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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 16:13

 

 

 

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REPUBLIQUE  CENTRAFRICAINE


Unité –Dignité -Travail


**********


COORDINATION DES PARTIS POLITIQUES DE L'OPPOSITION DEMOCRATIQUE CENTRAFRICAINE

 

ADP - ASD - CRPS-   LONDO- MDREC- MLPC- PATRIE- RDC-   UDPP

 

 

MEMORANDUM SUR  LA CRISE  CENTRAFRICAINE DEPUIS  LE 15 MARS  2003


 

 

Les Partis Politiques de l’Opposition Démocratique centrafricaine rendent public le présent mémorandum destiné à expliciter leurs positions dans la crise politique actuelle.

Il s'articule ainsi qu'il suit:

 

I- Rappel des revendications de la Coalition SELEKA

II- Historique des engagements non tenus par le Général François BOZIZE

III- Violations de la Constitution par le Général François BOZIZE

IV- Les graves violations des droits de l'homme  perpétrées par le régime du Général François BOZIZE

V- Les crimes économiques du régime Général François BOZIZE

VI- La situation politique et  institutionnelle de la RCA aujourd’hui

VII- Conclusion générale

 

RAPPEL DES REVENDICATIONS DE LA COALITION SELEKA

 

En effet, suite au déclenchement d'une rébellion par la Coalition SELEKA composée par l'UFDR, la CPJP et la CPSK, celle-ci a publié une Déclaration en date du 12 Décembre 2012 comportant les  points suivants :

 

Le respect de l’Accord de BIRAO entre le gouvernement et l’UFDR ;

 

La mise en œuvre  concertée des recommandations et conclusions du Dialogue Politique Inclusif (D.P.I) ;

 

La mise en place d’une commission d’enquête indépendante sur les circonstances de la disparition du Colonel Charles Massi de la CPJP, et de Monsieur  Hassan   Ousman du MNSP, et pour élucider celles de l’accident de Maître Goungaye- Wanfio Nganatoua et bien d’autres victimes de cette même barbarie gouvernementale ;

 

La régularisation des 15 millions de francs CFA par combattant selon l’accord conclu avec le Général François BOZIZE afin de laver la dignité centrafricaine de ce genre de revendications malencontreuses mais légitimes ;

 

  Le versement sans condition de la somme négociée d'un million de francs CFA par combattant, somme débloquée mais encore détenue en partie par le Ministre délégué à la Défense, Jean Francis Bozizé;

 

 La restitution inconditionnelle des diamants et or, argent liquide et autres biens spoliés par le gouvernement en 2008 ;

 

 La libération de tous les prisonniers politiques tant en Centrafrique qu'à l'étranger ;

 

 L'ouverture d'une commission d'enquête indépendante sur les crimes odieux de guerre et crimes contre l'humanité perpétrés par un détachement de la Garde présidentielle sur des populations civiles au village "Zakoumba" ou Soukoumba et l'incendie des maisons d'habitation ainsi que la mosquée centrale d'Akroub-Soulback dans le Bamingui Bangoran ;

 

 Le retour sécurisé et la liberté de circulation assurée à tous les compatriotes opposants armés ou non armés forcés à l'exil ;

 

 L'arrêt des harcèlements exercés sur les opposants et leurs parents.

 

Après cette déclaration, les mouvements politico-militaires ci-dessus cités auxquels s’est ajouté le Front  Démocratique du  Peuple   Centrafricain (F.D.P.C.) d’Abdoulaye Miskine, ont occupé successivement les villes de Ndélé et Bamingui dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, Bria et Sam- Ouandja dans celle de la Haute-Kotto, Ouadda dans la Vakaga, Kabo et Batangafo dans l'Ouham, Mbrès et Kaga- Bandoro dans la Nana-Gribizi, Bakala, Yppi, Bambari, Kouango dans la Ouaka, Sibut et Dékoa dans la Kémo, et enfin Alindao dans la Basse-Kotto, etc.…soit au total huit préfectures sur les seize que compte la RCA

 

II- HISTORIQUE  DES  ENGAGEMENTS  NON TENUS PAR LE GENERAL  FRANCOIS  BOZIZE

 

Le non respect par le Général François BOZIZE de l'engagement  pris à Bangui en 1998 en sa qualité de Chef d'Etat- Major Général des Armées

 

Du 26 Février 1998 au 5 Mars 1998, s’est tenue à Bangui, une Conférence de réconciliation nationale suite aux crises militaro-politiques qu’a connues notre pays. A l’issue des travaux  de cette conférence, les participants ont adopté un  Pacte de Réconciliation Nationale dont l’article 2 stipule: « Les parties signataires du présent Pacte s’engagent solennellement à utiliser la voie des urnes comme seule voie légale d’accès au pouvoir de l’Etat et décide de bannir l’utilisation des armes et de la force comme méthode et moyen d’accès au pouvoir de l’Etat. Elles renoncent à utiliser  les forces armées pour déstabiliser un régime démocratique et semer la terreur au sein de la population aux mépris de principes démocratiques, des droits de l’Homme et de la loi fondamentale du pays. Elles s’opposent fermement à toutes formes de dictature et exhortent les pouvoirs publics à être à l’écoute de la population, à respecter les droits de la minorité ».

 

Le Général François BOZIZE, alors Chef d’Etat Major des Armées a apposé sa signature au bas de ce document historique, en même temps que les autres Autorités Nationales.

 

Malgré cet engagement, le Général François BOZIZE prendra les armes le 2 Novembre 2001, le 25 Novembre 2001, puis le 15 Mars 2003 pour venir à bout d’un régime démocratiquement élu, après une longue et dévastatrice rébellion dirigée par lui..

 

b) Le non-respect par le Général François BOZIZE des engagements pris à Libreville en 2003

 

Après son Coup d’Etat du 15 Mars 2003 et en visite à Libreville (GABON), le Général François BOZIZE a déclaré sur les ondes internationales (RFI et Africa N°1) que son objectif était uniquement de renverser le régime Patassé, d’instaurer une transition de deux (2) ans, d’organiser les élections présidentielles et de se retirer de la scène politique après installation du nouveau régime.

L’histoire retiendra que le Général François BOZIZE n’a pas respecté cet engagement.

 

 

c) Le non-respect des engagements pris par le Général François BOZIZE, devenu Président de la République, lors du Dialogue National de 2003

 

Convaincues que par une concertation franche, on peut rechercher les solutions durables aux problèmes des centrafricains, les Forces Vives de la Nation ont exigé et obtenu des autorités de la Transition, la tenue du Dialogue National. C’est ainsi que du 09 Septembre au 27 Octobre 2003 à Bangui, 350 délégués venus de toutes les régions de la République Centrafricaine et représentant toutes les sensibilités politiques et Sociales  ont pris part  à ces assises.

A travers un diagnostic rigoureux et sans complaisance, les problèmes et les préoccupations de notre pays ont été analysés dans l’objectif essentiel d’assurer la consolidation de l’Unité Nationale, le retour à la légalité constitutionnelle et  la relance économique en vue de garantir la réconciliation nationale.

En conséquence, des mesures réalistes ont été proposées pour relancer l’économie nationale, améliorer l’emploi, consolider le dialogue social et développer les infrastructures de base aux fins de réduire la pauvreté par un développement humain durable.

Le Dialogue National a formulé au total 828 recommandations concernant les secteurs suivants :

La Défense Nationale ;

L’Economie et les Finances ;

L’Education -Formation-Emploi ;

Le Secteur Social.

Indépendamment de l’engagement solennel pris par le Général François BOZIZE dans son discours d’ouverture, de respecter les résultats de ces travaux, une importante résolution votée à l’unanimité par le Dialogue National a rendu exécutoires ces recommandations.

Cinq (5) années plus tard, l’évaluation de l’exécution des recommandations fortes, à court et à moyen termes est un véritable désastre. A titre illustratif,  en matière de défense nationale,  sur 91 recommandations, seulement 15 ont été exécutées soit 16% du total.

 

d) Le non respect par le Général François BOZIZE des engagements pris lors du Dialogue Politique Inclusif (DPI) DE 2008

 

Conformément à l’état d’exécution des 114 recommandations du Dialogue Politique Inclusif (DPI) établi  par son Comité de Suivi, dont plusieurs sont sans effets financiers mais qui ne nécessitent qu' 'une simple volonté politique pour leur mise en œuvre, il s'avère aujourd'hui que plusieurs d'entre elles n'ont pas été exécutés. Il s’agit entre autres du non cumul de fonction de Président de la République  avec tous autres  fonctions politiques et mandats électifs, du contreseing des actes réglementaires par le Premier Ministre, de l’instauration d’un cadre permanent de dialogue et de concertation , du statut de l'  opposition, du financement des partis politiques, de l'accès des partis politiques aux médias d'Etat et des audits des secteurs clés de 'économie .

 

 

III-VIOLATIONS DE LA CONSTITUTION PAR LE GENERAL FRANCOIS BOZIZE

 

a) Violation du serment constitutionnel par le Général François BOZIZE

 

Le 11 Juin 2005,  date de sa prestation de serment, le Général François BOZIZE a déclaré qu’il est : «  le Président de tous les Centrafricains et qu’aucune ethnie, aucune région, aucun Parti Politique ne pourra gouverner seul ».

Cet engagement ne sera pas respecté, car le Général François BOZIZE ne nommera dans les Administrations, et ce, dans une large part, que les siens, c'est-à-dire les membres de son ethnie et mieux de son village.

Ce phénomène a été aggravé pendant la campagne de recrutement dans l’Armée Nationale, ce qui provoquera finalement  la réaction de la jeunesse qui, dans une grande manifestation spontanée de colère contre le tribalisme et le clanisme le 2 Août 2012, a par exemple démonté et enseveli le buste du Général François BOZIZE.

 

 b)  Refus délibéré de la création de la Haute Cour de Justice

 

 L’Article 94 de la Constitution a prévu la création de la Haute Cour de Justice. Jusqu’aujourd’hui, cette Haute Cour n’a pas vu le jour.

Or, l’Article 111 de la même Constitution stipule que : «  Les institutions prévues par la présente Constitution seront mises en place dans les douze (12) mois qui suivent l’entrée en vigueur de celle-ci » ;

 

Refus de la déclaration de patrimoine en violation des articles 26 et 44 de  la Constitution;

 

Après la prestation de serment du Président de la République, la nomination du Premier Ministre et la formation du Gouvernement, aucun membre de l’Exécutif n’a déposé de déclaration écrite   de  patrimoine au greffe de la Cour Constitutionnelle

 

 

d) Cumul de fonctions par le Président de la République  en violation de l'article 23 de la Constitution:

 

Le Général François BOZIZE  est  Ministre de la Défense, Ministre des Mines, Ministre de l'Aviation Civile, Ministre chargé des pôles de développement, Député, Président du Comité de trésorerie donc Agent comptable principal de l'Etat, Président du Conseil de Surveillance des Entreprises publiques donc leur Président de Conseil d'Administration de fait.

 

 

 

IV- LES GRAVES VIOLATIONS DES DROITS DE L"HOMME PERPETRES PAR LE REGIME DE FRANCOIS BOZIZE

 

Comme si les crimes causés durant sa sanglante rébellion ne suffisaient pas, les crimes suivants et non exhaustifs ont été commis pendant qu’il est aux commandes du pays.

Il s’agit de :

Le Capitaine KOYANGAO a été abattu au PK 12 à Bangui en 2004 ;

Le Lieutenant ASSOMBELE  a été assassiné dans son bar à Bangui  en 2005;

Le Lieutenant MARZANE  Apollinaire a été  assassiné, et son corps jeté dans la rivière M’poko en 2006;

Le Lieutenant MAMADOU NGAÏSSONA Alfred, assassiné en 2005;

Le Sergent-chef SANZE qui s'était réfugié au BONUCA suite à une rixe mortelle avec le Lieutenant YANGO KAPITA, a été livré à la gendarmerie à la demande du Procureur de la République Firmin Féindiro. Il sera  torturé, puis exécuté dans les locaux de la Section de Recherches et d'Investigation de la Gendarmerie

Maître Ignace BANDASSA Avocat. est décédé suite aux bastonnades des éléments de la Sécurité Présidentielle le 12 Février 2006 à l’Aéroport Bangui-M’poko.

Les commissaires de Police Daniel SAMA et Hervé SETHE TREPASSE ont été assassinés en 2009 ;

Charles Massi, Pharmacien Colonel et ancien ministre du Général François Bozizé, en désaccord avec celui-ci, sera arrêté au Tchad en 2009 et remis aux autorités centrafricaines qui, sans autre forme de procès, l’ont fait disparaître ;

Ange Félix Patassé, Ancien Chef d’Etat de 1993 à 2003, malade, a vainement sollicité l'accord du Général François Bozizé en vue d’aller se faire soigner dans un hôpital équato-guinéen. Il devait succomber à Douala le 5 Avril 2011 pendant son transfèrement tardif après des multiples pressions exercées sur le Général Bozizé ;

L’affaire du Pasteur Touangaye de l’Eglise Protestante de Kina où le Général François BOZIZ a pris fait et cause pour son frère en faisant arrêter par les éléments de sa Garde Présidentielle des diacres de cette Eglise et en ordonnant l’incendie de leurs maisons en guise de vengeance pour la maison de son frère Touangaye incendiée ;

L’affaire de l’incendie du magasin RAYAN. Après l’incendie de ce magasin appartenant à son ami libanais El AKRAS BASSAM, le Général François BOZIZE s’est déplacé personnellement sur les lieux du sinistre avant de passer  par le Parquet où il a ordonné le ''charcutage'' de Me Symphorien BALEMBY alors Bâtonnier en exercice de l'Ordre des Avocats, et de Monsieur NDENGOU Jean Daniel, alors Premier Vice Président du Conseil Economique et Social , dénoncés par le commerçant libanais en l’absence de toute enquête judiciaire. Ces derniers étant contraints à l’exil, leurs familles et leurs employés ont été pris en otage et emprisonnés pendant 2ans à la prison militaire  de BOSSEMBELE sur instructions du Général François  BOZIZE avant d’être libérés par la Cour de Cassation

Monsieur Joseph BENDOUNGA, Président d'un parti politique de l'opposition démocratique,  le MDREC a été violemment passé à tabac sur ordre du Président de la République, après qu'il eut donné l'ordre à sa garde de l'expulser manu militari de la  salle où se trouvaient également des diplomates. Il fut grièvement blessé à la tête.

Une dizaine de douaniers et autres personnes relaxés par la Cour d’Appel depuis plusieurs mois sont toujours maintenus au Camp de Roux sur instructions de Bozize

Le capitaine David NGAÏTOUA son pilote d’hélicoptère est devenu son prisonnier personnel depuis le 14 Mai 2012, sans aucune  inculpation. Il croupit depuis cette date à la Gendarmerie.

 

 

Plusieurs cas similaires de graves violations de droits de l’homme restés impunis à ce jour sont enregistrés aussi bien à Bangui qu’en Province. L’existence depuis plusieurs années déjà de la prison spéciale et personnelle du Général François Bozizé à Bossembélé, ville située à moins de 200 kms de Bangui, un camp militaire qui abrite en son sein, une sinistre prison surnommée par le clan de Bozizé  « GUANTANAMO ». Cette prison n'a aucune existence légale et judiciaire dans le sens où, elle existe en dehors de tout contrôle judiciaire . Elle dépend directement et uniquement de l'autorité du président Bozizé.

Ce "Guantanamo"  version centrafricaine, est sous la garde exclusive des bérets verts, qui sont les éléments de la garde présidentielle.

C’est dans ce Guantanamo de Bossembélé que croupirait Serge MAGNAN, l’ancien collaborateur de l’ex-ministre d’Etat aux finances Sylvain NDOUTINGAÏ,  enlevé depuis cinq mois sans que ses proches aient des nouvelles de lui au point que son épouse Anita Fernande Nelly née Ndamo étudiante au Sénégal, soit morte, il y a 2 semaines de soucis en laissant orphelin, un bébé de 5 mois ;  y croupissent également six douaniers arrêtés arbitrairement à Bouar par le fils BOZIZE dit Papy, commandant de la compagnie de la gendarmerie de Bouar.

D’autres compatriotes, Serge BIANGA, Crépin MOUSSA, Hassan OUSMAN, Abdel Kani DJIME, Brice Quentin GOUHOUTOU, et plus récemment Abdoulaye SENTENE, Nouhtou, Yaya Idriss, Amadou Tidjiane,  Abdoulaye Hamat, Dido Hamat,Chaïbou Abraham,ThéophileMalembo, Marcel Nzelou, Onun Egibe, Arthur Humé, Goni Mandja, Junior Ogrembé, Tano Max et les proches et familles des rebelles de SELEKA et des opposants seraient également détenus dans cette sinistre prison destinée à recevoir les prisonniers personnels de Bozizé et de sa famille. Prisonniers personnels, car kidnappés par les militaires à la solde du clan Bozizé, sans aucun motif connu de la justice centrafricaine, ni mandat d'arrêt.

Papy Bozize, Jojo Bozize et Rodrigue Bozize arrêtent, torturent et séquestrent impunément des dizaines d’innocents à Bangui et en provinces où ils règnent  en roitelets.

Seule une commission d’enquête judiciaire pourrait déterminer le nombre de graves violations des droits de l’homme dont de nombreux crimes de sang, commis en République Centrafricaine et restés impunis.

 

V- LES CRIMES ECONOMIQUES DU REGIME DE FRANCOIS BOZIZE

 

Depuis le 15 mars 2003, la mauvaise gestion caractérisée de l’économie centrafricaine a plongé notre pays dans un état de misère généralisée, qui se caractérise par des indicateurs socio-économiques les plus alarmants d’Afrique et du monde, quand bien même dans le même période et paradoxalement, le régime du Général François BOZIZE a été financièrement assisté comme aucun autre avant lui depuis l’indépendance en 1960. Près de deux milliards de dollars d’aide et d’appuis divers ont été mis à la disposition de ce régime aussi bien par les partenaires multilatéraux que bilatéraux, y compris les pays frères de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC) mais sans aucune amélioration des conditions de vie des populations, bien au contraire, puisque le PIB/hab. n’est que  de 457 USD en 2010.

Seul pays en Afrique où l’espérance de vie , estimée à 46 ans seulement,  baisse de six mois par an depuis une dizaine d’années, la République Centrafricaine occupe de manière désormais constante les derniers rangs de tous les classements socio-économiques au monde :

S’agissant de celui de l’Indice du Développement Humain du PNUD, la RCA a occupé en 2011 le 179e rang sur 187 pays, le taux brut de mortalité (pour 1000) en 2010 est de 16,4 contre 12,0 en moyenne africaine. Ces chiffres deviennent vite hallucinants  quand on observe le taux de  mortalité infantile en RCA (pour 1000) en 2010  qui est de 101,4  contre une moyenne africaine de 78,0. Lorsque nous examinons celui de la mortalité des enfants de  moins de 5 ans (pour 1000) en 2010, il est de  172,2 contre une moyenne africaine de 127,2. Quant aux mères centrafricaines, il en meurt en moyenne 850 par accouchement pour une moyenne africaine de 530,2.Les centrafricains meurent donc comme des mouches, à cause d’une absence totale de politique économique sérieuse.

Si l’on se réfère au classement de la revue Doing Business de la Banque Mondiale pour le climat des affaires pour l’année 2013, la RCA  est classée 185ème sur 185 pays , soit le dernier  rang mondial. Cela signifie concrètement que notre pays est une destination à éviter pour les Investissements Directs Etrangers, avec comme conséquence immédiate la condamnation de tout un peuple à la misère et de la jeunesse au chômage.

Selon le classement de Transparency International sur la perception de la corruption dans le monde, la RCA a occupé le 154 ème rang sur 178 pays en 2010. Des pans entiers de l’économie échappent au fisc et sont gérés par des oligarques inféodés au pouvoir.

Aucun secteur de notre économie n’est épargné par la mauvaise gouvernance : l’agriculture s’est effondrée et n’a jamais fait l’objet en réalité d’une politique volontariste de relance, forçant des centaines de milliers de paysans à un retour à l’économie de troc ;   le secteur minier est devenu le symbole d’une gestion mafieuse et le lieu privilégié de pratiques illicites au profit de la nomenklatura intiment liée au pouvoir, les autres secteurs de l’économie allant à vau-l’eau.

Cette mauvaise gestion de l’économie se fait avec une administration au sein de laquelle, comme dans notre armée, la pyramide des compétences est inversée au profit de proches parents et/ou amis du Président de la République auxquels ce dernier garantit l’impunité. Assurés ainsi de cette immunité « familiale » les pires délinquants économiques ont pignon sur rue. La prétendue lutte contre la corruption patine depuis 2008 du fait d’un manque réel de volonté politique et est agitée comme un mouchoir rouge lorsqu’une mission du Fonds Monétaire International (FMI) est annoncée. Après le départ de cette mission, tous les prévenus sont non seulement élargis mais reprennent leurs fonctions comme si de rien n’était. Les grands délinquants financiers ont encore de beaux jours devant eux, et on voit  apparaître dans notre pays des personnes non autorisées  percevoir des droits fiscaux et notamment des droits de douane grâce à leur appartenance à la famille souveraine.

 

 

VI- LA SITUATION POLITIQUE ET INSTITUTIONNELLE DE LA RCA AUJOURD’HUI

 

a) Sur le plan institutionnel

L'histoire politique de notre pays est jalonnée de coups d'Etat militaires, dont le dernier en date fut celui du Général François Bozizé le 15 Mars 2003. Cette instabilité a été un handicap pour le développement de ce pays en dépit de ses nombreuses richesses potentielles. Conscients de cette histoire difficile, nous Partis Politiques de l'Opposition Démocratique avons tout mis en œuvre pour préserver la stabilité politique et sociale, dans une sous-région troublée depuis plus d'une décennie. Notre démarche républicaine et pacifique a toujours été considérée  avec mépris par le Général François Bozizé qui ne réagit que face à une menace directe sur sa personne et son pouvoir.

La traduction concrète de cette démarche suicidaire du Général François BOZIZE a été la mauvaise organisation, à dessein, des  élections du 23 janvier 2011 qui se sont déroulées dans un désordre « organisé» afin de faciliter des fraudes massives à son profit . Pour la première fois dans l'histoire de notre pays, nous avons véritablement assisté à un simulacre d'élections. Il faut souligner qu'en dehors de l'opposition démocratique, différents rapports des experts de l'Union Européenne (UE), de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), de l'Electoral Institute of South Africa (EISA) et de l'Observatoire National des Elections (ONE), ont entretemps conclu que ces élections ont été émaillées de dysfonctionnements tels qu'ils leur ôtent tout caractère régulier et rendent leurs résultats «sujets à caution ».

Déterminés à demeurer dans le cadre de la loi, nous avons introduit des requêtes

motivées en annulation, auprès de la Cour Constitutionnelle. Les décisions rendues par

cette juridiction aux ordres nous ont apporté la preuve supplémentaire que seule la volonté du Général François Bozizé était la base du droit dans notre pays.

La démarche hégémonique et brutale du Général François Bozizé pour gagner « à tout prix» les élections présidentielle et législatives de janvier 2011 avec une majorité absolue à l'Assemblée Nationale était sans nul doute  motivée par sa volonté non dissimulée de modifier la Constitution, afin de lever la limitation actuelle à deux du nombre de mandats présidentiels et de se donner ainsi la possibilité de se représenter à un troisième mandat présidentiel, puis enfin au-delà de cet horizon, d'assurer sa succession dynastique au pouvoir. C’est sous la pression de la rébellion armée, qu’il renoncera à cette entreprise anticonstitutionnelle.

Coutumier des violations impunies de la Constitution, du Code Electoral et des lois et Règlements de la République, et se considérant au-dessus des décisions de justice telles que l'Arrêt rendu en septembre 2010 par le Conseil d'Etat sur le découpage électoral suite à sa saisine par l'Opposition Démocratique, le Général François Bozizé a démontré à plusieurs reprises son allergie à toute forme de contre-pouvoirs, et il considère l'architecture constitutionnelle, institutionnelle et législative de notre pays comme un corset dont il doit se défaire.

Notre peuple, comme partout ailleurs aujourd'hui, doit pouvoir choisir librement ses dirigeants et représentants. Outre la prétendue réélection du Général François Bozizé à plus de 66% au premier tour, la farce électorale de janvier 20 Il a accouché d'un fait inédit dans notre pays. En effet, pour la première fois depuis notre retour au multipartisme en 1991, l'ensemble de l'opposition démocratique est exclu de l'Assemblée Nationale. Ce lieu universel du débat démocratique, qui dans notre pays a toujours été représentative des force politiques nationales, a été  transformé en une chambre d'enregistrements composée ainsi qu'il suit:

Nombre total de sièges: 104

Nombre de sièges occupés par le KNK, Parti au pouvoir et  ses alliés : 99

Nombre de sièges occupés par les non inscrits: 05

Nombre de sièges vacants: 1

- Cela se passe de commentaire, surtout qu'une bonne douzaine de ces prétendus « députés» sont membres de la famille biologique de François Bozizé : épouse légitime, maîtresses, fils, frères, sœurs, neveux, cousins, etc. Ainsi, dans cette institution banalisée et ramenée au niveau d'un Parti Unique, les débats contradictoires sont inexistants.

Comment la fonction constitutionnelle de contrôle de l'action gouvernementale pourrait-

elle être exercée par une telle Assemblée?

Comment peut-on prétendre améliorer la gouvernance et lutter contre la pauvreté dans un

pays où les institutions de contre-pouvoirs sont vidées de leur contenu et de leur substance?

Où doivent s'exprimer les partis politiques? N'avons-nous pas le droit d'être représentés

à l'Assemblée Nationale pour y parler de notre pays et de notre peuple?

Où devons nous exercer notre action politique et exercer notre droit de contrôle de l'exécutif?

C'est devant cette absence de lieu traditionnel de débat politique, dans un pays où il n’ ya que des problèmes, que la parole est aujourd’hui aux armes.

 

Par ailleurs, les graves atteintes aux libertés fondamentales, l’exclusion volontaire de l’opposition des médias d’Etat, le traitement dégradant dont sont victimes les leaders des partis politiques d’opposition de la part des tenants du parti au pouvoir le KNK sur les médias d’Etat, les nombreuses protestations élevées par l’opposition contre toutes ces pratiques laissent indifférent le Haut Conseil de la Communication (HCC) dont la volonté de ne rien faire pour arrêter cet état de choses n’est jamais démentie.

 

L’Opposition Démocratique observe qu’en 2003 le  Conseil National de Transition (CNT) qui a été institué suite au Coup d’Etat du Général François BOZIZE en lieu et place de l’Assemblée Nationale de l’époque dissoute, avait le mérite d’être composé de toutes les couches sociales de la Nation (Partis Politiques, Syndicats, Sociétés Civile, l’Armée etc.). Aujourd’hui, on ne peut objectivement parler d’Assemblée nationale en RCA, car mal élue, illégitime, monocolore et même immorale de par sa composition.la situation se présente autrement avec un intermède en 2005, où tous les Partis Politiques y compris ceux de l’Opposition, étaient représentés à l’Assemblée Nationale.

N’ayant pas complètement perdu le sens de l’humour malgré notre tragédie nationale, les centrafricains disent que l’Assemblée Nationale actuelle est tellement monocolore et familiale que le débat politique se mène à domicile puis transposé à l’hémicycle pour être validé par un vote à 100%

Sur le plan sécuritaire

 

 La question sécuritaire en République centrafricaine sous le régime du Général François Bozizé a atteint un niveau de  préoccupation  jamais égalé.

Pourtant à la tête de l’Armée centrafricaine depuis plusieurs années avant de devenir Président de la République, le Général François Bozizé a, plus que tous, montré les limites de ses capacités à restructurer l’armée  et à la rendre opérationnelle. Donc les maux qui gangrènent aujourd’hui notre armée, à savoir le tribalisme, le clanisme, la politique, l’affairisme, la corruption et la distribution complaisante des grades  sont de sa responsabilité sinon de son fait.

 

La déliquescence de l’Etat ainsi que l’absence de son autorité a engendré un climat généralisé d’insécurité dans tout le pays.

 

Les forces de défense et de sécurité, principales garantes de la sécurité des personnes et des biens et de l’intégrité de notre territoire, manquant cruellement de ressources ont été ainsi placées dans l’impossibilité  d’assumer la plénitude de leurs missions.

 

C’est ainsi que le Général François Bozizé, présenté pourtant comme « l’homme de la situation » a lamentablement échoué et doit en tirer toutes les conséquences

 

VII- CONCLUSION GENERALE

 

Au regard de tout ce qui précède, l'opposition Démocratique affirme que  la République Centrafricaine, avec le Général François Bozizé est dans une impasse totale.

 

Compte tenu de ce bilan désastreux du régime Bozizé qui a entrainé, une fois de plus, la prise d’armes par la  coalition Séléka qui contrôle aujourd’hui la presque totalité du Territoire National, l’Opposition Démocratique propose le plan ci-joint  de sortie  de crise.

 

 

 

 

Fait à Bangui le 6  janvier 2013

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 15:58

 

 

manifestants du 5 janv Paris. 4 JPG

 

 

L'Afrique du Sud a déjà déployé 200 hommes (ministère)

 

Zuma


JOHANNESBURG, 08 jan 2013 (AFP) - L'Afrique du Sud a déjà déployé 200 hommes en Centrafrique, sur les 400 prévus, chargés d'assister et de former les troupes du gouvernement de Bangui en proie à une rébellion, a affirmé mardi le chef de la communication du ministère de la Défense dans une interview à l'AFP.

 

"Nous avons envoyé 200 hommes", a indiqué Siphiwe Dlamini, "notre mandat est très clair. D'abord et avant tout, le renforcement des capacités, la formation de l'armée de République centrafricaine, l'échange de conseillers, l'échange de formateurs et d'instructeurs".


Les 200 autres hommes seront déployés "en fonction de la situation sur le terrain".


Par ailleurs, et compte tenu des conditions locales, l'armée sud-africaine a déployé "un service de protection pour défendre nos propres intérêts", a ajouté le représentant du ministère, sans donner de détails sur le nombre d'hommes affectés à chaque tâche.


Pretoria avait annoncé samedi son intention d'envoyer jusqu'à 400 hommes en Centrafrique, sans spécifier de calendrier de déploiement.


Dimanche, une source militaire avait affirmé à l'AFP que les soldats sud-africains allaient rejoindre une unité de 400 Tchadiens déjà en place pour protéger la ville stratégique de Damara. M. Dlamini n'a pas confirmé cette information.


Lundi, la rébellion du Séléka a dénoncé la présence de troupes sud-africaines à Bangui, accusant le président François Bozizé de vouloir "plonger le pays dans le chaos", et l'Afrique du Sud de "voler au secours des ennemis du peuple centrafricain".


Selon le ministère sud-africain de la Défense, le déploiement de troupes se fait uniquement dans le cadre d'un accord bilatéral signé en 2007. "Nous sommes là-bas pour former, pour renforcer les capacités des troupes de la République centrafricaine, et nous ne sommes pas là-bas pour quoi que ce soit d'autre", a soutenu M. Dlamini.


L'armée sud-africaine est déjà engagée en République démocratique du Congo et au Darfour (Soudan), dans le cadre de missions internationales de maintien de la paix.

 

 

 

Pouvoir et rebelles à Libreville pour négocier, Bozizé refuse de partir

 

Bozizé perdu


LIBREVILLE, 08 jan 2013 (AFP) - Le président centrafricain François Bozizé a clairement affirmé mardi qu'il ne négocierait pas son départ, réclamé par la rébellion dont une délégation se trouve à Libreville pour des pourparlers avec le pouvoir et l'opposition, sous l'égide des pays d'Afrique centrale.


"Je n'ai pas à négocier (mon départ), est-ce que la rébellion représente le peuple centrafricain ? Je n'ai pas à négocier une fonction de chef d'Etat", a-t-il déclaré en réponse à une question lui demandant s'il était prêt à satisfaire les exigences de la rébellion.


"Pourquoi déchiqueter la Constitution ? Détruire les institutions de la République, c'est grave dans un monde où nous défendons la démocratie. Seuls les hors-la-loi, les mercenaires-terroristes peuvent demander cela", a-t-il poursuivi.


Il a également fustigé "l'opposition démocratique" qu'il a accusée de collaborer avec les terroristes.


"J'ai perdu une bataille mais pas la guerre", a enfin lancé le président centrafricain.


Ces déclarations tranchantes, qui augurent mal d'une issue positive à la profonde crise qui secoue la Centrafrique, interviennent le jour où s'est tenue à Libreville une réunion du conseil des ministres des Affaires étrangères de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC) préparatoire aux pourparlers entre le pouvoir de Bangui très fragilisé et une rébellion qui tient la majeure partie du pays.


A l'issue de la réunion, le conseil "a regretté que toutes les parties continuent de faire des déclarations incendiaires" et appelé "immédiatement à un accord de cessez-le-feu".


Il appelle aussi "le gouvernement à privilégier une approche régionale de la crise", une allusion aux renforts sud-africains envoyés à Bangui pour aider Bozizé.


Une délégation des rebelles, dirigée par le chef de la coalition Séléka, Michel Djotodia, est arrivée la première lundi soir à Libreville, après une escale à N'Djamena.


"On ne peut pas faire la guerre sans la paix et vice versa. On est là, on va discuter, on va se comprendre. Après tout, nous ne sommes pas des ennemis, nous sommes des frères", a-t-il déclaré à l'AFP à N'Djamena, avant de poursuivre: "Ce n'est pas moi qui vais faire partir Bozizé, il y a une coalition et il y a aussi l'opposition démocratique qui est là (...) on va se retrouver et on verra ce qu'il y a lieu de faire."


Les délégations du gouvernement et de l'opposition avaient quitté Bangui mardi matin pour Libreville. L'archevêque de Bangui Dieudonné Nzapalainga les accompagne en tant qu'observateur, ainsi que d'autres membres de la société civile.


La société civile espère le triomphe du sentiment patriotique


"Nous espérons que, pour une rare fois, le sentiment patriotique va dépasser toutes les autres considérations", a déclaré à l'AFP l'un des délégués de la société civile, Clotaire Rodonne Siribi, du Comité de suivi des recommandations du dialogue politique inclusif.


Lundi, le chef de la délégation du pouvoir, Jean Willybiro-Sako, s'était déclaré "serein", estimant que les concessions du président Bozizé, qui a proposé un gouvernement d'union nationale et assuré qu'il ne se représenterait pas à la prochaine présidentielle, "avaient débloqué beaucoup de choses".


"Nous ne pouvons pas nous limiter uniquement au programme DDR" (désarmement, démobilisation, réinsertion des combattants - programme décidé par des accords de paix en 2008 mais jamais vraiment appliqué), a déclaré Me Nicolas Tiangaye, le chef de délégation de l'opposition.


François Bozizé, sur la sellette depuis la déroute de l'armée régulière face aux rebelles du Séléka, devrait se rendre à Libreville dans le courant de la semaine, si les délégations arrivent à s'accorder sur une sortie de crise qui semble difficile à trouver.


Il s'était rendu lundi à Brazzaville, pour préparer avec le président congolais Denis Sassou Nguesso, dont il est proche, les pourparlers.


L'un des principaux opposants Jean-Jacques Demafouth, arrivé mardi soir, estime que Bozizé doit venir à Libreville: "Il ne peut pas refuser de venir. Il sera obligé à un moment donné d'être là. La situation est extrêmement grave", a-t-il déclaré à l'AFP.


Les rebelles réclament notamment le respect d'accords de paix signés entre 2007 et 2011 avec le pouvoir. Une réunion du comité de suivi de ces accords est prévu mercredi à Libreville, le calendrier précis des pourparlers n'étant toujours pas divulgué par la CEEAC qui souligne "la complexité de sa tâche". 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 15:52

 

 

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Michel Djotodia dans l'avion pour se rendre à Libreville

 


BANGUI, 08 jan 2013 (AFP) - Le pouvoir centrafricain est confronté à la rébellion de la coalition Séléka qui a pris les armes le 10 décembre et contrôle désormais la plus grande partie du pays.


Le Séléka, composé de factions rebelles dissidentes, réclame notamment le respect d'accords de paix signés entre 2007 et 2011 avec le pouvoir.

 

--DECEMBRE 2012--

 

- 10: Une faction rebelle de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) prend d'assaut Ndélé (nord) et deux localités dans le Nord-Est.


Le 15 septembre, deux villes au nord de Bangui, Sibut et Damara, font l'objet d'attaques par une faction rebelle de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP).


- 18: Une coalition de plusieurs factions rebelles, le Séléka ("alliance", en sango, langue nationale), prend la ville minière de Bria (centre-est). Le Séléka est formé par une aile dissidente de la CPJP et la Convention patriotique pour le salut wa kodro (CPSK) ainsi que la faction dissidente de l'UFDR.


Des éléments de l'armée de terre tchadienne "lourdement armés, à bord d'une vingtaine de véhicules", arrivent à Kaga Bandoro (centre), où ils rejoignent des hommes des Forces armées centrafricaines (FACA).


- 23: La coalition s'empare de Bambari (centre-sud), une des places fortes des FACA. La veille, elle a pris la ville aurifère de Ndassima (à 18 Km de Bambari) et celle voisine d'Ippy (centre).


Le 25, elle prend Kaga Bandoro.


- 26: La coalition demande au pouvoir "de déposer les armes", affirmant que le président François Bozizé "a perdu le contrôle du pays".


Des manifestants proches du pouvoir manifestent violemment devant l'ambassade de France à Bangui pour dénoncer la passivité de Paris.


- 27: Paris affirme que la présence militaire française n'est pas destinée à "protéger un régime" mais les ressortissants français.

Bozizé appelle la France et les Etats-Unis à l'aider à stopper les rebelles.


- 28: La Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) annonce que le gouvernement et les rebelles ont accepté que des négociations s'ouvrent prochainement et sans conditions à Libreville.


- 29: Les rebelles prennent Sibut, à 160 km au nord de la capitale, obligeant les forces régulières et leurs alliés à se replier sur Damara, à 75 km de Bangui.


- 30: Renforts français à Bangui qui portent à 580 le nombre de soldats français.

 

 

--JANVIER 2013--

 

- 2: Bozizé reprend à son fils le commandement de l'armée.


- 5: Les rebelles prennent Alindao et Kouango (centre), près de Bambari, et se trouvent, selon le gouvernement, à 12 km de Damara.


- 6: Une source militaire confirme l'arrivée d'au moins 200 soldats sud-africains, avec "pour mission de sécuriser la capitale". Au total, 400 soldats sud-africains doivent être déployés.


- 7: Le président congolais Denis Sassou Nguesso reçoit François Bozizé à Brazzaville.

La rébellion accuse Bozizé de vouloir "plonger le pays dans le chaos avant son départ imminent".


- 8: Les délégations du pouvoir et de l'opposition rejoignent à Libreville les représentants de la rébellion pour engager des négociations sous l'égide des pays d'Afrique centrale. 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 15:23

 

 

 

Libreville

 

 

BANGUI, 08 jan 2013 (AFP) - Pouvoir, rebelles et opposition se retrouvent à Libreville pour des négociations de paix sur la crise centrafricaine. Voici la liste des principaux acteurs:

 

REBELLES

 

Michel Djotodia (chef de délégation). Agé d'une soixantaine d'années, le président du Séléka a une longue expérience de la rébellion. D'abord fondateur d'un groupuscule, il a été à l'origine de la création de l'UFDR (Union des forces démocratiques pour le rassemblement), fusion de plusieurs petits groupes en 2005 et qui a donné naissance à une des rebellions les plus actives du pays. L'UFDR semble être aujourd'hui la composante principale de la coalition du Séléka.

 

M. Djotodia avait perdu les rênes de l'UFDR lors de son arrestation et exil au Bénin en 2007 au profit de Damane Zakaria mais semble s'en être rallié les éléments en 2012.

 

Avant son passé de rebelle, il a été fonctionnaire du ministère du Plan, puis des Affaires étrangères. Il avait été nommé consul de la Centrafrique à Nyala (Soudan) par François Bozizé peu après son accession au pouvoir en 2003.

 

Eric Neris Massi: Porte-parole et coordonnateur du Séléka, il est le beau-fils de Charles Massi, ancien ministre devenu rebelle, fondateur de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). Celui-ci avait refusé d'intégrer le processus de paix de 2008 et est donné pour mort par sa famille qui accuse le régime du président Bozizé de l'avoir tué en 2010.

 

Fin communicateur vivant en France, Eric Massi se présente comme l'héritier de son beau-père. Le régime le qualifie d'"usurpateur" n'ayant pas la nationalité centrafricaine.

 

Florian Ndjadder, importante figure du Séléka. Fils d'un général mort en 2001 lors du coup d'Etat manqué contre le régime d'Ange-Félix Patassé, il a été sous-officier des forces armées centrafricaines. Emprisonné pour un braquage mais libéré par M. Bozizé, il a pris le maquis et a fondé la rébellion de l'Union des forces républicaines (UFR), dans les régions de l'Ouham Péndé et de l'Ouham (nord-ouest). Son mouvement a signé les accords de paix mais a intégré le Séléka.

 

Djouma Narkoyo. Ce "colonel" était inconnu jusqu'aux attaques du Séléka. Toutefois, il est très présent sur le terrain et est incontestablement un des chefs militaires du mouvement. De l'avis de certains observateurs, il ne s'agit pas de son vrai nom.

 

POUVOIR

 

Jean Willybiro Sako (chef de délégation): Si son portefeuille ne semble pas de premier plan (Enseignement supérieur), il est un des trois ministres d'Etat et est un des poids-lourds du régime alors qu'il ne fait pas partie du parti Knk du président Bozizé. Réputé rigoureux, compétent et intègre, criminologue de formation, il a été ministre des présidents André Kolingba, d'Ange-Félix Patassé et de François Bozizé. Il était jusqu'en en avril 2011 ambassadeur en France.

 

Cyriaque Gonda: Ancien ministre, ancien fonctionnaire des Nations unies, membre de la majorité présidentielle, c'était un proche du chef de l'Etat mais il est tombé en disgrâce à la suite d'une accusation de détournements de fonds publics destinés au programme Désarmement, Démobilisation, Réinsertion (DDR) des rebelles

Il revient sur la scène sans doute parce qu'il a été le principal artisan du Dialogue politique inclusif de 2008, qui avait réuni toutes les parties et s'était soldé par un succès.

 

Josué Binoua. Ministre de l'Administration du territoire (Intérieur), il n'a fait son entrée au gouvernement qu'au mois d'avril mais il en est devenu une des voix les plus écoutées et un des seuls autorisé à parler depuis le début de la crise. Pasteur, issue de la société civile, ayant fait ses études en France (dont il a la nationalité), il a été candidat à la présidentielle de 2005 contre M. Bozizé.

 

OPPOSITION

 

Me Nicolas Tiangaye (chef de délégation). Ce célèbre avocat qui a défendu l'ex-Empereur Bokassa en 1986-1987 est aussi connu pour avoir été président de la ligue centrafricaine des droits de l'homme. En 2003, lors de la prise de pouvoir de François Bozizé, il a présidé le parlement de transition.

Il est porte-parole du Front pour l'annulation et la reprise des élections (de 2011), le  FARE-2011.

 

Martin Ziguélé. Le principal opposant. Ancien Premier ministre d'Ange-Félix Patassé, il était en fonction lorsque M. Bozizé a pris le pouvoir. Président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) qui fait partie de l'internationale socialiste, il a été deux fois candidat à la présidentielle. En 2005, il a été battu au 2e tour par M. Bozizé et en 2011 il s'est classé 3e derrière MM. Bozizé et Patassé.

 

Me Henri Pouzère: Avocat candidat aux présidentielles de 1999 et 2005. Très critique à l'égard des régimes Patassé et Bozizé, il dirige l'association politique Löndö (debout). Il est respecté parce qu'il n'a jamais été aux affaires. 

 

 

 

NDLR : Contrairement à ce qu'annonce cette dépêche, le ministre Josué Binoua n'est pas à Livreville avec la délégation gouvernementale, selon nos informations mais il était en revanche du déplacement de Bozizé à Brazzaville lundi dernier. Côté Séléka, Eric Massi attendu dans la capitale gabonaise n'est toujours pas présent tandis que Florian Ndjadder de l'UFR vient seulement d'arriver ce mercredi après-midi à Libreville. Les premières discussions avec les médiateurs ont démarré ce matin avec la remise d'un consistant mémorandum et un document contenant les propositions de solutions de sortie de crise confectionnées par l'opposition démocratique. Il a fallu beaucop de conciliabules pour que Séléka daigne se rendre dans la salle mais finalement tout se serait bien passé d'après nos informations .   

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 10:22

 

 

 

CEEAC

 

 

APA-Libreville (Gabon) 2013-01-09 01:16:00 Les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), ont demandé mardi à Libreville aux rebelles de la Séléka et au régime du président François Bozizé de signer sans délai un cessez-le-feu et ont appelé les rebelles à se retirer des villes conquises.


Selon le communiqué final de la rencontre, les ministres « exhortent les parties en conflit à signer immédiatement un accord de cessez-le-feu ». Le texte exige le retrait des rebelles des villes conquises.


Le premier face à face entre les rebelles de la Séléka, le gouvernement de Bozizé et l'opposition non armée, est prévu ce mercredi.


La situation s'annonce houleuse au regard des déclarations tranchées des protagonistes. Mardi à Bangui, la capitale de la Centrafrique, le président François Bozizé a affirmé qu'il n'ira pas à Libreville pour négocier son départ. Un jour auparavant il a déclaré depuis Brazzaville (Congo) où il a brièvement rencontré le chef de l'Etat congolais, Denis Sassou Nguesso, que les rebelles de la Séléka étaient des mercenaires à la solde des étrangers.


Les rebelles, pour leur part, continuent d'exiger le départ de Bozizé du pouvoir.


Le sommet extraordinaire des chefs d'Etat de la CEEAC prévu ce jeudi toujours dans la capitale gabonaise, s'annonce extrêmement difficile


Mardi, le ministre centrafricain des Affaires étrangères, aurait refusé d'embarquer à bord d'un avion affrété par le Gabon estimant que les autres Centrafricains ayant pris place n'étaient pas de son bord politique, a indiqué un diplomate gabonais sous couvert de l'anonymat.

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 09:52

 

 

 

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RFI   mercredi 09 janvier 2013

 

Alors que des négociations inter-centrafricaines sont prévues à Libreville, au Gabon, sous l'égide des Etats de l'Afrique centrale, sur le terrain, la situation est préoccupante pour les populations. Des centaines de tonnes d'aide alimentaire ont été pillées dans plusieurs villes du nord de la Centrafrique « et la situation est totalement imprévisible », a indiqué, mardi 8 janvier, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, basé à Genève.

 

Elisabeth Byrs  Porte-parole du Programme alimentaire mondial

« Nous sommes prêts, avec les 1000 tonnes dans les entrepôts à Bangui, à nourrir 300 000 personnes pour une semaine »

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Centrafrique-Presse.com - dans Humanitaire
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 09:41

 

 

 

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Par Laurent Correau  RFI   mercredi 09 janvier 2013

 

La capitale du Gabon, Libreville, accueille actuellement des délégations de la rébellion centrafricaine, du pouvoir et de l’opposition politique. Objectif : faire sortir le pays de la crise dans laquelle il est plongé depuis le mois de décembre. Dans quel état d’esprit les autorités centrafricaines abordent-elles ces discussions ? Qu’est-ce que le président François Bozizé est prêt à répondre à ceux qui réclament son départ ? Le chef de l’État centrafricain a répondu aux questions de l'envoyé spécial de RFI à Bangui.

 

La rébellion et l’opposition vous demandent de quitter vos fonctions à la tête du pays. Est-ce que vous êtes prêt à négocier cela à Libreville ?


Non, je n’ai pas à négocier. Pourquoi négocier ? Est-ce que la rébellion représente le peuple centrafricain qui m’a élu à deux reprises ? Qu’est-ce qu’on me reproche ? Je fais mon travail. Une rébellion qui surgit brutalement, qui nous attaque. Non, je n’ai pas à négocier. Sinon, c’est la loi de la jungle qui va triompher. Et cela pourra s’étendre ailleurs, et pourquoi pas même dans les pays développés ?

 

Qu’est-ce que vous souhaitez que votre délégation négocie à Libreville ?

 

Nous l’avons déclaré devant le président en exercice de l’Union africaine : nous sommes prêts pour un gouvernement d’union nationale. Dans notre gouvernement actuel, il y a l’opposition. Donc pour nous, ce ne sera pas une affaire nouvelle, c’est une chose que nous pratiquons depuis toujours. Seuls les gens de mauvaise foi disent le contraire.

 

Qui sont les rebelles qui ont lancé l’attaque sur Ndélé le 10 décembre ?

 

Je ne les connais pas. Si je les connaissais, je pourrais mieux les définir. Par contre, Djotodia semble être leur chef. Mais c’est à Djotodia que nous avons envoyé une délégation pour le voir il y a un mois et demi. A Gordil, il avait reconnu les accords de Libreville et il devrait respecter ceux-là. Qu’est-ce qu’il l’a poussé ? Est-ce que ce sont les opérateurs économiques qui l’ont poussé à aller de l’avant ? Lui seul pourrait le dire.

 

Au moment où ces négociations doivent commencer à Libreville, quel est votre message aux rebelles de la Seleka ?

 

Dans un premier temps, c’est de respecter la décision de Ndjamena qui leur demande de revenir à leur point de départ. Ensuite, reconnaître la Constitution de la République centrafricaine et ne pas se comporter tel qu’ils le font s’ils sont vraiment des citoyens du pays. Seul le respect des institutions de la République doit être pris en compte.

 

Qu’est-ce que vous attendez justement de vos pairs de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale qui doivent se réunir avec vous en sommet à la fin de cette semaine ?

 

Ce sont des chefs d’Etat qui ont l’habitude de gérer un pays. Certains connaissent les problèmes de rébellion. Je leur laisse le soin de deviner le reste. Ce qui arrive à la République centrafricaine peut arriver ailleurs. Il est temps de freiner cela.

 

Pourquoi selon vous les rebelles ont repris leurs activités en décembre ?

 

Dire que les rebelles ont repris, non. C’est une fraction, ce sont des rebelles un peu à part qui ont été « travaillés » à l’extérieur et l’opposition démocratique n’a fait que profiter de cela pour présenter ses revendications. Mais ce ne sont pas les rebelles habituels puisque les rebelles habituels ont signé les accords de paix à Libreville. Et nous vivons avec eux. Ils sont dans l’administration, dans le gouvernement, dans la fonction publique. Ce ne sont pas les mêmes rebelles.

 

Il y a à l’heure actuelle dans la société centrafricaine, en tout cas ici à Bangui, un discours anti-français qui commence à monter. Quel est l’état des relations actuellement entre la France et la Centrafrique ?

 

Non, les relations entre la France et la Centrafrique sont au beau fixe. Ce sont les rebelles de Seleka qui ont créé cette situation nouvelle. Et dans la mobilisation, la colère générale, la jeunesse a manifesté sa colère vis-à-vis de la France à travers des manifestations proches de l’ambassade de France. Nous avons reçu l’ambassadeur de France pour nous en excuser. Mais c’est une colère qui est tout simplement due au fait que la jeunesse a vu son avenir bloqué dans la mesure où elle espérait beaucoup, avec toutes les transformations que nous avions apportées au pays. Et voilà que brutalement, on assiste à une menace dangereuse pour l’avenir du pays. Mais c’est une colère de circonstance et cela doit s’arranger normalement. Il n’y a pas à développer cela sous autre forme.

 

Des forces sud-africaines sont actuellement déployées à Bangui. On parle également d’éléments ougandais. Quelle est la mission que vous leur attribuez ?

 

Il faut reconnaître que les forces ougandaises et sud-africaines existent en République centrafricaine depuis bientôt cinq ans. Les forces sud-africaines participent à la remise à niveau de forces centrafricaines. Les forces ougandaises se trouvent dans la pointe sud-est du pays et combattent la LRA [Armée de résistance du Seigneur ndlr] de Joseph Kony. Ils sont à 1 400 soldats dans la pointe Est du pays. Donc pour nous, ce n’est pas nouveau. Mais compte tenu du fait que le pays vit un moment qui n’est pas normal, ils ont dû prendre des dispositions puisqu’ils ont des ressortissants aussi.

 

Il y a eu des renforts tout de même ?

 

Oui, on ne sait pas comment les choses vont se développer. Toute armée à travers le monde prévoit toujours. Il n’est pas question de croire que c’est une petite affaire et que ce sont deux ou trois militaires qui doivent se tenir face à cela. Nous sommes prévoyants tout simplement.

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 09:17

 

 

 

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Le président centrafricain François Bozizé a martelé mardi qu'il ne voulait "pas négocier" son départ. La rébellion en fait pourtant la condition du dialogue.

 

J'y suis, j'y reste. Le président de la Centrafrique François Bozizé a exclu mardi de quitter son poste sous la pression des rebelles. "Je n'ai pas à négocier mon départ. Est-ce que la rébellion représente le peuple centrafricain qui m'a élu à deux reprises ?", s'est-il interrogé lors d'une conférence de presse dans la capitale Bangui. Le chef d'Etat sur la sellette a ensuite qualifié les opposants de la coalition Séléka, qui contrôlent la majeure partie du pays depuis leur offensive éclair lancée le 10 décembre, de "mercenaires terroristes" et de "hors la loi".

Des pourparlers cruciaux


Ce sont pourtant eux qui doivent s'asseoir à la table des négociations imminentes à Libreville, au Gabon. La délégation du pouvoir et les représentants des rebelles, épaulés par des membres de la société civile centrafricaine, sont déjà sur place. Prêts à engager dans les heures à venir de difficiles négociations de paix pour tenter de mettre un terme à la profonde crise qui secoue la Centrafrique, sous l'égide des pays voisins. Ces derniers, réunis au sein du conseil des ministres de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale, ont évoqué dans un communiqué mardi "la complexité de la tâche" qui leur est assignée.


Les rebelles, qui réclament notamment le respect d'accords de paix signés entre 2007 et 2011 avec le pouvoir, exigent comme condition au dialogue le "départ" du président en place. Avec les déclarations tranchantes de Bozizé, ces pourparlers cruciaux débutent de la plus mauvaise manière.

 

 

 

NDLR : Bozizé avait accepté le principe des négociations "sans conditions" à Libreville et de formation d'un gouvernement d'union nationale y compris avec les rebelles. Maintenant que ceux-ci sont sur place à Libreville et comptent examiner le contenu et la forme de ce gouvernement de transition, c'est Bozizé qui énonce encore des conditions. C'est à y perdre son latin. On se demande même s'il va se rendre aux négociations de Libreville alors que tout les différents protagonistes sont déjà là-bas. 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 03:41

 

 

 

Déby et Bozizé à Bangui

 

8 jan, 2013 (APA)


L’activisme du Tchad dans le dossier centrafricain fait l’objet d’interrogations de la part de bon  nombre de personnes qui s’intéressent à la crise en Centrafrique.


Il est vrai que le général Idriss Déby Itno assure depuis deux ans la Présidence de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale) et cela peut peser dans les décisions puisque la CEEAC, comme la plupart des communautés régionales africaines, met la stabilité de la région au centre de sa politique.


Il est aussi important de souligner que le judoka et démographe tchadien Nassour Ouaïdou, ancien Premier ministre d’Idriss Déby Itno et ancien Président de l’Assemblée nationale du Tchad, est aujourd’hui Secrétaire Général de la CEEAC dont le siège est à Libreville au Gabon.


Et le courant ne peut que bien passer entre les deux personnalités.


Il est aussi important de relever que le Tchad, qui est entré dans le club des pays pétroliers depuis douze ans, veut de plus en plus peser sur la scène sous-régionale notamment à la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) où il dicte de plus en plus ses désidérata aux autres pays membres que sont le Cameroun, le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Congo Brazza, et notamment la RCA.


Mais si N’Djamena est impliqué ainsi dans la crise centrafricaine, c’est surtout pour protéger son pétrole.



Les bassins pétroliers de Doba, de Dosséo, de Mandouli d’où est extrait le pétrole tchadien sont voisins à la RCA et toute instabilité dans la région menacerait dangereusement les intérêts du Président Idriss Déby Itno.


N’Djamena aussi est intéressé par tout ce qui se passe en RCA puisque sur l’ensemble de ce pays, le commerce est presqu’entièrement entre les mains des Tchadiens, notamment le commerce de détail.


Si N’Djamena s’est empressé d’envoyer des éléments en RCA, c’est surtout pour prévenir que ces Tchadiens, aguerris, ne puissent se servir de la RCA comme base arrière pour déstabiliser le régime d’Idriss Déby Itno.


Soulignons que la Séléka, même si elle a de contacts avec les officiels tchadiens, garde dent à Idriss Déby Itno qui a fait arrêter et livrer à Bozizé le colonel Charles Massi, ancien rebelle centrafricain qui opérait sur les frontières de ces deux pays.


Depuis lors, le Colonel Massi n’a jamais réapparu et selon plusieurs sources, il serait mort sous la torture au début de l’année 2010.


Aujourd’hui son fils Eric Massi est un des hommes forts de la Séléka et il ne cache pas sa ferme volonté de connaître la vérité sur la disparition de son père. Ce qui importune N’Djamena et inquiète Bangui.


N’Djamena a envoyé son armée en RCA donc par prévention surtout que pendant cinq ans au moins, une bonne partie du Nord de la RCA était sous la coupe du Général Baba Laddé, jeune rebelle tchadien de 40ans, gendarme de formation.


Plusieurs raids conjoints de l’armée tchadienne et de l’armée centrafricaine n’ont pas réussi à faire déloger le chef rebelle tchadien. Il a fallu la persuasion de Mgr Pomodimo, médiateur centrafricain, pour faire ramener au bercail, en milieu de l’année 2012, le chef rebelle tchadien.


D’abord il faut relever que le règne de Patassé, qui lui-même serait d’origine tchadienne selon plusieurs sources (ses parents, des Sara, du groupe Kaba, auraient émigré en RCA pendant la période coloniale).


Ange Félix Patassé et Idriss Déby Itno entretenaient de bonnes relations avant de se brouiller. Idriss Déby Itno accueillit alors sur son territoire un certain Bozizé qui conquit Bangui en 2003 avec l’aide de nombreux Tchadiens, les fameux Libérateurs, dans le  jargon centrafricain.


Il faut signaler que l’ancien chef d’Etat-major de l’armée tchadienne, le général Daoud Soumaïne, tué lors du raid des rebelles tchadiens sur la capitale N’Djamena en février 2008, est un ami personnel de François Bozizé).


Les fameux Libérateurs se brouillèrent eux aussi très vite avec Bozizé et alimentèrent de nombreuses rebellions  contre le régime de Bozizé.


Et jusqu’à une date récente, ce sont les Tchadiens qui assurent la sécurité du Palais Présidentiel centrafricain. Comme par enchantement, le retrait de ces Tchadiens il y a deux mois, a sonné aussi le début de la conquête du pays par la Séléka.

 

Par Miskine Sakit

 

 

NDLR : En prenant le contrôle de Bambari et surtout de la localité qui abrite les mines d'or de Ndassima, Séléka prive cruellement Bozizé de toucher les subsides de la société qui exploite ces mines. D'où sa colère contre Séléka. 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 03:25

 

 

 

manifestants du 5 janv Paris. 4 JPG

 

 

Le président du Congo Brazzaville et médiateur de la CEEAC pour la crise centrafricaine, Denis Sassou Nguesso, annonce aujourd’hui que les pourparlers de paix entre Bangui et la coalition rebelle du Séléka sont reportés et s’ouvriront d’ici le 11 janvier. « Nous partons sereins [...] à une grande rencontre entre Centrafricains pour nous pencher sur les problèmes de notre pays et rechercher des solutions pour la paix et le développement », déclare le chef de la délégation gouvernementale et ministre centrafricain de l'Enseignement supérieur, Jean Willybiro Sako.


Un optimisme partagé par le chef politique du Séléka, Michel Djotodia. « On est là, on va discuter, on va se comprendre. Après tout, nous ne sommes pas des ennemis, nous sommes des frères », avait-il déclaré hier à la presse avant d’ajouter que « ce n'est pas moi qui vais faire partir Bozizé, il y a une coalition et il y a aussi l'opposition démocratique qui est là […], on va se retrouver et on verra ce qu'il y a lieu de faire ».


 Si la délégation du Séléka est arrivée hier à Libreville, la délégation gouvernementale a été retardée en raison de problèmes techniques et devrait rejoindre dans la journée la capitale gabonaise.

 

(Source : France 24   8 jan. 2013)

 

NDLR : Si les pourparlers doivent débuter le 11, pourquoi faire aller les délégations dès le 7 pour les confiner dans les hôtels pendant que Bozizé défraie la chronique dans les médias ? 

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