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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 22:50
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : L’établissement de la liste électorale fixé entre 22 juin et septembre 2020

 

BANGUI, 28 mai 2020(RJDH)---Le gouvernement fixe la période d’établissement de la liste électorale pour le 22 juin 2020 selon le décret n°20.182 signé par le président de la République le 20 mai dernier. Les opérations vont se poursuivent jusqu’au septembre afin de permettre l’enrôlement des électeurs dans chacun des centres de collecte.

La durée de l’enrôlement des électeurs est de 28 jours selon le programme de l’Autorité nationale des Elections. L’article 2 du décret fixant la période d’établissement va se dérouler en cinq phases consécutives.

Le premier travail concerne l’enrôlement des électeurs, la publication par voie d’affichage de la liste électorale provisoire pour consultations et réclamation. Une troisième étape est réservée au contentieux de l’inscription sur les listes électorales, la consolidation des données des électeurs et la publication de la liste électorale définitive.

Pour la liste définitive, l’ANE fixe la liste des bureaux de vote à partir de la répartition des électeurs définitivement inscrits dans chaque centre de collecte.

L’article 4 du décret fixe les modalités pratiques de l’enrôlement des électeurs, y compris les dates effectives de démarrage et de clôture de l’opération dans chaque centre sont arrêtées et communiquées par l’ANE.

RJDH

 

 

Centrafrique : La LCDH annonce le prochain transfert des dossiers des victimes à la CPS  

 

BANGUI, 27 Mai 2020 (RJDH) --- Certains dossiers des victimes en cours de traitement par la LCDH seront transférés à la Cour Pénale Spéciale pour des informations judiciaires. L’annonce a été faite par le Président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme Joseph Bindoumi ce mardi 26 mai 2020 à Bangui. 

Ces dossiers concernent les récents événements de Ndélé, de Paoua, de Obo et d’autres crimes graves qui relèvent de la compétence de la CPS. Une fois traités, ils seront transférés à la Cour Pénale Spéciale pour des procédures judiciaires, indique Joseph Bindoumi, président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme, « ces crimes contre l’humanité, de guerre, constituent une violation des droits internationaux. Des civiles, des enfants, ont été tués innocemment. Des lieux de culte ont été profanés, nul n’est au-dessus de la loi, nous contribuons auprès de la CPS, pour que les auteurs répondent de leurs actes », a fait savoir le président de la LCDH.

Plusieurs structures de défense des droits humains, dont la Ligue Centrafricaine pour les Droits (LCDH), se sont engagées à lutter contre l’impunité en Centrafrique. La LCDH travaille en collaboration avec la Fédération Internationale pour les droits de l’Homme (FIDH), la Cour Pénale Internationale (CPI), la Cour Pénale Spéciale (CPS) et les juridictions ordinaires sur les questions des droits humains.

Pour des raisons de confidentialité, plusieurs dossiers ont été enregistrés, « nous taisons les régions, l’identité des présumés auteurs, les victimes, les témoins, voire ce que font les juges de cette Cour. Le travail d’enquête s’effectue d’une manière surtout confidentielle. Mais, la pandémie du Covid-19 a occasionné un retard dans le traitement des dossiers, malheureusement, nous vous rassurons que les premières audiences, verrons son exécution», a-t-il fait savoir.

La Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme a enregistré, documenté et transféré plusieurs dossiers des crimes graves, crime contre l’humanité, crime de guerre à la CPS. / Auguste Bati-Kalamet.

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Centrafrique-Presse.com
29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 22:41
Importance et stabilité : La protection de la constitution par Aubin-Roger KOMOTO

 

Importance et stabilité : La protection de la constitution, respect de l’ordre constitutionnel, de la liberté d’expression.

La liberté est dangereuse, mais qu’il faut se battre pour la garder dans la règle. En faisant de la liberté la base de notre ordre démocratique. Ceci dit qu’il faut s’ouvrir à la critique et surtout en nous ouvrons à un processus ouvert. Par ailleurs aussi, pour une conséquence acceptable intellectuellement, qui peut produire des effets imprévisibles et non maîtrisables : que ce soit la liberté politique, d’en faire de la politique ou la liberté tout cours, la liberté entraîne une dynamique déroutante ; des risques et une insécurité sont inhérents à celle-ci. A l’origine d’un ordre libéral, il existe une foi profonde dans la liberté, c’est le respect des règles constitutives, une foi profonde ressentie dans sa liberté, une confiance qui doit continuer à perdurer en tant que disposition au courage et aux risques.

Faut-il rappeler continuellement par ailleurs : la responsabilité politique, l’éthique républicaine, la responsabilité citoyenne est un vain mot en République Centrafricaine ?! C’est une des questions qui me reviennent le plus souvent encore et encore de manière intuitive que j’ai eue beaucoup de mal de m’en défère. Qu’elles puissent être une interrogation légitime ! De surcroît qu’il n’y a aucune vraie bonne réponse à la question ! Seul rappel et lucidité est de mise, que j’observerai de manière pragmatique pour tout dire, compte-tenue de la situation politique actuellement de mon Pays.

Il faut aussi se rappeler :

« Aucune ambition politique n’est au-dessus de la vie humaine, de surcroît de la vie des Centrafricains(es), du peuple Centrafricain, de la destinée de la République Centrafricaine ».

Des milliers des Centrafricains(es), femmes et enfants sont dans des camps des fortunes à l’étranger, dans des camps en territoire Centrafricain, voir même ceux qui ne puissent pas se déplacer croupissent dans la brousse, aux dépits, aux dépends des tous les dangers d’insécurités de toutes genres, faut de liberté qu’on les a omises injustement dû à la mauvaise gouvernance, aux calculs politiques, aux querelles politiciennes en accumulation de la mauvaise gouvernance depuis son indépendance.

Les jeux politiques, les jeux de pouvoir…les plus scéniques ne cessent de divertir le monde entier sans aucune responsabilité politique, d’éthique républicaine, pour ne pas dire responsabilité citoyenne. Aucune offre politique en somme, pour tous ceux qui occupent le devant de la seine politique, par ailleurs dans l’opposition politique, ou des pseudos opposants politiques dixit dans les récifs de bonne conscience, ne propose pas un chemin plus noble politiquement, ou des trajectoires de réconciliation, de la reconstruction de notre nation, sans oublier la fermeté politique pour commencer. Nb) On fait tout et son contraire…En Centrafrique Pays de tous les paradoxes.

Sans aucun effort de justice ou soit sélective quand ça dépend ! et une offre réparatrice aux centrafricains(es) qui ont tant vaincus des épreuves, des tragédies, des souffrances continuelles qui perdure indéfiniment.  

Afin de mieux amuser la galerie ; on nous parle d’une révision de la constitution…, d’autre parle d’une nouvelle transition ?! à croire qu’en faisant la politique en Centrafrique, elle rende aveugle…ôte toute rationalité dans les raisonnements et, ce petit monde jure, tourne que sur le jeu de pouvoir sans conscience, peu importe la situation dramatique que vive nos compatriotes, notre Pays pourtant bien assiégé par des mercenaires, des groupes des factions armées non-conventionnelle sans loi ni foi ! Qui ne cessent d’endeuiller le peuple Centrafricain, à leur tête des crépitements des armes sur un peuple innocent, les terrorisés afin de les muselés, pour mieux pillés les ressources de notre cher patri, avec la bénédiction de certains fils et filles de la Centrafrique.

Plus grave, ces bourreaux sans cesse sont promus à des postes des responsabilités sans avoir les compétences, une culture de la gouvernance, et des institutions d’Etat. N’en parlant pas de l’expérience…seule expérience c’est de tuer des gens innocents, et pillés les ressources sous terraine de la Centrafrique, en prime raquetter les honnêtes gens.

Les seules arguments politiques dispensés sur la scène politique Centrafricaine, que j’observe jusqu’à présent : « les diffamations, les calomnies, des insultes entres les amis(es) d’hier, qui sont devenues des ennemies d’aujourd’hui parce qu’on se sent lésé dans son intérêt pour tout compte, dans un jeu que nous même avions instaurés ou encouragé. Le Pays paye le prix, le peuple au passage ! Jusqu’à quand, qu’on doit supporter toutes ces bêtises et les jeux scéniques des politiques, et tous ceux qui sont sur les institutions d’Etat ?!

On ne peut prétendre, modifier la constitution pour le seul fait de la pandémie ! qui est une urgence sanitaire ponctuelle et périodique. Le vrai problème est ailleurs, si l’impréparation de l’organe organisatrice est apparente…dû au manquement…des moyens…des ressources matérielles, des compétentes, le pouvoir politique, organique ou institutionnel, de même l’opposition politique avaient tous le temps de se saisir, afin de trouver une solution d’ajustement. Tout ce beau monde était aveuglé par ce dont je parlais un peu plus haut, c’est-à-dire « les diffamations, les calomnies, des insultes entre copains et copines » laissé passer l’essentiel.

Maintenant, qu’il faut se mettre à l’évidence pour les uns et les autres et, êtres lucides si ce mot à un sens pour tout le monde. Qu’il y’aie une concertation politique inclusive, afin de pallier à toutes ces lacunes dans les (organes organisatrices, qu’institutionnelles… S’il y’aurait glissement dans les délais aux vues des élections groupés) …Alors sans toucher aux pouvoir exécutifs et législatifs, enfin de permettre de continuer…qu’il y’aie pas de vacance de pouvoir. Que nous cessons de tergiverser sur le plan politique, mais faire un effort d’œuvrer de bonne foi via une Plate-forme d’autorité neutre et paritaire médiane, de régulation et de vigilance, afin de ne pas encore fragiliser d’avantage cette jeune démocratie, depuis sa remise de l’ordre constitutionnel.   Ps) Faisant de la politique pour sauvegarder l’intérêt générale.

Et maintenant, régler de manière plus efficaces les problèmes d’occupations de ces factions armées non-conventionnelles…mercenaires, donner de l’espoir, de la sécurité aux Centrafricains(es), au peuple Centrafricain ainsi que la Paix.

Fait à Lyon le 27 -05-2020

Diaspora, Mr. Aubin-Roger KOMOTO

Que Dieu bénisse le peuple Centrafricain.  

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 22:29
Nouvelles nationales sur RNL
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Centrafrique: Le général Zéphirin Mamadou à Obo pour remonter le moral des FACA

 

https://www.radiondekeluka.org/ vendredi 29 mai 2020 16:19

 

La ville de Obo dans le Haut-Mbomou, secouée le 20 mai 2020 par des affrontements entre les Forces armées centrafricaines et les combattants de l'UPC d'Ali Darassa, a reçu ce jeudi 28 mai 2020, la visite du Chef d'état major des armées, le général de division Zéphirin Mamadou accompagné du commandant des forces de la Minusca.

Cette mission conjointe avec le commandant des forces de la Minusca intervient, quelques jours après des maintes tentatives de la part de l’UPC, d’occuper la ville. Elle a également permis aux deux chefs militaires de palper les difficultés que rencontrent les soldats déployés sur le terrain. En substance, ces officiers généraux ont profité de l'occasion pour renforcer le moral des troupes et le dispositif sécuritaire afin de contrer tout assaut venant de ces combattants rebelles. Le général de division Zéphirin Mamadou a indiqué qu’une partie des renforts est déjà arrivé à Obo tandis que l’autre partie, est en route.

La mission conjointe Forces armées centrafricaines-Minusca surgit au moment où la polémique enfle autour de la situation des soldats déployés sur le terrain. Polémique mise à côté par le Chef d'Etat major des armées qui reconnait des difficultés d'ordre logistique mais par ailleurs, fait savoir que des moyens sont en cours de déploiement.

"Nous travaillons ensemble avec la Minusca, dans le cadre du déploiement. C'est une mission conjointe. On ne se démarque pas. On est appelé à se soutenir et les modes d'actions se traitent ensemble. On a fait dépêcher, en urgence, des hommes. Une partie est déjà sur le terrain à Obo, une autre partie transite par Bria pour arriver ici dans 2 jours. Donc, il n'y a pas d'inquiétude à ce niveau" affirme le général Zéphirin Mamadou.

Concernant la crise sanitaire engendrée par le Covid-19, le chef militaire se dit conscient de ce danger. Il annonce que des kits de protection vont être remis aux éléments pour garantir leur santé et que la sensibilisation fait partie des points essentiels de leur mission.

"Effectivement, on est venus pour cela. On a prévu, avec la Minusca, une sensibilisation dans le cadre de prévention pour prévenir la santé de nos soldats. On a emmené quelques kits pour les aider à se protéger. On va continuer dans ce sens, car le volet logistique englobe tous ces détails" ajoute le Chef d'état major.

Après cette brève visite, la mission a quitté la ville de Obo le vendredi 29 mai 2020, en milieu de journée, pour Bria dans la préfecture de Haute-Kotto. Ce périple a été un ouf de soulagement pour la population de Obo qui, ces derniers jours, se sentait abandonnée par les autorités du pays.

 

 

RCA/Covid-19: l’hôtel du centre est-il au bord de la faillite?

 

 

https://www.radiondekeluka.org/ vendredi 29 mai 2020 16:15

 

Plus de deux mois après la mise en place, par les autorités centrafricaines, des mesures de restriction et limitation d’activités en vue de contenir la propagation du Covid-19, certaines entreprises sont menacées de fermeture. A Bangui, l’hôtel du centre, entreprise para-étatique n'arrive plus à fonctionner normalement. Le personnel accumule déjà 3 mois d'arriérés de salaire, les chambres sont vides. Une situation alarmante.

Depuis la mise en place par le gouvernement centrafricain des dispositions sanitaires pour lutter contre la pandémie de coronavirus, plusieurs entreprises, pour la plupart privées, sont au bord du gouffre. L’hôtel du centre, une des rares structures hôtelières du pays, géré par l’Etat centrafricain, connait d’énormes difficultés financières suite à ces mesures de restriction. Sur les 70 chambres que compte cet établissement, seules 3 sont occupées par les clients. Une situation qui bouleverse tout, même le social des employés qui totalisent déjà 3 mois d'arriérés de salaires.

"Nous accumulons déjà un retard de salaire de trois mois. Nous demandons au gouvernement de venir voir ce qui se passe à l'hôtel du centre. Nous avons l'impression d'être les cobayes du Covid-19. C'est comme si l'Etat nous a sacrifiés face à la pandémie. Nous avons une situation financière, au niveau du ministère des finances, qui doit être transférée au Trésor public. Jusque-là, on détient aucune information favorable" déplore un employé de l'hôtel.

Avec 3 mois sans salaire, c'est toute la famille qui est affectée. Plusieurs agents rencontrés affirment avoir des difficultés pour s'occuper de leurs foyers.

"J'ai de la peine à nourrir ma famille sans revenu. C'est trop difficile. On vient à pieds, on rentre à pieds. Nos enfants qui étaient habitués à manger tous les jours, n'arrivent plus à manger convenablement. Certains de nos collègues qui habitent au Pk12, arrivent au travail à pieds" ajoute un autre employé.

Visiblement, l'hôtel du centre est au bord de la faillite. Ses finances ne lui permettent pas de faire face à ses charges habituelles. Le gouvernement centrafricain lui doit plusieurs dizaines de millions de francs CFA pour le logement de certains ministres et membres des groupes armés.

"De hautes personnalités de ce pays ne règlent pas leurs factures. Nous avons cinq ministres ici. Ils doivent, logiquement, régler leurs factures. Le gouvernement ne nous a pas donné une mesure d'accompagnement pour faire face à cette situation" se plaint un autre employé.  

Ajouter à cet état de précarité financière, le délabrement du bâtiment, admirable à l'extérieur mais un peu dégradant à l'intérieur. D'autres sources affirment même que certains ministres qui ne résident plus à l'hôtel, gardent toujours les clés de leurs chambres pour des passe-temps ou pour servir de dortoir à leurs enfants.

Contacté par Radio Ndeke Luka, le Directeur général s'est réservé de tout commentaire, justifiant brièvement cette situation par la fermeture de l'aéroport Bangui-Mpoko en raison de la pandémie de Covid-19.

 

 

Centrafrique: la Cour Constitutionnelle valide l'actuelle ANE

 

https://www.radiondekeluka.org/ mercredi 27 mai 2020 17:13

 

La Cour Constitutionnelle a débouté ce mercredi 27 mai 2020 l'opposition à travers sa plateforme dénommée COD-2020 et confirme la légalité de l'Autorité Nationale des Elections (ANE). C'est à travers un arrêt rendu public au cours d'une audience tenue à la Cour d'appel de Bangui.

C'est un revers pour l'opposition à travers sa plateforme la COD-2020. La Cour Constitutionnelle a déclaré ce mercredi 27 mai 2020, conforme à la constitution, l'Autorité Nationale des Elections (ANE). Décision rendue publique en réponse à la requête formulée par la COD-2020, s'opposant au maintien en place de l'organe en charge des élections en République centrafricaine.

Contestant la légitimité de l'Autorité nationale des élections, certains partis politiques comme l'URCA, le PCUD, Béafrika Ti E Koue, le RPR, Kelemba PDS et le MIDPS ont saisi la Cour Constitutionnelle aux fins de constater l'illégitimité de l'actuelle ANE. Ces partis politiques se sont fondés sur les articles 7 alinéa 2 et 278 alinéa 2 de la Constitution du 30 mars 2016 qui stipule que l'ANE est régie par une loi organique qui détermine sa composition, son organisation et son fonctionnement. Or, la loi organique portant fonctionnement de l'ANE a été retiré du bureau de l'Assemblée nationale par le gouvernement. Après examen et audition de plusieurs parties, la Cour Constitutionnelle a tranché. Elle s'est déclarée compétente et la requête recevable. En définitive, les juges ont déclaré légitime et conforme à la Constitution, l'Autorité nationale des élections.

"La décision numéro 007/CC/19 du 14 août 2019 de la Cour insusceptible de recours, s'impose à tous. Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés, décide: Article 1, la Cour est compétente. Article 2, la requête est recevable. Article 3, les demandes des requérants sont rejetées" déclare Jean-Pierre Waboe, Vice-président de la Cour Constitutionnelle.

Cette décision sonne ainsi la fin de la polémique autour de la question de l'illégalité de l'ANE. Eclaboussés en plein visage, les membres de la COD-2020 n'ont pas encore officiellement commenté cette sentence.

 

 

RCA/Covid-19: le port du masque désormais obligatoire dans les lieux publics

 

https://www.radiondekeluka.org/ mercredi 27 mai 2020 17:18

 

Suite à la multiplication des cas de contamination locale au Covid-19 ces derniers jours en Centrafrique, le gouvernement opte pour le port systématique et obligatoire du masque dans tous les lieux publics et les transports en commun. Ceci, pour protéger les personnes vulnérables et limiter la transmission du virus au sein de la population.

Le gouvernement centrafricain vient de rendre public ce 27 mai 2020, une décision portant sur le port obligatoire de masque dans tous les lieux publics et les transports en commun. D'après les autorités, le port systématique de masques sanitaires est obligatoire pour le personnel médical. Tandis que le masque artisanal est obligatoire dans certaines conditions, en application des mesures barrières notamment, dans les transports en commun (taxis, bus, taxis-moto), par les forces de défense et de sécurité singulièrement, les gendarmes, les policiers et les militaires, dans les lieux fermés comme les supermarchés, pharmacies, boutiques, bureaux, salles de réunions. Le port du masque est également obligatoire pour les caissiers, chauffeurs de taxi, agents de santé communautaires, agents humanitaires et autre personnel en contact direct avec la population.

Des directives sont aussi données pour renforcer cette mesure. Toute personne doit respecter les règles d'hygiène et de distanciation sociale à tout moment, y compris en portant un masque. Il s'agit d'éviter les groupes de personnes et les espaces clos et bondés, maintenir une distance physique d'un mètre avec d'autres personnes, en particulier avec celles qui présentent des symptômes respiratoires comme la toux et les éternuements; se laver fréquemment les mains avec de l'eau et du savon ou une solution hydro alcoolique; à éviter de toucher la bouche, le nez et les yeux si les mains ne sont pas encore lavées ou désinfectées. Toutes ces directives sont mises en place pour limiter la propagation de cette maladie qui, ces derniers jours, a touché des centaines de personnes parmi la population.

Cette décision intervient près d'une semaine après l'interpellation du Premier ministre Firmin Ngrébada devant le Parlement, où des voix se sont élevées pour solliciter le port obligatoire de masque dans tous les lieux publics.

 

 

RCA/Covid-19: les obsèques à domicile désormais interdites

 

https://www.radiondekeluka.org/ mercredi 27 mai 2020 17:07

 

Plus de deux mois après la mise en place, par les autorités centrafricaines, des mesures sanitaires en vue de limiter la propagation du nouveau coronavirus, le gouvernement passe à la vitesse supérieure. Désormais, les obsèques ne se tiennent plus dans les quartiers. De la morgue, les corps iront directement au cimetière pour l'inhumation. Cette mesure est entrée en vigueur ce 27 mai 2020.

Les autorités centrafricaines passent à la vitesse supérieure suite à la non-observation des mesures visant à barrer la route à la pandémie de Covid-19. Face à la flambée de nombres de cas de contamination ces derniers jours, les obsèques ne se tiendront plus à domicile et dans les quartiers. De la morgue, les corps iront directement au cimetière pour l'inhumation. Cela fait suite à une décision gouvernementale, entrée en vigueur ce 27 mai 2020. Cette mesure a surpris les parents qui se sont rendus nombreux ce mercredi 28 mai 2020, dans les hôpitaux Communautaire et Amitié pour le retrait des corps de leurs proches.

Confrontés au renforcement du dispositif sécuritaire de la police et de la gendarmerie autour des morgues de ces deux centres hospitaliers, ces parents ont été refoulés, en application de la nouvelle mesure gouvernementale.

"La levée de corps se fera désormais à partir de midi. Plus de cérémonies à domicile, ni dans les quartiers. Les cortèges funéraires quitteront la morgue pour se rendre directement au cimetière, et cela, sous bonne escorte des forces de sécurité" a confié à Radio Ndeke Luka, un responsable de la sécurité, chargé de veiller à l'application de cette nouvelle mesure.

"Le nombre de parents autorisés à manipuler le corps à la morgue est limité à cinq (5) et le cortège funèbre mobilisant plusieurs personnes est formellement déconseillé", a ajouté la même source

Ces nouvelles dispositions s'appliquent sur toute l'étendue du territoire centrafricain. Cependant, toute contravention est réprimée, selon les autorités.  Une manière de limiter la propagation du Covid-19 en République centrafricaine où le pays s'approche dangereusement de la barre des 800 cas positifs.

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 22:06
RCA : les arrestations salutaires des combattants des groupes armés
RCA : les arrestations salutaires des combattants des groupes armés

Lu pour vous

 

Centrafrique, les arrestations salutaires des combattants des groupes armés

 

https://mondafrique.com/ By Aza Boukhris -27 mai 2020

 

Les arrestations de membres de groupes armés, signataires de l’Accord de Khartoum, par la MINUSCA, ouvre une nouvelle période pleine d’incertitudes. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

À la suite des derniers évènements sanglants qui ont affectés les régions du nord-est et du sud-est, la MINUSCA ne s’est pas contentée de s’interposer entre les belligérants. Coup sur coup, à Ndélé puis à Obo, la MINUSCA a interpellé quelques combattants rebelles, soupçonnés de graves atteintes aux droits de l’homme et au droit humanitaire, susceptibles d’être ensuite accusés de crime contre l’humanité. A Ndélé, neuf rebelles du Rassemblement patriotique pour le renouveau de la Centrafrique (RPRC), dont le « général » Azor Kalité, et à Obo, neuf autres de l’Union pour la paix (UPC) ont été livrés à la Cour Pénale Spéciale (CPS) de Bangui. Cette initiative de la MINUSCA annonce probablement un changement de stratégie qui pourrait contrarier les signataires de l’Accord du 6 février 2019.

Le RPRC et l’UPC en ligne de mire

Sans méconnaître les responsabilités du FPRC de Nourredine Adam et de Abdoulaye Hissène, déjà sous sanctions internationales, il est établi que les deux groupes armés du RPRC et de l’UPC sont aussi très impliqués dans les récents événements sanglants de Ndélé et de Obo. 

Si le groupe armé constitué par l’UPC, à majorité peulh, sous la direction d’Ali Darass Mahamat, est bien identifié pour étendre, manu militari, son territoire dans le sud-est, en revanche, le RPRC, à majorité Goula, sous la direction militaire de Zakaria Damane et la direction politique de Herbert Gontran- Djono-Ahaba, actuel ministre de l’énergie et du développement des ressources hydrauliques, n’apparaît pas sous son appellation dans les communiqués officiels du pouvoir de Bangui et, parfois curieusement, de la MINUSCA. Le RPRC s’efface discrètement sous la formule neutre et désormais inexacte de  » deux factions du FPRC ». Il est clair que le RPRC a pris son autonomie du FPRC et le combat sans ménagement. Le RPRC ne fait plus partie du FPRC. Le ministre Herbert Gontran Djono-Ahaba du RPRC est bien signataire de l’Accord du 6 février 2019, en sa qualité de leader du RPRC, comme Ali Darass Mahamat l’est aussi pour le compte de l’UPC. Les anciennes alliances politiques, comme celle de l’ex Seleka, ont laissé la place aux affrontements intercommunautaires opposant notamment les Rounga aux Goula et leurs alliés et les Peulh aux chrétiens/animistes, voire aux Zandé, dans le Haut-Mbomou.

Des arrestations en porte-à-faux

On devine l’embarras des thuriféraires de l’Accord du 6 février 2019 et du Pacte entre les autorités de Bangui et quatorze groupes armés, dont le RPRC et l’UPC, devant les crimes commis à Ndélé et Obo par les combattants de ces deux groupes armés, bien insérés dans le pouvoir actuel de Bangui et adoubés comme tels par l’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne et les partenaires bilatéraux du G5+. 
Des combattants du RPRC du ministre Herbert Gontran Djono-Ahaba, de leurs alliés du MLCJ de Gilbert Toumou Deya, ministre délégué chargé des relations avec les groupes armés et du PNRC de Arnaud Djoubaye-Abazene, ministre des transports et de l’aviation civile, ainsi que des combattants d’Ali Darass Mahamat, ministre-conseiller à la Primature, sont désormais dans les mains de la justice centrafricaine.

Quelle sera la réaction de ces deux groupes armés qui avaient jusqu’à maintenant la faveur des autorités de Bangui ?  Le RPRC et l’UPC accepteront-ils la fin de l’impunité en filigrane de l’Accord du 6 février 2019 ? Les autorités de Bangui verront-elles d’un bon œil ces arrestations qui contreviennent à leur stratégie de pacification avec les groupes armés ?

Vers la fin de l’impunité 

Alors que le processus électoral, en vue des élections présidentielle et législatives de fin 2020, suscite un vif débat politique dans la société centrafricaine, ces arrestations de combattants, peu sensibles l’avenir du pays, remettent en cause le principe de l’impunité que les groupes armés croyaient acquis. Manifestement, la MINUSCA entend désormais mettre hors d’état de nuire les responsables de crimes contre les populations. Il est probable que les menaces pesant sur les financements de l’ONU, notamment pour les opérations de maintien de la paix, comme celle de la MINUSCA, ne sont pas étrangères à cette stratégie pro-active. De même, le report désormais probable des élections de fin 2020, ne permettra plus de s’accommoder du statu quo.

La Cour Pénale Spéciale de Bangui va donc pouvoir accomplir la mission qui lui a été confiée, depuis 2015. En aura-t-elle les moyens et toute la liberté pour l’instruction et les jugements de ces affaires appelées à se multiplier ? D’ores et déjà, on peut se demander si le siège à Bangui de cette cour hybride est encore approprié. Deux leaders anti-balaka sont actuellement dans les mains de la Cour Pénale Internationale de La Haye. La question de leur transfèrement auprès de la Cour Pénale Spéciale de Bangui peut-être posée comme celle, de l’éventuel voyage inverse, des nouveaux justiciables, vers la Cour Pénale Internationale de La Haye. En Centrafrique, la fin de l’impunité constitue une nouveauté qui s’annonce pleine d’embûches.

 

 

 

RCA : Ndélé, arrestation du célèbre général Amar, un important stratège de la coalition RPRC-MLCJ-PRNC.

 

Par Zibaya Cedric 

 

Ndélé 27 mai 2020 (Corbeaunews-Centrafrique) – Le célèbre général Amar, l’homme clé de multiples attaques des rebelles de la coalition RPRC-MLCJ-PRNC contre les positions du FPRC dans la ville de Ndélé a été arrêté ce mardi 26 mai au village Aliou, situé dans la préfecture de Bamingui-Bangoran.

L’opération a été menée conjointement ce mardi 26 mai par les soldats Faca et les forces de la Minusca au village Aliou, situé à 16 kilomètres de la ville de Ndélé sur l’axe Birao, au nord de la République centrafricaine.

Selon des sources sécuritaires locales, l’homme a été arrêté en compagnie de son garde du corps et transféré dans la base militaire de la Minusca à Ndélé où ils sont actuellement incarcérés. Et ce n’est pas tout. 24 heures plutôt, toujours dans la localité de Ndélé, deux combattants du RPRC ont également été interceptés par une patrouille de la Minusca. Ce qui fait en tout 4 combattants rebelles de la coalition RPRC-MLCJ-PRNC qui sont actuellement en garde à vue dans la geôle de la Minusca  à Ndélé en attendant leur transfèrement à Bangui où ils seront probablement déférés devant le parquet général dans les prochains jours.

Rappelons que la semaine dernière, le général Azore Kalité, une importante figure des Goula, et ancien général du FPRC, avait été arrêté avec ses 8 éléments et transférés à Bangui dans le cadre de l’enquête sur le massacre de Ndélé où plusieurs dizaines des civils avaient été tués.

Moïse Banafio

Copyright2020CNC

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 22:04
BOZIZÉ YANGOUVONDA, L’HOMME QUI A LA MÉMOIRE COURTE

Lu pour vous

 

CENTRAFRIQUE : FRANÇOIS BOZIZÉ YANGOUVONDA, L’HOMME QUI A LA MÉMOIRE COURTE OU QUI NE L’A PAS DU TOUT

 

          Que les alliés contre nature de François Bozizé ne trompent pas le peuple à propos du débat en cours sur la proposition de loi constitutionnelle destinée à réviser certaines dispositions de la Constitution du 30 mars 2016. Ce débat n’a pas lieu d’être si l’on est sincère avec soi. Il y a déjà une jurisprudence politico-institutionnelle en la matière. Les dispositions des articles 53, 153 et 156 de la Constitution du 30 mars 2016 qui cristallisent les positions contradictoires et les interprétations les plus tendancieuses et osées sont les mêmes qui ont existé dans la Constitution du 27 décembre 2004 sous le règne Bozizé. Les dispositions des deux constitutions disent clairement que le nombre et la durée des mandats présidentiels ne peuvent pas être modifiés, de même que la forme laïque de l’Etat centrafricain, les bases fondamentales de la société centrafricaine, etc. 

     Mais n’oublions pas qu’en 2009, face au retard pris dans les préparatifs des élections, la classe politique et la société civile étaient conviées au Palais de la Renaissance pour trouver une solution consensuelle. La formule du maintien en activité du président de la République et de l’Assemblée nationale jusqu’à l’organisation des élections présidentielle et législatives a été retenue. Me Nicolas Tiangaye, qui faisait office de porte-parole de l’opposition démocratique à l’époque comme aujourd’hui, avait même pris la parole publiquement pour dire oui à ce schéma. 

          Sur la base de ce consensus, l’Assemblée nationale avait voté une loi pour maintenir en fonction le président Bozizé et son Assemblée nationale monocolore de l’époque et les Tiangaye et les Nguéndé les Ziguele et Bozizé, Bertin Béa du KNK et autres étaient allés aux élections décalées de 2011 avec cette loi qui modifiait ces dispositions ultrasensibles de la Constitution.  D’où la question qui s’impose: pourquoi la même chose qui a été faite sous le régime Bozizé et qui était qualifiée de bon ne peut pas être faite sous la même forme et le même fond par le régime actuel? Bozizé et ses alliés politiques du moment auraient-ils la mémoire courte?

ET BOZIZÉ ROULA SES ALLIÉS DANS LA FARINE…

          Là où l’on comprend aisément que Bozizé est le grand boulanger de l’opposition centrafricaine est le fait qu’il n’a pas osé faire de son parti politique le KNK l’une des parties prenantes au procès pendant devant la Cour constitutionnelle concernant la vérification de la constitutionnalité de certaines dispositions de Code électoral relativement à l’Autorité nationale des élections (ANE) dont il était par ailleurs le créateur. Chose bizarre, le KNK de Bozizé ne fait pas partie des partis et associations politiques membres de la COD-2020 qui ont saisi la Cour constitutionnelle à cet effet. 

La raison est simple. C’est que lui-même sait que son argument ne pourra pas prospérer parce qu’il avait violé la loi électorale en 2011 en refusant de proroger le mandat de la Commission électorale indépendante  (CEI) de l’époque, dirigée par son ami, le scandaleux et irrévérencieux pasteur Joseph Binguimalé de triste mémoire. 

            En effet, alors que plusieurs sièges de l’Assemblée nationale n’étaient pas encore pourvus et devant l’imbroglio juridique de la CEI à l’époque (comme celui de l’ANE actuelle), le président Bozizé avait purement et simplement confié la préparation de l’organisation et la gestion des élections législatives partielles au ministère chargé de l’Administration du territoire. C’est ainsi que le ministre de l’Administration du territoire de l’époque, l’inénarrable « pasteur-ambassadeur » Josué Binoua avait mis en place par arrêté ministériel un Comité technique électoral (CTE) dont il s’était autonommé président, lequel CTE avait organisé les partielles et proclamé les résultats qui ont été jugés valables par tous. 

          Les déclarés élus avaient siégé à l’Assemblée nationale comme députés de la nation au vu et au su de tout le monde. Les Tiangaye, N’Guendet, Mboli-Goumba, Ziguélé, Adouma, Méckassoua, Ngaïssona, Zingas-Kongbélé et consorts n’avaient pas contesté la création par simple arrêté ministériel du Comité technique électoral ni remis en cause les résultats de ses travaux. Cela fait jurisprudence.

 

« NUL NE PEUT SE PRÉVALOIR DE SES PROPRES TURPITUDES »

          Au regard de tout ce qui précède et dans l’hypothèse que l’Autorité nationale des élections (ANE) n’existe pas du point de vue de la Constitution ou que son mandat est expiré ou arrivait à expiration peu avant les prochains scrutins présidentiel et législatif, le ministère de l’Administration du territoire chargé de la décentralisation et du développement local sera amené à exercer les mêmes prérogatives de l’ANE comme cela s’était passé en 2011. Pourquoi ce qui était valable sous le régime Bozizé et qui n’avait pas donné lieu à des contestations ne peut pas être valable actuellement? D’où vient cette brusque amnésie de la part de nos hommes politiques?

         C’est conscient que « nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes » ni interdire aux autres ce qu’on s’est permis à soi-même, que le parti KNK de Bozizé ne s’est pas associé à la demande de la vérification de la constitutionnalité de certaines dispositions du code électoral, affaire pendante devant la Haute juridiction. A preuve, le nom du KNK ne figure pas parmi les partis politiques dont les avocats ont signé le communiqué de contestation du 22 mai 2020 au sujet de la Cour constitutionnelle. Sinon, où est la solidarité qui devait exister entre les partis membres de la COD-2020?

          On le voit, l’opposition démocratique centrafricaine doit se faire des soucis à cause du passé juridico-politique et institutionnel négatif du régime Bozizé/KNK qui avait accouché des monstrueuses jurisprudences dont le pouvoir actuel se sert en vue de se faciliter une certaine tâche. Bozizé et son parti KNK étant mal placés pour faire des leçons de droit, de respect de la Constitution et de morale au régime actuel, leurs alliés du moment risquent de n’avoir que leurs yeux pour pleurer. Une véritable ironie du sort et de l’histoire.

            Affaire à suivre.

           Jean Bedel Dinga-Kpilè

           Source: MEDIAS+ 28.05.2020

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 22:04
BOZIZÉ YANGOUVONDA, L’HOMME QUI A LA MÉMOIRE COURTE

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CENTRAFRIQUE : FRANÇOIS BOZIZÉ YANGOUVONDA, L’HOMME QUI A LA MÉMOIRE COURTE OU QUI NE L’A PAS DU TOUT

 

          Que les alliés contre nature de François Bozizé ne trompent pas le peuple à propos du débat en cours sur la proposition de loi constitutionnelle destinée à réviser certaines dispositions de la Constitution du 30 mars 2016. Ce débat n’a pas lieu d’être si l’on est sincère avec soi. Il y a déjà une jurisprudence politico-institutionnelle en la matière. Les dispositions des articles 53, 153 et 156 de la Constitution du 30 mars 2016 qui cristallisent les positions contradictoires et les interprétations les plus tendancieuses et osées sont les mêmes qui ont existé dans la Constitution du 27 décembre 2004 sous le règne Bozizé. Les dispositions des deux constitutions disent clairement que le nombre et la durée des mandats présidentiels ne peuvent pas être modifiés, de même que la forme laïque de l’Etat centrafricain, les bases fondamentales de la société centrafricaine, etc. 

     Mais n’oublions pas qu’en 2009, face au retard pris dans les préparatifs des élections, la classe politique et la société civile étaient conviées au Palais de la Renaissance pour trouver une solution consensuelle. La formule du maintien en activité du président de la République et de l’Assemblée nationale jusqu’à l’organisation des élections présidentielle et législatives a été retenue. Me Nicolas Tiangaye, qui faisait office de porte-parole de l’opposition démocratique à l’époque comme aujourd’hui, avait même pris la parole publiquement pour dire oui à ce schéma. 

          Sur la base de ce consensus, l’Assemblée nationale avait voté une loi pour maintenir en fonction le président Bozizé et son Assemblée nationale monocolore de l’époque et les Tiangaye et les Nguéndé les Ziguele et Bozizé, Bertin Béa du KNK et autres étaient allés aux élections décalées de 2011 avec cette loi qui modifiait ces dispositions ultrasensibles de la Constitution.  D’où la question qui s’impose: pourquoi la même chose qui a été faite sous le régime Bozizé et qui était qualifiée de bon ne peut pas être faite sous la même forme et le même fond par le régime actuel? Bozizé et ses alliés politiques du moment auraient-ils la mémoire courte?

ET BOZIZÉ ROULA SES ALLIÉS DANS LA FARINE…

          Là où l’on comprend aisément que Bozizé est le grand boulanger de l’opposition centrafricaine est le fait qu’il n’a pas osé faire de son parti politique le KNK l’une des parties prenantes au procès pendant devant la Cour constitutionnelle concernant la vérification de la constitutionnalité de certaines dispositions de Code électoral relativement à l’Autorité nationale des élections (ANE) dont il était par ailleurs le créateur. Chose bizarre, le KNK de Bozizé ne fait pas partie des partis et associations politiques membres de la COD-2020 qui ont saisi la Cour constitutionnelle à cet effet. 

La raison est simple. C’est que lui-même sait que son argument ne pourra pas prospérer parce qu’il avait violé la loi électorale en 2011 en refusant de proroger le mandat de la Commission électorale indépendante  (CEI) de l’époque, dirigée par son ami, le scandaleux et irrévérencieux pasteur Joseph Binguimalé de triste mémoire. 

            En effet, alors que plusieurs sièges de l’Assemblée nationale n’étaient pas encore pourvus et devant l’imbroglio juridique de la CEI à l’époque (comme celui de l’ANE actuelle), le président Bozizé avait purement et simplement confié la préparation de l’organisation et la gestion des élections législatives partielles au ministère chargé de l’Administration du territoire. C’est ainsi que le ministre de l’Administration du territoire de l’époque, l’inénarrable « pasteur-ambassadeur » Josué Binoua avait mis en place par arrêté ministériel un Comité technique électoral (CTE) dont il s’était autonommé président, lequel CTE avait organisé les partielles et proclamé les résultats qui ont été jugés valables par tous. 

          Les déclarés élus avaient siégé à l’Assemblée nationale comme députés de la nation au vu et au su de tout le monde. Les Tiangaye, N’Guendet, Mboli-Goumba, Ziguélé, Adouma, Méckassoua, Ngaïssona, Zingas-Kongbélé et consorts n’avaient pas contesté la création par simple arrêté ministériel du Comité technique électoral ni remis en cause les résultats de ses travaux. Cela fait jurisprudence.

 

« NUL NE PEUT SE PRÉVALOIR DE SES PROPRES TURPITUDES »

          Au regard de tout ce qui précède et dans l’hypothèse que l’Autorité nationale des élections (ANE) n’existe pas du point de vue de la Constitution ou que son mandat est expiré ou arrivait à expiration peu avant les prochains scrutins présidentiel et législatif, le ministère de l’Administration du territoire chargé de la décentralisation et du développement local sera amené à exercer les mêmes prérogatives de l’ANE comme cela s’était passé en 2011. Pourquoi ce qui était valable sous le régime Bozizé et qui n’avait pas donné lieu à des contestations ne peut pas être valable actuellement? D’où vient cette brusque amnésie de la part de nos hommes politiques?

         C’est conscient que « nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes » ni interdire aux autres ce qu’on s’est permis à soi-même, que le parti KNK de Bozizé ne s’est pas associé à la demande de la vérification de la constitutionnalité de certaines dispositions du code électoral, affaire pendante devant la Haute juridiction. A preuve, le nom du KNK ne figure pas parmi les partis politiques dont les avocats ont signé le communiqué de contestation du 22 mai 2020 au sujet de la Cour constitutionnelle. Sinon, où est la solidarité qui devait exister entre les partis membres de la COD-2020?

          On le voit, l’opposition démocratique centrafricaine doit se faire des soucis à cause du passé juridico-politique et institutionnel négatif du régime Bozizé/KNK qui avait accouché des monstrueuses jurisprudences dont le pouvoir actuel se sert en vue de se faciliter une certaine tâche. Bozizé et son parti KNK étant mal placés pour faire des leçons de droit, de respect de la Constitution et de morale au régime actuel, leurs alliés du moment risquent de n’avoir que leurs yeux pour pleurer. Une véritable ironie du sort et de l’histoire.

            Affaire à suivre.

           Jean Bedel Dinga-Kpilè

           Source: MEDIAS+ 28.05.2020

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 21:58
RCA : Six travailleurs humanitaires kidnappés par des hommes armés à Batangafo

 

Centrafrique : Six travailleurs humanitaires kidnappés par des hommes armés à Batangafo

 

https://www.radiondekeluka.org/ mercredi 27 mai 2020 17:28

 

Les régions du Nord et du Nord-est de la République centrafricaine sont toujours en proie à l'instabilité due à la présence d'hommes armés. La préfecture de l'Ouham n'est pas à l'abri de cette situation. Le lundi 25 mai 2020, six agents de l'ONG humanitaire DRC ont été kidnappés à Batangafo par des peulhs armés.  

La situation sécuritaire dans les régions du Nord et du Nord-est de la République centrafricaine demeure préoccupante. Les habitants de ces régions, pour la plupart cultivateurs et éleveurs vivent dans la psychose du fait de la présence des hommes en armes. Le lundi 25 mai 2020, six (6) agents de l'ONG Danish Refugee Council (DRC) ont été kidnappés à la périphérie de Batangafo, dans la préfecture de l'Ouham par des peulhs armés. Ces employés de l'ONG DRC partaient rémunérer les travailleurs journaliers de cette organisation humanitaire sur l'axe Kabo. Les ravisseurs exigent la libération de 3 enfants peulhs, retenu en otage la semaine d'avant par des Antibalaka au cours d'un affrontement avec des bergers tchadiens armés non loin de Bouca. Ces enfants peulhs accompagnaient des bergers tchadiens venus paître leurs troupeaux dans la localité. Et comme d'habitude, des tensions fréquentes entre agriculteurs et éleveurs en cette période de transhumance, des combats ont opposé ces bergers aux Antibalaka agriculteurs sur la route menant à Bouca. Les négociations sont restées vaines pour la libération de ces enfants.

"Je confirme qu'il y a kidnapping de six personnes dont trois femmes, travaillant pour l'ONG humanitaire DRC.  Les ravisseurs de ce kidnapping sont bel et bien des éleveurs peulhs, qui ont agi en représailles suite à la détention des bergers à Bouca. Les relations entre les agriculteurs et les éleveurs sont tendues eu égard au couloir de transhumance entre les villes de Kabo, Batangafo, Bouca, et Damara" a affirmé Evrard Lamine, Sous-préfet de Batangafo.

La nouvelle du kidnapping a amené les Organisations humanitaires œuvrant dans la zone, à suspendre leurs activités à Batangafo, malgré l'énorme dépendance de cette ville à l'assistance humanitaire.

Cet enlèvement vient ainsi amplifier l'inquiétude de la population civile qui, de jour en jour, est terrorisée par des éleveurs armés qui font paître leurs troupeaux dans les plantations.

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 21:55
Reprise en juin prochain du trafic sur le corridor Congo-Centrafrique

Lu pour vous

 

 

Brazzaville, Congo, 28 Mai 2020 (Infosplusgabon) - Le trafic sur le corridor Brazzaville, au Congo, et Bangui, en République centrafricaine, vital pour les échanges commerciaux entre les pays, devrait reprendre à partir du 10 juin prochain, a annoncé mardi dans la capitale congolaise, le coordonnateur du Groupement d’intérêt économique et du service commun d'entretien des voies navigables (GIE-SCEVN), Alexis Dekoïsset.

 

Selon lui, les moyens mis à la disposition de l’opérateur en charge de l’entretien des voies navigables sont limités cette année pour assurer la fluidité et la sécurité de la navigation fluviale.

 

Ainsi, les opérations de balisage sur les voies navigables ont commencé cette année avec un léger retard.

 

Un baliseur a quitté Brazzaville le 21 avril dernier pour Ouesso, via le fleuve Congo et la rivière Sangha, au nord du pays.

 

Après cette étape, il va remonter le fleuve Oubangui jusqu’à Bangui, a précisé Alexis Dekoïsset.

 

Plus de la moitié des besoins en carburant de la RCA et d’autres produits de première nécessité transitent par le fleuve.

 

Avec la crise sanitaire du coronavirus et la baisse des subventions destinées à l’opérateur d’entretien, les mois et années à venir seront difficiles pour ce secteur.

 

Le coordonnateur du GIE-SCEVN se veut rassurant en dépit des inquiétudes.

 

"La pandémie de coronavirus a un impact sur le travail. Nous avons connu un retard de dix jours, avant de débuter la campagne fin avril. Il fallait d’abord doter les membres d’équipage en matériels de protection et chercher à mobiliser les ressources financières. En ce moment, nos équipes ne travaillent qu’avec le strict minimum en ce qui concerne le carburant et les consommables de balisage", a expliqué Alexis Dekoïsset.

 

La campagne de balisage est un travail de longue haleine qui dure plusieurs semaines.

 

Au fur et à mesure que le baliseur remonte le fleuve, il émet un avis aux navigateurs permettant aux usagers du fleuve, notamment les armateurs et les équipages des bateaux, de pouvoir reprendre la navigation.

 

Par exemple, dès que le baliseur a fini son travail à Ouesso et Mossaka, les trafics peuvent déjà reprendre sur ces deux tronçons fluviaux.

 

La difficile préparation de la saison de navigation 2020 relance le débat sur le financement des activités du Service commun d’entretien des voies navigables, une structure interétatique créée vers les années 70 par le Congo et la RCA.

 

Depuis la réforme de 2007, faisant évoluer la structure en un GIE-SCEVN, les deux pays se sont engagés à financer les activités d’entretien des eaux inter-Etats.

 

Malheureusement, les contributions financières arrivent au compte-gouttes.

 

La structure interétatique a bénéficié d’un appui financier de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC), devant lui permettre de renouveler sa flotte, de se doter en matériels consommables et moteurs.

 

Les procédures de versement de cette subvention sont lentes, ce qui ne favorise pas le bon déroulement des activités du GIE-SCEVN.

 

"Nous réitérerons notre demande d’aide auprès des autorités des deux pays pour que la voie puisse desservir l’hinterland du Congo et de la RCA. Telles que les choses sont parties sans appui les années à venir vont être très difficiles pour la voie navigable", a alerté Alexis Dekoïsset.

 

FIN/ INFOSPLUSGABON/AOD/GABON2020

 

© Copyright  Infosplusgabon

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 21:55
Reprise en juin prochain du trafic sur le corridor Congo-Centrafrique

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Brazzaville, Congo, 28 Mai 2020 (Infosplusgabon) - Le trafic sur le corridor Brazzaville, au Congo, et Bangui, en République centrafricaine, vital pour les échanges commerciaux entre les pays, devrait reprendre à partir du 10 juin prochain, a annoncé mardi dans la capitale congolaise, le coordonnateur du Groupement d’intérêt économique et du service commun d'entretien des voies navigables (GIE-SCEVN), Alexis Dekoïsset.

 

Selon lui, les moyens mis à la disposition de l’opérateur en charge de l’entretien des voies navigables sont limités cette année pour assurer la fluidité et la sécurité de la navigation fluviale.

 

Ainsi, les opérations de balisage sur les voies navigables ont commencé cette année avec un léger retard.

 

Un baliseur a quitté Brazzaville le 21 avril dernier pour Ouesso, via le fleuve Congo et la rivière Sangha, au nord du pays.

 

Après cette étape, il va remonter le fleuve Oubangui jusqu’à Bangui, a précisé Alexis Dekoïsset.

 

Plus de la moitié des besoins en carburant de la RCA et d’autres produits de première nécessité transitent par le fleuve.

 

Avec la crise sanitaire du coronavirus et la baisse des subventions destinées à l’opérateur d’entretien, les mois et années à venir seront difficiles pour ce secteur.

 

Le coordonnateur du GIE-SCEVN se veut rassurant en dépit des inquiétudes.

 

"La pandémie de coronavirus a un impact sur le travail. Nous avons connu un retard de dix jours, avant de débuter la campagne fin avril. Il fallait d’abord doter les membres d’équipage en matériels de protection et chercher à mobiliser les ressources financières. En ce moment, nos équipes ne travaillent qu’avec le strict minimum en ce qui concerne le carburant et les consommables de balisage", a expliqué Alexis Dekoïsset.

 

La campagne de balisage est un travail de longue haleine qui dure plusieurs semaines.

 

Au fur et à mesure que le baliseur remonte le fleuve, il émet un avis aux navigateurs permettant aux usagers du fleuve, notamment les armateurs et les équipages des bateaux, de pouvoir reprendre la navigation.

 

Par exemple, dès que le baliseur a fini son travail à Ouesso et Mossaka, les trafics peuvent déjà reprendre sur ces deux tronçons fluviaux.

 

La difficile préparation de la saison de navigation 2020 relance le débat sur le financement des activités du Service commun d’entretien des voies navigables, une structure interétatique créée vers les années 70 par le Congo et la RCA.

 

Depuis la réforme de 2007, faisant évoluer la structure en un GIE-SCEVN, les deux pays se sont engagés à financer les activités d’entretien des eaux inter-Etats.

 

Malheureusement, les contributions financières arrivent au compte-gouttes.

 

La structure interétatique a bénéficié d’un appui financier de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC), devant lui permettre de renouveler sa flotte, de se doter en matériels consommables et moteurs.

 

Les procédures de versement de cette subvention sont lentes, ce qui ne favorise pas le bon déroulement des activités du GIE-SCEVN.

 

"Nous réitérerons notre demande d’aide auprès des autorités des deux pays pour que la voie puisse desservir l’hinterland du Congo et de la RCA. Telles que les choses sont parties sans appui les années à venir vont être très difficiles pour la voie navigable", a alerté Alexis Dekoïsset.

 

FIN/ INFOSPLUSGABON/AOD/GABON2020

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 21:49
L’arrestation de Félicien Kabuga,  le financier présumé  du génocide

Lu pour vous

 

23 mai 2020 Le Soir Colette Braeckman

 

L’arrestation de Félicien Kabuga,  le financier présumé  du génocide, ouvre la voie  à un procès devant  la justice internationale. Mais elle pourrait aussi déranger beaucoup   de monde...  

Récit  de Colette Braeckman

Lorsqu’un vieil homme courbé par les ans, la voix éteinte, le pas hésitant, comparaîtra bientôt devant la justice internationale, les témoins auront du mal à associer cette image de décrépitude avec la longue histoire de haine, de violence et de mensonges de Félicien Kabuga, l’un des « génocidaires » les plus longtemps recherchés, les plus longtemps actifs.

Lorsqu’il voit le jour voici 84 ans, sur une colline proche de Ruhengeri, au pied des volcans, Félicien Kabuga est le fils d’un paysan pauvre qui appartient au groupe des Abakiga, les Hutus du Nord, frustrés par le colonisateur belge qui avait commencé par donner le pouvoir aux Tutsis. Grands, forts, combatifs, les Hutus du Nord serrent les rangs autour de Juvénal Habyarimana, originaire de la même région et surtout autour de son épouse, Agathe Kanziga. Cette fille issue d’une famille noble espère retrouver son rang social en épousant un jeune militaire plein d’avenir.

Radio, uniformes et machettes

Petit commerçant au départ, Kabuga est doué pour les affaires, le commerce du thé, l’import-export, la friperie. A la veille du génocide, celui qui est considéré comme l’homme le plus riche du Rwanda, actionnaire et fondateur de la radio des Mille Collines, fournit les pièces de tissu bariolé qui seront l’uniforme des Interhahamwe – les miliciens qui seront le bras armé du génocide, NDLR – et il fait venir de Chine 50.000 machettes, qui ne serviront pas d’outils agricoles mais seront distribuées aux miliciens.

S’il est devenu membre éminent de l’Akazu, « la petite colline », c’est-à-dire le clan présidentiel, c’est avant tout par cooptation familiale. Car ce père de onze enfants a bien « placé » sa progéniture : l’une de ses filles a épousé Jean-Pierre, le fils aîné de Habyarimana, une autre a choisi Augustin Ngirabatware qui était l’influent ministre du Plan, un autre des beaux-fils est Fabien Singaye, que l’on retrouvera dans les années 90 comme deuxième secrétaire à l’ambassade du Rwanda en Suisse. Accusé d’espionner l’opposition rwandaise en exil, il sera expulsé et mettra ses talents au service de la France.

Aujourd’hui, la famille nombreuse s’est repliée en Europe : quelques enfants résident dans la banlieue parisienne, d’autres en Angleterre, mais neuf d’entre eux, naturalisés belges dès les années 2000, sont domiciliés entre Neder-over-Heembeek, Hal, Waterloo... Depuis longtemps, les enquêteurs de la justice internationale estiment que cette fratrie représente la meilleure piste pour remonter jusqu’au père.

La protection du noyau familial

Albert Toch, qui fut longtemps enquêteur pour le TPIR – Tribunal pénal international pour le Rwanda – se souvient d’un échec fracassant : « En 2017, nous avions supposé que Kabuga tenterait d’assister aux obsèques de son épouse et, pensant l’intercepter, nous avions entouré l’église de Waterloo. Mais nous sommes rentrés bredouilles. » Jusqu’à son arrestation, c’est le noyau familial qui a longtemps protégé l’ancêtre : durant plusieurs années, le vieux monsieur taciturne a vécu, très discrètement et en mauvaise santé, dans un appartement d’Asnières (Hauts-de-Seine). Les temps ayant changé, la police française, bien décidée à répondre aux requêtes du procureur Serge Brammertz à la tête du « Mécanisme » qui a succédé au TPIR, avait placé les lieux sur écoute téléphonique. Le confinement pour cause de Covid-19 a fait le reste : « Une fois qu’on a eu de bonnes raisons de penser qu’il y avait quelqu’un d’autre dans l’appartement, on a décidé d’ouvrir la porte », raconte à la presse le colonel Eric Emeraux, « mais on n’était pas sûr de ce qu’on allait trouver ». Après avoir enfoncé la porte, les 16 policiers d’élite du peloton d’intervention de la garde républicaine ont ainsi découvert l’un des hommes les plus recherchés de la planète, pour lequel les Américains avaient promis 5 millions de dollars à celui qui aiderait à le retrouver.

Comment, malgré un mandat d’arrêt international, une notice rouge d’Interpol et une telle prime, Kabuga a-t-il pu, durant un quart de siècle, déjouer les limiers rwandais et les enquêteurs du TPIR ? Le comment, c’est aussi le pourquoi.

Des contacts au plus haut niveau

Le commerçant enrichi, le fondateur de la radio des Mille Collines, l’homme qui, à travers le Fonds de défense nationale, assurait la logistique des Interhahamwe et contrôlait les entreprises d’Etat était aussi un homme qui savait cultiver ses relations et qui entretenait des contacts au plus haut niveau à Kinshasa, au Kenya, en Suisse, en Allemagne, en Belgique... Sans oublier la France qui exfiltre rapidement sa femme et ses enfants, réfugiés à l’ambassade.

Au lendemain de la victoire du FPR, en juillet 1994, Kabuga s’envole pour la Suisse où son gendre Singaye a mis sa fortune en lieu sûr. Après son expulsion de Suisse, en août 94, il est renvoyé au Zaïre puis on le retrouve au Kenya, un pays où il compte de nombreuses relations d’affaires. Il y est protégé par le président Arap Moi, qui accueille aussi la veuve de Habyarimana, Agathe Kanziga. A Nairobi, résidant dans le quartier Karen, une zone résidentielle, Kabuga ne se contente pas de veiller sur sa famille et sur sa fortune, mettant dans la balance les 20 millions de dollars dont il dispose et qu’il utilise pour s’acheter des protections, il s’emploie aussi à préparer une offensive pour chasser le FPR de Kigali.

« Le 18 juillet 1997, nous l’avons manqué de justesse », se souvient Albert Toch qui, à l’époque, travaillait pour le TPIR. « Nous avions encerclé le quartier où il vivait, mais il a réussi à s’enfuir et cette opération ratée fit un mort. »

C’est durant son séjour au Kenya que Kabuga monte un puissant réseau à la fois commercial et militaire et on retrouvera la trace de l’homme d’affaires à Madagascar. Car lorsque l’armée de Habyarimana franchit la frontière du Kivu, à la faveur de l’opération française Turquoise, elle emmène avec elle les coffres et les dossiers de la Banque nationale du Rwanda, les documents de l’Etat et surtout les armes de l’armée vaincue. Militaires et officiers sont accompagnés de milliers de miliciens Interhahamwe qui se réorganiseront dans les camps de réfugiés du Kivu, nourris sinon protégés par l’aide internationale.

L’« armée de la forêt »

Kabuga veille au financement de la « Reconquista » et, explique le journaliste du Monde Jean-Philippe Remy, il met sur pied un vaste réseau fondé sur l’exploitation des matières premières de l’est du Congo, dont le coltan du Kivu. Ce qui lui permet d’acheter les armes de la milice hutue, qui prendra le nom de FDLR -Forces démocratiques pour la libération du Rwanda. Cette « armée de la forêt » sèmera la terreur au Kivu jusqu’à ce que, en 2020, des opérations menées par l’armée congolaise avec le probable soutien de conseillers rwandais lui infligent de sérieux revers, asséchant du même coup les sources de financement et privant Kabuga d’une partie de ses moyens. Comme par hasard, les plus audacieux des FDLR portent le nom de « Crap » – Commandos de recherche et d’action en profondeur –, un acronyme qui est celui des forces spéciales françaises.

Après le Kenya, doté de 28 passeports différents, Kabuga voyage et séjourne en Europe : la justice internationale retrouve sa trace en Allemagne (où les FDLR ont leur quartier général), au grand-duché de Luxembourg, en Belgique du côté d’Arlon. A Francfort, où il venait de subir une opération, il échappe de justesse à une filature, mais l’un des enquêteurs se souvient avoir vu son gendre piétiner une clé USB pour tenter de la détruire : « Nous avons tout de même pu retrouver sa fiche d’admission à l’hôpital et la photo figurant sur son passeport, la même qu’aujourd’hui... » En France, Kabuga peut compter sur l’appui de son gendre Fabien Singaye. L’ancien diplomate a de l’entregent : il connaît François de Grossouvre, (l’ami de François Mitterrand, « suicidé » le 7 avril 1994), il s’est lié d’amitié avec Paul Barril, alias « Bravo », l’ancien chef du GIGN qui reconnaîtra dans ses mémoires avoir été en opération sur une « colline perdue d’Afrique » la nuit du 6 avril 1994.

Les réseaux de la « Françafrique »

C’est Barril qui demandera à Singaye de traduire les échanges radio à l’aéroport de Kanombe dans les minutes qui suivirent l’attentat contre l’avion présidentiel et c’est lui aussi qui présentera cet homme bien informé au juge Bruguière qui le désignera comme traducteur. Sans s’être rendu au Rwanda, mais disposant d’un informateur de premier plan qui lui traduira les dépositions de plusieurs transfuges, le magistrat, sans surprise, conclura à la responsabilité du FPR dans l’attentat contre l’avion présidentiel. Par la suite, cette thèse sera mise à mal par le juge français Trevidic qui, lui, avait enquêté sur le terrain.

Par la suite, Fabien Singaye travaillera pour la société française Areva ainsi que pour Georges Forrest (nous le rencontrerons lors d’une réception organisée par l’homme d’affaires). Il conseillera aussi les présidents Bozize puis Touadéra en Centrafrique.

Si les enquêteurs veulent remonter le fil des relations de Kabuga en France et dénouer le réseau de ses protections, la piste de Fabien Singaye devrait les mener aux avant-postes de la « Françafrique », au pied de la « pyramide du mensonge » édifiée en bord de Seine depuis un quart de siècle.

Elle les mènera aussi vers une petite maison de Courcouronnes dans l’Essonne où réside Agathe Habyarimana, protégée par l’Etat français qui a rejeté la demande d’extradition présentée par Kigali. Un homme d’affaires belge Filip Saks se souvient d’y avoir régulièrement rencontré Jean-Luc Habyarimana en compagnie de Fabien Singaye lors de réunions consacrées à des négociations financières visant à créer en Afrique une fondation humanitaire. Saks se retira lorsqu’il apparut que le véritable objet de la fondation et des collectes de fonds était la poursuite de la guerre et le renversement du régime de Kigali.

S’il est transféré à La Haye, Kabuga racontera-t-il tout cela ? Les enquêteurs en doutent : l’homme est âgé, malade, les preuves de son implication, remontant à un quart de siècle, seront difficiles à établir. Quant aux éléments plus récents portant sur les appuis dont le financier du génocide a disposé en Europe, qui – à part les victimes – tient réellement à connaître une vérité qui dérange ?

 

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