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30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 18:49
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

 

Centrafrique : La plateforme de la société civile appelle à l’appropriation du processus DDR

 

Par Bienvenu Matongo le 30 mai 2017

 

BANGUI, 30 Mai 2017 (RJDH)… Les communautés doivent s’approprier le processus DDR, c’est l’objectif d’une formation des leaders communautaires. Une initiative de la plateforme de la société civile sur appui de Search For Common Ground à Bangui.

 

L’initiative de la plateforme de la société civile intervient dans un contexte où 14 groupes armés s’accordent au processus DDRR en prenant part aux travaux du comité et alors que la Banque mondiale a bouclé le financement de ce processus.

 

James Vegas Ouanjabanga, coordonnateur de la thématique DDRR de la plateforme Société civile a noté qu’il faut expliquer les enjeux du DDR à la population. «Les centrafricains se posent des questions sur ce processus et fort de cela, certains ne maitrisent pas et donc il faut leur expliquer », a-t-il proposé.

 

Pour lui, cette formation est à élargir. « Nous sommes limités par nos moyens, nous allons nous contenter tout d’abord des autorités et les leaders au niveau de Bangui et avec le temps nous allons élargir le cercle pour atteindre ceux de l’intérieur du Pays, puisqu’ il est de notre devoir d’amener la population à comprendre ce processus. C’est notre mission, nous de la Société civile », a-t-il projeté.

 

L’implication de la société civile dans le suivi du processus DDRR est une exigence du forum national de Bangui

 

 

Centrafrique : La Minusca promet une présence solide dans les zones sous tension sécuritaire

 

Par Noura Oualot le 30 mai 2017

 

BANGUI, 30 mai 2017 (RJDH)— La Minusca a réitéré son engament pour la restauration de la paix en RCA et même dans les zones considérées comme foyer de tension. Une détermination de Diane Corner, représentante spéciale adjointe du secrétaire générale des Nations-Unies en RCA lors de la journée des casques bleus célébrée ce 29 Mai à Bangui.

 

La détermination de la Minusca intervient dans un contexte où les soldats de l’ONU déployés au sud ont payé le prix du sang sur le théâtre des opérations. La volonté de la Minusca en faveur d’une présence est affichée alors que la Minusca a enregistré la disparition de 14 soldats de l’ONU pour l’année 2017.

 

Selon Diane Corner, représentante spéciale adjointe du secrétaire général des Nations Unies, la mort de ces éléments n’empêche pas la Minusca à poursuivre ses objectifs qui consistent à sauver des vies et instaurer la paix. « La Minusca continuera d’assurer une présence solide même dans les zones très difficiles. Elle continuera à travers toutes ses unités que cela soit militaire, police ou civiles et dans toutes ses activités, à investir dans une paix durable, en travaillant étroitement avec le gouvernement et les autorités de la RCA », a-t-elle indiqué.

 

Cette prise de position rassure le gouvernement « en République Centrafricaine, nous mesurons tous les jours les efforts inlassables des soldats de la paix pour instaurer et restaurer la paix dans notre pays. Pour cela, nous allons continuer à travailler ensemble pour relever le défi. Et, au nom du peuple centrafricain, je loue et exalte l’engagement des femmes et hommes au service de la paix en RCA » a dit le premier ministre Simplice Mathieu Sarandji.

 

« Investir dans la paix à travers le monde », c’est le thème de cette édition. Au total, 117 soldats de la paix dont les militaires, les volontaires des Nations-Unies et le personnel national de 43 pays à travers le monde ont perdu leur vie dans le monde. En Centrafrique, 46 soldats sont morts depuis sa création en septembre 2014.

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Centrafrique-Presse.com
30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 18:04

 

 

 


BANGUI/GENEVE (30 Mai 2017) – Des massacres de grande ampleur et d'autres violations graves des droits de l'homme ont été documentés dans un vaste inventaire (« rapport Mapping ») couvrant les multiples conflits en République centrafricaine entre 2003 et 2015. Beaucoup de ces violations pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Le rapport Mapping détaille une stratégie visant à lutter contre l'impunité omniprésente dans le pays.


« Nous savons que la publication de ce rapport inquiète certaines personnes» a déclaré M. Andrew Gilmour, Sous-Secrétaire général aux droits de l'homme, actuellement en visite officielle en République centrafricaine. « Nous parlons de ceux qui ont commis certaines des violations les plus abominables, qui sont désormais conscients que leurs actions ont été observées et soigneusement documentées. Naturellement, ils craignent que la justice les rattrape. C’est cette justice qui constitue la demande incessante de la population centrafricaine et le principal motif de ce rapport ».



Le rapport Mapping du Bureau des droits de l'homme des Nations Unies et de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA)* documente des violations graves du droit international des droits de l'homme et du droit international humanitaire commises par des forces gouvernementales successives et divers groupes armés locaux et étrangers, ainsi que par des forces de défense internationales et étrangères. Le rapport, mandaté par le Conseil de sécurité des Nations Unies, décrit en détail 620 incidents, y compris des récits effroyables de villages entiers brûlés dans le cadre de campagnes de représailles; des récits de viols collectifs de femmes et de filles parfois âgées d’à peine cinq ans; des exécutions extrajudiciaires; des décès suite à des cas de torture ou de mauvais traitements dans des centres de détention; des violences graves contre les personnes en raison de leur religion, leur appartenance ethnique ou leur supposée affiliation à des groupes armés; le recrutement de milliers d'enfants par des groupes armés; et des attaques contre des acteurs humanitaires et des casques bleus. Des centaines de milliers de Centrafricains ont été déplacés à l'intérieur du pays ou forcés de fuir dans des circonstances terrifiantes vers les pays voisins.



« L’histoire de la République centrafricaine a été marquée par une pauvreté chronique, des tensions ethniques, une instabilité politique généralisée, la corruption et le népotisme – facteurs qui ont favorisé une succession de conflits armés » indique le rapport Mapping. « Après son indépendance, la République centrafricaine a été marquée par une succession de régimes autoritaires qui ont commis, toléré et n’ont pu empêcher d’importantes violations et abus ». L'instabilité régionale et les conflits internes dans les pays voisins ont alimenté les conditions précaires du pays, en particulier par la circulation d’armes et de groupes rebelles à travers ses frontières poreuses, ajoute le rapport.


« Le rapport Mapping de la République centrafricaine révèle les souffrances considérables de la population de ce pays riche en minéraux qui est parmi les plus pauvres au monde », a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Zeid Ra'ad Al Hussein.

 
Bien que le rapport reconnaisse que le contexte de sécurité soit difficile en République centrafricaine, il recommande que certaines mesures soient adoptées immédiatement pour initier les processus de justice transitionnelle, y compris l'élaboration d'un programme national d’assainissement (vetting) des forces de sécurité et de défense en matière de respect des droits de l’homme.


« Les conflits successifs ont engendré de multiples processus de paix, mais tant que l'impunité règne, ce terrible destin – dans lequel chaque groupe armé commet des actes de violence épouvantables – risque de perdurer », a déclaré le Représentant Spécial des Nations Unies en République centrafricaine et chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga.


« En documentant les violations et les abus du passé, nous espérons dynamiser les efforts nationaux et internationaux pour protéger et rendre justice aux victimes de ces crimes», a déclaré M. Onanga-Anyanga.


Le rapport formule des recommandations, qui incluent :

 

· La nécessité d’une approche échelonnée et globale de la justice transitionnelle, tenant compte du contexte sécuritaire actuel et du non-désarmement ;


· La nécessité d’une stratégie de poursuite pour la Cour pénale spéciale en République centrafricaine, en raison de l’ampleur des crimes commis durant les conflits et de l’impossibilité de poursuivre tous les auteurs ;


· L’importance pour la Cour pénale spéciale d’identifier des axes prioritaires d’enquête afin de refléter les crimes les plus graves;


· La nécessité d’inclure une dimension du genre dans tous les aspects des processus de justice transitionnelle, y compris dans la stratégie de poursuite de la Cour pénale spéciale;


· La nécessité de créer une commission vérité et réconciliation.

« Le gouvernement et tous les acteurs nationaux, avec l'aide de la communauté internationale, doivent travailler ensemble pour briser le cycle de l'impunité une fois pour toutes », indique le rapport.


FIN

Le rapport complet, ainsi que neuf fiches d’informations résumant ses contenus clés, sont disponibles sur :

http://www.ohchr.org/EN/Countries/AfricaRegion/Pages/CARProjetMapping2003-2015.aspx

* La MINUSCA est la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique.


Pour toute demande de la part des médias, prière de contacter :
A Bangui: Vladimir Monteiro (+ 236 75980772 / 72259932 /
monteiro6@un.org) ; Musa Yerro Gassama (+23675980012 / gassama@un.org)


A Genève: Rupert Colville (+41 22 917 9767 / rcolville@ohchr.org ) ou Ravina Shamdasani (+41 22 917 91 69 / rshamdasani@ohchr.org)

Préoccupé par le monde dans lequel nous vivons? Alors DÉFENDEZ les droits de quelqu’un aujourd’hui. #Standup4humanrights et visitez la page web : http://www.standup4humanrights.org/fr/

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______________________________________________________________________________

Division de Communication Stratégique et d'information publique

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

https://minusca.unmissions.org | @UN_CAR |

Un rapport des Nations Unies sur les droits de l'homme met en relief 13 années de violence et d'impunité en République centrafricaine
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Centrafrique-Presse.com
30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 15:01
Plusieurs dizaines de musulmans tués par un groupe armé en Centrafrique

 

 

 

lundi 29 mai 2017 / par Urbi & Orbi Africa

 

À Bangassou, petite ville de l’est de la Centrafrique, à 500 kilomètres de la capitale Bangui, l’évêque espagnol Juan José Aguirre Munos a appris au fil des coups d’État, du passage des rébellions et des exactions de l’Armée de libération du Seigneur (LRA), à sauver des vies en mettant la sienne en péril. Le week-end du 13 et 14 mai, il a une fois encore tenté de stopper le massacre en cours en faisant obstacle de son corps.

 

Tout a commencé le 13 mai par l’irruption dans la commune de plusieurs centaines d’hommes bien armés et organisés, malgré la présence d’un contingent de la Minusca (la mission des Nations unies en Centrafrique). « Nous savions qu’ils approchaient depuis plusieurs jours », a raconté un humanitaire sur place. Au préalable, les assaillants avaient coupé les communications téléphoniques de cette localité excentrée.

 

Une fois sur place, ils ont commencé à tirer au hasard sur les membres de la communauté musulmane du quartier de Tokoyo. Des milliers de musulmans ont alors fui vers la brousse, l’hôpital, la paroisse, ou encore en se réfugiant chez leurs voisins catholiques. Un millier a également rejoint la mosquée où Mgr Juan José Aguirre Munos s’est rendu dimanche afin de tenter de les évacuer vers l’église.

 

Près de 115 victimes pour l’instant

 

« Pendant trois jours, la mosquée a été encerclée par des snipers, témoigne-t-il par Internet. Nous étions sans eau ni nourriture. Ils ont tiré sur quelqu’un très près de moi. Personne ne m’a visé mais les musulmans étaient ciblés comme des lapins. » L’imam qui se trouvait aux côtés de l’évêque est mort pendant une première tentative d’évacuation.

 

Dépêché en urgence à la tête d’une mission de médiation, l’archevêque de Bangui Mgr Dieudonné Nzapalainga a obtenu, le 15 mai, le retrait des hommes armés de la localité et le transfert des musulmans dans l’église, où ils sont toujours réfugiés.

 

Après le massacre, restent les questions. Qui sont les assaillants  ? Quelles sont leurs motivations  ? Les casques bleus ont évoqué des anti-balaka, ces rebelles qui se disent pro-chrétiens, avant de revenir en arrière. Le bilan lui aussi reste incertain. La Minusca a évoqué 26 civils tués et un casque bleu marocain  : un chiffre largement sous-estimé selon la Croix-Rouge centrafricaine, qui dit avoir comptabilisé 115 victimes. « Nous avons enterré 80 morts », témoigne Mgr Aguirre Munos.

 

Si le calme est revenu à Bangassou, les assaillants seraient toujours dans la brousse autour de la localité. Des affrontements entre groupes armés ont également été signalés à Bria, dans le centre du pays, une de ces nombreuses régions qui échappent à l’autorité de Bangui ou de la force de maintien de la paix.

 

Source Urbi et Orbi : Olivier Tallès

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Centrafrique-Presse.com
30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 14:40
Lu pour vous : Un rapport de l’ONU dresse un bilan accablant des violences qui ravagent la Centrafrique

 

 

 

 

Le recensement des crimes commis par toutes les parties prenantes des conflits qui minent le pays couvre près de treize années.

 

Par Christophe Châtelot

 

LE MONDE Le 30.05.2017 à 12h01 • Mis à jour le 30.05.2017 à 14h35

 

La chronique des violences en République centrafricaine (RCA) donne le tournis, dans une relative indifférence et une totale impunité des auteurs malgré la gravité des crimes contre l’humanité commis dans le pays depuis des années. Pour le seul mois de mai, l’ONU a comptabilisé, jeudi 25 mai, « environ 100 000 nouveaux déplacés, 200 blessés et 300 morts » après des attaques sur les localités d’Alindao, Bangassou, Mobaye et Bria. Le pays est entré dans un nouveau cycle de violences dont on ne peut prédire l’issue. Un de plus, peut-on dire sans se tromper. Pour s’en convaincre, il suffit de lire le « Mapping des violations graves du droit international des droits de l’homme et du droit international, humanitaires commises sur le territoire de la RCA de janvier 2003 à décembre 2015 », rendu public mardi, à Bangui.

 

Ce rapport de 386 pages demandé par le Conseil de sécurité de l’ONU résulte d’une enquête menée entre le 11 mai 2016 et le 31 mars de l’année suivante. Il ne comporte pas de scoop à proprement parler. L’objectif était de « collecter des informations de base et non de se substituer à des enquêtes approfondies sur les incidents découverts » tout en « mettant l’accent sur les auteurs de ces violations » et de proposer des mécanismes de justice pour mettre fin à l’impunité ainsi que de lister des axes prioritaires pour les futures enquêtes.

 

Violences sexuelles systématiques

 

Le résultat est alarmant. Une suite quasiment ininterrompue de crimes commis dans ce vaste pays dont l’histoire est marquée « par une pauvreté chronique, des tensions ethniques, une instabilité politique généralisée, la corruption et le népotisme – facteurs qui ont favorisé une succession de conflits armés », rappellent les auteurs du rapport. Ce récit dramatique est découpé chronologiquement en partant de la chute d’Ange Félix Patassé en 2003, puis, jusqu’en 2008, la période de contestation violente du pouvoir de François Bozizé, la faillite du processus de paix qui s’en est suivi, ponctuée par la prise de pouvoir par les rebelles de la Séléka en 2013 et les ripostes des anti-Balaka.

 

La compilation de quelque 620 incidents graves – liste non exhaustive – montre qu’aucune partie, à chaque époque, n’a eu le monopole de la violence. Tous les camps – aussi bien les forces armées régulières que les innombrables mouvements rebelles prospérant dans le chaos centrafricain, voire « dans une moindre mesure des forces armées étrangères opérant dans le pays », tchadiennes notamment – se sont rendus coupables de ce que le rapport décrit comme pouvant relever de crimes de guerres et de crimes contre l’humanité : exécutions sommaires, violences sexuelles systématiques, pillages, incendies de villages, enrôlement d’enfants et de mercenaires, tortures, déplacements forcés, violation des droits politiques… Tout cela dans la plus parfaite impunité.

 

Toutefois, il ressort de cette comptabilité macabre que ces crimes n’ont jamais été si nombreux que lors de la dernière séquence ouverte en 2012 avec l’apparition de la Séléka, coalition de groupes rebelles majoritairement composés pour la plupart de Goula et de Rounga, deux communautés musulmanes du nord du pays. Cette période rassemble 361 incidents documentés sur les 632 retenus au cours de treize années. Ce conflit dégénéra plus encore avec l’apparition des anti-balaka, des milices d’autodéfense faisant la chasse aux Séléka et à l’essentiel des musulmans jugés complices des crimes de ces derniers. Aujourd’hui, le pays est globalement divisé en deux. Le sud et l’ouest aux mains des anti-balaka tandis que la Séléka contrôlait la plupart des régions de l’est et du nord.

 

« Dynamique autodestructrice »

 

Le bilan est lourd : 3 003 civils tués entre décembre 2013 et octobre 2014. Des centaines de milliers de personnes déplacées dans un pays un peu plus vaste que la France mais qui ne compte que 4,5 millions d’habitants.

 

« Face au nombre accablant de violations graves commises sur le territoire de la République centrafricaine, la réponse des gouvernements successifs s’est souvent avérée inappropriée et l’impunité a prévalu [contribuant] à alimenter les conflits armés cycliques », conclut le rapport. Il est dommage que le rapport n’évoque pas la réponse tout aussi « inappropriée » apportée par les différentes missions de l’ONU déployées en RCA durant toute la période couverte, ni le rôle de l’ancienne puissance coloniale française.

 

Comment en effet rompre le cycle de violences dans le cadre d’un pays où l’Etat n’est pas seulement failli mais également un fantôme tant son autorité et sa présence ne dépassent guère les frontières de la capitale ? Bangui ? Le Projet Mapping se félicite de la promulgation en juin 2015 d’une loi portant création d’une cour pénale spéciale avec mandat d’enquêter, de poursuivre et de juger les crimes résultant de violations graves des droits de l’homme. La mise en oeuvre de cette loi rencontre toutefois de nombreux obstacles. La faiblesse politique des nouvelles autorités élues en 2016 et le nouveau cycle de violences amorcé depuis quelques mois pourraient bien l’enterrer définitivement, continuant d’alimenter « cette dynamique autodestructrice » dénoncée par l’ONU et qui ne cesse d’entraîner la République centrafricaine vers le fond.

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/05/30/un-rapport-de-l-onu-dresse-un-bilan-accablant-des-violences-qui-ravagent-la-centrafrique_5135975_3212.html#k50dzR39GaFOZqtl.99

 

 

Centrafrique: la résurgence des violences fait fuir 88.000 personnes (ONU)

 

30/05/17 (AFP)

 

La résurgence des violences en Centrafrique a fait fuir 88.000 personnes depuis le début du mois, a indiqué mardi le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

 

Depuis que les combats entre factions rebelles, ainsi que les attaques de miliciens contre les civils, ont repris en mai "plus de 68.000 personnes ont fui leurs maisons en Centrafrique, tandis que près de 20.000 autres ont cherché refuge en République démocratique du Congo (RDC)" au cours des deux dernières semaines, a expliqué un porte-parole du HCR, Babar Baloch, lors d'un point de presse à Genève.

 

"Les attaques de groupes armés ont provoqué des déplacements dans les préfectures de Bria, Bangassou et de la Basse-Kotto", situées dans l'est( du pays, indique le HCR, selon lequel, dans la seule Bria, plus de 41.000 personnes ont été déplacées.

 

Face à cette situation, l'ONU lance un appel urgent pour que les donateurs financent davantage l'appel de fonds pour la Centrafrique, l'un des pays les plus miséreux au monde. Les Nations unies n'ont reçu pour l'instant que 6% des 209,2 millions de dollars (187,4 millions d'euros) demandés.

 

Malgré l'insécurité, qui complique fortement le travail des humanitaires, le HCR est parvenu, grâce à une action inter-agences, à faire parvenir de l'aide aux déplacés à Bria. L'organisation indique dans un communiqué avoir chargé une de ses équipes d'évaluer plus précisemment l'ampleur des déplacements et les besoins.

 

La Centrafrique a basculé en 2013 dans une phase de violences avec le renversement de l'ex-président François Bozizé par les rebelles à majorité musulmane de la Séléka, suscitant une contre-offensive menée par des milices chrétiennes, les anti-balaka.

 

L'intervention de la France (jusqu'en octobre 2016) et de la Minusca a permis le retour au calme dans Bangui mais pas dans l'intérieur du pays qui connaît un regain de violences depuis novembre.

 

Un précédent communiqué des Nations unies du 25 mai établissait un bilan alarmant des nouvelles violences enregistrées depuis le début du mois.

 

"La résurgence des derniers foyers de tensions au cours des deux dernières semaines a fait environ 100.000 nouveaux déplacés, 200 blessés et 300 morts", affirmait le communiqué, citant le Coordonnateur humanitaire (de l'ONU) en Centrafrique, Najat Rochdi, et la ministre centrafricaine des Affaires sociales et de la réconciliation nationale, Virginie Baïkoua.

 

Six Casques bleus ont également trouvé la mort en mai dans la région de Bangassou.

 

Selon l'ONU, plus de 500.000 personnes au total sont déplacées en Centrafrique et plus de 120.000 réfugiés centrafricains vivent en RDC.

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Centrafrique-Presse.com
30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 14:37
L’ONU s’indigne de la résurgence des violences religieuses en Centrafrique

 

 

 

 

http://www.la-croix.com  Jean-Paul Musangania, le 30/05/2017 à 12h09 Mis à jour le 30/05/2017 à 12h09

 

Les Nations Unies ont condamné, dimanche 28 mai, la résurgence des tensions ethniques et religieuses de Bangassou à l’est de la Centrafrique, qui ont déjà fait plusieurs centaines de morts depuis le début du mois.

 

Des « actes odieux et indescriptibles de lâcheté contre des femmes et des enfants sans défense ». « Profondément préoccupée par la résurgence de la violence, des atrocités et des violations des droits de l’homme à connotations religieuses et ethniques », Najat Rochdi, coordinateur humanitaire en République centrafricaine sous l’égide des Nations Unies, a publié un communiqué dimanche 28 mai pour dire son indignation et condamner cette « violence extrême ».

 

« Six femmes et plusieurs enfants ont été brutalement assassinés par des hommes armés en raison de leur affiliation religieuse au cours de la dernière semaine », écrit-elle, citant plus particulièrement « la persécution des civils dans les localités d’Alindao, Bangassou, Mobaye et Bria ».

 

Des atrocités dans les deux camps

 

« Nous avons vu des atrocités commises par les deux camps. Cela a commencé par des attaques contre les communautés musulmanes, qui ont engendré des actes de vengeance de l’autre côté et il y a eu aussi des atrocités commises sur des communautés chrétiennes », explique la coordinatrice humanitaire interrogée par RFI. « Une partie de la population est en train de payer le prix de cette instrumentalisation de la religion.»

 

« Toute attaque pour des motifs religieux ou ethniques est une attaque contre l’humanité et les valeurs universelles qui nous unissent. Elles ne devraient plus avoir de place dans la République centrafricaine où nous cherchons à guérir les blessures du passé », rappelle Najat Rochdi dans son communiqué, en demandant à « toutes les parties de cesser immédiatement ces abus et de s’engager à nouveau dans le dialogue pour la paix ».

 

Amener les factions au dialogue

 

Le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, a fait part, le week-end dernier, de sa préoccupation auprès de Vatican Insider : « La situation nous a incités à réitérer de plus en plus clairement que notre rôle en tant que chef religieux, est d’amener les factions au dialogue ».

 

Ce rappel du cardinal intervient deux jours après le déploiement du procureur Toussaint Muntazini, chargé d’installer une cour pénale spéciale à Bangui dont le mandat sera de juger les auteurs des crimes les plus graves commis en Centrafrique depuis 2003.

 

« Il n’y a rien de religieux dans le conflit », a une nouvelle fois rappelé l’archevêque de Bangui, convaincu que les milices utilisent plutôt la religion à des fins personnelles pour s’emparer des ressources naturelles de la région. « Dans certaines régions d’Afrique centrale comme dans la région Bangassou ou autre, les milices armées jusqu’aux dents chassent les populations locales pour récupérer les ressources minières », dénonce-t-il.

 

Plus de 500 000 déplacés

 

Depuis mars 2013, la Centrafrique a basculé dans une guerre civile avec le renversement de l’ex-président François Bozizé par les rebelles à majorité musulmane de la Séléka, suscitant une contre-offensive menée par des milices chrétiennes.

 

Après une relative accalmie, la situation s’est à nouveau aggravée au point que les organisations humanitaires craignent de ne plus pouvoir faire face. L’ONU dénombre « près de 100 000 déplacés, 300 décès et près de 200 blessés » en seulement deux semaines.

 

En mai 2017, la République centrafricaine compte plus de 500 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays. Un chiffre qui n’avait pas été atteint depuis août 2014, selon Najat Rochdi.

 

Le dimanche 21 mai, à la prière de Regina Caeli, le pape François a renouvelé son appel « au silence des armes à feu » pour la paix en Centrafrique.

 

Jean-Paul Musangania

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Centrafrique-Presse.com
30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 14:33
Vient de paraître : « Au cœur des pouvoirs en Centrafrique » de Sylvain Ndoutingaï
Vient de paraître : « Au cœur des pouvoirs en Centrafrique » de Sylvain Ndoutingaï

 

 

 

 

Mardi 30 Mai 2017 - 11:22

 

Paru aux Editions Jean Picollec, l'ouvrage de Sylvain Ndoutingaï, témoin des perpétuels agissements déstabilisateurs vécus dans la République Centrafricaine, multiplie les anecdotes de l’acteur politique qu’il fut et en brosse un tableau lucide et étayé

 

Né en 1972 en Centrafrique, proche du président de la République François Bozizé, l’auteur est entré en politique à l’âge de 31 ans en tant que ministre de l’Energie et des mines, puis des finances. Durant plus de dix ans, il s’est vu promis à un destin ambitieux et hors norme. Mais l’enjeu crucial et, au cœur de l’Afrique, la situation du pays en proie à une violente guerre civile due entre autres, à l’irruption des milices islamiques de la Seleka en ont décidé autrement, le contraignant à l’exil en France.

 

« Même contraint de quitter son pays, on le porte partout avec soi », écrit-il.

 

Du lieu de son exil, il se souvient de sa jeunesse en Afrique, de sa carrière militaire, de ses premiers succès en politique, de l’ardeur mise pour l’accomplissement de ses missions ou le traitement des grands dossiers du ministère des Mines. Dans son livre, l’auteur analyse les causes de l’effondrement de la République Centrafricaine. Il mène une étude à l’appui des informations glanées dans le milieu mais surtout, de par ses relations, dénonce les intrigues de l’arène politique.

 

Il met en lumière la face cachée des traitements de dossiers d’Etat autour de personnalités telles que : Kofi Annan, Jean-Pierre Bemba, Blaise Compaoré, Idriss Déby, Abdou Diouf, Anicet Georges Dologuélé ou Michel Djotodia. Certes, le déclin de la République Centrafricaine est mis en exergue. Mais l’auteur ouvre des voies vers la paix, plein de la volonté et de l’espoir qui accompagnent un parcours africain ambitieux et hors norme.

 

À lire absolument !

 

"Au coeur des pouvoirs en Centrafrique"

 

Editions Jean Picollec

Mai 2017

ISBN : 978-2-86477-458-7

Prix : 22.00 euros

 

Marie Alfred Ngoma

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Centrafrique-Presse.com
30 mai 2017 2 30 /05 /mai /2017 14:29
RCA : un procureur spécial va enquêter

 

 

RCA un procureur spécial va enquêter

 

http://www.bbc.com/

 

Le procureur de la cour pénale spéciale pour la Centrafrique, Toussaint Mutazini Mukimapa, s'est dit déterminer à faire le travail pour lequel il a été nommé.

 

Il a rencontré lundi le bureau du parlement centrafricain.

 

Nommé en début d'année, il a pour mission d'instruire les graves crimes commis par différents groupes armés depuis 2003 en République Centrafricaine.

 

Il a pris ses fonctions à un moment où le pays connaît un pic de violences.

 

Le procureur de la CPS reconnaît avoir pesé l'ampleur de la tâche qui l'attend avant de s'engager.

 

Ce colonel Magistrat congolais voit une similitude entre la crise centrafricaine et celle de la République Démocratique du Congo.

 

Toussaint Mutazini Mukimapa déclare avoir des stratégies appropriées pour mener ses enquêtes.

 

Créée en juin 2015, la CPS est compétente pour enquêter, instruire et juger les violations graves des droits de l'Homme et les violations graves du droit international humanitaire.

 

Elle a une durée de cinq ans renouvelables.

 

Cette Cour bénéficie du concours d'un personnel international, soit 12 magistrats internationaux dont le Procureur Spécial International qui vient d'arriver et qui va prêter serment ces jours-ci, et un Greffier international adjoint, aux côtés du personnel national, soit 13 magistrats centrafricains au moins dont le Président de la Cour.

 

Pour l'heure, le processus de sélection des collaborateurs du Procureur suit son cours.

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Centrafrique-Presse.com
29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 22:04
Centrafrique à Bangassou, la population replonge dans la terreur

 

 

 

 

Le spectre des affrontements entre chrétiens et musulmans plane toujours en Centrafrique, alors que la force Sangaris a quitté le pays en octobre 2016. A Bangassou dans l'est du pays, les Casques bleus ne peuvent contenir les affrontements, un massacre le 13 mai ayant fait plus de 100 morts.

 

Cible d’une des attaques les plus meurtrières en Centrafrique ces derniers mois, Bangassou, dans l'est du pays, a replongé dans la terreur des tueries menées par des bandes armées malgré la présence de Casques bleus.

 

Les assaillants "nous lançaient des mains et des pieds découpés", se remémore Djamil, réfugié dans un camp proche de la cathédrale, en évoquant l'attaque lancée le 13 mai par des centaines d'assaillants contre le quartier musulman de Bangassou, ville d'environ 35.000 habitants à majorité chrétienne, sur la rivière Mbomou, frontière avec la République démocratique du Congo.

 

Refuge provisoire

 

Un bilan provisoire de la Croix-Rouge centrafricaine et du Bureau des Affaires humanitaires des Nations unies en Centrafrique (Ocha) a fait état de 108 morts et de 76 blessés.

 

Selon la force de l'ONU (Minusca, 12.500 hommes), les coupables sont des miliciens anti-balaka, se revendiquant défenseurs des chrétiens face aux ex-rebelles séléka, majoritairement musulmans.

 

Plusieurs centaines de personnes avaient trouvé refuge dans la mosquée après l'assaut. "La Minusca nous a dit de nous réfugier dans la mosquée, et c'est ce qu'on a fait... Puis les Casques bleus nous ont abandonnés",accuse Djamil.

 

"Devant le nombre d'assaillants, les Casques bleus ont dû reculer", se souvient une source proche de la Minusca.

 

Machettes et fusils

 

"Dès le départ des Casques bleus, une vague d'anti-balaka a accouru vers la mosquée en hurlant, brandissant machettes et fusils artisanaux", a raconté l'AFP l'évêque de Bangassou, Mgr Juan José Aguirre: "J'ai tenté le dialogue, mais ils ont fini par tirer sur un ami qui voulait me protéger".

 

"Ils ont vu l'imam sortir. Ils lui ont tiré dessus", continue l'évêque. "Il est tombé à genoux, blessé à mort. Quand je suis revenu, je l'ai trouvé comme ça, puis l'ai porté pour l'allonger dignement. Les anti-balaka m'ont hurlé dessus pour que je n'y touche pas". "Ils étaient drogués, alcoolisés, incontrôlables", se rappel un humanitaire.

 

Terrorisés par cette nouvelle flambée de violences, les habitants de Bangassou se terrent ou fuient. Seules quelques boutiques du marché central sont désormais ouvertes et les rues sont désertes. Selon Ocha, le nombre de déplacés de Bangassou s'élève à près de 15.000 depuis le 13 mai et les attaques sporadiques continuent.

 

Dimanche encore, "des éléments armés présumés anti-balaka, ont interdit aux humanitaires de mener une mission dans la localité. Par ailleurs, des éléments armés ont enlevé une femme et cinq enfants avant de les tuer en brousse", a indiqué lundi la force de l'ONU (Minusca).

 

Enterrée vivante

 

Mercredi, ces mêmes anti-balaka avaient "enlevé deux femmes soignées à l’hôpital. Une des femmes a été abattue sur place tandis que l’autre a été enterrée vivante", selon la Minusca.

 

Face à cette spirale de violences, les humanitaires redoutent désormais de nouveaux "assauts de grande ampleur" dans la ville, a indiqué l'un d'entre eux à l'AFP sous couvert d'anonymat. Les affrontements entre séléka et anti-balaka ont dégénéré en tueries intercommunautaires de masse en 2013, plongeant la Centrafrique dans le chaos.

 

L'intervention militaire française Sangaris, puis le déploiement de Casques bleus ont réduit le niveau des exactions, mais des bandes armées sévissent toujours dans plusieurs régions du pays.

 

"Cette chasse aux musulmans, les pillages de leurs boutiques, de leurs maisons, c'est une vengeance contre la séléka", selon l'évêque: "Dans la tête des gens, les musulmans de Bangassou sont alliés à l'ex-séléka".

 

Richesse du sol

 

L'identité du groupe d'anti-balaka auteur de l'assaut reste floue. "Les gens qui nous ont massacrés sont des inconnus", assure Ali, un commerçant déplacé. "Ils viennent de Bakouma, Niakari, Kitika et d'autres localités de la Mbomou", préfecture de l'est du pays, précise Mgr Aguirre, sans doute attirés par les richesses minières et forestières de la région de Bangassou.

 

Le contrôle de ces ressources (diamant, or, bois,...) provoque régulièrement des affrontements meurtriers entre bandes rivales dont les civils sont les premières victimes.

 

"Ces jeunes sont désoeuvrés (...) Je les ai rencontrés dès le mois de février, car c'est mon diocèse, pour leur demander de ne pas s'en prendre aux écoles, notamment", ajoute le prélat.

 

Au sein de l’évêché se trouve un autre camp de déplacés constitué, lui, de chrétiens. Entre les deux, un no man's land, où sont assoupis quelques Casques bleus "épuisés", selon la Minusca, qui rappelle que six Casques bleus sont morts dans la région de Bangassou début mai.

 

G.D. avec AFP

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 21:30
Lu pour vous : Mahamat Mahadi Ali, la rose et le glaive

 

 

 

Portrait

 

Par Célian Macé — Libération 29 mai 2017 à 17:06

 

Ce chef de guerre tchadien qui a étudié en France et milité au PS dirige une rébellion dans le désert libyen contre Idriss Déby.

 

Amidi, Fatimé Mahamat retourne des crêpes dans la cuisine d’un salon de thé bourgeois du centre-ville de Reims. Au même moment, son époux, Mahamat Mahadi Ali, passe en revue ses troupes rebelles rassemblées à Jufra, dans le désert libyen. La première a quitté le Tchad en 1993, à 17 ans, pour se marier avec le second, qu’elle ne connaissait que par ouï-dire. Mahamat Mahadi Ali était arrivé à Reims quatre ans plus tôt, pour suivre des études d’économie. Le couple a eu cinq enfants, est passé de la chambre de cité universitaire au F4 de cité HLM. Fatimé est devenue française en 2005. Mahadi, lui, n’a jamais demandé la nationalité, «car ses pensées sont toujours là-bas», dit sa femme. Elle veut dire au Tchad, «confisqué» par le président Idriss Déby, que Mahadi a juré de «libérer». Alors, comme plusieurs générations de Tchadiens avant lui, le père de famille a pris les armes, en 2008, et rejoint la rébellion. Il est aujourd’hui l’un des principaux leaders de l’opposition armée au pouvoir de N’Djamena.

 

«Ne pas aller au maquis, dans ma jeunesse, c’était comme ne pas connaître le rap aujourd’hui : une faute. Nous y sommes tous passés, rappelle Acheikh ibn Oumar, ex-ministre tchadien. Mahadi, c’est la suite de l’histoire. Il est le plus solide, idéologiquement, des chefs tchadiens en Libye.» Après avoir apprivoisé sa première kalachnikov à 14 ans au cours d’un bref passage par la lutte armée dans les rangs de la rébellion, l’intéressé a passé son bac à N’Djamena, avant d’être envoyé à l’université en France par son oncle, l’un des plus grands commerçants du pays. «Reims était mon deuxième choix, après Nice», se souvient-il, en tassant sa cigarette. La veille, le chef rebelle a parcouru d’une traite 500 kilomètres en 4 × 4 pour venir raconter son histoire à Libération. Il est assis, les coudes sur les genoux, dans le hall vide d’un grand hôtel de Misrata, en Libye. Son chauffeur est parti chercher un briquet dans la voiture. «Je ne connaissais personne à mon arrivée, et j’étais de nature réservée. Mais je me suis adapté. L’été suivant, j’ai fait les vendanges et parcouru la région en deudeuche. J’ai suivi un DESS de droit et sciences politiques.»

 

«L’insouciance» de sa vie d’étudiant immigré s’évanouit en 1992. Une partie de sa famille réfugiée au Nigeria - dont son oncle bienfaiteur - est victime d’une rafle visant l’opposition tchadienne, imputée à Déby. Mahadi appartient à l’ethnie gorane, comme Hissène Habré, renversé en 1990. Ses proches sont exécutés.

 

Mahadi s’engage dans plusieurs mouvements d’opposition tchadiens, mais aussi dans la vie politique française. «J’étais à la fédération socialiste de la Marne, je soutenais notamment le trio Filoche-Lienemann-Mélenchon.» Aujourd’hui encore, dans le désert libyen, au gré des connexions internet capricieuses, il se tient informé de l’actualité française. Comment l’intellectuel immigré depuis vingt-cinq ans en France, «qui a élevé ses enfants avec Brassens», devient-il un chef de guerre ? En grande partie à cause d’une réconciliation manquée. En 2005, le Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), dont il est l’un des représentants dans l’Hexagone, signe un accord de paix avec Déby. Mahadi veut y croire. Il accepte un poste de haut fonctionnaire au ministère des Infrastructures. Mais, en 2008, la rébellion - il y a toujours une rébellion en cours, au Tchad - atteint la capitale. Le pouvoir de Déby est à deux doigts de s’effondrer. Sur le moment, Mahadi ne rallie pas les insurgés. Mais il sait que la répression menée par le dictateur tchadien sera terrible. «Après le départ des rebelles, tous les opposants politiques ont commencé à disparaître. Mon tour allait arriver. J’ai fui le pays.»

 

C’est la révolte libyenne contre Kadhafi qui précipite son engagement sur le terrain. «Ils étaient des révolutionnaires comme nous, nous nous identifions à leur combat, ils résistaient aux chars du dictateur !» Une grande partie des rebelles tchadiens rejoint l’un ou l’autre des camps libyens. Les combattants, devenus mercenaires, s’éparpillent.

 

En 2015, Mahadi est envoyé en Libye afin de réorganiser les troupes armées sur ordre de Mahamat Nouri, chef historique de la rébellion tchadienne. Il remplit sa mission avec brio. Mais à son retour en France, en janvier 2016, il est porteur de revendications de la base. «Le monde a changé. Les jeunes d’aujourd’hui ultra-connectés n’attendent pas les ordres passivement. Ils demandaient un congrès, un changement de leadership.» Le vieux Nouri considère cette fronde comme un affront et le limoge sur le champ. Mahadi retourne en Libye où il crée son propre mouvement, le Fact, qui compte aujourd’hui, selon lui, 1 500 hommes. Au total, les rebelles tchadiens en Libye sont sans doute deux fois plus nombreux. Est-ce suffisant face à l’armée de Déby, l’une des plus puissantes du Sahel ? «L’histoire du Tchad, c’est Astérix contre les Romains, dit en souriant Ibn Oumar. Les rébellions, petites en nombre, peuvent triompher. L’unité de compte est le pick-up Toyota, il faut aller vite.»

 

Un autre sujet préoccupe les rebelles tchadiens : la France. Au cours de son mandat, François Hollande a affiché un soutien sans faille à Idriss Déby. L’aide des troupes tchadiennes au Mali, en 2013, a offert à l’autocrate tchadien le statut de partenaire privilégié dans la lutte antiterroriste, priorité absolue de Paris. En début d’année, la France a poussé l’amitié jusqu’à faire une faveur au président tchadien : un discret décret a annoncé le gel des avoirs bancaires de Mahadi. Il avait alors 440 euros sur son compte. «Ça nous sert pour la télé et le téléphone, précise sa femme. Je peux d’ailleurs toujours payer les factures avec.» La sanction n’a donc eu aucun effet concret. Mais «cela m’a choqué, et blessé», affirme Mahadi. Le décret invoque «le gel de tout ou partie des fonds […] qui appartiennent à des personnes physiques ou morales qui commettent, ou tentent de commettre, des actes de terrorisme». Le Fact pourtant ne figure sur aucune liste d’organisation terroriste. Mahadi, qui a obtenu le statut de réfugié en France, il y a vingt-cinq ans, tombe des nues. Etre assimilé aux jihadistes du Sahel, alors qu’il se proclame «gauchiste», exècre «la tribalisation à outrance» de la société tchadienne, et dit «résister de toutes ses forces» aux appels du pied des différentes factions libyennes ? Mahadi estime que les camarades socialistes pour lesquels il a «collé des affiches» dans sa jeunesse l’ont «trahi». Il écrase une nouvelle cigarette dans le cendrier intégré à l’accoudoir du fauteuil en cuir de Misrata. Son chauffeur lui fait signe : il faut regagner le désert avant la nuit.

 


 

1964 Naissance à N’Djamena. 1989 Arrivée en France. 2004 Rejoint la rébellion au Tibesti. 2008 Rejoint celle au Darfour. 2016 Prend la tête du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact), en Libye.

 

Célian Macé

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 20:28
LES ATTAQUES CIBLEES CONTRE LA POPULATION CIVILE SONT INACCEPTABLES

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

LES ATTAQUES CIBLEES CONTRE LA POPULATION CIVILE SONT INACCEPTABLES

 

Bangui, le 29 mai 2017- La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) appelle à une cessation immédiate des attaques des groupes et d’auto-défense armes contre la population civile, y compris contre les femmes et des enfants. Des attaques, parfois sur les fondements ethnique et religieux, continuent de cibler des personnes et lieux protégés dans plusieurs villes de la RCA notamment à Bangassou, à Bria et à Alindao. La MINUSCA et le Haut-Commissariat des Droits de l’Homme rappellent que de tels actes pourraient constituer des crimes contre l’humanité.

 

Dans toutes ces localités du sud de la RCA, les casques bleus de la MINUSCA protègent des milliers de personnes déplacées.

 

La MINUSCA et le HCDH dénoncent les attaques visant les centres d’accueil des déplacés et les hôpitaux et demandent aux groupes armés d’arrêter toute entrave au travail des humanitaires ainsi que des menaces contre les organisations humanitaires.

 

Le 24 mai à Bangassou (Préfecture de Mbomou), les anti-Balaka ont enlevé deux femmes qui étaient soignées à l’hôpital. L’une des femmes a été abattue sur place tandis que l’autre a été enterrée vivante.

 

Le 28 mai, à Bangassou, des éléments armés présumés anti-Balaka, ont interdit aux humanitaires de mener une mission dans la localité. Par ailleurs, les éléments armés ont enlevé une femme et cinq enfants avant de les tuer en brousse.

 

Du 20 au 26 mai, la MINUSCA a reçu des informations de sources concordantes selon lesquelles les éléments ex-Séléka sous le commandement d’Issa-Ahmat et de Dambousha auraient commis des exactions à l’encontre de la population de Bria (préfecture de la Haute-Kotto). Des cas de meurtres, de pillages de biens et d’incendies de maisons contre la population ont été signalés.

 

Ces attaques viennent s’ajouter à celles qui ont visé les casques bleus à Bangassou entre les 8 et 13 mai, de même que les affrontements entre des éléments des anti-Balaka et l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC) du 7 au 9 mai qui ont entraîné la mort de plus 100 civils à Alindao, dans la préfecture de la Basse Kotto. Dans cette ville, les éléments armés manipulent les populations civiles et empêchent la plateforme oecuménique pour la paix de travailler en vue de la cohésion sociale.

 

La Représentante Spéciale adjointe du Secrétaire Générale de l’ONU en RCA condamne les actes de violence et abus des droits de l'homme. Elle exige la protection des sites protégés et la cessation des entraves à l’action humanitaire. Elle demande aux chefs des groupes armées et d’auto-défense de mettre fin immédiatement aux violences, et les exhorte à prendre des mesures permettant de traduire en justice leurs éléments impliqués dans ces violations et abus des droits de l'homme.

 

La MINUSCA rappelle à ceux qui commettent, donnent l’ordre, dirigent, financent, organisent ou omettent d’empêcher ces attaques contre les civils, les travailleurs humanitaires et les casques bleus de l’ONU, qu’ils porteront l’entière responsabilité de ces violences. Ces individus peuvent être poursuivis pour crimes de guerre.

 

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Division de Communication Stratégique et d'information publique

 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

https://minusca.unmissions.org | @UN_CAR |

 

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