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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 22:07

 

 

Brazzaville, 29/02/2016 à 21:11 (Starducongo.com) - Il était 10 heures, heure locale, le lundi 29 février 2016 que le chef d’Etat nouvellement élu de la République Centrafricaine, Faustin Touedera a foulé le sol de Brazzaville, par l’aéroport international Maya-Maya, pour une visite de 24 heures. Il est accueilli à sa descente d’avion par son homologue congolais, Denis Sassou N’Guesso, médiateur international dans la crise qui a déchiré son pays.

 

Une chaude et fraternelle accolade a marqué cette première rencontre des deux hommes d’Etat. Faustin Touadera, qui a la mission de conduire les destinées de la République centrafricaine post conflit entreprend cette visite de courtoisie auprès du médiateur dans la crise que son pays traverse, sans doute, exprimer dans les faits la reconnaissance de son peuple à l’égard du président Denis Sassou N’Guesso. Au regard des efforts consentis par le chef de l'Etat congolais dans la recherche des solutions au conflit qui déchirait la Centrafrique qu’il considère affectueusement comme pays frère. 


Le nouvel élu de la RCA a ainsi eu des entretiens en tête à tête de près de deux heures avec son hôte. Il ne s’est pas prêté aux questions de la presse pour dévoiler le contenu de ces entretiens. Mais, selon certaines indiscrétions, Faustin Touadera a mis à contribution son séjour brazzavillois pour prendre les conseils auprès d’un homme d’expérience, avant son investiture qui marquera le début effectif de son mandat. 

Des défis énormes attendent le nouveau président centrafricain, notamment la réconciliation et la reconstruction du pays, sans oublier le redressement de l’économie que la crise a davantage ruinée. 


Dans l’accomplissement de ces tâches certes difficiles, mais pas impossibles, le président centrafricain saura compter à l’évidence sur les Centrafricains, mais aussi sur ses partenaires internationaux. Et, son déplacement en direction de Brazzaville, deux semaines après son élection, à l’issue du second tour de la présidentielle, est la preuve qu’il compte effectivement sur l’apport d’un voisin qui plus est, a joué un rôle dans la mobilisation des fonds pour l’organisateur des fonds pour l’organisation de ce scrutin. Il pouvait avoir sollicité d’emblée que Denis Sassou N’Guesso appuie les nouvelle autorités qui vont s’installer bientôt dans la mobilisation des partenaires indispensables à la reconstruction de la RCA. Il s’agit donc d’un un acte majeur dans le renforcement de la coopération entre Brazzaville et Bangui. 


Depuis son élection, Faustin Touadera s’est déjà rendu Malabo et Ndjamena avant Brazzaville. 

 

 

Visite éclair du président centrafricain Faustin Touadera à Brazzaville 

              

APA-Brazzaville (Congo) 2016-02-29 20:23:22 - Le chef de l’Etat centrafricain, Faustin Touadera, est arrivé lundi matin à Brazzaville où il a été accueilli par son homologue congolais, Denis Sassou N’Guesso, médiateur dans la crise qui a déchiré la République centrafricaine ces dernières années.


Cette visite de courtoisie du nouveau président de la RCA auprès du médiateur Denis Sassou N'Guesso a sans doute pour objet d'exprimer sa reconnaissance et celle du peuple centrafricain au président congolais pour l'heureux aboutissement du processus avec l'élection du président de la République.

Le nouvel élu de la RCA a eu des entretiens en tête à tête de près de deux heures avec son hôte.

 

Faustin Touadera a été élu le 20 février, président de la République centrafricaine avec près de 63% des suffrages, à l'issue du second tour de la présidentielle qui l'a opposé au
son challenger Anicet Dologuele.


Après son élection, le président Touadera s'est rendu, avant le Congo, en Guinée Equatoriale et au Tchad.

 

http://apanews.net/news/fr/article.php?id=847086#sthash.IKQ9ga4k.dpuf

Congo-Centrafrique. Le nouveau président élu de Centrafrique, Faustin Touadera à Brazzaville
Congo-Centrafrique. Le nouveau président élu de Centrafrique, Faustin Touadera à Brazzaville
Centrafrique-Presse.com
29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 17:23
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

La délibération de la présidentielle et des législatives attendue demain mardi 1er mars

 

http://rjdh.org/ PAR ARMANDO YANGUENDJI LE 29 FÉVRIER 2016

 

Les résultats définitifs du second tour de la présidentielle et du 1er tour des législatives pourraient être proclamés mardi 1er mars 2016, a-t-on appris de sources proches de la cour constitutionnelle de transition, organe chargé de valider les résultats des élections en Centrafrique.

 

Une source à la cour constitutionnelle de transition a fait savoir sous l’anonymat que les résultats définitifs des dernières élections seront annoncés d’ici demain si aucune force majeure n’est signalée « la cour est déjà prête. C’est demain probablement que le peuple sera informé par les conseillers » a confié cette source.

 

Aucune surprise n’est attendue de l’avis de la même source « il n’y aura pas de surprise. Les résultats de la présidentielle seront validés malgré quelques retouches qui n’ont pas d’incidence sur les positionnements. Aux législatives, il n’y aura pas non plus de grand bouleversements » a-t-elle expliqué.

 

C’est à l’issue de la délibération de la cour constitutionnelle de transition le nouveau président élu sera investi et le second tour des législatives pourrait se tenir.

 

Faustin Archange Touadéra est déclaré vainqueur du second tour de la présidentielle par l’Autorité Nationale des Elections, le 20 février dernier avec 62,71/% contre 37,29% pour son adversaire du second tour, Anicet Georges Dologuelé. L’investiture du nouveau président est prévue pour le 30 mars 2016.

 

 

Les étudiants réclament à travers une grève, la publication de la liste additive des boursiers

 

http://rjdh.org/ PAR SAINT-CYR GBEGBE LE 29 FÉVRIER 2016

 

 Les étudiants ont organisé une manifestation ce lundi, matin pour réclamer la publication de la liste additive des boursiers. Une partie de l’avenue des Martyrs a été barricadée dans la journée de ce 29 février 2016.

 

L’avenue des Martyrs a été occupée ce matin par les étudiants en colère. Ils ont érigé des barricades pour bloquer la circulation.

 

Siméon Bengaye, un des manifestants a rappelé leur principale revendication en ces termes « le quota de bourse initialement prévu à l’Université de Bangui était de 2.500. Lors des travaux de la commission de cette année, cela a été porté à 2.900. A la fin, ils n’ont publié que 2.200. Nous réclamons aujourd’hui les 700, telle est la raison de notre grève ».

 

Norbert Poungaba, président de l’Association Nationale des Etudiants Centrafricains (ANECA), a fait savoir que les autorités n’ont pas encore satisfait les cas d’omissions « c’est ce qui justifie le mouvement de ce matin » a t-il précisé.

 

Le président de l’ANECA a confié au RJDH que les autorités de la transition n’ont pas tenu parole par rapport à ce dossier « le gouvernement avait pris l’engagement de signer dans un bref délai la liste additive des étudiants de l’Université de Bangui. Cet engagement a été pris depuis le mois de novembre. Jusque là, rien n’est encore fait », a-t-il indiqué.

 

Le RJDH n’a pu entrer en contact avec le ministère de l’enseignement supérieur pour des précisions. Toutefois, le rectorat contacté n’a pas souhaité se prononcer sur une affaire qu’il considère comme propre aux étudiants.

 

C’est la troisième grève des étudiants sur la question en l’espace de deux mois. Le dernier mouvement remonte au 3 février 2016.

 

 

Le ministère de l’agriculture veut relancer l’agriculture par région

 

http://rjdh.org/  PAR JUDICAEL YONGO LE 29 FÉVRIER 2016

 

Le ministère du développement rural a mis au point des plans de relance agricole par région. Selon, Fernand Selkoumanda, chargé de missions au ministère du développement rural, ces plans seront mis en œuvre entre 2016 et 2018. Il l’a dit dans un entretien accordé, ce jour au RJDH.

 

Fernand Selkoumanda a indiqué que les missions de vulgarisation de ces plans sont en train de descendre sur le terrain « le ministère  a crée sept régions administratives. Actuellement, les équipes de chaque région sont en train de se rendre sur le terrain pour présenter le plan de la relance agricole par région » a-t-il précisé avant de détailler le programme « nous avons commencé dans la Nana-Mambéré et actuellement des équipes sont dans la région 4 à Sibut, dans la région 5 à Bria. Une équipe  a quitté Bambari pour Bangassou dans la région 6, et l’équipe de la région 7 c’est à dire Bangui et ses environs vont se réunir demain mardi. Le 4 mars se sera la région numéro 1 constituée des préfectures de l’Ombella-Mpoko et de la Lobaye ».

 

Le chargé de missions a présenté les grands axes de ces plans en ces termes « les plans sont axés sur quatre axes stratégiques notamment, la relance de l’agriculture, de l’élevage et le développement, l’agriculture comme facteur de réconciliation nationale, l’entreprenariat des jeunes pour la modernisation de l’agriculture et enfin la gouvernance agricole pour une compétitivité de l’agriculture centrafricaine ».

 

Le cout de ce projet piloté par le ministère est évalué à environ 275 milliards de FCA. Préparé depuis décembre 2015, ce plan a été lancé à Bouar lors de la foire agricole du 22 février dernier.

 

Centrafrique-Presse.com
29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 17:17
Poème : "Mbi bala mo Centrafrika" par Bambote Makombo

 

 

 

(I ka mama ti i pépé)

 

                   II

 

         1

 

Mbi bala mo

Centrafrika

mo té bio

na ngunza

 

         2

 

mo yéké la

mo yéké ngu

mo yéké la

so a gwé

na bé ti mo

Kodoro ti mo

 

         3

 

Mbi bala la

électricité ti mo

mbi bala sésé

so ti Centrafrika

lo iri kwa ti

daba molo

molo poro ti

kati ti mo

 

         4

 

Mbi bala mo

kobé ti kodoro

ti maboko

Sésé so a

du ni na

a molengué

wali koli ti

lo

Centrafrika

 

         5

 

Mbi bala mo

Centrafrika

Bê Afrika

 

         6

 

a mbéni ndo

a mbéni la

ni na ndowa

ala wara poupou

ti gwé na bé

ti ala na ni

na

ndowa

a futi a ngu

ni kwé

a futi sésé

ti ala kwé

na ya ti bé

ti ala

 

         7

 

kota ya ti ala

a toto pasi

ti kota nzala

Mbi bala mo

Afrika

A zo so a bi

ya ti ala na

ndo ni ti mo

mama ti sarango

kwa ti travo forcés

ti kobé ti ala

a vi ti a milliards

a futi kodoro ti

ala ala yé ti

té Béafrika Afrika

ala yé ti futi i

Sésé so ayeké i

 

         8

 

awé

kolonialismo awé

kapitalismo kommunism

awé monsieur Lina Li

 

         9

 

na bourouma ti

a maboko ti bé

ti ala péré ti nguinza

ti mbéti séngué

séngué na bourouma

ti lé ti ala

koruption a gbu

na ya ti kanga

a moboko ti a

molengué ti Afrika

na a li ti Béafrika

ala kanga a massouma

na a bé ti a chef d’état ni

ala ga a zo ti nzi awé

a zo ti tranzicion

ala wendé péré so

na ndowa

 

         10
 

a tiéri Bangui a zo

so a mu na ala

a bourouma ti péré

so na ndowa

ti nzi kodoro ti Afrika

Centrafrika

 

         11

 

Esclavage awé

Mbi bala mo Centrafrika

Rézistant antibalaka

Rézistans

Mabako na mabako

li na li ti mo

ala pété kodoro so

téré ti mo pépé

ala fa mo na machin pépé

daba na maboko

ti mo mo yinga

poro ti sésé ti mo

kwé

Centrafrika

 

         12

 

Mbi bala mo Centrafrika

mo yinga rézistans

ala nkpé rézistans

tonga wa

a chinoi a nkpé

rézistans ti Centrafrika

tonga na kwa na wa

a francès nga

ala fa kéké na

a ngunda kwé

 

         13

 

Sésé ti Centrafrika

ayéké mama ti i

kéké, ngu ayéké

ita ti bata téré

ti i na a Massouma

ti a Baba ti I

I ka mama

Centrafrika

ti i pépé

 

14

 

Centrafrika oko

Inventé kodoro

ti I kwé

Souveraine

 

Le 16 janvier 2016

 

Bamboté Makombo

 

 

Centrafrique-Presse.com
29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 17:14

 



http://www.yabiladi.com/  Par Ristel Tchounand

 

Le Washington Post est allé à la rencontre des victimes d’abus ou d’exploitations sexuelles des troupes de l’ONU en République centrafricaine. Des témoignages accusent des casques bleus marocains et l’une des victimes raconte comment elle doit aujourd’hui élever seule son fils, sans véritable moyen de subsistance.

 

« Il n'y avait aucun moyen d'obtenir de la nourriture ou de l'argent à l'époque, et ils promettaient de nous aider si nous passions la nuit avec eux », déclare au Washington Post Rosine Mengue. Aujourd’hui âgée de 18 ans, cette centrafricaine en avait 16 au moment des faits, en 2014, lors du lancement de la mission de maintien de la paix des Nations Unies en République centrafricaine. 

 

La jeune femme explique avoir reçu l'équivalent de 4 dollars US (environ 40 dirhams) à chacune de ses deux rencontres avec un casque bleu marocain à Bangui. Suite à ces relations, Rosine s’est retrouvée enceinte et est aujourd’hui mère d’un garçon de 1 an qu’elle élève dans des conditions très précaires aux côtés de sa propre maman. Comme elle, de nombreuses jeunes filles -parfois même adolescentes- se sont retrouvées enceintes suite à des abus ou exploitations sexuelles par les troupes de l’ONU en République centrafricaine. Les Nations Unies les appellent « Peacekeeper babies » ou « bébés des pacificateurs ».

 

Un rapport de l'ONU appelle à la responsabilité des pères

 

Selon le Washington Post, le quartier Castors est le principal lieu de quête des casques bleus. Les habitants disent que les troupes rôdaient furtivement autour du quartier à la recherche des filles pendant la journée et sortaient la nuit pour les rencontrer dans des chambres louées ou des maisons abandonnées, ou pour les emmener dans les casernes. Selon les témoins, les troupes marocaines auraient fait des trous dans le mur d'enceinte de leurs bases, afin de passer inaperçues.

 

Une fois leur mission terminée ou sur décision hiérarchique, ces soldats retournent dans leurs pays d’origine, sans jamais reconnaître les enfants nés de leurs relations avec les jeunes centrafricaines, qui en dépit de leurs difficiles conditions de vie, reçoivent très peu de soutien de l’ONU. Ce serait le cas du géniteur du fils de Rosine Mengue. Il serait retourné au Maroc.

 

Les Nations Unies étant confrontées à ce type de scandales depuis plus de deux décennies, un rapport interne de 2005 reconnaissant le problème des « peacekeeper babies » estime qu’ « il est nécessaire de faire en sorte que les pères, qui peuvent être identifiés -par le biais notamment d’analyses de sang ou d'ADN- portent une certaine responsabilité financière de leurs actions ».

 

Mission impossible ?

 

Selon des responsables onusiens cependant, il serait difficile d’identifier les soldats hors-la-loi une fois retournés dans leurs pays d’origine. Et même si les victimes connaissent leurs noms, les armées dans de nombreux pays se sont révélées non coopératives pour la réalisation des tests ADN, indiquent les responsables au sein de l’ONU.

 

Les soldats de 10 pays au total sont concernés par les cas d’abus et d’exploitation sexuels en Centrafrique, d’après les mêmes sources. Mais seule une accusation criminelle a été déposée sur les 42 cas d'abus ou d'exploitation sexuels officiellement enregistrées par l’ONU.

 

L’implication de soldats marocains dans ces actes est évoquée depuis l’année dernière. La pression d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU a même poussé les Forces armées royales à ouvrir une enquête sur plusieurs soldats. Le nouveau chef de la mission de l'ONU, Parfait Onanga-Anyanga, estime que les cas découverts à ce jour peuvent n’être que la « pointe de l'iceberg ». « Nous allons être inondés par les revendications de paternité », a-t-il déclaré.



http://www.yabiladi.com/articles/details/42830/centrafrique-temoignages-accusent-casques-bleus.html   

Centrafrique : Les témoignages qui accusent des casques bleus marocains
Centrafrique-Presse.com
29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 17:00

 

 

http://www.lopinion.fr/  29 février 2016 à 09h55

 

L’opération militaire française Sangaris vient de remporter une belle victoire en République centrafricaine (RCA), avec la tenue de l’élection présidentielle. Repoussée à plusieurs reprises, celle-ci s’est déroulée dans le calme et a permis d’élire un candidat que personne n’attendait avant le premier tour, Faustin-Archange Touadéra, selon les résultats rendus publics le 20 février. À 58 ans, ce mathématicien et universitaire, ancien Premier ministre, s’est présenté comme le « candidat du peuple » promettant de combattre la corruption. Il triomphe largement. L’adversaire de Touadéra, Anicet-Georges Dologuélé, lui aussi ancien chef du gouvernement, a obtenu 37,29%. Il a annoncé qu’il reconnaissait les résultats provisoires annoncés par l’ANE.

 

Cette élection, dont les résultats définitifs doivent encore être validés, est une étape essentielle dans le retour à la paix civile de la République centrafricaine, qui a basculé dans le chaos au printemps 2013. Trois ans plus tard, une issue positive peut être espérée, comme le succès de la visite du pape François en novembre l’avait déjà montré.

 

Les problèmes de la Centrafrique restent toutefois immenses. Selon l’Indice de développement humain des Nations Unies, la RCA se situe au 187e rang mondial sur… 188. Des fractures ethniques et religieuses minent le pays alors que les rapports entre éleveurs transhumants et agriculteurs sont sources de violences. La classe politique n’a pas toujours donné une image très glorieuse. Que l’on se souvienne de « l’empereur » Bokassa, dont l’un de ses fils Jean Serge a obtenu 6 % au premier tour de la présidentielle.

 

La France n’a pas à y rougir de son action récente, notamment militaire. Déclenchée en urgence en décembre 2013, alors que se tenait un « sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique », l’opération Sangaris a permis d’éviter que la Centrafrique ne sombre complètement dans des massacres intercommunautaires notamment entre les ex-Sélékas (musulmans) et les anti-Balakas (chrétiens). Le bilan humain des violences n’a jamais été établi avec précision, mais il se compterait en milliers de morts.

 

Alors que l’armée française était déjà engagée au Mali depuis le mois de mars 2013, François Hollande décidait, neuf mois plus tard, d’intervenir en République centrafricaine. Dans les premiers mois, les militaires de l’ancienne puissance coloniale se retrouvent très seuls au milieu du chaos. Ce qui a poussé Paris à intervenir, c’est d’abord le spectre du Rwanda où la communauté internationale, avec la France aux premiers rangs, a laissé la situation se dégrader jusqu’au génocide de 1994. C’est aussi le succès de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire. De 2002 à 2011, l’armée française a permis d’éviter que le pays ne se disloque entre le Nord et le Sud – une crise contenue et qui a trouvé son issue avec l’élection d’Alassane Ouattara.

 

C’est ce dernier modèle que la France tente de rééditer en République centrafricaine (RCA) : une maîtrise de la violence à basse intensité, un processus politique aboutissant à des élections reconnues, un autre processus de désarmement des groupes armés et un passage de relais entre les militaires françaises et les casques bleus pour garantir, sur le long terme, la stabilité du pays.

 

Au printemps 2014, l’armée française a compté jusqu’à 2 400 militaires sur le sol centrafricain. Pour un pays plus vaste que la France, même peuplé que de 5 millions d’habitants, c’est très peu. Grâce à une manœuvre très habile, Sangaris est parvenu à sécuriser la capitale Bangui et les deux grands axes de circulation qui relie ce pays enclavé au reste du monde. L’armée s’est ensuite déployée dans l’Ouest, avant de basculer vers l’Est, même si de larges secteurs dans les confins orientaux de la RCA sont restés globalement inaccessibles.

 

Avec une armée très sollicitée au Sahel, au Moyen-Orient et désormais sur le territoire national, Paris est pressé de se désengager militairement de RCA. À ce jour, l’opération Sangaris a coûté environ 400 millions d’euros. En septembre dernier, les effectifs de la force n’étaient déjà plus que de 900 hommes, avec l’idée de passer rapidement à 600. Las ! Une grave flambée de violences à l’automne et la nécessité de garantir le processus électoral ont retardé le départ des troupes. Le chef d’état-major des armées ne cache pas que son objectif est de fermer complètement Sangaris, quitte à revenir en cas d’urgence depuis les bases françaises en Afrique.

 

La France compte essentiellement sur les Nations-Unies pour prendre le relais, avec la Minusca. C’est une importante force de casques bleus, de l’ordre de 11 000 militaires et policiers, dont de nombreux contingents africains. L’opération Sangaris, depuis le camp de M’Poko, contigu à l’aéroport de Bangui, n’agit plus qu’en appui des casques bleus. De son côté, l’Union européenne a fourni, durant un an, une petite force de quelques centaines d’hommes, venus soulagés les militaires français à Bangui. Cette « Eufor-RCA » a, depuis lors, été remplacée par une modeste mission de conseil (Eumam) pour la réforme de l’armée locale. Une tâche essentielle pour le nouveau président.

 

 

Lu pour vous : Centrafrique : l’élection présidentielle est un succès pour l’opération Sangaris
Centrafrique-Presse.com
28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 00:59

 

 

Depuis la victoire de Monsieur Faustin Archange TOUADERA aux élections présidentielles, on peut voir ici ou là fleurir toutes sortes de propositions dressant le portrait du Premier Ministre idéal, avançant même des noms de personnes qui auraient à coup sûr les compétences pour assurer ces fonctions. Si ce n’est la qualité de banquier, c’est le fait d’avoir un carnet d’adresses très épais qui semblent les critères les plus prisés. L’un des mythes les plus entretenus concerne également la qualité d’économiste.

 

Loin de moi l’idée que les compatriotes réunissant lesdites qualités ne seraient pas de bons premiers ministres. Je voudrais simplement attirer l’attention de nos compatriotes sur le fait qu’être banquier, économiste avéré, ou encore détenir un carnet d’adresses bien fourni ne suffit pas à caractériser un bon premier ministre. N’oublions pas qu’il s’agit d’un poste politique, étant entendu « la politique n’est pas une activité honteuse, mais au contraire noble si ceux qui l’exercent se montrent dignes de confiance en se mettant résolument au service de leur pays et pas simplement au service de leurs petits intérêts. Il faut donc au préalable se poser la question suivante : 2 Le premier ministre pressenti est-il un homme politique convaincant et convaincu ?

 

Lui connaît-on des convictions et des engagements politiques assis sur la défense d’un projet de société cohérent ayant pour objectif la satisfaction des besoins vitaux des centrafricaines et des Centrafricains ? Être un homme ou une une femme politique ne consiste pas seulement à se prévaloir de compétences de haut niveau en tant que banquier, économiste … ou à exhiber un carnet d’adresses rempli des cordonnées d’hypothétiques partenaires étrangers. Je voudrais ici inviter mes compatriotes à relativiser la pertinence de ces critères qui nous viennent de ces différents mythes.

 

1-Sur le mythe du banquier ou de l’économiste salvateurs. Si les banquiers et les économistes avaient du seul fait de qualités inhérentes à leur domaine de compétences spécialisées la capacité de garantir à leur pays une conduite judicieuse des affaires publiques ainsi qu’un développement économique, cela se saurait et on les verrait partout installés au pouvoir dans de nombreux pays. Concernant notre pays en particulier, on a, à plusieurs reprises, commis cette erreur en nommant premier ministre des personnes sous le seul prétexte qu’ils avaient servi dans les institutions financières internationales prestigieuses.

 

Qui peut dire aujourd’hui quels bénéfices notre pays a pu retirer de telles expériences ? La nomination du premier ministre centrafricain a trop souvent été le résultat de calculs opportunistes, tribalistes, clanistes, clientélistes, népotistes etc., les compétences « technico- disciplinaires » n’étant que le vernis destiné à légitimer aux yeux de nos compatriotes, un choix inapproprié, nullement fondé sur une réelle volonté de travailler à la satisfaction de l’intérêt général.  Les modalités du choix du premier ministre ont presque toujours conduit à propulser à la tête d’un gouvernement des compatriotes, certes hautement qualifiés dans leur domaine de compétences disciplinaires, mais n’ayant jamais fait preuve antérieurement à leur prise de fonctions, d’engagements ou de convictions politiques connus.

 

Le résultat de cette méprise est le risque de se retrouver avec un premier ministre à qui il manque désespérément cet altruisme, cette flamme, cette empathie «ad populum », moteur indispensable à toute action politique résolue et efficace. On prend ainsi le risque de nommer à des fonctions importantes et déterminantes pour la vie du pays un opportuniste essentiellement ; sinon uniquement tournée vers la satisfaction effrénée de ses intérêts propres. Je ne dis pas que tous les premiers ministres ainsi nommés sont des opportunistes, car, parfois, les qualités personnelles d’humanité, de sobriété et de rigueur d’une femme ou d’un homme peuvent « transformer l’essai hasardeux » en une surprise agréable. Cette dernière hypothèse reste cependant à démontrer. Il serait judicieux de se défier de mythe du banquier ou de l’économiste salvateur, s’agissant en réalité d’une « fausse bonne idée ».

 

Des compétences techniques livresques ne font pas une femme ou un homme politique ni ne constituent le gage d’une action politique efficiente. La République Centrafricaine a besoin d’une classe politique digne de ce nom. Qu’il y ait des spécialistes, conseillers avisés pour aidant l’action politique, dans leurs différents domaines de compétence, à transformer positivement les conditions de vie dans notre pays, cela est normal, mais de grâce, ne faisons pas de la maîtrise de connaissances spécialisées le sésame privilégié pour attester de la qualité incontournable requise d’une femme ou d’un homme pour exercer des fonctions politiques d’une manière satisfaisante. Il en est de cela, comme du mythe du pouvoir militaire qui serait seul capable de remettre de l’ordre dans un pays et d’impulser de ce seul fait de développement d’un pays. 

 

D’innombrables expériences malheureuses nous fournissent des démentis éclatants de ce genre de considérations. On ne gère pas un pays comme une banque ou une entreprise quelconque. Dans un pays, il existe des millions d’individus et de familles, des dizaines, des centaines, voire des milliers d’entreprises, des artisans, des commerçants, des paysans, des pêcheurs, bref un foisonnement de particuliers de personnes physiques et morales, en définitive, une somme incalculable d’intérêts, de facteurs et de paramètres à prendre en compte en permanence dans des actions de tous les instants. Le Chef d’État doit définir une politique tenant compte de l’ensemble de ces données, une politique susceptible de créer les meilleures conditions possibles pour assurer la coexistence Pacifique, la sécurité, l’épanouissement, le bien-être et, si possible, la prospérité de son pays. Il doit avoir une vision, fixer un cap, une orientation que son premier ministre aura la charge de mettre en musique.

 

Cette orientation se matérialise dans un projet de société manifestation visible de convictions politiques. Ce projet ne peut être idéalement porté et mis en œuvre que par un homme ou une femme de convictions. On ne nous fera pas croire qu’il suffit d’un passage dans une institution financière quelle qu’elle soit, ou d’avoir engrangé sur les bancs de l’université des connaissances en économie pour être pétri de valeurs humanistes, élan altruiste source d’un engagement déterminé au service de sa société. 2 – Sur le mythe du détenteur d’un « carnet d’adresses » Certains se plaisent à penser qu’il faut nommer premier ministre celui qui a le carnet d’adresses le plus fourni. 5 Chers compatriotes, arrêtons de toujours croire que notre bonheur se trouve dans l’appel aux mythiques partenaires censés habiter sous d’autres cieux.

 

Il faut arrêter d’entretenir l’idée que les centrafricains ou certains d’entre eux disposerai à l’étranger, d’un réservoir d’amis ou de partenaires, tellement acquis à leur cause, qu’ils viendraient, dans un élan de générosité d’inspiration assurément immanente, déverser sur mos têtes, sans contrepartie, des tonnes de billets de banque susceptibles de résoudre à moindres frais nos problèmes. Considérons ce stade de notre histoire comme le début véritable de notre indépendance et efforçons-nous de définir, entre nous d’abord, les voies et moyens de pérenniser et de défendre celle-ci.

 

Au sortir des ténèbres faits d’innombrables malheurs qui se sont depuis des décennies abattues sur notre pays, soyons résolus à conquérir réellement et à défendre avec âpreté notre souveraineté politique et économique. - Constituons nous d’abord un «carnet d’adresses centrafricano-centrafricain». Soyons déterminés à reconnaître, à valoriser et à promouvoir d’abord tout ce qui est centrafricain. J’ai rendu public il n’y a pas si longtemps un texte intitulé « Quel politique économique pour la République Centrafricaines ». J’invite ceux qui le souhaitent à le lire pour prendre connaissance du message que j’ai modestement entendu faire passer à mes compatriotes centrafricaines et centrafricains. Il ne s’agit pas d’une somme de vérités absolues, mais simplement et sans aucune autre prétention, de mon ressenti, de ce que j’estime devoir être une politique définie par les Centrafricains et pour les Centrafricains.

 

Notre bonheur viendra de nos propres efforts ou ne viendra pas. Il faut arrêter de croire que, sortis d’un carnet d’adresses, mus par une générosité d’inspiration divine, des partenaires étrangers, pour les beaux yeux du peuple centrafricain et pour des raisons totalement altruistes viendraient travailler au développement de la République Centrafricaine. 6 Commençons déjà par nous retrouver entre nous. Réfléchissons sérieusement à ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Travaillons sérieusement aux modalités opérationnelles des actions à mener dans l’intérêt de notre pays. N’oublions jamais une chose : il appartient aux Centrafricaines et aux Centrafricains, et à eux essentiellement, de prendre en main leur propre destinée.

 

Poitiers le 26 février 2016

 

Maître Ignace OUNDA-MEYBI Avocat au Barreau de POITIERS

 

Président de l’UNAREM.

CENTRAFRIQUE : LE MYTHE DE L’HOMME PROVIDENTIEL. LE BANQUIER SALVATEUR OU LE DETENTEUR DE CARNET D’ADRESSES  par Maître Ignace OUNDA-MEYBI
Centrafrique-Presse.com
28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 00:31

 

 

 

http://rjdh.org/ PAR NOURA OUALOT LE 26 FÉVRIER 2016

 

L’eau potable est devenue rare à Bangui ainsi qu’à l’intérieur du pays pendant cette saison sèche. La Société de Distribution d’eau en Centrafrique (SODECA) est confrontée à d’énormes difficultés pour la distribution d’eau. On assiste tantôt à la pénurie d’eau tantôt à l’accès difficile.

 

D’après le constat fait par le RJDH, dans les différents quartiers de la capitale l’on note cette difficulté d’accès à l’eau potable. Très tôt le matin ou bien le soir, les gens s’attroupent devant les fontaines avec des longues queues des ustensiles de cuisine et des bidons pour s’approvisionner.

 

Même son de cloche dans la majorité des villes de provinces. Sonia Arlette Pougandja est habitante de Bouar, « c’est très très difficile de trouver de l’eau à Bouar, la plupart des fontaines ne fonctionnent plus et nous sommes obligés d’aller dans les quartiers où il y’a des fontaines pour  faire la queue pendant des heures. Parfois, il faut aller à la source à 2 ou 3 kilomètres de la ville et c’est pénible » a témoigné cette habitante.

 

Face à cette situation, la population centrafricaine demande à la Société de Distribution d’Eau  en Centrafrique (SODECA) de prendre sa responsabilité et, elle lance un appel d’aide aux ONG qui œuvrent dans le domaine de l’eau et de l’assainissement de voler à leur secours.

 

 La SODECA n’a pas été disponible pour répondre à nos préoccupations. Et nous avons aussi tenté en vain de joindre le directeur général de l’Agence Nationale de l’Eau et de l’Assainissement en milieu urbain(ANEA) qui s’occupe du ravitaillement en eau potable dans l’arrière-pays.

 

Précisons que cette agence est étatique, elle est sous tutelle du ministère de mine et de l’hydraulique.

 

La pénurie d’eau devient plus inquiétante cette année, où les pluies ont été rares et la saison sèche rude.

 

La population centrafricaine face à la pénurie d’eau potable
Centrafrique-Presse.com
28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 00:03
Archives Foccart: la France et le coup d’Etat de Bokassa
Archives Foccart: la France et le coup d’Etat de Bokassa
Archives Foccart: la France et le coup d’Etat de Bokassa
Archives Foccart: la France et le coup d’Etat de Bokassa
Archives Foccart: la France et le coup d’Etat de Bokassa

 

 

 

Par Laurent Correau RFI  26-02-2016 Modifié le 26-02-2016 à 21:46

 

Il y a cinquante ans, un nouveau pouvoir s’installait en Centrafrique : celui de Jean-Bedel Bokassa, le colonel putschiste qui venait de renverser David Dacko lors du coup d’Etat de la Saint-Sylvestre. Cinquante ans plus tard, de nombreux points d’interrogation persistent sur l’attitude de la France avant, pendant et après ce coup d’Etat. Les archives de Jacques Foccart, conseiller du général De Gaulle pour les Affaires africaines, fournissent quelques réponses. RFI a pu consulter aux archives nationales des documents devenus disponibles depuis le 1er janvier dernier. Certains sont des inédits.

 

1er janvier 1966. Bangui émerge à peine de la soirée de réveillon. Une voix s’échappe de postes de radio grésillant. « Centrafricains, Centrafricaines, depuis ce matin à 3h20, votre armée a pris le pouvoir de l’Etat. » Cette voix, c’est celle de Jean-Bedel Bokassa, le chef d’état-major de l’armée centrafricaine. Devenu le nouvel homme fort de Bangui. « Le gouvernement Dacko est démissionnaire. L’heure de la justice a sonné. La bourgeoisie de la classe privilégiée est abolie. Une ère nouvelle d’égalité entre tous est instaurée. Tous les accords avec les pays étrangers seront respectés. »

 

Les événements se sont précipités dans la soirée du 31 et dans la nuit. Bokassa, à la tête d’une colonne motorisée de quelque 300 hommes et trois auto-mitrailleuses Ferret s’est emparé du bâtiment des postes et télécommunications et de la radio-diffusion. Puis il a bloqué les accès à la présidence. D’autres militaires sont entrés dans les villas où résident les principaux responsables du régime et ont procédé à des arrestations. Le chef de la gendarmerie, le commandant Izamo a été brutalement arrêté par les putschistes. David Dacko, le président, a été capturé et a dû signer, sous la dictée du capitaine Alexandre Banza, une lettre par laquelle il a remis ses pouvoirs à Bokassa. Des camions et des fûts ont été dressés sur la piste de l’aéroport pour empêcher toute intervention française depuis Fort-Lamy, au Tchad. La piste a été occupée par des soldats.

 

Un barrage a également été dressé en ville, un Français a été tué en essayant de le forcer. En se rendant à l’hôpital en pleine nuit, pour obtenir des informations à son sujet, le colonel Mehay, l’attaché militaire de l’ambassade de France à Bangui, croise Bokassa qui lui raconte le coup. Les informations qu’il collecte sont transmises à Paris. Elles figurent dans un télégramme diplomatique dont Jacques Foccart, conseiller Afrique du général de Gaulle obtient copie. « Le colonel Bokassa s’est jeté avec effusion dans les bras du colonel Mehay, dit le document, et lui a confirmé qu’il venait de prendre le pouvoir, seule solution, selon lui, pour remettre de l’ordre dans l’Etat. Interrogé sur le sort réservé au président Dacko, il a déclaré que celui-ci s’était rendu à lui, sans résistance, au palais et lui avait signé un document lui remettant tous ses pouvoirs. » Bokassa assure qu’il ne sera fait aucun mal au président Dacko. Que celui-ci a été conduit au camp de Roux -à son domicile personnel- et qu’il le prend sous sa protection. Pour bien marquer ses bonnes intentions vis-à-vis de la France, l’officier putschiste se propose « de donner 48 heures à l’ambassade de la Chine populaire pour quitter le RCA ».

 

Pourquoi Bokassa s’est-il emparé du pouvoir en cette nuit de la Saint-Sylvestre ? Le colonel donne très vite sa version des faits. « Etant donné la cherté de vie, déclare-t-il au micro d’un journaliste, étant donné la faible situation financière du budget centrafricain, les peuples (sic) à l’unanimité ont manifesté leur mécontentement. Et le chef d’état-major, le colonel Jean-Bedel Bokassa, a été sollicité par plusieurs centaines de milliers de ces peuples afin de prendre la direction des affaires du pays. » Cette version d’un renversement du pouvoir voulu par le peuple, face à un Etat corrompu, n’est qu’une mise en scène politique. Elle comporte pourtant une part de vérité. Le pouvoir centrafricain a été conduit à sa propre implosion.

 

Un rapprochement secret avec Pékin

 

En 1964, les finances de l’Etat centrafricain sont au plus mal. Le président Dacko annonce à chaque ministre un plafond de dépenses indépassable.

 

Pour tenter de renflouer les caisses, les autorités de Bangui ont négocié, dans le plus grand secret, un rapprochement avec Pékin. Le 29 septembre 1964, à l’occasion de la signature d’accords de coopération sino-centrafricains, le vice-ministre chinois du Commerce extérieur Lu Nsu Chang annonce l’établissement prochain de relations diplomatiques. Un communiqué commun sur l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays sera publié incessamment. Les autorités françaises tombent des nues. Le télégramme diplomatique qui est envoyé par l’ambassade de Bangui dès le 29 rend compte de cette surprise. « Cette évolution dans l’attitude de la RCA avait été soigneusement tenue secrète, dit le texte, et rien n’avait filtré dans l’entourage des conseillers du président. Celui-ci paraissait n’avoir pas fait son siège dans cette affaire ces tout derniers jours encore, et semble ne s’être décidé que très tardivement sous la pression de ses habiles partenaires qui ont dû faire miroiter à ses yeux les avantages d’une importante assistance financière. » C’est en tout cas un Dacko lyrique qui s’exprime lors de la cérémonie. Selon lui, les accords sino-centrafricains sont la preuve que les deux pays sont sortis de l’époque des dominations étrangères, pour affirmer leur souveraineté nationale et internationale.

 

Le 12 octobre 1964, le journal Le Monde note qu’en République centrafricaine, les diplomates chinois « ont obtenu des résultats dont la portée psychologique sera considérable dans toute l’Afrique noire d’expression française. En promettant une aide économique à long terme, dont certains estiment un peu hâtivement sans doute qu’elle pourrait relayer celle de la France, ils ont obtenu une reconnaissance que rien ne leur permettait jusque-là d’espérer ». Dacko, en effet, était considéré comme « l’un des leaders francophones les plus engagés dans le groupe dit "réformiste", fondamentalement hostile au communisme ».

 

Le président centrafricain a agi en toute discrétion. Il tiendra pourtant à expliquer son geste aux autorités françaises, lors d’un entretien avec un officier français qui a lieu ce même 12 octobre. RFI a pu consulter le compte-rendu de cette discussion. David Dacko explique qu’« en reconnaissant le gouvernement de Pékin, il avait donné satisfaction aux aspirations des éléments jeunes de son entourage (Jenca)[Jeunesse Nationale Centrafricaine, le mouvement de jeunes du MESAN, Ndlr], et permis à son pays d’apparaître moins "dépendant". » L’officier qui rencontre Dacko « a retiré de son entretien le sentiment que les nouveaux développements de la politique centrafricaine ne semblaient pas réduire l’attachement de ce pays à la France ni laisser présager quelque désaffection. »

 

Pas de rejet de la France, mais une volonté de diversifier les relations diplomatiques de la Centrafrique. Pour tenter d’émanciper son pays sans renoncer à l’aide des grandes puissances, Dacko joue à l’équilibriste. En juin 1965, le président centrafricain réaffirme sa position de neutralité devant la presse française : « Les puissances étrangères voudraient que nos faibles pays se mettent directement dans leur sillage politique, ce qui n’est pas possible, car l’Afrique doit être avant tout africaine… et la République centrafricaine veut, au centre de l’Afrique, faire exception. Le fait de tendre la main aux différents peuples du monde ne veut pas dire qu’on écarte immédiatement tout ce qu’on a eu comme amis politiques ou bien comme assistants politiques par le passé. Ce que nous voulons en République centrafricaine, c’est faire un Etat neutre. Neutre pour toutes les puissances du monde. C’est cette expérience qui me hante. »

 

Les relations de Bangui avec la Chine deviennent bientôt un levier de pression diplomatique vis-à-vis de la France. « Depuis 1964, explique Jean-Pierre Bat, le conservateur du fonds Foccart, le pré carré a connu un cycle de coups d’Etat et Dacko en vient à son tour à redouter d’être la cible d’un complot. A cette fin, il aimerait compter sur la protection française qui lui semble encore trop tiède à cette date. Il redoute des infiltrations extérieures par les frontières ou une subversion intérieure. Et il le dit lui-même, il souhaiterait pouvoir appeler la France au secours et avoir comme garantie que la France interviendrait sur le champ en cas de besoin. Faute de cette garantie, il ne cache pas à l’ambassade de France qu’il ira chercher d’autres contre-assurances en regardant notamment vers le Congo-Brazzaville… et qu’il usera –bien qu’il n’en ait guère envie- des bons offices chinois. »

 

Le poids de l’aile progressiste du MESAN

 

Le chantage chinois de Dacko a-t-il contribué à le décrédibiliser auprès des responsables français ? Le fonds Foccart ne le dit pas. Il dessine simplement une France en manque de certitude sur le président centrafricain. En raison notamment des luttes de tendance au sein du parti au pouvoir, le MESAN, et de l’influence de la tendance progressiste qu’il est tenté d’écouter. Une situation sur laquelle l’ambassade de France à Bangui revient, dans un rapport consacré à l’état du Mouvement pour l’Evolution Sociale de l’Afrique Noire. Une copie de ce rapport est conservée dans le fonds Foccart.

 

On y découvre l’image d’une structure divisée… Et qui compte en son sein un groupe de jeunes intellectuels progressistes, « l’aile dynamique et agressive du parti ». Le plus virulent d’entre eux est François Pehoua, le directeur des contributions directes et des assurances. Dans ce groupe, selon le rapport, « certains prêtent une oreille intéressée à la propagande communiste, surtout si elle émane de Pékin ». « Le président Dacko a pour eux des sentiments mêlés. –estime l’ambassadeur Jean Français, auteur du texte- Non sans nourrir pour eux quelques faiblesses, et tout en prenant soin de ne pas se voir tourné sur sa gauche, il les craint, car il sait qu’ils le contestent. Aussi lui arrive-t-il de plus en plus fréquemment depuis six mois, de leur donner satisfaction (…) d’où ses changements subits d’attitude et certaines décisions politiques, dont celle de la reconnaissance de la Chine populaire, qui ne sont pas sans inquiéter les chefs d’Etat voisins.» Un peu plus loin, le rapport dénonce chez Dacko un « goût de la temporisation », qui l’amène « à user plus souvent du blâme public que de sanctions effectives ». Puis ce commentaire sans appel : « Cette politique faite de compromis et de fermeté illustre parfaitement la manière sinueuse d’agir du président »

 

Les tensions ne se manifestent pas qu’au sein du parti au pouvoir, le MESAN. Elles s’installent également au sein des forces armées, où elles sont accentuées par le manque de moyens. Jean-Pierre Bat ouvre un nouveau document sur un plan de travail. « Dans le fonds Foccart, on trouve un dossier qui s’appelle le dossier Bigeard, qui est en fait la mise en place de la réforme de l’armée centrafricaine. Bigeard, l’ancien célèbre officier de Diên Biên Phu et de l’Algérie est chargé de mettre en place en Centrafrique ce qu’on appelle "le plan raisonnable", c'est-à-dire la création d’une armée économique. La devise qu’il attribue à l’armée centrafricaine en dit long : discipline, abnégation, souplesse, esprit pionnier. Bigeard a pour mission de recadrer dans un budget très serré la constitution de l’armée centrafricaine. »

 

« Le plan raisonnable ». Un aspect méconnu de la décolonisation. La Ve République aide à la constitution des armées nationales des pays qui prennent leur indépendance. Mais elle les oriente plutôt vers des missions de maintien de l’ordre et de la stabilité politique. La défense des frontières sera assurée conjointement avec les forces françaises.

 

Marcel Bigeard, qui a dirigé de 1960 à 63 le 6e Régiment interarmes d’outremer (RIAOM) installé à Bouar, est appelé en décembre 1963 par le président Dacko pour préparer un projet de réorganisation de l’armée centrafricaine. L’armée de terre est dimensionnée a minima, elle compte 373 hommes au 1er janvier 1964. A ses côtés (ou face à elle) la gendarmerie compte 490 éléments. Des rivalités personnelles naîtront sur ce déséquilibre structurel. Jean-Bedel Bokassa, qui a été désigné comme chef d’état-major de la défense nationale, est censé coiffer toute la structure. Il ne parviendra pas à impose son autorité à Jean-Henri Izamo, choisi pour diriger la puissante gendarmerie.

 

Stephen Smith et Géraldine Faes, dans leur biographie de Bokassa (Bokassa 1er, un empereur français, Calmann Lévy 2000) estiment qu’un premier incident entre Bokassa et les hommes de la présidence intervient le 29 mars 1965, lors de la cérémonie marquant l’anniversaire de la disparition de Barthélémy Boganda, le père de la nation. Bokassa est arrivé en retard dans la localité de Bobangui où ont lieu les commémorations. « Il se fait refouler par la sécurité présidentielle, qui l’oblige à retraverser le fleuve et à camper sur l’autre rive avec ses hommes. », écrivent les deux auteurs.

 

L’ambassadeur Jean Français estime, de son côté, que le conflit entre Izamo et Bokassa a éclaté au grand jour le 18 juin 1965, lors des commémorations de l’appel du général De Gaulle. Une violente discussion oppose publiquement, à l’issue de la cérémonie, le colonel Bokassa au commandant Izamo. Le chef du protocole, le commandant Izamo et le commandant Bangui sont intervenus pour que Bokassa ne lise pas le texte de célébration, conformément à la tradition établie.

 

Quel qu’ait été le point de départ de ces rivalités et de ces rancoeurs, elles s’aggravent au cours de l’année 1965. Craignant sa mise à l’écart, voire son élimination… et furieux de voir le déséquilibre budgétaire qui s’installe entre les fonds alloués à l’armée de terre et à la gendarmerie, Bokassa décide de passer à l’action. Dans une interview accordée à la Radio-télévision belge de la Communauté française, peu après le coup d'Etat, il affirme que lui et son cousin étaient personnellement menacés.

 

Laisser-faire français

 

En dépit de l’ambiance révolutionnaire qui prévaut dans la région au milieu des années 1960, en dépit des rumeurs de coup d’Etat à répétition en Centrafrique, la France n’a pas pris de dispositions pour protéger Dacko. Le contraste avec le Gabon ou le Niger de l’époque est saisissant. Au Gabon, l’armée française est intervenue en février 1964 pour rétablir Léon M’Ba. Au Niger, la France s’est impliquée dans la lutte contre le mouvement Sawaba pour protéger le pouvoir d’Hamani Diori. Paris laisse faire en Centrafrique.

 

Les autorités françaises ont-elles laissé tomber Dacko par choix politique ou ont-elles été prises par surprise par défaut de renseignement ? Les infos reçues de Bangui se sont, il est vrai, considérablement appauvries en 1965… « Il ressort des archives Foccart, en comparant les années 1964 et 1965 que pour cette dernière année, il manque cruellement d’informations, explique Jean-Pierre Batet qu’il n’arrive pas à capter l’esprit du temps, les évolutions de la vie politique centrafricaine. A ceci deux explications : premièrement, le changement d’ambassadeur. Barberot était un homme de Foccart, Jean Français est un homme du Quai d’Orsay. Jean Français adresse beaucoup moins de courriers confidentiels à Jacques Foccart que ne le faisait Barberot. Deuxième explication : la fermeture pour raison budgétaire le 31 décembre 1964 du bureau du poste des services secrets français, le SDECE, qui rend la France aveugle et sourde. »

 

Beaucoup a été écrit sur le rôle de Foccart et de ses réseaux dans le coup d'Etat. Certains affirment que Bokassa aurait été discrètement encouragé par les responsables français avant son putsch. Les documents que RFI a consultés n'apportent aucune réponse sur l'existence ou non de ces encouragements. Un fait, en revanche, est établi : en dépit de la doctrine sur la sécurité du pré carré qui s’est forgée depuis 1963, Paris n'a pas jugé nécessaire d'intervenir dans les heures et les jours qui ont suivi le coup d'Etat.

 

Bokassa, le francophile

 

Dès le 1er janvier, Foccart explique au général De Gaulle que Bokassa est un officier qu’il connaît bien, très francophile. Dans son Journal de l’Elysée, il décrit la scène. De Gaulle se prépare pour la cérémonie des vœux 1966. Le vice-amiral Philippon, son chef Etat-major particulier, lui apporte un télégramme de Bangui. De Gaulle se tourne vers son conseiller Afrique « Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? » Foccart, immédiatement, est affirmatif : « Bokassa a pris le pouvoir ; Bokassa est un officier que je connais bien, il est très francophile. Il avait des démêlés personnels avec Dacko et il a dû penser que c’était lui ou Dacko. Il a alors couru le risque de prendre le pouvoir. »

 

La réflexion qui se met en place au sein du pouvoir français dans les jours qui suivent obéit au même raisonnement : le coup d’Etat de Bokassa n’est pas nécessairement une mauvaise chose pour la France. RFI a pu exploiter une note établie par le ministre de la Coopération et remise au président français. Le document, daté du 3 janvier 1966, dresse le profil du nouvel homme fort : « Le colonel Bokassa est un ancien capitaine de l’Armée française, venu du rang. Homme fruste, de formation primaire, cet Officier supérieur a de plus une conception assez souple de l’honnêteté. Cependant, profondément marqué par son passage dans l’Armée française, il semble être resté très attaché à notre pays. »

 

Cette note est accompagnée d’un mot manuscrit qui en dit long sur la ligne politique en train de se dessiner. Il est signé du ministre de la Coopération Raymond Triboulet et est adressé, lui, à Jacques Foccart. « Je sais que les Affaires étrangères préparent une déclaration réprouvant la prise de pouvoir de Bokassa : elle risque de nous l’aliéner. Je propose le rappel du chef du bureau d’aide militaire, le Cdt Morin. Il travaille avec Bokassa et celui-ci verra dans cette sanction un reproche indirect de son attitude. » En d’autres termes, Triboulet recommande une réprobation qui n’insultera pas l’avenir.

 

Bokassa, l’ami de la France. Le 5 janvier, l’attaché militaire de l’ambassade de France à Bangui, le colonel Méhay établit une note de renseignements dans laquelle il en témoigne à son tour : « Depuis sa prise de pouvoir, le colonel Bokassa a multiplié ses manifestations de francophilie. La nuit même du putsch, il s’arrêtait devant le Bangui Rock Club où le Rotary avait organisé un réveillon en criant "Vive le général de Gaulle, vive les FFL, les Français ne paieront plus d’impôt en République centrafricaine." »

 

Un texte relu et corrigé par Charles de Gaulle est finalement envoyé à l’ambassadeur de France en Centrafrique. Il lui demande de limiter au maximum les rapports avec le nouvel homme fort. Il l’invite à être vigilant aux conséquences « qu’une acceptation actuelle de notre part du fait accompli ne manquerait pas d’avoir en ce qui concerne le comportement des cadres militaires de formation française dans d’autres pays africains ». La note dit également que la France s’alignera sur la position des pays de l’OCAM, l’Organisation Commune Africaine et Malgache, qui semblent « a priori réservés ». Puis ces préconisations : « vous n’effectuerez pas de démarches qui pourraient laisser penser que vous vous adressez au colonel Bokassa en sa qualité de chef de l’Etat et du gouvernement. Vous ferez en sorte que vos contacts avec lui aient lieu en dehors de votre Ambassade. Vous vous efforcerez également de lui rendre visite dans sa résidence officielle. »

 

Pas de reconnaissance officielle, mais les autorités françaises font le choix de laisser s’installer le régime de Bokassa. Elles ne tardent pas par ailleurs à se mettre à la recherche d’un officier qui pourra être envoyé « pour rencontrer le colonel Bokassa ». Dans une note du 22 janvier 1966, transmise au général De Gaulle par les services de Foccart (ceux du secrétariat général pour la Communauté et les affaires africaines et malgaches), cinq noms sont proposés. C’est finalement un sixième officier, l’attaché militaire de l’ambassade, le colonel Méhay, qui sera choisi pour assurer le lien avec le putschiste.

 

Dans son rapport annuel 1966 (Cité dans LAURENT Sébastien (dir), Les espions français parlent, éditions du Nouveau monde, 2013) Mehay, rappelle qu’ « Avec lui [Bokassa], le virage nettement amorcé vers l’Est, par les abandons successifs de son cousin, a été pris à nouveau vers l’Ouest. » Méhay appuie : « Il convient de ne pas l’oublier. » L’officier nuance les critiques de ceux qui reprocheraient à Bokassa le caractère dictatorial de son régime : « Certes, grâce à l’armée qu’il contrôle et qui lui est fidèle et dévouée, il détient un pouvoir quasi absolu. Il n’y a toutefois pas eu abandon délibéré de la démocratie, mais plutôt adaptation naturelle aux conditions particulières de l’Afrique et aux besoins du moment. » Et l’officier conclut : « Aussi, j’incline à penser que l’intérêt de notre pays est, malgré tout, de faire en sorte que le colonel Bokassa reste au pouvoir aussi longtemps qu’il saura demeurer suffisamment raisonnable. »

 

« Raisonnable » ? Le mot semble avoir pris au fil des années une définition élastique, Bokassa poussant à l’extrême le pouvoir personnel et la violence… Paris l’aidera même à satisfaire un caprice, celui du sacre impérial en décembre 1977. Il faudra en fait le massacre des écoliers de janvier 1979 pour que l’empereur centrafricain soit lâché… et qu’il soit finalement déposé par l’armée française lors des opérations Caban et Barracuda. Ironie de l’histoire, ce 21 septembre 1979 la France remet au pouvoir David Dacko, le président qu’elle n’avait pas protégé lors du coup d’Etat de la Saint-Sylvestre. 

 

Centrafrique-Presse.com
27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 23:58

 

 

 

Didier Niewiadowski est universitaire et ancien conseiller de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France à Bangui.

 

26 février 2016 à 19h21 — Mis à jour le 26 février 2016 à 19h23 Jeune Afrique

 

La Centrafrique et le Burkina Faso viennent de connaître des élections présidentielles qui ne s’apparentent pas aux élections cosmétiques observées habituellement en Afrique centrale.

 

Ayant servi des régimes déchus, Faustin Archange Touadéra et Roch Marc Christian Kaboré n’étaient pas les favoris. Il y a des similitudes dans leur destin.

 

Leur passé politique n’a pas été rédhibitoire

 

Roch Marc Christian Kaboré a été, durant plus de vingt ans, étroitement associé à la gouvernance de Blaise Compaoré, notamment en qualité de premier ministre (1994-1996). La proximité de Faustin Archange Touadéra avec François Bozizé a été plus tardive et moins longue.

 

L’ancien recteur de l’université de Bangui n’entra en politique qu’en 2008 pour exercer, durant cinq ans (2008-2013), les fonctions de Premier ministre.

 

Tous deux auraient pu être handicapés par leur participation à des régimes peu soucieux de l’État de droit. Il n’en fut rien. Paradoxalement, leur passage aux affaires a même été une aubaine. Non seulement, il était difficile de les associer aux dérives autocratiques, nourries par le népotisme et le clientélisme, de leur ancien mentor mais encore, ils pouvaient, l’un et l’autre, faire valoir des succès incontestables dans leur gestion des affaires publiques.

 

Une bonne réputation dans la gestion des affaires publiques

 

Lors de son passage aux affaires, l’économiste Roch Marc Christian Kaboré a engagé un programme de réformes multisectoriel qui a permis à l’économie du Burkina Faso de surmonter les conséquences négatives de la dévaluation du franc CFA et de retrouver une croissance de 5%. Par ses réseaux et ses mandats de parlementaire, il a également été efficace dans la résolution des conflits politiques et sociaux.

 

Écarté du secteur sensible de la sécurité et des secteurs lucratifs des mines et du pétrole, réservés à François Bozizé, l’ancien Premier ministre centrafricain a mené des réformes qui lui ont valu un satisfecit des institutions de Bretton Woods. La bancarisation des traitements des agents publics, l’allégement de la dette publique concrétisé avec le point d’achèvement de l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), atteint le 30 juin 2009, la lutte contre la corruption illustrée par des limogeages retentissants, n’ont pas été oubliés des citoyens.

 

Deux parcours comparables avec le même destin

 

Les deux présidents ont suivi un cursus académique classique pour terminer leur formation universitaire à Dijon, pour le Burkinabé, et à Lille, pour le Centrafricain. Ces séjours en France ont été déterminants pour leur formation politique. Plutôt progressistes ils ont en commun une préoccupation majeure envers la détresse de la jeunesse. L’ancien « dauphin de Blaise » et l’ancien recteur de l’université de Bangui sont réputés pour rechercher le consensus, ce qui leur donne un profil idéal pour la réconciliation nationale.

 

Ces deux anciens Premiers ministres se sont tardivement affranchis des partis hégémoniques qui avaient permis à leur mentor de se maintenir aussi longtemps au pouvoir. Le nouveau locataire du palais du Kossyam a pris ses distances avec son parti, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), dès 2012, mais ce n’est qu’en janvier 2014 qu’il le quittera lorsque Blaise Compaoré décida de modifier l’article 37 de la constitution pour se représenter à l’élection présidentielle.

 

Vice-président de la Convergence Kwa Na Kwa (KNK) de François Bozizé, Faustin Archange Touadéra abandonna toute activité au sein du KNK, après son départ de la primature, le 11 janvier 2013. Témoin affligé de la descente aux enfers de son pays, Faustin Archange Touadéra décida tardivement de se lancer dans la compétition présidentielle. Le 5 août 2015, il déposa sa candidature, en candidat indépendant. Fort opportunément, il laissa le KNK soutenir son adversaire, futur finaliste, apparaissant ainsi habilement comme le candidat du renouveau.

 

Vers une recomposition du paysage politique

 

Au Burkina Faso, avec un CDP moribond il reviendra à Roch Marc Christian Kaboré de former une majorité présidentielle avec son parti, le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP). La seule opposition à Blaise Compaoré et à ses anciens thuriféraires ne sera pas suffisante.

 

En Centrafrique, les partis politiques au pouvoir, depuis l’indépendance, portent la responsabilité de la paupérisation d’un peuple vivant dans un pays richement doté en ressources mais mal gouverné. Le nouveau président va devoir rassembler les nombreux députés indépendants dans une majorité présidentielle, à défaut, il pourrait être cantonné dans un rôle de chef de l’État d’un régime parlementaire.

 

Trop souvent les élections en Afrique sont encore être des mirages de la démocratie. Heureusement, le vent de la démocratie commence à souffler. Les récentes élections de Roch Marc Christian Kaboré et de Faustin Archange Touadéra sont encourageantes car elles laissent espérer que des dirigeants d’hier peuvent aussi être les acteurs de la démocratie de demain.

 

Didier Niewiadowski

Lu pour vous : Burkina et Centrafrique : deux anciens Premiers ministres incarnent le renouveau par Didier Niewiadowski
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Centrafrique-Presse.com
27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 13:28
Nouvelles nationales sur RJDH
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L’insécurité déplorée par les autorités locales de Kaga Bandoro

 

http://rjdh.org/  PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 27 FÉVRIER 2016

 

Les autorités de la ville de Kaga Bandoro déplorent la pertinence de l’insécurité dans la préfecture de la Nana Gribizi, malgré la présence de la Minusca. Plusieurs cas de braquage à main armée sont quotidiennement enregistrés dans la ville et les périphériques.

 

Les habitants de la ville de Kaga Bandoro déplorent la pertinence de l’insécurité perpétrée dans la région par des groupes armés connus de tous. Les autorités soulignent que les activités de la Minusca sont limitées, raison pour laquelle des cas de braquage à main armée sont quotidiens.

 

Abel Schérif, maire de la ville de Kaga Bandoro a déploré l’inefficacité de la Minusca face à la souffrance de ses administrés « les forces onusienne sont là rien que pour des enquêtes. Elles n’ont pas de brigade et n’arrêtent pas les présumés auteurs des crimes », a fait savoir cette autorité municipale.

 

La même source a précisé que cette situation joue sur la libre circulation des personnes et des biens « tous les jours nous enregistrons des cas de braquage dans la ville au vue et au su de la Minusca. Si cette force était efficace, il ne devrait pas avoir des personnes qui se promènent avec armes dans la ville et les recoins de la Nana Gribizi », a-t-elle déploré.

 

Gaston Yendémo, préfet de la Nana Gribizi, a affirmé que « l’administration ne peut pas reprendre les activités dans la zone, parce que bien que la Minusca soit présente, les groupes armés frappent la population. Un présumé criminel a été remis aux groupes armés qui ont occupé les bureaux de la gendarmerie, malheureusement ces derniers ont libéré cette personne qui a été un danger permanent pour la population de Kaga Bandoro », a énuméré cette autorité préfectorale.

 

Les cultivateurs ne peuvent pas relancer les activités agricoles, parce que des groupes armés ont occupé les zones cultivables. Les agents de l’Etat ont refusé de regagner leur poste d’affectation parce que la sécurité est fragilisée par des hommes en arme.

 

 

La ville de Paoua vers la stabilité après des attaques des groupes armés

 

http://rjdh.org/  PAR JUDICAEL YONGO LE 27 FÉVRIER 2016

 

La sous-préfecture de Paoua dans l’Ouham-Pende commence à retrouver son calme après des affrontements entre les groupes armés dans la région. Les communautés maintiennent le la cohésion sociale, une réalité, appréciée par le Sous-préfet de Paoua, Marc Ouefio qui a présenté la situation de la ville.

 

RJDH : Monsieur le Sous-préfet Marc Ouefio bonjour!

 

MO : Bonjour !

 

RJDH : Comment jugez-vous le niveau de la sécurité à Paoua depuis la prise de votre fonction?

 

MO : Paoua est une ville modèle comme disent les habitants qui vivent dans la cohésion. Mais au mois de décembre 2015, il y avait eu un malentendu entre les fils de Paoua et ce malentendu a été dissipé par l’arrivée des membres du gouvernement, une solution a été trouvée. Il y avait des sensibilisations de part et d’autre, et donc  il n’y a pas une guerre tribale à Paoua comme d’aucuns pensent, c’est un problème de malentendu et la paix est revenue grâce à la force des Nations unies et des forces nationales, tout le monde vaque librement à ses activités.

 

RJDH : Mais qu’est ce qui était à l’origine de ce malentendu ?

 

MO : Bon à ce que je sache, il n y a pas de division à Paoua. Ce sont des informations ou des allégations qui sont de nature à ternir l’image de la sous-préfecture. Les gens vivent dans l’ambiance sereine, la cohésion sociale, dans l’harmonie donc tout le monde dans la tranquillité. Il est difficile de dire avec exactitude l’origine de ce malentendu.

 

RJDH : Comment vivent les deux communautés de Paoua ?

 

MO : Evidemment, les communautés musulmane et chrétienne ont vécu de longue date à Paoua. Et donc ces communautés ont échangé des vies communes sur tous les plans, notamment les agriculteurs et les éleveurs. Nous avons eu à mettre en place des organes qui s’investissent pour la cohésion sociale. Plusieurs rencontres ont été organisées pour amener les fils de Paoua à ne pas briser cette couche sociale mais à la renforcer.

 

RJDH : Quel message avez-vous par rapport aux élections ?

 

MO : J’appelle mes frères de Paoua à continuer dans cet exercice pour le retour à la vie normale de notre pays.

 

RJDH : Marc Ouefio, Sous-préfet de Paoua merci !

 

MO : A moi de vous remercier.

 

Propos recueillis par Judicaël Yongo.

 

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