Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 10:51
Les attaques rebelles paralysent la route qui relie le Cameroun et la Centrafrique
Les attaques rebelles paralysent la route qui relie le Cameroun et la Centrafrique

Lu pour vous

 

Garoua-Boulaï : l’insécurité au quotidien

 

Publié : 2 Fév 2021 à  Mis à jour par La Nouvelle Expression n°5397 

La ville aux frontières du Cameroun et la Rca est sous la surveillance constante des forces de défense et de sécurité ; les populations sont sur le qui-vive; tandis que l’économie est en péril. Reportage de l’envoyé spécial.

Béthanie est bruyante ce jeudi. La circulation de voitures et de motos est continuelle dans ce quartier aux bâtiments modernes abritant notamment l’hôpital de district de Garoua-Boulaï. Devant cette formation sanitaire, des agitations et des voix qui s’élèvent attirent l’attention. Un groupe de jeunes gens se chamaillent en langue «Gbaya» (langue parlée dans certaines parties de l’Est Cameroun et de la Centrafrique). «Ce sont les réfugiés. Ils sont toujours en train de faire les problèmes», laisse tomber avec ironie, un homme d’âge mûr, sous le regard désapprobateur d’une dame qui s’est également arrêtée sur les lieux. «Est-ce que leur vie est facile», questionne-t-elle? Un silence indifférent accueille son intervention.

Cette scène passe au second plan, lorsqu’un camion des forces de défense et de sécurité vient à passer. A l’arrière du véhicule, des hommes et des femmes1 sont assis. Serrés les uns contré les autres. Encadrés par des militaires. Un camion rempli de bœufs suit tandis qu’un pick-up du Bataillon d’intervention rapide (Bir), avec à son bord une dizaine d’éléments ferme la marche. Le convoi prend la direction de Gado badzere. La localité est située à 26 km de Garoua-Boulaï et abrite le site de réfugiés le plus peuplé de la région de l’Est (plus de 27 000 personnes). Cette image attire l’attention, mais ne surprend plus les habitants de la ville de Garoua-Boulaï. Depuis la reprise des conflits en République Centrafricaine, les arrivées se multiplient. La présence militaire également.

Montrer patte blanche

C’est depuis la ville de Bertoua, chef-lieu de la région de l’Est, qu’est observée la multiplication, des effectifs militaires. C’est au poste de contrôle mixte, Gendarmerie-Police de Mandjou (à 8,9 km de Bertoua), que débute la surveillance. Ici, environ 6 éléments sont chargés de passer au peigne fin, les véhicules qui prennent la direction de Garoua-Boulaï. Il faut décliner son identité et préciser sa destination pour traverser cette étape. Les conducteurs qui n’obtempèrent pas sont appelés à garer leur véhicule sur le bas-côté de la route. Ce jeudi, alors qu’il est 7 heures, le trafic au niveau de ce poste de contrôle est ralenti par un incident

Un automobiliste refuse de répondre aux questions posées par un jeune gendarme. Ce dernier, face à la résistance de son interlocuteur, appelle à la rescousse sa collègue, assise dans un box. «Monsieur la situation actuelle est délicate. Il faut expliquer les raisons de votre déplacement et le lieu où vous vous rendez pour qu’on vous laisse passer» indique cette dernière à l’automobiliste désobéissant. L’échange s’étire sur environ 5 minutes avant que les gendarmes ne soient satisfaits des réponses qui leurs ont été apportées.

Couvre-feu

A 246,8 km de là, ce sont notamment les éléments du Bataillon d’intervention rapide qui- prennent la relève. Ces derniers sont quasiment omniprésents dans la ville de Garoua-Boulaï. Environ toutes les trente minutes, un pick-up vient à traverser l’axe principal de la ville. Le même manège se poursuit une fois la nuit tombée. Des patrouilles sont faites mais cette fois par des gendarmes et des policiers. Un couvre-feu a été institué et débute à 23 heures. Si toute la ville est soumise à cette décision, une attention particulière est portée sur les quartiers situés aux abords de la frontière avec la République Centrafricaine : Sabongari, Zoukoundé, Sabal ville, Shell, frontière.

Des incursions des bandes rebelles centrafricaines ont déjà eu lieu et sont redoutées autant par les FMO que les populations. «Il y a désormais beaucoup d’étrangers et on ne sait pas toujours avec quelles intentions ils viennent. Certains viennent pour chercher refuge, d’autres arrivent avec de mauvaises intentions. C’est assez compliqué. Surtout avec le couvre-feu qui a été à nouveau institué. Et malgré cela, il y a quelques cas d’agression. Ca fait vraiment peur. De surcroit, il y a eu une fouille dans les quartiers pour chercher les armes il y a quelques temps. On ne sait plus à qui faire confiance, parce que dans la population il y a des gens qui ravitaillent les rebelles. On est sur le qui-vive» raconte Amandine Lucie Makiang, animatrice sociale du PRODESV (programme économique et social des villes secondaires exposées à des facteurs d’instabilité) à la Mairie de Garoua-Boulaï.

Les-étrangers sont également sur le qui-vive. Ibrahim est chauffeur dans une agence de location de véhicules à Bertoua. Ses différents déplacements l’emmènent au minimum deux fois par semaines dans cette partie de la région de l’Est. «Quand j’arrive à Garoua-Boulaï, je ne sors plus la nuit. Alors qu’avant quand je finissais de travailler je restais dehors jusqu’à 22 heures. Maintenant, dès que j’ai tau lé prière, vers 19h30, je vais dans ma chambre. J’avais l’habitude de rester dans un hôte! au quartier Frontière mais avec l’insécurité, On nous a demandé de chercher les chambres au Centre-ville», indique-t-il.

Péril sur l’économie

Les commerçants également sont frappés de plein fouet par le vent de la crise en Rca. Le Cameroun se positionne comme le principal pays approvisionnant le pays d’Archange Touadera. Les conflits de ces derniers mois entre le gouvernement  centrafricain et les groupes de rebelles ont de fait eu un impact sur l’écoulement des marchandises. Avec la fermeture de la frontière, plus d’un millier de camions est stationné dans la ville. Selon les informations recueillies; certains ne sont plus capables de payer les taxes.

Mêmes les petits commerçants des marchés de la ville suffoquent. Les Centrafricains se sont positionnés ici, depuis des années comme les meilleurs clients. Comparaison faite avec les Camerounais. L’absence de mouvement des personnes et des biens asphyxie les petits commerces.

 

Les attaques rebelles paralysent la route qui relie le Cameroun et la Centrafrique

 

Par Josiane Kouagheu(Garoua-Boulaï, Cameroun, envoyée spéciale) Le Monde

Près de 1 500 véhicules à destination de la Centrafrique chargés de marchandises sont immobilisés depuis plus d’un mois au Cameroun.

Saliou Mamadou slalome entre les camions stationnés dans l’enceinte de la gendarmerie de Garoua-Boulaï, ville camerounaise située à la frontière avec la République centrafricaine (RCA). Là, pointe-t-il, des impacts de balles ont moucheté la portière d’un poids lourd. Ici, c’est le siège avant qui a essuyé des tirs. Plus loin, un fourgon a été « fendu par un lance-roquettes ».

« C’était le 18 janvier, frissonne encore le jeune assistant chauffeur. On allait à Bangui lorsque des rebelles nous ont attaqués. J’ai eu la peur de ma vie, mais le conducteur et moi n’avons heureusement rien eu. » L’accrochage a eu lieu à Zoukombo, une localité située dans l’ouest de la RCA. Deux conducteurs ont été blessés et conduits à l’hôpital de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilité en République centrafricaine (Minusca). « Les rebelles ont exigé qu’on les paie avant de partir. Ceux qui n’avaient rien ont vidé leur réservoir d’essence », se souvient Saliou Mamadou.

Lire aussi  « Ils ont arrosé mon frère de tirs » : des milliers de Centrafricains affluent au Cameroun pour fuir les violences

Près de lui, Adam Boultou, président du Syndicat des chauffeurs professionnels du transport du Cameroun (Synprotcam), trépigne. « Lorsque la Minusca est venue, nous leur avons demandé par quel miracle les camions allaient arriver à Bangui alors que le corridor est bloqué par les rebelles depuis décembre 2020, raconte-t-il. Ils nous ont assuré qu’ils allaient sécuriser le convoi. Mais les camions n’ont même pas fait 50 kilomètres et ont été attaqués ». Depuis, M. Boultou et ses collègues d’autres syndicats de chauffeurs et de transporteurs ont pris une décision radicale : tant que le calme ne reviendra pas en Centrafrique, plus aucun camion ne quittera le Cameroun.

« Ça nous emprisonne sur place »

Les combats qui ont éclaté en RCA à l’approche du scrutin présidentiel entre des groupes rebelles d’un côté et les troupes régulières et leurs alliés de l’autre ont poussé plus de 105 000 Centrafricains à fuir leur pays. Le corridor reliant le Cameroun à Bangui – principale route d’approvisionnement de la Centrafrique –, est toujours tenu par des groupes armés et donc impraticable.

D’après Ibrahima Ahmadou, vice-président local du Syndicat national des transporteurs routiers du Cameroun (SNTRC), pas moins de 1 500 camions « prêts à partir » sont ainsi garés entre Douala, la capitale économique du Cameroun, et Garoua-Boulaï. Parc, stades, cours de maison… Toute la zone frontalière a été transformée en parking. « Au moins huit camions transportant les oignons sont foutus. Pareil pour d’autres produits alimentaires périssables », s’alarme le syndicaliste qui chiffre les pertes globales à des centaines de millions de francs CFA. Et l’argent n’en finit pas de filer : certains transporteurs sont contraints d’investir dans l’achat de groupes électrogènes et de carburant afin d’alimenter les camions frigorifiques contenant des produits frais.

Lire aussi  Centrafrique : plus de 200 000 personnes déplacées en moins de deux mois

La situation est particulièrement pénible pour les chauffeurs et convoyeurs qui risquent leur vie depuis près de dix ans sur le corridor Douala-Bangui. Depuis plus d’un mois, beaucoup dorment sous leur camion sur des nattes ou des bouts de matelas étalés à même le sol. Leur lessive sèche sur des cordes tendues entre les véhicules. Par peur des vols, tout le monde est constamment en alerte. « Si tu perds la marchandise, tu risques la prison. Ton patron te l’a confiée. Ça nous emprisonne sur place », se plaint Hyppolite Foffe Mbouno, coincé à Garoua-Boulaï depuis le 16 décembre avec un chargement de pagnes.

D’après les témoignages que ce délégué du Syndicat national des conducteurs routiers du Cameroun (SNCRC) a recueillis, les employeurs « appellent juste pour s’assurer que leur camion est en bon état ». « J’ai vu des collègues vider l’essence de leur véhicule et le vendre pour s’acheter à manger », se désole Hyppolite, qui travaille sur le corridor depuis sept ans. Beaucoup ne perçoivent plus de salaire. « Le camion étant stationné, il n’y a pas d’entrée de recette. »

« Populations affamées »

Face à cette situation, le Bureau de gestion du fret terrestre offre aux naufragés des denrées alimentaires et des fûts d’eau, a construit des latrines provisoires. Mais, pour les chauffeurs, la seule solution reste la réouverture de la route. « C’est aux Centrafricains qu’incombe aujourd’hui la responsabilité de sécuriser le corridor », souligne Lionel Motassi, adjoint au sous-préfet de Garoua-Boulaï. De leur côté, le gouvernement et la douane camerounais cherchent un site où entreposer les conteneurs afin de libérer les camions. Une opération coûteuse dont la réalisation semble pour le moins lointaine.

Lire aussi  En Centrafrique, une étrange coalition militaire pour défendre le pouvoir

« En bloquant le corridor, ces rebelles sans foi ni loi affament les populations », désespère Hervé Dianga. En vingt-trois ans de conduite sur la ligne Douala-Bangui, ce camionneur centrafricain stationné depuis le 17 décembre a vécu plusieurs fermetures, toujours « à cause des groupes armés ».

Mais, avec la pandémie de coronavirus qui touche de plein fouet l’économie, il craint le pire pour les deux pays. A Garoua-Boulaï, les clients centrafricains qui avaient l’habitude de traverser la frontière pour s’approvisionner ont déserté. Pour certains commerçants, « le chiffre d’affaires a chuté de plus de 70 % », constate Aladji Moussa, un vendeur de chaussures.

 

Josiane Kouagheu(Garoua-Boulaï, Cameroun, envoyée spéciale)

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 17:44

LU POUR VOUS
 

Foreign Policy: Une base militaire française au Tchad forme-t-elle des mercenaires pour la CPC ?

 

27 Janvier 2021

De nombreux médias écrivent maintenant sur le soutien des groupes armés du CPC par l'armée tchadienne, affirmant que ce sont eux qui combattent les FACA sur le territoire de la RCA.

Comme vous le savez, il n'y a pas de fumée sans feu. Le 22 décembre 2020, le portail Internet allemand de l'agence de presse internationale Deutsche Welle (DW) a publié un article intitulé « Le Tchad accusé d'ingérence en Centrafrique ». L'auteur de l'article Blaise Dariustone affirme que l'armée tchadienne, depuis l'insurrection antigouvernementale contre le président Ange-Félix Patassé, a apporté son aide et son soutien à François Bozizé, ce qui lui a permis de commettre le coup d'état militaire de 2003. L’auteur ne parle pas directement de l’implication de l’armée tchadienne, mais fait clairement allusion à ce fait aux lecteurs.

Le 22 janvier, la célèbre revue internationale Foreign Policy a publié un article intitulé

« Les forces extérieures aggravent le conflit en République centrafricaine » des experts internationaux américains John A. Lechner et Alexandra Lamarche, qui affirment que le Tchad, avec le soutien secret de la France, mène une guerre indirecte avec le gouvernement et le peuple de la RCA. Il convient de noter qu'il s'agit d'une publication respectée, qui est lue dans le monde entier. Les auteurs de l'article écrivent ouvertement que « les réseaux français et tchadiens soutiennent Bozizé et les groupes armés tels que FPRC, 3R et MPC ». La France veut retrouver son ancienne influence dans la région en soutenant tacitement les efforts des militaires tchadiens et des rebelles dirigés par Bozizé contre les autorités centrafricaines. Les auteurs expliquent l'intervention extérieure tchadienne par les intérêts des puissants fonctionnaires tchadiens. Par exemple, l’investissement des élites dans le bétail peut être l’une des raisons de la participation du Tchad au conflit. C’est une véritable guerre par procuration, affirment les auteurs de l'article.

Quant à François Bozizé, John A. Lechner et Alexandra Lamarche sont convaincus qu'il n'a pas beaucoup d'influence depuis sa tentative de coup d'état. « Le fait qu'il s’est tourné vers les groupes armés pour perturber les élections suggère qu'il n'a pas assez de soutien parmi la population civile pour mobiliser les soulèvements populaires ».

Entre-temps, le 24 janvier, l'ambassade de France au Tchad a annoncé une coopération militaire avec l'armée tchadienne et l’envoi de neuf véhicules de reconnaissance ERC-90. 20 soldats tchadiens sont en train d’être formés dans un détachement français afin de commander un détachement blindé et à mener un combat.

Dans le contexte de tout cela, les photos de Mahamat Bashir, l'assistant personnel du chef du MPC Al-Khatim, prises sur le fond d'une base militaire française au Tchad, sont maintenant activement discutées sur Internet. Sur ces photos on peut voir des militaires, l'équipement et l'armement. Comment un militant de la CPC a pu se retrouver sur une base militaire française au Tchad et communiquer avec les militaires locaux reste une devinette, dont la solution est déjà claire pour tout le monde

Foreign Policy

 

 

Centrafrique/Sécurité : Valeri Zakharov, s'explique (brièvement) sur les actions des FACA et leurs alliés sur le terrain.

 

28 Janvier 2021

Le Conseiller du Président de la RCA en matière de la Sécurité, Valeri Zakharov, a accordé une interview à la radio Lengo Songo, dans laquelle il a parlé sur la libération de la ville de Boda et des agissements des leaders de la Coalition de Patriotes pour le Changement (CPC).   

« Le 25 janvier 2021, les Forces Armées Centrafricaines ont complètement libéré la ville de Boda. Grâce à des efforts concertés des FACA, des instructeurs russes, de la MINUSCA et des forces spéciales rwandaises.  Mais la lutte continue contre les rebelles, les bandits, les mercenaires et d’autres éléments armés », a précisé Valeri Zakharov.

Il a par ailleurs ajouté que, les leaders des rebelles essaient d’imposer leur opinion à l’aide de la propagande, ils prétendent appartenir à un parti politique quelconque, mais ce n’est pas du tout le cas. En réalité, c’est un groupe armé, qui veut détruire toutes les bases démocratiques de la RCA. 

PUBLICITÉ

Face à cette situation, le gouvernement de la RCA ne va jamais négocier avec les criminels, les bandits et les rebelles, qui tentent par tous les moyens à déstabiliser les institutions républicaines, a souligné le conseiller en matière de sécurité du président centrafricain.

Il a profité de cette interview et au nom du collectif des instructeurs russes, pour présenter ses condoléances aux familles des casques bleus de la MINUSCA qui ont trouvé la mort suite à l’offensive des groupes armées à Bangassou, au PK 12 de Bangui, et à Dékoa.

Extrait de l'interview réalisée par la radio Lengo Songo

Voir les commentaires

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 17:38
Des milliers de Centrafricains affluent au Cameroun pour fuir les violences

Lu pour vous

 

« Ils ont arrosé mon frère de tirs » : des milliers de Centrafricains affluent au Cameroun pour fuir les violences

 

https://www.lemonde.fr/ Par Josiane Kouagheu(Garoua-Boulaï, Cameroun, envoyée spéciale)

 

D’après l’ONU, au moins 105 000 personnes ont trouvé refuge dans les pays voisins de la RCA, où s’affrontent rebelles et armée régulière.

Pas lourds, regards tourmentés et fatigués, des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants entrent en file indienne dans l’immense camp de réfugiés centrafricains de Gado-Badzéré, situé à Garoua-Boulaï, localité camerounaise frontalière de la République centrafricaine (RCA). Tous ont fui les violences qui opposent, depuis le 15 décembre 2020, des groupes rebelles aux Forces armées centrafricaines (Faca) et leurs alliés dans un pays où a été décrété l’état d’urgence.

Lire aussi  Centrafrique : plus de 200 000 personnes déplacées en moins de deux mois

D’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 105 000 Centrafricains ont été forcés de chercher refuge dans les pays voisins, notamment la République démocratique du Congo (RDC), le Tchad et le Congo-Brazzaville. Ils sont plus de 5 300 à avoir rejoint le Cameroun et beaucoup continuent à affluer au point de passage de Garoua-Boulaï, malgré la fermeture des frontières et les restrictions dues à la pandémie de Covid-19.

Le camp accueille déjà 26 000 réfugiés ayant fui la troisième guerre civile de Centrafrique, en 2013, entre milices à majorité musulmane (la séléka) et chrétienne (les anti-balaka). Les nouveaux venus sont logés dans des abris d’urgence après avoir obtenu leur statut de réfugiés auprès du HCR et passé un test de dépistage du coronavirus. Les vagues d’arrivée se succèdent à un rythme soutenu depuis début janvier.

« Mes parents se sont écroulés sous mes yeux »

Malgré son soulagement, Rita Marie Koue, foulard négligemment noué sur la tête, pleure à chaudes larmes dès sa descente du bus. La jeune femme de 38 ans a perdu ses parents, tués par des balles perdues alors qu’ils se rendaient aux champs près de Bouar, une ville de l’ouest de la RCA et l’un des points chauds des récentes violences. Traumatisée comme la dizaine de réfugiés interrogés par Le Monde Afrique, elle peine à se souvenir des dates exactes.

« Nous étions allés enlever les tubercules de manioc. Au retour, on a entendu d’intenses échanges de tirs non loin de la maison. J’ai vu mes parents s’écrouler sous mes yeux. J’ai abandonné leurs corps », relate-t-elle en sango, principale langue parlée en RCA. Ce jour-là, choquée et perdue, elle court jusqu’à sa maison, constate que son mari a disparu et s’enfuit par la brousse avec ses trois enfants. Durant trois jours, elle marche, « sans manger ni boire », jusqu’à la frontière.

A quelques pas, Adeline Fiodena, 27 ans, veuve et enceinte de huit mois, ne sait pas non plus ce qu’est devenu l’un de ses fils, ou le reste de sa famille. Lorsque les rebelles sont arrivés à Beloko, localité centrafricaine frontalière, elle s’est sauvée avec deux de ses trois enfants et a passé la nuit en pleine forêt. Fatiguée, la jeune femme dit vouloir « tout oublier pour un temps ». Ne plus penser à ce qui est « peut-être arrivé » aux siens. « Je veux juste me reposer », murmure-t-elle en jetant un regard dans la grande tente où sont assis les nouveaux arrivés.

Lire aussi  Etat d’urgence en République centrafricaine, où l’émissaire de l’ONU veut une hausse « substantielle » des casques bleus

« Ils vont passer deux jours ici en zone de transit dans des dortoirs aménagés où ils vont refaire à nouveau les tests du Covid-19 avant d’être conduits dans les abris d’urgence », explique Maxime Moude Moude, superviseur du camp. Au secteur 12 où sont érigés ces abris, des tentes du HCR s’étendent à perte de vue. Des techniciens s’affairent à la construction d’autres habitations.

Assise dans sa tente, Judith Behorofei raconte avoir vu des supplétifs russes tuer son neveu alors que sa famille tentait de fuir les combats. « Il était pourtant habillé en civil », insiste-t-elle. Plus loin, Aimé Belle-Vie Krassio parle tendrement de son frère, Boniface Alain, abattu à Bambari, dans le centre du pays. « On fuyait à travers la brousse. Il était devant. Ma femme, mon enfant et moi étions derrière lorsque les rebelles ont surgi. On s’est cachés. Ils l’ont arrosé de tirs », relate Aimé Belle-Vie qui, avec d’autres rescapés, a creusé à la va-vite une tombe afin d’offrir « un dernier au revoir à celui qui m’a tout donné dans la vie ».

« Dire comment ramener la paix »

Dans la tente voisine, Hamadou Bachirou regrette déjà « sa vie d’avant » quand il mangeait à satiété. Cet afflux de réfugiés au Cameroun augmente des besoins humanitaires déjà considérables. « Le riz et les haricots sont insuffisants », soupire Hamadou, même s’il se dit soulagé d’« avoir enfin un lieu où dormir », tandis que d’autres, encore nombreux, attendent encore de s’enregistrer auprès du HCR.

Sur l’esplanade de la sous-préfecture de Garoua-Boulaï, plus d’une centaine de Centrafricains patientent ainsi sous le soleil, comme Pamela Edwige. Violée par deux rebelles à Bouar, la jeune fille de 18 ans a « honte » de confier son histoire aux humanitaires, malgré les encouragements de sa mère et de ses deux petits frères. Arrivée au Cameroun quatre jours plus tôt, elle passe des nuits blanches « à penser, à pleurer et à maudire cette guerre ».

Lire aussi  Centrafrique : les partis de l’opposition rejettent la réélection du président Touadéra

« Voir la population souffrir ainsi me fend le cœur. Je pense qu’il est vraiment temps qu’on s’asseye autour d’une table pour dire réellement pourquoi on prend les armes et comment ramener la paix », plaide un député de Bouar, réfugié depuis le 20 janvier au Cameroun avec femme et enfants. D’après nos sources, au moins deux parlementaires, plus de 150 forces de défense et de sécurité centrafricaines

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 17:00
RCA : Pays sanctuarisé par les Rebelles et l’état d’Urgence !

 

La République Centrafricaine : Pays Sanctuarisé par les Rebelles et l’état d’Urgence !

Quelle sera l’avenir du peuple Centrafricain dans tout ça ?   

La coalition des factions armées et les alliés politiques qui continuent de perpétrer, encourager  la tragédie, les souffrances  des Centrafricains(es)  a l’intérieure du Pays, tant à l’extérieur  occasionnant les masses populaires vulnérables en faisant des réfugiés. Les souffrances de nos compatriotes doivent nous interpeller tous (ttes), en mettant nos divisions, stratégies égoïstes à côte.

Nous…, les peuples Centrafricains(es), dans sa majorité, Démocrate soit Républicaine, devrons crier plus haut avec fermeté et détermination que nous ne sommes pas comme eux et, nous ne partageons pas leur vision de coquette du pouvoir, et de la manière de faire de la politique ou une recherche quelconque d’accession à la responsabilité dans notre Pays.  La future de la Centrafrique doit être ce que les Centrafricains eux-mêmes décideront d’en faire et non les groupes armés non conventionnelles avec leurs alliés et mercenaires qui arpentent la République, en prenant le peuple en otage, pillent les richesses souterraines de notre cher Pays.   

Appels aux Centrafricains(es) à la vigilance. Le récent évènement pas si lointain démontre, de l’avènement chaotique de la coalition « SELEKA », et nouvellement dans l’actualité politique Centrafricaine prétextant, créant une nouvelle coalition baptisé « CPC : Coalition pour le Changement  », en préambule d’une nouvelle tragédie qui se profile et s’affligera à nouveau au peuple Centrafricain,  les raisons gardées, sont nombreuses. La dernière élection groupée : mal organisé, du moins mauvaise stratégie ou tac-tic onéreux, dispendieux, dans les organisations et agencement, ont engendrés cette colère, la violence inhumainement qu’endurent les Centrafricains(es), n’est jamais constructive.  De surcroit, quoi que ce soit…de positive,  moins encore à la reconstruction d’une Nation si divisé par des intérêts égoïstes des tous ces acteurs en vue les factions armées non-conventionnelles, des hommes soient politiques imbus de leurs personnes  qui se caches derrières ces mercenaires, sont très  néfaste pour le Pays.   Les allégeances contre nature envers un chef décrié, combattus, trahis dans le passé,  aujourd’hui présente une contradiction d’intégrité, de la cohérence dans les postures, de l’honnêteté  intellectuelle, politique de certains hommes politiques Centrafricains.  

J’appelle aux compatriotes déviants de revenir dans la République, de respecter les institutions de la République. J’exhorte toujours dans mes réflexions  à mes compatriotes : une Responsabilité Républicaine, l’Ethique Républicaine, la Responsabilité Citoyenne, quand on veut faire de la politique, pourtant bien passe par l’unité, de l’exemplarité entre les citoyens, par…d’abord la solidarité sans discrimination des peuples confondus et le respect des uns et des autres, respect de la religion de tout un chacun. Donc, les compatriotes Centrafricains et, tous ceux qui sont dans la déviance…Pour n’importe quelle mauvaise raison, de revenir dans la République, mener un combat politique seine de vigilance en respectant les institutions de la République, d’avant-gardiste pour l’intérêt générale du peuple Centrafricain, afin d’aidée à la reconstruction de notre Nation, un héritage qui sera légué à la nouvelle génération.

Pour qu’une Nation vive, il faut que les groupes, les clans, les esprits tribaux, des ethnies meurent. Ce n’est pas une vue d’esprit. Mes Chers(es) compatriotes pour défendre notre patrie, il faut commencer d’empêcher les ennemies du peuple Centrafricain, d’atteindre leurs objectifs.  Ce qui se passe en Centrafrique, les Responsabilités sont collectives et dissonantes sur deux points et, qu’il faut bien discerner entre :

Le pouvoir en place :

Vis-à-vis du pouvoir en place aujourd’hui en Centrafrique, de la manière de Gouverner, les compositions des équipes dirigeantes, les entourages bardés de Griots…, les choix sans aucune base de qualifications, d’expériences…voir un mélange du genre, des proximités collaboratives tous azimut, confondus, irrationnelles…etc. Pour tout dire un Pays complètement déstructuré sur le plan des institutions et de l’autorité d’Etat sur l’étendue du territoire, a bien besoin de la clairvoyance, des compétences, d’expériences.  Les sommes des efforts consenties ou la résultante de l’accord de Khartoum très mitigé, malgré tout, encore un acte manqué !

En écoutant comme tous (ttes) les Centrafricains(es) attentivement le mot Résilience, dans l’un des discours du chef de l’Etat.  Voulons faire un appel avec ce mot : « la Résilience » d'un peuple, sous le coup d'un traumatisme des factions armées non-conventionnelles et ces mercenaires et de lui dire : regardez nous rebondirons, pour ma réélection vous devez accepter donc ma politique en qualité du chef de l’état réélu pour une nouvelle Quinquennat.  Le peuple attend aussi l’application de ce mot résilience dans son sens étiologique, pragmatique que rationnel. 

Pour une définition en ce terme : La Résilience réclamée, c'est la capacité pour un Pays, une Nation, une Société d’entreprendre, de rebondir après une épreuve, un épisode particulièrement douloureux, un cataclysme…etc.

Cependant, le concept de la Résilience ne doit pas cacher, aujourd'hui une volonté réelle de faire accepter les traumatismes, la tragédie que les Centrafricains(es) endurent sans la Justice avec un grand « » et, de dire au peuple : apprenez à vous construire malgré tout ce que nous vous proposons comme Gouvernance sans changer quoi que ce soit… avec un Pays assiégé plus de 80% et les Centrafricains(es) privés de liberté, mais pour autant de vivre tout simplement sans avoir peur,  sans risqués leurs vies.

Ce mot ne doit pas annihilé tout consentement et toute possibilité de dire NON à la mauvaise Gouvernance, de la corruption, et de tous les dérapages inimaginables. Au nom du traumatisme, tragédie, au nom de notre capacité de résilience nous sommes face à une orchestration des peurs aujourd’hui  pour notre pays, nos parents, l’avenir simplement hypothéquée. Ces peurs ne nous permettent pas de nous construire mais bien de nous déconstruire. Et comme nous devons avancer, car nous sommes forts, nous devons tout accepter. Tout allant tellement vite il est impossible de s'arrêter, juste un instant, pour réfléchir à l'engrenage infernal dans lequel nous nous trouvons imposés par cette nouvelle coalition dite CPC, les conséquences des mauvaises stratégies dans la Gouvernance, des décisions très souvent hasardeuses et subversives « Le peuple paye a assez les conséquences ».

Opposition démocratique rebaptisé ou regroupé dans le COD-2020.

Soit l’Opposition démocratique, excelle du fait de double jeux et trouble fait ! Nous avons vues dans les stratégie d’infiltrations, d’allégeance et autres sabotages sur beaucoup des sujets qu’il fallait plus être lucide et pragmatique dans le relèvement difficile de notre Pays, afin de mieux embrayer une sortie de crise plus intelligente. Par ailleurs, au lieu d’exercer une réelle opposition, déjà sur les enjeux, en premier lieu la Sécurité sur toutes les dimensions (territoriale, humaine, économique…), être vigilance sur la Gouvernance à l’endroit de la gabegie les copains(es) d’abord…En un mot, être vigilant dans les dérapages de la gouvernance, que de s’étaler sur des conflits d’égos de personnes, sortant complètement des enjeux qui gangrènent,  asphyxie le peuple Centrafricain. Et empêche son émergence sur le plan économique, de développement, ainsi l’émancipation des Centrafricains(es)        

L’Etat d’urgence ! Aujourd’hui, la politique de fermer ne doit pas assourdir le tout compte et des complotists, au nom des dérapages, et privation des droits humains, de la privation de la liberté d’aller et venir, d’une nouvelle Orientation politique de musèlement, au lieu de la Gouvernance concertée dans les respects des institutions, des choix intègres des acteurs compétents, expérimentés, intègre, responsable pour une nouvelle destinée de la Centrafrique.

Notre Pays n’est plus un Pays normale, pour une stratégie hasardeuse sur le plan politique et Gouvernance, laisser pour compte à la sous-traitance de la communauté internationale sans donner une orientation politique venant de nous-même pour notre Pays, que seul nous fils et filles du pays former, ayant acquis de compétences, de l’expérience ailleurs ou en Centrafrique, pourrons maitrisés sur un plan politique, économique, sociologique, démographique… et, moderne dans l’air de la mondialisation pour ce siècle par les voix d’une gouvernance  technologique.

Le Président Paul KAGAME, pour son Pays Rwanda, de sa qualité de Chef d’Etat, clairvoyant à réussit et sortir son pays dans l’abîme, grâce à son ouverture d’esprit vis-à-vis de la politique de reconstruction avec les Diasporas venant de tous bords, les fils et filles de son Pays hier perpétré dans les désaccords et manipulation politique, de division engendrant ce que nous connaissons tous la génocide entre les fils et filles de Rwanda.

Quelles sont aujourd'hui nos capacités de rebond à travers le mot la « Résilience » ?

Diaspora,

Mr. Aubin-Roger KOMOTO

Fait à Lyon, le 30-01-2021

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 00:05
Bangui confrontée à un sérieux problème de transports en commun

 

Centrafrique: Bangui confrontée à un sérieux problème de transports en commun

 

https://www.radiondekeluka.org/ samedi 30 janvier 2021 13:08

Deux (2) semaines après l’instauration du couvre-feu par les autorités centrafricaines, le transport en commun devient un véritable problème de société à Bangui. Les usagers ont de la peine à se rendre au travail voire se déplacer pour d’autres courses. La situation est de plus en plus difficile après l’interdiction de circulation des taxis-motos.

En parcourant la ville de Bangui dans les premières heures de la matinée, le constat est identique et déplorable. Des foules de personnes attendent avec impatience une occasion dans les têtes de stationnement, soit pour se rendre sur les lieux de travail, soit pour vaquer à d'autres occupations. Cette difficulté de transport est intervenue après la mise en place par les autorités du pays, des dispositions sécuritaires visant à prévenir d'éventuelles intrusions de personnes suspectes.

Parmi ces mesures, l'interdiction de circulation faite aux mototaxis sur l'étendue du territoire. En plus de cela, la situation sécuritaire préoccupante dans la capitale, où certains propriétaires ont décidé de parquer leurs véhicules. Face à ce désagrément, plusieurs personnes, fatiguées d'attendre les taxis et bus, décident de marcher.

"Je n’ai pas pu avoir le bus ni le taxi. Raison pour laquelle j'ai marché jusqu'ici. Les taxis motos nous aidaient beaucoup, mais depuis leur interdiction dans la ville, nous sommes coincés »a déploré Carine, une habitante de Pk10 demandant au gouvernement « de laisser les motos reprendre le travail; même s’ils doivent le faire du matin jusqu'à 15 heures, cela nous soulagerait".

Cette difficulté de transports affecte d’autant plus les élèves et étudiants. Plusieurs d'entre eux se plaignent du retard accusé durant les premières heures de cours.

"Je suis sorti depuis 7h30mn. Mais jusqu'à 8 heures passées, je n'ai pas trouvé un moyen pour me rendre aux cours. C'est une situation difficile pour nous. Je demande aux autorités du pays de palier ce problème afin de permettre aux élèves et étudiants de se rendre aux cours" s'est plaint Bienvenu Bangui, un étudiant à l'Université de Bangui.

Ce problème de transports en commun est presque partout dans la capitale. Le souhait des Banguissois, c’est le retour de la stabilité pour que les mototaxis et autres moyens de transports en commun reprennent pleinement leurs activités.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 23:08
RCA : François Bozizé, un putschiste dans l’âme
RCA : François Bozizé, un putschiste dans l’âme
RCA : François Bozizé, un putschiste dans l’âme
RCA : François Bozizé, un putschiste dans l’âme
RCA : François Bozizé, un putschiste dans l’âme

 

 

Publié le 25.01.2021 à 15h18 par APA

L’ex-président centrafricain, accusé de diriger l’insurrection en cours dans son pays, n’a pas officiellement reconnu son implication. Renversé par la milice musulmane Séléka en 2013, le natif de Mouila (Gabon) n’a jamais caché son intention de revenir au pouvoir en RCA, plongé dans la guerre civile depuis son départ.

Rentré dans son pays un an avant les élections présidentielle et législatives du 27 décembre 2020, François Bozizé (74 ans) avait l’occasion de réaliser ce rêve. Mais sa candidature a été invalidée par la Cour constitutionnelle à cause des sanctions pour crimes de guerre et crimes contre l’Humanité qui pèsent sur lui.

Comme pour marquer leur désaccord face à la décision de cette juridiction, des groupes armés ont surgi de l’intérieur du pays pour se diriger vers la capitale Bangui, en pleine campagne électorale. Regroupés dans la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), ils ne cachaient pas leur volonté de s’emparer « de tout le territoire » centrafricain.

Le gouvernement du président Faustin-Archange Touadéra, réélu au premier tour, désigne Bozizé  comme le principal coupable, l’accusant de « tentative de coup d’Etat ». Dans la foulée, le Procureur de Bangui ouvre une enquête pour « rébellion » contre l’ancien président, déjà sous le coup d’un mandat d’arrêt dans son pays. Mais les proches du leader du parti KNK ont jusque-là nié son implication dans les violences en cours.

« Si Bozizé nie aujourd’hui c’est parce qu’il réalise que leur plan est en train d’échouer. Dans les vidéos qui circulaient sur les réseaux sociaux, les rebelles ont confirmé que c’est lui qui conduit la CPC. La Minusca l’a mentionné officiellement dans ses déclarations », a confié à APA une journaliste centrafricaine, sous le couvert de l’anonymat.

« Connivences »

C’est la même version donnée à APA par un autre observateur de la politique centrafricaine. Il confie que « c’est Bozizé qui a créé la CPC au lendemain de l’invalidation de sa candidature à l’élection présidentielle. Il en est donc le chef et doit en répondre. C’est son fils aîné Jean-Francis Bozizé qui s’occupe du recrutement des hommes et de l’approvisionnement en armes et munitions ».

Les connivences entre la CPC et « l’ancien Président François Bozizé sont désormais établies », a également confirmé, jeudi 21 janvier, le chef de la mission onusienne, le Sénégalais Mankeur Ndiaye, devant le Conseil de sécurité.

Sur le site du magazine Jeune Afrique d’ailleurs, Noureddine Adam, un des chefs de la coalition armée, a fait savoir que « rien n’empêche d’imaginer François Bozizé à la tête de la CPC ».

« Depuis le 3 décembre, date de la validation de la liste définitive des candidats par la Cour constitutionnelle et du rejet par celle-ci de la candidature de l’ancien président Bozizé, ce dernier a mobilisé des éléments de certains des 14 groupes armés signataires de l’Accord de paix, qui se sont regroupés au sein de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) avec l’intention avouée d’abord d’empêcher la tenue des élections et, récemment, de provoquer la chute du Président Touadéra », a ajouté l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, qui a d’ailleurs réclamé des Casques bleus supplémentaires après les récentes offensives rebelles.

Actuellement, la situation actuelle à Bangui est « volatile ». Après l’assaut coordonné de la CPC sur Bangui le 13 janvier dernier, le président Touadera a instauré successivement un couvre-feu de 20h à 05h puis de 18h à 05h. L’objectif, selon un analyste interrogé par APA, est d’accélérer les enquêtes judiciaires sur les « crimes de la CPC » avec ses complices politiques et militaires.

Putschiste dans l’âme ?

« Le côté inavouable de l’état d’urgence est qu’il rendra plus facile l’intervention militaire aérienne de l’aviation russe appelée en renfort par le président Touadéra ainsi que celle des militaires rwandais conformément aux accords de défense entre les deux pays. On parle aussi de l’arrivée imminente de militaires angolais et de RD Congo dans le cadre de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) ainsi que de la désignation par cette institution d’un médiateur chargé de la crise centrafricaine », a-t-il expliqué.

En revanche, Touadera n’a pas repris en main l’intégralité du territoire de la République centrafricaine, à l’exception de la capitale Bangui que les séparatistes avaient en ligne de mire. Malgré l’état d’urgence qu’il a proclamé jeudi 21 janvier, « les rebelles ont lancé un ultimatum aux chauffeurs camerounais qui oseraient ravitailler Bangui », note une journaliste sur place, informant déjà que « deux d’entre eux ont été tués ».

Si Bozizé cristallise plusieurs craintes, c’est parce qu’il traîne l’image d’un militaire et homme politique impliqué depuis quatre décennies à des putschs. « Il a trempé dans tous les coups d’État qui se sont déroulés dans ce pays depuis les régimes de David Dacko, André Kolingba, Ange Félix Patassé et maintenant Faustin-Archange Touadera », rappelle le confrère centrafricain à APA.

D’abord en 1982, sous le régime militaire du général André Kolingba, le général Bozizé soutient l’opposition mais sa tentative de renverser le pouvoir se solde par un échec. Il part en exil au Togo avant de se présenter onze ans plus tard à la présidentielle. Il sera battu. Toutefois, il devient au fil des ans l’un des hommes forts du régime d’Ange-Félix Patassé qu’il déposera en 2003 après avoir échoué face à lui dans les urnes dix ans auparavant.

Echec et mat

Par ailleurs, il avait encore manqué un coup d’État en mai 2001 avant de fuir vers le Tchad. C’est deux ans après qu’il organise son retour triomphal par la force des armes. « Bozizé est un vrai assoiffé de pouvoir qui n’a pas digéré le fait d’en avoir été chassé en mars 2013 par la coalition Séléka. Les cinq années d’exil qu’il a passées à Kampala (Ouganda) chez son ami Museveni lui ont permis de ruminer son renversement et de préparer sa revanche », a poursuivi l’une de nos sources.

Ainsi, l’ex-président « croyait être très populaire au point que s’il s’alignait de nouveau à la présidentielle contre Touadéra, il battrait ce dernier. Mal lui en a pris. Il est aujourd’hui pointé du doigt par le monde entier, les Nations Unies, la communauté internationale, comme le principal responsable de l’entreprise de déstabilisation de la République Centrafricaine », a ajouté l’analyste politique.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 22:27
Il est grand temps que les pays étrangers arrêtent leur intervention en RCA
Il est grand temps que les pays étrangers arrêtent leur intervention en RCA
Il est grand temps que les pays étrangers arrêtent leur intervention en RCA
Il est grand temps que les pays étrangers arrêtent leur intervention en RCA
Il est grand temps que les pays étrangers arrêtent leur intervention en RCA

Lu pour vous

 

Il est grand temps que les pays étrangers arrêtent leur intervention en RCA

 

https://guineematin.com/ Par OMAN MBIKO (Bangui République centrafricaine) pour CAJ News.

Le 27 décembre, la République centrafricaine (RCA) s’est rendue aux urnes pour voter pour le prochain président. Cependant, l’annonce de la victoire préliminaire du président Faustin-Archange Touadéra – il a été réélu pour un second mandat avec 53,9% des voix – n’a pas mis fin aux violences qui avaient secoué le pays peu avant les élections. Le fait que la RCA ait jusqu’à présent été confrontée à d’innombrables attaques de groupes armés contre ses principales villes, y compris la capitale Bangui, empêche ses citoyens de pousser un soupir de soulagement que les années tumultueuses sont terminées.

Il en va de même pour la communauté internationale qui se sent profondément préoccupée par la perspective de paix et de stabilité à l’intérieur des frontières du pays.

Dans une déclaration conjointe du 5 janvier, des hauts fonctionnaires des Nations Unies et des organisations régionales ont mis en garde contre la désinformation et l’incitation à la violence et à la haine, ajoutant qu’il appartiendrait à la Cour constitutionnelle de la République centrafricaine de proclamer les résultats définitifs et à tous les acteurs politiques à respecter les décisions de la Cour ». Malgré la confirmation légale de la victoire électorale de Touadéra le 18 janvier, il n’y a toujours pas de lumière au bout du tunnel.

Au mépris flagrant de la décision de la Cour constitutionnelle de certifier la victoire du président actuel et de la position de la communauté internationale, les rebelles ont pris part à une poussée pour encercler la capitale et renverser le gouvernement légitime.

Cela a définitivement invité une réponse militaire de l’armée centrafricaine renforcée par les troupes rwandaises et russes cherchant à aider la nation assiégée à stabiliser la situation.

Plus précisément, les forces alliées ont mené une opération de nettoyage de la base des militants près du village de Bondokpo, qui a été suivie par la défaite du groupe armé 9.

Dans le même temps, certains éléments ont fui vers le nord, laissant leurs armes, véhicules et effets personnels. Ce qui a été révélé, c’est la présence de forces extérieures, en particulier de mercenaires tchadiens.

La dure réalité est que la plupart des conflits sur le continent africain ont eu des retombées sur les voisins du pays en difficulté, le cas de la RCA n’échappant pas à la règle. Néanmoins, les tentatives délibérées de groupes ou de pouvoirs extérieurs pour perturber la paix et soumettre les gens à la violence et à la misère sont totalement inacceptables, voire odieuses.

Selon les rapports militaires locaux, certains pays, principalement le Tchad, sont un foyer de militants qui infiltrent constamment les frontières de la RCA et commettent de nombreux actes de violence.

Il semble que le Tchad ait fermé les yeux sur la proposition de Touadéra relative à la fermeture des frontières entre les deux pays pour arrêter les flux illégaux de miliciens et d’armes.

Ce serait imprudent de la part des dirigeants tchadiens, qui soutiennent tristement l’ancien président déshonoré de la RCA Bozizé, de nier leur implication dans les affaires du pays.

Dans ce contexte, il est nécessaire soit d’arrêter l’intervention, soit de faire pression sur les militants pour qu’ils reculent pour éviter d’autres effusions de sang et de nouvelles souffrances.

Un autre pays, le Soudan, dont des mercenaires ont également été récemment détectés dans la zone de conflit, a répondu à la demande du gouvernement de la RCA.

Khartoum envisage de bloquer la route d’Amdafok, une ville frontalière, pour contrôler la pénétration de groupements irréguliers, car elle se méfie de l’impact de la poursuite de l’escalade du conflit sur l’économie et la sécurité dans son pays et à l’étranger.

Au milieu de ces développements, il devient clair que toutes les parties au conflit devraient accepter de s’asseoir à la table des négociations, comme le conseille la communauté internationale. En dehors de cela, les mercenaires étrangers et le personnel militaire qui ont rejoint les rangs de ceux qui s’opposent au gouvernement légitimement élu doivent être traduits en justice, car toute ingérence illégale dans les affaires intérieures est contraire au droit international et aux codes de conduite suivis par les États civilisés.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 22:07
RCA : création du septième bataillon d’infanterie territorial des FACA

Lu pour vous

 

Par Corbeaunews Centrafrique  le 1 février 2021 , 2:28

 

Bangui, République centrafricaine, lundi, 1 février 2021, 22:04:47 (Corbeaunews-Centrafrique).

Après le sixième bataillon qui regroupe en son sein pour la plupart des miliciens « requins » proches du pouvoir, vient de naitre le septième bataillon d’infanterie territorial au sein des forces armées centrafricaines (FACA).

Une corporation de l’armée centrafricaine, le BIT 7 (Septième bataillon d’infanterie territorial ) voit le jour. Le décret de création a été signé samedi 30 janvier 2021 par le chef de l’État Faustin Archange Touadera.

Selon des observateurs militaires, ce nouveau bataillon devrait regrouper en son sein les miliciens d’autodéfense du quartier PK5 qui sont actuellement en formation au camp Kassaï dans le septième arrondissement de Bangui, ainsi que les jeunes du quatrième arrondissement, recrutés vendredi 4 décembre 2020,  devant le domicile du chef de l’État au quartier Boy-Rabe.

Par ailleurs, le chef d’État major, le général Mamadou Zépherin, n’a pas déposé sa lettre de démission contrairement aux rumeurs annoncées dans certains médias.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 21:39
Centrafrique : entre les Casques bleus et les mercenaires russes, un flirt à haut risque
Centrafrique : entre les Casques bleus et les mercenaires russes, un flirt à haut risque
Centrafrique : entre les Casques bleus et les mercenaires russes, un flirt à haut risque
Centrafrique : entre les Casques bleus et les mercenaires russes, un flirt à haut risque

Lu pour vous

 

Centrafrique : entre les Casques bleus et les mercenaires russes, un flirt à haut risque

Par Michael Pauron  Libération — 1 février 2021 à 12:59

Les «instructeurs» russes appelés à la rescousse par le gouvernement centrafricain sont en réalité des combattants appartenant à une société privée. D'après les informations recueilles par «Libération», la Mission de la paix des Nations unies collabore avec ces paramilitaires au mépris des conventions internationales et de son obligation de neutralité.

Sur la page Facebook de Firmin Ngrebada, le Premier ministre de la République centrafricaine, l’image est apparue le 4 janvier. La photographie a été prise lors d’une «réunion de sécurité» à la primature, dans une salle de réunion aux murs vert pistache. Au bout d’une longue table en bois vernis, le chef du gouvernement préside une assemblée composée de diplomates et de militaires. A sa droite, en rang d’oignon : le chef de la Mission des Nations unis pour la stabilisation de la Centrafrique (Minusca), le commandant des Casques bleus, l’ambassadeur russe Vladimir Titorenko, puis Valery Zakharov, le conseiller sécurité du président centrafricain et ancien des renseignements militaires russes. Aucun officiel français n’est visible.

Un homme en tenue militaire et arborant une barbe clairsemée de quelques jours, Dmitry Sergeevich Sytii, est penché vers le conseiller Zakharov. Cet Ukrainien de 31 ans avait déjà été repéré en Centrafrique lors de l’enquête du Dossier Center (un organisme financé par l’opposant russe Mikhaïl Khodorkovski) sur l’assassinat de trois journalistes russes survenu le 30 juillet 2018. Francophone, présenté à Bangui comme un interprète, Sytii est un employé de l’oligarque Evgeny Prigogine, selon le Trésor américain, qui l’a placé sur sa liste des personnalités sous sanctions.

«Le cuisinier du Kremlin»

Egalement visé par les Etats-Unis, Prigogine est soupçonné d’avoir utilisé l’une de ses sociétés, l’Internet Research Agency, pour interférer dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Surnommé «le cuisinier du Kremlin», proche de Vladimir Poutine, il est surtout connu pour être le financier du groupe Wagner. Cette société militaire privée (SMP) n’a aucune existence légale en Russie puisque les SMP n’y sont pas autorisées. Mais ses opérations, pilotées depuis Moscou, s’étendent de la Syrie au Donbass ukrainien. Depuis octobre 2020, l’Union européenne a également placé Prigogine sous sanctions pour l’implication de Wagner en Libye.

En Centrafrique, la présence de Wagner est communément admise, y compris par Jean-Yves Le Drian. Le 21 janvier 2019, devant les sénateurs, le ministre français des Affaires étrangères qualifiait cette société de «groupe de supplétifs agissant sous l’autorité d’un nommé Prigogine». La même année, une enquête minutieuse de la chaîne américaine CNN prouvait également la présence de mercenaires payés par Prigogine en Centrafrique.

Officiellement pourtant, ces soldats sont de simples «instructeurs» de l’armée régulière, arrivés fin 2017 avec l’autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies et à la demande de la Centrafrique. Ce mandat, assorti d’un assouplissement de l’embargo sur les armes, devait encadrer la formation et l’équipement des Forces armées centrafricaines (Faca). Mais des doutes sont très vite apparus quant au nombre réel de combattants déployés et au profil de ces instructeurs aux tenues militaires dépareillées.

Permis d’exploration miniers

Sytii participe aujourd’hui à la plupart des réunions de sécurité où des informations sensibles sont échangées avec des responsables de la Minusca. Interrogé sur la présence d’un employé de Prigogine, Vladimir Monteiro, porte-parole de la mission onusienne, affirme que «la Minusca ne le connaît pas personnellement» et ne cherche pas à savoir «qui sont les invités du Premier ministre». Comment cet «invité» placé sous sanctions par les Etats-Unis, plus gros contributeur financier des missions de la paix, peut-il passer inaperçu ?

Pour les autorités américaines, Sytii est aussi «le fondateur de Lobaye Invest». Cette société minière, immatriculée en Centrafrique depuis le 24 octobre 2017, a obtenu des permis d’exploration dans la sous-préfecture de Boda. Son acte d’enregistrement a été signé par Evgeny Khodotov, «directeur gérant» de la société M-Finance. Khodotov, les sociétés M-Finance et Lobaye sont aussi sous sanctions américaines et reliés par le Trésor américain à Prigogine.

Diamants et or

Pour Wagner, l’équation est simple. Protection contre ressources naturelles : la méthode a été notamment éprouvée en Syrie, où la société se rémunère sur l’exploitation de gaz naturel dans des territoires repris au groupe Etat islamique en échange de son soutien à Bachar al-Assad. En Centrafrique, les sous-sols sont riches en diamants et en or, dont le trafic alimente depuis toujours groupes armés et hommes d’affaires peu scrupuleux. Fin décembre, des représentants de Faustin-Archange Touadera, le président centrafricain, se sont justement rendus en Russie pour des discussions sur l’exploitation de ces ressources.

Dans le sillage de Lobaye Invest est apparue une autre société affiliée à Prigogine, Sewa Security Services. Sur une photo qui a beaucoup circulé pour illustrer l’arrivée de mercenaires russes en Centrafrique, un écusson de l’entreprise est parfaitement distinct sur l’épaule gauche d’un militaire blanc. Ces hommes lourdement armés assurent la sécurité du président centrafricain, aux côtés d’un détachement de Casques bleus rwandais de la Minusca. De l’aveu même de l’ONU, ce ne sont pas des instructeurs. Dans son rapport daté du 18 décembre 2018, le groupe d’expert des Nations unies sur la Centrafrique écrit : «Jusqu’en avril 2018, la présence d’instructeurs russes parmi les membres de la Garde présidentielle était liée à leur participation à l’exercice de formation. Par la suite, les instructeurs ont été remplacés par six employés russes de la société privée centrafricaine Sewa Security.» Dmitri Sytii et Albert Yakolé Mokpeme, porte-parole de la présidence, disent ne pas connaître cette société.

Attaque sur Bangui

«La Minusca n’a aucun cadre ou accord de coopération ou de collaboration avec la société dont vous parlez», se défend Vladimir Monteiro. Sewa Security et la Minusca partagent pourtant une mission commune : la sécurité du Président. D’après tous les experts interrogés pour cette enquête, il est impossible que les deux forces s’ignorent. La présence physique de ces «affreux» (le surnom des mercenaires blancs en Afrique) au milieu des Casques bleus constitue par ailleurs un coup de canif à la Convention internationale contre le recrutement, l’utilisation, le financement et l’instruction de mercenaires adoptée en 1989.

Cette proximité inédite entre des soldats de la paix – tenus à une obligation de neutralité dans leurs missions – et des paramilitaires liés au pouvoir centrafricain s’est accentuée ces dernières semaines. Depuis la réélection contestée de Faustin-Archange Touadera, le 27 décembre, des attaques régulières de rebelles secouent le pays. Le 13 janvier, elles ont atteint les abords de Bangui, la capitale, faisant de nombreuses victimes parmi les assaillants et un mort parmi les Casques bleus. L’offensive a été attribuée à la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), formée par six groupes armés au lendemain de l’élection. Elle contrôlerait aujourd’hui près des deux tiers du territoire centrafricain. La CPC n’a pas caché son intention de renverser le pouvoir à Bangui, qu’elle considère illégitime et réélu grâce à la fraude et le soutien de Moscou.

Accord de coopération militaire

Face aux rebelles, Casques bleus, Faca et Russes ont fait front commun. Les «instructeurs» ont participé aux combats. Pourtant, aucun accord n’existe entre la Minusca et le ministère de la Défense russe, comme c’est le cas, par exemple, avec la France et son armée en cas d’opérations communes. Le porte-parole de la Mission, Vladimir Monteiro, a affirmé qu’un «mécanisme de coordination» a été mis en place, mais qu’il n’existe pas «d’opérations conjointes». Selon Dmitri Sytii, les Faca et «les instructeurs russes qui les accompagnent» conduisent des opérations «en concertation avec la Minusca».

De leur côté, les autorités centrafricaines mettent en avant un accord de défense qui encadrerait le déploiement de militaires russes. Libération a pu consulter cet accord de coopération militaire signé à Moscou le 21 août 2018. L’article 2 de ce document confidentiel de six pages prévoit «l’échange d’opinions et d’informations», «l’instruction des troupes», «l’échange d’expérience du maintien de la paix et d’interaction dans les opérations du maintien de la paix sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies», «l’interaction dans les activités de la lutte contre le terrorisme». Une sémantique peu précise «qui n’exempte en rien la Minusca d’avoir un accord avec la Russie» si leurs forces coopèrent, décrypte un expert international.

«Deux militaires russes blessés»

Le 3 janvier à Bangassou, ville située à 730 kilomètres à l’est de Bangui, cette «coordination» entre les forces de l’ONU et les paramilitaires russes s’est traduit par leur protection et leur escorte par les blindés des Casques bleus, puis leur accueil dans la base de la Minusca. Plusieurs blessés ont été pris en charge, dont deux militaires centrafricains et deux «mentors» russes, si l’on en croit un bilan diffusé le soir de l’affrontement sur un réseau interne à la mission onusienne. Le porte-parole confirme bien que «le service médical de la Minusca à Bangassou a apporté des soins à deux militaires russes blessés» dans le cadre du droit international humanitaire.

Un notable ayant assisté à la scène affirme à Libération, sous couvert d’anonymat, que cette dizaine d’hommes «de plusieurs nationalités et lourdement armés appartiennent à une société privée». Interrogé sur le statut de ces combattants, Vladimir Monteiro botte en touche et renvoie la balle aux autorités centrafricaines. A la présidence, Albert Yakolé Mokpeme dit ne pas s’intéresser «aux CV de ces militaires présents avec l’autorisation des Nations unies».

«Double jeu»

Le silence du Conseil de sécurité sur cette situation opaque, qui concerne pourtant l’une de ses missions de la paix, commence à s’effriter. «Ils se bouchent le nez et font semblant de croire qu’il s’agit d’instructeurs», juge un spécialiste des conflits armés, qui affirme que la présence des Russes permet aux autres membres du Conseil de préserver un minimum de sécurité à Bangui et une apparente stabilité politique en Centrafrique, sans s’engager eux-mêmes. «Qui les remplacerait s’ils partaient demain alors que les soldats de la paix n’ont pas les moyens de leur mission ? Cela arrange tout le monde à court terme, bien que la France aimerait bien les voir partir.»

Paris aurait en effet toutes les raisons de taper du poing sur la table du Conseil de sécurité : son influence historique en Centrafrique s’est réduite comme peau de chagrin depuis l’arrivée des Russes. Pour Nathalia Dukhan, enquêtrice au sein de l’ONG The Sentry, «la France mène un jeu double : des réseaux militaires français ont activement cherché à influencer le processus électoral pour empêcher la réélection de Touadera et ainsi mettre fin aux accords signés avec la Russie. Pourtant, elle continue de soutenir, du moins officiellement, le gouvernement centrafricain et la Minusca».

Dénoncer frontalement l’entrisme de Moscou ne changerait pas grand-chose, estime une source diplomatique française : les mercenaires russes resteraient de toute façon sur le terrain, sous couvert de la requête officielle de la RCA. Maintenir un semblant de mandat onusien serait donc un moindre mal, permettant aux membres du Conseil de sécurité de conserver une influence. Le 13 janvier, lors d’une réunion d’urgence organisée à huis clos le jour des attaques à Bangui, Washington a ainsi exigé le départ d’hélicoptères de combats russes, déployés en dehors de tout mandat. Les appareils, aperçus en soutien aux Casques bleus, ont été rangés dès le lendemain dans des avions-cargos Iliouchine. Ils ont été vite remplacés par des hélicoptères civils... mais pouvant être équipés d’armements. La fable continue.

 

https://www.liberation.fr/planete/2021/02/01/centrafrique-entre-les-casques-bleus-et-les-mercenaires-russes-un-flirt-a-haut-risque_1818952?

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 21:11
Nouvelles nationales sur RFI
Nouvelles nationales sur RFI
Nouvelles nationales sur RFI
Nouvelles nationales sur RFI

 

Centrafrique: La contre-offensive s'amplifie à partir de Bangui

27 JANVIER 2021 Radio France Internationale  Par Florence Morice

Les forces armées centrafricaines et leurs alliés, Minusca, Russes et Rwandais, ont entamé ces derniers jours une contre-offensive pour repousser la pression des forces rebelles autour de Bangui. Pour ce faire, des véhicules ont été réquisitionnés dans la capitale, parfois même ceux appartenant à des entreprises ou des particuliers. Le point sur la situation.

Lundi, les FACA et leurs alliés ont notamment repris la ville de Boda et tentent aussi de libérer l'axe qui mène au Cameroun pour contrer la tentative des rebelles d'asphyxier Bangui en empêchant le ravitaillement du pays en provenance du Cameroun. « Cette contre-offensive a pour but de stopper ou d'annihiler les bases arrières pour destructurer ces groupes armés », explique Ange Maxime Kazagui, porte-parole du gouvernement centrafricain.

La priorité est de libérer le corridor, jusqu'au Cameroun, jusqu'à la frontière afin que les marchandises puissent sortir et venir

Ange-Maxime Kazagui

C'est dans ce contexte que les autorités centrafricaines ont lancé lundi dernier une campagne de réquisitions de véhicules 4x4 à Bangui. L'opération a suscité des interrogations et des inquiétudes dans la capitale. L'objectif ? Transporter des troupes dans le cadre de la contre offensive lancée par les FACA et ses alliées pour tenter de faire reculer la rébellion CPC et ouvrir le corridor qui relie Bangui au Cameroun. Et cette opération n'est censée concerner que les véhicules des administrations publiques. Il s'agit, selon le porte-parole du gouvernement Ange-Maxime Kazagui, d'une nécessité.

Nous n'avons pas assez de véhicules, nous n'en avons jamais fait mystère. Heureusement que les amis, la Chine, les États-Unis nous ont dotés de véhicules. Mais nous n'avons pas toute la logistique qu'il faut pour monter en puissance.

 

 

En Centrafrique, Touadéra doit maintenant consolider une victoire fragile

https://www.rfi.fr/ 23/01/2021 - 12:08

Validée par la Cour constitutionnelle, la réélection du président est contestée par l'opposition. Pour la cour, comme pour la communauté internationale, c'est l'exercice du pouvoir qui redonnera au président réélu sa pleine légitimité.

« Le peuple a envoyé un message clair et fort à ceux qui le terrorisaient, à ceux qui lui disaient de ne pas aller voter et au monde entier. » En rendant hommage aux Centrafricains qui ont massivement voté dans les zones où ils ont pu le faire, la présidente de la Cour constitutionnelle, Danièle Darlan, a voulu souligner l'exaspération de tout un peuple devant une énième aventure militaire, et a au final validé la réélection du président Faustin Archange Touadéra, lors d'une audience qui s'est tenue lundi 18 janvier.

Depuis la mi-décembre, une nouvelle alliance de groupes armés autrefois ennemis, la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), a en effet fortement perturbé l'organisation du scrutin, se heurtant aux Forces armées centrafricaines (FACA), alliées à la Mission des Nations unies (Minusca) et à des renforts venus de Russie et du Rwanda. La situation sécuritaire s'est tellement dégradée, que seule la moitié des Centrafricains a pu voter librement. C'est ce qu'a tenu à rappeler la Cour, en divisant par deux le taux de participation officiel, pour le ramener à 35,74%. Pour la plateforme de l'opposition COD2020, « le président Touadéra a été déclaré vainqueur avec seulement 17% du corps électoral, ce qui lui ôte toute légitimité pour diriger notre pays. »

Pour la Cour constitutionnelle, le président réélu est légitime, mais la présidente de la Cour, Danièle Darlan, insiste sur le fait que l'élection ne fait pas tout et rappelle que « la légitimité doit être conquise et maintenue au quotidien par l'exercice du pouvoir et la bonne gouvernance ». Réélu, Faustin Archange Touadéra doit maintenant démontrer que sa victoire est liée à son action, en poursuivant, malgré les nouveaux obstacles, une démarche entreprise il y a cinq ans, et qui avait porté quelques fruits.

Rétablissement de la paix

Lorsqu'il accède à la présidence pour la première fois en 2016, à l'issue d'un scrutin où il n'était pourtant pas le favori, la République centrafricaine n'est plus que l'ombre d'elle-même. Trois ans auparavant, une coalition de groupes politico-militaires, la Seleka (« Alliance » en Sango) a pris le pouvoir à Bangui. Le retour à l'ordre constitutionnel et l'élection de 2016 ont néanmoins permis d'entrevoir une sortie du tunnel.

Mais en 2016, les groupes armés contrôlent encore la majorité du pays, et l'économie est exsangue. Sans réelles motivations idéologiques, ces groupes s'affrontent et s'allient au gré des circonstances, avec un modèle économique basé sur la prédation des ressources. Malgré l'appui des 12 000 hommes de la Mission des Nations unies (Minusca), l'insécurité est totale dans l'arrière-pays. La recherche d'un processus de paix avec les groupes armés est alors l'une des premières priorités du président. Négocié et signé à Khartoum (Soudan), avec l'appui de la Russie, un accord est ratifié à Bangui le 6 février 2019, avec 14 groupes armés, marquant le retour à une relative stabilité dans le pays pendant près de deux ans. Même si au final, cet accord ne sera pas respecté par tous les groupes, qui continueront à commettre des exactions sur le terrain.

Renforcement de l'État

Parallèlement, l'administration Touadéra poursuit également avec ses partenaires un vaste programme de formation des FACA, mettant progressivement en place une garnison dans chaque préfecture - une stratégie chère au président. Une armée plus proche du terrain, qui doit permettre de mieux sécuriser les zones, et de redévelopper l'économie au niveau local. À Bouar, notamment, la deuxième ville du pays, une garnison est déployée, et l'Unité européenne qui aide à la reconstruction des FACA, (EUTM), y développe également un centre de formation.

Quel bilan aujourd’hui ? Peu à peu, donc, les principales villes ont retrouvé des FACA, mais en nombre insuffisant pour faire face aux groupes armés, même si elles ont été appuyées par la Minusca et des Forces de sécurité intérieure (FSI). Ces progrès ont de fait été très fragiles, et de nombreuses villes restent à la merci des groupes armés, qui ont rappelé depuis un mois leur pouvoir de nuisance. Comme l'a souligné ce jeudi 21 janvier Mankeur Ndiaye, le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en RCA, dans son adresse au Conseil de sécurité, « la République centrafricaine court un grave risque de recul en matière de sécurité et consolidation de la paix, ce qui pourrait saper tout ce que ce Conseil et les partenaires de la République centrafricaine ont contribué à construire ». Il demande une augmentation des effectifs de la Minusca de 3 000 hommes, afin de faire face aux assauts des membres de la CPC.

Particulièrement visés par les attaques de ces derniers jours, figurent les agents de l'État, qui ont fait également leur retour dans l'arrière-pays à travers les préfets et sous-préfets, ainsi qu'avec la présence de fonctionnaires en poste (professeurs, médecins, bien qu'en très faibles effectifs). Un effort financier conséquent a par ailleurs été assuré par la communauté internationale, pour permettre la réhabilitation de bâtiments administratifs, d'écoles, de centres de santé, ou encore pour désenclaver certaines zones. Au niveau économique, les partenaires internationaux et le gouvernement ont adopté un vaste plan national de redressement (RCPCA), destiné à remettre le pays à flot. Et ces dernières années, la croissance a été au rendez-vous, même si elle a été largement dopée par l'aide internationale. Certains des bailleurs les plus importants, comme la Banque mondiale, déplorent cependant le manque de réformes adoptées, susceptibles de rassurer d'éventuels investisseurs.

En matière de justice, également, les audiences criminelles ont redémarré, très suivies par la population, mais la lenteur de la mise en place de la Cour pénale spéciale, un tribunal mixte devant juger les crimes les plus graves commis depuis 2003, laisse un goût amer aux victimes. Ce sentiment d'impunité est encore accru par le fait que les principaux chefs de groupes armés ont été intégrés dans le gouvernement issu de l'accord de paix, alors que leurs organisations ont continué de commettre des exactions sur le terrain, et surtout, n'ont pas ou peu désarmé. En limogeant quatre de ces chefs de guerre lors de son discours du Nouvel an, le 31 décembre 2020, le président Touadéra n'a fait qu'entériner une situation qui ne pouvait plus durer, mais le problème reste entier.

Une diplomatie tous azimuts

En 2016, après l’arrivée au pouvoir de Faustin-Archange Touadéra, la question du réarmement des FACA se heurte à la méfiance de nombreux partenaires internationaux. En effet, des arsenaux entiers sont par le passé tombés entre les mains des rebelles. Mais les forces centrafricaines manquent cruellement d'armes, alors que les groupes armés, eux, se renforcent sans aucun problème, en contournant l'embargo instauré dès 2013 par le Conseil de sécurité.

Le président Touadéra choisit alors la voie des négociations bilatérales, avec de nouveaux partenaires, et particulièrement la Russie, avec laquelle il entame un processus de coopération militaire. Des « instructeurs » privés russes sont envoyés à Bangui dès 2018, officiellement pour apporter un complément de formation aux FACA. Très rapidement, ces instructeurs sont cependant soupçonnés de faire partie de la compagnie Wagner, une société de mercenaires russes opérant déjà en Syrie ou au Soudan. Le flou entretenu par les autorités russes sur le statut de ces forces et sur la nature du matériel envoyé sur le terrain ne sera jamais totalement levé, comme on a pu le voir encore récemment, avec l'imbroglio sur l'envoi, puis le retrait - annoncé - d'hélicoptères et  d' « instructeurs » russes appelés en renfort pendant la période électorale.

La France, partenaire traditionnel, mais aussi les États-Unis ou la Grande-Bretagne, se sont fortement inquiétés de l'intrusion de la Russie dans le jeu diplomatique centrafricain. Est-ce pour relever le défi ? Paris a réagi, en augmentant très fortement son aide au développement dans le pays. Mais l'ancienne puissance coloniale a dû faire face à de nombreuses campagnes de presse très virulentes et semble avoir perdu une part de son influence. Sur le plan international, l'activisme diplomatique du président Touadéra a en tout cas partiellement porté ses fruits. A plusieurs reprises, l'embargo sur les armes a été allégé, et des armes ont été livrées aux FACA. Cette semaine, la question de sa levée a de nouveau été posée au Conseil de sécurité, mais le ministère centrafricain des Affaires étrangères s'est heurté aux mêmes réticences.

Comme lors de son arrivée au pouvoir en 2016, le président réélu démarre son nouveau mandat avec une situation de conflit armé complexe, dans un pays où les acteurs diplomatiques et militaires se sont multipliés. Il faudra certainement que le professeur de mathématiques Faustin Archange Touadéra use de toute sa science pour résoudre cette équation à multiples inconnues.

 

 

Armes, jeu trouble de groupes miniers... ce que dit le rapport de l'ONU sur la Centrafrique

https://www.rfi.fr/ 22/01/2021 - 23:03

Le panel d’experts des Nations unies chargé de documenter d’éventuelles violations de l’embargo sur les armes en Centrafrique a présenté son rapport annuel intermédiaire à New York jeudi 21 janvier. Il ne sera rendu public qu’à la fin du mois, mais RFI a pu consulter le document, et en dévoile les principales conclusions.

Les investigations contenues dans ce rapport datent pour l’essentiel d’avant l’élection de décembre et la formation de CPC, cette coalition rebelle qui menace aujourd’hui le pouvoir de Bangui. Les experts qualifient tout de même de « central » le rôle joué par l’ex-président François Bozizé – déjà sous sanctions de l’ONU – dans la mise sur pied de cette coalition.

Concernant les livraisons d’armes dans le pays – autorisées à certaines conditions –, les experts rappellent les forces armées centrafricaines à leur obligation d’assurer la protection et la traçabilité de leurs stocks. Ils soulignent en effet que du matériel militaire arrivé en octobre dernier à Bangui en provenance de Russie n’avait pas été enregistré par la Centrafrique au mois de décembre, et disent avoir des preuves que certains de ces équipements se sont retrouvés fin décembre à Boali aux mains de groupes armés membres de la CPC, 3R et anti-balaka précisément. Les experts affirment aussi que « la plupart des notifications » de livraisons d’armes que les États adressent au comité de sanctions sont trop lacunaires, ce qui rend difficile l’application de l’embargo.

Autre fait saillant documenté dans ce rapport, la façon dont l’UPC, l’un des plus puissants groupes armés du pays, tire ses revenus d’un système de taxation sur l’exploitation du business des mines d'or dans la région de Bambari. Les experts accusent ce groupe armé d’avoir en place une véritable « administration parallèle » à celle de l’État centrafricain. Ils décrivent comment des agents sont chargés pour le compte le compte de l'UPC de prélever les taxes minières à la place des autorités, sous peine de représailles parfois, puis d’acheminer les fonds ainsi collectés vers Bokolobo où réside le chef du groupe Ali Darassa.

Complicité

En toile de fonds, les experts dénoncent surtout la complicité dont font preuve, selon eux, plusieurs entreprises d’extraction d’or présentes sur place : les entreprises IMC, l’Industrie minière de Centrafrique à capitaux chinois, et Midas, une entreprise officiellement malgache, « réputée proche de la Russie » selon Africa Intelligence.

PUBLICITCes deux entreprises sont entre autres accusées de payer directement des membres de l’UPC pour assurer la sécurité de leurs sites, et donc de financer le groupe armé en violation flagrante du régime de sanctions des Nations unies. L’an dernier, selon une enquête de RFI, l’entreprise Axmin enregistrée au Canada, avait refusé de poursuivre son exploitation de Ndassima dans ces conditions. Selon l'entreprise, cette exploitation était impossible sans passer d’accord avec des groupes armés.

► A lire aussi : Centrafrique: pour tout l’or de Ndassima

Enfin, le groupe d’experts de l'ONU insiste sur « l’absence » de représentants de l’État dans ces zones d’exploitation de l’or. Un officiel qu’ils ont interrogé raconte même avoir été arrêté et retenu pendant sept heures par l’UPC pour avoir tenté de se rendre sur le site minier de Ndassima 2.

Interrogée par le panel d’experts, Midas a répondu ne pas être informée de la présence de I’UPC dans la zone. L’entreprise a ensuite fourni aux experts une lettre signée du ministère de l’Intérieur adressée à la compagnie, dans laquelle il est écrit que Midas ne travaille pas avec les groupes armés.

IMC n’a pas répondu aux accusations des experts.

 

Crise sécuritaire en Centrafrique: plus de 60 000 réfugiés ont déjà fui le pays

https://www.rfi.fr/  Avec notre envoyée spéciale à BanguiFlorence Morice

Près de 60 000 Centrafricains se sont réfugiés dans des pays voisins au cours du mois dernier mois, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR). La plupart ont fui en RDC, les autres sont répartis entre le Cameroun, le Tchad et à la marge le Congo-Brazzaville. Beaucoup fuient les combats qui opposent la rébellion lancée à la veille du scrutin, aux forces centrafricaines et ses alliés. Certains témoignent aussi d’exactions infligées par la coalition de groupes armés en lutte contre le pouvoir de Bangui.

Certains ont pris la route de l’exil avant même l’élection de décembre, mais c’est mi-janvier que le mouvement de départ vers les pays voisins s’est accéléré suite à la prise de Bangassou par les rebelles et à leur offensive en périphérie de Bangui.

Parmi ces 60 000 réfugiés, certains avaient déjà quitté la Centrafrique lors de la crise de 2013 ou plus récemment et venaient tout juste de rentrer chez eux. « À Bangassou, il y a des gens qui sont retournés de nouveau en RDC, au Cameroun, donc il y a pas mal de rapatriés spontanés, malheureusement, qui ont repris le chemin de l’asile, encore une fois », nous explique Hamdi Bukhari, le représentant du HCR en Centrafrique.

Que fuient-ils ? Le plus souvent, un climat général de violence répond le HCR, mais une partie d’entre eux, ce sont les exactions qu’ils disent avoir subies. « Il y a des gens à qui on a coupé les oreilles, parce qu’ils ont voté, ou leurs doigts, parce que, tout simplement, certains groupes ne voulaient pas que ces réfugiés se présentent au bureau de vote. D’autres personnes ont subi des représailles, parce qu’ils font partie de l’administration locale. Et il y a eu aussi des cas de viols dans un climat d’insécurité, etc. », ajoute Hamdi Bukhari.

Ces réfugiés bénéficient pour le moment de « très peu d’assistance », déplorent des sources humanitaires. Certaines structures d’accueil sont dépassées, et les arrivées continuent. « Il y a des défis logistiques importants », mais « les choses avancent », répond le HCR, qui mène actuellement une campagne d’enregistrement de ces réfugiés.

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com