Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 16:05

 

 

 

 

 

 

http://www.franceinfo.fr   LE SAMEDI 28 DÉCEMBRE 2013 À 13:01 Par Jérome JadotGilles Gallinaro

 

REPORTAGE | François Hollande demande à l'ONU de jouer un rôle plus important en Centrafrique. Demande formulée dans la foulée de l'appel de l'imam et de l'archevêque de Bangui à l'envoi de casques Bleus. Comme les chrétiens, beaucoup de musulmans de la ville vivent dans la peur. Nos envoyés spéciaux Jérôme Jadot et Gilles Gallinaro se sont rendus dans un quartier musulman de la capitale.

 

Devant la petite mosquée du quartier Lakouanga épargné par les heurts, Aboubakhar monte la garde. "On ne sait jamais. Il y a trop de barbares en ce moment qui tuent des gens. Il y a des gens qui ont peur et qui ne viennent pas".

 

Devant quelques dizaines de fidèles, l'imam Oumar Koubine Layama, président de la communauté islamique centrafricaine juge que la crise actuelle n'est pas un conflit entre chrétiens et musulmans, toutes deux victimes des mêmes milices. "Le phénomène n'a pas épargné les musulmans. Nous avons des preuves : il y a eu des pillages et des viols, notamment d'une petite fillette de deux ans".

 

Des propos qui dénotent. La plupart des récits d'exactions que nous avons recueillis concernent des groupes armés d'une communauté contre une autre dans des quartiers aujourd'hui à feu et à sang. Mais pour l'imam, il s'agit surtout d'une instrumentalisation politique.

 

A 50 mètres de là, un convoi exfiltre plusieurs centaines de Tchadiens vers leur pays. 58 d'entre eux ont été récemment tués selon les autorités locales.

 

"Ils se sentent en insécurité. Le Tchad nous a toujours secourus. C'est avec peine que nous voyons nos frères tchadiens quitter le territoire centrafricain", regrette Abderrahmane, coordinateur de la mosquée.

 

Un exode qui amputera inévitablement la communauté musulmane de Bangui. N'djamena dit avoir reçu 40.000 demandes de transfert. 

 

Par Jérome JadotGilles Gallinaro

Centrafrique : la peur de la communauté musulmane
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 15:54

 

 

 

 

 

 

 

http://radiookapi.net   mise à jour le 27 décembre, 2013 à 5:07 

 

Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende Omalanga, a indiqué vendredi 27 décembre que la RDC continue à recevoir les réfugiés venant de la Centrafrique, pour des raisons humanitaires, malgré la fermeture officielle de la frontière. Ces 50 000 réfugiés et autres ressortissants congolais revenant de la RCA sont pris en charge par le gouvernement congolais à travers la Commission nationale des réfugiés (CNR).

 

Selon le porte-parole du gouvernement, la frontière entre les deux pays a été fermée aussitôt que les débordements en Centrafrique avaient causés, il y a plusieurs semaines, la mort de quelques centaines de personnes.

 

Depuis, elle a été ouverte plusieurs fois au niveau du territoire de Zongo afin d’accueillir les populations fuyant les atrocités commises par les rebelles de l’ex-Seleka en RCA, a affirmé Lambert-Mende.

 

«Nous avons déployés une équipe de la commission nationale des réfugiés, CNR, qui relève du ministère de l’Intérieur. La police, également, a été déployée pour une surveillance beaucoup plus accrue. Notre ministre de l’Intérieur est descendu sur place pour superviser ce nouveau dispositif. De même que la police des frontières et la direction générale des migrations», a-t-il expliqué.

 

Le ministre des médias indique en outre que le déploiement, en RCA, d’un contingent des Forces armées de la RDC (FARDC), dans le cadre de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), devrait être achevé dans une dizaine de jours.

 

Par ailleurs, le gouvernement enquête sur les allégations de soutien accordé par des militaires ougandais aux rebelles ougandais ADF/Nalu, dans l’attaque de la localité de Kamango, dans le Nord-Kivu. Cette attaque avait finalement été repoussée par les FARDC.

La RDC reçoit les réfugiés centrafricains malgré la fermeture de la frontière
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 15:23

 

 

 

 

 

 

 

http://www.ladepeche.fr   28/12/2013 à 08:16, Mis à jour le 28/12/2013 à 08:25

 

Exactions et vengeances s’enchaînent à Bangui où les troupes françaises éprouvent des difficultés à rétablir l’ordre entre chrétiens et musulmans. Le spectre de l’enlisement pour la France est bien réel. François Hollande a demandé que les Nations unies «jouent un rôle plus important encore dans la période de transition en Centrafrique».

 

Le calme ne parvient pas à revenir en Centrafrique. La présence militaire française était massive hier dans les rues de Bangui où des tirs ont encore retenti durant la nuit, alimentant la confusion parmi la population, le bilan des violences ne cessant de s’alourdir.

 

La Croix-Rouge ne dispose pas d’un état complet, mais certaines estimations font état d’un millier de personnes tuées par balle ou à l’arme blanche depuis le 5 décembre. Chaque jour apporte son lot de morts. Hier matin, au moins un civil a été tué et plusieurs enfants blessés par des grenades lancées par des soldats tchadiens de la Misca qui protégeaient un convoi de leurs compatriotes civils fuyant la ville. Dans la nuit, des tirs nourris ont été entendus aux abords immédiats du palais présidentiel et du camp militaire de Roux qui le jouxte, où réside le président de transition Michel Djotodia. Une quarantaine de cadavres ont été ramassés dans la ville depuis mercredi, selon le Comité international de la Croix rouge (CICR). «Une soixantaine» de corps a également été retrouvée lundi dans la capitale, selon un porte-parole du CICR. «Certains étaient encore ligotés, d’autres avaient de larges entailles à l’arme blanche, ce qui nous fait penser qu’ils ont peut-être été torturés avant leur décès», a indiqué le magistrat, estimant probable que «les victimes ont été tuées avant et déposées là ensuite».

 

Les soldats français et les troupes de la Misca peinent à calmer les violences qui se sont déclarées dans la ville. Bangui qui se découvre minée par les haines confessionnelles entre chrétiens et musulmans et des accusations visant les soldats tchadiens soupçonnés de soutenir les ex-rebelles Séléka.

 

La situation est tendue à l’extrême. D’où l’appel du président François Hollande, hier, à la communauté internationale. Au cours d’un entretien avec Ban Ki-moon, le président français a souhaité que «les Nations Unies jouent un rôle plus important» en Centrafrique. La réponse a été immédiate. Face à l’urgence, l’Onu a annoncé qu’elle comptait intensifier les préparatifs sur l’éventuel déploiement d’une force de maintien de la paix pour aider les forces françaises et africaines à contenir les violences.


Jean-Yves Le Drian au Sahel

 

Jean-Yves Le Drian se rendra la semaine prochaine au Mali, au Niger et au Tchad, dans le cadre du redéploiement programmé du dispositif militaire français, dans une région où sévissent toujours des groupes jihadistes.

 

Durant ce déplacement de quatre jours, le ministre de la Défense rencontrera les forces françaises sur le terrain et s’entretiendra avec les autorités de ces trois pays de l’évolution des forces françaises au Sahel. Le 31 décembre, Jean-Yves Le Drian sera à Bamako pour le traditionnel réveillon du ministre auprès des forces françaises en opex. Les 1er et 2 janvier, il se rendra à Niamey et N’Djamena, où il s’entretiendra avec les présidents nigérien, Mahamadou Issoufou, et tchadien, Idriss Deby. Début 2014, la France doit alléger son dispositif au Mali, où l’effectif de l’opération Serval doit être ramené en quelques semaines de 2 800 à environ un millier d’hommes, pour une durée indéterminée. Paris doit ajuster son dispositif militaire à la menace terroriste persistante dans la bande sahélienne, où selon un proche du ministre, les forces «sont engagées pour plusieurs années».

 

J.-P. B.

 
Centrafrique : le spectre de l'enlisement pour les soldats français
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 15:01

 

 

 

 

 

 

 

 

Au cours d'un entretien avec le secrétaire général des Nations unies, le chef de l'Etat a demandé un engagement plus important aux côtés de la France.

 

http://www.francetvinfo.fr   Mis à jour le 27/12/2013 | 21:36 , publié le 27/12/2013 | 20:19

 

 

La France se sent-elle seule en Centrafrique ? François Hollande s'est entretenu, vendredi 27 décembre, avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Il lui a demandé que les Nations unies "jouent un rôle plus important encore dans la période de transition en Centrafrique", a indiqué l'Elysée. Le chef de l'Etat a également insisté sur "l'action déployée par les Nations unies en vue de renforcer" la force africaine en Centrafrique, la Misca.

 

En l'état, la Misca "n’est absolument pas opérationnelle", estime l'ex-général Vincent Desportesinterrogé par francetv info"Le Tchad tend à privilégier les musulmans, tandis que le Burundi soutient plutôt les chrétiens", déplore-t-il. "Il n’y a donc qu’une seule vraie force sur le terrain : l'armée française, avec 1 600 hommes. C’est notoirement insuffisant pour assumer tout ce qu’il y a à faire."

 

Des Casques bleus pour remplacer la Misca ?

 

Lors du vote du Conseil de sécurité de l'ONU donnant mandat à la France pour intervenir en Centrafrique, le 5 décembre, la résolution envisageait la transformation de la Misca en force de maintien de la paix de l'ONU, mais à condition que le Conseil donne son feu vert.

 

De source proche du président français, on rappelle que le secrétaire général de l'ONU doit rédiger, "au plus tard" dans les trois mois, un rapport sur la transformation éventuelle de la Misca en une opération de maintien de la paix des Nations unies.

 

Vendredi, l'ONU a réagi à la demande de François Hollande en annonçant une intensification des discussions sur le sujet. "Des consultations supplémentaires entre des membres du Conseil de sécurité et l'Union africaine vont avoir lieu très rapidement dans les prochains jours", assurent les Nations unies.

 

Centrafrique : François Hollande appelle l'ONU à jouer "un rôle plus important"
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 14:58

 

 

 

 

 

 

 

28/12/2013 à 08:56 (AFP)

 

Des ressortissants tchadiens fuient Bangui en masse ce samedi. Accusés de soutenir les rebelles de l'ex-Séléka, ils sont obligés de quitter le pays sous les huées des habitants.

 

Un convoi de plusieurs dizaines de voitures, taxi et véhicules particuliers, remplies de ressortissants tchadiens s'apprêtait samedi matin à quitter Bangui pour prendre la direction du Tchad. Les Tchadiens ont dû être protégés des manifestants centrafricains par les soldats français de l'opération Sangaris. Accusés par une majorité de la population de soutenir les ex-rebelles Séléka, dont certains sont originaires du Tchad, ils prennent le chemin du retour sous les huées des habitants.

 

Vendredi déjà un convoi avait pris la route du Tchad pour fuir les violences meurtrières. Au moins un civil avait été tué et plusieurs enfants blessés par des grenades lancées par des soldats tchadiens de la force africaine (Misca) qui protégeaient ce convoi.

 

Depuis le début de l'intervention française le 5 décembre, les violences interconfessionnelles se sont multipliées entre les milices chrétiennes "anti-balaka" (anti-machette, en langue sango) et la Séléka, l'ex-rébellion majoritairement musulmane qui a chassé le président François Bozizé en mars 2013.

 

Après des journées et des nuits de tirs, la capitale centrafricaine a retrouvé une relative quiétude samedi matin. Seuls quelques tirs sporadiques ont été entendus dans la nuit. Comme les jours précédents, l'armée française est toujours largement déployée dans la ville, dans laquelle patrouillent également des détachements de la Misca.

Centrafrique : des civils tchadiens fuient Bangui sous les huées des habitants
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 14:52

 

 

 

 

 

 

http://www.jolpress.com

 

Dans la capitale centrafricaine, les réfugiés sont de plus en plus nombreux lorsqu'ils n'ont pas quitté le pays pour d'autres pays limitrophes. Après avoir fui pour éviter les combats, ils s'entassent dans des camps de fortune et dans des conditions sanitaires catastrophiques.

 

Les réfugiés du conflit centrafricains se comptent par centaines de milliers désormais. Lorsqu’ils ne peuvent pas fuir vers les pays limitrophes, ils s’entassent dans des camps dans lesquels la situation humanitaire se dégrade de jour en jour.

 

Dans la capitale, un quart de réfugiés

 

Selon les chiffres de l’ONU, sur les 800 000 habitants de la capitale centrafricaine, 210 000 déplacés auraient été comptabilisés.

 

Immersion dans un camp de Bangui

 

Dans ce camp de fortune de la capitale, ils sont plusieurs centaines de milliers à vivre dans des conditions plus que précaires. Le Programme alimentaire mondial déclare avoir ditribué 500 tonnes de nourritures aux personnes en difficultés.

 

Dans l’aéroport, les réfugiés s’entassent

 

Dans l’aéroport de Bangui, et fuyant les violences, près de 45 000 personnes ont appris à vivre ensemble ces derniers jours. Ils s’entassent sous la protection de l’armée française et selon quelques responsables humanitaires présents sur place, la situation sanitaire y est catastrophique.

 

La RDC ferme sa frontière mais accueille plusieurs dizaines de milliers de réfugiés

 

Malgré la fermeture officielle de la frontière entre les deux pays, la République démocratique du Congo continue à recevoir des réfugiés chaque jour. 50 000 réfugiés et autres ressortissants congolais revenant de Centrafrique sont pris en charge par le gouvernement congolais à travers la Commission nationale des réfugiés (CNR).

 

Il y a plusieurs semaines pourtant, la frontière entre les deux pays avait été fermée, lorsue les débordements ont commencé. Depuis, elle a été ouverte à plusieurs reprises afin d’accueillir les populations fuyant les massacres.

En Centrafrique, la population fuit ou s'entasse dans des camps
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 14:50

 

 

 

 

 

 

http://histoire.blogs.la-croix.com  ANDRÉ LARANÉ LE 28 DÉCEMBRE 2013

 

La République centrafricaine – ou Centrafrique – est un pays de savane arborée, relativement fertile et bien arrosé, mais avec pour seules ressources exportables un peu de coton et quelques mauvais diamants d’origine alluvionnaire.

 

Ses populations sont noires, sauf une poignée de Toubous ou «Arabes» musulmans à la pointe nord du pays, à la frontière du Tchad et du Darfour (Soudan). Elles ont été très massivement christianisées au XXe siècle, pendant la colonisation française.

 

Après l’éviction de l’empereur Bokassa, en 1979, le pays a sombré dans le chaos et perdu l’administration laissée par la puissance coloniale. Dans le même temps, la région a été saisie de violentes secousses géopolitiques, lesquelles se répercutent aujourd’hui à Bangui, capitale de la Centrafrique…

 

D’une part, au Tchad voisin, les nomades musulmans du Nord, généralement appelés Toubous, ont enlevé le pouvoir à la majorité noire, chrétienne ou animiste, du Sud. D’autre part, au Soudan, les guerres ethniques ont redoublé de violence.

 

En 2006, la Centrafrique est une première fois victime de l’intrusion de nomades en provenance du Soudan et du Tchad. C’est le contrecoup de la guerre génocidaire livrée par le gouvernement du Soudan aux populations musulmanes mais noires du Darfour limitrophe. Pour conjurer le début de guerre civile, le gouvernement de Bangui appelle à l’aide l’armée française.

 

Mais le pays est une nouvelle fois assailli en 2012, quand des bandes armées tchadiennes et soudanaises, auxquelles se rallient des musulmans du nord, se rassemblent sous l’appellation de Séléka et marchent sur Bangui. La coalition entre dans la ville le 23 mars 2013 et chasse le président en place. Son chef, un musulman du nord, «Michel» Am-Nondokro Djotodia, s’autoproclame président. Massacres, viols et pillages obligent la France à intervenir à l’automne.

 

Un millier de soldats français basés dans différents pays de la région sont envoyés à Bangui. Ils patrouillent dans la ville et les régions alentour, traquant les miliciens armés et ceux qui tentent de leur résister. Mais le gouvernement français a conscience de ne pouvoir prolonger sa présence militaire sur place.

 

Il est tout aussi douteux que la force d’interposition envoyée par les pays voisins (la Misca) puisse restaurer l’ordre, d’autant qu’y participent les Tchadiens, très fortement impliqués dans les violences que subissent les Centrafricains depuis 2012 ! Au sein même de cette force se font jour les haines ethniques entre «Blancs» musulmans (Tchadiens) et «Noirs» chrétiens (Burundais), les premiers étant perçus par les seconds comme des trafiquants d’esclaves.

 

Sous la fausse apparence d’un conflit religieux entre chrétiens et musulmans, on assiste à un nouvel épisode des guerres sahéliennes à caractère racial entre les nomades blancs, qui se trouvent être tous musulmans, et les sédentaires noirs, qui sont généralement chrétiens ou animistes mais peuvent aussi être musulmans, comme au Darfour ou au Mali.

 

Quel sera dans ces conditions l’avenir de la République centrafricaine ? Bien malin qui peut aujourd’hui le dire… Le plus à craindre est une mainmise de l’ogre tchadien sur tout ou partie du territoire, au grand dam des populations noires.

Lu pour vous : Centrafrique : conflit religieux ou guerre ethnique ?
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 14:37

 

 

 

 

 

 

 

http://www.ladepeche.fr   28/12/2013 à 08:11

 

Bien des malheurs se sont abattus sur la République centrafricaine depuis son indépendance en 1960. L’ancienne colonie française au nom pittoresque d’Oubangui-Chari n’a jamais vraiment réussi à s’arracher des dictatures et des coups d’État. L’instabilité politique y est permanente et la France porte aussi sa part de responsabilité dans ce chaos, elle qui a souvent servi les intérêts d’une certaine «Françafrique».

 

Ainsi, ce n’est pas sans un coup de pouce de la France que le fameux Jean-Bedel Bokassa est arrivé au pouvoir en 1965. On se souvient des délires de ce dictateur, qui se sacra lui-même empereur, dans une débauche de luxe et de faste, lui qui selon la légende, jetait ses ennemis aux crocodiles. Bokassa est chassé du pouvoir en 1979… avec l’aide de la France, condamné à mort, puis gracié, puis exilé (en France) et lorsqu’il meurt, c’est en homme libre qu’il sera inhumé dans son propre palace !

 

Depuis Bokassa, les révolutions de palais, les guerres civiles, les putschs se sont enchaînés sans vraiment s’arrêter, et la démocratie a toujours été prise à rebours à Bangui. Le général Kolingba régnera ensuite à la tête d’une dictature militaire pendant une quinzaine d’années. Ange-Félix Patassé lui succédera, puis un autre général, François Bozizé, qui n’est pas vraiment étranger au chaos actuel.

 

Bozizé a eu affaire à deux guerres civiles : la première entre 2004 et 2007, et la seconde qui a débuté en 2012.

 

Dans tous ces conflits, on devine la porosité de la République centrafricaine, car on voit très souvent des éléments extérieurs au pays intervenir sur son territoire.

 

Ainsi, les fameuses milices Séléka. A priori, elles sont une «coalition» de forces centrafricaines, qui se sont rassemblées pour chasser le président Bozizé. A leur tête, Michel Djotodia, autoproclamé président de la République. Mais ces milices à majorité musulmanes sont en fait des bandes de mercenaires dont certains ont été recrutés dans les pays voisins eux aussi en instabilité permanente, comme le Soudan ou le Tchad.

 

Que s’est-il passé l’année dernière ? Ceux qui tiraient les ficelles de la rébellion Séléka ont fait savoir qu’ils recrutaient des mercenaires. Voilà qui a suscité beaucoup de vocations et gonflé les rangs des troupes Séléka. Mais lorsque les mercenaires ont demandé d’être payés, ceux qui les avaient mandatés ont ouvert des caisses vides : colère…

 

Alors depuis, les Séléka ont pris le pouvoir à leur propre compte et «se payent sur la bête», en pillant la population. Ce jeu dangereux a déclenché, dans un pays où la tolérance religieuse était respectée, une guerre entre musulmans et chrétiens. Car en réponse aux exactions des Séléka, des milices «anti-balaka» c’est-à-dire «anti-machettes», à majorité chrétiennes se sont constituées. C’est depuis un cycle infernal de la violence et de la vengeance qui s’est enclenché. Il sera très difficile de le stopper et de cicatriser les blessures.

 

On a donc affaire à un pays épuisé, ruiné, exsangue. Même s’il s’agissait d’une dictature, il y avait un semblant d’État encore du temps de Bokassa, avec des hôpitaux, des écoles, des routes. Depuis, tout s’est dégradé petit à petit. Il n’y a pas d’administration ou presque. Certaines parties du pays sont très difficilement accessibles, il n’y a plus personne pour entretenir les routes et faire fonctionner les services publics. La végétation, à cette latitude proche de l’équateur, reprend très vite tous ses droits, dès que les bulldozers s’éloignent quelques mois. Il n’y a plus d’éducation nationale. Les ONG font ce qu’elles peuvent.

 

On est donc très loin du minimum requis pour que fonctionne un lointain semblant de démocratie. Ainsi, les cartes d’identité sont payantes et coûtent très cher : donc, la plupart des habitants n’ont pas ce document. Comment voter lors d’hypothétiques élections ?

 

D’autant que lors de leur prise de pouvoir, les Séléka ont brûlé les archives de l’état civil de Bangui : qui va reconnaître qui, dans ce pays qui compte environ 5 millions d’habitants ? Qu’est-ce qui va distinguer un ressortissant centrafricain d’un Congolais, d’un Tchadien ou d’un Camerounais ? Enfin, la corruption généralisée finit de gangréner ce qui peut rester d’État. Cette faillite s’accompagne d’un désastre écologique : le grand parc trinational de la Sangha, censé protéger la forêt primaire entre Centrafrique, Cameroun et Congo est livré à lui-même côté centrafricain. Dans un écosystème aussi fantastique que fragile, qui recèle les plus précieux animaux d’Afrique, du gorille à la panthère en passant par l’éléphant, les habitants affamés mangent de la viande de brousse ou en font de la contrebande pour de richissimes amateurs : «Pourquoi l’Onu, qui a classé cette forêt au patrimoine mondial de l’Humanité n’intervient elle-pas ?» interroge l’entomologiste toulousain, spécialiste de la faune de Centrafrique, Philippe Annoyer. Là aussi, il y a urgence.

 

Dominique Delpiroux

Pourquoi la Centrafrique n'arrive pas à sortir des coups d'État et de la guerre
Pourquoi la Centrafrique n'arrive pas à sortir des coups d'État et de la guerre
Pourquoi la Centrafrique n'arrive pas à sortir des coups d'État et de la guerre
Pourquoi la Centrafrique n'arrive pas à sortir des coups d'État et de la guerre
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 14:33

 

 

 

 

 

 

Samedi 28 Décembre 2013  AFP

 

Les difficultés s'accumulent pour l'armée française en Centrafrique, pays en proie à des violences trois semaines après le début de l'opération Sangaris, incitant plusieurs experts à prôner un renforcement militaire français pour éviter l'enlisement.

 

Jeudi, les soldats français patrouillaient dans deux quartiers de Bangui, au lendemain d'un Noël sous tension qui a vu des centaines d'habitants tenter d'échapper à des tirs à l'origine non identifiée, ainsi que la mort dans des affrontements de cinq soldats tchadiens. Au moins une dizaine de civils ont été tués dans cette nouvelle flambée de violences. Ces développements alimentent le débat en France, comme après chaque intervention militaire, autour d'un éventuel enlisement des forces françaises, 1.600 hommes, qui interviennent en vertu d'un mandat de l'Onu obtenu à l'initiative de Paris.

 

Pour le général à la retraite Vincent Desportes, "la France n'a que deux solutions: soit se retirer, soit se renforcer". Un retrait n'étant pas politiquement envisageable, "il faut donc renforcer sérieusement, monter très vite à 5.000, 6.000 hommes, avoir un effet de masse immédiat. Sinon on va combattre un incendie avec un verre d'eau", prévient-il.

 

Autre expert à souhaiter des renforts, le général à la retraite Bertrand Cavallier, citant le précédent du Kosovo, juge dans le magazine Le Point que "la France pourrait déployer ses unités de gendarmerie mobile" en Centrafrique afin d'y "restaurer la sécurité".

 

Alors que le pays semble au bord de la guerre civile, alimentée par des tensions religieuses dans un cycle de représailles entre chrétiens et musulmans, la tâche des Français est rendue plus compliquée encore par l'attitude et les ambiguïtés de son allié tchadien, qui joue le rôle de protecteur de la minorité musulmane et est considéré comme la puissance régionale qui a mis en place l'ex-chef rebelle et président Michel Djotodia. Le Tchad fait aussi partie de la force africaine (Misca), censée être neutre. 

 

Pour Vincent Desportes, professeur à l'Institut de sciences politiques et ancien directeur de l'Ecole de guerre, interrogé par l'AFP, "c'est typiquement le genre d'opération le plus compliqué pour une force militaire: être une force d'interposition entre deux parties dans une guerre civile". Pour autant, il juge qu'"il n'y a que les rêveurs de la guerre courte et propre qui pouvaient imaginer que ça allait se passer en quelques jours".

 

La réelle difficulté, selon lui, provient du faible appui procuré par la Misca à Sangaris: "On ne peut pas imaginer une force cohérente avec des contingents qui se font la guerre entre eux", souligne-t-il en référence aux récents tirs fratricides entre militaires tchadiens et burundais.

L'armée française mise à mal en Centrafrique - Des renforts sérieux s’imposent
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 02:27

 

 

 

 

 

 

 

LE VENDREDI 27 DÉCEMBRE 2013 À 07:36

 

http://www.franceinfo.fr  Par Jérome JadotGilles GallinaroOuafia Kheniche

 

Nouvelle nuit agitée à Bangui. Des échanges de tirs, dont certains à l'arme lourde, ont été entendus en plein centre-ville de la capitale centrafricaine. Depuis quelques jours, les affrontements entre factions armés semblent se rapprocher du lieu de résidence du président Djotodia. Des quartiers jusqu'à présent épargnés sont ainsi gagnés par les troubles comme le raconte notre reporter Jérôme Jadot.

 

Trois semaines après le début de l'opération militaire Sangaris, et l'envoi des 1.600 soldats français en Centrafrique, les difficultés s'accumulent pour l'armée française. Mais surtout pour la population centrafricaine dont la situation ne fait qu'empirer.

 

Dans les rues de la capitale centrafricaine, les combats se poursuivent. L'agence de presse américaine AP rapporte que des assaillants ont tenté hier jeudi soir d'attaquer à l'arme lourde sans succès le palais présidentiel. il y aurait également eu des combats près de l'ambassade de France.

 

Après la découverte d'un charnier d'une trentaine de corps hier pas très loin du centre ville de Bangui, plusieurs pays ont condamné ces massacres. De leurs côtés, l'archevêque et l'Imam de Bangui demandent l'envoi de casques bleus "de toute urgence". La Croix-Rouge a par ailleurs découvert des dizaines de cadavres dans les rues.

 

Et depuis ce jeudi, des quartiers jusqu'ici épargnés sont désormais touchés par les affrontements comme l'explique Jérome Jadot, l'envoyé spécial de France Info. 

 

La situation ne cesse de s'aggraver. Et les tensions entre musulmans et chrétiens augmentent de jour en jour comme en témoigne De Marseilly, un habitant du quartier Gbakondja, venu trouver refuge avec sa famille à l'église évangélique des frères de Castors devenu un camp de réfugiés.

 

D'autre camp de réfugiés existent dans la ville. Le plus important étant celui situé près des pistes de l'aéroport. La population est venue se mettre sous la protection des troupes militaires françaises basées sur place.

Bangui : les affrontements s'étendent dans la ville
Repost 0
Centrafrique-Presse.com