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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 15:03

 

 

 

 

 

RFI 14/04/14

 

En début de semaine dernière, la situation s'était tendue après l'arrivée des soldats des forces africaine (Misca) et française (Sangaris) dans la ville, où se trouvent plusieurs centaines d’éléments de l’ex-Seleka.

 

Des manifestations d'hostilité ont été organisées, puis des affrontements, jeudi 10 avril, ont fait au moins deux blessés au sein de la Misca. Dimanche 13 avril, l’heure était aux pourparlers.

 

Des hauts responsables rebelles, de Sangaris et du gouvernement sont venus de Bangui pour faire baisser les tensions. Le contexte est d'autant plus compliqué que les forces ex-Seleka sont elles-mêmes divisées entre les partisans du compromis, menés par le commandant de la zone, le colonel Ousta, et d'autres dirigés par le général Yaya, qui refusent la présence internationale.

 

Ce dernier reproche aux troupes internationales de s'en être prises aux musulmans de Bangui, laissant le champ libre aux anti-balaka, et critique le colonel Ousta, pour sa proximité avec Sangaris et la Misca.

 

Dimanche, une réunion entre les deux adversaires a permis d'apaiser un peu plus les esprits. Réunis au domicile d'un sage, chacun a exposé ses griefs, et au sortir de la réunion, le général Yaya s'est voulu conciliant : « Nous sommes au contraire ensemble. Il n’y a pas de problème avec le colonel Ousta. »

 

L'officier reprochait également aux troupes internationales d'avoir fait paniquer la population à leur arrivée. La réponse du général Tumenta, commandant militaire de la Misca, est sans ambiguïté.

 

« Nous n’avons pas à négocier avec les gens, nous avons à désarmer. Lorsque nous arrivons dans une ville avec une force musclée, c’est normal que la population puisse s’inquiéter, mais après, le calme est revenu et tout se passe bien.»

 

Du côté du colonel Ousta, on reproche notamment au général Yaya d'avoir piloté les manifestations. Par la voix de son porte-parole Amat Amadine, le colonel Ousta lui demande de rentrer dans le rang : « Nous ne voulons pas remettre en cause le processus du DDR (désarmement démobilisation réinsertion, ndlr), que nous avons engagé avec le gouvernement. Nous sommes en train de lui dire de cesser avec cette façon de faire. Nous, nous allons lui accorder le pardon, mais qu’il ne recommence plus. »

 

Les deux hommes sont néanmoins d'accord sur un point : oui au désarmement, mais pas sans condition. Tous deux réclament un processus clair et sécurisé, afin que les hommes soient pris en charge, mais aussi protégés contre les anti-balaka.

 

Ce lundi, une grande réunion est prévue dans la salle des délibérations de la mairie entre notamment des représentants du comité de sensibilisation, du conseil des sages, des forces Sangaris et Misca, de l'ex-Seleka, et de la population.

 

Une réunion destinée à apaiser définitivement les esprits et à préparer le désarmement de l'ancienne rébellion. Selon plusieurs sources, des éléments rebelles pourraient ensuite servir de guides en ville aux troupes internationales, pour les familiariser avec le terrain.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140414-rca-intenses-negociations...

Centrafrique: intenses négociations à Bria

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 15:00

 

 

 

 

(France 24) 14/04/14

 

Alors que la Centrafrique attend l'arrivée de 12 000 casques bleus en septembre, les soldats de la Misca tentent de sécuriser le pays et d'empêcher les anti-balaka de terroriser la population musulmane. Reportage.

 

Au lendemain de l'annonce du déploiement dans cinq mois de 12 000 casques bleus, la situation reste extrêmement tendue en Centrafrique, où les violences entre milices anti-balaka et les ex-Séléka n’ont pas cessé malgré la présence de la Misca.

 

Sur l’une des principales routes qui relie Bangui à Bossangoa, à une soixantaine de kilomètres de la capitale, une brigade de la force africaine s’apprête à démanteler un barrage d'anti-balaka, une milice chrétienne. Les soldats ont repéré que les miliciens détenaient des armes.

 

Les anti-balaka "prennent la population en otage"

 

Les moyens d'attaque sont rudimentaires, mais ils suffisent à intimider les voyageurs. Les armes sont aussitôt confisquées par les soldats tandis que le capitaine de la brigade met la main sur un carnet de comptes, preuve irréfutable du racket auquel se livre l’un responsable du check point. L’homme, pris en faute, est arrêté sur le champ.

 

Au même moment l'évêque de Bossangoa, Mgr Nestor Désiré Nongo Aziagbia, qui rentre dans son diocèse, stoppe son convoi pour tenter une médiation et rassurer les villageois. "Je sais qu'ils ont peur, explique le prélat. Ils ont mené une bataille pour la bonne cause. Mais maintenant ils font pire que la Séléka et ils prennent la population en otage".

 

Des miliciens chrétiens de Centrafrique bloquent les routes vers le Cameroun pour empêcher les fuyards musulmans de trouver refuge à l'étranger, les obligeant ainsi à prendre des chemins détournés dans la brousse. Ces réfugiés mettent parfois deux ou trois mois pour atteindre la frontière camerounaise, épuisés et affamés.

 

En moyenne, 10 000 réfugiés, surtout des femmes, des enfants et des vieillards, franchissent chaque semaine la frontière camerounaise en provenance de Centrafrique. Depuis le début de l'année, ils ont été au total près de 70 000, selon les chiffres du HCR.

 

http://www.france24.com/fr/20140412-video-reportage-centrafr...

Reportage : "les anti-balaka font pire que la Séléka"

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 23:18

 

 

 

 

par RFI 13-04-2014 à 08:47

 

En Centrafrique, les forces tchadiennes ont quitté les villes du Nord et Nord-Est dans lesquelles elles étaient postées et regagnent actuellement le Tchad. C'est ce qu'a confirmé, samedi 12 avril, le chargé de communication de la Misca, Francis Ché.

 

Un départ qui s'est effectué entre lundi et vendredi, sans problèmes majeurs, d'après des sources locales. Selon plusieurs témoins, malgré quelques tensions, la situation reste pour le moment calme dans l'ensemble de ces villes.

 

« Le contingent tchadien s'est désengagé de Bossangoa, Bouca, Batangafo, Kaga-Bandoro et Ndélé. Il est en train de regagner son pays », a confirmé Francis Ché, chargé de communication de la Misca.

 

Pour Bouca, le départ a eu lieu dès lundi. Selon des témoins, des anti-balaka sont alors venus patrouiller en ville, sans incidents majeurs. Ils auraient regagné la brousse vendredi à l'arrivée, par hélicoptère, d'une vingtaine de Congolais et Gabonais de la Misca.

 

Nouveaux éléments à Bossangoa et Batangafo, mais pas à Kaga-Bandoro

 

De nouveaux éléments de la Misca ont aussi rejoint Bossangoa et Batangafo ces deux derniers jours, quelques heures seulement après le départ des Tchadiens.

 

A Bossangoa, ils devront cohabiter avec des membres des anti-balaka, toujours présents en ville, tandis qu'à Batangafo, c'est avec l'ex-Seleka, l'ancienne rébellion, basée non loin de sa caserne, que la Misca devra composer.

 

Pas de relève, pour l'instant, à Kaga-Bandoro. Depuis le départ des soldats tchadiens jeudi, seule l'ex-Seleka est présente en ville, racontent des témoins.

 

« Les anti-balaka sont à 5 km du centre. L'ex-Seleka, elle, a repris la caserne de la Misca près de l'église. Il n'y a ni policier, ni gendarme, ni maire », explique un habitant. « Les ex-Seleka provoquent les jeunes et se livrent au racket, mais malgré les tensions, il n'y pas eu d'incidents majeurs », affirme un autre.

 

Pas de précisions en revanche sur Ndélé, si ce n'est la confirmation par la Misca du départ des Tchadiens.

 

Calme relatif à Bria

 

La tension s'apaise petit à petit à Bria. La situation était très volatile notamment depuis une fusillade, jeudi, entre des ex-Seleka d'un côté, et les troupes des forces Misca et Sangaris de l'autre. Deux soldats de la force africaine avaient été blessés.

 

Vendredi s'est tenu sur place une réunion avec le général Issa Issaka, haut responsable de l'ancienne rébellion, le général Soriano, patron de la force française Sangaris, et le ministre de l'Administration du territoire Aristide Sokambi. Cette visite a permis de faire baisser la pression. Samedi, une nouvelle négociation a été menée avec succès avec les rebelles installés en ville.

 

« On avance dans le bon sens », explique un notable. Dans la matinée, le comité de sensibilisation et le conseil des sages ont négocié avec des responsables de l'ex-Seleka, notamment avec le colonel Ousta. Le groupe armé a fait des concessions, en faisant d'abord retirer les barricades érigées en ville et tenues par des civils souvent très jeunes.

 

L'ancienne rébellion serait également prête à rentrer dans le rang. « Le mouvement a accepté le principe d'un cantonnement et d'un désarmement », explique Gilbert Dalkia, du conseil des sages, ajoutant que le cantonnement est en cours près de la préfecture. Dans le détail, les parties se sont aussi mises d'accord sur une surveillance des armes afin d'éviter les vols. Enfin les hauts gradés pourront se déplacer avec un aide de camp armé. Mais avant d'en arriver là, l'ex-Seleka exige des garanties. « Les anti-balaka ne sont pas loin. Nous sommes sous leur menace. Donc on ne va pas désarmer pour rien », déclare un officier rebelle.

 

Pourtant selon un habitant, seule cette étape permettra le retour de ceux qui ont fui en brousse.

Retrait des Tchadiens de Centrafrique: la Misca se réorganise

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 23:11

 

 

 

 

 

 

http://www.africatopsports.com/    PAR  RODOLPH TOMEGAH – 01 MARS 2014 À 10:00 

 

Quentin Ngakoutou obtient le fruit de ses efforts. Auteur de huit buts cette saison avec l’équipe réserve de Monaco, il a été récompensé ce vendredi par un premier contrat professionnel.

 

L’attaquant centrafricain de 19 ans a paraphé un bail de trois ans en présence du vice-Président du club monégasque, Vadim Vasilyev.

 

Ngakoutou n’a évidemment pas caché sa joie. « Je suis très fier de signer mon premier contrat pro avec mon club formateur. Je dois encore beaucoup travailler pour progresser », a-t-il laissé entendre sur le site officiel de l’ASM.

 

Quentin Ngakoutou, qui rêve de marcher dans les pas de Thierry Henry, a remporté la Coupe Gambardella 2011 et le championnat de France U19 2013 avec Monaco.

Monaco: Premier contrat pro pour le Centrafricain Ngakoutou

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 23:10

 

 

 

 

 

 

http://www.africatopsports.com/   PAR  STEVEN LAVON – 13 AVRIL 2014 À 11:53

 

Déchirée par une guerre ethnico-religieuse depuis des mois, la Centrafrique est au cœur des préoccupations des sportifsLe capitaine de sa sélection nationale, Enza-Yamissi a sonné l’alerte à plusieurs reprises. Mais que nenni. Toujours dans l’optique de faire ramener la paix, un match de solidarité est prévu pour le 20 mai prochain.

 

Cette rencontre opposera les Fauves de l’Oubangui à la sélection de Bretagne à Vannes. L’équipe de Bretagne souvent entrainée par Claude Leroy sera emmenée par de nombreux joueurs de Ligue 1 dont Romain Danzé, Gaël Danic, Etienne Didot, etc.

Le match a été dénommé « Centrafrique demain ».

Foot: la Centrafrique en amical contre la Bretagne pour la « paix »

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 22:59

 

 

 

 

 

Dimanche, 13 Avril 2014 10:58 AEM - AFP

 

Par Jean-Pierre CAMPAGNE

 

BANGUI, République centrafricaine - "Maintenant, c'est l'état de guerre, le temps de la destruction. Mais nous, on vit de la construction. Alors, le business, ça va un peu, un peu..."

 

Sinclair, tout en muscles, remplit avec trois autres jeunes "pêcheurs de sable" à coups de vives pelletées l'arrière d'un camion benne au bord du fleuve Oubangui dans la capitale centrafricaine.

 

Ils ont 20, 25, parfois 30 ans. Maximum. Plonger en apnée au fond de l'Oubangui pour remplir un seau de sable fin ou de graviers, à cinq mètres en saison sèche, jusqu'à 12 mètres en saison des pluies, dix, vingt, trente, quarante fois par jour n'assure pas une longévité de vie exceptionnelle.

 

Mais ils sont les enfants de la Centrafrique, pays classé dans les derniers à l'Indice de développement humain des Nations unies, c'est-à-dire l'un des plus miséreux. Une pauvreté aggravée par l'état de guerre qui a saisi le pays depuis la prise de pouvoir en mars 2013 de la rébellion Séléka et perdure malgré son départ en janvier dernier.

 

Alors, ces jeunes langbachi, une ethnie riveraine du fleuve comme les yakoma, qui eux, pêchent des poissons, n'ont pas le choix pour survivre. Ils pêchent le sable, le gravier, à bord de pirogues en bois.

 

"Mon père faisait déjà ça, et même son père". Mais Sinclair ne possède pas de pirogue. Il se loue à la journée, comme les autres jeunes, il peut gagner jusqu'à 2.500 FCA, soit 3 euros, les jours fastes, quand il charge, avec un compagnon, 6 à 7 pirogues.

 

Sinclair travaille pour Faustin Madungou, la trentaine, qui possède deux pirogues. La grande "fait" 60 seaux, la petite 25.

 

Les pirogues sont construites dans la forêt, par des villageois. Celle en bois rouge tient 10, 15 ans, celle en bois blanc 3, 4 ans.

 

Barthélémy Mikiliya, plus âgé, possède aussi une pirogue.

 

"Mon père m'a enseigné, m'a cédé sa place". Tout en parlant, il surveille le débarquement de sa pirogue par les jeunes qui, paniers de 30 kg sur la tête, gravissent silencieusement sous l'effort la berge pour jeter le sable sur le tas de l'acheteur. Lequel le revend aux rares clients en cette période difficile pour toute la société centrafricaine.

 

"L'activité a un peu repris en février", quand les violences dans Bangui ont commencé à s'apaiser, explique Barthélémy.

 

- "On plonge sans casque sur les oreilles, des tympans sautent" -

 

Un mètre cube de bon gravier (plus cher que le sable) se vend 14.000 CFA, soit 20 euros.

 

Sinclair a la joue gauche déformée par un ganglion enflammé, pas soigné efficacement, faute d'argent. Chaque fois qu'il plonge, l'eau avive la plaie.

 

Les maladies sont nombreuses, explique Barthélémy: hernies, paludisme, oreilles et yeux fragilisés. "On plonge sans casque sur les oreilles, des tympans sautent".

 

"Il y a aussi des problèmes de noyade, les plongeurs ne savent pas tous nager", dit Barthélémy.

 

Certaines pirogues vont loin, jusqu'à la rive de la République démocratique du Congo, en face.

 

Celles qui rentrent sont lourdement chargées, leur bord affleure l'eau. Un faux mouvement, une vague, elles peuvent chavirer. "Si une pirogue rentre trop légère, le patron renvoie les pêcheurs chercher d'autres seaux avant qu'ils n'accostent", explique Barthélémy.

 

Combien de temps dure une plongée en apnée? Sinclair dit "deux secondes", Barthélémy et Faustin le reprennent, "non, au moins 10 secondes!".

 

Le plus dur moment: lorsque, une fois le seau rempli de sable au fond du fleuve, le plongeur doit se propulser vers le haut. "Notre travail nécessite beaucoup d'énergie, et, en ce moment, les gens ne construisent pas, alors y a pas d'argent pour bien manger, pas d'énergie", explique Sinclair.

 

Que faire d'autre? Sinclair ne sait pas.

Centrafrique : les "pêcheurs de sable" de l'Oubangui à bout de souffle

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 22:58

 

 

 

 

 

http://www.atlasinfo.fr/   Dimanche 13 Avril 2014 - 16:41

 

Le contingent espagnol qui prendra part à l'opération militaire de transition de l'UE "EUFOR RCA", en République centrafricaine, sera déployé dans ce pays africain à partir de la première quinzaine de mai, ont annoncé, dimanche, des sources du ministère espagnol de la Défense.

 

Composé de 50 militaires et 25 membres de la Garde civile, le contingent espagnol sera renforcé, plus tard, par dix autres militaires, ont ajouté les mêmes sources, précisant que la mission principale des troupes espagnoles sera axée sur la préservation de la sécurité. 


Le contingent espagnol dépêché en République centrafricaine sera installée principalement à Bangui. 


L'UE a ouvert la voie, en mars dernier, au lancement de sa mission militaire en Centrafrique. Cette mission européenne doit appuyer les forces françaises et africaines déjà présentes sur le terrain. 


L'opération "EUFOR RCA" a pour objectif de créer un environnement sécurisé en Centrafrique afin que puisse démarrer un processus politique qui permettra de rétablir l'ordre dans le pays. L'UE et les Nations Unies soutiennent ce processus de concert avec leurs partenaires internationaux.

Mission de l'UE en RCA : les troupes espagnoles seront déployées en mai

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 22:55

 

 

 

 

Bangui (AFP) - 13.04.2014 12:26

 

La majorité des 7.000 habitants de Boguila, dans le nord de la Centrafrique, se sont enfuis dans la brousse en raison d'affrontements armés au passage d'un convoi de la force africaine escortant plus de 500 musulmans qui gagnaient le Tchad, a déclaré dimanche Médecins Sans Frontières (MSF).

 

Le convoi, escorté par des soldats tchadiens de la Misca quittant eux aussi la Centrafrique, était parti vendredi de Bossangoa, à 150 km de la frontière tchadienne. Il "a été pris à partie (samedi) par des groupes armés locaux", vraisemblablement des miliciens anti-balaka, en majorité des chrétiens, selon MSF.

 

"Le convoi de 20 camions évacuait les derniers 540 musulmans de Bossangoa vers Goré, dans le sud du Tchad. A son passage dans Boguila, l'équipe de MSF présente à l'hôpital a entendu une forte explosion et des tirs nourris et a vu les habitants s'enfuir de la ville", précise l'ONG dans un communiqué, ajoutant avoir pris en charge trois blessés à Boguila et à Poua, localité proche.

 

MSF, présente à Boguila depuis 2006, craint que d'autres personnes aient pu être blessées au cours des échanges de tirs.

 

Samedi, une source au sein de la gendarmerie de Bossangoa, à quelque 300 km au nord-ouest de Bangui, avait rapporté que les derniers musulmans encore présents dans la ville avaient tous quitté la région pour le Tchad afin d'échapper aux violences des anti-balaka. Ils étaient escortés par des soldats de la Misca.

 

En septembre, des violences avaient éclaté dans la région de Bossangoa et dans celle de Bouca voisine. Les anti-balaka avaient attaqué et tué des civils musulmans, entrainant des représailles de la Séléka, ex-rébellion de majorité musulmane, alors au pouvoir. Au moins 150 personnes avaient été tuées et plusieurs centaines blessées.

 

Sur une grande partie de son territoire, la Centrafrique s'est enfoncée dans un cycle de tueries intercommunautaires après des mois d'exactions perpétrées par les combattants de la coalition Séléka qui avaient pris le pouvoir à Bangui le 24 mars 2013 avant de devoir le quitter en janvier dernier.

 

Depuis la fin du régime des Séléka et leur désarmement par les forces française et africaines, les musulmans, souvent associés aux ex-rebelles et désormais sans défense se sont retrouvés en proie aux pires représailles de la part des milices anti-balaka. C'est par dizaine de milliers qu'ils fuient le pays depuis plusieurs mois.

 

© 2014 AFP

Centrafrique: des habitants fuient après des violences au passage d'un convoi de musulmans

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 01:24

 

 

 

 

http://www.camerpost.com/ 

 

– 12/04/2014 - L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) se dit préoccupée du sort de milliers de Centrafricains qui tentent de traverser la frontière entre la Centrafrique (RCA) et le Cameroun. Se basant sur des témoignages recueillis sur place, deux de ses représentants affirment que des civils ont été attaqués par des miliciens anti-Balaka.

 

Sur la route de l’exode, c’est le chaos : le Dr Paul Spiegel, expert médical du HRC, déclare, images à l’appui : « Ce que nous voyons ici, ce sont des réfugiés en train de marcher. Ce jour-là, plus de 1.000 personnes ont traversé la frontière ».

 

Le médecin a lui-même tourné une vidéo alors qu’il se trouvait près du village camerounais de Gbiti, sur la rivière Bombé, qui sépare le Cameroun et la RCA. Elle montre des réfugiés traversant cette rivière pour se retrouver dans la partie camerounaise.

 

« Sur les images, nous avons l’impression de voir des gens qui ont les genoux assez gonflés. Mais ce n’est pas le cas. Ce que nous voyons ici, ce sont en fait les effets de la malnutrition. Pas seulement chez les enfants, mais les adultes aussi. Ils ont l’air très maigre. Ils ont marché depuis trois mois, certains de Bangui. Ils ont dû se cacher la nuit et se nourrir principalement de feuilles et boire de l’eau non potable ».

 

Beaucoup de réfugiés ont également été blessés par balle ou à la machette, selon le Dr Spiegel. Et d’ajouter que d’autres ont été contraints à faire de nombreux détours pour éviter les milices anti-Balaka qui bloquent les routes principales.

 

Liz Ahua coordonne la situation des réfugiés centrafricains pour le HCR. Elle a recueilli de nombreux témoignages en RCA, au Tchad et au Cameroun. Elle dit avoir rencontré des réfugiés et déplacés profondément traumatisés. « Qu’ils soient en exil ou dans leur propre pays, ce sont des gens pris au piège, pris dans un nid de vipères. Et il n’y a pas d’issue pour le moment. Nous avons le devoir d’aider les Centrafricains pour mettre fin à cette descente dans le chaos, cette descente aux enfers ».

 

Le camp camerounais de Gbiti abrite déjà 15.000 réfugiés. Pourtant, il ne s’agit que d’un lieu de transit. Le HCR cherche à ériger des camps permanents et encourage les réfugiés à s’intégrer dans les communautés environnantes.

 

Source : Voice Of America ( VOA)

Lu pour vous : Centrafrique : Le HCR dénonce les attaques des anti-Balaka contre les civils fuyant vers le Cameroun

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 14:03

 

 

 

 

http://www.pointschauds.info/ 12 avr 2014

 

L’ancien protégé de Omar Bongo, fils spirituel de Jacques Foccart et proche de Nicolas Sarkozy, revient sur l’intervention française en Centrafrique. Il estime que, loin de renforcer l’influence de Paris en Afrique, elle démontre une méconnaissance du pays et de l’Afrique en général. Première partie d’entretien.

 

Robert Bourgi reçoit dans son bureau parisien du très chic seizième arrondissement de Paris. Assis sur un petit fauteuil en cuir, il égraine un de ses nombreux tasbih, chapelet musulman. Le gratin franco-africain est passé dans ce bureau aux airs de brocante.

 

L’africain blanc, surnom qu’il chérit, est né il y a presque 70 ans au Sénégal. Il y a grandi en restant attaché à ses racines du sud-Liban. Après des études de droit en Côte d’Ivoire, il devient, en 1986, conseiller politique du ministre de la Coopération, Michel Aurillac.

 

Celui qui se dit fièrement gaulliste se rapproche ensuite de Dominique de Villepin, avec qui il est aujourd’hui brouillé. En 2005 il passe du côté de Nicolas Sarkozy, pour lequel il établira des liens avec l’Afrique dès la campagne présidentielle de 2007.

 

Nicolas Sarkozy, devenu président de la République, saluait « l’efficacité et la discrétion » de Robert Bourgi qui a eu « le meilleur des professeurs » en la personne de Jacques Foccart. À l’heure où tout le monde fustige, parfois hypocritement, la Françafrique, le libano-sénégalo-français clame fièrement cette filiation spirituelle. Des papas, il dit en avoir plusieurs, chacun représentatif d’une des facettes du personnage : Mahmoud Bourgi (de sang), Jacques Foccart (d’esprit) et Omar Ondimba Bongo (de cœur).

 

Aujourd’hui il prépare ses mémoires avec le journaliste d’investigation Laurent Valdiguié. Rencontre en deux parties de cette boîte noire des turpitudes franco-africaines.

 

Entretien avec Robert Bourgi

 

Mondafrique. Dans une interview au « Figaro » vous avez estimé que la France s’est empêtrée dans un bourbier en Centrafrique, quelle est votre analyse de la situation actuelle ?

 

Robert Bourgi. La Centrafrique a toujours été un pays particulier dans l’espace politique franco-africain. C’est un pays extrêmement agité où nous avons vu gouverner des personnages ubuesques comme Jean-Bedel Bokassa et Ange-Félix Patassé. C’est un pays qui ne m’a jamais intéressé et je n’y ai jamais mis les pieds. J’aurais pu y aller mille fois, notamment quand j’étais au ministère de la Coopération de 1986 à 1988, mais je n’ai pas voulu. Est-ce que c’est parce que j’ai du flair ? Je ne sais pas. Toujours est-il que c’est un pays où évoluent des personnages assez dangereux, des personnages sulfureux attirés par les diamants et l’or.

 

L’opération malienne était souhaitable parce qu’il y avait véritablement un danger islamiste pour les Etats africains avoisinants. Ce fut un succès sur le plan militaire mais je ne sais pas si le Mali s’en est sorti, j’en doute fort. A-t-on extirpé l’abcès jihadiste ? Je ne pense pas. Et même sur le plan politique interne, il y a quelques agitations. Et voilà que le président de la République française s’implique une deuxième fois sur le continent avec l’opération Sangaris en Centrafrique.

 

Il y va sans avoir réalisé que le pays est immense, qu’il est traversé par des troubles confessionnels entre chrétiens et musulmans et surtout que le Tchad et le Congo Brazzaville sont des acteurs de déstabilisation. Je ne comprends pas que des hommes aussi avertis que nos généraux qui entourent Hollande aient pu se laisser entrainer.

 

Mondafrique. Selon vous, la situation d’enlisement serait donc plus liée aux caractéristiques du pays qu’à la politique ou la stratégie de la France ?

 

R.B. Le budget de la défense a été rogné et les multiples interventions vont le vider de sa substance. Il ne permet pas de mener les opérations telles qu’elles devraient l’être pour aller au bout des objectifs fixés. Nous avons deux mille hommes sur place quand il en faudrait dix mille. Les forces africaines n’ont ni le niveau, ni l’envie d’être impliquées et je doute fort que l’aide européenne se précise. Donc si vous regardez les réalités d’un pays complexe et le manque d’adéquation entre les objectifs et les moyens, vous comprenez bien que c’est impossible de s’en sortir.

 

Si François Hollande pense que la France pourra revenir en grâce par ces opérations militaires, il se trompe lourdement. La France a perdu complètement et définitivement l’influence qu’elle avait en Afrique, elle n’est plus la grande puissance qu’elle était, n’en a plus les moyens et les Africains le savent. Nous ne pouvons pas lutter contre la concurrence des Chinois ou des Brésiliens. Quand la France hésite à mettre vingt millions la Chine, elle, met des milliards. Je crois que la France, aujourd’hui en Afrique, est une puissance comme une autre et sur le plan mondial une puissance moyenne. Il suffit de regarder sur le terrain, personne n’est avec nous, que ce soit en Centrafrique ou au Mali.

 

Mondafrique. L’influence française n’a pas pour autant disparu. En Centrafrique et au Mali, par ces interventions militaires, la France a quasiment adoubé les chefs d’Etat.

 

R.B. Encore faudrait-il que la situation s’améliore. Ce pays (la Centrafrique ndlr) est perdu et peu importe qui nous mettons aux commandes. Nos interventions n’apportent rien à la France en termes d’influence. Même au niveau politique français il n’y a pas d’accord entre le quai d’Orsay, la Défense et l’Elysée sur ces questions. Ce qui me fait de la peine, c’est que la France s’enlise et ne saura même pas comment s’en sortir. Je crains qu’en dehors du Congo et du Tchad, les pays africains commencent à en avoir assez. J’en ai parlé personnellement avec certains d’entre eux et toutes ces aventures militaires les indisposent beaucoup.

 

Mondafrique. Le Tchad d’Idriss Deby a annoncé le retrait progressif de ses hommes des forces de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca). A votre avis, pourquoi ce revirement soudain ?

 

R.B. Parce qu’il n’a pas supporté d’être pointé du doigt, qu’on dise qu’il est responsable en grande partie des troubles centrafricains. Aujourd’hui beaucoup de gens en France disent qu’il est la cause du mal, que Idriss Deby est le pompier pyromane. C’est vrai qu’il est responsable de tout ce qu’il se passe, la Seleka c’est lui, Djotodja c’est lui. Deby est un drôle d’individu.

 

Mondafrique. Certains vous disaient pourtant proche de lui

 

R.B. Il n’y a pas que Le Drian ou Fabius qui le tutoient. Je le voyais c’est vrai, je suis allé deux ou trois fois à N’Djamena du temps de Bongo père, j’entretenais des relations amicales avec lui. À chaque fois qu’il venait à Paris, je passais le voir, on se parlait au téléphone. Mais j’ai pris mes distances à partir des événements de 2008.

 

Mondafrique. La Centrafrique a été le terrain d’opposition entre le Tchad, l’Afrique du Sud et le Congo Brazzaville, est-ce qu’on assiste à une bataille pour un leadership régional ?

 

R.B. Ils se sont faits une guerre d’influence pour s’imposer dans un pays très fragile. Ce sont des apprentis doyens ces Idriss Deby, Jacob Zuma et Sassou Nguesso. Nous sommes en Afrique, nous avons besoin d’un vrai doyen, un personnage au-dessus de la mêlée. On ne peut pas remonter le temps, mais dans ces affaires du Mali et de la Centrafrique Bongo eut agi autrement. À l’époque, Omar aurait convoqué tout le monde à Libreville et ça se serait réglé comme ça. On s’en sortait. Et en Côte d’Ivoire c’est pareil, j’en ai parlé avec Ouattara comme j’en ai parlé avec Laurent (Gbagbo ndlr), ils m’ont dit « oui le doyen manque, il aurait fait le lien ».

 

C’est ça qui manque aujourd’hui en Afrique, il y avait Félix Houphouët-Boigny, il y a eu Omar Bongo et il n’y a plus personne aujourd’hui.

 

À suivre dimanche, la seconde partie de l’entretien Robert Bourgi“Quand les chefs d’Etats africains viennent à Paris, ils rendent visite à Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas l’ancien président Sarkozy qui va les voir, mais ce sont eux qui se déplacent. Ils se parlent souvent au téléphone, même si maintenant ils vont peut être éviter ce moyen de communication pour des raisons que tout le monde sait.”

 

Mondafrique

Lu pour vous : Robert Bourgi, la France a perdu « définitivement » son influence en Afrique

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