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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 01:08

 

 

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Au moment où la communauté internationale, particulièrement les cinq membres permanents des nations unies, l’Union africaine et la CEDEAO ont le regard  tourné vers la côte d’ivoire afin de trouver une solution définitive et salvatrice à l’incroyable imbroglio politique qui se déroule sous nos yeux, un autre scénario aussi catastrophique risque de se produire d’ici le mois de janvier en République centrafricaine.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets dit-on. Voici deux pays potentiellement riches  et stratégiquement sensibles, l’un se situe en Afrique de l’ouest et l’autre en Afrique centrale. Pourtant ces deux pays sont porteurs par la faute de leurs gouvernants, des mêmes symptômes qui camouflent tant bien que mal le syndrome d’un mal être profond, qui, pour la Côte d’ivoire s’étale aujourd’hui au grand dam de tous les démocrates. Demain, la communauté  internationale  notamment les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’organisation des Nations Unies, suivie en cela par « la très discrète » Union Africaine et « l’inexistante CEMAC », lesquelles  font pression aujourd’hui sur les opposants centrafricains pour qu’ils se présentent aux élections présidentielles de janvier  alors que  toutes les garanties pour assurer une élection juste et transparente n’ont pas été prises.  Comme toujours, cette communauté internationale fera mine de ne rien savoir et d’exiger aux candidats de participer à une élection dont les résultats sont déjà biaisés. Comme dans le cas de la Côte d’ivoire, ces membres permanents en profiteront  après coup pour régler leur compte en faisant valoir un droit de veto sous prétexte de défendre l’intérêt des Africains.

 Il est vrai que le cas centrafricain est à désespérer. Tant de milliards de franc CFA ont été engloutis à la commission électorale indépendante pour rien. L’empressement de la communauté internationale à aller à ces élections pour en finir avec le désordre et l’incompétence de nos gouvernants mais aussi avec les hésitations et autres impertinences d’une opposition qui ne sait finalement pas ce qu’elle veut est compréhensible. Toutefois, le risque d’une contestation des résultats est évident. Cela vaut -t-il vraiment la peine d’aller aux élections en Centrafrique le 23 janvier 2011 dans ces conditions ? Ne sommes-nous pas dans une situation plus rédhibitoire à celle de la Côte d’Ivoire ?

Elections  contestées en Afrique  sur fond de querelles entre membres permanents des nations-Unies.

Dans le cas de la Côte d’ivoire, les Etats-Unis et la France parlent d’une seule et même voix en demandant au président Gbagbo de s’en aller alors que la Chine et la Russie sont contre. Sommes-nous en train d’assister au remake de la guerre froide entre l’Est et  l’Ouest ? A moins que ce soit entre les pays riches et les pays émergeants. Entres les deux se trouvent coincer les pays africains. Il est vrai que seule la voie des urnes doit parler. Dès l’instant où les ivoiriens se sont exprimés et que le déroulement de ces élections ont été jugé acceptable, le président Gbagbo doit partir. S’il est vrai que l’imbroglio politique ivoirien est une honte pour l’Afrique, il a par ailleurs donné l’occasion d’instrumentaliser la situation entre membres permanents de l’ONU dans une logique stratégique inavouable. Une guerre de positionnement qui ne dit pas son nom semble occulter le problème et les intérêts ivoiriens au second plan. Dans tous les cas de figures, Gbagbo ou Watara, celui des deux candidats qui restera au pouvoir aura la lourde responsabilité de réconcilier les ivoiriens.

En attendant la population est prise en otage dans une querelle dont on dit politique mais en vérité entre des personnes aux égos surdimensionnés dont la course aux pouvoirs n’a ni de limite ni de morale. Seul, ce qui compte pour eux et leurs amis, c’est d’accéder coûte que coûte au pouvoir ou de s’y maintenir  à tous les prix malgré le cri affamé et apeuré d’une population qui assiste médusé et désenchanté. Tout le monde est d’accord pour aller aux élections mais personne n’est disposé à accepter les résultats sortis des urnes qui lui sont défavorables alors que tout le monde savait que les conditions qui garantiraient la transparence de ces élections n’étaient pas remplies.

Le cas de la côte d’ivoire est édifiant à plusieurs niveaux pour les hommes politiques Centrafricains qui veulent absolument aller aux élections alors qu’aucune garantie aussi bien au niveau de la sécurité dans le pays qu’au niveau de la logistique n’est assurée. Qu’attendent objectivement les candidats des partis politiques de l’opposition démocratique et les candidats indépendants de ces élections en Centrafrique ?  Attendent t-ils la proclamation des résultats pour crier au voleur ? Pourquoi cette opposition-là ne dénonce t’elle pas ouvertement et fermement les manigances du parti au pouvoir qui est en train de soumettre toutes les institutions de la république à sa cause,  avec les nominations de dernières minutes et autre  réhabilitation.  Pourquoi ne s’opposent t’elle pas d’une manière frontale à un régime qui n’accepte pas les règles élémentaires de la démocratie et qui bafoue continuellement la constitution ? Si la Côte d’ivoire a attiré l’attention sur elle c’est tout simplement parce que l’opposition a été à la hauteur et a fait une opposition frontale pour imposer ses idées. La politique étant basée sur un rapport de force et non de perpétuelle soumission et de compromission dans l’espoir de ramasser les miettes.

On a beau accusé le régime du général Bozizé de ces innombrables errements et autres manquements mais il faut reconnaitre que l’opposition démocratique manque de cran  sinon d’audace et de ligne de conduite. Elle ne réagit que par à coup sinon après coup pour se compromettre dans un énième gouvernement d’union qui n’apporte rien  au pays. Seule une véritable alternative peut apporter le changement dans notre pays.

Comparaison n’est pas raison mais la raison n’exige t’elle pas aussi  comparaison ?

La Côte d’Ivoire et la Centrafrique ont la particularité par leur position géographique de constituer une zone  tampon. Par les opportunités économiques qu’elles offrent, elles jouent  un rôle stabilisateur incontestable dans leur sous- région respective bien que la Centrafrique soit enclavée. Si la première est le poumon économique de l’Afrique de l’ouest depuis quelques décennies, la  deuxième est le ventre mou et se trouve au cœur  d’un continent et d’une sous-région déjà instable à plusieurs titres qui pourrait devenir un no man’s land si l’on y prend garde et  ainsi entrainer ou déstabiliser dans une anarchie indescriptible les autres pays voisins. Les rebelles de la LRA ont déjà montré le chemin. L’une et l’autre ont bénéficié de l’aura et du charisme de deux hommes au destin exceptionnel qui sont Félix Houphouët-Boigny et Barthélémy Boganda. Animés un moment par la même vision, Barthélemy Boganda et son parti politique le MESAN s’affilieront à la fameuse fédération des partis politiques du grand rassemblement démocratique africain (RDA), créé par Houphouët-Boigny  en 1946 avec la collaboration d’un autre « dinosaure » de la scène politique de l’Afrique des indépendances en la personne de Modibo Keïta du Mali. Boganda se désengagera plus-tard du RDA pour diverses raisons et notamment pour retrouver son autonomie. Si, ces deux personnalités politiques ont façonnés  au point de laisser  leurs empreintes indélébiles dans l’histoire de leur pays respectif et de l’Afrique, il n’en est pas de même pour  ceux qui les ont succédés.

L’idéologie de l’Ivoirité  et son parent pauvre le clanisme Centrafricain.

L’idéologie de l’Ivoirité avancée comme argument politique pour évincer un redoutable adversaire en Côte d’Ivoire a finalement échoué. Son parent pauvre, le clanisme érigé puis entretenu pour être sacraliser par les différents gouvernants en mode de gouvernement en Centrafrique est toujours en vigueur. Ces deux « idéologies » ont failli avoir raison de ces deux peuples. Contrairement à l’idéologie de l’ivoirité  qui est désormais banni du vocabulaire des hommes politiques ivoiriens, la préférence clanique continue son bonhomme de chemin en Centrafrique au mépris des valeurs de la compétence et de la méritocratie. Ces deux approches de division et d’exclusion ont montré leur limite et ont définitivement transformés le paysage socio politique et économique de ces deux nations. Désormais, il y’aura une période « avant  l’ivoirité » et une période » après l’ivoirité".

 En Centrafrique, la période « d’après clanisme » et  « d’après la médiocrité » n’a pas encore débuté au vu des derniers décrets de nomination. Autant dire que cette idéologie néfaste se perpétue en Centrafrique, régime après régime en espérant que s’opère une véritable alternance politique qui résultera d’une élection juste  et transparente dont le résultat sera accepté par tous.    

  

Franck SARAGBA

Fini Kodé

La troisième voie

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 00:54

 

 

Binguis

 

 

Le premier vice-Président du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), Joachim Rainaldy Sioké demande la démission de l’actuel Président de la Commission Electorale Indépendante

Bangui, 9 déc (ACAP)-Le premier vice-Président du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), Joachim Rainaldy Sioké a demandé la démission de l’actuel Président de la Commission Electorale Indépendante (CEI), notoirement incompétent afin de permettre à cette institution de repartir sur de nouvelles bases plus saines, au cours d’une conférence de presse sur le processus électoral, jeudi 9 décembre 2010, à Bangui.

Il a expliqué qu’en moins de quarante cinq (45) jours du premier tour des élections beaucoup d’électeurs recensés ne disposent pas de ce récépissé, notamment ceux des régions où sévissent les rébellions. Il est donc indispensable d’avoir pour tous les électeurs identifiés le même type de carte d’électeur.

« Le nombre des bureaux de vote et leurs emplacements demeurent à ce jour inconnus. Or, c’est grâce à la connaissance du nombre de bureaux que la CEI propose au ministère de l’administration du territoire la nomination des présidents des bureaux de vote 45 jours avant le début de la campagne électorale fixé au 8 janvier 2011 », a ajouté Joachim Rainaldy Sioké.

« A cet effet, il convient ici de rappeler aux uns et aux autres que dans notre pays, aucun Président de la République dont l’élection a été contestée n’a pu terminer son mandat », a-t-il poursuivi.

Pour Joachim Rainaldy Sioké, les centrafricains veulent sortir définitivement de cette période de crise à répétition pour se focaliser sur les conditions de leur bien-être. Pour cela, il nous faut la paix, une paix véritable que l’on ne peut obtenir que par la négociation et le dialogue permanent.

« Cette paix véritable et l’instauration d’un dialogue fécond ne peuvent advenir que si la légitimité des dirigeants découle d’élections justes, libres et transparentes », a conclu, Joachim Rainaldy Sioké, Premier vice-président du RDC

 

NDLR : Si à un mois du scrutin du 23 janvier 2011, se pose toujours avec autant d'acuité la question de la destitution du président de la commission électorale centrafricaine, il faut envisager clairement le report de ces élections du 23 janvier. Les problèmes soulevés par le RDC sont une réalité incontournable. Ils découlent de la médiocrité crasse et de l'incompétence du vrai faux pasteur ainsi que de Bozizé lui-même. Jusqu'ici, non seulement le soudard est demeuré sourd et autiste sur le cas Binguimalé dont il n'a eu de cesse de dénoncer pourtant lui-même la "gloutonnerie" et l'incompétence mais il l'a préféré le coiffer d'un nouveau patron en la personne de l'ex-ambassadeur à Paris Jean Willibyro Sacko qu'il vient de nommer au gouvernement précisément à l'Administration du territoire afin de tenter de rattraper les graves carences du vrai faux pasteur. Tout cela paraît bien tard sauf si les élections sont encore une fois reportées de quelques mois mais tout le monde semble avoir peur de suggérer ce report alors qu'objectivement et techniquement plusieurs obstacles ne permettent pas la tenue de cette date et d'organiser des élections crédibles.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 00:36

 

 

urne

 

 

Bangui vendredi 10 décembre 2010 (Xinhua) - Le rapporteur général de la Commission électorale indépendante (CEI) de la République centrafricaine, Rigobert Vondo, a annoncé mercredi à Bangui que le déploiement officiel du matériel électoral va commencer ce samedi.

"Le samedi 11 décembre le déploiement va véritablement commencer et vous le verrez de vos propres yeux", a déclaré M. Vondo, ajoutant que le lancement de cette opération est la finalisation d’un long travail à l’intérieur que certains citoyens centrafricains ne reconnaissent pas toujours.

"Nos activités aux sein de la CEI évoluent positivement. Notre train s’achemine inexorablement vers sa destination qui est le 23 janvier 2011. Toutes les sous-commissions sont aujourd’hui à pied d’œuvre. Il y a la sous-commission bureaux de vote qui est en train de travailler en coulisse", a-t-il indiqué.

Interrogé sur le corps électoral et le nombre de bureaux de vote, le rapporteur général de la CEI a répondu que ces étapes sont en cours de validation et qu’il se réserve de donner des chiffres erronés.

Il a rappelé qu’un appel d’offre international est déjà lancé pour la confection des bulletins de vote d’abord pour la présidentielle, puis pour les législatives.

La CEI a réceptionné mardi 3.265 urnes sur les 7.000, prêtées par le Togo pour les élections du 23 janvier prochain. 

 

NDLR : Cet empressement de la clique du nullissime Binguimalé à vouloir déployer le matériel électoral contraste singulièrement avec les informations inquiétantes dont s’est fait l’écho la presse banguissoise faisant état de traitement manuel des listes électorales par le PNUD de Bangui. Toujours selon certains quotidiens de Bangui, des prétendus experts du PNUD appuyés par des agents non assermentés, recrutés et payés 5000 F CFA par jour seraient actuellement en train de recopier manuellement les registres  électoraux dans des conditions totalement opaques et forcément suspectes. Pourquoi en ce 21ème siècle la RCA doit rester à l'écart de la modernité alors que partout dans le monde, la norme est désormais le traitement informatique ? Pourquoi doit-elle mendier des urnes pour tenir des élections ?  

Par ailleurs environ 4.500.000 cartes d’électeurs achetées secrètement au début par Binguimalé et Bozizé pour réaliser leur hold-up des deux précédents scrutins reportés des 25 avril et 16 mai derniers ont été massivement distribuées dans le pays en vue d’effectuer des votes frauduleux au profit de Bozizé et du KNK. Que font les représentants des partis de l’opposition à la CEI et que pensent-ils de toutes ces informations ?

Quand on sait que le corps électoral de la RCA tourne seulement autour d’un million cinq à un million sept cent mille électeurs, on ne peut qu’être scandalisé par les grotesques manipulations frauduleuses à grande échelle qui sont en train d’être déroulées en ce moment avec la complicité d’une agence du système des Nations Unies, lesquelles sont devenues une machine à orchestrer les mascarades électorales comme en Côte d’Ivoire.

Le PNUD de Bangui a une sulfureuse réputation du fait de nombreuses malversations qui s’y passent. Selon nos informations, c’est cette triste réputation qui serait à l’origine de sa disqualification dans la gestion des fonds destinés au DDR. Le PNUD de Bangui s’était déjà illustré en accompagnant la victoire de Bozizé à l’issue de la mascarade électorale de 2005. Se prépare-t-il encore à le maintenir au pouvoir en 2011 ?  

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique
10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 23:54

 

 

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Depuis la fin de l’élection présidentielle en Côte-d’Ivoire, la proclamation des résultats à la suite de la laquelle Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo se réclament tous deux la victoire, aucun Chef d’Etat africain ne s’est prononcé pour exprimer clairement sa position. Un silence curieux qui semble dévoiler l’embarras et la panique dans lesquels se trouvent actuellement plongés la plupart des Chefs d’Etats africains.

La CEI a proclamé les résultats de l’élection présidentielle en Côte-d’Ivoire, qui donne Ouattara vainqueur. Le conseil constitutionnel conteste et proclame plutôt Gbagbo élu président de la Côte-d’Ivoire. La confusion s’installe d’autant plus que les deux candidats se réclament la victoire et ont déjà respectivement procédé à leur investiture en tant que président de la République.

L’Union Africaine à l’instar des autres institutions internationales (ONU, UE, CEDEAO et FMI) a reconnu sans ambages et détour Alassane Ouattara comme élu président de la Côte-d’Ivoire. Mais cela suffit pour que les Chefs d’Etat africains certainement approuvent la position de l’Union Africaine. Mais il est également vrai qu’il y en a qui ont reconnu Gbagbo et le soutiennent sans avoir le courage de le dire ou qui sont gênés de dévoiler leur position. En réalité, il y a de nombreuses raisons qui sous-tendent cette attitude observée actuellement de la part des Chefs d’Etat africains. Attitude que certains observateurs qualifient à la limite d’hypocrisie et de sournoiserie.

Pour être objectif, nous diront que les Chefs d’Etat africains, de tradition, rendent publics leur communiqués ou font des déclarations pour saluer l’élection de leur pair et le féliciter en attendant de se déplacer pour honorer de leur présence la cérémonie d’investiture. Si certains ont choisi de garder le silence, c’est peut-être parce qu’ils sont embarrassés ou craignent d’occasionner par leurs déclarations des incidents diplomatiques ou des représailles pour leurs ressortissants en Côte-d’Ivoire. Car le début de violence observée actuellement en Côte-d’Ivoire ne fait pas seulement des victimes entre Ivoiriens. Il n’épargne pas aussi les étrangers.

L’autre raison qu’on peut aussi évoquer est que certains Chefs d’Etat africains, par leur silence sur la situation en Côte-d’Ivoire, craignent peut être pour leur avenir politique. Certains ont peut-être l’intention dans les mois ou années à venir, de modifier la Constitution de leur pays pour s’éterniser ou se maintenir au pouvoir. D’autres qui sont actuellement au pouvoir se présenteront bientôt à l’élection présidentielle dans leur pays et pourraient se retrouver dans la même situation que Laurent Gbagbo en Côte-d’Ivoire. Comment peuvent-ils maintenant critiquer et dénoncer les dérives observées en Côte-d’Ivoire ?

Sans vouloir les encourager dans leur attitude, on constate simplement qu’ils sont restés prudents pour éviter demain d’être victimes de leurs propres déclarations. Ils préfèrent donc pour le moment se réfugier sous la position africaine en attendant de voir si avec la pression de la communauté internationale, Gbagbo parviendra à garder le pouvoir et y rester longtemps ou si Ouattara finira par être installé et prendre sa place à la présidence de la République Ivoirienne. Voilà, c’est donc une question de calculs politiques et d’hypocrisie.

Serait-t-il désormais temps que les dirigeants africains cessent de privilégier et de préserver seulement ce qui les arrange et ne compromet pas leurs intérêts personnels? Il serait peut-être plus digne de leur part de prendre des décisions courageuses et de poser des actes audacieux pour le progrès de leur pays et le développement du continent africain.


Sékodo, correspondant de Koaci.com à Cotonou

 

Les militaires auront le dernier mot

09.12.2010 Coulibaly Zié Oumar Notre Voie

La Côte d’Ivoire vient d’élire son cinquième président en la personne de Laurent Gbagbo. Il a prêté serment le 4 novembre sur la Constitution ivoirienne au cours d’une cérémonie solennelle organisée par le Conseil constitutionnel, seule et unique institution en Côte d’Ivoire à investir un président. Mais ce qui confère au président élu sa force et sa légitimité, c’est quand l’armée dans sa totalité reconnaît le président élu par le peuple et s’engage à le défendre en tant qu’institution et à exécuter ses ordres.

 

Dès l’annonce de son élection par le Conseil constitutionnel, l’ensemble des grands commandements des forces armées, avec à leur tête le général Philippe Mangou, chef d’état-major de l’armée, ont fait allégeance au président Laurent Gbagbo. En outre, à l’annonce de sa victoire, le peuple, dans sa grande majorité, a salué cette annonce, au grand dam de ceux qui pensaient que le président Gbagbo était un homme seul adossé à une garde prétorienne.

 

Qu’est donc un chef d’Etat sans la reconnaissance de l’armée nationale et du peuple ? Assurément rien, que du papier à jeter à la poubelle. C’est cela la réalité du pouvoir. Alassane Ouattara bénéficie en ce moment d’un vaste soutien de la communauté internationale. Il n’y a rien là de surprenant puisque, depuis longtemps, on savait que cette communauté voulait l’imposer au pouvoir, mais, à l’intérieur du pays, il n’a pas le soutien de l’armée et encore moins celle de la majorité du peuple.

 

Alors, pour que le Premier ministre qu’il a nommé puisse travailler, il faut qu’il contrôle l’administration. Ce qui n’est pas le cas. Pour que les décisions qu’il va prendre en tant que chef de l’Etat soient exécutées, il lui faut une armée. Ce qui n’est pas le cas pour le moment, à moins que Ouattara organise un autre coup d’Etat avec l’aide de ses amis de la communauté internationale qui lui ont demandé de bourrer les urnes pour mettre le pays dans cette situation incertaine.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE
10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 19:50

 

 

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 Jeudi, 09-12-2010

 

Propos liminaires

 

Le troisième congrès ordinaire du Rassemblement Démocratique Centrafricain a restauré tous ses organes statutaires, l’a doté d’une direction légitime et a investi son candidat à l’élection présidentielle prochaine. Le succès incontestable de ce congrès a surpris certains, réduit à néant les projets machiavéliques d’autres mais surtout a redonné confiance à tous les militants.

 

Aussi, après une brève période difficile de son existence, le RDC retrouve-t-il toute sa place sur l’échiquier politique national et entend pleinement jouer le rôle que lui reconnait la Constitution de notre pays : l’animation de la vie politique. C’est dans ce cadre que vous avez été conviés à cet échange que nous espérons fructueux et utiles pour la nation toute entière.

Vous le savez, la République Centrafricaine est entrée, depuis 2002, c’est-à-dire 8 années déjà, dans une période trouble marquée d’incessantes rébellions.

 

Celles-ci entretiennent une insécurité chronique et une situation de ni guerre ni paix. L’attaque de la ville de BIRAO, le 24 novembre dernier par « la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP) » pendant que le pays préparait les festivités du cinquantenaire de son indépendance, illustre bien cette situation.

 

Par ailleurs, les populations centrafricaines espèrent que les élections législatives et présidentielles groupées à venir soient justes et transparentes afin que la confiance revienne entre gouvernants et gouvernés. Car c’est grâce à la confiance retrouvée que, tous rassemblés, nous travaillerons à la restauration de la paix et de la sécurité. Or, tout porte à croire que nous nous écartons chaque jour davantage de cette transparence. Ces élections sont mal préparées et le dysfonctionnement de la CEI chargée de leur préparation semble être délibérément organisé par monsieur BINGUIMALE, son président.

 

Le Bureau Politique du Rassemblement Démocratique Centrafricain a jugé utile d’informer les Centrafricains sur ces deux questions majeures pour le devenir de notre pays tout en affirmant ses positions au regard des données dont il dispose.

 

I- L’ATTAQUE DE BIRAO

 

C’est avec stupéfaction que le RDC a appris, dans la journée du mercredi 24 novembre 2010, la nouvelle attaque de la ville de Birao revendiquée par la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP), mouvement de rébellion non signataire d’accord de paix avec le gouvernement. Les combats qui en ont suivis, mettant en œuvre l’aviation et des blindés, ont fait de nombreuses victimes civiles et ont poussé la population à se réfugier hors de cette ville.

 

Cette ville, on le sait, a été déjà attaquée plusieurs fois. Compte tenu de sa position géographique et des évènements au Darfour qui lui est voisin, un gouvernement responsable aurait pris les mesures nécessaires pour sa protection et sa défense. Rien n’a été fait. Pour ce gouvernement qui excelle dans la prédation, la protection des personnes et des biens ainsi que la défense de l’intégrité du territoire ne constituent en rien un devoir. C’est aux forces de défense et de sécurité des pays amis et frères que ce gouvernement confie la défense de l’intégrité de notre territoire : l’Ouganda dans le Haut-Mbomou et peut être bientôt le Tchad dans les préfectures du nord, le Cameroun dans celles de l’ouest et les deux Congo dans les régions du sud

Ce qui constitue un des signes distinctifs du RDC est qu’il est sans conteste le parti centrafricain épris de paix et de justice. Il ne saurait rester indifférent à la situation de détresse que vit une partie de la population centrafricaine. En outre, pour les échéances électorales de 2011, la paix sur toute l’étendue du territoire est un impératif catégorique.

 

Pour toutes ces raisons, tout en condamnant les douloureux évènements de BIRAO, le RDC appelle le Gouvernement à plus de responsabilité et lui demande de reprendre langue, sans délai, avec le CPJP aux fins d’aboutir à la conclusion d’un accord de paix. Le RDC est prêt à soutenir toute partie qui s’engage sincèrement dans un processus de paix car, et l’histoire de notre pays nous le rappelle quotidiennement, en dehors des marchands d’armes, personne ne peut sortir gagnant d’une guerre civile avec son cortège de morts et de destructions.

 

II-LE FONCTIONNEMENT DE LA CEI ET SON INCIDENCE SUR LE BON DEROULEMENT DU PROCESSUS ELECTORAL

 

La République Centrafricaine a déjà organisé quatre élections pluralistes réussies : 1993, 1998, 1999 et 2005. La réussite de celles de 2005 fut jugée si exemplaire par les Nations Unis que des cadres centrafricains ayant contribué à ce succès ont été recrutés pour aider, avec l’expérience acquise, la République de Côte d’Ivoire à organiser ses élections de sortie de crise ; nous connaissons les résultats. Notre pays dispose donc d’une expérience et des compétences en matière électorale. Il ne devrait donc avoir ni tergiversation ni cafouillage dans la préparation des élections en Centrafrique si tous, sans agenda caché, nous voulons aller à des élections crédibles, justes et transparentes. Or, au regard du fonctionnement de la CEI et du comportement affiché de son Président, si rien n’est fait, nous irons à un simulacre d’élections avec toutes les conséquences prévisibles pour la stabilité du pays et donc pour son développement.

 

II-1 Les dysfonctionnements de la CEI

 

Aux termes des dispositions des articles 35 et suivants du Règlement Intérieur de la CEI, les décisions sont prises par CONSENSUS ou par VOTE à la majorité des ¾ des membres présents (article 37 alinéa 1). Mais cette procédure de prise de décision ne peut valoir, que si les réunions en plénière sont tenues. Or, cette plénière hebdomadaire dont le principe est adopté ne se tient jamais faute de convocation par le Président de la CEI. En conséquence, les décisions de la CEI ne sont prises que par le Président seul, ou quelquefois assisté de ces acolytes, au mépris des dispositions du Règlement Intérieur.

 

Par ailleurs, la non tenue des plénières de la CEI permet au Président d’organiser la rétention systématique de l’information. Et, pour faire semblant de partager les informations, il a instauré des « réunions de restitution » pour informer juste le bureau de la coordination de la CEI souvent réduit à lui-même, le 1er Vice-Président , le Rapporteur Général et parfois le Rapporteur Général Adjoint.

Ainsi, l’information circule mal au sein de la CEI avec comme conséquence son mauvais traitement et la non collégialité dans les prises de décisions importantes.

 

II-2 Les interventions flagrantes du Chef de l’Etat dans les prises de décisions et la gestion de la CEI

 

Tout observateur de bonne foi note d’abord la volonté affichée du Chef de l’Etat, un concurrent parmi d’autres, de contrôler tout le processus électoral et même d’édicter des règles en dehors de celles prévues par le Code Electoral. Cette volonté ne se justifie que par l’obsession de s’assurer de la réussite d’un HOLD UP ELECTORAL. Quelques cas relevés ici en sont des preuves irréfutables :

- Le 25 février 2010, le Président de la CEI apporte au Chef de l’Etat, certainement à sa demande, un rapport non validé par la plénière de la CEI pour lui permettre de convoquer le même jour le corps électoral. La synchronisation est plus que surprenante.

 

- Le dix aout 2010, la classe politique signe un accord portant adoption du chronogramme révisé relatif au processus électoral de 2010. Ce document arrête la période du 08 novembre au 08 décembre comme celle de réception, d’enregistrement et de traitement de dossiers de candidature. Sur instruction du Chef de l’Etat, le président de la CEI annonce par simple communiqué radio le 21 octobre qu’il a ramené cette période du 28 octobre au 08 novembre en violation flagrante du Code Electoral qui fixe ce délai à un mois comme prévu dans le chronogramme révisé. On connait la suite et les objectifs visés.

 

Il convient ici de rappeler que le Chef de l’Etat brille en Afrique par sa propension à violer la Loi. Le Premier Magistrat du pays est celui qui ignore allégrement la Loi peut-être pour donner une bonne assise à l’impunité devenu méthode de gouvernement. Le cas le plus flagrant dans le cadre de la préparation de ces élections est son refus de se soumettre à la décision de justice relative au découpage électoral.

II-3 L’état de préparation des élections à moins de 45 jours du 1er tour

a) Il est de notoriété publique que les listes électorales n’ont pas encore été établies. Conformément à la Loi, elles doivent d’abord être affichées dans chaque localité pour vérification. Ce n’est qu’après les corrections qu’elles sont validées pour servir de base à la confection des cartes électorales.

 

b) Les anciennes cartes électorales manuelles et informatisées ont servi de récépissés lors du recensement électoral ; elles ne peuvent donc servir de documents pour le prochain vote. En outre, nous savons que beaucoup d’électeurs recensés ne disposent pas de ce récépissé, notamment ceux des régions où sévissent les rébellions. Il est donc indispensable d’avoir pour tous les électeurs identifiés le même type de carte d’électeur.

 

c) Enfin, le nombre de bureaux de vote et leurs emplacements demeurent à ce jour inconnus. Or, c’est grâce à la connaissance du nombre de bureaux de vote que la CEI propose au Ministre de l’administration du territoire la nomination des présidents de bureaux de vote 45 jours avant le début de la campagne électorale fixé au 08 janvier.

 

III- EN GUISE DE CONCLUSION

 

Jamais la République Centrafricaine n’a fait montre d’un niveau d’incompétence aussi élevé dans l’organisation des élections. Par ailleurs, nous avons acquis de solides expériences dans ce domaine. En définitive, les errements et les blocages observés résultent d’une part de la médiocrité des dirigeants et, d’autre part de la volonté du Président candidat d’organiser un holdup électoral. A cet effet, il convient ici de rappeler aux uns et aux autres que dans notre pays, aucun Président de la République dont l’élection a été contestée n’a pu terminer son mandat.

 

Au regard de ce qui précède, la démission du l’actuel président de la CEI qui, non content de se révélé notoirement incompétent s’est permis de faire allégeance au Chef de l’Etat, conduisant ainsi l’institution a perdre son indépendance, c’est-à-dire son âme. Cette démission permettra à la CEI de repartir sur de nouvelles bases plus saines. La garantie de la transparence est à ce prix.

 

Par ailleurs, les Centrafricains veulent sortir définitivement de cette période de crise à répétition pour se focaliser sur les conditions de leur bien-être. Pour cela il nous faut la paix, une paix véritable que l’on ne peut obtenir que par la négociation et le dialogue permanent. Cette paix véritable et l’instauration d’un dialogue fécond ne peuvent advenir que si la légitimité des dirigeants découle d’élections justes, libres et transparentes.

 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 18:17

 

 

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(Xinhuanet 10/12/2010)


NEW YORK (Nations Unies) - - La République Centrafricaine est " à la croisée des chemins", a estimé mercredi le représentant spécial de l''ONU pour ce pays, Shale-Work Zewde, devant les membres du Conseil de sécurité.

Selon lui, les élections présidentielle et législative prévues le 23 janvier prochain sont "une véritable fenêtre d''opportunité", pour que le pays " consolide ses fondations démocratiques "et " entame un nouveau chapitre de stabilité, de croissance économique et de prospérité".

"Pour réaliser ces objectifs, les élections doivent être transparentes, libres et justes", a insisté Shale-Work Zewde, qui a rappelé que l''ONU et ses partenaires internationaux avaient "fournit une assistance technique et financière à la Commission électorale indépendante chargée du processus électoral ".

Le mandat du président François Bozizé a expiré le 11 juin dernier. Après le vote d''un amendement constitutionnel par l''Assemblée nationale, son mandat a été prorogé jusqu''à la tenue d''élections, qu''il a lui-même fixé au 23 janvier prochain, par un décret présidentiel du 30 juillet.

En août dernier, François Bozizé avait expliqué ce long report par "la nécessité de préparer de manière adéquate les élections à venir et de surmonter les problèmes logistiques liés à la saison des pluies", durant laquelle de nombreuses régions du pays deviennent inaccessibles par la route.

"Le 15 novembre dernier, le président Bozizé a organisé une rencontre avec les partenaires nationaux et internationaux pour résoudre les problèmes relevant de l''inscription des candidats.

A l''issue de la rencontre, deux candidats de l''opposition ont été en mesure de déposer leurs candidatures, portant à six le nombre de candidats en lice pour le scrutin présidentiel. Ce développement positif à renforcer la crédibilité et l''intégrité du processus électoral ", a indiqué Shale-Work Zewde.

Le représentant spécial a également souligné que le programme de " Désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) " de combattants rebelles était " un élément clé " pour régler les problèmes d''insécurité dans le pays.

"Nous attendons de travailler avec le gouvernement pour le développement d''une telle stratégie", a-t-il rappelé, estimant que les conditions de sécurité étaient toujours précaires dans certaines régions. "Alors que la situation est restée relativement calme autour de Bangui et dans le sud-ouest du pays, des violences ont éclaté dans le nord et dans l''est. La saison sèche est propice à la résurgence des attaques", a-t-il précisé.

"L''Armée de résistance du seigneur (LRA) est le plus important groupe étranger actif en République Centrafricaine, mais ce n''est qu''un groupe parmi d''autres entités armées, milices ou bandits qui exploitent l''absence de forces de sécurité nationales pour opérer librement", a poursuivi le représentant spécial.

Dans les faits, ce sont les groupes d''autodéfense qui se sont constitués au niveau des communautés locales ainsi que les mouvements rebelles, en particulier l''Union des forces démocratiques et républicaines (UFDR) et l''Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), qui assurent aux civils une protection contre les bandes armées criminelles et les éléments étrangers dans de vastes zones du pays, où les Forces armées centrafricaines (FACA) ne sont pas déployées ou n''ont qu''une présence limitée.

Conformément à la Résolution 1923 du Conseil de Sécurité adoptée en mai dernier, la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) a transféré le 15 novembre dernier le contrôle des camps de Bahai, de Guéréda et d''Iriba aux autorités tchadiennes et prévoit d''achever son retrait définitif le 31 décembre 2010.

Le retrait de la MINURCAT va créer un vide sécuritaire dans la zone de Birao "où les populations civiles restent extrêmement vulnérables et manquent de nourriture et de matériel de santé", a expliqué Shale-Work Zewde.

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 18:06

 

 

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Tous les acteurs s’engagent pour des élections libres

Radio Ndéké Luka Vendredi, 10 Décembre 2010 13:43

 

Les acteurs du processus électoral en Centrafrique s’engagent pour un scrutin libre, régulier et transparent. Ils ont à cet effet, réactualisé jeudi 9 décembre 2010 à Bangui et au cours d’un atelier, le code de bonne conduite adopté en 2005, à l’occasion du précédent scrutin.

 

Ce document fixe le cadre de comportement des différents acteurs avant, pendant et après les élections de janvier 2011. Chaque acteur du processus s’engage ainsi à accepter les résultats, pour une stabilité nationale.

Selon Thierry Patrick Akoloza, commissaire à le CEI (Commission électorale indépendante) interrogé par Radio Ndeke Luka, « les élections comportent toujours des règles qui devraient être respectées par toutes les parties prenantes ».

Pour Pascal Koyamene, représentant du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), « il est nécessaire de réviser ce code en fonction du contexte politique actuel. Car en 2005, le pays se trouvait dans une situation de transition pour un retour à l’ordre constitutionnel, qui s’oppose au scrutin prévu pour 2011 ».

Quant à Toby Kotazo, délégué du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), il a déploré l’absence à la concertation des représentants des candidats de l’ex-président Ange Félix Patassé et du sortant François Bozizé. Or il s’agit d’un engagement que tous doivent prendre, chacun devant apposer sa signature au bas du document, une fois celui-ci ficelé.

Maka Gbossokoto, président de l’Union des Journalistes de Centrafrique (UJCA), a également déploré l’absence de représentants des ténors de la vie politique en Centrafrique. Il a salué en revanche l’esprit de responsabilité et le sens civique des hommes politiques présents aux travaux. Pour lui, « l’absence notoire des représentants de Bozizé et Patassé prouve à suffisance que la révision de ce code sera du blabla ».

Une assurance a été donnée par Francie Kongo, déléguée du candidat aux élections présidentielles Jean Jacques Démafouth. Elle a donné l’assurance que tous les candidats  pourront « battre campagne en toute quiétude dans les zones occupées et contrôlées par les éléments de l’Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD) »

Le document final sera rendu public le 16 décembre. Cette rencontre d’élaboration un code de bonne conduite est organisée par le Conseil National de la Médiation en partenariat avec le Bureau Intégré des Nations Unies en Centrafrique (BINUCA) et l’OIF (organisation internationale de la francophonie).

 

NDLR : Contrairement au titre de ce papier, si les représentants de tous les candidats à la présidentielle n’étaient pas présents à cette réunion et n’ont par conséquent pas signé le code de bonne conduite, il est claire que les candidats Patassé et Bozizé ne se sont pas engagés pour respecter le code de bonne conduite. En 2005, bien qu’il avait signé le dit code de bonne conduite, Bozizé et son KNK s’étaient livrés ouvertement et régulièrement aux actes d’intimidations non seulement des candidats adverses mais aussi des citoyens électeurs les jours mêmes des deux tours de scrutin. Tout le monde sait que pour Bozizé et le KNK, ce code de bonne conduite est un chiffon de papier qui ne les engage nullement mais pour la forme ils doivent le signer.

 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 17:33

 

 

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Radio Ndéké Luka Vendredi, 10 Décembre 2010 13:45

Le tribunal administratif vient de valider les candidatures 10 prétendants aux législatives et un bloc du parti CRPS (Convention Républicaine pour le Progrès Social. En revanche il a rejeté les allégations du MDIPS (Mouvement Démocratique pour l’Indépendance et le Progrès Social) et du sieur Raphaël Moninga, qui réclamaient la validation de leurs candidatures.

La décision a été rendue publique au cours de cette semaine suite aux recours formulés par certains partis politiques et candidats à la députation de janvier 2011. La Commission Electorale Indépendante (CEI), avait reproché aux candidats le non-respect de la date du dépôt de candidatures.

D’après le tribunal, certaines plaintes sont jugées fondées en droit, alors que d’autres rejetées feront l’objet d’une autre audience prévue 13 décembre.

Le tribunal administratif, en rejetant la décision de la CEI s’est fondé sur la date fixée du 08 novembre au 08 décembre 2010, selon le code électoral et l’accord sur le chronogramme révisé du mois d’aout 2010.

Pour le juge administratif, il n’est pas du ressort de la CEI de rejeter les dossiers de candidature, car aucune disposition législative ou réglementaire ne l’autorise à  substituer sa décision à celle du législateur.

Le tribunal administratif a estimé qu’en rejetant les dossiers de candidature, la CEI a violé les dispositions de l’article 47 du code électoral   qui stipule  que « le dossier de candidature doit être déposé pour enregistrement par le candidat ou son mandataire trente jours au plus tard avant l’ouverture de la campagne, pour les élections législatives, régionales ou municipales ; le dossier est enregistré dès réception et il est donné récépissé provisoire comportant un numéro d’ordre. Un récépissé définitif est délivré dans les huit jours après vérification de la régularité de la candidature ».

L’institution précise que la  décision de la CEI est annulée pour excès de pouvoir. Ce repêchage porte à plus de 800 candidats aux législatives et 6 à la présidentielle.

 

NDLR : Cette décision du Tribunal administratif est donc un véritable camouflet pour Bozizé et son homme de main le nullissime Joseph Binguimalé qui avait poussé le ridicule jusqu’à adresser une lettre au général d’opérette alors ministre par intérim de l’Administration du territoire pour lui demander « la conduite à tenir ». Le respect de la loi passe en effet par l’annulation pure et simple des décisions autoritaires et dictatoriales de Bozizé qui s’arroge unilatéralement le droit de régenter le processus électoral alors qu’il est rien d’autre qu’un candidat comme tous les autres. Va-t-il traiter aussi de criminels les juges du Tribunal administratif comme il l’avait fait de ceux du Conseil d’Etat ?

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 17:17

 

 

 

afrique

 

 

NDLR : Le débat lancé par la rédaction sur la situation en Côte d'Ivoire continue de susciter de l'intérêt. Nous publions ci-dessous une réaction d'un fidèle lecteur qui nous est parvenue et va sans doute alimenter la discussion. A vos plumes....!

 

 Le spectacle pathétique que livre aujourd’hui la Côte d’Ivoire à travers la crise post électorale est pour le moins source de déception pour les démocrates africains. Il alimente hélas la thèse erronée de tous ceux qui n’hésitent pas à proclamer urbi et orbi que ce sont les intellectuels et les politiciens qui ont retardé le développement de l’Afrique en général. En même temps il donne des arguments à ceux qui prétendent que la pratique de la démocratie est prématurée pour l’Afrique.

Le caractère fallacieux de ces  arguties ne peut empêcher de faire une analyse à froid de cette situation on ne peut plus dramatique.

                    1 – ETRE DEMOCRATE, C’EST AUSSI SAVOIR PERDRE LES ELECTIONS

Homme politique avisé, pourfendeur inlassable du parti unique, panafricaniste convaincu, le « boulanger d’Abidjan » a des qualités qui font de lui un homme d’état qui inspire respect et admiration. Mais il vient de manquer hélas l’occasion de sortir par la grande porte. On ne peut pas rouler tout le monde dans farine tout le temps. Il arrive un jour où on est pris dans son propre piège.

Comme un vulgaire malfaiteur pris en flagrant délit d’usurpation de pouvoir,  le président Laurent GBAGBO s’accroche désespérément à la branche très fragile d’un nationalisme éculé. La souveraineté nationale comme seul argument plausible pour justifier ce qu’il est convenu désormais de reconnaître comme un coup d’état constitutionnel aux conséquences gravissimes paraît, il faut l’admettre, bien dérisoire.

N’est-ce pas au nom de cette prétendue souveraineté que des dictateurs africains, de tous poils ont assassiné, torturé, emprisonné et exilé des démocrates souvent opposants à leur régime ?

L’appel à la négociation que tente timidement de lancer l’honorable Aly KOULIBALY, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire ne sera tout simplement pas audible dans ce concert tonitruant de soutien international à Monsieur Alassane DRAMANE OUATTARA. D’ailleurs que faut-il négocier ? Et avec qui ?  GBAGBO a perdu toute crédibilité, il est en position de faiblesse sur toute la ligne. On ne négocie pas avec quelqu’un qui est à terre ! Du reste son ami, par qui le scandale est arrivé, le président de la cour constitutionnelle, sera bientôt jeté sans management dans la poubelle de l’histoire. Personnellement je n’aimerai pas être à sa place.

                             2 – ALLASSANE DRAMANE OUATTARA OU LA FORCE TRANQUILLE

Quelle belle revanche pour Monsieur Alassane DRAMANE OUATTARA, plusieurs fois victime de l’ivoirité! Même si aujourd’hui il ne dispose pas de tous les leviers du pouvoir en Côte d’Ivoire, la stratégie du serpent boa qu’il tente de  mettre en place va progressivement asphyxier le camp GBAGBO. Etant donné que seule sa signature est reconnue au niveau international, il va rappeler tous les ambassadeurs nommés par GBAGBO et en désigner d’autres. C’est son gouvernement qui est seul habilité à négocier avec les bailleurs de fonds et qui représentera la côte d’Ivoire dans les instances internationales. Sans être un grand prophète, il m’est facile de prédire que le régime GBAGBO tombera bientôt comme un château de sable lorsque les fonctionnaires ne seront plus payés à la fin du mois.

A quelque chose malheur est bon, dit le proverbe. Ce qui est arrivé, en Côte d’Ivoire,  a le mérite de convaincre que la commission électorale indépendante, loin d’être un simple gadget à la tête duquel siège n’importe quel tâcheron, c’est l’instrument par excellence qui garantit la crédibilité des élections. Pourvu qu’on sache en faire bon usage. Que la certification des résultats par le représentant de la communauté internationale vienne parachever le processus électoral, c’est un bonus attendu.

                                                                            Alain LAMESSI

                                                                       Docteur en psychopathologie

                                                                                    CAFDES

                                                                      Directeur de MAS - ALSACE

 

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 02:12

 

 

drapeau françafricain

 

 

08 Décembre 2010 Par  François Bonnet  Ludovic Lamant Mediapart

 

Au moment où la Côte d'Ivoire menace à nouveau de basculer dans la guerre civile, France-2 a l'heureuse idée de diffuser ce jeudi soir un vaste documentaire qui revisite un demi-siècle d'histoire entre la France et ses anciennes colonies africaines. Cinquante ans après les indépendances africaines, abondamment célébrées cette année, que reste-t-il de nos relations avec nos quatorze anciennes colonies? Réalisé par Patrick Benquet, avec Antoine Glaser comme conseiller historique, ce documentaire est bien plus que l'effeuillage d'un vieux livre d'histoire.

 

Sa force est d'avoir convaincu un certain nombre d'acteurs français, jusqu'alors muets ou taiseux, de parler. «Françafrique, 50 années sous le sceau du secret» mérite ainsi son titre tant il parvient à dévoiler certains épisodes ou à en faire confirmer d'autres par les acteurs eux-mêmes.

 

Le fil conducteur est le pétrole, ou plutôt l'ex-groupe Elf, enjeu principal d'une politique africaine pour laquelle la France, par ses fameux réseaux Foccart, est prête à tout pour conserver une tutelle incontestée sur ses anciennes colonies. Régimes fantoches, dirigeants sous contrôle, ingérences dans les pays concurrents en finançant guerres et rébellions: ce paysage est largement connu. Mais il est ici précisément documenté.

 

Donnant largement la parole aux acteurs français qui ont construit la Françafrique, Patrick Benquet en tire également le bilan. Qu'en reste-t-il aujourd'hui? Pas grand-chose, sauf des réseaux d'affairisme et de corruption qui perdurent envers et contre tout, et des chasses gardées pour quelques grands groupes français (Bolloré, Bouygues, Areva). Mais l'essentiel est à faire: définir une politique nouvelle et de long terme avec des Etats qui n'ont désormais plus – ou bien moins – besoin de Paris. Nicolas Sarkozy s'y était engagé. Il ne l'a pas fait, préférant redonner la main aux reliquats des anciens réseaux. C'est un échec, un de plus, face à un continent noir qui entre pleinement dans le développement et la mondialisation. 

Entretien avec Patrick Benquet et Antoine Glaser.

 

Deux acteurs clés de la Françafrique s'expriment à visage découvert: Maurice Delaunay, longtemps ambassadeur de France au Gabon, et qui organisa la montée en puissance d'Omar Bongo, et Jacques Salles, chef des services français au Zaïre puis au Gabon. Ils n'avaient jamais parlé auparavant?

 

Patrick Benquet: Non, jamais. Ils ont accepté de s'expliquer parce que, pour eux, ces histoires sont prescrites. Pour Delaunay, j'ai eu l'impression qu'il me livrait son testament, il est d'ailleurs mort un mois après notre dernier entretien. Nous nous sommes rencontrés. Il a eu du plaisir à parler. J'avais dix pages de questions. Il a balancé, balancé. C'est, je crois, son testament face à l'histoire. Pour lui, tout cela, c'est-à-dire le rôle de la France dans ses anciennes colonies, c'est normal. Maurice Delaunay est le prototype du fonctionnaire de la raison d'Etat.

Antoine Glaser: Pour Maurice Delaunay et beaucoup d'autres, c'est une vieille histoire. Ils sont tellement dans le bain, avec une sorte de cynisme... Ils racontent les coulisses, benoîtement. Ils pensent que la période est terminée. Ce sont des patriotes, tous sur la ligne de Jacques Foccart: il s'agit de défendre la France et ses intérêts. Ils sont des hauts fonctionnaires qui croient à cette période de communauté de destin entre la France et l'Afrique. Ils croient à ce qui demeure une politique coloniale assimilationniste, il faut créer des gens à notre image!. L'Occident a confié à la France, donc à eux, la lutte contre les Soviétiques dans cette partie de l'Afrique, ce qui ne doit d'ailleurs pas empêcher la France de contrecarrer les intérêts anglo-saxons, d'où la guerre du Biafra, par exemple.

 

Pourtant, la période n'est pas vraiment terminée... Jacques Salles nous raconte une scène où Omar Bongo brasse dans sa suite d'hôtels à Paris des sacs de sport remplis d'argent liquide! Et il sous-entend clairement un financement massif d'élus français, parle aussi «d'enrichissement personnel». Puis il s'agit de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007. Kouchner est mis en cause (un rapport acheté 140.000 euros la page par le gouvernement gabonais), des directeurs de cabinets de ministre... Là, il n'y a pas prescription! Pourquoi vous n'en dites pas plus?

 

AG: Moi-même j'étais scotché! Lorsque Albin Chalandon, ancien président de Elf, lorsque la secrétaire de Mitterrand ainsi que Loïc Le Floch Prigent, lui aussi à la tête du coffre-fort Elf, nous racontent comment le groupe pétrolier a financé la politique française, cela nous semble une vieille histoire. Pour Nicolas Sarkozy, voir l'un de ses «conseillers» africains, l'avocat Robert Bourgi démentir tout financement extérieur, c'est dans l'ordre des choses mais évidemment plus sensible. Surtout quand il explique que oui, bien sûr, il y avait des financements lors des présidences précédentes, mais que brusquement, lorsque l'on parle de celui qui est en poste aujourd'hui, il n'y a plus de financements! Je trouve cela excellent.

Tout le monde se marre et Bourgi répond aussi par un “Ça m'amuse” lorsqu'on lui parle de la cooptation des ministres du gouvernement par Omar Bongo en personne... Quel cynisme!

 

Il y a ce passage où Bourgi dit: pas un centime n'est venu de l'étranger pour financer la campagne de Sarkozy. Le plan d'après, vous expliquez que Pascaline Bongo et le ministre des finances gabonais étaient au premier rang du lancement de la campagne de Sarkozy, en janvier 2007.... On reste un peu sur notre faim.

 

PB: Tout le personnel politique le sait, mais personne ne le dit comme cela. Quand je pose la question à Bourgi, je connais déjà la réponse... Mais je ne peux pas faire plus. Ces gens ont occupé des postes importants, ils ont autorité pour parler, et ils prennent la responsabilité de dire ce qu'ils disent.

 

Revenons à la guerre du Biafra, une tragédie qui fait un million de morts dans cette province sécessionniste du Nigeria. L'implication si directe et si forte de la France était-elle connue?

 

AG: Elle était connue, mais il n'y avait pas de preuves et elle n'avait jamais été racontée par les acteurs... Tout le monde savait que la base arrière de soutien à la rébellion était vraiment à Libreville, tout le monde savait que Bob Maloubier avait été utilisé, que des armes étaient livrées tous les jours depuis le Gabon. Mais l'activisme des hommes de Foccart n'avait jamais été raconté de cette façon-là. Ce qui mériterait une enquête supplémentaire serait de savoir précisément le partage des responsabilités entre de Gaulle, Foccart et Houphouët-Boigny, sur le Biafra. Est-ce Foccart qui a appuyé pour que la France aille contrer les Britanniques? Est-ce Houphouët-Boigny qui craignait l'émergence d'un grand Nigeria et voulait que la Côte d'Ivoire reste le centre de l'Afrique de l'Ouest?


PB: C'est, je crois, la force du film: ne donner la parole qu'à des acteurs, pas à des spécialistes. Et du côté français, pas du côté africain. Ces choses-là ont été écrites dans des livres. Mais c'est la première fois que Loïc Le Floch-Prigent (PDG d'Elf de 1989 à 1993) dit oui, j'ai financé telle guérilla, j'ai financé l'armée d'Angola, j'ai financé l'armée de Sassou, etc.

 

Pourquoi les implications françaises dans le Biafra ont-elles été si peu étudiées jusqu'à présent?

 

AG: Parce qu'il n'y a rien de fait du côté africain. Et parce que tout s'est décidé de manière informelle, par oral. Foccart n'était pas un stratège, c'était un opérationnel: nommer les gens, coopter des francophiles, défendre les intérêts français. Mais il n'y a pas de stratégie globale. Et parfois, ça dérape. La Françafrique, c'est très basique, ça ne va pas très loin. Ce sont des opérationnels. On ne parle jamais de la Grande muette, mais les militaires ont pesé eux aussi dans la politique africaine de la France. Si l'on reprend l'affaire du Rwanda, on voit l'importance des généraux Huchon, Quesnot, et d'autres.


Pour vous, la Françafrique, c'est pour le pétrole et rien que pour le pétrole?

 

AG: Ce n'est pas aussi net et clair. C'est l'énergie. De Gaulle, c'était le pétrole. Sarkozy, l'uranium.

 

PB: Il faut ici parler du documentaire. Le danger du documentaire historique pour la télévision, c'est l'exhaustivité. Donc, nous avons choisi un axe, et l'axe énergétique est le plus important dans cette affaire, car l'angoisse de De Gaulle est le pétrole. Cela m'a ensuite permis de faire des choix parmi 14 colonies, 50 ans d'histoire, etc. L'idée du film est de montrer la cohérence de la Françafrique. Pour cela, il faut faire des choix, presque construire une dramaturgie. On a par exemple eu beaucoup de mal à insérer la Côte d'Ivoire dans le récit, alors que c'est un pays décisif pour la Françafrique.

 

L'autre surprise, c'est comment l'affaire Elf bouscule l'ensemble de la politique africaine. On a toujours vécu l'affaire Elf comme une affaire franco-française...

 

AG:  Elf est au cœur de la Françafrique. Et, en termes géographiques, ce cœur, c'est le Gabon, avec Omar Bongo au pouvoir pendant plus de 40 ans ! Ce qui est passionnant, c'est qu'avec l'affaire Elf se produit une inversion des rapports de force. Avec ce scandale, Omar Bongo reprend la main sur un certain nombre de ses obligés français. L'affaire Elf est fondamentale dans les relations franco-africaines. Omar Bongo était le doyen de cette Françafrique, il était l'homme des services rendus, de la défense des intérêts français. Bongo se rend indispensable. Et c'est d'ailleurs pour cela qu'il explose des années plus tard avec les enquêtes judiciaires sur les «biens mal acquis», les investissements divers de dictateurs et chefs d'Etat à Paris. Comment, pense Bongo, je donne tout à ces Français, et ils me font cela!

 

Votre thèse est que la Françafrique s'est effondrée. Est-ce que vous ne l'enterrez pas un peu vite quand on découvre qu'Omar Bongo donne son aval à tel ou tel ministre français?

 

AG: Parler de la Françafrique maintenant, par rapport à ce qu'elle a été sous la guerre froide, c'est anachronique. La Françafrique de la guerre froide était un système totalement intégré, politique, militaire, financier. La France cooptait des hommes, plaçait des adjudants chefs qui avaient servi en Indochine ou ailleurs. Je parle de la Françafrique comprise comme une communauté de destin entre la France et l'Afrique, où la France défendait les intérêts de l'Occident.

Par rapport à ce système intégré, une grande France assimilationniste et une monnaie commune via le franc CFA, ce que l'on appelle aujourd'hui les turpitudes de la Françafrique, c'est plutôt ce que j'appellerais l'Afrique des happy few. On voit bien d'ailleurs comment les

missi dominici sont aussi souvent activés par des dirigeants africains que depuis Paris.

 

Tout de même, l'élection du fils Bongo (élections truquées, la France soutient), élection au Togo (truquée, la France appuie)... La France n'a peut-être plus la possibilité d'imposer ses choix, mais elle est toujours dans les couloirs?

 

PB: Bourgi n'est pas Foccart. Bourgi est un avocat d'affaires qui travaille pour Bongo. Foccart était un service d'Etat! Ce ne sont plus les mêmes motivations. La Françafrique est moribonde, mais il reste des liens. C'est pourquoi je termine le documentaire par les francs-maçons et les liens entre loges françaises et loges africaines.

 

Est-ce aussi parce que les pays émergents qui débarquent en Afrique concurrencent la France sur son ancien pré carré?

 

AG: Absolument. Depuis la chute du Mur de Berlin, les Etats-Unis, d'autres pays européens et les émergents concurrencent le pré carré français. Des Singapouriens prennent des hectares de palmiers au Gabon!

 

Les vrais représentants de la Françafrique ne sont-ils pas, aujourd'hui, les patrons des grands groupes français, Bouygues, Bolloré, Areva?

 

AG: Si on prend l'exemple de Laurent Gbagbo, en Côte d'Ivoire, il a très bien compris qu'il pouvait jouer sur la fibre nationaliste, être l'homme qui dit non à la France et, dans le même temps, se servir des grands groupes français pour faire de la diplomatie d'influence. Il met Nicolas Sarkozy en stéréo avec Martin Bouygues et Vincent Bolloré, qui sont les deux plus gros poids lourds français en Côte d'Ivoire. Bien sûr que les hommes d'affaires ont une grosse influence.

 

PB: Sarkozy est un VRP qui parcourt l'Afrique pour les groupes français.

 

Et si Bolloré était aujourd'hui le vrai représentant politique de la France?

 

AG: Il demeure bien sûr une défense des intérêts français en Afrique. Mais Nicolas Sarkozy, c'est le CAC 40: il fait 17 heures d'avion pour se rendre à Luanda signer un contrat Total. Il va au Niger et en RDC avec Anne Lauvergeon, PDG d'Areva, il va à Brazzaville pour installer Bolloré, etc. Nicolas Sarkozy a peur de l'Afrique. Sa seule ligne est le business. En déplacement avec Anne Lauvergeon, Sarkozy n'est pas le président de la France, mais le patron d'Areva.

 

Est-ce qu'il y a eu des hésitations, à France-2, pour passer ce documentaire?

 

PB: Non. Aucune. Les Africains ont réagi en premier. Au Gabon, ça met la pagaille. L'extrait diffusé sur Internet, où est expliqué comment l'élection d'Ali Bongo a été truquée, fait du bruit. L'opposition s'est déjà emparée du documentaire.

 

La première partie est diffusée jeudi 9 décembre, à 23h10, sur France-2.

La seconde partie est diffusée jeudi 16 décembre, dans la soirée, sur France-2.

Sortie en DVD le 2 décembre.

 

 

 

Françafrique : visite du pré carré africain de la France

Par David Servenay | Rue89 | 08/12/2010 | 19H17

Comment montrer la Françafrique ? Le pari est toujours audacieux. Le réalisateur Patrick Benquet s'y essaie, jeudi soir, sur France 2, dans « Françafrique, cinquante années sous le sceau du secret ». Avec des petites perles et quelques clichés, le tour d'horizon ravira les néophytes, mais pourra aussi décevoir les spécialistes ès barbouzeries continentales.

Le réalisateur Patrick Benquet semble plutôt appartenir à la première catégorie, tandis que son conseiller historique, Antoine Glaser, rédacteur en chef de La Lettre du continent, fait sans aucun doute partie de la seconde. L'attelage est parvenu à produire deux films de 80 minutes bien articulés, où la continuité historique de certaines pratiques clandestines est habilement mise en images.

S'il appartient au monde des profanes, le spectateur se délectera d'épisodes mis en exergue depuis la période des indépendances. La mort de l'opposant camerounais Félix Moumié (empoisonné par un réserviste du Sdece (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage) à Genève en 1961), par exemple, permet de comprendre jusqu'où la République était prête à aller pour préserver ses intérêts.

Là encore, les experts n'apprendront rien, mais le récit fait par Maurice Delaunay, éminent membre du clan des Gabonais et des services secrets, vaut son pesant de cynisme. (Voir la vidéo)

Si le spectateur est déjà initié au jeu des masques et de la politique africaines, on retiendra, dans la première partie, intitulée « La Raison d'Etat » :

L'aveu de Maurice Delaunay (ambassadeur au Gabon, puis cadre d'Elf) à propos de l'assassinat de Moumié : « Il y a des moments où la politique passe avant la morale. »

Celui d'Albin Chalandon (PDG d'Elf de 1977 à 1983) à propos du régime congolais de Sassou I, époque marxiste : « Il vaut mieux avoir un régime communisant stable que des régimes comme on a eu après -républicains, calqués sur notre République, nos mauvaises méthodes politiques-qui étaient tout le temps renversés. C'est pire que tout pour des industriels. »

Le récit circonstancié de Pierre Marion, patron de la DGSE (1981-1982), qui malgré la « purge » d'une trentaine d'agents au sein du service, ne parviendra pas à éradiquer l'influence des réseaux Foccart

Comment Elf finançait la campagne du candidat Mitterrand

Dans la seconde partie du documentaire, « L'Argent roi », le spectateur pourra s'attarder sur le témoignage de Laurence Soudet (l'une des plus proches collaboratrices de François Mitterrand) racontant comment, dès l'élection présidentielle de 1965, elle alla chercher au siège d'Elf la « valise » de billets permettant de financer la campagne électorale du candidat socialiste. Exercice régulièrement répété jusqu'à la victoire de 1981. (Voir la vidéo)

Dans cette seconde partie du film, qui sera diffusée jeudi 16 décembre, les amateurs apprécieront aussi :

Les rodomontades de Robert Bourgi, l'avocat entremetteur des chefs d'Etat africains, expliquant comment El Hadj Omar Bongo (son client) transmet en 2002 à Jacques Chirac sa sélection personnelle pour le futur gouvernement Raffarin.

Le récit outré de Jacques Sales, ancien chef de poste de la DGSE à Libreville, qui narre les turpitudes de Bernard Kouchner, payé par Bongo pour un rapport à hauteur de « 140 000 euros la page pour dire que le système de santé ne marche pas au Gabon », audit que l'Agence française de développement aurait fait gratuitement…

Navigant entre des épisodes déjà très connus et quelques perles rares, le film ne parvient pas toujours à donner du sens à ce qu'on appelle la Françafrique : la mainmise à la fois militaire, juridique et économique de la France sur son pré carré africain. Une présence qui perdure bien après les indépendances des années 60 et cela grâce à l'influence de l'action clandestine.

Sur ce dernier point, retenons le constat que les fameux réseaux Foccart, transformés mais toujours très actifs, ont de beaux jours devant eux. Un constat sur lequel Antoine Glaser a parfois varié. Le point d'arrivée du film fait de l'actuel président de la République française « le représentant de commerce attentionné des grands groupes industriels », une conclusion qui peut paraître un peu univoque.

 

► « La Françafrique, cinquante années sous le sceau du secret » - Diffusé en deux parties, jeudi 9 décembre à 23h10 sur France 2, puis jeudi 16 décembre, sur la même chaîne.

 

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