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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 00:08

 

 

 

 

http://www.agenceecofin.com/

 

(Agence Ecofin) - Frank-Walter Steinmeier ministre allemand des Affaires étrangères a déclaré que l’Europe « ne peut pas laisser la France seule » dans le bourbier centrafricain. « Nous devons réfléchir à des possibilités de soutien plus appuyé, par exemple au Mali, cela fait partie de notre responsabilité » a-t-il ajouté.

 

M. Steinmeier a reconnu que la France a déjà évité au Mali d’être « pris d’assaut par les fondamentalistes musulmans » et qu’elle est à nouveau sur le front pour éviter un génocide en Centrafrique.

 

A la veille d’une réunion des diplomaties européennes à Bruxelles cette reconnaissance appuyée de la part de la première puissance de l’Union laisse présager que l’appel de François Hollande sera entendu et que l’Europe apportera un réel soutien aux forces de pacification présentes en Centrafrique.

 

L’appel de John Ging, chef des opérations humanitaires de l'ONU, n’est peut-être pas étranger à ce retournement de situation. Jeudi dernier à Genève, M. Ging a en effet tiré la sonnette d’alarme : « Il y a tous les éléments que nous avons vus dans des endroits comme le Rwanda, la Bosnie, pour un génocide. Cela ne fait pas de doute ». Difficile pour Bruxelles de rester sourd à un tel avertissement.

L’Allemagne change de ton et se dit prête à soutenir la France en Centrafrique
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Centrafrique-Presse.com
20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 00:05

 

 

 

 

Par Christian PANIKA | AFP 

 

19 janv

 

Le parlement de transition centrafricain élit lundi, parmi huit candidats, un nouveau président de transition, qui devra relever dès sa prise de fonction le défi de pacifier un pays à la dérive, toujours en proie à des violences malgré le déploiement de forces internationales.

 

Parallèlement, l'Union européenne devrait approuver l'envoi lundi d'au moins 500 soldats européens en Centrafrique, en soutien aux 1.600 soldats français de l'opération Sangaris et aux 4.400 de la force africaine (Misca).

 

L'élection du président par le Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire) doit permettre de combler le vide laissé par la démission contrainte du président Michel Djotodia le 11 janvier, accusé par la communauté internationale de n'avoir rien fait pour arrêter les tueries interreligieuses.

 

Sur les 24 candidatures déposées, seules huit ont été validées par le CNT. Parmi les principaux candidats figurent notamment l'actuelle maire de Bangui, Catherine Samba Panza, ainsi que Sylvain Patassé et Désiré Kolingba, respectivement fils des présidents Ange-Felix Patassé, au pouvoir de 1993 à 2003, et André Kolingba, de 1981 à 1993.

 

Autre personnalité retenue par le CNT, Emile Gros Raymond Nakombo, un banquier proche de l'ex-président Kolingba, qui avait reçu le soutien de plusieurs centaines de manifestants rassemblés à Bangui vendredi.

 

Les parlementaires avaient fixé des critères draconiens d'éligibilité excluant beaucoup de monde: les responsables politiques sous Djotodia, les chefs de partis, les militaires d'active et ceux ayant appartenu à une milice ou à une rébellion ces 20 dernières années.

 

Lundi matin, chaque candidat aura 10 minutes pour présenter sa "profession de foi" aux parlementaires avant leur vote à bulletin secret. La Constitution provisoire prévoit un seul tour de scrutin, le candidat arrivé en tête étant élu. La proclamation des résultats aura lieu dans la foulée.

 

La présidente en exercice du CNT, Léa Kouyassoum Doumta, a par ailleurs indiqué "qu'aucun membre du CNT ne fera partie du gouvernement qui verra le jour après l'élection" du président.

 

A Bangui, les patrouilles internationales restaient très présentes dans les rues dimanche, avec un dispositif renforcé pour désamorcer d'éventuelles tensions à l'approche de l'élection, a constaté un journaliste de l'AFP.

 

23 civils tués à Bouar

 

Le nouvel élu aura la lourde tâche de pacifier le pays, de remettre une administration totalement paralysée en état de marche et de permettre aux centaines de milliers de déplacés de rentrer chez eux.

 

Un mois et demi après le début de l'intervention française, la situation sécuritaire dans la capitale, où la plupart des soldats français sont stationnés, s'améliore progressivement, malgré des explosions sporadiques de violences.

 

Mais dans un pays de plus de 600.000 km2, il reste très compliqué de se déployer dans les zones reculées et les témoignages d'habitants et d'ONG décrivent une situation chaotique et largement hors de contrôle.

 

Ainsi, une attaque perpétrée vendredi près de Bouar, sur l'axe routier menant au Cameroun, a tué au moins 23 civils musulmans, dont trois enfants, qui tentaient de fuir les violences, selon l'ONG Save the Children.

 

Samedi, des violences ont également été signalées dans d'autres localités du nord et de l'ouest. "Je lance un cri d'alarme. Nous sommes terrorisés", a déclaré ainsi à l'AFP un habitant de Sibut, à 160 km au nord de Bangui: "Les Séléka (combattants de M. Djotodia) règnent en seigneurs de guerre dans la ville", a-t-il dit.

 

A Boali, à 90 km au nord-ouest de Bangui, des centaines de musulmans étaient réfugiés dans la paroisse Saint-Pierre après des affrontements entre Séléka et anti-balaka (miliciens hostiles à M. Djotodia) qui ont fait sept morts depuis vendredi, selon un bilan donné par l'abbé Xavier Fagba et la Croix-Rouge centrafricaine.

 

Le défi auquel sera confronté le nouveau président - même s'il devrait bénéficier du soutien de la communauté internationale - est immense dans ce pays très pauvre et enclavé d'Afrique centrale, au grand potentiel minier et forestier, qui a connu des années de rébellions et de coups d'Etat.

 

Le président François Bozizé, chassé en mars 2013 par la Séléka, mouvement rebelle dirigé par Djotodia, était lui-même arrivé au pouvoir dix ans plus tôt par un coup d'Etat.

 

Pour arrêter l'implosion du pays, le nouveau président aura peu de temps: selon le calendrier de la transition, des élections générales doivent être organisées au plus tard au premier semestre 2015, la France souhaitant pour sa part qu'elles se tiennent avant la fin 2014.

Centrafrique : huit candidats en lice pour la présidence de transition
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Centrafrique-Presse.com
20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 00:01

 

 

 

 

 

http://www.20minutes.fr/  Mis à jour le 19.01.14 à 20h44

 

Les corps d'au moins cinquante personnes ont été découverts et inhumés depuis vendredi par la Croix rouge internationale (CICR) et la Croix rouge centrafricaine dans la région située entre Bossembélé, Boyali et Boali, au nord-ouest du pays, a annoncé dimanche le CICR dans un communiqué.

 

«Ces dernières 48 heures, les équipes du CICR et de la CRCA ont inhumé une cinquantaine de corps» dans la région, où les violences intercommunautaires se sont multipliées depuis vendredi dans des localités situées sur l'axe entre Bangui et la frontière camerounaise.

 

«Depuis vendredi, le CICR et la Croix-Rouge centrafricaine (CRCA) prodiguent les premiers soins sur place et ont évacué vingt-cinq blessés vers la capitale, Bangui», selon le communiqué. «Une bonne partie de la population, dénuée de toute protection et exposée aux représailles, a fui dans la brousse. Nous sommes extrêmement préoccupés par leur sort», a déclaré Georgios Georgantas, le chef de la délégation du CICR cité dans le communiqué.

 

Quelque 100 militaires français de l'opération Sangaris et des unités de la Misca (force africaine en Centrafrique) ont lancé vendredi une opération sur l'axe entre Bangui et Bossembélé, afin de «faire cesser les exactions» et «démanteler les check points» sur la route, selon des sources militaires françaises. Toutefois, la situation reste très tendue, notamment à Boali, où des centaines de musulmans fuyant les violences se sont réfugiés dans l'église de la ville, pour l'instant sous protection de troupes internationales.

 

B.D. avec AFP

Centrafrique: Au moins 50 morts dans les violences dans le nord-ouest, selon le CICR
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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 23:59

 

 

 

 

 

2014-01-19 15:25:00 - APA Bangui (Centrafrique) - L'élection du président de la transition prévue lundi, se prépare sur fond de tensions intercommunautaires persistante, à Bangui, la capitale, a constaté APA.

 

Ce dimanche, au quartier Sango dans le 2è arrondissement de Bangui, où les chrétiens sont allés à l'église, deux musulmans ont été lynchés par des jeunes de cette localité.


Selon des témoignages concordants une des victimes a été copieusement lynchée à mort.

Puis son corps a été brûlé juste à l'intersection des Avenues Dr Conjugo et Barthélémy Boganda, non loin de la Place des Nations Unies, dans le 2è arrondissement. 

Son compagnon a vu sa vie sauve en trouvant refuge dans l'Eglise Apostolique Sion où les chrétiens étaient en pleine adoration.


Selon des informations concordantes, le meurtre de ce musulman intervient un jour après l'assassinat d'un des jeunes du 2è arrondissement, un chauffeur de taxi habitant le quartier Sango.


Un chauffeur de taxi rencontré par APA raconte les faits « un musulman l'avait pris hier, samedi en course à direction de KM5, quartier résidentiel des musulmans, transformé depuis l'arrivée des Séléka en une forteresse. Là-bas, mon collègue a été tué »


Profitant cette manifestation de protestation, des jeunes ont visité et vandalisé des maisons appartenant aux musulmans dans ce secteur.


Les jeunes du quartier Sango et certains de Lakouanga ont barricadé pour quelques temps les deux Avenues Boganda et Dacko qui desservent cet arrondissement.

Pendant ce temps, le conseil national de transition (CNT) a publié une liste de deux femmes et six hommes retenus pour postuler à la succession du président par intérim démissionnaire, Michel Djotodja.


Le remplaçant du Président démissionnaire aura la lourde charge pendant une période de 11 mois de restaurer d'urgence la sécurité ; créer les conditions du retour des déplacés internes et des exilés politiques, relancer les activités socioéconomiques, à regagner la confiance des partenaires techniques et financiers et organiser les élections générales.

 

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=506048#sthash.uWhkII08.dpuf

Centrafrique: L'élection du président de la transition se prépare su fond de tensions intercommunautaires
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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 23:57

 

 

 

 

 

Le Monde.fr |  • Mis à jour le  |Par Cyril Bensimon

 

Bangui vit dans l'attente de connaître le visage de son nouveau président de transition. Un président théoriquement éphémère dont la mission sera d'organiser des élections d'ici un an mais surtout de tenter de recoudre une nation en lambeaux. Le vote des membres du Conseil national de transition (CNT), l'assemblée provisoire mise en place après le coup d'Etat de mars 2013, est prévu pour le lundi 20 janvier.

 

Dans cette période d'incertitudes, chacun y va de spéculation, de son appréciation sur les 24 postulants. « C'est le meilleur, il est intègre, il a réussi dans ses affaires, il faut absolument le rencontrer », avance un vieux routier de la Centrafrique à propos de son favori. « Lui, je l'adore, je suis prêt à le porter sur mes épaules pour l'amener au pouvoir », commente un diplomate africain à propos d'un autre. Dans cette période de recherche de l'oiseau rare, le temps est aussi aux petites piques vénéneuses et aux menaces à peine voilées. « Si l'on me disqualifie, je pourrais faire quelques révélations sur la moralité de certains candidats », promet une figure de la vie politique locale.

 

Sur vingt-quatre candidatures, huit ont été retenues dimanche par le CNT. Parmi elles, on peut citer celle des fils de deux ex-présidents – Patasse et Kolingba –, ainsi que celle de la maire de Bangui, Catherine Samba Panza, considérée comme une femme à poigne, et celle de son prédécesseur Jean Barkes Gombe Kette.

 

LA CNT CRITIQUÉE

 

Malgré des ambitions très affichées et une semaine d'activisme débordant, Alexandre-Ferdinand Nguendet, le président CNT qui occupe depuis une semaine le fauteuil de chef d'état par intérim, a dû se retirer sous la pression diplomatique. Les chancelleries craignaient qu'il soit juge et parti mais entendaient également tourner la page de l'ancien régime. M. Nguendet était en effet un proche de Michel Djotodia et de son entourage.

 

A la veille de la désignation de ce nouveau président de transition, de sérieuses menaces planent sur cette élection. Alors que les combattants musulmans de la Séléka ont été en partie neutralisés par les mesures de désarmement et de cantonnement, les milices chrétiennes « anti-balaka » prennent de l'assurance et entendent peser sur le jeu politique. Installés dans la capitale et ses faubourgs, elles récusent la légitimité du CNT à choisir un nouveau chef de l'exécutif. « Notre position est radicale. Ce CNT n'est constitué que de Séléka. Il faut le dissoudre et le reconfigurer avec nous. Si on élit un président dans les conditions actuelles, il aura les anti-balaka sur sa route », promet Patrice-Edouard Ngaïssona, le dernier ministre de la jeunesse et des sports de François Bozize, qui coordonne aujourd'hui les activités politiques de ces milices paysannes auxquelles se sont jointes des militaires en rupture avec le pouvoir issu du coup d'état de mars 2013.

 

POLITIQUE DE LA TERRE BRÛLÉE

 

A Bangui, après une certaine accalmie observée ces derniers jours, des coups de feu sporadiques se faisaient entendre dimanche matin. La veille, deux personnes ont été brûlées vives sur le rond-point des Nations-Unies, un des carrefours principaux de la capitale centrafricaine.

 

En province, les exactions se multiplient. Depuis la chute de Michel Djotodia, de nombreux combattants de la Séléka désertent leurs positions, pratiquant derrière eux la politique de la terre brûlée comme dans les villes de Bozoum ou de Sibut, pour laisser ouvertes les routes de l'exode aux familles musulmanes. Chassés par les milices anti-balaka et les populations chrétiennes, des dizaines de milliers de civils musulmans fuient en direction du Tchad ou des provinces septentrionales du pays en tentant d'échapper aux embuscades.

 

Vendredi, selon l'ONG Save The Children, 23 musulmans dont 3 enfants, ont été assassinés dans les environs de Bouar, à proximité de la frontière camerounaise. Des convois de familles musulmanes ont également été attaqués sur la route de Boali, au nord de Bangui. Leurs agresseurs n'épargnent ni les femmes, ni les enfants.

 

Une nouvelle carte de la Centrafrique se dessine, les populations musulmanes au nord, les chrétiennes au sud et à l'ouest. Une division religieuse qui laisse craindre une partition de facto du pays.

 

§   

§  Journaliste au Monde

Centrafrique : manœuvres politiques à Bangui sur fond de violences
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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 23:54

 

 

 

 

 

http://www.lunion.presse.fr/  PUBLIÉ LE 19/01/2014 - MIS À JOUR LE 19/01/2014 À 15:47

 

Par Anaïs Gerbaud, avec notre correspondante locale

 

PAVANT (02). Expatriée centrafricaine et habitante de Pavant, Noëlla Fouriscot raconte sa jeunesse et le quotidien de sa famille dans ce pays en guerre.

 

Noëlla Fouriscot a passé les fêtes de fin d’année la peur au ventre. Sa mère, une partie de ses frères et sœurs, nombre de ses amis vivent à Bangui, la capitale centrafricaine. Dans sa maison à Pavant, chaque jour elle craint que sa famille ne lui annonce une mauvaise nouvelle.« C’est dur, je n’arrive pas toujours à les joindre ». Certains des siens, des oncles et tantes ont été tués ces derniers mois.

 

Âgée de 37 ans, elle est née et a grandi dans ce pays d’Afrique centrale, dans une famille de confession chrétienne. Arrivée en France il y a onze ans, elle a vécu plusieurs coups d’État ou périodes de troubles, comme en 1995 ou 2001. Mais elle n’a « jamais vu » une telle vague de violence.

 

« C’est par la télévision que j’ai le plus d’informations »

 

Tant de massacres et de pillages, elle n’aurait pas pensé que le pays en arriverait là. Dans les quartiers et les villages, chrétiens et musulmans vivent côte à côte. « Là-bas, on s’entend très bien avec les musulmans. On a grandi, mangé avec eux. Eux et la Séléka, ce ne sont pas les mêmes. »

 

Pourtant, sa mère continue à « protéger » ses voisins musulmans. Sur place, les habitants s’informent mutuellement de l’arrivée des bandes armées. En cas de danger, « des guetteurs se mettent au bout de la rue et passent le message, téléphonent »

 

« Mes sœurs et cousines ont été victimes de viols. Ils ont braqué l’une de mes sœurs, qui s’est installée dans une maison il n’y a pas très longtemps. Des gens ont mis toute la famille par terre. Ils leur ont dit : si vous ne sortez pas tout ce que vous avez, votre argent, on tire sur les enfants. Ils ont saccagé la maison. » 

 

Aujourd’hui, tous sont réfugiés au foyer rural de l’église. Au quotidien, les membres de sa famille doivent donc fuir les rebelles et changer d’endroit en permanence.

 

Elle nourrit beaucoup d’espoir dans l’intervention de l’armée française. « Je dis merci ».« Mais ils n’ont pas beaucoup de moyens, il aurait fallu une coalition de plusieurs pays d’Europe », commente son mari Roger.

 

Créer une association

 

« C’est par la télévision que j’ai le plus d’informations », dit-elle, à moitié rassurée par les dernières informations qui évoquent un retour au calme. « Ma belle-mère ne nous dit pas tout, poursuit son mari. Elle ne veut pas nous inquiéter. Et puis, ils sont peut-être sur écoute. »

 

Deux de ses sœurs sont en exil : l’une au Cameroun et l’autre au Tchad. L’aide humanitaire ne parvient pas jusqu’à sa famille. Sa mère est gravement malade, mais n’a pas accès aux soins. « Il faut beaucoup de moyens pour se faire soigner, même dans les hôpitaux publics. Quand j’étais là-bas, il ne fallait pas tout cet argent. C’est un pays qui ne fonctionne plus. »

 

Rester ici, sans pouvoir agir, Noëlla n’en peut plus. Elle a écrit au président du parti du Rassemblement démocratique centrafricain, « pour qu’il rétablisse la paix ». Le couple a envoyé des médicaments au pays. Expédié le 6 janvier, le colis est toujours bloqué à Roissy. Cette aide, l’expatriée veut la pérenniser dans la création d’une association humanitaire.

Lu pour vous : Récit d’une expatriée centrafricaine
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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 23:49

 

 

 

 

http://www.elwatan.com/  dimanche 19 janvier 2014

 

Durant toute cette période, la communauté internationale assiste dans l’indifférence à la déliquescence de l’Etat. Les racines de la crise remontent à l’aube de l’indépendance.

 

Depuis le milieu des années 1990, la République centrafricaine (RCA) est secouée par une crise politico-militaire qui la plonge dans le chaos.

 

Une tradition dans un pays dont l’histoire est marquée par des coups d’Etat. Le 24 mars 2013, le président François Bozizé, qui a fomenté en 2003 un coup d’Etat contre Ange-Félix Patassé, est renversé à son tour par le mouvement rebelle la Séléka. Michel Djotodia est désigné à la tête du Conseil national transitoire (CNT) et devient président par intérim. Mais il  finit par démissionner avec son Premier ministre, Nicolas Tiangaye, le 10 janvier, à l’issue du sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) tenu à N’Djamena, au Tchad. Entre-temps, la Séléka est dissoute, des groupes d’autodéfense, les «anti-balaka» ou anti-machettes se constituent pour se défendre contre ces rebelles. Durant toute cette période, la communauté internationale assiste dans l’indifférence à la déliquescence de l’Etat.  

 

Les racines de la crise remontent à l’aube de l’indépendance. En effet, le père fondateur de cette République, Barthélemy Boganda, président du Grand conseil de l’Afrique équatoriale française, lance en décembre 1959 l’idée de créer une République centrafricaine composée de l’Oubangui-Chari, du Tchad et du Gabon. Africaniste, il estime nécessaire pour cette région de se constituer en un seul pays doté d’une économie forte qui lui permettra de protéger son indépendance et de jouer un rôle important sur le plan international au profit de l’ensemble du continent qui n’a que trop souffert du joug colonial. Cependant, il meurt dans un mystérieux accident d’avion en mars 1959.  

  
En 1960, est proclamée l’indépendance de l’Oubangui-Chari sous le nom de la RCA avec comme président David Dacko qui instaure la dictature.

 

Riche en minerais, tels que le diamant et l’uranium auxquels s’ajoute par la suite le pétrole, le pays est sujet aux convoitises des grandes puissances, à commencer par la tutelle coloniale, la France. Ainsi se pose la question : et si toutes ces richesses naturelles n’ont fait que le malheur de ce pays comme tous les pays du continent africain ?  

   

Au temps de Bokassa, la République centrafricaine est connue pour ses diamants de sang. Ces dernières années, c’est l’odeur de l’uranium et du pétrole qui y plane. Et de surcroît, les puissances coloniales anciennes sont confrontées à un concurrent majeur sur le continent, à savoir la Chine. En 2012, le gisement pétrolier de Gordil est cédé au groupe chinois, China National Petroleum Corporetion (CNPC). Ce qui est mal apprécié par Paris. D’autant qu’en novembre 2011, le groupe français Areva annonce la fermeture pour deux ans du gisement d’uranium de Bakouma suite à la catastrophe de Fukushima au Japon(1). Catastrophe qui a provoqué la chute des prix de l’uranium. Gisement obtenu non sans friction avec le président Bozizé. D’où le retard de la France à agir en Centrafrique. Ce qui est loin d’être le cas du Mali. Et depuis l’indépendance de ce pays, c’est la France qui fabrique et défait les présidents.

 

Tocsin pour la paix

 

Créée en 2006 au nord du pays, la Séléka (Alliance) en sango, regroupe un ensemble de mouvements rebelles, à savoir l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) de Michel Djotodia, le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) de Abdoulaye Miskine, la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) de Abdoulaye Hissène et la Convention patriotique du salut du Kodro (CPSK) de Mohammad Moussa Dhaffane. La Séléka s’empare du pouvoir le 24 mars en renversant le président François Bozizé. Lequel n’a en la circonstance que le temps nécessaire pour fuir le pays.

 

La Force multinationale de l’Afrique centrale (Fomac) sur place depuis 2008 et les soldats du détachement français Boali n’ont pas bougé. Sachant qu’en 2007 des parachutistes français et des éléments des forces tchadiennes sont intervenus pour chasser les rebelles. Comme toutes les forces multinationales qui l’ont précédée et la Misca qui lui a succédé dans ce pays, la Fomac ne fait que constater le chaos. Les forces multinationales rappellent les Casques bleus de l’Organisation des Nations unies (ONU) qui, sollicités par Patrice Lumumba pour intervenir dans son pays, le Congo, pour mettre fin à la guerre civile qui a éclaté juste après son indépendance en 1960, n’ont fait que constater en spectateur à son assassinat et au soulèvement sécessionniste du Katanga de Moïse Tshombé, région riche en minerais(2). Les rébellions se succèdent et en 1965 Mobutu prend le pouvoir dont les séquelles sont indélébiles. 

 

Michel Djotodia est désigné président par intérim, mais n’arrive pas à maîtriser la situation, assistant dans l’impuissance à l’anarchie qui sévit dans le pays, alors que la Séléka est officiellement dissoute en septembre 2013. La CEEAC reconnaît le CNT en juin et promet des élections dans dix-huit mois. Cautionnant ainsi le coup d’Etat sachant que l’Union africaine (UE) ne reconnaît pas les gouvernements issus de coups d’Etat. Le 5 décembre 2013, le Conseil de sécurité de l’ONU donne un mandat de six mois aux troupes françaises et à la Misca pour rétablir la sécurité.

 

Le jour d’après, Paris lance l’opération Sangaris, l’opération conjointe des forces africaines et françaises en Centrafrique doit rétablir la sécurité dans le pays. Mais depuis quand les interventions militaires règlent les crises politiques en RCA et le continent africain en général. A quels résultats ont abouti les opérations Barracuda en septembre 1979. Suivent les opérations Almandin, Cigogne, Boali. Toutes ces interventions n’ont fait qu’établir un ordre précaire, prélude du désordre, fatalité du chaos avec ses promesses de paix et de prospérité qui ne se concrétiseront jamais.

(1)- Voir Vincent Munié : Agonie silencieuse de la Centrafrique. Le Monde diplomatique, octobre 2013, numéro 715. P 12.


 (2)- Voir, Jean Ziegler : Main basse sur l’Afrique. La Recolonisation. Editions Le Seuil 1980.

 

Les forces multinationales qui sont intervenues en RCA :

 

- Misab (Mission interafricaine de surveillance des accords de Bangui). Force de maintien de la paix prévue par l’accord de Bangui déployée en RCA à partir de janvier 1997. Elle compte 500 hommes de six pays africains, appuyés par une aide militaire française.

  
- Minurca : en 1996, la RCA est secouée par une crise politico-militaire suscitée par des problèmes sociaux et économiques. Le 25 janvier 1997, un accord fut signé à Bangui, et le 31 janvier 1997, une force interafricaine fut créée dans le but de rétablir la paix et la sécurité dans le pays en surveillant la mise en place et le respect des accords de Bangui.


- Fomuc : Force multinationale de la communauté économique et monétaire des Etats d’Afrique centrale. Créée par la CEMAC en octobre 2002, elle  remplace la Minurca, dont le mandat a pris fin en 2000. Son mandat initial consiste à assurer la sécurité du président Ange-Félix Patassé, la restructuration des forces armées et de surveiller le travail des patrouilles mixtes le long de la frontière avec le Tchad. Son mandat a été prorogé et adapté après l’éviction du pouvoir du président Patassé par le général François Bozizé en mars 2003. La France lui apporte son soutien à travers l’«opération Boali».


- Fomac : Force multinationale de l’Afrique centrale créée en 2008.


- EuforTchad-RCA. Le 28 janvier 2008  l’Union européenne (UE) a décidé de lancer cette opération militaire de transition dans l’est du Tchad et le nord-est de la RCA, conformément au mandat figurant dans la résolution 1778 du Conseil de sécurité de l’ONU.


- Micopax : la Mission de consolidation de la paix en République centrafricaine (Micopax) est depuis le 12 juillet 2008 sous la responsabilité de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). L’objectif global de Micopax est de contribuer à la paix et la sécurité de manière durable en RCA. La force déployée est composée par des contingents provenant des Etats membres de la CEEAC. Micopax joue également un rôle-clé dans le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR).


- Misca : la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca) est une mission de maintien de la paix en République centrafricaine décidée le 5 décembre 2013 par le Conseil de sécurité des Nations unies via la résolution 2127 demandée par la France. (A. I.)

 

Amnay idir

Lu pour vous : République centrafricaine : Un pays laminé par plus d’un demi-siècle d’ordre kaki
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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 23:46

 

 

 

 

 

http://journalmetro.com/  Par Jose Richard Pouambi et Michelle Faul  The Associated Press

 

BANGUI, République centrafricaine – Des assaillants armés ont tendu une embuscade à un convoi de musulmans fuyant la violence en République centrafricaine, tuant au moins 22 personnes et faisant plusieurs blessés, a rapporté, dimanche, l’organisme humanitaire Save the Children. Trois enfants figurent parmi les morts.

 

Le porte-parole Mike Mc Cusker a déclaré que les médecins avec qui le groupe est en communication avaient fait un récit troublant de l’attaque sanglante, racontant que les combattants avaient d’abord lancé des grenades pour arrêter le convoi avant de foncer sur leurs victimes avec des fusils automatiques, des machettes et des matraques.

 

L’assaut est survenu vendredi près de Bouar, une ville située dans une région éloignée du nord-ouest du pays. Il montre que les troupes africaines et françaises de maintien de la paix n’ont pas encore atteint ces zones reculées, où la violence fait rage sans que personne n’en rende compte, a indiqué le directeur de Save the Children en République centrafricaine, Robert Lankenau.

 

La France a envoyé 1600 soldats dans son ancienne colonie le mois dernier dans un effort pour stabiliser le pays en attendant que la mission dirigée par l’Union africaine soit pleinement déployée. Environ 4400 soldats africains de maintien de la paix se trouvent présentement en République centrafricaine, dont 3200 à Bangui, la capitale.

 

M. Mc Cusker a expliqué que Save the Children avait été mis au courant de l’incident de vendredi seulement en raison de ses contacts au sein de l’hôpital local et a soumis l’hypothèse que ce type d’attaque était peut-être fréquent mais jamais rapporté. Il a ajouté que la majorité des 40 000 habitants de Bouar s’étaient réfugiés dans des mosquées ou des églises pour échapper aux combats.

 

L’histoire de la République centrafricaine a été marquée par de nombreux coups d’État et dictatures. Plus de 1000 personnes ont perdu la vie en décembre et près d’un million de personnes ont été forcées de fuir leur résidence après que Michel Djotodia, un leader rebelle soutenu par des guerriers islamistes, se fut emparé du pouvoir en mars dernier.

 

M. Djotodia a démissionné de la présidence il y a une semaine sous la pression de la communauté internationale, inquiète de son incapacité à mettre un terme aux hostilités entre chrétiens et musulmans qui, selon certains observateurs, pourraient virer au génocide.

 

Un conseil national de transition doit voter lundi pour choisir un président intérimaire. Parmi les 8 candidats qui ont été retenus sur les 24 ayant manifesté leur intérêt figurent les fils de deux anciens présidents centrafricains ainsi que l’actuelle mairesse de Bangui.

Centrafrique : une embuscade fait 22 morts
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Centrafrique-Presse.com
19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 12:13

 

 

 

 

 

 

Le Conseil National de Transition a publié le 16 janvier 2013, les critères qu’il a fixés pour l’éligibilité à l’élection de la présidence de transition (1). Ces critères sont énumérés dans le texte reproduit in texto en bas du présent exposé afin de permettre aux lecteurs de mieux comprendre la gravité de la situation, il ne s’agit donc pas d’un extrait de texte de loi.

 

Le Conseil national de Transition est l’organe législatif de la République centrafricaine dont le pouvoir et la composition sont prévus par la charte constitutionnelle de transition du 18 juillet 2013 en son titre IV ; il a donc pour mission est de voter la loi selon un mécanisme bien défini. 

 

Le mécanisme du vote de la loi.

 

L’initiative de la loi appartient à la fois au gouvernement et au parlement.  Lorsque l’initiative vient du gouvernement on parle du projet de loi tandis que lorsqu’elle vient du parlement on parle d’une proposition de loi. Les projets ou propositions de loi sont ensuite déposés au bureau du parlement (2) pour être examinés. Le texte est d’abord examiné par la commission parlementaire compétente pour le domaine concerné par la loi à intervenir. Elle désigne un rapporteur qui étudie le texte et qui rédige un rapport. Il peut, comme les autres membres de la commission, proposer des modifications au texte de la loi, ce sont des amendements. Le rapport est ensuite adopté par la commission avant d’être soumis au vote de l’assemblée. Une fois voté, le projet ou la proposition de loi devient une loi qui devra alors être transmise au Président de la République pour être promulguée afin d’être exécutoire. La promulgation consiste en un décret signé par le président de la République et contresigné par le Premier ministre et les ministres chargés de l’application de la loi.

 

L’exposé du mécanisme du vote montre qu’aucune loi, c’est-à-dire aucun texte législatif, ne peut être appliqué sans avoir été promulguée.

 

Comment le Conseil national de Transition peut-il alors appliquer des critères d’éligibilité qui n’ont pas fait l’objet d’un décret de promulgation du Président de transition par intérim ? Il s’agit donc d’un texte non exécutoire et par conséquent inapplicable.

 

L’illégalité des critères d’éligibilité fixés par le Conseil National de Transition

 

Les critères d’éligibilité à la présidence de la République Centrafricaine ont été prévus par l’ordonnance portant code électoral de la République Centrafricaine adopté par le Conseil national de Transition en ses articles 108 à 110.

 

Aux termes de l’article 108 du texte susvisé « Tout citoyen centrafricain d'origine qui a la qualité d'électeur peut être élu à la Présidence de la République dans les conditions et sous les réserves énoncées aux articles 106, 1091112. »

 

L’article 109 du même texte dispose :« Ne peuvent être candidat à l'élection présidentielle que les hommes et les  femmes centrafricains d'origine, âgés de trente cinq (35) ans au moins et ayant une propriété bâtie sur le territoire national.

 

Ils doivent jouir de leurs droits civiques, être de bonne moralité et aptes à assurer les fonctions de leurs charges. »

 

Et l’article 110 dudit Code électoral dispose: « Sont inéligibles:

-les personnes privées de leur droit à l'éligibilité par décision de justice; les personnes condamnées à des peines afflictives ou infamantes;

 

-les personnes condamnées à une peine d'emprisonnement pour vol, escroquerie, abus de confiance, détournement de deniers publics, faux et usage de faux, corruption et trafic d'influence, infractions aux lois sur les mœurs et stupéfiants, infractions économiques financières et douanières;

 

-les personnes condamnées par contumace;

 

-les faillis non réhabilités dont la faillite a été déclarée soit par les tribunaux centrafricains, soit par un jugement rendu à l'Etranger mais exécutoire en République Centrafricaine;

 

-les majeurs incapables et les personnes sous curatelle. »

 

Par arrêt du 25 octobre 2013, la Cour constitutionnelle de transition a déclaré les dispositions des articles 108 et 110 susvisés non conformes à la Charte constitutionnelle de transition.

 

Il se trouve que les dispositions de l’article 110 du texte ci-dessus censurées par la Cours constitutionnelle sont reprises intégralement dans les critères critiqués en ses articles 6 à 11.

 

Nous avions démontré (3) l’inconstitutionalité de l’article 13 de ces critères et nous aimerions ici dire que tous ces critères ne reposent sur aucune base légale.

 

Aux termes de l’article 5 des critères en cause, pour être éligible, il faut « Etre compétent, intègre, crédible, rigoureux, capable d’impulser une dynamique de réconciliation nationale, doté d’un leadership participatif et justifier d’une expérience dans les hautes fonctions politiques, publiques ou privées ».

 

Nous nous interrogeons sur la capacité des membres du Conseil national de Transition à apprécier la compétence, la crédibilité,  la rigueur, la capacité  d’impulser une dynamique de réconciliation nationale ou le leadership participatif d’un candidat, alors qu’ils ont déjà du mal à connaître le mécanisme du vote de la loi et à comprendre le concept de la légalité des normes juridiques.

 

Soyons sérieux pour éviter d’ajouter une couche supplémentaire à l’humiliation infligée au peuple centrafricain.

 

L’absurdité des critères d’éligibilité fixés par le Conseil National de Transition

 

Le Conseil National de Transition a fixé dix sept critères d’éligibilité alors que les pays  démocratiques comme les Etats-Unis d’Amérique en ont fixé trois seulement, la France a quant à elle, en a fixé cinq.

 

Ainsi Aux termes de l’article 2 section 1 alinéa 4 de la constitution des Etats-Unis « Nul ne pourra être élu président s'il n'est citoyen de naissance, ou s'il n'est citoyen des États-Unis au moment de l'adoption de la présente Constitution, s'il n'a trente-cinq ans révolus et ne réside sur le territoire des États-Unis depuis quatorze ans. »

 

Il en résulte que pour être éligible à la présidence des USA il faut être âgé de 35 ans, être citoyen américain de naissance, avoir résidé aux USA depuis quatorze ans .

 

De même pour être éligible au mandat de Président de la République en France, il faut :

- avoir 18 ans révolus (art. LO 127),

- être électeur (art. LO 127),

- ne pas être privé de ses droits d'éligibilité par une décision de justice (art. L. 6 et L. 199),

- ne pas être placé sous tutelle ou sous curatelle (art. L. 200),

- justifier avoir satisfait aux obligations imposées par le code du service national (art. L. 45).

 

Les 17 critères d’éligibilité fixés par le Conseil National de Transition centrafricain s’étoffaient au fur et à mesure que les noms des candidats potentiels étaient annoncés, de telle sorte que ces critères taillés sur mesure n’avaient pour seul but que d’éliminer d’office tous les candidats valables, pour préparer le chemin à un candidat certainement préparé dans l’ombre dès la première heure mais dont la candidature devrait être dévoilée à la dernière minute.

 

Nous nous sommes toutefois posé la question de savoir si nos Conseillers nationaux ne confondent pas les critères d’admissibilité des candidatures à ceux d’éligibilité, car pour être éligible à l’élection présidentielle, il faut bien se présenter à cette élection, alors que si la candidature n’est pas admise on ne peut pas savoir si la personne est éligible ou pas.

 

Le terme éligibilité, du latin eligibilis (eligere qui signifie élire ou choisir), se définit comme une aptitude à être élu. L’appréciation de cette aptitude intervient au moment de l’élection, de sorte que la personne jugée apte à la fonction considérée obtient la majorité des suffrages exprimés.

 

Le Conseil National de Transition ne saurait, à la lumière de l’exposé ci-dessus, rejeter sous aucun prétexte une candidature des postulants à la présidence de la transition dans la mesure où les critères publiés concernent l’éligibilité et non l’admissibilité des candidatures. 

 

C’est pourquoi nous invitons tous les postulants dont les candidatures seront rejetées à saisir immédiatement la Cour constitutionnelle de transition d’un recours en annulation de la décision du Conseil National de Transition, sans oublier d’assortir leurs requêtes d’une demande de sursis au vote du président de transition prévu le lundi 19 janvier 2014 en attendant la décision de la Cours. 

 

Nous avons l’intime conviction que le destin du peuple centrafricain lui échappe, et la préoccupation du Conseil National de Transition est loin des intérêts du peuple centrafricain. Personne n’est dupe pour imaginer un superman qui réussira à satisfaire en 11 mois les attentes des centrafricains. Nous sommes encore embarqués dans un navire défectueux qui tournera en rond pendant longtemps.

 

Si la Charte constitutionnelle de transition prévoit une durée de 18 mois portée à 24 mois pour la transition, tous les indicateurs montrent que cette durée n’est pas limitative.

 

En effet, aux termes de l’article 102 de ladite charte, « La durée de la transition est de dix-huit (18) mois, portée à vingt-quatre (24) mois sur avis conforme du Médiateur. »  

 

Cet article dispose cependant à son alinéa 2 que cette durée peut être reconsidérée en cas de nécessité : « En cas de nécessité, la durée de la transition peut être examinée par la Conférence des Chefs d'Etat et de gouvernement de la CEEAC sur proposition conjointe et motivée du Chef de l’Etat de la Transition, du Premier Ministre et du Président du Conseil National de Transition. » 

 

Par ailleurs, la durée de la transition ne tombe pas sous le coup de l’article 101 de la Charte aux termes duquel « Sont expressément exclus de la révision:  − la forme républicaine et laïque de l'Etat; −  l'inéligibilité du Chef de l’Etat de la Transition, du Premier Ministre de Transition, des membres du Gouvernement de Transition et des membres du Bureau du Conseil National de Transition aux élections présidentielles et législatives organisées durant la Transition ; − l'inéligibilité des Juges Constitutionnels de Transition et des membres du Haut Conseil de l’Information et de la Communication de Transition aux élections présidentielle et législatives ; − l'irrévocabilité et la diminution des attributions du Premier Ministre ; − les incompatibilités aux fonctions de Chef de l’Etat de la Transition, de Premier Ministre de Transition, de Président du Conseil National de Transition, de Juge Constitutionnel de Transition et de membre du Haut Conseil de l’Information et de la Communication de Transition ;  − les droits et libertés fondamentaux du citoyen ; − le présent article ».

 

Il en résulte que la durée de la transition est révisable.

 

Cette durée sera forcément révisée, ce qui ne déplaira certainement pas à la plupart des membres du Conseil National de Transition qui savent qu’ils ne sont pas éligibles aux prochaines élections de sorte qu’ils aimeraient bien que l’échéance soit prolongée. 

 

La scène II de la transition centrafricaine est mal embrayée à tel point que l’l’issue n’augure aucune garantie pour la sécurité et le bien être du peuple centrafricain que j’invite à se tourner vers son Dieu pour échapper aux griffes de l’homme, car si Dieu est avec lui, qui peut être contre lui.

 

 

Maître Wang-You SANDO

Docteur en droit

Avocat à la Cour d’appel de Paris

Avocat inscrit à la Cour Pénale Internationale

 

 

__________________________________

 

(1).  CRITERES D’ELIGIBILITE

 

  1. Etre de Nationalité Centrafricaine
  2. Etre âgé(e) de 35 ans au moins.
  3. Avoir une propriété bâtie en République Centrafricaine
  4. Jouir de tous ses droits civiques et d’une bonne moralité
  5. Etre compétent, intègre, crédible, rigoureux, capable d’impulser une dynamique de réconciliation nationale, doté d’un leadership participatif et justifier d’une expérience dans les hautes fonctions politiques, publiques ou privées,
  6. N’avoir pas été privé de son droit à l’éligibilité par décision de justice,
  7. N’avoir pas été condamné à une peine afflictive ou infamante,
  8. N’avoir pas été condamné à une peine d’emprisonnement pour vols, escroquerie, abus de confiance, détournement de deniers publics, faux et usage de faux, corruption et trafic d’influence, infraction aux lois sur les mœurs et stupéfiants, infractions économiques, douanières et fiscales
  9. N’avoir pas été condamné par contumace,
  10. N’avoir pas été un failli non réhabilité dont la faillite a été déclarée soit par les tribunaux centrafricains, soit par un jugement rendu a l’étranger mais exécutoire en République Centrafricaine,
  11. Ne pas être un majeur incapable ou une personne sous curatelle,
  12. N’avoir pas été Chef d’Etat de Transition, Premier Ministre Chef du Gouvernement de transition, membre du Gouvernement de transition, membre du Cabinet du Chef d’Etat de Transition, membre du Cabinet du Chef du Gouvernement de transition, à compter du 17 janvier 2013
  13. Ne pas être membre du Bureau du Conseil National de Transition, membre du Conseil National de Transition, membre de la Cour Constitutionnelle de transition, membre du Haut Conseil de Communication de Transition, membre de l’Autorité Nationale des Elections, leader d’un parti politique,  magistrat en fonction, membre des forces de défense et de sécurité,
  14. N’avoir pas été membre d’une Milice ou d’une rébellion armée durant les 20 dernières années,
  15.   N’avoir pas été impliqué dans la mauvaise gestion d’un département ministériel, d’une administration, d’un office ou d’une entreprise publique en République centrafricaine.
  16. Etre en règle avec l’administration fiscale de la République Centrafricaine.
  17. Déposer sur le compte du trésor public une caution d’un montant de deux millions francs CFA, non remboursable pour ceux dont la candidature est retenue.

 

Pièces du dossier à fournir

 

  1. Déclaration de candidature
  2. Profession de foi
  3. Curriculum vitae
  4. Acte de naissance légalisé
  5. Certificat de Nationalité
  6. Certificat médical datant de moins de trois mois
  7. Casier judiciaire, bulletin n° 3, datant de moins de trois mois
  8. Titre de propriété bâtie
  9. Original de la quittance de la caution

 

 

DELAI DE CANDIDATUTRE

 

OUVERTURE : Vendredi 17 janvier 2014 à 09 heures.

Lieu du dépôt des dossiers de candidatures : Secrétariat général du Conseil National de Transition (contre récépissé).

CLOTURE : samedi 18 janvier 2014 à 10 heures.

Examen des dossiers de candidature : samedi 18 janvier 2014 de 11 heures à 14 heures

Consultation des forces vives de la Nation :

Samedi 18 janvier 2014 : 15 heures à 17 heures

Dimanche 19 janvier 2014 : 10 heures à 14 heures

Lieu : Hémicycle du Conseil National de Transition (CNT)

Publication de la liste des candidats : Dimanche 19 janvier 2014 à 14 heures 30 minutes

ELECTION : Lundi 20 janvier 2014 à 10 heures.

Lieu : Hémicycle du Conseil National de Transition (CNT)

 

 

(2). En France, le Parlement est composé de deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat.. Le dépôt d’un projet  de loi ou d’un texte législatif au Parlement à l’initiative du gouvernement peut s’effectuer indifféremment, sauf dans certains cas, au Bureau de l’Assemblée nationale ou du Sénat. En revanche, une proposition de texte législatif déposé au Parlement à l’initiative d’un ou plusieurs parlementaires doit être déposée obligatoirement sur le Bureau de l’assemblée du parlementaire auteur de la proposition.

 

(3). « L’inconstitutionalité de l’article 13 des critères fixés par le CNT  pour l’éligibilité au poste de Président de transition » par Me Wang-You SANDO ; publié par Centrafrique presse du 16/01/2014, par Les News du 16/01/2014

 

 

 

 

Les critères d’éligibilité à la Présidence de transition fixés par le Conseil National de Transition centrafricain : Acte dépourvu de valeur juridique et inopposable erga omnes par Me Wang You SANDO
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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 18:00

 

 

 

 

 

http://observers.france24.com/     17/01/2014 / 

 

À Bozoum, lorsque les violences des uns finissent, leurs ennemis prennent le relai. Jeudi, des anti-balaka ont saccagé des habitations et des boutiques tenues par des musulmans de la ville, et ce en représailles à des attaques de la Séléka la semaine précédente. Les soldats camerounais de la mission d’intervention en Centrafrique (Misca) ont tenté de s’interposer, mais ils sont loin de disposer de moyens suffisants pour assurer le calme dans cette zone. 

 

Les 8 et le 9 janvier, les soldats de la Séléka basés à Bozoum, dans le nord-ouest de la Centrafrique, avaient incendié près de 1300 maisons. Depuis le lundi 13 janvier, tous les Séléka ont quitté la ville. Mais l’accalmie a été de courte durée.

 

"Les anti-balaka considèrent la Misca comme un ennemi"

 

Le père Aurélio Gazzera a organisé pendant plusieurs semaines des réunions de conciliation entre les anti-balaka et les Séléka de la région de Bozoum. Il craint que l’appel au calme qu’il a lancé, avec les autorités musulmanes de Bozoum, soit étouffé par ces dernières éruptions de violence.

 

C’est une situation qui était prévisible, car le départ des Séléka a laissé le champ libre aux anti-balaka. Jeudi matin, ils sont venus de la brousse en chantant et en tapant sur des casseroles, pour annoncer qu’ils allaient mettre la pagaille. Je les ai rencontrés à ce moment, ils m’ont dit qu’ils allaient "se régaler" et "se payer en pillages" comme les Séléka l’avaient fait [nos Observateurs ont documentés de nombreuses exactions de ce type de la part de la Séléka]. Malgré mes supplications, dans l’après-midi, ils ont pillé et saccagé au moins une trentaine de maisons appartenant à des musulmans qu’ils identifient comme des personnes qui ont collaboré avec la Séléka [la Misca affirme de son côté que deux musulmans ont été tués].

 

 Jeudi, il y avait dix soldats camerounais de la Misca à Bozoum. Ils ont tenté d’empêcher les anti-balaka de s'en prendre aux boutiques et aux maisons des musulmans ; ils en ont désarmé certains. Ça a dégénéré au moment où les soldats ont confisqué les gris-gris que certains anti-balakas portaient. La Misca a dû tirer en l’air pour les disperser mais les miliciens ont répliqué en tirant sur les soldats camerounais. Il n’y a pas eu de blessé, mais le risque est que les anti-balaka considèrent dorénavant la Misca comme un ennemi.

 

"J’ai du prendre de l’argent dans la caisse de ma Mission pour acheter à manger aux soldats de la Misca"

 

Même si ce matin, 12 nouveaux soldats sont arrivés pour renforcer les troupes de la Misca, son effectif est très insuffisant à Bozoum. Ils sont maintenant 22. Mais les dix soldats qui étaient déjà là sont épuisés physiquement et moralement et il n’est pas prévu de les remplacer. Ils n’avaient que deux jours de stock de nourriture, j’ai dû moi-même prendre de l’argent dans la caisse de ma mission pour qu’ils puissent acheter à manger. Il y a un besoin urgent de renforcer les effectifs militaires ici.

 

Le commandement camerounais de la Misca basé à Paoua à 120 kilomètres, est la garnison la plus proche de Bozoum. Contacté par France 24, le capitaine de cette base, Bonoho Ambassa, explique avoir eu une demande de l’ambassade tchadienne pour protéger ses ressortissants mais qu’il est "hors de question d’être étiqueté comme défenseur d’un camp ou de l’autre". Il reconnaît que ses éléments ont confisqué des gris-gris aux anti-balaka, geste qui aurait mis de l’huile sur le feu. Il ajoute toutefois que ses hommes ont eu affaire à des "individus drogués irresponsables"  et confirme que "si les anti-balaka s’en prennent de nouveau à ses hommes, il n’hésitera pas à donner l’ordre de tirer".

 

Le miliaire reconnaît avoir un besoin de renfort "surtout logistique" et pointe du doigt l’absence de carburant, de véhicules et de vivres pour permettre à ses hommes de renforcer ses troupes à Bozoum. Il explique avoir demandé des soldats supplémentaires à Bangui mais ne donne pas de date pour l’arrivée de ces renforts.

 

Ce billet a été rédigé en collaboration avec Alexandre Capron (@alexcapron), journaliste pour Les Observateurs de FRANCE 24.

CENTRAFRIQUE : À Bozoum, la Misca dépassée par les anti-balaka
CENTRAFRIQUE : À Bozoum, la Misca dépassée par les anti-balaka
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