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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 00:27

 

 

 

Idriss_Deby140208200.jpg

 

 

Tchad : Deby réélu au 1er tour avec 88,66%, participation 64,22%

N'DJAMENA (Tchad) - AFP / 09 mai 2011 23h00 - Le président tchadien sortant Idriss Deby Itno a été réélu dès le 1er tour de la présidentielle du 25 avril avec 88,66% des voix selon les résultats provisoires annoncés lundi par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

La Céni a établi à 64,22% la participation à ce scrutin, boycotté par les principaux opposants.

Selon le décompte de la Commission électorale, le président Deby, arrivé au pouvoir par un coup de force en 1990 et qui briguait un quatrième mandat de 5 ans (après avoir été élu en 1996, puis réélu en 2001 et 2006), a obtenu 88,66% des suffrages (2.504.069 voix).

Le ministre Albert Pahimi Padacké a obtenu 6,03% des suffrages (170.188 voix) et l'opposant Nadji Madou 5,32% (150.226).

Le taux de participation, qui était le principal enjeu du scrutin boycotté par les trois principaux opposants, Saleh Kebzabo, Wadal Abdelkader Kamougué et Ngarlejy Yorongar, est de 64,22%. Il y a eu 4.950.979 inscrits pour 3.179.325 votants, selon la Céni. 355.111 bulletins étaient nuls, soit un suffrage exprimé de 2.824.215 votes.

Dans un communiqué diffusé après le scrutin, M. Kebzabo, de l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), principal parti de l'opposition, avait estimé le taux de participation à 20%, parlant d'un boycott historique et évoqué un camouflet sans précédent pour M. Deby qui selon lui a perdu toute légitimité.

Le parti de M. Deby, le Mouvement patriotique du salut (MPS), avait, lui, jugé la participation correcte alors que le président Deby avait accusé les opposants de se retirer par peur d'être battus. Je pense que, quoi qu'il en soit, les élections vont être crédibles, avait-il estimé.

La journée de lundi a été marquée par le décès dans la matinée de M. Kamougué, mort de maladie à l'âge de 72 ans. Ancien président de l'Assemblée nationale et ancien ministre de la Défense, le général Kamougué Wadal Abdelkader, 72 ans, dit WAK, était le leader de l'Union démocratique pour le renouveau (UDR).

L'élection présidentielle devait marquer le point d'orgue d'un processus de démocratisation du régime entamé avec l'accord du 13 août 2007 signé entre la majorité des partis d'opposition et le pouvoir.

Mais l'accord signé un an après le boycott de la présidentielle de 2006 a débouché finalement sur un nouvel appel à l'abstention des principaux opposants, trois mois après les législatives du 13 février largement dominées par le Mouvement patriotique du salut (MPS) de Deby.

Selon les résultats définitifs de ces législatives à un tour à la proportionnelle proclamés par la Cour, le MPS a obtenu la majorité absolue avec 113 des 188 sièges de l'Assemblée nationale alors que 13 sièges issus de trois partielles du 6 mai restent à pourvoir.

Candidats en 2001 et 1996, les trois principaux opposants, M. Kebzabo, Kamougué et Yorongar avaient dénoncé une mascarade électorale, affirmant que les élections législatives ont été marquées par des fraudes et irrégularités, avant de suspendre leur participation à la présidentielle. Ils réclamaient notamment de nouvelles cartes d'électeurs.

Depuis le réchauffement des relations avec le Soudan, le régime de Deby semble à l'abri des rezzous (raids) rebelles, d'autant qu'avec ses nouveaux pétro-dollars, il a pu renforcer son armée.

Il bénéficie du soutien de la France, qui maintient une présence dans son ancienne colonie presque sans discontinuité depuis 1960.


(©)

 

Tchad : Deby et ses victoires à la Pyrrhus

Sans grande surprise, la mascarade du 25 avril dernier - tant boycottée par l’opposition et où l’abstention s'est révélée paroxystique - vient de donner vainqueur le candidat du parti Etat avec un score ubuesque de plus de 88% des voix, un tyran au pouvoir depuis plus de 20 ans. Le philosophe anglais Thomas Hobbes ne disait il pas que « La force et la fraude sont les deux armes principales des hommes en guerre», cette formule correspond bien à notre Général-Président Deby homme de guerre qui a complètement fermé la porte du dialogue. Les scrutins de façade et la négation de la volonté du peuple sont devenus de monnaie courante dans notre pays.  «  Pauvre démocratie tchadienne ! » entend-t-on murmurer dans les ruelles et grands artères de la capitale, Ndjamena. Un petit retour en arrière s'impose tout de même pour comprendre comment Idriss Deby a réussi à faire des élections au Tchad un rendez-vous incontournable pour affirmer un peu plus son statut de potentat sanguinaire et tyrannique.

Il faut dire qu’en 2001 déjà, au terme d’un scrutin truqué, « son auguste majesté Debyle ou Debyfole » (comme d'aucuns l'appellent sur Tchadenligne.com ou Tchadanthropus-tribune.com) avait fait arrêter ses principaux concurrents. En 2006, après une révision constitutionnelle de convenance pour briguer un nouveau mandat et s’octroyer une présidence à vie, il sortait vainqueur d’une farce électorale déjà boycottée par l’opposition. Cette fois encore, Idriss Deby s’est présenté aux électeurs sans concurrents sérieux.

Jamais deux sans trois, donc, au pays des Sao. C'est ainsi qu'en 2011, les fraudes massives aux législatives ont conféré au parti au pouvoir (MPS) une écrasante victoire, avec près des trois quarts des sièges à l’assemblée nationale. Aux présidentielles, l’opposition démocratique qui ne cherchait que des conditions minimales de transparence pour sa participation a décidé de se retirer de la course à la magistrature suprême, et ce après le rejet des recours posés devant une cour constitutionnelle acquise totalement à Deby. Malgré toute la machine de propagande mise en place, le mot d’ordre du boycott de l’opposition a été largement suivi dans les 22 régions et nous saluons sans retenu ces nombreux tchadiens qui, en leur âme et conscience, ont décidé de ne pas participer à ce non-événement. Un boycott historique, pourtant, Idriss Deby a eu le fin mot de l'histoire en se faisant réélire Président sans coup-férir, appuyé en cela par la complicité tacite de la communauté internationale.

Dans un pays où au mépris de tout respect de sa fonction, un Chef d’Etat  traite ses principaux opposants civils de « détails » comme il l’a fait le 5 février 2008 (voir interview Europe1 avec Elkabbach). On ne pouvait pas s’attendre à grand-chose de lui. Dans un pays où un les contre-pouvoirs sont muselés, les leaders d’opinions sans défense éliminés sous le regard complice de la communauté internationale, il n'y a plus grand-chose à attendre, « Itno Hemis a pris l’or, l’argent et notre liberté qu’il nous faut nous même conquérir.

À la tête d’un régime autoritaire et répressif, Le Général Président Sultan Deby a entretenu un cycle de violences et de répressions qui a laissé le Tchad exsangue. Véritable Ubu-Roi que n'aurait pas renié Alfred Jarry, il a fait subir à son peuple plus de deux décennies de massacres, de disparitions forcées, de souffrances, d'humiliations, de tortures, de pillages, d’enrichissement illicite et de vols des deniers publics par un homme et son clan. Malgré l’exploitation de la manne pétrolière rien n’a changé dans la vie de nos pauvres citoyens qui continuent de mourir de faim, du paludisme ou de diarrhée. Dans un pays où tout tombe de Charybde en Scylla, deux des problèmes majeurs de tous les tchadiens restent sans doute l'eau, source de vie et l'électricité, source de vue. « Ndjamena vitrine de l’Afrique » comme dirait Deby est actuellement la seule capitale au monde d'un pays pétrolier non électrifiée. Ni électricité (niveau d’électrification à moins de 7%), ni eau potable (en pleine capitale la plupart des gens qui boivent encore l'eau de puits) et les tchadiens dans leur ensemble arrivent difficilement à assurer un repas au quotidien. Deby et son clan ont pris en otage 11 millions de tchadiens « affamés, hagards, clochardisées, battus, bâillonnés par les armes » comme le disait si bien le Pr. Ibni.

Nous dénonçons ces mascarades électorales successives, ces victoires à la Pyrrhus, ces votes entachées de fraudes mais pourtant validées et cautionnées par l’UE et la France. Au moment où la revendication contre les présidences à vie, pour plus de libertés et pour l’alternance démocratique, secoue le monde arabe et africain, il est inadmissible que le Tchad donne au monde cette image ridicule, d'un pouvoir familial, prédateur, obscurantiste et arrogant (les qualificatifs négatifs viennent à manquer pour le décrire). Nous tchadiens avons aussi ont droit à une démocratie, il n’y a pas de démocratie pour l’Europe et de démocratie pour l’Afrique, la démocratie a des valeurs universelles. Nous dénonçons cette diplomatie à géométrie variable qui permet à Idriss Deby et son clan d’opprimer sans scrupule notre peuple sans voix.

 Chers compatriotes tchadiens, chers frères africains, chers amis du Tchad, tant à l’intérieur qu’a l’extérieur, soyons désormais comme l'écrivait le défunt Aimé Césaire « la bouche de ceux qui n'ont point de bouche », faisons que notre voix soit « la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir ». Levons-nous comme un seul homme pour dire NON ! NON à la perpétuation du régime sanguinaire qui sévit au Tchad! le même mot d’ordre « Deby dégage » ou encore « Deby, Barra» doit désormais être notre leitmotiv, jusqu’à la victoire finale. Sous ce même credo mobilisateur, allons de l’avant pour libérer le « Tchad notre case commune ». Dans le collectif « DEBY DEGAGE », nous sommes prêts et résolu où que nous soyons au rassemblement pour manifester notre rejet de cette situation. On espère que tous les tchadiens dans leur ensemble sauront tout donner pour que ce mouvement soit un nouveau départ et puisse accoucher d’un « Tchad nouveau » banni du régime abject de Deby. Nous n’avons pas d’armes, mais la force de la rue est plus forte que tous les canons du monde.

« Appel à la contestation, au rassemblement et au soulèvement populaire »

Mohamed Saleh Ibni Oumar

Enseignant et Humanitaire tchadien

msibni@msibni.fr

  

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 00:18

 

 

 

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N'DJAMENA (Tchad) - AFP / 09 mai 2011 12h46 - Le général Wadal Abdelkader Kamougué, 72 ans, l'un des principaux opposants au régime du président tchadien Idriss Deby, est décédé lundi à Koumra, dans le sud du Tchad, a affirmé à l'AFP Saleh Kebzabo un autre opposant, précisant qu'il était malade depuis quelque temps.

La présidence tchadienne a confirmé le décès sur son site internet: Lundi 9 mai 2011: le ministre conseiller à la présidence de la République Kamougué Wadal Abelkader s'est éteint ce matin à Koumra dans le Mandoul.

Il est décédé ce matin. Il était malade depuis quelque temps, a affirmé M. Kebzabo qui dirige l'Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR), principale formation de l'opposition avec 9 des 188 sièges de l'Assemblée nationale après les législatives de février.

Il est tombé ce matin dans la douche certainement à la suite d'un arrêt cardio-vasculaire. Il allait mal depuis la semaine dernière mais tenait à finir la campagne législative partielle de Bedjiondo (sud) où sa femme était candidate vendredi, a-t-il ajouté.

Il avait été transféré hier (dimanche) depuis Bekamba à Koumra (ville distante d'une trentaine de kilomètres) où il a reçu des soins et se sentait mieux, a dit Saleh Kebzabo.

Dirigeant de l'Union pour le renouveau et la démocratie (URD, 7 sièges), le général Kamougué qui était ministre dans le gouvernement d'ouverture en place, avait boycotté l'élection présidentielle du 25 avril dont les résultats provisoires sont attendus ce lundi.

Avec deux autres opposants, Saleh Kebzabo et Ngarlejy Yorongar de la Fédération Action pour la République (Far), il dénonçait la mascarade électorale des législatives du 13 février.

Wadal Abdelkader Kamougué, dit Wak, originaire de Sahr (sud) mais né en 1939 à Bitam dans le nord du Gabon où son père servait dans l'armée française, faisait partie des putschistes qui ont renversé en 1975 le président Ngarata Tombalbaye assassiné lors du premier d'une longue série de coups d'Etat.

Il a ensuite été un des personnages clé du régime entre 1975 et 1979, dont il fut ministre des Affaires étrangères. Il a par la suite occupé le poste de vice-président du Gouvernement d'union nationale de transition du Tchad (GUNT) sous Goukouny Weddeye, renversé par Hissène Habré en 1982. Il deviendra pourtant son ministre de l'Agriculture en 1987.

Président de l'Assemblée nationale et plusieurs fois ministre sous le régime de Idriss Deby Itno au pouvoir depuis 1990, il était à sa mort ministre conseiller à la présidence de la République malgré sa position d'opposant.

En 1996, ce leader sudiste chrétien avait recueilli plus de 30% des suffrages au second tour de la première présidentielle dans laquelle a été élu M. Deby. En 2001, il avait terminé 4e (6%) et avait déjà boycotté l'élection en 2006.


(©)

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 01:43

 

 

 

Bozizé KNK

 

 

« Qui sème le vent récolte la tempête » dit-on. C’est exactement ce qu’on doit dire de François Bozizé et de la façon dont il a conduit la République centrafricaine jusqu’à présent. Il a en effet passé le plus clair de son temps à brasser du vent et à rouler dans la farine aussi ses compatriotes que les partenaires au développement de la RCA et la fameuse communauté internationale. Tout cela a permis sa triomphale réélection à l’issue du double scrutin du 23 janvier dernier dès le premier tour de scrutin avec un score frauduleux que va pourtant entériner une cour constitutionnelle indigne et complètement à plat ventre devant lui. Mais sa fausse victoire électorale est en train de se retourner contre lui comme un véritable boomerang. La reconduction du même premier ministre après une attente d’un  mois ; la formation d’un gouvernement pléthorique avec les même techniques de passe-passe comme celui constitué au sortir du DPI en débauchant ici et là quelques brebis galeuses de l’opposition et des mouvement politico-militaires pour donner l’illusion d’un gouvernement d’union nationale ; tout cela est bien la preuve que le système Bozizé est à bout de souffle car parvenu aux limites de la ruse et de la roublardise de son propriétaire.     

Outre l’opposition politique qui refuse jusqu’à présent de reconnaître les résultats de cette mascarade électorale, la presque totalité de ses pairs chefs d’Etat ne lui ont pas adressé les traditionnels et protocolaires messages de félicitation. Même le béninois Thomas Yayi Boni dont la réélection est intervenue après celle de Bozizé a eu droit au message de félicitation du président français Nicolas Sarkozy mais pas Bozizé. De même Paris n’a pas jugé utile de dépêcher ne serait-ce qu’un ministre à son investiture qu’il a été totalement mal inspiré d’organiser le jour anniversaire du coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir le 15 mars 2003 tout en renversant son prédécesseur Ange-Félix Patassé. Alors qu’il n’a manqué aucune investiture de certains de ses pairs, seuls trois chefs d’Etat de la sous-région ont daigné venir à Bangui pour assister à celle aux forceps de Bozizé. Service minimum pour lui en quelque sorte.

L’entretien qu’il a accordé à l’ambassadeur de France et à celui de l’UE à Bangui le 8 avril 2011 après que ceux-ci eussent beaucoup insisté pour le rencontrer, et qui a fait l’objet du point de presse de M. Samzun quelques jours après, est assez révélateur du climat actuel des relations entre lui et l’UE et la France. Celles-ci ont visiblement pris un coup de froid en raison notamment du hold-up électoral résultant du fonctionnement à fond la caisse du bourrage des urnes en faveur de Bozizé et du KNK et aux inadmissibles entraves à la liberté de circulation faite aux leaders de l’opposition, dont le scandaleux cas de l’ex-président Patassé qui a malheureusement fini par en succomber, a suscité beaucoup d’émoi et d’indignation chez plusieurs chefs d’Etat africains et de Bruxelles. Un diplomate en poste à Bangui qui a souhaité garder l’anonymat a résumé le cas de Bozizé en confiant à C.A.P que « le président Bozizé a le chic de se créer lui-même tout seul des problèmes »      

Plus grave encore pour Bozizé, les principaux bailleurs des élections centrafricaines, en particulier l’UE, se sont rendus compte sans doute avec retard que leurs fonds, aussi invraisemblable que cela puisse être, loin d’avoir servi à consolider la démocratie en Centrafrique, ont financé plutôt l’élection d’un médiocre dictateur dans une république bananière. Les millions d’euros déboursés par l’UE ont non seulement permis à Bozizé de se proclamer vainqueur des élections mais l’ont également enrichi ainsi que certains de ses enfants, son épouse et le nullissime président de la CEI le vrai faux pasteur Joseph Binguimalé qui leur a attribué à tour de bras et de gré à gré des marchés non exécutés de plusieurs centaines de millions de F CFA.

Ce n’est pas donc pour rien que Bozizé a obstinément refusé la publication de l’audit sur la gestion de la CEI par le tristement célèbre Binguimalé réclamé par l’opposition et qu’il a pourtant ordonné. C’est qu’il a des choses à dissimuler dont il craint la divulgation. Bozizé croit aussi à tort que eu égard à la gestion totalement personnelle et opaque que lui et Ndoutingaï ont faite de l’enveloppe des huit milliards de CFA réunie par les pays de la CEMAC pour le DDR centrafricain, personne ne saurait que l’essentiel de cet argent lui a servi entre autre à financer sa campagne électorale en achetant les consciences des Centrafricains. Il en est de même de la manne de près de 26 milliards de F CFA virée en novembre 2009 par le FMI via la BEAC qui lui a aussi permis l’acquisition de nombreux véhicules 4x4 à CFAO Bangui et à Dubai pour sa campagne électorale et celle du KNK. Tous ces détournements qu’il a opérés au grand jour sont de notoriété publique et ont sans doute fait les choux gras de toutes les chancelleries de Bangui.

Sur le plan politique. Ayant pris le pouvoir par un coup d’Etat, Bozizé n’a nullement l’intention de lâcher ce pouvoir, surtout pas par la voie des urnes. C’est un secret de polichinelle que son vœu le plus cher quoiqu’il en dise, maintenant qu’il a tout fait pour se tailler une assemblée nationale exclusivement KNK, serait de faire sauter le verrou de la constitution qui l’empêche actuellement de briguer un nouveau mandat en 2016 et au-delà pour continuer à « faire don de sa personne » à la RCA. Puis il nourrit le projet de passer ensuite le flambeau à son fils actuellement indéboulonnable ministre délégué à la défense auprès de lui, Jean Francis Bozizé qu’il couve encore sous ses ailes tout en mettant au-devant de la scène l’antagoniste et rival de celui-ci, un certain Sylvain Ndoutingaï.

Au sujet de ce dernier,  plusieurs diplomates en poste à Bangui et observateurs occidentaux de la politique centrafricaine ont avoué à C.A.P leur embarras devant sa mutation du ministère des mines à celui des finances. Personnage sulfureux et considéré par certains pays décideurs comme  le ministre qui incarne le plus le système de prédation et le haut degré de corruption du pouvoir de Bozizé, la désignation de Sylvain Ndoutingaï comme directeur national de campagne du candidat Bozizé avait déjà troublé plus d’uns.  Sa promotion comme quasiment vice-premier ministre, numéro 2 du gouvernement et ministre des finances, laisse carrément pantois tous les observateurs qui ont réellement du mal à comprendre la logique de Bozizé.

Etant complice de tous ses micmacs financiers et son principal complice dans quasiment toutes les affaires louches de prédation dont il refile une bonne part du butin à Bozizé, Ndoutingaï est devenu son grand argentier et il doit sans doute compter sur lui pour la gestion de la manne pétrolière qu’ils ont confiée aux Chinois et pour laquelle ils doivent se lécher déjà les babines. Pour Bozizé, Ndoutingaï qu’il sait n’avoir pas que des amis, est un pion essentiel pour cette économie du pétrole centrafricain qu’il est pressé de piloter comme on s’en doute encore, dans la plus grande opacité. Est-il conscient des risques qu’il prend en le mettant ainsi au-devant de la scène ? On ne tardera pas à le savoir dans les prochains jours.

Rédaction C.A.P 

 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 01:35

 

 

 

MLPC-Ben-Laden.JPG

 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 01:14

 

 

Tribune-reunion-CAD-7-mai-2011.JPG

 

 

Les candidats aux dernières élections présidentielles du 23 Janvier 2011en Centrafrique, Martin Ziguélé du MLPC et Emile Gros Raymond Nakombo ont été invités par le Collectif pour l’Alternance Démocratique en Centrafrique (CAD) qui vient de voir le jour en France à rendre compte de leur retour d’expérience devant leurs compatriotes de France le samedi 7 mai 2011 dans une salle de la bourse du Travail du Xè arrondissement de Paris. Malheureusement, seul Martin Ziguélé fut présent, Emile Gros Raymond Nakombo empêché, s’est fait représenter par le Pr Raymond Max Siopathis du RDC.

vue de la réunion CAD

 

Devant une salle pleine, les compatriotes étant venus nombreux, Martin Ziguélé s’est patiemment employé pendant une heure d’horloge environ, à retracer les phases du processus électoral et restituer tous les enjeux ainsi que les péripéties des différents combats que l’opposition démocratique et ses leaders regroupés au sein du CFC ont vainement livrés contre Bozizé et son appareil politique du KNK ainsi que la CEI présidée par son homme de main Joseph Binguimalé, pour le respect du code électoral et pour réunir les conditions d’un minimum de transparence électorale. Il s’en est suivi un enrichissant échange entre Martin Ziguélé et ses compatriotes, visiblement très assoiffés d’en apprendre sur les conditions réelles dans lesquelles ces consultations populaires ont pu se dérouler et aboutir malheureusement aux fraudes généralisées et au hold-up de Bozizé et son KNK.

Martin Ziguélé a également situé l’assistance sur les objectifs du Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections de 2011 (FARE 2011) qu’ils ont mis en place avec la participation de feu le président Ange-Félix Patassé qui décédera hélas dans les circonstances que l’on sait, le FARE étant à peine porté sur les fonts baptismaux. Avant d’ouvrir la réunion, le bureau de séance avait d’ailleurs demandé à la salle d’observer une minute de silence à sa mémoire.

 

CAD-7-mai-2011.JPGAprès les longs et intéressants échanges, les compatriotes étaient manifestement satisfaits de l’exposé de Martin Ziguélé et la présidente du CAD, Mme Marie-Reine Hassen, prendra à son tour la parole pour présenter ce nouveau Collectif ainsi que les objectifs qu’il poursuit qui visent essentiellement à assurer l’alternance démocratique en Centrafrique.

Rédaction C.A.P

 

Propos liminaire de Martin Ziguélé lors de sa rencontre samedi avec les Centrafricains à Paris
 

Je voudrais tout d’abord remercier les représentants des partis politiques et le Collectif pour l’Alternance Démocratique en Centrafrique (CAD) d’avoir bien voulu organiser cette rencontre citoyenne avec nos compatriotes de France. Je remercie également nos compatriotes qui sont venus nombreux pour échanger avec nous, en dépit de leurs nombreuses occupations et de l’invitation tardive. Votre présence massive ici est la manifestation la plus probante de votre volonté de voir notre patrie se sortir par le haut de cette impasse politique dans laquelle l’a plongé les auteurs du « hold-up » électoral du 23 janvier 2011.

Ici comme au pays, nos compatriotes s’interrogent et interrogent les hommes politiques sur:
1- Pourquoi, à la sortie du Dialogue Politique Inclusif (DPI), les recommandations relatives à la mise en place d’un gouvernement de consensus pour conduire un processus électoral consensuel n’a-t-il jamais été respecté ? Quelle est la responsabilité des uns et des autres ?

2- Pourquoi l’opposition démocratique a-t-elle accepté d’aller aux urnes malgré tous les signes évidents annonciateurs d’un hold-up électoral ?

3- L’opposition désormais réunie dans le FARE 2011 pour réclamer essentiellement l’annulation et la reprise des élections présidentielle et législatives espère- t-elle obtenir gain de cause ?

1- Sur la première question, il est important de souligner que le pouvoir centrafricain n’a jamais voulu du Dialogue Politique Inclusif réclamé à cors et à cri par l’opposition démocratique réunie au sein de l’Union des Forces Vives de la Nation (UFVN) depuis 2007. Nous avions réclamé ce DPI dont personne, à commencer par le Président BOZIZE lui-même ne voulait entendre parler à l’époque, pour des raisons bien précises :

- Ramener la paix et la stabilité dans notre pays, en mettant fin aux crises militaro-politiques naissantes à l’époque avec l’apparition de mouvements de rébellion (UFDR, APRD, FDPC, etc.) dans le nord, le nord-ouest et le centre-nord de notre pays. Nous l’avions fait parce que tout simplement aucun pays au monde ne peut se développer dans un environnement d’insécurité et d’instabilité généralisées ;

 - Mettre un terme aux violations caractérisées et répétées de la constitution par le pouvoir (non-respect de la séparation des pouvoirs, non respect de l’indépendance de la justice, cumul de fonctions ministérielles par le Président de la République, etc.) avec comme conséquence principale l’affaiblissement durable de l’Etat ;

- Jeter les bases d’une gouvernance améliorée ;

- Mettre en place un mécanisme consensuel d’organisations d’élections crédibles pour éviter à notre pays des crises politiques post-électorales ;

 - Mettre en place un gouvernement de consensus pour la gestion de l’ensemble des recommandations issues de ce processus.

Dès la clôture des travaux du DPI, le pouvoir qui ne voulait pas de la tenue de ces assises a commencé à développer une propagande pour s’en approprier la paternité, et surtout, torpiller une à une ses recommandations, comme chacun le constatera par la suite.

 C’est ainsi qu’à la place du gouvernement de consensus recommandé par le DPI, il débauchera des cadres de l’opposition directement contactés et appâtés. Voilà comment naîtra « la méthode bozizéenne » de gouvernement dit de consensus, que nous reverrons à l’œuvre le 22 avril 2011 avec le gouvernement dit TOUADERA III.

 Pour ce qui concerne la gestion consensuelle du processus électoral, le pouvoir s’est employé tout simplement à « torpiller » tout esprit de consensus, et chaque étape du processus électoral a été l’objet d’âpres luttes et crises, démontrant ainsi le refus délibéré du pouvoir de mettre en place un processus conduisant à des élections crédibles. Les exemples de ce refus, malheureusement, abondent, la plus significative étant la modification unilatérale par le gouvernement du projet de code électoral révisé par la commission ad hoc mise en place par le DPI. Les protestations de l’opposition sont restées lettre morte et ouvriront la voie à la plus mauvaise commission électorale que notre pays, et même l’Afrique francophone ait connu.

2- Sur la seconde question, je me dois de vous dire que le débat a été nourri au sein de l’opposition démocratique sur l’opportunité d’aller aux élections dans les conditions connues. Après plusieurs semaines de débat, la règle du consensus a prévalu, et nous avons décidé malgré tout d’aller aux élections pour les raisons cumulatives survivantes :

- Réunir les preuves, grâce à notre participation effective aux élections, de la fraude généralisée organisée par le pouvoir sur toute l’étendue du territoire national;

 - Avoir de ce fait la légitimité nécessaire pour contester le processus, et obtenir les preuves nécessaires pour une révision de tout le processus ;

 - faire échec à la propagande du pouvoir qui, monopolisant les médias d’Etat, avait mis en place une vaste opération de manipulation de l’opinion pour présenter les responsables de l’opposition comme des irresponsables « fuyant les élections « par manque de moyens, et comme des alliés objectifs de la rébellion armée;

- ne pas décevoir l’attente des populations qui par leur participation massive au premier tour des élections, avaient réellement cru que leur vote allait être respecté. A contrario, l’abstention très élevée observée au second tour, en respect du mot d’ordre de boycott lancé par l’opposition, prouve l’adhésion de la majorité spoliée à notre démarche.

Aujourd’hui, grâce à notre participation à ces élections, nous avons mis à nu la face cachée de ceux qui nous dirigent. Je n’en veux pour preuve que les résultats du sondage de l’Institut Panos de Paris qui indiquent que plus de la moitié des centrafricains (54%) estiment que ces élections ne sont ni justes ni équitables et ne considèrent pas leurs résultats comme justes.

Naturellement, vous êtes déjà au courant des conclusions des rapports de partenaires crédibles, qui ne sont pas de l’opposition centrafricaine…et qui se passent de commentaires. Leurs conclusions convergent vers un même constat : les résultats de ces élections sont sujets à caution.

3- Sur la troisième question. Au sein du FARE 2011, nous n’avons aucun doute sur la justesse de notre cause. Les centrafricains comprennent le sens de notre lutte qui n’a qu’un seul objectif : garantir le respect du suffrage de notre peuple et défendre les libertés individuelles et collectives. Nous sommes unis plus que jamais dans le FARE 2011 parce que tous les jours, le pouvoir prouve que toute sa stratégie est basée sur le droit de la force et non sur la force du droit. Notre combat est celui de tout notre peuple, dont vous êtes ici les filles et les fils, pour la liberté vraie, pour la dignité et pour le droit à une vie décente.

Je vous remercie

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 00:16

 

 

 

Adrien-Poussou.JPG

 

J’ai parfois été un journaliste connivent. La chose est, pour emprunter le premier paragraphe du dernier ouvrage (M. Le Président ; éditions Flammarion) de Franz-Olivier Giesbert, assez mal vue par une partie de ma profession qui pense que, pour bien connaître la classe politique, il vaut mieux ne pas la fréquenter : cette école, qui a ses fidèles, je cite toujours Giesbert, préfère éditorialiser en chambre plutôt que de se laisser corrompre ou même distraire par la réalité.

Le problème, c’est que les messes dites « politiques » de mes compatriotes auxquelles j’assiste me rendent souvent quelque chose que je ne saurais définir avec exactitude et qui oscillerait entre l’inconséquence notoire, la médiocrité avérée, l’impréparation démontrée et un « m’as-tuvisme » insupportable. Et alors ? me dites-vous.

Et alors, loin de moi l’idée de porter un quelconque jugement de valeur sur ces comportements souvent dictés par l’instinct grégaire. D’autant que, sur ce chapitre, je serais très mal placé pour donner des leçons comportementales, tout le désordre de ma propre vie est là pour le montrer.

Ce samedi 7 mai donc, nous étions conviés à une rencontre, une de plus, organisée par le… CAD, si c’est comme cela que ça s’écrit, qui avait pour ordre du jour (entre autre) la crise postélectorale dans notre pays, avec la participation d’un des candidats de la présidentielle du 23 janvier, membre du FARE-2011 (Front pour l’annulation et la reprise des élections de 2011).  Il s’agit bien sûr de Martin Ziguélé, président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC).

Dans son propos liminaire, Martin Ziguélé a essayé d’apporter, autant que faire se peut, un début de réponse aux trois questions suivantes que se posent, à l’en croire, de nombreux Centrafricains :

Pourquoi, à la sortie du Dialogue Politique Inclusif (DPI), les recommandations relatives à la mise en place d’un gouvernement de consensus pour conduire un processus électoral consensuel n’a-t-il jamais été respecté ? Quelle est la responsabilité des uns et des autres ? 

Pourquoi l’opposition démocratique a-t-elle accepté d’aller aux urnes malgré tous les signes évidents annonciateurs d’un hold-up électoral ?

L’opposition désormais réunie dans le FARE 2011  pour réclamer essentiellement l’annulation et la reprise des élections présidentielle et législatives espère-t-elle obtenir gain de cause ?

Puis, c’était autour des participants de lui poser un certain nombre de questions. Beaucoup en ont profité pour faire le procès de l’opposition qui est en grande partie, soit dit en passant, responsable de la situation actuelle. D’ailleurs, c’est toujours le même cérémonial dans les réunions centrafricaines.

Or voilà le hic. Et comme on dit, le diable, lui, se loge dans les détails. Car, cette séquence de question/réponse montre la limite de l’exercice qui peut prêter à sourire. Pendant ces moments, apparaissent au grand jour, l’hypocrisie, l’impréparation de la réunion, le manque de sérieux des organisateurs qui peinent à tenir le même langage et l’incohérence de leur  propos.

On a pourtant glosé à l’infini sur ces errements insupportables, mais rien n’y fait. À preuve, l’exercice d’hier est un model du genre. Comme cette bonne dame, je tais son nom volontiers,  présentée comme la présidente du machin, cette nouvelle aberration, nommée CAD (Collectif pour une alternance démocratique en Centrafrique) qui ne s’est pas fait prier de déconstruire, l’autre dirait « détricoter » en cinq minutes chrono, tout le baratin que Martin Ziguélé a pris deux heures d’horloge pour délivrer à l’assistance. 

Généralement avec cette ancienne ministre de Bozizé, c’est du tartarin. J’exagère à peine. Sans conteste, l’humilité n’est pas son fort et après tout, on n’est jamais mieux congratulé que par soi-même. Pour un peu, elle écrirait ses propres hagiographies.   

Au début, comme la majorité des participants de la rencontre, je me suis demandé si je ne faisais pas un très mauvais rêve. Hélas, triple hélas, nous assistions à un mode de fonctionnement inspiré par une absolue désinvolture, une parfaite indifférence aux principes les plus banals. Avec cette dernière, tout ce qui compte, c’est le connu, le riche, le puissant, le célèbre. L’effervescence lui tient lieu de raisonnement. Pour ne rien arranger, elle a l’autoglorification aux lèvres. D’ailleurs, ne connaît-elle pas que l’auto-célébration ? Elle a habitué la Centrafrique entière avec ses discours vantard, fascinée qu’elle est par l’apparence. Son sport favori depuis le jour où j’ai fait sa connaissance, c’est de faire sa propre pub.

Cela dit, point n’est besoin de faire l’ÉNA pour cerner le fonctionnement basique d’une organisation fût-il un collectif hétéroclite. Au nom de quel principe doit-on mettre en place une organisation qui prône l’alternance démocratique en sachant que ses membres du bureau appartiennent pour la plupart aux organes de direction des partis politiques, dont l’objectif premier est, justement, la lutte pour une « alternance démocratique » ?  De ce point de vue et ce point de vue seulement, quel sera, au finish, le rôle du FARE-2011 si le CAD chasse sur son terreau ? N’a-t-on pas vu sa présidente tirer à boulets rouges sur le FARE-2011 qu’elle ose présenter comme une organisation partenaire ? De qui se moque-t-on ?

Disons-le tout net, le CAD contribue à brouiller le message et éparpiller l’énergie que devrait avoir l’opposition pour continuer la lutte. Pis, il participe du mépris et du mauvais procès que fait le régime de Bangui à l’opposition, présentée par lui, comme un groupuscule de « prostitués » à la recherche d’intérêts bassement égoïstes, incapables de durablement s’unir, dixit Bozizé qui avait promis à ses militants dans son discours dit d’investiture, qu’il allait faire crever, à coups de gourdins, j’imagine, « leur phare », oh pardon FARE-2011. Façon de dire qu’il entend profiter de l’inconséquence de ses adversaires pour les diviser !  

Jean-Paul Sartre, le philosophe écrivain, est l’auteur de l’une des plus justes formules que je connaisse : « un homme s’engage dans sa vie, dessine sa figure et en dehors de cette figure, il y a rien ». En vertu de cette formule, les états-majors des partis politiques se doivent de tirer les conclusions qui s’imposent au risque de voir la cohésion de leurs structures respectives volée en éclat. Car, si les cadres de leur formation qui participent à l’aventure du CAD entendaient « tuer le père » pour exister qu’ils ne se prendraient pas autrement. De deux choses l’une : soit ils quittent le CAD ou démissionnent de leurs partis. 

C’est cela, aussi, la cohérence qu’on demande à un homme politique, un vrai.   

 

Adrien Poussou.

 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 00:29

 

 

 

Bozizé KNK ridicule

 

 

Ai- Rca- Vendredi, 06 Mai 2011 18:35 - Le président  François Bozize a présidé le 5 mai le premier conseil des ministres du gouvernement Touadera 3.

 « Vous voilà avec moi pour continuer à apporter votre abnégation, votre disponibilité, votre sens de la méthode et de l’organisation pour la conduite de la politique qu’à travers moi, le peuple centrafricain a de nouveau choisi », a déclaré François Bozizé lors du premier conseil des ministres depuis sa réélection.

« C’est le lieu de souhaiter la bienvenue à celles et ceux qui se trouvent pour la première fois au tour de cette table du conseil des ministres, lieu symbolique par excellence où les grandes décisions pour le pays se prennent », a-t-il poursuivi.

Pour M Bozize, la longévité de M Touadera à ce poste, de premier ministre, tient tout d’abord compte de ses qualités et également grâce à l’harmonie de pensée entre le chef de l’état , porteur d’un projet pour la nation et le premier ministre chargé de la mise en œuvre de cette politique.

Selon le chef de l’Etat, les gouvernements qui se sont succédé et conduits par M Touadera ont réalisé des avancées dans le domaine de la sécurité, de la paix,  de l’économie et de la renaissance internationale de la République Centrafricaine.

« L’Etat étant une continuité, rendre hommage aux gouvernements antérieurs est honorable puisqu’ils ont aussi posé des actes positifs dans l’intérêt de notre pays et qu’il revient à leurs suivants  de renforcer » a-t-il indiqué

En engageant leurs responsabilités respectives, M Bozizé a jugé  opportun de leur rappeler : « vous participez désormais à l’exécutif, vous gouvernerez c’est-à-dire vous allez gérer un pays. Vous déciderez pour la nation, et l’engagerez un peu plus résolument dans la voix de la paix, de la sécurité, du développement, c’est-à-dire de la reconstruction de l’état entreprise depuis le 15 mars 2003 ».

A  l’en croire,  son second mandat est placé sous le signe de l’espérance puissante et  cette espérance  « l’interpelle et interpelle le gouvernement et les forces vives de la nation. La flamme de cette espérance ne doit pas faiblir ».

Il a exhorté  le chef du gouvernement et son équipe  de tout mettre en œuvre pour entretenir et constamment attiser la flamme de cette espérance.

Le Premier ministre Touadera a pour sa part signifié que, la reconduction du chef de l’Etat par le peuple centrafricain à la magistrature suprême  est un pacte démocratique qu’il a signé avec la nation toute entière. Il s’agit, selon lui, pour François Bozizé   de reconquérir l’avenir, et de poursuivre la politique économique et sociale, le  fonctionnement de la démocratie centrafricaine et  continuer à bâtir un Etat fort et prospère.

« Pour honorer un tel pacte, vous avez bien voulu mettre en place un nouveau gouvernement qui doit faire preuve de grande efficacité et de rigueur d’autant  plus les aspirations auxquelles il doit répondre sont plus fortes » a souligné le Chef du gouvernement.

« Sortir la République du sous-développement et assurer le bien-être de son peuple », voilà le grand défi pour lequel le gouvernement Touadera 3 doit y faire face

Il convient de rappeler que le gouvernement Touadera 3  a été mis en place par un  décret présidentiel du 22 avril dernier.

Kabongo, Ai Bangui

 

NDLR : « Selon le chef de l’Etat, les gouvernements qui se sont succédé et conduits par M Touadera ont réalisé des avancées dans le domaine de la sécurité, de la paix,  de l’économie et de la renaissance internationale de la République Centrafricaine ». C’est se moquer des Centrafricains que de déclarer de telles contre-vérités qui ne correspondent nullement à la réalité. Chaque jour qui passe apporte son lot de démentis de ces allégations que ce soit pour l’insécurité dans le pays ou les difficultés économiques.

 Actuellement tous les observateurs et les experts en charge des questions centrafricaines disent parfaitement le contraire voire sont même très inquiets de la situation sécuritaire qu’ils considèrent comme en train de se dégrader de plus en plus. Les rébellions armées n’étant toujours pas désarmées à ce jour, on assiste à une recrudescence de l’insécurité du fait de la multiplication des attaques et des embuscades. Il en est de même de l’économie de la RCA qui continue de se détériorer. Un exemple en est la grève cette semaine même des transporteurs venant de Douala avec leurs camions qui en ont ras le bol d’être systématiquement rackettés et spoliés tout le long du trajet jusqu’à Bangui.  

Comment seront les choses dans ce domaine lorsque les sanctions que s’apprêtent à mettre en œuvre certains partenaires au développement du pays à l’encontre du régime de Bangui, en raison du hold-up électoral de Bozizé et son KNK, entreront en vigueur ? Que Bozizé et Touadéra continuent ainsi de se regarder narcissiquement le nombril et de se congratuler mutuellement en croyant qu’ils sont en train de faire du bon travail ! Lorsqu’ils finiront bien par constater que tout s’est écroulé autour d’eux, ils se rendront bien à l’évidence qu’ils faisaient fausse route. L'Etat centrafricain a-t-il les moyens d'entretenir un gouvernement de trente quatre membres, juste pour satisfaire et remercier quelques gens du KNK ?  

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 01:55

 

 

 

Assemblée nat

 

 

 

Composition du Bureau de l’Assemblée nationale issu de la mascarade électorale

des 23 janvier et 27 mars 2011

 

 

Président :                                          Célestin Gaombalet                                       KNK

1er Vice-Président                              Laurent Ngon-Baba                                       PAD (Majorité présidentielle)

2ème Vice-Président                            Timoléon Mbaikoua                                       KNK

3ème Vice-Président                            Mme Gina Sanzé                                           KNK

1er Secrétaire Parlementaire                Dogonendji  Nzafio                                       KNK

2ème Secrétaire Parlementaire             Jocelyn Kotro                                                KNK

1er Questeur                                        Patrice Ngaissona                                          KNK

2ème Questeur                                   Mme Victorine Gbékpa                                   KNK

1er Membre                                         Gary Mamadou                                              KNK

2ème Membre                                       Socrate Bozizé                                               KNK

3ème Membre                                       Issa Marc                                                       KNK

 

On le voit, Bozizé veux régner sans partage et sans contradicteurs. Nous voilà revenus à l’époque qu’on croyait pourtant à jamais révolue du parti unique. Malgré les nombreuses demandes d’annulation formulées de toutes parts non seulement par les candidats de l’opposition qui ont mis exprès en place un front ad hoc pour cela, à savoir le Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections (FARE) et aussi ceux-là mêmes, les partenaires extérieurs (Union Européenne et tous les pays membres et particulièrement la France, l’Allemagne, l’Italie, la Gde Bretagne, l’Organisation Internationale de la Francophonie, la France, les USA, pour ne citer que ceux-là) qui ont grandement soutenu le processus électoral en Centrafrique, appuyé et financé à coup de plusieurs millions d’euros les élections du 23 janvier 2011, Bozizé persiste et signe.

Il n’entend nullement revenir sur ces élections dont les résultats frauduleux ne sont reconnus par personne car elles n’ont été qu’une grotesque et gigantesque parodie électorale et qu’un rapport d’experts électoraux de l’UE a qualifiées d’élections « sujettes à caution », tant les irrégularités ont été nombreuses et graves ainsi que le bourrage des urnes en faveur de Bozizé et son parti le KNK, avéré et scandaleux.

Face aux menaces de sanctions qui sont ouvertement brandies par les importants partenaires au développement notamment les traditionnels pays amis de la RCA et les institutions comme l’UE et l’OIF, qui ont fait savoir avec insistance à Bozizé l’impérieuse nécessité d’annuler du moins les élections législatives, la mise en place de ce bureau totalement et scandaleusement monocolore de l’Assemblée nationale apparaît clairement comme une réponse sous forme de défi de Bozizé qui tient à braver la communauté internationale en demeurant obstinément sourd et complètement autiste à toutes ces exigences d’annulation des élections.

Selon nos informations, Bozizé dit ne craindre aucune sanction économique quelconque d’où qu’elle vienne car il se tournerait le cas échéant vers les Chinois en comptant sur la rente du pétrole centrafricain qui entrerait bientôt en exploitation selon ses calculs.

Il n’empêche et contrairement à cette fausse assurance et aux grands airs qu’il se donne, Bozizé fait pourtant actuellement dans le plus grand secret des pieds et des mains pour obtenir un rendez-vous afin d’être reçu à l’OIF à Paris et à l’UE à Bruxelles dans l’espoir d’y plaider sa cause perdue d’avance, après cette grave crise postélectorale dans laquelle son hold-up électoral a plongé la République centrafricaine et qui hélas, a déjà fait un mort, son prédécesseur Ange-Félix Patassé.

Rédaction C.A.P

 

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 00:39

 

 

archer Mbororo

 

 

 Radio Ndéké Luka Vendredi, 06 Mai 2011 12:08

Des archers Peuls Mbororo intervenant aux côtés des FACA, les forces armées centrafricaines. Des arcs contre les kalachnikovs. C’est le spectacle auquel on pourrait assister prochainement dans la zone minière de Bangassou (est de la RCA). En effet, dans le cadre de la lutte contre les attaques de LRA (Armée de Résistance du Seigneur), 25 archers, tous Peuls Mbororo viennent d’être recrutés.

Ils vont travailler à sécuriser les localités en collaboration avec l’armée centrafricaine. Selon le correspondant de Radio Ndeke Luka à Bangassou, l’initiative de faire appel à ces archers considérés comme redoutables dans le maniement de l’arc et craints pour leurs pouvoirs mystiques, viendrait des sociétés exploitant le diamant et dont les activités sont perturbées par les exactions de la rébellion ougandaise présente dans la région depuis plusieurs années.

Le correspondant de la radio explique encore que pour faire appel à un groupe d’archers, le ministère des Mines et celui de la Défense, ont donné leur accord.

Cette intervention d’archers pour des raisons de sécurité, n’est pas chose nouvelle en Centrafrique. Il faut rappeler que dans le Nord,  et devant l’incapacité des FACA à intervenir en brousse contre les Zaraguinas (coupeurs de route), les éleveurs ont dû rapidement s’organiser pour se défendre par eux-mêmes.

Les maires de communes d’élevage ont créé des groupes d’autodéfense armés d’arcs et de flèches empoisonnées pour protéger les troupeaux et intervenir à la place des autorités contre les coupeurs de route.

A présent, chaque commune d’élevage possède des compagnies d’archers qui assurent la sécurité des zones de pâturage. Les archers possèdent tous un « blindage » constitué d’amulettes qui les protègent contre les balles des armes automatiques utilisées par les Zaraguinas. Forts de cette « protection », leur détermination et leur intrépidité mettent souvent en déroute ces bandits de grand chemin.

Ces archers ne sont toujours pas reconnus par l’Etat Centrafricain, ils n’ont aucun statut ni aucune protection sociale. Seule la générosité des autres éleveurs et des maires de communes d’élevage leur permet de financer les missions de sécurisation.

 

NDLR : Cette situation est la conséquence de la démission totale de Bozizé et son gouvernement devant les énormes défis de sécurité qui se posent au pays et aux Centrafricains. Malheureusement les choses vont en s’empirant. Pourtant Bozizé et son fils Francis n'arrêtent pas d'acheter des armes. Ce dernier ne cesse d'effectuer des va et vient entre Paris et l'Ukraine depuis déjà plusieurs semaines, sans doute encore dans le but d'acquérir encore des armes, toujours des armes, pour en faire quoi, on se le demande !

 

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 00:24

 

 

 

Mandaba Jean Michel

 

Radio Ndéké Luka Vendredi, 06 Mai 2011 15:25

Les jours se suivent mais ne ressemblent pas ! Le personnel de l’hôpital Communautaire de Bangui a été surpris par une visite inopinée jeudi 5 mai 2011, du ministre de la santé publique, Michel Mandaba. Par ce geste, le ministre a voulu se rendre compte par lui-même de l’effectivité de la présence du personnel et des problèmes liés au fonctionnement général de la structure de santé, une des principales de la capitale centrafricaine.

Cette visite la première du genre par le nouveau locataire de ce ministère, intervient quelques jours après le lancement du projet intitulé « Financement basé sur les Résultats » recommandé par les partenaires au développement. Un projet testé avec succès sur d’autres cieux africains.

Il faut dire la prestation du personnel soignant de cet Hôpital Communautaire de Bangui a toujours été décriée par le public. Parents ou malades reprochent souvent à ces derniers de fréquents cas de rackets, vente illicite de médicaments et erreurs médicales.

Il y a un an le ministre sortant de ce département avait annoncé de mesures disciplinaires pour redresser le secteur sanitaire.

Selon docteur Romain Nguitizia, Directeur de cet hôpital interrogé par Radio Ndeke Luka, l’Hôpital communautaire « manque cruellement de ressources matérielles et humaines pour une réponse favorable aux patients. Cette visite vient à point nommé et constitue un réconfort pour l’équipe ».

Pour le ministre Mandaba, les problèmes « ne manquent toujours pas pour un tel service public. Un plaidoyer sera envisagé en direction du gouvernement pour améliorer la santé des centrafricains ».

 

 

NDLR : On ne voit a priori pas quel miracle fera le transfuge Jean Michel Mandaba qui vient de succéder à un autre transfuge avant lui à la tête de ce même département de la santé, un certain André Nalké Dorogo qui n’a réalisé aucun exploit dans la résolution des énormes problèmes de santé de la population et notamment ceux inextricables des véritables mouroirs que sont les hôpitaux de Bangui. Le mauvais fonctionnement des hôpitaux de la RCA en général et en particulier ceux de la capitale, au-delà des difficultés de toutes sortes et surtout du manque cruel de moyens matériels, est aussi et surtout dû à la corruption et à la vénalité du personnel médical qui rançonne littéralement les pauvres malades et leurs proches à une échelle absolument inouïe.

Sans une politique cohérente et hardie et une réelle volonté des gouvernants, ce qui ne pourra jamais être le cas avec la clique de prédateurs au pouvoir  en ce moment, on ne verra jamais le bout du tunnel, surtout pas avec les ministres débauchés qui ont d’ailleurs d’autres soucis plus pressants. N'est-ce pas avec comme ministre de la santé  Nalké Dorogo, pourtant ressortissant de la Mambéré-Kadéi, que cette préfecture a curieusement et davantage souffert de malnutrition infantile ? C'est donc la preuve que c'est la politique d'ensemble et la mauvaise gouvernance du gouvernement qui sont en cause. Les visites ponctuelles des ministres, n'y changeront rien.    

 

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