Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 15:35

 

 

 

Par RFI Publié le 02-10-2016 Modifié le 02-10-2016 à 13:35

 

Depuis le lancement des opérations de démantèlement des péages illégaux à Kaga-Bandoro et dans les villages environnants, des hommes armés apparentés aux ex-Seleka enchainent incursions et pillages dans ces mêmes localités. Ils effraient les populations et s’attaquent aux ONG. Pourtant, il y a quelques mois, la préfecture de la Nana-Grébizi avait été déclarée « ville sans armes » par l’ONU. La Minusca avait alors renforcé contrôles, checkpoints et patrouilles. C’est visiblement un échec. Kaga-Bandoro est toujours sous la coupe des ex-combattants de la Seleka.

 

Le calme semble régner dans la ville de Kaga-Bandoro. Depuis les derniers affrontements entre ex-Seleka et anti-balaka, une partie de la ville est devenue « invisible ». Emmanuel a fui les derniers événements. Il vit dans un camp de déplacés.

 

« Ça ne va pas ! Vous voyez comment les gens dorment. Voyez comment les gens pleurent. Les Seleka sont ici, à Kaga-Bandoro. Ils font des pillages depuis des jours et des jours. Nous les balaka, on reste ici, seulement pour attendre le désarmement et être en paix », a-t-il affirmé.

 

Pour beaucoup, la présence de la Minusca est encore insuffisante. Le préfet Gaston Yemendo demande une aide supplémentaire.

 

« Oui, je l’ai demandée. Je l’ai évidemment demandée afin de multiplier les patrouilles nocturnes et les patrouilles à pied dans la localité pour que la paix revienne parce que vous savez la paix, c’est un facteur de l’Onu », a-t-il insisté.

 

Joint par RFI, Fabrizio Hoschild, de la Minusca, lui répond.

 

« Nous avons renforcé la présence de troupes de la Minusca, ici, à Kaga-Bandoro, avec nos soldats du contingent burundais et les soldats du contingent gabonais. Nous sommes en train de déployer, ici, un poste de police qui doit arriver dans les prochains jours », a-t-il spécifié.

 

Un quartier général (QG) d’un groupe armé est quasiment adossé aux locaux de la préfecture. Entre les deux bâtiments, un serpent de barbelés et quelques soldats de la Minusca.

RCA : appel à un renforcement de la Minusca à Kaga-Bandoro et ses environs
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 22:38

 

WATERGATE AU GABON

 

 

02 / 10 / 2016 À 12:17

 

Voici le scoop de notre confrère Le Journal du dimanche, qui révèle que Ali Bongo a fait écouter les observateurs de l'Union européenne.

Les services secrets d’Ali Bongo ont écouté les observateurs dépêchés par l’Union européenne pour veiller à la régularité de l’élection présidentielle Les conversations enregistrées révèlent de lourdes suspicions de trucage des résultats.

 

Les observateurs de l’Union européenne au Gabon étaient sur écoute. Anne, Jean-Jacques, Polyna, Xavier, Pierre, Magdalena… Pour le régime gabonais, ce sont des prénoms, mais aussi des voix. Pendant ces heures tragiques entre le 27 août, date de l’élection, et le 23 septembre, jour de la proclamation des résultats, les services secrets d’Ali Bongo savaient tout de leurs faits et gestes, mais aussi de leur conviction : l’élection a été truquée. « Ils ont fait exactement ce que j’espérais qu’ils n’allaient pas faire », réagit à chaud, le 31 août, la chef adjointe de la mission, en découvrant les scores d’Ali Bongo.

 

En privé, comme ces écoutes en témoignent, on est loin du langage diplomatique… Le JDD révèle une vingtaine d’enregistrements clandestins, un échantillon puisé dans un ensemble certainement plus vaste, qui dévoilent l’existence de ce Watergate gabonais (l’une des personnes écoutées a formellement identifié sa propre voix dans un extrait que nous lui avons soumis hier matin). D’ici à deux mois, les émissaires de Bruxelles doivent rendre un rapport de synthèse. Alors qu’Ali Bongo a prêté serment en début de semaine, s’estimant élu pour un nouveau mandat de sept ans, jusqu’où osera aller la Commission européenne dans la dénonciation du scrutin ? La révélation de ces écoutes, et de leur contenu, éclaire d’un jour particulier le climat qui a entouré l’élection et les agissements du pouvoir pour en maîtriser l’issue.


D’autant que le régime gabonais ne s’est pas contenté d’écouter. Les informations collectées par ses services secrets semblent avoir permis de cibler des observateurs de l’Union européenne et de lancer contre eux de violentes accusations dans des journaux gabonais. L’un des observateurs, jugé « hostile » aux autorités de Libreville, a même été menacé de mort et a dû être exfiltré du Gabon. Ces écoutes permettent de comprendre pourquoi. Elles entrouvrent une porte sur les méthodes d’un pouvoir de plus en plus contesté.


La principale cible des services gabonais s’appelle Pierre B. Cet ancien militaire a été nommé responsable de la sécurité de la délégation européenne, dont la députée bulgare Mariya Gabriel a pris la tête. À l’invitation du Gabon, les premiers analystes sont arrivés à Libreville le 12 juillet. Début août, 22 observateurs sont déployés dans les neuf provinces du pays, bientôt rejoints par 22 autres. Au total, une soixantaine de délégués ont été dépêchés.


« La mission a pour objectif de présenter une évaluation précise, détaillée et impartiale du processus électoral. Elle doit opérer en toute indépendance et de manière neutre, sans interférence dans le déroulement électoral… », expose sa feuille de route. « Le jour de l’élection, cela s’est relativement bien passé, sauf pour la province du Haut-Ogooué, le fief des Bongo. Là-bas, nos observateurs ont été sortis au moment des opérations de dépouillement », résume un membre de la mission européenne, interrogé par le JDD après son retour de Libreville. « Je ne peux rien dire de plus, j’ai des consignes », ajoute cette source. Paradoxalement, ce sont les interceptions du camp Bongo qui permettent d’entendre les délégués, tenus au devoir de réserve.

 

« On a anesthésié le discours »

 

L’écoute date du 29 août. Deux jours après l’élection, les résultats ne sont toujours pas proclamés. La situation reste incertaine. Ce jour-là, à 13 heures, la chef de la délégation européenne a tenu une conférence de presse en lisant un communiqué qui ménage les deux camps. « Dans la majorité des cas observés, les conditions du vote et la conduite du dépouillement ont été jugées satisfaisantes », a dit Mariya Gabriel. Elle a cependant déploré « un accès inégal lors des procédures de consolidation des résultats », sans toutefois s’étendre sur la situation du Haut-Ogooué.


Au téléphone, dans l’après-midi, Pierre confie à son interlocuteur (un Européen) que, pour cette conférence de presse, il a fallu « anesthésier le discours pour le rendre moins agressif contre les autorités. Ce qui est une bonne chose. C’est moins violent que le texte initial d’hier soir. Ils ont remplacé le mot “opacité” par le mot “non-transparence”, on a travaillé là-dessus pour éviter de blesser les gens inutilement ». Pierre ajoute néanmoins que « cela ne change rien à la réalité des choses » quant au résultat du scrutin. Les deux hommes sont partagés sur l’avenir. « Ça peut être calme parce que les gens n’ont pas envie d’aller en prison », dit l’homme au bout du fil. Pierre, lui, redoute des tensions.


« Des urnes en cours d’acheminement vont faire la différence »


Deux amis plaisantent. Jean-Jacques, adjoint de Pierre, est, lui aussi, sur écoute. Il téléphone à un membre de la mission qui se trouve à Port-Gentil, le gros centre portuaire et industriel du Gabon. « C’est la première fois que je vois ici comme ça, tout fermé, ville morte, pas une contestation. Les pauvres gens, ils sont tous en train d’attendre devant leur poste de télévision le résultat. Et le résultat, il traîne, il ne sera pas avant cette nuit ; maintenant, c’est fini, pronostique l’homme de Port-Gentil. Ils sont en train de chercher comment tricher et que ça ne se voie pas trop. »


« Oui, pour qu’ils traînent, c’est lié à ça, affirme Jean-Jacques. Bongo sait qu’il a perdu, mais comment il va faire pour annoncer qu’il a gagné ? » Selon l’un des deux hommes, « des urnes sont en cours d’acheminement à Libreville et vont faire la différence ». Il ajoute : « Y’a 3.000 voix d’écart qui seraient annoncées pour Bongo, alors qu’à l’origine y’avait 60.000 voix d’écart pour Ping. Comment faire avaler la couleuvre ? » En clair, les observateurs européens penchent pour une défaite d Ali Bongo et redoutent une manipulation à venir.

 

« C’est complètement fou ! »

 

« Pierre, excuse-moi de te réveiller. » « Tu me réveilles pas. » Il est 6 heures ce 30 août. Pierre est un matinal. Son interlocuteur, Xavier, est un des analystes de la mission. Sa voix trahit l’excitation des informations qu’il a obtenues durant la nuit. Les chiffres officiels sont toujours attendus, mais pour lui, le résultat final ne semble faire aucun doute. Avec Olivier, un autre membre de la mission, Xavier a passé plusieurs heures à discuter avec un opposant dont il donne le nom, ne se sachant pas écouté. « C’est tellement gros que tout le monde se demande ce qu’ils peuvent faire ! Et ce qu’on sait, tout le monde le sait… C’est clair comme de l’eau de roche, c’est complètement fou ! », confie Xavier. Pierre ne le contredit pas. Les deux hommes semblent persuadés de la défaite très large d’Ali Bongo.


Plus tard, Pierre appelle un autre membre de la mission. « Xavier m’a appelé à 6 heures du matin », raconte-t-il. « Avec Olivier, ils ont discuté avec des partis politiques de l’opposition qui ont exactement les résultats que nous, on connaît », dit Pierre. Il signale aussi qu’il y a eu des « modifications de chiffres cette nuit sur Wikipédia ». « Ils ont gonflé la population du Haut-Ogooué ! C’est pas un signe encourageant. » Effectivement, sur l’historique de la notice Wikipédia consacrée au fief du camp Bongo, la population a augmenté de 22.000 personnes en une nuit ! Et au cours de la nuit suivante, plusieurs dizaines de modifications interviendront. Le lendemain de ces conversations, dès le 31 août au matin, plusieurs médias de Libreville commencent à tirer à boulets rouges sur les observateurs européens : « Scandale de corruption au sein de l’Union européenne », titre l’un d’eux. Tous ciblent Xavier, qu’ils accusent d’avoir passé « quatre heures avec un candidat de l’opposition », en s’appuyant sur « des sources des services gabonais ». Est-ce sur la base des écoutes ? Probable…


« Ils ont fait ce que j’espérais qu’ils n’allaient pas faire… »


31 août, dans l’après-midi. La chef adjointe de la mission, Polyna, appelle Pierre. Elle vient de lui envoyer par Internet les résultats tels qu’ils ont été annoncés par l’AFP. La voix féminine paraît nouée : « L’AFP donne les chiffres, la différence est de 5.500 voix, l’opposition va refuser ces chiffres et va faire appel », annonce-t-elle. Pierre ouvre sa boîte mail et souffle à la lecture du score. Polyna résume son sentiment en une seule phrase : « Ils ont fait exactement ce que j’espérais qu’ils n’allaient pas faire… » Elle pense que la situation va déraper. « C’est sûr », acquiesce Pierre. Tous deux conviennent de rappeler tous les observateurs à Libreville au plus vite.


Dans la foulée, Pierre appelle Port-Gentil : « Je ramène tout le monde, dit-il. On met en alerte le Falcon. » Sur les écoutes, les voix semblent un peu plus nerveuses que la veille. Pierre appelle un contact à qui il vient d’envoyer le communiqué de l’AFP. « Tu comprends ce qui se passe ? », demande-t-il comme pour gagner du temps et ne pas se lancer dans de longues explications. « Oui, tout à fait », dit l’autre. « Vous prendrez uniquement ce qui est indispensable. Pas de panique, mais vous vous doutez bien de ce qui va se passer. C’est évident », dit Pierre. « Ali Bongo joue avec le feu, ça sera un deuxième Congo. C’est malheureux… », réplique son interlocuteur avec un accent belge, d’une voix calme et attristée. « On n’en est pas là, tempère le chef de la sécurité, qui envisage encore un autre scénario. On ne sait pas ce que seront les résultats proclamés… C’est peut-être fait exprès, pour tester… »


À l’écoute de ces conversations, les hommes du régime comprennent que pour la mission européenne, les scores annoncés ce 31 août par le ministère de l’Intérieur (les résultats officiels ne seront proclamés que le 23 septembre) relèvent de la mascarade. Le pouvoir a choisi l’option forte : Ali Bongo est donné vainqueur avec 5.594 voix d’écart. Dans le Haut-Ogooué, avec une participation de plus 97 % (contre 59,5 % au niveau national), il est crédité de 95,46 % des voix, soit plus de 68.000 bulletins litigieux d’avance…


« Le quartier général de Jean Ping est attaqué par un hélicoptère »


Pierre décroche son téléphone dans la nuit du 1er septembre. Il est autour de 2 heures. « Bonsoir, c’est Helmut Kulitz, l’ambassadeur de l’Union européenne. Désolé de vous déranger à cette heure… J’ai été appelé parce que le quartier général de Jean Ping est attaqué depuis une heure par un hélicoptère et des gens sont à terre avec des tirs réels. La situation est chaotique… » L’ambassadeur veut savoir si des membres de la mission peuvent se trouver à l’intérieur. « Non, il y a personne », rassure Pierre. « Je suis vraiment très inquiet », dit l’ambassadeur, la voix serrée. Le chef de la sécurité promet d’aller aux nouvelles.


Il compose sur-le-champ le numéro de Xavier, qui ne le rappelle que le lendemain matin. « T’as essayé de m’appeler à 2 heures du mat, je dormais ». « Est-ce que tu t’es déplacé au siège de campagne de Ping ? », lui demande Pierre. « Jamais ! » « C’est bien ce qui me semblait. Y’a un gros problème… J’ai dit qu’on avait personne là-bas. » Xavier comprend entre les lignes qu’on l’accuse de s’être rendu chez le candidat de l’opposition. Il s’en défend. « Ils m’ont vu avec le mari de la femme avec qui j’aurais couché ! », ironise-t-il, faisant allusion à des accusations de la sorte sur les réseaux sociaux gabonais.


Attaqué nommément via des tweets et par des hommes du régime, Xavier livre son analyse : « Les choses les plus difficiles à entendre, elles viennent de la mission électorale. La demande de toutes les ambassades de l’Union européenne de produire les résultats bureau de vote par bureau, entre guillemets, c’est moi. En faisant cela, tu vois ce que je veux dire. Malheureusement, cela m’a amusé jusqu’à un certain niveau. » Xavier remarque que le premier tweet qui le cible, la veille, a été posté dans l’heure qui suivait le communiqué de protestation de l’Union européenne et le tweet « à propos de moi et de la femme », dit-il, dans la foulée…


Pierre semble inquiet pour son collègue, qui a été menacé physiquement et verbalement. « Ce qu’il faut retenir, Xavier, c’est que tu es en danger et en ce qui me concerne, j’ai demandé à ce que tu rentres, discrètement et vite », avertit le chef de la sécurité. Dans la foulée, Pierre appelle un contact à l’ambassade de France. « Un gars est menacé de mort ici, prévient-il. On va faire en sorte que jusqu’à la porte de l’avion ce soir ça se passe bien, mais s’il y avait un souci, j’aimerais un contact au niveau de l’ambassade qui me réponde. L’ambassadeur est parfaitement au courant. »


« Déchirez les documents officiels et jetez-les »


Durant ces jours entre l’élection et la proclamation des résultats, les services gabonais écoutent le téléphone d’un autre membre de la mission, une femme prénommée Anne. Dans un premier temps, elle aussi organise le rapatriement des observateurs. Son inquiétude, outre les horaires d’avion et leur sécurité, concerne les documents. Les agents européens doivent garder sur eux les ordinateurs et les papiers. « Il faut éviter qu’on trouve des documents officiels, prévient Anne. Si vous avez des documents officiels, prenez des photos, déchirez-les et mettez-les à l’hôtel dans la poubelle. Pour éviter qu’à l’aéroport, ils vous fassent ouvrir la valise et vous les prennent. » C’est dire si vis-à-vis des Gabonais la confiance règne…
« Si les autres mettent la main sur ça, c’est foutu »


Anne appelle un interlocuteur gabonais qui lui a laissé un message. L’homme se présente et ne se doute pas une seconde qu’il puisse être écouté. « L’armée a chargé le QG du candidat de l’opposition et a emporté tous les ordinateurs et toutes les copies qu’ils avaient, prévient-il. Ils n’ont plus que les originaux qu’ils veulent sécuriser. » L’homme sollicite l’Union européenne parce qu’il espère qu’elle pourra « organiser un convoi », peut-être « avec l’armée française », pour mettre en sécurité des cartons d’archives.


« Combien y a-t-il de cartons ? » demande Anne. « Ils disent qu’ils ont 98 % des procès-verbaux de tout le territoire, c’est beaucoup de cartons. » Son interlocutrice européenne semble dépassée. « Ils ne peuvent pas faire de photocopies ? », demande-t-elle. L’homme s’emporte : « Non ! Tout est fermé à Libreville… Si les autres mettent la main sur ça, c’est foutu. » Anne lui explique que la mission ne sort plus de l’hôtel Radisson. Elle suggère que les cartons soient acheminés vers la délégation européenne permanente. Mais d’après son interlocuteur, la délégation non plus n’a pas les moyens d’aller les chercher.


L’homme semble dépité : « Je suis chez moi avec ma famille, j’ai été contacté par des hommes politiques locaux qui me connaissent pour voir dans quelle mesure on peut les aider pour sécuriser les procès-verbaux. » « Je vais parler avec mon chef d’abord », temporise Anne, qui ne voit pas de solution. « Oui, parlez avec votre chef, et si c’est opportun, vous me rappelez. Et si c’est pas opportun, bon, je vais dire que la délégation ne peut pas sécuriser les PV et qu’ils les gardent par-devers eux, là où ils sont », conclut l’homme. À l’écoute de cette conversation censée être confidentielle, les services secrets gabonais apprennent qu’un jeu des PV originaux des opérations de vote est encore en circulation…


« Même moi, je ne m’attendais pas à une telle vague »


La plupart des observateurs sont partis. Pierre B. est en train de « plier le dispositif », comme il le dit à son interlocuteur, Jean, qui appelle de Bruxelles. En deux conversations, d’une quinzaine de minutes chacune, les deux hommes débriefent la mission qui s’achève. Deux conversations sans filtre dont les Gabonais ne perdront pas une miette. Les deux interlocuteurs sont critiques sur le personnel européen : « La plupart, je me demande ce qu’ils font ; j’ai l’impression d’être dans une ONG, ce sont des gens qui ont eu des accidents de la vie », confie Pierre. « Oui, c’est un peu le bas de gamme, embraye son correspondant bruxellois. Des gens qui travaillent seulement trois mois par an. » Pierre déplore des tenues « jeans pattes d’éléphant, y compris lors des cocktails aux ambassades ». « Au niveau de la tenue, on est ici dans la cour des miracles. Ils sont tous habillés… pas chemise hawaïenne mais pas loin… On se tire des balles dans le pied », regrette l’ancien militaire.


Pierre revient sur les incidents avec le régime, et notamment sur le cas de Xavier. « Dans son boulot, il était très performant. Mais il s’est fait cibler tout de suite… » Le responsable de la sécurité évoque aussi des problèmes nocturnes : « J’ai passé mes nuits à me déplacer chaque fois que l’ambassadeur m’appelait. Il est très craintif. Un coup, c’est parce qu’un véhicule de gendarmerie passait dans son quartier, une autre fois parce que deux gendarmes étaient entrés dans sa résidence sans autorisation ; il avait oublié que c’était lui qui les avait fait venir ! »


Les deux hommes se demandent qui va prendre le relais sur place. Pierre, pessimiste, prévoit que les Gabonais ne donneront plus de visas aux observateurs européens. Jean lui annonce que « les grands chefs bruxellois » ont « une stratégie » : « Ils veulent mettre l’autorité gabonaise devant cette idée : soit cette invitation est toujours valable et on nous donne les visas, soit elle n’est plus valable et ça sera interprété comme quoi la mission est foutue dehors. Et c’est différent. » Pierre annonce que pour lui, « la rue n’a pas du tout envie qu’on parte ». Jean semble s’en étonner : « Il y a au moins 40 % du pays qui soutient Bongo non ? Si on fait l’arithmétique ethnique ça donne 40 % ? »


Pierre ne partage pas du tout cette analyse : « Même chez Bongo, il y a beaucoup de gens qui ont fait défection, qui ne supportent plus le nom. Il n’a d’ailleurs pas dit Bongo pendant sa campagne, c’est simplement “Ali”, il n’y a aucune affiche avec son nom… » « Franchement, ici, les gens n’en peuvent plus, poursuit Pierre. Mais le Gabonais n’est pas un combattant, il a face à lui 4.000 à 5.000 personnes d’une garde républicaine bien équipée et bien déterminée. Maintenant, ce sont les seuls. Quid de l’armée et de la gendarmerie ? Au vu des résultats électoraux, je doute qu’elle suive et qu’elle tire sur une foule. J’en doute fortement. » « Plutôt une bonne nouvelle », réagit Jean.


« Vous ne pensez pas qu’on est largement écoutés ? »


« Même moi, je ne m’attendais pas à une telle vague. Même les expatriés qui vivent ici », dit Pierre, qui pronostique : « Vu le volume de mécontents, une asphyxie du pays. Les gens ne vont pas jouer la force, ils vont jouer l’asphyxie. Ils n’en veulent plus. » « Hyper-intéressant », réagit son interlocuteur. Sur sa lancée, Pierre résume la situation : « Les conseillers jusqu’au-boutistes qui entourent le président, ils n’ont plus le choix. » Il estime, que « contrairement à l’élection précédente », l’Union européenne est venue cette fois jouer les trouble-fête. Reprenant une formule africaine, il juge que les Gabonais ont mis l’Europe « en plus dans la soupe et ils ne savent pas comment s’en sortir. La soupe est mauvaise… »


Subitement, l’interlocuteur bruxellois a un doute : « Vous ne pensez pas que quand on discute comme ça on est largement écoutés ? », demande-t-il. « C’est probable à 80 % », réplique l’ancien militaire, qui doit espérer, vu ce qu’il dit au téléphone, être dans les 20 % épargnés… Pendant un long moment, les deux hommes évoquent en détail d’autres aspects de la mission, s’échangent une foule d’informations sur les uns et les autres, jusqu’aux frayeurs de MST chez certains membres du dispositif. « Merci pour ce temps, cela m’a édifié », dit Jean, qui promet de rester discret. « Bien entendu, je fais attention à ce que vous m’avez donné parce que j’ai envie de durer », conclut-il. Ce qu’il ignore, c’est que les services d’Ali Bongo n’ont rien perdu de leurs discussions. Le pouvoir gabonais, lui aussi, a envie de durer.

 

Source: Le Journal du dimanche

 

Lu pour vous : Révélations : Ali Bongo espionnait les émissaires de l’Europe !
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 22:18
Lu pour vous : Réunion de la zone Franc à Bercy

 

 

http://www.financialafrik.com/ par RÉDACTION  30 septembre, 2016

 

Les ministres des finances de la zone Franc se réunissent ce vendredi à Bercy dans un contexte particulier de forte déviance de cette monnaie dont le nom et les mécanismes sont rattachés à la colonisation. Plusieurs économistes du continent dénoncent une certaine forme de « servitude volontaire ». 

 

« Il faut un débat sur le Franc CFA » a déclaré Carlos Lopes, secrétaire général de la Commission Economique Africaine (CEA) dans un entretien avec l’AFP diffusé â la veille de la rencontre. La réunion de Bercy est une rencontre habituelle d’harmonisation des positons qui intervient avant la réunion d’automne des institutions de Bretton Woods prévue la semaine prochaine à Washington. 

 

Au menu de cette rencontre de Paris, l’efficacité de l’investissement public, l’identification des obstacles au développement et à l’intégration du crédit et la convergence en zone franc. Il ne sera certainement pas question d’un débat sur le FCFA qui fait rage partout sauf au sein des institutions centrales (BCEAO et BEAC) qui observent un silence de cathédrale sur le sujet et semblent avoir donné des consignes stricts à leurs cadres. Mais en dehors des cercles officiels, le débat se poursuit.  Ainsi, quatre économistes africains et non des moindres viennent de publier un ouvrage intitulé: « Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. À qui profite le franc CFA ? » à paraître le 3 octobre aux éditions La Dispute. Cet ouvrage collectif a notamment reçu le soutien de la Fondation Gabriel-Péri, think tank spécialisé sur l’économie et l’histoire sociale.

Repost 0
Centrafrique-Presse.com
2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 21:30

 

 

APA – Douala (Cameroun) - 2016-10-02 12:19:28 - Les transporteurs Centrafricains sollicitent l’appui de leurs homologues du Cameroun à mener des activités commerçantes dans leur pays afin de lutter contre l’inflation en Centrafrique.


Les transporteurs centrafricains invitent le gouvernement de Bangui à œuvrer pour la modification de la convention de transport liant ce pays au Cameroun, afin d’offrir plus de marge de manœuvre aux transporteurs camerounais sur le sol centrafricain.

Pour cela, des syndicats des transporteurs souhaitent que des amendements soient apportés au niveau du cadre réglementaire communautaire pour plus de fluidité dans les échanges économiques et commerciaux entre les deux pays.

Il s’agit notamment de l’interdiction règlementaire faite aux transporteurs camerounais de travailler à l’intérieur du territoire centrafricain et vice versa qui devrait être abrogée pour rendre des échanges plus rapides.

A en croire les tenants de cette thèse, une fois à Bangui, plusieurs camions appartenant à des transporteurs camerounais sont bloqués dans la capitale centrafricaine, en attendant que les transporteurs locaux, dont le parc est réduit, prennent le relais de la distribution vers l’intérieur du pays ce qui entraine souvent l’inflation.

En autorisant les camionneurs camerounais à assurer la desserte des villes intérieures de la RCA, le gouvernement centrafricain améliorera la rotation des camions entre le corridor Douala-Bangui et l’intérieur du pays, et contribuera ainsi à la réduction des coûts du transport et des marchandises.

La Centrafrique qui est dépourvue de façade maritime utilise généralement pour plus de 80 pour cent du volume de marchandises, le port de Douala pour assurer les exportations et les importations.

 

http://apanews.net/news/fr/article.php?id=4864337#sthash.aiet93fU.dpuf

Les transporteurs camerounais invités à opérer en Centrafrique
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 21:20

 

 

Bangui 2 octobre 2016 (Afriquinfos)-Selon un rapport des Nations unies, 10 000 enfants n’ont pas pu retourner en classe en cette rentrée scolaire 2016.

 

La guerre civile en République centrafricaine a eu des impacts considérables sur l‘éducation. La rentrée académique 2016-2017 fixée au 19 septembre a été plombée à certains endroits de la République centrafricaine. Les séquelles de la guerre civile qui a sinistré ce pays de l’Afrique centrale pendant environ deux années, sont bien visibles dans le système éducatif.

 

Pourquoi tout ce nombre d’enfants n’ont pas pu reprendre les chemins de l’école le 19 septembre dernier ?

 

Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) près de 400 écoles sont restées fermées à cause de la crise. Certaines incendiées, d’autres pillées et vandalisées.

 

Quant à celles restées ouvertes, elles sont pour la plupart sous occupation de groupes armés. Ces derniers en ont fait leur base et refusent de s’en aller, malgré les injonctions faites par la Mission de maintien de la paix en République centrafricaine (Minusca).

 

La Minusca a en effet exigé de ces milices qu’elles quittent les écoles, ou qu’au cas contraire, elle se verrait obliger d’employer la force. Mais rien n’y fit.

 

Par ailleurs, les élèves habitant la banlieue de la capitale Bangui ont eu du mal à rejoindre la ville pour la rentrée des classes, en raison de l’instabilité sécuritaire.

 

Par ailleurs, la responsable de la communication de l’Unicef en Centrafrique, Donaig a déploré  la situation. Elle a cependant rappelé que les écoles n’avaient aucune affiliation politique, et par conséquent, elles ne devraient  pas être mêlées en cas de conflit.

 

En deux années de conflit intercommunautaire en RCA qui opposait les milices de la Seleka à majorité musulmane aux anti-Balaka, à majorité chrétiens et animistes, la  République Centrafricaine a été déchiré avec entre 3000 et 6000 morts et près d’un millions de déplacés.

 

Après les premiers mois de l‘élection du président Faustin-Archange Touadéra en février dernier, un calme précaire a été observé dans le pays. Mais ces dernières semaines, des attaques ont  resurgit une  faisant plusieurs  morts dans la capitale, Bangui et dans certains villages.

 

Nice Akpéné

 

© 2016

RCA : 10.000 enfants n’ont pas accès à l’éducation scolaire en cette année 2016
Repost 1
Centrafrique-Presse.com
2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 21:16

 

 

APA Bangui (Centrafrique) - 2016-10-02 16:02:02 - La société de téléphonie Orange mise sur la table ronde des partenaires de Centrafrique prévue à Bruxelles au mois de novembre prochain, pour trouver des financements afin de doter le pays de la fibre optique pour aider à son désenclavement numérique.


L’annonce a été faite par le Président du Conseil d’Administration de la société de téléphonie mobile Orange, Patrick Lefèvre en visite de travail en Centrafrique.

Au sortir d’une rencontre ce dimanche avec le ministre centrafricain des télécommunications, Justin Gourna Zacko avec qui il a échangé sur les projets de la société Orange en Centrafrique, Patrick Lefèvre a dit que sa société est ‘’prête’’ à relancer l’extension de son réseau dans le pays dont une partie de ses infrastructures a été détruite par la crise militaro politique.

La société de téléphonie mobile Orange s’est installée en Centrafrique en 2007 et s’est vite imposée comme le leader des télécommunications. 

Orange nourrit aussi d’organiser à court terme des ateliers sur l’économie numérique en Centrafrique pour pousser au développement du pays.

 

http://apanews.net/news/fr/article.php?id=4864361#sthash.cFpNXplF.dpuf

Orange veut aider la Centrafrique à se doter de la fibre optique
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 13:06

 

 

http://www.lejdd.fr/ samedi 01 octobre 2016

 

Le JDD révèle que le régime d’Ali Bongo avait placé sous surveillance plusieurs membres de la délégation européenne. Selon les observateurs écoutés, la triche électorale ne fait aucun doute.

 

Les observateurs de l’Union européenne au Gabon étaient sur écoute. Anne, Jean-Jacques, Poylna, Xavier, Pierre, Magdalena… Pour le régime gabonais, ce sont des prénoms, mais aussi des voix. Pendant ces heures tragiques entre le 27 août, date de l’élection, et le 23 septembre, jour de la proclamation des résultats, les services secrets d’Ali Bongo savaient tout de leurs faits et gestes, mais aussi de leurs convictions : l’élection a été truquée. "Ils ont fait exactement ce que j’espérais qu’ils n’allaient pas faire", réagit à chaud, le 31 août, la chef adjointe de la mission, en découvrant les scores d’Ali Bongo. En privé, comme ces écoutes en témoignent, on est loin du langage diplomatique…

 

Notre retour, en frise chronologique, sur un mois de crise post-électorale

 

Menacé de mort, un observateur a dû être exfiltré du Gabon

 

Le JDD révèle une vingtaine d’enregistrements clandestins, un échantillon puisé dans un ensemble certainement plus vaste, qui dévoilent l’existence de ce Watergate gabonais. D’ici à deux mois, les émissaires de Bruxelles doivent rendre un rapport de synthèse. Alors qu’Ali Bongo a prêté serment en début de semaine, s’estimant élu pour un nouveau mandat de sept ans, jusqu’où osera aller la Commission européenne dans la dénonciation du scrutin? La révélation de ces écoutes, et de leur contenu, éclairent d’un jour particulier le climat qui a entouré l’élection et les agissements du pouvoir pour en maîtriser l’issue.

 

D’autant que le régime gabonais ne s’est pas contenté d’écouter…  Les informations collectées par ses services secrets semblent avoir permis de cibler des observateurs de l’Union européenne et de lancer contre eux de violentes accusations dans des journaux gabonais. L’un des observateurs, jugé "hostile" aux autorités de Libreville, a même été menacé de mort et a dû être exfiltré du Gabon. Ces écoutes permettent de comprendre pourquoi. Elles entrouvrent la porte sur les méthodes d’un pouvoir de plus en plus contesté.

 

Laurent Vadiguié - Le Journal du Dimanche

 

INFO JDD. Ali Bongo a fait espionner les observateurs européens
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 19:24

 

 

 

POINT DE VUE

 

Par Paul Derreumaux  LE MONDE Le 30.09.2016 à 14h58 • Mis à jour le 30.09.2016 à 15h20


A l’approche des réunions de la zone franc, les procès contre le FCFA refleurissent. Pourtant, cette monnaie commune qui a plus de soixante-dix ans ne porte pas toutes les responsabilités négatives dont on l’accable. Et, surtout, les variables monétaires ne sont pas le déterminant premier de la croissance économique.

 

Pour les inconvénients du franc CFA, quatre exemples au moins méritent l’attention.

 

D’abord, la fixité de la parité avec l’euro ne signifie pas son immuabilité comme l’a montré la dévaluation de janvier 1994, intervenue pour corriger une parité devenue intenable. Certes, le changement fut brutal, en raison d’une attente trop longue pour cet ajustement. Mais il a montré que le changement était possible sans remettre en cause ni la fixité du lien monétaire avec l’euro, ni l’intégration entre pays d’une même zone. L’approfondissement d’espaces régionaux solides est unanimement admis comme une condition sine qua non de l’émergence économique attendue. Il impose en revanche que les politiques adéquates soient menées pour protéger les secteurs d’activité naissants, pour empêcher les importations frauduleuses, pour éviter les obstacles intra-régionaux non tarifaires. Ces conditions n’ont rien de monétaire et leur absence condamne la réussite de toute politique industrielle, parité fixe ou non.

 

« LA ZONE FRANC N’EMPÊCHE PAS LA CÔTE D’IVOIRE DE CONDUIRE DES AVANCÉES IMPORTANTES DANS LA TRANSFORMATION DE SES MATIÈRES PREMIÈRES AGRICOLES » PAUL DERREUMAUX

 

La fixité n’est pas non plus nécessairement exclusive de modifications quant à la base de référence. Une monnaie commune « autonome » est d’ailleurs à l’étude depuis plus de vingt ans dans la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avec une échéance de mise au point qui recule chaque année : la domination du Nigeria et les craintes que cela implique sont la cause majeure de ce qu’il faut bien appeler jusqu’ici un échec.

 

Quelle liberté de change ?

 

La liberté des changes à l’intérieur de la zone CFA est également souvent présentée comme un avantage exorbitant des entreprises françaises, d’un côté, et une incitation à ne pas investir localement dans les activités productives, de l’autre. Cette « liberté » est d’ailleurs loin d’être totale dans les faits. Les transferts directs entre les deux parties de la zone CFA sont ainsi particulièrement difficiles et la plupart des transactions de ce type passent par la France. En même temps, les transferts d’un pays africain vers la France font l’objet de nombreuses demandes de justificatifs par les autorités monétaires, qui interpellent quant à la signification de la liberté de change. Hors ces « restrictions », les risques soulignés dépendent avant tout de la volonté politique des dirigeants et des politiques suivies par les Etats concernés. La zone franc n’empêche pas la Côte d’Ivoire de conduire actuellement des avancées importantes dans la transformation de ses matières premières agricoles et il n’est pas certain que l’absence du CFA permettrait que le Mali en fasse autant pour retrouver son rôle de « grenier de l’Afrique ».

 

Dernière cible des critiques, le compte d’opérations où sont bloquées une partie des réserves en devises de la zone. Encore faut-il, pour des changements, que les demandeurs disposent d’un dossier solide et en débattent dans les instances compétentes. De plus, les chiffres concernés sont sans commune mesure avec les besoins effectifs des Etats : ainsi, pour la partie ouest, 50 % des réserves actuelles de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ne représentent environ que l’endettement supplémentaire des Etats pour une seule année.

 

Quels que soient ses avantages et ses inconvénients, le franc CFA ne peut de toute façon être considéré comme responsable d’une incapacité irrémédiable de la zone franc à atteindre un rythme de développement économique analogue à celui des pays subsahariens qui suivent un autre régime de changes. Sur le long terme, aucun pays subsaharien n’a suivi une trajectoire de croissance montrant que son système monétaire est sans conteste meilleur que tous les autres. L’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA) connaît depuis trois ans une progression du PIB supérieure à celle de la plupart des autres régions d’Afrique subsaharienne, particulièrement en 2016 et grâce à la Côte d’Ivoire. Dans le même temps, et malgré ce même franc CFA, l’Afrique centrale francophone subit pleinement les effets négatifs combinés de la crise pétrolière, de structures économiques peu diversifiées et d’errances politiques, rejoignant ainsi le Nigeria, qui est pourtant hors de la zone franc.

 

Un « jeu » à trois facteurs

 

Les déterminants du développement économique peuvent être regroupés autour de trois principales composantes connectées : les données naturelles du pays ; la qualité des politiques économiques mettant au mieux en valeur ces données naturelles ; l’articulation optimale du pays avec le reste du monde, et donc sa capacité à faire de son environnement international un atout plutôt qu’un handicap. Le « jeu » consiste à exploiter au mieux la première composante grâce aux deux autres.

 

La monnaie se range dans la dernière catégorie au même titre que le degré d’isolement ou d’intégration du pays dans un ensemble régional. Elle est donc un facilitateur de croissance ou un élément de freinage parmi d’autres, mais ne peut être à elle seule la cause d’un immobilisme de long terme. La politique de réduction à tout-va des barrières douanières imposées par la Banque mondiale et les inerties des dirigeants ont sans doute davantage que le franc CFA détruit les industries naissantes d’Afrique francophone.

 

Le franc CFA n’est ainsi ni une panacée ni un repoussoir. Des propositions concrètes, crédibles et soigneusement étudiées d’un système de substitution, tout autant que les progrès dans le développement réalisés dans certaines parties de la zone franc, peuvent conduire à un changement du système en place. La réussite de tout changement d’ordre monétaire sera cependant subordonnée à la mise en œuvre de politiques « réelles » permettant d’exploiter au mieux le nouveau cadre adopté. Ces deux exigences sont avant tout de la responsabilité des dirigeants africains. Hors leur concrétisation, l’immobilisme a de beaux jours devant lui.

 

Paul Derreumaux est économiste et président d’honneur du groupe Bank of Africa, qu’il a développé et dirigé en Afrique jusqu’à la fin de 2010.

 

Paul Derreumaux


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/30/non-le-franc-cfa-n-est-pas-responsable-de-l-immobilisme-de-l-afrique-francophone_5006248_3212.html#MZjgVpbkj6sWKe7p.99

 

Lu pour vous : « Non, le franc CFA n’est pas responsable de l’immobilisme de l’Afrique francophone »
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 18:56

 

 

source : Ambassade de France

 

L'ambassadeur de France Christian Bader et le ministre centrafricain de la défense Joseph Yakete ont signé un partenariat pour le renforcement du Bataillon amphibie FACA.

 

200 000 € ont été donnés par la France pour la réparation du matériel de ce bataillon (embarcations et matériels aéronautique qui sont en mauvais état), l'achat de plusieurs nouvelles embarcations (3 zodiacs, une baleinière et 4 pirogues et leurs moteurs, ainsi que le matériel d'accastillage de base) et l'installation d'un ponton sur la base du bataillon amphibie pour faciliter les manœuvres.

 

Ce projet, coordonné avec la mission européenne EUTM-RCA, permet de donner les moyens aux militaires Faca du bataillon amphibie d'accomplir leurs missions de patrouille sur le fleuve Oubangui, d'escorte de bateaux marchands, de sauvetage et d'intervention rapide.

Don de la France au bataillon amphibie des FACA
Don de la France au bataillon amphibie des FACA
Don de la France au bataillon amphibie des FACA
Don de la France au bataillon amphibie des FACA
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 18:40

 

 

MERCREDI 28 SEPTEMBRE 2016

 

Karim Meckassoua, Président de l'Assemblée Nationale, Député du 3ème Arrondissement de Bangui, 2ème circonscription, a ouvert ce matin au siège du Chemin de l’Espérance, la première journée de renforcement des capacités des Députés « Chemin de l’Espérance et Indépendants, Kelemba-PDS-PUN »

 

Dans son allocution de circonstance, l’Honorable Karim Meckassoua a rappelé ses différentes promesses de campagne, notamment celle de faire de ses Députés, des Elus de la Nation outillés pour défendre l’intérêt de leurs électeurs et de leur circonscription, où que ce soit et de la meilleure manière.

 

Ainsi, durant cette journée où Elus de la Nation et adhérents de la vision du "Chemin de l’Espérance" ont reçu un enseignement, il a été question de renforcement de leurs capacités dans le montage et la mise en œuvre des projets de développement.

 

source : chemin de l'espérance

renforcement des capacités des Députés « Chemin de l’Espérance et Indépendants, Kelemba-PDS-PUN »
renforcement des capacités des Députés « Chemin de l’Espérance et Indépendants, Kelemba-PDS-PUN »
renforcement des capacités des Députés « Chemin de l’Espérance et Indépendants, Kelemba-PDS-PUN »
Repost 0
Centrafrique-Presse.com