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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 11:58

 

 

 

 

 


Il faut de toute urgence mettre en œuvre une stratégie de protection des civils 

(Nairobi, le 15 juillet 2014) – Un cycle infernal de violence sectaire s’aggrave dans l'est de la République centrafricaine, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Des dizaines de civils ont été tués depuis le début de juin 2014 et des dizaines de milliers de personnes ont abandonné leurs foyers, venant s’ajouter aux centaines de milliers de personnes qui ont déjà fui leurs maisons depuis que la violence a commencé en mars 2013.


Une mission de recherche menée par Human Rights Watch en juin a révélé qu'au moins 62 personnes ont été tuées entre le 9 et le 23 juin 2014 à Bambari et dans ses environs, dans la préfecture d’Ouaka, dans le centre du pays, lorsque les affrontements entre les rebelles principalement musulmans de la Séléka et les milices anti-balaka chrétiennes et animistes se sont intensifiés. Des témoins des deux camps ont souvent décrit les attaques comme des mesures de représailles, reflétant un cycle croissant de vengeance meurtrière réciproque entre communautés. La plupart des victimes étaient des hommes qui ont été tués à coups de machette.


« La violence sectaire se déplace vers l'est de la République centrafricaine, frappant de nouvelles communautés», a déclaré Daniel Bekele, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch. « Les forces de maintien de la paix françaises et de l'Union africaine déployées à Bambari en nombre limité sont incapables de protéger adéquatement les civils et de mettre fin aux massacres – bien que sans leur présence, l'effusion de sang aurait probablement été pire. »


Les attaques ont commencé le 9 juin, lorsque des rebelles de la Séléka ainsi que des membres de l'ethnie peule ont attaqué le village majoritairement chrétien de Liwa. En représailles, le 23 juin, les forces anti-balaka ont attaqué la communauté peule voisine à Ardondjobdi. Plus tard ce jour-là, les rebelles de la Séléka et des membres de la communauté musulmane ont attaqué les quartiers chrétiens de Bambari.

« Quand j'ai vu les assaillants arriver, j'ai rassemblé les enfants pour les faire sortir du village », a expliqué un homme qui a survécu à l'attaque à Ardondjobdi. « À ce moment-là, j'ai été blessé au visage. J'ai essayé de continuer à aider les femmes et les enfants, mais j'ai été blessé de nouveau au bras. Tandis que je courais, mon frère a été touché au côté par une balle. Je ne pouvais pas le sauver et nous avons dû l’abandonner. »

Selon les Nations Unies, la violence se poursuit. Tout récemment, le 7 juillet, une attaque brutale menée par des rebelles qui appartiendraient à la Séléka contre des milliers de personnes déplacées se réfugiant dans la paroisse Saint-Joseph à Bambari et la résidence adjacente de l'évêque a tué au moins 27 personnes.


Les forces françaises ont indiqué qu’elles avaient pris position autour de la cathédrale vers 16 heures, une heure après le début de l'attaque. Elles ont affirmé avoir tiré sur les assaillants et déployé des hélicoptères pour tenter de mettre fin à la violence.


Les attaques, causant des pertes civiles à grande échelle ainsi qu’une destruction et des déplacements massifs, reproduisent la violence qui a dévasté des régions de l'ouest de la République centrafricaine, déchirée par la guerre depuis plusieurs mois. Ceci laisse craindre que le conflit sectaire se déplace constamment vers l'est et risque de déstabiliser le pays encore davantage, selon Human Rights Watch.


Le 30 mai, la présidente par intérim de la République centrafricaine, Catherine Samba-Panza, reconnaissant l’incapacité du système judiciaire national à faire face à l'ampleur des crimes commis, a officiellement demandé à la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) d'ouvrir une nouvelle enquête sur les crimes graves commis dans ce pays.


« Les dirigeants de la Séléka et des forces anti-balaka doivent immédiatement prendre des mesures pour mettre fin au cycle terrible de violence contre les civils », a déclaré Daniel Bekele. « La procureure de la CPI devrait ouvrir une enquête et le gouvernement intérimaire devrait pleinement restaurer son système judiciaire. Cela enverra aux responsables de ces atrocités le signal fort que la justice est imminente. »

La mission de l'ONU en République centrafricaine, la MINUSCA, devrait examiner d'urgence les graves violations des droits humains commises à Bambari et publier un rapport dans les plus brefs délais.


À la suite de ces attaques, la plupart des habitants de Bambari ont fui pour se réfugier dans des églises à proximité et aux environs des bases des forces de maintien de la paix de l'UA et de la France. À la date du 25 juin, environ 21 000 habitants étaient déplacés dans des camps de fortune répartis tout autour de la ville.


Les troupes de maintien de la paix françaises stationnées à Bambari dans le cadre de l'opération Sangaris ont apporté de l’aide à certains résidents qu’elles ont transportés vers des lieux de refuge. Elles ont également effectué des patrouilles à Bambari et dans les zones rurales environnantes, envoyant notamment des troupes dans des camps de déplacés pour offrir une protection. Ces actions sont susceptibles d'avoir contribué à réduire le nombre de morts. Le 26 juin, les soldats français ont recouru à la force pour arrêter une attaque anti-balaka contre Bambari, tuant plusieurs combattants.

Les forces gabonaises déployées dans le cadre de la mission de maintien de la paix de l'UA connue sous le nom de MISCA ont également effectué des patrouilles sporadiques et ont aidé à protéger les quelque 3 000 personnes qui avaient fui pour se réfugier à la gendarmerie locale.


Le 10 avril, le Conseil de sécurité des Nations Unies a approuvé la création d'une opération de maintien de la paix comportant près de 12 000 membres afin de protéger les civils et de faciliter l'accès humanitaire en République centrafricaine. Elle est censée prendre le relais des forces de maintien de la paix de l'UA – la MISCA - en septembre.

« La population de Bambari ne peut pas attendre jusqu'à septembre pour être protégée contre cette violence brutale », a conclu Daniel Bekele. « Les forces de maintien de la paix françaises et de l’Union africaine doivent de toute urgence élaborer une meilleure stratégie pour protéger les civils et mettre fin au cycle de mort et de destruction à Bambari. »

Pour un compte rendu détaillé des attaques et des récits de témoins, veuillez voir ci-dessous.



Pour consulter d’autres recherches de Human Rights Watch sur la République centrafricaine, veuillez suivre le lien : 


https://www.hrw.org/fr/africa/central-african-republic

Pour d’autres informations, veuillez contacter : 


À Genève, Peter Bouckaert (anglais, français) : +41-22-738-1793 ; ou +41-789-459-385 (portable) ; oubouckap@hrw.org. Sur Twitter @bouckap
À New York, Philippe Bolopion (français, anglais) : +1-212-216-1276 ; ou +1-917-734-3201 (portable) ; oubolopion@hrw.org. Sur Twitter @Bolopion

À Paris, Jean-Marie Fardeau (français, anglais, portugais) : +33-143-595-531 ; ou +33-645-852-487 (portable) ; ou fardeaj@hrw.org. Sur Twitter @jmf60

À Londres, Anneke Van Woudenberg (anglais, français) : +44-207-618-4786 ; ou +44- 771-166-4960 ; ouwoudena@hrw.org. Sur Twitter @woudena

À Kigali, Lewis Mudge (anglais, français): +250-788-502-870 (portable) ; ou +1-646-637-3801 (portable) ; oumudgel@hrw.org

 


Attaques à Bambari et dans ses environs

 

 Un chercheur de Human Rights Watch a interrogé 35 témoins et victimes des communautés touchées par la violence à Bambari et dans ses environs. Les personnes interrogées ont affirmé que cette ville avait été relativement calme jusqu'à fin mai ou début juin, lorsque des sources locales ont signalé que plusieurs membres de la communauté nomade ethnique des Peuls avaient été tués par les forces anti-balaka dans les zones rurales au sud de Bambari. Ceci a déclenché le cycle de vengeances meurtrières.

Liwa


Le 9 juin, des rebelles de la Séléka ainsi que des membres de l’ethnie peule ont attaqué Liwa, un village à majorité chrétienne situé à dix kilomètres au sud de Bambari. Au moins dix personnes ont été tuées lorsque des assaillants à moto ont tiré sur les habitants et incendié des maisons. Le père d'une victime a décrit comment le lendemain matin, il a découvert le corps de son fils « tué par balle, puis lacéré au visage avec une machette ».


Les personnes qui ont survécu ont cherché refuge dans une paroisse catholique de Bambari. Un chercheur de Human Rights Watch qui s’est rendu à Liwa deux semaines plus tard a trouvé le village complètement détruit, ses 169 maisons réduites en cendres.

Une survivante a décrit comment elle a été épargnée lorsque ses deux cousins ​​ont été tués :

 

Nous arrivions des champs et nous avons vu six Peuls sur la route. Ils ont pointé leurs fusils et nous ont dit de lever les mains en l’air. J'avais un bébé dans les bras. Ils ont tiré sur [mes deux cousins​​]. Puis l’un d’eux a brandi un arc et a pointé la flèche sur moi, mais un autre lui a dit : « Non, elle est notre sœur, nous ne sommes pas venus ici pour tuer des femmes. » J'ai couru dans la brousse et y suis restée toute la nuit jusqu'à l'aube.

 

Un autre survivant a déclaré :

 

Lorsque la fusillade a commencé, nous avons quitté nos maisons et couru dans la brousse. Nous y avons passé la nuit. Le lendemain matin ... nous avons enterré les corps.


Ardondjobdi


Tôt dans la matinée du 23 juin, les forces anti-balaka ont riposté en attaquant la communauté peule voisine à Ardondjobdi, à un kilomètre de Liwa, alors que les hommes achevaient leurs prières du matin. Au moins vingt personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées, pour la plupart à la suite de coups de machette portés à la tête et au cou. Trois victimes ont eu la gorge tranchée alors qu'elles se trouvaient encore à l'intérieur de la mosquée locale.


Un survivant peul a déclaré à Human Rights Watch que pendant qu'il luttait pour se défendre avec son arc et ses flèches, les forces anti-balaka ont poussé sa femme et son fils d’un an et demi ans dans une maison en feu. Plus tard, il a retrouvé le corps brûlé de sa femme, tenant toujours leur enfant dans ses bras. Des témoins ont indiqué à Human Rights Watch que parmi les assaillants anti-balaka se trouvaient des hommes de Liwa qu'ils connaissaient.


Un homme témoin de l'attaque a déclaré :


J'avais déjà prié et j'étais à la maison en train de me préparer pour la journée. J'ai entendu un grand bruit, alors je suis sorti et j'ai vu des gens qui couraient en criant : « Les anti-balaka sont là ! Les anti-balaka sont là ! » Les gens couraient et soulevaient la poussière partout. J'ai vu des anti-balaka accroupis et pointant leurs fusils. Ils nous avaient encerclés ... Ils couraient et nous attaquaient par petits groupes de dix. L'un d’eux avait une kalachnikov et les autres avaient des fusils de fabrication artisanale et des machettes. Ils tiraient sur les gens avec le fusil fabriqué maison et ensuite les attaquaient avec une machette. Ils ont attaqué et brûlé les maisons.


Un survivant en larmes a énuméré les cinq membres de sa famille tués le 9 juin :

 

Mon père Aladi Ali Garga a été tué ; il était âgé de 68 ans. Mon petit frère Moussa Garba a été tué ; il avait environ 29 ans. Il a été tué par des coups de machette au cou. Mon autre frère Adamou a également été tué par des coups de machette au cou. Mon cousin Amindou, qui était âgé d’une vingtaine d’années, a également été tué. Il s’est fait tirer dessus, puis ils l’ont achevé à coups de machette. Mon fils, Adimou Bozizé, a également été tué. Il était dans la maison quand ils y ont mis le feu. Je pense qu'il est juste resté à l'intérieur et y est mort. Il avait 7 ans.


Bambari


Plus tard dans la journée du 23 juin, quand la communauté musulmane et les rebelles de la Séléka, dont le commandement militaire est basé à Bambari, ont entendu parler de l'attaque perpétrée à Ardondjobdi, ils ont attaqué les quartiers chrétiens de Bambari. Ils s’en sont pris tout particulièrement aux quartiers situés sur la route de Liwa, notamment Mbrepou, Logodé, Saint-Joseph I et II. Au moins 32 personnes ont été tuées lors de ces attaques de représailles commises à Bambari, mais leur nombre pourrait en fait être beaucoup plus élevé, car certaines familles ont rapidement enterré leurs proches plutôt que de risquer d’apporter leur corps à la morgue.

Les rebelles de la Séléka ont été rejoints par des résidents musulmans de Bambari, que certaines des victimes ont reconnus. Dans un cas, une femme qui s'est cachée dans sa maison a reconnu les assaillants qui ont défoncé sa porte comme étant des résidents musulmans du quartier de Borno, un quartier à majorité musulmane de Bambari. Les assaillants ont tiré sur son voisin âgé de 23 ans, qui avait couru se réfugier dans la maison, et sur son frère âgé de 25 ans, qui se cachait dans une autre pièce. Quand sa mère a poussé des cris en réaction au meurtre de son fils, les agresseurs s'en sont pris à elle et l’ont tuée en lui tranchant la gorge avec une machette.

Le commandant des forces armées de la Séléka, le général Joseph Zoundeko, a nié que les rebelles de la Séléka aient participé aux attaques. « Les attaques de Bambari étaient des représailles menées par les membres des familles des victimes peules », a-t-il affirmé à Human Rights Watch. Néanmoins, un grand nombre de témoins ont assuré avoir bien vu des combattants en uniforme de la Séléka parmi leurs agresseurs.

Un survivant du quartier Saint-Joseph II présentant de profondes blessures à la tête et au pied a déclaré à Human Rights Watch :

 

Les assaillants sont venus d'une petite rivière ... J'ai emmené ma famille dans la maison et les assaillants ont commencé à défoncer la porte. Nous avons été attaqués par dix personnes. Ma famille n'a pas été blessée dans l'attaque, mais j'ai été emmené dehors et frappé à la tête et sur le corps à coups de machette. J'ai perdu connaissance et je suis tombé à terre. Avec tout le sang, ils ont tous pensé que j'étais mort. J'ai à peine ouvert les yeux et j'ai pu voir qu'ils s'en allaient, alors je me suis trainé jusque dans la douche et me suis évanoui.


Un autre survivant, un homme âgé du quartier Saint-Joseph I, souffrait déjà d'une blessure, mais cela n'a pas empêché ses agresseurs de tenter de le tuer :


[Les assaillants] ont dit : « Nous allons te tuer aujourd'hui. » J'ai répondu : « Non, pardon. Regardez-moi. Pensez-vous que je peux faire la guerre dans cet état ? »

 

Mais ils m’ont alors donné un coup de machette sur le bras gauche, puis ils m'ont frappé à la main droite et au pied droit. Ensuite, ils m'ont tiré dans la cuisse droite. J'étais déjà assis quand ils m'ont frappé et je suis tombé sur le sol. Je les ai vus s’éloigner un peu et ils ont pensé que j'étais mort. J'ai commencé à ramper ...

 

J’essayais de couvrir mes traces tout en me déplaçant. Mais je les ai entendus revenir. Ils ont dit : « Mais où est-il ? » C’est alors qu’ils m’ont vu couché sur le sol et ils ont crié : « Papa ! Reviens ! » Mais j'ai fait semblant d’être mort et ils ont dû le croire parce qu'ils sont partis.


Une survivante du quartier de Logodé I a subi un tir parce qu'elle n'avait pas donné d'argent à des soldats en uniforme de la Séléka. Elle a confié que lorsque les membres de la Séléka sont venus à sa porte :


J'ai mis mes enfants sous le lit pour les cacher. Les membres de la Séléka ont défoncé la porte et m'ont ordonné de leur donner de l'argent. J'ai répondu : « Je n'ai pas d'argent. » Un soldat a dit : « Tu dis que tu n'as pas d'argent mais si je te tire dessus, tu n’auras toujours pas d'argent ? » Il m'a alors tiré une balle dans la jambe droite et je suis tombée. Il a ensuite pris l'argent que j'avais caché dans mes vêtements.


La veuve d'un homme tué dans le quartier de Mbrepou a déclaré :

 

Les Peuls sont arrivés à notre maison. J'étais déjà dehors et ils ont ordonné à [mon mari] de revenir dans la maison. Ensuite, je les ai entendus dire : « Sors tous tes sacs et donne-nous ton arme. » Il n'avait pas d’arme à feu. Puis j'ai entendu [mon mari] crier : « Oh maman, je suis en train de mourir ! » J'ai ensuite entendu des coups de feu. Je suis restée dans la maison d'un voisin, mais ils ont ensuite commencé à mettre le feu aux maisons alors j'ai pris la fuite en courant ... Plus tard ce jour-là, je suis allée à l'hôpital et je l'ai trouvé en vie. Mais sa tête avait été ouverte par une machette et il avait reçu une balle dans le côté. J'ai pu parler avec lui, mais trois heures plus tard il est mort. Je suis restée avec lui jusqu'à la fin. Nous n’étions mariés que depuis trois mois.

 

Le 23 juin, un homme a été témoin du meurtre d’Alexis Gomatchi, un boucher d’âge mûr, qui avait fui pour se réfugier dans la paroisse Saint-Joseph. Gomatchi avait installé sa table à environ 80 mètres de la paroisse afin de vendre de la viande aux personnes qui y avaient trouvé refuge. Le témoin a déclaré :

 

Il était toujours là à sa table quand les musulmans sont arrivés. Ils étaient cinq, l'un d'eux en uniforme et portant une kalachnikov. Les autres avaient des machettes. Ils se sont approchés d’Alexis, alors que je courais vers le haut de la colline en direction de l'église. Alexis a levé ses mains en l’air et ils lui ont juste tiré une balle dans la poitrine ; il s’est effondré contre l'arbre.

République centrafricaine : La violence sectaire s'intensifie (HRW)

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Centrafrique-Presse.com
17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 18:35

 

 

 

 

 

http://www.aujourdhui.ma/    17-07-2014 à 01:50:36

 

Le Maroc renforcera les effectifs que compte déployer l'ONU dans deux mois en République centrafricaine. « Trois bataillons,  fournis par le Maroc, la Bangladesh et le Pakistan, devaient s'ajouter aux quelque 6.000 hommes de la Misca africaine, ce qui ferait un total de 8.500 hommes environ », a indiqué mercredi 16 juillet 2014 l'ambassadeur français à l'ONU Gérard Araud.


Selon la même source, ces bataillons, accompagnés de policiers rwandais et sénégalais, patrouilleront non seulement à Bangui mais en province pour tenter de ramener le calme.  A partir du 15 septembre, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RCA (Minusca) doit se substituer progressivement aux forces internationales, dont la Misca et quelque 2.000 militaires français déployés depuis fin 2013 dans le cadre de l'opération Sangaris.

La plupart des contingents de la Misca seront intégrés dans la force de l'ONU qui à effectif plein doit compter 12.000 hommes.

 

A noter que la Centrafrique vit une crise sans précédent depuis la prise de pouvoir de la rébellion Séléka en mars 2013, renversée en janvier 2014. Des milliers de civils sont morts et des centaines de milliers ont été déplacés à cause des exactions commises par des groupes armés.

Un forum de réconciliation nationale en Centrafrique est prévu du 21 au 23 juillet à Brazzaville, dans le but d'obtenir un cessez-le-feu entre groupes armés.

 

Le Maroc renforcera les effectifs que compte déployer l'ONU dans deux mois en République centrafricaine

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Centrafrique-Presse.com
17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 18:31

 

 

 

 

 

http://radio.cz/   17-07-2014 15:41 | Soňa Jarošová

 

Vojtěch Bílý est un jeune Tchèque parti enseigner en République centrafricaine pour le compte d’un ordre catholique, l’ordre des Carmes déchaux. Radio Prague l’a joint sur place, à Bozoum, il y a quelques semaines et lui a d’abord demandé son avis sur l’aide humanitaire sur place et le rôle des ONG.

 

« C’est une question difficile. Il y a beaucoup d’ONG en République centrafricaine. C’est un pays qui survit seulement et grâce à l’aide des ONG. Cela ne fait pas longtemps qu’il y en a autant, mais depuis que la situation se soit aggravée, on voit arriver plus d’attention de l’extérieur. Si cette attention est suffisante, c’est une question à laquelle je n’ose pas répondre. A mon avis, c’est moins une question humanitaire et plus sécuritaire, avec l’intervention française etc. Ce sont des choses délicates et en même temps on voit que ça ne marche pas. »

 

« Le pays est toujours dans un désordre complet. L’Etat ne fonctionne pas. Les routes ne sont pas assurées. Et pourtant, l’opération Sangaris a commencé au début du mois de décembre. Donc on voit que pendant tout ce temps-là les forces françaises n’étaient pas capables d’assurer ne serait-ce que la sécurité dans la capitale. Je me pose la question de savoir si l’aide et l’attention de la communauté internationale sont suffisants. Je ne suis pas un spécialiste de la question humanitaire internationale, mais j’en doute fort. »

 

Pourriez-vous présenter brièvement les activités de l’ordre des Carmes déchaux avec qui vous êtes à Bozoum ?

 

« Ici en Centrafrique, l’Eglise catholique a un impact très fort et très important pour les Centrafricains, parce que c’est l’une des seules institutions qui restent ici, même si les choses ne vont pas bien. Dès qu’il y a une crise dans une ville ou dans un village, les premiers qu’on évacue, c’est tout-à-fait logique, sont les ONG. Les missionnaires, eux, restent en général. La façon dont ils travaillent est très différente du travail des ONG. Si vous regardez la situation du pays, le travail des missions catholiques remplace l’Etat. Par exemple dans le domaine de l’éducation : l’école où j’enseigne a été construite par l’organisation Siriri et l’ordre des Carmes déchaux de Bozoum. »

 

« Ensuite, tout ce qui est sécurité sociale, santé, toutes ces choses-là sont assurées par les missions catholiques. Nous avons des petits dispensaires, nous utilisons des moyens financiers pour aider les hôpitaux, les écoles etc. A part le travail typique des missions catholiques, à savoir le travail pastoral, il y a tout ce travail dans le domaine de la santé et de l’éducation qui est très important. »

 

 

(Vojtěch Bílý)

République centrafricaine : « Le pays est toujours dans un désordre complet

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Centrafrique-Presse.com
17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 18:29

 

 

 

 

 

APA Bangui (Centrafrique) - 2014-07-17 14:40:41- 250 policiers de la compagnie de la Police Nationale Burundaise (PNB) sont déployés en Centrafrique pour appuyer l’Unité de Police Constituée de la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique sous conduite Africaine (MISCA).

 

Le premier groupe de policiers burundais est arrivé ce jeudi à Bangui et le deuxième est attendu demain, vendredi.


Leur déploiement s'inscrit dans le cadre de la mission de rétablissement de l'ordre public (MROP) en Centrafrique en attendant leur passage sous la coupe de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA). 


Débarqués à l'aéroport Bangui Mpoko avec leurs équipements notamment véhicules et armements les policiers burundais seront déployés sur le terrain aux côtés de ceux du Cameroun et de la RD Congo dans les différents arrondissements de la capitale.

250 policiers burundais déployés en Centrafrique

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Centrafrique-Presse.com
17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 18:06

 

 

 

 

 

 

 

17/07/2014 à 15:17 Par Vincent Duhem   Jeune Afrique

 

Toujours en exil à Cotonou, l'ancien président centrafricain, Michel Djotodia, a été réélu le 11 juillet à la tête de l'ex-Séléka. Comment interpréter ce retour surprise ? "Jeune Afrique" répond en cinq points.

 

Une petite centaine de représentants de l'ex-Séléka venus de plusieurs régions de la Centrafrique se sont réunis les 9 et 10 juillet à Birao, dans l'extrême nord-est du pays. Le général Tumenta Chomu Martin, commandant de la force africaine, la Misca, était lui aussi présent. Les discussions ont débuté le 9 juillet en fin de journée, après la rupture du jeûne, dans la demeure du sultan de la Vakaga et se sont poursuivies le lendemain dans une salle de l'hôpital de la ville.

 

À l'issue de ce congrès, l'ex-rébellion, qui s'appelle désormais Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC), s'est dotée d'un nouveau bureau politique composé de 26 personnes. Exilé à Cotonou depuis son départ du pouvoir en janvier, Michel Djotodia en est le nouveau président. En dessous de lui, on retrouve trois vice-présidents. Noureddine Adam (ancien numéro deux de la Séléka et responsable des services de renseignement du régime de Djotodia) est chargé des questions de défense et de sécurité, Mohamed Moussa Dhaffane de la logistique et de l'administration, Mahamat Taib Yacoub des questions économiques et financières. Ancien ministre du Tourisme, ce dernier est actuellement membre du cabinet du Premier ministre André Nzapayeké.

 

Djotodia, Adam et Dhaffane sont des historiques de la Séléka. Ce sont eux qui sont à l'origine de la création de cette alliance hétéroclite composée de plusieurs groupes rebelles qui a fondu sur Bangui en mars 2013. Ministre, avant d'être soupçonné de déstabilisation, puis arrêté, Moussa Dhaffane a semble-il été absous.

 

Pourquoi Djotodia revient-il ?

 

"Nous serons de retour au pouvoir à Bangui avant la fin de l'année", déclarait en juin l'ancien président Djotodia à un visiteur. Son élection ne fait que confirmer cette volonté affichée.

 

Djotodia est-il cet homme qu'il montrait, dépassé par les événements, incapable d'affronter les généraux de la Séléka ? Ou roulait-il tout le monde dans la farine ?

 

Ce retour laisse toutefois perplexe nombre d'observateurs. Lorsqu'il a quitté le pouvoir, ses proches avaient donné l'image d'un homme lassé et presque soulagé de se retirer. À Cotonou, ou il s'est exilé, Djotodia s'est reconverti en homme d'affaires, achetant plusieurs propriétés. Bref, pas de quoi se plaindre.

 

Alors pourquoi revenir ? "On ne comprend pas très bien, juge une source diplomatique française. En tout cas, ça ne va pas dans le sens du cessez-le-feu que nous attendons du forum de Brazzaville", qui doit se tenir du 21 au 23 juillet (voir ci-dessous). "Il n'a jamais accepté de perdre le pouvoir", répond un responsable de l'ex-Séléka.

 

Djotodia a toujours été un mystère pour les chancelleries. Est-il, comme il l'a souvent laissé entendre, cet homme dépassé par les événements, incapable d'assumer ses responsabilités et d'affronter les généraux de la Séléka ? Où roulait-il tout le monde dans la farine ? Sa réélection à la tête de la Séléka semble prouver que la deuxième option était la bonne.

 

Le silence dans lequel se mure Djotodia est en revanche source d'interrogations sans réponses. "Il est élu président et ne s'exprime pas. C'est tout de même très étrange", confie un proche du dossier.

 

Djotodia bientôt en RCA?

 

Pour le moment, cette option ne semble pas à l'ordre du jour. Un retour serait une énorme surprise. On imagine aisément la réaction de la population de Bangui.... Mais s'il revenait dans le Nord-Est ? Il faudrait pour cela qu'il soit prêt à quitter le confort de Cotonou. Et puis, Noureddine Adam occupe déjà le terrain.

 

Mais à terme, rien n'est exclu. Suivant les décisions qui seront prises à Brazzaville, il pourrait étudier un possible retour, affirme un de ses proches.

 

L'ombre de Noureddine Adam

 

Son interlocuteur principal est donc Noureddine Adam. Les deux hommes ont planifié ensemble l'Assemblée générale de Birao, Djotodia donnant ses dernières consignes à Adam la veille lors d'un long appel téléphonique.

 

C'est Noureddine Adam qui a mené l'AG d'une main de fer, lui qui l'a convoquée et qui a obtenu qu'elle ait lieu à Birao et non à Bria comme prévu initialement. Devant les délégations du mouvement, son message fut clair : "Certains ont exprimé des velléités de prendre la tête du mouvement. Ce n'est pas normal. La Séléka, c'est Michel et moi", a-t-il déclaré.

 

Lorsque la liste des membres du nouveau bureau politique a été dévoilée, de nombreux cadres du mouvement ont exprimé leur désaccord.

 

Immédiatement après le congrès, l'ancien chef des services de renseignement a entamé une tournée dans la région de Birao pour expliquer la décision de rappeler Djotodia.

 

Duo Adam-Djotodia : un accueil mitigé sur le terrain

 

Officiellement, tout le monde se réjouit du retour du duo Djotodia-Adam. Mais en coulisses, les choses sont bien différentes. Lorsque la liste des membres du nouveau bureau politique a été dévoilée, de nombreux cadres du mouvement ont exprimé leur désaccord. Zakaria Damane, cofondateur de l'UFDR (l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement, le mouvement de Djotodia) disposant d'une forte aura sur le terrain, a même refusé d'en faire partie.

 

"Certains ne veulent pas du retour de Michel", concède un membre de l'état-major. "Il n'y a pas eu d'élection, la décision nous a été imposée. La liste du bureau politique avait déjà été pré-établie, tout comme le communiqué final", se plaint un participant de l'AG.

 

"Ils ne seront pas suivis, estime un membre de ce nouveau bureau. Djotodia et Adam ont déçu les hommes sur le terrain. Adam n'a même pas prévenu ses troupes quand il a quitté Bangui après le sommet de N'Djamena en janvier. La rancœur est encore présente".

 

Qui représentera l'ex-Séléka à Brazzaville ?

 

Michel Djotodia "personna non grata", Noureddine Adam sous le coup des sanctions de l'ONU... Beaucoup s'interrogent sur la composition de la délégation de l'ex-Séléka qui sera à Brazzaville, où des négociations de paix doivent se dérouler du 21 au 23 juillet sous l'égide du médiateur congolais Denis Sassou Nguesso.

 

L'ancienne rébellion en dessine actuellement les contours. "Nous voulons qu'elle soit la plus représentative de nos courants politiques et militaires", confie un ex-rebelle. Selon nos informations, elle devrait être dirigée par Moussa Dhaffane, accompagné de Abdoulaye Hissene, Mahamat Taib Yavoub et Moustapha Sabone, le frère d'Abakar Sabone.

 

Mais parlerons-ils tous d'une même voix ? "On a l'impression que la Séléka est encore plus divisée après Birao. Chacun roule pour lui-même", conclut un diplomate français.

___________

 

Par Vincent DUHEM

Lu pour vous : Centrafrique - Séléka : Djotodia a-t-il roulé tout le monde dans la farine ?

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 17:02

 

 

 

 

 

CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION                         REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

         ---------------------                                                      -------------------

                                                                                           Unité- Dignité- Travail

 

 

 

A L’OCCASION DE  LA CEREMONIE D’OUVERTURE DE LA SESSION EXTRAORDINAIRE

 

(Conseil National de Transition, Bangui le 17 juillet 2014)

 

 

  • Madame le Ministre d’Etat représentant du Premier Ministre, Chef du Gouvernement
  •  
  •  Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
  •  
  • Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organismes Internationaux,
  •  
  • Mesdames et Messieurs les Conseillers Nationaux,
  •  
  • Distinguées personnalités,
  •  
  • Mesdames et Messieurs,
  •  

Le drame que nous venons de vivre avec les dernières violences dans la ouaka, plus particulièrement à Bambari vient s’ajouter au cauchemar dans lequel notre pays est plongé depuis quelques mois, marqués par le déchaînement d’une violence et d’une barbarie étrangères à nos mœurs et à nos traditions.

 

La République Centrafricaine sombre dans la tourmente de la violence. Son Etat vacille, son peuple est déchiré. Des frères, habitants de mêmes quartiers, de mêmes villages, de mêmes villes, se sont retrouvés opposés dans une lutte fratricide pour des raisons d’appartenance ou non à une communauté.

 

 Notre pays a enregistré à ce jour  des dizaines de milliers de morts, un niveau de destruction des infrastructures sans précédent, une coûteuse entrave au développement et une régression de notre position et image sur la scène internationale.

 

Il est temps pour nous, de donner  le meilleur de nous-mêmes pour que s’éteigne le brasier de la violence, pour que nous cessions enfin d’enterrer et de pleurer nos victimes.

 

Au nom du Conseil National de Transition, je m’incline de nouveau aujourd’hui avec ferveur et respect à la mémoire  de toutes les victimes des tueries abjectes, et les récentes victimes des actes barbares commis à Bambari, à Paoua ou d’autres localités.

 

  • Mesdames et Messieurs,
  •  
  • Distinguées personnalités,
  •  

Dès que le Conseil National de Transition a été mis en place en avril 2013, il n’a ménagé aucun effort ni aucune initiative pour éteindre le feu destructeur de notre pays, condition première de la reconstruction nationale et de la restauration du crédit de la République Centrafricaine sur la scène internationale.

 

En effet, plusieurs appels ont été lancés en direction du Gouvernement lui demandant de tout faire pour rétablir la sécurité, empêcher la poursuite de la violence et la destruction, créer les conditions pour emmener les centrafricains à bannir l’effusion de sang entre eux.

 

Mais hélas ! Les résultats des actions menées depuis lors ne sont toujours pas à la hauteur des espérances de nos populations.

 

La sécurité n’est toujours pas totalement restaurée malgré la présence des forces internationales engagées depuis plus de six(6) mois dans les actions de rétablissement de l’ordre et de la sécurité.  

 

Les Centrafricaines et les Centrafricains n’ont toujours pas retrouvé leur légitime aspiration à rebâtir leur Patrie, à accéder eux aussi au bien-être, et à garantir l’avenir de leurs générations montantes.

 

Notre plaie nationale est encore loin d’être guérie. Et cela n’est pas seulement dû aux actes de violence qui persiste, même avec une intensité réduite à Bangui, mais cette plaie résulte également des graves conséquences de la fracture sociale née des attaques entre les communautés musulmanes et non musulmanes.

 

Aujourd’hui, de nombreuses familles sont éplorées par la disparition des leurs.

 

D’autres familles, dont des proches se sont retrouvés entraînés dans la spirale infernale de la violence, vivent dans un total dénuement.  

 

Des orphelins se comptent par milliers, ils se retrouvent seuls et abandonnés du fait de la démence de ceux qui continuent  de nous imposer leur loi.

 

Voilà le contexte qui doit  nous contraindre à agir en faveur  de la  réconciliation nationale véritable, en tenant compte des appels lancés par la communauté internationale

 

La réconciliation nationale constitue un défi si nous voulons nous éloigner des germes mortels de la haine et de la vengeance.

 

La marche vers la réconciliation nationale ne signifie pas l’oubli de nos souffrances, ni l’absolution des nombreux crimes et délits dont le peuple a été victime. Elle représente  notre aspiration à la paix et notre cohésion nationale garante de notre unité, cette unité hors de laquelle notre avenir national restera toujours compromis et exposé à des périls certains.

 

  • Madame  le Ministre d’Etat représentant du  Premier Ministre, Chef de Gouvernement
  •  
  • Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
  •  
  • Mesdames et Messieurs,
  •  
  • Distinguées personnalités,

 

La session extraordinaire qui s’ouvre et dont l’ordre du jour concerne la sécurité et la préparation du Forum de Brazzaville servira de cadre de premiers échanges des représentants de la population  sur la question du processus de réconciliation nationale et des différentes étapes qu’elle doit suivre.

 

Beaucoup de choses ont été dites, beaucoup de bousculades ont été observées depuis que l’on a rendu public les résolutions de la concertation des chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC tenue en marge de la dernière réunion de l’Union l’Africaine à Malabo.

 

Sans anticiper sur les débats qui vont se tenir dans le cadre de cette session extraordinaire et des conclusions qui s’en suivront, je me permets de dire ici, qu’il faut distinguer les différentes phases du processus de réconciliation nationale envisagé.

 

Le Forum de Brazzaville comme d’aucuns le savent n’est pas une conférence de réconciliation nationale mais une étape décisive à la création des conditions de paix et de sécurité nécessaire à la tenue du dialogue inter centrafricains tant souhaité.

 

La réunion de Brazzaville qui regroupera toutes les sensibilités du pays vise à obtenir de ceux qui détiennent encore les armes et qui entretiennent l’insécurité « une cessation des hostilités », c'est-à-dire un arrêt de la violence.

 

Le dialogue inter centrafricain sur l’avenir du pays pourra à son tour, se tenir sur le territoire national pour que les filles et fils de Centrafrique puissent envisager sereinement leur destin commun.

 

Nous devons éviter de perdre encore du temps dans des querelles politiciennes et de positionnement.

 

La République Centrafricaine est meurtrie et a besoin de paix en urgence pour permettre la reprise effective du travail gage de notre dignité.

 

Allons donc à cette rencontre de Brazzaville de manière concertée et en ayant à l’esprit l’intérêt de notre pays.

 

 Sachons également exprimer de la reconnaissance à l’endroit de ceux qui nous aident et qui risquent d’être découragés par nos propos et prises de positions

.

C’est sur cette exhortation à nous rendre disponible et positif pour obtenir du Forum de Brazzaville une cessation de la violence en République Centrafricaine que je déclare ouverte la présente session extraordinaire.

 

Je vous remercie de votre aimable attention.

DISCOURS   DE  SON EXCELLENCE ALEXANDRE FERDINAND N’GUENDET  PRÉSIDENT  DU CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 15:36

 

 

 

 

  ALLIANCE DES FORCES DEMOCRATIQUES POUR LA TRANSITION

 

                                                      (AFDT)

 

 Déclaration de la Plateforme AFDT relative à la tenue du Forum de BRAZZAVILLE prévu du 21 au 23 Juillet 2014 sur la crise Centrafricaine

 

L’Alliance des Forces Démocratiques pour la transition (AFDT) constituée des Partis et Associations Politiques suivants :

 

  • Alliance pour la Solidarité et le Développement (ASD) ;
  • Convention Républicaine pour le Progrès Social (CRPS) ;
  • Mouvement Citoyen Patara (MCP) ;
  • Mouvement pour la Démocratie et l’Evolution Sociale (MDES) ;
  • Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) ;
  • Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC),
  • Union des Démocrates Centrafricains (UDECA)
  •  

a participé à toutes les rencontres des Partis et Associations Politiques de la Plateforme des religieux et de la Société Civile concernant le plan d’actions de sortie de crise en République Centrafricaine proposé par les chefs d’Etat de la CEEAC le 27 juin 2014 à Malabo, en Guinée Equatoriale  et pris acte du chronogramme proposé par le Groupe International de Contact à Addis-Abeba le 9 Juillet 2014.

 

La Conférence des Présidents de L’AFDT, réunie en séance extraordinaire le 16 Juillet 2014, après avoir débattu des questions liées à la tenue de ce Forum de Brazzaville, remercie la Communauté Internationale des efforts pour ramener la paix, la sécurité et la cohésion sociale en République Centrafricaine.

 

Toutefois elle observe que ce Forum n’intègre, dans le processus engagé, ni les résultats des initiatives locales, notamment celles relatives à la cohésion sociale et au dialogue intra-belligérants, ni le triptyque « Vérité-Justice-réconciliation » nécessaire pour le vivre-ensemble futur en Centrafrique. Aussi estime-t-elle indispensable, non  seulement une évaluation des résultats de ces initiatives, mais aussi une meilleure préparation de ce forum.

 

En conséquence, elle demande le report dudit Forum à une date ultérieure consensuellement arrêtée, et exprime le vœu qu’il soit organisé à Bangui, en République Centrafricaine, sous le Très Haut Patronage de son Excellence le Président Denis SASSOU NGUESSO, Médiateur de la crise Centrafricaine, en présence de toutes les forces vives de la nation et devant le peuple centrafricain.

 

                                              Fait à Bangui,  le 16 Juillet 2014

    

 

                 Le Président de    la Conférence des Présidents de l’AFDT

             

 

                                     MARTIN ZIGUELE

L'AFDT demande le report du forum de Brazzaville et sa tenue à Bangui sous le haut patronage du Président Denis Sassou Nguesso
L'AFDT demande le report du forum de Brazzaville et sa tenue à Bangui sous le haut patronage du Président Denis Sassou Nguesso

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 14:19

 

 

 

 

 

17/07/14 (La Voix de l'Amérique)

 

Dans une enquête de mortalité rétrospective publiée mercredi, Médecins Sans Frontières (MSF) révèle que quelques 2,600 membres de familles centrafricaines réfugiées à Sido, dans le sud du Tchad sont morts entre novembre 2013 et avril 2014, des sévices infligés à la minorité musulmane en République centrafricaine (RCA). Dans son dossier intitulé : « Réfugiés centrafricains au Tchad et au Cameroun : la valise et le cercueil », MSF met à jour l’ampleur des violences subies par les populations au cours de leur fuite.

 

« 96% des décès (soit 2 110 personnes) avant le départ des réfugiés vers le Tchad et 78% des décès (soit 252 personnes) pendant leur exode sont imputables à la violence (balle, arme blanche, éclats de grenades etc.). 33% des familles ont perdu au moins un des leurs ; 28% au moins deux » précise l’ONG.

 

Par ailleurs, ajoute MSF, les réfugiés qui ont pu franchir la frontière du Tchad avant sa fermeture, et qui affluent toujours au Cameroun, « sont épuisés, malades et traumatisés ». La malnutrition fait des ravages parmi ces populations, et près d’un enfant sur deux en souffre. D’autant que les malheureux ont du tout abandonner en Centrafrique, marcher pendant des semaines, voire des mois, buvant de l’eau insalubre et se nourrissant de ce qu’ils trouvaient dans la nature, sans aucune protection contre les éléments, ni les milices. Certains ont été attaqués en chemin, et nécessitent des soins dès leur arrivée pour blessures par machettes, par balles, ou viols.

 

Ondine Ripka, juriste à MSF, a participé aux interrogatoires de déplacés. « Nous avons interrogé environ 3.500 familles à Sido, ce qui représente près de 25.000 personnes » pour notre enquête, a-t-elle dit à la Voix de l’Amérique (VOA). « Il en ressort que 2.800 personnes, c'est-à-dire à peu près 8 % de cette population » sont mortes de violences graves, dans l’espace de 150 jours. Les petits bébés n’ont pas été épargnés.

 

MSF rappelle que des populations sont toujours enclavées en Centrafrique, notamment dans des églises où elles se sont réfugiées. C’est à leurs risques et périls qu’elles tentent de fuir les anti-Balakas comme les ex-Sélékas, pour gagner le Cameroun ou le Tchad – même si le gouvernement tchadien a décidé de fermer ses frontières. Ces gens « ne peuvent quasiment pas traverser la rue », explique Mme Ripka. « Dès qu’ils sortent de l’enclave dans laquelle ils sont, leur vie est en péril ».

 

MSF rappelle qu'elle est présente en RCA depuis 1997.

 

http://www.lavoixdelamerique.com/content/msf-publie-un-bilan...

MSF publie un bilan effarant de certaines des violences en Centrafrique

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 14:09

 

 

 

 

RCA: l'ONU espère déployer d'importants effectifs au 15 septembre

 

17/07/14 (AFP)

 

L'ONU espère déployer dans deux mois en République centrafricaine des effectifs nettement supérieurs aux 6.000 hommes de la force africaine actuellement présents dans le pays, a indiqué mercredi le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU Hervé Ladsous.

 

"Le niveau sera significativement supérieur à celui des troupes africaines de la Misca", a estimé M. Ladsous devant la presse après des consultations sur la RCA au Conseil de sécurité. "Je pense que ça contribuera puissamment à la sécurité", surtout avec un processus politique en parallèle, a-t-il ajouté.

 

Il n'a pas voulu donner de précisions chiffrées mais l'ambassadeur français à l'ONU Gérard Araud a indiqué que trois bataillons -- fournis par le Maroc, la Bangladesh et le Pakistan -- devaient s'ajouter aux quelque 6.000 hommes de la Misca africaine, ce qui ferait un total de 8.500 hommes environ.

 

Ceux-ci, accompagnés de policiers rwandais et sénégalais, patrouilleront non seulement à Bangui mais en province pour tenter de ramener le calme. "Il faut faire acte de présence, montrer le drapeau, le plus rapidement possible", a souligné M. Araud.

 

A partir du 15 septembre, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RCA (Minusca) doit se substituer progressivement aux forces internationales, dont la Misca et quelque 2.000 militaires français déployés depuis fin 2013 dans le cadre de l'opération Sangaris.

 

La plupart des contingents de la Misca seront intégrés dans la force de l'ONU qui à effectif plein doit compter 12.000 hommes. "Ce plafond ne sera pas atteint du jour au lendemain", a cependant souligné M. Ladsous. "Nous continuons de manière intensive à intégrer les troupes de la Misca sous pavillon ONU et à trouver d'autres troupes".

 

Il a insisté sur la nécessité que la Minusca soit "très mobile" et donc dotée de moyens de transport aériens, notamment des hélicoptères.

 

Depuis la prise de pouvoir de la rébellion Séléka en mars 2013, renversée en janvier 2014, la Centrafrique vit une crise sans précédent. Les exactions des groupes armés contre les civils ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

 

Un forum de réconciliation nationale en Centrafrique est prévu du 21 au 23 juillet à Brazzaville, dans le but d'obtenir un cessez-le-feu entre groupes armés. M. Ladsous a souhaité qu'à cette occasion "il soit décidé de cesser les hostilités et de déposer les armes", afin de préparer la tenue de discussions sur la réconciliation nationale qui se tiendraient "probablement" en RCA.

 

 

 

Babacar Gaye nommé chef de la force de maintien de la paix de l'ONU en RCA

 

NEW YORK (Nations Unies), Xinhua) 17/07/14-- Le chef de l'ONU Ban Ki-moon a nommé mercredi Babacar Gaye, un ancien commandant sénégalais et vétéran du maintien de la paix de l'ONU, au poste de représentant spécial et chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA).

 

M. Gaye occupait le poste de représentant spécial du secrétaire général dans le pays instable depuis l'établissement de la MINUSCA en avril 2014. Auparavant, il dirigeait le bureau de maintien de la paix de l'ONU en RCA.

 

La mission de l'ONU en RCA sera initialement composée de 10.000 membres du personnel militaire et 1.800 policiers, une fois qu'elle aura pris en charge en septembre les responsabilités de la mission internationale de soutien menée par l'Afrique.

 

Il sera sans doute difficulté de déployer les troupes rapidement, a fait savoir mercredi le sous-secrétaire général des opérations de maintien de la paix de l'ONU Hervé Ladsous, après avoir fait un compte-rendu au Conseil de sécurité de l'ONU.

 

"Nous travaillons en dépit des défis logistiques pour déployer des troupes supplémentaires le plus rapidement possible. Evidemment le problème est lié au fait qu'il s'agit d'un pays enclavé qui contient un nombre très, très limité de routes. Ce n'est donc pas facile et nous aurons besoin de transport aérien pour accélérer le processus", a confié M. Ladsous aux médias.

 

Les attaques intercommunautaires entre les miliciens anti-balaka et les rebelles séléka ont plongé la RCA dans une crise humanitaire. Environ 2,2 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire.

 

M. Gaye a occupé des postes de direction au Sénégal, dont le chef du personnel de défense et commandant d'une région militaire. Il a également de l'expérience en maintien de la paix auprès de l'ONU. De 2005 à 2010, il a été chef de la mission de maintien de la paix en République démocratique du Congo. Il a également participé à plusieurs missions, y compris au Liban et en Irak.

 

 

 

RCA: l'ONU peaufine la mise en place de la Minusca

 

17/07/14 (RFI)

 

L’ONU veut un déploiement massif et rapide des casques bleus la Minusca en Centrafrique. Les casques bleus doivent prendre le relais des soldats africains de la Misca le 15 septembre prochain.

 

L’ONU promet que le nombre de casques bleus déployés au 15 septembre en Centrafrique sera « significatif ». L’objectif est d’apporter un sérieux renfort aux quelque 6000 soldats africains de la Misca qui seront tous passés sous casques bleus.

 

Seule exception : le contingent guinéen qui a été jugé mal préparé et mal équipé. Le Maroc, le Bangladesh et le Pakistan ont promis trois bataillons, soit 2 500 hommes, auxquels viendront s’ajouter 1 800 policiers du Sénégal et du Rwanda. La Minusca cherche encore les hélicoptères dont elle aura besoin.

 

Les casques bleus auront pour consigne d’être « très mobiles » et de se déployer sur tout le territoire et pas seulement à Bangui. « Il ne suffira pas de tenir des check-points, prévient un diplomate. Il faudra patrouiller, se montrer et assurer une présence sur le terrain. » En accord avec le gouvernement de Bangui, la Minusca pourra également prendre des mesures exceptionnelles : imposer un couvre-feu ou procéder à des arrestations.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140717-rca-onu-peaufine-mise-pla...

 

RCA: l'ONU espère déployer d'importants effectifs au 15 septembre

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 13:58

 

 

 

 

 


Les milices anti-balaka se positionnent désormais à tous les niveaux de la filière diamants sur fond d'effondrement du commerce légal des pierres. C'est ce qui ressort du dernier rapport du panel des experts du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Centrafrique. 

 

Dans le sillage du départ des collecteurs musulmans vers leur pays d'origine (Tchad, Mali, Sénégal) ou en direction des villes camerounaises frontalières de Kenzou et de Garoua Boula, les collecteurs chrétiens prennent le relais. Ils sont souvent aussi des commandants locaux anti-balaka, à l'instar de Leonard Bakongo, qui opère dans la ville de Guen, ou encore de Grégoire Moussa, actif à Sasele.


Ces nouveaux collecteurs préfinancent les activités d'extraction des mineurs et achètent ensuite leurs pierres. Une partie de la marchandise est cédée aux comptoirs d'achat encore en activité. Il s'agit, toujours selon les investigations des experts de l'ONU, de la Société centrafricaine de diamants (Sodiam), qui totalisait 8,3 millions de pierres en stock en mars 2014 négociées majoritairement dans l'ouest du pays (villes de Carnot, Guen et Boda), ou encore du Bureau d'achat de diamants en Centrafrique (Badica). Celui-ci avait par exemple acquis près de 293 000 $ de marchandises en avril 2014, principalement en provenance de Sam-Ouandja et de Bria. 

Les comptoirs Sud Azur et Socadiam ne disposaient d'aucun diamant quand les enquêteurs se sont présentés en mars. Toutefois, la plus grande partie des pierres sort illégalement faute, entre autres, d'une capacité d'achat légal suffisante dans la capitale. Le rapport désigne ainsi le général Omar Younous de la Séléka, alias "Oumar Sodiam", comme jouant encore un rôle de premier plan dans le trafic de pierres de Bria et de Sam-Ouandja en direction du Soudan.


Comme le faisait la Séléka avant elles, les milices anti-balaka se positionnent aussi comme les nouveaux protecteurs des collecteurs de diamants. Ainsi, à Carnot, toujours selon le rapport, le chef de la section locale anti-balaka, Aimé Blaise Zoworo, a pris langue avec un certain nombre de collecteurs associés à des comptoirs d'achat pour négocier des contrats de protection en échange de versements d'argent. La Séléka exigeait le paiement mensuel de 400 $ auprès des comptoirs et de 100 $ auprès des collecteurs. Pour les avions affrétés par la Sodiam et Badica pour transférer de la marchandise à Bangui, la Séléka levait une taxe de 75 $ par appareil. Quels seront les tarifs des anti-balaka ?


© Indigo Publications. n°325 du 16/07/2014

Lu pour vous : CENTRAFRIQUE - Diamants : les anti-balaka prennent le contrôle

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