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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 18:04
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Le groupe parlementaire URCA accuse le pouvoir de créer un climat délétère

 

http://rjdh.org/  PAR JEAN FERNAND KOENA LE 12 NOVEMBRE 2016

 

BANGUI, 12 Novembre 2016 (RJDH) —- Le groupe parlementaire du premier parti d’opposition, l’URCA a accusé le gouvernement qui soupçonne leur président, Anicet Georges Dologuelé d’intelligence avec le Chef d’Etat d’un pays voisin dans le but de renverser le régime de Bangui. Position exprimée par André Nalké Dorogo, vice-président de l’URCA ce 11 novembre.

 

Dans sa mission de contrôle de l’exécutif, le Parlement a interpellé ce 11 novembre, le Ministre de la Sécurité publique et celui de la Justice suite à la ville morte qui a endeuillé des familles et paralysé la capitale centrafricaine le 24 octobre dernier.

 

Profitant de la présence des deux ministres, le groupe parlementaire de l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA) a dénoncé l’attitude du gouvernement qui l’accuse d’intelligence avec les groupes armés.

 

En réponse à ces accusations de complicité formulé par le pouvoir, André Nalké Dorogo, vice-président de l’URCA a déclaré que « les ennemis de la Nation sont connus, ils ne se cachent pas et se réunissent au vu et au su du gouvernement. Ils annoncent ce qu’ils vont faire, ils font ce qu’ils ont annoncé. Certains sont en relation avec le Chef de l’Etat qui les reçoit et dit-on qui leur remettra de l’argent » avant de qualifier l’arrestation de Gervais Lakosso et Marcel Mokwapi d’ « inopportune ». Il s’est interrogé « si l’arrestation des leaders de la société civile permettra au gouvernement d’identifier ceux qui ont tiré sur la population ?»

 

Face aux critiques, le ministre de la Sécurité publique a encouragé le Parlement à l’action efficace « à procéder à des investigations au-delà d’une interpellation, pourquoi  pas la mise en place d’une commission parlementaire » a-t-il suggéré.

 

La prise de position du groupe parlementaire URCA intervient après l’annonce d’une tentative du coup d’Etat par le Chef de l’Etat lors de sa rencontre avec les forces vives de la nation au lendemain de la ville morte du 24 Octobre 2016. Rencontre à l’issue de laquelle Faustin Archange Touadera a sollicité l’union sacrée. C’est la deuxième en l’espace de 7 mois d’exercice.

 

 

Centrafrique : Le gouvernement encourage la création d’entreprises

 

http://rjdh.org/  PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 12 NOVEMBRE 2016

 

BANGUI, 12 Novembre 2016 (RJDH) —  Le ministère de la justice en partenariat avec l’organisation internationale de la Francophonie (OIF) ont procédé du 9 au 11 novembre à Bangui, à l’évaluation de la promotion du droit à l’organisation pour l’harmonisation en Afrique des droits des affaires (OHADA) et la relance de la création d’entreprise.

 

La création d’entreprises en Centrafrique s’est  confrontée à des difficultés d’ordre financier. Entre temps, le coût minimum pour la mise en œuvre d’une entreprise s’élève à environ un million de FCFA. Ce montant est revu en baisse avec l’appui de l’OIF. A cent mille francs CFA, une entreprise pourrait se créer désormais en Centrafrique.

 

Arsène Sendé, inspecteur général des services judiciaires au ministère de la justice et droits de l’homme, a énuméré des recommandations proposées par les participants au gouvernement, « la création d’un succursale de banque au sein du guichet afin de faciliter les mouvements des Fonds, l’exonération des chiffres d’affaires, la réduction du montant de la création d’une entreprise à 100.000 FCFA, entre autres, sont autant de suggestions formulées», a fait savoir cette autorité judiciaire.

 

Il déplore que sur 190 pays membres de l’OHADA, la Centrafrique occupe le 185ème rang et sur 53 pays africains, « notre pays est classé à la 49ème place. Nous avons des efforts à déployer afin de relever le défi des affaires, et c’est pourquoi le gouvernement et les partenaires de l’OIF ont pensé qu’il est important de regrouper les acteurs pour proposer des solutions »,a –t-il justifié.

 

Arsène Sendé précise que les textes vont accompagner les acteurs du frein au développement, « des auteurs des fraudes, de la corruption et ceux qui organisent les lenteurs dans le processus des documents, seront traduits à la justice, quel que soit la personnalité de l’individu », a-t-il soutenu.

 

Le développement économique de Centrafrique dépend du relèvement des entreprises, la redynamisation du secteur agricole et de l’élevage.

 

 

Centrafrique : Le Cardinal Dieudonné Nzapalainga au chevet des enfants du km5

 

http://rjdh.org/  PAR JUVENAL KOHEREPEDE LE 12 NOVEMBRE 2016

 

BANGUI, 12 novembre 2016(RJDH) : Le Cardinal Dieudonné Nzapalainga était ce jeudi 10 novembre au Km5 pour faire un don de kits scolaires aux enfants déscolarisés. Le Prélat leur a remis un lot de matériels didactiques et des vivres. Par ce geste, il entend redonner l’espoir à ces enfants victimes de la crise centrafricaine.

 

Depuis la crise militaro-politique, les échanges de tirs d’armes à feu perturbent la scolarité des élèves du Km5. Aussi, la précarité empêche certains de fréquenter l’école. A cela, faut ajouter que des enseignements affectés dans les établissements publics refusent de se rendre à leur lieu de travail, craignant pour leur sécurité.

 

Pour encourager les élèves démunis à parfaire dans de meilleures conditions l’année académique 2016-2017, le plus jeune des Cardinaux nouvellement nommés par le Pape François, l’Archevêque de Bangui, Cardinal Dieudonné Nzapalainga a remis des kits scolaires et des vivres aux élèves du Km5. Ce don est composé de quarante paquets de cahiers de 100 pages, quarante paquets de cahiers de 50 pages, cinquante boites de craie, 25 paquets de cahiers de 32 pages, des douzaines d’ardoises, de crayons ; des sacs de riz, d’huile ou des cartons de sardines.

 

Sur son geste, Cardinal Dieudonné Nzapalainga a justifié qu’«il n’y a des parents qui n’ont pas les moyens pour envoyer leurs enfants à l’école, je viens là pour faire ce geste à ces enfants orphelins, abandonnés, pour qu’ils puissent étudier, demain être infirmiers, des ministres, des députés, c’est mon souhait ».

 

Ce geste est bien accueilli par le conseiller de la Mairie du 3e arrondissement, Abdoulaye Aroufaye, qui a demandé aux parents des élèves de son arrondissement d’envoyer massivement leurs enfants à l’école.

 

Cet appui intervient un mois après celui qui visait les enfants peuls de Yaloké.

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 11:43
Centrafrique: la justice ouvre une enquête visant entre autres la force de l'ONU

 

 

12/11/16 (AFP)

 

Le ministre centrafricain de la Justice a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête visant entre autres la force des Nations unies dans le pays après la mort de quatre civils à Bangui lors d'une manifestation le 24 octobre dernier.

 

"Nous allons établir la vérité en ouvrant une enquête contre les éléments de la Minusca (Mission des Nations unies en Centrafrique) car ces forces étaient sur place au moment des tirs", a déclaré à l'AFP le le ministre, Flavien Mbata.

 

"Il y a des procédures qui ont prévues (pour) engager la responsabilité pénale des auteurs de ces tirs, s'il est établi que ce sont les forces onusiennes", a-t-il dit.

 

Les deux autres volets de l'enquête visent les organisateurs de la manifestations et "les éléments centrafricains qui ont été vus sur les lieux", a précisé le ministre.

 

Le coordonnateur de la Société civile, Gervais Lakosso, organisateur de la journée "ville morte", est en garde à vue depuis plusieurs jours.

 

Quatre civils avaient été tués et 14 personnes blessées le 24 octobre à Bangui lors de cette journée "ville morte" pendant laquelle un collectif de la société civile avait demandé le retrait de la Minusca, accusée de "passivité" face aux groupes armés.

 

A la mi-journée, des Casques bleus avaient bloqué des manifestants qui se dirigeaient vers le quartier général de la Minusca pour faire un sit-in devant le bâtiment, selon des témoins. Les Casques bleus avaient effectué des tirs de sommation pour disperser les manifestants.

 

La Minusca, qui compte plus de 12.000 soldats et policiers, se trouve en première ligne dans ce pays sans Etat ni armée, face aux attaques de groupes armés qui ont fait plusieurs dizaines de morts en octobre.

 

La Centrafrique peine à se relever du chaos de la guerre civile provoquée en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par des rebelles séléka ("coalition" en langue sango) majoritairement musulmans, qui avait entraîné une contre-offensive des milices antibalaka majoritairement chrétiennes.

 

L'intervention de la force française Sangaris et de la Minusca a certes réduit l'intensité des massacres mais n'a pas réussi à stabiliser la situation sécuritaire dans ce pays classé parmi les plus pauvres au monde.

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 11:41
Centrafrique: la haine ne désarme pas à Kaga Bandoro

 

 

11/11/16 (AFP)

 

"C'est là que j'ai vécu pendant trois ans". Sylvie montre les ruines d'une toute petite maison qu'elle avait construite dans l'ex-camp des déplacés de Kaga Bandoro, au coeur d'une Centrafrique où la moindre étincelle rallume les feux du conflit intercommunautaire.

 

Derrière le bâtiment de l'évêché catholique, au milieu d'un champ de terre brûlée, entre les murets d'un mètre de haut désormais à ciel ouvert, la jeune femme retrouve un peigne sur la terre battue à côté d'un panier en osier éventré.

 

C'est la première fois qu'elle revient sur les lieux. Le 12 octobre, au moins 37 personnes ont été massacrées dans ce camp majoritairement chrétien, qui abritait plusieurs milliers de déplacés.

 

Les rescapés parlent d'un bilan plus lourd que celui de la Mission des Nations unies (Minusca). "Des gens ont été brûlés sur place, comme là bas, deux petits et une grand-mère", raconte le gardien du site, Michel Kenzé, autour d'une pompe où des enfants tirent de l'eau. Des cadavres ont été abandonnés aux porcs et aux sangliers, d'après Sylvie et Michel.

 

Les responsables ? Des miliciens séléka musulmans, qui ont lancé une opération de représailles après la mort d'un des leurs.

 

Comme Sylvie, les 8.000 déplacés ont fui pour improviser un autre camp entre la base de la Minusca et la piste de l'aéroport, un kilomètre plus loin.

 

Face à la Minusca, Sylvie vend des fritures et des arachides sous plastique sur deux petites tables, au milieu d'un marché reconstitué depuis un mois autour d'une pure économie de subsistance.

 

Des fillettes improvisent des rondes et des chants au bord de la piste d'atterrissage. Elles ne vont plus à l'école. "On venait de lancer la rentrée scolaire le 19 septembre. Le 12 octobre, un inspecteur de l'éducation a été tué. Du coup l'inspection a fermé", se désole un responsable humanitaire de la Minusca.

 

"Il y avait eu un retour des fonctionnaires mais ils sont rentrés sur Bangui après ce qui s'est passé", ajoute le sous-préfet Paul Fradjala, qui ne s'aventure lui-même plus guère hors la base de la Minusca. Au-delà de la capitale, l'Etat (armée, police, administration) est quasi-absent sur tout le territoire d'un pays grand comme la France et la Belgique.

 

-L'enjeu du bétail-

 

"On veut la paix, on veut le désarmement des groupes armés", s'énerve Sylvie sous sa nouvelle cabane en plastique où elle a rangé le peu d'affaires qu'il lui reste, un cahier, un bidon, une vieille moustiquaire.

 

Ce n'est pas gagné. Sylvie elle-même n'ose pas s'aventurer chez les commerçants du quartier musulman, de l'autre côté de la ville et d'un pont gardé par quelques Casques bleus pakistanais - ce même contingent accusé de passivité lors des événements du 12 octobre.

 

Commerces de vivres et de vêtements, motel "Nuit blanche", garage de réparation pour moto-taxi, la vie bat son plein dans ce quartier musulman. Des "séléka", voire des combattants soudanais ou tchadiens se glissent tranquillement parmi les civils, de l'avis général.

 

"Dans le camps de déplacés, il y a aussi des hommes en armes parmi les civils, au su et au vu de la Minusca", rétorque Idriss Al Bachar. Ce jeune chef politique d'une faction séléka (MPC) condamne les tueries du 12 mais refuse encore le désarmement, estimant que les droits et la sécurité de la minorité musulmane (15 à 20% des 4,5 millions de Centrafricains) ne sont pas encore garantis.

 

Derrière ce discours se cache aussi l'enjeu du contrôle du bétail. "Je verse une taxe à la séléka, 11.000 francs CFA par bête" (16,50 euros), reconnaît Azrak Mahmat, le délégué du marché au bétail. Et il ajoute : "Quand je charge mon véhicule pour aller à Bangui, les anti-balaka (ndr: milices anti-séléka majoritairement chrétiennes) me menacent" aussi.

 

Au quartier musulman, le soir venu, deux voisins, Abdelkarim musulman de 56 ans, et Isakho Ndenga, chrétien de 71 ans, célèbrent des décennies d'une amitié qui a résisté à quatre ans de guerre civile. Un exemple pour la Centrafrique? "Inch allah", répond le musulman. Le chrétien: "Il y a un proverbe français qui dit: +patience et longueur de temps+".

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 11:27
MANŒUVRE DE LA MINUSCA A BANGUI

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

 

Bangui, le 11 novembre 2016 – Dans le cadre de ses exercices réguliers, la Mission Multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA) mène ce samedi une manœuvre dans la ville de Bangui.

 

L’objectif de l’exercice est de rassurer sur la capacité de la MINUSCA de répondre et de neutraliser toute forme violence ou d’agression contre les institutions et la population, conformément à son mandat.

 

L’exercice de samedi est mené par l’état-major intégré de Bangui, structure composée de militaires et de policiers de la MINUSCA et implique l’usage moyens humains et matériels. Des patrouilles terrestres seront menées dans les principaux axes de Bangui ainsi que le survol de la capitale par hélicoptère. 

 

 

United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic

 

Vladimir Monteiro

 

Spokesperson/Porte-parole

MINUSCA - Avenue Barthélemy Boganda BP 3338 Bangui, Central African Republic

Cellphone: + 236 75980772 / 72259932 Extension : (173) 5545/5506 | E-mail:monteiro6@un.org

 

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 11:13
RCA : G.LAKOSSO ET M. MOKWAPI, HÉROS NATIONAUX MALGRÉ EUX  par Bernard SELEMBY DOUDOU

 


 

Devant le silence d'Etat et l'indifférence totale du pouvoir central face au carnage de Kaga-Bandoro et environs, la société civile par le truchement de ses leaders a initié une journée ville morte et une marche pour protester contre des tueries barbares dignes d'une certaine époque. Nous tenons à rappeler que la marche est garantie par les dispositions de la constitution centrafricaine du 30 mars 2016. La population, se sentant trahi et livré aux seigneurs de guerre par le nouveau pouvoir a adhéré massivement à l'appel du coordinateur du groupe de travail de la société civile. Cet appel s'apparente à l'appel du Général De Gaulle du 18 juin 1944 et cette ville morte a été une réussite inattendue.

 

À travers cette réussite, la société civile a t-elle volé la vedette au pouvoir central ? Lors de la marche, il y avait des affrontements entre les forces de la Minusca et les manifestants entraînant des morts et de nombreux blessés. Les sources hospitalières ont confirmé formellement l'utilisation de balles réelles, alors on se pose la question de savoir si la société civile possédait des armes ? Si ce n'est pas le cas, qui a tué les manifestants ? Dans toute démocratie et tout pays de droit, dès lors qu'une manifestation publique engendre des morts, il est normal que le parquet général convoque les organisateurs pour déterminer les responsabilités. C'est ainsi que les deux leaders de la société civile ont été entendus, arrêtés et placés sous mandat de dépôt. Ils étaient accusés d'atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat, De trouble à l'ordre public, de destruction de biens et violence.

 

Dans le respect du principe de légalité des délits et des peines, appeler au départ de la Minusca constitue un crime ou délit en droit positif centrafricain ? Les deux leaders avaient-ils des convocations en bonne et du forme ? Il semblerait que Marcel Mokwapi n'avait pas été convoqué mais pourquoi il a fait l'objet d'arrestation ? C'est lorsqu'on se projette à desseins dans la justice comparative que le bas blesse. Les vrais fossoyeurs de la République c'est à dire les seigneurs de guerre de la nébuleuse Séléka qui ont commis des crimes, viols, enlèvements, destructions, spoliation des biens publics et privés sont en liberté alors qu'ils sont connus des services de police.

 

Par ce geste, le pouvoir central vient de commettre une erreur politique et a octroyé une plus-value, une valeur ajoutée en faisant la publicité de ces deux personnages qui d'emblée ne représentaient pas grand chose sur l'échiquier politique. Pourquoi les deux compères n'ont pas été mis en résidence surveillée ? Ou libéré sous caution ? Les deux personnages n'étant pas des criminels patentés, donc ne constituent aucun danger pour l'ordre public. Des personnalités qui ont répondu d'eux même à une convocation de police constitue réellement un danger pour l'ordre public ? Sont-ils victimes de leurs patronymes ? Ont-ils volé la vedette à l'élu de la nation ? Nous avons estimé opportun de mettre en exergue l'extrême rapidité d'exécution de la justice qui étonne alors que depuis sept mois de gouvernance, le pouvoir hésite, trébuche et tâtonne dans les prises de décision.

 

Comment des personnalités sans armes qui n'ont commis aucun crime peuvent se retrouver en prison alors qu'ils revendiquent une cause salvatrice pour le peuple qui vous a fait roi ? Outre les problèmes de compétence dont nous faisons l'économie, les droits liés à la garde à vue ( tel que le droit d'être assisté d'un avocat dès les premières heures de garde à vue, le droit de garder le silence, le droit d'être consulté par un médecin, le droit d'informer leurs familles etc...) leurs ont été notifiés et respectes ? Si tel n'est pas le cas, il y a nécessité de les relâcher et de ne pas statuer sur le fond car en procédure pénale, la forme prime sur le fond. A l'expiration du délai de garde à vue, étaient-ils présentés à un juge avant leur transfert au camp De Roux ? Et pourquoi la prison du camp De Roux ? Le pouvoir est-il dans l'appétit de s'approprier les luxueux prisonniers ? Quelles sont les conditions de leur détention ? L'objectif est-il de museler la société civile ? Par ce fait, nous assistons à une justice à double vitesse animée par aucun souci d'équité. Le principe de l'équité sous-entend qu'une information judiciaire devrait être ouverte contre les forces de la Minusca.

 

Le droit international a prévu de mécanismes pour poursuivre les membres d'une mission onusienne si et seulement si les autorités locales en manifestent le besoin. Le mutisme complice de la classe politique centrafricaine est choquant et les parlementaires nous dirons qu'ils se réservent le droit de ne pas s'immiscer dans une procédure judiciaire en cours. Alors que l'article 3 de la constitution du 30 mars 2016 interdit toute arrestation et détention arbitraire, tous les ingrédients ayant abouti à l'arrestation des deux compères semblent reposer sur des griefs fantaisistes. Ainsi nous appelons à la raison et de libérer les luxueux prisonniers et de réorienter le combat contre les vrais ennemis de la Centrafrique. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c'est moi.                 

 

Paris le 12 novembre 2016

 

Bernard SELEMBY DOUDOU

 

Juriste, Administrateur des Elections

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 19:11

 

BREVE VISITE D’AMITIE ET DE TRAVAIL DU PRESIDENT CENTRAFRICAIN CE JEUDI A N’DJAMENA

 

Le Président de la République centrafricaine Archange Faustin Touadéra a effectué ce jeudi 10 novembre 2016 une brève visite de travail de quelques heures à N’Djamena au cours de laquelle, il a eu des échanges avec le Président de la République IDRISS DEBY ITNO, Président en exercice de l’Union notamment sur la situation qui prévaut dans son pays. Un tête à tête de plus d’une heure a regroupé, les deux Chefs d’Etat et leur délégation respective à la Présidence de la République suivi ensuite d’un déjeuner. Interrogé par la presse sur l’objet de sa visite, le Président centrafricain a souligné que son pays, la RCA est lié par le Tchad par un lien de coopération séculaire au bénéfice de deux peuples frères centrafricain et tchadien. Le Président Touadéra qui a exprimé sa profonde gratitude à son homologue tchadien IDRISS DEBY ITNO a déclaré qu’il est venu partager son point de vue avec son frère IDRISS DEBY ITNO qui a une riche expérience en vue de permettre à son pays d’aller vers la consolidation de vivre ensemble.

 

Le Président IDRISS DEBY ITNO nous a toujours prêté une oreille attentive et il a été toujours au chevet de la RCA a tenu à rappeler Archange Faustin Touadéra qui a en outre ajouté qu’il est venu demander, l’appui de l’Union Africaine pour permettre à la République centrafricaine de sortir de la situation de crise actuelle. Répondant à son tour aux questions des journalistes, le Président tchadien IDRISS DEBY ITNO par ailleurs Président en exercice de l’Union Africaine a saisi l’occasion pour remercier son homologue centrafricain pour la marque de confiance à son égard tout en indiquant que le Tchad et la République centrafricaine ont une longue histoire commune. Ils sont deux pays avec un seul peuple devait-il évoqué.

 

Pour le Président IDRISS DEBY ITNO, le Tchad qui a connu une période tumultueuse de guerre pendant plus de trente années doit apporter sa contribution à la RCA. « Nous n’avons pas le droit d’abandonner la République centrafricaine mais nous devons tout faire, malgré les contre-vérités qui se disent sur le Tchad, pour aider la RCA à renouer avec le dialogue et la paix car l’instabilité en RCA touche directement le Tchad » a déclaré le Président IDRISS DEBY ITNO. En sa qualité de Président en exercice de l’Union Africaine, le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a annoncé, la tenue prochaine d’ici le 30 novembre 2016, d’un sommet extraordinaire des Chefs d’Etat de la CEEAC et de la CEMAC en vue d’aider la République centrafricaine. Des instructions sont données en ce sens au Commissaire de l’Union Africaine en charge des questions de paix et de sécurité ainsi qu’à l’envoyé spécial de l’UA en République centrafricaine a précisé en outre le Président IDRISS DEBY ITNO.

 

Le dossier avait été géré par l’OCI avec bonne foi mais il appartient aux frères centrafricains d’être conscients, d’abandonner la voie de la violence pour une vraie réconciliation de cœur a conclu le Président en exercice de l’Union Africaine. Après cette brève visite d’amitié et de travail, le Chef de l’Etat centrafricain a pris son avion pour son pays.

 

Source : Présidence du Tchad Par DGCOM Le 10/11/2016 17:21

 

BREVE VISITE D’AMITIE ET DE TRAVAIL DU PRESIDENT CENTRAFRICAIN CE JEUDI A N’DJAMENA
BREVE VISITE D’AMITIE ET DE TRAVAIL DU PRESIDENT CENTRAFRICAIN CE JEUDI A N’DJAMENA
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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 18:58
Centrafrique : La société civile initie un concert de casserole pour exiger la libération de ses deux leaders
Centrafrique : La société civile initie un concert de casserole pour exiger la libération de ses deux leaders
Centrafrique : La société civile initie un concert de casserole pour exiger la libération de ses deux leaders

 

 

http://rjdh.org/ PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 11 NOVEMBRE 2016

 

BANGUI, 11 Novembre 2016 (RJDH) – Au cours de la conférence de presse qu’elle a organisé mercredi 09 novembre au Palais des sports à Bangui, la société civile a annoncé l’organisation d’un concert de casserole de 72 heures. Ceci pour exiger la libération de Gervais Lakosso et Marcel Mokwapi.

 

Après l’arrestation de Gervais Lakosso et Marcel Mokwapi, deux leaders du Groupe de Travail de la Société Civile (GTSC), les autres membres de cette association multiplient les initiatives pour réclamer leur libération.

 

Le 09 novembre, le GTSC a organisé une conférence de presse sur l’arrestation de Gervais Lakosso et Marcel Mokwapi qui croupissent dans les geôles du Camp de Roux. Dans sa communication à la presse, la société civile a annoncé l’organisation d’un concert de casseroles pour exiger la libération de leurs deux leaders, a indiqué Philippe Makoundji, l’intérimaire du coordonnateur du (GTSC). Il a ajouté que ce tapage a débuté le 09 novembre et prendra fin vendredi 11, soit 72 heures.

 

Philippe Makoundji  a réitéré qu’ « un autre mouvement suivra le concert de casserole. Il s’agit d’une nouvelle ville morte pour un délai indéterminé ». Il a profité de cette occasion pour rejeter en bloc les chefs d’accusations qu’il juge «  infondés et fallacieux » portés à leur encontre, avant de dénoncer « énergiquement cet acte d’intimidation inutile qui n’entame en rien sa détermination ».

 

Il a martelé que « Le mouvement ‘’E ZINGO BIANI’’ exige  une réponse rapide et claire  de nos  autorités ainsi que la libération immédiate et sans conditions de ses leaders ».

 

Sur le concert de casserole, le constat révèle qu’il n’a pas été observé, pour manque de sensibilisation de masse à ce effet pour que  la population comprenne l’objectif de cette tintamarre de casseroles et des klaxons, a fait remarquer un enseignant qui a réagi sous l’anonymat.

 

Gervais Lakosso et Marcel Mokwapi ont été interpelés lundi 07 novembre par le directeur des services administratifs du Commissariat du port sur la question relative à la ville morte organisée lundi 24 octobre par la société civile. Ils sont gardés à vue un jour avant d’être déferrés dans la soirée de mercredi 08 du mois à la prison du Camp de Roux.

 

 

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 15:20
Lu pour vous : Jean Ping : « Les Français ont torpillé la position de l’Europe sur les résultats de l’élection »

 

 

ENTRETIEN

 

Le candidat malheureux à la présidentielle du 27 août accuse Paris d’avoir finalement validé des résultats dénoncés par les observateurs de l’UE.

 

Propos recueillis par Christophe Châtelot LE MONDE Le 09.11.2016 à 10h44

 

Candidat malheureux à l’élection présidentielle du 27 août face au président sortant Ali Bongo Ondimba à l’issue d’un scrutin qu’il juge frauduleux, Jean Ping a entrepris une tournée en Europe et aux Etats-Unis pour tenter de sensibiliser les autorités occidentales. L’ancien président de la Commission de l’Union africaine se dit convaincu que le résultat de l’élection peut encore être inversé et critique vertement l’attitude de la France.

 

Quel message êtes-vous venu délivrer ?

 

Jean Ping Avant l’élection, je suis venu régulièrement pour dire aux pays occidentaux que je serai un interlocuteur meilleur que l’autre [le président Ali Bongo Ondimba]. Depuis le scrutin, le monde entier sait que j’ai gagné ces élections, Ali Bongo aussi le sait. Pour la première fois au Gabon, il a été pris la main dans le sac en train de tricher. Les observateurs de l’Union européenne l’ont constaté. En 2009, on sait qu’il avait déjà triché, qu’il avait inversé les résultats pour sortir gagnant mais il n’y avait pas d’observateurs.

 

Cette année, dès le 31 août [jour de l’annonce des résultats], le pays était en ébullition. Les partenaires étrangers nous ont alors posé un certain nombre d’exigences : stopper la rue et faire marcher les institutions. On leur a dit qu’on sait que, depuis 50 ans, les institutions gabonaises sont biaisées. Mais ils nous ont promis de faire pression sur elles. On a donc accepté en pensant que la communauté internationale allait jouer son rôle et faire en sorte que la Cour constitutionnelle gabonaise dise le droit. Je crois que nos partenaires ont fait pression, mais ça n’a pas marché. A partir de ce moment-là, ces mêmes partenaires auraient dû le dénoncer et prendre des sanctions. Nous avons arrêté la rue qui manifestait son rejet d’Ali Bongo même si ce n’est pas moi qui avais instrumentalisé les violences.

 

Des promesses n’ont pas été tenues ?

 

Nous avons l’impression d’avoir été roulés dans la farine par certains qui, aujourd’hui, s’en lavent les mains. Ça veut dire quoi ce lâchage ? Comment dire un certain nombre de choses puis son contraire ? Je ne veux citer personne parce que je suis en France et que je ne veux vraiment pas critiquer les personnalités françaises…

 

Mais on ne peut que constater les ajustements de langage des autorités françaises…

 

Absolument. C’est pourquoi nous avons l’impression d’avoir été roulés dans la farine. Pas par l’Union européenne, je ne crois pas. Les Américains, je vais prochainement aux Etats-Unis, je ne sais pas encore.

 

Êtes-vous déçus par l’attitude de la France ?

 

Les Gabonais sont très, très, très déçus par la France. Moi, pour ce qui me concerne, je ne m’attendais pas à voir ce gouvernement-là faire des choses extraordinaires. Nous comptions davantage sur l’Union européenne et nous pensions que la France allait se cacher derrière elle. C’est beaucoup plus sage lorsque vous ne voulez pas prendre de décision ouvertement. Mais là, les Français ont torpillé la position de l’Union européenne.

 

Craignez-vous des attaques contre les intérêts français (10 000 Français ou binationaux vivent eu Gabon) ?

 

Ce serait contre-productif parce que cela dresserait les Français encore plus contre nous, et nous faisons tout pour éviter ça. Nous devons travailler avec ces intérêts dominants. Jusque-là, nous avons été entendus. Est-ce que ce sera comme ça tout le temps ? Nous ne pouvons pas le savoir.

 

Attendez-vous quelque chose d’un changement de majorité en France ?

 

Oui et non. Je pense que, n’importe lesquels seront plus courageux, qu’ils prendront des décisions. Et non, parce qu’en avril ce sera trop tard. Ça se joue maintenant. Imaginons qu’Ali soit encore là dans six mois, la droite ne pourra pas faire grand-chose.

 

Que peut faire Bruxelles ?

 

J’attends que la Commission dise le droit, en termes diplomatiques, mais le dise, c’est important, sur la base du rapport des observateurs de l’UE qui devrait être rendu public d’ici au 15 novembre. Mais, encore une fois, on ne pensait quand même pas que les autorités françaises allaient contrarier ce rapport, avant même sa publication. Voyez les déclarations du premier ministre français Manuel Valls [le 31 octobre sur les ondes de RFI, il déclarait : « Le Gabon a un président. Et le seul souhait que nous pouvons émettre, c’est qu’il y ait un dialogue, une réconciliation »]. Pour lui, c’est évident, tout est réglé, il s’en lave les mains, il n’y a plus rien à voir, circulez ! Comment dire ça ! Avant même la publication d’un rapport de l’UE que l’on sait critique vis-à-vis du scrutin !

 

Un rapport de l’UE n’a jamais inversé le résultat d’une élection…

 

On ne demande à personne de venir voter ou de faire la révolution à notre place. On demande seulement à l’UE de dire le droit. Et on demande l’application de sanctions ciblées telles que celles souvent utilisées dans des situations de ce genre.

 

Mais vous pensez donc que la victoire que vous revendiquez peut-être reconnue ?

 

Le résultat va être inversé. Je vous le dis. De gré ou de force.

 

La répression des manifestations post-électorales ne les a-t-elle pas découragées ?

 

C’est sans doute ce que se disent Manuel Valls et autres. Ils se disent que c’est calme, que rien ne bouge, qu’il n’y a pas de manifestation. Il pense : « Ali [Bongo Ondimba] a verrouillé le système, il a volé mais ça marche. Quel autre choix que de le reconnaître ? Il a réussi son coup. » Mais si on creuse un peu, on s’aperçoit que ça ne marche pas. Le Gabon est ingouvernable, rien ne s’y passe : les écoles sont fermées, les grèves sont là, dans le pétrole, l’enseignement…

 

Contrairement à 1993 et 2009 [élections marquées par des violences], nous avons incité les gens à ne pas s’attaquer aux outils de production, ni aux investisseurs étrangers, même à ceux de Vincent Bolloré qui soutient Ali Bongo Ondimba. Ce sont les engagements que les Etats-Unis, notamment, nous ont demandé de tenir vis-à-vis de leurs investissements. Les grèves sont donc une sorte de “gentleman agreement” pour ne pas s’attaquer aux outils de production. Ça va continuer. La conséquence est qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’Etat pour payer les fonctionnaires.

 

La société gabonaise est généralement considérée comme pacifiste voire peureuse. Nous n’avons jamais connu de guerre d’indépendance ni contre un autre Etat. Mais brutalement les choses ont changé, j’ai du mal à reconnaître mes concitoyens. Ils se sont battus.

 

Pourquoi ne pas participer au dialogue proposé par le pouvoir gabonais ?

 

L’élection était une forme de référendum pour ou contre Ali Bongo Ondimba. Aujourd’hui, ceux qui ont voté pour moi dise que, si je pactise avec lui, ils viendront brûler ma maison, que ce serait une trahison. La colère monte.

 

Et puis on a arrêté mes partisans, on a tout cassé chez moi. On a tué des gens. Et je devrais aller dialoguer ? Pour arranger ma situation personnelle, à mon âge ?

 

Votre coalition anti-Ali va-t-elle résister aux mois à venir ?

 

Avez-vous déjà vu, dans le monde, un mouvement comme le nôtre dans lequel des gens n’abandonnent pas, ne collaborent pas ou ne sont pas achetés ? Ça se passe comme ça partout. C’est normal.

 

Quel est le bilan humain de la crise ?

 

La rumeur parle de 300 morts sur l’ensemble du territoire. Mais nous n’annonçons pas ces chiffres parce que nous n’en avons pas la preuve. Nous, au 26 octobre, nous avons identifié 22 morts par balle à Libreville dont 10 à mon siège électoral. Nous avons déposé un dossier à la Cour pénale internationale et Ali Bongo Ondimba n’y échappera pas.

 

Je suis moi-même physiquement menacé. Un camion de gendarmes et un blindé sont stationnés devant chez moi comme si j’étais en résidence surveillée.

 

Vous vous dites déçu par la réaction française, mais qu’en est-il des organisations sous-régionale ou continentale africaines ?

 

L’Union africaine est une organisation intergouvernementale, pas supranationale comme l’UE, si bien que les décisions sont prises par la conférence des chefs d’Etat. Ce sont eux qui donnent la voie à suivre. Ensuite, la Commission exécute. L’UA est un syndicat de chefs d’Etat qui se protègent les uns les autres. Le seul pouvoir dont dispose la Commission c’est en cas de coup d’Etat, parce que les présidents africains qui sont arrivés au pouvoir par un coup d’Etat ne veulent pas se faire déposer par autre coup d’Etat ! Ils ont donc donné carte blanche à la Commission et ça marche. Quant à la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale, l’organisation sous-régionale, elle n’a jamais fonctionné.

 

Christophe Châtelot


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/11/09/jean-ping-les-francais-ont-torpille-la-position-de-l-europe-sur-les-resultats-de-l-election_5027952_3212.html#lRjb676ODRKWehTB.99
 

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 15:06
Lu pour vous : Comment Jean-Marc Ayrault a repris en main les affaires africaines

 

CHRONIQUE

 

Notre chroniqueur analyse les changements que l’ancien premier ministre a imposés au Quai d’Orsay depuis son arrivée en février.

 

Par Seidik Abba (chroniqueur Le Monde Afrique) LE MONDE Le 10.11.2016 à 17h56

 

Il y a comme un parfum de revanche qui flotte dans les couloirs du ministère français des affaires étrangères à Paris. Ici, on savoure, à juste titre sans doute, le grand retour des diplomates dans la conduite des « affaires africaines ». Et ce n’était pas gagné d’avance. Car, profitant du contexte sécuritaire (Sahel, Centrafrique, menace terroriste) et du désintérêt évident du ministre des affaires étrangères Laurent Fabius pour le continent, à la seule exception de ramener les otages du Cameroun (2013, 2014) et du Niger (2013), les militaires avaient pris à Paris le leadership de la réflexion et de la décision sur l’Afrique. Avec naturellement leurs priorités : la stabilité et la sécurité. Cette grille de lecture a fait le bonheur des derniers dinosaures de la Françafrique que sont le Congolais Denis Sassou-Nguesso, le Camerounais Paul Biya ou le Tchadien Idriss Déby Itno. Signe de cette montée en puissance des militaires dans les affaires africaines, depuis le début du quinquennat de François Hollande, les officiels du continent de passage à Paris ont, en bonne place sur l’agenda, un entretien rue Saint-Dominique, siège du ministère de la défense. Parfois avant même de passer par la cellule africaine de l’Elysée ou le Quai d’Orsay.

 

Devenu progressivement « le ministre de l’Afrique », Jean-Yves Le Drian était l’interlocuteur privilégié du président malien Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) pour le règlement de la crise au nord du Mali. Il était également en lien direct avec Idriss Déby Itno, qu’il tutoie désormais, et avec Denis Sassou-Nguesso pour la recherche d’une sortie de crise en Centrafrique. Au plus fort des violences à Bangui, le ministre français de la défense avait réclamé puis obtenu la démission, en janvier 2014, du président centrafricain autoproclamé Michel Djotodia, convoqué en urgence à N’Djamena.

 

Retournement de situation

 

A la faveur du remaniement du gouvernement français en février, l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault s’est installé au Quai d’Orsay dans le fauteuil de Laurent Fabius, parti prendre la présidence du Conseil constitutionnel. Alors qu’il ne dispose, à la différence de son prédécesseur, d’aucun réseau « françafricain », l’ancien maire de Nantes (1989-2012) fait preuve paradoxalement d’une grande passion pour les dossiers africains. Il se rend ainsi plusieurs fois sur le continent abandonné aux militaires par son prédécesseur.

 

Au moment où paraît cette chronique, Jean-Marc Ayrault se trouve au Sénégal, d’où il devrait partir, vendredi 11 novembre, pour la Guinée. Mieux, l’ex-premier ministre réussit à entraîner son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, au Sahel (Mali, Niger) et en Libye. Mais c’est sans doute l’investiture, le 20 mars, du nouveau président centrafricain Faustin-Archange Touadéra qui marque un tournant dans le retour du Quai d’Orsay aux affaires africaines. Là où Laurent Fabius se serait effacé au profit de son collègue de la défense, Jean-Marc Ayrault décide de se rendre à Bangui pour assister à la prise de fonction du président Touadéra. Fait totalement inédit, chacun des deux ministres s’envole de son côté dans un avion de la flotte gouvernementale.

 

La présidentielle au Gabon et la crise politique en République démocratique du Congo (RDC) vont plus tard achever d’imprimer l’empreinte Ayrault sur les grands sujets africains. Après s’être clairement prononcé pour le recomptage des voix au Gabon bureau de vote par bureau de vote, le chef de la diplomatie française adopte un ton et choisit des mots qui tranchent avec la prudence et l’ambiguïté auxquelles la France nous a habitués, s’agissant des tensions post-électorales ou pré-électorales en Afrique. « La situation des responsables de l’opposition qui se trouvent au quartier général de la campagne de Jean Ping dans des conditions sanitaires difficiles et en dehors de tout cadre juridique présente un risque humanitaire. Nous demandons, a-t-il affirmé le 2 septembre, aux autorités gabonaises d’y remédier en rendant de manière urgente leur liberté de mouvement aux personnes concernées. » Le chef de la diplomatie française a récidivé, quelques jours plus tard, s’exprimant devant les étudiants de Sciences Po Paris sur la situation en RDC. « Ce pays est au bord de la guerre civile, a-t-il estimé le 28 septembre, parce qu’il y a un président qui est en place et qui veut garder le pouvoir alors qu’il n’en a plus le droit. »

 

Le style et la méthode

 

Le nouveau rapport de forces entre diplomates et militaires dans les affaires africaines est d’abord le fruit d’un changement de gouvernance interne au Quai d’Orsay. Aussitôt installé dans la grande maison, qu’il ne connaissait pas auparavant, Jean-Marc Ayrault a libéré l’énergie et les initiatives de ses collaborateurs. Ici, il prête modestement une oreille attentive aux analyses de ses services ; là, il demande des fiches d’éclaircissements sur un contexte qui lui échappe. Ailleurs, le « nouveau patron » consulte dans l’avion qui l’emmène ou le ramène à Paris des notes préparées à son attention. Un management qui tranche totalement, selon nos confrères de L’Obs, avec celui de son prédécesseur. C’est donc l’argumentaire et le point de vue de la maison que le chef de la diplomatie s’évertue finalement à défendre dehors. Il n’est, par exemple, un secret pour personne que la défense et les affaires étrangères n’ont pas une lecture totalement identique de la situation en Libye. En effet, alors que les diplomates sont partisans d’un soutien exclusif au gouvernement d’union nationale, les militaires entretiennent des relations clandestines avec le général Khalifa Haftar, grand rival du premier ministre Fayez Al-Serraj.

 

L’ancien maire de Nantes a par ailleurs eu Jean-Yves Le Drian et Manuel Valls comme ministres dans son gouvernement. Ce n’est pas un moindre atout dans les arbitrages sur les dossiers africains que le président Hollande pourrait être amené à rendre. A cela s’ajoute, comme allié stratégique du Quai d’Orsay, la prise en main en septembre de la cellule africaine de l’Elysée par Thomas Melonio après le départ d’Hélène Le Gal pour le poste d’ambassadrice de France à Tel-Aviv.

 

A en croire Hollande l’Africain, excellent ouvrage du journaliste Christophe Boisbouvier, Thomas Melonio, ancien cadre de l’Agence française de développement (AFD, partenaire du Monde Afrique), qui a travaillé pour le Parti socialiste et la Fondation Jean-Jaurès, a proposé avant la présidentielle de 2012 à Hollande une doctrine visant « la normalisation » des relations entre Paris et ses anciennes colonies.

 

Sa grille de lecture des affaires africaines devrait donc être plutôt proche de celle du Quai d’Orsay que des militaires.

 

Au final, même s’il ne parvenait pas à démanteler d’ici à la fin du quinquennat la Françafrique – ce qu’avait pourtant promis Hollande au Bourget en 2012 –, Jean-Marc Ayrault aura cependant réussi à mettre la diplomatie française dans des habits neufs, en s’exprimant aussi franchement et directement sur la présidentielle au Gabon et sur la crise politique en RDC.

 

Seidik Abba, journaliste-écrivain, auteur de Niger : la junte militaire et ses dix affaires sécrètes (2010-2011) (éd. L’Harmattan, 2013).

 

Seidik Abba chroniqueur Le Monde Afrique


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/11/10/comment-jean-marc-ayrault-a-repris-en-main-les-affaires-africaines_5029073_3212.html#5CQlXJDsST1L3lO4.99
 

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 14:43
Le président Déby annonce l'organisation d'un sommet régional sur la RCA

 

 

 

French.china.org.cn le 11-11-2016

 

Un sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) et de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) se tiendra d'ici le 30 novembre en vue d'aider la République Centrafricaine à sortir de la crise actuelle, a déclaré jeudi le président tchadien, Idriss Déby Itno.

 

"Nous n'avons pas le droit d'abandonner la République Centrafricaine, mais nous devons tout faire, malgré les contrevérités qui se disent sur le Tchad, pour aider la RCA à renouer avec le dialogue et la paix car l'instabilité en RCA touche directement le Tchad", a déclaré le président Déby.

 

"Il appartient aux frères centrafricains d'être conscients, d'abandonner la voie de la violence pour une vraie réconciliation de cœur", a ajouté le président Déby Itno, par ailleurs président en exercice de l'Union Africaine, après un entretien avec son homologue centrafricain, Faustin Archange Touadera en visite à N'Djamena.

 

Le président Touadéra, quant à lui, a exprimé sa "profonde gratitude" à son homologue tchadien "qui a une riche expérience" en vue de permettre à son pays d'aller vers la consolidation de vivre ensemble.

 

"Le président Idriss Déby Itno nous a toujours prêté une oreille attentive et il a été toujours au chevet de la RCA", a-t-il rappelé, et d'ajouter qu'il est venu demander l'appui de l'Union Africaine pour permettre à la RCA de sortir de la situation de crise actuelle.

 

La Centrafrique peine à se relever du chaos de la guerre civile provoquée en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par des rebelles Séléka, majoritairement musulmans, qui avait entraîné une contre-offensive des milices anti-balaka, majoritairement chrétiens.

 

L'intervention de la force française Sangaris (dont la mission a pris fin octobre) et de la Minusma, la mission onusienne, a mis fin aux massacres, mais n'a pas réussi à stabiliser la situation sécuritaire dans ce pays voisin du Tchad.

 

Des attaques de groupes armés dans plusieurs localités de province, ont ainsi fait plusieurs dizaines de morts ces dernières années.

 

Source: Agence de presse Xinhua

 

 

RCA: Le président se rend au Tchad après le retrait de la mission Sangaris

 

http://sahel-intelligence.com/ Abdelkader LAKHSSASSI 11 novembre 2016

 

Le président de la RCA, Faustin Archange Touadéra était jeudi dans la capitale tchadienne, pour une visite officielle qui intervient dans un contexte de préoccupations sécuritaires régionales exacerbées par le retrait de la Centrafrique des soldats de la mission française Sangaris.

 

Alors que la République Centrafricaine fait face à un regain de violence dans plusieurs régions du pays, le dirigeant centrafricain cherche le soutien du Tchad dans le processus de réconciliation nationale en RCA. Le président tchadien Idriss Déby Itno a été prompt à saluer le courage de son homologue centrafricain qui, a-t-il dit « prend toujours l’initiative de venir à chaque fois consulter le Tchad sur les questions de paix et de sécurité ».

 

Les dirigeants des deux pays voisins se sont d’ailleurs longuement entretenus jeudi, affichant leur satisfaction à l’issue de leurs consultations sur la situation sécuritaire dans la région. Les violences inter-ethniques régulières en RCA ont non seulement dévasté le pays, mais impactent désormais également les pays voisins comme le Tchad.

 

Les observateurs craignent que cette crise sécuritaire ne s’aggrave du fait du retrait progressif des militaires français basés en RCA. La France a en effet officiellement retiré ses contingents du sol centrafricain au début du mois de novembre.

 

Et avec la fin de la mission française Sangaris, les craintes ont redoublé de voir le pays sombrer de nouveau dans le chaos des violences inter-ethniques et inter-religieuses.

 

De nombreuses personnalités politiques centrafricaines avaient critiqué le départ précipité de la force Sangaris, alertant sur le risque  d’aggravation de la situation sécuritaire en RCA. Le président de l’Assemblée nationale centrafricaine Abdoul Karim Meckassoua avait résumé la situation en déclarant, lors d’une séance au parlement: « cette décision intervient dans un contexte plus que préoccupant pour notre pays ».

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