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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 16:31
Wole Soyinka cosigne une lettre ouverte aux gouvernants africains

 

INVITÉ AFRIQUE

 

Covid-19: le prix Nobel Wole Soyinka cosigne une lettre ouverte aux gouvernants africains

 

http://www.rfi.fr/  29/04/2020 - 06:41 Caroline Lachowsky

 

C’est une parole rare que nous vous proposons d’écouter. Celle du prix Nobel de littérature nigérian Wole Soyinka. Il vient de cosigner avec 100 intellectuels d’Afrique et de la diaspora une lettre ouverte aux gouvernants africains en temps du Covid-19. Une lettre dans laquelle les dirigeants sont appelés à gouverner enfin avec compassion et à voir cette crise comme une opportunité pour un changement radical de direction... Extrait de ce grand entretien.

 

RFI : Pourquoi en pleine pandémie y a-t-il urgence à faire passer ce message collectif des intellectuels africains aux dirigeants du continent ?

Wole Soyinka : Vous posez une immense question. Pour moi, c’est le moment de rappeler nos dirigeants à l’ordre, pour leur dire « faisons en sorte que tout cela ne soit pas encore un gâchis, tirons quelque chose de positif de ce désordre universel ». Dans cette lettre qu’on m’a envoyée, j’ai immédiatement reconnu les mêmes inquiétudes dans le contexte de cette épidémie universelle, qui pose un défi très spécifique au continent africain, comme on le voit aujourd’hui.

C’est une « tempête tectonique », dites-vous, qui devrait pousser les dirigeants du continent a un « changement radical de direction » à « gouverner enfin avec compassion » 60 ans après les indépendances africaines comment réinventer d’autres manier de gouverner « à l’africaine » ou d’autres manière de faire propre à chaque pays du continent ?

Je ne vais pas utiliser l’expression « façon de faire africaine », car c’est une expression toujours sujette à débat. Cette expression a été corrompue par de nombreux dirigeants. Quelqu’un comme Mobutu avait sa « façon de faire africaine », vous voyez ? Idi Amin aussi avait sa « façon africaine ». Ils sont nombreux sur le continent africain… Regardez-les, tous citeront toujours une « façon africaine » de faire les choses. Mais cela va plus loin que ça. Il faut explorer les possibilités que nous offrent toutes nos façons de vivre que nous avons totalement négligées : une manière de vivre en communauté, la capacité de dire « d’accord pour aller jusqu’à un certain point mais pas plus loin », un vrai sens de la responsabilité vis-à-vis de son voisinage, en tant que membre d’une communauté. Ce sont des manières de faire spécifiques qui existent, mais qui ont été négligées et corrompues, et parfois délibérément récupérées par les dirigeants africains, simplement pour rester au pouvoir.

Pour moi, cette lettre veut signifier à ces dirigeants : Pourriez-vous, juste, un moment, oublier le pouvoir et penser au peuple ? Cesser de penser aux prochaines élections et réfléchir plutôt à ce qui est vraiment essentiel pour que l’humanité, sur notre continent africain, soit un pilier de notre conception globale du monde ? Regardez ce qui se passe en ce moment avec Museveni, qu’on a glorifié à une époque comme un leader révolutionnaire, conscient du risque d’abus de pouvoir, conscient de l’humanité de son peuple. Il est devenu encore un autre tyran, comme Mugabe ; il persécute des artistes comme Bobi Wine, il tue, simplement pour rester au pouvoir.

Est ce que vous iriez jusqu’à dire que cette épidémie fait office de révélateur de certaines erreurs de développement du passé ?

Tenez, regardez mon Nigeria, regardez ce que mon pays gagne avec le pétrole. Et regardez nos infrastructures : demandez-vous combien d’hôpitaux nous avons, combien d’infrastructures ? Combien d’installations nous pourrions faire réquisitionner par l’État et convertir en centres de quarantaine… En termes d’infrastructures, nous sommes l’un des États les plus pauvres de la planète. Pourquoi en sommes-nous là ? C’est sur cela que porte notre lettre ouverte. Nous disons : au moins à partir d’aujourd’hui, maintenant que les conséquences de cette terrible négligence sont flagrantes, qu’allez-vous enfin faire de ça ? Voulez-vous saisir cette opportunité pour réfléchir à notre pleine et entière existence en tant que peuple, et à votre existence à vous en particulier, en tant que dirigeant sur le continent africain… un continent qui porte une histoire d’esclavage, de colonisation, de néo-colonisation, d’exploitation sans fin ? Et si cet évènement était le moment de vous poser, pour enfin réfléchir, et vous demander si vous n’avez pas trahi votre propre peuple, trahi votre propre humanité ?

Mais ce que révèle cette épidémie ne concerne pas que les dirigeants africains, rappelons qu’à l’élection de Donald Trump vous aviez vous-même, Wole Soyinka déchiré votre carte verte, votre permis de résident permanent aux États-Unis… un geste fort que vous ne regrettez pas j’imagine ?

Pour moi ce n’était pas un problème, (rires) pas du tout ! Mais vous voyez, il a prouvé qu’il était encore pire que ce que je pensais, bien, bien pire ! Pouvez-vous imaginer en ce moment n’importe quel autre dirigeant annoncer qu’il va retirer ses fonds d’une organisation internationale dédiée à l’éradication d’une épidémie comme celle d’aujourd’hui, et qui vise plus généralement au bien-être des êtres humains ? Je me demande parfois : Trump est-il vraiment un être humain ? Est-ce qu’il fait partie de votre humanité et de la mienne ? Cet homme, je ne sais pas de quelle planète il vient.

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 13:24
Qui a peur du retour politique de François Bozizé?

Lu pour vous

 

Centrafrique: Qui a peur du retour politique de François Bozizé?

 

https://fr.sputniknews.com/ Par Anicet Simo 11:55 30.04.2020

 

Depuis son retour à Bangui, l’ancien Président centrafricain François Bozizé affiche son intention de revenir aux affaires. Alors que l’élection présidentielle dans le pays est prévue pour décembre prochain, l’ex-chef d’État se dit victime d’une «chasse aux sorcières» et dénonce des manœuvres visant à disqualifier sa candidature.

C’est une allocution au vitriol rappelant celles dont il était accoutumé du temps où il était le locataire du Palais de la Renaissance. La résidence des chefs d’État centrafricains, située dans le premier arrondissement de la capitale Bangui, François Bozizé la connaît très bien pour y avoir passé une dizaine d’années.

Une longévité somme toute honorable dans ce pays où mutineries et coups d’État ne laissent guère de répit aux hommes forts de Bangui,  aussi pères de l’indépendance ou empereurs fantasques qu’ils puissent être.

Si bien que ce 24 avril, dans une vidéo d’une trentaine de minutes, tout en faisant le tour de l’actualité nationale et s’attardant longuement sur la prochaine échéance présidentielle prévue à la fin de l’année, François Bozizé n’a laissé planer aucun doute sur ses intentions: revenir aux affaires. Pour déblayer la route, l’ancien président s’est dit victime de «toutes sortes d’accusations graves et fantaisistes», colportées contre sa personne et sa formation politique dans le seul but de le disqualifier politiquement.

«En réalité, ma popularité dérange et, de ce fait, d’aucuns ont donc décidé de me liquider, aussi bien politiquement que physiquement. C’est pourquoi mon entourage et moi-même sommes l’objet d’un harcèlement constant, destiné à nous pousser à la faute et permettant de justifier, le cas échéant, mon assassinat planifié qui serait déguisé en simple bavure», affirme-t-il dans sa déclaration filmée.

Bozizé, plus une menace politique qu’une menace sécuritaire

Depuis son retour discret au pays, en décembre 2019, au terme de six ans d’exil en Ouganda, des rumeurs de coup d’État en préparation se multiplient. «Accusations fantaisistes», clame l’ancien Président dans son allocution du 24 avril, rappelant que depuis son retour d’exil, il n’a eu de cesse «d’agiter le mouchoir blanc».

Mais pour Kag Sanoussi, président de l’Institut international de gestion des conflits dont le siège est à Lille, joint par Sputnik, tant la récente arrestation de personnes accusées de vouloir déstabiliser le pays que le passé de François Bozizé, arrivé au pouvoir à la suite d’une troisième tentative de coup d’État, feraient craindre à certains pareil scénario.

«Il n’est pas surprenant que des acteurs, politiques ou non, puissent envisager qu’il [François Bozizé, Ndlr] menace le pouvoir du Président Touadéra», conclut-il.

«Le retour de ce dernier est évidemment une menace pour le pouvoir en place», abonde dans une déclaration à Sputnik le spécialiste camerounais de la politique régionale, Éric Yombi. «Reste à savoir si c'est une menace importante ou une menace relative», nuance-t-il. En d’autres termes, s’il s’agit d’une menace sécuritaire ou politique. 

 «Les circonstances aujourd’hui ne sont plus les mêmes [que du temps de Bozizé] et le peuple centrafricain a évolué et ne tolérera pas une aventure qui l’a conduit au désastre qui se poursuit», relève, quant à lui, Kag Sanoussi. Les temps ont changé, tempérant certainement les ardeurs du putschiste récidiviste qu’a été Bozizé, comme en témoignent les indices prêchant nettement en faveur d’un retour exclusivement politique entrepris il y a cinq mois. Comment, sinon, cet ancien chef d’État en exil faisant l’objet de sanctions onusiennes et africaines aurait-il pu retourner chez lui sans avoir apporté, au préalable, des garanties suffisantes quant à sa future bonne conduite aux différents partenaires engagés dans la pacification du pays?

En choisissant, par ailleurs, la date du 15 décembre 2019 pour rentrer au pays, démontrait-il autre chose que la volonté de donner à son entreprise un caractère purement politique? Le code électoral centrafricain exige, en effet, de tout candidat au scrutin présidentiel qu’il justifie d’une résidence effective de douze mois au moins sur le territoire national. En outre,  le parti politique qu’il dirige –le Kwa Na Kwa, particulièrement implanté dans le pays– était curieusement passé dans l’opposition quelques mois seulement avant son retour d’exil.

#Centrafrique : Le #parti Kwa Na Kwa de l’ancien Président centrafricain, François Bozizé a quitté la majorité #présidentielle pour rallier l’#opposition démocratique. C’est la décision parti à l’issue du conseil national ouvert ce 12 aout à Bangui. #CARcrisis @bozize2bozize pic.twitter.com/w9GcvO4Ch7

— RJDH-RCA (@RJDH_RCA) August 13, 2019

Et c’est en toute logique que Bozizé conclut que l’inimitié du régime est liée au projet politique qu’il nourrit, qu’il n’avouait pourtant pas encore franchement. «Mon crime, disait-il encore dans sa vidéo, c’est de ne pas avoir donné la suite [favorable] que l’on exigeait de moi, lorsque de nombreux émissaires sont venus me demander de renoncer à être candidat à la prochaine élection présidentielle et d’apporter mon soutien ainsi que celui du Kwa Na Kwa au Président de la République dans sa quête de réélection.»

Le Président de la République qui entendrait se représenter, c’est Faustin-Archange Touadéra (FAT). Au pouvoir depuis 2006, voudrait-il écarter Bozizé d’une course à la présidentielle? «Possible», répond Éric Yombi, au regard du traitement peu élogieux réservé à l’ancien chef d’État depuis son retour à Bangui.

«Il a fallu que la diplomatie s'implique pour qu'il puisse être reçu par Touadera. On peut également relever le fait que le Président Bozizé n'a pas été traité avec les égards qui conviennent à un ancien Président de la République, notamment en ce qui concerne sa garde rapprochée», poursuit l’expert, visiblement bien informé.

Cependant, plusieurs en appellent à un consensus visant à permettre à toutes les parties prenantes ou alors tous les acteurs du jeu politique centrafricain de pouvoir prendre part au scrutin de décembre 2020. 

Néanmoins, pour Kag Sanoussi, «il y a en RCA une Cour constitutionnelle et une Autorité nationale des élections (ANE). C’est à elles de se prononcer le moment venu sur l’éligibilité des candidats. À ce jour, je n’ai pas connaissance d’une initiative contre une éventuelle candidature de François Bozizé», précise le spécialiste en gestion des conflits.

Autant dire que l’invalidation de sa candidature est une véritable épée de Damoclès qui pèse sur François Bozizé. Serait-ce pour dissuader le pouvoir de toute manœuvre dans ce sens que Bozizé ne cesse de monter au créneau, s’en prenant jusqu’au projet de révision de la Constitution cher au chef de l’État?

Une autre menace au processus de paix?

Le prochain amendement de la Constitution aurait simplement pour objectif, soutient Bozizé, de maintenir FAT au pouvoir au-delà de la limite de son mandat. Pour la majorité présidentielle, qui s’était prononcée en avril en faveur de cette révision constitutionnelle, celle-ci devrait permettre, au regard de la crise sanitaire qui prévaut dans le monde et en RCA, de reporter le scrutin. 

Pour Bangui, il ne s’agit en aucun cas de rallonger le mandat du Président, encore moins d'augmenter le nombre de mandats fixé par la Constitution, mais simplement de parer à la vacance du pouvoir si jamais la présidentielle ne pouvait se tenir à la date prévue à cause de l'épidémie de Covid-19.

«Pouvons-nous politiquement penser que le Président en exercice cherche à proroger son quinquennat? C’est son premier mandat et la Constitution lui donne droit à un second, s’il est élu. Ce n’est donc qu’au bout de son éventuel second quinquennat que cette question peut se poser», souligne, pour sa part, le spécialiste des conflits Kag Sanoussi.

Mais François Bozizé n’a cure des arguments des pro-FAT. Cette manœuvre peut être «porteuse d’incertitudes et de germes d’instabilité». Des propos qui sonnent comme une menace et font redouter un autre front dans un pays déjà déchiqueté par de multiples conflits. «Ce projet de révision ne peut servir de prétexte pour relancer une campagne de violence en République centrafricaine. Tous les acteurs politiques aimant leur pays doivent utiliser les règles du droit, s’il y a matière à contester», plaide pour sa part Kag Sanoussi.

Depuis 2013, la Centrafrique est le théâtre d’affrontements entre groupes armés et milices, qui commettent d’innombrables violences et exactions. Le 6 février 2019, les protagonistes de la crise qui secoue la République centrafricaine depuis 2013 ont signé un nouvel accord pour le retour à une vie normale dans le pays. Plus d’un an après, les violations du huitième accord de paix sont encore nombreuses sur le terrain. La prochaine présidentielle et le retour de Bozizé sont, de toute évidence, une autre paire de manches.

 

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 18:32
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : Le pays fait face aux défis logistiques pour la prise en charge des patients du Covid 19

 

BANGUI, le 29 avril 2020 (RJDH)---Pour une cinquantaine de personnes atteintes du Covid 19, le centre d’isolement de l’hôpital de l’amitié de Bangui ne dispose que de 13 lits pour le traitement de ces personnes.

La République Centrafricaine, aujourd'hui, a enregistré une cinquantaine de cas de covid19 dont 10 autres déclarés guéris et les 31 autres sont sous traitement. Alors que le centre d’hospitalisation ne dispose que de 13 lits. Une situation qui inquiète la population Centrafricaine sur la gravité de cette pandémie qui prend de l’ampleur dans le pays.

En réponse, le Gouvernement mettra en place des dispositifs pour contenir d’éventuels cas, l’annonce a été faite ce lundi 27 avril 2020 par le ministre de la santé et de la population. « Nous sommes en train de réfléchir dessus, d'ici demain on aura de nouvelles directives. Parallèlement des sites avaient été identifiés. Un travail a été fait, nous n’attendons pas qu’il y’ait un pic car nous savions que le nombre de cas allait augmenter, ce qui est important c'est de dépister », dit-il.  

Cette montée de cas de la maladie à nouveau coronavirus en RCA, est due au non-respect des consignes d’hygiènes édictées par les autorités du pays. "Parce qu'on va dire maintenant que le gouvernement ne fait rien mais les gens n'observent pas les mesures d'hygiène, les places mortuaires sont bondées des gens, les bus, les débits de boissons, les marchés grouillent des gens dans cette mesure, nous on va continuer de dépister, mais vous verrez que le taux va augmenter et si on respecte ces mesures, les chiffres vont descendre... mais nous prendrons déjà des dispositions pour accueillir tout le monde et les traiter ", a fait savoir le ministre de la santé.

Dans l'intervalle de deux jours, le pays a enregistré 31 nouveaux cas importés du coronavirus ce qui met à nu les failles dans les dispositifs de prévention contre le Covid 19, comme l’a indiqué le ministre de la santé et de la population.

Ketsia Kolissio

 

 

Centrafrique : Des failles enregistrées dans les dispositifs de contrôle contre le Covid 19 au PK 26, route de Boali

 

BANGUI, le 28 avril 2020(RJDH) ---Les dispositifs de contrôle visant à identifier et à réduire le risque de propagation du Covid 19 installés au Pk-26 comporte des failles selon le constat RJDH, le lundi 27 avril au PK 26.

Des éléments de la douane centrafricaine et autres services publics déployés au PK 26 souhaitent que ces dispositifs de contrôle de routine soient renforcés au niveau de la frontière Centrafricano-Camerounaise. Alors qu’il y a quelques jours, le ministre de la santé pointait du doigt la non collaboration des agents de l’Etat installés à ce point d’entrée hautement stratégique pour le pays.

Un agent au poste de contrôle de la douane indique qu’il suive à la lettre les consignes édictées par les autorités du pays. « Le personnel de l’Institut Pasteur de Bangui basé au PK26 procède aux tests des passagers en provenance du Cameroun mais il y a certains passagers qui refusent à se faire dépister. Les autorités ont donné des instructions pour que tous ces passagers soient testés avant de rentrer à Bangui. Concernant les véhiculent qui arrivent à 4 heures du matin ne rentrent pas aussitôt, ils doivent rester et attendre pour les formalités », dit-il.

Un policier, quant à lui, relève que les failles relevées se situent à la frontière avec le Cameroun et non au PK 26, « en principe les autorités doivent renforcer les dispositifs de contrôles à la frontière et aussi le dépistage doit se faire à Beloko. Quand les gens sont déclarés négatifs, ils peuvent rentrer à Bangui. Or on oublie même que des passagers descendent tout le long du trajet et cela inquiète. Même nous qui travaillons au niveau de PK 26, on s’inquiète de notre santé parce qu’à tout moment, nous sommes en contact avec ceux qui viennent du Cameroun, car il nous manque des masques, gants, et des cache-nez pour notre protection », s’inquiète-t-il.

Le pays a enregistré déjà 50 cas de Covid 19 alors que beaucoup de voix s’élèvent pour pointer du doigt les failles dans les dispositifs du contrôle.

Jocelyne Nadège Kokada

 

 

Centrafrique : L’administration pénitentiaire s’apprête à libérer certains prisonniers

 

BANGUI, le 28 avril 2020 (RJDH)---L’administration pénitentiaire est actuellement à pied d’œuvre en vue de faciliter la libération dans les jours prochains de certains prisonniers en République Centrafricaine selon le décret présidentiel en date du 24 avril. Une mesure visant à barrer la route à la propagation de Covid 19 dans le milieu carcéral comme le souhaite le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme.

L’administration pénitentiaire annonce la libération dans les jours prochains de certains détenus, tel que prévu par le décret présidentiel en date du 24 avril 2020. « L’administration pénitentiaire en charge est en train de mettre de l’ordre dans les dossiers des concernées conformément aux dispositions du décret », a fait savoir ce mardi 28 avril 2020 le Procureur de la République Laurent Lengade au RJDH.

Contacté sur la question, le Directeur de l’Administration pénitentiaire, Alain Gbaziale a indiqué : « Le processus est déjà en cours. J’ai déployé des équipes sur le terrain et j’attends la suite afin de boucler le dossier et procéder à la libération proprement dite ». 

C’est le samedi 25 avril 2020 que le décret n°20.160 portant libération de certains détenus visant à prévenir la propagation du Covid19 a été rendu public sur les ondes de la radio nationale.

Le décret présidentiel a fixé cinq catégories de détenus pouvant bénéficier de cette grâce liée au Covid19 dans le pays. Il s’agit des : « Les personnes prévenues, inculpées ou condamnées pour des faits qualifiés de délits ; les prévenus inculpés et condamnés mineurs ; les femmes enceintes ou allaitantes ; les prévenus inculpés ou condamnés âgés d’au-moins 60 ans et les prévenus inculpés ou condamnés souffrants d’une maladie chronique, grave ou contagieuse médicalement établi », mentionne l’article 2 du décret. 

Entre temps, l’article 3 du décret stipule: « sont exclues du bénéfice de la présente mesure les prévenus inculpés ou condamnés des faits qualifiés de crimes de : assassinat, crime de guerre, crime contre l’humanité, crime de génocide, atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, incendie d’une maison à usage d’habitation et de  viol sur mineur de moins de 14 ans ».

L’article 4 de ce décret mentionne que la présente mesure ne s’applique en aucun cas aux amendes, frais de justice, ainsi qu’aux réparations.

Le Haut-Commissariat des Droits de l’Homme des Nations-Unies a demandé mi-mars à ses Etats membres où le Covid19 est signalé, la libération de certains prisonniers. Une mesure visant à protéger les personnes détenues.

Cyrille WEGUE

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 18:15
 Dissolution de la plate-forme sociopolitique "E Zingo Biani"

 

 

Centrafrique: Dissolution de la plate-forme sociopolitique "E Zingo Biani"

 

https://www.radiondekeluka.org/ lundi 27 avril 2020 15:34

 

Lancée le 29 mai 2019 à Bangui par les partis politiques de l'opposition et quelques organisations de la société civile dans le but de s'opposer aux pratiques antidémocratiques, le Front uni pour la défense de la Nation "E Zingo Biani" a mis fin à ses activités le samedi 25 avril 2020.

Composée de quatre entités venus des partis politiques, des organisations de la société civile, des syndicats et des personnalités indépendantes pour la plupart, des sceptiques de l'Accord de paix et de réconciliation de Khartoum, ce front commun soupçonnait le gouvernement centrafricain d'être en collusion avec les groupes armés. Près d'une année après sa mise en place, le front uni pour la défense de la Nation "E Zingo Biani" met fin à ses activités. Dissoute par ses propres membres, conformément à l'article 9 de sa charte, le mouvement se félicite des activités menées et de sa contribution dans l'animation de la vie politique centrafricaine. Même si les choses n'ont pas vraiment évolué, les responsables se félicitent des réalisations du front en éveil populaire. Cela fait suite, il y a quelques mois, au détachement de certains partis politiques en vue de la mise en place d'une autre plate-forme.

Après le départ de ceux-ci, il s'avère que "E Zingo Biani" n'avait plus sa nature initiale qui était au départ, une plate-forme sociopolitique. C'est comme ça que nous avons décidé de prononcer sa dissolution, qui d'ailleurs, était prévue" explique Gervais Lakosso, Coordonnateur de ladite plate-forme et responsable du Groupe de travail de la société civile, affirmant que "E Zingo Bian n'était pas à délai indéterminé. Son but était de faire la pression pour obtenir des améliorations dans le système de gouvernance avant l'enclenchement du processus électoral".

A quelques mois des élections générales, où les initiatives et stratégies se multiplient, les organisations de la société civile, certaines centrales syndicales et quelques personnalités libres se désolidarisent des actions purement politiques conformément à leurs statuts.

" La période électorale est une période intensément politique, les organisations de la société civile, les syndicats et les personnalités indépendantes ne peuvent plus continuer à s'associer avec les politiques car durant la période électorale, nous allons joué des rôles différents," a fait savoir Gervais Lakosso.    

Cette décision intervient, pendant qu'une initiative parlementaire visant la prorogation des mandats présidentiel et législatif est sur la table du gouvernement. À huit mois de la tenue des scrutins du 27 décembre 2020, dans ce contexte de pandémie de Covid-19, l'incertitude plane autour du vide constitutionnel en cas d'expiration des mandats. 

 

NDLR : E Zingo biani s'est donc rendormi !

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 18:07
Nouvel affrontement entre groupes armés à Ndele

 

Des morts et des blessés dans un nouvel affrontement entre groupes armés à Ndele

 

https://www.radiondekeluka.org/ mercredi 29 avril 2020 16:51

 

La ville de Ndele de nouveau plongée ce mercredi dans la violence. Des affrontements y ont opposé durant plusieurs heures des groupes armés. On ignore encore les raisons exactes de cette recrudescence de combats qui auraient fait des morts et des blessés. 

Alors que le chef du gouvernement Firmin NGREBADA a tenu une réunion très récemment sur la situation sécuritaire de Ndele ici à Bangui, la ville a renoué avec les tirs à l'arme lourde et légère ce mercredi 29 avril 2020. Les combats qui ont opposé deux groupes armés rivaux dont l'identité n'est pas encore clairement précisée, auraient éclaté aux environs de midi aux alentours du marché central. A l'heure actuel, il est difficile de dire avec certitude les raisons de ce regain de tension, moins encore de donner le nombre de victimes. Selon des sources contactées par RNL, des commerçants en majorité, auraient été tués ou blessés.

Joint au téléphone à Bangui où il se trouve depuis près d'une semaine, Abdoulaye Hissène, le chef militaire du FPRC, principal groupe armé qui contrôle la ville, confirme les combats mais dit n'avoir pas assez de détails. La Minusca de son côté reconnait un regain de tension à Ndele, cependant elle promet de communiquer dessus très bientôt.

Cette nouvelle tension vient ainsi replonger la population dans une grande peur. La population qui ne s'est pas encore totalement remise des derniers affrontements ethniques qui ont coûté la vie à plus d'une trentaine de personnes et occasionné d'énormes dégâts matériels.

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 17:44
NOTE D’INFORMATION MINUSCA

 

 

LE GOUVERNEMENT ANNONCE DE NOUVELLES MESURES DANS LE PLAN DE LUTTE CONTRE LE COVID-19, SOUTENU PAR LA MINUSCA

 

Bangui, le 29 avril 2020 – Dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus (COVID-19) en République centrafricaine, le gouvernement a annoncé mercredi de nouvelles mesures contre cette pandémie dont la massification des dépistages et le renforcement des contrôles aux frontières, a fait savoir le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Ces mesures font partie du plan national de lutte contre le COVID-19, soutenu par la MINUSCA à travers des contributions diverses.

 

Au cours de la conférence de presse conjointe avec la MINUSCA, le porte-parole du gouvernement, Ange Maxime Kazagui a indiqué qu’« aujourd’hui le gouvernement a commencé à massifier le dépistage, grâce notamment à l’assistance de partenaires. Nous avons décidé d’augmenter les dépistages aux frontières. Tout en annonçant que dans les jours qui viennent « une mission ministérielle se rendra à la frontière avec le Cameroun pour vérifier les mesures que nous sommes en train de mettre place sont efficaces ». Ce responsable a  ajouté que  l’exécutif va « renforcer les mesures judiciaires car il y a des gens qui sont réfractaires aux mesures préventives, mais tout en gardant les libertés fondamentales ».

 

Dans cette dynamique, le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro a indiqué que la MINUSCA salue les efforts du gouvernement, appuyé par les partenaires, dans la réponse contre la pandémie notamment l’intensification des tests de dépistage et la libération d’un certain nombre de détenus pour prévenir la propagation du COVID-19 en milieu pénitentiaire. «  La MINUSCA et l’équipe pays des Nations Unies en RCA réaffirment leur soutien aux autorités dans la sensibilisation de la population sur le COVID-19, avec un accent particulier sur l’impérieuse nécessité de respecter les mesures barrières et de combattre la stigmatisation », a ajouté le porte-parole.  

 

En outre, le ministre parole du gouvernement souligne également que compte tenu de l’incapacité de l’hôpital de l’Amitié à accueillir un grand nombre de patients testés positifs au COVID-19, le gouvernement et les partenaires sont en train de travailler pour la mise en place des capacités d’isolement dans des lieux qui soient importants et sécurisés.

 

A ce sujet, le porte-parole de la MINUSCA a fait savoir que dans le cadre de contribution à la réponse médicale, la mission onusienne va soutenir le Ministère de la Santé dans « l’équipement d'un site devant être transformé en centre d’isolement à Bangui » alors qu’à  Bria, « les travaux ont déjà débuté pour la construction d’un centre d’isolement dans le cadre de la mise en œuvre du plan de réponse au COVID-19 dans la Haute-Kotto, avec l’appui de la Mission à hauteur de 12 millions de FCFA ».

 

Le porte-parole de la MINUSCA a également déclaré que la composante Police de la MINUSCA travaille avec les forces de sécurité intérieure dans le cadre d’enquêtes sur la hausse des violences basées sur le genre dans le contexte du COVID-19. « Les données enregistrées font état d’une hausse d’environ 24% des violences basées sur le genre, en particulier les violences conjugales et les viols. Entre février et avril, les cas de coups et blessures volontaires ont augmenté de 45% et les cas de viols sont en progression de 2%, affectant surtout les filles mineures», a-t-il précisé.

 

Strategic Communication & Public Information Division

MINUSCA HQ, PK4 Avenue B. Boganda

BP : 3338, Bangui, Central African Republic

Mail : publicinformation-minusca@un.org

Website: https://minusca.unmissions.org │

Facebook https://www.facebook.com/minusca.unmissions

Twitterhttps://twitter.com/@UN_CAR

Flickr https://www.flickr.com/photos/unminusca/

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 15:41
Centrafrique, Abdoulaye Miskine sanctionné par l’ONU

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com/  By Aza Boukhris 22 avril 2020

 

Le 20 avril 2020, le Comité des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU, a placé Abdoulaye Miskine sur la liste des personnalités centrafricaines privées de voyages et dont leurs avoirs sont désormais gelés.

Ces sanctions contre Abdoulaye Miskine, de son vrai nom  Martin Koumtamadji, font suite au rapport du comité des experts chargé de suivre la situation en Centrafrique. Le fondateur du mouvement rebelle, le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) et ancien chef de la sécurité du président Patassé, avait signé l’Accord de Paix et de Réconciliation du 6 février 2019.

Nommé ministre, dans la foulée, il démissionna aussitôt pour reprendre les armes. Il avait abandonné son fief de l’ouest, le long de la frontière camerounaise,  pour s’installer à la frontière soudanaise, près de Amdafok,  nouveau point névralgique des combats entre groupes rebelles. Le 19 novembre 2019, il est tombé aux mains d’Idriss Deby Itno, lors d’un voyage au Tchad. Il y serait toujours emprisonné. 

Nourredine Adam, architecte de l’Accord de Khartoum

Abdoulaye Miskine était déjà sous sanctions des Etats-Unis d’Amérique. Aujourd’hui il rejoint sur la liste, Nourredine Adam, l’ancien leader de l’Ex Seleka et chef du FPRC et l’ancien président François Bozizé. 

On rappellera, que Nourredine Adam, pourtant privé de voyages par le Conseil de Sécurité, fut l’un des architectes de l’Accord de Khartoum. Il y put s’entretenir en toute liberté avec Jean-Pierre Lacroix, Chef des Opérations de maintien de la Paix de l’ONU. De même, François Bozizé, également inscrit sur la liste des sanctions de l’ONU depuis 2014, n’a cessé de voyager durant son exil en Ouganda. Il revint a Bangui, en décembre 2019  en toute liberté. 

Nul doute que Abdoulaye Miskine a beaucoup plus à craindre de son emprisonnement au Tchad que les décisions du Comité des sanctions de l’ONU.

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 14:58
UE/RCA : Le Haut Représentant/Vice-président Borrell s’entretient avec le Président Touadéra

 

République centrafricaine: Le Haut Représentant/Vice-président Borrell s’entretient avec le Président Touadéra

 

https://eeas.europa.eu/ Brussels, 29/04/2020 - 11:03,

 

Le Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et Vice-président de la Commission, Josep Borrell, a eu un entretien téléphonique avec le Président de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadéra, ce mardi 28 avril 2020. 

A cette occasion, le Haut Représentant a réaffirmé le soutien de l’Union européenne à la République centrafricaine, en particulier dans cette phase de lutte contre la pandémie du coronavirus. Le Haut Représentant a confirmé que l'Union européenne organisera prochainement, en collaboration avec la France, un pont aérien humanitaire pour le transport de matériel sanitaire nécessaire à la riposte à la pandémie. Le Haut Représentant a par ailleurs souligné l’importance de lutter contre la désinformation et la stigmatisation liées à la pandémie. L’Union européenne restera également vigilante face à ceux qui seraient tentés de profiter de la situation pour entraver le processus de stabilisation en République centrafricaine.

A cet égard, le Haut représentant a rappelé le soutien de l’Union européenne à l’organisation des prochains scrutins présidentiel et législatif prévus pour la fin de l’année. Ces élections constituent une étape essentielle dans le processus de démocratisation, de réconciliation et de paix du pays. Le soutien financier de l’Union européenne au processus électoral s’élève déjà à € 17,5 millions.

Le Haut Représentant Borrell a rappelé la nécessité d'accélérer la mise en œuvre de l’Accord politique de paix et de réconciliation malgré les circonstances actuelles. Il a appelé à la poursuite du dialogue entre tous les acteurs et au respect des engagements pris par les parties. Le Haut Représentant a réitéré l’engagement résolu de l’Union européenne en soutien à ce processus, en étroite coordination avec ses partenaires, en particulier les Nations Unies et l’Union africaine.

L’entretien a permis de réaffirmer la solidité du partenariat entre l’Union européenne et la République centrafricaine.

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 14:56
Défier la peur

Lu pour vous

 

Défier la peur

 

Entretien publié dans l’édition spéciale du magazine allemand « Die Politische Meinung », consacrée à l’Afrique. Il a été réalisé par Jean-Luc Mootoosamy le 11 février 2020.

 

L’archevêque de Bangui est l’une des personnalités les plus écoutées de la République centrafricaine (RCA), pays ravagé par une reprise des conflits armés en 2012. Dieudonné Nzapalainga C.S.Sp., 53 ans, premier cardinal centrafricain, n’hésite pas à aller vers des hommes en armes pour obtenir la réconciliation. Farouche partisan du dialogue, de la recherche de la paix et du « vivre-ensemble », il identifie dans cet entretien les causes de conflits dans son pays et en Afrique. Le cardinal Nzapalainga appelle la communauté internationale à l’action.

Die Politische Meinung : En janvier 2020, les évêques centrafricains ont publié un message, « De toutes les nations, faites des disciples », qui renvoie à l’évangélisation de votre pays et se veut aussi message d’espérance, de paix et un appel au règlement non violent des conflits. Etre au front, c’est un des rôles de l’Eglise catholique en Centrafrique ?

Cardinal Nzapalainga : Le rôle de l’Eglise est d’être au front. Pour nous l’incarnation n’est pas une fiction c’est une réalité. A partir du moment où nous disons que le Christ s’est fait homme, il appartient à l’Eglise de vivre les réalités des hommes, au nom de ce Christ. Qu’avons nous fait de l’Evangile reçu il y a 125 ans ? Sommes-nous prêts à sortir pour l’annoncer dans nos actes ? Nous avons vu nos limites, nos faiblesses. Beaucoup sont sortis de nos communautés pour être sur le terrain de la violence. Nous gardons espoir pour transformer nos sociétés. Nous le faisons avec les autres : les protestants, les musulmans, les animistes. Ensemble nous avançons sur le chemin qui nous mène vers Dieu.

En marchant ensemble, vous dites que la racine des conflits n’est pas religieuse ?

La racine de notre conflit n’est pas religieuse. Dix jours après le lancement de la rébellion en 2012, nous avons entendu qu’il y avait des affrontements entre chrétiens et musulmans. Immédiatement le pasteur Nicolas Guerekoyame Gbangou, président de l’association des évangéliques, l’imam Omar Kobine Layama qui, le président de la communauté musulmane et moi-même, président de la conférence des évêques de Centrafrique, nous nous sommes retrouvés pour dire que ce que nous avons entendu – si c’est vrai – ne rejoint pas nos racines profondes, nos valeurs. Jamais dans notre passé, nous n’avons eu cette trajectoire de violence au nom de la religion. Nous avons dénoncé une guerre d’intérêts. Des individus assoiffés de pouvoir, de richesses, utilisent la religion pour manipuler des frères et des sœurs. Nous avons appelé à la vigilance, au discernement pour ne pas tomber dans le piège d’un conflit religieux. Nous n’avons jamais vu un Pasteur, un imam, un prêtre à la tête des mouvements armés en RCA. Chez nous on ne se bat ni pour le Coran ou la Bible mais pour le diamant, l’or, pour les poste de ministres. C’est une crise militaro-politique que les politiciens doivent résoudre.

Mais il y a aussi des courants extrêmes dans toutes religions. L’islamisme exerce une forte pression sur le continent africain notamment au Sahel. Quelle est votre analyse de cette situation où des hommes disent pouvoir tuer au nom de Dieu ?

Il faut absolument mettre des digues. Nous devons travailler ensemble, pour la convivialité, le respect, l’estime, pour apprendre à nous connaître, à nous aimer. Ainsi, les agents déstabilisateurs ne trouveront pas de terrain pour pouvoir s’installer. La violence appelle la violence. Il est important que chrétiens et musulmans travaillent au dialogue islamo-chrétien pour faire barrage aux extrêmes. Nous disons aux chefs religieux qu’il faut faire attention parce que beaucoup de nos enfants ne vont pas à l’école et sont des proies faciles. Nous devons veiller à ce que ces groupes ne viennent pas déstabiliser, déstructurer, ou diviser nos communautés. Il faut mettre l’accent sur ce qui nous unit, nos valeurs.

S’adressant à un chef rebelle redouté : Jeune homme, à ton âge, tu peux sourire !

Le 30 novembre 2015, le pape François s’est rendu à la Grande mosquée de Bangui, lieu où peu osait s’aventurer pour un geste d’amitié envers le Grand Imam. Vous ouvrez régulièrement la porte de la réconciliation. Votre approche peut-elle être un modèle pour le dialogue ?

Je ne cherche pas à me donner en exemple, je vis ma foi au quotidien. J’ai grandi avec un papa catholique et une maman protestante. Jamais il n’y a eu la guerre de religion à la maison. Nous avons toujours vécu cette fraternité, cette convivialité, cet œcuménisme. Je suis fils de cela et je veux que cette ouverture rejaillisse sur les citoyens de mon pays. L’autre n’est pas seulement un danger, un poison ou un diable mais peut-être une richesse, une chance. Si je l’accueille avec un regard de miséricorde, je peux percevoir une bonté, une vérité, une vie au fond de lui pour l’appeler à se ressaisir, revenir à la raison. Lorsque le pape François a quitté Bangui, j’ai demandé à des Chrétiens : qu’est-ce que vous attendez ? Sortez ! Venez avec moi au Kilomètre 5[1]. Sur place nous avons vu beaucoup de jeunes excités, en armes, sous l’influence de drogues mais nous les avons affrontés. Si nous avons peur du danger, tôt ou tard, le danger nous touche. J’ai accepté de rencontrer le redouté leader, Issa Kapi Djamouss, qui se faisait appeler 50/50. Il m’a reçu au milieu d’armes. Ceux qui m’ont accompagné ont reculé. Moi je suis entré et lui ai dit : jeune homme, à ton âge, tu peux sourire ! Il a commencé à sourire et a dit : maintenant je vois en toi une gentillesse, une bonté. Nous nous sommes parlés avec beaucoup d’affection. Il m’a seulement écouté parler de paix, de cohésion, d’unité. Sans dire un mot il est allé voir ses éléments et ils ont emmené un homme qu’ils devaient exécuter dans la soirée. Il m’a dit : vous êtes venus vers nous, vous nous avez parlé. Ce monsieur, on vous le donne. Vous pouvez l’emmener !

Quand on décide de braver la peur, on sauve des vies. « Tu ne tueras pas », ce n’est pas négociable ! Je ne peux pas accepter qu’un membre de ma communauté me dise : on a tué un chrétien, donne-nous l’ordre de prendre les armes, les machettes, pour aller couper la tête des musulmans. Là je dis non, au point de risquer ma vie et je sais de quoi je parle.

Dans d’autres pays du continent africain des chrétiens sont victimes d’exécutions, de persécutions, comment voyez-vous cela, vous qui prenez tant de risques ?

En RCA, le 1er mai 2019, des individus ont jeté des grenades sur des chrétiens qui priaient faisant 14 morts. Je prie pour mes frères et sœurs qui nous ont quittés dans la foi. Je crois qu’ils rejoignent la grande communauté des Saints. Mon regard se tourne aussi vers les familles qui ont perdu un être cher, qui restent avec un manque, une plaie, des rancœurs. J’ai condamné cette tuerie et j’ai dit que je ne rends pas le mal pour le mal. Si les solutions aux problèmes de mon pays étaient au bout des armes, nous les aurions trouvées depuis longtemps. Nous devons espérer un changement. Les gouvernements et la communauté internationale doivent protéger chaque être humain. Or nous avons l’impression que des communautés sont livrées à elles-mêmes.

Des armes qui partent de pays démocratiques se retrouvent dans nos pays...

Et les armes continuent à entrer dans votre pays, malgré la présence de forces internationales. Qu’attendez vous de la communauté internationale en terme de désarmement ?

Que la communauté internationale prenne ses responsabilités. On ne peut pas être un pays qui produit des armes et ne pas contrôler leur revente. Des armes qui partent de pays démocratiques se retrouvent ensuite dans nos pays. Si ces gens là veulent vraiment aider l’Afrique, ils doivent aider à couper cette source. Va-t-on continuer à vendre des armes qui vont continuer à supprimer des pauvres. Il y a une humanité à protéger ! Aux fabricants d’armes, je dis que le résultat est là : nous pleurons nos morts, nous avons des estropiés, des handicapés, personne pour les soigner. Ayez pitié des pauvres !

Cet appel ne trouve-t-il pas écho auprès des coopérations étrangères présentes en Centrafrique comme dans la plupart des pays africains ?

Une véritable coopération voudrait dire un partenariat. Je ne me voile pas la face : mon gouvernement est faible, dans le sens où il n’a pas de moyens. Dans l’arrière pays, un chef rebelle a même dit qu’il a pitié du sous-préfet car il n’a même pas un vélo ! Et lui, chef rebelle, il a une moto et même des hommes à sa disposition ! C’est la réalité chez moi. Si on veut aider mon pays comme beaucoup d’autres sur le continent, il faudrait contribuer à donner corps à l’administration de l’Etat, pour qu’il puisse occuper le terrain. Or, sans Etat, c’est l’informel qui s’installe. L’informel, ce sont les rebelles, comme des Seigneurs de guerre, avec droit de vie et de mort sur les gens. Les diplomates ne savent pas cela ? Chaque jour ces gens décident de tuer, de brûler, de chasser des citoyens. Nous voulons une coopération qui aide l’État à retrouver tous ses droits et à pouvoir exercer tous ses devoirs. Les coopérations internationales doivent sortir des capitales, aller dans le pays et constater que des être humains sont livrés à eux-mêmes, abandonnés.

Selon les statistiques de l’Eglise catholique dans le monde, le continent africain marque la plus grosse progression, + 26,1 %[2]. Qu’attendez vous des catholiques du continent ?

Le chrétien a une vocation prophétique : il annonce, il dénonce. Donc s’il y a la corruption il doit avoir le courage de dénoncer et aussi d’annoncer qu’on peut répartir l’argent autrement. Il peut inviter à une fraternité nouvelle. Les chrétiens africains ne doivent pas être comme du sel qui tombe par terre et qu’on piétine. Ils doivent plutôt donner du goût à la société. C’est ce que j’attends des chrétiens en RCA. Quand les évêques écrivent message ce n’est pas du lobbying mais nous disons ce que nous pensons pour inviter à un changement de comportement, à une prise de conscience et à un renouveau.

Pour conclure, quelles devraient être pour vous aujourd’hui les priorités à considérer en Afrique ?

La jeunesse et l’éducation. Les jeunes ont-ils assez d’écoles, d’universités, de perspectives d’emplois ? Notre jeunesse est une proie facile, elle peut être instrumentalisée. Aux dirigeants, je demande pourquoi nos jeunes ne peuvent pas réaliser leurs rêves en Afrique ? Pourquoi tout ce népotisme, cette corruption, la chance donnée aux fils à papa, l’impression qu’il n’y a que mon groupe qui compte et que les autres peuvent mourir ? C’est une gangrène pour notre continent. Si nous aimons cette Afrique, il faut un sursaut patriotique pour la développer. La pauvreté et la justice sont d’autres défis. Nous avons toujours l’impression que la loi est au service du plus fort. Nous voyons bien comment des multinationales viennent prendre la matière première chez nous : diamant, or, bois, pétrole et nous la revendent 100 fois plus cher ! Et nous devenons 100 fois plus pauvres ! La mondialisation doit nous permettre aussi de nous parler franchement pour changer la manière de faire du commerce. Nous souhaitons avoir des opportunités égales, des traitements égaux pour donner une chance aux générations à venir.

 

[1] Quartier de Bangui où des rebelles et des membres la communauté musulmane s’étaient réfugiés.

[2] Progression entre 2010 et 2017, source : Osservatore Romano, 25 avril 2019

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 00:51
Disparition de Charles MASSI : Sa famille demande l'ouverture d'une enquête internationale

 

 

La Famille MASSI  

 

A

Son Excellence, le Pr. Faustin Archange TOUADERA,

Président de la République Centrafricaine

(RCA)

 

 

Objet : Demande d’ouverture d’une Commission d’Enquête Internationale sur la disparition de l’Ancien Ministre d’Etat Colonel Charles MASSI, Président du Parti FODEM.

 

 

            Monsieur le Président de la République,

           

            J’ai l’insigne honneur de demander auprès de Son Excellence Monsieur le Président de la République Centrafricaine l’ouverture d’une Commission d’Enquête Indépendante et internationale à l’occasion de la date marquant la disparition du Colonel Charles MASSI, ancien Ministre d’Etat et Président du Parti FODEM (Forum Démocratique Pour la Modernité), au nom de la famille Charles MASSI.

Au cours de l’année 2008, en raison des frustrations et des velléités politiques qui opposaient M. Charles MASSI, ancien Ministre d’Etat à M. François BOZIZE à l’époque Président de la République Centrafricaine, était rentré dans une rébellion en abrégé CPJP (Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix) pour défendre les intérêts du peuple centrafricain que M. François BOZIZE foulait aux pieds. Après plusieurs tentatives de négociations avec l’ex-Président, qui refusait de dialoguer avec l’ancien Ministre d’état Charles MASSI. Suite à sa dernière rencontre avec l’ancien Président de la Transition Monsieur Michel DJOTODIA arrêté à l’époque au Bénin avec l’ancien Ministre Abakar SABONE où s’était rendu l’ancien Président Centrafricain François BOZIZE pour leur libération, Monsieur Charles MASSI avait sollicité une rencontre avec l’ancien Président sans aucune suite, bien qu’impliqué dans les négociations avec les autorités béninoises, il n’a pas voulu que cette rencontre se tienne. Ayant toujours refusé la main tendue du Colonel Charles MASSI, ancien Ministre d’Etat, ce dernier a décidé de se rendre personnellement à Ndjamena, capitale du TCHAD, pour coordonner les activités du Groupe CPJP.

Dans le souci de stabiliser le pays et de permettre à la République Centrafricaine d’avoir un réel décollage, un Dialogue National Inclusif a été initié par les autorités centrafricaines à l’époque avec l’implication du Gouvernement dont vous aviez la responsabilité, Monsieur le Président de la République, en tant qu’ancien Premier Ministre.

L’ancien Ministre d’Etat Charles MASSI se trouvant au Cameroun avait demandé à M. Cyriaque GONDA, ancien Ministre de la Communication et de la Réconciliation Nationale de lui faire parvenir son invitation afin qu’il prenne part à ce Dialogue Politique Inclusif initié à l’époque, qui était très déterminant pour la sortie de crise en Centrafrique. Ce dernier l’a demandé de se rendre à Paris pour récupérer sa demande de participation y compris son billet. Après plusieurs jours d’attente, aucune suite ne lui a été donnée par l’ancien Ministre de la Communication même à son retour à Paris. Puisqu’aucune garantie sécuritaire et logistique ne lui a été assurée, c’est ainsi que l’ancien Ministre Charles MASSI a été exclu du Dialogue Politique Inclusif qui se devait d’être inclusif malheureusement dont les conséquences ont été très fâcheuses pour la population centrafricaine.

A la suite de ce dialogue, un Gouvernement d’Union Nationale a été mis en place où tout le monde connait aujourd’hui la suite avec l’avènement de la Séléka même sans la participation de l’ancien Ministre d’Etat Charles MASSI, le 24 mars 2013.

Arrêté par les autorités tchadiennes à la frontière centrafricaine, M. Charles MASSI a été remis à la Garde Présidentielle (GP) de M. François BOZIZE, il sera transféré sous forte escorte à Bangui. Son arrestation se coïncidait avec le transfère officiel du Général de Brigade Baba LADE de l’armée tchadienne par les Nations-Unies avec la collaboration des autorités centrafricaines conduites par l’ancien Ministre Claude Richard GOUANDJA.

Des informations recueillies, il s’avère que c’est l’ancien Président François BOZIZE qui a commencé à administrer des coups à l'égard de M. Charles MASSI et lorsqu’il a constaté qu’il était presque agonisant, il a demandé que ses éléments le ramènent à la maison d’arrêt de Bossembele, qui malheureusement a été érigée en prison politique dénommée « Guantanamon ». La même source précise que c’est sur les instructions de François BOZIZE et de son fils Francis BOZIZE, jadis Ministre Délégué chargé de la Défense Nationale, de la Restructuration de l’Armée et des Anciens Combattants que Charles MASSI a été torturé jusqu’à ce que mort s’en suive. Et selon l’ancien Procureur de la République Firmin FEINDIRO à l’époque, il fallait attendre dix ans après pour le déclarer mort. Cette même information a été confirmée par l’ancien Ministre de la Justice M. Laurent GON-BABA, ancien Vice-Président de l’Assemblée Nationale et actuel Président de l’Assemblée Nationale. Serait-il déclaré mort alors que nous ne savions là où il a été enterré ? Est-il réellement mort où se trouverait-il quelque part ? Ces interrogations taraudent toujours nos esprits. Où se trouve son corps ? Où a-t-il été enterré ?

En outre, Monsieur Fidèle GOUANDJIKA, Ministre Conseiller Spécial auprès du Chef de l’état Faustin Archange TOUADERA, publiait sur sa page personnelle de réseautage social en ces termes et je cite : « Dans une démocratie, on ne tue pas les opposants ni les empêcher d’aller se faire soigner…il n’y a que dans une République bananière que l’on peut voir et vivre cette pratique. Laissez-le partir se faire soigner Monsieur le Président. Le temps ne joue pas en sa faveur…lui conseillait, le … en plein Conseil des Ministres. Ils étaient arrêtés ensemble avec Charles MASSI le même jour à Doba par le gouverneur sur instruction de l’ex ministre de l’intérieur Ahamat Bachir et après cela Charles MASSI a été transféré à Bangui et eux aux Renseignements Généraux (RG) de Ndjamena sans jugement. Ils sont en tout 10 éléments dont deux colonels.

 

Voici leurs noms :

 

  1. Djibrine Dagachene
  2. Haroun Oumar
  3. Hassan Mahamat Zene
  4. Ngaba Djahtalo
  5. Sama Damuel
  6. Ahmat Abderaman
  7. Adam Bolla
  8. Mahamat Youssouf
  9. Hissein Moumine
  10. Koutou Ngata

 

Source : confidentielle

 

Lors du sommet France-Afrique à Nice (début Juin 2010) où j’étais là en tant que Ministre Porte Parole du Gouvernement, le Président BOZIZE répondant à l’interview de Christophe BOISBOUVIER à RFI sur le sort de Charles MASSI, donnera la réponse suivante : « Bon ! Il a choisi là où on se parle à coups de kalachnikov. Que voulez-vous que je puisse dire ? ».

Pour toutes ces raisons susmentionnées, Excellence Monsieur le Président de la République, nous ne vous demandons qu’une seule chose au nom de la famille MASSI, la mise en place d’une Commission d’Enquête Indépendante (CEI) afin que lumière soit faite sur sa disparition. Nous ne pouvons vous rappeler cette date du 10 Janvier 2010, date à laquelle l’ancien Ministre D’Etat Charles MASSI a été déclaré disparu par la voix de la Radio France Internationale (Rfi) et la seconde c’est celle à laquelle sa femme, Mme NERIS Denise. Sa venue à Bangui, le 10 Janvier 2010, coïncidait avec Sommet des Chefs d’Etat de la CEMAC, arrêtée au domicile de son mari, en présence d’un de vos anciens Ministres et du Me Mathias MOROUBA avant d’être refoulée manu militari en France. Elle était décédée après avoir été reçue par l’ancien Président de la République française, Monsieur Nicolas SARKOZY à l’Elysée, des suites d’une hémorragie cérébrale à l’Hôpital militaire de Val-de-Grace.

Nous sommes dans un Etat de droit, alors la famille se demande, pourquoi Charles MASSI n’a-t-il pas été traduit en justice pour ce qu’on lui reprochait à l’époque, par l'ancien Président BOZIZE ? Pendant que nous pleurons notre père, oncle et cousin, l'ancien Président François BOZIZE se permet de vaquer à ses occupations en toute quiétude, en dépit des actes perpétrés à l'égard du peuple Centrafricain.

En date du 28 Avril 2020 sur les ondes de la Radio France Internationale, interviewée par la journaliste Charlotte COSSET, je cite : « Est-ce que vous demandez pardon notamment aux proches de Charles Massi et de François Njadder qui sont tous les deux décédés dans des circonstances encore aujourd’hui non élucidées ? » (Cf. Interview du 28/04/2020).

Monsieur Bozize : Oh mais (quand) le général Njadder est mort, j’étais à Bangui. C’était au cours d’une opération militaire, il a été blessé, je lui ai rendu visite à l’hôpital et les médecins n’ont pas pu redresser la situation. Quant à Charles Massi, il a quitté Bangui, il m’a écrit, il disait qu’il allait rendre visite à sa famille qui se trouvait en France et quelques semaines après il revendique des actions au Nord du pays. Au cours de ces actions il y a eu des officiers qui sont tombés, des soldats qui sont tombés et ensuite bon c’est la grande confusion jusqu’à aujourd’hui.

Quelles grandes confusions règnent-elles autour de cette disparition de l’ancien Ministre Charles MASSI ?

Excellence Monsieur le Président de la République, fort de tous ces motifs, la famille de Charles MASSI demande que l’ouverture de cette Commission d’Enquête Indépendante et Internationale fasse partie de l’une des recommandations auxquelles nous vous sollicitons à l’issu de toute tenue d’un dialogue inter-centrafricain. Les conclusions de cette Commission d’Enquête nous permettrons de savoir là où le corps de M. Charles MASSI a été inhumé afin que ses restes soient exhumés pour être enterrés dans son village natal.

De même, nous lançons un appel aux institutions nationales et internationales de Défense des Droits de l’Homme installées en République Centrafricaine notamment la COUR PENALE SPECIALE de Centrafrique d’aider la famille Charles MASSI dans cette démarche.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, l’expression de ma haute considération et de ma profonde gratitude.

                                                                                              

Fait à Dakar, le 28 Avril 2020

 

Charles MASSI

 

Pour la Famille MASSI

 

Ampliations :

 

  • Présidence de la République.
  • Présidence de l’Assemblée Nationale.
  • Primature.
  • Ministère de la Défense Nationale.
  • Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité Publique.
  • Ministère de la Justice, des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux.
  • Ministère des Affaires Etrangères, de la Francophonie et de l’Intégration Internationale.
  • Bureau Intégré des Nations Unies en Centrafrique (BINUCA).
  • Fédération Internationale des Droits de l’Homme en Centrafrique (FIDH).
  • Président de la Chambre des représentants auprès de la CPI, Me Sidiki KABA, Actuel Ministre des Affaires Etrangères de la République du Sénégal.
  • Cour Pénale Internationale (C.P.I), Dakar (Sénégal).
  • Amnesty International (Bureau Régional de Dakar, Sénégal).
  • Ambassade de France en Centrafrique.
  • Ambassade du Tchad en Centrafrique.
  • Presse

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