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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 00:33

 

 

 

 

 

 

1- De la barbarie, qu'on croyait être le stade suprême des assassinats, viols, pillages et exactions de toutes sortes perpétrées par les barbares des SELEKA depuis Décembre 2012, date de leur chevauchée meurtrière vers Bangui, à partir du Nord du pays, nous voici à présent plongés dans une folie génocidaire réciproque.

 

2- Alors que, depuis début Décembre 2012, les assassinats, viols, pillages et exactions de toutes sortes n'étaient l’œuvre que des seuls éléments de la SELEKA, ils assassinaient qui pour éliminer les partisans réels ou supposés des partisans de l'ex président François BOZIZE, qui pour ravir un véhicule voire un simple pousse-pousse, qui pour squatter une maison et tous pour détruire les églises chrétiennes et les mairies, en ce dernier cas pour fabriquer ultérieurement des faux centrafricains ; voici qu'à présent, ce sont des centrafricains qui s’entre-tuent à la machette comme on le vit naguère au Rwanda, uniquement sur la base de l'appartenance religieuse.

 

3- Depuis lors, les centrafricains, en particulier ceux de Bangui ne s'identifient comme tels, mais comme musulmans ou chrétiens, du jamais vu !  Cette folie génocidaire inter religieuse qui s'est rajoutée à la barbarie des SELEKA a débuté depuis l'attaque des ANTI BALAKAS, certes dirigés contre l'ennemi commun qu'est la SELEKA, mais hélas aussi contre les musulmans, globalement considérés comme complices des SELEKA.

 

4- On se demande sur la base de quel raisonnement les ANTI BALAKAS ont décidé de lancer leurs attaques juste la veille de la résolution des Nations Unies autorisant les forces africaines à rétablir la paix dans le pays avec le soutien de la France, puis à se volatiliser dans la nature en laissant le peuple démuni face aux représailles barbares de la SELEKA.

 

5- Les reportages de télévisions et des journaux français donnent de notre peuple une image de sauvages découpant à la machette enfants, femmes, même enceintes, vieillards, passants innocents sur base uniquement religieuse. Quel investir étranger pourra investir dans un tel pays ?

 

6- Cette image de sauvages n'aide évidemment pas la décision courageuse du président François HOLLANDE, décision prise en dépit des effets de la crise mondiale qui frappe durement la France sur le plan économique, financier et social (chômage important), en dépit de la dégringolade historique du président dans les sondages, en dépit de l'approche des élections municipales et européennes, et en dépit d'une partie de son opinion publique qui souffre et qui ne peut comprendre qu'il engage d'énormes dépense d'intervention au profit d'un pays que certains ne connaissent même pas et que les ministres des affaires étrangères qualifient « d' état néant »

 

7- Il est urgent que cesse cette folie génocidaire inter religieuse et que le peuple s'unisse comme auparavant. Cette unité doit être rebâtie à la base, quartier par quartier à l'initiative des chefs de quartiers et des patriotes chrétiens et musulmans conscients.

 

7 bis- Nelson MANDELA est mort en nous léguant la leçon de la force et des bienfaits du pardon. Comment pouvons-nous fouler cette leçon aux pieds avant même qu'ils ne soit inhumé ? Il nous légué la leçon de l'homme noir entré dès les origines de l'humanité dans l'histoire universelle ; il a administré une leçon magistrale à une candidate Front National et des parents imbéciles qui ont mis une banane dans les mains de leur pauvre fille de seulement 12 ans, à remettre à la guenon que serait une Ministre française noire, sans même se rendre compte qu'il y a des singes noirs comme il y a des singes blancs, que tous les hommes ont une couleur et qu'il n'y a donc pas des « gens de couleurs » et des « incolores ». Que faisons-nous de notre dignité de noir que le grand homme a exalté par ses combats et qui lui a valu des funérailles grandioses et mondiales auxquelles aucun ancien président ou président en exercice de la République n'eut jamais l'honneur ?

 

8- Quoi qu'il en soit, la responsabilité de la folie génocidaire réciproque est imputable à SELEKA, puisque c'est SELEKA, quoi que ceux disant EX SELEKA, qui gouvernent le pays. On dit que gouverner c'est prévoir, or SELEKA n'a pas su prévoir. Gouverner, c'est aussi être astreint à une obligation de résultat, laquelle exclut toute excuse en cas d'échec. DJOTODIA et sa transition ayant échoué, il ne leur reste qu'une solution : DEGAGER ! Comme le disait à tort BOKASSA à DACKO, « noko, mou na mbi mbiyo » (oncle passe-moi le fardeau).

 

9- DJOTODIA doit d'autant plus dégager qu'il est chef SELEKA et qu'il a lui-même dissous SELEKA et s'est donc auto-dissout.

 

10- Les frères et sœurs musulmans doivent pas compter sur SELEKA pour assurer leur sécurité en s'opposant à son désarmement, dès lors que c'est la prise du pouvoir par SELEKA qui a crée la situation dont ils sont victimes. Sous aucun autre président, ni les chrétiens, ni les musulmans n'ont connut une telle situation. Les musulmans doivent plus tôt, pour leur sécurité, s'appuyer sur le travail de désarmement que même l'armée française ainsi que les efforts de réconciliation qu'entreprennent les chefs religieux (catholiques, protestants et musulmans) et sur les initiatives que doivent prendre les chefs de quartier et les patriotes des trois religions.

 

11- Le désarmement est une nécessité impérieuse qui doit être poursuivi sans désemparer. On ne peut cependant nier que les éléments désarmés sont souvent lynchés par la population. Pour mettre fin à cette dérive, une première solution consisterait à reconstituer l'armée, la gendarmerie, la police, et les paramilitaires que sont les douaniers, les agents des eaux et forêts et le policiers municipaux. On devrait aussi désinfecter l'armée, la gendarmerie et la police de tous les éléments SELEKA que DJOTODIA y a intégré en masse. De la sorte, les éléments désarmés, qui sont des délinquants, pourraient être placés en sécurité dans les brigades des gendarmeries et les commissariats de police, voire les camps militaires en cas de manque de place.

 

12- Il faudrait aussi et surtout, renvoyer les éléments SELEKA Tchadiens et Soudanais dans leur pays. On se demande d'ailleurs pourquoi le président DEBY n'a jamais levé le petit doigt pour engager au Tchad des poursuites judiciaires contre ses ressortissants qui commettent des exactions en Centrafrique. Son Code de Procédure pénal doit l'avoir prévu, comme tous les codes francophones.

 

13- Continuer des attaques en-discriminés contre des musulmans, du seul fait qu'ils sont musulmans, c'est lancer, consciemment ou inconsciemment, un appel à tous les djihadistes du monde de converger dans notre pays, au secours de leur coreligionnaires, et de transformés notre pays en une sorte d'Afghanistan ou de Somalie.

 

14- Pauvre Centrafrique, envahie et saignée par des tchadiens et soudanais auto catapultés « généraux » et « colonels », dénués de numéro de  matricules dans les FACA et n'étant jamais passés par des grades inférieures.

 

15- Pauvre Centrafrique, mise sous tutelle par ses voisins qui ont pourtant accéder à l'indépendance au même moment.

 

16- Pauvre Centrafrique, obligée de recourir à la protection de l'ancienne puissance colonisatrice et obligée de chanter à nouveau cette chanson que ceux de ma génération chantait à l'école primaire : « France la mère patrie a brisé nos liens

Les tyrans nous vendaient comme des bêtes démonismes

Tuaient nos aïeux et ravageaient nos biens

Mais tu nous délivras et fis de nous des hommes

Salut France gloire à ton nom

Nous t'aimons comme notre mère

Car c'est à toi que nous devons

La fin de nos vieilles misères »

 

17- Les Camerounais sont « sortis » de leur premier hymne, certainement pas écrit par un patriote camerounais, hymne qui les insultait en ces termes :

« Ô Cameroun, Ô berceau de nos maîtres

Autrefois tu vécu dans la barbarie

Comme un soleil qui commence à paraître

Peu a peu  (?) tu sors de ta sauvagerie »

 

18- Il ne dépend que de nous, Centrafricains, de nous unir à nouveau, chrétiens et musulmans, afin de sortir de la barbarie et de la folie. Outre les initiatives à venir des chefs de quartiers et des patriotes chrétiens et musulmans conscients, chacun doit s'y engager personnellement et immédiatement. Pour ma part, je vis en symbiose avec mes voisins musulmans, et j'ai des parents musulmans, dont l'imam Oumar KOBINE LAYAMA, la veuve de feu Abdoulaye SECK de Bangassou ainsi que ses enfants . Mon défunt chauffeur était musulman ; je demeure en bon entente avec ses parents et continue à soutenir ses enfants . Je ne compte pas mes amis musulmans qui sont nombreux.

 

19- Quant aux élections, il faut laisser le temps au temps, comme disait feu le président François MITTERAND. Ce serait une erreur que d'aller aussi vite qu'au Mali, où le sud, partie la plus peuplée du pays, était restée administrativement fonctionnelle, avec tous ses habitants en place. Même dans le nord, gouverner par le MNLA et autres, il y avait une administration.

 

20- Tel n'est pas le cas en Centrafrique, où des milliers de cases ont été brûlées, des milliers d'habitants se sont exilés ou vivre en brousse et tous les documents de toutes les mairies ont été détruits. Il faudra donc prendre le temps nécessaire pour assurer les exilés et les déplacés et les faire revenir dans leur village, reconstruire leur maison et reconstituer les archives des mairies et confectionner les documents électoraux. A défaut, on organiserait des élections précipitées, entachées de fraudes massives et sources de contestations violentes nous renvoyant à la désastreuse case départ, si tant est qu'il y ait jamais eu de départ.

 

Il faudrait aussi, non seulement dégager DJOTODIA qui a fait ou laissé faire, comme l'a dit, le président François HOLLANDE, lequel n'a pas pris parti comme on l'entend dire ici et là en France il (n'a fait que dresser un procès verbal de constat) mais aussi reconsidérer le gouvernement, qui n'a pas pu ou su résisté aux oukases de SELEKA , ainsi que le CNT, dont le président faisant des tueries perpétrées en province, avait organisé une marche de soutien à SELEKA dès son entrée à Bangui, avant que SELEKA n'est posé aucun acte patriotique et démocratique, et n'a fait que lui jeté des fleurs depuis lors.

 

Unis et déterminés, nous vaincrons !

 

                                                                                              ZARAMBAUD ASSINGAMBI

 

                                                                          LA HAYE (HOLLANDE) 13 Décembre 2013

CHRETIENS ET MUSULMANS RESTONS-UNIS par Me ZARAMBAUD Assingambi
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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 00:27

 

 

 

 

 

 

http://new.humanite.fr   le 17 Décembre 2013

 

 

La grille de lecture religieuse masque les enjeux économiques et politiques d’un conflit où les violences entre communautés ont été instrumentalisées, sur fond d’absence de l’État.

 

Une guerre confessionnelle ? Jamais la question religieuse n’avait suscité jusqu’ici, en République centrafricaine, de clivage structurant. Et sans doute cette grille de lecture masque-t-elle encore les enjeux d’un conflit où les violences entre communautés ont été instrumentalisées.

 

Monseigneur Nestor Nongo Aziagba, évêque de Bossangoa, ville de l’ouest particulièrement meurtrie, récuse toute idée de guerre de religion. « Deux groupes armés sont en présence. D’un côté, les Séléka et de l’autre, les anti-Balaka. Même si la configuration de ces mouvements peut faire penser à un conflit religieux opposant musulmans et chrétiens, c’est d’abord une lutte fratricide entre Centrafricains, sur fond de délitement de l’État, insiste ce responsable religieux. Nous avons toujours préconisé de mettre fin à l’impunité. À la longue, il faudra surtout rétablir l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire, et que la justice puisse prévaloir. C’est uniquement par l’établissement d’une justice équitable qu’on pourra sortir de ce sentiment d’impunité qui pousse les gens à vouloir se faire justice eux-mêmes. » Au cycle de représailles qu’alimentent des groupes armés aussi déstructurés que radicalisés viennent se greffer des règlements de comptes liés à des conflits fonciers entre paysans sédentaires, majoritairement chrétiens, et éleveurs nomades, le plus souvent musulmans. La lutte pour le contrôle des ressources n’est pas non plus étrangère au conflit qui a embrasé le pays. Des diamantaires en conflit avec le président déchu, François Bozizé, auraient contribué au financement de la rébellion Séléka. Sur les chantiers d’extraction de diamants du nord-est, les groupes armés font la loi. Ce secteur, déjà très opaque et dominé par les trafics, l’est encore davantage, depuis que le pays est livré au chaos. Derrière le voile de la religion, l’argent…

 

Rosa Moussaoui

En Centrafrique, derrière le voile religieux, affairisme et prédation
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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 00:25

 

 

 

 

 

 

PUBLIÉ LE 17/12/2013  Par Bangui (AFP)© 2013 AFP

 

L'armée française menait mardi une opération dans un bastion de miliciens chrétiens dans le nord de Bangui, où la situation militaire et politique reste tendue, avec désormais des dissensions au grand jour à la tête de l'exécutif centrafricain qui menacent d'aggraver encore un peu plus l'instabilité.

 

Les soldats français de l'opération Sangaris ont lancé à l'aube une opération militaire à Boy-Rabe, quartier nord de Bangui et bastion des milices chrétiennes "anti-balaka" (anti-machettes, en langue sango), a appris l'AFP de source proche des militaires français.

 

L'opération était toujours en cours en milieu de matinée, a constaté un journaliste de l'AFP. Sur la route menant à l'aéroport, plusieurs véhicules blindés étaient déployés à l'entrée du quartier, survolé en permanence par un hélicoptère.

 

Dans le nord de la capitale centrafricaine, le quartier de Boy-Rabe est un fief de l'ancien président François Bozizé, renversé en mars 2013 par l'ex-rébellion de la Séléka. Situé en limite de la brousse qui entoure Bangui, Boy-Rabe sert de refuge à de nombreux miliciens "anti-balaka", en lutte contre l'ex-Séléka.

 

A la faveur d'une vaste offensive coordonnée le 5 décembre sur plusieurs quartiers périphériques de Bangui, ces miliciens ont pris part à nombreuses attaques contre des civils musulmans qu'ils assimilent aux combattants de l'ex-rébellion Séléka, coalition à dominante musulmane au pouvoir depuis mars.

 

Boy-Rabe a été pillé à plusieurs reprises ces derniers mois par des hommes de la Séléka, qui y ont commis d'innombrables exactions. La population, chrétienne, et excédée par ces violences, y est largement acquise aux "anti-balaka", dont l'armement est généralement très sommaires: vieux fusils, machettes et armes blanches...

 

"Préserver l'unité nationale et la concorde"

 

L'armée française semble donc entamer là une nouvelle étape de sa vaste opération de désarmement des milices et groupes armés, débutée le 9 décembre à Bangui.

 

Les 1.600 militaires du dispositif français Sangaris avaient jusqu'à présent visé essentiellement les combattants de l'ex-Séléka, seuls à déambuler en armes dans les rues de la capitale.

 

Neutralisés et consignés dans leurs casernes, de nombreux combattants de l'ex-Séléka étaient furieux de ce désarmement à sens unique selon eux, qui réduisait leur pouvoir à néant et les laissait incapable de défendre la communauté musulmane face à la soif de vengeance des habitants --très majoritairement chrétiens-- de Bangui.

 

De nombreux Banguissois reprochaient également aux militaires français de rester sur les grands axes et de ne pas pénétrer en profondeur dans les quartiers, dédales de ruelles en terre aux innombrables maisonnettes, où se poursuivent toujours des violences --pillages et lynchages-- entre chrétiens et musulmans.

 

Sur le plan politique, le Premier ministre Nicolas Tiangaye, issu de l'ancienne opposition à François Bozizé, a lancé un nouvel "appel au calme pour que la paix revienne".

 

"Il faut préserver l'unité nationale et la concorde. C'est le socle du pays. Un seul pays, un seul peuple", a déclaré M. Tiangaye à l'AFP. "L'unité est notre seule richesse. Les conflits intercommunautaires ou inter-religieux remettent en cause cette unité. J'en appelle au patriotisme pour qu'on fasse preuve de pardon et de tolérance", a-t-il lancé.

 

La discorde a éclaté au grand jour depuis dimanche au sein du gouvernement, dominé par les pro-Séléka, mais qui compte d'anciens membre de l'opposition démocratique et des partisans du président déchu Bozizé.

 

Le limogeage de trois ministres et du directeur du Trésor, décidé unilatéralement par le président (et ex-chef de la Séléka) Michel Djotodia, a suscité une polémique à la tête de l’exécutif et un débat constitutionnel, sans doute décalé face à la violence du quotidien des Banguissois, mais qui reste à trancher.

 

D'un côté, les représentants de l'ancienne opposition estiment qu'il faut annuler ce décret présidentiel qui n'a pas été approuvé par le Premier ministre. Les partisans de Djotodia assurent quant à eux que le Premier ministre n'a pas forcément à contresigner les décisions présidentielles.

 

La France a elle pris le parti du Premier ministre Tiangaye, estimant que les limogeages étaient "en contradiction avec la Charte constitutionnelle de la transition et les accords de Libreville (signés en janvier 2013)", et "de nature à aggraver encore" la situation déjà catastrophique dans le pays.

 

Grave crise humanitaire

 

Près de 2.000 réfugiés centrafricains sont arrivés lundi dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC), bravant la fermeture de la frontière côté centrafricain pour fuir les violences, selon le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

 

"Malgré la fermeture de la frontière de la Centrafrique, 1.815 réfugiés sont arrivés aujourd'hui à Zongo", une ville congolaise qui fait face à la capitale centrafricaine, de l'autre côté du fleuve Oubangui.

 

Au total, près de 47.000 réfugiés de Centrafrique ont fui en RDC, selon le HCR. Selon l'ONU, la Centrafrique compte près de 159.000 déplacés dans tout le pays et connait une grave crise humanitaire.

 

A Bossangoa, l'un des épicentres des violences dans le nord-ouest, des dizaines milliers de personnes sont toujours réfugiées dans et autour de la cathédrale, a constaté un journaliste de l'AFP. Des humanitaires, notamment des membres des agences onusiennes, établissent des listes de bénéficiaires pour les distributions de vivres et de matériels de première nécessité.

 

A quelques centaines de mètres de là, des milliers de déplacés musulmans sont installés sur le site d'un établissement scolaire, l'école "Liberté".

Centrafrique : opération française dans un quartier de Bangui
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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 00:19

 

 

 

 

Par La rédaction de RTL.fr , Avec AFP | Publié le 17/12/2013 à 10h17

http://www.rtl.fr

 

Les soldats français présents en Centrafrique ont initié une opération dans un quartier de la capitale tenu par des milices chrétiennes "anti-balaka".

 

L'armée française a lancé ce mardi 17 décembre au matin une opération militaire à Boy-Rabe, quartier nord de Bangui et bastion des milices chrétiennes "anti-balaka" (anti-machettes).



Sur la route menant à l'aéroport, plusieurs véhicules blindés étaient déployés à l'entrée du quartier, survolé par un hélicoptère. Dans le nord de la capitale centrafricaine, le quartier de Boy-Rabe est un fief de l'ancien président François Bozizé, renversé en mars 2013, où sont aujourd'hui basés de nombreux miliciens "anti-balaka", en lutte contre la Séléka musulmane au pouvoir.

 

Anti-balaka et Séléka

 

Le 9 décembre dernier, les soldats français avaient mené une vaste opération de désarmement des milices et groupes armés. Cette opération visait jusqu'à présentessentiellement les combattants de l'ex-Séléka, seuls à déambuler en armes dans les rues de la capitale.

 

Milices paysannes d'auto-défense, les anti-balaka quant à elles évoluent surtout en brousse et dans les quartiers périphériques de Bangui, où une grande partie de la population leur est acquise. 

 

Centrafrique : opération militaire française dans un bastion des milices chrétiennes
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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 00:08

 

 

 

 

 

 

Alain Barluet   http://www.lefigaro.fr   le 17/12/2013 à 16:07

 

Le président tchadien, Idriss Déby, joue depuis de nombreuses années un rôle omniprésent et ambigu en Républicaine centrafricaine.

 

Ses interlocuteurs français en sont convaincus: une sortie de crise en Centrafrique ne se fera pas sans Idriss Déby. À la tête d'un pays qui s'affirme comme la puissance régionale émergente, le président du Tchad tire depuis longtemps les ficelles centrafricaines - d'aucuns considèrent que sa responsabilité n'est pas mince dans le marasme qui prévaut à Bangui. Mais l'homme reste incontournable. «Il fallait le voir au sommet de l'Élysée» sur la paix et la sécurité en Afrique, raconte un participant. «Le 6 décembre, devant François Hollande et ses pairs africains, le président tchadien a joué de son charisme, impressionnant l'auditoire par la clarté de ses analyses et la fermeté de sa posture.»

 

C'est que rien de ce qui se passe en Centrafrique n'est indifférent à Idriss Déby. Le Tchad, menacé sur toutes ses frontières, Libye, Soudan, Nigeria et Cameroun - avec Boko Haram -, redoute la poursuite de l'instabilité chez son voisin méridional - un glacis sur lequel il estime avoir un droit de regard. Déby y tient depuis longtemps de rôle de faiseur de roi.

 

En 2003, il avait aidé François Bozizé à prendre le pouvoir et à mettre fin aux rébellions dans le nord du pays en 2010. En mars dernier, c'est encore lui qui a armé et soutenu la coalition rebelle Séléka lors de son offensive victorieuse de mars 2013 sur Bangui. Jusqu'à un certain point seulement. Car depuis, Déby a quelque peu lâché le président centrafricain Michel Djotodia, considérant manifestement qu'il avait joué le mauvais cheval. Mais il continue néanmoins à la «cornaquer» étroitement.

 

Le Tchad est présent, avec des conseillers dans les hautes sphères du pouvoir mais aussi avec 7000 à 15.000 ressortissants à Bangui. De nombreux Centrafricains originaires du nord du pays sont éga­lement désignés comme «Tchadiens». Ces «Arabes» sont souvent des commerçants qui tiennent un large pan de l'économie centrafricaine, ou ce qu'il en reste.

 

Le souvenir du Mali

 

Un tiers des membres des ex-Séléka seraient des Tchadiens. Idriss Déby affirme en détenir la liste, par groupes et par régions. Parallèlement, les soldats tchadiens constituent le premier contingent de la Fomac, avec 650 hommes. «Seul contingent musulman de la force afri­caine, le rôle des Tchadiens est important pour garantir la protection des populations musulmanes», assure une source officielle française. Accusés de protéger les ex-Séléka, les soldats tchadiens sont haïs par nombre de Centrafricains, majoritairement chrétiens. «Idriss Déby ne nie pas cette collusion, il est conscient du problème», assurait-on dans l'entourage du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui s'est entretenu samedi avec le président tchadien à N'Djamena. De même source, on rappelle que Français et Tchadiens ont été frères d'armes durant l'opération «Serval» au Mali. L'armée d'Idriss Déby, souligne-t-on encore, a joué un rôle capital dans la bataille livrée contre les djihadistes dans le massif des Iforas et payé un lourd tribut (37 tués).

 

Difficile d'ignorer aussi que le Tchad héberge depuis 1986 l'opération «Épervier» - 950 hommes et six avions Rafale qui effectuent des missions quotidiennes au-dessus du Mali et de la Centrafrique. Autour de Jean-Yves Le Drian, on se félicite d'avoir, avec Idriss Déby, un «interlocuteur de grande qualité». «Il faut restaurer l'État centrafricain, sécuriser le pays, désarmer les milices sans distinction et mener à bien la transition politique», lui a assuré le président tchadien. Ce dernier aurait même son plan pour reconvertir les ex-Séléka. Peut-on lui faire confiance? L'homme fort de N'Djamena, que personne ne considère comme un grand démocrate, n'est pas sans biais. Mais en Centrafrique, s'il fait partie du problème, Idriss Déby fait aussi partie de la solution.

Centrafrique : la France mise sur son allié tchadien
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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 22:45

 

 

 

 

 

 


PARIS - AFP / 16 décembre 2013 21h01 - François Hollande a estimé que l'honneur de la France était de s'engager et sans la moindre hésitation pour mettre fin à des crimes contre l'Humanité, en rendant hommage lundi aux deux soldats français tués en Centrafrique.


Le chef de l'Etat français a de nouveau justifié l'intervention de son pays: Il y avait urgence, a-t-il fait valoir, rappelant que plus de 600 personnes y avaient été tués en deux jours et que les affrontements confessionnels risquaient de dégénérer en un immense bain de sang.


Quand des crimes contre l'Humanité sont commis, c'est l'honneur de la France, l'honneur de ses soldats, de s'engager pour y mettre fin et ceci sans la moindre hésitation, a souligné François Hollande.


Les forces françaises n'ont cependant pas vocation à rester durablement en Centrafrique, a-t-il réaffirmé devant les deux cercueils recouverts du drapeau tricolore, dans la cour de l'hôtel des Invalides, à Paris.


Les soldats français seront progressivement relayés par la montée en puissance des forces africaines dont les effectifs vont doubler en quelques semaines pour atteindre 6.000 hommes, a-t-il poursuivi.


Lorsqu'elles auront atteint une taille et une capacité suffisantes, alors nous pourrons nous retirer, a ajouté François Hollande sans fixer de délai.


Les soldats de 1ère classe Nicolas Vokaer et Antoine Le Quinio, du 8e régiment de parachutistes d'infanterie de marine de Castres (sud-ouest) âgés respectivement de 23 et 22 ans, sont décédés dans la nuit du 9 au 10 décembre des suites de leurs blessures à l'antenne chirurgicale de l'aéroport de Bangui. Ils ont été élevés au rang de caporaux et décorés de la Légion d'honneur par François Hollande.


Antoine et Nicolas sont allés jusqu'au bout de leur devoir au service de la paix dans un pays tombé dans le chaos, meurtri par les violences et ravagé par la faim et le dénuement, a déclaré le président français, qui avait salué auparavant les familles qu'il devait ensuite retrouver dans l'intimité.


Les deux jeunes parachutistes avaient été pris dans un accrochage à proximité de l'aéroport de Bangui, quatre jours après le début de l'opération militaire française Sangaris.

Le chef de l'Etat s'était déjà recueilli mardi devant leurs dépouilles, lors de sa visite dans la capitale centrafricaine.


Avant cet hommage officiel, un autre hommage, officieux celui-là, leur avait été rendu comme il est désormais de tradition quand des soldats français sont tués en opération, sur le Pont Alexandre III à Paris, face aux Invalides.


Plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux militaires et anciens combattants, se sont figées, parfois au garde-à-vous, quand le cortège funèbre a franchi le pont, à faible allure dans un silence total, précédés de motards de la Garde républicaine.

L'opération Sangaris est destinée à rétablir la sécurité dans le pays et à protéger les populations en désarmant milices et groupes armés.


Quelque 1.600 soldats français sont déployés, ainsi que 2.500 soldats de la force africaine Misca.


Les premiers résultats de l'opération restent fragiles et devront être confortés dans les deux semaines qui viennent pour envisager un désarmement effectifs des milices, estimait-on lundi de source proche du ministère de la Défense.


Concernant les miliciens de l'ex-rébellion Séléka, pour la plupart musulmans, on ne peut pas leur demander de désarmer complètement, si on ne peut pas en même temps leur dire que les quartiers où vivent leurs familles sont sécurisés, a notamment souligné un proche du ministre.



(©) 

Centrafrique l'honneur de la France est de s'engager face à des crimes contre l'humanité
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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 22:36

 

 

 

 

 

 

La solution centrafricaine à la crise est politique.

 

Le Gouvernement de Monsieur Harper du Canada vient de débloquer 5millions de dollars. Espérons que ce montant atteindra en entier le Peuple centrafricain ses hommes ses femmes ses enfants.

 

Pour ma part, j’ai écrit aux Autorités canadiennes et québécoises afin de leur exposer la situation.

 

Depuis son acquisition de l’Indépendance en 1960, la République Centrafricaine vivote avec une main tendue des mendicités gouvernementales.

 

Pourtant le peuple centrafricain sur son large territoire est celui qui se réunissant ensemble tous en une seule Langue  le Sangho, est prêt dans son unité à se prendre en main par lui-même. Mais faudrait-il un Homme de stature de la Résistance de nos Pères!

 

Un De Gaulle rassembleur, un Boganda ignoré par le dictionnaire français, un rassembleur sans élection, sans tripotage étranger, admiré du Peuple.

 

La République Centrafricaine c’est ce seul Peuple d’une seule langue  forgée par lui-même pour se comprendre et se bâtir.

 

La République centrafricaine c’est ce seul Peuple soulevé en groupes d’autodéfense lorsque la Séléka étrangère l’a agressé en décembre 2012.

 

Tout comme le Général De Gaulle en 1944, incorporant la Résistance d’abord la Résistance française au centre de son Gouvernement, la Résistance centrafricaine aura démontré  sa place, son patriotisme, sa chance de bâtir la Centrafrique de ses propres mains.

 

De 1960 à 2013, la Centrafrique souffre de la maladie des interventions étrangères. La solution à la crise actuelle est purement politique :laissez l’Afrique aux africains, qu’ils fassent leur preuve d’hommes libres, ils ont vécu et grandi durant des millénaires sans ingérence colonialiste aux crocs dans leur nuque, de séduction d’argent, de pétrole ou d’uranium, ils ont vécu sans cette compassion.

 

Bamboté Makombo

 

Écrivain - 16 décembre 2013

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 20:02

 

 

 

 

 

 

Le Monde | 16.12.2013 à 11h50 • Mis à jour le 16.12.2013 à 17h07 |Cyril Bensimon (Bangui, envoyé spécial)

 

Dans les faubourgs de Bangui, le caporal-chef Arsène, dit « Rambo », n'est pas un guerrier solitaire. Ce barbu légèrement bedonnant a derrière lui une petite armée dépareillée mais dont les rangs continuent de s'étoffer. Cet ancien soldat du rang est, ce dimanche 15 décembre au matin, en tournée d'inspection sur les bords de la rivière M'Poko.

 

Dans une école du quartier Boeing transformée en centre d'instruction, des hommes, des adolescents et quelques filles se forment à la hâte aux rudiments de la chose militaire. Ils sont peut-être 200, encadrés par des soldats en rupture avec le pouvoir du président de la transition, Michel Djotodia soutenu par l'ex-guérilla de la Séléka. Le cadre champêtre fait penser à un village perdu au milieu de la brousse, mais le centre-ville est à moins de cinq kilomètres et l'aéroport à portée de tirs.

 

Le caporal-chef Arsène se dit à la tête d'un « mouvement de révolte des forces armées centrafricaines pour le peuple » dont le programme tient en une phrase : « Faire partir Djotodia et ses terroristes. » Son adjoint, un autre caporal-chef qui a pris le surnom de « Coeur de lion », assure disposer aujourd'hui de 1 700 éléments prêts à combattre les Séléka. Pour cela, un certain nombre d'hommes disposent d'armes de guerre, essentiellement des kalachnikovs et des lance-roquettes. Le gros de la troupe n'a pour se battre que des machettes ou des gourdins.

 

Ces soldats des ex-Forces armées centrafricaines (FACA) au...

Centrafrique : les « anti-balaka » menacent de replonger Bangui dans le chaos
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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 19:57

 

 

 

 

 

 

Les agriculteurs ont besoin d’une aide d’urgence pour la prochaine campagne de semis

 

16 décembre 2013, Rome - Les agriculteurs de République centrafricaine ont besoin d'une aide d'urgence pour empêcher la situation de la sécurité alimentaire de millions de personnes de se détériorer dans ce pays en proie aux conflits, a mis en garde la FAO aujourd'hui.

 

Selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire(IPC) soutenu par la FAO, quelque 1,29 million de personnes, soit plus de 40 pour cent de la population rurale, ont besoin d'une aide d'urgence - près du double du niveau estimé en février 2013.

 

Et ces chiffres ne feront qu'augmenter l'an prochain si les agriculteurs ne peuvent se préparer à temps pour la prochaine campagne de semis, a souligné l'Organisation.

 

La production agricole a chuté cette année lorsque les troubles intérieurs qui ont éclaté dans le nord-est du pays en décembre 2012 se sont propagés au reste du territoire.

 

Selon les estimations, 500 000 personnes auraient abandonné leurs logements et de nombreux agriculteurs n'ont plus accès à leurs champs.

 

"Il y a une grave pénurie de semences, d'une part à cause des pillages et, d'autre part, parce que les habitants ont été contraints de les consommer au lieu de les conserver pour les semis", a indiqué Dominique Burgeon, Directeur de la Division des opérations d'urgence et de la réhabilitation à la FAO.

 

"Les agriculteurs désespérés vendent leurs outils et leurs animaux pour pouvoir nourrir leurs familles, et ils se retrouvent sans rien pour gagner un peu d'argent, sans compter les razzias de bétail et de matériel agricole, très répandues".

 

Volatilité des prix

 

Un nouveau recul de la production agricole portera un rude coup à l'économie du pays, selon le Système mondial d'information et d'alerte rapide de la FAO (SMIAR).

 

L'agriculture assure 53 pour cent du PIB national et une grande partie des emplois dans le pays, où près des trois quarts de la population vit en milieu rural.

 

Les exportations agricoles - une des sources principales de devises étrangères du pays - se sont effondrées cette année, en particulier pour ce qui est du bois d'œuvre, du coton et du café.

 

Le bouleversement des marchés s'est traduit par la hausse et la volatilité des prix. Les prix du maïs dans la capitale, Bangui, ont augmenté de 31 pour cent entre janvier et novembre 2013, tandis que ceux du mil ont bondi de 70 pour cent de mars à octobre dans la province d'Ouham, au nord-ouest, une importante région productrice de sorgho et de mil.

 

Problèmes d'accès

 

Compte tenu des problèmes pour atteindre les familles agricoles, il faut se mobiliser sans attendre pour les aider à être prêtes à temps pour les campagnes d'ensemencement de 2014, a indiqué la FAO.

 

Les semis de la campagne principale de maïs de 2014 devraient démarrer début mars au centre et au sud; ceux de sorgho et de mil débuteront en mai au nord du pays. Les agriculteurs ont donc un besoin pressant de semences et autres intrants agricoles.

 

"Le déploiement récent d'opérations de maintien de la paix dans le pays devraient instaurer des conditions favorables au retour des agriculteurs sur leurs terres. C'est pourquoi nous avons besoin de leur fournir des intrants de toute urgence", a expliqué M. Bukar Tijani, Représentant régional de la FAO pour l'Afrique. "Faute de quoi, nous risquons une grave détérioration de la situation de la sécurité alimentaire et un besoin massif d'aide alimentaire prolongée".

 

Réponse humanitaire

 

Un appel humanitaire coordonné par les Nations Unies pour la République centrafricaine sollicite 241 millions de dollars en faveur de 1,8 million de personnes.

 

Le Groupe Sécurité Alimentaire, piloté par la FAO et le Programme alimentaire mondial, nécessite 61 millions de dollars pour venir en aide à 500 000 personnes.

 

La FAO est en train de mobiliser des ressources et du personnel en temps utile pour la campagne d'ensemencement de mars. Elle a notamment affecté 1,2 million de son propre mécanisme de financement des situations d'urgence.

 

Source : http://www.fao.org/news/story/fr/item/210734/icode/#.Uq8C5xJaeKo.twitter

 

Des millions de personnes à risque d’insécurité alimentaire en République centrafricaine
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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 19:51

 

 

 

 

 

 

YAOUNDE Lundi 16 décembre 2013 | 16:43 UTC (Xinhua) - Prises d'emblée dans l'étau de forces de guérilla insaisissables, l'armée française et la force africaine de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA) n'ont pas eu le temps de s'installer pour mesurer l'étendue de leur mission conjointe à hauts risques qui, de l'avis des observateurs, impose de facto l'absolue nécessité de l'affrontement direct pour réussir.

 

Presque neuf mois après la victoire en mars au terme de trois mois de conflit de Michel Djotodia, ci-devant chef de l'Etat de la transition ouverte en août avec sa prestation de serment à Bangui, et ses ex-rebelles de la Séléka sur le régime de François Bozizé, lui-même ancien chef rebelle, la République centrafricaine (RCA) sous coupes réglées se conjugue ni plus ni moins comme une zone de non-droit.

 

Avec l'émergence d'autres acteurs de déstabilisation, à savoir des milices à coloration chrétienne issues de vulgaires groupes d' autodéfense villageois dits « anti-Balakas » (anti-machettes) ayant sonné la charge contre le pouvoir à dominante musulmane des nouveaux maîtres de Bangui, accusés aux exactions (massacres, exécutions sommaires, enlèvements, viols, pillages, etc.) sur leurs communautés, la poudrière a fini par exploser.

 

Rongée par une douloureuse épreuve de bataille pour le contrôle du pouvoir, la pire crise de son histoire de l'aveu de tous, mu ée en conflit intercommunautaire et religieux entre chrétiens (majoritaires à près de 90%) et musulmans, la RCA a basculé dans l' horreur et le chaos où les rapports les plus proches de la réalité dénombrent plus de 3.000 morts depuis un an, sur une population de près de 5 millions d'habitants.

 

Sur une liste qui en comptabilisait déjà plus de 400.000 début le début de la crise, les Nations Unies recensaient, en plus de plus de 400 morts supplémentaires, la semaine dernière 159.000 nouveaux déplacés en une semaine de heurts dans la capitale suite au désarmement forcé entrepris par l'armée française à l'égard des ex-rebelles de la Séléka et d'autres groupes armés jusqu'aux anti- Balakas fondus dans la population.

 

Confrontée à une rude épreuve de force inattendue avec ces forces mouvantes aux allures d'une guérilla insaisissable, l'armée française dont les premiers déploiements d'une mission d' intervention de 1.600 soldats autorisée par un vote du Conseil de sécurité des Nations Unies ont officiellement fait leur apparition à Bangui le 5 décembre, a dû faire le deuil de deux jeunes parachutistes de 22 et 23 ans.

 

Ce seul épisode a suffi pour résumer la délicatesse de la mission de ces « sapeurs-pompiers » hexagonaux et de celle de la Mission internationale de soutien en Centrafrique (MISCA), une force panafricaine d'un effectif estimatif de 6.000 hommes dont elle dit venir en appui.  

 

 CHANCES DE REUSSITE CERTAINES

 

Pour l'une et l'autre force, « les chances de réussite me semblent être certaines dans la durée, à condition qu'on tienne compte d'un certain nombre d'éléments dont les plus importants me semblent être le facteur géographique, ce qui signifie que lorsque vous allez avec une armée combattre des milices, ce n'est pas une guerre qui se fait sur les axes routiers. C'est une guerre d'affrontement dans les fonds de quartiers », a analysé à Xinhua le géostratège camerounais Joseph Vincent Ntuda Ebodé.

 

En clair, explique l'universitaire, « les chances de réussite à court terme imposent que les forces étrangères qui sont parties en Centrafrique poursuivent les éléments incontrôlés de la Séléka dans les fonds de quartiers. Dans ce cas-là, il ne s'agit plus d' une guerre de démonstration. Il va falloir des corps à corps. Et c' est peut-être cela que ces forces veulent éviter actuellement. »

 

Enseignant et chef du Centre de recherches et d'études politiques et stratégiques (CREPS) de l'Université de Yaoundé II à Soa, une banlieue de Yaoundé, estime que si l'option consistant pour les forces française et africaine à éviter l'affrontement direct avec les groupes armés à désarmer prévaut, « on va assister à une intensification de la criminalité aussi bien dans les villes qu'à l'intérieur du pays, parce que les forces parties pour cette raison n'y sont pas ».

 

C'est un risque évident dans la mesure où, loin de la capitale Bangui, d'autres théâtres de combats entre les ex-Séléka et les anti-Balakas déclarés fidèles à l'ancien régime de François Bozizé tiennent en haleine depuis des mois dans plusieurs villes de l'int érieur de la Centrafrique, comme Bossangoa dans la région natale du président déchu dans le Nord ou encore Bouar, Bossembélé, Bataganfo, etc.

 

Ce pays enclavé d'Afrique centrale, ex-colonie française indé pendante depuis 1960, se distingue par ailleurs par un territoire immense d'environ 700.000 km2 qu'aucun des dirigeants qui se sont succédé à un pouvoir de surcroît constamment conquis par les armes n'a pu véritablement contrôler dans sa totalité, d'où la présence devenue banale pour les populations dans certaines régions de groupes armés parmi lesquels des coupeurs de route et des rébellions.

 

Partis de la République démocratique du Congo (RDC) voisine, les combattants de l'Armée de la résistance du seigneur (LRA) du chef rebelle ougandais Joseph Kony traqué par les Nations Unies et l'Union africaine pour répondre des accusations de crimes de génocide et crimes contre l'humanité devant la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye aux Pays-Bas, sévissent depuis 2008 dans l'Est.

 

 PAYS COMPLETEMENT DELABRE

 

Pour l'analyste Ntuda Ebodé, « un des enjeux majeurs de la crise centrafricaine, c'est que c'est un pays complètement délabré. Et donc lorsque vous venez occuper les centres-villes ou la principale ville qu'on appelle Bangui, les gens se retirent ailleurs. La preuve, regardez à la frontière avec le Cameroun. Ce n'est pas nécessairement des acteurs venus pour gêner la sécurité du Cameroun qui attaquent les Camerounais ou les forces camerounaises ».

 

« C'est aussi des gens qui, éclaire-t-il, parce qu'ayant fui la capitale où donc il y a des risques d'être arrêté, lorsqu'ils ont déjà faim, ils cherchent où venir braquer comme n'importe quel bandit et attaquent. De la même manière que ça se passe à la frontière du Cameroun, ça se passe du côté des autres frontières du pays. Cela signifie donc que les gens sont cachés. Mais ça se passe aussi dans les brousses. »

 

Une comparaison est vite établie avec le Mali, autre ex- colonie française où l'intervention s'est limitée dans une région, le Nord, une zone de Sahel moins complexe que les forêts de la Centrafrique. « En Centrafrique, c'est tout le pays et il y a de vastes étendues de brousse. Donc, ça veut dire que le camouflage ici peut jouer un rôle déterminant et devenir une arme de destruction massive pour les forces qui sont venues restaurer au moins la sécurité en Centrafrique », juge le géostratège.

 

Dans une prescription de risques réels à prendre pour vaincre l'ennemi, Ntuda Ebodé préconise un partage de responsabilités entre les forces française et africaine. Chargées d'aider à un retour à la paix et la stabilité dans le pays, les deux missions, mentionne-t-il, jouissent d'une supériorité technologique favorable à des chances de réussite dans des délais raisonnables en cas évidemment de coordination des actions.

 

« Mais si on assiste, comme cela semble l'indiquer dès le début, à une situation où les forces françaises interviennent d'un côté et les forces africaines de l'autre, les forces françaises ne dé finissent pas clairement quelles sont leurs missions, les forces africaines non plus, je crains que ça dure et à terme on compte beaucoup de victimes qui tomberaient par incursions surprises des forces de la guérilla », prévient le chercheur.

Centrafrique : L'affrontement direct nécessaire pour les forces française et africaine pour réussir leur mission
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