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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 16:49

 

 

 

 

By Thibaud Lesueur  10 November 2014

 

Depuis le coup d’Etat de mars 2013, la crise centrafricaine a jeté environ 240,000 personnes sur les routes de l’exil vers le Cameroun et le Tchad. Ce n’est malheureusement pas la première fois. Lors des deux dernières décennies, de nombreux centrafricains ont trouvé refuge dans le sud tchadien pour échapper soit aux violences de la tristement célèbre garde présidentielle soit aux exactions de groupes armés et de coupeurs de routes. Les tensions intercommunautaires générées par cette crise pourraient s’exporter au sud du Tchad. En outre, l’afflux vers une région principalement agricole, de réfugiés centrafricains, en majorité musulmans, et dont certains possèdent du bétail, accroit la compétition sur les ressources naturelles et rend la cohabitation entre les habitants et les nouveaux arrivants difficile.

 

Thibaud Lesueur, analyste pour l’Afrique centrale à l’International Crisis Group, s’est rendu dans les camps de réfugiés au sud du Tchad pour évaluer la situation, le sort des réfugiés ainsi que l’impact de la crise centrafricaine sur la région.

 

Réfugiés et rapatriés

 

Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), depuis le début de la crise en 2013, plus de 113,000 personnes– réfugiés centrafricains et retournés tchadiens vivant en RCA depuis plusieurs générations – ont cherché refuge dans la capitale tchadienne Ndjamena, ainsi que dans des camps et villages au sud du pays. Certains sont venus par camions, à bord d’avions affrétés par les autorités tchadiennes à partir de Bangui ou à pieds pour les moins chanceux. S’il existe aujourd’hui une réelle prise en charge de ces populations par les organisations humanitaires, ces dernières ont été, au début de l’année 2014, submergées par le flot de réfugiés et leurs moyens demeurent encore largement insuffisants au regard des besoins de ces populations. Selon le Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), seuls 30 millions de dollars, sur les 127 millions prévus, ont été alloués pour les urgences liées à la crise centrafricaine au Tchad. La fermeture de la frontière par le gouvernement tchadien en mai 2014 est venue compliquer l’accès au pays pour les réfugiés ; et bien que le Tchad ait récemment annoncé l’ouverture prochaine d’un couloir humanitaire, son emplacement pose problème. En effet, il est éloigné des foyers de population centrafricaine et difficile d’accès pour les ONG.

 

Mes fils et ma femme ont été tués, je n’ai pas pu les sauver. Je suis sorti par le Cameroun avant de venir retrouver mon frère au Tchad.

 

Les situations les plus dramatiques concernent les réfugiés qui sont venus à pieds. Pendant des semaines ou parfois des mois de marche, ils ont été les cibles des embuscades des anti-balaka, sont arrivés affaiblis et en ordre dispersé. Parmi eux, beaucoup ont perdu des proches: « Mes fils et ma femme ont été tués, je n’ai pas pu les sauver. Je suis sorti par le Cameroun avant de venir retrouver mon frère au Tchad » (un réfugié originaire de Bouar, Goré, avril 2014). Selon un récent rapport de Médecins sans frontières (MSF) intitulé «Réfugiés centrafricains au Tchad et au Cameroun : « La valise et le cercueil » », les derniers arrivants au Cameroun et au Tchad passent la frontière dans des états de santé alarmants et beaucoup souffrent de malnutrition.

Symptôme d’une crise qui n’a épargné personne, les camps offrent un échantillon représentatif de la diversité des populations. Au sud du Tchad se mêlent ainsi des fonctionnaires, des éleveurs avec ou sans troupeaux, des agriculteurs, des commerçants ou familles de commerçants, des diamantaires, des professeurs, des étudiants et même d’anciens rebelles de la Séléka. On retrouve dans les camps de réfugiés des Peulhs Mbororo, Uda, Jaafun et Sankara, qui ont été la cible avec leurs troupeaux de miliciens anti-balaka et des commerçants arabes Missérié ou Salamat qui ont tout perdu lors des pillages. On trouve aussi, dans une moindre mesure, des agriculteurs Kaba et Gbaya qui ont fui les exactions commises par la Séléka. En outre, il est difficile de déterminer qui est tchadien et qui est centrafricain. « Les retournés tchadiens » et les réfugiés ont rarement des papiers d’identité et beaucoup déclarent être centrafricains ou ne pas avoir d’attaches au Tchad ni de familles pour les accueillir.

 

Sécurité et vengeance

 

Jusqu’à présent les problèmes de sécurité liés à ces camps ont été contenus mais des tensions émergent parfois. Les camps s’organisent et se structurent sur des bases communautaires ou même sociales. Au camp de Dosseye, les habitants de Bangui, pour la plupart d’anciens commerçants plus instruits que la moyenne, restent à l’écart. « Là-bas, ce sont des gens de Bangui, ils nous prennent de haut » (réfugié venant de Paoua, arrivé au camp de Dosseye en avril 2014).

 

Au sein des camps, la question de la représentation des réfugiés ravive des luttes de pouvoir anciennes en RCA. Les rivalités entre les éleveurs (majoritairement des Peulhs vivant dans la brousse) et les commerçants (majoritairement des arabes urbanisés) ont refait surface au sud du Tchad et s’expriment ouvertement: « Comme les délégués du camp sont arabes, ils nous mettent toujours de côté », confie un Peulh ; un commerçant arabe explique quant à lui « nous ne pouvons pas être représentés par des peulhs analphabètes ». Pour autant, les tensions qui se manifestent verbalement ne dégénèrent pas encore en violence.

 

Au sud du Tchad, la présence conjuguée d’éleveurs centrafricains et tchadiens, qui ont écourté leur transhumance en Centrafrique pour fuir le conflit, crée un phénomène de congestion. La compétition sur les ressources s’accroit et les incidents entre agriculteurs et éleveurs se multiplient. La combinaison de l’arrivée de nouveaux troupeaux et du blocage de la transhumance vers la Centrafrique pendant la saison sèche entraine ainsi une saturation des pâturages et complique la cohabitation entre populations locales et nouveaux arrivants.

 

« Les autorités nous bloquent », explique un réfugié de Bouca, arrivé à Sido en mars. « Ce n’est pas nous qui décidons où nous devons être ou où nous devons aller, ce sont nos troupeaux. Si on reste, nos bœufs vont mourir. En plus, les militaires veulent nous désarmer alors que nos armes nous servent pour nous défendre».». A Mbitoye, ville située sur un couloir traditionnel de transhumance et qui sert aujourd’hui de zone de transit pour de nombreux éleveurs ayant fui les conflits, un représentant des autorités locales estime impossible d’encadrer le mouvement des éleveurs : « on ne peut pas contrôler les éleveurs, peut-être que certains passeront par le Cameroun, peut-être que d’autres passeront la frontière, il sera difficile de les contenir ».

 

Le désir de vengeance est fort dans ces camps. Si jusqu’ici les forces armées tchadiennes ont globalement réussi à maintenir le calme au sud du pays, les incidents sont fréquents et la tension reste palpable au sein des camps. A Mbitoye, les habitants évoquent plusieurs incursions des anti-balaka du côté tchadien de la frontière pour voler du bétail au début de l’année 2014. Par ailleurs, des mouvements pendulaires de jeunes éleveurs armés réfugiés au Tchad et passant la frontière pour se venger ont été observés. Si la fermeture de la frontière en mai a considérablement réduit ces mouvements, d’autres réfugiés évoquent depuis des départs réguliers de groupes de jeunes vers la Centrafrique : « Nous voyons toutes les semaines des jeunes rejoindre la RCA pour se faire enrôler dans les groupes armés » (un étudiant, camp de Dosseye). Les camps au sud ne sont pas hermétiques aux influences extérieures et les informations qui circulent suffisent parfois à convaincre des jeunes vulnérables de s’enrôler dans les groupes armés : « Au camp, on dit qu’on peut toucher 75 000 FCFA si on rejoint la Seleka » (un réfugié, camp de Dosseye). Cette tendance est confirmée par des membres du Détachement pour la protection des réfugiés et des humanitaires qui précisent cependant que ces cas restent isolés.

 

Conscient de ce phénomène, le président tchadien Idriss Déby a mis en garde ceux tentés par la vengeance, durant une visite dans la région en mai. Depuis, les autorités tchadiennes ont essayé de désarmer les pasteurs et de sensibiliser les jeunes, mais la tâche est complexe. A Goré, les autorités ne font pas mystère d’une situation tendue: « A Danamadja, les jeunes sont parfois très agressifs et très revanchards, nous sommes en train de gérer une population explosive et nous n’avons pas assez de moyens pour gérer cette situation ».

 

Rentrer chez soi

 

La pluralité d’origines et d’identités sociales suscite des envies de retours contrastées. A Sido et Danamadja, certains commerçants arabes centrafricains confient avoir tout perdu et ne plus vouloir retourner en Centrafrique. Beaucoup d’entre eux ont l’intention d’ouvrir des commerces au Tchad et de s’intégrer dans le tissu économique et social tchadien : « S’il y a de la sécurité, nous réussirons à recommencer depuis le début ici. Nous irons à Sarh ou à Moundou » (un réfugié, originaire de Bangui, arrivé à Sido en février 2014).

 

A l’inverse, d’autres comme les Peulhs centrafricains disent ne pas vouloir rester au Tchad, ne pas y avoir d’attaches et être décidés à rentrer dès que le conflit centrafricain aura baissé d’intensité. Beaucoup d’entre eux insistent sur le fait qu’ils n’ont pas de famille au Tchad, n’ayant jamais vécu dans le pays. Au camp de Danamadja, un vieux peulh centrafricain qui a perdu tout son troupeau évoque même une possible reconversion : « j’ai des amis qui travaillent dans le diamant et d’autres dans le commerce général, je vais voir ce que je peux faire pour retravailler ». Tous mettent l’accent sur une cohabitation apaisée avec le reste de la population centrafricaine avant la crise et regrettent l’amalgame Seleka-musulmans :

 

« on nous a pris pour des Seleka, parce que nous sommes musulmans » confie un Peulh avant d’ajouter « si la crise prend fin, on reviendra en Centrafrique et on recommencera comme avant ». Alors que certains réfugiés demeurent optimistes, d’autres réalisent qu’en raison du degré de violence en Centrafrique, la réconciliation sera certainement longue et difficile. Pour eux, c’est la perspective d’un retour qui s’éloigne.

Le sort des réfugiés centrafricains au sud du Tchad (ICG)

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Centrafrique-Presse.com
10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 15:55

 

 

 

 

APA-Libreville (Gabon) - 2014-11-10 13:49:22 - Le Gabon a décidé de porter plainte contre le journaliste écrivain français, Pierre Péan, après la parution de son livre ‘’Nouvelles affaires africaines’’ dans lequel il s’en prend vertement au président gabonais, Ali Bongo Ondimba, annonce un communiqué de l’ambassade du Gabon en France parvenu lundi à APA.


''Les autorités gabonaises ont décidé de porter plainte contre Pierre Péan et son éditeur suite à la publication du livre intitulé, Nouvelles affaires africaines. La République gabonaise ne peut accepter les propos gravement diffamatoires et totalement faux tenus par Pierre Péan dans cet ouvrage'', souligne le communiqué.

‘'Les conditions douteuses de son écriture ainsi que l'intention de l'auteur de se situer, de son propre aveu, dans le cadre la future campagne présidentielle au Gabon éclairent la profonde malveillance de ce livre'', poursuit le texte avant de conclure : ‘'En raison de la gravité de ces actes, les autorités gabonaises ont saisi les juridictions françaises compétentes''.


Depuis la parution de ce livre, les Gabonais de tout bord ne cessent d'apporter leurs soutiens au président Ali Bongo Ondimba. 


L'ouvrage de Pierre Péan focalise ces derniers jours l'actualité au Gabon, aussi bien dans les salons feutrés que dans les milieux populaires.


Les partisans du pouvoir sont en ordre de bataille à travers des motions de soutien au président et aux marches organisées dans les rues de Libreville pour dénoncer une cabale orchestrée par le journaliste français pour remettre en cause la cohésion nationale au Gabon.


Par contre, les leaders de l'opposition se délectent des révélations du journaliste Pierre Péan sur les origines supposées nigérianes d'Ali Bongo Ondimba.

 

 

http://www.apanews.net/article_read-809228-plainte-du-gabon-contre-pierre-pe-pour-le-livre-----nouvelles-affaires-africaines.html#sthash.2KUCQcah.dpuf

Plainte du Gabon contre Pierre Péan pour le livre ''Nouvelles affaires africaines ''
Plainte du Gabon contre Pierre Péan pour le livre ''Nouvelles affaires africaines ''

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Centrafrique-Presse.com
10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 12:55

 

 

 

 

 

http://afrikarabia.com/ lundi, 10 novembre 2014

 

A la veille de deux réunions cruciales cette semaine à Bangui, le responsable pour l'Afrique centrale d’International Crisis Group (ICG) s’inquiète de l’enlisement de la situation et regrette l’absence de dialogue politique. « Une semaine de la dernière chance » pour Thierry Vircoulon.

 

Afrikarabia : Voilà presque une année que la France est intervenue en Centrafrique avec l’opération Sangaris, en décembre 2013. La situation s’est-elle améliorée depuis cette date ?

 

Thierry Vircoulon : La situation s’est améliorée par rapport à décembre, janvier, puisqu’à cette période, on tuait assez massivement dans les rues de Bangui, ce qui n’est plus le cas maintenant. La violence à Bangui a diminué, même si au mois d’octobre a vu qu’il était très facile de déclencher des affrontements dans la capitale (1). Mais cette violence a été largement délocalisée en province avec le départ des Séléka de Bangui et l’expansion des anti-balaka dans l’Ouest du pays. Ce qui a surtout changé sur le terrain depuis l’opération Sangaris de décembre 2013, c’est un retournement du conflit : avant l’arrivée des Français, le premier problème à Bangui s’appelait la Séléka, maintenant il s’appelle anti-balaka.

 

Afrikarabia : Comment peut évoluer la situation ?

 

Thierry Vircoulon : Ce que l’on peut dire aujourd’hui, c’est que tous les éléments d’une crise longue sont en place. Nous avons des groupes armés qui ont basculé dans la criminalité et qui ont une large marge de manoeuvre sur le terrain. Nous avons un gouvernement de transition qui est extrêmement faible. Les pays de la région mènent des jeux en eaux troubles : il y a de vrais divergences régionales sur ce qui qu’il faut faire en Centrafrique. Nous avons aussi une montée en puissance lente des Nations unies, qui pour le moment ne peuvent pas encore être le moteur de la gestion de cette crise centrafricaine, puisqu’elles ont seulement pris le relai de la Misca en septembre. Et enfin, il y a une division des tâches qui est malsaine entre les Nations unies et les acteurs régionaux, en découplant la direction politique de la gestion de crise (tenue par Denis Sassou Nguesso, ndlr) et son outil de mise en oeuvre (l’ONU).

 

Afrikarabia : Que penser de la présidence intérimaire de Catherine Samba-Panza, dont la nomination avait suscité beaucoup d’espoir ? Est-elle responsable de l’enlisement de la situation ?

 

Thierry Vircoulon : Il y a déjà eu deux gouvernements de Catherine Samba-Panza en 10 mois, ce qui est en soit une anomalie. Il y a eu une mini-crise politique au mois d’octobre avec un antagonisme fort entre la présidente et le Conseil national de transition (CNT), qui se traduit pour le moment par une fausse entente cordiale. Le problème est surtout qu’il n’y a pas eu de dialogue politique, qui est désormais repoussé à 2015. La bonne nouvelle c’est qu’il a maintenant une date, début 2015, et que pour le moment, la crise politique est calmée. La conclusion de tout cela c’est que, non seulement les groupes armés, mais l’ensemble de la classe politique centrafricaine, est extrêmement sceptique envers Catherine Samba-Panza. On a pourtant besoin d’un moteur politique dans cette crise. Quelqu’un qui prenne les rênes de la situation à Bangui, rassemble les acteurs centrafricains et organise les discussions sur le futur du pays.

 

Afrikarabia : Le rôle du Tchad voisin a toujours été ambigu en Centrafrique. Quel partition joue-t-il depuis le départ de ses troupes de Bangui ?

 

Thierry Vircoulon : Pour le moment, j’ai l’impression que le Tchad s’est mis sur le côté et regarde évoluer la situation.

 

Afrikarabia : En Centrafrique, beaucoup souhaitent la création d’une brigade d’intervention de l’ONU, avec un mandat plus offensif pour imposer la paix, comme c’est le cas en République démocratique du Congo ? Est-ce une bonne idée ?

 

Thierry Vircoulon : C’est une bonne idée dans la mesure où les groupes armés ont une trop grande marge de manoeuvre sur le terrain. Avec les dernières violences d’octobre, on voit qu’il faut une force robuste et en mesure de répondre à ces situations. Mais les leçons qu’il faut retenir de la brigade d’intervention au Congo (FIB), qui aujourd’hui est en « stand by », c’est que l’efficacité de ce type d’opération dépend de la volonté politique des pays contributeurs de troupes. La difficulté n’est donc pas de trouver 12.000 hommes pour la Centrafrique, mais c’est de trouver des pays qui sont prêts à envoyer des troupes avec une « posture robuste ». C’est cela l’élément clé. Il vaut mieux moins de soldats qui acceptent le « peace enfocement » (imposer la paix, ndlr) plutôt que des troupes qui ont décidé d’être dans une sous-application du chapitre VII des Nations unies (l’utilisation de la force par les casques bleus, ndlr).

 

Afrikarabia : Quel rôle doit encore jouer la France en Centrafrique ?

 

Thierry Vircoulon : Quand on regarde l’ensemble des acteurs de la crise centrafricaine, l’avantage de la France, c’est qu’elle a tous les leviers. Elle possède le levier militaire, le levier politique, le levier économique et le levier humanitaire avec beaucoup d’humanitaires français sur le terrain. Comme je le disais, cette crise s’annonce longue et il va y avoir beaucoup à faire. L’important est donc que la France ne se désengage pas militairement et politiquement, tout en restant engagée financièrement et humanitairement.

 

Afrikarabia : Que peut-on faire pour que la crise centrafricaine ne s’éternise pas ?

 

Thierry Vircoulon : C’est tout l’objet de la réunion du groupe de contact qui doit avoir lieu mardi 11 novembre à Bangui. C’est une réunion politique qui vise à débloquer la transition. Il faut préparer les élections et mettre en place le dialogue politique. Une seconde réunion, plus économique mais aussi capitale, doit se tenir juste après, avec des délégations de l’Union européenne, du FMI et de la Banque mondiale. Son objectif est de pouvoir poursuivre les aides budgétaires, boucler le budget de cette année et préparer celui de l’année prochaine. Concernant la première réunion du groupe de contact, la bonne nouvelle, c’est que Nourredine Adam (leader militaire de l’ex-Séléka, ndlr) est prêt à participer au dialogue politique. Par contre, du côté des anti-balaka, c’est un peu « l’empire du néant ». Aucun leadership n’a émergé et le groupe a complètement sombré dans la criminalité, notamment à Bangui. Avec ces deux réunions, c’est en quelque sorte la semaine de la dernière chance à Bangui.

 

Propos recueillis par Christophe RIGAUD – Afrikarabia

 

(1) International Crisis Group vient de publier une analyse complète de la situation en Centrafrique.

Lu pour vous : Centrafrique : « vers une crise de longue durée » selon Thierry Vircoulon

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Centrafrique-Presse.com
10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 12:53

 

 

 

 

Par RFI 10-11-2014 à 11:44

 

En Centrafrique, les autorités ont les yeux tournés vers la Chine. La ville de Guangzhou accueille à partir de ce lundi 10 novembre, jusqu’à vendredi, la réunion plénière du processus de Kimberley, qui vise à mettre un terme au commerce des « diamants de sang ». La RCA a été suspendue de ce mécanisme en mai 2013, ce qui a bloqué les exportations légales de diamants centrafricains. Les autorités veulent demander la levée, au moins partielle, de cet embargo. Car s'il pèse lourdement sur les recettes fiscales du pays, il n'a pas réussi à mettre fin au trafic de pierres centrafricaines.

 

La suspension de la Centrafrique du processus de Kimberley n'a pas permis de stopper la circulation des diamants de la guerre. L'économie des pierres précieuses est simplement devenue souterraine et le trafic illégal vers les pays voisins a explosé. Dans le rapport qu'il vient de publier, le panel d'experts de l'ONU estime que 140 000 carats ont réussi à sortir illégalement du pays depuis mai 2013. Soit l'équivalent de 24 millions de dollars américains.

 

Les collecteurs interrogés par les experts à Berbérati et à Bangui ont admis que la plupart des diamants produits dans l'ouest de la RCA, près de la frontière camerounaise, passaient illégalement au Cameroun via des localités comme Gamboula et Gbiti. Dans son rapport, le panel cite également le cas d'un lot de diamants bruts saisis à Anvers, en Belgique. Certaines des pierres venaient de Bria et de Sam-Ouandja, des zones de l'est de la Centrafrique placées sous le contrôle de l'ex-Seleka.

 

Selon les experts, les achats de diamants par une société centrafricaine, Badica, ont fourni « une source de revenus durable à l'ex-Seleka, en violation du régime des sanctions imposées par l'ONU ». Les anti-balakas, eux, sont de plus en plus présents dans le commerce des diamants le long de l'axe Boda-Carnot. C'est même un de leurs chefs locaux, « Mama Drogba », qui fournit certains collecteurs dans la localité de Sasele.

 

Le processus de Kimberley discuté

 

La suspension de l'exportation de diamants pose surtout un problème économique, selon Dominique Youane, secrétaire permanent du processus de Kimberley pour la RCA : « Le diamant est la première source d’exportation du pays : 40% des recettes d’exportation, avant le bois, rappelle-t-il. A l’époque, la Trésorerie attendait seulement les exportations de diamants pour déclencher le paiement des salaires. L’année où le secteur du diamant n’a pas été perturbé, la toute dernière année, c’est 2012. Il a insufflé plus de 4 milliards de francs CFA de recettes, et aujourd’hui cette exportation est suspendue et l'Etat n'a plus cette recette. »

 

Mais pour Thierry Vircoulon, responsable pour la RCA dans l'organisation ICG (International Crisis Group), l'exportation des diamants ne ferait qu'enrichir les groupes armés : « Ce n’est pas en partageant les bénéfices du commerce des diamants entre les " seigneurs de guerre " et l’Etat centrafricain qu’on va stabiliser l’économie. La reprise du commerce va favoriser les " seigneurs de guerre " qui tiennent les zones de production de diamants, et donc c’est plutôt eux qui vont devenir plus riches que les communautés de pauvres creuseurs qui vivent avec moins d’un dollar depuis des décennies. Il est assez intéressant de noter que le problème n’est pas de faire violence à la réglementation du processus de Kimberley. Ce qui est important, c’est de lutter contre la contrebande de diamants par les groupes armés qui a lieu actuellement. »

 

 

 

L'Angola va assumer la direction de surveillance mondiale du commerce du diamant 

 

APA-Luanda (Angola) - 2014-11-10 12:21:41- L'Angola est prêt à prendre la direction du Processus de Kimberley lors de la réunion plénière de l'organisation qui démarre ce lundi en Chine sous l’égide des Nations Unies, a appris APA.


L'Angola qui assure présentement la vice-présidence de l'organisme, assumera la présidence de l'organe de surveillance du commerce du diamant tandis que Dubaï et l'Australie postulent pour la vice-présidence.


La réunion plénière du système de certification du processus de Kimberley (SCPK) se poursuivra jusqu'au 14 novembre dans la ville méridionale chinoise de Guangzhou.

Le SCPK est un processus mis en place en 2003 pour empêcher les diamants de conflit d'entrer sur le marché normal de diamants bruts par la résolution 55/56 de l'Assemblée générale des Nations Unies.


L'Angola sera représenté à la réunion par le géologue et ministre des Mines, Francisco Queiroz, et son ambassadeur en Chine, Joao Bernardo.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=809213#sthash.18SQsjZ3.dpuf

RCA : les diamants de la guerre circulent toujours

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Centrafrique-Presse.com
10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 12:49

 

 

 

 

10/11/14 (AFP)

 

La police de la force de l'ONU en Centrafrique (Minusca) a accentué ces derniers jours ses patrouilles armées dans Bangui pour dissuader miliciens, criminels et pillards de continuer de s'en prendre à une population qui aspire à la paix.

 

"Les enfants doivent vivre leur vie d'enfant. Les adultes doivent travailler. Nous allons soutenir la gendarmerie, la police" centrafricaines, explique à la presse le commissaire de police de la Minusca, Luis Carrhilo.

 

Pour ce faire, la police de l'ONU a commencé à patrouiller, lourdement armée, dans les 3e et 5e arrondissements de la capitale, théâtre de la dernière flambée de violences, en octobre, et où se trouve le quartier du PK-5, poumon commercial de la ville.

 

La Minusca, aidée par les forces françaises Sangaris et européenne Eufor, a finalement rétabli l'ordre, mais la criminalité persiste.

 

Le PK-5, dont presque tous les commerçants sont musulmans, a été assiégé pendant des mois par des miliciens anti-balaka à majorité chrétienne, hostiles à la minorité musulmane, et des bandes de pillards. Craignant de nouveaux affrontements, les transports en commun refusent de s'y rendre depuis octobre, compliquant encore la vie quotidienne de la population.

 

- "cercle vicieux" -

 

Tôt vendredi matin, une patrouille d'une dizaine de véhicules s'apprêtait à sillonner les quartiers des deux arrondissements les plus à risque: PK-5, Castors, Yakité, Kokoro, Fatima.

 

"Nous sommes sur les sites des 3è et 5è. Nous avons parlé avec les maires, l'imam, qui sont tous des autorités très importantes (...) Il y a des problèmes qu'il faut résoudre et nous sommes là pour aider à les résoudre", explique le commissaire Carrilho.

 

Au 5è arrondissement, le chef du quartier Ben-Zvi, Emmanuel Zangaméto, ne cache pas sa satisfaction: "nous poursuivons la sensibilisation pour le retour de la paix et de la cohésion sociale. Et de telles actions ne peuvent que nous conforter dans ce que nous faisons".

 

Au PK-5, les attentes de la population sont grandes. "Il y a de nombreux problèmes auxquels sont confrontés les musulmans. On a par exemple des élèves, des étudiants qui ne peuvent pas reprendre les cours", explique un habitant sous couvert d'anonymat.

 

"On est dans un cercle vicieux. Les Nations unies sont là pour la paix et devraient intervenir pour que nous puissions sortir de nos quartiers. On est là, les Nations unies sont là mais on ne peut pas quitter nos quartiers", déplore de son côté un jeune du quartier.

 

- "pas de solution magique" -

 

"Il n'y a pas de solution magique d'un jour à l'autre", répond à ces critiques le commandant de la police de la Minusca. D'autant que les forces de sécurité centrafricaines, totalement désorganisées depuis la crise de 2013, sont encore embryonnaires.

 

"Les Nations unies ont commencé à travailler le 15 septembre. Chaque jour, notre bataillon rwandais et notre force de police sont" sur le terrain dans la zone du PK-5.

 

Dans les alentours du PK-5, des chapelles et mosquées incendiées, des maisons vides, des carcasses de véhicules incendiés témoignent des violences intercommunautaires qui ont déchiré la Centrafrique. Quelques passants observent, apparemment rassurés, la première patrouille de la police onusienne.

 

La Minusca a pris le relais le 15 septembre de la force africaine (Misca) déployée dans le pays. La force onusienne dispose dans un premier temps de 7.600 hommes (pour la plupart issus des rangs de la Misca) et comptera 12.000 soldats et policiers à effectif plein.

 

La crise est née du renversement en mars 2013 du régime de François Bozizé par la rébellion Séléka - à dominante musulmane dans un pays très majoritairement chrétien - de Michel Djotodia. M. Djotodia a lui-même été contraint à la démission début 2014 pour son incapacité à mettre fin au cycle infernal de représailles et de contre-représailles entre combattants Séléka et miliciens anti-balaka.

La police de l'ONU augmente la pression sur les fauteurs de troubles à Bangui

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Centrafrique-Presse.com
10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 00:09

 

 

 

Comme annoncé, la rédaction de Centrafrique-Presse commence l’examen et la publication des principaux extraits du récent et très édifiant rapport du Groupe d’Experts mandatés par le Conseil de sécurité des Nations sur la crise en Centrafrique, par la rébellion « Révolution et Justice » du « commandant » Armel Sayo dont les exactions et l’activisme ont permis à ce dernier d’obtenir le strapontin de ministre de la jeunesse et des sports dans le gouvernement de transition de Mahamat Kamoun et Mme Catherine Samba-Panza, situation que les experts relèvent comme étant une « stratégie de validation des fauteurs de troubles ».

 

Rédaction CAP

 

 

En effet dans son récent rapport publié le 29 octobre 2014, le groupe d’Experts onusiens écrit ce qui suit, s’agissant des bandes armées qui sévissent et empoisonnent la vie aux Centrafricains dans le bref résumé de leur rapport qui compte un peu plus de 200 pages annexes compris :

 

« En outre, le Groupe d’experts estime que la rivalité entre les représentants politiques des groupes armés qui convoitent des postes ministériels et entre les commandants militaires qui cherchent à contrôler les ressources est à l’origine des luttes intestines entre des éléments de l’ex-Séléka et des factions anti-balaka rivales. La nomination du chef d’un groupe armé dénommé «Révolution et justice» au poste de ministre de la jeunesse et des sports dans le nouveau cabinet de transition renforce l’impression que commander un mouvement politico-militaire peut donner accès à nouveau au sein du Gouvernement et, partant, valide la stratégie des fauteurs de troubles politiques. »

 

Révolution et justice

 

100. Révolution et justice est un mouvement fondé en octobre 2013 par Armel Ningatoloum Sayo, également connu sous le nom de «Armel Bedaya» ou «commandant Sayo», capitaine des Forces armées centrafricaines et François Toussaint, également connu sous le nom de «général Ngoy», un Belge vivant au Gabon qui est frappé par un mandat d’arrêt international pour meurtre en Belgique et accusé d’avoir formé des groupes armés maï-maï en République démocratique du Congo72.

 

101. Le 1ernovembre 2013, Sayo et Toussaint ont franchi la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine dans la région de Baiboon et établi le premier camp d’entraînement Révolution et justice aux alentours de Paoua, dans la région de Boloum. La chaîne de commandement était composée du «colonel» Waluba Espilodja, ancien officier de l’APRD et adjoint de Sayo, du «colonel» Luther Betuban, sergent dans les Forces armées centrafricaines, originaire de Bouar, et du «lieutenant-colonel» Raymond Belanga. Toussaint était chargé de l’entraînement et de la stratégie militaire.

 

102. D’après Toussaint, le mouvement Révolution et justice a commencé à mener des opérations militaires le 24 décembre 2013 contre des groupes peuls et les forces de la Séléka dans la région. Il comptait un millier de combattants environ, originaires d’une zone allant de Markounda (préfecture de l’Ouham) à Bang (préfecture de l’Ouham-Pendé), village frontalier du Tchad et du Cameroun. En janvier 2014, il a réussi à prendre le contrôle de plusieurs villages autour de Paoua puis à forcer la Séléka à quitter la ville, ayant obtenu au préalable l’engagement du contingent camerounais de la MISCA de ne pas intervenir. Toussaint affirme également qu’en janvier 2014, la MISCA a fourni au mouvement des caisses de munitions pour qu’il puisse se battre contre des groupes de Peuls opérant dans le sud-est de Paoua.

 

103. L’adjoint de Sayo, Espilodja, ancien officier de l’APRD, a quitté Révolution et justice en avril 2014 avec des centaines d’hommes avant d’être tué le 14 août 2014 lors d’affrontements avec les forces de la MISCA basées à Paoua. Selon les forces internationales, Sayo ne commandait que 60 hommes en juin 2014, basés à Gadoulou (à 15 km à l’est de Paoua), Bang et Bodjomo73.

 

104. Sayo et Toussaint ont déclaré au Groupe d’experts qu’ils avaient eu plusieurs entretiens avec des dirigeants tchadiens. Sayo a affirmé que le Tchad avait envoyé plusieurs émissaires pour «acheter» son soutien. Toussaint, quant à lui, a déclaré que Sayo a sollicité l’appui du Tchad et envoyé Espilodja dans le pays en janvier 2014, où il a rencontré des émissaires de la garde présidentielle tchadienne, même si aucun accord n’a semble-t-il été conclu entre les parties. Sayo a déclaré que Révolution et justice s’était battu à plusieurs reprises en avril et mai 2014 contre des unités militaires de l’Armée nationale tchadienne dans la région de Markounda (préfecture de l’Ouham) (voir aussi plus haut par. 36 à 46), avant de procéder à un retrait tactique. Cependant, d’après des témoignages recueillis sur le terrain par le Groupe d’experts, Révolution et justice a évité les affrontements et quitté Markounda la veille du jour où un groupe armé «non identifié» originaire du Tchad, décrit comme réunissant des Peuls, des Tchadiens et des éléments de la Séléka, a pris le contrôle de la ville le 1ermai 201474.

 

105. D’après les éléments de preuve recueillis et la déclaration qu’il a faite au Groupe d’experts, Toussaint a formé et conseillé les forces de Révolution et justice entre novembre 2013 et février 2014, devenant ainsi le premier mercenaire occidental connu dans le conflit qui sévit en République centrafricaine.

 

106. Toussaint a affirmé que jusqu’à 1500 recrues avaient rejoint Révolution et justice en décembre 2013. Il a assuré leur entraînement quotidien et conseillé Sayo sur les tactiques militaires et les techniques d’attaque. Il a dit avoir préparé la première attaque d’envergure lancée par Révolution et justice contre Beboura le 24décembre 2013, au cours de laquelle 45 combattants de la Séléka auraient été tués. Il a également conseillé Sayo sur la manière de prendre le contrôle de Paoua en janvier 2014 et mené les négociations avec la MISCA pour obtenir sa non-intervention. Il a précisé avoir quitté Révolution et justice à la suite d’un nouveau différend avec Sayo le 5 février 2014. Toussaint apparaît dans un enregistrement vidéo publié sur Internet le 1erjanvier 2014. Devant des centaines de combattants de Révolution et justice, Sayo le présente comme étant le général Toussaint avant de lui confier le commandement dudit groupe (voir annexe 18). Sayo a néanmoins affirmé que Toussaint n’avait jamais participé au moindre combat et avait uniquement fait office de conseiller.

 

107. Toussaint a été arrêté le 7 juillet 2014 à Bouar par la MISCA et transféré à Bangui où, à l’heure de la rédaction du présent rapport, il était toujours détenu en attendant son extradition vers la Belgique.

 

108. Armel Sayo a été nommé Ministre de la jeunesse et des sports le 22 août 2014 par le Premier Ministre de la transition, Mahamat Kamoun. Toutefois, son groupe armé est représenté par Laurent Dim-Woei Biti au sein du comité directeur chargé de surveiller l’application de l’Accord de Brazzaville (voir annexe 14).

 

 

(Armel Sayo et François Toussaint son mercenaire belge en noir)

La rébellion "Révolution et Justice" d'Armel Sayo et son mercenaire belge
La rébellion "Révolution et Justice" d'Armel Sayo et son mercenaire belge
La rébellion "Révolution et Justice" d'Armel Sayo et son mercenaire belge

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 00:05

 

 

 

 

Davy kpenouwen  9 Novembre 2014

 

Comme il s’agit d’une grosse saisie, on ne peut pas ne pas s’interroger sur l’ampleur et la durée de cette fraude inqualifiable. Cette valse mafieuse a-t-elle commencé avec les forces de la FOMAC ou depuis la mise en place de la MISCA ? Il y a lieu de bien cadrer les choses pour que la fraude qui va donner lieu à un redressement soit l’occasion pour décourager la tendance mafieuse qui a toujours eu de beaux jours en Centrafrique.

 

La situation économique actuelle de la RCA n’était pas déjà trop compliquée, la nouvelle de l’importante saisie opérée sur d’importants lots de diamants bruts appartenant à la société SODIAM est un vrai coup de tonnerre dans le secteur minier centrafricain. Hier les sociétés peu scrupuleuses pouvaient noyer leurs velléités de criminelles économiques pour des préoccupations de concurrence et pour rassurer leur actionnariat étranger. Mais dans un contexte de crise sociale et sécuritaire sans précédent, il convient de dénoncer sans faiblesse cette culture mafieuse pour donner une chance à notre pays pour s’appuyer sur ce secteur porteur pour structurer le l relèvement de notre économie. 

 

Dans les affaires de mœurs, le voleur opère toujours dans l’insouciance jusqu’au jour fatidique où patatras il se fait surprendre la main dans le sac… Les responsables de la société SODIAM ne sont pas des novices. SODIAM est, à n’en point douter le plus ancien bureau d’achat et d’export de diamant de Centrafrique. La saisie à l’aéroport BANGUI-MPOKO le 1er Novembre 2014 d’importants lots de diamants bruts d’excellentes qualités, composés de pierres précieuses de 4 à 20 carats dont le poids total avoisine 152 kg met tout simplement à nu des pratiques criminelles courantes en Centrafrique. En plus de cette importante saisie de diamants, 40 millions de francs CFA en liquide non déclaré sont également saisis dans cette gigantesque fraude.

 

 Pour la gouverne de tous, il convient de rappeler que c’est depuis près de 2 ans que la RCA est sous sanction au regard du processus de KIMBERLEY. Avec la prise du pouvoir de la coalition Séléka, et avec la présence des hommes en armes sur les sites d’extraction minière, la suspension entraînait de facto l’interdiction de vente et d’exportation des diamants bruts pour ne pas renflouer les réseaux mafieux et entretenir les poches de rébellions…

 

Mais si en dépit des contraintes multiformes et surtout la persistance de la crise sécuritaire, les opérateurs téméraires du secteur doivent agir beaucoup plus en entreprise véritablement citoyenne ; en maintenant un niveau d’activités susceptibles de garantir les charges sociales incontournables et non négociables, en attendant la levée des sanctions. Peut-on raisonnablement assimiler la SODIAM d’entreprise citoyenne et soucieuse de son personnel local ? Force est d’en douter et de considérer la SODIAM comme une société délictuelle voire mafieuse. Cette culture de se faire de l’oseille sur le dos d’un pauvre pays à genoux et terrassé par la chronicité de la mal gouvernance n’est pas sans rappeler les sociétés américaines de la période de la prohibition qui était dominées les hordes mafieuses les plus détestables. 

Comme il s’agit d’une grosse saisie, on ne peut pas ne pas s’interroger sur l’ampleur et la durée de cette fraude inqualifiable. Cette valse mafieuse a-t-elle commencé avec les forces de la FOMAC ou depuis la mise en place de la MISCA ? Il y a lieu de bien cadrer les choses pour que la fraude qui va donner lieu à un redressement soit l’occasion pour décourager la tendance mafieuse qui a toujours eu de beaux jours en Centrafrique. 

On ne dénoncera jamais assez la collusion entre certains opérateurs économiques locaux avec les forces de la MISCA qui ont engendré des réseaux complexes d’écoulement des pierres précieuses en période de prohibition. Les responsables de la MISCA : les généraux Mukoko et Tumenta ont plus brillé par un silence assourdissant qui était la porte ouverte à tous les abus… Dieu merci qu’avec la MINUSCA la sécurisation de la population civile est devenue prioritaire. 


Non seulement les responsables de SODIAM utilisent les forces d’interposition pour sécuriser leurs activités délictueuses et mafieuses, en plus de 152 kg de diamants d’excellentes qualités, ces opérateurs rompus à la fraude sorte même du liquide car en plus des diamants ; 40 millions de francs CFA, comme une lettre à la poste allait alimenter les réseaux de ces nouveaux colons. Les lots de 152 kg diamants plus 40 millions de francs CFA ont été régulièrement saisis et remis à la commission des saisis du ministère des Mines. Par les temps qui courent et surtout après le souffre du don angolais, le citoyen lambda est en droit d’en savoir plus car la cohésion sociale s’alimente de la bonne gouvernance. Et qui dit bonne gouvernance c’est le respect scrupuleux des textes en vigueur sur la fraude minière. 


Davy kpenouwen 


Directeur de publication du journal le pays rca

Lu pour vous : RCA: IMPORTANTE SAISIE DES DIAMANTS DE LA SOCIETE SODIAM A BANGUI-MPOKO

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 01:38

 

 

 

 

http://www.lavoixdelamerique.com/  dimanche, novembre 09, 2014 Heure locale: 00:24

 

Invités sur la VOA, Nicolas Guérékoyame Gbangou, Omar Kobine Layama et Dieudonné Nzapalainga se sont exprimés sur la crise centrafricaine depuis Washington.

 

Présents sur le plateau de Washington Forum, les trois leaders religieux centrafricains ont débattu de la crise dans leur pays

 

En visite dans la capitale fédérale américaine,

 

Nicolas Guérékoyame Gbangou, Omar Kobine Layama et Dieudonné Nzapalainga sont venus aux Etats-Unis pour recevoir un prix décerné par Search For Common Ground.

 

Cette ONG honore chaque année des personnalités qui ont accompli de grandes choses pour résoudre les conflits et ramener la paix. Ce prix a déjà été décerné à des personnalités comme Desmond Tutu ou l’ancien président américain Jimmy Carter.

 

Selon les derniers chiffres du Haut-Commissariat pour les réfugiés, près de 410 000 personnes sont des déplacées internes en République centrafricaine, y compris plus de 60 000 d'entre elles se trouvant dans 34 sites à Bangui. Environ 420 000 réfugiés centrafricains ont fui vers les pays voisins.

 

Un chiffre en baisse mais qui reste préoccupant et ce malgré le déploiement de la Misca en septembre dernier. Amnesty International estime que cette mission "n’a pas encore pu arrêter ni prévenir la plupart de ces violations des droits de l’homme".

Les trois leaders religieux reconnaissent les faiblesses de la transition en Centrafrique

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 01:36

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-11-08 14:48:51- Sept-cents-cinquante candidats, toutes séries confondues, ont entamé samedi matin à Bangui les concours d’entrée au Lycée Technique Sambonga et au Collège Technique de Bangui.


Ainsi, 462 candidats sont inscrits pour la seconde AB, 104 pour les sciences et techniques industrielles et les 184 autres cherchent à rentrer au collège.

En donnant le coup d'envoi, le proviseur dudit lycée, Martin Pounewaka, a exhorté les uns et les autres à compter sur eux-mêmes avant de s'étonner du désintérêt des candidats pour les filières techniques.


‘'Et pourtant, a-t-il relevé, ce sont des filières porteuses. Ce sont des filières qui donnent l'espoir à l'emploi ou à ceux qui sont en quête d'emploi. 
Malheureusement certains parentes et candidats n'ont perçu le bien-fondé de la création de ces filières''.


Illustrant ses propos, il a déploré le fait qu'on ait en menuiserie un seul candidat, en maçonnerie 7, en électricité 36 et en employés de service administratif et commerciaux 2 candidats.


Selon le calendrier préétabli, la date du 6 novembre était réservée à la clôture des dépôts de candidatures, le 8 novembre à la composition des épreuves écrites et la proclamation des résultats le 12 novembre prochain.

 

http://www.apanews.net/article_read-809107-derrage-des-concours-au-lyceet-colle-techniques-de-bangui.html#sthash.H9Sn436G.dpuf

Démarrage des concours au Lycée et Collège techniques de Bangui

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 21:01

 

 

 

 

République Centrafricaine 11/8/2014 5:49:09 PM (Apanews)  - L’Agence française de développement (AFD) et la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC) ont octroyé à la Centrafrique deux subventions de plus neuf millions d’euros destinées au projet d’extension, de modernisation et de mise aux normes IATA et OACI de l’aéroport international Bangui Mpoko.

 

La signature de deux conventions a au lieu vendredi à Bangui entre le ministre des Transports, Arnaud Djoubaye Abazene , et le directeur général de l'Agence pour l'exécution des travaux d'intérêts publics en Centrafrique (AGETIP-CAF), Marcel Nganassem.

La cérémonie a eu lieu en présence, notamment, de l'ambassadeur de France, Charles Malinas, et du représentant de l'Agence française de développement(AFD), Julien Boglietto .


De cinq millions d'euros dont deux millions destinés au projet des travaux à haute intensité de main d'œuvre (THIMO) IV, la subvention de l'AFD est complétée par celle de la Banque de développement des Etats de l'Afrique Centrale (BDECA) estimée à trois milliards de FCFA. 


Les deux subventions permettront de passer à la phase de mise en œuvre effective du projet de sécurisation de l'aéroport à travers la clôture de périmètre de l'aéroport international Bangui Mpoko. 


Ce projet concerne, entre autres, la réhabilitation du balisage lumineux des chaussées aéronautiques, le dispositif d'approche lumineux, la construction de la centrale électrique et la clôture. Les études d'impact environnemental et social démarreront dans les prochains jours et les travaux de clôture de l'aéroport débuteront au début de l'année 2015.


‘'La signature des présentes conventions témoigne l'engagement de l'AFD et de la BDEAC à soutenir la feuille de route du gouvernement et du gouvernement d'urgence pour le relèvement durable (PURD), dont l'un des piliers est la poursuite des réformes économiques et la promotion d'une croissance durable'', a affimé le ministre centrafricain des Transports Arnaud Djoubaye Abazene.


Il a par ailleurs lancé un appel aux déplacés internes du site de camp Mpoko, leur demandant de regagner les nouveaux sites préparés par le gouvernement. 

L'ambassadeur de France en Centrafrique, Charles Malinas, a pour sa part mis en relief l'importance de l'aéroport de Bangui. ‘'C'est la respiration du pays. C'est la possibilité, malgré les crises, les grandes difficultés qu'elle traverse, pour la Centrafrique de rester ouverte sur le monde'', a-t-il dit. 


L'aéroport Bangui Mpoko a été mis en service en 1967. 

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=809086#sthash.M5Q1KydT.dpuf

Neuf millions d'euros pour la modernisation de l'aéroport de Bangui

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