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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 02:59

 

 

 

RFI  mercredi 10 avril 2013

 

Un reportage de notre envoyé spécial à Bangui

 

Si l’on entend beaucoup moins de coups de feu depuis deux jours à Bangui, la sécurisation de la capitale de la République centrafricaine reste le défi majeur des nouvelles autorités. Mercredi 11 avril, deux colonnes composées d’éléments de la Seleka et de soldats tchadiens de la Fomac sont allés récupérer les armes des combattants disséminés en ville et leur transmettre un ordre de cantonnement immédiat.

 

Il est environ onze heures. Le convoi d’une douzaine de véhicules s’apprête à quitter le palais présidentiel. Dans la voiture de tête : le colonel Ali Bichara. Agé de 46 ans, cet ancien marchand de chaussures de première qualité au beau visage taillé à la serpe se définit lui-même comme « un homme simple, pas compliqué. »

 

Tout le monde embarque dans les véhicules. Dans celui du colonel Bichara, une balle a traversé le pare-brise au niveau du conducteur. « Ma voiture, je l’ai récupérée dans les mains des Sud-Africains, dans les combats au PK 12 », annonce-t-il fièrement. Son fusil israélien, il l’a également pris aux militaires sud-africains.

 

Quelques centaines de mètres après le départ, le convoi fait un premier arrêt devant une buvette, où deux jeunes en treillis sirotent un soda. Ce premier arrêt est fructueux : deux fusils mitrailleurs sont récupérés, les numéros des armes et le nom de leurs détenteurs sont notés.

 

Des combattants parfois récalcitrants

 

Puis, le convoi s’enfonce dans des quartiers, la récupération continue. Les armes commencent à s’amonceler, mais les ordres de cantonnement immédiat ont parfois du mal à passer. Certains rechignent bruyamment, négocient et débattent.

 

Au milieu d’une grande artère, on frôle la fusillade lorsqu’un grand gaillard et ses équipiers refusent de se laisser désarmer. Par chance, plusieurs officiers font preuve de maîtrise et empêchent l’incident. Et lorsqu’un récalcitrant refuse de laisser une voiture qu’il n’a sûrement pas achetée chez un concessionnaire, la sanction tombe : une balle tirée dans chaque pneu.

 

Finalement, vers 16 heures, la mission s’achève. La colonne a récupéré 25 armes et des stocks de munitions. Et personne n’a été blessé. Une première positive, mais qui devra se poursuivre pour permettre à Bangui de retrouver sa sérénité perdue.

 

AU MOINS 119 MORTS DANS LES COMBATS, SELON UN BILAN PROVISOIRE DE LA CROIX-ROUGE CENTRAFRICAINE

 

Interrogé par RFI, Albert Yomba Eyamo, secrétaire général de la Croix-Rouge, se dit incapable de « donner un chiffre précis ». La Croix-Rouge centrafricaine est encore à pied d’œuvre, dans la capitale Bangui, pour ramasser les corps des personnes tuées au cours des affrontements. Le bilan, tel qu’arrêté au lundi 8 avril, est de 119 morts. « Sur les 119 corps qui ont été enlevés, 80 corps ont été identifiés par leurs parents », explique Albert Yomba Eyamo, qui précise que la Croix-Rouge a inhumé les corps de 39 personnes « dans une fosse commune, sur la route de Mbaiki. »

 

Un bilan appelé à s'alourdir

 

Mais le bilan devrait a priori s’alourdir dans les jours qui viennent. « La Croix-Rouge continue son travail. Si nous tombons sur des corps, nous les ramassons. Il n’est pas impossible que des gens qui ont tenté de voler et ont reçu une balle n’ont jamais voulu se présenter, se soient caché quelque part. Ils peuvent mourir de suites de leurs blessures », estime le responsable de l’ONG.

 

En dehors de la capitale, le bilan des combats est encore plus compliqué à dresser. « Nous avons des rapports de nos comités de provinces, mais il faut les compiler et les mettre en ordre avant de les diffuser », détaille Albert Yomba Eyamo.

 

 

Centrafrique : une première opération de désarmement des combattants dispersés dans Bangui

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