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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 18:52
Législatives en RCA encore 118 sièges à pourvoir avant le 2 mai

 

Législatives en Centrafrique encore 118 sièges à pourvoir avant le 2 mai

 

https://actucameroun.com/ 1 Fév 2021 par Marcel D.

Les résultats provisoires des élections législatives du 27 décembre dernier ont été rendus publics par la Cour constitutionnelle centrafricaine ce lundi. Sans surprise, une série d’annulations et de redressements a été effectuée par l’organe judiciaire. Ainsi, 22 députés seulement sont déclarés élus dès le premier tour sur un total de 140 contre, sachant que le scrutin n’avait pas pu avoir lieu en de nombreux endroits du fait de l’insécurité. 

Sur ces 22 députés élus au premier tour, cinq sont issus du MCU, le mouvement présidentiel, contre six après les résultats provisoires, trois pour le compte du parti Patrie de Crépin Mboli Goumba, deux pour l’URCA de l’opposant Anicet Georges Dologuélé, un seul pour le KNK de François Bozizé, ainsi que pour le MLPC de Martin Ziguélé, informe RFI. 

La Cour avait été saisie de 346 requêtes. Elle a décidé in fine d’invalider le vote dans 13 circonscriptions : Bogambolo, Baoro, Dékoa, Sibut, Zangba, Carnot 1 et 2, Bambari, Kaga Bandoro, Bozoum Nanga Boguila, mais aussi deux arrondissements de Bangui. Les raisons sont diverses : menaces et intimidations, des dépouillements dans circonstances troubles, ou des urnes détruites. La Cour a aussi redressé les résultats par endroits. Deux candidats de la majorité, également ministre, qui étaient en ballotage ont par exemple été déclarés élus. Enfin, six candidatures enfin ont été invalidées : une candidate, par exemple, dont le suppléant était un chef anti-balaka, d’autres pour violation de dispositions électorales ou encore violences durant la campagne.

Le temps presse

On s’achemine donc vers un second tour dans 47 circonscriptions ainsi que 71 élections partielles, soit environ la moitié de la future assemblée, où le premier tour n’a pas eu lieu ou a été annulé. L’Autorité nationale des élections (ANE) travaille à un nouveau calendrier entièrement réaménagé pour tenir compte de cette nouvelle donne. Il devrait être rendu public sous peu. Et le temps est compté. Le mandat de l’actuelle assemblée expire le 2 mai. Et pour investir la nouvelle, il faut qu’au minimum les 2/3 des députés aient été choisis à cette date.

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 18:09
RCA : le rebelle Abakar Sabone sous le coup d’un mandat d’arrêt
RCA : le rebelle Abakar Sabone sous le coup d’un mandat d’arrêt

 

RCA : le rebelle Abakar Sabone sous le coup d’un mandat d’arrêt

 

Avec notre envoyée spéciale à Bangui, Florence Morice Publié le 29.01.2021 à 18h09

Les autorités souhaitent aujourd’hui le poursuivre pour « des infractions commises entre décembre 2020 et janvier 2021 ».

Abakar Sabone, l’un des porte-parole de la rébellion CPC, est sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice centrafricaine. Ancien conseiller spécial de Michel Djotodia du temps de l’ex-Séléka, il est rentré en Centrafrique en 2019, après un long exil au Tchad.

Ce n’est pas l’un des principaux chefs rebelles de la CPC. Son mouvement, fondé il y a un an, n’est d’ailleurs pas signataire de l’accord de Kamba Kotta, acte de naissance de la coalition. Mais il en est l’un des porte-paroles et l’une des figures les plus médiatiques, habitué aux déclarations tonitruantes sur les réseaux sociaux. « Ce n’est pas un petit bout de papier signé par un procureur qui va nous empêcher de poursuivre la lutte », régissait-il encore hier soir au sujet du mandat d’arrêt émis contre lui ce 25 janvier.

Il faut dire qu’à 55 ans, Abakar Sabone, né à Carnot, s’est forgé une longue expérience dans diverses rébellions, au gré des soubresauts que connait son pays. Actif aux côtés de François Bozizé lors de son coup d’État de mars 2003, il est son dernier ministre du Tourisme, avant de rejoindre le camp adverse : la Séléka de Michel Djotodia qui en fait son conseiller spécial. À cette époque, il défraye la chronique en proposant une partition de la Centrafrique.

Exilé au Tchad pendant de longues années, il prend part aux négociations de l’accord de Khartoum pour le FPRC de Noureddine Adam, puis quitte ce mouvement. Selon le mandat d’arrêt émis contre lui, il est accusé d’incitation à la désobéissance et au refus de payer l’impôt. Un mandat émis dans le cadre de l’instruction en cours contre Thierry Savonarole, un cadre du KNK, le parti de l’ex-président Bozizé, arrêté en janvier.

Ce n’est pas l’un des principaux chefs rebelles de la CPC. Son mouvement, fondé il y a un an, n’est d’ailleurs pas signataire de l’accord de Kamba Kotta, acte de naissance de la coalition. Mais il en est l’un des porte-paroles et l’une des figures les plus médiatiques, habitué aux déclarations tonitruantes sur les réseaux sociaux. « Ce n’est pas un petit bout de papier signé par un procureur qui va nous empêcher de poursuivre la lutte », régissait-il encore hier soir au sujet du mandat d’arrêt émis contre lui ce 25 janvier.

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 13:37
CENTRAFRIQUE : L’AVERTISSEMENT DE LA CPI

Lu pour vous

 

CENTRAFRIQUE : L’AVERTISSEMENT DE LA CPI

 

https://www.justiceinfo.net/ 25 JANVIER 2021 PAR PAR GAËL GRILHOT, NOTRE CORRESPONDANT À BANGUI

 

Arrêté en Centrafrique le 20 janvier, Mahamat Saïd a été transféré hier soir au siège de la Cour pénale internationale, à La Haye. Le parcours de ce vieux routier de la rébellion centrafricaine embrasse plus d’une décennie de rébellions et de violences. Avec son interpellation, la CPI « rééquilibre » ses dossiers centrafricains et tente de peser sur l’échiquier national, alors qu’une nouvelle coalition armée, dont faisait partie Saïd, menace le pouvoir central depuis mi-décembre.

Mahamat Saïd Abdel Kain, la cinquantaine à peine sonnée, est peu connu du grand public. Il est pourtant un personnage important des rouages de la rébellion centrafricaine depuis plus de 10 ans.

Le 20 janvier, il a été arrêté à Bria, au centre de la République centrafricaine (RCA), dans des circonstances encore non éclaircies. D’abord transféré au camp de Roux, à Bangui, il a été officiellement remis à la Cour pénale internationale (CPI), le 24 janvier. L’avion qui le transportait a décollé de Bangui en fin d’après-midi, avant d’atterrir à La Haye peu avant minuit.

Le mandat d’arrêt de la CPI contre Saïd était sous scellés depuis deux ans. Délivré le le 7 janvier 2019, il précise que Mahamat Saïd est suspecté de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité – notamment pour emprisonnement, torture, persécution et disparitions forcées – qui auraient été commis dans la capitale centrafricaine en 2013, selon un communiqué de la Cour diffusé le 24 janvier.

ITINÉRAIRE D’UN REBELLE EN CENTRAFRIQUE

L’itinéraire de Mahamat Saïd est « classique » pour un membre de la Séléka (« Alliance », en sango), une coalition de groupes politico-militaires créée dans le nord du pays, en 2012, pour protester contre les discriminations subies par les populations du Nord et de l’Est. Originaire de Bria, Saïd explique, dans un entretien avec des membres de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), en juillet 2013, être né dans une famille de collecteurs de diamants. Bria « la scintillante » est alors un haut-lieu de la production de gemmes en Centrafrique, une économie qui profite encore largement aujourd’hui aux groupes armés, à travers l’exportation illégale de diamants. Il raconte s’être engagé au sein d’un groupe armé par vengeance, après la mort d’un de ses neveux, tué dans une mine par des éléments bien identifiés mais laissés impunis par les autorités.

Selon la FIDH, Saïd devient membre de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) dès 2008. La CPJP, dirigée par Nourredine Adam, est l’une des organisations à l’origine de la création de la Séléka, qui prend le pouvoir à Bangui en mars 2013. Lieutenant, puis colonel au sein de la CPJP, Saïd participe à cet assaut, à l’issue duquel Michel Djotodia s’autoproclame président de la RCA. Noureddine Adam devient son ministre de la Sécurité publique. Et celui-ci nomme Mahamat Saïd commandant de l’Office centrafricain de répression du banditisme (OCRB), un organe de la police centrafricaine.

A Bangui, les exactions commises par les membres de la Séléka se multiplient. Les rebelles au pouvoir traquent notamment les anciens membres des Forces armées centrafricaines (FACA) et organisent des opérations de ratissage meurtrières pour trouver des armes, dans des quartiers comme Boye Rabe ou Gobongo. Tortures, exécutions extrajudiciaires, pillages : les hommes de Nourredine Adam sont accusés de n’épargner personne. De nombreux prévenus sont détenus au sein de l’OCRB. Selon au moins un témoin identifié par la FIDH, le « colonel Saïd » aurait été présent au cours des séances de torture qu’il a alors subies pendant près de dix jours. Selon le communiqué de la CPI, les faits pour lesquels Saïd est aujourd’hui poursuivi auraient été commis pendant la période où il était directeur de l’OCRB, entre mars 2013 et janvier 2014. « Lorsque la Séléka prend le pouvoir, Mahamat Saïd faisait partie de l’équipe rapprochée de Noureddine Adam », explique Nathalia Dukhan, enquêtrice pour l’ONG anti-corruption The Sentry. « Ensemble ils ont fait régner la terreur et le chaos durant plusieurs mois, en particulier dans la capitale bangui. »

UN MESSAGE À LA NOUVELLE RÉBELLION ET À BOZIZÉ

Une fois la Séléka écartée du pouvoir, moins d’un an après l’avoir conquis, et une fois cette coalition officiellement dissoute, Saïd rejoint le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), dirigé par Nourredine Adam et Abdoulaye Hissène. Selon Dukhan, Saïd aurait exploité l’instabilité dans le pays – et ses connaissances du milieu diamantifère – pour mettre la main sur les mines de diamant dans l’est du pays, en particulier à Bria et Nzako. « À ce titre il était l’un des maillons importants du système de financement du FPRC », poursuit-elle.

Mahamat Saïd continue sa carrière de rebelle professionnel. Il est considéré comme un des cadres de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), une nouvelle alliance de groupes armés qui a vu le jour mi-décembre 2020, en pleine période électorale, après que l’ancien président de RCA François Bozizé, mis en cause pour crimes de guerre, a été écarté de la course à l’investiture.

Dénonçant l’accord de paix du 6 février 2019, la CPC – qui regroupe six des plus importants groupes armés (dont le FPRC) autrefois ennemis – a menacé de prendre Bangui et fortement perturbé les élections présidentielles et législatives du 27 décembre dernier. (La moitié des Centrafricains n’ont pas pu voter librement.) Selon Nathalia Dukhan, Saïd serait « l’un des orchestrateurs des attaques de la CPC sur Nzako et Bakouma ».

Dans une déclaration sur la situation en RCA, le 23 janvier, le Conseil de sécurité de l’Onu a mis en garde les membres de la CPC, et « souligné qu’il était impératif de mettre fin de toute urgence à l’impunité en République centrafricaine et de traduire en justice les auteurs de violations du droit international humanitaire ».  

L’arrestation et le transfert à La Haye de Mahamat Saïd vient donc appuyer les pressions de la communauté internationale. Il s’agit d’un message clair adressé aux dirigeants de la CPC, dont Bozizé qui, s’il nie en être à l’origine, a officiellement apporté son soutien à cette coalition. Chantal Daniels, conseillère en coopération internationale au bureau du procureur de la CPI rappelle que le mandat d’arrêt date de janvier 2019. Mais elle admet que « le timing de son arrestation va être un signal fort pour la coalition CPC, comme dans les autres dossiers que nous sommes en train de suivre. Toutes les personnes qui commettent des crimes devront rendre compte à la justice ».

LA CPS TOUJOURS DANS L’OMBRE

Le bureau du procureur de la CPI peut également y trouver l’occasion de « rééquilibrer » ses dossiers centrafricains. L’arrestation de Saïd s’ajoute, en effet, à celles dAlfred « Rombhot » Yekatom et Patrice-Edouard Ngaïssona, en 2019, deux dirigeants des « antibalaka », groupe armé créé en 2013 pour s’opposer à la Séléka. La Cour ne reconnaît bien sûr jamais le souci de pratiquer de tels « équilibres » mais Daniels peut désormais souligner que la procureure Fatou Bensouda « a toujours insisté sur le fait qu’il fallait travailler sur les deux camps. Il y a maintenant deux affaires à La Haye sur les anti-balaka, une sur les Seleka, et nous poursuivons nos enquêtes en Centrafrique ».

Mais alors pourquoi envoyer Saïd à La Haye, alors qu’il aurait pu être jugé par la Cour pénale spéciale (CPS), un tribunal mixte créé en 2015 et qui n’a toujours pas ouvert de procès ? La répartition des rôles entre la CPI, la CPS et les tribunaux ordinaires demeure opaque dans les poursuites pour crimes de guerre en Centrafrique. Daniels souligne que l’enquête de la CPI sur Saïd remonte à septembre 2014, avant la mise en place de la CPS. Selon le principe de complémentarité, si une autorité judiciaire nationale mène une enquête sérieuse sur une même personne et pour les mêmes faits, c’est elle qui a la priorité sur la CPI. « Nous sommes une cour de dernier recours », confirme ainsi Chantal Daniels, « nous ne pouvons pas poursuivre des gens qui sont déjà poursuivis en Centrafrique, mais notre mandat d’arrêt est toujours partagé avec les autorités centrafricaines qui sont en charge des arrestations. » Daniels précise qu’il n’existe pas de partage de dossiers entre la CPI et la CPS. « Je sais qu’il y a beaucoup de rumeurs à ce sujet, mais ce n’est pas comme ça que ça se passe », poursuit la conseillère du procureur. Peut-il donc y avoir des enquêtes menées par les deux juridictions sur la même personne ? « Peut-être », avoue Chantal Daniels, « nous sommes en contact pour prévenir les doublons, mais nous ne sommes clairement pas au courant de toutes les personnes ciblées par eux. Et vice versa. »

 

 

REMISE D’UN EX-CHEF DE GUERRE CENTRAFRICAIN A LA CPI : A quand le tour de François Bozizé ?

https://lepays.bf/ 25 janvier 2021

Il s’appelle Mahamat Said Abdel Kani. C’est un ancien chef rebelle de l’ex-Séléka, du nom de cette milice à majorité musulmane qui, avec sa rivale chrétienne des Anti-Balaka, ont ouvert les portes de l’enfer aux Centrafricains, lors du conflit fratricide de 2013-2014 qui a entraîné de nombreuses pertes en vies humaines, à la suite d’actes d’atrocité d’une rare violence, qui révulsent encore la conscience humaine. Quelque huit ans plus tard, cet ancien chef de guerre est appelé à répondre de ses actes devant la Cour pénale internationale (CPI) qui a émis, en janvier 2019, un mandat d’arrêt contre lui. Ce mandat vient d’être exécuté avec sa remise, il y a quelques jours, à l’institution pénale internationale basée aux Pays-Bas. Il  y rejoint deux de ses tristement célèbres adversaires du camp adverse des anti-Balaka, Edgard Ngaïssona et Alfred Yekatom, détenus à la prison de Scheveningen, en attente de leur procès prévu en début février prochain.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le transfèrement de cet autre seigneur de guerre centrafricain de l’ex-Séléka à la CPI, est un acte à saluer.

Reste à espérer que l’effet psychologique de ces poursuites sera suffisamment dissuasif

Car, au-delà de l’impunité même des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en RCA et dont les prévenus sont soupçonnés, c’est l’équité de l’institution encore dirigée par Fatou Bensouda (son mandat arrive à expiration le 15 juin 2021) dans les poursuites qui ont lieu dans les deux camps, qu’il convient de louer. Car, dans d’autres circonstances comme dans le conflit ivoirien, cela n’a pas été le cas avec l’ex-président Laurent Ggagbo et son ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, qui se sont retrouvés seuls à répondre devant l’institution pénale internationale pendant que leurs adversaires du camp Ouattara n’ont jamais été inquiétés. Reste maintenant à espérer que l’effet psychologique de ces poursuites contre ces ex-chefs rebelles centrafricains, sera suffisamment dissuasif pour réfréner les ardeurs d’éventuels apprentis maquisards qui seraient toujours tentés, dans l’ex-Oubangui Chari,  par la conquête du pouvoir par les armes. Car, le drame que vit aujourd’hui le pays de Barthélémy Boganda, semble, à bien des égards, moins le fait de l’incapacité des populations à vivre en harmonie les unes avec les autres, que l’action des acteurs politiques et autres individus aux intentions obscures qui les instrumentalisent à des fins purement partisanes.

Or, tant qu’il en sera ainsi, il sera difficile, pour ce pays d’Afrique centrale dont les richesses diamantifères aiguisent les appétits bien au-delà de ses frontières, de connaître la paix. La preuve en est qu’aujourd’hui encore, à la faveur de la présidentielle du 27 décembre dernier, le pays qui était déjà en convalescence démocratique et qui peine à se relever de la crise de 2013-2014, est à nouveau à feu et à sang, du fait de l’incurie de personnalités politiques comme l’ex-président François Bozizé qui semble avoir jeté son dévolu sur les armes pour la reconquête du pouvoir, après avoir été recalé sur la voie des urnes par la Cour constitutionnelle.

Il est temps, pour l’institution judiciaire internationale, de songer à ouvrir un dossier Bozizé

Aujourd’hui, en ignorant royalement les voies constitutionnelles de recours contre les résultats du scrutin qui a livré son verdict final en faveur du président sortant, Faustin Archange Touadéra, pour faire alliance avec les groupes armés qui sèment la mort et la terreur dans le pays, Bozizé s’affiche en principal ennemi de la paix en Centrafrique. Et seule une institution comme la Cour pénale internationale semble encore en mesure de l’inquiéter. Car, l’intéressé fait déjà l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Justice de son pays, sans que cela suffise à l’empêcher de se déplacer sur le territoire national, comme un poisson dans l’eau. C’est pourquoi l’on a envie de se demander à quand le tour de François Bozizé, d’être dans la collimateur de la Justice internationale en vue d’intégrer la célèbre prison de La Haye pour mieux y méditer sur tous ses actes attentatoires à la paix en RCA. C’est dire s’il est temps, pour l’institution judiciaire internationale, de songer, si ce n’est déjà dans ses tuyaux, à ouvrir un dossier Bozizé. Cela pourrait peut-être permettre à la Centrafrique de connaître la paix. Car, au-delà de François Bozizé et des protagonistes de cette crise qui n’en finit pas de compter ses morts et de maintenir le pays dans un état d’instabilité et de précarité économique et sécuritaire, c’est le rôle de puissances extérieures qui continuent d’attiser en sous-main la braise en RCA pour mieux tirer leurs marrons du feu, qu’il convient de dénoncer. C’est dire s’il y a des raisons de croire aujourd’hui que la RCA est  otage non seulement du choc des ambitions de ses leaders politiques, mais aussi des convoitises de ses richesses naturelles et minières qui semblent faire le malheur de ses habitants.

 

 Le Pays

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 13:17
RCA:  les pays africains des Grands lacs appellent les rebelles à cesser le feu
RCA:  les pays africains des Grands lacs appellent les rebelles à cesser le feu

 

 

Centrafrique les pays africains des Grands lacs appellent les rebelles à cesser le feu

AFP 31.01.2021 00:01

Les représentants de plusieurs pays africains de la région des Grands Lacs, réunis vendredi à Luanda en un mini-sommet sur la situation en Centrafrique, ont appelé les rebelles qui tentent de renverser le régime du président Touadéra, à cesser le feu.

"Les chefs d'État et de gouvernement appellent les forces rebelles à un cessez-le-feu unilatéral et immédiat", a déclaré le ministre des Affaires étrangères angolais, Téte António, en conclusion d'une réunion de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (ICGLR) à Luanda.

Présent au sommet, Faustin Archange Touadéra a officiellement été réélu, avec un faible taux de participation, pour un second mandat à la tête de la Centrafrique le 18 janvier.

Les élections présidentielle et législatives se sont tenues fin décembre dans ce pays en proie depuis 2013 à une guerre civile, très meurtrière jusqu'en 2018 et ravivée par l'annonce d'une offensive rebelle pour empêcher ces scrutins.

Plusieurs puissants groupes armés se sont alliés dans la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) et ont juré de marcher sur la capitale Bangui.

Majoritairement sous contrôle rebelle, la République centrafricaine a décrété cette semaine l'état d'urgence pour 15 jours.

"Nous voulons une région des Grands Lacs sans conflit armé, sans mort, ni déplacement forcé des habitants", ont déclaré les responsables africains à l'issu du mini-sommet qui rassemblait notamment le président congolais Denis Sassou-Nguesso et rwandais Paul Kagame.

Les violences en Centrafrique ont obligé plus de 200.000 personnes en moins de deux mois à fuir leur foyer, selon l'ONU.

Les groupes armés se heurtent jusqu'ici à des forces bien supérieures en nombre et lourdement équipées: quelque 12.000 Casques bleus de la force de maintien de la paix de la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca), mais aussi des centaines de militaires rwandais et paramilitaires russes dépêchés fin décembre à la rescousse de M. Touadéra et d'une armée démunie.

Sous le coup d'un embargo sur les armes lourdes, la Centrafrique a récemment plaidé en faveur d'une levée de cette mesure pour lutter contre les groupes armés.

A Luanda, les chefs d'Etat africains présents ont déclaré qu'ils soutiendraient la demande de la Centrafrique auprès du Conseil de sécurité de l'ONU.

 

Centrafrique : la CIRGL appelle les groupes rebelles à déposer les armes

https://www.adiac-congo.com/ Samedi 30 Janvier 2021 - 14:30

Les chefs d’Etat et de gouvernement de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL) se sont réunis, le 29 janvier à Luanda, en Angola, pour débattre de la situation sécuritaire en République centrafricaine. Un pays en proie à une rébellion au lendemain de la réélection de Faustin-Archange Touadéra.

Le mini-sommet, organisé à l’initiative du président angolais et président en exercice de la CIRGL, João Manuel Gonçalves Lourenço, a réuni plusieurs chefs d’Etat de la sous-région, notamment : le Congolais Denis Sassou N’Guesso, président en exercice de la CEEAC, chargé de mener les consultations; le maréchal Idriss Déby Itno, président du Tchad et président en exercice du CEN-SAD, en tant qu’invité spécial. Sans oublier le Centrafricain, Faustin-Archange Touadéra.

Après avoir évoqué le danger que représente la menace pour la paix, la sécurité et la stabilité dans la sous-région, et principalement pour les pays voisins de la RCA, les chefs d’Etat et de gouvernement ont fermement condamné « les velléités des groupes rebelles visant à accéder au pouvoir par la force. »

En outre, la CIRGL a noté une aggravation de la situation sécuritaire, consécutive à la persistance des actions militaires menées par ces rebelles, et les difficultés que les autorités légales éprouvent à assumer leurs missions légitimes de sécurité et de protection, en raison de leurs obligations de se conformer aux décisions du Conseil de sécurité de l’ONU, prises en vertu de la résolution 2536 (2020).

A première vue, les chefs d'Etat et de gouvernement ont félicité Faustin-Archange Touadéra pour sa réélection à la suite du scrutin présidentiel du 27 décembre 2020 et l’ont encouragé à poursuivre le dialogue « global et inclusif avec toutes les forces vives de la nation ». 

Par ailleurs, les dirigeants africains ont renouvelé leur engagement à privilégier les pourparlers et la concertation permanente entre les différents acteurs politiques et la société civile centrafricaine, en vue de sortir le pays de la crise actuelle, conformément aux recommandations du sommet extraordinaire de la CEEAC tenu à Brazzaville, le 26 décembre 2020. A cet égard, mission a été confiée au président en exercice de la CEEAC, Denis Sassou N’Guesso, de faire aboutir les consultations relatives à la désignation, « dans les brefs délais », d’un médiateur dans la crise centrafricaine.

Par la même occasion, la Communauté internationale a été appelée à faire preuve de solidarité avec le peuple centrafricain, face à la crise sécuritaire qu’il traverse actuellement.

Le sommet a également donné mandat aux présidents en exercice de la Communauté  économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) et de la CIRGL, « d’entreprendre les démarches nécessaires auprès du Conseil de sécurité de l’ONU pour la levée de l’embargo sur les armes ». 

 Les chefs d’Etat et de gouvernement ont exhorté la Commission de l’Union africaine à jouer pleinement son rôle, en collaboration avec la CEEAC et la CIRGL, afin de mettre en place des mécanismes de suivi garantissant « le plein respect par les parties de toutes les décisions et accords relatifs au processus du dialogue ».

Signalons que le sommet de Luanda a connu aussi la présence des représentants du Rwanda, du Soudan, du président de la Commission de la CEEAC, Gilberto da Piedade Verissimo, et de João Samuel Caholo, secrétaire exécutif de la CIRGL.

 

Yvette Reine Nzaba

 

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 13:09
Mankeur Ndiaye : « François Bozizé assumera la responsabilité de ses actes »
Mankeur Ndiaye : « François Bozizé assumera la responsabilité de ses actes »
Mankeur Ndiaye : « François Bozizé assumera la responsabilité de ses actes »

 

Centrafrique – Mankeur Ndiaye : « François Bozizé assumera la responsabilité de ses actes »

 

Bangui ( République centrafricaine ) – Accusations de partialité, liens entre la Minusca et les mercenaires russes, responsabilité de François Bozizé dans la crise… Le représentant spécial de l’ONU en Centrafrique s’explique dans un entretien exclusif accordé à « Jeune Afrique ».

Nommé représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Centrafrique en février 2019, le Sénégalais Mankeur Ndiaye a été confronté à de nombreuses critiques de la part de l’opposition au lendemain de la présidentielle du 27 décembre.

Accusé de partialité en faveur du président sortant, Faustin-Archange Touadéra, l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères s’en défend avec force et renvoie la balle à ceux qu’il qualifie de « saboteurs » – les groupes armés et les personnalités politiques qui les soutiennent. Mankeur Ndiaye se montre particulièrement sévère à l’égard de François Bozizé, coupable à ses yeux d’avoir voulu « empêcher la tenue des élections » et « déstabiliser les institutions ».

Pour Jeune Afrique, il revient également sur la polémique provoquée par la participation aux combats de Casques bleus de la Minusca, de soldats rwandais et de mercenaires russes, qui ont apporté leur soutien aux forces armées centrafricaines face aux rebelles qui ont mené l’offensive sur Bangui

Jeune Afrique : L’opposition vous accuse d’avoir soutenu la candidature de Faustin-Archange Touadéra, de l’avoir « diabolisée » lorsqu’elle réclamait le report du scrutin ou encore d’avoir fait pression sur la Cour constitutionnelle pour qu’elle valide les résultats. Que répondez-vous ?

Mankeur Ndiaye : On aura tout entendu, mais je ne souhaite pas polémiquer, d’autant que la Minusca ne se résume pas à son chef. J’insiste néanmoins sur le fait qu’aucune pression sur la mission ou sur son leadership n’est acceptable, tout comme il serait inconcevable que la Minusca fasse pression sur les institutions centrafricaines.

Pour le reste, que nous demandait le Conseil de sécurité ? D’apporter notre appui au gouvernement pour qu’il organise les élections – je vous renvoie à la résolution 2552. Cette même résolution exhortait d’ailleurs les autorités et toutes les parties prenantes à respecter les délais fixés par la Constitution. À cet égard, la Minusca a donc rempli le mandat qui lui avait été confié

L’instabilité est née avec l’apparition de la coalition de groupes armés alliés à l’ex-président François Bozizé. Ensemble, ils se sont opposés aux élections dans certaines zones, mais ils n’ont pas entamé la détermination du peuple centrafricain.

En quoi un report des élections aurait-il été dommageable ?

Avec Jeune Afrique

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 13:04
Bangui encerclé, la situation est “apocalyptique”

 

 

Bangui ( République centrafricaine ) – La situation à Bangui, la capitale de la République centrafricaine (RCA), est “apocalyptique” alors que les rebelles encerclent la ville, selon un ancien premier ministre.

Martin Ziguélé affirme que les combats sont quotidiens dans tout le pays et qu’il ne peut pas quitter Bangui sans une escorte armée.

L’ONU affirme que plus de 200 000 personnes ont fui leurs foyers depuis que le conflit a éclaté le mois dernier.

Les forces rebelles contrôlent maintenant les deux tiers du pays.

La RCA est l’un des pays les plus pauvres et les plus instables d’Afrique, même si elle est riche en ressources telles que les diamants et l’uranium. L’ONU estime qu’environ la moitié de la population dépend de l’aide humanitaire.

Les forces rebelles qui entourent actuellement Bangui contestent la validité de la réélection du président Faustin Archange Touadéra en décembre et veulent le voir évincé.

La ville est défendue par les forces gouvernementales soutenues par les troupes de l’ONU, russes et rwandaises. L’état d’urgence a été déclaré au début de ce mois.

M. Ziguélé, qui s’est classé troisième, estime que la préoccupation de tout le monde est que la principale voie d’approvisionnement entre Bangui et l’est du Cameroun reste sécurisée.

“Je ne peux pas quitter Bangui… sans une escorte militaire lourdement armée”, dit-il par téléphone à l’agence de presse Reuters.

“Imaginez, alors, la population. Ajoutez le couvre-feu et l’état d’urgence – c’est vraiment une situation apocalyptique”, ajoute-t-il..

Ces réfugiés ont fui la RCA vers un camp de fortune en RD Congo.

M. Ziguélé se félicite de la demande de l’ONU d’augmenter les troupes de maintien de la paix mais indique que des pourparlers entre toutes les parties étaient nécessaires de toute urgence

“Un renforcement militaire n’est pas la seule solution pour faire face à la crise sécuritaire, humanitaire et économique qui menace de plonger un des pays les moins développés du monde dans un coma complet”, a-t-il déclaré.

Au moins 12 000 soldats de la paix sont déjà sur le terrain en RCA

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué qu’environ 92 000 réfugiés avaient fui vers la République démocratique du Congo et que plus de 13 000 étaient passés au Cameroun, au Tchad et en République du Congo. Le reste a été déplacé à l’intérieur de la République centrafricaine.

S’exprimant à Genève, un porte-parole de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, le HCR, dit aux journalistes que les attaques des rebelles avaient entravé l’accès humanitaire à Bangui et que de nombreuses personnes sont maintenant confrontées à des “conditions désastreuses”.

Les maladies se développent et certaines personnes déplacées sont si désespérées qu’elles échangent des faveurs sexuelles contre de la nourriture, ajoute le porte-parole Boris Cheshirkov.

Entre-temps, un organisme régional de 12 États membres a appelé à un cessez-le-feu et a exhorté les groupes armés à “se désengager de l’encerclement de Bangui”.

La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs a averti que la crise constitue une menace sérieuse pour les pays voisins.

Les rebelles sont repoussés par les forces armées.

Avec BBC Afrique

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 13:00
RCA: le général Ludovic Ngaïfei, ancien CEMA, est placé sous mandat de dépôt

 

RCA le général Ludovic Ngaïfei, ancien chef d’État major, est placé en mandat de dépôt

Bangui, République centrafricaine, lundi, 1 février 2021, 22:04:47 (Corbeaunews-Centrafrique).

Le général Ludovic Ngaïfei, ancien chef d’État major des forces armées centrafricaines (FACA), interpellées à son domicile du quartier PK11 dans la nuit du vendredi à samedi 16 janvier 2021, a été placé en mandat de dépôt et incarcéré à la prison militaire de camp de Roux à Bangui, a-t-on appris de source judiciaire.

Le général Ludovic Ngaïfei, ancien chef d’État major, est ressorti jeudi 28 janvier, du bureau du procureur, tard dans la nuit pour être conduit sous escorte militaire vers la prison militaire de camp de Roux à Bangui. Après plus de 8 heures d’interrogatoire,  l’ancien chef de l’armée centrafricaine à la retraite depuis 2018 a été placé en détention provisoire pour son implication présumée dans une tentative de déstabilisation du pouvoir en place.

Le 16 janvier dernier, le général de division Ludovic Ngaïfei  a été accusé d’avoir fomenté un putsch  contre le régime de Bangui. “Je laisse le soin au peuple centrafricain de juger par lui-même”, a lancé l’ancien général avant d’être incarcéré, parlant de tragi-comédie  pour qualifier les chefs d’accusation.

Tout remonte en janvier 2018 après une dispute entre le général Ludovic Ngaifei Lemademon à l’époque, chef d’état-major des armées et le président Faustin Archange Touadera ayant finalement abouti à son limogeage en juillet 2018.

D’après nos informations, Ludovic Ngaifei Lemademon n’avait pas apprécié la façon dont gère le pouvoir Faustin Archange Touadera et ses équipes. Ce qui l’a poussé à prendre sa plume pour donner sa position et la reprendre à nouveau, deux ans après son limogeage à la tête de l’armée, pour montrer qui est Touadera.

Mises papier et remis à la presse afin de mettre à la disposition du public, ces quatre vérités sont résumées en ces termes : « Quand la souffrance du peuple m’interpelle à plus d’un titre ». Une goutte d’eau qui fait déborder le vase à la résidence du mathématicien de boy-rave.

Faustin Archange Touadera : un président mal élu

Pour dire que le président Touadera est un président mal élu pour ne pas dire, investi par la communauté internationale dans une situation de ni paix ni guerre.

Le désormais fonctionnaire de la Fonction publique Ludovic Ngaifei demande aux Centrafricains « à lire le regret de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo pour avoir organisé les élections sous pression de la communauté internationale sans le désarmement promis des rebelles et, pour les avoir intégrés dans le Gouvernement ».

Dans la nuit du vendredi à samedi 16 janvier, une colonne des véhicules de l’armée nationale, accompagnée par des blindés conduits par des mercenaires russes, ont défoncé, contre toute attente, le portail de la résidence du général Ludovic Ngaïfei, l’ancien chef d’État major au quartier PK11 à la sortie nord de Bangui, et tiré partout comme des « fous ». Heureusement le général avait évacué sa famille au centre-ville le lendemain de l’attaque du 13 janvier. En l’absence de riposte, ils n’ont pas de choix que de l’emmener au camp de Roux, et ce, sans aucune raison apparente.

Aussitôt, on organise une audition sans substance : on lui a notamment demandé   pourquoi il avait démissionné de l’armée;  s’il savait pourquoi il avait été  arrêté; et au conditionnel qu’il aurait des accointances avec la coalition des patriotes pour le changement (CPC), et qu’il s’organiserait des réunions politiques…

Après son interrogatoire par les mercenaires russes au camp de Roux, il est ramener à la section des recherches et d’investigation (SRI) de Bangui d’où  il a été placé en détention provisoire avant de le transférer au camp de Roux la semaine dernière.

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 12:06
Le Centrafricain Mahamat Saïd a comparu à la CPI
Le Centrafricain Mahamat Saïd a comparu à la CPI

 

Centrafrique : un chef Séléka devant la CPI

29.01.2021

Première audition pour Mahamat Said Abdel Kani devant la Cour pénale internationale.

Commandant présumé de la coalition rebelle Séléka, en Centrafrique, Mahamat Said Abdel Kani est soupçonné de crimes contre l'humanité, crimes de guerre, torture et traitements cruels, selon la CPI.

Mahamat Said Abdel Kani est arrivé lundi au centre de détention de la Cour, à La Haye aux Pays-Bas ou il a décidé de se taire pour l'instant et s'exprimera le moment venu.

Je ne suis pas encore très bien informé de mes droits. Je suis conscient qu'en tant que suspect, je suis présumé innocent a-t-il précisé. Une audience de confirmation des charges devrait avoir lieu en février.

Mahamat Said Abdel Kani, un commandant présumé de la coalition rebelle à dominante musulmane Séléka, responsable de nombreuses violences dans le pays en 2013, avait été remis dimanche par les autorités de Bangui à la CPI, sur la base d'un mandat d'arrêt délivré par l'un des juges du tribunal en 2019.

Deux anciens chefs de guerre centrafricains, qui dirigeaient des milices anti-balaka, sont, eux aussi, actuellement jugés par la CPI.


Africanews / MCP, via mediacongo.net

 

Le Centrafricain Mahamat Saïd a comparu à la Cour pénale internationale

https://www.rfi.fr/  30/01/2021 - 04:38  Avec notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas

Arrêté le 22 janvier en Centrafrique avant d’être transféré aux Pays-Bas où il est désormais incarcéré, le milicien est suspecté de crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

Au cours de cette audience - une simple formalité -, le suspect a décliné son identité. Il parle sango. Il sait de quoi on l’accuse. Il est disposé à coopérer. Il rappelle qu’il est présumé innocent. Il a « hâte d’être jugé », a assuré son avocat Jean-Pierre Madoukou, s’exprimant par vidéo depuis Bangui.  

Mais il faudra du temps. La CPI est lente et les audiences de mise en accusation du suspect n’auront lieu que dans huit mois, le 5 octobre. Ce n’est qu’ensuite, si les juges confirment les charges, que le procès pourra réellement démarrer. 

Ces charges sont pour l’heure confidentielles. Mais on sait que Mahamat Saïd est accusé de crimes commis après mars 2013. À cette époque, la Seleka s’emparait du pouvoir à Bangui, et plaçait Michel Djotodia au pouvoir. 

Le numéro 2 de la milice, Noureddine Adam, devenait ministre de la Sécurité et nommait Mahamat Saïd à la tête de l’Office de répression du banditisme. C’est donc à ce poste qu’il aurait commis les tortures et les persécutions reprochés par la procureure. L'enquête est toujours en cours, a précisé cette dernière, suite à l’arrestation, et d’autres responsables de la Seleka sont attendus devant la CPI.

 

NDLR : Selon les informations de la rédaction de CAP, c’est ce Mahamat Saïd qui a tiré une roquette sur les citoyens qui faisaient tranquillement la queue au bureau de vote de l’école Koudoukou lors du vote du référendum constitutionnel de 2015

 

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 12:01
Crise centrafricaine : mondeafrique.com, un site sans mémoire !

 

Lu pour vous

https://www.agoravox.fr/   par Christ Exauce Marsala (son site) samedi 30 janvier 2021

La RCA a fait l’objet d’une publication de mondafrique.com, le 27 janvier dernier. Ce site internet affirme, en titre de son article : « le désastre centrafricain, miroir d’une Afrique centrale impuissante ». La volonté de mondafrique.com d’égratigner les dirigeants africains en général et ceux de l’Afrique centrale, en particulier a, visiblement, privé ce site de sa mémoire. 


Le raccourci 

Les trois décennies qui ont suivi la chute de l’Empire Bokassa (après 13 ans de règne, 1966-1979), n’ont pas particulièrement souri aux Centrafricains. C’est dire combien les origines de la crise centrafricaine sont plus lointaines. Vouloir ramener cette crise à l’année 2013 ressemble à un coup fatal porter à l’histoire, un vrai raccourci, les historiens du présent (les journalistes) devraient s’interdire. En effet, l’instabilité politique dans ce pays remonte au règne du général André Kolingba qui a perdu les élections de 1993 au profit de Ange Felix Patassé. Dans une atmosphère tumultueuse et délétère, François Bozizé réussit un coup d’Etat, le 15 mars 2003. Dix (10) ans plus tard, en 2013, la rébellion se déclare au nord et à l’est de la RCA.

Dans un contexte surchauffé, l’Afrique centrale (CEMAC et CEEAC) organise des pourparlers à Libreville. Ceux-ci aboutissent aux accords qui prévoyaient, entre autres, le départ des forces sud-africaines, la libération de tous les prisonniers politiques et la levée de toutes les barrières à Bangui. La nomination de Nicolas Tiangai comme premier ministre et de Michel Djotodia comme vice-premier ministre, étaient notamment parmi les conditions. Ces accords de Libreville ont ainsi contraint le président Bozizé à composer avec l’opposition.

La CEEAC, vraiment indifférente à la crise centrafricaine ?

mondafrique.com affirme de façon péremptoire : « la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC)… assiste indifférente au naufrage de la Centrafrique ». Pourtant, les dirigeants de l’Afrique centrale sont allés au secours de la Centrafrique dès les premières heures du déclenchement de la crise dans ce pays ce, bien avant l’arrivée des militaires français et des forces de l’ONU, contrairement aux allégations de ce site internet reconnu pour ses pamphlets contre les dirigeants africains. 

En effet, quand la rébellion Séléka s’empare du pouvoir en mars 2013, la CEEAC était la première organisation à réagir concrètement, alors que la crise ne se lisait que par les prémices. Libreville, la capitale gabonaise a abrité plusieurs rencontres des dirigeants de l’Afrique centrale sur cette crise. Ceux-ci ont d’ailleurs imposé à François Bozizé, alors président en fonction en RCA de négocier avec les rebelles que dirigeait Michel Djotodia.

Mondeafrique.Com a oublié ou ne veut pas dire que ce sont les chefs d’Etat de l’Afrique centrale qui, après moult négociations sans succès, ont décidé du départ du leader des Seleka, Michel Djotodia du pouvoir, pour instaurer une transition plus consensuelle et dont la direction avait été confiée à Madame Catherine Samba Panza qui représentait la société civile.

Les premières troupes qui se sont déployées en RCA après le coup d’Etat de Djotodia pour arrêter des exactions de la Séléka (alliances de rebelles majoritairement musulmans) et des antibalakas (milices chrétiennes) contre les populations civiles étaient celles de la sous-région Afrique centrale. Ces troupes ont pu éviter le carnage qui a pourtant pris de l’ampleur à l’arrivée des troupes françaises.

Outre ces troupes, la CEEAC avait alors mis en place la médiation dont la direction avait été confiée au chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso. Il a été plus tard confirmé dans ce rôle par l’Union africaine et même par l’ONU. L’intense travail de cette médiation a, quelquefois été contrecarré par les puissances étrangères dont les intérêts ne reflètent pas toujours les déclarations officielles.

Au terme du processus et en dépit des multiples obstacles, la médiation conduite par Denis Sassou N’Guesso a permis à la Centrafrique d’organiser des élections libres et transparentes qui ont conduit le président Faustin Archange Touadera au pouvoir, en 2016. En affirmant que la CEEAC n’a joué aucun rôle dans la résolution de la crise centrafricaine, mondeafrique.com fait preuve d’un raisonnement calculé dont l’objectif est inavoué. Sauf si ce site internet et l’auteur de l’article prouvent que l’âge ou la durée au pouvoir de tel ou tel autre chef d’Etat a une implication dans la nouvelle crise déclenchée en RCA en décembre dernier. 

Evidemment, comme mondeafrique.com et ses rédacteurs ne voient du côté de la CEEAC que la tête des dirigeants, il est donc impossible qu’ils aient vu le médiateur dans la crise centrafricaine se déployer sur le terrain. De même qu’ils n’ont jamais voulu voir le ministre français de la défense puis des affaires étrangères, Jean Yves Le Drian multiplier des visites à Brazzaville, à Oyo (Cuvette) et même Etoumbi (Cuvette ouest) pour rencontrer Denis Sassou N’Guesso, afin d’échanger et trouver une issue pacifique à la crise centrafricaine.

Les Centrafricains d’abord

Le président Faustin Archange Touadéra, dépositaire légal du pouvoir du peuple centrafricain a pensé agir seul, au nom de la souveraineté de son pays, en signant des accords avec la rébellion. L’échec de ce processus n’incombe en rien à la CEEAC qui n’a été ni consultée, ni associée. De même que le chef de l’Etat centrafricain peut juger mieux se tourner vers les Russes pour assurer l’intégrité de son pays, au moment où malgré de multiples appels de la CEEAC, notamment, le Conseil de sécurité de l’ONU n’a jamais cru utile de lever l’embargo sur les armes qui frappe son pays depuis des années.

Il va de soi – et on ne devrait pas craindre de dire – qu’aucun autre pays africain ou européen ne serait plus touché, plus concerné par la crise centrafricaine que les Centrafricains eux-mêmes. Ils savent qu’aucun pays n’a jamais été construit dans la guerre et que la démocratie a prévu des mécanismes d’accession au pouvoir. Tant que les Centrafricains ne réaliseront pas que la CEEAC, la France et l’ONU n’apporteront pas de solutions miracles à leur conflit, ce pays baignerait toujours dans la violence aveugle, sans avancer vers son développement.

La CEDEAO et l’IGAD deviennent des organisations à citer en exemples, selon mondeafrique.com, parce que les Maliens et les Soudanais du sud ont compris l’intérêt de faire la paix et ont adhéré à la démarche proposée. Ces organisations n’ont pas remplacé ces Etats, ni enfreint à la souveraineté des pays concernés. La CEEAC ne pourrait donc pas se substituer ni au gouvernement dans la gestion quotidienne de l’Etat ni aux acteurs politiques centrafricains dans la nécessité de faire de la paix, la seule alternative à la violence. Le président en exercice de la CEEAC, le congolais, Denis Sassou N’Guesso ne devrait pas prêter le flanc à ce journalisme volontairement sans mémoire.

 

 

Centrafrique : l’ONU et les « affreux » du Kremlin

By La rédaction de Mondafrique  - 1 février 2021

Face aux attaques des rebelles depuis la réélection contestée du président centrafricain le 27 décembre, les casques bleus travaillent main dans la main avec des mercenaires de la société militaire privée russe Wagner. Cette milice proche de Vladimir Poutine est pourtant soupçonnée de crime de guerre en Syrie.

Selon une enquête du journal Libération, la Mission multidimensionnelle des Nations unis pour la stabilisation de la Centrafrique (Minusca) collabore activement avec les mercenaires russes de Wagner. Des membres de cette milice privées soupçonnée de crime de guerre en Syrie participent à des réunion de sécurité en présence du chef de la Minusca, le Sénégalais Mankeur Ndiaye, et du commandant des casques bleus, le Burkinabé Daniel Sidiki Traoré.

Le cuisinier du Kremlin

Cette coopération s’effectue en dehors de tout cadre légal : elle bafoue la convention de l’ONU contre l’utilisation de mercenaires et ne s’appuie sur aucun mandat du Conseil de sécurité.

Pour la Minusca, les Russes sont des « instructeurs » présents en Centrafrique depuis fin 2017 avec l’autorisation du Conseil de sécurité. Or preuve est faite que ces instructeurs ne sont autres que des « affreux » liés à Evgeny Prigogine , un proche de Vladimir Poutine surnommé « le cuisinier du Kremlin ».

La neutralité de la Minusca en cause

En combattant aux côtés de ces paramilitaires qui ont pris fait et cause pour le président Faustin Archange Touadéra, les soldats de la paix sortent du cadre de neutralité imposé par leur mission. Déjà éprouvés par de nombreux scandales – de leur incapacité à sécuriser le pays en passant par des accusations de viols -, les casques bleus prennent le risque de se retrouver au cœur d’une nouvelle polémique, alors que des soupçons d’exactions pèsent déjà sur ces mercenaires de différentes nationalités (Tchétchènes, Serbes, etc.).

Depuis le 27 décembre et la réélection contestée de Faustin Archange Touadéra, le pays sombre dans une crise post-électorale. Les attaques de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), composée de plusieurs groupes rebelles, ont fait des dizaines de morts et près de 200000 déplacés. Le 13 janvier, ces attaques ont gagné la capitale, Bangui, repoussées par les mercenaires russes, les Forces armées centrafricaines et la Minusca.

 

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18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 02:02
En Centrafrique, la rébellion se replie mais ne cède pas
En Centrafrique, la rébellion se replie mais ne cède pas

Lu pour vous

 

https://www.la-croix.com/ Anne-Bénédicte Hoffner, le 17/01/2021 à 18:32 

 

Explication 

 

Deux semaines après en avoir pris le contrôle, les rebelles centrafricains ont quitté la ville de Bangassou samedi 16 janvier. Mais ils continuent à contester la légitimité de la réélection du président Touadéra.

 

Quelle est la situation militaire en Centrafrique ?

Les rebelles centrafricains ont finalement quitté Bangassou, une dizaine de jours après l’avoir conquise. La ville est « sous le contrôle total de la Minusca »a déclaré samedi 16 janvier dans la soirée son porte-parole. Les rebelles « ont abandonné les positions qu’ils occupaient (depuis le 3 janvier) et fui la ville dans la nuit ».

De nombreux habitants de cette ville, située à 750 km à l’est de la capitale Bangui, s’étaient réfugiés en République démocratique du Congo. « C’est une grande joie », a déclaré à l’AFP Mgr Juan Jose Aguirre, évêque de Bangassou. « Après treize jours à dormir à la belle étoile, les gens vont pouvoir rentrer chez eux ».

L’ultimatum de l’ONU et l’arrivée de renforts - composés de contingents de la mission des Nations unies en Centrafrique et de centaines de militaires rwandais et de paramilitaires russes dépêchés par leurs pays au début de l’offensive rebelle ont fait leur effet. Mais les forces présentes sur place restent « en alerte pour prévenir toute action des groupes armés visant la population civile, l’autorité de l’État et les Casques bleus ou le retour des rebelles dans la ville ».

Juste avant leur départ, les rebelles ont lancé quelques opérations de « pillages » à Bangassou. Une pratique qui, pour le premier ministre centrafricain, Firmin Ngrebada, révèle « l’un des objectifs de ces mercenaires étrangers : piller nos richesses et les biens de notre peuple ».

Quel lien avec les élections de décembre ?

La situation en Centrafrique ne cesse de se dégrader depuis décembre. Plutôt que de calmer la contestation, les élections, organisées le 27 décembre, ont précipité la reprise des hostilités.

L’accord de Khartoum, qui avait été signé en février 2019 entre quatorze groupes armés et le gouvernement du président en place, Faustin Archange Touadéra, a permis l’intégration d’une partie d’entre eux au gouvernement : des postes souvent honorifiques ont été confiés à certains de leurs membres. Mais il n’a pas suffi à calmer leurs ambitions en termes de répartition des richesses : minerais, or ou bétail.

Le 17 décembre 2020, les six plus puissants des groupes armés - occupant les deux tiers de la Centrafrique en guerre civile depuis huit ans - se sont alliés au sein de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), avant d’annoncer deux jours plus tard une offensive pour empêcher la réélection du président Touadéra.

L’élection s’est tenue le 27 décembre 2020 mais moins d’un électeur inscrit sur deux a pu se rendre dans les bureaux de vote en raison de l’insécurité dans tout le pays en dehors de Bangui. Faustin Archange Touadéra a été déclaré vainqueur mais l’opposition réclame l’annulation de la présidentielle.

Quelles suites possibles ?

Les violences risquent de se poursuivre au moins jusqu’au 19 janvier, date à laquelle la Cour constitutionnelle doit valider ou rejeter le résultat de l’élection.

Les experts se montrent très sévères avec le président Faustin Archange Touadera, qui a tenu coûte que coûte à ce que les élections présidentielles et législatives se tiennent le 27 décembre, soutenu dans son entêtement par le « groupe des cinq » (l’ONU, l’Union Européenne, la France, les États-Unis et la Russie). « Quand une élection se déroule dans ces conditions, cela pose forcément un problème de légitimité pour celui qui se déclarera vainqueur », souligne Thierry Vircoulon, coordinateur de l’observatoire Afrique centrale et australe à l’Institut français de relations internationales (IFRI).

« Une démocratie ce n’est pas juste un protocole électoral, c’est tout un système d’État de droit », appuie Nicolas Normand, ancien diplomate et spécialiste de l’Afrique. « Il faut être en capacité de préparer le vote dans de bonnes conditions. Qu’il soit inclusif, fiable, transparent, et qu’il ait du sens, quitte à ne pas respecter les délais ».

Depuis décembre, 60 000 Centrafricains ont fui les violences, a indiqué vendredi le Haut-Commissariat aux réfugiés à Genève qui « appelle à une cessation immédiate de toutes les violences » et « au retour immédiat de toutes les parties à un dialogue significatif et à des progrès vers la paix ».

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