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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 00:21
Cameroun : l'ONU prévoit une hausse du flux de réfugiés centrafricains à plus de 275.000 en 2017

 

Cameroun : l'ONU prévoit une hausse du flux de réfugiés centrafricains à plus de 275.000 en 2017

YAOUNDE, 04/11/16 (Xinhua) -- Le flux de réfugiés centrafricains continuera de croître pour atteindre jusqu'à plus de 275.000 en 2017 au Cameroun, en raison de la persistance des violences à Bangui et d'autres localités centrafricaines, indique une projection établie par les Nations Unies.

 

Pour 2016, les estimations font état de 253.000 réfugiés centrafricains, contre 233.000 l'année précédente, dont une grande majorité dans la région de l'Est du Cameroun et le reste dans celle de l'Adamaoua, deux régions frontalières de la République centrafricaine (RCA) et en proie des incursions sporadiques de groupes armés venus de ce pays voisin.

 

Ce sont des personnes ayant fui les violences dans leur pays dues à la crise provoquée par la prise du pouvoir de l'ex-coalition rebelle de la Séléka contre le régime de François Bozizé le 24 mars 2013 à Bangui.

 

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le gouvernement camerounais ont annoncé il y a quelques mois la signature d'un accord tripartite avec le pouvoir centrafricain en vue des retours volontaires.

 

Selon le système des Nations Unies au Cameroun, la mise en œuvre de ce processus apparaît aujourd'hui difficile à cause de la poursuite de la dégradation de la situation sécuritaire en RCA qui continue de contraindre à l'exil de nombreux Centrafricains, faisant redouter au contraire l'arrivée de nouveaux afflux de réfugiés sur le sol camerounais.

 

Ces réfugiés sont installés pour une partie dans des camps et pour l'autre au sein des communautés locales, et en 2017 un accroissement à 275.800 est projeté, a annoncé récemment la coordinatrice du système des Nations Unies au Cameroun et représentante-résidente du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Najat Rochdi.

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 00:18
Lu pour vous : Depuis 12 ans, au lycée horticole de Varzy, ils œuvrent pour les enfants du Centrafrique

 

Association

 

http://www.lejdc.fr/ 04/11/2016

 

L’association Maboko na Maboko s’active depuis douze ans entre les murs du lycée horticole rural privé au profit des enfants de Sibut.

 

Née en 2004 autour de Sœur Yvette, l'association Maboko na Maboko tient, depuis douze ans, ses engagements auprès des enfants de l'école de Sibut, en Centrafrique.

 

La Congrégation des sœurs de la Sainte-Famille, à laquelle appartient Sœur Yvette, œuvre, aux côtés des Fonds des nations unies pour l'enfance (Unicef), de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), auprès des enfants de Centrafrique, ce pays de quatre cent cinquante millions d'habitants, au cœur de l'Afrique qui, depuis 2004, est en proie aux guerres civiles.

 

Une action dédiée aux autres

 

C'est ainsi, à l'initiative de Sœur Yvette, et pour mener « une action dédiée aux autres », qu'un groupe d'élèves du lycée horticole rural privé (LHRP) du Haut Nivernais, en BTA (Brevet de technicien agricole, aujourd'hui Bac pro), certains membres du personnel et du conseil d'administration ont fondé l'association Maboko na Maboko ("main dans la main" en dialecte local). L'objectif premier était de financer la scolarité des élèves de la maternelle au primaire et de permettre à de jeunes orphelins de suivre leur formation en apprentissage.

 

L'association envoyait donc, au départ, par containers, du matériel, notamment de jardinage, pour répondre aux exigences de la formation des jeunes orphelins. Et, parce qu'au lycée une filière service est dispensée, du matériel de puériculture était aussi acheminé pour les familles.

 

Il s'est très vite avéré que les marchandises étaient détournées. Parti de Dunkerque et à peine débarqué sur les côtes occidentales de l'Afrique, le précieux chargement, pour éviter les tirs nourris de la guerre civile, parcourait la brousse. Il ne résistait, dès lors, pas aux pilleurs.

 

Très rapidement, donc, la décision a été prise d'envoyer de l'argent. Et, pour être plus sûr que ce dernier arrive à destination et soit utilisé pour les enfants, la présidente de l'association, Sandryne Lauverjon, transfert les fonds au siège de la Congrégation des Sœurs de la Sainte-Famille à Besançon. Cette dernière se charge de les faire parvenir sur place, notamment lors d'un déplacement d'un des membres de la congrégation vers la Centrafrique.

 

Tous les ans, c'est une aide financière d'environ 1.500 € que l'association apporte pour les enfants de l'école de Sibut, somme réunie par deux opérations bol de riz dans l'année, une à Noël et l'autre à Pâques.

 

Dans un climat de guerres civiles, la troisième en neuf ans, l'école connaît des fluctuations d'effectifs. Au plus fort de la guerre, l'école n'a rouvert ses portes en 2014 qu'avec peu d'enfants, cent cinquante-cinq à la rentrée. Les parents les gardant chez eux, de peur qu'ils ne perdent la vie durant l'heure de trajet parfois nécessaire à certains d'entre eux pour rejoindre le centre scolaire. À la dernière rentrée, ce sont trois cent soixante-dix enfants qui ont rejoint les bancs de l'école.

 

Un repas par jour 
 

Depuis le 1 er octobre 2014, l'argent collecté par l'association Maboko na Maboko, en plus du règlement des frais de scolarité, permet d'offrir un repas par jour, après les cours du matin, à tous les élèves.

 

Dans ce pays, où la malnutrition sévère continue de toucher gravement les populations, en particulier les enfants, c'est parfois le seul repas de leur journée. Il suffit de 0,75 centime d'euros pour offrir riz, légumes, haricots en grains, et sardines en sauce avec des grains de courge pour nourrir un enfant une fois par jour.

 

Durant la semaine de la Solidarité internationale, de lundi 14 à vendredi 18 novembre, tous les élèves du lycée seront sensibilisés pour cette cause. « Nous manquons toujours de bonnes volontés pour poursuivre notre engagement », note Sandryne Lauvergeon. « Et puis, tous les ans, de nouveaux élèves sont susceptibles de rejoindre l'association et d'apporter de nouvelles idées ».

 

Anne Magnard

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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 00:16
Lu pour vous : Pourquoi un pasteur évangélique français a demandé pardon en Centrafrique

 

Pourquoi un pasteur évangélique français a demandé pardon en Centrafrique

http://urbi-orbi-africa.la-croix.com/ 4 novembre 2016

 

En déplacement à Bangui en octobre, Alain Stamp a demandé pardon, au nom de la France, à 350 responsables évangéliques réunis en forum.

 

La scène se déroule à Bangui, le 11 octobre dernier. Entre 300 et 350 personnes sont réunies dans la capitale centrafricaine. Il y a là des responsables évangéliques venus de tout le pays, pour assister pendant quatre jours à un « Forum des évangélistes » organisé par l’Alliance évangélique centrafricaine.

 

Lorsqu’il arrive devant l’assistance, Alain Stamp, l’un des responsables du Conseil national des évangéliques français (Cnef) commence par cette phrase étonnante. « Je crois que j’ai un double handicap : je suis blanc et je suis Français. » Devant lui, des dizaines de personnes approuvent en silence. « J’ai alors simplement demandé pardon pour les actions graves, inadmissibles et révoltantes que mon pays a commis en Centrafrique, et exprimé mes regrets et ma compassion », raconte-t-il. « La réaction a été merveilleuse et bruyante de joie ! »

 

Armes, richesses du sous-sol

 

Pourquoi avoir exprimé une telle demande de pardon ? « Dès mon arrivée à Bangui, j’ai été en contact avec un pasteur, également haut fonctionnaire, qui a insisté sur la responsabilité de la France dans la situation du pays », répond le responsable français. Il cite notamment l’exploitation des richesses du sous-sol ou encore les ventes d’armes.

 

« En entendant parler cet homme, je me suis rendu compte que j’avais, en tant que chrétien et que pasteur, perdu toute crédibilité. » Or lors du forum de Bangui, le responsable évangélique devait précisément intervenir sur un sujet délicat : « Face à la souffrance et l’épreuve. »

 

« Confiance spirituelle »

 

« Je perdais mon droit d’être écouté et entendu par les pasteurs qui étaient en face de moi, poursuit Alain Stamp. Le premier sens de ma demande de pardon a donc été une démarche spirituelle. » Une manière, selon lui, d’entrer dans une « relation de confiance spirituelle » avec ses interlocuteurs.

 

Dans les jours qui suivent, il accueille lui-même des demandes de pardon, notamment de la part de plusieurs jeunes présents, venu faire cette démarche pour regretter leur réaction « contre la France ». « L’un d’entre eux m’a demandé pardon au nom de la jeunesse centrafricaine. »

 

« Plate-forme interreligieuse pour la paix »

 

Au cours de ce forum, les participants ont notamment abordé la question du « pardon » et de la « guérison ». Deux thèmes centraux pour les Églises dans ce pays, et en particulier les Églises évangéliques. Les débats ont été clos en présence du président du pays, Faustin-Archange Touadéra, élu en mars dernier à la tête du pays.

 

Le président de l’Alliance évangélique centrafricaine, Nicolas Guérékoyame-Gbangou, est l’un des membres de la plate-forme interreligieuse pour la paix, créée en 2013 aux côtés de côtés de l’archevêque de Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, et de l’imam de Bangui, Oumar Kobine Layama.

 

La Centrafrique éprouve de grandes difficultés à se relever du chaos de la guerre civile provoquée en 2013 par le renversement de l’ex-président François Bozizé par des rebelles séléka (« coalition » en sango) majoritairement musulmans, qui avait entraîné une contre-offensive des milices anti-balaka majoritairement chrétiennes.

 

Loup Besmond de Senneville

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4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 00:51

 

 

NOTE D’INFORMATION

 

 

Bangui, le 3 novembre 2016 - Le Vice-Secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, appelle les Centrafricains à choisir la voie de la réconciliation pour bâtir ensemble la République centrafricaine (RCA), en soulignant que la violence n’a jamais été une « solution durable ». Jan Eliasson qui s’adressait à la presse à la fin de sa visite de 48 heures dans le pays, a affirmé avoir dit à tous ses interlocuteurs que « la réconciliation doit être au cœur de tous les efforts ».

 

« L’avenir, c’est la réconciliation, même si ce n’est pas très populaire. Il y a une voie et une route qu’il faut choisir : quel avenir voulez-vous léguer à vos enfants ? Il faut être ensemble, bâtir le pays avec les ressources dont il dispose », a indiqué Jan Eliasson. « En 40 ans de diplomatie, je n’ai jamais vu la violence mener à une solution durable », a ajouté le Vice-Secrétaire général, citant l’exemple du Rwanda qui a opté pour la réconciliation après le génocide et qui connaît depuis une évolution sociale et économique importante.

 

Le Vice-Secrétaire général qui dit avoir noté « de la tension et une tendance à la polarisation », affirme toutefois quitter Bangui « avec espoir ». « C’est votre pays. Nous, la communauté internationale, voulons vous aider. La tâche est grande mais les Nations Unies et la communauté internationale sont à vos côtés. Nous sommes vos partenaires », a-t-il dit.

 

Au cours de son séjour, Jan Eliasson a été reçu par le Président Faustin Archange Touadéra et s’est adressé aux députés à l’Assemblée Nationale. Le Vice-Secrétaire général s’est également entretenu avec des représentants de la société civile et la plateforme religieuse. Il a également participé  à une réunion de travail sur le DDR organisée par la Présidence de la République, et s’est déplacé au PK5 et au camp des déplacés internes à Mpoko.
 

 

Le Vice-Secrétaire général sera l’un des participants à la réunion des bailleurs de la RCA, organisée par l’Union européenne le 17 novembre à Bruxelles. « Dans deux semaines, je dirigerai la délégation des Nations Unies à la conférence des donateurs à Bruxelles. Ensemble nous voulons proposer des actions concrètes pour la reconstruction des infrastructures du pays, la promotion de la réconciliation et le renforcement de l’état de droit. Nous voulons créer des opportunités pour tous les Centrafricains», a conclu Jan Eliasson.

______________________________________________________________________________

 

Bureau de la Communication et de l'information publique 

 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine 

https://minusca.unmissions.org  | @UN_CAR | https://www.facebook.com/minusca.unmissions

 

 

RCA: le numéro deux de l'ONU à la rencontre des habitants du PK5

 

Par RFI Publié le 03-11-2016 Modifié le 03-11-2016 à 23:15

 

Le vice-secrétaire général de l'ONU a achevé ce 3 novembre au soir sa visite en Centrafrique. Jan Eliasson voulait se rendre compte de la situation par lui-même, avant de conduire la délégation des Nations unies à la Conférence des donateurs sur la RCA qui se tiendra à Bruxelles dans deux semaines. Ce jeudi, il est allé à la rencontre des représentants de la société civile du Kilomètre 5, dernier quartier musulman de Bangui.

 

Assis face à ses interlocuteurs dans la cour de la mosquée centrale, Jan Eliasson les écoute plaider pour une intégration des musulmans dans la construction du pays. Les vieux, les femmes, les jeunes également, comme Moussa Ibrahim Mamadou. « Nous vivons dans une prison à ciel ouvert. Il y a des efforts qui ont été faits de part et d’autre. Nous avons voté, mais le problème reste intact, M. le [vice]-secrétaire général des Nations unies. Le Kilomètre 5, le PK5, représente la République centrafricaine. On veut que vous demandiez à nos dirigeants d’être à côté de nous pour nous écouter. »

 

Jan Eliasson répond en martelant un plaidoyer pour le dialogue et la réconciliation. « Vous n’êtes pas seul », ajoute le vice-secrétaire général des Nations unies. « Je vous promets que je vais donner le message [...] Je vais le passer aussi au Conseil de sécurité et à la réunion internationale à Bruxelles, assure-t-il. J’ai aussi parlé pendant des heures hier avec le président Touadéra, j’ai parlé avec le président de l’Assemblée nationale et je peux vous dire que j’ai apporté le message qu’à vous : il faut avoir la réconciliation, il faut avoir le dialogue, il faut avoir la libre-circulation. Ce n’est pas normal de vivre comme ça. »

 

Et de conclure : « Votre pays doit être riche, votre pays doit être heureux. C’est aller contre l’histoire que d’aller contre cette direction. »

« L’AVENIR, C’EST LA RECONCILIATION », LANCE LE VICE-SECRETAIRE GENERAL DE L’ONU AUX CENTRAFRICAINS
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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 22:57
RCA: le numéro 2 de l’ONU en visite à Bangui

 

 

 

Par RFI Publié le 03-11-2016 Modifié le 03-11-2016 à 12:05

 

Le numéro 2 de l'ONU était en visite à Bangui, ce mercredi. L'occasion d'évaluer la situation en RCA, deux semaines avant la conférence des donateurs qui aura lieu à Bruxelles. Jan Eliasson a d'abord été reçu par le président, Faustin-Archange Touadéra, dans la matinée. Il a ensuite pris la parole, à l'Assemblée nationale, devant les députés pour réaffirmer le soutien de l'ONU, et pour évoquer, également, la sécurité en Centrafrique au moment où les casques bleus de la Minusca sont les cibles de nombreuses critiques.

 

Très attendu sur la question sécuritaire, Jan Eliasson a été interpellé par le président de l’Assemblée nationale Karim Meckassoua, sur la recrudescence des violences et les difficultés des casques bleus à les enrayer, notamment à Kaga-Bandoro il y a trois semaines. Sur ce point, le numéro 2 de l’ONU a eu notamment cette phrase : « Nous avons tiré les leçons de ces événements douloureux et nous ferons tout ce que nous pouvons pour prévenir la répétition de telles atrocités ».

 

A la sortie, le député URCA Anicet Georges Dologuélé, chef de file de l’opposition, estime en tout cas que le message des députés est passé : « Personne ne peut sous-estimer l’action de la Minusca. Nous sommes là, en paix, parce qu’eux et les forces françaises ont été là. Mais comme les violences reprennent, nous n’avons pas envie de retomber dans l’état dans lequel était le pays avant leur arrivée. C’est pour cela qu’il est important que ces forces soient plus offensives. Et c’est ça que la représentation nationale a demandé à travers notre président ».

 

Jan Eliasson a réaffirmé aussi l’engagement des Nations unies à être aux côtés des autorités centrafricaines, notamment à la Conférence des donateurs qui aura lieu à Bruxelles le 17 novembre. Un rendez-vous important pour Bertin Béa, député du KNK : « Il faut qu’on crée des conditions de développement pour garantir la vraie sécurité durable au peuple centrafricain. Et nous fondons beaucoup d’espoir par rapport à la table ronde de Bruxelles. C’est vraiment crucial. C’est un tournant crucial dans la vie socioéconomique, politique, sécuritaire de notre pays ».

 

A Bruxelles, l’ONU présentera un plan de relèvement de la Centrafrique élaboré avec le gouvernement, l’Union européenne et la Banque mondiale.

 

« La conférence des donateurs à Bruxelles est une question de vie ou de mort pour ce pays. Il faut qu’en avançant sur le front de la sécurisation du pays, que nous avancions aussi sur le plan du relèvement économique pour que cet Etat soit viable, pour qu’il ait les moyens de sa politique. C’est pour ça que la Conférence de Bruxelles n’est pas un exercice banal. »

 

Martin Ziguélé

 

03-11-2016 - Par Pierre Pinto

 

 

Centrafrique: le numéro 2 de l'ONU rassure après les violences et le retrait français

 

03/11/16 (AFP)

 

Les Nations unies ont "tiré les leçons" des récentes violences en Centrafrique, a assuré son vice-secrétaire général en visite à Bangui, où il a promis "un plan national pour le relèvement" de ce pays toujours menacé par les groupes armés.

 

Le vice-secrétaire général des Nations unies, Jan Eliasson, a terminé jeudi une visite de trois jours, intervenue entre la fin officielle de l'opération militaire française Sangaris proclamée lundi et une "conférence des donateurs" à Bruxelles le 17 novembre.

 

"Le mois d’octobre a été particulièrement violent", a-t-il souligné mercredi devant les députés centrafricains, dans une allusion aux affrontements à Kaga-Bandoro (au moins 37 morts), Bambari (25 morts dont six gendarmes) et dans la capitale Bangui (une dizaine de victimes).

 

"Nous avons tiré les leçons de ces évènements douloureux et ferons tout ce qui est en nos capacités pour prévenir de telles atrocités", a-t-il ajouté alors que le manque de réactivité des Casques bleus de la Minusca (12.500 au total) a été mis en cause à Kaga-Bandoro.

 

L'ONG Human Rights Watch (HRW) avait ainsi demandé mardi aux Nations unies de renforcer la protection des civils, dans un rapport sur ces violences perpétrées par des miliciens ex-séléka majoritairement musulmans.

 

"Avec le gouvernement centrafricain, l’Union européenne, l’ONU, et la Banque mondiale, nous avons élaboré un +plan national pour le relèvement+. Ce plan sera présenté et examiné à la conférence des donateurs à Bruxelles le 17 novembre, où je dirigerai la délégation des Nations Unies", a ajouté M. Eliasson.

 

Les besoins de la Centrafrique s'élèverait à trois milliards de dollars sur cinq ans, indique-t-on de source onusienne.

 

Pendant son séjour, le haut-responsable de l'ONU a rencontré le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, et effectué des visites sur le terrain.

 

"Je suis venu écouter vos doléances pour les transmettre à Bruxelles", a-t-il ainsi déclaré aux habitants du quartier musulman du PK5, théâtre dimanche soir d'un règlement de compte meurtrier entre groupes d'auto-défense ex-séléka.

 

"Ayez espoir. La communauté internationale fera tout pour vous aider à vous en sortir", a-t-il promis aux déplacés du camp de Mpoko, situé près de l'aéroport de Bangui.

 

La Centrafrique peine à se relever du chaos des massacres communautaires commencés après le renversement en 2013 du président François Bozizé par les séléka, dont la prise du pouvoir avait entraîné la contre-offensive des rebelles anti-balaka principalement chrétiens.

 

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 22:50
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : Le PUR appelle à la démission du Premier Ministre pour déficit de résultats

 

http://rjdh.org/ PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 3 NOVEMBRE 2016

 

BANGUI, 03 novembre 2016—Le président du Parti de l’Unité et de la Reconstruction (PUR), Eddy-Symphorien Kparékouti a demandé la démission du Premier Ministre Simplice Mathieu Sarandji pour manque de résultats. Il a estimé dans une déclaration publiée ce jeudi 3 novembre que le chef du gouvernement n’a pas pu en sept mois rassurer sur le plan sécuritaire qu’il a pourtant posé comme sa priorité. 

 

Pour le président du Parti de l’Unité et de la Reconstruction, le regain de violence, ces derniers temps en Centrafrique est la preuve de l’échec du premier ministre qui a fait de la sécurisation du pays la priorité de sa politique générale.

 

« Dans le cadre de cet élan républicain et face à l’échec patent du gouvernement actuel sur la question sécuritaire qui, pourtant figurait au premier plan de la politique générale présentée par le Premier Ministre Simplice Mathieu Sarandji devant la représentation nationale en juin 2016, le Parti de l’Unité et de la Reconstruction appelle à la démission dans un bref délai du Premier Ministre nommé par violation de la constitution. Cette démission s’explique aussi par un déficit de résultats » lit-on dans la déclaration du PUR.

 

Eddy-Symphorien Kparékouti dit soutenir l’idée de l’union sacrée qui, selon lui doit conduire à la mise en place d’un nouveau gouvernement qu’il qualifie d’union sacrée. Le président du PUR estime que « la démission du premier ministre permettra au Président de la République de mettre en place un gouvernement d’union sacrée, suite logique du consensus qui découlerait du pacte républicain souhaité par le Chef de l’Etat et appuyé par les forces vives de la Nation ».

 

Il a ajouté dans sa déclaration que la nouvelle équipe gouvernementale que le président du PUR appelle de ses vœux, doit selon lui renforcer l’unité des forces vives de la Nation et devra s’attaquer aux défis actuels de sécurité.

 

« Le gouvernement d’union sacrée aura pour tâche essentielle de consolider le rassemblement républicain, indispensable pour la réconciliation véritable dont a besoin la République. En plus, cette équipe gouvernementale aura à créer un bloc compact pour dissuader toute velléité guerrière et préparer le pays à amorcer le DDRR voire la phase du développement », a fait savoir Eddy-Symphorien Kparékouti.

 

Le président du Parti de l’Unité et de la Reconstruction est le premier politique centrafricain a appeler à la démission du Premier ministre après les concertations des forces vives de la Nation, le 29 octobre dernier./

 

 

Centrafrique : Situation humanitaire déplorable à Kaga-Bandoro

 

http://rjdh.org/ PAR DANIEL NGUERELESSIO LE 3 NOVEMBRE 2016

 

BANGUI, 3 novembre 2016 (RJDH)–Les conditions d’hygiène, eau et assainissement déplacés de Kaga-Bandoro devant la base de la Minusca sont très déplorables. Ces déplacés sont victimes le 12 octobre des attaques armées.

 

A moins de trois semaines, les lieux sont pollués, des défécations à l’air libre, aux abords des pistes d’atterrissage des avions et aux ruelles. Cela risquerait d’engendrer des maladies si les acteurs humanitaires en domaine du wash n’interviennent pas à temps, c’est le constat fait un responsable du site au RJDH.

 

Selon les informations du RJDH, depuis que les déplacés se sont installés, les aides d’urgence tardent à venir, par ailleurs, ils se disent menacer par des Anti-Balaka.

 

Enoch Nago Ngoya, président du site des déplacés de Kaga-Bandoro, a précisé que « ces personnes vulnérables vivent dans des conditions très précaires, ils ne disposent pas de latrines, ni d’eau potable et d’abris adéquats, alors que des évaluations se font à plusieurs reprises ».

 

A ces  préoccupations hygiéniques, s’ajoutent celles sécuritaires. Enoch Nago Ngoya a indiqué que les déplacés sont terrorisés par les Anti-Balaka qui logent dans le site et menacent la population civile. Pour lui, une réunion s’est tenue le week-end dernier à cet effet pour mettre un terme au désordre dans le site.

 

Selon la récente évaluation, au moins 20.000 déplacés vivent dans le site de Kaga-Bandoro. Des structures humanitaires qui avaient suspendu leurs interventions reprennent petit à petit.

 

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 00:18
En visite en Centrafrique, Jan Eliasson rappelle que l'ONU est là pour protéger la population

 

 

http://www.un.org/ 2 novembre 2016 – A l'occasion d'une visite de deux jours en République centrafricaine, le Vice-Secrétaire général de l'ONU, Jan Eliasson, a rappelé que la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies dans ce pays (MINUSCA) était là pour protéger la population face aux violences.

 

« Le mois d'octobre a été particulièrement violent. Cela a eu pour résultat la mort tragique de nombreuses personnes et plusieurs blessés, notamment ici à Bangui, à Bambari ou à Kaga Bandoro. Nous avons tiré les leçons de ces évènements douloureux et ferons tout ce qui est en nos capacités pour prévenir de telles atrocités », a dit M. Eliasson lors d'un discours prononcé devant l'Assemblée nationale à Bangui.

 

Le Vice-Secrétaire général a fortement condamné ces violences et a assuré la détermination des Nations Unies « à faire toute la lumière sur l'incident regrettable de lundi dernier à Bangui », en référence à des manifestations contre le gouvernement et les Nations Unies qui ont été accompagnées de violences le 24 octobre.

 

« La MINUSCA soutiendra toute demande formulée par les autorités judiciaires de la République centrafricaine à cet effet », a-t-il ajouté.

 

« J'affirme sans ambiguïté que la Mission est là pour protéger la population centrafricaine et elle le fera en toute impartialité. Nous respectons le droit de chacun de manifester pacifiquement et protégerons ce droit si nécessaire », a-t-il encore dit. « Mais, je vous appelle aussi à ne pas céder aux discours provocateurs ou aux tentatives de déstabilisation de vos nouvelles institutions démocratiques par les ennemis de la paix. Nous devons ensemble faire front contre ceux qui veulent empêcher la marche résolue et pacifique du pays vers plus de progrès et de prospérité partagée ».

 

Lors de sa visite entamée mardi, M. Eliasson a notamment rencontré le Président Faustin-Archange Touadéra. « Pour venir ici, j'ai traversé la ville et j'ai été frappé de constater les progrès considérables accomplis par la République centrafricaine et la vitalité de son peuple », a-t-il dit aux membres de l'Assemblée nationale.

 

Selon lui, le succès des élections peut servir d'exemple pour l'Afrique centrale et tant d'autres pays du monde. « Votre élection à cette Assemblée et le rétablissement de l'ordre constitutionnel n'auraient pas été possibles si les forces de la paix n'avaient pas vaincu les forces de la haine », a-t-il souligné.

 

Le Vice-Secrétaire général a estimé que pour aller de l'avant, « il faudra traiter les causes profondes du conflit, mettre fin à l'impunité, favoriser l'ouverture politique et lutter contre la marginalisation de certains groupes et de certaines communautés ».

 

Il a rappelé qu'avec le gouvernement centrafricain, l'Union européenne, l'ONU et la Banque mondiale ont élaboré un « plan national pour le relèvement », qui sera présenté et examiné à la conférence des donateurs à Bruxelles le 17 novembre.

 

« Devant vous aujourd'hui, je réaffirme la profonde détermination de l'Organisation des Nations Unies et de la communauté internationale à honorer pleinement leur partenariat avec la République centrafricaine », a ajouté M. Eliasson. « En ce qui concerne l'ONU, l'appui que nous avons fourni dans les domaines de l'aide humanitaire, de la réconciliation, du relèvement et du développement, et bien entendu, la présence de la MINUSCA, sont les preuves de notre engagement ».

 

Il a précisé que l'ONU continuera d'exiger des Casques bleus une conduite exemplaire et un respect strict de la politique de tolérance zéro contre l'exploitation sexuelle et les abus sexuels.

 

 

Centrafrique : L’ONU appelle la communauté internationale à faire de la table ronde de Bruxelles un succès

 

http://rjdh.org/ PAR JEAN FERNAND KOENA LE 2 NOVEMBRE 2016

 

BANGUI, 2 Novembre 2016(RJDH) —- Le vice-Secrétaire des Nations-Unies Jan Eliasson a appelé la communauté internationale à soutenir le plan de consolidation et de relèvement pour les cinq années à venir. Déclaration faite devant les Parlementaires ce 2 novembre à Bangui au moment où le gouvernement se prépare pour la table ronde de Bruxelles du 17 novembre.

 

Ces jours-ci, l’hémicycle de l’Assemblée Nationale ne tarit pas de visites des hautes personnalités étrangères. Après le Ministre français de la défense, Jean Yves Le Drian qui a échangé avec les Députés centrafricains, c’est au tour du vice-Secrétaire des Nations-Unies Jan Eliasson de dialoguer avec les Parlementaires, aujourd’hui, 02 novembre. A deux semaines de la Table Ronde de Bruxelles sur la Centrafrique, le N°2 de l’ONU a interpellé la communauté internationale en faveur du succès de ce programme de relance socioéconomique.

 

Devant les Députés, le vice-Secrétaire des Nations-Unies, Jan Eliasson a fait un  plaidoyer en faveur de la République Centrafricaine alors que l’insécurité grandissante à l’intérieur du pays commence a inquiété l’opinion sur la réussite de cette rencontre avec les bailleurs.

 

Jan Eliasson, a encouragé la communauté internationale à se mobiliser pour le succès de la conférence des donateurs prévue pour ce 17 novembre à Bruxelles «  pour appuyer le plan de relance pour les cinq prochaines années », a-t-il justifié.

 

Il a par ailleurs ajouté que « les Nations-Unies et la Communauté internationale ont formé un partenariat solide avec la République Centrafricaine et son peuple ».

 

La visite du sous-Secrétaire Général des Nations-Unies intervient après la ville morte du 24 octobre 2016 initiée par la société civile pour exiger le départ des forces de la Minusca accusées d’ « attentistes » face au regain de violences./

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 00:16
Centrafrique: le HRW demande à l'ONU "une protection renforcée" pour les civils
Centrafrique: le HRW demande à l'ONU "une protection renforcée" pour les civils

 

Centrafrique: le HRW demande à l'ONU "une protection renforcée" pour les civils

02/11/16 (AFP)

 

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a demandé mardi aux Nations unies de renforcer la protection des civils en Centrafrique, au lendemain du retrait officiel de la France qui laisse les Casques bleus en première ligne face à la violence des groupes armés.

 

La Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca, 12.500 hommes) et HRW ont respectivement publié lundi et mardi un rapport revenant sur les violences dans la région de Kaga Bandoro (centre) mi-octobre.

 

L'attaque lancée par des miliciens de la Séléka, principalement musulmans, a fait 37 morts et entraîné le déplacement de milliers de personnes, rappellent les deux rapports.

 

"Les Nations unies devraient de toute urgence déployer plus d’effectifs dans la région centrale instable, renforcer leurs patrouilles et, en vertu du mandat de la mission, garantir un usage approprié de la force pour protéger les civils face à une menace imminente", écrit HRW.

 

"Des témoins ont raconté que les Casques bleus n’ont pas empêché une soixantaine de membres armés de la Séléka de traverser un pont surveillé par l’ONU et d’attaquer les civils, même si certains ont ultérieurement ouvert le feu et tué 12 membres de la Séléka", détaille l'ONG.

 

Dans son propre rapport, la Minusca avait indiqué que ses forces "ont pris des mesures pour protéger les civils pendant la crise et ont aidé à fournir une aide humanitaire, y compris de la nourriture, de l’eau et des soins de santé aux personnes déplacées internes".

 

"La Minusca recommande au gouvernement centrafricain de donner la priorité à la lutte contre l’impunité des abus graves des droits de l’homme commis récemment et dans le passé à Kaga Bandoro", ajoute son rapport.

 

HRW demande aussi que "le gouvernement national, les Nations unies et les bailleurs de fonds" de la Centrafrique soutiennent davantage "la cour pénale spéciale" qui doit enquêter sur les violations des droits de l'homme depuis le début du conflit en 2013.

 

La France a officialisé lundi la fin de son opération militaire Sangaris lancée en décembre 2013 pour stopper les massacres de masse entre rebelles de la Séléka et miliciens anti-balaka, majoritairement chrétiens, après le renversement du président François Bozizé en mars de la même année..

 

Le retrait de la France inquiète beaucoup de Centrafricains alors que de nombreux chefs de guerre sont encore actifs et que le pays a connu un regain de violences meurtrières au cours des derniers jours.

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 00:12
L'Angola réaffirme l'appui pour réorganiser et renforcer les forces armées de la RCA
L'Angola réaffirme l'appui pour réorganiser et renforcer les forces armées de la RCA

 

 

La Centrafrique formalise sa coopération avec l'Angola

 

02/11/16 (APA)

 

Le président centrafricain Faustin Archange Touadéra a terminé ce mercredi une visite de travail de 48h à Luanda dont l’objectif était de mettre en place un cadre formel de coopération dans plusieurs domaines avec l’Angola.

 

Ces deux pays ont déjà fait un important pas dans ce sens en signant à Bangui une lettre d’intention par leurs ministres des Affaires étrangères.

 

Pour son second voyage à Luanda depuis son arrivée au pouvoir, Touadéra a prononcé mardi devant le gouvernement angolais un discours dans lequel il a appelé les autorités de Luanda à militer en faveur de la levée de l’embargo sur les armes à destination de la Centrafrique.

 

Il a ajouté que l’Angola est un modèle que la République centrafricaine doit copier pour une amorce de son développement.

 

Depuis la transition l’Angola apporte plusieurs soutiens matériels et financiers aux Centrafricains pour les aider à faire face à leurs multiples besoins de fonctionnement.

 

Entre autres initiatives, l’Angola avait fait un don de 2 millions de dollars en 2015 au gouvernement de la Présidente Catherine Samba Panza qui a été accusée par la suite par certains membres de la société civile centrafricaine d’avoir mal géré cette enveloppe.

 

Cette visite sonne comme la ferme volonté du Président Touadéra de compter l’Angola par ses partenaires bilatéraux pouvant l’aider à résoudre la crise sécuritaire que connait la RCA.

 

D’ailleurs, Touadéra a invité les Angolais à participer à la table ronde des partenaires financiers et techniques de Centrafrique prévue le 17 novembre prochain à Bruxelles.

 

 

L'Angola réaffirme l'appui pour réorganiser et renforcer les forces armées de la RCA

 

Luanda -02/11/16 (Angola Press) -  Le Chef de l'Etat angolais, José Eduardo dos Santos, a affirmé mardi, à Luanda, que l'Angola a déjà exprimé son souhait de soutenir la République Centrafricaine (RCA), en ce qui concerne l'exécution d'un programme de consensus de réorganisation et renforcement des Forces armées et de la Police de cet Etat des Grands Lacs.

 

Selon le Président angolais, qui intervenait à l’occasion de la visite en Angola de son homologue de la RCA, Faustin Touadéra, cette intention a été exprimée par la Commission des Etats de l’Afrique Centrale et par l’Union Africaine.

 

D’autre part, José Eduardo dos Santos a plaidé pour que le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion en RCA soit un fait et que l’union et la réconciliation nationale soient effectives et devienne le centre de convergence de tous les acteurs politiques, pour la consolidation de la plate-forme démocratique, où tous pourront librement exprimer leurs idées et défendent leurs légitimes intérêts.

 

Cependant, le Chef de l’Etat a affirmé que les problèmes politiques en RCA réclament toujours des solutions dans un esprit de tolérance, de souplesse, de réalisme et de pragmatisme.

 

«Je trouve pertinent de répéter que les meilleures solutions aux problèmes politiques en République Centrafricaine ne passent pas par leur transfert à une entité juridique, mais doivent être trouvées à travers la discussion et la coopération politique», a soutenu José Eduardo dos Santos.

 

Concernant la récente tenue à Luanda, de la 7ème réunion de haut niveau du Mécanisme Régional de Révision de l’Accord Cadre pour la Paix, Développement et la Coopération en République Démocratique du Congo (RDC) et dans la Région, abordant la situation en RCA, le Chef de l’Etat angolais a dit que les préoccupations émises par les différents participants étaient communes, notamment à propos de dernières attaques des forces rebelles qui ont provoqués des victimes civils, créant la panique au sein de la populations et questionnant aussi sur la paix et la sécurité.

 

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 00:17

 

 

V. ABUS DES DROITS DE L’HOMME ET DU DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE

 

17. A l’issue de ses investigations, la MINUSCA est en mesure de confirmer que 37 civils ont été tués, dont quatre femmes, deux garçons, une fille et un bébé de sexe inconnu. De même, 60 civils, dont 22 femmes et quatre enfants (trois filles et un garçon) ont été blessés lors de ces affrontements. La MINUSCA est également en mesure de confirmer l’incendie volontaire d’au moins 400 tentes de PDI, 130 maisons dans la ville de Kaga Bandoro et 21 autres habitations sur l’axe Kaga Bandoro-Mboto, ainsi qu’il ressort des images satellitaires prises avant et après les affrontements. En outre, la MINUSCA confirme le déplacement massif de plus de 10.000 civils. Les auteurs présumés de ces abus sont principalement les ex-Seleka, les Anti-balaka et des civils appartenant aux communautés musulmane et chrétienne. A. Abus commis par les ex-Seleka et des civils armés musulmans Droit à la vie

 

18. A l’issue de ses vérifications, la MINUSCA est en mesure de confirmer que les ex-Seleka et des civils musulmans armés ont tué 35 civils, y compris trois femmes et trois enfants, dont deux garçons et une fille. Au nombre des victimes tuées figurent quatre enseignants, y compris le directeur du centre pédagogique et un personnel national du Comité International de la Croix Rouge (CICR). La plupart des appartiendrait à la communauté chrétienne et sont majoritairement des déplacés internes, et ce, suite aux attaques menées sur au camp des PDI de l’Évêché, et dans des quartiers Travaux Publics, Mambéa and Manguépa. Les entretiens conduits auprès de différentes sources attestent que les auteurs présumés sont soit des ex-seleka soit des civils musulmans armés.

 

19. Les informations relatives aux exécutions arbitraires ont été collectées auprès de sources médicales de l’hôpital préfectoral et de la MINUSCA, corroborées par un examen physique des corps trouvés sur la scène du crime. Parmi les victimes tuées, 32 corps ont pu être récupérés, dont 12 ont été formellement identifiés par les membres de leur famille, tandis que 20 autres demeurent non encore identifiés à ce jour. Suivant les rapports médicaux établis par l’hôpital de MINUSCA, cinq civils ont été tués au camp des PDI de l’Évêché, parmi lesquels figure un enfant âgé de 17 ans (âge confirmé par le père de la victime). Selon toujours des rapports médicaux, trois des victimes ont été tuées par armes à feu, une autre poignardée et la dernière brulée vive.

 

20. Des témoins ont rapporté que le directeur régional du Centre Pédagogique National et un enseignant de l’Ecole Polyvalente ont été tués par un groupe d’ex-Seleka qui ont fait irruption dans le camp des déplacés internes. Cette information a été confirmée par deux autres sources indépendantes. Un enseignant, témoin oculaire de l’attaque du Lycée Polyvalent du 12 octobre aux environs de 9 :00, a fait le témoignage suivant à la DDH : « Soixante maitres parents assistaient à un cours au lycée polyvalent lorsqu’ils ont aperçu un groupe d’ex-Seleka habillés en boubou qui a mené une incursion dans le camp des DPI, pourchassant et attaquant les civils. Lors de cette attaque, il a été témoin du meurtre du directeur du ‘Centre Pédagogique Régional’ et de celui d’un maitre parent dont il ignore l’identité.

 

21. Le 12 octobre 20156, une infirmière du CICR a été tuée près de Manguepa par les éléments ex seleka, en représailles du meurtre d’une femme musulmane et de son bébé par les Anti-balaka au camp des DPI de l’Evêché. Selon les déclarations d’une femme témoin oculaire, les éléments des ex seleka croient que le personnel médical du CICR serait indirectement responsable de l’insécurité du centre de nutrition dirigé par le CICR. Il ressort de son témoignage ce qui suit : « J’ai vu un personnel du CICR, couvert de sang, courir vers sa maison, après avoir été poignardé. Il criait qu’un élément ex-Seleka le poursuivait. Je suis entré dans la maison avec lui pour demander de l’aide. J’ai entendu la voix d’un ex-Seleka qui était entré dans la maison et qui l’a poignardé. J’ai entendu des cris « il m’a poignardé » J’étais caché sous le lit et entendait l’un des agresseurs dire : « il a un badge, c’est le genre de personnes que nous recherchons. Nous avons besoin de le massacrer ; mais pas en utilisant une arme » J’ai entendu la victime crier jusqu’à ce que sa voix s’éteigne. »

 

23. Un autre cas d’attaque ciblée est celui d’un professeur âgé de 42 ans qui a été tué dans le quartier de Bamou, dans le site des PDI, le 13 octobre 2016 par les éléments présumés ex seleka placés sous le commandement du Comzon Hamat Chatoyu du FPRC à Kaga Bandoro. Ce Comzon conduisait la patrouille dans la zone. La DDH a interviewé un proche de la victime le 14 octobre 2016, lequel a rapporté que la victime est un professeur et participait à une formation au lycée polyvalent. Il a été retrouvé mort sur la route allant vers Dekoa près du site des PDIs de Bamou. Ce proche a déclaré que la victime a été tuée à coups de couteaux et enterrée près de l’aérodrome de la MINUSCA.

 

24. La DDH continue de recevoir les informations faisant état de ce que des civils auraient été tués par un groupe armé non identifié, après les incidents du 12 octobre. Quatre cas d’atteinte à la vie, y compris deux enfants ont été rapportés à la DDH par les autorités locales. Les deux enfants auraient été tués le 14 octobre, alors qu’ils tentaient de rentrer à la maison et de récupérer certains biens à Nambéa, non loin de l’école Sainte Thérèse. L’une des victimes aurait été tuée devant INTERSOS et l’autre dans le voisinage des Travaux Publics. Au cours d’une rencontre avec la MINUSCA, les autorités locales ont déclaré que trois autres personnes de Botto auraient été tuées le même jour. Ces informations ne sont pas encore confirmées.

 

25. Selon le représentant de la jeunesse musulmane, quatre musulmans armés auraient été tués pendant les évènements. Ils faisaient partie du groupe qui aurait envahi les zones chrétiennes après la récupération du cadavre d’un homme musulman découvert le 12 octobre dans le quartier Travaux Publics. D’après lui, ces hommes armés ne sont pas des ex-Seleka ; mais plutôt un groupe de musulmans armés, corroborant les différents témoignages de diverses sources qui ont déclaré que des musulmans armés faisaient partie des assaillants qui ont attaqué le camp des PDI. Quoiqu’il n’y ait pas d’indication précise de leur appartenance ex-Seleka, ils ont été pris en charge ou tolérés par ces derniers. Droit à l’intégrité physique et mentale

 

26. Des abus au droit à l’intégrité physique et mentale ont été aussi enregistrés durant les évènements du 12 octobre. La DDH a confirmé que 60 civils ont été blessés, dont certains cas de traumatisme psychosocial. Les informations ont été reçues des victimes admises à l’hôpital et des partenaires humanitaires. La DDH a reçu egalement des allégations de 10 viols de femmes; mais ces informations ne sont pas encore confirmées. Une enquête complémentaire est nécessaire.

 

27. L’hôpital de la MINUSCA a fourni une liste de 40 personnes, dont 22 femmes et quatre enfants (trois filles et un garçon) qui ont été admis entre le 12 et le 13 octobre. Selon les dossiers médicaux, au moins neuf personnes portent des blessures par balles, deux ont souffert de brûlures et onze ont été poignardées. D'autres ont été admises pour des traumatismes psycho-sociaux mineurs provoqué par l’effet de panique. En outre, l'hôpital général de la préfecture a confirmé avoir reçu 17 personnes qui ont été blessées, le 12 octobre. La plupart ont été blessés pendant qu’elles fuyaient les agresseurs du camp des PDIs de l’Evêché, du quartier des Travaux Publics, des zones de Mambéa et de Manguepa.

 

28. La DDH a recueilli le témoignage suivant d’un parent d’une victime blessée: « Autour de 9h00, mon frère était sur le point de faire du jardinage lorsque j’ai vu les ex- Séléka venir derrière le camp. Je les connaissais depuis longtemps à Kaga Bandoro. Je les ai vus le frapper d’abord à la tête à l’aide d’un couteau ; et lorsqu’il est tombé au sol, ils ont continué à l’agresser une seconde fois à l’épaule et aux fesses. Devant cette situation, les éléments du contingent burundais sont intervenus en tirant trois coups de feu en l'air. Plus tard, ils sont venus récupérer la victime et l'ont amenée à leur base. Elle a été transférée à l'hôpital de la MINUSCA qui a confirmé l'incident. »

 

29. Certaines autorités locales ont également été attaquées par les ex-Seleka pendant la crise. Elles ont affirmé avoir été accusées de soutenir les anti-Balaka et la communauté chrétienne. L'une des victimes est le sous-préfet de Kaga Bandoro qui a rapporté le 12 Octobre à la DDH ce qui suit: « Aussitôt informé le 12 Octobre du meurtre des musulmans dans le camp des PDI des Travaux Publics, je m’y suis rendu aux environs de 5h45 mn. Une fois sur place, j’ai constaté la présence du corps sans vie d'un ex-Séléka bien connu comme étant un «taxi moto », qui aurait été tué alors qu'il tentait de cambrioler la maison d'un journaliste de la radio de Kaga Bandoro. J’ai immédiatement quitté les lieux en direction de la base MINUSCA pour en informer l'agent de sécurité autour de 06h00. Plus tard, je suis retourné à ma résidence pour y récupérer des vêtements. C’est à ce moment que j’ai vu une foule d'ex-Séléka crier et courir dans ma direction. Ils étaient habillés en civil, mais étaient armés de couteaux. Six d'entre eux me cherchaient et m’ont attrapé en criant: "Vous avez tué l'un des nôtres, nous allons nous venger". Les assaillants ont agi à visage découvert et trois d'entre eux parlaient Sango, sans accent particulier. Ils ont tenté de me poignarder ; mais j’ai réussi à m’échapper dans la brousse, pour parvenir à la base de la MINUSCA. »

 

30. La DDH a été informée par l’un de ses partenaires humanitaires d'au moins 10 cas de viols qui auraient été commis lors des affrontements du 12 Octobre. Les auteurs présumés seraient les éléments ex-Séléka. Le 14 Octobre, certaines femmes auraient été violées lorsqu’elles sont retournées dans leurs résidences respectives pour y récupérer des affaires. Des investigations additionnelles sont nécessaires aux fins de confirmer les faits. B. Abus commis par les Anti-Balaka

 

31. La DDH a enregistré le meurtre d'une femme musulmane et son bébé âgé de six ou huit mois (le sexe de l'enfant est inconnu), survenu le 12 octobre, pendant qu’elle recevait un traitement au centre de nutrition géré par le CICR, situé au sein du centre médical du camp des PDIs de l’Evêché. Un représentant de la jeunesse musulmane a informé la direction de la MINUSCA et la DDH, le 14 octobre, que la femme a été tuée par des éléments anti-Balaka avec son bébé. En outre, un gestionnaire du camp des PDIs a également indiqué qu'il a été informé des meurtres aux environs de 13h00, le 12 octobre et que ceux-ci ont probablement été tués à coups de couteau. D'autres sources ont rapporté à l'équipe que la femme et son bébé ont été tués par les Anti-Balaka en représailles contre les actes commis par les ex Séléka et le groupe d'auto-défense musulman. Le personnel de l'hôpital a également confirmé cette information. Droit à la liberté et l’intégrité de la personne

 

32. Le 17 octobre, la DDH a été informée des arrestations illégales et des mauvais traitements de deux civils musulmans par des éléments anti-Balaka dans la zone de Bamou, le 15 octobre. Ils avaient été blessés et ensuite transférés à l'hôpital de la MINUSCA. Ils ont été remis à leurs familles le 20 octobre. Attaques et destructions illégales

 

33. Des victimes et témoins ont confirmé la destruction et le pillage du camp Evêché des PDIs, des quartiers de Manguépa, de Mambéa et des Travaux Publics. Des centaines de maisons ont été incendiées dans ces zones par des groupes armés de l'ex-Séléka.

 

34. Un représentant du camp des PDIs de l’Evêché a rapporté que presque tout le camp avait été incendié. Le 14 octobre, l'équipe a rencontré les organisations humanitaires qui ont confirmé l'information. Les images satellitaires montrent que plus de 400 huttes, 130 maisons dans la ville de Kaga Bandoro et 21 autres maisons le long de l’axe Kaga Bandoro - Mboto ont été brûlées. Durant la mission d’observation, le 17 octobre, la DDH a noté que le camp Evêché des PDIs était vide et presque entièrement brûlé.

 

35. La DDH a reçu des rapports provenant de différentes sources humanitaires faisant état qu'un membre du personnel national du CICR a été poignardé au cours de l'incident du 12 octobre et transféré à Bangui le 14 octobre pour des soins plus approfondis. La DDH a également noté que durant la visite de monitoring, le 12 octobre, les bureaux des ONG humanitaires, dont INTERSOS, le centre de santé de la CARITAS et la base Echelle ont été vandalisés. D'autres témoignages reçus auprès des acteurs humanitaires, au cours de la réunion de crise, ont indiqué qu'il y avait eu de multiples tentatives de pillage de l’ONG Solidarité Internationale, IRC et les bases du HCR. Ces tentatives ont échoué parce que les locaux de ces ONG étaient protégés par les Forces de la MINUSCA. L'Hôpital Préfectoral de Kaga Bandoro est resté fermé, du 13 au 18 octobre, du fait de la suspension des activités du CICR suite à l'assassinat de son personnel et des attaques contre le personnel médical.

 

36. En outre, les enquêteurs de la MINUSCA ont confirmé que les domiciles privées des autorités locales et des églises ont également été pillés et saccagés. Le Sous-préfet a indiqué que sa maison a été complètement pillée. Le préfet a rapporté que le 12 octobre, autour de 07h30, après avoir été informé par le Sous-préfet des attaques dans la ville, il a quitté son domicile pour se réfugier à la base de la MINUSCA. Et c’est pendant qu’il était à la base de la MINUSCA que sa maison a été pillée et brûlée. Il dit avoir perdu des effets personnels. La DDH a visité les lieux et a confirmé que la maison du préfet a été partiellement brûlée et vandalisée. Pendant le pillage du camp de personnes déplacées, les auteurs ont attaqué la résidence des prêtres les forçant ainsi à trouver refuge à la base de la MINUSCA. L'église de la Nativité qui a accueilli les personnes déplacées d'un camp a également été attaquée et pillée.

 

37. Certaines victimes, membres du personnel local de la MINUSCA, auraient subi des pillages et des rapports indiquent également que des personnels nationaux et internationaux des ONGs ont été victimes d'attaques ciblées.

 

LA PROTECTION DES CIVILS ET LA SITUATION HUMANITAIRE

 

La situation des personnes déplacées internes, des ONGS humanitaires et celle des Forces de la MINUSCA.

 

38. Au début du mois d'octobre 2016, les inondations ont causé des dégâts importants dans la plupart des régions de Kaga Bandoro, créant ainsi une situation d'urgence humanitaire considérable. Du fait des incidents de Ndométe du 16 Septembre, l'acheminement de l'aide humanitaire dans la zone a été difficile à cause de l'insécurité qui sévissait, dans la mesure où les ONGs humanitaires étaient également la cible des attaques. Lors d'une rencontre avec OCHA le 14 Octobre 2016, la DDH a été informée de ce que le camp des déplacés internes « Evêché » a accueilli environ 7117 personnes, tandis qu’environ 4.000 rapatriés du Tchad vivaient dans les quartiers.

 

39. Au cours des attaques du 12 octobre contre les civils et le camp des déplacés internes, plus de 10.000 civils ont fui les quartiers de Manguépa, Mambéa, Travaux Publics et le camp des déplacés internes « Evêché » pour trouver refuge dans les locaux de la MINUSCA. Par ailleurs, par crainte d’éventuelles attaques, plus d’un millier de civils habitant dans les environs du quartier Socada, bastion musulman ont fui également leurs maisons pour chercher refuge dans les locaux de la MINUSCA. Ils ont été accueillis par la communauté musulmane dans l’attente de retourner dans leurs foyers respectifs, lesquels n’ont pas été affectés par la violence. Le 14 Octobre 2016, la DDH a pris connaissance de la lettre adressée à la MINUSCA par l’« Union des Fédérations des Eglises Baptistes », lettre dans laquelle a été fait mention que six cents (600) personnes déplacées occupant l'école biblique de Kaga Bandoro (Quartier Malo, près du Lycée Polyvalent), ont besoin de protection sécuritaire et de l'aide humanitaire, entres autres. Aussi, la DDH a-t-elle plaidé pour l'intervention des partenaires humanitaires. Toutefois, le 15 Octobre 2016, au moment de la visite des forces de la MINUSCA pour le constat, les lieux ont été désertés par les concernés.

 

40. Le 15 Octobre 2016, six camions remplis de personnes déplacées ont payé chacune CFA 5000 pour se rendre à Bangui, craignant pour leur sécurité, si elles restaient dans la région. Ensuite, les forces de la MINUSCA ont confirmé qu'ils avaient protégé neuf civils musulmans de Mambéa, près de la résidence du Préfet, menacés par les éléments anti-balaka. En outre, il a été rapporté qu’un des éléments des contingents des forces de la MINUSCA a été lapidé le 17 octobre 2016, lors de la visite du Chef de l'Etat.

 

41. La situation humanitaire des personnes déplacées est d’une extrême précarité. Elles sont confrontées à d’énormes difficultés d’accès à l’eau potable, à la nourriture et à l’hygiène. Des mesures urgentes doivent être prises pour fournir une aide humanitaire à la population déplacée, afin d'éviter la propagation de la maladie et de la crise humanitaire. Pour ce faire, la zone doit être sécurisée afin de faciliter l’approvisionnement en aide humanitaire. II. Les auteurs présumés

 

42. Selon les résultats des enquêtes de la Division des Droits de l’Homme, les principaux auteurs sont les membres des ex- Séléka, les Anti-Balaka et des groupes armés d'autodéfense appartenant à la communauté musulmane.

 

43. Eu égard aux informations recueillies, les éléments armés des groupes ex-Séléka issus de MPC et FPRC respectivement sous le commandement d'Al Khatim et Saleh Zabadi ont été impliqués dans ces incidents, car ce sont les seuls groupes ex-seleka actifs dans la région de Kaga Bandoro. Le Président des ex-Séléka/MPC, Idriss El Bachar a confirmé à la MINUSCA que le musulman qui a été tué le 12 octobre 2016 au quartier Travaux Publics était un élément de MPC. Par ailleurs, d'autres sources ont confirmé que cet homme était le garde du corps d'Abdel Kader Hassan, un ancien FACA et chef d'équipe chargé des opérations au sein du MPC.

 

44. La MINUSCA a rapporté qu’approximativement, 45 éléments armés d’AK47, de grenades et de couteaux les empêchaient de mener des enquêtes sur le meurtre d'un musulman, le 12 Octobre 2016 dans le quartier de Travaux Publics. Ces mêmes éléments armés ont attaqué plus tard le quartier Travaux Publics, les zones de Mambéa, Manguépa et le camp des déplacés internes « Evêché » en représailles contre les provocations des Anti-Balaka au moment où ils allaient enterrer le défunt. Selon certaines sources, ces éléments étaient sous le commandement du chef d’équipe d'ex-chef Séléka/MPC, chargé des opérations.

 

45. Les résultats des enquêtes de la Division des Droits de l’Homme de la MINUSCA ont révélé que la réorganisation des éléments anti-Balaka dans la région a été faite sur l'instigation de Bertrand Gazamodo et de Ledger Ngaya, basés dans le camp des déplacés « Evêché ». Les ex- Séléka soupçonnent les autorités locales de soutenir cette réorganisation des Anti-Balaka et que Bertrand Gazamodo refuse de faire partie du processus de pré-DDR.

 

46. Des sources crédibles et indépendantes ont confirmé l'implication des éléments anti-Balaka dans la violence du 12 Octobre 2016. Les rapports de ces mêmes sources ont confirmé qu'ils étaient directement responsables de la mort d'une femme musulmane et de son bébé âgé entre six et huit mois au centre de nutrition de l'hôpital du camp des déplacés internes « Evêché », géré par le CICR. Les mêmes éléments ont pillé la résidence du Prêtre, située dans ledit camp.

 

47. Les résultats des enquêtes de la MINUSCA confirment également l'implication des groupes d'autodéfense appartenant à la communauté musulmane dans les affrontements du 12 et 15 Octobre. Un représentant de la communauté a fait référence aux attaques du camp des déplacés internes « Evêché » comme étant une réaction spontanée contre le meurtre d’un musulman au quartier Travaux Publics. Il a affirmé qu'au moins quatre musulmans armés auraient été tués par les forces de la MINUSCA et des éléments anti-Balaka. La même source a rapporté à la Division des Droits de l’Homme de la MINUSCA qu'un nombre important de personnes sont actuellement armées et peuvent utiliser leurs armes sans toutefois être affiliées aux ex- Séléka ou aux Anti Balaka. Les forces de la MINUSCA ont également confirmé l'implication des civils musulmans d’auto-défense dans ces affrontements et que certains des auteurs étaient habillés en civil, lors de l'attaque sur le camp des déplacés internes « Evêché ».

 

LES MESURES PRISES PAR LA MINUSCA ET LES ACTEURS HUMANITAIRES

 

48. Les Forces de la MINUSCA ont pris des mesures pour protéger les civils pendant la crise et ont aidé à fournir une aide humanitaire, y compris de la nourriture, de l’eau et des soins de santé aux personnes déplacées internes.

 

49. La MINUSCA a publié un communiqué pour condamner la violence et appeler les ex-Séléka et les Anti-Balaka à s'abstenir de commettre des violences, tout en leur rappelant que les auteurs de crimes seront arrêtés et traduits en justice.

 

50. La MINUSCA a fourni des soins médicaux à 40 personnes blessées, recueilli et transféré 13 cadavres à l'hôpital préfectoral.

 

51. La MINUSCA a assuré la sécurité du personnel et des installations de plusieurs ONG internationales et des agences des Nations Unies, empêchant ainsi qu’elles ne soient pillées.

 

52. Les acteurs humanitaires ont fourni un soutien médical à plusieurs blessés graves et facilité leur transfert à Bangui. Ils ont également fourni une aide humanitaire à environ 10 000 nouvelles personnes déplacées ;

 

53. La MINUSCA a engagé le dialogue avec les autorités locales, les groupes armés et les organisations de la société civile à Kaga Bandoro pour apaiser les tensions et faciliter le retour des populations dans leurs quartiers respectifs. Ainsi, les commandements respectifs des ex-Séléka /MPC et FPRC ont informé la MINUSCA qu'ils ont mis en place une brigade mixte pour éviter de nouveaux affrontements et renforcer la discipline parmi leurs combattants.

 

V. LES MESURES PRISES PAR LES AUTORITÉS NATIONALES ET LOCALES

 

54. Une délégation gouvernementale composée du Président Touadéra, et certains membres de son cabinet, s’est rendu à Kaga-Bandoro le 17 octobre et a tenu des réunions avec des représentants de l'exSéléka (MPC) et FPRC afin d'apaiser les tensions et prévenir tous nouveaux affrontements. La délégation a expliqué qu'elle était prête à entamer un dialogue politique avec les groupes armés, tout en exprimant la nécessité d'un dialogue sur le DDR, comme une occasion de soulever des questions politiques et de résoudre les conflits. Avant la visite du Président, le 15 octobre, le DSRSG-HC-RC et le ministre de la réconciliation se sont entretenus avec les représentants des groupes armés, la communauté humanitaire et les organisations de la société civile.

 

55. Des combattants ex-Séléka /FPRC MPC et leur commandement ont également tenu une réunion avec la communauté musulmane le 12 octobre pour apaiser les tensions et ont informé les populations sur les mesures prises pour les protéger.

 

56. La société civile musulmane a discuté avec les habitants qui se sont réunis en face de de la base MINUSCA afin de les convaincre de retourner dans leurs foyers dans les quartiers qui n'ont pas été touchés par les affrontements. Ils les ont invités à former un groupe conjoint de légitime défense composé de chrétiens et musulmans qui va patrouiller et dissuader les éventuels voleurs d'opérer au sein de la communauté. Cependant, certains acteurs humanitaires ont fait savoir que le retour des personnes déplacées a été le résultat d'intimidations et de menaces de la part des combattants armés ex-Séléka qui ont rejoint la société civile musulmane dans leur campagne de sensibilisation.

 

C. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

 

57. Les abus des droits de l'homme décrits dans le présent rapport démontrent à suffisance la fragilité et l'imprévisibilité de la situation sécuritaire à Kaga Bandoro. Les armes légères sont largement disponibles et des caches d'armes considérables demeurent dans certaines zones. Les groupes armés, en particulier les ex-Séléka et les Anti-Balaka, sont réticents à rendre leurs armes. En outre, lors de l'incident du 12 octobre, de nombreux civils présumés être membres du groupe d’auto-défense de la communauté musulmane ont été trouvés porteurs d’instruments tranchants ou autres armes improvisées (machettes, couteaux, barres de métal) capables d'infliger des blessures graves.

 

58. Il y a un besoin urgent de désarmer tous les groupes armés pour qu’ils participent au processus de DDR/SSR. Tout retard dans le désarmement des groupes armés cohabitant avec les civils expose ceux-ci à des attaques indiscriminées de leur part.

 

59. La DDH est en mesure de confirmer l'implication des groupes armés ex-Séléka, des Anti-Balaka et des civils armés appartenant à la communauté musulmane dans la commission des graves abus des droits de l’Homme et du droit international humanitaire du 12 au 15 octobre 2016, dans la préfecture de Kaga Bandoro. Au nombre de ces abus figurent des assassinats ciblés et indiscriminés, des atteintes à l'intégrité physique et mentale, de graves violations du droit international humanitaire, y compris des attaques contre des personnes protégées, des attaques contre les casques bleus et les acteurs humanitaires, les pillages et les attaques contre des biens civils, tels que les églises et les camps de PDI causant ainsi des déplacements forcés de la population locale.

 

60. La DDH est préoccupée par le fait que les efforts tendant à traduire en justice les auteurs d’abus des droits de l’Homme commis entre le 12 et 15 octobre puissent être retardés, en raison de l'absence d'autorités gouvernementales pertinentes. Les recommandations ci-dessous mettent en exergue la nécessité pour les autorités de la RCA à prendre des mesures appropriées afin de s'assurer que les auteurs de ces abus soient traduits en justice, et à la communauté internationale, de renforcer son soutien auxdites autorités.

 

61. Afin d'assurer l'amélioration progressive de la situation des droits de l'homme, la MINUSCA recommande : Au gouvernement : • De continuer et accroître ses efforts en vue d’un dialogue inclusif sur le DDR avec les groupes armés ;

 

• De mener des enquêtes promptes, indépendantes et impartiales sur les abus des droits de l’Homme commis à Kaga-Bandoro et traduire en justice les auteurs présumés de ces abus ;

 

• De prendre des mesures en vue de la protection des victimes et témoins, ainsi que toutes autres mesures tendant à assurer la protection des autorités judicaires en charge des enquêtes,

 

• De coordonner les initiatives du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) conjointement avec les mécanismes de justice transitionnelle, pour qu’ils se renforcent mutuellement ; • De mener une campagne de communication sur la responsabilité des citoyens centrafricains à s’abstenir de soutenir les groupes armés à Kaga Bandoro; mais plutôt, à s’engager dans des initiatives en faveur de la cohésion sociale et la cohabitation pacifique;

 

• De prioriser et procéder, de toute urgence, au déploiement de fonctionnaires à Kaga Bandoro, y compris les magistrats, afin de restaurer l’autorité de l’Etat et la primauté du droit ; Aux groupes armés : • De cesser immédiatement tous abus contre les civils, et de retenir que les membres des groupes armés et leurs commandants qui commettent des abus des droits de l'homme et des violations du droit international humanitaire seront tenus personnellement responsables de leurs actes devant les juridictions ;

 

• De déposer immédiatement leurs armes et participer au dialogue national sur le DDRR ;

 

• De respecter les principes humanitaires et cesser immédiatement toutes attaques contre le personnel et les équipements humanitaires, en rappelant que toutes violences contre les travailleurs humanitaires, à l’instar du déni d’accès humanitaire et des vols sur les sites humanitaires, constituent des violations graves du droit international humanitaire ; A la Communauté internationale :

 

• De fournir l'appui nécessaire aux autorités tant nationales que locales afin que les auteurs présumés d’abus des droits de l'homme et du droit international humanitaire soient traduits en justice;

 

• De fournir un soutien financier et technique en vue de la mise en place et l’opérationnalisation effective de la Cour Pénale Spéciale, y compris un programme de protection des victimes et des témoins, de même qu’une assistance technique au système judiciaire.

RAPPORT SPECIAL DE LA MINUSCA SUR LES INCIDENTS DE KAGA-BANDORO (suite et fin)
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