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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 00:01
Une centaine de camions humanitaires bloqués sur la route du Cameroun
Une centaine de camions humanitaires bloqués sur la route du Cameroun

Lu pour vous

 

RCA/Insécurité : une centaine de camions humanitaires bloqués sur la route du Cameroun

https://www.adiac-congo.com/ Mercredi 10 Février 2021 - 13:30

En cause, des attaques de groupes armés sur la route principale reliant le pays au Cameroun empêchent l’acheminement de l’aide humanitaire et des produits commerciaux, selon la Minusca.

La représentante spéciale adjointe du secrétaire général de l'ONU en Centrafrique, Denise Brown, relève des tensions toujours assez fortes dans plusieurs parties du pays, malgré « une baisse importante du nombre d'attaques par rapport à la mi-décembre ». La dernière, majeure de groupes armés, daterait du 13 janvier à Bangui, et « stoppée avec succès » par les Casques bleus de la Minusca et les Faca. Le défi actuel est la sécurisation de la MSR1. Il s'agit de la route principale par laquelle arrivent les biens importés et l’aide humanitaire acheminés par voie terrestre depuis le Cameroun. Des convois y sont régulièrement attaqués. Actuellement, « toute la nourriture du PAM, tous les médicaments de l’OMS et du Fonds  de l'Unicef, toutes les fournitures du HCR et des ONG ont été complètement bloqués », a déploré Denise Brown, précisant que 100 camions transportant de l’aide humanitaire ont été immobilisés.

« Le blocage de cette route a vraiment un impact important sur la situation humanitaire », a-t-elle souligné. Environ 1,9 million de personnes ont du mal à se nourrir, au jour le jour, en Centrafrique. Le 3 février, un premier convoi est parvenu à acheminer de l’aide humanitaire « en traversant les parties les plus difficiles de la route ». « Nous sommes confiants que cela va continuer, étant donné que cela apporte de l’aide vraiment nécessaire pour la population qui a été affectée par le blocage de cette route », s'est réjouie la représentante spéciale. Plus de 180 ONG et agences des Nations unies opèrent en Centrafrique avec plus de 12 000 travailleurs humanitaires locaux et internationaux.

En janvier dernier, 66 incidents visant des humanitaires ont été recensés en Centrafrique. « Un chiffre plus élevé que tout autre mois des années précédentes », a relevé Denise Brown. « La majorité de cette criminalité étant créée par les groupes armés », a-t-elle précisé.

Plus de 200 000 Centrafricains sont déplacés, dont plus de 100 000 réfugiés dans les pays voisins. « Plus ces déplacements dureront, plus nous aurons de problèmes persistants de malnutrition », a prévenu la représentante spéciale adjointe des Nations unies en RCA.

Noël Ndong

 

 

Centrafrique : un premier convoi d'aide alimentaire arrive dans la capitale après 50 jours de blocus rebelle

 

https://www.francetvinfo.fr/ franceinfo Afrique avec agences le 10/02/2021 09:06

 

Le blocus de Bangui semble levé. Cela faisait des semaines que les groupes rebelles emmenés par l’ancien président François Bozizé tentaient de bloquer l'approvisionnement de la capitale.

Un premier convoi de 14 camions d'aide humanitaire de l'ONU est arrivé à Bangui le 8 février sous escorte des Casques bleus, après 50 jours d'un blocus de la capitale centrafricaine par des groupes armés rebelles. Aucun des 1 600 camions bloqués à la frontière camerounaise, qu'il s'agisse d'aide humanitaire ou de marchandises, n'avait atteint Bangui depuis l’offensive rebelle du 19 décembre 2020 qui visait à renverser le président Faustin Archange Touadéra. La quasi-totalité des marchandises importées du pays, totalement enclavé, arrive par la route depuis le Cameroun. Bangui n'a pas connu de pénurie grave, mais les prix des denrées de base y ont considérablement augmenté. Selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), 500 camions d'aide humanitaire sont bloqués à la frontière avec le Cameroun.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro, n'a pas précisé si l'acheminement de ce convoi avait été permis grâce à la présence de Casques bleus et leur protection ou avec l'accord des rebelles.

Un Etat centrafricain déliquescent

Ces derniers mois, les rebelles n'ont jamais réussi à s'approcher de Bangui, à l'exception de deux attaques aux portes de la capitale le 13 janvier, vite repoussées. Ils se heurtent à des forces bien mieux armées et équipées : quelque 12 000 Casques bleus de la force de maintien de la paix de la Minusca, présents depuis 2014, mais aussi des centaines de militaires rwandais et paramilitaires russes dépêchés fin décembre par leurs pays à la rescousse du président Touadéra et d’une armée centrafricaine démunie.

Une semaine avant les élections présidentielle et législatives du 27 décembre 2020, six des dix groupes armés qui occupent les deux-tiers de la Centrafrique ont formé la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) et ont lancé une offensive dans le but d'empêcher la réélection du chef de l'Etat. Celui-ci a finalement remporté un nouveau mandat présidentiel au terme d'un scrutin extrêmement contesté, lors duquel les deux tiers des Centrafricains n'ont pas eu la possibilité de se rendre aux urnes en raison de l'insécurité.

"Asphyxier" Bangui

Grâce à des attaques éclair, les rebelles s'emparent pour quelques jours de villes souvent éloignées de Bangui, en particulier le long de l'axe routier vital entre la capitale et Garoua-Boulaï, le principal poste-frontière camerounais. Ils tentent ainsi "d'asphyxier" Bangui, selon l'ONU, en menant des raids, souvent fugaces, le long de plus de 700 km de ces routes nationales.

Bangui et la Minusca ont annoncé avoir repris début février aux rebelles plusieurs de ces bourgades. La dernière en date est Bossemptélé, à 288 km au nord-ouest de la capitale.

Le pays connaît depuis des années un chaos indescriptible et une économie totalement désorganisée. Les principaux produits d’exportation – bois, or, diamants – voient leur exploitation arrêtée ou sont accaparés par les différentes factions. Même l’activité agricole est impactée. Près de trois millions de Centrafricains, sur une population de 4,6 millions d'habitants, "auront besoin dans les mois à venir d'assistance humanitaire et de protection dont près des trois-quarts ont des besoins aigus. En d'autres termes, la survie physique et morale de 1,9 millions de personnes, 39% de la population, est en danger", écrit  la coordination humanitaire des Nations unies (Ocha) sur son site internet.

 

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 23:51
Les députés centrafricains appellent à sécuriser les élections
Les députés centrafricains appellent à sécuriser les élections

Lu pour vous

 

https://www.dw.com/ 10.02.2021

Alors que la reprise des combats menace la tenue du second tour des élections législatives, certains députés réclament un renforcement des mesures de sécurité.

L'état d'urgence sera sans doute encore en vigueur lors du second tour des élections législatives qui doit se dérouler avant le 2 mai, date de la fin du mandat des députés en place.

118 postes de députés restent à pourvoir avant le 2 mai et l'opposition s'est retirée du processus électoral en dénonçant les fraudes. 

En dépit de la contre-offensive engagée par les forces gouvernementales qui ont repris la ville de Bouar ce mardi (09.02.2021), certains députés réclament une session extraordinaire qui fasse le point sur le plan de sécurisation des élections.

La pétition a recueilli 90 signatures

Dans le couloir de l'Assemblée nationale, Bernard Dillah, premier secrétaire parlementaire, recueille des signatures en faveur de cette session. Depuis les élections du 27 décembre, explique-t-il, "il y a des difficultés de procéder librement à l'expression et au choix de ses responsables politiques. Donc tenant compte de ces difficultés, nous avons réfléchi à la possibilité de demander une session extraordinaire".

Il rappelle que plusieurs députés ont perdu leur véhicule durant la campagne et que "certains ont échappé à des tentatives d'assassinat". Selon Bernard Dillah, "le peuple dans son choix a été menacé".

Plus de 90 signatures sont déjà enregistrées et la pétition sera présentée au gouvernement.

Karl Blagué, sociologue et observateur de la scène politique en Centrafrique, pense que les responsables politiques doivent tenir compte du contexte pour éviter à l'avenir une contestation des résultats électoraux, comme ce fut le cas pour l'élection présidentielle.

"Malgré les garanties que la Minusca avait données, je pense qu'il faudrait qu'il y ait une sécurité absolue", affirme le sociologue.

"Par rapport à la déclaration du secrétaire général des Nations unies, Antonio Gutteres, qu'il va falloir tenir compte de tous ces aléas, il faudrait que le pays soit sécurisé à 100% pour ne pas qu'il y ait un bis repetita."

Recul des groupes armés

Sur le terrain, la Coalition des groupes armés pour le changement, parvenue aux portes de Bangui il y a quelques semaines, recule désormais devant l'avancée des forces gouvernementales.

La Minusca, la force des Nations unies, ne souhaite pas s'exprimer sur l'initiative des élus réclamant plus de sécurité mais confirme que le travail se poursuit.

"Dans le cadre des élections, la direction de la police poursuit les rencontres, notamment pour une sécurisation renforcée du second tour des législatives", a indiqué Vladimir Montéiro, le porte-parole de la Minusca.

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 23:32
Situation en RCA : le point au Palais de l’Unité
Situation en RCA : le point au Palais de l’Unité
Situation en RCA : le point au Palais de l’Unité

 

Lu pour vous

 

https://www.prc.cm/ 10 février 2020

Le Président de la République, Paul BIYA, a reçu en audience dans l’après-midi de mercredi 10 février 2021, la Ministre des Affaires étrangères et des Centrafricains de l’Etranger, Mme Sylvie Baipo Temon, envoyée spéciale du Président Faustin-Archange Touadera.

S’exprimant devant la presse au terme des entretiens qui ont duré une heure de temps, l’émissaire du Président Touadera a indiqué qu’elle était « porteuse du message et de la voix » du Chef de l’Etat centrafricain.

Le message, a-t-elle précisé, avait trait à la situation en République Centrafricaine. « Aujourd’hui, la RCA fait face à de nombreuses  tentatives de déstabilisation. La situation en RCA est une menace pour toute la sous-région, en particulier pour le Cameroun. Le Cameroun a toujours été un fort soutien pour la RCA, notamment à travers la composante MINUSCA, l’opération de maintien de la paix des Nations Unies. Nous avons également un important flux d’échanges économiques et commerciaux avec le Cameroun. L’axe vital pour la RCA étant le corridor Douala-Bangui. Donc, il était important pour le Président Touadera de présenter la situation qui prévaut en RCA à son frère, d’autant plus que les initiatives des Organisations sous-régionales nécessitent que l’ensemble des Etats soit impliqué ou soit au fait de cette situation. »

A la question de savoir si l’évolution sur le terrain inspire un certain optimisme, l’envoyée spéciale du Chef de l’Etat centrafricain a affirmé : « il y a une chose formidable qui s’est passée en fin d’année. Nous avons tenu des élections démocratiques. Malgré les menaces, ces élections ont été un succès. Le Président Touadera a été réélu dès le premier tour. Nous avons encore des élections qui sont cours, notamment les élections législatives. Et pour cela l’agression de la rébellion CPC doit être maîtrisée rapidement pour permettre l’exercice du jeu démocratique. » Elle a mentionné le soutien des pays alliés comme la Russie et le Rwanda, aux côtés de la MINUSCA.  Par ailleurs, a-t-elle conclu, « dans le cadre de la Conférence internationale pour la Région des Grands Lacs (CIRGL), le Président angolais a pris l’initiative d’organiser une réunion à laquelle la RCA souhaite voir participer l’ensemble des Etats membres qui sont prêts, notamment pour ce qui concerne la République du Cameroun. La RCA est un pays stratégique au cœur de la sous-région, il important que sa situation soit maîtrisée, En tout cas qu’il y ait une accalmie pour que cette situation n’ait pas de répercussions sur les pays voisins ».

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 22:48
L’ARP approuve l’envoi d’une unité d’hélicoptères en Centrafrique
L’ARP approuve l’envoi d’une unité d’hélicoptères en Centrafrique

Lu pour vous

 

https://www.leconomistemaghrebin.com/ Par L'Economiste Maghrébin - 10 février 2021

 

Les députés de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) ont voté, mardi, en faveur du prolongement de la mission relative au déploiement d’une unité de transport militaire aérien au Mali. Ils ont aussi voté en faveur de l’envoi d’une unité d’hélicoptères en Centrafrique. Et ce, sous la bannière de l’Organisation des Nations Unies.

La première mission a été approuvée par 113 voix, une voix contre et cinq absentions. En effet, cette mission s’inscrit dans le cadre du soutien fourni à la mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

La seconde est relative à l’envoi d’une unité d’hélicoptères en Centrafrique. Elle recueillait 110 voix pour, deux contre et quatre abstentions.

Notons que cette mission est déployée, dans le cadre du soutien à la mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA).

Cette unité est chargée des missions d’intervention aérienne, de l’accompagnement aérien armé, de recherche et de sauvetage.

Elle assure également la sécurisation et l’escorte des déplacements, la reconnaissance aérienne, l’évacuation sanitaire. Et ce, dans le cadre des missions attribuées à la MINUSCA.

Avec TAP

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 22:37
Le régime Touadéra pourra-t-il passer les législatives sans encombre ?

 

Lu pour vous

 

République centrafricaine : le régime Touadéra pourra-t-il passer les législatives sans encombre ?

Tribune

https://www.iris-france.org/ 10 février 2021 Par Frédéric Lejeal, journaliste, ancien rédacteur en chef de La Lettre du Continent

Comment organiser des élections crédibles dans un pays contrôlé aux trois quarts par des groupes armés, et où deux électeurs sur trois ne peuvent exercer leur droit du fait de l’insécurité ? C’est l’impossible équation à laquelle la République centrafricaine (RCA) est exposée depuis le déclenchement du processus électoral ayant débouché, le 20 décembre dernier, sur l’organisation couplée de la présidentielle et des législatives. Sur fond de regain de violences après la dénonciation, par les rebelles de l’accord de paix scellé avec Bangui en février 2019 à Khartoum, au Soudan[1], cette première consultation s’est déroulée dans les pires conditions. Elle a confirmé la victoire du président sortant, Faustin Archange Touadéra « FAT », par 53,9% des voix. Un score d’une précision d’horlogerie qui cache mal l’étendue des irrégularités et des anomalies. Seuls 700.000 électeurs se sont exprimés sur un total de 1,8 million d’inscrits. Après un premier tour tout aussi rocambolesque, le déroulement du second tour des législatives ne devrait pas contribuer à atténuer les tensions dans ce pays de 3,8 millions d’habitants comptabilisant 58% de ruraux.


Boycott

Pour l’heure, seule l’élection de 22 députés sur 140 a été validée par le Conseil constitutionnel après l’annulation par ce dernier, du premier tour dans 13 circonscriptions, soit parce que le scrutin n’a pu se tenir ou bien s’est tenu dans de mauvaises conditions. 118 représentants doivent donc encore être désignés au second tour dont la date n’est toujours pas fixée. Selon nos informations, celle-ci pourrait être calée le 14 mars pour une installation du nouveau parlement au plus tard le 2 mai. Dénonçant une « mascarade », la Coalition de l’opposition démocratique (COD-2020), qui regroupe la majorité des adversaires politiques du pouvoir sortant, s’est retirée de ce scrutin laissant présager un raz de marée du parti présidentiel, le Mouvement Cœurs Unis (MCU).

La CPC en embuscade


[1] La présence de groupes armés dans le pays, bien que structurelle, s’est intensifiée ces dernières années. Nébuleuse d’une vingtaine d’entités, certains préexistaient au renversement de François Bozizé, en 2013. D’autres, à l’instar de la rébellion Seleka et du mouvement Anti-Balaka, sont apparus dans le cadre de ce putsch. Ils se sont par la suite divisés en plusieurs composantes dont les plus emblématiques sont réunis au sein de la CPC. Leur objectif commun vise le renversement de Faustin Archange Touadéra.

Cette consultation, à supposer qu’elle se tienne, ne devrait donc pas atténuer les critiques des groupes armés qui essaiment dans le pays, et pour lesquels le président Touadéra s’avère en tous points illégitime. Coalisés au sein de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), ces derniers sont pour l’instant en sommeil. Ils observent un repli stratégique après leur offensive avortée sur la capitale, le 13 janvier, pour tenter de renverser le chef de l’État quelques jours après la reconduction officielle à son poste. Repoussés par les Forces armées centrafricaines (FACA), les éléments de la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine), les soldats rwandais dépêchés par Paul Kagame
[1] ainsi que les éléments de la société paramilitaire russe Wagner[2], les éléments de la CPC abandonnent actuellement leur position dans plusieurs villes à l’instar de Bouar (ouest). Alors qu’ils continuent de bloquer la principale route menant à la capitale depuis le Cameroun, ils devraient toutefois profiter du second tour des législatives pour se manifester de nouveau.


Cette perspective d’une nouvelle flambée de violence contre un régime ne tenant qu’au fil ténu des blindés russes conjuguée au spectre d’une déflagration de cet État fantôme, le plus déshérité au monde avec un Indice de développement humain (IDH) de 0,397 (188e rang sur 189 selon le PNUD), a poussé l’Angola a entré en piste. Objectif : arracher des négociations entre parties belligérantes voire un accord de paix. En déplacement à Bangui début février, le président Joao Lorenço pilote une médiation sous l’égide de la Conférence internationale des Grands Lacs (CIRGL). Alors qu’il entend revenir au pouvoir après son renversement en 2013 l’ancien président François Bozizé, parton du parti Kwa Na KWa (KNK) accusé de collusion avec les mouvements armés, n’a pas fermé la porte à des négociations.


[1] En vertu d’un accord avec Kigali, les soldats rwandais assurent la protection rapprochée du président centrafricain et sécurisent les élections dans la capitale, Bangui.

[2] Cette société paramilitaire privée à la frontière avec le mercenariat s’est implantée en Centrafrique en 2017 dans la foulée de l’accord de coopération militaire signé entre le régime de Faustin Archange Touadéra et la Russie. Son dirigeant, Evgueni Prigojine, appartient au premier cercle de Vladimir Poutine.

Le régime Touadéra pourra-t-il passer les législatives sans encombre ?
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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 22:35
NOTE D’INFORMATION MINUSCA

 

NOTE D’INFORMATION  

   

LA MINUSCA REAFFIRME SON APPUI À LA MISE EN ŒUVRE DE L’APPR-RCA  

   

Bangui, le 10 février 2021 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) réaffirme son appui politique, technique et opérationnel à la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR-RCA). Au cours de la conférence de presse de la Mission, mercredi à Bangui, le porte-parole de la mission, Vladimir Monteiro, précise que dans sa résolution 2552, le Conseil de sécurité a mandaté la MINUSCA de “prendre des mesures actives pour appuyer les autorités centrafricaines dans la création de conditions propices à la pleine mise en œuvre de l’Accord de paix”.     

A cet effet, le porte-parole est revenu sur la déclaration du Président de la République à l’occasion du deuxième anniversaire de l’APPR-RCA, le 6 février, qui a réaffirmé son engagement et son soutien à la mise en œuvre de l’Accord de paix et appelé les Centrafricains ainsi que les garants et facilitateurs à s’engager davantage dans l’exécution de l’Accord. Le mandat de la MINUSCA prévoit l’accompagnement des autorités centrafricaines aux niveaux national et local, pour faire participer davantage les partis politiques, la société civile, les femmes, les personnes ayant survécu à des violences sexuelles, les jeunes, les organisations confessionnelles et, dans la mesure du possible, les personnes déplacées et les réfugiés au processus de paix, notamment à l’Accord de paix.     

La MINUSCA est l’un des neuf facilitateurs de l’APPR-RCA tandis que l’Union africaine et la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) en sont les garants.    

Le porte-parole a par ailleurs condamné l’embuscade tendue mardi à 24 km de Bangassou, contre un convoi par des éléments armés de la coalition et du FPRC, sous le commandement du dénommé Mahamat Sallé. Lors des échanges de tirs, deux casques bleus ont été blessés et sont actuellement soignés tandis qu’un véhicule a été endommagé. « Les attaques contre les soldats de la paix peuvent constituer des crimes de guerre », a-t-il averti, rappelant que les casques bleus étaient sur l’axe Bangassou-Bakouma pour réparer un pont détruit par les éléments armés.     

Concernant le processus électoral, le porte-parole est revenu sur la participation de la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général des Nations unies en RCA, Denise Brown, à un atelier sur les candidatures féminines aux élections législatives, mardi à Bangui, durant laquelle elle a félicité les femmes élues au premier tour des élections législatives et encouragé celles qui se présenteront au second tour du scrutin. « La Représentante spéciale adjointe a rappelé l’importance de la participation des femmes centrafricaines dans les instances de prise de décision et plaidé pour une feuille de route à long terme pour aborder cette question », a ajouté le porte-parole.    

De son côté, le porte-parole de la Force de la MINUSCA, le Lieutenant-colonel Abdoul Aziz Fall, a noté que la situation sécuritaire cette semaine a été globalement calme, et une reprise progressive des activités est notée dans les plusieurs provinces du pays. « La Force de la MINUSCA a fourni des escortes de sécurité et a permis la sécurisation du premier convoi d’aide humanitaire sur corridor Bangui-Béloko la semaine passée », a souligné le porte-parole militaire. Selon lui, les casques bleus ont effectué 1976 patrouilles pour la protection des populations civiles et l’appui à la restauration de l’autorité de l’État.    

Faisant le point sur les activités de la Police de la MINUSCA, la capitaine et porte-parole Mazalo Agba a souligné que dans le cadre de la sécurisation de la ville et de ses environs, les équipes conjointes composées des FSI, d’UNPOL et de l’état-major intégré de Bangui continuent d’effectuer les patrouilles conjointes sur les différents artères et ronds-points stratégiques de la ville. « Les unités de protection rapprochée (PSU) et celles de police constituées (FPU) basées à Bangui notamment celles du Rwanda, Cameroun, Sénégal, Indonésie, Egypte et Mauritanie, ont assuré la protection rapprochée des hautes personnalités et effectuées des patrouilles de sécurisation dans tous les arrondissements », a indiqué la capitaine.  

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 02:20
RCA : Offensive pour le contrôle de la voie d’approvisionnement avec le Cameroun

 

RCA : l’armée gouvernementale lance une offensive pour le contrôle de la voie d’approvisionnement avec le Cameroun

(Agence Ecofin) 09 février 2021 19:44 - Alors que la Centrafrique est menacée par une grave crise humanitaire, le contrôle du tronçon routier Garoua-Bangui, principale voie d’approvisionnement du pays à partir du Cameroun relève d’un enjeu majeur pour le gouvernement face aux rebelles qui tentent d’asphyxier la capitale.

Les Forces armées centrafricaines (FACA) ont lancé depuis quelques jours une offensive militaire afin de reprendre le contrôle de la principale voie d’approvisionnement reliant la République centrafricaine (RCA) au Cameroun.

Dans son dernier point de situation périodique sur l’évolution des opérations militaires sur le terrain, le conseiller du président Faustin-Archange Touadéra pour la sécurité nationale, Valery Zakharov, affirme que cette voie sera bientôt reprise en main par les autorités centrafricaines.

« La semaine dernière, les FACA ont libéré 3 villes, à savoir : Bossembélé, Yaloké et Bossemptélé. Il y a quelques heures, le contrôle a été aussi repris sur Baoro. L’ennemi subit des pertes et recule. Bientôt, la route vers le Cameroun sera contrôlée par le gouvernement de la Centrafrique », a-t-il tweeté le lundi 8 février 2021.

 

Depuis le déclenchement en décembre 2020, par les groupes rebelles de la Coalition pour le changement (CPC), d’une série d’attaques coordonnées en vue principalement d’empêcher la tenue du processus électoral dans le pays, le tronçon routier Garoua-Boulaï-Bangui, principale voie d’approvisionnement de la capitale à partir du Cameroun voisin est impraticable.

Dans une stratégie visant à asphyxier la capitale Bangui, les rebelles ont décrété ce tronçon, zone rouge et y mènent des attaques régulières contre les convois.

Selon la représentante spéciale adjointe du secrétaire général de l’ONU en RCA, Denise Brown, une centaine de camions transportant de l’aide humanitaire en provenance du Cameroun sont immobilisés à la frontière.

« Le blocage de cette route a vraiment un impact important sur la situation humanitaire », a-t-elle déclaré lors d’un point de presse la semaine dernière, indiquant qu’environ 1,9 million de personnes ont déjà du mal à se nourrir au jour le jour dans le pays.

Malgré les attaques, un premier convoi est parvenu le 3 février 2020, à acheminer de l’aide humanitaire « en traversant les parties les plus difficiles de la route. Nous sommes confiants que cela va continuer, étant donné qu’il apporte de l’aide vraiment nécessaire pour la population qui a été affectée par le blocage de cette route », a soutenu Mme Brown.

Plus de 180 ONG et agences des Nations unies opèrent en RCA avec plus de 12 000 travailleurs humanitaires locaux et internationaux.

Au mois de janvier, 66 incidents visant des humanitaires ont été recensés dans le pays. « Un chiffre plus élevé que tout autre mois des années précédentes », a relevé la représentante spéciale adjointe, précisant que « la majorité de cette criminalité est créée par les groupes armés ».

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 200 000 Centrafricains sont déplacés, dont plus de 100 000 réfugiés dans les pays voisins.

Borgia Kobri

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 02:10
Vers la relance du corridor Bangui-Brazzaville
Vers la relance du corridor Bangui-Brazzaville

Lu pour vous

 

Échanges commerciaux : vers la relance du corridor Bangui-Brazzaville

https://www.adiac-congo.com/ Mardi 9 Février 2021 - 13:30

Des autorités centrafricaines se sont rendues, du 3 au 7 février, à Zinga- Mongoumba-Gouga, localité située à la frontière entre le Congo et la Centrafrique, pour étudier les voies d’approvisionnement. Elles ont annoncé des travaux de réhabilitation de la route principale et des installations portuaires.

Le gouvernement centrafricain est en quête de nouvelles voies d’approvisionnement du pays, après les attaques des groupes armés à la frontière avec le Cameroun et le blocus imposé sur l’axe Bangui-Douala. Ce corridor est le principal axe de ravitaillement de Bangui en produits de première nécessité et de sortie des produits destinés à l’exportation.

Depuis l’insurrection rebelle en décembre dernier, un comité de Gestion des effets de la crise sécuritaire sur l’économie nationale a été mis en place. Dirigé par le ministre centrafricain des Finances et du Budget, Henri-Marie Dondra, le comité de crise a déployé sur le terrain une mission conjointe gouvernement et partenaire privé pour évaluer les infrastructures de transports, en vue de l’opérationnalisation des voies d’approvisionnement de la capitale via cette route nationale n°6.

La mission a jugé l’axe Bangui - Mongoumba- Gouga plus ou moins praticable pour les véhicules de poids lourds, insistant sur l’urgence des travaux de réhabilitation de certains ouvrages. En ce qui concerne la voie fluviale, les émissaires du gouvernement centrafricain ont évoqué l’importance d’une opération de dragage au niveau de Zinga, une localité difficile d’accès, pour permettre la fluidité du trafic Bangui-Brazzaville en période d’étiage.

« Des obstacles se situent sur le seuil de Zinga, sur une distance de sept kilomètres. Ils sont constitués des blocs de rochers et d’amas de sable infranchissables.  À ce niveau, les travaux de dragage s’imposentUn bateau pousseur battant pavillon congolais a même échoué sur le banc de sable de ce port fluvial ayant pour cargaison du ciment à destination de la ville capitale », précise la mission dans un communiqué.

Rappelons que le corridor Bangui-Brazzaville a été fermé en 1997, en raison du conflit armé qu'a connu le Congo.

Fiacre Kombo

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 01:48
HOMMAGE A MADAME MARIE-CHARLOTTE FAYANGA par Félix Yepassis-Zembrou

 

S. E. Madame l’ambassadeur Marie-Charlotte Fayanga n’est plus. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe puis s’est répandue comme une traînée de poudre dans l’hexagone où elle était venue se soigner auprès de ses enfants, et aussi dans le milieu du corps diplomatique notamment au Congo-Brazzaville dont elle était le doyen pendant plus d’une décennie. Tandis qu’en Centrafrique, sa terre natale, c’est la consternation. Et pour cause, c’est une grande figure de la gent féminine et de surcroît l’une des premières femmes ambassadeurs du pays qui s’en va. 

 Oui, Marie-Charlotte Fayanga, ex-épouse Aguide a marqué plusieurs générations successives depuis les années de l’indépendance à nos jours, tant par son combat politique que par sa farouche détermination à œuvrer pour le redressement de son pays.

Née le 23 janvier 1946 à Bangui, Marie-Charlotte est entrée de 1966 à 1969 à l’ENA (Ecole nationale d’administration) devenue par la suite l’ENAM (Ecole nationale d’administration et de magistrature) dont le directeur était un français, Maurice Espinassse. Dans la même promotion baptisée « Développement » il  y avait également mesdames Thérèse Dejean et Jeanne Colette Mavolomade. Puis en 1969, elle s’envola en France où elle s’inscrivit au prestigieux Institut international d’administration publique de Paris (IIAP), avenue de l’Observatoire dans le 6ème Arrondissement de 1969 à 1972. 

De retour à Bangui, elle entra au gouvernement de Jean Bedel Bokassa et occupa le portefeuille de ministre en charge du Parc auto présidentiel du 1er janvier au 24 septembre 1975. 

En février 1976 elle fut arrêtée en raison de ses liens de parenté avec le transporteur centrafricain, François Kossi, impliqué et exécuté ainsi que huit autres conjurés suite au coup d’Etat manqué du commandant de l’Escadrille Fidèle Obrou.

Le 04 septembre 1976, après une visite à Tripoli chez le guide libyen Mouammar Khadafi, le président Jean Bedel Bokassa dissout le gouvernement et met en place le Conseil de la Révolution au sein duquel Marie-Charlotte Fayanga sera nommée secrétaire d’Etat à la Présidence de la République en charge de la CAISTAB (Caisse de stabilisation et de péréquation des produits agricoles). Au même moment, le 16 octobre 1976 Bokassa se convertit à l’Islam sous le nom de Salah Eddine Ahmed Bokassa. Notons que durant cette période l’alcool était interdit dans les cérémonies officielles au palais de la Renaissance. Plus tard le 04 décembre 1976 à l’issue du Congrès du MESAN, Bokassa établit une nouvelle Constitution visant à la création de l’Empire Centrafricain ce malgré l’opposition manifeste de l’ancien secrétaire général du MESAN et Premier ministre, madame Elisabeth Domitien. Mais le chef de l’Etat qui entre-temps avait renoué avec sa confession d’origine catholique sera couronné le 04 décembre 1977 sous le nom de Bokassa 1er. A la chute de l’Empire en septembre 1979, un vent nouveau souffla sur le pays ouvrant la voie au multipartisme. Dans la foulée Marie-Charlotte Fayanga rejoignit le parti MLPC d’Ange Félix Patassé. 

En mars 1983, elle sera arrêtée ainsi que mesdames Lucienne Patasse et Agnès Mbaikoua après la tentative de coup d’Etat dit « radiophonique » orchestré par deux proches de Patassé, les généraux Alphonse Mbaikoua et François Bozize, contre le général André Kolingba.  Puis ce sera une longue traversée du désert durant laquelle elle adhérera au parti PSD de Deranf Enoch Lakoue, à la date de sa création le 4 octobre 1991. 

Au lendemain de la victoire de Patassé à la présidentielle de septembre 1993, Marie-Charlotte Fayanga est nommée Inspecteur d’Etat. 

En 2004, elle entrera dans la diplomatie avec sa nomination comme ambassadeur Haut représentant de la RCA auprès de la république du Congo avec siège à Brazzaville où elle deviendra par la suite doyen du corps diplomatique jusqu’à sa mort le 6 février 2021 à La Rochelle en France. 

L’ambassadeur Marie-Charlotte Fayanga fut avec ses homologues en Suisse Ismael Léopold Samba et au Maroc, feu l’ambassadeur Ismael Nimaga, les seuls qui ont représenté la RCA en tant que doyens du corps diplomatique à l’étranger. Et personne ne tarit d’éloge quant à leur amour pour la nation, leur sens de l’hospitalité et de devoir et aussi pour leur  humanisme tant auprès de leurs compatriotes que des dirigeants respectifs des pays hôtes. S’agissant de Marie-Charlotte Fayanga, son entourage la décrivait  comme une dame de fer, rompue à la rigueur et à la discipline, signe incontestable d’un passage au lycée Pie XII sous la houlette de la directrice d’établissement, Sœur Claire Marie Jouis. Elle avait par ailleurs un caractère bien trempé et le verbe haut non seulement en raison des dures épreuves qu’elle a subies tout au long de sa vie mais aussi parce qu’à l’ENAM où elle a étudié l’administration, l’éducation rimait avec la formation militaire. 

D’autre part, Marie-Charlotte Fayanga a côtoyé des dames d’envergure ayant le même tempérament qui ont occupé comme elle de hautes fonctions dans l’appareil de l’Etat. Nous citerons entre autres mesdames :

-Elisabeth Domitien, ancienne secrétaire générale du MESAN nommée 1er ministre en 1974. Une grande première en Afrique.

-Ruth Rolland, officier dans les Forces armées centrafricaines et plus tard ministre des Affaires sociales sous le régime d’André Kolingba.

-Marie-Joseph Franck qui deviendra plus tard épouse, Zanefe-Touambona ministre des Affaires sociales (1971-1977).puis ministre d’Etat aux Affaires sociales et de la Promotion féminine (1977-1979) 

-Marie-Josée Maytongol, ministre du Commerce et de l’Industrie (1976-1979)

-Marie-Christiane Yombo née Goke, ex-épouse Gbokou, première femme ministre des Finances du Centrafrique (1975-1976)

-Marie Mathurine Silinghia, ministre du Plan et de la Coopération internationale (1970-1971)

-Angeline Toleque née Songamali, Secrétaire d’Etat aux Affaires sociales 1978-1979, puis ambassadeur de la RCA au Cameroun, poste qu’elle a occupé jusqu’à sa mort dans un accident de circulation sur la route la ramenant à son poste de juridiction à Yaoundé. 

Marie-Charlotte Fayanga nous quitte au moment où le pays avait grandement besoin de son savoir-faire, de ses sages conseils et aussi de sa longue expérience de la chose publique. Elle laisse derrière elle cinq enfants dont trois de son premier mari, monsieur Aguide et deux de monsieur Louis Alazoula. Nous adressons toutes nos condoléances à la famille éprouvée. Adieu Excellence Madame l’Ambassadeur. Nous étions des parents par alliance à cause de notre cousin commun, Cyriaque Samba-Panza. Tu demeureras à jamais gravée dans nos cœurs.

FYZ

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 01:40
CPI, premier procès, le 9 février, de dirigeants anti-balaka

 

Lu pour vous

 

By La rédaction de Mondafrique  - 9 février 2021

Il s’agit d’un pas important vers la justice pour les victimes de crimes commis dans le cadre du conflit depuis 2012

Le procès de deux dirigeants anti-balaka qui s’ouvrira le 9 février 2021 sera le premier à se tenir devant la Cour pénale internationale (CPI) pour les crimes graves commis lors du conflit en République centrafricaine depuis 2012, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch, qui publie également un document « questions-réponses » sur le procès en vue d’expliquer la procédure et de fournir des éléments de contexte.

Patrice-Edouard Ngaïssona et Alfred Yekatom  sont les leaders anti-balaka les plus importants à être jugés à ce jour, et les premiers devant la CPI. Après l’éviction en 2012 du président centrafricain François Bozizé par les dirigeants musulmans de la Séléka, des milices chrétiennes appelées anti-balaka s’étaient livrées à des représailles contre la Séléka et tous ceux qu’elles considéraient comme des soutiens de leurs ennemis, les civils se retrouvant pris en étau.

« L’ouverture du procès de Yekatom et Ngaïssona est une étape importante pour rendre justice aux victimes de crimes brutaux commis lors de l’actuel conflit en République centrafricaine », a déclaré Elise Keppler, directrice adjointe du Programme Justice internationale de Human Rights Watch. « Un vide judiciaire a alimenté des violences répétées en République centrafricaine, avec une nouvelle vague d’attaques rien qu’au cours des deux derniers mois. Des procès équitables et crédibles pour les atrocités commises sont essentiels pour que le pays brise ces cycles de violences. »

La récente recrudescence de la violence est allée de pair avec l’élection présidentielle du 27 décembre 2020. Une nouvelle coalition rebelle a lancé de multiples attaques, faisant plusieurs morts parmi les Casques bleus et provoquant de nouveaux déplacements massifs de civils. La coalition est composée de factions issues à la fois des anti-balaka et de la Séléka. Les récentes violences ont mis fin à un accord de paix conclu en 2019.

Yekatom, connu sous le nom de « Rombhot », était caporal-chef dans l’armée nationale avant le conflit, avant de se promouvoir « colonel » lorsqu’il est devenu l’un des chefs de file anti-balaka en 2013. Ngaïssona, qui était un coordinateur politique autoproclamé des anti-balaka, a ensuite occupé un poste de direction à la Confédération africaine de football. Le 3 septembre 2014, Human Rights Watch s’est entretenu par vidéo avec Ngaïssona, qui n’a pas contesté la responsabilité des anti-balaka dans certains abus ou qu’il est un dirigeant de ce groupe.

Yekatom et Ngaïssona sont visés respectivement par 21 et 32 chefs d’accusation de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Parmi ces chefs d’accusation figurent les attaques intentionnellement dirigées contre la population civile, le meurtre, les attaques dirigées contre des édifices religieux, la déportation ou le transfert forcé de population et le déplacement de population civile, la persécution et l’enrôlement d’enfants soldats. Ngaïssona fait également face à une accusation de viol.

Le tribunal a émis des mandats d’arrêt contre Yekatom  et Ngaïssona en novembre et décembre 2018 et tous deux ont été remis à la CPI peu de temps après par la République centrafricaine et la France, respectivement. En février 2019, la CPI a fusionné leurs affaires.

 

 

 

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