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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 02:27
Centrafrique - Ndélé : la justice ouvre une enquête pour crimes contre l'humanité

 

 

Par Le Figaro avec AFP

 

La justice centrafricaine a ouvert une enquête pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre après le massacre récent d'une trentaine de civils à Ndélé, dans le nord-est du pays, a annoncé jeudi à l'AFP le procureur général.

 «Nous avons dénombré en tout une trentaine de corps, dont une femme et son bébé», a déclaré le procureur général, Eric Didier Tambo. Le procureur a ajouté qu'il s'est rendu à Ndélé pour enquêter sur l'attaque du 29 avril, qui a principalement visé des civils, et sur des combats qui ont eu lieu dans la même ville, le 11 mars dernier. «Nous concluons aux infractions suivantes: assassinat, crimes de guerre et crimes contre l'humanité», a poursuivi Eric Didier Tambo.

Le 29 avril, 28 personnes dont au moins 21 civils avaient été tuées, selon la mission des Nations Unies en Centrafrique (Minusca), qui a fait état de combats entre deux factions issues du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), l'un des principaux groupes armés du pays, en proie à une scission interne depuis plusieurs mois.

Le 11 mars, de violents combats entre ces mêmes factions avaient déjà causé la mort d'au moins 13 personnes à Ndélé, en majorité des combattants. «Comme ce sont des bandes armées qui s'en sont pris aux civils, leurs leaders sont les principaux soupçonnés» a indiqué M. Tambo, qui a précisé que les combats ont opposé le FPRC, composé en majorité par l'ethnie rounga, et une faction dissidente, «composée exclusivement de l'ethnie goula».

Autrefois réunis au sein du FPRC, les combattants des ethnies goula et rounga s'affrontent aujourd'hui pour le contrôle des gisements miniers et de la taxation des routes dans ce territoire qui échappe au contrôle du pouvoir central. Après l'attaque du 29 avril à Ndélé, les forces de l'ONU avaient été critiquées pour leur manque de réactivité. Des accusations dont s'est défendu la Minusca mercredi.

 «En moins de 30 minutes, les éléments de la Minusca étaient sur le marché et ont repoussé ces assaillants, dans une situation extrêmement complexe, avec la population qui fuit, des tirs des combattants en civil qu'on ne peut pas identifier», a plaidé mercredi le porte-parole de la Minusca Vladimir Monteiro. Il a également annoncé un renforcement des effectifs des Casques bleus à Ndélé.

En Centrafrique, où une élection présidentielle est toujours prévue fin décembre, les affrontements entre milices et les exactions visant les civils se poursuivent malgré la signature d'un accord de paix entre quatorze groupes rebelles et le gouvernement.

 

 

Centrafrique : Le parquet général ouvre une enquête sur les tueries de Ndélé après une mission dans la région

 

Une enquête est ouverte sur les massacres signalés ces derniers jours au nord de la République Centrafricaine. L’annonce a été faite ce jour par le procureur général après une mission conjointe qu’il a effectuée avec la MINUSCA à Ndélé, ville au cœur de ces massacres. 

 

Le parquet général ouvre cette enquête une semaine après un affrontement sanglant entre des groupes armés.  Ces violences selon le gouvernement auraient fait 25 morts, alors que la croix rouge locale parle d’une cinquantaine de morts. 

Le procureur général Eric Didier Tambo qualifie les massacres de Ndélé de crime de guerre, crime contre l’humanité et, selon lui, les éléments constitutifs sont réunis, « nous avons découverts des fosses communes à Ndélé et les preuves que nous avons pu avoir, il y a eu crime de guerre et crime contre l’humanité dans cette partie du pays ».

La mission d’enquête dirigée par le procureur général n’a pu avoir accès à tous les lieux où les crimes auraient été commis à Ndélé, « nous n’avons pas pu avoir accès à toute la zone de l’hôpital, à cause de la présence des belligérants qui ont bloqué le passage », dit-il.

 

 

Centrafrique: enquête judiciaire ouverte sur les massacres de Ndélé

 

Avec notre correspondante à Bangui, Charlotte Cosset RFI 07/05/2020 - 15:09

 

Que s'est-il passé ces dernières semaines à Ndélé, dans le nord de la Centrafrique ? Des violences ont éclaté à plusieurs reprises en mars et avril, faisant une quarantaine de morts. Une mission d'enquête judiciaire s'est récemment rendue sur place.

C’est une mission conjointe menée par les officiers de polices judiciaires, du procureur général ainsi que de la police des Nations unies qui s’est rendue dans la ville de Ndélé. Elle s’est penchée sur les attaques commises les 6 et 11 mars ainsi que le 29 avril.

« L’équipe d’enquête s’est déportée sur les différents lieux des crimes, notamment au marché central de Ndélé où nous avons constaté, avec l’équipe de police technique et scientifique, les 19 boutiques qui ont été incendiées, dont quatre dépôts de carburants, explique Éric Didier Tambo, le procureur général. Nous avons aussi effectué un déplacement au cimetière musulman de la ville de Ndélé où nous avons constaté la fausse commune où on a enterré 26 personnes qui sont tous des civils, dont une femme et son bébé. »

« Nous soupçonnons les belligérants de crimes contre l’humanité »

En tout, ce sont au moins 40 personnes, dont un membre des Nations unies, qui ont été tuées à Ndélé lors de ces trois attaques. Une enquête a été officiellement ouverte, annonce le procureur général : « Déjà sur instruction du ministre, dès notre départ l’enquête a été ouverte. Nous soupçonnons les belligérants de crimes contre l’humanité, puisqu’il s’agit de crimes de masses et ces crimes-là sont dirigés contre la population civile. Et aussi de crimes de guerre. »

Le rapport d’enquête sera prochainement transmis au ministre de la Justice. Ensuite, le dossier sera soit conservé par la justice nationale, soit confié à la nouvelle cour pénale spéciale.

Scissions internes

Ndélé est depuis plusieurs années sous le contrôle du FPRC, groupe armé de l’ex-Séléka composé notamment de membres goula et rounga. Mais depuis plusieurs mois, le FPRC fait face à des conflits internes. Une scission qui a commencé dans la ville de Birao et qui s’est conclue dans la scission du mouvement, les goula ayant formé un nouveau groupe, le PRNC. A Ndélé, c’est la même scission que l’on retrouve. Une division motivée semble-t-il par des intérêts économiques et des désaccords stratégiques. 

Certains observateurs parlent même de possibles manipulations politiques afin de fragiliser les leaders du FPRC notamment Abdoulaye Hissène. Dans un communiqué, le FPRC appelait le 29 avril à l’ouverture d’une enquête internationale ainsi qu’à la démission de certains membres du gouvernement complice selon lui du PRNC. 

Plusieurs rendez-vous ont été organisés à Bangui entre les différentes parties pour tenter de trouver des solutions. A l’issue des négociations, Abdoulaye Hissène a accepté le déploiement à Ndélé des forces armées dans la ville ainsi que la mise en place des unités spéciales mixtes prévues par l’accord de paix. Cependant des combats ont éclaté deux jours après. 

La Minusca, déjà présente dans la ville, a annoncé avoir renforcé ses effectifs à la suite de ces dernières violences. 

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 02:26
La dette africaine envers la Chine et sa part d'opacité

 

 

18/04/2020 - 16:27  Olivier Rogez  RFI

 

Mercredi 15 avril, Pékin a accepté, avec les autres pays du G20, de geler, pour une année, une partie de la dette de 77 pays dont une quarantaine de pays africains. Un moratoire donc et non pas une annulation de créances. En la matière, rien ne pourra se faire sans l’avis de Pékin, premier créancier de l’Afrique.

Depuis quelques années, les grands argentiers de la planète, Banque mondiale et FMI en tête, accusent Pékin de ré-endetter, voire de sur-endetter l’Afrique.

Outre le fait que ces accusations rendent peu justice aux dirigeants africains - implicitement accusés de ne pas savoir gérer leurs affaires - elles ne correspondent qu’en partie à la réalité, tant la situation est différente d’un pays à l’autre. À titre d’exemple, si 72% de la dette publique kényane est détenue par la Chine, cette dette n’a pas les mêmes effets sur un pays à l’économie dynamique, apte à produire des richesses, que sur Djibouti, endetté à 82% auprès de la Chine et dont l’économie se résume essentiellement aux activités portuaires.

L’opacité est encore trop souvent de mise

L’un des grands problèmes concernant la dette chinoise a trait à l’opacité des dirigeants de l’empire du Milieu, puisqu’ils ne rendent pas publics les détails de leurs opérations. Ainsi, il n’existe pas à l’heure actuelle de chiffre précis de cette dette mais seulement une estimation : entre 145 et 170 milliards de dollars pour un stock total de dette africaine estimé à 365 milliards de dollars.

La China Africa Research Initiative (Cari), institut de recherche dépendant de l’université américaine John Hopkins, a fait le calcul qu’entre 2000 et 2018, la Chine avait effectué plus d’un millier de prêts à 49 pays africains, pour une valeur de 152 milliards de dollars. À elle seule, l’Angola a reçu 43 milliards de dollars dont une partie gagée sur le pétrole. Depuis, Luanda aurait remboursé environ 16 milliards de dollars.

Ce qui rend les calculs plus difficiles, c’est aussi le fait que les chiffres annoncés ne sont pas toujours suivis d’effets. Ainsi, en 2017, la Chine claironne vouloir prêter au Nigeria 5,3 milliards de dollars mais seuls 2,5 milliards ont été réellement déboursés, selon la Cari.

L’opacité chinoise concerne aussi le fonctionnement des institutions prêteuses. Si l’Eximbank chinoise détient la majorité des créances, de nombreux prêts sont effectués par d’autres organismes, comme la Banque chinoise de développement ou encore de grandes sociétés de construction ou de travaux publics, des dizaines d’acteurs qui rendent difficile la compilation des chiffres.

Le même flou entoure parfois les conditions auxquelles l’argent est prêté. Certains dirigeants se satisfont de cette opacité, comme au Congo Brazzaville qui a longtemps caché au FMI le montant de sa dette chinoise. Il a fallu que l'institution internationale exige de Pékin un accord sur la restructuration de cette créance - qui pesait près de 40% de la dette globale du pays - pour donner son aval à un programme d’assistance à Brazzaville, alors en quasi-banqueroute.

L’une des difficultés avec les emprunts auprès de la Chine, c’est qu’ils mélangent parfois des investissements directs et des prêts concessionnels, comme le relevait, en 2015, l’économiste Sanou Mbaye, dans les colonnes du Monde diplomatique. Il est dès lors plus difficile de savoir ce qui relève de la dette et de l’aide. Globalement, la plupart des crédits accordés par Pékin sont des prêts concessionnels à taux avantageux mais les sociétés chinoises qui sont, elles aussi, créancières ont tendance à pratiquer des taux nettement plus élevés, associés à des délais de remboursement plus courts.

La mauvaise pratique des prêts gagés

La question qui agite les esprits concerne les prêts gagés, c’est-à-dire les remboursements en nature, lorsque l’emprunteur est jugé peu solvable. Un tiers des prêts chinois sont garantis, c’est-à-dire gagés sur des ressources ou des infrastructures.

Les Chinois n’ont pas le monopole de cette pratique, habituelle pour certaines compagnies pétrolières occidentales. Mais il a été souvent fait, à Pékin, le reproche « d’institutionnaliser » cette tendance. Ainsi, aujourd’hui, 63% du pétrole extrait en Angola sert à rembourser les prêts chinois.

L’abus de prêts gagés fait parfois grincer des dents les institutions financières internationales, comme ce fût le cas en République démocratique du Congo (RDC) en 2007. À l’époque, la Chine avait accordé pour 8,8 milliards de dollars de prêts à Kinshasa, en échange de l’exploitation de mines de cuivre et de cobalt ainsi que de la construction d’infrastructures de base. Ce troc avait fait réagir le FMI qui en dénonçait l’opacité.  

Si l’appétit chinois pour les matières premières n’est plus à démontrer, Pékin n’est pas forcément le prédateur que certains de ses concurrents dépeignent. Ses prêts favorisent aussi le développement d’infrastructures qui justement permettent aux États d’exploiter leurs ressources. Ainsi, la Cari a calculé que 40% des prêts accordés par la Chine a servi à payer la construction d’unités de production et de distribution d’électricité, et 30% à des infrastructures de transport (des routes, des ports et des trains).

Il reste qu’aujourd’hui, alors que le niveau moyen d’endettement des pays africains a doublé en dix ans pour remonter à 60 % du PIB, huit pays africains sont surendettés et une dizaine d’autres pourraient se retrouver rapidement dans cette situation, d’après le Fonds monétaire international.

Des prêts en baisse

Désormais Pékin se montre plus prudent avec certains de ses partenaires. La Cari affirme d’ailleurs que les prêts chinois ont même commencé à diminuer, à partir de 2013.

Pékin deviendrait aussi plus regardant sur la qualité des projets et leur solvabilité. Le rapprochement avec le Club de Paris, qui regroupe les créanciers publics des États africains et où la Chine à désormais une place d’observateur, participe à ce mouvement.

Si le géant chinois n’en est pas encore à rejoindre les standards occidentaux en matière de prêts, il commence cependant à s’en approcher. Il est d’ailleurs à parier que la pandémie de Covid-19 et la crise économique mondiale qui en découle pourraient renforcer cette tendance.

 

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 02:17
De Lyon à Bangui, un pont aérien pour pérenniser l'action humanitaire

 

De Lyon à Bangui, un pont aérien pour pérenniser l'action humanitaire malgré la pandémie

 

AFP  le 07/05/2020 à 21h56

 

Un premier pont aérien a été mis en place jeudi pour acheminer personnels et matériel médical en Centrafrique alors que les mesures de confinement et les restrictions du trafic aérien bloquent l’aide humanitaire.

 

Un premier pont aérien humanitaire européen a été mis en place jeudi 7 mai, de Lyon vers Bangui, pour acheminer personnels et matériel à des ONG en Centrafrique, dont l’activité a été complètement bloquée en pleine pandémie de Covid-19.

L’opération, qui sera composée d’une série de vols vers plusieurs pays, vise à montrer notre solidarité européenne, qui va au-delà des frontières de l’Union, a déclaré Janez Lenarcic, commissaire européen à la gestion des crises, lors d’une conférence de presse à l’aéroport de Lyon-Saint Exupéry.

Ce premier vol est le fruit d’une coopération entre l’Union européenne, le gouvernement français et le Réseau Logistique Humanitaire. Chargé jeudi soir, l’avion à destination de Bangui décollera vendredi matin à 5H30.

Personnels et matériel médical acheminés

Concrètement, ce vol permettra l’acheminement de 75 personnels humanitaires, de douze nationalités différentes, et de 8 tonnes de matériel (médicaments, masques, gants, gel hydroalcoolique, matériel orthopédique pour personnes handicapées…) en Centrafrique. Deux prochains vols auront lieu en début de semaine prochaine, pour livrer à Bangui 32 tonnes de matériel supplémentaires.

Le but : pérenniser et renforcer l’action d’associations sur le terrain, comme Médecins du Monde, Action contre la Faim ou encore Handicap International.

Car le problème avec ce type de crise sanitaire, c’est la co-mortalité, a souligné Joël Weiler, directeur général de Médecins du Monde.

L’acheminement de l’aide humanitaire bloqué

La fermeture des frontières, le manque de vols, l’impossibilité de déplacer nos staffs, l’impossibilité d’envoyer du matériel… a complètement bloqué l’aide qu’on pouvait apporter à la Centrafrique, a-t-il observé.

Ce pont répond autant à la nécessité de combattre la pandémie de Covid-19 que de prendre en charge et de continuer à augmenter notre réponse sur les crises préexistantes, a abondé Jean-François Riffaud, directeur général d’Action contre la Faim, citant, entre autres, les crises alimentaires, les conflits, l’accès difficile à l’eau et l’hygiène.

Selon Manuel Patrouillard, directeur général de Handicap International, l’enjeu dans les prochains mois est de pouvoir arriver à se déplacer et que les humanitaires soient bien considérés comme faisant partie de la solution.

Au total, le Réseau Logistique Humanitaire a identifié 37 destinations à desservir, à partir de données consolidées par les ONG.

 

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 01:46
Trafic d'armes entre la RDC et la Centrafrique : le profil de la femme interpellée se précise
Trafic d'armes entre la RDC et la Centrafrique : le profil de la femme interpellée se précise
Trafic d'armes entre la RDC et la Centrafrique : le profil de la femme interpellée se précise
Trafic d'armes entre la RDC et la Centrafrique : le profil de la femme interpellée se précise

 

Trafic d'armes entre la RDC et la Centrafrique: le profil de la femme interpellée se précise

 

RFI  7 mai 2020 avec notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi

 

En RDC, l’enquête sur le trafic d’armes et de munitions entre Kinshasa, le Nord-Ubangi et certaines régions du sud de la Centrafrique est en cours. Des interpellations ont été menées à Kinshasa comme dans la ville de Gbadolite où, il y a une semaine, des armes de guerre et des munitions ont été saisies à l’aéroport en provenance de Kinshasa. Dans ce dossier, une femme d’affaires a été arrêtée à l’aéroport de Gbadolite. Après un bref séjour en détention, elle a été transférée à Kinshasa. Elle est considérée par les autorités provinciales comme le cerveau de ce trafic. 

Elle est présentée comme la plaque tournante de ce trafic. Florence Yaba Mongo est connue dans sa province, le Nord-Ubangi, comme une commerçante qui exerce entre Yakoma et Gabdolite, deux agglomérations distantes d’environ 500 kilomètres. Ses voyages à Kinshasa ne sont pas très documentés, mais ses nombreux déplacements en Centrafrique sont connus à Gbadolite.

Florence Yaba Mongo a longtemps œuvré dans le commerce du café avant de se lancer dans l’achat et la vente des vaches entre Gbadolite et certaines agglomérations de la Centrafrique. C’est avec ce négoce qu’elle aurait étendu son réseau d’affaire dans les milieux des éleveurs nomades Mbororo. Des allégations confirmées par ses proches. 

D’après des sources officielles, elle profitait de ce commerce des bovins pour dissimuler son activité de trafic d’armes et de munitions. Connue également pour son engagement dans une association locale à Yakoma, cette mère de famille n’a pas d’attache politique connue.

Si pour certains, elle ne serait que la face visible de l’iceberg, les autorités politiques du Nord-Ubangi attendent beaucoup de l’enquête qui est en cours. Certains membres de son entourage et même de sa famille ont été interpellés. Et le gouverneur espère que ces arrestations permettront de mettre fin au phénomène de coupeurs de routes dans la région.

 

 

RDC: Harish Jagtani, l’homme d’affaires indien «ami» des Kabila?

 

En RDC, il n’y a pas que le procès du directeur de cabinet du président Vital Kamerhe, deux autres affaires défraient la chronique en ce début du mois de mai: le marché de rénovation de la salle plénière du Sénat et la découverte d’un trafic d’armes à Gbadolite. Derrière les sociétés citées dans ces dossiers, Modern Construction et Serve Air Cargo, il y a un homme d’affaires indien Harish Jagtani qui a prospéré sous le régime de l’ancien président Joseph Kabila. Enquête.

« Selemani m’avait dit de bien traiter Harish Jagtani, car c’était un ami du président », explique Jean-Jacques Lumumba, ancien banquier, petit-neveu du héros de l’indépendance congolaise Patrice Lumumba et lanceur d’alerte. « Selemani », c’est son patron Francis Selemani Mtwale, à l’époque directeur général de la BGFI Bank et membre de la famille de Joseph Kabila. Au moment de cette conversation, en 2013, M. Lumumba est analyste de crédit dans cette banque, il voit cet entrepreneur indien « simple et effacé » obtenir des dizaines de millions de dollars de prêts pour construire des gratte-ciel dans la capitale congolaise. « Pour moi, c’était clair que ce n’était pas lui qui pilotait tout ça », ajoute l’ancien banquier. « Les ordres étaient passés avant même la tenue des réunions que l’on pouvait avoir avec lui. Jagtani agissait pour le compte de personnalités du régime. »

Depuis le 30 avril 2020, Harish Jagtani, « l’ami » de l’ancien chef de l’État congolais, fait les gros titres des journaux sans même que son nom ne soit mentionné. Selon les informations recueillies par Radio France Internationale, il est à la tête de Modern Construction, l’entreprise qui a réalisé les travaux de rénovation de la salle plénière du Sénat. Ce marché de 4 millions de dollars, contracté hors budget, fait un tollé, il a été passé de gré à gré, en pleines vacances parlementaires et dans un contexte de réduction des dépenses publiques. Le président du Sénat et proche de l’ancien chef de l’État, Alexis Thambwe Mwamba, mis en cause pour ses liens avec cette entreprise, a pris sa défense, jusqu’à bousculer en séance une sénatrice qui avait osé poser des questions sur la procédure de passation de marché.

Le même jour, en ce jeudi 30 avril, une cargaison d’armes est interceptée à plus d’un millier de kilomètres à Gbadolite, capitale de la province du Nord-Ubangi chère au cœur du maréchal Mobutu. Le gouverneur Zato Nzege Koloke annonce quelques jours plus tard que plus d’un millier de cartouches de kalachnikovs et des lanceurs de type Castor ont été découverts. Le colis, destiné à un groupe armé anti-balaka en Centrafrique selon des sources sécuritaires, a voyagé sur un avion-cargo de la compagnie Serve Air Cargo, la principale entreprise privée de fret aérien du pays. Son fondateur, c’est aussi Harish Jagtani, le même homme d’affaires indien, quasi inconnu du public en République démocratique du Congo. Deux des employés de cette société ont été brièvement interpellés avant d’être relâchés.

Ce n’est pas le premier incident de ce genre et pourtant, sa quinzaine d’avions parcourt le pays pour le compte de tous, institutions congolaises, agences onusiennes, humanitaires. L’un de ses appareils avait déjà été épinglé en juillet 2007 par le groupe d’experts de l’ONU chargé de contrôler l’embargo sur les armes imposé au Congo depuis la fin des deux guerres. Dans leur rapport final, ces experts onusiens notaient qu’un « Antonov 12 ER-AXI » qui assurait la liaison Kinshasa-Goma avait dérouté vers Entebbe en Ouganda. Le groupe d’experts évoquait « une violation présumée de l’embargo sur les armes » tout en précisant, fait inhabituel, ne pas être parvenu à boucler son investigation. « Tous les indices avaient disparu », s’étaient contenté d’expliquer les auteurs de ce rapport.

« Katumba Mwanke appelait... »

Dans les éléments de biographie fournis par son entreprise Modern Construction à la BGFI Bank pour obtenir les prêts, Harish Jagtani est présenté comme le fils de « grands commerçants indiens ». À tout juste 20 ans, il est arrivé en RDC en 1995 pour travailler pour Ganesha, une société d’importation dirigée par un commerçant indien. Moins de dix ans plus tard, « fort de ses succès commerciaux », il « crée » une première compagnie Services Air dont il est « actionnaire et président du conseil d’administration ». « En 2003, Harish n’était pas riche, il vivait dans un appartement de deux chambres dans l’un des immeubles occupés par les Indiens près du grand marché, c’est la poubelle de Kinshasa », raconte un familier. Un autre assure que « Harish a commencé comme un simple employé, sa mère avait un service traiteur pour nourrir les commerçants indiens de la capitale. »

Cette compagnie aérienne décroche un marché exceptionnel, celui des élections de 2011. Aux côtés des avions des armées angolaise et sud-africaine, deux régimes à l’époque alliés de Joseph Kabila, Services Air va assurer le déploiement du matériel pour ces scrutins déjà contestés. La présidentielle est passée à un tour à l’issue d’une réforme constitutionnelle aussi expéditive que critiquée. Cette année-là, M. Kabila s’impose pour un deuxième mandat, y compris par la répression, face à son rival Étienne Tshisekedi, opposant historique et père de l’actuel président.

Un ancien haut responsable de l’État se souvient du montant « astronomique » des factures présentées par la société Services Air. « C’était Augustin Katumba Mwanke lui-même qui appelait pour demander le paiement de ces arriérés », confie-t-il. Cet officiel sait que ces ordres ne peuvent qu’être exécutés. Augustin Katumba Mwanke était à la fois conseiller officieux du jeune chef de l’État congolais et architecte de son régime. Il est décédé peu après, le 12 février 2012, dans un de ces crashs d’avion qui font la mauvaise réputation de la RDC.

Services Air connaît quelques déboires et prend le nom de Serve Air Cargo, mais garde ses entrées à la commission nationale électorale indépendante pour les élections de 2018. « Serve Air, c’est aujourd’hui la meilleure compagnie de fret du pays avec plus d’une dizaine d’avions et 200 millions de dollars de chiffre d’affaires », assure l’un des familiers de Harish Jagtani. Cela n’empêche pas ses avions d’être contraints d’opérer presque tous les ans des atterrissages d’urgence. Cette société, comme tant d’autres en RDC, est bannie du sol européen.

Du « portage financier pour tous les excédents de liquidité » ?

Jusqu’au deuxième mandat de Joseph Kabila, l’homme d’affaires indien passe encore inaperçu, même pour la plupart des hauts dignitaires de son régime. Mais une affaire, un litige autour de la construction de la tour Icon rebaptisée depuis Kiyo Ya Sita, va leur révéler l’étendue de ses réseaux. Selon un protocole d’accord consulté, le 11 avril 2011, Harish Jagtani devient l’associé du vétéran du système bancaire congolais, Pascal Kinduelo, pour créer une éphémère société appelée Industries Financières et Immobilières (IFI SPRL). Pascal Kinduelo avait déjà acquis un terrain idéalement situé dans le centre ville, au 22 B du prestigieux boulevard du 30-Juin, sur le site de l’ancien cinéma Palladium cher au cœur des Kinois. Il avait même commencé les travaux de fondation pour un hôtel 5 étoiles, Holiday Pak. Le tout pour un montant minimal de 2,5 millions de dollars. Le vieux banquier décide de prendre Harish Jagtani comme associé et de lui octroyer 60% des bénéfices, s’il parvenait à construire en 30 mois une tour ultramoderne de 17 étages et 18 000 mètres carrés.

À cette époque, Pascal Kinduelo est déjà président du conseil d’administration de la BGFI Bank. Lui et son neveu font aussi partie des patrons de Jean-Jacques Lumumba. « J’avais entendu parler par leur intermédiaire de la construction de cette tour, mais je n’avais pas traité des prêts relatifs à IFI SPRL. » En revanche, le lanceur d’alerte montre, documents à l’appui, comment Harish Jagtani a bénéficié dans le même temps, auprès de la banque de son associé d’au moins deux prêts de court ou moyen termes pour sa société Modern Construction. Le premier de 2,6 millions de dollars concerne « Modern Paradise », un « immeuble futuriste et pyramidal de cinq étages » avec bureaux et restaurants VIP. Le second de 25 millions sur cinq ans devait permettre à l’homme d’affaires indien de terminer le Congo Trade Center destiné à accueillir un hôtel 5 étoiles et une galerie commerciale.

« Harish Jagtani a toujours tout remboursé, je me demandais pourquoi il empruntait autant, car ses prêts étaient toujours garantis par d’autres fonds », explique encore l’ancien banquier Jean-Jacques Lumumba. Un autre cadre qui travaillait à la même époque dans une autre banque de Kinshasa confirme sous couvert d’anonymat avoir observé ce phénomène. Pour lui, « Harish » faisait du « portage financier pour tous les excédents de liquidité ». L’un comme l’autre disent ne pas exclure des « opérations de blanchiment d’argent ». En 2016, Jean-Jacques Lumumba claque la porte de la BGFI Bank, quitte le pays en emportant avec lui une partie des archives et dénonce depuis ces pratiques.

Des personnalités à tous les étages

Avant même la fin des travaux de la tour Kiyo Ya Sita, les relations d’affaires entre le jeune homme d’affaires indien et le vétéran du système bancaire congolais tournent au vinaigre. « Ils se sont définitivement brouillés en 2015. Pascal Kinduelo a même fait un procès à Harish », raconte une source dans l’entourage de l’homme d’affaires congolais. « Harish Jagtani lui réclamait trois millions de dollars de plus alors qu’il avait pris du retard dans les travaux et qu’il n’arrivait pas à justifier l’origine de ses apports et l’utilisation des fonds reçus. »

Pourtant, selon les dires de ce proche du banquier congolais, l’argent affluait de tout côté. « Il y a beaucoup de personnalités qui ont investi pour avoir des bureaux et des appartements dans l’immeuble comme Matata Ponyo [ancien premier ministre congolais, ndlr] ou un général de Brazzaville. Kinduelo et Harish avaient dit qu’ils réservaient le penthouse pour Joseph Kabila et sa femme, mais le reste était en pré-vente. » Le plateau coûte trois millions de dollars. Il y a des bureaux sur huit étages et des appartements au dessus. Beaucoup de sociétés y ont élu domicile comme Svelte Pharma, Ascoma RDC ou encore VFS Global employé par certaines chancelleries comme leur service de visas au Congo.

La société Modern Construction se trouve au sixième étage qu’elle partage notamment avec le cabinet d’Alexis Thambwe Mwamba, aujourd’hui président du Sénat. « Il était à l’époque ministre de la Justice, il a bloqué le jugement du tribunal de commerce de la Gombe qui était en faveur de Kinduelo, il a toujours été l’avocat de Harish », accuse ce proche de l’homme d’affaires congolais. Selon plusieurs sources, Pascal Kinduelo s’est tourné vers de hauts responsables de l’État et membres éminents du régime du Joseph Kabila pour tenter d’obtenir l’exécution du jugement, en vain. Interrogé par RFI sur son rôle éventuel auprès de Harish Jagtani, Alexis Thambwe Mwamba s’est refusé à tout commentaire. Le vieux banquier a fini par renoncer, se plaignant dans tout Kinshasa d’avoir perdu non seulement son projet, mais aussi entre 4 et 5 millions de dollars dans la vente de ses parts à son jeune associé.

« Harish disait que Kinduelo mentait et qu’il avait corrompu les juges », rétorque un familier de l’homme d’affaires indien. « Jagtani s’était allié à l’ancienne première dame [Olive Lembe di Sita] pour lui tordre le bras. » Mais cela n’enlève rien, selon lui, au talent de M. Jagtani. « Kabila a son homme dans chaque communauté étrangère au Congo. L’israélien Dan Gertler, c’est pour les mines. l’indien Harish, c’est pour l’aviation et l’immobilier », assure encore ce familier, avant d’ajouter : « Il y a des dizaines d’entrepreneurs qui, comme lui, ont eu ce type d’accès, mais qui n’ont pas aussi bien réussi. »

La tour Icon est rebaptisée Kiyo Ya Sita et les Kinois en attribuent volontiers la propriété à Olive Lembe di Sita, l’ancienne première dame dont elle reprend le patronyme. Le revers de fortune du tout puissant Pascal Kinduelo étonne en tout cas le chercheur John Dell’Osso de l’ONG américaine The Sentry. L’organisation créée par l’acteur et activiste américain Georges Clooney a enquêté et produit un rapport qui mettait en lumière le rôle-clef joué par M. Kinduelo dans la tentative de contrôle du système bancaire congolais par l’ancien chef de l’État Joseph Kabila et ses proches. « C’est surprenant que Pascal Kinduelo ait été contraint de se retirer de ce projet au profit de Harish Jagtani au vu de son statut d’homme d’affaires éminent du régime », pointe John Dell'Osso. « Pascal Kinduelo a bénéficié d’un appui important de la famille Kabila et à plusieurs reprises, il a aussi beaucoup fait pour l’ancienne famille présidentielle. »

Il n’y a pas que l’aviation et l’immobilier. Depuis cinq ans, Harish Jagtani a multiplié les acquisitions de terrain et diversifié ses activités. Il est le promoteur de HJ Hospitals, le complexe hospitalier parmi les plus performants de la capitale qui cherche aujourd’hui à travailler avec la coordination de la riposte contre la pandémie de coronavirus. « C’est normal, Harish a une vingtaine de respirateurs, c’est plus que l’ensemble des hôpitaux publics de Kinshasa », confie encore le familier de l’homme d’affaires indien. Selon plusieurs sources, il a aussi récemment acquis un terrain de quelques 20 000 mètres carrés à la Gombe, achetés à bon prix, au Grand Hôtel de Kinshasa. Sur le site internet de Modern Construction, d’autres projets d’infrastructures sont annoncés : route, pont et même un bien mystérieux complexe appelé « Villa Kamerhe ».

Droits de réponse

M. Harish Jagtani n’a pas souhaité pour l’instant répondre à l’ensemble des informations contenues dans cette enquête. Bloqué en Inde suite à la fermeture des frontières, il a promis d’accorder un long entretien à son retour à Kinshasa. Il se dit aujourd’hui concentré sur la réponse à la pandémie de Covid-19 qui frappe la RDC. L’homme d’affaires indien annonce par ailleurs son intention d’ériger sur le terrain qu’il vient d’acquérir, près du Grand Hôtel de Kinshasa, des camps d’accueil gratuits pour les patients atteints par le virus.

Sollicités pour répondre aux informations contenues dans cette enquête, MM. Alexis Thambwe Mwamba et Augustin Matata Ponyo se sont refusés à tout commentaire.

M. Pascal Kinduelo est resté injoignable et n’a pas donné suite aux questions posées 

 

Par: Sonia Rolley

 

 

REPORTAGE AFRIQUE

 

Coronavirus: diaspora de Centrafrique, le difficile deuil à Bangui

 

07/05/2020 - 00:29 Charlotte Cosset RFI

 

La Centrafrique est encore relativement épargnée par le Covid-19 avec 94 cas confirmés. Et si le pays ne décompte encore aucun décès sur son territoire, la diaspora centrafricaine, elle, n’est pas épargnée. Des décès à des milliers de kilomètres, dans des conditions sanitaires compliquées.

 

Sur l’écran du téléphone d’Hervé se trouvent moins de dix membres de la famille proche, masque blanc sur leurs visages. Une enceinte fait l’écho de la dernière prière de l’imam avant la mise en terre dans la banlieue parisienne.

La connexion coupe régulièrement. Vivre le décès de son père ainsi, à distance, est un vrai défi pour Hervé Serefio. « C’est très dur, parce qu’il fallait d’abord gérer au téléphone, tout ce qui est organisation au niveau de l’hôpital avec la famille », explique Hervé. « Vous savez quand un être cher décède dans la famille, surtout un baobab, un père... Quand on te dit que tu ne peux pas assister à la mise en bière de ton père, venir le voir une dernière fois ; c’est ça qui était très dur pour la famille. Pour moi, c’est encore plus dur, parce que j’aurais aimé être là. Moi qui suis très très proche de mon père, j’aurais aimé être là pour lui rendre cet hommage pour une dernière fois », regrette-t-il.

« J’ai essayé de gérer ça comme j’ai pu »

La famille Mageot est elle aussi très touchée. Deux membres sont décédés des suites du Covid-19. « Je l’ai appris sur les réseaux sociaux. Je me suis quand même permis d’envoyer un message dans sa messagerie privée. Il n’y avait pas de réponse et ça a été confirmé qu’il venait de décéder du Covid-19 », raconte Brice, l’un des neveux.

Pour lui, la perte est difficile à réaliser. « J’ai essayé de gérer ça comme j’ai pu. Il y a eu une petite cérémonie funéraire le rassemblement familial, j’ai choisi de ne pas y aller parce que je savais que j’allais mal le vivre. Et ce que j’ai fait, j’ai relu quelques-uns des échanges que j’ai eus avec lui. Pour moi, la perte n’était pas tant physique (j’ai vu, je n’ai pas vu). Peu importe ce que je vais lui écrire, il n’y aura plus ses réponses », soupire Brice.

« On ne peut pas faire notre deuil »

Serge Bruno Mageot est l’un des frères des deux défunts. En plus de la douleur, il ne peut s’empêcher de se questionner. « Cela s’est passé vraiment très vite. Je ne sais pas si mes deux frères et sœurs ont reçu les soins nécessaires pour éviter cette mort-là. C’est une grande perte pour notre famille. Ils étaient les piliers, nous nous retrouvons orphelins », explique Serge Bruno Mageot.

Pour lui, il est difficile de trouver les mots pour décrire ses sentiments. Mais l’émotion est palpable. « Ça a été vraiment très dur. Après le décès on n’a pas pu les enterrer dignement que ce soit en France ou ici à Bangui. Imaginez un peu la suite. On ne peut pas faire notre deuil. C’est impossible », dit-il, la gorge serrée.

La famille a déjà prévu de mener des démarches légales pour pouvoir rapatrier les dépouilles. Mais la première des choses sera, à la reprise des vols, d’aller se recueillir sur leurs tombes.

 

Trafic d'armes entre la RDC et la Centrafrique : le profil de la femme interpellée se précise

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 01:36
Covid-19 : l’ONU accorde douze millions de dollars à la RCA
Covid-19 : l’ONU accorde douze millions de dollars à la RCA

 

 

http://www.adiac-congo.com/ Jeudi 7 Mai 2020 - 16:19

 

L’Organisation des Nations unies (ONU) ont alloué douze millions de dollars de leur Fonds humanitaire pour soutenir la réponse multisectorielle d’urgence en République centrafricaine (RCA). Cette allocation financière d’urgence servira également à la réduction de la propagation de la pandémie du Covid-19.

« L’allocation du Fonds humanitaire permettra aux acteurs humanitaires en première ligne de couvrir les besoins humanitaires les plus critiques dans les préfectures de Bamingui-Bangoran, Basse-Kotto, Haute-Kotto, Haut-Mbomou, Mambéré-Kadei, Mbomou, Nana-Gribizi, Nana-Mambéré, Ombella M’Poko, Ouaka, Ouham et Ouham-Pendé », a déclaré Denise Brown, coordonnatrice humanitaire pour la RCA. Ce financement permettra à trente-quatre partenaires humanitaires de mettre en œuvre des projets prioritaires dans les secteurs de la santé, l’eau-hygiène-assainissement, la gestion des sites de déplacés, les abris et articles ménagers essentiels, la nutrition, la sécurité alimentaire, la protection et la logistique.

Par ailleurs, les besoins critiques du Plan de réponse humanitaire bénéficieront d’une enveloppe à hauteur de neuf millions de dollars, et ceux liés au Covid-19 seront couverts avec une enveloppe de trois millions de dollars. Selon l’ONU, plus de 2,6 millions de personnes, soit la moitié de la population, a besoin d’assistance humanitaire et de protection. La RCA compte également près de sept cent mille déplacés internes. Et seul le tiers de la population a accès à l’eau potable.

Les Nations Unies pensent que la République centrafricaine doit faire face à « des besoins croissants dans un environnement à indicateurs humanitaires fortement dégradés, surtout en pleine épidémie du nouveau coronavirus ». De son côté, l’Organisation mondiale de la santé a annoncé que la RCA a recensé, à la date du 5 mai, quatre-vingt-quatorze cas confirmés de Covid-19, mais aucun décès. Cependant le pays enregistre le deuxième taux de mortalité maternelle et le troisième taux de mortalité infantile les plus élevés au monde.

D’autre part, les humanitaires sont parfois exposés au danger et rencontrent des difficultés pour acheminer une aide vitale à ceux qui en ont le plus besoin. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, cent vingt et un incidents ayant touché les humanitaires ont été enregistrés au premier trimestre de l’année, dont deux morts et huit blessés.

A noter que le Plan de réponse humanitaire 2020 n’est financé qu’à hauteur de 28%, soit 113,4 millions de dollars sur les 401 millions requis. « Je suis très reconnaissante envers les bailleurs de fonds pour leur confiance envers le Fonds humanitaire, car il s’agit d’un instrument de financement flexible pour une réponse humanitaire efficace, rapide et coordonnée », a relevé la coordonnatrice humanitaire. Ces fonds supplémentaires arrivent à point nommé d’autant que la situation humanitaire continue de se détériorer en Centrafrique. Mais l’ONU a encore besoin de plus de trois cents millions de dollars pour ses opérations en République centrafricaine.

Yvette Reine Nzaba

 

 

La Coordinatrice Humanitaire alloue 12 millions de dollars américains du Fonds Humanitaire pour la République centrafricaine afin de soutenir une réponse multisectorielle d’urgence.

 

Bangui, 6 mai 2020 - La Coordonnatrice Humanitaire pour la République centrafricaine (RCA), Mme Denise Brown, a alloué 12 millions de dollars américains du Fonds Humanitaire pour soutenir une réponse multisectorielle d’urgence en alignement avec les priorités du Plan de réponse humanitaire 2020. Cette allocation financière d’urgence servira également à la réduction de la propagation de la pandémie de COVID19.

Ce financement permettra à 34 partenaires humanitaires de mettre en œuvre des projets prioritaires dans les secteurs de la santé, l’eau-hygiène-assainissement, la gestion des sites de déplacés, les abris et articles ménagers essentiels, la nutrition, la sécurité alimentaire, la protection et la logistique. Les besoins critiques du Plan de réponse humanitaire 2020 bénéficieront d’une enveloppe à hauteur de 9 millions de dollars, et ceux liés à la COVID-19 seront couverts avec une enveloppe de 3 millions de dollars.

« L’allocation du Fonds Humanitaire permettra aux acteurs humanitaires en première ligne de couvrir les besoins humanitaires les plus critiques dans les préfectures de Bamingui-Bangoran, Basse-Kotto, Haute-Kotto, Haut-Mbomou, Mambéré-Kadei, Mbomou, Nana-Gribizi, Nana-Mambéré, Ombella M’Poko, Ouaka, Ouham et Ouham-Pendé », a expliqué Mme Brown.

En 2019, le Fonds Humanitaire pour la RCA a alloué 39 millions de dollars et ciblé 1,3 million de personnes vulnérables. « Je suis très reconnaissante envers les bailleurs de fonds pour leur confiance envers le Fonds Humanitaire, car il s’agit d’un instrument de financement flexible pour une réponse humanitaire efficace, rapide et coordonnée », a déclaré la Coordonnatrice Humanitaire.

La situation humanitaire en RCA continue de se détériorer. Plus de la moitié de la population, 2,6 millions de personnes, a besoin d’assistance humanitaire et de protection. 697 340 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays. Avec 94 cas confirmés de COVID-19 au 4 mai, la Centrafrique doit faire face à des besoins croissants dans un environnement à indicateurs humanitaires fortement dégradés.

Seul le tiers de la population a accès à l’eau potable, tandis que le pays enregistre le deuxième taux de mortalité maternelle et le troisième taux de mortalité infantile les plus élevés du monde. 121 incidents ayant touché les humanitaires ont été enregistrés au premier quadrimestre de l’année, dont 2 morts et 8 blessés. Le Plan de réponse humanitaire 2020 n’est financé qu’à 28%, soit 113,4 millions de dollars sur les 401 requis.

 

 

Centrafrique: La Banque mondiale approuve un don de 7,5 millions de dollars pour aider le pays à faire face au Covid-19

 

Par Martin Kam 6 mai 2020

 

La Banque mondiale a approuvé récemment un don de 7,5 millions de dollars de l’Association internationale de développement (IDA) pour aider la République centrafricaine à faire face au Covid-19 et renforcer la préparation des systèmes nationaux aux urgences de santé publique.

Dans un communiqué, l’institution explique que le Projet de préparation et de riposte à la pandémie de Covid-19 va apporter une aide immédiate à ce pays d’Afrique centrale «afin de l’aider à prévenir la propagation du coronavirus, en déployant des stratégies de confinement et en renforçant les capacités d’intervention sanitaire d’urgence en cas de flambée épidémique ».

Selon la Banque mondiale, «le projet permettra de fournir des équipements médicaux et des médicaments essentiels, des kits de test et des équipements de protection pour le personnel aux avant-postes et d’assurer l’accès de la population à l’eau et à des produits d’hygiène ».

Ce n’est tout, puisqu «’il va également contribuer à améliorer la coordination et le soutien aux mesures de préparation, former le personnel soignant et organiser des campagnes de communication et de sensibilisation sur les risques encourus auprès des habitants », souligne-t-on de même source.

Jean-Christophe Carret, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la République centrafricaine, estime que « dans des pays fragiles comme la République centrafricaine, il est particulièrement important de renforcer le système de santé et d’aider le personnel sur le terrain à apporter une réponse adaptée ».

Cité dans le communiqué, il ajoute : « mobilisée en urgence, cette aide va aider le pays à affronter la menace de l’épidémie de coronavirus, sachant que l’essentiel des fonds sera déboursé dès les premiers mois ».

Martin KAM

 

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 00:30
 COVID-19 Afrique : la catastrophe n’a pas eu lieu
 COVID-19 Afrique : la catastrophe n’a pas eu lieu

 

Lu pour vous

 

Par Maria Malagardis — 

 

Alors qu’on lui prédisait un cataclysme sanitaire, le continent africain a pour l’instant été relativement épargné par la pandémie de Covid-19. Du climat aux modes de vie en passant par la démographie, plusieurs facteurs pourraient l’expliquer.

Lazare est bien revenu du pays des morts : mardi, le site ivoirien Lebanco.net publiait en ligne le témoignage de Seka Lazare Adopo, contaminé par le coronavirus, qui décrit avec moult détails les souffrances et les angoisses endurées lors de ses deux hospitalisations successives en urgence. Aujourd’hui guéri, ce chauffeur Uber qui vit depuis plus de quarante ans en exil à New York n’a qu’une envie : fuir au plus vite la première puissance mondiale de la planète pour rentrer dans son petit pays natal d’Afrique de l’Ouest, la Côte-d’Ivoire. On peut le comprendre : alors qu’on compte plus de 19 000 décès et 176 000 contaminations à New York, foyer principal de l’épidémie outre-Atlantique, la Côte-d’Ivoire ne comptabilise que 18 morts et 1 464 contaminations à ce jour. Par une étrange pirouette de l’histoire, l’Afrique, si souvent synonyme de malheurs et de malédiction, reste pour l’instant le continent le moins touché par la pandémie, avec certaines régions d’Asie, de l’Inde au Cambodge. Les prévisions apocalyptiques n’ont pourtant pas manqué. 

«Afropessimisme»

Longtemps si réticente, jusqu’au 11 mars, à qualifier officiellement le Covid-19 de «pandémie», l’Organisation mondiale de la santé (OMS) prédisait le 18 mars un véritable cataclysme en Afrique. A l’époque, seuls 233 cas étaient pourtant répertoriés sur le continent. Un mois plus tard, Michel Yao, responsable des opérations d’urgence de l’OMS, se montrera plus nuancé, estimant qu’en Afrique «on peut encore contenir l’épidémie». Certes, la courbe des contaminations, 48 808 à ce jour, ne cesse de progresser. Mais elle reste pour l’instant plutôt lente, comparée au reste de la planète. Surtout, le nombre de guérisons augmente également, avec 16 160 cas à ce jour. Et le nombre de décès, 1 902 pour plus d’un milliard d’habitants, pourrait faire pâlir d’envie n’importe quel pays développé. L’hypothèse d’une sous-estimation des données ne tient plus la route : après plusieurs mois d’observation, on ne voit toujours pas en Afrique d’hôpitaux pris d’assaut ni de villages décimés par la pandémie. Les faits s’imposent donc : à l’heure actuelle, et sans ignorer la crainte d’un cataclysme plus tardif, le continent africain, qui abrite 17 % de la population mondiale, enregistre à peine plus de 1 % des malades dans le monde, et un peu moins de 1 % des décès. «Les Européens s’inquiètent pour nous et nous nous inquiétons pour eux», s’amusait récemment l’écrivain sénégalais Felwine Sarr sur la chaîne de télévision TV5Monde, fustigeant «la persistance de l’afropessimisme». Pourtant, les raisons de s’inquiéter étaient en partie fondées : avec 2,2 médecins pour 10 000 habitants en Afrique subsaharienne contre 35 dans l’Union européenne, et des dépenses de santé qui ne dépasse pas 25 dollars par an et par habitant au Cameroun ou au Mozambique, bien des pays africains semblent incapables de répondre à une pandémie massive.

Réflexes assimilés

D’où vient alors cette résistance inattendue ? Parmi les atouts de l’Afrique face à un virus qui frappe d’abord les plus âgés, la pyramide des âges s’impose comme une évidence : sur le continent le plus jeune du monde, les deux tiers de la population ont moins de 35 ans et l’âge médian se situe à 19 ans, contre 40 ans en Europe. Selon certains observateurs, la fréquence d’autres épidémies, VIH mais aussi tuberculose ou encore paludisme, qui tue encore près de 400 000 personnes par an, ont peut-être également permis aux populations de développer certains anticorps spécifiques, quand ce ne sont pas les traitements, antipaludéens ou vaccin du BCG, qui les protégeraient. Mais cette récurrence des épidémies a aussi conditionné les réactions face à la pandémie. «Celui qui a vu la panthère et celui qui en a entendu parler ne courent pas de la même façon», affirme un dicton africain.

Entre 2014 et 2016, l’Afrique de l’Ouest a été décimée par Ebola, avec plus de 11 000 victimes. Il ressurgit en 2018 en république démocratique du Congo (RDC) où il fait plus de 2 500 morts. Depuis cette tragédie, les gestes barrières et le traçage des patients sont des réflexes assimilés dans certaines parties du continent. En Afrique, le patient zéro du Covid-19 est connu : c’est un ressortissant chinois diagnostiqué le 14 février en Egypte.

Réactions rapides

Très vite, dès l’apparition des premiers cas, les Etats africains ont pris des dispositions drastiques, beaucoup plus rapidement que bien des pays européens. Il n’y avait que sept contaminations enregistrées le 13 mars, lorsque le Maroc a commencé à verrouiller le pays. Très vite, le royaume chérifien a également reconverti l’industrie textile dans la production de masques, lui permettant d’en fournir 5 millions par jour. De la même façon, au Rwanda, au Ghana et en Afrique du Sud, un confinement particulièrement strict s’est très rapidement imposé. Le Lesotho a fait de même, malgré l’absence totale à ce jour de contaminations. Le confinement ou le couvre-feu étaient pourtant un pari difficile dans des pays où le secteur informel et la survie quotidienne dominent. Reste que malgré la répression parfois féroce des forces de l’ordre (qui a fait 18 morts au Nigeria), les mesures imposées ont été globalement respectées dans les quartiers populaires. Ce sont d’ailleurs souvent les élites qui ont été les premières contaminées sur ce continent où l’écrasante majorité des populations restent à l’écart des grands mouvements d’échanges mondialisés, ce qui a pu aussi les protéger.

Aujourd’hui, certains pays commencent à procéder au déconfinement : c’est le cas du Rwanda, du Ghana, du Burkina Faso ou de l’Afrique du Sud. Mais ce processus est un nouveau défi, puisque la menace demeure. Mardi, l’ONG Care s’inquiétait ainsi de l’explosion soudaine des cas de contamination en Somalie, où 60 % des personnes testées se sont révélées positives. Et la fierté d’avoir su dans l’immédiat mieux résister au fléau peut aussi pousser à se croire immunisés face au virus. Une erreur fatale qui pourrait changer la donne, et contre laquelle Seka Lazare Adopo, le miraculé, a tenu à mettre en garde sur le site Lebanco.net : «Moi non plus je ne croyais pas que cette maladie existait», a-t-il confessé, implorant ses compatriotes ivoiriens de se protéger car «notre bien le plus précieux, c’est la santé». 

 

Maria Malagardis

 

 

 

Coronavirus : pourquoi l’Afrique résiste mieux que le reste du monde

 

Par Frédéric Bobin Le Monde le 05 mai 2020 à 19h00 - Mis à jour le 06 mai 2020 à 11h10

 

Le continent ne compte que 1,2 % des cas de Covid-19. Cela s’explique notamment par sa faible insertion dans les réseaux internationaux et par la jeunesse de sa population.

 

L’afro-alarmisme n’a-t-il pas été excessif ? Les scénarios catastrophes spéculant sur l’effet déstabilisateur du Covid-19 en Afrique n’ont-ils pas été un peu hâtifs ?

Plus de onze semaines après son apparition sur le continent (le 14 février en Egypte), le séisme sanitaire tant redouté par de nombreux responsables ne s’est, à ce jour, pas produit. Alors que l’Afrique concentre 17 % de la population mondiale, elle enregistrait lundi 4 mai 44 034 contaminations (soit 1,2 % du total mondial) et 1 788 morts (0,7 %), selon le bulletin quotidien diffusé par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), à Addis-Abeba. Le continent fait bien meilleure figure que l’Europe ou les Etats-Unis.

Aurait-on péché par excès de catastrophisme ? D’un simple point de vue statistique, l’Afrique inflige un cinglant démenti à des prédictions comme celle qu’énonçait un rapport de la commission économique de l’Union africaine (UA), mi-avril, anticipant 300 000 morts même si le continent adoptait des mesures maximales de précaution. On en est très loin.

« On apprécie le fait qu’à ce jour l’hécatombe ne s’est pas produite », relève Yap Boum, épidémiologiste à Yaoundé et représentant régional d’Epicentre, la branche recherche et épidémiologie de Médecins sans frontières (MSF). « Pour l’instant, nous sommes agréablement surpris et un peu rassurés de voir comment l’épidémie évolueabonde Elisabeth Carniel, directrice du Centre Pasteur du Cameroun. L’Afrique ne connaît pas, en tout cas pour l’instant, l’explosion qui avait été prédite sur la base de modèles en vigueur en Europe. »

L’inquiétude sourd néanmoins. La courbe des contaminations rapporte une augmentation des cas d’environ 40 % par semaine. La dynamique demeure à la hausse. La répartition par régions souligne l’exposition particulière de l’Afrique du Nord. Au regard de son poids démographique (15 % de la population continentale), celle-ci est surreprésentée dans le tableau des contaminations (38 % du total africain) mais surtout dans celui des décès (62 %). Deux autres régions retiennent l’attention en raison d’une vitesse de progression de la pandémie supérieure au rythme moyen du continent : l’Afrique centrale (+ 58 % par semaine) et l’Afrique de l’Ouest (+ 51 %).

Zones d’ombre

Aussi la tendance conforte-t-elle les autorités médicales africaines dans leur discours d’alerte. John Nkengasong, le directeur de l’Africa CDC, qui avait très tôt averti que l’Afrique devait « se préparer au pire », appelle à maintenir une vigilance intacte. « Oui, il est vrai que la pandémie en Afrique ne progresse pas aussi rapidement qu’en Europe, déclare-t-il au Monde Afrique. Mais il faut rester très prudent et ne surtout pas verser dans l’autosatisfaction. »

 

« Faisons attention à ne pas envoyer le mauvais signal en disant que la crise est finie, que l’Afrique ne va pas être touchée », abondait Mabingue Ngom, directeur pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap), dans une visioconférence de presse organisée le 29 avril par le réseau régional des agences onusiennes. « L’arrivée imminente de l’hiver en Afrique australe, déjà la plus touchée par le VIH, est une source de préoccupation », ajoute François Dabis, directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS), à Paris.

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La prudence des autorités se nourrit des zones d’ombre qui n’en finissent pas de brouiller la photographie de la contamination. Les chiffres officiels, relativement bas en Afrique au regard de la tendance observée ailleurs, sont-ils crédibles ? Ne souffrent-ils pas de sous-évaluation ? La faible disponibilité des tests diagnostiques sur le continent (9 pour 10 000 habitants, contre 200 en Italie, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) laisse en effet des pans entiers de la population hors d’atteinte des statisticiens, notamment au sein d’une jeunesse généralement asymptomatique. « Beaucoup de cas n’ont pas été diagnostiqués », admet John Nkengasong, de l’Africa CDC.

« Les tests étant peu disponibles, on n’y recourt qu’en cas de formes sévères pour ne pas les gaspiller », complète Leontine Nkamba, spécialiste en épidémiologie mathématique à Yaoundé. Elle estime que les chiffres officiels au Cameroun ne reflètent que « 30 % de la réalité de la contamination ».

Cette sous-évaluation statistique n’enlève toutefois rien au constat général, fruit du vécu quotidien, que l’Afrique n’est pas balayée par le fléau épidémique du Covid-19. « On n’observe pas de débordement des structures de santé dans les 45 pays africains où l’on travaille », souligne Isabelle Defourny, directrice des opérations de MSF.

L’exception éthiopienne

Comment l’Afrique a-t-elle pu échapper aux turbulences qui ébranlent l’Europe et les Etats-Unis ? Dès la genèse de la crise, la faiblesse relative de son insertion dans les réseaux mondiaux de circulation des personnes l’a protégée. « La moindre exposition de l’Afrique aux mobilités internationales a retardé l’arrivée de l’épidémie », avance Angèle Mendy, sociologue spécialisée dans les systèmes de santé africains, affiliée à l’Université de Lausanne (Suisse).

Le lien s’impose d’évidence. A l’heure de l’essor de la « Chinafrique », les connexions en pleine expansion entre le continent et la Chine (huit vols par jour en 2019, contre un vol par jour en 2010, selon le site d’informations économiques Quartz Africa) ont sans nul doute constitué un véhicule initial. Mais la croissance de ce lien sino-africain, si elle a été spectaculaire, est toutefois restée très inférieure à l’explosion des échanges entre l’Europe et la Chine, d’où partaient, avant la pandémie, une douzaine de vols quotidiens vers le seul aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

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Dans un article publié à la mi-mars, la revue The Lancet a évalué le « risque d’importation » du virus en provenance de Chine en étudiant l’intensité du trafic aérien (avant la fermeture des aéroports) entre l’Afrique et les villes chinoises les plus infectées.

L’étude faisait ressortir que les trois pays africains les plus exposés étaient l’Egypte, l’Algérie et l’Afrique du Sud. De fait, ces pays se sont révélés parmi les plus contaminés du continent, concentrant à eux seuls près de 40 % du total africain. L’apparente causalité souffre toutefois d’une exception majeure avec l’Ethiopie, très connectée à la Chine mais étrangement peu affectée par le Covid-19 (seulement 140 cas).

Le débat sur l’insertion de l’Afrique dans la circulation mondiale des personnes n’éclaire toutefois qu’une faible partie du processus de contaminations sur le continent. Car les premiers cas importés n’ont pas essaimé localement dans des proportions comparables à l’Europe, où la propagation a été autrement fulgurante. La transmission proprement africaine est restée – à ce stade – relativement limitée. Ce particularisme peut s’expliquer, selon la plupart des analystes, par une culture de mobilisation des structures locales forgée au fil des nombreuses épidémies ayant frappé l’Afrique, la dernière en date étant la fièvre hémorragique Ebola (plus de 11 000 morts de 2013 à 2016).

« Il y a toute une nouvelle génération de professionnels africains de la santé qui ont développé une expérience extraordinaire en matière de surveillance à base communautaire », observe Socé Fall, directeur adjoint de l’OMS pour les interventions d’urgence.

Le facteur « jeunesse »

L’exposition régulière à ces épidémies a aussi pu avoir des effets physiologiques renforçant la résistance aux virus. « Les populations africaines sont exposées à beaucoup d’agressions de pathogènes divers, qu’ils soient parasitaires, viraux ou bactériensnote Elisabeth Carniel, du Centre Pasteur du Cameroun. Aussi est-il possible que le système immunitaire de ces populations soit mieux stimulé que celui de populations moins exposées. »

Le facteur « jeunesse » est aussi souvent invoqué pour expliquer la faculté de l’Afrique à faire front. Le taux de létalité du Covid-19 sur le continent (4,4 %), inférieur à la moyenne mondiale (6,9 %), n’est sûrement pas étranger au fait que l’Afrique est la région la plus jeune de la planète, avec un âge médian (19,7 ans) plus de deux fois inférieur à celui de l’Europe (42,5 ans). Ce facteur « jeunesse » explique aussi les variations au sein même du continent. L’Afrique subsaharienne enregistre ainsi un taux de létalité (2,5 %) très inférieur à celui de l’Afrique du Nord (7,2 %), un décalage qui n’est pas sans lien avec la plus grande jeunesse de la première (âge médian de 18,7 ans, contre 25,5 ans).

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Au bout du compte, une série d’atouts pourraient avoir été sous-estimés par l’afro-pessimisme qui a dominé les prédictions relatives à l’impact du Covid-19 sur le continent.

L’alarmisme officiel a « permis aux pouvoirs en place de redorer leur blason, d’essayer de reconstruire leur légitimité après avoir été tous confrontés ces vingt dernières années au discrédit très important de leur magistère», estime Abdourahmane Seck, anthropologue affilié à l’université Gaston-Berger de Saint-Louis, au Sénégal : « Mais les professionnels de santé commencent à affirmer que nous ne sommes pas aussi atteints que le laisse croire la psychose médiatique. Il y a donc un début de discours alternatif, dissonant par rapport à l’unanimisme officiel qu’on nous ressert à longueur de journée. Certaines voix s’élèvent pour expliquer que le confinement n’est pas forcément la seule voie, que l’Afrique gagnerait à laisser circuler le virus afin d’éviter le risque de précarité économique et affronter la pandémie à travers l’immunité de groupe. Il y aussi une mise en cause du suivisme post-colonial des pouvoirs africains par rapport au discours de l’Europe. »

A l’heure où certains pays africains ont commencé à assouplir les dispositifs de confinement, le débat promet de s’aiguiser.

 

 COVID-19 Afrique : la catastrophe n’a pas eu lieu

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Centrafrique-Presse.com
5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 11:58

 

Lu pour vous

 

https://www.radiookapi.net/ le dim, 03/05/2020 - 11:58

 

Un réseau des présumés trafiquants d'armes et de munitions de guerre a été démantelé à Gbadolite, capitale provinciale du Nord-Ubangui. Les personnes arrêtées, avec un lot important d’arsenal militaire, ont été présentées samedi 2 mai avec leurs effets au gouverneur de province, Izato nzenge.

Ces présumés trafiquants d’armes utilisent les voies normales de fret pour expédier leur cargaison militaire. En effet, ces armes et munitions ont été appréhendées dans une agence de fret œuvrant entre Kinshasa et Gbadolite. Le gouverneur Izato Ndenge a promis de sévir :

« Grâce à la vigilance de nos services de sécurité, nous avons réussi à mettre la main sur ces munitions et sur ces armes de guerre et aussi sur les personnes impliquées. Nous sommes en plein de début. Nous allons traquer tous ceux qui de loin ou de près seront liés à cette vente de munitions, à ce trafic de munitions par la province du Nord-Ubangui. Nous allons les traquer et les déférer devant la justice militaire ».

Selon lui, ces trafiquants tentent se servir de la province du Nord-Ubangui, qui jouxte la République Centrafricaine, pour écouler leurs marchandises.

« Nous n'allons pas accepter que la province du Nord-Ubangui soit une plaque tournante de vente des munitions pour la déstabilisation de notre pays voisin, en occurrence la Centrafrique », a martelé Izato Ndenge. 

Ces armes et munitions saisies sont toutes neuves.

 

 

RDC: des armes saisies à l'aéroport de Gbadolite, une femme d'affaires arrêtée


http://www.rfi.fr/ De notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi

 

Les autorités de cette province ont mis la main sur une importante quantité d’armes et de munitions en provenance de Kinshasa. Selon les premiers éléments rapportés par le gouverneur, il s’agirait d’un réseau de trafiquants qui alimentent certains groupes armés centrafricains et les bandits locaux. Plusieurs personnes ont été appréhendées avec la cargaison.

Mardi 28 avril dernier, un avion atterrit à l’aéroport de Gbadolite. Les formalités d’usage terminées, les services aéroportuaires alertent les renseignements militaires sur la présence des matériels de guerre dans du fret. Des petites bombes dites « castor » ont été récupérées et environ 1500 munitions pour fusils d’assaut AK-47. 

Sur place à l’aéroport, plusieurs personnes sont interpellées. Les premiers éléments de ces investigations conduisent les services de renseignements vers une femme d’affaire qui serait, selon le gouverneur Izato Nzege Koloke, la plaque tournante d'un réseau qui s’étendrait de Kinshasa à la frontière centrafricaine en passant par Gbadolite. 

La dame, une certaine Florence Mongo, était également présente à l’aéroport pour réceptionner ledit colis. Le gouverneur rapporte également que ce réseau alimenterait tant les bandits locaux, les coupeurs des routes que certains groupes armés de la RCA.

Des responsabilités à déterminer

La dame, qui ne serait pas à son premier forfait, a été transférée ce week-end à Kinshasa où les enquêtes se sont étendues. Selon plusieurs sources, quelques responsables de la compagnie aérienne Service Air dont l’avion a servi à transporter ce colis ont été brièvement interpellés jeudi par les renseignements militaires à Kinshasa. 

Plusieurs questions sur les responsabilités supposées de la compagnie aérienne ou celles des hauts-gradés des Forces armées de la RDC sont encore sans réponses. 

Mais les enquêtes ne font que commencer, a précisé une source au sein de l’état-major général de l’armée.

Des armes et munitions de guerre saisies à Gbadolite
Des armes et munitions de guerre saisies à Gbadolite

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Centrafrique-Presse.com
1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 15:08
Nord-Ubangi (RDC) : 4 personnes arrêtées pour trafic illégal d’armes

 

Lu pour vous 

 

https://www.mediacongo.net/ 01.05.2020,

 

Le gouverneur de la province du Nord-Ubangi, Izato Nzenge annonce que plusieurs armes de guerre et des munitions ont été saisies lors d’une opération menée à Gbadolite.  Quatre personnes impliquées dans ce trafic de munitions ont été arrêtées par la police congolaise.

 

« Nous avons réussi à mettre la main sur un réseau frauduleux d’approvisionnement de munitions au niveau de la ville de Gbadolite », a déclaré Izato Nzenge.

D’après le gouverneur de cette province « il s’agit précisément d’une dame qui était la plaque tournante de cette activité et traversait avec ces munitions en direction de la Centrafrique via Gbadolite pour sûrement approvisionner des groupes rebelles centrafricains ».

Il précise par ailleurs qu’qu’il s’agit « de près de 1500 munitions AK47 automatiques, dans des boîtes toutes neuves et d’un lot important de petites bombes dites castors ».

Le gouverneur de cette province précise que l’armée congolaise est  actuellement en train d’enquêter pour prendre les mesures nécessaires.

Dans un rapport publié dernièrement, un groupe d’experts de paresse Nations-Unies constate et dénonce le trafic d’armes entre la République Démocratique du Congo et la République Centrafricaine.

Pour eux, ce trafic est facilité par la porosité de la frontière naturelle qui sépare ces deux pays d’Afrique centrale, le fleuve Ubangi. Cette situation conforte la position des groupes armés qui pullulent dans ces deux États dont les selekas et les Antibalaka.

 

NDLR : En général, des armes, ça parle ! Il est facile de savoir d'où elles proviennent et la dame au coeur de ce trafic illicite qui a été arrêtée, pourrait également révéler l'identité de ses clients en Centrafrique si on sait la faire parler, ce qui ferait trembler sa clientèle. Ainsi on finira bien par savoir à quoi s'en tenir.

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Centrafrique-Presse.com
1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 12:29
Démantèlement à Gbadolité d'un réseau d'approvisionnement en munitions des anti-balaka

Lu pour vous

 

Gbadolite : Un réseau d'approvisionnement du groupe rebelle anti-Balaka de Bangui en munitions de guerre démantelé 

 

https://7sur7.cd/2020/04/30/gbadolite-un-reseau-dapprovisionnement-du-groupe-rebelle-anti-balaka-de-bangui-en

 

Dans une interview accordée ce jeudi 30 avril 2020 à 7SUR7.CD, le gouverneur du Nord-Ubangi, Izato Nzege, a confirmé le démantèlement mercredi dernier à Gbadolite, chef-lieu de cette province, d'un réseau d'approvisionnement du groupe rebelle anti-Balaka de Bangui en munitions de guerre.

Selon la même source, ce réseau composé de 4 personnes dont une femme, est bien connu par les services de sécurité et est à l'origine de plusieurs cas de braquage dans l'axe Businga, un des territoires du Nord-Ubangi.

« Le réseau a été démantelé hier. Les services des renseignements ont réussi à mettre la main sur les personnes qui étaient en train d'approvisionner le groupe rebelle anti-Balaka de la Centrafrique et les gens qui font des braquages et ravissent les salaires des enseignants sur la route qui mène vers Businga en munitions de guerre », a déclaré le gouverneur du Nord-Ubangi, Izato Nzege.

Il précise qu'un lot important de munitions de guerre récupérées auprès de ces inciviques a été présenté ce jeudi à la presse.

« Nous avons mis la main avant-hier et aujourd'hui sur un lot important de munitions de guerre dont des armes à feu toutes neuves », a-t-il renchéri.

Le gouverneur du Nord-Ubangi, Izato Nzege, dit avoir remonté cette information auprès des autorités nationales à Kinshasa.

Il sied de rappeler qu'après la signature de l’accord de paix en Centrafrique en début février 2019, 5 de 14 groupes armés signataires avaient fait part de leur désaccord avec le gouvernement Centrafricain.

 

César Augustin Mokano Zawa, à Gemena

 

 

NDLR : Tout finit par se savoir !

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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 12:26
Qui est vraiment le pangolin, "bouc-émissaire" du Covid-19?

 

Lu pour vous

 

https://www.rts.ch/info/monde/11289166-podcast-qui-est-vraiment-le-pangolin-bouc-emissaire-du-covid-19-.html

 

La crise du Covid-19 a projeté un animal dans la lumière: le pangolin, soupçonné d'avoir transmis le virus à l'être humain. Mais ce mammifère, le plus braconné au monde, reste méconnu. La vétérinaire suisse Maja Gudehus, qui dirige des projets de conservation en Centrafrique, dresse son portrait.

Les huit différentes espèces de pangolin sont toutes considérées comme "vulnérables" ou "en danger", voire "en danger critique d'extinction" pour les espèces asiatiques.

En cause: "la chasse et le braconnage au niveau local et le commerce international illicite", explique Maja Gudehus, vétérinaire suisse et directrice de projets de recherche, de conservation et de réhabilitation des pangolins en Centrafrique, interrogée dans Le Point J.

Le pangolin a-t-il vraiment été "l'hôte intermédiaire" dans la pandémie de covid-19? Sa médiatisation pourrait-elle le sauver du braconnage et du trafic?

 

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