuel Code électoral, comme il vient d’être exposé.

20. Honte aux prédateurs des débats contradictoires et paisibles !

Honte au Ministre de la Communication et au Directeur Général de Radio Centrafrique, qui ont livré Jésus Tarcille Bomongo Junior au « Ministre Secrétaire Général du KNK », pieds et poings liés.

Honte à aux pour leur refus obstiné, inconstitutionnel et illégal de se soumettre aux débats paisibles qui honorent et renforcent la Démocratie !

Assez de leurs fallacieux et injurieux communiqués gouvernementaux ; de leurs flagorneries, de leurs éditoriaux, de leurs émissions « la voix de son maître » et autres monologues bêlant et flagornant, qui ne souffrent jamais de droit de réponse !

Au secours la communauté internationale !

Libérez jésus Tarcille Bomongo junior et rendez-le nous, jaloux de son indépendance et allergique à la flagornerie, comme nous l’avons toujours connu !

Libérez l’indispensable soupape des débats démocratiques à la radio, à la télévision, dans les meetings, dans les marches pacifiques et au sein du peuple !

TORO TORO A FOU SIN !     BOTOUNDOU A DOU SO NDOU !  TROP C'EST TROP !

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 23:41

 

 

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Jeudi, 04 Novembre 2010 14:18

Quelles leçons peut-on tirer de la tenue du premier tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire ? Une forte participation (un taux de près de 80%), un scrutin sans heurts, un respect des règles de décompte des voix, une classe politique au sein de laquelle chaque membre s’est engagé à respecter le verdict des urnes…

 

Après 10 ans de guerre, les populations ont montré qu’elles veulent la paix et indiqué qu’il faut tourner la page de manière résolue.

Ces messages et tant d’autres devraient inspirer la plupart des pays africains au premier rang desquels la RCA où des élections générales (présidentielle et législatives) sont annoncées pour le 23 janvier prochain.

La Côte d’Ivoire comme plusieurs pays africains, dont la République centrafricaine, s’inscrit à l’école de la démocratie en 1990 pendant qu’elle traversait une crise économique grave en raison de l’effondrement des cours du cacao dont elle est le premier producteur mondial.

La guerre civile déclenchée le 19 septembre 2002, avait ensanglanté le pays, le divisant sans aucune possibilité d’envisager la réconciliation nationale entre le nord contrôlé à l’époque par les forces nouvelles et le sud resté sous le gouvernement du pouvoir d’Abidjan.

La première étape réussie est sans doute, l’organisation et la tenue de la présidentielle du 31 octobre 2010 dont la suite du processus prévoit selon les résultats rendus publique le 03 novembre par la Commission électorale indépendante, un second tour d’ici 15 jours qui va opposer le président sortant Laurent Gbagbo du FPI (Front populaire ivoirien) à  l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara.

La réussite du processus électoral apaisé et transparent en Côte d’Ivoire traduit la volonté et l’engagement du peuple ivoirien fatigué des conflits militaro-politiques d’aller comme un seul homme vers la paix.

La maturité politique du pays des éléphants doit servir d’exemple.

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 23:35

 

 

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 l'Ambassadeur Jean-Pierre Vidon

 

 

Qu’il me soit permis ici de réagir modestement à la tribune que vient de publier dans la presse locale, un compatriote, un aîné, un homme de droit et droit, avocat par sa profession et premier Bâtonnier de l’ordre des avocats centrafricains, universitaire en ses grades, intellectuel en ses  engagements pour une République centrafricaine digne, réconciliée avec elle-même, prospère où il fait bon vivre et, en profiter, l’occasion fait le larron,  pour fustiger la ruse, la fourberie, le double langage du chef de la mission diplomatique de la France à Bangui, qui, après avoir considérablement dévoyé  sa mission, œuvre plus ou moins ouvertement à la réélection de François Bozizé.

 

Cet aîné, comme vous l’aurez deviné, n’est autre que le Bâtonnier Zarambaud Assigambi, patriote sans égal, qui force respect et admiration.

 

Avec le style qui est le sien, où presque jamais la virulence n’emporte sur l’élégance, Me Zarambaud,  après avoir égrené la litanie des violations de droits de l’homme, dénoncé la mal gouvernance de ce régime aux abois qui maintient nos compatriotes sous le joug de la misère,  a dit en substance ceci : « Les intellectuels et les patriotes sincères doivent oser donner ouvertement leur position, ou doivent-ils faire honteusement  le dos rond, jouer aux flagorneur et attendre qu’un nouveau pouvoir s’installe un jour (aucun pouvoir n’est éternel)  pour surgir et soutenir effrontément qu’ils ont trop souffert et beaucoup lutté dans l’ombre sous le régime Bozizé. Certains l’ont dit et fait après la chute du régime de feu  l'ex-président André Kolingba, puis après la chute de l’ex-président Ange Félix Patassé ».

 

Il n’a en outre pas manqué, s’agissant des ambassadeurs et autres chefs de mission diplomatiques accrédités à Bangui, de relever sans le dire ouvertement, publiquement, mais les initiés l’ont compris, leur mutisme face aux exactions de Bozizé qui s’apparente à un blanc seing : « On attend cependant impatiemment que Ambassadeurs et Représentants des organisations internationales se ressaisissent - il n'est jamais trop tard pour bien faire - qu'ils dénoncent et condamnent ouvertement, clairement et vigoureusement cet acte et ces propos fort peu diplomatiques, d'un autre âge, actes et propos qui insultent la civilisation universelle, ainsi que l'intelligence du doux Peuple centrafricain Épris de paix, de sécurité, de dialogue sans agression et de débats contradictoires, sans violence et démocratiques ».

 

Sur ce point précis de son intervention, j’ai, pour ma part, décidé, humblement, d’expliciter la pensée du Bâtonnier Zarambaud Assigambi à l’aune des informations concordantes et recoupées en ma possession. 

 

À la seule différence que je choisis, moi, religion des faits oblige, d’écarter de mon langage, la généralité.  Au lieu de parler des ambassadeurs, je parlerai ici du cas spécifique de la représentation diplomatique de Paris à Bangui, qui s’est érigé en « cabinet de défense des intérêts égoïstes et personnels » du seul Bozizé. Dieu sait quelle pression son chef exerce actuellement sur les leaders de l’opposition à se plier aux caprices du Seigneur Bozizé 1er  et ainsi cautionner son hold-up électoral en laissant tomber leur menace de boycott.

 

Je me désole avant toute chose de devoir inviter certains de mes compatriotes, affublés du substantif « d’intellectuel », à cesser de cirer les pompes  de ce fossoyeur au sourire fraternel. Je les invite en revanche, à s’investir sans s’invectiver, à l’exemple de Me Zarambaud,  à ce travail sérieux de réflexion dont l’enjeu est la paix et la stabilité de notre pays.

 

Comme dit la sagesse de la savane ivoirienne, « quand le savant refuse d’agir pour le bien de la communauté, il trahit Dieu ».

 

Or, en choisissant leurs propres intérêts, en optant pour le discours unique matraqué au sein du parti-État du KNK, ils préfèrent l’insulte et la vulgarité (à l’exemple de Bozizé et Gouandjika) à la place de la discussion courtoise, argument contre argument, et polluent ainsi inutilement l’atmosphère politique déjà tendue. Ceux-là ont des oreilles cadenassées par la vente de leur âme au diable de Sassara, incapable de participer à un débat.

 

Venons-en tout de suite aux faits.

 

Aujourd’hui, on assiste à une  gestion monarchique et opaque non seulement des affaires de l’État qui n’existe que de nom à cause de l’incapacité du régime à insuffler une dynamique salutaire, mais aussi du processus électoral, laissant ainsi planer le risque d’un affrontement entre Centrafricains, donc d’une guerre civile inévitable (la tuerie de l’ambassade de la RCA au Cameroun ce 3 novembre en témoigne).

 

Et ce, au vu et au su de la communauté internationale, l’ambassade de France à Bangui en tête, qui ne fait rien mais absolument rien si ce n’est de chercher à persuader les gens de la nécessité du maintient de Bozizé au pouvoir.  

 

Le plus choquant ici n’est pas tant le mutisme de l’ambassadeur de France à Bangui devant cette situation inextricable qui menace gravement la paix sociale, la stabilité du pays et obstrue toute possibilité de développement, mais c’est le rôle d’avocat défenseur du régime de Bozizé qu’il s’est taillé et ses grossières ingérences dans les affaires de notre pays.

 

Que les institutions du pays ne fonctionnent nullement parce qu’elles ont été détournées de leur noble mission et sont totalement phagocytées par une famille, celle de Bozizé, qui les contrôle par l’intermédiaires d’une classe d’hommes de pailles aussi incultes qu’incompétents, l’ambassadeur de France à Bangui trouve normal.  

 

Que l’indépendance de la justice n’est plus qu’une simple vue de l’esprit à cause des interventions intempestives et directes de François Bozizé qui fait fi du « qu’en dira-t-on » et fait embastiller des pauvres innocents sans un début de preuve et que la séquestration dans une prison privée à Bossembele de certains membres des familles Ndengou et Balembi, accusés à tort d’avoir incendié le super marché Rayan, le diplomate français en convient. C’est à la limite s’il n’applaudit pas des deux mains.

 

Que de nombreux rapports établis par des organisations non gouvernementales sérieuses, notamment françaises,  sont unanimes sur les graves crimes commis depuis 2003 par la garde présidentielle de François Bozizé, le dernier acte en date est le passage à tabac de Joseph Bendounga au sein du palais présidentiel, le représentant de la France qui était pourtant présent, fait l’indifférent.

 

Que Sylvain Ndoutingaï raquette des entreprises françaises, celui-ci n’a rien à redire.

 

Qu’à cela ne tienne ! Le diplomate français peut-être touché par la bonne grâce de « grosses pierres non encore taillées », qui sait, croit trouver en Bozizé des qualités d’homme d’État sensible aux problèmes des Centrafricains, compatissant à la douleur des familles qui tirent le diable par la queue, au dépit des retraités qui depuis plusieurs trimestres n’ont pas touché leur pension et qui meurent dans l’indifférence.

 

NON MONSIEUR L’AMBASSADEUR!  Toutes ces qualités, tant est qu’elles existent, Bozizé ne peut les avoir. En tout cas, le peuple centrafricain n’a jamais eu l’occasion de vérifier les qualités que vous croyez trouver en Bozizé au point de vouloir nous l’imposer par la ruse, la fourberie, le double langage et de grossières manœuvres.

 

Au point surtout de vous opposer farouchement à toute idée d’une transition consensuelle et que vous ayez pu sensibiliser les autres diplomates accrédités à Bangui à vous suivre pour ainsi laisser la main libre à Bozizé, malgré la fin de son mandat et son coup d’État constitutionnel, de conduire le processus électoral à sa guise.

 

Mais peut être qu’il faille convenir avec vous que Bozizé est un homme consensuel, tellement consensuel qu’il dialogue avec ses opposants, les consulte avant de prendre des grandes décisions, respecte sa parole donnée, tient compte des décisions de justice et, surtout, se soucie de l’avenir de notre pays en voulant organiser des élections présidentielle et législatives transparentes et crédibles.

Si c’est vraiment le cas, alors pourquoi faites-vous du lobbying pour lui et exercez-vous d’inadmissibles pressions sur les leaders de l’opposition afin qu’ils cautionnent la mascarade électorale que prépare son parti, le KNK?

 

Tout semble attester, certains témoignages à l’appui, qu’Après la signature par Bozizé du décret fixant la date des élections au 11 janvier prochain, c’est vous qui auriez obtenu des leaders d’opposition, d’accepter ce caprice du dieu de Benzambé. C’est encore vous qui auriez suggéré l’idée du fameux accord de dupes du 10 août dernier (le fameux accord est parti en fumée depuis belle lurette). 

 

C’est toujours vous, qui, aujourd’hui, tentez par tous les moyens, de dissuader le Collectif des forces du changement et l’UFVN de se retirer du processus électoral et d’atténuer leur protestation contre les décisions pour le moins insolites et dégoutantes de Bozizé à l’issue de la réunion du 19 octobre au palais de la Renaissance au cours de laquelle Bendounga a failli passer de vie à trépas. 

 

C’est pourquoi, j’exhorte les leaders politiques membres du Collectif des forces du changement et de l’UFVN (l’Union des forces vives de la nation) à ne pas céder à vos chantages puisque manifestement, vous entendez aider Bozizé à rempiler à la tête de notre pays. Si, comme vous le souhaitez, ces leaders de l’opposition venaient à suivre vos faux conseils, ils prennent le risque de se discréditer définitivement. Car, ils sont eux,  engagés à défendre les intérêts de notre pays et non à suivre l’agenda secret d’un étranger, fût-il ambassadeur de France ! L’époque où la France pouvait ramener un président dans la soute d’un avion de son armée pour l’installer au pouvoir à Bangui est révolue. Qu’ils ne se m’éprennent pas : aucun conseiller de Sarkozy, aucun homme, prétendant agir au nom de la France n’a plus ce pouvoir là.

 

Pas même celui d’éviter la CPI (Cour pénale internationale) à un type, parce qu’il s’est engagé à ne pas faire de vagues et à jouer les faire valoir pour les besoins d’un hold-up électoral !!!

 

Paris a désormais ses propres problèmes à gérer : la réforme des retraites mal engagée, la place de la France en tant que puissance mondiale etc. la RCA est vraiment le cadet de souci des décideurs français. Et ce, d’autant plus que le président Sarkozy, lui, entend décomplexer les relations avec l’Afrique.

 

À tout le moins, le souhait de la France sinon son intérêt aujourd’hui, c’est d’avoir une République centrafricaine stable et en paix. À cause de sa situation géographique stratégique.

 

Car, et on ne le dira jamais assez, si la RCA venait à s’embraser, elle entrainerait toute l’Afrique centrale dans sa chute. Il est établi qu’une « sommalisation » de notre pays ouvrira la porte à une instabilité sans précédent dans l’espace CÉMAC. Ainsi, le régime de Paul Biya pourra se retrouver avec un mouvement insurrectionnel aux fesses, surtout que « l’opération épervier » ne fait pas que des heureux dans son propre camp, le Tchad devra certainement se passer de ses revenus pétroliers, dont les puits se trouvent aux frontières de la RCA et le Congo pourrait encore voir ressusciter ses déments de la guerre civile.

 

C’est en cela que la mise en garde de Me Zarambaud, « ne vaut-il pas mieux pratiquer la prophylaxie pour éviter les maladies, ou être médecin traitant pour éradiquer plutôt que de jouer au médecin légiste pour déterminer les causes d’une mort qu’on aurait pu éviter en osant prendre ses responsabilités », est plus que pertinente.   

     

 

Source : L’Indépendant.  

 

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 22:22

 

 

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Radio Ndéké Luka Jeudi, 04 Novembre 2010 14:19

Le Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) de l’ancien Président, Feu André KOLINBGA vient d’entamer la voie de sa reconstitution. Les militants tiennent depuis le 04 novembre 2010 le Congrès national ordinaire du parti, ceci après être resté 16 ans sans assisses, le dernier datant congrès datant de 1994.

Un Congrès était attendu comme l’ont montré tous ceux qui se réclament du RDC d’André Kolingba. La foule, l’ambiance et la nature des invités constatées par Radio Ndeke Luka le témoignent à suffisance.

Le premier constat fait, est que l’UFVN (Union des forces vives de la nation) était représentée dans toute son entièreté. Elle venait ainsi témoigner sa solidarité à ce Parti en crise depuis la disparition de son Président fondateur en février 2010.

Martin Ziguélé, président du MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain, a saisi l’opportunité pour demander publiquement pardon au RDC au nom de son Parti pour le passé tumultueux ayant entaché les relations entre ces deux partis au moment où le MLPC était au pouvoir (1993 à 2003)

Cependant, une note à ne pas négliger dans ce rendez-vous, est l’adversité politique qui n’a pas exclu toute sympathie. Le KNK (Kwa na kwa) parti de l’actuel président François Bozizé a été représenté pendant l’ouverture des travaux par son Secrétaire Général Elie OUEFIO, qui a saisi de l’occasion pour demander une unité d’action de son parti et du RDC.

Mais au-delà de toute divergence politique, le RDC se veut intègre. Louis-Pierre GAMBA président du Bureau politique transitoire du RDC a ainsi, dans son mot de circonstance, invité les Congressistes à œuvrer à une nouvelle société centrafricaine fondée sur les valeurs de la Démocratie.

Durant les trois jours des travaux, les Congressistes auront à se plancher sur le renforcement  de la Démocratie, de la discipline ainsi que du leadership dans le RDC, la réorganisation de la Direction du Parti, l’articulation politique à assigner au Parti pour les trois prochaines années intégrant la question relative aux alliances, et les modalités pour le Parti de générer des ressources propres pour son fonctionnement.

Le Congrès se tient sans la présence des Membres du Bureau Politique Provisoire, considérés comme sanctionnés par le Bureau Politique Transitoire. Ce 3e Congrès est placé sous le signe de la Refondation, selon le Bureau Politique Transitoire.

 

 

NDLR : La recherche frénétique et très intéressée du KNK de Bozizé d'une alliance avec le RDC a quelque chose de très indécent. Bozizé qui avait pourtant traité au dialogue national de 2003 le défunt Président Fondateur du RDC de "vipère" devrait manifester une certaine décence.   

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 22:17

 

 

 

La mise bière et la levée du corps de Monsieur Prince Ambroise SARAGA, ancien diplomate centrafricain aux Nations Unies, ancien membre de la Cour Constitutionnelle de la RCA, ancien Président du Collectif des Centrafricains en France, décédé le mardi  2 novembre des suites d’une courte maladie, auront lieu le vendredi 5 novembre 2010 à l’Hôpital Louise Michel Sud Francilien d’EVRY 91014 à 9 h 30 suivies d’une messe de recueillement. Sa dépouille sera rapatriée mercredi 10 novembre 2010 pour être inhumée en Centrafrique.

A la famille du disparu et tous ses proches, la rédaction de Centrafrique-Presse adresse ses condoléances les plus attristées.

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 22:01

 

 

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Doing Business 2011 :  l’Afrique subsaharienne progresse vite, le Maghreb un peu moins

04/11/2010 à 14h:50 Par Pierre Boisselet (J A)

La Banque mondiale a publié jeudi 4 novembre son rapport "Doing Business" 2011. Il montre une très nette amélioration du climat des affaires en Afrique subsaharienne et un bilan plus mitigé pour le Maghreb. Explications.

L'Afrique francophone à la traîne

Les poids lourds de l'Afrique francophone restent au-delà de la 150e place, pour la plupart. Parmi eux, certains progressent notablement, comme le Cameroun (+5 places, 168e) qui a réformé ses procédures de création d'entreprise. Ou encore la République démocratique du Congo (RDC, 175e), qui gagne 4 places, notamment grâce à la délivrance facilitée des permis de construire.

Le Burkina Faso (151e), qui a mené à bien des réformes dans 4 des 9 secteurs précédemment évalués par la Banque mondiale, progresse de 3 places. Le Bénin (170e), le Gabon (156), le Mali (153e) et le Togo (160e) n’en gagnent que 2.

Surtout, le Niger (-3, 173e), Madagascar (-2, 140e), mais aussi la Côte d'Ivoire (-1, 169e), qui ont pourtant mené à bien des rénovations validées par le rapport, perdent des places au classement. Les troubles politiques dans ces pays ne sont certainement pas étrangers à cette régression.

Au titre des baisses, il faut signaler également le Sénégal (152e) et la Guinée (179e), qui reculent chacun d'une place. Et se rapprochent un peu plus des deux derniers de cet index que sont la Centrafrique (182) et le Tchad (183e).

 

NDLR : Le classement de la RCA avec la gouvernance Bozizé s’explique. Quand dans un pays la paranoïa des dirigeants les amène à arrêter et mettre en geôles de simples chasseurs européens parce que considérés comme des mercenaires venus pour un coup d’Etat, une telle méprise ne peut nullement arranger le climat des affaires de ce pays.

De même si le président de ce pays est poursuivi en justice en raison de son refus d’honorer une commande qu’il a pourtant passée lui-même, contribuant ainsi à la mise en liquidation judiciaire de l’entreprise, un tel comportement n’est évidemment pas de nature à améliorer le climat des affaires de ce pays.

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 15:08

 

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  Douala : Scènes d’émeutes au consulat de

 la République Centrafricaine

 

 

 

Jeudi, 04 Novembre 2010 11:55  quotidien Le Jour Douala

 

Tensions : La foule réclame la tête des meurtriers : 200 partisans de Ange Félix Patasse aux trousses du consul de Centrafrique

Les affrontements qui ont débuté tôt hier matin ont fait un mort et de nombreux blessés.

Le consulat de République Centrafricaine à Douala ressemble à la fois à un champ de bataille et à un champ de ruines. Mercredi 03 novembre 2010, il s’y est passé des choses graves.

Des ressortissants Centrafricains ont mis le bâtiment situé à la Rue King Akwa à sac. Au cours de l’affrontement avec leurs compatriotes, le vigile en faction et le responsable de la Commission électorale ont été grièvement blessés. Le vigile est mort sur place tandis que le responsable de la commission électorale a été transporté à l’hôpital. Les assaillants, qui se présentent comme des sympathisants de l’opposant Centrafricain Ange-Félix Patassé, exigeaient d’être inscrits sur les listes électorales. Ils disaient vouloir prendre part à l’élection présidentielle de l’année prochaine dans leur pays. Face au refus des fonctionnaires du consulat de leur délivrer des cartes d’électeur, ils ont décidé d’user de la méthode forte.

Fous de rage, les requérants se mettent à tout casser. Le mobilier est vandalisé. Les ordinateurs sont démolis. Les documents volent dans tous les sens. Les employés sont brutalisés. Célestin Yoro, le responsable de la sécurité va être mortellement poignardé. Alors que les centrafricains s’affrontent, une unité des Equipes spéciales d’intervention rapide (Esir) arrive et tente de ramener l’ordre. Les policiers camerounais sont pris à partie par les casseurs Centrafricains. Courroucés par la réaction des étrangers, les riverains du consulat, solidaires des forces de l’ordre, interviennent et ripostent. La police va ensuite avoir du mal à les contenir tant ils voudront « en finir » avec la dizaine d’émeutiers retenus au consulat.

A l’heure du bilan, l’on note qu’un policier a été blessé à la jambe. Selon un de ses collègues, son tibia a été fracturé à coups de pierres et de morceaux de bois. Les émeutiers de la Rue King Akwa accusent le consul de Centrafrique à Douala de discrimination. Ceux-ci qui disent avoir agi sur ordre d’Ange-Félix Patassé, l’opposant qu’ils présentent comme leur champion, soutiennent que le consul veut les empêcher de voter lors des élections de janvier 2011 à cause de leur coloration politique. « Le consul de Centrafrique a refusé de nous délivrer des cartes d’électeur pour voter en 2011. Il a délivré des cartes seulement aux membres de son parti le Kwa Na Kwa. Nous sommes des militants du candidat indépendant Ange-Félix Patassé. En 1993 c’est grâce au vote des Centrafricains installés au Cameroun qu’il a gagné la présidentielle. J’ai peur pour mon pays. Je peux mourir pour lui. J’ai participé au saccage. Nous étions nombreux. D’autres ont fui, nous sommes restés. On saccage comme ça pour que là-bas chez nous en Centrafrique, les opposants comprennent que nous aussi au Cameroun, sommes en colère. Nous voulons qu’il y ait un véritable changement chez nous l’année prochaine. Mais le parti Kwa Na Kwa ne veut pas qu’il y ait le changement en Centrafrique », explique Mamadjibaye Mafro-Henoc, un des assaillants que le Jour a retrouvé dans l’enceinte du consulat de Rca peu après les affrontements sanglants. Marcel Kada, présenté comme le meneur des Centrafricains en colère a été capturé par la police alors qu’il tentait de quitter la rue King Akwa. Il a été reconnu et dénoncé par la foule en furie. Certains témoins l’accusent d’avoir tué Célestin Yoro.

Pierre Arnaud Ntchapda

 

 

200 partisans de Ange Félix Patasse aux trousses du consul de Centrafrique

La police et la gendarmerie veillent sur la sécurité du diplomate menacé par ses propres compatriotes.

Hier mercredi matin, le consul de a République centrafricaine à Douala a eu la vie sauve de justesse. Les quelques 200 Centrafricains venus à Akwa, disent-ils, pour s’inscrire sur les listes électorales ne voulaient pas faire les choses à moitié. Nestor Dieudonné Nganawe, sentant visiblement les signes prémonitoires d’un bain de sang, a juste eu le temps de quitter ses bureaux et fondre dans la nature. Aussitôt, les « assaillant ont tout mis à sac. Les documents consulaires étaient particulièrement visés. Dans la cour du consulat et dans la rue, en face, les cartes d’électeurs, les cartes consulaires, des laissez-passer, côtoyaient d’autres piles de paperasse.  Au milieu de cette scène dressée aux couleurs du sang des blessés et des  documents administratifs, une voiture a volé en éclats, au passage des manifestants.

Alors que les manifestants le disaient en fuite, c’est plutôt dans les locaux du commissariat central n°1 à Bonanjo que le consul s’est rendu pour faire le point de la situation avec les forces de l’ordre, et se mettre à l’abri. « Je ne suis pas en mesure de m’exprimer maintenant. Je ferai une déclaration à la presse demain », a-t-il indiqué. Plus tard, le diplomate centrafricain a affirmé que les événements malheureux survenus au consulat ont fait un mort et de nombreux blessés.  Nestor Dieudonné Nganawe n’a pas dit si oui ou non, il avait peur pour sa vie. Mais un responsable de la police a confié que « la sécurité du consul de Centrafrique est assurée par nos soins ». Le responsable en question a cité, pour illustrer son propos, le fait que « les enfants du consul ont quitté leur école sous bonne escorte policière ».

De source sécuritaire, les 200 assaillants qui ont semé la terreur au consulat de Centrafrique à Douala comptent en leur sein, des éléments réputés dangereux. Constitués en majorité d’hommes issus de l’ethnie Sar, ils seraient partis des localités  de Koumogo, Djoli, Bedara, Koumya dans le Moyen-Chari pour rejoindre la rébellion qui opère à la lisière de la frontière tchado-centrafricaine. Les meneurs de l’assaut lancé contre le consulat à Douala ont assuré qu’ils donnaient juste un signal fort, en attendant d’utiliser « toutes les armes qu’il faut pour chasser Bozizé ». Plusieurs membres de la communauté centrafricaine de Douala redoutent des troubles qui pourraient survenir « à tout moment ». Ils affirment par ailleurs que les émeutes de Douala annoncent probablement, un regain de tensions ethniques préélectorales en République centrafricaine.

Denis Nkwebo



 

Tensions : La foule réclame la tête des meurtriers

Les forces de l’ordre sont intervenues pour empêcher les populations de lyncher les auteurs du crime, qualifiés de « rebelles ».

 

Jusqu’à 14 h, hier, mercredi 03 novembre 2010, la rue King Akwa, au centre des affaires de la capitale économique camerounaise, n’était pas encore ouverte à la circulation. Un policier, posté à l’amorce de cette rue, proposait aux automobilistes des déviations. A l’origine de cette situation désagréable, une émeute. Trois heures plus tôt, celle-ci a opposé des « partisans » de François Bozizé,  président de la république centrafricaine (et candidat à sa propre succession à l’élection prévue en janvier 2011), et les « militants » acquis à la cause de Ange-Félix Patasse, le principal opposant au régime au pouvoir en Centrafrique. L’affrontement meurtrier s’est déroulé au consulat de la République centrafricaine (Rca) à Douala.

Peu après cet incident suivi de mort d’homme, la foule a investi les lieux. Plus de cinq cents personnes, des camerounais pour la plupart. Ces populations sont massées devant le consulat centrafricain, théâtre du conflit meurtrier. D’autres se bousculent à l’endroit où git la dépouille inerte de Célestin Yorro, la première victime. Il est décédé à quelque trente mètres du consulat, après avoir été vidé de son sang. Le temps passe, les minutes s’égrènent et la colère monte. « Seigneur Dieu, ils  versent le sang de leur frère pour des élections ! », s’exclame une dame, entre deux sanglots qu’elle contient difficilement. Des conducteurs de moto taxi sont également sur les lieux. Ils suivent l’évolution de la situation de très près. Quand enfin deux centrafricains grièvement blessés sont embarqués dans l’une des voitures de police, des badauds vont entourer le véhicule. Ils réclament la tête des auteurs du  meurtre. « Que viennent faire des rebelles chez nous ? Ils se croient chez eux en Centrafrique ! », s’offusque un camerounais. Une demi-heure après, un autre Centrafricain est embarqué dans un pick-up. Il résiste aux policiers qui le poussent à monter dans la banquette arrière. « Il faut comprendre sa colère, c’est son frère qu’on a tué tout à l’heure », lance une voix noyée dans la foule en furie. Alors que la police croit avoir ratissé large, un individu est sorti du consulat en courant, et s’est dirigé vers le lieu-dit Ancien Stamatiades. La population s’est  jetée à ses trousses. Le fugitif s’est réfugié dans un bureau donnant dans la rue. Un témoin oculaire de la scène d’émeutes l’a présenté comme le meurtrier de Célestin Yorro. La police est intervenue pour empêcher les populations de le lyncher.

Théodore Tchopa



 

Réactions

Alannjikin Mathurin, 25 ans : «C’est notre parti qui a saccagé le consulat »


C’est notre parti qui a saccagé le consulat. Nous sommes tous des Centrafricains. Ce qui m’amène à faire ça, c’est parce que le consul n’avait pas le droit de refuser qu’avec l’acte de naissance, on ne puisse pas avoir de carte d’électeur. C’est ce qui m’énerve. J’ai quitté mon pays parce qu’il ne va pas bien. Et je voulais venir me reposer ici. On m’annonce qu’il y aura le vote. Je préfère que le pays change et qu’ensuite je puisse aller y continuer mes études. Le consul de Centrafrique à Douala ne veut pas que d’autres partis fassent le vote et c’est seulement les militants de son parti qui doit participer au vote. C’est pourquoi nous sommes réunis, nous de notre parti. Nous sommes venus pour saccager tout ce qui est ici. Et ils vont suivre là-bas qu’il y a un désordre à Douala. C’est parce que le consul ne veut pas que d’autres partis existent. Les Camerounais veulent aussi me tuer. Les camerounais ont blessé mon supérieur. Je suis sorti pour l’arrêter et on m’a blessé aussi. Les Camerounais sont entrés ici pour nous blesser. Ce sont les civils qui nous ont blessés. Les policiers ne nous ont rien fait. Quand ils ont vu que nous étions en colère, les policiers se sont retirés. Ce sont les civils qui nous ont blessés.


Nathanyelle Kasse-Kain, 23 ans, : « Ils nous empêchent de voter »

 

Nous sommes tous des Centrafricains. Nous sommes venus nous faire recenser à l’occasion de l’élection présidentielle de 2011. Nous sommes les Kaba et eux les Baya. Ils nous empêchent de voter. Même si tu as les cartes du consulat, on te chasse, l’acte de naissance, on te chasse, la carte d’identité centrafricaine même, on te chasse. Notre président nous a envoyés que si ça gâte ça gâte, c’est bon, c’est bon. C’est le président indépendant. C’est le président Patassé. Le président des Baya qui nous fait venir ici au Cameroun, c’est le président Bozizé. Il y a nos frères qui souffrent en brousse. Nous on est venus se reposer un peu au Cameroun. Les Camerounais nous ont fait des choses qu’on ne comprend pas. Ce sont eux qui nous ont blessés ici parce qu’on a battu les gens qui travaillaient dans le consulat. Comme on cassait partout, les Camerounais se sont mis en colère et nous ont attaqués. On n’avait jamais eu de problèmes avec les Camerounais. On était plus de 200 personnes. Dès qu’on est arrivés, on voulait se faire recenser. Les autres là-bas ont refusé. C’est là où on s’est énervés. Le Consul et tout le personnel étaient là.


Ibrahim Badikala, chauffeur, habitant de la rue King Akwa : « Ce que les meurtriers de mon ami ont fait n’est pas bien »


Des gars sont venus s’inscrire pour les élections. On leur a exigé la carte consulaire centrafricaine. Il y en a qui n’en possédaient pas. Ils disaient qu’ils n’ont pour seule pièce officielle que leur acte de naissance. Mais les agents du consulat ont continué de leur exiger la carte consulaire en leur rappelant que ce sont des consignes venues du pays. Ils sont allés se réunir et ils sont revenus aujourd’hui. Je ne sais pas ce qu’ils ont décidé. Ils étaient une vingtaine. Le vigile qu’on a tué, c’est mon ami. Il vient souvent chez moi. Il arrivait qu’il vienne se faire coudre des habits chez le tailleur qui est là à côté. Ce que les meurtriers de mon ami ont fait n’est pas bien. Ce n’est pas de cette manière qu’on doit lutter pour son pays ou son parti. Les élections n’ont pas encore commencé. Ils auraient pu attendre d’avoir leur carte afin de voter. S’ils commencent comme ça dès le début, comment sera la suite ? 

Propos recueillis par Pierre Arnaud Ntchapda

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