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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 18:42

 

 

 

http://observers.france24.com   19/12/2014  

 

Boy-Rabe est un quartier de Bangui qui s'est retrouvé au centre de la crise centrafricaine. Ravagé par des pillages et des exactions pendant une année, il reprend désormais espoir avec le lancement d’un grand chantier, synonyme d’emploi pour une jeunesse désœuvrée, attirée par les groupes armés.


Le quartier de Boy-Rabe, situé dans le quatrième arrondissement dans le nord de Bangui, est devenu tristement célèbre en avril 2013. Réputé pour être un fief de militaires pro-François Bozizé, l’ancien président centrafricain, il a été la cible de pillages et d’exactions de la Séléka, coalition musulmane à l’origine d’un coup d’État fin mars 2013.


En décembre 2013, Boy-Rabe a également été la porte d’entrée des anti-balaka, milices rurales majoritairement chrétienne venues combattre la Séléka. Une offensive qui a entraîné un bain de sang à Bangui  pendant 48 heures et précipité l’intervention des forces internationales. Depuis, Boy-Rabe est fortement associé aux anti-balaka et a une réputation de quartier instable. Des opérations militaires des forces internationales ont régulièrement lieu pour y traquer des responsables anti-balaka à l’origine de troubles sporadiques.


C’est dans ce contexte, et contre toute attente, que Boy-Rabe a été choisi par les autorités de la transition centrafricaine pour accueillir la construction d’un centre culturel. Équipé d’un terrain de football, de salles omnisports, d’une bibliothèque ou de salles de spectacle, le centre financé par les Nations unies coûtera 200 millions de francs CFA (300 000 euros). Le chantier doit durer entre six mois et un an.

 

"Boy-Rabe est le pestiféré de Bangui, nous voulons changer cette vision sur notre quartier"

 

Cyr Dertin est un ancien joueur de football professionnel. Il est président de la jeunesse du 4e arrondissement de Bangui, là où le centre socio-culturel doit être construit. Il habite Boy-Rabe.

 

Quand Boy-Rabe a été choisi pour la construction, nous avons exulté, car c’est un signe très fort. Notre quartier est le pestiféré de Bangui depuis un an, certaines personnes n’osaient même plus y mettre les pieds disant que c’était le quartier des anti-balaka, que nous ne voulions pas la paix.


Nous sommes fatigués d’entendre ça sur notre quartier. À Boy-Rabe, il y a 120 000 habitants. Ce n’est qu’une minorité qui s’est révoltée et a saccagé, pillé [en décembre 2013 ndlr] et jeté le discrédit sur tout un arrondissement. J’ai moi-même été victime de pillage, j’ai des proches qui sont morts dans les heurts. C’est très dur, mais il faut laisser tout ça derrière, et reconstruire ensemble.

 

"Près d'un jeune sur deux est au chômage à Boy-Rabe, ce projet est une chance pour eux"


Boy-Rabe est un quartier où les jeunes sont majoritaires [54 % de la population a entre 12 et 35 ans selon la municipalité ndlr] et près de la moitié ne travaille pas. Ce chantier permettra de créer 500 emplois. Nous allons les répartir également entre des jeunes issus des 29 quartiers de l’arrondissement, de façon égale pour ne pas créer de frustrations. Même le comité de pilotage du projet est mixte, composé de chrétiens, de musulmans, et d’habitants des quartiers du quatrième arrondissement.

Sur le chantier, des femmes ont également été associées et ont commencé le travail de déblaiement de la zone avant la pose de la première pierre.

 

"Nous allons associer à ce chantier les jeunes proches des anti-balaka ou de la Séléka pour leur montrer qu’il y a d’autres voies"


Les jeunes qui sont au chômage depuis longtemps auront la priorité. Nous regarderons particulièrement les cas de jeunes qui sont proches des anti-balaka ou de l’ex-Séléka et qui ont la volonté de travailler et de s’en sortir. [Les deux groupes font régulièrement appel à des jeunes désœuvrés pour racketter dans des quartiers de Bangui où ils sont influents, ndlr].


Si on peut les associer à ce chantier, leur montrer qu’il y a d’autres voies et les éloigner du banditisme, on aura gagné notre pari. [Le projet prévoit une aide à la reprise d’activité qui sera versée aux employés du chantier après la fin de la construction du centre culturel, ndlr].


Lundi [15 décembre], la première pierre du centre culturel a été posée en présence de ministres et de représentants des Nations unies. Pour une fois, la population centrafricaine s’est réunie à Boy-Rabe, sans aucun heurt. Il y a un an, ça aurait été impossible. Donc bientôt, on espère que toute la jeunesse de Bangui viendra dans ce centre pour célébrer le renouveau de Boy-Rabe.

Un centre culturel pour réhabiliter le quartier "pestiféré" de Boy-Rabe
Un centre culturel pour réhabiliter le quartier "pestiféré" de Boy-Rabe
Un centre culturel pour réhabiliter le quartier "pestiféré" de Boy-Rabe

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Centrafrique-Presse.com
22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 13:57

 

 

 

Invité Afrique

 

Par Sonia Rolley RFI lundi 22 décembre 2014

 

Va-t-il y avoir des opérations militaires contre les FDLR ? Les rebelles hutus rwandais ont jusqu’au 2 janvier 2015 pour désarmer. C’est l’ultimatum que leur avaient fixé la CIRGL, l’organisation sous-région pour les Grands Lacs et la SADC, la Communauté économique des Etats d’Afrique australe. Mais, depuis six mois, leur désarmement n’a guère avancé. Pour en parler, Sonia Rolley reçoit Georges Rebelo Pinto Chikoti, ministre angolais des Relations extérieures, qui préside la CIRGL. Il était de passage à Paris ces derniers jours. L’occasion également d’évoquer le situation en Centrafrique où l’Angola envisage d’envoyer des casques bleus.

 

RFI : Avec le peu d’avancées dans le désarmement volontaire des FDLR, pensez-vous que les opérations militaires soient aujourd’hui inévitables ?

 

Georges Chikoti : Oui, il est prévu qu’à partir du 2 ou 3 janvier on puisse avoir déjà la mobilisation de la brigade des Nations unies en attendant que le sommet se réalise éventuellement aux environs du 15 janvier. La brigade devrait initier l’opération militaire avec l’armée congolaise comme c’est prévu.

 

Du côté des Nations unies, on pense qu’il y aura peut-être des réticences. Est-ce que vous pensez que réellement les pays de la SADC, qui sont contributeurs de troupes de la bridage d’intervention, sont aujourd’hui prêts à lancer ces opérations ?

 

Le mandat n’appartient pas aux pays de la SADC. Le mandat est un mandat des Nations unies. La résolution des Nations unies est déjà claire sur la question. Donc en principe, il n’y a aucun pays qui ne remplirait pas l’ordre lorsqu’il sera donné, puisque les troupes ne sont pas aux mains de pays, elles sont aux mains des Nations unies.

 

Concrètement, une fois qu’il y aura le sommet des chefs d’Etat de la CIRGL et de la SADC qu’on attend donc pour la mi-janvier, ces opérations pourront démarrer ?

 

Oui, effectivement.

 

Dernièrement, le mouvement du 23-Mars (M23) a dénoncé une opération de rapatriement forcé contre ses troupes, ils s’en sont plaints à la CIRGL ?

 

Ces rebelles sont restés pratiquement abandonnés à leur propre sort pendant très longtemps. Aujourd’hui la loi d’amnistie a été effectivement passée, il y a quelques uns parmi eux qui bénéficient déjà de cette loi et d’autres n’en bénéficient pas. Il y a un très grand retard, ça suppose d’autres progrès. Une bonne partie de ces responsabilités doivent être assumées par l’ensemble des opérateurs et surtout la République démocratique du Congo.

 

Vous comptez pousser le gouvernement congolais à aller plus vite. Ça leur a déjà été demandé plusieurs fois, mais jusqu’à présent, ça ne s’est pas passé ?

 

Effectivement traiter cette question rapidement est important parce que le M23 a été battu en 2013. Donc si on va maintenant en 2015 et que la question n’est pas traitée, ça fera deux ans.

 

Cela signifie que vous ne craignez pas la création d’une nouvelle rébellion puisqu’on parle en permanence d’une résurgence du M23. Ce n’est pas un sujet d’inquiétude ?

 

Nous sommes inquiets mais il n’y a pas de conditions militaires pour que ceci puisse se faire avec facilité. Jusque là, si on peut se ressaisir, il nous faut traiter cette question le plus vite possible.

 

Le président Paul Kagame s’est rendu à Luanda en Angola dernièrement. Il a rencontré le président José Eduardo dos Santos. On a assisté ces derniers mois à un rapprochement entre les deux pays. Qu’est-ce qui est à l’origine de ce rapprochement ? Et qu’est-ce que vous attendez de cette coopération avec le Rwanda ?

 

Nos deux pays et nos deux chefs d’Etat partagent une vision d’un certain nombre de problèmes, nos deux pays peuvent faire aussi un certain nombre de choses ensemble en terme de développement, en termes d’échanges, mais aussi pour construire une paix régionale importante notamment en République démocratique du Congo. Cette rencontre, je la vois comme une rencontre historique pour donner une autre vision de notre région, mais aussi manifester une volonté pour la consolidation de la paix dans la région.

 

L’Angola avait donné dix millions de dollars en liquide aux autorités de la transition en Centrafrique. Pourquoi cette somme d’argent avait-elle été donnée et pourquoi en liquide ?

 

L’important c’est de donner de l’aide. Nous avons non seulement donné de l’aide en liquide mais nous avons donné aussi de l’aide pour accélérer la question du dialogue politique en République centrafricaine.

 

Sur ces dix millions, deux millions et demi n’ont pas été reversés dans les comptes de l’Etat. Est-ce que ça ne vous a pas inquiété ces informations-là ?

 

Ça ne nous inquiète pas, on fait confiance à la présidente Catherine Samba-Panza.

 

Vous allez aussi participer aux opérations de maintien de la paix sur la Centrafrique ?

 

C’est une question qu’il faut bien étudier parce qu’il faudrait qu’il y ait un mandat politique des Nations unies très clair pour aider le gouvernement à réaliser les élections, faciliter la participation de toutes les mouvances politiques locales à participer au processus électoral. Donc les forces des Nations unies doivent être là pour garantir la paix sur toute l’étendue du territoire.

 

Il faut des règles d’engagement plus fortes ?

 

On trouve qu’il y a un peu de la fragilité. Donc on hésite encore si on y va ou si on n’y va pas. Il faut d’abord que tous les partis politiques soient clairement engagés avec la paix en Centrafrique, que ce soit la Seleka, Djotodia, Bozizé, Balaka ou anti-Balaka.

 

Vous seriez favorable au fait que l’ancien président François Bozizé et l’ancien président Michel Djotodia participent par exemple aux discussions ?

 

Eventuellement oui. Il faut que ça soit clair. On ne sait pas qui s’oppose à quoi et qui n’est pas d’accord avec quoi. Il faut que le dialogue soit inclusif comme ça on garantit effectivement la paix.

 

 

NDLR : Les autorités angolaises ne sont pas censées ignorer que Bozizé est sous sanctions onusiennes et Djotodia sous sanctions américaines. Il n'est pas exclu que tous les deux fassent en outre l'objet de poursuites judiciaires pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. La soif de revenir au pouvoir de l'un et l'autre est une des causes de la perpétuation de la crise centrafricaine par anti-balakas et Séléka interposés. C'est une raison suffisante de contre-indication pour leur participation à un quelconque forum de réconciliation des Centrafricains. On peut difficilement en faire fi sous prétexte d'inclusivité du dialogue. On croyait comprendre jusqu'ici que c'est par solidarité sous-régionale que l'Angola, qui avait pourtant déjà annoncé qu'il allait envoyer deux bataillons en Centrafrique, avait décidé de participer aux forces de la MINUSCA. La position exprimée ici par le ministre des affaires étrangères est désormais très en retrait par rapport à ce qui avait été annoncé par l'ANgola depuis la tribune des Nations unies en septembre dernier et on doit le regretter.

 

Invité Afrique - Georges Chikoti: «La brigade de l'ONU va se mobiliser contre les FDLR»

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Centrafrique-Presse.com
22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 13:18

 

 

 

Les autorités centrafricaines et les Casques bleus devraient permettre des évacuations et améliorer la sécurité


(Nairobi, le 22 décembre 2014) – Des centaines d'habitants musulmans des régions de l'ouest de la République centrafricaine sont piégés dans des enclaves où ils vivent dans des conditions déplorables, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ils craignent d'être attaqués s'ils quittent ces enclaves, et les autorités du gouvernement intérimaire et les soldats des Nations Unies chargés du maintien de la paix les empêchent de fuir à l'étranger et ne leur fournissent aucune assistance en matière de sécurité.


« Les personnes prises au piège dans certaines enclaves sont placées devant une alternative peu réjouissante: partir et risquer d'être attaqués par les combattants anti-balaka, ou rester et mourir de faim ou de maladie », a déclaré Lewis Mudge, chercheur sur l'Afrique à Human Rights Watch. « Même s'il y a de bonnes raisons pour faire en sorte que la population musulmane du pays ne se réduise pas davantage, dans les circonstances actuelles, la politique du gouvernement consistant à interdire les évacuations est absolument indéfendable. »


Quant aux Casques bleus de l'ONU, ils ne devraient pas se faire les complices d'une politique visant à empêcher les musulmans de partir pour se mettre en sécurité, a ajouté Human Rights Watch.


Des responsables de camps dans les enclaves musulmanes de Yaloké, Carnot et Boda, dans l'ouest de la Centrafrique, ont déclaré à Human Rights Watch, lors d'une mission de recherche effectuée dans le pays du 7 au 14 décembre 2014, qu'environ 1 750 musulmans, dont de nombreux bergers d'ethnie Peul, souhaitent désespérément partir.


Ils affirment que beaucoup d'entre eux se retrouvent piégés dans des endroits où ils n'ont jamais vécu auparavant, qu'ils sont dans l'impossibilité de partir par crainte des miliciens anti-balaka qui s'en prennent régulièrement aux musulmans, et que la force de maintien de la paix de l'ONU, la MINUSCA, n'est pas autorisée à les aider à se rendre en lieu sûr. Dans l'enclave de Yaloké, des soldats de la paix de l'ONU ont à plusieurs reprises eu recours à la force pour empêcher des musulmans de partir.

La grande majorité des musulmans vivant dans l'ouest de la République centrafricaine a fui les violentes attaques des milices chrétiennes et animistes anti-balaka à la fin de 2013 et au début de 2014. Ceux qui n'ont pas pu rejoindre le Cameroun ou le Tchad se sont retrouvés pris au piège dans les enclaves, où ils ont passé des mois dans des conditions difficiles. Des responsables de l'ONU, ainsi que les soldats de la paix de la mission de l'Union africaine (UA), la MISCA, et de la force française Sangaris, ont appuyé des évacuations fin 2013 et début 2014, aidant des milliers de musulmans à se mettre en sécurité, y compris au Cameroun. L'armée tchadienne a également évacué des milliers de musulmans.


Mais en avril quand les agences humanitaires de l'ONU, avec les forces de maintien de la paix françaises et de l'UA, ont enfin accepté, à la suite de fortes pressions internationales, d'évacuer les musulmans assiégés dans le quartier PK12 à Bangui, les autorités centrafricaines de transition ont été indignées. Elles ont argué qu'elles n'avaient pas donné leur accord pour cette opération et se sont opposées à toute nouvelle évacuation sans leur consentement.


Human Rights Watch a rencontré des responsables gouvernementaux, des diplomates et des représentants d'agences humanitaires, qui ont indiqué que le gouvernement intérimaire ne souhaitait pas voir davantage d'habitants musulmans fuir le pays, de crainte d'être considéré comme favorisant une opération de nettoyage ethnique. Pirette Benguélé, le sous-préfet, plus haut responsable administratif de Yaloké, a déclaré à Human Rights Watch en décembre: « Nous ne pouvons pas accepter que les Peuhls soient évacués. Il s'agit d'une crise politique et nous avons besoin qu'ils restent … afin de pouvoir entamer un processus de réconciliation avec eux. »


Des responsables du Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU ont indiqué le 20 décembre à Human Rights Watch que les Nations Unies exhortent les autorités centrafricaines de transition à soutenir de nouvelles évacuations de personnes qui souhaitent partir.


Depuis la décision d'avril, les soldats internationaux chargés du maintien de la paix, qu'il s'agisse des forces de l'UA ou des forces de remplacement de l'ONU déployées en septembre, ont empêché les musulmans de quitter l'enclave de Yaloké, où 509 personnes d'ethnie Peul vivent dans des bâtiments gouvernementaux délabrés dans le centre de la ville. Les soldats chargés du maintien de la paix ont eu recours à la force physique et à l'intimidation pour empêcher les musulmans de monter à bord des convois commerciaux – habituellement composés de dizaines de camions en partance pour le Cameroun – qui s'arrêtent deux fois par semaine à une trentaine de mètres de l'entrée de l'enclave. Les Casques bleus de l'ONU fournissent des escortes militaires à ces convois pour décourager les attaques de la part des anti-balaka et d'autres bandits.


Les responsables du camp ont déclaré à Human Rights Watch que les musulmans considéraient ces convois comme leur meilleure option, et la seule qui soit sûre, pour rejoindre le Cameroun car ils n'ont pas d'autres accès à des véhicules et les chauffeurs de ces camions ne refusent pas de les emmener. En juin, Human Rights Watch a affirmé que des militaires de l'UA chargés du maintien de la paix avaient menacé de tirer sur les Peuls qui tenteraient de monter à bord d'un convoi commercial en partance pour le Cameroun.


En décembre, une femme âgée de 55 ans originaire de Mbaïki a déclaré à Human Rights Watch: « Tout ce que nous voulons, c'est aller au Cameroun. J'ai un fils là-bas.… Nous avons essayé de partir avec nos affaires plusieurs fois mais la réponse de la MINUSCA est toujours non. Nous avons tenté de partir au moins douze fois, mais à chaque fois, ils m'ont fait descendre du camion. »


L'officier commandant les troupes de l'ONU à Yaloké a confirmé que ses forces empêchaient les musulmans de monter dans les camions, déclarant que quand elles apprennent que des Peuls « essayent de se faufiler dans le convoi, nous les faisons descendre et nous les remettons dans l'enclave. »


Des responsables de la mission de maintien de la paix de l'ONU à Bangui, la capitale, et des collaborateurs du représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU chargé de la MINUSCA ont visité le site de Yaloké en décembre. Des Peuls qui y vivent ont informé ces délégations qu'ils voulaient partir mais qu'ils en étaient empêchés par les Casques bleus. Le droit international reconnaît à toute personne le droit « de quitter n'importe quel pays, y compris le sien » et de chercher asile ailleurs. Les musulmans des enclaves de Centrafrique ont aussi droit à la liberté de mouvement à l'intérieur de leur pays.


« Recourir à la force pour empêcher des musulmans menacés de mort de l'enclave de Yaloké de fuir pour se mettre en lieu sûr est contraire à tous les principes de l'ONU », a affirmé Lewis Mudge. « Les Casques bleus de l'ONU ne devraient prendre aucune part à une politique officielle qui viole le droit de citoyens musulmans de chercher à se mettre en sécurité et les condamne à vivre dans des conditions déplorables dans les enclaves. »


Les personnes prises au piège à Yaloké sont réduites à des conditions de vie épouvantables qui provoquent un nombre inacceptable et croissant de décès parfaitement évitables. Depuis février, les représentants du camp ont enregistré les décès de 42 Peuls, dont beaucoup d'enfants, de malnutrition et de diverses maladies, notamment respiratoires. Les professionnels de la santé de l'hôpital local ont indiqué que le taux de décès parmi les Peuls est nettement plus élevé que pour les autres résidents de Yaloké. Pendant une période de six mois lors de laquelle les employés de l'hôpital ont enregistré les décès de 13 enfants vivant dans l'enclave, seul un autre enfant d'une famille locale est mort. Les Peuhls ont reçu une aide humanitaire mais celle-ci n'est ni appropriée ni assez régulière pour enrayer la hausse des niveaux de malnutrition.


Le 9 décembre, après avoir visité le site de Yaloké, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) ont produit un rapport décrivant les conditions déplorables qui y règnent et appelant à une « évacuation de tous les Peuls [déplacés] de Yaloké. »


Dans les enclaves de Carnot et Berbérati et dans le quartier musulman de Boda, les conditions de vie sont moins précaires mais des centaines de musulmans expriment quand même le désir de partir. Sur ces sites, les militaires de l'ONU chargés du maintien de la paix n'empêchent pas les musulmans de partir à pied, mais ceux-ci disent qu'ils craignent d'être attaqués par des anti-balaka et qu'ils ont besoin de l'aide des Casques bleus pour atteindre un lieu sûr. Souvent ayant perdu tout espoir, de nombreux musulmans ont quitté les enclaves de Carnot et Berbérati en organisant leurs propres moyens de transport. Les deux enclaves se trouvent à l'écart de la principale route menant au Cameroun et les convois réguliers n'y passent pas. Certains musulmans ont pu rejoindre le Cameroun ou d'autres lieux sûrs, d'autres pas.

À la fin de novembre, un homme d'ethnie Peul a été violemment attaqué par les anti-balaka alors qu'il tentait de quitter Carnot de nuit avec sa femme afin de retrouver leurs enfants, qu'ils croyaient au Cameroun. Les agresseurs ont essayé de lui couper une main, de lui briser les os des pieds avec des machettes, et le lendemain matin ils l'ont tué en l'égorgeant.


À Berbérati, le 19 septembre, un groupe d'hommes a attaqué Harouna Rachid Mamouda, un imam, qui avait quitté la mission catholique pour poster une lettre. Ses agresseurs discutaient entre eux, envisageant de le lyncher, quand des gendarmes locaux et des Casques bleus de l'ONU l'ont secouru.


« Les habitants musulmans de Centrafrique sont face à un choix terrible, entre vivre dans des conditions effroyables dans les enclaves et prendre le risque d'essayer de rejoindre le Cameroun par leurs propres moyens », a conclu Lewis Mudge. « Le gouvernement de transition devrait travailler avec les responsables de l'ONU pour aider les musulmans qui souhaitent partir et pour améliorer grandement les conditions de vie de ceux qui décident de rester. »

République centrafricaine : Les musulmans sont pris au piège dans des enclaves (HRW)
République centrafricaine : Les musulmans sont pris au piège dans des enclaves (HRW)

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Centrafrique-Presse.com
22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 13:15

 

 

 

AFP / 22 décembre 2014 11h31 (AFP)

 

Au moins 20 personnes ont été tuées et plusieurs dizaines blessées en Centrafrique dans des affrontements entre groupes armés qui ont éclaté vendredi et samedi dans la région de Bambari (centre), a-t-on appris lundi auprès de la gendarmerie centrafricaine.

 

Une attaque a été "lancée vendredi par des (milices) anti-balaka contre des Peuls armés et des ex-rebelles Séléka" dans les environs de Bambari. "Au moins douze d'entre eux ont été tués lors de cette attaque", a expliqué à l'AFP sous couvert d'anonymat un responsable de la gendarmerie.

 

Les Peuls et les membres de l'ex Séléka sont majoritairement musulmans tandis que les anti-balaka sont pour la plupart chrétiens.

 

"En représailles (...) des affrontements ont éclaté samedi entre anti-balaka et Peuls armés ainsi que les ex-Séléka à Kouango, près de 90 km plus au sud, faisant au moins 8 morts d'après un bilan qui est provisoire et qui peut s'alourdir", a-t-il ajouté, précisant qu'il y avait eu "au moins autant de blessés".

 

"Ces violences ont fait fuir en brousse de nombreux habitants. D'autres encore ont trouvé mieux de se réfugier à Bangui où plusieurs centaines de ressortissants des deux régions s'y trouvent depuis plusieurs mois déjà", a ajouté le responsable.

 

Selon la même source, plusieurs dizaines de maisons ont également été incendiées.

 

Bambari, où s'est installé l'état-major de l'ex-coalition Séléka, a été depuis le mois de juin le théâtre de violents affrontements qui ont fait plus de 100 morts et au moins 200 blessés, pour la plupart des civils, ainsi que plusieurs dizaines de milliers de déplacés.

 

Ces affrontements ont opposé les anti-balaka aux hommes de la Séléka et à des civils musulmans armés, puis plusieurs factions de l'ancienne rébellion entre elles.

 

La semaine dernière, des violences similaires ont fait 28 morts à Mbrès, quelques jours après la tenue, sous l'égide de l'ONU, d'une cérémonie de réconciliation qui avait redonné un espoir de paix à la population de cette ville du centre du pays.

 

Depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par la coalition rebelle Séléka - chassée à son tour en janvier 2014 - la Centrafrique a sombré dans une crise sécuritaire et politique sans précédent.

 

Ces troubles et la déliquescence de l'Etat centrafricain ont permis à des bandes armées de prospérer dans nombre de régions, où elles rançonnent et volent la population, mais aussi les organisations humanitaires.

 

Trois forces internationales sont déployées dans le pays pour tenter de le stabiliser: Sangaris (française), Eufor-RCA (Union européenne) et Minusca (ONU).

 

 

RCA: Heurts meurtriers entre anti-balaka et ex-Seleka près de Bambari

 

Par RFI 22-12-2014 à 04:59

 

Des heurts ont opposé samedi matin dans le centre de la Centrafrique des anti-balaka et des éléments de l'UPC, un groupe composé d'ex-Seleka. Les violences se sont déroulées très tôt dans la matinée à Gbotobadia, un village situé à une trentaine de kilomètres de Bambari. Les combats ont fait plusieurs victimes. On compte au moins quatre ex-Seleka tués et quatre autres blessés. Le corps d'un anti-balaka a été retrouvé. Trois civils sont également morts.

 

Les anti-balaka ont attaqué au point du jour, aux alentours de 5h du matin, prenant visiblement par surprise le petit contingent d'ex-Seleka qui gardait la barrière d'entrée de Gbotobadia. Selon un porte-parole de l'UPC, l'une des branches de l'ex-Seleka qui contrôle la zone, la dizaine d'hommes en faction a vite été submergée, mais des renforts envoyés de Bambari auraient permis de repousser les assaillants.

 

En tout cas, le village où ne résident plus que quelques familles a de nouveau été endeuillé. Quatorze de ses maisons ont également été incendiées selon le Comité international de la Croix-Rouge, qui a procédé à l'inhumation de quatre corps sur place. Une demi-douzaine de blessés par balle ont également pu être acheminés à Bambari pour être hospitalisés. « L'assaut semblait très ciblé », indique un témoin.

 

En tout cas, il intervient alors qu'anti-balaka et UPC sont en pourparlers à Bambari, sous l'égide de la Minusca, en vue d'un cessez-le-feu. La zone est en effet régulièrement secouée par des violences. Tous les villages le long de la route numéro 2 qui mène à Gbotobadia sont déserts depuis des mois. Leurs habitants sont pour la plupart installés dans les camps de déplacés de Bambari. « L'accord devait être conclu ces jours-ci, mais après cet incident, les négociations risquent de se compliquer un peu plus », confie une bonne source.

Centrafrique : au moins 20 morts dans des violences entre groupes armés

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Centrafrique-Presse.com
22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 12:51

 

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 22.12.2014 à 12h25 • Mis à jour le 22.12.2014 à 12h40

 

Au moins 20 personnes ont été tuées et plusieurs dizaines blessées en République centrafricaine (RCA) dans des affrontements entre groupes armés qui ont éclaté vendredi 20 et samedi 21 décembre dans la région de Bambari, rapporte la gendarmerie centrafricaine.

 

Vendredi, une attaque des milices anti-balaka contre des Peuls armés et des ex-rebelles Séléka a fait au moins douze morts. Huit autres personnes ont péri le lendemain à 90 kilomètres plus au sud. Plusieurs dizaines de maisons ont également été incendiées. Les Peuls et les membres de l'ex-Séléka sont majoritairement musulmans, tandis que les anti-balaka sont pour la plupart chrétiens.

 

SÉRIE D'AFFRONTEMENTS

 

Bambari, où s'est installé l'état-major de l'ex-coalition Séléka, a été depuis le mois de juin le théâtre d'affrontements qui ont fait plus de 100 morts et au moins 200 blessés, pour la plupart des civils, ainsi que plusieurs dizaines de milliers de déplacés. La semaine dernière, des violences similaires ont fait 28 morts à Mbrès, quelques jours après la tenue, sous l'égide des Nations unies  (ONU), d'une cérémonie de réconciliation qui avait redonné un espoir de paix à la population de cette ville du centre du pays.

 

Depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par la coalition rebelle Séléka – chassée à son tour en janvier 2014 – la RCA a sombré dans une crise sécuritaire et politique sans précédent. Ces troubles et la déliquescence de l'Etat ont permis à des bandes armées de prospérer dans nombre de régions, où elles rançonnent et volent la population, mais aussi les organisations humanitaires.

 

Trois forces internationales sont déployées dans le pays pour tenter de le stabiliser : Sangaris (française), Eufor-RCA (European Union Force ou « Force de l'Union européenne » en français) et Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations unies en République centrafricaine (Minusca – ONU).

République centrafricaine : regain de tension dans la région de Bambari

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 22:08

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-12-21 12:46:06 Les anciennes gloires de basketball centrafricain ayant remporté deux fois la Coupe d’Afrique de Nation en 1974 et 1987, respectivement à Tunis et à Bangui, ont célébré samedi le 40è anniversaire de leur premier sacre continental.


Cette commémoration a été couplée avec une assemblée générale élective qui a débouché sur la mise place d'une association des anciens internationaux et d'un bureau exécutif piloté par Sonny Mpokomandji, assisté de trois vice-présidents, Jean Bengué et de Fidele Konamna et de Francine Lakouè.


Le secrétariat général est assuré par Jean Pierre Kota Gomez et la trésorerie a été confiée à Anne Zéfio, tandis que Gaston Gambor est élu chargé de mission.

Cette association, selon les anciens basketteurs ; n'a pas vocation à se substituer au ministère de la Jeunesse et des Sports moins encore à la fédération. Elle veut au contraire accompagner ceux qui ont la charge de diriger le basket.


"J'ai été honoré par mes coéquipiers pour pouvoir diriger notre association. De ce point de vue nous avons bien démarré nos activités et nous pourrions éventuellement apporter nos contributions pour l'enrichissement et la redynamisation du basket centrafricain", a déclaré le président élu, Sonny Mpokomandji


Pour lui, les buts poursuivis sont le renforcement de solidarité entre les anciens internationaux, la création d'une caisse sociale et la constitution d'un lobby fort pour drainer des apports pour le basket centrafricain.


"40 ans après c'est-à-dire de 1974 à 2014, enfin les anciens fauves de bas-Oubangui du basket se réveillent pour prendre conscience qu'ils ont une responsabilité", s'est réjoui de son côté le chargé de mission, Gaston Gambor.


"il y a des moments où nous étions interpellés. Et aujourd'hui nous pensons que nous sommes face à un devoir vis-à-vis de la jeunesse montante, relève de demain et vis-à-vis de la conscience nationale", a-t-il ajouté.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=812684#sthash.pfSK6mRm.dpuf

 

 

 

NDLR : C’est pathétique de voir ce pays êtret obligé aujourd’hui de vivre seulement de nostalgie et sur son glorieux passé ! Plusieurs jeunes centrafricains n’ont hélas pas connu cette belle époque où leur pays a gagné par le mérite la CAN de basket-ball, exploit qui apparaît à présent comme une mission impossible.

Célébration du 40e anniversaire de la 1-ère CAN de basketball de la RCA

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 21:35

 

 

Vœux de Monseigneur Dieudonné NZAPALAINGA

 

Vœux de Monseigneur Dieudonné NZAPALAINGA, pour la Fête de Noël et du Nouvel an

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 22:07

 

 

INTERVIEW/ Martin Ziguélé, «Mon programme pour la RCA»

 

http://www.lequotidien.sn  20 Décembre 2014

 

58 ans, Martin Ziguélé  se positionne pour être président de la République centrafricaine (Rca), ravagée par un conflit politico-confessionnel dramatique. Il ne s’en détourne pas pour mettre son expérience au service de son pays. Ancien Premier ministre de Ange Félix Patassé, Martin Ziguélé livre son troisième essai. Candidat malheureux en 2005 et 2011,  il a été choisi par le Mouvement de libération du peuple centrafricain (Mlpc) pour participer à l’élection présidentielle prévue en juin et juillet 2015, lors d’un grand meeting organisé le 22 novembre à Bangui. Il serait l’un des plus sérieux prétendants au trône. En visite à Dakar, il parle dans cet entretien de la situation en Rca, de son programme de campagne et de sa visite au Sénégal. 

 

Vous avez été reçu par le Président Macky Sall. Sous quel angle peut-on analyser votre séjour au Sénégal ?

 

Je suis à Dakar où j’ai participé au Forum Paix et sécurité qui a été une rencontre pleine d’enseignements. J’ai effectivement rencontré le Président Macky Sall parce que le Sénégal est un modèle de stabilité politique et sociale. C’est un exemple de démocratie. Pour moi, il est important de venir au Sénégal pour avoir une perception de ce modèle qui fait la fierté de l’Afrique. Il est important de rencontrer les autorités sénégalaises pour parler aussi de la situation politique en République centrafri­caine et rencontrer le Peuple sénégalais.

 

Lors du Sommet de Dakar, il y a eu des échanges houleux entre le ministre français de la Défense et certains chefs d’Etat africains sur l’insécurité dans le Sahel provoquée par le chaos libyen ?

 

C’était une rencontre pleine d’enseignements. Parce que l’Afri­que doit être capable de prendre en charge sa propre sécurité en compagnie aussi de ses partenaires traditionnels. Ils ont parlé du Sud libyen qui a mis le chaos dans certains pays. Il est essentiel que la Force africaine de réaction rapide soit opérationnelle pour faire face aux urgences sécuritaires du continent.

 

Justement quelle est la situation politico-sociale en Ré­publique centrafricaine ?


Il faut reconnaître que la situation est toujours volatile. Aujour­d’hui, la capitale Bangui a tout de même retrouvé un peu de calme. La Rca est un vaste pays qui a pratiquement la même superficie que la France. Je souhaite seulement que l’arrière-pays retrouve le niveau relatif de sécurité de la capitale. Avec le déploiement des effectifs des casques bleus et les militaires français de l’opération San­garis, la situation s’est améliorée. Après l’effondrement de l’Etat, ce n’était pas une situation facile. Même les experts militaires déplorent l’insuffisance des effectifs des forces internationales. Ils font un travail extrêmement difficile et ingrat, en raison même de la complexité de la situation et de leurs effectifs compte tenu de l’immensité de notre territoire. Il faut continuer à travailler pour rétablir la sécurité et l’ordre et la paix qui font gravement défaut dans notre pays à la suite du total effondrement de l’Etat.

 

La situation n’est pas désespérante ?

 

Il faut reconnaître que tous les hommes politiques ont failli parce que nous avons failli à notre première mission, celle de construire un Etat, une Armée, pour protéger ce pays. Il faut que les Centrafri­cains se parlent en vérité entre eux pour se pardonner et se réconcilier. Il nous faut reconstruire une Armée et savoir qui fait quoi en matière de sécurité. Parce que les Faca (Forces armées centrafricaines) ne sont pas opérationnelles. Cela ne peut plus durer. Je ne crois pas une seule seconde qu’on puisse ramener la paix si les Forces armées sont sur la touche.

 

Vous avez été désigné candidat du Mouvement de libération du peuple centrafricain à la présidentielle. Sur quoi allez-vous axer votre candidature ?

 

 Ma candidature sera axée sur la réconciliation. Nous sommes un pays riche, vous ne trouverez pas un mètre de sable dans ce pays. Tout est vert. Nous avons de l’or, du diamant, de l’uranium. La Centrafrique est un pays qui a des ressources. Son seul problème, c’est la prédation. Il nous manque juste la paix, la réconciliation et l’emploi. Il faut démarrer le dialogue à la base, dans les villes de l’intérieur du pays, avant d’amorcer un mouvement national. Nous devons rester unis et soudés. Nous devons aller partout, auprès de nos frères et sœurs, parler du même langage de l’unité, parler de la réconciliation, parler du dialogue et de la paix. C’est pour cela que le forum de Bangui sera important si on arrive à mettre en place ce processus.

 

Dans un pays où il y a l’effondrement de l’Etat et le chaos, est-ce possible d’organiser des élections ?

 
C’est une très bonne question. La transition doit s’atteler à remettre en place l’autorité de l’Etat, une Armée solide et bien restructurée pour organiser ces élections parce que notre pays a besoin de paix et de stabilité pour sortir de cette impasse. D’ici le scrutin (juin 2015), on doit pouvoir réaliser des progrès dans le domaine sécuritaire pour organiser le scrutin sur l’ensemble du territoire national. La date retenue me semble assez bien indiquée pour organiser cette élection.

 

Vous avez été Premier ministre de l’ex-chef de l’Etat Ange Félix Patassé (2001-2003) et candidat aux Prési­dentielles de 2005 et 2011. Votre passé plaide-t-il pour vous ?


Tous les hommes politiques centrafricains ont une responsabilité dans ce qui se passe chez nous. Oui, quand on est citoyen d’un pays et quand on a eu en Rca des responsabilités à un niveau gouvernemental, on est quelque peu responsable de ce qui arrive dans le pays. Etre responsable, ce n’est pas être coupable. Je n’ai jamais pactisé avec qui que ce soit pour porter des armes contre le peuple centrafricain. Nous n’avons jamais été le cheval de Troie des forces hostiles à notre Nation, à l’intérieur de ce pays et nous avons la conscience tranquille sur ce point. Pour moi, ce passé ne constitue pas un handicap parce que la Rca a besoin de paix et de stabilité.

 

La présidente de transition, Catherine Samba-Panza doit-elle diriger le pays jusqu’aux élections ?


Pour nous, il n’y a pas de raison qu’elle ne reste pas. Ce n’est pas un problème de personnes. On a vu ce que la première transition a donné. C’est souhaitable qu’elle reste pour conduire le processus. Aujour­d’hui, la majorité des acteurs centrafricains considèrent que toute instabilité à la tête de l’État ralentirait le processus électoral. Elle a été désignée Présidente de transition dans un contexte assez difficile.

 

Elle est en place depuis presque un an, (elle a été choisie Présidente de transition en janvier 2014) a-t-elle rempli sa mission ?


Elle est arrivée dans une situation extrêmement délicate. Les choses se sont un peu améliorées notamment dans le domaine de la sécurité. Même si la situation reste volatile. Comme je l’ai dit tantôt, ce n’est pas une question de personnes. Elle avait fait une erreur politique en nommant un Premier ministre (André Nzapayéké) qui a mis en place un gouvernement de technocrates dans un contexte de crise politique aiguë. Cette équipe a été prise en otage par les forces rebelles, Séléka et anti-balaka, et a produit peu de résultats en huit mois. Depuis le remaniement, les choses ont évolué.

 

Les anciens Présidents Michel Djotodia ou François Bozizé doivent-ils participer aux pourparlers dans la perspective du forum de Bangui ?


Il faut analyser la situation : Comme je l’ai dit, le dialogue n’est pas un prétexte pour consacrer l’impunité. Lorsqu’on a du sang sur les mains, il faut en rendre compte. Pour les anciens Prési­dents, il faut voir leur degré d’implication dans certains massacres commis dans ce pays. La question de leur participation ou non se situe à ce niveau. Lorsque Bangui et toutes les grandes villes de provinces seront débarrassées des nombreuses armes et munitions de guerre ainsi que des explosifs qui circulent actuellement et qui sèment la mort et la désolation, les Centrafricains retrouveront un peu de quiétude. Depuis l’aggravation de cette crise que connaît notre pays, que la seule solution du retour de la sécurité et de la paix demeure le désarmement de toutes les bandes armées que le Conseil de sécurité des Nations Unies a prescrit dans plusieurs de ses résolutions et que les forces internationales présentes dans notre pays ont mandat d’appliquer.

 

Le gouvernement de transition a porté plainte à Paris contre le clan de l’ex-chef de l’Etat, François Bozizé, pour enrichissement illicite en parlant de pots-de-vin, de biens immobiliers et d’autres biens de luxe… C’est une démarche à encourager ?

 
C’est une bonne démarche parce que l’argent des Centrafricains doit profiter aux Centrafricains. La Rca est un pays immensément riche. Nous sommes tous d’accord : les deniers de l’État ne doivent pas profiter à un clan ou à un autre. Maintenant, nous attendons avec impatience les résultats de l’enquête. La gestion de tous les régimes, qu’il s’agisse de François Bozizé, de Michel Djotodia ou d’Ange-Félix Patassé, doit être soumise à un audit. C’est une question importante qu’il faut gérer dans la transparence.

 

Propos recueillis par Bocar SAKHO pour lequotidien.sn 

Après le Forum Paix et sécurité de Dakar et une audience avec le président Macky Sall, Martin Ziguélé, a répondu à la presse sénégalaise

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 22:04

 


 

Bangui, 20 décembre 2016 (RJDH) Le dialogue dans les communes et préfectures prévu avant le Forum de Bangui sera effectif en janvier 2015. C’est ce qui sort d’une interview réalisée par le RJDH à l’Ambassadeur de France Charles Malinas, vendredi 19 décembre.

 

Bien avant cette déclaration, plusieurs maires interrogés à la fin de la conférence des maires ont pensé qu’il est obligatoire d’avoir les dialogues dans les communautés avant le grand Forum de Bangui. Cette étape a été annulée par les autorités du pays et la communauté internationale.

 

D’après les réactions des maires, recueillies 48 heures avant l’interview de Charles Malinas, « on ne peut pas pouvoir envisager un grand forum en excluant les autres.  Il faut que ce dialogue soit inclusif et non exclusif. Sans la base, le Forum de Bangui, sera exclusif parce que les autres ne seront pas là. Nous avons besoins d’entendre leurs voix, ils sont centrafricains comme nous », a déclaré le maire de Berberati, Albert Nakombo.

 

« Avant que le dialogue se tienne ici à Bangui, il faut une concertation locale. Les hostilités ont démarré dans les provinces avant d’atteindre Bangui. Le gouvernement doit comprendre que ce sont les paysans qui sont beaucoup plus frappés par la crise. Pour que le forum ait un bon résultat, il doit commencer dans les communautés locales », a déclaré Thomas Ndomété, maire de la ville de Kaga-Bandoro.

 

« Le dialogue à la base sera organisé », selon Charles Malinas

 

Dans une interview accordée au RJDH vendredi 19 décembre, l’Ambassadeur de France en République Centrafricaine, Charles Malinas a annoncé la tenue effective du dialogue dans les provinces avant le rendez-vous de Bangui.

 

« Les rencontres à la base vont avoir lieu, c’est très important. C’est vrai que pendant un moment, il a été question de ne pas le tenir, mais on est revenu sur cette décision qui n’était pas sans doute adaptée.  Donc, le dialogue au niveau des communes, des préfectures, de la population va être organisé au mois de janvier 2015, selon des modalités que le gouvernement exposera et qui vont d’abord être discutées avec les forces vives de la nation. »

 

Pour le diplomate français, une rencontre se tiendra entre le gouvernement et les forces vives de la nation pour débattre des modalités. «  Ils vont se réunir prochainement, le Premier Ministre nous l’a dit. Une fois que les modalités  seront déterminées d’un commun accord avec les forces vives de la nation, cette phase populaire va pouvoir avoir lieu et je crois que c’est une bonne chose », a-t-il espéré.

 

D’après Charles Malinas, le Forum de Bangui, qui se situe dans la suite du forum de Brazzaville, doit permettre aux populations centrafricaines de se retrouver et d’avoir un échange franc. Cette rencontre ne sera pas la fin du processus mais une étape qui conduira aux élections.

 

« C’est important que la population puisse exprimer sa souffrance, ce qu’elle a vécu et ses attentes. Il est tout à fait essentiel que le Forum de Bangui soit le lieu où ont arrêté un certain nombre d’accord avec les groupes armés non conventionnel sur le désarmement, la cessation réelle des hostilités, le cantonnement des combattants et les perspectifs que les uns et les autres attendent. C’est un moment qui n’est pas la fin d’un processus mais c’est une étape d’un processus qui doit conduire aux élections », a projeté le diplomate français.

 

L’annonce du gouvernement de sursoir au dialogue dans les provinces avait suscité des réactions  de la part de la société civile et des leaders religieux.  Le dialogue à la base et la Forum de Bangui devrait avoir lieu avant la tenue des élections prévues en août 2015, qui marquera la fin de la transition d’au moins deux ans./

 

Fridolin Ngoulou et Thierry Khondé

 

 

Préparatifs du Forum national : le gouvernement centrafricain en séminaire

 

Bangui 20 décembre 2014 (APA) – Les ministres résident des seize préfectures de la République Centrafricaine ont entamé vendredi à Bangui, un séminaire axé sur le décorticage des messages de paix adressés par les populations de l’intérieur du pays ainsi que sur les recommandations à formuler en vue de la tenue du forum national.


Organisée par le ministère de la Réconciliation nationale, cette séance de travail et de restitution de 48 heures permettra aux ministres résidents déployés dans leurs zones de juridictions respectives lors des festivités marquant la commémoration du 56-ème anniversaire de la proclamation de la République Centrafricaine (RCA), de partager leurs expériences et de faire des restitutions de leurs missions d’une part et d’autre part d’harmoniser les préoccupations et attentes des populations sur les grands sujets du pays.

 

‘’L’objet de cette rencontre est de rassembler, de collecter toutes les informations et messages et documenter les réalités que vivent les populations dans l’intérieur du pays pour pouvoir documenter cela sous forme de recommandations afin de permettre au gouvernement d’ajuster sa politique », a dit le premier ministre Mahamat Kamoun, à l’ouverture des travaux.

 

Selon le chef du gouvernement, ce séminaire gouvernemental permettra aussi des préparer la phase des consultations populaires dans les prochaines semaines et de préparer en même temps le forum national de Bangui.

 

‘’Dans le cadre de ces consultations populaires, il n’y aura pas que les membres du gouvernement. Il y aura des responsables des plateformes religieuses, de la société civile, des partis politiques et de communauté internationale ‘, a-t-il précisé.

 

Justifiant le déploiement des ministres résidents dans leur zone de juridictions, le chef du gouvernement Mahamat Kamoun a indiqué qu « ’il fallait faire un choix malgré les difficultés dans certaines zones, il fallait que les autorités aillent vers la population pour ne pas laisser champ libre à toutes les bandes armées de sévir ».

Centrafrique : Le dialogue à la base prévu en janvier avant le Forum de Bangui
Centrafrique : Le dialogue à la base prévu en janvier avant le Forum de Bangui

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 22:01

 

 

 

Mbrès, 20 décembre (RJDH) -  Le calme semble revenir depuis 48 heures dans la ville des Mbrès, après les affrontements opposant les éléments de l’ex Séléka et les Anti-Balaka. La ville est sous le contrôle des éléments de l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), une faction de l'ex Séléka.  Joint ce matin par le RJDH, le porte-parole de ce groupe armé, Mahamat Midjiad Ibrahim,  a nié le fait que ces hommes ont tué des  civils.

 

De sources locales, une accalmie règne depuis jeudi, mais la ville est déserte. La plupart des habitants ont dû quitter pour se réfugier soit dans la brousse, soit dans les villages environnants. Une centaine de personnes constituées en majorité des femmes et des enfants ont rejoint la ville de Kaga-Bandoro. Ces dernières ont été accueillies par des familles d'accueil, et n'ont pas d'assistance.

 

Interrogé,  le porte-parole de l'UPC a fait savoir que  ce conflit  a commencé après une entente entre son groupe et les Anti-Balaka à travers un chef du village qui a assuré la médiation. « Ils sont venus nous voir, disant  qu’ils veulent  la paix. Ils sont sortis de leurs maquis et nous avons décidé de les laisser  avec  leurs armes. Avec  nos officiers,  ils sont partis tenir une réunion à Kaga-Bandoro, en présence des forces internationales. Nous avons même célébré une fête ensemble », a expliqué Mahamat Midjiad Ibrahim.

 

Sur la question des personnes  tuées par les ex Séléka,   le porte-parole de l’UPC a nié tous les faits avant de préciser que lors des affrontements, les personnes ciblées sont des Anti-Balaka. Une affirmation rejetée par les habitants qui ont réussi à le joindre la ville de Kaga-Bandoro. Selon les témoignages de certaines femmes, les ex Séléka n'ont pas fait de distinction entre les Anti-Balaka et les autres habitants.

 

"C'est ce qui nous a poussés à quitter la ville des Mbrès. Même en cours de route,  nous sommes obligés de nous cacher à chaque fois que nous apercevons de loin un véhicule, car dit-elle, les ex Séléka tirent sur toutes les personnes qu'ils croisent".

 

Dans un communiqué de presse  publié le 19 décembre, la Coordinatrice humanitaire principale, Claire Bourgeois, dit condamner fermement la reprise des affrontements aux Mbrès, qui selon la Croix rouge centrafricaine, ont causé la mort de 28 personnes dont un volontaire de la Croix Rouge nationale./ 

 

Thierry Messongo

Centrafrique-Mbrès: Une accalmie règne dans la ville, l'ex-Séléka nie avoir tué des civils

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