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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 10:43

 

 

 

Bozize-putschiste.JPG

 

 

Voici ce qu’a dit Bozizé au micro de Christophe Boisbouvier au lendemain de son coup d’État en 2003 (http://www.sangonet.com/ActualiteC16/Bozize_non_candidat-Pt_sauf.html)


« J.A./L'INTELLIGENT: Cela vous gêne-t-il de lire ou d'entendre « le président autoproclamé »?


FRANÇOIS BOZIZÉ: Je ne peux pas empêcher les journalistes de l'écrire ou de le dire, mais le peuple, lui, adhère à mon action et ne me considère pas comme un président autoproclamé.


JAI: Pourquoi pas une transition plus courte ?


FB: Nous pourrions organiser des élections d'ici à trois mois. Mais si l'on veut en finir avec ces secousses permanentes, il faut préparer les choses plus sérieusement. Plus vite la communauté internationale nous aidera, plus vite nous sortirons de la transition.


JAI: Promettez-vous des élections transparentes ?


FB: C'est inévitable. Le contexte international est tel qu'on ne peut pas faire autrement. Et la transition repose sur un consensus politique au sein du gouvernement, du CNT et de l'armée.


JAI: Est-ce qu'il ne sera pas rompu le jour où vous vous présenterez à la présidentielle ?


FB: Je n'ai pas l'intention d'être candidat. À la fin de la transition, j'aurai mis en place les institutions démocratiques et ramené la paix. J'aurai donc rempli ma mission. Après, je me retirerai. Sauf si le peuple me demande le contraire. Je ne veux pas être candidat, je ne veux gêner personne. Cependant, si certaines circonstances poussent le peuple à me demander de l'être, je ne pourrai pas le décevoir.


JAI: Existe-t-il en Afrique un modèle dont vous pourriez vous inspirer ?


FB: Il y a l'exemple d'Amadou Toumani Touré en 1992. Ma démarche est proche de la sienne. Mais il ne faut pas confondre les deux situations. La République centrafricaine n'est pas le Mali. En tout cas, je ne ferai pas comme Robert Gueï en Côte d'Ivoire. Je ne bloquerai pas un processus pour essayer de m'imposer contre la volonté du peuple.


JAI: Quand l'ancien président Kolingba pourra-t-il rentrer d'exil ?


FB: Il le peut à tout moment. Il faut qu'il prenne contact avec moi. Je lui enverrai un émissaire pour mettre au point les modalités de son retour en toute sécurité. Il faut savoir notamment où il entend s'installer.


JAI: Patassé pourra-t-il faire de même sans être poursuivi par la justice ?


FB: Non, ce n'est pas possible. Il est responsable de l'état catastrophique du pays. S'il échappe à la justice, le peuple se retournera contre le nouveau pouvoir.

 

JAI: Avant votre arrivée au pouvoir, certains doutaient de vos capacités. Ont-ils tenté de vous manipuler ?

 

FB: C'est possible. Ils se croyaient plus malins que moi, mais je leur ai prouvé le contraire. Il est vrai que je ne parle pas beaucoup. C'est la longue fréquentation de la Grande Muette. Mais on reconnaît le bon maçon au pied du mur. »

 

Ainsi au lendemain de son coup d’État, Bozizé Yangouvonda François (BYF) a promis des élections transparentes auxquelles il ne sera pas candidat. Il poussa l’audace jusqu’ajouter qu’il ne fera pas comme Robert Gueï en Côte d’Ivoire, qu’il sera l’Amadou Toumani Touré (ATT) Centrafricain. Neuf ans plus tard, on est très loin du compte. BYF a organisé deux élections sujettes à caution, forgé une Assemblée familiale où trône Bozizé himself, ses cousins, ses enfants, ses soi-disant neveux, ses sœurs et cousines, son épouse et ses maîtresses officielles et officieuses. Oui, la République centrafricaine n’est pas le Mali, BYF n’est pas ATT. ATT, lui, a respecté sa parole d’officier. Il a organisé des élections libres, transparentes et crédibles ayant abouti au passage du flambeau au Professeur Alpha Oumar Konaré lequel a vainement tenté de dissuader Bozizé d’être candidat aux élections (aux résultats connus d’avance) de 2005. 


Bozizé n’a pas non plus balayé la maison Centrafrique. Il l’a, au contraire, salie davantage. Bozizé a transformé une bergerie en une porcherie. C’est en fait le grain de poussière qui souille la fleur RCA. Bangui la Coquette n’est plus que l’ombre d’elle-même. La RCA, jadis un pays où il fait bon vivre, un pays où les gendarmes sont des oiseaux, les avocats sont des fruits et les capitaines, des poissons, est aujourd’hui le 10ième pays le plus dangereux au monde (le 4ième en Afrique), et le 29ième pays le plus corrompu au monde.


Jour après jour, semaine après semaine, mois après moi et année après année l’espace République centrafricaine se rétrécit comme la peau de chagrin de Balzac avec une constance déconcertante de gestion d’un butin de guerre. La compétence a fait place aux liens de parenté et d’amitié. L’homme qu’il faut à la place qu’il faut est devenu le plus proche parent au poste le plus juteux. Des va–nu–pieds  et des valets sans référence aucune sont faits ministres voire ministres d’État. L’administration centrafricaine dans son entièreté est pourrie. L’impunité a transformé la corruption en arnaque. La RCA est devenue un no man’s land où le clan Bozizé fait régner ses ordres et lois.


Bénéficiant d’exception sur exception, Bozizé a fini par croire que l’exception est la règle alors que pour le commun des mortels, l’exception confirme la règle. A l’origine du coup d’État de Bozizé, il y aurait donc l’état catastrophique de la Centrafrique. Notre bon Samaritain s’est alors donné pour mission la mise en place des institutions démocratiques et le retour de la paix. Après 10 années de règne, j'allais dire sans partage du clan Bozize, caractérisé par une abjecte propension à procéder aux enlèvements et disparitions des citoyens, l’évangéliste suprême (équivalent de cardinal dans la hiérarchie catholique) nourrissait la lubie de faire sauter le verrou constitutionnel limitant dans le temps et en nombre le mandat présidentiel qui ne souffre d’aucune ambiguïté. Acculé par l’avancée de SELEKA, Bozizé nie publiquement n’avoir jamais songé à tripatouiller la constitution centrafricaine. Ne nous méprenons guère! En 2003 cette phrase de Bozizé « Je n'ai pas l'intention d'être candidat… Sauf si le peuple me demande le contraire » était passée inaperçue et on connait la suite. Toujours au lendemain du coup d'Etat opéré par un certain Idriss Déby pour l'installer à Bangui, Bozizé a déclaré, entre autres, que l'on juge un maçon au pied du mur. Cela fait bientôt 10 ans que le mur ne s'élève guère. Est-ce la peur de notre jugement qui empêcherait le (franc) maçon de s'exécuter? Qu'à cela ne tienne, nous l’avons sévèrement, très sévèrement jugé en 2005 et plus récemment en 2011. Mais fidèle à lui-même le général d’armée évangéliste suprême nous a fait une grossière démonstration que ce qui compte, ce n’est pas qui vote, c’est qui compte les votes (Joseph Staline). Les compteurs des votes furent, tour à tour, le policier Jean Willibyro Sacko et le chauffeur-mécanicien Joseph Binguimalé, présidents (sans blague!) des commissions électorales dites indépendantes de 2005 et 2011. 

      

L’avancée de SELEKA est salutaire pour la majorité silencieuse de la zone CEMAC en général et centrafricaine en particulier. L’UE, l’ONU et surtout l’UA ne sauraient condamner cette révolution catalysée par les mêmes causes qui ont justifié l’acceptation de la rébellion particulièrement destructrice du pays en 2003 par un certain Bozizé Yangouvonda François (BYF). On ne peut pas non plus désigner l’ineffable Célestin Leroy Gaombalet pour gérer la transition quand le très compétent président de la LCDH, Me Nicolas Tiangaye s’est joint au professeur Abel Goumba pour refuser à Apollinaire Dondon Konamabaye ses prérogatives constitutionnelles. En 10 ans, Bozizé a fait pire que Zine el-Abidine Ben Ali en 24 ans de présidence de la Tunisie. En 10 ans, Bozizé n’a rien à envier à Hosni Moubarak en 30 ans de pouvoir en Egypte.  En 10 ans Bozizé égale le score de Muammar Kadhafi en 41 ans de règne sans partage sur la Libye. La France, l’UE, l’ONU et les Etats-Unis d’Amérique qui ont supporté et aidé le CNT libyen ne sauraient ignorer et négliger les exigences et objectifs du SELEKA centrafricain. C’est notre saison sèche centrafricain à l’instar du printemps arabe.

 

Les jets de pierres contre l’ambassade de France et l’agence Air France sont téléguidés par Louis Oguéré Ngaïkoumon, Christian Guénébem et compagnie (http://centrafrique-presse.over-blog.com/article-rca-les-rebelles-du-seleka-entrent-dans-bambari-113746084.html). La force du désespoir face à la fulgurante avancée des rebelles a fait perdre à ces apprentis intellectuels toute notion de civisme et surtout le respect des conventions consulaires. Il est à souhaiter qu’en représailles, la France expulse immédiatement de son territoire tous les activistes KNK nonobstant leur statut en France. Ces ouvriers tueurs (koua na koua) ne comprennent que le langage de la brutalité. C’est quand même paradoxal qu’un parti fondé par un évangéliste suprême, géré au quotidien par un pasteur prône la violence.


Je rappelle aux amnésiques que l’état du pays est plus catastrophique aujourd’hui qu’il n’était en 2003. Que la CPI les réclame ou pas, Bozizé, Lévy Yakité et compagnie lui seront livrés au lendemain du 15 mars 2016 si par l’impossible SELEKA laisse Bozizé en place.  On évoque ça et là la validité du mandat de Bozizé qui court encore. De quel mandat parle-t-on ? Appelons un chien, un chien et un chat, un chat. Bozizé n’a pas eu de mandat en 2011. Il a fait un grossier hold-up électoral ; c’est ça la vérité! Mais dites-moi, n’est-ce pas qu’il restait encore deux années au mandat de feu président Ange Félix Patassé, lorsqu’aidé par Idriss Déby, Bozizé l’a brutalement contraint à l’exil? Bozizé doit maintenant savoir que la critique est aisée mais l’art est difficile. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 10:14

 

 

 

Bozizé et Thomas Yayi Boni

 

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com   07-01-2013 à 19h37 - 08-01-2013 à 06h40

 

Par Sarah Diffalah

 

Chaque partie campe pour l'instant sur ses positions. Les rebelles exigent le départ du président, ce que ce dernier refuse.

 

Prévues pour débuter ce mardi 8 janvier, les négociations entre les rebelles du Séléka et le président centrafricain, François Bozizé, semblent mal engagées. Après un mois de crise, les deux parties ont promis de s'asseoir à la table des négociations, sous l'égide des organisations régionales et internationales, afin de parvenir à un cessez-le-feu durable. 


Sur le principe seulement. Car aucun cadre, ni calendrier, n'ont été défini et sur le terrain la situation semble pouvoir s'embraser à tout moment. Les démonstrations de force d'un côté comme de l'autre se multiplient, la tenue même des négociations a été retardée et les rôles que jouent les uns et les autres restent confus. Lundi, une délégation représentant les rebelles venue de Bria est arrivée au Gabon où doivent avoir lieu les discussions, alors même que la veille le porte-parole du Séléka, Eric Massi, basé à Paris, a dit souhaiter un report pour mieux se préparer. De son côté, le président centrafricain s'est rendu à Brazzaville pour discuter avec le président et médiateur congolais Sassou Denis Nguesso. Selon une source citée par l'AFP, François Bozizé ne devrait rejoindre Libreville que "plus tard", une fois les négociations entamées. S'il décide de s'y rendre...


Pour l'instant chaque partie campe sur ses positions. Les rebelles exigent le départ du président, ce que ce dernier refuse. Les débats s'ils ont lieu s'annoncent tendus, voire impossibles. Et la reprise des hostilités pas exclue.


Négocier ou entrer dans Bangui ?


Hétéroclites avec des intérêts divergents, la coalition rebelle constituée des mécontents du régime de Bozizé joue sa crédibilité. Elle n'a accepté l'idée d'installer le dialogue que sous la pression des renforts militaires de pays voisins réunis par Bangui. Elle est aussi affaiblie par ses divisions internes. Pour ne pas paraître en désaccord sur le plan politique, ses différentes composantes se sont fédérées en maintenant la pression autour des enjeux militaires et en poursuivant leurs opérations. Samedi, deux villes, Alindo et Kouango, sont d'ailleurs tombées entre leurs mains.


Faire tomber le pouvoir est pour les rebelles toujours une option : ils ne sont qu'à quelques dizaines de kilomètres de la capitale Bangui et leurs succès militaires ont révélé des moyens qui ont surpris bon nombre d'observateurs. Ils ont conquis plus de la moitié du territoire et ont même osé s'approcher de la ville de Damara, à 75 km au nord de Bangui, désignée par les forces fidèles au président comme la ligne rouge à ne pas franchir.


Bozizé peut-il sauver sa tête ?


De son côté, le président centrafricain, à l'initiative de la médiation du président du Bénin et de l'Union africaine, Thomas Boni Yayi, a fait de véritables concessions : il a annoncé qu'il ne se représenterait pas à la prochaine élection présidentielle, qu'il ne changerait pas la Constitution et qu'il souhaitait nommer un gouvernement d'union nationale. Mais le pouvoir reste méfiant. Au moins 200 soldats sud-africains –l'armée sud-africaine figure parmi les plus performantes d'Afrique- se sont positionnés près de la résidence du président. Officiellement pour protéger leurs ressortissants, mais certaines sources ont laissé entendre à l'AFP qu'il s'agissait de protéger la capitale en cas d'attaque. Jusqu'à 400 soldats sud-africains pourraient être déployés au total, a indiqué à l'AFP la présidence sud-africaine.


Ces hommes, qui font pencher le rapport de force en faveur du pouvoir centrafricain, s'ajoutent aux 800 hommes, dont 400 Tchadiens, de la Force multinationale d'Afrique centrale qui contrôlent le verrou de la ville de Damara. Six cents soldats français sont également déployés à Bangui, officiellement pour protéger et éventuellement évacuer les ressortissants français.


Interrogé par le "Nouvel Observateur", le spécialiste de la Centrafrique et chercheur au CNRS, Roland Marchal, exprimait son doute de voir "le président préparer ses dossiers pour aller à la négociation". Il suggérait que Bozizé réfléchissait peut-être "aux moyens de remonter son armée et de préparer un nouveau dispositif militaire pour une contre-offensive significative".

 

 

 

NDLR : Les propos tenus hier lundi par Bozizé à l'aéroport Maya Maya de Brazzaville après son entretien avec Sassou Nguesso selon lesquels son pays faisait l'objet d'une agression venant de l'extérieur par des mercenaires étrangers visent clairement le président tchadien Idriss Déby et prouvent également que Bozizé n'a pas une bonne lecture des événements et de ce qui se passe dans son propre pays. Chaque jour qui passe montre qu'il est de plus en plus déphasé et dépassé par la situation et son incompétence à gérer la crise est aussi de plus en plus criarde.

 

Malheureusement beaucoup de citoyens centrafricains ressortissants des préfectures de la Vakaga, la haute-Kotto et le Bamingui-Bangoran catalogués par ses partisans comme étant des parents des hommes de Séléka continuent de faire les frais de la xénophobie et de la haine tribale qu'attise Bozizé envers les musulmans. Ses escadrons de la mort sévissent dans le plus grand silence. Les corps des suppliciés sont mis dans des sacs et acheminés sur la route de Boali pour être jetés dans la rivère M'poko vers le PK 60. Il n'y a pourtant pas de guerre de religions dans ce pays mais Bozizé est en train d'en créer artificiellement.


Le suppôt de Bozizé Stève Yambété a crée dimanche dernier un prétendu Comité d'Organisation des Actions Citoyennes (COAT) pour rivaliser dans la bêtise et la haine avec le COCORA d'un autre boziziste distributeur de machettes Lévy Yakité. Yambété et Ngaissona préparent encore une grande marche de soutien à Bozizé pendant que se tiendront les discussions de Libreville. 

 

Jean Serges Wafio président du parti PDCA, un appendice du KNK, donne de la voix. Il a fait publier un communiqué sur les antennes de la Radio nationale pour suggérer que les personnes qui se sont réfugiées dans les ambassades étrangères de Bangui soient traquées et si elles devraient en sortir, que cela se fasse de façon officielle et publique. De  même le communiqué du PDCA stigmatise le comportement de certains ministres du gouvernement qui auraient  abandonné Bozizé seul devant la crise et se cacheraient à l'étranger.   

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 01:31

 

 

Libreville.jpg

 

 

http://www.linfodrome.com    08 janvier 2013

 

La rencontre prévue à Libreville entre la rébellion du Séléka et le pouvoir centrafricain aura t-il lieu? Si ces pourparlers se tiennent comme prévu, ils risquent d'être un dialogue de sourds, car les deux parties défendent des positions diamétralement opposées.


La rébellion du Séléka et le pouvoir du président François Bozizé ont chacun affiché leur volonté de participer aux pourparlers de Libreville la capitale gabonaise. Mais tout le problème réside dans les positions très figées des deux camps. La rébellion affirme aller à ce dialogue pour demander une seule chose: le départ de Bozizé. Evidemment le camp de celui-ci oppose une fin de non-recevoir à la demande du Séléka au motif que le mandat de l'actuel président centrafricain court jusqu'en 2016. C'est donc un dossier chaud que la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) a en main. Mais si la rencontre de Libreville tourne court, quelles seraient les conséquences possibles pour la Centrafrique?


Deux scénarios sont envisageables. La rébellion pourrait décider de forcer le barrage érigé par les forces tchadiennes qui constituent la principale force de frappe des troupes de la CEEAC. En choisissant une telle option, la rébellion joue à quitte ou double. Si elle décide de se frotter aux forces d'élite de Déby, elle doit pouvoir faire plier l'échine à cette redoutable machine de guerre. Va-t-elle y parvenir? C'est la grande interrogation.


Depuis qu'elle a déclenché son offensive le 10 décembre 2012, les troupes du Séléka n'ont véritablement pas rencontré de résistance. L'armée résiduelle de Bozizé avec laquelle elle a croisé le fer, a été très vite submergée. Ce qui n'est par contre pas le cas des forces tchadiennes qui pourraient enlever à cette rébellion, toute envie de combattre. Si l'alliance rebelle échoue dans sa défiance de ces « chiens de guerre » venus des bords du Chari, elle signerait son arrêt de mort. Le deuxième scénario est celui qui consisterait à un maintien du Séléka sur ses positions actuelles, constituant ainsi un étau permanent autour de la portion de territoire encore sous contrôle de Bozizé. Cette pression pourrait, si elle se prolonge, pousser les médiateurs de la CEEAC à envisager une solution de rechange, à savoir pousser Bozizé à la démission comme ce fut le cas de ATT au Mali.


Cette solution pourrait favoriser l'alternance qu'exige l'ensemble de l'opposition. Apparemment la rébellion a opté pour cette stratégie. En bougeant ses lignes de quelques kilomètres jusqu'à se positionner à une douzaine de kilomètres de Damara, la porte d'entrée de Bangui, le Séléka est visiblement dans cette logique. Autre cas de figure, la situation peut tourner à un véritable conflit régional, car si l'on connaît les pays qui sont actuellement aux côtés de Bozizé, on ignore par contre tout ou presque des soutiens de cette rébellion centrafricaine. Les discussions qui débuteront en principe ce mardi 8 janvier dans la capitale gabonaise, se poursuivront le jeudi par un sommet des chefs d'Etat de la sous-région. D'ici là, on en saura peut-être davantage sur les protagonistes de la crise. Des masques pourraient enfin tomber.

 

Charles d'Almeida

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 01:15

 

 

 

 

soldats-patrouillant-a-Bangui.jpg

 

 

arrivee-de-Djotodia-a-Lbv-copie-1.JPG

descente d'avion à Libreville de Michel Djotodia

Djotodia-UFDR.JPG

Michel Am Nondroko Djotodia

 

 

AFP  07.01.13 | 10h08 | 07.01.13 | 23h05

 

Une délégation de la rébellion centrafricaine qui tient la majeure partie du pays et réclame le départ du président François Bozizé, est arrivée la première lundi soir à Libreville pour des négociations de paix cruciales avec le gouvernement centrafricain.

 

La date d'ouverture de ces négociations, initialement prévue mardi 8 janvier, reste cependant floue. Pourtant médiateur, le président congolais Denis Sassou Nguesso, qui a reçu François Bozizé à Brazzaville lundi pour préparer les pourparlers, a déclaré à la presse que les négociations s'ouvriront "le 9, 10 ou le 11" janvier.


Le départ de Bangui pour Libreville des délégations centrafricaines du pouvoir, de l'opposition et d'observateurs de la société civile a été reporté à mardi matin en raison de problèmes techniques, ont-ils annoncé à l'AFP.


"On nous a dit qu'il y avait un problème de places {dans l'avion), puis un problème de radar. On est convoqué à 7H00", a affirmé l'opposant Martin Ziguélé.


La délégation des rebelles, environ une quinzaine, est dirigée par le chef du Séléka Michel Djotodia. Il n'a fait aucune déclaration à sa descente d'avion dans la capitale gabonaise.
Les rebelles du Séléka avaient quitté lundi leur fief de Bria (centre de la Centrafrique) pour N'Djamena à bord d'un avion affrété par les Nations unies, avant de se rendre à Libreville.


"Nous devons oeuvrer inlassablement à la consolidation de la paix en République Centrafricaine, en amenant le gouvernement et la rébellion armée au dialogue", avait déclaré plus tôt lundi Denis Sassou Nguesso, au cours d'une cérémonie de voeux à une centaine de diplomates accrédités au Congo.


Ces pourparlers de paix cruciaux doivent réunir trois délégations: gouvernement, rébellion et opposition politique. L'archevêque de Bangui Dieudonné Nzapalainga doit s'y joindre en tant qu'observateur.


"On ne fait pas la guerre sans pour autant chercher la paix", a affirmé dans une brève déclaration à l'AFP à N'Djamena le chef du Séléka Michel Djotodia.


"Nous partons sereins (...) à une grande rencontre entre Centrafricains pour nous pencher sur les problèmes de notre pays et rechercher des solutions pour la paix et le développement", a déclaré à Bangui à l'AFP le chef de délégation du gouvernement et ministre de l'Enseignement supérieur, Jean Willybiro Sako.


Le chef de délégation de l'opposition, l'avocat Tiangaye Nicolas, a affirmé quant à lui: "Nous partons avec beaucoup d'optimisme".


Bozizé "veut plonger le pays dans le chaos"


Mais, signe de la difficulté des pourparlers à venir, la rébellion a poursuivi lundi ses attaques contre Bozizé, l'accusant de vouloir "plonger le pays dans le chaos avant son départ imminent". La Convention patriotique pour le salut du Kodro (CPSK), une des composantes de la rébellion, a dénoncé "une violation de l'intégrité territoriale de la Centrafrique" au sujet de la présence de soldats sud-africains aux côtés de Bozizé.


Au total, 400 soldats sud-africains doivent être déployés en RCA, a indiqué la présidence sud-africaine, invoquant "une obligation internationale de l'Afrique du Sud envers la Centrafrique". D'autres opposants, en exil, qui ne sont pas invités aux négociations, ont dénoncé une "feuille de route irréaliste" imposée "avec la complicité machiavélique du président Bozizé".


"Le préalable à ce dialogue est et demeure la démission immédiate et sans condition de François Bozizé de la tête de l'État centrafricain. Ce préalable est non négociable", a déclaré à l'AFP Guy-Simplice Kodégué, porte-parole du Front républicain pour l'alternance et la paix (FRAP), récemment créé à Paris et qui se présente comme l'"aile politique" de la rébellion. Le Séléka, qui a pris les armes le 10 décembre, a conquis l'essentiel de la Centrafrique à une vitesse fulgurante et sans résistance, tout en se disant prêt à négocier, avant de se retrouver aux portes de Bangui.


Les rebelles réclament notamment le respect d'accords de paix signés entre 2007 et 2011 avec le pouvoir, et demandent comme condition au dialogue le "départ" du président Bozizé.

AFP

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Centrafrique-Presse.com - dans Dépêches
8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 00:53

 

 

elisabeth-olofio.jpg

 

 

Bambari, 7 janvier 2012 (RJDH)Elisabeth Blanche Olofio, journaliste de la Radio communautaire ‘’Bé-Oko’’ de Bambari (centre) a été assassinée pendant l’occupation de la ville par les rebelles de Séléka. L’information a été livrée ce lundi par le président de l’Association des radios communautaires de Centrafrique (ARC), l’Abbé Jean Ignace Manengou dans un communiqué de presse où il dénonce aussi le pillage des radios communautaires.


D’après les témoignages recueillis auprès des personnes qui ont fui la ville de Bambari pour venir à Bangui, la victime a été tuée alors qu’elle était dans l’enceinte de la Radio. « Les rebelles sont entrés, ils ont pillé et saccagé les locaux de la Radio Bé-oko et la victime a été tuée dans la foulée », a témoigné un habitant sous couvert de l’anonymat.

 

« L’ARC –Centrafrique, rappelle que les radios communautaires sont apolitiques et ne sont aucunement liées à une quelconque structure intéressée par le pouvoir politique, économique et déplore cet acharnement contre les radios communautaires et rappelle que les journalistes n’ont rien à voir dans un conflit. Leur rôle principal est de fournir à la communauté les informations dont elle a besoin pour son développement », a relevé le président de l’ARC.

 

Par ailleurs, plusieurs personnes à Bangui s’inquiètent de leurs parents qui vivent à Bambari, et qui auraient été également enlevés par les hommes du Séléka.

 

Des cas de  pillage ont été également signalés dans les périphéries. La semaine passée deux personnes ont été tuées et d’autres blessées par les rebelles qui allaient piller la société de fabrication de sucre de Ngakobo, à quelques kilomètres de la ville de Bambari. Cette même scène a été signalée à 60 kilomètres de  Bambari dans la société minière.

 

Le 30 décembre dernier le Réseau des ONG des droits l’homme (RODH) avait condamné ces actes de violence et estime que les exactions commises sur la population civile constituent des infractions de crime de guerre, crime contre l’humanité, et pourraient faire l’objet d’une poursuite judicaire devant la Cour pénale internationale (CPI).

 

« La coupure systématique du réseau téléphonique,  les pillages des biens publics et privés, la violence sexuelle physique et morale,  sont des faits enregistrés qui peuvent justifier la traduction de ce groupe rebelle (Séléka) devant la CPI », a relevé Me Douzima, coordonnatrice du   RODH et signataire de ce document.

 

Le RODH vient de faire une autre déclaration  le 5 janvier dans laquelle il déplore la persistance de certains faits tels que « le pillage suivi des meurtres, la destruction des biens privées, le non rétablissement de moyens de communication ainsi que le non accès aux prisonniers de guerre détenus par la coalition Séléka », qui sont encore relevés.

 

Maître Douzima s’indigne contre les barrières érigées en désordre par des jeunes dans les quartiers de Bangui et déplore « la distribution et l’usage des armes blanches sur ces barrières, les déclarations peu conciliantes dans les médias publics  des responsables des organisations sans aucune existence juridique ».

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Centrafrique-Presse.com - dans Nécrologie
8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 00:51

 

 

 

Bozizé l'air hagard



YAOUNDE, 7 janvier (Xinhua) -- Reporté de vingt-quatre heures, le départ de la délégation de la rébellion Séléka pour Libreville au Gabon où sont prévues des négociations de paix au sujet du conflit qui l'oppose au pouvoir du président François Bozizé devra se faire entre 09h00 et 10h00 (locales) ce lundi matin par vol des Nations Unies, ont annoncé à Xinhua des responsables de l'alliance rebelle.


"Le vol est prévu entre 09h00 et 10h00 (08h00 et 09h00 GMT)", a déclaré le colonel Kader Kedegard, aide de camp du leader de la rébellion, Michel Am Nondokro Djotodia, joint tôt lundi par Xinhua. Sur les raisons du report du voyage, l'ex-responsable de l'armée régulière centrafricaine a affirmé ne rien savoir.


Avec à sa tête son "président", ex-fonctionnaire du ministère centrafricain des Affaires étrangères à Bangui et ex-consul à Nyala au Soudan, la délégation de Séléka devait initialement s'envoler dimanche pour les pourparlers de paix placés sous l'égide de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC, organisation régionale à laquelle la Centrafrique appartient).


"On attend le signal. Dès que l'avion va quitter Bangui (la capitale), ils vont nous signaler", affirme lundi matin le colonel Michel Narkoyo, porte-parole militaire de la coalition rebelle qui a pris les armes le 10 décembre pour renverser le pouvoir du président François Bozizé, lui-même arrivé à la tête du pays par les armes en 2003.


Comme au sujet de la prise de Kouango et d'Alindao (sud du pays) samedi, les rebelles rejettent les accusations du pouvoir central faisant état de leur entrée dans la ville de Damara, déclarée ligne rouge par la CEEAC qui y a déployé une force d'interposition estimée à 760 soldats en vue de stopper l'avancée de Séléka vers la capitale et d'imposer un cessez-le-feu entre les deux parties.


"Ça, c'est du mensonge. On est à 15 km de Damara. Nous on respecte la ligne rouge, on ne peut pas outrepasser ce que la CEEAC a décidé. Ce n'est pas nous qu'ils sont en train d'accuser, ils accusent la CEEAC", s'est défendu le colonel Narkoyo.


"Si on était entré à Damara, il y aurait eu un accrochage. Le gouverneur est à Damara", a renchéri son collègue Kédégard.


Sur la présence de 400 soldats sud-africains à Bangui confirmée par les autorités de Pretoria, alors que le gouvernement centrafricain n'en faisait pas cas, le colonel Narkoyo accuse le pouvoir de Bozizé de vouloir "tromper la vigilance de la communauté internationale pour monter à l'assaut de notre position".


"Sinon, cette présence ne nous dit rien. Nous pouvons combattre les soldats sud-africains. L'Afrique du Sud vient de sortir du régime d'apartheid, on ne sait pour quelle raison elle intervient dans nos affaires intérieures, pour quelle raison elle va défendre le régime sanguinaire de François Bozizé", a-t-il ajouté.


La rébellion a réaffirmé sa volonté de participer aux négociations de paix pour discuter d'un seul point : "Il n'y a pas autre chose que de discuter du départ de François Bozizé", a martelé Michel Narkoyo.


Depuis l'annonce de ce dialogue, les deux camps s'accusent mutuellement d'intention de relance des hostilités.

 

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 23:40

 

 

 

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LUNDI 7 JANVIER 2013 / PAR FRED KROCK

 

Le général Jean Félix Akaga, commandant des Forces multinationales de l’Afrique centrale (FOMAC) a déployé un arsenal d’armements et d’hommes venant des Etats de la CEEAC sur la "ligne rouge" de Damara, ville située à 75 kilomètres de la Bangui. Il est question d’assurer une interposition entre les Forces armées centrafricaines (FACA) et les rebelles de la coalition Séléka, en attendant la tenue prochaine du dialogue entre les deux parties à Libreville au Gabon.

 

(De notre correspondant)


La ligne rouge de Damara est une manifestation de la volonté des chefs d’Etat de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), qui le 21 décembre 2012, au Tchad, ont convenu d’assurer l’interposition entre les Forces armées centrafricaines (FACA) et les rebelles de la coalition Séléka dans la crise centrafricaine en attendant la tenue du dialogue qui aura lieu à Libreville. Le général Jean Félix Akaga est le commandant des Forces multinationales de l’Afrique centrale (FOMAC) à Bangui. Il a indiqué que son institution militaire a reçu mandat de s’interposer entre les FACA et les rebelles. C’est ainsi qu’il a été érigée à Sibut, ville située à 187 kilomètres à l’Est de Bangui, une barrière sous le contrôle des contingents tchadiens de la FOMAC.


Il a fait savoir qu’à Sibut, le mandat qui lui a été donné n’était pas bien défini d’où le second mandat délivré toujours par les chefs d’Etat de la CEEAC au sujet de l’interposition. A ce titre, la FOMAC ne doit laisser ni les FACA, ni les rebelles à franchir la ligne d’interposition jusqu’à la tenue du dialogue de Libreville. Mais, « pour des raisons purement opérationnelles » la ligne rouge a été délocalisée au niveau de Damara, ville située à 75 kilomètres de Bangui. Le général Akaga a rassuré lors d’une descente des journalistes nationaux et internationaux à Damara que « les rebelles ne marcheront pas sur Bangui ».

 

Evidemment, il y a de bonnes raisons pour croire à la parole du commandant de la FOMAC. Plus de trente véhicules Land Cruiser ont tous été chargés d’armements lourds de tous les calibres. C’est sur une longueur d’une cinquantaine de mètres que ces véhicules alignés au bord de la route, étaient disposés pour accueillir les journalistes, à dix kilomètres de l’entrée de la ville. En outre, d’autres véhicules et des chars sont stockés à la base de la FOMAC, à Bangui. En parallèle, plus de quatre-cents hommes du contingent tchadien étaient déjà basé à Damara avant que 120 hommes du contingent congolais ne les rejoignent le 2 janvier dernier. Par ailleurs, le contingent gabonais qui est arrivé lui aussi, le 1er janvier, est basé au camp de la FOMAC, à Bangui et attend d’être déployé à Damara au moment opportun. Cet effectif sera appuyé par une compagnie de parachutistes camerounais qui devrait arriver instantanément à Bangui.


Le général Akaga a indiqué qu’une éventuelle intervention aérienne est envisageable en fonction de ce que les rebelles de Séléka vont présenter ; si jamais ils attaquent Damara. Et ce, ajoutant que la barrière qui couvre la ville de Damara et ses environs, est tout à fait valable pour le passage des rebelles que des FACA.

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 23:38

 

 

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Afrik.com   LUNDI 7 JANVIER 2013 / PAR SÉBASTIEN BADIBANGA

 

Le gouvernement sud-africain de Jacob Zuma a procédé à l’envoi de troupes pour renforcer le régime de François Bozizé, menacé par les rebelles du Séléka. 200 soldats sud-africains sont déjà sur place en Centrafrique et le président Zuma ajoute que 400 troupes seront déployés sur le terrain. Selon un porte-parole du Ministère des Affaires étrangères, les troupes supplémentaires devront assurer la protection des membres de l’armée sud-africaine déjà en place pour former les forces militaires centrafricaines. Contactée par Afrik.com, Lydie Boka, manager du site Strategico.fr, nous explique que l’Afrique du Sud, soit la meilleure armée africaine, change le rapport des forces et souligne, en cas d’échec des négociations à Libreville, on se dirigerait tout droit vers une guerre régulière. Interview.

 

Les rebelles du Séléka détiennent désormais les 75% du territoire centrafricain. Ils ont même osé braver partiellement l’ultimatum de la Force multinationale d’Afrique centrale (FOMAC) en s’approchant de près, à 12 km, de Damara, ligne rouge à ne pas franchir fixée par le Tchad. Les assaillants possèdent par ailleurs Bambari, le fief de l’ethnie du président François Bozizé. A la veille de l’ouverture des négociations, chaque partie campe sur ses positions, comment interpréter ce blocage ? 3 questions à Lydie Boka, spécialiste de la Centrafrique et manager du site Strategico.fr.

 

Afrik.com : Les rebelles du Séléka veulent exclure François Bozizé des négociations et, viennent encore de prendre deux villes. Qu’est-ce qu’ils veulent exactement ? 



Lydie Boka : Les rebelles réclament le départ de Bozizé. S’ils ont pris les villes de Alindao et Kouango c’est pour conforter leurs positions, et ainsi avoir plus de poids lors des négociations de Libreville. Ils ne font pas confiance au président centrafricain. Qui, lui-même, a fait appel au renfort de l’Afrique du Sud, la meilleure armée africaine. L’arrivée de l’Afrique du Sud, avec ses 400 hommes débarqués entre samedi et dimanche, change le rapport des forces. Les rebelles ont déjà pris 75% du territoire, ils contrôlent même Bambari, le fief de l’ethnie de Bozizé. Mais, ils sont de toute façon contraints de négocier sinon ce serait vu comme un manque de coopération.


Afrik.com : Si les négociations échouent, peut-on s’attendre à une guerre civile ? 



Lydie Boka : Chaque partie campe sur ses positions. Les rebelles du Séléka exigent le départ de Bozizé. Le président insiste pour rester au pouvoir. Ils ne sont plus qu’à 12 km de Damara et ce, malgré l’ultimatum de la FOMAC. Ce contexte peut aboutir à un clash. C’est encore trop tôt pour parler de guerre civile. La nouvelle crainte résulte du nouveau rapport de forces. Les milices pro-présidentiels ont laissé place aux militaires Sud-Africains. En cas d’échec des négociations, on pourrait s’attendre à une guerre ordonnée, à la régulière.


Afrik.com : De quelle nature, un affrontement opposant l’armée centrafricaine renforcée par des militaires Sud-Africains contre la rébellion ? 



Lydie Boka : Oui. Si Bozizé refuse de partir, c’est l’affrontement ! Les choses peuvent aller jusqu’à l’affrontement car les rebelles n’auront plus rien à perdre. S’ils ont pris les armes ce n’est pas pour entrer dans le gouvernement au pouvoir.

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 23:13

 

 

Bozizé seul

 

 

AFP  07/01/2013 à 21:14


Une délégation de la rébellion centrafricaine qui tient la majeure partie du pays et réclame le départ du président François Bozizé, est arrivée la première lundi soir à Libreville pour des négociations de paix cruciales avec le gouvernement centrafricain.


La date d'ouverture de ces négociations, initialement prévue mardi 8 janvier, reste cependant floue.

 

Pourtant médiateur, le président congolais Denis Sassou Nguesso, qui a reçu François Bozizé à Brazzaville lundi pour préparer les pourparlers, a déclaré à la presse que les négociations s'ouvriront "le 9, 10 ou le 11" janvier.


Le départ de Bangui pour Libreville des délégations centrafricaines du pouvoir, de l'opposition et d'observateurs de la société civile a été reporté à mardi matin en raison de problèmes techniques, ont-ils annoncé à l'AFP.


"On nous a dit qu'il y avait un problème de places {dans l'avion), puis un problème de radar. On est convoqué à 7H00", a affirmé l'opposant Martin Ziguélé.


La délégation des rebelles, environ une quinzaine, est dirigée par le chef du Séléka Michel Djotodia. Il n'a fait aucune déclaration à sa descente d'avion dans la capitale gabonaise.


Les rebelles du Séléka avaient quitté lundi leur fief de Bria (centre de la Centrafrique) pour N'Djamena à bord d'un avion affrété par les Nations unies, avant de se rendre à Libreville.


"Nous devons oeuvrer inlassablement à la consolidation de la paix en République Centrafricaine, en amenant le gouvernement et la rébellion armée au dialogue", avait déclaré plus tôt lundi Denis Sassou Nguesso, au cours d'une cérémonie de voeux à une centaine de diplomates accrédités au Congo.


Ces pourparlers de paix cruciaux doivent réunir trois délégations: gouvernement, rébellion et opposition politique. L'archevêque de Bangui Dieudonné Nzapalainga doit s'y joindre en tant qu'observateur.


"On ne fait pas la guerre sans pour autant chercher la paix", a affirmé dans une brève déclaration à l'AFP à N'Djamena le chef du Séléka Michel Djotodia.


"Nous partons sereins (...) à une grande rencontre entre Centrafricains pour nous pencher sur les problèmes de notre pays et rechercher des solutions pour la paix et le développement", a déclaré à Bangui à l'AFP le chef de délégation du gouvernement et ministre de l'Enseignement supérieur, Jean Willybiro Sako.


Le chef de délégation de l'opposition, l'avocat Tiangaye Nicolas, a affirmé quant à lui: "Nous partons avec beaucoup d'optimisme". Bozizé "veut plonger le pays dans le chaos"


Mais, signe de la difficulté des pourparlers à venir, la rébellion a poursuivi lundi ses attaques contre Bozizé, l'accusant de vouloir "plonger le pays dans le chaos avant son départ imminent".


La Convention patriotique pour le salut du Kodro (CPSK), une des composantes de la rébellion, a dénoncé "une violation de l'intégrité territoriale de la Centrafrique" au sujet de la présence de soldats sud-africains aux côtés de Bozizé.


Au total, 400 soldats sud-africains doivent être déployés en RCA, a indiqué la présidence sud-africaine, invoquant "une obligation internationale de l'Afrique du Sud envers la Centrafrique".


D'autres opposants, en exil, qui ne sont pas invités aux négociations, ont dénoncé une "feuille de route irréaliste" imposée "avec la complicité machiavélique du président Bozizé".


"Le préalable à ce dialogue est et demeure la démission immédiate et sans condition de François Bozizé de la tête de l'État centrafricain. Ce préalable est non négociable", a déclaré à l'AFP Guy-Simplice Kodégué, porte-parole du Front républicain pour l'alternance et la paix (FRAP), récemment créé à Paris et qui se présente comme l'"aile politique" de la rébellion.


Le Séléka, qui a pris les armes le 10 décembre, a conquis l'essentiel de la Centrafrique à une vitesse fulgurante et sans résistance, tout en se disant prêt à négocier, avant de se retrouver aux portes de Bangui.


Les rebelles réclament notamment le respect d'accords de paix signés entre 2007 et 2011 avec le pouvoir, et demandent comme condition au dialogue le "départ" du président Bozizé.

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 22:23

 

 

 

Bozizé dépassé



 
BRAZZAVILLE, 07 janvier (Xinhua)
— Le président centrafricain, François Bozizé, a dénoncé lundi à Brazzaville, l’agression extérieure dont son pays est victime à travers la coalition rebelle de Séléka, a constaté Xinhua.

 

« La Centrafrique est agressée par les éléments venus de l’ extérieur, qui s’appellent Séléka que nous considérons comme des mercenaires manipulés de l’extérieur pour agresser les paisibles populations centrafricaines », a déclaré le président Bozizé à l’aéroport international Maya Maya, avant son retour pour Bangui, après une brève visite à Brazzaville où il a eu des entretiens avec son homologue congolais, Denis Sassou N’Guesso, président du comité de suivi des accords de Ndjamena sur la crise centrafricaine.

 

 

NDLR : Visiblement Bozizé n’a pas une bonne lecture de ce qui se passe dans son pays. Avec son entendement de la crise qui fait vaciller son pouvoir, il ne sait plus où il en est. Au mini-sommet de N’djaména, il ne voulait pas que les pourparlers et le dialogue sincère avec l’opposition qu’on lui a toujours fortement conseillé et qu’il a toujours fait semblant d’accepter le principe mais qu’il a tardé à organiser, se tienne à N’djaména ni à Brazzaville et a voulu plutôt Libreville.

 

Aujourd’hui, à quelques heures de l’ouverture des discussions de Libreville, il choisit d’aller faire une telle déclaration à Brazzaville qui prouve qu’il n’a vraiment rien compris aux causes du véritable phénomène de rejet dont il est l’objet dans son propre pays. Pourquoi est-il aujourd’hui dans l’obligation de recruter à tour de bras des mercenaires tous azimuts ? Il est en train de payer son  mépris à l’égard de tout le monde, aussi bien les rebelles que les leaders de l’opposition politique qu’il n’a eu de cesse de qualifier de prostitués.

 

Depuis le 10 décembre 2012, fini avec les absences injustifiées de Bangui de Bozizé soi-disant pour aller méditer ainsi que les escapades inutiles à Bayanga et Bézambé. Il est obligé de se démener à gauche et à droite pour tenter de se maintenir au pouvoir. AUjourd'hui, à la suite des propos du ministre Josué Binoua annonçant que les hommes de Séléka étaient à 12 km de Damara, une véritable peur panique s'est déclenchée dans la ville de Bangui. Les banques ont fermé à 13h contrairement à leur habitude. Les chouiateries, commerces et salons de thé et patisseries des Libanais ont fermé boutique, bref, l'économie de la capitale est par terre.   

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