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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 14:22

 

 

 

 

 

 


PARIS - AFP / 16 décembre 2013 13h53 - Le limogeage de trois ministres et du directeur du Trésor en Centrafrique, décidé par le président Michel Djotodia, est en contradiction avec les accords de transition et risque d'aggraver l'instabilité dans ce pays, a indiqué lundi le ministère français des Affaires étrangères.


La France est préoccupée par le limogeage de trois ministres, ainsi que du directeur du Trésor, annoncé (dimanche) par Michel Djotodia, sans le contreseing du Premier ministre Nicolas Tiangaye, a déclaré Vincent Floreani, porte-parole adjoint du Quai d'Orsay.

Cette initiative, prise en contradiction avec la charte constitutionnelle de la transition et les accords de Libreville, est de nature à aggraver encore l'instabilité en République centrafricaine, a-t-il ajouté lors d'une point-presse.


Paris juge indispensable de respecter les accords de transition, conclus à Libreville en janvier 2013, et notamment les prérogatives du Premier ministre.


Selon Paris, en vertu de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies du 5 décembre autorisant le déploiement en Centrafrique des forces africaines avec l'appui des forces françaises, des sanctions peuvent être prises contre les personnes qui enfreignent les accords de transition ou dont l'action a pour effet de menacer ou d'entraver le processus politique.


Trois ministres centrafricains, Josué Binoua, ministre de la Sécurité publique, Christophe Bremaïdou, ministre des Finances et du Budget, et Joseph Bendounga, ministre de l'Elevage ont été limogés dimanche, ainsi que le directeur du Trésor et de la Comptabilité publique Nicolas Geoffroy Gourna-Douath.


Selon une instruction présidentielle, tous les mouvements sur les différents comptes du Trésor public ont également été suspendus jusqu'à nouvel ordre.


Une source proche du pouvoir a affirmé à l'AFP que ces ministres ont été limogés parce qu'on ne sait pas où ils sont. Ils ne gouvernaient plus.


L'un d'eux, le pasteur Josué Binoua, qui dispose aussi de la nationalité française, est actuellement en France après avoir été exfiltré par l'armée française il y a quelques jours.


Des armes avaient été trouvées à son domicile, mais il affirme qu'elles étaient destinées à des agents de la sécurité publique et il assure que toutes sont répertoriées.


(©) 

RCA : limogeage de ministres contraire aux accords de transition, Paris préoccupé
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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 14:15

 

 

 

 

 


KINSHASA - AFP / 16 décembre 2013 13h06 - Des tirs ont été entendus lundi matin à Brazzaville, près du domicile d'un officier de l'armée recherché par les forces de l'ordre, suscitant la panique dans le centre de la capitale congolaise, a-t-on appris de source diplomatique et auprès d'habitants.


Ca tire toujours, on m'a conseillé de ne pas rentrer déjeuner chez moi ce midi, a expliqué à l'AFP une habitante alors qu'un hélicoptère survolait la ville.


Il y a eu des échanges de tirs hier soir et une opération de police est en cours pour récupérer ceux qui ont tiré. (...) C'est un peu la panique en ville, les gens courent dans tous les sens, a expliqué un diplomate.


Les tirs semblaient localisés près du domicile du colonel Marcel Tsourou, ancien secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité, ont ajouté le diplomate et un habitant.


Le colonel Tsourou avait été condamné en septembre à cinq ans de travaux forcés avec sursis pour complicité d'incendie involontaire et détention illégale d'armes de guerre dans le cadre de l'affaire des explosions meurtrières du 4 mars 2012 à Brazzaville.


L'explosion dans le quartier résidentiel de Mpila avait fait officiellement près de 300 morts, plus de 2.300 blessés et 17.000 sans abris. Six militaires ont été condamnés et vingt-six autres accusés acquittés par la justice congolaise dans le cadre de cette affaire.


Un habitant interrogé a confirmé que l'opération visait apparemment le colonel Tsourou.


La police a entouré la résidence de Tsourou. Ils ont dit qu'ils doivent le désarmer, a dit cet homme nommé Dacklin, ajoutant que vers 12h00 (11h00 GMT) les tirs avaient cessé.


Selon lui, la police a fait sortir les élèves des écoles alentour et des boutiques de la ville sont fermées.

Le diplomate a assuré qu'il n'y avait pas de chars déployés dans la capitale congolaise. 


Mais les déclarations d'habitants paniqués étaient plus alarmistes.


Ce matin, j'ai vu des militaires, des chars, a affirmé une habitante.


Sur Twitter, un internaute explique que ça tire vers le CCF, le Centre culturel français, où les employés sont terrés dans le sous-sol.


Depuis hier, vraiment, ça ne marche pas ici! On veut arrêter le colonel Tsourou. Si ça pète, je traverse, le fleuve Congo pour aller à Kinshasa, en République démocratique du Congo, a déclaré à l'AFP Dacklin.



(©) 

Panique à Brazzaville après des tirs près du domicile d'un officier recherché
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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 14:11

 

 

 

 

 

 

 

Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a annoncé lundi avoir déjoué une tentative de coup d'Etat, après d'intenses combats durant la nuit dans la capitale, Juba. Il a décrété un couvre-feu nocturne "jusqu'à nouvel ordre" à Juba.

 

"Il y a une tentative coup d'Etat, mais ils ont échoué et nous avons le contrôle" de la situation, a déclaré Salva Kiir. "Les assaillants ont fui et nous sommes à leur poursuite", a-t-il ajouté. Il a mis en cause "un groupe de soldats fidèles à l'ancien vice-président Riek Machar", son rival politique limogé en juillet.

 

Le président les a accusés d'avoir attaqué le QG de l'Armée populaire de libération du Soudan. D'abord sporadiques, les tirs d'artillerie et d'armes à feu se sont intensifiés à l'aube, a constaté un journaliste de Reuters sur place. Ils se sont ensuite espacés en fin de matinée.

 

Les accrochages se sont concentrés autour de deux casernes militaires, à Bilpam, au nord de l'aéroport, et à Jebel, la base de la garde présidentielle au sud de la capitale.

 

Divisés
 

Les ambassades britannique et américaine ont appelé leur ressortissants à éviter les déplacements en ville.

 

Le Soudan du Sud est en proie à d'importantes tensions politiques depuis le limogeage en juillet dernier par le président Kiir de l'ensemble du gouvernement, notamment de M. Machar, son rival politique qui avait annoncé son intention de se présenter contre le chef de l'Etat sortant lors de la présidentielle de 2015.

 

Ce limogeage avait laissé craindre un retour des clivages de la guerre civile, entre partisans de M. Kiir et ceux de M. Machar.



(ats / 16.12.2013 12h58) 

Le président du Soudan du Sud dit avoir déjoué un coup d'Etat
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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 13:39

 

 

 

 

Suite à la guerre psychologique déclenchée par certains compatriotes notamment ceux de la diaspora vivant en France, qui ont cru bon développer une irresponsable campagne de désinformation par sms, tendant à faire croire à l’empoisonnement de l’eau distribuée par la Société des Eaux de Centrafrique (SODECA), la direction générale de cette entreprise a non seulement, opposé un démenti catégorique à ces malveillantes allégations fantaisistes mais aussi et surtout, fait procéder comme du reste elle a l’habitude de le faire, par l’Institut Pasteur de Bangui ou le laboratoire d’Hydrosciences Lavoisier de l’Université de Bangui , à des analyses physicochimiques de plusieurs échantillons de son eau, prélevés à différents endroits de la ville suite à cette crapuleuse campagne d’intox.

 

Les résultats de ces analyses dont la rédaction de Centrafrique-Presse s’est procuré copie et qu’elle se fait le plaisir de publier ci-dessous, concluent à la qualité parfaitement potable à la consommation du public de l’eau produite par SODECA.

 

La rédaction

Résultats de l'analyse physicochimique de l'eau de SODECA distribuée à Bangui
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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 00:13

 

 

 

 

Le Premier Ministre Nicolas Tiangaye s'est entretenu avec le Président du Togo Faure Gnassingbé en marge du sommet de l'Elysée sur la sécurité en Afrique

Le Président togolais Faure Gnassingbé a reçu le PM Nicolas Tiangaye à Paris
Le Président togolais Faure Gnassingbé a reçu le PM Nicolas Tiangaye à Paris
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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 23:51

 

 

 

 

 

 

 

A moins de tirer directement bénéfice de la pitoyable situation qui prévaut, aujourd’hui, en Centrafrique, on ne peut qu’applaudir, des deux mains, l’action de la France et de son président, François Hollande, d’y  faire régner, à nouveau, la paix, la sécurité, l’ordre et la discipline. L’envoi de 1.600 soldats français au lieu des 1.200 annoncés et de 6.000 voire 6.500 soldats africains de la Misca au lieu des 3.600 prévus, montre à souhait que l’équation centrafricaine, est à plusieurs inconnues. Il ne suffit pas d’être le président ou le chef de gouvernement de transition, avec le peu de moyens dont ils disposent, pour répondre efficacement aux attentes. Sinon, ça se saurait. Seule la conjugaison des efforts, aidera à remettre, une fois pour toutes, et durablement, ce pays sur les rails du développement et de la croissance économique. Auparavant, il faudra y instaurer la paix et la sécurité.

 

Je viens de Bangui où j’ai passé 4 jours, du 30 novembre au 4 décembre. J’ai pu rencontrer le président de transition, Michel Am Non Droko Djotodia, le premier ministre de transition, Nicolas Tiangaye, plusieurs membres du gouvernement et du Conseil national de transition, ainsi que les trois grands leaders religieux du pays : Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, le président de la Communauté islamique centrafricaine, l’imam Oumar Kobine Layama, et le révérend pasteur, Nicolas Guerekoyame-Gbangou, dont l’apport pour le retour de la paix dans les cœurs, sera primordial si on veut que les Centrafricains se regardent en frères et sœurs, comme avant décembre 2012. Cette date est à souligner car, lors de mes entretiens avec les trois leaders religieux, ils ont tenu à indexer le discours haineux de François Bozizé qui, cherchant des boucs émissaires pour s’accrocher au pouvoir qui le lâchait, a cru bon de cibler les musulmans de Séléka, comme étant ceux qui voulaient diriger un pays essentiellement chrétien. Ce discours jamais entendu au pays de Boganda, a été tenu à partir de décembre 2012. Et pendant toute la période allant de cette date au 24 mars 2013, François Bozizé n’a pas manqué d’occasion pour attiser ce feu dangereux, y compris dans sa propre église.

 

François Bozizé ne s’est pas contenté de se limiter à semer les graines d’une guerre religieuse. Conscient que le compte à rebours avait commencé et que ses jours à la tête de l’Etat étaient comptés, il s’est mis à distribuer des armes à des milliers de miliciens qu’il avait recrutés, parfois à la va vite, pour parer au plus pressé. Il a mis sur pied des techniques d’enlèvement que les Ivoiriens avaient connu, sous l’ère de Laurent Gbagbo : des personnes étaient arrachées à leurs familles du jour au lendemain et on ne les revoyait plus. La victime la plus célèbre de cette façon de faire, est, sans doute, son ancien ministre d’Etat, Charles Massi, qui lui fut livré, de bonne foi, par le chef de l’Etat tchadien, Idriss Déby Itno, à sa demande, après qu’il fut arrêté sur le territoire tchadien. Malgré sa parole d’honneur de général d’armée, François Bozizé n’a pas eu de remords pour ordonner son exécution.

 

Michel Djotodia est-il le diable en soutane, tel qu’on le dépeint aujourd’hui ? A sa décharge, il faut rappeler que l’Etat s’était déjà effondré bien avant la chute de Bozizé et avant son entrée avec Séléka dans Bangui. Il n’y avait plus d’armée nationale (FACA), ni de gendarmerie, ni de police. Toute l’administration territoriale a été politisée et tribalisée à telle enseigne qu’à la chute de Bozizé, presque tout le monde a fui. Le nouveau président a hérité d’un Etat néant. Les caisses du trésor sont désespérément vides. Les pillages à Bangui ont commencé quelques jours avant l’entrée de Séléka dans la capitale avec notamment la mise à sac d’Orange Centrafrique et le garage CFAO par les frères Danzoumi et Sani Yalo. Avant de s’enfuir du Palais de la Renaissance, les partisans et proches de Bozizé ont pris soin de saboter 13 voitures de marque Mercedes Benz du parc auto présidentiel (voir photos). Les ordinateurs de bord et les modules électriques de ces véhicules haut de gamme furent tout simplement arrachés. Un vandalisme sans pareil.

 

Après dix années passées à la tête du pays, entre 2003 et 2013, François Bozizé a laissé à l’abandon la capitale. Plusieurs ponts et ouvrages d’art sur les principales artères de Bangui se sont effondrés sans qu’on ait envisagé un seul instant de les réhabiliter (Pont de Sica 3 sur l’avenue de France écroulé en septembre 2010). Celui au quartier Langbassi sur l’avenue David Dacko s’est lui, aussi, effondré, en 2012, après une forte pluie diluvienne. Quant aux axes routiers en province, n’en parlons pas. Plusieurs régions entières du pays sont abandonnées depuis belle lurette et toute circulation automobile y est interrompue. Rien que cela devrait le disqualifier à toute prétention à diriger encore le pays.

 

Depuis maintenant huit mois qu’il est aux commandes du pays, Michel Djotodia a entrepris de réhabiliter certains tronçons très abîmés des avenues de la capitale ainsi que certains ponts cassés, sur ses propres deniers, ce qui fait dire à certaines mauvaises langues – qui s’interrogent un tantinet moqueur – sur l’origine de ces fonds. Il leur répond que s’il est un voleur, il préfère aller seul en prison pour le bien des Centrafricains. Il vient de lancer le mardi 3 décembre, les travaux de reconstruction du pont de Sica 3 avec un financement de 800 millions de f cfa de l’Union européenne. Il a fait remettre avec son argent, le courant électrique au quartier Ouango dans le 7e arrondissement de Bangui qui en était privé depuis plusieurs années, sous le règne de Bozizé.

 

Michel Djotodia tire sa légitimité du Conseil National de Transition qui l’a élu

 

Ayant pris le pouvoir par la force, Michel Djotodia aurait pu être tenté de confisquer purement ce pouvoir. Mais il a choisi d’accepter l’habillage juridique proposé par les Sommets des chefs d’Etat de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale) de N’Djaména, qui ont imaginé la mise en place d’un Conseil de transition composé de toutes les forces sociales de la nation. C’est ce Conseil de transition qui a élu Michel Djotodia par acclamation, à la tête du pays. Par la suite, il a approuvé, sans broncher, toutes les exigences de la CEEAC (Gouvernement d’union nationale de transition, Charte de la transition, Cour constitutionnelle de transition, Autorité nationale des élections, etc.). Il a, aussi, accepté de se retirer à la fin de la transition et de ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle. C’est aussi le cas du premier ministre, Nicolas Tiangaye, et du président du CNT, Ferdinand Alexandre Nguendet.

 

A noter que le gouvernement d’union nationale de transition, actuellement, en exercice, en RCA, renferme toute la classe politique y compris les représentants du parti de François Bozizé, sans oublier la société civile. Depuis la promulgation de la Charte de transition, le premier ministre a droit de contreseing sur les décrets importants que signe le chef d’Etat de transition. Michel Djotodia, peut aussi être utile à la sous-région. N’a-t-il pas noué un contact très utile avec le leader de la LRA Joseph Kony, qui n’en finit pas de défier les Américains, les Ougandais et toute la communauté internationale ?

 

Michel Djotodia a été adoubé par ses pairs africains notamment ceux de l’Afrique centrale

 

A l’exception du Cameroun où il n’a pas encore été invité, il s’est déjà rendu au Tchad, au Congo-Brazzaville, au Gabon, en Guinée équatoriale, au Soudan, au Burkina-Faso, au Bénin, au Kenya,  et au Sénégal. Il a été accueilli en frère par les chefs d’Etat de ces différents pays qui lui ont ouvert les bras et prodigué des conseils. Il se concerte et consulte, régulièrement, ses pairs de la sous-région, notamment, le chef d’Etat du Congo-Brazzaville qui est le médiateur et président du Comité de suivi de la crise centrafricaine et, le président tchadien, qui disposent des plus gros effectifs de soldats dans les contingents des Forces de l’Afrique centrale (FOMAC) qui devront intégrer celles de la MISCA, le 19 décembre 2013.

 

Michel Djotodia a pris des mesures courageuses

 

Quitte à déplaire à certains de ceux-là mêmes qui l’ont accompagné au pouvoir, Michel Djotodia n’a pas hésité, un seul instant, à mettre aux arrêts et, à traduire en justice, Moussa Mohamed Dhaffane, chef du CPSK, un des mouvements politico-militaires de la coalition initiale Séléka, voire, à dissoudre purement et simplement cette dernière lorsqu’il s’est rendu compte qu’on mettait un peu trop facilement sur son dos, la plupart des exactions commises par des bandits de grands chemins et autres désoeuvrés recalés du recrutement dans les FACA du temps de Francis Bozizé et qui sont venus spontanément grossir les rangs de Séléka. Ceux-là pullulent hélas dans le pays.

 

Michel Djotodia n’hésite pas à descendre sur le terrain pour désarmer et limoger certains éléments Séléka qui jouent aux « Seigneurs de guerre » en empochant pour eux-mêmes au détriment de l’Etat, les recettes fiscalo-douanières ou celles du pont bascule au PK 12 de Bangui ou même les taxes d’abattage des bœufs aux abattoirs de Ngola.

 

Très récemment, il a également dissout par décret, le service de renseignement d’Etat, le Comité extraordinaire pour la défense des acquis démocratiques (CEDAD) dirigé par le numéro deux de la coaltion Séléka, Nourredine Adam, au sujet duquel, ont pesé de forts soupçons d’être transformé en lieu de tortures.

 

François Bozizé, principal malheur de la RCA

 

A propos de Bozizé, il faut souligner sa grande responsabilité dans la décrépitude de l’Etat centrafricain avant même qu’il ne soit balayé du pouvoir. Il est fortement animé d’un esprit de haine et d’une grande soif de vengeance. Aujourd’hui, il prétend sur Radio France Internationale soutenir l’intervention de l’armée française, mais n’est-ce pas lui qui a fait caillasser en payant des jeunes désoeuvrés, la chancellerie de France, à Bangui, en décembre 2012 ? En réalité, cette intervention de l’armée française qu’il avait sollicitée auprès de François Hollande, à l’époque, pour empêcher l’entrée, à Bangui, de Séléka mais qui lui a été refusée, ne peut, actuellement, arranger ses calculs de retour au pouvoir. L’attaque de Bangui, le jeudi 5 décembre dernier, visait à renverser le régime de transition pour s’emparer du pouvoir avant l’adoption, ce jour là-même, de la résolution 2127 du Conseil de sécurité des Nations-Unies devant autoriser la France à intervenir, militairement, en RCA. Mal lui en a pris. Il porte, donc, la redoutable responsabilité des nombreux morts (près de 500 personnes en 72 heures). C’est sans précédent en Centrafrique. 

 

Jean Paul Tédga,

 

envoyé spécial à Bangui

CENTRAFRIQUE : NE PAS JETER LE BEBE AVEC L’EAU DU BAIN par Jean Paul TEDGA
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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 23:41

 

 

 

 

 

 

 

Le Centrafrique connait une situation gravissime où les musulmans tuent les chrétiens et vice versa, dans l’indifférence, voire, l’impuissance générale. En l’espace de quelques mois, le pays a basculé dans une barbarie indescriptible. Nous avons voulu comprendre le pourquoi et le comment, en nous rendant chez les leaders des trois communautés religieuses, les plus en vue du pays, afin de les écouter et recueillir leurs témoignages et doléances. Il s’agit de l’imam Oumar Kobine Layama, président de la Communauté islamique centrafricaine, de Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui et du révérend pasteur Nicolas Guerekoyame-Gbangou, vice-président de l’Union des églises évangéliques Elim.

 

Afrique Education : Comment se portent les relations entre votre religion et les autres que vous côtoyez tous les jours ?

 

Imam Oumar Kobine Layama : Les relations entre les communautés religieuses chrétienne et musulmane, ne datent pas de nos jours. Depuis l’indépendance, il y a toujours eu une très bonne cohabitation entre les deux communautés religieuses, dans tous les espaces de vie. Jusqu’à récemment où la politique a instrumentalisé nos communautés, nous n’avions pratiquement rien à signaler. Il n’y avait jamais eu un conflit direct malgré quelques petites mésententes entre éleveurs et agriculteurs. Rien de bien méchant.

 

Mais à partir de décembre 2012, la politique a instrumentalisé l’action de Séléka. Nous avons senti que les autorités de l’époque (pouvoir de François Bozizé, ndlr) préparaient les esprits. Ils s’adressaient à leurs partisans en ces termes : « Vos ennemis sont des djihadistes de l’Arabie Saoudite et du Qatar. Allez les chercher dans les concessions. Si on brûle une église, on brûle une mosquée ».

 

Face à ce discours de haine, nous avons, de notre côté, prêché la tolérance. Je dois ajouter que ces ennemis de notre religion n’ont pas réussi. Ils ont simplement profité de l’action de Séléka pour instrumentaliser les gens.

 

Nous avons constitué une plateforme pour que les Centrafricains ne puissent pas adhérer à cet esprit de haine. A Bossangoa, nous (l’archevêque Dieudonné Nzalaipanga, le pasteur Nicolas Guerekoyame-Gbangou et moi-même) sommes allés, début novembre, parler à tout le monde, aux fidèles de nos différentes églises. Car il faut dire que les deux communautés (chrétiens et musulmans) ont peur de la mort.

                                                                                                                                                                              

Mgr Dieudonné Nzapalainga : Aujourd’hui, il y a beaucoup de suspicion, beaucoup de méfiance. L’amalgame dans la tête des uns et des autres, et de part et d’autre. Par exemple, parfois, chez certains chrétiens, on pense que Séléka = musulman. C’est un raccourci inacceptable. Etant donné que les  Séléka ont fait des razzias, cela veut dire, pour la plupart de personnes, que ce sont les musulmans qui ont pillé. L’expression « Match Retour » qu’on entend souvent veut dire que, quand ce président (de transition) va partir, ce sera notre tour.

 

Du côté des musulmans, on pense que pendant des années, les chrétiens ont été les plus grands bénéficiaires de la situation. Maintenant, c’est le tour des musulmans. Voilà ce que nous entendons des gens qui parlent librement.

 

L’exemple type de cette situation, c’est ce qui se passe à Bossangoa : les chrétiens sont partis se réfugier à l’évêché tandis que les musulmans occupent l’Ecole de Liberté. Les deux communautés se regardent, s’observent. Ce qui faisait l’amitié, hier, entre les deux, s’est brisé. Il y a un repli sur soi. Un repli communautaire, un durcissement certain des comportements. Certains extrémistes en profitent, alors que l’affaire est déjà complexe.

 

En tant que responsables religieux, nous avons toujours dit « Non » à cette situation. Cette guerre n’est pas religieuse. Au départ, en écoutant Séléka, il n’y a rien de religieux dans son discours

 

Révérend pasteur Nicolas Guerekoyame-Gbangou : Il faut qu’on situe les relations au niveau individuel avant de parler de communautés. On peut aussi parler des relations entre vous et moi. Au niveau des trois leaders des trois grandes communautés religieuses, nous sommes ensemble. Au niveau des individus qui composent ces trois communautés, le problème ne se pose pas. Nous avons une longue histoire commune. Mais là où on  pourrait affirmer avec mesure que tout ne va plus très bien, c’est à cause de l’interposition du politique.

 

Bozizé avait voulu instrumentaliser la religion vers la fin de son mandat. Nous avons refusé. Moi comme responsable de l’Union des églises évangéliques, nous avions dit « Non » au soutien à sa démarche.

 

Au niveau individuel, on se parle. On cohabite dans les villages. Sur le plan communautaire, on fait aussi tout pour être ensemble. Nous revenons de Bossangoa où nous trois (l’archevêque, l’imam et moi-même) avons tenu le même langage. Absolument le même : nous avons dit que c’est un conflit politique qui est en train de se transformer en conflit religieux. Et rien d’autre. Nous allons résister jusqu’à ce que nos fidèles comprennent, tous, que certains hommes politiques ne puissent pas assouvir leurs instincts sur eux.

 

Afrique Education : Paris et Washington ont parlé de situation pré-génocidaire entre les deux communautés religieuses. Ressentez-vous ce danger sur le terrain ?

 

Imam Oumar Kobine Layama : Si nous acceptons une situation génocidaire, nous aurons ouvert la porte et, là, les terroristes pourront venir. Inch’Allah, nous ne sommes pas à ce niveau du danger, mais c’est une sonnette d’alarme et nous devons être extrêmement attentifs.

 

A mon avis, je pense que la situation n’est pas encore arrivée à ce stade. Les responsables religieux travaillent ensemble, en étroite concertation. Ailleurs, quand il y a une guerre religieuse, les actions sont planifiées au niveau des responsables et non de la base.

 

Mgr Dieudonné Nzapalainga : Je prends cette alerte au sérieux. Ce sont des sonnettes d’alarme, des signes précurseurs qui nous laissent présager que quelque chose se passe. Faisons attention.

 

Fin septembre, je suis allé, à Bogangolo, vers Bouka, qui est une sous-préfecture. Dans cette localité, il y avait 25 Séléka. Quand je suis arrivé, il n’y avait plus aucun. J’ai demandé où sont nos frères musulmans ? J’ai tenu trois réunions. Toutes les maisons avaient été brûlées, les biens détruits. Les chrétiens, seuls, étaient sur place et ils faisaient de l’autodéfense. Ce sont des signes précurseurs que je relève.

 

Quand on dit pré-génocide, les chrétiens nous disent qu’on doit défendre la terre des chrétiens. A la troisième réunion, ils ont accepté les gendarmes, mais pas des gendarmes musulmans.

 

Je suis allé à Bangassou avec l’imam Oumar Kobine Layama à deux reprises en novembre, et une fois, avec lui et le pasteur Nicolas Guerekoyame-Gbangou, à Bossangoa. 5 jeunes venaient de perdre leur vie dans cette localité où on a passé la nuit. Le lendemain, on devait tenir une réunion entre chrétiens et musulmans. La situation était tellement tendue. On était en train d’atteindre un point de non retour. On a attaqué les musulmans, et ce sont les prêtres qui les ont protégés en les cachant au presbytère. Les Anti-Balaka, à Bossangoa, utilisent des fétiches. L’imam a été menacé : « Sortez-le pour qu’on le tue », tonnaient-ils à l’endroit de l’imam. C’est alors que je suis sorti pour leur dire : « Moi, je suis de Bangassou. Vous n’avez qu’à me tuer d’abord…». Les signes d’alerte sont là. Les gens ont une haine communautaire et ils veulent en découdre. Attention à la goutte d’eau qui fera déborder le vase.

 

Révérend pasteur Nicolas Guerekoyame-Gbangou : J’avais suivi RFI qui annonçait ce danger. Quand on dit pré-génocide, ça veut dire qu’on est au seuil du génocide. On est à quelques pas. Tenez : les Séléka se réclament musulmans civils. Les Anti-Balaka se revendiquent chrétiens. Quand ces guerriers qui s’affrontent ne font pas la différence sur le terrain des combats, il y aura des réactions automatiquement. Il faut donc éviter l’amalgame. On l’a vécu à Bossangoa. On est en train de le vivre dans le reste du pays. A cause de cela, on a eu des morts au nom de la chrétienté ou au nom de l’islam alors que les victimes n’y étaient pour rien.

 

Quant à dire que le génocide se prépare, je n’ai pas encore des éléments pour l’affirmer. Par exemple, le complexe scolaire (Elim Bangui-Mpoko) compte 1.600 élèves. Plus de la moitié de l’effectif sont musulmans. Dites-moi, quand on va parler de génocide, le jour où on va fermer le portail, on fera sortir les enfants chrétiens et on restera tuer les musulmans ? Non, ça ne se fera pas ici.

 

Afrique Education : Que faire pour ramener une sérénité totale comme avant, entre les deux communautés ?

 

Imam Oumar Kobine Layama : Nous demandons vivement que la communauté internationale nous vienne en aide sur le plan sécuritaire en soutenant les efforts du gouvernement de transition sur tout le territoire. Il faut soutenir les acteurs de la paix et de la réconciliation pour dissiper cet esprit de haine.

 

Dans le domaine humanitaire, il faut aussi vite réagir. Nous entrons dans la saison sèche où les paysans devaient cultiver, mais rien n’est fait. Il risque donc d’avoir une famine qu’il faudrait d’ores et déjà prévenir et faire à ce que l’année prochaine, les paysans puissent cultiver normalement leurs champs.

 

Mgr Dieudonné Nzapalainga : Il faut dire aux gens de ne pas faire l’amalgame. Nous devons conscientiser. Nous n’avons pas d’armes. Nous désarmons la haine. Nos armes, c’est la parole de Dieu, la paix que nous prêchons. Nous disons que nous devons vivre en complémentarité.

 

Il faut que les communautés se rencontrent (arbres à palabres), pour se dire des choses au lieu de prendre des armes. C’est une thérapie. Il faut aussi faire tomber les préjugés.

Il faut que la justice passe car l’impunité nous a conduits là où nous sommes aujourd’hui. Il faut réparer ce qui a été détruit pour passer le message aux différentes générations. Il faudrait, aussi, des lieux où chrétiens et musulmans peuvent se retrouver ensemble, comme l’hôpital, l’école.

 

Révérend Nicolas Guerekoyame-Gbangou : Nous le faisons au niveau de la plateforme de confessions religieuses. Il faut d’abord parler du désarmement des cœurs avant de parler de désarmement. A Bossangoa, j’ai dit que c’est nous qui avions la clé (Bible, Coran). Si nous prêchons avec efficacité ce message, on désarmera les gens haineux.

 

Ensuite, on fait la politique pour le bien-être des populations. On ne doit pas faire la politique pour la distinction des peuples. Sinon, après avoir exterminé tout le monde, va-t-on gouverner les arbres ? Il faut donc que les politiques révisent leur façon de faire de la politique. On tue, on tue, on tue, puis on se réconcilie et on recommence.

 

Enfin, je m’adresse à la communauté internationale qui n’attend que les cendres pour intervenir. Quand Bozizé a commencé son discours de haine, en décembre 2012, nous avons tiré la sonnette d’alarme. On n’a pas été compris. On a demandé le secours à la communauté internationale. Elle vient aujourd’hui après qu’il y ait eu des morts et des morts. Et quand je parle de communauté internationale, je fais référence aux grandes puissances.


Propos recueillis à Bangui  par Jean Paul Tédga

RCA : Dans Afrique Education, L’IMAM, L’ARCHEVEQUE ET LE REVEREND PASTEUR : « AIDEZ-NOUS » !
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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 23:30

 

 

 

 

 

 

Le président de transition, Michel Djotodia, ne se répand pas beaucoup dans les journaux. Cette interview est sa première grande sortie dans la presse écrite internationale. Il passe tout en revue et n’esquive aucune question d’actualité. 

 

Afrique Education : Cette interview se fait dimanche lundi 2 décembre, au Camp de Roux, soit 4 jours avant le Sommet de l’Elysée sur la Paix et la Sécurité, auquel participent les dirigeants européens, le secrétaire général des Nations-Unies et la quasi-totalité des chefs d’Etat africains sauf quelques-uns dont vous-même. Etes-vous frustré de ne pas y avoir été invité ?

 

Michel Am Non Droko Djotodia : Absolument pas. Le gouvernement français m’a fait savoir qu’il respecterait les principes de l’Union africaine (de ne pas inviter à des conférences internationales des chefs d’Etat issus de putschs, ndlr). Je serai donc, valablement, représenté par le premier ministre de transition, Nicolas Tiangaye, qui parlera en mon nom.

 

Bangui, la capitale que je connais, donne l’image d’une ville à l’abandon. Sous Ange-Félix Patassé, je l’avais visitée trois fois. En 1995, Afrique Education avait même organisé un séminaire de spécialisation des journalistes en éducation et formation avec le ministre Mberio. Sous François Bozizé, quand j’y suis venu, en 2009, son état était déjà catastrophique. Je me souviens qu’après la pluie, en pleine ville, il était impossible de circuler à pied à cause du mauvais état des routes, avec des nids de poules contenant de flaques d’eau. Le moindre automobiliste malveillant vous salissait le pantalon. Aujourd’hui, Bangui que je visite me laisse tout simplement sans voix. Est-ce que je noircis, volontairement, le tableau ?

 

D’abord, on souhaiterait que vous reveniez former nos jeunes journalistes. Ils en ont besoin. Ce que vous dites sur l’état de la vie n’est que la vérité. Le pays a sombré. En dix ans, Bozizé a conduit la RCA dans l’abîme. L’insécurité est totale. L’économie est délabrée. Rien, absolument rien, ne marche. J’ai trouvé le pays dans un chaos indescriptible. Un véritable désastre.

En 2008, ses enfants, ses neveux et lui-même, avaient racketté les bureaux de diamants. Il n’y a plus rien en Centrafrique. A cause de sa malgouvernance, l’insécurité a fait partir toutes les entreprises minières, forestières et industrielles, qui opéraient dans l’arrière-pays. A Bangui, il n’y avait déjà pas grand-chose. Cette situation a généré un grand mécontentement dans le pays. Quand je suis arrivé, je n’ai rien trouvé. Je ne savais même pas par où commencer pour relancer la machine.

 

On m’a montré quelques ponts cassés que vous aviez remis en service et des axes routiers pleins de trous que vous êtes en train de refaire. Où trouvez-vous les moyens que Bozizé visiblement n’avait peut-être pas ?

 

En tant que patriote, je me débrouille avec le peu de moyens dont je dispose. Les aides que mes homologues chefs d’Etat me donnent, m’aident énormément à essayer de parer au plus pressé. Sinon, il me serait impossible de faire quoi que ce soit. Je profite d’ailleurs de l’occasion que vous me donnez pour les remercier car ils me tendent la main en attendant que les bailleurs de fonds prennent le relai.

 

Je dois quand même vous dire que Bozizé s’est comporté comme un ennemi de la RCA. Sinon comment comprendre qu’avant de partir, il ait détruit jusqu’aux ordinateurs et imprimantes des bureaux, cassé les portes et les fenêtres, saccagés le parc de Mercedes Benz de la présidence, et placé des mines antipersonnel partout ?

 

Vous avez pris le pouvoir pour mettre fin à la situation qui prévalait sous Bozizé. Laissons d’abord les questions économiques pour parler de paix et de sécurité sur l’ensemble du territoire. On en est loin. La sécurité n’est pas garantie, même à l’intérieur de Bangui. Cela est dû à quoi ?

 

C’est exact. J’ai hérité d’une situation catastrophique mais je voudrais laisser un pays debout. Je ne cesse de le répéter. Je dis : « Aidez-moi », sinon, on n’y  parviendra pas. Le pays est étendu sur 623.000 km². Cela dit, je garde la patience du varan. L’insécurité qui prévaut dans le pays est le fait de Bozizé. Quand il a vu que la fin de son deuxième et dernier mandat approchait alors qu’il voulait s’accrocher au pouvoir en piétinant la constitution, il s’est mis à tenir un discours qui en rajoutait à l’insécurité ambiante. Il a beaucoup utilisé la radio d’Etat pour faire passer ses messages de haine. Il invitait les Centrafricains à prendre les armes. Vous avez entendu parler des gens comme Lévi Yakité, Steve Yambété et autres. Ils ont été utilisés pour mobiliser les Centrafricains à la défense du pouvoir de Bozizé. Il a distribué des armes de tous calibres à la pelle. A l’heure où je vous parle, les armes sont partout, surtout, entre les mains des personnes qui ne devraient pas en disposer. C’est une situation vraiment dangereuse. Je ne sais pas s’il a réellement mesuré les conséquences de se actes.

 

Les Centrafricains pensent aussi que les Séléka ont amplifié cette situation d’insécurité, et que vous ne faites pas grand-chose pour y mettre un terme.

 

Je dois d’abord dire que les frontières de la RCA sont poreuses. Les bandits entrent sans contrôle, s’installent comme bon leur semble et disent qu’ils sont des Séléka. On n’a pas les moyens de vérifier puisque l’administration préfectorale et sous-préfectorale ne fonctionne pas dans l’arrière-pays. Voilà pourquoi ces trafiquants de toutes sortes, ces coupeurs de route, ces bandits de grands chemins, viennent chez nous, librement, faire leur marché. C’était déjà le cas sous Bozizé. La seule différence, c’est que, aujourd’hui, l’insécurité s’est beaucoup accrue dans le département de l’Ouham qui est son département d’origine. Je pose la question de savoir, pourquoi c’est seulement dans ce département sur les 14 que compte le pays, qu’on parle de génocide ? Il y a beaucoup de manipulation chez Bozizé et ses partisans. Il y a certes des difficultés, la pauvreté est réelle, mais on fait tout pour y faire face. A l’archevêché de Bossangoa, les gens sont nourris, soignés, sans frais. Conséquence, beaucoup d’autres viennent quand bien même ils ne sont pas dans le besoin.

 

Où se trouve présentement François Bozizé ?

 

Au moment où je vous parle, il est à Entebbe, en Ouganda, depuis 2 jours. Mais, il y a 5 jours, de cela, il était à Douala au Cameroun, pour y prendre part à une réunion.

 

Il y a aussi beaucoup d’insécurité dans cette partie du pays.

 

L’insécurité vient, essentiellement, de la présence de Joseph Kony (leader de la LRA) et ses hommes. Bozizé avait sous-traité la sécurité de l’extrême Sud-Est du pays. Obomou a été sous-traité à Museveni (président ougandais, ndlr). Les troupes ougandaises font ce qu’elles veulent dans cette zone. Les Etats-Unis y possèdent aussi des hommes. Sans résultat pour le moment.

 

Que faut-il faire alors ?

 

Il faut procéder au ramassage des armes. Il faut, aussi, désarmer des éléments incontrôlés qui se font appeler Séléka. Les prisons sont vides et non réhabilitées. Il faut les remplir. Je précise que c’est moi qui ai réhabilité  la prison de Ngaragba. Il faut en outre construire des armureries pour stocker les armes. Il faut encadrer les Seleka qui sont sous contrôle. Il faut les nourrir et les soigner. Mais pour exiger des résultats de nous, la communauté internationale doit nous aider car le pays n’a rien du tout. Et sans moyen, je ne peux rien faire. Je termine en disant que les Anti-Balaka doivent aussi être maîtrisés. Ils sont cause de beaucoup de situations d’insécurité.

 

Qu’en est-il du conflit interreligieux dont on parle tant depuis quelques semaines ? Qu’est-ce qui ne va plus entre les chrétiens et les musulmans ?

 

Le conflit interreligieux n’a jamais existé. Dire qu’il y en a un ne correspond pas à la réalité. J’ai l’impression que certaines personnes veulent nous entraîner dans cette affaire-là pour des raisons que j’ignore. Nous ne les suivrons pas sur ce chemin. Les chefs religieux, eux-mêmes, le disent. Dans chaque famille centrafricaine, il existe, toujours, au moins, un musulman. Mais on compte des personnes qui veulent nous créer des problèmes là où il n’y en a pas.

 

Prenez l’exemple de Senghor qui était chrétien dans un pays à 95% musulman. Abdou Diouf qui lui a succédé, bien que musulman, n’a-t-il pas une épouse chrétienne (Elisabeth Diouf) ? Abdoulaye Wade, tout musulman, qu’il est n’a-t-il pas une épouse chrétienne (Vivane Wade) ?

 

En Centrafrique, il y a environ 27% de musulmans. Au Cameroun, il y en a 30%. Pourquoi, dans les pays que je viens de citer en exemple, il n’existe aucun problème, seulement, en Centrafrique ?

 

Pour notre sécurité en Centrafrique, le Cameroun nous envoie un hélicoptère de combat, la Guinée équatoriale, deux hélicoptères de combat, le Tchad nous envoie deux avions de chasse et le Congo un hélicoptère de transport. Ces appareils qui sont attendus avant le 19 décembre, ne viennent pas uniquement pour les musulmans ou les chrétiens. Ils viennent pour aider à sécuriser le pays tout entier.

 

J’ajoute pour terminer sur ce chapitre que notre pays connait ses réalités propres. La notion de pauvreté chez nous, n’a rien à voir avec la pauvreté dans les pays occidentaux. En Centrafrique, les gens vivent dans la souffrance, dans la pauvreté depuis des décennies. Cela est le cas depuis toujours. En braquant les projecteurs comme c’est le cas depuis quelques mois sur notre pays, on peut penser que cette situation est récente. Non, elle est bien ancienne sinon elle a toujours existé. Il faut donc relativiser.

 

3.500 militaires africains épaulés par 1.200 soldats français pour sécuriser le large territoire centrafricain, est-ce suffisant quand on compare cette situation à celle de la République démocratique du Congo où le Kivu à lui seul, deux à trois fois moins étendu que le Centrafrique, mobilise 6 fois plus de casques bleus ?

 

On est à 3.650 soldats africains. On va aller jusqu’à 4.000 soldats africains. Le chiffre convient à la situation centrafricaine. Au moment où je vous parle, il n’y a pas de guerre civile et rien ne permet de revoir à la hausse ce chiffre. Mais si le besoin se faisait sentir, on augmenterait ce chiffre sans tarder, maintenant que les Nations-Unies gèrent, directement, le dossier centrafricain.

 

Dès que les armées françaises et africaines vont se déployer sur le terrain, vous verrez que les Anti-Balaka disparaîtront de la circulation. Le grand combat qui nous attend, c’est au niveau de l’humanitaire et de la réduction de la pauvreté. Mais il faudra d’abord sécuriser le pays sur les 623.000 km². Il nous faudra bâtir une armée forte et une gendarmerie professionnelle dans l’arrière-pays. Voilà pourquoi nous demandons les moyens à cet effet. Nous ne plaçons pas la charrue avant les bœufs.

 

Vous semblez optimiste ?

 

On se bat pour s’en sortir. On copie les modèles qui marchent bien pour les adapter chez nous. On doit relever le pays qui est en pleine déconfiture. Quand on sera à la retraite, il faudra laisser une situation qui nous permettra de toucher nos pensions. Je suis très réaliste.

 

L’intervention de la communauté internationale doit aussi aider le Centrafrique à relancer son économie et son développement. Mais pour qu’une telle relance soit efficace, encore faudrait-il que certains préalables soient réunis. Tel n’est pas le cas. De l’avis général, l’administration centrafricaine est incompétente. Dans la fonction publique, on travaille peu et mal. Est-ce faux ?

 

Il faut qu’on se dise la vérité. Il y a des problèmes. Mais la RCA a des cadres compétents. Il n’en manque pas. Si jamais c’est le cas, on peut en solliciter de très bons à l’extérieur. Comme tout à l’heure, je vous demandais de venir encadrer nos journalistes.

 

Vos ministres sont aussi critiqués. A quand la formation d’un nouveau gouvernement ?

 

Il faut faire des retouches. Je vais voir ce problème avec le premier ministre. Il faudra remanier avant le nouvel an. Ceux qui ne veulent pas travailler (il y en a quelques-uns) partiront. Le remaniement les surprendra. On ne l’annoncera pas pour éviter la démobilisation.

 

Les caisses de l’Etat sont vides. N’y a-t-il rien à faire pour les remplir ?

 

Nous sommes en train de prendre des mesures à ce sujet. Surtout au niveau de la douane. Le tronçon Beloko-Bangui est d’ores et déjà sécurisé. Ce sont les douaniers qui ne font pas bien leur travail. Il faudra voir ce problème.

 

La douane ne doit plus être un fourre-tout. Tout douanier devra être bien formé avant de le devenir. Les enfants et neveux de Bozizé supposés être déclarants en douane, avaient abusé de leur statut.

 

Sur les 670 millions d’euros que doit coûter la transition, les 10% que doit fournir la RCA, viendront essentiellement de la douane. Pour l’heure, on ne pas encore parler de fiscalité car toute l’économie du pays est par terre. Beaucoup d’entreprises doivent de l’argent à l’Etat.

 

Pourquoi tout bon musulman que vous êtes, ne demandez-vous  pas d’assistance aux pays du Golfe ?

 

Les pays du Golfe sont bien prêts à venir nous aider, mais, pour le moment, tout le monde nous noircit. Si je penche trop de ce côté, ne va-t-on pas m’accuser d’islamisme ? Je vous pose la question.

 

Les élections doivent se tenir en février 2015 comme le prévoit la Feuille de route de la CCEAC. Quel est l’agenda que vous avez mis en place pour y parvenir ?

 

Pour le moment, on va mettre en place la Haute autorité des élections avant fin décembre. Mais les partis politiques ne se dépêchent pas pour nous donner les noms de leurs candidats pour la mise en place de cette Haute autorité. S’ils ne le font pas, on sera obligé de traîner ce processus jusqu’en janvier.

 

C’est cette Haute autorité qui va établir l’agenda des élections. Sachez néanmoins que le code électoral est déjà en place depuis Bozizé. Il a été adopté en l’état par le Conseil national de transition (Assemblée nationale, ndlr). Ce code électoral prévoit les critères d’intégrité morale et les conditions à remplir pour briguer un mandat électif. Actuellement, nous sommes à la recherche des financements sachant qu’on doit éviter janvier, février, mars, avril et mai 2015 car c’est la saison de pluies où les routes sont impraticables dans certaines zones comme Birao. Quand on dit début 2015, il faut tout faire pour qu’en janvier ou février 2015, au plus tard, il y ait des élections, sinon ce serait impossible. Ou alors, le processus serait bâclé.

 

Je tire la sonnette d’alarme dès maintenant pour qu’on ne vienne pas m’accuser demain de faire de l’obstruction. Je demande les moyens, maintenant, pour organiser les élections à temps.

 

Vous-même comptez-vous vous présenter à cette présidentielle ?

 

Je me dois de respecter les Accords de Libreville. Moi-même comme le premier ministre, les ministres et conseillers nationaux, ne devons pas nous présenter à ces élections car nous les fausserions d’entrée de jeu.  Je veille personnellement à cela.

 

Que feriez-vous après ?

 

Je me retirerais de la vie politique, avec le sentiment d’avoir accompli mon travail, à savoir, libérer la RCA et la placer sur l’orbite du progrès.

 

Je resterais à la disposition de mon pays et de mon continent au regard de mon expérience personnelle. Mais je serais loin du pays pour qu’on ne m’accuse pas de vouloir déstabiliser le nouveau pouvoir.

 

Vos vœux ? C’est bien la période.

 

Mon souhait le plus ardent, c’est que la communauté internationale nous aide vite. Les soutiens tardent à venir. Est-ce parce que nous tenons encore ? Les gens souffrent beaucoup. On peut me sanctionner mais on ne doit pas sanctionner le peuple centrafricain.

 

Propos recueillis à Bangui  par Jean Paul Tédga

MICHEL DJOTODIA PARLE ! Interview exclusive dans Afrique Education  du 16 au 31 décembre 2013
MICHEL DJOTODIA PARLE ! Interview exclusive dans Afrique Education  du 16 au 31 décembre 2013
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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 20:04

 

 

 

 

 

 

 

http://www.bienpublic.com  15/12/2013 à 16:42 | AFP 

 

Le ministère de la Défense veut mettre un terme à une rumeur qui court depuis ce dimanche matin au sujet du président de la République…

 

François Hollande n’a « absolument pas » été en danger mardi soir, lors de sa rencontre à l’aéroport de Bangui avec le président de transition centrafricain, qui était normalement accompagné de sa garde présidentielle, composée de membres de l’ex-Séléka

 

En affirmant cette phrase, le ministère de la Défense veut calmer le jeu… Interrogé sur des informations de presse selon lesquelles le président aurait été en danger lors de sa rencontre avec le président de transition Michel Djotodia, ex-chef de la rébellion Séléka, à l’aéroport M’Poko de Bangui le 10 décembre au soir, le ministère a répondu : « Absolument pas ».

 

Le président de transition est certes arrivé avec 10-15 hommes armés de l’ex-Séléka, mais « ces hommes sont les hommes de la garde personnelle du président Djotodia, qui a le droit d’en disposer », a-t-on expliqué dans l’entourage du ministre de la Défense Jean-Yves le Drian.

 

Ces gardes, qui « assurent la sécurité directe de M. Djotodia, l’ont accompagné vers le salon où s’est déroulé l’entretien, dans la zone civile de l’aéroport M’Poko de Bangui, sans jamais faire peser de risque sur la sécurité du président de la République française », a souligné le ministère dans un communiqué.

 

En effet, « conformément aux consignes données par la force Sangaris et par les forces africaines de la FOMAC, respectant strictement le mandat confié par les Nations Unies le 5 décembre dernier, M. Djotodia peut jouir d’une protection rapprochée et personnelle », a-t-il rappelé.

 

« Le groupement de sécurité du président n’a en rien été débordé ; on était dans le cadre de consignes normales », a-t-on précisé au ministère. Qui a rappelé qu’environ 2 000 éléments armés de l’ex-Séléka étaient cantonnés actuellement à Bangui.

 

Le ministère a d’ailleurs souligné qu’une « procédure identique » avait été suivie lors de l’entretien de vendredi entre le chef d’Etat de transition et Jean-Yves Le Drian.

 

Interrogé dimanche matin au Grand Rendez-vous Europe1/itélé/Le Monde sur le danger encouru par le président Hollande lors de son passage éclair à l’aéroport de Bangui, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui était du voyage, avait lui-même répondu : « Je n’ai absolument pas entendu parler de ça […] En général, je suis au courant ».

 

 

Centrafrique : Fabius souhaite un "concours plus fort" de l'Europe

 

 

Le Point.fr - Publié le  - Modifié le 

 

Le chef de la diplomatie française va demander lundi à Bruxelles aux Européens de soutenir l'intervention en Centrafrique.

 

La France va demander un "concours plus solide, plus fort" de ses partenaires européens lors du Conseil Affaires étrangères lundi à Bruxelles, pour soutenir l'intervention en Centrafrique, a déclaré dimanche Laurent Fabius, le chef de sa diplomatie. "Je ne serais pas choqué qu'ils (les Européens) soient davantage là", a souligné le ministre lors du Grand rendez-vous Europe 1, i>Télé, Le Monde. "Je demanderai (lundi) qu'il y ait un concours plus solide, plus fort." Y compris sur le terrain, a-t-il dit. 

 

"Les Polonais seront avec nous sur le plan logistique, les Britanniques, les Allemands, les Espagnols, les Belges", a ajouté Laurent Fabius. Certains de ces pays pourraient-ils aller au-delà d'un soutien logistique et fournir des militaires ? "Deux d'entre eux sont en train de s'interroger, j'espère qu'ils le diront", a répondu le ministre, sans les citer.

 

Laurent Fabius a reconnu que la France se retrouvait seule à avoir la capacité d'intervenir. "C'est un vrai gros problème", a-t-il dit tout en évoquant la mise sur pied "de la force interafricaine d'action rapide qui sera capable d'ici deux ans d'intervenir dans ce type de crise", grâce à la coopération des Africains et des Européens. 

 

Un "désarmement impartial"

 

Avec véhémence, Laurent Fabius s'est inscrit en faux contre la critique d'un journaliste qualifiant de "peu opérationnelle" la force africaine (Misca) qui intervient en Centrafrique avec l'armée française. "Vous êtes allés la-bas ? Non. Je peux vous dire que ces gens sont courageux et quand on est là, assis, à dire ils ne sont pas bons, qu'est-ce que c'est que ça ! Ce sont des gens formidables", a dit le ministre, passablement énervé.

 

Il a également récusé les accusations selon lesquelles l'armée française aurait d'abord désarmé les musulmans à travers les milices Séléka, ce qui aurait permis des représailles meurtrières des chrétiens. "Ne dites pas des choses inexactes. Les Séléka (...) conservent des armes et des armes parfois lourdes", a-t-il expliqué. "Donc, la première tâche, c'est d'aller désarmer ces armes lourdes", mais "on va aussi vers les chrétiens pour dire : 'il faut désarmer'", a-t-il assuré, évoquant à plusieurs reprises un "désarmement impartial".

 

"Quand vos amis sont sur le point d'être massacrés, quand l'organisation des Nations unies à l'unanimité vous demande d'intervenir, et quand vous êtes la France, vous allez là-bas pour désarmer, de manière impartiale, pour aider l'humanitaire et préparer la transition démocratique", a-t-il affirmé. "On ne regarde pas cela en sifflotant, on agit", a-t-il ajouté. "Si la France n'était pas intervenue avec les Africains, c'était la guerre civile." La France ne compte pas augmenter son contingent de 1 600 hommes, a-t-il dit.

 

Hollande « absolument pas » en danger lors de sa visite à l’aéroport de Bangui
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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 19:41

 

 

 

 

 

 

 

http://www.leparisien.fr/   Nathalie Schuck | Publié le 15.12.2013, 14h05 | Mise à jour : 14h33

 

 

Malgré l'incident grave qui s'est produit mardi avec des éléments de la Séléka, lors de sa visite aux soldats français de l'opération Sangaris à Bangui, François Hollande entend retourner le plus vite possible dans la capitale de la Centrafrique. 

 

 « Dans les semaines qui viennent », précisait même le président en marge de sa visite en Guyane, dont il est rentré ce dimanche matin. 


Alors qu'il a dû rester cantonné mardi, pour des raisons de sécurité, à la zone de l'aéroport de Mpoko où sont stationnées les troupes françaises, le chef de l'Etat espère pouvoir se rendre la prochaine fois dans le centre-ville de Bangui. Ces dernières heures, des exactions s'y produisaient encore.


En retournant sur place, le « chef de guerre » Hollande veut apporter une nouvelle fois son soutien aux militaires français, dont il a constaté sur place « les conditions sanitaires très difficiles». Mardi, il s'était aussi recueilli sur les dépouilles des deux soldats de 22 et 23 ans morts dans une embuscade. « Presque des enfants », soufflait-il après cette cérémonie « émouvante » et « lourde ». 

Centrafrique : Hollande veut retourner rapidement à Bangui
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