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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 23:56
M. El Hacen Ould Lebatt (UA): «Au Soudan, nous avons inventé des solutions admises par tous»

 

INVITÉ AFRIQUE

 

https://www.rfi.fr/ 08/09/2020 - 18:13 Par :Carine Frenk

 

M. El Hacen Ould Lebatt (UA): «Au Soudan, nous avons inventé des solutions admises par tous»

Soudan, chemin de la paix aux éditions du Panthéon, c’est le titre du livre qui paraît cette semaine de Mohamed El Hacen Ould Lebatt. Conseiller principal stratégique du président de la Commission de l'Union africaine, le diplomate mauritanien a conduit la médiation africaine au Soudan en 2019, à la chute d’Omar El-Béchir. Une médiation menée conjointement avec l’envoyé spécial du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Médiation qui a débouché sur l’accord politique mettant en place une transition consensuelle au Soudan. Mohamed El Hacen Ould Lebatt répond aux questions de Carine Frenk.

RFI: Comment êtes-vous parvenu à cet accord, après quatre mois d’intenses négociations ? Quelle a été la clé du succès ?

Mohamed El Hacen Ould Lebat : Il y a un peu de chance, mais la clé du succès aussi, c’est que chaque fois, nous avons inventé les propositions dans lesquelles les deux parties se reconnaissent sans aucune exclusion. Ça n’a pas été facile mais avec la ténacité, avec le respect des parties, avec l’humilité aussi que nous avons - ce n’est pas pour nous jeter des fleurs - pour respecter les parties qui ont été les vraies artisanes de leurs propres accords.

Vous racontez comment tout a failli capoter, après la terrible répression des rassemblements populaires, le 3 juin 2019.

Oui, ça, ça a été un moment fort risqué de tout le processus. Il y a eu d’abord des démonstrations populaires immenses appelant à la prise des armes contre les militaires. Il y a eu également, du côté des militaires, des tentatives de putsch. Le résultat a été que chacune des parties a décidé d’opter définitivement pour une option unilatérale.

Ce jour-là, comment avez-vous « sauvé » les négociations ?

J’ai dû, immédiatement, rentrer en discussion directe avec les généraux, en particulier avec le président el-Burhan, pour démontrer que l’option unilatérale pour laquelle ils étaient en train d’opter était désastreuse pour le Soudan et que c’était un déshonneur pour l’armée qui avait pris l’engagement de négocier. Et que, deuxièmement, le coût serait extrêmement important en vies humaines, pour les militaires et pour les civils. Il fallait accepter de faire prévaloir la raison, ne serait-ce qu’en partie, et je me suis adressé aux autres dans un effort extrêmement difficile.

Finalement, les gens ont accepté de discuter par notre intermédiaire, par l’intermédiaire de la facilitation et pas directement et ça, ça a été aussi quelque chose d’extrêmement difficile. Petit à petit, donc, j’ai amené par mille et un fils, par mille et un réseaux les parties à revenir finalement à la table des négociations. À partir de ce moment-là, le processus a pris le bon chemin.

Est-ce que cet accord politique va tenir, selon vous ?

Je vous rappelle qu’il a tenu une année, jusqu’à présent, ce qui est déjà très important. Les parties se connaissent entre elles. L’accord, lui-même, est assez solide et il a arrangé énormément de solutions. Maintenant, tout dépend de la volonté des parties de poursuivre ensemble.

Mais qu’est-ce qui garantit que les militaires vont rendre le pouvoir aux civils ?

Tant qu’ils ne l’ont pas rendu pour la deuxième période de la transition, on est toujours sur nos gardes. Mais ce que j’ai ressenti, moi, dans le leadership de l’armée, c’est qu’ils sont désireux, à la fin de la transition, de céder le pouvoir pour la deuxième période et d’aller vers les élections démocratiques pour céder le pouvoir définitivement. J’espère que cet engagement sera tenu au bout du compte.

Un accord de paix avec les mouvements armés du Darfour vient d’être parafé à Juba. En quoi cet accord est important, selon vous ?

Il est important parce que les mouvements armés ont sévi pendant de très longues années dans ce pays et le fait de vouloir mettre fin à cette tension militaire, dans le Darfour et d’autres régions, c’est extrêmement important. Ceci dit, l’accord n’est pas tout à fait complet parce que certains mouvements ne l’ont pas rejoint et son application continuera à poser des problèmes.

Dans quelles mesures les transitions, telles qu’elles ont été imaginées au Soudan ou au Burkina Faso, peuvent servir de modèles au Mali aujourd’hui ?

Dans les trois cas - le Burkina, le Soudan et le Mali - il y a des mouvements populaires puissants qui ont créé les conditions du renversement de régimes vieillissants et finissants. Aujourd’hui, il y a deux écoles. L’école du Burkina qui a, dès le départ, confié le pouvoir de la transition aux civils. Il y a l’exemple, l’expérience soudanaise dans laquelle les parties ont accepté une première phase de la transition dirigée par les militaires et une seconde phase dirigée par les civils. On attend de voir si ça va s’appliquer.

Le plus important pour le Mali aujourd’hui, c’est qu’il y ait une solution consensuelle. Qu’ils suivent l’école du Burkina ou qu’ils suivent l’exemple du Soudan, l’important c’est l’accord consensuel pour l’engineering de leur propre transition, de ce qui normalement devrait être soutenu et doit être soutenu par tous les acteurs régionaux et internationaux.

Dans votre livre, vous évoquez aussi le dossier centrafricain. Est-ce que les élections auront lieu fin décembre, selon vous ? Faut-il les reporter, comme le demandent certaines voix de l’opposition ?

Moi, je suis toujours pour le respect des échéances électorales. C’est une condition de régularité, de transparence dans les processus démocratiques. Il n’y a rien à dire sur ce plan-là. S’il s’avère que ce n’est pas possible, il ne faut pas non plus hésiter à encourager les acteurs politiques pour engager un processus de discussions, de négociations pour s’entendre sur les modalités qui aménagent l’échéancier électoral, parce que si les élections sont mal organisées, cela risque d’aggraver la crise. Ça, ce n’est pas bon pour la Centrafrique, ce n’est pas bon pour l’Afrique.

 

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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 23:43
Les évêques centrafricains lancent un appel à l’unité nationale
Les évêques centrafricains lancent un appel à l’unité nationale
Les évêques centrafricains lancent un appel à l’unité nationale

 

 

https://www.vaticannews.va/

 

La situation du pays, où des élections doivent se tenir en décembre, reste extrêmement précaire compte tenu de la présence de nombreux groupes armées. Depuis le renversement de François Bozizé en 2013, et malgré la signature d’un accord de paix en février 2019 entre le gouvernement et 14 groupes armés, la République centrafricaine n’est pas parvenue à sortir de la violence.

Dans ce long texte de 18 pages, les évêques de ce pays s’attristent du fait que 70 à 80% du territoire demeurent sous le contrôle des groupes armés qui «sont impliqués dans des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des crimes environnementaux et des pillages à grande échelle de nos ressources minières».

«Sûrs de la protection de leurs parrains, ils soutiennent, organisent, installent et enracinent partout dans le pays la transhumance armée et tiennent une administration parallèle. Ils s’opposent à la restauration effective de l’autorité de l’État par les conquêtes de nouvelles localités et les attaques armées contre les institutions de l’État», dénoncent les évêques, parmi lesquels le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, qui est devenu le porte-parole de son peuple sur la scène internationale.

Un message directement adressé aux miliciens

L’épiscopat s’adresse aux milices armées avec fermeté : «Depuis décembre 2012, vous tenez le pays en otage. En signant l’Accord politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine, en février 2019, vous avez accepté de disparaitre pour rétablir la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire. Aujourd’hui, satisfaits du statu quo, vous faites parfois semblant de désarmer vos combattants alors que vous renforcez vos positions.»

L’épiscopat centrafricain dresse la liste des priorités que les acteurs politiques doivent prendre en considération: «la promotion humaine, la consolidation des institutions de l’Etat, la mise en œuvre du programme du Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (DDRR), l’opérationnalisation de la Commission Vérité-Justice-Réparation-Réconciliation (CVJRR), la mise en valeur et la gestion rationnelle des ressources naturelles, le renforcement de la coopération internationale.» Ils saluent les efforts menés depuis mars 2016 pour instaurer un réel système judiciaire et des institutions crédibles.

Combattre les maux dont souffre la population

Néanmoins les maux qui affligent le pays persistent et les évêques en établissent une liste glaçante : «ethnicisme, tribalisme, régionalisme, clanisme, corruption, népotisme, clientélisme, détournement, bradage des biens publics ou privés appartenant aux appauvris de la guerre, déplacés, réfugiés, veuves et orphelins…»

«Quand on parcourt la République Centrafricaine, il est terrifiant de rencontrer des villages entiers contraints à l’abandon par leurs populations ou incendiés par des criminels impunis, s’attristent les évêques. L’état d’insécurité rend des milliers de maisons inhabitables. Des familles préfèrent vivre en exil ou rester sur des sites des déplacés qui sont parfois situés à une centaine de mètres de chez eux. Les victimes attendent désespéramment d’être rétablies dans leurs droits. A quand les réparations maintes fois promises ? Que dire à ces jeunes qui risquent de passer toute leur jeunesse dans des sites de déplacés dans leur propre pays? A quand la réparation des crimes? Quels leaders pourront sortir le peuple centrafricain de l’oppression, de la misère, de l’ignorance?»

En développant une méditation sur l’exemple de Moïse, les évêques soulignent que le pays a besoin de «leaders charismatiques» et d’un appui de la communauté internationale pour «cette partie du monde que Dieu a aussi choisi de sauver par l’ouverture de la Porte sainte du Jubilé de la Miséricorde le 29 novembre 2015 en la cathédrale Notre Dame de l’Immaculée Conception de Bangui», qui avait donné lieu à une visite historique du Pape François.

Un processus électoral pour rétablir la confiance

Ils invitent à renforcer l’Autorité Nationale des Élections et à éviter toute interférence avec d’autres échelons administratifs. Parmi les priorités sur lesquelles tous les partis en lice devraient s’engager figurent notamment «l’unité nationale», «le respect des droits humains», «la justice sociale et la réparation des victimes» ou encore la coopération internationale. Dans le cadre de ce processus électoral et de reconstruction de l’État, les acteurs internationaux sont invité à êtres «neutres, impartiaux, honnêtes et indépendants».

Les évêques adressent aussi un message vibrant d’hommage et d’encouragement aux femmes centrafricaines, dont l’action politique est soulignée : «Vous êtes la matrice bénie de Dieu, mères nourricières de la société, véritables actrices résolues de la paix. Sans la poursuite de votre engagement civique, moral et spirituel auprès de vos familles, du leadership politique, économique et social, notre pays manquerait d’humanité dans la conduite du destin commun», soulignent-ils.

Les catholiques du pays sont exhortés à se montrer exemplaires : «Ne cédez pas à la division, à l’incivisme, à la corruption et au rejet de l’autre. Soyez rassembleurs, fidèles à la Parole du Christ qui nous éclaire et nous rend libres en toutes circonstances comme des modèles de témoignage de la présence de l’Esprit qui renouvelle la face de la terre dans l’amour.»

«La République Centrafricaine, pays effondré, se trouve dans une période délicate de son destin, nécessitant un leadership avisé et courageux, humaniste et responsable face aux enjeux nationaux, régionaux, continentaux et internationaux auxquels nous appartenons. Nous avons plus que besoin de rassembler les compétences, les talents, les expertises des Centrafricains à travers le monde pour bâtir une société de réussite qui nous fera sortir durablement de l’échec auquel nous assistons depuis plusieurs décennies», concluent les évêques.

 

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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 17:29
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : Aristide Briand Reboas se porte candidat à la présidentielle de 2020

 

BANGUI, 08 Septembre 2020 (RJDH) --- Aristide Bruno Reboas, président du Parti Chrétien Démocrate, a annoncé le lundi 07 septembre à Bangui sa candidature à la présidentielle de 2020. Au cœur de son programme politique, le rétablissement de la sécurité sur toute l’étendue du territoire avec l’anéantissement des groupes armés.

Ancien directeur de services de renseignements sous le régime du Président Bozizé, Aristide Briand Reboas, place au cœur de sa politique la restauration de l’autorité de l’Etat sur tout le territoire centrafricain. Ce qui selon lui passe par l’anéantissement des groupes armés.

« Dans le but de restaurer la sécurité, la paix en Centrafrique, il faut neutraliser toutes les forces nuisibles qui fragilisent la relance économique, à travers l’agriculture, l’élevage, le commerce », avant de lancer qu’« on ne négocie pas avec les groupes armés ».

Dans son discours de circonstance, le président du Parti Chrétien Démocrate (PCD) fait reposer sa politique de développement sur la jeunesse et les femmes. En retraçant l’histoire du pays, avant, pendant et après l’indépendance, « à 60 ans d’impédance, le pays a reculé par rapport aux pays de la sous-région », a constaté Aristide Bruno Réboas.

Sur la tenue à bonne date des élections, sans détours, il croit qu’il y aura inéluctablement un éventuel glissement dans le processus électoral. « C’est prévisible. Les opérations d’enrôlement des électeurs ne sont encore terminées à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Les électeurs n’ont pas encore leurs cartes. Toutes explications prouvent le glissement du calendrier électoral », a-t-il fait mention.

Par-dessus tout, le désormais candidat à la présidentielle de fin d’année, souhaite une élection transparente, inclusive, démocratique, afin d’éviter une éventuelle crise.

Auguste Bati-Kalamet

 

 

Centrafrique : deux agents de la police nationale enlevés dans le nord-Ouest du pays

 

BANG, 08 septembre 2020 (RJDH) --- Un policier et un auxiliaire de la police ont été enlevés dans la nuit du dimanche 06 au lundi 07 septembre au village Mdéré dans la préfecture de l’Ouham Péndé au Nord de la République Centrafricaine.

Il s’agit d’une information RJDH confirmée par plusieurs sources indépendantes dans la localité de l’Ouham-Péndé, une préfecture contrôlée partiellement par les 3R, un des 14 groupes signataires de l’accord de la paix du 06 février.

L’enlèvement a eu lieu, selon nos sources, au village Mdéré situé à 14 Km de la ville de Ngaoundaye, un des bastions du mouvement 3R. Les deux agents de la police kidnappée étaient en poste selon nos informations.

A en croire, une autorité politique, qui a requis l’anonymat « les deux policiers auraient été conduits à la base principale des 3R à Koui l’une des sous-préfectures de la Nana-Mambere ».

Difficile pour le moment au RJDH d’entrer en contact avec les 3R pour leur version des faits.

Cet enlèvement intervient deux semaines après que la MINUSCA et les FACA avaient lancé l’opération A LA LONDO occasionnant ainsi la destruction de plusieurs bases des 3R dans le Nord-Ouest de la RCA.

Ketsia Kolissio

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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 16:40
Éloigner les vieux démons !
Éloigner les vieux démons !

 

Centrafrique: l’ex-président Michel Djotodia reçu par le chef de l’Etat

 

https://www.rfi.fr/ 

 

L’ex-président centrafricain Michel Djotodia a été reçu par le chef de l’État Faustin-Archange Touadéra ce lundi 7 septembre dans l'après-midi. Officiellement, il s’agit d’une visite de courtoisie. Michel Djotodia est rentré samedi dernier après plus de six ans d’exil au Bénin. Cette fois-ci définitivement, a-t-il indiqué. Il dit s’être entretenu avec le président Touadéra de sa volonté « d’œuvrer en faveur de la consolidation de la paix ».

La rencontre entre les deux hommes aura duré trois quarts d'heure. En sortant, Michel Djotodia a tenu à marquer son soutien aux autorités. « Je convie tout le monde, tous les Centrafricains à s’unir et à soutenir l’effort de paix du gouvernement, afin d’aller aux élections dans un climat d’apaisement », a-t-il indiqué devant la presse.

À quatre mois de la présidentielle, se dirige-t-on vers une alliance entre l’ancien président et le parti au pouvoir ? « Une alliance n’est pas à l’ordre du jour », affirme un de ses proches, Idriss Salao. « Pour l’instant, la priorité est la paix dans le pays, son ambition personnelle viendra après », ajoute ce dernier.

Rencontre avec les groupes rebelles

D’ailleurs, précise-t-il, Michel Djotodia compte se rendre dans le nord pour y rencontrer les groupes rebelles et comprendre pourquoi les violences continuent, malgré un cessez-le-feu signé l’année dernière. Avant d’affirmer qu’il s’agit d’une initiative personnelle.

La presse centrafricaine croit savoir que Michel Djotodia est rentré au pays à l’invitation de la présidence et pour soutenir la candidature du chef de l’État, auquel il apporterait les voix du nord-est. « Non, il n’y a pas de discussion, ni de contrat entre les deux hommes », répond un porte-parole du parti au pouvoir.

 

 

Éloigner les vieux démons !

 

https://www.cameroon-tribune.cm/ Par Paul EBOA 07 Sept. 2020 11:00

 

Le retour de l’ancien président Michel Djotodia, avant-hier au bercail, s’intègre dans le processus de la réconciliation en République centrafricaine.
 

Le retour de l’ancien chef de l’Etat intervient quelques semaines après celui d’un autre ancien président à savoir François Bozizé. Certes, les deux anciens dirigeants centrafricains affichent leurs intentions de prendre activement part au processus de la consolidation de la paix dans le pays. L’accord de paix signé le 6 février dernier prévoit un statut pour les anciens chefs d’Etat.
 

Il reste cependant que l’un et l’autre étaient les principaux acteurs la grave crise ayant ébranlé « le berceau des bantous » de 2013 à 2016. Cette crise avait pris une ampleur telle que les populations avaient été prises en otages par des bandes armées se réclamant du camp de la Séléka ou de l’autre camp des miliciens des anti-balaka. Ces extrémistes avaient multiplié des exactions sur l’ensemble du territoire centrafricain et s’étaient payés le luxe de dresser certaines communautés contre les autres.

Y compris les communautés religieuses. La proximité des responsables de ces groupes armés par rapport aux deux anciens chefs d’Etat avait fait croire que ceux-ci encourageaient leurs exactions dans l’espoir secret de reconquérir le pouvoir. Toujours est-il que la crise ayant opposé la Séléka aux anti-balaka avait été si durement ressentie par l’Etat centrafricain qu’elle n’avait pris fin qu’avec la forte implication de la communauté internationale. Mais aussi et surtout avec l’accession du président Faustin Archange Touadéra à la magistrature suprême.
 

On avait alors compris pourquoi le chef de l’Etat centrafricain avait placé sa gouvernance sous la trilogie de la réconciliation nationale, de la paix et de la relance économique. La vision du président Faustin Archange Touadéra conserve encore toute sa pertinence. Elle n’oppose pas la recherche de la paix à la manifestation de la justice. Notamment les poursuites nationales ou internationales contre les anciens présidents Djotodia et Bozizé. Par contre, cette vision favorise la culture de la paix pour éloigner les vieux démons et préparer l’élection présidentielle du 27 décembre 2020 dans la sérénité.    

 

 

Centrafrique: des évêques dénoncent la mainmise des groupes armés qui ravagent le pays

 

https://www.rfi.fr/ 08/09/2020 - 00:09

 

Dans une lettre publiée, ce dimanche, ils dénoncent les exactions commises par ces factions qui, rappellent-ils, se sont pourtant engagées à renoncer aux armes et à la violence. En effet, 14 groupes armés ont signé un accord de paix avec le gouvernement, il y a 18 mois. Mais sur le terrain, ils contrôlent toujours 80% du territoire.

 

 

Ces groupes armés imposent leur loi. Pour nous, cela reste une préoccupation. Est-ce que les élections ne vont pas être monnayées entre les leaders politiques et ces groupes armés?Monseigneur Nestor-Désiré Nongo Aziagbia, évêque de Bossangoa et président de la Conférence épiscopale centrafricaine

Alexandra Brangeon

 

Dans leur communiqué, les évêques sont sévères : « les seigneurs de guerre se plaisent dans le business de la guerre, érigé en modèle économique du sang humain. » « Ils tirent profit de l’accord politique pour la paix », sans contrepartie décrie Monseigneur Nestor-Désiré Nongo Aziagbia.Nous les avons interpellés dans notre message à être cohérents avec eux-mêmes. Ils ont signé librement un accord de paix. (…) La réalité est là pour nous dire que cet accord de paix n’a pas été respecté par ces groupes armés.

Monseigneur Nestor-Désiré Nongo Aziagbia, évêque de Bossangoa et président de la Conférence épiscopale centrafricaine

Alexandra Brangeon

 

Les évêques critiquent également le gouvernement qui, selon eux, n’est plus en mesure de bâtir des politiques publiques profitables à la population.

 

Centrafrique: l’augmentation du prix des cartes d’identité suspendue

 

https://www.rfi.fr/ 05/09/2020 - 10:16

La Cour administrative de Bangui suspend les effets d’un arrêté ministériel fort impopulaire. Celui-ci, pris il y a plus d'un an, augmentait fortement le prix des documents d’identité. La carte nationale d’identité passait par exemple de 4 000 à plus de 6 000 francs CFA. Un député indépendant, Thierry Vackat, avait alors déposé deux requêtes pour la suspension et l'annulation de cet arrêté. Il a obtenu ce vendredi 4 septembre la suspension, le temps pour la Cour de juger sur le fond.

 « Personnellement, il n’y a pas de triomphalisme. Mais ce que je leur ai dit, c’est la victoire du peuple, c’est la victoire de la justice », se réjouit le député Thierry Vackat, président de la Commission défense et sécurité à l’Assemblée.

« Les juges ont vu que les préjudices sont incommensurables, poursuit-il, dès lors qu’ils ont ordonné un sursis à l’exécution de l’arrêté Curier. Nous irons au fond pour obtenir l’annulation pure et simple de l’arrêté interministériel pris par le ministre de la Sécurité publique et celui des Finances. On ne peut pas continuer à se payer sur le dos du peuple centrafricain. Le seul rempart du peuple, le seul rempart de faibles sur la justice, à défaut de la justice, c’est la révolution. »

 

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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 16:30
Les "seigneurs de guerre" fustigés par les évêques centrafricains
Les "seigneurs de guerre" fustigés par les évêques centrafricains
Les "seigneurs de guerre" fustigés par les évêques centrafricains

 

Les évêques centrafricains s’inquiètent de l’omniprésence des groupes armés

 

https://www.la-croix.com/ Lucie Sarr, le 07/09/2020 à 12:40

 

Dimanche 6 septembre, les évêques de la République centrafricaine ont rendu publique une lettre pastorale intitulée « fais sortir mon peuple ». Dans ce texte, ils s’adressent aux acteurs politiques à trois mois des élections présidentielle et législatives et s’inquiètent de l’omniprésence des groupes armés dans le pays.

 

À la veille des élections couplées (présidentielle et législatives) du 27 décembre 2020, l’épiscopat de la République centrafricaine a interpellé les différents acteurs de la vie politique du pays dans une lettre pastorale publiée dimanche 6 septembre.

Dans ce texte, les évêques font part de leur inquiétude quant à la situation qui prévaut en Centrafrique avec l’omniprésence des groupes armés malgré l’accord de paix de 2019. « Nous constatons avec amertume que 70 % voire 80 % de notre pays est encore occupé par des groupes armés dont certains des plus farouches leaders sont des mercenaires, regrette l’épiscopat centrafricain. Ils sont impliqués dans des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des crimes environnementaux et des pillages à grande échelle de nos ressources minières. »

La question des groupes armés

Depuis le début de la crise en Centrafrique en 2013, 8 accords ont été signés entre le gouvernement et les groupes armés. Le dernier a été conclu le 6 février 2019. À cette date, le président Touadéra avait signé, avec 14 groupes armés, à Khartoum, au Soudan, un accord de paix dans lequel les parties s’engageaient à renoncer aux recours aux armes pour régler leurs différends. Mais la mise en œuvre de l’accord se heurte à de nombreuses difficultés comme le font remarquer les évêques et pire, selon eux, l’accord de Khartoum profite aux groupes armés. « Les seigneurs de guerre tirent profit de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine, font-ils remarquer. Ils jouissent en conséquence de tous les privilèges, en particulier la pleine liberté de mouvement et l’impunité malgré la poursuite discontinue des exactions sur le terrain. L’accès aux autorités leur est garanti. Ils se plaisent dans le business de la guerre, érigé en modèle économique du sang humain. Sûrs de la protection de leurs parrains, ils soutiennent, organisent, installent et enracinent partout dans le pays la transhumance armée et tiennent une administration parallèle. »

Qualité des élections

L’épiscopat de Centrafrique se pose, par ailleurs, des questions sur la qualité des élections à venir et sur la fiabilité des résultats qui en découleront. « Que pouvons-nous dire des échéances électorales qui se projettent dans notre pays ? se demande-t-il. Seront-elles des élections crédibles et acceptées ou des élections contestées et suivies de scènes de violences ? Y a-t-il à l’heure actuelle un climat de confiance ou de méfiance ? À quels types d’alliances politiques assistons-nous ? Les candidats aux élections présidentielles et législatives sont-ils prêts à signer et à respecter un code de bonne conduite ? ».

Le 25 juillet, l’ancien président François Bozizé (déchu à la suite de la crise de 2013) a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. Tout comme lui, Catherine Samba-Panza, ancienne présidente centrafricaine - qui a dirigé le pays pendant la période de transition, entre janvier 2014 et janvier 2016- a annoncé sa candidature le 28 août. Celles de Michel Djotodia- qui s’est autoproclamé président après la chute de Bozizé- et du président sortant Faustin Touadéra sont également attendues.

Appel à la responsabilité

Pour garantir le libre jeu de la démocratie, la Conférence épiscopale centrafricaine demande aux différents acteurs d’assumer les responsabilités qui leur incombent. Elle invite ainsi le gouvernement à éviter une « ingérence des pouvoirs publics dans le processus électoral ». À l’autorité l’Autorité nationale des élections (ANE), elle rappelle la nécessité de ne pas céder aux pressions mais également de mettre en place un mécanisme de prévention de toute fraude électorale. Les partis politiques quant à eux, sont invités faire leurs certains principes dont les plus importants sont de garantir l’unité nationale, la paix et la sécurité et le respect des droits humains.

 

 

Les "seigneurs de guerre" fustigés par les évêques centrafricains

 

06 septembre 2020 AFP

 

Les évêques de Centrafrique ont vivement dénoncé la mainmise des groupes armés qui ravagent le pays dans une lettre publiée dimanche, alors qu'approchent les élections prévues en décembre. 

La Centrafrique est toujours en proie aux exactions des milices depuis qu'une coalition de groupes armés a renversé le régime du président François Bozizé en 2013.

La signature d'un accord de paix entre le gouvernement et 14 groupes armés en février 2019, n'a pas permis de ramener la sécurité dans une grande partie du territoire.

"Les seigneurs de guerre tirent profit de l'Accord politique pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine", écrivent les auteurs de la lettre.

Ces leaders rebelles "jouissent de tous les privilèges, en particulier la pleine liberté de mouvement et l’impunité malgré la poursuite discontinue des exactions sur le terrain. L'accès aux autorités leur est garanti. Ils se plaisent dans le business de la guerre, érigé en modèle économique du sang humain", fustigent les évêques centrafricains.

Les auteurs critiquent également le gouvernement: l'Etat, selon eux, "n'est plus totalement en mesure de bâtir des politiques publiques profitables à la population".

Toutefois, les évêques évoquent des "signes d'espérance", à quatre mois de la présidentielle : la reconstruction de l'armée nationale, avec le soutien de l'Union européenne et de la Russie, ainsi que le redéploiement de l'autorité de l'Etat dans plusieurs provinces du pays.

 

Forte présence des groupes armés : Centrafrique, les évêques interpellent les politiciens

 

https://www.afrik.com/ Par Daouda Ndour  8 septembre 2020

 

C’est par une correspondance adressée aux hommes politiques que les évêques centrafricains ont fait connaître leur inquiétude par rapport à la présence intempestive des groupes armés, en particulier, à l’approche des élections présidentielles.

« Fais sortir mon peuple », tel est le titre d’une lettre pastorale rendue publique, dimanche 6 septembre 2020, par les évêques de la République centrafricaine. Une correspondance épistolaire à travers laquelle ils s’adressent aux acteurs politiques, à trois mois seulement des élections présidentielles et législatives. Ils s’inquiètent de l’omniprésence des groupes armés dans leur pays.

« Nous constatons, avec amertume, que 70% voire 80% de notre pays est encore occupé par des groupes armés dont certains des plus farouches leaders sont des mercenaires. Ils sont impliqués dans des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des crimes environnementaux et des pillages à grande échelle de nos ressources minières », peut-on lire dans la correspondance rédigée par l’épiscopat centrafricain.

Des inquiétudes d’autant plus fondées que, depuis 2013, des groupes armés se sont très bien installés en Centrafrique où ils font la loi. L’économie politique du conflit et l’espace d’action largement ouvert expliquent, entre autres, cette prolifération d’armes et de groupes armés en Centrafrique.

Dans un espace politique caractérisé par l’extrême pauvreté et l’inversion du contrat social, le « business conflict model » des groupes armés est très attractif, y compris pour les acteurs politiques de Bangui et des communautés en quête de protection et de moyens de survie. C’est l’une des raisons principales qui font que l’écosystème des groupes armés reste fondamentalement ouvert en Centrafrique.

 

Centrafrique: des évêques dénoncent la mainmise des groupes armés qui ravagent le pays

 

https://www.rfi.fr/ 08/09/2020 - 00:09

 

Dans une lettre publiée, ce dimanche, ils dénoncent les exactions commises par ces factions qui, rappellent-ils, se sont pourtant engagées à renoncer aux armes et à la violence. En effet, 14 groupes armés ont signé un accord de paix avec le gouvernement, il y a 18 mois. Mais sur le terrain, ils contrôlent toujours 80% du territoire.

 

 

Ces groupes armés imposent leur loi. Pour nous, cela reste une préoccupation. Est-ce que les élections ne vont pas être monnayées entre les leaders politiques et ces groupes armés?Monseigneur Nestor-Désiré Nongo Aziagbia, évêque de Bossangoa et président de la Conférence épiscopale centrafricaine

Alexandra Brangeon

 

Dans leur communiqué, les évêques sont sévères : « les seigneurs de guerre se plaisent dans le business de la guerre, érigé en modèle économique du sang humain. » « Ils tirent profit de l’accord politique pour la paix », sans contrepartie décrie Monseigneur Nestor-Désiré Nongo Aziagbia.

Nous les avons interpellés dans notre message à être cohérents avec eux-mêmes. Ils ont signé librement un accord de paix. (…) La réalité est là pour nous dire que cet accord de paix n’a pas été respecté par ces groupes armés.

Monseigneur Nestor-Désiré Nongo Aziagbia, évêque de Bossangoa et président de la Conférence épiscopale centrafricaine

Alexandra Brangeon

 

Les évêques critiquent également le gouvernement qui, selon eux, n’est plus en mesure de bâtir des politiques publiques profitables à la population.

 

 

B) SIGNES D’INQUIETUDES

9. Chers sœurs et frères, sur le plan politique, nous nous interrogeons sur l’efficacité des institutions républicaines dans la reconstruction de notre pays. Nous constatons avec amertume que 70% voire 80% de notre pays est encore occupé par des groupes armés dont certains des plus farouches leaders sont des mercenaires. Ils sont impliqués dans des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des crimes environnementaux et des pillages à grande échelle de nos ressources minières. Au regard de l’article 5 des dispositions de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine, les groupes armés se sont engagés à « renoncer au recours aux armes et à la violence pour faire valoir toute forme de revendication », « procéder…à la dissolution intégrale des groupes armés… », « mettre immédiatement fin à toutes formes de recrutement dans les groupes armés y compris d’enfants et d’étrangers ». Mais la situation sur le terrain est loin d’être le cas. Les groupes armés continuent à endeuiller notre pays. Ils ont commis des crimes de sang sur des innocents à Bocaranga, Bohong, Bozoum, Besson, Bouar, Birao, Ndélé, Bria, Lemouna, Koudjili… Ils oppriment les populations par des exactions multiformes. Certains renforcent leur position. Ils recrutent de nouveaux combattants. Ils s’approvisionnent en armements et en munitions. Ils mettent en circulation de nouveaux véhicules flambons neufs. N’auraient-ils pas encore renoncé au projet de partition de notre pays ? Chercheraient-ils à perturber le processus électoral en cours ?

10. Les nouvelles agitations des 3 R et les tentatives de l’UPC de renforcer ses positions à l’est du pays vont à l’encontre de la recherche de la paix. La signature d’une entente entre l’UPC et les 3 R invite à redoubler de vigilance, de réactivité et de fermeté pour éviter toute surprise quant à la partition du pays.

11. Les seigneurs de guerre tirent profit de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine. Ils jouissent en conséquence de tous les privilèges, en particulier la pleine liberté de mouvement et l’impunité malgré la poursuite discontinue des exactions sur le terrain. L’accès aux autorités leur est garanti. Ils se plaisent dans le business de la guerre, érigé en modèle économique du sang humain. Sûrs de la protection de leurs parrains, ils soutiennent, organisent, installent et enracinent partout dans le pays la transhumance armée et tiennent une administration parallèle. Ils s’opposent à la restauration effective de l’autorité de l’État par les conquêtes de nouvelles 4 localités et les attaques armées contre les institutions de l’État. Cette technique n’est rien d’autre qu’une cynique stratégie de colonisation des terres au détriment des populations évincées de leurs biens et contraintes aux déplacements forcés et dont les droits sont impunément bafoués. Cette stratégie cacherait-elle un plan de purification des autochtones en lieu et place de la transhumance armée ? Comment expliquer la venue massive des éleveurs dans les localités de Bambouti, Obo, Zémio ?

12. La situation sécuritaire globale du pays reste bien préoccupante. Beaucoup d’armes sont en circulation et le processus du DDRR tarde à véritablement prendre son envol. L’impunité accumulée ne présage d’aucune sécurité immédiate pour la population livrée à la merci des crimes humains de tous genres.

13. La démocratie se veut la gestion rigoureuse des libertés individuelles dans la discipline et l’égalité devant la loi. Toutefois, nous regrettons la persistance des actes d’incivisme, de justice populaire à l’égard des personnes accusées de sorcellerie et d’impunité vis-à-vis des grands criminels. Où allons-nous alors ? Quelle société avons-nous choisi pour nos enfants et notre futur ?

14. La fonction de l’Etat ne semble pas encore tenir compte du principe de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Ce principe devrait garantir la pérennité, l’efficacité et le suivi du service administratif. Or, les élections deviennent un prétexte pour remplacer les véritables commis de l’Etat. Les nominations se font par affinité politique au détriment de l’Etat. Et beaucoup de choses se passent comme si l’intérêt individuel de certains privilégiés est plus important que l’intérêt de la nation. Que ferons-nous pour créer les conditions propices à l’établissement d’institutions fortes et à l’émergence des cadres compétents, capables de les porter ?

15. Depuis l’avènement des rebellions armées avec leur panoplie d’innombrables accords politiques, l’Administration est devenue un terrain d’embauche pour des combattants illégaux. L’État, ainsi privé d’une administration de mission au service de l’intérêt général, n’est plus totalement en mesure de bâtir des politiques publiques profitables à la population. Il survit grâce à la solidarité internationale ou à un endettement chronique qui entretient la spirale de la très grande pauvreté.

16. Nous saluons l’appui financier de la Communauté Internationale au budget de fonctionnement de l’Etat. Cependant, aucun pays ne peut vivre à long terme dans cette dynamique de dépendance. Des concessions sont gracieusement offertes à des sociétés étrangères depuis Bangui. Les cahiers de charge ne sont jamais respectés (construction d’infrastructures routières, écoles, centres de santé…) et le pays continue à croupir dans la pauvreté. À qui profitent alors les richesses du pays ?

17. Quelle évaluation pouvons-nous faire du rôle de l’opposition démocratique ? Cette dernière se consacre-t-elle uniquement à combattre le Gouvernement ? L’opposition ne devrait-elle pas aussi faire des propositions 5 constructives pour le relèvement du pays ? A quoi servent réellement les innombrables partis politiques en République Centrafricaine ? La question de la paix et de la sécurité nationale concerne-t-elle seulement le Gouvernement ? Comment collaborer plus efficacement pour des questions d’intérêts communs ?

18. Sur le plan social, le peuple est habité par des attentes déçues. Les mêmes méfaits persistent : ethnicisme, tribalisme, régionalisme, clanisme, corruption, népotisme, clientélisme, détournement, bradage des biens publics ou privés appartenant aux appauvris de la guerre, déplacés, réfugiés, veuves et orphelins… Les victimes désenchantent. Le secteur de l’éducation ne bénéficie pas de tous les appuis nécessaires pour une meilleure préparation de la jeunesse. Avons-nous vraiment le souci de former des cadres compétents, crédibles et dévoués pour l’avenir ? Le pays est-il résolument engagé sur la voie du développement intégral ?

19. Quand on parcourt la République Centrafricaine, il est terrifiant de rencontrer des villages entiers contraints à l’abandon par leurs populations ou incendiés par des criminels impunis. L’état d’insécurité rend des milliers de maisons inhabitables. Des familles préfèrent vivre en exil ou rester sur des sites des déplacés qui sont parfois situés à une centaine de mètres de chez eux. Les victimes attendent désespéramment d’être rétablies dans leurs droits. A quand les réparations maintes fois promises ? Que dire à ces jeunes qui risquent de passer toute leur jeunesse dans des sites de déplacés dans leur propre pays ? A quand la réparation des crimes ? Quels leaders pourront sortir le peuple centrafricain de l’oppression, de la misère, de l’ignorance ?

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 19:16
Centrafrique: Michel_Djotodia, ancien Président de Transition est à Bangui. 
Centrafrique: Michel_Djotodia, ancien Président de Transition est à Bangui. 

 

 
 
Le Président de la République, Son Excellence Pr Faustin Archange TOUADERA a accordé une audience en ce début d'après midi du 07 septembre 2020 à Monsieur Michel DJOTODIA AM-NONDOKRO, ancien Président de transition. 
 
De retour pour la seconde fois au pays après sept années d’exil à Cotonou au Benin, Michel DJOTODIA AM-NONDOKRO est venu discuter avec le Président TOUADERA sur sa volonté d’œuvrer en faveur de la consolidation de la paix en République Centrafricaine.
 
Interrogé par la presse présidentielle au terme de cette rencontre, l’ancien Président de la transition, Michel DJOTODIA a livré ses impressions en ces termes :
 
"Le Chef de l’Etat, malgré ses lourdes tâches, ses préoccupations, a tenu quand même à me recevoir et comme vous le savez, chez nous en Afrique, quand on revient au village, il faut aller tout droit rencontrer le Chef et échangé avec lui. C’est ce que j’ai fait.
 
Nous avons fait le tour de l’application de l’Accord de Khartoum, et naturellement nous avons parlé de mon emploi du temps ici, qui consiste à rencontrer les forces vives de la nation, les anciens Chefs d’État, pour pouvoir consolider la paix en République Centrafricaine. Voilà le principal objectif de ma présence ici.
 
Je convie tout le monde, tout centrafricain à s’unir, à soutenir l’effort de paix du gouvernement car d’ici là il y aura les élections et nous aimerions y aller  dans un climat d’apaisement et de fraternité. Je demande à tous d’appuyer le gouvernement, d’appuyer les efforts tendant à ramener la paix et de demander  à la Communauté Internationale d’appuyer le gouvernement afin que la paix revienne avant ses consultations électorales.

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 19:11
RCA: Catherine Samba Panza l’ombre de l’Angolagate et de la bancorisation des recettes de l’Etat, refait surface

 

 Tribune libre d'un compatriote sur Facebook
 
 
Nul ne peut hésiter un seul instant sur la personnalité de Catherine Samba Panza, ancienne cheffe d’Etat de la transition chancelante qui a mis tous les centrafricains dans le pétrin. 
 
Une femme encore à la tête de la RCA, pourquoi faire ? Catherine Samba Panza peut bien annoncer sa candidature à la  présidentielle. Mais c’est le résultat qui  compte. Comme disait Machiavel : « la fin qui justifie toutes les prétentions politiques ».
 
L’on ne peut imaginer un seul instant que l’ancienne cheffe d’Etat de la transition, Catherine Samba Panza pour tenir un discours contraire à ce qu’elle avait déclaré  à nos confrères de RFI en ces termes : « absolument pas. 
 
Dans cinq ans, j’aurai 66 ans. J’estime que j’aurai un âge suffisamment avancé pour avoir des activités moins stressantes. Et la politique ne m’intéresse pas. De toutes les façons, quoi que les médias en disent ». Voilà comment Catherine Samba viole son serment et cela va lui coûter devant l’histoire.
 
 En quoi, Catherine Samba Panza qui géré la République Centrafricaine en deux ans, de manière clanique, exclusive, dont le gouvernement était dominé par ses collègues  du Lycée Pie 12, avec un système de gestion opaque, calamiteuse ou scabreuse de la chose publique.
 
Etre candidate pour l’élection à suffrage universel direct, ne devrait pas être assimilée  celle organisée  dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, parrainée par  Charles Malinas, sous les auspices d’Yves Le Drian. Catherine Samba Panza  n’a pas honte  de dire qu’elle va désenclaver la RCA à travers l’électricité ? Qui a impulsé le système de délestage de 8 heures du temps avec son oncle Banganzoni ?
 
A-t-elle oublié la gestion scabreuse des recettes de l’Etat où se faisait transporter via des petits sacs appelés ‘’banco’’ ? Pour preuve, Comment les 3 milliards de dollars offerts par l’Angola ont été transportés ? Est-ce verser au Trésor Public ou dans le sac à main de Catherine Samba Panza et ses proches.
 
C’est aujourd’hui que Catherine Samba Panza peut-elle estimer traiter le problème de la RCA au fond ?  L’exclusivité  organisée lors du forum de Bangui, ne lui sert pas de leçon ? En toute vérité, Catherine Samba devrait renoncer à sa candidature, si elle est sage et se souvient de sa déclaration sur RFI.
 
La RCA n’est une poubelle où les criminels économiques vont et reviennent pour saper le moral du Peuple. Catherine Samba Panza représente un poison car, dans son entourage on clame haut et fort qu’elle candidate de la France, soutenue par Jean Yves Le Drian. En attendant, le Peuple qui a vécu la transition chancelante est là pour sanctionner.

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 18:38
Nouvelles nationales sur RNL
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Bangui: la gendarmerie nationale passe à l’offensive contre le banditisme

 

 

Centrafrique: montée inquiétante du niveau des eaux de l'Oubangui

Les habitants des quartiers riverains de Bangui et Bimbo s’inquiètent de la montée rapide des eaux de l'Oubangui. Frappés par les inondations de novembre 2019, ces familles craignent revivre les désastres de l'année dernière. Plusieurs d'entre elles envisagent déjà un déménagement tandis que d’autres attendent du gouvernement des mesures adéquates pour prévenir une nouvelle catastrophe naturelle.

Le fleuve Oubangui, long de plus de 1.000 kilomètres, longe une grande partie du sud de la République centrafricaine. En bordant ce cours d'eau en amont de Bangui, l’ambiance fait place à la méfiance. Ces derniers jours, l’augmentation du niveau des eaux inquiète les riverains. Partant de l’ambassade de France vers l'hôtel Oubangui, l’eau s’approche dangereusement de la grande route. Face à cette situation, certains habitants craignent le pire. Pour eux, le fait que les eaux gagnent les habitations est une catastrophe qui se prépare.

"Nous constatons ces derniers jours que les eaux du fleuve envahissent notre concession. La progression est très rapide. Les dégâts risquent d'être énormes par rapport à ceux de l'année dernière" craint une vendeuse de poissons.

Cependant, dans le septième arrondissement, c'est un autre phénomène qui voit le jour. Au quartier Nguito par exemple, lorsque le soleil se pointe au zénith, le niveau du fleuve augmente et le quartier est inondé. Situation similaire au quartier Mpoko bac, dans la commune de Bimbo où le fleuve a quitté son lit pour se diriger peu à peu vers le marché. Certains habitants cherchent déjà à plier bagage.

"L'eau sort de la fondation de la maison. L'année dernière, les inondations avaient démarré de cette manière. Avec cette allure, le niveau d'eau va dépasser celui de l'année dernière. La montée est très rapide car l'eau est entrain de gagner les quartiers. Nous avons très peur" témoigne Jean Pierre Ngbokoli, un riverain.

En novembre 2019, ce phénomène cyclique a provoqué le déplacement des milliers de personnes, occasionné la destruction des centaines de maisons d’habitations et couté la vie à quelques dizaines de riverains à Bangui et dans certaines villes de provinces. Par ailleurs, en vue d’éviter d’éventuelles catastrophes naturelles et humanitaires, ces habitants appellent le gouvernement et ses partenaires à agir en conséquence.

 

Centrafrique: le ministre de la communication Ange Maxime Kazagui dans le viseur des manifestants pros-pouvoirs

Vingt quatre (24) heures après la marche des pros pouvoirs contre le président de l'Union pour le renouveau centrafricain (URCA), Anicet Georges Dologuélé, la tension est vive au ministère de la Communication et des médias. Les partisans du ministre Ange Maxime Kazagui se sont mobilisés, ce vendredi 05 septembre 2020, dans l’enceinte dudit ministère pour dénoncer la machination du pouvoir à l'endroit de leur leader. 

Le jeudi 03 septembre 2020, des partisans du pouvoir ont marché à Bangui pour dénoncer les propos du chef de file de l’opposition, Anicet Georges Dologuélé et exiger en même temps de l’Assemblée nationale la levée de son immunité parlementaire. A la grande surprise, lors de la lecture des points de revendications contenus dans le mémorandum à remettre au représentant des élus de la Nation, Euloge Doctrouvé Koï, l’un des organisateurs de la marche lâche « nous réclamons la démission immédiate du ministre de la communication et des médias ».

Ce point de revendication sorti de l’ordinaire suscite encore des interrogations tant à Bangui que dans la diaspora centrafricaine. Cependant, les leaders de la plateforme dénommée "Galaxie 3003", à l’origine de cette revendication défendent leur position.

"Tout l'argent, il bouffe. La mauvaise collaboration entre les directeurs de la radio et de la télévision en est une des raisons. Tout ça, c'est parce qu'il n'est pas technicien. Nous demandons au chef de l'Etat et au Premier ministre, avec la dernière énergie de le dégager du gouvernement. Je parle au nom de toutes les associations" a martelé Zama Javon Papa, porte-voix des manifestants pros pouvoirs contre l’opposant Anicet Georges Dologuélé.

Toutefois, la réaction des partisans du ministre Kazagui, porte-parole du gouvernement n’a pas tardé. Les membres de son organisation politique, Alliance pour une nouvelle Centrafrique (ANC) ont pris d’assaut le vendredi 04 septembre 2020, l’enceinte du ministère de la Communication et des médias à Bangui pour dénoncer, ce qu'ils considèrent de manœuvre politicienne, à l'endroit de leur président. Selon eux, M. Kazagui est devenu une cible car il a défendu aux leaders de la plateforme Galaxie 3003 de tenir des propos injurieux sur les ondes de la Radio nationale.

"On soutient les actions du président Touadéra. Mais comment les gens qui ont marché, réclament la démission de notre leader ? La radio Centrafrique est une station nationale, dédiée à tous les centrafricains et non à une frange de la population. Ils sont en colère parce que notre leader leur a refusé d'aller insulter les gens comme ils font souvent dans la presse" a fait savoir Jean-Jacques Olivier Ndéwana, chargé de relations extérieures de l’Alliance pour une nouvelle Centrafrique.

Selon nos sources, c’est depuis plusieurs mois que le ministre Ange maxime Kazagui ne s’entend pas avec ses collaborateurs des médias d'Etat. Après la prise d'une note de service ces derniers temps par le membre du gouvernement interdisant toute publication de messages haineux et d’insultes sur les ondes des médias d’Etat, la tension est constante au sein du département. Tension qui serait alimentée par des proches du pouvoir.

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 12:50
COMMUNIQUE DE PRESSE CPI

 

La Cour pénale internationale condamne les sanctions économiques des États-Unis

Ces actes coercitifs, dirigés contre une institution judiciaire internationale et ses fonctionnaires, sont sans précédent et constituent de graves attaques contre la Cour

LA HAYE, Pays-Bas, 3 septembre 2020/ -- La Cour pénale internationale (« CPI » ou « la Cour ») (http://www.ICC-cpi.int) condamne les sanctions économiques imposées plus tôt dans la journée par les États-Unis à l’encontre du Procureur de la Cour et d’un membre de son Bureau.

Les nouvelles mesures, annoncées conformément au décret exécutif des États-Unis 13928 du 11 juin 2020, constituent une nouvelle tentative d’interférer avec l’indépendance de la justice et des poursuites de la Cour et son travail crucial pour lutter contre les crimes graves qui touchent la communauté internationale, conformément au Statut de Rome de la CPI.

Ces actes coercitifs, dirigés contre une institution judiciaire internationale et ses fonctionnaires, sont sans précédent et constituent de graves attaques contre la Cour, le système de justice pénale internationale du Statut de Rome et l'état de droit en général.

La Cour continue d’appuyer fermement son personnel et sa mission de lutter contre l’impunité pour les crimes les plus graves du monde au regard du droit international, de manière indépendante et impartiale, conformément à son mandat. Ce faisant, la Cour bénéficie du soutien et de l’engagement résolus des deux tiers des États du monde qui sont parties au Statut de Rome.

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 12:33
RCA : la Banque mondiale annonce un nouveau cadre de partenariat 2021-2025 assorti de 355 millions $ d’aide

 

Centrafrique : la Banque mondiale annonce un nouveau cadre de partenariat 2021-2025 assorti de 355 millions $ d’aide

 

(Agence Ecofin) 03 septembre 2020 12:59- La Banque mondiale prévoit le lancement d’un nouveau cadre de partenariat 2021-2025 avec la Centrafrique pour renforcer les investissements dans le pays. Il sera assorti d’une aide de 355 millions $, à condition « que le pays poursuive son action sur la voie de la stabilisation et de la paix ».

La Centrafrique (RCA) bénéficiera d’un nouveau cadre de coopération avec la Banque mondiale au cours des cinq prochaines années. C’est ce qu’a annoncé l’institution dans un communiqué publié le mardi 1er septembre 2020.

Le nouveau cadre de coopération vise à renforcer les investissements dans le capital humain, la connectivité, la gestion économique et la gouvernance. Il servira également à consolider la stabilisation, l’inclusion et la résilience, tout en permettant à l’Etat d’asseoir sa légitimité contestée par la présence de nombreux groupes armés sur le territoire et de stimuler la croissance.

Alors que le pays, à la veille d’une élection présidentielle cruciale pour son avenir, est toujours marqué par plusieurs décennies de conflits meurtriers la crise de la covid-19 a exacerbé la pénurie en ressources financières que connaissait déjà l’Etat. Pourtant les besoins en investissement ne cessent de croître en matière d’infrastructures, mais également en matière de capital humain et on estime que 140 000 Centrafricains supplémentaires pourraient basculer dans l’extrême pauvreté.

Pour financer ces investissements, la Banque mondiale se dit prête à décaisser 355 millions $ d’aide pour les trois prochaines années, à condition que « le pays poursuive son action sur la voie de la stabilisation et de la paix ».

« La RCA est à la croisée des chemins. L’accord de paix conclu il y a 18 mois s’est révélé difficile à mettre en œuvre, cependant il tient bon. A l’heure où se prépare la tenue d’élections présidentielle et locales, le pays a une occasion unique de créer les conditions qui permettront aux Centrafricains de tirer pleinement profit des dividendes de la paix », a déclaré Han Fraeters responsable des opérations de la Banque mondiale pour la RCA.

Notons également qu’un don de 50 millions $ de l’Association internationale de développement (IDA) a été approuvé par l’institution pour aider le gouvernement à mettre en œuvre des réformes structurelles visant à renforcer l’inclusion sociale et la gestion budgétaire.

Moutiou Adjibi Nourou

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