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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 14:35

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) 08/09/16– La ministre de la Santé, Fernande Djengbot, et la représentation de l’ONG internationale Cordaid en Centrafrique ont signé une convention d’un montant de six milliards de FCFA, destinée à appuyer le système sanitaire de Centrafrique.

 

Aux termes de la convention signée mercredi à Bangui, Cordaid est chargée de la gestion de l’enveloppe qui est en fait octroyée par la Banque mondiale.

 

Le Premier ministre, Simplice Mathieu Sarandji, présent à cette signature, a déclaré que l’argent doit être employé de manière judicieuse pour que la population centrafricaine en profite convenablement. Il a ajouté qu’il ne tolérerait pas un scandale lié à la gestion de ce fonds.

 

Ce financement de la Banque mondiale permettra la reconstruction des hôpitaux, l’achat de leurs équipements et des médicaments. Il servira également à la prise en charge du personnel soignant des hôpitaux.

 

Cordaid exerce en Centrafrique depuis près de 10 ans.

Six milliards pour appuyer le système sanitaire en Centrafrique
Centrafrique-Presse.com
8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 14:08
Le président du Parlement Centrafricain à Luanda

 

 

Luanda -07/09/16 (Angola Press ) Le président de l'Assemblée Nationale Centrafricaine (RCA), Abdou Karim Meckassoua, est arrivé mardi, à Luanda, pour une visite de travail, destinée au renforcement de la coopération parlementaire entre les deux pays.

 

Selon le programme, Abdou Karim Meckassoua séjournera jusque samedi en Angola et tiendra des rencontres avec son homologue angolais, Fernando da Piedade Dias dos Santos, les présidents des groupes parlementaires de l’Assemblée Nationale, ainsi qu’avec les groupes nationaux de suivi aux Organisations parlementaires régionales et ceux d’accompagnement aux Parlements d’Afrique.

 

Dans le même cadre, lit-on dans ce document, il est aussi prévu des pourparlers officiels entre les délégations parlementaires des deux pays.

 

Le programme de visite prévoit également une rencontre entre le chef du parlement de la RCA et le ministre angolais des Relations Extérieures, Georges Chikoti.

Centrafrique-Presse.com
7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 23:37

 

 

APA Bangui (Centrafrique) - 2016-09-07 18:34:45 Le Président centrafricain Faustin Archange Touadéra effectue à partir de ce mercredi une visite officielle au Soudan.


Le but de cette visite n’est pas rendu public mais tout laisse croire que c’est pour chercher de pistes de sortie de crise dans son pays.

En effet les ex sélékas sont composés en partie de mercenaires soudanais plus particulièrement des Djandjawids venus du Soudan qui sèment encore la désolation dans les zones sous leur contrôle.

Dans le cadre du processus du programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriements des ex combattants, le Président Touadéra veut le soutien des autorités étrangères dont les ressortissants sont impliqués dans la crise que le pays traverse.

C’est la première fois que Faustin Archange Touadéra visite le Soudan depuis son élection au mois de mars dernier

 

http://apanews.net/news/fr/article.php?id=4862281#sthash.up8AdwIL.dpuf

Le Président Faustin Archange Touadéra en visite à Karthoum
Centrafrique-Presse.com
7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 22:16

 

DYNASTIE

 

Par Célian Macé et Maria Malagardis Libération — 7 septembre 2016 à 20:21

 

Omar Bongo bénéficiait d’un puissant réseau d’influences à Paris. Aujourd’hui, la France prend ses distances avec son fils, dont la réélection est entachée de fraudes.

 

L’homme observe un mur décoré de photos officielles. Avec une évidente délectation, il énumère : «De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac.» A l’époque où ces images ont été tournées par une télé française, la liste s’arrêtait là. Mais rien ne changera avec l’élection de Nicolas Sarkozy, dont la photo est certainement venue s’ajouter sur ce mur du Palais du bord de mer, siège de la présidence à Libreville, capitale du Gabon.

 

Omar Bongo Ondimba, qui se targuait d’être l’ami intime de tant de chefs d’Etat français, y régna en maître absolu, à partir de 1967 et jusqu’à sa mort en 2009. «Quand Omar était aux commandes, le Gabon était un pays stratégique pour la France. Le pays "PMU", comme on l’appelait : riche en pétrole, manganèse et uranium. C’était aussi le pays des opérations clandestines de l’armée française. Avec les interventions au Biafra, dans le sud du Nigeria. Les vols clandestins de UTA vers l’Afrique du Sud, pourtant sous embargo à cause de l’apartheid. Libreville avait alors des allures de village gaulois, et Omar se rêvait en chef des services secrets français», rappelle le journaliste Antoine Glaser, certainement le meilleur connaisseur des arcanes de la Françafrique (1), ce système de relations incestueuses et corrompues instaurées entre la France et ses ex-colonies, dont Omar Bongo fut l’un des piliers historiques. Mais les temps ont changé. Aujourd’hui Ali Bongo, le fils d’Omar, élu une première fois en 2009 lors d’un scrutin déjà contesté, se voit ouvertement désavoué. En cause : l’annonce de sa victoire aux élections du 27 août, qui a  provoqué sur place de violentes contestations et lui vaut, à l’étranger, des critiques de moins en moins feutrées. Même à Paris.

 

«Néocolonialisme douteux»

 

Dernière salve en date : mardi, l’Union européenne a qualifié d’«évidente anomalie» l’issue du scrutin. Pointant en particulier les résultats de la province du Haut-Ogooué, fief familial des Bongo, où le taux de participation officiel affiche le score soviétique de 99,93 %, avec une victoire de plus de 95 % pour le président sortant (Libération du 2 septembre). Un score qui lui a permis de se déclarer vainqueur avec une courte avance de 5 594 voix sur son rival, Jean Ping. L’opposition conteste cette victoire et exige de recompter les bulletins. Avec désormais le soutien de l’UE, des Etats-Unis et de la France. «La force du silence est majeure en amitié», a écrit un jour Omar Bongo, qui a toujours su s’assurer d’indéfectibles soutiens. Avec une méthode simple : «Le père achetait les opposants en leur offrant des postes et finançait aussi certains hommes politiques français. Il misait ainsi sur certains ministres qui devenaient ses obligés», explique Glaser.

 

Mais il faut croire que la machine s’est grippée. Dès le lendemain du vote, le Parti socialiste français s’est empressé de déclarer qu’«une alternance serait signe de bonne santé démocratique». Et vingt-quatre heures plus tard, c’est Jean-Marie Bockel, ex-secrétaire d’Etat à la Coopération de Nicolas Sarkozy, qui déclarait «Ping vainqueur du scrutin». La présidence gabonaise a eu beau dénoncer «un néocolonialisme des plus douteux», la pression est montée crescendo : après avoir réclamé elle aussi le «recomptage des bulletins», la France a exprimé officiellement le 1er septembre ses «doutes» sur les résultats des élections. Avant de s’inquiéter, mardi, du sort d’une dizaine de ressortissants français (des binationaux essentiellement) disparus à la suite de l’attaque spectaculaire du QG de Jean Ping par la garde présidentielle à Libreville, dans la nuit du 30 août. Un assaut brutal qui s’est déroulé sous le regard passif des militaires français du camp de Gaulle, installé là depuis l’indépendance. La France aurait-elle pu protéger les opposants, de la même façon qu’elle a garanti la survie du régime depuis un demi-siècle ? A-t-elle seulement choisi son camp ? Nombreux sont les opposants qui en doutent. «Je crois qu’en coulisse, la France aide beaucoup, affirme pourtant Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de Jean Ping, joint au téléphone. On a changé d’époque. Désormais, dans les pays d’Afrique francophone, la France peut difficilement intervenir au premier plan sans être taxée de néocolonialisme. Du coup, c’est l’Europe qui prend le leadership des critiques.»

 

«La France avait toujours reconnu les résultats des élections en faveur d’Omar Bongo. En 2009, Sarkozy a lui aussi rapidement validé la victoire d’Ali. Mais à l’époque, les manifestations qui avaient suivi la proclamation des résultats avaient visé des intérêts français. Paris a peut-être retenu la leçon», suggère Samperode Mba Allogo, blogueur et historien, contacté à Libreville. «Hollande n’est jamais venu au Gabon pendant son mandat. Une première pour un président français de la Ve République», note le journaliste. «Jusqu’à présent, aucun chef d’Etat étranger, même africain, n’a félicité Ali pour sa victoire.»

 

«Tour de Pise»

 

A Franceville, ville natale d’Omar Bongo, où il a été enterré, le président défunt doit se retourner dans sa tombe. Lui qui avait reçu Yasser Arafat et Nelson Mandela se piquait de jouer les médiateurs et de tirer les ficelles de la vie politique française. Son fils a choisi une autre partition. «Ali n’est pas très francophile. Il est fasciné par les Etats-Unis, a invité Michael Jackson à Libreville. Ses copains se trouvent bien plus dans le monde anglo-saxon, au Moyen-Orient ou au Maroc : il est très proche de Mohammed VI», explique Antoine Glaser, en rappelant que «du vivant d’Omar, Ali faisait figure de mal-aimé. C’est sa sœur Pascaline qui régnait au côté du père, c’est elle qui avait les réseaux. A Paris, à l’hôtel Crillon, elle choisissait qui avait le droit de voir Omar, alors qu’Ali végétait au bout du couloir».

 

Pour Ali, l’accession au pouvoir sera le temps de la vengeance. Il écarte vite la sœur préférée, qui fut la compagne de Jean Ping, ex-baron devenu opposant. Les piliers du régime sont congédiés, les réseaux traditionnels français, remerciés. «Ali va commettre un parricide, constate Glaser. Aujourd’hui, la plupart des barons, à commencer par Ping, se retrouvent dans l’opposition. Laquelle a certainement plus de soutiens qu’Ali à Paris.» Mais celle-ci cherche encore une stratégie de riposte à Libreville. Les partisans de Ping avaient ainsi jusqu’à ce jeudi pour déposer des recours devant la Cour constitutionnelle, une option qui les aura divisés jusqu’au bout : «La Cour constitutionnelle, c’est comme la tour de Pise, tout le monde sait qu’elle penche d’un côté. La belle-mère d’Ali Bongo en est la présidente», dénonçait ainsi mardi au téléphone Patrick Eyogo Edzang, député de l’opposition à Bitam. «Nous avons pour le moment introduit un recours auprès de la Commission électorale, qui a une composition paritaire : il y a trois représentants de l’opposition parmi ses huit membres», explique Jean Ping à Libération.

 

Dans ce climat de méfiance, les ambassades française et américaine ont vite été impliquées dans la gestion de la crise postélectorale. Peu après le scrutin, Jean Ping y aurait été convié pour garantir la sécurité d’Ali, au cas où ce dernier acceptait de lâcher le pouvoir. «La négociation a échoué face à l’intransigeance des Américains sur certaines exigences d’Ali», croit savoir une source bien informée. L’échec dans les coulisses aurait-il alors conduit à hausser le ton publiquement ? Notamment à Paris ? «C’est de l’amateurisme, en réalité. Paris navigue à vue. On est dans l’improvisation, la réaction», fustige Laurent Bigot, ancien diplomate et consultant stratégie sur l’Afrique. «Il n’y a plus de politique africaine de la France , confirme Antoine Glaser. La seule priorité, c’est la gestion sécuritaire avec un recentrage sur l’Afrique de l’Ouest pour contrer l’islamisme radical. Quant à la diplomatie sur le continent, elle est censée désormais se limiter au business pour rattraper les parts de marché perdues dans une Afrique qui se mondialise.»

 

«Gestion sécuritaire»

 

Mais alors justement, les richesses du Gabon ? Ce «PMU» qui avait un temps valu à Libreville de faire figure de «Monaco tropical»«C’est fini, tranche Glaser. Le poids des entreprises françaises est passé de 50 % à 20 %. Le pétrole est bien plus attractif en Angola ou au Nigeria, le manganèse n’est plus aussi stratégique et l’uranium n’est plus exploité. Le seul intérêt du Gabon pour la France, c’est son soutien à la COP 21, puisque sa forêt est le deuxième poumon de la planète après l’Amazonie.»

 

Reste une préoccupation qui justifie peut-être que Paris s’intéresse encore à ce petit pays d’Afrique centrale : la stabilité, sur un continent où la France reste impliquée malgré elle. « Hollande n’a aucun intérêt à voir le chaos s’installer au Gabon au moment où il tente de se désengager de la Centrafrique et alors qu’il prépare un sommet franco-africain en janvier à Bamako, au Mali », confirme Glaser. Mais qui détient réellement la clé de la stabilité sur place, aux yeux de Paris ? Le match n’est pas fini et les arbitres étrangers comptent certainement encore les points. Pourtant, quelle que soit l’issue du bras de fer actuel, l’époque d’Omar est, elle, définitivement enterrée.

 

Dernier ouvrage paru : Arrogant comme un Français en Afrique, Fayard, 2016.

 

Célian Macé Maria Malagardis

 

Lu pour vous : Françafrique : Ali Bongo tue le Gabon du père
Lu pour vous : Françafrique : Ali Bongo tue le Gabon du père
Lu pour vous : Françafrique : Ali Bongo tue le Gabon du père
Centrafrique-Presse.com
7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 22:12
Lu pour vous : Alain Mabanckou, afro engagé

 

VERBATIM

 

Par Catherine Calvet et Philippe Douroux  Libération — 7 septembre 2016 à 17:21

 

Romancier, il a longtemps voulu s’en tenir à la fiction. Devenu homme public, il prend la parole aux côtés des jeunes Africains contre les dictatures du continent.

 

Nous avions encore en tête ses interventions ce printemps au Collège de France, titulaire de la chaire temporaire consacrée à la création artistique (1) : au mois de mars, la leçon inaugurale en veste de velours bleu roi et les suivantes où il déclinait avec beaucoup d’élégance, blazer à rayures blanches et bleues, puis rouges, son érudition généreuse sur les littératures africaines, coloniales, de la négritude, et les subtils mélanges de couleurs et de concepts qu’apporte la créolisation. Alain Mabanckou apparaît, tout en gracilité et courtoisie, habillé d’une chemise à motif géométrique plutôt sage, sur un jean élimé.

 

Il fait preuve, tout au long de notre rencontre, d’une légèreté, d’une distance et d’un humour chaleureux même sur des sujets graves. Il repart dans quelques jours pour les Etats-Unis où il enseigne depuis 2007 à la prestigieuse Université de Californie à Los Angeles (UCLA) les littératures francophone et française (french studies).

 

Le romancier, né en février 1966 à Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville, assure amusé la promotion de son dernier ouvrage Le monde est mon langage (2), une promenade littéraire. On y croise les écrivains Henri Lopes à Brazzaville, Suzanne Kala-Lobé à Douala, Rachid Boudjedra à Alger, J. M. G. Le Clézio à Paris, un extraordinaire Dany Laferrière à Montréal, ou encore un jeune auteur en quête de conseils au Caire et, pour finir, Jocelyn le Bachelor, le prince de la sape à Château-Rouge, dans le XVIIIe arrondissement de Paris.

 

Nous l’avons laissé jouer avec les mots pour découvrir un écrivain qui s’engage au côté de l’Afrique et des jeunes Africains quand il conservait jusque-là une distance certaine.

 

Langues

 

«A la maison, nous parlions deux langues nationales : le munukutuba, spécifique à Pointe-Noire et, à Brazzaville, le lingala, qui est aussi une langue internationale, puisque parlée dans plusieurs pays dont la république démocratique du Congo où c’est la langue de la chanson, celle de Koffi Olomidé, et comprise également par les Angolais ou les Centrafricains : plus de 80 millions de locuteurs. Ma mère parlait le munukutuba et le bembé du sud du Congo. Mon père parlait une version différente du bembé. Au total, je parlais six ou sept langues, plus le français à l’école à partir de l’âge de 6 ans.

 

«Le concept de langue maternelle s’applique donc difficilement en Afrique. Au Congo, même s’il n’y a que quatre millions d’habitants, il y a des centaines de langues. En général, un Congolais parle au moins sept langues locales, et si deux personnes n’ont pas de langues locales communes, elles échangent alors en français. La plupart de ces langues hébergent des mots français. Et de même lorsque nous parlons français, nous avons souvent recours aux langues africaines qui permettent d’épauler le français sur certaines réalités. Beaucoup de langues africaines ignorent la synonymie. En revanche, elles sont très riches en images. Or, l’empreinte des images est plus durable et profonde que celle du mot abstrait. Certaines expressions françaises sont pour nous incomplètes : par exemple "se faire rouler dans la farine". Mais de quelle farine parle-t-on ? car la farine de manioc est bien plus collante que la farine de blé ou de maïs. Avec la farine de manioc, il faut se laver avec du citron pour parvenir à s’en défaire.»

 

Génération

 

«Je l’ai dit au Collège de France dans la leçon inaugurale : j’appartiens à la génération du Togolais Kossi Efoui, du Djiboutien Abdourahman A. Waberi, de la Suisso-Gabonaise Bessora, du Malgache Jean-Luc Raharimanana, des Camerounais Gaston-Paul Effa et Patrice Nganang. J’appartiens aussi à la génération de Serge Joncour, de Virginie Despentes, de Mathias Enard, de David Van Reybrouck, de Marie NDiaye, de Laurent Gaudé, de Marie Darrieussecq, d’Alexis Jenni et de quelques autres encore, qui brisent les barrières, refusent la départementalisation de l’imaginaire parce qu’ils sont conscients que notre salut réside dans l’écriture, loin d’une factice fraternité définie par la couleur de peau ou la température de nos pays d’origine.»

 

Francophonie

 

«Je me méfie toujours des compliments basés sur nos origines, comme si nous écrivions avec un accent. La francophonie devrait bien sûr désigner tous les auteurs qui écrivent en français et non ceux qui écrivent en français en étant d’ailleurs. On ne dissocie pas de cette façon quand on parle des auteurs hispanophones ou anglophones. Il n’y a qu’en France que cette notion se double d’une connotation coloniale. Il y aurait, à côté d’une littérature française souveraine, quelques littératures périphériques. On introduit une hiérarchie. Pour moi, Houellebecq, Foenkinos sont aussi des auteurs francophones. Aujourd’hui, la littérature française est enseignée aux Etats-Unis justement parce qu’elle est parlée par des dizaines de millions de personnes dans le monde, principalement en Afrique.»

 

Colonisation

 

«Les colonisateurs français ont été différents des autres, avec leur prétendue colonisation affective et paternaliste. Il fallait démontrer que les civilisations autochtones n’étaient pas dignes de ce nom et instaurer l’école de Jules Ferry, civiliser, inculquer les valeurs françaises, la culture, les Lumières, nous faisant oublier qu’il s’agissait de s’enrichir économiquement. C’est aussi pour ces raisons qu’aujourd’hui, la France butte sur tant de non-dits. Et rate du même coup les "intégrations" des nouveaux-venus mais aussi d’arrière-petits-enfants de colonisés.»

 

Histoires

 

«La France ne se résume pas à un pays blanc et à ses racines judéo-chrétiennes. Je l’ai souvent dit : son histoire est aussi cousue de fil noir. Le déficit de mémoire n’est pas celui de la population française, il est institutionnel. Ces aspects historiques ne sont pas enseignés, ils ne sont pas dans les programmes scolaires français. Si ces pages d’histoire n’avaient pas été omises, les Français auraient aujourd’hui une autre image des étrangers. Ils verraient les ascendants des Africains comme ceux qui avaient quitté leur brousse pour venir se battre en Europe pour l’Europe. Et les Africains seraient enfin vus comme des acteurs ou même des héros et non, injustement, comme des pique-assiettes de l’Occident. Pour qu’il y ait véritablement intégration, il faut faire partie de l’histoire. C’était une de mes ambitions en écrivant les leçons pour le Collège de France.»

 

Statistiques ethniques

 

«C’est constitutionnellement impossible. Pourtant, ce serait une confrontation utile au réel. Nous verrions alors la vraie photographie de la France. Beaucoup de discours politiques apparaîtraient alors pour ce qu’ils sont : anachroniques et caducs. Les principaux partis républicains doivent prendre conscience de ce nouveau visage métissé et imaginer de nouveaux programmes.»

 

écrivain militant

 

«Jusqu’alors, je ne faisais qu’observer. Je me disais que Denis Sassou-Nguesso n’en avait plus pour longtemps à la tête du pays. Puis, j’ai commencé à recevoir des tonnes de lettres de jeunes Congolais, d’adolescents de 15 ou 16 ans, qui me demandaient de parler pour eux. Ces lettres furent comme un rappel à l’ordre. J’ai accès aux médias, et, paradoxalement, ces jeunes à qui on vole la jeunesse n’ont aucun relais. C’est pourquoi, j’ai écrit une lettre ouverte à François Hollande en mai, quand Denis Sassou-Nguesso a changé la Constitution pour pouvoir se représenter. Je viens d’un milieu très modeste, mon père était réceptionniste dans un hôtel et ma mère vendait des arachides au marché. Contrairement aux enfants de la famille de Sassou-Nguesso, qui viennent au monde dans les meilleurs hôpitaux et vont dans les meilleures écoles.

 

«Au Congo, aujourd’hui, les écoles et les universités sont dans un état catastrophique. Il pleut dans les salles de classe. Il était important d’écrire à un président français. Les intérêts de la France font qu’elle continue à sponsoriser des dictateurs, plus ou moins dans l’ombre. La clé de l’intégration des Africains dans la société française réside aussi dans cette relation aux dictatures. Si la France accompagnait une émancipation politique dans les Etats africains de son ancienne zone coloniale, il y aurait certainement moins d’Africains noyés en Méditerranée. Cette politique française enferme les Africains des deux côtés de la Méditerranée. Ceux qui ne cherchent qu’à quitter leur pays et ceux qui, ensuite, ne peuvent plus rentrer.»

 

Littérature contestataire

 

«La littérature contestataire existe, mais les dictateurs font en sorte qu’on ne puisse pas lire ces livres. Ce sont des écrivains en exil qui écrivent pour des populations en exil. Aujourd’hui, les réseaux sociaux changent tout, la diaspora peut enfin communiquer avec ceux qui sont restés.»

 

Migritude

 

«C’est ce qui justifie la littérature. C’est pour cela que je préfère parler d’une littérature monde plutôt que de "francophonie". Dès que je quitte un continent pour un autre, j’ai la nostalgie du précédent. C’est ce qui m’a poussé à écrire Le monde est mon langage. Si je passe quelques années dans un pays, je développe une certaine affection pour ce lieu et ses habitants. Le Congo reste le pays de mes origines, de mes racines, c’est là que mon cordon ombilical a été enterré. La France ensuite fut mon pays d’adoption, de choix. J’ai réussi à sauvegarder ce que j’avais acquis au Congo et à le peaufiner au contact d’une autre culture. Puis l’Amérique est devenue l’endroit où je suis parvenu à prendre de la distance. Elle me permet de faire des bilans. Elle a fait de moi ce que je suis aujourd’hui et qui n’était pas imaginable en France. Mais je sais que dans quelques années, j’aurais aussi une charge affective américaine, j’ai déjà un peu commencé à l’exprimer dans Lettre à Jimmy ou dans la préface de Colère noire de Coates.»

 

Ubuntu

 

«C’est un vrai système de valeurs de l’Afrique qu’on devrait partager avec le monde. On peut parler de philosophie bantoue. C’est une philosophie de l’être et de réussite par la connaissance. C’est un humanisme de la pensée qui oblige à s’élever intérieurement. Les grands penseurs africains d’aujourd’hui, comme Achille Mbembe ou Séverine Kodjo-Grandvaux, sont des promoteurs de cette philosophie. Séverine Kodjo-Grandvaux parle d’un cogito social : "Je suis parce que nous sommes." C’est une philosophie de libération et de tolérance, appliquée avec réussite par Mandela, et qui pourrait aider l’Afrique à sortir de schémas imposés par l’extérieur, mais qui serait aussi utile en Occident.»

 

Sape (Société des ambianceurs et des personnes élégantes)

 

«Si je suis sapeur ? Mais, on n’a pas besoin de dire si on est un "sapeur". Cela ne se déclare pas. C’est une esthétique qui a permis aux Congolais, qui étaient exclus de la sphère politique, d’utiliser leur corps pour imposer et exprimer de nouvelles valeurs de société. C’est une créolisation de la mode occidentale. La sape peut être une forme de dissidence.»

 

(1) Les leçons de l’écrivain sont en ligne sur le site du Collège de France. 


(2) Le monde est mon langage d’Alain Mabanckou, Grasset, 315 pp., 19 €.

 

Catherine Calvet Philippe Douroux

Centrafrique-Presse.com
7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 22:05
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique Un nouveau projet du Fonds Békou pour financer 1.500 opérateurs économiques

 

http://rjdh.org/ PAR ANGELA PASCALE SAULET YADIBERET LE 7 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 07 Septembre 2016(RJDH)—-Un nouveau projet du fonds Békou dénommé « Fini Bangondo ti Maî » est lancé ce jour à Bangui. Il permettra, selon Irchad Razaaly l’Administrateur du Fonds Bekou de soutenir 1500 acteurs économiques locaux de Bangui, Bimbo, Bégoua et Bouar.

 

Le projet « Fini Bangondo ti Maî » entend relancer l’économie de la ville de Bangui, Bimbo, Bégoua et Bouar  à travers l’accompagnement des acteurs économiques locaux, projette Irchad Razaaly Administrateur du Fonds Bêkou « ce projet permettra aux jeunes entrepreneurs, aux personnes qui ont perdu leurs activités de bénéficier d’un encadrement  technique en terme de formation et financier pour consolider leur activité économique » a-t-il précisé.

 

Selon Irchad Razaaly, ces acteurs économiques locaux auront un accès facilité au crédit grâce au micro subvention « nous prévoyons d’identifier 1500 acteurs économiques locaux. Cela peut être des mini-entreprises, un groupement de femmes, un garage, de micro-entreprises que l’on accompagnera après leur recensement. Ils devront  ouvrir un compte bloqué en Banque afin de bénéficier de ces prêts » énumère l’administrateur.

 

Le projet « Fini Bangondo ti Maî » s’inscrit dans la dynamique du Programme d’Urgence de relèvement Durable du Fonds Bêkou. Il est financé à plus de 7 milliards de FCA sur une période de deux ans  et mis en œuvre par DRC, ACTED, Mercy Corps en partenariat avec deux institutions financières de la place.

 

 

Centrafrique : Le gouvernement projette une opération de recensement des déplacés

 

PAR ANGELA PASCALE SAULET YADIBERET LE 7 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 07 Septembre 2016 (RJDH)—Cent soixante-huit (168) agents recenseurs prennent part depuis hier à une formation sur la collecte des informations auprès des déplacés. Cette formation est organisée en prélude aux opérations de recensement des déplacés que le gouvernement compte organiser.

 

Cette opération de recensement des déplacés est envisagée au moment où les agences du système des  Nations Unies enregistrent une baisse du nombre de déplacés sur les sites à travers le pays.

 

La formation amorcée, devra permettre d’outiller les agents sur la méthodologie de collecte de données auprès des déplacés « nous allons à travers cette formation, expliquer aux enquêteurs la méthodologie de collecte des données à travers les différents types de  questions à poser aux personnes déplacées pour avoir leur effectif, caractéristique sociodémographique et aussi leur intention » a expliqué Jean Louis Pouninguiza, point focal de cette enquête.

 

Les résultats de cette enquête, selon le point focal seront mis à la disposition du gouvernement pour des projections « cette enquête permettra au Gouvernement de disposer d’informations précises afin de programmer les stratégies de retour des personnes déplacées dans de bonnes conditions » a t-il fait savoir.

 

Des agents de saisie qui seront chargés du stockage des résultats de cette enquête, sont aussi en formation au HCR.

 

Cette enquête est la première depuis les violences de décembre 2014 qui ont contraint de milliers de Centrafricains à trouver refuge sur des sites de déplacés.

 

 

Centrafrique : Présence signalée d’Abdoulaye Hissène à Ndélé

 

http://rjdh.org/ PAR SANDRINE MBAGNA LE 7 SEPTEMBRE 2016

 

NDELE, 07 septembre (RJDH)—Abdoulaye Hissene, un des fugitifs de l’ex-Séléka, recherché par la Minusca et le gouvernement, est signalé à Ndélé dans le nord du pays. L’information a été confirmée au RJDH par plusieurs sources indépendantes jointes dans la localité.

 

L’information sur la présence de Abdoulaye Hissène à Ndélé coïncide avec la montée en puissance de cas d’agression sur la population relevée par un rapport de la coordination des actions humanitaires (OCHA).

 

Le sultan de Ndélé joint par téléphone dit avoir eu des informations sur la présence de ce cadre militaire du FPRC sans l’avoir encore rencontré «  je ne l’ai pas encore vu de mes propres yeux mais presque toute la ville parle de sa présence depuis deux jours. Je pense qu’il est sur place » a précisé le notable.

 

La présence de ce leader du FPRC est confirmée par un cadre de l’administration présent dans la ville « il est arrivé depuis quelques jours selon les informations que nous avons. L’information a été remontée à qui de droit » a confié cette source sous l’anonymat.

 

Le porte-parole de la Minusca, interrogé à ce sujet n’a ni confirmé ni informé la présence de Hissene à Ndélé. Vladimir Montéiro a seulement réaffirmé la détermination de la mission à mettre la main sur les fugitifs de l’ex-Séléka « l’opération de recherche se poursuit, la pression est maintenue pour  pouvoir arrêter ces individus », a-t-il indiqué, ce jour lors de la conférence hebdomadaire de la Minusca.

 

Abdoulaye Hissene, ancien ministre de la jeunesse, président de la CPJP un mouvement rebelle du nord, a fait allégeance au FPRC, une des branches de l’ex-Séléka. Recherché par la justice centrafricaine, Abdoulaye Hissene fait partie des cadres de l’ex-Séléka qui ont réussi à échapper le 12 aout dernier à la Minusca entre Bangui et Sibut. Il était signalé à Kaga-Bandoro avant Ndélé qu’il aurait rejoint depuis deux jours.

 

 

Centrafrique : Vols à répétition à la Cité des Castors à Bangui

 

http://rjdh.org/ PAR NOURA OUALOT LE 7 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 07 Septembre 2016 (RJDH) — Les cas de vol sont devenus récurrents ces temps-ci au quartier Castors dans le 3ème arrondissement de Bangui.  Abdon Nykoa habitant du quartier et son voisin ont été victimes des malfrats dans la nuit du 06 au 07 Septembre. Le chef du quartier par intérim, Félix Kolouane appelle les jeunes à plus de vigilance.

 

La circulation d’arme au sein de la population fait le lit aux braquages. Proche du KM5 où résident des éléments de l’ex-Séléka, la Cité des Castors ne cesse d’enregistrer des cas de vol et de braquages à main armée au moment où ses habitants commencent à revenir.

 

Abdon Nykoa, une des victimes, fait savoir que l’absence d’électricité dans le quartier est à l’origine de ce banditisme. Il explique les circonstances du vol en ces termes : « Je suis rentré à la maison vers minuit, après quelques heures devant la télévision, je suis allé me coucher à 02 heures. A ma grande surprise le lendemain matin à 5 heures, j’ai constaté que la télé et ses accessoires, la radio et quelques objets ont été emportés. J’ai même retrouvé mon portefeuille au salon sans argent. Mon voisin aussi a été visité la même nuit. Je demande à l’Energie Centrafricaine de nous envoyer la lumière, ces voleurs profitent de l’obscurité pour nous nuire», a témoigné la victime.

 

Devant ces faits, le chef intérimaire de la Cité, Mr Félix Kolouane  a déploré la mauvaise collaboration entre les forces onusiennes et nationales. Il interpelle la jeunesse de son quartier à plus de vigilance, « à chaque fois qu’on arrête les voleurs, les forces de l’ordre ne viennent pas à temps ou ne viennent pas pour les récupérer. Pour les forces étrangères n’en parlant pas. Nous avons de sérieux problèmes dans notre quartier, au problème de vol s’ajoutent le problème d’électricité, de l’eau et l’insalubrité. Alors, je demande à mes frères d’être vaillants, de se multiplier en autodéfense et comité de vigilance pour lutter contre ces vols », a lancé le chef.

 

La Cité des Castors est l’un des quartiers les plus touchés par la dernière crise en Centrafrique. Cette nouvelle vague de vol et de braquage reprend une année après celle déplorée il y’a déjà une année.

Centrafrique-Presse.com
7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 21:59

 

 

http://www.la-croix.com/ Nicolas Senèze, à Rome, le 07/09/2016 à 16h47

 

Le nonce apostolique en Centrafrique, Mgr Franco Coppola, et le ministre centrafricain des affaires étrangères, Charles-Armel Doubane, ont signé mardi 6 septembre au Palais de la renaissance de Bangui, un accord-cadre entre le Saint-Siège et la République centrafricaine, a annoncé mercredi le Vatican.

 

L’accord, signé en présence notamment du nouveau président Faustin Archange Touadéra et de l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, « fixe le cadre juridique entre l’Église et l’État, régissant les questions d’intérêt commun ».

 

« Les deux parties, tout en préservant l’indépendance et l’autonomie qui leurs propres, s’engagent à travailler ensemble pour le bien-être moral, spirituel et matériel de la personne humaine et pour la promotion du bien commun », précise un communiqué du Saint-Siège.

 

Cet accord-cadre, qui vient stabiliser les relations Eglise-Etat en Centrafrique après plusieurs années de conflits internes, entrera en vigueur dès l’échange des instruments de ratification entre le Vatican et Bangui.

 

Le pape François a effectué en Centrafrique, le 29 novembre 2015, une visite historique qui l’a profondément marqué.

 

Bravant les reproches voilés de la France et des forces internationales de paix qui déconseillaient le voyage pour raisons de sécurité, le pape avait vivement encouragé à la réconciliation nationale après deux ans de conflit ethnico-religieux.

 

En avril dernier, c’est le président centrafricain Faustin Archange Touadéra, élu quelques semaines plus tôt, qui s’était rendu au Vatican.

 

Entre 2013 et 2015, des milices majoritairement chrétiennes anti-balaka et des ex-rebelles à dominante musulmane de la Séléka, ont mis la Centrafrique à feu et à sang. Ces violences ont ravagé l’économie du pays, un des plus pauvres au monde.

 

L’Église catholique joue un rôle vital pour la cohésion du pays, à travers son réseau d’écoles et d’hôpitaux.

 

Mardi 6 septembre, la directrice de l’hôpital pédiatrique du Bambino Gesù à Rome, Mariella Enoc, s’est d’ailleurs entretenue avec le pape François au sujet notamment du partenariat établi avec l’université de médecine et l’hôpital pédiatrique de la capitale centrafricaine.

 

Les services du Bambino Gesù travaillent à la formation des médecins locaux mais aussi à l’installation de nouveaux équipements, comme un générateur électrique.

 

Nicolas Senèze, à Rome

 

 

(RV) Le Saint-Siège et la République centrafricaine ont signé le mardi 6 septembre un accord fixant le cadre juridique des relations entre l’Église et l’État centrafricain. Le nonce apostolique, Mgr Franco Coppola, et le ministre centrafricain des affaires étrangères Charles-Armel Doubane ont signé cet accord-cadre au Palais présidentiel, en présence du chef de l’État et de l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga.

 

Selon un communiqué, «les deux parties s’engagent à collaborer pour le bien-être moral, spirituel et matériel de la personne humaine et pour la promotion du bien commun». Cet accord fait suite à la visite du Pape François à Bangui, en novembre 2015, et à celle du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra au Vatican le 18 avril dernier.

 

Cyprien Viet

 

 

Le Saint-Siège et la République centrafricaine signent un accord-cadre

 

http://fr.radiovaticana.va/

 

Le 29 novembre 2015, l’image du Pape François ouvrant la Porte Sainte de la cathédrale de Bangui a marqué le début de l’Année jubilaire. Ce geste spirituel avait contribué à un net apaisement des tensions en Centrafrique, après de longs mois de guerre civile. Il trouve maintenant aussi une suite avec cet accord juridique qui donne un statut à l’Église catholique dans le pays.

 

Juste après son élection, le président centrafricain Touadéra avait réservé au Pape François l’un de ses premiers déplacements internationaux. Venu dans nos studios à Radio Vatican, il nous avait alors annoncé que «les Centrafricains sont demandeurs pour l’action de l’Église et son intervention au sein de nos populations. Nous pensons que c’est très important que ces accords puissent être établis entre nous et le Saint-Siège», avait précisé le nouveau chef de l’État.

 

Les catholiques sont minoritaires en Centrafrique, ils représentent moins de 30% de la population, contre 50% de protestants, 10% de musulmans, et 10% d’animistes, les frontières étant toutefois poreuses entre les différentes appartenances confessionnelles. Mais comme souvent dans les États encore fragiles, l’Église catholique joue un rôle vital pour la cohésion du pays, à travers son réseau d’écoles et d’hôpitaux.

 

D’ailleurs mardi la directrice de l’hôpital pédiatrique du Bambino Gesù à Rome, Mariella Enoc, s’est entretenue avec le Pape François au sujet notamment du partenariat établi avec l’université de médecine et l’hôpital pédiatrique de la capitale centrafricaine. Les services du Bambino Gesù travaillent à la formation des médecins locaux mais aussi à l’installation de nouveaux équipements, comme un générateur électrique. Des aides très concrètes qui répondent aux appels du Pape pour une coopération fraternelle renforcée, au sein de l’Église catholique, entre les pays les plus riches et les plus pauvres.

 

(CV)

Signature d’un accord-cadre entre le Saint-Siège et la Centrafrique
Signature d’un accord-cadre entre le Saint-Siège et la Centrafrique
Signature d’un accord-cadre entre le Saint-Siège et la Centrafrique
Centrafrique-Presse.com
7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 21:56
LA MINUSCA EXPULSE UN GROUPE D’HOMMES ARMÉS DE BOGUILA

 

NOTE D’INFORMATION

 

 

 

Bangui, le 7 septembre 2016 – Les forces de la MINUSCA ont expulsé environ 200 hommes lourdement armés se réclamant du MPC de Boguila (nord-ouest), le 4 septembre dernier, alors qu’ils tentaient de s’établir dans ce village de l’Ouham pour y « faire régner la sécurité ». L’information a été rendue publique mercredi 7 septembre, par le porte-parole de la Mission, Vladimir Monteiro, qui a rappelé qu’une autre intervention des casques bleus avait permis de stopper une colonne d’ex-sélékas à Dékoua le 3 septembre.

 

Vladimir Monteiro a également rejeté les accusations contre les casques bleus civils et militaires déployés dans la ville de Bambari, en soulignant l’impartialité de la MINUSCA. « Ces collègues tout comme les casques bleus dans d’autres parties du territoire n’iront jamais à l’encontre des principes des Nations Unies. Ils n’ont qu’un seul objectif, celui de contribuer à la protection des populations », a dit le porte-parole. Sur les casques bleus mauritaniens, il a précisé que leur professionnalisme a été souligné par le préfet, le sous-préfet et le maire lors des visites des secrétaires généraux adjoints des Nations Unies Jane Lute et Atul Khare. Pour Monteiro, « les Mauritaniens comme d’autres casques bleus font un travail exemplaire ».

 

Au cours de ce point de presse, le porte-parole a rappelé l’engagement de la Mission à protéger la population et à faire respecter l’autorité de l’État, « en faisant usage de la force, si nécessaire ». Le porte-parole invite par ailleurs les groupes armés à répondre à l’appel au dialogue du Président Touadera, et en adhérant au processus du DDR, tout en respectant leurs engagements pris lors de la signature de l’Accord sur les principes du DDRR.

 

De même, Monteiro a souligné que le leadership de la Mission est en contact avec les responsables locaux et les forces vives dans les préfectures pour expliquer la mise en œuvre du mandat de la MINUSCA, dont l’objectif stratégique est de réduire la présence et la menace des groupes armés, ainsi que le partenariat avec les autorités centrafricaines. A ce sujet, il a rappelé le déplacement cette semaine du Représentant spécial du Secrétaire général en République Centrafricaine à Bria et Obo.

 

Sur le processus de DDR, le porte-parole a noté que la barre de 4.000 ex-combattants enregistrés dans le cadre du programme de pré-DDR va être franchie cette semaine, 11 mois après le lancement des activités par la Mission. Quant aux Droits de l’Homme, Monteiro a annoncé que 28 incidents de violations et abus des droits de l’homme ont été commis par les groupes armés et certains éléments des forces de l’ordre, affectant au moins 55 victimes.

 

De son côté, le porte-parole de la Force, le Lieutenant-Colonel Clément Cimana, a noté que la situation sécuritaire reste volatile à cause de l’agissement de certains groupes armés. « Ces groupes veulent étendre leur présence en totale ignorance de leurs différents engagements sur le DDR », a-t-il dit, en promettant que la Force continuera d’adopter une posture offensive pour prévenir et contenir toute dégradation causée par l’attitude des groupes armés. Afin d’aider à la restauration de l’autorité de l’Etat, la force de la Minusca a escorté 784 véhicules commerciaux la semaine dernière, sur les trois grands axes routiers qui desservent la capitale, a ajouté le porte-parole militaire.

 

Pour sa part, le Lieutenant Salifou Konseiga, porte-parole de la police de la MINUSCA, a indiqué que le calme se stabilise en ce moment dans le pays, en dépit de quelques cas de criminalités enregistrés en province et des coups de feu entendus dans plusieurs arrondissements de Bangui. En prévision, la Police va poursuivre les différentes patrouilles, les gardes statiques, les opérations de lutte contre la délinquance, en collaboration avec les forces de sécurité intérieure. Le Lieutenant Konseiga a également fait savoir que la Police de la MINUSCA a débuté ce mercredi, une retraite de 72 heures pour faire un bilan de ses activités au moment où la mission en Centrafrique de son Commissaire, Luis Carrilho, arrive à sa fin.

 

Centrafrique-Presse.com
7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 12:32
ALLOCUTION DU PRÉSIDENT TOUADERA A BRIA

 

 

• Monsieur le Préfet de la Haute Kotto ;
• 
• Messieurs les Sous-préfets de Bria et Yalinga ;


• Mesdames et Messieurs les Notables de la Haute-Kotto;


• Vaillantes populations de la Haute-Kotto ;


Au nom de toute la délégation qui m’accompagne et au Mien propre, je vous adresse mes sincères salutations ;


Je ne sais comment exprimer la joie qui m’anime en me retrouvant aujourd’hui parmi vous, à Bria la Scintillante, Chef-lieu de la Haute- Kotto.


Je suis venu à Bria, non seulement pour vous rendre visite, mais aussi et surtout pour remercier toute la population de la Haute-Kotto pour la confiance qu’elle m’a témoignée lors de l’élection présidentielle en m’élisant massivement comme Président de la République, Chef de l’Etat. Je vous en est particulièrement reconnaissant.


Je suis venu aussi m’enquérir de vos conditions d’existence et de vous parler de l’avenir.
A travers BRIA, je veux m’adresser à toutes les populations de la Haute-Kotto. Pour ma part, la Haute-Kotto, notre belle préfecture représente la région par laquelle le développement économique de notre pays devrait intervenir. Elle regorge en effet d’immenses potentialités minières, forestières, faunique, agricole et d’élevage et constitue une alternative de développement pour un pays qui ne possède pas d’accès à la mer.


C’est ici à Bria, alors Oubangui Oriental, que le premier diamant centrafricain fut découvert, en 1913 par Monsieur BRUSTIER, tandis que l’or le fut en 1927 à Roandji à Bambari.


Mais ce n’est pas sans ressentir une vive émotion que je prends aujourd’hui la parole parmi vous. Trop de souvenirs, également doux et chers, viennent également m’assaillir lorsque je me reporte aux jours heureux, aux jours où BRIA, La Scintillante, ville minière par excellence était inondée des hommes d’affaires de toutes nationalités.


Aujourd’hui, BRIA symbolise les méfaits de la grave crise militaro-politique qui a secoué durement notre pays. La population de BRIA est l’une de celle qui a le plus souffert des effets nuisibles de la crise.


Mieux que quiconque, la population de BRIA connaît l’importance de la paix. C’est pourquoi, je vous demande de croire à l’avenir, d’aider le Gouvernement à reconstruire la paix, le vivre ensemble. Si nous avons la paix, nous pouvons amener l’eau potable, l’électricité, construire l’école, les centres de santé et autres services sociaux de base. L’agriculture et l’élevage et l’exploitation minière peuvent renaître pour le bien de la population.


Je profite de l’occasion de BRIA pour dire à toutes les populations centrafricaines qu’il n’y a pas une autre alternative à la paix. 


Le moyen le plus approprié pour avoir la paix c’est le DDR, c’est le dialogue. Le DDR pour retirer les armes qui sèment la désolation dans les foyers. Vite on aura retiré les armes, vite on aura la paix et le développement. Le DDR se fait en même temps que la restructuration de notre Armée pour qu’elle soit une armée de garnison et non de projection, une Armée pluriethnique, républicaine. C’est le sens de la RSS.


Le dialogue, mais pas un dialogue politique comme d’aucuns le réclament mais notre capacité à nous surmonter et à échanger sur ce qui nous divise et ce qu’on aura à faire après cette paix.
Il ne sert à rien de marcher contre cette paix. Le peuple centrafricain a clairement exprimé sa soif de la paix lors des dernières consultations électorales.


Il ne sert à rien, après les élections saluées par l’ensemble de la communauté internationale, de vouloir perpétuer la violence aveugle en défiant l’autorité légalement établie, les institutions issues des élections et la justice qui est le seul gage d’égalité entre les citoyens.


Je saisis cette occasion pour condamner avec force les faits qui se sont produits dans la nuit du 12 août 2016 où quelques responsables de groupes armés contre qui des mandats d’arrêt sont décernés pour des crimes graves, à bord de véhicules lourdement armés, ont quitté le Km5 pour traverser la barrière du PK12 où se trouvaient les éléments des forces de défense et de sécurité, avec effraction et violences.


Les fugitifs arrivés sur la barrière du PK 12 ont ouvert le feu sur les éléments des forces de défense et de sécurité qui s’y trouvaient, alors qu’ils n’ont nullement été agressés ni poursuivis. Grâce à Dieu, il n’y a pas eu mort d’hommes.


Le convoi qui s’était ébranlé et qui a essuyé de la riposte au poste avancé de Damara tenu par quelques éléments de sécurité centrafricains a finalement été stoppé au Sud-est de Sibut, à Galafondo par la MINUSCA.


Au cours de ce coup d’arrêt, il y a eu des morts du côté des malfaiteurs et sept (7) d’entre eux ont été fait prisonniers. Quelques éléments du convoi se sont évadés prenant des otages pouvant les guider dans leur fuite, ce qui a provoqué la décision des habitants des villages de s’armer pour aller les libérer. Les poursuites continuent. Je rends hommage aux victimes innocentes de cette folie meurtrière. 


Pourquoi tant de violences contre les populations qui n’aspirent qu’à la paix et tant de défis contre les nouvelles autorités établies ?


Contrairement à leurs allégations mensongères, aucune autorité ne leur a délivré un ordre de mission. D’ailleurs, en quelle qualité devraient-ils obtenir un ordre de mission ?


Par ailleurs, restant dans la logique de défier l’autorité de l’État, les mêmes personnes ont lancé un ultimatum exigeant la libération des personnes arrêtées sous 48 heures, faute de quoi ils engageront des actions robustes contre les populations dans les zones sous leur occupation.
Est-il acceptable que des personnes non élues, ne possédant aucun mandat et ne représentant qu’elles-mêmes puissent ainsi défier l’autorité de L’État ?


Cela est inacceptable. Le temps de la guerre est fini. L’heure est à la paix et la réconciliation nationale. Il est temps de panser les plaies, d’unir les cœurs, de revivre ensemble.
J’invite tout le monde à rejoindre le camp de la paix. Il est temps d’arrêter d’armer le Centrafricain contre son frère Centrafricain. Il faut cesser les violences aveugles ! Il faut éviter de se comporter comme des barbares, des hommes sans foi ni loi.


A la fin de ces affrontements meurtriers, dévastateurs, parmi les victimes humaines, il n’y aura ni vainqueur ni vaincu. 


Saisissons ces élections saluées du monde entier pour nous réconcilier avec le monde et avec nous-mêmes. 


Si Dieu m’a donné pour responsabilité de conduire la destinée de notre pays, mon premier devoir, dans le cadre de cette responsabilité, est d’épuiser tous les moyens possibles pour épargner à mes Compatriotes les maux d’une autre crise tragique comme celle que nous venons de connaître et qui n’honore pas notre pays.


Ceux qui travaillent pour la paix auront la prime de la paix.


Les ennemis de la paix répondront de leurs actes devant la justice quel que soit le temps écoulé.
A force de combattre la paix, ils cumulent des infractions et seront poursuivis tôt ou tard.
En ma qualité de Père de la Nation, je demande aux fugitifs de Galafondo qui sont dans la brousse, malgré les intempéries et qui bravent les moustiques et les bêtes féroces, de se rendre à la justice. Ils ne risquent rien pour leur vie et leur intégrité physique. La justice examinera leur situation au cas par cas, car je sais qu’il y en a qui sont emballés dans cette entreprise criminelle contre leur gré. 


Je les exhorte à mettre fin à la prise d’otage pour servir de guide car cela entretient inutilement la violence. 


Le message de BRIA est un message de paix et de réconciliation nationale. Je suis venu ici, aujourd’hui, pour proclamer la paix dans notre pays, l’unité nationale et l’indivisibilité de notre pays.


Compatriotes de BRIA et de toute la Haute-Kotto, soyez des Ambassadeurs de la paix !
Levez-vous pour dire non, non et non à tous ceux qui veulent ramener notre pays dans le chaos, non à ceux qui veulent faire la partition de notre pays ! La RCA est Une et Indivisible.


Que le Dieu de paix bénisse notre pays !


Je vous remercie.

Centrafrique-Presse.com
6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 17:36

 

 

http://rjdh.org/ PAR SANDRINE MBAGNA LE 6 SEPTEMBRE 2016

 

BANGUI, 06 septembre 2016 (RJDH)–Des détonations d’armes ont été entendues hier aux environs de 16 heures au quartier Fatima dans le 6è arrondissement de Bangui.  Un nouveau check-point érigé au rond-point Fatima-Cattin par les éléments de la Garde Présidentielle du Km 5 est à l’origine de ces tirs.

 

Fabien Ingakogné, un habitant du quartier Fatima témoigne les faits en ces termes : « les éléments de la Garde Présidentielle du Km 5 ont présenté à leurs frères d’arme basés sur l’Avenue CEMAC une autorisation signée de leur Directeur Générale les autorisant à prendre service au Commissariat du 3è arrondissement et ses environs et de collaborer avec la MINUSCA. Mais les militaires et gendarmes affectés à ce poste ont douté de l’authenticité de ce document ».

 

Il a rapporté que l’incident s’est produit en présence d’un responsable de la gendarmerie. « C’est juste au moment où le Directeur Général adjoint de la Gendarmerie discutait avec les éléments de la Garde Présidentielle du Km 5, que l’un d’eux a balancé une grenade qui a suscité la riposte des autres qui se sont mis à tirer en l’air»,  a-t-il expliqué.

 

Joint par le RJDH, Miriam habitant du Km5 a fait savoir que la situation est désormais sous contrôle, « la nuit était calme jusqu’à ce matin. Les gens circulent librement, les activités commerciales ont timidement repris ce matin. Un calme précaire règne puisque les éléments de la Garde Présidentielle du Km 5 se sont retirés hier cédant le poste aux éléments incontrôlés du km5, donc pour le moment nous sommes toujours dans la psychose » a-t-elle confié.

 

Aucun dégât matériel ou humain n’a été déploré. La roquette tirée par un élément du km5 est tombée sur le terrain Tremplins de Fatima sans faire de dégât. A signalé au RJDH un habitant non loin du lieu.

 

L’autorisation querellée, porte le N°0155 et est signée le 02 septembre 2016. Cette situation est le premier affrontement opposant les frères d’armes de l’Arme Nationale dans cette localité.

Centrafrique : L’installation d’un Check-point au quartier Fatima tourne au drame
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Centrafrique-Presse.com