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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 23:49
POURQUOI LE PRÉSIDENT DE L’UNION AFRICAINE A QUITTÉ PRÉCIPITAMMENT MARRAKECH

 

COP22: POURQUOI LE PRÉSIDENT DE L’UNION AFRICAINE A QUITTÉ PRÉCIPITAMMENT MARRAKECH

 

http://afrique.le360.ma/ Mise à jour le 21/11/2016 à 13h29 Publié le 21/11/2016 à 12h46 Par Mar Bassine

 

Idriss Déby Itno, président du Tchad et à la tête de l'Union africaine (UA) a quitté les travaux de la COP22 pour retourner à Ndjaména. Il n'a même pas pris part à l'African action summit, en marge de la Conférence. La situation au Tchad exigeait sa présence. Détails...

 

Alors qu’il devait être aux côtés de ses pairs, le président tchadien a quitté précipitamment la COP22 et n'a même pas pu assister à l’African action summit. La raison de ce départ hâtif n’est autre que la crise dans son pays.


Roland Marchal, chercheur à Sciences-Po Paris perçoit un "signe de faiblesse" dans le retour précipité il y a quelques jours d’Idriss Déby à N'Djamena en provenance de Marrakech où se tenait un sommet africain en marge de la COP22, parce que son gouvernement faisait l'objet d'une motion de censure. Les députés du parti présidentiel ont été invités à boycotter le vote à bulletin secret. "Par peur que certains ne votent la motion de censure et que le gouvernement ne soit renversé", explique Roland Marchal. Dès qu’il est rentré, il s’est mis au travail. Il a ainsi reçu les magistrats vendredi dernier afin de désamorcer leur grève.


Depuis quelque temps, Idriss Deby Itno, le président tchadien est confronté à une crise profonde qui fait tanguer son régime. Pourtant, en Afrique, le Tchad est devenu incontournable dans la lutte contre les djihadistes. Le rôle joué par l’armée tchadienne au Mali contre les combattants d’Aqmi et du Mujao, mais également au Nigeria contre Boko Haram est inestimable.


"On redoute le pire"


Sauf que ces interventions ont un coût relativement élevé. D’autant que, l'économie tchadienne qui dépend des recettes pétrolières a subi de plein fouet la chute des cours des hydrocarbures. Du coup, le pays slalome entre déficits jumeaux, mesures d'austérité et grèves des fonctionnaires depuis des mois. "Le Tchad est à l'arrêt. On redoute le pire", déclare Maoundoé Decladore, porte-parole du collectif de la société civile "Ça doit changer!".


La crise et le mécontentement frappent le grand marché de N'Djamena. "Je passe toute une journée pour à peine 1.000 francs (1,50 Euro) de recette. Il n'y a pas d'argent. Les gens ne viennent pas", se plaint Fatime Zara, vendeuse de légumes d'une quarantaine d'années.

 

Depuis septembre, les enseignants désertent les salles de classe à cause des arriérés de salaires de plusieurs mois. Beaucoup dans la société civile et l’opposition accusent la famille d’Idriss Déby et son ethnie, les Zaghawas, de s’être accaparé des richesses du pays et de l’argent du pétrole.


Jusqu’à présent, il n’y a toujours pas de rentrée scolaire, alors qu’elle était censée avoir lieu il y a plus de trois mois. Certains craignent une année banche à tous les niveaux: primaire, secondaire et supérieur. La santé et la justice sont également touchées. Les malades de Ndjamena et du Sud du pays partent se soigner au Cameroun. Ceux du Nord n’ont pas cette chance et rester souvent à domicile en attendant que la situation s’améliore. Au Tchad, plus d’un tiers des enfants de moins de 5 ans souffre d’un retard de croissance.


Cette situation sociale explosive est du pain béni pour l’opposition. Elle demande "un dialogue inclusif". Son objectif n’est pas un dialogue qui lui permettrait de partager le pouvoir. L'opposition ne souhaite pas rejoindre un gouvernement d’union nationale, comme c’est la mode un peu partout sur le continent. Elle exige de nouvelles élections. Elle a convoqué mardi 22 novembre, une nouvelle "journée ville morte".



C’est l’occasion de remettre sur le tapis la réélection contestée d’Idriss Déby du mois d'avril dernier. Le président Tchadien avait obtenu près de 60% des voix, dès le premier tour, devant l'opposant Saleh Kebzabo (12%).


L'exemple burkinabè


Pour ce dernier, "Idriss Déby Itno est un président illégitime". Ambitieux, Kebzabo veut de nouvelles élections, d’où le fait de mettre la pression avec cette troisième journée ville morte en moins de 100 jours.


Quoi qu’il en soit, l’opposition tchadienne rêve d’une révolution comparable à celle du Burkina Faso qui a fait chuter Blaise Compaoré en novembre 2014. Roland Marchal estime que les Tchadiens veulent bien s’inspirer de l’exemple Burkinabè.


Néanmoins, Idriss Déby a le soutien de Paris et de Washington. La France et les Etats-Unis voient en lui un partenaire fidèle dans la lutte contre le terrorisme, notamment avec l’armée la plus fiable de la région. Il convient de rappeler que le QG de l'opération militaire française Barkhane contre les jihadistes au Sahel est installé à N'Djamena. Du coup, Déby a un accès privilégié à des informations stratégiques. Néanmoins, cette armée que l’on adule tant à l’extérieur du pays, souffre de son caractère ethnique. Il faut être zaghawa pour occuper un poste de responsabilité. 

 

Le 21/11/2016 Par Mar Bassine

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 23:31
RCA: LES CHEFS RELIGIEUX MUSULMANS ET CHRÉTIENS EN COMMUNION CHEZ LE PAPE

 

 

 

21/11/2016 à 18h46  (AFP)

 

Le Pape François a créé le Cardinal de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga. Des centrafricains de toute confession ont communié ensemble à Rome, donnant un exemple aux citoyens d'un pays déchiré qui a du mal à panser les plaies de la guerre. A leur tête se trouvent les trois chefs religieux.


Les responsables religieux catholique, musulman et protestant de la République centrafricaine (RCA) ont célébré lundi à Rome les vertus de leur dialogue qui, assurent-ils, commence à porter ses fruits surtout chez les jeunes.


"Plus on parle, plus les masques tombent", a souligné à Rome l'archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, devenu cardinal samedi, au siège à Rome de la communauté Sant Egidio, très impliquée dans le dialogue interreligieux et qui a souvent joué un rôle de médiateur dans des conflits, en particulier en Afrique, du Mozambique à la Centrafrique.


Ce dialogue a permis "de soustraire tant de jeunes à la propagande manipulatrice visant seulement à l'affrontement", s'est encore félicité Mgr Nzapalainga. Intervenant aux côtés de l'imam Layama, président de la communauté musulmane de Centrafrique, et du pasteur protestant Philippe Sing-Na, le cardinal a rappelé l'importance de la visite du pape François l'an dernier à Bangui, où il est allé à la rencontre tant des catholiques que des musulmans.


"Le pape a touché les coeurs" lorsqu'il s'est rendu au PK5, quartier commercial de Bangui habité par de nombreux musulmans, devenu leur refuge au plus fort des affrontements entre rébellion Seleka, à majorité musulmane, et milices chrétiennes anti-balaka, a assuré Mgr Nzapalainga.


Les trois responsables religieux sont à l'origine d'une plate-forme interreligieuse qui tente de réconcilier les communautés en Centrafrique. La flambée de violences n'est "pas une crise religieuse", a assuré le pasteur Sing-Na, pour qui "des gens sont venus pour nous pousser à la violence".


"La mal-gouvernance a joué un grand rôle", a estimé le cardinal. "Le problème du développement reste crucial", a renchéri l'imam Layama.


La Républicaine centrafricaine, classée parmi les pays les plus pauvres du monde, peine à se relever du chaos de la guerre civile provoquée en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par des rebelles séléka, majoritairement musulmans. Cela avait entraîné une contre-offensive des milices anti-balaka, majoritairement chrétiennes.


L'intervention de la force française Sangaris - dont la mission a pris fin en octobre - et de la force de l'ONU (Minusca, environ 12.000 hommes toujours déployés) a mis fin aux grands massacres mais n'a pas réussi à stabiliser la situation sécuritaire.

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 23:09
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : Tension à Bria, le FPRC à Bambari demande la protection des Anti-Balaka

 

http://rjdh.org/ PAR CELESTIN YENTOMAN LE 21 NOVEMBRE 2016

 

BAMBARI, 21 Novembre 2016 (RJDH)–L’affrontement entre FPRC et UPC à Bria, a créé une tension entre les éléments de RPRC et ceux de l’UPC à Bambari. Ceux du FPRC demandent la protection des Anti-Balaka de cette préfecture. La nouvelle de l’affrontement entre ces deux factions à Bria a créé une panique au sein de la population ce matin à Bambari. 

 

L’affrontement entre les factions UPC et FPRC a créé une alliance de fait entre le FRPC et les Anti-Balaka, pour combattre l’UPC de Ali Daras à Bambari. Cette scission entre deux tendances alliées de la Séléka se radicalise depuis la signature de l’accord sur le principe du DDRR le 10 mai 2O15 lors du forum de Bangui.

 

Les éléments du FPRC constitués des Goulas et des Roungas sont en désaccord avec ceux de l’UPC constitués des peulhs. De sources proches des Anti-Balaka ont confirmé la présence des éléments FPRC  « 75 éléments FPRC ont traversé le pont avec armes et bagages pour demander la protection des Anti-Balaka » a rapporté Bertrand Goudé, commandant des Anti-Balaka de Bambari qui a indiqué que ces armes sont enregistrées et gardées.

 

Cette coalition a créé la psychose et paralysée les activités scolaires dans la ville de Bambari.

 

 

Centrafrique : Un combat signalé entre l’UPC et le FPRC à Bria

 

http://rjdh.org/ PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 21 NOVEMBRE 2016

 

BRIA, 21 Novembre 2016(RJDH) —  Un affrontement  est signalé depuis le matin du lundi 21 Novembre 2016, à Bria entre les combattants du Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) et les autres fractions de l’ex-Séléka contre les éléments de l’Union du Paix en Centrafrique (UPC). La base Marocaine de la Minusca a été aussi prise à partie. Les raisons de cet affrontement ne sont pas encore connues.

 

Les deux parties en présence à savoir le  Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique et l’Union de la  Paix en Centrafrique ont signé un accord dit de « Fin de crise dans la Haute-Kotto» le 29 Juin 2016. Ce combat intervient trois jours après la table ronde de Bruxelles où le gouvernement a mobilisé des fonds pour financer le DDRR, deuxième pilier du document présenté à Bruxelles.  De sources bien informées, la tension a commencé depuis hier soir entre les deux fractions et la situation s’est dégénérée ce matin à 7 heures.

 

Le maire de la ville de Bria contacté sur la question a confirmé les faits sans pour autant donner plus d’éclaircissement sur l’affrontement et son bilan, « la situation sécuritaire actuelle de la ville de Bria est inquiétante. Tous les humanitaires ont trouvé refuge à la base de la Minusca. Les gens n’ont pas un autre endroit pour se réfugier donc tout le monde se dirige actuellement vers la base onusienne de la localité », explique-t-il.

 

Le contingent marocain a été pris à partie par le FPRC qui l’accuse de complicité, l’une des raisons qui aurait occasionné l’attaque de la base marocaine de la Minusca, « les Marocains favorisent l’entrée des peulhs venus de Bambari et Ippy et les ravitaillent même en armes, on ne peut pas rester les bras croisés pour les laisser faire leur loi », a indiqué une source proche du FPRC.

 

Accusation qu’une source proche de la Minusca à Bria a rejeté tout en confirmant que la base des forces onusiennes a essuyé des tirs.

 

Pour le moment, le bilan de l’affrontement n’est pas encore connu. Des sources humanitaires jointes par le RJDH ont mentionné le transfert du personnel soignant de l’ONG International Médical Corps (IMC) à l’hôpital préfectoral de Bria par la Minusca afin d’apporter des soins d’urgence aux blessés.

 

Les éléments de l’UPC et du FPRC se sont affrontés à Bria un mois après l’assemblée générale des Ex Séléka dans la même localité. Ce combat crée actuellement un climat de psychose au sein de la population de Bambari fief des éléments de l’UPC là où la débandade de la population a été enregistrée ce matin dans la ville.

 

 

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 23:06
LES GROUPES ARMÉS SERONT TENUS POUR RESPONSABLES DES VIOLENCES À BRIA

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

 

Bangui, 21 novembre 2016 - La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) appelle à la fin immédiate des affrontements  qui ont éclaté lundi à Bria, entre les éléments armés du FPRC et de l’UPC,  soulignant que les deux groupes seront tenus pour responsables des violences, en particulier sur les populations civiles.

 

La MINUSCA met également en garde ces groupes armés contre toute attaque visant son personnel, ses installations et celles qu’elle protège, précisant que tout acte hostile aura une réponse appropriée. Ce lundi, la base de la MINUSCA a été la cible de tirs de la part d’éléments du FPRC avant que les casques bleus ne ripostent et ne les expulsent de la zone. Par ailleurs, un casque bleu a été légèrement blessé sur un autre terrain.

 

La MINUSCA a pris des mesures robustes pour protéger les civils sur place et les casques bleus patrouillent dans la ville de Bria afin de rassurer la population  et pour protéger les sites déplacés. Le bureau régional de la Mission est également en contact avec les responsables locaux et traditionnels afin d’amener les belligérants à mettre fin aux affrontements. Les agences des Nations Unies planifient une réponse humanitaire.

 

Par ailleurs, la MINUSCA  a pris des mesures de sécurité pour que les combats entre FPRC et UPC ne s’étendent à d’autres localités dans la région.

 

 

United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic

 

Vladimir Monteiro

 

Spokesperson/Porte-parole

 

MINUSCA - Avenue Barthélemy Boganda BP 3338 Bangui, Central African Republic

 

Cellphone: + 236 75980772 / 72259932 Extension : (173) 5545/5506 | E-mail: monteiro6@un.org

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 11:44
Lu pour vous : Côte d’Ivoire: l’ONG CAR dénonce un réseau de trafic d’armes vers la Centrafrique

 

 

 

http://m.le360.ma/  18/11/2016 à 19h08 Publié le 18/11/2016 à 18h34 Par notre correspondant à Abidjan Georges Moihet

 

La Côte d’Ivoire fait partie des principaux fournisseurs en armes de guerre dans la région sahélienne et en République Centrafricaine, rapporte un rapport de l'ONG anglaise Conflict Armement Research (CAR)

 

20% des fusils d’assaut «de type AK» et plus de 35% de ceux «de type 56-2» utilisés durant la crise centrafricaine proviennent de la Côte d’Ivoire, selon le rapport de l’organisation CAR publié en début de semaine.



L’ONG qui a enquêté dans une dizaine de pays africains à nommément cité le pays. «On a estimé qu’en 2012, par exemple, le gouvernement centrafricain a passé commande auprès de quelques intermédiaires en Côte d’Ivoire pour obtenir des fusils. Dans la totalité des cas, il s’agit bien de flux d’armes que je dirais illicites ou clandestins», a confié Claudine Gramizi, l’un des auteurs du rapport, à RFI.



Le rapport indique en outre qu’en 2015, des armes provenant du stock de l’armée ivoirienne ont été interceptées à Gao, au Mali, sur des individus en provenance du Burkina Faso.



Une partie de ces armes de fabrication chinoise notamment ont pu être «tracées» grâce à leur numéro de série note le rapport.

 

Ces informations laissent donc croire à l’existence d’un réseau de trafiquants d’armes qui écument la Côte d’Ivoire afin d’alimenter les conflits dans la région.  D'autant que ce n’est pas la première fois que le pays fait face à de pareilles accusations.



Au premier trimestre, des experts de l’ONU avaient, dans un autre rapport, souligné que Guillaume Soro, patron de l’ex rébellion et actuel président de l’assemblée nationale, et ses proches, détenaient un important stock d’armes dans le nord du pays, des armes échappant au contrôle de l’armée régulière.



Suite à près de 10 ans de crise militaro-politique, le pays avait vu circuler un nombre important d’équipements, tant au niveau de la rébellion et des milices que de l’armée régulière. Et les spécialistes conviennent qu’une part non négligeable de ce matériel reste encore introuvable.



Il est à noter qu’outre la Côte d’Ivoire, le rapport d’une cinquantaine de pages, cite également la Libye et le Soudan comme sources d’approvisionnement des réseaux illégaux d’armes à feu. Les auteurs ont en outre indiqué qu’ils poursuivaient leurs investigations afin de fournir plus de détails sur les circuits empruntés par les trafiquants.

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 21:02
L'archevêque de Bangui devient le premier cardinal de l'histoire de la RCA
L'archevêque de Bangui devient le premier cardinal de l'histoire de la RCA
L'archevêque de Bangui devient le premier cardinal de l'histoire de la RCA

 

 

 

Avec notre correspondant au Vatican, Olivier Bonnel

 

Par RFI Publié le 19-11-2016 Modifié le 19-11-2016 à 20:13

 

Dix-sept nouveaux cardinaux rejoignent le collège des hommes en pourpre. Ils sont 228 au total, mais la moitié d'entre eux âgés de moins de 80 ans ont le droit d'élire un nouveau pape. Parmi ces nouveaux cardinaux, deux Africains et à 49 ans le plus jeune d'entre eux est l'archevêque de Bangui Mgr Dieudonné Nzapalainga.

 

Reportage.

 

C’est en latin, comme le veut la tradition que le pape a énuméré le nom de ces 17 nouveaux membres qui ont rejoint le Sacré collège, parmi lesquels 13 électeurs en cas de conclave.

 

En remettant la pourpre à l’archevêque de Bangui, François en fait le plus jeune des « princes de l’Eglise » à seulement 49 ans. Le pape a voulu remercier cet évêque de terrain, inlassable artisan de paix dans son pays. Un honneur que le nouveau cardinal prend avec humilité :

 

« Moi, je ne prends pas ça comme du mérite ou autre chose. Je prends ça comme un appel, un don que le Seigneur fait, pas pour moi, mais au peuple centrafricain qui depuis souffre, qui depuis aspire à la paix. Le pape est venu visiter ce pays pauvre et il appelle maintenant un fils pauvre d’un pays pauvre pour l’aider dans sa mission que le Christ a laissée à Pierre. A travers lui, c’est un signal fort pour les pauvres aussi de par le monde. »

 

Dans son homélie, le pape a déploré que « la polarisation et l’exclusion » soient souvent conçues comme l’unique façon possible de résoudre les conflits. Les différences, a-t-il souligné, sont transformées alors en « symptômes d’hostilité, de menace, et de violence. »

 

Des mots qui pourraient s’appliquer parfaitement à la Centrafrique. Ce consistoire a provoqué une grande joie chez les 200 Centrafricains qui avaient fait le déplacement au Vatican.

 

 

Le cardinal Nzapalainga, témoin de miséricorde pour la Centrafrique

 

http://fr.radiovaticana.va/

 

(RV) Entretien - Parmi les 17 nouveaux cardinaux créés ce 19 novembre par le Pape François se détache la figure du cardinal Dieudonné Nzapalainga. L’archevêque de Bangui, en République centrafricaine, un religieux spiritain de 49 ans, est devenu en quelques années une figure de rassemblement dans un pays fracturé par une guerre civile et une instabilité politique chronique.

 

En lien avec l'imam Oumar Kobine Layama, président du Conseil Islamique, et le pasteur Guerekoyame-Gbangou, président de l’Alliance évangélique, l’archevêque de Bangui a fondé la Plateforme de Paix interreligieuse de Centrafrique, qui a permis de mettre fin aux massacres perpétrés par des milices, alors qu'en 2013 et 2014, le risque d'un conflit interethnique et interreligieux semblait se profiler. Autre évolution dans laquelle les chefs religieux ont joué un rôle décisif : le retour à une stabilité institutionnelle, avec l'organisation d'élections en 2015 et 2016.

 

Encouragé dans ses efforts par la visite du Pape François en novembre 2015 dans son pays, où le Pape avait symboliquement ouvert la première Porte Sainte du Jubilé de la Miséricorde à la cathédrale de Bangui, le cardinal Nzapalainga entre maintenant dans le Sacré Collège, et dans l’histoire, devenant le premier cardinal de ce pays considéré comme l’un des plus pauvres et les plus isolés du monde.

 

Au micro de Cyprien Viet, il évoque la joie de son peuple, dont de nombreux membres, catholiques mais aussi protestants et musulmans, sont venus l’entourer à Rome à l’occasion de ce consistoire.

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 16:32
Centrafrique : Dieudonné Nzapalainga intronisé Cardinal par le Pape François
Centrafrique : Dieudonné Nzapalainga intronisé Cardinal par le Pape François
Centrafrique : Dieudonné Nzapalainga intronisé Cardinal par le Pape François
Centrafrique : Dieudonné Nzapalainga intronisé Cardinal par le Pape François
Centrafrique : Dieudonné Nzapalainga intronisé Cardinal par le Pape François

 

 

http://www.radiondekeluka.org/ samedi 19 novembre 2016 13:38

 

C'est désormais fait. L'archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga, en compagnie de 16 autres nominés, a officiellement fait son entrée ce 19 novembre dans le collège des Cardinaux de l’Église Catholique. 



Une cérémonie qui s'est déroulée à la Basilique St-Pierre de Rome en présence du Président centrafricain, Faustin Archange Touadera, des deux autres leaders de la plateforme religieuse, l’imam Kobine Layama, le pasteur Nicolas Guere-Koyamet Gbangou et une forte délégation  centrafricaine. 



C'est aux environs de 10 TU qu'a démarré le consistoire au cours duquel, les 17 nouveaux cardinaux ont été créés par le Pape François. S'en est suivi une réception offerte par les nouveaux cardinaux aux délégations respectives de leurs pays.    

 

Tournant décisif



Cette nomination historique pour la République Centrafricaine qui voit un de ses fils être créé cardinal est salué par tout le pays. « Mgr Dieudonné Nzapalainga a beaucoup œuvré pendant les moments difficiles pour la paix et la cohésion sociale dans le pays, sa nomination nous donne de la joie et du courage », déclare un compatriote musulman du PK 5. 



Un autre de renchérir « qu'il n'a cessé durant la crise d'effectuer des visites dans les sites pour personnes déplacées afin de consolider la paix dans le pays ».



A l'intérieur du pays notamment à Berberati, Sibut, Boali ou encore Beloko et Mobaye, les centrafricains de ces régions joints par RNL se réjouissent de cette nomination. Ils estiment que « c'est un tournant décisif dans l'histoire de la RCA, un moment de fierté », qui, selon eux, peut contribuer « au retour de la paix dans le pays ». 



Si beaucoup de compatriotes estiment que « Dieudonné Nzapalainga a été appelé par Dieu », l'intéressé, cité par le site urbi-orbi-africa. lacroix.com, estime que cette nomination est pour lui, « un appel à continuer le travail en vue de la réconciliation en Centrafrique ». Et le cardinal centrafricain d'ajouter que « nous devrons travailler ensemble pour la réconciliation et montrer que les religions ne doivent pas nous diviser mais plutôt nous unir ».



C'est le 9 Octobre dernier que le Pape François a annoncé lors de l’angélus, la création de 17 nouveaux cardinaux parmi lesquels le Centrafricain Dieudonné Nzapalainga.

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 16:30

 

 


 

Après la guerre fratricide qui a ébranlé notre chère patrie, la République centrafricaine se devrait de reconquérir les attributs liés au statuts d'un Etat. Ainsi avec le soutien de la communauté internationale, l'ordre constitutionnel a été rétabli et un gouvernement a été mis en place pour reconstruire la nation centrafricaine. Cette guerre dévastatrice a produit des effets néfastes sur toutes les couches de la société et les stigmates sont encore parlants. Des attaques sporadiques et récurrentes des groupes armés sur les paisibles populations ont étouffé les efforts déjà limites et insuffisants du gouvernement.

 

Les recettes de l'Etat étant insuffisantes parce que utilisées à d'autre escient, le gouvernement n'a d'autres options que de solliciter les institutions financières internationales pour l'aider par des dons ou prêts pour redresser le pays. C'est ainsi qu'un rendez-vous vital a été fixé au 17 novembre 2016 avec les donateurs sous l'égide de l'Union européenne à Bruxelles. Cette rencontre appelée communément "table ronde "( nous ne savons même pas si la table autour de laquelle se tient cette rencontre est véritablement ronde ) devrait permettre aux nouvelles autorités de mobiliser des fonds si ce n'est des promesses sur la base d'un programme triennal ou quinquennal de reconstruction du pays. Il s'agit d'une opération de séduction menée par le gouvernement centrafricain car les défis à relever sont immenses.

 

En guise de gage de réussite, le Président de la République avait mis en place un comité de pilotage composé de toutes les couches de la société. Ce comité a travaillé méticuleusement pour mettre en place un chronogramme de projets à court, moyen et long terme. Ainsi, nous relevons l'étape préparatoire du programme, l'étape de présentation ou de plaidoirie et l'étape post table ronde. Dans les faits, la phase de tolérance va arriver à échéance, une nouvelle phase va s'ouvrir avec pragmatisme où les effets de la table ronde doivent se ressentir dans le panier de la ménagère. À travers cette table ronde, quelles sont les attentes du peuple centrafricain ? Les enjeux ou les objectifs de cette table ronde de Bruxelles ont été bien expliqués à la population par voie des médias ?

 

Certains pensent que le Président de la République ramènera de l'argent liquide de cet énième voyage. Cette conférence de dernière chance avait toutes les raisons d'aboutir. La Centrafrique partait favori car elle sortait d'une crise militaro-politique, le programme de sortie de crise avait été préparé avec l'appui des représentants de l'ONU et ces derniers ont assisté personnellement aux débats à Bruxelles. Tous ces paramètres constituent un gage pour convaincre les donateurs du bien fondé du programme. A ce titre, l'échec de la table ronde devrait aussi être l'échec de la communauté internationale. À travers ce programme, l'Etat centrafricain doit présenter des garanties nécessaires pour relever la situation, la bonne gouvernance, le rétablissement de la paix, la restauration de l'autorité de l'Etat et surtout le respect des droits de l'homme.

 

Ainsi, nous nous posons légitimement la question de savoir si la libération de Lakosso et Mokwapi n'était pas une manière d'éviter des tâches d'huile sur les documents de la table ronde ? Si tel n'est pas le cas, les charges qui ont permis leur arrestation n'étaient pas suffisantes pour justifier un mandat de dépôt ? Le pouvoir doit faire très attention à l'avenir pour éviter ces genres de dérapages qui risquent de dresser des défenseurs des droits de l'homme sur leur chemin. S'agissant de l'union sacrée, il a fallu attendre qu'une cause commune soit mise en péril pour que l'union sacrée soit effective ? Quel sera le sort de cette union sacrée après Bruxelles ? "L'union fait la force" est un vieux proverbe et aussi la devise de beaucoup de pays occidentaux dont la Belgique. C'est en se réunissant et en associant nos forces qu'on peut lutter et combattre efficacement un fléau.

 

Dans le contexte centrafricain, peut-on parler de l'union sacrée alors que le pouvoir accuse les partis politiques de tentative de coup d'Etat ou de manipulation de la société civile ? Peut-on parler d'union sacrée sur fond de suspicion et de méfiance ? Au nom du prolongement du principe de l'union sacrée, pourquoi ne pas confier la prochaine primature à l'opposition ? Pour notre mathématicien, l'équation de la table ronde est facile à résoudre : des garanties contre des promesses. Cela donnera un nouvel élan au gouvernement déjà essoufflé, lessivé et atteint précocement par l'usure. Il est urgent de mettre en place un nouveau gouvernement qui reflète l'union sacrée. Il faut aussi relever que les investisseurs ont une sale habitude d'imposer un chef de gouvernement comme condition de décaissement de l'argent.

 

Nous avons connu cela par le passé. Une telle formule facilitera t-elle la cohésion et la mise en place de la politique de rupture ? Cela n'ajoutera pas une autre crise à celle déjà existante ? Ce nouveau gouvernement suffira t-il a soufflé un vent nouveau ? Parallèlement aux applaudissements que nous adressons à l'endroit du chef de l'Etat et de son équipe suite au succès de Bruxelles, nous invitons le guide en cas de promesses tenues, de mettre en place un mécanisme de contrôle et de suivi de cette manne, qu'elle soit utilisée à bon escient, en bon père de famille et surtout en pensant à la génération future. Avant de tenir leur promesse, certains bailleurs peuvent avoir la curiosité de poser la question de savoir ce qui différencie ce régime aux précédents. Pour ce faire, nous demandons au chef de l'Etat de veiller pour ne pas que la gestion de la chose publique soit familiale, de renforcer la lutte contre la corruption et l'impunité.

 

D'autres bailleurs vont saupoudrer les financements en nous mettant sous perfusion pour voir notre capacité de relever le défi. Pour finir et à la lecture de tout ce qui précède, nous constatons que les bailleurs nous mettent sous les feux de projecteur et peuvent changer d'avis à tout moment. N'oublions pas qu'il ne s'agit que de promesses et ce n'est pas la première fois que notre pays obtient des promesses non suivies d'effets. Pour le bien être socio-économique de notre pays et au nom de l'intérêt supérieur de la nation, nous nous permettons de demander avec insistance au Président de la République de se libérer de querelles politiciennes, de passer l'étape de l'union sacrée circonstanciée à l'union sacrée permanente, le temps de redresser les tissus économiques, de restaurer la paix et l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.                                                                                                                                         

 

Lyon le 19 novembre 2016.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections.  

CENTRAFRIQUE : L'UNION SACRÉE A BIEN FONCTIONNÉ À BRUXELLES, MAIS POURQUOI PAS À BANGUI ?  par Bernard Selemby Doudou
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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 16:53
Lu pour vous : Cardinal Nzapalainga : « Le pape a appelé le fils pauvre d’un peuple pauvre »

 

 

 

http://urbi-orbi-africa.la-croix.com/ 18 novembre 2016

 

L’archevêque de Bangui (Centrafrique), qui sera créé cardinal samedi 19 novembre par le pape François, confie à Urbi&Orbi Africa combien cette nomination est pour lui un appel à continuer son travail en vue de la réconciliation dans son pays.

 

C’est dans un petit village où il installait un prêtre comme curé que Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui (Centrafrique), a appris que le pape François avait fait de lui un cardinal.

 

« Après la messe, raconte-t-il, je parlais avec les fidèles, leur demandant de bien accueillir leur nouveau curé, quand mon chancelier est venu avec le téléphone : “C’est urgent”, me dit-il. Mais je n’avais pas le temps et lui ai dit d’attendre. Le correspondant a insisté plusieurs fois : c’était la nonciature qui ne voulait laisser à personne le soin de me prévenir que, à l’angélus, le pape avait cité mon nom parmi les nouveaux cardinaux ! »

 

Celui qui sera créé cardinal samedi 19 novembre en la basilique Saint-Pierre de Rome se souviendra longtemps de la ferveur populaire qui a accueilli cette nomination.

 

 « Un appel à continuer à travailler pour la réconciliation »

 

« Quand nous sommes rentrés à Bangui, les gens se massaient sur la route. Il nous a fallu 4 h 30 pour traverser la ville. Comme si nous avions gagné la Coupe du monde ! »

 

Dans la cathédrale, les fidèles étaient massés dès 16 heures mais attendront 19 h 30 l’arrivée de leur archevêque qui, malgré tout, prend avec humilité son élévation à la pourpre.

 

« Je ne le prends pas comme un mérite : mais comme un appel pour le peuple centrafricain, un peuple qui souffre, explique-t-il. Le pape a appelé le fils pauvre d’un peuple pauvre. »

 

« Cette nomination intervient comme un appel à continuer à travailler ensemble pour la réconciliation, pour montrer que les religions ne viennent pas nous diviser et nous unir », ajoute celui qui, depuis des années, œuvre inlassablement avec le pasteur Guerekoyame-Gbangou, l’imam Kobine pour apaiser les tensions ethniques et religieuses dans leur pays.

 

 « Il faut continuer à renforcer les liens »

 

La République centrafricaine se souvient avec émotion de la venue du pape François, il y a tout juste un an, pour l’ouverture du Jubilé.

 

« Un événement historique inoubliable, se souvient le futur cardinal. Il est venu en messager de paix. J’ai vu des ministres pleurer parce que, comme par magie, les armes se sont tues. Chaque Centrafricain a été touché de le voir si proche de chacun. Des musulmans m’ont dit : “Il est venu nous libérer” »

 

Samedi, pour le consistoire qui le créera cardinal, 115 personnes viendront de Bangui, dont le pasteur Guerekoyame-Gbangou et l’imam Kobine.

 

« Nous avons un symbole fort à poser ici, affirme le futur cardinal. Nous irons aussi dans une mosquée de Rome, rencontrer nos frères musulmans, et dans un temple, visiter nos frères protestants. Il faut continuer à renforcer les liens. »

 

« Être présent aux périphéries »

 

À Bangui, il ne cesse d’ailleurs de sillonner la ville poussant chrétiens et musulmans à « faire tomber les barrières » qui séparent les quartiers.

 

Il n’hésite pas à aller à la rencontre des jeunes djihadistes, les exhortant à la paix. Et il raconte comment beaucoup sont touchés de voir l’archevêque venir leur parler et réussir à les désarmer.

 

Fidèle à l’appel du pape François à être présent aux périphéries, Mgr Nzapalainga ira d’ailleurs, de retour en Centrafrique, célébrer sa première messe de cardinal en brousse.

 

« On ira voir les gens, les rencontrer, soigner les malades. Il nous faut être présent à ces périphéries. Ensuite, je viendrai célébrer à la cathédrale. »

 

Nicolas Senèze, à Rome

 

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 16:32
Lu pour vous : DANS L’ENFER CENTRAFRICAIN

 

 

 

http://www.estrepublicain.fr/ 18/11/2016 à 05:05, actualisé à 09:13

 

L’opération Sangaris vient de s’achever. Plusieurs régiments lorrains y ont été engagés. Tension continue, combats violents, absence de repos, de confort et surtout de reconnaissance : la mission laissera des traces.

 

Son récit prend aux tripes. Le colonel Didier Leurs raconte l’enfer centrafricain comme s’il y était encore. « Chacune de mes conférences se termine par une "standing ovation". Comme si les gens découvraient la violence de cette mission », s’étonne l’ancien chef de corps du 16e bataillon de chasseurs de Bitche.

 

L’opération Sangaris en Centrafrique s’est achevée le 31 octobre, dans l’indifférence générale qui l’a accompagnée pendant ses trois ans d’existence. Un déficit de notoriété qui tranche avec les dommages dévastateurs générés dans les rangs par cette Opex (opération extérieure). « Au retour, la moitié de ma section a quitté l’armée », confie un gradé lorrain sous couvert d’anonymat. « Les syndromes post-traumatiques sont plus profonds et importants qu’en Afghanistan », reconnaît le colonel Leurs, qui a vécu les deux théâtres.

 

De juin à octobre 2014, en plein pic génocidaire, il a dirigé à Bangui, la capitale, un groupement tactique interarmes. La mission la plus complète qu’il ait jamais connue sur le plan stratégique : « Il y avait tous les jours des défis logistiques à relever et des choix à opérer, compte tenu du peu de forces dont nous disposions vis-à-vis des besoins. Mais je n’ai eu que des héros. Jamais personne n’a reculé. » Les chiffres qu’il égrène sonnent pourtant comme autant de rafales de balles : « En quatre mois, on a eu 34 engagements armés, 20 opérations de fouilles durant 9 à 10 heures chacune, sous tension extrême, quatre blessés et 27 évacués, dont certains pour des syndromes post-traumatiques. C’était éprouvant. »

 

Chaleur humide, matériel de 40 kilos à porter quotidiennement, conditions ultrarustiques en début de mandat, les organismes ont morflé : « Même si l’on est entraîné pour ça, on est allé au-delà de nos limites. Notre seule journée de repos a coïncidé avec notre engagement le plus dur ! »

 

Mais c’est surtout le psychisme, dans cette mission de maintien de la paix sans ennemi identifié, qui a été mis à rude épreuve : « Passer quatre mois non-stop en zone urbaine, au cœur de la population, est inédit. » « Le soldat est en permanence sous l’emprise de cette pression. Ne jamais disproportionner la réponse requiert un effort de chaque seconde pour éviter toute catastrophe stratégique. »

 

Et ce alors que les tensions entre seleka musulmans et anti-balaka chrétiens donnent lieu à des exactions d’une rare sauvagerie, pouvant aller jusqu’au cannibalisme : « On a eu affaire à l’horreur tous les jours et ça, on ne s’y habitue jamais. »

 

Un cumul de difficultés difficile à absorber pour les troupes. S’y ajoute le manque de reconnaissance : « Les soldats ont mis quotidiennement leur vie en jeu là-bas. Quand ils rentrent, personne ne sait ce qu’ils y ont fait, même pas la nation. Et les médias n’évoquent ce théâtre que pour parler d’abus sexuels encore en cours d’instruction. » Le décalage interpelle le colonel Leurs, fier du bilan français : « Quand on est arrivé, c’était la loi du plus fort et le chaos. On laisse à l’Onu un pays en voie de normalisation. »

 

8régiments lorrains ont été engagés dans Sangaris. Le 1er RI de Sarrebourg et le 1er RT d’Epinal s’y sont rendus à deux reprises. Le 16e BC de Bitche a réalisé une mission. Les deux régiments d’hélicoptères de combat d’Etain et Phalsbourg s’y sont relevés plusieurs fois. Des militaires des transmissions du 40e RT de Thionville, du 53e RT de Lunéville et du 8eT RMAT y sont allés aussi.

 

« Au retour, la moitié de ma section a quitté l’armée », confie un gradé lorrain sous couvert d’anonymat

 

« On a eu affaire à l’horreur tous les jours et ça, on ne s’y habitue jamais »

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