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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 00:34

 

 

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République du Tchad

Front pour le Salut de la République

Dignité – Justice – Développement

 

Communiqué N°0001/FSR/BE/2013

 

 

Le gendarme de l’Afrique Centrale Deby a une fois de plus pris la responsabilité sur lui d’empêcher les frères centrafricains de se débarrasser de son vassal le Général Bozizé.


Rappelons en effet, que c’était Deby qui a installé Bozizé au pouvoir à Bangui au détriment de feu Ange Félix Patassé qui n’entendait en aucune manière se soumettre au dictat de son voisin du nord. Pour Deby le comportement de Patassé non seulement était agaçant mais plutôt insultant et insupportable. C’était ainsi qu’il avait mis la machine de destitution de Patassé en marche. Sous le couvert des libérateurs, la garde prétorienne de Deby avait eu raison de l’armée centrafricaine qui faisait face sans grande conviction à une véritable armada s’il fallait faire une comparaison de la puissance de feu des deux belligérants.


Les Centrafricains supportent aujourd’hui très mal l’allégeance clairement affirmée de Bozizé à Deby. Ils sont surtout agacés par le comportement de la milice de Deby qui agit à Bangui en une véritable armée d’occupation.


Les inconséquences et tergiversations de Bozizé sur l’application effective des accords signés avec la rébellion sous les auspices de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale(CEEAC) et surtout le non-respect des droits de l’Homme par le régime dont les manifestations s’appellent torture, incarcération, disparition etc… ont fini par conduire les patriotes centrafricains à décider d’en découdre avec le régime fantoche du Général Bozizé.


A l’heure où nous mettons sous presse ce communiqué, les Forces de l’espoir sont à Sibut et menacent de marcher sur Damara. C’est juste ce moment que Deby a choisi pour voler au secours de son protégé qui ne tarie pas des louanges à l’endroit de son protecteur.


L’appel au dialogue ne doit pas tromper les forces patriotes. En effet, Deby n’a non seulement engagé son armée en vue d’enrayer la progression des forces patriotiques sur Bangui, pire il cherche à faire infiltrer des faux rebelles qu’il a acheté la conscience pour semer la zizanie au sein de la rébellion. Deux faux responsables rebelles se trouvent présentement à Ndjamena pour recevoir moyens et instructions de Deby et s’envoler ensuite vers des endroits arrêtés de commun accord avec lui pour exécuter la mission que Deby leur a  confiée. Ces deux Messieurs répondent au nom de Christophe et de Nourène. Alors, les amis, ne dit on pas qu’un homme averti en vaut deux ?


Dans tous les cas le Front pour le Salut de la République condamne fermement les ingérences de Deby dans les affaires intérieures d’un pays souverain qui est la RCA et lance un vibrant appel à l’endroit de la communauté internationale notamment L’Union Africaine, Les Nations Unies et l’Union Européenne pour stopper ce rôle de gendarme sans mandat que Deby aime à se donner et à aider les frères centrafricains à retrouver la paix dans la souveraineté de la RCA.


Fait à Djimézé Hamra le 1er janvier 2013.


Pour le Bureau Exécutif du Front pour le Salut de la République(FSR).

Docteur Ali Gaddaye

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 00:21

 

 

 

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Isabelle Lasserre  Le Figaro 01/01/2013 à 23:20


C'est la première fois depuis l'indépendance de la Centrafrique que les troupes françaises renoncent aussi clairement à leur rôle d'acteur principal dans une crise politico-militaire. http://www.lefigaro.fr/icones/coeur-.gif


Comme l'a réaffirmé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, depuis Kaboul lundi, la mission des 600 militaires stationnés en Centrafrique, à l'aéroport de Bangui, est de protéger les ressortissants français et européens et de les évacuer en cas de besoin. Officiellement, ces derniers sont 1200 - dont un tiers de binationaux - même si certains sont déjà partis. L'attaque de l'ambassade de France à Bangui par des manifestants le 26 décembre a montré que la situation pouvait rapidement dégénérer et se retourner contre les Français. C'est la raison pour laquelle, affirme Paris, des renforts ont été envoyés de la base militaire de Libreville au Gabon ces jours derniers.


Pendant longtemps, les troupes françaises sont intervenues en Centrafrique pour y faire ou y défaire les régimes qui se sont succédé depuis la décolonisation en 1960. L'intrusion la plus spectaculaire dans les affaires centrafricaines fut l'opération «Barracuda», menée par des commandos français en 1979 pour renverser l'empereur Bokassa. Mais elle ne fut pas la seule. En 1996, les troupes françaises sont intervenues trois fois pour sauver le pouvoir en place. En 2007, les parachutistes ont sauté sur le nord-est du pays pour soutenir les forces armées contre un mouvement rebelle.


Révision des accords de défense

 

«Ce temps-là est terminé», assure François Hollande. «Si nous sommes présents, ce n'est pas pour protéger un régime, c'est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d'un pays.» Le chef de l'État a opposé une fin de non-recevoir aux demandes d'intervention faites par le président centrafricain François Bozizé.


La France n'est plus le gendarme de l'Afrique francophone, elle le prouve aujourd'hui à Bangui. Amorcée sous Nicolas Sarkozy, qui a renégocié les accords de défense entre Paris et ses anciennes colonies, les débarrassant de clauses secrètes qui permettaient à l'armée française d'intervenir militairement, la fin de la Françafrique a été réaffirmée par le nouveau gouvernement. La France «n'a pas vocation à intervenir directement» avec ses troupes combattantes en Afrique, avait promis l'équipe au pouvoir en mai dernier.


La discrétion n'exclut cependant pas l'influence. Avec ses 600 militaires sur le terrain, la France voudrait aussi favoriser, comme l'a dit François Hollande, «l'ouverture d'un dialogue» entre les autorités et la rébellion. Dit autrement, Paris espère que la présence militaire française aura un effet stabilisateur sur la situation et freinera les ardeurs des deux parties. Un rôle d'arbitre armé, en somme. Les prochains jours diront si cette nouvelle posture est ou non persuasive. 

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 22:51

 

 

 

Bozizé Bangui M'poko

 

 

YAOUNDE, 1er janvier à 19:31 (Xinhua) — Au moins cinquante personnes ont été arrêtées et placées en détention arbitraire dont deux anciens députés de l’Assemblée nationale (parlement) par le pouvoir à Bangui, la capitale de la République centrafricaine (RCA) où un climat tendu persiste, annonce un responsable des droits de l’homme.


Sous couvre-feu nocturne (entre 19h et 5h locales) suite à un décret du président François Bozizé la semaine dernière face à la progression des combattants de coalition rebelle Séléka qui exigent son départ, la capitale centrafricaine vit la peur au ventre, les habitants étant pris de panique au regard de la détérioration de la situation sociopolitique qui engendre exactions et pillages en série.


« Il y a des cas d’arrestations et des cas de morts. Des gens ont été arrêtés et détenus à la section des recherches et des investigations (services spéciaux centrafricains, NDLR). On parle d’au moins 50 personnes, au rang desquels deux anciens députés », a déclaré Fulgence Zeneth, membre de l’Observatoire centrafricain des droits de l’homme (OCDH) joint mardi à Bangui par Xinhua.


De l’avis du responsable humanitaire, les deux élus dont il n’a pas révélé l’identité, sont originaires respectivement de Birao et de Ouanda Djallé, deux localités du Nord-Est du pays sous contrôle rebelle depuis toujours. « On n’a pas l’idée de leur lieu de détention », a-t-il mentionné, confirmant une chasse à l’homme à Bangui contre les sympathisants de la rébellion dénoncée par celle- ci.


Avec ses 4.600 combattants déclarés, la coalition Séléka a pris les armes le 10 décembre pour chasser le président Bozizé, ex-chef d’état-major des Forces armées centrafricaines (FACA, armée régulière) arrivé au pouvoir lui-même par un coup d’Etat militaire le 15 mars 2003 contre Ange-Félix Patassé, ex-chef de l’Eta aujourd’hui décédé.


Aux portes de Bangui depuis la prise de Sibut, localité située à quelque 180 km au Nord, ces rebelles menacent d’attaquer directement le pouvoir dans la capitale en cas d’échec des pourparlers de paix préconisés par la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC, à laquelle la RCA appartient) et l’Union africaine (UA).


En trois semaines de combats, plus de 100 personnes sont mortes dont 93 du côté de l’armée régulière et 12 chez les rebelles, selon les chiffres communiqués à Xinhua par la rébellion, un bilan non confirmé ni infirmé par le pouvoir qui de son côté condamne l’action de déstabilisation et les pillages de ceux qu’il qualifie de « hors-la-loi » et « ennemis du peuple centrafricain ».


Selon le ministre de l’Administration du territoire, Josué Binoua, dans un entretien téléphonique avec Xinhua dimanche, une des manifestations des dégâts causés par l’offensive des assaillants concerne la mise à sac de l’usine de fabrication du sucre près de Bambari (Est), l’unique industrie du pays qui permettait à la RCA de produire environ 90.000 tonnes de sucre raffiné par an.


Depuis son siège de Bangui, l’OCDH confirme ces exactions. « On a appris les pillages à Ndélé, Bria, Bambari et Kaga Bandoro », a affirmé Fulgence Zeneth qui a jugé préoccupante la situation humanitaire. « A partir du moment où il n’y a pas un couloir humanitaire et où il n’y a pas de sécurité, c’est difficile d’intervenir », a-t-il regretté.


Il a fait état d’un manque d’engagement formel des autorités autorisant les organisations humanitaires à mener leurs activités de terrain au profit des populations affectées par la nouvelle crise.

Dans la capitale, renseigne-t-il encore, « les prix des denrées alimentaires flambent, parce que le principal axe de ravitaillement a été coupé ».


Dans la population, chacun s’organise comme il peut pour surmonter la crise, un conflit qui, à l’occasion de la Saint- Sylvestre, a privé de fête cette population qui, d’ordinaire déjà, se caractérise pour la plupart par des conditions de vie modestes.


« Le climat reste tendu. Il n’y a pas de fête. Les gens vivent dans la peur. On prie, on observe. C’est l’incertitude, personne ne peut prédire ce qui va arriver dans les jours à venir », se désole Fulgence Zeneth qui accuse les deux parties belligérantes de manque de volonté réelle d’aller au dialogue pour mettre un terme aux souffrances du peuple.


Pour illustrer son observation, le défenseur des droits de l’homme mentionne l’absence d’accord sur une date pour les négociations annoncées. « Les déclarations du gouvernement et des rebelles ne sont pas de nature à faciliter l’ouverture d’un dialogue. Forts de leur succès sur le terrain, les rebelles essaient de faire de la surenchère », insiste-t-il.


Evoquant les expériences antérieures comme les accords de paix conclus en juin 2008 à Libreville au Gabon, Zeneth doute des résultats du dialogue entre François Bozizé et ses adversaires. « Ce dialogue va aboutir à quoi ? Il y a tellement eu de dialogues dans ce pays. Je ne crois pas à un quelconque dialogue ».


Même la médiation entreprise par la CEEAC apparaît, à ses yeux, peu porteuse de succès. « Dans la situation actuelle, je ne pense pas que l’action extérieure qui peut rassurer. Les accords de Libreville avaient été signés par trois parties : le gouvernement, les groupes armés et la société civile. La société civile n’est pas associée aux démarches en cours ».


A l’en croire, la délégation de la CEEAC rendue la semaine dernière à Bangui s’est en effet contentée des rencontres avec le pouvoir de Bozizé et les rebelles, sans les représentants de la société civile.

Or, estime Zeneth, « des personnalités comme l’archevêque de Bangui ont une certaine influence et peuvent aider à trouver une solution à la crise ».


A l’intérieur comme hors de la RCA, nombreux sont les observateurs qui s’interrogent sur l’avenir de François Bozizé à la tête de son pays. Retranché dans la capitale avec le soutien de l’armée tchadienne, l’ex-chef rebelle mué en dirigeant politique est jugé en posture inconfortable.


« L’avenir politique du président Bozizé nous semble aujourd’hui incertain. Le rapport de forces face aux rebelles ne lui est pas favorable », a analysé le politologue camerounais Joseph Vincent Ntuda Ebodé.

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 20:20

 

 

 

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Communiqués
1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 20:10

 

 

 

Bozizé hagard

 

 

lundi, 31 décembre 2012


Alors que la rébellion progresse vers Damara, le dernier verrou avant la capitale centrafricaine, un porte-parole rebelle indiquait à Afrikarabia que 3 gros porteurs sud-africains s'étaient posés sur l'aéroport de Bangui ce lundi. Selon Jean-Paul Bagaza, il s'agirait "de mercenaires venus défendre le président François Bozizé".


Lundi 31 décembre, la situation était toujours extrêmement tendue en Centrafrique, où les rebelles du Séléka menacent toujours de s'emparer de Bangui. En fin de journée, la rébellion dénonçait l'arrivée de "3 avions gros porteurs en provenance d'Afrique du Sud" sur l'aéroport de Bangui. Selon le Séléka, "un groupe de mercenaires sud-africains ainsi que du matériel ont débarqué vers 17h à la demande du gouvernement centrafricain". Les rebelles croient savoir que le fils du président Bozizé, Francis, par ailleurs ministre de la défense, "s'était rendu dernièrement en Afrique du Sud". Pour l'instant, ni à Bangui, ni à Prétoria, n'ont confirmé cette information. 


Selon Jean-Paul Bagaza, un porte-parole de la rébellion, ces mercenaires sud-africains viendraient prêter main-forte à l'armée régulière centrafricaine (FACA) qui a tenté, ce lundi, une contre-offensive sur la ville de Sibut, toujours contrôlée par le Séléka. La rébellion aurait repoussé l'attaque des FACA et ferait désormais route vers Bangui, la capitale.


Sur le plan diplomatique, la situation est toujours au point mort. Dimanche, le béninois Thomas Boni Yayi, président de l'Union Africaine, est parvenu à obtenir de François Bozizé, la proposition d’un gouvernement d’union nationale avec la promesse de ne pas se représenter à la présidentielle de 2016. La rébellion a sèchement rejeté ces propositions estimant qu'il était désormais "trop tard". Pour la coalition, le président Bozizé "n'est plus crédible" et "doit partir". Lundi 31 décembre, le président français François Hollande s’est entretenu au téléphone avec le président centrafricain et il a appelé toutes les parties au dialogue, sans répondre aux demandes d'aide de François Bozizé. Les premiers jours de l'année 2013 risquent d'être décisifs pour l'avenir de la Centrafrique.


Christophe RIGAUD - Afrikarabia

Plus d'infos sur www.afrikarabia.com

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Centrafrique-Presse.com - dans Annonces et divers
1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 20:02

 

 

Bozizé et ses partisans

 

 

BANGUI (AFP) - 01.01.2013 17:51 - Par Patrick FORT à Bangui, Xavier BOURGOIS à Libreville


La perspective d'une offensive des rebelles centrafricains contre Bangui semblait s'éloigner mardi en raison du net renforcement de la présence militaire des pays d'Afrique centrale sur leur route, même si la situation restait tendue dans la capitale.


Signe de cette tension, un jeune musulman supposé proche de la rébellion du Séléka a été tué dans la nuit de lundi à mardi, et un policier est mort au cours des affrontements qui ont suivi mardi, dans un quartier populaire de la capitale, selon une source policière.


Déterminés à empêcher sa chute, les pays d'Afrique centrale ont commencé à envoyer des renforts pour protéger Bangui, menacée par les rebelles positionnés à Sibut (160 km au nord), et qui, contrôlant une large partie du pays, réclament le départ du président François Bozizé.


Les effectifs de la Force multinationale d'Afrique centrale (FOMAC) devraient atteindre 760 hommes à la fin de la semaine, selon une source au sein de la FOMAC.


Une partie d'un total de 120 Gabonais est arrivée mardi matin à Bangui, le gros des troupes étant attendu dans la journée. Un autre contingent de 120 soldats du Congo-Brazzaville était arrivé lundi et 120 Camerounais sont attendus d'ici la fin de la semaine.


Ces troupes fraîches s'ajoutent à 400 soldats tchadiens déjà déployés à Damara, ultime verrou sur la route de Bangui, à 75 km au nord de la capitale, en renfort de l'armée centrafricaine.


Le chef de l'Etat tchadien, Idriss Déby Itno, président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) et, surtout, allié de Bozizé. qu'il a aidé à prendre le pouvoir en 2003, a prévenu lundi : Damara"constitue une ligne rouge à ne franchir par aucune des deux parties".


Les troupes tchadiennes sont officiellement déployées dans le cadre de la FOMAC, mise en place en 2008 pour aider à la stabilisation du pays, et qui était dans un processus de retrait définitif au moment du début de l'offensive rebelle le 10 décembre.


Selon une source de la FOMAC, "la ligne de front n'a pas bougé. Les rebelles savent que c'est la ligne rouge à ne pas franchir".


La France, ancienne puissance coloniale, dispose maintenant de près de 600 soldats sur place pour protéger et éventuellement évacuer ses ressortissants.


Dans son message du Nouvel An, François Bozizé a remercié l'armée tchadienne sans qui, a-t-il dit,"Bangui serait aujourd'hui envahie".


Il a réaffirmé mardi être "prêt" pour un dialogue avec le Séléka.

Une offre aussitôt rejetée par le porte-parole des rebelles, Eric Massi. "Le dialogue, on sait qu'il ne le veut pas", a-t-il déclaré à l'AFP.


M. Massi a ajouté "ne rien avoir contre" les forces africaines qui se massent sur la route de Bangui mais a demandé qu'elles interviennent contre les arrestations de sympathisants du Séléka dont il accuse le pouvoir depuis plusieurs jours.


La communauté internationale s'inquiète de la dégradation de la situation dans ce pays de cinq millions d'habitants parmi les plus pauvres du monde.


La haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a appelé le gouvernement et les rebelles à résoudre "par le dialogue et la négociation les divergences qui subsistent".

La France a de nouveau appelé au dialogue et, s'exprimant pour la première fois, les Etats-Unis ont appelé les rebelles à "cesser les hostilités et tout mouvement vers la capitale".


Selon une source proche du dossier, "il y a toujours une épée de Damoclès au-dessus de Bangui, même si le danger s'est un peu éloigné".


L'unité des factions au sein de la rébellion semble aussi se fragiliser. "Il est probable qu'il y ait aujourd'hui des divisions (au sein du Séléka): les rebelles se sont retrouvés face à une attitude nouvelle des Tchadiens et des FACA (forces armées centrafricaines) à Damara, et ils ont sans doute vu que c'était plus compliqué d'attaquer", a estimé cette source.


"Ils se retrouvent aujourd'hui avec des hommes qui ont faim, qui ont soif. Le risque c'est qu'ils se transforment en coupeurs de route", a -t-elle ajouté.


A Bangui, pour le Nouvel An, journée traditionnellement réservée aux prières, des milliers de fidèles se sont rendus dans les églises dans un pays dont 85% de la population est chrétienne.


"On est venu pour prier le bon Dieu de nous avoir gardé pendant les troubles qui se passent dans notre pays. Nous prions pour la paix. Dieu n'a pas abandonné les Centrafricains", a dit Yves Enza Betilamba, musicien.

 

© 2013 AFP

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 19:50

 

 

 

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lundi 31 décembre 2012


A l’instar de beaucoup d’autres, François Bozizé aura fait le mandat de trop. A l’instar de son homologue malien Amadou Toumani Touré, cet officier général aura su organiser la conquête du pouvoir par l’armée mais n’aura pas su résister à une offensive « rebelle ». Bangui n’est pas encore tombée mais on se demande comment Bozizé pourrait non seulement renverser la situation sur le terrain mais, plus encore, envisager de perdurer au pouvoir, politiquement et diplomatiquement.

 

L’ambassade des Etats-Unis ayant purement et simplement plié bagages hier, jeudi 27 décembre 2012, la France – présente militairement dans la capitale – restant l’arme au pied, le discrédit du chef de l’Etat (sic) est total et il est peu probable qu’il y ait encore quelque chose à négocier le 10 janvier 2013, objectif de la mission de conciliation de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) : il n’y a personne pour penser que Bozizé est, aujourd’hui encore, l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.

 

Né au lendemain de la fin de la Deuxième guerre mondiale, au Gabon, d’un père gendarme originaire de la région de Bossangoa, dans le Nord-Ouest de l’Oubangui-Chari (aujourd’hui Centrafrique), Bozizé appartient à l’ethnie Gbaya. Son enfance et son adolescence seront marquées par les soubresauts qui caractérisent cette colonie française totalement enclavée, dernier territoire ayant constitué l’Afrique équatoriale française (AEF). Délaissé par l’administration coloniale, ce territoire a été totalement livré aux grandes compagnies concessionnaires qui, soucieuses seulement d’exploiter ses richesses naturelles, ne se sont pas préoccupées de son développement. André Gide, Albert Londres, Louis-Ferdinand Céline, parmi d’autres, ont raconté dans leurs livres cette effroyable exploitation totalement inhumaine.

 

L’année où va naître Bozizé, Barthélémy Boganda (dont le centenaire de la naissance a été célébré le 4 avril 2010), avait été élu, pour la première fois, député à l’Assemblée nationale à Paris. Dix ans plus tard, lors de la création de la République centrafricaine, il sera nommé chef du gouvernement provisoire étant appelé, du même coup, à devenir le premier président de la République dès que l’indépendance aurait été acquise. Mais quelques mois plus tard, à la veille de cet événement, le 29 mars 1959, le Nord Atlas 2014 dans lequel il revenait de Berbérati explosait en plein vol. Ce drame va marquer durablement la population centrafricaine. Boganda va devenir le symbole de l’homme d’Etat qui aura cruellement fait défaut au pays. Sa mort va ouvrir la porte du pouvoir à son « cousin » David Dacko (qui a été préféré par Paris à Abel Goumba, plus engagé à gauche). Qui, le 13 août 1960, proclamera l’indépendance de la République centrafricaine. On le dira « l’homme des Français ». Il le sera. Un temps !

 

Ayant choisi de servir au sein de l’armée, Bozizé sera formé par les Français à l’Ecole militaire de Bouar. Le 1er janvier 1966, le colonel Jean Bedel Bokassa, chef d’état-major de l’armée, s’emparera d’un pouvoir que Paris destinait à Jean Izamo, commandant de la gendarmerie nationale. C’est la fin du règne de Dacko. Et le début de celui de Bokassa qui, souvent mal conseillé, plus souvent encore instrumentalisé par ceux qui ont des visées sur les ressources naturelles considérables de la Centrafrique, ne sera pas ce qu’il promettait d’être.

 

Bokassa sera président à vie en 1972, maréchal en 1974, musulman en 1976, empereur en 1977 (après s’être « reconverti » au catholicisme). Le 20 septembre 1979, l’Elysée va décider l’opération Barracuda qui va permettre de le renverser en douceur. Paris ramène Dacko au pouvoir. Sous Bokassa, Bozizé avait été promu capitaine en 1975 puis commandant. Mais, repéré par le chef de l’Etat, il s’était retrouvé… général de brigade à 32 ans, en 1978, et deviendra son aide de camp. Quand Dacko reviendra au pouvoir, Bozizé sera nommé ministre de la Défense. En 1980, il va aller se perfectionner à l’Ecole de guerre en France. C’est à Paris qu’il apprendra le coup d’Etat du général André Kolingba. Dacko avait été réélu, en mars 1981, président de la République avec seulement 50,23 % des voix ; le 1er septembre 1981, il est renversé par un coup d’Etat militaire.

 

Kolingba va gouverner le pays sous le strict contrôle du lieutenant-colonel Jean-Claude Mantion, officier français ancien des services secrets, chef de la sécurité présidentielle. Dans le gouvernement Kolingba, Bozizé sera ministre de l’Information et de la Culture, mais les relations entre les deux hommes seront difficiles. Les 2-3 mars 1982, ayant été accusé d’avoir voulu le renverser, il s’exilera au Tchad puis au Bénin (pendant son séjour au Bénin, Bozizé deviendra adepte de l’Eglise du Christianisme Céleste-Nouvelle Jérusalem). En juillet 1989, arrêté au Bénin, extradé vers Bangui, il sera emprisonné, torturé, accusé de complot et de menées subversives. Mais la roue de l’Histoire tourne vite en cette fin de décennie 1980. Le multipartisme sera légalisé à la suite de grèves et de manifestations. Bozizé, acquitté, sera libéré en décembre 1991.

 

Le 19 septembre 1993, Ange-Félix Patassé est élu président de la République centrafricaine après près de 54 % des voix, devançant son principal adversaire, Abel Goumba. Bozizé, candidat lui aussi, fera un score peu significatif, pour ne pas dire insignifiant. Recevant le nouvel ambassadeur de France à Bangui, Patassé avertira : « L’échec de Patassé et de son gouvernement sera l’échec de Mitterrand et du peuple français ». Patassé échouera ; mais de son seul fait. Dans un contexte politique déliquescent, et alors que certains pays voisins (le Tchad mais aussi et surtout la Libye) ont des visées sur Bangui, la Centrafrique va être confrontée aux mutineries militaires et autres affrontements armés. La première mutinerie remonte au 18 avril 1996 ; de nouveaux affrontements auront lieu en 1997. Une Mission interafricaine de surveillance des Accords de Bangui (Misab) sera mise en place puis une Mission des Nations unies (Minurca) en 1998.

 

Dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 mai 2001, Bangui devra faire face à une tentative de coup d’Etat. L’ex-chef d’Etat,Kolingba, s’avérera en être l’instigateur. Il faudra dix jours, le soutien des Libyens et des troupes du zaïrois Jean-Pierre Bemba, opposant armé au régime de Kinshasa, pour que « l’ordre » soit rétabli dans la capitale centrafricaine. La résidence de Kolingba étant attenante à l’ambassade de France, Patassé ne manquera pas de mettre en cause la France, accusée d’avoir fourni des armes aux « rebelles ». Du même coup, Patassé devra annuler son voyage à Paris, prévu pour la fin de l’été. Il déléguera dans la capitale française son premier ministre, Martin Ziguelé, tandis que Kolingba se réfugiera en Ouganda.

 

Effet collatéral de cette tentative de coup d’Etat, le 26 octobre 2001, Bozizé sera limogé de son poste de chef d’état-major de l’armée. Il s’enfuira au Tchad avec cinquante-six hommes, quelques véhicules et ce qu’il a pu trouver comme moyens de subsistance. Il s’agissait pour lui d’échapper à l’arrestation après s’être réfugié dans sa résidence de Bangui : pendant plusieurs jours, il s’opposera par les armes à ses agresseurs. Le 25 octobre 2002, à la veille du premier anniversaire de son limogeage, il revendiquera une première tentative de coup d’Etat. Qui échouera. Mais le samedi 15 mars 2003, cependant, accompagné d’un groupe de « libérateurs » d’un millier d’hommes, il va renverser le régime de Patassé et prendre le contrôle de la capitale en moins de deux heures. « Une révolution, pas un coup d’Etat », dira-t-on, tant il est vrai que le départ de Patassé soulageait tout à la fois la population centrafricaine, sa classe politique, la communauté africaine (à commencer par Libreville en charge de la médiation) et la « communauté internationale ».

 

Jean-Pierre BEJOT    LA Dépêche Diplomatique

 

Source : http://www.lefaso.net/spip.php?article52056

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 19:41

 

 

 

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lundi 31 décembre 2012


Le général François Bozizé visiblement lâché par l’ancienne puissance coloniale ne semble avoir d’autre choix que de boire le vin de la rébellion Séléka jusqu’à la lie. On est même tenté de dire que c’est bien fait pour lui. Car, arrivé lui-même par les armes et avec le soutien de l’armée tchadienne en 2005, il n’a presque rien fait pour briser le cercle vicieux d’un Etat mal gouverné et dont les ressources minières sont en proie à la convoitise de groupes armés prêts à tout pour conquérir le pouvoir central.

 

C’est en toute logique que les rebelles, aux portes de la capitale Bangui, n’hésitent pas à réclamer la tête du président. Mais est-ce la solution qui convient le mieux à la Centrafrique ? Absolument pas. Gâté par dame nature qui a doté son sol de forêt et son sous-sol de ressources minières très convoitées, ce pays n’a jamais eu la chance de tirer profit de ces richesses qui apparaissent plutôt comme la source de ses malheurs. Depuis le règne ubuesque de l’empereur Jean Bédel Bokassa en passant par ceux de David Dako, André Kolingba et encore Ange-Félix Patassé, la Centrafrique n’a pas réussi à prendre le train de la démocratie ou tout au moins d’une gestion saine, paisible et génératrice de développement pour tous.


Loin d’être une panacée, l’avancée de la rébellion Séléka constitue un recul de l’Etat de droit que le général François Bozizé était censé instaurer dans ce pays. Les futurs nouveaux maîtres annoncés de Bangui feront-ils mieux ? Rien n’est moins sûr. Il s’agit d’un coup d’arrêt qu’on peut se consoler de qualifier peut-être de moindre mal ou de mal nécessaire. Ou plus franchement de cercle vicieux.


Bark Biiga

 

Fasozine  Source : http://www.lefaso.net/spip.php?article52041

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 19:29

 

 

 

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Par THOMAS HOFNUNG Libération 1 janvier 2013 à 16:29

 

Analyse Le chef de l'Etat avait proclamé sa volonté de changer en profondeur les relations entre Paris et l’Afrique. Premier défi: le dilemme en Centrafrique.


En quelques jours, les effectifs de l’armée française ont quasiment quadruplé à Bangui, la capitale de la Centrafrique, actuellement sous la menace des rebelles du mouvement Séléka, qui campent à 160 km plus au nord.

Les 250 hommes déployés dans le cadre de l’opération Boéli ont reçu le soutien des parachutistes de la Légion étrangère (le 2ème REP) et des hommes du 2ème Régiment étranger d’infanterie (REI).


Regroupés sur l’aéroport de Bangui, leur mission est d’assurer la protection des ressortissants français (et européens), ainsi que la défense des intérêts hexagonaux en Centrafrique. Les uns et les autres sont peu nombreux : un petit millier de Français tout au plus (dont nombre de binationaux) sont recensés dans ce pays pauvre et enclavé. Et sur le plan économique, Areva - qui exploite une mine d’uranium à Bakouma (à 200 km au nord de Bangui) - a annoncé sa volonté de s’en délester, la jugeant pas assez rentable. Au grand dam, d’ailleurs, du président centrafricain, François Bozizé.


Paris envoie un message de fermeté


Au-delà de cette mission, ces renforts militaires - dépêchés depuis la base permanente dont dispose l’armée française à Libreville (Gabon) – ont été envoyés dans la capitale de Centrafrique pour faire face à toute éventualité, et notamment pour éviter qu’elle ne sombre dans le chaos. Par leur présence et leur nombre, les soldats français sont censés dissuader les rebelles de prendre d’assaut la ville. Car les forces locales et celles de la Fomac (Force multinationale d’Afrique centrale), déployées dans le cadre d’un mission de  «consolidation» de la paix en Centrafrique (la Micopax), n’ont cessé de reculer depuis le 10 décembre, date du début de l’offensive des rebelles. Mais Paris envoie aussi un message de fermeté à un régime aux abois qui, la semaine dernière, n’a pas hésité à envoyer ses partisans assiéger l’ambassade de France à Bangui.


Reste que, malgré la volonté affichée du président Bozizé de négocier et de mettre en place un gouvernement d’union nationale, les rebelles affirment ne pas avoir renoncé à marcher sur Bangui. S’ils mettent leur menace à exécution, que fera l’armée française ? Aura-t-elle pour instruction de laisser faire, au risque d’assister en spectatrice à un possible bain de sang dans la capitale ? Où va-t-elle aider, discrètement, les troupes locales et africaines à les repousser, permettant de facto au chef de l’Etat centrafricain de sauver son pouvoir, quand bien même François Hollande a publiquement déclaré qu’à Bangui la France ne défendait pas un régime ? Rénové en 2010, l’accord de défense qui lie Paris à son ancienne colonie exclut théoriquement toute idée d’intervention en cas de troubles intérieurs.


L'épisode tchadien, en 2008


Ce dilemme centrafricain auquel fait face François Hollande n’est pas sans rappeler celui auquel fut confronté au Tchad, en février 2008, son prédécesseur, Nicolas Sarkozy. Alors que le président Idriss Déby était assiégé dans son palais, à N’djaména, par des rebelles soutenus par le Soudan, l’Elysée avait hésité sur l’attitude à adopter. Dans un premier temps, Paris avait proposé à Déby de l’exfiltrer pour le mettre en sécurité. Puis, devant sa volonté proclamée de se battre jusqu’au bout, l’armée française avait apporté un soutien aussi décisif que discret aux forces tchadiennes.


Les soldats de l’opération Epervier avaient notamment assuré de bout en bout le contrôle de l’aéroport, permettant aux troupes loyalistes tchadiennes de faire décoller des hélicoptères (pilotés par des mercenaires) qui portèrent des coups très rudes aux assaillants. De même, les forces de Déby furent alimentées par des munitions acheminées en urgence sur l’aéroport de N’djaména par le régime du colonel Kadhafi, sous l’oeil bienveillant de Paris. Résultat : Déby réussit in extremis à inverser le rapport de forces et à repousser les rebelles.


Mais son redressement spectaculaire fut accompagné de graves exactions dans la capitale contre les soutiens supposés, ou réels, aux insurgés. Ainsi, quatre ans plus tard, on est toujours sans nouvelle de l’opposant modéré Ibni Oumar Mahamat Saleh, un mathématicien de formation (qui avait fait ses études à Orléans). Malgré les pressions réitérées de parlementaires français, Idriss Déby refuse obstinément de faire la lumière sur son sort. Lequel ne fait guère de doute.


Première épreuve sur le continent pour Hollande


A Bangui, François Hollande fait face, toutes choses égales par ailleurs, au même risque. Les forces loyalistes sont accusées par les rebelles de procéder à des arrestations arbitraires dans certains quartiers de la capitale, évoquées également à mots couverts par le Quai d’Orsay. Mardi, Laurent Fabius a ainsi appelé «les autorités centrafricaines à s’abstenir, dans la capitale, de toute action contraire à l’esprit de dialogue et de paix qu’elles ont manifesté.» En ce début d’année, François Hollande - qui a proclamé sa volonté de changer en profondeur les relations entre Paris et l’Afrique - se retrouve donc confronté à sa première véritable épreuve sur le continent. En octobre, il s’était rendu à contre-coeur au sommet de la Francophonie à Kinshasa, en République démocratique du Congo, dirigée par le peu recommandable Joseph Kabila.


Cette fois, le défi à relever est bien plus redoutable, car la voie est très étroite pour échapper au piège centrafricain. En renforçant ses effectifs militaires à Bangui, Paris veut pousser les responsables du mouvement Séléka à ouvrir, bon gré mal gré, des discussions avec François Bozizé, sous l’égide de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC). Si celles-ci devaient déboucher sur la fin des combats en échange du départ du président centrafricain, il n’est pas sûr que ce dernier soit regretté à Paris.

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 19:17

 

 

 

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RFI  mardi 01 janvier 2013

 

Après les assauts menés par des groupes rebelles de la Seleka qui se sont emparés de plusieurs villes stratégiques en Centrafrique, Bangui a passé un début d’année dans le calme. Le président Bozizé a critiqué l’armée lors de son discours de vœux du nouvel an et a remercié le Tchad pour son soutien.


Bangui a vécu une journée assez calme ce mardi 1er janvier 2013, avec globalement peu de circulation dans les rues. La tradition veut qu’en ce premier jour de l’année les chrétiens aillent à l’Eglise ou au temple et qu’ils prient pour l’année à venir et 2013, en dépit de la crise, n’aura pas fait exception.


Des prières pour la paix

 

A la cathédrale de Bangui, les fidèles sont venus remettre en milieu de matinée leur pays entre les mains de Dieu. « Nous prions pour que la paix revienne en Centrafrique, la vraie paix »disait une croyante. La messe, d’ailleurs était placée sous le signe de l’espoir, espoir en la possibilité d’un dialogue entre la rébellion et les autorités.

 

D’habitude le réveillon est célébré le 31 décembre par des veillées religieuses jusqu’au passage à la nouvelle année mais, avec le couvre-feu à partir de 19h00, beaucoup de ces rendez-vous ont été annulés hier. Et de nombreux Banguissois ont donc fait la fête en famille, chez eux, en petit comité, sans sortir manifester leur joie dans les rues comme ils le font habituellement.


En ce qui concerne la situation militaire, c’est le statu quo pour le moment. La FOMAC, (Force Multinationale d’Afrique Centrale) soutient que les rebelles de la Seleka sont toujours à Sibut, à 160 kilomètres de Bangui. D’autres sources prétendent qu’ils se seraient posés plus en avant, dans la direction de Damara. Damara c’est donc le « verrou », la localité qui contrôle l’accès à Bangui et qui se trouve à 75 km de la capitale. En revanche, il reste très difficile de savoir où se cachent les rebelles.


Dans les quartiers, des jeunes se sont constitués en groupe de patriotes et installent des barrages à la recherche des rebelles. Dans le 4e arrondissement de Bangui, par exemple, ils expliquent qu’ils ont répondu à l’appel du président Bozizé et que, tous les soirs, ils dressent des barrages avec des tables, des pierres pour contrôler la circulation, à la recherche de rebelles.

 

L’armée critiquée


Ils disent aussi qu’ils n’ont pas d’armes et qu’ils transfèrent les personnes suspectes à la gendarmerie, ou à la police. Ils expliquent que sont jugés suspects ceux qui n’ont pas de papiers, ou qui sont incapables de parler en Sango la langue nationale. Ces groupes de jeunes patriotes précisent aussi qu’ils font des patrouilles dans leurs quartiers. Dans un de ces quartiers, ils racontent qu’ils sont allés sanctionner une notabilité proche des rebelles. « On ne voulait plus qu’il habite dans notre quartier, on est allé brûler sa maison » disent-ils.


Pour justifier son engagement contre la rébellion, un jeune étudiant diplômé sans emploi explique par exemple, qu’il avait espoir de voir l’économie décoller, mais que l’avancée des rebelles a transformé cet espoir en désespoir. « C’est pour cela qu’on s’est manifestés, qu’on a pris notre courage en main » dit cet étudiant qui se fait surnommer le « général Toro Toro Afousein », littéralement « le général trop c’est trop ».


C’est dans ce contexte que le président François Bozizé a présenté ses vœux hier à la nation, une allocution prononcée en Sango, la langue nationale. Après avoir rappelé les principales réalisations de l’année, il a regretté que le démon de la Centrafrique ait resurgi fin 2012 pour, a-t-il dit, « pousser les Centrafricains à se battre et à détruire le pays ». Un pays selon lui divisé en deux, avec d’un côté, les janjawid, du nom de ces cavaliers armés qui ont fait la sinistre réputation de la crise du Darfour, et de l’autre les « vrais Centrafricains ».


François Bozizé a également critiqué, dans ses vœux, l’armée centrafricaine. « Si elle était disciplinée et remplissait sa mission correctement », a-t-il dit, « nous n’en serions pas arrivés à la situation actuelle ». Selon le président, si la population souffre à l’heure actuelle, c’est en partie parce que l’armée centrafricaine « n’a pas rempli sa mission de protection et de défense ».


François Bozizé a par ailleurs remercié l’armée tchadienne et le président Déby pour leur aide. « Si l’armée tchadienne n’était pas là, Bangui aurait déjà été prise d’assaut », a-t-il reconnu.

 

 

 

NDLR : Quelle fierté Bozizé a-t-il à vanter les mérites de l’armée tchadienne, lui qui se dit général de l’armée centrafricaine et à descendre en règle cette dernière ? Il était chef d’état-major de l’armée centrafricaine mais n’a fait que voler ses biens et son matériel pour préparer et réaliser son coup d’état de 2003. Aujourd’hui, la responsabilité de l’état pitoyable dans lequel se trouve l’armée centrafricaine lui incombe entièrement ainsi qu'à son fils qu'il a imposé au ministère de la défense. Honte à lui si depuis dix ans comme chef suprême des armées, les soldats des FACA sont si indisciplinés et incapables d’accomplir leur mission.    

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