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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 23:51
Centrafrique: violents affrontements à Ndélé
Centrafrique: violents affrontements à Ndélé
Centrafrique: violents affrontements à Ndélé
Centrafrique: violents affrontements à Ndélé

 

http://www.rfi.fr/f 11/03/2020 - 22:43

 

Après quelques jours d'accalmie à Ndélé, de violents affrontements se sont déroulés dans les rues de la ville tôt mercredi matin 11 mars. Ces affrontements ont fait de nombreuses victimes et les bilans provisoires vont de 13 à 20 morts selon les sources. Des affrontements qui sont intervenus au lendemain d'une visite d'évaluation de la situation menée conjointement entre les Nations unies, l'Union africaine, le gouvernement centrafricain et un représentant du groupe armé du FPRC.

Les combats ont débuté vers 5h du matin et ont duré plus de trois heures. Ils « ont été d’une rare violence et ont fait beaucoup de victimes parmi les civils », assure la Croix-Rouge centrafricaine. Un bilan provisoire fait état d’au moins 13 personnes tuées, selon la Minusca. D’autres sources parlent de 20 morts, dont sept combattants, alors que les blessés se comptent par dizaines.

Le commissariat de police, la gendarmerie, une partie du marché de Ndélé et de nombreuses maisons ont été incendiés. Enfin, le nombre de déplacés a doublé, passant de 1 500 à 3 000 personnes, toujours selon la Minusca. Les déplacés ont trouvé refuge près de la base militaire de la Mission des Nations unies de Ndélé, où les Casques bleus assurent leur protection.

Population « terrorisée »

Les assaillants auraient été repoussés, selon l’une des deux parties, ou se sont repliés selon l’autre. La situation était revenue au calme en milieu de journée. Un calme très précaire. Des sources humanitaires parlent d’une population « terrorisée ».

Le porte-parole de la Minusca a condamné mercredi soir une attaque lancée par le branche Goula du FPRC et « met en garde » cette faction après « des violences de ce matin avec des civils qui ont été pris pour cibles et tués ». « La Minusca prendra ses responsabilités », a prévenu Vladimir Monteiro, tout en appelant les deux parties à « adhérer au protocole de résolution de crise par le dialogue proposé par les garants et les facilitateurs de l’accord de paix pour la Centrafrique », signé il y a un peu plus d’une année à Bangui.

 

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 23:43
Le président Touadera en visite de travail à Pretoria en Afrique du sud

Lu pour vous

 

AFRICAHOTNEWS.COM |Mardi, 10 Mars 2020

 

 

Le Président de la République Son Excellence Professeur Faustin Archange TOUADERA est arrivé cet après-midi à Pretoria en Afrique du Sud pour une visite de travail.

Le Chef de l’Etat centrafricain a été reçu au "Guest House" où il s’est entretenu durant deux heures avec Son homologue sud africain et Président en exercice de l’Union Africaine, Son Excellence Cyril RAMAPHOSA.


Après avoir fait le tour d’horizon de l’actualité de la sous-région et de la RCA, les deux hommes d’Etat ont passé en revue l’état de la coopération bilatérale entre leurs deux pays.

Le thème du dernier sommet de l’Union Africaine " Faire taire les armes, créer des conditions propices au développement de l’Afrique" est conforme à la situation de la République centrafricaine qui veut sortir définitivement de la spirale de la violence.

Cette visite a permis au Président TOUADERA de solliciter de Son homologue des appuis multiformes pour la réussite du processus de l’accord de paix et de sécurité du 6 février 2019.-

 

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 03:11
COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU G5
COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU G5
COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU G5
COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU G5
COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU G5
COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU G5

 

 

Les membres du G5, un groupe d’États membres et d’institutions partenaires de la République centrafricaine, condamnent fermement les violences graves enregistrées depuis le 2 mars dans la ville de Ndélé, préfecture de la Bamingui Bangoran, et ayant occasionné des victimes parmi lesquelles un employé de la MINUSCA et le déplacement forcé de quelques 1200 civils. Les membres du G-5 présentent leurs condoléances à la famille de la victime et à la MINUSCA suite à cette disparition brutale. 

 

Les membres du G5 demandent au Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC) de mettre fin immédiatement aux affrontements entre ses factions et alertent sur les conséquences graves de ces violences sur le plan humanitaire. Les membres du G5 appellent à l’ouverture d’une enquête judiciaire afin que le ou les responsables soient traduits devant la justice.

 

Les membres du G5 dénoncent par ailleurs l’attitude du FPRC, condamnent fermement l’usage systématique des femmes et enfants comme bouclier humain pour restreindre les mouvements de la Force des Nations unies et encouragent la MINUSCA à faire plein usage de son mandat de protection des civils et de prendre toutes dispositions de nature à garantir la sécurité du travail des acteurs humanitaires et à assurer l’ordre et la sécurité dans la ville de Ndélé. Ils rappellent qu’en tant que signataire de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA), le FPRC s’est engagé à renoncer au recours aux armes et à la violence et à mettre fin de manière immédiate, complète et irrévocable à toutes les hostilités et formes de violence. Cet accord politique garantit la libre circulation des Forces onusiennes et des forces de défense et sécurité sur l’ensemble du territoire centrafricain. Le G5 exhorte tous les groupes armés, y compris le FPRC et le MLCJ à exécuter de bonne foi les obligations souscrites en vertu de l’APPR-RCA et à participer pleinement au DDRR et s’engager de bonne foi dans ce programme pour la réintégration des membres des groupes armés dans les corps en uniforme ou dans des activités génératrices de revenus.

 

Les membres du G5 saluent les efforts mis en œuvre depuis le début de la crise par l’Union africaine et la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), les deux garants de l’APPR-RCA, en coordination avec la MINUSCA et le Gouvernement centrafricain, afin de trouver une solution définitive à la crise à Ndélé. Ils encouragent les garants et facilitateur à engager les parties dans la mise en œuvre des sanctions aux violations de l’APPR-RCA conformément à l’article 35. 

 

Les membres du G5 saluent également les mesures prises par la MINUSCA dès le déclenchement des hostilités pour sécuriser la ville et assurer la protection des populations civiles, notamment les centaines de personnes qui ont cherché refuge près de sa base ainsi que les acteurs humanitaires.

 

Les membres du G5 réitèrent leur engagement à continuer à travailler avec les autorités centrafricaines, les garants et les facilitateurs de l’APPR-RCA pour le retour définitif de la paix dans la région et sur l’ensemble du territoire national.

 

Bangui, le 10 mars 2020

 

 

Mme Lucy Tamlyn

Ambassadeur des Etats-Unis auprès de la République centrafricaine

 

M. Eric Gérard 

Ambassadeur, Haut Représentant de la France auprès de la République centrafricaine

 

M. Vladimir Titorenko

Ambassadeur de la Fédération de Russie auprès de la République centrafricaine

 

Mme Samuela Isopi

Ambassadrice, Cheffe de la délégation de l’Union européenne auprès de la République centrafricaine

 

M. Betino Matias Matondo

Ambassadeur, Représentant spécial du Président de la Commission de l’Union africaine et Chef du Bureau de l’Union africaine pour l’Afrique centrale en République centrafricaine

 

M. Adolphe Nahayo

Ambassadeur Représentant du Secrétaire de général de la Communauté économique des états de l’Afrique centrale (CEEAC) en République centrafricaine

 

M. Mankeur Ndiaye

Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République centrafricaine et Chef de la MINUSCA 

 

M. Han Fraeters

Représentant résident de la Banque Mondiale en République centrafricaine

 

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 01:55
Nouvelles nationales sur RNL
Nouvelles nationales sur RNL

 

Centrafrique : L'amélioration de la situation sécuritaire relance les activités socioéconomiques à Bangassou

 

https://www.radiondekeluka.org/ mardi 10 mars 2020 16:31

 

La ville de Bangassou dans le Mbomou retrouve progressivement sa quiétude d’avant. Les activités socio-économiques et professionnelles ont repris dans l’ensemble depuis plusieurs mois.

Cette amélioration de la situation sécuritaire se résume également par le redéploiement des Forces armées centrafricaines (FACA) dans la ville. Cette présence rassure les habitants qui peuvent désormais vaquer librement à leurs occupations.  

Le secteur éducatif n’est pas du reste. Les classes ont rouvert leurs portes et les cours se déroulent normalement. L’activité des taxi-motos a repris son cours ainsi que les différents commerces. Cependant, la situation demeure inquiétante dans les périphéries de la ville. "La ville, relativement, elle est calme. Sinon, c’est dans la Sous-préfecture de Bakouma plus précisément à Nzako où une partie de la population est prise en otage par le groupe armé FPRC"  a souligné Serge Guiara, un habitant de la ville.

Contrairement à Bangassou-centre, les habitants des villages environnants vivent dans la psychose. La présence des groupes armés est signalée régulièrement dans ces zones où des scènes de débandades et d’enlèvements sont enregistrées. "Les groupes armés sont partout dans les villages. Les commerçants ne peuvent pas circuler à cause des barrières illégales. Les cas de braquages et d’enlèvements sont fréquents. Nous demandons au gouvernement de nous venir en aide" a lancé Georgette, une agricultrice.

La sécurité de la ville de Bangassou est assurée par la force conjointe, Minusca-Faca. Toutefois, le faible effectif des éléments et les moyens logistiques limités empêchent cette force de sécuriser toute la préfecture. Les populations attendent du gouvernement, le renforcement des dispositifs sécuritaires dans la région. 

 

 

RCA: L'UE octroie 10 milliards de FCFA pour l'organisation des élections de 2020

 

https://www.radiondekeluka.org/ lundi 9 mars 2020 15:44

 

L'Union européenne vient de signer une convention de partenariat avec le gouvernement centrafricain pour le financement des élections de 2020. Un montant global de 15.5 millions d'Euros soit 10 milliards de Francs CFA qui vient rabattre les inquiétudes du probable financement de ces échéances électorales selon le gouvernement.

La cérémonie de la convention de partenariat a eu lieu le vendredi 06 mars 2020 au palais de la renaissance en présence du président de la République, chef de l'Etat Faustin Archange Touadéra, de quelques membres du gouvernement et de la Représentante de l'Union Européenne Samuela Isopi.

La présente convention de partenariat est une matérialisation des aveux de l'Union européenne comme un des premiers acteurs de développement et de reconstruction nationale en République centrafricaine "Il y a un an que nous nous sommes engagés à Bruxelles aux cotés du président de la République, chef de l'Etat en vue de la tenue de ces élections" a déclaré madame Samuela Isopi à l'issue de cette alliance diplomatique.

Si l'aide apportée par l'Union Européenne va couvrir la moitié du budget prévisionnel de l'organisation de ces élections, il n'en demeure pas moins que certains défis sont palpables "Il y avait plusieurs priorités sur le plan financier, sécuritaire et logistique par rapport à l'organisation de ces élections, mais le gouvernement peut compter sur la mobilisation de toute la communauté internationale" a rassuré Samuela Isopi avant d'ajouter que "l'aide de l'UE va permettre d'appuyer le processus électoral déjà enclenché".

Le gouvernement centrafricain, bénéficiaire de cette aide ne compte pas baisser les bras, "le gouvernement va appuyer le financement déjà reçu de l'Union européenne" a déclaré Félix Moloua, ministre du Plan et de la Coopération avant de mettre en garde contre les mauvaises langues qui prédisent un rendez-vous électoral manqué en cette fin d'année "La population doit se rassurer de la tenue de ces élections dans le temps imparti. Les élections sont l'expression de notre démocratie. Le gouvernement financera le reste du budget de ces élections et déjà des concertations sont en cours pour clôturer le financement" a conclu le ministre.

Cette aide de l'Union européenne intervient dans un contexte de difficile conviction de l'opinion nationale au sujet du probable financement des élections de 2020. Un pas franchi qui rassure aussi bien le gouvernement que les observateurs de la vie sociale en République centrafricaine.

 

Nouvelles nationales sur RNL

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 01:43
Martin Ziguélé présente les axes politiques prioritaires de sa mission

 

Investi par la base de son parti le MLPC, Martin Ziguélé présente les axes politiques prioritaires de sa mission

 

https://www.radiondekeluka.org/ mardi 10 mars 2020 06:16

 

Martin Ziguélé, président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) a reçu la semaine dernière l'onction de la base de son parti  d'être le cheval de bataille politique pour le compte de ce parti aux élections groupées de décembre 2020. Mais entre temps, il brosse la situation sécuritaire sur fonds de violations des dispositions de l'accord de paix signé entre le gouvernement et les groupes armés. Il formule ses voeux de voir les Etats d'Afrique Centrale s'impliquer dans un élan de solidarité comme c'est le cas en Afrique de l'ouest. Il salue la détermination de ses camarades qui l'ont porté et fait le bilan global du congrès.

 

https://www.radiondekeluka.org/actualites/politique/35241-investit-par-la-base-de-son-parti-le-mlpc-martin-ziguele-presente-les-axes-politiques-prioritaires-de-sa-mission.html

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 01:33

 

Le SG du MLPC communique :

Remerciements et Communiqué du MLPC
Remerciements et Communiqué du MLPC

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 01:22
Le pétrole s’effondre, le CAC40 plonge, les banques et Total au tapis

Lu pour vous

 

Le pétrole s’effondre, le CAC40 plonge, les banques et Total au tapis

 

https://www.capital.fr/ 09/03/2020 À 8H31

 

Faute d'accord entre l'Opep et la Russie sur des réductions de production de pétrole face aux turbulences sur la demande, le prix du pétrole accusé un plongeon historique depuis vendredi. De quoi alimenter les craintes sur les obligations d'entreprises américaines et faire plonger les actions.

Nouveau bain de sang pour les marchés actions, alors que les cours du pétrole (-30% !) se sont effondrés à l'ouverture des marchés ce lundi après l'échec de négociations cette semaine entre l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et la Russie (son principal allié) sur des réductions de production. La CAC40 a perdu plus de 8%aujourd'hui, tandis que Wall Street flanche de plus de 7% vers 19h30, alors que les valeurs pétrolières et financières sont particulièrement attaquées. Les cours du pétrole ont accusé la chute la plus sévère depuis la guerre du Golfe de 1991, après que l'Arabie saoudite a lancé une guerre des prix du brut.

Riyad a décidé unilatéralement de baisser ses prix à la livraison, en raison de l'échec de l'Opep et de la Russie, à se mettre d'accord pour soutenir les cours. Face aux incertitudes économiques causées par l'épidémie du nouveau coronavirus, les ministres du cartel pétrolier avaient tenté de conclure un accord avec les autres pays producteurs de pétrole pour réduire la production et maintenir les prix du brut. Mais la Russie, deuxième producteur mondial de pétrole et qui n'est pas membre de l'Opep, s'est opposée à une nouvelle réduction de 1,5 million de barils par jour. En réponse, l'Arabie saoudite s'est lancée dans une vaste braderie en effectuant la plus importante réduction de ses prix pétroliers en 20 ans, a rapporté dimanche Bloomberg News.

"Une chute de 30% des prix du brut est sans précédent et envoie une onde de choc énorme à travers les marchés financiers," a souligné Margaret Yang, analyste pour CMC Markets. Pour Jeffrey Halley, analyste chez Oanda, "l'Arabie saoudite semble avoir l'intention de punir la Russie". Le marché du pétrole va probablement rester au tapis durant les prochains mois, les rabais de l'Arabie saoudite se conjuguant avec le coup d'arrêt donné à la croissance économique mondiale par le coronavirus, qui a fait chuter la demande d'or noir, a ajouté cet analyste.

"Quelque chose comme cela pourrait avoir plus de répercussions dans le monde qu'une guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis parce que le pétrole est lié à beaucoup de secteurs dans l'économie mondiale" a souligné de son côté Rohitesh Dhawan, directeur de l'énergie, du climat et des ressources naturelles à la société de conseil Eurasia Group à Londres. Margaret Yang de CMC Markets a émis l'espoir que l'effondrement pourrait faire revenir la Russie à la table de négociations avec l'Opep pour trouver un accord.

Après l'effondrement des cours du pétrole, les Bourses d'Asie et du Golfe ont plongé ce lundi. L'indice principal de la place du Koweït, Premier Index, a dégringolé de 9,5% et les échanges y ont été suspendus, alors que les marchés à Dubaï ont dévissé de 9,0% et à Abou Dhabi de 7,1%. Une évolution contre laquelle Capital avait dernièrement mis en garde.

La Bourse de Tokyo a connu lundi sa pire séance depuis plus de deux ans, sur fond d'écroulement des prix du pétrole et de la propagation incessante de l'épidémie mondiale de coronavirus, qui ont fait flamber le yen face au dollar. L'indice Nikkei s'est effondré de 5,07% pour finir à 19.698,76 points, effaçant ainsi 1.050,99 points en une séance, ce qui ne lui était plus arrivé depuis février 2018. L'indice élargi Topix a quant à lui sombré de 5,61% à 1.388,97 points.

A la Bourse de Paris, le CAC40 a plongé. Et les valeurs liées au pétrole, comme Total, ainsi que les valeurs bancaires (BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole) sont en première ligne. Les obligations d'entreprises américaines sont aussi à surveiller, au vu de l'ampleur de l'endettement des sociétés du secteur de l'énergie outre-Atlantique.

"On sait que le secteur de l’énergie représente un peu plus du dixième du secteur High Yield (obligations à haut rendement) aux Etats-Unis et que lorsque les cours du brut passent au-dessous de 50 dollars, ce qui est proche du coût d’extraction du gaz de schiste aux Etats-Unis, ce secteur est particulièrement sous pression. C’est le cas actuellement. Le graphique ci-dessous montre que ce secteur est en train de sur-réagir en comparaison des autres secteurs et que la prime de risque progresse très rapidement", souligne La Banque Postale Asset Management.

"On est donc sur un niveau de marché où à la fois le marché monétaire ne fonctionne pas correctement et où certains secteurs commencent à montrer des signes inquiétants. Tout ceci peut être en partie traité par une injection de liquidité encore plus massive de la Fed mais ces « points de rupture » doivent être suivis de prêt, ils peuvent faire boule de neige et mener à une crise économique beaucoup plus grave", met en garde le gestionnaire d'actifs.

 

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 01:19
RCA : les Fonds de la CPI aux victimes des forces de Bemba

Lu pour vous

 

RCA : les Fonds de la CPI aux victimes des forces de Bemba, serviront aussi d’assistance aux victimes d’autres chefs de guerre centrafricains

 

https://www.politico.cd/ By La Rédaction 9 mars 2020  Par NSUMBU Ange

 

En Centrafrique, les victimes des forces de Bemba vont recevoir l’aide du fonds de la Cour pénale internationale (CPI), près de 20 ans après les faits. Cette aide va débuter au printemps, avec un budget d’environ 1,2 million de dollars américains pour cette première année, dévoile à RFI Bertin Bishikwabo, chargé de programme du fonds de la CPI à Bangui.

En 2002-2003, les hommes de Jean-Pierre Bemba sévissent sur le territoire centrafricain. Ils pillent, tuent, et violent de nombreuses femmes. Poursuivi devant la CPI, Jean-Pierre Bemba a été acquitté en juin 2018. Malgré l’acquittement, des milliers de victimes des forces de Bemba sont présentes sur le territoire centrafricain, beaucoup ont besoin d’une assistance“, rappelle-t-il.

Le fonds au profit des victimes de la CPI devrait appuyer près de 3 000 personnes cette année. Déjà, depuis un an, la CPI aide des victimes dans le plus grand besoin.

Le fonds au profit des victimes a fait une évaluation en 2011, ici en République centrafricaine. Fin 2012, alors que les contrats étaient prêts à être signés par le greffier, les hostilités ont éclaté en République centrafricaine. Nous étions donc dans l’impossibilité de pouvoir développer les programmes d’assistance dans ce contexte. Nous attendions que la situation s’améliore pour que nous puissions venir développer les programmes d’assistance. En même temps, nous attendions que le procès de Jean-Pierre Bemba aboutisse pour que l’on puisse combiner les deux : la réparation et l’assistance. Mais, malheureusement, Bemba a été acquitté. Et à l’acquittement de Bemba, le fonds a décidé d’accélérer la mise en place des programmes d’assistance ici, en République centrafricaine“, précise Bertin Bishikwabo.

À la question de connaître le type d’aide qu’apporte le fonds à ces victimes, il répond :

Le fonds au profit des victimes intervient dans trois domaines dans le cadre de l’assistance. D’abord, la réhabilitation psychologique. Ensuite, la réhabilitation physique pour les victimes qui ont eu des préjudices physiques, ainsi qu’un soutien socio-économique, tout ce qui est développement d’activités économiques, et moyens de subsistance“.

Des interrogations sur les victimes autres conflits

En dehors des victimes des troupes de Bemba, il y a celles autres conflits. Les chefs de guerre centrafricains des groupes armés sont-ils poursuivis par la CPI et condamnés pour indemniser leurs victimes ?

” Le fonds va s’occuper de toutes les victimes de la compétence de la Cour pénale internationale. Mais, pour nous, sur le plan opérationnel, on a décidé de commencer d’abord par les victimes qui sont connues. Après, on pourra étendre aux victimes qui ne sont pas encore identifiées. Donc, pendant que les programmes seront en train d’être mis en œuvre, on devra identifier et inclure au fur et à mesure d’autres victimes, que l’on devra intégrer dans le programme“, répond Bertin Bishikwabo.

La République centrafricaine, c’est connu, vit depuis plusieurs années sous la vague de violences, notamment des viols et des homicides systématiques de civils.

Il faut que les Nations Unies renforcent la protection de la population“, ne cesse de recommander Amnesty International dans ses rapports.

En août 2017, elle avait mené une enquête de terrain qui lui avait permis de révéler ” une flambée terrifiante des actes de torture, des pillages et des déplacements forcés imputables à une ramification de la Seleka, l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC)”.

Elle a noté, d’autre part, que “les Casques Bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations Unies en Centrafrique (MINUSCA), comptant un effectif de 12 870 personnes en uniforme dont 10 700 militaires, n’ont pas empêché les violences contre des civils”.

À l’époque, Amnesty International avait identifié 600 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays et 438 700 réfugiés dans les pays voisins, principalement au Cameroun, en République démocratique du Congo et au Tchad.

” Des dizaines de milliers de personnes ont fui les villes les plus touchées par les combats, comme Alindao, Mingala, Nzangba et Mobaye (à la frontière avec la RDC).

Les juges de la CPI ayant confirmé les accusations de la Procureure contre Alfred Yekatom et Patrice-Edouard Ngaissona pour crimes de guerre, on attend de voir à quel volume du fonds d’aide à leurs victimes les deux miliciens anti-balaka seront condamnés. En attendant d’autres éventuels procès en rapport avec les horribles crimes de guerre et contre l’humanité qui ont été commis par des forces tchadiennes et qui se poursuivent en Centrafrique.

 

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 01:08
ACHILLE MBEMBE DEMANDE À LA FRANCE DES SANCTIONS CIBLÉES CONTRE LE RÉGIME DE YAOUNDÉ

 

ACHILLE MBEMBE DEMANDE À LA FRANCE DES SANCTIONS CIBLÉES CONTRE LE RÉGIME DE YAOUNDÉ 

 

Scènes inhabituelles, le 25 février, devant l’ambassade de France à Yaoundé, au Cameroun. En lieu et place de la foule ordinaire des quémandeurs de visas exposés aux intempéries, quelques centaines de sans-travail assiègent la place armées de pancartes et de banderoles fraîchement peintes.

Attroupement spontané, fait-on mine de croire. En vérité, l’une de ces rodomontades auxquelles nous ont habitués les régimes tyranniques lorsque, à court d’imagination et pris la main dans le sac, ils sont obligés d’attiser passions pseudo-nationalistes, voire vulgarité et ressentiment, dans l’espoir de détourner l’attention de leurs méfaits, de masquer leur faillite et, au passage, de prétendre à quelque délégitimation.

Dans ce pays où toute manifestation, aussi pacifique soit-elle, de l’opposition ou des organisations civiles est généralement dispersée à coups de matraque, de canons à eau, de gaz lacrymogènes et souvent à balles réelles, nos protestataires d’occasion ont été réunis à la sauvette. Contre quelques pièces de rechange et la promesse d’un bout de pain accompagné d’une sardine et éventuellement d’une bière. Ils ont été loués pour quelques heures par les spécialistes locaux des basses besognes, le temps de proférer des jurons et slogans anti-francais à la face du monde avant de retourner à leur misère.

Réplique sévère, prétend-on, à Emmanuel Macron, copieusement injurié et couvert pour l’occasion de tous les noms d’oiseau. Accusé d’avoir déshonoré, au milieu des vaches du Salon de l’agriculture, le 22 février, un satrape de 87 ans, au pouvoir depuis trente-huit ans.

En admettant publiquement qu’il était intervenu dans la libération du principal opposant au régime en place, il aurait foulé aux pieds la souveraineté d’un pays qui, en soixante ans d’indépendance, n’aura témoigné que mépris et dédain à l’égard de ceux de ses enfants qui se sacrifièrent autrefois pour sa libération du joug colonial.

Mais qu’importent les contradictions, sur fond d’un patriotisme de circonstance. « Le gamin de l’Elysée » aurait traîné le vieux tyran « dans la bouse ». Il paiera cet affront de sa personne, en pleine rue, dans la boue et dans les caniveaux. Sur les écrans aussi, à l’ère virale du digital.

Du coup, sur les réseaux sociaux et dans la presse à charge, trolls, lumpen-citoyens, griots et opportunistes de tout poil, voire conseillers spéciaux, directeurs généraux et ministres de la République, bref la cohorte des pouvoiristes s’en donnent à cœur joie, dans une orgie verbale qui frise le lynchage numérique. Dans cette phallocratie qui ne s’en cache point, l’épouse du chef de l’Etat français est à peine épargnée, qui en prend pour son âge, tandis que le Cameroun est comparé à une jeune fille que chercherait à violer un soupirant de mauvais aloi.

Ainsi fonctionnent les Etats voyous d’Afrique centrale, créatures monstrueuses de la Ve République et derniers avatars de la Francafrique, ce pacte faustien qui aura lié la France à ses anciennes possessions coloniales depuis les années 1960, et qui, mine de rien, est devenu un boulet puant pour la France.

Le néolibéralisme mâtiné de tribalisme aidant, ces Etats se sont transformés en véritables cartels, à la tête desquels se trouvent des tyrans séniles et jouisseurs. Détenteurs pour la plupart de passeports français, ces derniers ont, au long des années et sous le regard bienveillant de l’ancienne mère patrie, inventé des formes d’exercice du pouvoir qui reposent sur le déchaînement le plus brutal des instincts inférieurs.

Ils sont entourés d’une cohorte de gérontocrates obséquieux et d’une armée de courtisans et de sicaires. Pour cette caste de vieillards rompus à la roublardise et à la duplicité, gouverner, c’est en effet manger, boire, danser et copuler à longueur d’années, dans la plus totale imprévoyance.

Le matin, ils incitent quelques centaines de dévots à hurler contre la France. La nuit tombée, ils changent de masque, s’adonnent à des danses bachiques et ont d’effroyables rituels de mystification, ou s’agenouillent devant les autorités consulaires et sollicitent, qui une carte de séjour pour eux-mêmes ou un membre éloigné du clan, qui une énième faveur.

Certains possèdent des appartements luxueux dans les quartiers huppés de Paris. D’autres détiennent de nombreux biens souvent « mal acquis » sur le territoire français. Renfloués à coups de racket, de marchés fictifs ou de gré à gré, de détournements de la fortune publique et du bradage des ressources naturelles, leurs comptes bancaires sont logés dans des institutions françaises, lorsque d’innombrables liasses de devises étrangères ne sont pas purement et simplement entassées dans des sacs.

Leurs enfants sont scolarisés dans des lycées français. Une partie de leurs nombreuses familles, voire de leurs concubines se trouvent sur le territoire français. A la moindre alerte, ils sont évacués vers des hôpitaux français. Aux frais du Trésor public.

Il n’est pas rare que les balles, les fusils, les gaz lacrymogènes et les véhicules militaires qu’ils utilisent pour mater leur peuple soient d’origine française. Il en est de même des engins équipés de mitrailleuses qu’ils font défiler sur le boulevard principal de la capitale à l’occasion de la fête nationale.

La plupart des contrats d’exploitation des gisements miniers sont signés avec des compagnies françaises. La surveillance de l’espace aérien, la gestion des ports, des aéroports, des chemins de fer et la destruction des immenses forêts n’échappent guère à la règle. Il n’y a pas jusqu’aux uniformes de l’armée, aux chaussures et bérets des soldats, aux cartes d’identité, aux passeports, à la monnaie nationale et aux boîtes d’allumettes qui ne soient fabriqués par des entreprises françaises ou leurs succursales.

Satrapes africains

Surtout lorsqu’elle est activement recherchée, une dépendance aussi systémique et multiforme met à mal les cyniques proclamations de souveraineté généralement proférées sur le dos de l’ancienne puissance tutrice.

Pour le reste, les satrapes africains seront intervenus dans la politique intérieure française des années durant. Ils auront, à titre d’exemple, contribué au financement occulte des partis politiques de tout bord. Ils auront, par ailleurs, généreusement arrosé divers candidats aux élections présidentielles.

L’osmose entre cette caste de prédateurs, certains cercles dirigeants français, certains milieux d’affaires, des milieux militaires et du renseignement aura été telle qu’aux yeux de beaucoup d’Africains, le nom de la France a fini par être étroitement associé à la réalité de la tyrannie, de la corruption et de la brutalité sur le continent.

Au demeurant, tyrannie et corruption ont fini par octroyer aux formes postcoloniales du brutalisme et de la prédation un caractère létal et corrosif. Tel étant le cas, il n’est guère surprenant que les nouvelles générations qui n’ont pas connu la colonisation, mais qui sont nées et ont grandi dans le chaudron de la tyrannie, soient les plus réceptives à la propagande anti-francaise des régimes africains et de leurs opposants.

Aux yeux de beaucoup en effet, la France ayant été si profondément impliquée dans la consolidation de la tyrannie en Afrique, que l’avènement de la démocratie, la jouissance des libertés fondamentales et la réalisation du rêve panafricaniste ne seront possibles qu’au prix d’une rupture radicale des liens avec l’ancienne puissance coloniale.

Kleptocratie à bout de souffle

C’est en particulier le cas au Cameroun, où une kleptocratie à bout de souffle s’efforce activement d’instrumentaliser le ressentiment anti-francais dans le but de réengranger un minimum de légitimité et de conforter son impunité. Ici, en effet, tous les indicateurs ont viré au rouge.

Maintes demandes, doléances et plaidoyers adressés au gouvernement par diverses forces sociales auraient pu être traités par la négociation. Au contraire, ces forces ont été, de façon routinière, réprimées. De paisibles citoyens dont les droits fondamentaux sont quotidiennement lésés ont été violentés et parfois blessés sans raison. Très souvent, du sang a été versé.

Les prisons sont surpeuplées. La torture est pratiquée en plein jour dans des centres de détention, y compris informels. Passeports et autres documents d’identité des dissidents ne sont guère renouvelés. Des milliers de jeunes ont rejoint la cohorte des migrants illégaux qui s’efforcent de traverser la Méditerranée. Une partie de la mobilisation protestataire, aussi bien anglophone que francophone, s’est délocalisée dans la diaspora. Sur place, les antagonismes tribaux ont atteint un point tel que, à tout moment, tout risque de dégénérer en conflit armé.

En attendant, massacres et atrocités se succèdent dans les régions anglophones ou militaires et bandes armées s’affrontent sur le dos des populations civiles. De nombreux villages ont été rasés et des maisons incendiées. Bétail et récoltes sont régulièrement confisqués. Pillages, expéditions punitives et ponctions de toutes sortes ont précédé ou accompagné de grotesques tueries.

A ce jour, plus de 3 000 personnes ont perdu la vie. Les organisations internationales font état de plus de 500 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays. Il convient d’y ajouter 60 000 autres, réfugiés au Nigeria voisin. Près d’un million d’enfants sont privés de scolarisation et exposés à l’errance et à la malnutrition.

Brutalisation de la société

Comme si cette catastrophe humanitaire ne suffisait point, peu de signes démontrent que le régime est disposé à sortir de l’enlisement politique par un véritable dialogue. Objets d’un enlèvement au Nigeria il y a plus d’une année, les leaders sécessionnistes languissent dans l’une des principales geôles du pays. Sans l’intervention d’Emmanuel Macron, les principaux responsables de l’opposition légale, à l’exemple du juriste Maurice Kamto, n’auraient pas été libérés.

Au demeurant, déférés devant le tribunal militaire, plusieurs autres, à l’instar de Mamadou Mota, restent détenus dans des conditions foncièrement dégradantes. Du reste, toutes les voies en vue d’une alternance pacifique ont été méthodiquement obstruées. La corruption électorale est administrée par la bureaucratie, les préfets, sous-préfets, gouverneurs, policiers, soldats et gendarmes, tous porteurs de la carte du parti au pouvoir.

Chaque élection est émaillée d’innombrables irrégularités : intimidation des opposants, y compris sur les lieux de vote ; bourrage des urnes ; distribution de fausses cartes ; et diverses autres manipulations. A l’allure où vont les choses, seule la mort biologique du satrape est de nature à donner répit à un peuple profondément meurtri par de longues années de brutalisation.

C’est dans ce contexte de caporalisation et de brutalisation de la société qu’il faut comprendre les accusations portées contre Emmanuel Macron. Car que lui reproche-t-on sinon d’avoir dérogé à l’ethos gérontocratique et d’avoir refusé de faire preuve d’obséquiosité à l’égard d’un tyran féru de duplicité, et qui ne respecte que la ruse et la force ? En effet, rien de ce qu’a déclaré le chef d’Etat français n’est faux.

Si reproche on peut lui adresser, ce n’est pas d’avoir fait entorse à la vérité.

C’est plutôt de n’avoir pas tout dit, c’est-à-dire de tarder à fixer clairement la ligne rouge. Car s’agissant du Cameroun, la seule et unique question qui vaille désormais la peine, pour la France comme pour ses alliés occidentaux, est de savoir quand, comment et dans quelles conditions atterrir, c’est-à-dire comment organiser urgemment et en bon ordre la succession afin que ce pays puisse recommencer sur des bases entièrement nouvelles.

Des efforts dans cette direction sont d’ores et déjà en cours aux Etats-Unis et au niveau de l’Union européenne notamment. Aussi bien le Sénat américain que la Chambre des représentants et l’Union européenne ont adopté diverses résolutions condamnant les atrocités et autres violations répétées des droits humains et appelant à un dialogue digne de ce nom.

De tels gestes ne suffisent cependant plus. Il est temps de prendre appui sur d’autres instruments de politique étrangère si l’on doit effectivement prévenir le carnage, soutenir les efforts de paix, et obtenir du régime camerounais le respect des droits humains et l’adhésion aux principes démocratiques.

De tels instruments incluent les sanctions ciblées. Celles-ci doivent viser trois objectifs, à savoir la fin de la guerre dans les deux provinces anglophones, la réforme de l’Etat dans le sens d’une fédération, et la refonte du système électoral.

Ces sanctions devraient viser non seulement le gouvernement, mais aussi les groupes armés responsables des atrocités commises à l’encontre des civils. 

D’ores et déjà, suite à la décision du président Donald Trump, le Cameroun n’est plus bénéficiaire de la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA). Mais, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, les Etats-Unis maintiennent leur coopération militaire avec le régime en place.

Peut-être le moment est-il venu de mettre davantage de pression, en particulier sur le gouvernement, afin qu’il applique scrupuleusement les termes des conventions internationales dont il est signataire. La mise en place par les Nations unies d’une commission d’enquête internationale sur le Cameroun constituerait, de ce point de vue, un premier pas dans la bonne direction.

D’autres sanctions devraient, dans ce contexte, cibler les fonctionnaires et hauts responsables impliqués dans les innombrables cas de violation des droits fondamentaux, ou dans d’autres cas de corruption liés à l’extraction et à la braderie des ressources naturelles, à des crimes horribles et à des trafics divers.

De telles sanctions pourraient inclure le gel des avoirs détenus dans les banques étrangères, le retrait ou le refus d’octroyer des visas et, éventuellement, le recours au Tribunal pénal international (TPI).

On peut comprendre que la France ne veuille point ajouter au chaos en posant des actes qui déstabiliseraient davantage une région d’ores et déjà en proie à l’instabilité.

On peut comprendre qu’elle rechigne à se faire manipuler par différents protagonistes locaux et à se laisser entraîner dans des conflits sanglants, au risque de répéter ici des tragédies vécues ailleurs ou de s’embourber dans d’interminables luttes tribales. On comprend qu’elle ait peur de se faire damer le pion par les Russes, les Américains, les Chinois et autres Turcs.

Encore faut-il rappeler qu’elle n’est pas neutre. Qu’elle le veuille ou non, sur les plans militaire, économique, financier et culturel, elle est impliquée de fait.

Que l’on s’en désole ou non, la très grande majorité des Africains, à commencer par leurs dirigeants, est profondément convaincue que nul ne peut exercer le pouvoir en Afrique francophone sans l’aval de la France.

On a beau faire valoir le contraire, beaucoup pensent qu’en fin de compte, le sort de leur pays dépend du bon vouloir de Paris.

Dans ces conditions, un nouveau réalisme s’impose. La véritable question n’est pas de savoir s’il faut s’engager et courir le risque d’être accusé d’ingérence, ou s’il faut rester silencieux et courir le risque d’être accusé de complicité. Il s’agit d’une fausse alternative.

Le nouveau réalisme commande que l’on prenne acte de la dépendance structurelle et presque psychique des régimes et des sociétés postcoloniaux à l’égard de la France et que l’on procède à une refonte historique profonde des rapports entre celle-ci et ses anciennes colonies d’Afrique, faute de quoi, de part et d’autre, l’on subira les grands bouleversements déjà en cours au lieu de les conduire.

En effet, les régimes d’Afrique centrale représentent une grave menace pour leurs peuples, pour la sécurité internationale et pour les intérêts à long terme de la France sur le continent.Afin de préserver la paix et la sécurité en Afrique d’expression française, il est désormais nécessaire d’adopter une perspective historique de longue durée.A l’exemple du général de Gaulle en 1944, il s’agit d’organiser une nouvelle « grande transition ».

Tout, en effet, y pousse : l’enkystement de régimes corrompus et incitateurs d’éventuelles guerres fratricides ; les transformations de la donne géopolitique ; l’arrivée de nouveaux acteurs extérieurs ; la double crise écologique et sanitaire ; et les défections de masse que constituent les migrations.

Cette « grande transition » ne se limitera pas uniquement à des gestes symboliques, aussi forts soient-ils. Le retournement des symboles n’aura de sens que s’il est mis au service d’une rétrocession de grande ampleur.

Restitution et rétrocession vont en effet de pair. Elles ne sont l’équivalent ni de la capitulation, ni de la démission. La rétrocession renvoie à une autre forme de présence et à une relation durable parce que mutuellement négociée.

La plaie béante, celle qui ronge depuis longtemps les sociétés africaines issues de la colonisation française est la persistance de la tyrannie et, avec elle, de la corruption. Ces deux formes d’ensauvagement ne sont guère des accidents. Entretenu par une variété de mécanismes objectifs et enchâssés dans de véritables appareils et dispositifs qui ont fini par faire système, l’ensauvagement a été transformé en technique et culture de gouvernement et en sens commun. Le projet de rétrocession ou une « grande transition » auront pour finalité le renversement de cette funeste trajectoire historique.

Pour se libérer elle-même du joug à l’envers que ses anciennes possessions d’Afrique ont fini par tisser autour de son cou, la France aura besoin de se doter de véritables moyens d’action et d’une nouvelle et puissante imagination historique.

Elle devra tisser de nouvelles alliances avec les forces démocratiques internes.

Mais, par-dessus tout, elle devra, une bonne fois pour toutes, couper le cordon ombilical qui lie sa propre histoire à la longue histoire de la tyrannie sur le continent africain.

Ceci commence, peut-être, par la mise en place d’un Fonds pour la promotion de la démocratie et des libertés fondamentales en Afrique.

Achille Mbembe est l’auteur de Brutalisme (éditions La Découverte, 2020).

Achille Mbembe(philosophe)

 

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Centrafrique-Presse.com
11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 00:54
Nouvelles nationales sur RFI
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Centrafrique situation sécuritaire précaire autour de la ville de Bossangoa

 

http://www.rfi.fr/fr/afrique Avec notre correspondante de retour de Bossangoa, Charlotte Cosset

 

En Centrafrique, un accord de paix a été signé à Bangui le 6 février 2019 entre le gouvernement et 14 groupes armés. Si la situation sécuritaire s’est globalement améliorée, des incidents ont toujours lieu dans les régions et de récents combats à Ndele et Birao viennent ternir les progrès de cet accord. La Minusca répertorie entre 50 et 70 violations de l’accord de paix chaque semaine. Dans la préfecture de l’Ouham par exemple, si la ville de Bossangoa est calme, la situation sécuritaire sur les axes alentour reste précaire.

Dans l’Ouham, il n’y a pas de crise majeure entre les groupes armés. Une sécurité relative que souhaite mettre en avant le chef de bureau de la Minusca à Bossangoa, Alain Sitchet. « C’est une période où il y a habituellement des transhumants et par rapport aux autres années nous avons vraiment réussi à calmer les tensions. Dans la zone de Nana Boguila également à Kouki et à Nana-Bakassa, il y a un retour massif des éleveurs qui avaient quitté la zone à cause de l’insécurité et qui reviennent avec l’appui des autorités locales. C’est un exemple de cohésion sociale », explique-t-il.

Ruée vers l’or…

Mais dans certaines sous-préfectures comme Markounda ou Batangafo, les tensions sont toujours bien présentes et les incidents sécuritaires réguliers. En fin de semaine, un général de groupe armé a été tué faisant craindre de nouveaux combats. La découverte d’une mine dans la zone de Kouki, il y a quelques semaines a créé une « ruée vers l’or », décrivent plusieurs témoins.

René Patrice Ouanekpone est consultant national pour la sécurité auprès du préfet de l’Ouham. « Avec un chantier d’or qui est ouvert dans la zone de Kouki qui est dans la Nana-Bakassa, vous avez toutes les personnes de toutes nationalités, tous les exploitants, y compris les groupes armés qui ont quitté Kaga-Bandoro et les éléments de l’UPC qui ont aussi quitté leurs zones et qui se retrouvent sur ce chantier minier et cela cause quelques problèmes d’insécurité. »

Les forces armées centrafricaines ne sont pas encore basées à Bossangoa. Patrice Ouanekpone estime que leur implantation permettrait une amélioration de la situation sécuritaire dans la zone.

 

 

Centrafrique: la situation demeure préoccupante à Ndélé, selon l'ONU

 

http://www.rfi.fr/fr 09/03/2020 - 04:55

 

Dans le nord de la Centrafrique, un calme précaire est revenu à Ndélé après les affrontements survenus, selon nos informations, entre deux communautés d'un même groupe armé, le FPRC (même si dernier a affirmé dans un communiqué être opposé à un autre groupe armé).

Les armes sont restées silencieuses ce dimanche à Ndélé. Le calme semble en effet revenu, les derniers tirs ont été entendus samedi matin. Mais quand de nombreux habitants ont trouvé refuge autour du site de la Minusca et que d'autres ont fui ailleurs, la crainte des humanitaires reste grande. Pour leur propre sécurité et celles des civils.

Des sources sécuritaires précisent que les garants de l'Union africaine ont amorcé un dialogue depuis vendredi avec les protagonistes du conflit.

De son côté, la Minusca dénonçait ce week-end le meurtre d'un de ses employés. Son corps a été retrouvé criblé de balles mais les casques bleus ont pu reprendre leur patrouilles depuis samedi dans certaines zones de la ville. D'autres zones restent encore inaccessibles, aux mains des miliciens armés qui utilisent parfois des civils comme boucliers humains à en croire la Minusca qui parle de possible crime de guerre.

Les humanitaires présents sur place demeurent quant à eux cantonnés dans leur base et sur le site de la Minusca justement. Un site autour duquel près d'un millier de personnes ont trouvé refuge, fuyant les combats. Des sources humanitaires affirment que le réseau téléphonique a été coupé, difficile de joindre le terrain donc.

Et tant que le calme ne sera pas revenu de façon certaine, impossible de sortir pour évaluer les besoins des populations quand de nombreux civils auraient également fui dans la brousse ou vers d'anciens sites de déplacés aujourd'hui désaffectés. La situation est très préoccupante d'après les mots de l'Ocha, le bureau de l'ONU pour les affaires humanitaires.

Nous avons environ 136 humanitaires qui ont besoin de sécurité [...] On aimerait sortir pour faire une évaluation des besoins, mais pour des questions de sécurité, on ne sort pas.

 

François Batalingaya, chef du bureau de l'Ocha en Centrafrique

 

 

La Centrafrique se dote d’un premier foyer pour victimes de violences sexuelles

 

08/03/2020 - 08:50 Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset RFI

 

La première « maison de l’espoir » est désormais ouverte à Bangui, capable d’accueillir pour la nuit des femmes en grande précarité ou ayant besoin de protection. 10 000 cas de violences de genre sont recensés chaque année et dans la capitale, Médecins sans frontières (MSF) a reçu chaque jour dix femmes victimes de violences sexuelles, en 2019.

À 19 ans, Bianca est assise sur un petit lit du dortoir de la maison de l’espérance. Elle va bientôt y être hébergée avec son enfant. « Je suis tombée enceinte. Quand j’ai accouché, mon mari m’a abandonnée comme ça, raconte la jeune femme. J’ai entendu parler de la "maison de l’espoir", et c’est pourquoi je suis venue ici. Cela m’a aidé à recommencer, je me suis lancée dans une activité de vente de bois et de manioc pour m’occuper de mes enfants. »

La « maison de l’espoir » propose une solution temporaire d’hébergement pour les femmes, mais aussi un soutien psychosocial. C’est ce qu’est venue chercher Gisèle.

« Quand je suis allée au marché vers 18 heures, un monsieur m’a agressée au retour, il a voulu me violer, mais j’ai crié et les gens ont commencé à venir et le monsieur a fui, raconte-t-elle, visiblement prostrée. Depuis, les hommes me font peur. J’attends que la "maison de l’espoir" m’aide à sortir ces choses de ma tête pour continuer ma vie. S’il n’y avait pas la maison de l’espoir, je ne sais pas ce que je pourrais faire. »

La structure est dédiée aux femmes seules, aux femmes victimes de diverses violences et menaces, notamment les femmes battues par leurs maris ou encore celles accusées de sorcellerie.

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