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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 00:38

 

                                                                                                                 

 

La Centrafrique a connu une spirale de violence avec un relent génocidaire chronique. Dépassé par le cours des événements, le gouvernement de l'époque a fait appel à la communauté internationale. La France a négocié et obtenu des résolutions du conseil de sécurité de l'ONU. Les forces "Sangaris" diligentées par la France furent accueillies et applaudies en libérateurs. Les résolutions 2127, 2134 et 2149 du conseil de sécurité de l'ONU se sont succédés mais avec le meurtre de deux soldats français, l'opération salvatrice a changé de stratégies et de méthodes et depuis ce jour commença le chemin de croix des centrafricains. Des élections présidentielles et législatives ont été organisées dans des conditions sécuritaires précaires mais appréciées de tous.

Le pays a connu un retour à l'ordre constitutionnel avec l'installation des institutions républicaines mais pourquoi depuis plus de six mois les centrafricains ne cessent d'enterrer des morts ? Lors de son investiture, le President de la rupture avait prêté serment sur la constitution et s'est engagé pour garantir la sécurité des centrafricains mais que s'est-il passé entre temp ? Pourquoi délivre t-il un permis à la Minusca pour tuer le peuple qui l'a élu ? Peut-on lui opposer la violation du serment et par voie de conséquence la violation des dispositions constitutionnelles ? Le President de la République et son gouvernement multiplient en vain des voyages diplomatiques et prétendent mener des actions en faveur de la paix mais des meurtres, assassinats, prise d'otages, des actes de violence sur de paisibles citoyens galopent à grande échelle. Comment expliquer ce désastre ? La politique et la méthode des nouvelles autorités sont désuètes ? Le choix des collaborateurs et l'approche stratégique ne sont pas rationnels ? Nous estimons qu'après sept mois de gouvernance, les nouvelles autorités doivent faire un aveu d'échec et de changer de cap. Le pouvoir confié par le peuple est une drogue qui monte très vite à la tête alors que ce dernier ne vous demande seulement de l'exercer dans son intérêt.

A force de s'entêter dans cette voie en cul-de-sac, on finit d'accuser l'autre comme source de son malheur. Les nouvelles autorités ont d'abord commencer à mettre en cause la Minusca, puis les partis politiques et in fine la société civile. Le pouvoir centrafricain a délivré lui-même un permis de tuer son peuple en s'abstenant de créer les conditions nécessaires pour sécuriser la population et relancer l'économie. Le manque d'initiatives des autorités a assez duré. Le laxisme chronique et l'attentisme de nos autorités ont poussé la société civile désespérée de prendre ses responsabilités.

Ainsi, pourquoi envisager des poursuites contre le coordinateur de la société civile alors que les vrais fossoyeurs de la république sont en liberté ? Le parquet général parle toujours d'ouverture d'enquête, à ce jour combien d'enquêtes ouvertes ont été élucidées ? Quelles ont été les sanctions prononcées ? La récréation a seulement trop duré et quand le peuple veut prendre ses responsabilités, on parle à tort de manipulations, de tentative de coup d'Etat, d atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat...que comprenez-vous dans ce scénario où l'Etat évoque sa propre turpitude : le pouvoir accuse la société civile d'être manipulé par les hommes politiques alors que ces derniers sont reçus à la présidence pour chercher collectivement les issues de sortie de crise ? Qui se moque de qui ? Hypocrisie ou insultes politiques ?

Un gouvernement qui autorise une force étrangère de tirer sur son peuple n'est pas digne et légitime. Quand la barbarie de la Minusca avec la complicité tacite du pouvoir central atteint son paroxysme, la population abandonnée à elle même doit réagir et toutes les stratégies de défense deviennent une obligation et un droit. Dans la situation actuelle de la Centrafrique, la présence de la Minusca est essentielle et vitale en dépit de sa passivité. La société civile a commis l'erreur de demander le départ de la Minusca, chose impossible. Par contre, elle peut récuser un contingent ou demander à la Minusca d'ajuster sa politique aux termes des résolutions du conseil de sécurité de l'ONU.

Selon les termes des résolutions, la Minusca est une force d'accompagnement et d'appui, il appartient à l'Etat de prendre des initiatives, de créer des conditions de paix et cette force ne fait que les appuyer. Visiblement, le pouvoir peine à rétablir la paix à travers le territoire. Des crimes et massacres perdurent. A ce rythme, le President de la république demande qu'on lui laisse encore du temps, mais à la fin de la mandature, le dénombrement de la population centrafricaine affichera un chiffre inférieur à la dérivée d'une fonction constante. S'agissant de la réussite de l'opération "ville morte" lancée par la société civile, que reste y-il de la désillusion du gouvernement qui avait appelé au boycott ?

Dans des sociétés civilisées et évoluées, le gouvernement devrait rendre sa démission au Président de la République. Le gouvernement devrait se poser la question de savoir pourquoi le peuple a adhéré massivement aux causes de la société civile ? Le gouvernement doit tirer les leçons de ces événements et prendre ses responsabilités. Enfin, le parlement a brisé son mutisme et s'est réveillé de son long sommeil. Par la voix de son President, le parlement condamne et convoque à nouveau les ministres en charge de la sécurité. Cette énième convocation servira à quoi ? Pourquoi ne pas envisager une motion de censure contre le gouvernement ? Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.

 

Paris le 29 octobre 2016.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

Juriste, Administrateur des Elections

 

CENTRAFRIQUE : QUAND UN PRESIDENT ÉLU DÉLIVRE LE PERMIS POUR TUER SON PEUPLE par Bernard SELEMBY DOUDOU
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Centrafrique-Presse.com
29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 01:21
Lu pur vous : Avec le départ de l’armée française, la Centrafrique peut-elle sombrer dans l’abîme ?

 

 

  Par Vincent Duhem

 

L'opération militaire française en Centrafrique, Sangaris, prend fin officiellement ce dimanche, avec le déplacement à Bangui du ministre de la Défense Jean-Yves le Drian. Dans la capitale centrafricaine, ils sont nombreux à craindre les conséquences de ce départ.

Un repli longtemps différé

Définitivement officialisé avec le déplacement du ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian, les 30 et 31 octobre, le départ des soldats de l’opération Sangaris, déclenchée en décembre 2013 après des massacres de civils à Bangui, était prévu depuis de longs mois. Il a été plusieurs fois différé à cause de l’évolution de la situation sur le terrain et les reports successifs des élections présidentielle et législatives. Entre 300 et 350 hommes, équipés de drones d’observation, demeureront dans la capitale centrafricaine. Cet effectif comprend les troupes affectées à la Minusca et à la mission EUTM-RCA.

La France conservera « une capacité d’intervention militaire sur court préavis », précise-t-on à la Présidence. « Ce contingent pourra être mobilisé à la demande du gouvernement centrafricain, en cas de menace sérieuse contre la paix ou les institutions du pays ».

Une situation sécuritaire instable

L’amélioration de la situation sécuritaire après l’élection du Président Faustin-Archange Touadéra aura duré quelques mois. C’est d’abord à Bangui que la violence s’est exprimée après l’assassinat le 4 octobre 2016 du commandant Marcel Mombéka, ancien garde du corps de Catherine Samba-Panza. Une semaine plus tard, Kaga Bandoro sombre dans le chaos. Les premiers échauffourées surviennent après le démantèlement de deux barrages – un appartenant aux anti-balaka, l’autre à l’ex-Séléka -. Des maisons sont brûlées, des manifestations contre la Minusca organisées.

Le 11 octobre, des membres du MPC (une faction de l’ex-Séléka dirigée par le général Mahamat AlKhatim) tente de dérober le générateur d’une radio locale dans un camp de réfugiés. Ils rencontrent une forte résistance et l’un deux meurt après avoir reçu un coup de hache en pleine tête. Le lendemain, la ville est mise à sac. Il y a des accrochages avec la Minusca, des braquages, des ONG visées et au moins 37 morts. La ville est désormais coupée en deux. Trois jours plus tard, treize personnes sont tuées dont un enfant, et une dizaine d’autres blessées, dans l’attaque d’un camp de réfugiés dans la localité de Ngakobo proche de la ville de Bambari.

Enfin, une journée ville morte était organisée lundi 24 octobre à Bangui, à l’appel du groupe de travail de la société civile, pour demander le départ de la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) a dégénéré. Au moins quatre personnes ont été tuées.

La Minusca critiquée

Seule force d’interposition après la fin de l’opération Sangaris, la mission de l’ONU et ses 12 000 hommes, est sous le feu des critiques. La population et le gouvernement leur reprochent leur attentisme, les groupes armés leur parti pris. Le comportement de certains contingents inquiètent jusqu’au siège de l’ONU, à New York.

Lors des manifestations qui ont accompagnées la journée ville morte du 24 octobre à Bangui, la Minusca a été accusées par la société civile d’avoir tiré sur la foule. Des accusations démenties par l’ONU. De fait, les patrouilles de l’ONU ont bien été prises pour cibles – caillassages et tirs – alors qu’elles tentaient d’enlever les barricades, avant de répliquer à balles réelles. Cinq Casques bleus ont d’ailleurs été blessés.

Pour certains observateurs, les difficultés de la Minusca sont utilisées dans le but de déstabiliser le pays. Si l’appel à la journée ville morte se voulait pacifique, il semble que certaines personnalités politico-militaires aient profité de la situation. « Des jeunes armés placés en retrait derrière les barricades ont provoqué la Minusca pour la forcer à riposter », explique une source sécuritaire française qui pointe du doigt le rôle de leaders anti-balaka.

« Il y a aussi beaucoup d’instrumentalisation », nuance-t-elle. « La Minusca sera toujours visée par des critiques, car il faut un bouc émissaires. C’est une opération de maintien de la paix qui n’est pas là pour faire la guerre et réconcilier les communautés. Ça, c’est le rôle des autorités. »

Un régime fragilisé

L’état de grâce qui a suivi l’élection de Touadéra est désormais terminé. Beaucoup à Bangui, comme au sein de la communauté internationale, doutent de sa capacité à restaurer une paix durable. « Il n’y arrive pas. Il semble à bout de force », estime un fin connaisseur du pays. Une autre source proche des cercles du pouvoir évoque « un amateurisme écœurant ». Plus que le chef de l’État lui-même, c’est le travail de certains membres du gouvernement et de son cabinet qui est pointé du doigt. « Ils ne sont pas au niveau ! », juge un habitué des arcanes du pouvoir à Bangui. Seront-ils à-même de mener un processus DDR (désarmement, démobilisation, réinsertion) de plus en plus menacé ?

Vincent Duhem

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Centrafrique-Presse.com
29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 01:12
RCA : Touadéra rencontre les "forces vives"
RCA : Touadéra rencontre les "forces vives"
RCA : Touadéra rencontre les "forces vives"
RCA : Touadéra rencontre les "forces vives"

 

 

http://www.bbc.com/ 28 octobre 2016

 

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a reçu ce vendredi matin, au palais présidentiel, à Bangui, la visite de représentants de divers segments de la nation, pour discuter de la situation du pays.

A la rencontre tenue au palais de la Renaissance ont participé aussi des diplomates accrédités en Centrafrique et des représentants des agences des Nations unies, selon le correspondant de BBC Afrique à Bangui. Les discussions portent sur la sécurité et le processus de paix en Centrafrique.

Elles se tiennent dans un contexte d'insécurité généralisée.

La rencontre du chef de l'Etat avec les "forces vives" du pays a lieu quelques jours après les violences qui ont coûté la vie à un membre de la garde de l'ex-présidente de transition, Catherine Samba-Panza. Une attaque menée récemment par des hommes armés dans un camp de réfugiés a fait 11 morts à Ngakobo, environ 460 kilomètres au nord-est de Bangui.

La rencontre au palais présidentiel se tient à la demande des leaders des partis politiques, qui ont proposé une concertation sur les violences en Centrafrique.

Faustin-Archange Touadéra, élu au début de l'année, et son gouvernement ont la difficile mission de rétablir l'autorité de l'Etat et de relancer l'économie dans ce pays confronté à des violences communautaires - entre musulmans et chrétiens - de 2013 à 2015.

Une partie de la population centrafricaine exige le départ de la mission envoyée par les Nations unies dans le pays pour assurer la protection des civils.

Elle estime que la Minusca ne joue pas son rôle, ce que la mission de l'ONU a démenti.

 

 

PROPOS LIMINAIRES DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, CHEF DE L’ÉTAT, À L’ OCCASION DE LA RENCONTRE AVEC LES FORCES VIVES DE LA NATION

28 octobre 2016

 

– Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

– Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

– Madame et Messieurs les Présidents des Institutions de la République,

– Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

– Mesdames et Messieurs les Membres du Corps diplomatique et des Représentants des

Organisations Internationales,

– Monsieur le Représentant du Secrétaire Général des Nations-Unies, Chef de la MINUSCA,

– Monsieur le Maire de la Ville de Bangui,

– Mesdames et Messieurs les Présidents des Partis politiques et Associations,

– Mesdames et Messieurs les Représentants des Syndicats et du Patronat ;

– Messieurs les représentants de la Plateforme religieuse,

– Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations de la Société Civile,

– Distingués Invités,

– Mesdames et Messieurs,

– Mes Chers Compatriotes,

Je vous remercie d’avoir répondu avec tant d’empressement à mon invitation. J’ai tenu à organiser cette rencontre afin qu’ensemble, nous puissions rechercher, tant soit peu, des solutions idoines à la crise qui prévaut dans notre pays.

Comme vous le savez, depuis quelques mois, notre pays connaît une crise sécuritaire qui remet en cause le calme retrouvé depuis les dernières élections présidentielle et législatives saluées de tous.

Les groupes armés règnent par la terreur dans les territoires sous leur contrôle. Après les massacres de Ndomété, de Kouango, de Kongbo, de Koui, de Kaga-Bandoro, de Ngakobo, du Km5, de l’Abattoir frigorifique, nous voilà obligés de faire face à une autre forme de la crise, à travers la ville morte qui a endeuillé de foyers à Bangui le lundi, 24 octobre dernier.

En cet instant solennel, mes pensées vont vers les victimes innocentes de cette crise.

A nos compatriotes qui souffrent dans leur chair et dans leur âme des effets néfastes de la crise, à ceux qui sont poussés au déplacement à l’intérieur du pays ou contraints à l’exil dans les pays voisins où ils bénéficient de la solidarité nationale et internationale, je leur renouvelle toute ma compassion.

Avant de continuer, Je voudrais vous inviter à observer avec moi une minute de silence en mémoire des victimes innocentes de cette énième crise que traverse notre pays.

Merci.

Je saisis cette occasion pour renouveler ma gratitude à l’ensemble de la communauté internationale, aux Nations-Unies et à tous les pays amis et frères de la République Centrafricaine qui œuvrent à nos côtés pour juguler cette crise.

Mes Chers Compatriotes ;

Point n’est besoin de rappeler qu’à cause de nos incompréhensions, de nos querelles partisanes, de nos errements politiques, de notre méfiance réciproque, notre pays a sombré dans une grave crise qui a mis à mal la cohésion sociale, provoqué de nombreuses pertes en vies humaines, l’effondrement de l’État et de l’économie nationale.

Le Peuple centrafricain, conscient que la tolérance, l’inclusion, la concertation et le dialogue constituent le socle de la paix et de l’unité nationale, m’a confié sa destinée à travers l’élection présidentielle reconnue comme juste, transparente et démocratique.

A travers ce choix sans équivoque, le Peuple souverain, détenteur du pouvoir, a reconnu que ma Profession de foi reflétait ses aspirations principales : le vivre ensemble, sans distinction de races, d’ethnie ni de religion, le rétablissement d’un État de droit.

Malheureusement, en dépit des efforts déployés par le Gouvernement dans un contexte économique particulièrement morose, pour renouer avec la paix, la cohésion sociale, le redéploiement de l’Administration et le relèvement économique, certains Compatriotes veulent par tous les moyens, replonger le pays dans un chaos indescriptible.

Mes Chers Compatriotes,

Restaurer la sécurité sur l’ensemble du territoire est la priorité des priorités de mon Gouvernement. L’État doit garantir les droits inaliénables à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur. Mais il faut y aller avec méthode, avec tact, bref, il faut rompre avec les méthodes du passé.

Depuis mon investiture, je me suis employé à créer les conditions requises pour que nos frères qui ont pris des armes s’engagent de manière directe et consciente dans la voie du DDRR, du dialogue et de la réconciliation nationale.

Je reste convaincu que la solution durable à la crise que traverse notre pays réside dans le DDRR, la RSS et la Réconciliation Nationale. Dans la recherche de la paix et la sécurité, il y a de mon point de vue quatre piliers : le DDRR et la RSS pour permettre aux Forces de Défense et de Sécurité d’être au service du peuple, représentatives de toutes les régions, pluriethniques et professionnelles. Mais le DDRR ne peut se faire sans la Réconciliation Nationale, car il faut préparer les cœurs à accueillir les reconvertis. Le ciment de tout cela, c’est la justice, car il faut préserver les droits des victimes.

C’est pour répondre aux vœux pressants du peuple centrafricain que j’ai demandé, à la tribune des Nations-Unies, la levée de l’embargo sur les FACA. Parallèlement, nous bénéficions de l’appui de l’EUTM dans le domaine de la restructuration de notre Armée et du renforcement des capacités de la gendarmerie et de la police nationales.

L’objectif est de mieux assurer la défense de la Nation et de mieux répondre aux besoins de sécurité de nos compatriotes, en rationalisant l’ensemble des ressources affectées à la sécurité nationale.

J’ai compris que le Peuple réclame son Armée Nationale. Oui, mais il doit s’agir d’une Armée républicaine, pluriethnique, professionnelle et apolitique. Une Armée qui doit protéger et défendre l’intégrité du territoire, et non une Armée qui doit combattre d’autres centrafricains. Dois-je encore préciser que ma vision est de doter le peuple d’une Armée de garnison et non une Armée de projection.

Il ne faut pas tromper le peuple. Aujourd’hui, les FACA ne disposent pas de logistiques militaires adéquates pour faire face aux menaces des groupes armés, qui, exploitant nos ressources naturelles, ne cessent de s’approvisionner en armes pour massacrer la population, alors que l’Armée demeure encore sous embargo.

J’ai aussi entendu une partie de la société civile, soutenue par certains partis politiques, demander le départ de la MINUSCA. Mais quelle est l’alternative au départ de la MINUSCA ? La MINUSCA doit-elle partir alors que les FACA demeurent encore sous l’embargo et non équipées ? Quelle est la force armée qui doit contrer les menaces, les exactions et les massacres projetés par des groupes armés sur les populations civiles ?

Mes Chers Compatriotes,

Le 17 novembre 2016 se tiendra à Bruxelles, en Belgique, la Table ronde des Bailleurs de fonds et partenaires de la République Centrafricaine. L’objectif recherché par le Gouvernement est la mobilisation des ressources nécessaires en vue de financer le relèvement économique du pays.

Dans l’intérêt national, j’en appelle à l’union sacrée de toutes les forces vives de la Nation, au-delà des considérations partisanes pour la réussite de cette importante rencontre.

Enfin, Je voudrais vous écouter, écouter vos propositions constructives, sur toutes les questions qui intéressent la paix, la sécurité, l’économie. C’est le moment de dire la vérité, toute la vérité, dans la dignité et le respect mutuel, sur la situation que traverse notre pays afin qu’ensemble, nous puissions trouver des solutions durables à cette crise qui ne cesse d’endeuiller de foyers et compromettre les efforts de relèvement économique du pays. C’est une rencontre de dialogue citoyen, républicain.

Vive la République !

Que Dieu bénisse la République Centrafricaine!

Je vous remercie.

 

Que retenir ?

1- Non au retrait de la Minusca mais qu’elle change juste de stratégie et agisse vite face aux menaces armées. Il n’est pas question de faire le procès de la Minusca.
 

2- Demande d’une part du retrait des forces de la Minusca accusées de passivité notamment les pakistanais

3- Les forces armées ne sont pas à réarmer maintenant. La population doit être patiente. L'armée est en réforme pour une armée de garnison et non de projection. 

4- Souhait du désarmement forcé des groupes armés qui ne veulent pas le DDRR

5- Soutien pour la création de l’union sacré afin de sortir le pays d’abord de la crise avant de parler de l’opposition

6- Développer la communication auprès de la population pour les informer de tout ce qui se fait dans le pays.

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Centrafrique-Presse.com
28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 23:52
Lu pour vous : Sangaris: pour le général Vincent Desportes, la mission n'est pas remplie

 

 

https://rcf.fr

Présentée par François Ballarin

Lancée en 2013, l’opération française Sangaris de maintien de l’ordre quitte la Centrafrique à partir de lundi prochain, laissant ce rôle aux Casques bleus, très critiqués par la population.

L’objectif de cette opération Sangaris était de désarmer les milices Seleka et anti-Balaka. "Hélas, on ne peut pas dire que l’objectif ait été rempli. On ne peut pas non plus dire que Sangaris était inutile car on sait que les élections législatives et présidentielles ont pu se tenir, les institutions commencent à se reconstruire, les massacres ont cessé dans Bangui. Pour autant, le climat est toujours tendu dans le pays. La situation est volatile" explique le général Vincent Desportes, ancien directeur de l’Ecole de Guerre.

Pour cet expert, les tensions peuvent exploser à nouveau, il est donc malsain d’en finir avec Sangaris, précise-t-il. De quoi se poser la question d’un tel retrait des troupes françaises. "Ce retrait a lieu simplement parce que la France n’est plus capable de conduire toutes les opérations dans lesquelles elle s’est lancée. On ferme Sangaris car on a besoin des soldats pour monter l’opération Sentinelle, en France, qui par ailleurs est inutile" lance le général Desportes.

Ce dernier se montre par ailleurs très critique envers l’opération Sentinelle, qui vise à renforcer le maintien de l’ordre en France, contre le terrorisme. "Elle est inutile. Bien sûr elle a l’avantage de rassurer un peu les Français. On sait bien que ce n’est pas la garde statique devant les bâtiments qui évitera les attentats. Le principe même des attentats est de contourner les gardes fixes, cette opération ne va donc pas les empêcher" précise-t-il.

La fin de l’opération Sangaris ne permettra cependant pas de renforcer la présence et l’action de l’armée française dans la bande sahélio-saharienne, dans le cadre de l’opération Barkhane. "L’armée française est deux à trois fois plus engagée que ses effectifs ne le permettent. Le retrait de Sangaris va simplement redonner un peu d’air aux troupes qui tournent beaucoup trop vite" assure-t-il.

Les armées françaises sont donc surexploitées, et sous équipées, selon le général Desportes. Ce dernier préconise de renforcer les moyens de la Défense, à 2 % du PIB, ce qui impliquerait d’y consacrer, explique-t-il, entre 7 et 8 milliards d’euros chaque année. "A droite et à gauche, tout le monde est d’accord sur ce point, le prochain président devra avoir le courage de trouver cet argent nécessaire à la reconstruction des armées" conclut-il.   

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Centrafrique-Presse.com
28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 23:50
Lu pour vous : La France met un terme à « Sangaris » dans une Centrafrique toujours en crise

 

COMPTE RENDU

La France met un terme à « Sangaris » dans une Centrafrique toujours en crise

Par Cyril Bensimon LE MONDE Le 28.10.2016 à 17h48

 

Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian est attendu dimanche à Bangui pour clore l’opération de l’armée française sous mandat de l’ONU lancée en 2013.


Lorsqu’une nouvelle fois son avion s’approchera de l’aéroport de Bangui-M’Poko, Jean-Yves Le Drian ne pourra pas ne pas apercevoir depuis les cieux les centaines de tentes qui bordent encore la piste d’atterrissage. Comme un symbole d’une République centrafricaine (RCA) toujours en proie à des flambées de violence, près de 25 000 personnes demeurent réfugiées dans ce camp de misère avec l’espoir d’y bénéficier d’une protection des forces internationales et de l’assistance des humanitaires.

L’opération « Sangaris » avait été lancée sous mandat de l’ONU en décembre 2013 dans une Centrafrique en pleine guerre civile opposant les combattants de l’ex-Séléka, qui avaient arraché le pouvoir en mars au président Bozizé, aux miliciens anti-balaka. Elle s’achève trois ans plus tard sans que le pays n’ait retrouvé la paix. Devant l’Assemblée nationale, le ministre de la défense avait pourtant estimé, le 19 octobre, que « cette opération a été un succès »« Nous avons évité des massacres de masse (…), permis un processus de réconciliation intercommunautaire, la reconstitution de l’Etat centrafricain, une élection présidentielle, des législatives », déclarait-il lors d’un débat sur les opérations extérieures de la France. Pour nuancer son propos, M. Le Drian concédait que ce départ intervient « même si la stabilité n’est pas totalement revenue ».

Vent de colère contre les casques bleus

« Sangaris » a vécu, mais les soldats de l’ex-puissance coloniale, dont les effectifs ont été portés à 2 500 hommes au plus fort de la crise, garderont un pied en RCA. Que ce soit au sein de la Mission de stabilisation des Nations unies (Minusca), où des drones fournis par Paris doivent venir appuyer la force onusienne en matière de renseignement, ou bien en tant que formateurs d’une nouvelle armée centrafricaine. Les avions de chasse déployés au Tchad voisin sont également susceptibles d’être mobilisés, comme ils l’ont déjà été, pour frapper les groupes armés toujours actifs sur ce territoire aussi vaste que la France et la Belgique réunies.

Cependant, la clôture de l’opération militaire française, dont le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, avait défendu au moment de son lancement le principe en invoquant un « risque de génocide », intervient alors que la Centrafrique connaît un grave regain de tensions et que la réconciliation reste dans les limbes. Depuis la mi-septembre, une centaine de personnes a trouvé la mort dans des violences que les casques bleus ne parviennent pas à endiguer« Il y a un problème avec certains contingents qui, lorsque le commandement unifié [de la Minsusca] leur demande d’intervenir sur le terrain, appellent aussitôt leur pays pour savoir ce qu’ils doivent faire », rapporte un observateur sur place.

A Kaga Bandoro, la tentative de vol d’un groupe électrogène d’une radio locale par une bande de miliciens de l’ex-Séléka a suffi à mettre le feu aux poudres. Après la mort d’un des leurs, les sicaires du général Al-Khatim ont lancé, le 12 octobre, des représailles meurtrières dans cette petite sous-préfecture du centre du pays contre un camp de déplacés, ciblant les représentants de l’Etat et pillant les ONG. Bilan : 45 morts et « des actes qui pourraient être qualifiés de crimes contre l’humanité », selon Parfait Onanga-Anyanga, le patron de la mission onusienne. Les soldats de la paix des Nations unies sont cette fois intervenus, tuant 12 assaillants selon la Minusca, mais leur incapacité à protéger les populations civiles a suscité un vent de colère à Bangui, capitale toujours prête à s’enflammer. Le 24 octobre, lancé à l’appel d’un « collectif de la société civile », une journée « ville morte » pour demander le départ des casques bleus s’est achevée par la mort de quatre personnes. La garde du chef de l’ONU sur place est accusée d’avoir ouvert le feu sur des manifestants mais plusieurs sources avancent que celle-ci a répondu à « des tirs de provocation » et que ce mouvement de mécontentement a été poussé par des personnalités politiques locales. Vingt jours plus tôt, l’assassinat d’un officier centrafricain dans le quartier du PK5, dernière enclave musulmane de la ville, avait entraîné des actes de vengeances contre des éleveurs peuls. Bilan : onze morts.

Derrière cette nouvelle vague de violences, une source haut placée au sein des Nations unies voit la main des anti-balaka. « Ce sont eux qui sont à l’attaque. Ils nous accusent d’être incapables de protéger les populations, mais c’est normal puisqu’ils allument le feu partout. Leur objectif est que nous fassions la guerre à leur place et que nous réduisions à néant la Séléka », accuse ce haut fonctionnaire international qui considère que le retour au pays de Jean-Francis Bozizé, le fils et ancien ministre de la défense de François Bozizé, n’est pas étranger à ces tensions. « Une bonne partie des anti-balaka est constituée de soldats fidèles à Bozizé. Le retour de son fils a certainement regonflé le moral des troupes qui se cherchent un leader politique », décrypte un homme d’affaires centrafricain. La date de la clôture de l’opération « Sangaris », annoncée depuis des mois, avait également été inscrite à l’agenda des deux parties toujours en conflit. « Les seuls qui font peur à nos hommes, ce sont les soldats français. Tout le monde attend leur départ pour repasser à l’action », prévenait il y a quelques mois un général de l’ex-Séléka.

Equation complexe

De fait, la Centrafrique demeure aujourd’hui coupée en deux. L’est du pays est sous la férule des ex-Séléka qui s’y sont repliés et continuent de brandir la menace d’une partition tant que la communauté musulmane ne sera pas mieux protégée et que leur place dans la future armée ou dans les institutions ne sera pas assurée. L’ouest du pays est lui principalement sous le contrôle des anti-balaka, mais ceux-ci sont régulièrement confrontés à des groupes de défense des Peuls, population transhumante qui a perdu dans le conflit l’essentiel de son bétail, sa principale richesse.

Dans ce contexte, l’autorité du président élu en début d’année, Faustin-Archange Touadéra, ne dépasse pas, au mieux, les barrières marquant la sortie de Bangui et ce ne sont pas ses maigres ressources – le budget du gouvernement avoisine les 350 millions d’euros, soit approximativement le même que celui de la ville du Havre – qui lui permettent de lancer de grands projets. Autant dire que la conférence des donateurs prévue le 17 novembre à Bruxelles est attendue avec impatience.

Reste que, sept mois après son investiture, le chef de cet Etat effondré semble toujours hésiter sur la conduite à tenir vis-à-vis des groupes armés. Il faut dire que l’équation à résoudre pour ce professeur de mathématiques est complexe. Deux options s’offrent à lui : négocier une paix sans justice qui offrira, comme par le passé, des postes à des chefs de guerre, ou lancer les hostilités contre ceux qui refusent de déposer les armes sans en avoir les moyens et alors que l’ONU n’est pas prête à s’engager dans un tel combat.

Cyril Bensimon


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/10/28/la-france-met-un-terme-a-sangaris-dans-une-centrafrique-toujours-en-crise_5022190_3212.html#SpVp33BTMHfcIDoZ.99

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 23:48
Lu pour vous : Centrafrique: le départ en trompe-l'œil des militaires français

 

Centrafrique: le départ en trompe-l'œil des militaires français

Par 

se rendra lundi à Bangui pour officialiser la fin de l'opération française «Sangaris» en République centrafricaine. Le 5 décembre 2013, les militaires français, dont seul un petit détachement était alors présent sur place, sont intervenus dans la capitale de l'ex-colonie menacée de chaos. Le renversement, en mars 2013, du président François Bozizé par des rebelles de la Séléka, majoritairement musulmans, avait entraîné une contre-offensive des milices Anti-Balaka, principalement chrétiennes. Les affrontements intercommunautaires, largement instrumentalisés, faisaient rage.

même si la situation sécuritaire reste précaire. «En déployant un dispositif de 1000 à 2500 hommes dans un contexte de massacres de masse, la France a réussi à mettre fin à l'essentiel des violences, à stabiliser la situation et à engager un processus de transition politique, même si un certain niveau de violence persiste en province», relève-t-on dans l'entourage du ministre de la Défense.

» dans les principales régions du pays a permis, sur leurs pas, la montée en puissance - parfois laborieuse - d'une force de l'ONU, la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (Minusca), aujourd'hui forte de 12 000 hommes, Pakistanais et Africains. La France va se renforcer au sein de cette mission onusienne avec le déploiement d'une unité de drones tactiques (SDTI) et d'un effectif supplémentaire de 85 militaires. «C'est la première fois depuis 2006 - il s'agissait alors de la Finul du sud du Liban - que la France remet une unité militaire constituée au sein d'une mission de stabilisation des Nations unies», se félicite-t-on dans l'entourage de Jean-Yves Le Drian. Des militaires français seront également présents au sein de la mission de formation de l'armée centrafricaine, mise en place par l'Union européenne (EUTM RCA) et dirigée actuellement par un général français. Pour rassurer son partenaire centrafricain et l'ONU, Paris maintiendra aussi une capacité militaire «sur court préavis», mobilisable «à la demande du gouvernement de RCA en cas de menace sérieuse», ainsi que l'a annoncé mercredi l'Élysée.

Les allégations d'exactions sexuelles portées contre plusieurs militaires français - dont la véracité doit être établie par la justice actuellement saisie - ont été mal vécues au sein de l'institution.

«montrent toute la fragilité et toute la délicatesse des opérations de maintien de la paix dans un contexte d'effondrement de l'État», a estimé le chef de la diplomatie centrafricaine, Charles-Armel Doubane. Il a d'ailleurs souhaité que davantage de moyens soient mis à la disposition de la Minusca pour lui permettre de «mener à bien sa mission». Maintenant que «Sangaris» se retire, «notre souhait est de voir la France s'impliquer davantage dans les efforts de reconstructiondu pays, notamment d'aider à former les forces armées (Faca)», a-t-il ajouté.

 et en opérations extérieures, la fin de «Sangaris» doit être soulignée. Elle témoigne de l'efficacité, même relative, d'une intervention militaire pour ramener, dans certains cas, une crise jusqu'à un niveau d'instabilité «gérable», et cela dans un délai plutôt court (trois ans). «Cette opération a démontré qu'il y a un modèle français: la capacité d'entrer en premier pour résoudre une crise grave dont la solution n'est pas que militaire et qui nécessite donc la mobilisation de la communauté internationale, l'obtention d'un mandat clair des Nations unies et l'enclenchement d'un processus politique», souligne-t-on encore à l'Hôtel de Brienne. Mais le long cortège de crises ayant marqué l'histoire récente de la Centrafrique - qui reste l'un des pays les plus pauvres du monde - incite à demeurer prudemment optimiste.

 

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 23:44
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : L’idée de l’union sacrée relancée lors d’une concertation des forces vives de la nation

http://rjdh.org/ PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 28 OCTOBRE 2016

BANGUI, 28 octobre 2016 (RJDH)—L’idée de l’union sacrée des forces vives de la nation a refait surface lors des discussions qui se sont tenues ce vendredi 28 octobre au palais de la Renaissance. Elle a été exprimée par le chef de l’Etat, Faustin Archange Touadéra.

L’union sacrée, selon le président Touadéra,  est ce qu’il faut aujourd’hui pour faire face aux défis auxquels le pays fait face « nous avons plus que jamais besoin de l’union sacrée pour avancer et faire face aux défis. C’est pourquoi j’appelle les forces vives à s’unir, à développer l’union sacrée pour réussir la table ronde de Bruxelles sur laquelle nous comptons pour mobiliser les ressources nécessaires à la relance de notre pays » a souhaité le chef de l’Etat.

L’appel du président de la République est soutenu par plusieurs hommes politiques qui, pour l’essentiel, exigent la formalisation de cette idée. Cyriaque Gonda, président du Parti National pour un Centrafrique Nouveau (PNCN) et candidat malheureux à la dernière présidentielle, encourage l’idée mais souhaite que les forces vives de la nation y mettent du contenu, « vous avez proposé l’idée de l’union sacrée. Je la soutiens mais il faut que nous la formalisons, que nous y mettons du contenu pour que les uns et les autres savent ce qu’ils ont à faire dans cette union qui me semble importante aujourd’hui »a-t-il proposé.

Désiré Kolingba, président du Rassemblement  Démocratique Centrafricain et candidat malheureux à la dernière présidentielle, qui dit soutenir l’idée, propose la mise en place rapide de la médiation afin qu’elle s’occupe des questions de dialogue « l’union sacrée est une nécessité aujourd’hui, nous la soutenons. Mais face aux problèmes qui surgissent aujourd’hui, nous souhaitons que la médiation puisse être mise en place afin de se pencher sur la question de dialogue » a lancé le président du RDC.

Ngougnogbia Kongba-Zézé, un autre candidat malheureux, membre d’une plateforme politique de soutien au président de la République se félicite de la relance de cette idée d’union sacrée qu’il considère comme la voie à suivre pour sortir de la crise.

L’idée de l’union sacrée a été lancée par Touadera après sa victoire au second de la présidentielle face à Dologuelé à qui, le chef de l’Etat avait proposé cette union. Dans une interview au RJDH le mois dernier, Anicet Georges Dologuélé avait pris ses distances vis-à-vis de cette idée qui, selon lui n’a jamais existé faute de formalisation.

 

Centrafrique : Un véhicule de la gendarmerie nationale attaqué au centre du pays

http://rjdh.org/ PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 28 OCTOBRE 2016

BANGUI, 28 octobre 2016—Un véhicule de la gendarmerie nationale a été attaqué, ce jour entre Bambari et Grimari par des hommes armés identifiés comme des ex-Séléka. L’information a été confirmée au RJDH par des sources proches de la Direction Générale de la gendarmerie qui se sont gardées d’avancer de bilan.

De sources bien informées, l’équipe de la gendarmerie de Bambari se rendait à Grimari pour évaluer la situation sécuritaire, préoccupante ces derniers jours « compte tenu de la situation sécuritaire préoccupante à Grimari, le commandant de compagnie de Bambari avec six de ses éléments se rendaient dans la ville pour évaluer la situation. C’est entre les deux villes que leur véhicule est tombé dans une embuscade tendue par des hommes armés qui seraient des ex-Séléka » a confié un cadre à la Direction Générale de la gendarmerie qui s’est gardé d’avancer un bilan « je ne peux donner un bilan parce que nous continuons de recouper les informations en ce moment » confie t-il.

Selon des informations du RJDH, sur les sept occupants du véhicule, il y aurait quatre morts et trois otages. Ce bilan n’est pas encore confirmé par des sources officielles. L’attaque du véhicule de la compagnie territoriale de la gendarmerie de Bambari est signalée au moment où la ville de Grimari, voisine à celle de Bambari vit depuis deux jours dans la peur d’une éventuelle attaque des hommes armés qui ont incendié un village situé à 8 km de Grimari.

 

Centrafrique : Création d’un groupe d’action judiciaire en faveur des victimes

http://rjdh.org/ PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 28 OCTOBRE 2016

BANGUI, 28 Octobre 2016 (RJDH) — La Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH), l’Observatoire Centrafricain pour les Droits de l’Homme (OCDH) et la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH) ont créé un groupe d’action judiciaire. Le but est de se constituer en partie civile en faveur des victimes des violations. Dans une interview accordée au RJDH, Joseph Bindoumi, président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH) a déclaré que les défenseurs des Droits de l’Homme  se sont constitués en partie civile afin de présenter toutes les requêtes des victimes au parquet.

RJDH : Joseph Bindoumi bonjour.

Joseph Bindoumi : Bonjour.

RJDH : Vous êtes président de la LCDH, alors, quelles sont les mesures prises contre les violations perpétrées récemment à Kaga-Bandoro ?

JB : Les 11, 12 et 13 octobre, il y a eu des événements graves à Kaga-Bandoro. Dans un premier temps, on a déploré trente (30) morts et aujourd’hui on parle de 300 décès. Des maisons ont été incendiées, l’administration pillée y compris la résidence du Préfet et l’église catholique touchée. Les mêmes événements ont été perpétrés à Kouango où plusieurs villages ont été incendiés et plusieurs personnes tuées, à Koui, à Bocaranga, à Ngakobo et à Bangui précisément au KM5 des cas de tuerie ont été également signalés. A cela, faut ajouter d’autres personnes tuées par la Minusca lundi 24 octobre, pendant la journée ville morte, alors qu’elle est censée protéger la population civile. Nous documentons tous les événements, nous nous rendons sur le terrain pour constater les faits. Les victimes viennent vers nous pour demander notre assistance. Ces documentations seront présentées lorsqu’il aura procès.

RJDH : L’OCDH a émis le vœu de se constituer en partie civile suite aux événements de Kaga-Bandoro. Partagez-vous cette initiative ?

JB : L’Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme (OCDH) que dirige Maître Morouba, la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH) et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) ont un groupe d’action judiciaire. Nos trois organisations se sont regroupées sous le financement de la FIDH, afin que nous puissions être capables de suivre les victimes devant le procès, qui auront lieu si la loi nous l’autorise. Nous avons constaté que la violation des droits est de nature à nier la forme de l’être humain et là, nous n’agissons plus comme défenseur des victimes, mais défenseurs de nos propres visions et nous-nous constituons partie civile pour cela.

RJDH : Quelle lecture faites-vous de la journée ville morte ?

JB :   La LCDH est membre du Groupe de Travail de la Société Civile. Nous étions ensemble pour l’organisation de la journée ville morte. C’est un message du peuple meurtri, que nous voulons porter à la connaissance des Nations Unies et Ban Ki Moon, Secrétaire général de l’ONU a reçu le message. Nous avons constaté une passiveté abusive de la Minusca. Les événements qui se sont passés à Kaga-Bandoro, se sont déroulés au su et vu des casques bleus, tant dans sa préparation que dans sa réalisation. Ensuite, la Minusca a demandé aux ressortissants expatriés de regagner sa base avant que les événements meurtris aient lieu. Nous déplorons cela, voilà pourquoi cette journée ville morte a été organisée.

RJDH : Le Procureur a ouvert une enquête afin de connaitre les auteurs des récentes violences. Qu’en dites-vous ?

JB : Les faits qui se sont passés se sont déroulés le jour et non la nuit, c’était le jour. La Minusca connait les équipes qui ont été déployées sur le terrain pour démanteler les barrières sur les artères dans la ville de Bangui. La Minusca doit dire au gouvernement quelle est l’équipe qui a débordé les limites de sa mission pour aller tirer et tuer des personnes. Les rapports de la gendarmerie et la police qui ont des preuves. On a constaté l’inertie de la Minusca et quand le jour doit se lever le coq chante et le coq a chanté, le jour doit se lever. Notre objectif, c’est la levée de l’embargo et le redéploiement des Forces Armées Centrafricaines.

RJDH : Monsieur Joseph Bindoumi, merci.

JB : C’est moi qui vous dis merci parce que vous êtes venus jusqu’au siège de la LCDH pour voir comment nous travaillons.

Propos recueillis par Auguste Bati-Kalamet.

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 23:42
Lu pour vous : Jean Ping : «Le Gabon est l’exemple le plus abouti de la Françafrique»

 

RENCONTRE

Jean Ping : «Le Gabon est l’exemple le plus abouti de la Françafrique»

Par Maria Malagardis —Libération  28 octobre 2016 à 20:21

Rencontre à Paris, pour sa première sortie depuis les élections, avec l’ex-candidat à la présidence. En quête d’appuis à l’étranger, il conteste toujours la victoire d’Ali Bongo.

«Je suis venu respirer l’air de la liberté», soupire-t-il d’un ton presque badin, quand on lui demande ce qu’il est venu faire à Paris. Jean Ping n’a pas perdu l’ironie discrète du diplomate qu’il a longtemps été : ministre des Affaires étrangères de son pays, le Gabon, puis président de l’Assemblée générale des Nations unies, et enfin plus récemment, jusqu’en 2012, de la commission de l’Union africaine. Mais ce vendredi d’automne ensoleillé, c’est l’homme qui revendique être le vrai président élu de son pays qui reçoit Libération dans le salon d’un grand hôtel parisien, pour son premier entretien avec la presse française. Bien sûr, sa première sortie du Gabon depuis les élections du 27 août est surtout «une visite politique», admet-il d’emblée. Un voyage qui n’avait rien d’évident, selon lui : «Il a tout de même fallu que l’ONU envoie une lettre pour demander qu’on me laisse enfin sortir du pays.»

Jean Ping est arrivé à Paris ce même vendredi à l’aube, accueilli comme un héros par une foule en liesse à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle. La diaspora gabonaise, très mobilisée depuis le scrutin, lui a offert ce bain de foule dont il s’estime volé à Libreville, la capitale du Gabon. «J’y vis comme si j’étais en résidence surveillée. Devant ma maison, il y a en permanence un camion de gendarmes et même parfois un tank. On me fait comprendre qu’il vaut mieux que je ne sorte pas, on distille des rumeurs qui sont autant de menaces et on s’arrange pour que je l’apprenne», énumère-t-il, persuadé que si son quartier général a été bombardé le 31 août par les forces de l’ordre, «c’est parce qu’on était persuadé que je m’y trouvais moi aussi».

Étonnamment confiant sur l’issue du bras de fer

«On» ? L’accusation vise bien sûr le régime d’Ali Bongo, déclaré président à l’issue du scrutin. Officiellement d’abord avec 49,9 % des suffrages et seulement 5 000 voix d’écart devant Jean Ping, son principal challenger lors de ce scrutin. Puis dans un second temps, avec un score encore plus haut, 50,6 % des voix, après le recours devant une Cour constitutionnelle dont l’impartialité a été mise en doute non seulement par l’opposition mais aussi par l’Union européenne, qui avait dépêché des observateurs sur place. Mercredi, deux jours avant l’arrivée de Jean Ping à Paris, le Parlement européen évoquait justement la présidentielle gabonaise. «Cette élection a été manipulée», a alors martelé à Bruxelles le social-démocrate allemand Jo Leinen, qui dirigeait la délégation parlementaire européenne venue observer le scrutin d’août.

«J’ai gagné ces élections de manière claire et tout le monde le sait», commente Jean Ping, qui reste étonnamment confiant sur l’issue du bras de fer en cours au Gabon. Celui qui oppose deux anciens beaux-frères, puisque ce septuagénaire, fils d’un père chinois et d’une mère gabonaise, a été un temps le compagnon de Pascaline Bongo, la sœur d’Ali, avec laquelle il a eu deux enfants.

«Ali croit qu’il peut utiliser la force pour se maintenir au pouvoir. Mais cette fois ça ne marchera pas. Tous les dictateurs avant de tomber croient qu’ils sont encore puissants. Et ce n’est pas parce qu’on entend plus parler du Gabon ici en France que la situation s’est stabilisée», affirme-t-il.

«Tous les jours, des grèves éclatent, il n’y a pas eu de rentrée scolaire et les écoles sont fermées pour une durée indéterminée. Les gens ne vont pas manifester dans la rue, parce qu’ils ont peur qu’on leur tire dessus. Mais ils continuent à s’opposer comme ils le peuvent. A l’intérieur du pays, comme à l’extérieur, alors que la diaspora, non seulement en France mais aussi dans beaucoup d’autres pays, exige elle aussi qu’on lui rende la victoire électorale confisquée par un régime qui est en place depuis cinquante ans.» Après Omar Bongo, à la tête du pays de 1967 à sa mort en 2009, c’est en effet son fils Ali qui a hérité de la présidence, à l’issue d’une élection déjà contestée.

Jean Ping, ancien homme du sérail parce qu’il fut ministre de Bongo père, ajoute : «Vous pensez qu’Ali, lui, peut sortir du pays ? La diaspora lui réserverait certainement un accueil un peu différent de celui qu’elle m’a offert. Et si la foule m’a ovationné à Paris, elle était aussi présente pour mon départ à l’aéroport de Libreville. Mais ça, vous ne le savez pas, le régime fait en sorte que ça ne se sache pas», glisse-t-il avec un léger sourire. Avant d’évoquer «une répression qui ne s’est jamais arrêtée» depuis l’attaque de son QG : «En réalité, dès ce 31 août, il y a eu plus de morts dans les quartiers de Libreville qu’au QG, malgré la violence de l’assaut. D’après ce qu’on a pu découvrir, on compterait ainsi une dizaine de morts au QG et une centaine en ville où des jeunes gens se sont fait arrêter ou tuer, parfois à bout portant, simplement parce qu’ils avaient chez eux des tee-shirts à mon effigie. Et depuis, ça continue. Il y a même des binationaux qui ont été arrêtés. Des officiers aussi, juste parce qu’ils sont de la même ethnie que moi. Et encore un officier de gendarmerie à la retraite qui militait pour l’opposition. Sans oublier le député Bernard Zibi, toujours incarcéré à la prison centrale.»

C’est donc pour donner sa vision de la situation qu’il se trouve à Paris. Il ira également lundi à Washington, étape qu’on devine la plus importante de ce voyage. On n’en saura guère plus sur les interlocuteurs qu’il va rencontrer. Peut-être ne le sait-il pas encore lui-même avec certitude au moment de notre rencontre : «Je n’ai su que la semaine dernière que je pouvais quitter le pays», concède-t-il.

Patate chaude refilée à l’Union africaine

L’ancien diplomate compte visiblement beaucoup sur la communauté internationale : «C’est elle qui nous a incités à respecter les institutions et à déposer un recours devant la Cour constitutionnelle après la première proclamation des résultats.» Le regrette-t-il ? Alors même que l’opposition était au départ hostile à tout recours devant une institution depuis longtemps baptisée par les Gabonais «la Tour de Pise» («car elle penche toujours du côté du pouvoir») ? «Non, je ne le regrette pas, car il vaut mieux ne pas se laisser accuser de ne pas être du côté de la légalité», affirme-t-il, rappelant qu’«aujourd’hui, nos amis internationaux nous demandent d’éviter tout risque de guerre civile, d’éviter de faire appel à la rue». Une façon à peine voilée de suggérer que dans ce «deal», chacun doit prendre sa part de responsabilités.

Début octobre, le ministre français des Affaires étrangères avait quelque peu heurté l’opposition gabonaise en affirmant, sur TV5, qu’il «fallait trouver une solution de réconciliation politique», puis en refilant la patate chaude du dossier gabonais à l’Union africaine. Laquelle s’est surtout fait remarquer par son étonnante discrétion sur ce sujet brûlant. «L’Union africaine, hélas, reste un syndicat de chefs d’Etats», critique celui qui fut l’un des plus hauts représentants de cette institution panafricaine. «Faire appel à l’Union africaine, c’est facile et un peu hypocrite, ajoute Jean PingD’autant plus que la France a des responsabilités historiques au Gabon. Jusqu’à récemment c’est toujours Paris qui a choisi les dirigeants gabonais : depuis l’indépendance, on a ainsi eu Léon Mba, Omar Bongo et puis son fils Ali Bongo, que Sarkozy nous a imposé. C’est vrai aussi pour d’autres anciennes colonies africaines. Mais alors qu’au Sénégal ou en Côte d’Ivoire ils sont allés chercher des anciens parlementaires ou académiciens comme Félix Houphouët-Boigny ou Léopold Sedar Senghor, au Gabon, on nous a imposé quoi ? Un chef de canton ! C’est ce qu’était Léon Mba… Quant à Omar Bongo, lui aussi choisi par la France, il fut d’abord un simple employé des postes», persifle son ex-gendre. Et qu’est-ce qui, selon lui, justifie ces choix si peu prestigieux ? «Le Gabon est l’exemple le plus abouti de la Françafrique. Et jamais le peuple gabonais n’a pu faire entendre sa volonté», explique Jean Ping. Lui-même est pourtant, paradoxalement, accusé par Ali Bongo d’être «le symbole de la Françafrique» en tant qu’ancien cacique du régime. «La différence, c’est que moi je ne demande pas qu’on m’impose de manière arbitraire. Je souhaite simplement qu’on respecte le vote des Gabonais», rétorque-t-il.

Ce samedi, il sera au Trocadéro pour saluer la diaspora, qui en a fait le point de départ d’une marche hebdomadaire jusqu’à l’ambassade du Gabon, située dans le XVIe arrondissement. Un dernier bain de foule sur le parvis des Droits de l’homme ? Les symboles ont aussi leur importance.

Maria Malagardis

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 23:32
LA MINUSCA DÉNONCE LA MONTÉE DE LA TENSION ET LES PERTES EN VIE HUMAINE

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

LA MINUSCA DÉNONCE LA MONTÉE DE LA TENSION ET LES PERTES EN VIE HUMAINE

 

28 octobre 2016 – La Mission Multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA) dénonce les violences de jeudi et vendredi dans la ville de Bambari et ses environs ainsi que la  montée de la tension dans certaines régions du pays, provoquée par des affrontements entre éléments armés des ex-séléka et anti-balaka. La MINUSCA appelle les groupes armés à mettre fin au cycle d’attaques et représailles et à répondre à l’appel au dialogue préconisé par le Chef de l’État.

 

Selon les informations reçues, six gendarmes et quatre civils auraient perdu la vie vendredi matin, lors d’une embuscade sur l’axe Bambari-Grimari. La veille, des affrontements entre éléments anti-balaka et ex-séléka avaient causé 15 morts et un certain nombre de blessés à Mbriki et Belima, dans les environs de Bambari. La MINUSCA appelle la population locale et tous les Centrafricains au calme et à ne pas céder à l’esprit de vengeance.

 

La MINUSCA condamne par ailleurs une attaque armée menée vendredi après-midi par des anti-balaka contre huit de ses fonctionnaires, alors qu’ils se dirigeaient vers l’aérodrome de Bambari. Un enfant de sept ans a été blessé et est actuellement soigné par les casques bleus mauritaniensLa Mission rappelle que toute atteinte contre les casques bleus est passible de poursuites pénales internationales.

 

Des effectifs supplémentaires de la MINUSCA sont arrivés vendredi à Bambari en provenance de Bria, pour renforcer les effectifs sur place. La Force a également renforcé ses patrouilles dans la ville de Bambari et ses environs pour ramener le calme.

 

La MINUSCA condamne les incidents meurtriers des dernières semaines dans plusieurs localités de la République centrafricaine et qui sont contraires aux aspirations à la paix de la grande majorité de la population et aux efforts de dialogue et stabilisation des autorités légitimes. La MINUSCA réaffirme sa détermination à protéger les institutions de la République et les populations civiles et à garantir l’intégrité territoriale.

 

United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic

 

Vladimir Monteiro

Spokesperson/Porte-parole

MINUSCA - Avenue Barthélemy Boganda BP 3338 Bangui, Central African Republic

Cellphone: + 236 75980772 / 72259932 Extension : (173) 5545/5506 | E-mail: monteiro6@un.org

 

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 23:37
Lu pour vous : Agressions sexuelles en Centrafrique : l’enquête patine
Lu pour vous : Agressions sexuelles en Centrafrique : l’enquête patine

 

RÉCIT

Agressions sexuelles en Centrafrique : l’enquête patine

Par Pierre Alonso —Libération  27 octobre 2016 à 19:21

 

Alors que la justice française stagne, un rapport de l’ONU conteste une partie des accusations portées par des mineurs contre des Casques bleus et des militaires de la mission «Sangaris».

L’enquête s’annonçait compliquée. Aux premiers mois de l’opération «Sangaris», entre décembre 2013 et avril 2014, des militaires français auraient commis des violences sexuelles sur des mineurs centrafricains, réfugiés près de l’aéroport de Bangui, la capitale. La Centrafrique est alors en proie à de très violents affrontements, provoquant des déplacements de centaines de milliers d’habitants. A l’été 2014, le haut-fonctionnaire des Nations unies Anders Kompass alerte les autorités françaises (lire ci-contre) dans une note confidentielle de six pages comprenant les témoignages, souvent très précis, de six enfants. Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire.

L’affaire est confidentielle et le reste durant plusieurs mois. Jusqu’au printemps 2015, quand le quotidien britannique The Guardian révèle l’éviction de Kompass et les accusations portées par les enfants. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, appelle les soldats qui auraient «commis de tels actes» à «se dénoncer immédiatement». Trois juges d’instruction français sont désignés peu après pour poursuivre les investigations. Elles aboutiront à la fin de l’année 2015 aux auditions, dont une garde à vue, de cinq militaires français semblant correspondre aux descriptions fournies par les enfants. Faute d’éléments confirmant les témoignages, aucun n’est finalement mis en cause malgré les perquisitions et les écoutes dont ils ont également fait l’objet.

Depuis, l’enquête se poursuit sans aboutir à plus de résultats à ce jour. Une autre procédure a été ouverte en avril par le parquet de Paris, après de nouvelles informations transmises aux autorités françaises par le Haut Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU. L’enquête préliminaire porte sur des agressions sexuelles qui auraient été commises par des Casques bleus burundais et gabonais, mais aussi par des Français de Sangaris à Dékoa, dans le centre du pays, entre 2013 et 2015. Selon un article publié ce mois-ci par le Monde, un rapport intermédiaire remis fin août par le Bureau des services de contrôle interne des Nations unies - organe précisément mis en cause par Kompass et par l’ancien enquêteur Peter Gallo, lire pages 4-5 - met en doute une grande partie de ces accusations : «50 % des cas ne sont pas étayés par des preuves et seul 20 % présentent des preuves incontestables, les 30 % restant présentent des éléments de preuve ne pouvant être corroborés.»

 

Pierre Alonso

 

 

TÉMOIGNAGE EXCLUSIF

Les dossiers noirs de l’ONU

Par Anne-Françoise Hivert Libération — 27 octobre 2016 à 19:21

 

Haut-fonctionnaire aux Nations unies, le Suédois Anders Kompass a transmis à la justice française un rapport interne sur les accusations d’abus sexuels par des militaires sur des enfants en Centrafrique. Suspendu de ses fonctions, il dénonce une enquête escamotée.

Dans les rues de Stockholm, les couloirs du métro, les passants l’arrêtent pour le remercier de ne pas avoir cédé face à ceux qui voulaient le faire taire. Il incarne, pour eux, l’idéal de la diplomatie suédoise. Discret, Anders Kompass («la boussole», en Suédois) confie sa gêne. On le retrouve au café du musée de la Méditerranée, à quelques mètres du ministère des Affaires étrangères, où il est en charge de l’Amérique latine depuis le 1er septembre. Il a quitté ses fonctions à l’ONU fin juillet. «Je ne pouvais pas continuer à travailler pour des chefs en qui je n’ai aucune confiance, et qui n’ont plus confiance en moi», lâche-t-il.

Le haut-fonctionnaire, longtemps tenu au silence, n’évite aucune question. Sous la mèche blonde poivrée, le regard s’embue quand il évoque les enfants de République centrafricaine (RCA), trahis par ceux qui devaient les protéger. On l’a décrit comme un lanceur d’alerte. Il dément : «Je n’ai rien rendu public. Je n’ai fait que transmettre un rapport en interne.» Son récit est celui d’une machination, orchestrée au plus haut niveau des Nations unies, pour dissimuler l’immobilisme d’une organisation incapable de lutter contre les abus commis par ses propres soldats.

Après trente ans passés sur le terrain, alternant les missions pour le ministère suédois des Affaires étrangères et l’ONU en Amérique latine, Anders Kompass avait été nommé en 2009 directeur des opérations au Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) à Genève. Il y travaille depuis cinq ans quand un collègue, en juillet 2014, lui remet un rapport de six pages, rédigé par la Française Gallianne Palayret, fonctionnaire de l’ONU détachée pour trois mois à Bangui, en RCA. Il contient les témoignages de six enfants qui accusent des militaires français de la force «Sangaris» de violences sexuelles.

Trou de mémoire

Le Suédois contacte immédiatement le représentant du HCDH à Bangui. «Il était très en colère que le rapport nous ait été transmis. Il m’a dit que c’était un dossier sensible et qu’il avait besoin de temps pour enquêter.» Près d’un an plus tard, sous la pression d’une quinzaine d’Etats membres, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, finira par nommer trois experts indépendants chargés de faire la lumière sur l’affaire. Ils découvriront que le chef de la division des droits de l’homme à Bangui a, en réalité, tout fait pour étouffer le scandale, conseillant même au chef de la mission sur place, le général Babacar Gaye, de ne pas intervenir. A Genève, Anders Kompass n’hésite pas. «Je savais à quel point la machine onusienne est lente. Si les accusations étaient fausses, très bien. Mais si elles étaient réelles, on ne pouvait pas attendre. La priorité était de mettre fin aux abus.» Il remet le rapport à l’ambassadeur de France à Genève et en informe sa supérieure, la haute-commissaire adjointe, Flavia Pansieri. «Elle m’a dit qu’elle comprenait, puisqu’il s’agissait d’une violation en cours.» Un an plus tard, elle dira n’avoir été informée qu’en mars 2015, avant d’invoquer un trou de mémoire. Son assistante témoigne pourtant avoir contacté l’assistant du secrétaire général adjoint, Jan Eliasson, qui lui a confirmé avoir transmis l’information. Devant les experts indépendants, il évoque à son tour un oubli.

Anders Kompass se défend d’avoir agi à la légère. «La France est un Etat de droit. Je savais qu’on y prenait ce genre d’accusations très au sérieux. L’ambassadeur a d’ailleurs agi exactement comme il le fallait et la réponse de Paris, en tout cas dans les premiers jours, a été exemplaire.» Il apprend, fin juillet, que la justice s’est saisie de l’affaire(lire ci-contre) et qu’un enquêteur est en route pour Bangui, puis que la France a demandé la levée de l’immunité juridictionnelle de Gallianne Palayret - qui ne sera accordée qu’un an plus tard - pour qu’elle puisse répondre aux questions des enquêteurs.

«Ces garçons au Mali»

Les mois passent, jusqu’au 12 mars 2015. Anders Kompass est convoqué par sa supérieure, Flavia Pansieri. Elle l’informe que le haut-commissaire, le prince jordanien Zeid Ra’ad Zeid al-Hussein, exige sa démission. «Je ne comprends pas, je suis en état de choc, je lui demande de quoi il s’agit. Elle me parle de "ces garçons au Mali"…» Outré que la haute-commissaire adjointe puisse se tromper de pays, le Suédois se braque. Il refuse de partir.

Quelques jours plus tard, il est contacté par le Bureau des services du contrôle interne (l’agence chargée des enquêtes internes à l’ONU en cas de suspicion de fraude, corruption, abus sexuels, etc.), qui veut un compte rendu détaillé de ses agissements depuis juillet 2014. «Ce qui m’a sauvé, c’est que je suis le seul à n’avoir jamais changé ma version des faits.» Il demande conseil au bureau de la déontologie. «On m’a dit de ne pas m’en faire Ces deux organes de surveillance sont censés agir de manière indépendante, de façon à garantir leur objectivité. Pourtant, des communications internes, rendues publiques par l’ONG Aids Free World en juin 2015, révèlent comment leurs responsables ont agi de connivence avec la chef de cabinet du secrétaire général, le haut-commissaire des droits de l’homme et son adjointe pour pousser le diplomate vers la sortie.

Le 17 avril, Zeid al-Hussein l’informe qu’il est suspendu et fait l’objet d’une enquête administrative pour avoir transmis le rapport non édité à la France, dans lequel figurent les noms des enfants qui accusent les militaires français. «Si je les avais enlevés, les policiers français n’auraient rien eu de concret pour commencer leur enquête. Ils seraient arrivés à Bangui, auraient posé des questions et l’information aurait circulé. Les soldats auraient pu faire ce qu’ils voulaient avec les enfants.» Il dénonce l’hypocrisie de ses détracteurs : «Pendant qu’ils m’accusaient d’avoir mis en danger la vie des enfants, aucun ne s’est intéressé à leur sort.» Une critique relayée d’ailleurs par les trois experts indépendants.

Kompass est escorté hors de son bureau. «On m’a pris mon badge, mon mobile. Je n’avais plus accès à mes mails. C’est le sort réservé à ceux qu’on soupçonne d’avoir détourné de l’argent ou harcelé une collègue.» Au bureau, le haut-commissaire Zeid al-Hussein alimente les rumeurs, évoquant une «affaire extrêmement sérieuse», alors que le Suédois a interdiction de s’exprimer. Il décide de faire appel devant le tribunal administratif de l’ONU, dont il sait que le jugement sera rendu public. «Mes amis, mes collègues sauraient alors de quoi on m’accusait.» Le secret est de courte durée. Le 29 avril, le journal britannique The Guardian expose l’affaire. Quelques jours plus tard, le tribunal administratif tranche en sa faveur. Anders Kompass peut retourner travailler, mais il continue de faire l’objet d’une enquête interne.

Réaction de Panique

Pourquoi cet acharnement ? Zeid al-Hussein mentionne régulièrement en public ses doutes sur la probité de son subalterne, déjà soupçonné d’avoir transmis des informations confidentielles à un diplomate marocain. Anders Kompass a pourtant été blanchi. Il évoque une réaction de panique : «Quelqu’un à New York s’est rendu compte du scandale que cela produirait si on apprenait que l’ONU connaissait depuis l’été 2014 les accusations et que rien n’avait été fait neuf mois plus tard. Il fallait trouver un bouc émissaire.» Finalement, le 17 décembre 2015, les trois experts indépendants rendent leurs conclusions. Ils dénoncent «un échec institutionnel grave». Anders Kompass est le seul à échapper aux critiques acerbes du comité. Pendant l’été, de nouvelles accusations d’abus en RCA ont fait surface. Le chef de la mission de l’ONU à Bangui, le général Gaye, est contraint de démissionner. Le 8 janvier 2016, le Suédois est disculpé par le bureau des services du contrôle interne.

Depuis, il n’a reçu aucune excuse, ce qui le fait douter de la volonté de mettre fin à la culture d’impunité au sein de l’organisation. Tous ses supérieurs ont conservé leurs fonctions, à l’exception de Flavia Pansieri, qui a quitté son poste le 31 décembre 2015. Kompass n’est pas seul. D’anciens employés de l’organisation lui ont adressé des courriers, affirmant avoir subi le même sort que lui. Mais les affaires étaient moins spectaculaires et ils n’ont pas reçu le même soutien. Lui craint que son histoire ne dissuade surtout ceux qui seraient tentés de tirer la sonnette d’alarme à l’avenir.

Ban Ki-moon a annoncé une série de mesures destinées à mettre fin aux abus commis sous l’égide des Nations unies. Anders Kompass est dubitatif : «L’ONU se justifie en disant que tant que des pays, comme la France, mènent leur propre programme ou, comme la Suède et les Etats-Unis, refusent de s’investir, elle doit accepter des troupes originaires de pays d’Asie ou d’Afrique, qui n’ont pas la meilleure réputation en termes de discipline ou d’attitude à l’égard des femmes et des enfants. On tolère des comportements considérés comme des dommages collatéraux au lieu de réfléchir à l’impact qu’ils ont sur la crédibilité de l’ONU auprès des populations locales.»

Les Nations unies, dit-il, sont à la croisée des chemins. «Les politiques refusent de reconnaître que les opérations de paix ont des missions quasiment impossibles.» Anders Kompass espère que le prochain secrétaire général, le Portugais António Guterres, saura donner un nouveau souffle à l’ONU, après la présidence «sans inspiration» de Ban Ki-moon.

 

Anne-Françoise Hivert

 

INTERVIEW

«Si vous êtes de l’ONU, vous pouvez faire tout ce que vous voulez»

Par Frédéric Autran —Libération  27 octobre 2016 à 19:21

En poste pendant quatre ans au Bureau des services de contrôle interne des Nations unies, Peter Gallo s’insurge du manque de réaction des responsables après des accusations d’agressions sexuelles, notamment en Afrique ou en Haïti, et dénonce un système qui favorise l’impunité.

L’Ecossais Peter Gallo, ancien enquêteur dans le secteur privé, à rejoint le Bureau des services de contrôle interne de l’ONU en 2011. Il l’a quitté en 2015 au terme d’un long conflit avec sa hiérarchie. En avril, il a témoigné des dysfonctionnements de l’organisation devant la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, à Washington.

L’ONU a-t-elle la volonté d’enquêter sur les abus internes ?

Si on prend l’exemple des affaires d’abus sexuels, la première chose à comprendre est qu’elle ne souhaite pas en entendre parler. L’organisation veut simplement que ces affaires disparaissent, parce que si le nombre de dossiers est faible, le secrétaire général peut dire : «On fait un bon travail, il n’y a pas d’abus sexuel.» En général, lorsque quelqu’un tente de signaler des abus, les missions de maintien de la paix font tout pour réfuter les accusations, notamment en discréditant les plaignants et les témoins. Fondamentalement, l’ONU n’applique pas ce que je décrirais comme les règles d’enquête basiques. L’organisation invente des choses au fur et à mesure pour satisfaire ses propres intérêts.

Avez-vous un exemple précis ?

Il y a un cas en particulier, que j’ai raconté lors de mon audition au Congrès américain en avril. Une policière américaine, avec dix ans d’expérience dans une grande ville des Etats-Unis, a intégré la force de police des Nations unies (Unpol). Alors qu’elle était déployée dans un camp de déplacés en Haïti, des responsables locaux du camp lui ont donné le nom de trois policiers de l’ONU qui, selon eux, entretenaient des relations sexuelles avec des jeunes filles mineures. L’un des trois policiers était son supérieur. Elle a transmis l’information et étrangement, l’enquête a été confiée à Unpol, qui avait le plus intérêt à étouffer l’affaire. Cette policière n’avait rien vu, elle avait simplement reçu et transmis l’information, mais elle a été interrogée pendant plus de trois heures sur ses motivations. L’enquête a conclu sans surprise qu’il n’y avait aucune preuve d’abus sexuels. J’ai pu consulter ce rapport et je peux vous assurer que l’enquête était sérieusement déficiente.

Dans l’affaire des accusations de viols sur mineurs en Centrafrique, que vous inspire la façon dont Anders Kompass a été traité ?

Il n’y a absolument aucun doute dans mon esprit sur le fait qu’il y ait eu un complot pour se débarrasser de Kompass, ourdi notamment par la cheffe de cabinet de Ban Ki-moon, Susana Malcorra, et le haut-commissaire aux droits de l’homme, Zeid al-Hussein. Je serais prêt à parier que Zeid ou un autre haut responsable n’aimait pas Kompass et voulait son poste pour quelqu’un qu’il appréciait. Quoi qu’il en soit, cette affaire en dit long sur le niveau de faillite morale du haut-commissaire aux droits de l’homme, de la cheffe de cabinet, du responsable des services de contrôle interne et de celui du Bureau de la déontologie. Ils ont concentré leur attention sur Kompass. Mais aucun d’entre eux n’a semblé réaliser que dans cette affaire, on parlait de viols sur des enfants. Aucun n’a décidé que c’était abominable et qu’il était nécessaire de faire quelque chose. Ils en porteront une honte éternelle.

La France, dont des soldats ont été accusés, porte-t-elle une part de responsabilité dans la lenteur de l’enquête ?

Je crois que les autorités françaises ont fait ce qu’elles devaient faire. Une semaine après qu’Anders Kompass a transmis le rapport à l’ambassadeur de France à Genève, des enquêteurs français étaient sur place à Bangui. Que s’est-il passé ensuite ? L’ONU n’a pas coopéré. Pendant un an, le Bureau des affaires juridiques, à New York, a empêché l’enquête française d’avancer. La seule chose dont les Français avaient besoin était d’avoir accès aux victimes. Dans cette affaire, on parle d’enfants, qui doivent donc être approchés délicatement. La seule manière de le faire est grâce à quelqu’un qu’ils connaissent et en qui ils ont confiance. Qui était cette personne ? L’employée du Haut Commissariat de l’ONU [la Française Gallianne Palayret, ndlr]qui avait recueilli leurs témoignages. Mais le Bureau des affaires juridiques a refusé pendant un an de lever son immunité pour lui permettre de parler aux enquêteurs français. C’est d’autant plus ridicule que dans cette affaire, aucun employé de l’ONU n’était accusé de quoi que ce soit.

La campagne «Code Blue», lancée en mai 2015, plaide pour la levée de l’immunité des employés de l’ONU en cas d’accusations d’abus sexuels. Cette immunité diplomatique est-elle l’obstacle majeur à la justice ?

Tout d’abord, il faut rappeler que les Casques bleus sont soumis aux lois de leur pays d’origine. L’immunité concerne en revanche les civils travaillant au sein des missions de la paix. Cette immunité a été créée pour permettre aux équipes de l’ONU de faire leur travail sans interférences de la part des gouvernements locaux. Abuser sexuellement des civils ne fait évidemment partie du travail de personne. Il ne devrait donc pas y avoir d’immunité. Le secrétaire général assure que l’immunité est toujours levée, mais pourquoi attendre deux ou trois ans pour le faire ? Pourquoi ne pas la lever dès le début de l’enquête ? Si je viole la fille qui vit à côté de chez moi, la police m’arrêtera immédiatement et je serai poursuivi pour mes actes. Mais si quelqu’un de l’ONU en fait autant, l’organisation va étudier les faits pendant plusieurs années avant de se décider à transmettre l’affaire à la police locale.

Quelles sont les conséquences de ce lent processus ?

Prenons un exemple concret. Un employé de l’ONU est accusé de viol en république démocratique du Congo. Le Bureau des services de contrôle interne mène l’enquête et conclut que les accusations sont fiables, soit parce que l’employé a reconnu les faits, soit parce qu’il y a des preuves. En théorie, l’ONU transmet le dossier aux autorités nationales congolaises, qui ont le pouvoir de lancer les poursuites judiciaires. Le problème, c’est que le viol en question a eu lieu il y a deux, trois ou quatre ans. Les enquêteurs congolais vont demander où se trouve la victime. Elle se trouvait peut-être dans un camp de réfugiés, mais il y a peu de chances qu’elle y soit encore. Ils vont vouloir interroger le suspect, mais celui-ci aura quitté le pays depuis longtemps. La police congolaise, pour bâtir son enquête, doit suivre ses propres procédures, interroger les témoins, établir les preuves. C’est déjà difficile lorsque le viol a eu lieu un mois plus tôt, c’est impossible si les faits remontent à plusieurs années. La police congolaise le sait et ne va pas se lancer dans une telle enquête. Cela contribue à établir une véritable culture de l’impunité. Et tout le monde en est conscient. Les gens comprennent que si vous êtes à l’ONU, vous pouvez faire absolument tout ce que vous voulez. L’ONU encourage l’impunité.

Après le scandale en République centrafricaine, un panel indépendant dirigé par la juge canadienne Marie Deschamps a été nommé par Ban Ki-moon. Il a conclu que l’ONU avait failli à sa mission. Cela peut-il faire bouger les choses ?

Le panel a en effet constaté les multiples failles tout au long de la procédure. Le problème, c’est qu’il a soigneusement évité de s’intéresser de trop près au rôle joué par Susana Malcorra, la cheffe de cabinet de Ban Ki-moon, alors que c’était elle qui donnait les ordres dans cette affaire. Elle contrôlait de fait l’OIOS, le Bureau des services de contrôle interne. A l’origine, ce bureau a été conçu pour être indépendant. Il n’y a aucune indépendance. C’est particulièrement clair dans le cas Kompass, où l’OIOS recevait ses instructions de Malcorra. Le directeur des enquêtes au sein de ce bureau a refusé d’enquêter sur Kompass. Il a dénoncé une chasse aux sorcières, et malgré cela l’enquête a eu lieu.

Quelles mesures suggérez-vous pour rompre cette culture de l’impunité ?

Tout d’abord, il faudrait démanteler l’OIOS et le reconstruire entièrement. Ce bureau est devenu une Gestapo privée au service de ceux qui le contrôlent. Ensuite, il faut lever rapidement l’immunité des employés de l’ONU impliqués dans des affaires d’abus sexuels. Enfin, il est nécessaire de mettre en place un véritable statut de lanceur d’alerte au sein des Nations unies. Aujourd’hui, si vous dénoncez des abus internes et que vous vous estimez victime de représailles de la part de vos supérieurs, vous pouvez demander une protection réservée aux lanceurs d’alerte. Mais le bureau de déontologie rejette 99 % des demandes. Concrètement, cela veut dire que non seulement vous n’êtes pas protégé, mais que les représailles sont inévitables. Donc, que faites-vous si vous ne voulez pas sacrifier votre carrière et vous retrouver au chômage ? Vous vous taisez. L’organisation le sait et en profite.

Le 1er janvier, António Guterres remplacera Ban Ki-moon au poste de secrétaire général de l’ONU. Pensez-vous qu’il puisse faire évoluer les choses ?

En toute franchise, je devrais lui donner le bénéfice du doute et attendre de voir ce qu’il fera quand il sera en poste. Mais M. Guterres fait partie du système, il a longtemps dirigé le Haut Commissariat aux réfugiés. Or, dans le passé, aucun des responsables venus des rangs des Nations unies n’a manifesté le moindre intérêt pour secouer l’ordre établi et licencier ceux qui doivent l’être. Comment croire que Guterres sera différent ?

Frédéric Autran

 

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