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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 21:45

 

 

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 13-08-2014

 

La milice anti-Balaka s'est déclaré mardi prête à participer au futur gouvernement d'union, au moment où son principal adversaire, l'ex-alliance rebelle de la Séléka maintient son boycott au motif de violation du consensus obtenu lors de l'accord de cessez-le-feu du 23 juillet à Brazzaville (Congo) à travers la nomination de Mahamat Kamoun au poste de Premier ministre.

 

"Nous sommes tous les fils du pays. Si on nous appelle, nous serons prêts à servir notre pays. On ne peut pas faire la politique de la chaise vide", a déclaré à Xinhua au téléphone Emotion Brice Namsio, porte-parole des anti-Balakas (anti- machettes), constellation de groupes dits d'autodéfense favorables à l'ex-président François Bozizé renversé en mars 2013 par la Séléka.

 

A l'origine de l'enlisement de la crise sécuritaire et humanitaire qui secoue la République centrafricaine (RCA) depuis fin 2013 suite à l'offensive de la Séléka contre le pouvoir de Bozizé, les deux organisations sont signataires du cessez-le-feu conclu le 23 juillet dans la capitale congolaise sous l'égide du président congolais, médiateur de la crise au nom de ses pairs d'Afrique centrale.

 

Avant cette étape, un sommet de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC), tenu fin juin à Malabo (Guinée équatoriale) en marge du récent sommet de l'Union africaine (UA), avait donné son feu vert à la présidente de transition Catherine Samba-Panza pour la formation d'un nouveau gouvernement d'union nationale en remplacement de celui d'André Nzapayéké, nommé fin janvier.

 

Ex-directeur de cabinet dans le pouvoir de Michel Djotodia, leader de l'ex-Séléka, Mahamat Kamoun, 52 ans, a été désigné dimanche pour prendre la place du remplaçant de Nicolas Tiangaye, premier chef de ce gouvernement de transition centrafricain.

 

Pour le porte-parole des anti-Balakas, le nouveau Premier ministre qui avant cette date était ministre d'Etat, conseiller spécial à la présidence, "est un fils du pays, un Centrafricain pur sang. Le peuple centrafricain a trop souffert. C'est notre pays, l'heure n'est plus aux combats, aux violences."

 

Dans le camp des ex-rebelles, la nomination de Mahamat Kamoun, pourtant présenté comme issu de leurs rangs, n'est en revanche pas bien accueillie. Les ex-forts de Bangui accusent la présidente de transition d'avoir bafoué le consensus résultant de l'accord de Brazzaville en les excluant des consultations annoncées en grande pompe la semaine dernière pour opérer ce choix.

"Nous ne participerons pas au gouvernement. C'est la conséquence d'un manque de consensus. Depuis le 24 mars 2013, ce pays a toujours fonctionné sur la base de consensus et de compromis politiques. Ce n'est pas aujourd'hui que la chef de l'Etat doit violer tout ça", a observé le général Mohamed Moussa Dhaffane, porte-parole de l'ex-rébellion joint lui aussi à Bangui mardi.

 

Dès le lendemain l'annonce de la démission d'André Nzapayéké le 5 août, la présidence a informé le peuple centrafricain de la tenue pendant trois jours au Palais de la renaissance de consultations inclusives entre Catherine Samba-Panza et les différentes sensibilités sociopolitiques nationales incluant les ex-Séléka et les anti-Balakas.

 

Le général assure cependant que "nous n'avons pas été consultés. Nous étions disposés à le faire, mais nous n'avons pas reçu d'invitation. Nous avons entendu seulement à la radio qu'elle (la présidente de transition) va consulter les anti-Balakas, la Séléka, ceci, cela. Nous sommes surpris d'avoir été exclus du processus, puisque depuis qu'elle a été désignée par le CNT (Conseil national de transition, Parlement provisoire), nous lui apportons tout le soutien nécessaire."

 

"Nous n'avons pas envoyé de propositions ni de ministrables, ni de Premier ministrable. C'est très regrettable. Or, nous sommes signataires de l'accord de Brazzaville. Nous sommes un acteur qu'on ne peut pas contourner", a poursuivi le dirigeant rebelle.

 

Selon le programme officiel, Mahamat Kamoun prend ses fonctions ce mardi à Bangui. En vertu d'un, d'après certaines sources, schéma prescrit par la communauté internationale dans un souci de satisfaire les préoccupations des différents acteurs sociopolitiques centrafricains, il est censé former un gouvernement de 25 ministres, contre 20 pour le précédent.

 

Alors que le principal enjeu défi aujourd'hui reste de faire baisser les tensions pour sortir de la crise, la RCA peut-elle se permettre d'avoir une équipe gouvernementale dont sont inclus les ex-rebelles de la Séléka ? "Les choses iront très vite" pour la formation du cabinet Kamoun, a toutefois indiqué à Xinhua le porte- parole de la présidence Anicet Guiyama Mazogo.

 

Source: Agence de presse Xinhua

 

Centrafrique : les anti-Balakas prêts à participer au gouvernement, boycott maintenu de la Séléka

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 20:20

 

 

 

 

 

YAOUNDE, 12/08/14 (Xinhua) -- Deux jours après sa nomination dimanche à Bangui par la présidente de transition Catherine Samba-Panza, l'ex-directeur de cabinet de Michel Djotodia, Mahamat Kamoun, prendra ses fonctions mardi après-midi comme troisième Premier ministre du gouvernement d'union nationale depuis le début de la crise centrafricaine survenue fin 2012.

 

"Le nouveau Premier ministre prend fonction cet après-midi, vers 14 h ou 15 h (locales, entre 13 h et 14 h GMT)", a communiqué le porte-parole de la présidence Anicet Guiyama Mazogo joint mardi matin à Bangui par Xinhua.

 

Ministre d'Etat, conseiller spécial à la présidence depuis l'élection en janvier de Samba-Panza aux fonctions de chef de l'Etat par intérim lors d'un vote du Conseil national de transition (CNT, Parlement provisoire en place depuis juin 2013 après la prise du pouvoir de Djotodia trois mois auparavant), Mahamat Kamoun, 52 ans, est un Centrafricain originaire du Nord et d'obédience musulmane.

 

Ce choix, à en croire certaines indiscrétions, obéit à un schéma de la communauté internationale suggérant que, par souci d'équilibre sociologique, une personnalité remplissant ces deux critères soit désignée à la suite d'André Nzapayéké, contraint à la démission par l'accord de cessez-le-feu du 23 juillet à Brazzaville (Cong), la présidente de transition étant une chrétienne du Sud du pays.

 

Aussitôt nommé, le nouveau chef du gouvernement a fixé ses priorités, au nombre de cinq, dans un entretien à Xinhua : restauration de la paix et la sécurité sur l'ensemble du territoire centrafricain, réconciliation nationale, redéploiement de l'administration dans tout le pays, relance de l'économie nationale et préparation des futures élections générales.

 

Accusé d'appartenir à l'ex-rébellion de la Séléka qui avait porté son leader Michel Djotodia au pouvoir le 24 mars 2013 à Bangui, sa nomination est cependant contestée par une partie de l'opinion publique centrafricaine. Par exemple, Gervais Lakosso, coordonnateur de la société civile, a émis des doutes sur sa neutralité et son impartialité à rassembler, comme il l'a lui-même promis, ses concitoyens.

 

Curieusement, les ex-rebelles de la Séléka ont eux-mêmes aussi rejeté cette nomination, menaçant de ne pas participer à son cabinet censé comporter 25 membres contre 20 pour le précédent, une équipe qui ne tardera pas à être dévoilée après la cérémonie de prise de fonctions de ce mardi. "Les choses vont aller vite, mais je ne vous dis pas quand", a assuré le porte-parole de la présidence.

 

Mahamat Kamoun est un haut fonctionnaire centrafricain qui a par le passé exercé les fonctions de directeur général du budget puis du trésor, et aussi d'inspecteur central du ministère des Finances.

Centrafrique : le nouveau PM prend fonction mardi après-midi (présidence)

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 19:10

 

 

 

 

 

12/08/14 (AFP)

 

La situation reste tendue à Batangafo, dans le nord de la Centrafrique, malgré la présence de l'armée française dans la ville, après les violents affrontements qui l'ont opposé la semaine dernière à d'anciens rebelles Séléka, a-t-on appris de sources concordantes mardi.

 

"La situation est stabilisée à Batangafo et on ne peut parler d'affrontements à l'heure actuelle.(...) Les habitants qui avaient fui commencent à rentrer timidement chez eux", a affirmé à l'AFP un officier de l'opération française Sangaris.

 

Mais "la tension est toujours là, puisqu'il y a des hommes en armes de part et d'autres, cela fait peur" à la population, a-t-il ajouté.

 

Selon cet officier, la force africaine Misca "mène ses activités dans la localité avec l'appui des éléments français de Sangaris". Les forces internationales "continuent de faire appliquer les mesures de confiance".

 

Les combattants armés de l'ex-Séléka qui "sont cantonnés ne sont nullement inquiétés. Mais tous ceux qui essaient de se balader munis de leurs armes sont systématiquement désarmés", a-t-il prévenu.

 

Batangafo, à 300 km au nord de Bangui, avait été le théâtre de violents affrontements la semaine dernière entre soldats français et ex-Séléka, ex-coalition rebelle à dominante musulmane (au pouvoir à Bangui de mars 2013 à janvier 2014).

 

Le 4 août, les militaires français ont lourdement riposté à une embuscade tendue par des Séléka aux abords de la ville. D'autres accrochages ont éclaté les jours suivants, au cours desquels deux soldats français ont été blessés, selon Sangaris.

 

Ces affrontements ont fait une soixantaine de morts du côté Séléka, selon une source sécuritaire à Bangui.

 

Beaucoup d'habitants avaient fui pour se réfugier dans les lieux protégés par la Misca (mairie, paroisse, hôpital), ainsi que dans les localités voisines ou en brousse, a expliqué à l'AFP un habitant de Batangafo, Pierre Ndoutouol.

 

"Il y a des gens qui repartent chez eux par vagues successives. D'autres, craignant des exactions des ex-Séléka, ou d'être prisonniers des affrontements, n'osent pas quitter leur lieu de refuge", selon cet habitant.

 

"La présence de Sangaris et de la Misca nous rassure. Les activités reprennent peu à peu. Mais on ne sait pas s'ils vont rester longtemps, ou s'ils vont partir pour nous abandonner", a expliqué Pierre Ndoutouol.

 

"On a tous peur. On ne peut pas aller d'un point à l'autre sans hésitation", confirme une commerçante, Suzanne Mbaïkam.

 

Fin juillet, des affrontements entre Séléka et milices anti-balaka à Batangafo avaient déjà fait au moins 25 morts, dont vraisemblablement deux soldats de la Misca dont la mort n'a pas été confirmée de source officielle.

Centrafrique: situation toujours "tendue" à Batangafo (nord)

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 18:34

 

 

 

 

 

Le carnet de Colette Braeckman

 

http://blog.lesoir.be/ 12 août 2014

 

Contre l’avis de la communauté internationale, qui redoute son manque d’expérience, l’ancien conseiller spécial de la présidente centrafricaine Catherine Samba-Panza a été nommé au poste de Premier Ministre à Bangui. Même si cet ancien directeur du Trésor sous François Bozize, le président déchu, est le premier musulman à occuper cette fonction, sa nomination a provoqué le mécontentement des ex-rebelles de la Seleka, qui considèrent que le poste aurait dû leur revenir.

 

Cette nomination intervient dans un contexte tendu : la semaine dernière des affrontements entre la Seleka et la force française Sangaris ont fait une soixantaine de morts et le nord du pays, fief des rebelles musulmans, est toujours hors de portée des humanitaires. Ces derniers constatent que, sur le terrain, la situation ne fait qu’empirer : « elle est en train de virer au cauchemar » relève le directeur d’Aviation sans Frontières Belgique Christian Georlette, qui dénonce le fait que « des milliers d’enfants font l’objet d’une cruauté sans précédent : piégés dans les combats entre milices, des enfants ont été décapités et mutilés, tandis que d’autres agonisaient faute de soins. »

 

Dans cette situation d’extrême urgence, où les organisations humanitaires souhaiteraient pouvoir se déployer en brousse et occuper le terrain avant le début de la saison des pluies et des orages tropicaux qui rend les pistes impraticables, ASF Belgique a décidé de foncer : sur fonds propres, comptant sur la générosité de ses contributeurs privés, - de 12 à 15.000 donateurs plus un héritage - l’ONG belge, associée à ses homologues des Pays Bas et de Grande Bretagne, a envoyé en Centrafrique un appareil Cessna lui appartenant, pour une durée de cinq mois.

 

Sans attendre de co-financement mais espérant tout de même bénéficier de soutiens ultérieurs, du côté européen entre autres, ASF a jugé qu’il fallait répondre tout de suite aux besoins : « le Cessna 206 est l’avion de brousse par excellence, capable d’atterrir sur les pistes les plus sommaires. Alors que sur les pistes en terre, gorgées de pluie, des appareils plus lourds risquent d’ouvrir des ornières et de s’embourber, le Cessna, beaucoup plus léger, arrive à se poser sans encombre. Il nous permet d’aller là où les autres ne vont plus » explique Christian Georlette, soulignant que cet appareil complète le dispositif de transport aérien déjà sur place.

 

Malgré quelques difficultés bureaucratiques à l’arrivée, dues aux réticences d’ex Seleka, l’équipe d’ASF Belgique (un chef de mission et son adjoint ainsi qu’un pilote expérimenté, Hubert Decouvreur), a déjà été sollicitée par les Croix Rouges norvégienne et danoise, par Oxfam Angleterre, Save the Children et d’autres. Mais la vraie ambition d’ASF Belgique est aussi de travailler directement avec les ONG locales comme la Croix Rouge centrafricaine dont les membres ont déjà démontré leur engagement.

 

A plus long terme, ASF espère démontrer en Centrafrique sa capacité de gestion de projets de type humanitaire afin d’obtenir les moyens de réaliser des ambitions plus larges, comme l’acquisition d’un avion aéropropulseur dont les capacités d’action dépasseront celles du courageux petit Cessna, qui mènera des opérations dans un rayon de 350 km autour de Bangui et prépositionnera des stocks de carburant en cours de route, destinés à des opérations plus lointaines.

 

Partout dans le pays mais en particulier autour de Bangui, des dizaines de milliers de déplacés vivent toujours dans des camps, victimes de la malnutrition, de l’insécurité et de la persécution sur base ethnique.

 

Aviation sans Frontières Belgique vole au secours de la Centrafrique

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 14:17

 

 

 

 

 

 

12/08/14 (Le Figaro)

 

Le choix de Mahamat Kamoun, qui vise à rassurer cette communauté persécutée, est contesté. La Séléka, la rébellion à dominante islamique, réfute cette nomination d'un homme politique qu'elle juge trop proche de la présidente, Catherine Samba Panza.

 

La nomination dimanche d'un nouveau premier ministre en Centrafrique n'a pour l'heure pas apporté l'apaisement espéré. Lundi, le choix de Mahamat Kamoun était même jugé «risqué», selon un observateur européen, voire «dangereux» pour un homme politique africain. L'homme est pourtant musulman, une demande pressante de la communauté internationale. Les pays qui conduisent depuis décembre 2013 l'intervention militaire pour mettre un terme à la guerre en Centrafrique, la France en tête, espèrent ainsi rassurer la communauté islamique. Persécutés depuis des mois, ses membres ont dû massivement fuir dans les pays voisins pour éviter les massacres. Mais curieusement, à Bangui, cette croyance n'a fait l'objet que de peu de commentaires. «Ma confession n'a pas pesé dans le choix de me retenir», assure même Mahamat Kamoun. La compétence du nouveau premier ministre, un spécialiste des finances, n'est pas non plus mise en doute. «Il a les capacités», assure Martin Ziguélé, un ancien premier ministre.

 

L'inquiétude vient de sa proximité avec la présidente Catherine Samba Panza, nommée en février dernier et dont il fut l'un des très proches conseillers. Il est aussi le compagnon de Rachelle Ngakola, une amie de la chef de l'État, propulsée à la tête des douanes, première source de revenus du pays. «C'est un mauvais signal. On reprochait à la présidente de diriger avec un clan. En nommant Kamoun, elle va renforcer ce sentiment», regrette un diplomate africain qui souligne «le peu de réseau politique» de Kamoun. «Attendons de voir le gouvernement», remarque, matois, Martin Ziguélé.

 

Intenses combats fratricides

 

Cette méfiance ne va pas faciliter la tâche de Mahamat Kamoun. Son premier objectif est officiellement d'appliquer les accords de Brazzaville signés le 23 juillet. Le texte prévoit la mise en place d'un gouvernement d'union nationale et un cessez-le-feu. L'ex-Séléka, une coalition à majorité musulmane qui s'est rendue coupable de nombre d'exactions avant d'être chassée du pouvoir en décembre 2013, est censée déposer les armes. Les Anti-Balaka, des milices chrétiennes qui ont lynché des milliers de musulmans, y sont aussi contraints. Or ces accords, obtenus à l'arraché après des heures de discussions, sont des plus vacillants.

 

Paradoxalement, la contestation ne vient pas des rangs des Anti-Balaka. Même si Mahamat Kamoun fut un temps le directeur de cabinet du président de la Séléka, avant d'être écarté, une partie des miliciens semble s'en accommoder. «On peut travailler à la paix avec lui», dit l'un d'eux qui veut rester prudemment anonyme. Il est vrai que le week-end a illustré jusqu'à la caricature les divisions qui minent ces groupes qui n'ont jamais été hiérarchisés. Samedi et dimanche, d'intenses combats fratricides ont déchiré le quartier de Boye-Rabe, le fief des Anti-Balaka, et ont nécessité une intervention des troupes françaises.

 

Le vrai danger vient de la Séléka, qui a clairement rejeté le choix de Kamoun et l'idée de participer à un gouvernement. «Nous avons été surpris. C'est une décision qui a été prise sans concertation et qui ne montre aucun sens du compromis», assène le général Mohammed Dhaffane, négociateur de la Séléka à Brazzaville. La Séléka, qui contrôle toujours plus d'un tiers du pays, exige depuis des mois le poste de premier ministre. S'il n'obtient pas gain de cause, le général Dhaffane menace, à demi-mot, de demander la démission de la présidente et surtout de prononcer la sécession du nord de la Centrafrique. «Ce sont des cartes que nous pouvons jouer», remarque-t-il. Sur le terrain, les combattants Séléka ont déjà manifesté leur mauvaise humeur. La semaine dernière, de violents combats les ont opposés aux soldats français à Batangafo, au nord du pays.

 

Tanguy Berthemet

 

http://www.lefigaro.fr/international/2014/08/11/01003-201408...

 

Lu pour vous : Un premier ministre musulman pour la Centrafrique

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 14:10

 

 

 

 

 

12/08/14 (AFP)

 

Plutôt éloigné des arcanes politiciennes, le nouveau Premier ministre centrafricain Mahamat Kamoun est un spécialiste des finances qui a traversé les derniers régimes et est vu comme un proche de la présidente de transition Catherine Samba Panza.

 

A 52 ans, ce haut fonctionnaire incarne une certaine continuité par rapport à son prédécesseur, André Nzapayéké: comme lui, c'est avant tout un gestionnaire réputé "neutre" face aux groupes armés qui ont mis le pays à genoux. Comme lui, il s'est longtemps tenu à l'écart des interminables querelles politiques qui minent le pays depuis des décennies.

 

M. Kamoun est originaire de Ndélé, dans le nord du pays. Titulaire de plusieurs diplômes en économie, il a fait ses armes à l'Université de Boston, aux Etats-Unis, puis un troisième cycle à l'université Paris 1 de la Sorbonne, en France.

 

M. Kamoun a ensuite travaillé plusieurs années à Bangui pour la Banque internationale pour l'Afrique occidentale (BIAO), avant de rejoindre le ministère des Finances, où il a notamment été directeur général du Budget, puis du Trésor sous le président François Bozizé (au pouvoir de 2003 à mars 2013).

 

Il parle couramment l'anglais, le français, l'arabe et langue nationale centrafricaine, le sango.

 

Plusieurs accusations ont cependant entaché sa carrière de "gestionnaire", durant laquelle il s'est retrouvé mis en cause pour détournements de fonds et malversations financières, notamment en 2006-2007 durant son passage au Trésor. Il a été finalement blanchi par la justice centrafricaine.

 

Plus récemment, d'autres accusations ont été portées contre lui à la suite d'une aide budgétaire angolaise au gouvernement centrafricain, accusations balayées par l'entourage de la présidente de transition.

 

Ces derniers mois, Mahamat Kamoun est devenu très proche de Mme Samba Panza, dont il a l'oreille attentive et qu'il accompagne, en tant que conseiller spécial, dans tous ses déplacements à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2014.

 

On lui attribue un rôle efficace pour obtenir les votes des représentants de l'ex-Séléka au sein du Conseil national de transition (parlement) qui a désigné Mme Samba Panza à la tête de la transition en janvier 2014.

 

M. Kamoun a pour compagne Rachel Ngakola, une cousine de Mme Samba Panza, par ailleurs directrice générale des douanes.

 

- 'Compétence' plutôt que religion -

 

En le désignant Premier ministre, la présidente a tenu tête à la communauté internationale, qui soutenait ouvertement un autre candidat et pour qui Mahamat Kamoun reste un inconnu.

 

Sa nomination "n'est pas conforme aux voeux de la communauté internationale", a reconnu une source diplomatique occidentale à Bangui, mais elle "peut s'avérer une dernière chance à saisir".

 

Mahamat Kamoun est le premier musulman à occuper la fonction de Premier ministre depuis l'indépendance de cette ex-colonie française en 1960, meurtrie depuis un an par de terribles violences intercommunautaires qui ont fait des milliers de morts et jeté sur les routes des centaines de milliers de déplacés.

 

Ce critère religieux "auquel beaucoup font allusion aujourd'hui" n'a pas véritablement compté, a-t-il assuré à l'AFP, préférant mettre en avant sa "compétence, son expérience et son intégrité".

 

Sa nomination pourrait être un atout pour rassurer la communauté musulmane, calmer les tensions avec l'ex-Séléka et couper l'herbe sous le pied des tenants de la partition, analyse un bon connaisseur de la scène politique locale.

 

Par sûr cependant que sa confession suffise à amadouer les chefs militaires de l'ex-coalition rebelle Séléka à dominante musulmane, et plus particulièrement les "durs" du mouvement.

 

M. Kamoun n'est pas membre de la Séléka, mais il a été directeur de cabinet du chef rebelle Michel Djotodia après sa prise de pouvoir par la force en mars 2013. Il est donc familier des arcanes de l'ex-rébellion, aujourd'hui affaiblie et minée par les divisions.

 

 

 

RCA : les tuyaux de Samba-Panza au PM pour la formation du nouveau gouvernement

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-08-12 12:47:30 - Le nouveau Premier ministre centrafricain, Kamoun Mahamat, s’est félicité de l’audience que lui a accordée la présidente Catherine Samba-Panza, soulignant avoir reçu de cette dernières des directives et des critères sur lesquels il pourra s’appuyer pour procéder à la formation du futur gouvernement.


''Nous avons reçu des propositions émanant de toutes les entités signataires de l'accord de Brazzaville. Nous allons dans un bref délai examiner ces propositions et en fonction du profil qui a été défini, nous choisirons les fils et les filles qui seront membres de ce gouvernement'', a confié à APA, Kamoun Mahamat au sortir de l'audience qui a eu lieu, lundi, au Palais de la renaissance à Bangui.


Justifiant le choix porté sur sa modeste personne, le chef du gouvernement a balayé d'un revers de la main toutes les contestations provenant de la coalition séléka et de certaines entités « il n'est pas dit que le premier ministre devrait être choisi de la coalition séléka » a-t-il souligné.


Selon M Kamoun sa nomination s'inscrit dans l'Esprit de Brazzaville, car, relève-t-il, ‘'l'ensemble de la classe politique, la société civile, la confession religieuse, les mouvements politico-militaires tout le monde a souhaité avoir un premier ministre intègre, technocrate, compétent et expérimenté''.

 
Il a par ailleurs lancé un appel à la population pour un soutien dans ses lourdes missions. ‘'Je sais, a-t-il dit, que la tâche n'est pas facile mais avec le soutien  de tout le monde on va peut-être relever le défi''. 

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=801884#sthash.VDbDvdYI.dpuf 

Centrafrique: Mahamat Kamoun, un proche de la présidente à la tête du futur gouvernement

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 00:48

 

 

 

 

 

Par AFP, publié le  11 Août 2014 à 20:49

 

"Sécurité" et "restauration de l'Etat": le nouveau Premier ministre centrafricain Mahamat Kamoun a fixé lundi ses priorités, avec comme "objectif immédiat" la formation d'un gouvernement "inclusif" intégrant les groupes armés, en dépit de l'opposition affichée par l'ex-rébellion Séléka.

 

Nommé dimanche par la présidente de transition Catherine Samba Panza, M. Kamoun a expliqué, au cours de sa première conférence de presse à Bangui, vouloir travailler en priorité à "la sécurité, à la restauration de l'autorité de l'Etat" et à la "réconciliation nationale".

 

Autres dossiers urgents, selon lui: l'aide humanitaire aux populations en détresse, la relance de l'économie et de l'administration, et la préparation des élections générales de 2015.

 

Les "priorités restent les mêmes" que celles de la feuille de route élaborée à N'Djamena en janvier 2014 lors d'un sommet des pays d'Afrique centrale, et "validée par l'ensemble de la communauté internationale", a-t-il rappelé.

 

La tâche s'annonce ardue: la transition politique inaugurée en janvier 2014 par l'arrivée au pouvoir de la présidente Samba Panza, après le désastreux passage aux affaires de la Séléka, apparaît déjà à bout de souffle.

 

M. Kamoun devra relancer cette transition et obtenir l'application d'un très fragile accord de cessez-le-feu, signé fin juillet à Brazzaville sous la pression internationale entre l'ex-Séléka à dominante musulmane et les milices anti-balaka, majoritairement chrétiennes.

 

Depuis près d'un an, la Centrafrique connaît de sanglantes violences intercommunautaires -alimentées par les innombrables exactions de ces groupes armés- qui ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

 

La situation se normalise peu à peu à Bangui, mais des violences éclatent toujours en province où les tensions restent vives, malgré la présence des 2.000 militaires français de l'opération Sangaris et des 6.000 soldats de la force africaine Misca.

 

En six mois de pouvoir, la présidente Samba Panza n'est pas parvenue à faire cesser les violences, à véritablement établir son autorité ou à restaurer l'Etat, en totale décomposition.

 

Pour l'heure, le Premier ministre a l'"objectif immédiat de mettre en place le (nouveau) gouvernement".

 

 - 'Résultats concrets'-

 

Les tractations s'annoncent difficiles, alors que la Séléka espérait un Premier ministre issu de ses rangs.

 

Lundi, un porte-parole de l'ex-rébellion a prévenu qu'elle ne participerait pas au futur cabinet, son avis n'ayant "pas été pris en compte" par la présidente dans le choix du chef du gouvernement.

 

Minée par les divisions, la Séléka s'est en fait avérée incapable - à la différence des autres composantes politiques - de proposer un Premier ministre à Mme Samba Panza lors de ses consultations, a expliqué un porte-parole de la présidence.

 

"Nous allons travailler dans le sens de l'accord de cessation des hostilités qu'ils (les ex-Séléka) ont signé à Brazzaville pour aller progressivement vers la paix", a simplement réagi M. Kamoun.

 

Il a prévenu que le futur gouvernement compterait de 25 à 26 ministres, et non plus une vingtaine comme dans l'équipe précédente.

 

"Le gouvernement que nous comptons mettre en place doit compter le maximum d'entités" par souci "d'inclusivité", a-t-il souligné, laissant entendre que les anti-balaka y seraient représentés.

 

Haut fonctionnaire, spécialiste des finances, le nouveau Premier ministre, originaire de Ndélé (nord), est de confession musulmane et connaît les chefs de la Séléka.

 

Mais il n'est pas membre de l'ex-rébellion, même s'il a été directeur de cabinet du président Michel http://www.directmatin.fr/monde/2014-08-11/centrafrique-le-nouveau-premier-ministre-veut-la-securite-et-le-retour-de-letat Djotodia, le chef de l'ex-Séléka, au pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014.

 

M. Kamoun apparaît comme un proche de Mme Samba Panza, dont il était jusqu'à présent l'un des principaux conseillers.

 

Sa nomination a été accueillie très laconiquement par la France, l'ex-puissance coloniale: elle a "pris note" de son arrivée et espéré qu'elle "enclencherait une nouvelle dynamique qui doit produire des résultats concrets", selon le Quai d'Orsay.

 

"Il y a eu un agacement certain devant ce que l'on pourrait considérer comme une faiblesse des autorités de la transition" alors que la Centrafrique "ne sort toujours pas du chaos", a commenté à Bangui une source diplomatique occidentale.

 

"Le temps presse, on n'a pas besoin actuellement d'amateurisme ou de pilotage à vue, il faut que les choses bougent vraiment", a prévenu un diplomate africain.

 

Source : http://www.directmatin.fr/monde/2014-08-11/centrafrique-le-nouveau-premier-ministre-veut-la-securite-et-le-retour-de-letat

 

Centrafrique : le nouveau Premier ministre veut la sécurité et le retour de l'Etat

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 00:23

 

 

 

 

 

11/08/14 (AFP)

 

Le nouveau Premier ministre centrafricain Mahamat Kamoun, nommé dimanche par la présidente Samba Panza pour relancer la transition, aura pour priorité "la sécurité" et "la restauration de l'Etat", a-t-il déclaré lundi à Bangui.

 

M. Kamoun travaillera autour de "quatre axes majeurs", avec en premier lieu "la sécurité et la restauration de l'autorité de l'Etat", a-t-il expliqué au cours d'une conférence de presse. "Vous avez les questions d'assistance humanitaire, les défis humanitaires qu'il faut relever. Vous avez aussi la réconciliation nationale. Et la relance économique et des activités dans l'administration, et enfin la préparation des élections" générales en 2015, a énuméré M. Kamoun.

 

La présidente de la transition Catherine Samba Panza a nommé dimanche M. Kamoun, un musulman, comme nouveau Premier ministre pour diriger la transition, une première depuis l'indépendance du pays.

 

Spécialiste des finances, conseiller de Mme Samba Panza, M. Kamoun a été directeur général du Trésor sous le président François Bozizé (renversé en mars 2013) et directeur de cabinet de Michel Djotodia, le chef de l'ex-coalition rebelle Séléka à dominante musulmane, au pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014.

 

Le nouveau Premier ministre aura pour difficile mission de relancer la transition politique en panne, et tenter d'obtenir l'application d'un très fragile accord de cessez-le-feu signé fin juillet à Brazzaville sous la pression internationale entre l'ex-Séléka et les milices anti-balaka majoritairement chrétiennes.

 

"Notre tâche sera de poursuivre dans la direction" déjà prise par le Premier ministre démissionnaire André Nzapayéké, avec comme "objectif immédiat de mettre en place le (nouveau) gouvernement", a ajouté M. Kamoun.

 

"Aujourd'hui, nous nous sommes rendus compte qu'il y a des problèmes" à cause du nombre réduit de ministres (20) dans le cabinet sortant, a-t-il expliqué.

 

"Il faut donc un réaménagement. Il faut revoir ce chiffre à la hausse. Evidemment, les critères budgétaires, de financement restent de taille. Donc je crois que le prochain gouvernement va se situer autour de 25 ou 26 membres", a-t-il avancé, alors que "le gouvernement que nous comptons mettre en place doit compter le maximum d'entités" par souci "d'inclusivité".

 

 

Centrafrique : cinq choses à savoir sur Mahamat Kamoun, le nouveau PM

 

11/08/2014 à 18:19 Par Vincent Duhem Jeune Afrique

 

Ancien conseiller spécial de la présidente de transition, Catherine Samba-Panza, Mahamat Kamoun (53 ans) a été nommé dimanche au poste de Premier ministre. Pourtant, ce spécialiste des finances n'avait pas les faveurs de la communauté internationale.

 

La démission du Premier ministre André Nzapayeké n'a pas été facile à obtenir. Lorsque Catherine Samba-Panza lui a fait part de sa décision, le 31 juillet, il a admis que son départ était inéluctable. Mais, deux jours plus tard, il s'est montré moins conciliant. S'il a renoncé à récupérer son poste de vice-président de la Banque de développement des États de l'Afrique centrale, il a exigé, et obtenu, celui d'ambassadeur à Pretoria. L'entourage de la présidente le soupçonne d'avoir organisé en sous-main des manifestations pour dénoncer l'accord conclu à Brazzaville. Et d'avoir tenté de mobiliser une partie du CNT contre l'idée de son départ.

 

Qui est donc son successeur, Mahamat Kamoun, et qu'implique sa nomination ? Réponse en cinq points.

 

1. Mahamat Kamoum, un Runga de Ndélé

 

Né à Ndélé (dans l'extrême nord de la Centrafrique) le 13 novembre 1961, Mahamat Kamoun appartient à la famille du sultan de la région. Après des études d'économie à Bangui, Abidjan et Paris dans les années 1980, ce Runga (principale ethnie de cette province) occupe plusieurs postes de fonctionnaire au ministère des Finances et du budget de 2000 à  2006, dont ceux d'inspecteur des finances, de directeur général de budget et le directeur général du Trésor public, sous la présidence de François Bozizé. Membre du conseil d'administration de la Banque de développement des États de l'Afrique centrale (BDEAC) pendant un an, Kamoun quitte fin 2007 la RCA pour les États-Unis, où il obtient un diplôme de troisième cycle en économie de développement de l'Université de Boston.

 

2. Un intime de Samba-Panza

 

La présidente de transition et le nouveau Premier ministre se connaissent et s'apprécient depuis une dizaine d'années. C'est Kamoun qui a proposé à Djotodia de la nommer à la mairie de Bangui, deux mois après le coup d'État de mars 2013. Avec sa compagne (qui est aussi une proche de Samba-Panza), il fait partie du petit groupe de personnes qui l'ont aidé à être élue présidente de transition. Depuis, Mme Kamoun, ancienne directrice adjointe des Douanes, a pris la tête de cette administration. Lui est l'un des plus proches conseillers de la chef de l'État.

 

Le nouveau Premier ministre s'insurge contre les accusations de népotisme lancées contre sa femme : "Elle est fonctionnaire depuis de nombreuses années. Son supérieur a été nommé ministre, c'était assez logique qu'elle soit promue."

 

3. Des relations compliquées avec la Séléka

 

Kamoun a été nommé directeur de cabinet de Michel Djotodia peu de temps après le coup d'État. S'il a des liens de parenté avec un ancien ministre issu de la Séléka, Abdallah Kadr, il n'a jamais été membre de l'ancienne coalition rebelle - Djotodia avait surtout besoin de lui pour se doter d'une meilleure image. Ses relations avec l'ex-rébellion se sont rapidement dégradées, au point que lui et sa famille ont été agressés par les hommes du général Arda Akouma peu avant le changement de régime. Le 19 décembre 2013, son domicile privé est braqué et pillé : meubles, ordinateurs, téléphones, tout y passe. Sur le coup, l'ex-président ne fait part d'aucune compassion pour son directeur de cabinet. Et pour cause : les rebelles le soupçonnent depuis le sommet Afrique-France (5,6 décembre 2013 à Paris) de rouler pour Paris.

 

4. Sa réponse aux allégations de corruption

 

Son aventure au Trésor sous Bozizé s'est finie en eau de boudin. Accusé à plusieurs reprises de malversations financières, il manque d'être arrêté en novembre 2007 au retour d'un voyage à Paris pour raisons de santé. Si aucune information judiciaire n'est entamée contre lui, Kamoun se sent menacé et décide de quitter la Centrafrique à la fin de la même année.

 

Dernièrement, de nouvelles accusations de détournement de fonds ont fleuri dans la presse centrafricaine. On l'accuse d'avoir récupéré une partie des 10 millions de dollars d'aide accordés par l'Angola pour le paiement des salaires des fonctionnaires. Kamoun rejette en bloc ces accusations et s'explique : "L'Angola nous a fait un premier versement en cash de 5 millions de dollars en mars 2014. Nous voulions absolument payer les salaires au plus vite. Mais à Bangui, la Banque des États de l'Afrique centrale (Beac) nous a indiqué qu'elle faisait seulement ses opérations de change en euros. Les banques commerciales de Bangui nous ont, elles, répondu qu'elles n'avaient pas de liquidités suffisantes. C'est pour cela que, en accord avec le bureau central de la Beac à Yaoundé et le Trésor public centrafricain, nous avons procédé au change dans un établissement bancaire de Douala. L'argent a été versé sur le compte du Trésor public à Yaoundé, puis transféré à Bangui."

 

5. Une nomination accueillie fraîchement

 

La candidature de Kamoun n'a été portée par aucun des partenaires incontournables de la RCA. Tout le contraire de Karim Meckassoua. Début août, de fortes pressions se sont exercées pour que l'ancien ministre de François Bozizé succède à André Nzapayeké comme Premier ministre. Soutenue par Denis Sassou Nguesso, sa candidature l'était aussi par plusieurs membres de la communauté internationale. Lors d'une réunion avec Catherine Samba-Panza, la France, les Nations unies et l'Union africaine ont mis en avant ses qualités professionnelles. Le 1er août, la présidente a reçu un appel dans le même sens de Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française.

 

Mais si Samba-Panza disait début août apprécier les qualités de Meckassoua, elle considérait que la nomination de cette forte personnalité, outre qu'elle lui ferait de l'ombre, ne serait pas unanimement appréciée à Bangui. Le 10 août en fin de matinée, quand Samba-Panza, qui n'a pas du tout goûté ces pressions, a convoqué le corps diplomatique pour annoncer son choix, une partie de l'audience fut "pétrifiée", selon les termes d'un diplomate présent.

 

La nomination de Kamoun n'a pas plu à l'ex-Séléka. Particulièrement divisée, l'ancienne rébellion s'est tout de même fendue d'un communiqué annonçant qu'elle ne participerait pas au futur gouvernement.

 

Par Vincent DUHEM

 

Centrafrique: le nouveau Premier ministre fixe ses "priorités"

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Centrafrique-Presse.com
11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 13:24

 

 

 

 

 

Laurent Correau  lundi 11 août 2014 RFI

 

Notre invité est le nouveau Premier ministre centrafricain. Mahamat Kamoun a accordé à RFI sa toute première interview. Il évoque ses priorités et fait le constat de la difficile situation actuelle. Il répond aux questions de Laurent Correau.
 

RFI : Vous venez d’être nommé Premier ministre. Quelle est votre première réaction à cette nomination ?

 

Mahamat Kamoun : Ma première réaction, c’est d’abord de remercier madame la présidente de la République pour la confiance et surtout pour avoir porté son choix sur ma modeste personne, remercier également toutes les forces vives de la Nation avec lesquelles elle a eu des entretiens et des consultations approfondis et dont les conseils ont été déterminants pour ses choix. Le critère confessionnel a joué un rôle mineur dans la nomination, contrairement à ce que les uns et les autres peuvent penser. Je me pose comme un homme plein d’humilité, un homme compétent et ouvert, rassembleur. La réconciliation fait partie de l’action que le gouvernement de transition est appelé à mettre en œuvre. Donc avec tous les Centrafricains, le gouvernement, la communauté internationale, nous allons aller dans ce sens. Un premier cap a été franchi à Brazzaville. Ensuite avec le médiateur et les autres partenaires, nous allons attaquer la deuxième phase qui est le dialogue, les consultations populaires à la base au niveau des 16 préfectures de la République centrafricaine. Et ensuite, il y aura l’organisation d’un forum au niveau de Bangui, de réconciliation nationale.

 

Qu’est-ce que vous considérez aujourd’hui comme votre priorité en tant que nouveau Premier ministre ?

 

La priorité des priorités, c’est d’abord se pencher sur la formation du prochain gouvernement, lequel gouvernement doit être inclusif comprenant toutes les forces vives de la Nation. Nous allons mettre en place une équipe gouvernementale qui est composée de toutes les sensibilités politiques de ce pays et c’est ensemble que nous allons pousser l’action gouvernementale. Notre mission sera essentiellement de réussir cette transition.

 

Quel est votre message à la fois aux anti-Balaka et aux Seleka ?

 

Les anti-Balaka , les Seleka, les Centrafricains qui nous connaissent, ils savent de quoi nous sommes capables. Lors des accords qui ont été signés lors du forum de Brazzaville, ces deux entités ont démontré aux yeux du monde entier qu’ils étaient pour la paix et qu’ils étaient prêts à déposer les armes pour se consacrer à l’œuvre de reconstruction nationale. Donc nous avons confiance aux responsables de ces deux entités pour nous soutenir dans ce rôle difficile de reconstruction de notre pays.

 

L’application des accords de Brazzaville, c’est l’un de vos chantiers importants ?

 

C’est l’un des actes majeurs de notre action et de tous ceux qui nous accompagnent dans cette entreprise de transition. La situation est tributaire de la sécurité. Sans sécurité, comment voulez-vous que les gens puissent exercer leurs activités dans les champs ? Sans sécurité, comment voulez-vous que les gens puissent écouler leurs produits ? Et sans sécurité, comment voulez-vous que les gens puissent avoir du sel, du savon, qu’ils reviennent dans leurs domiciles respectifs ? Donc la sécurité est la priorité numéro un. Ensuite, il faut assister les gens et les inciter à revenir chez eux. C’est pour cela qu’avec les organismes humanitaires, nous allons continuer le travail pour permettre à chaque Centrafricain de revenir chez lui, et aussi à ceux qui sont à l’extérieur. Si nous voulons aller aux élections, il faut maintenant tout faire pour que les gens regagnent le pays.

 

Quel est le message que vous avez envie de délivrer aux Centrafricains aujourd’hui ? Qu’est-ce que vous avez envie de leur dire ?

 

Les Centrafricains me connaissent. Je leur demande du calme, c’est au pied du mur qu’on voit le maçon. Et surtout, ils font partie, ils sont au cœur de la politique du gouvernement que j’ai à nommer.

 

Quel est l’état dans lequel vous trouvez la Centrafrique en ce jour où vous êtes nommé Premier ministre ?

 

Si on fait une rétrospective de la situation du pays au moment où la présidente de la République, madame Catherine Samba-Panza, accédait à la magistrature suprême du pays, six mois après il y a eu des progrès importants : en termes de sécurité, sur le plan social, en termes de relance économique. Et tous ces résultats, il faut les mettre sur le dos du gouvernement sortant dirigé par André Nzapayèkè. La communauté internationale également avec la force Sangaris, la Misca, tout le monde a œuvré, tout le monde a mis du sien pour pouvoir arriver à cette situation. Nous sommes conscients que beaucoup reste à faire. Mais il ne faut pas non plus oublier les résultats qui ont été enregistrés à ce jour.

 

 

Lu pour vous :

 

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE : Mahamat Kamoun, le PM de tous les espoirs

 

11.08.2014 00:18 par www.guineeconakry.info

 

Après des consultations qui commençaient à tirer en longueur, la présidente centrafricaine, Catherine Samba Panza, a finalement désigné, hier, le successeur d’André Nzapayéké. Le nouveau premier ministre centrafricain se nomme Mahmat Kamoun. Choisi dans un contexte particulier et pour un défi de taille, le nouveau PM centrafricain semble réunir un minimum de critères qui semblent pertinents pour les besoins de la circonstance. Mais il faudra certainement attendre que la composition du nouveau gouvernement soit dévoilée, pour vérifier que tout le monde aura été contenté, et qu’il y a des raisons de croire que l’alchimie fonctionnera.

 

Ces derniers temps, après les exactions dont certains Centrafricains de confession musulmane ont été victimes, et surtout suite aux multiples récriminations des rebelles ex-Séléka, tout le monde s’était fait à l’idée, que pour aller vers la paix et la réconciliation, la primature devait revenir à un musulman. La présidente, elle-même, étant de confession chrétienne, que le premier ministre soit de l’autre grande religion du pays, cela réparerait ce que certains assimilent à une injustice qui a cours depuis l’indépendance. Avec le choix porté sur Mahmat Kamoun, ce premier critère semble avoir été satisfait.

 

Mais il n’y avait pas que cet aspect dont il fallait nécessairement tenir compte. Le nouveau chef du gouvernement devait, également, être relativement proche des ex-Séléka, sans heurter fondamentalement les anti-Balaka. Là aussi, le jeu d’équilibrisme auquel s’est livrée la présidente centrafricaine semble plutôt réussi. En effet, Mahmat Kamoun ayant été directeur de cabinet de Michel Djotodia, il y a des chances qu’il soit accepté par la frange des ex-Séléka qui étaient du forum de Brazzaville. D’un autre côté, ayant travaillé au trésor centrafricain, il ne doit pas être un ennemi juré à l’ancien président François Bozizé, dont on dit qu’il est le parrain clandestin des anti-Balaka.

 

Son passage au trésor fait également de Mahmat Kamoun, un technocrate dont le pays a aussi besoin pour faire face aux enjeux immenses de reconstruction socio-économique. Mais par-dessus tout, si Catherine Samba Panza l’a choisi, c’est parce que mettant à profit le peu de temps que ce dernier a passé à ses côtés, en tant que conseiller à la présidence de la République, elle a eu le temps de s’assurer que le nouveau PM ne lui jouera pas des coups bas. Ce dernier critère doit être l’une des raisons qui ont poussé Catherine Samba Panza à ne pas entériner le choix de la communauté internationale dont la France qui, elle, misait davantage sur Karim Meckassoua.

 

S’il est vrai qu’avec la crise centrafricaine et ses nombreux retournements de situation, on n’est jamais trop prudent, il semble toutefois que la présidente ait relativement réussi le premier niveau de l’exercice qui, pour elle, consiste à recomposer son équipe gouvernementale. Il reste tout de même à meubler les autres postes ministériels. En sachant qu’à cet autre niveau, il est attendu que toutes les entités de la société centrafricaine soient rassurées, ce n’est pas une partie de plaisir qui attend la présidente et le nouveau premier ministre.

 

Or, dans la crise centrafricaine, le tout ne sera pas non plus de réussir ce second niveau, encore faudrait-il que dans ce nouveau gouvernement, les querelles identitaires et politiques, ainsi que les clivages socioéconomiques n’interfèrent pas dans la mission d’ensemble de conduite du pays en direction de la paix et  de la réconciliation nationale.

 

Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info

Mahamat Kamoun: «Ensemble, nous allons pousser l'action gouvernementale»

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Centrafrique-Presse.com
11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 12:23

 

 

 

 

 

 

YAOUNDE, 11/08/14 (Xinhua) -- L'escalade de violences à Bangui, capitale centrafricaine, et dans d'autres villes, suite à une vaste offensive des miliciens anti-Balakas contre l'ex-rébellion de la Séléka dans la capitale fin 2013, environ 1.547 personnes ont été tuées et 1.359 autres blessées, révèle un rapport communiqué vendredi à Xinhua par le président de la Croix-Rouge centrafricaine, Antoine Mbao Bogo.

 

Ces chiffres sont le résultat d'un travail de collecte de données effectué dans des conditions extrêmement pénibles en raison des difficultés d'accès dans des théâtres de combats intenses entre les deux principaux protagonistes actuels de la crise due au conflit ayant conduit à la chute du régime de François Bozizé en mars 2013 après la prise du pouvoir de Michel Djotodia, leader de la Séléka.

 

C'est un décompte qui peut être estimé en deçà de la réalité, tant l'ampleur des violences dans ce pays pauvre et enclavé s'est avérée effroyable, de sorte que même la mission de restauration de la paix et de la sécurité confiée à la Mission internationale de soutien en Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) et de l'opération française Sangaris s'est révélée ardue.

 

Avec l'appui de la communauté internationale, les autorités centrafricaines ont enquêté sur les crimes commis pendant la crise, afin d'en établir les responsabilités dans des dossiers supposés être traités par un tribunal pénal spécial en voie de création, a confiée jeudi à Xinhua Ghislain Grésenguet, procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Bangui.

 

Le même travail est effectué par une commission d'enquête internationale créée en janvier par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, pour les violations des droits de l'homme relevant des crimes de génocide, crimes de guerre ou encore crimes contre l'humanité susceptibles d'être jugés par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, aux Pays-Bas.

 

Centrafrique : les violences depuis fin 2013 font 1.547 morts

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