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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:38

 

 

A l’attention des autorités centrafricaines  compétentes

 

Epinay sur seine, le 03 Avril 2013

 

Concerne: Déferrement de l’ex Président François Bozizé et consorts devant la Cour Pénale Internationale.

 

Nous vous adressons respectueusement ce mémo dans le cadre de la procédure de déferrement de l’ex-président Bozizé et consorts pour les crimes dont ils se sont rendus responsables en République Centrafricaine durant la période allant du 24 octobre 2002 au 24 mars 2013.

 

En effet, en vertu de l’article 14 du statut de Rome, il nous est loisible de saisir le procureur de la Cour Pénale Internationale dans l’affaire qui nous occupe.

 

Il échet  de souligner que l’article 14 du statut de Rome stipule ce qui suit :

 

«  Tout Etat Partie peut déférer au Procureur une situation dans laquelle un ou plusieurs des crimes relevant de la compétence de la Cour paraissent avoir été commis, et prier le procureur d’enquêter sur cette situation en vue de déterminer si une ou plusieurs  personnes identifiées devraient être accusées de ces crimes.

2. L’Etat qui procède au renvoi indique autant que possible les circonstances pertinentes de l’affaire et produit les pièces à l’appui dont il dispose. »

 

Nous nous tenons à votre disposition pour nous acquitter de cette noble tâche dès lors qu’au-delà de la République Centrafricaine, c’est toute l’Afrique et le monde entier qui déplorent les souffrances de la population centrafricaines, qui a subi des viols, meurtres et pillages récurrents.

 

Ces actes ont été commis par le suspect François Bozizé ainsi que par les militaires ayant travaillés à son service.

 

Nous avions déjà constitués depuis plus de 5 ans certains éléments à charge du suspect étant donné que nous avions été consultées par nombreuses victimes centrafricaines pour les crimes commis durant toute cette période.

 

Force est de constater qu’il ressort des éléments en notre possession que des crimes relevant de la compétence de la Cour Pénale, en vertu de l’article 5 du statut de Rome, ont été manifestement perpétrés par le suspect sur une période du 24 octobre 2002 au 24 mars 2013.

 

Cette période peut se subdiviser entre deux :

 

-       La période du 24 octobre 2002 au 15 mars 2003, lors des différentes tentatives des coups d’Etat perpétrés par le suspect en provenance du Tchad.

   

Des crimes ont été commis à Paoua, Bozoum, Bossembele, Bossangoa, Sibut, Damara, PK2 ainsi que des quartiers de Bangui.

 

-       La période allant du 15 mars 2003 au 25 mars 2013 ou plusieurs autres crimes ont été perpétrés avec une attention particulière aux actes de violences commis dans le nord du pays, en particulier dans les préfectures de la Nana-Mambéré, Ouham-Pédé, Nana-Gribizi, Bamingui-Bangoran, Vakaga et Haute-Kotto.

 

A ce propos, il convient de souligner que par courrier du 10 juin 2008 que le Procureur de la CPI avait adressé à l’ex-président Bozizé dont copie est jointe à la présente, il réitère sa demande de transmettre à ses services, toute information pertinente concernant toute enquête ou poursuite ouverte ou menée par les autorités centrafricaine susceptibles de relever de la compétence de la CPI tels que meurtres, viols, traitements inhumains, pillages, attaque contre civil …

 

Cette demande a été faite conformément à l’article 15 de l’accord de coopération judiciaire entre la République Centrafricaine et son bureau.

 

Il échet de constater, qu’au lieu de répondre au bureau du Procureur, le suspect a accordé une fin de non-recevoir à cette demande pour des raisons fallacieuses qui découlent du courrier qu’il a adressé au secrétaire général des nations unies en date du 01 août 2008.

 

Il se cachait sur l’accord global de paix de Libreville qui promulgue une amnistie générale, pour exhorter le secrétaire général des nations unies, d’intercéder auprès du conseil de Sécurité des nations unies afin qu’une résolution soit adoptée dans le sens selon lequel les juridictions centrafricaines restent compétentes pour les faits couvrant les périodes prise en compte par la loi d’amnistie.

 

Contrairement à l’empressement que la République Centrafricaine avait pour saisir la CPI pour les crimes qu’il a délibérément occulté la période postérieure étant donné que sa responsabilité sur cette période est indubitablement établie, renforçant les crimes qu’il avait déjà perpétrés antérieurement.

 

Restant à votre disposition pour des renseignements complémentaires, nous joignons  à la présente la correspondance de notre conseil au Procureur de la CPI, au nom et pour le compte de l’association dont je préside en France et aussi en République Centrafricaine, sous le bénéfice de l’urgence.

 

Dans cette attente, nous vous prions de croire à nos sentiments les plus respectueux.

 

Mob : 0033698763336

          0033673275582

                                                                          Le Président

 

 

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:30

 

 

 

 

Jeune Afrique Vendredi 5 Avril 2013 à 21:33

 

Déterminés à en finir avec le président François Bozizé, les rebelles de la Séléka ont fondu sur la capitale à la vitesse de l'éclair, le contraignant à une fuite éperdue. Récit exclusif d'un nouveau coup d'État en Centrafrique. 


En Centrafrique, l'Histoire ne se contente pas d'être répétitive jusqu'à la lie, elle vous revient à la figure tel un boomerang. Dix ans après, c'est dans la suite 930 de l'hôtel Hilton de Yaoundé, là où les autorités camerounaises avaient hébergé Ange-Félix Patassé après sa chute, que logeait depuis le 25 mars celui qui fut son tombeur.

 

Joint au téléphone trois jours plus tard par Jeune Afrique, François Bozizé ne décolère pas contre le président tchadien, Idriss Déby Itno, qu'il accuse, exactement comme son prédécesseur, d'avoir instrumentalisé la rébellion qui l'a chassé du pouvoir. Et jure lui aussi qu'il ne compte pas en rester là : « La légalité constitutionnelle a été violée, on ne les laissera pas faire. » En attendant un hypothétique entretien avec Paul Biya et de se trouver un autre pays d'accueil, l'ancien maître de Bangui se veut prudent - réserve oblige - et surtout patient : l'exil, il le sait pour l'avoir déjà vécu, est une course de fond... 

  

Le dernier acte de cette tragédie oubanguienne a eu pour décor initial la bourgade de Sibut, au nord de la capitale, le dimanche 17 mars. C'est là que depuis les accords de Libreville du 11 janvier les rebelles de la Séléka campent l'arme au pied, remâchant leur rancoeur d'avoir été stoppés dans leur élan et furieux de voir leurs cinq représentants au sein du gouvernement - dont leur chef, Michel Djotodia - jouer le rôle de figurants. Aussi, lorsque le général congolais Essongo, représentant du médiateur dans la crise centrafricaine, vient les voir ce jour-là pour tenter de les apaiser, en compagnie des cinq ministres « sélékistes » et du général Noureddine Adam, numéro deux de la Séléka, les insurgés de Sibut décident de retenir tout ce monde, à l'exception d'Essongo à qui ils donnent trois jours pour convaincre le président Bozizé d'accéder à leurs revendications. Faute de quoi ils reprendront les armes. Prise d'otages ? Mise en scène plutôt. Car Djotodia - rentré trois jours plus tôt et en pleine forme de Libreville, où il avait été hospitalisé d'urgence pour une pseudo-« maladie neurologique », à bord d'un Falcon de la présidence gabonaise - et ses amis avaient pris soin d'emporter avec eux à Sibut leurs effets personnels, preuve que le « coup » n'avait rien d'improvisé. 
  

Trahi

 

De retour à Bangui, Noël Léonard Essongo se rend aussitôt au palais de la Renaissance en compagnie de la représentante de l'Union africaine (UA), la Djiboutienne Hawa Ahmed Youssouf. Ce qu'ils demandent au président est simple : tendre la main aux rebelles et, pour cela, prononcer quelques phrases du genre « je vous ai compris ». Mais Bozizé refuse. « Il nous a même engueulés », confie Essongo. Tout ce qu'il consent à faire, c'est de préparer un décret élevant Noureddine Adam et Mohamed Dhaffane, autre figure de proue de la Séléka, au rang de ministres d'État. S'estimant lâché et trahi par ses pairs d'Afrique centrale, le chef de l'État va plus loin : il fait remettre à la représentante de l'UA une lettre officielle à destination de la présidente de la Commission, Nkosazana Dlamini-Zuma, dans laquelle il lui demande de désigner un nouveau médiateur, récusant du même coup Essongo et son patron, Denis Sassou Nguesso. Un coup de fil de ce dernier, peu après, n'y changera rien : Bozizé n'en démord pas. Le 19 mars, à 4 heures du matin, celui qui est encore président de la Centrafrique s'envole pour Pretoria afin de s'assurer auprès de Jacob Zuma des intentions du contingent sud-africain présent en RCA et qui lui sert d'ultime rempart. Sur le chemin du retour, François Bozizé a prévu de s'arrêter à Luanda pour demander au président angolais dos Santos d'envoyer lui aussi des troupes. Mais il doit annuler l'escale. Sentant le danger, les rebelles se sont remis en marche. 

  

Vendredi 22 mars, deux colonnes de la Séléka, fortes chacune d'environ deux mille hommes, fondent sur Bangui. La première, qui part de Sibut et atteint rapidement Damara, est dirigée par Aubin Issa Issaka, 42 ans, chef d'état-major de la rébellion, originaire de la Vakaga. La seconde, avec à sa tête Arda Akoma, 32 ans, « Nordiste » lui aussi et chef des opérations, progresse sur l'axe Bossangoa-Bossembélé-Boali. L'objectif est clair : prendre la capitale en tenaille. Si la « colonne Akoma » rencontre peu de résistance, y compris à Bossembélé où les détenus de la maison d'arrêt et de la poudrière se joignent à elle, il n'en va pas de même pour la « colonne Issaka ». 

  

François Bozizé, qui a revêtu son treillis de général, fait décoller l'un de ses deux hélicoptères russes de combat Mi-24 (le second est en panne) piloté par un équipage ukrainien et l'envoie mitrailler Damara, où un détachement des Faca (troupes loyalistes) s'accroche de façon inespérée au terrain, sous l'oeil impassible des militaires tchadiens et camerounais de la Force multinationale de l'Afrique centrale (Fomac), lesquels se contentent d'observer la scène. Le samedi 23 à l'aube, lorsque Bozizé survole lui-même le front à bord du Mi-24, les rebelles, qui ont subi de lourdes pertes, ne bougent plus. Rien n'est encore perdu, pense-t-il. 



Jeuneafrique 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:28

 

 

 

 

http://www.courrierinternational.com

 

La Nouvelle Tribune  Léonce Gamaï  4 avril 2013

 

Difficile de croire que Michel Djotodia, le président autoproclamé, changera les mœurs d’un pays condamné aux coups d’Etat.

 

Les engagements du nouveau président centrafricain, Michel Djotodia, ses premiers actes et l’histoire de la succession au pouvoir en Centrafrique ne rassurent guère quant à l’avenir du pays, avec la Séléka aux commandes. 

 
Quelle sera la suite des événements ? C’est la question qui taraude les esprits depuis que, dimanche 24 mars 2013, les rebelles de la Séléka ont mis fin au régime du désormais ex-président François Bozizé. Mais l’analyse de la situation suscite beaucoup de réserves et alimente même le pessimisme. Les premiers pas du nouvel homme fort du pays, l’ambiguïté de son discours et un regard rétrospectif sur l’histoire politique de la Centrafrique fondent ce pessimisme. Ce n’est sans doute pas demain qu’un nouveau jour plein d’espoir se lèvera en Centrafrique, pour le bonheur de tous les Centrafricains.  


D’une pseudo-démocratie à une transition autocratique. Ainsi peut-on qualifier la Centrafrique dans son état actuel. François Bozizé, arrivé au pouvoir en 2003 après avoir renversé le régime d’Ange-Félix Patassé, ne pratiquait depuis qu’un simulacre de démocratie, avec à la clé une gestion patrimoniale du pouvoir. Sa gouvernance n’a pu permettre au pays de sortir de la misère, malgré ses ressources minières, notamment en uranium. Quant aux différentes élections présidentielles et législatives, on sait les conditions dans lesquelles il les a remportées.  Michel Djotodia, qui a mis fin à cette pseudo-démocratie de Bozizé, instaure, lui, une autocratie. Et ses premières décisions en témoignent. Comme tous les putschistes africains, Djotodia a décidé de suspendre la Constitution et de dissoudre le Parlement. Conséquence : il veut désormais légiférer, et ce jusqu’à la fin de la transition, dans trois ans, par décrets et ordonnances dans la conduite des affaires du pays. Quel bon élève ! Djotodia a appliqué malheureusement avec succès le mode opératoire des putschistes africains une fois qu’ils ont pris le pouvoir. Ainsi, pendant les trois prochaines années, les Centrafricains devront vivre selon les humeurs, les caprices et les lubies de Djotodia et des autres hommes forts de la Séléka, cette nébuleuse qui n’a visiblement pas encore livré tous ses secrets.  

Dichotomies 

Trois contradictions entre les paroles de Djotodia et ses actes interpellent. Primo. “Nous nous engageons à conduire désormais les destinées du peuple centrafricain pendant cette période de transition consensuelle de trois ans, conformément aux accords politiques de Libreville.” C’est en substance ce qu’a affirmé le putschiste et président autoproclamé lors d’un discours à la presse, lundi dernier. C’est ce qui justifie d’ailleurs le fait qu’il ait maintenu Nicolas Tiangaye, nommé Premier ministre dans le cadre des accords de Libreville, à son poste. Ce vœu de voir les accords de Libreville mis en application par la Séléka, Martin Ziguélé, leader du plus grand parti politique centrafricain, l’a exprimé dans une interview qu’il a accordée à RFI mardi 26 mars. Mais les accords de Libreville que Djotodia s’engage à respecter, il les a déjà violés en suspendant la Constitution du pays.  


Secundo. Michel Djotodia a promis une “transition consensuelle”. Cela suppose que toutes les forces du pays (politiques et civiles) soient associées à la prise des importantes décisions. Mais on n’a pas vu la classe politique et la société civile associées à la décision de suspendre la Constitution et de légiférer par décrets et ordonnances. 


  Tertio. Les accords défendent aux acteurs de la transition d’être candidats à la présidentielle de 2016. Pourtant, à ce propos, l’interview de Djotodia à RFI lundi 25 mars dit tout sur ses véritables ambitions. “Je n’ai pas dit que dans trois ans je remettrais le pouvoir. J’ai dit que d’ici trois ans nous allions organiser des élections libres et transparentes avec le concours de tous les acteurs.” Ainsi a répondu Djotodia lorsque notre confrère a voulu savoir si dans trois ans la Séléka allait organiser les élections et remettre le pouvoir.  


Frustrations 

Djotodia est donc venu pour aller à l’école de Patassé et de Bozizé. Prendre le pouvoir par les armes, organiser des simulacres d’élections et se faire élire président de la République. S’ensuivra alors une gouvernance pour contenter non pas les Centrafricains, mais plutôt ses proches et ses acolytes. 


Au finish, les acteurs politiques, la société civile et le peuple se feront berner. Bonjour aux frustrations. Recours encore aux armes. On a des raisons d’être réservé quant à leur capacité à réunir tous les acteurs autour des vrais problèmes de la Centrafrique afin de trouver à ceux-ci des solutions durables. Et, sans être trop prétentieux, on peut affirmer que le régime putschiste de Djotodia ne pourra pas mettre fin au “centrafrico-pessimisme” d’une bonne partie des observateurs. La Centrafrique n’est pas sortie de l’auberge.

 

CONTEXTE — La Séléka, rébellion composite

 

●●● Depuis le coup d’Etat de 2003 qui a vu l’arrivée au pouvoir du général Bozizé, de nombreux mouvements rebelles ont régulièrement pris les armes en Centrafrique. Parmi eux, l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) et la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). En 2011, après une élection présidentielle qui a vu la reconduction de Bozizé à la tête du pays, ces deux groupes rebelles ont signé un accord de paix avec le gouvernement. Mais, le 10 décembre 2012, plusieurs factions dissidentes ont pris les armes, considérant que les accords de 2011 n’étaient pas respectés : la Séléka (“Alliance” en langue sango) était née. Son objectif : la chute du président Bozizé. A sa tête, Michel Djotodia, ancien diplomate et fondateur de l’UFDR. Entre décembre et janvier dernier, la rébellion parvient à contrôler les trois quarts du territoire. De nouveaux accords de paix sont signés à Libreville (Gabon) le 11 janvier 2013. Un gouvernement d’union nationale est formé, incluant plusieurs personnalités de la Séléka. Mais les rebelles reprennent les armes le mercredi 20 mars, jusqu’à l’assaut contre le palais présidentiel à Bangui le dimanche 24 mars.

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:21

 

 

 

 

 

Mesdames et Messieurs les journalistes ;

 

Deux évènements majeurs viennent de marquer la vie de notre pays en moins d’une semaine. Il s’agit de la formation du Gouvernement de transition et du Sommet extraordinaire des Chefs d’Etats et de Gouvernement de la CEEAC tenu à Ndjaména le 03 Avril. Nombreux sont ceux qui parmi vous, s’interrogent sur la position des organisations de la société civile concernant ces deux événements très importants de la vie nationale.

 

En effet, après la publication du décret portant nomination des membres du Gouvernement le 31 Mars 2013, des médias tant nationaux qu’internationaux ont relayé des contrevérités totalement inadmissibles pour nous, prétendant sans rire que seize (16) personnalités issues de la société civile font partie de ce Gouvernement. Les organisations de la société civile s’insurgent contre ces propos et mettent au défi ceux qui véhiculent ces mensonges de prouver les organisations d’origine de ces prétendus membres de la société civile. Par ailleurs, est-il tolérable que dans un pays où les femmes selon les statistiques officielles représentent 52% de la population totale du pays, elles n’héritent que de trois postes dans le Gouvernement sans tenir compte des critiques formulées à l’issue de celui formé le 03 Février ? En dépit de la gravité de la crise, le pays s’offre le luxe de former un Gouvernement de 34 membres qui n’obéit à aucun équilibre en dépit des assurances données avant la formation dudit Gouvernement.  Ce Gouvernement a trahi les Accords de Libreville et la devise de notre pays. Par conséquent, nous ne pouvons cautionner le retour au galop des pratiques abjectes unanimement condamnées par tous dans un passé récent.

 

S’agissant du Sommet extraordinaire de la CEEAC tenu à Ndjaména, les Chefs d’Etats et de Gouvernement ont pris la mesure de la gravité de la situation et ont décidé:

 

  1. Que les forces vives de la Nations élisent le Président de la République, le Président et le Vice-Président du Conseil National de Transition ;
  2. Que le Conseil National de Transition assurera outre les fonctions législatives traditionnelles celles d’un organe constituant chargé de rédiger la nouvelle Constitution de la République Centrafricaine ;
  3. Que le Bénin accueille le Président déchu s’il en formule la demande ;
  4. Qu’un prochain Sommet extraordinaire soit convoqué à Ndjaména pour prendre la décision politique qui respecte les principes, sauvegarde le peuple centrafricain et mette un terme au « désordre actuel » en RCA ;
  5.  Que les Ministres des affaires étrangères de la CEEAC portent ce message des Chefs d’Etats au Président Michel DJOTODIA.

 

Il convient de préciser que les Chefs d’Etats et de Gouvernements ont jugé impossible de reconnaitre le Chef de l’Etat autoproclamé. De plus, la transition devra durer entre dix huit et vingt et quatre mois.

 

Cette solution démontre la complexité du cas spécifique de la RCA que l’on ne peut comparer à d’autres situations. Elle témoigne clairement la volonté des Chefs d’Etats et des partenaires de la RCA de l’accompagner et d’éviter son isolement sur la scène internationale en cette période où elle a énormément besoin de l’appui de ses partenaires techniques et financiers.

 

Mesdames et messieurs, le souci d’asseoir une architecture institutionnelle pour donner de la lisibilité à la transition et renforcer la confiance des partenaires ne saurait occulter les défis titanesques sur le plan humanitaire et sécuritaire. Les organisations de la société civile centrafricaine pensent que l’on ne peut faire fi de la profondeur de la crise actuelle en réduisant simplement les objectifs des assises des forces vives à la seule élection des autorités de transition. Le Conseil National de Transition devra outre les fonctions d’organe législatif et constituant, désigner les membres de la Cour Constitutionnelle de Transition. L’urgence et la nécessité d’une conférence nationale souveraine s’imposent et se passent de tout commentaire si l’on veut donner une chance à ce pays de ne pas prendre le chemin peu recommandable de la Somalie. Elles réclament également le rétablissement sans délai de la communication sur l’ensemble du territoire national pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire. Elles exigent la cessation immédiate des tirs injustifiés, des pillages méthodiques et ciblés et le cantonnement effectif des éléments de la SELEKA ainsi que l’arrêt de la formation militaire desdits éléments. Pour préserver la paix et l’unité nationale, elles demandent instamment un profond remaniement du Gouvernement de transition constitué le 31 Mars 2013 en tenant compte des équilibres géopolitiques, du genre et en privilégiant la compétence avérée. Enfin, elles exigent la constitution urgente d’une commission d’enquête internationale pour faire la lumière sur les graves violations des droits humains et du droit international humanitaire sur les dix dernières années que le pays a connues.

 

A l’exception du Gouvernement, les organisations de la société entendent participer pleinement à tous les organes de la transition. Pour cela, elles exigent leur implication dans la préparation des travaux préparatoires.

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:17

 

 

DECISION N° 018

 

 

 

Vu le décret n°76-0040 du 16 Janvier 1976, portant réglementation des associations en République du Sénégal ;

  

Vu le récépissé n°274 du 27 avril 2012 délivré par le ministère de l’intérieur de la République sénégalaise ;

 

Vu les dispositions du statut  et de règlement intérieur du collectif «  touche pas à ma constitution » ; 

 

Vu le procès verbal de l’assemblée générale constitutive du 28 février 2012 portant  mise en place du collectif  Centrafricain « TOUCHE PAS A MA CONSTITUTION » ;

 

                                                      DECIDE

 

Article 1er : Monsieur, Francis GRELOMBE MATIMA est nommé Représentant du  Collectif au près de la Cour Pénale Internationale (CPI)  à la HAYE  (NEDERLAND).

 

 

Article 2 : la présente décision prend effet à partir  de la date de sa signature sera enregistré  et publié partout ou besoin sera.

 

 

 Fait à Dakar, 26 Mars 2013

 

                                                        Le Coordonnateur Général

 
   

 

 Kenny ZOUNGARANI

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 14:12

 

 

 

 

BBC Afrique  6 avril, 2013 - 07:31 GMT

 

La chute du président Bozizé et la mise en place du nouveau gouvernement dominé par la Seleka n'ont pas amoindri les nombreux problèmes des populations centrafricaines, notamment les réfugiés.

 

Près de quarante mille personnes ont quitté le pays depuis le mois de décembre, en raison de l'insécurité, de la crainte d'arrestations et de détentions arbitraires, annonce l'Agence des Nations Unies pour les Réfugiés. Les trois quarts d'entre eux ont pris la direction de la République démocratique du Congo, d'autres se sont installés au Tchad et au Cameroun.

 

Dans ces pays, il y a avait déjà plusieurs milliers de personnes qui fuyaient près de 10 ans de troubles et qui débarquaient souvent dans des zones reculées dépourvues de centre de santé et de toute structure d'assistance.

 

Pendant ce temps, à Bangui toujours militarisée, le gouvernement de transition s'est réuni vendredi pour la première fois depuis la prise de la capitale par le chef rebelle Michel Djotodia, avec comme feuille de route la mise en place rapide d'un Conseil national de transition. Les nouveaux maîtres de Bangui affichent leur volonté de "se mettre sans délai au travail", a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

 

L'équipe gouvernementale - formée le 31 mars, une semaine après la fuite de Bozizé au Cameroun voisin - est dirigée par le Premier ministre Nicolas Tiangaye qui a été reconduit à son poste. Elle est composée principalement d'opposants, de membres de la rébellion et de la société civile.

 

 

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 13:59

 

 

 

 

Est-ce qu'il faut se réjouir du départ de Bozeze? Nous pensons que oui, même si nous ne partageons pas l'esprit d'un changement politique par la force. Il est important de se rappeler que Bozeze fut aussi un chef rebelle, il avait lui même violé la constitution en prenant le pouvoir par un coup d'état, ce que nous pouvons appeler aujourd'hui dans son cas, un arroseur arrosé. Si de manière classique, certaines voix se lèvent ici et là pour comdamner ce coup d'état, ces pays et ces institutions ne demandent pas non plus la réhabilitation de ce dernier. Ce coup d'état semble être évident, seul Bozeze et ses voyous de la République semblent être aveugles. Ils vivaient certainement dans une bulle où tout leur semblait rose.

 

Toutes les indications étaient favorables à un coup d'état, plusieurs raisons semblent se justifier. En dehors du fait que Bozeze, soit incompétent (ce qui est reconnu mondialement), il était incapable d'assurer la sécurité sur l'étendu du territoire, surtout qu'il est soit disant général d'armée, chef d'état major, ministre de la défense. En fait, la république centrafricaine était dirigée par un pitre, un pantin, un guignol, un rebelle, un petit président, certainement amnésique, qui n'a jamais appris la leçon du passé avec le procès Bokassa. Il dirigeait le pays d'une main de fer, avec une haine viscérale de ses opposants.

 

Personne ne pouvait imaginer qu'un jour la République Centrafricaine allait revivre cette sombre partie de son histoire, avec ses prisonniers politique. Comment pouvons nous imaginer dans un pays, soit disant démocratique, de kidnapper ou encore de séquestrer des compatriotes sans passer par la justice? Nous faisons référence ici à cette cynique prison de camps de roux, ou en encore celle de Bossembele, le Guantanamo privé de Bozeze.

Le système politique de Bozeze se reposait systématiquement sur le pillage du pays. Bien que la République centrafricaine ait connu plusieurs dirigents, nous voyons apparaître avec bozezé, ses rejetants et son entourage, une classe des arrivistes, des parvenus en fait des véritables bandes de voyous de la République.

 

Ce qui est triste et dommage pour la République Centrafricaine est que Bozeze n'est pas seul :  la classe politique, les soit disant opérateurs économiques et "certaines personnalités" ne sont pas innocents dans la création de cette spirale négative qui plonge la République Centrafricaine dans un chaos total; presque 99% de ces hommes politiques sont souvent pressés de faire la courbette, aux nouveaux hommes forts, à tel point qu'ils perdent leur dignité et leur personnalité. Cela se produit malheureusement de nouveau avec Djotodja. 

 

En ce qui concerne les hommes politiques, ils sont tout aussi nulissimes. Incapables d'avoir une opposition forte face au pouvoir en place, ils oublient d'être un contre poids au régime. Quelque part, tout ceci n'est pas étonnant, quant on voit la manière dont les partis sont structurés. Il faut reconnaître qu'en Centrafrique, les partis n'existent que de nom; après nous nous étonnons que se sont ces même personnes qui finiront par arriver au pouvoir. Il est manifeste de constater qu'en dehors de Patassé qui avait pris le pouvoir par la voie démocratique, la République Centrafricaine à souvent eu une alternance politique par des coups d'état. Espérons que le pouvoir actuel en prenne note.

 

En effet, la plupart des hommes politiques centrafricains font l'erreur de penser que faire de la politique implique simplement de pointer au travail le matin ou n'est qu'un moyen supplémentaire pour être reconnu comme une personnalité du pays. Ils brillent souvent par leur vulgarité, des comportement souvent ridicules, des hommes sans fierté ni dignité.

 

Quant aux opérateurs économiques et les soit disant personnalités du pays, il est triste de constater que la République Centrafricaine, qui pourtant est un grand pays, brille par le bluff de ces personnes. Ils sont incapables d'évoluer en dehors du système politique, sans faire une ramification mafieuse avec les dirigeants, avec ces voyous de la République. Pour garder leur rang, ils entretiennent et encouragent la corruption, la dégradation du pays. Ces gens pensent que leur position leur offre un passe-droit, que cela leur permet de maitriser le "sous-peuple". Nous nous étonnons ensuite que notre pays soit aussi pauvre, et qu'il soit classé parmi les derniers dans le monde à tout point de vue. Curieusement, cela n'empêche pas ces mêmes personnalités de critiquer le pays.

 

Rien d'étonnant à ce que le pays subisse une nouvelle vague de pillages après chaque coup d'état. Tout ceci, se justifie par l'état du pays! S'il y a pillage, nous estimons qu'il faut nous en prendre aux hommes politiques, aux opérateurs économiques, à toutes ces personnes qui n'éprouvent en temps normal que du mépris à l'égard du petit peuple. S'il y a pillage, il faut questionner ces hommes politiques et ces voyous qui tiennent tant à s'accrocher au pouvoir. S'il y a pillage, c'est parce que ces opérateurs économiques ne font rien pour faire évoluer ce pays aussi bien d'un point de vue économique que social : ils n'ont toujours vendu que du vent! Malheureusement, certains centrafricains, se voient dans cette confusion lésés de leurs biens. Il est cependant bien difficile, dans un pays comme la République centrafricaine où le taux d'alphabétisation est très élevé et la pauvreté, est telle que, dans une situation de coup d'état de demander au peuple d'être raisonnable avec cette fausse impression de nouvelle liberté.

 

En tout état de cause, le problème centrafricain, vient en grande partie de cette catégorie d'hommes politiques, de ces opérateurs économiques, de ces personnalités. 98% de ces hommes politiques se sont trompés de vocations. 98% des opérateurs économiques ne sont pas à la hauteur. 98% de ces soit-disant personnalités ne sont pas des références, ne sont pas crédibles, et ne seront jamais un modèle pour le petit peuple.

 

2016, si nous nous en tenons à cette date, ouvrira certainement de nouvelles perspectives si et seulement si élections il y a. Il est impératif de voir de nouvelles figures émerger. La rupture est nécessaire afin de sortir de cette spirale chaotique qui n'a fait que prouver l'inefficacité du système actuel au fil des années et des décénies précédentes.



                                                                                          Magloire Koumba Benga

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 13:49

 

 

 

 

L’Union africaine a bien marqué le coup en condamnant avec force le coup d’Etat de la Séléka du 27 mars 2013. Elle a réaffirmé avec autorité sa doctrine en matière  des rébellions armées et de changement anticonstitutionnel. Celle-ci doit être apprise et retenue par cœur par tous les aventuriers tapis dans l’ombre et qui fulminent encore, obnubilés par le seul esprit de vengeance: On ne prend plus le pouvoir par la force en Afrique. Cette période est révolue. Le Président auto-proclamé l’a appris à son corps défendant. Avec ses sbires il risque d’avoir le même destin que celui du capitaine Sanogo du Mali.

 

Alors que le Président Michel Non Ndroko Djotodia  était confiné dans un hôtel à Bangui, Maître Nicolas Tiangaye, Premier Ministre de transition, était mis à l’honneur à la conférence des Chefs d’Etat de la CEEAC de Ndjamena du mardi 3 avril 2013. Il est considéré comme seul interlocuteur crédible qui peut parler au nom de la République centrafricaine. Ce soutien officiel des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Afrique centrale répond en écho au soutien diplomatique appuyé que lui ont ouvertement apporté les grandes puissances que sont les Etats-Unis d’Amérique, l’Union européenne et la France. A la vérité, Maître Nicolas Tiangaye est adoubé par la communauté internationale.

 

La République Centrafricaine est un pays moribond dont les rares outils de production sont détruits par plusieurs années de rébellion et des coupeurs de route. Un pays où viol et pillage sont devenus des exercices favoris des enfants soldats enrôlés à tours de bras. Un pays où les maigres richesses sont systématiquement pillées par des prédateurs foireux et véreux. Un pays où simplement manger à sa faim, boire de l’eau potable à sa soif, envoyer ses enfants à l’école, se soigner, s’habiller, se loger sont devenus une chimère. Quel triste sort pour ce pays qui était jadis si admiré et convoité par les voisins ! Avec tant de richesses, il aurait déjà pu devenir un géant en Afrique !  Malheureusement, notre pays souffre hélas d’un nanisme politique chronique.

 

Pour couronner le tout, l’image de la République centrafricaine est à jamais écornée par des évènements successifs négatifs depuis le couronnement ubuesque de Bokassa jusqu’à la prise de pouvoir par les flibustiers de la Séléka en passant par les exactions immondes des rebelles de Jean-Pierre Bemba. Toiletter et redorer cette image ne seraient pas un exercice superflu. Pour cela, le pays a plus que besoin des hommes et des femmes crédibles, intègres et compétents mais surtout désintéressés. Des hommes et des femmes capables de rassembler les centrafricains, d’essuyer les larmes des mamans en pleurs, de créer les conditions d’un retour à la paix durable, de garantir la liberté d’expression ainsi que la liberté d’aller et de venir au peuple, bref des hommes et des femmes qui feront le pari d’abréger la souffrance du peuple centrafricain et de lui donner des raisons d’espérer.

 

Aujourd’hui, la République Centrafricaine ne peut pas s’offrir le luxe d’un isolement international auquel la rébellion armée aurait pu nous conduire. Peut-être ne la savait-elle pas. Nous avons plus que besoin de la communauté internationale. Des relations multiformes bilatérales et multilatérales sont indispensables pour notre développement.

 

La République centrafricaine doit profiter de ce chaos ambiant pour renaître de ses cendres. Maître Nicolas Tiangaye et Martin Ziguélé vont jouer un grand rôle. Pour dire vrai, il faudra désormais compter avec ce duo qui va certainement beaucoup impacter l’avenir politique immédiat de la République Centrafricaine. De même Michel Djotodia, qui est utilisé par le destin pour accélérer l’histoire de la République centrafricaine, aura toute la latitude de se rendre incontournable pour peu qu’il veuille bien transformer la Séléka en parti politique.

 

A bien voir les choses, toutes les cartes sont battues et Martin Ziguélé aura sa carte à jouer. Il est un homme politique crédible et compétent. Il a une machine politique en ordre de bataille. Contrairement aux autres, il s’est préparé depuis longtemps à jouer le premier rôle même s’il doit au préalable apporter une petite touche qualitative à son entourage. Il aura face à lui Anicet Georges Dologuélé requinqué par son expérience de banquier, Gaston Mandata Nguérékata toujours volontariste, Karim Meckassoua, Jean-Jacques Demafouth et bien d’autres tout aussi sérieux qu’intelligents. Et même le Général Bozizé, à peine balayé par le tsunami Séléka, veut absolument revenir. Qu’à cela ne tienne. Il n’est pas moins centrafricain que les autres. Pourvu que la justice ne croise pas son chemin d’ici-là.

 

Nonobstant cette singularité qui confine à l’anachronisme, la République centrafricaine a des raisons d’espérer. La nouvelle génération doit prendre ses responsabilités et assumer le pouvoir en République centrafricaine pour corriger les échecs successifs de l’ancienne génération avec David Dacko, Abel Goumba, André Kolingba, Ange Félix Patassé et François Bozizé qui auront fait la prouesse de laisser en héritage un pays en ruine, un peuple divisé, une économie moribonde. Ils doivent apporter des répondants crédibles aux problématiques économiques et sociales de la république centrafricaine. Nous sommes bel et bien à l’aube d’un jour nouveau.

 

 

 

  

L’Union africaine a bien marqué le coup en condamnant avec force le coup d’Etat de la Séléka du 27 mars 2013. Elle a réaffirmé avec autorité sa doctrine en matière  des rébellions armées et de changement anticonstitutionnel. Celle-ci doit être apprise et retenue par cœur par tous les aventuriers tapis dans l’ombre et qui fulminent encore, obnubilés par le seul esprit de vengeance: On ne prend plus le pouvoir par la force en Afrique. Cette période est révolue. Le Président auto-proclamé l’a appris à son corps défendant. Avec ses sbires il risque d’avoir le même destin que celui du capitaine Sanogo du Mali.

Alors que le Président Michel Non Ndroko Djotodia  était confiné dans un hôtel à Bangui, Maître Nicolas Tiangaye, Premier Ministre de transition, était mis à l’honneur à la conférence des Chefs d’Etat de la CEEAC de Ndjamena du mardi 3 avril 2013. Il est considéré comme seul interlocuteur crédible qui peut parler au nom de la République centrafricaine. Ce soutien officiel des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Afrique centrale répond en écho au soutien diplomatique appuyé que lui ont ouvertement apporté les grandes puissances que sont les Etats-Unis d’Amérique, l’Union européenne et la France. A la vérité, Maître Nicolas Tiangaye est adoubé par la communauté internationale.

La République Centrafricaine est un pays moribond dont les rares outils de production sont détruits par plusieurs années de rébellion et des coupeurs de route. Un pays où viol et pillage sont devenus des exercices favoris des enfants soldats enrôlés à tours de bras. Un pays où les maigres richesses sont systématiquement pillées par des prédateurs foireux et véreux. Un pays où simplement manger à sa faim, boire de l’eau potable à sa soif, envoyer ses enfants à l’école, se soigner, s’habiller, se loger sont devenus une chimère. Quel triste sort pour ce pays qui était jadis si admiré et convoité par les voisins ! Avec tant de richesses, il aurait déjà pu devenir un géant en Afrique !  Malheureusement, notre pays souffre hélas d’un nanisme politique chronique.

Pour couronner le tout, l’image de la République centrafricaine est à jamais écornée par des évènements successifs négatifs depuis le couronnement ubuesque de Bokassa jusqu’à la prise de pouvoir par les flibustiers de la Séléka en passant par les exactions immondes des rebelles de Jean-Pierre Bemba. Toiletter et redorer cette image ne seraient pas un exercice superflu. Pour cela, le pays a plus que besoin des hommes et des femmes crédibles, intègres et compétents mais surtout désintéressés. Des hommes et des femmes capables de rassembler les centrafricains, d’essuyer les larmes des mamans en pleurs, de créer les conditions d’un retour à la paix durable, de garantir la liberté d’expression ainsi que la liberté d’aller et de venir au peuple, bref des hommes et des femmes qui feront le pari d’abréger la souffrance du peuple centrafricain et de lui donner des raisons d’espérer.

Aujourd’hui, la République Centrafricaine ne peut pas s’offrir le luxe d’un isolement international auquel la rébellion armée aurait pu nous conduire. Peut-être ne la savait-elle pas. Nous avons plus que besoin de la communauté internationale. Des relations multiformes bilatérales et multilatérales sont indispensables pour notre développement.

La République centrafricaine doit profiter de ce chaos ambiant pour renaître de ses cendres. Maître Nicolas Tiangaye et Martin Ziguélé vont jouer un grand rôle. Pour dire vrai, il faudra désormais compter avec ce duo qui va certainement beaucoup impacter l’avenir politique immédiat de la République Centrafricaine. De même Michel Djotodia, qui est utilisé par le destin pour accélérer l’histoire de la République centrafricaine, aura toute la latitude de se rendre incontournable pour peu qu’il veuille bien transformer la Séléka en parti politique.

A bien voir les choses, toutes les cartes sont battues et Martin Ziguélé aura sa carte à jouer. Il est un homme politique crédible et compétent. Il a une machine politique en ordre de bataille. Contrairement aux autres, il s’est préparé depuis longtemps à jouer le premier rôle même s’il doit au préalable apporter une petite touche qualitative à son entourage. Il aura face à lui Anicet Georges Dologuélé requinqué par son expérience de banquier, Gaston Mandata Nguérékata toujours volontariste, Karim Meckassoua, Jean-Jacques Demafouth et bien d’autres tout aussi sérieux qu’intelligents. Et même le Général Bozizé, à peine balayé par le tsunami Séléka, veut absolument revenir. Qu’à cela ne tienne. Il n’est pas moins centrafricain que les autres. Pourvu que la justice ne croise pas son chemin d’ici-là.

Nonobstant cette singularité qui confine à l’anachronisme, la République centrafricaine a des raisons d’espérer. La nouvelle génération doit prendre ses responsabilités et assumer le pouvoir en République centrafricaine pour corriger les échecs successifs de l’ancienne génération avec David Dacko, Abel Goumba, André Kolingba, Ange Félix Patassé et François Bozizé qui auront fait la prouesse de laisser en héritage un pays en ruine, un peuple divisé, une économie moribonde. Ils doivent apporter des répondants crédibles aux problématiques économiques et sociales de la république centrafricaine. Nous sommes bel et bien à l’aube d’un jour nouveau.

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 13:30

 

 

 

 

 

 

Maître Zarambaud Assingambi introduit une requête tendant à l’annulation du Décret n° 013. 009 du 31 mars 2013 portant nomination des membres du gouvernement de transition en République Centrafricaine ; au motif que, je le cite : « aux termes de l’article 2 alinéa 2 de l’Acte Constitutionnel n° 2 « sur proposition du Premier Ministre, il (le Président de la République) nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions »

 

En conséquence, la mention de la proposition de nomination des membres du Gouvernement faite par le Premier Ministre doit figurer expressément sur le décret de nomination, seule preuve que ladite proposition a effectivement été faite, comme ce fut le cas pour le décret signé par le Président de la République déchu et portant nomination des membres du Gouvernement dit « TIANGAYE 1 » dont l’actuel Président de la République était Premier Vice-Premier Ministre chargé de la Défense Nationale, quoique la fonction de Vice – Premier Ministre ne figurait pas dans la Constitution du 27 Décembre 2004.

 

« Or le décret querellé ne comporte pas la mention d’une proposition de nomination faite par le Premier Ministre.

 

Il s’ensuit que, formellement, le Président de la République a nommé les Ministres sans que le Premier Ministre ne les lui ait proposés, de sorte que le décret de nomination est nul comme entâché d’excès de pouvoir et qu’il y a lieu de l’annuler ».

 

Il invoque un vice de forme entachant le décret attaqué.

 

 

Or la validité de cette requête est subordonnée à un accord préalable sur la définition des termes juridiques utilisés : s’agit-il d’un vice de forme ou d’un vice procédure ?

 

 

 

 

I – Requête juridiquement contestable

 

 

A. Le vice de procédure sanctionne la méconnaissance d'une ou plusieurs règles organisant la procédure de décision ; il n’est pas régularisable, il faudrait refaire normalement le texte.

 

On peut identifier trois règles majeures reconnues par la jurisprudence en France (puisque nous copions presque tout sur ce pays).

 

1. « Quand une autorité administrative décide volontairement de se soumettre à une procédure particulière, elle est ensuite tenue de respecter cette procédure. Exemple : un ministre de saisir volontairement un organisme consultatif.

 

2. La jurisprudence refuse un formalisme excessif. La méconnaissance de « formalités non substantielles » (prescriptions procédurales qui n'ont pas d'incidence sur la décision à prendre et/ou qui ne confèrent pas de garanties à ceux que cette décision concernera) est insusceptible de provoquer l'illégalité de la décision prise. Au contraire, on nomme « formalité substantielle » une disposition destinée à garantir les droits des administrés. Le juge peut même considérer, compte tenu des circonstances de l'espèce, une décision comme non entachée de vice de procédure malgré l'inobservance de règles substantielles : c'est le cas si le manquement à la règle était en l'espèce insusceptible d'avoir eu une influence sur la décision prise si le respect des règles était en l'espèce impossible, ou si l'observation des règles était, en l'espèce, inutile si la procédure prescrite a été remplacée par une procédure au moins équivalente.

 

3. Parfois, il s'écoule un certain temps entre l'achèvement du processus d'élaboration des décisions et l'édiction de la décision. Il n'est nécessaire de recommencer la procédure que si les circonstances ont changé. »

 

B. Le vice de forme est souvent confondu avec le vice de procédure.

 

Le vice de procédure affecte le processus de l'élaboration d'une norme tandis que le vice de forme concerne le contenant de la norme (instrumentum) par opposition à son contenu (negotium).

 

Les règles de forme concernant les actes administratifs sont assez peu nombreuses. Citons par exemple la signature de l'acte par son auteur, la motivation de l'acte, les contreseings des actes du président de la République et du premier ministre. Il n'y a de substitut possible ni à la signature ni aux contreseings. En revanche, il est possible en cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles de ne pas motiver l'acte.

 

Au surplus, les principes généraux du droit à valeur constitutionnelle dispose qu’il n’y a pas de nullité sans grief et ainsi l’article 459 du nouveau code procédure civile français (transposé dans la législation centrafricaine avec une numérotation différente) indique que « l’omission ou l’inexactitude d’une mention destinée à établir la régularité du jugement ne peut entrainer la nullité de celui-ci s’il est établi par les pièces de la procédure, par le registre d’audience ou par tout autre moyen que les prescriptions légales ont été, en fait observées. »

 

Ce texte permet aux nouvelles autorités auquel un vice de forme est opposé ou au conseiller rapporteur qui peut effectuer cette recherche lui-même d’établir avec l’aide du greffier de la juridiction qui sera saisi du décret attaqué, que la nomination des membres du gouvernement de transition était régulière en dépit des apparences contraires.

 

De sorte que le simple fait que le « décret querellé ne comporte pas la mention d’une proposition de nomination faite par le Premier Ministre. » n’est pas susceptible de prospérer, en l’état actuel de notre connaissance certes limitée des tractations informelles qui ont présidé à la rédaction de ce décret.

 

Le moyen soulevé par Maître ZARAMBAUD ASSINGAMBI n’est pas de pur droit, il est qualifié de « mélangé de fait et de droit » et est irrecevable en raison du fait que l’acte est pris dans un but politique.

 

 

II – REQUÊTE EST POLITIQUEMENT INDEFENDABLE

 

 

A- Le Décret n°013. 009 du 31 mars 2013 est un Acte du gouvernement

 

 

Certains actes pris par des autorités administratives (Président de la République Premier ministre, Ministre des affaires étrangères notamment) ne sont pas, compte tenu de leur dimension politique, considérés comme de véritables actes administratifs (R. Chapus). De ce fait, ces actes dénommés actes de gouvernement bénéficient d'une immunité juridictionnelle. Cette immunité signifie qu'ils ne peuvent être soumis au contrôle du juge, ni dans le cadre du contentieux de la légalité, ni dans celui de la responsabilité.

 

Maître ZARAMBAUD ASSINGAMBI soulève astucieusement dans ses motifs la fameuse question d’ « équilibre géopolitique. » Ecoutons :

 

« Le 31 Mars 2013, il a publié le décret n° 013 009 portant nomination des membres du Gouvernement de Transition (pièce n° 4), comportant 11 originaires de la seule Préfecture de la VAKAGA, l’une des 3 Préfectures les moins peuplées, selon le décompte du Journal MEDIAS + du 4 Avril 2013. »

 

On sent une difficulté de passage du fait au droit. Mais le Conseil d’Etat devra alors dire si le fait de ne pas nommer les Centrafricains originaires d’autres préfectures plus peuplées constitue une violation de la légalité.

 

Dans ce cas, on pourrait alors reprocher à tous les gouvernements précédents la responsabilité sans (pour) faute pour rupture de l’égalité devant la loi, et ce sera cette fois devant le juge de plein contentieux.

 

Il n’empêche que la requête de Maître ZARAMBAUD ASSINGAMBI n’est pas dénuée de sens d’opportunité, car il a une portée civique non négligeable.

 

Hormis ce pavé jeté dans la marre de la critique, les plaintes ou dénonciations en justice sont des éléments majeurs de notre cohésion sociale et la valorisation des atouts de notre pays.

 

 

 

 

Maître A. DANGABO MOUSSA

 

Docteur en anthropologie et écrivain

Avocat au Barreau de Paris

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 04:22

 

 

 

CEEAC

 

 

04 Avril 2013 - 08:21 (Xinhua) 

 

Réunis mercredi dans la capitale tchadienne, les chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC), élargis aux président sud-africain et béninois, ont recommandé la mise sur pied d'un collège inclusif pour diriger une transition de dix-huit mois maximum en Centrafrique, une dizaine de jours après l'éviction du pouvoir de François Bozizé par les rebelles de la Séléka.


Les leaders de l'Afrique centrale, à l'instar de la communauté internationale, ont condamné la prise de pouvoir par les armes en RCA et appelé le dirigeant de la Séléka, le général Michel Djotodia, à se conformer aux accords de paix de Libreville signés le 11 janvier 2013.


"Il nous paraît impossible, à l'état actuel des choses, de reconnaître un homme qui s'est autoproclamé président. Et nous pensons que la gestion de la République centrafricaine doit repartir et se faire sur la base des accords de Libreville. Dans ce cadre, il y a un Premier ministre de consensus", a déclaré à la presse le président Idriss Déby Itno, qui assure la présidence en exercice de la CEEAC.


Pour le reste, le chef de l'Etat tchadien et ses pairs de la région ont recommandé la création d'un collège qui va être élu par les forces vives de la Nation centrafricaine: partis politiques, associations de la société civile, congrégations religieuses, jeunes, femmes, etc.


"Ce collège qui va être à la tête de la transition, doit jouer le rôle de l'exécutif. Il va désigner, pour la période de transition, un Président. C'est aux Centrafricains de décider qui ils veulent. Nous, nous ne leur imposons personne", a martelé le président Déby Itno. Avant de préciser que "la transition ne doit pas excéder dix-huit mois maximum".


A côté du collège exécutif, les chefs d'Etat et de gouvernement de la CEEAC recommandent également la création d'un organe constituant qui va jouer le rôle de l'Assemblée nationale.

 

"Sa mission première, pendant la transition, est de rédiger et de mettre à la disposition du peuple centrafricain une Constitution, et de légiférer", a expliqué le chef de l'Etat tchadien.

 

Dès jeudi 4 avril 2013, les ministres des Affaires étrangères de la CEEAC se rendront à Bangui, capitale de la République centrafricaine, pour véhiculer les décisions des chefs d'Etat et convaincre les forces vives et l'ensemble de la classe politique centrafricaine au sujet d'un consensus, bénéfique au peuple centrafricain. Les conclusions de la mission à Bangui des ministres des Affaires étrangères seront connues lors d'une prochaine rencontre des Chefs d'Etats de la CEEAC prévue à N'Djaména.


Par ailleurs, le président déchu centrafricain François Bozizé, qui s'est réfugié au Cameroun depuis sa fuite de Bangui, peut trouver un nouveau refuge au Bénin "s'il en fait la demande".


"Nous avons demandé à la République soeur du Bénin de l'accueillir avec sa famille. Nous espérons qu'un jour il reviendra dans son pays avec ses parents, quand la situation va se décanter", a expliqué le président en exercice de la CEEAC.


Enfin, à ses pairs de l'Afrique centrale réunis à N'Djamena, le chef de l'Etat sud-africain Jacob Zuma a annoncé la volonté de son pays de retirer les forces sud-africaines de la République centrafricaine mettant ainsi fin à un accord bilatéral signé entre les deux Etats en 1997.

 

"Le président Zuma nous a rassurés qu'il reste disponible, à la demande soit de la CEEAC soit de l'Union africaine, pour les besoins de la cause, à nous appuyer, même en envoyant des forces", a affirmé le président Déby Itno.


Créée par un traité signé en octobre 1983 à Libreville (Gabon) mais entré en vigueur au mois de décembre 1984, la CEEAC regroupe dix Etats membres: Angola, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo, RD Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Sao Tomé & Principe et Tchad.

 

Seuls trois d'Etat (sur dix) de la CEEAC ont répondu à l'invitation de leur homologue tchadien: le congolais Denis Sassou Nguesso, l'équato-guinéen Obiang Nguéma Mbasogo et le gabonais Ali Bongo. La Centrafrique était présente à N'Djaména à travers une forte délégation conduite par le Premier ministre de transition, Nicolas Tiangaye, et comprenant toutes les forces vives du pays. Le Cameroun s'est fait par son vice-premier ministre, Amadou Ali, et la RD Congo par son ministre de la Coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda N'Tungamulongo.


Etaient également présents à la rencontre de N'Djaména le président sud-africain, Jacob Zuma, et son homologue béninois, Yayi Boni, le nouvel envoyé spécial de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en RCA, Louis Michel, ainsi que des représentants de l'Union africaine et de l'Union européenne.

 

 

 

 

NDLR : Trois chefs d'état seulement sur les dix que comptent la CEEAC ont consenti à faire le déplacement de N'djaména pour prendre part au sommet sur la situation en Centrafrique. C'est dire combien Bozizé Yangouvonda a fini par lasser et exaspérer les 7 autres qui ont boycotté le sommet, tant ils en ont assez de devoir chaque fois se pencher sur les conséquences de l'incompétence et des turpitudes de Bozizé que tout le monde a laissé tomber comme un fruit mûr.  

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