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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 17:32
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Deux morts et des blessées lors de l’incursion d’hommes armés à l’Est du pays

 

Par Victor Komas le 2 mai 2017

 

BANGASSOU, 2 Mai 2017 (RJDH)—Le village Fodé, situé à 125 Km de Bangassou a été attaqué le 29 avril dernier par des hommes armés. La situation dans ce village est restée tendue malgré le calme signalé.

 

Deux personnes tuées, plusieurs blessés des habitations incendiées et des personnes enlevées, c’est le bilan de l’incursion de ce groupe armé au village Fodé. Cette attaque est attribuée, selon nos informations à la LRA de Joseph Kony très active dans cette partie de la République Centrafricaine.

 

Le village Fodé à deux heures de voyage de Bangassou, est attaqué après de folles rumeurs qui font état de menaces d’attaque contre le chef lieu du Mbomou. Cette attaque est aussi signalée alors que les forces américaines et ougandaises engagées dans la lutte contre la LRA, amorcent déjà leur retrait.

 

Plusieurs habitants du village Fodé se sont réfugiés à Bangassou. Un d’eux a indiqué que l’attaque a eu lieu à 4 heures du matin, « c’est vers 4 heures du matin nous avions été réveillés par des crépitements d’armes. Dans la foulée, deux personnes ont été tuées, une cinquantaine d’habitations incendiées, de nombreux blessés dont 4 évacués à l’hôpital de Bangassou. Je sais qu’il ya des personnes portées disparues ou enlevées », confie un d’eux contacté par le RJDH.

 

Le mode opératoire ressemble à celle de la LRA sur qui pèsent de soupçons, « ces éléments sont arrivés dans notre village avec des matériels de guerre tout neufs. Ils sont des éléments de la LRA », accuse la même source.

 

Alors que certains habitants de Fodé ont rejoint Bangassou d’autres se sont réfugiés dans la brousse par craindre de nouvelles attaques.

 

 

Centrafrique : L’effectif des policiers réduit par le gouvernement malgré le prochain recrutement

 

Par Bienvenue Marina Moulou-Gnatho le 2 mai 2017

 

BANGUI, 02 Mai 2017(RJDH)—L’effectif des policiers centrafricains va être réduit de 23 malgré le recrutement de 250 éléments que compte faire le pouvoir en place.

 

Le gouvernement centrafricain a admis à la retraire plus de 283 policiers. Contre ce chiffre, il compte recruter 250 policiers ce qui indique que l’effectif des policiers va baiser de 23 d’ici trois mois.

 

La liste des admis à la retraite est affichée à la Direction Générale de la police. Selon des informations du RJDH, environs 20% de ces agents n’ont pas encore atteint l’âge de la retraite. Un cadre au ministère de la sécurité publique infirme cette information et estime que tout a été fait dans « la règle de l’art », explique t-il.

 

Plusieurs cadres de la police contacté par contre ont rejeté cette affirmation et parlent d’une précipitation, « je suis admis à la retraite dans la liste actuelle alors qu’il me reste, selon les textes deux années de service. Là je suis obligé de descendre à Bangui, laissant mon poste pour préparer mon dossier de retraite » confie au RJDH un agent en service dans l’arrière-pays qui est obligé de rejoindre Bangui depuis la publication de la liste.

 

Malgré que le processus du recrutement ne soit pas encore achevé, le gouvernement vient d’admettre 283 policiers à la retraite. D’après les informations RJDH certains concernés n’ont pas encore atteint l’âge de 60 ans pour être admis à la retraite, à cela s’ajoute l’expérience que détiennent ces anciens policiers. Certains ont estimé être à la retraite en 2018, le temps de former encore les jeunes qui arrivent fraichement dans le métier.

 

De sources autorisées, les policiers admis à la retraite ont trois mois avant de cesser le travail. Mais tout calcul fait, le gouvernement a réduit de 23 l’effectif des policiers alors que le pays en proie encore à l’insécurité a besoin de force de l’ordre pour maitriser le banditisme qui prend de l’ampleur tant à Bangui qu’à l’intérieur du pays.

 

Depuis le 1er février, le gouvernement a lancé les opérations de recrutement de 500 gendarmes et policiers. La semaine dernière, la Minusca à l’origine de ces opérations, a annoncé avoir retenu 9.500 dossiers pour le test.

 

 

Centrafrique : Le gouvernement plaide pour la pérennisation du projet Londo

 

Par Judicael Yongo le 2 mai 2017

 

BANGUI, 02 Mai 2017(RJDH)—Le ministre du Plan Félix Moloua s’est engagé à pérenniser le projet Londo. Il a fait l’annonce ce matin lors du bilan à mi-parcours de ce projet qui privilégie les Travaux à Haute Intensité de Main d’œuvre (THIMO).

 

Selon le ministre du Plan, le projet Londo a déjà touché 45 des 71 sous-préfectures de la République Centrafricaine soit 63%. Selon les données en notre possession, 17.500 jeunes ont été recrutés dans le cadre des Travaux à Haute Intensité des Mains d’œuvres, travaux exécutés entre juillet 2015 et avril 2017. Un milliard dix-huit millions six cent onze francs CFA ont été déboursés pour reconstruire 1098 kilomètres de routes, aménager 12 aérodromes.

 

Le ministre centrafricain du Plan, Félix Moloua s’est dit satisfait du bilan actuel du projet et s’est engagé à plaider pour sa pérennisation, « nous sommes satisfaits des résultat du projet Londo qui est un projet d’urgence. Maintenant, nous sommes en train de travailler davantage pour d’autres appuis afin d’entretenir les efforts fournis dans le cadre du projet qui mérite d’être pérennisé », a annoncé le membre du gouvernement sans plus de détails.

 

Le projet « Londo » est un programme du gouvernement centrafricain financé par la Banque Mondiale depuis juillet 2015. L’objectif visé est de fournir de l’emploi aux populations vulnérables sur l’ensemble du pays afin de relancer les jeunes désœuvrés dans des activités génératrices de revenu ».

 

La phase 4 du projet Londo est en cours depuis mars 2017 dans 16 sous-préfectures situées dans le Nord-est, le sud-est, le centre, le sud-ouest et le Nord-ouest de la RCA.

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 16:58
Nouvelles nationales sur APA
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Plaidoyer des agences onusiennes en faveur de la RCA

 

APA-Bangui (Centrafrique) 02/05/17 - Les chefs des agences humanitaires des Nations Unies ont lancé un appel urgent à la communauté internationale à ne pas négliger la République centrafricaine (RCA) où les violences ont contraint 884 276 personnes à des déplacements forcés.

 

Ces victimes qui représentent le cinquième de la population centrafricaine connaissent également la faim et la malnutrition, soulignent les chefs d’agence des Nations Unies dont l’appel a été lancé samedi à Bangui, au terme d’une visite de quatre jours en RCA.

 

Au cours de cette visite, la délégation a pu s’entretenir avec les communautés affectées, la société civile, les bailleurs, les acteurs humanitaires et les autorités politiques. Elle a également visité la préfecture de l'Ouham Pendé au Nord-Ouest du pays. Cette région a été récemment touchée par des actes de violence.

 

«Il est encourageant de voir comment les communautés peuvent se relever si elles ont les outils et le soutien adéquats», a déclaré Abdou Dieng, Directeur régional du Programme alimentaire mondial pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre.

 

M. Dieng qui faisait partie de la délégation a ajouté : «J'ai vu comment les gens sont prêts à transformer une page très sombre dans leur vie et à avancer ».

 

«Répondre aux causes profondes de la violence intercommunautaire est essentiel pour promouvoir la sécurité et permettre aux communautés et aux services gouvernementaux de se redéployer. Cela est d’autant plus réussi lorsque le gouvernement, la société civile et les agences d'aide au développement travaillent ensemble», a, pour sa part, Richard Danziger, Directeur pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre de l’OIM.

 

Outre ces deux responsables, la délégation comprenait notamment Allegra Maria Baiocchi, Représentante régionale pour l'Afrique de l'Ouest et Centrale (OCHA), Yves Habumugisha, Directeur régional des affaires humanitaires et d'urgence de l’Afrique de l'Ouest pour l’ONG World vision et Anne Marie Deutschlander, Directrice régionale du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR).

 

Près de la moitié de la population centrafricaine - soit 2,2 millions de personnes - dépend de l'aide humanitaire pour survivre.

 

En raison de l’absence de l’autorité et des services de l’Etat dans la plupart des régions, les acteurs humanitaires fournissent aux populations environ 50% des services sociaux de base.

 

Le sous-financement chronique est tout aussi inquiétant dans la mesure où il menace l’existence d’une aide vitale. Le Plan de réponse humanitaire de 399,5 millions de dollars pour la RCA en 2017 – pour venir en aide à 1,6 million de personnes – n’est financé qu’à 10% seulement.

 

Le plan de réponse de 2016, d’un montant de 531,5 millions de dollars, avait été financé à moins de 40%.

 

Dans plusieurs régions de la Centrafrique, le départ de partenaires humanitaires, faute d’un financement suffisant, a augmenté la vulnérabilité des populations. Dans ces zones, ils étaient souvent les seuls à procurer des services sociaux de base à la population.

 

 

RCA : la FAO qualifie de « succès » la campagne agricole

 

APA-Bangui (Centrafrique) 02/05/17 - La campagne agricole 2017, financée par la FAO à hauteur de 10 millions de dollars, est « un succès » par rapport à la précédente grâce surtout au retour de la sécurité dans certaines régions du pays, a déclaré Jean Alexandre Scaglia, représentant de l’organisme onusien en Centrafrique.

 

« C’est un indicateur d’une véritable stabilisation du monde rural. Les rendements étant essentiellement soutenus par l’augmentation de surface. C’est dire que les paysans se sont sentis sécurisés et ont augmenté le nombre d’hectares de terres cultivées, se sont éloignés des villes et villages », a dit M. Scaglia, samedi à Bangui.

 

Il a ajouté : « C’est un paramètre qui montre un retour d’un certain niveau de confiance ; aussi vrai pour les céréales qui étaient des cultures beaucoup pillées, aujourd’hui les paysans ont la possibilité de les stocker et de les vendre ».

 

Cette embellie de l’agriculture est également valable dans le secteur d’élevage à cause de la confiance qui revient petit à petit, a soutenu M. Scaglia.

 

Pour ce premier cycle de l’année 2017, la FAO qui a bénéficié du soutien du Royaume-Uni, de l’UE et des USA s’est fixé pour but d’octroyer des semences vivrières et maraîchères à plus de 133 000 ménages en situation de grande précarité à travers toute la Centrafrique.

 

Dans le même temps, 69 400 ménages recevront des outillages.

 

Ce genre d’assistance permet de rétablir durablement la sécurité alimentaire des ménages et d’accélérer le processus de reconquête des terres rurales, a souligné le représentant de la FAO en RCA.

 

 

Cameroun: vers une interconnexion avec le Congo, la RCA et le Nigeria (ministère)

 

APA-Yaoundé (Cameroun) 02/05/17 - Le gouvernement camerounais a engagé des actions visant à interconnecter le Cameroun avec le Congo, le Nigeria et la République centrafricaine (RCA), dans le cadre du projet dorsale à fibre optique de l'Afrique centrale (Central African Backbone Project, CAB), a appris APA auprès des services compétents du ministère des Postes et Télécommunications.

 

Les interconnexions, financées à hauteur de 30 milliards FCFA par la Banque africaine de développement (BAD) pour la période 2016-2019, seront sous-tendues par la signature, à brève échéance, de mémorandums d’entente avec les autorités des pays concernés.

 

Le projet d’infrastructure intégrateur CAB, selon le gouvernement, permettra d’une part aux pays d’Afrique centrale d’avoir accès aux câbles sous-marins à partir des points d’atterrissement longeant la côte camerounaise, et d’autre part d’interconnecter les capitales de ces pays entre elles.

 

Le Cameroun, qui ambitionne de devenir un hub technologique sous régional, dispose déjà d’une interconnexion par fibre optique avec la Guinée Équatoriale et le Tchad.

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 16:56
Afrique centrale: la BDEAC veut promouvoir une agriculture vivrière

 

Afrique centrale: la BDEAC veut promouvoir une agriculture vivrière

 

Par RFI Publié le 30-04-2017 Modifié le 30-04-2017 à 13:50

 

La Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC) dispose, depuis le 29 avril, d'un plan stratégique 2017-2021 qui va mettre un accent particulier sur le financement de l'agriculture, en vue de limiter les importations qui coûtent 3 000 milliards de FCFA par an à six pays de l’Afrique centrale. Cette institution a pour rôle essentiel de financer le développement du Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad qui composent la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC).

 

Dans son plan stratégique quinquennal arrêté, la BDEAC entend financer prioritairement l’agriculture, l’agro-industrie, la pêche, la pisciculture et l’élevage. Le but visé est de limiter les importations des denrées alimentaires, des produits laitiers et autres, que ces six pays membres assurent depuis les pays d’autres sous-régions africaines, ou encore d’Europe, d’Asie ou encore d’Amérique latine.

 

« Nous voulons promouvoir et financer vraiment la transformation de l’agriculture pour que nous allions vers une agriculture commerciale. Non seulement on peut contribuer à réduire les importations des produits alimentaires, mais nous croyons aussi que la sous-région de l’Afrique centrale peut devenir exportatrice net de produits alimentaires. Dans nos Etats, en moyenne chaque Etat dépense 500 milliards par an, rien qu’en importations des produits alimentaires », déplore Fortunato Ofa Mbo Nchama, président de la BDEAC.

 

Les importations pèsent lourdement sur les budgets des Etats, notamment en cette période où ils sont déficitaires, en raison de la baisse du prix du pétrole, une ressource dont dépend essentiellement la quasi-totalité des pays qui composent la BDEAC.

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 11:51
 RCA: les Casques bleus burundais diffèrent leur départ de Kaga-Bandoro

 

 

 

Par RFI Publié le 02-05-2017 Modifié le 02-05-2017 à 00:07

 

A Kaga-Bandoro, dans le nord de la Centrafrique, une semaine de tensions entre la population et la Minusca vient de s'achever. En cause, le départ du contingent burundais est contesté, notamment par les nombreux déplacés qui vivent encore dans leurs tentes de fortune.

 

Les Casques bleus burundais étaient arrivés en septembre dernier à Kaga-Bandoro. Alors que la région connaissait de nombreux combats entre anti-balaka et ex-Seleka, ils étaient venus renforcer temporairement le contingent pakistanais de la Minusca. Ces derniers sont vivement critiqués par les habitants de la ville. Notamment concernant leur inaction supposée lors de l'incendie du camp de déplacés qui a fait une trentaine de morts le 12 octobre dernier après l'attaque des Seleka du MPC (Mouvement patriotique pour la Centrafrique) d'al-Khatim.

 

Depuis, ces déplacés se sont installés à l'entrée du camp de base de la Minusca et seraient environ 15 000 à vivre dans des conditions précaires.

 

Depuis jeudi, des manifestations ont été organisées pour protester contre le départ des Casques bleus burundais et des barricades étaient érigées dans la ville, mais également à Ndomété à une quinzaine de kilomètres au sud, empêchant ainsi les camions de ravitailler Kaga-Bandoro.

 

La tension semble être retombée après que des négociations ont abouti. Car si le départ des Casques bleus burundais est acté par la Minusca, ceux-ci ont accepté de différer leur départ, à une date encore inconnue.

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 11:39
Lu pour vous : Le désarmement en Centrafrique, un éternel recommencement

 

 

 

http://mondafrique.com  Par  Aza Boukhris  2 mai 2017

 

Avec le déblocage des crédits, 30 millions de dollars US de la Banque Mondiale, le Comité consultatif et de suivi de Désarmement-Démobilisation-Réinsertion-Rapatriement (DDRR) a commencé ses auditions avec quatorze groupes armés, sous la présidence du ministre conseiller à la Présidence Willybiro Sako. Cet ancien ministre d’État dans le gouvernement Touadera du régime Bozizé, connaît bien les causes de l’échec du précédent DDR de 2010-2011. Les importants détournements de fonds impunis vont-ils se reproduire? On assiste à nouveau aux dérives de la bureaucratie qui se finance à fonds perdus avec ses comités sectoriels, ses coûteux experts civils et militaires internationaux et l’absence de résultats sur le terrain avec les groupes rebelles diu nord-est

 

Les mêmes autorités centrafricaines sont au pouvoir que sous le précédent DDR. Elles n’ont plus d’autorité sur près de 60 % du territoire national et les groupes rebelles se sont multipliés. On peut craindre que les partenaires de la Centrafrique sont largement amnésiques aveugles sur les actuelles données du terrain.

 

Rallonges budgétaires

 

Les palabres nourricières risquent donc de se multiplier et durer tant que les crédits seront disponibles. Avec en ligne de mire, leur inexorable épuisement avant leur réelle concrétisation sur le terrain. On peut donc s’attendre à voir le Président Touadera se rendre, une énième fois, aux Nations Unies pour réclamer une rallonge, comme il l’avait fait à la mi-décembre 2011, alors qu’il était Premier ministre et que les crédits di DDR étaient épuisés.

 

On l’entendra sans doute reprendre le même discours. Mais qui s’en souviendra ?

 

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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 11:30
République centrafricaine : Des groupes armés s'attaquent aux populations civiles (HRW)

 

République centrafricaine : Des groupes armés s'attaquent aux populations civiles


Le centre du pays est en proie à une flambée de violences



(Nairobi, le 2 mai 2017) – Des groupes armés qui se disputent le contrôle d'une province du centre de la République centrafricaine se sont attaqués aux populations civiles au cours des trois derniers mois, dans ce qui apparaît comme une spirale de meurtres de représailles, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ces attaques ont fait au moins 45 morts et causé le déplacement d'au moins 11 000 personnes.

Depuis fin 2016, deux factions de la Séléka, un groupe armé majoritairement musulman, se sont affrontés durement dans la province de Ouaka, déjà marquée par l’instabilité : l'Union pour la Paix en Centrafrique (UPC), essentiellement composée d'hommes de l'ethnie Peul ; et le Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC), qui s'est allié avec les anti-balaka — le principal groupe armé ayant combattu la Séléka.

 

« Des groupes armés prennent les civils pour cibles en commettant des meurtres de représailles dans la partie centrale du pays », a déclaré Lewis Mudge, chercheur à la division Afrique de Human Rights Watch. « Tandis que les factions se disputent le pouvoir en République centrafricaine, les civils de tous bords sont exposés à leurs attaques meurtrières. »

 

Human Rights Watch a visité la province de Ouaka début avril 2017 et a interrogé, à Bambari, 20 personnes qui avaient récemment fui les combats. Ces personnes ont donné les noms et des indications au sujet d'environ 45 civils (17 hommes, 13 femmes et 15 enfants) qui avaient été tués par des combattants des deux camps. Le nombre total des victimes est très probablement plus élevé car de nombreuses personnes sont toujours portées disparues.

 

La force de maintien de la paix des Nations Unies dans le pays, la Mission multidimensionnelle intégrée pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), a déployé environ un millier de ses 12 870 membres dans la province de Ouaka au cours des trois derniers mois, mais les attaques se poursuivent.

 

L'escalade de la violence dans cette région illustre combien il importe de mettre sur pied et rendre opérationnelle la Cour pénale spéciale récemment créée, a déclaré Human Rights Watch. Ce tribunal — créé par une loi adoptée en juin 2015 — sera composé de juges et de procureurs nationaux et internationaux, mais fonctionnera dans le cadre du système judiciaire national de la République centrafricaine. Il enquêtera et poursuivra les auteurs de graves violations des droits humains commises dans le pays depuis 2003.

La dernière série de meurtres a commencé à la mi-février quand des combattants anti-balaka ont tendu une embuscade à un groupe de civils circulant à bord d'un camion dans le village de Ndoussoumba, tuant au moins 16 civils d'ethnie Peul. Une survivante, « Asatu », âgée de 20 ans, a déclaré à Human Rights Watch qu'elle avait sauté du camion au début de l'attaque et avait reçu une balle dans une jambe. « J'ai vu au moins 20 attaquants anti-balaka et beaucoup de cadavres sur le sol », a-t-elle dit. « Les anti-balaka nous tiraient dessus de près avec des kalachnikovs et des fusils artisanaux. »

 

Aux alentours du 19 mars, des miliciens anti-balaka ont attaqué trois hommes d'ethnie Peul à Yassine, une ville située dans une région aurifère au nord-est de Bambari, qui était sous le contrôle de l'UPC depuis 2014. Deux de ces hommes sont décédés ; trois témoins les ont décrits comme étant des bouchers de la région qui n'avaient pas participé à des combats. Le troisième homme a déclaré qu'il s'en était tiré de justesse après avoir eu une épaule éraflée par une balle.

 

Le 20 mars, des combattants anti-balaka et du FPRC qui se trouvaient stationnés dans les villes de Wadja Wadja et Agoudou-Manga, s'attendant à une attaque imminente de l'UPC, ont ordonné aux habitants de se déplacer vers Yassine pour leur sécurité. Mais le lendemain vers 5h00 du matin, d'hommes de l'UPC ont attaqué Yassine, tuant au moins 18 civils, dont au moins 10 enfants.


« Les Peuls [combattants de l'UPC] ont commencé à tirer et à lancer des grenades dans notre direction », a affirmé « Marie », une habitante d'Agoudou-Manga qui a été contrainte de se réinstaller à Yassine. « Ils tiraient sur tout le monde. Les anti-balaka ont tout simplement abandonné les civils. J'ai vu des enfants morts pendant que je m'enfuyais. »

 

Un homme de Wadja Wadja, « Clément », qui se trouvait dans une autre partie du village quand l'attaque a commencé, a affirmé avoir perdu sa mère et quatre enfants dans cette attaque. « Ma femme m'a dit plus tard que les enfants jouaient sur la natte [devant une hutte] avec le bébé quand l'attaque a commencé. Nous les avons trouvés là, morts sur la natte. Ils avaient tous été atteints par des balles. J'ai perdu mon fils de 7 mois, ma fille de 3 ans, mon fils de 10 ans et ma fille de 13 ans. »

 

Human Rights Watch a documenté d'autres meurtres de civils commis par l'UPC dans la même région à la même période, comme à Ouropo, à Kpele et à Moko.

 

Le 13 avril, Médecins Sans Frontières a affirmé avoir documenté d'autres meurtres de civils aux alentours de Bakouma et de Nzako, dans la province de Mboumou, et dans la ville de Bria, dans la province de Haute-Kotto, toutes deux situées à l'est de la province de Ouaka. Human Rights Watch n'a pas pu avoir accès à ces zones en raison de la poursuite des violences.

 

« Ces meurtres sont le résultat de cycles de représailles », a déclaré à Human Rights Watch un responsable local à Bambari, la capitale de la province de Ouaka. « Un groupe va tuer une personne, alors l'autre groupe va en tuer trois, puis le premier groupe va en tuer vingt. »


Le général Ali Darassa Mahamat est le commandant des forces de l'UPC, qui contrôlent la majeure partie de la province de Ouaka depuis 2013. En décembre 2016, l'UPC a exécuté au moins 32 civils et capturé des combattants à la suite d'affrontements avec le FPRC à Bakala, à l'ouest de Bambari. En février, la MINUSCA a demandé à Darassa de quitter Bambari afin d'éviter une effusion de sang. Darassa et la plupart de ses forces sont maintenant basés à environ 50 kilomètres de la ville.

 

Hassan Bouba, coordinateur politique de l'UPC, a démenti que le groupe ait attaqué Yassine. « Au contraire, le village a été attaqué par la coalition des anti-balaka et du FPRC, et l'UPC a dû venir à la rescousse », a-t-il dit par téléphone le 19 avril. « Le village a été attaqué parce que la coalition éprouvait de la rancœur du fait que les gens de Yassine vivaient avec des Peuls. Nos hommes sont toujours là-bas pour protéger les habitants. »

 

Le directeur du cabinet politique du FPRC, Lambert Lissane, a affirmé par téléphone, le 24 avril, que les combattants du FPRC et leurs alliés anti-balaka n'étaient pas impliqués dans les attaques contre les civils peuls. Selon lui, il s'agissait là de fausses informations répandues par certaines personnes.


 

Au moins 11 000 personnes déplacées du fait des combats ont cherché refuge à Bambari depuis le 19 mars, selon des responsables d'organisations humanitaires sur place, et sont venues s'ajouter aux dizaines de milliers de déplacés qui se trouvaient déjà dans la ville. Les difficultés d’accès à de la nourriture et à un abri demeurent de graves problèmes.

 

L'appel de fonds de 399,5 millions de dollars US nécessaires pour financer le plan de réponse humanitaire de l'ONU n'a été couvert par les gouvernements qu'à hauteur de 7,9 %.


Les crimes commis dans la province de Ouaka relèvent de la compétence de la Cour pénale spéciale (CPS) et de la Cour pénale internationale (CPI).

 

En septembre 2014, la CPI a ouvert une enquête sur les crimes commis en République centrafricaine depuis 2012. Cette enquête présente l’occasion d’établir une importante part des responsabilités pour les crimes commis, mais elle n’aboutira probablement à des procès que dans qu'un petit nombre d’affaires. Le gouvernement a nommé le procureur de la CPS en février, mais le tribunal est toujours à court de personnel et de locaux. Le gouvernement, l'ONU et les gouvernements partenaires devraient fournir un appui financier, logistique et politique à ce tribunal afin qu'il puisse commencer ses travaux sans tarder, a déclaré Human Rights Watch.


« Dans le centre du pays, les affrontements se sont aggravés et le nombre de victimes parmi la population civile a augmenté », a affirmé Lewis Mudge. « Une attention redoublée et la volonté de faire rendre des comptes aux commandants dont les troupes commettent des abus sont nécessaires pour empêcher le pays de retomber dans les effusions de sang à grande échelle qui ont entaché son passé récent. »

Pour davantage d'informations sur les violences dans la province de Ouaka, veuillez lire ci-dessous.


Pour consulter d'autres communiqués ou rapports de Human Rights Watch sur la République centrafricaine, veuillez suivre le lien:


https://www.hrw.org/fr/africa/central-african-republic

Pour de plus amples informations, veuillez contacter:


À Nairobi, Lewis Mudge (anglais, français): +254-700-657-569 (portable); ou +1-646-637-3801; ou mudgel@hrw.org. Suivez-le sur Twitter : @LewisMudge
À Paris, Bénédicte Jeannerod (anglais, français): +33-1-43-59-55-31; ou +33-6-74-32-88-94; ou jeanneb@hrw.org. Suivez-la sur Twitter : @BenJeannerod
À New York, Philippe Bolopion (français, anglais) : +1-212-216-1276; ou +1-917-734-3201 (portable); ou bolopion@hrw.org. Suivez-le sur Twitter: @Bolopion

Le conflit en République centrafricaine


La République centrafricaine est en crise depuis fin 2012, lorsque les rebelles majoritairement musulmans de la Séléka ont lancé une campagne militaire contre le gouvernement de l'ancien président François Bozizé, s'emparant de la capitale, Bangui, en mars 2013. Leur régime a été marqué par des violations des droits humains généralisées, y compris des meurtres de civils à grande échelle. Vers le milieu de 2013, des milices chrétiennes et animistes connues sous le nom d'anti-balaka ont commencé à organiser la contre-attaque contre la Séléka. Assimilant tous les musulmans à la Séléka, les anti-balaka ont mené sur une large échelle des attaques de représailles contre les civils musulmans à Bangui et dans les régions de l'ouest du pays.



En 2014, les forces de l'Union africaine et les forces françaises ont chassé la Séléka de Bangui et, vers la fin de l'année, la Séléka s'est scindée en plusieurs factions, chacune contrôlant sa propre zone.



L'Union pour la Paix en Centrafrique (UPC)


L'UPC est une faction issue du Front populaire pour le redressement (FPR), un groupe rebelle tchadien composé essentiellement de Peuls tchadiens et centrafricains et commandé par le Tchadien Babba Laddé. Le commandant adjoint du FPR, Ali Darassa Mahamant, a rejoint la Séléka et a créé officiellement l'UPC en septembre 2014. Il en est actuellement le président et le commandant.

 

Le Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC)

 

Deux anciens dirigeants de la Séléka, Michel Djotodia et Noureddine Adam, sont les chefs de cette faction issue de la Séléka. En juillet 2015, un groupe au sein du FPRC s'en est séparé pour former le Mouvement Patriotique pour la Centrafrique (MPC). Quoique ces deux factions aient dans le passé rivalisé pour établir leur pouvoir, en particulier aux alentours de Kaga-Bandoro, elles ont également uni leurs forces lorsque cela leur était mutuellement bénéfique.

Les combattants du FPRC et du MPC ont tué des civils lors d'attaques, notamment en octobre 2016 lorsqu'ils ont rasé un camp pour personnes déplacées à Kaga-Bandoro, tuant au moins 37 civils et en blessant 57.

Des affrontements intenses entre l'UPC et le FPRC ont commencé en novembre à Bria. Ces combats, qui ont duré 11 jours, ont fait au moins 14 morts et 76 blessés parmi les civils.



L'attaque de Yassine


La ville de Yassine, située dans une région aurifère près d'Ippy, au nord-est de Bambari, et la zone alentour sont tombées sous le contrôle de l'UPC en 2014, mais ont été tenues alternativement par l'UPC et le FPRC depuis que ces deux groupes ont commencé à s'affronter fin 2016.



Aux alentours du 19 mars, des miliciens anti-balaka ont attaqué trois hommes d'ethnie Peul à Yassine, tuant deux d'entre eux, Soulymane Abassa et Ousmane. Trois témoins ont affirmé à Human Rights Watch que ces hommes étaient des bouchers locaux qui n'avaient pas participé à des combats. Le survivant de l'attaque a raconté :

 

Soulymane, Ousmane et moi-même avions tué une vache et nous étions sur le point de la découper quand les anti-balaka sont arrivés. Ils ont commencé à ouvrir le feu dans le village et nous nous sommes enfuis chacun de notre côté. Ils m'ont vu et m'ont tiré dessus, et la balle m'a éraflé l'épaule, mais j'ai pu courir jusqu'à de hautes herbes pour me cacher. De là, je les ai vus tuer Soulymane par balles et Ousmane à coups de machette.

 

Le 7 avril, un chercheur de Human Rights Watch a constaté la présence de cicatrices sur le corps de ce survivant, conformément à son témoignage.


Le 20 mars, des combattants anti-balaka et du FPRC stationnés dans les villes de Wadja Wadja et Agoudou-Manga ont forcé la population à se déplacer vers Yassine. Selon les habitants, les combattants ont expliqué qu'ils s'attendaient à une attaque de représailles de l'UPC soit contre Wadja Wadja, soit contre Agoudou-Manga, et que c'était pour leur sécurité qu'ils obligeaient les habitants à se déplacer. « Nous leur avons demandé si nous pouvions aller nous cacher dans les broussailles, mais la coalition ne nous y a pas autorisés », a déclaré un habitant de Wadja Wajda. « Ils voulaient que nous allions à Yassine. »

 

Yassine avait été désertée à cause de combats récents et les centaines d'habitants de Wadja Wadja et d'Agoudou-Manga ont cherché refuge dans des maisons abandonnées, dans la nuit du 20 mars. Des témoins ont affirmé que la plupart des combattants anti-balaka et du FPRC sont alors retournés à Wadja Wadja et à Agoudou-Manga, plutôt que de dormir à Yassine.

 

Vers 5h00 du matin le 21 mars, des combattants de l'UPC ont attaqué Yassine, qui était dans une large mesure sans défense. « Marcel », âgé de 39 ans, a déclaré que le village semblait encerclé. « Il y a eu un coup de feu, puis il a semblé qu'ils commençaient à tirer sur nous de toutes les directions autour du village », a-t-il dit. « Ils tiraient au fusil automatique et au lance-roquettes. Il était très difficile de savoir où s'enfuir car ils tiraient dans toutes les directions et sur tout ce qui bougeait. » Lors de l'attaque, les quelques combattants anti-balaka et du FPRC qui étaient restés à Yassine se sont enfuis dans les bois environnants.

 

« Marie », âgée d'environ 40 ans, a affirmé avoir reconnu certains des attaquants de l'UPC. « Je connaissais certains de ces hommes, c'étaient des miliciens d'Ali Darassa », a-t-elle dit. « Ils étaient déjà venus souvent pour voler et c'étaient les mêmes que ceux qui percevaient des taxes à l'entrée des mines d'or pour l'UPC. »

 

« Faustin », un habitant de Wadja Wadja âgé de 55 ans, a déclaré qu'il s'était enfui dans la forêt environnante ?

 

Pendant ma fuite, j'ai vu des cadavres. À un moment, j'ai entendu une femme qui criait que son mari et son fils avaient été tués. Au bout d'environ une heure, l'attaque a cessé et je suis retourné lentement vers le village. J'ai vu de nombreux cadavres dans la nature. Certaines personnes étaient mortes parce qu'elles avaient été blessées, d'autres semblaient avoir été tuées sur place.

 

Un habitant d'Agoudou-Manga âgé de 47 ans, « Maurice », a déclaré avoir vu les corps de jeunes enfants, morts alors qu'ils tentaient de s'enfuir dans les bois. « Il y avait un grand cours d'eau qui n'était pas facile à traverser », a-t-il dit. « Alors que je revenais vers Yassine après l'attaque, j'ai vu trois enfants morts dans le cours d'eau. Ils avaient essayé de traverser en s'enfuyant, mais ils ne savaient pas nager et ils se sont noyés. Ils étaient jeunes, ils avaient peut-être entre 3 et 5 ans. »

 

« Blandine », une femme âgée de 30 ans ayant survécu à la polio mais qui ne peut pas marcher, a déclaré avoir fait semblant d'être morte pendant l'attaque car elle ne pouvait pas s'enfuir. Alors que les combattants de l'UPC pillaient Yassine, ils l'ont trouvée, ont volé ses biens et lui ont dit de partir, selon elle. S'aidant de béquilles, elle est sortie de Yassine et a vu les cadavres d'au moins sept enfants, de trois femmes et de quatre hommes.

 

Un habitant de Wadja Wadja, « Clément », a déclaré avoir perdu sa mère et ses quatre enfants dans l'attaque :

 

Nous étions venus de Wadja Wadja la veille au soir. Nous dormions dans une petite hutte à l'orée du village et les enfants étaient devant la hutte. Il faisait tellement chaud que les enfants dormaient dehors sur une natte. Tôt dans la matinée, je suis allé discuter avec d'autres hommes dans une autre partie du village. Soudain, nous avons entendu des coups de feu. J'ai essayé de retourner en courant auprès de ma famille, mais les tirs étaient trop intenses. Des gens tombaient devant moi, donc j'ai dû faire demi-tour et m'enfuir. J'ai couru dans les broussailles et je me suis caché.

 

Ma femme m'a dit plus tard que les enfants jouaient sur la natte avec le bébé quand l'attaque a commencé. Nous les avons trouvés là, morts sur la natte. Ils avaient tous été atteints par des balles. J'ai perdu mon fils de 7 mois, ma fille de 3 ans, mon fils de 10 ans et ma fille de 13 ans. Ma mère, qui avait 54 ans, a été brûlée vive dans une hutte où elle dormait. Nous avons enterré ma famille dans un trou qui avait été creusé pour installer une latrine. Tout le monde s'enfuyait, donc nous n'avons pas pu leur donner un enterrement adéquat.


Les attaques contre les membres de l'ethnie Peul


À la mi-février, des combattants anti-balaka ont tué au moins 16 civils d'ethnie Peul quand ils ont pris en embuscade un camion transportant des passagers à Ndourssoumba, un village situé à environ 30 kilomètres d'Ippy. Selon deux survivants, ce groupe avait commencé son voyage à Mbourousso et tentait de se mettre en sécurité à Bambari. Une femme d'environ 27 ans, qui a perdu deux enfants dans cette attaque, a déclaré :

 

Nous étions essentiellement un groupe de femmes et d'enfants. Nous tentions d'éviter les combats. Quand nous sommes entrés dans Ndourssoumba, les anti-balaka nous ont attaqués. Le camion s'est arrêté et j'ai vu qu'il y avait déjà des morts. Les anti-balaka se sont approchés très près de nous car nous n'avions pas d'armes. Ils ont continué à tirer sur nous. Nous avons tous décidé de fuir. J'ai sauté du camion et je me suis mise à courir. Pendant ma fuite, j'ai reçu une balle dans un pied mais j'ai continué à courir. Je portais mon fils Adam [âgé d'environ un an] dans le dos pendant que je courais. Je ne l'ai pas su mais il a reçu une balle dans le dos. Pendant que nous courions, ma fille Mariam [âgée de 3 ans] est tombée. Elle a été abattue. Je me suis enfuie dans les broussailles et, avec d'autres Peuls, nous sommes parvenus jusqu'à Boyo. Et de là, nous sommes allés à Bambari. Adam était blessé et il est mort quelques jours après notre arrivée à Bambari.


Des responsables locaux de la communauté Peul ont affirmé que d'autres Peuls étaient toujours dans les bois et dans la savane dans les provinces de Ouaka et de Haute-Kotto. Human Rights Watch a interrogé un témoin du meurtre d'un homme d'ethnie Peul nommé Dairou en février près de Baïdou, un village situé entre Ippy et Bria. Cet homme avait 10 enfants.

 

Les attaques dans la province de Ouaka

 

Au cours des semaines précédant l'attaque du 21 mars contre Yassine, les combattants de l'UPC ont intensifié leurs attaques contre les civils dans la province de Ouaka. En janvier, des miliciens de l'UPC ont attaqué des mines près d'Ouropo, sur la route reliant Bambari à Alindao. « Pascal », un habitant d'Ouropo âgé de 21ans, a déclaré :

 

L'UPC nous a attaqués alors que la nuit tombait. Nous n'avons pas eu d'autre choix que de nous enfuir. Je me suis enfui dans les broussailles, où je me suis caché pendant six jours. Pendant ces journées, j'ai découvert les corps de membres de ma famille. Ma sœur, Pulschirie Ndakala, a été tuée. Elle était enceinte de sept mois. Mon frère jumeau, Lucien, a aussi été tué. Son cadavre avait été dévoré par des animaux mais nous l'avons reconnu grâce à ses vêtements.

 

Environ à la même période que l'attaque d'Ouropo, des combattants de l'UPC ont attaqué Kpele, tuant deux civils, et Moko, tuant au moins quatre personnes. Un témoin de l'attaque de Moko a déclaré qu'il s'était enfui dans les bois et avait vu les combattants de l'UPC piller, incendier des maisons et tirer sur les civils. Des responsables locaux d'Ouropo et de Moko ont affirmé avoir reconnu les assaillants comme étant des miliciens de l'UPC placés sous le commandement d'un homme basé à Alindao et connu sous le nom de Bin Laden.


Établissement des responsabilités et droit international


En 2014, le gouvernement de transition de l'époque a saisi la Cour pénale internationale (CPI) de la situation en République centrafricaine depuis le 1er août 2012. La CPI a ouvert une enquête en septembre 2014. Mais elle n'a pas encore prononcé d'inculpation dans le cadre de cette enquête.

 

Compte tenu des limites du mandat et des ressources de la CPI, la nouvelle Cour pénale spéciale (CPS) offre une réelle occasion d'apporter une meilleure justice en poursuivant les commandants de toutes les parties au conflit qui sont responsables de crimes de guerre, tels que ceux commis par les anti-balaka, le FPRC et l'UPC. Ce tribunal a besoin d'un soutien international constant.

 

Le 15 février, le président Faustin-Archange Touadéra a nommé le colonel Toussaint Muntazini Mukimapa, procureur général des forces armées de la République démocratique du Congo, comme procureur spécial de la CPS, mais de nombreux autres postes n'ont pas encore été pourvus au sein de la Cour. Des systèmes visant à assurer la protection des témoins et du personnel de la Cour ne sont pas encore en place, mais sont essentiels pour que la Cour puisse fonctionner. Le gouvernement devrait faire de ce tribunal spécial une priorité et adopter un calendrier doté de dates butoir claires pour le rendre opérationnel.


Les meurtres délibérés de civils constituent une violation du droit international humanitaire et leurs auteurs peuvent être poursuivis en justice pour crimes de guerre. Le droit international humanitaire interdit également strictement aux parties à un conflit de cibler en guise de représailles des civils ou des combattants qui ont cessé de prendre part directement aux hostilités.

 

 

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 23:05
Nécrologie : Décès de l’ancien Recteur le Pr Gustave Bobossi Serengbe
Nécrologie : Décès de l’ancien Recteur le Pr Gustave Bobossi Serengbe

 

 

 

Pr agrégé de pédiatrie, l’ancien Recteur de l’Université Gustave Bobossi Serengbe s’est éteint le samedi 29 avril 2017 à l’Hôpital Cochin de Paris des suites de longue maladie a-t-on appris d’une source proche de sa famille.

 

C’est lui qui a succédé au Professeur Faustin Archange Touadera, aujourd’hui président de la République centrafricaine.

 

La rédaction de Centrafrique-Presse partage la grande douleur de sa famille et ses proches et leur présente ses condoléances les plus attristées.

 

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LE BUREAU DU CONSEIL NATIONAL DE L'ORDRE DES MÉDECINS, DES PHARMACIENS ET CHIRURGIEN-DENTISTES À LE REGRET D'ANNONCER À TOUS LES MÉDECINS, PHARMACIENS ET CHIRURGIEN-DENTISTES DE CENTRAFRIQUE LE DÉCÈS DU PROFESSEUR BOBOSSI GUSTAVE, PÉDIATRE ET ANCIEN RECTEUR DE L'UNIVERSITÉ DE BANGUI. DÉCÈS SURVENU À PARIS SUITE À DES PROBLÈMES DE SANTÉ.

 

LE CNO PRÉSENTE SES CONDOLÉANCES LES PLUS ATTRISTÉES À LA FAMILLE DE L'ILLUSTRE DISPARU

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 22:34
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : Un accrochage entre les autodéfenses et un groupe peulhs fait six morts à l’ouest du pays

 

Par Job Mohouna le 1 mai 2017

 

BABOUA : 1er mai 2017(RJDH)—Les groupes autodéfenses et les peulhs se sont affrontés ce 27 avril au village Nguia à l’ouest du pays. Les jeunes des villages Gbadalé et Guiabouar justifient cet affrontement en représailles à la mort d’un des leurs.

 

Des sources proches des jeunes jointes par le RJDH ont expliqué qu’ils ont saisi des quantités de cadenas visant à fermer les portes des villages avant de passer à l’assaut. Ces affrontements entre les deux communautés interviennent dans un contexte de transhumance qui créé souvent de conflit entre les communautés.

 

Les autorités administratives et judiciaires ont annoncé l’ouverture d’une enquête « au moment où je vous parle, nous ne connaissons pas exactement le mobile de cet affrontement entre ces deux communautés, mais je puis vous affirmer qu’une enquête est ouverte pour savoir les motivations des uns et des autres », a expliqué une source proche de la gendarmerie.

 

Environ dix personnes sont tuées par des hommes armés en un mois dans cette localité. Le calme est revenu mais la psychose est encore là en attendant la lumière sur cette affaire.

 

 

Centrafrique : Alexandre-Ferdinand Nguendet claque la porte de la majorité présidentielle

 

Par Jean Fernand Koena le 1 mai 2017

 

BANGUI, 1er Mai 2017(RJDH)—Le président du RPR Alexandre-Ferdinand Nguendet a claqué la porte de la majorité présidentielle pour militer désormais dans l’opposition à Faustin Archange Touadera. Position exprimée un an après l’investiture de celui qu’il a soutenu au second des élections groupées de 2016.

 

Le cercle de l’opposition s’accroit avec le retrait d’Alexandre Ferdinand Nguendet qui rejoint le rang de l’opposition. L’ancien président du Conseil national de transition emboite le pas à Anicet Georges Dologuelé, chef de fil de l’opposition qui a qualifié l’union sacrée proposée par Faustin Archange Touadera de ruse politique et dit être là où les résultats des élections veulent qu’il soit.

 

Pressenti pour être le médiateur de la République, Alexandre Ferdinand Nguendet est réduit à sa dimension d’acteur au sein de la majorité qui depuis un an n’arrive pas à prendre forme. Lors de la rentrée politique de son parti le RPR, il a dénoncé la chasse aux sorcières dont sont victimes les membres de son parti et appelé à l’arbitrage du chef de l’Etat. C’est la première pomme de discorde.

 

Le RPR est porteur d’une initiative qui milite en faveur de l’arrestation d’Ali Daras leaders de l’UPC, pour cela, il a lancé une pétition qui a recueilli environs 600 mille signatures d’adhésion des centrafricains de Bangui et de l’intérieur du pays. Le régime de Bangui est resté insensible à cette démarche et lui a opposé une fin de non-recevoir. Furieux, Alexandre Ferdinand Nguendet accuse le pouvoir de Bangui d’être de « connivence avec les groupes armés ».

 

Il verra alors sa conférence de presse relative au bilan de sa pétition influencée par les forces de l’ordre avant d’en avoir l’autorisation pour le faire au centre protestant pour la jeunesse. Un malaise de trop qui pousse l’allié de Touadera à clarifier sa position pour militer désormais dans l’opposition.

 

Dans la galaxie proche du pouvoir, on tente de minimiser l’acte de divorce par un silence dans un contexte où la majorité peine à prendre toute sa forme. Il n’y a pas un sans deux, le départ d’un des membres de la famille présidentielle est l’expression de ce que certains pensent tout bas.

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 22:23
Communiqué nécrologique du MLPC
Communiqué nécrologique du MLPC
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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 01:16
 Joseph Kony, la LRA et le retrait des troupes ougandaise et américaine d'Obo
 Joseph Kony, la LRA et le retrait des troupes ougandaise et américaine d'Obo
 Joseph Kony, la LRA et le retrait des troupes ougandaise et américaine d'Obo

 

 

 

Joseph Kony, l'ogre ougandais indéfectible et impuni

 

http://www.lci.fr  30 avr 12:18Michel Scott

 

FIN DE TRAQUE - Finira-t-il ses jours comme Pol Pot, dans la jungle, sans avoir payé pour ses crimes ? Après 30 ans d’exactions sanglantes, le gourou de "l’Armée de Résistance du Seigneur" (LRA), milice meurtrière à mi-chemin entre guérilla privée et secte millénariste, voit sa trace se perdre aux confins du Sud-Soudan et de la Centrafrique. Convaincues qu’il est toujours en vie, les forces spéciales américaines chargées de le retrouver ont pourtant mis fin à leur mission.

 

Nul ne sait où se trouve Joseph Kony. En tout cas, pas avec précision. Depuis les débuts de sa course au meurtre à la fin des années 80 dans un Ouganda du Nord qui s’opposait au pouvoir autoritaire de Yoweri Museveni, il n’aura finalement jamais arrêté de se cacher. D’abord chef rebelle en guerre contre le pouvoir en place à Kampala, il émigra avec ses troupes, composées pour beaucoup d’enfants arrachés à leurs familles, vers le Soudan voisin où il s’acoquina plus tard avec Riek Machar, chef sudiste soudanais aux allégeances fluctuantes qui l’amena à collaborer avec l’armée de Khartoum par intermittence dans un conflit qui ne le concernait pourtant guère. Sa transhumance se poursuivit vers la RDC, et le parc national de Garamba dans l’extrême nord-est congolais. Mais les pérégrinations assassines de ses milices le conduisirent également en République centrafricaine, à la fois territoire de nouvelles prédations et zone de repli tactique face à la traque incessante de l’armée ougandaise.

 

En 2005, le Tribunal Pénal International de La Haye lance ses mandats d’arrêt pour Kony et 4 de ses lieutenants. Rien n’y fait. L’homme est accusé, partout où il passe, de pratiquer la razzia, massacrant des villages entiers, pillant et violant, mais pratiquant aussi le rapt d’enfants, dont le sort dès cet instant se réduit à une déshumanisation complète, pour en faire de parfaits assassins à la solde de la LRA. Il faut lire à cet égard le livre de Ledio Cakaj When The Walking Defeats You, témoignage de Georges Omona, un ancien garde du corps de Kony. L’emprise démoniaque du gourou sur ses hommes, dans un système totalitaire de soumission collective à la violence, y est très bien décrite. La folie mystique d’un monstre persuadé d’être investi d’une mission divine, l’est également.

 

Arrêter les frais…

 

Depuis 2011, une opération des forces spéciales américaines, soldats d’élite et conseillers, était chargée d’épauler l’Ouganda dans sa chasse à l’homme régionale. En 2012, une vidéo de l’ONG Invisible Children dénonçant l’impunité du fugitif avait même fait le tour du monde, contribuant à mettre sa tête à prix pour 5 millions de dollars. Or, le Pentagone de la nouvelle ère Trump vient de décider d’arrêter les frais. En 6 ans, le montant de la facture militaire s’élèverait tout de même à près de 800 millions. Raison invoquée : la LRA ne menace plus personne ; Joseph Kony, un temps aux commandes de 5000 hommes, n’aurait plus autour de lui qu’une centaine de desperados à la fidélité de plus en plus fragile. Lui-même, selon certaines rumeurs, pourrait être assez malade.

 

La nouvelle ne ravira sans doute pas les populations locales, du côté d’Obo en RCA notamment, où l’on a senti la présence des survivants de Kony ces derniers mois, de part et d’autres des 3 frontières qui se croisent dans ce bout d’Afrique. Mais il est vrai que la situation de guerre larvée et de détresse humanitaire atteint un tel niveau en ce moment au Sud-Soudan, en Centrafrique et au Congo, que le sort d’un seul assassin, fut-il Joseph Kony, peut apparaître insignifiant en comparaison.

 

 

 

Analyses

 

La fin de la traque contre Joseph Kony génère mécontentement et peur

 

http://www.irinnews.org/

 

GULU, 26 avril 2017

 

L’Ouganda et les États-Unis ont mis fin à la traque lancée il y a six ans contre Joseph Kony, l’insaisissable chef de guerre, et sa tristement célèbre Armée de résistance du Seigneur (LRA).

 

L’arrêt de la mission, qui s’est principalement déroulée en République centrafricaine (RCA), contrarie le commandant des forces ougandaises dans le pays et inquiète les groupes de défense des droits qui craignent que l’échec de l’opération, qui visait à « tuer ou capturer » M. Kony, n’entraîne une reprise de l’insurrection.

 

L’Ouganda a entamé la semaine dernière le retrait de ses 2 500 soldats, selon les chiffres officiels, basés dans l’est de la RCA. Le départ des 100 soldats des forces spéciales des États-Unis, qui collaboraient avec les soldats ougandais, a commencé ce 26 avril.

 

La mission, baptisée Force régionale d’intervention de l’Union africaine (FRI-UA), était depuis ses débuts, ou presque, principalement l’affaire des Ougandais.

 

Mécontentement

 

La mission devait se composer de 5 000 soldats originaires du Soudan du Sud, de la République démocratique du Congo (RDC) et de la RCA. Mais les pays voisins, confrontés à des problèmes de sécurité sur leur propre territoire, n’ont jamais envoyé leur contingent ou ils l’ont retiré rapidement.

 

La force d’intervention n’est pas parvenue à obtenir des financements des bailleurs de fonds, c’est l’Ouganda qui a fini par régler la facture. Depuis 2011, les conseillers des forces spéciales armées étasuniennes ont toutefois fourni une aide en matière de renseignement et de logistique.

 

Le colonel Richard Otto est le commandant du contingent ougandais en RCA. Dans les bureaux du quartier général divisionnaire établi dans la ville de Gulu, au nord de l’Ouganda, cet homme agréable, ancien officier supérieur du renseignement militaire, décoré pour ses services, a évoqué les difficultés rencontrées pendant ses trois années d’affectations. « En RCA, la zone dans laquelle nous intervenons fait presque la taille de l’Ouganda. Vous imaginez [l’immensité], et je n’ai pas suffisamment de soldats », a-t-il expliqué à IRIN.

 

Les membres de la force d’intervention venaient de toutes les unités de l’armée ougandaise, mais, d’après les médias, ils n’auraient pas été plus de 1 500.

 

La planque

 

La RCA a été un lieu de refuge idéal pour la LRA. Le pays est secoué par des violences depuis 2013, lorsqu’une coalition rebelle à prédominance musulmane, baptisée Séléka, a renversé le gouvernement. mission des Nations Unies, la MINUSCA, n’a pas réussi à mettre fin aux violences entre les milices chrétiennes et l’ancienne Séléka.

 

« Les forces armées de la RCA ne sont pas encore organisées », a dit M. Otto qui, avant d’être envoyé en RCA, a servi en tant que responsable de la planification des opérations au sein des forces de l’Union africaine en Somalie. « Certaines sont en train d’être formées par [les] Nations Unies [et la] mission de formation de l’Union européenne, et elles n’ont pas encore été déployées dans l’est du pays ».

 

Le désordre qui règne en RCA a attiré non seulement la « Séléka » du Tchad voisin, mais aussi d’autres hommes armés, dont les milices « Janjawid » de la région soudanaise du Darfour venues dans le pays pour braconner des éléphants. « Il y a un assez grand nombre de groupes armés », a dit M. Otto. « Alors, quand on tombe sur eux dans la jungle, il est parfois difficile de savoir si on se bat contre la LRA ou d’autres [forces] ».

 

Les troupes ougandaises ont cependant enregistré des succès notables. Quatre hauts commandants de la LRA ont été capturés, et un groupe de 2 000 combattants qui semaient la terreur sur un large territoire de l’Afrique centrale a été sérieusement ébranlé.

 

En mouvement

 

La LRA, qui compterait aujourd’hui moins de 120 hommes armés, s’est scindée en petites unités opérant dans les régions les plus isolées de l’est de la RCA, du nord-est de la RDC et du Darfour.

 

« L’ennemi est toujours en mouvement », a dit M. Otto, affirmant qu’il y avait régulièrement des défections et que « plus de 1 000 civils » enlevés par la LRA avaient été libérés.

 

La tête de M. Kony, recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, a été mise à prix à cinq millions de dollars. Il se cacherait actuellement dans l’enclave de Kafia-Kingi, une zone frontalière que se disputent le Soudan et le Soudan du Sud.

 

Khartoum n’est pas membre de la force d’intervention régionale et, en tant que soutien de longue date de la LRA, il semblerait qu’elle ait offert un refuge à M. Kony.

 

Mais, élément crucial, M. Kony ne dirige plus ses hommes. « Il a perdu le commandement, le contrôle et la communication », a dit M. Otto. « Pour la première fois, la LRA a des factions. Il y a un groupe […] qui a décidé de quitter [la] LRA et qui opère seul ».

 

Bosco Kilama et Peter Ochora, deux hauts commandants de la LRA qui ont fait défection en RDC le mois dernier, partagent l’avis de M. Otto en ce qui concerne la désintégration du groupe. « La LRA est dans un piteux état. [Elle] est complètement désorganisée, sans commandement central. M. Kony vieillit et perd le contrôle sur les soldats », a dit M. Kilama à des journalistes sur la base aérienne d’Entebbe, en Ouganda, la semaine dernière. Les deux hommes bénéficieront d’une amnistie du gouvernement.

 

Mission accomplie ?

 

L’apparente impuissance de la LRA a permis à l’armée ougandaise et au commandement étasunien et africain de clamer bien fort l’insignifiance de M. Kony et ainsi de justifier la fin de leur participation à la traque.

 

Mais M. Otto, un Acholi du nord de l’Ouganda, bastion originel de la LRA, reconnaît que le groupe représente toujours une menace. « La volonté de se battre et d’attaquer les forces de sécurité n’est pas là. Mais ils sont toujours un problème pour la population en général », a-t-il dit à IRIN. « Ils pillent de la nourriture, volent de l’or, des diamants, tuent des éléphants dans le parc national de Garamba [au Congo] et dans le parc national de Zemongo en RCA », a-t-il dit. « Cela représente une source de revenus qui pourrait leur permettre d’avoir des armes pendant des années encore ».

 

Enlèvements

 

La LRA a enlevé 563 personnes au cours de 171 attaques menées en 2016, selon le groupe de surveillance LRA Crisis Tracker. Ce chiffre représente une baisse par rapport aux 737 enlèvements recensés au cours de 222 attaques lancées en 2015, mais il reste important. Au 30 mars 2017, la LRA aurait enlevé 147 personnes au cours de 43 attaques.

 

« Si l’on abandonne complètement la mission, il y aura des vides sécuritaires au sein de communautés déjà très vulnérables, particulièrement en République centrafricaine et dans le nord-est de la RDC », a dit Holly Dranginis, analyste principale du projet Enough, un groupe étasunien faisant campagne pour mettre fin aux génocides et aux crimes contre l’humanité. « Partir maintenant, cela veut dire démanteler les principaux sites de défection, laisser très peu de solutions aux personnes qui voudraient quitter la LRA et se réinsérer dans la vie civile », a-t-elle expliqué à IRIN.

 

Lino Owor Ogora, directeur de la fondation pour la justice et les initiatives de développement (Foundation for Justice and Development Initiatives) basée à Gulu, a noté : « La LRA a toujours profité des répits dans les combats pour se restructurer et se réorganiser. Les populations du nord de l’Ouganda vivent en paix depuis près de 10 ans maintenant, et la région est sur la bonne voie pour se rétablir. Ce serait dommage que la LRA revienne parce qu’on l’a laissée faire ».

 

Il y a aussi un sentiment de malaise en RCA. Le 16 avril, des habitants de la ville d’Obbo, qui a accueilli le quartier général tactique des forces ougandaises et étasuniennes, ont manifesté pour que les troupes restent sur place. M. Otto, qui s’est entretenu avec IRIN la semaine dernière, est rentré en RCA pour finaliser le retour chez eux de ses derniers hommes.

 

Et ensuite ?

 

Cependant, le gouvernement ougandais a laissé entendre qu’il ne se détournerait pas entièrement de cette insurrection qui a débuté en Ouganda il y a presque 30 ans avant de se propager aux pays voisins.

 

Richard Karemire, le porte-parole de l’armée, a dit la semaine dernière que l’Ouganda pourrait rejoindre la mission de maintien de la paix des Nations Unies en RCA avec un mandat renforcé pour éradiquer la LRA. Il a également laissé entendre que l’Ouganda pourrait soutenir « le renforcement de la capacité » des forces armées de la RCA pour « des opérations de lutte contre la LRA ».

 

M. Ogora, le directeur de la fondation basée à Gulu, est lui aussi favorable à une solution militaire s’appuyant sur les Nations Unies et les armées régionales pour « neutraliser » la LRA une fois pour toutes. « Sans cela, la LRA continuera à errer dans les jungles de Garamba comme elle le veut, à vendre de l’ivoire et à acheter des armes, à enlever et à tuer des civils ».

 

Mais Phil Clark, un spécialiste de la région des Grands Lacs à l’École des études orientales et africaines (SOAS) de l’université de Londres, a expliqué que la solution militaire a été testée et qu’elle a échoué. « Il faut une solution politique et l’amnistie doit être au cœur de la solution », a-t-il dit à IRIN.

 

Selon Mme Dranginis, « Les États-Unis devraient maintenir leur soutien aux campagnes de défection », car elles se sont avérées utiles en « affaiblissant le groupe et en offrant la possibilité aux combattants et aux personnes enlevées de s’enfuir ». Le processus de démobilisation et de réintégration est complexe, a-t-elle ajouté, mais il « peut porter ses fruits en matière de sécurité dans la région ».

 

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