Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 20:27
Le ministre russe de la Défense "mis à l'écart" par Poutine

Lu pour vous

 

Guerre en Ukraine : "ridiculisé" par son manque d'expérience de la guerre, le ministre russe de la Défense "mis à l'écart" par Poutine

https://www.lindependant.fr/ L'INDÉPENDANT le 29/08/2022 à 19:34 , mis à jour à 21:01

Le président russe reproche à Sergueï Choïgou les échecs de l'armée russe en Ukraine. 

Mécontent que prend la tournure de la guerre en Ukraine, Vladimir Poutine aurait décidé de "mettre à l'écart" son allié de longue date et ministre de la Défense. "De récents rapports de médias russes indépendants ont affirmé qu'en raison des problèmes auxquels la Russie est confrontée dans sa guerre contre l'Ukraine, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, est désormais mis à l'écart au sein de la direction russe, les commandants opérationnels informant directement le président Poutine du déroulement de la guerre", a indiqué le ministre de la Défense britannique dans son point sur la situation en Ukraine de ce lundi 29 août. 

Un leadership "inefficace et déconnecté"

"Des officiers et soldats russes ayant une expérience directe de la guerre ridiculisent probablement régulièrement Choïgou pour son leadership inefficace et déconnecté alors que les progrès russes sont au point mort", a ajouté l'organisation du Royaume-Uni. 

Choïgou est le plus ancien ministre du gouvernement russe. Il a été choisi par Poutine pour être ministre de la Défense en 2012, bien qu'il n'ait aucune formation militaire ni expérience de combat. Il a tout de même supervisé l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 19:58
Nouvelles nationales sur RNL
Nouvelles nationales sur RNL

Centrafrique : la Cour constitutionnelle annule la vente de la nationalité et des ressources naturelles à travers Sangocoin

https://www.radiondekeluka.org/ lundi 29 août 2022 16:59

Près d’un mois après être saisie par le professeur Jean-François Akandji Kombé, la Cour constitutionnelle annule la vente en ligne de la nationalité centrafricaine et des ressources naturelles de la République centrafricaine à travers le projet Sangocoin. Une mise en vente qu’elle juge anticonstitutionnelle. Par ailleurs, la demande d’annulation basée sur l’utilisation du mot « Sango » pour la crypto-monnaie a été rejetée.

Le verdict a été rendu public, ce lundi 29 août 2022 à Bangui, suite à une requête déposée le 1eraoût dernier par le professeur Jean-François Akandji Kombé, coordonnateur de la plateforme dénommée G16. Tout d’abord, la Cour constitutionnelle s’est jugée compétente avant de certifier la recevabilité de la requête.

"Considérant que la requête introduite par Jean-François Akandji Kombe et autres a pour objet de déclarer les dites dispositions contraires à la Constitution, article 1er, la cour est compétente. Article 2, la requête est recevable. Article 3, la demande de l’annulation fondée sur la violation de l’article 49 de la Constitution est rejetée" a martelé Danielle Darlan, présidente de la Cour constitutionnelle.

La vente de la nationalité jugée inconstitutionnelle

Ainsi, la Cour, en se basant sur l’article 80 de la Constitution, a jugé inconstitutionnelle la mise en vente par des documents officiels de la nationalité centrafricaine et la création d’une e-résidence.

"Article 4, la mise en vente de la nationalité centrafricaine publiée par les documents officiels Sango Genesis Papers et sur le site Sango.org est inconstitutionnelle et est annulée en application de l’article 80 de la Constitution. Article 5, la création et la mise en vente d’une e-résidence publiée par les documents officiels Sango Genesis Papers et sur le site Sango.org est inconstitutionnelle et est annulée en application de l’article 80 de la Constitution", a déclaré  Danielle Darlan.

La vente des terres et ressources naturelles annulée

En se fondant sur cette démarche, la cour a résolu que la mise en vente des concessions et ressources naturelles du pays ne cadre pas avec les dispositions de la Constitution. D’où son abrogation pure et simple.

"Article 6, la mise en vente de terrains et de ressources naturelles publiée par les documents officiels Sango Genesis Papers et sur le site Sango.org est inconstitutionnelle et est annulée en application des articles 60 et 80 de la Constitution. Article 7, la publication des documents officiels Sango Genesis Papers, uniquement en anglais, n’est pas conforme à l’article 24 de la Constitution. Article 8, la demande d’annulation basée sur l’utilisation du mot « Sango » pour la cryptomonnaie, est rejetée" a conclu Danielle Darlan.

Dans son verdict, la cour constitutionnelle a aussi rappelé que sa décision ne fait l’objet d’aucun recours et s’applique à tous les pouvoirs publics. A noter que sur le site Sangcoin.org, le gouvernement a proposé la vente de la nationalité centrafricaine aux étrangers à 60.000 dollars en crypto-monnaies. Le e-résidence à 6.000 dollars et une parcelle de terre de 250 m2 à 10.000 dollars en plus des ressources du sol et du sous-sol.

 

 

Centrafrique : le BRDC a tenu son meeting dans le 8e arr. de Bangui malgré la pluie et un terrain inondé

https://www.radiondekeluka.org/ lundi 29 août 2022 17:30

Malgré la pluie qui s’est abondamment abattue sur Bangui et dans certaines régions de la République centrafricaine, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) a tenu son meeting, ce samedi 27 août 2022. Plusieurs centaines de personnes se sont mobilisées sur le terrain de l’Ucatex dans le 8e arr. de Bangui. Le principal message des opposants est « la mobilisation contre une nouvelle constitution ».

Les inquiétudes et incertitudes des uns et des autres n’ont entamé en rien la détermination des leaders de l’opposition démocratique. Sur l’une des dizaines de banderoles brandies, on pouvait lire : « La Constitution du 30 mars 2016 n’est pas un obstacle au développement de la RCA ». C’est autour de cette idée que le BRDC a organisé ce meeting dit « de vérité ».

A tour de rôle, les leaders des partis politiques constituant ce bloc ont pris la parole pour dénoncer ce qui, selon eux, se cache derrière ce projet de changement de la Constitution du 30 mars 2016.

« Ils ne sont pas propriétaires du destin de ce pays »

"Nous avons observé une mise en scène qui consistait à faire défiler des personnes en province et de dire que c’est l’ensemble de la population centrafricaine qui demande le changement de la Constitution. Notre rôle, c’est de rappeler à ceux à qui le peuple a confié le pouvoir, qu’ils ne sont pas propriétaires du destin de notre pays" a indiqué Martin Ziguélé, porte-parole du BRDC.    

Les participants à ce meeting ont appelé les gouvernants à la préservation de la démocratie.

« Les crises ne mènent nulle part »

"La démocratie est une bonne chose pour un pays. Je demande au chef de l’Etat de remplir normalement ses fonctions. Qu’il respecte les lois du pays et qu’il veille sur les populations. Les crises ne mènent nulle part. Au contraire, elles constituent l’une des sources de malheur d’un pays" a appelé Prince, un des participants.

Ce meeting, qui a mobilisé près d’un millier de personnes, est la première activité du BRDC. Un mouvement politique qui milite pour le maintien de la Constitution du 30 mars 2016.

Nouvelles nationales sur RNL
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 19:47
RCA: la Cour constitutionnelle rejette le projet de cryptomonnaie Sango

 

https://www.rfi.fr/ 29/08/2022 - 20:25

En République centrafricaine, c’est un coup dur pour le gouvernement. La Cour constitutionnelle rejette certaines dispositions du projet Sango lancé, par le chef de l’État, le mois dernier. Il s’agit d’un projet de cryptomonnaie censé attirer des investisseurs dans le pays et qui suit l’adoption du bitcoin, comme monnaie nationale, en avril.

Dans sa décision, la Cour constitutionnelle juge la mise en vente de la nationalité centrafricaine contraire à la Constitution, de même que la cession de terrains et de ressources naturelles, tels que prévus par le projet et détaillés sur le site Sango.org.

Le projet Sango, lancé le mois dernier, prévoit la création d’une zone franche, sans taxes, située sur l’île aux singes, face à la capitale Bangui, sur laquelle palaces, casinos, grand stade et parc aquatique verraient le jour.

En échange, les investisseurs pourraient obtenir la nationalité centrafricaine pour 60 000 dollars, en cryptomonnaie, rappelle la Cour, ou bien des terrains ou des ressources naturelles.

Les partisans du projet affirment qu'il permettra de faire entrer des capitaux dans le pays et d'investir massivement dans les infrastructures, mais pour le groupe d’action des organisations de la société civile pour la défense de la Constitution, il s’agit d’une vaste braderie qui porte atteinte à la souveraineté de l’État. Le G-16 a déposé une requête auprès de la Cour.

Joint par RFI, Ben Wilson Ngassan, porte-parole du G-16, se réjouit de l'annulation de ce projet qui va à l’encontre des intérêts des centrafricains.

Ce qui nous a le plus choqué, c’est le bradage de la nationalité centrafricaine mais aussi le bradage de nos terres. Les terres de la République centrafricaine appartiennent à la Centrafrique.

 

Ben wilson Ngassan, porte-parole du G-16

Alexandra Brangeon

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 19:36
Dialogue national au Tchad: la désignation du présidium suscite une forte contestation

 

 

https://www.rfi.fr/ 29/08/2022 - 03:43 Avec notre correspondant à Ndjamena, Madjiasra Nako

Au Tchad, le comité d’organisation du dialogue national qui a démarré il y a une semaine devra passer la main ce lundi au présidium désigné dimanche soir. Sa mise en place après plusieurs suspensions illustre les difficultés que connaît ce dialogue pour démarrer.

En fin d’après-midi ce dimanche et après plus d’une heure d’attente, l’ancien Premier ministre Nassour Guelengdouksia Ouaidou, présenté comme un des sages consultés pour la mise en place du présidium, énumère les noms des 21 personnalités proposées. 

La première personne citée est Gali Ngothé Gata, un vétéran de la scène politique nationale, ancien ministre devenu opposant au défunt maréchal Idriss Déby Itno. Il a pour adjoints Abderahim Birémé Hamid et Mahamat Allahou Taher, deux anciens ministres. L’un est l’actuel secrétaire exécutif de l’autorité du bassin du Niger, l’autre président d’un parti politique membre de l'ancienne majorité.

Grogne dans la salle

Cette annonce déclenche une grosse cohue dans la salle. Des dizaines de participants demandent à prendre la parole. La dizaine d’ordres professionnels qui participent au dialogue a été la première à dégainer par la voix de deux de leurs représentants, le bâtonnier de l’ordre des avocats et la présidente de l’ordre des architectes. Les professionnels disent avoir constaté le manque de sérieux dans le processus de désignation du présidium et annoncent leur départ des assises.

Le leader du Front pour la libération du Sud (FPLS), un mouvement politico-militaire, Takilal Ndolassem a lui dénoncé une liste partiale. L’ancien ministre Siddikh Abdelkerim Haggar, qui est à la tête d’une coalition de partis politiques et associations, est plus tranché. « Nous sommes désormais avec les Transformateurs et Wakit Tama, les deux principales organisations qui refusent depuis le début de participer au dialogue. Nous leur donnons raison. Nous leur disons que nous sommes désormais avec eux. Nous allons agir ensemble pour bâtir ce Tchad nouveau », a-t-il lancé.

Après avoir tenté en vain de calmer l’assistance, le ministre chargé de la réconciliation, Acheikh Ibn Oumar, qui préside aussi le comité d’organisation du dialogue, annonce que la séance est suspendue jusqu’à mardi. En attendant la reprise des travaux, et alors que certaines organisations, mécontentes, menacent de quitter le DNIS, le comité d’organisation passera ce lundi ses pouvoirs au présidium désigné.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 19:26
Mines guinéennes: le milliardaire Beny Steinmetz joue son avenir face à la justice suisse

 

 

https://www.rfi.fr/ 28/08/2022 - 23:38

Condamné en janvier 2021 à cinq ans de prison et 50 millions de francs suisses d'amende pour corruption d'agents publics dans le dossier des mines guinéennes des monts Simandou, le magnat israélien âgé de 66 ans entend obtenir son acquittement lors du procès en appel ce lundi 29 août.

Un jugement de 200 pages et une condamnation à cinq ans de prison assortie d'une amende de 50 millions de francs suisses. Voilà la montagne que Beny Steinmetz et ses avocats vont chercher à renverser. Le milliardaire israélien, un temps présenté comme l'homme le plus riche de son pays, joue son avenir sur cette affaire, et la bataille s'annonce acharnée.

Face au juge de la chambre d'appel, Catherine Gavin, Beny Steimetz a remanié son équipe. Marc Bonnant, qui durant sept ans se sera battu bec et ongles, s'est retiré au profit de deux ténors du barreau suisse, Maîtres Daniel Kinzer et Christian Lüscher. Ils vont tenter de démontrer qu'aucun pacte corruptif n'a eu lieu et que Beny Steinmetz n'a jamais versé d'argent à la quatrième épouse de Lansana Conté dans le but d'obtenir les blocs miniers des monts Simandou – ils appartenaient alors au géant australien Rio Tinto. Entre 2006 et 2012, Beny Steinmetz aurait versé  8,5 millions de dollars à Mamadie Conté, selon l'accusation.

Complot

Parallèlement à cette stratégie judiciaire, Beny Steinmetz a aussi remanié sa communication autour de ce procès. Alors que son ancien avocat Marc Bonnant limitait ses contacts avec la presse, désormais, plusieurs agences de communication diffusent un document de quinze pages aux médias du monde entier, visant à démonter l'argumentaire du tribunal de première instance. Un document « truffé de sophismes », selon Adrià Budry Carbó, journaliste d'investigation de l'ONG Public Eye, spécialisé dans les matières premières et la criminalité financière.

 « La défense va, on l'imagine, s'atteler à montrer que ce n'était pas M. Steinmetz qui pilotait la société, que les apporteurs d'affaires ont agi en toute indépendance, que leurs revenus étaient justement une preuve de cette indépendance et que tout s'est passé dans les règles de l'art, prévoit l'observateur. On nous ressert la thèse du grand complot international qui serait dirigé contre M. Steinmetz. Or, on constate qu'il a des problèmes avec la justice dans un certain nombre de juridictions. Si complot il y a, il est étendu et donc on s'attend à ce que la défense amène des preuves de l'existence de ce complot. »

La chambre pénale d'appel et de révision de Genève aura huit jours pour déterminer si cette condamnation doit ou non être révisée.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 19:15
La commission électorale proclame la victoire du MPLA, le président Lourenço reconduit

 

Élections en Angola: la commission électorale proclame la victoire du MPLA, le président Lourenço reconduit

https://www.rfi.fr/ 29/08/2022 - 16:44

Le parti historique au pouvoir en Angola a remporté les élections législatives, donnant un second mandat au président sortant, João Lourenço, selon les résultats officiels annoncés lundi 29 août.

Au terme du scrutin le plus disputé de l'histoire du pays, le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA) l'emporte avec 51,17% des suffrages exprimés, contre 43,95% pour le premier parti d'opposition, l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita), a déclaré la Commission électorale nationale lors d'une conférence de presse.

L'Unita, le parti d'Adalberto Costa Junior, 60 ans, avait contesté les résultats préliminaires, qui donnaient déjà l'avance au MPLA. Cinq membres de la CNE ont par ailleurs menacé de ne pas signer les résultats finaux.

Le MPLA, qui l'avait remporté haut la main en 2017 avec 61% des suffrages, enregistre ainsi son plus bas score. En 2012, il avait rassemblé 71,84% des votes. Il conserve la majorité au Parlement avec 124 sièges sur 220. Mais il perd la majorité des deux tiers qui lui permettait jusqu'ici d'adopter une loi sans le soutien d'un autre parti.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 18:08
Congo : Brazza et Pointe-Noire dans la liste des 25 villes insalubres au monde

 

Publié le 29.08.2022 à 11h28 par journaldebrazza.com

Ces deux métropoles de la République du Congo occupent respectivement la 11e et la 17e place sur cette liste des 25 villes les plus sales du monde.

Selon une étude réalisée par le magazine économique américain Forbes, Brazzaville et Pointe Noire apparaissent dans la liste des 25 villes les plus sales au monde. Brazzaville et Pointe Noire occupent respectivement la 11e et la 17e place.

Les critères de sélection tiennent compte de la pollution de l’air, la gestion des eaux usées, et l’insalubrité. La gestion des déchets passe par une vraie politique de traitement, de tri, de stockage et de valorisation.

Au Congo, Si les grands axes sont nettoyés, les routes secondaires, les quartiers et les plages sont toujours sales.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 18:02
Gabon : Libreville, capitale africaine du climat

 

Lu pour vous

 

https://information.tv5monde.com/ Mise à jour 29.08.2022 à 17:50 par Christian Eboulé

À partir de ce lundi 29 août et jusqu’au 2 septembre prochain, Libreville, la capitale gabonaise, accueille la Semaine africaine du climat, troisième étape d’une série de rencontres initiées par ONU Climat. Durant cinq jours, plus de 1000 participants, dirigeants politiques, représentants d’organisations internationales et leaders de la société civile, échangeront sur les résolutions de la COP26. Selon l’ONU Climat, cette semaine est une étape importante avant la COP27, qui se tiendra en novembre prochain, en Égypte.

 « Le changement climatique ravage notre planète partout. L'Afrique est particulièrement touchée. Mais des solutions existent. Le Gabon est déterminé à les mettre en œuvre ! », a écrit dans un tweet ce lundi le président gabonais Ali Bongo Ondimba.

Quelques semaines plus tôt, à l’issue de sa rencontre le 8 juillet dernier, à Libreville, avec Zac Goldsmith, le ministre britannique chargé du Pacifique et de l’Environnement, il avait écrit dans un tweet : « Le Gabon est déterminé à protéger sa forêt dans le sens de la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité ». Comme pour le reste du monde, le continent africain est en effet confronté aux phénomènes climatiques extrêmes tels que la sécheresse, les inondations, l’érosion côtière…

Une préparation de la COP27

C’est sur cette toile de fond plutôt alarmante que s’ouvre ce lundi à Libreville, la capitale gabonaise, la Semaine africaine du climat. Il s’agit de la troisième d’une série de rencontres appelées "Semaines régionales sur le climat 2022", en anglais "ACW 2022, Africa Climate Week 2022".

Des rencontres initiées par ONU Climat, en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement, le Programme des Nations unies pour l’environnement, le groupe de la Banque mondiale, l’Union africaine, la Banque africaine de développement et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique.

Adopté à l’issue de la COP26, qui s’est tenue du 1er au 13 novembre dernier en Ecosse, le pacte de Glasgow pour le climat considère les Semaines climatiques régionales comme une plateforme qui permet aux gouvernements et aux parties prenantes à ce processus d’apporter une réponse crédible et durable au changement climatique.

Et comme le souligne un communiqué d’ONU Climat :

« La Semaine engagera les parties prenantes et renforcera les actions climatiques des partenaires dans les pays, les communautés et les économies. Travailler ensemble ouvre la possibilité de faire progresser l'action climatique, de s'attaquer aux inégalités sociales et d'investir dans un développement qui est bon pour l'humanité et la nature. ACW 2022 est une plateforme de collaboration pour explorer :

La résilience face aux risques climatiques

La transition vers une économie à faibles émissions

Les partenariats pour résoudre les défis urgents »

Ce sont donc plus de 1000 participants qui se réunissent cette semaine dans la capitale gabonaise, en présentiel et en distanciel. Durant cinq jours, les participants échangeront sur la mise en œuvre des décisions prises lors de la COP26, tout en préparant la COP27 qui se tiendra à Charm el-Cheikh, en Égypte, en novembre de cette année.

Le Gabon super puissance verte ?

 En visite au Gabon à la mi-août, le maldivien Abdulla Shahid, président de l’Assemblée générale des Nations Unies a affirmé qu’il considère le Gabon comme « une super puissance verte » en matière de préservation de l’environnement. Cependant, les pays reste confronté à d’importants défis environnementaux.

Sur la page Facebook de l’ONG gabonaise PLURMEA (Programme de lutte pour la réhabilitation et protection des mangroves et écosystèmes aquatiques), comme sur son site internet, l’on apprend que les mangroves du pays sont menacées par la dégradation et la déforestation. Tout en déplorant l'absence d'invitation formelle d'acteurs de la société civile - en dépit des réserves qu'ils ont vis-à-vis de telles rencontres internationales - Landry Lignabou, le président de l'ONG PLURMEA salue l'organisation au Gabon de cette semaine africaine du climat.

Sur le terrain cependant, l'ONG PLURMEA constate toujours l'indifférence des entreprises pétrolières et minières aux questions qui touchent à la préservation des mangroves.

Selon Landry Lignabou, président de PLURMEA : « Il est donc difficile de faire comprendre à ces entreprises qu’il faut réduire leur taux de pollution ou leurs activités dans les zones aquatiques. Ces entreprises pétrolières et minières détruisent les cours d’eau, elles déforestent les mangroves. Il y a une ou deux semaines, une entreprise a commencé à déforester l’une des dernières mangroves urbaines que nous avons à Libreville, du côté de Diba Diba et Belair. Et malgré l’arrêté qui avait été proposé et signé par le ministre actuel de l’Environnement.»

La déforestation de la mangrove des quartiers de Belair et Diba Diba, aura inévitablement des conséquences négatives à long terme sur la biodiversité du Parc national d’Akanda, situé au nord-est de Libreville.

Consciente de ces enjeux, une partie de la jeunesse gabonaise a manifesté samedi dernier à Libreville. Comme le rapportent nos confrères de RFI, une centaine de jeunes réunis au sein de l’Alliance panafricaine pour la justice climatique, a organisé une marche pour interpeller les dirigeants sur les ravages du changement climatique en Afrique. Venus d’Afrique du Sud, de Tanzanie ou encore du Tchad, ces jeunes ont remis un mémorendum à Lee White, le ministre gabonais des Eaux et Forêts, qui dirige les travaux de la Semaine africaine sur le climat.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 17:43
"2 % de la richesse des milliardaires suffirait pour résoudre la crise mondiale de la faim"

 

Lu pour vous

 

Marianne

L'aggravation de la faim dans le monde résulte de conflits régionaux ou internationaux et des échecs structurels des systèmes agricoles, de santé, etc. Il ne s'agit pas d'expliquer comment résoudre la faim dans le monde avec des milliards, mais d'ouvrir la voie vers une solution anticonformiste, écologique, résiliente et durable avec la participation des milliardaires.

Les milliardaires ont la plus grande part dans la croissance. Au niveau mondial, les milliardaires ont capté une part très importante de la croissance au cours des dernières décennies : le 1 % le plus riche a accaparé 38 % de toutes les richesses supplémentaires accumulées depuis 1995. Pour la même période, les 50 % les plus pauvres n'en ont capté que 2 %. Il serait souhaitable de rééquilibrer par la redistribution cette inégalité qui provient en grande majorité de la répartition de cette richesse. Selon OXFAM, la fortune des milliardaires a davantage augmenté en 19 mois de pandémie qu’au cours de la dernière décennie, pendant que les personnes les plus pauvres du monde sont aux prises avec la flambée des prix et l'augmentation de la dette. Pour la France, les inégalités de richesse ont été fortement réduites à partir de la Seconde Guerre mondiale. Mais depuis la crise de 2008, le niveau de vie médian après la redistribution stagne. Pour finir, les inégalités se retrouvent aujourd'hui au niveau de 1990.

L'échec du plan de l'ONU de 2015

Selon l'ONU en 2015, on pouvait éradiquer la faim dans le monde d'ici 2030. Mais uniquement au prix d'un investissement de 267 milliards de dollars par an pendant les 15 prochaines années. C'est un objectif qui semble de moins en moins atteignable. « Le monde s'éloigne de son objectif d'éliminer la faim, l'insécurité alimentaire et la malnutrition sous toutes ses formes d'ici 2030 », prévient la FAO, en référence à l'objectif de développement durable de l'ONU « Faim Zéro ». Comme en 2015, quelque 670 millions d'humains devraient toujours en souffrir d'ici la fin de la décennie. La guerre en Ukraine n'a rien amélioré à la situation de la famine dans le monde. « Si nous avions réussi à faire ce travail dans le passé, la guerre n'aurait pas eu un impact aussi catastrophique aujourd'hui », a regretté lors de son intervention le directeur du Programme alimentaire mondial.

 

« L'ensemble des milliardaires dispose désormais d'une richesse suffisante pour le faire. »

 

L'ensemble des milliardaires doivent participer. Selon Forbes, dans le monde aujourd'hui, il y a 2 668 milliardaires avec une richesse estimée à 12 700 milliards de dollars. 2 % de cette richesse produiraient un flux de 254 milliards de dollars par an, soit un montant suffisant pour éradiquer l'extrême pauvreté pour l'ensemble des 670 millions de personnes dans le monde vivant en dessous du seuil international de 1,90 dollar par personne et par jour. Une contribution de 2 % des milliardaires du monde fournirait les ressources nécessaires pour mettre fin à l'extrême pauvreté aujourd'hui. En octobre 2021, Elon MUSK a répondu au directeur exécutif du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) : « Si le PAM peut décrire sur Twitter exactement comment 6 milliards de dollars résoudront la faim dans le monde, je vendrai des actions Tesla tout de suite et je le ferai. » Elon Musk à lui tout seul, même s'il le fait, n'est pas capable de résoudre toutes les difficultés, mais l'ensemble des milliardaires dispose désormais d'une richesse suffisante pour le faire.

 

Comment ? Le tout c'est de comprendre le secret de la collecte de fonds auprès des milliardaires. Il faut des « perspectives » très positives. Quand on est aussi riche, on ne parle plus de privation personnelle pour 2 % de sa fortune.

Une question de volonté

Les États doivent changer leurs règles et lois relatives au mécénat. Nous pensons tous que les milliardaires font des dons parce qu'il y a des avantages fiscaux, qu'ils transmettent des exemples à leurs enfants où le fait de donner favorise le bonheur. Peut-être mais ce n'est pas souvent le cas. À peine un cinquième de l'argent mondial donné par les milliardaires va aux pauvres. Pour la France d'après France générosités, 37 % vont à la protection de l'enfance, 27 % vont à la pauvreté et 26 % à la recherche médicale. Mais aux États-Unis, une grande partie va aux arts, aux équipes sportives, ensuite à la santé et autres mécénats. Une autre hypothèse selon laquelle la philanthropie entraîne automatiquement une redistribution de l'argent est aussi fausse. Une grande partie de ces dons concerne des causes d'élites. Nous remarquons que la philanthropie est devenue une expression de pouvoir. Certains milliardaires s'attachent à résoudre des problèmes qui ne sont pas considérés comme une priorité pour l'ONU ou pour les États. Si les États et surtout les Occidentaux souhaitent éradiquer la famine dans le monde et éviter l'immigration déclenchée par la faim, il serait temps de modifier leurs règles de réduction d'impôts et les lois relatives au mécénat.

 

« Il faut que les milliardaires s'intéressent aux pays les plus fragiles. »

 

Face à la Chine et à la Russie le G7 doit débloquer en urgence les ressources et préparer l'avenir. Selon la Banque mondiale, la guerre en Ukraine plongerait cette année 95 millions de personnes supplémentaires dans l'extrême pauvreté et 50 millions dans la faim sévère. Dans cette urgence il ne faut pas attendre le bon vouloir des milliardaires comme le fait l'ONUComme pour les infrastructures, chaque pays du groupe G7 (PIB : 35 870 Md€) peut et doit augmenter son budget annuel de 2 % du PIB sur 5 ans, soit environ 717 milliards de dollar, pour apporter le soutien nécessaire. Il faut rappeler que résoudre la famine dans le monde ne consiste pas à avoir simplement de la nourriture mais avoir un accès constant à une nourriture suffisante, sûre et nutritive. La nourriture doit être cultivée d'une manière écologique, durable et locale si possible. Elle dépend d'un changement global des systèmes de santé, d'énergie et d'infrastructure.

Il faut que les milliardaires s'intéressent aux pays les plus fragiles. Le bon équilibre serait une intervention conjointe des gouvernements nationaux et des milliardaires avec de nouveaux instruments et plateformes de financement capables d'atténuer les risques et de déclencher des apports de capitaux sur les marchés agricoles difficiles, sur la santé et les transports, le tout via des entreprises locales avec une approche écologique et durable. Les nouvelles plateformes doivent être régulées et garanties par les autorités des pays du G7. Les entreprises locales doivent être agréées pour fournir le service de conseil en investissement et d'assistance. L'exemple de la Chine est une source d’enseignements pour les pays pauvres. Depuis 1986, la Chine a constitué plusieurs fonds spéciaux de lutte contre la pauvreté sur son territoire. Ces fonds sont axés sur le développement, avec un début d'investissement des occidentaux en Chine à partir de 1990. Ce n'est que fin 2020, qu'elle a officiellement annoncé pour la première fois de son histoire, sa sortie de l'extrême pauvreté. La Chine comptait fin 2021 992 milliardaires.

 

Il y a encore beaucoup de possibilités pour s'enrichir, en respectant la nature tout en faisant du bien. Mais « il ne suffit pas de faire le bien, il faut encore bien le faire », comme l'écrivait Denis Diderot.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
29 août 2022 1 29 /08 /août /2022 17:31
Francis Laloupo : « En Afrique, la démocratie demeure un enjeu historique »
Francis Laloupo : « En Afrique, la démocratie demeure un enjeu historique »
Francis Laloupo : « En Afrique, la démocratie demeure un enjeu historique »
Francis Laloupo : « En Afrique, la démocratie demeure un enjeu historique »

Lu pour vous

 

DÉCRYPTAGE. Comment appréhender le continent en ces temps de tourbillon idéologique et stratégique ? L’analyse du géopoliticien et chercheur Francis Laloupo.

Propos recueillis par Malick DiawaraModifié le 29/08/2022 à 17h28

Les élections se suivent en Afrique, mais ne se ressemblent pas. Perçues comme l'illustration d'un premier souffle de démocratie dans les systèmes et institutions politiques, celles-ci laissent souvent un goût d'inachevé du fait de la forte contestation des résultats chez les uns ou de l'émergence de graves crises électorales chez les autres. Entre les (trop peu) régimes démocratiques, les démocratures et les régimes autoritaires auxquels de plus en plus de coups d'État ouvrent la porte, l'Afrique est au milieu d'un gué politique qui devrait façonner son avenir. Alors que le Sénégal, le Kenya et l'Angola viennent de vivre des élections que l'on peut qualifier d'historiques de par leurs enseignements, Francis Laloupo, tout récent auteur de Blues démocratique – 1990-2020, publié chez Karthala, journaliste, enseignant en géopolitique et chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), s'est confié au Point Afrique pour un décryptage en règle de la situation et de la trajectoire politique que prend le continent.

Le Point Afrique : Quel regard porte l'observateur averti que vous êtes sur les dernières joutes électorales africaines, notamment celles du Sénégal et du Kenya ?

Francis Laloupo : Au Sénégal, après une campagne électorale émaillée de tensions, de polémiques à rebondissements sur fond de vives critiques à l'encontre du pouvoir, les résultats des législatives sont exceptionnellement serrés, avec une courte et très relative majorité au camp du président. Cette issue atteste, en fin de compte, de la vitalité de l'expression démocratique dans ce pays. Une fois encore, comme on a pu le voir dans d'autres circonstances critiques par le passé, ce sont les électeurs qui ont tranché, révélant la fragilité d'un pouvoir en fin de course et confronté à un certain désenchantement au sein de la population, et une opposition à qui ces résultats confèrent les moyens politiques lui permettant d'ici la présidentielle, de faire la preuve de ses mérites face à l'équation de l'alternance. Autant dire que les jeux ne sont pas faits pour cette présidentielle. Ces résultats très serrés démontrent également que les électeurs n'ont pas cédé à l'appel de l'opposition, qui souhaitait un régime de cohabitation, ce qui aurait rendu le pays littéralement ingouvernable, tant la situation est électrique, et les positions des deux camps en compétition inconciliables. Tout cela confirme une grande maturité démocratique dans un pays qui s'est engagé dans la voie démocratique bien avant les processus advenus au début des années 1990.

Les résultats des derniers votes qui ont eu cours sur le continent (Sénégal, Kenya, Angola) illustrent une forte volonté de changement de paradigme politique de la population, notamment de la jeunesse.  © MICHELE CATTANI / AFP

Quant au Kenya, où le président sortant n'était pas dans la course après avoir effectué ses deux mandats, la crise postélectorale, dont le pays est tristement coutumier, a été de nouveau au rendez-vous, avec la contestation des résultats qui ont donné vainqueur William Ruto au détriment de son adversaire Raila Odinga, un multirécidiviste des présidentielles. On peut se féliciter du fait que, jusqu'à présent, les violences postélectorales aient été évitées. On peut également compter sur les capacités et l'expérience éprouvées, ainsi que la forte crédibilité de la Cour suprême pour dire le droit et garantir la vérité des urnes. La force des institutions est un atout majeur pour cette jeune démocratie. Cela permet aux Kenyans de tous bords de continuer à faire confiance à un système qui, malgré tout, est en voie de sophistication.

Difficile d'affirmer que nous assistons à une revitalisation de la dynamique démocratique. Nous sommes plutôt au pic de la crise du processus de démocratisation. L'année 2020 restera dans les mémoires comme l'étape cruciale, révélatrice des reculs démocratiques que nous avons observés depuis une décennie. Plusieurs élections qui se sont tenues en 2020 ont porté la marque de la crise de la dynamique démocratique à travers le continent. Dans plusieurs pays, les modifications opportunistes des Constitutions ou les tentatives de restauration autocratique ont conduit aux crises dites du « troisième mandat », ou à l'exclusion des oppositions des compétitions électorales. Avec les crises dites « du troisième mandat » en Côte d'Ivoire et en Guinée Conakry, la restauration autocratique au Bénin ou le gel autoritaire au Togo, l'Afrique de l'Ouest saluée naguère pour ses progrès politiques a désormais quitté le tableau vertueux de la démocratisation. Par bonheur, l'ancrage démocratique se confirme dans des pays tels que le Ghana, le Cap Vert, le Nigeria, le Niger…

Trente ans après le déclenchement des processus de démocratisation, nous assistons sur le continent à une cohabitation clairement établie entre des démocraties consolidées et des régimes autoritaires ou hybrides. L'on peut donc faire un bilan d'étape du processus de démocratisation, en constatant qu'il est loin d'être achevé. Trois décennies après son déclenchement en 1990, seule une dizaine de pays sur les 54 que compte le continent ont connu des alternances politiques qui constituent un indicateur majeur de respirations et maturité démocratiques. Face aux courants de pensée contradictoires à l'œuvre sur le continent, il faudra peut-être nous résoudre à admettre qu'une partie du continent est en train de décrocher durablement du projet démocratique. Ce qui signifie que l'avenir collectif des pays se construira en fonction de cette disparité idéologique, en contradiction avec les orientations politiques de l'Union africaine, qui présente dans sa charte la démocratisation des systèmes politiques comme une valeur commune à tous les États membres.

Avec votre ouvrage Blues démocratique, vous vous êtes penché sur trente ans de vie politique africaine. Quels sont, selon vous, les éléments qui ont fait dérailler les processus lancés au début des années 1990 avec les Conférences nationales ?

Il faut avant tout souligner que l'avènement du pluralisme politique et l'instauration d'institutions démocratiques ont été la résultante de luttes menées par des partisans de ce système, qui ont, tout au long des années 1970 et 1980, dénoncé les funestes destinations des partis uniques, qui, par nature, excluent une partie des citoyens de la décision nationale. De fait, le projet démocratique s'est heurté dès l'origine à la résistance des partisans du monopartisme autoritaire qui a fixé ses racines, au fil du temps, dans l'espace politique. Ainsi, la question était de savoir comment parvenir à diffuser et consolider une culture démocratique dans des espaces nationaux fortement marqués par l'habitude du parti unique, du culte de l'homme fort, de l'exclusivisme politique et du recours ordinaire à la violence d'État. Les facteurs d'empêchement ou de ralentissement du processus démocratique sont très tôt apparus après 1990. On peut citer les fraudes électorales devenues systémiques, entraînant une récurrence des contentieux électoraux, l'émergence de nouvelles conflictualités liées au refus de toute forme d'alternance politique par certains acteurs politiques encore attachés au monolithisme, les coups d'État constitutionnels favorisant le prolongement illégal des mandats présidentiels, l'exclusion des opposants des compétitions électorales, l'intensification graduelle de la répression à l'encontre des oppositions, qui, dans certains pays, se sont progressivement réduites comme peau de chagrin.

En somme, l'arsenal déployé par certains pouvoirs pour contrecarrer la donne démocratique a, dans nombre de pays, transformé le processus de démocratisation en une sinistre farce qui, sans pour autant restaurer pleinement le système de parti unique, a transformé les espaces politiques en démocratures, en autocraties non assumées, ou, pire encore, en néodictatures. Il apparaît alors que le rapport de force qui opposait les partisans de la démocratisation aux officiers de l'ordre ancien est en train de basculer en faveur de ces derniers. La restauration de régimes autoritaires intervient aussi dans un contexte où une partie des opinions, déçues par les dérives ou l'incurie de régimes issus d'élections, ont commencé à douter des vertus et de la destination du système démocratique. À tout cela sont venus s'ajouter d'autres freins au processus, tel que le phénomène du terrorisme, devenu une priorité au cœur des agendas de certains États. On peut aussi citer l'offensive idéologique des puissances autocratiques telles que la Russie, la Chine ou la Turquie, ces grands partenaires des pays du continent devenus des soutiens objectifs ou des cautions politiques pour les régimes rétifs aux avancées démocratiques.

Mali, Guinée, Burkina Faso : trois pays sahéliens, trois coups d'État. Peut-on dire que le terrorisme est devenu un prétexte pour justifier le tournant autoritaire observé chez un certain nombre de pouvoirs en Afrique ?

Les coups d'État intervenus dans ces pays, qualifiés de « coups d'État nouvelle génération » avaient initialement pour objectif, selon leurs auteurs, de rectifier une situation de crise imputée aux dérives de pouvoirs issus des urnes mais devenus paradoxalement des menaces majeures pour la démocratie. Par ailleurs, ces trois pays étant confrontés à la question sécuritaire, les nouveaux putschistes ont prétendu vouloir, par leur action, pallier l'incurie des pouvoirs dénoncés, en matière de lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent. Toutefois, au vu des évolutions récentes des situations dans ces pays, l'agenda des juntes militaires devient de plus en plus insaisissable. Il semble que, plutôt que de remettre sur les rails les processus de démocratisation et de lutter efficacement contre l'insécurité, ils aient tendance à prolonger leur présence aux commandes des États, en prétendant refonder l'État et engager des réformes au long cours. Ce qui n'est pas le rôle dévolu à des autorités de transition. Bénéficiant d'une certaine popularité, liée surtout au rejet des pouvoirs qu'ils ont défaits, ces militaires ne laissent rien entrevoir de leur volonté de placer au cœur de leur agenda la confortation de la démocratisation de la vie politique.

D'ailleurs, la question sécuritaire devient l'argument indiscutable permettant de reléguer au second plan la question démocratique. Ceux qui ont applaudi les putschistes au Mali, au Burkina Faso et en Guinée n'attendaient pas de leur part le retour à un régime autoritaire et monolithique. Je ne suis pas certain que le gel du processus démocratique constitue la meilleure réponse à l'offensive des groupes terroristes, qui semblent plutôt tirer profit de la fragilité des institutions et de l'État, de la contestation des pouvoirs autoritaires, de l'incertitude économique et de la ruine des consensus nationaux.

Comment les institutions traditionnelles, religieuses et communautaires pourraient-elles accompagner les sociétés civiles dans leur rôle de vigie et de régulateur du pouvoir politique dans les pays africains ?

Cette question est doublement sensible : d'abord parce que dans les États fondés sur le principe de la laïcité, le recours à la médiation des religieux ne peut se justifier que dans des circonstances exceptionnelles et de crise majeure, dès lors que l'on considère que les acteurs politiques qualifiés ne disposent plus des ressorts nécessaires pour exercer leurs prérogatives et remplir leur mission. Cela s'est produit notamment lors de la tenue des Conférences nationales pour lesquelles l'autorité morale du clergé catholique a été déterminante. Ensuite, on peut se demander si les sociétés civiles ont réellement besoin d'être accompagnées par des institutions religieuses ou communautaires. Quelle serait alors la nature de ce rôle d'accompagnement, et surtout, où commencerait-il et où s'arrêterait-il ? Tout en reconnaissant l'utilité du recours ponctuel à des autorités morales – traditionnelles ou religieuses – dans des situations de crise, je crois que la maturité démocratique se vérifie dans la capacité pleine et entière des acteurs politiques à apporter les réponses nécessaires à la gestion de la Cité. Toutefois, une réflexion approfondie sur l'invention de nouvelles formes de systèmes politiques, spécifiquement adaptées à certaines sociétés, pourrait déboucher sur la construction d'un espace politique dans lequel certaines institutions traditionnelles, religieuses et communautaires pourraient être associées de manière permanente à la vie politique, à l'élaboration des programmes sociaux, à la mise en place de projets de société. On pourrait alors parler d'une forme endogène de démocratie participative au sein de laquelle les rôles et les attributions des uns et des autres seraient alors clairement identifiables et consignées. Une telle initiative relèverait alors d'un choix de société, consenti par l'ensemble des forces vives d'un pays.

Comment entrevoyez-vous l'avenir politique de l'Afrique dans un monde en plein redéploiement idéologique et en pleine recomposition stratégique ?

La diversification des partenariats extérieurs a permis aux pays d'Afrique, les francophones notamment, de s'affranchir de l'étroitesse des relations bilatérales et exclusives avec l'ancienne puissance coloniale, pour amplifier leurs capacités de négociation avec d'autres partenaires. On a alors assisté à la structuration de modalités concurrentielles entre les partenaires traditionnels et les nouveaux arrivants comme la Chine, l'Inde, le Japon, la Turquie, la Russie, et quelques autres. Alors que les questions commerciales ont été souvent le principal élément d'appréciation de cette configuration, il est devenu utile de s'interroger sur ses impacts politiques dans les contextes africains. Autrement dit, en quoi les proximités entre les pays africains et leurs divers partenaires influent-elles sur leurs choix et orientations politiques ? Par exemple, comment évaluer aujourd'hui l'influence de la politique chinoise sur ses relations avec ses partenaires africains, sachant par ailleurs que le plus grand État autoritaire de notre époque, et premier investisseur en Afrique, a rétabli dans sa Constitution le système de la présidence à vie, tout en proclamant son aversion envers le pluralisme démocratique tel que conçu notamment au Ghana, au Sénégal ou en Afrique du Sud ? Au cours des vingt dernières années, une fracture idéologique s'est peu à peu manifestée entre les défenseurs de la cause démocratique et ses contempteurs, devenus les tenants d'une nouvelle doctrine a-démocratique. La guerre en Ukraine en est désormais l'une des illustrations les plus tragiques.

Face à cette situation, il s'agirait pour l'Afrique de parvenir à combiner intelligemment l'exigence de souveraineté et le courage politique. En toute logique, on comprendrait difficilement que l'Union africaine, qui a inscrit la défense des souverainetés nationales et la lutte contre les impérialismes au chapitre des valeurs cardinales partagées, se contente indéfiniment d'une posture de neutralité face à l'agression caractérisée de la Russie contre la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Il ne serait pas de bonne politique d'avoir une approche sélective de la condamnation des impérialismes. Face aux confrontations idéologiques qui, pour la première fois depuis la fin de la guerre froide, instaurent une démarcation conflictuelle entre systèmes démocratiques et régimes autoritaires, quels sont les choix spécifiques de l'Afrique ? Plutôt que d'osciller entre le Protocole de Washington et celui de Pékin, comment l'Afrique pourrait-elle construire et affirmer ses propres choix sur la scène internationale, sans plus se déterminer en fonction des intérêts objectifs des grandes puissances ? Sans plus être la variable d'ajustement des conflits entre grandes puissances ? Au regard de l'actualité, la question démocratique est plus que jamais au cœur du débat politique à travers le monde. En Afrique, la démocratie demeure un enjeu historique, le plus important après celui des indépendances. Malgré les difficultés d'étapes, les pannes et les reculs démocratiques, les militants prodémocratie, partout à travers le continent, n'ont pas renoncé à relever ce défi historique.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com