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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 15:53

 

 

urne

 

 


Bangui (Xinhuanet) 13/12/2010 - Le Commission électorale indépendante (CEI) de la République centrafricaine déploie depuis vendredi après-midi les matériels électoraux, notamment les matériels lourds comme les urnes, les isoloirs et les isorels, dans les différents arrondissements de Bangui, capitale du pays.

Ce sont les 4ème et 7ème arrondissements qui ont été servis à l'occasion de ce lancement. Les urnes ont d'abord été codifiées par les éléments de la Mission de consolidation de la paix ( Micopax) et le président de la sous-commission matériels et logistique et président de CEI locale du 6ème arrondissement de Bangui, Salomon Namkosserena, avant d'être déployées.

Les urnes portent des étiquettes pour avoir une traçabilité, a expliqué Salomon Namkosserena.

"Avec ces étiquettes, nous avons toutes les indications géographiques depuis la préfecture jusqu'aux bureaux de vote, tout cela est informatisé. A partir d'ici, nous avons un numéro qui est codifié et sur l'ordinateur on est capable de savoir où se trouve telle ou telle urnes, c'est une grande première", a-t-il dit.

Toutes les dispositions ont été prises pour la sécurisation de ces matériels stockés dans les commissariats de police d'arrondissement, a-t-il ajouté.

Le déploiement des matériaux électoraux vont se faire par voie terrestre, aérienne et fluviale. Après la capital, un deuxième déploiement va se faire dans une ou deux semaines, selon Salomon Namkosserena.

Le chronogramme prévoit immédiatement après le déploiement des matériels lourds, celui des matériels sensible comme les bulletins de vote.

© Copyright Xinhuanet

 

Centrafrique : Elections 2011, le CEI déploie le matériel électoral

Ai- Rca- Lundi, 13 Décembre 2010 12:44  - Le Président de la Commission Electorale Indépendante (CEI)  Joseph Binguimale a donné le 11 décembre  à Bangui le coup d'envoi du déploiement des matériels électoraux sur toute l'étendue du territoire national, a appris l’agence Ai. .

Selon le Président de la sous-commission matériel et logistique de la CEI, le commissaire Salomon Namkosserena qui a supervisé la distribution des urnes et isoloirs et les iso lorettes dans les deux arrondissements de Bangui, les 4è et 6è, ces matériels devraient être  déployés un peu plus tôt. Mais ce retard est dû à un problème technique que la CEI a déjà résolu.

M Namkosserena a informé que ces matériels destiné à l’organisation des  élections de Janvier 2011 ont été sécurisés  dans des commissariats de police.

"L’urne fait partir des  matériels très sensibles pour les élections", a-t-il dit, ajoutant  que le nombre de ces matériels électoraux varie  en fonction des bureaux de vote.

« Par exemple, au niveau du 6è arrondissement,  il y a 56 bureaux de vote et pour ce faire,  nous avons livré  dans le contexte actuel 104 urnes  par ce qu'il y a  deux par bureau de vote et 52 iso lorettes", a expliqué M Namkosserena.

La particularité  pour les élections de janvier 2011 est que chaque urne porte une étiquette.

"Cette étiquette permettra d’identifier le matériel et d'avoir une traçabilité des urnes livrées. Avec cette étiquette,  nous avons donc toutes les indications géographiques depuis la préfecture jusqu'au bureau central  où tout sera informatisé", a précisé le président.

A l'en croire, la CEI a un plan lui permettant de se  déployer facilement. Ce plan prévoit, selon lui,  un déploiement à trois niveaux : les déploiements par voie terrestre, fluviale et aérienne.

Kabongo, Ai Bangui

 

NDLR : On parle ici du cas de la capitale mais qu’en est-il des provinces ? Tout cela se fait avec un certain retard quant au chronogramme du processus arrêté d’un commun accord entre les différents protagonistes mais que Bozizé et Binguimalé ont déjà pris la fâcheuse habitude de fouler aux pieds. Tout montre bien que la CEI ne sera jamais prête pour que les élections aient lieu le 23 janvier 2011, ce d'autant que la liste électorale est loin d'être prête et qu'on ne connaît pas non plus par conséquent le nombre des bureaux de vote. Quand aura-t-elle  le courage d'annoncer publiquement qu'elle souhaite le report des élections à une nouvelle date car il ne sera pas techniquement possible de tenir les délais. Il ne faut pas tourner autour du pot.    

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 02:40

 

 

vote à Bangui

 

6 décembre 2010 By Mermoz Kouzoukoa Journal des éléctions

 

Après les vérifications des listes par les commissaires locaux, les coordonnateurs de chaque préfecture poursuivent les travaux de vérification et de confirmation des listes selon les procès-verbaux des agents recenseurs et le travail fait par les commissaires locaux et les archivistes.

«  La  sous-commission continue à rassembler les données des listes nationales et étrangères qui seront toutes confirmées par les coordonnateurs. On attend tout rassembler pour faire sortir une fois les listes de peur que les hommes politiques ne les utilisent à d’autres fins  », a indiqué le président  de la sous-commission listes électorales, Christophe Brémaïdou.

Le retard dans la publication des listes électorales est dû d’une part à un arrêt de travail des commissaires de la CEI du samedi 13 au mercredi 21 novembre pour réclamer le paiement de leurs indemnités de huit mois. D’autre part, aux confiscations de certaines données du recensement par les agents recenseurs et aux conditions difficiles de travail, a indiqué un coordonnateur ayant requis l’anonymat.

Selon le rapport  d’observation préélectorale de EISA, les opérations ont connu d’énormes difficultés entre autres un retard dans la plus part des centres de recensement en raison de difficultés logistiques, la rétention des listes manuelles par certains agents recenseurs en raison du non-paiement de leurs indemnités.

Soulignant que le travail est manuel, Christophe Brémaïdou  admet néanmoins que la lenteur dans les travaux est une précaution  pour éviter d’éventuelles erreurs car c’est à partir des listes électorales qu’on peut déterminer le nombre et l’emplacement des bureaux de vote en fonction du nombre des votants : 700 électeurs par bureau de vote selon le Code électoral.

 

NDLR : Dans ces conditions, on ne voit pas comment, sauf un miracle de dernière minute, les élections pourraient avoir décemment lieu le 23 janvier 2011,  à moins de vouloir faire un hold-up. Il évident que c'est la fiabilité des listes électorales qui va déterminer la relative transparence du scrutin qui conférera la crédibilité de ces élections malgré les dizaines de milliers de fausses cartes d'électeurs dont le KNK a déjà  inondé le pays et l'étranger en vue de frauder massivement les élections le jour J. Il faut donc se demander en fonction de quels critères l'inénarrable Rigobert Vondo s'était empressé d'annoncer ce week-end le déploiement du matériel électoral en province.     

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 01:57

 

 

Pascal-Bembe.jpg

 

                  Pascal Bembé

 

 

Bangui 12 décembre (C.A.P) - Selon des informations d’une source proche de la famille, la dépouille mortelle du médecin-capitaine Achille Lakouama du Bataillon Pour la Sécurité des Institutions (BPSI) qui avait trouvé la mort le 24 novembre 2010 dernier lors de l’attaque rebelle de la ville de Birao n’aurait pas pu être ramenée à Bangui mais inhumée sur place.

Le médecin-capitaine Achille Lakouama était celui-là même qui avait abattu de sang-froid l’ancien directeur du protocole à la présidence Pascal Bembé le 21 septembre 2006 avant d’aller se réfugier à Sassara chez Bozizé en personne.

Depuis lors, comme c’est presque toujours le cas de plusieurs autres assassins et criminels bras armés de Bozizé tels que le capitaine Eugène Ngaikoisset alias « le boucher de Paoua », le lieutenant Olivier Koudémon alias Gbangouma pour ne citer que ceux-là, il a pu bénéficier de la protection de celui-ci et était resté impuni jusqu’à sa mort brutale à Birao car n’avait jamais pu rendre quelque compte que ce soit à la justice.

Ayant appris l’inhumation de sa dépouille à Birao, sa famille chercherait vainement depuis lors à rencontrer Bozizé afin d’obtenir l’autorisation de ce dernier d’aller à Birao exhumer le corps afin de le ramener à Bangui en vue de funérailles plus décentes mais craignant sans doute que ces obsèques ne puissent entraîner des troubles, Bozizé doit sans doute hésiter à accorder cette autorisation à la famille Lakouama.  

 

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 00:40

 

 

Sylvain-Ndoutinga--lt-Cl.jpg

 

 

Radio Ndéké Luka Dimanche, 12 Décembre 2010 13:37

La République Centrafricaine vient de recouvrer sa pleine souveraineté et la libre disposition sur la zone pétrolière dans le Nord du pays. La polémique est désormais tranchée à ce sujet. Depuis plusieurs années, une bataille judiciaire était engagée entre le gouvernement centrafricain et la société américaine RSM Production Corporation.

C’est le tribunal arbitral du Centre International pour le Règlement des Différends relatifs aux Investissements (CIRDI) qui a le 7 décembre 2010. Le verdict a été présenté et commenté  samedi 11 décembre, par le ministre d’Etat centrafricain aux Mines Sylvain Ndoutingaye à Bangui au cours d’un point de presse.

Le ministre d’Etat a présenté à la presse un document de 73 pages contenant les conclusions du tribunal arbitral du CIRDI. La société RSM Production Corporation avait demandé au tribunal arbitral du CIRDI le maintien du contrat qu’elle avait signé en décembre 1999 avec les autorités centrafricaines de l’époque, à Denver aux Etas Unis. Ce contrat rédigé uniquement en anglais affectait toute la zone pétrolière du Nord de la RCA à cette Société.

Selon le ministre d’Etat Sylvain NDOUTINGAÏ, « le tribunal a dit le droit ». Il a précisé que « le tribunal arbitral a accédé à la requête de la Centrafrique en décidant que le contrat et le permis pétrolier de 55 000 kilomètres carrés sont arrivés à expiration le 23 novembre 2004 ». Cette décision, a-t-il ajouté, « permet à la RCA de recouvrer sa souveraineté sur la zone des permis qui avaient été bradés par les régimes précédents à RSM et à sa libre disposition ».

A la question de savoir si la société RSM aura d’autres voies de recours, le ministre a expliqué que « sur le plan de droit, non ». Parce que martèle-t-il, « la décision du tribunal arbitral est sans appel et sans recours ». Maintenant, poursuit-t-il, « le gouvernement en appelle à la vigilance du peuple centrafricain, et qu’il se réveille ».

Le ministre d’Etat Ndoutingaye a rappelé que  dans une lettre qui lui avait été adressée en date du 19 avril 2006, « le président de la société RSM Production Corporation menaçait que si la RCA ne se résigne pas à ses exigences, elle en subirait les conséquences ». La justice a désormais tranché.

 

NDLR : Cela  a l’air trop beau pour être vrai. Attendons de voir quelle sera la réaction de Jack Grynberg, le patron de la société RSM quant aux allégations de Ndoutingaï. Après les ressources du diamant et surtout de l’uranium de Bakouma dont Ndoutingaï et Bozizé tirent seuls un maximum de profit personnel dans une totale opacité, le trésor ne voyant la couleur de quoi que ce soit, les bonus et autres dessous de table qu’on leur verse prennent systématiquement la destination de leurs comptes bancaires planquées dans les paradis fiscaux, l’exploitation du pétrole centrafricain doit attendre qu’un régime véritablement démocratique et soucieux des intérêts du pays arrive au pouvoir pour voir le jour car sinon, les revenus du pétrole centrafricain serviront essentiellement comme cela se fait dans un pays voisin bien connu, à acheter des armes pour que Bozizé continue de tuer les Centrafricains et se maintenir au pouvoir.

Par ailleurs, Ndoutingaï oublie comme par hasard, de rappeler que lui même ainsi que Bozizé, l'actuel "doungourou" et candidat à la suppléance de Bozizé aux législatives dans le 4ème arrondissement de Bangui, l'ex-PM Elie Doté et l'ambassadeur Emannuel Touaboy, avaient été collectivement condamnés précédemment par un autre tribunal américain à verser la bagatelle de presque 6 millions de dollars au même patron RSM Jack Grynberg.

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Centrafrique-Presse.com - dans Economie
12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 23:05

 

 

  Malendoma.jpg

 

 

 

Les enfants MALENDOMA, la circonscription de Mala, le village Ngbolokaba, toute la famille de l’opposition politique et en particulier le Collectif des Forces du Changement et son parti le Forum Civique, ont la profonde douleur d’annoncer le décès du Président en exercice du CFC, Président Fondateur du Forum Civique, le général de corps d’armée Timothée MALENDOMA, survenu ce 12/12/2010 à l’Hôpital Général de Bangui des suites de  maladie.

Le programme de ses funérailles sera communiqué ultérieurement.

Pour tout renseignement, veuillez contacter :

Jean-Pierre Mara au 33 6 50 64 03 57 ou

Aymard Malendoma au 33 6 59 72 85 38 

 

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  Tim Malendoma

Lieutenant de la jeune armée nationale centrafricaine en 1965, l’illustre disparu prit part activement au coup d’Etat de la Saint Sylvestre 1965 du colonel Jean Bedel Bokassa. Il fut notamment chargé de neutraliser la station de Radio Centrafrique lors de ce putsch. Il fut ensuite ministre de Bokassa avant de regagner le siège de la compagnie multinationale AIR AFRIQUE.

Pendant la période de transition politique de 1992 sous le règne du Président André Kolingba, il fut nommé Premier Ministre de la République centrafricaine du 4 décembre 1992 au 26 février 1993, battant ainsi le record de brièveté dans cette fonction en RCA. Elu aux législatives de 1993 Député de Mala, Timothée MALENDOMA fit encore un second mandat parlementaire de 1998 à 2003 mais ne fut pas réélu en 2005. Il fut également candidat malheureux à la présidentielle de 1993. 

Ancien Président du Conseil Presbytéral de l’Eglise réformée du Christ Roi de Bangui, il fut promu par décret présidentiel à titre exceptionnel Général de corps d’Armée le 24 décembre 2004 par le putschiste et président autoproclamé François Bozizé qui s’auto-bombarda lui-même Général d’armée par la même occasion, ce qui suscita alors beaucoup d’interrogations dans l’opinion publique nationale.

La rédaction de Centrafrique-Presse présente à la famille du disparu et ses proches, ses condoléances les plus attristées. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Nécrologie
11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 01:08

 

 

F-Saragba.jpg

 

 

Au moment où la communauté internationale, particulièrement les cinq membres permanents des nations unies, l’Union africaine et la CEDEAO ont le regard  tourné vers la côte d’ivoire afin de trouver une solution définitive et salvatrice à l’incroyable imbroglio politique qui se déroule sous nos yeux, un autre scénario aussi catastrophique risque de se produire d’ici le mois de janvier en République centrafricaine.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets dit-on. Voici deux pays potentiellement riches  et stratégiquement sensibles, l’un se situe en Afrique de l’ouest et l’autre en Afrique centrale. Pourtant ces deux pays sont porteurs par la faute de leurs gouvernants, des mêmes symptômes qui camouflent tant bien que mal le syndrome d’un mal être profond, qui, pour la Côte d’ivoire s’étale aujourd’hui au grand dam de tous les démocrates. Demain, la communauté  internationale  notamment les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’organisation des Nations Unies, suivie en cela par « la très discrète » Union Africaine et « l’inexistante CEMAC », lesquelles  font pression aujourd’hui sur les opposants centrafricains pour qu’ils se présentent aux élections présidentielles de janvier  alors que  toutes les garanties pour assurer une élection juste et transparente n’ont pas été prises.  Comme toujours, cette communauté internationale fera mine de ne rien savoir et d’exiger aux candidats de participer à une élection dont les résultats sont déjà biaisés. Comme dans le cas de la Côte d’ivoire, ces membres permanents en profiteront  après coup pour régler leur compte en faisant valoir un droit de veto sous prétexte de défendre l’intérêt des Africains.

 Il est vrai que le cas centrafricain est à désespérer. Tant de milliards de franc CFA ont été engloutis à la commission électorale indépendante pour rien. L’empressement de la communauté internationale à aller à ces élections pour en finir avec le désordre et l’incompétence de nos gouvernants mais aussi avec les hésitations et autres impertinences d’une opposition qui ne sait finalement pas ce qu’elle veut est compréhensible. Toutefois, le risque d’une contestation des résultats est évident. Cela vaut -t-il vraiment la peine d’aller aux élections en Centrafrique le 23 janvier 2011 dans ces conditions ? Ne sommes-nous pas dans une situation plus rédhibitoire à celle de la Côte d’Ivoire ?

Elections  contestées en Afrique  sur fond de querelles entre membres permanents des nations-Unies.

Dans le cas de la Côte d’ivoire, les Etats-Unis et la France parlent d’une seule et même voix en demandant au président Gbagbo de s’en aller alors que la Chine et la Russie sont contre. Sommes-nous en train d’assister au remake de la guerre froide entre l’Est et  l’Ouest ? A moins que ce soit entre les pays riches et les pays émergeants. Entres les deux se trouvent coincer les pays africains. Il est vrai que seule la voie des urnes doit parler. Dès l’instant où les ivoiriens se sont exprimés et que le déroulement de ces élections ont été jugé acceptable, le président Gbagbo doit partir. S’il est vrai que l’imbroglio politique ivoirien est une honte pour l’Afrique, il a par ailleurs donné l’occasion d’instrumentaliser la situation entre membres permanents de l’ONU dans une logique stratégique inavouable. Une guerre de positionnement qui ne dit pas son nom semble occulter le problème et les intérêts ivoiriens au second plan. Dans tous les cas de figures, Gbagbo ou Watara, celui des deux candidats qui restera au pouvoir aura la lourde responsabilité de réconcilier les ivoiriens.

En attendant la population est prise en otage dans une querelle dont on dit politique mais en vérité entre des personnes aux égos surdimensionnés dont la course aux pouvoirs n’a ni de limite ni de morale. Seul, ce qui compte pour eux et leurs amis, c’est d’accéder coûte que coûte au pouvoir ou de s’y maintenir  à tous les prix malgré le cri affamé et apeuré d’une population qui assiste médusé et désenchanté. Tout le monde est d’accord pour aller aux élections mais personne n’est disposé à accepter les résultats sortis des urnes qui lui sont défavorables alors que tout le monde savait que les conditions qui garantiraient la transparence de ces élections n’étaient pas remplies.

Le cas de la côte d’ivoire est édifiant à plusieurs niveaux pour les hommes politiques Centrafricains qui veulent absolument aller aux élections alors qu’aucune garantie aussi bien au niveau de la sécurité dans le pays qu’au niveau de la logistique n’est assurée. Qu’attendent objectivement les candidats des partis politiques de l’opposition démocratique et les candidats indépendants de ces élections en Centrafrique ?  Attendent t-ils la proclamation des résultats pour crier au voleur ? Pourquoi cette opposition-là ne dénonce t’elle pas ouvertement et fermement les manigances du parti au pouvoir qui est en train de soumettre toutes les institutions de la république à sa cause,  avec les nominations de dernières minutes et autre  réhabilitation.  Pourquoi ne s’opposent t’elle pas d’une manière frontale à un régime qui n’accepte pas les règles élémentaires de la démocratie et qui bafoue continuellement la constitution ? Si la Côte d’ivoire a attiré l’attention sur elle c’est tout simplement parce que l’opposition a été à la hauteur et a fait une opposition frontale pour imposer ses idées. La politique étant basée sur un rapport de force et non de perpétuelle soumission et de compromission dans l’espoir de ramasser les miettes.

On a beau accusé le régime du général Bozizé de ces innombrables errements et autres manquements mais il faut reconnaitre que l’opposition démocratique manque de cran  sinon d’audace et de ligne de conduite. Elle ne réagit que par à coup sinon après coup pour se compromettre dans un énième gouvernement d’union qui n’apporte rien  au pays. Seule une véritable alternative peut apporter le changement dans notre pays.

Comparaison n’est pas raison mais la raison n’exige t’elle pas aussi  comparaison ?

La Côte d’Ivoire et la Centrafrique ont la particularité par leur position géographique de constituer une zone  tampon. Par les opportunités économiques qu’elles offrent, elles jouent  un rôle stabilisateur incontestable dans leur sous- région respective bien que la Centrafrique soit enclavée. Si la première est le poumon économique de l’Afrique de l’ouest depuis quelques décennies, la  deuxième est le ventre mou et se trouve au cœur  d’un continent et d’une sous-région déjà instable à plusieurs titres qui pourrait devenir un no man’s land si l’on y prend garde et  ainsi entrainer ou déstabiliser dans une anarchie indescriptible les autres pays voisins. Les rebelles de la LRA ont déjà montré le chemin. L’une et l’autre ont bénéficié de l’aura et du charisme de deux hommes au destin exceptionnel qui sont Félix Houphouët-Boigny et Barthélémy Boganda. Animés un moment par la même vision, Barthélemy Boganda et son parti politique le MESAN s’affilieront à la fameuse fédération des partis politiques du grand rassemblement démocratique africain (RDA), créé par Houphouët-Boigny  en 1946 avec la collaboration d’un autre « dinosaure » de la scène politique de l’Afrique des indépendances en la personne de Modibo Keïta du Mali. Boganda se désengagera plus-tard du RDA pour diverses raisons et notamment pour retrouver son autonomie. Si, ces deux personnalités politiques ont façonnés  au point de laisser  leurs empreintes indélébiles dans l’histoire de leur pays respectif et de l’Afrique, il n’en est pas de même pour  ceux qui les ont succédés.

L’idéologie de l’Ivoirité  et son parent pauvre le clanisme Centrafricain.

L’idéologie de l’Ivoirité avancée comme argument politique pour évincer un redoutable adversaire en Côte d’Ivoire a finalement échoué. Son parent pauvre, le clanisme érigé puis entretenu pour être sacraliser par les différents gouvernants en mode de gouvernement en Centrafrique est toujours en vigueur. Ces deux « idéologies » ont failli avoir raison de ces deux peuples. Contrairement à l’idéologie de l’ivoirité  qui est désormais banni du vocabulaire des hommes politiques ivoiriens, la préférence clanique continue son bonhomme de chemin en Centrafrique au mépris des valeurs de la compétence et de la méritocratie. Ces deux approches de division et d’exclusion ont montré leur limite et ont définitivement transformés le paysage socio politique et économique de ces deux nations. Désormais, il y’aura une période « avant  l’ivoirité » et une période » après l’ivoirité".

 En Centrafrique, la période « d’après clanisme » et  « d’après la médiocrité » n’a pas encore débuté au vu des derniers décrets de nomination. Autant dire que cette idéologie néfaste se perpétue en Centrafrique, régime après régime en espérant que s’opère une véritable alternance politique qui résultera d’une élection juste  et transparente dont le résultat sera accepté par tous.    

  

Franck SARAGBA

Fini Kodé

La troisième voie

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 00:54

 

 

Binguis

 

 

Le premier vice-Président du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), Joachim Rainaldy Sioké demande la démission de l’actuel Président de la Commission Electorale Indépendante

Bangui, 9 déc (ACAP)-Le premier vice-Président du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), Joachim Rainaldy Sioké a demandé la démission de l’actuel Président de la Commission Electorale Indépendante (CEI), notoirement incompétent afin de permettre à cette institution de repartir sur de nouvelles bases plus saines, au cours d’une conférence de presse sur le processus électoral, jeudi 9 décembre 2010, à Bangui.

Il a expliqué qu’en moins de quarante cinq (45) jours du premier tour des élections beaucoup d’électeurs recensés ne disposent pas de ce récépissé, notamment ceux des régions où sévissent les rébellions. Il est donc indispensable d’avoir pour tous les électeurs identifiés le même type de carte d’électeur.

« Le nombre des bureaux de vote et leurs emplacements demeurent à ce jour inconnus. Or, c’est grâce à la connaissance du nombre de bureaux que la CEI propose au ministère de l’administration du territoire la nomination des présidents des bureaux de vote 45 jours avant le début de la campagne électorale fixé au 8 janvier 2011 », a ajouté Joachim Rainaldy Sioké.

« A cet effet, il convient ici de rappeler aux uns et aux autres que dans notre pays, aucun Président de la République dont l’élection a été contestée n’a pu terminer son mandat », a-t-il poursuivi.

Pour Joachim Rainaldy Sioké, les centrafricains veulent sortir définitivement de cette période de crise à répétition pour se focaliser sur les conditions de leur bien-être. Pour cela, il nous faut la paix, une paix véritable que l’on ne peut obtenir que par la négociation et le dialogue permanent.

« Cette paix véritable et l’instauration d’un dialogue fécond ne peuvent advenir que si la légitimité des dirigeants découle d’élections justes, libres et transparentes », a conclu, Joachim Rainaldy Sioké, Premier vice-président du RDC

 

NDLR : Si à un mois du scrutin du 23 janvier 2011, se pose toujours avec autant d'acuité la question de la destitution du président de la commission électorale centrafricaine, il faut envisager clairement le report de ces élections du 23 janvier. Les problèmes soulevés par le RDC sont une réalité incontournable. Ils découlent de la médiocrité crasse et de l'incompétence du vrai faux pasteur ainsi que de Bozizé lui-même. Jusqu'ici, non seulement le soudard est demeuré sourd et autiste sur le cas Binguimalé dont il n'a eu de cesse de dénoncer pourtant lui-même la "gloutonnerie" et l'incompétence mais il l'a préféré le coiffer d'un nouveau patron en la personne de l'ex-ambassadeur à Paris Jean Willibyro Sacko qu'il vient de nommer au gouvernement précisément à l'Administration du territoire afin de tenter de rattraper les graves carences du vrai faux pasteur. Tout cela paraît bien tard sauf si les élections sont encore une fois reportées de quelques mois mais tout le monde semble avoir peur de suggérer ce report alors qu'objectivement et techniquement plusieurs obstacles ne permettent pas la tenue de cette date et d'organiser des élections crédibles.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 00:36

 

 

urne

 

 

Bangui vendredi 10 décembre 2010 (Xinhua) - Le rapporteur général de la Commission électorale indépendante (CEI) de la République centrafricaine, Rigobert Vondo, a annoncé mercredi à Bangui que le déploiement officiel du matériel électoral va commencer ce samedi.

"Le samedi 11 décembre le déploiement va véritablement commencer et vous le verrez de vos propres yeux", a déclaré M. Vondo, ajoutant que le lancement de cette opération est la finalisation d’un long travail à l’intérieur que certains citoyens centrafricains ne reconnaissent pas toujours.

"Nos activités aux sein de la CEI évoluent positivement. Notre train s’achemine inexorablement vers sa destination qui est le 23 janvier 2011. Toutes les sous-commissions sont aujourd’hui à pied d’œuvre. Il y a la sous-commission bureaux de vote qui est en train de travailler en coulisse", a-t-il indiqué.

Interrogé sur le corps électoral et le nombre de bureaux de vote, le rapporteur général de la CEI a répondu que ces étapes sont en cours de validation et qu’il se réserve de donner des chiffres erronés.

Il a rappelé qu’un appel d’offre international est déjà lancé pour la confection des bulletins de vote d’abord pour la présidentielle, puis pour les législatives.

La CEI a réceptionné mardi 3.265 urnes sur les 7.000, prêtées par le Togo pour les élections du 23 janvier prochain. 

 

NDLR : Cet empressement de la clique du nullissime Binguimalé à vouloir déployer le matériel électoral contraste singulièrement avec les informations inquiétantes dont s’est fait l’écho la presse banguissoise faisant état de traitement manuel des listes électorales par le PNUD de Bangui. Toujours selon certains quotidiens de Bangui, des prétendus experts du PNUD appuyés par des agents non assermentés, recrutés et payés 5000 F CFA par jour seraient actuellement en train de recopier manuellement les registres  électoraux dans des conditions totalement opaques et forcément suspectes. Pourquoi en ce 21ème siècle la RCA doit rester à l'écart de la modernité alors que partout dans le monde, la norme est désormais le traitement informatique ? Pourquoi doit-elle mendier des urnes pour tenir des élections ?  

Par ailleurs environ 4.500.000 cartes d’électeurs achetées secrètement au début par Binguimalé et Bozizé pour réaliser leur hold-up des deux précédents scrutins reportés des 25 avril et 16 mai derniers ont été massivement distribuées dans le pays en vue d’effectuer des votes frauduleux au profit de Bozizé et du KNK. Que font les représentants des partis de l’opposition à la CEI et que pensent-ils de toutes ces informations ?

Quand on sait que le corps électoral de la RCA tourne seulement autour d’un million cinq à un million sept cent mille électeurs, on ne peut qu’être scandalisé par les grotesques manipulations frauduleuses à grande échelle qui sont en train d’être déroulées en ce moment avec la complicité d’une agence du système des Nations Unies, lesquelles sont devenues une machine à orchestrer les mascarades électorales comme en Côte d’Ivoire.

Le PNUD de Bangui a une sulfureuse réputation du fait de nombreuses malversations qui s’y passent. Selon nos informations, c’est cette triste réputation qui serait à l’origine de sa disqualification dans la gestion des fonds destinés au DDR. Le PNUD de Bangui s’était déjà illustré en accompagnant la victoire de Bozizé à l’issue de la mascarade électorale de 2005. Se prépare-t-il encore à le maintenir au pouvoir en 2011 ?  

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 23:54

 

 

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Depuis la fin de l’élection présidentielle en Côte-d’Ivoire, la proclamation des résultats à la suite de la laquelle Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo se réclament tous deux la victoire, aucun Chef d’Etat africain ne s’est prononcé pour exprimer clairement sa position. Un silence curieux qui semble dévoiler l’embarras et la panique dans lesquels se trouvent actuellement plongés la plupart des Chefs d’Etats africains.

La CEI a proclamé les résultats de l’élection présidentielle en Côte-d’Ivoire, qui donne Ouattara vainqueur. Le conseil constitutionnel conteste et proclame plutôt Gbagbo élu président de la Côte-d’Ivoire. La confusion s’installe d’autant plus que les deux candidats se réclament la victoire et ont déjà respectivement procédé à leur investiture en tant que président de la République.

L’Union Africaine à l’instar des autres institutions internationales (ONU, UE, CEDEAO et FMI) a reconnu sans ambages et détour Alassane Ouattara comme élu président de la Côte-d’Ivoire. Mais cela suffit pour que les Chefs d’Etat africains certainement approuvent la position de l’Union Africaine. Mais il est également vrai qu’il y en a qui ont reconnu Gbagbo et le soutiennent sans avoir le courage de le dire ou qui sont gênés de dévoiler leur position. En réalité, il y a de nombreuses raisons qui sous-tendent cette attitude observée actuellement de la part des Chefs d’Etat africains. Attitude que certains observateurs qualifient à la limite d’hypocrisie et de sournoiserie.

Pour être objectif, nous diront que les Chefs d’Etat africains, de tradition, rendent publics leur communiqués ou font des déclarations pour saluer l’élection de leur pair et le féliciter en attendant de se déplacer pour honorer de leur présence la cérémonie d’investiture. Si certains ont choisi de garder le silence, c’est peut-être parce qu’ils sont embarrassés ou craignent d’occasionner par leurs déclarations des incidents diplomatiques ou des représailles pour leurs ressortissants en Côte-d’Ivoire. Car le début de violence observée actuellement en Côte-d’Ivoire ne fait pas seulement des victimes entre Ivoiriens. Il n’épargne pas aussi les étrangers.

L’autre raison qu’on peut aussi évoquer est que certains Chefs d’Etat africains, par leur silence sur la situation en Côte-d’Ivoire, craignent peut être pour leur avenir politique. Certains ont peut-être l’intention dans les mois ou années à venir, de modifier la Constitution de leur pays pour s’éterniser ou se maintenir au pouvoir. D’autres qui sont actuellement au pouvoir se présenteront bientôt à l’élection présidentielle dans leur pays et pourraient se retrouver dans la même situation que Laurent Gbagbo en Côte-d’Ivoire. Comment peuvent-ils maintenant critiquer et dénoncer les dérives observées en Côte-d’Ivoire ?

Sans vouloir les encourager dans leur attitude, on constate simplement qu’ils sont restés prudents pour éviter demain d’être victimes de leurs propres déclarations. Ils préfèrent donc pour le moment se réfugier sous la position africaine en attendant de voir si avec la pression de la communauté internationale, Gbagbo parviendra à garder le pouvoir et y rester longtemps ou si Ouattara finira par être installé et prendre sa place à la présidence de la République Ivoirienne. Voilà, c’est donc une question de calculs politiques et d’hypocrisie.

Serait-t-il désormais temps que les dirigeants africains cessent de privilégier et de préserver seulement ce qui les arrange et ne compromet pas leurs intérêts personnels? Il serait peut-être plus digne de leur part de prendre des décisions courageuses et de poser des actes audacieux pour le progrès de leur pays et le développement du continent africain.


Sékodo, correspondant de Koaci.com à Cotonou

 

Les militaires auront le dernier mot

09.12.2010 Coulibaly Zié Oumar Notre Voie

La Côte d’Ivoire vient d’élire son cinquième président en la personne de Laurent Gbagbo. Il a prêté serment le 4 novembre sur la Constitution ivoirienne au cours d’une cérémonie solennelle organisée par le Conseil constitutionnel, seule et unique institution en Côte d’Ivoire à investir un président. Mais ce qui confère au président élu sa force et sa légitimité, c’est quand l’armée dans sa totalité reconnaît le président élu par le peuple et s’engage à le défendre en tant qu’institution et à exécuter ses ordres.

 

Dès l’annonce de son élection par le Conseil constitutionnel, l’ensemble des grands commandements des forces armées, avec à leur tête le général Philippe Mangou, chef d’état-major de l’armée, ont fait allégeance au président Laurent Gbagbo. En outre, à l’annonce de sa victoire, le peuple, dans sa grande majorité, a salué cette annonce, au grand dam de ceux qui pensaient que le président Gbagbo était un homme seul adossé à une garde prétorienne.

 

Qu’est donc un chef d’Etat sans la reconnaissance de l’armée nationale et du peuple ? Assurément rien, que du papier à jeter à la poubelle. C’est cela la réalité du pouvoir. Alassane Ouattara bénéficie en ce moment d’un vaste soutien de la communauté internationale. Il n’y a rien là de surprenant puisque, depuis longtemps, on savait que cette communauté voulait l’imposer au pouvoir, mais, à l’intérieur du pays, il n’a pas le soutien de l’armée et encore moins celle de la majorité du peuple.

 

Alors, pour que le Premier ministre qu’il a nommé puisse travailler, il faut qu’il contrôle l’administration. Ce qui n’est pas le cas. Pour que les décisions qu’il va prendre en tant que chef de l’Etat soient exécutées, il lui faut une armée. Ce qui n’est pas le cas pour le moment, à moins que Ouattara organise un autre coup d’Etat avec l’aide de ses amis de la communauté internationale qui lui ont demandé de bourrer les urnes pour mettre le pays dans cette situation incertaine.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 19:50

 

 

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 Jeudi, 09-12-2010

 

Propos liminaires

 

Le troisième congrès ordinaire du Rassemblement Démocratique Centrafricain a restauré tous ses organes statutaires, l’a doté d’une direction légitime et a investi son candidat à l’élection présidentielle prochaine. Le succès incontestable de ce congrès a surpris certains, réduit à néant les projets machiavéliques d’autres mais surtout a redonné confiance à tous les militants.

 

Aussi, après une brève période difficile de son existence, le RDC retrouve-t-il toute sa place sur l’échiquier politique national et entend pleinement jouer le rôle que lui reconnait la Constitution de notre pays : l’animation de la vie politique. C’est dans ce cadre que vous avez été conviés à cet échange que nous espérons fructueux et utiles pour la nation toute entière.

Vous le savez, la République Centrafricaine est entrée, depuis 2002, c’est-à-dire 8 années déjà, dans une période trouble marquée d’incessantes rébellions.

 

Celles-ci entretiennent une insécurité chronique et une situation de ni guerre ni paix. L’attaque de la ville de BIRAO, le 24 novembre dernier par « la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP) » pendant que le pays préparait les festivités du cinquantenaire de son indépendance, illustre bien cette situation.

 

Par ailleurs, les populations centrafricaines espèrent que les élections législatives et présidentielles groupées à venir soient justes et transparentes afin que la confiance revienne entre gouvernants et gouvernés. Car c’est grâce à la confiance retrouvée que, tous rassemblés, nous travaillerons à la restauration de la paix et de la sécurité. Or, tout porte à croire que nous nous écartons chaque jour davantage de cette transparence. Ces élections sont mal préparées et le dysfonctionnement de la CEI chargée de leur préparation semble être délibérément organisé par monsieur BINGUIMALE, son président.

 

Le Bureau Politique du Rassemblement Démocratique Centrafricain a jugé utile d’informer les Centrafricains sur ces deux questions majeures pour le devenir de notre pays tout en affirmant ses positions au regard des données dont il dispose.

 

I- L’ATTAQUE DE BIRAO

 

C’est avec stupéfaction que le RDC a appris, dans la journée du mercredi 24 novembre 2010, la nouvelle attaque de la ville de Birao revendiquée par la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP), mouvement de rébellion non signataire d’accord de paix avec le gouvernement. Les combats qui en ont suivis, mettant en œuvre l’aviation et des blindés, ont fait de nombreuses victimes civiles et ont poussé la population à se réfugier hors de cette ville.

 

Cette ville, on le sait, a été déjà attaquée plusieurs fois. Compte tenu de sa position géographique et des évènements au Darfour qui lui est voisin, un gouvernement responsable aurait pris les mesures nécessaires pour sa protection et sa défense. Rien n’a été fait. Pour ce gouvernement qui excelle dans la prédation, la protection des personnes et des biens ainsi que la défense de l’intégrité du territoire ne constituent en rien un devoir. C’est aux forces de défense et de sécurité des pays amis et frères que ce gouvernement confie la défense de l’intégrité de notre territoire : l’Ouganda dans le Haut-Mbomou et peut être bientôt le Tchad dans les préfectures du nord, le Cameroun dans celles de l’ouest et les deux Congo dans les régions du sud

Ce qui constitue un des signes distinctifs du RDC est qu’il est sans conteste le parti centrafricain épris de paix et de justice. Il ne saurait rester indifférent à la situation de détresse que vit une partie de la population centrafricaine. En outre, pour les échéances électorales de 2011, la paix sur toute l’étendue du territoire est un impératif catégorique.

 

Pour toutes ces raisons, tout en condamnant les douloureux évènements de BIRAO, le RDC appelle le Gouvernement à plus de responsabilité et lui demande de reprendre langue, sans délai, avec le CPJP aux fins d’aboutir à la conclusion d’un accord de paix. Le RDC est prêt à soutenir toute partie qui s’engage sincèrement dans un processus de paix car, et l’histoire de notre pays nous le rappelle quotidiennement, en dehors des marchands d’armes, personne ne peut sortir gagnant d’une guerre civile avec son cortège de morts et de destructions.

 

II-LE FONCTIONNEMENT DE LA CEI ET SON INCIDENCE SUR LE BON DEROULEMENT DU PROCESSUS ELECTORAL

 

La République Centrafricaine a déjà organisé quatre élections pluralistes réussies : 1993, 1998, 1999 et 2005. La réussite de celles de 2005 fut jugée si exemplaire par les Nations Unis que des cadres centrafricains ayant contribué à ce succès ont été recrutés pour aider, avec l’expérience acquise, la République de Côte d’Ivoire à organiser ses élections de sortie de crise ; nous connaissons les résultats. Notre pays dispose donc d’une expérience et des compétences en matière électorale. Il ne devrait donc avoir ni tergiversation ni cafouillage dans la préparation des élections en Centrafrique si tous, sans agenda caché, nous voulons aller à des élections crédibles, justes et transparentes. Or, au regard du fonctionnement de la CEI et du comportement affiché de son Président, si rien n’est fait, nous irons à un simulacre d’élections avec toutes les conséquences prévisibles pour la stabilité du pays et donc pour son développement.

 

II-1 Les dysfonctionnements de la CEI

 

Aux termes des dispositions des articles 35 et suivants du Règlement Intérieur de la CEI, les décisions sont prises par CONSENSUS ou par VOTE à la majorité des ¾ des membres présents (article 37 alinéa 1). Mais cette procédure de prise de décision ne peut valoir, que si les réunions en plénière sont tenues. Or, cette plénière hebdomadaire dont le principe est adopté ne se tient jamais faute de convocation par le Président de la CEI. En conséquence, les décisions de la CEI ne sont prises que par le Président seul, ou quelquefois assisté de ces acolytes, au mépris des dispositions du Règlement Intérieur.

 

Par ailleurs, la non tenue des plénières de la CEI permet au Président d’organiser la rétention systématique de l’information. Et, pour faire semblant de partager les informations, il a instauré des « réunions de restitution » pour informer juste le bureau de la coordination de la CEI souvent réduit à lui-même, le 1er Vice-Président , le Rapporteur Général et parfois le Rapporteur Général Adjoint.

Ainsi, l’information circule mal au sein de la CEI avec comme conséquence son mauvais traitement et la non collégialité dans les prises de décisions importantes.

 

II-2 Les interventions flagrantes du Chef de l’Etat dans les prises de décisions et la gestion de la CEI

 

Tout observateur de bonne foi note d’abord la volonté affichée du Chef de l’Etat, un concurrent parmi d’autres, de contrôler tout le processus électoral et même d’édicter des règles en dehors de celles prévues par le Code Electoral. Cette volonté ne se justifie que par l’obsession de s’assurer de la réussite d’un HOLD UP ELECTORAL. Quelques cas relevés ici en sont des preuves irréfutables :

- Le 25 février 2010, le Président de la CEI apporte au Chef de l’Etat, certainement à sa demande, un rapport non validé par la plénière de la CEI pour lui permettre de convoquer le même jour le corps électoral. La synchronisation est plus que surprenante.

 

- Le dix aout 2010, la classe politique signe un accord portant adoption du chronogramme révisé relatif au processus électoral de 2010. Ce document arrête la période du 08 novembre au 08 décembre comme celle de réception, d’enregistrement et de traitement de dossiers de candidature. Sur instruction du Chef de l’Etat, le président de la CEI annonce par simple communiqué radio le 21 octobre qu’il a ramené cette période du 28 octobre au 08 novembre en violation flagrante du Code Electoral qui fixe ce délai à un mois comme prévu dans le chronogramme révisé. On connait la suite et les objectifs visés.

 

Il convient ici de rappeler que le Chef de l’Etat brille en Afrique par sa propension à violer la Loi. Le Premier Magistrat du pays est celui qui ignore allégrement la Loi peut-être pour donner une bonne assise à l’impunité devenu méthode de gouvernement. Le cas le plus flagrant dans le cadre de la préparation de ces élections est son refus de se soumettre à la décision de justice relative au découpage électoral.

II-3 L’état de préparation des élections à moins de 45 jours du 1er tour

a) Il est de notoriété publique que les listes électorales n’ont pas encore été établies. Conformément à la Loi, elles doivent d’abord être affichées dans chaque localité pour vérification. Ce n’est qu’après les corrections qu’elles sont validées pour servir de base à la confection des cartes électorales.

 

b) Les anciennes cartes électorales manuelles et informatisées ont servi de récépissés lors du recensement électoral ; elles ne peuvent donc servir de documents pour le prochain vote. En outre, nous savons que beaucoup d’électeurs recensés ne disposent pas de ce récépissé, notamment ceux des régions où sévissent les rébellions. Il est donc indispensable d’avoir pour tous les électeurs identifiés le même type de carte d’électeur.

 

c) Enfin, le nombre de bureaux de vote et leurs emplacements demeurent à ce jour inconnus. Or, c’est grâce à la connaissance du nombre de bureaux de vote que la CEI propose au Ministre de l’administration du territoire la nomination des présidents de bureaux de vote 45 jours avant le début de la campagne électorale fixé au 08 janvier.

 

III- EN GUISE DE CONCLUSION

 

Jamais la République Centrafricaine n’a fait montre d’un niveau d’incompétence aussi élevé dans l’organisation des élections. Par ailleurs, nous avons acquis de solides expériences dans ce domaine. En définitive, les errements et les blocages observés résultent d’une part de la médiocrité des dirigeants et, d’autre part de la volonté du Président candidat d’organiser un holdup électoral. A cet effet, il convient ici de rappeler aux uns et aux autres que dans notre pays, aucun Président de la République dont l’élection a été contestée n’a pu terminer son mandat.

 

Au regard de ce qui précède, la démission du l’actuel président de la CEI qui, non content de se révélé notoirement incompétent s’est permis de faire allégeance au Chef de l’Etat, conduisant ainsi l’institution a perdre son indépendance, c’est-à-dire son âme. Cette démission permettra à la CEI de repartir sur de nouvelles bases plus saines. La garantie de la transparence est à ce prix.

 

Par ailleurs, les Centrafricains veulent sortir définitivement de cette période de crise à répétition pour se focaliser sur les conditions de leur bien-être. Pour cela il nous faut la paix, une paix véritable que l’on ne peut obtenir que par la négociation et le dialogue permanent. Cette paix véritable et l’instauration d’un dialogue fécond ne peuvent advenir que si la légitimité des dirigeants découle d’élections justes, libres et transparentes.

 

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