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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 15:26

 

 

 

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LIBREVILLE AFP / 28 janvier 2013 14h23 - Le principal opposant gabonais André Mba Obame, absent de la scène politique depuis cinq mois, a invoqué lundi des attaques mystiques pour expliquer ses problèmes de santé, et a promis de reprendre très bientôt son combat politique.

 

Dans une interview à l'AFP, M. Mba Obame, qui revendique la victoire à la présidentielle 2009, remportée par Ali Bongo, et qui s'était autoproclamé président en 2011, assure qu'il a été l'objet d'attaques mystiques répétées, très fortes, très puissantes. Peut-être que vous trouverez ça difficile à comprendre (...) pas forcément rationnel et cartésien.



J'ai été à plusieurs reprises dans un état de coma avec une paralysie presque totale et des difficultés d'élocution. Ca ressemble à un AVC (accident vasculaire cérébral) mais il n'y pas de traces d'AVC au niveau du cerveau, a-t-il assuré.



Pour se soigner, la médecine traditionnelle lui a demandé un isolement le plus total, le silence, le recueillement, a-t-il ajouté pour justifier ses cinq mois d'absence pendant lesquels la rumeur a souvent annoncé son décès.



Cette lourde épreuve m'a rendu plus fort. Bientôt. Très bientôt (...) je vais pouvoir sortir de l'isolement et reprendre une vie normale, et dans ma vie normale il y a le combat politique, a-t-il déclaré.


Agé de 55 ans, M. Mba Obame, qui était rentré au Gabon en août après 14 mois d'absence pour d'autres problèmes de santé, s'exprime encore avec difficulté, se déplace avec une béquille, et n'a pas encore récupéré toutes ses facultés physiques notamment du côté gauche.

 

Secrétaire exécutif de son parti l'Union nationale (UN) qui a été dissous après son auto-proclamation comme président, M. Mba Obame continue de réclamer une conférence nationale souveraine réunissant pouvoir, opposition et société civile -à l'image de celle qui avait donné naissance au multipartisme en 1990 -- afin d'élaborer une nouvelle Constitution et d'organiser la tenue d'élections générales.



Le président Bongo a balayé cette idée la qualifiant de véritable coup d'Etat constitutionnel.

 

La conférence nationale est incontournable. Elle aura lieu. Il n'y aura peut-être pas de conférence nationale souveraine convoquée par le pouvoir (...), mais on a a vu des pays où il y a eu des Conférences nationales non convoquées par le pouvoir, au Niger, au Sénégal, a expliqué AMO, comme le surnomme les Gabonais.

 


On va l'organiser dans les prochaines semaines,
a-t-il ajouté.


M. Mba Obame estime que même dissous son parti est encore plus fort: L'UN va diriger ce pays très prochainement, pendant longtemps et de manière démocratique.



Ex-ministre de l'Intérieur d'Omar Bongo, décédé en 2009, M. Mba Obame a comparé son pays à la crise centrafricaine: Le président centrafricain François Bozizé a promis le dialogue (avec l'opposition) puis il a cherché à gagner du temps et il a pratiquement tout perdu.



Ce qui est arrivé au président Bozizé va arriver à d'autres, et notamment ici au Gabon, a-t-il prévenu.


(©) 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 15:05

 

 

 

Bozizé perdu

 

 

 

Afrik.com  LUNDI 28 JANVIER 2013 / PAR FRED KROCK

 

(De notre correspondant)

 

La question de la formation du nouveau gouvernement de transition a été évoquée par le Premier ministre, Me Nicolas Tiangaye, le 25 janvier, lors d’une conférence de presse qu’il a animée au siège du gouvernement. Aujourd’hui, seule la majorité présidentielle, des cinq entités, n’a pas encore déposé les noms de ses ministres. Et les choses trainent en longueur pendant que la souffrance du peuple s’accentue par effets collatéraux de la crise.

 

Depuis le 17 janvier 2013, le Premier ministre devant conduire le gouvernement de transition en République centrafricaine a été nommé par décret présidentiel. Il s’agit de l’avocat Me Nicolas Tiangaye. Cependant, il se pose un problème, surtout le facteur temps, dans la constitution du gouvernement qui est élargi à cinq entités, à savoir la coalition rebelle Séléka, la majorité présidentielle, l’opposition démocratique, les politico-militaires et la société civile. Cependant, la majorité présidentielle traine en longueur l’envoi de la liste de ses ministrables.


Cette rétention de la liste des personnes devant représenter la majorité présidentielle au sein de ce nouveau gouvernement de transition cache mal l’intention totalitariste de Bozizé et de son parti le KNK, à tirer le drap de leur côté, quand bien même que le Premier ministre a envoyé à l’avance, à chaque partie, la configuration de son gouvernement. Et cela corrobore le retard cillement orchestré par Bozizé, lorsque les Centrafricains attendaient la nomination du chef du gouvernement connu d’avance depuis Libreville. Le président est allé même loin, pour décliner, à son niveau, la taille et la clé de répartition du gouvernement, tâche qui revient exclusivement au Premier ministre qui doit former son gouvernement comme il l’entend avant de le soumettre à la signature du président de la République.


A ce jour, à en croire Me Nicolas Tiangaye, toutes les autres parties ont déjà envoyé leur liste conformément à la configuration qui leur a été adressée, il ne reste que la majorité présidentielle. Par contre, le Premier ministre, est resté imperturbable quant à ces manigances bozizéennes, car dit-il « … nous attendons encore la liste de la majorité présidentielle. Mais, il n’y a aucun problème ».


Crise économique


Entre temps, il y a la grogne des populations par rapport aux effets de la crise, tant les Centrafricains sont encore replongés dans la patience, en attendant les nouveaux dirigeants qui doivent ouvrir des chantiers pour que la vie reprenne en République centrafricaine. Retrouver la paix est une chose, mais vivre c’est-à-dire profiter de cette paix en est une autre. Le pays est de plus en plus asphyxié par les effets collatéraux de la crise, étant donné que les provinces ont épuisé leurs réserves de produits de première nécessité (savon, sucre, pétrole…) et la capitale Bangui n’est plus approvisionnée en denrées alimentaires, faisant place à la flambée des prix de tous bords. Le soulagement ne viendra que lorsque les nouveaux membres du gouvernement prendront leur fonction pour libérer les routes et favoriser les échanges.


Le président Bozizé doit prendre la mesure de cette situation pour faire parvenir rapidement la liste des ministres de son entité au siège du gouvernement, afin de libérer le peuple.

 

 

NDLR : Selon nos informations, la fameuse liste des ministrables de Bozizé tant attendue aurait enfin été acheminée samedi dernier au PM lequel serait même déjà allé rencontrer Bozizé dès dimanche avec sa liste des membres de son gouvernement mais selon certaines indiscrétions, Bozizé ne voudrait pour rien au monde et comme par hasard, lâcher les ministères des mines, de l'Administration du Territoire et celui chargé du DDR. Affaire à suivre. Bozizé aurait proposé pour faire partie du gouvernement certaines personnalités médiocres et très controversées autour de lui, toujours les mêmes dont les noms reviennent pourtant très souvent dans les affaires de détournement de deniers publics restés toujours impunis à ce jour et le pillage des caisses de certaines institutions. Le plus dur commence...! 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 14:54

 

 

 

 

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Bozizé, un chef d’Etat sous tutelle qui fait l’autruche !!!

 


Malgré cette posture combien piteuse sinon humiliante, requinqué par la foule de désœuvrés soudoyés au coût de 500 FCFA la présence qui l’a acclamé sur 2 kilomètres allant de la sortie de l’aéroport au quartier Combattant, Bozizé a fini par s’auto mentir qu’il est rentré victorieux de Libreville. Il ne lui manqua que la couronne de Laurier. Mais il est une loi fondamentale : on ne change pas sur place des vaincus en vainqueurs écrit  Antoine de Saint-Exupéry dans Pilote de Guerre. Chacun de nous est libre de nommer son vainqueur mais il faut pouvoir jouir de la victoire. Le KNK et sa majorité présidentielle s’agitent  parce qu’ils sont vaincus. C’est parce que la RCA renaît, non autour d’eux, mais sans eux. Le nombre de conseillers et chargés de missions et autres commissaires à la présidence de la République sera drastiquement réduit et harmonisé avec notre capacité de trésorerie. La présidence de la République sera désormais dissociée du secrétariat général de KNK.

 

Quand est-ce que Bozizé comprendra-t-il qu’il est entouré d’une pléthore d’apprentis intellectuels qui font tout au pif? Les accords de Libreville ne prévoient pas de poste de vice-premier ministre. D’où sort cette idée saugrenue de vice-premier ministre chargé des Affaires étrangères? Que disent les accords sur le ministère des Finances ? Et ce machin que l’on appelle l’ONU ; que veut-il ?

 

 

On prête à Enoch Dérant Lakoué l’intention de se voir à la tête du ministère des Finances.

 

La République centrafricaine a perdu la présidence de la CEMAC par l’entêtement de son président Bozizé à présenter à ses pairs la candidature d’Enoch Dérant Lakoué. Celui qui apparait comme la panacée de Bozizé ne jouit pas d’une grande estime aux seins des institutions de la CEMAC. En effet, lorsqu’Enoch Dérant Lakoué a réussi à se faire nommer directeur national de la BEAC à Bangui en dépit de son âge, il a habité pendant 10 mois chez lui laissant vacante la cossue villa de la BEAC destinée à loger le Directeur National et sa famille.  Le hic c’est qu’Enoch Dérant Lakoué réclamera de la comptabilité de la BEAC un versement de 30.000.000 FCFA à titre de loyer dont il a fixé la mensualité à 3.000.000 FCFA. De là partit son discrédit dans toute la zone CEMAC. Dans l’affaire SONATU, malgré le fardeau de la preuve, Enoch Dérant Lakoué fera libérer son parent Jude Alex Ketté. En réponse à mon insistance sur la culpabilité aveuglante de ce dernier, Enoch Dérant Lakoué le fait nommer DG du Trésor public centrafricain. Une belle démonstration de poigne comme s’il en était besoin.


Les accords de Libreville stipulent que le portefeuille de ministre de l'Economie devait être dévolu à une personnalité neutre, mais néanmoins reconnue pour ses compétences techniques, de façon à rassurer les bailleurs de fonds et les organisations internationales et commencer à remettre le pays en état de marche. Enoch Dérant Lakoué et François Yangouvounda Bozizé sont des parallèles confondus pour ne pas dire fusionnés ! De son passage à la primature on ne retient que le fameux slogan « kougbé ti mango ». Celui qui apparait aux yeux de Bozizé comme son Raymond Barre (éminent économiste français) national ne saurait résoudre nos équations économiques actuelles en s’appuyant sur des théories, j’allais dire obsolètes, des années 1970. Il faut à tête du ministère des Finances et de l’Economie un Economètre sinon un Statisticien aux connaissances actuelles ou actualisées. 

 

Rappelons-nous que l’UE par la voix de S.E. M. Guy Samzun souhaite un niveau de compétence technique au sein du gouvernement d’union. "Il ne faut pas que ce soit purement politique. Etant donné la tâche à accomplir, il faut un gouvernement qui soit composé de toutes les parties mais aussi un niveau technique de compétence et de gens intègres" (ahttp://centrafrique-presse.over-blog.com/article-la-centrafrique-dans-l-attente-d-un-premier-ministre-d-union-nationale-114353097.html).

 

Grâce na Séléka

 

N’eût été l’avancée fulgurante et combien salutaire de Séléka vers Bangui, Bozizé et son KNK continueraient à nous manquer royalement d’égard et assouvir leurs pulsions impériales. Depuis le 11 janvier 2013, la RCA n’est plus le butin de guerre de Bozizé. Merci, Séléka ! Merci, la CEEAC ! Affranchis du clan Bozizé et son KNK, il nous revient désormais de profiter pleinement de ce clin d’œil providentiel. Unissons-nous et retroussons les manches car l’un des préjudicesd’avoir refusé de prendre part à la vie politiqueest que l’on finit par être gouverné par ses subordonnés(Platon). C’est pas demain la veille que la providence nous fera un second clin d’œil. Aux demandes répétées de la reprise des élections de 2011, Bozizé répondait par une formule profondément cynique « mbi koro lé ti FARE ». Une allusion à peine voilée à la mort précipitée du fondateur de FARE 2011, feu le président Ange Félix Patassé. Avons-nous vraiment le besoin et les moyens de dépenser mensuellement 83.200.000 FCFA en moyenne pour maintenir en place une Assemblée nationale monocolore qui votera en l’état ?

 

Les troupes étrangères doivent rester pour éviter un « nouveau Mali » (ONU) dixit Mme Vogt

 

Hier, ce machin que l’on appelle ONU s’est appuyé sur les résolutions de la CEDEAO, une organisation sous-régionale, pour permettre à Nicolas Sarkozy d’installer son ami Alassane Ouattara à Abidjan.  Aujourd’hui, ce même ONU passe outre l’UA pour torpiller les résolutions d’une autre organisation sous-régionale en l’occurrence la CEEAC connues sous le vocable des accords de Libreville. La décision de maintenir à Bangui les troupes sud-africaines et ougandaises n’est ni avisée ni judicieuse. Il s’agit là d’un étai sur lequel Bozizé s’appuiera sans hésitation pour polir tant que faire se peut les points des accords de Libreville qui lui semblent rugueux. Pourquoi Mme Margaret Vogt a-t-elle décidé de rééditer les erreurs de Mme Shale-Work Zewde ? Mme Vogt nous aiderait en poussant dans le sens de la dissolution immédiate de l’Assemblée ce qui nous fera économiser au-bas mots 915.200.000 FCFA (indemnités parlementaires sur 11 mois) pour financer les élections anticipées prévues dans les accords de Libreville.

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 01:09

 

 

Jean-Michel-mandaba.jpg

 

 

 

Monsieur  DAMBALE Bonaventure

120, Bd du Roi BAUDOIN

GAND (Belgique)

 

 

DROIT DE REPONSE à Monsieur Michel MANDABA du P.D.G. – Bangui

 

Monsieur MANDABA,

 

En lisant vos propos vaniteux et irresponsables relatifs au MLPC et sur son Président Martin ZIGUELE dans les colonnes de Centrafrique Presse du 26 janvier 2013, en tant que Centrafricain et militant de ce Parti, je me fais l’ultime devoir de vous adresser quelques éléments de réponse.


En dehors de vos allégations mensongères et fallacieuses sur le fond et la forme de votre article, je dois vous rappeler à l’ordre que vous étiez militant du MLPC et que vous avez occupez des postes de responsabilité dans ce Parti pendant des années au vu et su des Centrafricains.


Votre histoire que vous racontez ça et là dans les colonnes des journaux ressemble à celle « d’une grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf » à mon avis, n’est-ce-pas ? Avez-vous des comptes personnels à régler avec Monsieur Martin ZIGUELE ? Vous connaissez très bien son adresse à Bangui, allez le voir. Vous savez très bien que Monsieur ZIGUELE est un homme de dialogue et non un provocateur. Il vous recevra comme par le passé.


Quelque part dans votre texte, vous dites bien que vous êtes un homme responsable, parce que vous avez créé un Parti politique et vous agissez d’une manière irresponsable en vous prenant aux autres citoyens au risque de vous faire prendre au tournant.


Pour avoir été Secrétaire Général du bureau politique d’un Parti, le MLPC qui était déjà au pouvoir par rapport à votre bébé prématuré de P.D.G en gestation de vie, vous n’êtes pas censé ignorer qu’au MLPC on entre librement et on sort librement d’après nos textes.


Par conséquent votre départ de ce Parti par oisiveté politique vers le pouvoir de BOZIZE et le KNK est considéré pour nous du MLPC comme un non événement, sinon c’est un soulagement pour notre Parti qui a besoin des militants intègres, et non des quémandeurs, des voyous et des oisifs comme vous l’êtes.


En dernier point, je vous rappelle que le MLPC est organisé tel que dans le cas qui est le vôtre, et ça vous devez le savoir, ce n’est pas le Président du Parti qui court derrière un militant sortant. Mais celui-ci, pour revenir doit passer devant des instances prévues à cet effet. A moins que vous ayez oublié nos règles de fonctionnement.


Juridiquement, savez-vous que vous êtes en train de courir le risque sur un terrain qui peut vous coûter cher ou pas ? Nous militants, nous sommes capables de régler ce contentieux par tous les moyens à notre convenance si vous persistez sur notre chemin, croyez-moi vous allez nous trouver.


A bon entendeur, salut.


Gand, le 27.01.2013


B.DAMBALE  (BELGIQUE)

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 00:55

 

 

 

 

Bozizé saluant le gl Dhaffane

 


RFI par Francis Kpatindé dimanche 27 janvier 2013

 

A y regarder de près, la situation actuelle en République centrafricaine présente de nombreuses similitudes avec la crise qui a secoué la Côte d’Ivoire de 2002 à 2011. Qui, du chef de l’Etat François Bozizé, et du Premier ministre du gouvernement d’union nationale Nicolas Tiangaye, remportera le bras de fer qui s’annonce à Bangui ?


Sous bien des aspects, la situation actuelle en République centrafricaine a un air de déjà vu. Les similarités sont pour le moins troublantes avec les soubresauts qu’a connus la Côte d’Ivoire à compter du dernier trimestre de 2002. Profitant de l’absence du chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, en visite officielle en Italie, des demi-soldes avaient vainement essayé de prendre le pouvoir avant de battre en retraite vers Bouaké, dans le Centre, et de prendre le contrôle de la moitié nord du pays.


Le président Gbagbo, rentré précipitamment de Rome, réussira à conserver son emprise sur ce que certains dénomment encore aujourd’hui la « Côte d’Ivoire utile », à savoir Yamoussoukro, la capitale politique et administrative, une bonne partie de l’Ouest, dont le port cacaoyer de San Pedro, mais aussi l’Est, et surtout le Sud où plastronne la mégapole d’Abidjan.


En Centrafrique, au terme d’une offensive fulgurante, la rébellion de la Seleka (« coalition », en sango) a pris le contrôle de la moitié d’un pays pratiquement deux fois plus grand que la Côte d’Ivoire, laissant au régime du président François Bozizé l’autre moitié, dont la bande de terre centrale menant à Bangui, « la coquette ». Alors, Abidjan et Bangui : même combat, mêmes stratégies, même issue ?


Comme naguère Gbagbo, Bozizé se prépare à la résistance


Afin d’éviter d’avoir à se retrouver dans la position de président potiche, Gbagbo avait installé unshadow cabinet au palais présidentiel, pour doubler l’action du gouvernement et pouvoir suivre en parallèle les grands dossiers de l’Etat.


Des indiscrétions en provenance de la Centrafrique laissent croire que Bozizé, qui n’entend pas se laisser dépouiller de toutes ses prérogatives, ne fera pas autre chose. Par ailleurs, il a fallu attendre le dernier trimestre de 2010 pour que la présidentielle ivoirienne, normalement prévue pour 2005, se tienne. Si demain, faute de moyens financiers ou pour cause de manœuvres politiciennes, la transition centrafricaine venait à perdurer, ce serait du pain béni pour l’actuel locataire du palais de la Renaissance, dont le second et ultime quinquennat s’achève en 2016.


Le président Bozizé a d’ailleurs donné le ton en mettant une semaine (après l’accord de Libreville, le 11 janvier 2013) avant de signer, le 17 janvier 2013, le décret de nomination de l’ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats, Nicolas Tiangaye, au poste de Premier ministre. Et une dizaine de jours supplémentaires avant de communiquer à ce dernier, le 26 janvier, la liste des cadres de la « majorité présidentielle » appelés à siéger au gouvernement d’union nationale de transition. Autant dire que la guerre des nerfs entre les deux têtes de l’exécutif a déjà commencé !


Les rebelles ivoiriens et la Seleka ont conservé une partie du territoire national


De 2002 jusqu’au dénouement guerrier de la crise ivoirienne, le 11 avril 2011, les rebelles de Guillaume Soro ont occupé sans discontinuer la portion du territoire qu’ils contrôlaient. A l’aune de ce précédent, on voit mal la Seleka, co-signataire de l’Accord de Libreville, restituer dans l’immédiat les terres conquises, au risque de ne plus apparaître comme l’interlocuteur incontournable qu’elle est devenue par la force des armes. D’autant plus que Bozizé, que l’on dit aussi rusé et manœuvrier que Gbagbo, n’a sans doute pas dit son dernier mot. Gbagbo contrôlait la « Côte d’Ivoire utile ».


Bozizé a toujours la mainmise sur une partie du territoire et, surtout, la capitale, Bangui, où sont regroupés les symboles visibles de tout pouvoir qui se respecte : le palais de la Renaissance, le Parlement, les ministères, les radio et télévision nationales, l’aéroport international Mpoko et les chancelleries étrangères.


« Il y a certes beaucoup de similitudes entre les deux situations, mais il y a aussi quelques différences, nuance Gilles Olakounlé Yabi, directeur pour l’Afrique de l’Ouest de l’International Crisis Group. La rébellion de septembre 2002, en Côte d’Ivoire, a d’abord commencé dans une logique de coup d’Etat directement dans la capitale, avant de se muer en contrôle d’une partie du territoire par un groupe armé. La descente-éclair, en Côte d’Ivoire, c’était plutôt en 2011, mais le contexte était différent. Par ailleurs, en Côte d’Ivoire, la force extérieure tampon et la zone de confiance se sont mises en place en réaction à la rébellion, alors qu’en Centrafrique, la force régionale était déjà en place, précisément en raison de la situation sécuritaire, préoccupante depuis des années. »


Aujourd’hui, deux Centrafrique se regardent en chiens de faïence


Pourtant, comme naguère en Côte d’Ivoire, ce sont aujourd’hui deux Centrafrique qui s’observent avec des arrière-pensées, séparées par une « zone de confiance » placée, ici, sous l’autorité des éléments de la Force multinationale d’Afrique centrale (Fomac).


« L’une des similitudes avec la crise ivoirienne, c’est que l’essentiel des revendications proviennent, ici comme là-bas, de la frange nord du pays, à majorité musulmane, où le sentiment d’exclusion paraît plus exacerbé », relève le Premier ministre Nicolas Tiangaye, lors d’un entretien téléphonique. Et ce n’est pas tout. Abidjan a eu Charles Blé Goudé et ses « patriotes » du Congrès panafricain des jeunes patriotes (COJEP), des groupes d’autodéfense chargés de protéger la patrie « menacée » (et Laurent Gbagbo) face au « diktat » des Nations unies et de l’ancienne puissance coloniale, la France.


Bangui, tout comme Abidjan, a ses « patriotes » et ses miliciens


S’inspirant du modèle ivoirien, Bangui a également eu, aux heures de braise (décembre 2012 et début janvier 2013) ses propres « patriotes », regroupés dans une Coalition citoyenne contre les rébellions armées (COCORA). Répondant aux mots d’ordre de leur chef, Lévi Yakité, ils avaient manifesté devant l’ambassade de France, coupable, à leurs yeux, de ne pas voler au secours de Bozizé.


Les mêmes avaient érigé des barricades dans la capitale, avant d’en accepter le démantèlement dès l’arrivée sur place d’un contingent sud-africain, chargé de protéger Bozizé, ses proches et son palais. « Bangui, ce n’est pas Abidjan, en termes d’importance stratégique et de présence physique de ressortissants français, poursuit Gilles Yabi. Cela limite la capacité à faire pression localement pour un engagement militaire français aux côtés du pouvoir. Par ailleurs, la présence d’une force régionale africaine – déjà sur place – réduit l’exposition française. »


A ses débuts, et avant de se fondre dans une structure unique baptisée les Forces nouvelles, la rébellion ivoirienne était trigonocéphale. Le Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), le Mouvement populaire ivoirien pour le grand Ouest (MPIGO) et le Mouvement pour la justice et la paix (MJP), contrôlaient, chacun, une principauté dans le septentrion et la région Ouest. Cette dispersion et les rivalités entre comzones (commandants de zones) susciteront de vives tensions, parfois accompagnées de purges violentes, comme en témoigne la liquidation, sans autre forme de procès, du chef de file du MPIGO, Félix Doh, en avril 2003.


En ce qui la concerne, la Seleka a préféré partir à la bataille en rang serré dans une coalition hétéroclite de six ou sept mouvements militaro-politiques. Pour autant, elle n’est jusque-là pas épargnée par les velléités schismatiques et les querelles de chefs, comme en attestent les algarades récurrentes entre les différentes chapelles qui la composent. Ces altercations, liées à des considérations de préséance, donnent un avant-goût des tiraillements à venir.


Omerta sur l’origine des fonds et les noms des commanditaires


Si nombre de chefs de l’ex-rébellion ivoirienne continuent de pratiquer l’omerta sur l’origine du financement et sur l’identité des parrains de leur mouvement, certains admettent désormais, mais mezza voce, qu'ils doivent beaucoup au Burkina Faso, qui leur a servi de sanctuaire.


Silence radio, également, du côté de la Seleka, dont les responsables sont avares en commentaires sur tout ce qui touche à la genèse du mouvement, à ses parrains, au profil de ses différents chefs, l’origine des armes qui lui ont permis, en quelques semaines, de prendre le contrôle de la moitié - sinon plus - du territoire centrafricain. Certains évoquent, sans en apporter la preuve, la « complicité » du Soudan avec la rébellion et la « duplicité » du Tchad vis-à-vis de François Bozizé, que Ndjamena contribua à installer au pouvoir par les armes en 2003, avant de se brouiller quelque peu avec lui les mois précédents l’irruption de la Seleka sur le devant de la scène.


« Les prolongements extérieurs de la rébellion ivoirienne étaient identifiables, c’est moins le cas en République centrafricaine », analyse Albert Bourgi, professeur de droit public à l’Université de Reims, dans le nord-est de la France.


Face à l’avancée de la Seleka, le président français, François Hollande, a clairement opposé une fin de non-recevoir à l’appel à l’aide de son homologue centrafricain. Jacques Chirac n’a pas fait autre chose dès l’annonce de la tentative de coup d’Etat du 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire. Il s’est contenté d’appeler au calme et d’offrir l’asile politique à Gbagbo, comme pour bien signifier à l’opinion que le sort du turbulent président ivoirien était scellé. Refus poli de l’intéressé qui regagna Abidjan, en plein tumulte, non sans avoir lancé en direction des membres de sa délégation, à Rome : « Qui m’aime me suive ! » On connaît la suite…

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 00:32

 

 

 

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S. Mazoungou ici en tenue orange du KNK à la fête d'investiture de Bozizé à Landja

 

 

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Bozizé et Sylvie Mazoungou au Hilton de Roissy

 

 

Partie incognito de Bangui au plus fort moment de la crise due à la fulgurante avancée de Séléka vers la capitale, l’ex-ministre du tourisme de la bozizie, Sylvie Mazoungou a sans doute cru que les jours de Bozizé étaient comptés et qu’il fallait battre en retraite avant qu’il ne soit trop tard. C’est ainsi que dans un premier temps, elle a pu gagner Douala par la route à bord d’un véhicule du ministère du tourisme,  pour ensuite prendre l’avion pour la France où selon nos informations, elle s’est immédiatement mise en hibernation.

Depuis, pas moyen de la joindre au téléphone. Même ses camarades ouvriers et ouvrières du KNK et de l’organisation des femmes du parti bozizéen en France et ceux qui se considèrent ou que l’on peut également considérer comme étant ses proches n’arrivent pas à la contacter. Issue des rangs de la diaspora parisienne du KNK, Sylvie Mazoungou que d’aucuns pronostiquaient il n’y a pas si longtemps comme une des femmes qui avaient le vent en poupe au sein de la bozizie et surtout auprès de Bozizé en personne au point qu’ils l’imaginaient même déjà succéder à Faustin Touadéra à la primature ou au moins qu’elle prenne la tête de l’organisation nationale des femmes du KNK ou tout simplement l’OFCA, a quitté apparemment le navire ivre de Bozizé pour le moins, à l’anglaise.

Il est vrai que le raccourci pourrait vite être fait lorsqu’au cours de la bamboula de Bozizé du 13 août dernier au Hilton de Roissy, son fauteuil était juste à côté de celui de Bozizé à la tribune de la salle. En effet, elle faisait partie en août dernier de la délégation politique conduite par le ministre d’état Jean Willybiro Sako, Bernard Bonda, Gina Sanzé, Aurélien Zingas, le futur ambassadeur de la bozizie à Paris Emmanuel Bongopassi, venue en précurseur préparer l’arrivée de leur vedette au Hilton.

Aujourd’hui, selon nos informations, comme bien d’autres, Sylvie Mazoungou ne figure vraisemblablement pas sur la liste des ministrables que Bozizé a proposée au nouveau premier ministre Tiangaye, ce qui laisse évidemment supposer que l’aventure banguissoise de la grande militante KNK de la diaspora parisienne prend ainsi fin. Elle aurait quitté Bangui, d’après nos informations, en laissant derrière elle une ardoise d’au moins sept mois de loyers impayés pour la villa d’un particulier qu’elle louait au quartier Ouango à Bangui. Idem pour les prestations d’une société de sécurité qui assurait la protection de ladite résidence.

 

La Rédaction

 

 

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Annonces et divers
27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 23:55

 

 

 

Fraîchement nommé Général par Bozizé dans ce qu'il faut désormais appeler la promotion du 1er décembre 2012, l'ex colonel, le Général "James" Gaston Gambor avait tout comme le général Anicet Parfait Mbaye, disparu de la circulation lorsque Seleka était annoncé aux portes de Bangui.


A la faveur de la relative accalmie qui règne dans la presqu’île de Bangui, le revoilà qui a refait surface au dancing du Ledger Plazza à la faveur de ce réveillon surréaliste organisé dans ce cinq étoiles 26 jours après le jour de l'an à cause paraît-il de la crise de l'époque. Comme si le calendrier s'était arrêté à Bangui. C'est vraiment le monde à l'envers. Cela rappelle cette ballade surréaliste sur l'Oubangui alors que la rébellion avançait à sa guise vers la capitale.

 

La Rédaction 

 

 

 

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 23:40

 

 

 

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Je dédie ce poème au peuple Centrafricain dans la douleur depuis 60 ans.

 

Centrafrique, après soixante ans perdus

sèche ton sang reviens te construire

Koli mo oko tu ne crains personne

 

Centrafrique, tu n'es pas éduqué

logé ni nourri soigné ni vêtu

de ton immensité ton bien disait

Boganda

 

Ce Grand Pays a perdu son temps

durant soixante ans d'indépendance

la saison sèche les éperviers volant

haut ont rempli leurs gosiers de toi

l'étranger te dispute les os des chiens

squeletiques qui fait semblant de te donner

 

Centrafrique volé de ton estomac vide

tes enfants n'accourent pas à l'école

la moindre fièvre bouillante n'est

pas soignée, les chants des deuils

de leurs parents à leur oreille

 

Centrafrique, tu dis quelle pitié sur Nous

cette immensité, ce Grand Pays des Bantous

n'a d'avenir que ses larmes 

amères, tu n'as pas de postes des

fonctions d'argent depuis soixante ans

 

Centrafrique, détrompe-toi, reviens

sèche ton sang de colère reviens

le Bali toutes les rivières sont là

l'Esprit de nos Pères pour cultiver

soigner vêtir nourrir nos

Terres cette immensité de Boganda

 

Koli!Tu manques à ce Pays

reviens seul Centrafrique

prends-toi dans tes bras forts!

 

Bamboté Makombo

 

24 janvier 2013

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 23:35

 

 

 

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Sous le prétexte de prendre part aux accords politiques de Libreville sur la résolution de la crise politico-sécuritaire en Centrafrique  des hommes et des femmes vont réinvestir la sphère politique  de la transition sous couvert de la participation de la société civile à l’exercice  du pouvoir.

 

C’est l’occasion ici de s’interroger sur la nature  de cette « société civile » dont on a du mal à analyser les contours et la pertinence de son action politique en faveur de la défense et consolidation des acquis démocratiques dans  notre pays.  D’autant plus que durant dix ans cette société civile, contrairement à celle des années 90, a été absorbée et encadrée par l’Etat KNK au point où elle n’a jamais réussi  son « institutionnalisation » et sa « politisation » afin d’offrir aux citoyens centrafricains en lutte contre la dictature des  « Libérateurs »  un espace social de résistance   aux violations répétées   de la constitution, à la prédation économique, au triomphe de l’impunité et au mépris de la loi.

 

En effet,  sous la pression de la communauté internationale,  la problématique de la consolidation de la démocratie en Centrafrique a facilité l’émergence sur la scène politique nationale d’acteurs nouveaux issus des ONG, Associations, Eglises, Mouvements de défense des droits de l’homme… généralement classés dans la « société civile ».  L’expérience de cette nouvelle forme d’association au pouvoir politique de la société civile a tourné ces dix dernières années  à un subtil jeu « d’encadrement » et de « contrôle » de cette société civile par l’entremise du CIONGCA (Conseil Inter ONG en Centrafrique) dont la caractéristique principale est de produire des orientations et les conditions de cette nouvelle forme « conventionnée » de participation politique.

 

C’est comme cela  qu’en Centrafrique, durant dix ans et par inaction, la société civile a évité l’affrontement avec le pouvoir sur des questions de violation régulière des libertés fondamentales et du recul constant des acquis démocratiques. Elle n’a fait que s’accommoder des formes  conventionnelles de participation politique (séminaires, ateliers, conférences…) tout en évitant de jouer son rôle « d’espace d’interpellation démocratique ». C’est en cela qu’elle porte, en partie, une responsabilité morale, par inaction, dans la récente crise.

 

Nul n’est  besoin de rappeler que  dans les années 90, la société civile n’avait pas hésité, parfois, à se confronter violement avec le pouvoir pour faire reculer l’arbitraire et, ce faisant, à créer les conditions d’un meilleur respect de l’Etat de droit sans lequel il n’y aurait pas eu de démocratie en Centrafrique. Les SONNY  COLLET et autres Docteur CONJUGO se sont mobilisés au risque de leur vie pour défendre une certaine idée de l’éthique politique, de la démocratie ou tout simplement de la dignité humaine et ceci au-delà des revendications catégorielles.

 

Roger ANDJALANDJI, Sociologue, Paris

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 23:30

 

 

 

 

 

 

 

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Par le Pr. Danièle DARLAN

 

Faculté des Sciences Juridiques et Politiques

 

Université de BANGUI

 

Le 11 janvier 2013 un Accord Politique sur la résolution de la crise politico-sécuritaire en République Centrafricaine a été signé à Libreville.


Alors que nous entrons dans la phase d’application de l’Accord, phase très certainement la plus délicate, sinon périlleuse, il nous semble intéressant d’analyser le contenu de cet Accord conclu grâce à une médiation internationale.


Cet Accord a été précédé par l’Accord de Paix Global de Libreville signé le 21 juin 2008 dont nous rappellerons les dispositions principales avant d’analyser celles de l’Accord de 2013.

 

L’ACCORD DE PAIX GLOBAL (APG) DU 21 juin 2008

 

Trois accords de Paix avaient été signés préalablement à l’APG de Libreville :  


l’accord de Syrte du 2 février 2007, entre le Gouvernement et le FDPC (Front Démocratique du Peuple Centrafricain) sous médiation Libyenne ;


l’accord de paix de Birao signé 13 avril 2007 entre le Gouvernement et l’UFDR (Union des Forces démocratiques pour le Rassemblement).


Dans cet accord, les parties étaient convenues d’une cessation des hostilités, du cantonnement des troupes de l’UFDR, de la mise en place d’un programme urgent pour la réhabilitation et la réinsertion des combattants, de la participation de l’UFDR à la gestion de l’État ; en contrepartie, l’UFDR s’engageait à renoncer à la lutte armée comme moyen d’expression de ses revendications.

 

L’Accord de cessez-le-feu et de paix signé le 9 mai  2008 à Libreville entre le Gouvernement et l’APRD (Armée Populaire pour la restauration de la Démocratie).

 

L’Accord de Paix Global de Libreville a été signé le 21 juin 2008 sous la médiation du Président Gabonais agissant en tant que Président du « Comité Ad Hoc dans l’espace CEMAC sur les questions centrafricaines ».


Les signataires de cet accord de paix étaient les suivants :


Le Gouvernement de la République Centrafricaine, d’une part 


et les Mouvements politico-militaires APRD et UFDR.

 

Le FDPC avait refusé de signer l’Accord. Le FDPC signera un acte d’adhésion au processus de Paix en République Centrafricaine à Syrte le 3 juillet 2009 sous les Bons Offices du Président Libyen, Haut Médiateur Permanent pour la paix et la sécurité de la CEN-SAD, alors Président en exercice de l’Union Africaine.


L’APG prévoyait : la promulgation d’une loi d’amnistie, la réhabilitation dans leurs droits des militaires centrafricains radiés pour des faits liés à la rébellion et le rétablissement des fonctionnaires civils liés aux mouvements signataires dans leur formation et corps d’origine , le cantonnement des troupes des mouvements signataires suivi du DDR, la  libération des combattants des mouvements signataires dès la promulgation de la loi d’Amnistie ceux-ci devant être placés sous la protection de la FOMUC et des FACA, le principe de la participation des représentants des mouvements politico-militaires signataires « dans un esprit de réconciliation nationale ».   

 

L’Accord de paix mettait en place un COMITE DE SUIVI comprenant : un représentant de la République gabonaise, 3 représentants du Gouvernement de la RCA, 3 représentants des Mouvements politico-militaires, le représentant spécial du secrétaire Général des Nations Unies et le représentant de l’OIF. Il était précisé que celui-ci pouvait être élargi aux représentants des Organismes suivants : CEMAC, FOMAC, CEEAC, CEN-SAD, UNION AFRICAINE et Union Européenne.


Cet accord avait été signé en présence d’un certain nombre d’entités : Le représentant spécial du secrétaire General des Nations Unies en Centrafrique, l’envoyé spécial de l’OIF, le représentant des Pouvoirs Publics, le représentant de la majorité présidentielle, de l’opposition démocratique et de la société civile.


Dans la suite de cet accord était également signé à Libreville le 20 novembre 2008, un document cadre sur le lancement du processus DDR en République Centrafricaine.


Le 11 janvier 2013 un nouvel Accord de Paix a été conclu à Libreville suite à la crise sécuritaire qu’a connue le Pays entre décembre 2012 et janvier 2013 et qui n’est pas encore tout a fait terminée.


Il parait opportun de comparer certains aspects de ces deux Accords et surtout d’analyser le contenu de l’Accord de 2013.

 

 

Les signataires de l’Accord  du 11 janvier 2013

 

2.1  La première question que l’on peut se poser est la suivante : -ou est passé le Gouvernement ?


Une différence notoire apparait entre l’Accord de 2008 et celui de 2013 au niveau des diverses composantes signataires : -tandis que seuls les politico-militaires et le  gouvernement avaient signé l’APG, les signataires de l’Accord de Libreville de 2013 sont : -la majorité présidentielle, la coalition SELEKA (CPJP, UFDR, UFR, CPSC), l’opposition démocratique, les mouvements politico-militaires non combattants (CPJP, MLCI, FDPC).

 

L’opposition démocratique, la majorité présidentielle, ainsi que la société civile, présentes en 2008, n’avaient pas signé l’Accord mais il était indiqué que celui-ci avait été signé « en leur présence ». Par contre le Gouvernement Centrafricain était signataire de l’Accord.


Celui-ci n’est pas mentionné dans l’Accord de 2013 comme Partie à l’Accord.

 

Le Gouvernement, qui est une Institution prévue par la Constitution, doit effectivement être distingué de la majorité présidentielle. On peut juridiquement en conclure que le Gouvernement était absent de cette négociation, même si c’est un membre du Gouvernement qui conduisait la délégation de la majorité présidentielle.  La majorité présidentielle, signataire de l’Accord de 2013 représentait logiquement le Président de la République en son appartenance à une formation politique, tout comme étaient représentés les Partis politiques d’opposition sous la dénomination « opposition démocratique ».

 

2.2La deuxième question que l’on peut se poser est la suivante : que signifie l’expression « mouvements politico-militaires non combattants » ?


L’Accord souligne qu’il s’agit du CPJP, du MLCJ et du FDPC.


A la lecture de l’Accord, on comprend qu’il s’agit des mouvements politico-militaires qui ne font pas partie de la coalition SELEKA mais qui ont cependant participé aux négociations.


Entre opposition armée et opposition démocratique, dans quelle catégorie doit-on classer les  « mouvements politico-militaires non combattants » ?


Dans l’APG, les mouvements étaient mentionnés sous l’appellation « mouvements politico-militaires ». On comprend le souci des acteurs de faire la différence entre la coalition SELEKA et les autres mouvements présents, cependant le terme  « non combattants » prête à confusion.

 

Les mandats confirmés ou modifiés :

 

3.1  - Le mandat du Président de la République confirmé


 L’Accord de Libreville dispose en son article 1er : « Le Président de la République demeure en fonction jusqu’au terme de son mandat en 2016. Il ne peut se présenter pour un autre mandat »


L’article 24de la Constitution fixe à 5 ans la durée du mandat présidentiel, et précise qu’il est renouvelable une seule fois. Cette disposition est confortée par l’article 108 de la Constitution qui dispose que sont notamment exclus de la révision de la Constitution « le nombre et la durée des mandats présidentiels ». Ce qui signifie que l’on ne peut pas réduire la durée de ces mandats, sauf cas exceptionnels prévus par la Constitution (destitution, condamnation à une peine afflictive ou infâmante, empêchement définitif d’exercer ses fonctions conformément  aux devoirs de sa charge- Art.34), ainsi, la prise de pouvoir par la force est interdite par la Constitution « l’usurpation de la souveraineté par coup d’Etat ou par tout moyen constitue un crime imprescriptible contre le peuple centrafricain. Toute personne ou tout Etat qui accomplit de tels actes aura déclaré la guerre au peuple centrafricain. Art. 19). Si l’on ne peut réduire la durée du mandat, sauf cas expressément prévus, il est  proscrit  d’augmenter le nombre des mandats.


L’Accord de Libreville est donc en harmonie avec la Constitution sur ce point car le Président de la République effectue actuellement son deuxième mandat de 5 ans.

 

3.2  - Un Gouvernement d’Union Nationale institué pour 12 mois et plus…si affinités


 L’Accord de 2013  institue un « Gouvernement d’Union Nationale inclusif d’une durée de 12 mois, éventuellement renouvelable » (art. 2)


En ce qui concerne les diverses composantes de ce Gouvernement, outre les Parties signataires à l’Accord, la société civile sera représentée.


Le Premier Ministre  et les ministres du Gouvernement d’Union Nationale ne peuvent être destitués durant la période de transition, en contrepartie, ils ne peuvent être candidats à la prochaine élection présidentielle (art.6)


Dans son article 22, La Constitution ne fixe pas de délai de durée du gouvernement, et prévoit que le président de la République peut mettre fin à tout moment aux fonctions du Premier Ministre ou que cette destitution peut intervenir à la suite d’une motion de censure du Parlement. La destitution du Premier Ministre entraînant ipso facto celle des membres de son Gouvernement.


La période la transition est d’1 an, de 2013 à 2014, année des nouvelles élections législatives. On peut se demander pourquoi la période de transition n’a pas été fixée à 3 ans pour coïncider avec les prochaines élections présidentielles, car les objectifs fixés au gouvernement nous semblent nécessiter une plus longue période que celle d’un an ; cela se justifiait d’autant plus que ses membres ne pourront pas être candidats aux élections présidentielles.


L’Accord prévoit que cette période de 12 mois peut être éventuellement renouvelée.

 

Ainsi, le Gouvernement d’Union Nationale devrait normalement cesser ses fonctions dans 12 mois. Le président de la République pourra donc, à l’issu des élections législatives, mettre en place un nouveau gouvernement, à moins que d’accord  parties, la période du gouvernement de transition soit prolongée : cette échéance  laisse entrevoir quelques difficultés à l’issu de la période de transition de 12 mois. L’imprécision, qui résulte dans le fait que le mandat pourra être « éventuellement » renouvelé, concernant un gouvernement de crise, risque d’être elle-même source de difficultés.

 

3.3 Le Parlement :


- Des élections anticipées dans les 12 mois :


L’Accord prévoit en son article 7 que l’assemblée nationale est maintenue dans ses prérogatives jusqu’aux prochaines élections législatives anticipées, cependant l’Accord n’a pas déterminé de calendrier pour la dissolution de l’assemblée Nationale, l’Accord prévoit simplement que le Gouvernement doit « organiser des élections législatives anticipées après la dissolution de l’Assemblée Nationale » mais quand celle-ci doit-elle intervenir ? La seule chose qui est sure et qui découle logiquement de l’Accord, c’est que ces élections anticipées doivent normalement intervenir avant l’expiration ou a l’issu de la période de transition de 12 mois, puisque le Premier Ministre de transition a en charge de les organiser.  La réponse à cette question se trouve peut-être dans les documents de négociation qui ont précédé la conclusion de l’Accord. Cette imprécision peut cependant être source de frictions et donc de crise.


Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’une dissolution anticipée de l’Assemblée Nationale qui devait être renouvelée en même temps que l’élection du Président de la République en 2016.


La Constitution prévoit en son article 50 que les députés sont élus au suffrage universel direct pour une durée de 5ans. « Le mandat du député ne peut être écourté que par la dissolution  de l’Assemblée nationale ou par la démission, la radiation ou la déchéance ».

 

Qui peut dissoudre l’Assemblée nationale ?


La réponse à cette question figure dans l’article 33 de la Constitution : le chef de l’État a le pouvoir de dissoudre l’Assemblée Nationale après consultation du Conseil des Ministres, du Bureau de l’Assemblée nationale et du Président de la Cour Constitutionnelle.  L’acte de dissolution de l’assemblée nationale doit donc être  pris par le chef de l’État, cependant une condition ne pourrait être remplie dans l’état actuel des choses car la nouvelle Cour Constitutionnelle n’a pas encore été mise en place et l’ancienne  Cour a cessé ses fonctions conformément à la Constitution qui dispose en son article 74 « le mandat des conseillers est de 7 ans non renouvelable ».

 

Le spectre d’un gouvernement de cohabitation


La conséquence de la séparation dans le temps entre élection présidentielle et élection législative peut être que le Président de la République ne dispose pas d'une majorité à l’Assemblée Nationale à l’issu des élections et que l’on ait un gouvernement de cohabitation, source de conflit entre le président et le gouvernement issu de l’opposition.


L’actuel gouvernement de transition ne peut être qualifié de gouvernement de cohabitation car c’est un gouvernement qui repose sur un Accord donc un consensus, des entités diverses y seront représentées. Dans un Gouvernement de cohabitation, le Premier Ministre issu de la majorité parlementaire propose réellement au chef de l’Etat les membres de son gouvernement qui sont en grande majorité sinon en totalité issu de son bord politique. La conséquence possible de cette situation c’est que le chef de l’Etat peut procéder  alors à une dissolution de l’Assemblée  afin de tenter de retrouver une majorité à l’Assemblée Nationale, ce qui est toujours hasardeux.

 

Le recours au « vote bloqué » jusqu'à la mise en place de la nouvelle Assemblée pour éviter le blocage de l’action gouvernementale


L’Assemblée nationale actuelle étant maintenue dans ses prérogatives jusqu’aux prochaines élections anticipées,  l’Accord de Libreville prévoit qu’afin d’éviter les blocages de l’action gouvernementale, les projets de loi adoptés par le gouvernement doivent être votés en l’état par l’assemblée nationale, c’est ce que l’on appelle le vote bloqué.


 Le vote bloqué est une « procédure qui permet au gouvernement d’obliger l’Assemblée à se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements proposés par lui ». Cela correspond donc à une limitation du droit d’amendement des parlementaires et permet à l’exécutif de faire approuver ses projets de loi dans leur intégralité. Cette possibilité n’est pas prévue par la Constitution de 2004, il s’agit donc là d’une dérogation créée par l’Accord de Paix.

 

 

4 - Un Accord qui repose sur la bonne foi des acteurs et la médiation internationale

 

L’Accord en appelle tout d’abord à la bonne foi des différents acteurs.


Le principe de bonne foi  est un principe couramment mentionné dans les Accords internationaux, il signifie qu’il ne suffit pas de signer un Accord, encore faut-il dans son application faire ce qu’il faut pour le faire fonctionner, l’appliquer en lui donnant tout son sens et ne pas mettre des obstacles volontaires à sa bonne application.


Cette garantie de bonne foi doit se manifester tout au long de la période de transition, elle repose notamment sur des dispositions  qui doivent être prises par les acteurs et qui sont listées par l’Accord :


Les forces de coalition SELEKA s’engagent à se retirer des villes occupées et à abandonner la lutte armée

Le gouvernement s’engage à libérer les personnes arrêtées en relation avec la crise sécuritaire

Les milices sont dissoutes sur l’ensemble du territoire national

L’administration et l’autorité de l’état doivent être rétablies sur toute l’étendue du territoire

Les éléments armés doivent être cantonnés dans des localités à convenir d’un commun accord, sous la supervision de la Micopax

Le retrait progressif du territoire national de toutes les troupes étrangères non communautaires en fonction de l’évolution de la situation sécuritaire sur le terrain.

 

Ces dispositions nécessitent manifestement pour une application effective que des calendriers soient mis en place car aucune échéance n’a été évoquée par l’Accord à moins encore une fois que la réponse à ses préoccupations ne figure dans les documents de négociation.


En outre, dans le souci de maintenir la paix et la sécurité, les acteurs se sont engagés à ne pas recourir à la force comme moyen de règlement des différends qui pourraient surgir et à recourir à l’arbitrage du comité de suivi et, si nécessaire, à la Conférence des chefs d’État de la CEEAC en cas de persistance d’un différend pouvant mettre la paix en danger.

 

En conclusion, il est curieux de constater que certaines précisions n’aient pas été portées dans l’Accord du 11 janvier 2013, notamment on se serait attendu à plus de précisions au niveau des délais et du calendrier des actions ; on relève également qu’il n’est pas fait mention de l’adoption d’une loi d’amnistie, mention tout à fait courante dans les Accords de Paix et souvent présentée comme étant un mal nécessaire pour favoriser le rétablissement et le maintien de la paix.


L’Accord de Paix de Libreville du 11 janvier 2013 serait-il plus explicite dans ce qu’il ne dit pas que dans ce qu’il dit !

 

 

Bangui, le 23 janvier 2013


Pr. Danièle DARLAN

 

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