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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 15:57
En RCA, attaques et braquages ciblent régulièrement les humanitaires

 

 

 

Par RFI Publié le 27-12-2016 Modifié le 27-12-2016 à 23:45

 

A Bambari, au centre de la Centrafrique, Médecins sans frontières a de nouveau été braquée il y a deux jours par des hommes armés. Un membre du personnel a été blessé et l'ONG a décidé de suspendre temporairement ses activités. En RCA, les humanitaires sont régulièrement victimes des bandes armées.

 

Cette attaque contre Médecins sans frontières (MSF) n'est pas la première. Alors que la Centrafrique est l'un des pays où les ONG sont le plus présentes au monde, les attaques et braquages sont presque quotidiens.

 

Selon INSO, qui est en charge de la sécurité des ONG, plus de 300 incidents ont eu lieu depuis le début de l'année. La RCA détient ainsi le record du pays où l'action humanitaire est la moins respectée.

 

Pour Joseph Inganji, le chef du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) à Bangui, la situation est alarmante. « Nous avons eu des attaques répétées contre les humanitaires. Les compounds des humanitaires ont été visités plusieurs fois par des personnes armées non identifiées. Nous avons plusieurs cas, Kaga-Bandoro, Bria, à Bambari, à Ndjoukou. La situation est vraiment très préoccupante et je voudrais rappeler que les crimes contre les humanitaires sont des crimes contre l'humanité. »

 

Il y a deux jours également, un incendie criminel a eu lieu dans un des camps de Batangafo, au nord du pays : 137 huttes ont été brûlées, laissant plus de 900 déplacés sans abri. Autant de personnes, qui auront besoin, en urgence, d'aide humanitaire.

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 15:55
RCA : trois morts et 52 blessés dans un incendie sur un site de déplacés

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) 28/12/16 - Un incendie s’est déclaré mardi dans un site de déplacés situé dans la ville de Batangafo, au nord de la Centrafrique, faisant trois morts, 52 blessés et plus de trois cents abris.

 

Situé entre une église et le bureau de l’ONG internationale Conseil danois pour les réfugiés (DRC) de Batangafo, le site hébergeait quelque cinq cents personnes qui ont toutes quitté les lieux.

 

Les victimes se trouvent présentement à l’hôpital et les blessés manquent cruellement de soins appropriés du fait que beaucoup d’humanitaires sont partis en congé de fin d’année.

 

Les causes de cet incendie ne sont pas clairement connues même si des habitants de la localité soutiennent que toute serait parti d’une scène de jalousie entre deux jeunes hommes dont l’un a fini par poignarder à mort son adversaire.

 

Les parents de la victime auraient dans leur colère mis le feu aux bidons d’essence entreposés par les déplacés dans le site.

 

Le sous-préfet de la ville de Batangafo a lancé un appel à l’aide au gouvernement pour la prise en charge des blessés et autres sans abris.

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 23:12
Donald Trump n'a pas prévu de rencontrer Denis Sassou-Nguesso

 

Donald Trump n'a pas prévu de rencontrer Denis Sassou-Nguesso

 

Par RFI Publié le 27-12-2016 Modifié le 27-12-2016 à 22:13

 

Denis Sassou-Nguesso va-t-il rencontrer Donald Trump ? Non, si l'on en croit une porte-parole du président américain élu mardi soir. Pourtant lundi 26 décembre, la présidence congolaise avait annoncé une rencontre entre le chef de l'Etat congolais et son homologue américain.

 

Difficile encore de savoir ce qui s'est passé. Citée par Reuters, la porte-parole de Donald Trump a déclaré que le président américain élu n'avait pas prévu de rencontrer son homologue congolais.

 

Le face à face avait pourtant été annoncé lundi par le gouvernement congolais. Thierry Moungalla, le ministre de la Communication, avait rendu public un communiqué officiel signé du cabinet de la présidence.

 

Le texte expliquait que Denis Sassou-Nguesso devait être reçu en tant que président du Comité de haut niveau de l'Union africaine sur la Libye. Le face à face devait porter sur les moyens de sortir le pays de la crise. Selon le texte, il était aussi prévu que les deux hommes parlent du reste de l'Afrique et des questions internationales.

 

Joint par RFI, le ministre Moungalla avait confirmé la rencontre et décrit Donald Trump comme un pragmatique, voulant « échanger avec un des acteurs principaux sur le continent, capable de lui donner des précisions sur les situations libyenne et africaine ».

 

Si l'on en croit Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso s'apprêtait donc à devenir le premier chef de l'Etat africain à s'entretenir avec Donald Trump depuis son élection.


Une information reprise par la presse un peu partout dans le monde mais finalement démentie, mardi soir, par le camp Trump. Les autorités congolaises n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 23:00
Lu pour vous : Anicet Georges Dologuele: " Il n'y a plus d'État. L'État ne se limite qu'à Bangui."

 

 

 

jeudi 22 décembre 2016 22:4427/12/16 (Afrique Actualité)

 

Les députés se mobilisent contre l'insécurité dans l'Ouham-Péndé et la Nana Mambéré. Certains, comme Anicet Dologuele, se sont rendus dans ces localités.

 

Honorable Anicet Georges Dologuele, vous avez présidé la délégation des députés centrafricains qui étaient en mission de sécurité la semaine dernière dans l'Ouham - Péndé et dans la Nana Mambéré. Quel en était l'objectif ?

 

J'ai eu cette initiative depuis plus d'un mois. J'ai demandé aux collègues de la région qu'il était important d'aller à la rencontre des populations, des notables et des groupes armés pour trouver une solution à l'insécurité qui prévaut dans les préfectures de l'Ouham-Péndé et de la Nana Mambéré.

 

C'est ainsi que nous étions partis. Nous avions été accompagnés par les casques bleus pour raison de sécurité et par le commandant Armel Ningatoloum Sayo, chef du mouvement Révolution Justice, un groupe armé présent dans l'Ouham.

 

De manière générale, quel constat faites-vous ?

 

Nous avions rencontré des populations, des notables, les maires, les préfets et les sous-préfets. Leur unique problème demeure l'insécurité. C'est beaucoup de souffrance de la population pour une bagarre d'intérêt autour des troupeaux de bœufs.

 

Dans l'Ouham - Péndé, il y a deux types de points d'insécurité. Il y a au niveau de Kouï et de Bocaranga en passant les villages Mokondji Wali, en allant jusqu'à Ngaoundaye, c'est le groupe de Sidiki, du rebelle camerounais, qui sévit dans cette localité appelé les « 3 R ». Ce ne sont pas des Séléka. C'est un groupe né en 2016. Ces hommes armés disent garder les troupeaux des éleveurs pendant cette période de transhumance et protéger ces troupeaux par rapport aux antibalakas alors que c'est faux.

 

Quand il y a un vol de troupeaux, dès qu'ils sont alertés, ils vont brûler le village. Ils tuent tout le monde et ça fait un exode. Les habitants fuient vers Bocaranga.

 

Du côté de Paoua, c'est à peu près le même scénario. Le RJ a connu une crise, son chef étant à Bangui, les hommes sont divisés. Le MPC de Alkatim de Séléka a récupéré le groupe. C'est là le désordre. Ils ont pris pratiquement tous les villages. Et ils règnent en maîtres dans plus d'une trentaine de villages.

 

Qu'en est-il de la Nana Mambéré ?

 

Dans la Nana Mabéré, Sidiki sévit également dans la commune d’élevage de Yem - Yelewa. Les antibalakas s'y opposent. De temps en temps, ces groupes armés s'affrontent et c'est la population qui paie les pots cassés.

 

Vous avez échangé avec les hommes armés. Quelle est leur position ?

 

Ces hommes armés se disent ouverts au Désarmement, Démobilisation et Réinsertion et Rapatriement (DDRR). Mais sur le terrain, c'est une autre réalité. Ils constituent un danger pour la population.

 

Que faut-il faire ?

 

Nous avons demandé à ces groupes armés de s'organiser. S'en suivront les discutions pour le DDRR, dans le cas contraire, ça ne marchera pas.

 

Que faut-il faire urgemment pour favoriser la restauration de l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire centrafricain ?

 

Le DDRR est urgent. La communauté internationale est en Centrafrique pour accompagner le gouvernement. Il faut accélérer ce processus car le peuple souffre beaucoup en province. Que les groupes armés cantonnent leurs éléments pour favoriser le démarrage du pré-DDRR. Pour l'instant, c'est très compliqué. C'est rare qu'il y ait un sous-préfet dans ces villes.

 

Il n'y a plus d'État. L'État ne se limite qu'à Bangui. Il faut réhabiliter les Forces Armées Centrafricaines pour favoriser le rétablissement de l'autorité de l'État sur toute l'étendue du territoire national. Aujourd'hui, beaucoup d'écoles ne fonctionnent pas à cause de l'insécurité. C'est un grand danger pour l'avenir du pays.

 

Propos recueillis par Paterson Fintia à Bangui

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 22:58
Centrafrique : Un journaliste arrêté au commissariat du port à Bangui

 

 

Centrafrique : Un journaliste arrêté au commissariat du port à Bangui

PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 27 DÉCEMBRE 2016

 

BANGUI, 27 Décembre 2016 (RJDH)—Marcellin Zoumadou, directeur de publication du journal l’Harmattan, est arrêté depuis ce matin au commissariat du port à Bangui. Cette arrestation, selon des sources bien informées, fait suite à une plainte.

 

Marcellin Zoumadou serait arrêté, selon une source au commissariat du port suite à la plainte de sieur, Guessenguet qui de sources concordantes, est professeur à l’Université de Bangui « il y a une plainte qui est déposée en bonne et due forme contre le journaliste Zoumadou qui ne s’est jamais présenté. Et ce n’est que ce matin qu’il a été arrêté pour diffamation parce que l’article publié par son journal accusait le plaignant de corruption » a expliqué un agent au commissariat du port.

 

La même source a confié que le journaliste a été entendu et que la procédure allait suivre son cour. Cyrus Emmanuel Sandy, président du Groupement des éditeurs de la presse écrite indépendante dit avoir été informé de cette arrestation. Ce dernier dit attendre les éléments pour se prononcer « nous avons été informés ce matin mais j’ai envoyé une équipe pour s’imprégner de la situation. Ce sera à la lumière des éléments qui me seront présentés que je pourrais réagir sur cette affaire » a-t-il confié au téléphone.

 

L’arrestation de Marcellin Zoumadou intervient au moment où la maison de la presse est fermée sur décision de justice.

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 19:21
Le chef de la MINUSMA Mahamat Saleh Annadif, s'entretient avec Déby sur sa mission au Mali

 

 

 

APA-Ndjamena (Tchad) 2016-12-26 16:48:08 - Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), le Tchadien Mahamat Saleh Annadif, a rencontré à N’Djaména, ce lundi, le chef de l’Etat tchadien et président en exercice de l’UA, Idriss Déby Itno, pour rendre compte de sa mission à la tête de la MINUSMA.

 


«Après un an de travail au Mali je suis venu faire le point avec le chef de l’Etat, Idriss Déby Itno qui assure aussi la présidence tournante de l’Union africaine. J’ai salué le travail que fait le Tchad qui a envoyé récemment des équipements armés qui ont augmenté la capacité opérationnelle de son contingent qui est aussi le plus gros en nombre de soldats», a déclaré Mahamat Saleh Annadif à la sortie d’audience.

 


Evoquant la situation au Mali, le chef de la MINUSMA a fait remarquer qu’elle est « assez difficile même si des avancées assez notables ont été enregistrées. On peut dire à ce stade qu’on aurait pu faire mieux», a-t-il souligné.

 


« Nous continuons à discuter avec les uns et les autres pour faire avancer le processus de paix» », a-t-il encore dit.

 


« Au Mali, il y a un accord de paix avec un certain nombre de mouvements qui ont signé un engagement avec l’Etat mais il y a un troisième intervenant composé des terroristes qui aujourd’hui pullulent au Sahel et ne connaissent pas de frontières et n’ont pas de visage. Ceux-là constituent aujourd’hui la menace principale», a alerté le patron de la MINUSMA.

 


«Le terrorisme ne s’arrête pas seulement au niveau du Mali. Beaucoup des pays de la bande sahélienne sont touchés», a-t-il averti, appelant au passage tous les Etats à « unir leurs forces pour éradiquer ce mal ».

 

http://apanews.net/news/fr/article.php?id=4870945#sthash.SmxaxYNj.dpuf

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 19:11
 Vient de paraître : Publications centrafricaines ( à diffuser sans modération )

 

 

                      

   Un an après Tam-Tam de deuil, Anatole Gbandi vient de récidiver avec Deuil national toujours chez Edilivre ( 175 boulevard Anatole France -93200 Saint Denis Tél 0141621440/01416250 ) . Après un roman, un recueil de poèmes pour dire le malheur et le deuil qui frappent la République Centrafricaine . 

 

On ne dira plus que plus la crise dure en RCA, moins les Centrafricains écrivent . Ce recueil de poèmes finement ciselés, aux titres évocateurs : Damara, Bossangoa, Bohong, Liwa, La bombe goyave, Récitatif d’un drame oublié, Faisons la guerre aux moustiques, Basta, Diamants, Ultime prière etc …ne peut laisser personne indifférent, surtout pas un(e) Centrafricain(e). Nous lui savons gré de dire avec des mots de poète ce que nous ressentions confusément !

 

    Enfin c’est avec grande impatience que nous attendons sa prochaine parution annoncée : Un ministre sorcier d’Etat .

 

PS : L’auteur continue d écrire LA Centrafrique, mais j’opte pour LE Centrafrique…

 

                                                          Le 26 Décembre 2016

 

                                                         David KOULAYOM-MASSEYO .

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 18:52
Centrafrique : La Maison de la Presse et des Journalistes fermée sur ordre de la justice

 

 

 

PAR NOURA OUALOT LE 26 DÉCEMBRE 2016

 

BANGUI, 26 décembre 2016(RJDH) — La Maison de la Presse et des Journalistes (MPJ) est toujours sous scellée, après la décision de justice.

 

L’épisode Famille Patassé et Journalistes centrafricains continue toujours sur l’affaire de la Maison de la Presse et des Journalistes. La MPJ est en conflit avec la famille Patassé depuis quelques années sur le bâtiment public que l’ancien Président, Ange Félix Patassé avait acheté et qui a été après sa chute du pouvoir affecté aux journalistes suite à la décision de l’ancien président François Bozizé.

 

Selon nos informations, tôt dans la matinée de vendredi 23 décembre, la porte de la Maison de la Presse et des Journalistes a été scellée par l’huissier la famille Patassé. Arrivés sur le lieu de leur travail, les journalistes n’ont pas eu accès à leurs bureaux. Ils sont restés dehors avec quelques membres de la famille Patassé toute la première journée.

 

Sur cette démarche, Gossy Pierre Noel, porte-parole de la famille Patassé, a rapporté au RJDH que l’huissier a juste exécuté la jurisprudence faite par la justice. « La famille sait très bien que la concession lui revient de droit c’est pourquoi, elle s’est déportée pour l’occuper. Ce n’est pas la famille qui a empêché les journalistes, mais la justice », a-t-il précisé.

 

Il a ajouté que les journalistes sont bien édifiés sur la décision de justice. Il a rappelé qu’en « en septembre passé, Sylvain Patassé avait animé une conférence de presse sur cette affaire, mais jusqu’à présent, nous n’avons pas trouvé satisfaction. Donc, nous sommes obligés d’exécuter la jurisprudence».

 

L’ancienne famille présidentielle a fermé la Maison de la Presse et des Journalistes après plusieurs mois de tentative de fermeture.

 

Le directeur de la MPJ n’a pas réagi sur cette affaire jusqu’à ce jour. Aux dernières nouvelles, le président de l’Union des Journalistes Centrafricains, Maka Gbossokoto, a convoqué une assemblée générale sur cette affaire.

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 17:08
Lu pour vous : ENVIRONNEMENT : UN ACCORD DE COOPÉRATION ENTRE RABAT ET BANGUI

 

 

 

fr.le360.ma  Par Mohamed Chakir Alaoui le 25/12/2016 à 15h22

 

Le Maroc et la République centrafricaine signeront, lundi 26 décembre, à Bangui, un important accord de coopération en matière de traitement des déchets. Il prévoit également la mise en place d'une stratégie d'adaptation aux changements climatiques.

 

L'accord sera signé à Bangui par la ministre déléguée à l'Environnement et Championne climat du Maroc, Hakima El Haite, et par son homologue de Centrafrique.

 

Le Maroc va offrir à ce pays son expertise et une assistance technique dans le cadre d'une stratégie nationale qu'il compte mettre en oeuvre prochainement dans les domaines des énergies renouvelables, de l'irrigation, de la fertilité des terres ainsi que dans celui du traitement des déchets.

 

Depuis la COP22 de Marrakech, le Maroc s'est engagé à développer un partenariat similaire avec une douzaine de pays africains dont le Sénégal, le Cameroun et la Côte d'ivoire.

 

Lors du premier sommet africain consacré au climat du 16 novembre dernier, le roi Mohammed VI a appelé le continent à l'harmonisation de la lutte contre les changements climatiques et à "l'action en faveur du développement durable. "Je vous propose", a déclaré le souverain dans son discours, "de dessiner une Afrique résiliente aux changements climatiques (...) une Afrique, qui utilisera ses ressources de manière optimale, en respectant les équilibres environnementaux et sociaux".

 

Par Mohamed Chakir Alaoui

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 01:12
NOEL 2016 : MESSAGE DE SON EMINENCE DIEUDONNE CARDINAL NZAPALAINGA

 

 

 

MESSAGE DE SON EMINENCE DIEUDONNE CARDINAL NZAPALAINGA, ARCHEVEQUE METROPOLITAIN DE BANGUI, À LA COMMUNAUTE CHRETIENNE DE L’ARCHIDIOCESE DE BANGUI, AUX HOMMES ET FEMMES DE BONNE VOLONTE. À L’OCCASION DE LA FETE DE NOËL 2016

 

Bangui, le 25 décembre 2016

 

 

Chers frères et sœurs dans le Christ et vous tous, hommes et femmes de bonne volonté,

 

Que la grâce et la paix de Dieu vous soient données de la part de notre Seigneur Jésus Christ. La liturgie de la messe de ce jour de la Nativité nous donne de méditer sur le Prologue de l’évangile de saint Jean : voilà tout le mystère de Noël ainsi dévoilée « Et verbum caro factum est, et habitavit in nobis1 », Tel est le mystère que nous célébrons en la fête de Noël : le Fils de Dieu se fait homme et établit sa demeure parmi nous.

 

La puissance de Dieu est à l’œuvre en nos vies. Dorénavant « Elle chemine dans les rues et ruelles, sur les places, aux parvis du temple, attentive à la vie des hommes en ce qu’elle a de plus simple et de plus concret2 ». C’est pour manifester notre assentiment et notre reconnaissance à ce geste divin que nous faisons la génuflexion au moment de professer notre foi au mystère de l’Incarnation. Dieu dans nos vies, Dieu avec nous, cet événement est un tournant, celui qui nous conduit au cœur même de la Bonne Nouvelle.

 

À ce propos, le pape Benoit XVI élabora une formulation fort admirable que son successeur le Pape François promit de ne jamais se lasser de répéter : « À l’origine du fait d’être chrétien il n’y 1 « Et le verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ». (Jn 1, 14) 2 François Varillon, Humilité de Dieu, Paris, le Centurion, 1974, p. 154. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 2 a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. » 3

 

La fête de Noël recèle une conséquence inouïe : elle plonge au cœur du mystère de l’origine de l’humanité en nous dévoilant la dignité nouvelle dans laquelle nous sommes définitivement établis : « Quotquot autem receperunt eum dedit eis potestatem filios Dei fieri, his qui credunt in nomine eius » 4 . À ceux qui l’accueillent et qui croient en lui, Dieu donne de devenir ses enfants. Cette année, je choisis de me focaliser sur le thème de l’enfance. Plusieurs raisons motivent ce choix. D’abord la situation alarmante de l’enfant centrafricain qui nécessite non seulement une urgente mobilisation de toute la société. Ensuite et surtout la référence au Divin enfant emmailloté dans la crèche, lui le miroir dans lequel il faut se regarder en vue de la sanctification. Jésus est l’unique et authentique référence dont la contemplation et l’écoute permet de corriger nos erreurs, de remettre l’enfance à la place que lui attribue l’économie divine.

 

J’opte encore pour le thème de l’enfance parce que Jésus en fait la condition essentielle d’accès au royaume de son Père : « Je vous le dis, si vous ne changez pas et ne devenez comme 3 Deus Caritas est, 25 décembre 2005, n° 1 4 Jn 1, 12. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 3 des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume de Dieu »5 .

 

Enfin, le thème de l’enfance spirituelle est doté d’un extraordinaire pouvoir conciliateur parce qu’il est notre vocation ultime selon la prédication du Seigneur. Il constitue également le devenir auquel nous conduit la foi baptismale que la liturgie met en évidence en ces jours par la célébration de baptêmes d’enfants. Ce thème me permet de m’adresser aux parents, à toutes les personnes et instances responsables de la protection et du devenir des enfants ; mais encore il me permet de vous interpeller directement, vous qui par l’âge appartenez à la catégorie de l’enfance afin que vous sachiez que déjà le Christ vous appelle à être acteurs de votre salut.

 

Je nous invite tous à plonger dans la compréhension du mystère de l’enfant Jésus dont la lumière de l’avènement se projette sur nos sociétés pour nous inviter à renaître et, ce faisant, à sauver l’enfant centrafricain de la perdition, de la misère et de la précarité. En effet, ainsi que l’a affirmé Benoit XVI : « seul l’Enfant qui est couché dans la crèche possède le véritable secret de la vie. C’est pour cela qu’il demande qu’on l’accueille, qu’on lui laisse de la place en nous, dans nos cœurs, dans nos maisons, dans nos villes et dans nos sociétés. 6 » 5 Mt 18,3. 6 Benoit XVI, Audience du mercredi 3 janvier 2007.

 

« Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 4 DIEU NOUS ENSEIGNE À AIMER LES PETITS ENFANTS L’un des épisodes marquants du Nouveau Testament est la vive réprimande du Christ aux disciples qui se sont opposés à ce que les enfants s’approchent de lui. Les Synoptiques le reprennent unanimement pour attester le grand intérêt de notre Seigneur pour les enfants7 . Il y a déjà dans l’attitude du Maître l’expression d’une vigoureuse dénonciation contre les différentes formes d’exclusion dont peuvent être victimes les enfants. Jésus révèle qu’ils sont destinataires privilégiés de l’Incarnation.

 

Mais d’où provient l’indéniable intérêt du Christ pour le thème de l’enfance lequel qui traverse de biais toute sa prédication ? Avant de nous référer à une herméneutique nous pouvons déjà recenser dans la Bible quelques péricopes où il est question de l’enfance. Du fait que cette question apparaisse tant dans l’Ancien que le Nouveau Testament atteste l’importance qu’elle recèle conformément au dessein de Dieu. Dans l’Ancien Testament, les hagiographes présentent souvent l’enfant comme un don, un « cadeau » de Dieu. « Qui sont ceux que tu as là ? » demande Ésaü à son frère Jacob. « Ce sont les enfants que Dieu a donnés à ton serviteur »8 répond Jacob.

 

D'où la récurrence de 7 Mc 10, 14s ; Mt 19, 13-15 ; Lc 18, 17. 8 Gn 33,5. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 5 noms propres formés incluant le verbe « donner » (nathan), comme Jonathan ou Nathanaël (« Dieu a donné », Dieudonné) ou encore Nathan et Matthieu (« Don de Dieu »). La stérilité, privation de ce don, est insupportable aux femmes israélites, telle Rachel9 ou Anne10 . La stérilité est parfois interprétée comme un châtiment de Dieu11 . La postérité est assimilée à une bénédiction divine ainsi que le laisse croire cette exclamation du psalmiste : « Voici, c'est un héritage du Seigneur que des fils, une récompense que le fruit des entrailles » 12 .

 

Dans cette optique, en décrivant le bonheur final de Jérusalem, un prophète annonce que « les places de la ville seront remplies de petits garçons et de petites filles qui s'y amuseront » 13 . En plusieurs endroits, l'Ancien Testament fait part de la tendresse envers les enfants. À titre d’illustration, l'amour de Jacob pour Benjamin, son dernier-né, cet enfant que « son père aime »14. Les Israélites éprouvaient de la pitié pour les enfants victimes de la guerre et de la famine, ces petits enfants qui « tombent d'inanition au coin des rues » 15 . 9 Gn 30, 1. 10 1 S 1, 4-11. 11 Gn 20,17-18. 12 Ps 127, 3. 13 Za 8, 5. 14 Gn 44, 20. 15 Lm 2, 11-12.19. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 6

 

Dans l’Ancien Testament demeurent, nombreuses, des références relatives à l’éducation de l’enfant. Mais je n’ai choisi de ne n’évoquer que celles qui me permettaient d’étayer la présente méditation. Le Nouveau Testament ne se désolidarise pas radicalement de la vision vétérotestamentaire de l’éducation des enfants. Les expressions telles que « Enfants, obéissez à vos parents, dans le Seigneur, car cela est juste » et : « Et vous, parents, n'exaspérez pas vos enfants, mais usez, en les éduquant, de corrections et de semonces qui s'inspirent du Seigneur »16 évoquent la consigne du décalogue : « Honore ton père et ta mère »17. Saint Paul le reprend d’ailleurs fidèlement en invitant les parents à aimer, à éduquer à la manière du Seigneur.

 

Jésus apparaît comme un enfant modèle dans la mesure où il est obéissant et sait librement, nonobstant son jeune âge, se situer dans la logique du Père18 . Celui-ci ne cesse pas de faire de l’enfant le privilégié19, le symbole de la foi et d’humilité. Dans l’évangile selon saint Marc, afin d’éviter à ses disciples l’ambition de la grandeur, Jésus place au milieu d’eux un enfant et dit : « Quiconque accueille en mon nom un de ces petits enfants, c'est 16 Ep 6, 1-2.4 ; Col 3, 20. 17 Ex 20, 12. 18 Lc 2, 49. 19 Mc 10, 13-16. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 7 moi qu'il accueille; et quiconque m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé »20.

 

En d’autres termes, l’enfant est le reflet par excellence de Jésus. De ceci, l’enfance spirituelle n’a de sens que dans la mesure où elle est une invitation à se référer à Jésus grâce à qui nous sommes « fils dans le même Fils » 21 . De nouveau à l’écoute de Benoit XVI, essayons de parvenir à l’intelligence du sens que Jésus assigne à l’enfance : « Être enfant n'est donc pas pour Jésus une étape purement transitoire de la vie de l'homme, dérivant de son destin biologique, et devant par la suite disparaître totalement. Dans l'enfance, ce qui est propre à l'homme se réalise de telle manière que celui qui a perdu l'essentiel de l'enfance est lui-même perdu. » 22 Selon Benoit XVI, Jésus se déclare enfant par rapport au Père, d’où l’attribut par excellence pour affirmer sa dignité est celui de « Fils ».

 

En somme en nous invitant à être enfant, nous rappelle-t-il que la vie n’a de sens et de parfait aboutissement que dans l’obéissance au Père, la libre dépendance à la Source de la vie. En me basant sur la Bible et un Père de l’Église comme saint Augustin23 je voudrais apporter une nuance pour éviter de tomber à l’infantilisme. « Frères, ne vous montrez pas enfants en fait de 20 Mc 9, 37. 21 Benoit XVI, Audience du mercredi 3 janvier 2007. 22 Joseph Ratzinger, Retraite prêchée au Vatican en 1980. 23 Saint Augustin, Confessions, I, 7, 11. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 8 jugement (par votre immaturité religieuse) ; de petits enfants pour la malice, soit, mais pour le jugement montrez-vous des hommes mûrs24. Et : « Lorsque j'étais enfant, je parlais en enfant, je pensais en enfant, je raisonnais en enfant. Une fois devenu homme, j'ai fait disparaître tout ce qui était de l'enfant.

 

Aujourd'hui, certes, nous voyons dans un miroir, d'une manière confuse ; mais alors ce sera face à face »25 . Il s’agit de comprendre à travers ces affirmations que la filiation à Dieu par Jésus-Christ et dans l’Esprit Saint devrait avoir pour finalité la maturation de la foi, non pas le statisme. L’enfance spirituelle, en ce sens, n’est pas la promotion de l’infantilisme.

 

Jésus qui, sous les traits du petit enfant sans défense et livré entre les mains de l’homme, dévoile la splendeur de la simplicité divine, et la transcendance de sa toute-puissance, veut apporter un plus à l’humanité, à nos sociétés, nos familles, nos vies collectives et individuelles. Lui « en qui et par qui tout a été fait » 26 vient restaurer l’humanité dans le dessein du Père. Dans quelle mesure sa naissance devrait-elle interpeler la situation alarmante que traverse l’enfant centrafricain ? En quoi son incarnation devrait-elle susciter une conversion profonde, un dynamisme nouveau pour l’humanisation de 24 1 Co 14, 20. 25 1 Co 13, 11-12. 26 Jn 1, 4. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 9 nos sociétés entre les mains de qui, comme Lui, l’enfant est livré ? En tant que figure parfaite de l’enfant comment Jésus peut-il vous inspirer vous qui par l’âge n’appartenez pas encore à la classe des adultes ?

 

L’ENFANT FAIT PARTIE DU DESSEIN DE DIEU L’enfance est un projet, l’avons-nous saisi en parcourant les Écritures. Mais encore, l’enfant est un des privilégiés de Dieu : il est un don de Dieu. « Un enfant nous est né, un fils nous est donné. » 27 Pour preuve, la naissance de l’enfant Jésus provoque la joie de la population céleste qui par la voix des anges nous confient les paroles du Gloria : « Gloria in excelsis Deo. Pax hominibus, bonae voluntatis ». La joie de cette naissance est si grande au point de mobiliser la nature toute entière : dans le symbole de la crèche reçue de la méditation de saint François et incessamment mis en évidence par la postérité, nous entrevoyons un heureux spectacle : récapitulée, la création tout entière, hommes et bêtes, entoure le divin enfant.

 

Oui, « un enfant nous est né, un fils nous a été donné » : c’est ce que nous proclamons ensemble. « si quelqu’un a accueilli cet amour qui lui redonne le sens de la vie, s’interroge avec enthousiasme le pape François, comment peut-il se retenir de le communiquer aux autres ? » 28 27 Is 9, 5. 28 Pape François, La joie de l’Évangile, 8. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 10

 

L’expérience humaine la plus commune atteste l’allégresse qui accompagne la naissance dans nos familles d’un nouvel enfant. Vous n’en disconviendrez pas avec moi que combien même le feu des armes semait la mort et la désolation aux heures les plus redoutables des conflits qui ont secoué notre pays, à Bangui comme partout en Centrafrique, les maternités n’ont jamais cessé de se désemplir et l’avènement de nouveau-nés de causer une joie profonde, signe que la vie est plus forte que la mort. Néanmoins, nombreuses sont les situations qui devraient nous conduire à nous questionner pour savoir si nous sommes conscients que donner la vie, accompagner la croissance de la vie, relève d’une mission, de la participation au projet éternel de Dieu.

 

En d’autres termes, et j’insiste à le dire, à travers l’incarnation de son Fils, Dieu nous révèle qu’il a un projet pour chaque enfant, projet dont la réalisation est confiée aux personnes adultes à travers l’éducation qu’ils doivent apporter, la formation qu’ils doivent garantir. Si l’Enfant Jésus a pu grandir en intelligence et en sagesse, c’est parce que, malgré les faibles revenus de ses parents, il a bénéficié de l’incomparable accompagnement de Marie et de Joseph29 . 29 Lc 2, 52. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 11 Une enfance défigurée, déniée L’enfant centrafricain souffre atrocement. Il souffre de ne pas être dignement accueilli et aimé. Quel drame !

 

En effet, nombreux sont les enfants dont les parents refusent de les reconnaître et ainsi de les intégrer dans la chaîne sociale. Si au cœur du Credo l’Église affirme à tous les âges que Jésus naquît de la Vierge Marie ; si l’évangéliste saint Mathieu insiste pour mettre en évidence l’acceptation par Joseph d’être le père adoptif de l’enfant30 , c’est pour montrer que seule la reconnaissance du Divin enfant par ces deux humbles figures lui ont permis d’intégrer la lignée davidique et de faire partie à jamais de la grande histoire humaine.

 

L’enfant est le fuit de l’amour de ses parents. Il n’est pas issu du hasard ou d’un accident de parcours. Une telle conviction est celle qui devrait sous-tendre une paternité et une maternité responsable. De la même manière que Jésus est le reflet de l’amour infini du Père31, l’enfant est le signe visible de l’amour de deux êtres et plus encore, l’avenir de tout la communauté. L’enfant est une richesse pour la famille et pour le groupe social. En étant habité par de telles convictions, comment concevoir qu’il y ait résurgence, amplification du phénomène de filles-mères ou de 30 Mt 1, 18-25. 31 Jean 3, 16 ; Lc 3, 22. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 12 grossesses précoces qui déstabilisent nos familles ? Il ne faut pas évoquer les raisons de conflits et de guerres pour encourager une procréation irresponsable. Et vous parents, vous devez assumer jusqu’au bout votre responsabilité d’éduquer vos enfants à une paternité ou une maternité responsable.

 

Pour vous jeunes filles qui arrivez souvent à la maternité sans connaître le fonctionnement de votre corps et la dignité qui en découle, à vous je voudrais rappeler avec force : « Vous êtes le Temple de l’Esprit Saint » 32. Votre corps est la demeure de Dieu. En faisant germer la vie en vous, Dieu voudrait faire de vous des partenaires de la réalisation du plan du salut de l’humanité. À toutes celles qui ont accepté d’accoucher dans la précarité je voudrais rappeler ceci : vous êtes si proches de la Vierge Marie et vous bénéficiez de son amour, de sa tendresse. À vous aussi qui avez assumé votre responsabilité d’époux en accompagnant une naissance dans la précarité, vous n’êtes pas loin de saint Joseph. Il vous aime et vous accompagne. Comment comprendre que de nombreux bébés puissent être abandonnés aux coins de rue, aux bords des chemins voire sur des dépotoirs ? Pourquoi ternir ainsi la joie de Dieu, contester la réalisation de son dessein ? Pourquoi sacrifier ainsi l’avenir de ces tout-petits sur l’autel de notre égoïsme et de nos calculs mesquins ? L’une des raisons souvent évoquée pour justifier de tels agissements 32 1 Co 1, 3, 7. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 13 est la précarité.

Cependant les Saintes Écritures mettent en évidence des cas où d’une enfance difficile peut surgir une grande destinée. Issus de situations précaires le petit Samuel et le prophète JeanBaptiste auront connu un rayonnement prépondérant dans l’histoire du Salut. Pour que cela advienne il a fallu qu’ils bénéficient depuis la tendre enfance de la présence aimante d’Anne, d’Elie, d’Elisabeth et de Zacharie. Je me permets encore d’évoquer la figure de Moïse, grâce à qui je voudrais étendre mon plaidoyer aux enfants handicapés. Il arrive qu’ils soient exclus des projets sociétaux et familiaux, comme si en eux, humanité et dignité d’enfant de Dieu étaient amoindris. Moïse a été doublement handicapé : il a souffert du défaut d’élocution33 ; il a encore souffert d’être abandonné par sa mère et recueilli par la fille du pharaon34.

 

N’est-ce pas lui que le Seigneur a choisi pour être le libérateur35 de son peuple et la préfiguration du Messie ? Le destin de l’enfant sauvé des eaux ne ratifie-t-elle pas l’affirmation biblique selon laquelle «La pierre qu’ont rejeté les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire » ? 36 L’enfant centrafricain souffre du déni de la dignité d’enfant de Dieu, d’aimé de Dieu. Une telle lacune est souvent étayée par des discours anthropologiques pervers dont les conséquences peuvent 33 Ex 4, 10-12. 34 Ex 2, 1-10. 35 Ex 6, 2-13. 36 Ps 117, 22. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 14 être désastreuses et fatales. Je voudrais particulièrement penser aux enfants dits « enfants sorciers » ou ceux atteints du phénomène du « ngbati » ; je voudrais encore évoquer ceux que l’on appelle maladroitement « enfant de la rue » : ils ne sont pas nés dans la rue mais ils sont enfants en situation de rue. Qualifier ainsi un être humain, pis encore un enfant de « boubourou », « zo ti likundu » revient à lui dénier l’image et la ressemblance de Dieu. Il est ainsi figé dans une vision réductrice. La société dépose sur lui un fardeau lourd à porter susceptible de causer son effondrement. Pour toute notre société, Noël devient l’occasion de purifier nos anthropologies en les faisant passer par le filtre du langage divin, du Verbe divin fait chair. Noël devient l’invitation à nous adressée de faire attention aux concepts que nous employons, aux désignations, aux caractérisations, aux nominations que nous attribuons aux enfants. En vue de votre jugement, rappelle Saint Paul, dites seulement des paroles bonnes et constructives37 . L’enfant centrafricain souffre d’être dans une société dont le système éducatif a connu la faillite. Il se meurt parce que miné par la précarité et le manque criant d’infrastructures adaptées et bien équipées. Il ne peut pas accéder aux soins vitaux. Mais au cœur de nos précarités, l’annonce de deux bonnes nouvelles. D’abord celle du projet du Complexe pédiatrique. Le passage du Saint Père sur notre 37 Ep 4, 29. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 15 terre, à l’instar de l’incarnation du Christ, a suscité un plus : solidaire du sort de l’enfant souffrant, le Saint Siège s’est engagé a transformé ce lieu afin qu’il soit plus accueillant, mieux soignant. Rendons grâce à Dieu.

 

Ensuite, autre motif d’action de grâce, afin de participer à la mobilisation nationale pour la restructuration du secteur éducatif, l’Archidiocèse crée avec le concours de la Conférence Épiscopale Italienne dix écoles villageoises. Je salue toutes les œuvres qui vont dans ce sens, développées par les communautés religieuses et les chrétiens de bonne volonté. J’émets le souhait que tout cela parvienne un jour à être coordonné, harmonisé. Pour finir, j’exhorte au respect des dispositions normatives concernant les Droits des Enfants. Noël est une invitation à ne pas oublier de conformer nos lois à la Loi de l’Amour mise en œuvre pour tous les âges dans la figure de l’enfant emmailloté et couché dans la mangeoire.

 

Je voudrais aussi m’adresser particulièrement à vous, enfants de Centrafrique, victimes de tant de maux. L’Enfant Jésus vous interpelle vous aussi pour que vous soyez acteurs de votre propre devenir. Dans mon homélie du troisième dimanche de l’Avent j’ai évoqué le contexte dans lequel vous devez faire émerger votre voix. Il s’agit d’un contexte vicié. Nombreux sont ceux qui depuis leur naissance n’ont connu que la guerre et les conflits sociétaux. Mais encore, « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 16 nombreux êtes vous, garçons et filles, qui vous laissez tenter par le piège de la promiscuité. Nombreux êtes vous à enfreindre l’interdit de l’avortement inhérent à la sacralité de la vie. Nombreux êtes-vous enfin à être victimes de cette mentalité ambiante exaltant la facilité au détriment de l’effort.

 

À vous mes chers enfants, je voudrais rappeler les précieuses paroles de Saint Paul : « Ne savez-vous pas que les coureurs, dans le stade, courent tous mais qu’un seul gagne le prix ? Courez donc de manière à le remporter. Tous les athlètes s’imposent une ascèse rigoureuse ; eux, c’est pour une couronne périssable, nous, pour une couronne impérissable. » 38 À vous, je voudrais encore évoquer à partir de l’héritage spirituel de l’Église quelques figures qui, en dépit de leur jeune âge, ont librement opté pour Jésus au détriment des tentations et des voix de ce monde. Je voudrais citer Dominique Savio qui, à la suite de Don Bosco, a su faire montre d’une extraordinaire fidélité et d’une vie intérieure toute orientée vers Jésus. Aux filles, je voudrais les inviter à contempler et solliciter l’intercession de Maria Goretti qui, au nom de sa foi, a su défendre sa virginité. Plus près de nous, je voudrais que vous tourniez les yeux et sollicitiez la prière de Kizito, martyr de l’Ouganda et de Joséphine Bakhita, cette esclave originaire du Soudan qui a contribué à la conversion de son maître. 38 Ep 9, 24-25. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5) 17

 

Chers frères et sœurs dans le Christ et vous tous, hommes et femmes de bonne volonté, L’appel que l’enfant-Jésus nous lance en ce jour de Noël, c’est de faire tout ce qui est possible afin que la lumière de Bethléem touche le cœur des hommes. Ce n’est qu’à travers la conversion des cœurs que peut être dépassée la cause de tout ce mal qui gît au fond de notre cœur. Ce n’est que si les hommes changent, que change le monde et, pour changer, les hommes ont besoin de la lumière qui vient de Dieu, cette lumière est entrée dans notre nuit. Le Seigneur est apparu comme un enfant et s’est montré à nous comme Celui qui nous aime et Celui par lequel l’amour vaincra. Et il nous fait comprendre qu’avec Lui nous devons être des artisans de paix. Que les personnes et les peuples n’aient pas peur de reconnaître Jésus et de l’accueillir. Que le Seigneur, qui a fait resplendir dans le Christ son visage de miséricorde vous comble de son bonheur et vous rende messagers de sa bonté ! Que l’Enfant Jésus, par l’intercession de la Sainte Vierge Marie, apporte le réconfort à tous les enfants, aux personnes qui sont dans l’épreuve et donne aux responsables de ce pays la sagesse et le courage de rechercher et de trouver des solutions humaines, justes et durables.

 

À tous je souhaite joyeux Noël !

 

S.Em Dieudonné Card. NZAPALAINGA

 

Archevêque Métropolitain de Bangui

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